Théâtres et concerts, 1 janvier 1919, lundi 5 mai 1919
BFw .No.4.LUNDI, 5 MAI 1919 385 10 CENTS Theatres et Concerts DRAME MUSIQUE CONCERTS SPORTS COMÉDIE CINÉMA VARIÉTÉ SOMMAIRE Pas Pour Rire (Revue)—Notre Botin.—Spectacles de Québec.—Courcelette.—Couplets du Colporteur (chansonnette)—Grand’maman lit son feuilleton (musique)— Les Théâtres à Montréal.—Nos Vingt Ans (musique)—Glanures.J’ai tapé dans l’œil de la Colonelle (mono- (ê m ANDRE DESCART 386 Les Etoiles du Cinéma CARMEL MYEKS 0- Les grands succès du jour RÉPERTOIRE DESMARTEAU ET PELLERIN Autour du Luxembourg.Berceuse des Grands Enfants.Ce que c’est que la France.Là Jolie Aventure.L’Homme Rouge.Cocoriko.Tu Partis.Ton Sergent.Le Rêve Passe.Le Devoir.Credo de l’Humanité.Au Clair de la Lune.Les Gueuses.Jamais en Colère.Reviens.Où donc Qu’çà s’en Va.Nos Vingt Ans.Nous Sommes les Trouffions.Les Trottins Canadiens.La Chanson des Fiancés.(Duo) Les Ramiers.Tout en Causant.Paroles et musique : 10 cents la copie.6 copies pour 50 cents.10 copies pour 75 cents.15 copies pour une piastre.Adresser : Casier Postal 41, Station “C”, Montréal.LES AUTEURS DE “PAS POUR RIRE” M.AIME PLAMONDON, N.P.Secrétaire du Club de Réforme de Québec.M.ALFRED RICHARD Comptable.Chef d’orchestre de l’Union Dramatique de Québec.Il nous fait plaisir de présenter aujourd’hui, à nos nombreux lecteurs, les deux jeunes et heureux auteurs de “Pas pour Rire" — la délicieuse revue dont le triomphal succès fait en ce moment sensation à Québec.En effet-, depuis au-delà d’un mois, l’Union Dramatique de Québec, à qui les auteurs ont confié le sort de leur œuvre l’a jouée dans tous les quartiers de la vieille capitale avec un brio et une verve étourdissants, dans des salles remplies à déborder d’auditoires enthousiasmés, dont les bravos et les rappels ne voulaient pas finir.Devant cet acceuil, il a fallu organiser tout de suite, une nouvelle troumée, chose sans précédent dans la annales du théâtre amateur à Québec.Et c’est, ainsi que durant plusieurs semaines encore, à la grande joie de ses auteurs et de ses interprètes, “Pas pour Rire” fera courir des foules à chacune de ses représentations.La semaine prochaine, la Revue sera jouée à l'Académie St-Joseph, rue St-Jean, et la semaine suivante, à la salle St-Pierre, à St-Sauveur.M.Aimé Plamondon est en passe de devenir un de nos auteurs à la mode, et ils sont assez rares chez nous pour que le fait mérite d’être signalé.Il a débuté, il y a près de trois ans, avec un drame patriotique inspiré par la guerre : “Ames Françaises,” qui fut crée et joué avec beaucoup de succès par l’Union Dramati- que de Québec, qui joue en ce moment “Pas pour Rire.” Il y a quelques semaines, le Théâtre Impérial a représenté de lui “Le Défenseur,” un magnifique poème en vers, à la mémoire de Sir Wilfrid Laurier, avec un grand succès.Nous avons, d’ailleurs, déjà parlé de cette pièce, dans le premier numéro de notre Revue.Nous ajouterons seulement qu’elle doit être sous peu représentée à Montréal.Enfin, aujourd’hui, M.Plamondon triomphe avec “Pas pour Rire.” Qu'il nous permette de lui offrir nos plus sincères félicitations et de lui souhaiter de marcher de plus en plus vite dans la voie glorieuse où il s’est si bien engagé.Quant à M.Richard, c’est un jeune musicien de grand talent qui en est à son premier essai théâtral.C’est bien le cas de dire qu’il est de ceux qui pour leurs debuts veulent des coups de maître.On peut être certain que le brillant succès qui couronne son premier effort va l’encourager à continuer et à recommencer.Disons encore, à sa louange, qu’il est l’auteur de la musique de plusieurs chansons de “Pas pour Rire” parmi celles qui sont les plus appréciées.En terminant, nous renouvelons encore une fois aux deux auteurs, nos félicitations et nos meilleurs vœux de succès. 387 #?ip ip f NOTRE BOTIN f ip * Aimay, Rose.National Alys, Aurore.Impérial, Québec.Auclair, Louis, Dir.Papinèauville.Barry, Alfred.Impérial, Québec.Bayeur, Prop.-Gér Premier, Sherbrooke.Beaudoin, Cécile Princesse, Québec.Beaumont, Blanche.Beaulieu.Mac.Canadien.Becman, Edgar.National.Bedard, A Union Dram, de Québec.Bélanger, R.Traceur.Union Dram, de Québec.Bellemare, J.-E .Union Dram, de Québec.Berthault, Henriette.Canadien.Berthy, Jeanne.Tpe.Caz.Manchester.Bertrand, Gérant.Princesse, Riv.du loup.Bishop, A., Dir.Lachute.Boissonnière.Bois, Mlle.Plac Impérial, Québec.Bonheur, Lise Impérial, Québec.Bouchard, Georges, Tpe.Caz.Manchester.Boudreault, Art.Acc.Canadien.Bourget, Art., Sr., Prop.National Biograph.Boutet Impérial, Québec.Bussy, Eve.Orphéum.Cardin, J.Dir.Bijou, St-Hyacinthe.Carmen, de Palma.Cas tel, Maurice.Dir.Canadien.Catelier.Machiniste.Arcade.Cauvin, Pierre,.National.Cazeneuve, Paul.Tpe.Caz.Manchester.Cercy.National Charlebois, Raoul.Impérial, Québec.Chouinard, Buraliste.Impérial, Québec.Clément, C.