L'orchestre, 1 octobre 1894, lundi 8 octobre 1894
tir^Ts 2ième Année PRIX 5 Cents No.2 Rédaction et Administration, 73 Rue St-Jacques, Perrault Building) Montréal, 8 Octobre, 1S94 M.O’NEILL qui jouera toute la semaine au théâtre de 1’Academic. -H rt co° i ' erseM» t que le froid, aussi n'est-il pas sans quelques appréhensions pour ce que le notre lui réserve; mais qu’il se rassure, il a enduré sans trop de misère celui de St.I'eter.-,bourg, et le not e n’est rien en comparaison.rcilles, Henry Géraizer, Régisseur LE GRAND flOGOL Opéra Corn que en trois Actes o’tdmond Auuran.Le Grand Mogol, joué plusieurs fois l’année dernière, l’a toujours été avec le même succès, et cela se comprend, car le Grand Mogol est un des triomphes du grand compositeur.Voici l’analyse de la pièce : U ter acte la scène se passe sur une des places publiques d’Almora près de Dheli.Jocquelet et sa sœur Irma, après forces mésaventures, sont arrivés, lui à se faire dentiste ambulant et elle charmeuse de serpents.Jocquelet n’obtient pas un brillant succès, heureusement Irma grace à sa beauté et a son charme fait de belles recettes.Irma fait tourner bien des têtes, entre autres celle du capitaine Crackson, qui la suit partout et veut absolument l’épouser.Irma le repousse en lui riant au nez, car, au fond du cœur elle conserve le souvenu d’un jeune et bel inconnu, qu’elle n’a cependant rencontré que deux fois.Ce jeune inconnu est le prince Mignapour, qui lui aussi rêve de la belle Irma, et sous un déguisement est à sa recherche.Ils se rencontrent, et se font réciproquement des aveux d’amour.Mignapour s’éloigne, mais pour repa-raîti e bientôt sous son costume royal, et la choisit alors publiquement pour sa femme.Il ordonne qu Irma et Jocquelet soient conduits au palais et traités avec tous les honneurs possibles.Le mariage aura lieu le lendemain même, car si la loi prescrit que les princes de Dheli, soient installés sur letrône le jour de leur vingt et un ans, elle exige aussi qu’ils se marient ce jour même, or Mignapour atteint précisément cette date.La coutume veut aussi que les princes restent purs et vierges jusqu'au jour de leur mariage, et les légendes de ce pays racontent qu’à cet effet, Brahma lui-même a donné aux ancêtres de Mignapour un collier de perles blanches, collier que les jeunes princes ne doivent jamais quitter.Ce collier, symbole de leur pureté, doit devenir noir à la moindre souillure de celui qui le porte, et dans ce cas, les lois du royaume, lois inexorables, stipulent que le coupable perdra tous ses droits à la couronne et sera honteusement chassé du n-yaume."zèmeACTE.La scène se passe dans le pa'ais du Grand Mogol à Dheli.La petite Bengaline, qui comptait épouser son cousin Mignapour, est déçue et veut se venger.Elle forme une alliance avec Nicobar le Grand Vizir, et Crackson l’amoureux déçu d’Irma.Bengaline, ingénieuse dans son désir de vengeance, indique le moyen : Mignapour, dont on a voulu pré- server la candeur n a jamais vu de bayadeies , on en introduira dans sa chambre de repos, et la petite princesse décide de prendre place parmi elles, afin de présider par elle-même au sacrifice.Mignapour, qui sommei lait, apercevant à son iéveil ces jolies bayaderes, se croit transporté au septième ciel, et allait noircir son collier, lorsque heureusement Jocquelet apparait puis Irma Mignapour bouillant de passion, veut un baiser, un seul petit baiser de son Irma qui, encore irritée refuse, et se sauve.Bengaline tient à sa vengeance, elle fait envoyer à Mignapour un petit billet signé Irma, lui donnant rendez vous dans un pavillon au fond du jardin.Elle espère profiter de-, ténèbres pour se faire passer pour Irma.Mignapour croyant à l’authenticité de ce billet, ordonne à Crackson, de verger de l’opium dans le breuvage de scs gardes, afin