Le progrès du Golfe, 20 juillet 1945, vendredi 20 juillet 1945
Rlmouskl, vendredi, 20julllef 1945 42ième année (1904) No 14 A* Au porf de Rimeuzkt PROGRES DU GOLFE •¦v:~r., -**¦ J; Y y, v PubtU par 1# Cl* du Progrès du Golf* AIME DIEU.ET VA TON CHEMIN heprimé par l'Imprimerie Gilbert Limitée -____ — LE CHEMIN DE FER ANECDOTIQUE .UN PRECIEUX POISSON LA CONFERENCE DES TROIS A POTSDAM H h (Commentaires de la British Uni fed Press pour le Progrès du Golfe) tent une intervention coordonnée.il est signilicatif que les chefs allies aient choisi l'Allemagne comme lie» de leur réunion.Ils veulent sans doute démontrer aux Allemands qu'ils sont définitivement vaincus et qu'ils n'ont pas a espérer reprendre une nouvelle guerre.C'est au milieu des ruines de rAllemagne que les chefs adies ont voulu entreprendre la tâche de prévenir une autre guerre aussi désastreuse.Le premier problème qui se pose aux trois chefs alliés est d'abord l'administration et le main-.ien de l’ordre on Allemagne, puis les mesures à prendre pour rendre l'Allemagne impuissante à déclancher un nouveau conflit en mondial.Ils devront décider l'Allemagne restera unifiée ou si elle sera démembrée en petits E-tats.On s'est bien amusé du réquisitoire que.en pleine séance d'un de nos premiers Parlements, te député do Champlain, Thomas Mar-childon, homme bien intentionné, d'une verve peu commune et dont les deux bêtes noires étaient l'Anglais et le Chemin de fer.prononça.un jour, contre la construction de l'Intercolonial et, en général, contre tout projet de même nature : •< Pensez-y donc, s'écriait-il, » pensez-y donc à cette bête à feu qui passe dans les campagnes, d'une paroisse à l’autre, sans comparaison comme un steamboat qui chercherait de l'eau, pendant que les vaches montent les clos et sautent les barrières la queue en l'air et raides comme des chandelles; croyez-vous que c'est pas assez pour faire tarir ces pauvres bêtes-là ?Et qu'est-ce qui arrivera quand on n'aura plus de lait ?Pas de lait, pas d'enfants; pas d'enfants, pas de familles; pas do familles, pas de Canayens.rien que des Anglais et des Irlandais ! ».Mais cet hilarant discours, dont le texte a été recueilli par Louis Fréchette, n'était pas sans précédent; et le précédent remontait loin dans le passé.On eût dit que le brave Marchildon avait lu le compte rendu des discussions, des protestations, des enquêtes, qui eurent lieu en Angleterre lors de la construction du premier chemin de fer des I-les britanniques en 1825, le « Darlington et Storckton ».La première locomotive do ce railroad était conduite par l'inventeur lui-même, Stephenson, qui.pour mettre le feu au foyer, s'était servi d'un verre grossissant allumant un morceau d'amadou, les allumettes é-tant alors inconnues.Stephenson avait la foi, mais quelle opposition ne rencontra-t-il pas lorsqu'il voulut tracer la ligne de Liverpool à Manchester.Il faillit même, un jour, être jeté à l'eau.On disait que son chemin de fer allait empêcher les vaches de paître et les poules de pondre; que la fumée des locomotives allait empoisonner les oiseaux; que la suppression des chevaux empêcherait la vente du foin et de 1 avoine; que.d'ailleurs, les chaudières, en éclatant, allaient tuer les voyageurs.En 1825, un bill fut présenté au Parlement pour la concession de ce premier chemin de fer.Stephenson fut interrogé comme s'il eut été soumis à la torture.On chercha surtout à le faire passer pour fou.Un membre du comité d'enquête lui posa même cette question : « Si une vache venait à s'engager sur la voie et à se trouver sur le passage d'une locomotive remorquant un convoi avec une vitesse de dix milles à l'heure, ne serait-ce point là un cas très grave ?» Stephenson aurait alors répondu : •< Assurément oui, ce serait un cas très grave, mais.pour la vache.».Rappelons que Stephenson prédisait qu'un jour les chemins de fer remplaceraient presque tous les autres moyens de transport.Il ne s'est guère trompé.Sa locomotive con'enait 240 gallons d’eau et une demi-tonne de charbon, et elle filait à la vitesse ordinaire d'un cheval.Une dépêche annonçait, ces jours derniers, qu'un banc phénoménal de maquereaux avait longé la côte sud des lies do la Madeleine.Ce fut une véritable manne pour les pêcheurs qui firent, c'est le cas de le dire, la pêche miraculeuse.Leurs filets se rompirent ni plus ni moins.On n'avait jamais encore, dans cos parages, assisté à une pareille invasion de ces poissons.C'est donc dire que le maquereau est revenu.Au vrai, on le pêchait depuis quelques années, mais de façon normale.Il était revenu en hésitant, pourrait-on dire.Vers le milieu du siècle dernier, on le pêchait aussi dans* le Golfe.Mais tout à coup, à la fin du siècle, il disparaissait subitement et l'on craignait qu'il ne reviendrait jamais plus.C'est ce qui faisait écrire, en 1893, à Henry de Puyjalon : « Autrefois nous étions riches en maquereau.Il a disparu.Les pêcheurs américains l'ont chassé de partout.Nous ne le voyons plus pénétrer dans nos baies en troupes immenses.Les parages qu'il affectionnait sont déserts.Les •< planteurs » de la côte ont renoncé à le poursuivre et l'on ne voit plus leurs embarcations légères, armées de longues lignes flottantes, « maquereller » les jours calmes et parcourir en tous sens la surface des eaux à peine ridée par les brises chaudes de l'été.«« Où est-il allé ?