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Titre :
Nigog
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1918
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Nigog, 1918-05, Collections de BAnQ.

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141 L’ESTHETIQUE DE L’INGENIEUR.Y a-t-il une esthétique de l'art de l’ingénieur, autrement dit, une règle des belles formes, à laquelle l’ingénieur peut, et à mon avis, doit se soumettre?Il convient, dès l’abord, d’établir une distinction entre la Science de l’ingénieur, et l’Art de l’ingénieur.Il est communément pensé, et surtout parmi les artistes, que le métier de l’ingénieur est tout de science, alors que la science est inutile à l’artiste.C’est une grave erreur.Si une connaissance approfondie des mathématiques, de la résistance des matériaux, de la mécanique, sont indispensables à celui-là dans l’exercice de sa profession, des notions analogues doivent être à la base de l’éducation de l’architecte.Et, sans parler des céramistes, des verriers, des émail leurs, qui doivent être plus que des chimistes amateurs, l’acoustique n’est-elle pas indispensable au musicien, la résistance des matériaux au sculpteur, la perspective et la chimie des couleurs au peintre.Beaucoup n’en appliquent les lois que par intuition, mais ils ne peuvent les méconnaître.Combien d’oeuvres d’art, en effet, ont été perdues ou menacées dans leur existence par l’oubli des principes élémentaires de la science.De même, l’art ne peut être étranger à l’ingénieur, et cela, même en dehors de la construction proprement dite.Il se présente toujours, quelles que soient les conditions économiques qui régissent souverainement son ouvrage, plusieurs partis, entre lesquels il choisit pour des considérations, souvent instinctives, mais purement esthétiques.Avant tout, il faut s’entendre sur la définition de l’esthétique.Vitrine en donne, au point de vue architectural un aperçu tant soit peu obscur.Il distingue dans l’oeuvre d’art les qualités suivantes: Ordonnance, Disposition, Eurythmie, Bienséance, Distribution.Je pense comme J.-C.Drouin, et sans discuter la classification et ses idées de Vitruvc, que l’on peut ramener les conditions esthétiques à trois: la Logique, la Proportion, l’Harmonie. 142 Toute oeuvre logique tire de cette qualité même une certaine beauté.Comparez les locomotives de 1835 avec celles de 1917, les automobiles du début avec les torpédos actuels, les premières frégates à vapeur avec les contre-torpilleurs d’aujourd'hui : ce sont des engins de vitesse, et la logique commande d’y supprimer les saillies offrant trop de prise à la résistance de l’air.Vous voyez les gabarits effilés si plaisants à l’oeil, se substituer aux formes carrés du début.I 4M Al li L— II 4 • H La proportion et l'harmonie sont qualités soeurs, mais elles se différencient par leur essence même.La proportion est de nature plutôt subjective, découlant dircctenmt de l’application des règles de la science; l'harmonie, me paraît plutôt objective, et provenir de l’impression visuelle.Les lois qui régissent les proportions, les impressions produites par 1 harmonie, peuvent, d’ailleurs, être modifiées par l’habitude ou l’éducation, et certains objets qui, à nous, hommes du XXe siècle paraissent harmonieux et proportionnés, sembleraient hideux à nos ancêtres du XVIII.Le regretté Jules Pillet avait coutume de répéter dans toute oeuvre d’ingénieur, la solution juste entraînait elle la proportion.Ceci équivaudrait presqu’à dire que le pont Victoria est une oeuvre d’art, opinion quelque peu exagérée.Mais on ne peut nier que le pont du Canadien Pacifique dessus des rapides, ou le pont de Québec, n’aient une certaine beauté.au contraire.que.avec au- 7/ïao 7 ¦ ¦ ' ; -< '.