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Titre :
La revue de Manon
Revue bimensuelle de littérature québécoise qui aborde aussi la musique, le cinéma, le théâtre, la mode et l'histoire. [...]

Revue bimensuelle de littérature québécoise qui s'inscrit dans le sillage des revues féminines de l'époque, qui proposent une vision conservatrice du rôle de la femme en société.

Fondée par la femme de lettres Emma Gendron, cette revue invite écrivains professionnels ou amateurs à lui faire parvenir leurs oeuvres sous forme de récits ou de nouvelles pour être publiés dans le but de favoriser l'épanouissement des lettres québécoises. Les autres sujets abordés sont la musique, le cinéma, le théâtre, la mode, l'histoire de Montréal. On y trouve aussi des extraits d'oeuvres d'écrivains français.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 6, p. 91-92.

LACASSE, Germain, « Écrire entre les lignes : Emma Gendron et le nouveau cinéma québécois des années 1920 », Nouvelles vues, no 12, printemps-été 2011, p. 12-30.

Éditeur :
  • Montréal :E. Gendron,1925-1931
Contenu spécifique :
lundi 1 octobre 1928
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

La revue de Manon, 1928-10, Collections de BAnQ.

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Quatrième année — No 16 Revue Littéraire la plus Distinguée des Foyers Canadiens Montréal, 1er Octobre 1928 V.v; : : Slip « ' .N :$9nmw»jL! ¦ v-: V «S5« ¦ v» DOLORES COSTELLO Lisez NOTRE GRAND ROMAN D'AMOUR “COEUR SAUVAGE” par Michel NOUR rawwwwtkv LA REVUE DE SM /IN t N - -- «>¦ •w Grossir, c’est se déformer i y ' i.- i ' Se déformer, ’est Vieillir ° fSl± » Tl ' .•v % .L’Obésité • V r ";t -v .• -¦ i ' v ^ $ î y i ?l vaincue par le Ce qu’est l’Obésité L’obésité consiste en une exagération de l’embonpoint: les gens obèses se reconnaissent à ce que leurs formes sont empâtées par l’accumulation considérable du tissu graisseux qui s’est formé sous leur peau.Il en résulte pour eux un aspect ou moins lourd ou ridicule, et une gêne plus ou moins considérable dans leurs mouvements.L’embonpoint, tout comme l’obésité, dont il n’est d’ailleurs que le premier degré, est justiciable du traitement par le THE DES CARMELITES, car ces deux états qui rendent si difformes ceux qui en sont les victimes.PROVIENNENT D’UN TROUBLE PROFOND Des fonctions physiologiques qui fait que la graisse introduite dans l’organisme par l’alimentation se dépose dans les divers points du corps, sous la peau, au lieu d’être brûlée dans les organes et transformée en muscles, en chair et en énergie.LES RECENTS TRAVAUX SCIENTIFIQUES de Hagedorn et autres, ont démontré que l’obésité est caractérisée par une tendance anormale, chez les obèses à transformer les hydrocarbures de l’alimentation en graisse.LE THE DES CARMELITES provoque l’amaigrissement sans rien changer au régime alimentaire ni à ses occupations journalières.Le THE DES CARMELITES modifie profondément les échanges nutritifs, provoque chez les malades qui en font usage, un accroissement de la quantité d’azote, et principalement de la quantité d’urée élimininée par les urines.Cette constatation est le signe d’une désassimilation exagérée des substances albuminoïdes et explique comment le THE DES CARMELITES agit contre l’embonpoint.On peut dire qu’avec le THE DES CARMELITES, l’amaigrissement se produit TOUJOURS parce qu’il augmente les oxydations organiques et que la graisse est brûlée par suite de l’accroissement des oxydations.Cette médication suffira amplement, sans changer en rien aux habitudes, au régime, aux heures de travail, pour accroître suffisamment les combustions organiques défectueuses, brûler la réserve trop grande de graisse et empêcher celle-ci de s’accumuler de nouveau dans les tissus.Le THE DES CARMELITES doit également être recommandé aux personnes qui souffrent de maux de tète, bourdonnement d’oreilles, battements de coeur, oppression, maux de reins, symptômes d’une dégénérescence graisseuse, qui influe sur les fonctions du coeur, du foie, des reins et de l’estomac.La suppression de l’obésité et de l’embonpoint est le triomphe du THE DES CARMELITES.Sa popularité est aujourd’hui considérable, et elle la mérite entièrement.