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Titre :
Le journal de Françoise
Revue littéraire féminine qui contient des pages consacrées à la mode, aux arts ménagers, aux enfants et à l'étiquette (bienséance). [...]

Publié à Montréal de mars 1902 à avril 1909, ce « journal » littéraire bimensuel, qui a pour sous-titre Gazette canadienne de la famille, concrétise le rêve le plus cher de Robertine Barry, alias « Françoise », l'une des premières femmes canadiennes-françaises à faire activement du journalisme.

Pendant neuf ans, de 1891 à 1899, elle a en effet travaillé comme journaliste pour le quotidien La Patrie. En outre, elle a publié un recueil de nouvelles, Fleurs champêtres, ainsi que Chroniques du lundi, un choix d'articles parus dans La Patrie de 1891 à 1895. Les membres de l'École littéraire de Montréal la placent alors parmi les « principaux littérateurs canadiens ».

La fondation du Journal de Françoise représente un moment fort de sa trajectoire. Elle y consolide un capital social déjà considérable et y exerce une autorité absolue à titre de directrice, de rédactrice, de propriétaire et d'administratrice.

Ce bimensuel constitue un objet protéiforme donnant à lire un corpus de tonalités et de contenus variables, qui va du texte argumentatif sur des sujets d'actualité aux conseils pratiques pour la ménagère, en passant par les genres littéraires canoniques.

Dans son périodique, Françoise fait preuve d'une audace et d'une modernité absentes des oeuvres publiées sous forme de livres par les femmes au Canada français - des travaux qui sont caractérisés par leur conformité à la doxa. Son discours dissident se trouve dans les textes argumentatifs (éditoriaux, billets, comptes rendus d'ouvrages ou d'événements ponctuels) et les rubriques récurrentes (« À travers les livres », « Bibliographie », « Bloc-notes », « Le coin de Fanchette »); il surgit également là où on ne l'attend pas : phrases glissées dans des communiqués apparemment neutres de prime abord, ou dans de brèves présentations d'articles. Cette variété formelle rend difficile la quantification en pourcentage du discours de cette nature, mais elle lui donne une présence significative.

Françoise milite en faveur de l'émancipation des femmes et de leur droit à prendre une place entière dans la société. Cette position légitime l'autorité qu'elle s'accorde pour se prononcer dans les débats qui ont cours et tenter d'influencer l'opinion de ses contemporains. Elle affirme le droit à la liberté de pensée et d'expression, et appuie toutes les initiatives qui la favorisent. C'est en cela que son journal a laissé sa marque, malgré la relative brièveté de son existence. Ses prises de position, au demeurant, la mettent souvent en situation de conflit avec les autorités religieuses, en particulier avec l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési.

Parmi ses collaborateurs, mentionnons Albert Lozeau, Paul Morin, Louis Fréchette, Émile Nelligan (à qui Françoise consacre un article élogieux dans le numéro du 2 avril 1904), Laure Conan et Jean de Canada.

Dans le numéro du 15 avril 1909, Robertine Barry remercie ses lecteurs et annonce la fin de son journal : elle n'a plus suffisamment de temps à y consacrer.

BEAUDOIN, Lise, « La parole dissidente de Françoise dans Le Journal de Françoise (1902-1909) », Recherches féministes, vol. 24, n° 1, 2011, p. 25-43.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, tome IV, p. 152-153.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1902-1909
Contenu spécifique :
samedi 19 décembre 1908
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Références

Le journal de Françoise, 1908-12, Collections de BAnQ.

