La lanterne canadienne /, 1 janvier 1869, jeudi 21 janvier 1869
#0 LA in 11 u Vol.I.MONTJiKAL.21 JANVIEK, lSliî).No.1:1 I outcs les fonctions des ministres canadiens peuvent .se résumer ainsi : Je pars, tu pars, il part, nous partons, vous partez, ils partent, (’arrive, tu arrives, il arrive, nous arrivons, vous arrivez, ils arrivent.Je repars, tu repars, il repart, nous repartons, vous repartez, ils repartent.Lela rapporte 5.000 dollars par année à chacun d'eux.«-» * - 30G — Qu'un ouvre n’importe quel journal quotidien et l’on y verra que depuis un an.chaque première dépêche télégraphique est ainsi conçue : 1/1 Ion.ministre des travaux publics est arrivé ce matin.l/l Ion.ministre de la milice partira ce soir.I/llon.ministre d’état a passé par cette ville aujourd'hui.& .Je connais tout le prix des voyages : je sais combien ils développent l’intelligence et perfectionnent l’éducation.Mais je ne comprends pas bien comment ceux qui ont tant besoin de savoir sont précisément ceux qu’on a choisis pour conduire les autres.( >11 n'a pas l’ail des ministres pour qu’ils (missent leurs études, ni pour mesurer tous les jours la distance entre Québec et Ottawa.Ils sont bien heureux toutefois d’être ministres, car ils sont surs d’arriver, ce qui n’est pas toujours le cas dans les trains du Grand Tronc, pour les mortels ordinaires, qui partent, avancent un peu.et reculent deux Ibis plus.* * 11 est des âmes douces, compatissantes, bénignes, qui éprouvent le besoin de se dévouer et de faire le bien.Mais le meilleur moyen qu'elles trouvent d'v parvenir est de s’enlermer d us un couvent, a l'abri des occasions innombrables d'etre utiles qui se présentent dans le monde.Livrées à la réclusion, au silence, compatissantes pour des maux qu'elfes ignorent et qu’elles ne peuvent par conséquent secourir, elles laissent ainsi à d'autres le fardeau de la vie réelle dont elle évitent les ennuis et les combats.Vous voulez taire le bien: ch mon Dieu ! allez donc dans les campagnes instruire nos pauvres villageoises, allez fonder des écoles, donnez l'exemple de l’amour du prochain en rendant sa condition meilleure, en l'éc lai rant, en l’élevant.L’est plus qu’un besoin, c'est une nécessité impérieuse pour nos campagnes plongées dans une si triste ignorance.Le n’est pas en marmottant des prières du matin au soir qu’on se rend utile aux hommes.C est en se mêlant à la vie active, et en donnant l’exemple de a soumission aux devoirs que l’existence impose.\ oils qui vous soustrayez à l’accomplissement de ces devoirs, de quel mil voulez-vous qu'on vous regarde: \ ou s dites que le monde n’est pas fait pour vous, et que vous voulez pratiquer toutes les vertus dans le silence et l’obscurité.\ oils etes laites pour le monde comme toutes le< autres créatures.car en vous créant parmi vus semblables.Dieu a voulu que votre place lut avec eux.s \ 1 'l!s nv pouvez vous ail ranch il de ce devoir sans manquer aux obligations de la destinée.La vertu n est pas ce qu’on la fait : elle n’existe pas pour une classe (Vêtes à part qui la mettent tout entière dans un mysticisme vague et énervant.tille consiste à bien faire tout ce que l'on fait, et la plus belle prière qu'on puisse adresser à Dieu est une bonne action, et le devoir de chaque jour vaillamment accompli/ IE REÇOIS LA LETTRE SUIVANTE.Monsieur, Ce que vous racontez cloute, vous en avez, été très, satisfait:—R.Oui monsieur.(il en a été très-satisfait ! Nom d’un gendarme ! Ah ça.mais, c’est donc avec le cable transatlantique qu'il faut fesser ce gaillard là.pour qu'il s’en sente ! ) I).Je répète que vous êtes un prodigieux écolier 1 ([.es jésuites ont toujours fait des prodiges.) Dans l’instruction, votre déposition, légèrement différente de celle que vous venez, de taire, quoique encore bien étonnante, serait cependant plus croyable.Vous y disiez, que le l\ Coin mire vous ayant ollèrt de vous a lministrer la discipline, vous y aviez consenti.Aujourd'hui, vous renchérissez là-dessus.Ce n'est plu- le 1*.Coin mire qui vou» a otl’ert.c'est vous qui avez demandé.Je dois dire que votre première version est conforme, et non pas celle d’aujourd'hui, à la déclaration du P.Commire.