-P.Acc .National.Côté, Alphonse.Chef-m.Arcade.D'Albret, Stella.Arcade.D’Aoust, Edmond.Arcade.D’Aoust, Julien.Tpe.Caz.Manchester.D’Aoust, Elzéar.Adm.Arcade.Dauriac .Canadien.Dauvillier, H.Arcade.Demers, Jeanne.Plac.Impérial, Québec.Desearts, André.Orphéum.Desmarteau, Alex.Impérial, Québec.Devarennes, Mde.Arcade.Devoyod, Marthe.Chanteclerc.Dhavrol, Femand.Orphéum.Dion, Alex.Acc.Union Dram, de Québec.Dion, J.-Ed.Ass.Dir.Union Dram, de Québec.Dionne, J.-A.Impressario.Union Dram, de Québec.Ditza, Mado.Orphéum.D'Orgeval, Thérèse.En liberté.Drolet, Ant.Union Dram, de Québec.DuBuisson, Damasse.Canadien.DuBuisson, Blanche.Canadien.Dupuis.Bat.Arcade.Duquesne, Albert.Impérial, Québec.Dussault.Union Dram, de Québec.Dussault, Jos.Union Dram, de Québec.Duval, Ella.Fecteau, Em.Costumier.Union Dram, de Québec.Filion, J.-P.Chanteclerc.Fortier, Art.Dir.-Gér.Domino.Fortier.Chef.Mac.Canadien.Gagnon.Chef.Mac.Impérial, Québec.Garcia.Flûtiste.Impérial, Québec.Gauthier, Chas.-E.Canadien.Gauthier, Blanche.Impérial, Québec.Gauvreau, Ls.F.En liberté.Gauvreau Geo.(fils).Elc.National Germain, Hervé.Arcade.Gingras, G.Dir.Union Dram, de Québec.Gingras, J.-S.Prop.National, Marieville.Gingras, W.Chef.Mac.Chanteclerc.Girardin.Chanteclerc.Giroux, Antoinette.National.Giroux, Ls.Ass.G.d’orch.Union Dram, de Québec.Godbout, O.Union Dram, de Québec.Godeau, Dir.-Art.Chanteclerc.Gravel, J.-G.Union Dram, de Québec.Grimard, Eioi.—je ne vois pas mon nom ! Guérard.Acc.Impérial, Québec.Guilbault.Cont.Impérial, Québec.Guilbert.Princesse, Québec.Hamel, Elzéar.Chanteclerc.Harmant.National.Hébert, Paul.Dir.-Art King Edward.Hébert, Jos.Chef.Mac.National.Henry, Louis.Jodoin, Henri.Gérant.Moulin Rouge.Juliany.National.Keller.Chef, d’orchestre.Impérial, Québec.Lacouture.Prop.-Gér Passe-Temps.Lafantaisie.Prop.-Gér.Le Repos, St-Jérome.Laforest, Jeannette.Dan.National.Laliberté, Alf.Union Dram, de Québec.Larichelière, C.Àss.-Rég.Union Dram, de Québec.Laroche.Union Dram, de Québec.Larochelle, Emile.Union Dram, de Québec.Larose.Elec.Impérial, Québec.Lavergne, Uldéric.Prop.L’Opéraoscope, Ros’mnt.Laviolette, Mde.Arcade.Lebrun, Georgette.King Edward.Leclair, Armand.Impérial, Québec.Lefrançois, Paul.Impérial, Québec.Legrand, Georges.En liberté.Léo, J.-A.Dir.-Art Arcade.Léry, Raoul.Arcade.Liliane, Mlle.King Edward.Lobb.Contre Basse Impérial, Québec.QUI VERRA-T-ON ICI LA SEMAINE PROCHAINE?ALEX.DESMARTEAU Lombard .Chanteclerc.Lussier, Laura.Arcade.Magnan, J.-R.Union Dram, de Québec.Mallet, Jean.National.Marchand.Violoncelliste.Impérial, Québec.Marcoux, Mme.Sont.Impérial, Québec.Marsoll.Martienau, Luc.Souffleur .Union Dram, de Québec.Maubourg, Jeanne National.Meloche, Raoul.Can.Universal Film.Mercier.Directeur.Electra.Meussot, Etienne.Conf.Crystal, Québec.Mirai, Henri.Dir.-Art.National.Moffet, C.M.D.V.C.M.Union Dram, de Québec.Moreau.Dir.-Prop Gaité, Pte-Gatineau.Moreau, Jules.Union Dram, de Québec.Morin.Mach Impérial, Québec.Morin, P.Peintre Déc.Noggi.National.Nohcor, Alfred, Editeur, ,822b St.André.Nozière, Mde.Arcade.Ouellette, Bella.Impérial, Québec.Palméri.Dir.-Art.Impérial, Québec.Page.•.Chanteclerc.Paré.Gérant.Ste-Agathe.Patrickson, Mlle.Pianiste Impérial, Québec.Pellerin, Hector.National.Perrault.Violoncelliste,.Canadien.Petit-Jean, Léon.Tpe.Caz.Manchester.Pomroy.Gérant.Holman.Premont, R.Union Dram, de Québec.Préville, Louis.Chanteclerc.Ravenne, Paul.Arcade.Refuange.Directeur.Lux.Remos, Tony.Rep.V.A.363, Clark.Renoult, Berthe.Canadien.Rey-Duzil.Canadien.Reyna, Juliette.Tpe.Caz.Manchester.Richard, Alf.C.d’orch.Union Dram, de Québec.Rivière, Simonne.National.Rivoire, Gilberte.Canadien.Robert.Bijoux, Trois-Rivières.Robert, Lydie.National.Roberval, Simonne.Tpe.Caz.Manchester.Roberval, Albert.Chef d’orchestre.Roll, Jeanne.Canadien.Rollin, Henri, Rég.Canadien.Roman, André.Orphéum.Rosenberg.Dir.-Art.Princesse, Québec.Sargel .Canadien.Schauten.Orphéum.Scheler, Gust.Dir.-Art.Orphéum.Sims, Mlle.Bur.Canadien.St-Georges, Orner.St-Germain.Dir.-Art.Crystal et Mt-Royal.Ste-Marie.Cornettiste.Arcade.St-Pierre, Jos.National.St-Jean, Frank.Violon.Canadien.Suzette de Vital.En liberté.Sylvio, Alexandre.Gér.Ouimetoscope.Tanguay, Hector.C.-d’O.Canadien.Tardif, Jos.Prop.-Gér.Auditorium, Shaw.Falls.Tétreault, Hervé.Mac.Arcade.Tétrault, P.Mac National.Thibault, L.-P.Union Dram, de Québec.Thibault, Willie.King Edward.Thiery.Chanteclerc.Tremblay, Jos.Canadien.Tremblay, Chef, d’orch.Princesse, Québec.Turcot, Frank.Mac.National.Valeur, René.Arcade.Valhubert.Orphéum.Vaudreuil.Impérial, Québec.Verteuil, Eugénie.Chanteclerc.Vhéry, Mme.Chanteclerc.Villeraie, Wilfrid.National.Vincent, Ed.(Mike).Acc.Arcade.Wilbrod.Tpe.Caz.Manchester.Willy.Tpe.Caz.Manchester.Yvette.Arcade.Zizka, C.