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Titre :
L'orchestre
Une revue hebdomadaire de la Compagnie d'opéra français, qui ne paraît qu'à l'automne. Elle présente le programme exact des pièces qui sont données ainsi que des notes biographiques.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-1894
Contenu spécifique :
lundi 15 octobre 1894
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Références

L'orchestre, 1894-10, Collections de BAnQ.

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Co ?Sfs -MK Année, No.3.Montréal, 10 Octobre, 1894.' Prix, 5 Crs.Rédaction et Administration, 73 Rue St-Jacques, (Bâtisse Perrault.) LE GRAND MOGOL : Le Prince Mignai-our faisant son entrée sur la place de Delhi. LA SOCIETE DES ARTS DU CANADA 1GGG et 1GG8, Rue Notre-Dmue, • • • MONTREAL.15.-6- LA PLUS RICHE COLLECTION DE TABLEAUX AU CANADA.^- Ventes à conditions très libérales.TIRAGE AU SORT: CHAQUE MERCREDI Prix du Billet pour Tirage: 25 cts.“ LA CHARGE DE CAVALERIE " par H.CHARTIER.ŒAtA 4 y ^ y y^ \ T T qui a été exposé au Salon des Champs Elysées, X A f) 1 / 1 / A vJ à Paris, fait partie des collections de.LA SOCIÉTÉ DES ARTS DU CANADA. “Samson” Tragédie Biblique.Avec le concours de M.KENNEDY dans le role de “ Samson,” et de.MLLE ROSE OSBORNE, dans “Dalilah.” PRIX ORDINAIRES.CADEMIE.Mr.James O’Neil a obtenu le succès auquel il est habitué, dans ses rôles de Virginius, Richelieu et Monte Christo.Le public intelligent et amateur, ne lui a pas ménagé ses applaudissements.Mme.Mary Burress a elle aussi été absolument remarquable et a obtenu sa bonne part du succès.Cette semaine, l’Academie a engagé la troupe de M.Robert Brower, qui nous donnera une adaptation biblique du “Samson” de M.William Deon Howells.Le rôle de Samson sera rendu par M.J.Walter Kennedy, l’hercule si connu dans toute l’Amérique pour sa force musculaire si remarquable.Le rôle de Dalilah sera tenu par Mlle Rose Osborn.Le reste de la troupe est fort bien composé et promet une semaine agréable.Semaine du 15 au 22 Octobre.PROGRAMME Semaine du 15 au 22 Octobre.“ Woman of mystery ” LA MYSTERIEUSE Mme ANNIE ABBOTT.PRIX ORDINAIRES.La semaine qui vient de s’écouler a été pour ce théâtre assez médiocre.“Wang” déjà représenté plusieurs fois à Montréal, avait laissé d’excellents souvenirs qui ont contrastés avec l’interprétation actuelle réellement inférieure.Il y a deux ans.De Wolf Hopper nous l’a interprété d’une façon très supérieure à l’Académie.L’année dernière, il l’a été d’une façon assez bonne par Stephen, au Queen lui-même, qui depuis quelque temps paraît se relâcher dans le choix de ses troupes.Cette semaine le Queen va nous donner “ Woman of Mystery,” avec le concours de Madame Annie Abbot.Les journaux américains font de grands éloges de cette personne, dont le pouvoir magique, est réellement extraordinaire.Espérons que cette semaine compensera l’autre.3 Si la pièce “On the Bowery ’ ’ peut prêter à la critique, comme étant d’un goût et d’un genre que beaucoup n’apprécient pas, il est incontestable que la mise en scène et les décors sont magnifiques, et que l’interprétation n’a rien laissé à désirer.Le Théâtre Royal a un genre de clientèle spéciale, qui aime le drame, les émotions et les scènes de violences ; les directeurs de ce théâtre cherchent à la satisfaire et ils ont raison.Pour cette semaine, le Royal donnera “ Ivy Leaf’’ le grand drame de mœurs irlandaises de W.B.Power.Ivy Leaf, a comme interprête principal, M.Smith O’Brien, une grande mise en scène, avec musique et danses.Théâtre -^_Royal.PROGRAMME DK l.A Semaine— Commençant le 15 IVY LEAF” Grand Drame Irlandais.Avec le concours de M.Smith O’Brien.PRIX ORDINAIRES.Pjce (DgH La semaine qui vient de s’écouler a encore été un succès pour ce charmant petit Théâtre.La Comédie Vaudeville “Brouillé depuis Wagram ” a été interprétée par M.M.Léonce, Moraize, Thierry et Melle St-André d’une façon à ne donner aucune prise à la cririque.Mais une des parties qui ont obtenu le plus de succès c’est le duo “ Les Museaux Roses ” chanté par Melles Boès et St-André.Ces dames ont obtenu un succès fou et ont été bissées et rebissées.Pour la semaine prochaine, le programme dont nous donnons le détail ci-contre, promet encore une semaine de succès.Les mêmes artistes restent engagés.Eden Théâtre MONUMENT NATIONAL, Rue St-Laurent.Programme Semaine du 15 au 21 Octobre M.M.MORAIZE, THIERRY, LEONCE, MELEES JEANNE BOES, LEON IE ST-ANDRÉ, ‘Deux Femmes en Gages’ COMÉDIE.Entrée! - 10 cts.4 \ foTiNS des (Coulisses IL y a quelques jours, un habitant de Montreal rempli de bonnes intentions envers nos artistes français, demandait à l’un d’eux s’ils étaient déjà un peu habitués au pays, s’ils pouvaient sans trop de difficultés, se créer quelques relations: u Comment,’ si nous sommes bien accueillis ?Mais tout le monde sans exception, est plein de prévenances pour nous, ainsi, jugez : j’ai un chien que j’ai amené avec moi ; plein de sollicitude pour lui, je n'osais tout d abord le lais er sortir, mais quand les chiens du quartier ont su qu’il venait de France, ils sont tous venus le chercher, et lui font continuellement fête.Aujourd’hui mon chien est le roi de la rue Ste-Elizabeth ! ” On nous affirme que le facétieux personnage est un de nos régi-seurs, régisseur qui a obtenu un brillant succès lors de sa première apparition sur la scène.