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Titre :
L'orchestre
Une revue hebdomadaire de la Compagnie d'opéra français, qui ne paraît qu'à l'automne. Elle présente le programme exact des pièces qui sont données ainsi que des notes biographiques.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-1894
Contenu spécifique :
lundi 10 décembre 1894
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Références

L'orchestre, 1894-12, Collections de BAnQ.

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2me Année, No if.Montréal, 10 Décembre, 1894.Prix, 5 Cts.Rédaction et Administration, 73 Rue St-Jacques, (Bâtisse Perrault.) MADAME SANS-GENE, Qui est joué cette Semaine a l'Acadbmie de Musique NAPOLÉON ET LA DUCHESSE DE DANTZIG (MADAME SANS-GÈNE). “ L’ORCHESTRE ” PRIX DES ABONNEMENTS; l • • • °n Peut‘ S’abonner par lettre en joignant ’ | un mandat-poste à l'ordre de.s Un an, _ = $2.50 1 LA COMPAGNIE OU JOURNAL “L’ORCHESTRE” Six mois, 1.50 1 — H Ti-nic ni nie - - 1 .Ou directement au Bureau du Journal, ® ° S m°IS’ " = r No.73, Rue Saint-Jacques.NOTA.—Les abonnements sont payables entièrement d’avance.LA SOCIETE DES ARTS DU CANADA 2666 et 2(568, Rue Notre-Dame, • • MONTRES A.L,.La plus ricne Goiieciion de au Canada.veines a Condiiions ires LiDeraies.LE GYNECEE," par G.ROCHEGROSSE./ A XT T A TA T ATT qui a été exposé au Salon des Champs Elysées, à Paris, fait partie des U collections de LA SOCIÉTÉ DES ARTS DU CANADA.TIRAGE AU SORT: CHAQUE MERCREDI Prix du Billet pour 8544 %CADEM(E DE Jg^USIQUE * ADAME Rhéa, la gracieuse et charmante artiste, qui tous les ans vient conquérir de nouveaux applaudissements parmi-nous, a passé la semaine dernière à l’Académie.I.e programme, cette andée, était la charmante comédie de Shakespeare, “ Much ado about nothing,” (Beaucoup de bruit pour peu de chose).Mme Rhéa jouait le rôle de Béatrice ; M.W.S.Hart celui de Benrdick ; la troupe qui les accompagnait était excellente et les secondait dignement.Voici la donnée de la pièce : Le seigneur Leonato donne une fête, dont les deux héros sont Beatrice et Benedick.L’un comme l’autre proclament bien haut qu’ils entendent conserver leur indépendance et ne jamais se mariér.Est-ce pour ce motif ou pour toute autre raison, mais Beatrice et Benedick se recherchent et se font mille taquineries, bref, “ flirte ” à outrance.Les amis de Benedick le taquinent à ce sujet, et l’invitent à se marier au plus vite ; celui-ci nie et proteste.A cette même fête, tous, messieurs et dames, complotent de les amener au mariage, car tous sont convaincus que Beatrice et Benedick s’aiment sans vo iloir se l’avouer à eux-mêmes On complote donc que les messieurs, à un moment où Benedick pourra les entendre, feindront de le croire bien loin et parleront de lui et de Beatrice.C’est ce qui a lieu.Benedick entend prononcer son nom et celui de Beatrice ; il prête l’oreille et s’approche sur la pointe des pieds.11 entend ces messieurs dire que Beatrice l'adore, mais voyant que Benedick ne l’aime pas, elle se retranche dans sa fierté et mourrait plutôt que d’avouer son amour.De leur côté, les dames font la même chose, et se racontent que Benedick est fou de Beatrice, mais qu’il ne se déclarera jamais car il est trop convaincu qu’elle ne l’aime pas.De plus, l’une des jeunes filles ajoute qu’elle conseillera à Benedick de ne plus songer à Beatrice car cette dernière a le cœur absolument insensible et incapable d’amour.Hera, fille de Leonato, doit se marier avec le comte Claudio, mais des jaloux font courir des bruits fâcheux sur son compte et Claudio, qui la croit coupable, refuse sa main au dernier moment.Benedick seul est convaincu de la pureté de Héra, et prend chevaleresquement sa défense.Beatrice le remercie, et tout en causant laissent percer leur amour, des aveux leur échappent, et finalement un baiser de fiançai lie est échangé.L’innocence de Hera est bientôt démontrée, car des gardiens faisant une ronde de nuit surprennent la conversation des calomniateurs et les arrêtèrent.Le comte Claudio, certain de l’innocence de sa fian- cée, est dévoré de regrets de l'avoir offensée et insultée en la repoussant.On lui a dit qu’elle était morte de chagrin et de désespoir, et Leonato, en réparation, lui demande d’épouser la cousine de Hera.Claudio jure de se soumettre à tout.Cette nouvelle fiancée arrive voilée.Oh ! bonheur, c’est Hera elle-même qui pardonne à celui qu’elle aime.Un double mariage a lieu, car Beatrice et Benedict s’unissent le même jour.*** La semaine dernière les Hanlon ont obtenu leur succès habituel.La donnée de la pièce est absolument nulle, si l’on peut appeler donnée, l’enchaînement de choses absolument sans suite et sans raison.Il est vrai que tout dans cette pièce n’est qu’un prétexte à décors et à changement à vue, bien, très bien même exécuté.*** MADAME SANS-GÈNE.Cette semaine, on donne la comédie de Sardou, Mme Sans-Gène, voici la donnée de la pièce : Elle roule sur les amours du comte de Neiperg et de l’Impératrice Marie-Louise.Le comte est ardemment épris de l’impératrice.11 réussi à s’introduire à la Cour, sous le prétexte d’une mission diplomatique.Napoléon, jaloux, l’éloigne et lui enjoint de regagner son pays.Neiperg, avant de partir, veut revoir une dernière fois celle qu’il ai me.Il revient secrètement, la nuit, au château de Compiègne, il est surpris par Napoléon au moment où il s’apprête à pénétrer dans les appartements de Marie-Louise.L’empereur, furieux, ordonne immédiatement son supplice.Neiperg doit être fusillé au lever du jour dans les fossés du château.Déjà le peloton d’exécution est commandé.En vain, la bonne maréchale se jette-t-elle aux pieds du tyran pour lui arracher la grâce du pauvre amoureux.Neiperg serait sacrifié sans pitié, si, par bonheur, une lettre opportunément interceptée, ne démontrait à l’empereur la parfaite innocence de Marie-Louise.Cette pièce qui a obtenu un si grand succès au Vaudeville à Paris, a été représentée, pour la première fois en Amérique, à Washington, le 5 novembre 93, et y a obtenu un succès