Relations, 1 mars 1944, Mars
[" LETTRE A M.LEACOCK ET AL Alexandre DUGRÉ TERRAINS DE JEUX ET PAROISSES Wilfrid GARIÉPy POUR ÉVITER LE LAlCISME Louis C.de LÉRy POLITIQUE EXTÉRIEURE DU VATICAN Joseph-H.LEDIT QUE SERA NOTRE HYDRO?ON A LES DÉLINQUANTS QU*ON MÉRITE ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE SOMMAIRE MARS 1944 i Éditoriaux.57 Taux croissant ou décroissant.\u2014 L\u2019Église et les QUESTIONS ÉCONOMIQUES ET SOCIALES.\u2014 La DICTATURE DES IRRESPONSABLES.\u2014 La FÊTE DU PAPE.\u2014 Perspectives en éducation.Articles LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DU VATICAN.Joseph-H.Ledit 59 LETTRE À M.LEACOCK ET AL.Alexandre Dugré 62 TERRAINS DE JEUX ET PAROISSES.Wilfrid Gariépy 65 QUE SERA NOTRE HYDRO?.Ernest Robitaille 67 Commentaires.70 Le féminisme et la guerre.\u2014 Pour un coin français.\u2014 Des Anglo-canadiens regardent le Québec économique et social.\u2014 Mgr Griffin et le peuple.\u2014 Crise scolaire.Chroniques POUR ÉVITER LE LAÏCISME .Louis C.de Léry 72 ON A LES DÉLINQUANTS QU\u2019ON MÉRITE.J.F.Dalton 75 LE CENTRE PAROISSIAL DE THETFORD-LES-MINES.Laurent Lacoursière 77 HORIZON INTERNATIONAL.78 Saint-Siège.\u2014 U.R.S.S.LES ÉCOLES TECHNIQUES .Jean Delorme 83 Livres récents La Charte du Royaume chrétien La Tempérance, règle de vie .L'art (Taimer ses enfants.\u2014 Délivrez-les du mal.La Méditerranée.Exile without an End.Le Verger.Retour à la Vigie.Littérature.81 .Arthème Tétrault .Louis Chagnon Stéphane Valiquette .Richard Arès .Alexandre Dugré .Gérard Tremblay .Jacques Tremblay .Jean-Marie Duclos En trois mots 84 NOS COLLABORATEURS Un séjour de quatorze ans à Rome a familiarisé le P.Joseph Ledit, s.j., avec l\u2019atmosphère de la Ville Étemelle et les grands problèmes qui s\u2019y agitent.\u2014 Professeur d\u2019histoire du Canada de longues années et grand observateur de l\u2019actualité, le P.Alexandre Dugré, s.j., verse ses réflexions au dossier de l\u2019unité canadienne.\u2014 Le P.Wilfrid Gariépy, s.j., curé de la paroisse de l\u2019Immaculée-Conception à Montréal, est aumônier général de l\u2019Œuvre des Terrains de Jeux de la métropole.\u2014 M.Ernest Robitaille, comptable licencié, suit de près les débats autour de l\u2019étatisation de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated et exprime son avis sur la méthode selon laquelle l\u2019opération devrait être faite.\u2014 Le P.Louis C.de Léry, s.j.est professeur de droit canonique au scolasticat de l\u2019Immaculée-Conception et à l\u2019Université Laval.\u2014 M.J.-F.Dalton est surintendant du Boys' Bureau de la Federation of Catholic Charities de Montréal.\u2014M.l\u2019abbé Laurent Lacoursière est vicaire à la paroisse Saint-Alphonse de Thetford-les-Mines et directeur du « Centre paroissial Saint-Alphonse^».\u2014 M.Jean Delorme est secrétaire de la Direction de l\u2019École technique de Montréal.R E L AT IO N S REVUE DU MOIS \u2022 Directeur: Jean-d\u2019Auteuil Richard Rédacteurs: Jacques Cousineau^ Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Bouvier.Secrétaire de rédaction et administrateur: Paul Racine Prix de l\u2019abonnement:\tA l\u2019étranger : $2.50 $2.00 par année\tPour les étudiants : $1.50 Taxe de vente de 2% ou de 4%, selon le lieu \u2022 Publiée par L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Centre de documentation, d'information et (Taction sociale, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur: Joseph-Papin Archambault ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1961, rue Rachel Est\tTél.: CHerrier 3101 MONTRÉAL\tCANADA IVème année, No 38 Ecole Sociale Populaire, Montréal Mars 1944 ÉDITORIAUX ZJaux ctoiââant ou déctoiàâant ?T E DISCOURS du Trône, à Ottawa, annonce que le gouvernement fédéral présentera à la présente session un projet d\u2019allocations familiales.Rien d\u2019officiel n\u2019a encore été dévoilé sur la teneur du projet qui sera soumis à l\u2019étude de nos députés.Par contre, une foule de rumeurs ont été lancées dans les couloirs du Parlement et répandues par la voix des journaux jusqu\u2019aux quatre coins du pays.Ou laisse entendre, entre autres, que le gouvernement a l\u2019intention de limiter le versement des allocations à un nombre fixe d\u2019enfants \u2014 les cinq ou six premiers \u2014 ou que l\u2019on adopterait un taux d\u2019allocations qui irait en décroissant avec le nombre des enfants à charge.Ministres et députés ont déjà nié la première rumeur.De fait, nous ne voyons pas comment les législateurs canadiens pourraient sanctionner de leur vote une mesure odieuse, dont l\u2019illogisme les rendrait ridicules aux yeux du monde entier.Les allocations familiales ont pour but d\u2019aider les familles nombreuses; en limiter la prestation aux premiers enfants, ce serait changer radicalement la nature de cette institution bienfaisante pour en faire une prime à la famille restreinte! L\u2019adoption d\u2019un taux décroissant ne serait qu\u2019un camouflage pour arriver aux mêmes résultats.Parmi les pays qui ont inauguré le régime des allocations, plusieurs ont adopté le taux uniforme; les autres \u2014 le plus grand nombre \u2014 ont adopté le taux croissant; aucun n\u2019a posé de limitation au nombre d\u2019enfants aidés.Devrait-on, au Canada, adopter un taux croissant plutôt que le taux uniforme proposé par le Dr Marsh ?C\u2019est à nos législateurs d\u2019en décider.En tout cas, nous croyons que notre gouvernement se discréditerait en choisissant le taux décroissant.Une seule raison pourrait incliner certains députés à l\u2019appuyer de leur vote; mais cette raison n\u2019est pas avouable et personne n\u2019ose la formuler ouvertement.Sanctionner une mesure qui serait nécessairement regardée comme une mesure d\u2019exception contre les Canadiens français, ne serait pas un bon moyen de resserrer les liens de bonne entente entre les deux races.J^Cqliâe et leà question* économiqueâ et âocialeâ T\"^\\ANS LE COMPTE RENDU d\u2019une récente confé-rence, on lisait ces mots: « Je crois que vous avez assez de foi, que vous connaissez assez votre catéchisme pour faire les distinctions entre la matière de l\u2019autorité épiscopale en soi, c\u2019est-à-dire la foi et les mœurs, et les matières sociales et économiques, sur lesquelles les évêques ont droit à leur opinion qui doit être écoutée avec respect, mais auxquelles leur autorité ne s\u2019étend pas.» Un résumé ne donne pas toujours les distinctions et les nuances que peut contenir le texte lui-même.Telles quelles, ces paroles sont certainement inexactes.L\u2019autorité de l\u2019Église, l\u2019autorité du Pape, l\u2019autorité des évêques s\u2019étend sur les matières économiques et sociales.Léon XIII l\u2019a déclaré au début de l\u2019encyclique Rerum novarum.Pie XI y revient à son tour dan& Quadragesimo anno : « Nous devons rappeler tout d\u2019abord le principe, déjà mis en pleine lumière par Léon XIII, que nous avons le droit et le devoir de nous prononcer avec une souveraine autorité sur ces problèmes sociaux et économiques.» La raison de l\u2019autorité de l\u2019Église en ces matières est évidente.Un ordre économique humain, c\u2019est-à-dire, propre à l\u2019homme et digne de l\u2019homme, a pour fin supérieure la fin même de l\u2019homme.Il est donc régi par la loi morale qui dirige l\u2019homme vers sa fin.Il y a de la sorte un lien étroit entre l\u2019Êconomique et ia Morale, et même une dépendance rigoureuse de l\u2019Éco-nomique par rapport à la Morale.Sans doute, l\u2019ordre économique et social relève-t-il de techniques propres où l\u2019Église n\u2019est pas compétente \u2014 et c\u2019est peut-être cela que voulait dire le conférencier\u2014 mais la plupart des problèmes qui s\u2019y posent: profit, salaire, conditions du travail, organisation professionnelle, ont un aspect moral qui légitime l\u2019intervention de l\u2019Église.Ce droit d\u2019intervention, ce jugement sur l\u2019aspect moral des choses, les Papes l\u2019ont toujours exercé.De quoi traitent les grandes encycliques Rerum novarum MARS 1944 57 et Quadragesimo anno, sinon de matières économiques et sociales?Et les fidèles doivent leur adhésion aux directives qui y sont énoncées.Aussi quand l\u2019épiscopat de la province se prononce dans ses lettres collectives, sur la restauration sociale, le syndicalisme ou le problème rural, l\u2019autorité de ses jugements sur l\u2019aspect moral et philosophique de ces problèmes est incontestable.Les catholiques doivent s\u2019inspirer de ses directives dans la conduite de leur vie.JÇa dictatuxe deâ ixxeâponâableâ ÇA DEVAIT aboutir là.La tactique de la grève-propagande, le système de la démonstration collective de force, le bourrage de crâne et les promesses fallacieuses, l\u2019esprit matamore et le dénigrement fanatique des autres unions, le goût de l\u2019action politique et la passion