-W.Rég.Union Dram, de Québec SI VOUS NE] VOYEZ PAS VOTRE NOM, ENVOYEZ=NOUS=LE. DAMAGE DUBUISSON, du Théâtre Canadien-Français.A QUEBEC CIRCUIT DRAPEAU ARTHUR DRAPEAU.Propriétaire JOS.BEDARD.Gérant-Général JULES BLOUIN.Secretaire THÉÂTRE IMPERIAL QUÉBEC UN DRAME ÂTnORD-OUEST Pièce canadienne en 4actes, par Armand Leclaire PERSONNAGES DE LA CREATION Pierre Latour.MM.Barry Tit-Toine.Leclaire Tom Redding.Duquesne Jap.Durkin.Palimeri Peter Galbraith.Desmarteau Charles.CWrlebois Père Coraine.Lefrançois Whithy.Boutet Red Callahan.A- audreuil Jim Keamey.Hélène Galbraith.Mines Ouellette Lottie Wilson.Alys Miomi.Gauthier SYNOPSIS: le Acte.—Une athlète américaine.—Dévouement de fiancée.2e Acte.—Le Narcotique.—La police montée en chasse.3e Acte.—Les fugitifs.—Un traite dans la nuit.t 4e Acte;—Un manage a 1 américaine.—Le cœur d’un métis.THÉÂTRE PRINCESSE Troupe “Willie Rosenberg.’ Répertoire: COMEDIE MUSICALE ET VUES ANIMEES MM.W.Rosenberg, Guilbert et Fogerthy, Directeurs., Mlles Queeny Watson, Cécile Beaudoin, Leggett, Eva Meloche, Ketty Carrier, Effie Rosh, Ida Clefford.THÉÂTRE CRYSTAL PROGRAMME DE VUES CHOISIES Lundi et Mardi: Série:—La Kulture Boche et “Spécial” en cinq rouleaux.Mercredi et Jeudi: Série:—Eddie Polo, Vue Spéciale en cinq rouleaux._ Vendredi et Samedi: Série:—La Voleuse Eclair, Charlie Chaplin et autres Vues.THÉÂTRE PRINCESSE RIVIERE-DU-LOUP Programme de Vues choisies.—Changement de programme trois fois par semaine.—Musique: Piano-Orchestre.M.LUCIDE BERTRAND.Gérant Mme BERTRAND.Buraliste Mlle DESJARDINS .Pianiste M.RAOUL CHARLEBOIS est notre Agent de Publicité pour la ville de Québec.Il est autorisé à prendre les abonnements et contrats d’annonces pour.THEATRES ET CONCERTS mm ET CONCERTS Journal Hebdomadaire Drame — Comédie — Cinéma — Musique Concert — Sport — Variété — Etc.i ORGANE DES THÉÂTRES I PRIX: 10 Cents.Abonnement : Canada, un an.$4.00 six mois.2.00 EN VENTE PARTOUT Prière d’adresser toutes correspondances comme suit : THEATRES ET CONCERTS, Casier Postal 41, Station “C”, Montréal, Canada.A QUEBEC ALEXANDRE DESMARTEAU, Queen Hotel, coin Dupont et Desfossés.J.-P.GOSSELIN LIBRAIRE ET NOUVEAUTÉS GROS ET DÉTAIL DISTRIBUTEUR POUR “THÉÂTRE ET CONCERTS" DANS LA VILLE DE QUÉBEC 283 RUE ST-JOSEPH COURCELETTE La Frauce gémissait sous la torture boche; La Belgique expiait le tort d’être trop proche Des voleurs allemands pour qui tous les traités Sont des chiffons auxquels nul ne doit s'arrêter; Albion, respectant alors sa signature, Pour défendre le Droit revêtait son armure; L’ours russe, libre encor du joug bolchevikant, Faisait trembler déjà l’aigle noir allemand.Nous, qui ne savions pas ce que c’est que la guerre, L’écho vint jusqu’à nous des cris des pauvres mères Et des petits enfants qu’en masse on massacrait Et des prêtres que sans pitié l’on fusillait, Et nous eûmes soudain la vision émue Des clochers démolis dont les voix s’étaient tues Et des grands trous béants faits aux temples sacrés Par où l’on pouvait voir un Christ, les bras cassés, Témoin des sacrilèges faits aux tabernacles.Et c’est alors qu'on vit s’accomplir ce miracle: Des enfants canadiens, pas plus haut que cela, En masse se lever en criant : “Nous voilà!” Ils n’étaient seulement que douze cent cinquante, Mais tous le cœur rempli d’une ardeur entraînante.Le Vingt-Deuxième était un bataillon d’enfants, Mais tous des braves gars des bords du Saint-Laurent, Courageux descendants d’une héroïque race Qui ne mesure pas les hommes à la brasse.De tous les coins obscurs du pays de Québec, On voyait accourir tous ces petits blancs-becs Qui venaient vaillamment s’enrôler pour la guerre, Sans souci des dangers, sans souci des misères.Et quand dans la tranchée on les vit s’enfonçant, On put juger combien ces enfants étaient grands! En Belgique d’abord on les met à l’épreuve.La mitraille et le feu n’ont rien qui les émeuve.On les cite à Kemmel, tous à l’ordre du jour.Leur courage est connu dans tous les alentours.Un jour, à Saint-Eloi, la mitraille est affreuse ; Blottis dans de grands trous que les gros obus creusent, Ils marchent à la mort stoïquement, sans peur; Il en tombe: les autres se font les vengeurs.A Zellebecke, ah! oui! c’est là qu’ils se démènent.Allez le demander à la Garde Prussienne! C’est là que le Vingt-Deux sauve le Patricia, Remplace un régiment qui.ne marchait pas, Prend d’assaut la tranchée “Internationale,” Puis il repousse cinq contre-attaques brutales.Et comme ils sont très bien sortis de cet enfer, On juge assez grands ces enfants nés d’hier.On les désigne donc, avec les meilleurs hommes, Pour le plus fort de l’offensive de la Somme.Courcelette! ô victoire! ô nouvel Austerlitz! Gloire du Vingt-Deuxième et cauchemar de Fritz! Tu resteras toujours la victoire sans tache Qui de nos braves gars ornera le panache! Il fallut travailler très ferme ce jour-là.Nos gars s’en moquaient bien: ils allaient là pour ça, Ce fut un beau jour sans nuage et sans voile Que tant de nos piouspious gagnèrent leurs étoiles.Ce fut sous le soleil le plus clair, le plus beau, Que d’autres ont trouvé de glorieux tombeaux Le colonel leur dit: “Halte-là, Vingt-Deuxième ! “Je voudrais bien savoir à l’instant, ici même, “S’il y a, par hasard, parmi vous des peureux.