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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1941-10, Collections de BAnQ.

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[" ¦ Alexandre DUGRÉ Émile BOUVIER wM&m.: mmîsmmmmmmmm 1 WêBÈ WêwëiÈÊÊy W&^swïm Æm-m iliii IIHillÜ® ¦HHI W&3ÊÊ&W ' V Ernest ROBITAILLE i\u2014 ¦ni mil pgfÿg sjÿ»' .\u2019x \u2019 ?¦ \u2022 i b , ' .Léon BOUVIER Léandre LACOMBE Pm.: x *\u2022 : a\t\t \t11\t' {/y \t\t liiilpli\t\tlliiWilS ÿîigîpjMïisÉ:;\t\t\t ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE SOMMAIRE Éditoriaux.253 Mariage mixte \u2014 L\u2019encombrement des égouts \u2014 1642 - 1942.Articles POUR UNE PROPAGANDE NATIONALE.Alexandre Dugré 255 ASSURANCE-MALADIE OBLIGATOIRE.Émile Bouvier 257 WESTMOUNT: LE SECRET D\u2019UNE VICTOIRE .Ernest Robitaille 260 LE «MARIAGE MIXTE» EN COUR D\u2019APPEL.Léon Bouvier 262 UN HOMME \u2014 UNE CITÉ-JARDIN .\t.Joseph Ledit 264 Commentaires.266 Semaine sociale de Québec \u2014 Valeur humaine et chrétienne de la famille rurale \u2014 Un conquérant \u2014 Fête du Christ-Roi.NOS COLLABORATEURS De récentes attaques contre les Canadiens français venues de plusieurs côtés suggèrent au patriotisme connu du P.Alexandre Dugré, s.j., un plan de propagande nationale.\u2014 Le P.Émile Bouvier, s.j., est professeur de statistique et de législation sociale à l\u2019École de Service social de Montréal.\u2014 Comme fonctionnaire alors au service de la ville de Westmount, M.Ernest Robitaille a pu suivre de près la lutte qu\u2019il nous décrit avec sa compétence habituelle de comptable public licencié.\u2014 Le P.Léon Bouvier, s.j., maître agrégé de l\u2019Université grégorienne et professeur de morale au scolasticat de lTmmaculée-Conception, a souvent étudié au cours des dernières années le statut légal du mariage dans la province de Québec.\u2014 Le P.Joseph Ledit, s.j., nous communique ses ^observations faites pendant son dernier voyage aux États-Unis.\u2014 M.l\u2019abbé Léandre Lacombe met sa magnifique activité au service de la Société d\u2019Adoption et de Protection de l\u2019Enfance, dont il est le directeur-administrateur.\u2014 Mlle Geneviève de la Tour Fondue a longtemps collaboré comme critique d\u2019art à différents journaux parisiens, dont la Page musicale et le Jour-Écho de Paris.\u2014 Mgr Olivier Maurault, p.s.s., recteur de l\u2019Université de Montréal, fut invité officiellement à assister aux fêtes du centenaire de l\u2019Université de Fordham.\u2014 Le P.Robert Picard, s.j., professeur au scolasticat de l\u2019Imma-culée-Conception, fait des réflexions en marge d\u2019un récent congrès étatsunien.Chroniques ENFANCE ABANDONNÉE ET ADOPTION.Léandre\tLacombe\t268 LE MÉTIER DE CRITIQUE, FONCTION SOCIALE .G.de la Tour Fondue 270 CENTENAIRE DE L\u2019UNIVERSITÉ FORDHAM.Olivier\tMaurault\t271 EN QUÊTE D\u2019UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS .Robert Picard 273 CORRESPONDANCE.274 HORIZON INTERNATIONAL .\t.\t.\t.275 CE QU\u2019ON CHERCHE AU CINÉMA .Jean\tVallerand\t278 Livres récents.279 Toi, l\u2019homme nouveau.Paul-Émile Ranger Fiscal Policy and Business Cycles .Émile Bouvier Situation de la poésie canadienne .Bernard Nadeau Histoire de la Province de Québec (t.iv et v).Léon Pouliot Dans nos montagnes.Théophile Hudon Axe et parallaxes.Jacques Cousineau RELATIONS REVUE DU MOIS \u2022 Directeur: Jean-d\u2019Auteuil Richard Rédacteurs: Emile Bouvier, Jacques Cousineau Alexandre Dugré, Joseph-H.Ledit.Administrateur: Albert Bellemare \u2022 PRIX DE L\u2019ABONNEMENT :.$2.00 par année A l\u2019étranger: $2.50.Pour les étudiants: $1.50 L\u2019abonnement commence en janvier, avril, juillet et octobre \u2022 Publiée par L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Centre de documentation, d\u2019information et d\u2019action sociale, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur: Joseph-Papin Archambault ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1961, rue Rachel est - Tél.: FR.1189 MONTRÉAL\tCANADA 1ère année, No 10 Ecole Sociale Populaire, Montréal Octobre 1941 É D I T O Mariage mixte D\u2019APRÈS LE RÉCENT arrêt unanime de la Cour du Banc du Roi en appel, le «mariage mixte», au sens du mariage d\u2019une partie catholique avec une partie non-catholique et baptisée, célébré devant un ministre protestant est reconnu valide quant aux effets civils par le plus haut tribunal de la province de Québec.Puisque ce même mariage, non contracté devant un prêtre approuvé, n\u2019existe pas aux yeux de l\u2019Église catholique, une autre divergence entre le droit canonique et notre droit civil passe du domaine des incertitudes juridiques à celui des déclarations péremptoires de fait.D\u2019aucuns veulent croire à un divorce entre l\u2019Église et l\u2019État, à une victoire du Code civil sur le Code de droit canonique ou à un acheminement vers le mariage civil.Bien à tort.Les considérants et les notes du jugement rendu confirment expressément la reconnaissance par le Code civil des règles du droit canonique romain, même s\u2019ils déterminent l\u2019incidence de temps de cette reconnaissance (1866, date de la promulgation du Code civil) autrement que ne le faisaient des juristes peu nombreux.Autant que jamais en droit la collaboration de l\u2019Église et de l\u2019État est maintenue en matière de mariage considéré comme un acte essentiellement religieux avec des effets civils, bien qu\u2019en fait la rigidité de l\u2019article 127 l\u2019empêche de jouer complètement parfois.Si, par un abus d\u2019interprétation, les ministres protestants s\u2019arrogeaient le droit de célébrer le mariage de deux catholiques, le problème changerait d\u2019aspect, juridiquement et politiquement.Si, forts de leur compétence désormais reconnue, ils allaient multiplier les «mariages mixtes» indistinctement, sans avertir les parties en cause, sans prendre les précautions d\u2019usage en matière aussi délicate, troublant ainsi l\u2019économie familiale de la province, la question se poserait de l\u2019amendement du Code civil, dans le sens d\u2019une fidélité plus littérale à l\u2019esprit initial et au désir de la population québécoise.RIAUX D\u2019ici là, la portée pratique de la décision de la Cour d\u2019appel sera minime, diminuée par le