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Titre :
La Nouvelle-France : revue des intérêts religieux et nationaux du Canada français
Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1902-1918
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Successeurs :
  • Parler français ,
  • Canada français
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La Nouvelle-France : revue des intérêts religieux et nationaux du Canada français, 1902-08, Collections de BAnQ.

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LA NOUVELLE-FRANCE REVUE DES INTÉRÊTS RELIGIEUX ET NATIONAUX DU CANADA FRANÇAIS AOUT 1902 Tome I N« 8 AVÈNEMENTS ROYAUX Les mois de mai et d’août, cette année, ont vu tour à tour un roi nouveau prendre en main le sceptre du pouvoir suprême.C’est le plus jeune des deux qui a précédé l’autre, comme le peuple de race latine qu’il va diriger a devancé la race anglo-saxonne, dont son aîné est le chef, clans la découverte d’un monde nouveau et dans la conquête d’un domaine assez vaste pour n’y jamais voir coucher le soleil.Alphonse XIII, roi par la mort de son père six mois avant sa naissance, n’a pas eu à se conformer à un rite spécial pour ceindre la couronne.C’est dans les bras de sa nourrice qu’il a ouvert ses premières Cortès.Parvenu à l’âge de majorité à seize ans, Sa Majesté Très Catholique a prêté le serment par lequel il assume les responsabilités du pouvoir royal.23 354 La Nouvelle-France Edouard, septième du nom, déjà grand-père, ne gravit les marches du trône qu’à l’âge de soixante ans.Nonobstant la longévité héréditaire de la lignée hanovérienne, on serait tenté, à cause de la grave opération qu’il vient de subir, de lui prédire un règne éphémère.D’un autre côté, le fardeau do la royauté, moins lourd que jadis, laisse vivre plus longtemps ceux qui en sont chargés.Sous le régime constitutionnel, où « le roi règne et ne gouverne pas, » la couronne pèse moins au front qui la porte : l’exécutif responsable allège singulièrement le travail et les soucis du souverain.Le roi Edouard ne saurait donc répéter avec son royal prédécesseur : Uneasy lies the head that wears a crown 1 .Les longues années d’attente et d’inaction forcée ont dû lui peser bien davantage.Il y a, entre ces deux avènements successifs, des analogies et des contrastes qu’il semble juste de signaler pour eu tirer quelques réflexions.Et d’abord, les ressemblances.Tous les deux succèdent à des femmes illustres.Alphonse reçoit de sa noble et vaillante mère, la reine régente Marie Christine, un royaume qu’il n’a pas tenu à cette dépositaire fidèle de ne pas lui transmettre intact.Edouard recueille un domaine qui, durant les soixante-quatre années du règne de sa mère, la reine Victoria, avait dilaté encore ses frontières déjà pourtant si reculées.Tous les deux montent au pouvoir au lendemain de guerres désastreuses qui ont coûté à leurs pays respectifs 1 — Shakespeare, Henry /F, Acte III. La Nouvelle-France 355 du sang et de l’or à profusion.Malgré les offres conciliantes d’une reine généreuse, qui avait su, dans le cloître l, apprécier les douceurs de la paix, l’ambition aveugle, la soif du lucre l’emportent ; l’Espagne, écrasée par la supériorité du nombre et des ressources, perd le plus beau joyau de sa couronne, « la perle des Antilles, » et sacrifie l’archipel des Philippines à la convoitise des Américains.L’Angleterre, de son côté, cédant à l’influence néfaste d’une presse soudoyée par des capitalistes avides, et sourde aux protestations maternelles d’une reine qui déplore l’effusion du sang, s’engage dans une guerre qui n’a rien ajouté au prestige des armes britanniques.Aux analogies succèdent les contrastes.Les deux races, latine et anglo - saxonne, si différentes de caractère, de religion, de mœurs et d’aspirations, ne sauraient simultanément jouer le même rôle ni jouir du même prestige.Du XVe au XVIIe siècle, l’Espagne fut la dominatrice du monde.Alors, le soleil, à chaque instant de sa course, éclairait quelque portion de son immense domaine dans l’une ou l’autre hémisphère.Au XVIIIe siècle ce privilège éclieoit à l’Angleterre qui l’a conservé et accru durant le XIXe siècle, malgré la rupture entre les colonies américaines et la mère-patrie.Cette primauté universelle sera-t-elle toujours l’apanage d’Albion ?La consacrera-t-elle par une fusion fraternelle avec les Anglo-saxons de la grande république américaine ?Mais celle-ci, quelque homogène qu’elle tende à devenir par la langue, ne saurait l’être en réalité par suite de la 1 — Elle avait été abbesse du couvent de Hehvadin, à Prague, où des dames chanoinesses do la haute aristocratie vivent en communauté, sans être liées par des vœux. La Nouvelle-France 356 profonde diversité des éléments qui la composent au détriment de l’unité du type primordial.D’un autre côté, la fédération projetée entre les races latines de l’Ancien et du Nouveau-Monde redonnera-t-elle à celles-ci, avec la prédominance intellectuelle qui leur appartient par droit de naissance, la prépondérance maritime et commerciale qui fut jadis le corollaire de leur expansion territoriale ?Faut-il en voir un présage dans le réveil religieux de l’Amérique latine, dans son retour progressif aux lois et à la discipline salutaires et civilisatrices de l’Eglise, sous la poussée inspirée des deux grands Pontifes du XIXe siècle, Pie et Léon ?Il nous est permis de le croire.En attendant, le spectre du pangermanisme et du panslavisme surgit à l’horizon et inspire de sérieuses, voire de sombres réflexions, à ceux qui interrogent l’avenir.Mais ne perdons pas de vue les deux rois qui, s’ils ont entre eux quelques ressemblances, offrent aussi de notables contrastes, outre celui de leur âge et de leur origine.Alphonse est le filleul du vicaire du Christ ; sa foi est celle des saints rois qui ont porté comme lui la couronne de Castille et d’Aragon.Edouard est, pour un grand nombre de ses sujets, le chef d’une église qui a rompu depuis trois siècles avec l’unité catholique.Et si, par un traditionalisme plein d’anomalies dont la conservatrice Angleterre a le secret, il s’intitule encore « Défenseur de la foi, » ce compliment immérité d’un Pape au plus mécréant de ses ancêtres ne sert qu’à mettre en évidence l’abîme qui le sépare encore du siège de Pierre.Et pourtant — nouvelle contradiction ! — le roi d’Angleterre est couronné dans l’abbaye de Westminster, dédiée au premier Pape, Pierre, par Mellitus, premier évoque de Londres, restaurée et La Nouvelle-France 357 embellie par Edouard-le-Confesseur, et toujours sanctifiée par sa dépouille vénérable.C’est par un contraste non moins frappant que le roi d’Angleterre doit ceindre la couronne du plus fidèle de ses prédécesseurs, de ce même chaste Edouard dont il porte le nom vénéré.Mais ici l’histoire s’est chargée de démentir l’exactitude de la tradition ; car le dernier roi qui ait porté la couronne d’Edouard fut Charles Ier.La révolution de Cromwell, qui a versé son sang, a également détruit les insignes de la dignité royale, reliques du saint roi saxon.Ceux qui les ont remplacés n’en sont que des imitations, comme le culte erroné qu’on a substitué à la foi de Grégoire et d’Augustin ne saurait être qu’un pseudo - catholicisme, en dépit de la persistance officielle à se parer d’un titre également contredit par la logique et par l’évidence des faits.Jadis les rois chrétiens tenaient à l’onction du saint chrême, ceux des pays britanniques plus que tous autres, puisque le premier roi d’Occident qui l’ait reçue fut Aidhan, roi d’Ecosse, « consacré et bénit, » nous dit l’histoire, par saint Colomban, dans l’île d’Iona, où dort la poussière de soixante rois.