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Titre :
La lanterne canadienne /
Hebdomadaire anticlérical fondé et publié par Arthur Buies, dans lequel celui-ci aborde les sujets les plus divers : la famille, l'éducation, la religion, la politique, la nation, le travail et l'économie.
Éditeur :
  • Montréal :A. Buies,1868-1869
Contenu spécifique :
mardi 17 novembre 1868
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La lanterne canadienne /, 1868-11, Collections de BAnQ.

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LA VOL.I.MONTREAL, 17 NOVEMBRE 186S.No./tk * 1 * Dimanche, 15 octobre.Quel jour pour moi que le dimanche ! jour de travail tranquille et de solitude aimée.Pas de roulement de voitures, pas de va-et-vient, tous ceux qui passent vont du mû me côté, se rendent tous au même endroit.Te regarde défiler leur silencieuse procession, et pensif, recueilli, je prépare ma Lanterne.Que ceux qui en seront scandalisés me le pardonnent en faveur de mes craords. Si je fais la Lanterne le dimanche, je m’en repens invariablement le jeudi, jour où elle parait.Mettons-nous la fenêtre, et regardons.* * Je vois des gens très-petits qui portent avec effort de très-gros livres de prières, visibles à trois cents pas, et qui se rendent A lu messe àl’heure où il y a le plus de inonde dans les rues.Cela ne suffit pas pour gagner le ciel, à moins qu’on y joigne l'intention bien arrêtée de lorgner, durant l’office divin, toutes les jeunes filles qui sont à droite et à gauche de vous.11 est parfaitement orthodoxe de lorgner à l'église depuis que l'église est devenu un théâtre, depuis que la Minerve publie des programmes de concerts donnés à la cathédrale, et que les Révérends Pères Jésuites ont inauguré leur nouveau temple par des représentations.S * * qu'on en pourrait faire un escalier pour monter aux nues.Ne songez pas au nombre, niais à la qualité.Ainsi, le meilleur des saints Suaires est celui qui est conservé dans la cathédrale de Ucsançon, en France.Par la vertu de ce St.Suaire, si vous communiez, et si vous dites sept Pater i il 1 *1 • • % .• Tl Moi aussi, j'ai des livres de prières, mais ils sont tout petits.H est vrai qu'ils ne sont pas pour la montre.Prenons-en un de mes favoris, un de ceux où je cherche île préférence les pensées consolantes, et les méthodes de salut.Il a pour titre “ Manière d'honorcr le St.Suaire.’’ Il y a plusieurs saints Suaires, mais cela est indifférent, do même qu'il y a de par le monde une telle quantité de morceaux de la vraie croix qu'on en pourrait faire un escalier pour monter aux nues.Ne songez F C: 1: et sept vive, vous délivrerez cinq finies des flammes du purgatoire.I! ni est pas dit ce que vous délivrerez, si vous n’avez jamais eu d’amis, ou si vos amis ont déjà été sauvés par une foule d'autres indulgences gagnées par des amis de vos amis.En outre, le Pape Clément VIl l accorde cent jours d indulgences à tous ceux qui porteront sur eux \%adoration du St.Suaire, ('e style tout séraphique est fait exprès pour les esprits qui ont la sainte ignorance du mal, et toutes les autres ignorances.Remarquez que dansée Suaire, on a trouvé écrits les noms de Jésus et de Marie; cette découverte vous donne le moyen de mourir en disant: “Jésus, Marie, û Jésus, je vous donne mon cœur pour jamais.0 Marie, je vous donne mon cœur ; donnez-le, s'il vous plaît, à votre fils.Venez, Seigneur Jésus, soyez-moi Jésus.0 Marie, soyez-moi Marie.Vive Jésus et Marie.” 1 Mais rien n est profitable comme les lettres qui ont été trouvées dans te sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ : En voici une que je cite textuellement: “ \ i« rgc Marie, mère de Dieu, palme bénite entre toutes les créatures chrétiennes» ,lst» ft,,lvz-moi à l'heure que mon âme sortira de mon corps, obtenez le ' '"u de mes puehes s’il vous phiit.Ainsi soit-il ” • Oie lettre a été trouvée nu saint Sépulcre do Notrc-Seigncur Jésus-Christ, m pic ire, après avoir terminé la sainte messe.Elle était enveloppée dans 147 — un linge Mnne, chose étonnante et merveilleuse.11 fut grandement étonné lorsqu'il vit VcxpliCRtion (le cette lettre : quiconque lu portera sur soi ne craindra aucune injustice, ne sera point accusé de la mort injuste, ne mourra sans racc-voir les dernières grâces que Dieu confie aux fidèles, ni par le feu en bataille, ne sera pas accusé par do faux témoins.Si une personne est possédée du démon, mettez le saint Suaire sur elle, sur-le-champ elle en sera délivrée.] Ceux qui le porteront sur eux sont assurés de voir la très-sainte Vierge trois jours avant leur mort, et elle conservera les grains et les fruits de lu terre.Une autre lettre a été envoyée miraculeusement par Jésus-Clirist écrite de sa propre main, et dictée de sa bouche sacrée en lettres d'or.“ Si vous portez cette lettre sur vous, jamais le malin esprit, ni le feu, ni le tonnerre, ni la tempête ne vous toucheront.Lorsqu’une fournie sera eu peine d'accouchement, mettez cette lettre sur elle, elle sera délivrée, chose que Dieu nous assure par sa bouche sacrée.” Jésus-Clirist, sans doute pour donner plus de vertu A cette lettre, Va dictée, et de plus Va écrite; on ne peut pas prendre trop de précautions pour empêcher que le tonnerre ou le feu vous démolissent, mais celte lettre copiée par des mains mortelles et indignes aura-t-elle la même cfii-caeité que Voriginal ?Un bon catholique peut avoir des doutes là-dessus, et quand il s’agit du salut de son finie, il convient d'être, bien renseigné.Mais il n’est plus permis d'avoir la moindre incertitude en présence de laits irrécusables comme les suivants, rapportés dans le petit livre cité plus liant: “ Une femme en travail d'enfant, ayant été abandonnée des médecins et de tout le monde, a été délivrée par la vertu du St.Suaire.Un charpentier, faisant un bâtiment, tomba du faîte jusque sur les fondements (quels fondements ?) sans se faire le moindre mal, et retourna de suite à son travail par le St.Suaire.” (P.1(1.) Comment lire ces miracles sans répandre des larmes sur le sort de tant de femmes mortes, parce