sens même de la déclaration.Les catholiques qui avaient recours aux services du ministre protestant, ou ignoraient la loi de l\u2019Église qui les excommuniait, ou avaient rompu complètement avec elle, ou connaissant le litige en question voulaient se réserver une exemption possible des obligations civiles du mariage ainsi contracté.Ces derniers seront éliminés et peu à peu, grâce à la compréhension des ministres, les premiers.Restera la deuxième catégorie, peu nombreuse en somme et composée d\u2019exceptions.R y a donc lieu, comme l\u2019ont demandé officiellement les autorités religieuses de l\u2019archidiocèse de Montréal, de prévenir les fidèles de la situation de fait qui résulte de la récente décision: elle fera réfléchir.Si l\u2019on doit souhaiter que la concordance soit parfaite entre la loi de l\u2019Église et la loi civile dans les questions de mariage, il n\u2019y a pas trop d\u2019inconvénients social et moral à ce que, sur un point particulier comme le nôtre, ceux qui enfreignent les lois de l\u2019Église et que n\u2019arrêtent pasties peines ecclésiastiques se voient imposer par l\u2019État des obligations que l\u2019Église ne reconnaît pas.Ayons le courage de l\u2019avouer: si les catholiques savaient obéir à l\u2019épouse du Christ, l\u2019Église, le problème de nos «mariages mixtes» n\u2019existerait pas.Encombrement des égoûts NOUS NE PARLONS pas de ceux qui nous libèrent des déchets matériels.Sous ce rapport, les lois sont sévères.Il s\u2019agit d\u2019une autre putréfaction, autrement dangereuse pour notre peuple.Vers la fin de juillet, un groupe de jocistes se présenta à l\u2019hôtel de ville avec une série de revues malpropres qui se vendent publiquement dans nos rues.Le maire déclara: (( Je sais que l\u2019on vend beaucoup de mauvais magazines à Montréal, et je sais aussi que ces OCTOBRE 1941 253 journaux ont le même effet néfaste dans une ville que les mauvaises conversations dans une maison.On ne tolère pas ces dernières dans nos foyers, il faudrait pouvoir ne pas tolérer les premiers à Montréal.Avec vous, je reconnais que l\u2019autorité doit agir et vous pouvez être assuré de tout mon appui dans l\u2019œuvre excellente que vous poursuivez.Malheureusement, dans le domaine qui nous intéresse, les pouvoirs de l\u2019administration provinciale sont assez limités.)) C\u2019est donc à Ottawa qu\u2019il fallut aller pour obtenir une permission que le plus subalterne des policiers devrait toujours avoir.Aux hommes de la politique, on aura sans doute proposé les motifs suivants: Nous sommes en guerre; pour faire la guerre, il faut avoir des soldats; pour avoir des soldats, il faut avoir des enfants; pour avoir des enfants, il faut avoir des familles décentes; pour avoir des familles décentes, il faut en finir avec cette inexplicable protection accordée au vice.Mais ces motifs politiques n\u2019ont qu\u2019une valeur secondaire.L\u2019organisateur de la luxure, le commerçant qui distribue à l\u2019enfance et à la jeunesse les revues corruptrices, la fille qui se laisse séduire, le monsieur respectable qui accorde son patronage, même secret, à ces horreurs, le législateur qui se lave les mains, tout ce monde pèche non seulement contre la société humaine, mais aussi contre la Majesté divine.Et on ne se moque pas de Dieu.Qu\u2019arriva-t-il depuis juillet?Les autorités suprêmes du pays ont-elles diminué quelque peu la puissante protection dont elles entouraient les marchands de littérature pourrie?Une législation plus efficace a-t-elle été formulée?C\u2019est possible, quoique nous n\u2019en ayons point entendu parler.On continue à vendre les revues sales comme par le passé; autour des kiosques indécents, la jeunesse voltige comme les mouches qui vont se poser sur la charogne.La démarche de juillet n\u2019aura été évidemment qu\u2019un feu de paille.Nous sommes en octobre! Il faut de gigantesques efforts pour empêcher un peu de mal, pour faire un peu de bien.1642-1942 IL N\u2019EST PAS DE VILLE au monde qui porte dans ses origines plus de sainteté et d\u2019héroïsme que Montréal.A un moment où de la vieille Europe on s\u2019élançait à la conquête des continents neufs, fasciné par l\u2019espoir d\u2019un gain, parfois légitime, plus souvent sordide, voici une fondation qui se fait par un groupe d\u2019hommes et de femmes parfaitement dégagés de tout intérêt temporel, désireux seulement d\u2019étendre l\u2019empire spirituel du Christ et de son Église.Saints \u2014 mystiques parfois \u2014 qui furent d\u2019incroyables réalisateurs.La tâche gigantesque qu\u2019ils entreprirent avec des moyens de fortune exigeait d\u2019eux qu\u2019ils fussent des héros.Ils le furent.Il y a près de trois cents ans que cette (( épopée mystique )) signée La Dauversière, Maisonneuve, Mance, Bourgeoys, a commencé de s\u2019écrire.Que fera la Ville-Marie du xxe siècle \u2014 notre Montréal \u2014 pour en célébrer les hauts faits et les héros ?La grandeur de l\u2019événement comme l\u2019importance de Montréal \u2014 métropole du Canada \u2014 méritent plus qu\u2019un rappel froid et stérile.La Commission du Ille Centenaire mise sur pied dès 1938 en vue de préparer les fêtes de 1942 avait élaboré un programme grandiose.Il eut attiré à Montréal des centaines de milliers de visiteurs, et sur Montréal l\u2019attention de l\u2019Amérique du Nord, voire du monde entier, grâce aux congrès internationaux qui devaient s\u2019y réunir.Puis septembre 1939 est venu.A cause de l\u2019effort de guerre, il a fallu dresser un nouveau programme, plus modeste.La substance en sera les fêtes religieuses, pas coûteuses et infiniment génératrices d\u2019énergie et d\u2019idéal, car il faut que cet anniversaire soit pour Montréal, dont la physionomie revêt petit à petit les traits standardisés d\u2019une ville quelconque nord-américaine, l\u2019occasion de reprendre l\u2019âme catholique et française de Ville-Marie.La crainte qu\u2019il en soit ainsi ne serait-elle pas à la source de l\u2019agitation qui se manifeste en certains milieux contre la célébration du tricentenaire ?Le business as usual des Anglais a merveilleusement appuyé leur résistance héroïque et prépare efficacement la victoire.A plus forte raison doit-on pratiquer dans la mesure du possible, en dépit de la guerre, à cause même de la guerre, un life as usual.Quand un anniversaire intéresse une ville entière, une nation, qu\u2019il est porteur de souvenirs tonifiants, c\u2019est alors un devoir de le célébrer dignement.C\u2019est le cas de Montréal.On ne songera plus alors à chicaner l\u2019hôtel de ville qui se propose de dépenser pour le Tricentenaire $100,000.