Relations, 1 décembre 1943, Décembre
[" FAUX FRÈRES ¦ FEMMES ET FILLES A L'USINE ACADIE CONSTRUCTIVE Alezandre DUGRÉ LANGUES ET BON VOISINAGE Louis FOLEY C.P.7679 et M.& S.Gérard PICARD % Ecoles publiques étatsuniennes ¦« L'Eucharistie et la réforme sociale ¦¦ Mouvement de la population canadienne ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE SOMMAIRE DÉCEMBRE 1943 Éditorial.309 Faux frères.Articles ACADIE CONSTRUCTIVE .Alexandre Dugré 311 LANGUES ET BON VOISINAGE.Louis Foley 314 L\u2019EUCHARISTIE ET LA RÉFORME SOCIALE .Bernard Hardy 317 ÉCOLES PUBLIQUES ÉTATSUNIENNES.Louis C.de Léry 319 C.P.7679 et M.& S.Gérard Picard 322 ESQUISSE RATIONNELLE DE LA CONSTITUTION BRITANNIQUE.Louis Godefroy 324 L\u2019ACCUEIL JOCISTE.Émilia Lacroix 325 Commentaires.326 Canadiens des deux langues.\u2014 Qui pressure Québec, l\u2019Église ou les trusts ?\u2014 La coéducation abolie en Russie.\u2014Minorité française de l\u2019Alberta.\u2014Femmes et filles à l\u2019usine.Chroniques LA LUTTE CONTRE LE CRIME.J.F.Dalton 328 AU SERVICE DE LA PÉDAGOGIE.Jean Vallerand 329 MOUVEMENT DE LA POPULATION CANADIENNE, 1931-1941.J.-A.Baudouin 330 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph-H.Ledit 332 Allemagne.\u2014 Pologne.Robert Bernier Livres récents.336 Éthique professionnelle .Georges Van Belleghem Mystique d'un monde nouveau.Jacques Cousineau La grande clarté du Moyen Âge .Albert Le Roy Pétain?.Frédéric Saintonge La Bataille des Flandres.Jacques Cousineau La conscience de Pierre Laubier .Victor Coulombe Stowaways.Henri Béchard Il y a soixante ans.Jacques Paquin Les Gens du Pays.Eugène Poirier Deviens un chef !.Maurice H.-Beaulieu L'Homme, cet inconnu La Vie française L'Âme de V Éducation Un petit Univers Richelieu Terre des Hommes Les Contes de la Vierge.Henri Béchard Le Grand Meaulnes Miracles\t.Albert Le Grand Images d Alain-Fournier A la trace de Dieu Comment se faire des amis pour réussir dans la vie.Jacques Cousineau Que vaut la chiropratique ?Êtes-vous malin ?Répondez-moi ! L'Éducation dans le mouvement coopératif \u2022 \u2022 \u2022 J C.Vers l'idéal_ L'Anglais-Éclair Brochures et plaquettes En trois mots.339 TABLE DES MATIÈRES DE L\u2019ANNÉE .340 NOS COLLABORATEURS\tRELATIONS \u2022\tREVUE DU MOIS Le P.Alexandre Dugré, s.j., rédacteur à l\u2019Action paroissiale, nous rapporte de son dernier voyage en Acadie l\u2019histoire d\u2019une paroisse qui renaît par la coopération.\u2014 M.Louis Foley, diplômé de la Sorbonne, a séjourné plusieurs années en Europe, surtout en France, et en Asie.Il est actuellement professeur au Western Michigan College of Education, à Kalamazoo, Michigan.\u2014 Bernard Hardy poursuit la série de ses articles sur les aspects religieux de la question sociale.\u2014 Le P.Louis C.de Léry, s.j., professeur de droit canonique au Scolasticat de l\u2019Immaculée-Coneeption et à l\u2019Université Laval, continue son tour d\u2019horizon sur les progrès du laïcisme en éducation.\u2014 M.Gérard Picard est particulièrement bien renseigné grâce à la situation qu\u2019il occupe dans le monde syndical et gouvernemental: il est secrétaire et organisateur général de la Confédération des Travailleurs catholiques du Canada (C.T.C.C.); il est membre du Conseil supérieur de la province de Québec et membre de la commission consultative du Conseil National du Travail en temps de guerre.\u2014 Louis Godefroy, qui a fait du Canada sa patrie d\u2019adoption depuis de nombreuses années, applique à l\u2019étude des problèmes canadiens une intelligence formée par la triple discipline philosophique, juridique et sociologique dans les vieilles universités de France et d\u2019Angleterre.\u2014 Mlle Émilia Lacroix, dirigeante jociste depuis plusieurs années, est la directrice de l\u2019Accueil jociste.\u2014 M.J.-F.Dalton est surintendant du Boys\u2019 Bureau de la Federation of Catholic Charities de Montreal.\u2014- M.le Dr J.-A.Baudouin est professeur d\u2019Hygiène sociale à l\u2019École des Sciences sociales de Montréal et directeur de l\u2019École d\u2019Hygiène sociale appliquée.Directeur: Jean-d\u2019Auteuil Richard Rédacteurs: Jacques Cousineau,.Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Bouvier.Secrétaire de rédaction et administrateur: Paul Racine Prix de l\u2019abonnement:\tA l\u2019étranger : $2.50 $2.00 par année\tPour les étudiants : $1.50 Taxe de vente de 2% ou de 4%, selon le lieu \u2022 Publiée par L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Centre de documentation, d'information et d\u2019action sociale, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur: Joseph-Papin Archambault ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1961, rue Rachel Est\tTél.: CHerrier 3101 MONTRÉAL\tCANADA Ecole Sociale Populaire, Montréal Décembre 1943 lllème année, No 36 ÉDITORIAL FAUX FRÈRES CES FAUX FRÈRES, ce sont nos communistes canadiens.Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de minimiser l\u2019héroïque effort de la Russie pendant cette guerre.D\u2019ailleurs, ses traditions de grandeur militaire ne datent pas d\u2019hier: Napoléon apprit en 1812 le patriotisme farouche du peuple russe, prêt à dévaster lui-même son pays avant que de l\u2019abandonner à l\u2019ennemi.Cet héroïsme, comme celui d\u2019autres peuples opprimés depuis de longues années, tel le peuple chinois, mérite l\u2019éloge de tout homme de cœur.Nous ne voulons pas davantage nous occuper ici de la doctrine communiste, ni des bolchévistes en U.R.S.S.ou ailleurs.C\u2019est de nos communistes canadiens qu\u2019il s\u2019agit.Il y a les chefs, et puis la troupe.Celle-ci est constituée de pauvres types \u2014 le plus souvent ignorants \u2014 qui se laissent bourrer le crâne et colportent les slogans sans trop savoir ce qu\u2019ils disent.Quant aux chefs, ils sont allés à bonne école, et ils sont passés maîtres dans l\u2019art de tromper systématiquement, de s\u2019adapter sans sourciller aux contradictions d\u2019une politique en zigzag dictée d\u2019ailleurs.pour peu que cela serve la cause.Les uns et les autres sont des faux frères.La courte histoire de guerre du communisme canadien abonde en contradictions cyniques.Ainsi, aujourd\u2019hui nos communistes sont les partisans fanatiques de l\u2019effort de guerre total; ils insultent et traitent libéralement de fasciste et de naziste quiconque impose des limites à leur enthousiasme, fût-on d\u2019esprit très large.Voici leurs commentaires en marge d\u2019un discours prononcé sous les auspices de la Ligue pour la Défense du Canada, lors du plébiscite: « En un temps où l\u2019ennemi est à nos portes, marchander notre effort de guerre, ou reprocher ceci ou cela, ou même poser des conditions pour notre participation entière dans la guerre, est dégoûtant et pas digne d\u2019un Canadien français.» {La Victoire, 28 février 1942, p.4.) Or, ce sont ces mêmes gens qui, dans leur ex-organe officiel, la Nouvelle Clarté (février 1940, p.1 et p.10), félicitaient les soldats canadiens déserteurs en pleine guerre: « Nous devons saluer le courage de ce premier groupe de protestataires qui, refusant d\u2019être traités comme du bétail humain, ont préféré briser la discipline impéria- DECEMBRE 1943 liste et profïtarde.Comparons le patriotisme réel, sincère de ces jeunes gens qu\u2019on nomme « déserteurs » avec l\u2019hypocrisie sucrée, nauséabonde d\u2019un Mackenzie King, pantin de Downing Street.» Mais cela, c\u2019était avant la conversion, avant l\u2019entrée de l\u2019U.R.S.S.dans la guerre.Aujourd\u2019hui nos communistes baisent toutes les médailles des grandes causes: liberté des peuples, prospérité des classes ouvrière et agricole, égalité des Canadiens français dans la justice; ils entourent même la religion d\u2019un silence respectueux.Tromperie et camouflage.D\u2019abord, cette apparente déférence pour l\u2019Église et le clergé leur est dictée uniquement par la crainte des réactions profondes d\u2019un peuple croyant, si on attaquait de front sa religion.D\u2019ailleurs, le mot d\u2019ordre venu en 1938 du secrétaire du Komintern à Moscou, Dimitrov, transmis à Montréal par le camarade Seme-niew, commandait de tenir compte des circonstances et de respecter la religion au pays du Québec.A l\u2019occasion,, pourtant, leurs vrais sentiments se font jour.La déclaration récente de l\u2019épiscopat canadien condamnant le communisme a tellement secoué les camarades qu\u2019ils ont laissé tomber un moment le masque et montré leur vrai visage dans les déclarations violentes ou impertinentes de leurs chefs.Cette duplicité se manifeste aussi dans l\u2019attitude envers les Canadiens français, auxquels ils jurent alliance et amitié: « Le Parti, affirme le programme officiel du Parti Ouvrier-Progressif, prend carrément position en faveur de l\u2019égalité nationale complète des Canadiens français.Il exige des gouvernements provincial et fédéral l\u2019adoption de mesures immédiates destinées à corriger les griefs nombreux du peuple canadien-français.Il a lutté {sic) pour faire établir des garanties spécifiques, constitutionnelles, des droits linguistiques des Canadiens français.» En fait, le Parti favorise tout ce qui est de nature à perpétuer notre inégalité nationale et notre assujettissement à la majorité anglo-saxonne.Dans leurs grands projets de réorganisation politique et d\u2019amélioration sociale, aucune sauvegarde n\u2019est prévue en faveur des particularismes culturels et sociaux des 309 Canadiens français; code ouvrier, assurances et sécurité sociales, tout s\u2019organisera uniquement sur le plan fédéral.Même double jeu quand il s\u2019agit du Canada entier.A croire les déclarations de nos communistes, pas de plus grands patriotes qu\u2019eux, personne de plus soucieux des intérêts canadiens, de la liberté des citoyens canadiens, du sort de la démocratie canadienne, de la prospérité et de la grandeur canadiennes, dans immonde nouveau, libre, prospère, né de la présente guerre.C\u2019est précisément pour sauvegarder l\u2019unité du Canada et travailler à l\u2019établissement des libertés démocratiques que le Parti se dit ennemi irréconciliable du nazisme et du fascisme, qu\u2019il faut absolument détruire.La réalité, c\u2019est que les camarades veulent établir au Canada la dictature du prolétariat dans un État communiste.Voyons leurs projets d\u2019après leur programme officiel.Vient d\u2019abord l\u2019union professionnelle des travailleurs, tant des champs que des villes, mais où les cultivateurs sont subordonnés aux ouvriers.« L\u2019alliance de classe des ouvriers et cultivateurs est fondée sur le rôle dirigeant de la classe ouvrière.» Ensuite ces ouvriers, le Parti veut les enrégimenter dans une organisation unique, englobant toutes les unions existantes, « F.A.T., C.C.T., les Fraternités et toutes les unions authentiques ».On remarquera que les Syndicats catholiques ou nationaux, authentiquement canadiens, les seuls à ne pas reconnaître d\u2019allégeance à l\u2019étranger, ne figurent pas sur la liste.Enfin, viendra la constitution d\u2019un État socialiste, marxiste d\u2019inspiration, soviétique d\u2019imitation.Le programme du Parti Ouvrier-Progressif est explicite: « Une telle transformation fondamentale (vers le socialisme communiste).ne peut se réaliser que par la volonté de la majorité des Canadiens.En société socialiste, la volonté du peuple souverain guidé par la classe ouvrière, la classe la plus avancée, prévaudra dans les domaines de l\u2019économie et de la démocratie politique.Le peuple canadien sera appelé à former un gouvernement socialiste, gouvernement d\u2019ouvriers et de fermiers, gouvernement du, par et pour le peuple.Ce gouvernement aura comme tâche primordiale la transformation des forces productives en propriété socialiste et la consolidation du socialisme.» Les unions ouvrières devront aider le Parti chargé d\u2019amener cette transformation de notre pays en État communiste, par le « socialisme scientifique ».« Le Parti Ouvrier-Progressif encourage la participation des unions à l\u2019action ouvrière politique indépendante.Le mouvement syndical devrait servir de fondation à l\u2019action parlementaire de la classe ouvrière.Il est du devoir des ouvriers conscients d\u2019expliquer aux unions qu\u2019elles ne peuvent assurer leur avenir qu\u2019en participant activement aux luttes politiques de la classe ouvrière.A cette fin, le Parti Ouvrier-Progressif proposera que les unions adoptent des résolutions appuyant des candidats ouvriers et fermiers, qu\u2019elles collaborent avec d\u2019autres unions en établissant des Comités de représen- tation politique ouvrière et qu\u2019elles participent pleinement au développement de l\u2019action politique ouvrière-fermière.» Mais dans l\u2019organisation projetée il n\u2019y a guère de place pour une minorité quelconque.Partout c\u2019est le règne absolu de la majorité.Au sein des unions, les membres du Parti doivent s\u2019opposer « à l\u2019organisation de groupes d\u2019opposition à l\u2019intérieur des syndicats ».Dans le gouvernement, l\u2019opposition constitutionnelle, pierre angulaire du système parlementaire britannique, n\u2019a pas sa place: « L\u2019État, c\u2019est nous! » Dictature, fascisme et nazisme à fond.« Ce gouvernement (socialiste) sera forcément obligé d\u2019adopter les mesures nécessaires à la protection du peuple contre les tentatives des trustards ou de leurs agents qui voudront rétablir l\u2019ancien ordre des choses.Telle a été l\u2019expérience historique à chaque fois qu\u2019un nouvel ordre social a été établi par une classe jusque-là exploitée et opprimée.Tant que le règne de la majorité du peuple n'est pas accepté par la minorité déplacée, la sécurité de la propriété socialiste et de la démocratie exigera des mesures préventives pour empêcher un coup d'État minoritaire.» Voilà une déclaration grosse de conséquences.Combien de temps ces mesures préventives dureraient-elles ?L\u2019opposition au nouvel état de choses peut avoir la vie dure.Et parmi ces mesures préventives, on ne recule devant aucune.Tout ce qu\u2019on demande, c\u2019est qu\u2019elles soient efficaces.La justice n\u2019importe guère.Sans doute, nos bons apôtres dénoncent le recours à la violence comme une méthode trustarde, réactionnaire, fasciste, propre à ceux qui s\u2019accrochent au pouvoir et sentent leur règne menacé.Peut-on se fier à de si belles paroles quand le gourdin est là tout près ?On nous renvoie aux exigences du passé.Or, toutes nous enseignent qu\u2019un jour ou l\u2019autre, les partisans du totalitarisme, pour « empêcher les coups d\u2019État » possibles, pour mettre fin à l\u2019opposition tenace, recourent à la violence.N\u2019est-ce pas la méthode employée par le régime soviétique, si admiré de nos communistes?Cette méthode, c\u2019est la fin de la liberté, chrétienne et humaine.Nos communistes du Canada, ces faux frères, sont les ennemis du peuple canadien.Le communisme est chez nous un danger public.Le gouvernement fédéral doit mettre fin à la protection qu\u2019il lui accorde.Qu\u2019il se rappelle le sort de Kerensky aux mains de Lénine et de ses compères.Tous ceux qui ont à cœur les vrais intérêts du Canada et le sort de notre groupe ethnique doivent écouter la voix désintéressée de nos évêques et combattre « les doctrines communistes, de quelque nom que le parti se couvre pour tromper la bonne foi de la population ».Car « le communisme n\u2019est que cette forme de socialisme révolutionnaire qui s\u2019appuie sur une philosophie matérialiste, qui nie le droit de propriété privée, qui concentre entre les mains de l\u2019État tous les pouvoirs d\u2019ordre économique aussi bien que politique, et établit un régime totalitaire qui supprime la liberté et dégrade la personnalité humaine ».310 RELATIONS ACADIE CONSTRUCTIVE Alexandre DUGRÉ, S.J.QUAND L\u2019ABBÉ GALMIER, jeune vicaire à Saint-Ixe, se vit chargé de donner les dimanches à la mission du Cap-Salé, il en subit deux chocs, l\u2019un en retour, l\u2019autre en avant.La mission n\u2019est pas rose: à douze milles, quatre-vingts familles de pêcheurs, entre la mer et un maigre pelé sans arbres, sans poésie, sans autre luxe que des bluets et des atocas.La pauvreté règne comme chez elle, au dehors et au dedans des foyers.A peine si quatre ou cinq familles ne sont pas mangées de dettes, nécessairement au magasin général de la froide Compagnie de pêche, qui ne donne presque rien pour le poisson, mais qui ne donne pas ses marchandises pour rien, veuillez le croire! C\u2019est donc le temps et le lieu de mettre en pratique les bons désirs et le petit bagage de sciences sociales rapporté du séminaire.Une œuvre de relèvement s\u2019impose, une multiplication des pains, une libération de l\u2019esclavage économique.En avant, donc! La charité le demande, et le Pape, le salut du pays et celui des âmes, car la chère mission fondée depuis cent ans, depuis même le retour des Acadiens, ne s\u2019est jamais élevée à la dignité de paroisse, faute de garder son monde et de pouvoir garder un prêtre.Des milliers d\u2019enfants y sont nés, y ont grandi, puis ont fui l\u2019héritage de misère et sont partis vers des lueurs d\u2019établissements, aux États-Unis et aux villes, qui font miroiter l\u2019or, oui, mais qui ne reflètent pas comme la mer les invitantes splendeurs de Dieu.Si l\u2019on pouvait donc argenter un peu la détresse du village natal.Le jeune desservant réagit de la première impression d\u2019abattement par un bon coup de volonté: on va toujours bien voir si la doctrine sociale de l\u2019Église est faite pour les livres ou pour le monde! Il ne s\u2019agit plus de citer les encycliques; on les vivra dans la pratique.Retroussons les manches, ouvrons les yeux, ouvrons les livres, essayons quelque chose! Déjà des cercles d\u2019étude, des coopératives et des caisses populaires ont poussé dans le voisinage.Pourquoi pas ici ?Le homard, les huîtres, le saumon, l\u2019éperlan, poissons recherchés, qui se donnent ici, se vendent aux villes les yeux de la tête.Pourquoi ne prendre pour soi que les fatigues dangereuses et laisser aux usuriers les profits à millions?Ce qu\u2019un pauvre isolé ne peut réussir, vingt, quarante ou cent, tressés en coopérative, l\u2019accompliront.Même en faisant plier l\u2019oppresseur, comme c\u2019est arrivé à Saint-Zède, où le curé s\u2019est permis d\u2019affronter, au nom de tous, l\u2019imposant adversaire qu\u2019il détrônait: « Monsieur, je viens vous demander d\u2019empaqueter notre homard.\u2014 Pardon! J\u2019achèterai votre homard, et je le préparerai comme d\u2019habitude.Je ne travaille pas pour les autres, moi.Je suis millionnaire, je travaille pour moi.\u2014 Mes gens ont assez travaillé pour vous; maintenant c\u2019est pour eux et leurs enfants qu\u2019ils veulent s\u2019user.\u2014 J\u2019achèterai bien encore leur poisson, allez! \u2014 Pas si sûr: ils sont 90% coopératifs.\u2014 J\u2019irai chercher celui des gens de X.\u2014 Ils sont coopératifs à 100% ! Vos machines vont rouiller, payer des taxes.» L\u2019ex-acheteur empaqueta le produit de ses ex-endettés, qui vendirent cinq fois plus cher, et qui achèteront bientôt son installation.Fini l\u2019esclavage! Fermés les magasins qui tondaient les profits de 200% aller et retour, sur les achats et sur les ventes.Magnifique! Pourquoi pas chez nous, alors ?Huit jours après, les cercles sont sur pied, avec la littérature qu\u2019il faut pour étudier la coopération.Un prêtre résident soutiendrait mieux le travail, mais enfin.Quelques mots au prône, la mise en train des groupes de cinq ou six, une explication aux plus durs de cervelle, et ça va.Jusqu\u2019à ce qu\u2019un bon jour trois pêcheurs arrivent à la sacristie: « On vient pour la coopérative.\u2014 Très bien! Assoyez-vous; causons un peu.\u2014 Merci! On vient vous dire qu\u2019on n\u2019en veut pas.\u2014 Ah!» fit le prêtre ébahi, qui n\u2019attendait pas celle-là, mais qui se reprit vite.« On peut toujours continuer d\u2019étudier.Ça ne nuit jamais.Voudriez-vous apporter vos rapports de vente de l\u2019an dernier ?Nous comparerons ce que vous avez obtenu du marchand, avec les prix des coopératives.Ça n\u2019engage à rien, et ça montre à suivre son affaire de près.» Le dimanche suivant, la preuve est faite que Paul a perdu $300 de son poisson, Pierre $400, Louis $350, et ainsi de suite.Ils se sont fait rouler, écorcher sans douleur et sans le savoir.Les prix sont plus forts que d\u2019habitude, oui, par peur des coopératives; mais voyons les vrais prix du marché, obtenus par les voisins qui s\u2019unissent pour expédier au loin.Une dizaine d\u2019à peu près convaincus, pour faire plaisir au Père, organisent l\u2019empaquetage de leurs prises, non au profit de l\u2019acheteur, mais à leur profit, ou à tout risque, dans une conserverie coopérative qui leur ouvre ses portes.On peut toujours essayer! Mais il faudra s\u2019en taire jusqu\u2019à la dernière minute, car tous doivent au marchand, espèce de vacuum-cleaner, qui aspire leur travail et qui les tient en dettes perpétuelles.Les uns, qui n\u2019ont même pas de barge à eux, ne gagnent que $25 par mois d\u2019été sur celles de la Compagnie, leur créancière: s\u2019ils allaient être saisis?.Allons-y discrètement.Ne chantons pas le coq trop tôt!.Quand ils eurent six cents caisses de homard à vendre, il fallut les vendre.A qui ?On n\u2019a pas d\u2019agent dans les centres; on a besoin d\u2019argent pour manger, DECEMBRE 1943 311 pour éviter des poursuites.On n\u2019a pas de caisse populaire pour en tirer des avances: un riche peut attendre le marché; pas les pauvres.L\u2019ancien acheteur paie $17.50 la caisse.A ce prix-là, on fait $5.50, on paie sa dette, on vit.Allons voir là, faute de mieux.Trois pêcheurs arrivent au bureau-chef, à l\u2019antre du lion, conduits par le missionnaire.Le gérant a vite compris que ses esclaves d\u2019hier sont pris de court: pourquoi reviendraient-ils d\u2019eux-mêmes se remettre dans ses pattes ?Aussitôt une bonne petite scélératesse lui vient à l\u2019esprit: avoir leur homard pour pas plus cher qu\u2019avant.Sans faire semblant de rien, il va au fond du magasin combiner avec son homme de confiance une série de faux appels téléphoniques, censés venir d\u2019autres gros acheteurs, qu\u2019il a soin de nommer.A peine reprend-il la conversation, que dring!.«Oui! Comment allez-vous M.Blank?.Oh! oh! Pas de marché ?Les commandes sont rares.Merci du renseignement! » Raccrochant l\u2019appareil, d\u2019un air attristé il annonce que le prix du homard baisse, et va baisser encore.Dring!.Second appel.Répétition du monologue, de l\u2019air démonté, de l\u2019accablement du pauvre abbé Galmier, dont les espoirs sont fauchés, car il devine bien la conclusion du pacha: « Mes amis, je ne peux vous offrir que $12 la caisse.On va préparer le contrat, n\u2019est-ce pas ?.» Un troisième dring et la troisième jérémiade viennent tout gâter pour lui, tout sauver pour les pauvres diables.Trop est trop.L\u2019abbé se méfie: « Si vous permettez, nous allons causer de cela entre nous, disons une couple de jours.» Midi sonnait.Le gérant ne reviendrait qu\u2019à deux heures.Vite, en auto les amis! Sans penser à manger, le pied à fond sur le gaz, en route vers les gros acheteurs du prétendu téléphone, pour les trouver chez eux avant que l\u2019autre n\u2019ait pu combiner avec eux sa comédie montée.On arrive à temps.La rencontre avec le premier dispense de courir plus loin: c\u2019est clair que la baisse est une blague, les appels aussi, et qu\u2019à $17.50 on vendra tant qu\u2019on voudra.Suffit! On sort délibérer, s\u2019informer aussi, au cas où l\u2019on pourrait trouver mieux.Un renseignement d\u2019ami oriente vers l\u2019Ile-du-Prince-Édouard, où un cinquième acheteur-vendeur ne peut suffire aux commandes.Allons-y voir.L\u2019optimisme revient: l\u2019on se sent devenir quelqu\u2019un.Mais d\u2019abord, le curé psychologue attable ses gens au restaurant, par humanité et par raison d\u2019affaires: des endettés qui ont l\u2019estomac creux ne peuvent guère figurer avantageusement avec un gros pour lui proposer un marché.Ils trembleraient de faiblesse, ils laisseraient tomber leurs chapeaux, ils n\u2019auraient pas la force de le regarder dans le blanc des yeux: « Empiffrez-vous, les gars! C\u2019est moi qui paie! » On n\u2019a pas souvent dîné à la carte, à la vue des gens de ville.Pour les mettre à l\u2019aise, l\u2019abbé Galmier parle fort, guide le choix des plats et conte des his- toires, que les voisins ne comprennent pas.Les couleurs sont revenues, et le bon rire.Un cigare maintenant!.Et roulons vers la traverse du Cap-Tourmente, vers l\u2019île, vers un marché de monsieurs.« Comment allez-vous, monsieur Ixe ?Nous représentons la coopérative du Cap-Salé.Nous apprenons que vous manquez de homard ?Nous pouvons disposer de six cents caisses tout de suite.Vos prix ?\u2014 Je vous offre un contrat ouvert, garanti à $22.50 la caisse, en montant si le marché monte, pour tout ce que vous aurez.» On retourne heureux, on s\u2019esclaffe à propos de tout et de rien: $13,500 au lieu de $4,800, voilà qui met au monde une coopérative! La nouvelle court vite; le succès est un feu de prairie.On fonde une Caisse populaire, on pêche dans l\u2019allégresse, on étudie avec enthousiasme, on demande à Monseigneur que l\u2019abbé Galmier soit nommé curé résident, qu\u2019il reste avec eux, tout à eux.On lui bâtira un presbytère; on aura bien soin de lui.Et factum est ita, comme dit la Genèse de la création.Ce fut ainsi: la paroisse était créée.La coopérative s\u2019improvise entrepreneur en construction; elle fait chantier, bâtit le presbytère, finit la chapelle en église, bâtit une école moderne et la résidence des Sœurs, car on obtient trois religieuses.Ça va, ça va! Quelles corvées, les amis! Quelle bonne humeur aux repas en commun! L\u2019on emprunte quelques milliers de piastres à la Société nationale de l\u2019Assomption, pas pour longtemps, car on fera large la part à Dieu.Des familles arrivent.Des grands garçons se construisent à côté du père; on est bientôt cent dix feux, et tel papa voulait bâtir cinq maisons d\u2019un coup, pour ses cinq plus vieux; mais la guerre, n\u2019est-ce pas.Au lieu de filer en ville, les jeunes s\u2019achètent des agrès de pêche, qui se paient dès la première saison.Car, après le homard, c\u2019est le saumon, et puis les huîtres, et l\u2019hiver l\u2019éperlan sous la glace.Quant à la morue, on n\u2019a qu\u2019à gagner le large.L\u2019embouchure de la Miramichi n\u2019est-elle pas plus riche, au mille carré, que le meilleur sol du monde ?Aujourd\u2019hui la conserverie est là, bénite, vaillante, solide, entre l\u2019église et le quai.Ne parlons plus du passé; on pardonne, mais on n\u2019en veut plus.On ne souhaite de mal à personne, mais on préfère son bien.Même les jeunes filles, qui emboîtaient naguère presque pour rien le poisson déjà mal payé de la barque paternelle, reçoivent aujourd\u2019hui $2.50 et $3 par jour à travailler pour leurs parents.Elles ne sont plus vêtues misérablement; elles sont élégantes, «frisettées», un soupçon de rouge aux lèvres, eh oui! dignes des sardinières qui chantent aux opérettes, et non plus des pauvresses qui maudissent la mer aux mélodrames.Elles rêvent encore, sans doute, mais pas de partir, plutôt de l\u2019ami-soldat qui reviendra, qui reviendra pêcher, qui brodera son foyer neuf à la dentelle des grèves.L\u2019Acadie grandira.Elle ne sera plus l\u2019inconsolable Rachel qui pleure ses fils en-allés.312 RELATIONS Si vous demandez au petit curé d\u2019où est venu le succès, il vous répond sans panache que la coopérative est le fruit visible \u2014 sans compter l\u2019invisible \u2014 de la charité fraternelle puisée aux Heures saintes des premiers vendredis.Il y a prêché les deux commandements fondamentaux: l\u2019amour de Dieu, et l\u2019amour du prochain pour Dieu; donc l\u2019union entre voisins comme entre fils du même Père; donc l\u2019entr\u2019aide, le travail en corvée, le bon coup de main au lieu du coup de voix ou de coude.Il a prêché cet amour supérieur du premier prochain qui commence à la maison, à la maisonnée; la prévoyance de l\u2019éducation et de l\u2019établissement des fils; le bon emploi des revenus qui doit assurer l\u2019avenir des jeunes encore plus que des vieux, le pain des enfants à naître encore plus que celui de la génération qui achève: l\u2019aurore n\u2019importe-t-elle pas plus que le crépuscule?Ne faut-il pas que les jeunes Acadiens restent en Acadie ?qu\u2019ils l\u2019agrandissent selon les desseins de Dieu?Le Créateur s\u2019est-il trompé en les créant là?en leur offrant les richesses maritimes qu\u2019ils refusent, parce qu\u2019ils ne savent pas se les donner ?Pour garder nos jeunes, pour garder nos richesses de la mer, et même de ce pelé où l\u2019on cultive aujourd\u2019hui les atocas, il suffit de nous grouper en coopérative, de bien vendre, de bien garder notre argent, de bien établir nos garçons, et donc nos filles.C\u2019est plus facile d\u2019établir des pêcheurs que des cultivateurs: équiper une barque de pêche est plus simple que d\u2019acheter une terre, et cela ne chasse pas d\u2019anciens possédants.Les clubs d\u2019études le démontrent en un rien de temps; et les caisses populaires secondent la besogne.Faut-il croire que Dieu bénit ce genre de sermons ?En tout cas, le homard donne merveilleusement.Alors que les conserveries voisines empaquetaient cinq ou six heures par jour, Cap-Salé fonctionnait vingt-quatre heures.Une barge est rentrée avec 1,900 livres de homard: à 20 et 27 sous, c\u2019est $400 pour la journée! Quand ça dure un mois, deux mois, et que les huîtres, le saumon et l\u2019éperlan viennent prolonger le filon, un pays se relève.Il ne s\u2019agissait que de briser des chaînes.L\u2019amour entre frères a remplacé l\u2019usure vorace.\u2014 Comment expliquer vos pêches miraculeuses ?