Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
L'orchestre
Une revue hebdomadaire de la Compagnie d'opéra français, qui ne paraît qu'à l'automne. Elle présente le programme exact des pièces qui sont données ainsi que des notes biographiques.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-1894
Contenu spécifique :
lundi 22 octobre 1894
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Texte de présentation du calendrier

Fichiers (5)

Références

L'orchestre, 1894-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
2me Année, No.4.Montréal, 22 Octobre, 1894.Prix, 5 Ors.Rédaction et Administration, 73 Rue St-Jacques, (Bâtisse Perrault.) LA BELLE HÉLÈNE: Portraits de nos Artistes dans les rôles de cette fiece. “ L’ORCHESTRE ” PRIX DES ABONNEMENTS • 1 • • • 0n Peut s’abonner par lettre en joignant un mandat-poste à l'ordre de.# Un an, - = $2.50 Six mois, = 1.50 Trois mois, = = .75 LA COMPAGNIE OU JOURNAL “L'ORCHESTRE" v'; .Ou directement au Bureau du Journal, No.73, Rue Saint-Jacques.NOTA.—Les abonnements sont payables entièrement d’avance.LA SOCIETE DES ARTS DU CANADA 1GGG et 1GG8, Fine Notre-Dame, • • • MONTRBAL, Eden Musée ET Théâtre Encore une bonne semaine pour l’Eden ; il est vrai que le programme était fort attrayant et des mieux exécutés.Cette semaine, on nous donne du nouveau : La Tsarina, l’immense succès parisien, et Directeur et Ténor.Ces deux charmants vaudevilles seront, comme chaque semaine, accompagnés et suivis de chansonnettes.Les directeurs du Théâtre Eden nous annoncent du nouveau pour la semaine prochaine, et nous savons que nous pouvons y compter, car, malgré le prix si modique de l’entrée, 10 cents, ils tiennent absolument à satisfaire le public.MONUMENT NATIONAL Rue Saint-Laurent.Seul Théâtre français A 10 cents.4 • ?LA TSARINA L'immense succès parisien.DIRECTEUR ET TENOR CHANSONNETTES, Etc.• • • ENTREE DU MUSEE, 10 CENTS.Au riusee, Attractions nouvelles.Ouvert le Dimanche de i à 10 heures p.m.4 y?^ P REVUE'*Théâtres - Bris ©pcra—< >n a répété en costumes et dans les décors, Othello.Verdi assistait à la répétition, qui a eu lieu abso-j lument à huit clos.On a répété pour la première fois le 5 Octobre, La Montagne Noire, sous la direction de Mme Augusta Holmes.Cet opéra sera interprété par Mmes Breval, Berthet, Héglon, MM.Renaud et Halvarez.Programme de la semaine : Salammbô, Faust.(Lhcatrc bcs Dûrietcs—Mme Judic a repris à ce théâtre les représentations de Lili, interrompues il y a huit mois.Lili, la charmante comédie mêlée de chant, d’Alfred Hennequin, Albert Millaud et Hervé.Mme Judic exerce toujours le même attrait sur le , ’ ’ et comme nous l’annoncent les journaux de Paris, elle est toujours Judic ; aucune autre étoile n’a encore pu rivaliser avec elle dans l’art léger et déli at aussi bien que dans celui de la chansonnette.Ccmet'ic Cyrique—Ce théâtre commencera ses premières représentations, du 10 au 15 Novembre, et donnera pour son ouverture la Revanche de Galathèe, opéra comique en un acte de Max et Ancelin, musique d’Albert Clément, Pedrolino, opéra comique en un acte de Bertol Graivie, musique de Boussagol ; Les Gardes Françaises, comédie lyrique en trois actes de Praylauré, musique de Léon Rosellen.XTouneaU Cirque—Papa Crysanthème, dont nous parlions dans notre dernier numéro, obtient un succès réellement extraordinaire.Les deux passages qui sont les plus applaudis, sont celui d’une jeune danseuse traversant la pièce d’eau sur des feuilles de nénuphars, et celui du poney chanteur.(Dpcftil Comique—L.a femme de Claude, de M.Albert Cahen, est à l’étude.On a également commencé les répétitions pour la reprise de Paul et Virginie Avec Melle Saville comme principale interprête.1 Cfyeatre ^rciltcuis—La première de Vers la joie, a dû avoir lieu le 16 Octobre, qui était la date définitivement choisie.(DoeOtl—A repris sa série de représentations populaires, à prix réduits, et a donné la semaine dernière trois soirées avec Don Juan d'Autriche, Tartufe et Le Médecin malgré lui au répertoire.*** Victor Koning, si connu dane le monde des théâtres, est mort le 3 Octobre, âgé seulement de cinquante deux ans.Il passa la plus grande partie de sa jeunesse dans le journalisme et collabora, au Diogène, au Figaro-Programme et au Figaro.Il fit également du théâtre ; en dehors de la Fille de Mme Angot, qu’il écrivit en collaboration avec Clairville et Girardin, il fit représenter une vingtaine d’autres pièces.M.Victor Koning.se rendit célèbre surtout comme directeur de théâtre.Il dirigea la Renaissance, où il obtint des succès retentissants, tels que Giroflé Girofla, Le Petit Duc, Kosiki, etc., grâce à l’heureuse collaboration de Lecoq, Meilhac et Halevy.Ce fut lui qui mit en lumière les fameuses artistes, Jeanne Granier, Desclauzas, Jane Hading, Mily Meyer.11 dirigea ensuite le Gymnase, où ses débuts furent également heureux, avec le ALai/re de Forges, S.-rge Pan/ne, Les Femmes Nerveuses., etc ; | ' mais bientôt la veine l’abandonna, ' et il quitta le théâtre en pleine décon- fiture.