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Titre :
La revue de Manon
Revue bimensuelle de littérature québécoise qui aborde aussi la musique, le cinéma, le théâtre, la mode et l'histoire. [...]

Revue bimensuelle de littérature québécoise qui s'inscrit dans le sillage des revues féminines de l'époque, qui proposent une vision conservatrice du rôle de la femme en société.

Fondée par la femme de lettres Emma Gendron, cette revue invite écrivains professionnels ou amateurs à lui faire parvenir leurs oeuvres sous forme de récits ou de nouvelles pour être publiés dans le but de favoriser l'épanouissement des lettres québécoises. Les autres sujets abordés sont la musique, le cinéma, le théâtre, la mode, l'histoire de Montréal. On y trouve aussi des extraits d'oeuvres d'écrivains français.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 6, p. 91-92.

LACASSE, Germain, « Écrire entre les lignes : Emma Gendron et le nouveau cinéma québécois des années 1920 », Nouvelles vues, no 12, printemps-été 2011, p. 12-30.

Éditeur :
  • Montréal :E. Gendron,1925-1931
Contenu spécifique :
vendredi 15 avril 1927
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Références

La revue de Manon, 1927-04, Collections de BAnQ.

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Montréal, 15 Avril 1927 Revue Littéraire la plus Distinguée des Foyers Canadiens roisieme annee LA MARQUISE DE LA FALAISE DE LA COUDRAYE (GLORIA SWANSON) Dans ce Numéro VOIR PAGE 17 ¦ ¦ X A £ V- v>o.;.Xy X; vy>; V.' >.A- i»; aw.-.- A >.SÎSSS •v.v .>£;v£- >\ A- N' y >->v.liM \yx\ >s ^ V ** S ''a v.v.1 ImPm ASV.XA\ wX' •' *>.*> SS*: v.a>-y •v-a -v\v^ •• £* V*\ A wx y->:v>\ y-•>: ' :o:-.*y : '**;¦* •• - >*¦>¦• >.N-V VXv «Cv.*#: \\'V .•', y.v ASV rv> v\< «A -NX •*>.* OjSX 'a': A*A< xSV’Sij, ¦>.' yx *x::v S»v .y v >C» > '• V» • wt * à * v aîss m ~ m ^ iinumiii iinmiiiiiiini s'linui: • • • ¦ v WW/'mm iiifiiiiiiaiiimiiiiiaaiiBaaiaiiiaaaaaiaaaaiiaafiriiaiaiff finir MMimmauaa In WKiiW Coupon-adresse pu 04 o W «o a r «o co ^3 o e- No 9224 Page vingt-six LA REVUE DE (MANON (Montréal, 15 zAvril 1927 sorbée par son inquiétude maternelle.Bertheaume eut pitié de cet épuisement.Sa fierté ombrageuse lui interdisait d’ailleurs de s’imposer.— Thérèse, dit-il avec détresse, je ne veux pas vous fatiguer davantage.Et j’ai trop confiance en vous pour vous importuner de protestations inutiles.Gardez seulement bien la pensée que je suis de coeur avec vous, toujours et partout.Elle ne répondit que d’un signe de tête, mais ses yeux avaient rougis.Des sanglots lui montaient à la gorge.Denis lui baisa la main, longuement.Et Thérèse, reculant devant lui, souleva la portière de la chambre : — Je vous renvoie Mme des Roquettes ! balbutia-t-elle en disparaissant.Revenue à sa place, seule avec Luce, Mme de Vilmois s’allongea dans son fauteuil, et les bras abandonnés, elle resta inerte et silencieuse, considérant le visage enfantin enfoncé au creux des oreillers.Fut-elle maîtrisée alors par le sentiment implacable de l’hérédité funeste qui pesait sur le fils de Roger de Vilmois et par l’appréhension d’un avenir mouvementé?.Ses yeux se fermèrent, sa poitrine se souleva en gémissements irrésistibles; des larmes coulèrent en flots pressés sur ses joues blêmies.Luce Fresnel baissa discrètement la tête sur la broderie à laquelle s’occupaient ses mains actives.Elle retint son souffle pour faire oublier sa présence, comprenant qu’une torture surnaturelle opprimait, en ce moment, cette femme qu’elle avait tant sujet d’envier ! Le bruit de la porte du salon, donnant sur l’antichambre, annonça le départ de Denis Bertheaume.Alors Thérèse ouvrit ses mains pendantes, comme pour laisser tomber quelque chose d’invisible.Une visiteuse remplaçait aussitôt le député, retenant dans l’autre pièce Mme des Roquettes.Après quelques minutes, Luce, en relevant les yeux, surprit le regard des prunelles bleu de lin attaché sur elle avec une fixité intense.Et ce regard sans lueur disait une étrange tristesse, comme un adieu à la vie.La jeune fille s’en troubla.Pourtant, les premières paroles de la veuve furent toutes simples : une très naturelle et très féminine remarque.— Vous brodez bien, mademoiselle Luce, et semble-t-il, avec plaisir!.J’aurais pensé que trouviez trop puérils, pour une savante comme vous, ces petits travaux d’aiguille.Luce protesta.— Non, non.Mon aiguille est mon amie.Et une femme qui ne sait pas goûter le plaisir de coudre est, à mon sens, incomplète.— A la bonne heure! je suis contente de vous savoir ces idées ! Ce joli mouchoir est, sans doute, destiné à votre soeur ?.