L'orchestre, 1 novembre 1894, lundi 19 novembre 1894
'~3Ô 2me Année, No.7 et 8.Montréal, 10 Novembre, 1894.I’kix, 5 Crs.Rédaction et Administration, 73 Rue St-Jacques, (Bâtisse Perrault.) I .A MASC'OTTK.— l.e roi Laurent et Kocco lisant le traité des “ Mascottes." I >!, “ L’ORCHESTRE ” ?% 3 —^ ^ m 'V'W' jl m M M X 1—4 % - ?3 PRIX DES ABONNEMENTS : l • • • 0n Peut S’abonner par lettre en joignant & un mandat-poste à l’ordre de.(L LA COMPAGNIE DU JOURNAL “L'ORCHESTRE" W Un an, - = $2.50 | Six mois, = 1.50 3 Ti-nic ,11 nic - -c • .Ou directement au Bureau du Journal, g irois mois, - = 75 f No.73, Rue Saint-Jacques .| NOTA.—Les abonnements sont payables entièrement d’avance.^ LA SOCIETE DES ARTS DU CANADA 1GGG et 1GGS, 1 iue Notre-Dame, • • • MONTREAL.S-5-+•- »-5x9 La plus riche " ue Tableaux au Canada.Veuies a couuiiious 1res Liueraies.LE GYNECEE,” par G.ROCHEGROSSE.r 1 ' A TTT ATT ^u* a ^ exposé au Salon des Champs Elysées, à Paris, fait partie des ^ U collections de LA SOCIÉTÉ DES ARTS DU CANADA.TIRAGE AU SORT: CHAQUE MERCREDI Prix du Billet pour Tirage-.25 cts.90 CADEMIE.Au grand chagrin et désappointement de tous les amateurs de bonne musique, le grand concert de Mme Melba n’a pas eu lieu.Ma.di soir, la direction de l’Académie recevait une dépêche annonçant que par suite d'une indisposition Mme Melba ne pourrait venir, et que son voyage ici était remis à une date indéterminée.Cette semaine, nous aurons comme compensation, Rhéa, la charmante artiste si appréciée à Montréal, et qui y revient avec un programme des plus varié.Les clients et abonnés de ce théâtre pourront se dédommager de leur désappointement de la semaine passée.Lundi, Mardi, Jeudi, Vendredi et Samedi matinée WHEN BESS WAS QUEEN.* Jeudi matinée THE LADY OF LYONS RHEA remplira le role de PAULINE.* Mercredi soir PYGMALION ET GALATHEE PRIX ORDINAIRES.1DEINI MU: ET Tme^tü MONUMENT NATIONAL _ RUE SAINT-LAURENT.Semaine du 19 Novembre * MORAIZE & THIERRY.Chanteurs Parisiens.TATLOCK, Clog Danse et Chansons Irlandaises YADIMAR, Jeux sur anneaux et trapeze.UNE COMEDIE-VAUDEVILLE .ENTREE 10 CENTS.€i Nous semblons nous répéter en disant chaque semaine, encore une bonne semaine, et cependant ce n’est que la vérité.M.Moraize s’est réellement surpassé, comme programme et comme attraction variés.Cette semaine, Messieurs Moraize et Thierry nous promettent un choix de chansons parisiennes des plus variées et surtout des plus amusantes.Avec Tatlock, nous aurons un aperçu des danses et chansons les plus en faveur en Irlande.Yadimar, le gymnasiarque bien connu, nout exécutera une série de ses plus beaux tours sur les anneaux et le trapèze.Enfin, pour clore chaque représentation, une comédie vaudeville toujours nouvelle.C’est, comme on le voit, un programme de.plus attrayant, aussi ne pouvons-nous qu’engager nos lecteurs à y aller, ils seront satisfaits.3 Madame Giraud.jjlp jADAMR Rose Giraud, l’artiste si aimée et si RI[7 admirée du public dans ses jeunes premiers rôles de comédie, est née à Lyon.Elle aussi, est d’une famille d’artistes ; toute enfant, elle aspirait vers le jour où elle serait assez grande pour pouvoir débuter au théâtre.Elle entra à quatorze ans, au conservatoire de Lyon, où elle resta deux ans, étonnant les professeurs eux-mêmes par ses réelles dispositions.Ses débuts artistiques furent quelques monologues et scènes de salon ; elle fut surtout applaudie dans les “ Petits péchés de la Grand’maman ” et le “ Passant,” de M.François Coppée de l’Académie Française.Ceci se passait en 1880, époque où notre joyeux et habile comique Giraud avait un engagement à Lyon.M.Giraud fit la connaissance de Mlle Rose Laffely (qui est le nom de jeune fille de Mme Giraud), s’en éprit, fit sa déclaration, et bientôt Mlle Laffely échangeait son nom pour celui qu’elle porte aujourd’hui.Depuis cette époque, Mme Giraud n’a cessé de partager la fortune théâtrale de son mari, à laquelle elle a contribué pour sa bonne part.Quatre mois après son mariage, Madame Giraud était engagée, avec son mari, au grand théâtre de Mâcon : ils y restent six mois, puis se rendent successivement à Orléans, Dunkerque, Rochefort, Grenoble.Mme Giraud jouait, à cette époque, les ingénuités, et si nous en croyons les journaux de ces villes (ce que nous faisons sans peine), elle y obtint des succès éclatants.Le Journal du Puy de Dôme et le Petit Clermontois, tous deux de Clermont-Ferrand, parlent d’elle en termes des plus flatteurs.L’Avenir de l'Isère et le Petit Dauphinois de Grenoble.lui font de grands compliments.Le Petit Naneéen, de Nancy, nous parle entre autre d’un petit travesti en aspirant de marine que Mme Giraud portait à ravir dans les “ Chevaliers du Pince-nez.” 1k même journal mentionne comme un de ses grands