\u2014 qui seront vite et amplement remboursés par les dollars américains.Mais la victoire à assurer est plus qu\u2019une affaire de dollars.Le moral importe bien davantage.(( J\u2019ai grandi sans avoir éprouvé la sensation concrète de ma patrie ».(Lafue dans la France perdue et retrouvée).Et la France s\u2019est effondrée parce que trop de ses enfants, ne la connaissant plus, ne savaient pas qu\u2019elle valait la peine d\u2019être défendue.Chez nous, la venue massive à Montréal depuis un quart de siècle d\u2019une population déracinée des campagnes, Faction dissolvante de la vie urbaine: travail en usine, divertissements, habitation, la promiscuité de l\u2019immigration cosmopolite, tout cela n\u2019est-il pas en train de dé-payser notre population montréalaise?C\u2019est à ce moment qu\u2019il faut lui apprendre par des exemples concrets l\u2019amour de sa ville, et par lui l\u2019amour du pays tout entier.254 RELATIONS POUR UNE PROPAGANDE NATIONALE Alexandre DUCRÉ, S.J.NOTRE Québec a mauvaise presse dans certains journaux anglais et mauvaise réputation chez quantité de voisins qui nous ignorent, ou pour qui la sombre drôlerie de 1789 redevient à la mode: (( Sois mon frère ou je te tue! )) Ce qui presse le plus actuellement chez nous, c\u2019est de nous dégêner, de nous présenter, de nous faire connaître aux anglophones, qui sont un peu durs d\u2019oreille, durs de cervelle.Ils ont appris leur histoire, pas la nôtre.Ils nous méconnaissent, ils ne nous respectent pas; et pourtant, malgré certains défauts de tenue, nous prétendons être un peuple blanc et respectable.Quantité de visiteurs ouvrent les yeux.Il faudrait ouvrir l\u2019oreille des autres, nous manifester au monde, organiser notre réclame pour le plus grand bien de tous.Jamais nous n\u2019y avons pensé pour tout de bon.A l\u2019encontre des saletés qui se lisent et se disent contre nous, à peine quelques conférences au petit bonheur, à des banquets de clubs, le plus souvent par des politiciens ; quelques articles par des visiteurs sympathiques; beaucoup de calomnies par d\u2019étroits orangistes; beaucoup d\u2019inexactitudes et d\u2019omissions dans les manuels anglais d\u2019histoire du Canada.On n\u2019a rien d\u2019organisé, alors que la propagande s\u2019organise partout.Nous ne possédons même rien de comparable aux fichiers centralisés de l\u2019Institut Hirsch ou du Congress Hall où chacun puisse porter une plainte, obtenir une réponse, une réclamation, un redressement.La Russie, l\u2019Espagne et le Portugal publient en anglais et en français des revues destinées à convaincre les étrangers.La France a jugé bon naguère de créer officiellement le comité des Amitiés françaises à Vétranger, en plus de ses Alliances françaises et des Comités France-Amérique, France-Canada.Tous les pays soutiennent sans compter leur service de propagande, alors qu\u2019ils n\u2019en ont guère besoin: ils tiennent déjà l\u2019affiche.Tandis que nous, bousculés par des voisins experts en publicité, nous ne vantons pas notre marchandise, pourtant fort présentable.Des compatriotes, revenus du lac Couchiching, proclament que nos voisins deviennent vite très sympathiques dès qu\u2019ils nous comprennent.En vertu de l\u2019axiome: Comprendre c\u2019est pardonner, ils nous pardonneront un jour notre droit d\u2019aînesse.Curam habe de bono nomine, soigne ta réputation, dit le sage.Nous devons faire notre apologie, toute une apologétique nationale, qui commencerait par la preuve de notre existence, existence honnête et acceptable, pour conclure à un régime d\u2019égaux.Un coup en frais, nous pourrions nous manifester aussi à l\u2019Europe, car ni Rome, ni même la France ne nous prisent bien fort.La « politique de la présence )) est la seule bonne.Or nous sommes toujours absents, et les absents ont toujours tort.Nous ne sommes pas là pour répondre aux préjugés, pour expliquer, pour faire comprendre et admettre nos particularismes, notre civilisation aussi belle que l\u2019autre; nous passons pour la province arriérée, pour un vague métissage de bûcherons et de routiniers boudeurs: backward and angry.C\u2019est une nécessité, même pour notre survie.Comment le petit Franco-Américain, Acadien ou Ontarien sera-t-il fier de lui s\u2019il se croit un sous-homme, un être inférieur, s\u2019il se voit asséner un regard de dédain, dès qu\u2019il parle français ?ou même s\u2019il ignore sa dignité française?s\u2019il ne peut établir que nos 300 ans de vie canadienne ont été un enrichissement, non une déchéance ?Pourquoi les Américains portent-ils un vrai culte de respect et d\u2019admiration à la France, et nous réservent-ils le contraire?Les formidables découvreurs, défricheurs, civilisateurs et martyrs de notre histoire ont-ils abaissé notre record ?Les inscriptions historiques semées partout, à Kingston, Toronto, Sault-Sainte-Marie, Niagara, Détroit, Rochester, partout, indiqueraient-elles un passé mort ?Ne reste-t-il ici que les vaincus des plaines d\u2019Abraham ou les habitants jargonneux du cher docteur Drummond?Pire que ça: notre province n\u2019est, pour le grand nombre des blancs par excellence qui nous encerclent, qu\u2019un habitat de guides, de trappeurs, d\u2019habitants aussi dévots qu\u2019illettrés, de métis, oui, de métis franco-sauvages, ainsi qu\u2019en témoigne un texte de Y International Textbook Co., qui se vante d\u2019un million d\u2019élèves anciens et actuels, dans son Reading Course for Business Executives, (section 7, p.35) sur la manière de traiter avec les divers éléments d\u2019immigrés aux États-Unis.Après l\u2019éloge des qualités du Français de France, l\u2019auteur parle de nous: The foregoing statements apply to the real French people.The half Indian and half Frenchman from Canada, the Canuck so called, is better, though less favourably known in U.S.