*** Il n’est bruit dans les coulisses que de la mésaventeur arrivée à une de nos plus gentilles figurantes, qui se trouve dans une profonde affliction et a le cœur brisé.Aussi pourquoi croit-elle aux légendes ! 11 est une légende, qui a encore quelque peu cours dans les vieux pays, et qui dit qu’en arrivant en Amérique, il n’y a qu’à se baisser pour faire fortune.Melle C.avec la candeur de son âge, avait projeté de faire la sienne par la conquête d’un cœur.Elle était donc animée des meilleures intentions, lorsqu’un jour à l’hôtel, en dînant, on lui présenta un jeune et beau cavalier.Ce cavalier était aimable, galant, empressé, la connaissance fut assez vite faite.Bientôt même, l’intimité fut assez grande pour que le jeune homme risqua une invitation à souper, invitation qui fut acceptée sans trop de difficultés.Ce même soir, la représentation finie, M.A.se rendit à la porte des acteurs pour y attendre Melle C., et tous deux prirent gaiement la route du restaurant de Mme .(mais chut, on m’accuserait de faire de la réclame).Le souper fut exquis, très gai, surtout très bien arrosé, aussi la veillée se prolonga fort tard.M.A parut si aimable, si tendre, si persuasif, que la belle enfant devait croire à son amour, aussi le lendemain attendait-elle une demande en mariage en bonne et due forme.Hélas ! la pauvrette l’attendit en vain, elle ne devait même plus le revoir; l’amoureux était parti, il ne lui restait que ses beaux yeux pour pleurer et pour tout souvenir qu’un joli petit lapin blanc M.A.quoique Canadien a, il parait, habité l’Australie ! René.Le lion “ Wrestling,” les Jaguars domptés, et le Kangourou boxeur ayant obtenu un succès prodigieux, l’administration du Parc Sohmer a décidé de les réengager encore pour le Dimanche 14.Nous ne pouvons que féliciter Messieurs Lavigne et Lajoie de cette détermination qui a permis à ceux qui n’avaient pu y aller le 7, de voir cette représentation réellement extraordinaire.Messieurs Lavigne et Lajoie nout promettent de nouvelles attractions pour dimanche prochain.5 Madame Cécile D ego yon.[pgOUS avons déjà eu le plaisir, de donner l’année der-j f nière, quelques notes biographiques sur Mme Degoyon Pour ceux qui ne les auraient pas vues, nous les répétons ici en les complétant: Mme Cécile Degoyon est née à Carpentras, département du Vaucluse, (France).Mme Degoyon est d’une famille d’artistes distingués.Son père, excellent musicien compositeur, est le créateur de /’Annuaire Musical.Sa mère fut une chanteuse fort appréciée à l’Opéra Comique.Avec de tels exemples sous les yeux, et de semblables professeurs, elle ne pouvait faire autrement que de suivre la carrière théâtrale.Aussi entra-t-elle de bonne heure au Conservatoire, âgée seulement de quatorze ans, et elle en sortaitdès l’âge de seize ans, se sentant assez forte pour affronter la scène.En effet ses débuts furent assez brillants pour qu’on lui offrit un engagement avantageux à l’étranger, mais Mlle Degoyon, qui préférait son art à l’argent, refusa, afin de rester à Paris, où elle était plus à même d’étudier et de se perfectionner.Elle n’y perdit pas son temps, car elle passa avec un succès progressif dans les théâtres si renommés de la Renaissance, des Variétés, des Folies Dramatiques.La façon dont elle avait joué dans ces différentes places, l’avait avantageusement fait connaître des directeurs qui la sollicitent à nouveau de signer un engagement pour l’étranger.Elle accepte enfin et se rend à Buenos Ayres, où l’accueil qu’elle reçut la décida à y rester cinq ans, sous cinq directeurs différents.Après Buenos Ayres, Mme Degoyon se rendit aux des Maurice et de la Réunion, puis à Saïgon, qui fut une des étapes triomphales de sa carrière artistique, car elle remporta de ce pays une véritable montagne de bijoux offerts par ses admirateurs, en souvenir du plaisir que son talent leur avait causé.Mme Degoyon a également chanté comme première chanteuse d’Operette et dugazon, dans les théâtres de Bordeaux, Toulouse, Besançon, etc., etc.Il n’est pas sans intérêt de rappeler ici, le succès obtenu par Madame Degoyon l’an dernier à Montréal.Succès des plus mérité et des plus justifié, non pas seulement par son talent incontestable et que nul n'a jamais songé à discuter, que à cause du dévouement et du travail constant, nous pourrions dire acharné, qui lui a été nécessaire pour pouvoir rester victorieusement sur la brèche comme elle l'a fait.Rappeler ses triomphes successifs de l'an dernier serait difficile, il faudrait énumérer toutes les pièces où elle a paru.Je citerai seulement sa soirée d’adièu, Les Dragons de Villars.Nous avons vu jouer cet opéra comique au moins une dizaine de fois en France, et sur d’excellentes scènes, et jamais nous ne l’avons vu interpréter avec plus d’entrain