succès Les deux Orphelines, qu elle a de nouveau joué avec tant de brio l’an dernier.Le Courrier de Lyon, le Petit Naneéen et le Nancy Artiste parlent aussi, à plusieurs reprises, de la grâce particulière avec laquelle Mme Giraud sait réciter les monologues.Nous pourrions citer ensuite une foule de journaux de Valenciennes, Nantes, Grenoble qui tous sont unanimes à applaudir sans restriction aux interprétations de l’excellente artiste.Une des étapes les plus glorieuses de sa carrière a été, pour elle comme pour son mari, Saigon, où elle jouait les jeunes premiers rôles et les jeunes premiers rôles de coquette.Nous la retrouvons enfin en 1892-93 à Grenoble, où elle joue les jeunes premiers rôles en tous genres.L'Avenir de F Isère et le Réveil mentionnent, entre autres triom-f ¦IPr phes, ceux qu’elle a obtenu dans le “ Député Laveau,” où elle interprétait le rôle de la marquise de Grèges.Voici du reste, en propres termes, ce qu’ils en disent : “ Madame Giraud a fait une ravissante marquise de Grèges, froide et hautaine, altiére et ambitieuse ; avec son jeu sobre et sa façon si fine de lancer ses répliques, elle a réussi à obtenir tout l’effet que l’on pouvait désirer de ce rôle bien difficile et dont le succès lui fait grand honneur ” Ces mêmes journaux mentionnent, d’une façon particulière, une interprétation du “Passant,” de “l’Abbé Constantin,” “ Le Gendre de M.Poirier,” etc.A Montréal tout le monde regrette que son genre ne l’appelle pas plus souvent sur la scène, car elle ne compte dans le public que des admirateurs et pas un seul détracteur.L’année dernière son succès a été vif, très vif.Cette année nous n’avons encore eu le plaisir de l’applaudir que dans /' Abbé Constantin et Le Gendre de M.Poirier qui a Le été un véritable triomphe.4 LA H^ASCOTTE Opéra Comique en trois Actes, paroles de H.Chivot et A.Duru, musique de Edm.Audrun.REMIER ACTE —La scène se passe à la ferme de Rocco, dans le duché de Piombino.Le malheureux Rocco se plaint amèrement, tout semble s’acharner après lui,.pendant que tout réussit à son frère.Chaque fois qu’il a adressé une demande de secours à ce frère, le pauvre Rocco n’a reçu qu’un panier de fraises et une lettre bourrée de bons conseils.Cette fois, Rocco menacé de la ruine complète, lui fait un appel suprême.En réponse il lui envoie sa gar-deuse de dindons, Bettina, avec un petit panier d’œufs et une lettre.Rocco, furieux, met la lettre dans sa poche, et dit à Bettina de partir, mais celle-ci lui disant qu’elle est active et vaillante à l’ouvrage, Rocco la garde, tout en gémissant d’avoir une bouche de plus à nourrir.Arrive Laurent XVII, prince de Piombino, en promenade avec sa fille, la princesse Fiametta, et le prince Fritelbni, fiancé de Fiametta.Laurent se lamente contre la guigne qui le poursuit partout.Après un instant de repos, il accepte une tasse de lait, puis part pour visiter les bâtiments de la ferme.Pippo et Bettina restés seuls, se font la cour, et s’embrassent.Rocco les surprend, et furieux, veut chasser Bettina.Celle-ci pleure et avant de partir, lui demande la réponse à la lettre qu’elle lui a apportée.Cette lettre de son frère lui apprend que si tout lui a réus-i, c’est parce qu’il possédait une mascotte, et que cette mascotte, c'est Bettina.Mais il lui conseille de bien veiller sur elle, car elle ne conservera son pouvoir qu'autant qu’elle restera mascotte.A ce moment le prince Fritelbni accourt demander un habit pour le roi Laurent qui, s’étant penché sur une cuve de vin, est tombé dedans, poursuivi par sa guigne.Rocco di.nne généreusement son vieil habit, mais il y oublie la lettre de son frère.Laurent revient lisant la lettre.Il réclame la mascotte.Rocco proteste, mais Laurent lui donne à choisir : s'il consent, il auia sa faveur royale et le titre de ministre ; s’il refuse, la prison.Le pauvre Rocco se soumet.Laurent, afin d’expliquer l’arrivée à la cour de Bettina, annonce qu’il a découvert son origine qui est illustre, et lui donne le titre de comtesse de Panada.Deuxième Acte.— La scène se passe à la cour de Laurent XVII.Pippo afin de revoir sa Bettina, a réussi à s’introduire à la cour sous le déguisement d’un danseur, et se fait reconnaître d’elle Tous les deux vont fuir, mais ils sont surpris par Rocco, qui avertit Laurent.Celui-ci condamne Pippo à être pendu, et le fait garder à vue.Heureusement, la princesse Fiametta, qui s’est éprise de lui, lui propose de l’épouser.Pippo qui croit ce qu’on vient de lui dire, c’est-à-dire que la mascotte était la maîtresse du roi, accepte.Laurent consent d’autant mieux au mariage que, au moins comme ça, il n’aura pas d’inquiétude pour sa mascotte, et il renvoie le prince Fritelbni.Bien mieux, une dée lumineuse lui vient ; s’il épousait la mascotte lui-même, il serait encore bien plus tranquille ?Bettina, devant la trahison de Pippo, accepte la main de Laurent.Au dernier moment, Bettina et Pippo ont une entrevue, ils s’expliquent, s’avouent qu'ils s’adorent plus que jamais, et décidés à fuir, sautent par une fenêtre.Troisième Acte.