colossal.Depuis cette époque, Mme Sans-Gène a été représentée dans toutes les grandes villes des Etats-Unis par la troupe de M.Augustus Pitou, avec un succès toujours croissant.Les principaux artistes de la compagnie sont Mme Kathryn Kidder interprétant Mme Sans-Gène, M.Augustus Cook le rôle de Napoléon.Les autres principaux rôles sont le maréchal Lefebvre par Harold Russell, Fouché par Wallace Shaw, de Neiperg par James K.Hackett. Kcndisscmce— G is monda, drame en quatre actes de Victorien Sardou,[a obtenu un succès colossal, el Sarah Bernhardt y a été plus merveilleuse que jamais.Nous croyons être agréable à nos lecteurs en donnant le résumé de cette pièce qui restera célèbre.Gismonda, restée veuve à l’âge de vingt-cinq ans, a été nommée régente du duché d’Athènes pendant la minorité du duc Francesco.A quelle époque cela se passe-t-il ?Nul ne le sait.Les barons qui composent la cour de Gismonda aspirent à sa main ; car l’épouser, c’est être régent ; c’est même être roi, si le petit Francesco meurt.Un des prétendants, celui qui a le plus de chances, Zaccaria Franco, a conçu l’horrible projet de supprimer l’enfant, et il s’est ouvert de son dessein à son âme damnée Gregoras qui a la garde du jeune prince.Francesco a manifesté le désir de voir un tigre qu’on a enfermé dans une citerne, en attendant qu’il paiût aux jeux du cirque.Gregoras l’emmène et tout à coup on entend des cris de terreur : Grego-ras, en se penchant sur la citerne, a laissé échapper 1 enfant.Gismonda est en scène.Elle se penche, ardente, vers le lieu d’où partent les cris ; ses femmes se groupent autour d’elle.Gismonda, là tête perdue, jure sur le Christ de donner et sa main et son duché à qui sauverait Francesco.Une rumeur de joie apprend à la mère qu'un homme s’est jeté dans la fosse, a tué le tigre et sauvé l’enfant.— Qui est le sauveur ?Est-ce vous baron Zaccaria ?est-ce vous dom Bridas ?Non, c’est Almerio, un beau et brave garçon, mais simple fauconnier au palais, né des amours d’une servante avec un officier vénitien.Elle, la fière duchesse, épouser un valet ! Son orgueil se révolte.Elle le couvrira d’or, mais sa main, non, jamais ! Elle a juré pourtant, juré sur le Christ.Il pourrait la relever de son serment.Mais ce Ruy Bias est, lui aussi, un ver de terre amoureux d’une étoile.Elle s’est promise, il la veut.— J’en appellerai au Pape ! dit-elle.Et c’est le premier acte.Le second se passe au couvent, et il ne s’y passe pas grand’chose.Gismonda est venue y attendre la décision du pape.Le pape a refusé, et l’évêque qui transmet le message à la duchesse l’approuve.Il y a là une tirade que Sarah jette en réponse à l’évêque, d'une seule haleine, avec une extraordinaire rapidité de débit, sans qu’on en perde une syllabe.C’est le triomphe de la diction.Ce n’est pas seulement l’évêque qui presse Gismonda d’accomplir sa promesse, c’est le peuple tout entier.Almerio a battu les Maures, s’est couvert de gloire ; le peuple l’acclame, se mutine contre la duchesse, à qui il veut l’imposer pour époux.Elle voit bien qu’il lui faudra céder, puisqu’elle a tout le monde contre elle.Il n’y a qu’un homme au monde qui puisse la relever de son ser ment, c’est Almerio.Elle obtiendra, il faudra qu’elle obtienne d’Almerio lui-même son désistement.C’est là la maîtresse scène de l’ouvrage, la scène pour laquelle il a été écrit, la scène à faire, et elle a été faite de main de maître.Il est clair que la duchesse arrachera de son naïf amoureux le désistement qu’elle désire, qu’elle l’arrachera sans conditions, qu’il fera la sottise tout en en mesurant l’étendue.Et si vous saviez comme la scène a été jouée ! avec quelle ardeur de convoitise Sarah dit à Guitry, dont elle se sent aimée, qu’elle voit fléchir peu à peu : “ Jure !.jure !.jure !.” Il a juré ; elle pousse un cri de triomphe.Mais le malheureux a parlé de son amour en termes si vrais et si passionnés qu’il l’a émue ; elle le regarde avec des yeux tendres : — Rentre chez toi ce soir, lui dit-elle, et laisse la porte ouverte ! C’est un superbe coup de théâtre pour terminer une scène admirable.Le reste est d’ordre moindre.A l’acte suivant, nous voyons au petit jour du matin Gismonda sortir de la cabane d’Almerio, chez qui elle a passé la nuit.Le traître Zaccario et Gregoras arrivent avec l’idée de se défaire d’Almerio qui gêne leurs projets.La duchesse, cachée derrière un arbre, les suit des yeux et les écoute.Ils causent ensemble de leurs projets et viennent à parler du petit Francesco, jeté exprès dans la fosse du tigre.Sarah pousse un rugissement sourd ; elle s’arme d’une hache, et, au moment où Zaccaria va entrer dans la cabane d’Almerio pour l’égorger endormi, elle lui plante la hache dans le dos et l’étend mort à ses pieds.Le dernier acte est tout de mise en scène ; mais cette mise en scène est vraiment magnifique.Nous sommes dans la cathédrale d’Athènes : Almerio, en présence de l’évêque, des barons et du peuple, déclare solennellement qu’il rend 4 à Gismonda sa parole.Mais à ce moment, les amis de Zaccaria ont retrouvé son corps ; ils arrivent et accusent Almerio du meurtre.Almerio ne se défend pas ; pour se défendre, il faudrait compromettre sa souveraine, qui a été sa maîtresse d’une nuit.— Mais, lui dit Gismonda, le prenant à part et tout bas, mais, malheureux, c’est la torture ; c’est le plus affreux supplice.— Qu’importe ! dit-il.Elle est touchée de tant de générosité, et c’est elle-même qui conte au peuple la vérité et lui présente Almerio pour son époux.Et ce conte bleu finit comme tous les contes, par un bon mariage entre la reine et le berger, qui furent très heureux et eurent beaucoup d’enfants.pOl'tC r>aillt=2Tlartm—Le nouveau drame de M.Jules Mary, " Sabre au Clair,” obtient un tel succès que nos lecteurs nous saurons gré de leur en donner l’analyse.