$1.25 la demi-boîte, $2.00 la boîte.^ .Expédié franco par la malle, sur réception du prix.Se trouve dans toutes les bonnes pharmacies.Agence spéciale PHARMACIES MODELES GOYER 184 et 682 Ste-Catherine Est, MONTREAL • ( >¦ ¦ LA REVUE DE Manon Revue littéraire la plus distinguée des Foyers Canadiens ' ABONNEMENT Canada : 1 an, $2.00; six mois, $1.25 Etats-Unis : 1 an, 2.25; six mois, 130 ADRESSE : • 2035, rue Saint-Denis, Montréal.-.Tel.Harbour 6966 Paraissant Bi-Mensuellement Mlle Emma Gendron, directrice-propriétaire Résidence: Tel.Calumet 1197 Administration : M.J.-Arthur Homier Directeur-gérant Rés.: Calumet 0166-W Quatrième année — No 16 Montréal, 1er octobre 1928 Le numéro : 10 sous RÉFLEXIONS “LA TOUCHE PERSONNELLE” Nombreux sont les commerçants qui se plaignent des affaires.Mais il en est trop qui oublient l’importance d’un intermédiaire que j’appellerai “la touche personnelle”, faute de terme mieux approprié.De nos jours, “les affaires” — entité dominante — ont tendance à se mécaniser, à perdre toute essence spirituelle.Un constructeur d’automobiles très connu se plaignait récemment, dans un discours, du manque de personnalité des vendeurs.Et ce personnage de marque — c’est le cas de le dire — n’est pas le premier à attirer l’attention sur ce point important.La meilleure publicité est, sans contredit, celle qui émane d’un client satisfait.En affaires, nous cherchons ce que les éditeurs apprécient chez le romancier : la touche personnelle, humaine.Tout ce qui peut retirer au commerce son apparence purement mercantile et vulgaire est un point de gagné.Récemment, je trouvai dans mon courrier une lettre peu /banale portant le timbre d’une ville fort éloignée.Elle venait d’un hôtel où j’avais passé une nuit peu de temps auparavant.Elle contenait ces quelques lignes : .Monsieur, “Vous avez bien voulu, voici peu, descendre dans notre hôtel.Nous tenons à vous remercier de l’honneur que vous nous avez fait et aussi à vous dire qne nous comptons bien sur vot?*e présence chez nous lorsque vous repasserez dans notre ville.“Nous désirons vous faire sentir que, pour nous, vous étiez un hôte dont le bien-être nous inmportait et non un simple numéro dans une maison de passage.” Le ton de cette lettre me surprit.J’ai reçu déjà bien des lettres d’hôteliers, mais aucune qui rendit le son humain et personnel de celle-ci.J’avais complètement oublié cet hôtel, mais inutile de dire que.après la lecture de la missive ci-dessus, je notais soigneusement l’adresse qui m’était ainsi rappelée, et, fti je retourne jamais en la ville où il se trouve, c’est là, et en aucun autre lieu, que je descendrai.Ceci me rappelle une chose à laquelle j’ai pensé déjà bien souvent : c'est que l’amabilité est un avantage — pour se placer uniquement au point de vue pratique — beaucoup trop négligé dans le monde actuel des affaires.Il ne s’agit pas d’être obséquieux, mais prévenant, agréable.