et disons le mot, jamais plus dans la note vraie que par Mme Degoyon, aussi cette soirée d’adieu fut pour elle, une manifestation de sympathie et une véritable ovation.Si Mme Degoyon avait conservé un bon souvenir de son passage à Montréal, souvenir qui lui a fait accepter avec plaisir l’offre de revenir encore parmi nous, le public montréalais lui non plus, ne l’avait pas oubliée et les bravos enthousiastes qui ont salué lundi son entrée sur la scène en sont la preuve manifeste.Si l’année dernière Mme Degoyon a travaillé avec acharnement non seulement à étudier ses rôles qu’elle savait si bien, mais surtout sa partie musicale, il semble que cette année, elle ait encore fait des progrès.Sa voix est encore plus chaude, plus souple si c’est possible que l'an dernier.Il est très évident que Mme Degoyon a employé les loisirs qu’elle a eu à Paris à étudier et à se perfectionner près des maîtres, en artiste passionnée pour son art.6 UPPL1CE D’UN OMME Comédie Vaudeville en trois Actes, par E.Grange et Lambert-Thiboust.Z^XETTE charmante comédie a été représentée pour la I [ première fois à Paris sur le théâtre du Palais Royal le 12 Juillet 1865.Voici la donnée de la pièce: 1er Acte.—La scène se passe à Paris dans l’arrière magasin de Baudrillard, marchand de soieries en gros.Baudrillard, (comme bien d’autres hélas! ! ) est affligé d’une belle mère crampon et insupportable.Cette belle mère, veuve d'un avoué au tribunal de première instance, Me Truquet, sait le code par cœur, et à chaque mot, chaque geste de son malheureux gendre, le menace de tel ou tel article.Au moment où la pièce débute le malheureux Baudrillard est dans une transe mortelle, un commissionnaire, (le huitième de la journée) vient de lui apporter une lettre.Si sa belle mère allait s’en apercevoir et demander de quoi il s’agit ! Heureusement son vieil ami Monflanquin qu’il n’a pas vu depuis trois ans, vient lui faire visite.Monflanquin est habillé en canotier, il explique à ces dames, que sa passion favorite est le canotage, et que cette passion a même été cause de sa séparation avec sa femme, qui elle," ne pouvait pas le souffrir.Il explique qu’il est maintenant très heureux, qu’il fait une pension à sa femme et lui paie même ses suppléments de dépenses, et que lui, .il est toujours jeune.Madame Truquet et Antonia se retirent d’un air indigné, et Mme Truquet signifie même à son gendre que lorsqu’elle rentrera dans une heure, elle entend que son ami soit parti.Canuche le jardinier de la maison de campagne de Baudrillard, a reçu lui aussi des reproches graves, car Mme Truquet le soupçonne de venir à la ville pour s’amuser et non pour acheter des graines.Canuche qui a été témoin de plusieurs des petits incidents du ménage Baudrillard se frotte les mains, car dit-il, il n’y a pas que chez moi, où il y ait de la chicane.Les lettres apportées par le commissionnaire provenaient toutes d’une femme, de la même.Baudrillard avait rencontré chez un pâtissier, quelque temps auparavant, une charmante femme qui avait oublié son porte-monnaie, et il lui avait gracieusement prêté les 20 centimes qu’elle devait au pâtissier.Ayant rencontré quelques jours après, cette dame au moment où elle montait en voiture, celle-ci l’avait invité à l’accompagner.Baudrillard avait accepté, heureux, mais tremblant à l’idée que sa belle-mère ne l’apprit.Rendu au bois de Boulogne, la belle inconnue avait bientôt déclaré avoir faim.On s’arrête dans un restaurant, Baudrillard arrose si bien le diner, que le lendemain il ne se rappelle plus de rien, si ce n’est qu’au début du diner, il a dit être encore garçon.Les lettres de Mme Antonia, (c’était son nom), ordonnaient toutes à Baudrillard d’aller la voir, et enfin, une invitation péremptoire à diner.Par bonheur sa femme et sa belle-mère dinent en ville, il est libre jusqu’à onze heures, il y va.La belle Antonia, parait quelque peu détraquée, cependant le souper commence, lorsque la bonne annonce : Monsieur ! .C’est le mari d’Antonia.Le pauvre Baudrillard, caché dans un placard, reconnaît son ami Monflanquin, qui vient apporter la pension de sa femme, car Monflanquin est le mari d’Antonia.Celle-ci est cependant une honnête femme, mais n’ayant pas trouvé le bonheur dans son mariage, elle rêve d’un amour vrai.Baudrillard profite de la première occasion pour prendre la fuite, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus.Le pauvre Baudrillard encore mal remis de son alerte est à sa maison de campagne.C’est sa fête, sa femme lui a offert une calotte qu’elle a brodée elle-même, ils sont heureux.On annonce à Baudrillard qu’une femme le demande, c’est encore Antonia qui vient le relancer.Il tremble que Mme Truquet ne rentre du jardin, supplie Antonia de partir, disant qu’il est marié, qu’il a une belle-mère terrible ! Antonia lui reproche de l’avoir trompé, d’avoir abusé d’elle : pendant le souper, il n’a fait que lui embrasser les mains.Baudrillard pousse un soupir de soulagement, il craignait d’avoir fait plus.On entend Mme Truquet, Baudrillard fait entrer Antonia dans un