• f Pourquoi, et beaucoup, hélas, sont de cct avis, ne pas décorer l'ensemble logique sorti du cerveau de l'Ingénieur ?Attention ! Oui, la décoration provenant d’une collaboration étroite de Vingénieur et de •j-i /- 143 l'artiste peut donner des résultats très satisfaisants, comme dans le pont Alexandre JH à Paris, mais à condition que la décoration ne dissimule pas la structure de Voeuvre.Ou alors, nous tombons dans les trompc-Voéil, placages, et autres subterfuges, qui, bien exécutés, peuvent satisfaire, mais qui, malheureusement.sont si souvent traités maladroitement, que Von ne sait plus si Von doit rire des proportions inadéquates, ou se sauver au plus vite pour éviter la chute de telle architrave démesurée, supportée par un pilastre trop grêle.Comparez à ces plâtrages, le Viaduc des Fades en France, une poutre droite sur deux piles ; c'est absolument simple, et c’est loin d'etre laid et le Viaduc de Viaur, moins simple, atteint la beauté.Les murs de barrages offrent encore de nombreux exemples de travaux d’art non enjolivés, mais cependant esthétiques, parce que traduisant logiquement, caractérisant, dirait Drouin, le but immédiat et le but indirect de l’oeuvre : résister à une pression, et former un barrage.Laissons de côté les travaux d’art : ponts barrages, qui pourraient au besoin se réclamer, du moins quant à la disposition extérieure, d'une parenté avec l’architecture.Portons notre attention sur des productions plus spéciales à l'ingénieur, sur les machines.Nos pères avaient conçu Vidée d’une esthétique des machines, mais, maladroitement, avaient cherché à la réaliser par une ornementation extérieure.On remarque au Conservatoire des Arts et Métiers un tour ayant servi à Pierre le Grand : les montants sont des colonnes torses supportées par des pieds de lions, et couronnées par un ornement quelconque, pomme de pin ou tète de chimère.Le résultat est déplorable.On se demande si l’on est en présence d’un outil ou d’un meuble.On rencontre des exemples semblables dans tous les musées industriels du monde entier.A l'heure actuelle, à quelques exceptions près, (les locomotives anglaises, par exemple, bariolées de couleurs diverses 1 144 et Violentes), on ne cherche plus la beauté, et, du même coup, on y atteint.De la machine dépouillée du superflu, se dressant simple, réduite aux organes essentiels, émane une certaine impression d'admiration, émotion esthétique.Pour conclure, à mon avis, si l'esthétique a des lois générales, elle est surtout la résultante d’une habitude et d'une éducation.Notre époque est avide de logique, de proportion d’harmonie, elle impose ces conditions à notre idéal de beauté.Est-ce que ce fut le même idéal que poursuivaient nos très?Je laisse à nos théoriciens le soin de discuter ce point ex professo: il y a là un bien joli sujet de conférence, constance de l’idéal esthétique à travers les âges”.Mais ne trouvez-vous pas que l’élévateur No 2 du port de Montréal, bien que masse de ciment armé, bien que conçu par un simple ingénieur, est après tout oeuvre d’artiste?P.P.LE COINTE.ccr- ancc- “La : 'V : T- /// / :• ^ 11 Z Z W 71.V « 7 / ,*» / : ! i I ill ; i m » ¦ : I •• • # I / mb ! : m ifiV I !i1 u j , Ü, ; : I'.Jl fl.; : lit i \ f : I m • • % ! )! I ; I I * il ‘ • ! i • ! :• : - if t ifil.iiati ixliiii 'Em -.TTi> wu.’,t - izy v.i » -it t.1/ % 145 mmm wwA&m •Kr’.f'f.Ÿ ¦•’¦ht ‘ ilHE A mm •'•2 y iWt.!?