â ictor Koning épousa, en Juin 1884, sa pensionnaire, Melle Jane Hading, qui à cette époque interprétait avec tant de gloire, Le Maître de Forges.En 1888, le divorce était prononcé contre eux.M.Victor Koning s’était remarié en 1893, avec Mlle Raphaël Sizos.M 5 44 Monsieur Elim Vissière JONSIEUR Emile (Elim) Vissière est né à Toulon, département du Var, France.M.Vissière se sentant une grande inclination pour le théâtre, obtint de ses parents la permission de suivre les cours du conservatoire de Marseille.Il en sortit après deux ans d’étude avec un premier prix de chant ; il y avait étudié sous la direction de M.Audran, père du célèbre auteur de la Mascotte, Edmond Audran.M.Vissière est l’ami d’Edmond Audran qui le désigne toujours comme son interprète favori, et lui a, du reste, appris lui-même toutes ses œuvres.Quoique lauréat d’un conservatoire aussi renommé que celui de Marseille, M.Vissière voulut avoir la consécration de celui de Paris, et il alla y terminer ses études musicales sous la direction de Messieurs Roger, Ismaël, Pouchard et Obin.M.Emile Vissière, eut la bonne fortune de faire ses débuts artistiques sur la charmante scène du Théâtre de la Renaissance de Paris.Quoique il y eut obtenu un réel succès, M.Vissière reconnaissant bientôt combien il est difficile d’arriver à percer à Paris et de s’y faire un nom, sachant en outre combien généralement la carrière théâtrale y est ingrate, accepta bientôt les offres que lui faisaient les directeurs de province.En effet, si le travail y est moins glorieux, il est généralement plus profitable, et un artiste quelque épris qu’il soit de la gloire, a malheureusement des besoins matériels à satisfaire.M.Vissière passa successivement dans les villes de Nice, Rouen, Toulouse, Le Havre, Vichy, Liège, Genève, Lyon, Nantes, c’est-à-dire, comme on le voit sur les plus grandes et les plus importantes scènes de France.M.Vissière, quoique encore tout jeune, s’est acquis une réputation enviable parmi tous les directeurs de théâtre de France non seulement comme baryton et acteur mais comme homme.En effet, M.Vissière, outre ses qualités d’artiste, est un homme d’une grande énergie et d’une conduite irréprochable, il possède en outre une connaissance approfondie de la scène, et de réelles capacités d’administration, aussi plus d’une fois lui a-t-on offert la place et les fonctions de régisseur général.M.Vissière a rempli ces fonctions si délicates avec un succès réel au théâtre de Tours et au Kersaal de Dunkerque.La façon avec laquelle M.Vissière avait rempli ses fonctions de régisseur général, lui valut l’offre d’un emploi d’administrateur au Grand Théâtre de Genève, et il remplissait encore ces fonctions, lorsqu’il a été engagé par M.Hardy.Il est juste de dire que si ses fonctions d’administrateur étaient fort honorifiques, elles étaient peu lucratives.M.Vissière n’a pas une voix d’une puissance comparable à celle de M.Montfort, qui, l'année dernière, obtint tant de succès ici, mais en revanche, M.Vissière possède une voix plus classée, une voix de baryton pur, pouvant atteindre sans difficulté les notes graves.Il possède en outre une sûreté et une souplesse parfaite, que tous les amateurs de bonne musique apprécient plus que la puissance et la force.Quant à sa façon d’interpréter les rôles qu’il représente, il est à peu près superflu d’en parler, car voici déjà trois semaines que M.Vissière est ici, et le public l’a déjà jugé.Sa voix et son jeu irréprochable lui ont acquis la place qu’il mérite, et pour nous, qui le connaissons, nous pouvons dire qu’il est de ceux qui ne surprennent pas leur monde, mais qui bien au contraire gagnent à être connus.Nous ajouterons, que M.Vissière est infiniment supérieur dans l’opéra comique que dans l’opérette, car là seulement il peut faire valoir sa voix, avec toute la pureté et la supériorité de la méthode qu’il tient de ses professeurs.6 LES Jr)EUX 'fÎMIDES Comédie en un acte de Marc Michel et Eu g.Labiche.E) A charmante petite pièce qui porte ce titre a été re-5) présentée ])our la première fois à Par's au théâtre du Gymnase le 16 Mars i860.M Thibaudier, ancien employé de ministère, habite depuis sa retraite à Chatou.Il est d’une timidité telle qu’il perd complètement ses facultés en présence de tout étranger.Un certain Anatole Garadoux, qui lui a été adressé par son notaire, en lui demandant la main de sa fille, a fait les demandes et les réponses, et le pauvre Thibaudier abasourdi, n’a pas su protester.Il y a déjà quinze jours, qu’Anatole Garadoux s’est installé chez Thibaudier en qualité de fiancé, il a demandé à Thibaudier d’aller ce même jour à la mairie pour faire publier les bans.Mais Cécile Thibaudier ne veut pas de ce mariage, elle préférerait un M.Jules Frémissin, avocat, neveu de sa marraine, qu’elle a rencontré à un dîner, voici déjà trois mois.Pendant ce dîner, Jules Frémissin placé près d’elle, a paru si ému par son voisinage qu’il a renversé un verre, et a été absolument interdit, mais elle sait par sa marraine que ce jeune homme est amoureux fou d’elle, et que depuis cette date il a résolu de venir demander sa main.Précisément ce matin même, M.Thibaudier reçoit une lettre de la tante de J> '.es Frémissin, lui disant qu’elle voulait venir demander la main de Cécile pour son neveu, mais qu’indisposée, elle ne le pouvait, et que Jules Frémissin se présenterait seul.Le malheureux Thibaudier est fortement ennuyé, comment