— Oui, fit Luce, étalant son ouvrage avec une naïve complaisance.Et Simone m’a promis de s’en servir, le grand jour, pour pleurer sa vie de jeune fille, a-t-elle assuré.Thérèse eut un sourire distrait.— Elle ne pleurera pas, certainement.Elle paraît très satisfaite de se marier.Et elle a raison.Mais l’exemple de votre soeur va vous détourner de vos études?.Que ferez-vous, entre le mariage et la médecine?Car il faudra choisir.— Je n’aurai pas cet embarras, très probablement! dit Luce, rapprochant son ouvrage de ses yeux.— Qui sait?.Eh bien! laissez-moi vous en prévenir; n’hésitez pas, mariez-vous.Sans doute, vous pourriez faire du bien, en suivant votre carrière.Je vous ai vue à l’oeuvre, et je crois que vous avez la vocation du dévouement.Cependant la vraie mission d'une femme n’est pas d’acquérir de la notoriété et du talent, mais de s’absorber dans une tendresse intime, et de dépenser, à son foyer, tous les trésors de son coeur, toutes les grâces de son âme.Sa voix mourut.Il lui fallut un effort pour reprendre : — Retenez bien ce que je vous dis.Et croyez-m’en.Si le bonheur se présente, mademoisele Fresnel, acceptez-le !.Qui donc avait prononcé des conseils identiques, un soir rayonnant d’été sur la colline dominant un lac suisse?.Qu’il était singuièrement émouvant, pour la jeune fille, d’entendre répéter, par la future femme de Denis Bertheaume, les paroles qu’il lui disait à elle-même, au Mont-Riond!.Profondément ébranlée, Luce fut incapable de trouver une réponse immédiate.Mais la pendule tinta.Mlle Fresnel se leva en sursaut et glissa précipitamment sa broderie dans son petit sac.— Mon Dieu ! le temps m’échappe ! Ma famille et le fiancé de Simone débarquent, tout à l’heure, à la gare des Invalides !.Et je ne pourrai plus venir ici qu’en passant.Désormais je vais être accaparée par les miens, ces jours-ci.Heureusement, votre garde-malade vient, dès ce soir, vous se- # conder.Et puis Tony ira maintenant de mieux en mieux, et vous permettra enfin de vous reposer, le petit diable.L’enfant s’éveillait.Luce se pencha pour mettre un baiser sur le pauvre front, marqué d’un sceau fatal.Tony, vaguemen:.sourit à la jeune figure aimable.Il murmura, encore assoupi : — Dis-moi, que devient-elle, Boule-de-Neige, dans sa boîte de verre?— Ta maman te dira le reste, chéri.Il faut que je parte, tout de suite.— Non.Reste ! fit-il boudeur.— Je serais punie.Je dois obéir.— Tu es grande pour obéir encore.— Mais, grands ou petits, on obéit toujours à ceux qui sont plus sages.Alors, toi, tâche d’être sage pour qu’on t’obéisse aussi.Tony ferma les yeux pour creuser ce dilemme difficile.Luce profita de cette indécision pour s’évader.Avant qu’elle eût atteint la porte, Mme de Vilmois l’arrêta : — Que ne puis-je vous emmener?dit-elle d’une voix basse et tremblante.Vous savez le prendre, l’obliger à réfléchir!.Mais j’ai été trop égoïste dans ma vie.Suivez votre chemin, mademoiselle Fresnel; vous avez déjà fait tant pour moi!.Je n’oublierai jamais votre bonne grâce.Et épinglant au corsage de Luce une barette d’or, incrustée de rubis, elle ajouta: — Gardez ce petit rien — un de mes bijoux de jeune fille — en souvenir de votre premier petit malade.J’espère me rappeler mieux à vous, quelque jour.Bientôt, je le souhaite, vous entendrez parler de moi.Adieu.Je ne veux pas abuser plus de votre complaisance ni vous dérober à votre famille qui vous réclame si légitimement.Priez pour Tony et pour sa mère.Les yeux bleu de lin et les yeux noirs confondirent leurs regards ternis de larmes.Et à cette heure décisive où leurs cœurs se pénétraient, comme ces deux femmes étaient également droites, pures et tendres, le sentiment secret qui eût dû se diviser les stimula, au contraire, à un élan de sympathie généreuse.Elles s’embrassèrent, en silence." ' XIX — Oh ! une simple noce campagnarde, chère madame ! Un grand déjeuner champêtre, suivi de chansons et de danses, et la dispersion générale à la brune ! Mais nous serons ravies si vous voulez bien nous honorer de votre présence ! avait dit aimablement Simone à Mme des Roquettes que le départ de Mme de Vilmois laissait esseulée et quelque peu désemparée dans la capitale.— Oh ! nous serions tous très enchantés ! renchérit alors l’excellente Mme Fresnel, ange terrestre de l’hospitalier pot-au-feu.— Et puis ce serait une occasion pour Bureau : Belair 2442 Garage: Belair 2433 Kl 11 Jarry & Frère Vendeurs FORD Dealers CHS.ED.JARRY 6813 rue St-Denis Calumet 5919-J 4382, rue St-Denis, Montréal IMoutréal, 15
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