—La scène se passe à la campagne, dans une cour d’auberge.Le prince Fritelbni a, pour se venger, déclaré la guerre à Laurent qui, privé de sa mascotte et repris par sa guigne, est battu à plate couture et contraint de fuir sous un déguisement.Pippo et Bettina, après leur fuite, se sont présentés à Fritelbni et engagés dans son armée.Pippo, grâce au charme de sa mascotte, se signale et est bientôt fait capitaine.Comme récompense, le capitaine Pippo a demandé l’autorisation d’épouser Bettina.Le mariage vient d’avoir lieu, mais Laurent et Rocco, qui, toujours sous leurs déguisements, sont arrivés en ces beux, ont tout vu et appris.Rocco songe a passer à l'ennemi et à avertir Fritelbni de la valeur de la mascotte, pour cela, il doit empêcher la conclusion du mariage.Laurent XVII, au contraire, désire la disparition de la mascotte, afin qu’elle ne porte plus la veine à ses ennemis.Rocco avertit Pippo de l’influence des mascottes, et lui apprend le charme dont est doué sa femme.L’heure est arrivée, on conduit la mariée à sa chambre, elle appelle son Pippo.Cruel embarras de celui-ci, qui hésite longtemps entre l’amour et son intérêt.Il a trop hésité, car Bettina blessée de son indécision, s’est enfermée à clef et ne répond pas à ses appels.Mais pendant que Rocco est parti avertir Fritel-lini, Laurent s’est approché de Pippo et lui fait la courte échelle.Pippo entre donc en vainqueur par la fenêtre dans la chambre conjugale.Fritelbni veut faire arrêter l’audacieux Laurent, qu’il n’a pas reconnu, celui-ci se démasque, Fiametta accourt, se jette aux pieds de Fritelbni, et lui avoue qu'à présent elle l’adore.Fritelbni, qui n’a pu oublier la dédaigneuse, la relève et pardonne tout ; ils se marieront et Laurent remontera sur son trône.Quant au premier né de Bettina ce sera aussi une mascotte, car ce charme est héréditaire.5 -T- & -î- *J?•'p sj?-E èjr tjf ejr -t MIGNON ch ch chc^achchch ch ch ^ît?ej5«£.'p«jsej?e£>e£> Opéra Comique en trois Actes, Paroles de Michel CARRE et Jules BARBIER - = = Musique de Ambroise THOMAS.^NREMIER ACTE.—La scène se passe dans une g cour d’auberge allemande.Un certain nombre d’habitants sont rassemblés dans la cour de l’auberge, une troupe de bohémiens survient pour leur donner une représentation.L’attraction principale de la troupe est Mignon, avec sa danse des œufs.Mignon est une pauvre jeune fille qui a été volée tout enfant.Son âme est restée aussi hère que pure.Elle finit par se révolter des mauvais traitements qu’elle subit et refuse de danser.Jarno, le chef des bohémiens, veut l’y contraindre et lève son bâton sur elle.Un vieux mendiant demi fou, Lothario,qui suit presque partout Mignon, pour laquelle il éprouve une affection paternelle, s’élance à sa défense, mais il est vieux et faible et il va lui-même être maltraité, lorsqu'un secours imprévu leur arrive.M.Wilhelm Meister, jeune homme d’une grande fortune, qui voyage pour son plaisir, vient d’entrer dans la cour de l'auberge, et apercevant cette scène de brutalité, se précipite sur Jarno, le repousse et le menace de son pistolet.Jarno se lamente, si Mignon ne joue pas, il est ruiné.Philine, une actrice actuellement sans emploi, qui jusque-là avait assisté impassible à la scène, lui jette une bourse pour le dédommager.Philine avait avec elle un camarade, Laêrte, un charmant garçon de très bonne famille qui, à la suite de diverses mésaventures, s’est fait acteur, mais sans vocation.Il vient complimenter M.Meister de sa générosité, et en causant, il se sent pris d’une grande sympathie pour lui.Il lui raconte son histoire et l’avertit d’avoir à se méfier de Philine qui est une coquette sans scrupule.Philine trouve Wilhelm Meister fort beau cavalier et, le sachant riche, elle veut en faire la conquête.C’est pourquoi elle déploie à son intention toutes ses grâces de séduction.Wilhelm est bientôt captivé.Mignon le supplie de l’emmener et de la délivrer de Jarno ; il la rachète à ce dernier, comptant la placer dans une famille où elle sera traitée avec bonté.Mignon, pleine de reconnaissance, veut s’attacher à lui et demande à le suivre sous le costume de page.Wilhelm finit par y consentir.Philine ayant reçu l’invitation d’aller donner une représentation dans un château à quelques lieues de là, avec son ancienne troupe, et le maître du château lui ayant envoyé son carrosse, elle y consent avec joie, et invite M.Meister à venir avec elle, lui disant qu’elle le présentera