« Pas de baume, pas de roi, » tel était l’axiome reçu chez les rois d’antan.Cette foi en Ponction sacrée si chère aux rois d’Albion, comme à ceux de toute la chrétienté aux âges de foi, ne fut jamais mieux exprimée que par la parole attribuée par Shakespeare au malheureux Richard II : « Toute l’eau de la mer rude et orageuse ne saurait laver le baume d’un roi qui en a reçu Ponction b » Il disait vrai ; car, déposé par son cousin, Henri IV d’Angleterre, puis assassiné, dit-on, par I — Not all the water in the rough rude sea can wash the balm from an a nointed King.(Richard II, Acte III, scène II). 358 La Nouvelle-France l’ordre de cet usurpateur, il ne devait effacer que dans son propre sang le baume de l’onction royale.Edouard VII, comme ses prédécesseurs depuis Jacques II, a été oint avec de l’huile d’olive pure et simple, laquelle, d’après un auteur récent, « depuis l’époque des Stuarts, a suffi à nos souverains b » Au reste, en dépit des prétentions de F ultra-ritualisme, pareille onction ne saurait avoir aucun caractère sacramentel, même dans l’acception la plus large du mot.Rome, en permettant aux pairs catholiques et à d’autres ayant droit d’assister à la solennité du couronnement, déclare que la présence du roi lui donne un caractère purement civil.Mais gardienne indéfectible de la parole sacrée qui enseigne que « tout pouvoir vient de Dieu, » maîtressse inspirée du respect dû, de par la loi divine, à l’autorité légitimement constituée, l’Eglise a toujours été, comme elle l’est aujourd’hui, le plus ferme, souvent le seul appui véritable du trône.C’est elle qui nous a invités à exprimer notre reconnaissance au jour du couronnement par le chant solennel du Te Deum, qui nous a, en signe de joie, dispensés de l’abstinence et du jeûne F avant-veille et la vigile de la fête des saints apôtres Pierre et Paul, qui, chose singulière, devaient, sans la maladie soudaine du roi, coïncider avec la série des fêtes de l’avènement.Puissent ces rapprochements, au lieu d’offrir des contrastes qu’on ne peut se lasser de déplorer, être au contraire le présage du retour à l’unité de la foi de cette Angleterre, jadis « File des Saints, » de ce peuple dont la trop grande loyauté à un indigne souverain, au dire de l’illustre 1— rail Mall Magazine, juin 1VU2, page 104. La Nouvelle-France 359 Newman, a entraîné jadis la ruine spirituelle, et à qui, comme à ceux du Danemark et de la Scandinavie, on a, par degrés, et par un plan savamment et hypocritement combiné, escamoté, pour ainsi dire, son ancienne croyance.Le mouvement accéléré des retours individuels au giron de la sainte Eglise n’est-il pas de nature à justifier cette espérance 1 ?Quand les nations jadis très chrétiennes, quand les peuples latins qui doivent tout à l’Eglise, abusant du régime constitutionnel qui, chez eux, presque invariablement, au dire même de publicistes incroyants, aboutit au libéralisme anti-clérical, persécutent la mère qui les a engendrés à la foi, à la civilisation, à la grandeur nationale, la protestante Angleterre, en vertu de ces mêmes principes libéraux dont la tolérance est le dogme fondamental et la conséquence logique, accueille les religieux expulsés des pays latins.Le Dieu rémunérateur s’en souvient.Déjà l’hospitalité donnée aux évêques et aux prêtres chassés de France par la Révolution de ’93, et la généreuse sympathie qui a fait voter des subsides pour leur soutien, ont mérité à l’Angleterre une partie de sa récompense.L’étincelle de foi restée latente au sein des vieilles familles catholiques s’est ravivée au contact des apôtres d’outreManche.Le sang des martyrs anglais intercédait toujours 1 — Notre époque a vu le premier lord maire catholique de Londres depuis la Réforme, Sir Stuart Knill, le premier juge-en-chef catholique, Sir Charles Russell.Sir William White, ambassadeur anglais à Constantinople, se félici tait naguère d’être le seul représentant anglais catholique à l’étranger depuis Elizabeth.Cet honneur a été partagé plus récemment par Sir Henry Howard, ambassadeur anglais à la Haye, Sir Francis Plunkett, à Vienne, et par d’autres.Sir Martin Gosselin, également catholique, vient d’être envoyé à Lisbonne. La Nouvelle-France 360 pour la conversion de leurs compatriotes.Le Cœur Sacré du divin Maître, honoré dès le XVIIe siècle, à Londres, capitale de l’hérésie, par le serviteur de Dieu qui devait être plus tard dans l’Eglise l’apôtre officiel de cette dévotion salutaire, le vénérable Claude de la Colombière, le Cœur de Jésus avait éclairé et réchauffé les âmes des ardeurs de sa charité, préparant de loin la résurrection spirituelle dont nous sommes les heureux témoins.Le drapeau britannique protège aujourd’hui les missions catholiques eu Asie, en Afrique, dans l’Océanie, et contribue ainsi efficacement, bien que d’une manière indirecte, à l’extension du royaume du Christ1.Il protège également nos "libertés religieuses et civiles, qui seront toujours sauvegardées si nous savons rester unis pour les défendre aussi fièrement quelles ont été vaillamment conquises.Le jour viendra bientôt où la dernière insulte à notre foi inscrite dans les statuts de l’Angleterre en aura été effacée.Si un parlement aveugle et entêté a forcé naguère le Roi, malgré ses répugnances, à prononcer un serment outrageant pour plus de dix millions de ses plus loyaux sujets, pareil fait ne se renouvellera plus.C’est la croyance de ceux qui réfléchissent, que la formule offensive du serment royal a vécu, comme les lois pénales et l’inéligibilité des catholiques aux charges de l’Empire.Nous pouvions donc chanter à bon droit le Te Deurn qui a signalé l’avènement de notre Roi, et nous continuerons à dire avec la sainte Eglise : Domine, salvumfac retjem ! L’abbé L.Lindsay.]__Léon XIII a déclaré aux ministres australiens qui le visitèrent tout récemment qu'en aucun pays du monde l’Eglise catholique ne jouit de plus do liberté qu’en Angleterre et ses colonies. PAGES INÉDITES D’ERNEST IIELLO LETTRE D’INTRODUCTION Monsieur le Directeur, Vous me demandez quelques mots d’introduction aux pages inédites d’Ernest Hello dont vous commencez aujourd’hui la publication, et vous désirez surtout connaître les circonstances heureuses qui ont fait passer ces belles pages entre mes mains pour les transmettre à la Nouvelle-France.Il faut donc vous raconter un peu mon petit pèlerinage à Kéroman, au tombeau et à la maison d’Ernest Hello.Il me serait plus facile de vous dire mon admiration et mon amour pour le grand penseur et poète chrétien que do vous raconter comment cet amour me poussa un jour jusqu’à Lorient, au fond de la Bretagne, et me donna l’audace de me présenter au château de Kéroman, seul et sans autre recommandation qu’un simple billet que je fis passer à Mmt' Hello, pour lui dire le but de mon voyage et lui offrir l’hommage d’un jeune prêtre canadien, admirateur d’Ernest Hello et de Jean Lander.Mme Hello comprit sans peine le sentiment qui m’avait amené et m’accueillit avec une extrême bienveillance.