* * * Dans une grande ville surtout, vous pouvez acheter tout ce que vous voulez; mais, pour trouver de l’amabilité, c’est autre chose.Qu’il s’agisse d’une capitale ou d’une autre, d’un grand port, d’une ville d’affaires surpeuplée, de l’ancien ou du nouveau monde, des foules énormes s’écoulent autour de vous; nul ne vous voit, nul ne vous entend; vous n’existez pour personne.Dans l’océan de solitude, où tant d’êtres se trouvent égarés et perdus, une prévenance, un sourire, une intonation aimable prennent tout de suite une valeur, même si ces petites touches personnelles émanent d’une personne appointée pour vous servir.Voilà un point qui devrait être acquis et que chacun ferait bien de fixer pour toujours dans sa mémoire; tout le monde s’en trouverait bien, et le commerce marcherait mieux, par surcroît ! - Toute personne qui voudra se procurer d’anciens numéros de “La Revue de Manon” pourra le faire en s’adressant aux bureaux de la Revue, 2035 Saint-Denis, ou en envoyant un mandat de poste.16 sous le numéro.Si vous songez à faire un cadeau à un jeune homme ou à une jeune fille, pourquoi ne pas lui offrir un livre ?' Un livre bien choisi — que vous avez lu vous-même, de préférence — est le meilleur de tous les présents.Le monde est plein d’oeuvres merveilleuses, devenues classiques et qui ne peuvent que faire du bien à ceux qui en prennent connaissance.Donnez un livre de ce genre à un être jeune, c’est une façon d’enrichir sa vie.C’est un compliment, car cela veut dire que vous le jugez capable de comprendre et d’apprécier un ouvrage élevé, de préférer son intelligence à son divertissement.Il est fort bien, sans doute, d’offrir quelque bijou, un joli vêtement ou une fanfreluche.Mais ces choses ne flattent que le désir d’orner sa personne.Ce qu’il y a de plus beau au monde, c’est une belle idée.Les idées sont des choses, et elles durent plus longtemps que toutes les possessions matérielles.Donner à votre protégé de belles pansées, c’est lui remettre un trésor durable.Ne soyez pas arrêté par l’idée que votre ami a déjà une petite bibliothèque.Un livre convient au riche et au pauvre.Ne dites pas comme la jeune vendeuse : “Vous offrez un livre à Marie pour sa fête ?.Mais elle en a déjà un !” , On ne saurait avoir trop de bons et beaux livres.Pour toute autre possession, ou presque, on peut arriver à la surabondance de biens.Mais de livres plaisants et utiles, on n’est jamais trop riche.Frank CRANE.NOS ROMANS COMPLETS A NOS NOUVEAUX LECTEURS Voici la liste des romans complets déjà parus dans notre revue: “CENDRILLON AU BAL” par Guy Chantepleure, “PRES DU BONHEUR” par Henri Ardel, “PERILS D’AMOUR” par Daniel Lesueur, “LE MARI DE GISELE” par H.A.DOURLIAC, “MALGRE ELLE” par Eva Jouan, “PROFIL DE VEUVE” par Paul Bourget, de l’Académie française, “LE ROMAN DE LUCIEN” par Guy Vander, “PETITE MUSE” par Henry de Forges, “LA CHANSON DES ROSES” par René Poupon, “SON ROMAN D’AMOUR” par Michel Nour, “LA FIANCEE DU COMTE GUY” par Paul Junka, “MONETTE” par Mathilde Alanic, “EN SUIVANT L’ETOILE” par Florence Barclay, “LE FIANCE DE JOSETTE” par Paul Junka, “AU DELA DU COEUR” par Edmond Coz (publié en deux numéros), “PLUS FORT QUE TOUT” par Paul Cervières (publié en deux numéros), “LE MARI DTANTHE”, par Berthe Neuillies (publié en deux numéros), “MON CYGNE”, par Emmanuel Soy (publié en deux numéros), “LE MARI DE VIVIANE’ par Yvonne Schultz (publié en deux numéros), “LE HIBOU DES RUINES" par André Vertiol (publié en deux numéros), “REVE D’AMOUR" par Trilby (publié en deux numéros), “L'EXIL DE L'AMOUR" par S Moreu (publié en deux numéros), et “COEUR SAUVAGE” i par Michel Nour, qui paraît dans le présent numéro.On pourra se procurer les romans déjà parus en écrivant ou en s’adressant à “La Revue de Manon”, 2035 rue Saint-Denis, Montréal.Chaque roman se vend 10 cents et est expédié sans frais de poste.Ceux en deux numéros se vendent 20 cents. PLUS DE 100 ANS D'EXPERIENCE * , DANS CHAQUE BOUTEILLE IMontréal, 1er Octobre 192S LA REVUE DE [MANON Page cinq LLE Marthe est là ?— Non, mais il y j ! — Bien.bonjour.?a Mlle Suzette; Elle étudie son piano.Je vais lui dire laissez, laissez.Jeanneton, je connais le chemin.Il écarta du geste la servante et pénétra brusquement dans le petit salon où Suzanne.