de dominer les services publics essentiels, le mépris pour le public « bourgeois » et l\u2019effort de guerre, le rejet systématique de toute contrainte légale ou morale, toutes ces tendances qui ont caractérisé récemment le Congrès Canadien du Travail (C.C.T.) viennent d\u2019aboutir à cette grève de trente-six heures qui a paralysé subitement, en un jour de froid dur et à l\u2019heure de fermeture des bureaux et usines, le système des transports en commun à Montréal.Le mystère plane encore sur beaucoup de détails de cette étrange maladie qui s\u2019empara de tous les employés de tramway à la même heure et les rendit inactifs et muets; le procès qui suivra les arrestations dues au courage des représentants du procureur provincial à Montréal dans l\u2019application de l\u2019excellent et opportun bill n° 2, fera de la lumière là-dessus.D\u2019ici là, une conclusion se dégage des faits connus.Cette grève est une tentative de saboter la liberté syndicale sagement inscrite dans notre législation et qui demeure un des principaux facteurs de l\u2019équilibre social, elle est un essai de dictature ouvrière par la force.De la part de qui?Les dirigeants de la Brotherhood et du C.C.T.nient avoir commandé la grève.Alors de deux choses l\u2019une, ou ils l\u2019ont préparée en dessous, quitte à se laver hypocritement les mains en public pour éviter l\u2019indignation générale ou la vindicte des lois, ou \u2014 ce qui est plus probable \u2014 ils sont débordés par leurs troupes, tout comme l\u2019inventeur de Frankes-tein, fut désespéré par les comportements du monstre; ils ont semé à profusion le culte de la force, la haine des classes et l\u2019esprit de caste, ils se sont obstinés dans l\u2019obstruction et la destruction, leur journal s\u2019est moqué à qui mieux mieux des syndicats qui ont prêché les devoirs du travail, et ils s\u2019étonnent que, malgré eux, jaillissent de mauvais fruits: la paralysie désordonnée d\u2019un service public, le sabotage du travail de guerre, de la paix sociale et de la cause ouvrière elle-même; en toute hypothèse, ils sont de mauvais maîtres, ni sociaux ni chrétiens.La dictature de chefs responsables est déjà dure, celle des irresponsables est intolérable.Heureusement que la population montréalaise a manifesté aussitôt une indignation unanime et profonde.L\u2019opinion publique est encore le vrai rempart de la démocratie.Et la dictature des irresponsables momentanément prit fin.jQa lète du Pape T ES VIOLENTES attaques de la presse soviétique contre le Pape ont soulevé une indignation presque universelle.Même les journaux protestants, en particulier aux États-Unis, se sont élevés contre cette agression injuste.Son principal effet, chez les catholiques, devrait être de nous attacher davantage au chef de l\u2019Église et de nous pénétrer de son enseignement sur la paix.Car c\u2019est bien là, semble-t-il, la raison de fond de ces attaques.En politique prévoyant, Staline entrevoit déjà les gains que la victoire devrait lui apporter et les obstacles auxquels son ambition pourra se heurter.Défenseur du droit, le Pape se trouvera probablement sur son chemin.Amoindrir dès maintenant son influence serait de bonne politique.A plusieurs reprises, surtout dans ses messages de Noël 1939, 1940 et 1941, Pie XII a établi les conditions fondamentales d\u2019une paix juste et durable.Cette doctrine, tout catholique doit l\u2019assimiler, la faire connaître et, au besoin, l\u2019imposer aux chefs d\u2019État.Cette étude, qui peut se faire à l\u2019aide des textes pontificaux édités par l\u2019École Sociale Populaire, serait un des meilleurs moyens de célébrer la fête du Pape, le 5 mars prochain.Pexâpectiveâ en éducation Relations publie aujourd\u2019hui l\u2019article de conclusion du P.de Léry à sa série sur le laïcisme scolaire et ses méthodes de pénétration.L\u2019importance de ces articles n\u2019échappe pas à nos lecteurs.La prochaine livraison présentera la première de cinq études exposant le développement de notre législation scolaire depuis la conquête jusqu\u2019à nos jours.L\u2019esprit de cette législation s\u2019imposera au lecteur dans toute son objectivité.Chacun se trouvera en mesure de juger quelle orientation elle doit garder ou reprendre, à quelle évolution elle devra se soumettre pour demeurer la sauvegarde d\u2019un peuple d\u2019Amérique, catholique et français.N\u2019oubliant pas l\u2019ordre des réalisations concrètes, Relations présentera à la suite, ou concurremment \u2014 si l\u2019espace le permet \u2014 la série déjà annoncée sur la coordination et les améliorations pédagogiques, administratives et financières de notre enseignement à tous ses degrés.58 RELATIONS LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DU VATICAN Joseph-H.LEDIT, S.J.METTONS D\u2019ABORD les choses au point.Le Saint-Siège n\u2019a pas pour tâche de faire de la « politique » mais de gouverner l\u2019Église.Dans les récentes discussions sur la « politique extérieure » du Saint-Siège, on entend peu parler du Saint-Office, de la Congrégation Consistoriale, de la Congrégation des Sacrements, de celles des Rites, des Religieux, du Concile, de Propaganda Fide, des Églises orientales, des Séminaires et Universités, des Cérémonies; on mentionne à peine la Pénitencerie, la Daterie, la Chambre apostolique, la Rote, la Signature et la Chancellerie.Tous ces organes de gouvernement, qui constituent la plus grosse partie de l\u2019activité du Saint-Siège, n\u2019ont rien à voir à la politique.Les rapports avec les Pouvoirs temporels sont du ressort de la Secrétairerie d\u2019État laquelle est divisée en deux sections : Affaires ordinaires, Affaires extraordinaires.La correspondance ordinaire des Nonces et Délégués apostoliques fournit presque tout son travail à la section des Affaires ordinaires : pouvoirs pour régler tel détail d\u2019administration ecclésiastique, dispenses, concession de décorations et de dignités à des laïques ou ecclésiastiques méritants, lettres de félicitations, bénédictions papales.Reste enfin la section des Affaires extraordinaires.C\u2019est elle qui étudie les questions plus délicates entre le Saint-Siège et les Pouvoirs temporels; concordats, mésententes, etc.Le personnel de cette section, très bien formé sans doute, se compose d\u2019une quinzaine de personnes.Une municipalité de troisième catégorie aurait besoin d\u2019employés plus nombreux.Ce fait, à lui seul, montre mieux que tout raisonnement que l\u2019Église ne fait pas de politique.C\u2019est tout juste si elle s\u2019occupe des difficultés qui peuvent surgir entre elle et les Pouvoirs temporels.Ces différends font souvent l\u2019objet d\u2019interventions doctrinales du Pape en personne.Il en traite dans ses Encycliques, dans ses discours (particulièrement, lorsqu\u2019il s\u2019adresse aux cardinaux réunis en consistoire, ou au peuple chrétien de l\u2019univers par l\u2019entremise de la radio; moins souvent quand il accueille des pèlerinages au Vatican, car alors il prend plus volontiers le ton d\u2019une simple homélie).De nombreux sujets qui intéressent la politique ont été étudiés dans les Encycliques des derniers Papes: la question ouvrière (Rerum novarum, Quadragesimo anno), la Constitution chrétienne des États (Immortale Dei), l\u2019éducation de la jeunesse (Rappresentanti), le fascisme (Non abbiam bisogno), le communisme (Divini Redemptoris), le nazisme (Mit brennender Sorge).Les mêmes préoccupations revinrent souvent dans les discours de Pie XI et de Pie XII.Ce dernier Pape a surtout souligné les conditions d\u2019une paix juste et véritable, les droits des petites nations, les responsabilités des gouvernants.Dans ces documents, le Pape reste dans le domaine des principes ou de leurs applications immédiates; il proteste contre les abus et les persécutions.C\u2019est là qu\u2019il faut chercher la pensée du Saint-Siège, de l\u2019Église catholique sur ces diverses questions.On y trouvera toujours une attitude plus tranchée que dans l\u2019action diplomatique proprement dite, où les principes sont tempérés, dans la mesure du possible, par les réalités contingentes.Tous les souverains qui ont traité avec le Saint-Siège ont eu à se louer de son esprit de conciliation.L\u2019action diplomatique du Saint-Siège, comme celle de toutes les autres chancelleries du monde, échappe en grande partie à l\u2019observation.Aussi, la plupart des articles ou livres qui ont paru sur « la politique extérieure du Vatican » ont été rédigés d\u2019après des sources incomplètes.Nous ne faisons pas d\u2019exception pour le livre de Binchy sur l\u2019Église et le fascisme.Cet ouvrage, qui contient d\u2019ailleurs de nombreux renseignements utiles, n\u2019est pas définitif puisque M.Binchy n\u2019a pas eu accès aux archives secrètes du Vatican.Sa documentation doit donc être considérée