« Un ami d’Ernest ! Soyez le bienvenu.» Et me présentant à M.Henri Lasserre et à Mme Lasserre, alors ses hôtes : « Un ami d’Ernest qui nous arrive du Canada.Comme ce pauvre Ernest serait heureux de voir des amis lui arriver de si loin ! » Et il fallut causer de tout, voir la bibliothèque, la chambre de travail, et surtout le petit pavillon au fond du jardin, au bord de l’Océan où Hello passa bien des heures de sa vie à prier, à méditer et à écrire.Vous avez lu les récits de Jean Lander, récits charmants par leur douce familiarité et souvent admirables par la profondeur La Nouvelle-France 362 des sentiments et l’élévation de la pensée ; vous savez aussi par le livre si vrai de M.Joseph Serre, ce que fut pour le grand écrivain l’épouse qui fut elle-même assez grande pour le comprendre, -assez forte pour le soutenir et le consoler : le charme des récits et la grande âme de l’épouse se retrouvent dans la conversation de Mme Hello, maintenant âgée de quatre-vingts ans.On ne se lasse jamais de l’entendre, surtout lorsqu’elle nous parle de « son cher Ernest.» Au lieu des quelques minutes que j’avais espéré passer sous le toit d’Ernest Hello, il fallut accepter l’hospitalité, passer tout un beau jour avec M"1C Hello et M.et Mme Lasserre, et même promettre de revenir avant de partir pour le cher Canada.Et je suis retourné.Il y a aujourd’hui un au, au jour anniversaire de la mort du grand Hello, j’étais de nouveau à Kéroman et je célébrais la sainte messe dans la petite chapelle du château, pour lui et à toutes les intentions de sa vénérable épouse.Je passai là cette fois quelques jours, encore trop rapides pour moi, me promenant sous les grands chênes qui virent tant de fois passer « le pauvre Hello ; » je retournai au cimetière m’agenouiller sur sa tombe que marque une grande croix de granit d’un caractère de particulière et solennelle grandeur, et surtout, je me nourris de sa pensée et de sa vie que me racontait si bien M Hello.Naturellement, l’entretien nous amena à parler des œuvres inédites, et c’est avec grande joie que je reçus la permission de lire « ces manuscrits, fragments épars d’une grande pensée, pages intimes, religieusement recueillies, recopiées et mises en ordre par les soins de Mmc Hello, dont la main intelligente et l’œil exercé pouvaient seuls accomplir la tâche, et sauver pour nous et pour la postérité toute une part des œuvres, la plus belle peut-être, d’un des plus puissants esprits du XIXe siècle1.» Bien plus, l’extrême bienveillance de M"'° Hello, à qui j’avais parlé de la Nouvelle-France qui allait naître, me permit de copier, pour les 1—Joseph Serre — Ernest Hello — p.135.Paris.Perrin, 1894. La Nouvelle-France 363 offrir en primeur à vos lecteurs, les belles pages qui vont suivre et dont je garantis la parfaite exactitude.Oes pages sont prises un peu au hasard dans les trois gros cahiers des œuvres inédites, et presque toutes furent écrites dans la solitude de Kéroman, dans ce petit pavillon au bord de l’Océan, où bien souvent la vieille servante surprit Hello à genoux, en prières,lorsqu’elle allait l’appeler pour le déjeuner.C’est elle-même qui nous l’a dit : « Si vous aviez vu, monsieur, ajoutait-elle, quelle belle figure il avait lorsqu’il sortait de ses méditations, ou aurait cru qu’il revenait du Ciel.» Ernest Hello compte au Canada bon nombre d’amis et d’admirateurs ; ses œuvres puissantes ont ici, comme en France, élevé et fortifié bien des âmes ; c’est pour elles surtout que j’ai apporté avec bonheur à votre excellente revue les belles et très bonnes pages qui suivront.Je garde même l’espérance d’en obtenir d’autres de la grande bouté de Mme Hello, qui me disait à mon départ de Kéroman : « Je suis heureuse que vous emportiez ces pages pour qu’elles voient le jour chez vous, au Canada, où, je le sais, Ernest compte encore de bons amis qui savent le comprendre et l’aimer.» A.Damours, Ptre.14 juillet 1902.(17e anniversaire de la mort d’Ernest Hello).I La plus haute parole que Dieu ait dite aux hommes est celle-ci : Quœsivi virum qui interponeret sepem, et staret oppositus contra me pro terra, ne dissiparem earn.— Ezech.XXII, 30).Par cette parole, Dieu a révélé ses instincts de gloire, car la gloire du plus fort est de rendre les armes au plus faible.Moïse l’avait deviné quand il exigea le pardon qu’il avait d’abord demandé. 364 La Nouvelle-France « Laissez-moi, dit Jéhovah, mon parti est pris.— Je ne vous laisserai pas, » répond Moïse.Et Jéhovah est vaincu.Sa gloire est d’être vaincu par l’homme.L’homme ne peut chanter que quand il a vaincu Dieu.Le peuple choisi, celui qui levait l’Arche d’Alliance, le dépositaire, le gardien de la gloire, s’appelait le peuple d’Israël.Israël veut dire « fort contre Dieu, » et Jacob, en qui se personnifie le peuple élu, reçut le nom d’Israël après la nuit sublime de son combat mystérieux, et le nom d’Israël tomba sur lui des lèvres sacrées de l’ange vaincu.La gloire de Dieu est si essentiellement la victoire de l’homme sur Dieu que je ne puis me figurer que Dieu ait.créé le monde pour une autre raison.S’il n’eût dû faire que des êtres dont la volonté dépendît absolument de la sienne, il eût préféré ne rien faire.Il a créé pour voir hors de lui la Liberté.Or l’exercice de la liberté humaine, sa majesté, sa gloire, son principe et sa fin, c’est de vaincre Dieu.C’est là la façon haute et sublime de faire la volonté du Seigneur.Faire sa volonté, c’est lui faire violence ; car il ne nous a pas créés pour autre chose ; les violents l’emportent, et si le péché a tant de puissance, c’est parce qu’il est la parodie sacrilège de cette violence sacrée.Le péché viole la volonté de Dieu ; la prière doit la changer.Le péché lutte contre Dieu, loin de Dieu, sans Dieu, malgré lui.Il sera vaincu.- La prière lutte contre Dieu, près de Dieu, avec Dieu, inspirée par Dieu.Il faut qu’elle soit victorieuse.Job et Jérémie sont les deux types sublimes et audacieux dont le blasphème est la contrefaçon.Le blasphème ne va La Nouvelle-France 365 pas toujours plus loin que leurs paroles.Leurs paroles vont droit.Le blasphème va loin de Dieu.Job et Jérémie visent au coeur de Dieu et l’attaquent directement.Le blasphème attaque Dieu dans son essence.La prière l’attaque dans sa conduite.Le blasphème déteste son Esprit.La prière l’oblige à convertir sa conduite à son Esprit par la vertu de la matière touchée.La Matière ! voilà le grand mot ! C’est sur la matière que la violence doit porter.Satan a méprisé la matière, il a méprisé le corps humain à qui l’union hypostatique était réservée.Il a voulu s’élever par l’esprit.Il faut que son trône soit renversé par la matière qui est spécialement l’objet de ses dédains.L’esprit de l’homme est le laboratoire de Satan.C’est là que toute vérité et toute erreur sont confondues par l’éternelle discussion qui donne à chacune d’elles les apparences de l’autre.Et si cela est vrai toujours, cela est bien autrement vrai à notre époque.Les exercices de l’esprit ont atteint une telle subtilité qu’il lui est devenu impossible de se rien prouver à lui-même .Le pour et le contre miroitent devant l’homme avec des droits en apparence égaux.On n’écoute plus les preuves tant on est certain d’avance de n’être pas convaincu par elles.La matière est la seule marque authentique que Dieu donne de son action.Jésus-Christ commence par parler morale au centurion dont le fils va mourir.Le centurion ne l’écoute pas.Il l’interrompt : « Mon fils va mourir.