Le pays laurentien, 1 septembre 1918, Septembre
3ème ANNÉE.—No.9 SEPTEMBRE 1918 LE PAYS LAURENTIEN EMBLEME (Imité de Goethe).Un bouquet tenu dans ma main Penchait tristement ses corolles.Je poussais le long du chemin Des soupirs valant des paroles.Mais au logis, le pied dans l’eau, Les pauvres fleurs lèvent la tête.Les voilà fraîches de nouveau, Et pour moi c’est un jour de fête.Des vers que je fis autrefois Sont traduits en langue étrangère.Ce sont mes fleurs! je les revois Avec leur grâce passagère.On a rajeuni ce bouquet.Même il conserve son arôme.Dans mon langage il se fanait.Il revit sous l’autre idiome.Benjamin S U LTE.Ottawa, août 1918. 150 — Oh ! notre Histoire.Ceux qui ont accusé notre jeunesse intellectuelle de dédaigner l’histoire se sont encore une fois trompés.Le Pays Laurentien se fait une joie d’offrir à ses amis une oeuvre toute fraîche d’un genre nouveau et d’une valeur littéraire qui vaudra à son auteur l’admiration sincère et la sincère reconnaissance.Le Défenseur d’Aimé Plamondon est un poème historique inspiré par les assauts multiples et désastreux qu’a subis l’édifice de nos droits les plus sacrés, à une époque où l’égoïsme d’un petit nombre s’est fait une proie du pouvoir et des circonstances inéluctables dont nous devions souffrir.Dans son drame héroïque, Ames françaises, Plamondon s’était fait l’interprète de l’âme nationale, généreuse, vengeresse des infamies qu’une race anti-latine perpètre depuis quatre ans au mépris des concordats internationaux les plus inviolables.Et, il lui faisait dire, à cette âme nationale, qui est celle de toute la belle Laurentie : “Nous 'laisserons nos bois, nos champs et nos familles pour voler à la défense de ceux que des attaches anciennes et toujours chères nous ont défendu d’oublier.” Mais cette fois le poète a ramené le regard de son coeur vers des misères plus intimes.Il a vu son peuple, celui qu’il coudoie chaque jour, en proie à des persécutions de la part même de ceux qui ont charge de le protéger.Il s’est fait l’écho des ancêtres héroïques dont l’effort édifia, dans l’espoir d’une sécurité permanente, la garantie des droits politiques, religieux et matériels qui sont à la base de nos constitutions gouvernementales.Ce poème remettra en lumière les plus belles figures dont s’illustre notre histoire politique.Nous le faisons précéder d’une étude sommaire des événements qui entourèrent le berceau de la confédération canadienne.E’auteur de cette étude, M.Antonio Savard, est un jeune travailleur dont le talent s’est affirmé dans le monde universitaire québécois.Nous souhaitons que les oeuvres de cette nature soient divulguées et connues de notre public intellectuel et qu’elles concourent à l’infuser dans l’âme populaire contemporaine les principes d’union et de droiture nécessaires, dans le sens le plus large et le plus élevé de la grandeur nationale.Alphonse DESILBTS. — 151 Au Berceau de la Confédération Sir John Macdonald De 1848 à 1866 eurent lieu les grandes réformes et les principaux changements dans la chose politique.Le gouvernement responsable n’avaiit pas fonctionné aussi aisément que ses promoteurs se l’étaient figuré et, partant, il se produisit des complications qui menaçaient d’arrêter tout mouvement.Néanmoins ceci prépara -la voie à une législation d’un caractère plus .utile, agrandit les conceptions des hommes publics susceptibles de saisir une situation plus ample quoique plus difficile, et rendit possible la formation de cette intelligence supérieure dont s’honore le Canada, John-A.Macdonald.Au moment où nous de voyons arriver sur la scène politique Macdonald était alors dans toute la vigueur de son intelligence pénétrante et agissante, nature subtile, souple, prompte à saisir les désirs variables du peuple et des chefs politiques.Ses talents, bien qu’entravés parfois par des excès qui l’éloignaient des affaires sérieuses et le plongeaient dans des plaisirs qui auraient suffi pour remuer à jamais un homme de moindre valeur, le plaçaient indubitablement