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t î I > £ * '*• > > •> > -t > fr > i •> > > > » s-> >&* 5> t* I i ¦¦> i* > ?> > I ?vJne ANNKK.— No iS.r ,«¦ e- ?-> -> > > î I I LE NUMERO : 10 CENTS Samedi, 19 Décembre 1908.Ce Journal de francoise (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Parai-esant 1© ior et lo 3iem© oamodi de chaque mol® Dirsothicb : K.BARRY Dirt/ ai fain (him, AT.ONNKMKNT: Un an - - - (2.00 Six mois - - - 1.00 Strictement payai >!c d'avance CHAMBRE 44 20 rue Saint-Jacques, MONTREAL REDACTION : 80, Hue Saint-Gabrici, Montréal TEL.BELL MAIN 999 ADMINISTRATEURS :.: C J '/' ^û^^â$gâ§@E2S0BlûS rtàKBBSl - ." v -t.• • ."-'» Vrr V— - - -^r* r>' •*¦—- Hi •M:\A .t' awiiil ' ,vÆKsai ï •> ¦ ¦ I >v_ II1 mm- i i ü 0 I I v A \:ETRANGER: Un an - - Quinze francs Six inoiH - - Sept francs Strictement, payable d'avance Tel.Bell Main 3795 .SOMMAIRE.< ht I- 1 .ill lu >11 v call vous soil lieu veux pmsiv ' Louis dos.* |>h Doue et La magie du souvenir Françoise Roman d'Aïeule .Magali Noil ('.Alriquc .1 eau Saint Yves I lu « ni vie patriotique _______ Françoise.i ‘oui .jiioi lantv Angélique manqua la Mvssi de Minuit .MatliihU ( grain.Le i \ 1 IIiii, (1 .mu ill .loan d< Nohou A nv ni\ eu x et nié( < .Tant ; Minette l’et : t Com spond.nu r Y vrtte Bouton (Jui sait?.Lurette P.onhons dos fêtes.Recettes utiles*, Conseils pratiques.Anecdotes.Pou s vos.Mot s pour tire.etc., rtc.La Route s*achève (feuilleton, suite ft fin .T ran Saint Yv«s 4 + ?< * * ?i + ?* 4' 4f 4f 4 ?4 4> 4 4, 4f 4> 4p 4f 4; < A- * 1 1 I UNE .MERVEILLEUSE DECOUVERTE - LISEZ CECI : — C’est dans votre intérêt : Pour cette raison, une dame après plusieurs années d’étude et d'expérience, réussit à découvrir un remède infaillible contre les maladies de ro gnons et de ia vessie, ot faciiiite la digestion, et la surnommé “LA JOIE DU PEUPLE La rci'ummamlution et les témoignages ci-dessous vous donnent une preuve incontestable (le sa valeur.Je certifie que le remède appelé “La joie du peuple”, que “Madame Séguin” m a vendu pour la maladie du “Foie” et des “Rognons” dont je %, ml frais depuis longtemps, m'a tout à fait rendue à la san-té.Après aVoir essayé des remèdes de plusieurs médecins sans aucun résultat c'est sur le vn exil, ma détresse première m’appa rurent trop cruels.Rien, jamais, ne compense les joies prises au pays.La-bas, les cloches sonnent ji veu ses.1 entends les sabots des pav sans clapoter sur les pavés, pressés, se rendant a l’église, et une voix, comme une voix de morte bien-aimée i|iii il le bercail, écho béni du passé, nie redit : Dors, petit, dors! C’est iiiiaiid les entants ont terme les veux que 1 ,t Vierge passe avec l’entant Jésus.Premier petit lit d enfant, berceau aux rideaux épinglés d’une croix d ivoire qui gardez la vision des chers disparus penchés vers moi, pre mi ères croyances naïves apprises sur les genoux d’une mère, premiers heurs, premières têtes carillonnée» dans l’air glacé des nuits de Noël comme vous nie semble/, loin ! Comme j’ai nie la douceur de voi v souvenir dressé dans la splendeur de ma nuit d’exil ! Kt en face de moi, sur le band sombre de l’oasis le marabout blanc fatidique regarde l‘immensité.—Comment la passerez.volts cette nuit de Noël ?.disait la petite li t tre chère.—A vivre du passé, accoudé aux marches d’un tombeau.Quand, lassés de se perdre (Luis la nuit bleue enchantée, vers les petites étoiles lointaines qui sûrement doivent briller au-dessus de molt oavs, nos yeux reviennent vers la terre, je ne vois que ce monument, grave sons le suaire étincelant que lui font les rayons argentés d’en haut, guidant son secret, imposant, mystérieux comme le génie .des solitudes et des destinées.Avec cette rigidité qu’ont les pierres des sépulcres debout dans les horizons des routes et des plaines, partout sur ce sol d'Afrique, il semble écouter, écouter éternellement et redire au mort endormi dans son sein cette parole sacrée de l'Islam qu'une voix perdue laisse aller dans Vespace : 2S3 Allah akbar! Dieu est grand ! .Que lui importent les choses humaines, larmes, désespoirs ! U veille la mort cl rêve de LaiiVoie éternel le ! J KAN SAINT-YV1CS.