‘‘Sabre au Clair” r.’est pas une pièce, c’est une caserne, c’est un camp, c’est un champ de manœuvres ; on n’y entend que jurons, commandements, hennissements, salves de mousqueterie.On y entend aussi des phrases sonores où reviennent à chaque ligne les mots d’Honneur et Patrie.Les colonels y pleurent sur le drapeau, les lieutenants s’y aiment comme des frères, et les sous-offs, en ce régiment idéal, sont des modèles de tempérance, d’ordre et de vertu L’auteur n’a pas négligé le côté pittoresque du sujet.Il montre le soldat en dehors de la parade, et nous dévoile les petites misères de sa vie de chaque jour.Voici l’écurie, où sont rangés vingt chevaux (et de vrais chevaux, qui mangent du vrai foin et qui foulent aux pieds de vraies litières en vraie paille).Les hussards en bourgeron s’occupent des soins du pansage, ils brossent, ils étrillent, ils ramassent le crottin en échangeant des paroles imagées.(Reportez-vous aux dialogues de Courteline).Arrive un bleu, le bleu légendaire.11 est vicomte et millionnaire, il vient de passer au bal sa dernière nuit de liberté ; il apparaît splendidement vêtu d’un habit noir, avec un camélia à la boutonnière.Vite, qu’on le débarrasse de cette défroque ! L’habit noir est jeté à terre, le chapeau de soie va le rejoindre.Monsieur le vicomte enfile la blouse d’ordonnance et remplace les bottines vernies par une paire de sabots.Et il se trouve nez à nez avec son ancien valet de chambre qui est aujourd’hui son brigadier.Vous jugez de la joie des galeries supérieures ! Allons, vicomte, prenez cette éponge et lavez-moi ce noble coursier ! Le noble coursier, nommé Jérôme, un animal qui semble fort intelligent, regarde le vicomte d’un œil soupçonneux.Le vicomte approche, l’éponge en main : Il fait un faux pas et tombe à la renverse dans un baquet, d'où on le tire humilié et ruisselant.Suprême délire.La salle trépigne !.M.Jules Mary n’a pas cherché de nouveaux types.Il en est demeuré aux caractères conventionnels, dont l'action e.-t certaine, ayant été cent fois éprouvée.Le conscrit homme du monde qui devient, à la fin du drame, un parfait soldat, le capitaine rossanl, le sergent dameret qui interpelle ses hommes d’une voix flûtéeet se mire dans une glace de poche entre deux manœuvres, l’éloquent colonel, et le commandant à trois poils, vieux briscard d’Afrique.*** M.Mounet-Sully a eu la fantaisie de reprendre dans ‘‘l’Aventurière” le rôle de Fabrice, qu’il n’avait pas joué depuis quinze ans.Fabrice est un soudard qui a roulé à travers l’Europe et dont l’âme est sceptique et le cœur désabusé.Ses discours sont empreints d’une ironie hautaine et amère.Il parle bref, en homme qui a l'habitude d’être obéi; il marche au but avec énergie, il a des colères terribles et ne s’adoucit qu’en écoutant son neveu et sa nièce, Horace et Célie, se dire des mots d’amour.Il songe alors avec mélancolie (la scène est délicieuse) à sa vie perdue, et il se relève plus âpre, et animé d’une plus violente rancune contre Clorinde.M.Mounet-Sully a bien rendu la tristesse du personnage et l’explosion de fureur du quatrième acte, alors qu’il lève la main sur l’aventurière (je crois que, dans la pensée de l’auteur, la main retombe et que Clorinde reçoit un maître soufflet, ce qui explique sa stupeui et sa conversion soudaine).Mais il n’a pas su mettre en relief la verdeur, la belle humeur soldatesque de Fabrice, qui a quelquefois le mot pour rire au milieu de ses colères, et qui goûte réellement du plaisir à griser, à rouler, à rosser le pauvre Annibal.M.Mounet-Sully a l’air de suivre un enterrement.Mais, malgré tout, son interprétation est curieuse.Un grand artiste ne saurait jamais être indifférent.Mme Jane Hading abordait pour la première fois Clorinde, qui est bien le rôle le plus complexe, le plus malaisé du répertoire contemporain.Il est fait de nuances délicates qui se fondent l’une dans l’autre, à tel point qu’il est presque impossible de les discerner.Dans quelle mesure Clorinde est-elle sincère ?Quels sont ses vrais sentiments à l’égard de Monte-Prade ?Que recherche-t-elle au juste?Est-ce simplement la richesse, un rang dans le monde?Comment se laisse-t-elle si aisément abuser par la ruse de Fabrice ?L’aime-t-elle déjà, avant qu’il ne l’ait trompée ?La comédienne est obligée de mettre un peu d’ordre en tout cela.Rude tâche.Mme Jane Hading n’en a pas triomphé, du moins complètement.Ce qu’elle a le mieux exprimé, c’est le côté ensorceleur, enveloppant de Clorinde ; elle a fort bien dit la scène où elle endort les soupçons du vieillard ; il y a dans son geste, dans sa voix, dans son regard une exquise séduction.On comprend que le pauvre Monte-Prade ne résiste pas à cette sirène.Partout ailleurs.Mme Jane Hading est inférieure ; elle est théâtrale, elle est larmoyante et même commune.Sa diction enfin manque de netteté.J’engage Mme Hading à écouter son camarade Sylvain.Voilà qui est solide et limpide ! M.Leloir est également un maître.Il a joué Annibal, non pas seulement avec fantaisie, mais avec style.Citons encore Mlle Reichenberg, un peu sèche dans Célie, et M.Dehelly—un Horace ingénu.—Pourquoi M.Dehelly est-il si nerveux ?Extrait tics Annales Politiques et Littéraires.5 Si j’étais Roi Opéra Comique Paroles df.MM.d’ENNERY et BRESIL Premier Acte.— La scène se passe sur les bords de la mer.Au lever du rideau, des femmes de pêcheurs viennent réveiller leurs maris, qui dorment sur le sable, c’est l’heure de partir pour la pêche.Zéphoris, le meilleur et le plus habile d’entre eux, n’est pas là; on le cherche en vain.Zizel, le surveillant de la côte, vient, comme d’habitude, commettre des exactions et, sous menaces d’amendes et de prison, se fait remettre de l’argent.Il va agir de même avec Zélide, sœur de Zéphoris, lorsque celui-ci arrive et s’interpose.Zizel veut le faire arrêter et conduire en prison, mais est bien vite apaisé par quelques pièces d’argent.Zélide aime un pêcheur ami de Zéphoris.Celui-ci voudrait les marier, mais ce pêcheur, du nom de Pifear, exige une dot, et Zélide avoue à son frère que, depuis huit mois, les économies amassées par leur père se sont écoulées peu à peu.Zéphoris n’en veut rien croire, mais Zélide lui rappelle que, depuis huit mois, il n'a rien ou presque rien rapporté à la maison, que depuis cette époque il n’est