— lv.Monsieur le président, (jui accepte demande ! (Mouvement très-marqué dans l'auditoire.) •$,Y/ accepte dentmde.ça devient trop roi de pour moi.Je sais bien, jésuitiquement parlant, qu'il y a plusieurs façons de damander.comme il y a plusieurs laçons d’accepter, sans en avoir l'air, et de façon à faire croire qu'on refuse, mais accepter en demandant me renverse tout du long.Knvoycr des enlans chez les jésuites pour apprendre que demander, c’est accepter, je ne trouve pas que ça paie.Si.encore, ils se contentaient de fausser, de violer, le sens des mots, je ne dis pas.mais c’est le sens intérieur, c'est la conscience qu'ils faussent et dénaturent.O.i sort de chez eux avec des idées horribles qu’on exprime avec des mots qui n'ont plus le sens convenu, et dès lors toute honnêteté dans les relations, toute franchise disparait.* « M.le président.—Dans l’instruction, mon enfant, vous avez vie posé ce «jui suit : cpie vous étiez dans la cour de récréation avec le jeune Ségérai : que celui-ci vous raconta les sévices dont il avai été l'objet le 22 novembre, qu’alors vous lui dites avoir été fustigé vous-même peu de temps auparavant, mais dans un autre cachot, et avec un m irtinet a manche au lieu d’une corde ii iveu.ls.Cette de daratio i de votre part était corroborée par le témoignage de Ségéral qui rapportait votre conversation dans les mêmes termes* Aujourd'hui, vous prétendez (pie tout cela est mensonge ; qu'au moin> il est faux que vous ayez jamais été battu.— lv.Oui, Monsieur, j'ai bien dit cela à Ségéral.mais cela n'était pas vrai.* Vous avez, donc menti ! Mais comment se fait-il que vous appreniez it mentir si facilement dans une maison sainte?Examinons.Quand vous avez dit cela à Ségéral, vous n'aviez aucune raison de mentir, (jui pouvait vous porter à donner des détails précis sur un châtiment que vous n'aviez jamais reçu ?Mais lorsque vous venez dire tout le contraire au tribunal, qui ne voit clairement que la leçon vous a été dictée d’avance, et que les menaces qui vous ont probablement été faites, l'emportent sur la honte de vous donner a vous-même un démenti public ?* I).Kvn n'était vrai?Ces détails, ces circonstances d'un autre cachot d’un autre instrument, de coups qui vous auraient laissé des traces aux jambes et aux reins pendant huit jours, cette particularité.que vous étiez puni pour avoir appelé un de vos professeurs as/>crgt\ tout cela est de votre invention:—E.Oui monsieur.1).El pourquoi aviez-vous menti, mon enfant?—K.Parce que le jour où l'on m'a interrogé, j'étais en colère, ayant été puni le matin.I).Mais quand vous aviez confié à Ségéral qti'011 vous avait battu, vous n'étiez pas en colère?Pourquoi lui avez vous fait cette histoire ?— K.Une idée 1 mais c'était faux, et la vérité est que jamais on ne m’a battit.• 4 •* * Moi.je soutiens que vous avez été battu.Les chers Pères ont l'air d'en avoir tellement l'habitude, et vous mettez une persistance si manifestement suggérée, à soutenir que non, après l'avoir allumé positivement, que pour moi la preuve de la vérité du lait éclate et brille comme une fusée.Je déclare donc sans plus de détour que vous avez eu autant raison d’appeler votre professeur Asperge, que vous avez tort aujourd'hui de le nier.* • * Sixvinc témoin.