% * , f V" /.:/ a V i» % SEÜ; v.v LE PLAISIR D’ENTENDRE LES GRENOUILLES DANS LA CAMPAGNE.Sur la grève un brouillard flotte.1 /eau clapote Et soulève les copeaux frais, Les baguettes du saule et les champs de quenouilles.1 écoute au loin dans la campagne les grenouilles, ParnVi les joncs, dans les marais.L’odeur première Du printemps C’est celle des étangs ; Vous en êtes la clameur claire, O grenouillères î Moi, Toutes Je vous écoute, Musiciennes en émoi! Venues On ne sait d’où Et de partout Frêles comme des bourgeons verts, Et les aînées D’autres années Que gelèrent de lents hivers.f 144> Celles qui peuplent les prairies, Ht les ruisseaux et le limon des marigots.Celle qui crie Ou sonne l'un dirait d'un millier de grelots.O soirs rafraîchissants de mai Si purs par elles! O ces notes basses de chanterelles, Chutes à l'eau de lourds écus, Pendant qu'un trille gai.Vn trille aigu, Perfore La Nuit opaque, la Nuit sonore! Je ne vois plus les îles ni les roches Mais, proches.Vue barque de pêche allume ses flambeaux.Tout est calme.Seule la fête Des rainettes à tue-tête S'extasiant: “O feux, ô feux sous l'eau! L'une plus vieille.La plus avare.Les yeux marrons, Larges et ronds : “O ces merveilles, Sous mes saules, vues de ma mare.( ) feux, ô lunes.() tout votre or sous l'eau profonde et sous l'eau brime!" Puis encore une: "Ma peau est verte.Teinture d'herbe; elle est couverte D'un vernis, moucheté de noir; elle est Peinte comme un jouet; Un fort sachet Qu'imprègnent les senteurs (mousses, fougères) Du bois natal, trempé de sources où.légères Fuites, glissent Ma taille longue et fine et mes agiles cuisses." Toutes à gorge pleine De se répondre et s’éjouir.Et de crier, ces petites païennes, Leur plaisir: "C'est nous les prophetesses Du printemps, Les poétesses Des étangs." / * • 147 A nous les brunes cl les lunes, Coassunss, Les nénuphars, les mart agon s, tjui sont nos fleurs, Coassons, Sous l'haleinc des soirs nos liesses communes, Coassons, Ht nos sabbats et leurs minuits ensorceleurs! A nous la pluie, Ses vives gouttelettes, Humbles colliers des grcnouillcttes 1 Chantons ! La tribu des roseaux sous l'averse qui plie! Chantons ! A nous le marécage odorant et fermé! Chantons ! Sur la grève un brouillard flotte.1 /eau clapote.Dans la campagne, au mois de mai.O le plaisir de vous entendre, ô clameurs claires I)cs grenouillères ! Sault-au-Récollet.RENE CIIOPTN. 148 LE SUJET EN ART LA SCULPTURE.Voir “Le sujet en art” par Fernand Préfon ta inc dans le deuxième numéro du NIGOG et “Le sujet dans l'oeuvre d'art; plaquette par le R.P.Valentin Breton.Les profanes veulent absolument trouver un sujet en art et sont satisfaits en lisant un titre sous une oeuvre, ils sont en outre beaucoup plus attirés par le magasin que par le musée, parce que clans le magasin on flatte leurs manies et on leur vend des titres agréables donnés à des statuettes d'une pauvreté sans nom au point de vue plastique.Le musée les attire moins parce qu'il faut là un travail de compréhension assez compliqué et qu'aucun commis obligeant ne donne la marche à suivre; ce qui fait que le magasin est achalandé d'un public qui demande une idée et qui n'y comprend rien, ou à peu près, et le musée est visité par des esthètes qui demandent une forme et qui éliminent le mauvais art.L'idée est-elle indispensable?Le problème a été souvent posé et résolu.L’idée n’est pas indispensable et, en tout cas, elle est secondaire.L'idée est une.et comme elle appartient au domaine psychique, elle ne peut être exprimée d'une façon complète qu'en gardant son caractère spirituel et.comme moyen d’expression et pour garder son intégrité, elle ne doit être traduite que par ce qui se rapproche le plus de l’esprit, c’est-à-dire le verbe.Si on veut la concrétiser, on se trouve alors en face de difficultés matérielles qui ne peuvent être vaincues qu’avec certaines concessions et ces concessions sont des lois de composition qui sont elle-mèmes dépendantes de la matière.Certains arts exprimeront plus ou moins bien un sentiment, selon la texture de la matière employée.La peinture, par exemple, peut peindre une atmosphère que la sculpture est dans l'impossibilité presque complète de rendre.Par conséquent si l'idée obéit à ces lois elle devient secondaire.Tout le monde, ou à peu près, peut avoir des