plus le même, il est plongé dans la tristesse et semble vivre dans les rêves.Zéphoris avoue que, en effet, depuis huit mois, il ne vit plus, il aime, mais qui ?Il l’ignore.C’était par un beau soir d’été, il errait sur la plage, lorsque, tout à coup, il entend des cris d’appel, une jeune fille se débat dans les flots, le courant l’entraîne, elle va périr.Il s’élance du haut d’un rocher, lutte longtemps contre le courant et parvient à la ramener sur la plage.Elle était évanouie, ses compagnes s’approchant, il s’éloigne pour sauver sa pudeur, car : “ ROMANCE” J’ignore son nom, sa naissance, Quand, éperdu, dans l’onde je la vis, Sa seule robe d’innocence Etait le flot auquel je la ravis.Elle était belle, Je la sauvais ; Et voilà d’elle Ce que je sais : Peut-on demander à l’aurore Sortant de son lit immortel Si le doux rayon qui la dore Lui vient de la terre ou du ciel ?2me couplet.En la cherchant, je n’ai pour guides Que son iiSage et son modeste anneau Qui glissa de ses doigts humides Et que je veux garder jusqu'au tombeau.Quand je soupire, Le pauvre anneau Semble me dire : Cherche au hameau.L’image me dit au contraire : Cherche loin du monde réel ; Je ne puis habiter la terre Puisque les anges sont au ciel.en trois Actes .Musique d’ADAM.Le pauvre Zéphoris ne l’a jamais revue.Pifear, lui, fait de bonnes affaires car depuis huit jours, il a déjà été chargé trois fois, par un mystérieux étranger, de porter un message en hier.Arrivé à une certaine limite, il attend une autre barque qui vient lui prendre cette lettre II est convaincu que c’est d’un message d’amour qu’il est chargé, et l’étranger à qui il s’en ouvre le lui confirme.Cet étranger mystérieux n’est autre que Kadoor, le cousin du roi.Kadoor complote une trahison pour livrer le pays aux étrangers et renverser le roi.Kadoor est amoureux de la princesse Néméa, le roi désire les unir, mais Néméa déclare qu’elle n’aime pas Kadoor, et que, s’ils se marient, il aura sa main mais non son cœur, car elle aime un inconnu qui, il y a huit mois, la sauva des flots.C’est elle que Zéphoris a sauvée.Au moment où Néméa faisait cette déclaration à Kadoor, en présence du roi, la cour était vênue en promenade sur la plage.Zéphoris aperçoit Néméa, la reconnaît et pousse un cri.Kadoor l’a entendu et l’interroge.Zéphoris lui raconte son histoire.Kadoor lui fait jurer, disant que c’est le désir de la princesse, de garder son secret envers tous, et surtout vis-à-vis elle, si le hasard les mets un jour en présence.Kadoor, grâce aux explications de Zéphoris, peut rappeler à la princesse tous les détails du sauvetage et les paroles qu’elle a prononcées.Il ajoute que, par modestie, il aurait voulu garder le silence, mais que son sauveur, c’est lui.Néméa promet alors de l’épouser, mais c’est plus fort qu’elle, elle n’est pas touchée et garde son cœur.La cour s’est éloignée.Zéphoris, plus malheureux que jamais, s’est couché sur le sable, rêvant de devenir roi, pour pouvoir épouser sa princesse.Pendant son sommeil, il continue à murmurer “Si j'étais Roi.” Or, précisément, le roi est revenu et l’entend ; une idée plaisante le prend, il veut exaucer ce rêve au moins pendant un jour, et ordonne à son médecin de prolonger le sommeil du pêcheur jusqu’au lendemain.Deuxième Acte.—Se passe dans la salle du trône du palais du roi Moussoul.Le roi a ordonné à tous d’agir comme si Zéphoris était réellement le roi, et de lui parler et de lui obéir comme à lui-même.Quant à lui, il se réserve les fonctions de premier ministre.Néméa, elle, demande la permission de tourner la tête du nouveau roi.Zéphoris se réveille, et on juge de sa surprise.On a beau lui affirmer qu’il est et a toujours été roi, il persiste à ne se croire qu’un simple pêcheur.Cependant, une fois en présence de Néniéa et smtout quand celle-ci lui affirme qu’il est bien le roi, il en prend gai ment son parti, et lui fait de brûlantes déclarations qui ne laissent pas que d’embarrasser fortement la jolie princesse.Il allait même lui déclarer le secret de son sauvetage, lorsqu’il se rappelle son serment.Kadoor vient annoncer la réunion du conseil, il est fort surpris et gêné en reconnaissant Zéphoris, mais le roi lui ordonne d’agir selon ses instructions.Les séances du conseil doivent être secrètes, seuls les ministres y assistent.Zéphoris joue son rôle fort dignement, il dévoile les injustices et les exactions qui sont commises, entre autres celles de Zizel, à qui il inflige une juste mais sévère punition.Un des ministres rapporte que, selon l’ordre du prince Kadoor, l’armée a été envoyée du côté de Visapour, mais qu'il est rumeur que la flotte portugaise croise au large et qu’un pêcheur lui aurait porté des messages.Zéphoris, qui se rappelle les voyages de Ptféar, ordonne que l’on fasse revenir l’armée en toute hâte, que l’on coule la barque de Piféar et que l’on mette celui-ci en prison.Le roi, frappé, signe lui aussi cet ordre, en apparence comme ministre.L’ordre va être expédié, Zéphoris s’en empare au moment où Kadoor rentre et fait diversion.Kadoor traite le rapport des ministres comme le fait de purs racontars, niant qu'aucun pêcheur se soit jamais éloigné des bornes qui leur sont assignées L’ordre ne sera donc pas expédié.Cependant, Zéphoris qui est convaincu d’une trahison, fait expédier secrètement le message signé par le roi, et donne également en secret d'autres ordres.Le conseil terminé, la cour revient ainsi que Néméa.Zéphoris insiste auprès de Kadoor pour savoir s’il l’a jamais connu comme pêcheur.Kadoor, contraint par les ordres du roi, l’affirme.Si Zéphoris n’a jamais vu Kadoor, il n’a pu prendre d’engagement avec lui ; il peut donc révéler son secret à Néméa, ce qu’il fait en lui présentant l’anneau qu’il a conservé.Zéphoris ordonne de préparer une grande fête et un festin, il veut célébrer de suite son mariage avec Néméa.Le roi trouve que la plaisanterie a assez duré, et, craignant que les choses n’aillent trop loin, donne des ordres pour que Zéphoris soit replongé dans le sommeil léthargique et reporté sur la plage, ce qui a lieu.Troisième Acte.