« Qu'est devenu cet animal exquis, à la chair savoureuse, aux couleurs chatoyantes ?Qui nous ramènera ce poisson idéal, qui fait encore soupirer toutes mes gourmandises ?Qui nous rendra le maquereau ?» Comme on le voit.1' « homme du Labrador » avait pour le maquereau une profonde admiration.Que les mânes de Puyjalon se consolent, le maquereau est revenu.C'eût été, d'ailleurs, un grand malheur pour les pêcheurs maritimes s'il avait décidé de ne plus jamais reparaître dans nos eaux.Car il est une richesse, en particulier pour les Madelinots.Quand il vient en abondance dans le Golfe, il est l'objet d'un commerce fructueux.On en prend alors des milliers et des milliers de tonnes j que l'on dirige en grande partie vers les ports des Etats-Unis.Les 1 Américains, semble-t-il.ont une prédilection pour ce poisson.Au- | jourd'hui, ce sont eux qui en absorbent la plus grande partie des prises et, autrefois, c'était les pêcheurs américains qui venaient librement le pêcher dans nos eaux et qui, avec leurs « trapp-netts », engin destructeur par excellence de toute catégorie de poissons, j provoquèrent sa disparition il y a une cinquantaine d'années.Dieu ; merci, les lois protectrices et les conventions passées entre les E- J tats-Unis et le Canada ont mis fin aux massacres passés alors que l'on vit détruire, en maints endroits du golfe, des quantités prodigieuses de poissons de toute nature qui, à la suite de poursuites et de luttes des plus attristantes, se fourvoyaient dans ce que l'on ap- j pelait autrefois les « trappes dq la mort D'un autre côté, grâce aux études océanographiques faites, depuis quelques années, dans les stations biologiques, et, en particulier, à celle de Grande-Rivière, il sera possible, à l'avenir, prévenir ces fuites périodiques de poissons, morue, hareng, maquereau, qui disparaissent, une année, subitement, sans que l'on sache les causes de ces migrations qui plongent parfois les pêcheurs dans la misère.Il est probable que jamais aucune conférence n'a eu autant d'interét universel que celle des Irais grands chefs alliés en Allemagne.Cette conférence doit démontrer si les grandes puissances peuvent rester unies dans la paix comme pendant la guerre et si elles peuvent triompher des difficultés qu'entraînera la paix comme elles l'ont fait dans la guerre.On ne connaît pas encore a-vec précision le programme exact de la conférence tripartite de Potsdam, mais on connaît les problèmes multiples et épineux qui se posent à l'attention des chefs alliés.Ces problèmes devront trouver une solution et il appartiendra aux trois chefs conférence de les résoudre.Leurs décisions auront des répercussions dans tout l'univers et pour des générations à venir.A peu Ils devront aussi établir un or-près chaque coin du globe pré- dre stable dans plusieurs pays sente ses problèmes qui nécessi- qui présentent des problèmes à résoudre, particulièrement dans les Balkans et en Italie.Ces pays peuvent devenir des loyers de discordes et de conflits éléments de stabilité dans la Ütique européenne selon l'orientation que chefs alliés.ou des po- donneront les trois Toute la Méditerranée est lourée de pays où il faut rétablir I ordre.L'Italie vit dans le en- maras- me.la Grèce dans la crainte, et les Balkans dans l'incertitude.I.a question des Dardanelles te des complications que la Turquie voudrait voir régler à la conférence tripartite, mais la Russie soutient que cette question ne regarde que la Russie et la Turquie.Il est possible que le président Truman et le premier ministre Churchill appor- si reconnaissent le principe d'une discussion de cette question à la conférence, mais il est peu probable que Staline y consente.Six naufragés sauvés par le Capt.Adrien Tremblay et Grâce à notre concitoyen le capitaine Adrien Tremblay, de Nazareth.*< Sainte-Anne le marin Rodolphe Dubé, six jeunes Montréalais, en danger de périr dans les vagues du fleuve, prés du pont Jacques-Cartier, à Montréal, ont eu h vio sauve.Notre confrère la Putne raconte comme suit les détails de ce sauvetage.capitaine du bateau et à son second son navire », fl*.' ni R?»».Le Sainte-Anne, qui fait la na- ;¦ ¦ I vetto entre Montréal et Rimouski.arrivait à Montréal et s'apprêtait, dimanche le 8 juillet, à passer sous Hi de FROISSARD.I f V i le pont Jacques-Cartier, quand un coup de vont lit chavirer une chaloupe à voile dont tous les occupants tombèrent à 1 eau.A cet endroit, le courant est rapide et l'eau profonde.Les six naufragés demandaient du secours et faisaient signe à l'équipage du Sainte-Anne de les res- ûê s NAISSANCE D’UNE MARINE 4 i V MATHUR1N./ \ Le 12 novembre 1869, M.Childers, premier lord de l'Amirauté, annonçait que la quille du premier navire en fer construit dans les chantiers de l'arsenal de Portsmouth venait d'être posée.Ce navire était le « Devastation ».bâtiment de mer à tourelles, de 4406 tonneaux.et d'une puissance virtuelle de 800 chevaux.Un tournai de l'époque écrivit à ce sujet : « L'année 1869 marquera dans l'histoire de la marine anglaise comme la date de l'introduction des grands navires cuirassés sans mâts ni voiles, dépendant seulement de la vapeur pour leur propulsion, et de plus présentant dans leur construction le mode le plus parfait, dans l'état actuel des ces.du principe de la tourelle appliquée aux navires de guerre.Le “ Devastation » et le
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