qu'elles ne portaient pas lu St.Suaire?Ce St.Suaire, a part toutes les grâces merveilleuses qu’il prodigue, a encore le don de vous tranfércr des indulgences.O1'1 les indulgences.Gardez vous de les dédaigner, celles qui se vendent surtout.Grâce à elles, on devient blanc comme neige, après les plus abominables forfaits.A ce propos, il me revient heureusement en mémoire le texte d'une des lettres d'absolution, que le pape Léon X chargeait les moines de vendre au 1 finie siècle.11 y en avait pour les petits péchés; celles là coûtaient moins cher; il y en avait pour les grands péchés, et comme à cette époque de violences, de désorganisation sociale, de défaut absolu de police et de justice, de force et de perfidie, la moitié des hommes étaient des scélérats, les amateurs de perfection peuvent juger combien étaient nombreux ceux qui achetaient les grandes lettres d’absolution, et combien elles servaient à multiplier les crimes.En voici un modèle: “ Que Notre Seigneur Jésus-Clirist ait pitié de toi, qu’il t'absolve par le* nui ites de sa très sainte passion.Et moi,en vertu de la puissance aposto-iiq.i q.ii m a été confiée, je t’absous de toutes les censures ecclésiastiques, i ents et peines que tu as pu mériter; de plus, de tous les excès, péchés, ou crimes que tu as pu commettre, quelque grands et énormes — 148 — qu’ils puissent être, et pour quelque cause que ce soit, fussent-ils même réservés À notre Suint Père le Pape et au Siège Apostolique (tels que bestialités, le péché contre, nature, lu parricide, ou l'i)iccste,) j’eflaco toutes les traces d'inhabileté, toutes les notestl’infaillie que tu aurais pu t’attirer en cette occasion ; je te remets les peines que tu aurais pu endurer dans le purgatoire ; je te rends de nouveau participant des sacrements de l’église ; je t’incorpore derechef dans la communion des saints ; je te rétablis dans Vinnocence et la pureté dans lesquelles tu as été à l’heure de ton baptême, en sorte qu’au moment de ta mort, la porte par laquelle on entre dans le lieu des tourments et des peines te sera fermée, et qu’au contraire, la porte qui conduit au paradis de la joie te sera ouverte, et si tu ne devais pas bientôt mourir, cette grâce demeurera immuable pour le temps de ta fin dernière.Au nom du père, du fils et du St.Esprit.• Merle d'Aubignî VI, p.323./ * Que la voie du paradis que 1 011 dit semée d'épines est aisée ! Vous n’avez qu’à marcher droit sur cette route pavée d’indulgences.A chaque piastre jetée dans le capuchon d un moine, un obstacle tombera, et vous arriverez au but, pauvre, mais assuré de la béatification.Car, vous le savez, il est plusdifficilc a un riche d’entrer dans le royaume des cieux qu'à un chameau de passer par le trou d’une aiguille.C’est pour cela qu’il est bon de donner tous ses biens aux séminaires, aux congrégations, aux curés, ctsurtout aux jésuites, qui, étant des chameaux plus raffinés.passent mieux que les autres par le trou des aiguilles.I * Qui peut jamais être sur de lui-même ?Qui a jamais sondé les profondeurs du mysticisme, qui a jamais vu le fond du précipice du haut des sommets ailiers ?L'homme, mélange d’aigle et du chauve-souris, dirige son vol dans les deux, regarde le soleil en face, et retombe l’instant d’après dans la nuit, précipité comme l’archange rebelle pour avoir trop osé.Vouloir trop approfondir avec notre nature et nos connaissances bornées, c'est tomber dans l’absurde; et une fois dans I absurde, on s’en tire comme le rév.M.ltayinond dans sa polémique avec M.Dcssaullcs.Les extrêmes so touchent.Quelle différence y a t-il entre d’Holbach et Loyola V Le premier lie croyait à rien, le second feignait de croire à tout.Pour moi, mon idéal est St.Pacifique ; j’ai deux de scs cheveux conservés scrupuleusement dans un reliquaire antique; et je n’ai plus qu une pensée, c est de trouver son index pour me le mettre sur le front, signe d’infaillibilité.» « L Evêque de St.Hyacinthe, écrivant à M.Alexandre Dufrcsnc.le 9 novembre, I860, lui dit : " Mon cher monsieur, > (plus bel être de lix création du Ciel s’est perdu en tenut : similis tro allissimo." — 1*19 L’Evêque a voulu sc peindre lui-môme par ces paroles, car il est très beau, Monseigneur et il le sait, niordi ! Du reste, ce qu’il dit là de lui-même, tous les prêtres ne cessent de le répéter du clergé en général ; en effet, ils se donnent tous les jours comme les représentai», les conlidcns, les images de Dieu sur la terre, et ils appellent Dieu la beauté même ! Dans l'Eglise de Jésus-Christ, continue Monseigneur, ou se perd toujours, quand ou ose dire la même chose.Et ne l’avez-vous pas dit déjà bien ouvertement, en voulant vous mettre sur une même ligne avec votre curé, en fuit d'interprétation morale et dogmatique?Aujourd’hui c'est à des Evêques que vous osez vous comparer et dont vous rejetez la décision parce qu'elle est contraire à ' votre opinion I Je tremble à l'idée que, rendu si loin un indépendance d’esprit, je pourrais dire en orgueil, vous succomberiez probablement à la tentation de no pas vouloir vous soumettre à l'autorité du chef de l'Eglise lui-môme ! Je ne vous nie pas le droit d'en appeler à cette divine et suprême autorité, mais sachez, monsieur, qu'en attendant son jugement définitif, comme tout catholique dans le monde devrait faire en une circonstance comme celle ou vous vous trouvez, vous devriez humblement vous soumettre à votre Evêque, et que vous ne pouvez vous dire catholique qu’à cette condition ; sachez de plus, monsieur, que si vous tombiez malade, votre curé et tout prêtre qui pourrait se transporter à sa place auprès de votre lit de mort, devrait vous refuser l’absolution et les autres sacrements, si vous aviez le malheur de persister dans les prétentions affichées dans votre lettre.qui lui serait portée vile dure encore dix ans, il est une chose certaine, c'est que les habitants du Canada retourneront à l’état de singes 11011 perfectionnés, ce qu’étaient tous les hommes il y a trois cent mille ans.Obéissez, obéissez; il n’y a pas de résistance devant Dieu.Or, nous sommes Dieu, nous: nous avons son infaillibilité, et, de droit divin nous seuls commandons aux hommes qui sont un troupeau de bûtes.