— Se passe dans la cabane de Zéphoris.Zélide est à travailler aux filets de son père, lorsque Piféar vient lui raconter que la veille il a été renfermé dans une prison, et qu’il vient seulement d’être rendu à la liberté ; qu’en outre, sa barque a été coulée.Comme il désire vivement porter le message dont il a été chargé l’avant-veille, Zélide lui prête la barque de son frère.Zéphoris s’est réveillé, mais reste sous l’impression qu'il est toujours roi, et parle dans ce sens.On le croit devenu fou.Zizel, qui a reçu le châtiment auquel Zéphoris l’a condamné, fait rassembler les pêcheurs et, par ordre du roi, leur rend l’argent qu’il leur a extorqué.Zéphoris, resté seul, sent sa tête s’égarer, car ce qu’il voit, ce qu'il entend est un mélange de rêve et de réalité qu’il ne peut comprendre.Néméa a été touchée, la veille, par les paroles du pauvre pêcheur, et, prise de pitié vient lui apporter quelques consolations et lui demander pardon de la part qu'elle a prise à la comédie qui s’est jouée.Elle lui raconte tout.Néméa allait s’éloigner, lorsqu’on entend Kadoor qui s’approche ; elle se réfugie dans la chambre de Zélide.De cette chambre, elle entend Kadoor reprocher à Zéphoris de n’avoir pas tenu la promesse qu’il lui avait faite et de s’être joué de lui, et que lui, Kadoor, va se venger en le faisant périr ; il a amené des esclaves dans ce but.Néméa a tout entendu, elle se précipite entre eux, et, emportée par son ardeur, avoue hautement son amour pour Zéphoris et son mépris pour la conduite de Kadoor.Celui-ci, au comble de la rage, veut au moins se venger ; il appelle ses esclaves pour faire saisir Zéphoris, lorsque le roi paraît.Le roi vient pour punir Zéphoris d’avoir, malgré sa décision, envoyer l’ordre de faire revenir l’armée, car celle-ci est déjà de retour.Zéphoris donne les raisons qui l’ont guidé, et Piféar, qui vient de rentrer, raconte comment il a été chargé de porter les messages, et reconnaît Kadoor qui, se voyant dévoilé, avoue sa trahison.Grâce à la présence de l’armée, la descente des Portugais est repoussée et échoue.Zéphoris a donc sauvé le pays comme il avait sauvé Néméa.Le roi, pour le récompenser, consent à leur mariage.A BARBE BLEUE> Opera Bouffe en trois Actes.Par Henry MEILHAC et L.HALEVY Musique de OFFENBACH./ALETTE charmante pièce, qui par bien I des points rapproche de l’opéra comique, est déjà ancienne puisqu’elle date de 1866.Elle a été représentée, pour la première fois, au théâtre des Variétés, le 5 février de cette même année.La scène se passe dans un pays imaginaire que l’on ne nomme pas, et est une fantaisie sur la fameuse légende de Barbe Bleue.En voici le résumé : Le roi Bobèche a envoyé son premier ministre, le comte Oscar, en mission secrète.Le but de cette mission est de rechercher la fille du roi, car il faut dire que le roi a eu une fille Hermia.La petite Hernia, première enfant du roi, en était tendrement aimée jusqu'à ce qu’elle atteignit ses trois ans ; à cette époque, le roi eut un fils, et pour que ce fils lui succéda plus tard, ta loi salique n’existant pas en ce pays, il fallait que la jeune princesse disparut, elle fut donc exposée dans une corbeille et confiée au lit d’un fleuve.Le comte Oscar, après s’être fait le raisonnement que la corbeille avait dû suivre le fil de l’eau, jusqu’au premier barrage, et être recueillie à cet endroit, y vient d’abord pour y faire ses premières recherches.A son arrivée, il rencontre son vieux camarade Popalani, alchimiste du sire de Barbe Bleue.Popalani lui raconte que son maître est veuf de sa cinquième femme et est pris de la fantaisie de couronner une rosière; il ne sait comment s’y prendre pour en trouver une.Oscar lui indique un bon moyen ; il faut faire rassembler toutes les jeunes filles du pays et les faire tirer au sort ; comme cela, s’il n’y a pas de rosière parmi elles, il en trouvera une tout de même, et s’il y en a plusieurs, aucune ne pourra l'accuser de partialité.Il lui raconte à son tour la mission dont il est chargé, et ajoute que si le hasard ne l’aide pas à retrouver Hermia, il emploiera le tirage au sort pour trouver une BARBE BLEUE.— Duel de îiibe Bleue et du prince Saphir.fille au roi Bobèche.Popalani suit son conseil, les jeunes filles sont rassemblées, on tire au sort, c’est Boulotte qui est désignée; or, Boulotte est la plus joyeuse commère du vil.lage.N’importe, le sire de Barbe Bleue vient la couronner rosière etannonce qu’il la choisit pour sa sixième femme.Le comte Oscar a examiné la corbeille qui a servi au tirage de la rosière et la reconnaît pour celle dans laquelle il a confié Ibermia au fleuve.Il voit sa propriétaire, la gentille Fleurette, et l’interroge ; plus de doute, Fleurette est bien Hermia.Il veut l’emmener à la cour, mais Fleurette exige que le berger qu’elle aime l’accompagne.Deuxième Acte.— Hermia est dans une violente colère, car le roi Bobèche veut lui faire épouser le prince Saphir, et elle ne veut pas, quoi qu’elle ne l’ait pas vu, car elle pense toujours à son berger.Or, ce berger n’est autre que le prince Saphir qui s’était déguisé, en quête d’aventures.Tout est donc pour le mieux, lorsqu’on annonce l’arrivée du terrible sir de Barbe Bleue, qui vient présenter sa sixième femme à la cour.Barbe Bleue voit Hermia, il faut qu’elle soit sa septième femme, la pauvre Boulotte doit donc disparaître.Il charge Popalani de l’en débarrasser comme il l’a fait pour les cinq autres.Popalani feint d’y consentir, il l’endort puis la ressuscite par l’électricité comme les précédentes, qu’il garde chez lui et avec qui il vit joyeusement.Mais il en a assez, et il part avec les six femmes pour aller se plaindre au roi Bobèche et lui dévoiler les crimes de Barbe Bleue.Le roi Bobèche, de son côté, a chargé le comte Oscar de faire disparaître successivement cinq de ses courtisans dont il était jaloux, et Oscar, au lieu de les tuer, les a cachés.Oscar et Popalani se rencontrent de nouveau et se racontent les infamies de leurs maîtres.Ils font déguiser les cinq morts et les six