— Va, dit le Seigneur, ton fils est sauvé.» Et l’enfant fut guéri à cette heure. La Nouvelle-France 366 La chananéenne réfute Jésus-Christ et l’emporte sur lui.Il veut être vaincu.Il arme cette femme du don de vouloir.Marthe renonce à.et dit que Lazare ressuscitera au dernier jour.« Si vous croyez, dit Jésus-Christ, vous verrez la gloire de Dieu.» La gloire de Dieu, c’est le miracle sur la terre.Il y a en Dieu deux puissances qui dorment et qui demandent pour se réveiller que la main terrible d’une violence exaspérée les secoue.Alors le monde qui se moque des discours, tombera à genoux devant le fait visible, et Jéhovah sera renouvelé, selon la parole de l’Ecriture.Toutes les prières triomphantes de l’Ecriture sont des reproches sanglants lancés vers Dieu.« Non, dit Agar dans le désert, je ne veux pas voir mourir cet enfant.» Et l'ange lui montre la source vive, et Ismael vivra.Le fils de la veuve est mort.« Seigneur, s’écrie Elie, est-ce ainsi que vous récompensez celle qui me nourrit pendant la famine ?» Et il s’étend sur l’enfant et l’enfant ressuscite.Et cette bonne femme des rues de Rome dont on raconte l’histoire, elle fait comme Elie et Moïse.Elle prend sur ses bras son enfant malade et va vers une statue de la Vierge tenant l’Enfant-Jésus.Là elle accable la Vierge de reproches.« Voilà mon enfant, dit-elle, et voilà le vôtre ! Si c’était le vôtre qui fût malade, et si vous veniez me demander secours, vous Vaurais-je refusé ?Et vous qui avez là votre enfant bien portant, qu’avez-vous fait pour moi ?» Et l’enfant fut guéri. La Nouvelle-France 307 La miséricorde etla gloire se rencontrent et s’embrassent dans la victoire de l’homme sur Dieu.Dans la Babel du monde moderne, où chacun parle, où personne n’écoute, dans l’immense confusion des langues mêlées et troublées, voilà l’unique parole nécessairement et certainement écoutée du genre humain.Voilà la parole victorieuse qui s’impose nécessairement à tout le tumulte des voix discordantes.La parole du miracle porte avec elle partout où elle va la signature authentique de Dieu.(à suivre).Ernest Hello. MŒURS AMÉRICAINES BLANCS ET NOIRS La première gare où pénètre l’étranger qui, de nos jours, voyage dans les anciens Etats esclavagistes lui en apprend plus long que bien des discours sur les relations actuelles des deux races, blanche et noire, dans cette partie des Etats-Unis.Il est tout surpris d’y trouver deux salles d’attente complètement séparées l’une de l’autre et situées aux deux extrémités de l’édifice.A l’entrée de la première ses yeux tombent sur l’inscription : White, tandis qu’il lit à la porte de l’autre : Colored.Cela fait au voyageur à peu près le même effet que si à l’entrée de ces Etats il voyait sur une affiche géante : Ici on n’admet pas l’égalité sociale des blancs et des noirs.La question sociale qu’a fait naître aux Etats-Unis l’émancipation des noirs est peut-être encore aujourd’hui le problème d’ordre intérieur le plus grave dont la solution s’impose aux Américains du Sud, et, indirectement, à tout le peuple des Etats-Unis.Pendant un certain temps, comme le fait remarquer un publiciste 1, toutes les doléances du Sud au sujet de ses relations avec la race noire étaient accueillies par le Nord avec des sourires d’incrédulité.Par bonheur, cet état d’esprit disparaît graduellement, et, à l’heure qu’il est, bien des gens sérieux, vivant en deçà ou au delà du Potomac et do l’Ohio, travaillent à se former sur la question un jugement équitable, et sont, par le fait même, plus aptes à une discussion calme et éclairée.Cependant, malgré cela et malgré les rapprochements qui ont dû nécessairement se produire entre blancs et noirs au moins sur 1 — Thomas-Nelson Page, autour de plusieurs ouvrages sur le sujet. La Nouvelle-France 369 le terrain politique, il s’en faut de beaucoup que l’antipathie soit complètement éteinte.Un coup de pincettes malencontreusement donné dans ces cendres encore chaudes fait vite jaillir les étincelles de tous côtés, et M.Théodore Roosevelt lui-même saurait, mieux que personne, nous renseigner là-dessus.A peine, en efîet, au mois d’octobre dernier, Booker-T.Washington, le représentant le plus distingué de la race noire en Amérique, s’était-il assis à la table du Président, sur l’invitation spéciale de celui-ci, que la stupeur et l’indignation se peignaient sur les visages des Sudistes et qu’une tempête de protestations éclatait dans toute la presse des anciens Etats esclavagistes.Laisser un noir manger à la table du Président des Etats-Unis, quel crime abominable ! Et voilà comment un innocent dîner fit perdre du coup au héros de San Juan, dans l’esprit des Sudistes, la moitié de sa popularité ! On appela ce dîner nouveau genre : « Un'point noir dans la Maison Blanche.» Aux yeux de celui qui n’a jamais été à même d’observer sur les lieux les mille frictions et conflits qu’entraîne dans le Sud la vie en commun des blancs et des Africains importés, ce toile de la presse sudiste à propos d’un dîner peut paraître ridicule et inexplicable.Mais quiconque a habité le Sud et a observé et écouté un quelque peu, n’aurait pas compris qu’il en fût autrement.La table, voyez-vous, est un symbole, un signe d’égalité sociale.On n’invite pas son domestique à dîner comme on invite un parent ou un ami.Or, chez les blancs du Sud, le mot d’ordre est général : « Pas d’égalité sociale avec les noirs ! Le mélange d’une race supérieure avec une race inférieure, disent-ils, ne peut produire qu’un type dégénéré où l’on retrouverait comme une synthèse des défauts et des vices des deux races.»