—Maydieit.iS ans, ancien élève de l'école des PP.Jésuites de Tivoli : Il y a cinq ans et demi environ, j’étais élève de Tivoli.Un jour, pour une faute d’écolier, je lus mis au cachot.Le soir venu, le so us-préfet d'alors, qui n'était pas le P.Coimnire.et dont j’ai oublié le nom, mais que je reconnaîtrais h merveille, si on me le représentait, m'invita à le suivre et me lit monter au quatrième étage de la maison, au grenier.Là, il me dit que j’allais recevoir une correction manuelle.Je le priai, je le suppliai, mais en vain.Il nie déshabilla de vive force, puis, à -on appel, un garçon arriva, le visage dissimulé par une barbe postiche et un masque d’escrime.Malgré mes plaintes, mes instances, mes cris, cet homme m’administra plusieurs coups de bâton, jusqu'à ce que le l'ère eût dit que c'en était assez.Le septième et le huitième témoins ne disent rien d'important.Neuvième témoin.—De Longat père, ancien oilicicr de marine, demeurant it lîordcaux : J'ai mis mon fils en pension chez les révérends pères jésuites de Tivoli, et je leur ai donné tous les droits de correction sur lui.Je ne crois pas qu'ils l’aient jamais trappe.Mon (ils ne me l'a jamais dit.Mais s’ils l’avaient fait, convaincu que çeùt été pour son bien, je les aurais remerciés.M.le président.—Témoin, que voulez-vous dire?Admettez* vous donc que ce soit un bon moyen d éducation de corriger les entants en les happant.'—1\.Oui.monsieur, quand il v a lieu.M.le président.—Monsieur, un maître qui frappe un enfant ne le corrige pas.il 1 abrutit.Ne pensez pas d ailleurs que le père ait le droit de battre son entant.La loi interviendrait alors pour protéger l’entant, et nous condamnons ici.au nom de la loi.les pèles qui abusent de leur autorité et de leur force pour sévir cruellement contre un être plus faible qu'eux.Vous n’avez donc pu déléguer aux 1*1*.jésuites un pouvoir que vous-même n’avez pas.Le n est pas ainsi que l’on peut espérer former l’intelligence et le cœur des entants.(Applaudissements dans l’auditoire.) * Oh ! quant a cela, ce n’est pas du tout ce que les Jésuites chcr-chent : ce qu ils veulent, ce n’est pas de former, mais de déformer 1 intelligence et le co-ur.Aussi, voyez comme ils réussissent.X oyez comme la jeunesse canadienne, élevée parles jésuites depuis vingt ans.est craintive, molle, inquiète du regard d'autrui, résignée au joug, incapable d'un effort, pliée dans la soumission.L est pareeque, parles corrections humiliantes, par l’habitude de 1 espionnage et 1 étouffement des instincts vigoureux, un a tué en elle tout sentiment d’orgueil et de dignité.On vous tait mettre à genoux, un vous fait baiser la terre, on vous soumet a toutes sortes de prostrations humiliantes, on vous touette.alin que vous deveniez une docile créature, pâte malléable a discrétion, et c est ainsi qu’on jette sur l'arène du monde des généi al ions abruties, et une jeunesse tellement impuissante, tellement habituée a suivre l'œil du maître, qu elle est incapable de rien taire par elle-même, et rampe aux pieds du clergé pour avoir un appui.?M.le président procède à l'interrogatoire des prévenus.!• rançois Commire.figé de 35 ans.né ii Muret (Haute Garonne), sous-pvétet des études à l’école de Tivoli. — 315 — D.Vous êtes prévenu d’avoir, le 22 novembre dernier, porté des coups et fait des blessures au jeune Joseph Ségéral, âgé de treize ans.—R.Le cas n’est pas niable, monsieur le president.i).Yutis avez été cruel pour cet enfant.Vous l’avez couvert de contusions.Le matin vous lui avez tiré les cheveux en le mettant au cachot : vous le laissez de 8 heures à .j heures sans boire ni manger ; it | heures vous lui donnez du pain sec : à 7 heures du soir, encore du pain sec; et à 10 heures tout cela n'a pas sufli, vous arrivez dans sa cellule, vous le faites déshabiller, vous lui retroussez sa chemise, vous le frappez à coups redoublés.Il vous échappe, vous le poursuivez, vous le rejoignez, le jetez sur un lit, et vous frappez encore, en étouffant ses plaintes, en lui fermant la bouche, jusqu'il ce qu'enfin il vous échappe encore et gagne son lit ii travers l’obscurité.N’avez vous pas pensé que cet appareil, cette succession de châtiments pourraient influer d’une façon désastreuse sur le cerveau de l’enfant, et qui sait, peut-être le rendre fou ?N’était-ce pas assez de la première punition ?