“S’il en est quelques-uns, je n’ai pas besoin d'eux; “Oust! qu’ils sortent des rangs, qu’ils aillent à l’arrière.“Car la tâche aujourd’hui ne sera pas légère.” Pas un d’entre eux ne bouge.“Ah! je reconnais bien,” Dit Tremblay triomphant, “mes braves Canadiens.“Je vois dans vos regards des éclairs de victoire “Et nous allons marcher à l’assaut de la gloire!” Six heures.L’aumônier, le bon Père Doyon, Leur donne l’accolade et l’absolution.Le geste est solennel et la minute est grave; Nos gars s’en rendent compte, aussi bien ils le savent.Il fait bon d’être en paix avec l’Eternel Quand on entend siffler les balles dans le ciel.Six heures dix.Le colonel Tremblay s’avance.Sa voix claironne avec le pur accent de France: “Soldats du Vingt-Deuxième Canadien-Français, “Dans dix minutes, c’est la charge.Etes-vous prêts ?” —“Présents!” répondent tous nos gars d’une voix grave, Et l’on voit pour l’assaut se préparer ces braves.Le plus gros du baggage est laissé de côté.La baïonnette est mise au fusil bien frotté.Puis on attend que l’heure de la charge sonne, Tandis qu’un beau soleil à l’horizon rayonne.Six heures vingt.Tremblay commande: “Attention!” Et, d’un fier mouvement, se lèvent tous les fronts.—“Déployez-vous! Au pas de charge! Et mort aux Boches!” Us franchissent le parapet sans anicroche, S’élancent en avant, méprisant le danger, Détournant leurs regards des morts qu’ils vont venger, Avançant sous une infernale canonnade A travers les shrapnells, les balles, les grenades.Ce sont des durs à cuire, allez, que les Castors; Il faut tuer cela deux fois pour qu’ils soient morts.Et nos gars avançaient d'un pas ferme et solide Sous le commandement de leur chef intrépide.—“En avant, mes enfants!” criait le colonel, Et ces “enfants” marchaient avec un entrain tel,.Narguant les mitrailleurs et les tris de barrage Et les boches surpris qui en hurlaient de rage, Que, de les voir ainsi, superbes, triomphants, Tremblay put être fier de ses braves “enfants.” Epouvantés devant une pareille charge, Les boches lâchent prise et vont prendre le large.Sans s’arrêter, nos gars poursuivent les fuyards, Massacrent sans pitié tous ces maudits soudards En leur passant, avec un plaisir qu’on devine, La baïonnette enfin à travers la poitrine.Un bataillon entier dit: “Kamarad!” en chœur, Levant les bras devant les Canadiens vainqueurs.A peindre ne tableau la plume se refuse.Devant tant d’héroïsme elle reste confuse Et ne peut raconter tout cela comme il faut.C’était affreux, c’était terrible.et c’était beau! Pour prendre le terrain, nos gars avaient six heures.En moins d’une heure, ils étaient maîtres à demeure De tous les objectifs par leurs chefs assignés.Et qui si brillamment avaient été gagnés.Et quand fur terminée et que fut bien complète Cette victoire qui se nomme Courcelette, On vit les larmes dans les yeux de nos soldats Qui regrettaient de n’être pas tombés là-bas.Oublieux tout-à-coup de leur belle victoire, Ils semblaient oublier l’incomparable gloire De ceux qui sont tombés pour l’honneur du drapeau Et dont, le sort, pour eux, est le sort le plus beau! J.-E.ROBITAILLE, Ex-Clairon du 22ème Les Cercles d’amateurs sont les bienvenus, Ecrivez-nous. 390 COUPLETS DU COLPORTEUR Extrait de la Revue “PAS POUR RIRE" Chantée par PIERRE DEMERS Uii beau jour, en fia liant dans la vu _ e, J fis connais, sano’ d un p’tit trot.^-J- - tin, Jo.li’ taille, u _ ne mine in.ge - nu _ e,.fraMV comm* du sa _ tin Mais bien IL ne peau _ tôt j*ma_per_ çus qi/maçon _ que _ te A_vait un ptit dLfaut dans lœil HéJas 1 a pauvre enfant Louchait en me regardant, Et je son-geais tout en ma r_ chant:.'îefrain lie est vraiment mi - gnou - ne Mais ce qvu mechif- .fon .ne, Cest son œil qui me r’gard’de tra.vers, Pourtant,Jai l’air del’pas Ini dé_ plaire.Mais, bast.quéqu’ça peut, fi _ che : Et Comm’je n’suispas ri _ che, C’est déjà beau pour nioi,^ c’est cer-tain,Qu’elle ait en .co .re un œil de bien Air: LA JOLIE LOTJ CHETJSE Musique ci-jointe.I J’ai'des'chapelets et des médailles, Et du savon et du parfum; J’ai des chaînes à grandes ou petites mailles Et de mignons bâtons d’alun; J’ai tous les articles de toilette, Des brosses à dents et des couteaux,.Des peignes superfins, Des cravates de satin, Jusqu’à de jolies p’tites “catins.” REFRAIN Je suis un bon bonhomme.Partout on me renomme.J’ai des merveilles dans mon panier; Tout l’monde voudrait pouvoir y toucher.Mais, j’connais les affaires Et j’me la laisse pas faire.Fouillez, fouillez, tant qu’il vous plaira, Mais faut ach’ter ou j’m’en vas pas.C’est eà! II Si vous donnez des soirées de famille; Si vous chantez ; si vous dansez, Voici la musique bien gentille Dont le son saura vous griser.Voyez comme c’est facile à comprendre; Il ne s’agit que de souffler.Et, plus vous soufflez fort, Plus la musique joue fort, Et plus les “veilleux” partent tard.