\u2014 Vous savez, il y en a, du poisson, dans la mer! Il y a beaucoup plus de vie dans l\u2019eau que sur la terre.L\u2019important est d\u2019y aller, de frapper juste, au lieu de gémir ou de bavarder politique.Dieu nous donne les noix, mais il ne les casse pas.A nous de remuer! Les cultivateurs font chanter des messes « pour les biens de la terre ».Nos gens, les familles en bloc, sont venus communier pour demander les biens du ciel d\u2019abord, puis ceux de la mer en vue du ciel.Trop pauvre ne vaut guère mieux que trop riche.Ils ont promis de bien employer leurs gains accrus, de ne pas s\u2019enivrer, de ne pas offenser Dieu avec ses bontés.Savez-vous qu\u2019on boit moins qu\u2019au temps de la grosse misère?Alors, on buvait pour oublier, pour noyer les tristesses, les inquiétudes.Aujourd\u2019hui l\u2019ambition est fi née, qui les sauve d\u2019eux-mêmes: on remonte la côte, on possède, on bâtit, on embellit, on sourit au lendemain, si noir autrefois.A l\u2019ouverture de la pêche, bénédiction des barques, des agrès et de la mer.Sur Y Ave maris Stella national, les moteurs s\u2019allument, vieux moteurs de Buick la plupart, qui ronflent de divers côtés, emportant les attrapes à homard, dont les bouées aux couleurs différentes indiquent les propriétaires.Chacun a son territoire: aucun ne viole le champ ni ne vole les prises du voisin; de même qu\u2019on rejette à l\u2019eau fidèlement les homards trop petits ou chargés d\u2019œufs; de même qu\u2019on rejette au bout du quai ceux qui meurent avant la mise en conserve: les gens des villes ne s\u2019apercevraient pas de la différence, mais on veut un produit parfait.C\u2019est la loi; c\u2019est l\u2019honneur.Six jours par semaine, les barques font la relève des pièges et déposent au quai de la coopérative leurs grandes boîtes, qui en ont 400 livres, 600, 800.Ces belles Acadiennes qui passent, leur repas sous le bras, vont joyeusement compléter le travail des hommes.La bouilloire chauffe; on cuit à la vapeur ou à l\u2019eau bouillante les homards tout vifs qui se pincent entre eux.Les carapaces vert sombre passent au rouge.Des hommes gantés démembrent les pièces et distribuent les divers morceaux à diverses opératrices: ici les pinces, là les troncs, les queues, même les petites pattes, qu\u2019on passe dans une tordeuse pour les vider de leur chair.Dans une cage à treillis contre les mouches, on emboîte, vêtu de blanc.La peseuse ajoute ou enlève un petit rien, de manière à faire les six ou huit onces; la finisseuse dispose élégamment les morceaux du dessus, ferme l\u2019enveloppe de papier, et passe la boîte à la sertisseuse.Bain de stérilisation, examen du couvercle, collage de l\u2019étiquette bilingue de Y Association du Cap-Salé, et mise en caisse pour l\u2019expédition.Directement à Montréal?Espérons que ça viendra, si nos coopératives de consommateurs peuvent ouvrir les yeux, ouvrir des négociations, ouvrir un marché intelligent.Pour l\u2019heure, on gagne plutôt le marché américain ou anglais, par la centrale d\u2019Halifax des U.M.F., United Maritime Fishermen, qui a les moyens de parler à Boston et partout, mais qui ne rebâtira pas de monopole, espérons bien, non plus que les acheteurs juifs qui sèment l'argent et qui récoltent bien.Cap-Salé n\u2019est qu\u2019un exemple entre cent.Le mouvement d\u2019Antigonish, les clubs d\u2019études, et leurs effets: coopératives de vente et d\u2019achat, de caisses populaires et d\u2019assurances-groupe, ont renouvelé le pays, rebâti les hommes, rattrapé ceux que la misère imméritée poussait au bolchevisme, après les hémorragies de l\u2019émigration, \u2014 cette émigration qui fut une défaite sans révolte, et une tare effroyablement normale chez nous, comme le rhume en automne et la décrépitude des vieillards.Excepté que c\u2019était la tuberculose et la décrépitude d\u2019un pays jeune, riche, vigoureux, qu\u2019on DECEMBRE 1943 313 étouffait d\u2019esclavage, d\u2019exil ou de chômage au milieu des richesses possibles.Heureux sommes-nous que ce soient des prêtres, professeurs d\u2019Antigonish ou modestes curés de la misère, qui aient pris la tête du relèvement social d\u2019un peuple abusé par les politiciens, écrasé de persécutions, gorgé d\u2019épreuves et résigné jusqu\u2019ici, \u2014 mais capable d\u2019ouvrir les yeux trop grands.S\u2019il avait fallu que des chambardeurs antisociaux, communisants, eussent soufflé la révolte, la tempête des trop-maigres contre les trop-gras qui méritaient bien ce bolchévisme d\u2019en bas, contre leur bolchévisme d\u2019en haut, c\u2019en était fait de notre ordre en désordre.Les repus eussent vainement crié au scandale et roulé des yeux effarés, appelé au secours les gazettes de finance et les chaires d\u2019église, \u2014 Mammon et Dieu à la fois\u2014; ils étaient cuits, ils expiaient sur terre le homard, le saumon et l\u2019éperlan payés trois sous, la morue et les bluets payés un demi-sou, et encore en pitons, en rabais de compte à leur magasin, où ils happaient un autre 100%.C\u2019est fini, cela, Dieu soit béni! Et bénis soient les sauveurs de peuple, les humbles chefs locaux, ni élus, ni payés sur terre, parfois critiqués des niais, parfois curieusement vengés par des courageux, ainsi qu\u2019il arriva dans la coopérative, où une tête légère admettait que le curé aidait beaucoup, mais que cela faisait son affaire aussi.Une gifle, un vrai coup de poing, fut la réponse d\u2019un bonhomme peu parlant, qui se révéla éloquent: « Tais-toi, polisson! Quand on a un curé comme l\u2019abbé Galmier, on l\u2019aime ou on se la ferme! Voudrais-tu retourner cinq ans en arrière, dis-le donc ?.Tu n\u2019es pas fait pour vivre dans une paroisse, toi, mais dans la vieille mission, pas d\u2019angélus, pas de presbytère, pas de couvent, pas de maisons blanchies.Nos malades mouraient; aujourd\u2019hui on les mène à l\u2019hôpital; et nos filles feront l\u2019école, et nos petits gars iront au collège, et on sera du monde comme les autres.Que je t\u2019entende!.Et ça parle d\u2019Action catholique!.» L\u2019autre s\u2019excusa: on l\u2019avait mal compris.Quant au prêtre, sans haine et d\u2019une charité qui rappelle le Christ venu servir, il pourrait s\u2019appliquer le mot du roi Albert Ier à Maurras, peu féru des abbés démocrates : « Je ne suis ni bolchéviste, ni de gauche.Mais je tiens à défendre mes ouvriers belges contre la finance internationale » ou antinationale, antisociale et inhumaine.LANGUES ET BON VOISINAGE Louis FOLEY IA DISPERSION des fronts de bataille dans la guerre actuelle a forcé les Américains à comprendre aujourd\u2019hui mieux que jamais l\u2019importance de connaître d\u2019autres langues.Des hommes en uniforme doivent, pour se préparer à remplir leurs tâches militaires spéciales dans des régions éloignées, apprendre, pour ainsi dire au vol, les langues étranges de pays jusque-là inconnus.Et des professeurs indigènes, guidés par les méthodes modernes les plus efficaces, enseignent aux soldats à parler des langues qui nous avaient paru, à la vérité, fort étrangères et qui, jusqu\u2019à ces derniers temps, n\u2019étaient guère étudiées sur notre continent par d\u2019autres que les missionnaires ou les rares individus qui projetaient de s\u2019établir à l\u2019étranger.Comme si l\u2019ardeur à nous venger nous avait fait, tout d\u2019un coup, prendre conscience du monde! Très peu d\u2019Américains, évidemment, seront appelés à apprendre le bengali ou le birman ou les idiomes des obscures tribus de l\u2019Afrique.Et il est probable qu\u2019un petit nombre seulement acquerront de l\u2019arabe une certaine connaissance forcément superficielle.On sera sans doute plus attiré vers la langue russe, et le chinois ainsi que le japonais provoqueront plus de curiosité qu\u2019auparavant.Aux États-Unis, toutefois, depuis plusieurs années, l\u2019espagnol a gagné une popularité remarquable, grâce à l\u2019aiguillon d\u2019une publicité très étendue et très variée.Dans les annonces de certaines écoles de langues bien connues, l\u2019espagnol apparaît en tête de la liste, avec d\u2019énormes majuscules, tandis que les autres langues suivent pêle-mêle en texte minuscule.Le courant d\u2019opinion créé autour de la « politique de bon voisinage » à l\u2019égard des républiques du Sud, en majorité de langue espagnole, semble avoir produit chez plusieurs l\u2019impression que c\u2019était un devoir patriotique d\u2019apprendre l\u2019espagnol.Il serait faux de dire que l\u2019autorité gouvernementale a proclamé expressément ce prétendu devoir; mais il est sûr que l\u2019attitude de certains hauts personnages officiels de Washington imprima à la pensée de ce devoir une forte impulsion.Puis, pour la soutenir et la répandre, déferla une immense vague de propagande indirecte: le cinéma, la radio, le roman populaire firent leur part; la musique, les danses « exotiques » et les breuvages importés de l\u2019Amérique du Sud aidèrent nos « voisins latins » à tenir l\u2019affiche chez nous et, par le fait même, à promouvoir le goût de se familiariser avec leur langue.Pour pousser à l\u2019étude de l\u2019espagnol, un argument qui, sans être neuf, continue à être invoqué, c\u2019est la conviction qu\u2019on peut l\u2019apprendre aisément.Ainsi, un article-vedette de revue à gros tirage nous informe que « l\u2019espagnol est considéré comme la langue étrangère la plus facile à apprendre.Les experts s\u2019accordent à dire 314 RELATIONS que l\u2019espagnol est, pour les anglophones, la langue la plus facile à maîtriser » (Good Housekeeping, septembre 1942, p.27).La part exacte de vérité contenue dans cette réclame peut fournir matière à discussion.Mais nous avons pour notre part observé que les étudiants le plus vivement frappés, semblait-il, par cet argument étaient loin de posséder une réelle maîtrise initiale de leur propre langue, ce qui nous porte à douter sérieusement que leurs progrès en espagnol même « facile » aient été bien impressionnants.En fait, l\u2019étude de n'importe quelle langue est une excellente chose pour n\u2019importe qui.Et l\u2019espagnol, qui, certainement, a toujours mérité d\u2019être appris, peut fort bien devenir avec le temps de plus en plus utile aux Étatsuniens.Envisagée d\u2019un point de vue positif, la propagande faite à la langue espagnole ne peut avoir que du bon.Malheureusement, la ferveur qu\u2019elle vient d\u2019exciter comporte aussi un aspect négatif.Nous connaissons, par exemple, des administrateurs scolaires qui, au sortir d\u2019une réunion professionnelle où l\u2019on avait indiqué les nouvelles « vogues », ont cavalièrement ajouté à leur programme des classes supplémentaires d\u2019espagnol prises sur les heures consacrées au français.Et cela s\u2019est fait même contre le désir formel des étudiants et de leurs parents.Il n\u2019y a pas l\u2019ombre d\u2019un doute que, dans ces dernières années, quantité de jeunes gens qui auraient spontanément préféré le français en ont été détournés, au profit de l\u2019espagnol, par des « conseillers » qui se croient infaillibles.Il semble \u2014 sans qu\u2019on sache pourquoi \u2014 que les dirigeants des écoles publiques aux États-Unis soient rarement des hommes possédant quelque culture ou quelque goût des langues étrangères.Dans une question telle que le choix entre plusieurs langues, ils sont capables de prendre attitude sur la simple foi d\u2019affirmations prétentieuses par lesquelles des « autorités en éducation » signalent avec la plus grande assurance une « vogue » nouvelle.Compte tenu, ici ou là, des traditions raciales de groupes minoritaires aussi bien que du sort de certaines personnes jetées par les circonstances en terre étrangère, on peut dire d\u2019une façon générale que les anglophones se montreront bien avisés en apprenant la langue française la première après la leur propre.C\u2019est par elle qu\u2019il faut logiquement commencer pour de multiples raisons.D\u2019abord, un lien de parenté unique rapproche ces deux langues qui ont un titre spécial à se dire modernes, puisque mieux que toutes les autres elles se sont dépouillées de l\u2019attirail compliqué des flexions que l\u2019allemand, par exemple, traîne encore comme une entrave.Puis, ces deux langues ont un fonds commun considérable, car le français, en plus d\u2019influencer la grammaire et la syntaxe de l\u2019anglais, lui a encore fourni un grand nombre de mots.On a beaucoup parlé de l\u2019apport latin à la langue anglaise, mais en fait la plupart des mots qu\u2019il croit avoir empruntés au latin, l\u2019anglais les a pris au français; or, il n\u2019est pas du tout vrai que tous les mots français passés à l\u2019anglais viennent du latin, et ce n\u2019est pas leur antiquité non plus qui a déterminé leur adoption par la langue anglaise.On commet souvent la même erreur dans la question si discutée des « sources variées » du vocabulaire anglais.Ainsi, une liste de quarante-sept mots dressée par les rédacteurs du dictionnaire Webster, dans le but exprès de faire connaître « les nombreuses autres langues » d\u2019où dérive l\u2019anglais, révèle à la recherche attentive que seize de ces mots entrèrent dans l'anglais par la voie du français, tandis qu\u2019un ou deux tout au plus sortent directement de quelqu\u2019une des autres langues.La dette de l\u2019anglais envers le français, on ne risquera jamais de la majorer; habituellement on la « minimise » au point d\u2019induire en erreur en prétendant enseigner l\u2019étymologie.Il y a cependant entre les deux langues de remarquables différences dont la compréhension apporte à l\u2019étudiant anglais qui sait parfaitement le français une maîtrise et une discipline de pensée qu\u2019il n\u2019a chance de trouver dans l\u2019étude d\u2019aucune autre langue.Cela résulte du caractère même des deux langues: la française cultivant à un degré insurpassé des qualités auxquelles l\u2019anglaise témoigne une particulière insouciance.Commençons par la prononciation.L\u2019extrême négligence avec laquelle l\u2019anglais, plus que toute autre langue connue, traite ses syllabes privées d\u2019accent le livre sans défense à cette corruption phonétique qui fait de son parler de tous les jours, à son pire, un jargon raboteux, rachitique et presque inintelligible.Le français, au contraire, en donnant une valeur pratiquement égale à chacun des sons, impose ce respect des syllabes qui est le principe même de l\u2019expression distincte, le fondement indispensable de toute bonne prononciation.Une étude sérieuse de la phonétique ne peut donc aller sans une connaissance approfondie du français.Ce n\u2019est pas par hasard qu\u2019on propose le français comme la langue à étudier avec un soin particulier, au point de vue phonétique.Tandis que les voyelles anglaises ont en général le son mêlé d\u2019une diphtongue où elles s\u2019estompent et se voilent, les voyelles françaises ont toujours un son pur; et tandis que les consonnes anglaises sont presque toujours élastiques ou étouffées, les consonnes françaises exigent une articulation précise, à la fois sans bavure et sans heurt, ce qui constitue la perfection même de la distinction.Certes, l\u2019étude de l\u2019italien ou de l\u2019espagnol peut procurer un exercice phonétique appréciable, mais la mollesse relative avec laquelle on parle ces deux langues n\u2019offre pas l\u2019entraînement à la netteté de la diction qu\u2019on trouve infailliblement dans l\u2019étude du français parlé.Si nous passons de la langue parlée à la langue écrite, la différence n\u2019est pas moins évidente.L\u2019étude du français est le meilleur moyen possible pour un anglophone de prendre conscience des défauts caractéristiques de sa langue laissée paresseusement à son DECEMBRE 1943 315 erre.Il éprouve alors jusqu\u2019à quel point l\u2019anglais \u2014 surtout dans ses éléments typiquement anglo-saxons \u2014 demeure une langue parlée et devient, par conséquent, moins clair quand on l\u2019écrit.Il se rend compte, alors, de cette vérité que l\u2019anglais familier exprime le sens moins par les mots que par la façon de les dire, et que la même proposition, une fois écrite, peut être lue à haute voix de différentes manières qui impliquent des sens très différents, chose impossible dans l\u2019usage de la pure langue française.Il n\u2019est pas question de nier les qualités que la langue anglaise peut revendiquer pour les siennes propres, ni les beautés qu\u2019un maître sait en tirer.Mais le français, par sa nature même, donne un relief extrême à certaines qualités qui manquent spécialement à l\u2019anglais, et c\u2019est là un fait que pourra admettre celui-là seul qui voudra se familiariser avec le français.Car la langue anglaise a tellement coutume de se pardonner ses négligences d\u2019expression que l\u2019anglophone unilingue est incapable de sentir avec quel laisser-aller elle peut manier les idées et, quand même, avoir l\u2019air « comme il faut ».Le français, lui, occupe un rang à part parmi les langues de l\u2019univers pour son inflexible application à la clarté et à l\u2019exactitude.Vérité profonde qui éclate au jour lorsqu\u2019une personne affligée d\u2019une conscience tâche de traduire un texte important de l\u2019anglais au français.Avant de commencer la besogne, l\u2019anglais pourra lui paraître assez clair, mais l\u2019instant d\u2019après le traducteur se sera aperçu que le problème ne consiste pas tant à exprimer les mêmes idées en français qu\u2019à fixer d\u2019abord exactement ce que le texte a voulu leur faire dire.Même dans l\u2019œuvre des plus célèbres maîtres de la langue anglaise, on peut facilement découvrir des passages qui deviennent d\u2019une obscurité irritante si on les soumet à une telle épreuve.C\u2019est donc par l\u2019expérience personnelle seule qu\u2019on peut se rendre compte de la sobriété, de l\u2019exactitude, de la stricte conformité avec l\u2019honnêteté intellectuelle, du raffinement en nuances de sens qu\u2019exige pour être satisfaisante l\u2019expression des idées en français.Ces qualités depuis longtemps ont fait reconnaître le français comme la langue la plus propre aux relations internationales.Ce n\u2019est pas une mode arbitraire qui l\u2019a imposé pour la rédaction des traités entre nations, documents où la précision est d\u2019une suprême importance.S\u2019il s\u2019agit maintenant d\u2019éducation, la langue française offre à celui qui l\u2019étudie beaucoup plus qu\u2019un simple exercice dans la science et l\u2019art de la linguistique.C\u2019est la clef d\u2019un vaste royaume culturel, celui d\u2019une nation dont la tradition littéraire fut en Europe la plus cohérente, la plus progressive dans son évolution, la clef d\u2019une littérature qui était déjà étonnamment réaliste, à bien des égards, dès l\u2019époque reculée du moyen âge, d\u2019une littérature qui a toujours respecté les droits du sentiment sans verser dans la sentimentalité, cette faiblesse des écrivains anglais même clas- siques.Et la littérature n\u2019est qu\u2019un aspect de cette multiforme manière de vivre que nous appelons la civilisation européenne et qui est pour une si grande part une réalisation de la race française.La culture française, dont la langue est un élément inséparable, représente pour le monde moderne un riche héritage qu\u2019aucun homme intelligent n\u2019a le droit d\u2019ignorer.Et alors, je demande: sommes-nous en faveur d\u2019une « politique de bon voisinage » dans les affaires d\u2019Amérique ?\u2014 Évidemment, nous le sommes.\u2014 Raison de plus d\u2019insister sur l\u2019importance du français qui est à l\u2019honneur dans la tradition culturelle des premières nations de l\u2019Amérique du Sud.Lorsque le président du Pérou visita les États-Unis en 1942, on remarqua, chaque fois que la parole lui fut adressée en français, qu\u2019il maniait cette langue avec une aisance parfaite.Les conversations en français entre le président Roosevelt et le président du Brésil ne sont pas moins significatives.Du même coup, le culte de la langue française ne risque pas de nous isoler dans notre hémisphère comme nous y exposerait un engouement excessif pour l\u2019espagnol.Au simple point de vue de la langue, il nous serait difficile de mieux seconder les desseins d\u2019Hitler qu\u2019en tournant tous nos efforts vers l\u2019espagnol au détriment du français.M.Walter Lippmann l\u2019a montré de façon convaincante: nous sommes aujourd\u2019hui forcés de nous battre pour des têtes de ponts en Europe parce que, durant des années, nous avons négligé de renforcer la France.C\u2019est une faute qu\u2019on se doit de ne pas répéter.« Une France amie et invulnérable est d\u2019un intérêt vital pour les États-Unis et pour l\u2019hémisphère occidental tout entier.» (Today and Tomorrow, Detroit Free Press, 7 juillet 1943.) Pendant longtemps la France fut la première ligne de défense contre la barbarie allemande.Tout ce qui, de ce côté-ci de l\u2019océan, action ou omission, affaiblit nos liens avec la France ne peut que compromettre notre victoire dans la guerre et dans la paix, et entraîner, pour notre civilisation démocratique, un intolérable gaspillage des valeurs les plus précieuses que le nazisme s\u2019acharne à détruire.Nous voulons une politique de bon voisinage ?\u2014 Oui, à tout prix.\u2014 Commençons donc, comme la charité, à la pratiquer tout près de nous.La langue qui d\u2019un bout du monde à l\u2019autre relie les nations qui défendent les plus hauts idéaux de la vie moderne se présente avec un titre bien spécial à l\u2019attention des États-Unis.La grande république des Washington, des Lincoln et des Roosevelt n\u2019a pas de meilleur ni de plus proche voisin que ce bon vieux Canada français dont le rapprochement a quelque chose de beaucoup plus intime que celui de la simple géographie.Les Canadiens peuvent rendre un fier service à leurs « voisins » de langue anglaise en les aidant à prendre et à garder une plus juste idée de l\u2019importance de la langue française dans cet hémisphère et loin au delà.316 RELATIONS CHOISIR: LE CHRIST OU LE CHAOS L'EUCHARISTIE ET LA RÉFORME SOCIALE Bernard HARDY 1E SACRIFICE rédempteur du Christ est la seule base solide de toute réforme sociale, car c\u2019est le seul lien qui peut unir le genre humain tout entier et la seule source capable de nous donner la force d\u2019accomplir cette unité.Plus que la fascination de sa doctrine sublime, \u2014 « Jamais homme n\u2019a parlé comme parle cet homme » {Jean, vu, 46) \u2014 plus que la force presque irrésistible de son exemple, \u2014 « Et moi, quand j\u2019aurai été élevé de terre, j\u2019attirerai tous (les hommes) à moi » {Jean, xn, 32) \u2014 la force cachée, la force divine qui rayonne de son sacrifice, c\u2019est elle qui guérit et rachète notre monde misérable en le délivrant du péché et de l\u2019égoïsme, source du péché.Demandez à nos réformateurs sociaux à quel endroit de la terre ils ont vu les hommes groupés en une communauté mondiale et unis comme un seul être dans le but de s\u2019offrir eux-mêmes en sacrifice.Ils ne pourront vous répondre.Interrogez un enfant catholique et il vous dira: chaque jour, voire à chaque heure, cette merveille est accomplie par le genre humain tout entier, uni comme un seul être {Gai, m, 28), au moment où, sur nos autels, se perpétue le sacrifice du Christ, qui est réellement Son sacrifice et aussi le nôtre.Quel trésor d\u2019éducation sociale renferment les belles prières et les cérémonies de la liturgie de la messe, qui est, ainsi que son nom l\u2019indique (en grec classique leitourgia), un service social public {leitos, laos : peuple, public; et ergon: œuvre, service)! he je individualiste et égocentrique est presque banni de son vocabulaire.A sa place, on emploie le nous qui a une résonance sociale.Et ce n\u2019est point là simple figure ou formule littéraire, une sorte de pluriel de majesté, car \u2014 c\u2019est un fait aisé à constater \u2014 chaque fois qu\u2019il en est besoin, les prières aiguillent du pluriel au singulier, comme, par exemple, aux paroles de la consécration ou aux trois oraisons qui précèdent immédiatement la sainte communion (lesquelles sont plus récentes et d\u2019origine monastique).Et dès que disparaît la raison spéciale de recourir au singulier, c\u2019est-à-dire quand reparaît l\u2019idée centrale qui est l\u2019offrande du sacrifice, les prières reprennent tout de suite la forme du pluriel.Ce pluriel embrasse non seulement les fidèles actuelle-ments présents au sacrifice, mais le corps mystique tout entier, réunissant, par delà les limites de l\u2019espace et du temps, avec l\u2019Église militante sur la terre l\u2019Église souffrante au purgatoire et les anges et les saints de l\u2019Église triomphante au ciel: tous participent au sacrifice eucharistique.A nul moment n\u2019est mieux réalisé que pendant le sacrifice de la messe le beau mot de saint Paul: « Dans le Christ, tous nous ne sommes qu\u2019UN.» {Gai, m, 28.) A La condition première de l\u2019intime union consiste dans l\u2019éloignement de tous les obstacles à cette union, comme sont les pensées de discorde et le reste.Notre-Seigneur lui-même nous rappelle ceci: « Si tu viens présenter ton offrande à l\u2019autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l\u2019autel, et va d\u2019abord te réconcilier avec ton frère; et alors viens présenter ton offrande.» {Matth., v, 23-24.) Attention! Notre-Sei-gneur ne dit pas: « Si lu as quelque chose contre ton frère.», car il va de soi que tu n\u2019approcheras pas du saint sacrifice avant d\u2019avoir fait ta paix avec lui.Il dit: « Même si tu n\u2019as rien contre lui, et que lui seul ait quelque chose contre toi., et même si tu as déjà commencé ton sacrifice.» Notre-Seigneur lui-même ne pratique-t-il pas son enseignement?C\u2019est la remarque de Mgr Kolbe dans son ouvrage intitulé Words from the altar : « Il commence le sacrifice de la messe et, avant la fin, il lui vient à la pensée que nous, ses frères, avons quelque chose contre lui (hélas! il ne peut poser le cas autrement), alors il laisse le sacrifice inachevé et descend à la table de communion pour s\u2019y réconcilier avec nous, et après seulement il revient terminer son offrande.» Avec quelle exactitude les premiers chrétiens observaient cette pratique, on le voit en lisant la Didachè ou Doctrine des Douze Apôtres, dont l\u2019antiquité remonte à la fin du premier siècle.On y lit, par exemple, ceci: « Que personne ayant querelle avec son frère ne soit admis à votre réunion jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient réconciliés, afin d\u2019éviter la profanation de votre sacrifice.» {Didachè, xiv, 2.) De même saint Cyprien dit: « Dieu n\u2019agrée pas le sacrifice d\u2019un chrétien qui vit dans la discorde avec ses frères.Seul le sacrifice d\u2019une âme réconciliée peut concilier le Seigneur.» {De oral.Dominica, xxiii.) C\u2019est aux paroles de Notre-Seigneur {Matth., v, 23-24) que renvoient les premiers Pères de l\u2019Église quand ils expliquent le « baiser de paix », ce souvenir de l\u2019ancienne liturgie qui demeure dans notre grand\u2019-messe solennelle (on le donne maintenant après Y Agnus Dei; il a changé de place au cours des âges).C\u2019est le « saint baiser » dont les Apôtres parlent si souvent dans leurs épîtres (cf.Rem., xvi, 16; I Cor., xvi, 20; II Cor., xiil, 12; I Thess., v, 26; I Pet., v, 14).Et saint Cyrille de Jérusalem montre que ce baiser de paix est bien différent des baisers ordinaires.« Il rapproche nos âmes et les unit, et il atteste qu\u2019intérieurement tous les torts sont oubliés.Ce baiser signifie donc que nos âmes sont intimement liées entre elles et qu\u2019elles chassent tout souvenir des injures passées.C\u2019est dans DECEMBRE 1943 317 ce but que le Christ avait dit: « Si tu viens présenter « ton offrande, etc.» (Maüh., v, 23-24.) Le baiser de paix a le sens d\u2019une réconciliation, c\u2019est pourquoi il est saint, et il est appelé par saint Paul « un saint baiser » : « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser », et par saint Pierre « un baiser d\u2019amour » (/ Pet., v, 14) ou « de charité.» Ce devait être dans la liturgie d\u2019autrefois une impressionnante cérémonie: le « saint baiser de paix » partait du célébrant, qui avait d\u2019abord baisé la sainte hostie, et descendait jusqu\u2019au dernier fidèle de l\u2019assemblée; et tous se saluaient et s\u2019embrassaient sans distinction de race ni de classe (les hommes et les femmes occupant des places séparées à l\u2019église).Mais il y a quelque chose de plus important que le point de vue négatif envisagé jusqu\u2019ici, que cet éloignement des obstacles à la parfaite charité, et c\u2019est l\u2019union positive effectuée par ce « sacrement de la piété, ce symbole de l\u2019unité et ce lien de la charité ».Nous avons noté plus haut que ce n\u2019est pas par pur hasard, mais par un dessein divin, que Notre-Seigneur, à la dernière Cène, nous légua avec son commandement nouveau de l\u2019amour ce sacrement d\u2019amour qui donne la force héroïque de pratiquer le commandement.Les Actes des Apôtres nous décrivent la merveilleuse union des premiers chrétiens qui « avaient tout en commun » (il, 44) et « n\u2019avaient qu\u2019un cœur et qu\u2019une âme » (iv, 32).Et les Actes indiquent bien la source de cet amour héroïque: « Ils persévéraient dans.l\u2019union mutuelle, dans la fraction du pain et les prières.» (il, 42; voir encore il, 46; xx, 7, 11.) Il est à noter que le mot grec des Actes, koinônia, que l\u2019on traduit, ici, en français par « union mutuelle » (en anglais par fellowship), est exactement le même qu\u2019emploie saint Paul lorsqu\u2019il parle de la communion eucharistique (/ Cor., x, 16).Le tableau de la parfaite unité tracé par les Actes des Apôtres, nous le retrouvons dans les écrits des premiers Pères de l\u2019Église.Tant que les chrétiens furent fidèles à la communion eucharistique, ils gardèrent leur merveilleuse union sociale, signe distinctif des vrais disciples, au dire de Jésus lui-même {Jean, xm, 35).La prière de Jésus après la Cène était réalisée: « qu\u2019ils soient un ».Cinq fois Jésus formule la même demande avec une insistance croissante {Jean, xvn, 11, 21-25), « afin que le monde croie que c\u2019est Vous qui m\u2019avez envoyé » (21) et « pour que le monde reconnaisse que c\u2019est Vous qui m\u2019avez envoyé » (23).Ce fut, à la vérité, cette merveilleuse union, cette étonnante charité des premiers chrétiens qui gagna le monde au Christ et le persuada qu\u2019une doctrine aussi sublime et un tel héroïsme à la pratiquer ne pouvaient être que divins.Tertullien, dans son Apologie (39, 79), écrit: « Nos œuvres de charité sont même, au regard de certaines gens, notre marque caractéristique: « Voyez « comme ils s\u2019aiment! » disent-ils (car eux se détestent mutuellement), « et comme ils sont prêts à mourir les « uns pour les autres » (eux sont bien plus enclins à s\u2019entre-tuer).» Et voici comment Julien l\u2019Apostat se plaignait des chrétiens dans une lettre au grand-prêtre Arsace: « C\u2019est une honte de voir ces athées de Gali-léens secourir en plus des leurs nos propres pauvres que nous négligeons.» Les Pères latins et surtout les Pères grecs, nous révélant la source cachée de cette merveilleuse union, expliquent que la sainte communion nous change en Jésus-Christ en nous faisant devenir ce que nous recevons, et, dès les premiers jours du christianisme, ils découvrent dans le symbolisme des espèces eucharistiques \u2014 plusieurs grains de blé et un seul pain, plusieurs raisins et un seul vin \u2014 l\u2019image de l\u2019union produite par la communion eucharistique.