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Titre :
La Nouvelle-France : revue des intérêts religieux et nationaux du Canada français
Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1902-1918
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Successeurs :
  • Parler français ,
  • Canada français
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La Nouvelle-France : revue des intérêts religieux et nationaux du Canada français, 1912-05, Collections de BAnQ.

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LA NOUVELLE-FRANCE TOME XI N° 5 MAI 1912 L’organisation religieuse et le pouvoir civil XVII LE GRAND PÉRIL SOCIAL Pour l’observateur attentif et judicieux, la société actuelle présente aux regards un étrange contraste, aussi lamentable que saisissant.D’une part, et dans des pays qui se targuent de civilisation et de tolérance, toute congrégation religieuse, toute association même, organisée en vue d’un but religieux, excite la défiance, provoque l’intervention jalouse et abusive des gouvernements.D’autre part, de très nombreux groupements d’hommes dissimulés dans l’ombre de loges mystérieuses, et liés pervers, et solidarisés par de redoutables serments, jouent en toute liberté rôle néfaste, déploient hors de tout contrôle une activité pernicieuse et désorganisatrice.Semblables aux excroissances parasites qui ravagent les plantes les plus vigoureuses, ces groupes occultes s’attachent opiniâtrément au corps social : ils en rongent la moelle ; ils en épuisent la sève ; ils en corrompent tous les organismes ; sous leur influence délétère, la politique n’est plus qu’une lutte d’intérêts, la morale fait place à l’impiété, la vie religieuse reflue vers sa source.Ce travail dissolvant et démoralisant s’opère par tous les instruments et dans tous les domaines.Presse, littérature, théâtre, imagerie, législation, sciences, pédagogie théorique et pratique, tout est mis en œuvre pour démolir pièce à pièce l’antique société chrétienne et pour y substituer un ordre de choses diamétralement opposé.A travers certaines évolutions de tactique et malgré certaines diversités de méthode, c’est, en définitive, vers ce but un 194 LA NOUVELLE-FRANCE que convergent tous les efforts.Et l’œuvre fatale s’accomplit avec une telle fixité de plan, avec une telle concordance de moyens, avec une telle persévérance d’action, qu’il paraît impossible de n’y pas voir une direction unique, systématique, tenace, à laquelle mille agents obéissent, et de laquelle mille influences dépendent.Un écrivain ecclésiastique, dont le sens et la sagacité égalent l’érudition et la doctrine, publiait naguère sur ce sujet un important ouvrage.1 Appuyé sur des textes clairs et armé de la plus ferme logique, l’auteur n’hésite pas à dénoncer et à stigmatiser la franc-maçonnerie comme l’une des causes les plus efficaces des événements et des bouleversements qui acheminent le monde chrétien vers sa ruine.Et il ne fait, en cela, que répéter et répercuter le cri d’alarme poussé, il y a près de trente ans, par le pape Léon XIII : « A notre époque, s’écriait l’illustre Pontife,2 les fauteurs du mal paraissent s’être coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec l’aide d’une société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la société des francs-maçons.» Laissons à d’autres 3 le soin de faire la lumière sur les origines encore obscures, et sur les développements sinueux et enchevêtrés de cette organisation ténébreuse.Dès la première moitié du dix-huitième siècle, nous la voyons sévèrement censurée et formellement proscrite par les Pontifes romains.Depuis cette époque jusqu’à nos jours, l’Eglise s’est fait un impérieux devoir d’en surveiller tous les agissements et d’en signaler aux âmes crédules et au public inattentif les œuvres suspectes et le danger toujours croissant.Dans la constitution même des sectes maçonniques gît un 1 Mgr Delassus, La conjuration antichrétienne (3 vol.), Desclée, de Brouwer & Cie.3 Encycl.Humanum genus, 20 avril 1884.3 Voir, en particulier, Deschamps, Les sociétés secrètes et la société, t.Ill, ch.9 (Avignon, 1874) ; Delassus, ouv.cit., t.I, Historique ; Bertrand, La Franc-maçonnerie secte juive ; The Catholic Encyclopedia, vol.IX, p.772. 195 LE GRAND PÉRIL SOCIAL principe souverainement antisocial.1 Le secret absolu et formidable derrière lequel la franc-maçonnnerie s’abrite, secret dont les mystères recouvrent la servitude la plus aveugle, le matérialisme le plus brutal et souvent les pratiques les plus monstrueuses, n’est pas seulement opposé à la loi morale ; il constitue un péril grave, une menace continue et terrifiante pour la paix et la sécurité des Etats.2 C’est en effet à la faveur de ces ténèbres, ’ Beaucoup de francs-maçons repoussent comme calomnieuses les accusations portées contre les Loges.Rappelons à ce propos les justes remarques faites par Léon XIII (encycl.Humanum genus) : «Ce que nous disons doit être entendu de la secte maçonnique envisagée dans son ensemble, en tant qu’elle embrasse d’autres sociétés qui sont pour elles des sœurs et des alliées.Nous ne prétendons pas appliquer toutes ces réflexions à chacun de leurs membres pris individuellement.Parmi eux, en effet, il s’en peut trouver, et même en bon nombre, qui, bien que non exempts de faute pour s’être affiliés à de semblables sociétés, ne trempent cependant pas dans leurs actes criminels et ignorent le but final que ces sociétés s’efforcent d’atteindre.