—« On n’a pas besoin d’être prophète, écrivait peu de temps après l’incident Roosevelt-Washington le colonel Thorpe, dans le Louisville Courier Journal, pour prédire les conséquences désastreuses d’une invasion de dix millions d’Africains dans la société blanche.Dans deux siècles, 24 La Nouvelle-France 370 et peut-être avant, tout le peuple de ce pays serait descendu au niveau des populations de l’Amérique du Sud.Leblanc du Nord qui prêche une doctrine contraire, concluait le bouillant colonel, est déloyal et traître à sa race, fût-il Président, juriste, évêque simple sentimentaliste.» L’allusion au dîner de M.Roosevelt est assez directe ! Voilà donc encore une fois bien nettement tracée l'infranchissable color line, comme on dit en ce pays, qui empêche les blancs et les noirs de voyager en chemin de fer, dans le même wagon, et de dîner au restaurant à la même table, dans les anciens Etats esclavagistes.A ce propos, Booker-T.Washington lui-même, dans sou livre Up from slavery \ raconte un trait assez piquant et très caractéristique.C’était en 1879.Le général Armstrong, ce distingué philanthrope américain qui fut si dévoué aux intérêts de la race noire, venait de tenter l’introduction des Indiens dans son école industrielle, fondée d’abord exclusivement pour les nègres à Hampton, Virginie.Un de ses nouveaux élèves fut pris du mal du pays, et il fallut le reconduire à Washington, et de là, à la réserve indienne.Ce fut Booker Washington qu’on chargea de l’accompagner.Le voyage se fit en bateau à vapeur.On sonne le dîner.Washington, en homme qui connaît son affaire, attend que le grand nombre de passagers aient achevé leur repas, puis il pénètre dans la salle à manger ; mais aussitôt il est averti que son élève seul peut se mettre à table.Même aventure à l’hôtel où ils descendent eu débarquant à Washington.On ne peut donc le nier, l’antipathie entre les deux races du Sud, plus contenue aujourd’hui qu’il y a trente ans, n’en est peut-être pas beaucoup moins réelle.Toutefois, pour être impartial envers les blancs du Sud, il faut ou 1 —Voyez Revue des Deux-Mondes du 15 octobre 1901.“ L’autobiographie d’un nègre ”, par Th.Bentzon. La Nouvelle-France 371 d’abord bien comprendre la position où les a mis l’affranchissement des noirs, ne pas perdre de vue les efforts considérables et dignes de louange qu’ils ont faits pour relever le niveau primitif des affranchis, et puis bien so rendre compte du caractère et des aptitudes de la race noire.Eappelons-nous, en effet, ce qu’étaient ces grands planteurs du Sud avant la guerre, avec leurs troupes d’esclaves dont quelques-uns avaient pu coûter jusqu’à $1,500, et qui, le plus souvent, constituaient, à eux seuls, toute la fortune du maître, et nous comprendrons mieux alors la résistance acharnée qu’opposa le Sud à la campagne abolitionniste du Nord.Ou a sans doute bien de la peine à réprimer un mouvement d’indignation, quand ou songe à tout ce capital humain si cruellement amassé par certains membres de l’ancienne Confédération du Sud.Mais que, dans ces temps de honteux servage, il y ait eu des maîtres assez généreux pour faire oublier à ceux qu’ils possédaient leur humiliante qualité d’esclaves, on ne saurait le nier sans mentir à l’histoire.Je n’en veux pour preuve que ce fait des 25 esclaves de M.John-S.Bransûeld, grand propriétaire de fermes dans l’Arkansas, qui, après avoir quitté leur maître en pleurant le jour où ils furent proclamés libres, s’en revinrent un à un à la ferme, quelques mois après, suppliant leur ancien maître de les reprendre, non pas comme ouvriers à gages, mais comme esclaves.Et ce qui paraît bien plus étrange encore et plus intéressant à noter: «lorsque, dit Bookcr Washington lui-même, écartant les préjugés et les rancunes, nous regardons les faits bien en face, nous reconnaissons que, malgré la cruauté, malgré l’immoralité profonde de cette institution, les dix millions de nègres américains sont dans de meilleures conditions matérielles, intellectuelles et religieuses qu’un nombre égal de noirs sur tout autre point du globe.C’est si vrai que des nègres de ce pays dont les ancêtres, ou qui eux-mêmes, out été à l’école de l’esclavage, se rendent en Afrique, comme missionnaires, pour éclairer ceux des nôtres qui La Nouvelle-France 3T2 sont restés dans la patrie.Je ne parle pas ainsi pour justifier un état de choses qui n’eut à l’origine que des motifs de lucre, mais pour montrer comment la Providence sait sc servir des hommes et des institutions h » Mais reprenons notre thème.Voici la terrible guerre de Sécession engagée.Les Confédérés font preuve, dans les luttes sanglantes de cette guerre fratricide, d’une bravoure digne, hélas ! d’une meilleure cause.Lee, Jackson et Beauregard sont des hommes dont l’histoire ne saurait oublier les faits d’armes glorieux.Mais les Confédérés sont obligés de céder, la paix est faite, et les noirs sont proclamés par Abraham Lincoln, citoyens libres de l’Union.Cet acte d’émancipation décrétait, en même temps que l’affranchissement des nègres, la ruine financière et sociale des planteurs du Sud.Les blancs de ce pays l’ont-ils complètement oublié ?L’expérience prouve plutôt le contraire.Mais si, d’un autre côté, nous considérons l’œuvre de régénération intellectuelle des noirs entreprise avec énergie depuis un bon nombre d’années par les blancs, il nous faut au moins admettre, à l’honneur de ces derniers, qu’ils savent généreusement faire taire de pénibles souvenirs pour travailler au relèvement de leurs anciens esclaves.Chacun sait qu’avant la guerre, à cause de l’abîme qui séparait les maîtres de leurs serviteurs, jamais on n’aurait pu songer à prélever sur les deniers publics de quoi pourvoir à l’instruction des nègres.Si je ne me trompe, une loi leur défendait même d’apprendre à lire.A dire vrai, il n’y avait alors de florissant dans le Sud, en fait de maison d’éducation, que les universités ou les grandes académies où, seuls les fils des riches propriétaires pouvaient se payer le luxe d’études sérieuses.L’instruction populaire, même chez les blancs, était négligée et le plus souvent nulle.]—La traduction îles passages du livre de Washington Up from slavery, qui seront cités dans le cours de cet article, est empruntée à l’excellente étude qu'en fait M.Th.Bentzon dans la Revue des Deux-Mondes. La Nouvelle-France 373 Bientôt après Appomattox, malgré le sombre horizon qui s’offrait aux regards du Sud ruiné par une guerre désastreuse, les Confédérés vaincus, mais non découragés, commencèrent à comprendre que s’ils voulaient jamais jouer un rôle dans la politique de l’Union et recouvrer, en partie du moins, un prestige perdu, il leur fallait à tout prix se mettre à l’œuvre et organiser un système efficace d’instruction publique s’étendant à toute la nation.A l’heure qu’il est, disons-le, il n’y a pas un Etat du Sud qui ne pourvoie à l’instruction du peuple, sans aucune distinction de races, par un système d’écoles établies, soutenues et contrôlées par l’Etat lui-même 1.Le Sud dépense aujourd’hui pour les écoles publiques des 1 — Voici quelques chiffres qui nous prouveront l’énergique et généreux effort que font les blancs du Sud pour le relèvement delà race noire.Dans les anciens Etats esclavagistes, y compris le district de Columbia, 35 pour cent des enfants de 5 à 18 ans sont des nègres.En faisant le relevé des listes d’inscriptions scolaires, on trouve 52 pour cent d’enfants noirs, et de tous ces négrillons inscrits, la présence moyenne à la classe est de 04 pour cent.Les dépenses faites par ces Etats pour l’éducation des noirs, d'après des données officielles du Bureau d’Education, ont été de $120,000,000 do 1870 à 1891, et les frais scolaires per capita se sont élevés de 49 contins qu’ils étaient en 1870-71 à $2.27 en 1897-98.Or, des revenus scolaires obtenus par les taxes, les blancs ont payé 92 pour cent.D’ailleurs, le rapport officiel d'évaluation des propriétés dans les Etats en cause nous édifiera encore bien davantage sur ce sujet.En effet, en Géorgie, la propriété des blancs en 1890, était évaluée à $374,035,693; celle des noirs à $14,118,720.Pour l'année qui s’est terminée le 30 juin 1900, on évaluait la proprié té des blancs dans la Caroline du Nord à $242,342,10-1, et celle des noirs à $9,402,669.Le rôle d’évaluation des comtés de la Louisiane (à la Nouvelle-Orléans, il n’y a qu'un seul rôle pour les noirs et les blancs), pour l’année 1899, donne $122,577,440 pour la propriété des blancs, et $6,643,049 pour celle des noirs.En Virginie enfin, 95,662 blancs ont payé des taxes, en 1899, pour des propriétés évaluées à plus de $300, et dans la même année, 8,147 noirs seulement ont fait la même chose-Tous ces chiffres sont empruntés au rapport du Dr J.