comme le poète de la troupe.Wilhelm arrive au château suivi de Mignon habillée en page, il sont introduits dans le boudoir que l'on a donné à Philine.Cette dernière continue ses coquetteries, et le raille quelque peu sur son page et les attentions qu’il a pour la pauvre Mignon.L’heure de la représentation étant arrivée, Philine demande le bras de Wilhelm pour se rendre sur la scène Mignon qui adore sans s’en rendre compte son sauveur et maître, souffre cruellement du flirt de Wilhelm et de Philine, et lorsque ces derniers sont partis, elle s’approche comme une enfant de la table de toilette de Philine et commence à se poudrer et se maquiller.Se trouvant plus belle ainsi, elle continue, puis bientôt tentée, elle passe dans le cabinet de toilette se vêtir d’une robe de Philine.Celle-ci revient au bras de Wilhelm et lui lance des railleries mordantes sur sa jolie suivante.Celui-ci gronde doucement Mignon, lui dit qu’il ne peut la garder avec lui et va l’envoyer chez une de ses tantes qui la traitera comme sa fille.Mignon refuse et puisqu’elle ne peut le suivre, elle préfère reprendre sa vie errante.Elle descend au jardin, où bientôt elle rencontre le vieux Lothario qui, toujours attiré par le charme mystérieux que Mignon exerce sur lui, est venu la rejoindre.Mignon lui fait part "de sa résolution de l’accompagner dans sa vie errante.Mais la représentation donnée par Philine a lieu, Mignon frémit de jalousie, et appelle les foudres du ciel sur le château.Le vieux Lothario entend ces malédictions et y met le feu.Philine vient de sortir des serres où avait eu lieu la séance, et pour se moquer de Mignon lui ordonne d’aller chercher le bouquet que Wilhelm lui a donné.Wilhelm lui ayant fait un signe, elle s’élance dans le château, quoique Lothario l’ait avertie qu’il y avait mis le feu.Bientôt les flammes l’environnent, au lieu de les fuir, elle semble les braver, et tombe demi asphyxiée.Elle est sauvée par Wilhelm, mais reste gravement malade.Wilhelm emmène Mignon en Italie, toujours suivie de Lothario.Ils vont visiter le château de Cypriani, qui est à vendre.Au nom de Cypriani et à la vue des salles du château, Lathario recouvre la raison.C’est lui le marquis de Cypriani, devenu fou à la suite de la disparition de sa fille.A divers indices, il reconnaît Mignon pour son enfant.Philine revient tenter un dernier effort, mais Wilhelm la repousse, c’est Mignon qu’il aime et qu’il épousera.6 LE H'ROCÈS 1ÊAURADIEUX Comédie en trois actes de MM.A.Delacour et A.Hennequin.Fauvinard l’avocat, est marié depuis deux ans et aime bien sa femme, mais il a une belle-mère, une certaine dame Laiguisier, qui semble prendre à tâche de lui rendre la vie insupportable, elle n’habite pas chez lui, il est vrai, mais elle y est constamment.Le pauvre Fauvinard prend peu à peu son intérieur en horreur, et commence à chercher des distractions en dehors.Son ami Tardivaut, avocat comme lui, cherche lui aussi quelques distractions, quoiqu’il n’ait pas l’excuse d’une belle-mère.Il arrive chez Fauvinard au moment où celui-ci allait lui écrire.Le but de la visite de Tardivaut est le même que celui de la lettre de Fauvinard, demande d’une lettre donnant rendez-vous sous prétexte d’affaires.Ils s’écrivent séance tenante, se donnant rendezvous pour une affaire très importante : l’arbitrage du procès Veauradieux.Ces lettres ne sont naturellement destinées qu’à être montrées à leurs femmes respectives.On annonce à Fauvinard la visite de M.Gatinet, un homme entre deux âges, mais très vieilli physiquement et moralement par les excès.11 a un conseil judiciaire et c’est lui, Fauvinard, qui a été nommé son tuteur, il n’a plus que vingt-cinq mille francs de rente, dont il touche un douzième chaque mois.Gatinet a touché son mois, il y a deux jours,et il revient redemander de l’argent.Il explique qu’une jeune élève du conservatoire, sa protégée, prend de nombreuses leçons particulières qui coûtent très chères Fauvinard ne se laisse pas prendre, Gatinet pour l’amadouer lui dit que la veille, dans une maison amie, il a eu l’occasion de le recommander chaleureusement à une cliente pour une affaire magnifique.Une dame, Mme de Ba-gnolle est odieusement trompée par son mari, qui en outre la ruine ; elle veut plaider en séparation de corps et de biens.Précisément on annonce une dame, c’est Mme de Bagnolle qui vient consulter maître Fauvinard, qui est aux anges, il va donc avoir une cause à plaider ! Il conseille avant toute chose à Mme de Bagnolle, de faire prendre son mari en flagrant délit.La consultation est interrompue par sa belle-mère qui, sous' le prétexte de chercher son ombrelle, vient voir ce qu’il fait avec cette dame.C’est une manie chez elle de toujours espionner son gendre.La lettre de Tardivaut arrive, le prétexte de l’arbitrage Veauradieux est admis, Fauvinard va donc pouvoir faire un joyeux diner de garçon.Deuxième Acte.