—De même encore il se peut faire que quelques-uns des groupes n’approuvent pas les conclusions extrêmes auxquelles la logique devrait les contraindre d’adhérer, puisqu'elles découlent nécessairement des principes communs à toute l’association.Mais le mal porte avec lui une turpitude qui, d’elle-même, repousse et effraye.—En outre, si des circonstances particulières de temps ou de lieux peuvent persuader à certaines fractions de demeurer en deçà de ce qu’elles souhaiteraient de faire, ou de ce que font d'autres associations, il n’en faut pas conclure pour cela que ces groupes soient étrangers au pacte fondamental de la franc-maçonnerie.» (Cf.The Cathol.Encycl., vol.IX, pp.772-775) * Avec un rare sens politique, l’hon.Edward Blake, au Parlement canadien, le faisait courageusement remarquer, lorsque, en 1884, dans le discours qu’il prononça pour s’opposer à la reconnaissance légale et corporative des Oran-gistes, il disait : «Je ne suis favorable à la reconnaissance par l’Etat d’aucune société secrète.Je crois que les tendances du secret même sont pernicieuses ; qu’il contient en lui-même la probabilité du mal ; qu’il exige jusqu’à un certain point le sacrifice de l’individualité et de l'indépendance et qu’il fournit aux chefs entreprenants de très grandes facilités pour égarer les membres.Ceux qui parlent du caractère bienfaisant des sociétés secrètes ont lu, je crois, l’histoire des premiers siècles et de ceux qui les ont suivis, et surtout de ceux qui sont venus bien après, l’histoire de l’Europe, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, d’une autre façon que celle que j’ai adoptée pour la lire.Je crois qu’une grande partie des perturbations sociales et politiques qui se sont produites dans ces pays est due aux sociétés secrètes.La difficulté à propos 196 LA NOUVELLE-FRANCE dans l’obscurité perfide des clubs et des conventicules cachés sous des vocables trompeurs, que s’aiguisent les poignards, que s’organisent les complots, que se machinent les émeutes et les révolu-lutions.3 Le vrai et le bien n’ont rien à craindre de la lumière ; la publicité, au contraire, et ses clartés franches sont la frayeur des méchants : elles projettent sur leurs pensées une transparence qui les accuse, et elles montrent leurs plus noirs desseins dans un réalisme qui les condamne.La seule connaissance des vraies doctrines maçonniques devrait suffire pour éloigner de l’association qui les professe tous les esprits de bonne foi.Ces doctrines, dégagées des symboles nuageux qui les masquent et des formules élastiques qui les enveloppent, se ramènent au système de la raison pure, émancipée (selon le langage de la secte) du joug de la révélation et de l’empire surnaturel constitué par l’auguste Fondateur de l’ordre et du régime chrétien.1 Dans le système maçonnique, l’Eglise, la papauté, la hiérarchie, ne sont que des institutions vieillottes, nées de puériles et superstitieuses chimères, et qu’il incombe à la raison adulte de discréditer et de renverser.Contre les dogmes que l’on déclare déchus, une science infatuée d’elle-même se dresse et s’affirme.Le mariage perd son caractère sacré, la famille sa base essentielle et primordiale dont la loi divine assurait l’inébranlable solidité.L’école devient le théâtre d’un enseignement sans Dieu et, pour mieux dire, contre Dieu.Une liberté sans limites est attribuée à la conscience libérée de toute règle et de tout frein.de la reconnaissance par l’Etat réside dans le fait que la société est secrète : on ne peut déterminer, vu qu’elle est secrète, jusqu’à qu’elle point elle peut s’écarter du but avoué qu’elle prétend poursuivre ; jusqu’à quel point, étant ostensiblement une société religieuse et de bienfaisance, elle peut devenir une société politique ; jusqu’à quel point, étant loyale, elle peut aller dans la direction opposée.Je dis donc que l’Etat ne devrait pas reconnaître les sociétés secrètes liées par serment.C’est dans la nature de ces sociétés de devenir tyraniques et despotiques etc.» 1 Cf.Deschamps, ouv.cit., t.I, ch.III, art.3.