— R.M.le président, la première punition eût pu su Hire pour une faute isolée.Mais il v avait des fautes nombreuses.(Les Jésuites attendent qu’il y ait un cet tain nombre de fautes commises, afin d’avoir une raison d’assommer l’élève du coup).Quant aux mauvais traitements, on les a exagérés.La preuve que je ne tenais pas l’enfant bien fort, c’est qu’il m’a échappé au moment oii il avait reçu seulement de quatre à cinq coups.Je reconnais m’être trompé en recourant à ce moyen ; je regrette d’avoir frappé plus et plus fort que je n’aurais dû et voulu, car je voulais moins donner it l’enfant une correction sensible qu’une correction humiliante; mais j’ai agi de bonne foi.* *¦ * Pc bonne foi m’attendrit.Je commence a me réconcilier avec Commitc, l’exécuteur.Ainsi, il a déchiré, étouffé, ensanglanté Ségéral de bonne foi ; figurez-vous un peu ce une c’aurait été.s’il l’eût fait de mauvaise foiy \ oilà (pie ça devient comique, maintenant.Après tout, ce Coin 111 ire me fait l’eflet d’être un imbécile.Il X a des imbéciles, remarquez-le bien, jusque chez les jésuites, les plus tins des hommes.Mais ceux d’entre eux qui sont imbéciles •‘¦ont les gens de bonne foi ; les autres sont de mauvaise foi.* *r * “ D.En frappant lu jeune Ségéral, vous avez obéi, n'est-ce pas à un ordre du P.de la Judic et rempli un devoir de votre charge?—R.Non; monsieur.Je n’avais pas reçu d’ordre du P.de la Judic.J’ai infligé la correction après entente avec ce Père, mais sans ordre de sa part.” # & * Il commence à se raflincr.Le voilà presque aussi fort que celui qui acceptait en demandant. C'est gentil tout de même cette façon d’expliquer un ordre qu’on a reçu.On appelle cela une entente.il lui répugne à ce lier Commire de dire cju’il obéit à un autre : il dit qu’il ne fait que s'entendre avec son supérieur.Quel grand caractère ! * *• D.Mais le I’.de ht Judie est votre supérieur.Il n’a donc pas à s’entendre avec vous.11 vous donne des ordres que vous exécutez.— R.Le 1*.de la Judie est sans doute le préfet dus études ; mais pour une correction de ce genre, la hiérarchie n’existe pas ; (elle n’existe que dans les instruments dont 011 se sert : quand c’est un gaillard qui a un cuir de crocodile, comme Montlbrl, on lui tire des coups de canon sur le nez) aucun ordre ne m’a été donné, et.011 m’en aurait donné.1111 que j’aurais été parlaitemvnt en droit de ne pas y obéir.J’ai agi de mon propre mouvement, après m ètre entendu avec le 1*.de la Judie.I >.Un témoin a déclaré pourtant qu’en venant le trouver pour lui intliger une correction, vous lui avez dit: Je suisl’exécutcur.Cela concorde bien avec votre déposition écrite.—R.Je ne crois pas avoir tenu ce propos.Mais je répète qu’il n’y a pas chez nous de charge qui oblige à administrer les corrections manuelles.Notre règle nous interdit même les punitions.M.le président : Si votre règle vous les interdit, il n’y paraît guère : car vous avez aussi llagellé le jeune de Connut et le jeune de Montlbrl.:—R.Il y a.dans le récit qu’on a présenté de ces deux faits, des exagérations.De Connut a été frappé de quelques coups d’une demi-cravache par-dessus ses vêtements, le lui avais demandé de les ôter, et comme je vis qu’il ne le voudrait pas.je n’insistai pas.Il s’agissait beaucoup moins de lui faire un mal sensible que de (’humilier parce qu’il se montrait orgueilleux.Je nie absolument que ces coups aient pu déchirer son pantalon.Si le pantalon a été déchiré, c’est aux clous de la caisse qui était dans le cachot, et sur laquelle de Connut s’agitait violemment.ib 4# * S’il s’agitait violemment, il faut croire que ça lui faisait violemment mal.Quelle (Inférence avec Mont fort qui trouvait ça si bon qu’il en redemandait ! Tout cela s’explique par la grâce de la vocation.