placard.A peine débarrassé de Mme Truquet, nouveau contretemps, c’est Monflanquin qui vient rendre visite à son ami.Antonia doit rentrer dans son placard.Dans sa précipitation, elle a cette fois oublié son chapeau, Mme Truquet l’aperçoit et commence à menacer son gendre de séparation, de poursuites.Monflanquin se dévoue et dit que c'est sa femme.Il ne croyait pas si bien dire, car il ne sait que croire lorsque Antonia parait.Baudrillard le rassure, leur tête-à-tête du diner a été tout à fait platonique.Monflanquin et sa femme se racom-modent, et Baudrillard voit son supplice finir.Tout le monde est heureux. I #FÎT=-,Z, Mademoiselle Nitouche Opérette en quatre Actes MUSIQUE DE H.HERVY.ETTE charmante opérette qui a obtenu un si légitime succès l’an dernier, non seulement grâce à l’esprit qui pétille dans la pièce que par la façon dont elle a été interprétée, va être reprise avec un succès au moins égal, sinon supérieur.Les artistes chargés des rôles ne le cèdent en effet en rien à leurs prédécesseurs.Nous rappelons ci-dessous la donnée de la pièce : Célestin, organiste et professeur de musique au couvent des Ursulines de Mon targis, poursuivi du désir de la célébrité, a composé une opérette qu’il a présenté au directeur du théâtre de cette ville.Ce directeur qui rêve de décentralisation, a accueilli favorablement sa demande, a fait jouer la partition, l’a trouvé jolie, et a mis de suite la pièce à l’étude.Célestin, quelque joie et bonheur qu’il ressente de ce fait, n’est pas parfaitement heureux, car une existence en partie double commence pour lui.En effet il était bien difficile pour lui l’organiste du couvent des Ursulines de présenter sous son nom une opérette et surtout d’en diriger les répétitions.“ Que dirait Madame la Supérieure, si elle savait que Célestin conduit et fait répéter des actrices.” Aussi par prudence il a pris au théâtre le nom de Floridor, et de plus il ne s’y rend qu’en cachette.La meilleure élève du couvent, musicienne fanatique, a découvert la partition de l’opérette que Célestin avait cachée dans l’orgue, l’a étudiée et apprise toute entière par cœur.Sous prétexte d’étudier un morceau religieux, elle demande comme faveur à la supérieure la permission de répéter pendant la récréation.Elle a mêlé par malice, l’opérette de Célestin avec le “gloria in excelsis ” et elle éclate de rire au nez de son professeur ahuri.Elle lui avoue ensuite qu’elle sait toute son opérette, la lui chante, puis lui déclare qu’elle veut aller avec lui au théâtre.Célestin la menaçant de tout dire à la supérieure, elle feint d’abandonner ses projets.Melle N1TOUCHE : Fin du 4e La supérieure reçoit la visite de son frère le Major, qui lui annonce, qu’un de ses jeunes officiers, le Vicomte de Champlatreux, doit épouser la jeune pensionnaire, et demande une entrevue entre les jeunes gens.La règle du couvent s’y oppose, cependant la supérieure consent à ce que Champlatreux puisse l’entendre derrière ur.paravent.MEILHAC.Acte.“ C’est mon flute.L’entrevue est à peine terminée, que la supérieure reçoit une lettre des parents de la jeune fille la demandant immédiatement à Paris.La supérieure décide de la faire accompagner par Célestin ; il est près de sept heures et le train part à huit, ils n’ont que le temps de se préparer.Le pauvre Célestin est désolé, car c’est le soir de sa première.teste et affirme qu’elle est bien “demoiselle.” Quant à Célestin, il tremble d’être reconnu et enveloppé d’un voile il bat désespérément la mesure.Le vicomte de Champlatreux, ayant conservé un souvenir enchanteur de sa belle inconnue de la veille, ne veut plus se marier, mais Melle Nitouche ayant réussi à avoir une entrevue avec lui, se fait reconnaître et lui avoue tout.Champlatreux est au comble de la joie, il aura la femme de ses rêves.PAROLES DE Melle Nitouche lui conseille d'aller au théâtre, lui jurant qu’elle restera tranquillement dans sa chambre à l’hôtel.Célestin ne peut résister à la tentation, il part, mais il est suivi de près par Melle Nitouche.Melle Nitouche arrive au théâtre au moment où tout le monde est sans dessus dessous ; en effet Corinne la première chanteuse, vient de se fâcher et de partir refusant de jouer.Melle Nitouche se dévoue, chante et est applaudie à outrance.Pour pouvoir s’esquiver et prendre le train de minuit, ils sautent par une fenêtre mais tombent dans les bras d’une patrouille qui les prend pour des voleurs et les emmène au poste.Ils trouvent au quartier tous les officiers réunis pour les adieux de Champlatreux, ces messieurs les reconnaissant, leur font des excuses, mais veulent que Melle Nitouche trinque avec eux.Celle-ci y consent et se grise gentiment.Le Major arrive subitement, on cache Melle Nitouche dans le magasin d’habillement ; elle revêt le costume d’un dragon et apparaît.Elle dit au major être réserviste et musicien flûtiste.Célestin pris pour un réserviste doit revêtir lui aussi, mais de force, le costume de dragon.Ils réussissent à se sauver, et rentrent au couvent.Melle Nitouche raconte à la-supérieure que en route elle a tant supplié Célestin de la ramener, que celui-ci a consenti.Elle ajoute vouloir se faire sœur.On a suivi les traces des deux “déserteurs,” ces traces se perdent au pied des murs du couvent, le Majorentre et croit reconnaître son • ‘ flute.’ ’ Melle Nitouche pro- 8 9 /WXOMME je le disais dans ma dernière chronique, il I 1 était préférable d’attendre avant de porter un juge-ment sur nos nouveaux artistes.Dans le Grand Mogol, tous se sont montrés sous leur véritable jour, l’émotion inévitable d’un début était passée, et les voix avaient retrouvées leur ampleur naturelle.M.Vissière a conquis la place qu’il mérite, avec les faveurs du public.Sans atteindre à la puissance de M.Montfort, il a un organe suffisant au timbre agréable, et surtout beaucoup de méthode, beaucoup de justesse et de précision.M.Vissière est en outre un acteur consommé qui nous promet de bonnes et agréables soirées.Mme Degoyon a retrouvé son public, qui, par ses bravos, lui a prouvé le plaisir qu’il avait à la revoir.Donnant dans ce même numéro, la biographie et le portrait de Mme Degoyon, nous ne nous étendrons pas plus longtemps sur son jeu, qui, comme autrefois, est irréprochable.Mme Bouit nous a donné un prince Mignapour absolument idéal, impossible de rendre ce rôle avec plus d’entrain, plus de verve et plus de feu.Un spectateur placé près de moi l’a dépeinte d’un mot : “ Mais elle a le diable a i corps cette petite femme ! ” Mme Bouit n’a pas une voix d’une très forte ampleur, quoiqu’elle porte bien dans tous les coins de la salle, mais en revanche, combien le timbre en est musical, et puis, quelle méthode, quelle sûreté de chant ! M.Giraud, comme d’habitude, a fait un Crackson parfait tous les artistes y ont aussi été irréprochables.Dans notre premier numéro, nous avons parlé de la gène que les chapeaux des dames causent aux voisins.Nous avons constaté avec plaisir, que, ainsi que nous l’espérions, la très grande majorité de nos concitoyennes ont le bon goût de n’en pas mettre ; cependant lundi dernier, à la première du Grand Mogol, il y en avait encore au moins une dizaine, dans les fauteuils d'orchestre.Nous donnons ci-dessous, le dessin d’un, que nous avons remarqué dans la huitième rangée.Le chapeau était, il est vrai, très joli : feutre gris, ruban rouge vif, cinq plumes brunes piquées debout.il était épa- tant ! mais bien gênant pour le monsieur qui se trouvait derrière, du reste qu’on en juge : La Belle Hélène, donnée jeudi soir a obtenu un succès qui a décidé l’administration à en continuer la représentation lundi, mardi et mercredi de cette semaine, au lieu du Supplice d'un homme, renvoi é à une date ultérieure.Nous n’adresserons qu’un seul reproche, c’est au souffleur, qui, jeudi, se faisait entendre un peu trop haut.Nous savons bien que l’étude de la pièce a été menée rapidement, mais elle a été si sérieusement conduiie par M.Geraizer que bien certainement l’intervention du souffleur était inutile.Et puisque nous parlons de vous, M.Geraizer, tous nos compliments, votre jeu est parfait, et votre voix superbe, aussi nous espérons bien avoir le plaisir de vous entendre souvent.Tous nos compliments également sur la mise en scène qui était magnifique et parfaitement réglée.M.Bouit est teparu pour la seconde fois, son rhume est tenace, mais cependant la voix est déjà plus cia re.Allons, M.Bouit, soignez-vous, le public est impatient de pouvoir juger tout ce dont vous êtes capable.M.Milo a enfin pu paraître dans l’emploi de son genre.Ceux qui le connaissaient l’attendaient avec confiance, les autres n’ont pas été déçus.M.Milo nous a donné un Calchas bien amusant, et surtout on ne peut plus dans l’esprit de la pièce.Continuez M.Milo, la faveur des habitués du théâtre vous récompensera Le rôle de Menelas a encore valu un succès à M.Giraud, qui réellement a un chic particulier pour rendre les maris .combattus.Quant à Messieurs Vissière, Fétis, Desfassiattx et autres, ils ont tiré tout le parti possible des rôles secondaires de cette pièce.Mais sa pris i ! quel oubli ! Je fais passer les dames après les messieurs! Pardon, mesdames, cela ne m’arrivera plus.Mme Degoyon n’a jamais joué et chanté avec plus de grace et de brio que dans cette pièce, aussi a-t-elle été bissée et rebissée.Mme Miller nous a donné un jeune Oreste.on r,e peut plus dans le train, elle a comme toujours, été gaie et charmante.Le contraire du reste lui serait impossible.Melles Berthael, Bothzen et Ray-monde ont obtenu elles aussi leur bon^e petite part du succès.10 Revue ^Théâtres -^Ris (Opera — La semaine dernière on a donné la millième de Faust, et à cette occasion une fête splendide a été préparée.Le plancher de la scène s’est ouvert à l’apothéose finale, laissant passer le buste de Gounod entouré des neuf muses, et de neuf groupes vivants, représentant ses neuf ouvrages suivants : sept du répertoire de l'Opera : Faust, Roméo et Juliette, Sapho, La Nonne Sanglante, La Reine de Sa Ma, Potyeucte, L.e Tribut de Zamora ; deux du répertoire de l’Opera Comique, Mireille, Phi/émon et Baucis.Pendant cette apothéose, un