(( Ce qui précède s\u2019applique aux vrais Français.Les demi-sauvages et demi-Français du Canada, qu\u2019on appelle Canucks, valent mieux, bien qu\u2019ils aient moins bonne réputation .» Mais alors, voyons-y, à notre réputation, et jusqu\u2019en Europe! Montrons-nous, présentons-nous comme blancs ! Soyons le plus français possible, et montrons la France en nous, au lieu de débouler à un autre métissage franco-anglais.OCTOBRE 1941 255 Au lieu de nous reposer toujours sur le (( miracle canadien », de regarder en arrière et de n\u2019être plus que des survivants, soyons donc des rayonnants, des conquérants.Prouvons que nous sommes nécessaires à la santé de l\u2019Amérique, selon le mot de lord Dufferin, repris par M.King: (( Mon ardent désir est de voir la population française jouer ici le rôle si admirablement rempli par la France en Europe.Retranchez du trésor de la civilisation la part que la France y a apportée, quel vide énorme!» Disons ce que nous avons été, ce que nous sommes, ce que nous voulons être ; que parler français est aussi beau que de parler anglais; qu\u2019on a droit d\u2019ignorer l\u2019anglais sans être plus ignorants qu\u2019eux-mêmes ignorant le français; qu\u2019ils nous pilent sur les pieds un peu trop souvent, avec un mépris facile pour notre rôle de Sudètes; que l\u2019aisance heureuse de nos campagnes vaut bien la convoitise fiévreuse de leurs villes; que nos familles nombreuses ne signifient pas le vice mais la droiture morale, sans mesquinerie, sans hypocrisie; qu\u2019un train de vie n\u2019est pas nécessairement un train de marchandises; que tradition n\u2019est pas toujours synonyme de débraillé, de routine, et d\u2019encroûtement; que la fidélité religieuse dans l\u2019éducation et dans la pratique de la vie, même catholique, vaut mieux que la maigre sagesse inspirée par la crainte de la police; que nos orphelinats et nos communautés ne sont pas ce qu\u2019ils pensent ni ce que disent des pasteurs à la Shields; que se laisser conduire ouvertement par les prêtres est plus digne et plus agréable à Dieu que se faire mener par de ténébreux conciliabules de francs-maçons, d\u2019oran-gistes, de faiseurs et de financiers.On aura bien des choses à leur dire, à ceux qui nous prennent pour des sauvages en tutelle, en réserve.Ils ont bien des vérités à entendre, à avaler, à digérer, à s\u2019incorporer, en vue d\u2019une meilleure santé de leur esprit et de notre pays.Les catholiques des États-Unis, qui ne forment qu\u2019un sixième de la population alors que nous sommes ici près du tiers, nous donnent de précieux exemples.Us se font un devoir d\u2019action catholique de ce qui sera pour nous de l\u2019action nationale.Grâce à la Société d\u2019information catholique (C.I.S.) de Narbeth (Pennsylvanie), qui fournit la matière, les résidents de 329 centres de 37 États sur 48 publient dans les quotidiens ou les hebdomadaires neutres, lus par 2,400,000 familles de toutes croyances ou incroyances, douze pouces carrés de renseignements qui ne coûtent rien, pas un sou, et qui valent des centaines de mille piastres, au tarif des annonces.Et les journaux eux-mêmes y trouvent leur affaire.En Géorgie, les 17,500 catholiques semés parmi 3,000,000 d\u2019âmes, n\u2019en menaient pas large en 1915.256 En 1940, le délégué apostolique, Mgr Cicognani, était reçu dans la capitale avec les plus grands honneurs, avec parade en ville entre deux haies de protestants respectueux.Que s\u2019était-il passé?Un comité de laïcs se mit à répondre à toutes les absurdités lancées contre l\u2019Église.Un service de découpures entreprit de répondre courtoisement, intelligemment, brillamment, à toutes les attaques des journaux et des politiciens.Jamais d\u2019amertume, ni de sarcasme; tout en vue de faire amis.Presque tous les journaux publiaient ces réponses bien tournées, qu\u2019on adressait fidèlement même à ceux qui les jetaient au panier,\u2014 mais qui finirent par y jeter aussi les attaques.Le sentiment général évolua, et aujourd\u2019hui un catholique y est considéré comme du monde.Il faut donc au plus vite nous expliquer, nous faire comprendre, nous faire estimer, respecter, peut-être aimer.Ceux qui nous connaissent vont jusque-là.Rappelons les témoignages de Moore, Morley, Godfrey, Bovey, Kerr, Osborne, Falconer et autres.C\u2019est absolument flatteur d\u2019être apprécié d\u2019esprits éminents.Ils ne sont pas assez: nous devrons atteindre la moyenne, la masse, les masses.Comment y arriver ?D\u2019abord, il faut un organisme central, officiel, disons un comité de publicité nationale, non politique, soutenu par la province-mère comme Éducation extra mur os, ou comme Propagande de tourisme : cela vaudra mieux que les exhortations capitulardes ou les photos de bœufs attelés; un bureau formé de compatriotes bilingues, aux yeux grands ouverts, à l\u2019épiderme assez chatouilleuse, avec une expérience des voyages, des hommes, de l\u2019annonce, des journaux et des clubs.Ce comité collectionnera les articles qui traitent de nous ; il fournira les répliques au besoin ; il prendra les devants et offrira de la copie alléchante sous diverses rubriques: histoire romancée, biographies, monographies avec clichés, en excellent anglais, par des spécialistes à rejoindre et à s\u2019adjoindre.On traduirait et lancerait partout de belles éditions anglaises de nos livres les plus dignes, les plus représentatifs: livres d\u2019histoire ou d\u2019imagination, moins primitifs que Maria Chapdelaine, moins mesquins que Trente arpents.Jacques Ducharme a ébloui le public américain et décroché le prix du (( meilleur livre du mois » avec The DeLusson family, qui montre à l\u2019œuvre et à l\u2019épreuve une famille d\u2019émigrés franco-américains.Quel respect n\u2019inspireraient pas des ouvrages sur La Vérendrye, Mgr Taché, Mgr Grandin, Pierre Boucher, Jean Talon, Montcalm, Lafontaine et Baldwin, et d\u2019autres qui rattacheraient nos grands Canadiens aux grands Français venus de France .Et le cinéma, cette propagande payée, très payante, qui devrait faire admirer partout la nais- RELATIONS sance de notre race, en bloc ou par épisodes.Un patriote de Woonsocket réclame depuis vingt ans, pour dire à ses jeunes en quoi ils diffèrent des autres Américains, ces films autrement plus fascinants que la résignée Maria et ses bancs de