« Le même banquet est préparé pour César qui, sous la pourpre et la couronne, gouverne le monde, et pour le pauvre qui demande l\u2019aumône », dit saint Jean Chrysostome {In I Cor., Horn.27, nn.3, 4).Mais déjà il ajoute ce regret: « Le Seigneur s\u2019est donné à toi, et toi tu ne donnes jamais rien à ton frère; le Seigneur nous a tous jugés dignes du même Banquet.et toi, tu juges le pauvre indigne de manger à ta table.Le Christ a donné son corps à tous, également, et toi, tu refuses aux autres ton pain de tous les jours.» Ce fut cet aspect social, communautaire, cette union des uns avec les autres (dans le Christ), plutôt que l\u2019union personnelle de chaque âme au Christ, qui domina le culte eucharistique jusqu\u2019au douzième siècle.A ce moment-là, par suite de la négation hérétique de la présence réelle, il est naturel que la dévotion à l\u2019Eucharistie se porte de plus en plus sur cette présence, sur l\u2019adoration du Christ dans l\u2019hostie et sur son union avec chaque âme en particulier.De même le refus hérétique de reconnaître dans l\u2019Église une société visible concentra davantage, sinon exclusivement, l\u2019attention sur ce caractère extérieur et visible de l\u2019Église, au détriment de l\u2019aspect intérieur et spirituel, qui est beaucoup plus important.Aujourd\u2019hui, tandis que le protestantisme n\u2019en comprend plus l\u2019importance, nous avons « redécouvert » la doctrine magnifique du corps mystique du Christ et, par elle, nous avons appris à mieux apprécier le sens plénier et, surtout, la portée sociale du sacrifice et du sacrement eucharistiques de Jésus-Christ.Jamais, en effet, le beau mot de saint Paul: « Dans le Christ nous ne sommes qu\u2019uN » {Gai, m, 28) n\u2019est mieux réalisé et ne devient plus réel.En nous donnant sa chair et son sang sous les apparences du pain et du vin, le Christ crée dans une multitude presque infinie une unité parfaite (cf.I Cor., x, 17).La multitude est constituée par les espèces de son corps eucharistique; l\u2019unité, c\u2019est son corps mystique.La consécration des innombrables hosties qui a (qui eut et aura) lieu en tous les endroits de l\u2019univers entier opère la multilocation du seul et même corps sacré de Notre-Seigneur et détermine sa présence.Ainsi le seul et 318 RELATIONS même corps du Christ est très intimement uni à tous les hommes qui le reçoivent avec dévotion, quelque séparés qu\u2019ils soient.Voilà la parfaite unité réalisée dans la multitude des espèces eucharistiques.Des « courants » d\u2019énergie surnaturelle, de vie, de lumière et de force émanent continuellement du Christ, centre et chef de tout le corps mystique; ils pénètrent jusqu\u2019aux lieux les plus reculés de l\u2019univers, vivifiant l\u2019Église tout entière, au ciel, sur la terre et dans le purgatoire.En retour, des membres de cet organisme mystique l\u2019énergie surnaturelle qu\u2019ils ont reçue irradie, à travers les âges et en tout lieu de l\u2019univers, en rayons concentriques qui retournent tous à la personne même du Christ, centre et chef de ce corps mystique.Tel est ce flux et ce reflux, cette pulsation surnaturelle du divin courant vital qu\u2019on appelle la grâce et qui jaillit du cœur ouvert de Jésus-Christ.La société de tous ceux qui participent aux mêmes biens surnaturels de l\u2019Économie divine s\u2019appelle « la communion des saints ».Cette union et communion surnaturelle est le seul fondement solide de toute société ou économie même naturelle.Toutes les unions terrestres doivent reposer sur ce même fondement surnaturel, se former sur ce même modèle surnaturel et puiser leur force à la même source surnaturelle.Autrement, elles sont vouées à l\u2019échec.ECOLES PUBLIQUES ETATSUNIENNES Louis C.de LËRY, S.J.POURSUIVANT notre étude de la tradition du laïcisme en éducation, Secular Tradition in Education, voyons les États-Unis.L\u2019intérêt de cette série provient de sa source, le Year Book of Education, publié par le London Institute of Education, affilié à l\u2019Université de Londres.Le premier rédacteur du Year Book fut lord Eustace Percy, autrefois ministre de l\u2019Éducation.Son rédacteur actuel est sir Fred Clarke, jadis directeur du département de l\u2019Éducation de McGill.Le fondateur de la tradition du laïcisme aux États-Unis est Benjamin Franklin.Dans un voyage à Londres (1724), Franklin fait la connaissance de sir Hans Sloan, secrétaire de la Société royale, et de quelques membres des clubs maçonniques.De retour à Philadelphie en 1726, il fonde le Club des tabliers de cuir, a Leather-apron Club, pastiche de la maçonnerie.\u2014 Franklin ne devint maçon qu\u2019en 1731.\u2014 Le club entendait étudier les problèmes de philosophie morale, politique et naturelle et ouvrit la première bibliothèque publique en Amérique, laquelle donna naissance au mouvement de bibliothèques publiques.En 1743, Franklin fondait la Société américaine de philosophie, qui attira plus d\u2019un maçon.Élu président de la société (1769), Franklin fusionna avec elle son Club des tabliers de cuir.Durant sa présidence, en 1780, l\u2019association fut incorporée et l\u2019acte d\u2019incorporation fut rédigé par Thomas Paine en personne, clerc du Congrès.Sous la direction de Franklin et de Jefferson, la Société américaine de philosophie tourna son attention à la propagation d\u2019un système national d\u2019éducation.Benjamin Rush, ami de Franklin et membre de la société, proposa un plan d\u2019éducation dans une démocratie, Thoughts upon the mode of Education in a Republic.Il y prônait un système national, chrétien mais non confessionnel, undenominational, et reposant sur un enseignement utilitaire plutôt que classique.En DÉCEMBRE 1943 1795, la Société américaine de philosophie ayant offert une récompense de cent dollars pour un plan d\u2019éducation publique, le prix fut partagé entre les deux meilleurs travaux, Essay on Education (1799) de Samuel Knox et Remarks on Education (1798) de Samuel Harrison Smith.Knox, président de la Frederick Academy du Maryland, et Smith, rédacteur de Y Intelligencer, organe de Jefferson, étaient tous deux membres de la société et préconisaient un système laïque et national.Le mouvement encyclopédiste français a réagi en Amérique de bien des façons.Certains hommes d\u2019État, tels Franklin et Jefferson, vécurent longtemps en France, y lièrent amitié avec des maçons ou chefs radicaux et, à leur retour, propagèrent leurs idées.Quelques réformateurs anglais, comme Joseph Priestley et le fameux Thomas Paine, par leur action sur la pensée américaine, répandirent indirectement ces tendances.Et les réformateurs ou officiers français, tel Lafayette, qui firent de longs séjours aux États-Unis durant la guerre de l\u2019Indépendance, fondèrent des loges françaises en Amérique et influencèrent directement les maçons américains.La première loge française de la Parfaite Union fut ouverte à Boston (1781); suivent la Sagesse à Portsmouth (1786), Y Aménité à Philadelphie et le Grand Orient à New-York vers 1790.Bien des Français entrèrent dans la Société américaine de philosophie.Le chevalier Quesnay de Bore-paire, fils du fameux réformateur et ami personnel de Jefferson, y soumit son plan d\u2019une Académie des sciences, calquée sur l\u2019Académie française.Le 24 juin 1786, on posait les fondations de l\u2019édifice avec le cérémonial maçonnique.Quesnay retourna en France inviter des professeurs, mais la révolution survint et ses projets échouèrent.Le plan de l\u2019économiste français et homme politique Dupont de Nemours, Sur l'éducation nationale dans les Etats-Unis d'Amérique 319 (1800), fut largement répandu dans sa traduction anglaise et influença les projets de Jefferson.Dupont, secrétaire du Conseil de l\u2019Instruction publique en Pologne de 1766 à 1772, durant la réforme dans ce pays, était l\u2019ami de Turgot et d\u2019autres encyclopédistes, non moins que de Franklin et de Jefferson.Tous ces plans de Français préconisaient un système laïque et renforçaient la tendance originaire vers la sécularisation.Parallèlement aux opinions laïcisatrices exprimées dans ces projets, un mouvement déiste envahissait l\u2019Amérique dans la dernière décade du dix-huitième siècle.Plusieurs chefs de la Révolution américaine inclinaient vers le déisme: Franklin et Jefferson ne cachaient pas leur avis sur le sujet dans leur cercle d\u2019amis du moins.D\u2019autres furent plus osés.Thomas Paine attaqua ouvertement le christianisme historique dans son Age of Reason et devint le chef reconnu des déistes.En 1790, un club déiste, Y Universal Society, fut fondé à Philadelphie par l\u2019inventeur du bateau à vapeur, John Fitch.Un membre éminent du club, Elihu Palmer, devint l\u2019organisateur ambulant de clubs similaires, dont le plus important fut une société déiste de New-York (1796).A Newburg, une loge maçonnique fut ouverte en 1788, qui se mua plus tard en une association déiste.Des sociétés similaires existaient à Baltimore et ailleurs.En 1803, Palmer et Paine fondaient à New-York une église théiste.Ethan Allen, général révolutionnaire, fut un autre déiste et maçon notoire.Le mouvement vers le laïcisme ne se limita pas à la propagation du déisme.On fonda des institutions neutres et l\u2019on vota des mesures législatives.Franklin, encore, fut le pionnier.En 1749, il lançait son projet dit Proposal relating to the Education of Youth in Pennsylvania.Le résultat fut la fondation de l\u2019Académie de Philadelphie (1751), dont il fut le premier président.Neutre dès le début, l\u2019académie devint, en 1791, par loi spéciale, l\u2019Université de Pennsylvanie.La deuxième institution laïque d\u2019importance nationale fut fondée en Virginie.Avant la guerre de l\u2019Indépendance, le chef du parti radical patriote en Virginie fut Patrick Henry.Henry et son jeune ami Jefferson furent les initiateurs de toute la législation tendant à laïciser et démocratiser cette colonie semi-féodale de planteurs.En 1755, Henry, alors gouverneur de la Virginie, groupa autour de lui quelques amis pensant comme lui et ouvrit le collège neutre de Hampden-Sydney, qui devait se révéler une école de chefs dans tous les domaines.En 1824, on y fondait une société littéraire et philosophique, laquelle se transforma en l\u2019Institut d\u2019éducation (1831), qui prit une part importante dans la réforme du système d\u2019écoles publiques.En 1779, Jefferson succédait à son ami Henry comme gouverneur de Virginie et soumit son fameux Bill for the more general Diffusion of Knowledge, qui aurait établi un système complet d\u2019éducation laïque aux frais de l\u2019État.Les deux principes de la loi étaient la gratuité et la différenciation de l\u2019enseignement.L\u2019Assemblée repoussa le bill, mais le projet influença les développements futurs de l\u2019instruction américaine et servit peut-être de modèle aux projets de Condorcet en France.Réciproquement, Jefferson subit l\u2019influence de Condorcet et des autres réformateurs de l\u2019époque révolutionnaire française.A son retour de France, il fonda Central College (1816), qui devint en 1819 l\u2019Université de Virginie.Ce ne fut pas toutefois la première université laïque d\u2019État.Trois autres états avaient déjà ouvert des universités neutres: la Caroline du Nord (1795), la Géorgie (1800) et la Caroline du Sud (1805).Après Franklin et Jefferson, le gouverneur de New-York, De Witt Clinton, doit être considéré comme le plus important artisan de l\u2019éducation laïque aux premiers temps de l\u2019Indépendance.Maçon notoire, il prit part à tous les mouvements populaires de lumière, popular enlightenment.Maire de New-York, Clinton organise en 1805 la Public School Society of New- York, qui joua un rôle primordial dans la sécularisation de l\u2019enseignement en Amérique.Soutenue par les fonds publics, la société fonda plusieurs écoles, qui furent le noyau du futur système neutre d\u2019enseignement d\u2019État.De Witt fut membre actif de plusieurs sociétés savantes et favorisa la multiplication des lycées.L\u2019origine des lycées et athénées se rattache encore à Franklin.Le fameux encyclopédiste français, Helvétius, avait conçu l\u2019idée de grouper tous les maçons influents en une seule loge, qui deviendrait le centre du mouvement de lumière.L\u2019astronome français, Joseph-Jérôme de Lalande, réalisa le projet d\u2019Helvétius, en fondant à Paris la loge des Neuf Sœurs, qui groupa l\u2019élite du temps: Voltaire, Condorcet, Romme, Sieyès, Camille Desmoulins, Danton, Pétion, Brissot, Fourcroy.Les membres étrangers incluaient Paul Jones, Forster et Franklin.Ce dernier fut élu vénérable et, sur son initiative, la Société apollonienne fut fondée pour encourager les recherches scientifiques et la diffusion du savoir.L\u2019institution, appelée d\u2019abord le Musée de Paris, devint en 1785 le Lycée de Paris.Des savants fameux, tels Laharpe, Condorcet, Marmontel, Garat et Fourcroy, tous maçons, y donnèrent régulièrement des conférences.En 1802, Fourcroy adopta le nom de lycée pour ses nouvelles écoles secondaires, et l\u2019institution devint Y Athénée de Paris.Dans la suite on compte parmi ses professeurs Cuvier, Saint-Hilaire, Benjamin Constant et Auguste Comte.L\u2019Athénée de Paris servit de modèle à de nombreux lycées et athénées dans tous les pays, y compris l\u2019Angleterre et les États-Unis.Les Mechanics' Institutes d\u2019Angleterre et d\u2019Écosse (cf.Relations, avril 1943, p.95) se modelaient sur les lycées et athénées français.La même influence agit aux États-Unis.L\u2019une des premières institutions du genre fut l\u2019Athénée de Philadelphie (1814).Ces établissements devinrent très populaires entre 1820 et 320 RELATIONS 1840.« Dans les principales cités et dans beaucoup de villes et de villages, écrit Walter Rogers Johnson, promoteur du mouvement, la tâche de donner cette instruction est accomplie par des sociétés régulièrement organisées.L\u2019enseignement se fait surtout par conférences et ressemble à la méthode qu\u2019emploient les Mechanics' Institutes et autres associations populaires d\u2019Europe.Parmi nous ces établissements sont connus sous les noms de Lyceums, Societies for the promotion of useful knowledge, Mechanics' Institutions, Franklin Institutions, etc., et leur influence.a été très utile.Il n\u2019y en a pas moins d\u2019un millier aux États-Unis.» Ceci se passait en 1832.En 1828, influencé par Owen et son union de travailleurs anglais (cf.Relations, avril 1943, p.94), un parti ouvrier s\u2019organisa.Robert Dale Owen, fils du précédent, proposa (1829) au nouveau parti un système d\u2019enseignement public et gratuit.Le nouveau mouvement ouvrier joignit ses forces à l\u2019ancienne tradition qui répandait « le savoir utile » par les Mechanics' Institutes.Plusieurs états établirent des lycées et en 1831 le New-York organisa un congrès, dont le résultat fut la fondation du Pycée américain, où plusieurs états étaient représentés.Ainsi, graduellement, l\u2019idéal d\u2019un système public d\u2019école neutre se répandait parmi les masses et le deuxième quart du dix-neuvième siècle fut témoin d\u2019une lutte violente entre les intérêts conjugués des diverses confessions religieuses et des écoles privées et les représentants d\u2019un enseignement démocratique.Les deux chefs les plus remarquables du mouvement de « réveil » furent Horace Mann, du Massachusetts, et Henry Barnard, du Connecticut.La bataille s\u2019engagea sur quatre points principaux: soutien des écoles par impôt, contrôle de l\u2019État, gratuité et neutralité de l\u2019enseignement.Toutes ces questions étaient étroitement liées entre elles et constituaient le programme de la tradition du laïcisme dès avant l\u2019Indépendance.En 1837, le Massachusetts créa le poste de secrétaire de la Commission scolaire de l\u2019État et Mann fut le premier titulaire.Le Connecticut fit de même (1838) et choisit Barnard.Mais en 1842 la législature du Connecticut abolit la position de secrétaire.Barnard gagna le Rhode-Island et devint le premier secrétaire de la Commission scolaire de cet état (1843).Mann et Barnard lancèrent une campagne de propagande à travers le pays et, par des assemblées, conférences, brochures, etc., ils convainquirent peu à peu le grand public de la nécessité de la réforme.Les partisans de l\u2019école confessionnelle ripostèrent vigoureusement: ils s\u2019opposaient aux écoles gratuites maintenues aux frais de l\u2019État, à la mainmise de celui-ci et surtout aux écoles sans Dieu, Godless, comme ils appelaient les institutions publiques et neutres.Ni Mann ni Bamard, ni aucun de leurs prédécesseurs, ne préconisaient des écoles laïques sur le modèle français.Ils voulaient la lecture de la bible à l\u2019école et considéraient la religion comme l\u2019un des principaux moyens, agencies, en éducation.Mais ils s\u2019opposaient à tout enseignement doctrinal ou interprétation confessionnelle de la bible, laquelle, prétendaient-ils, doit être lue sans commentaire.La lutte fut compliquée par la demande des Catholiques d\u2019une part proportionnelle des fonds publics.Des émeutes anticatholiques éclatèrent dans quelques villes.Le Native American Party fut fondé en 1841 « pour empêcher l\u2019union de l\u2019Église et de l\u2019État » et « pour conserver la bible à l\u2019école ».En 1855, le congrès du Know-Nothing Party, tenu à Philadelphie, adopta des résolutions favorables aux écoles publiques et à l\u2019usage de la bible, mais s\u2019opposa aux écoles confessionnelles.New-York fut le premier État à voter une loi prohibant tout subside public à toute école où « quelque enseignement religieux confessionnel serait donné, inculqué ou pratiqué ».D\u2019autres états suivirent bientôt et, à la fin de la guerre civile, la question était réglée dans la plus grande partie du pays.Les états fondés plus tard adoptèrent la clause sécularisatrice à leur admission dans l\u2019union.La législation subséquente de plusieurs états est contradictoire.La constitution y proclame encore que, « la religion étant nécessaire au bon gouvernement et au bonheur de l\u2019humanité, les écoles doivent toujours être encouragées », ce qui implique que celles-ci doivent conférer un enseignement religieux.En même temps, on y défend tout enseignement confessionnel et même parfois la lecture de la bible.Les décisions de la Cour suprême en certains cas ont déclaré la bible un livre confessionnel et en ont prohibé l\u2019usage dans les écoles, tandis qu\u2019ailleurs la lecture de la bible est obligatoire.Les pionniers du laïcisme en éducation furent les maçons et les déistes; et parmi eux Franklin et Jefferson méritent une mention spéciale.Les encyclopédistes et révolutionnaires français ont aussi profondément influencé le mouvement éducationnel de la jeune république américaine: en particulier, les Mechanics' Institutes ont copié les lycées et athénées français.Quand les idées laïques eurent suffisamment pénétré les masses, grâce surtout aux unions ouvrières neutres, la lutte s\u2019engagea pour de bon sur le terrain législatif et aboutit au triomphe de la Public School.On sait la suite et comment les Catholiques américains, à l\u2019appel de leur épiscopat, ont érigé un magnifique système scolaire en marge de l\u2019école publique, soutenue pourtant par leurs deniers: ils paient ainsi double taxe.L\u2019injustice tend à empirer.Un projet d\u2019octroi fédéral de 300 millions de dollars aux seules écoles publiques, naturellement, a été présenté récemment au Congrès, mais a échoué.\u2014 Notre projet de subsides fédéraux, disons-le incidemment, n\u2019a même pas le mérite de l\u2019originalité.\u2014 Depuis quelques années, la législation de certains états prévoit le transport gratuit par tramway ou autobus de l\u2019enfant à l\u2019école, mais à la seule école publique.C\u2019est dire que l\u2019injustice s\u2019en va s\u2019accentuant.DECEMBRE 1943 321 C- P- 7679 ET « M.& S.» Gérard PICARD I\u2019ARGOT DE GUERRE ne nous laisse pas le choix, et le titre du présent article est forcément énigmatique.Mais il y a en cela un avantage important pour le lecteur; c\u2019est qu\u2019il nous faut bien, pour être compris, entrer immédiatement, et sans autre préambule, dans le vif du sujet.Le décret de guerre C.P.(Conseil Privé) 7679 du 4 octobre 1941, en vigueur depuis le 15 octobre 1941, détermine les taux minima horaires que doivent respecter, sous peine de sanctions sévères, tous les employeurs du Canada auxquels les autorités fédérales accordent des contrats de guerre.L\u2019application de ce décret s\u2019étend également aux sous-contrats de guerre obtenus de l\u2019employeur principal par un autre employeur.Précisons immédiatement que les employeurs intéressés (entrepreneurs et sous-entrepreneurs) doivent payer à tous leurs employés au moins les taux minima du décret C.P.7679, et ce, même si une partie seulement desdits employés sont effectivement occupés à l\u2019exécution des contrats et sous-contrats.Quant aux taux minima horaires prévus par le décret, ce sont les suivants: 35 cents l\u2019heure pour les travailleurs âgés de 18 ans ou plus; 25 cents l\u2019heure pour les travailleuses âgées de 18 ans ou plus; et 20 cents l\u2019heure pour les travailleurs et travailleuses âgés de moins de 18 ans.Le décret prévoit, de même, un régime d\u2019apprentissage.Telle est, en résumé, la portée du décret C.P.7679.On peut le considérer à juste titre comme la loi fédérale des salaires minima en temps de guerre.« M.& S.» sont les initiales des deux mots anglais Munitions and Supply.Ce sont les deux lettres dont on se sert couramment, à Ottawa, soit par écrit, soit en conversation, pour désigner le ministère des Munitions et Approvisionnements, dirigé par l\u2019honorable C.-D.Howe.C\u2019est le ministère des contrats et sous-contrats de guerre.Il est donc facile maintenant de déchiffrer l\u2019énigme du titre qui coiffe cet article, et d\u2019établir un lien bien naturel entre les taux minima horaires de C.P.7679 et le ministère des Munitions et Approvisionnements, qui accorde directement tous les contrats, et, indirectement, tous les sous-contrats de guerre relatifs à la fabrication d\u2019équipements et fournitures.Et il s\u2019agit ici des contrats accordés tant au nom du Canada qu\u2019au nom de l\u2019Angleterre et des autres nations alliées.Ces jalons posés, revenons au décret C.P.7679 pour faire un peu d\u2019histoire et décrire la procédure qui est censée assurer aux travailleurs et travailleuses intéressés le paiement des taux minima de 20 cents, 25 cents et 35 cents l\u2019heure, selon le cas.La réglementation fédérale des justes salaires, suivant l\u2019expression consacrée, s\u2019applique au Canada depuis 1900.Au début de la guerre, en septembre 1939, cette réglementation était contenue principalement dans un décret du 7 juin 1922, modifié en 1924, puis en 1934.Ce décret prévoyait certaines conditions applicables à deux sortes de contrats connus sous le nom de « contrats A » et « contrats B ».Les contrats A groupent les contrats de construction, rénovation, réparations et démolition.Les contrats B groupent les contrats de fabrication d\u2019équipements et fournitures.Il s\u2019agit, dans le présent article, des contrats B seulement.Les dispositions relatives aux contrats B comportaient, avant la guerre, l\u2019obligation, pour les entrepreneurs et sous-entrepreneurs, de payer aux travailleurs et travailleuses intéressés, âgés de 18 ans ou plus, des taux minima de 30 cents et 20 cents l\u2019heure.Le premier changement apporté, à l\u2019occasion de la guerre, aux taux de salaires des contrats B, remonte au 30 mai 1941, date de l\u2019adoption du décret C.P.3884.On portait de 30 à 35 cents, et de 20 à 25 cents l\u2019heure, les taux précédemment en vigueur.Mais les nouveaux taux, comme les taux antérieurs, ne s\u2019appliquaient qu\u2019aux employés travaillant effectivement à l\u2019exécution de contrats et sous-contrats, du moment qu\u2019ils étaient âgés de 18 ans ou plus.Le décret C.P.3884 fut abrogé et remplacé par le décret C.P.7679 du 4 octobre 1941.Ce nouveau décret conservait les taux de 35 cents et 25 cents l\u2019heure pour les travailleurs et travailleuses âgés de 18 ans et plus.Les dispositions nouvelles alors apportées sont ainsi décrites dans la Gazette du Travail, édition française de janvier 1942, page 105: 1.\tApplication des taux minima (i.e.35 et 25) à tous les travailleurs et travailleuses à l\u2019emploi d\u2019entrepreneurs et de sous-entrepreneurs en travaux de l\u2019État, et non seulement, comme c\u2019était jusqu\u2019ici le cas, à la seule main-d\u2019œuvre effectivement occupée à des travaux de l\u2019État; 2.\tIntroduction d\u2019un nouveau taux minimum de 20 cents pour main-d\u2019œuvre âgée de moins de 18 ans, dont les taux de rémunération étaient précédemment établis par règlement provincial; 3.\tAutorisation de taux spéciaux pour commerçants; 4.\tSans nécessité de permis à cet effet, sauf si le nombre de tels commençants dépasse 20% du personnel collectif d\u2019établissement quelconque.Dans son ensemble, le décret C.P.7679 est simple, facile à comprendre, et repose du labyrinthe dans lequel on doit s\u2019engager pour suivre le fil de l\u2019ordonnance n° 4 de la Commission du salaire minimum de la province de Québec.C\u2019est dans la procédure d\u2019application du décret C.P.7679 que les autorités fédérales se sont ingéniées, semble-t-il, à faire le noir, à désorienter les travailleurs, et à favoriser ainsi les employeurs réfractaires.En vertu du décret C.P.5963, régissant les salaires en temps de guerre, on a confié l\u2019administration du 322 RELATIONS décret C.P.7679 au Conseil National et aux Conseils Régionaux du Travail en temps de guerre.En vertu du décret C.P.1774, concernant le service d\u2019inspection, on a autorisé les inspecteurs du ministère fédéral du Travail, les inspecteurs des commissions de salaires minima, et les inspecteurs des comités paritaires à surveiller l\u2019application du décret C.P.7679.De plus, ce dernier décret lui-même prévoit une procédure susceptible de faciliter son application.Mais tous ces Conseils et toute cette armée d\u2019inspecteurs n\u2019ont qu\u2019un droit de regard sur l\u2019application du décret C.,P.7679 et ne peuvent appliquer de sanctions aux violateurs de la loi.Des réclamations sont préparées, s\u2019il y a lieu, et envoyées aux employeurs pris en flagrant délit de violation des taux du C.P.7679; et si les employeurs refusent de payer, il n\u2019y a plus rien à faire avec ces gens-là, sauf d\u2019envoyer la réclamation au ministère fédéral du Travail, et attendre.Le ministère du Travail est censé s\u2019occuper de la réclamation et insister pour paiement.Si les employeurs s\u2019obstinent toujours, le ministère du Travail doit rapporter la chose au ministère qui a accordé le contrat, en l\u2019occurrence le ministère des Munitions et Approvisionnements, i.e.« M.& S.».C\u2019est ce ministère qui, à ce stage, a en mains l\u2019arme la plus efficace pour faire respecter la loi.Il peut retenir, sur le montant du contrat accordé, la somme équivalente à la réclamation soumise.Et c\u2019est là que ça ne bouge pas.Pourquoi?Nous ne ferons pas de suppositions.Que « M.& S.» donne lui-même une réponse; c\u2019est à lui de s\u2019expliquer.Pour compléter la procédure ci-haut décrite (et « M.& S.» ne pourra plus même compter sur les circonstances atténuantes), ajoutons qu\u2019aucun entrepreneur, indépendamment du service d\u2019inspection, n\u2019est censé toucher un sou de l\u2019argent dû en vertu de son contrat, si ce n\u2019est après avoir soumis un état attestant, entre autres choses, qu\u2019il a payé les salaires légaux.Et les employeurs qui obtiennent des contrats de « M.& S.» s\u2019engagent, en particulier, à respecter le décret C.P.7679.Rappelons aussi, en passant, que le préambule du décret C.P.7679 mentionne expressément que le ministre du Travail a recommandé l\u2019adoption dudit décret « avec l\u2019assentiment du ministre des Munitions et Approvisionnements ».Il n\u2019y a pas le moindre risque à affirmer que « M.& S.», en refusant d\u2019appliquer intégralement le décret C.P.7679 (et cela dure depuis le premier jour de la mise en vigueur du décret), a fait perdre des milliers et des milliers de dollars à la classe ouvrière du Canada.Trop d\u2019employeurs seraient oubliés, si nous citions des cas concrets.De mémoire, il serait pourtant facile d\u2019en dresser une liste représentative d\u2019à peu près toutes les branches de l\u2019industrie manufacturière, exception faite, en général, des industries qu\u2019on appelle communément industries lourdes.Le décret C.P.7679 fixe des taux minima qui n\u2019ont rien d\u2019exagéré; il vise à protéger les gagne-petit, à assurer une rémunération encore insuffisante aux plus modestes ouvriers et ouvrières du Canada.C\u2019est cependant le décret le plus violé, non seulement à la connaissance, mais avec la complicité du ministère des Munitions et Approvisionnements.Cette attitude de « M.& S.» est à la fois injuste et scandaleuse, et elle est marquée au coin d\u2019un cynisme encore plus révoltant quand on se rappelle avec quelle complaisance « M.& S.» a supporté le système de « dépréciation accélérée » en faveur des puissantes entreprises industrielles, en vertu duquel, à la faveur de la guerre, elles ont concentré pour des millions de dollars d\u2019actif, pendant que le gouvernement fédéral se privait, de ce fait, de millions de dollars d\u2019impôts sur le revenu (income tax) et de millions de dollars d\u2019impôts sur les surplus de bénéfices (excess profits tax).Pendant ce temps, les petits salariés assujettis au décret C.P.7679 ne reçoivent même pas, pour des milliers d\u2019entre eux, les taux minima auxquels ils ont droit; et, au surplus, on taxe leur boni de vie chère; on taxe leurs vacances payées; on taxe leur temps supplémentaire; et jusqu\u2019à la contribution d\u2019assurance-chômage qui est sujette à l\u2019impôt sur le revenu, avant d\u2019être prélevée sur le salaire.Le cabinet fédéral, à notre avis, devrait mettre « M.& S.» à la raison et lui tracer une ligne de conduite précise pour assurer l\u2019application intégrale du décret C.P.7679.Avant de terminer, nous nous permettons de suggérer que le décret régissant les salaires en temps de guerre (C.P.5963) soit amendé de manière à permettre aux provinces où des lois de salaires minima sont en vigueur, de hausser les taux minima des ordonnances jusqu\u2019aux niveaux du décret C.P.7679, et ce, sans autorisation préalable des Conseils du Travail en temps de guerre.Dans nos prochains m LE PROGRAMME SCOLAIRE DES PARTIS FÉDÉRAUX ==r numéros\t.M.le chanoine Lionei Groulx, D'OÙ SOMMES-NOUS PARTIS?