— “Suzette” pour la tendreesse de la grande soeur et de la vieille bonne, — jouait du piano en une attitude languissante révélant l’absence de la pensée.Elle tourna vers le nouveau venu un délicieux visage auréolé de mousse blonde, et plus charmant encore sous la vapeur rose, due "à la surprise, sans doute, qui 1’'envahit à la vue du visiteur.— Vous, monsieur André !.Il fit, d’une voix singulière : — Oui, moi.Il posa son chapeau sur un meuble et prit place dans un fauteuil, près du piano, de l’air d’un homme déterminé à rester longtemps; Sujette le comprit ainsi, car elle dit, une réserve voulue et peut-être exagérée dans l'accent : — Ma .\eur n’est pas là, monsieur André.Il répondit avec tranquillité.— Je le savais.Elle le considéra, effarée : — Vous le saviez?.— Oui.A son tour, il la regardait, profondément, comme pour la faire entrer dans son regard, et tout-à-coup il murmura, d’un ton inexprimable : ' —Chère ! si chère Suzette ! La gracilité de la jeune fille le charme frêle de sa personne mince et toujours ondulante, la douceur enfantine de sa physionomie provoquaient l’attendrissement de l’entourage, le besoin de protection, et, habituée à l’afi fection de tous, elle savait mal s’en défendre; pourtant, elle devina quelque chose de plus en André Darçay et essaya une rigueur que servait mal le tremblement de son clair crgane de cristal : — En vérité, monsieur André, je ne vous comprends pas.Il lui saisit les mains : — Vous ne comprenez pas que je veux en finir, que je n’en puis plus de cette vie de lutte, de de dissimulation et de mensonge ?.Vous ne comprenez pas que c’est vous que j’aime, vous seule, entendez-vous ?.Elle avait poussé un petit cri, un cri adorable d’oiseau heureux, et balbutiait, en tâchant de dégager ses fines mains prisonnières des doigts puissants qui les serraient en maître.— Qu’est-ce que vous dites?.Vous n’y pensez pas !.Le fiancé de ma soeur.de ma grande Marthe, qui m’a servi de mère.pour qui je suis tout!.Ce serait odieux !.Mais il poursuivait, lui parlant de tout près maintenant : — Eh ! ne sais-je pas tout cela ?Croye,z-vous que je me sois épargné les vérités les plus dures ?Tandis que je vous voyais tous les jours cesser d'être une enfant, devenir la jeune fille que vous êtes, mon coeur lentement se prenait.Quand j’ai compris, j’ai failli devenir fou ! Partout l’angoisse m’a suivi.Mes journées ont été de longs martyres, LES CONTES TENDRES VIEUX JEU! Par Paul JUNKfl Oh! Elle sûre.\ et mes nuits d’éffroyables cauchemars.Tout a été inutile : Vous étiez en moi !.Et l’on parle du vouloir souverain !.Ah ! Dieu ! quelle ironie !.Il n’y a que des fatalités, et nous les portons en nous.L’amour, le vrai, est la plus réelle des fatalités : On ne peut pas arracher un être de son âme, quand même on donnerait tout son sang pour qu’il n’y fût pas venu!.Elle l’écoutait, bouleversée, fière, en sa triomphante jeunesse, de se voir aimée ainsi.Mais, en même temps, le souvenir de celle que cet amour immolait, de la tendre aînée, de la soeur-mère que tous deux allaient trahir, lui revint avec une acuiité de remords, et elle bégaya dans un sanglot: — Et Marthe, ma pauvre soeur?.*— Marthe ?dit-il avec feu.Elle nous pardonnera ! C’est une créature d’un autre âge; elle a des héroïsmes que ncus ne connaissons plus !.Vous avouerai- m Ils se taisaient dans le ravissement divin des commençantes tendresses je qu’elle m’a effrayé parfois ?.En cent occasions, je l’ai trouvée sublime; son existence n’a été qu’une longue abnégation, et je m’estime si peu pour vivre à ses côtés!.Elle est trop parfaite eTe n’est pas assez femme !.Nous nous ressemblons davantage, vous et moi, Suzette.Nous avons des défauts, des faiblesses; j’ai des inégalités de caractère, vous