(Du moins notre mission est de les rendre tels, ce qui, certes, n’est pas difficile au moyen des images, des miracles ) Courbez-vous ; devenez des automates, des ânes, des brutes, et vous serez bons catholiques.Mais quoi ! Dieu n’a t-il pas mis en moi une intelligence, et n’a t-il pas frappé mon front du sceau immortel de la raison, afin que je comprenne et que l'assimiler! Je veux la lumière, et vous m’entraînez dans une nuit épaisse où tout est mystère pour moi, en me disant qu’il en est ainsi, afin que je sois convaincu de ma faiblesse, et du pouvoir que, seuls, vous avez de conduire les hommes.Allons ! montrez-moi donc le signe olympique qui fait de vous des dieux sur la terre.Je regarde dans votre œil, j’y cherche l'éclair céleste, et je n y vois que le rayon oblique du mensonge.Non seulement, vous — 150 \ avez fait de la terre votre empire, mais encore vous usurpez l’éternité, et la dispensez aux ames crédules, abruties d’avance par vous, moyennant quelques simagrées hypocrites, et quelques ridicules grimaces auxquelles vous donnez la bénédiction.Jongleurs, artisans d’ombres, fabricants de fausses clefs pour les verroux du paradis, arrière, laissez l’homme libre, afin qu’il grandisse ; et si vous ne pouvez le suivre, ne cherchez pas du moins à le retenir.s * Le McschaeéU de la Nouvelle Orléans salue mon apparition par ces lignes flatteuses : “ Nous recevons le No.f> delà Lanterne Canadienne, publiée à Montréal, par M.A.Unies.C'est vif, et même un peu raide pour un pays qui n’a guère entendu jusqu'ici que le son des cloches orthodoxes.Nous ne savons si elle s'y acclimatera, mais nous souhaitons à son bouillant et spirituel rédacteur de ne point rencontrer de Marfori sur son chemin.Les personnes qui aiment le pamphlet et la polémique, peuvent souscrire à la Lanterne." Les Marfori du Canada ne sont pas à craindre.Leur arme, leur unique arme, est le goupillon ; ils s’en servent avec vigueur, mais.je suis invulnérable.Ils s’en vengcro.it dans l'autre monde.De son côté, le Xeir-York Mercantile me consacre ces bienveillantes paroles : “ La Lanterne Canadienne est une nouvelle et mordante publication française, publiée à Montréal toutes les semaines, d’après le modèle de la Lanterne de ltochcfort qui a presque révolutionné Paris, et est devenue l’objet de toutes les conversations en Lu rope.Le nouveaU'Vcnn a déjà mis en émoi tout le Canada, et pendant que les progressistes en sont ravis, les vieux conservateurs orthodoxes le dénoncent en termes qui ont perdu toute mesure.” Il est vrai qu’à côté de ces témoignages, VOrdre dit que je n’écris que des saletés.Que me sert l’approbation de Vunivers, si je n’ai pas celle de V Ordre / Ah! mes amis, creusez vite ma tombe, et enveloppez-moi dans un numéro de Y Ordre, afin d’épargner aux vers leur hideuse besogne.* * * i M.Oscar Dunn, écrivant à la Minerve, ridiculise le Nouveau-Monde, qui a prétendu que le système municipal joint au système fédéral, cn/v vuU au peuple le temps dé faire son salut.Vous avez trois cent milliards de fois tort, M.Dunn.Vous qui avez été élevé à l'école du Courrier de St.Jh/acinthc, vous evez savoir que, “sans le salut, pensez y bien, tout ne vous servira de n.” C est pourquoi les prêtres s'acharnent avec un si noble désintéresse-t a la conservation des dîmes, qui assurent le salut de leurs ouailles. / — 151 — Quelqu’un m'écrit nu sujet de ce digne citoyen de lu Pointe-nux-Trem-blcs, dont j’ai racontd la moitié d'enterrement dans la Lanterne No.8.de remercie le correspondant inconnu des renseignements qu’il me donne, et j’en ferai mon prolit, mais il aurait dit affranchir sa lettre.Je suis pour l'affranchissement sous toutes les formes, et particulièrement pour les lettres qu'on m’écrit.Trois cents pour avoir l'honneur de correspondre directement avec moi, ce n’est pas trop.Je n’exempte de cette condition que M.Ricard, le curé d’Acton, qui vient de renvoyer le Pays avec 212 L\fttsc sur l’enveloppe.J/administration du journal resta convaincue qu’il ne voulait pas le recevoir.* * * Je reçois la communication suivante d’un homme qui a occtipj longtemps les plus hautes fonctions politiques, et qui est d’autant mieux placé pour juger des campagnes, qu’il les habite depuis quarante ans : 31.LE Rédacteur,—Vous avez bien choisi votre position pour livrer bataille au parti clérical, d’abord parce qu'il est manifeste que les arguments de ses organes sont faits sur commande, et que la mauvaise foi qui les inspire perce partout) ensuite, parce que vous n’avez pas laissé de porte ouverte au placement ou à la vente de vos convictions.3Iais gardez-vous bien ; le tentateur est plein de ressources.Je voulais aujourd’hui attirer votre attention sur un article du Courrier de St.Hyacinthe, intitulé “ l’Education.” 11 L’éducation, dit-il, tout le monde se plaît à le reconnaître, a fait de grands progrès depuis quelques années parmi notre jeune population.” C’est ce que je nie de la façon la plus formelle.Depuis quarante ans que j’habite les districts ruraux du Ras-Canada, la seule époque où l'instruction y ait fait des progrès, est lorsque le clergé n'avait pas ;l se mêler de l'organisation des écoles.La Loi des Ecoles passée par le parlement du Bas-Canada, et connue sous le nom de Nelson's School Act, tout le monde sait qu’elle fut mise de côté par le Conseil Législatif du Bas-Canada, avec l’approbation des évêques et du clergé catholique, quoique ce Conseil en eût pris la responsabilité sur ses propres épaules, et pour cause.Jusqu’il quel point une bonne chose peut servira mal paraît clairement dans les actes d’écoles passés par le parlement du Canada.Je me rappelle que pour chaque clause, il était nécessaire, ou du moins on regardait comme un devoir, de consulter le clergé et d’avoir son approbation, avant que l’acte ne passai.C’est alors que la griffe se cachait sous la patte de velours.Allez maintenant avec votre Lanterne; cherchez parmi les hommes