(Au Refrain.) III Maintenant c’est à vous, jeunes filles! Que je m’adresse sans détour: “Si vous ne voulez pas rester filles, Et que personne ne vous joue l’tour, Faites-vous donner un gage de tendresse Par le “galant” qui vient vous voir.Avant tous les propos, Exigez un anneau; ; C’est le plus beau d’tous les cadeaux, (Au Retrain.) NOS VINGT VALSE CHANTEE ÆCFA4//V M1.fie Valse Jnlc f.L .Heu retrx-age bu.notre â Que n’a ^vor»&*iou§-tou .jour Dans nos coeurs chan.te le gai piin-temps e Dc- ce-, lointains plai on ien - .cuniie enche_min eStvrahmeut lue c’a.yoas-oous.tou C\ __________________ ' lions va 1-1 a route, un bonheur sans mélange Un doux baiser s ’échange, Qui nous rend tout heureux.Dans un élan, les mains se serrent, Heure bien chère.Puis, vient le moment des aveux ; Dès lors, on se cherche, on ^attend On cause, et bientôt, en partant, Sur demande spéciale, nous republions 393 On Mouve ! ! ! Quand on se met en Menage on Emménage et l’on ménage pour Déménager.Le 1er mai n’est pas seulement le jour par excellence des manifestations socialistes, c’est aussi celui des déménagements : Notre bonne ville de Montréal présentait, en effet, un coup d’œil pittoresque et inaccoutumé, la semaine dernière.Des centaines de voitures parcouraient nos rues, et quelles voitures, grand Dieu! De véritables tours de Babel, faites de tables et de chaises, pattes en l’air, et enchevêtrées, sinon artistiquement, du moins solidement.Je crois franchement qu’il faut un talent tout particulier pour faire tenir ainsi tout un mobilier en équilibre.Les bons badauds s’amusent bien pendant ces jours de déménagement.Que de paillasses défoncées et d’oreillers percés d’où s’échappe la plume, nous font naïvement sourire.Et pourquoi!.ô revers de la gloire! Combien de jolis mobiliers de salon qui faisaient l’orgueil de leurs propriétaires paraissent mesquins, ainsi, les jambes en l’air et montrant leur bourrure.Ici, un vieux fauteuil de malade atteste par son velours usé, les longs jours d’ennui passés près d’une fenêtre.Là, une machine à coudre, une cage avec un joli serin jaune, c’est le gentil ménage d’une jeune et honnête ouvrière.^ Là encore, quelques jouets, un teddy-bear, évoquant un ménage heureux, aux enfants gâtés.Voici un pauvre ménage, au.poêle rouillé, à la maigre paillasse, aux meubles boiteux, tant bien que mal, juchés sur une charrette branlante que tire un pauvre vieux, essoufflé, dont les huit enfants poussent à la roue.Plus loin, voici le chariot capitonné, plein de meubles de prix, et attelé de deux gros chevaux.Et tout cela s’en va cahin, caha, par les rues de la ville, au grand bonheur des badauds et des enfants d’école.Puis, c’est le plaisir de l’installation dans le nouveau logis, les meubles entassés dans une chambre, le linge fripé, les miroirs brisés, la vaisselle en miettes, le compteur à gaz qui n’arrive pas, le marteau ou la clef qu’on ne retrouve pas, le petit qui demande sa “suce” enfermés dans la dernière caisse, naturellement, tout en dessous des rouleaux de tapis.Ensuite, un nouvel épicier à chercher: son beurre n’est pas bon, son lait trop bien baptisé.Pas moyen de trouver un Chinois dans le quartier." Bah! on oublie tout cela, on travaille ferme pendant un mois, $58.00 de réparations, $40.00 de déménagement.et on s’installe.pour la vie?Non.jusqu’à l’année suivante! CONCERT CHARTIER M.Louis Chartier, le distingué baryton, qui donne un concert au Ritz Carlton, le 7 mai prochain, avec le concours de Madame Harold Mills, soprano, patira sous peu pour New-York, où l’attend un engagement très important.Tous ceux qui suivent le moindrement la carrière de cet artiste si bien doué savent que M.Chartier est appelé à faire honneur au Canada par les qualités sérieuses de sa voix.Aussi, le concert qu’il donne le 7 mai prochain promet d'être un succès sous tous les rapports.CONCERT HERALY Le quinzième grand concert annuel du professeur F.Héraly, qui compte toujours parmi les événements artistiques les plus appréciés, aura lieu jeudi, 22 mai, à 8.30 heures, à la salle Lafontaine, 352 rue Sherbrooke Est.Le professeur Héraly, du Conservatoire Royal de Liège, est un de nos musiciens les plus doués et les plus aimés du public.A ce concert, il sera secondé par Mesdames D.Masson, A.Verdickt, Mlles Estelle Giroux, B.Benoit: MM.Paul Coutlée et Paul Pratt.