Le couvent : publication mensuelle à l'usage des jeunes filles, 1 mars 1899, Mars
ECOÛTENT i 5 1 Publication mensuelle à l’usage des jeunes filles.14ème année.— No 7 — Mars 1899.Los abonnements Abonnement : 25 contins par an.datent (lu 1er septembre.—s’adresser à F.-A.Baii.laihge, prêtre, curé, Rawilon, P.Q.>< _A-xelotxx* "blesse Lettre de Mlle Lu mena Laverdure ( 12 ans ) à Mlle Elisabeth Rodésie ( 11 ans), toutes deux élèves d’une florissante institution, du comté de Montcalm.Chère amie, Tu m’as bien affligée de ce que tu m as dis, dans ta lettre.Tu dis que tu penses que je ne t’aime pas du tout et tu dis encore que, en dehors, je n’ai pas l’air de t’aimer.Mais si je fais cela c’est parce que mots, que tu me dis, tu fais pareil.Je trouve que ces que si je suis fâchée je pourrai me défâcher me montrent que tu ne m’aimes pas gros.Je pense en effet que je vais t’abandonner, si tu ne veux pas m’aimer. —».I JO —•- Tu peux garder une conduite tout opposée h celle que tu as gardée jusqu’à présent.Quand je te parles tu me réponds froidement.Ah ! chère Lumena, tu ne sais pas ce qu’il y a dans le fond de mon cœur ; pas ce que tu fais.Non, tu n’es pas assez vieille pour comprendre ce que ton amie a dans son cœur pour sa chère Lumena.Mon pauvre 'petit cœur bât bien fort quand il pense que son amie ne l’aime pas.Du moins si j’avais la consolation que tu me prouveras ton Je n’ai qu’un reproche à te faire tu es trop vive.Tu m’as fais fâchée jeudi ma si tu savais, tu ne ferais amour.parce que • quand j’étais près de toi et que Dilate est arrivée, tu as tourné toute ton attention vers elle et tu m’as laissée là.J’espère que je pourrai trouver un change-Ecris moi une longue lettre.Ton amie affligée.ment en toi.L, Et voilà f C’est ainsi que de pauvres entants la tête, se brisent le cœur et perdent leur temps, pour un feu de paille.L’amour qui s’afflige, à cet âge, est égoïste.Lumena apprendra qu’on ne se fait pas aimer, parce que l’on désire être aimé, mais parce que Ton est aimable.se cassent un amour 2 - I ^ 1 —» On gagne beaucoup à ne il y a un temps pour chaque chose.pas aimer trop tôt : 3 : À une jeune fille Jeune fille qui cours au bal fraîche et légère, La vanité dans l’Ame, aux lèvres la chanson, Songe moins à ta grâce, un peu plus à ta mère, Dame de bon secours, sainte de la maison ! Son cœur sans mesurer te répand sa tendresse, Tl te la jette à flots, il aime à t’en couvrir ; Il est riche et prodigue, et dépense sans cesse Tout son trésor d’amour, sans jamais s’appauvrir.Tout a dans sa maison sa tâche journalière : La fleur du vase d’or la remplit de senteur, Le serin d’harmonie, et l'fttre de lumière ; La mère y donne une âme, et l’emplit de bonheur.Humble et sublime, elle aime une petitoosphère, Et rayonne à l’écart, entre ses murs bénis ; Elle èst comme le feu du foyer, et n’éclaire Que l’étroite famille, et ne luit qu’au logis.Dis à ta mère, enfant, ton âme et ses mystères, Car elle a des pardons qu’on ne peut épuiser : Sa.faiblesse est sublime.Oh ! sur vos lèvres, mères, A côté du reproche, est toujours le baiser ! Mme An Aïs Ségalas.LE MONDE DES NOUVELLES Les revenus de Montréal pour 1898 ont été de S3,-078,839.Le mica de Rawdon attire l’attention des spécialis- >• i sS tes. — 13 Z —» Fondation d'une école normale,pour filles.it Québec.Faut-il dire Samuel de Champlain, ou Samuel Champlain, Samuel de Champlain, dit M.l’abbé Cas-grain ; Samuel Champlain, dit M.Dionne.Les Sain-tongeois, élevant à Champlain un monument dans ville natale Brouagc ( aujourd'hui Hiers-Brouage ), ont écrit sur le piédestal : Samuel Champlain.Le Messager Canadien du Sacré Cœur ( B.2,431» Montréal, et la revue mensuelle VAlliance Natiàmle deviennent de plus en plus intéressants.Le 10 mars, à Sainte-Scholastique, exécution de Cordelia Vian et de Sam Parslow.Sit Les Clercs île Saint-Viateur se font les zélés propagateurs île la dévotion à Notre-Dame de Pellevoisin.Sa L’état delà santé du Pape inspire des inquiétudes.L’Italie veut avoir un pied à terre en Chine.Un nombre considérable de missionnaires ont pris en 1898, la route de l’Afrique et de l’Extrême Orient.L’Angleterre compte aujourd’hui quinze cents mille catholiques, dix sept évêques et trois mille prêtres.L’Inde qui comptait 500.000 catholiques il y a trente ans, en compte aujourd’hui 2,000,000.Les Pères du Saint-Esprit se servent d’un bateau-église, naviguant sur l’Amazone et ses tributaires, pour l’évangilisation des populations riveraines.La mort presque subite du président Faure, à Paris, affecte particulièrement tous les amis de la France.M.Loubet succède à M.Faure.L’abbé Lorenzo Perosi est l’auteur d’œuvres musicales qui font sensation en Italie.L’amitié de l’Angleterre pour les Etats-Unis d’Amérique se refroidit quelque peu. ; — 133 — BIBLIOGRAPHIE Commentaire du Catéchisme de Le Code Catholique ou Québec, par l’abbé D.Gosselin.(1) Les institutrices trouveront là des explications claires, dans leur brièveté.Les parents feront bien de donner une place à cotte brochure dans la bibliothèque de famille.M.l’abbé Gosselin est le distingué rédacteur de la Semaine lielie/ieuse de Québec.IMPRESSION I)E VOYAGE Eome PAR L’abbé HENRI CIMoN (2) Encore un petit volume qui doit prendre place dans la bibliothèque du pensionnat et dans celle do la famille.Rome a quelque chose d’immuable, me le catholicisme.Les impressions diffèrent cependant suivant les points-vue.L’auteur, ex-curé d’une paroisse canadienne française et étudiant à Rome, devait être en mesure d’enrichir les descriptions déjà faites.11 a réussi.On le suit avec intérêt.Certains petits détails, certaines intimités donnent au récit de la variété.L’auteur instruit sans fatiguer.coin- Si vous aimez, ne flattez point.Avez vous acheté le Canada Ecclésiastique de MM.Cadieux et Dcrome ?(1) 25 cto l’exemplaire.$17.00 le cent exemplaires.S’adresser à l’autour, Cap-Sautô, C'o.de l’ortneuf.y) chez Vincent, 23*.rue Saint Jean, Québec. — 134 — iU; I: I; '¦-U.1) - %23K I i : , :v; :• 4 Mâ mj tl mm® ¦i' MR \ ¦ w El wmmËMm M iiffil WWW ÿm RÉCRÉATION LA PRESSION ATMOSPHERIQUE “ Vous con naissez l’expérience qui consiste à fixer une pièce de cinq francs contre une porte, contre le -montant d'une bibliothèque, et même, si le relief en est assez atténué par l’usure, contre le carreau d'une vitre.Le résultat est obtenu, comme on sait, en frottant vivement de liant en bas la pièce de cinq francs contre la paroi — !35 — verticale à laquelle on veut la faire adhérer, de manière à chaf-f-or l’air interposé ; c’est la pression atmosphérique qui retient la pièce.En disposant l’expérience d’une manière différente, vous pourrez soutenir un défi qui semblera absnrbe, au premier abord, à ceux qui ne soupçonnent pas le moyen que vous allez employer.Jetez sur une table en bois, non vernie, une pièce de cinq francs en argent(l).Autour de la pièce, faites passer une grande boucle formée à l’un des bouts d’un petit cordonnet, dont vous laisserez pendre, eu dehors de la table l’autre extrémité ( voyez la vignette ).Demandez alors à ceux qui