de pouvoir sortir sans être vu.Crackson, qui lui aussi croit au rendez-vous d Irma, veut l'empêcher et il verse de l’opium non seulement dans le breuvage des gardes, mais aussi dans celui du prince.Cependant, le lendemain matin, oh ! horreur ! le collier du prince est tout noir.Le grand Brahmane arrive, maudit le pauvre Mignapour, et le chasre au milieu des huées de la cour.Irma elle-même, le croyant infidèle s’éloigne de lui avec mépris.jème ACTE.Bengaline a été nommée reine et a chassé du palais Irma et jocquelet.Mignapour déguisé en fakir, est revenu pour revoir Irma; il la retrouve et proteste de son innnocence et de son amour.Arrive Nicobar à la recherche d’une cassette précieuse laissée par le père de Mignapour.Cette cassette a été trouvée par Jocquelet ; on l’ouvre, elle ne contient qu’une lettre destinée au prince.Cette lettre 1 informe quela légende du collier n’est qu'une légende, et n’a qu’un but, celui de maintenir lesjeunes princes dans leur innocence.Mais, le collier?Survient en ce moment Crackson, qui avoue au prince, que jaloux de lui, il l’a endormi et a été à sa place au rendez-vous.Nouvelles perplexités du pauvre Mignapour qui, à son tour, doute d’Irma ; heureusement Bengaline avertie de la présence de Mignapour, arrive pour le réclamer comme époux, expliquant que c’est elle, qui a écrit le billet, a été au rendez-vous, et a substitué le collier noir au blanc.Joie de Mignapour, tout le monde a entendu la confession de la princesse.11 remonte sur le trône, épouse Irma et nomme Jocquelet son grand vizir.Bengaline doit épouser Crackson, mais jure de bientôt divorcer. La Belle helene OPERA BOUFFE EN TROIS ACTES.MUSIQUE DpFFENBACH La donnée de la pièce a etc prise dans l’Illi.ide d'Homèrc, et tant soit peu changée en bi uffonnerie pour les besoins de la cause.Le ier acte se passe à Sparte devant le temple de Jupiter.Calchns le grand augure de Jupiter se plaint que la piété des fidèles se ralentit, on n'offre plus guère que des fleurs, ce qui n’est p:.s assez consistant pour les prêtres du temple.Le grand sacrifice va commencer ; la belle Hélène, fille de Jupiter et de Léda et reine de Sparte, arrive pour y assister avec toutes ses femmes.Le jeune prince Oreste, grand noceur, accourt suivi d'une bande folle, Calchas s'oppose à leur entrée dans le temple, arguant de la présence de la reine, Oreste proteste mais cependant consent à s’éloigner.Paris, le beau berger Paris, sir vient à son tour et retarde encore le pauvre Calchas qui gémit car le saci ifice va être retardé par son absence.Paris lui remet une lettre de Vénus c'ie-même, qui ordonne à Calchas de- présenter Paris à la belle Helène, car la blonde déesse afin de récompenser le beau berger qui lui a décerné la pomme de préférence à Junon et à Minerve, a décidé que la belle Hélène serait sa récompense.Calchas est désolé car le bon roi Ménélas n’eM pas seulement un souverain pour lui, mais un ami.Comment résister aux ordres de Vénu< ?Il obéira.Paris a une courte entrevue avec Hélène, qui sent son cœur ému dès cette première rencontre.Tous les rois de la Grèce, Mené!as roi de Sparte, Agamemnon roi des rois, Achille roi de Phtiatis, Ajax I roi de Salamis, Ajax II roi de Locrie, Orcstre fils d’Agamemnon, sont réunis pour prendre part à un concours.Agamemnon chagrin de voir le bel esprit diminuer en Grèce, et espérant en fairerevenir le goût a établi ce concours ouvert à tous ; concoursoù celui quiaura le mieux découvert des charades et répondu àquelques autres questions, recevra une couronne desmains de la belle Hélène.Les rois sont questionnés d’abord mais n'arrivent à aucun résultat.Le berger Paris >e présente et répond victorieusement à toutes les questions.Les rois sont indignés d’avoir été vaincus par un simple berger, mais Paris se nomme, il est fils du roi de m i ¦( I I A Giu.htte de Nakbonne : Fin du pn mier acte, évanouissement de Gillette.Priam.Hélène sent redoubler l’attrait qui l'attire vers lui.C’est la fatalité, les dieux le veulent ! Paris rappelle à l alchas l'ordre de Vénus, Calchas s’incline et se précipite vers le temple où bientôt le tonnerre gronde, la foule frémit, car Jupiter veut parler à son peuple.Calchas le grand augure, déclare d’un air inspiré que Jupiter par sa voix ordonne au roi Ménélas d’aller passer un mois dans les montagnes de la Crête.2e Acte.