* Deschamps, ibid., ch.I, art.11 ; The Cath.Encycl., end.cit. 197 LE GRAND PÉRIL SOCIAL Et pendant que, par tous moyens, la franc-maçonnerie s’efforce à marquer de son empreinte les particuliers et leurs œuvres, son influence grandissante pénètre dans les hautes sphères sociales, et c’est pour y présider à la confection des lois et pour hâter et consommer le divorce, que les sectes veulent irrévocable, entre l’Etat et l’Eglise.Conséquence naturelle et aboutissement logique des principes antichrétiens sur lesquels les Loges basent leur propagande et leur action.Cette propagande fait des progrès énormes, et cette action se manifeste dans les événements les plus graves de l’histoire contemporaine.Au fond de la persécution religieuse qui sévit en tant de pays, et derrière les questions pragmatiques que soulèvent et qu’agitent tant de gouvernements, c’est la main des maçons et de leurs alliés que nous discernons.1 Cette main remuante prétend refaire le monde.Enhardie par ses succès, elle ne dissimule même plus ses gestes de violence.Ouvertement, audacieusement, elle frappe, elle élimine, elle écrase tout ce qui fait obstacle à la réalisation des desseins de la secte.En 1869, au moment même où s’ouvrait à Rome le grand concile œcuménique appelé à prononcer sur la société moderne des paroles de salut et de vie, un convent réunissait à Naples des francs-maçons de presque tous les pays, et l’on y votait à l’unanimité la résolution suivante : 2 3 «Les libres penseurs reconnaissent et proclament la liberté de conscience et la liberté d’examen.Ils considèrent la science comme l’unique base de toute croyance, et repoussent en conséquence tout dogme fondé sur une révélation quelconque.Ils réclament l’instruction à tous les degrés, gratuite, obligatoire, exclusivement laïque et matérialiste.En ce qui concerne la question philosophique et religieuse, considérant que l’idée de Dieu est la source et le soutien de tout despotisme et de toute iniquité, considérant que la religion catholique est la plus complète et la plus terrible personnification de cette idée, que 1 Voir Lecanuet, L’Eglise de France sous la troisième République, pp.482-490 ; Delaasus, ouv.cit., t.I, pp.292 et suiv.; etc, etc.3 Lecanuet, ibid., pp.489-490. 198 LA.NOUVELLE FRANCE l’ensemble de ses dogmes est la négation même de la société, les libres penseurs assument l’obligation de travailler à l’abolition prompte et radicale du catholicisme, à son anéantissement par tous les moyens, y compris la force révolutionnaire.» Voilà, certes, un progamme libellé avec franchise et qui, cette fois, émerge avec netteté de l’ombre trompeuse, et nous devons rendre à la franc-maçonnerie cette justice que partout, et en toute conjoncture, elle s’y est montrée inviolablement fidèle.En 1873, Pie IX déclare sans détour les sectes responsables et inspiratrices de la guerre implacable déchaînée contre l’Eglise- 1 * En 1884, Léon XIII, effrayé d’un mal si profond, publie sur la secte des francs-maçons cette mémorable encyclique qui la dissèque et la révèle dans son esprit intime, dans son rôle essentiellement antireligieux, et qui retentit aux oreilles des catholiques endormis ou trop confiants comme un puissant coup de clairon.3 En 1891, le même Pape revient avec vigueur sur ce sujet des sectes «dont le but commun est d’affaiblir par une guerre atroce la Papauté et, si c’était possible, d’effacer absolument le nom chrétien.» 3 Pie X à son tour dénonce énergiquement «la conspiration actuelle dont le but est d’arracher les nations chrétiennes du sein de l’Eglise.» 4 Non, vraiment, il n’est pas permis et l’on n’est plus excusable de fermer les yeux sur l’influence réelle du pouvoir maçonnique, sur les dangers que cette force occulte, croissante, agissante, merveilleusement disciplinée, fait courir, par ses doctrines et par ses manœuvres, à la religion, à la civilisation et à la société.C’est une lutte décisive engagée par l’esprit du mal, et par la maçonnerie qui l’incarne, contre le christianisme, ses dogmes, ses lois, ses pratiques, ses institutions.Et cette conjuration trière offre d’autant plus de périls que, sous les drapeaux qui la guident, marchent et combattent, consciemment ou sans qu’elles le sachent, un plus grand nombre de sociétés sœurs et de ligues meur- 1 Encycl.du 21 novembre.1 Encycl.Humanum genus, citée plus haut.3 Allocution du 14 décembre.4 Encycl.Edites scepc Dei, 26 mai 1910. 199 LE GRAND PÉRIL SOCIAL suspectes.1 Parmi ces groupes amis figurent au premier rang les associations juives reliées à l’armée maçonniqne par un accord de plus en plus visible de haines antichrétiennes et de visées naturalistes et humanitaires.2 C’est contre l’Eglise du Christ, sa hiérarchie et ses œuvres, que s’acharnent tout d’abord, et de toutes leurs énergies, ces multiples bataillons sataniques.Or, aux yeux des esprits qu’aucune passion n’offusque et qu’aucun intérêt n’aveugle, la religion chrétienne demeure, à travers toutes les vicissitudes politiques et tous les changements sociaux, le plus solide appui des Etats.Le nier serait s’insurger contre l’évidence d’un axiome.Par ses principes et par ses actes, par ses enseignements sur l’obéissance due aux lois honnêtes et sur le respect que mérite la dignité humaine, par les solutions qu’elle