idées, tout 149 le monde aussi peut voir des formes, mais peu de gens peuvent les traduire ; il y a donc ici une faculté à respecter, c’est la faculté d’expression ; or, il appert que chez les artistes en art plastique, l’idée n’est que rarement génératrice et c’est la forme qui suggère une idée ; et encore pour exprimer cette idée de façon un peu claire, faudra-t-il, la plupart du temps, avoir recours au symbole qui, lui, est du plus pur conventionnel ; et maladroit serait celui qui créerait un symbole et voudrait l’imposer sans le secours d’une école qui est, en principe, la réunion de gens qui pensent ou voient de la même façon.Si nous analysons quelques oeuvres connues, nous constatons que le titre ne répond pas toujours à l’oeuvre représentée.ou.qu’en tout cas, l’oeuvre ne représente pas d’une façon absolue l'idée que l’on veut exprimer.On ne voit du premier coup d'oeil qu’un beau mouvement ensuite une f M ine, et l’idée ne vient qu’en dernier lieu.et.si nous la trouva mis et qu'elle soit bien exprimée, ça n’ajoutera en rien à l’émotion esthétique ressentie.Si nous ne croyons qu’à l'idée, consultons des catalogues et ne regardons que les oeuvres qui répondent à notre curiosité.Des oeuvres classées et qui sont censées représenter une idée, nous déroutent un peu.lorsque nous les analysons froidement.La “Victoire de Samothrace”, par exemple, qui est une merveille de statuaire représente mal l’idée de Victoire.Kn effet qu’est-ce qu’une victoire?Un résultat.Kl un résultat?Un arrêt; or.cette statue est un mouvement.Donc, à ce point de vue.la Vénus de Milo (à qui il manque de la sensualité lubrique pour en faire la déesse de l’amour) représenterait beaucoup mieux une victoire.Une Victoire toute de raison, de pureté, de force physique.Mais si nous la plaçons sur une proue, la composition serait certainement moins heureuse, on continue à l’appeler la Vénus, cependant que rien ne justifie ce titre.La Victoire est placée sur une proue, et.avec son clan elle donne l’impression qu’elle va dépasser l’étrave du bateau.de plus son terrain se rétrécit quand au contraire le chemin de la victoire semblerait devoir s’élargir et être surtout plus stable qu’un bateau sur l’eau.Cette figure ISO représentant la Renommée serait plus compréhensible et on pourrait l'expliquer ainsi : La Renommée qui a assisté à la bataille, s est élancée, une fois la victoire assurée, jusque sur la proue, et de là va trop lent pour elle et clamer il a nouvelle au monde, pourrait, avec un peu d'imagination écrire des volumes sur la signification de cette statue.(Jti'il nous soit permis de faire une digression et de nous poser une question.Est-ce que l’artiste vraiment inspiré n’est pas l’interprète de son inconscient, à son insu ?Est-ce que dans le régne végétal chaque plante n'a pas une signification propre ?Tout est admissible et discutable.Notre cerveau cependant n’est pas encore arrivé à la dissection de cet inconscient ni à cette classification, et.pour l'artiste tous ces éléments ne comptent que comme valeur décorât ve.Les statuaires grecs ont laissé des quantités de statues admirables que l’on a baptisées d'après l’accessoire qu'elles avaient dans les mains, -les discoboles et les strigi-1 aires, par exemple.L'ouvrier de l’Antinoüs n’a voulu faire dans son oeuvre que de la beauté pure et il y a réussi, il n’a tirs dans cette statue que sa vision personnelle qui était un reflet de l’ambiance dans laquelle il vivait, il a même fait une oeuvre chaste, et son oeuvre nous satisfait entièrement quoique le sujet soit ici mal exprimé.Dns le Parthénon.I et '"nos et Phidias ont surtout voulu • réer une harmonie au point de vue architectural, au point de vue sculptural et au point de vue coloration.D von isos, autrefois le Thésée, et l’Ilfissos qui sont chacun dans un resserrement