avez des frivolités exqiuses, des caprices enfin ! Et puis, surtout, nous sommes jeunes, nous vibrons des mêmes ardeurs, des mêmes enthousiasmes.Il ne faut point oublier que Marthe a quatre ans de plus que moi.J’ai cru l’aimer, dans mon inexpérience, parce que je l’admirais; aujourd’hui, elle m’apparaît distante de moi, reculée dans des temps moraux qui ne sont plus les nôtres, “vieux jeu” enfin, pour employer une expression presque triviale, mais qui rend bien ma pensée !.C’est pourquoi j’aurai le courage de la vérité.Je lui expliquerai., avec ménagements., comprendra, soyez-en Aimons-nous, Suzette, aimons-nous !.Il était sincère en s’exprimant de la sorte, avec le magnifique égoïsme de l’homme que sollicite un nouvel amour, et qui, du geste, bannit l’adoration d’hier.Suzette ne songeait plus à retirer ses mains.Et tous deux se taisaient à présent, dans le ravissement divin des commençantes tendresses.II Une à une, les paroles cruelles étaient tombées sur le coeur de Marthe.Rentrée à l’improviste, elle avait pénétré dans sa chambre pour ôter son chapeau, et de la pièce contiguë, par la porte restée ouverte derrière les draperies du salon, le murmure de la voix passionnée était venu à son oreille.Attirée comme par un aimant, elle s’était approchée, avait tout entendu.Elle demeurait là.contre la muraille, livide, les yeux égarés, la bouche crispée, les mains tordues, vivante statue de la douleur, ou de la folie.• Tout le bien qu’elle avait fait se révoltait en elle et lui montait aux lèvres en une écume de dégoût il n’y avait donc ni affection, ni amour, ni confiance, rien, rien ! Penser qu’elle avait peiné toute sa jeunesse, et qu’on lui reprochait de n être plus jeune ! Penser que tant d’années, dans le froid, la pluie, la neige, elle avait couru le cachet de maîtresse de piano pour nourrir et élever la petite soeur que leur mère mourante lui avait confiée, et que l’enfant adorée devenait l’instrument de son mal* heur !.Dans ses difficultés, dans ses luttes, eTe reposait son âme en cette certitude de la fidèle tendresse d’André Et, aujourd’hui sa valeur d’artiste affirmée, la position acquise au prix d’un labeur et d’efforts sans nom, ne lui étaient plus que néant, parce que le bonheur tout proche ne voulait plus d’elle ! Pauvre créature, sotte et folle, qui avait cru qu’il, -suffit d’être bonne, douce, et de se dévouer pour se faire aimer ! Non, il faut être jeune.Mais était-elle donc si vieille?D’un pas de somnambule, elle marcha vers la glace, qui lui renvoya un délicat visage pâli, fatiguéi, où les années et les soucis avaient creusé des sillons fins.Trente-quatre ans à peine, pourtant.Oh ! Dieu ! oui, elle était absente de ce visage, chassée par la vie impitoyable, la belle joie qu’on lui reprochait d’ignorer ?Allons ! il faudrait être “vieux jeu” jusqu’au bout, connaître la félicité a^nère d’une suprême abnégation, laisser la place aux autres, aux créatures radieuses à qui sont permis les caprices !.III De la démarche inflexible de ceux qui vont vers leur destinée, elle se dirigea vers le salon, écharta les draperies.André et Suzette étaient là, les mains dans les mains, les yeux dans les yeux.(Suite à la page 13) J Page six LA REVUE DE MANON Montréal, 1er Octobre 1928 LES ANIMAUX SACRIFIES A NOS PARURES: LES REPTILES Comme ce nom semble étrange auprès de celui de parure, n’est-ce pas ?Et pourtant !.