mortes en bohémiens et bohémiennes.Tous apparaissent au milieu d’une fête ; Bobèche et Barbe Bleue sont fort ennuyés, mais tout s’arrange, les cinq courtisans épouseront cinq des femmes de Barbe Bleue et celui-ci reprendra Boulotte.Grâce au comte Oscar et à Popalani, Saphir et Hermia pourront s’épouser en paix. ÎL est une question que depuis longtemps j’avais envie d’aborder, je m’y décide : c’est la question du théâtre du Dimanche.Je sais que cette seule proposition va faire bondir certaines personnes et déchaîner le fanatisme des pieuses ligues.Mais entendons-nous bien, il y a théâtre et théâtre, et théâtre dans et sous certaines conditions ; il faut distinguer.Voici dans quelles conditions je l’envisagerais : Tout le monde sait que, malgré toutes les ligues et malgré la surveillance active de la police, un nombre énorme de débits de boissons clandestins restent ouverts le Dimanche, et qu’un nombre également considérable de maisons de jeux, sont ouvertes à peu près à tout venant.Qui n’a pas rencontré à toute heure de l’après-midi, et surtout de la soirée du Dimanche des jeunes gens, des pères de famille ivres et titubants, qui n’a pas été heurté, presque renversé par ces malheureux.Est-ce le désir, le goût, la passion de la boisson, de l’alcool, qui a poussé, qui a conduit ces hommes, ces jeunes gens às’ennivrer ainsi ?Non ! certes non ! nous connaissons trop notre population, nous l’estimons trop pour l’admettre un seul instant, c’est l’ennui et pas autre chose.L’ennui, comme la paresse, est la mère de tous les vices, et peut conduire à tous les excès.Le jeune homme, l’homme qui s’ennuie, est capable de tout, il cherchera au besoin des distractions et du plaisir dans les pires excès.Parler de ce qui se passe dans la province sœur où les lois de “ sanctification ” du dimanche sont encore plus exagérées qu’ici, est bien inutile, car tout le monde lésait, le connaît ! Nous prétendons donc, nous affirmons que donner une distraction saine, une distraction intelligente à la jeunesse et aux familles, est faire œuvre essentiellement morale et patriotique.Maintenant, quel devrait être ce théâtre du dimanche ?Le théâtre du dimanche devrait être spécialement destiné à la jeunesse, aux familles, à nos jeunes filles qui, elles, ont grandement besoin de distractions.intellectuelles plus relevées et plus artistiques que celles auxquelles elles ont été irrévocablement vouées jusqu’à ce jour, il devrait, disons-nous, leur être spécialement destiné et comme prix et comme choix des pièces.Les prix du dimanche, après-midi et soir, devront être à peu près ceux des matinées.Les pièces devront être spécialement choisies et examinées pour le côté moral H i Q G e * - qui passera avant tout, afin de conserver au théâtre le but visé plus haut.La partie morale étant sauvegardée, il reste le côté littéraire et musical, qui est chose non moins importante, car il a pour but l’instruction du peuple et l’élévation de ses sentiments.Les pièces jouées devront être impeccables quant à l’élégance et à la pureté du style et de la musique.Nous ne voyons guère les objections que l’on pourra faire à un théâtre présenté et tenu dans ces conditions: i° But moral par excellence : 20 Ecole littéraire et musicale, s’il en soit.3° La Charité—car nous savons que les directeurs de l'Opéra Français seraient entièrement disposés à faire du théâtre du dimanche une œuvre charitable en prélevant une prime de dix pour cent sur leurs recettes, quelles qu’elles soient, prime qui serait versée dans la caisse des institutions de bienfaisance, l’Hôpital Notre-Dame, par exemple.Nous soumettons notre idée sur ce théâtre du dimanche à nos confrères de la grande presse, en les priant de l’examiner, la discuter et l'appuyer de leur haute autorité, s’ils la trouvent bonne.Ed.GUYON.*** Les plus difficiles et les plus exigeants avaient de quoi être satisfaits avec le programme annoncé et exécuté pendant la semaine écoulée.Qu’on en juge : Tout d’abord, lundi, troisième du grand succès de la saison, “ Mignon.” Personne ne semble s’en lasser, car nous avons remarqué une foule de visages déjà vus jeudi et samedi, et l’administration a été, mais bien à regret, obligée de refuser trois à quatre cents personnes, la salle étant comble, archi comble.Cela promet et garantit un joli succès pour les reprises que l’on fera du chef-d’œuvre d’Ambroise Thomas.La troupe s’y est montrée, comme dans les deux précédentes représentations, absolument supérieure, et reparler du succès de chacun serait nous répéter.*** Mardi, la “ Mascotte ” a été rejouée avec le plus vif entrain et de la façon la plus parfaite, malheureusement, la salle présentait de trop nombreux vides.Parmi les clients du théâtre, les uns voulaient sans doute se reposer de leurs soirées de lundi ou de samedi, les autres étaient probablement allés ou entendre Rhéa, ou assister à la séance des étudiants.Bref, l’Opéra était un peu délaissé. Mercredi, deux premières.Comme lever de rideau, la charmante et désopilante petite comédie en un acte “ Les deux Sourds," que nous reverrons certainement plus d'une fois à l’affiche, étant donné le succès de fou rire qu’elle a obtenu.Une note, très bonne note aux interprètes, Messieurs Milo, Debrigny et Desfassiaux.La gentille et gracieuse Mlle Bothzen mérite aussi de vifs compliments pour avoir tenu bon et joué malgré l’accident qui lui était arrivé et qui l’obligeait à avoir le bras en écharpe.Le “ Procès Veuuradieux," lui aussi, méritait un public plus nombreux, car de toutes les comédies parues jusqu’à ce jour, c’est certainement l’une des plus gaies et des plus spirituelles, quoique roulant toujours sur l’éternelle donnée des gendres et des belles-mères.La pièce a été fort bien jouée et enlevée par tous sans exception, quoique l’on pourrait reprocher quelques hésitations et appels au souffleur, hésitations et appels qui sont assez excusables étant donné la rapidité avec laquelle la pièce a été montée et répétée.