des angles des frontons ouest et est.sont deux beaux éphèbes l'un représentant un dieu l’autre un fleuve parce que l’on veut bien les accepter sous cette dénomination.Notre besoin d’équilibre visuel est ici satisfait, notre besoin d’équifibre sprituel l’est moins, puisqu’on met un fictive au même plan qu'un dieu, si nous acceptons les dénominations de Thésée et d’Ilissos.L'ensemble de la composition comme valeur et comme couleur est parfait et notre sens esthétique est ému; c’est là le but à atteindre, au point de vue plastique.11 ne s’ensuit pas cependant qu’il faille de parti pris quitter le navire qui devient On 155 éliminer toute idée ou tout sv.jo.firms l’art, ce serait maî-ii ru va u admirable.Le litre importe peu: son “Penseur" était primitivement destiné à couronner la porte de l'enfer qu'il n'a jamais terminée, et représentait Adam regardant entrer ses fils dans celle éternité.Ici le titre a été changé, mais le morceau es»: resté le même, et il est admirable.Kn résumé, l'artiste cherche d'abord une harmonie plastique ; si une idée se greffe dessus et s'explique bien tant mieux, s'il n'y a qu'une belle forme tant pis pour l'idée; l'oeuvre est belle et décorative, et là est son but.11 EN III HEBERT. 15 if THE SONG TO BE.: ! I am the Song of Canada.Within the womb of time I lie Unborn.Deep in the unblown flower of Destiny.1 Await the summer mom.Unuttered and unheard, Dumb music, voiceless word.Yet am I that whereby The heart of a great nation shall be stirred.•0 • In that day I shall not with rich maple leaves array My forehead, nor display The lilies of a dynasty long dead.Nor roses, white nor red, Nor any leaf of old lands far away.With face uplifted and with young Timhs freed From all stiff golden vestitures of creed.I shall go forth with speed, Nor bow me down To rank nor riches nor to any crown.I am the Song of Canada.The winds of the vast voids of earth Shall sound their trumpets for my birth.The love of man for man shall be Motive of my sweet melody.The brotherhood of man with man My mighty harmony shall plan, Shall vibrate free With the victorious cry of Liberty. 153 ] am the Song of Canada.Deep, deep, In the unblown hud of a Nation's destiny 1 lie Asleep But feel my hour draw nigh.Across the sea Tlie far-blown thunder of the guns Proclaims my Prelude’s tones.And face to face with death The first faint notes of the Anthem yet to he.I Tom camp and column comes The relentless rumble of the drums And to my measure thrums.The blood of those who sleep.The tears of them that weep, Make rich the soil from which I spring.The souls of men are silent, listening.I am the Song of Canada.Yet keep Silence a little space And veil thy face, And thou shall hear the heart of a Nation sing.•• - s BERNARD K.SANDWELL. loi A PROPOS DE M.RENE CHOPIN.( Fragment) De voir un poète à l'affût dit drame de son moi.avide d'analyse psychologique.pourrait consoler des protestations qui s'élèvent, inspirées qu'elles sont par un chaux* in isme con-d.uimatile.En certains milieux, on reproche à M.Chopin de ne pas se commettre à des inspirations vieillies.Sur des troncs bien morts, quelqu'un le voudrait voir s'amuser à des décorations de verdure neuve.On lui fait crime de désirer étreindre la beauté universelle, de rechercher les grands thé- généraux, href, de vouloir approcher son front du coeur Grief puéril, mesquin, oiseux ! En vérité, il n’v a pas de thème essentiellement bête : tout dépend de la ni ère de le traiter.