chœur a été chanté, dont les paroles sont du collaborateur de M.Gounod, M.Jules Barbier et la musique de son vieil ami, Ambroise 1 ho mas.Programme de la semaine : lundi, Salammbô; mercredi, Faust ; vendredi, Samson et Da/i/a ; La Korrigane.0pera Comique—Mlle Nikita une jeune américaine qui parcourt depuis deux ans l’Europe en jouant Mignon et Lackmè a débuté le 27 Septembre à l'Opéra Comique.L’appréciation des journaux de Paris sur son compte n’est pas extrêmement flatteuse, la voix est assez fraîche, a assez d’éclat, mais le medium est faible et le jeu nul, et de plus, l’accent est déplorable ; cependant le public parisien l’a accueillie presque favorablement, voulant prouver une fois de plus, combien il est hospitalier.O11 a donné la répétition générale du Pré aux Clercs, où doit débuter Mlle Tiphaine, premier prix de chant au dernier concours du Conservatoire.Mlle Tiphaine jouera le rôle d’Isabelle.Cljcatre fres Uouoeautes—Mon P/ince continue à tenir l'affiche avec le même succès.On attend que cette pièce soit un peu usée, pour la remplacer par une Revue actuellement à la répétition.M.Micheau, le directeur des Nouveautés, a engagé pour cette revue Mlle Aimée Aymard, la charmante artiste de l’Eldorado.(Eljatelet—La centième du Juif Errant a eu lieu lundi 1er Octobre à ce théâtre, le succès de cette pièce à grande mise en scène, ne parait pas près de finir.ZlOUVCaU tLirque—Le vendredi, 28 Septembre, le Nouveau Cirque a fait la réouverture avec Papa Crysan-thème, fantaisie nautique Japonnaise.Üheatre français—Un incident assez curieux est arrivé dernièrement au Théâtre Français.Le quatrième acte venait de finir, le rideau descendait majestueusement, lorsque arrivé à environ cinq pieds du plancher il s’arrête, une foule de machinistes se précipitent, rien n’y lait, le rideau reste immobile, force est de faire devant le public les changements de décors et apprêts pour le cinquième acte.C’est ainsi que beaucoup de spectateurs assistèrent pour la première fois de leur vie à quelques mystères des coulisses.Tous les journaux ont annoncé que Coquelin engagé par Sarah Bernard au théâtre de la Renaissance, avait quitté la Comédie Française en dépit de son contrat.Cette dernière intente une action en dommages contre M.Coquelin, qui en vertu des règlements de la Comédie Française, ne pouvait se retirer avant vingt ans de séjour.iLbeatrc bc la ^Renaissance—La première de la Duchesse d’Athènes, est renvoyée jusque vers le 15 Octobre.La pièce est cependant déjà prête, les costumes et décors sont terminés et sont dit-on d’une richesse inouïe.3arbin &e parts—A fermé ses portes le 28 Septembre, après une saison d’été exceptionnelle.On affirme dans le monde théâtral que l’empereur d’Allemagne travaille à une opérette, dont le sujet serait une vieille légende, probablement “ Wieland le Forgeron.” On ajoute que l'empereur a écrit le livret en collaboration avec le comte d’Eulembourgh déjà auteur de la chanson à Aegir. v^J^ÉPUTÉ DE JBoMBIGNAC Comédie en trois Actes de M.Alexandre Bisson.La Scène se passe de nos jours au château de Cliantelaur près Poitiers.ACTE PREMIER SCÈNE V Pinteau, La Marquise, Hélène, Julie.(Suite) Pinteau.—Une chapelle dans une salle d’armes ! Ça doit faire plaisir au Dieu des armées !.Deus exercituum !.La Marquise.—Taisez-vous, monsieur le libre-penseur!.Allez, Julie.(Julie sort.') Tu as notre petite liste ?Hélène.—Oui, voici ! (Elle tire un petit papier de sa polie.) Tenez, cher Mr.Pinteau, ayez donc la bonté de faire acheter les divers objets, que nous avons notés là-dessus et de les envoyer aux pauvres gens, dont les noms sont inscrits à côté.Pinteau.—Je les porterai moi-même, madame, si vous voulez bien me le permettre.La Marquise.—Oui, vous avez raison.Lancez-vous dans les bonnes œuvres !.Ça rachètera toujours un | eu le mal que nous fait votre maudite République.Pinteau.—Notre République n’est pas aussi méchante que vous voulez bien le dire, madame ; et son évangile ressemble fort au vôtre : Liberté, Egalité, Fraternité !.La Marquise.—Oui, je connais la formule !.SCÈNE VI.Les Mêmes, Des Vergettes, Renée, puis de Chantelaur.Des Vergettes, entrant avec Renée.—Madame la marquise !.Madame la comtesse ! La Marquise.—Comment, c’est vous, des Vergettes?Comme vous devenez rare !.On ne vous voit plus !.Des Vergettes.—Ah ! c’est que.dans ces derniers temps, j’étais si occupé !.La Marquise.—Vous m’étonnez !.Et qu’est-ce que vous faisiez ?Des Vergettes, bas.—De la politique.La Marquise.—Bah ! Des Vergettes, la prenant à part.—Et à ce propos, marquise, j’ai à vous parler.La Marquise.—A propos de politique?Des Vergettes.—Oui.Les élections générales ont lieu dans une quinzaine de jours et nous avons pensé, mes amis et moi.La Marquise.—Quoi ?Des Vergettes, montrant de Chantelaur, qui entre.— Chut !.pas devant lui !.De Chantelaur, entrant.—Bonjour, tout le monde!.Ma chère Hélène ! .{Il l'embrasse.) Marquise !.La Marquise.