-\tRichard Pattee, LE RÉGIME CONSTITUTIONNEL à PORTO- RICO -\tGonzaive Poulin, o.F.M., PERSPECTIVE D'UNE POLITIQUE L\u2019horizon international FAMILIALE DANS LE QUÉBEC\tLes livres récents - ¦ Eduardo Lustosa, LÉGISLATION OUVRIÈRE AU BRÉSIL\tEn trois mots DECEMBRE 1943\t323 ESQUISSE RATIONNELLE DE LA CONSTITUTION BRITANNIQUE Louis GODEFROY IE TITRE de cet article soulève immédiatement une question: en quoi la constitution britannique nous intéresse-t-elle, nous qui vivons au Canada ?Nous répondrons en rappelant que les résolutions 1, 3 et 4 adoptées par la conférence de Québec, le 10 octobre 1864, placèrent la future fédération sous le régime de la couronne, décidèrent que la constitution canadienne serait aussi conforme que possible à la constitution britannique et que l\u2019exercice du pouvoir souverain y respecterait « les principes bien connus » de celle-ci.Le préambule de l\u2019Acte de 1867, qui est la plus importante loi écrite de notre constitution, la décrit comme étant « semblable en principe à celle du Royaume-Uni ».N\u2019est-il pas naturel dans ces conditions que nous allions chercher dans la constitution britannique les idées maîtresses qui forment l\u2019armature logique de notre régime politique ?Mais une nouvelle question se pose alors: est-il possible d\u2019apporter une clarté logique dans la description, si brève soit-elle, d\u2019une institution anglaise, et la constitution n\u2019est-elle pas la plus compliquée et la plus obscure de toutes?Édouard Blake n\u2019a-t-il pas parlé de « cette masse puissante, complexe et assez indéterminée qu\u2019on appelle la constitution britannique » ?Cette objection contient une bonne part de vérité et disons tout de suite pourquoi: c\u2019est que la constitution britannique n\u2019est pas un système philosophique, elle est le fruit d\u2019une longue évolution historique.Les lois écrites qui en font partie s\u2019appuient sur une tradition non écrite, coutumière.Elle appartient, comme celle de la Hongrie, au type « historique » et non au type « rationnel » des constitutions de la plupart des républiques actuelles.Oserons-nous dire qu\u2019en cela elle ne heurte pas la mentalité catholique, qui fait sagement à la tradition sa place à côté du dogme?Quoi qu\u2019il en soit, sa compréhension implique une certaine culture historique: il faut, en effet, replacer les institutions de notre droit public dans leurs perspectives historiques justes si l\u2019on veut en dégager tout le sens.Pour cela on doit s\u2019aider d\u2019une autre méthode que celle, si rigoureuse, si logique, du droit civil: ce sont deux disciplines de l\u2019esprit qui sont différentes.L\u2019essentiel de la constitution britannique se trouve dans trois institutions: la couronne, le parlement et le cabinet; le moyen âge nous a légué les deux premières et c\u2019est seulement au xvme siècle que le système du cabinet prit naissance.Dans une page célèbre de son Histoire d\u2019Angleterre, Macaulay chante les louanges du XIIIe siècle.« C\u2019est là, écrit-il, que nous retrouvons l\u2019origine de notre liberté, de notre prospérité, de notre gloire.C\u2019est à cette époque que se forma le grand peuple anglais et que notre caractère national commença à prendre les traits qu\u2019il a toujours conservés depuis lors.C\u2019est à cette époque qu\u2019apparut pour la première fois clairement cette constitution qui, à travers toutes ses vicissitudes, a conservé toujours et jusqu\u2019à nous son identité, cette constitution dont toutes les autres constitutions libres du monde sont des copies.» Quelle était donc dans l\u2019Angleterre angevine de la fin du xme siècle la formule constitutionnelle?Celle-ci: une royauté chrétienne entourée d\u2019un parlement national (c\u2019est-à-dire où toutes les classes de la nation étaient représentées).Le principe de la royauté chrétienne est la limitation du pouvoir souverain par le respect du droit naturel: c\u2019est ce que montre, encore aujourd\u2019hui, le rite du sacre.Le principe du parlement est le contrôle des actes du roi par les représentants du peuple entier, de cette « multitude » sur laquelle, selon saint Thomas, est fondée la souveraineté temporelle: le roi exerce celle-ci par une sorte de délégation, après avoir revêtu par son office une dignité qui le soumet aux lois divines et l\u2019élève au-dessus des fluctuations parlementaires.Telles sont les origines.Depuis le xme siècle, l\u2019histoire constitutionnelle de l\u2019Angleterre a été celle des rapports entre le roi et les Chambres du Parlement.Dans le « vieux droit constitutionnel anglais », comme on dit parfois bien qu\u2019il subsiste toujours, l\u2019idée centrale est que les lois sont formulées par la volonté conjointe des Chambres, d\u2019une part, exprimant les nécessités de l\u2019heure, et de la couronne, d\u2019autre part, gardienne des intérêts permanents et des aspirations profondes de la nation.C\u2019est ainsi que chez nous la couronne est, de l\u2019avis général, le symbole de notre désir d\u2019unité nationale.Tant que l\u2019assentiment royal n\u2019est pas donné aux dispositifs préparés par les Chambres, il n\u2019y a pas de loi.Autrement dit, la volonté populaire, sous son aspect contemporain, immédiat, s\u2019exprime par les Chambres; sous l\u2019aspect des intérêts durables du pays et de ses aspirations essentielles, elle a pour symbole la couronne.Voilà comment la majestueuse souveraineté de la nation entière, avec ses grands souvenirs et ses lointaines espérances, avec ses morts, ses vivants et ses générations futures, se retrouve dans le pouvoir législatif qui est défini par ces mots: « le roi en son parlement », ainsi que le rappellent les articles 17, 69 et 71 de l\u2019Acte de 1867.Quand on parle de la « suprématie du parlement », il faut songer à ce 324 RELATIONS fait que la couronne en fait partie intégrante: c\u2019est l\u2019un de ces impondérables dont le poids effectif varie selon les temps et selon l\u2019état de l\u2019opinion publique à tel ou tel moment historique.Ici, nous devons faire remarquer que de nos jours tout le monde s\u2019accorde pour penser que ce sont les Chambres qui ont en droit comme en fait le plein pouvoir de délimiter les « prérogatives » de la couronne.Et cela nous fait sortir de la stricte logique, puisque en théorie les Chambres ne peuvent pas légiférer sans l\u2019assentiment royal.Tenons pour assuré qu\u2019elles ont bien le droit de définir les fonctions de la couronne et n\u2019insistons pas sur la logique: il y a bien d\u2019autres anomalies dans la constitution et même dans les textes de ses statuts.Mais cela nous amène à cette importante observation, que le système constitutionnel britannique fonctionne grâce à la bonne volonté de tous.Son bon fonctionnement exige une même conception fondamentale du bien commun \u2014 et cette exigence est un bienfait, puisque pour obtenir de notre machine politique le meilleur rendement, nous sommes dans l'obligation de cultiver dans toute la population et dans tous les partis le sens du bien général.Cette habitude exclut l\u2019idée d\u2019une dictature.Jusqu\u2019au xviil6 siècle, la couronne, dont le pouvoir législatif avait été depuis longtemps circonscrit par le parlement, continua à exercer le pouvoir exécutif d\u2019une façon indépendante.L\u2019institution du cabinet, qui consiste à placer un membre du parlement à la tête de chacun des ministères, réalisa, du temps du premier ministre Walpole (1721-1742), l\u2019étroite liaison du législatif et de l\u2019exécutif, ce qui mit le sceau sur le caractère démocratique de la constitution.C\u2019est le système du cabinet qui nous prémunit contre une emprise excessive de la bureaucratie dans l\u2019État.Tels ont été, en raccourci, les institutions et les principes constitutionnels qui ont permis au peuple anglais de grandir dans la liberté.Ils font maintenant partie de notre patrimoine national, à la fois en raison du cours de l\u2019histoire et par la volonté de nos pères.A nous de les faire servir à notre avenir: l\u2019une des missions du Canada n\u2019est-elle pas de faire fleurir en terre américaine, en les adaptant à la double culture du pays, ces fécondes institutions du droit public anglais?Le Canadien du Québec, fidèle à la couronne que ses ancêtres normands contribuèrent à affermir, peut sans crainte travailler à perfectionner sa propre nationalité.Pour se rendre pleine justice à elle-même, cette jeune nationalité, catholique d\u2019inspiration, française d\u2019expression, \u2014 gardant à ses coutumes sociales leur cachet grâce au droit civil, \u2014 doit fièrement et loyalement défendre en droit public l\u2019héritage retrouvé des anciens principes, sachant d\u2019ailleurs que de telles conceptions traditionalistes sont parfaitement compatibles avec une volonté hardie et efficace de réformes sociales.L\u2019ACCUEIL JOCISTE Emilia LACROIX « T A J.O.C.s\u2019empare des désemparés », mot d\u2019ordre dyna-mique qui mit en branle tout un réseau de services sociaux pour aider le jeune ouvrier et la jeune ouvrière à se conserver bons ou à se réhabiliter quand ils étaient tombés; abri de nuit pour jeunes chômeurs, tutelle aux différentes cours de justice, Pré-Joe, Service domestique, Préparation au Mariage, autant de services dont pouvaient profiter les jeunes de la classe ouvrière.Une création récente, l\u2019Accueil Jociste, vient compléter tout ce qu\u2019on pouvait offrir à la jeune ouvrière.Qu\u2019est-ce que l\u2019Accueil Jociste?.Une immense bâtisse rouge, 2180, rue Dorchester Ouest, entièrement payée par les dons de plusieurs curés de Montréal et dont les murs, l\u2019atmosphère, la vie sont imprégnés d\u2019une mystique chère aux jocistes, celle d\u2019une grande famille, une famille heureuse de soixante filles qui ensemble s\u2019aiment et s\u2019aident.A l\u2019Accueil, on accepte toutes les jeunes filles qui ont besoin d\u2019être protégées, aidées ou réhabilitées; la jeune fille de campagne qui vient travailler en ville et qui n\u2019a aucune protection, l\u2019orpheline à qui manque la chaleur d\u2019un foyer, la jeune délinquante toujours susceptible de réformation et quelques filles-mères (des jeunes surtout de 13, 14, 15 ans) qui ont besoin plus que d\u2019autres de sympathie, de compréhension.Tout ce monde vit en parfaite union sous la tutelle de jocistes qui ont un terrain tout préparé pour leur apostolat.Cette atmosphère de fraternité surprend et captive tout à la fois ceux qui visitent l\u2019Accueil Jociste.Directrice, responsables, pensionnaires, protégées, tout le monde fraternise, tout le monde se tutoie, toutes sont sœurs.On ne vit pas dans un quelconque foyer, mais dans un home, dans une famille! Le soir, le cercle de la famille s\u2019agrandit pour permettre aux jeunes filles en service domestique de venir veiller, soit seules, soit avec leur ami.Un grand salon est mis à leur disposition et permet à ces jeunes des fréquentations honnêtes qui leur assureront un foyer heureux.L\u2019Accueil Jociste est à ses débuts, mais les responsables ont des plans pour l\u2019avenir afin de compléter le travail qui se fait déjà chez les jeunes ouvrières.Elles veulent organiser des cours de toute sorte: chant, couture, tenue de maison, afin de donner aux jeunes une formation aussi complète que possible.De nombreuses conquêtes sont déjà les fruits du travail fait à l\u2019Accueil.Telle jeune fille qui avait été renvoyée de différentes maisons de correction à cause de son inconduite et qui avait comme perspective un séjour assez prolongé en prison, fut confiée à la J.O.C.Après deux mois de vie à l\u2019Accueil, elle fut assez disciplinée pour pouvoir gagner sa vie dans une bonne maison.Une autre, arriérée et ne sachant faire aucun travail domestique, est maintenant en mesure, elle aussi, de gagner sa vie.L\u2019Accueil Jociste est appelé à de grandes choses: aussi on ne ménage pas les encouragements nécessaires aux quatre responsables, toutes jocistes, et qui laissèrent, les unes leur position, les autres leur famille, pour se donner complètement à cette œuvre d\u2019apostolat.« Entre elles, par elles et pour elles » (devise jociste), le bien se fera à l\u2019Accueil et transformera les vies de centaines d\u2019ouvrières qui franchiront ses portes.DECEMBRE 1943 325 CANADIENS DES DEUX LANGUES « I^N TEMPS DE GUERRE.même en pays démocra-rv tique, où la liberté de parole peut imposer le devoir de critiquer certaines dispositions prises par l\u2019autorité légitime, on hésite parfois à assumer cette responsabilité.» Ainsi s\u2019exprime notre chroniqueur de YHorizon international ce mois-ci.Parce que les Canadiens français, qui font leur effort de guerre comme les autres, prétendent conserver le droit \u2014 qui est souvent un devoir \u2014 d\u2019user de la critique, ils passent dans certains quartiers pour déloyaux, anticanadiens, antibritanniques, voire fascistes et pro-allemands.Aussi bien est-il réconfortant d\u2019entendre de temps à autre \u2014 et nous nous plaisons à souligner ces gestes de nos compatriotes anglais \u2014 tel témoignage anglo-canadien sur le canadianisme profond, indéniable des Canadiens d\u2019expression française et sur la valeur de la contribution qu\u2019ils apportent à la grandeur du Canada.Ainsi, M.Gladstone Murray, ancien gérant général de Radio-Canada, disait fort bien à l\u2019Empire Club de Toronto, le 14 octobre dernier: « En justice., le Canada a réglé de façon plus satisfaisante que la plupart des pays la question des minorités raciales et linguistiques.Peut-être n\u2019est-ce pas là une bien grande louange! Dans les relations entre Canadiens de langue anglaise et Canadiens de langue française, il y a, cela va sans dire, des fautes des deux côtés; mais nous n\u2019obtiendrons certainement pas une amélioration véritable de la situation tant que les Canadiens de langue anglaise n\u2019auront pas pris conscience de certaines données fondamentales.Et la première de celles-ci est que les Canadiens de langue française ne partagent pas et qu\u2019on ne peut s\u2019attendre à les voir partager l\u2019attachement sentimental qui relie la plupart des autres Canadiens aux Iles britanniques.Quant à cela, il n\u2019y a pas de lien sentimental analogue des Canadiens de langue française avec la France elle-même.Nos compatriotes de la province de Québec sont des Canadiens cent pour cent.Mais s\u2019ils n\u2019ont de liens sentimentaux avec aucun pays européen, ils possèdent indubitablement la logique congénitale de leurs ancêtres français.Leur cœur appartient à la terre qu\u2019ils habitent; leurs jugements relatifs aux liens qui les rattachent à l\u2019Angleterre sont purement d\u2019ordre intellectuel.De plus, leur sens logique les pousse à reconnaître que dans une démocratie comme la nôtre, ils doivent s\u2019incliner devant la volonté de la majorité.Mais on ne doit pas les blâmer de se servir, pour leurs fins particulières, de leur sens politique fortement développé tant qu\u2019ils n\u2019ont pas à s\u2019incliner devant la volonté de la majorité si elle joue contre eux.Si nous nous rendons bien compte de ces données fondamentales \u2014 et en tout premier lieu si nous reconnaissons le profond canadianisme de nos concitoyens de langue française \u2014 nous aurons fait un grand pas vers l\u2019aplanissement des autres causes de friction.Même s\u2019ils n\u2019éclatent pas en effusions lyriques pour tout ce qui est britannique, ils sont pleinement conscients que la charte protectrice du mode de vie qu\u2019ils chérissent puise dans l\u2019Angleterre son origine et son efficacité.Un contact intime avec les Canadiens de langue française m\u2019a convaincu qu\u2019ils ont une contribution particulière à apporter à l\u2019œuvre de notre civilisation en devenir.Si nos sentiments à leur égard ne peuvent être de la reconnaissance, au moins devraient-ils être de la compréhension, et non du ressentiment et des préjugés.Je me permets d\u2019avancer que leur réponse à une tentative réaliste de rapprochement sera tout aussi réaliste, au grand avantage de tous.» On vante fort le « réalisme pratique » de nos compatriotes anglo-saxons.Puissent-ils, à l\u2019invitation de M.Murray, le pratiquer un peu plus dans le champ de la bonne entente.AVEC\tOU SANS COMMENTAIRES QUI PRESSURE QUÉBEC, L\u2019ÉGLISE OU LES TRUSTS?CES TROIS PHRASES d\u2019une rare plénitude, signées dans la dernière livraison de Culture par le R.P.Gon-zalve Poulin, O.F.M., des Sciences sociales de Québec, valent d\u2019être méditées en marge d\u2019insinuations perfides de la presse anglaise et d\u2019esprits forts de chez nous: « L'odieuse calomnie qu'on fait courir sur tout le continent nord-américain, à savoir que le clergé est responsable des difficultés du Québec et qu'il est même la cause de ses embarras économiques avec ses accumulations de biens, ne saurait tenir devant les faits.L'Eglise catholique dans la province de Québec ne possède ni les mines, ni les industries de base, ni le grand commerce, ni le petit commerce, ni les ressources naturelles; or, ce sont les possesseurs de ces biens économiques qui pressurent la population de Québec, qui la maintiennent dans un état de médiocrité et d'infériorité économique.Au contraire, toutes les richesses de V Église dans le Québec se réduisent à des institutions d'assistance et d'éducation, institutions les plus directement reliées à la continuité d'une civilisation française au Canada.» Les véritables exploiteurs du peuple \u2014 trustards de l\u2019industrie, du commerce et de la politique \u2014 cherchent un bouc émissaire qui détourne l\u2019ire populajre de leurs péchés d\u2019action et d\u2019omission.Pourquoi pas l\u2019Ëglise et le clergé?Voici la réaction indignée d\u2019un homme de profession libérale de Montréal, propriétaire dans une paroisse affligée d\u2019une grosse dette: « Ma répartition d\u2019église est de $11 par année et mes taxes municipales dépassent $350.Ce ne sont tout de même pas les $11 \u2014 pour un service essentiel \u2014 qui vont me ruiner.» Sans compter que les répartitions n\u2019existent pas partout ni toujours.LA COEDUCATION-ABOLIE EN RUSSIE LA PROVINCE DE QUÉBEC s\u2019est maintes fois vue traitée -/ de rétrograde parce que, non plus que d\u2019autres prétendues conquêtes de l\u2019éducation moderne, elle n\u2019a pas voulu faire sienne l\u2019éducation mixte des garçons et filles.Les réformes des grands pays en matière d\u2019enseignement secondaire témoignent aujourd\u2019hui en faveur du cours classique qu\u2019elle n\u2019a jamais délaissé.Québec a été aussi bien inspiré de ne point verser dans les illusions de la coéducation.La grande réforme éducationnelle qui s\u2019opère aujourd\u2019hui en Russie devrait faire réfléchir nos proches voisins, puisqu\u2019il est devenu de bon ton en certains milieux de regarder vers l\u2019U.R.S.S.Désormais, les classes des garçons et des filles y seront séparées depuis le jardin d\u2019enfants jusqu\u2019aux cours correspondant aux high-schools canadiens.Le directeur de l\u2019école publique n° 89 de Moscou, A.A.Solokhin, en donne les raisons suivantes dans un rapport officiel sur la question : « La différence des processus mentaux chez le jeune homme et la jeune fille nécessite des méthodes pédagogiques différentes.Il y a, de plus, l\u2019inévitable division du travail entre l\u2019homme et la femme qui exige aussi cette diversification, car il y a des travaux qui répugnent à la constitution physique de la femme, comme de construire des ponts et des routes.Les femmes ont des devoirs que les hommes n\u2019ont pas, et ces devoirs sont extrêmement importants.La jeune fille doit apprendre à éduquer les enfants et à en prendre soin.La jeune fille est essentiellement une future mère.et quoi que l\u2019on puisse dire de l\u2019égalité des devoirs de l\u2019homme et de la femme en matière d\u2019éducation, une mère est toujours une mère.» Que disons-nous d\u2019autre, depuis trente ans, dans le Québec ?LA MINORITÉ FRANÇAISE DE L\u2019ALBERTA NOS COMPATRIOTES albertains ont tenu, les 27 et 28 octobre derniers, le Congrès annuel de leur Association canadienne-française de l\u2019Alberta.La vitalité de leur petit groupe apparaît dans les résolutions qui y ont été prises: inclusion de l\u2019agriculture au programme des high-schools, orientation des cours d\u2019atelier vers les besoins de l\u2019agriculture, réouverture de l\u2019école agricole de Vermillon, formation de cercles d\u2019études agricoles postscolaires, fondation d\u2019une société mutuelle de crédit foncier pour s\u2019emparer des terres en bordure des paroisses.Ces vœux expriment la mentalité réaliste de ces authentiques Canadiens français, restés des paysans de chez nous.Les votes de félicitations du Congrès rendent justice au travail accompli par les Caisses populaires, les cercles de fermières, la radio française, le concours de français, etc.Nous arrive aussi de là-bas le premier bulletin miméo-graphié des Informations françaises rédigé sous les auspices de la Société canadienne d\u2019Enseignement postscolaire, section française de l\u2019Alberta.Quelques citations donneront une idée des activités françaises en cette province: « La Société canadienne d\u2019Enseignement postscolaire a inauguré, le 14 octobre dernier, la série de ses émissions radiophoniques pour l\u2019année 1943-1944.Le poste de radio CKUA de l\u2019Université est mis à la disposition de la Société, pour une émission hebdomadaire en français, d\u2019octobre à juin.Ce service est absolument gratuit.» « On trouve actuellement en Alberta dix-sept Caisses populaires canadiennes-françaises.La première Caisse à être fondée dans la province le fut par les paroissiens de la paroisse Sainte-Famille de Calgary qui jetèrent les bases de leur organisation en 1936, soit deux ans avant l\u2019introduction de la Loi provinciale régissant les Caisses.» « Depuis quelques années, l\u2019artisanat a pris une place importante dans la vie des Canadiens français de l\u2019Alberta.On compte actuellement dans la province onze cercles qui se spécialisent dans ce travail.» FEMMES ET FILLES A L\u2019USINE IES FÊTES s\u2019en viennent.Il est à espérer que les dé-/ sordres de l\u2019an dernier dans certaines usines de Montréal et des environs ne se répéteront pas.Par exemple, dans une usine que nous pourrions nommer, dans la nuit du premier de l\u2019an, à minuit, on ferma les portes de façon qu\u2019aucun ouvrier ni aucune ouvrière ne puissent s\u2019échapper et, après avoir distribué de la boisson en forte quantité, on éteignit les lumières.On devine le reste.Ce gaspillage de la jeunesse fait-il partie de l\u2019effort de guerre, qu\u2019on le tolère si facilement ?Pour édifier le public sur les effets du travail féminin à l\u2019heure actuelle, qu\u2019il suffise de lui remettre sous les yeux quelques résultats d\u2019une enquête menée par la L.O.C.avec le concours de la J.O.C.et basée sur sept cents réponses d\u2019ouvrières d\u2019usines de guerre ou de manufactures ordinaires: 37.8% des ouvrières interrogées font des semaines de 50 à 59 heures; 4% de plus de 60 heures; 35.5% travaillent la nuit régulièrement ou à toutes les deux ou trois semaines; 27.7% se plaignent que leur travail les a rendues malades; 50.9% se plaignent de n\u2019avoir pas de repos au milieu de leur travail.Dans 77.6% des industries, le travail est mixte; hommes et femmes travaillent dans le même département.Presque partout, le travail mixte de nuit comporte des atteintes nombreuses et graves à la moralité.Seulement 37.4% de ces ouvrières sont en faveur du travail féminin; 2.4% en faveur du travail des mères de famille; 1.4% en faveur du travail de nuit; et une ouvrière sur 700 est en faveur du travail du dimanche.Pour compléter le tableau, nous reproduisons au texte, pour lui conserver sa tragique saveur, cette lettre adressée au Mouvement ouvrier : « C\u2019est une mère de famille qui vous écrit.Je travaille à une shop de munitions depuis cinq mois; je suis Inspecteur du Gouvernement dans la munition; je suis forcée de laisser ma position à cause de l\u2019ouvrage trop forçant que nous sommes obligées de faire.Nous faisons l\u2019inspection des shells pour les canons; chaque shell pèse 25 lbs; il nous faut lever chaque shell 4 fois, l\u2019inspecter et la puncher, afin qu\u2019elle se rende à la peinture pour être peinturée.Le Boss de la Compagnie est au pourcentage, plus il fait d\u2019ouvrage plus il fait d\u2019argent.S\u2019ils attendent après les femmes et les filles, il les rapporte à l\u2019office.J\u2019ai des points dans les côtés et dans l\u2019estomac; cela m\u2019empêche de dormir la nuit, aujourd\u2019hui j\u2019ai donné ma notice, je ne suis plus capable de travailler.Les autres jeunes filles qui sont là, sont dans la même situation.« J\u2019aimerais que vous fassiez une enquête là-dessus, si vous êtes pour la protection du travail des femmes et des jeunes filles.Les filles qui ont fini ici, s\u2019amusaient avec le Boss.L\u2019une d\u2019elle, une jeune fille de 16 ans, attend un bébé qui appartient au boss, selon l\u2019autre.Quand il lui a fait faire sa notice, il lui a fait marquer qu\u2019il fallait qu\u2019elle reste à la maison.J\u2019ai écrit la mienne aujourd\u2019hui; il m\u2019a dit que je n\u2019avais pas le droit d\u2019écrire que j\u2019étais malade sur une notice.Je lui ai dit qu\u2019il fallait que j\u2019écrive la vérité.Il ne voulait pas qu\u2019ils le sachent à la grande office.Je vois que c\u2019est une honte de laisser gaspiller une jeunesse comme cela.Il fait céder les filles à ses désirs pour une hausse de salaire.Communiquez avec notre Office et faites donc enquête.Le boss fait accroire aux filles que si on gagne seulement 28 cents de l\u2019heure c\u2019est le Bureau Sélectif ici qui a fixé les prix pour la shop et c\u2019est tout lui qui fait faire cela.« J\u2019ai déclaré la vérité sur ma notice.Ici les filles ont peur de parler et de faire un rapport; mais moi je suis femme et je sais que je suis dans mon droit.» 326 RELATIONS DECEMBRE 1943 327 LA LUTTE CONTRE LE CRIME J.