* i «f» r i univers.ma- Mais le Saint-Laurent est détestable quan I y voit certaines gens réfléchir leur visage satisfait dans l’éclatant miroir.on Ces gens-là vicient le mot patrie de toute essence noble : • »* Vont tellement fait servir à leurs intérêts ou à leur stupidité latente que la curiosité nous est venue de courir à d’autres mots, qui ne tussent pas l’apanage des faiseurs et des sots.X o us sommes fa Vignes de ces mots justes et a ri si i-'liens puisque ceux qui en usent cachent leur vanité sous le retentissement d'une rhétorique plate et surannée, du bruit ' tvrile que produisent leur voix et leur coeur.Ces hommes i'v vivent pas; ils végètent hébétés, hagards, sans originalité.mu* îe terreau du passé qu’ils déshonorent en le rendant ennuyeux.Ce sont des morts vivants qui s’imaginent écouter la grande voix des défunts et qui pressent sur leurs poitrines creuses une gerbe de vanités méprisables.Nous qui voulons vivre, nous demandons que l'imagination ait ses droits, le sentiment, de la grandeur, la vie, scs moyens d’expression variés et humains.Nous bâtissons notre citadelle sur les rives du temps : que le ciel la vienne caresser ! Nous avons des fenêtres qui ne se font pas avares d’en recevoir les rayons et une âme vibrante au vieux chant de la douleur humaine.Ce n'est pas assez, nous admettons toutes les manières à con- 1: ir.fi clition qu'elles ne demeurent plus un repaire de vieilleries.Jamais nous n'en resterons à Racine et nous ne craignons pas «l'affirmer qu’un Verlaine est aussi nécessaire à la littérature française que l’auteur de Phèdre.u Verlaine serait de la démence, exemple qu'il faut utiliser en nous cherchant Servez Cependant, refaire Racine ils nous ont laissé un un esprit qui .disent des bateleurs trop connus ; “servez où vous allez périr”.Nous connaissons des recettes de morts infaillibles : la calomnie, l'indigence, la pauvreté, le silence, la folie.Nous sommes riches en ressources et nous • • • « soit notre.sommes sans aveux comme sans scrupules.Le talent nous fatigue, nous répugne ; il entrave nos heureuses digestions.San?» parler de ceux que nous avons empoisonnés à doses lentes et rendus stériles et parfaitement idiots comme nous-mêmes.voyez, à l'Asile Saint-Jean-de-Dieu, cette tête rasée de jeune homme où des veux hagards cherchent une intelligence morte à jamais.Ce fou, c'est un peu notre oeuvre.Craignez ce fou : nous vous menaçons d'un des Vin pareil." Oh! vous voulez que l'on serve, vous nous renvoyez à une tâche poétique de votre choix, où la liberté et l'élan nous seraient forcément mesurés.Vous voulez que l’on serve le présent ! Mais il y a.d'après nous, trop de profiteurs dans le paysage : nous les voyons, nous les entendons, nous leur faisons grief de ne nous avoir pas préparé une atmosphère de littérature et d’art.Au lieu du régne artistique qui eût aidé au triomphe de l’harmonie dans la plénitude des dons, que voyons-nous?une véritable foire à charlatans de toute espèce et.entre grands seigneurs, les fourberies de Scapin renouvelées.Ils insultent à la beauté de vivre, ils se livrent à mille singeries, ils sont dévorés au flanc par l’égoïsme, cependant que sous le pavillon de l'idéal ruisselle le sang des jeunesses immolées.Vous voulez que nous servions des intérêts actuels—et nous ne savons pas si nous sommes anglais ou français, ou d'une espèce plus particulière,—quand il y a, au-dessus d'une unité flottante et dérisoire comme celle de la nation canadienne.une vérité d’art universelle, des chants que toutes les races ont entendus non sans frémir et qui jaillissaient des tourments de l’esprit, de l’amour et la mort.Matière inépui- 15(5 sable et susceptible de revêtir autant de formes qu'il existe d'âmes, et de sortir d'elles, pétrie de manière différente.Ce disant, nous offrons une réponse à ceux qui nous reprochent le souci de la forme.Que le dilettantisme nous soit permis puisqu'il constitue, â nos yeux, l’éducation artistique.Mais croyons aussi à l’imagination créatrice qui peut se passer d'hiver et, comme au matin du monde, ainsi qu’il arriva aux artistes primitifs, vivifier la montagne, jeter la flamme à travers les matières