comme partielle et non décisive.Nous ne prétendons pas connaître la diplomatie pontificale par le dedans.Un séjour de plusieurs années à Rome nous a permis de faire les observations suivantes qui valent ce qu\u2019elles valent.1° Le but de la « politique extérieure du Vatican » \u2014 ou plutôt de la diplomatie du Saint-Siège \u2014 est tout d\u2019abord de protéger les intérêts de l\u2019Église.Telle est la tâche essentielle de toute représentation diplomatique.L\u2019ambassadeur canadien aux États-Unis a pour devoir principal de veiller sur les intérêts canadiens aux États-Unis, d\u2019améliorer les rapports entre le pays où il est accrédité et celui qu\u2019il représente.L\u2019action des représentants du Saint-Siège sera donc avant tout religieuse.D\u2019autre part, s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019intérêts religieux à protéger dans un pays, on ne voit pas pourquoi le Saint-Siège y maintiendrait un envoyé.Ainsi, en U.R.S.S., il n\u2019y a guère qu\u2019une seule église catholique où le culte catholique soit célébré de façon normale; c\u2019est l\u2019église de Saint-Louis des Français à Moscou.Tant que la vie catholique ne sera pas rétablie en U.R.S.S., au moins à un degré minime, on ne voit pas à quoi rimerait un échange de représentants diplomatiques entre l\u2019U.R.S.S.et le Saint-Siège.2° Dès qu\u2019un régime politique est prêt à accorder le minimum indispensable de tolérance religieuse, les MARS 1944 59 Papes ne semblent pas éprouver de difficulté à se mettre en rapport avec lui.On avait reproché à Pie XI de traiter avec Mussolini; à une audience qu\u2019il accorda aux élèves du collège de Mondragone (où étaient élevés les enfants d\u2019une bonne partie de l\u2019aristocratie romaine), Pie XI n\u2019hésita pas à dire: « Quand il s\u2019agit de sauver les âmes, de prévenir de grands maux capables de les perdre, Nous nous sentons le courage de traiter même avec le diable en personne.» Aussi, le Saint-Siège négocie avec les régimes politiques les plus divers: en 1929, il signa les pactes du Latran avec l\u2019Italie; deux ans après, en 1931, le nonce fut le premier diplomate à présenter ses hommages à M.Alcala Zamora, président de la République espagnole, après la révolution qui mit fin à la monarchie; en 1933, sur l\u2019affirmation solennelle de M.Von Papen que les nazis observeraient le concordat et cesseraient la persécution, le Pape échangea sa signature contre celle du maréchal Von Hindenburg; en 1937 et 1938, durant l\u2019apogée du Front populaire, Pie XI envoya à deux reprises le cardinal Pacelli en France.En 1937, après que Franco eut reconquis une partie considérable de son pays et qu\u2019il y eut installé un gouvernement de fait, le Pape lui accorda la représentation diplomatique.Il lui envoya, non un nonce, mais un chargé d\u2019affaires.Plus récemment, en pleine guerre, Pie XII échangea simultanément des missions diplomatiques avec la Chine et le Japon.Dans l\u2019un et l\u2019autre pays, il y avait des intérêts catholiques à protéger; les deux gouvernements étaient prêts à faire au Saint-Siège les concessions nécessaires.La reconnaissance diplomatique accordée à un pays, les conversations (qui doivent nécessairement être cordiales si elles veulent aboutir), les concordats ne signifient pas que le Pape approuve le régime qui y existe.Au contraire, Pie XI nous avertit que celui-ci pourrait être « diabolique ».Pour connaître la pensée du Pape sur les divers régimes politiques, c\u2019est à ses Encycliques et à ses discours qu\u2019il faut avoir recours.Il est intéressant de rappeler la série des pays dont les deux derniers Papes ont eu l\u2019occasion de se plaindre avec éclat: Mexique, Espagne, Italie, Allemagne, U.R.S.S.3° Nous ne connaissons pas un seul cas, à l\u2019époque moderne, où le Pape ait pris l\u2019initiative d\u2019une rupture diplomatique.Quand, au début du siècle, la persécution devint très vive en France, le Pape maintint son nonce à Paris envers et contre toutes les persécutions, mesquines ou scandaleuses.Il ne le rappela que le jour où le gouvernement français eut brisé avec le Saint-Siège.Après juillet 1936, la vie religieuse fut complètement étouffée en Espagne rouge; il devint, dans ces circonstances, impossible de maintenir quelqu\u2019un à la nonciature de Madrid.En 1937, le Pape condamna le nazisme par l\u2019encyclique Mit Brennender Sorge, mais il maintint son nonce à Berlin, En 1938, Pie XII fit des discours terribles contre le racisme; on disait cou- ramment, à Rome, que l\u2019ambassadeur allemand n\u2019avait pas été reçu au Vatican depuis presque une année, mais les rapports diplomatiques continuaient.La raison de cette attitude est peut-être éclairée par ce qui arriva à l\u2019époque de Napoléon.En 1804, Napoléon signa un concordat avec le Saint-Siège.Puis, il s\u2019empressa de le violer par ses « Articles organiques » ; il fit arrêter le Pape et plusieurs de ses cardinaux.Puis, Napoléon disparut.Le concordat resta, et régla les rapports entre l\u2019Église et la France durant presque un siècle.On a souvent sommé le Pape de rompre avec Hitler.Nous ne voyons pas comment cette démarche aiderait l\u2019Église en Allemagne; après la disparition d\u2019Hitler, ce serait plus difficile de tout reprendre.La tradition vaticane exige qu\u2019en temps de danger l\u2019on reste à son poste.Ceci vaut non seulement pour les curés et les évêques, mais aussi pour les nonces.Un pays brise les rapports diplomatiques avec un autre pays quand il se prépare à lui faire la guerre.L\u2019Église ne fait de guerre à personne; elle attend, avec une infinie patience, que les persécutions cessent ou que les persécuteurs disparaissent.4° Un des efforts principaux de la diplomatie pontificale est d\u2019empêcher la guerre.Nous avons cru observer les faits suivants à propos des interventions pontificales en faveur de la paix: a) Avant le commencement des hostilités, la diplomatie papale semble être très active.Tous savent que le Pape est neutre et que, pour lui, les questions de prestige politique ou militaire n\u2019existent pas.On a donc confiance dans son désintéressement.Les déclarations pontificales contre la guerre sont, d\u2019ordinaire, rédigées en termes émouvants.Les discours de Pie XI et de Pie XII, en septembre 1938 et août 1939 sont présents à toutes les mémoires.Avant la guerre d\u2019Éthiopie, Pie XI prononça plusieurs discours pour mettre l\u2019Italie en garde contre une telle action.On cite, d\u2019ordinaire, le discours du Pape aux infirmières catholiques (27 août 1935).Nous trouvons encore plus décisives les paroles prononcées le 1er avril 1935, devant les cardinaux réunis en consistoire:.« Nous ne pouvons, en effet, Nous persuader que ceux qui doivent avoir à cœur la prospérité et la fortune des peuples veuillent pousser à leur destruction, à leur ruine, à leur perte, non seulement la nation qui leur est confiée, mais encore le genre humain presque tout entier.Que s\u2019il se trouve quelqu\u2019un \u2014 ce qu\u2019à Dieu ne plaise, et Nous avons confiance que cela n\u2019arrivera pas \u2014 qui ose méditer et préparer un tel fléau, Nous ne pourrions Nous empêcher de renouveler avec tristesse au Dieu tout puissant cette prière « Seigneur, dissipez les peuples qui veulent la guerre.» Le Pape ne se prononçait pas sur le fond de la querelle qui mettait aux prises l\u2019Italie et l\u2019Éthiopie; il condamna le recours à la violence dans des termes qui semblent avoir été prophétiques.Il y a donc une différence radicale entre l\u2019attitude du Vatican et celle des évêques italiens lors de la guerre 60 RELATIONS italo-abyssine.Le Vatican resta neutre; les évêques appuyèrent l\u2019effort de guerre.Pas au début, cependant.Durant les premiers mois, le clergé italien garda une réserve qui, tranchant sur l\u2019enthousiasme de commande, était un blâme réel.Cette attitude changea après que les « sanctions » furent appliquées contre leur pays.A tort ou à raison, ils estimèrent qu\u2019il ne s\u2019agissait plus alors de l\u2019Éthiopie, mais de l\u2019Italie elle-même.L\u2019effort de guerre ne visait plus à annexer une colonie \u2014 chose que d\u2019autres avaient faite au cours des XIXe et xxe siècles \u2014 mais à défendre la patrie elle-même, menacée dans son existence économique.Les circonstances dans lesquelles les sanctions furent décrétées et appliquées fouettèrent le patriotisme italien jusqu\u2019à l\u2019exaspération.Les catholiques d\u2019autres pays, s\u2019ils le veulent, peuvent blâmer les évêques italiens; ils n\u2019ont pas le droit d\u2019accuser le Saint-Siège d\u2019avoir sacrifié les principes de la morale, ou d\u2019avoir enfreint la neutralité politique qu\u2019il est obligé de garder.b) Une fois la guerre déclarée, l\u2019activité du Saint-Siège tend à en limiter