de 20 à 10 ans, répandus dans les campagnes du Bas Canada, et vous n’en trouverez pas un sur 20 qui sache lire, un sur 50 qui sache écrire, et cependant ils vous diront tous qu’ils sont allés à l’école depuis l'âge de 7 à 14 ans, mais qu’ils ont oublié tout ce qu'ils ont appris.Je vous laisse à juger ce que ce tout veut dire, quand les instituteurs étaient pour la plupart de jeunes (illes prises dans les couvents pour un — 152 — salaire de 10 à 20 louis par année, et choisies parce que leurs parents étaient pauvres, et incapables de payer aux couvents le prix que payaient les autres.Maintenant, quels étaient les régulateurs, les maîtres suprêmes dans tout ceci?M.Chauveau ! non.Les surintendants de districts ! non.Les commissaires choisis par le peuple ! non.Mais c’était M.le curé de la paroisse, lui seul, qui faisait sauter le chat avec sa patte de velours.Le clergé canadien a obtenu, et a fait précisément ce que dit Victor Hugo cité par vous : “ Vous voulez, dites-vous, la liberté d'enseignement ; tenez, entendons-nous voulez-vous que je vous dise quelle est la liberté que vous réclamez, c’est la liberté de ne pas enseigner.” Jamais paroles ne seront plus vraies de l’éducation telle qu’elle est donnée dans les campagnes du Bas-Canada.Quant la libéralité témoignée aux Anglais, les Canadiens-Français ne s’en trouvent pas trop mal.Lisez l’article du Courrier de St.lhja-eintlie, et vous serez surpris de l’allocation destinée à l’enseignement de Vanglais ; bien peu de jeunes gens devraient l’apprendre.Bah ! des gens aussi bornés feraient mieux de se faire envelopper les mains par quelque habile jésuite, à l’avantage munie de leur parti.Un qui habite la campagne depuis quarante ans.” Je n’ai pas besoin de lire l’article du Courrier de St.Hyacinthe.Ces articles Id, je les connais d’avance par cœur ; j’en ai avalé une trentaine, cela suffit pour être bien renseigné.Mais je vais mettre autre chose sous les yeux du lecteur.Ce sont les annonces de Livres Nouveaux de deux libraires de cette ville, MM.Rolland et tils, et MM.Bcauchomin et Valois.Ces annonces se ressemblent toutes par la nature des livres qu’elles énumùrcnt ; je prends les deux plus récentes.On verra s il est possible que l’instruction se répande en Canada, lorsque du haut en bas de l’échelle sociale, on voit se reproduire les même laits, lorsqu’on voit les ali mens qui sont offerts à l’intelligence de la population.Los libraires, les seuls qui méritent ce nom dans Montréal, sont des Anglais.Les autres ne sont tous plus ou moins que des vendeurs d’images.LIVRES NOUVEAUX.Dictionnaire Universel «les Sciences Ecclésiastiques, hviingelin Doininicaruin ne Festorum totitts num.Nouveau Dictionnaire «le Théologie Morale.De Credo de Bossuvt.Histoire de Ste.Monique.Lettres inédites et Fleur., chômes ,1c Samt-Franrois de Suies.Les Soliloques de Saint Augustin.te intime de J.B.Vianney, curé d’Ars, mort en odeur de sainteté.»prit du Curé d Ars. — 153 Petites Fleurs d'Ars.Pensées de Louis Veuillot.Les Usages du Monde.Les Francs-Maçons.—Ce qu'ils sont, co qu’ils font, ce qu'ils veulent, par Mgr.de Ségur, 19c édition, 10c.Glorieuse Victoire de Montana.Méthode pour confesser les enfants, 15c.Lettres à la Dame de cœur sur l’Exposition Universelle, par J.T.de Saint Germain, 25c.Voltaire, sa vie et ses œuvres, par l'abbé Maynard, chanoine honoraire de Poitiers, 2 volumes in-8 reliés, $4.50c.Tout pour le Ciel.Le Cœur agonisant, consolation des afïligés, par le P.Blot, S.J., in-32, 40c.La Science des Saints.De l’Education dans la Famille.# L'Esprit de l'Education, par l'abbé Bécscau, 1 volume in-12, 75c.De l’Education des Femmes.Méthode pour confesser.En vente à la Librairie de C.G.BEAUC11EMIN & VALOIS, 237 et 239, Rue St.Paul.LIVRES.Les Auxiliatrices du Purgatoire, par le R.P.Blot, 1 vol.in 18o relié, 10c.L'art de croire ou préparation philosophique à la foi chrétienne, par Auguste Nicolas, 2 vols, in 12o bro., Si.75.Etudes littéraires pour la défense de l'Eglise, par Léon Gauthier, 1 roi.in 12o broché, 40c.Los Espérances de l’Eglise, par le R.P.II.Uamièro, S.J., in 12o bro.$1.25.Les ferventes communions ou préparations et actions de grâce, in 18o broché, 35 c.Conférences de Notre-Dame de Paris, par le R.P.Henri—Dominique Lacor-daire, 5 vols, in 12o relié, $5.50.La Très Sainte Vierge Marie proposée comme modèle aux femmes et aux filles chrétiennes, 55c.Le journal de Marguerite ou les deux années préparatoires à la première communion, par Mlle.Monniot, 2 vols, in 12 broché, $1.30.Marguerite à vingt ans, suite et lin du journal de Marguerite, par Mlle.Monniot, 2 vols, in 12o broché, $1.55.Les Merveilles divines dans les âmes du Purgatoire, G0c.Nenia l’incorrigible ou la première confession, par Mlle.Monniot, 1 vol.in 12o broché, G5c.Les Religieuses modèles dans les diverses fonctions de la vie régulière, G7c.Les ruines morales et intellectuelles, méditations sur la philosophie et l'histoire, par Alfred Nettement, in 12o broché.Les Saints et les Bienheureux du xvme siècle, par E.Darras, 2 vols, in 12o broché.Sermons pour tous les dimanches et pour les principales fèt03 de Vannée, suivis de méditations sur les passions de Notre Seigneur Jésus-Christ, par l'abbé •Schelleus, 5 vols, in 12o relié, $1.25.Sursuin Corda ! Lettre à Maurice, par Théogène, 2 vols, in 12o broché, $1.25.Vie et œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, 2 vols, in Pj bro.$4.00.En vente à la Librairie de J.B.ROLLAND & FILS, Nos.12 et 14, rue St.Vincent.Quand vous aurez lu tout cela, aurez-vous appris l’anglais, le français, 1 histoire, la géographie, les mathématiques, la chimie, la physique, la — 154 m(fornique, l'histoire naturelle, lu géologie, la minéralogie, etc toutes choses indispensables ?Non, je me trompe ; ce qui est indispensable, c’est de savoir comment Marie à la coque tombait en extase, ce que faisait Marguerite à vingt ans, et comment la y h rieuse, victoire de Mentuna fut remportée par le fusil Chassepot béni pour tuer les hommes.