apporte aux grands et difficiles problèmes de l’autorité et de la liberté, de la richesse et du travail, l’Eglise catholique n’a cessé et ne cessera d’être le meilleur rempart du droit, la plus sérieuse garantie de l’ordre, l’impartiale conseillère des princes et l’incomparable bienfaitrice des peuples.Les plus puissants monarques ont recherché dans cette force un soutien ; et ceux-là mêmes qui voulurent en abuser et l’exploiter à leur profit, lui ont, sans le vouloir, rendu le plus solennel hommage.C’est donc faire preuve de la folie la plus étrange et de la plus singulière aberration, que d’entraver d’une main l’essor des congrégations religieuses et de prodiguer de l’autre aux sociétés antireligieuses toutes les faveurs de la liberté.Une nation où domine cette politique absurde, et qui par ses représentants y adhère, se fait l’ouvrière consciente de sa propre et rapide déchéance.On ne touche pas à la religion sans atteindre du coup les bases mêmes de l’ordre social.Dans le système des doctrines et des pratiques maçonniques, de même que la raison présomptueuse se montre impatiente de tout dogme, ainsi la volonté orgueilleuse ne peut souffrir aucun frein.1 Delassus, ouv.cit., t.II, pp.453-454.2 Ibid., pp.676 et suiv.; —cf.Drumont, La France juive, t.II, 1.VI (92e éd.). 200 LA NOUVELLE-FRANCE En se révoltant contre l’autorité de l’Eglise, l’homme, par une logique brutale, est entraîné à se rebeller contre l’autorité civile elle-même.Ces deux pouvoirs, issus d’un même principe, sont solidaires : ils se soutiennent l’un l’autre ; ils se fortifient l’un par l’autre ; l’un ne peut être ébranlé sans que l’autre en éprouve un contre-coup funeste.Aussi voyons-nous les maçons, ceux du moins en qui se concentre tout l’esprit de la secte, associer dans une horreur commune l’autel et le trône, la tiare et la couronne.Pour eux, et pour tous ceux que 'leurs théories séduisent, prêtres et rois ne sont que d’iniques et intolérables tyrans dont il faut, à tout prix, délivrer les peuples opprimés.Vers la fin du dix-huitième siècle, un auteur fort renseigné disait de la maçonnerie : 1 « J’ai vu se former une association ayant pour but unique de détruire jusque dans leurs fondements tous les établissements religieux et de renverser tous les gouvernements existants en Europe.J’ai vu cette association répandre ses systèmes avec un zèle si soutenu qu’elle est devenue presque irrésistible ; et j'ai remarqué que les personnages qui ont le plus de part à la révolution française étaient membres de cette association ; que leurs plans ont été conçus d’après ses principes et exécutés avec son assistance.» Ce n’était là que le premier acte, bien tragique assurément, du drame terrible dont les scènes, habilement conçues et sournoisement préparées, vont, depuis, se déroulant sur le théâtre politique et tendent, selon le vœu et la théorie des maçons, à une transformation totale de la société.Par le mépris qu’il affiche à l'égard de toute monarchie et par les idées radicales dont il se fait le protagoniste, le naturalisme maçonnique tient en germe toutes les révolutions.« Tout pouvoir, d’après ce système, est dans le peuple libre ; ceux qui exercent le commandement n’en sont les détenteurs que par le mandat ou par la concession du peuple, de telle sorte que, si la volonté populaire change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l’Etat même malgré eux».2 Doctrine fausse, prétention funeste et foncièrement subversive, 1 Dans Deschamps, ouv.cit., t.I, p.447.1 Léon XIII, encycl.Humanum genus 201 LE GRAND PÉRIL SOCIAL et qui fraye la voie à des conséquences plus pernicieuses encore, «à savoir le partage égal et la communauté des biens entre tous les citoyens.» 1 C’est ainsi que le socialisme et tous systèmes destructeurs de l’organisation sociale sortent comme des rejetons vivaces de la souche maçonnique.Cette végétation d’idées malsaines et de projets égalitaires étouffe tout ce qu’il y a de noble dans l’instinct des peuples, tout ce qu’il y a de glorieux dans leurs traditions, tout ce qu’il y a de patriotique dans leurs aspirations.C’est un maçon haut gradé qui a écrit : 2 «Effacer parmi les hommes la distinction de rang, de croyances, d’opinions, de patrie, faire de tout le genre humain une seule et même famille, voilà le grand œnvre qu’a entrepris la maçonnerie.» N’est-ce pas dire assez clairement, ce que les faits d’ailleurs démontrent, que la secte judéo-maçonnique aspire de toute son âme et s’emploie de toutes ses forces à éteindre le génie des races, à démarquer les drapeaux, à supprimer les frontières, à noyer toutes les nations et toutes leurs institutions dans une sorte de fraternité confuse et de république universelle ?3 C’est un rêve insensé, antisocial et antihumain, et qu’on ne peut entreprendre de réaliser sans biffer les plus beaux chapitres de l’histoire des républiques et des empires, sans refouler dans l’âme populaire les sentiments les plus sacrés, sans fomenter partout le désordre et sans joncher le sol de ruines.On s’y essaya jour en Europe.L’œuvre ne réussit qu’à demi.Et après quelques années de luttes sanglantes, sur les débris de trônes renversés et de nationalités vaincues et broyées, l’instinct un 1 Ibid.’ Deschamps, ouv.cit., t.I, p.460.8 Delassus, ouv.cit., t.II, pp.565 et suiv.L’auteur (ibid., p.581) cite paroles de Crémieux, le fondateur de V Alliance Israelite universelle: «La République fera ce que fait la maçonnerie ; elle deviendra le gage éclatant de l’union des peuples sur tous les points du globe, sur tous les côtés de notre triangle ; et le grand Architecte sourira à cette noble pensée de la République qui, se répandant de toutes parts, réunira dans un même sentiment tous les habitants de la terre.»—Nous reproduisons cette citation sans assurément prétendre ni même insinuer que la forme républicaine ait en soi quelque chose d’illégitime et de maçonnique.ces 202 LA NOUVELLE-FRANCE historique, plus fort que les théories et plus durable que les lendemains de victoires, reforma bientôt les vieux cadres, reconstitua les vieilles nations et leurs pouvoirs découronnés.Mais ni le sol secoué ne put pleinement reprendre son assiette, ni les gouvernements déchus ne purent totalement reconquérir leur prestige.Sous l’impulsion d’hommes qui ne croient ni au Christ ni à la patrie, et dont l’influence politique et financière semble s’accroître et se consolider chaque jour, la maçonnerie moderne poursuit avec une recrudescence d’audace l’œuvre commencée.Par ses efforts, la république antichrétienne s’est établie et affermie en France, faisant la place de plus en plus large aux démolisseurs de traditions nationales.Par son action encore, sur le territoire portugais, le sectarisme républicain s’est fraîchement installé au timon des affaires, et il faut lire l’encyclique Jamdudum de Sa Sainteté Pie X pour voir, ramassées en un sombre et frappant tableau, toutes les atrocités et toutes les iniquités du nouveau régime.Ces horreurs, et toutes celles que de pareils débuts présagent, nous donnent suffisamment l’idée de ce que serait la République universelle rêvée et préconisée par les maçons.Elles devraient en même temps ouvrir les yeux et suggestionner l’esprit de certains chefs d’Etat si cruellement injustes pour les Instituts religieux et si aveuglément tolérants pour les sociétés secrètes de toutes sortes.Il fut un temps où la maçonnerie éveillait dans les régions du pouvoir une légitime défiance, provoquait même des mesures de rigueur.«Plusieurs princes ou chefs d’Etat, dit Léon XIII, 1 eurent à cœur soit de dénoncer au Siège apostolique la société des francs-maçons, soit de la frapper eux-mêmes comme dangereuse en portant des lois contre elle, ainsi que cela s’est pratiqué en Hollande, en Autriche, en Suisse, en Espagne, en Bavière, en Savoie et dans quelques parties de l’Italie.» Evidemment, l’Etat organisé selon les principes chrétiens ne saurait, sans trahir gravement sa mission, nous ne disons pas Encycl.Humanum genus ; —cf.The Cath.Encycl., vol.IX, p, 786. LE GRAND PÉRIL SOCIAL 203 aider par des lois bienveillantes, mais même couvrir de l’égide de la liberté des associations dont le masque voile les plus perfides desseins.«C’est le devoir de la loi humaine, enseigne saint Thomas, de s’opposer à tout ce qui peut mettre en péril le salut de la société.» 1 Même l’Etat moderne, auquel les circonstances imposent vis-à-vis des cultes erronés l’obligation d’une certaine tolérance, l’Etat même sans religion fixe fausse son propre idéal et se rend délibérément coupable de suicide national, lorsqu’il laisse se former et s’agiter en son sein, lorsque, surtout, il reconnaît légalement des sociétés aux principes les plus pervers et aux méthodes les plus dangereuses pour la sécurité publique.L’indulgence a ses limites que la sagesse gouvernementale ne permet pas de franchir.«La tolérance du mal, dit Léon XIII, 2 appartenant aux principes de la prudence politique, doit être rigoureusement circonscrite dans les limites exigées par sa raison d’être, c’est-à-dire par le salut public.» Et à défaut de sagesse et de prudence, l’instinct même de la conservation devrait suffire pour dicter aux législateurs les mesures préventives ou répressives les plus sévères contre les pires ennemis de l’ordre, du progrès et de l’harmonie sociale.En fait, trop peu de gouvernants comprennent aujourd’hui leur devoir vis-à-vis des associations maçonniques et à l’endroit des divers groupements basés sur les mêmes principes et animés du même esprit.3 L’ignorance de ces principes et de cet esprit maintient l’opinion publique dans une somnolence et dans une insouciance qu’on ne peut assez déplorer.C’est aux catholiques militants qu’il incombe de troubler ce sommeil trompeur.1 Sotn.théol,, 1-1I‘° Q.XCVI, art.2.2 Encycl.Libertas præstantissimum, 20 juin 1888.Dans son encyclique Immortale Dei (1er nov.1885), le même pape avait dit : «L’Etat s’écarte des règles et des prescriptions de la nature, s’il favorise à ce point la licence des opinions et des actions coupables que l’on puisse impunément détourner les esprits de la vérité et les âmes de la vertu.» 