— Fauvinard et Tardivaut ont bien dîné, se sont confiés l’adresse de la dame qui occupe leurs pensées et racontés comment ils ont fait sa connaissance.Comme un fait exprès, ces deux dames habitent la même maison, à un étage différent.Il n’est que huit heures, Tardivaut, qui n’a son rendezvous qu’à neuf heures, accompagne Fauvinard chez Mme Césarine.Neuf heures étant arrivées, il se retire.Pendant que Césarine le reconduit, le malheureux Fauvinard voit avec terreur, Thérèse, son ancienne cuisinière, que sa belle-mère à mise à la porte, installée chez Césarine.Thérèse, pour prix de son silence, lui demande de la recommander, il le promet, mais au lieu de recommandations, Thérèse l’entend demander à Césarine de la mettre à la porte ; elle jure de se venger.M.de Bagnolle arrive à l’improviste, Césarine fait semblant d’être malade, et Fauvinard doit jouer malgré lui le rôle de docteur.Tout va bien, et de Bagnolle s’en va.On entend du bruit, c’est Tardivaut qui vient de se sauver de chez sa dulcinée par l’escalier de service et vient chercher un refuge.Il explique que le parrain de sa dame est arrivé, ce dernier vient à son tour, expliquant que sa nièce est tombée en faiblesse et il demande des sels.Fauvinard, en entendant cette voix, reconnaît Gatinet et se sauve.De Bagnolle étant lui aussi revenu au même moment, Tardivaut joue à son tour le rôle de docteur.Gatinet qui n’a pas eu le temps de le voir chez Césarine, le croit réellement docteur et le supplie de l’accompagner.Tout s’arrange donc pour le mieux.Mais Fauvinard, que ces émotions ont brisé, et qui a attrapé froid dans la pièce où il s’était réfugié, se trouve mal.Césarine lui fait quitter son habit, et l’affuble de la calotte et de la robe de chambre de M.de Bagnolle.On frappe, c’est le commissaire de police qui, à la requête de Mme de Bagnolle, est venu pour constater la présence de M.de Bagnolle.Fauvinard complètement ahuri se laisse passer pour celui-ci, mais dans l’intervalle, Thérèse pour se venger, s’est emparée de son habit et de son chapeau avec l’intention de les envoyer à Mme Laiguisier.Troisième Acte.— Le malheureux Fauvinard a dû acheter un habit et un chapeau neufs pour rentrer chez lui.M.de Bagnolle, instruit que quelqu’un s’était fait passer pour lui devant le commissaire, vient chez l’avocat d» sa femme, pour demander un délai dans le procès, Mme de Bagnolle y vient en même temps pour pousser l’affaire.Le malheureux Fauvinard, afin de ne pas se compromettre lui-même, doit renoncer à diriger ce beau procès, et procède à la réconciliation des époux.Il est si touchant, si pathétique, que Mme de Bagnolle pardonne à son mari.Mme Laiguisier qui, comme d’habitude, a voulu voir ce que faisait son gendre et s’est cachée dans cette intention, est tellement émue, qu’elle a désormais la plus entière confiance en lui.7 Wrn z Le sermon sur I amour & Mousquetaires au Couvent Opera Comiquden trois Actes.-4-— Musique c le LpUIS Xr ARNEÎC -^aREMIER ACTE.— Contran, le s joyeux capitaine des mousquetaires, est devenu triste et morose, de Bris-sac, son frère d’armes, également capitaine de mousquetaires, veut connaître les motifs de cette tristesse, mais l’interroge en vain.Il appelle à son aide le bon abbé Bridai ne, l’ancien précepteur de Contran.Us réussissent à le confesser, Contran est triste, parce qu’il aime éperdument Marie de Solange, pensionnaire au couvent des Ursulines, et nièce du Gouverneur de Touraine.Le bon abbé Bridaine est désolé, car le gouverneur vient de lui apprendre que, paur des raisons majeures, il a décidé que ses deux nièces, Marie et Louise, prendraient le voile, et, qui plus est, c’est lui, Bridaine, qui doit le leur annoncer et les y décider.Contran jure qu’il aura Marie, quand il devrait, pour l'enlever, mettre le feu au couvent, Brissac promet de l'aider, mais comment faire ?Pendant qu'ils réfléchissent, arrivent à leur hôtellerie, deux moines qui disent revenir de la Palestine en passant par Rome.Ils demandent l’hospitalité, l’hôte allait les renvoyer, mais le gouverneur qui revient, promet de payer pour eux.Pendant que ces moines dorment, Contran et Brissac s’emparent de leurs robes et se sauvent avec.Sous ces costumes, ils pourront s’introduire dans le couvent où est Marie de Solange.DEUXIÈME ACTE.