-F.DALTON QU\u2019ON ME PERMETTE de rappeler, au début de ces notes, que j\u2019ai consacré les vingt dernières années de ma vie à m\u2019occuper des jeunes orphelins, des déshérités et des enfants-problèmes, pour leur assurer le milieu sain et agréable nécessaire à leur croissance et à leur épanouissement.Mon travail même m\u2019a fait entrer en étroit contact avec les parents, les milieux scolaires, les cercles récréatifs et les institutions de correction.Au nombre des facteurs les plus connus de la criminalité, il faut mentionner les tristes conditions de certains foyers.Un grand nombre d\u2019enfants traduits en Cour juvénile viennent de foyers brisés par la mort, la désertion ou la séparation des parents, de familles où les exigences essentielles à la sécurité et au développement de l\u2019enfant sont trahies par l\u2019absence de tendresse et d\u2019harmonie conjugales, sans parler d\u2019autres conflits de psychologie adulte.Un autre facteur non moins important est l\u2019inaptitude de certains parents à comprendre l\u2019enfance, leur ignorance à l\u2019endjoit des méthodes pédagogiques et de l\u2019art de former le caractère.On laisse souvent passer, chez les enfants, de vilains défauts\u2014 comme n\u2019ayant pas d\u2019autre inconvénient que le dérangement causé à leur entourage.Le complexe d\u2019infériorité, la jalousie, la peur, la colère, les sautes d\u2019humeur, la curiosité sexuelle précoce et les habitudes vicieuses, l\u2019insubordination, le mensonge et le vol comptent parmi les problèmes qu\u2019ont à résoudre les parents de tout jeunes enfants.A moins d\u2019être traitées comme il faut, ces tendances dégénèrent, à la longue, en défauts dont la personnalité et le caractère de l\u2019enfant ont à souffrir, qui réduisent considérablement sa valeur et son bonheur et l\u2019amènent un jour à se dresser contre la société.Les parents doivent se souvenir que la vie psychologique de l\u2019enfant est beaucoup plus délicate et complexe que sa vie organique, plus difficile à discipliner et plus susceptible de gauchissement.Par malheur, un grand nombre de parents qui, dès l\u2019apparition chez leur enfant du plus léger symptôme de maladie, recourent sans hésiter aux avis des meilleurs praticiens, ferment parfois les yeux sur des habitudes mauvaises, des comportements inquiétants, indices de troubles affectant gravement la personnalité.On serait étonné du nombre d\u2019enfants dont les premiers pas dans la carrière du crime remontent à la prime enfance \u2014 habitués souvent de l\u2019école buissonnière.Le fait est si courant que l\u2019on a pu considérer le vagabondage comme l\u2019école du crime.Nous nous sommes tournés, depuis des générations, vers notre système scolaire pour y chercher la réponse à cette double exigence de la démocratie: un civisme éclairé et respectueux de l\u2019ordre.L\u2019école, qui constitue l\u2019unique point de rencontre de la société avec les enfants de toute condition, a réalisé, dans le domaine strictement pédagogique, des progrès constants.Son enseignement se révèle plus étendu et plus méthodique que jadis, mais que d\u2019étapes encore à parcourir avant que nous puissions l\u2019ajuster exactement à la complexité des problèmes sociaux du temps présent et aux difficultés concrètes de la vie quotidienne! L\u2019école doit initier tous les jeunes à l\u2019art de vivre, et traiter chacun d\u2019eux selon ses particularités individuelles.Les maîtres doivent se convaincre de plus en plus que la vie de l\u2019enfant qui leur est confié n\u2019a pas pour limites les murs de la classe, et c\u2019est à la lumière de cette réalité qu\u2019ils doivent l\u2019instruire, le cultiver et l\u2019orienter.C\u2019est aussi leur devoir de se pencher, avec un intérêt vivant et sincère, sur le milieu social de ces petits qu\u2019ils ont la tâche de former.Ce devoir en implique un second: celui de renseigner les 328 familles sur leurs responsabilités, au lieu de tâcher de les en décharger.Une école devrait être une institution humaine et sociale, responsable de la formation et de l\u2019information de la jeunesse.A cette question de l\u2019école se rattache un fait curieux: des enfants, traînés en Cour par leurs parents pour avoir déserté l\u2019école, sont envoyés dans des maisons de correction où il n\u2019y a pas d\u2019école, \u2014 procédé illogique, peu favorable au développement scolaire de l\u2019enfant.Je n\u2019ai fait, jusqu\u2019ici, que souligner la situation où se débattent la famille et l\u2019école.J\u2019en viens à une autre source de criminalité: le défaut de loisirs à la portée des enfants.Environ 80% des délits et des crimes se commettent dans les heures d\u2019inaction.Les heures de loisirs, pour le garçon et la fillette, le jeune homme et la jeune fille, sont semées d\u2019embûches.C\u2019est le temps de l\u2019aventure, de la réalisation des désirs et des instincts secrets, expression légitime de la personnalité.Tout garçon, de l\u2019enfance à l\u2019adolescence, a besoin, pour assurer son développement et son équilibre intérieur, d\u2019un dérivatif à ses forces vives, d\u2019occasions de jouer honnêtement avec d\u2019autres garçons.Refusez cette satisfaction aux jeunes, ils chercheront ailleurs et trouveront sûrement des distractions dangereuses et défendues.Dans ces conditions, le crime et l\u2019inconduite ne sont que l\u2019aboutissement de cette quête d\u2019aventures.Beaucoup d\u2019enfants emploient un tiers de leur temps de loisir hors de la maison ou de l\u2019école.Dans les quartiers surpeuplés, avec leurs logements exigus et sans attraits, la proportion du temps passé hors du foyer et de l\u2019école est beaucoup plus élevée.Les organisations de loisirs n\u2019atteignent environ qu\u2019un garçon sur dix.Du reste, bien peu de ces organisations s\u2019intéressent aux garçons miséreux: c\u2019est pourtant eux qui ont le plus besoin d\u2019être secourus.Ce problème est vaste.Il se pose aujourd\u2019hui avec une acuité qui ne fera que s\u2019accentuer avec les années.Le public en général doit lui accorder une attention agissante et soutenue; sinon, les enfants des taudis, par milliers, seront voués à un destin de hors-la-loi promis à la prison.Il est infiniment plus important et essentiel de prévenir le crime alors qu'il en est encore temps que de tenter, après coup, d'en réparer les effets désastreux.On n\u2019a plus besoin d\u2019être convaincu que la société doit assumer collectivement la responsabilité de l\u2019éducation des jeunes, dans la mesure même où leurs tuteurs naturels sont incapables de leur assurer sollicitude et protection.Les pauvres sont plus nombreux que les riches; il est donc tout naturel que les jeunes délinquants qui comparaissent devant la Cour se recrutent principalement dans les rangs des miséreux.Chez les riches, la gouvernante tient lieu de probation officer, et les écoles militaires remplacent les maisons de correction.En outre, lorsqu\u2019il arrive aux enfants de familles aisées de commettre quelque délit, les parents n\u2019hésitent pas, bien souvent, à débourser ce qu\u2019il faut pour réparer les dommages ou le préjudice causés, et, par ce moyen, à enlever à la partie lésée le motif d\u2019une plainte judiciaire.Se borner à maîtriser les flammes et à attendre tranquillement les incendies à venir constitue un système de prévention des incendies en voie de rapide disparition, parce que synonyme d\u2019imprévoyance et de gaspillage.Seules l\u2019étude des causes de la criminalité et la réalisation de programmes d\u2019action préventive peuvent empêcher nos efforts de demeurer infructueux.Notre intérêt à tous exige que les deniers publics soient dépensés en vue d\u2019un rendement maximum.Aucune cause ne mérite davantage notre attention immédiate que la cause de la jeunesse abandonnée.RELATIONS LE CINÉMA AU SERVICE DE LA PÉDAGOGIE Jean VALLERAND DANS LE DOMAINE de la pédagogie, l\u2019enseignement oral est le facteur le plus important.L\u2019enseignement par l\u2019image constitue cependant un facteur très riche en possibilités.Ces possibilités deviennent infinies si, dans ce champ de l\u2019enseignement par l\u2019image, on inclut le cinéma.On s\u2019est déjà servi du cinéma pour l\u2019enseignement et surtout pour des études de laboratoire.Le cinéma microscopique n\u2019a-t-il pas donné un film admirable sur l\u2019évolution des cellules cancéreuses, un film qui a permis aux chercheurs d\u2019orienter leurs recherches avec plus de précision ?Quand la France nous alimentait encore en films, nous pouvions voir, de temps à autre, sur les écrans montréalais destinés au cinéma français, de courtes pellicules traitant soit de l\u2019astronomie, soit de l\u2019histoire, soit de la physique, etc.Dans ces films, la photographie et le dessin étaient employés concurremment, avec un rare bonheur.Le dessin animé peut se permettre des comparaisons, des démonstrations impossibles à la photographie; il est donc capable de faire comprendre à des élèves certaines lois infiniment complexes, comme celles qui abondent dans les sciences exactes.On peut également, par le dessin animé, par le graphique mobile, résumer des périodes historiques entières, établir en somme des tableaux synoptiques vivants.Cette expérience vient d\u2019être tentée et réussie par Walt Disney avec un film intitulé Victory Through Air Power.Ce film est la mise en images de l\u2019ouvrage technique et prophétique d\u2019un célèbre constructeur d\u2019avions des États-Unis.Victory Through Air Power est d\u2019abord une histoire de l\u2019aviation, histoire où il y a évidemment une grande part de technique.Le dessin animé peut simplifier les problèmes techniques à leurs éléments essentiels, ramener les principes scientifiques en jeu à quelques images que le dessinateur présente, divise, coupe comme il l\u2019entend.Personne ne voit ce qui se passe dans un moteur à explosion pendant qu\u2019il fonctionne.Le dessin animé réussit ce tour de force.Il en est de même des lois qui agissent pour la sustentation dans l\u2019air d\u2019un avion.L\u2019air est invisible, le dessin animé peut, de façon infiniment plus captivante que le dessin statique, expliquer ces lois et démontrer de façon concrète comment elles se matérialisent.Dans Victory Through Air Power, il y a également une analyse des moyens de destruction et de protection propres à l\u2019avion.En quelques secondes, Walt Disney réussit à démontrer le principe du tir à travers l\u2019hélice, le résultat de la conjonction des feux dans les tourelles de mitrailleuses; il réussit, sans commentaires techniques, par la seule image, à analyser la puissance destructrice des torpilles aériennes, le rôle des avions dans la lutte anti-sous-marins, etc.Dans Victory Through Air Power, il y a, par exemple, cette image saisissante d\u2019une torpille aérienne tombant dans le bassin d\u2019un barrage hydraulique.Le dessinateur représente la chute de la torpille dans le bassin vu en coupe, il représente aussi l\u2019explosion et la répercussion du choc contre les parois du barrage.L\u2019enfant qui voit ces images comprend immédiatement, sans qu\u2019on ait besoin de les lui expliquer, toutes les lois qui interviennent dans ce phénomène physique.Dans Victory Through Air Power, le dessin animé est également mis au service de l\u2019histoire.En quelques minutes, Walt Disney résume toutes les conquêtes allemandes, il explique la position stratégique de chacune des armées en présence.Le dessin animé synthétise de manière absolument claire toute une période historique très complexe qu\u2019il serait impossible d\u2019expliquer aussi brièvement par l\u2019enseignement oral.Certes, ces démonstrations, où la carte géographique joue le premier rôle, sont possibles dans l\u2019enseignement oral.Mais la technique ici devient lente et, même si l\u2019on représente les armées par des blocs de bois ou des soldats de plomb, le bras humain n\u2019ira jamais aussi vite que le dessin animé.Avec le dessin animé tout est possible, même les superpositions de cartes géographiques.C\u2019est un avantage immense.Évidemment, ni le cinéma, ni même le dessin animé avec ses richesses, ne peuvent suffire sans l\u2019enseignement oral.Mais \u2014 et Walt Disney vient d\u2019en faire la preuve \u2014 le cinéma peut constituer une initiation plus accessible aux enfants que n\u2019importe quelle autre technique d\u2019enseignement.Tous les professeurs d\u2019astronomie savent quelle difficulté ils ont à faire comprendre à leurs élèves la loi des aires.En astronomie, plus qu\u2019en toute autre science, l\u2019élève doit avoir de l\u2019imagination.Songez à ce que le dessin animé peut réussir dans cette branche des sciences.En quelques images, voici expliquée cette loi si difficile à représenter concrètement à des élèves.Le dessin animé supplée au manque d\u2019imagination des uns et sauve, de façon générale, un temps précieux.Les films français que je mentionnais tantôt duraient quelques minutes à peine.Quelques-uns traitaient de sujets scientifiques très ardus, tel celui de la dissociation des atomes, par exemple; il fallait constater, cependant, avec quelle attention tous les cinéphiles assemblés dans le théâtre suivaient ce cours déguisé.Si, comme Walt Disney, on fait appel au dessin animé en couleurs, on ajoute à la facilité de la démonstration scientifique le plaisir que tirera le spectateur des tableaux variés que constitue cette technique cinématographique.Ce que Walt Disney a réussi pour Victory Through Air Power, d\u2019autres peuvent le réussir pour l\u2019enseignement des sciences ou de l\u2019histoire.Cette technique d\u2019enseignement ne pourrait être utile dans une université, évidemment.Elle serait insurpassable comme initiation.Que dans les écoles on assemble les jeunes élèves, les enfants de six à dix ans, et qu\u2019on leur présente des dessins animés sur des sujets scientifiques, historiques, des films qui, par leur technique propre, pourraient aller plus loin dans la démonstration et qui captiveraient plus l\u2019attention enfantine que de simples documentaires en photographie cinématographique ordinaire, et l\u2019on verra les vocations scientifiques se multiplier; on verra surtout \u2014 et c\u2019est ce qui compte \u2014 des êtres humains capables de comprendre le monde où ils vivent.Tous savent ce qu\u2019est une automobile, tous connaissent l\u2019existence de l\u2019électricité, des moyens modernes de transport, tous savent qu\u2019il y a des astres.Combien peuvent, devant ce spectacle d\u2019un monde en activité, comprendre le pourquoi de tout ce mouvement?Le champ est infini: je parlais de sciences exactes.Que ne pourrait-on faire, avec le dessin animé, pour initier les jeunes à la sociologie, à l\u2019économie politique, en un mot à tous les problèmes dont est faite la vie d\u2019une grande nation et la vie d\u2019un monde ?Le dessin animé, allié à la photographie et à l\u2019enseignement oral, peut produire des résultats extraordinaires.La preuve est faite de cette possibilité: à tous ceux qui sont responsables de la vie éducative et à tous ceux qui s\u2019occupent de cinématographie de se mettre à l\u2019œuvre.DECEMBRE 1943 329 DOriJMENTA 1RES MOUVEMENT DE LA POPULATION CANADIENNE 1931-1941 J.-A.BAUDOUIN IES RAPPORTS publiés jusqu\u2019ici par le Bureau fédéral de la Statistique au sujet du huitième recensement du Canada, en 1941, ne sont pas encore complets.Mais les renseignements que l\u2019on en a colligés autorisent déjà une étude qui ne couvre pas, il est vrai, tout le champ de nos investigations, mais qui peut tout de même présenter un certain intérêt.Elle porte sur le mouvement de la population dans le Canada et plus particulièrement dans la province de Québec, sur l\u2019augmentation naturelle de la population, sur l\u2019immigration et l\u2019émigration, sur le mouvement particulier de la population des principaux groupes ethniques, sur l\u2019urbanisation.Il serait intéressant de la compléter au sujet de la natalité, de la nuptialité, de la distribution de la population par groupes d\u2019âge.Mais ces données ne nous sont pas encore fournies.I.\u2014 MOUVEMENT DE LA POPULATION En 1941, les neuf provinces se répartissent comme suit d\u2019après le chiffre de leur population : TABLEAU 1 Répartition de la population par provinces en 1941 Provinces\tPopulation\t% 1.Ontario\t\t\t3,787,655\t33.0 2.Québec \t\t3,331.882\t29.0 3.Saskatchewan\t\t895,992\t7.8 4.Colombie canadienne \t\t817,861\t7.1 5.Alberta\t\t\t796,169\t6.9 6.Manitoba \t\t729,744\t6.3 7.Nouvelle-Ecosse\t\t577,962\t5.0 8.Nouveau-Brunswick\t\t457,401\t4.0 9.Ile-du-Prince-Édouard\t\t\t95,047\t0.8 Autres territoires \t\t16,942\t0.1 Canada\t\t11,506,655\t100.0 Les deux provinces d\u2019Ontario et de Québec abritent près des deux tiers de toute la population du pays.Près des trois quarts de toute la population du Canada habitent les cinq provinces de l\u2019Est.Les provinces de l\u2019Ouest ne peuvent réclamer ainsi que le reste, soit 28.4%.Le mouvement de la population au cours des dix dernières années ne s\u2019est pas effectué aux mêmes taux dans les différentes provinces.On peut les distribuer dans l\u2019ordre suivant : TABLEAU 2 Distribution des provinces d\u2019après le mouvement de leur population (1931-1941) \tAugmentation de la population\t\t Provinces\tNumérique\tProp du pays\tortionnelle de la province 1.Québec\t\t457,627\t39.6\t15.9 2.Ontario\t\t355,972\t30.8\t10.4 3.Colombie canadienne\t\t123,598\t10.7\t17.8 4.Nouvelle-Écosse\t\t65,116\t5.6\t12.7 5.Alberta\t\t64,564\t5.6\t8.9 6.Nouveau- Brunswick\t\t49,182\t4.2\t12.1 7.Manitoba\t\t29,605\t2.6\t4.2 8.Ile-du-Prince-Édouard\t\t7,009\t0.6\t8.0 Autres territoires\t\t2,989\t0.3\t21.4 CANADA\t\t1,155,662\t100.0\t \tDiminution de la population\t Province\tNumérique\tProportionnelle du pays Saskatchewan\t\t25,793\t2.8 \tAugmentation de la population\t \tNumérique\tProportionnelle du pays Canada\t\t1,129,869\t10.9 La population du Canada a donné une augmentation de 1,129,869 de 1931 à 1941, soit une proportion de 10.9%.Ces chiffres s\u2019avèrent inférieurs à ceux d\u2019il y a dix ans, soit 18.04 en 1931 et 10.9 en 1941.Comme d\u2019habitude, c\u2019est la province de Québec qui a concouru le plus puissamment à accroître nos effectifs.En effet, près de 40% de l\u2019augmentation totale du pays lui sont dus.Cette proportion est même passée de 32.2% en 1931 à 39.6% en 1941.Nous constatons, de plus, que, en 1941, la population de la province de Québec égale 29.0% de la population totale du pays, soit la proportion la plus élevée depuis 1901.Nous nous acheminons ainsi lentement vers la proportion du tiers que nous avions lors de la Confédération.La proportion de l\u2019augmentation de la population attribuée à la province d\u2019Ontario se maintient sensiblement la même: 31.2% en 1931 et 30.8% en 1941.Ontario reste encore la province la plus populeuse du Canada avec 33% de la population totale du pays.La Colombie canadienne s\u2019est accrue notablement.Son taux d\u2019augmentation (17.8%) est même le plus élevé de toutes les provinces.Au contraire, la population de la Saskatchewan a subi un recul regrettable, soit une diminution de 2.8%.Il semble qu\u2019il se soit produit un déplacement de la population de cette province vers la Colombie canadienne.La Nouvelle-Écosse et l\u2019Ile-du-Prince-Édouard, qui avaient perdu de leurs effectifs en 1931, présentent maintenant des augmentations légères.La progression de la population au Nouveau-Brunswick s\u2019est faite à une allure accélérée.La distribution de la population sur le territoire de la province de Québec pourrait suggérer une étude plus approfondie.Contentons-nous d\u2019y relever les constatations suivantes: la population des différents comtés de la province est très inégale.On peut s\u2019en rendre facilement compte en la comparant avec le chiffre moyen de la province qui est de 37.021.Les députés représentent donc des nombres fort différents de commettants.L\u2019étude de la marche de la population dans chacun de nos comtés au cours des années 1931-1941, nous démontre que l\u2019augmentation de la population est générale.A cette règle, il n\u2019y a que six exceptions.Les trente-trois villes dont la population dépasse cinq mille âmes ont toutes vu leur population augmenter.Les taux cependant en ont été différents.Dans vingt et une villes, ils sont supérieurs à celui de la province (15.9%) et dans les douze autres, ils lui sont plus ou moins inférieurs.330 RELATIONS II.\u2014 AUGMENTATION NATURELLE DE LA POPULATION Il faut entendre ici l\u2019excédent des naissances sur les décès.Le calcul, portant sur toutes les provinces du Canada, nous donne les résultats suivants: TABLEAU 3 Taux d\u2019augmentation naturelle de la population 1931-1941 \tAugmentation naturelle\t \tde la population\t Provinces\tPropor- tionnelle\tNumérique I.Québec \t\t16.2\t467,048 2.Saskatchewan\t\tI4.5\t129,728 3.Alberta \t\t13.3\t105,660 4.Nouveau-Brunswick\t\tI3.l\t59,906 5.Manitoba \t\t10.7\t77,541 6.Ile-du-Prince-Édouard\t\t\tlO.l\t9,619 7.Nouvelle-Écosse\t\t10.0\t58,080 8.Ontario\t\t\t7.4\t278,959 9.Colombie canadienne \t\t5.2\t42,594 CANADA \t\t10.6\t1,229,127 Comparées à celles des années 1921-1931, les proportions d\u2019augmentation naturelle de la population ont généralement diminué.Ici, encore, la province de Québec a conservé la première place.Les cinq premières provinces donnent des proportions supérieures à celles de l\u2019ensemble du pays.Dans les quatre autres provinces, elles lui sont plus ou moins inférieures.Les renseignements que nous donnent les différents comtés de la province sont aussi favorables.La majorité d\u2019entre eux égalent ou dépassent le taux moyen d\u2019augmentation naturelle de la population de la province (16.2%).Dans presque tous les cas, les taux sont supérieurs à celui du Canada (10.6%).III.\u2014 IMMIGRATION ET ÉMIGRATION La différence entre le mouvement total de la population et celui de l\u2019augmentation naturelle nous donne l\u2019immigration ou l\u2019émigration qui se sont produites.TABLEAU 4 Importance relative de Vaugmentation naturelle de la population, de Vimmigration et de l\u2019émigration Provinces\tAugmentation totale\t\tAugmentation naturelle\t\tImmigration\t \tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique 1.Colomb, can.\t100.0\t123,598\t34.6\t42,594\t65.4\t81,004 2.Ontario .\t100.0\t355,972\t78.3\t278,959\t21.7\t77,013 3.Nouv.-Éc.\t100.0\t65,116\t89.4\t58,080\t10.6\t7,036 \tAugmentation totale\t\tAugmentation naturelle\t\tÉmigration\t \tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique 4.Québec\t\t100.0\t467,048\t98.0\t457,627\t2.0\t9,413 5.Nouv.-Br.\t100.0\t59,906\t82.0\t49,182\t18.0\t10,724 6.lle-du-P.-É.\t100.0\t9,619\t73.0\t7,009\t27.0\t2,610 7.Alberta .\t100.0\t105,660\t61.4\t64,569\t38.6\t41,091 9.Manitoba .Autres territ.\t100.0 100.0\t77,541\t38.2\t29,605\t61.8\t47,936 2,984 Province\tÉmigration\t\tAugmentation naturelle\t\tDiminution de la population\t \tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique 1.Saskatch.\t100.0\t155,521\t83.5\t129,728\t16.5\t25,793 \tAugmentation totale\t\tAugmentation naturelle\t\tÉmigration\t \tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique\tPropor- tionnelle\tNumé- rique CANADA\t\t100.0\t1,235,100\t91.5\t1,129,874\t8.5\t105,226 Ce tableau partage les provinces en trois groupes.Le premier comprend les provinces qui, non seulement ont gardé toute la population que leur a apportée l\u2019augmentation naturelle, mais ont pu, en plus, absorber une population plus ou moins nombreuse venue de l\u2019extérieur.Leur situation économique semble donc assez bonne.Sont dans ce cas: la Colombie canadienne, l\u2019Ontario et la Nouvelle-Écosse.La Colombie canadienne continue à attirer la population du dehors.De fait, au cours des vingt dernières années, l\u2019augmentation de sa population s\u2019est faite plus par l\u2019immigration d\u2019éléments étrangers que par l\u2019apport de sa propre augmentation naturelle.La Nouvelle-Écosse se trouve en bien meilleure posture, elle qui, au cours des années 1921-1931, avait vu sa population diminuer de près de onze mille.Elle a été capable, de 1931 à 1941, en plus de retenir les 58,080 personnes de son augmentation naturelle, d\u2019en héberger 7,036 autres que l\u2019immigration lui a apportées.Il en est de même de l\u2019Ontario.Retenons toutefois que son immigration se ralentit, puisqu\u2019elle ne représente que la moitié de celle dont elle a bénéficié au cours des années 1921-1931.La province de Québec présente un tableau assez favorable.Son augmentation est faite exclusivement de sa propre population.Toutefois, elle n\u2019a pas pu garder tous les sujets que lui ont apportés les berceaux puisqu\u2019elle a souffert de la légère émigration de 9,413 des siens.Le Nouveau-Brunswick a notablement amélioré ses positions.Il a vu son augmentation naturelle augmenter et son émigration tomber de 36,331 en 1931 à 10,724 en 1941.L\u2019Ile-du-Prince-Ëdouard a changé du tout au tout.Après avoir perdu de sa population pendant vingt ans, elle commence maintenant à accuser une légère augmentation.Il lui est arrivé cependant de subir la perte de 2,610 personnes, soit la différence entre son augmentation naturelle et son augmentation totale telle qu\u2019établie par le recensement.L\u2019Alberta a changé de position.Après avoir accusé une immigration continuelle et importante, elle démontre, pour la première fois, une émigration qui a atteint le chiffre de 41,091 de 1931 à 1941.De plus, l\u2019augmentation totale de sa population s\u2019est fort ralentie, atteignant moins de la moitié de celle des années 1921-1931.Le Manitoba ne semble pas dans une situation très encourageante.L\u2019augmentation de sa population se monte à moins du tiers de celle des années 1921-1931.De plus, la légère émigration qu\u2019il avait manifestée en 1931 s\u2019est multipliée par huit en 1941 et a atteint 47,936.En Saskatchewan, les choses vont réellement mal.Après avoir toujours bénéficié d\u2019une immigration plus ou moins importante, cette province démontre l\u2019émigration effarante de 155,521 de ses citoyens.De plus, la Saskatchewan, qui a toujours terminé ses périodes de dix ans avec des augmentations substantielles de sa population, a perdu, selon le dernier recensement, 25,793 des siens.Décidément, les affaires sont devenues moins brillantes dans les grandes prairies de l\u2019Ouest.Si nous résumons la situation dans le Canada au cours des dix dernières années, nous constatons une émigration de 105,226 sujets.Ce sont des sujets que nous avons perdus à l\u2019avantage d\u2019autres pays.C\u2019est dire que notre situation n\u2019a pas paru assez brillante pour attirer des gens du dehors qui seraient venus compenser ces pertes.Commençons donc DECEMBRE 1943 331 par faire vivre convenablement notre propre population avant de parler d\u2019immigration! Sur le territoire de la province de Québec, le mouvement de la population continue de se faire dans des proportions élevées.Dans un premier groupe, trente-six comtés, non seulement ont conservé tous les sujets que leur a apportés l\u2019augmentation naturelle, mais se sont augmentés de 96,260 autres venus d\u2019autres régions de la province.Dans un second groupe, comprenant quarante-neuf comtés, on relève une perte totale de 120,381 personnes.Cette soustraction, toutefois, a été plus que compensée par l\u2019apport des berceaux qui a donné un total de 485,341, constituant ainsi l\u2019augmentation réelle de la population qui a été constatée au recensement et qui s\u2019est élevée à 364,960.Dans les quelques comtés qui restent, la situation s\u2019est démontrée plus ou moins dé- favorable.Mentionnons la Beauce, Yamaska, Compton, Papineau, Gatineau et Pontiac.En effet, à la perte de toute leur augmentation naturelle, s\u2019est ajoutée une diminution effective de leur population, démontrant un mouvement de sortie qui a atteint 35,601 individus.Tous les comtés des deuxième et troisième groupes, qui présentent une émigration plus ou moins intense, ont donc un problème sérieux à étudier.Quels sont les facteurs en cause ?Quels remèdes pourrait-on apporter ?Voilà des questions bien propres à retenir l\u2019attention des sociologues et de tous ceux qui portent intérêt au bien-être de la population.Espérons qu\u2019ils s\u2019adonneront à cette étude qui ne manque pas d\u2019importance et qu\u2019ils réussiront à trouver et à appliquer la solution désirée.\u2022 ' ¦ .\u2014 ¦ ¦ \u2022 HORIZON INTERNATIONAL ALLEMAGNE TES INFORMATIONS sur la vie re-ligieuse en Allemagne et en Europe occupée arrivent, d\u2019ordinaire, avec un retard de plusieurs mois.Présentons, dans cette chronique de décembre, une vue d\u2019ensemble sur ce qui s\u2019est passé durant l\u2019année.Vers le milieu du mois de mai parvint aux bureaux du N.C.W.C., à Washington, une copie d\u2019un rapport adressé au Gouvernement du Reich par les évêques allemands, le 18 décembre 1942.Un an auparavant, donc en décembre 1941, ces mêmes évêques avaient adressé au même gouvernement un rapport détaillé établissant le caractère illégal des vexations dont le clergé et les fidèles avaient souffert.N\u2019ayant pas obtenu de réponse, ils renouvellent leurs réclamations.Ce qu\u2019il y a de plus remarquable, dans ce second rapport, c\u2019est que les évêques décrivent ^avec très grande précision la situation lamentable faite à l\u2019Église dans quelques-uns des territoires occupés.Cette démarche était doublement méritoire.En temps de guerre, critiquer son propre gouvernement, c\u2019est risquer de fournir des armes à la propagande ennemie; c\u2019est presque certainement se faire accuser de saboter l\u2019effort de guerre.Même en pays démocratique, où la liberté de parole peut imposer le devoir de critiquer certaines dispositions prises par l\u2019autorité légitime, on hésite parfois à assumer cette responsabilité.Affronter Hitler dans ces circonstances, c\u2019était du pur héroïsme.Pour cette raison, l\u2019épiscopat allemand crut devoir affirmer avec énergie son patriotisme.Faut-il chercher dans cette préoccupation l\u2019origine de quelques expressions vraiment étonnantes que nous relevons dans le document épiscopal ?Il est d\u2019ailleurs possible que le texte qui nous est parvenu, après avoir été traduit à plusieurs reprises, ne livre pas adéquatement la pensée de ses auteurs.En tout cas, voici quelques phrases particulièrement surprenantes: « L\u2019Alsace-Lorraine fut rendue au Reich après vingt ans de domination étrangère.En mai 1940, le peuple reçut les troupes allemandes avec un grand enthousiasme parce qu\u2019il se sentait allemand, et parce qu\u2019il espérait obtenir plus de justice sous l\u2019administration allemande que sous le régime français.» L\u2019administration française, c\u2019est entendu, s\u2019était rendue coupable de graves abus à l\u2019égard des Alsaciens-Lorrains, surtout depuis 1924 et durant les années du Front populaire.La réaction des catholiques alsaciens-lorrains fut très vive, mais il ne fut jamais question pour eux de passer à l\u2019Allemagne.Après l\u2019avènement du nazisme en Allemagne, on savait parfaitement distinguer entre la France, même celle des lois laïques, et l\u2019Allemagne hitlérienne.C\u2019est pourquoi les Alsaciens-Lorrains furent bannis en grand nombre, dès l\u2019invasion allemande, et se réfugièrent dans le midi de la France.Plus loin, nous apprenons que « le peuple du Luxembourg reçut amicalement les troupes allemandes ».Ceci ne répond pas à la vérité historique.Quant à la Slovénie, qui n\u2019avait jamais souffert de la part des Serbes les vexations qui accablèrent les Croates, le document fait allusion à « l\u2019enthousiasme pour l\u2019Allemagne dont 90% de la population était animée ».Par ces considérants, peut-être les évêques ne voulurent-ils que justifier leur intervention au sujet de ces pays, car tout le document est un terrible réquisitoire contre l\u2019occupation allemande de ces territoires.En Alsace-Lorraine, ce fut l\u2019expulsion de la moitié des curés du diocèse de Metz, la dissolution des organisations et congrégations religieuses, l\u2019expropriation des hôpitaux et des asiles.Au Luxembourg, fermeture des monastères, restrictions dans l\u2019exercice du ministère sacerdotal, dispersion des prêtres et des religieux, emprisonnement de nombreux citoyens dans les camps de concentration.Ce que les évêques allemands rapportent de la Poznanie, qu\u2019on appelle maintenant la Warthegau, est effrayant.Dans l\u2019archidiocèse de Poznan, la plupart des églises ont été confisquées, nous disent-ils; beaucoup ont été transformées en entrepôts; une est devenue un manège d\u2019équitation.Les tabernacles ont été outragés, le saint Sacrement a été odieusement profané, même dans les églises qui, jusqu\u2019à cette date, avaient été attribuées à l\u2019usage de la population catholique de langue allemande.« Continuellement, nous apprenons que les Allemands se plaignent de ce que les autorités leur arrachent les biens pour lesquels ils avaient tant lutté sous le précédent régime polonais, si bien qu\u2019aujourd\u2019hui ils ne jouissent même pas des droits qu\u2019ils avaient sous le gouvernement précédent.» La Gestapo donne aux prêtres ses directives même pour ce qui a trait à la vie intérieure de l\u2019Église.Ces derniers protestent, et plusieurs d\u2019entre eux ont été relégués au camp de concentration de Kutno.Plus d\u2019un Polonais, en parcourant ces lignes, aura peut-être la tentation de penser: «Tant pis pour eux! Ils n\u2019avaient qu\u2019à rester tranquilles sous le Gouvernement polonais qui, en somme, ne les avait pas si mal traités.» Ne laissons pas les sentiments de rancune, sentiments très humains et peut-être même un peu diaboliques, souiller l\u2019idéal qui doit animer notre guerre de libération.Telle était la situation au début de l\u2019année 1943.Nous ignorons si le Gouvernement allemand a pris la peine de répondre à ce rapport autrement qu\u2019en emprisonnant le clergé.D\u2019après un Allemand qui, récemment libéré de Dachau, a pu s\u2019échapper en Suisse, il y avait (KAP, 25 octobre 1943) presque trois mille prêtres catholiques internés dans ce célèbre camp de concentration, dont 2,000 polonais.332 RELATIONS En février 1942, leur sort s\u2019améliora.On diminua les châtiments corporels, les coups de fouet, les travaux forcés.On leur permit de visiter la chapelle du camp une fois par jour, on leur donna une meilleure nourriture, on leur laissa quelques périodes de repos.A l\u2019automne de 1942, les prêtres allemands eurent seuls la permission d\u2019aller à la messe; les autres prêtres sont de nouveau fouettés pour la moindre infraction aux règlements du camp.Durant la seule année 1942, environ 1,500 prêtres polonais seraient morts de faim dans le seul camp de concentration de Dachau.Au printemps de 1943 parut une Pastorale signée par Mgr Frings, archevêque de Pologne, et Mgr Jæger, évêque de Paderborn, au sujet de l\u2019immoralité dans le Troisième Reich.Détachons-en ces quelques petites phrases qui évoquent une situation monstrueuse: « Le sixième commandement est rejeté par principe » ; « on proclame comme un droit la licence des mœurs la plus effrénée, on considère les crimes sexuels comme autant de vertus ».On proclame le droit à «l\u2019amour libre»; «on justifie la maternité illégitime ».