“Rien n’est plus dans la nature, tout a sa beauté, prétend Michelet.Est-ce vrai ?Regardons la peau du serpent, de la vipère, du lézard, des poissons.Il n’est rien de plus riche en reflets, en émaux, en vibrantes couleurs, Pourquoi si longtemps nous sommes-nous détournées avec horreur de ces êtres étranges habillés de métal en fusion et de pierres précieuses ?Caprice! Aveuglement ! Incompréhension ! Aujourd’hui, nous faisons des reptiles nos favoris.Nous nous établissons devant leur grâce révélée et nulle epithète ne nous semble assez fleurie pour chanter la séduction de leur dépouille.D’où nous est venu ce soudain engouement ?S’habiller avec la peau des reptiles n’est, Dieu merci, point une nouveauté réécente.Les indeins depuis longtemps savaeint capter les baos endormis pendant leur laborieuse digestion, les tuer alors qu’ils étaient engourdis de bien-être, les suspendre à un arbre et les dépouiller de leur enveloppe moirée d’argent.De cette dépouille savamment préparée, ils faisaient des sayons et des mocassins.sortes de casaques et de chaussures.Les nègres d’Afrique se servent pareillement des pythons qui sont les boas de ce continent.Les plus belles dépouilles dont on fant actuellement usage viennent en effet d'Afrique intertropicale.Ces espèces de serpents monstrueux atteignent 10 à 12 mètres de long.Ils ne sont pas aussi venimeux, seule leur taille énorme les rend redoutables à cause de leur forre et de leur appétit qui les fait attaquer n’importe quel animal passant à leur portée.L’élevage de ces monstres demande donc seulement une nourriture surabondante.La prise du serpent est d’un grande simplicité.C’est par sa voracité qu’on le vainc.Chez es animaux colossaux, la déglutition et la digestion sont deux opérations longues et laborieuses; la proie qu’ils introduisent dans leur grande gueule horriblement dilatée n’arrive que petit à pttit dans l’estomac.C’est là le moment propice pour attaquer le serpent.Alourdi par ce poids extérieur, le reptile ne peut plus fuir, ni profiter de cette souplesse, de cette agilité remarquable dont l’a pourvu la nature, et on le tue sans qu’il puisse essayer une esquisse de lutte.• Pour la chasse, les indigènes découvrent le serpent endormi grâce à l’ideur fétide qu’il exhale durant le travail de sa digestion.St lenteur à digérer est telle que la putréfaction s’empare de ses aliments pendant 1 intervalle de la déglutition ! On le voit, le reptile est perdu par sa gloutonnerie ! Les reptiles morts sont hâtivement dépouillés; les peaux salées, étendues, sont mises en tonneaux et expédiées en Europe.Là, des usines — la plus importante est en Suisse — leur font subir des apprêts multiples.D’abord, à la sortie des casques ou tonneaur, l’irrigation qui leur rend la mollesse et l’élasticité, le séchage dosé qui leur garde la souplesse, l’étirage; et enfin tous les traitements de la peausserne habituelle, y compris la teinture et le ponçage.Les peaux préparées sont ensuite triées, assorties par finesse, tailles et coloris, et envoyées aux artisans gainiers et autres qui font usage de cette nouveauté pour leur industrie.On utilise non seulement boas et pythons, mais aussi reptiles de petites espèces recueillis un peu partout.Les peaux de serpents sont surtout utilisées pour les vêtements et les chapeaux; le lézard et le galuchat (sorte de squale ou de raie) s’emploient plutôt pour recouvrir des souliers, des sacs( de petits objets de toilette et de coquetterie.Les parurers de galuchat ne sont d’ailleurs pas une innovation récente; depuis longtemps, en gainerie on employait les peaux de raies, de roussettes, de leiches pour recouvrir des boîtes, des étuis, des fourreaux d’épée.Mais actuellement, une merveilleuse apparence est donnée à ces dépouilles par des 'secrets de teinture et des modes de préparatifs qui, de choses innommables, font des chefs-d’oeuvre de délicatesse.Le galuchat-tuquoise, le galuchat-corail ne sont-ils pas en effet des joyaux ! Lucie-G.NEUMEYER.?T4>< ¦O [>«¦ M ! OFFRE SPECIALE i j Ce coffret du parfum “Je t’aime” i Une once $1.50 i ' ! Retournez Je coupon ei-dessous et $1.50, et vous îrecevrez un autre coffret GRATUITEMENT du (même parfum, à