va-t-il s’en tirer avec deux gendres en présence.On annonce quelqu’un, c’est Jules Frémissin, Cécile excite le courage de son pére et se retire.Thibaudier pour reculer le moment fatal, prend prétexte avec lui-même qu’il n’a pas d’habit, et sort pour en mettre un.Frémissin fait donc son apparition dans un salon vide, il ne s’explique pas lui-même comment il a osé entrer, car il est au moins aussi timide que Thibaudier.Bientôt Cécile paraît, il cause, lui avoue sa timidité inconcevable, et sans s’en apercevoir lui fait presque une déclaration d’amour.Il ajoute qu’il n’est avocat que de nom, qu’il n'a jamais plaidé ; qu’une seule fois il avait failli le faire, il devait défendre un mari qui avait battu sa femme, mais, en présence du tribunal, il avait perdu la tête, et n’avait pu que balbutier: “ Messieurs, je recommande le prévenu à toute la sévérité de la cour.” Et que le résultat avait été la condamnation de son client au maximum de la peine.Cécile l’encourage, il promet d’être brave, mais laissé seul, sa timidité le reprend et sentant qu’il n’osera jamais, il prend le parti d’écrire.Thibaudier ouvre la lettre et se trouve aussi embarrassé que jamais, car que faire du premier prétendu, Anatole Garadoux, qui, précisément, arrive lui dire qu’il a reçu la corbeille de mariage et lui offre à lui-même une magnifique tabatière.Malgré le désir de satisfaire sa fille il ne sait que résoudre, lorsque les deux rivaux se trouvent en présence ; Frémissin reconnaît dans Garadoux son ancien et unique client, ce qui dénoue la situation, Thibaudier retrouve de l’énergie pour déclarer qu’un homme qui a battu sa première femme n'épousera pas sa fille.LE jpUPPLICE D'UN ]|{0MME.Comédie Vaudeville en trois Actes, par E.G rangé et Lambert-Thiboust.Par suite du succès de la Belle Hélène, l’adminis- l’analyse de cette pièce dans notre précèdent numéro, nous tration de l’Opéra Français a cru devoir renvoyer le ne croyons pas devoir la répéter à nouveau.Supplice d'un Homme au Lundi, 22 Octobre.Ayant donné 7 Madame L’Archiduc Opéra Bouffe én trois Actes PAROLES DE ALBERT MILLAUD MUSIQUE DE JACQUES OFFENBACH @ET Opéra-Bouffe a été représenté pour la première fois à Paris sur le théâtre des Bouffes Parisiens, le 31 Octobre 1874.1er Acte.—Au lever du rideau, on se trouve dans une salle d’auberge.L’hôte vient de marier un de ses garçons et une de ses filles d’auberge.Giletti et Marietta.Les deux mariés vont partir en voyage de noces, trois jours de congé, lorsqu’on annonce l’arrivée d’une berline, c'est le comte et la comtesse de Castelardo, qui mariés depuis huit jours, reviennent au château de leurs pères.Le comte explique qu’il en était parti à l’âge de sept ans, son père fuyant la tyrannie de l’archiduc Ernest, il y revient, rappelé par une lettre mystérieuse, il y a une conjuration pour renverser l’archiduc, et on lui demande de se mettre à la tête.Son vieux serviteur, Ricardo, qui est resté à la garde du château, accourt l’aviser que son arrivée a été annoncée à l’archiduc et qu’il faut qu’il fuie sous peine d’être arrêté.Trop tard, les dragons arrivent ; que faire?Ricardo, imagine de faire passer Marietta et Giletti pour le comte et la comtesse ; ils y consentent sur la promesse de dix mille écus, et sont emmenés sous escorte au chateau de Castelardo.2éme Acte.—L’Archiduc arrive au château de Castelardo pour interroger ses prisonniers, il est disposé à la mansuétude et pourvu que le comte engage sa parole de rester tranquille, il pardonnera.Quatre conjurés, le Duc de Montifiascone, le Marquis de Frangipano, le comte de Bonaven-tura et Bonardo, chefs de la conjuration se sont introduits au château pour voir le comte, ils se trouvent aussi arrêtés.L’archiduc irrité assemble son conseil pour juger ses prisonniers, mais il est désarmé par un sourire de Marietta, et en devient amoureux fou ; sur sa demande, il lui abandonne le pouvoir et tous ses titres.Elle devient donc madame l’Archiduc.Elle commence par destituer les a H mil iiminmiiiiiili Wfurniiij ' -* 'Ill's.—- ¦^/'¦¦hSQl lflw'1 'fc .MADAME I.'ARCI quatre anciens ministres et nomme à leur place les quatre conjurés.Tout le monde part pour la cour.3ème Acte.—L’Archiduc de plus en plus amoureux de Marietta a fait nommer Giletti ambassadeur à Naples, mais uniquement pour s’en débarrasser, et être plus libre '—3ème Acte, 6èmk Scène.auprès de Marietta.Cette dernière ayant voulu une garde permanente autour du pavillon oit elle habite, l’archiduc se déguise en dragon des gardes.Grâce à ce costume, il réussit à s’introduire dans le pavillon, Marietta se sauve en appelant à l’aide, Fortunato le capitaine des gardes accourt, on arrête le dragon, qui se fait reconnaître et réclame le silence, car il veut garder l’incognito.Le gentil capitaine Fortunato, lui aussi, est amoureux de la comtesse Marietta, il lui fait de brûlantes déclarations, celle-ci est émue car elle le trouve bien gentil, mais cependant elle veut rester fidèle à son mari.Elle allait néanmoins lui accorder un petit baiser, lorsque des éclats de rire se font entendre, ce sont nos quatre nouveaux ministres qui surviennent ; ils se moquent de la naïveté de l’Archiduc et de Giletti.Mais Marietta leur déclare que personne n’a