“ Les Mousquetaires au Couvent.” Ce charmant opéra comique a été donné, pour la première fois cette année, avec une distribution entièrement nouvelle.Mme Degoyon nous a fait une excellente Simone, ce rôle lui convenant à merveille, beaucoup d’entrain, beaucoup de gaîté.Ses amis n’avaient pas oublié sa fête (Ste Cécile), car elle a reçu deux magnifiques bouquets et un joli écrin qui a paru lui faire tout particulièrement plaisir.Mme Miller s’est montrée, comme d’habitude, pleine de verve et de gentillesse, et nous a fait une petite Louise on ne peut plus espiègle.Ajoutons qu’elle a chanté d’une façon ravissante le couplet “Curieuse” du second acte.Melle Bothzen, malgré sa foulure au poignet (foulure qui la faisait beaucoup souffrir), a joué dans la perfection son rôle de Marie, et nous a fait la surprise d’une fort jolie voix que nous ne lui connaissions pas encore.Du côté homme, M Vissière mérite plus que jamais des éloges, son rôle du joyeux capitaine de Brissac a été enlevé de la façon la plus brillante, et si son “ sermon sur l'amour ” a été dit et chanté d’une façon un peu différente de celle de Montfort, 1’.année dernière, il l’a été d’une façon tout aussi agréable.M.Vissière avait d’autant plus de mérite à jouer comme il l’a fait, qu’il était visiblement un peu fatigué de sa matinée (le rôle de Pippo, est, on le sait, assez dur).M.Bouit continue son succès de Mignon, son jeu, son chant, dans le rôle de Contran, étaient irréprochables ; qu’il continue ainsi, et succès et popularité lui seront bientôt acquis.Dans l’abbé Bridaine, notre ami, M.Giraud, ne nous a pas causé autant de plaisir que d’habitude, était-ce l’influence du souvenir de Jouanne, réellement insurpassable dans ce rôle, était-ce son physique peu d’accord avec celui qu’on aime a prêter au bon abbé Bridaine ?.nous ne savons.Toujours est-il que nous avons trouvé plusieurs choses à reprendre, en sa qualité d’artiste qui sait compren- dre la critique faite de bonne amitié, M.Giraud nous pardonnera de les lui signaler : Le mouvement, la tournure, la voix surtout ne nous semblaient pas en rapport avec l’âge de l’abbé, avec son visage et ses cheveux blancs.L’abbé est toujours simple, candide, bon enfant, mais précisément pour cette raison, doit rester imperturbablement sérieux et digne dans toutes les circonstances, il ne doit surtout jamais se laisser aller à certains gestes et mouvements trop exagérés qui ont été signalés à la fin du second acte.*** Un certain nombre d'étudiants, sont venus nous reprocher de ne pas parler, de ne pas annoncer, de ne pas donner de comptes-rendus de leurs réunions et de leurs soirées théâtrales.Non seulement nous ne demandons pas mieux et nous y sommes même tout disposés, car c’est matière spéciale à L’Orchestre, mais encore faudrait-il que messieurs les organisateurs de ces fêtes nous en avisent et nous y invitent.Nous leur demanderons également de ne pas faire comme l’un d’eux, qui, à la grand- soirée des étudiants en droit, donnée au cabinet de lecture paroissiale, a refusé l’entrée à l’un des collaborateurs de L’Orchestre, sous prétexte que toutes les invitations à la presse avaient été faites.*** Barbe Bleue.— Après et malgré que tous mes confrères ont déjà donné leur appréciation sur cet opéra et son interprétation, je me trouve aussi emharassé pour en faire la critique, car suis-je très satisfait, le suis-je peu, je ne sais trop ?De la pièce, quoi dire : la donnée vaut tout autant que celle des autres opéras-bouffes, c’est toujours du bouffon, avec cette différence en plus ou en moins, comme on l’entendra, que le bouffon et le grotesque de Barbie Bleue est d’un genre datant de trente ans.L’interprétation a été bonne et très agréable, nous ne trouverons à redire que sur la persistance de certains artistes qui pour forcer la note drôle (dans un opéra ultra bouffe !) aiment à ajouter des mots et choses de leur crû.Pour la musique, par bien des côtés, elle touche à l’opéra comique, et présente d’assez nombreuses difficultés aux artistes, c’est une des plus gaies que nous ayons eue.*** La Papillonne.Cette charmante, très charmante comédie, a bien agréablement surpris le public, assez restreint pour un jeudi.Il est probable que si l’on eût connu cette pièce, ou su qu’elle était d’un genre différent des précédentes, l’auditoire eût été plus nombreux.Ayant eu l’occasion de demander à plusieurs personnes s’ils iraient à la Papillonne, j’ai reçu des réponses presque toutes semblables à celle-ci : “ Ah ! merci, j’en ai assez des pièces à belle-mère ! ” Ne connaissant pas moi-même la pièce, je n’ai pu que protester au hasard, sans les convaincre. Opéra-comique en trois actes Paroles de CLAIE VILLE et Ch.GALET.* CHANSON HU MARQUIS Musique de Robert PL ANQUETTE.Moderato.-p- ï=?E?=SEi U - ne ser-van - te Que m’im-por - te ; De puis vingt ans qu’au na - vi - re nie # -0- -f- -iff- H®- g m " *- # | 1 .^ e W * e # .•«.i " _3 T !>*-*-tr 1r #- , 9 e- 2Ê “ST * & » » " ' __ * i II 1 I - T—"T - I - : por eu p— f=E S=! *=j=s- —v—s—g= i=i=a= du monde en tier vie er ma ne en f»=t=* 5t 1 —9-•- Ped, 3==i vous n’ê - tes ser Que je ne suis pas plus mar - quis -# P)> r—6?— .te.Efc je ne suis pas plus marquis que vous n’ê-tes ser - vau van suivez.» 