l\u2019extension, à en diminuer les dégâts.On organise des œuvres pour prisonniers de guerre, réfugiés, etc.Tout en sauvegardant les principes (le Saint-Siège a toujours protesté quand une nation était injustement attaquée; voir son discours aux Polonais de Rome, en septembre 1939; ses messages aux souverains de Hollande, Belgique, Luxembourg, etc.quand leurs pays furent attaqués), le Pape doit veiller à ce que sa neutralité éclate aux yeux de tous.Un des exemples les plus instructifs de cette prudence pontificale apparut lors de la guerre d\u2019Espagne.Après avoir reconnu immédiatement la révolution espagnole de 1931, Pie XI publia son encyclique Dilec-tissima Nobis (3 juin 1933) pour protester contre la persécution religieuse qui assombrit la péninsule.Le 18 juillet 1936 eut lieu le soulèvement du général Franco.Il eut pour conséquence immédiate une orgie de vandalisme; dans l\u2019espace de quelques jours, une vingtaine de milliers d\u2019églises furent saccagées ou brûlées; plus de six mille prêtres furent assassinés; plusieurs d\u2019entre eux, dans d\u2019affreux tourments.Les réfugiés espagnols, dès le 1er août 1936, affluaient à Rome avec les témoignages les plus terrifiants; il fallut attendre quatre semaines pour que l\u2019Osservatore Romano publiât autre chose que des communiqués d\u2019agence.Les 10 et 11 août, le journal du Pape fit savoir que le Souverain Pontife avait demandé que le gouvernement de Madrid, s\u2019il ne pouvait les empêcher, désavouât au moins ces horreurs.Enfin, le 19 août, VOsservatore prit position contre l\u2019Espagne rouge.Son rédacteur en chef, le comte Dalla Torre, publia un article intitulé: Alibis impossibles.Enfin, le Pape intervint le 13 septembre suivant \u2014 presque deux mois après le début de la guerre civile.Son discours eut trois parties: condamnation des atrocités qui souillèrent l\u2019Espagne rouge; condamnation du nazisme; recommandation à ceux qui avaient pris les armes pour lutter contre la persécution religieuse de ne pas souiller leur cause par des actes répréhensibles.Avec tout cela, le Saint-Siège ne reconnaissait pas l\u2019Espagne de Franco.Ceci n\u2019arriva qu\u2019au cours de 1937, alors que six autres pays avaient déjà fait cette démarche.Phalangistes et requetés n\u2019en revenaient pas de la différence de traitement accordée à la République d\u2019Alcala Zamora et à ce qu\u2019ils appelaient le mouvement de libération religieuse.Le chargé d\u2019affaires pontifical, désigné avec tant de discrétion que son nom n\u2019apparut même pas dans les Acta Apostolicae Sedis, n\u2019était ni nonce, ni délégué apostolique.Pendant qu\u2019il était à Burgos, le cardinal Pacelli eut l\u2019occasion de remplir deux missions retentissantes dans la France du Front populaire.Les Espagnols, vivement froissés de cette différence de traitement, étaient très montés contre le Saint-Siège.En avril 1939, quand tout fut fini, et que le gouvernement du général Franco fut établi de facto sur toute l\u2019Espagne, le Pape eut des paroles aimables à son égard, lui envoya sa bénédiction.Puis, il envoya un nonce à Madrid.Ceci ne suffit pas à apaiser la rancune de nombreux catholiques espagnols contre le Pape.c) Une fois la guerre terminée, le Saint-Siège tâche de tirer le meilleur parti possible de la situation de fait qui a été créée.Nous n\u2019avons pas pu retrouver le discours qu\u2019il prononça à la fin de la guerre italo-abyssine.Si nos souvenirs sont précis, Pie XI se limita à exprimer sa satisfaction que la guerre était terminée.A cette occasion, ou vers cette époque, il traita Mussolini d\u2019homme « incomparable ».Nous nous souvenons des sourires qui saluèrent cette épithète peu compromettante.Il y avait alors une tension marquée entre le Pape et le Duce.Pie XI lui tendait une vague branche d\u2019olivier en lui disant qu\u2019il était, vraiment, unique en son genre.Ceci reste vrai, même en 1944.Il n\u2019y eut qu\u2019un Billy Sunday, qu\u2019un Barnum; il n\u2019y a qu\u2019un Mussolini.Ceux qui reprochent au Saint-Siège de faire de la politique sont précisément ceux qui voudraient que le Saint-Siège fit leur politique; ils ont leurs idées, parfois correctes, parfois passionnées, sur la justice internationale, et sur les devoirs de la religion à l\u2019égard de leur parti.Le Saint-Siège gouverne l\u2019Église; il réprouve les erreurs à mesure qu\u2019elles se manifestent; il flétrit les crimes quand ils se commettent; il tâche de sauver ce qui peut être sauvé, de pratiquer la charité du Christ vis-à-vis de tous.Dans son action temporelle, le Saint-Siège ne prétend pas à l\u2019infaillibilité.La « politique extérieure du Vatican » a été menée avec tant de tact, de savoir-faire et de désintéressement que, partout où ils ont présenté leurs lettres de créance et exercé leur activité, les nonces ont acquis la réputation de compter parmi les membres les plus éclairés et les plus conciliants du corps diplomatique.MARS 1944 61 LETTRE À M.LEACOCK ET AL.Alexandre DUGRË, S.J.VOUS N\u2019ÊTES pas le premier venu, M.Leacock.Vous achevez une belle carrière et une belle œuvre.Votre culture est grande, vos observations justes, même si vos conclusions se ressentent parfois de vos ascendances.On s\u2019étonne que certaines bonnes notations s\u2019arrêtent court, avant le terme normal.Ainsi vous nous félicitez d\u2019avoir plus de bon sens que nos voisins, de rester calmes devant la richesse, d\u2019être contents de peu, d\u2019éviter plusieurs formes d\u2019émotivité qui désolent votre groupe, et d\u2019aimer qu\u2019on nous laisse la paix (only asking to be left alone.) Puis vous nous reprochez de nous isoler dans notre culture et notre vie de famille, qui sauvent ces trésors, qui empêchent la « tempête de sable » de changer notre « beau paysage » moral en « jardin désert ».Vous blâmez nos écoles séparées, nos mariages entre nous, les précautions sociales et nationales destinées à nous conserver ce que nous sommes, et que vous trouvez beau.Vous faites un effort méritoire pour entrer dans nos vues.A certains moments, vous venez tout près de saisir la question \u2014 et la réponse.Mais non.Un courant passe, vous redevenez insulaire.Sans vous en douter, vous trouvez mal ce qui fait notre bien, et bien ce qui nous démolirait.Causons donc, entre hommes de bonne volonté.La question de fond se résume à trois mots peu goûtés: Nous demeurons français.Vous l\u2019admettez, sans admettre ce qui le permet et ce qui s\u2019ensuit.La France ne nous dit plus grand\u2019chose \u2014 nous sommes adultes, \u2014 et vous voudriez nous emballer pour la belle-mère patrie ?Vous admettez que Français et Anglais se sont ici chicanés cent ans, puis se sont arrangés 180 ans {got along), sans apprendre à s\u2019aimer.Vous admettez que trois de nous se plient à l\u2019un des vôtres, qui ne daigne pas apprendre notre belle langue, et qui se glorifie de son ignorance, devenue force.Et vous concluez que nous raffolons de parler anglais ! Est-ce aimable ?A l\u2019encontre des nouveaux venus qui se demandent comment se trouve-t-il ici trois millions de Français, vous savez, vous, que nous avons préparé les chemins, les terres et les villes en mangeant toutes les misères de la sauvagerie, tout seuls pendant 160 ans; vous admettez qu\u2019il était impossible de déporter les 65,000 Canadiens enracinés dans leur sol baigné de sang, puis de les angliciser.Mais vous ne dites pas que sans eux les États-Unis monteraient jusqu\u2019au pôle Nord, et que l\u2019Angleterre ne trouverait pas ici 750,000 recrues.Vous ne nous remerciez pas, nul ne nous a remerciés, de nos centaines de mille soldats de 1914 et d\u2019aujourd\u2019hui.Vous dites que « le monde pleure encore l\u2019expulsion des Acadiens », sans réagir devant le refus de français à l\u2019école, de lots de colonisation après l\u2019école, et devant l\u2019anglicisation et l\u2019émigration nouvelle qui s\u2019ensuivent.Admirez le mot récent d\u2019un officier de Londres à l\u2019aviateur acadien lui racontant son histoire: « Et vous venez ici tuer le plus possible des fils de vos bourreaux ?».Trois attitudes se présentent à un peuple conquis ou cédé, quand son vainqueur retombe en guerre: se soulever pour redevenir libre, rester neutre comme l\u2019Irlande actuelle, ou aider le vainqueur à être de plus en plus fort, \u2014 c\u2019est la limite, et nous le faisons, au détriment de nos progrès et de notre bonheur.Mais l\u2019exiger à perpétuité, n\u2019importe où, pour n\u2019importe quoi, c\u2019est trop compter sur l\u2019efficacité d\u2019une propagande sophistique et trop espérer de naïveté gogo.Vous ne marcheriez sûrement pas, vous autres.Changez les rôles, mettez-vous à notre place.Déjà certains voisins concèdent plus de bon sens à Québec qu\u2019à Toronto.Le Canada est pays souverain, ni colonie, ni dominion, et nous l\u2019aimons comme tel, capable de marcher seul.A-t-on bien souligné cette différence originelle entre vous et nous, entre nos sentiments et les vôtres, entre vos buts d\u2019empire et nos rêves de vie simple?Il y a plus qu\u2019une nuance entre notre contribution et la vôtre.Nous taisons nos griefs au profit de l\u2019unité nationale, qu\u2019on nous accuse de saboter.Nous avons marché en 1914-1918, et vous nous traitiez de slackers, et vous nous refusiez ici les droits vengés en Europe.Les brimades ont continué.Vous nous priez d\u2019oublier le passé \u2014 jusqu\u2019à la prochaine brimade.Vous dites que vos compatriotes sont fed up et ont no use pour nous, qui sommes « satisfaits de peu et d\u2019être laissés tranquilles ».Veulent-ils donc la liberté-monopole des nazis ?Naguère, quand une reine d\u2019Écosse permit le culte aux protestants de Knox, ils prirent les armes pour enlever la liberté aux catholiques.Vivre ne leur suffisait pas; ils empêchaient le voisin de vivre.