au premier rang, dans une assemblée quelconque des.hommes du temps, lors d’une discussion sur la confédération.On peut dire à juste titre que Macdonald est le premier des pères de la confédération, car au début cette idée était essentiellement entretenue par les tories et traitée avec dédain par les Canadiens-français de même que par les chefs libéraux.Il fallait donc de bons avocats pour changer l’opinion publique et il est digne de remarquer que les défenseurs de cette mesure étaient de jeunes tories sous la direction d’un politicien qui se dessinait de plus en plus, j’ai dit l’hon.John Macdonald.Vers ce temps, dans le Montreal Gazette, parut une lettre signée par James Anderson, préconisant fortement l’union, et bien significative en ce qu’elle désignait Macdonald comme étant l’esprit dominant de l’Assemblée législative du Canada et préparé depuis longtemps à mettre cette politique à exécution.Il est donc vrai de dire qüe Macdonald fut vraiment le père de la confédération.Il présida la grande conférence qui proposa les résolutions sur lesquelles le Canada devait être régi et le 28 mars 1867 les “Résolutions”, après avoir été agréées par le Parlement Impérial, sous le nom “Acte de l’Amérique — 152 Britannique du Nord” reçurent la sanction de la reine le premier juillet suivant.Mettre en action commune les vieilles provinces historiques était une tâche suffisante pour remplir la vie d’un homme d’état.Compléter cette union par l’acquisition des prairies et des régions montagneuses qui comprennent des millions de milles carrés devenait une oeuvre plus difficile et plus grande au point de vue de la création d’une nationalité.Rappelons-nous, en appréciant la part de chacun dans ce qu’on peut qualifier de “construction du Canada” que ce fut la bonne fortune et l’adroite politique de sir John Macdonald qui lui valut non seulement de jouer d’abord le rôle principal dans les transactions entre les anciennes provinces, mais comme premier ministre, l’avantage de présider ensuite à l’admission du Manitoba, à la formation du Nord-Ouest en territoire, et après, à l’entrée de la Colombie-Britannique et de l’Ile du Prince-Edouard dans la Confédération.En sus, il eut le privilège de pouvoir suivre de près et de surveiller dès le début les opérations du nouvel état de chose et d’insuffler partout un puissant et sincère sentiment national sans lequel la confédération n’eut été qu’un édifice bâti sur le sable.Toutes les diverses phases de progrès et d’expansion ont rencontré leurs difficultés, qu’elles n’auraient certes pas surmontées, si elles n’avaient pas été façonnées sur l’enclume du destin par le fer et le marteau d’un maître ouvrier.L’imagination ou plutôt la perception si nécessaire à l’homme d’état, bien qu’on ne le reconnaisse pas toujours, est un facteur qui faisait rarement défaut à sir John Macdonald.La dernière élection que fit sir John Macdonald fut en 1891 sur un appel au peuple à propos de réciprocité et de tarif.Voici en peu de mots le dernier manifeste qu’il adressa à son peuple: “Je suis un sujet britannique et je mourrai sujet britannique.De toutes mes forces, avec mon dernier souffle, je m’opposerai à la trahison voilée qui s’efforce par des moyens sordides et par des offres mercenaires de détourner le peuple de son allégéance.Durant ma longue carrière politique de près d’un demi-siècle, j’ai été fidèle à mon pays et à ses intérêts, et j’en appelle avec une égale confiance aux hommes qui se sont fiés à moi dans le passé et à la jeunesse, espoir de la patrie, entre les mains de laquelle reposent les destinées de l’avenir, pour obtenir leur aide conjointe et active dans mon dernier effort en 153 — faveur de l’unité de l’Empire et la conservation de notre liberté commerciale et politique.” Ce fut un vrai coup de foudre.