* * * Ce qui me bouleverse, ce qui m’horripile, ce qui me met tout à l’envers, c'est qu'il existe une classe d'hommes qui sc soit donne pour mission de dégrader et d’abrutir leurs semblables, qui ait le courage de poursuivre ce but, qui s’en fasse gloire, qui vive d’autant mieux que les autres Igmimes sont plus infortunés, et qui exerce avec passion ce monopole qu’il suffit de nommer pour faire frémir, l’ignorance des peuples.Chez toutes les nations, un groupe d’hommes s'est Ibriué pour le malheur des autres qui s’est dit le dépositaire de la vérité, le sanctuaire de la science.Aucun mortel ne pouvait franchir la porte du temple mystérieux ; l'ignorance, nuit épaisse, enveloppait les peuples agenouillés.Les prêtres riaient et priaient, ils offraient de nombreux sacrifices, mais jamais d eux-mêmes, ni de ce qui leur appartenait.Tu ut-à-coup un rayon de soleil éclate sur le front de la multitude; la voix d’un mortel audacieux s est tait entendre, il a déchiré le voile ; le temple s’écroule, les dieux séculaires tombent mutilés sur leurs autels en ruines, et le mystère apparaît dans toute sa nudité abjecte, amas de supercheries et de stupidités.Mais a quoi cola a-t-il servi ?une erreur détruite en fait naître deux autres ; la mort est une mère féconde qui enfante parmi les ruines.A une imposture dévoilée succèdent d’autres impostures, d’autres mensonges, d autres dupes : 1 homme ne se lasse point de tromper ou d’être trompe.Cependant 1 arbre de la science émerge lentement des vapeurs épaisses - ^ ^ 3 - » .w.W • _» • I 1 | .V < « • %.sur les mondes ; il se dilate dans une atmosphère plus propice Enfant des siècles, devra-t-il longtemps grandir?dernier venu sur la scène vieille du globe, que lui réserve l’avenir?Ira-t-il rejoindre les débris du temps ?Non, car ce n est pas 1 homme qui fa semé.Eternel, il a scs racines partout: seulement, il vient à peine de secouer sur la terre quelques gouttes de sa rosée immortelle, et ces quelques gouttes, plus fécondes que toutes les t sophics entassées, étalage puéril d’impuissance, vaincs recherches dans une nuit obscurcie encore par l'orgueil, ont suffi pour faire naître d’impérissables germes.* * •* On verra par lus allocations suivantes retranchées, par la révolution, du budget du 1 Espagne, que le clergé de ce pays, s’il faisait maigVd le vendredi, avait de quoi faire gras les autres jours.Ccsttnlias, pensions de toutes sortes, llenux.103,500,570 Obligations ecclésiastiques.ISO 126 570 Pensions aux décloîtrés.10,385,265 rubrique de Saint-Pierre et Saint-Jean de Luirait.337,690 a once de Sa Sainteté.220,000 Total.354,521,899 Soit.$48,000,00 66 - 155 La moitiu de cela dépensé en écoles aurait suffi pour empêcher la révolution, en rendant le despotisme et l’obscurantisme impossibles.* ¦* * Les journaux cléricocaux, à en juger par la Minerve, ont entrepris de me couper l'herbe sous le pied.L'élection de St.Maurice leur en a fourni une première occasion.On se rappelle que 1*Evénement a parlé vertement de ceux qui bénissaient le whisky.Tant que le whisky béni a été bu ail Majorent Minervœ gloriam, les petits saints enrichis par M.Cartier, s’y roulaient i\ l’envi.Si bien que les cuves étaient pleines à n’y plus tenir, et que Gérin-Lajoie a débordé.Ou fait fi aujourd'hui du whisky béni.C’est bon pour les goujats du Nouveau-Blonde.* Voici maintenant que la Minerve se place au premier rang des défenseurs de l'Institut-Canadien.Jugez-en par ce qu’elle disait le 13 novembre, 1808.“ Blâmons-nous les sociétés religieuses tic cette ville qui recherchent lu publicité des journaux anglais et qui s'y font des réclames.11 Kst-cc que le Nouveau-Monde veut défendre tous rapports entre les gens de croyances dillcrentes ; mais alors pourquoi expose-t-il sa foi à recevoir dus annonces de maisons protestantes; pourquoi cherche -t-il à se mettre en bons rapports avec les maisons protestantes qui lui fournissent son papier et ses presses 7" Je vois bien pourquoi on me reprochait à moi et à l’Institut, de recevoir des secours des protestants.Les Jésuites voulaient garder tout cela pour eux.Les sœurs vont quêter chez les protestants ; les Jésuites leur prennent un écu en échange d’une comédie, dans le bas de leur église ; les malades catholiques vont absorber la soupe protestante, les médicaments protestants et leurs soins à l'hôpital anglais, et on me reproche à moi de vouloir leur vendre ma Lanterne! Faut-il donc que j’endosse la soutane ou que je m'habille en sœur noire ou grise, pour avoir droit à ma part de l'argent protestant ?Voici maintenant toute la doctrine des membres de l’Institut-Cana-dien mise en relief par la même autorité: “ Quel sera le Journal assez absurde pour défendre à ses compatriotes de sortir de leur paroisse de pour de traverser du mauvais milieux.Et un admettant que, pour l'intérêt de leur salut, on peut leur conseiller du nu jamais aller à Paris, est-ce une raison, s'ils y vont, du lus dénoncer comme dus hérétiques et du vouloir les décourager par la calomnie.Quand le pasteur voit une brebis au bord d'un précipice, va-t-il lui rompre sa houlette sur le dos pour l'empêcher d'y tomber?“Si c'est la simple résidence de nos correspondants dans un milieu d'indiffé-rentisme qui tourmente le Nouveau-Monilv, pourquoi le Nouveau-Monde du 11 mars 18G8, annonçant le départ de M.Dunn pour Paris, le grand centre de Modifié rontismo, lui a-t-il dit : Nous lui souhaitons un heureux voyaçc ?' Aux censeurs de l’évêque, les membres de l’Institut disent: —Eh bien, soit ! Admettons qu’il y a des journaux libres-penseurs et des livres qui ne sortent pas de Marne et Oie.dans l'Institut, aucun de scs membres n’est obligé de lire ces livres et ces journaux.Ils ont lit le Nouveau-Monde à côté du Pays.S’ils veulent rester bûtes ;X lier, qu’ils ne lisent que le Nouveau-Monde.Bien ne les oblige il lire le Pays.Il en est de l’Institut comme de Paris, pour les poussins cléricocaux. — 15G — Le Câble transatlantique va incessamment Gtre excommunié.Il vient d’annoncer que des évêques et des cardinaux, réunis â llomc, sont convenus de proposer au concile œcuménique le mariage des