> — UNE OEUVREPA TRIOTIQUE "AI.1‘.bonhomme, le gérant-général de la compagnie d'Assurances, “ha Sauvegarde ” a entrepris l'exécution du ne œuvre, au plus haut point patriotique et nationale, dont nos journaux, à 111011 a vis, ne parlent pas assez.11 est dill ici le pourtant, de concevoir un projet dont la réussite pourrait opérer un plus grand bien à notre nationalité.AI.bonhomme a formé le projet grandiose de doter notre Université La val d une somme assez forte pour lui permettre d être sur un pied d’égalité avec les universités de lan- «s g ne et de crovauces différentes à la nôtre n11 -seulement au Canada, mais pa r toute 1 Améi ique.Déjà un appel a été lait à toutes les âmes de bonne volonté, et, 1111 grand nombre de Canadiens v ont répondu généreusement.Mais la somme désirée, un million, je crois, 11 ’est pas encore complétée.Je lisais, hier, la nouvelle circulaire qu’on vient de publier afin de ranimer un peu le zèle de mes compatriotes.L'idée principale qu’elle exprimait m’a beaucoup frappée.La voici, en substance: Quand 1111 homme meurt, s'il a joui de , ' , célébrité, sa famil- le, ses amis, le pays s’imposent les plus lourds sacrifices pour perpétuer son 110111, sa mémoire, en lui faisant élever un monument.Que reste-t-il souvent du bloc de marbre ou de granit destiné à conserver un 110111 ?Le temps, les orages n’en font ((ne des ruines, tandis que des sacrifices qui assureraient à une institution d’enseignement supérieur, telle que notre Université canadien-ne-française, le moyen de répondre à tous les besoins intellectuels qu’on doit en attendre, voilà une oeuvre qui, jamais, ne pourrait périr.C’est au moyen de polices d1 assit- 94 284 LP JOURNAL DP FRANÇOISE ran ces cjiiu M.Bonhomme espère réaliser le montant, rie sa souscription nationale.Des circulaires ex; 1 ; .-ut au long ce mode, pui me pai a.i 1 (l':i il la lit plus ingénieux pu il est possible à toutes les bourses.Ce m nie est V Ame de “ I,a Sauvegarde", la seule compagnie cana (lienne française, la seule, entende/.vous i (1 assurances sur la vie, i list i I née da lis le bu l -de garder nos capitaux dans notre province.Sondée, il v a puel-(|iies années à peine, elle est au jour (1 liui florissante et prospère, grâce à lespri l d initiative, I it il el I igeiice des affaires et à la liante honorabi I i t e de son gérant géinral, AI.I‘.V.< ml loin me.le nie réjouis de constater 1 inté ici pue ce monsieur man i leste eu la vciir de notre 1 n i \ visite.I, ràcc à lui, a son /.cle, à son patriotisme, cet te i list il util >n p.ni ri a l‘ga nii i sans parcimonie ses bibliot lièpues, ses salles de cours, ses cabinets scien t il ipnes, et crevi toutes les chaires pue rc*|uién ul h s besoins nouveaux de la société moderne, parti eu liér* u u lit dans le domaine des S( i eu ces a ppl i ( ; nées, du genic et de la liante industrie." Ouel programme peut dvpasser ce lui là ?I-'KAN^OISH.< I - - Le salon de modes .Mille h leurs lie laisse soi tir de son atelier pue les plus gracieux connue les plus distingues chapeaux, pui complètent I ensemble des plus expuises toilet tes.P ourquoi tante Angélique manqua la Messe de Minuit - V Mllr M.CASGRA/N Ouand 1 In name \ fii l I.lire dr la w ligion s.ms le secours de 1., raison, il tombe immédiat vin.ni dans 1.su pcvsti tioii; et s'il veut l'aire de la religion avec la raison, il tombe inévitablement dans l’a bi nie de l’ineré-du li 1 e.— l,a et trdai re.Plus de catarrhe par l’emploi de la Nazaline Chrétien Zaugg.