rien eu d’elle, non, personne, pas même son pauvre mari, car, hélas, la première nuit de noces n’a pas encore eu lieu, ils ont toujours été séparés.Les quatre ministres ordonnent à Fortunato, d’aller arrêter les quatre anciens ministres qui, à leur tour, se sont fait conjurés, et conspirent à l’auberge délia cons-piratione permanente.Fortunato le leur promet, il y a huit jours, il les a arrêtés, aujourd’hui ils sont au pouvoir, il leur obéit.Il part exécuter l’ordre.Giletti revient, il n’a pas été à Naples, car en route il a ouvert la lettre qu’il était chargé de remettre au roi de Naples, elle ne portait que ces mots : “ Retenez cet im- bécile le plus longtemps possible.” Frangipane lui explique que c’est la formule habituelle des lettres de créance.Les nouveaux conspirateurs arrêtés sont amenés, avec l’Archiduc qui lui aussi s’est fait conspirateur.Il déclare en être enchanté, car à l’auberge de la conspiration, il a trouvé une femme non moins charmante que Marietta, c’est la véritable comtesse de Castelfilardo.Marietta abandonne le pouvoir, elle ne demande que les dix mille écus promis, elle achètera l‘auberge et y vivra heureuse avec son Giletti.L’Archiduc ponr satisfaire tout le monde, alternera le pouvoir pendant deux jours à chacun de ses nouveaux et anciens ministres, puis charge le comte de porter la lettre au roi de Naples.8 9 Tp\OUS demanderons à nos lecteurs la permission de I rj leur adresser quelques mots sur un sujet bien connu, et que pourtant beaucoup semblent ignorer, c’est-à-dire, que LES ARTISTES SE PAIENT.Mon Dieu, oui, les artistes se paient, et ils ont besoin d’être payés, non seulement pour vivre, mais aussi pour jouer.Croyez-vous, qu’un artiste qui doit jouer vingt-cinq pièces différentes dans sa saison et changer deux, trois et même quatre fois de costume dans la même pièce, ait ces costumes pour rien ?Il est bon de ne pas oublier que l’artiste doit fournir lui-même ses costumes ainsi que les autres accessoires de ses rôles.Voilà donc tout d’abord une assez forte brèche faite à ses appointements.Mais ce n’est pas tout, croyez-vous que l’artiste qui, par exemple, vient faire ici une saison de six mois n’en perde pas plusieurs?II faut d’abord déduire au moins un mois pour les préparatifs de départ, le voyage et l’arrivée, car il n’est payé que pendant le temps qu’il joue ; puis la saison finie ici, que faire ?Il faut qu’il retourne en France, qu’il cherche un nouvel engagement, et pensez-vous que cela lui prendra moins de deux mois ?Tout compte tait, comptez ce qu’il lui restera sur les deux à trois cents dollars qu’il a touché pour chaque mois de services payés.Combien d’entre vous, voudraient faire un métier aussi pénible pour un résultat si maigre.Car enfin, la vie des acteurs et actrices est loin d’être une sinécure : Le matin à heures, il faut être aux répétitions, ainsi que toute l’après-midi et enfin le soir de huit heures à onze heures et demi, minuit.S’il est acquis et reconnu que bien peu, pour ne pas dire point d’acteurs, aient jamais fait fortune, combien voit-on de directeurs ou compagnies d’entreprises théâtrales réussir ?Commençons par Paris, la ville du monde où l’on va le plus au théâtre, et prenons les principales scènes : L’Opéra, dont loyer, éclairage, chauffage, entretien général, taxes, frais généraux de la salle, sont à la charge du gouvernement français, (l’Opéra est monument national), a besoin d’environ un million de subvention pour joindre les deux bouts.L’Opéra Comique se trouve dans les mêmes conditions, mais la subvention est un peu moins forte.Nous pourrions passer de même en revue tous les théâtres de Paris, dont les trois quarts font périodiquement la culbute.Si de Paris nous allons en province, nous voyons toutes les villes, construire à leurs frais un théâtre, fournir l’entretien, l’éclairage de la salle, et de plus chaque saison des subventions de cinq, dix, quinze et vingt mille dollars, aux directeurs, qui veulent accepter les risques de l’entreprise.Et cependant, à l’Opéra, à l’Opéra Comique de Paris, les sièges que nous louons So.75 ici, coûtent S3.00, et dans la majorité des théâtres de province, $1.25 et $1.50.Si nous passons en Amérique, je pourrais vous citer l’exemple du théâtre français de la Nouvelle Orléans, qui l’année dernière, s’est trouvé en déficit de vingt-six mille dollars, la saison terminée, et cela malgré une subvention volontaire d’une somme au moins égale, faite par tous les amateurs du théâtre.Cependant le public de la Nouvelle-Orléans, qui depuis longtemps a compris les bienfaits d’un théâtre français, /’encourage bien autrement par sa présence assidue que ne le fait le public de notre ville.Pour dire quelques mots aussi sur les théâtres anglais, je résumerai la conversation que j'ai eu il n’y a pas longtemps avec un directeur.Tous les théâtres de Montréal, à part le Royal, ont mangé de l’argent les années passées.Comme je faisais la remarque que sauf exception, les troupes américaines qui viennent ici sont médiocres.