neige! Ceux qui ont vu les pageants de 1934 aux Trois-Rivières, ceux qui y ont entendu des touristes murmurer dix fois dans leur dos: Wonderful! Grand! Lovely! Great! et toute la gamme, regrettent que ce déploiement n\u2019ait duré que sept ou huit soirs; ils appellent de leurs vœux cent films d\u2019Histoire du Canada, en gros et en détail, de Jacques Cartier aux colons de l\u2019Alberta et aux expatriés de la Nouvelle-Angleterre, en passant par les missionnaires, Dollard, Talon, Frontenac, Marquette, les découvreurs, les défenseurs, le Dérangement et le retour des Acadiens, la noblesse de Québec sous Carleton, 1774 et Salaberry, et 1838 et LaFontaine, la Confédération, l\u2019émigration aux États-Unis, l\u2019effort tenace des colons aux Bois-Francs, et ce qu\u2019il y a de montrable en notre allure actuelle.Ensuite, on égrénera cette vue d\u2019ensemble en vues épisodiques, romancées tant qu\u2019on voudra, sur Dollard, Madeleine de Verchères, Évangéline, les Coureurs de bois, moins les erreurs du Radisson actuel, et sans avoir trop l\u2019air de mener une propagande.On sait l\u2019usage intense que font du cinéma les communistes, les nazistes et les fascistes.Alors ?.Et ce serait automatiquement le bon cinéma bienfaisant, éducateur, constructeur d\u2019hommes et d\u2019amitiés.Nos jeunes sauront ce qu\u2019ils sont, ce qu\u2019ils devront faire; et les voisins nous salueront plus poliment, ou du moins toléreront plus patiemment qu\u2019on parle français devant eux.Fini le refrain: Speak a White man\u2019s language,\u2014 ou la naïveté de la bonne vieille: Bless me, Father, for I hate the French ! Tout un service de conférenciers, de causeurs, de lecturers d\u2019Angleterre injecte, en paix comme en guerre, la propagande impériale aux centres nerveux du Canada.Toronto, Winnipeg, etc.reçoivent toujours de ces porteurs de la bonne parole, envoyés on devine par qui.C\u2019est très habile: Londres a quelque chose à nous dire, et il nous l\u2019envoie dire.Pourquoi donc n\u2019aurions-nous notre petit Intelligence Service, nous aussi, pour amadouer les esprits, pour dire ce que nous avons sur le cœur ?MM.Bourassa, Vaillancourt, Montpetit, Taschereau, David, God-bout et le cardinal Villeneuve ont rendu service, chacun avec sa nuance, mais sans rien de systématique, de continu.Ce courant de bons ambassadeurs devrait s\u2019établir régulièrement.Nous ne pouvons l\u2019attendre que de nous-mêmes.Nous sommes inexcusables de ne l\u2019avoir pas créé plus tôt, nous contentant de maudire le fanatisme en petits comités, sans essayer des explications qui chassent les malentendus.Le fabuliste montre un cuisinier qui prend un cygne pour une oie et qui va l\u2019égorger pour le mettre en potage, quand le noble oiseau fait entendre un ramage bien différent de celui de l\u2019oie.Ce chant lui sauve la vie, et nous prêche la morale: (( Ainsi dans les dangers .le doux parler ne nuit de rien )).Nous parlerons, nous écrirons, nous serons blancs, nous serons fiers, en adaptant à la fierté 'nationale ce qu\u2019on a dit du moral des troupes: (( Fier est celui qui croit son pays le meilleur du monde; sa province la meilleure du pays ; sa région la meilleure de la province; sa paroisse la meilleure de \u2019a région, et soi-même le meilleur homme de la paroisse ».Ce sera notre programme de défense et de conquête, d\u2019après notre genre de lutte à nous.Attirer vaut mieux que repousser.Se faire beau et se montrer tel vaudront mieux que de se parer des plumes^et des cris du paon.ASSURANCE-MALADIE OBLIGATOIRE Émile BOUVIER, S.J.JUSQU\u2019EN 1929, le sujet sortait à peine du cadre des discussions académiques.Au cours de la crise en 1933, le Gouvernement de Québec en confie l\u2019étude à une commission d\u2019Assurances sociales.L\u2019Alberta en 1935 et la Colombie en 1936 se donnent chacune une loi d\u2019assurance-maladie, sans toutefois y donner suite.A son tour, la Commission Sirois suggère une loi dont l\u2019administration relèverait des provinces.Voici qu\u2019en 1941 une phase nouvelle commence: des rumeurs annoncent une loi fédérale d\u2019assurance-maladie.Aussitôt le Dominion Council of Health et le Canadian Hospital Council étudient sérieusement le projet.L\u2019Association des Hôpitaux catholiques (conférence des Provinces maritimes) répudie nettement l\u2019étatisation de la médecine.De leur côté, les médecins ne s\u2019entendent pas.Pour la majorité, l\u2019assurance obligatoire est une utopie, à tout le moins un danger, parce qu\u2019elle conduit à l\u2019ingérence politique dans la profession médicale; quelques-uns préfèrent se rallier à l\u2019assurance volontaire et une minorité convaincue déclare sans hésiter que bon gré mal gré on aboutira à une assurance-maladie obligatoire.Entre temps, à Ottawa s\u2019élabore en silence un projet qui sera très probablement soumis à la Chambre lors de sa prochaine session.Quelle attitude prendre?Opposition?Acceptation pure et simple?Compromis?Le problème est OCTOBRE 1941 257 complexe : il importe, avant de prendre une décision, d\u2019en connaître les données.Ainsi la déficience des services médicaux est-elle si criante qu\u2019on le dit?S\u2019il faut une mesure d\u2019ordre public, adopterons-nous une assurance libre ou une assurance obligatoire?Cette dernière est-elle susceptible de s\u2019intégrer dans notre philosophie sociale?Et alors devrait-elle être loi provinciale, loi fédérale, ou loi à la fois fédérale et provinciale?Financièrement, le petit salarié et l\u2019industrie marginale pourront-ils porter le poids d\u2019une nouvelle taxe, si petite soit-elle?Autant de problèmes à résoudre.Pour le moment, voyons si le principe d\u2019une assurance obligatoire est acceptable.D\u2019abord, un bref aperçu de la situation.D\u2019après le rapport du Comité national d\u2019Hygiène mentale de 1939, le Canada a perdu durant les quatre années qui ont suivi le recensement de 1931, 70,000 bébés de moins d\u2019un an et 33,000 mères en couches: une hécatombe de 103,000 vies humaines.En somme, le Canada perd chaque jour 3 mamans, 24 bébés mort-nés ou ne vivant que 24 heures, 42 enfants de moins de 1 an et 54 de moins de 5 ans.Le taux de la mortalité infantile dans divers pays nous éclairera.