vous entourent quel poids vous devez attacher à la ficelle pour que la pièce soit entraînée.On vous répondra que, une pièce de cinq francs pesant vingt-cinq grammes, un poids un peu supérieur l’entraînera et que, même en tenant compte de la résistance opposée par la résistance du cordon et de la pièce contre la table, un poids de cinquante grammes sera certainement plus que suffisant.Vous pourrez affirmer sans crainte qu’un poids vingt fois [supérieur, c’est-à-dire de un kilo ( 2 livres ), ne fera pas bouger votre pièce de cinq francs.— Vous allez donc la clouer ou la coller ?demandera- t on.— Pas le moins du monde.On vous mettra sans doute au défi de réussir mais, à défaut de colle ou de clous, vous mettrez à contribution : la pression atmosphérique : la pièce de cinq francs, frottée vivement sur la table dans les sens des libres du bois, demeurera immobile au point où vous l’aurez laissée ( voyez la vignette ), malgré le poids d’un kilogramme qui ne suffira pas pour l’entraîner.” Maudl.Chacun est le peintre de sa propre vie : la volonté conduit le pinceau, les vertus sont les couleurs, et le modèle est Jésus-Christ.(S.Grég.de Nysse).(1) ltcmplncez la pièce de cinq frnnce par un cinquante centin. — 136 — L’hospitalité du Bandit LÉGENDE BIBLIQUE Le simoun, ce redoutable vent du désert, s’est levé, balayant sur son passage les fragiles obstacles, roulant en tourbillons dans les airs l’impalpable poussière du sable doré, courbant la cime altière des palmiers, arrachant les nopals épineux, les cactus aux fleurs pourprées, et semant le sol de rameaux brisés des lenlisques au pâle feuillage.La nuit descend sur la terre ; non une de ces claires nuits d’Orient, transparentes et limpides, dont le manteau bleu s’étoile de points lumineux où se moire aux reflets argentés de la lune, mais une sombre nuit d'orag , noire, effrayante et troublée.Dominant la grande voix de l’ouragan, une clameur lugubre traverse l’espace.Elle vient de Bethléem et de Rama, elle est faite des cris désespérés de mères quelles les soldats du tétrarque HéroJe arrachent leurs enfants pour les égorger.Et cette lamentable houle de sanglots humains fait frissonner les fugitifs qui.insoucieux de la tempête, des ténèbres épaissies autour d’eux, se hâtent sur la route déserte : un homme aux cheveux blanchis, presque un vieillard, conduisant un âne par la bride, et, sur celle chétive monture, une jeune femme, très belle, pressant entre ses bras un enfant endormi, roulé dans les plis de son voile.Ils se hâtent Itll.x- , ils fuient la Judée où ruisselle en torrents le sang des innocents martyrisés.L’om- rouges bre del bois, la solitude, les éclats de la foudre ont pour eux moins d’horreur que le séjour des cités, où, le fer meurtrier des sicaires d’Hérode menace la frêle créature endormie.Us se hâtent., désirent de se trouver demain, quand le jour se lèvera sur eux, bien loin du sol inhospitalier.Et voilà que soudain, deux hommes surgissant de la lisière de la forêt se dressent menaçants, barrent le chemin.Ce sont de ces larrons, qui guettent, la nuit, les voya-snns défense, les arrêtent pour les dépouiller de Ils se hâtent genre —137 — l’or ou des marchandises qu’ils portent, et ne les laissent, aller qu’après les avoir durement rançonnés.Hélas 1 le patriarche Joseph, la vierge Marie sont pauvres.Ils ne possèdent ni une pièce d’ut', ni un bijou.Leur seul trésor, c’est l’Enfant Dieu qu’ils emportent, à travers monts et déserts, vers la terre
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