« Il n\u2019y a pas de force légale ou morale qui puisse forcer un individu à se marier.» Ces courtes phrases en disent terriblement long.Il est difficile de contrôler ce qui se passe à l\u2019intérieur de cet inimaginable Troisième Reich.D\u2019après une brochure illégale qui parut à Varsovie sous le titre de Golgotha, « les Allemands ont organisé des camps expérimentaux qui ont pour but l\u2019amélioration de la race allemande.Les enfants (il s\u2019agit d\u2019enfants polonais), malgré leur jeune âge, sont forcés d\u2019avoir des rapports sexuels, comme s\u2019ils n\u2019étaient que du bétail ».Ce qui est certain, c\u2019est que longtemps avant la guerre il y avait en Allemagne de ces stations d\u2019amélioration raciste.En août, les évêques, réunis au tombeau de saint Boni-face, à Fulda, publièrent une nouvelle Pastorale collective.Célle-ci fut signée par les cardinaux Bertram, Faulhaber et Innitzer, par vingt-six archevêques et évêques, et six délégués de la Warthegau.C\u2019est un appel passionné à l\u2019Allemagne pour qu\u2019elle revienne à la foi de ses pères.Les évêques le lancent non seulement « à ceux qui ont abandonné le Dieu véritable, et qui veulent substituer la haine à l\u2019amour comme loi de vie et loi morale, qui veulent mettre la violence à la place du droit et de la justice; l\u2019utilité à la place de la morale », mais aussi à ceux « qui se forgent un dieu qui soit d\u2019accord avec leurs idées et leurs ambitions; un dieu qui soit la propriété exclusive d\u2019une nation ou d\u2019une race ».Ils protestent contre la déchristianisation de la jeunesse à l\u2019école, aux camps de travail, contre les restrictions apportées à l\u2019exercice du ministère, contre l\u2019interdiction de célébrer les offices religieux après une attaque aérienne.De fait, maintenant que l\u2019Allemagne est soumise de plus en plus fréquemment aux bombardements alliés, les alertes sont à peu près ininterrompues.Cela veut dire qu\u2019il devient de plus en plus difficile de réunir les fidèles dans les églises.Voici comment les évêques s\u2019expriment sur l\u2019universalité des bombardements aériens: « Nous ne pouvons qu\u2019exprimer notre douleur et notre affliction devant les formes vraiment inhumaines dans lesquelles la guerre est en train de dévier.La guerre est une lutte chevaleresque entre armées qui s\u2019opposent; l\u2019attaque contre les non-combattants, les innocents, les enfants, les vieillards et les infirmes, la destruction des églises, des monuments de la civilisation et de la charité chrétiennes qui avaient été respectés jusqu\u2019ici par tout ennemi, cela ne peut pas s\u2019appeler une guerre: cette affreuse parole est trop douce pour cela.» Cette phrase un peu compliquée mérite d\u2019être examinée avec soin.N\u2019allons pas croire que les évêques allemands \u2014 si leur pensée nous est parvenue avec exactitude \u2014 prétendent que ces horreurs sont une « déviation » de cette guerre, que « tout ennemi » avait respecté jusqu\u2019à ces derniers temps les monuments de la civilisation et de la charité chrétiennes, que jusqu\u2019au moment où elle s\u2019abattit sur l\u2019Allemagne la guerre des airs avait respecté les femmes, les enfants, les vieillards et les malades.La guerre totale, ils le savent aussi bien que nous, est sortie comme un monstre caparaçonné du cerveau d\u2019Adolphe Hitler.Quand les bombes des Stukas éclatèrent sur les villes et villages de Pologne, de Hollande, de Belgique, de France, quand les soldats (faut-il leur laisser ce nom ?) nazis mitraillaient les colonnes de réfugiés sans défense, et que le blitz ravageait l\u2019Angleterre, les évêques pouvaient difficilement faire comprendre que « ceux qui se serviront de l\u2019épée périront par l\u2019épée »; celui qui emploie contre ses ennemis des moyens inhumains périra à son tour par des moyens inhumains.Aujourd\u2019hui, ils peuvent faire entrer cette vérité dans les cerveaux de leurs compatriotes.Ce rappel au précepte évangélique d\u2019aimer ses ennemis peut nous être utile à nous aussi.POLOGNE rïANS LES CONDITIONS présentes, il est à peu près impossible de réunir les éléments essentiels sur la situation de la Pologne.1.La Pologne sous l'occupation allemande.\u2014 a) Territoires incorporés au Troisième Reich.Nous avons vu plus haut ce qu\u2019en disaient les évêques allemands.D\u2019après une étude d\u2019ensemble qui parut dans YOstschweiz (journal catholique publié à Saint-Gall), il n\u2019y a plus une seule église catholique ouverte dans l\u2019ancien archevêché de Gniezno : en 1939, il y avait 261 paroisses, 381 membres du clergé séculier, 44 religieux.Il est interdit de parler polonais; même au confessionnal (il a été question, dans les agences polonaises, de prêtres arrêtés pour ce motif; les agents de la Gestapo semblent avoir envoyé des espions faire un simulacre de confession).Dans Y archevêché de Poznan, où il y avait 368 paroisses, 653 prêtres séculiers, 154 religieux, toutes les églises polonaises ont été fermées et plusieurs transformées en entrepôts; il reste deux prêtres de langue polonaise pour tout le territoire.Plusieurs religieuses ont été envoyées aux travaux forcés en Allemagne.Le diocèse de Chelmno avait, en 1939, 314 paroisses, 646 prêtres séculiers, 123 religieux.L\u2019évêque mourut en 1941, le vicaire général est interné; durant les trois premiers mois d\u2019occupation, 40 prêtres furent tués, 291 disparurent.On ne trouve plus un prêtre polonais en liberté dans tout le territoire.Une partie considérable de la population a été déportée.L\u2019évêque du diocèse de Wloclawek, Mgr Michel Kozal, se trouve à Dachau.Le diocèse avait 435 prêtres séculiers, 59 religieux, 246 paroisses.Il n\u2019y a plus que deux prêtres polonais en liberté dans tout le territoire, dont un vieillard.Le diocèse de Lodz est un de ceux qui ont le plus souffert.Tout récemment, les Allemands ont fait détruire la cathédrale de cette ville.Les Polonais et les Juifs furent obligés d\u2019exécuter cette besogne.Parmi ceux qui furent condamnés à ce travail, il y eut des prêtres; au lieu d\u2019obéir, ils se mirent à genoux; la foule s\u2019attroupa.Les soldats ouvrirent le feu, et chargèrent à coups de bâton.Récemment, de même, la cathédrale de Pelplin a été changée en garage.La célèbre bibliothèque de cette ville, une des plus importantes de Pologne, a été brûlée dans une raffinerie à sucre.Livres, drapeaux, monuments, tout fut employé comme combustible.Sur les diocèses de Czestochowa, Plock, Katowice, nous n\u2019avons pas de renseignements plus récents que ceux qui ont été publiés dans The Black Book of Poland.b) Dans le Gouvernement général, l\u2019événement de l\u2019année a été la suppression des ghettos et l\u2019arrestation en masse pour les travaux forcés.Les ghettos, constitués durant la première partie de l\u2019occupation, devinrent, comme on pouvait s\u2019y attendre, des foyers d\u2019infection.Les Allemands les détruisirent.Voici, d\u2019après KAP du 7 octobre, ce que rap- DECEMBRE 1943 333 porta un catholiaue polonais qui se trouva sous l\u2019occupation allemande jusqu\u2019à cette année: « Il est absolument vrai que plus de deux millions de Juifs ont été tués de la façon la plus cruelle.Pendant la liquidation du ghetto de Varsovie, on a réuni 8,CC0 Juifs à une gare secondaire où les attendait un train de marchandises de soixante wagons.On mit cent Juifs dans chacun, et on en ajouta un certain nombre pardessus les autres.Le plancher était couvert d\u2019une poudre de chaux mêlée à du chlorure et les wagons, une fois chargés, furent hermétiquement fermés.Le train fut transféré sur une voie de garage, en dehors de la ville, et laissé là une semaine.» Le camp de concentration de Tremblin a obtenu une réputation sinistre.Les Juifs y étaient enfermés, d\u2019après cet informateur, dans des cachots spéciaux; on y introduisait ensuite des gaz asphyxiants, et les victimes mouraient en un quart d\u2019heure.L\u2019arrestation de la population civile pour les travaux forcés s\u2019est étendue particulièrement aux enfants.On commence à les prendre même avant l\u2019âge de douze ans.D\u2019après les informations de KAP, ces enfants, une fois rendus en Allemagne, ne sont pas protégés par la loi des mineurs.Ils font de douze à quatorze heures de travail par jour, et subissent le fouet pour la moindre infraction aux règlements.c)\tDans les camps de concentration.Vers le milieu de cette année, les camps de concentration étaient organisés de la façon suivante: 1° Camps où l\u2019on reçoit les prisonniers avant de les destiner ailleurs.On en connaît à Augustow, Dzialdowo, Inowroclaw, Konstantynow, Lodz, Madjanaek, Myslowice, Sosnowiec, Tarnow.Le régime de travail y est très dur, et beaucoup de prisonniers meurent dans ces camps avant d\u2019être transférés plus loin.2° Les camps de détention pour vieillards, malades et hommes politiques.Il y en a vingt-quatre dans la seule Pologne orientale; ceux qui y sont envoyés sont, pratiquement, condamnés à mort.3° Les camps où l\u2019on envoie les jeunes gens arrêtés pendant les grandes rafles dans les rues.Ces rafles, quelque temps, eurent lieu à la fin des offices religieux.Un seul'jour, à Varsovie, on arrêta 36,000 personnes au sortir des églises.Les plus importants de ces camps sont à Starogard, Tremblinka.4° Le clergé est envoyé surtout aux camps de Bojanow, Konstancin, Lodz et Gdansk.5° Les femmes ont, elles aussi, des camps spécialement destinés à elles; on rapporte que les vieilles femmes sont tuées par gaz asphyxiants.Des exécutions auraient lieu tous les mois.6° Les camps pour Juifs, dont celui de Tremblin nommé plus haut, ne servent guère qu\u2019à des massacres.7° Les camps d\u2019expérimentation pour l\u2019amélioration de la race; les physiologistes allemands y font des expériences sur des jeunes gens et des jeunes filles.On nomme le camp d\u2019Helenow comme appartenant à cette catégorie; il y en aurait d\u2019autres, mais on manque d\u2019informations précises à leur sujet.8° Les camps de correction pour les jeunes gens indociles.9° Les camps pour enfants de 6 à 9 ans; les plus sains d\u2019entre eux seraient expédiés en Allemagne pour y grandir en bons petits Allemands.d)\tLes mouvements illégaux.Il y a environ quarante-trois journaux illégaux publiés en Pologne: Quotidien polonais, Pologne combattante, le Signe, La guerre continue, les Nouvelles polonaises, etc.Parmi les mouvements catholiques illégaux, un des plus intéressants est le « Front de la Résurrection ».C\u2019est une organisation catholique, qui a pour but de faire rentrer Dieu dans la vie publique.On a trop cru, avant la guerre, que la religion ne devait avoir aucune influence sur l\u2019action de l\u2019État.On estime, d\u2019après l\u2019expérience de la guerre et celle de l\u2019occupation allemande, que les relations sociales et internationales doivent se baser sur la foi en Dieu.Le « Front de la Résurrection » pénètre tous les milieux de la société, s\u2019occupe autant de l\u2019éducation des enfants que de celle des adultes.Il publie deux journaux: la Vérité et la Vérité pour les jeunes, à un tirage de 10,000 exemplaires.Des membres de ce « Front » siègent aux commissions pour établir les responsabilités de ce qui a été fait par les autorités occupantes; ces commissions ont pris le caractère de tribunaux et elles estiment que les crimes commis relèvent de l\u2019autorité polonaise.Il y a eu des plaintes, depuis quelque temps, qu\u2019un mouvement communiste « polonais », dirigé et appuyé par les Soviets, s\u2019efforce de créer, en Pologne occupée, les mêmes divisions et guerres civiles qui ont ensanglanté la Yougoslavie, et qui se manifestent de plus en plus en Grèce, \u2014 ces communistes voulant se réserver toute la direction du mouvement illégal.e) Les Polonais en Allemagne.Il est à peu près impossible de déterminer de façon précise le nombre de Polonais \u2014 hommes, femmes, enfants \u2014 emprisonnés ou employés en Allemagne.Depuis quelques mois, on remarque, depuis l\u2019Esthonie jusqu\u2019à la Belgique, une tentative de la Gestapo d\u2019imposer au clergé la corvée de recruter les travailleurs pour le Troisième Reich.On donnerait aux prêtres des sermons tout composés qu\u2019il ne leur resterait qu\u2019à lire en chaire.Thème des sermons: l\u2019Allemagne s\u2019efforce de sauver l\u2019Europe contre le bolchévisme.Il faut collaborer à cette œuvre en allant travailler en Allemagne.A Lille, le cardinal Liénart a récemment protesté contre ces manœuvres; dans la région de Vilna, cinq prêtres viennent d\u2019être tués pour avoir refusé de se plier à ces ordres.2.\tLes Polonais en U.R.S.S.\u2014 Quand, profitant des victoires allemandes, les troupes soviétiques occupèrent la Pologne orientale de septembre 1939 à juin 1941, on déporta en U.R.S.S.environ deux millions de Polonais.Parmi ceux-ci, il y avait de nombreux soldats.Environ 70,000 d\u2019entre eux furent reconstitués en armée après juin 1941; plus tard, ils furent évacués en Iraq.On n\u2019a pas encore le dernier mot sur le massacre des officiers qui eut lieu dans la forêt de Katyn.Parmi les Polonais déportés, il y eut un nombre considérable d\u2019enfants.Nous avons tenu nos lecteurs au courant de ce que l\u2019on pouvait savoir sur ces malheureux (voir Relations, décembre 1942, mai 1943).Depuis le printemps de cette année, les Soviets considèrent les déportés polonais comme des citoyens soviétiques, et il est devenu impossible de s\u2019intéresser à leur sort.Les rapports diplomatiques entre l\u2019U.R.S.S.et la Pologne ont été brisés par l\u2019U.R.S.S.Le Gouvernement soviétique reconnaît à la place du Gouvernement polonais un comité « Pologne libre » composé de communistes établis à Moscou.3.\tLes Polonais dans les Indes, en Iraq, en Égypte, dans V Uganda.\u2014 Un nombre indéterminé de Polonais, composé surtout d\u2019enfants, put quitter l\u2019U.R.S.S.avant le printemps de 1943.Leur nombre s\u2019élève à plusieurs dizaines de milliers.Les uns furent évacués par la Sibérie sur J\u2019Inde ; d\u2019autres arrivèrent en Iran, et de là en Iraq, Syrie et Égypte.Ils étaient dans un état de santé lamentable.Mgr Gawlina (Relations, mai 1943) a fait des conférences aux États-Unis pour réunir des fonds afin de leur venir en aide.Récemment, dix mille de ces réfugiés, dont la moitié étaient des enfants, arrivèrent dans l\u2019Uganda, en Afrique Orientale.Ils manquent de presque tout.4.\tLes Polonais à travers le monde.\u2014 Lors du grand exode de 1939, les réfugiés polonais arrivèrent un peu partout.On établit des camps importants en Roumanie.Il y a environ 10,000 réfugiés polonais en Hongrie, dont 6,000 soldats internés dans les camps militaires, 3,000 internés dans les camps civils et un millier qui circulent en liberté.La jeunesse a été installée dans des camps spéciaux où des professeurs polonais s\u2019occupent d\u2019elle.On trouve d\u2019autres réfugiés polonais dans tous les pays du monde: en Italie, en France, en Angle- 334 RELATIONS terre, en Écosse, en Amérique du Nord et du Sud.En vérité, la Pologne a été dispersée aux quatre coins de la terre.On estime que le nombre de Polonais établis en dehors de leur patrie s\u2019élève à environ huit millions.Telle serait la fabuleuse diaspora du peuple qui, le premier, résista à l\u2019agression hitlérienne et ne pactisa jamais avec elle.5.\tLa Pologne combattante.\u2014 Quand la Pologne s\u2019effondra, en septembre 1939, un grand nombre de ses soldats, de ses marins et de ses aviateurs s\u2019échappèrent et vinrent en France; en juin 1940, ils gagnèrent l\u2019Êcosse.Ils continuent la guerre.Aujourd\u2019hui, l\u2019armée polonaise vient immédiatement après celle des quatre grands pouvoirs: Angleterre, Chine, États-Unis, Union soviétique.L\u2019aviation polonaise s\u2019est particulièrement distinguée.De juin 1940 à novembre 1942, les aviateurs polonais qui se battent en union avec la R.A.F.abattirent 500 avions ennemis; on leur en concède 250 autres probablement abattus.Ils prennent une part considérable aux bombardements de l\u2019Allemagne.Le courage de ces soldats, marins et aviateurs, est devenu légendaire.Il peut être utile de rappeler que dans le Gouvernement polonais en exil il n\u2019existe pas de dissensions ; ou, s\u2019il y en a, elles sont éliminées avant d\u2019atteindre le grand public.Ainsi, tout l\u2019effort du Gouvernement polonais en exil est engagé dans la poursuite de la guerre.Les Allemands, jusqu\u2019à présent, n\u2019ont pas trouvé un seul collaborateur de marque en Pologne occupée.6.\tLa Pologne et les accords de Moscou.Depuis le printemps de cette, année, le Gouvernement soviétique a manifesté à plusieurs reprises son dessein d\u2019annexer définitivement la partie de la Pologne que les armées soviétiques avaient occupée, de 1939 à 1941, grâce aux victoires allemandes.Ces prétentions inadmissibles, basées sur une conquête due au fait que l\u2019armée polonaise avait été brisée par les troupes hitlériennes, ont causé une vive émotion dans les milieux américains.Deux témoignages, surtout, eurent un retentissement considérable: la déclaration de S.Exc.Mgr Mooney, archevêque de Détroit (5 septembre), et la « résolution » émise par les Chevaliers de Colomb dans leur convention annuelle (6 septembre).Il ne s\u2019agit pas seulement de la Pologne, encore que ses états de service, l\u2019immensjté de ses souffrances et les promesses de nos hommes d\u2019État à son égard ne puissent être ignorés.Il s\u2019agit de notre honneur et de notre conscience.De notre honneur, car après avoir accepté la participation de l\u2019armée polonaise à nos côtés pour la guerre commune, nous ne pouvons déserter la Pologne sans nous déshonorer.De nos consciences, car si la Pologne ou une partie considérable de la Pologne est abandonnée aux convoitises soviétiques, tout notre effort de guerre aura eu pour objet de donner aux Soviets le Lebensraum qu\u2019ils désirent.La Charte de l\u2019Atlantique, les discours du président Roosevelt sur les cinq libertés, auront rejoint, dans la poubelle, les autres chiffons de papier dont on s\u2019était servi pour tromper le peuple.On aura sacrifié les principes moraux, les obligations librement consenties, à l\u2019opportunisme politique.La seule conséquence de la guerre serait un terrible désespoir moral dans le monde entier.C\u2019est pourquoi l\u2019on attendit avec une vive anxiété l\u2019issue des pourparlers moscovites.Quand le texte de l\u2019accord parut, le 2 novembre, on constata qu\u2019il y était largement question de l\u2019Autriche et de l\u2019Italie.Personne ne s\u2019attendait à quoi que ce fût sur l\u2019Autriche; la situation italienne n\u2019offre pas d\u2019inquiétude immédiate.De la Pologne,.pas un mot, sauf pour dire que les atrocités commises contre les officiers polonais par les Allemands seront vengées.Ce silence a causé une véritable stupeur.Aurait-on jeté la Pologne en pâture à ceux qui la veulent dévorer?On entonna un formidable dithyrambe pour étouffer la clameur qui s\u2019élève avec un élan irrésistible des consciences outragées.Mais il y a des convictions tellement ancrées dans les âmes des hommes qu\u2019il est impossible de leur imposer silence.Que les Israélites nous permettent de leur rappeler que Juifs et Polonais sont aujourd\u2019hui crucifiés au même gibet, enfermés dans les mêmes cachots, attelés aux mêmes chariots, couchés sous le même fouet ; que les Polonais risquent leur vie, sur les bords de la Vistule, pour cacher les Juifs pourchassés par les policiers de la Gestapo.Par toute l\u2019Europe, en Italie, en France, en Belgique, en Hollande, les évêques catholiques se dressent devant l\u2019envahisseur pour lui dire que les Juifs sont des personnes humaines comme les autres, et qu\u2019il faut les respecter.Il nous semble que des voix juives pourraient se faire honorablement entendre aujourd\u2019hui au sujet de la Pologne.Dans l\u2019automne de 1938, MM.Chamberlain et Daladier allèrent à Munich avec Mussolini pour accepter l\u2019attribution du pays sudète à Hitler.On les appela les Munichois; on leur donna aussi le surnom de charcutiers.La Tchécoslovaquie s\u2019inclina.La Pologne ne s\u2019est pas inclinée, ni en 1939, ni aujourd\u2019hui.Depuis plus de quatre ans, elle est restée au premier rang de ceux qui luttent.La rupture diplomatique d\u2019avec l\u2019U.R.S.S.ne l\u2019a pas découragée un instant; les sombres rumeurs qui parviennent d\u2019au delà du Niémen ne l\u2019émeuvent pas davantage.Elle fait la guerre.Nous attendons encore avant de formuler notre jugement sur les accords de Moscou et, par conséquent, sur nos buts de guerre.S\u2019il est vrai que la Pologne a été sacrifiée, nous serons forcés de conclure que les Nations alliées ont fait un énorme pas en avant, non vers la victoire sur la haine, l\u2019injustice et la violence, mais par-dessus le cadavre de la Pologne, vers le triomphe de l\u2019iniquité, de l\u2019oppression et du chaos.Nous serons alors obligés de répéter la parole que Pie XI adressa à Mussolini en 1935: Justitia elevat gentes, disperdit autem populos peccatum.La justice élève les nations, mais le péché détruit les peuples.L\u2019Italie a appris cette vérité dans les ruines, les larmes et le sang.Dieu veuille que nous n\u2019ayons pas un jour à l\u2019apprendre de la même façon.Joseph-H.Ledit * 31.00 pott/o.U L\u2019ACTUALITÉ SAISIE SUR LE VIF Voulez-vous savoir pourquoi Relation à possède la clientèle la plus considérable chez nous des revues d'idées et d'action?ABONNEZ-VOUS.Le succès croissant de \u201cRelation*\u201d prouve la joie que l'on éprouve à le recevoir.335 LIVRES RECENTS MORALE ET ESSAIS Abbé Josaphat-Z.Dufort: Éthique professionnelle.Morale médicale à l\u2019usage des gardes-malades, médecins, prêtres.\u2014 Montréal, Hôpital du Sacré-Cœur, 1943.169 pp., 27 cm.CET OUVRAGE de 169 grandes pages miméographiées comporte quatre parties: 1.L\u2019auteur explique les principes de morale fondamentale qu\u2019il juge nécessaires: l\u2019acte humain, la coopération, le volontaire direct et indirect.M.Dufort s\u2019y révèle bon psychologue en même temps que solide moraliste.2.Obligations professionnelles: justice et charité.Science, honnêteté, secret professionnel sont dus en justice.De la charité relèvent les devoirs de dévouement, bonté, patience, fermeté, réserve, bonne humeur, vigilance.On eût aimé quelques indications sur l\u2019aide aux moribonds non catholiques.3.Étude des sacrements de baptême, eucharistie, extrême-onction.Pour le mariage, après quelques notions générales, l\u2019auteur étudie, à la lumière de Casti connubii, la continence périodique, le néomalthusianisme.4.Destinée plus particulièrement à la garde-malade, cette dernière partie est un utile petit traité de spiritualité.La valeur de cet ouvrage est indiscutable.Aussi les lecteurs auxquels s\u2019adresse M.le curé Dufort lui sauront-ils gré de n\u2019avoir épargné ni son temps ni sa peine pour leur donner un substantiel exposé de principes et, par le fait même, d\u2019avoir projeté de la lumière sur des cas de conscience souvent délicats.L\u2019Immaculêe-Conception.Georges Van Belleghem.R.P.Louis-Joseph LEBRET, O.P.: Mystique d\u2019un monde nouveau.\u2014 Montréal, Éditions Variétés, 1943.\t174 pp., 19.3 cm.LE BIEN COMMUN n\u2019est pas une somme d\u2019intérêts indivi-' duels; il se distingue des intérêts collectifs, car il implique dans sa notion même une donnée morale.La réalisation du bien commun est affaire de vertu et notamment de celle qui se nomme justice sociale.Le premier devoir de l\u2019homme politique est d\u2019être le serviteur du bien commun; la politique bien comprise n\u2019est que la science, la vertu et l\u2019art du bien commun, ce qui nous libère à la fois du libéralisme, du marxisme et de tout nationalisme excessif.A côté, ou plutôt au-dessus du bien commun temporel, il y a le bien commun spirituel, dont la source est dans le Christ, dont la charité est l\u2019inspiratrice et dont l\u2019Église est la gardienne.L\u2019exposé doctrinal du P.Lebret est juste, profond, plein d\u2019idées neuves, très suggestif.Il se résume dans cette formule qui clôt le livre et mérite une entière approbation: « Le bien commun est l\u2019élément qui fait d\u2019un groupe humain une communauté fraternelle.Il n\u2019est vraiment lui-même que s\u2019il sert, au delà de la communauté restreinte qu\u2019il affecte, toute la communauté humaine.» Dans le domaine des applications, certaines réserves seraient à formuler; des distinctions auraient dû être faites; c\u2019est une affirmation gratuite et erronée que de prétendre que le régime démocratique et parlementaire est incapable de réaliser la notion de bien commun.Évidemment, celle-ci, dans la pensée de l\u2019auteur, est liée à un système politique et à une structure économique déterminée qui se ressentent de tendances sans doute trop autoritaires.Jacques Cousineau.HISTOIRE Gustave COHEN: La grande clarté du Moyen Age.\u2014 New-York, Éditions de la Maison Française, 1943.225 pp., 19 cm.1ES TÉNÈBRES du Moyen Age ne sont que celles de notre ¦> ignorance », tel est le verdict du grand médiéviste qu\u2019est M.Cohen; et après la lecture de son dernier ouvrage, nous n\u2019avons nulle peine à y souscrire.« La grande clarté du Moyen Age », il nous la révèle en des pages qui sont elles-mêmes toutes baignées de lumière et qui pour beaucoup seront une véritable révélation.Moyen Age, expression qui répond si peu à la réalité et que l\u2019illustre professeur en Sorbonne voudrait voir remplacer par Premier Age, car c\u2019est celui de toutes les genèses, « le temps de la création où toutes les formes d\u2019art sortent d\u2019une matrice inépuisable, qui a nom France, avec la fraîche et charmante jeunesse du printemps ».Sous la conduite de M.Cohen, quelle délicieuse et intéressante promenade nous pouvons faire à travers tous les siècles qui composent le Premier Age, du XIe au XVe, chacun avec ses caractéristiques et ses apports particuliers, mais tous dominés par le xme, le grand siècle, le siècle de saint Thomas et le siècle de saint Louis! Quand est né le français, « la parleure la plus dilettable » ?quand sont nées la peinture et la musique modernes?la réponse sera toujours la même: au Premier Age.Que dire de l\u2019architecture médiévale, « qui s\u2019équivaut en grandeur, en inspiration et en majesté à ce que les Anciens et les Modernes ont produit de meilleur » ?Après Chateaubriand et Huysmans, l\u2019éloge de la cathédrale gothique n\u2019est plus à faire et pourtant M.Cohen trouve encore des accents nouveaux, parce que chargés d\u2019amour, pour dire sa louange.La science elle-même ne saurait méconnaître le rôle du Premier Age: par ses inventions techniques, le moulin à eau et à vent, la boussole, le gouvernail, l\u2019écluse, la poudre à canon et les armes à feu qui nous permettent de sauver la civilisation, l\u2019imprimerie qui a rendu le savoir accessible à tous, le Premier Age a ouvert les voies à la science moderne.Le soi-disant obscurantisme du Moyen Age est exécuté magistralement en quelques lignes, car serait-elle si arriérée cette époque « qui, fondée sur la révélation, accepte pour maîtres et guides ceux-là mêmes qui en ont été privés et qu\u2019elle reconnaît pour les plus grands: Aristote, Virgile et Ovide»?Il n\u2019est pas jusqu'à la liberté qui ne soit une invention du Premier Age: n\u2019est-ce pas lui qui a vu la substitution de la main-d\u2019œuvre libre au travail servile, la libération progressive des serfs, la proclamation de la Grande Charte de 1214 et la naissance du Parlement britannique ?L\u2019érudition de M.Cohen est extraordinaire et pourtant ce livre n\u2019est pas celui d\u2019un érudit au sens péjoratif que prend parfois ce mot: c\u2019est celui d\u2019un fin lettré, d\u2019un artiste, d\u2019un penseur, une réussite parfaite dans la plus pure tradition française, qui apprend à dire le maximum de choses avec le minimum de mots dans une langue harmonieuse et transparente comme une source.Albert Le Roy.Général Chadebec de Lavalade: Pétain ?\u2014 Rio de Janeiro, Atlantica Editora, 1942.156 pp., 19 cm.LE GÉNÉRAL DE LAVALADE inaugure les Cahiers de la ' Victoire publiés au Brésil et distribués au Canada par les Éditions de l\u2019Arbre.L\u2019auteur prit part à la guerre de 1914-1918, comme capitaine et commandant, et fut directeur de la mission militaire au Brésil en 1938-1940.Voici sa thèse: Pétain ne posséda jamais les qualités morales d\u2019un chef suprême, militaire ou civil; son attitude durant la guerre de 1914-1918 explique ses défiances actuelles envers la Grande-Bretagne.Sans doute Pétain possède une connaissance parfaite des procédés de combat et il a un réel talent d\u2019organisateur; c\u2019est concédé; mais il serait d\u2019un pessimisme allant jusqu\u2019au défaitisme et il reculerait trop facilement devant les responsabilités.Les preuves?Foch, Clemenceau, etc., ont été obligés de le talonner.Lisez leurs lettres, mémoires, etc.Les appréciations sur la grandeur des hommes d\u2019action sont délicates.Dans les choses morales, politiques et militaires, le probabilisme joue souvent un grand rôle.Il ne suffit pas de certains textes qui affirment qu\u2019à certaines heures Pétain ait voulu se tenir sur la défensive et qu\u2019il ait donné libre cours à des prévisions pessimistes pour conclure à un « complexe d\u2019infériorité ».Désirer épargner, le plus possible, les vies françaises n\u2019est pas nécessairement preuve d\u2019un petit génie; se tromper par conjectures qui après coup s\u2019avèrent pessimistes, ne dénote pas catégoriquement la médiocrité.L\u2019insuccès, pour quelques-uns, serait toujours preuve d\u2019incompétence; pour d\u2019autres, la 336 RELATIONS grandeur d\u2019âme dans le malheur rend une figure plus sympathique.Après comme avant ce livre, le point d\u2019interrogation persiste: Pétain?L'Immaculêe-Conception.Frédéric Saintonge.Général Êon: La bataille des Flandres.Sedan.