—Vous voilà, monsieur le coureur, qui rentrez à quatre heures du matin !.Oh ! Je vous ai bien entendu !.Si c’est permis, une conduite pareille !.De Chantelaur, embarrassé —Oui, en effet.l’étais avec les membres du comité pour le prochain comice agricole.Nous avons discuté longuement.très longuement.à propos.à propos des prix, que nous allons demander au ministre de l’agriculture !.La Marquise, bondissant.—Comment ?.Des prix ?Au ministre ?Vous allez vous aplatir devant le gouvernement ?Vous allez solliciter quelque chose ?Alors, vous vous ralliez ?De Chantelaur.—Moi?.Pas le moins du monde !.C’était par dévouement.par pur dévouement.pour l’agriculture !.La Marquise.—Un Chantelaur ne doit s’occuper du gouvernement que pour le combattre !.Des Vergettes.—Et encore !.De Chantelaur.—Bon ! bon !.Je n’avais pas réfléchi à cela !.En effet, vous avez raison !.N’en parlons plus!.{Apart.) Onze heures !.Morard ne peut pas tarder à me répondre !.SCÈNE VII.Les Mêmes, De Morard, IIn Laquais, entrant par le fond, portant une carte de visite.La Marquise, au laquais.—Qu’y a-t-il ?De Chantelaur, vivement.—Une dépêche?Déjà?.Hélène —Comment ?Le Laquais.—C’est un monsieur, qui désire voir M.le comte !.De Chantelaur, prenant la carte.— “ Paul de Morard.” .Pinteau, à part.—Bah !.Il rit. De Chantelauk, interloqué.—Morard?.Morard ici ?.Pas possible ! .Il n’est donc pas à Paris?.Hélène.—On dirait que cette visite vous contrarie?.Pinteau, à paît.—Un peu !.De Chantelauk.—Moi ?Pas du tout !.Au contraire ! Pourquoi veux-tu?Je suis charmé,ravi ! (Au laquais.) Faites entrer.(Le laquais sort.) Ce cher Morard ! (Bas, à Pinteau.) Et ma dépêche?Pinteau, bas.—Dame !.Faudra trouver autre chose!.De Chantelauk, bas.—Et Sidonie, qui va m’attendre.Un Laquais, annonçant au fond.—M.le comte de Morard!.Morard entre.—Le laquais sort.De Chantelauk.—Entre donc!.Quelle bonne surprise!.(Présentant.) Marquise, je vous présente un de mes meilleurs amis!.Madame la marquise de Cernois!.Madame de Chantelaur!.Mademoiselle Renée de Cernois!.Notre voisin, le baron des Vergettes! .Pinteau, mon secrétaire et vieux camarade, un abominable républicain.La Marquise, à de Morard.—Croyez, Monsieur, q u nous sommes très heureuses de vous recevoir.De Chantelauk, très ennuyé.—Parbleu! Ce cher ami! (A part.) Que faire?Que trouver ?Hélène.—Du reste, mon mari nous a parlé de vous si souvent que, pour nous, vous n’êtes pas un inconnu! De Morard.—Vraiment, mesdames, je ne sais comment vous remercier d’un accueil si cordial.Je su i arrivé hier à Poitiers où je viens passer quelques semaines chez un vieil oncle à moi et, si ma visite est un peu matinale, c’est que j’avais grand’hâte de revoir Raymond et de lui serrer la main.De Chantelauk.—Depuis si longtemps que nous ne nous sommes vus!.Hélène.—Pas si longtemps que cela, mon ami, puisque le mois dernier, à Paris, vous êtes allés ensemble à cette fête de nuit.De Morard, à part.—Hein ?.Pinteau, à part.—Aïe!.De Chantelauk, embarrassé.—Oui.certainement! Mais un mois, quand on s’aime comme nous nous aimons, c’est un siècle! (A de Morard.) Tu te rappelles, hein ?Cette fête de nuit au cercle de la Presse ?De Morard,abasourdi.— Oui.oui.parfaitement!.De Chantelaur.—Une fête superbe! Un bal splendide.magnifique!.Pinteau, à part.—Il a de l’aplomb!.De Morard.—Etonnant, merveilleux!.(A part.) Qu’est-ce que ça veut dire ?Renée.—Dites-moi, Raymond, est-ce là ce M.de Morard, qui s’est conduit si intrépidement pendant la guerre ?De Chantelaur.—Lui-même, petite sœur!.J’étais à côté de Paul, à la bataille de Coulmiers, et je l'ai vu émerveillant tout le monde par son mépris du danger!.De Morard.—Voyons, Raymond.De Chantelaur.—l aissons le passé et songeons au présent! Veille à ce que le déjeuner soit digne de nos hôtes, ma chère Hélène.Hélène.—Je ferai de mon mieux, mon ami.De Chantelaur.—Et que l’on mette la cave au pillage.La Marquise.—Viens-tu, Renée?Renée.—Me voici, maman!.La marquise et Hélène sortent.De Chantelaur vient parler à Pinteau.Pinteau, à Chantelaur.—Voyons, qu’est-ce que tu vas faire ?De Chantelaur.—Je n’en sais rien!.Sidonie va m’attendre!.Coûte que coûte, il me faut un prétexte, qui me permette de partir.Tâche d’en trouver un à peu près plausible ; je vais chercher aussi de mon côté!.Pinteau.—Je ne vois pas trop!.De Chantelaur.—Enfin, cherche!.Et débarrasse-moi de des Vergettes.Pinteau.—Ça ne va pas traîner! [A des Vergettes, qu H prend par le bras.) Venez, des Vergettes!.Des Vergettes, entraîné par Pinteau.—Où cela?Pinteau.—A la salle d’armes! Je vais vous montrer notre nouvelle chapelle.Lis sortent.De Chantelaur, à part.—Tout marchait si bien! Quel guignon!.SCÈNE VIII.De Chantelaur, De Morard.De Morard.—Ah ça!.qu’est-ce que ça veut dire, cette fête de nuit du cercle de la presse ?Tu as raconté à tout le monde?.De Chantelaur.—Je vais t’expliquer.De Morard.—Parbleu!.Je devine! .Une fredaine, hein ?.Une escapade, où j’ai joué le rôle de complice sans le savoir! De Chantelaur.—Non, rien de plus simple!.J’avais passé la soirée aux Variétés et, après le théâtre, je m’étais laissé entraîner.par des amis, avec lesquels j’ai soupé.un peu longuement; alors, tu comprends?.Pour expliquer ma rentrée.tardive et pour ne pas inquiéter la comtesse .De Morard.