(La natalité élevée dans le Québec qui explique en partie le taux effarant de sa mortalité juvénile doit nous engager à améliorer; les soins donnés à l\u2019enfant.) Pays\tAnnée Taux par 1,000 naissances vivantes Nouvelle-Zélande\t1937\t31 Australie\t1937\t38 États-Unis\t1937\t51 Angleterre\t1937\t58 Allemagne\t1937\t64 France\t1937\t65 Canada:\t1938\t63 Ontario\t1938\t49 Québec:\t1938\t83 Montréal\t1937\t87 Québec\t1937\t142 [Annuaire du Canada, 1940, p.137] Autre exemple significatif : les causes de mortalité pour 20,324 décès de personnes de 15 à 64 ans au Canada (1936), se répartissent ainsi: Typhoïde\t114\tAppendicite\t513 Syphilis\t189\tHernie, intestins\t223 Ataxie\t18\tSuicides\t570 Paralysie\t111\tCœur\t3,450 Tuberculose\t2,532\tArtério-sclérose\t538 Diabète\t222\tHémorragie\t258 Anémie\t167\tNéphrite\t804 Or, la médecine préventive éliminerait beaucoup de ces cas.Ainsi la tuberculose, la syphilis, les maladies de cœur découvertes et traitées à temps gardent peu d\u2019emprise sur un malade.Bien des suicides résultent d\u2019un surmenage, d\u2019un déséquilibre mental que les soins d\u2019un psychiâtre peuvent corriger.En 1936, sur un total de 107,050 décédés, 10,505 n\u2019avaient pas reçu de soins médicaux.Ajoutons à ce bilan de mortalité les journées de travail perdues pour cause de maladie.En 1931, elles représentaient une somme de $40,000,000.A quoi attribuer cette insuffisance de secours médicaux?Aux médecins, aux hôpitaux ou à la modicité du revenu familial ?D\u2019après la même étude du Comité national d\u2019Hygiène mentale, nous avons un médecin pour 1,034 personnes et un dentiste pour 2,566, tandis qu\u2019aux États-Unis d\u2019après une enquête, on estime qu\u2019il faudrait un médecin par 700 personnes et un dentiste pour 1,000.A ce compte, il manquerait au Canada 4,769 médecins et 6,323 dentistes.Le Québec compte 1,200 localités privées des services du médecin, à qui il faut substituer des gardes-malades.Quant aux hôpitaux, on en compte 864 pour accommoder 85,801 malades.Il manque actuellement 3,500 lits pour les tuberculeux et 8,650 pour le traitement des maladies mentales.Par-dessus tout entre en cause le revenu insuffisant du petit salarié, qui plus que d\u2019autres a besoin de soins médicaux, mais ne peut se les procurer.Chez une famille composée du père, de la mère et de deux enfants, un revenu annuel de $950 pourrait à peine suffire au logement, à la nourriture, au vêtement et au chauffage.Qu\u2019une maladie survienne et le budget est incapable d\u2019y faire face.Or, en 1931, sur un total de 1,137,924 familles de salariés (soit 4,560,773 individus), 536,667 (soit 2,098,840 individus) avaient un revenu annuel de moins de $950.Donc près de 45% de ces familles ne pouvaient pas se procurer de secours médicaux.En 1936, on calcule qu\u2019environ 2,737,663 personnes appartiennent à des familles recevant moins de $950 de revenu, soit environ 25% de la population canadienne.Ces données ne semblent pas exagérées, quand aux États-Unis le tiers de la population (soit 40,000,000) appartiennent à des familles dont le revenu est de $800 et moins.Le médecin ne saurait assumer seul la charge des clients pauvres.Il doit gagner sa vie et, pour cette raison, il se croira facilement autorisé à soigner d\u2019abord le malade payant.D\u2019autre part, le client pauvre n\u2019appelle le médecin qu\u2019à la dernière minute, trop tard souvent.Situation lamentable qui appelle des solutions.La plus opportune et la plus efficace, a-t-on dit, est l\u2019assuranoe-maladie obligatoire.Elle est la mise en commun des risques d\u2019une collectivité par la substitution d\u2019une responsabilité collective à la responsabilité individuelle de chaque membre.Le patron, le travailleur \u2014 et dans certains cas l\u2019État \u2014 contribuent à un fonds commun qui défraie les services médicaux donnés à l\u2019assuré malade et rémunère le médecin.La suggestion de l\u2019assurance-maladie obligatoire provoque chez la plupart des médecins une réaction de désapprobation catégorique.A leurs yeux elle serait une espèce d\u2019étatisation de la médecine, c\u2019est-à-dire un contrôle direct de l\u2019État sur l\u2019exercice de la 258 RELATIONS profession médicale, sur les relations entre clients et médecins, sur la détermination des frais médicaux, etc., etc.Or l\u2019examen des lois des vingt-six pays déjà dotés de cette législation révèle des traits rassurants : a) elle s\u2019applique exclusivement aux pauvres et aux petits salariés; b) elle relève d\u2019un fonds de contributions et non d\u2019impôts; c) elle respecte le choix du médecin par l\u2019assuré et l\u2019indépendance du médecin dans l\u2019exercice de sa profession.A la lumière de ces expériences, ne saurait-on pas concevoir pour le Canada une loi d\u2019assurance-maladie capable de remédier à la pénurie des services médicaux et d\u2019assurer à la fois la liberté de la profession médicale ?Les points essentiels qu\u2019il faut à tout prix sauvegarder sont les suivants : liberté du choix du médecin par l\u2019assuré \u2014 liberté du médecin d\u2019accepter le patient \u2014 liberté du médecin dans la conduite du traitement \u2014 sauvegarde du secret professionnel et de la communication personnelle \u2014 liberté du médecin de faire partie du service de l\u2019assurance \u2014- liberté du choix de l\u2019hôpital \u2014 liberté dans la régie interne des hôpitaux \u2014 autonomie du Collège des Médecins dans la fixation des tarifs, l\u2019organisation de la profession et la recherche scientifique.Une loi qui respecterait les clauses énumérées ne saurait être taxée de mesure étatisante.A titre d\u2019exemple, considérons la législation anglaise de 1911 qui protège aujourd\u2019hui plus de 18,360,200 assurés, soit 40% de la population totale et 80% de la population ouvrière.D\u2019après elle, le médecin est libre de s\u2019inscrire au service des assurés; de son côté, le patient choisit le médecin à son gré.Celui-ci est rémunéré par la Commission d\u2019Assurance et d\u2019après le mode de paiement per capita.En 1931, 15,670 médecins (40%) ont accepté de soigner les assurés.En 1935, on en comptait 16,430 avec une moyenne de plus de 950 assurés par médecin.Des médecins compétents et salariés surveillent