“Le vieux chef, le vieux drapeau et le vieux programme” devint le cri de guerre du parti, et l’écho en retentit aux quatre coins du pays, et sir John Macdonald remporta la victoire par une forte majorité.Ce fut le dernier succès politique de sir John Macdonald.Malgré l’avis sincère de ses médecins, le vieux chef, alors parvenu à sa 77e année, s’était jeté dans la lutte avec une énergie qui semblait merveilleuse pour un homme dont la faiblesse physique était reconnue.Les efforts qu’il avait faits pour diriger la campagne triomphèrent de ses forces physiques et il revint à Ottawa pour y mourir.L’attaque sérieuse ne se produisit que le 29 mai, et en un instant la paralysie vint arrêter ce cerveau si actif} engourdir ces brillantes facultés et réduire au silence éternel cette voix qui fut si longtemps la voix du Canada.Durant des semaines les divergences politiques furent oubliées, tout le peuple du Canada était par la pensée auprès du chevet d’Earscliffe où le plus grand des constructeurs de l’Empire, le plus sage des chefs canadiens livrait silencieusement son dernier combat contre le plus puissant de tous les ennêmis.Le Parlement avait été ajourné, les gens commençèrent à comprendre quelle grande figure disparaissait ; les politiciens se mirent à trembler sur l’avenir du parti qu’il avait fait presque synoni-me de lui-même.Le 6 juin sir John Macdonald s’éteignit et le deuil qui s’en suivit dans tout le Dominion fut aussi remarquable, par son intensité, que les scènes qui signalèrent les obsèques officielles du premier ministre défunt d’Ottawa, furent remarquables par leur splendeur.Parmi les monuments qui lui furent élevés par la suite, on peut dire en toute sûreté, que le plus durable est dans les coeurs de ses compatriotes.Sir George-Etienne Cartier Nous avons dit les événements qui entourèrent la naissance de la confédération canadienne et nous avons vu quel rôle y joua sir John Macdonald.Nous nous bornerons à rappeler au souvenir fidèle de nos lecteurs cette autre figure politique dont l’empreinte a pris corps dans les constitutions même du gouvernement qui nous régit depuis un demi-siècle.Laissons à sir Wilfrid Laurier le soin de dépeindre ce qu’était Cartier. — 154 “C’était avant tout une nature heurtée, pleine de contraste où des attributs, des qualités, des défauts qui d’ordinaire s’excluent les uns les autres, se trouvaient réunis dans un singulier pêle-mêle.De l’esprit et de la trivialité, de la bonhomie et de la suffisance, de la fermeté et de la pétulance, du bon sens et des paradoxes ; on trouve tout cela chez lui et dans ses discours.En outre, profondément conservateur et cependant avec une pointe incontestable de frondeur, autoritaire jusqu’à la violence dans le public, libéral de grande allure dans l’intimité.Sur cet ensemble heurté, une qualité maîtresse domine sans restreinte, la détermination qui n’hésite jamais, le courage qui ne semble jamais pouvoir s’abattre.” Le courage et la vaillance étaient peut-être les traits les plus caractéristiques de Cartier, dans sa carrière si agitée.Sir Richard Cartwright lui disait un jour dans une altercation sur le parquet de la chambre : “D’honorable ministre a assez d’audlace pour entreprendre quoi que ce soit.” En lisant ses discours, il est impossible de parcourir ces pages sans venir à la conclusion que l’on se trouve en la présence d’un homme dont le sens politique est réellement de premier ordre.Peu d’hommes ont mieux compris que lui la situation de la race française.Peu d’hommes ont eu un sens plus lucide des devoirs que cette situation impose.Ce qu’il y a de plus caractéristique chez Cartier, c’est que toutes les questions qui se sont présentées, il les a envisagées à leur point de vue le plus élevé.Il n’a jamais cherché à échapper à sa responsabilité dans la retraite facile qu’offrent les préjugés populaires.Quelle que fut la situation il l’a abordée de front et de haut.Enfin Cartier, grand1 homme d’état, doit toujours être connu de tous ceux qui ont le culte du passé.Ceux-là qui liront sa vie et ses oeuvres trouveront un charme à suivre la carrière d’un homme qui par ses qualités et même ses défauts de nature, fut l’une des personnalités les plus attrayantes de son