\u2014 Montréal, Éditions Beauchemin, 1943.112 pp., 18.8 cm.Un hors-texte et 4 cartes en couleurs.CE LIVRE contient d\u2019abord un récit très sommaire de la bataille des Flandres vue à travers le rapport du général Gort, d\u2019où se dégage la conclusion que l\u2019armée anglaise a manœuvré au mieux des circonstances; il semblerait qu\u2019on ne puisse en dire autant de l\u2019armée française.Les experts militaires jugeront de la valeur de cette interprétation.Le profane ne peut se défendre de l\u2019impression que les sources de l\u2019auteur sont trop unilatérales et certaines suppositions émises sans preuves suffisantes.Avant que les documents, non seulement de source anglaise, mais aussi française et allemande, aient été publiés, toute étude sur les événements de mai et juin 1940 ne peut être que provisoire et sujette à caution.Une seconde partie consiste surtout dans un plaidoyer pour l\u2019infanterie, mais dont l\u2019armement doit être complètement renouvelé: elle doit être Copieusement dotée de canons antiavions et surtout anti-chars, non à traction animale, mais mécanisés.Cette conclusion paraissait depuis longtemps évidente.Jacques Cousineau.LETTRES Oscar Masse: La Conscience de Pierre Laubier.\u2014 Montréal, Éditions Beauchemin, 1943.160 pp., 18.8 cm.AUX PARTISANS du service militaire et aux admirateurs du .Cid, ce roman canadien plaira également.Le lecteur y trouvera, dans un mélange audacieux et parfois inquiétant, une apologie énergique, souvent directe, du service militaire et un cas de conscience où l\u2019honneur familial est en jeu.Henri Laubier cherche un moyen de réparer cét honneur, mis en péril par son père, pour épouser « d\u2019égal à égal » Louise Debray, une amie d\u2019enfance et sa fiancée actuelle.Dès le début le sujet est posé avec netteté.Mais l\u2019unité, la composition et l\u2019action subissent des fléchissements au milieu du volume.L\u2019intérêt, intense dans la première partie (I à VI), faiblit par la suite.L\u2019A.porte des jugements éclairés et sereins sur des questions agitées et délicates, notamment sur Pétain; cependant, il se glisse sous sa plume quelques idées inexactes ou discutables, sur nos historiens (p.92), par exemple, et sur le patriotisme (p.141).Voilà, somme toute, un livre de bon aloi, dont la lecture, agréable et reposante pourra occuper avantageusement les loisirs de nos soldats.L\u2019Immaculêe-Conception.Victor Coulombe.Maxine: Stowaways.\u2014 Montréal, Éditions Beauchemin, 1943.145 pp., 24.3 cm.5 TO WA WA YS (Rats de cale), voilà comment l\u2019A.a intitulé son dernier conte pour enfants.Un bouquin nouveau, dans une langue qui n\u2019est pas la sienne, un bouquin réussi, par-dessus le marché, c\u2019est plus que ne pourraient montrer beaucoup d\u2019écrivains.Le « dearly beloved Canadian boy », auquel l\u2019A.a dédié son récit, aimera, sans doute, le jeune Français qui lui a été présenté.Il connaîtra Pierre Sabourin et son chien fidèle, Corbeau, alias Beau.Il détestera la marâtre qui rend la vie difficile au héros.Il s\u2019intéressera au départ de Pierrot pour la Nouvelle-France, dans un fond de cale, à ses premières impressions du Canada, et à ses aventures extraordinaires.Par exemple, sa rencontre avec M.de Frontenac, son enlèvement par les Peaux-Rouges, l\u2019intervention de Louis Jolliet, et, enfin, sa délivrance.Le jeune lecteur ne lâchera pas Stowaways avant la dernière page.Et ça se comprend: clarté, intérêt, vocabulaire admirablement adapté aux enfants, illustrations d\u2019un goût très sûr, tout y est.Alice Lévesque-Dubé: Il y a soixante ans.\u2014 Montréal.Éditions Fides, 1943.158 pp., 18.5 cm.UN PASSÉ DISPARAIT dont l\u2019auteur évoque la poésie toute simple.Des Rapaillages, des Vieilles Choses, Vieilles Gens, mais d\u2019une saveur moins exquise, et qui chantent avec les thèmes classiques: la maison centenaire, la moisson, le sentier, le ruisseau, d\u2019autres plus intimes: la grande horloge, le livre de messe, la boîte aux boutons.a Un folklore de la vie quotidienne et familière », dit la préface.Sous un extérieur de banalité, ces menues choses ont une âme, fruste peut-être mais très belle.Encore faut-il, pour la découvrir, un cœur jeune, un cœur qui n\u2019a pas connu les bonheurs frelatés.A.L.-D.a découvert cette âme, et, du coup, elle a compris que c\u2019est là, tout près d\u2019elle, que nichait l\u2019introuvable oiseau bleu.L'Immaculêe-Conception.\tJules Paquin.Vladimir PozNER: Les Gens du Pays.Roman.\u2014 New-York, Éditions de la Maison Française, 1943.274 pp., 18.8 cm.UN VILLAGE de la France occupée.Un soldat allemand déserte, se tue accidentellement.On accuse les paysans: otages retenus, fusillés.Une jeune fille tue un autre soldat pour s\u2019accuser de deux meurtres et sauver les derniers otages.Voilà les faits.C\u2019est simple en quatre lignes; beaucoup plus confus et délayé en 275 pages.Mais là n\u2019est pas le roman: l\u2019A.veut exalter l\u2019Esprit français que personne ne saurait asservir; les personnages français, pourtant, sont craintifs, soumis, jaloux de leurs biens.Par contraste, l\u2019armée d\u2019occupation est ridiculisée: désertions, népotisme, ivrognerie, injustice, cruautés.Le lecteur ferme le volume, insatisfait parce que le thème proposé est peu exploité.D\u2019aucuns veulent voir dans l\u2019insatisfaction tout l\u2019art du roman.mais pas dans ce genre d\u2019insatisfaction.L'Immaculêe-Conception.Eugène Poirier.RÉÉDITIONS Dr Alexis Carrel: L\u2019Homme, cet Inconnu.\u2014 Paris, Plon, 1935; Montréal, Librairie Granger, 1943.400 pp., 20 cm.A.-D.Sertillanges: La Vie française.\u2014 Montréal, Éditions Variétés, 1943.\t262 pp., 19.3 cm.François Charmot, S.J.: L\u2019Ame de l\u2019Éducation.\u2014 Paris, Spes, 1934; Montréal, Éditions Fides, 1943.252 pp., 19.4 cm.Joseph de Pesquidoux: Un Petit Univers.\u2014 Paris, Plon, 1940; Montréal, Éditions Variétés, 1943.242 pp., 18.8 cm.Auguste Bailly: Richelieu.\u2014Paris, Fayard, 1934; Montréal, Éditions Variétés, 1943.347 pp., 19.3 cm.Antoine de Saint-Exupéry: Terre des Hommes.\u2014 Paris, Gallimard; Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1943.218 pp., 19.6 cm.REGARDS D\u2019UN MÉDECIN sur le monde: tel l\u2019angle de Carrel, tel celui qu\u2019il faut adopter pour s\u2019instruire de son livre, sans attendre de celui-ci théologie ou métaphysique.Ce n\u2019est pas peu de nous avoir dit ce qu\u2019il fallait à un corps uni à une âme.\u2014 On a tout dit sur ce grand livre, d\u2019une actualité américaine étreignante.Combien il me plaît de le trouver si français! Revenir à l\u2019homme, à l\u2019humain, c\u2019est la vieille leçon qui, de façon ou d\u2019autre, ne cesse de venir de France.Notes en frange d\u2019une grande œuvre philosophique, ces méditations du P.Sertillanges trouvent leur unité dans sa conception chrétienne du monde partout sous-jacente en ces pages et qui présente, à travers la France, à la civilisation contemporaine la solution de ses problèmes de fond: dépassées les étapes de l\u2019unité de la famille, de la tribu, de la cité, de la nation, le temps est arrivé de la marche vers la solidarité universelle des hommes, l\u2019unité humaine elle-même ne réalisant sa perfection que par l\u2019accession au divin.Ceux qui n\u2019ont pas le loisir de fréquenter assidûment les maîtres spirituels trouveront chez le P.Charmot les conclusions générales de leur doctrine sous les espèces d\u2019une robuste vulgarisation de vieux professeur.Le fait de s\u2019être attaqué aux problèmes centraux de la direction spirituelle, en dépit de ce qu\u2019il L\u2019Immaculêe-Conception.DÉCEMBRE 1943 Henri Béchard.337 en offre une présentation quelque peu émiettée, et d\u2019avoir insisté sur les solutions surnaturelles de base, par exemple la vie en atmosphère d\u2019Evangile, situe le lecteur, selon un mot en train de faire fortune, en pleine spiritualité « essentialiste », seule adaptée aux âmes effervescentes d\u2019aujourd\u2019hui.Le grand art de Pesquidoux est de poétiser le scientifique.Le jardin, la vigne, la maison, l\u2019eau, le petit bétail, le couple, la terre, le paysan, ses chants, ses fêtes sont décrits dans une langue à la fois technique et savoureuse.Pesquidoux, avec d\u2019autres terriens, Pourrat par exemple, compte parmi les écrivains que nous gagnerions le plus au Québec à fréquenter.Ce sont nos plus précieuses richesses, les plus authentiquement canadiennes, c\u2019est nous-mêmes et notre hérédité paysanne que nous retrouvons chez eux.Bailly met ses qualités de romancier au service de l\u2019histoire.On lit d\u2019une traite ce « Richelieu pittoresque », point faux pour autant, et qui aide à comprendre la grande histoire.Terre des Hommes, de composition moins rigoureuse que Vol de Nuit, ne laisse pas de nous ravir encore par l\u2019immense poésie \u2014 matin d\u2019un nouveau jour pour l\u2019art \u2014 du cœur vertigineux de l\u2019aviateur.Poésie, chez Saint-Exupéry, à la dimension du monde et néanmoins si humaine et si proche qu\u2019elle ne dépayse personne, mais rend fraternelle à chacun toute la terre, mais recueille et, si l\u2019on croit, agenouille.Robert Bernier.Jean des Vignes Rouges: Deviens un chef! \u2014 Paris, Éditions J.Oliven, 1936; Montréal, Granger Frères, 1943.293 pp., 19.3 cm.CE LIVRE se présente comme un essai sur l\u2019éducation des facultés supérieures et de l\u2019aptitude au commandement.L\u2019A.veut que nous apprenions à devenir des chefs: il veut que nous désirions le devenir.Il attache beaucoup d\u2019importance aux signes extérieurs qui peuvent faire reconnaître un chef, sourire, yeux, bouche, à l\u2019aspect physique.Il ne néglige pas sans doute la psychologie du chef, la nécessité pour lui d\u2019avoir un plan défini, une volonté forte, rude même.Le chef est « l\u2019homme qui, dans la collectivité humaine, apporte l\u2019ordre, la fécondité » (p.284).Le livre, par son titre, attirera les jeunes.Mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il les laissera quelque peu désabusés.Dans le chaos actuel, ce qu\u2019ils demandent, ce sont des idées nettes, un but défini, plus que des industries plus ou moins empiriques.L\u2019A.nous semble mettre l\u2019accent sur les industries qui peuvent servir à conduire les hommes.Il ne nie pas la nécessité d\u2019une idée, mais il semble laisser à chacun la liberté de choisir son idée.Cela ne nous semble pas parfaitement chrétien.Depuis que Dieu s\u2019est fait homme, l\u2019idéal à poursuivre pour tout homme est fixé.Le tout n\u2019est pas d\u2019être chef, mais d\u2019être un bon chef.Et on ne peut l\u2019être hors de l\u2019influence du Christ.Il a dit, lui, le Chef par excellence, qu\u2019il était venu pour servir et non pour être servi.Et là encore l\u2019A., quoiqu\u2019il ne nie pas la nécessité pour le chef de servir, semble surtout mettre l\u2019accent sur la volonté de dominer.Cela, pour moi, ne donne pas un son purement chrétien.Nous ne disons pas pourtant qu\u2019un chrétien ne pourra trouver dans ce livre des choses utiles.Mais il devra les compléter par d\u2019autres lectures et de nombreuses réflexions.L\u2019Immaculée-Conception.Maurice H.-Beaulieu.Alain-Fournier: Le Grand Meaulnes.\u2014 Paris, Émile Paul; Montréal, Granger Frères, 1943.\t370 pp., 18.5 cm.Alain-Fournier: Miracles.\u2014 Paris, N.R.F.; Montréal, Granger Frères, 1943.217 pp., 19.3 cm.Isabelle Rivière: Images d'Alain-Fournier.\u2014Paris, Émile-Paul; Montréal, Granger Frères, 1943.341 pp., 19.3 cm.Jacques Rivière: A la trace de Dieu.\u2014Paris, Gallimard; Montréal, Granger Frères, 1943.348 pp., 19.3 cm.\"D OMAN D\u2019AVENTURES pour certains, pour d\u2019autres le Grand Meaulnes tient du conte de fées merveilleux et charmant.Ces gens-là « comprennent fantastique » là où Fournier voulut « faire émouvant ».Le grand Meaulnes est un homme dont l\u2019enfance, trop belle, s\u2019attache à chacun de ses jours comme le souvenir d\u2019un monde passé, à jamais désiré, à jamais perdu.Meaulnes repousse, avec cruauté même, tous les paradis humains qui s\u2019offrent à lui, et s\u2019enfuit chaque fois, « parce qu\u2019il sait que la véritable Joie n\u2019est pas de ce monde »! Toute la vie de Fournier est accrochée à ce cri.De là la nostalgie angoissée de Meaulnes, de là ces retours incessants de la pensée et du cœur vers un premier âge d\u2019innocence et de joie.De là cet art simple, presque enfantin, qui sans puérilité, d\u2019un geste, ébranle les paysages et les êtres, allume l\u2019aventure et met tranquillement en chemin sur les pentes de la vie, le récit de cette âme très pure, très douloureuse aussi et très près de Dieu que fut Augustin Meaulnes.Drame métaphysique et religieux.Sans Dieu, invisible mais partout présent, le Grand Meaulnes ne s\u2019expliquerait et ne se classerait pas parmi les œuvres classiques du dernier demi-siècle.Miracles.De Jacques Rivière, une introduction pénétrante à l\u2019œuvre et à la vie de son ami.Puis, des espèces de grandes manœuvres qui préparent le Grand Meaulnes.Des levées de rideau successives sur l\u2019œuvre à venir.Quelques poèmes amorcent déjà son rêve douloureux.Un essai où ce grand adolescent défend avec une ferveur religieuse la dignité de la femme.Des contes, enfin, menés avec des mots simples, conjurant tranquillement au milieu de paysages lumineux des aventures merveilleuses.Déjà, dans ces premiers morceaux, cette limpidité qui ne prélève de toute chose que la fine fleur.Déjà aussi la hantise du surnaturel.Images d\u2019Alain-Fournier : la seule biographie qui convenait à Fournier.Clairs paysages de France, promenades en Sologne, l\u2019école d\u2019Epineuil avec son petit monde., aventures d\u2019enfance, enthousiasmes d\u2019écolier, douleurs et joies, mirages de la Vierge: toutes ces visions d\u2019une trop heureuse enfance et d\u2019une sombre jeunesse qui ont tissé le drame secret de Fournier sont discrètement tirées au jour dans ces Images rassemblées avec infiniment d\u2019art et d\u2019amour par Isabelle, sa sœur.Appuyée sur une fragile architecture d\u2019histoires haletantes, c\u2019est toute la douloureuse odyssée d\u2019Augustin Meaulnes qui appareille vers son « domaine mystérieux ».Fournier rencontra au lycée un ami bien différent de lui-même.Jacques Rivière, épistolier, apologiste ou philosophe, sans cesse engagé dans de subtiles et pénétrantes analyses menées avec cette objectivité foncièrement honnête si caractéristique de sa vie et de son œuvre, relève avant tout du savant.Combien prenants surtout ces extraits des carnets de captivité si intimement liés à l\u2019itinéraire de Rivière.Pénétration hésitante et laborieuse de Dieu dans les replis de cette intelligence douloureusement « à la trace de Dieu ».Tant d\u2019élans et de larmes resteront-ils sans récompense ?Il faut songer à ces deux amis comme à des hommes « sauvés ».L\u2019Immaculée-Conception.Albert Le Grand.Jérôme et Jean Tharaud: Les Contes de la Vierge.\u2014 Paris, Plon; Montréal, Éditions Variétés, 1943.258 pp., 19.3 cm.LECTEUR, tu demandes peut-être où est la Vierge dans ce ' conte?.Elle est partout où est la poésie.» C\u2019est le dernier mot du livre.C\u2019en est aussi le premier.Cette réédition de contes, dédiés à Marie, pleins de son sourire et remplis de fraîcheur et d\u2019art (deux qualités qu\u2019on ne trouve pas toujours chez le même écrivain!) est probablement l\u2019œuvre des Tharaud à laquelle l\u2019on reviendra le plus volontiers.Autre remarque: la présentation du volume, toute bleue et blanche, ne fait pas prose dans la poésie de l\u2019ensemble.U Immaculée-Conception.\tHenri Béchard.Dale CARNEGIE: Comment se faire des Amis pour réussir dans la Vie.\u2014 Paris, Hachette.Montréal, Granger Frères, 1942.264 pp., 18.8 cm.TDOUR LES GENS pratiques qui tiennent à arriver, voici le manuel parfait de la civilité, parce qu\u2019il les convaincra, par l\u2019argument qui frappe.Mais tous tireront profit de ce recueil de recettes dans la conduite des hommes, débité avec verve et un ton quelque peu a vendeur ».Les anecdotes illustrent bien les différents moyens et rendent vivant ce condensé d\u2019expérience.Un Français n\u2019aurait pas abordé ni traité ainsi le problème des 338 RELATIONS relations sociales et se serait davantage adressé à l\u2019homme, à 1 \u2019homo sapiens, dans son auditeur, mais c\u2019est un fait que la lecture de ces pages apprend quand même à plusieurs à mieux faire leur métier d\u2019homme.Jacques Cousineau.DIVERS J.-M.GAUDET: Que vaut la chiropratique ?\u2014 Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1942.176 pp., 19.5 cm.A L\u2019EXPOSÉ des origines, des principes et des méthodes de l\u2019art chiropratique s\u2019ajoute ici la revendication, appuyée sur des témoignages et des comparaisons d\u2019études, de la liberté pour les chiropraticiens d\u2019exercer leur profession.Le volume se termine par l\u2019histoire documentaire des efforts tentés dans ce sens.C\u2019est un dossier complet sur la question, du point de vue chiropratique.Claude-Marcel LAURENT: Êtes-vous malin ?Répondez-moi! \u2014 Paris, Éditions de France, 1939.Montréal, Granger Frères, 1943.139 pp., 19.3 cm.Quatre cents questions amusantes, problèmes, curiosités, devinettes avec réponses.Quelques heures de divertissement profitable.Léger stimulant intellectuel.Juliana Rousseau: Vers l'Idéal.Poèmes.(S.éd.), 1942.141 pp., 23 cm.Strophes d\u2019une louable inspiration, classiquement versifiées, mais qu\u2019on voudrait un brin poétiques.L'Education dans le mouvement coopératif.Compte rendu des conférences et des débats du Quatrième Congrès général des Coopérateurs.\u2014 Québec, Conseil Supérieur de la Coopération, 1943.156 pp., 22.3 cm.CE RAPPORT constitue une précieuse source de renseignements sur les principes et les techniques de l\u2019éducation coopérative.On lira avec intérêt les conférences de MM.Colom-bain et Minville; cette dernière est un document à méditer.Frères Maristes: L\u2019Anglais-Éclair.Vocabulaire.Phraséologie.\u2014 Montréal, Granger Frères, 1943.142 pp., 23.5 cm, Manuel pratique pour permettre de se débrouiller rapidement dans la conversation anglaise.J.C.BROCHURES ET PLAQUETTES G.-E.MARQUIS: Le Rôle du Gérant municipal.\u2014 Montréal, E.S.P., 1943.32 pp.De Root, O.P.: L\u2019Ordre Nouveau de Hitler.Cahiers E.S.S.P.E., vol.2, n° 6.\u2014 Québec, Éditions Cap Diamant, 1943.36 pp.Explorateurs français du Continent nord-américain.Pour Survivre, vol.V, n° 4.\u2014 Québec, Université Laval, 1943.40 pp.Gérard Petit, C.S.C.: Bases d\u2019une Cité heureuse.Questions sociales n° 4.\u2014 Montréal, Éditions Fides, 1943.32 pp.Pour un drapeau national.\u2014 Québec, Ligue du Drapeau national, s.d.24 pp.Watson KiRKCONNELL: Our Ukrainian Loyalists.\u2014 Winnipeg, Ukrainian Canadian Committee, s.d.28 pp.P.-C.ARMSTRONG; The Economics of Reconstruction.\u2014 Montreal Kiwanis Club, 1943.14 pp.The Unarmed Forces.Behind the Headlines, vol.3, n° 7.\u2014 Toronto, C.I.I.A., 1943.32 pp.S.S.PlE XII: Le Corps Mystique de Jésus-Christ.Encyclique.\u2014 Montréal, Éditions de l\u2019E.S.P., 1943.64 pp.Rodolphe LaplantE: Une œuvre d'utilité publique (les Caisses populaires).\u2014 Québec, 1943.48 pp.Chan.Joseph-C.Tremblay: Autorité et Famille.\u2014 Chicoutimi, 1943.VI-24 pp.Encyclopédie.Jeux de cartes.4e, 5e, 6e séries.\u2014 Montréal, Église Notre-Dame, 1943.DÉCEMBRE 1943 en txoiâ mot A II Le général McArthur a déclaré au colonel Edmund C.Sliney, Senior Army Chaplain pour la région centrale du Pacifique, que jamais les États-Unis ne pourraient acquitter leur dette de reconnaissance envers les missionnaires pour les vies qu\u2019ils avaient sauvées dans les îles Salomon, et il lui a promis de faciliter au plus tôt leur retour aux postes dont la guerre les a chassés.II L\u2019archevêque anglican d\u2019York, de retour d\u2019une visite aux chefs de l'Église orthodoxe russe, a déclaré qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019éducation religieuse en Russie et qu\u2019il doutait fort que les groupements religieux non orthodoxes puissent y tenir des réunions et faire des conversions.If Le général Tchiang Kaï-chek a placé Mgr Thomas Megan, S.V.D., à la tête du corps de Service social chinois de guerre.If En Chine, l\u2019année dernière, il y eut 100,000 conversions d\u2019adultes au catholicisme.If Jusqu\u2019à présent, 40 des 63 églises de Turin ont été complètement détruites ou rendues inutilisables par le bombardement aérien.If Selon l\u2019évêque anglican Henry Wilson, de Chelmsford, 10% du peuple anglais est sincèrement attaché au christianisme, 30% favorablement disposé à son égard, 50% totalement indifférent, et 10% lui est hostile.H Un tiers des Étatsuniens sont nominalement affiliés à l\u2019une ou l\u2019autre de 200 sectes protestantes.Moins de 40% d\u2019entre eux pratiquent leur religion.Sur 40,000,000 d\u2019Anglais, moins de 5,000,000 appartiennent officiellement à une Église protestante: un protestant sur huit Anglais.Les États-Unis, l\u2019Angleterre: brousse missionnaire d\u2019après-guerre pour les catholiques.1f Des collégiens de chez nous \u2014 des Trois-Rivières, de Nicolet, de Mont-Laurier, etc.\u2014 s\u2019organisent en coopératives d\u2019achat, pour s\u2019initier à leur fonctionnement, et pour payer moins cher les articles de sport, les livres de lecture, les pommes et le lait au chocolat hier inconnu.H A Lima, capitale du Pérou, en la fête traditionnelle de Notre Sauveur Seigneur des Miracles, l\u2019armée péruvienne a placé la bannière nationale sous l\u2019image vénérable du Christ crucifié peinte par un esclave noir.Le président Prado a envoyé ce message au Pape prisonnier: « A titre de chef de l\u2019État, je réaffirme notre adhésion^ aux étemels principes de la religion catholique, à la sainte Église et à la personne du Souverain Pontife ».H Le congrès annuel de l\u2019U.C.C., les 20 et 21 octobre, a remporté le plus grand succès.Le nombre des délégués fut plus élevé que jamais.If II existe aujourd\u2019hui toute une classe de femmes, ni religieuses, ni mères de famille, consacrées aux œuvres d\u2019Action catholique ou sociale et qui sentent le besoin d\u2019une doctrine spirituelle particulière.On la réclame aux États-Unis.Une belle œuvre pour nos théologiens canadiens serait de définir la spiritualité de la « vieille fille ».T[ Une Anglaise, membre du Parlement britannique, de passage chez nous, rappelait récemment aux Canadiennes que la place de la femme après la guerre serait à la cuisine.Oui, au foyer, c\u2019est juste.Notre pays a besoin d\u2019épouses et de mères d\u2019abord.Alors, pourquoi ces invitations si pressantes à l\u2019enrôlement dans les usines ou les services de l\u2019armée ?339 Ecole Sociale Populaire, Montréal 3ème année TABLES DE L'ANNÉE 1943 (Numéros 25-36) I.- AUTEURS Auteurs d'articles et de chroniques Archambault, J.-P.- Le Sacré Cœur et la paix: 56.Arnold, M.E.- Villages coopératifs de la Nouvelle-Ecosse: 179.Baudouin, J.-A.- Mouvement de la population canadienne, 1931-1941: 330.Bell, A.F.- Le dilemme du général Franco: 128.-\tCes illettrés de Salazar: 150.Bellegarde, D.- La voix d\u2019Haïti: 184.Bernier, G.- Encore ce travail féminin: 121.Binet, H.- Les allocations familiales du rapport Beveridge: 38.Bouvier, E.- Finances de guerre et finance déficitaire: 59.-\tDe Beveridge à Marsh: 87.-\tAccepterons-nous le plan Marsh?: 144.-\tCentralisation et unité nationale: 231.Boyle, R.- Minorité protestante du Québec: 228.Campeau, C.-E.- Nos classes moyennes à Montréal: 67.Dalton, J.F.- La lutte contre le crime: 328.de Bélinay, F.- Le droit du pauvre: 240.de la Tour Fondue, G.- L\u2019Histoire de demain: 10.de Léry, L.C.- Un enseignement fédéralisé: 6.-\tMaçonnerie et Bureaucratie: 72.-\tLa tradition du laïcisme en éducation: 92.-\tL\u2019Ecosse résiste au laïcisme: 153.-\tDeux fondations démocratiques: 171.-\tEcoles nationales d\u2019Irlande: 298.-\tEcoles publiques étatsuniennes: 319.Desautels, A.- L\u2019homme dans l\u2019agriculture: 147.d\u2019Eschambault, A.- L\u2019éducation des adultes au Manitoba français: 49.Dufault, P.- Mortalité et tuberculose dans le Québec: 176.Dugré, A.- Continuité de vie: 48.-\tProlonger, multiplier le mérite agricole: 106.-\tDemi-vérités, danger complet: 151.-\tEn Acadie ressuscitée: 263.-\tDéfaites en gros, victoires en détail: 283.-\tAcadie constructive: 311.Duhamel, R.- Montréal a eu trois cents ans: 20.-\tPour une culture française: 75.-\tL\u2019avenir du livre américain au Canada français: 299.Flenley, R.- La crise du nationalisme moderne: 258.Foley, L.- Langues et bon voisinage: 314.Forsey, E.- La constitution du Canada et la couronne: 186.Francis Dolorès.- La Bibliothèque du peuple de Reserve-Mines: 62.Gariépy, W.- Terrains de jeux aux Etats-Unis et dans le Québec: 162.-\tNos terrains de jeux: 214.Genest, O.- Le rapport Prévost: 285.Gervais, E.- Plaidoyer pour la lumière: 255.Girard, R.- Un grand tueur: le cancer: 157.-\tL\u2019Ontario contre le cancer: 241.Godefroy, L.- Esquisse rationnelle de la Constitution britannique: 324.Greenwood, T.- La morale sociale et la guerre: 203.Grisé-Allard, J.- La vie sociale d\u2019Emmélie Tavernier: 160.Hamel, P.- Un peu plus de lumière sur un monopole: 200.Hardy, B.- Choisir: ou le Christ ou le chaos: 207.-\tLa vraie réforme sociale: 235.-\tL\u2019Eucharistie et la réforme sociale: 317.Hughes, H.B.L.- Un avant-poste bénédictin aux Bahamas: 100.Humphrey, J.- Le Québec devant l\u2019unité canadienne: 16.-\tFormule pour l\u2019unité canadienne: 34.Kirkconnell, W.- Les communistes canadiens: 243.Krzesinski, A.- Pologne immortelle: 237.Lacroix, E.- L\u2019Accueil jociste: 325.Lafargue, A.- La langue française en Louisiane: 44.Laplante, R.et G.- Les parents devant l\u2019éducation: 8.Lebel, L.- Le salaire dans Quadragesimo anno : 118.-\tTitres aux allocations familiales: 174.Ledit, J.-H., chroniqueur habituel de l\u2019Horizon international.-\tLa sainte naïveté des trois savants: 12.-\tLe sommeil de saint Joseph: 65.-\tLes Témoins se réorganisent: 212.-\tEglises d\u2019Orient: 260.-\tL\u2019Encyclique Mystici Corporis: 291.Le Roy, A.- La dernière des guerres: 90.Letourneau, F.- Vers une nouvelle Beauce agricole: 3.Lord, D.A.- Un problème qui n\u2019en est pas un: les mariages mixtes: 123.Lustosa, E.- 1943 \u2014 Sous la croix du Sud: 130.MacLennan, H.-Le Québec devant l\u2019unité canadienne: 16.Magnan, J.-C.- La jeunesse rurale devant l\u2019avenir: 31.Picard, G.- C.P.7679 et M.& S.: 322.Plante, A.- 35, rue Melbourne, Sherbrooke: 268.Robitaille, E.- Que vaut la « M.L., H.& P.Cons.» ?: 288.Tessier, A.- « Onze enfants, mais c\u2019est immoral »: 296.Thérien, E.- Plaidoyer pour l\u2019habitation familiale: 115.Vaillancourt, E.- Le Québec devant l\u2019unité canadienne: 16.Vallerand, J., chroniqueur habituel du cinéma.Voir section IV, Le Cinéma.Vanier, A.- Vers le Labrador: 96.Van Schuilenburg, J.- Les évêques de Hollande sous l\u2019occupation: 36.Editoriaux II.- MATIÈRES international (Hor.), Corres-récents (Bibl.) (Edit.), Commentaires (Comm.), Articles, Chroniques, Horizon pondance (Corr.), Signes des Temps et Citations (Cit.), Livres ABITIBI.- Route du progrès (Edit.) : 253.ACADIE.- L\u2019\u2014 veut se parler (Edit.): 85.-\tDeux coopérations (Comm.) : 127.-\tEn \u2014 ressuscitée, A.Dugré: 263.-constructive, A.Dugré: 311.AGRICULTURE.- Vers une nouvelle Beauce agricole, F.Lêtourneau: 3.-\tLa jeunesse rurale devant l\u2019avenir, J.-C.Magnan: 31.-\tProlonger, multiplier le mérite agricole, A.Dugré: 106.-\tL\u2019homme dans 1\u2019\u2014, A.Desautels: 147.-\tV.Colonisation.ALLEMAGNE.- Les évêques en face du nazisme (Hor.): 24.-libre (Hor.) : 302.-\tLe second rapport des évêques allemands (Hor.) : 332.ALLOCATIONS FAMILIALES.- Toronto découvre un nouveau système d\u2019\u2014 (Comm.) : 14.-\tLes \u2014 du rapport Beveridge, H.Binet: 38.-\tUne prime aux familles restreintes (Comm.) : 154.-\tLe bill n° 45 (Edit.): 169.-\tLes titres aux \u2014, L.Lebel: 174.ALUMINUM CO.OF AMERICA.- Un peu plus de lumière sur un monopole, P.Hamel: 200.AMOUR.-et sagesse (Cit.), E.Baumann: 216.ANGLETERRE.- Les catholiques de Londres et la vérité (Hor.) : 52.-\tGlaive de l\u2019Esprit (Hor.) : 134.APRÈS-GUERRE.- L\u2019histoire de demain, G.de la Tour Fondue: 10.-\tPerspectives d\u2019\u2014 (Comm.) : 154.-\tV.Beveridge.ARMÉE.- Nos collégiens à l\u2019armée (Edit.): 225.-\tConscrits de 18 ans (Edit.) : 227.ART.- Un \u2014 populaire, J.Vallerand: 105.340 i RELATIONS ASCÈSE.- A contre-courant (Comm.) : 99.AUMONIERS MILITAIRES.- Le Padre (Edit.) : 58.-\tNos \u2014, leur beau travail., leurs besoins (Comm.): 239.BAHAMAS.- Un avant-poste bénédictin aux \u2014, H.B.\tL.Hughes: 100.BEAUCE.- Vers une nouvelle \u2014 agricole, F.Létour-neau:3.BÉNÉDICTIN.- Un avant-poste \u2014- aux Bahamas, H.B.L.Hughes: 100.BEVERIDGE.- Les allocations familiales du rapport \u2014, H.Binet: 38.-\tDe \u2014 à Marsh, E.Bouvier: 87.BIBLIOTHÈQUES.- La \u2014 du peuple de Reserve- Mines, Francis Dolorès: 62.-\tPour des livres et de la lecture (Corr.) : 103.BILINGUISME.- Un Ecossais parle franc (Comm.)' 70.-\tV.Canada français; unité nationale.BRÉSIL.- 1943 - Sous la croix du Sud, E.Lustosa: 130.BUREAUCRATIE.\u2014 Maçonnerie et \u2014, L.C.de Léry: 72.CANADA FRANÇAIS.- Le Québec devant l\u2019imité canadienne, J.Humphrey, H.MacLennan, E.Vaillancourt: 16.-\tFormule pour l\u2019unité canadienne, J.Humphrey: 34.-\tContinuité de vie, A.Dugré: 48.-\tUn Ecossais parle franc (Comm.) : 70.-\tA contre-courant (Comm.) : 99.-\tTémoignage (Comm.): 183.-\tOn regarde vers Québec (Corr.) : 275.-\tCanadiens des deux langues (Comm.): 326.-\tMouvement de la population canadienne, 1931-1941, J.-A.Baudouin: 330.-\tV.Unité nationale; littérature.CANCER.- Un grand tueur: le \u2014, R.Girard: 157.-\tL\u2019Ontario contre le \u2014, R.Girard: 241.CARREL, A.- A contre-courant (Comm.): 99.CATHOLICISME.- Regards sur 1942 (Hor.) : 23.CENTRALISATION.-et unité nationale, E.Bou\" VIER: 231.CHINE.- Communisme (Hor.) : 79.-\tLes amis de la \u2014 (Hor.) : 109.CINÉMA.- Voir section IV.CIVILISATION.- Une \u2014 en détresse (Comm.): 71.-et éducation (Cit.), R.Hutchins: 270.-(Comm.) : 295.CLASSES MOYENNES A MONTRÉAL.- Nos \u2014, C.\t-E.Campeau: 67.CLUBS NEUTRES.-(Edit) : 2.COLONISATION.- Un bon colon (Comm.) : 70.-\tDéfaites en gros, victoires en détail, A.Dugré: 283.COMMUNISME.-(Hor.): 78.-\tDemi-vérités, danger complet, A.Dugré: 151.-\tLe premier député communiste à Ottawa (Edit.) : 226.-\tLes communistes canadiens, W.Kirkconnell: 243.-\tEspagne et Mexique (Hor.) : 302.-\tFaux frères (Edit.): 309.-\tV.U.R.S.S.CONCOURS INTERCOLLÉGIAL.- Le\u2014de vacances (Comm.): 126.CONGRÈS CANADIEN DU TRAVAIL.- Menace totalitaire (Edit.): 253.CONSTITUTION BRITANNIQUE.- Esquisse rationnelle de la \u2014, L.Godefroy: 324.CONSTITUTION DU CANADA.- La \u2014 et la couronne, E.Forsey: 186.-\tLa démocratie en péril chez nous (Edit.) : 198.COOPÉRATISME.- Deux coopérations (Comm.) : 127.-\tVillages coopératifs de la Nouvelle-Ecosse, M.E.Arnold: 179.-\tAcadie constructive, A.Dugré: 311.COOPERATIVE COMMONWEALTH FEDERATION.