— La scène se passe dans les appartements de la reine.La belle Hélène qui veut résister à Venus, et rester fidèle à Ménélas, prend des vêtements qui l’cn- velrppe des pieds à la tête, et se croyant moins belle crnsent à recevoir Paris.Celui-ci lui fait de brûlantes déclarations, et Hélène restant insensible, Paris lui rappelle qu'il y a trois moyens d’arriver au coeur d’une femme : l’amour, la violence et la ruse.11 choisira le troisième.La belle Hélènes'est endormie, ses appartements soigneusement entourés de gardes.Un esclave s’introduit près d’elle, c’est Paris.Hélène s’éveille et l'apercevant croit réver, I aris se donne garde de la détromper et allait profiter de l'illusion, lorsque parait Ménélas.Helène accuse la fatalité, Ménélas appelle à l’aide et Paris se retire en narguant tout le monde.3e Acte.— La scène se passe à Nauplic au bord de la mer.Tous les rois de la Grèce se sont réunis pour les bains de mer, Ménélas fait une scène conjugale à Hélène, qui proteste et finalement déclare à son mari que puisqu’il crie tant pour un rêve elle le fera crier pour la réalité.Un fléau étrange s’est abattu sur la Grèce, ce fléau consiste dans la désunion des ménagés, on ne voit que maris ayant abandonnés leurs femmes et femmes ayant abandonnées leurs maris.Calchas explique que ces accidents proviennent de la colère de Vénus irritée de ce que sa volonté n'a pas été accomplie.Il faut que Ménélas consente à ce que sa femme le quitte.Ménélas proteste, car il tient beaucoup à la belle Hélène.Finalement il annonce qu’il a écrit à Cythère.afin qu’on lui expédie le grand augure de Vénus.Bientôt on annonce l'apparition d'une galère.Elle arrive, le grand augure en descend.Le peuple se prosterne à ses pieds implorant le pardon de Vénus.Le grand augure promet le pardon de la bonne déesse, si Ménélas veut consentir à ce que sa femme aille faire un petit voyage à Cythère, et s’embarquer de suite sur la galère de Vénus.Ménélas accepte tout joyeux d’en être quitte à si bon marché.Hélène s’embarque, mais hélas, à peine la galère a-t-elle quittée la rive, que le grand augure se dévoile, c’est le beau Paris qui annonce qu'il emmène la belle Hélène avec lui à Troie.Vénus a triomphé ! 8 EN IR faire une critique de “ Gillette,” et de ses interprètes lorsque tous mes confrères de la l'resse quotidienne l’ont déjà fait, n’est-ce pas un peu tard ?Cependant comme tout chroniqueur qui se respecte doit rendre compte au public, non pas de ses impressions personnelles (car tvut homme si connaisseur soit-il, peut trop facilement -ubir des influences dont il ne se rendra pas toujours compte,) mais bien de celles qu’il a entendu exprimer de droite et de gauche par la masse des auditeurs.Je me risque : Gitl(t/e, quoique certaines situations soient un peu risquées, n’a absolument rien de choquant, c’est de l’esprit gaulois et c’est tout.Mal dites, mal rendues ces situations pourraient blesser, mais finement interprétées comme elles l'ont été, c’est parfait.Je ne saurais mieux comparer l’esprit gaulois au théâtre, qu’au “ nu dans l’art.” Qui songe à se voiler la face, devant les belles statues de l’antiquité, devant les belles toiles des maîtres, quelque libre que soit le sujet traité.Eh, bien ! devant ces mêmes sujets que tous admirent, s’ils