3 —Signalons du moins l’acte récent de la République Argentine qui a courageusement, et par des allégations péremptoires, refusé aux Loges la reconnaissance civile. 204 LÀ NOUVELLE-FRANCE Quelques voix courageuses se sont ça et là élevées pour dévoiler le vrai caractère des sectes, pour en signaler les dangers, les manœuvres, les ruses, pour montrer le but final où elles tendent.Elles ne sont pas assez nombreuses.Puissent-elles se multiplier davantage et mener une campagne assez vigoureuse pour influer sur les pouvoirs publics et pour mettre les sociétés secrètes dans l’impuissance légale et sociale d’exécuter leurs insidieux complots 1 Le vœu que nous formulons ici pourra paraître d’un autre âge.Il n’en est pas moins inspiré par des raisons majeures et par des considérations qui sont de tous les pays et de tous les âges.L.-A.Paquet, Ptre.CAUSERIE LITTERAIRE « Le Paon d’Email » 1 Le titre est rutilant, et les vers aussi.Ce livre de poèmes ciselés brille assurément de toutes les couleurs de l’émail, et le paon symbolique y déploie sur chaque page sa queue aux ocelles d’or et d'azur.Marbres et Feuillages, Hellas, Epigrammes, Silves françaises.Le Reflet du Temps, tels sont les sous-titres qui groupent les pièces ; et chaque groupe de pièces est un écrin de strophes très ouvrées, découpées en bijoux, sur lesquelles s’est lentement promené l’outil aigu du poète orfèvre.Et ce livre est signé d’un nom canadien qui s’inscrit pour la première fois dans l’histoire de notre poésie.Et il faut que la dédicace de ce livre nous avertisse que l’auteur est de chez nous, car autrement nous aurions pu croire que le récueil est l’œuvre d’un Parisien appliqué à rimer somptueusement, pour ne pas démériter de ses 1 Le Paon Quatre enfants ont alors offert au Pape, en quatre volumes richement reliés en blanc, aux armes papales, le grand album de cent trente-cinq mille trois cent petits Français qui ont communié pour le pape, le jour de sa fête.Ensuite, deux à deux, tous les enfants montèrent au trône, baisèrent l’anneau et reçurent sous une enveloppe blanche un souvenir spécial, consistant en une médaille d’argent épinglée sur soie blanche avec un ruban jaune, dans un carton blanc aux armes du Pape, avec la date et une prière indulgenciée.La médaille qui représente le Saeré-Cœur avec ces mots : « Voilà ce Cœur qui a tant aime les hommes > porte de l’autre côté l’effigie de Pie X avec la légende: Catholiques et Français toujours.Dieu protège la France.Un instant le défilé s’arrête pour permettre au Pape de quitter son trône pour aller au milieu des enfants, leur parler et les bénir paternellement.On devine l’émotion de tout ce petit monde.Ce fut alors le tour des petites filles qui, comme les petits garçons, baisèrent l’anneau et reçurent le souvenir pon- 238 LA NOUVELLE-FRANCE tifical.—Quand tous eurent repris leur place, PieX, d’une voix forte et accentuée, lut lui-même, en français, un discours si plein de cœur qu’on ne pouvait en entendre les paroles sans penser au discours si divinement bon que le Christ adressa à ses disciples après la Cène.La bénédiction papale clôtura cette délicieuse rencontre des jeunes communiants du Christ avec le représentant visible du Christ, et tandis que Pie X, quittant son trône, traversait de nouveau les rangs des petits enfants avant de rentrer dans ses appartements, les parents de ces jeunes bénis, les yeux pleins de larmes, chantaient l’hosanna de la reconnaissance dans l'Oremus pro Pontifice nostro Pio.Jamais pèlerinage n’avait excité de plus nombreuses sympathies que celui de ces enfants.Sur le parcours de France à Rome, d’aimables visiteurs venaient offrir dans les gares aux petits pèlerins des gâteaux toujours très bien reçus; des collections d’images ont été mises à leur disposition par de généreuses dames.Le samedi qui précéda leur audience pontificale, ils furent accueillis à Sainte-Marie Majeure par le cardinal Vincent Vannutelli qui en est l’archiprêtre.A la messe qui fut dite pour eux, le cardinal leur adressa une fort belle allocution, puis, ils défilèrent devant la crèche du petit Jésus.De petits pages romains portant la fraise, la toque et le pourpoint, comme au temps d’Henri II, leur servaient de gracieuse escorte.L’un d’entre eux, au nom de tous, salua les petits Français.• Votre visite, dit-il, nous est plus agréable que celle des souverains de la terre, pareeque, dans vos cœurs innocents, vous nous apportez le Souverain des cieux, les souhaits de paix les plus heureux, la plus tendre expression de l’amour fraternel.Chers petits frères, nous vous remercions d’avoir porté le rayon de votre foi à la tombe de Pierre, à la terre des martyrs.Veuillez agréer ces fleurs blanches, symbole d’innocence, et ces fleurs rouges, image de l’amour saint qui unit, comme une chaîne d’or, tous les petits pages du Très Saint Sacrement.