*** LE FESTIVAL DE GRAND OPERA Devant le développement de l’art lyrique à Montréal, sous forme d’opéra, l'idée de grouper dans un même effort tous nos meilleurs éléments et de les entourer d’artistes professionnels du dehors, est non seulement excellente, mais devra produire des résultats merveilleux.Les artistes du dehors sont des premières étoiles des opéras Metropolitan de New-York et de Chicago.Voici le programme et quelques noms des distributions: Lundi, 12 mai, “Faust”: MM.Errolle, Ro-thier, Vaillancourt, Gauthier.Mmes Christian, Cour ville, Labranche; mardi, 13 mai, “Lakmé”: Mmes Fischer, Brault; MM.Desautels, Faquin, Vaillancourt, etc.Mercredi, 14 mai, “Mignon”: Mmes Brault, Christian; MM.Errolle, Faquin, Desautels, etc.Jeudi, 15 mai, grand gala, “Carmen” : MM.Lamont, Rothier, Vaillancourt, Gauthier, Thibaudeau; Mines Brault, Gonthier, Labranche, V.Brault.Vendredi, 16 mai, “Mireille”: MM.Prieur, Vaillancourt, Faquin, Leclaire, Gauthier; Mmes Gonthier, Labranche, Brosseau, Courville.Samedi, matinée, reprise de “Lakmé” avec une nouvelle distribution et samedi soir, reprise de “Faust” avec le célèbre ténor Lamont dans le rôle-titre.Les chefs d’orchestre seront MM.Roberval et Laurendeau.L’AMOUR VAINQUEUR Rares sont nos auteurs dramatiques et il nous est rarement donné d’assister à une “première” d’une pièce de quelqu’un de chez nous.Voici qu’on annonce que Mme Lucy Marsoll, écrivain et artiste dramatique, va faire représenter, au théâtre Arcade, sa dernière œuvre “L’Amour Vainqueur.” Nous savons le beau talent de Mme Marsoll.Elle l’a tout mis dans cette pièce, à l’intrigue dramatique où se mêlent quelques incidents comiques, ici et là.C’est une pièce essentiellement canadienne, bien écrite, et qui sera représentée pour la première fois à l’Arcade, le 5 mai.“L’Amour Vainqueur” est l’adieu de son auteur.En effet, Mme Marsoll nous quittera bientôt pour rentrer en France.Son geste d’adieu est délicieux.“LE PARADIS PERDU” Le 15 mai prochain aura lieu, au Monument National, l’interprétation du “Paradis Perdu” de Théo Dubois, par.l’Association Chorale Saint-Louis de France, composée d’un chœur mixte de 200 voix avec accompagnement d’un orchestre complet.Il est une page aussi qui mérite d’être signalée, tant elle est empreinte de grâce printannière, et de pure fraîcheur; c’est le “Chant du Matin,” écrit pour soprani, tenors et alti.L’ENFANCE BELGE Le gala organisé par .Mme Damien Masson, au profit du Fonds Montréalais de Secours de l’Enfance Belge, qui aura lieu au Théâtre Orphéum, le dimanche, 11 mai, à 8.15 heures, promet d’être l’événement select de la saison.Au programme, nous voyons tout d’abord le nom de M.Edgar Becman, qui, sur la demande du comité, veut bien prêter le concours de son incomparable talent à cette fête d’art et de charité.Nous entendrons ensuite Mme Jeanne Mau-bourg-Roberval dans un groupe de chansons françaises, qu’elle détaillera avec le charme émotif et l’art parfait qui lui valent tous ses succès.Mlle Blanche Gonthier et M.Honoré Vaillancourt, de la Société Lyrique des Artistes Canadiens, interpréteront les “Noces de Jeannette,” sous la direction de M.A.Roberval.Les “Dux Pierrots” d’Edmond Rostand sont mis au programme sur demande. ——————— ¦ o ?) o LA SEMAINE L’ENTR’ACTE REPONSE DU FANTAISISTE COMIQUE SOUFFLEUR J’ai tapé dans l’oeil à la Colonelle Créée rar POLIN, à la Scala.1 Les camarad’s du régiment Y voudront peut-êtr’ ben par l’croire, La chos’ qui m’arrive à présent, Cré bon sang! c’est toute une histoire! S’ils peuv’nt se vanter, les lapins, D’avoir subjugé quéqu’ donzelle, Moi, j’ies enfonc’ tous ces malins.J’ai tapé dans l’œil à la colonelle.2 Ça, c’est v’nu, j’vas vous dir’ comment : L’ colonel aux manœuvr’s d’automne Vient de partir tout dernièr’ment, Me laissant sa femme et sa bonne.La colonell’, qui s’y connaît, A jugé ma prestanc’ fort belle ; J’m’ai dit, voyant qu’ell’ me r’luquait : J’ai tapé dans l’œil à la colonelle! 3 Jusqu’à présent, comm’ simpl’ troupier, Je n’avais eu pour connaissance Qu’la nourrie’ qui d’meure au premier, Un’ gross’ fill’ qui s’appelle Hortense.J’viens lui dire: Je n’peux plus vraiment Frayer avec vous, mad'moiselle! Faut vous chercher un autre amant.J’ai tapé dans l’œil de la colonelle! 4 EU' me fait cirer les parquets, L’matin, c’est moi qui bross’ sa robe, EU’ m’fait laver les cabinets, Il faut vraiment qu’c’te femm’ me gobe! De plus, quand elle est d'bonne humeur: Triple buse! Idiot! qu’ell’ m’appelle.Vous voyez bien, y a pas d’erreur.J’ai tapé dans l’œil à la coloneUe! 