sont sculptés peints par des ignorants, des maladroits on se retourne avec dégoût.Quant à nos nouveaux artistes, incontestablement l’ensemble est mieux, beaucoup mieux que l’année dernière; mais individuellement, sont-ils tous, sans exception, supérieurs aux anciens ?.je n’ose encore me prononcer.Il est difficile de pouvoir juger d’une façon impartiale des artistes qui débutent dans un pays entière- ment nouveau pour eux, qui peuvent aussi être quelque peu influencés par le changement de climat ; attendons donc encore une huitaine et nous pourrons nous prononcer plus en connaissance de cause.Il y a tout lieu de croire que cela ira de mieux en mieux, car déjà mardi et mercredi le jeu était plus vif et les voix quelque peu plus chaudes.Attendons ! Ci-dessous le portrait de Giraud, dans Griffardin, rôle qu’il a rendu avec tant d’entrain.L’abbé Constantin dont nous avons donné l’analyse dans notre précédent numéro, est comme chacun a pu en juger, une pièce de toute moralité, où la charité et les vertus domestiques sont hautement glorifiées et récompensées.La nouvelle troupe de comédie, tient et audelà tout ce qu’elle promettait, car les rôles sont tous fort bien interprétés.Le public reproche cependant à une artiste quelque peu de monotonie dans sa diction ; néanmoins, son jeu est assez bon et peut parfaitement être accepté.Les honneurs de la soirée ont été incontestablement pour M.Fé-tis et Melle Miller qui a achevé la conquête du public, et peut désormais compter sur un succès inin- terrompu.Quant à M.Fétis, il n’aura pas besoin d'attendre un second rôle à interpréter, pour être classé grand favori, il l’est.M.Desfassiaux, notre régisseur adjoint dans son rôle assez effacé de bernard a montré ce dont il est capable,c'est-à-dire de tenir les premiers rôles quand l’occasion s’en présentera.MM.Debrigny et Dormez se sont également montrés satisfaisants.Madame Fétis dans son rôle de Pauline a beaucoup plu par une diction nette, précise et un jeu tout à fait dans le ton et le genre de son role.Pour M Giraud, le vieux favori, nous ne voudrions pas lui adresser de critiques, il est trop bon artiste, et nous l'estimons trop pour cela.Cependant, de concert avec tous ses amis, nous estimons que les roles où il peut trouver, ne fusse qu’une fois l’occasion de faire rire, lui assureront toujours beaucoup plus d’applaudissements que ceux d’un genre grave comme ce.ui de 1 abbé Constantin.On ne peut pas que diable, être universel ! Mme Giraud a été comme toujours irréprochable, et ses admirateurs de l’an dernier l’ont revue et applaudie avec un plaisir non dissimulé.Ceux qui connaissent M.Milo, en disent tant de bien, que nous espérons qu’on lui donnera bientôt l'occasion de se faire entendre dans un rôle réellement de son genre.10 y 4j-: Revue Théâtres Ais.OPERA — Aucune pi ernicrc.Programme de la emaine.Lundi, Romeo et Juliette, Mercredi, J.a IValkyrir, Vendredi, 1haïs et la Malade! ta.'ERA COMIQUE.—Comme nous l'annoncions,Mme Brejan-Gravière a débuté dans -‘Maron,” ses débuts ont été un véritable succès, nous empruntons du Figaro, les détails -suivants sur sa toilette, détails qui nous n’en doutons pas, intéresseront nos aimables lec trices.Mme Brejan-Gravière.Au premier acte, une copie de la traditionnelle toilette do Manon, d'après les tableaux du temps.Au deuxième, un charmant déshabillé également d’après les gravures de l’époque.Au troisième, toilette du Cours la Reine, robe Louis XV, délicieux habit à paniers en velours vert brodé d’argent sur tablier de satin blanc, entièrement recouvert de diamants et de roses roses ; dans le bas une garniture d’un fouillis de roses de même teinte, tandis que les relevés des paniers sont maintenus par des roses jaunes.La robe de l’hotel Pensylvanie est en broché Pompadour, entièrement brodé, avec tablier en velours rose, pailleté et brodé application, les paniers rattrapés par des bouquets de roses.Le corsage Pômpadour est à manches de dentelles, rattachées par des bouquets de roses.H K AT RE DE CLUNY.