l\u2019application de la loi dans chaque région.Sans doute, la loi n\u2019est pas parfaite.Mais le public anglais l\u2019apprécie et ne songe pas à revenir à une assurance uniquement volontaire.Le revirement, à ce sujet, de la British Medical Association est éloquent.Au début, accueil plutôt froid, indifférence.A l\u2019enquête de la Commission Royale de 1928, l\u2019Association donna son approbation définitive et exprima même le vœu que la législation s\u2019étendît aux personnes à la charge des assurés.La loi française de 1930 respecte aussi le choix du médecin par l\u2019assuré.Pour l\u2019émission d\u2019un certificat d\u2019invalidité, elle n\u2019oblige pas le médecin à révéler son diagnostic.Afin de prévenir l\u2019abus des appels non motivés, le malade doit payer une partie des frais conjointement avec la caisse.La loi allemande au contraire n\u2019impose au patient que les frais de la première visite.OCTOBRE 1941 En Allemagne, où la loi date de 1886, l\u2019Association des Médecins la regarda d\u2019abord d\u2019un mauvais œil, mais finit par s\u2019y rallier.Elle corrigea la loi, dégagea les médecins de l\u2019ingérence politique et non professionnelle; elle releva le barême des tarifs et fixa le mode de rémunération.Cette législation retient aujourd\u2019hui les services de 38,000 des 47,000 médecins du pays.Voilà des faits qui ne peuvent être ignorés au moment où une législation de cette nature est à l\u2019étude chez nous.Le docteur Grégoire écrivait dans le Canadian Doctor de mai 1940: « L\u2019assurance obligatoire est la seule chance pour Québec d\u2019éviter la médecine d\u2019État.Environ 80% de la population ne peut s\u2019offrir les soins d\u2019hôpital et autant que je sache cet état de choses est général au Canada .)) Notre Commission des Assurances sociales de 1933 s\u2019est montrée sympathique au projet, tout en conseillant de procéder par étapes, par l\u2019entremise d\u2019une assurance libre subsidiée.Mais l\u2019avenir ne réserve pas à l\u2019assurance volontaire des développements bien prometteurs si on en juge par le faible pourcentage des assurés en période de salaires élevés: États\t\t% de la \tAnnée\tpopulation Australie\t1923\t9% Belgique\t1925\t14.3% Canada\t1925\t1% Danemark\t1925\t57.4% Espagne\t1925\t1.8% Finlande\t1924\t2% France\t1923\t6.6% Grande-Bretagne\t1924\t13.5% Italie\t1924\t2% Nouvelle-Zélande\t1924\t6.7% Afrique-Sud\t1924\t3% [B.I.T., 1927, Assurance-maladie libre, p.xxii.] Il semble donc que, par la force même des circonstances, l\u2019on s\u2019achemine vers un régime d\u2019assurance-maladie obligatoire.Quelle que soit sa forme, cette législation, pour être acceptable, devra respecter les points déjà signalés comme essentiels.Us regardent en particulier la protection de la profession contre les ingérences de l\u2019extérieur, politiques ou autres, et assurent, sous la surveillance d\u2019un Collège des Médecins conscient de ses responsabilités, la libre pratique de la médecine, condition essentielle du rendement professionnel et du progrès scientifique.Cette législation devra garantir les particularismes ethniques, religieux et géographiques au moyen d\u2019une administration provinciale.Enfin elle devra laisser à la classe moyenne le choix d\u2019une assurance volontaire sous forme de mutuelle, de coopérative médicale ou de société d\u2019hospital sation.Avec ces garanties, une loi d\u2019assurance-maladie obligatoire destinée à la classe peu fortunée de notre population, du point de vue théorie sociale, semblerait saine.Elle marquerait même à notre avis un progrès dans notre législation.259 WESTMOUNT: LE SECRET D'UNE VICTOIRE Ernest ROBITAILLE NOUS applaudissions naguère à la décision du gouvernement provincial d\u2019étatiser la Beau-harnois, avec quelque inquiétude peut-être sur les résultats définitifs.L\u2019adversaire est de telle envergure; il a pour lui l\u2019argent, la presse, des victoires répétées.Les victoires du peuple seront-elles jamais plus qu\u2019un rêve, une espérance ?Elles le seront si nous le voulons, car le trust, il faut le redire, a déjà été vaincu; chez nous, à nos portes, par un adversaire minuscule.Westmount, dont la clientèle ne formait que 1H% de celle de la Montreal Light, Heat and Power Company, s\u2019est si bien déprise de ses griffes qu\u2019elle lui a infligé défaite sur défaite jusqu\u2019à la capitulation complète.L\u2019histoire peut nous instruire.C\u2019était en 1901.Comme ceux de Montréal, les citoyens de Westmount achetaient l\u2019électricité à une compagnie privée.Les quatre compagnies de la région, pour leur plus grand bien, sans doute, et le nôtre ., se fusionnèrent en l\u2019unique M.L.H.& P.Cons.Leur capitalisation globale de 8 millions ressortit de la manœuvre, sans nouvelle mise de fonds, juste doublée: 16 millions.Westmount en sut quelque chose, les taux montèrent.Cette hausse de la note lui déplut.Elle résolut de la réduire par une mesure éprouvée: la concurrence.La solution surgit comme un à-côté en cherchant à résoudre le problème des déchets.Soucieuse d\u2019hygiène et d\u2019embellissement, Westmount ne voulait point chez elle de dépotoir: elle brûlait ses déchets.La trouvaille fut d\u2019utiliser la chaleur produite par cette combustion dans une usine thermique, au service de la municipalité.C\u2019allait être aux mai,ns du conseil de ville l\u2019instrument de victoires répétées sur le trust.L\u2019entreprise (incinérateur et génératrice) devait coûter $450,000; par contre, si 1000 citoyens devenaient cliénts de leur centrale, le taux du k.w.h.tomberait de 12% à 10 sous; le contrat pour éclairage des rues serait bientôt renouvelable; d\u2019où, d\u2019intéressantes perspectives.Sur ces données, la population vota d\u2019emblée (2 contre 1) l\u2019entreprise.C\u2019était en 1904.Deux ans plus tard, vinrent les premiers résultats.Ils dépassaient les prévisions.La réduction promise fut accordée (10 sous au lieu de 12%), l\u2019éclairage des rues, assuré par la centrale, marqua une économie d\u2019environ 20 dollars l\u2019an, par lampe, malgré des améliorations de tout genre.Et ce fut le début d\u2019une longue suite de victoires sur le trust qui dut consentir à sa clientèle de Westmount, de 1906 à 1933, 14 réductions de taux, abaissant jusqu\u2019à 2^ sous le k.w.h.Et il n\u2019y eut pas à en profiter que les citoyens de Westmount.Montréal même s\u2019en trouva l\u2019inconsciente bénéficiaire.La M.L.H.