“ C’est parfaitement juste, Monsieur, mais plus la composition des troupes est élevée, plus le prix exigé par elles, l’est aussi, et malheureusement, l’empressement du public ne nous permet pas de pouvoir donner ce prix.Certains prétendus amateurs donnent comme raison de leur abstention que les artistes ne sont pas suffisants.Eh bien ! ces mêmes grands connaisseurs, lorsque des artistes comme Coquelin, La Patti, Jane Hading, Sarah Bernard.etc., sont de passage ici, ces mêmes amateurs, dis-je, n’y viennent pas davantage, parce que alors le prix des places est augmenté Ils ne veulent pas payer plus, nous sommes bien forcés de leur donner des artistes en rapport avec ce prix.” Cette remarque est absolument juste et chacun la comprendra.Pour en revenir à l’Opéra Français, la direction de ce théâtre a engagé à grand frais une troupe dont la composition est plus que satisfaisante, et est à coup sûr égale sinon supérieure à la moyenne des théâtres de province de France ; du reste voici trois semaines qu’elle est ici et on a pu l’apprécier.La Cie de l’Opéra Français, voulant mettre son théâtre â la portée de tous, a établi ses prix à un taux des plus réduits, mais si ce taux est des plus réduits, il nécessite d’autant plus, une réelle affluence du public pour couvrir les frais.10 Il me semble qu’en général on s’illusionne singulièrement sur le montant de ces frais : combien de fois ne m’a-t-on dit dans le courant de l’été en me parlant de l’Opéra Français : “ Hein ! on les a encouragés ! Comme ils ont fait de l’argent ! ” S'ils appellent cela de l’encouragement ! A peine des quarts de salle pendant trois mois, comme on l’a vu l’année dernière ?11 en faut ensuite de belles salles pour compenser la différence ! Car nous le répétons, ce n’est qu’à condition, d’avoir affluence de monde que l’opéra français pourra réussir et prospérer.On ne saurait trop répéter une chose déjà dite par nos confrères de la grande presse.Les directeurs et les actionnaires de la société d’Opéra Français en fondant cette société ont fait œuvre patriotique : car V Opéra Français nous donne une distraction saine morale, intelligente et surtout utile, car c’est sans contredit la meilleure école où la jeunesse puisse apprendre à parler et prononcer correctement le français, le bon français.A tous de l’aider en y venant fréquemment soi-même, et en poussant et excitant les autres à le faire.A cette condition seule le théâtre vivra, et en plus tous les ans nous aurons le droit de réclamer des troupes de plus en plus supérieures.Comme nous le faisons remarquer plus haut, le théâtre a besoin d’être encouragé : l’est-il suffisamment ?L’expérience de la semaine dernière prouve que non.En effet l’Opéra Français nous a donné le 15, La Belle Hélène, cette charmante opérette qui est une satyre si fine, si spirituelle, et dont la musique est un véritable bijou.La pièce a été rendue d’une façon irréprochable ; le succès du Jeudi et du Vendredi, a été magnifique.Devant ce résultat, l’administration a cru pouvoir laisser la pièce à l’affiche six jours.Qu’est-il arrivé ?Jeudi et Vendredi, salle comble, Samedi, belle salle, mais Lundi, Mardi et Mercredi, à peine des tiers de salle, et encore, parmi les personnes présentes, beaucoup étaient déjà venues Jeudi et Vendredi.Nous avons compté approximativement le nombre des assistants pendant ces six jours, et le résultat est que la clientèle fixe du théâtre ne dépasse guère quatre mille.C’est peu, beaucoup trop peu.Il est incontestable que ces quatre mille personnes ne sont pas les seules qui viennent à l’Opéra Français, il y en a dix mille, quinze mille, peut-être vingt mille autres qui y viennent une fois par ci par là, peut-être quatre à cinq fois dans toute la saison, mais ce n’est pas suffisant pour faire vivre le théâtre.Et ce qu’il y a de curieux, ce sont précisément ces clients si accidentels du théâtre qui en parlent avec le plus d’enthousiasme et qui à les entendre en sont fanatiques et font de réels sacrifices pour en assurer la réussite permanente.Allons Messieurs, agissez un peu plus et parlez moins.*** Jeudi à la première de Nitouche, le public le plus select de Montréal s’était donné rendezvous à l’Opéra Français.La salle non seulement était absolument remplie, mais elle présentait un coup d'œil magnifique, des toilettes ravissantes sur des femmes non moins charmantes ; à peine si deux ou trois malencontreux chapeaux s’étalent égarés dans les fauteuils d’orchestre.Quelques dames.(en trop petit nombre).légèrement décolletées, contribuaient à rehausser l’éclat de la salle.Si cela continue, nous n’aurons bientôt plus rien à envier aux capitales et grandes villes du monde entier.Quant à la pièce elle-même, Mam'z-elle Nitouche, si son interprétation absolument parfaite, ne peut nous faire oublier celle de l’année dernière, elle est, du moins loin de nous la faire regretter.En effet, l’année dernière, Mam'z-elle Nitouche avait été jouée d’une manière supérieure par Mesdames Blon-ville, Hosdez et MM.Giraud et Portalier.Cette année, Mme Bouit, qui remplace Mme Blonville, a un jeu tout aussi agréable, et si sa voix a un peu moins d'ampleur, elle est, il me semble, plus souple plus musicale et surtout plus fraîche.Mme Hosdez, qui l’année dernière jouait les duègnes, nous avait habitué à son jeu personnel fort agréable.Mme Géraizer avec un physique et un jeu forcément différent, s’est trouvée à son arrivée en butte