5 Un jour qu’ell' dormait dans l’jardin, Sur son p’tit nez s’prom’nait un’ mouche : J’veux la chasser avec la main, Mais faut-il que j’en aie un’ couche! De la mouch' je m’approch’ tout près Et pour l’écraser j’tap’ sur elle; J’m’anqu’ la mouche et sans i’faire exprès.J’ai tapé dans l’œil à la coloneUe! 6 J’prends un' résolution extrême ; Voyant qu’ell’ n’os’ pas s’déclarer, Je lui dis: Moi-z-aussi, j’vous aime! Puis à ses pieds je vais m’jeter.Au mêm’ moment l’colonel rentre ; Pensez s’il me fait bon accueil! Il m’Uanque un coup d’pied.pas dans l'ventre.Le colonel, y m’a tapé dans l’œil! H y a dans le monde, dit-on, sept sortes de femmes.La femme patiente, qui pourrait faire rôtir un bœuf avec une lentille de télescope; La femme curieuse, qui voudrait tourner un arc-en-ciel à l’envers pour savoir en quoi il est doublé.La femme vulgaire, qui est une espèce d’ar-raignée, se croyant capable de filer de la soie; La femme prudente, qui écrit toutes ses prouesses sur une ardoise; La femme envieuse, qui se ruine la santé pour être lacée plus serrée que sa rivale; La femme extravagante, qui brûle une bougie pour trouver une allumette; La femme heureuse, mais elle est morte il y a déjà plusieurs années dans un asile de sourdes-muettes.Sur la rue, entre flâneurs : —La mode est aux aéroplanes, en ce moment; de toutes parts on les encense.—Peuh! il y a longtemps qu’ils sont blasés là-dessus.—Comment cela ?—Dame, ils sont tellement habitués à être portés “aux nues!" —Il paraît que le futur est très riche ?—Cousu d’or.Et sa finacée lui apporte encore beaucoup d’argent.—Alors, ce n’est pas une alliance, c’est un alliage.Un bourreau conduisant au gibet un pauvre diable, lui dit: — Ecoutez, je ferai de mon mieux; mais je dois vous prévenir que je n'ai jamais pendu.— Ma foi, répond le patient, je vous avouerai également que je n’ai jamais été pendu non.plus; mais, que voulez-vous! nous y mettrons chacun du nôtre.Il faut espérer que nous nous en tirerons.On dit des musiciens que, quand il s’agit de payer, ils sont rarement en mesure.Napoléon 1er aimait assez les calembours.En 1796, lorsqu’il sollicitait le commandement en chef de l’armée d’Italie, il n'avait que vingt-sept ans; et, lui opposant son âge, on balançait à le nommer.Vous me trouvez trop jeune, dit-il, pour commander en chef; eh bien!, accordez-moi ma demande, et je vous réponds que dans six mois j’aurai Milan.—Mademoiselle, de grâce- ne m’appelez pas M.Boisbriand.—Mais, il y a si peu de temps que je vous connais que je n’ose pas.—C’est que.je m’appelle Charlebois.Raoul, pour les dames.Rose d’Avril.—Envoyez cette chanson; vous aurez une réponse dans ce courrier.L.L.M.—L’âge de M.Scheler?Voilà une chose que je ne sais pas.Rita.—Je suis sans nouvelles de Fréjust, mais on dit qu’il revient au Canada.Amoureuse.—Raoul Charlebois n’a pas d’“amie”_ comme vous dites.que je sache.Etoile du Printemps.—M.Dauriac est célibataire, mais il ne paie pas encore la taxe.Lumen.—Geo.Legrand s’est retiré à l'Ile l Perrot, Villa-Lilo.J.P.—Mme Lucy Marsoll retournera en France dans une quinzaine; elle s’occupera de journalisme, à Paris.Bébé.—Maurice Castel est un sujet du Roi Albert 1er.Emélie.—Hector Pellerin n’est pas libre: c’est malheureux pour vous.Tit-Jos.—Madame Yvonne Garrick avait joué à l’Orphéum au début de la saison.Marguerite.—Je crois que M.Lery vous répondrait.Aciressêz vos lettres comme ceci: LE SOUFFLEUR, Théâtres et Concerts, Casier Postal : 41, Station C.Montréal. LES MILLIONS DE AMVSEVR ' DES PEVPLES (Suite) Nouveau Canard “L’invention du Sun est tout à fait spirituelle, et drolatique infiniment.Elle n’a qu’un point faible: c’est que Tante Joice n'est pas morte.Du Connecticut, où elle est en ce moment, on nous envoie d’excellentes nouvelles de sa santé.Le corps livré à l’autopsie des médecins de New-York, sous le nom de Joice, est celui d’une esclave appartenant à M.Clarke, de Harlem, et âgée de quatre-vingt ans.” Une polémique formidable s’engagea sur la question entre les deux feuilles rivales.Gordon Bennett, abusé par Lyman, imprima qu’il avait “entre les mains” des témoignages de l’existence de Tante Joice.Le public, comme de juste, donna raison au Herald, défenseur d’une légende agréable au sentiment de la foule.A la fin pourtant, Bennett s’aperçut qu’il était joué.Rencontrant Lyman dans la rue, il lui donna un soufflet.Mais le rusé compère n’eut garde de se fâcher.Loin de là, il mit cette rencontre à profit; séance tenante il offrit à Bennett, enchanté de trouver le mot de la fin, que celui-ci n’eut garde de refuser.Le Herald publia un long et définitif article.Il reprit l’affaire, et victorieusement, démontra que Tante Joice avait nourri de son lait le père glorieux de la patrie yankee.Tout le monde aux Etats-Unis resta dans le sentiment que le Sun avait commis des irrévérencieuses plaisanteries sur la personne de Joice, ou même quelque crime de profanation patriotique.Tante Joice m’avait coûté $500.dollars.Elle m’en rapporta $11.000.