— Cette charmante scène du Bd St-Ger-main a donné le 14 Septembre, la première de la “ Marraine de Charley," comédie burlesque en trois actes, adaptée de l’anglais par M.Maurice Ordonneau.La “ Marraine de Charley," est une pièce d’une moralité à toute épreuve, où pas un mot déplacé ni risqué ne se fait entendre.Le rôle de la marraine a été tenu par Pongaud, qui d’après l'avis des journaux parisiens a été absolument admirable, et va voir son nom en vedette pendant les cinq à six mois que la pièce tiendra l’affiche.FOLIES BERGERES.—Les Folies Bergères ont fait leur réouverture le 14 septembre.Le programme était naturellement des plu; attrayant et tous les journaux de Paris sont unanimes dans un concert d’éloges.Les jeunes Willis et Charley dans leurs exercises de gymnastique ont été fort remarqués et applaudis.'¦ Un duel après le bal." grande pantomine ballet a été fort réussie.M.Paul Martinetti, l’original mime, s’est absolument surpassé dans sa scène de l’agonie et du mourant.La mode à Paris cette année va être aux tableaux vivants, les Folies Bergères en donne actuellement seize, tous admirablement rendus et montés.La soirée a été close par les “ Demoiselles du XXe siècle," grand ballet de M Mecklein, musique de M.Desorme, avec Melle Jeanne Lamothe comme première danseuse.THE AT R E DES N O U V E A U TES.—Reprise de “ Mon prince ’’ pièce en trois actes et quatre tableaux de MM.Sylvane et Ch.Glairville, musique de Edmond Au d ran THEATRE FRANÇAIS.— “ L’aventurièie” a été remise à l’étude, pour être jouée vers le 15 Octobre.Mme Hading qui est de retour de voyage, jouera le rôle de Clorinde.A l’é'.ude aussi "Chandelier.” Henri Meilhac travaille ferme à terminer sa comédie “ Grosse fortune." Programme de la semaine du 17 Septembre L'ami Fritz, Cabotins, Severo To'elli, Heniatti.11 Le Député de Bombignac Comédie en trois Actes de M.Alexandre Bisson La Scène se passe de nos jours au château de Chantelaur près Poitiers.ACTE PREMIER SCÈNE PREMIÈRE PI NT EAU.DES VERGETTES.Pin tenu lit un journal.(Suite.) Pinteau—Dites donc.des Vergettes.entre nous.est-ce que vous n’avez pas bientôt fini de me demander des renseignements, hein ?Je suis le secrétaire du Comte de Chantelaur, moi, je ne suis pas son concierge !.Des Vergettes.—Diable !.vous êtes susceptible, ce matin !.Je n;ai rien dit, je crois, qui ait pu vous offenser !.Pinteau.— Hé! mais, je le crois aussi!.Des Vergettes.—Vous n’ignorez pas la vive sympathie que vous m'inspirez et quel véritable intérêt je vous porte?D’honneur !.vous me plaisez beaucoup !.(I1 lui serre la main).Pinteau.—Je voudrais vous remercier comme il convient! Mais, c’est une fatalité, je ne trouve pas d’expression !.Des Vergettes—Hé bien !.Écoutez !.Si vous voulez m'être agréable, rien de plus facile !.Pienteau.—Ah !.Des Vergettes.— Oui !.Vous êtes l’ami du comte de Chantelaur, vous avez été son camarade à l'école de droit et vous exercez sur lui la plus grande et la plus légitime influence !.Chantelaur, de son côté, fera certainement accepter à mademoiselle Renée le mari qu’il lui présentera !.Vous me suivez bien.2 Pinteau.—Dites plutôt que je vous précède.Des Vergettes.Des Vergettes.—Glissez, de temps en temps, à Chantelaur, quelques mots en ma faveur !.Pinteau.—De temps en temps, ?une fois par jour, ça suffira-t-il ?Des Vergettes.— Mon I deu ! .Tout dépend de l’occasion !.Vous êtes intelligent.Pinteau.— taisez vous !.Je me sens rougir! Des Vergettes.-Faites mon éloge.sans en avoir l'air.d’une façon naturelle.Pinteau.—Ce ne sera peut-être pas commode! Des Vergettes.