avec ce souvenir, ce qui lui a valu lors de sa première apparition dans l'Abbé Constantin un peu de froideur de la part d’une partie du public.Dans Mam'z-elle Nitouche, quoique son rôle fut peu important, elle a su l’interpréter à son avantage, et nul doute que dans le Supplice d'un homme, elle n’achève la conquête du public et ne fasse oublier sa devancière.Le triomphe de M.Portalier l’an dernier, avait été incontestablement son rôle du Major, aussi M.Milo avait-il une tâche bien dure à remplir, tâche dont il s’est tiré absolument à son honneur.Quant à M.Giraud, il suffit de dire qu’il est le même que l’an dernier.11 v'tgÉPUTÉ DE J§OMBIGNAC Comédie en trois Actes de M.Alexandre Bisson.La Scène se passe de nos jours au château de Ch an tel au r près Poitiers.ACTE PREMIER SCÈNE X De Chantelaur, De Morard (Suite) De Morard.—Comment ?De Chantelaur.—Si tu crois qu’on s’amuse, toi, ici ?De Morard.—En vérité !.A t'entendre, on dirait que tu es le plus malheureux des hommes !.Tu as un beau nom, une bonne santé, une grande fortune, une femme ravissante.De Chantelaur.—Et une belle-mère !.Tu ne parles pas de la belle-mère !.De Morard.—La marquise?.Mais elle m’a semblé.De Chantelaur.—Parbleu !.Tu n’es pas son gendre !.Depuis qu’elle est venue s’installer chez nous, c’est elle qui régne et qui gouverne !.Et je te réponds que ce n’est pas une monarchie tempérée ! Tiens !.Il y a des jours où je comprends les révolutions !.De Morard.—Diable !.Ainsi tu t’ennuies?De Chantelaur.— A mourir !.De Morard.—Tant que cela?.Hé bien !.alors, il faut réagir, te distraire, t’occuper !.Voyage, fais quelque chose, travaille !.De Chantelaur.—Travailler ?.A quoi?.Je ne suis bon à rien.De Morard.—Fais de la politique.Tiens, une idée.Les élections générales vont avoir lieu dans une quinzaine de jours ; présente-toi à la députation.De Chantelaur.—Moi ?.Tu plaisantes !.Mais je n’ai rien de ce qu’il faut pour faire un député !.De Morard.—Tu as de l’argent !.De Chantelaur.—Qu’est-ce que je ferais à la chambre, mon Dieu ?.De Morard.—Hé !.Mon cher, tu interromprais tout comme un autre !.De Chantelaur, à part.—Au fait !.ce serait là un prétexte.une excellente raison pour partir !.De Morard.—On m’a bien offert une candidature, à moi.De Chantelaur.—A toi ?.De Morard—Parole d’honneur !.De Chantelaur.—Où cela donc?De Morard.— A Bombignac ! De Chantelaur—Où tu viens de conduire A nais ?De Morard.—Parfaitement.De Chantelaur.—Et tu as refusé ?De Morard.—Net !.Je ne suis pas comme toi, je n’ai pas besoin d’une distraction.violente !.Les pauvres gens étaient désolés de mon refus ! Et même, à l’heure qu'il est, ils ne se tiennent pas pour battus : j'ai encore reçu ce matin, à Poitiers, une lettre d’électeurs influents, qui me supplient de revenir sur ma détermination.De Chantelaur, réfléchissant.—Ah !.(A part.) Si je profitais.De Morard, tirant une lettre de sa poche.—Et une lettre pressante !.(Il lit.) “ Monsieur le comte, en pré-“ sence des progrès continuels, que font les idées déinago-“ giques, il nous a paru nécessaire de grouper autour d’un “ chef respecté les forces conservatrices du canton de “ Bombignac !.etc .” Tu vois qu’on phrase bien dans la Basse-Garonne ! .De Chantelaur, de plus en plus fiévreux et agite jusqu'à la fin de la scène.—Alors, tu refuses ?De Morard.—Absolument.De Chantelaur.—Dis-moi, quel pays est-ce Bombignac ?De Morard.—Oh ! mon cher, un trou, un vilain trou, perdu au milieu des montagnes.Des sites pittoresques, mais des habitants on ne peut plus primitifs !.On se croirait à mille lieues de toute civilisation !.De Chantelaur, à part.—Parbleu !.Voilà ce qu’il me faut !.(Haut.) Une idée h.Si.pour me distraire.je me présentais à ta place?De Morard.—A Bombignac?.De Chantelaur.—Crois-tu que tes électeurs m’accueilleraient ?De Morard.—Oh !.à bras ouverts !.Tu es légitimiste comme moi, catholique comme moi ; tu as le même titre que moi.Je te garantis une réception enthousiaste !.De Chantelaur, prenant la lettre.—Pardon !.Est ce que ton nom est sur cette lettre ?De Morard—Non, il n'est que sur l’enveloppe.De Chantelaur.—Alors.la lettre pourrait très bien m’avoir été adressée ?.De Morard.—Oh ! très bien !.De Chantelaur.—Elle pourrait m’avoir été adressée, et toi, tu aurais pu te charger de me la remettre au nom des électeurs de Bombignac ?I 2 De Morard.—Parfaitement ! De Chantelaur.—Eli bien ! ’Pu vas dire tout cela à ma femme et à ma belle-mère, autrement elles ne pourraient pas croire à une détermination aussi subite.De Morard—liien volontiers ! Seulement j’y pense : la période électorale ouvre après-demain, il faudrait que tu partisses aujourd’hui même.De Chantelaur, s'oubliant.—Parbleu !.C’est justement à cause de cela !.I)e Morard, surpris.—Hein ?De Chantelaur, se reprenant.—Je dis que.C’est justement à cause de cela qu’il faut.que tu parviennes à convaincre Hélène et la marquise.De Morard.—Oh! je m’en charge !.Par exemple, je dois te prévenir d’une chose : l'idée royaliste n’est pas très en faveur à Bombignac et tu pourras, je crois, t’estimer un homme habile, si tu parviens à décrocher une centaine de voix ! De Chantelaur, itourdiment.—Ah!.J’en aurai toujours assez !.De Morard, surpris.—Ah !.De Chantelaur.