“Foyer sans femme Foyer saim flamme* ' Deux hommes assis auprès du leu, dans un austere cabinet de travail causent tristement, à voix basse ; ils attendent 1 heure de la Messe de Minuit.l’as un son lie vieil i rompre la morne torpeur régnant en la maison silencieuse.et, bien qu ou soit a la veille de la Noël, nulle main de lciiinie n'a je- te une note caressante et jolie cil la sombre piece, 1 ornant pour la lé te si chère à tous.1 aux le loyer désert dont l'âme inclue semble partie avec la jeune épouse enlevée en quelques heures, ne laissant de tout leur bonheur brise, qu une toute petite lleitr blanche et 1 rvle, une mignonne enfant blonde, adorée des deux hommes ; 1 _* grand-père, Raymond l’résa liges, son I i ls Jacques, le père de 1 ell,fall t.Tout à 1 heure, sur le petit lit de Al i net te, ils sont allés déposer pieusement une moisson de cadeaux ; en regardant leur chérie dormir, toute leur peine, ainsi qu'une vague amère, leur a monté du coeur aux yeux eu songeant à la mère partie, si loin du cher petit soulier qu’elle eut tant aime à remplir.Puis, tristes a mourir, ils sont venus reprendre leur interminable veillée.be plus âgé des causeurs, un homme dans la soixantaine, ses nobles traits portant 1 empreinte des jours sans soleil, la tète courbée, blanchie.disant le chagrin qui mine lentement les âmes endeuillées.b autre grand blond, très jeune ; en ses yeux, on sent un flot de vie intense, comprimé en ce moment par une désolation réelle, mais prêt à s'épanouir à nouveau au souffle d impressions neuves.—C'est aux heures voisines de celle-ci, aux fins de jours que nie revient surtout sa chère pensée, dit triste ment le vieillard.1/homme, 11’est-il pas vrai, mon fils, se sent plus loin de la terre, il perçoit le frisson de la patrie lointaine où habitent les disparus.Oh! être sans elle, ce soir, tout seuls avec notre peine! Te rappelles-tu Jacques, coin ni v elle rangeait tout gentiment, sa main trouvait sans chercher les choses jolies.exquises comme elle.La figure cachée en sa.main tremblante d'émotion contenue, Jacques écoute, perdu dans l'angoisse de 1 heure difficile, ne trouvant en son coeur déchiré, aucune parole pour endormir la douleur du pauvre père.Puis entre eux* un lourd silence tombe : on n’entend plus que le pétillement du bois dans la cheminée, et le tic-tac de 1 horloge égrenant les heures de ce triste soir.foui a coup, les cloches se mettent a carillonner joyeusement, de toutes les églises l'appel à la prière vibre dans le froid, de la nuit: Messagères du Ciel, elles rappellent la voix des Anges aux doux bergers de Hethléem ; elles disent aussi toute 1 harmonie, la charité, animant la grande famille chrétienne.bes deux hommes se sont levés vivement, Jacques aide avec une affection filiale le vieux père a endosser le chaud pardessus, et, la vieillesse affaissée de l’un appuyée sur la jeunesse attristée, niais encore vibrante de l'autre, ils s'en vont vers 1 humble chapelle, choisie de préférence, car ils ont à cœur d’isoler leur chagrin, de se perdre en un coin ignoré.Croyants convaincus, dans la cé- 28 1/H, .TOURNAI, DH FRANÇOISE runoiiie imposa» le, ils trou vont une grande force : avec ferveur, ils s’approchent (le la Table Sainte, et la messe linie, tristement, en songeant a leur logis abandonné, ils repren lient le chemin du retour.Ils ne parlent pas, avant le coeur rempli d’impressions de regrets, de souvenirs.Mais tpi’est-ce à dire?voici bien la maison, ils ne se trom pent pas pourtant, les fenêtres ton tes noires au départ, sont brillantes de lumière, et sur le seuil, malgré le froid vif et piquant, une petite vieille menue et fluette leur tend ses mai iis îidees avec un bon sourire, é est Tante Angela pus —-Entrez, vite mes enfants, cpiel Iioid! \ ous etes étonnés de nie voir ici, dit-elle, leur aidant à ôter leurs vêtements de dehors.Vovons.embrassons nous, bon Noëi ! Mal"ré «s tout.nies pauvres garçons, j’ai voulu vous laire* une surprise.Trop émus pour parler, les veux remplis de larmes, cachées à grande peine, les deux hommes baisent af fectueusciiieiiti les boucles blanches de Tante.Il lait chaud, 1 agréable