-Menace totalitaire (Edit.): 253.-\tLa déclaration de l\u2019épiscopat (Edit.): 281.COSTA-RICA.- Le communisme à \u2014, (Hor.): 218.-\tLes syndicats catholiques (Hor.) : 273.CRIMINALITÉ JUVÉNILE.- Guerre et \u2014 (Comm.) : 294.-\tLa lutte contre le crime, J.F.Dalton: 328.DÉMOCRATIE.- Deux fondations démocratiques: L.C.de Léry: 171.-\tLa \u2014 en péril chez nous (Edit.) : 198.-\tUn peu plus de lumière sur un monopole, P.Hamel: 202.-économique (Comm.): 267.-\tListes électorales (Comm.): 294.DIVORCE.- Une civilisation en détresse (Comm.) : 71.ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PÉDAGOGIE FAMILIALE.\u2014 « Onze enfants, mais c\u2019est immoral! », A.Tessier: 296.ÉCOLES NATIONALES.- Un enseignement fédé-ralisé, L.C.de Léry: 6.-\tEcoles nationales: main tendue ou complot?(Corr.): 39.-\tFédéralisation scolaire (Comm.): 183.-\tManœuvres centralisatrices (Comm.) : 210.-d\u2019Irlande, L.C.de Léry: 298.-\tEcoles publiques étatsuniennes, L.C.de Léry: 319.-\tV.Laïcisme.ÉCOSSE.-L\u2019\u2014 résiste au laïcisme, L.C.de Léry: 153.ÉDUCATION.- Fréquentation scolaire obligatoire (Edit.): 1.-\tLes parents devant 1\u2019\u2014, R.et G.Laplante: 8.-\tIci et là.en \u2014 (Comm.): 15.-\tL\u2019enquête scolaire (Edit.) : 29.-\t« Priorities for Education » (Comm.) : 43.-\tL\u2019\u2014 des adultes au Manitoba français, A.d\u2019Escham-BAULT: 49.-\tLa tradition du laïcisme en \u2014, L.C.de Léry: 92.-\t« The Messianic Complex » (Comm.) : 98.-\tAutonomie provinciale en \u2014 (Edit.): 114.-\tDes parents nous écrivent (Corr.) : 125.-\tRééducation de 1\u2019\u2014 (Comm.) : 126.-\tGéométrie ou finesse ?(Comm.) : 127.-\tMoral ou cérébral?(Comm.): 211.-\tNos collégiens à l\u2019armée (Edit.) : 225.-\tLa culture et la guerre (Cit.), W.Willkie: 227.-\tMinorité protestante du Québec, R.Boyle: 228.-\tEt aux Etats-Unis (Comm.) : 266.-\tQuébec réaffirme son indépendance en \u2014 (Comm.) : 266.-\tCivilisation et \u2014 (Cit.), R.Hutchins: 270.-\tV.Ecoles nationales; laïcisme; université.ÉLECTRICITÉ.- Que vaut la M.L.H.& P.Cons.?, E.Robitaille: 288.ÉLECTRIFICATION RURALE.-Encore 1\u2019\u2014 (Corr ): 40.-\tFaut-il ne plus parler d\u2019\u2014 (Corr.) : 102.-\tM.Rioux et 1\u2019\u2014 (Corr.) : 164.-\tTémoignage autorisé sur 1\u2019\u2014 (Corr.) : 275.ENFANTS.\u2014 Libérerons-nous des cimetières ?(Edit.) : 113.-\td\u2019Europe sans pain (Comm.): 267.-\t« Onze \u2014, mais c\u2019est immoral! », A.Tessier: 296.-\tV.Famille; criminalité juvénile.EN TROIS MOTS.-140, 168, 196, 224, 252, 280, 308, 339.ÉPISCOPAT.- La déclaration de 1\u2019\u2014 (Edit.): 281.-\tDéclaration de NN.SS.les évêques du Canada (Comm.) : 294.ESPAGNE.-(Hor.): 110.-\tLe dilemme du général Franco, A.F.Bell: 128.-\tLa conquête de 1\u2019\u2014 en partant du Mexique (Hor.) : 302.ÉTATS-UNIS.- Communisme (Hor.) : 80.-\t« The Messianic Complex » (Comm.): 98.-\tLa paille et la poutre (Comm.) : 126.-\tL\u2019Eglise étatsunienne (Comm.) : 155.-\tEt aux \u2014 ?(Comm.) : 266.-\tL\u2019avenir du livre américain au Canada français, R.Duhamel: 299.-\tLangues et bon voisinage, L.Foley : 314.EUCHARISTIE.- L\u2019\u2014 et la réforme sociale, B.Hardy: 317.EXTRÉMISMES.- Deux \u2014 (Edit.): 141.FAMILLE.- Les parents devant l\u2019éducation, R.et G.Laplante: 8.-\tContinuité de vie, A.Dugré: 48 -\tLes enfants ont besoin de leur mère (Edit.) : 85.-\tStatistiques des \u2014 canadiennes (Comm.) : 126.-\tUne prime aux \u2014 restreintes (Comm.) : 154.-\t« Onze enfants, mais c\u2019est immoral! », A.Tessier: 296.-\tV.Education.FEMMES.- Les \u2014 aux usines (Edit.) : 86.-\tV.Famille; travail des femmes.FINANCE.-de guerre et \u2014 déficitaire, E.Bou- vier: 59.FRANC-MAÇONNERIE.- Maçonnerie et bureaucratie, L.C.de Léry: 72.-\tMaçonnerie d\u2019Irlande (Comm.) : 98.-\tV.Laïcisme; écoles nationales.FRANCE.- Communisme (Hor.): 78.-\tMots de \u2014 (Comm.) : 182.-\tPrière pour les absents (Comm.) : 295.FRÉQUENTATION SCOLAIRE.-obligatoire (Edit.): 1.GARDERIES-ÉCOLES.-(Comm): 182.GOSPEL WITNESS.- La sinistre contagion de l\u2019incendiaire Dr Shields (Comm.) : 42.GRÈCE.- Secours des Alliés à la \u2014 (Hor.) : 135.GRIERSON, J.- Un Ecossais parle franc (Comm.) :70.GUERRE.- Les évêques de Hollande sous l\u2019occupation, J.Van Schuilenburg: 36.-\tFinances de \u2014 et finance déficitaire, E.Bouvier: 59.-\tTrois bons extraits (Comm.) : 70.-\tLa dernière des guerres, A.Le Roy: 90.-\tLibérerons-nous des cimetières?(Edit.): 113.-\tLa morale sociale et la \u2014, T.Greenwood: 203.-\tNos collégiens à l\u2019armée (Edit.) : 225.-\tLa culture et la \u2014 (Cit.), W.Willkie: 227.-\tEnfants d\u2019Europe sans pain (Comm.) : 267.-et criminalité juvénile (Comm.) : 294.-\tPrière pour les absents (Comm.) : 295.-\tC.P.7679 et M.& S., G.Picard: 322.HABITATION.- Plaidoyer pour 1\u2019\u2014 familiale, E.Thérien: 115.-\tVillages coopératifs de la Nouvelle-Ecosse, M.E.Arnold: 179.HAÏTI.- La voix d\u2019\u2014, D.Bellegarde: 184.HISTOIRE.- L\u2019\u2014 de demain, G.de la Tour Fondue: 10.HOLLANDE.- Les évêques de \u2014 sous l\u2019occupation, J.Van Schuilenburg: 36.-\tPastorale dès évêques (Hor.) : 220.HUTCHINS, R.- Civilisation et éducation (Cit.): 270.IMPÉRIALISME.-et minorités (Comm.) : 239.INDES.- Communisme (Hor.) : 79.INSTITUT DÉMOCRATIQUE CANADIEN.-Deux fondations démocratiques, L.C.de Léry: 171.INSTITUT DE RECHERCHES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES.- Une fondation pour les chercheurs (Comm.) : 210.IRLANDE.- Maçonnerie d\u2019Irlande (Comm.): 98.-\tEcoles nationales d\u2019\u2014, L.C.de Léry: 298.ISLAM.- Fédération islamique (Hor.): 301.ISOLATIONNISME.- A contre-courant (Comm.): 99.\u2014 (Edit) : 282.JÉSUITES.-Le T.R.P.Wlodimir Ledôchowski (Edit.): 1.JEUNESSE.- La \u2014 rurale devant l\u2019avenir, J.-C.Magnan: 31.-empoisonnée (Comm.): 154.JEUNESSE OUVRIÈRE CATHOLIQUE.- L\u2019Accueil -\tjociste, E.Lacroix: 326.-\tV.Enfants.JOSEPH.- Le sommeil de saint \u2014, J.Ledit: 65.LABRADOR.- Vers le \u2014, A.Vanier: 96.LAÏCISME.- Clubs neutres (Edit.) : 2.-\tLa tradition du \u2014 en éducation, L.C.de Léry: 92,.-\tL\u2019Ecosse résiste au \u2014-, L.C.de Léry: 153.-\tEcoles nationales d\u2019Irlande, L.C.de Léry: 298.-\tV.Ecoles nationales.LANGUE.- Langues et bon voisinage, L.Foley: 314.-\tV.Unité nationale; Canada français.LIBERTÉ.- Bonheur et \u2014 (Comm.) : 182.LIGUE DES PARENTS.- Des parents nous écrivent (Corr.): 125.-\tV.Famille.LIMITATION DES NAISSANCES.- Une civilisation en détresse (Comm.): 71.-\tUne prime aux familles restreintes (Comm.) : 154.LITTÉRATURE.- Montréal a eu trois cents ans, R.Duhamel: 20.-\tPour une culture française, R.Duhamel: 75.-\tL\u2019avenir du livre américain au Canada français, R.Duhamel: 299.LOUISIANE.- La langue française en \u2014, A.La-fargue: 44.MAGAZINES.-étatsuniens (Comm.): 42.MAGES.- La sainte naïveté des trois savants, J.-H.Ledit: 12.MANITOBA.\u2014 L\u2019éducation des adultes au \u2014 français, A.d\u2019Eschambault: 49.MARIAGE.\u2014 Un problème qui n\u2019en est pas un: les \u2014 mixtes, D.A.Lord: 123.-\tPour la défense du \u2014 (Edit.) : 143.MARSH.- De Beveridge à \u2014-, E.Bouvier: 87.-\tCentralisation et unité nationale, E.Bouvier: 231.MEXIQUE.- Précisions sur le Synarchisme (Hor.) : 50.-(Hor): 110, 191.-\tLe bloc ouvrier (Hor.) : 219.-\tCongrès de l\u2019A.C.J.M.(Hor.) : 274.-\tEspagne et Mexique (Hor.) : 302.-\tSynarchisme (Hor.) : 303.MINORITÉS.- La langue française en Louisiane, A.Lafargue:44.-\tL\u2019éducation des adultes au Manitoba français, A.d\u2019Eschambault: 49.-protestante du Québec, R.Boyle: 228.-\tImpérialisme et \u2014 (Comm.) : 239.-française de l\u2019Alberta (Comm.) : 326.MONOPOLE.\u2014 Un peu plus de lumière sur un \u2014; 200.-\tQui pressure Québec, l\u2019Eglise ou les trusts?(Comm.): 326.MONTRÉAL.-a eu trois cents ans, R.Duha- mel: 20.-\tNos classes moyennes à Montréal, C.-E.Campeau :67.-\tL\u2019Université de la montagne (Edit.): 141.MONTREAL LIGHT, HEAT & POWER CONS.- Que vaut la \u2014?, E.Robitaille: 288.MORALE SOCIALE.- La \u2014 et la guerre, T.Greenwood: 203.-\tChoisir: ou le Christ ou le chaos, B.Hardy: 207, 235, 317.MURRAY (Gladstone).- Canadiens des deux langues (Comm.) : 326.« MYSTICI CORPORIS ».- L\u2019Encyclique \u2014, J.-H.Ledit: 291.NATIONALISME.- La crise du \u2014 moderne, R.Flenley: 258.-\tV.Unité nationale.ORIENT.- Eglises d\u2019\u2014, J.-H.Ledit: 260.PAIX.- Sagesse millénaire et d\u2019aujourd\u2019hui (Cit.)^ Mme Tchang Kaï-shek: 74.-\tLe Sacré Cœur et la \u2014, J.-P.Archambault: 156.-\tChoisir: ou le Christ ou le chaos, B.Hardy: 207,, 235, 317.PAUVRE.- Le droit du \u2014, F.de Bêlinay: 240.PÊCHERIES.- Acadie constructive, A.Dugré: 311.PELLETIER (S.Exc.Mgr;.-(Édit.): 57 PERRIER (Hon.H.).-Québec réaffirme son indépendance en éducation (Comm.) : 266.DECEMBRE 1943 341 N PIE XII.- L\u2019Encyclique « Mystici Corporis ».J.-H.Ledit: 291.-\tV.Saint-Siège.POLOGNE.- La visite du général Sikorski (Hor.) : 52.-\tAprès les incidents polono-soviétiques (Hor.) : 109.-\tCe sont des enfants polonais (Hor.) : 135.-(Hor.): 190.-immortelle.A.Krzesinski: 237.-\tLa \u2014 sous l\u2019occupation allemande (Hor.) : 333.POPULATION.- Mouvement de la \u2014 canadienne, J.-A.Baudouin: 330.PORTUGAL.- Ces illettrés de Salazar, A.F.Bell: 150.PRÉVOST.- Le rapport \u2014, O.Genest: 285.PROTESTANTISME.- Minorité protestante du Québec, R.Boyle: 228.PUBLICITÉ.- Civilisation (Comm.): 295.QUÉBEC.- Minorité protestante du \u2014, R.Boyle: 228 -\tStaline à \u2014 (Hor.) : 248.RACISME.-(Edit): 113.RÉFORME SOCIALE.- Choisir: ou le Christ ou le chaos, B.Hardy: 207.-\tLa vraie \u2014, B.Hardy: 235.REVENUS.-dès travailleurs du Canada en 1941 (Comm.): 98.ROME.- Deuil catholique (Edit.) : 197.-\tLe premier bombardement de \u2014 (Hor.) : 245.SACERDOCE.- Lumière de l\u2019Eglise (Comm.): 71.SACRÉ CŒUR.- Le \u2014 et la paix, J.-P.Archambault: 156.SAGESSE.-millénaire et d\u2019aujourd\u2019hui, Mme Tchang Kaï-shek (Cit.) : 74.SAINTE-ANNE DE ROQUEMAURE.- Défaites en gros, victoires en détail, A.Dugré: 283.SAINT-SIÈGE.- Concordat avec la Colombie (Hor.) : 23.-\tLe Message de Noël de Pie XII (Hor.) : 50.-(Hor.): 188.-\tDeuil catholique (Edit.) : 197.-\tLes Allemands au Vatican (Hor.) : 272.Alain-Fournier.Le Grand Meaulnes : 338.-\tMiracles : 338.Archambault, J.-P.De Rome à Montréal: 53.Bailly, A.Richelieu : 337.Barbeau, A.Sous les platanes de Cos: 167.Barbeau, M.Maîtres Artisans de chez nous : 138.-\tLes Rêves des chasseurs: 222.Baribeau, C.Leçons sociales: 221.Barral, F.La Médiation de Marie: 193.Bellegarde, D.Haïti et ses problèmes: 167.Béraud, J.Initiation à l'art dramatique : 195.Bernier, R.Jacques Chevrier : 168.Blais, H.Les Tendances eugénistes au Canada: 53.Boivin.L.Le Combat social.III.Au Théâtre de la Vie, lro partie.\u2014 IV.Au Théâtre de la Vie, 2e partie.\u2014 V.Au Théâtre de la Vie, « La famille »: 276.Brien, R.Salut, ô Reine : 84.Brossard, A.Joies et Tristesses de la Maison : 279.Broussard, J.-F.Louisiana Creole Dialect : 194.Brunet, B.Chacun sa vie : 111.Byas, H.Le Japon et la guerre : 139.Carnegie, D.Comment se faire des amis pour réussir dans la vie : 338.Carrel, A.L\u2019Homme, cet inconnu : 337.Carrière, G.Comment gagner sa vie: 27.Chadebec de Lavalade, général.Pétain?: 336.Chaput-Rolland, S.Fumées : 83.Charmot, F.VAme de l\u2019Education : 337.Claudel, P.Morceaux choisis : 223.-\tL\u2019Annonce faite à Marie: 251.-\tFigures et Paraboles: 251.Cohen, G.Lettres aux Américains : 279.-\tLa grande clarté du Moyen Age : 336.Cusson, J.Un réformateur du théâtre: 83.DaniÉlou, M.U Education selon l\u2019Esprit: 221.de Koninck, C.De la primauté du Bien commun ; Le Principe de l\u2019Ordre nouveau: 249.de Lanux, P.Têtes de Pont : 83.de LÉRY, L.C.L\u2019Eglise et les procès de mariage: 111.de Maupassant, G.Contes: 251.de Pesquidoux, J.Un Petit Univers: 337.DE PourtalèS, G.Chopin ou le poète: 250.DE Rougemont, D.La Part du Diable : 193.de Saint-Exupéry, A.Terre des Hommes : 337.Desrosiers, L.-P.Sources: 306.des Vignes Rouges, J.Deviens un chef! : 338.DEYGLUN, H.La France vivra: 251.Dion, G.L\u2019Œuvre des Terrains de jeux de Québec : 168.Disney, W.Dumbo.\u2014 Bambi : 111.d\u2019Oncin, P.Plympton House : 83.Dufort, J.-Z.Ethique professionnelle : 336.Eon, général.La Bataille des Flandres : 337.Eylan, C.Combat avec l\u2019inconnue: 307.Fauteux, Æ.Honoré Gervais : 112.Ferrero, G.Pouvoir: 193.Fink, C.T., etc.Handbook of Medical Ethics : 139.Fortin, A.Les Saints Martyrs canadiens : 306.Frères Maristes.L'Anglais-Eclair : 339.SAINT-UBALD.- Défaites en gros, victoires en détail, A.Dugré: 283.SALAIRE.- Revenus des travailleurs du Canada en 1941 (Comm.) : 99.-\tLe \u2014 dans Quadragesimo anno, L.Lebel: 118.SCIENCES.-et culture (Edit.): 142.SEMAINES SOCIALES DU CANADA.- Pour un ordre meilleur (Edit.): 254.« SENTINEL ».- La \u2014 et l\u2019unité canadienne (Comm.) : 238.SHIELDS.- La sinistre contagion de l\u2019incendiaire Dr \u2014 (Comm.) : 42.SŒURS DE LA PROVIDENCE.- La vie sociale d\u2019Emmélie Tavernier, J.Grisé-Allard: 160.SUDBURY.- Trente ans sur la brèche (Edit.) : 142.-: 303.-\tV.Mexique.SYNARCHISME.- Précisions sur le \u2014 (Hor.): 50.SYNDICALISME.- Deux poids, deux mesures (Edit.) : 29.-\tMenace totalitaire (Edit.) : 253.-\tLes syndicats catholiques à Costa-Rica (Hor.) : 273.-\tLe rapport Prévost, O.Genest: 285.-\tC.P.7679 et M.& S., G.Picard: 322.TAVERNIER.- La vie sociale d\u2019Emmêlie \u2014, J.Grisé- Allard: 160.TCHANG KAÏ-SHEK (Madame).- Sagesse millénaire et d\u2019aujourd\u2019hui (Cit.) : 74.-\tTémoignage (Comm.): 183.TÉMOINS DE JÉHOVAH.- Les Témoins se réorganisent, J.-H.Ledit: 212.TEMPÉRANCE.-et effort de guerre (Comm.) : 14.TERRAINS DE JEUX.-aux Etats-Unis et dans le Québec, W.Gariépy: 162.-\tNos -\u2014, W.Gariépy: 214.-\tL\u2019O.T.J.de Saint-Hyacinthe (Corr.) : 275.TRAVAIL.- Le Conseil National du \u2014: Intolérable démesure (Edit.) : 57.-\tRevenus des travailleurs du Canada en 1941 (Comm.) : 98.-\tC.P.7679 et M.& S., G.Picard: 322.III.\u2014 BIBLIOGRAPHIE AUTEURS Gaudet, J.-M.Que vaut la chiropratique ?: 339.Gaudet-Smet, F.Heures d\u2019amour : 195.Germain, N.La Franc-Maçonnerie du Québec est-elle protestante?: 28.Gide, A.Pages de Journal: 251.Goffin, R.La Colombe de la Gestapo : 222.Gottmann, J.Les Relations commerciales de la France : 82.Gottschalk, M., etc.Le Droit raciste à l\u2019assaut de la civilisation : 276.Goyau, G.Sa Sainteté le Pape Pie XII : 84.-\tLes Origines religieuses du Canada : 138.GrÉGOIRE-Coupal, M.-A.Franceline : 56.GuÉnette, R.La Cité Nouvelle : 279.H aedri ch, M.Baraque 3, Chambre 12: 222.Hamburger, E., etc.Le Droit raciste à l\u2019assaut de la civilisation : 276.Hertel, F.Pour un Ordre personnaliste : 54.-\tLe Beau Risque : 84.-\tStrophes et Catastrophes : 195.Hugo, V.Poésies choisies: 251.Jacob, P., etc.Le Droit raciste à l'assaut de la civilisation : 276.« Jacques ».Soldat de France : 306.Jammes, F.Dieu, VAme et le Sentiment: 251.Jobin, A.-J.Visages littéraires du Canada français : 278.Joffé, C.Les Enterrés vivants du Stalag XV11 A.: 221.Johnson, C.-V.A travers le temps et t\u2019espace : 196.Journet, C.Vues chrétiennes sur la politique : 166.Kelley, Mgr F.C.Pack-Rat: 55.Kerdrue, M.Joliff et Magadur : 222.Kernan, T.Horloge de Paris, Heure de Berlin : 82.Lachapelle, P.Psychiatrie pastorale : 27.Lamarche, G.Notre-Dame des Neiges : 250.Lamy, P., etc.1.Journal de bord d\u2019Alfred.\u2014 2.Alfred, le découvreur.\u2014 3.Alfred et l\u2019île des Cinq.\u2014 4.Lili, sœur d\u2019Alfred : 56.Langlais, L.-A.Les Dominicains ou Frères-Prêcheurs : 81.La Rochelle S.-A.Handbook of Medical Ethics : 139.Lasnier, R.Les Fiançailles d\u2019Anne de Noué: 251.Laugier, H.Service de France au Canada : 279.Laurent, C.-M.Etes-vous malin ?Rêpondez-moi ! : 339.Leacock, S.Montreal Seaport and City : 194.Lebret, L.-J.Mystique d\u2019un monde nouveau : 336.Leduc, A., etc.1.Journal de bord d\u2019Alfred.\u20142.Alfred, le découvreur.\u2014 3.Alfred et l\u2019île des cinq.\u2014 4.Lili, sœur d\u2019Alfred : 56.Le François, L.J\u2019ai faim.! : 167.Lengyel, E.Dakar : 82.Le Normand, M.Marie-Célina Plourde: 137.Lepage, A.Normandie et Bretagne : 278.LÉVESQUE-DubÉ, A.Il y a soixante ans : 337.Lord, D.A.Notes sur l\u2019art de diriger les jeunes : 304.Mackay, H.La France que j\u2019aime: 138.Marchal, L.De Pétain à Laval: 277.-\tVille-Marie: 306.TRAVAIL DES FEMMES.- Les enfants ont besoin de leur mère (Edit.): 85.-\tLes femmes aux usines (Edit.) : 86.-\tEncore ce travail féminin, G.Bernier: 121.-\tAu foyer ou à l\u2019usine ?(Comm.) : 155.-\tConscription féminine (Edit.): 169.-\tAppétit insatiable (Edit.): 282.-\tFemmes et filles à l\u2019usine (Comm.): 327.TUBERCULOSE.- La réadaptation au Lac-Edouard (Corr.): 104.-\tMortalité et \u2014 dans le Québec, P.Dufault: 176.-\t35, rue Melbourne, Sherbrooke, A.Plante: 268.« UNION DÉMOCRATIQUE DU CANADA FRANÇAIS ».- Deux fondations démocratiques, L.C.de Léry: 171.UNITÉ NATIONALE.- Deux poids, deux mesures (Edit.): 29.-\tIntolérable démesure (Edit.) : 57.-\tLa Sentinel et l\u2019unité canadienne (Comm.) : 238.-\tL\u2019\u2014, la vraie (Comm.); 210.-\tCentralisation et \u2014, E.Bouvier: 231.-\tDieu dangereux (Comm.) : 266.-\tCanadiens des deux langues (Comm.) : 326.-\tV.Canada français.UNIVERSITÉ.- L\u2019\u2014 de la montagne (Edit.): 141.-\tNos collégiens à l\u2019armée (Edit.) : 225.-\tPlaidoyer pour la lumière, E.Gervais: 255.-\tNouveau recteur à 1\u2019\u2014 Laval (Comm.) : 183.U.R.S.S.-(Hor.): 108.-\tLa situation de l\u2019Eglise orthodoxe (Hor.): 136.-(Hor.): 189.-\tSituation religieuse (Hor.) : 273.-\tPatriarcat de Moscou (Hor.): 301.-\tLa coéducation abolie en Russie (Comm.) : 326.-\tV.Communisme.VOCATIONS.- L\u2019œuvre des \u2014 (Comm.) : 71.WINANT, J.- Perspectives d\u2019après-guerre (Comm.): 154.YOUGOSLAVIE.- La situation religieuse en \u2014 (Hor.): 25.-\tCommunisme (Hor.): 78.Maritain, J., etc.Le Droit raciste à l'assaut de la civilisation: 276.Masse, O.La Conscience de Pierre Laubier : 337.Maurault, Mgr O.Moisson de Ville-Marie : 306.Maurel, C.Ecoles de Maris : 81.Mauriac, F.Thérèse Desqueyroux : 251.-\tLe Mal: 251.Maurois, A.Frédéric Chopin : 250.MaxiNe.Stowaways : 337.Mercier, L.-P.Quoi dire, comment dire, et quoi faire : 305.Monnier, M.Dispersion : 195.Morin, C.Surnaturelle Sagesse: 53.Morin, W.Nos droits minoritaires : 305.Œsterreicher, J.M.Racisme - Antisémitisme - Antichristianisme : 304.Perunax.Les Fossoyeurs : 277.Petges, J.P.Bataille d\u2019Amiens, 1940: 278.Petit, G.L\u2019Homme contemporain et le Problème social: 166.-\tL\u2019Homme contemporain et le Problème moral : 304.PlUZE, R.L\u2019Epreuve: 83.Pouliot, L.La Réaction catholique de Montréal.1840-1841: 306.POZNER, V.Les Gens du Pays: 337.Psichari, E.Le Voyage du Centurion : 251.Rimbaud, A.Œuvres: 251.RlNGUET.Un monde était leur empire : 305.RlOUX, A.L\u2019Electrification rurale du Québec : 54.Rivet, P.Les Origines de l\u2019Homme américain : 250.Rivière, I.Images d'Alain-Fournier : 338.-\tA la trace de Dieu: 338.ROOSEVELT, J.Mon fils Franklin: 55.Rousseau, J.Vers VIdéal: 339.Routhier, A.Des causes de nullité des contrats : 166.Rumilly, R.Histoire de la Province de Québec.VII: Taillon.VIII: Laurier : 276.-\tHistoire de la Province de Québec.IX: Marchand.X: Tarte.XI: Parent: 277.Sauriol, J.Le Désert des Lacs: 278.Schlumberger, J.Jalons : 249.Sertillanges, A.-D.La Vie française : 338.Simon, P.Un seul ennemi: l\u2019envahisseur : 307.Sœur de la Providence.Service d\u2019amour : 26.Sylvestre, G.Anthologie de la poésie canadienne d\u2019expression française : 139.Tardif, T.Désespoir de Vieille Fille : 249.Texeira, L.Profil de Salazar : 56.Tharaud, J.et J.Les Contes de la Vierge : 338.Tonarelli, I.Jeunes femmes : 306.Troyat, H.Le Jugement de Dieu : 223.Trudel, G.Traité de droit civil du Québec : 26.Vaillancourt, E.Le Canada et les Nations Unies: 279.Villeneuve, cardinal.Le Sacrement de Pénitence.Le Pénitent : 137.-\tLe Pêché: 304.Werfel, F.Le Chant de Bernadette : 28.342 RELATIONS LIVRES RECENSÉS A la trace de Dieu.J.Rivière: 338.Alfred et Vile des Cinq.A.Leduc et P.Lamy: 56.Alfred, le découvreur.A.Leduc et P.Lamy: 56.Ame de VEducation (L').F.Charmot: 337.Anglais-Eclair IL\u2019).Frères Maristes: 339.Annonce faite à Marie IL').P.Claudel: 251.Anthologie de la poésie canadienne d'expression française.G.Sylvestre: 139.Aperçu sur les origines de Sudbury : 160.A travers le temps et l\u2019espace.C.-V.JOHNSON: 196.Au commencement: 111.Bambi.W.Disney: 111.Baraque 3, Chambre 12.M.Hædrich: 222.Bataille d\u2019Amiens, 1940.J.P.Petges: 278.Bataille des Flandres {La).Général Eon: 337.Beau Risque {Le).F.Hertel: 84.Bulletin bibliographique.Années 1937 à 1941.SOCIÉTÉ des Ecrivains canadiens: 84.Canada et les Nations Unies {Le).E.VAILLANCOURT: 279.Chacun sa vie.B.Brunet: 111.Chant de Bernadette {Le).F.Werfel: 28.Chopin ou le Poète.G.DE Pourtalès: 250.Colombe de la Gestapo {La).R.Goffin: 222.Combat avec l\u2019inconnue.C.Eylan: 307.Combat social {Le).III.Au Théâtre de la Vie, lro partie.\u2014 IV.Au Théâtre de la Vie, 2e partie.\u2014 V.Au Théâtre de la vie, « La famille ».L.Boivin: 276.Comment gagner sa vie.G.Carrière: 27.Comment se faire des amis pour réussir dans la vie.D.Carnegie: 339.Conscience de Pierre Laubier {La).O.Masse: 337.Contes.G.de Maupassant: 251.Contes de la Vierge {Les).J.et J.Tharaud: 338.Coucou : 111.Dakar.E.Lengyel: 82.De la Primauté du Bien commun; Le Principe de l'Ordre nouveau.C.de Koninck: 249.De Pétain à Laval.L.Marchal: 277.De Rome à Montréal.J.-P.Archambault: 53.Des causes de nullité des contrats.A.Routhier: 166.Désert des Lacs {Le).J.Sauriol: 278.Désespoir de Vieille Fille.T.Tardif: 249.Deviens un chef ! J.des Vignes Rouges: 338.Dieu, l'Ame et le Sentiment.F.Jammes: 251.Dispersion.M.Monnier: 195.Dominicains ou Frères-Prêcheurs {Les).L.-A.Lan-GLAIS: 81.Droit raciste à l\u2019assaut de la civilisation {Le).E.Hamburger, M.Gottschalk, P.Jacob, J.Maritain: 276.Dumbo.W.Disney: 111.Ecoles de Maris.C.Maurel: 81.Education dans le mouvement coopératif IL\u2019) : 339.Education selon l\u2019Esprit {L\u2019).M.DaniÉlou: 221.Eglise et les procès de mariage {L\u2019).L.C.de LÉRY: 111.Electrification rurale du Québec {L').A.Rioux: 54.En Egypte : 111.Enfance de Jésus {L\u2019) : 111.Enterrés vivants du Stalag XVII A.(Les).C.Joffé: 221.Epreuve (L\u2019).R.Piuze: 83.Etes-vous malin?Répondez-moi ! C.-M.Laurent: 339.Ethique professionnelle.J.-Z.Dufort: 336.Aperçus généraux Revue de l\u2019année, J.Vallerand: 22.Les enfants au cinéma (Edit.) : 30.Jeunesse empoisonnée (Comm.) : 154 Films d\u2019horreur, J.Vallerand: 47.Enfin des chefs-d\u2019œuvre, J.Vallerand: 77.La poésie à Hollywood, J.Vallerand: 133.Un art populaire, J.Vallerand: 192.Exotisme et propagande, J.Vallerand: 192.Fiançailles d\u2019Anne de Noué (Les).R.Lasnier: 251.Figures et Paraboles.P.Claudel: 251.Fossoyeurs (Les).Pertinax: 277.Franceline.M.-A.GrÊGOIRE-Coupal: 56.France que j\u2019aime (La).H.Mackay: 138.France vivra (La).H.Deyglun: 251.Franc-Maçonnerie du Québec est-elle protestante?(La).N.Germain: 28.Frédéric Chopin.A.Maurois: 250.Fumées.S.Chaput-Rolland: 83.Gens du Pays (Les).V.Pozner: 337.Grande clarté du Moyen Age (La).G.Cohen: 336.Grand Meaulnes (Le).Alain-Fournier: 338.Haïti et ses problèmes.D.Bellegarde: 167.Handbook of Medical Ethics.S.-A.La Rochelle et C.T.Fine: 139.Heures d\u2019amour.F.Gaudet-Smet: 195.Histoire de Joseph et de Moïse: 111.Histoire de la poulette brune et du grain de blé (L\u2019) : 111.Histoire de la Province de Québec.VII: Taillon.VIII: Laurier.R.Rumilly: 276.Histoire de la Province de Québec.IX: Marchand.X: Tarte.XI: Parent.R.Rumilly: 277.Homme, cet inconnu (L\u2019).A.Carrel: 337.Homme contemporain et le Problème social (L\u2019).G.Petit: 166.Homme contemporain et le Problème moral (L\u2019).G.Petit: 304.Honoré Gervais.Æ.Fauteux: 112.Horloge de Paris, Heure de Berlin.T.Kernan: 82.Il y a soixante ans.A.Lévesque-Dubé: 337.Images d'Alain-Fournier.I.Rivière: 338.Initiation à VArt dramatique.T.Béraud: 195.Jacques Chevrier.R.Bernier: 168.J'ai faim.! L.Le François: 167.Jalons.T.Schlumberger: 249.Japon et la guerre (Le).H.Byas: 139.Jésus, notre Sauveur : 111.Jeunes Femmes.I.Tonarelli: 306.Joies et Tristesses de la Maison.A.Brossard: 279.Joliff et Magadur.M.Kerdrue: 222.Journal de bord d\u2019Alfred.A.Leduc et P.Lamy: 56.Jugement de Dieu (Le).H.Troyat: 223.Juifs (Les).En collaboration: 194.La Cité Nouvelle.R.GuÉnette: 279.La Médiation de Marie.F.Barral: 193.La Part du Diable.D.de Rougemont: 193.Le Canada et les Nations Unies.E.VAILLANCOURT: 279.Leçons sociales.C.Baribeau: 221.Lettres aux Américains.G.Cohen: 279.Lili, soeur d\u2019Alfred.A.Leduc et P.Lamy: 56.Louisiana Creole Dialed.J.-F.Broussard: 194.Maîtres Artisans de chez nous.M.Barbeau: 138.Mal (Le).F.Mauriac: 251.Marie-Célina Plourde.M.Le Normand: 137.Miracles de Jésus (Les) : 111.Moisson de Ville-Marie.O.Maurault: 306.Monde était leur empire (Un).Ringuet: 305.Mon fils Franklin.J.Roosevelt: 55.Montreal Seaport and City.S.Leacock: 194.Morceaux choisis.P.Claudel: 223.Mystique d\u2019un monde nouveau.J.-L.Lebret: 336.Normandie et Bretagne.A.Lepage: 278.IV.- CINÉMA La comédie humaine, J.Vallerand: 217.Au service de la pédagogie, J.Vallerand: 329.Films recensés Arabian Nights : 192.Bambi: 133.Constant Nymph (The) : 271.Frankestein : 47.Nos droits minoritaires.W.Morin: 305.Notes sur l\u2019art de diriger les jeunes.D.A.Lord: 354.Notre-Dame des Neiges.G.Lamarche: 250.Œuvre des Terrains de jeux de Québec.G.DlON: 168.Œuvres.A.Rimbaud: 251.Œuvres Nouvelles (Les) IL: 55.- III: 307.Origines de l\u2019Homme américain (Les).P.Rivet: 250.Origines religieuses du Canada (Les).G.Goyau: 138.Pack-Rat.Mgr F.C.Kelley: 55.Pages de Journal.A.Gide: 251.Péché (Le).Cardinal Villeneuve: 304.Pétain?Général Chadebec de Lavalade: 336.Petit Univers (Un).J.de Pesquidoux: 337.Plymplon House.P.d\u2019Oncin: 83.Poésies choisies.V.Hugo: 251.Pour un Ordre personnaliste.F.Hertel: 54.Pouvoir.G.Ferrero: 193.Profil de Salazar.L.Teneira: 56.Psychiatrie pastorale.P.Lachapelle: 27.Que vaut la chiropratique ?J.-M.Gaudet: 339.Quoi dire, comment dire et quoi faire.L.-P.MERCIER: 335.Racisme - Antisémitisme - Antichristianisme.J.-M.Œsterreicher: 304.Réaction catholique de Montréal, 1840-1841 (La).L.POULIOT: 306.Réformateur du théâtre (Un).J.CUSSON: 83.Relations commerciales de la France (Les).T.Gott-man: 82.Rêves des chasseurs (Les).M.Barbeau: 222.Richelieu.A.Bailly: 337.Rosaire (Le) : 81.Sacrement de Pénitence (Le).Le Pénitent.Cardinal Villeneuve: 137.Saints Martyrs canadiens (Les).A.Fortin: 306.Salut, ô Reine.R.Brien: 84.Sa Sainteté le Pape Pie XII.G.Goyau: 84.Service d\u2019amour (Le).Sceur de la Providence: 26.Service de France au Canada.H.Laugier: 279.Seul ennemi: Venvahisseur (Un).P.Simon: 306.Société historique du Nouvel-Ontario (La) : 221.Soldai de France.« Jacques » : 306.Sources.L.-P.Desrosiers: 306.Sous les platanes de Cos.A.Barbeau: 167.Stowaways.Maxine: 337.Strophes et Catastrophes.F.Hertel: 195.Surnaturelle Sagesse.C.Morin: 53.Tendances eugénistes au Canada (Les).H.Blais: 53.Terre des Hommes.A.de Saint-Exupéry: 337.Têtes de Pont.P.de Lanux: 85.Thérèse Desqueyroux.F.MAURIAC: 251.Traité de droit civil du Québec.G.Trudel: 26.Troisième Centenaire de Montréal: 137.Trois petits chats (Les) : 111.Trois petits cochons (Les) : 111.Trois petits ours (Les) : 111.Vers VIdéal.J.Rousseau: 339.Vie française (La).A.-D.Sertillanges: 338.Ville-Marie.L.Marchai.: 306.Visages littéraires du Canada français.A.-J.JOBIN: 278.Voyage du Centurion (Le).E.Psichari: 251.Vues chrétiennes sur la politique.C.Journet: 166.Human Comedy (The) : 217.Kermesse Héroïque (La) : 77.King Kong : 47.Lost World (The) : 47.Moon is down (The) : 192.Mrs.Minniver: 22.-Mummy's Tomb: 47.Perles de la Couronne (Les) : 77.- Pied Piper (The) : 22.Random Harvest: 105.Victory Through Air Power : 329.NOUVEAUTÉS L\u2019ENCYCLIQUE « CASTI CONNUBII « sur le Mariage chrétien (PIE xi) Nouvelle édition avec divisions et commentaires 110 pages \u2014 25 sous PIE XII AUX OUVRIERS Discours prononcé le 13 juin 1943 Feuillet de 4 pages : 2 sous l'exemplaire, 75 sous le cent Editions de L'ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE UNE AUBAINE\tDONNEZ DES IDÉES «RELATIONS» de janvier paraîtra à Noël.Offrez comme cadeau du Nouvel An un abonnement à \u201c (Relation* \u201d Décembre 1940 - 1,000 abonnés Décembre 1941 - 3,400 abonnés Décembre 1942 - 4,500 abonnés Septembre 1943 - 7,500 abonnés Avec la vente aux kiosques et chez les libraires le tirage est de plus de 10,000 exemplaires chaque mois JANVIER 1944?Nous glisserons dans le numéro de janvier votre carte de souhaits et nous accordons 20 % de réduction : $1.60 pour un abonnement régulier $1.20 pour un abonnement d\u2019étudiant à tous ceux qui profiteront de cette aubaine avant le 15 décembre.Cette offre ne vaut pas pour les renouvellements DECEMBRE 1943 343 TÉL.FALKIRK 1116 ÉCHANGE PRIVÉ *1 Cfiarbottneau 4\tlimitez Fabricants de BISCUITS CONFISERIES et PÂTES ALIMENTAIRES 1800, RUE NICOLET MONTRÉAL c4chète BIEN qui achète chez Æiipiils^rëpes Nous vous invitons à venir vérifier le bien-fondé de cette devise lorsque vous aurez des achats à faire.PLateau 5151 865 EST- RUE STE-CATHERINE v \u2022'Jw* #»]' ^ ¦ * Y*?'.'.- 31 eU de \u201cchez nous\u201d POUR VOUS.POUR VOTRE FAMILLE.POUR VOS RÉCEPTIONS.Exigez ce délicieux et désaltérant breuvage, le PÉCfAP Gf@HÏSe&C CHPISflH Aussi BIÈRE D\u2019ÉPINETTE \u2014 DRY GINGER ALE CREAM SODA / PLACEMENTS RECOMMANDÉS $25,000.00\tDominion du Canada 3% 1er janvier 1959 l\tPRIX i $100.00\tREND.3.00 $10,000.00\tProvince de Québec 3%\t15 juin 1955 à\t$ 99.00\t3.10 / Commission des Ecoles catholiques\t\tde Montréal\t $10,000.00\t3 lA% 1er déc.1950 à\t$ 99.50\t3.10 CRÉDIT INTERPROVINCIAL, Limitée 10 OUEST, RUE ST-JACQUES, MONTRÉAL -\tBEIair 2614 - CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION __________________________________________ J.-Louis LÉVESQUE,\tJ.-A.BOIVIN, N.P.(Berthierville), J.-Georges DUBÉ (Rimouski), Vianney FAVREAU, président\tvice-président\tdirecteur\tsecrétaire Aimé DOMINGUE, directeur général\tLucien AUBIN (Joliette), représentant Votre testament ! Ne remettez pas à plus tard l'accomplissement de cet acte important, car la mort peut vous enlever subitement à ceux qui dépendent de vous.Nommez cette Société votre exécuteur testamentaire.Elle a été créée dans ce but et possède ces garanties : COMPÉTENCE PERMANENCE SÉCURITÉ \u2014 qu'aucune personne en particulier ne peut offrir 9 jJSimîttist s» Siège social:\tSuccursale: 10 ouest, rue St-Jacques\t132, rue St-Pierre MONTRÉAL\tQUÉBEC cAvec les hommages 'a maison de1 MONGEAU & ROBERT Cie Ltée CHARBON HUILE À CHAUFFAGE ?1600 est, rue Marie-Anne - Montréal \u201c (Relation* \u201d vou* plait} paââez-le à vo* amià "]
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