Ça se continue parfois.Le vieux Tacite fait dire à votre ancêtre breton: Proprium hu-mani ingenii est odisse quem læserit.Haïr celui qu\u2019on blesse est propre à l\u2019homme.Dans We must be free, Leslie Roberts compare franchement « la qualité inégale de nos relations: la largeur de vue de Québec envers sa minorité anglaise et l\u2019effarante étroitesse des autres provinces envers les minorités françaises.The uneven quality of two relationships : .the eminent fairness.the appalling unfairness.» Et M.McArthur de Toronto: « S\u2019il existe un problème canadien-français, la solution s\u2019en trouve au Canada anglais, non au Canada français.» Les bordées de calomnies de l\u2019importé Shields \u2014 nulle part molesté \u2014 et les propagandes contre notre foi, payées pour nous gruger, n\u2019ont pas de contre-partie chez nous, dont la pauvre défensive est taxée de « fanatisme égal », comme s\u2019il y avait parité entre tuer et ne pas se laisser tuer.62 RELATIONS Vous êtes surpris qu\u2019on vous aime peu: êtes-vous toujours aimable ?Osons une explication.Vous voulez un mariage national, et vous provoquez le divorce pour mental cruelty.Vous gardez certains défauts mignons qui remontent loin, que vous vous reconnaissez dans vos bons moments, sans essayer d\u2019en guérir.Avant d\u2019en faire témoigner vos propres auteurs, rappelons le vers trop éternellement vrai de Virgile sur « les Bretons complètement séparés du monde ordinaire, Et penitus toto divisos orbe Britannos », \u2014 jusque par leur monnaie! Leur île suit partout vos insulaires, devenus eux-mêmes des îles, pour qui les autres ne sont que des « étrangers », même chez eux.Le Rév.Dr Temple de Cantorbéry admet: « Our snobbery as a nation is without parallel.Notre fatuité de nation est sans égale », \u2014 et sans grâce.Votre dictionnaire n\u2019a qu\u2019un mot pour orgueil et fierté.« Hell is a city much like London, écrivait Shelley.L\u2019enfer fera penser à Londres » ; et « Oxford est renommé pour ses langues mortes et ses préjugés immortels.Famous for dead languages and undying prejudices » (John Bright).Quand lord Clarendon justifiait le démembrement de l\u2019Irlande: « Il faut savoir s\u2019accommoder au temps, n\u2019avoir égard ni aux droits ni à l\u2019équité », \u2014n\u2019attirait-il pas sur ses compatriotes le titre cruel que leur donnera Bismarck, d\u2019être les sea-Germans des Allemands de mer ?Plus près de nous Belloc, dans Y Angleterre contemporaine, aristocratique, protestante et mercantile: « Le mot imagination a plusieurs sens.Il en est un que l\u2019Anglais connaît peu: la faculté de se mettre dans la peau d\u2019autrui et de concevoir ce qui se passe dans une cervelle étrangère.Sa caractéristique la plus marquante est la confiance en soi (si l\u2019on est indulgent) ou (si l\u2019on penche vers le péjoratif) la suffisance.Le mot « étranger » lui est un terme général qui sert à décrier, et s\u2019il s\u2019agit de catholiques, le décri va jusqu\u2019au mépris.L\u2019Anglais respecte le Prussien, non l\u2019Italien; l\u2019Écossais, non l\u2019Irlandais.Cette confiance en soi, des Anglais affirment qu\u2019elle est une force en soi.Ils vous diront que si un groupe d\u2019hommes se trompent en se croyant supérieurs aux autres, cette conviction n\u2019en fortifiera pas moins leurs relations mutuelles: « Pensez-vous supérieur, vous serez supérieur.» Les autres n\u2019aiment pas cela, mais qu\u2019importe ?On n\u2019a défini que le Français « un homme pour qui les autres existent ».Chesterton endosse Belloc à sa manière en parlant du « patriote incapable de comprendre le patriotisme des autres, et de regarder une question de deux points de vue ».Parmi les crimes de VAngleterre, il compte l\u2019ancien « usage de se servir de soldats allemands, par régiments entiers, pour composer l\u2019armée anglaise.Ils suivirent Burgoyne en Amérique, et leurs visages de bois virent notre chute à Saratoga.Ils aidèrent l\u2019Angleterre à être moins militariste, plus mercantile: combattre était une chose que des étrangers devaient faire.» Nous en avons l\u2019expérience, passive et active.Nos pères se firent scalper et tuer par les Iroquois, armés MARS 1944 et poussés par les vôtres.Dès 1691 un chef des Cinq-Cantons répliquait au recruteur d\u2019alors: « Il y a longtemps, Corlar, que tu nous jettes seuls dans le danger.Marche le premier.Pars, nous te suivrons.» Ce fut l\u2019armée de Schuyler, battue à Laprairie.Depuis 1880 en Égypte, et 1900 au Transvaal, nos gars vont remplacer devant la mort les fils uniques restés à leurs bureaux ou placés dans les nôtres.On nous invite avec un sourire qui montre les dents à jouer le rôle de fusillés par persuasion, de mercenaires sans drapeau, de grognards enthousiastes, sans un mot à dire sur la marche du jeu, des pions, des tours et des fous.Nous sacrifions donc à l\u2019unité nationale notre argent, notre paix, nos fils, et vous n\u2019êtes jamais contents.Nos belles familles que vous attribuez à l\u2019immoralité, nos cinq ou six fils que nous élevons privés de confort, de votre standard de vie; nos filles que nous immolons aux industries les plus meurtrières, nos généreux foyers que vous n\u2019avez pas aidés, que vous avez moqués, que vous videz jusqu\u2019au dixième; nos 240,000 recrues commandées en anglais, alors que Norvégiens, Polonais, etc.sont commandés ici dans leur langue et le bon sens, \u2014 nos fils, les traitez-vous en alliés égaux ?Cet unilinguisme de l\u2019armée les gêne, l\u2019allure des camps les agace, et certaine théorie sur la virilité qui se prouve dans l\u2019immoralité ne va pas à notre morale.L\u2019arrêt des promotions d\u2019officiers à certains grades \u2014 et des fonctionnaires d\u2019Ottawa \u2014 parce qu\u2019ils ne sont pas francs-maçons, respecte-t-il la liberté de conscience, la Charte de l\u2019Atlantique?Le chantage au bilinguisme ne suffit plus: il faut le mot de passe, le signe, la poignée de main, le tablier de peau.Vous comptez pour Ontario les recrues de quatre comtés du Québec, ainsi réduit à 61 contre 86; puis vous raillez nos chiffres?Le député McDonald a traité de « menteurs ceux qui se servent de statistiques menteuses.Figures lie, and the liars use figures ».Les Juifs ont obtenu le chiffre de leurs soldats, un vrai chiffre si c\u2019est le chiffre vrai: 500,000 aux États-Unis, 12,000 au Canada, 1,500,000 en tout et partout! Quant au nôtre, on a répondu officiellement qu\u2019il est impossible de nous compter.On peut toujours calculer: le Canada compte 2,300,000 foyers, dont 585,000 en Québec et 840,000 en Ontario.Si la proportion des recrues est partout d\u2019un tiers par foyer, qu\u2019a-t-on à redire ?Nous avons de grosses familles?Vous n\u2019avez pas le droit, absolument pas, d\u2019y compter pour tirer d\u2019affaire les jouisseurs du divorce, du birth-control, du planned parenthood et de la stérilité voulue, organisée, divinisée.Quand un empire ne veut plus de famille, qu\u2019il double en vingt-cinq ans le nombre des chiens, réduit de moitié le nombre des enfants, et permet, prône et pratique l\u2019anti-création, il doit respecter les gens de cœur, se réveiller lui-même, accepter la peine, sortir de son égoïsme ou sortir de ses prétentions.Le Home Secretary l\u2019en avertit: « Les 41 millions d\u2019Anglais ont le même nombre d\u2019enfants qu\u2019en 1876, alors que nous 63 étions 24 millions.A la guerre des Boers nous comptions 1,500,000 enfants de plus qu\u2019aujourd\u2019hui.Si la tendance actuelle continue, nous serons réduits de moitié en l\u2019an 2000.» On comprend le discours de lord Halifax pour nous enrôler d\u2019avance dans les guerres que nous n\u2019aurons pas voulues, pour défendre les innombrables possessions d\u2019un impérialisme accapareur.Vous voulez peut-être la même chose en