-L.-W.Curry, administrateur-gérant des .States Educational Funds, ¦ fait à Washington, au mois de décembre 1901. La Nouvelle-France 374 nègres six millions et demi de dollars par année.De cette somme les blancs payent plus de 90 pour cent en taxes volontaires, tandis que les noirs eux-mêmes n’en paient que 10 pour cent, et dans certains districts à peine 3 pour cent.Il est juste toutefois de reconnaître, avec le Dr Curry lui-même, qu’avaut toute action des Etats du Sud en cette matière, plusieurs sociétés religieuses, ainsi que de généreux philanthropes du Nord, avaient libéralement donné pour l’instruction des noirs, et qu’en outre, comme le dit M.Th.Bentzon dans la Revue des Deux-Mondes du 15 octobre 1901, la part prise au relèvement du nègre par les pédagogues, venus eux aussi du Hord aussitôt après la guerre, forme un des plus beaux chapitres de l’histoire des Etats-Unis.He perdons pas de vue cependant que les lois scolaires, qui mettaient dans le Sud sur un même pied l’éducation du blanc et celle du noir, ont été votées par des Législatures composées de blancs dont les huit-dixièmes étaient de vieux soldats Confédérés ou de leurs descendants, et souhaitons que la générosité de ces derniers aille toujours croissante jusqu’à faire peut-être un jour complètement oublier l’immense faute des ancêtres ! A la vue des sacrifices réels qu’ont faits et que font encore les Sudistes pour l’éducation des noirs, il est bien permis de se demander si le succès a répondu à leurs efforts.A ne considérer que le point de départ, on est frappé,— et cela se comprend, — des progrès rapides de l’instruction populaire chrz les nègres et de l’augmentation dans le nombre des élèves qui, de 1877 à 1895, fréquentèrent les écoles de cou'eur tant publiques que privées.Mais si l’on regarde l’état d’avancement intellectuel du nègre américain d’aujourd’hui, il faut avouer franchement que les progrès réalisés sont encore au-dessous du travail accompli durant les 30 dernières années.Parmi les causes multiples do cette disproportion entre la force dépensée d’un côté et la perfection acquise do l’autre, il faut mettre au premier rang le caractère et les aptitudes de la race noire. La Nouvelle-France 375 Que ce soit là, en effet, l’apanage naturel de .l’Africain, ou le triste résultat de son séjour sur la terre d’Amérique, on est forcé de reconnaître que le noir des Etats-Unis a certains défauts peu conciliables avec un travail constant et une application méthodique et suivie.C’est d’abord à l’école que le nègre fait preuve d’inconstance, compagne inséparable de l’imprévoyance qui est son défaut capital.Dans les premiers temps de sa fréquentation de la classe, comme me le disait un curé de la Louisiane, les progrès du négrillon sont assez encourageants.Mais ils durent peu, et quand une fois l’enfant a appris quelques rudiments de lecture, il ne s’inquiète pas beaucoup du reste.La même insouciance s’observe mieux encore dans la conduite de la vie, et il est assez rare de voir un nègre faire des économies pour s’acquérir une propriété.C’est ce que démontre clairement le dernier bulletin officiel des commissaires d’évaluation pour les différents districts de la Louisiane (1901).On y voit, en effet, que de tous les nègres de la Louisiane en âge de voter, 1 sur 27 seulement possède de la propriété pour une valeur de $300.Et même, dans certaines parties de l’Etat, la proportion descend beaucoup plus bas.Ainsi, à l’Assomption, elle est de 1 sur 204 ; à Madison, de 1 sur 102, et à Livingston, de 1 sur 100.Il est hors de doute que la vie au jour le jour est l’idéal du nègre.Je demandais, il y a quelque temps, à un des nombreux pêcheurs d’huîtres du village que j’habite, un noir, combien à peu près il pouvait gagner pendant l’hiver avec un bon bateau.« Nous amassons de quoi passer l’été sans travailler, me répondit-il ; c’est là tout ce que nous désirons.» Evidemment ce n’est pas chez les noirs qu’on trouvera jamais les meilleurs clients des caisses d’épargnes ! Et une telle incurie les empêchera toujours de jouir aux Etats-Unis, sur le terrain économique, d’une influence proportionnelle à leur nombre.Cette imprévoyance caractéristique du nègre n’est-elle pas le résultat 376 La Nouvelle-France assez naturel de près de deux siècles d’esclavage, pendant lesquels il n’eut qu’à faire mouvoir ses bras et ses jambes pour exécuter la besogne toujours taillée d’avance par le maître ?Le nègre ne brille pas non plus par l’énergie, et se montre, en outre, très sensible à l’influence du milieu.Les villes, avec le luxe de leurs amusements variés, ont sur lui un attrait malsain auquel il résiste difficilement.D’ailleurs, pour parler franc, le développement qui résulte de l’initiative et de la force de caractère lui a toujours manqué.La race noire est une race inférieure, et il serait absolument chimérique de croire qu’il soit possible au nègre, placé dans les mêmes conditions que le blanc, d’atteindre le niveau intellectuel de celui-ci.Booker Washington est une brillante exception à la règle, et ne fait que confirmer, par cela même qu’il domine sa race de tout son talent, cette loi inexorable de l’anthropologie.Certes, la proclamation de Lincoln pouvait difficilement trouver des gens moins préparés à jouer sérieusement le rôle de citoyens, et à recevoir tout à la fois le droit de suffrage et d’éligibilité.La situation de ces malheureux, à l’instant mémorable de leur affranchissement, a été dépeinte en quelques lignes d’une vérité saisissante par Booker Washington, dans son livre où il raconte comment les choses se passèrent sur la plantation où il travaillait.