* * * M.le président : (>ue la cravache ait produit les déchirures, ou que les déchirures soient venues de ce que de Connut s’agitait sous le fouet, il n'y a pas grande diiVérencc.Et de Montlbrl?— R.Ce qu'a raconté de Montlbrl est vrai.Comme il avait commis une série de fautes, et notamment une faute grave, je lui proposai de le corriger avec la discipline.Il a accepté.On a seulement exagéré le nombre des coups : il n’y en a pas eu soixante.M.le Président: Ce fa il-là s’est produit avec une circonstance — 317 — particulière que je dois vous prier d'expliquer.Vous avez engagé votre parole vis-à-vis de Montfort.que vous ne révéleriez pasla punition que vous lui aviez intligée.et vous avez tenu à consigner dans l'instruction que ce n'était pas vous qui aviez le premier manqué à cette promesse.R.Oui.monsieur.De Montfort.étant assez puni, m’avait demandé de lui éviter l'humiliation de la publicité, le déshonneur, le le lui avais promis et devais tenir ma parole.M.le président: Le déshonneur! dites-vous.Vous trouvez donc qu’il y a du déshonneur à recevoir des coups ! Lt vous en donnez a des enfants: Ce ne sont pas là des moyens ordinaires de bonne éducation.—Le second n ré venu : M.le president raisonne mal.11 part toujours du point de vue d'une bonne éducation à donner aux enfants.Or.encore une fois, ce n'est pas cela que veulent les Jésuites.Ils ont du moins le mérite d'être conséquents : pour élever les enfants comme des ânes, ils les accablent de coups de fouet.Il n’y a rien à dire à cela.* * 1).C’est donc une habitude de votre maison, que de maltraiter lc> enfants : car enfin nous vous voyons tout un attirail d’instrument.- de correction, et les faits de sévices se sont multipliés à ce point que vous auriez dit au jeune de Connat qui en a déposé : Il y en a d’autres que vous qui ont été fouettés ; mais ils ne s’en vanteront pas.—R.Je nie avoir tenu ce propos.Il est malheureusement vrai que j’ai nerinis plusieurs corrections.J’ai en ceci méconnu les volontés de mon supérieur et de la règle.J’ai agi «le ma propre initiative.L’année dernière, le R.1*.Roux m’en lit même l’observation a deux ou trois reprises.J'ai persisté quand l'occasion me l'a suggéré, inspiré par l’intérêt des enfants.J’avoue que je me stds trompé et je le déplore.(Le moyen de se lâcher contre un homme pareil î) IX Dès 1863.ces habitudes semblent avoir été celles de la maison, puisque le jeune Mavdicu, à cette époque, à été appréhendé et fouetté, sur l’ordre du sous-préfet des études, par un homme armé d’un bâton et masqué.— R.Non, monsieur, ce n’étaient pas les habitudes de la maison.Le fait que vous citez m’est étranger, et je puis dire que ces corrections ont été introduites par moi contre la volonté du R.P.Roux, qui les ignorait ou les blâmait.M.le président : Monsieur Roux, dites-nous vos noms, et prénoms et qualités, et fournissez telles explications qu’il vous plaira.^ ous êtes assigné comme civilement responsable des actes de vos subordonnés.—R.Je me domine Jean Roux, âgé de quarante ans, recteur de l’Ecole de Tivoli.Je 11’ai aucune explication ;'i fournir, sinon que j’ai ignoré les faits qui vous sont .soumis lors-qu ils ont eu lieu, et que, quand je les ai connus, je les ai blâmés — 318 — et désavoués, comme contraires à notre règle et à ma volonté.Je dois ajouter toutefois, que je ne doute pas des intentions de mes subordonnés, qui.en se trompant, il* le reconnaissent aujourd’hui, ont toujours agi en vue de ce qu'ils croyaient être l'intérêt des enfants.