2 Sur cette côte fortunée, Deux fois les Ilots, deux fois la destinée En me ramenant, n’ont-ils pas Jeter Germaine entre mes bras ; Qu’elle soit donc obéissante, Que par l’hymen nous soyons réunis ; Voilà tout ce que le marquis 1 ,.Commande à la servante, j 13 Monsieur Fetis MONSIEUR FETIS est né à Bruxelles (Belgique), le 24 août 1857.Ses parents, comptant parmi les plus vieilles familles industrielles de la région, voulaient que leur fils Emile continua la tradition de la famille ; aussi, dirigèrent-ils ses études dans ce sens.M.Fétis, à la suite d’un brillant concours, fut admis à l’Ecole des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne (France).Sorti de cette école, non content du brevet qu’il y avait obtenu, son ambition le faisant viser plus haut, il désirait entrer à l’école centrale ! Il dirigea donc ses études dans ce sens et était sur le point de passer ses examens d’entrée, lorsque quelques événements de famille le forcèrent à y renoncer.Le jeune Fétis, contraint de subvenir lui-même à ses dépenses, dût chercher une situation.Grâce à ses excellentes études, il trouva bientôt une place de sous-ingénieur dans une fabrique de produits chimiques, à Ribécourt (Oise).De là il passa, également en qualité de sous-ingénieur, à la compagnie des Bassins Houillers à Bruxelles.Si M.Fétis était toute la journée plongé dans les calculs, les dessins et les plans, il avait du moins ses soirées de libres, et il les passait, autant que ses ressources le lui permettaient, dans les divers théâtres de Bruxelles.Quand le vide de son porte-monnaie l’obligeait à rester chez lui, il dévorait la vie des acteurs illustres et le répertoire de la comédie moderne.On comprendra sans peine qu’à ce genre de vie le désir, le gout, puis la passion du théâtre l’aient vite gagné.Le résultat fut qu’il abandonna bientôt sa position modeste mais sûre, pour celle plus hasardeuse et si souvent ingrate de la vie d'artiste.Il étudia avec acharnement sous différents professeurs, et fit ses débuts sur le théâtre de Douai en 1878-79.A Douai, M.Fétis avait joué comme jeune premier de comédie, mais il possédait une jolie voix de ténor, et 14 rêvait de la faire valoir.Ce lui fut facile, car il réussit à se faire engager, pour la saison suivante, à Rennes, comme deuxième ténor d’opéra comique et premier ténor d’opérette, saison de 1879-80.De Rennes, M.Fétis passa à Rochefort, et y resta l’hiver 1880-81.Il semble que notre artiste ait affectionné particulié-ment l'ouest de la France, a cette époque, car nous le retrouvons l’année suivante à Angers.En 1882-83, il se rendit, cette fois, dans la capitale des fabricants de porcelaine, la ville de Limoges 11 était juste, qu’après une absence de cinq années si bien employées, notre jeune artiste conçut le désir de revenir dans la ville où la vocation théâtrale lui était née, à Bruxelles.Il se fit donc engager au grand théâtre de la Monnaie, où il resta deux ans comme artiste, et artiste favori du public.M.Fétis y resta une troisième année, mais cette fois, en quai.té d’administrateur, saison 1885-86.Il y serait peut-être encore, s’il l’eût voulu, mais les applaudissements et les ennivrements du succès lui manquaient.Nous le revoyons à Bézier, Avignon, Lyon et enfin Saint-Pétersbourg, 1889 A son retour de St-Pétersbourg, il fut engagé au théâtre des Bouffes-Parisiens, comme ténor comique et jeune premier comique.Le succès qu’il y obtint fut tel que le grand maestro Audran le demanda par dépêche à Bordeaux, lors de la création de Miss Helyett dans cette ville.Bordeaux a été la dernière étape artistique de M.Fétis avant Montréal.A Montréal, sa première apparition dans “ l’Abbé Constantin ” lui a valu de nombreux applaudissements, et ses autres créations n’ont fait qu’augmenter sa popularité.M.Fétis peut se vanter d’être un des artistes les plus en faveur dans le public montréalais., et cette faveur il la mérite en tous points par le travail et le soin scrupuleux qu’il apporte à l’étude et à l’interprétation de ses rôles.Monsieur FETIS y\ux I ecteurs • • • OICI déjà près de deux mois et demi que l’Orchestre Illustré a fait son apparition, nous tenons à présenter nos plus sincères remerciements à nos fidèles lecteurs pour l’appui qu’ils ont bien voulu nous donner, appui qui nous a aidé à surmonter les difficultés inhérentes à la fondation d'un journal.Malgré le coût élevé d’une édition comme celle de l’Orchestre, coût élevé grace au luxe exceptionnel de son papier, à celui de son impression, de ses gravures, et à ses pages de musique, coût qui atteint cent dollars pour le premier mille, et cela sans compter les appointements du rédacteur et du dessinateur, nous avons tenu à l’offrir à nos lecteurs au prix de cinq cents la copie, malgré que cette somme ne représente pas la moitié de son prix de revient.En l’offrant à ce prix de cinq cents, nous voulions faire de l’Orchestre, une édition populaire, résultat que nous sommes heureux d’annoncer, puisque le présent numéro est tiré à CINQ MILLE EXEMPLAIRES.Nous appelons tout particulièrement l’attention de nos lecteurs et lectrices sur les morceaux de musique que nous publions dans chacun des numéros de l’Orchestre, en les priant de comparer son prix avec celui qu’ils paient ou paieraient chez tous les marchands de musique, prix sept à huit fois plus élevé.Outre ce morceau de musique d’une valeur minima de trente cents, nous donnons, pour cinq cents, une revue des théâtres, un résumé synopsis de toutes les pièces jouées et de nombreuses gravures.Le morceau de musique qui sera publié dans le prochain numéro, sera l’air le plus célèbre de “ Si j’étais Roi "—J'ignore son nom, sa naissance ., romance dont nous donnons les paroles sur la page 6 du présent numéro.Il n’est, nous en sommes bien convaincus, pas une musicienne, pas un musicien, qui ne tiendra à avoir un pareil chef-d’œuvre de musique pour la somme de cinq cents.Nous rappelons à nos lecteurs que L’ORCHESTRE entend être l’organe de tous les théâtres et concerts ; par conséquent nous sommes désireux d’annoncer tous les concerts, représentations de bienfaisance et d’amateurs, et d’en donner les comptes rendus.Nous prions donc les organisateurs de ces concerts et représentations de bien vouloir nous en aviser à bonne heure.l’Administration. Pharmacie .Barbeau COIN DES RUES St-Chs-Borromée et Ste-Catherine.Prescriptions remplies avec le plus grand soin toujours sous la surveillance d'un gradue du Collège de Pharmacie de Montreal.• e • SERVICE DE NUIT DU DIMANCHE.TELEPHONE BELL 7050.Pour le Mois de Décembre SEULEMENT.CLARET $2.00 la douzaine seulement.PORT $2.00 la douzaine seulement.SHERRY $4.00 la douzaine seulement.SAUTERNES $3.00 la douzaine seulement.VERMOUTH $4.00 la douzaine seulement.Liqueurs Assorties gV£7V{PLOYEZ LJ\ pOUR blanchir le TEINT, lui ren-1 dre ou conserver sa couleur de rose, faire disparaître les ROUSSE! 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