« Pendant quelques instants, écrit-il, ce furent des cris d’allégresse sauvage, de bruyantes actions de grâces ; mais les nègres n’avaient pas eu le temps de retourner à leurs cases que déjà le piremier enthousiasme se changeait en préoccupation.Quelle responsabilité que d’être libres, d’avoir à se suffire ! Il s’agissait de se créer un foyer, d’exercer un métier, d’établir et de soutenir une église, de devenir des citoyens.En quelques heures ou les avait mis en face de toutes les grandes questions que la civilisation s’efforce de résoudre depuis des siècles.» En vérité, il eût été bien difficile pour ces esclaves d’hier de ne pas se livrer à ces graves réflexions à l’aurore de leur liberté ! La Nouvelle-France 377 La faiblesse de volonté et d’initiative, que nous venons d’observer chez le noir, exerce malheureusement une influence délétère sur son économie morale, et y engendre trop souvent de terribles désordres qui font alors du pauvre nègre un être véritablement dangereux.Si je voulais ici assombrir le tableau, je n’aurais qu’à reproduire la page où William-Hannibal Thomas, un noir, trace un portrait peu flatteur de ses compatriotes dans son livre : The american Negro — What he ioas — What he is and what he may become.Mais il faut être juste : le portrait est manifestement chargé, et après renseignements pris, on trouve qu’il y a lieu de soupçonner l’auteur d’être traître à sa race.Quand ou parle d’obstacles à l’avancement rapide du noir dans la voie du développement intellectuel et social, il faut encore tenir compte des funestes illusions que des politiciens sans vergogne firent longtemps briller aux yeux de ces simples et naïfs affranchis pour leur arracher un vote convoité.Bon nombre de ces malheureux lâchèrent trop souvent la proie pour l’ombre, et, au lieu de se mettre paisiblement à exercer un métier, se lancèrent à la poursuite d’un avenir tout doré de belles promesses et.vide de réalité.Autant de forces perdues, qui, si elles avaient été dirigées sans retard vers un but moins brillant mais plus pratique, eussent pu donner à la race noire plus de prestige et une plus grande confiance en elle-même.C’est ce qu’a très bien compris le distingué fondateur et président du Tuskegee Normal Institute (Alabama), Booker-T.Washington, et ce qu’il a su mettre en pratique avec un succès remarquable pour le relèvement de sa propre race.Inculquer à ses compatriotes la nécessité de gagner l’estime et l’amitié des blancs par une vie honnête et sans reproche, les pousser résolument vers l’exploitation des régions agricoles, détourner par conséquent les prétentieux et les chimériques du projet d’abandonner les champs pour la ville, et à cette fin, fortifier tout d’abord leur caractère et leur donner des habitudes d’ordre et La Nouvelle-France 3Y8 d’économie, voilà le programme de réforme sociale que cet homme d’un talent extraordinaire a su réaliser dans son école normale de Tuskegec, fondée en 1881.On ne peut rien trouver aujourd’hui dans tous les Etats-Unis qui réponde mieux, en dehors de l’action de l’Eglise catholique, aux véritables besoins de la race noire.Dire que la même éducation convient au noir et au blanc semble absurde à Booker Washington.« Il peut nous être agréable de le croire, dit-il, mais quand l’épreuve est faite, on est forcé d’admettre qu’il existe cependant une différence.Avec un courage au-dessus de tout éloge, ce noble champion de la civilisation nègre en Amérique, après avoir été formé lui-même à l’école du célèbre général Armstrong, est parvenu à organiser une école normale, devenue maintenant une pépinière d’instituteurs dévoués.Ceux-ci se répandent dans les campagnes pour se consacrer à l’instruction de leurs frères et se dévouer en même temps à leur formation morale.Faire tout d’abord des hommes de bien, des hommes assidus au travail, voilà le premier article de leur programme.« Quand le nègre sera justement considéré, dit Booker Washington, on lui fera meilleur accueil.» Connaissant à fond l’inconstance native de ses compatriotes, il fonda en 1884, à côté de son école normale, une école du soir qui compte aujourd’hui 457 étudiants et « qui lui sert de pierre de touche pour juger des capacités et des bonnes volontés.» Quiconque, en effet, consent à travailler dix heures par jour pour gagner deux heures d’étude est jugé digne d’être poussé jusqu’au bout.Quand il a fait ses preuves à l’école du soir, l’élève entre à l’école proprement dite où il suit la classe quatre jours par semaine et travaille deux jours à son métier.Il sort de l’école de bons charpentiers, serruriers, tailleurs, etc., qui font en même temps honneur aux leçons de morale de leur président '.1 — Revue des Deux-Mondes r Nocella, patriarche d’Antioche, parlant au nom do tous, pouvait lui dire : «.Aux félicitations de l’avènement, nous faisons succéder aujourd’hui les applaudissements qu’appellent vingt-cinq années dont le cours est allé toujours justifiant l’élévation de Votre Eminence et ajoutant à, l’éclat de sa dignité.Le secret pouvoir de la Providence fait que la vertu ne perd jamais ses droits à la récompense, à la reconnaissance, à l’exaltation, et qu’ensuite comme une pierre précieuse, elle jette l’éclat le plus vif sur les grandes dignités dont on la revêt.Ainsi l’a dit le plus fameux orateur de l’ancienne Rome : Insignia dignitatis in virtute posita lucent.» Jamais le vieil adage no fut mieux appliqué.*** La base était vieille de mille ans et plus, — les fondements en avaient été jetés en 888; reconstruite en 1329, elle comptait elle-même six siècles d’existence, la flèche en marbre qui la surmontait lui fut donnée en 1417, et l’ange qui la domine, cent ans plus tard.Haute do 98 mètres, entièrement isolée, la vieille tour s’élevait à l’une des extrémités de cette magnifique place Saint-Marc entièrement pavée do dalles de trachyte et de marbre.Le florentin Jacques Tatti, plus connu sous le nom de Sansovino, réfugié à Venise après le sac de Rome do 1527, paya l’hospitalité que lui donnait la république vénitienne, on dotant la cité des nouveaux édifices du Rialto, do l’escalier d’or du palais ducal, des églises do Saint-Georges des Grecs, de Saint-Julien, et des deux chefs-d’œuvre que l’on nomme le Zecca, (l'hôtel do la Monnaie) et la Bibliothèque. La Nouvelle-France 397 Sous sa direction, le campanile de Saint-Marc se décorait de cotte célèbre loggia à laquelle il donnait son nom : la loggia de Sansovino, (1540), que tous les étrangers viendraient admirer, ainsi que les bas-reliefs du même auteur, les statues on bronze de la Paix, do Mercure, d’Apollon, de Pallas, les portes de bronze fondues en 1720.Venise avait mis là des richesses artistiques pour faire consacrer par l’art la vieille tour, placée là, devant la basilique Saint-Marc, devant le palais des doges, non loin dos procuraties où habitaient jadis les plus puissants fonctionnaires de la république après le Doge, comme le fidèle témoin des jours glorieux et malheureux de son histoire.Nul n’allait à Venise sans faire l’ascension du Campanile, et de son sommet l'étranger admirait la ville, l’Adriatique, les lagunes, et au-delà, les monts Euga-néens près de Padoue.Dès 1879, dans un article que publia le Berliner Tageblatt, l’écrivain allemand Hans Locwe signalait le danger prochain do l’écroulement de la tour, mais on n’envisagea pas plus l’éventualité d’un désastre qu’on ne s’habitue à la pensée de la disparition des êtres qui nous sont chers et dont la vie est si intimement liée à la nôtre.D’ailleurs, le crédit annuel affecté à l’entretien des monuments historiques de la Vénétie, la basilique Saint-Marc et le palais des doges mis à part, n’étant que de 22,000 francs, semblait justifier les délais insouciants de tous, quand le 13 juillet dernier une fissure longue de cinq mètres sc produisit tout à coup dans les murs extérieurs du campanile.Nul architecte n’en prévit cependant la gravité et l’on remit au lendemain le soin d’une répaiation qui ne paraissait pas urgente.Le lendemain, vers heures du matin, quelques instants après qu’une nouvelle visite modifiant les impressions de la veille eut jeté l’angoisse dans tous les esprits, le mur qui regarde la basilique s’arrondit lentement