& P.Cons., en effet, voulut d\u2019abord disputer à la centrale municipale son ancienne clientèle, ainsi que ses clients de Montréal passés à Westmount.L\u2019usine municipale réduisant sans cesse ses prix, elle dut suivre, de gré ou de force, au risque de tout perdre.Sacrifice plus cuisant: elle dut accorder ces réductions\u2014 avec retard naturellement \u2014 à sa clientèle de Montréal.Car telle institution, comme la maison-mère des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, installée à la frontière des deux cités, payait à deux taux différents la même fourniture d\u2019électricité: à 2 sous en la section du territoire westmountais et à 3^ cents en celle de Montréal.L\u2019anomalie était criante: il fallut uniformiser et céder.Ce jeu sans gloire lassa bientôt la puissante compagnie.Westmount surtout, depuis 1910 ou 1911, achetait chez elle le surplus d\u2019électricité que ne pouvait produire son usine, et lui imposait quand même des réductions détestables : l\u2019ingrate méritait correction.Elle vint sous la forme classique de l\u2019étranglement imposé à l\u2019heure propice.On joua d\u2019abord de la séduction (1927) puis de la menace (1930).1927: tout client de l\u2019usine municipale passant à la M.L.H.& P.Cons.pourrait acheter à $50 l\u2019unité, 3 actions de ladite compagnie qui se vendaient, en bourse, chacune, $80: c\u2019était, à chaque déserteur de l\u2019usine municipale, un cadeau de $90.Dix pour cent seulement mordirent à l\u2019appât.1930: après le sourire les menaces: Westmount ayant demandé renouvellement de son contrat, la M.L.H.& P.Cons.refusa et offrit d\u2019acheter à bon prix l\u2019usine municipale.Westmount, pensait-elle, était à sa merci, incapable de satisfaire les demandes ni d\u2019acheter ailleurs et ne pouvait non plus compter sur le concours de la Commission des Services publics, entièrement dévouée aux intérêts du monopole.Lachine, Verdun et d\u2019autres, prises ainsi à la gorge, avaient cédé.Westmount résista, décida d\u2019agrandir son usine et de s\u2019affranchir complètement.Elle commanda les générateurs, mit en train les travaux.C\u2019en fut assez; la M.L.H.& P.Cons.assagie capitula.Le 8 août 1933, elle offrait de vendre à la ville de Westmount son propre réseau local et de lui abandonner sa clientèle qui comptait environ 30% de la population.Elle en avait sans 260 RELATIONS doute assez de cette guerre de prix toujours perdue, qui lui imposait, par des comparaisons gênantes, des réductions même en faveur de sa clientèle de Montréal.La ténacité intelligente d\u2019une minuscule cité avait eu raison du géant invincible.En plus d\u2019avoir conquis 14 réductions de taux \u2014 ce qui justifiait bien l\u2019entreprise\u2014, Westmount possédait au 31 décembre 1932, en son usine et incinérateur, un actif de $1,782,128, grevé sans doute de $425,000 d\u2019obligations, souscrites lors du lancement de l\u2019affaire, mais allégé par un fonds d\u2019amortissement porté déjà à $264,950.La dette nette sur cette valeur de près de 2 millions n\u2019était, en fait, que de $232,996.L\u2019entreprise de libération, amorcée en 1904, avait tenu largement ses promesses.C\u2019était une réplique, plus modeste, de l\u2019expérience ontarienne et la confirmation du principe que l\u2019électricité à bon marché ne sera jamais un don spontané des compagnies privées, mais la conquête de la municipalisation sagement conduite.Montréal, cependant, en ce domaine, croupissait dans la routine et l\u2019incurie.Ses administrateurs n\u2019eurent jamais l\u2019idée d\u2019établir, eux aussi, au lieu des dépotoirs immondes, des incinérateurs doublés d\u2019usines thermiques qui eussent fourni, à bon marché, l\u2019éclairage des rues.Ils préférèrent nous lier à d\u2019onéreux contrats dont nous portons encore le poids.En 1906, paraissant s\u2019éveiller, ils avaient porté à sir Wilfrid Laurier leurs doléances.Sir Wilfrid fit à Montréal une offre princière: l\u2019exploitation des ressources hydro-électriques du canal de Beauhar-nois moyennant des charges légères.C\u2019était la délivrance, la prospérité.Pour une chinoiserie de légalité, ils refusèrent.(( Montréal obtiendrait-elle de la législature provinciale le droit de produire l\u2019électricité et d\u2019en faire commerce chez elle ?)) Westmount n\u2019avait point eu cette peur, avait munici-palisé, usait de son droit et se libérait.Tant d\u2019incurie fit dire au sénateur Dandurand: (( Si la situation de Montréal est si déplorable vis-à-vis des trusts, c\u2019est que la ville le veut bien, par son propre conseil de ville.» Les années n\u2019ont rien changé, l\u2019incurie est aussi épaisse, l\u2019inaction aussi complète.Depuis plus de 10 ans, le contrat très onéreux de la ville avec la compagnie, pour l\u2019éclairage de ses rues, est expiré; on le prolonge sans rien trouver d\u2019autre, sans même défendre ou réclamer le droit de municipaliser l\u2019électricité.En 1934, l\u2019opinion alertée avait obtenu l\u2019enquête Lapointe pour entendre, par toute la province, les doléances à propos de l\u2019électricité.Montréal, la plus tondue par le trust, ne présenta à l\u2019enquête nulle doléance, ne fit soumettre aucun rapport, ne parut même point devant les enquêteurs.Tant de silence laisse songeur.L\u2019étatisation de la Beauharnois va remettre à l\u2019épreuve les administrateurs de nos municipalités; saisiront-ils enfin le parti que leur offre cette centrale aux mains de la Province ?Ils peuvent, s\u2019ils le veulent, en favorisant la municipalisation, assurer aux citoyens l\u2019électricité à bas prix.Ils ne sont plus à la merci d\u2019un monopole tout puissant qui dicte, à son heure, la vente forcée ou la faillite.Westmount a su vaincre en des conditions autrement difficiles.Il lui a suffi d\u2019avoir des hommes qui ont voulu, d\u2019une façon intelligente et jusqu\u2019au bout, le bien commun.Il nous suffira aussi de vouloir.TAUX D\u2019ÉLECTRICITÉ À WESTMOUNT ET À MONTRÉAL Weî tmc unt Mur ICI! pel PI ant m Montreal Lie ht, Heat & Po u
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