époque.Par sa sagacité comme homme d’état, il aurait certes fait sa marque en quelque pays où la Providence l’eût fait naître.Sir Wilfrid Laurier Lorsque après les élections générales de 1871, la session s’ouvrit, parmi les nouveaux députés, celui qui attirait le plus l’attention pu- 155 — blique était Laurier.Il venait d’être élu par une grande majorité dans les comtés de Drummond et Arthabaska.C’était le premier battement d’ailes de la victoire qui devait, pendant quarante ans, lui être si fidèle.On avait hâte dans Québec de l’entendre.Il parla, on s’en souvient, on en parle encore dans la vieille capitale et ailleurs.Ce fut un charme, un éblouissement, une grande fête littéraire et oratoire.Le discours de Laurier éclata comme une bombe au milieu de ce concert de félicitations, de réjouissances et de ces chants d’allégresse.Le jeune tribun jeta des épines au milieu des fleurs; il déchira le voile du temple et, dissipant les nuages qui voilaient le sanctuaire, il porta une main sacrilège sur les idoles.Tel fut Laurier à son entrée à la chambre de Québec, début de sa vie politique.Voici le portrait qu’a fait de lui l’honorable L.-O.David, vers cette époque: “Çrand, mince, figure pâle, chevelure brune, souple, abondante ,regard posé, un peu rêveur, physionomie douce, modeste et distinguée, avec une teinte de mélancolie qui inspire la sympathie.Oeil grave, voix douce et sonore, phrase claire, limpide, style vif et élégant, diction charmante, langage superbe, des coups d’aile magnifiques, quelque chose qui charme, intéresse et porte la conviction dans les âmes ; de l’éloquence enfin, éloquence d’un honnête homme et d’un esprit supérieur.” Laurier avait dans toute sa plénitude le sentiment de l’honneur, du devoir et la noble «-.mbition de se faire légitimement et honnêtement un nom honorable.Ses succès dans la scène du parlement provincial décidèrent les chefs du parti à réclamer ses services dans une sphère plus élevée, où ses talents domineraient mieux et où il déploierait plus facilement ses ailes.Aussi lorsque le parti libéral arriva au pouvoir en 1873, on lui demanda de se présenter; il y consentit et fut élu.A plusieurs reprises il émerveilla ses amis comme ses adversaires, surtout lorsqu’il souleva la défense des Métis de l’Ouest.Ses appels éloquents à la concorde et à la justice furent acclamés par les Canadiens-français et admirés des Anglais.Cependant, vers ce temps, les circonstances n’étaient pas favorables au parti libéral, et aus'si, fut-il renversé en 1878.Laurier lui-même fut battu, et c’est alors qu’on lui offrit de représenter Québec-Est.Québec, théâtre de ses premiers triomphes oratoires, le vieux — 156 Québec dont il avait éveillé le patriotisme et soulevé l’enthousiasme, l’accueillit à grands cris, et il fut élu avec une forte majorité.C’est depuis ce temps qu’il représente au parlement fédéral la plus grande partie du foyer de la race française aui Canada.Les conservateurs revinrent au pouvoir, mais Laurier continua de se distinguer dans l’opposition par la sagesse de sa conduite et l’éloquence de ses discours.Lorsqu’en 1887 M.Blake donna sa démission comme chef du parti, Laurier, malgré ses hésitations, fut forcé de prendre sa place.Il semblait audacieux, dangereux même de mettre à la tête d’un parti composé en si grand nombre d’Anglais et de protestants, un Canadien-français catholique.Cependant, le procédé généreux des libéraux anglais, contribua considérablement à adoucir l’amertume des luttes religieuses et nationales qui sévissaient alors et à calmer l’antagonisme religieux.Ils n’eurent pas à le regretter, car la province de Québec, appréciant l’honneur qu’on lui faisait, se rallia autour de Laurier.Aussi, aux élections de 1896 le parti libéral revint au pouvoir grâce à Québec.La première grande question que Laurier eut à rencontrer fut l’affaire des écoles du Manitoba.Malgré tout ce qu’on a pu dire, le plus fort témoignage que l’on puisse apporter à la politique de sir Wilfrid à ce sujet, e’est la décision