—Tu as prétendu que c’était moi qui t’avais débauché?De Chantelaur —C’est cela, oui! .J’ai toujours parlé de toi ici en termes si élogieux que ces dames te vénèrent et te croient un petit saint.De Morard — Bah ! De Chantelaur.—Voilà pourquoi j’ai dit que je t’avais rencontré.De Morard —Pour inspirer confiance?.C’est heureux alors que l'on ne se doute pas d’où je viens!.C’est cela qui diminuerait mon prestige !.13 De Chantelaur.—Ah !.Et d’où viens-tu ?De Morard.—De Bombignac, chef-lieu de canton du département de la Basse-Garonne.De Chantelaur.—Hé bien !.Ecoute ! .Tu aurais joliment mieux fait de rester à Paris.De Morard.—Pourquoi c la?De Chantelaur.—Parce que je t’y ai envoyé une dépêche, ce matin.De Morard.—Une dépêche ?De Chantelaur.—Oui.Oh ! maintenant ça n’a plus d’importance.Je t’expliquerai cela.Et qu’est-ce que tu es allé faire à Bombignac ?De Morard.—J’y suis allé conduire une femme !.De Chantelaur — Hein ?De Morard.—Une femme charmante !.A nais Du-tronchet, qui, pendant deux ans, m’a rendu, s’il faut l’en croire, le plus heureux des hommes !.De Chantelaur.—Allons donc !.Pas possible !.Comment toi, Morard, le sage, le vertueux Morard ?.De Morard.— Le petit saint !.Hé ! mon Dieu, oui ! De Chantelaur.—Je n’en reviens pas !.Et tu as rompu ?.De Morard.—Complètement !.An aïs devenait .tenace ; elle s’installait dans ma vie et faisait des projets pour l’avenir; alors j’ai brusqué le dénouement.De Chantelaur.—La séparation a dû être orageuse?.De Morard.— Non, pas trop !.A nais a fini par entendre raison et nous sommes partis ensemble, il y a huit jours, pour Bombignac, où j’ai quelques propriétés.Là je l’ai installée à Malboisé, charmante villa, entourée de plusieurs hectares ; je lui ai souhaité sincèrement tous les bonheurs possibles, et je l’ai laissée ravie, enchantée de sa nouvelle position.Son rêve va pouvoir enfin se réaliser!.Elle possède, par elle-même, une trentaine de mille livres de rentes ; elle deviendra la reine du pays, sera considérée et se mariera.pour de bon !.De Chantelaur.—Et toi ?De Morard.—Oh!.moi, mon cher ami, j’en ai assez de cette expérience, et je rentre dans le droit chemin!.En attendant que je rencontre la jeune fille charmante, qui sera ma femme, que j'aimerai de tout mon cœur, et que je ne tromperai pas, je te le jure, je viens passer quelque temps chez mon oncle ; puis, j’irai voir une tante, mes deux sœurs, mes neveux, mes nièces, des cousins et des cousines.J’aspire après le repos, vois-tu, après le calme de l’intérieur et ia paix du foyer!.J’ai soif de la vie de famille.Oh !.la vie de famille!.De Chantelaur, ironiquement—Hé bien ! mon cher Paul, tu ne pouvais pas mieux tomber !.Ne va pas plus loin, reste avec nous !.Tu trouveras ici un échantillon de cette vie de famille.tout ce qu’il y a de plus complet !.Intérieur calme, tel que tu le désires, foyer paisible, émotions modérées, joies innocentes et quiétude absolue !.De Morard.—Mais c’est charmant ! De Chantelaur —C’est exquis ! .SCÈNE IX.Les Mêmes, Renée.Renée.—Pardon ! M.des Vergettes n’est pas ici ?De Chantelaur.— Non, pourquoi ?Renée, avec une exagération comique.—Un courrier vient d’arriver au château.Il est, paraît-il, porteur d’un important message.De Chantelaur.— Pour des Vergettes ?Renée.—Oui.(Mystérieusement.) C'est de la part du comité.De Chantelaur.—Du comité?Quel comité ?Renée.—Ah ! je ne sais pas ; mais il paraît que c’est très grave.De Morard.—Oh ! oh ! quel mystère ! De Chantelaur —Est ce que des Vergettes conspirerait ?Renée, riant.—Oh ! par exemple ! De Chantelaur.—Tu le trouveras, je crois, à la chapelle.Pinteau la lui fait visiter.Renée—J’y cours.Un conspirateur, lui ?Oh! le pauvre homme ! Elle sort.SCÈNE X.De Chantelaur, Df.Morard.De Morard.—Elle est charmante, mademoiselle de Cernois !.De Chantelaur.—Oui, c’est le seul rayon de soleil, qui éclaire la maison !.Elle est si gaie, si rieuse, si véritablement jeune!.Pauvre Renée.ma compagne de captivité !.(A suivre) 14 Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.Z.PILON &CIE .MARCHAND DE.Chaussures 1369 RUE NOTRE-DAME MONTREAL.Toute ordre exécutée avec gout, promptitude et à Bas Prix.i â( St ) En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.Le Meilleur .Chocolat .EST LE CHOCOLAT Assortiment de Corsets P.D , P.N.et D.&A.Fabricant de GANTS d’Eté et d’Hiver et d’Opéra.J.B.H.LHNCTOT, 99, RUE SAINT-LAURENT.jmprimerie N.F.&V.Guertin 79 RUE ST-JACQUES Telephone 2732 üo\)üo\) Ouvrages de toutes sortes faits avec gout et à Prix Modérés.NAP.DESJARDINS .MARCHAND tiE .FERRONNERIE, PEINTURE, Quincaillerie, Huiles, Vitres, Etc.Toutes Fournitures pour les Entrepreneurs à des conditions très avantageuses.Entreprises en Peintures exécutées promptement et au plus bas prix possible 1568 RUE Ste-CATHERINE Telephone No.6778.MONTREAL.TAPISSERIE EN GROS ET EN DETAIL.15 .DU .PLANTEUR De la Compagnie Coloniale.IMPORTE PAR LU Ce D'APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES DE MONTRÉAL (Limitée). 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