lu met d un excellent bouillon se mêle dans l’air au parfum des roses de Noël jetées un peu partout.Sur la table, élégamment groupées, encore des fleurs, be couvert étincelle de cristaux éblouissants, d argenterie mas si' e.1 aille A ngelique a cherché dans sa vieille tête toutes les choses pue.ces pauvres enfants aimaient au temps de leur bonheur.be pâté de Noël traditionnel dans la.famille, les croquignolles fines comme de la dentelle.les brioches dorées, les bonbons pour la petite Minette, et toute fi ère de n’avoir rien oublié ! —Allons, à table, mes enfants ; voyez, j'ai mis le couvert de notre pauvre chérie.pour l’amour d’elle et pour me faire plaisir il faut goûter un peu à toutes ces bonnes choses.Te suis arrivée ici pendant la Messe avec ma vieille Léocadie, et voyez, ma bonne et moi, avons tôt fait de tout transformer ici.Eli écoutant la voix douce, apaisante, ainsi qu’une caresse, ils sentent une sorte de détente ; pour lui l'aire plaisir, ils mangent et la vie est ainsi faite, avec le confort physique, le moral aussi en éprouve le cont rc-coup.Au dessert, Tau te Angélique sort mystérieusement de la chambre et rentre presqu’aussitôt tenant maternellement pressée sur son cst aIgie d un rvt limi* insaisissnhiv, ne 1 avait point encore rvinan|iiw; ft, vllv, la ji »l if \ vmlvusv i ndiviinv, inl imidéc n'osait à chaque fois offrir svs fleurs.I'll fit t r ti midi lé et range, sans valise, survenue s« aidai iieineii t depuis «pic le grave el ranger, au rêve évident, eroisait sa tournee quoti- (In-une, vêtait à 11tic>i précisément songeait \oheka, cv soir d’août, tandis «pie, sa eorheillv de lys ronges emplie à la sel t v des jardins, elle revenait a pas lent s vers les allées plus populeuses du parc.N’était ee pas, en effet.singulier (pie devant .lui seulement son assurance machinale de vendeuse disparu l subitement , et qu'elle eut hâte soudain d'avoii passé ?.l'I t si cela s’expl muait encore, au demeurant, par une timidité rationnelle de I enfant à 1 ' âme naïve devant l'étranger, qu'une renommée illustre, parvenue jusqu'à elle, divinisait presqu'à ses veux, pourquoi cet illogisme d’un t rouble confusément voluptueux, quand sa silhouette paraissait à travers la colonnade des troncs, et «pii la jetait impulsivement vers lui ?.Pourquoi cette inexplication d'une vague déception, quand elle finissait le tour du pare sans l'avoir vu ?.Kt quand tout eu elle tendait à l’eflacer humblement devant lui, lointaincinent respectueuse d'un être émané d'une essence humaine supérieure à la sienne, pourquoi ce désir, lancinant, nostalgique de se jeter à ses pieds pour attirer son regard ?rl de rester là indéfiniment, sans songer ?.Oui, en vérité, c’était étrange, et I enfant inhabile à la solution des énigmes psychologiques ne pouvait point ne pas être troublée en songeant innocemment: “pourquoi’*?.Ce même soir d’août, lui, esclave du rythme cherché, s'attardait au hord du lac, l'oreille, par un besoin insatiable de symphonie, obstinée à surprendre le murmure secret du friselis des feuilles cuivrées, nimbées dr l’éblouissement des dernières lumières estivales.Au bruissement subtil du sable sous les mocassins légers, son regard s’abaissa.Auprès de lui, à le toucher presque, toute petite de sa haute stature, Nobeka d'un geste très pur d'offrande sacrée, tendait quch/urs lys de sa corbeille.Ainsi, dans le voile très fragile de brume, monté des eaux proches, (pii ouatait de poésie crépusculaire anticiper l’entourage immédiat d'arbustes rares, l'indienne était un mo- tif tellement non pareil, avec sa beauté harmonisée chaudement de l'ambiance somptueuse, et son caractère de fille des bois rudes heurté de cette flore (piintvsseiiciée, (pie le musicien sans surprise, comme s'il continuait sa vision éliséenne, évoluée, demeurai t muet et immobile.Puis, dans le rêve, il eut conscience de la fugacité de cette vision insoumise à sa volonté, alors d'un geste d'impulsivité brutale, il commanda à l'enfant de garder la pose.Sous le regard des grands veux noirs, (pii le brûlait d'une caresse ignorante, un effort fait d’impressions simultanées et rapides, agi- tait son cerveau, et soudain en trait de feu, le rythme indocile jaillit, se dégagea des lourdeurs.Une joie immense, surhumaine, fit bondir lu cœur du maestro, une joie paradisiaque, élaborée de 1 orgueil du créateur et de la sali si action raffinée de l’artiste qui pressent 1 œuvre sublime.