comme une outre que l’on gonfle, et au milieu d’un nuage de poussière, un fracas énorme retentit ; la tour avait vécu.Une immense pyramide de trente mètres de hauteur en marquait la place.La chute du monument provoqua un deuil universel ; Paris, Berlin, Vienne, Saint-Pétersbourg, toutes les cités italiennes télégraphièrent à Venise leurs regrets.Les souscriptions pour la réédification de la tour furent aussi spontanées que généreuses.Sous la direction de leurs chefs, soldats du génie, ouvriers do choix chargés d’enlever les ruines ne les remuaient qu’avec un religieux respect, comme si chaque pierre 398 La Nouvelle-France eût été une relique, une parcelle vivante des siècles disparus.Il y eut comme une contagion d’émotions pour tous les autres monuments de la Péninsule.Milan craignit pour sa cathédrale et, par l’organe du conseil de fabrique, prit une délibération pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur le dôme majestueux qui fait son orgueil ; les habitants d’Udine vinrent chaque jour, anxieux de scruter les moindres défaillances de la façade do leur église; une commission fut envoyée par le ministre Nasi, à Vicence, pour examiner la solidité de sa Basilique.En voyant tant d’empressements, tant de craintes que provoque le culte de l’art, j’établissais mélancoliquement le parallèle entre ces regrets sincères que suscite la ruine d’une œuvre humaine et l’indifférence profonde et presque universelle qui, dans les malheureux temps où nous vivons, laisse les hommes en face do la destruction de la foi dans les âmes, cas grandes œuvres de Dieu.Don Paolo-Aqosto. BIBLIOGRAPHIE Logique, par D.Mercier, professeur de philosophie et directeur de l'Institut supérieur de philosophie à l'Université de Louvain ; IIIe édition.Louvain, Institut supérieur de philosophie, 1, rue des Flamands, 1902.Prix : 5 francs.On se plaît trop souvent à nier les avantages d’une profonde connaissance de la logique, ou à ne reconnaître à cette science qu’une utilité purement spéculative.C’est une erreur.L’homme tout entier a besoin d’une saine éducation et d’une sage direction ; et l'esprit humain, si petit et si impuissant, si souvent aux prises avec des passions, des préjugés et des difficultés de toutes sortes, et partant, exposé à se contredire lui-même, doit, autant et même plus que toute autre faculté, chercher dans une longue et pénible gymnastique le parfait développement île sa force, la régularité et la sûreté de son action.C’est là qu’il puise cette marche méthodique, cette justesse de raisonnement et cette délicatesse de discernement qui lui sont nécessaires pour démêler le vrai du faux, pour réfuter l'erreur et arriver sûrement et facilement à la possession de la vérité.Voilà le but que doit se proposer toute logique bien disciplinée.Et, si nous ne nous trompons, la Logique de M«r Mercier semble devoir réaliser cet idéal.Ecrite en français, dans un style clair et châtié, puisant aux sources antiques sans mépriser ce que les recherches modernes ont pu mettre en lumière, elle donne à la doctrine d’Aristote et des vieux scolastiques une allure de jeunesse qui lui va bien.L’auteur s’écarte un peu des divisions déjà tracées et scrupuleusement suivies par presque tous ceux qui, de nos jours, ont écrit sur ce sujet.L’ordre logique, comme l’ordre physique et l’ordre moral, est soumis à quatre espèces de causes : aux causes efficientes, matérielles, formelles et finales.Il appartient à la logique de les rechercher, de définir leur nature, de déterminer et d’expliquer les lois qui les régissent.C’est la tâche que s’impose Mer Mercier.Son volume est divisé en quatre parties.Dans la première, il explique en peu de mots comment la nature humaine d’abord et, d’une manière plus prochaine, la raison servie par les sens, sont les causes efficientes de nos opérations intellectuelles.La deuxième partie est tout entière consacrée à définir et à expliquer lés principes matériels de nos actes de raison : les concepts sont comme leur matière éloignée, les jugements et les propositions leur matière prochaine.Puis, dans la troisième partie, il traite de la forme sous laquelle se présentent les actes de la logique humaine : c’est le raisonnement considéré sous ses deux aspects.Nous avons alors une étude approfondie du syllogisme et de l'induction.Enfin, il reste à déterminer le but, la cause finale de l’ordre logique ; et dans ses derniers chapitres, l'auteur nous montre que tous les efforts de notre raison tendent à une fin unique : la connaissance certaine des vérités médiates, ou la science acquise par démonstration.L’ordre et l’enchaînement qui régnent partout, cette clarté et cette aisance de langage qu’on retrouve à chaque page, le soin qu’à eu l’auteur de reléguer dans l’ombre certaines questions trop subtiles et trop peu utiles, enfin La Nouvelle-France 400 les conseils éminemment pratiques qu’il donne sans cesse, expliquent pourquoi cet ouvrage, déjà porté à sa troisième édition, a été traduit dans presque toutes les langues.Nous souhaitons à cette récente édition française le succès légitime qu’eurent ses deux aînées.La notion de l'espace au point de vue cosmologique et psychologique, par Désiré Nys, professeur à l’Université catholique de Louvain ; Institut supérieur de philosophie, Louvain, 1, rue des Flamands.Prix : 3 francs.Chercher quels sont les caractères ontologiques de l’espace, et expliquer la genèse de la notion spatiale dans l'esprit humain, voilà le but que se propose le savant professeur de l’Université de Louvain.Tous les jours nous parlons d’espace et de lieu, et nous savons parfaitement ce que représentent ces notions.Mais si l’on peut facilement avoir une idée nette de ces choses, il n’est pas aussi facile de définir ce qui constitue leur nature intime.Peu de questions appartenant à la Métaphysique offrent autant de difficultés et - ’lent plus de mystères ; nulle aussi n’a reçu de la part des philosophes des solutions plus nombreuses et plus diverses.Le talent de M.Nys a été surtout de rendre sensible et palpable une question aussi abstraite et, pour ainsi dire, aussi fuyante ; il nous la montre avec une clarté et sous des couleurs qui en dissimulent la profondeur.Sa doctrine, à notre sens un peu trop absolue, surtout quand il s’agit de la question fondamentale du lieu, s'éloigne sensiblement de celle de saint Thomas ; l’auteur a préféré suivre l’opinion de Suarez, de Vasques et d’un grand nombre d’autres scolastiques du XVI0 siècle.l-'-ri’ C.-Eoméo Güimont, I11".lîeclificatimi :—Dans les statistiques publiées dans la dernière livraison de la Nouvelle-France, deux erreurs se sont glissées qu’il faut corriger comme suit : Page 326.Province de Toronto : recensement de 1SS1.Intervertir les chiffres des Français des diocèses de London et de Hamilton.rage 327.Province de Saint Boniface : recensement de 1S01.Ajouter les chiffres suivants : Territoires non organisés : Population totale.32.108 Catholiques.1,330 Français.227 Le Président du Bureau de Direction : L’abbé L.Lindsay.Le Secrétaire-Gérant : J.-F.Dumontier.Québec : — Imprimerie S.-A.Demers, N° 30, rue de la Fabrique
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