inertes, faire courir dans les veines de la terre un frisson neuf.Voila pour les élus qui ne sont pas encore nés d’ailleurs.Qu'il se dresse sur les Laurent ides, cet Homère attendu de tous! Nous le voulons.Mais que la sensibilité de notre époque surexcitée et qui s'ouvre aux choses de l’esprit fasse effort pour apercevoir la grande vérité éternelle et humaine, voilà de quoi regarder nos espoirs avec quelque confiance : comprendre le monde pour ensuite revenir aux vérités qui nous sont coutumières.Ce voyage littéraire au milieu des expériences terrestres permettra à l’oeuvre canadienne de s’épargner la banalité ou le néant.M.René Chopin s’élance sur les routes de la terre.Le permanent sous tous les deux, Il nous le cherche et, ce beau captif palpitant, il nous l’apporte dans ses bras fraternels.Sa valeur, c’est de s’arracher de son temps et de voir, au-dessus des limites d’une nation, le tableau universel.Il y a des vérités morales, intellectuelles, qui sont d’hier et d’aujourd’hui : elles ne connaissent pas de climat, de milieu, de pays.L’âme et ses passions reste la même partout : ce qui la nourrit, l’élève ou l’abaisse, ce qui la rend identique à ce qu’elle était jadis, ses capacités d’adorer ou de- haïr, sa volonté de puissance et ses fléchissements en présence du désir et des sortilèges, voilà un domaine qui veut connaître le poète deMontréal.11 tente de faire saillir les côtés sublimes et bas qui en composent l’unité essentielle.Il palpe le coeur de l’homme ; il voudra à un moment, mettre son oreille sur scs battements tandis que, plus loin, il écoutera les voix de l’amour, des tristesses automnales, la bataille inassouvie des instincts aveugles.Il voit en grand, il voit dans l’universel, dans l’infini.Polaires, Le Poème du Soleil, Les Arbres, autant de tre de l’homme avec les mystères hallucinants de la vie; au- nous Les Paysages rcncon- lf>7 tant (l’échappées vers celle terre promise où s’abolissent les barrières, les génies Vivre un peu pour ce qui n’a pas d'intérêt immédiat, croire que toute la poésie est réduite dans un morceau de pain, façonné par des mains connues, mais se nourrir de toute nourriture terrestre ! M.Chopin s’exalte à vivre: il découvre un esprit avide que ne peut rassassier le port de Montréal ou une terrasse de Québec.Louons-le de soupçonner, de savoir que là ne finit pas l’empire de la terre, et de cette diversité d’aspirations qui le range parmi les poètes compréhensifs et humains.où gémit et agonise la pensée esclave.ne pas nous MARCEL DUGAS.I n as I VI M il —» fl fiyini 11 l 'J l.r>K NOS COLLABORATEURS V X mm».\ y .* B; 1 * I ; « v / i.> t X X N.i t t ) i % .S i » f 4 ! ! * < r > \ : • -* ¦¦ Xf ¦* I •4.i > > n v i \ i i • t % 4,' s' % "•wilt».> / 2 / / t j « V v-V* / A s ) j 1 .V ! i W \ w* SX ».; > n \ 1 H .I M j 5 \ I .I i / V / > V~-•* .» • • RODOLPHE MATHIEU I ) KSSI N I >’ ! I K X RI II Kit K RT J.v.i % V y a A fit ÉlmhraMï s M.RODOLPHE MATHIEU ET LE TERROIR (1) Un lecteur du NIGOG, qui s'intéresse aux jeunes musiciens canadiens, me demande si M.Rodolphe Mathieu est ce qu'on peut appeler un compositeur du Terroir et si son art est un art canadien.Je comprends peu le mot terroir collé sur de la musique, mais, en autant que se puisse appliquer cette expression dans le sens convenu, je réponds sans hésiter que M.Mathieu n’est pas un compositeur du terroir.Un Rodolphe Mathieu terroir.ce serait un musicien exprimant un morceau du Canada au moyen de chants populaires rigoureusement exposés et développés, un musicien se couvrant d’un vêtement qui ne serait pas le sien.Il lui faudrait alors coller sur sa musique (1) M.Kdolpho Mathieu est jusqu'ici l'auteur de nombreuses oeuvres dont aucune n'est éditée.Pour Piano:—La Chevauchée (1011), Isahenu (ft quatre mains, (1011), Sur un nom (1912), Souvenir d'une heure (1013), Nuit d'Amour (1014), Vague (1014).J'écoute une musc qui me fuit.Fantômes, Dans l'espace.Un matin d'été (1917).Pour chant et piano:—Beethoven sourd, Larmes (1909), Vos yeux.Les Yeux Noirs (1911), Un peu d'ombre (191 G).Pour orchestre à cordes:—Prélude en la (1909), Souvenir d’une heure (1013).Sur un nom (1011), Fantômes (1917).Choeurs:—Poème de la Mer (1908), Deux choeurs à voix mixtes (1914).Pour violoncelle et piano:—Lied.Il prépare, en outre, un livre d'essai dont l'objet est: “La conscience humaine", La conscience infinie", “La naissance du genre humain sur la terre", et un autre d'aphorismes sur la philosophie, la musique, la morale. I (il * quelque texte photographique qui étique!ternit ses harmonies et déciderait de leur signification.Ce serait une sorte de réalisme musical, et le réalisme musical, complet, ça ne peut pas exister.La musique se refuse à une reproduction matérielle aus>i rigoureuse.Ht voudrait-elle s'y «plier que le.résultat serait encore Lien éloigné de la vérité.Dès qu'une idée, qu'une vérité a pénétré dans le cerveau, dans l'Ame de l'artiste.- elle subit une transformation, et l'imagination qui en suggère la traduction produit souvent celte vérité sous un aspect tout différent de son aspect initial.1 .'imagination ordonne de merveilleux arrangements du réel et elle en a tous les droits.Le r**el n'est plus alors cette chose que perçoivent de multiples individus (et.déjà, qu'elle multiplicité de vision dans ces individu*), mais il devient une vérité personnalisée, telle que la sent et l'interprète le compositeur.Le compositeur, s’il veut récréer la nature ne fait que de l'interprétation.11 s’exprime soi.devant la nature.(Le phonographe seul me semble enregistrer selon les données exactes du réalisme musical.Faisons-lui enrégistrer les faits, les gestes et les bruits du terroir, ce sera le meilleur, le seul réalisme musical possible; ce ne sera pas de l'art).Mais il ne faut pas donner tant d'importance au prétexte à l'oeuvre, au sujet, et considérer le but.le résultat.Tous les sujets, tous les moyens sont bons.On pourra toujours créer de l’art véritable en s'inspirant de quoi que ce soit.Et encore faudrait-il savoir dans quelle mesure le positeur puise son inspiration dans le sujet imposé plutôt que dans soi-même.Devant tout, il reste à soi-même son centre com- < Vin spiral ion el c’est soi-même qu’il cherche à travers toute chose.Les sujets, les prétextes, les causes demeurent des nécessités, mais des nécessités partielles, qui ne sont pas l’élément essentiel de l’oeuvre et qui sont en dehors de l’art.On sait que ce qui importe avant tout dans la musique des grands maîtres, ce n’est pas le sujet, mais la manière de le traiter ; c’est le style, l’essence intime de leur musique, l’expression de Vôtre en autant qu’elle se peut.M.Mathieu est un musiciens et scs préoccupations ne sont qu’artistiques, musicales.Il est encore très incertain, mais il cherche à s’exprimer soi, avec la multitude de scs vibrations intérieures et extérieures.Son objectif, c’est la musique.Il Vil n'est pas impossible, cependant, que M.Mathieu ait une tendance à donner à sa musique une signification philosophique ou métaphysique.Mais, pour lui trouver ce semblant de si- unifications étrangères a la musique, il faut être prévenu et il faut déterminer d'avance la signification de harmomco-mélodiques.Il a déjà fallu à ce genre de musique à thèse, dans le passé, toute une littérature explicative.Cette amplification de la musique a, du reste, trouvé sa fin.maîtres contemporains ont senti cette déviation et ont redonné à la musique une signification plus musicale limite.Fixer la musique dans des significations morales, métaphysiques, sociales, religieuses ou philosophiques, c’est utîli-s
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