— Mettez en lumière mes qualités, mes séductions.Pinteaau.—J’entends, bien !.Mais, voyez-vous, dans ces choses-là, l’important est de re, soi-même, bien pénétré de ce que l’on dit!.Si on à l'air de répété1" une leçon, l’effet est désastreux ! Il faut, avant tout, une conviction personnelle.Des Vergettes.— Parfait !.C’est cela.Vous m avez compris ! Pinteau.— Pardon, mais.Des Vergettes.—Je saurai, croyez-le bien, reconnaître l’obligeance de vos procédés.Pinteau—Vous me ferez une petite pension ?Des Vergettes.—Comme vous voudrez.Vous fixerez vous-même; nous nous entendrons toujours.Pinteau,à part.— Il est vraiement admirable.eêfc.Ajv-tt Ae ^ C— SCÈNE II PINTEAU, DES VERGETTES, RENÉE.ltENÉE, entrain par le fan I, coatume d’amazone.Elle tient un paquet de fleurs des champs, qu’elle pure sur la table Bonjour, monsieur Pinteau ! (Apercevant Des Vergettes.) Ah ! M.le baron Des Vergettes.Quel agréable surprise !.Des Vergettes.—Voilà une exclamation dont je suis fier, mademoiselle !.Renée.—Depuis si longtemp que l’on ne vous avait vu ! Des Vergettes.— Près de trois mois, c’est vrai! Mais le soleil m’a tenté ce matin.Je me suis dit.“ Tiens, au fait !.Si j’allais demander à déjeuner à ce bon Chantelaur ?"’ Renée.—C’est une excellente idée ! Des Vergettes.— Alors.Pinteau.—Alors il a fait seller Pluton, il a trottiné tout doucettement pendant deux heures !.Et le voilà !.Des Vergettes.—Et me voilà ! (à Renée J Vous avez fait votre promtnade quotidienne ?Rcnée.—Qui, tous les matins, un tour de galop dans D campagne, avec mon fidèle François !.C est 12 le meilleur moment de la journée !.On s’ennuie tellement ici !.N’est cc pas, monsieur Pintcau ?.Jamais une fête !.Jamais un bal !.Une vie calme, paisible ! C’est à mourir ! Des Vcrgette-,—Madame de Cernois n’était pourtant pas ennemie d’une douce gaiété.autrefois ! binteau.—Sous Louis Philippe !.Renée.—Alors, maman a bien changé !.Nous vivons seuls ici, comme des loups !.Ah !.si cela continue.j’ai bien peur de rester fille !.Des Vergettes.—Oh ! par exemple ! Renée.— Dame !.Nous ne voyons personne, personne que notre bon curé, l’abbé bichon.Ce n'est pas lui qui m’épousera !.Linteau.—Ce pauvre curé ! La marquise lui en fait voir de dures.Elle le trouve tiède !.C'est elle, qui mène la paroisse !.Des Vergettes.—Quelle femme que madame la marquise !.Linteau.Depuis deux jours elle a transformé en chapelle une des salles du chateau.Elle est dans le ravissement ! Des Vergettes.—Alors, vous vivez ici comme dans un monastère ?Renée.—Vous l’avez dit, monsieur Des Vergettes! Linteau.—Je me prépare, chaque jour, à prononcer mes vœux.Renée.-Et peut-être me faudra-t-il bientôt prendre le voile ! Des Vergettes.—Oh ! ce serait dommage ! Renée, gaiement.— N’est-ce pas ?c’est bien mon avis !.Ma vraie vocation, à moi, c'est de me marier.et le plus vite possible !.Des Vergettes, minaudant.—Ce ne sont pas les prétendants, qui vous manqueront ?.Renée.—Je me suis déjà fait mon petit idéal !.Linteau, bas.— Ecoutez ça, Des Vergettes.Renée.—Je veux un mari, jeune, charmant, de tournure élégante, aimable et spirituel, doux et bon, un peu fier cependant, loyal comme un chevalier et brave comme son épée.Voilà le programme ! Linteau, bas, à Des VergeAes.—Quand je vous Misais que vous ne pourriez pas faire l'affaire.Renée.—Vous voyez que je suis un peu exigeante !.Des Vergettes.—Vous en avez le droit ! Renée.—Je veux un mari parfait, tout simplement.Et il le sera pour moi dès lors que je l’aimerai ! Elle parle avec Des Vergettes.Linteau, a part.— Quel petit bijoux de femme ! Et cet idiot de Des Vergettes, qui s’imagine.SCÈNE III LINTEAU, DES VERGETTES, RENÉE, DE CHANTEE \UR.De Chantelaur, entrant par le fond.—Bonjour, petite sœur !.(Il embrasse Rencc.; Tiens, Des Vergettes !.Ça va bien ?.