de Sa Sainteté Léon XIII, qui donna raison à la diplomate politique de sir Wilfrid.Ce fut ensuite la question du Transvaal.Que serait-il arrivé si Laurier avait refusé d’acquiescer au désir du gouverneur-général, de ses collègues et de la grande majorité du Canada?Il y aurait eu coalition de toutes les provinces anglaises pour faire triompher l’idée de Charles Tupper, qui voulait que le Canada fournisse cinq mille hommes au lieu d’un mille comme le voulait Laurier.Pour une simple satisfaction de sentiments nous serions rentrés dans une guerre de race, et nous aurions perdu tout le terrain gagné.Laurier a compris l’intérêt de ses compatriotes et fit ce que la raison et le devoir exigeaient.Enfin, la politique de Laurier fut toujours une politique de bon sens, de justice et de conciliation, de progrès matériel et moral ; il a toujours fait appel à toutes les bonnes volontés, à tous les talents, à toutes les intelligences, et cela pour l’aider à exécuter les projets les plus propres à développer les immenses ressources du Canada ; sans cesse il a désiré que les hommes de toutes races et de diverses religions — 157 — unissent leurs forces pour faire un pays heureux.Mais hélas ! que d’oreilles ont été sourdes à cette voix, surtout en ces derniers temps.Il a toujours voulu créer un patriotisme canadien assez fort et assez sage sans unir les nationalités différentes qui habitent le Canada, sans vouloir les fusionner.L’homme juste qui tient compte de la situation difficile que l’élément français et catholique occupe dans la confédération peut-il affirmer que Laurier aurait pu faire plus qu’il n’a fait pour concilier ses devoirs quand il fut premier ministre.Maintenant qu’il est revenu dans l’opposition, que nous traversons la plus dure époque de notre histoire, quelle conduite admirable tient-il ?C’est le temps de dire avec l’historien et le peuple que personne n’aura porté si haut en Amérique le nom de Canadien-français.Antonio SAVARD, E.E.D.A propos d’un article Nos abonnés liront avec grand intérêt, sans doute, dans la présente livraison du Pays Laurentien, le Défenseur d’Aimé Plamondon.Cette oeuvre originale d’inspiration et de mise en scène est précédée d’une introduction diserte de notre sympathique collaborateur et ami, M.Alphonse Desilets, et d’une intéressante étude sommaire par M.Antonio Savard.Au moment d’aller sous presse, nous apprenons que l’Union dramatique de Québec a pris des arrangements avec M.Plamondon pour représenter le Défenseur dans la vieille capitale, en octobre prochain.Nous souhaitons donc à cette entreprise tout le succès possible, ce qui couronnerait les efforts du jeune auteur qui a débuté l’année dernière par un drame poignant, Ames françaises.L’ode finale du Défenseur a été lue par l’auteur à l’inauguration du Club de Réforme de Québec, en présence de sir Lorner Gouin, d’autres personnages de la législature et d’une soixantaine de littérateurs, journalistes, artistes et architectes.Le Pays Laurentien a exprimé déjà en différentes circonstances qu’il n’avait pas de couleur politique: étant une revue historique et littéraire du terroir, il préfère rester indépendant.Toutefois, il publie dans ses pages tout ce qui peut intéresser nos classes intellectuelles, mais les collaborateurs gardent la responsabilité de leurs écrits.G.M. — 158 — LE DÉFENSEUR A-propos en un acte, en vers, par AIME PLAMONDON.PERSONNAGES SIR WILFRID LAURIER, (son dernier portrait).L’âme de CARTIER L’âme de MACDONALD (Leurs têtes historiques).L’âme du CANADA (Une idéale vision).La scène représente un coin du parterre devant l’édifice incendié du parlement d’Ottawa.C’est un soir de fin de novembre.Tout est morne, brumeux, humide, triste.Scène I L’AME DE CARTIER (errant çà et là sur la scène).Dépêche-toi, j’attends, ne me fais pas languir, Ame de Macdonald, grande âme que j’implore! Accours à mon appel, ne me fais pas souffrir.On a besoin de toi, viens travailler encore.Pourtant tu fis
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