—Contran et Brissac arrivent au couvent, où, grâce à leurs robes de moines, ils sont reçus avec le plus grand empressement.La mère supérieure est dans la joie, ce n’est pas tous les jours qu’elle a la bonne fortune de recevoir des saints pèlerins qui reviennent de Rome et de Jérusalem.Elle en donne la nouvelle aux élèves en les engageant à faire leur examen de conscience, car les bons pères consentiront sans doute à entendre leur confession.La mère supérieure, revenue vers Contran et Brissac, leur demande de bien vouloir faire un sermon.Brissac le promet, mais avant il Tant qu’il déjeune.Et comme c’est maigre et jeûne, il explique que,en esprit de mortification, chaque fois qu’il doit prêcher, il fait violence à ses habitudes.I et lui, fort effrayés de l’état où se trouve de Brissac, veulent l’envoyer se coucher, mais celui-ci refuse ; il a promis un sermon, il le fera.Sur quoi va-t-il prêcher : sur l’amour du prochain.Et il fait un sermon si touchant qu’il met toutes les pensionnaires en révolution.TROISIÈME ACTE.— Comme bien on pense, ça été un scandale effrayant dans le couvent.La supérieure a eu quelques soupçons sur l’état du pauvre Brissac, mais l’abbé Bridaine, qui veut éviter un scandale, cherche à expliquer l’étrangeté de sa conduite par les suites d’une insolation.Brissac et Contran ne sont pas venus pour rien dans ce couvent, Contran a réussi à avoir des entrevues avec Marie, et il l’a décidée à se laisser enlever.Louise, la sœur de Marie, qui a guetté celle-ci, déclare que elle aussi veut être enlevée.Brissac, qui a été charmé par sa gentillesse et sa causerie, lui fait une déclaration d’amour et va l’enlever.On annonce l’arrivée du gouverneur, n< s amoureux se sauvent.Le gouverneur de l'ouraine, vient en personne au couvent pour faire arrêter les deux moines, car la police a appris que ce sont deux malfaiteurs qui avaient pris ce costume pour tenter d’arriver près du cardinal de Richelieu et l’assassiner.L’abbé Bridaine, entendant cette accusation,ne peut en croire ses oreilles, il ignore comment ses deux protégés se sont procurés ces robes, il se trouble et devant les questions du gouverneur perd à peu près la tête.Contran et Brissac, entendant ce qui se passe, se montrent sous leurs vrais costumes, et racontent la vérité.Les deux faux moines, sont encore à l’auberge, car ils ont eu soin de mettre des factionnaires à leurs — portes, pour les empêcher de sortir.En et qu’il fait gras.Le déjeuner qu’on lui sert est magnifi- considération de ce service, le gouverneur leur pardonne que, Brissac y fait tellement honneur et l’arrose si bien leur équipée et leur promet qu’ils épouseront Marie et qu’il se grise joyeusement.Le bon abbé Bridaine arrive Louise, bien plus, il promet que le grand cardinal signera précisément à la recherche des deux compères ; Contran lui même à leur mariage. Les clichés des gravures pour notre numéro 7 ne nous ayant pas été livrés dans les délais, et voyant que nous ne pourrions le publier en temps utile, nous avons préféré attendre.Nous avons conseivé, de ce numéro, les choses les plus importantes, et nous les publions dans celui-ci.Nous prions nos lecteurs et abonnés de nous pardonner ce retard que nous ne pouvions prévoir, certains que cela ne se renouvellera pas.*** “ Le Gendre de M.Poirier,” pièce déjà bien connue par l'élite de la société montréalaise, puisqu’elle a été jouée par Coquelin, et non sans succès, à l’Académie, nous a été fort bien rendue par notre troupe.Mme Giraud a été digne de ses succès passés et a arraché plus d’une larme à ses auditeurs.M.Giraud a été un M.Poirier parfait, il avait su absolument se pénétrer de l’esprit de ce rôle.M.Milo mérite les plus grands éloges pour son rôle de Verdelet et pour son jeu sobre et digne.MM.Debrigny et Dormez méritent, eux aussi, tous nos compliments pour la façon avec laquelle ils ont rendu les rôles du marquis de Presles et du duc de Montmeyran.Ce sont deux jeunes acteurs qui, avec de la persévérance et du travail, arriveront certainement à un excellent résultat.Nous pourrions répéter, au sujet du “ Gendre de M.Poirier," ce que nous disions la semaine dernière pour “ Tailleur pour Dames,” la pièce ne semble pas avoir été comprise par la majorité des spectateurs, ou, dans tous les cas, pas du tout goûtée.Il est difficile de voir une salle plus froide et plus morne que celle de jeudi, tout au moins pendant la plus grande partie de la représentation.Ce n’est qu'aux finales des troisième et quatrième actes que les applaudissements ont éclatés, très vifs, il est vrai.