nous offrant une part de la gloire nouvelle qu\u2019a value à l\u2019Angleterre son héroïque résistance de 1940, expiant le malheureux traité de Lloyd-George.Vraiment non, merci.L\u2019avenir, voyez-vous.La guerre tous les vingt-cinq ans, c\u2019est un peu fort pour un jeune pays en pleine croissance, en grand besoin de ses hommes, de ses forces et de son argent pour faire sa vie.Nous ne sommes pas seuls à le penser.Puis les buts de guerre ne nous disent rien, ni certains envahissements, ni certains alliés, ni le retour maçonnique des Français d\u2019Alger vers la république des camarades, les lois anti-catholiques et au système Blum.Vous avez dit de nous un mot juste et bien agréable sur notre désir de vivre tranquilles.Nous vous garantissons d\u2019avance la tranquillité, que nous pratiquons depuis la cession.Et vous?.Dès 1764, le gouverneur Murray pouvait écrire au roi George: « Peu, très peu suffira à contenter les Canadiens; mais rien ne satisferait les Anglais, sauf l\u2019exclusion de la race canadienne, la plus brave qui soit, les sujets les plus fidèles et les plus utiles, \u2014 une race frugale, industrieuse et morale.» En 1838, lord Gosford nous défend à Londres: « Il y a, surtout à Montréal, une certaine classe d\u2019Anglais à qui tous les hommes libéraux ne peuvent être qu\u2019hostiles, dont les actes sont caractérisés par un esprit de domination insupportable.Ils ont toujours aspiré à posséder le pouvoir, à l\u2019exclusion des habitants d\u2019origine française.C\u2019est à eux principalement qu\u2019il faut attribuer les troubles et les animosités.» Prouvons-le par un échantillon du Herald de 1837 « Pour avoir la tranquillité, il faut que nous fassions la solitude.Balayons les Canadiens de la face de la terre!.Il faut que l\u2019intégrité de l\u2019empire soit respectée, et que la paix, la prospérité, soient assurées aux Anglais, même au prix de l\u2019existence de la nation canadienne-française tout entière.» Comme unité nationale, c\u2019est définitif et panaché! L\u2019Acte de la Confédération et d\u2019autres plus récents ont rationné les droits des minorités en Acadie et dans l\u2019Ouest.L\u2019on ajoutait au mur de glace de 180 ans, qui nous fut un isolant, peut-être salutaire.Mais ne nous taxez plus d\u2019isolationnisme! Les temps sont changés ?Sans doute, sans doute, et les manières, et les mots.Ce qui n\u2019empêche pas le député Ross, de Calgary, « de ne pouvoir comprendre pourquoi Ontario, et surtout Toronto, sont si amers et déparlent tant contre la langue, la foi et les lois de Québec.Pourquoi cette intolérance d\u2019Ontario ?».Peut-être à cause de son tem- pérament, de ses journalistes, de ses loges, de ses pep-lalks et des instituteurs qui faussent l\u2019histoire du Canada?Ne pourriez-vous pas y voir, vous qui savez mieux ?Ne faut-il pas mettre un peu d\u2019huile dans les rouages qui grincent ?Les Anglais ont tant de belles qualités.Nous désirons vivre tranquilles, vivre et laisser vivre.Depuis 1867 que nous sommes redevenus nos maîtres, avons-nous martyrisé personne?Québec ne vous a-t-il pas favorisés plus que nous de ses biens de la Couronne?Vous détenez presque tout: forêts, chutes, mines et ports, industrie et commerce.Nos gens se sont exilés ou sont devenus vos humbles serviteurs.Vous êtes les lumbermen, et nous les lumberjacks, moins payés qu\u2019ailleurs.Vous êtes les employeurs, et nous les employés.Nos chefs vous ont cédé nos biens, puis nos fils et nos filles.Un pays normal est à ses nationaux, l\u2019Angleterre aux Anglais, le Brésil aux Brésiliens.Québec est aux étrangers, aux nouveaux venus, qui font travailler ou chômer les Canadiens de trois siècles.De quoi vous plaignez-vous?Si quelqu\u2019un est à plaindre ou doit se plaindre, c\u2019est nous! Lisez donc Bracq, The Evolution of French Canada, et ne raillez plus que la monnaie bilingue compense la perte d\u2019un empire.Un Anglais établi parmi nous est un monsieur; il fait la loi, il nous force au bilinguisme, il n\u2019en prend pas.Un Canadien français au milieu des Anglais est moins que rien, et traité comme tel.L\u2019Anglais pousse sa langue et ses idées; le nôtre ne pousse rien, il fond.Vous demandez de l\u2019anglais à l\u2019école, vous l\u2019avez.Mais nous.Heureux si nous ne sommes pas tracassés!.La bonne volonté est toujours de notre côté, en sens unique, parmi des voisins trop exclusifs, pratiquant le « Aidez-moi les uns les autres », ce qui entre mal dans l\u2019Art de se faire des amis.La morgue est détestable: Ne méprisons jamais, le mépris est impie, et pas rationné : on en trouve partout d\u2019immenses réserves, aussi vite renouvelées que peu nourrissantes.Nous sommes de perpétuels assiégés: parmi 140 millions, cinq millions résolus à maintenir en Amérique le coin de France que les plus cultivés Anglais réclament, attendent de nous et viennent visiter.Nous voulons danser à notre musique, pas au jazz.Nous plaçons nos jeunes à votre service, à vos écoles, à vos institutions, à votre remorque; nous apprenons votre langue cent fois plus que vous la nôtre, vous qui ne courez aucun danger d\u2019assimilation; les miroitements d\u2019or et de plaisirs, la civilisation criarde que l\u2019argent peut se payer, fascinent la jeunesse, moins sensible aux impondérables du spirituel pur, aux timides appels à la fidélité de Maria Chapdelaine.Vous avez tous les as dans la main: les grandes affaires, les belles revues, les quartiers chics, les terribles engins de persuasion de la radio et du cinéma, qui pénètrent chez nous, qui collent aux cerveaux, qui détraquent les nerfs; puis vous vous 64 RELATIONS scandalisez des sauvegardes dont nous voulons entourer nos esprits ?Votre Westmount, solennel et morne comme une série de mausolées, regarde de son haut nos quartiers qui grouillent d\u2019enfants, qui crient la vie et qui baissent les yeux, jusqu\u2019à ce que Westmount se réjouisse d\u2019y recruter les régiments de Maisonneuve et Mont-Royal.Nous avons mal digéré votre attitude gelée du Troisième centenaire, et le nombre intouchable de vos députés, violant la convention relative à nos 65; et les deux poids et deux mesures d\u2019un peu partout.Nous goûtons peu les visites de guetteurs, surveillants ou espions de Y Intelligence Service, qui nous sourient, nous sondent, nous reluquent et nous dénoncent à leur guise.Nous résistons au procédé islamique du Crois ou meurs, Aime-moi ou je t\u2019assomme.Nous en avons assez, donc trop, de bien des petites choses.Ces lignes ont pour but de vous renseigner, messieurs, d\u2019expliquer notre calme devant vos appels à l\u2019héroïsme \u2014 ou à l\u2019unité nationale, que nous pratiquons depuis 1763 sans tapage et sans invitation.S\u2019il vous plaît, n\u2019en faites plus un article de chantage pour nous tordre vraiment trop, vous qui respectez mieux l\u2019Irlande qui n\u2019y mord pas du tout.Ces lignes ne visent pas à choquer, mais à éclairer sur nous, qui ne sommes ni fascistes, ni colonnards, mais Canadiens de trois siècles, ni à craindre, ni craintifs.Nous offrons un petit miroir aux voisins cultivés et francs qui veulent savoir, et qui devraient se voir comme nous et d\u2019autres les voyons.Les impulsifs aux préjugés fougueux ou glacés n\u2019aimeront pas ce genre crû.C\u2019est dommage.Quand Fénelon écrivit à Louis XIV devenu vieux sa Lettre sur les misères du royaume, le roi-soleil se fâcha.Il avait tort: son successeur continua la misère, et prépara la révolution fatale à Louis XVI.Auscultons le mal pour éviter le pire.Vous connaissez la légende hindoue de l\u2019oiseau à deux têtes et deux cous inégaux.Le bec plus court, isolationniste malgré lui, veut manger à son tour et dit à l\u2019autre: « Donne-m\u2019en un peu! » Mais le cou long jouit de sa chance et répond sans altruisme: « Nous avons même estomac; tu seras rassasié par mon repas.» Et il mangeait pour deux; jusqu\u2019à ce que le cou court, attrapant un fruit empoisonné, l\u2019avalât malgré les remontrances du cou long, qui vit enfin ce qu\u2019on risque à mécontenter l\u2019associé.L\u2019estomac digéra de travers, l\u2019oiseau mourut, les deux becs ouverts et les yeux fermés.Morale: les cous longs de l\u2019unité nationale ne doivent pas trop faire jeûner les cous courts, au risque de les faire avaler du poison pour deux.L\u2019unité mourrait, les becs ouverts et les petites pattes en l\u2019air.Ne trouvez donc pas mal de pratiquer avec nous, pour la guerre, pour la paix et pour l\u2019immigration intensive, le beâu conseil de l\u2019antique roi breton Galgacus à vos ancêtres: Ituri in aciem, et majores et poster os cogitate.Au moment du combat, pensez à vos pères et à vos descendants.TERRAINS DE JEUX ET PAROISSES Wilfrid GARIÉPy, S.J.NOUS EN PARLONS à notre aise.Nous avons en effet espéré la réussite d\u2019un projet municipal qui