prêtres.Si ce n’est pas lâ un canard, ma Lanterne sera bientôt l’organe du clergé; car nous nous entendrons sur bien des points.Les tumeurs de certaines pénitentes pourront être guéries sans miracle, et du moment que le miracle est en baisse, la Lanterne est en hausse.Si le confessional survit au célibat des prêtres, la plus franche portion du beau sexe sera écrémée par les jeunes abbés.Les militaires eux-mêmes sont supplantés.Hâtez-vous, garçons mes amis, de planter votre tente et d'y loger une femme, car vous n’aurez bientôt plus d'atout qui tienne contre le confessional «le vos rivaux.V Le Juge Bert helot, qui a fait construire la maison fi deux étages à côté de la Maison Devlin, qui un a cinq, a une horreur instinctive de tout uo qui se corrige ou s’améliore.C’est pourquoi il continue de siéger en révision pour ne pas voir casser ses jugements qui le seraient tous, à coup sûr, sans cette précaution.Ainsi, ce ne sont pas les procès que M.Bcrthclot devra juger en révision.c’est lui-inûme.Les avocats protestent, mais le juge Bcrthclot qui continue à s'emplir d'eau de Plantagenct, en a jusque dans les oreilles, et n’entend plus rien.La compagnie du gaz a fait un pacte avec les météores, sans préjudice de celui qu’elle a déjà fait avec la lune.Toutes les fois qu’ils paraîtront, elle disparaîtra.Mais moi qui n’ai pas fait de pacte avec les trottoirs pour qu’ils ne me démantibulent pas le tibia, chaque fois que je courrai à mes rendez vous nocturnes, moi.contribuable, corvéable à merci, je proteste.J'irai en cour de révision.Là, j’exposerai que j’ai des jambes, et que je paie pour les conserver ; à moins que la compagnie ne démontre que, dix mois dans l’année, on ne doit pas avoir de jambes." L’attitude du clergé espagnol est toujours très-rassurante, dit un article étranger cité par la M inerte, j’allais «lire trop rassurante; il s’exécute en effet, ou se laisse exécuter de si bonne grâce qu’on serait tenté de craindre un retour offensif,—quand l’occasion lui semblera favorable.C’est son droit.” C'est son droit me remplit d’une joie ineffable.Du reste, le clergé de tous les pays a cela de particulier, qu’il exerce le droit de changer avec tous les gouvernements.Ainsi, l’archevêque de Paris, Sibour, acclamait la république de “4$,” et le lendemain chantait des Te Deum à l’empire.l)e même, l’évèquc de Québec.Plessis, recevait une pension de mille louis du gouvernement anglais, et prononçait ces paroles à l’occasion du service funèbre de l’évêque Briand, le *27 juin ] 7VI : — 157 — “ Nos conquérants regardés d'un œil ombrageux et jaloux, n’inspiraient quo de l’horreur et du saisissement Nation généreuse qui nous avez fait voir avec tant d’évidence combien ces préjugés étaient faux ! Nation industrieuse qui avez fait germer les richesses que cette terre renfermait dans son sein ; nation exemplaire qui, dans ce moment de crise, enseignez à l’univers attentif en quoi consiste cette liberté après laquelle tous les hommes soupirent et dont si peu connaissent les justes bornes ; nation compatissante qui venez de recueillir avec tant d’humanité, les sujets les plus fidèles et les plus maltraités de ce royaume auquel nous appartînmes autrefois! Nation bienfaisante qui donnez chaque jour au Canada de nouvelles preuves de votre libéralité ! Non, non, vous n’êtes pas nos ennemis.Si, après avoir goûté trente-cinq ans les douceurs de votre empire, il se trouve encore parmi nous quelques esprits assez aveugles ou assez mal intentionnés pour entretenir les mêmes ombrages, et inspirer au peuple des désirs criminels de retourner à ses anciens maîtres ; n’imputez pas à la totalité ce qui n’est que le vice d’un petit nombre.“Bien éloigné de donner dans ces erreurs, M.Briund vit à peine les armes britanniques placées sur nos portes de ville, qu’il conçut en un instant Tidée que Dieu avait transféré à VAngleterre h domaine de ce ]>ays ; qu’avec le changement de possesseurs, nos devoirs ont changé d'objet ; que les liens qui nous avaient jusqu’alors unis à la France étaient rompus ; il aperçut (ce que personne ne soupçonnait ! ) que la religion elle-même pouvait gagner $\ ce changement de domination.” Cet hommage rendu au plus fort a été la marque distinctive du clergé de tous les temps.“L évêque d'Aviln, continue ln Minerve, sur la foi de son correspondant, s'est présenté devant la junte de cette province pour adhérer “aux principes proclamés par la glorieuse révolution de septembre," et de plus pour n(limier qu'on l'avait “ calomnié " en le représentant comme un homme politique.L'évêque de Cadix a envoyé à la junte de Grenade des explications “ satisfaisantes " sur la conduite qu'il a observée pendant les premiers jours de la révolution.Enfin, un journal d’Alicantc annonce qu’une commission du clergé de cette ville s'est rendue au sein de la junte pour exprimer son adhésion au nouvel ordre de choses." Ce qui n'empêche pas que si le gouvernement provisoire est renversé, contre toute attente, on verra les mêmes évêques tomber d’admiration devant le gouvernement qui lui succédera.Si le diable venait s'emparer de la terre, les évêques iraient le saluer du nom de Majesté, et lui souhaiter un long règne.;fc « « La Minerve, cherchant il y a trois mois toute espèce de griefs contre les libéraux, découvrait que sur 72 personnes qui avaient souscrit pour amortir la dette de l'Institut Canadien, il se trouvait 44 Anglais et 28 Canadiens seulement ; et elle déclarait que Y Institut serait bientôt noyc dans l'élément protestant, s'il ne Vêtait déjà.Je lui répondis alors humblement,—car j’étais anéanti du coup qu’elle nous avait porté—que les protestants de l’Institut valaient infiniment mieux que les catholiques de la Minerve, ne fut-ce que pour l’intelligence — 158 — que les protestants souscripteurs avaient eu le bon sens de ne pas demander si l'Institut était catholique, luthérien, mahomdtan ou juif; qu’ils avaient souscrit pour une institution publique, sachant, eux qui ne lisent pas la Minerve, que la vraie gloire d’une ville est celle que lui donnent les institutions de ce genre que c’était tout naturel que la Minerve se flattât de ce que 28 Canadiens seulement eussent souscrit à l’Institut, qu’en effet l’ignorance de notre peuple était pour elle une question d’existence, la Minerve comme le Nouveau-Monde étant évidemment impossibles parmi une population éclairée.H h bien ! figurez-vous maintenant que la Minerve contenait ce qui suit dans son numéro du 11 courant : “ Quand 1 • iirectcur spirituel de Y Union Catholique se met en rapport avec la (Sazette, le II raid ou le Sews pour obtenir d eux une mention favorable, nu lieu de nous en 1 finaliser, ne sommes-nous pas fiers devoir l'éloge d'une telle œuvre portée devait leur public, et nous savons que par ce moyen Y Union Catholique a reçu des don, -.onsidérabîes de protestants, a bénéficié de l’assistance protestante à dos concerts.’’ Si cela continue, je serai obligé de me faire turc pour avoir quelque chose à dire contre cette Union Catholique qui se soutient par des dons de in’Otcstunts.* * > Je vois dans le Telegraph de Toronto qu’un homme sourd et muet a recouvré la parole et l’ouic sans attouchement ou huile de Notre Dame de pitié.C'est un scandale, ceci.Il ne devrait pas être permis de recouvrer scs sens à un protestant.Oh ! si c’eût été un catholique, quel joli petit miracle on nous envoyait dans le nez ! Si quelqu’un s’avise encore de se guérir sans la permission du Nouveau-Monde^ je le dénonce.* * * Je reçois l’instant le prospectus d'un nouveau journal anglais qui va paraître sous ce titre.T II 11 H13 RIVEllS RADICAL.Je reproduis en anglais ie passage suivant, je suis trop paresseux pour traduire, et du reste lus lecteurs de la Jjiinternc comprennent toutes les langues, excepté le rédacteur de L'Ordre qui n’a jamais rien compris.“It is proposed to publish a tri-weekly Journal in the City of Three Rivers, in which the Knglish population is numerically small, but contributes materially, nearly one-lmlf, to the municipal funds of the City.Their industrial and agricultural pursuits constitute almost entirely the commerce and trade of the place, for without their energy and enterprise Three Rivers would relapse into the state in which it existed at the time of the conquest.Neither their intellectuality, nor their spirit of progress, finds any representation in the two French Canadian Journals which are published in the City, for they are almost exclusively w the organs of the Roman Catholic IIikrauciiv, which reigns predominant in their midst.In this respect, the principles of universal religious toleration will bo ja predominant in the columns of this Journal, and while it will at all times uphold mid maintain the rights, liberties, and privileges of all established Churches in the Province it will strenuously oppose the usurpation of powers by the one which do not belong to, or should not bo exercised by the other.In matters of social reform, while Seigniorial and other vested rights in the Province, have been entirely destroyed by the action of the Legislature, it will be considered within the province of this Journal to discuss the question whether Kc-clesiastienl Corporations arc entitled to iinprovorish the Country, by the exaction of Titiiks, or contributions, which turn to the benefit uf a privileged class but are against the public interests.In political matters, the title which we have given to our Journal sufliciently indicates our sentiments.We make no profession of political failli.If the Government of the country should think fit to he guided by the opinions we profess in matters of social and religious reform, we shall support whatever Ministry may be disposed to carry them out in practice ; but should they persist in upholding religious incorporations, and Skotaiiian Ciiaiutaiilk Institutions, at the expense of the public, we shall most decidedly give them our most energetic opposition.IIOUUIlAll ! BRAVO ! AWiW / Make thorn jump.By Jupiter, I shake hands with you.We will have it out of them.Mais, quoi hulas ! j'oublie que le libéralisme perd du terrain tous lus jours.L Ordre demandait à ses abonnés ces jours-ci de lui repasser plusieurs numéros égarés de sa collection.Aussitôt dit, aussitôt lait.Pendant deux jours, Y Ordre sc vit assiégé d’abonnés qui arrivaient les uns sur les autres; c’était à qui serait lu plus pressé de remettre les numéros en question.Ceux qui ne purent venir, s’excusèrent en disant qu’ils avaient jeté ou brûlé les dits numéros.\i Ordre ne vit jamais pareils témoignages du sympathie en sa faveur.••• Le Courrier de St.Hyacinthe attribue lus mauvaises révoltes à l1 indifférence du peuple pour les pratiquas religieuses, et au nombre croissant des mauvais journaux qui se publient.Cela est incontestable.Le nombre des mauvais journaux e; t beaucoup trop grand pour notre petite \v’ation ; ils lui prennent tout son temps.Comment le peuple apprendra-t-il à cultiver, tant qu’il existera des mauvais journaux comme le Courrier de St.Hyacinthe, L* Nouveau-Monde, YOrdrc, le Courrier du Canada, le Journal de Trois-Jéiviôrcs Y Union des Cantons de l'Est, la Gazette de Sorcl, le Pionnier de Sherbrooke, la Voix du Golfe, la Gazette des Campagnes.?L’autre raison donnée, Vindifférence pour les pratiques religieuses, est également juste.Kii effet, si, au lieu de labourer, les habitants passaient, tout leur temps à dire le chapelet cl à embrasser M.le curé, œuvre pieuse pour 1 «quelle il y a G00 jours d’indulgence, la terre deviendrait tellement onde qu’on serait obligé de fabriquer un autre petit miracle de la *W« ite pour en exterminer les produits.48 — 100 — Un jeune canadien, venu des Etats-Unis, ù qui l'on faisait lire cet article du Courrier, s’imagina de répondre que les mauvaises récoltes étaient probablement dues à un mauvais système de culture, ou â la température.mais scs intcrcoluteurs persistèrent à maintenir que c’était grâce ;\ l'indifférence religieuse.Alors, le jeune homme “ Si vos récoltes diminuent, dit-il, je commence fi croire que c'est parce que Dieu se fait protestant; je n'ai jamais vu en effet d’aussi splendides récoltes qu’aux Etats-Unis et dans le llaut-Canada.A Chicago, le grain est plus abondant que le sable, et l'on ne sait plus où le mettre.” Les bons habitants se signèrent, et regardèrent leurs champs pour voir quel effet ce signe de croix produirait sur eux.Mais les champs ne bougèrent pas.WAN V.'