* Ce fut un petit Nîmois de 8 ans, Raoul de Kreuznach, qui répondit au nom de tous ses petits camarades.« .Quand nous rentrerons au pays, nous dirons à nos frères de là-bas que les petits Romains d’aujourd’hui sont dignes de leurs illustres aïeux et que leur amabilité et leur gentillesse n’ont pas déchu du passé.Nous garderons aussi, comme un inoubliable souvenir, la mémoire de cette matinée incomparable où nous nous sommes trouvés réunis au pied de la crèche, où nous avons reçu ensemble le bon Jésus et où ensemble nous avons prié la Reine du ciel dans sa splendide basilique de Sainte-Marie Majeure.» Le soir de l’audience pontificale, tous les enfants réunis dans la salle Fia, près le château Saint-Ange, entendirent une conférence avec projection sur saint Tarcisius, sainte Cécile, saint Nicolas, Jeanne d’Arc et la vie de Pie X intime, dont les portraits lumineux suscitaient les applaudissements unanimes et des réflexions pleines de cœur : « Vive notre bon Pape ! Au revoir, Saint Père! Nous reviendrons!» Réalisant le souhait que leur a exprimé le cardinal Vannutelli, puissent ces jeunes pèlerins devenir un jour l’elite de cette nation illustre qui donna à l’Eglise tant de saints, tant de missionnaires, tant de vaillants défenseurs ! .** Tandis qu'au Vatican tout était à la paix du cœur, dans l'Italie officielle, plus encore que de coutume, tout était au désarroi.Les Italiens ne peuvent comprendre que les Turcs continuent à défendre une province qui est à eux depuis si longtemps mais dont ils ont voté l’annexion.Dans le but d’intimider la Turquie, le jour même où s’ouvrait la session parlementaire à Constantinople, ils ont essayé de forcer l’entrée des Dardanelles, et comme le bombar- 239 PAGES ROMAINES dement qu’ils ont entrepris n’a abouti à aucun résultat, le rapport officiel du commandant des forces royales s’est chargé de transformer en un fait d’armes qui a suscité l’enthousiasme une démonstration militaire qui s’est terminée par une retraite aussi prompte que prudente.D’après ce rapport, la flotte a accompli brillamment la rapide croisière dans la mer Egée qui lui avait été ordonnée.Les opérations n’avaient pour but ni d’attaquer ni de forcer les Dardanelles, pas plus que d’accomplir un débarquement.Pendant la nuit du 17 au 18, les navires italiens ont coupé le câble sous-marin entre Imbros et les Dardanelles et les deux câbles de Lemnos.Une division avait été détachée avec l’ordre de se trouver à l’aube devant les Dardanelles, dans l’espoir de déterminer la flotte turque à sortir et à attaquer.Pendant que les navires italiens défilaient devant l’entrée des Dardanelles, un contre-torpilleur turc se montra dans le détroit et y resta.La division italienne s’étant avancée au-devant du contre-torpilleur, les postes des deux rives ouvrirent le feu contre elle à grande distance ; les forces italiennes répondirent en canonnant les fortifications extérieures.Aucune perte, du côté italien, n'étant enregistrée, dit toujours le rapport officiel, la flotte, ayant rempli sa mission, reprit la route d’Italie.Sentit-on jamais la vérité moins à l’aise ?Suivant une autre version, les Turcs n’auraient subi que des dommages insignifiants, tandis qu’un bâtiment italien, endommagé par le feu des batteries turques, put se retirer avec le secours des navires jusqu’à Ténédos où il s’échoua sur un bas-fond.La fermeture des Dardanelles à toute navigation étrangère a été la conséquence immédiate de la démonstration italienne.Que va-t-il arriver ?Le temps le révélera bientôt, car enfin l’Italie semble craindre le retour des sombres journées d’Adoua.Les usines chôment, la rente baisse toujours de plus en plus, les soldats commencent à manifester leur lassitude, l'enthousiasme factice succède à l’enthousiasme réel du commencement de la guerre, et l'Europe se plaint que la conquête des déserts de la Tripolitaine devient un danger pour la paix universelle.Que la fermeture des Dardanelles soit maintenue ou non, peu importe ; la question n’est pas d’y faire du bruit à l’entrée ; le difficile est de les franchir.Un amiral anglais, Duckworth, y réussit par surprise, en 1807 ; il vint ancrer sa flotte devant le sérail, et menaça Constantinople d’un bombardement.Mais un certain envoyé de Napoléon, Sébastini, qui était chez les Ottomans, réveilla l’énergie du sultan Sélim.Les Turcs armèrent leurs batteries, hissèrent partout des canons, firent un feu d’enfer, tant et si bien que l’escadre anglaise dut se retirer impuissante et navrée.C’est là un précédent qui donne à réfléchir, d’autant plus qu'un amiral qui rêverait d’imiter Duckworth ne pourrait pas s’empêcher de penser aux torpilles dont les Turcs ont, ces mois derniers, fait une grande consommation, Et puis, peut-on se