*** Au sujet de cette même soirée de jeudi, 8 novembre, je me vois, à regret, obligé de revenir sur une question qui a déjà été tant soulevée, celle des chapeaux.Il n’y en avait pas beaucoup, c’est vrai, mais il y en avait.Moi-même, votre humble serviteur, j’en ai été la victime : arrivé de bonne heure, je me réjouissais, en bon égoïste, d’avoir deux places vides devant moi.Hélas ! ma joie fut courte.Bientôt, je vois apparaître un monsieur et une dame, du monsieur, rien à dire, mais la dame ! grande, grosse, un vrai colosse ! Je la vis avec effroi s’installer juste sur le siège devant moi.Au moins, elle va enlever son chapeau, pensai-je ; vaine attente, elle se carre, bien à son aise, et moi qui suis pourtant d’une taille assez au-dessus de la moyenne, je me trouvais absolument masqué et n’ai pu apercevoir les acteurs que dans les intervalles où cette respectable dame se penchait vers son mari pour lui faire part de ses impressions.Oh L ce chapeau ! quel cauchemar ! je l’ai revu deux fois en rêve, mais combien aggrandi et effrayant ! C’est que j’avais eu le temps de l’examiner, pendant deux heures que je l’avais eu pour seul horizon ! Je ne puis résister au plaisir de le décrire : Forme en feutre noir, rang de perles noires sur les bords, sur le dessus, un merle noir énorme les ailes ouvertes et relevées avec quelques perles cousues sur le bout des plumes ; en dessous des bords, quelques grosses appliques de drap rouge.*** Si les chapeaux sont bien gênants, il est des personnes qui sont d’une véritable nuisance pour leurs voisins.J’en ai encore été victime à cette représentation du même jeudi.La dame au chapeau, non contente de m’empêcher devoir les acteurs, tenait sans doute à m'empêcher aussi de les entendre.Pendant tout le premier acte, elle a tenu une conversation à mi-voix avec son mari : cela a continué pendant une partie du second si bien que, au troisième et quatrième acte, leur plus proche voisin M.X.(un des notaires les plus en vue de Montréal), avait quitté sa place et s’était réfugié dans les stalles, à un endroit où aucun voisin ne devait l’empêcher d’entendre la pièce.En arrière, j’avais trois ou quatre dames qui bâillaient à qui mieux mieux, et le mari de la plus âgée, qui lui s’amusait franchement et leur répétait tout haut, avec explications, les passages qu’il admirait le plus.Ces sortes de voisins sont, on en conviendra, une vraie “ calamité.” La dignité de soi-même, autant que la crainte d’un petit scandale, empêche bien souvent qu’on ne leur donne une leçon d’autant plus méritée que tout le monde en profiterait.Si ce petit scandale venait à se produire, cette ou ces dames ne manqueraient pas de se récrier sur l’impolitesse (elles diraient même la grossièreté), du monsieur qui se permet de les interpeller, de les rappeler à l’ordre.Sans aucun doute, ce n’est pas très poli de se permettre d’interpeller une dame que l’on ne connaît pas, pour la prier de se taire ou d’enlever son chapeau; mais, en bonne justice, to doit-on tant se gêner envers une dame qui a assez peu le respect des convenances pour être une cause de trouble et de gêne pour ses voisins ?La personne qui a payé sa place $0,75, $1.00, a, en achetant son ticket, acheté le droit de voir et d’entendre la pièce, et, par là même, celui d’écar-ter les gêneurs.*** Lundi 12, pour la première de la “Mascotte,” une iolie salle et un public des plus choisi.Cette représenta-a été uu beau succès.Pour les interprètes, rien n’a cloché, tout a été enlevé avec le plus grand brio.Impossible de voir une plus charmante Mascotte que Mme Bouit.Mme Miller, dans son rôle de Fiametta, s’y est montrée digne de ses succès passés.M.Bouit s’améliore chaque jour, et a obtenu des applaudissements mérités dans son rôle de Fritellini.M.Vissière, avec son rôle de Pippo, a continué la série de ses succès, impossible de rendre avec plus de sentiment la charmante romance “ Je touche au but,” du troisième acte.Quant à MM.Giraud et Milo, ils nous ont fait un Laurent et un Rocco bien amusants, quoique, à notre avis, ils aient un peu trop chargé la note comique.Ce n’est cependant pas dans les habitudes de M Giraud.“Le Député de Bombignac ’’ n’a pas obtenu une salle bien nombreuse pour sa première, Le public se réservait probablement pour la soirée de Mignon.Si la salle était peu nombreuse, en revanche l’assistance était réellement selecte, et n'a pas ménagé ses applaudissements aux artistes qui ont été très bons et ont joué leurs rôles à la perfection.MM.Fétis, Debrigny et Dormez rendaient fort bien, à mon avis, les rôles de Chantelaur, Morard et de Ver-gettes.Quant à M.Milo, s’il a parfaitement joué et soutenu l'interprétation qu’il donnait à son personnage, je ne puis m’empêcher de critiquer cette interprétation.En effet, je ne vois pas pourquoi il a fait un personnage comique, ridicule et même quelque peu grotesque de Binteau.Ce me semble un non sens ! Binteau, dans l’esprit de la pièce, n’est-il pas plutôt un jeune homme élégant, distingué et qui, s’il est pauvre, est fier et a hautement le courage de ses opinions?C’est le camarade de collège du riche et noble comte de Chantelaur, il a vraisemblablement fait de brillantes études, car celui-ci l’estime assez pour en