paraissait offrir de solides garanties.L\u2019essai en a prouvé les déficiences.N\u2019y aurait-il pas moyen, en conservant au plan municipal ce qu\u2019il contient de bon, de lui faire donner un rendement supérieur en faisant appel à un élément qui, chez nous, a été et reste une force: la paroisse ?De 1927 à 1942 le terrain de jeux du parc Lafontaine a été fréquenté par des milliers d\u2019enfants.La ville faisait une allocation.D\u2019abord $250.Puis le chiffre monta à $500.Enfin, en 1941, nous avions reçu $1,000.Deux Pères se chargeaient de faire jouer les jeunes.On atteignait la moyenne de douze parties de balle-molle par après-midi.Les courses, les sauts, le drapeau, le ballon-volant, révélaient une vie remarquable.On soignait la formation du caractère.On veillait à la vie spirituelle.Les jeunes eux-mêmes faisaient office de moniteurs.Leur rétribution était minime.Servir était déjà pour eux une récompense.Le surintendant des parcs et des terrains de jeux voyait à ce que soit versée la somme requise.De concert avec le surintendant du parc Lafontaine, on formait des projets.On travaillait en esprit de collaboration.La saison se terminait par un festival grandiose et un joyeux pique-nique.Pour récompenses, les enfants recevaient des articles de sport, des vêtements, des instruments de travail pour les classes qui allaient s\u2019ouvrir.Les parents étaient dans la joie.L\u2019Œuvre du parc Lafontaine tirait sa force de ce qu\u2019elle s\u2019appuyait sur la paroisse.Au parc Jarry, on avait à se plaindre de l\u2019inutilisa-tion de ce vaste terrain, tandis que les jeunes couraient les rues et s\u2019embêtaient.Les paroisses avoisinantes s\u2019entendirent pour organiser les jeux des enfants.Les Pères Rédemptoristes prirent l\u2019affaire en mains.Les étudiants et les membres des mouvements d\u2019Action catholique leur servaient d\u2019aides.On poursuivait là une œuvre remarquable avec une allocation de $400.Les enfants venaient nombreux.Les parents les savaient en sécurité.Piques-niques et excursions variaient et agrémentaient la saison.On clôturait par un festival.L\u2019Œuvre du parc Jarry était une œuvre paroissiale.Sur le parc Rouen, à l\u2019arrière du Stadium, pendant une dizaine d\u2019années, les enfants au cours des vacances affluaient et les parties de balle-molle se multipliaient.Un vicaire de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie désignait les chefs.Il fournissait quelques bâtons, quelques balles.Un système de points ingénieux suscitait l\u2019émulation.A certain jour, grand pique-nique à l\u2019île Sainte-Hélène.Chacun apportait sa nourriture.On partait à pieds, en chantant.La joie éclatait.Les enfants vivaient des heures inoubliables.Les gens de la pa- MARS 1944 65 roisse s\u2019intéressaient à l\u2019œuvre.Chacun voulait l\u2019encourager, la soutenir.L\u2019Œuvre du parc Rouen s\u2019appuyait sur la paroisse.A Saint-Édouard, pour le temps des vacances, la cour d\u2019école prenait l\u2019aspect d\u2019un terrain de jeux.Le curé de la paroisse en avait confié le soin à l\u2019Amicale des Anciens de La Mennais.On arrachait aux dangers de la rue et de l\u2019oisiveté une foule d\u2019enfants.Ils s\u2019engouffraient sur le terrain de jeux improvisé.Grande émulation.Cris de joie.Les dépenses étaient mises au compte d\u2019une organisation paroissiale.Le terrain de jeux était l\u2019œuvre de la paroisse.A Lachine s\u2019ouvrait, il y a quelques années, un terrain de jeux admirable.Un jeune abbé en prenait la direction.Il appelait cela une colonie de vacances.Parties de balle-molle, bains, séances, piques-niques: on avait de tout cela et bien d\u2019autres choses.Les deux paroisses de Lachine s\u2019unissaient pour assurer le succès de l\u2019entreprise.On suivait de près les jeux des enfants.On ne tarissait pas d\u2019éloges à l\u2019endroit d\u2019une œuvre aussi salutaire.Le terrain de jeux de Lachine était une œuvre paroissiale.Voilà cinq organisations qui, au dire de ceux qui pendant des années les ont vues à l\u2019œuvre, ont fonctionné admirablement.C\u2019est sur la paroisse que s\u2019appuyaient ces terrains de jeux.De la paroisse qu\u2019ils tiraient leur vitalité.Ils étaient la chose de la paroisse.Désireux de les voir réussir, les paroissiens volontiers, leur accordaient appui moral et financier.En 1943, on décidait d\u2019englober ces terrains de jeux (exception faite de Lachine) dans une vaste organisation municipale.Ce fut malheureux.Les jeux manquèrent.L\u2019entrain se ralentit.Les jeunes, un an ou deux plus tôt, nombreux et assidus, désertèrent les terrains de jeux qui ne répondaient plus à leurs aspirations.C\u2019est qu\u2019ils avaient cessé de s\u2019appuyer sur la paroisse.La paroisse, chez nous, a été et reste une force.Les villes étatsu-niennes ne connaissent pas la paroisse.Les centres anglo-protestants non plus.Est-il sage de renoncer à cette force pour imiter des groupements profondément divers de religion et de nationalité ?D\u2019ailleurs, un regard sur notre province nous confirmera dans l\u2019opinion qu\u2019on a partout adopté cette organisation si naturelle aux nôtres.Dans la ville de Québec, l\u2019œuvre des terrains de jeux est mouvement d\u2019Action catholique.Ce n\u2019est pas précisément paroissial, mais très approchant.L\u2019esprit paroissial s\u2019y retrouve solidement implanté.Chicoutimi, Hull, Sherbrooke, Shawinigan, Joliette, St-Jean, St-Hyacinthe, Mégantic, Ottawa possèdent des terrains de jeux sur un plan paroissial.Aux Trois-Rivières, on reçoit les enfants de cinq paroisses.Partout, ressort bien en évidence le souci d\u2019établir des terrains de jeux en conformité avec nos aspirations religieuses.A tout prix, on veut échapper à la mentalité neutre.Et avec combien de raison! Le terrain de jeux est une prolongation de l\u2019école, de la famille par conséquent.C\u2019est pourquoi l\u2019enfant doit y vivre dans une atmosphère pure et tonifiante comme celle qu\u2019il rencontre à l\u2019école et dans sa famille.N\u2019y aurait-il pas moyen de s\u2019inspirer de ces réalisations authentiquement nôtres afin de donner à Montréal une œuvre des terrains de jeux dignes de son importance et de l\u2019esprit de ses citoyens en majorité catholiques?Voici un plan qui répondrait peut-être à cette exigence.Circonscrivons pour l\u2019instant à quarante le nombre des terrains de jeux.Chacun d\u2019eux s\u2019appuierait (à moins d\u2019entente contraire) sur la paroisse la plus rapprochée.Établissons maintenant deux organismes.L\u2019un serait local, l\u2019autre central.L\u2019organisme local serait, là où il existe, le conseil des œuvres paroissiales, constitué par les représentants des diverses associations de la paroisse.Ce conseil devrait voir par des responsables de son choix à la marche du terrain de jeux de la paroisse.Il serait l\u2019inspirateur de toutes les activités.Le terrain de jeux deviendrait sa chose.Moniteurs, monitrices et aides seraient, après entente avec le comité central, désignés par lui.Festival, pique-nique, jeux et articles de jeux seraient de son ressort.Toute l\u2019activité du terrain de jeux s\u2019appuierait sur lui.Il conserverait une autonomie à peu près complète.Le succès ou l\u2019insuccès de l\u2019entreprise dépendrait de lui.Là où pareil conseil n\u2019existe pas encore, l\u2019une ou l\u2019autre des associations paroissiales assumerait le soin de constituer le comité du terrain de jeux.Pour coordonner le travail sur les divers terrains de jeux, un organisme central s\u2019imposerait.Il comprendrait un conseil central et un comité de direction.Le conseil central se composerait d\u2019un représentant de chacun des comités paroissiaux et de représentants d\u2019associations intéressées à l\u2019œuvre et susceptibles de lui aider: J.I.C., J.O.C, J.E.C, L.O.C, L.I.C., Alliance des professeurs catholiques, Ligues du Sacré-Cœur, Société Saint-Jean-Baptiste, Scouts, etc.Le conseil pourrait s\u2019adjoindre de hautes personnalités religieuses et civiles, des personnes recommandables par leurs qualités morales, leur civisme et leur compétence en matière d\u2019éducation et de sport, susceptibles d\u2019apporter un concours bienfaisant à l\u2019œuvre.Ce conseil central veillerait aux intérêts de l\u2019œuvre.Il se réunirait au moins une fois par année pour orienter la marche générale, voterait les modifications à apporter aux constitutions, procéderait tous les ans aux élections du comité de direction.Le comité de direction se composerait de l\u2019aumônier général, nommé par l\u2019archevêché et de sept membres: un président, un vice-président, un secrétaire, un trésorier, un aviseur légal et deux conseillers.Il aurait pour tâche de voir à l\u2019organisation de cours pour moniteurs et monitrices.Il donnerait les mots d\u2019ordre, laissant une grande liberté aux