représenter une flotte de guerre s’avançant, en file, dans ce couloir long de 53 kilomètres, et dont la largeur varie de 1,300 à 5,000 mètres.Sur les rives accidentées, escarpées, rocailleuses, hérissées de batteries, sont des files de canons prêts à vomir leur mitraille sur les audacieux qui voudraient s’avancer vers Constantinople.En attendant, sans se laisser intimider, la Porte, en réponse à la démarche des puissances, accepte leur médiation comme étant au mieux des intérêts des deux belligérants, à la condition toutefois que les droits souverains de la Turquie soient maintenus intégralement et que l’Italie évacue la Tripolitaine.Toute autre solution est imposssible.La Turquie est prête, néanmoins, à accorder à l’Italie des concessions économiques en Tripolitaine.En réponse aux discours enthousiastes du premier cinquantenaire du royaume d’Italie qui viola si indignement les droits de l’Eglise, la Providence a d’éloquentes réponses : Male locuti sunt.adhuc escœ eorum erant in ore ipsorum et ira Dei ascendit super eos.Don Paolo-Agosto. BIBLIOGRAPHIE FRANÇAISE La Révolution préparée par la Franc-Maçonnerie, par de Launay____Préface du P.Coubé___In-16 de 126 pp., 1 fr.Paris, Lethielleux.L’auteur de cet opuscule entend prouver que la Révolution française est sortie de toute pièce de la maçonnerie.Fortement nourri de la lecture des ouvrages qui traitent de ces deux sujets, il résume l’ensemble des faits qui démontrent sa thèse.Il s’efforce de faire • voir sous son vrai jour cette Révolution inexplicable pour l’historien, cette anarchie spontanée, préparée au contraire de longue main, par les sectes maçonniques, voulue, préméditée pour des raisons, en général ignorées du public, mais que des écrivains initiés ont données ou seulement indiquées, dans des livres réservés à un cercle restreint d’adeptes.» On est parvenu à « reconstituer la conjuration formidable qui, au cours du XVIIIe siècle, parvint à maçonniser la société française.• M.de Launay passe en revue les faits connus déjà pour la plupart, en y ajoutant cependant un certain nombre de détails qui rendent « plus piquant et plus curieux » le récit d’événements tels que la publication de VEncyclopédie, la suppression des Jésuites, l’apparition des agents mystérieux comme St-Germain et Cagliostro, dont le nom est inséparable de l'affaire du Collier ; les fonds secrets qui s’accumulent par millions pour encourager la calomnie, la conspiration, l’émeute ; les origines templières de la maçonnerie,puis les dernières conspirations,les toutes dernières qui préparaient au jour le jour le programme immédiat du lendemain, jusqu’à la fin de la Terreur.Cette synthèse, ou mieux ce sommaire dans lequel abondent les détails neufs, est condensé dans un petit livre de 120 pages seulement.C’est trop peu, car bon nombre de ces faits demanderaient des développements considérables, et peut être, comme le dit l'Ami du clergé, plus d’une affirmation aurait besoin d’être soumise au contrôle de la critique.Quoi qu’il en soit,cet écrit anti-maçonnique exciterajla curiosité des lecteurs et facilitera les recherches aux écrivains qui n’ont pas le temps de fouiller eux-mêmes les archives et les bibliothèques pour trouver des armes contre un ennemi deux fois séculaire.Grâce aux plus récents travaux sur ces graves questions on constate de plus en plus que la Révolution française et la Franc-Maçonnerie sont inséparables, qu’elles sont unies comme la mère et la fille, et que l’on ne peut parler de l’une sans parler de l’autre, car la maçonnerie est la mère non seulement de 89, comme elle s’en glorifie du reste, mais encore de 93, qu’elle a voulue et préparée jusque dans ses détails les plus atroces, comme le prouvent les historiens de ces derniers temps.Et, chose singulière, les plus récentes découvertes nous ramènent forcément aux premiers historiens de la Révolution, témoins oculaires qui en ont connu, sinon tous les secrets, du moins qui en ont su découvrir les causes et reconnaître les principaux agents.Ainsi se trouvent confirmées les paroles du comte de Maistre et les démonstrations de Barruel, dont les Mémoires sur le Jacobinisme resteront l’une des sources les plus précieuses pour l’histoire de ce grand événement.La Révolution est devenue synonyme d’antichristianisme, elle a toute la portée d’une puissante hérésie, et la Franc-Maçonnerie en est l’Eglise.Après avoir été le terme du grand effort de cette infernale institution pour le renversement du trône et de l’autel, elle est devenue un moyen, et les pontifes du maçonnisme qui la promènent à travers le monde savent bien qu’ils opèrent ainsi la désorganisation des forces sociales et préparent l’anarchie universelle.Donc tout écrit, et l’ouvrage de M.de Launay en est du nombre, et toute parole qui ferait la lumière plus intense sur ces vastes questions, doivent être accueillis avec bonheur.fr.Th.G.
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