faire son secrétaire et son ami ; ils continuent tous deux à se traiter d’égal à égal ; l’orgueilleuse marquise de Cernois elle-même, ainsi que ses filles lui parlent avec une familiarité amicale et pleine de condescendance.Bien plus, le comte de Chantelaur le juge assez intelligent, assez distingué, pour l’envoyer à sa place et sous son nom, à Bombignac, briguer les suffrages du parti monarchique et de la noblesse du pays.A Bombignac, Binteau emporté par l’ardeur de ses convictions républicaines, fait des discours brillants, est acclamé et élu par une majorité écrasante.Un homme traité et considéré de la sorte, un homme qui obtient de pareils succès n’est donc pas, ne peut pas être l’homme ahuri ét ridicule adopté par M.Milo.Et cette grosse mèche de cheveux lui tombant sans cesse sur le visage ! Bourquoi, dans quel but, quelle signification ?Le côté dame a été excellent et ne mérite que des éloges sans aucune critique.La grande soirée tant attendue, la première de Mignon, a eu lieu.On nous promettait beaucoup, on n’exagérait pas, car cela a été non seulement bien, c’était parfait.Cette soirée du 15 novembre pourra être inscrite en lettres d’or dans les annales de l’Opéra Français, c’est plus qu’un succès, c’est un triomphe.Parlons d’abord du public : la plus jolie salle qui ait encore été vue à ce théâtre, les plus jolies femmes de la ville parées de leurs plus élégantes toilettes; fleurs, bijoux, rien ne manquait ; ajoutons à cela qu’on eût cherché en vain un seul siège vacant, les couloirs eux-mêmes étaient remplis de messieurs debout.C’est également à cette soirée que l’on a pu constater le bon goût de nos concitoyens, car le chef-d’œuvre d’Ambroise Thomas a été écouté avec recueillement, et, quoique la salle contint près de deux milles auditeurs, on eut pu, pendant les plus beaux passages, entendre une mouche voler, tant le public était attentif.Quant à nos artistes, nous les connaissions et les estimions, mais ils se sont cette fois absolument surpassés.Mme Bouit, comme artiste, a été admirable, comme chanteuse, elle nous a révélé une puissance de voix bien supérieure à celle que nous lui connaissions.Mme Degoyon a fait tout ce qu’elle a pu et pouvait faire dans le rôle de Philine, semé de vocalises et difficultés, car ce rôle de Philine est celui d'une première chanteuse d’opéra comique.Il est donc impossible de lui demander plus qu’elle n’a fait.M.Geraizer nous a donné un Lothario tel qu’on l’attendait de lui.Compliments sincères.Mais il est un artiste auquel nous tenons à faire des compliments, d’autant plus sincères que ce sont les premiers, nous voulons parler de M.Bouit.Son rôle de Wilhelm lui a valu de nombreux applaudissements auxquels nous nous sommes chaleureusement joints.Après un pareil succès, il ne nous reste qu’à demander à quand “ Faust,” à quand “ Si j’étais Roi?” r LA MASCOTTE Opéra-Comique en 3 actes de Edmond Audrau ROMANCE EU BAISER Andantino con moto.Bettina Un Un bai bai PP PIANO, 0 G sais sur leur nu - ti - le Tu Sans ser c’est bien ser c’est tout dou un clio ga se.ce lan \ < ( # 0 -, ~| —1 que vi - lier ( Con Point n’est be - soin lent les pe - tits en d’a-voir d’es fonts prit ! mans dit ¦G> Dans tous (lit.Est Que ter pa jour es re ge.un ma 1 A -1 > *—, 4 —i » » 9 1—& 9 T h - <9— ' ' # rien qui ma ri soit plus char s * - ra tou niant,.jours,.Bai - ser de Dans son gren sœur, til bai pe * “à m 3£=q==&±É* ;±t: ST >ST ~l- 1- iS- bai - ser d’é Fi - dèle à bai - ser d’a ser tit me na & 13 rit a tempo.G G l’on en Ce - la veut C’est re Beau - cou p de s’ai co que dit me re pressez.cre seen bai me, Prends donc re ! doux le pre - mier vers d’un po clio VI gno ses que G- cre seen ;éê5=i do.tES =±==|—L=jd=Z! 1: ' W=t= I— ±=J= ser, Prends donc vi - te ce doux bai - ser, Je n’ai rien, non, non, sË=t ^2—j—& ta do.—F—F~ w ±= : 1: A •r =E _e_ =t=p= 2#:» f vEp Wz.—I- • c ¦Si- re lien a Fine -S/T* a h Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.10 EMPLOYEZ T)OUR blanchir le TEINT, lui ren-1.dre ou conserver sa couleur de rose, faire disparaître les ROUSSEL’life, le MASQUE et autres taches de la VEAU Chez ton» les PHARMACIENS Prix ; Où cts.ISa^EHZaEEEE Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.LE COGNAC Jockey ^Glub CARTE OR V.S.O.P Est importé en caisse seulement.Exigez la marque • 0 • En Vente ^PARTOUT.pleurs Naturelles Spécialité 6e Bouquets en fleurs Hatiu relics pour Soirees et mariages.• • • Mlle VEZINA 298, rue St= Denis MONTREAL IS En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.Le Meilleur .Chocolat .EST LE CHOCOLAT DU PLANTEUR De la Compagnie Coloniale.IMPORTÉ PAR LU Cie O'flPPROVlSlONNEfllENTS HLimEHTfllRES DE MONTRÉAL (Limitée). 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