*** LES JOURS NOIRS Au bas de l’échelle.—Ascension.— Le musé Américain.1839-1840! Dates pour Barnum, à marquer d’une double pierre noire.Las de faire le banquiste errant, j’eus recours à l’annonce.Et je publiai dans les journaux l’avis suivant : “J’ai* $2,500.Je cherche un associé et une entreprise lucrative.” Il me vint quatre-vingt-seize réponses.Brasseurs de bière proposant la création d’un “bar,” prêteurs sur gages, vendeurs de remèdes discrets, inventeurs.L’un m’offrit de faire de faux “greenbacks,” de la Banque de New-York.Un honnête “quaker” connaissant une “spécualtion de toute sécurité sur l’avoine.” Il achetait aux fermiers et revendait aux cochers, son habit religieux rendait coulant sur le mesurage, et c’est là qu’était le bénéfice.Un docteur possédait la vraie recette de la graisse d’ours pour faire repousser les cheveux: du saindoux et du suif, avec cet écriteau; “Demain on tue l’ours.” Mieux valait encore promener la tente du cirque.Au printemps de 1840, j’exhibai au “Vaux-Hall” une petite troupe lyrique et comique.Plusieurs de mes pensionnaires acquirent depuis une certaine renommée: Mary Taylor, entre autres.Mais je ne fis pas un dollar.J’engageai alors Master Diamant, ministrel nègre, un flûtiste, et le mime-bouffon Jenkins.D’Etat en Etat, nous gagnâmes le Sud.Dans les villes où se publiaient des journaux tout allait bien: mon principe a toujours été de semer des dollars chez les courtiers d’annonces, pour en moissonner à mon tour des centaines.Mais dans les régions sans journaux, ce fut parfois bien dur.Piteusement, de guerre lasse, je dûs regagner New-York.Le Sud ne m’était décidément point favorable!.Dans la grande ville, je connus alors de longs jours noirs.Il me fallut toute mon activité et mon esprit d’invention pour trouver la becquée quotidienne attendue à mon pauvre nid.Un article ou deux, placés de-ci de-là dans les journaux hebdomadaires, me fournirent pain, thé, bière et lait.Je m’avisai aussi de placer à crédit, une superbe Bible illustrée.Dûr métier que celui de courtier dans cette “partie.” Enfin, à New-Haven, des étudiants en théologie me dévalisèrent jusqu’au dernier exemplaire.Pour regagner mon “home” ce fut ma montre qui paya mon ticket.Quelques six mois auparavant j’avais, par un heureux hasard, mis $350.dans l’épicerie d'un camarade.Et ce fut le bénéfice médiocre mais régulier de ce sage placement qui m’empêcha de mourir de faim.Aussi, depuis lors, même aux années de fortune et de prospérité, toujours comme un fétiche, Barnum se garda la poire pour la soif d'un intérêt en quelque épicerie achalandée.Bref, j'étais au plus bas échelon de mes espérances d’avenir quand cette nouvelle retentit à mes.oreilles: “Le musée Scudder est à vendre.” Pays d’hier, l’Amérique n’a pas eu, tout d’abord, le temps ni les occasions de réunir méthodiquement, patiemment, ces musée de l’histoire des sciences, de l’art, de la mode, du goût qui, en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Hollande, en Espagne, commandent l’admiration universelle.L’un des premiers chez nous, un certain Scudder, forma une collection de curiosités naturelles, à entrée payante.Il gagna gros.Or, Scudder venait de mourir, laissant deux orphelines, et personne pour diriger 1’“affaire” après lui.On allait vendre.La mise à prix était de $15,000.La collection en avait coûté $50,000 et en valait $100,000.D’abord, je me dis: “Barnum, voilà juste ce qu’il te faut.” Mais $15,000.Et en outre le loyer, les frais d’organisation, de lancement.Au bas mot, $20,000: 100,000 francs.Moi qui en gagnais à peine 5 à 6 par semaine.On était au 11 novembre, et la vente était annoncée pour le 16.ue musée occupait une grande maison, propriété d’un certain M.Olmstead, riche marchand, retiré, qu’on disait inabordable.Je m’en fus le trouver: ‘.‘Le musée, lui dis-je, va rester sans acquéreur, et vous laisser sans locataire.Je vous fais une proposition: je n’ai pas d’argent; achetez à ma place les collections de Scudder, revendez-les moi avec un bénéfice raisonnable, et faites-moi crédit.Je gagnerai de quoi vous payer et vous conserverez un bon locataire.—Mais, à défaut d’argent, vous avez des garanties, des répondants?—Des garanties: non! Pour des répondants: mon nom est Phinéas Barnum, du Connecticut.A New-York, Gordon Bennett, du Herald, Beach, du Sun, les directeurs des théâtres Simpson et Niblo vous diront quel homme je suis! —Correct, revenez après-demain ! Telle fut notre première entrevue.La seconde nous mit d’accord sur tous les points.(A suivre)
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