—Oui.pour une première tentative ! L’honneur sera sauf.Je ne suis pas ambitieux !.Et puis, qu’est-ce que je demande, moi ?Me distraire, n’est-ce pas?.Hé bien ! Ça me distraira ! De Morard.—A la bonne heure !.Je vais à la recherche de ces dames.De Chantelaur.—Surtout.sois habile !.{De Morard sorti) Mais ça va aller tout seul !.Ce brave Morard ne se doute pas du service qu’il me rend.SCÈNE XI.Pinteau, De Chantelaur.Pinteau, rentrant.—Dis donc, je crois que je tiens le prétexte.De Chantelaur.—Hé bien ! Garde-le!.Je n’en ai plus besoin ! Pinteau.—Ah ! .Tu restes?.Tu ne pars pas ?De Chantelaur.—Plus que jamais, au contraire ! Pinteau.—Comment ?De Chantelaur—Tout à l’heure, ma femme et ma belle-mère vont revenir et tu vas les entendre me supplier elles-mêmes de partir.Pinteau.—Je demande à voir cela !.Et tu pars.pour ?.De Chantelaur.—Pour Bombignac, chef-lieu de canton de la Basse-Garonne, où je vais me présenter à la députation.Pinteau.—A la députation ! Comme ça ?.au pied levé ?De Chantelaur.—Mon Dieu, oui ! C’est une idée de Morard ! Pinteau.—Elle est étrange ! Mais alors, tu ne vas pas à Paris ?De Chantelaur.—Voilà ce qui te trompe !.Pinteau.—Ah !.En ce cas, tu n’iras pas a Bombignac ?De Chantelaur.—Parbleu !.La période électorale est de quinze jours, n’est-ce pas?.Je les passerai tout entiers à Paris, le plus joyeusement possible.après quoi, je reviendrai tranquillement ici !.Je raconterai que les électeurs n’ont pas voulu de moi, voilà tout !.Pinteau.—Et personne ne soupçonnera que tu n’as pas mis les pieds dans la Basse-Garonne ?De Chantelaur —Personne au monde !.Je me suis renseigné : Bombignac est un trou, un simple trou, perdu dans les montagnes !.Qui, diable ! pourrait s'inquiéter de ce qui s’y passe ?Pinteau.—Qui ?.Mais ta femme ! Crois-tu qu’elle ne te demandera pas de la tenir au courant ?Tu seras bien forcé de lui écrire, ne fût-ce qu’une fois ou deux ; et, si ta lettre porte le timbre de Paris, tu vois d’ici l’effet que cela produira !., De Chantelaur.—Diable ! Je n’avais pas songé à cela, moi ! Pinteau.—Et la presse?.Tu ne t’occupes pas de la presse ?Tu ne songes pas que, pour un sou, le premier venu peut se renseigner sur ce qui se passe dans tous les coins de la France, Bombignac compris ?C’est même pour cela que les journaux ont été inventés !.De Chantelaur.—Oui, tu as raison ! Sapristi ! Comment faire ?Pinteau.—Oh ! je crois que tu auras beau te creuser la tête.De Chantelaur.—Hé !.Parbleu ! Rien de plus simple ! Moi, j’irai à Paris ; et toi, tu iras à Bombignac ! Pinteau.—Moi ?De Chantelaur.—Tu ne connais personne dans le midi ?Pinteau.—Oh ! personne ! Je n’y suis jamais allé.De Chantelaur.—Moi non plus ! Donc, rien de plus facile ! Tu prendras mon nom et ma place ! Personne ne le saura ! Pinteau.—Tu es fou ! Comment, tu veux que je me fasse passer pour le comte de Chantelaur ?De Chantelaur.—Est-ce que ça t’humilierait, par hasard?.Il me semble que le nom de Chantelaur vaut bien celui de Pinteau ! Tu resteras quinze jours dans un pays charmant, te promenant du matin jusqu'au soir, vivant grassement à mes frais, émerveillant les indigènes et tranchant du grand seigneur !.Je ne vois pas que tu sois si à plaindre.Pinteau.—Je ne dis pas ; mais, sapristi !.prendre un nom, qui n’est pas le mien ?.De Chantelaur.—Dans tous les cas, moi seul aurais le droit de m’en plaindre.Et c’est moi qui te le demande.Pinteau.—Mais.De Chantelaur.—Et puis, encore une fois, qui le saura ?Pinteau.—Alors tu prends tout sur toi ?De Chantelaur.—Absolument !.Quant aux électeurs.hé bien ! tu leur diras.ce que tu voudras ! Ou, 13 plutôt, non, ne leur dis rien, rien du tout !.Ne te remue pas, ne te donne pas de mal !.Pose ta candidature en arrivant, et puis.va te promener.va te promener dans les montagnes ! Je n’ai pas d’amour-propre.moi, je me contenterai parfaitement d’une dizaine de voix !.Si même je n'en avais pas, ça me serait encore égal ! L’important est que tu fasses mettre souvent mon nom dans les journaux de l’arrondissement et que tu envoies ces journaux à ma femme, afin qu’elle me croit bien à Bombignac.Tu vois, rien de plus simple !.Pinteau.—Oh! C’est très simple!.Mais, permets !.Ce n’est pourtant pas moi, qui pourrai lui écrire, à ta femme ?De Chantelaur.—C’est juste ! Hé bien ! Je vais te remettre quatre ou cinq lettres, de sentiments variés : enthousiasme, espoir, certitude, crainte, déception.etc.Tu les expédieras de là-bas à la comtesse, en espaçant les envois !.C’est entendu?.Tu as bien compris ?Pinteau mieux aller à Paris.De Chantelaur.—C’est bien possible, mon ami, mais je ne te laisse pas le choix ! Je te revaudrai cela ! A ton retour, je doublerai tes appointements.Pinteau.—Non, merci !.Je me croirais obligé de travailler davantage ! A propos, pendant mon séjour à Bombignac, où t’écrirai-je ?.De Chantelaur.—Tu ne m’écriras pas !.A quoi bon ?Et puis, oùserais-je, moi?Je n’en sais rien ! Le lendemain de l’élection, nous nous retrouverons à Poitiers, à l’hôtel du Palais.Le premier arrivé attendra l’autre?.Pinteau.—Naturellement ! De Chantelaur.—Et tu me mettras alors au courant de ce qui se sera passé, pour que je ne fasse pas de pataquès.Pinteau.—Et si, par hasard, il y avait ballottage?De Chantelaur.