&SrJ 1 PAR A.BUIES.Journal humoristique, hebdomadaire, l’ennemi instinctif des sottises, des ridicules, des vices, et des défauts des hommes.Les abonnements ne se prennent pas pour plus de six mois, payables d’avance.Pour six mol* ÿl.00 Pour Iroi* mol* - 0.70 Pour un mol* 0.20 La Lanterne est en vente chez M.Grafton, Grande rue St.Jacques, au No.170, Rue Notre Dame, à l’Institut Canadien, aux Nos.C l et GS, Grande Rue St.Jacques, 13J Place d*Armes, *183 Rue St.Laurent, et à la Librairie Evangélique, rue Craig.Toute communication devra être adressée directement au rédnctcur*pro-iétaire, A.Unies, Montréal. — 161 — LE CONCERT DE PRÜME.Prume est un grand artiste.Mais comment dire cela après les compte-rendus de la Minerve, réclames d’habitude qui ont rendu impossible l’hommage au vrai talent ?Je le dirai de même.Tant pis pour Prume, s’il est venu dans un pays où il y a partout des piédestaux, mais que lui seul était digne de monter.Prume donnait mardi son concert d’adieu.Adieu ! tout nous quitte donc maintenant, nous, tristes habitants de l'hiver.Nous restons seuls avec la neige qui tombe, et qui ensevelit tout, tout, excepté le souvenir.Y oyez ce ciel attristé qui déverse sur nous ses larmes de glace, et qui semble pleurer sur la tombe où il nous enfouit.Depuis longtemps déjà les douces hirondelles ont gagné les deux dorés que nos jeunes filles ne voient qu’en songe ; les dernières fleurs sont mortes avec les derniers baisers du soleil ; on n’entend plus même gémir les feuilles d’automne emportées avec les vents qui fuient, hélas ! et Madame Prume, dernière venue des fleurs de cette saison, s’envole aussi comme elles, et va chercher le soleil chaud, la douce atmosphère qu’il faut à ses chants.Qu’elle aille, qu’elle parte.Nous, nous resterons pour la pleurer, et nous attendrons le printemps qui la ramènera peut-être avec les gazouillemens des petits oiseaux et l’épanouissement des fleurs nouvelles.Que d’yeux qui la regardaient avec tant d’admiration pendant qu’elle chantait “ Si vous n’avez rien à me dire,” vont maintenant devenir tristes et mornes ! J’aurais bien voulu pourtant suivre dans sa course ce talent qui ne fait que naître.Mais tel est notre sort : dès qu’une chose devient belle en Canada, il faut qu’elle nous quitte.Voyons, Prume, tâchez donc de vous acclimater tout-à-fait, et nous irons de nouveau mêler nos transports d’applaudissements à ces notes fiévreuses et frémissantes qui sortent de votre violon comme les laves du cratère.Nous irons encore nous suspendre à ce Carnaval de Venise qui.interprêté par vous, est une création d’une autre création.Nous irons rêver avec votre Souvenir qui est votre œuvre d’inspiration, et que dit avec tant d’amour ce violon qui, entre vos mains, devient vous-même.Les poètes et les artistes n’ont pas de patrie; c’est vrai.Vous vous devez au monde qui vous admire.• Allez, mais que cet adieu que vous nous avez dit mardi soir, ne soit pas le dernier.Il nous coûterait trop cher, et à vous trop peu, ce qui n’est pas juste. LA LANTERNE— SUPPLÉMENT.C 0 MPA (INIE d’Assurance des Citoyens.Capital.$1,000,000 Edwin Atwater, President.Directeurs-,—Hugh Allan, C.J.Brydges, Henry Lyman, George Stephen, N.B.Corse, Adolphe Boy.Le Département du Feu de cette Compagnie sera continué au Bureau No.10, Place-d’Armes.On assure aux taux les plus bas les meubles et immeubles qui se trouvent dans les limites de l’approvisionnement d’eau de l’Aqueduc.GEORGE B.JÏUIR, Gérant.15 oct.1868.am—113 JOHN BROWN LIBRAIRE No.10, RUE ST.JEAN, [en ville.] QUEBEC.RESTAURANT DE BROWN 245, RUE NOTRE-DAME, Montréal.LUNCH ET DINER, A LA CARTE.LE RESTAURATEUR Américain des CHEVEUX Est le meilleur au monde.Il ramène les cheveux gris à leur couleur primitive, fait disparaître la crasse et toutes les irritations désagréables de la peau.Il empêche la chute des cheveux, les fait croître, écarte du péricrânë tous les dépôts d’humeuts, et conserve la peau et la chevelure dans une bonne hygiène.J.PALMEE, Coiffeur, Perruquier et Parfumeur, Bains chauds et froids, 357 Rue Notre-Dame.J.McLEAN COIFFEUR No.52, RUE ST.VINCENT, No.52 Première porte de la rue Notre-Dame MONTREAL.C’est là qu’on se fait coiffer.Oh ! la ! la , SOUPE AUX HUITRES, Tous les vendredis soir à 6 heures, et depuis midi jusqu’à deux heures, pour 15 cents, chez le fameux Gianelli, hôtel Cosmopolitan, No.13 Place d’Armes.Quinze cents une soupe aux huîtres ! Oui, et meilleure que celles qui en coûtent 30.Voilà le chic.C’est Gianelli qui a trouvé ce secret.Allez-y.Ça ne coûte que 15 cents.T.F.STONEHAM, Manufacturier de Stores Transparents et Jalousies Rustiques de toutes les dimensions.NO.295, RUE NOTRE-DAME, MONTRÉAL.Fonds de scènes photographiques, unis et de fantaisie, armoiries et écussons de toutes les nations, appliqués et peints sur chaises de salon, etc., etc.Aussi, dessins sur rideaux transparents à l'usage des fenêtres d’églises, de chapelles, de couvents, etc.Ces dessins sont exécutés dans toutes les dimensions, et ont le plus brillant coloris.J’ai visité l’établissement de M.Stoneham, et je crois ne pouvoir trop le recommander aux membres du clergé qui désirent avoir, à défaut de vitreaux peints pour leurs églises, des rideaux transparents qui en tiennent lieu.M.Stoneham a introduit lui-même cet art en Canada, il y a quelques années, et déjà il en a répandu les produits dans tout le pays, et partout ils ont été également appréciés.MAGASIN CENTRAL DE FRUITS 285 BLOC DE CRISTAL, RUE NOTRE DAME, MONTREAL.Fruits exotiques et indigènes de choix, toujours en main tet de saison.Aussi un assortiment complet de confiseries, marinades, sauces, fruits confits, etc., etc.W.C.CARLISLE, Propriétaire.
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