(bas.).depuis hier soir?Ah! ça qu est-ce que vous êtes devenu, vous, après le spectacle ?Renée arrange son bouquet, ai lée par Pinlean.Des Vergettes.— Moi ?Dame! je suis allé me coucher !.Et, à ce propos, mon cher Chantelaur, je dois vous dire.que vous n’avez pas été gentil avec moi !.De Chantelaur.— Bah! Et comment cela ?Des Vergettes.— X ous savez si nous nous faisons vieux, au fond de nos châteaux de province! Il s’offre, par hasard, une occasion de se divertir un peu.La troupe de- Variétés vient nous donner quelques représentations avec I obichon, le fameux comique, et Sido-nie, la gracieuse diva ; vous offrez hier soir un souper aux artistes, souper magnifique, paraît-il, et vous ne m’invitez pas !.l’e Chantelaur.—Tiens! C’est vrai.ma foi, je n’y ai pas pensé !.Des Vergettes.—Voilà justement ce dont je me plains !.Me Chantelaur.—Que diable !.11 fallait réclamer! On parle ! Vous ne dites rien ! Des Vergettes.—J’aurais cru manquer de tact en vous adressant une pareille demande.De Chantelaur.— l’ar exemple !.Il me semble que n rus sommes assez lies pour que tou le étiquette soit bannie entre nous! Permettez-moi de vous le rappeler, mon cher ami ! vous auiiez dû me dire tout simplement avant le souper : " J’en suis, hein ?” Je vous aurais répondu : “ Non, ça ne se peut pas, pour telle ou telle raison.” Et voilà tout.Des Vergettes.—Je n’ai pas osé !.Mais je vous promets qu'à la prochaine occasion.De Chantelaur.-A la bonne heure !.Pas d’étiquette entre nous! Rappelez-vous ça! Il lui serre la main.Des X ergettes.- Merci ! J’espère, du reste, vous donner bie têt une nouvelle preuve de ma sincère amitié ! Je vous ménage une petite surprise, qui vous causera, je crois, quelque plaisir.De Chantelaur, inquiet.- Ah ! ah ! une surprise ?Des Vergettes.— Je m’occupe de vous !.De Chantelaur.—Vraiement! (A part.) Diable ! Des X ergettes.—Je ne vous en dis rien encore ! C’est un secret ! De Chantelaur.—Bon ! Bon ! gardez-le ! Je ne suis pas pressé !.Renée,— Voilà mon bouquet terminé.Tenez Raymond ! De Chantelaur.—Ah ! Il est superbe!.Mais un peu gros!.Tu ne pourra pas le porter.Le galant des Vergettes va t’aider.Des Vergettes, prenant le bouquet.Avec plaisir.Ml se pique.) Aïe !.Renée.I tenez garde !.Il y a quelques branches d’aubépine.Des Vergettes.—Merci!.Je m’en suis aperçu ! Il sort, avec Reuée.13 SCENE IV 1)E CHANTELAUR, VINTEAU.1intcau.—Tu es allé à Poitiers ?De Chantelaur.—Oui ; et j’ai revu Sidonie.Pinteau.— Hé bien ! De Chantelaur.—Elle retourne à Paris aujourd’hui même ; elle va prendre l’express de cinq heures.Pinteau.—Et toi ?De Chantelaur.—Moi aussi.Pinteau —Tu es bien décidé ?De Chantelaur.—Absolument décidé !.Pinteau.—Et qu’est-ce que tu vas dire à ta femme ?De Chantelaur.—Oh ! Rien de plus simple ! Pinteau.-Madame de Chantelaur n’est pas sotte.Et elle est jalouse ! Prends garde !.De Chantelaur.—Aucun danger, te dis-je !.Il m’est venu une idée lumineuse et, en même temps d’une simplicité.Pinteau.—Ah ! De Chantelaur.—J’ai tout bonnement envoyé à mon ami, Pau de Morard.un télégram ainsi conçu : “ Appelle-moi à Paris,par dé-“ pêche immédiate, pour affaire “ urgente ”.Pinteau.— Le procédé n’est pas très nouveau.De Chantelaur.—Non, mais il est très commode ! Dans une heure j’aurai la réponse de Morard et,à cinq heures.à cinq heures.Pinteau.—Voilà un ami précieux, ce M.de Morard !.y a un mois,à Paris,tu as conté à ta femme que tu l’avais rencontré par hasard et qu'il t’avait emmené à une fête de nuit!.De Chantelaur, riant.—Au cercle de la Presse !.Oui.Je ne pouvais pas avouer que j’avais soupé jusqu’à cinq heures du matin.un souper exquis, enivrant, quoique platonique !.Mon premier rendez-vous avec Sidonie ! Ah ! Pinteau.—Ah! ça !.c’est donc une petite merveille que cette Sidonie ?De Chantelaur.