—Bigre !.Hé bien !.Tant mieux !.Nous repartirions.et ça me donnerait encore quinze jours de bon temps.Pinteau.—Allons !.Soit !.Puisque tu le veux.me voilà grand seigneur ! Par exemple.tu sais si je suis franc ?je t’avertis loyalement que je profiterai de la situation.J’entends ne rien me refuser et je mènerai grand train une fois dans ma vie !.De Chantelaur.—Je te donne carte blanche.Pinteau.— Carte blanche ?.Bien! A quelle heure partons-nous ?De Chantelaur.—Après déjeuner.Pinteau.—Je vais préparer mon petit bagage!.C’est égal!.Si l’on m’avait dit, ce matin, que je partirais ce soir pour me présenter aux suffrages de mes concitoyens.Il sort en riant.SCÈNE XII.De Chantelaur, De Morard, La Marquise, Hélène.De Chantelaur, seul, prenant un indicateur de chemin de fer.—Voyons !.L’express de Paris passe à Poitiers à cinq heures dix et le train pour Bordeaux à cinq heures vingt-cinq : c’est parfait.La Marquise, entrant avec Hélène, Renée et de Morard.—Voici, en vérité, une nouvelle bien inattendue !.Renée.—Vous partez, Raymond ?{A parti) Hé bien ! Ça va être gai ici !.Hélène, à de Morard.—Et c’est M.de Morard, qui vous a proposé aux électeurs ?De Morard.—Je ne pouvais pas, je crois, faire un meilleur choix.La Marquise.—Mais ils n’ont donc personne à Bombignac ?.De Chantelaur.—Ah !.Marquise, vous êtes dure pour moi !.Du reste, vous avez peut-être raison, et je crois qu’il serait plus sage de ne pas me risquer dans cette aventure.De Morard.—Comment!.Tu recules ?.Renée, à de Chantelaur.- — .C’est cela !.Restez!.Ne partez pas !.La Marquise.—Je ne sais, mon cher Raymond, si ma fille est de mon avis ; mais je crois que, si vous refusiez la mission que l’on vous offre, vous déserteriez votre devoir.Hélène.—Je le pense aussi, mon ami.La Marquise.—Un gentilhomme doit se dévouer pour le triompne de la bonne cause.De Chantelaur.—Evidemment !.Mais elle ne triomphera pas, la bonne cause .à Bombignac du moins; Morard m’a prévenu.Renée.—Alors, ce n’est pas la peine d’y aller !.La Marquise.—Qu’importe ?.Les royalistes pourront se compter, se grouper autour de vous !.Vous encouragerez les timides et vous rallierez les indécis !.De Chantelaur.—Ainsi, selon vous, je dois accepter ?La Marquise.—Sans hésiter !.De Chantelaur.—Soit !.Je vous obéis.comme toujours ! Hélène, à de Chantelaur.—Tu nous écriras souvent., tu nous tiendras au courant ?(A suivre) aimerais 14 Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.lie Remede d.u.Guérit radicalement et prom ti.ment l'INTEMPÉRANCE et déracine tout dcsir des liqueurs alcooliques.Prix : $1.00 Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P, En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.Z.PILON &CIE MARCHAND DE.Chaussures 1369 RUE NOTRE-DAME MONTREAL.Toute ordre exécutée avec gout, promptitude et à Bas Prix.8 En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.Le Meilleur .Chocolat.EST LE CHOCOLAT Assortiment de Corsets P.D., P.N.et D.& A.Fabricant de GANTS d’Etê et d'Hiver et d’Opéra.J.B.K.LHNOTOT, 99, RUE SAINT-UAURENT.J mprimerie N.F.& V.Quertin 79 RUE ST-JACQUES Telephone 2732 Ouvrages de toutes sortes faits avec gout et à Prix Modérés.NAP.DESJARDINS .MARCHAND DE.FERRONNERIE, PEINTURE, Quincaillerie, Huiles, Vitres, Etc.Toutes Fournitures pour les Entrepreneurs à des conditions très avantageuses.Entreprises en Peintures exécutées promptement et au plus bas prix possible 1568 RUE Ste-CATHERINE Telephone No.6778.MONTREAL.TAPISSERIE EN GROS ET EN DETAIL.15 .DU PLANTEUR l)e la Compagnie Coloniale.IMPORTE PAR LU Ce D'APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES DE MONTRÉAL (Limitée). La Société des Arts DU CANADA.1666, RUE NOTRE=DAME MONTREAL.Tirage CHAQUE Mercredi PRIX DU BILLET, 25 Cts.de Lorimier 1 Pour vos Chemises Blanches de Soirées, Cravates Blanches à 25 cents la douzaine, Gants Blancs à 50 cents, Collets, etc , etc.1700, rue Houe-" TELEPHONE BELL 1988.Vin Mariani .Le plus agréable et le plus efficace Les Toniques et Les Stimulants.Pour Circulaires Descriptives et Livret contenant les Portraits de Célébrités, etc., s'adresser à Lawrence A.Wilson & Cie, 20 & 30, RUE DE L’HOPITAL, MONTREAL.Seuls Agents au Canada pour Marlani & Cie, de Paris, et le Champagne Gold Lack Sec.“ J’ai élé charmée de pouvoir trouver le 44 Vin Mariani” dans toutes les grandes villes des Etats-Unis, et il a, comme toujours, contribué grandement à me donner les foret s nécessaires pour accomplir la tâche que je me suis imposée.Je ne manque jamais d’en vanter les effets à mes amis, et je vous félicite très cordialement sur le succès que vous avez si bien mérité.” SARA 11 BERNI-IARDT.* Le “ Vin Mariani” est le remède par excellence pour combattre l’Anémie, la Chlorose, la Dyspepsie, la Gastralgie, la Laryngite, les Granulations de la Gorge, etc.D'un goût très agréable, il convient parfaitement aux convalescents et aux personnes les plus délicates.VENDU CHEZ LES PHARMACIENS, EPICIERS, MARCHANDS DE VINS Monde Ce Journal est reconnu comme l'organe du “ Tout Montréal,” du public littéraire et amateur de bon Théâtre.Ce Journal recherche surtout la clientèle de choix et s’efforce de toujours mériter le patronage de ceux dont l’opinion a de la valeur.5433 0
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.