# L’intérêt des enfans e-t d’avoir les fesses comme des pommes cuites, excepté de Montfort.toujours, sur qui les coups de fouet ne font pas plu> d'elVet que les rails de patins sur la glace.Jean Roux, âgé de }o ans.recteur du collège de Tivoli, est un drôle de recteur qui ignore tout ce qui se passe dans sa maison.Il n'v a que le- Jésuites pour avoir cette sainte ignorance du mal.Il est trois heures, l'audience est suspendue.A la reprise.Me Lmile Hurler a soutenu la plainte de M.Ségéral.et a.pendant une heure environ, tenu l'auditoire sous le charme de sa parole élégante, préci-e.puissante dans sa modération.Me de Sè/.e a répondu avec son talent et sa chaleur habituels.M.le procureur impérial a prononcé un réquisitoire remarquable de mesure et de fermeté, et.après une délibération d'environ vingt minutes, le tribunal a rendu un jugement qui condamne les sieurs de la Judie et Coin mire, chacun à dix jours d'emprisonnement, et le I\ Roux, solidairement avec les deux autres ;i 300 lï.de dommages intérêts envers M.- Ségéral.— ( Gironde.) * r Le Figaro de Paris accompagne le récit de ce procès du détail des instrumeiis de correction employés par les jésuites, et des réllexions suivantes : • u Des cordes se terminant en plusieurs brins tout semés de nciîiuls ; des lanières de cuir : des cravaches, des demi-cravaches, des morceaux de cravache : des bâtons avec lesquels frappent des hommes portant des barbes postiches, et dont le visage se dissimule sous un masque de salle d'armes.Plusieurs cachots sont destinés à enfermer ceux qui doivent recevoir la correction disciplinaire ; l'un d’eux a.pour tout meuble, une cai>se hérissée de clous, sur laquelle se débat le patient.L n de ces cachots n'est autre que le cabinet qui sert de déversoir—je me sers du mot pudique de M.le président du tribunal—à ces béats pères Gorenllot.J'ai peine it contenir l'indignation qui m'agite.Est-ce possible ?est-ce croyable." Comment, pendant dix années de sollicitudes maternelles et d'inquiétudes paternelles, ces petits chérubins délicats auront reçu nos caresses et nos soins: ils nous auront mis en émoi pour une égratignurc.et nous auront tenus toute une nuit en éveil, pour une toux qui secouait leurs poitrine frêle, et — 319 — enfin, après toutes les angoisses des maladies et des accidents de la première enlance.heureux, iiers d’avoir élevé ces petits êtres chéris dans la force et la santé, nous les couderons à des étrangers.et ce sera pour qu’on nous les ramène meurtries par des lanières, déchirés par des clous, brutalisés parle bâton, soutîletés par un jésuite 1 Ces chaires roses et tendres, où circulent notre sang et notre amour, deviendront la proie de ces hommes noirs et seront livrées aux fureurs claustrales de ces célibataires houflis 1 " * * J’ai découvert un piège.Voyant qu’ils ne pouvaient me faire abandonner la Lanterne par l’intimidation, l'ostracisme dont je suis frappé dans ma bonne ville de Montréal, et les persécutions de toutes sortes dirigées sous main contre moi.les représentais de Dieu sur la terre font dire aux sacristains, aux congréganistes.aux bédeaux, et aux cuistres, que la Lanterne se meurt, que je ne puis plus la nourrir, faute de fonds ou de matière.La A cinterne est immortelle, immortelle, entendez-vous bien ! Non seulement elle vivra tant que je vivrai, mais encore elle me survivra.J’ai tout ce qu’il faut, non seulement pour l’entretenir, mais encore pour lui procurer toute espèce de jouissances de luxe.Je ne lui refuse rien.C’est mon enfant hien-aimé, ma progéniture* comme dit la Gazette des Campagnes.(juoi ! moi.laisser mourir mon enfant dans mes bras! Venez si vous l’osez, le ravir à son père.Amis lecteurs, et vous, ennemis bienveillans qui seriez désolés de voir tomber la Lanterne, quoique vous ne l’approuviez pas, rassurez-vous.La Lanterne croît et grandit tous les jours, par le nombre des abonnés, par l'intérêt qu elle inspire, et surtout par la haine Idle pénètre jusque dans les plus reculées campagnes, et les curés ont beau prêcher contre elle en pleine chaire, l’espionnage a beau s’installer en Torqucmada jusque dans les bureaux de poste, j’arrive, i’éclaire.et je vaincs.ATTENTION ! G.R.I) E XV A R TOUX ! TOUX ! ! TOUX ! ! ! 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