() le chant d'amour du troisième acte de sa •‘Fille Indienne' ! .le rythme tant cherché, qui manquait seul à l'opéra, au chef-d’œuvre favori !.Voilà qu'il éclatait radieux, et montait à 1 improviste dans son cerveau ébloui !.Oui, c'était bien là, le rythme ardent et doux, languide et passionne, le rythme dont la formule échappait à son inspiration cérébrale et qu'il trouvait dans les veux noirs d'une enfant.• • • • • • • e e # # • • • # * Toujours immobiles, face à face, ils demeuraient sans paroles, elle, l’enfant troublée, apeurée presque, lui, tout à son ivresse, créant, écoulant monter cette musique divine, à lui seul.Quand le rythme eut accompli sa révolution synthétique, quand le cerveau du musicien eut puisé tout le suc du chant d’amour dans les veux de velours noir.Alors le même geste (pii avait immobilisé le charme, le brisa.Sans attention aux fleurs offertes, tout à son art borné à un thème d’amour fictif, le maestro rendit 1 enfant libre.—“Va-t’en! .” Ne fallait-il pas qu’il fut seul maintenant, qu'il eut absolu l'isolement de l'heure indécise, pour exacerber l’œuvre naissante, développer le motif.donner la facture du maître ?.• • • • • • ., ., .La nuit était d'une tiédeur amollissante, lumineuse de clartés que la lune semblait diffuser à travers des mousselines d’or.Des .groupes sympathisant, demeuraient au charme de l’heure, dans le clair obscur de la terrasse.D’un appartement éloigné des sons T/R .TOURNAI, DR FRANÇOISE 287 de piano tombaient dans le calme.C’était une mélodie dont Vassourdissement des portières rendait le caractère lmp ténu pour qu'on put le définir complètement; parfois ce pendant, quand les portes sou vrai en t.atténuant la distance, des phrases musicales se précisaient.un chant d’amour, singulier, trou 1)1 ait la nuit.il y avait des ten dresses humbles dites avec emporte nient, des ci is de passion fondus en sanglots.Les femmes inattentives d’un groupe, parlaient entre elles.“Imaginez, disait l'une, qu’en re venant de la terme du parc, ce soir, j’ai rencontré notre petite marchande de fleurs, vous savez.Xobeka, la jolie indienne?La pauvre mignonne pleurait, assise sur un banc.RI le ne m’avait pas entendu venir ; je nie suis approchée pour ni*informer de la cause de son chagrin.— “Rt ,ni.tril • 1rs ,i|iri il ils r| tol||i|i|r5 à |,;i$r \V|.\X1> DKMSMS.Il M \ RKI.\M» M"|,S(i\ I Ion.R .1 ).\ X1 > V R A X I ) I' D« d/n «X I Ion.V.1.noillSKTV.MSR!: SrivtiT SZSS NOMBR-: DE uEPOSANTS Plus DE 96.000 Ourouti Principal: 17 ti Rio St Jacques.La banque à lP sttveursalvs f, Montréal.77 /**' A JU Banque dtparj$ne 0 œiâ do ci % y I >emati«lvz ttnv «!«• nus petites humpies A domicile veci vous favilit era l'épargne Intérêt alloitc sur les dépôts aux plus hauts taux courants I.Vs dét.èt-vent et te laits par deux personnes payables à * un ou à Vautre.Il vous lera plaisir île voir votre eotnpte «le banipie grossir t»etit à petit Y vous réservons touioursl accueil le plus courtois que votre compte soit gros ou A.5.L’ESPERANCE, GERANT-.Ecoles du soir l.cs éeulvs grat uit e> «lu suir, nous le vonl té.le «lu g«ni v«‘i num ni, >t garnis de fourrure $15,00 Manteaux Pony de Russie depuis $35.00 Cravat ch et Manchons Near Sea1, lv set.$10.00 Gravai et Manchons en écureuil, le «et.$15.00 et plus I I I ?> t tv- I k t-> ?> » ?> k> k- tb ?> O.NORHANDIN, GROS ET BETAIL 350 BOULEVARD ST-LAURENT,
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