—Ah! mon ami, figure-toi la créature la plus fine, la plus piquante, la plus délicieuse.qui vous laisse entrevoir l’ivresse dans un regard et le ciel dans un sourire.et qui semble vous combler de ses faveurs, lorsqu’elle daigne vous abandonner le bout de ses jolis doigts roses !.Pinteau.— Oui, une coquette !.De Chantelaur.—Si tu savais comme elle a été charmante, hier soir !.J’étais au troisième rang de l’orchestre ; elle ne me quittait pas des yeux ; elle jouait et chantait pour moi.pour moi seul! Quels applau- dissements !.Quels succès !.Et après le théâtre, pendant le souper, quelle grâce.quel esprit.quel brio.quelle jeunesse !.Je me sentais revivre auprès de cette adorable fille !.J'étais à cent lieues, à mille lieues de ce château lugubre,où la tristesse vous tombe en pluie sur le-, épaules et où l’on ne connaît d'autres plaisirs enivrants que la lecture de la Gazette de France, le whist du dimanche et les homélies rustiques de l’abbé I’ichon !.Parbleu !.Je sais bien que je pourrais me fâcher et déclarer que j’entends vivre à ma guise et non à celle des autres !.Mais ce serait me brouiller avec ma belle-mère et, par contre-coup avec ma femme.J’aime mieux m'en aller!.Vinteau.— Hum ! Dis donc, Chantelaur, est-ce que tu m’emmènes avec toi, à Paris ?De Chantelaur.—Oh ! non.toi, tu restes ici.Pinteau, désappointé.—Ah ! moi, je.tu crois que c’est.bien utile ?.De Chantelaur.—C'est indispensable !.Tu me tiendras au coûtant de ce qui se passera !.(Regardant au fond.) Bigre ! la marquise ?.Je me sauve !.Ah ! mon ami, si tu l’entendais chanter : A chaqv printemps, j'suis a moule use.Pinteau.— Comment ! à chaque printemps.Ta belle-mère ?De Chantelaur.- Mais non, es tu bête ! Je te parle de Sidonie.(il sort.) Pinteau.— Est-il assez emballé ?Essayer maintenant de l’arrêter sur la pente fatale des plaisirs serait une tentative inutile !.Si seulement je pouvais l'y accompagner !.SCENE V PIN 1 EAU, LA MARQUISE, HELENE, JULIE.La Marquise, entrant par le fond, avec Hélène et Julie.—Bonjour, monsieur Pinteau !.Elles donnent à Julie leurs chapeaux et leur, manteaux.Hélène.—Est-ce que M.de Chantelaur est chez lui ?Pinteau.- Il rentre à l’instant, madame la comtesse.La marquise, à Julie.- Ah! Julie, vous allez picndie le tapis et les candélabres du grand salon et vous les porterez dans la chapelle ; l’abbé Pichon m a très justement fait observer qu’elle était trop misérablement meublée.Julie.—Quelle chapelle, madame la marquise ?La marquise.— Hé bien ?.Mais.la salle d armes ! Vous savez que nous l’avons transformée en chapelle.(A SUIVRE.) Déjà, il - r POUR blanchir le TEINT, lui rendre ou conserver sa couleur de rose, faire disparaître les ROUSSEURS, le MASQUE et autres taches de la l’EAU Chez tous les PHARMACIENS ASSORTIMENT DE CORSETS r».D.r».IV- dte JD.ffc.A.Assortiment de GANTS d’Eté et d’Hiver et d’Opéra.J.B.A.LANCTOT 99 Rue St.Laurent Téléphone Bell 6703 Téléphone des Marchands 257 L.R.Montbriant tArchitecte et Mesureur Bureau: 230 Rue ST-ANDRÉ MONTREAL Le meilleur CHOCOLA T EST LE CHOCOLAT DU PLANTEUR 1>E LA COMPAGNIE COLONIALE cocroc JOCICT ciqp Carte or V.S.O.P.EN VENTE PARTOUT $1.25 la Bouteille.Cognac Jockey Club : CARTE OR = En Vente Partout $1.25 La Bouteille Fleurs Naturelles t Melle VEZI N A, # —- 8âr Spécialité de Bouquets en Fleurs Naturelles pour Soirées et Mariages.290 rue St-Denis, MONTREAL Z.PILON CIE.MARCHAND DE CHAUSSURES Cognac Jockey Club CARTE OR* V.Q P.En Vente Partout $1.25 La Bouteille.Rue Notre Dame.Montreal Tout ordre exécuté avec août promp litilde et à Bas Prix.Le meilleur CHOCOLA T EST LE CHOCOLAT DU PLANTEUR DE LA COMPAGNIE COLONIALE Dr.J.G.A, GENDREAU Chirurgien-Dentiste No.20 Eue ST-LAUEENT Extraction de dents sans douleurs par l’électricité et par anesthésie lacale.Dents posées avec ou sans palais, d'après les procédés les plus nouveaux. 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