votre clioix parmi les parfums foi-dessous., i ! ! CETTE OFFRE EXPIRE LE 12 OCTOBRE COFFRET PARFUM “JE T’AIME yy ! BRISE D’AMOUR CLAIR DE LUNE j ROSE DES ALPES SWEETHEART Echantillon, 25 cts — L’once, $1.50 Lotion: $1.00 la bouteille de 6 onces j LILAS j BELLEFONTAINE w ! TREFLE | BELLEFONTAINE 1 MUGUET BELLEFONTAINE FLEURS DU PARADIS VIOLETTE DE PROVENCE SAFRAN D’OR POMPEIENNE ODORIS ! JE T’AIME ROSE BLANCHE COUPON “OFFRE SPECIALE ” Messieurs, Ci-inclus $1.50.Veuillez m’expédier sans autres frais le coffret gratis que vous promettez.Je choisis le parfum.(indiquez le nom que vous aimez).• Nom Adresse PARFUMERIE BELLEFONTAINE limitée 1670 rue Saint-Denis, MONTREAL f c'Montréal, 1er Octobre 1928 Page sept LA REVUE DE OA A N 0 N SOYONS BELLES ! Fl.RogtrS- A* iü LES SOINS DE LA BOUCHE Une bouche ne peut être jolie lorsque les dents qui la meublent laissent à désirer.Des dents en mauvais état font un estomac malade.Les digestions laborieuses ou douloureuses influent sur l'état général, causent un déséquilibre dont se ressent le caractère.Donc soignez vos dents, veillez sur elles, non seulement par coquetterie, mais aussi par souci de votre santé, et même de votre bonheur.Visitez souvent le dentiste et même si vous ne souffrez pas, astreignez-irous au moins une fois par an à faire surveiller votre dentition.Si vous êtes insouciantes à ce sujet, un jour viendra où vous regretterez amèrement votre négligence.Tout l’art de garder ses dents consiste en la propreté.La carie provient trop souvent d’un nettoyage imparfait.Brossez donc vos dents matin et soir, avec une brosse choisie selon la sensibilité des gencives, mais point trop molle.Servez-vous d’un bon dentiste; et, entre les brossages, prenez soin, après chaque repas, La femme devant le miroir Secrets et recettes de beauté MO UIIII3M- fie vous rincer soigneusement la bouche.Lorsque l’on a le souci de ses dents, on possède la volonté d’éviter tout ce qui peut leur nuire, par exemple : boire trop chaud ou trop froid, manger des fruits acides, introduire des épingles sous prétexte de les curer, etc.Les produits dentifrices sont choisis avec soin.Il en est de naturels qui sont excellents, telle est, par exemple, la feuille de sauge que l’on fait sécher et pulvériser1.Elle détruit les ferments, blanchit l’émail.La décoction de feuilles de sauge compose une eau parfaite pour rincer la bouche.La craie camphrée, la ponce à soie sont aussi des poudres de bon usage pour nettoyer et blanchir les dents.Il est encore un autre produit très simple et absolument * parfait pour assurer la propreté de la bouche, empêcher 1a.formation du tartre entre les dents et détruire t’acidité de la salive, c’est le bicarbonate de soute.Il a le tort d’irriter les gencives délicates, c’est là son seul inconvénient.Lorsque l’on a des dents agacées un recours agréable est apporté en les frottant, trois fois par jour, avec de la magnésie calcinée mêlée à de l’extrait de ratanhia dans les proportions de - once de magnésie pous 75 grains de ratanhia.les dents ternes et jaunes peuvent être embellies en les frottant avec un mélange de magnésie calcinée et de tanin en proportions égales.Le savon nettoie bien les dents, il est une excellente pâte dentifrice lorsque l’on peut le supporter sans dégoût.Le formol est un guérisseur de la carie dentaire.En mêlant du formol et de l'alcool en parties égales, en parfumant avec une essence quelconque, de l’essence de géranium, par exemple, on obtient un extrait contre la carie, il détruit les microbes et enraye le mal.Lorsque l’on est affligé d’un déchaussement des dents, il faut faire plusieurs fois par jour des lavages de bouche avec un liquide astringent.La teinture d’idode mêlée à l’eau de roses à la dose de 60 grains pour 2 onces compose un rince-bouche bienfaisant; dans un demi-verre d’eau tiède on verse une cuillerée à café du mélange.Deux fois par semaine, on peut badigeonner les gencives à la teinture d’iode fraîche et rincer la bouche ensuite, cela cicatrise et raffermit les chairs amollies.PSYCHE.LES DROITS DE LA FEMME FIANÇAILLES ROMPUES qu’aucune faute ne peut être relevée contre le fiancée.Au contraire, le chagrin, la déceptibn, le préjudice issu du discrédit peuvent nécessiter une réparation quand on peut justifier à la charge du fiancé des actes d’imprudences ou de légèreté, de nature à engager sa responsabilité.Adrien P*EYTEL, Avocat de la Cour de Paris.Une jeune fille dont nous ne donnerons pas le nom, tout d’abord parce que c’est inutile et ensuite parce que cela pourrait être fâcheux pour elle, était fiancée avec un jeune médecin.Celui-ci avait demandé la main de la charmante Suzanne à son père, puis il s’aperçut un peu tard que ses parents n’approuvaient pas son mariage, mais n'osant le dire à sa fiancée, il n’en continua pas moins à la traiter comme telle.Ce n’est qu’un an après qu’il se résolut à faire notifier par sa soeur que devant la résistance de ses parents il renonçait définitivement au mariage.On pense combien les parents de Suzanne furent déçus et ils intentèrent: un procès devant la Cour de Pau au médecin séducteur.A la vérité, celui-ci, à une des dernières audiences de la Cour, ne se montra pas des plus réfléchis.Il ne justifia son attitude par aucun grief sérieux et la Cour estima qu’il avait agi aussi légèrement qu’imprudemment.Mlle Suzanne et sa famille, au contraire, qui avaient cru en sa parole, faisaient valoir qu’après quatre ans de fiançailles, qu’après le bruit fait autour du prochain mariage publiquement annoncée, ils étaient péniblement affectés par un abandon qui jetait un discrédit sur la jeune fille.Ils ajoutaient même que la santé de Suzanne avait été douloureusement atteinte par cette déception et qu’aux frais, nécessités par les soins il fallait ajouter les dépenses du linge et de mobilier qui n’avaient été causées que par la croyance qu’ils avaient eue en un mariage imminent, sinon éminent.La Cour de Pau vient de juger ce différend et elle a décidé que si, en principe, les fiançailles ou les promesses de mariage constituent en droit un engagement sans valeur, si l’abandon du projet n’est pas à lui seul une cause de responsabilité justifiant une indemnité, néanmoins, lorsque le fiancé commet des actes d’imprudence ou de légèreté assez graves-pour constituer une faute, il doit réparer le préjudice qu’il a commis, et c’est pourquoi les parents de Suzanne ont obtenu les dommages-intérêts qu'ils demandaient.- Il résulte de cet arrêt que, dorénavant, les personnes qui se fianceront devront savoir que leur fiancé peut ne pas exécuter ses promesses et que les projets les plus beaux peuvent être sans responsabilité toutes les fois qu’un motif sérieux justifie la rupture; toutes les fois aussi Tél.Harbour 0670 Salon connu pour son chic On y reçoit bien le public Où on ondule avec élégance L’ENSEIGNE EST Salon Renaissance Spécialité: Ondulation permanente 1615 rue St-Denis MONTREAL feu > Page huit LA REVUE DE A N 0 N ^AuAlllAUAlllAtlAUAllAlllAl.ilAl:lf l!'?A! rAT rAï'rATTATirW^WrfWwrtirTTTirTTtirT^i^'f^t^ ¦ :¦ y.te: ¦ raw ' H.a#" «% .V.'.V.v v> Hf|^ «%» .¦.w ' ww/v.''.*:- s % IMontréal, 1er Octobre 1928 LA REVUE DE [MANON Page neuf 1 f * I i i 9 4.a a a >A A A A A A A A A A A A A A A A 4+4 4+4 A A A A A A A A+ A A A A A A A A A ^^^^?^^?^^?^?^VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV LE MASQUE DE CUIR Production Samuel Goldwyn, tirée du roman de la baronne Orczy; mise en scène de F.Niblo; édition des Artistes Associés v* ?f f T f Y *
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