organismes locaux.Le règlement des litiges lui reviendrait.Là où la paroisse ne saurait y voir, il s\u2019occuperait du fonctionnement des 66 RELATIONS terrains de jeux.Pour ce qui a trait à l\u2019administration matérielle on se conformerait aux ententes établies au préalable entre l\u2019Œuvre des Terrains de Jeux et le Sendee des Travaux Publics.Les avantages de ce plan sauteront aux yeux des plus distraits.Chaque terrain de jeux jouirait d\u2019une autonomie presque complète.Les monitrices et moniteurs n\u2019auraient pas à souffrir des lenteurs du comité de direction par exemple dans l\u2019achat et la distribution des jeux.A volonté, ils pourraient adopter telle ou telle formule qui leur semblerait mieux répondre à la mentalité des enfants dont ils auraient le soin.La paroisse veillerait au bon renom de son terrain de jeux.Elle s\u2019intéresserait à son développement et consentirait par ses membres bien des efforts pour son bon fonctionnement.La force de la paroisse serait la force du terrain de jeux.L\u2019organisme central serait là pour unifier, coordonner, aider la marche de chacun des terrains locaux.Ce plan paraîtra peut-être à quelques-uns utopique et de réalisation plus que difficile.Je crois au contraire qu\u2019on peut le mener à bien en peu de temps.En effet les organismes locaux et l\u2019organisme central existent déjà.Plusieurs paroisses possèdent un conseil d\u2019œuvres paroissiales.Celles qui ne le possèdent pas pourraient confier l\u2019organisation de leur terrain de jeux à l\u2019une quelconque de leurs associations.Quant à l\u2019organisme central il est tout désigné.En effet l\u2019O.T.J.de Montréal possède sa charte enregistrée à Québec depuis le printemps de 1942.Elle s\u2019est volontairement mise dans l\u2019ombre parce que la ville à l\u2019été de 1942 s\u2019est appropriée ses visées.Aujourd\u2019hui d\u2019impérieuses raisons lui font un devoir de reprendre place au grand jour.Qu\u2019on lui accorde la liberté et les moyens nécessaires à son fonctionnement et l\u2019O.T.J.de Montréal donnera de remarquables résultats.Enfin ce plan comporte un dernier avantage.Il donne aux terrains de jeux de Montréal un caractère qui les apparente à ceux des autres villes du Québec.Cette homogénéité, cela va de soi, suggérera une fédération.On mettra ensemble les expériences de chaque localité.On voudra se visiter, s\u2019entr\u2019aider, se dépasser.Ce sera l\u2019O.T.J.fédérée.Force véritable, susceptible du plus vaste développement et qui, avec le temps, voudra organiser les loisirs non pas des seuls enfants mais aussi des adultes.« Loisirs chrétiens dans une province chrétienne.» Certains doctrinaux crieront peut-être à la mainmise du clergé sur les terrains de jeux.Il me semble que ce serait à tort.C\u2019est aux laïcs que reviendrait sur chaque terrain l\u2019organisation des jeux.Les laïcs constituent déjà les conseils d\u2019œuvres paroissiales.Les laïcs seraient en nombre au conseil central.En cela d\u2019ailleurs ils seraient pleinement dans leur rôle.Membres de l\u2019Église, ils ont le droit et le devoir de l\u2019apostolat.Personne ne voudra le contester.L\u2019Église veut la collaboration de tous ses membres.L\u2019Église stimule l\u2019action de ses laïcs.Mais ces laïcs doivent être véri- tablement chrétiens et plus que jamais lorsqu\u2019ils agissent sur l\u2019enfance.Des hommes et des femmes aux convictions profondes, respectueux de la hiérarchie des valeurs, soucieux de conserver aux âmes la priorité sur les corps, trouveraient sur le terrain de jeux paroissial un champ ouvert à leur zèle.Cette conception des terrains de jeux, basée sur notre philosophie sociale chrétienne provoquerait un plus vif intérêt auprès du peuple.Les parents éprouveraient des sentiments de confiance et de sécurité.Les enfants recevraient les soins que mérite leur condition de jeunes chrétiens.Les enfants catholiques y trouveraient avec des jeux captivants, une garantie pour leur formation chrétienne.Les enfants qui appartiennent à d\u2019autres dénominations religieuses pourraient avoir, là où ils seraient en plus grand nombre, des terrains de jeux selon leurs désirs.Ailleurs, ils seraient toujours les bienvenus.La charité chrétienne n\u2019a pas coutume de se montrer ostracisante.Les autorités elles-mêmes auraient conscience de donner à nos gens une organisation des terrains de jeux conforme à leurs aspirations, à leur mentalité, à leurs goûts.N\u2019est-ce pas que cela serait à l\u2019honneur de ceux qui dirigent notre cité ?QUE SERA NOTRE HYDRO ?Ernest ROBITAILLE U\u2019ACHETERA la province pour son hydro à créer ?Les actions de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated ?\u2014 Mais alors quel prix les paiera-t-elle?Sera-ce plutôt ses centrales et ses réseaux de distribution ?Devra-t-elle alors en payer la valeur de remplacement ou bien le coût initial, moins la dépréciation ?Voilà autant de questions à l\u2019ordre du jour.Une revue financière, Trend, parle d\u2019échange d\u2019actions contre débentures garanties par la Province.Dans une longue lettre datée du 3 février 1944, et adressée à l\u2019honorable Adélard Godbout, premier ministre, Me Aimé Geoffrion, avocat de la Montreal L.H.& P.Cons., critique la règle que le gouvernement entendrait suivre pour l\u2019expropriation de la Montreal L.H.& P.Cons.: le coût moins la dépréciation.Selon Me Geoffrion, ce serait là changement radical dans la règle qui existe depuis toujours dans la province de Québec.Le 7 février 1944, le premier ministre répondait à Me Geoffrion de façon magistrale et courageuse.Toute cette lettre est à lire.M.Godbout dénonce la surcapitalisation et déclare: « Qu\u2019il y a tout de même différence à faire entre un paiement en deniers comptants et le fait pour les actionnaires d\u2019une compagnie de se donner trois actions pour une en vendant l\u2019entreprise à une nouvelle compagnie qu\u2019ils organisent à cette fin.» MARS 1944 67 Il faut souligner tout particulièrement cette autre déclaration du premier ministre: « Si les lois actuelles permettent que les taux à être chargés pour les services publics soient augmentés par suite de semblables opérations, je ne vois pas pourquoi il serait injuste que la Législature intervienne pour changer ces lois.» Enfin, nous aurions des lois qui protégeraient le consommateur, en n\u2019assurant rendement que sur le capital réellement engagé.Il convient donc de féliciter le premier ministre pour le courage dont il a fait preuve en cette occasion.Étudions maintenant la rumeur parue dans Trend le 28 janvier dernier et qui se lisait comme suit: « Debenture in exchange: Political sources in Quebec City are confident that shareholders of Montreal Light, Heat & Power are to be given at $100.redeemable 15 years Debenture for every four shares of Power common.Debentures would be guaranteed by Province of Quebec, and would carry a coupon rate of 334%.» D\u2019après cette nouvelle, il ne serait plus question d\u2019achat d\u2019actif mais plutôt de la substitution de la province de Québec ou de l\u2019hydro provinciale aux droits des actionnaires de la Montreal Light, Heat & Power Consolidated.Pour 3,883,674 actions, sans valeur nominale, de la Montreal L.H.& P.Cons.\u2014 ne représentant aucune mise de fonds de la part des actionnaires, mais jeu de simple multiplication, \u2014 l\u2019hydro provinciale émettrait des obligations au montant de.$ 97,091,850 rachetables dans quinze ans et portant intérêt au taux de 334% l\u2019an; pour les 605,359 actions s.v.n.représentant une mise de fonds de $25,267,950, 1\u2019 hydro provinciale donnerait en échange ses obligations au montant de.15,133,975 L\u2019hydro émettrait donc pour.$112,225,825 d\u2019obligations, en échange contre 4,489,-033 actions s.v.n.de la Montreal L.H.& P.Cons.qui correspondent, en tout et partout, à une mise de fonds de.$ 25,267,950 Serait-ce tout ?L\u2019hydro assumerait-elle le paiement de toute ou de partie de la dette obligataire de la Montreal L.H.& P.Cons.?Par l\u2019émission de $112,225,825 d\u2019obligations en échange contre les 4,489,033 actions s.v.n.de la Montreal L.H.& P.Cons., l\u2019hydro consacrerait tous les mouillages de capitaux et jeux d\u2019écritures, tant dénoncés, puisque le montant du capital et surplus \u2014 valeur aux livres des actions \u2014 au 31 décembre 1943, se chiffraient à $104,325,907.44.Vraiment, nos exploiteurs seraient bien traités.Non contente de consacrer tous les mouillages, l\u2019hydro paierait même une prime de 8 millions sur la valeur aux livres des actions.Quelle belle vente! Il ne serait tenu aucun compte du fait qu\u2019en 1926, la compagnie a déjà versé $32,363,950, à ses action- naires alors qu\u2019elle ou ses filiales n\u2019en avaient reçu au plus que $10,757,260.On ignorerait aussi le fait du paiement, de 1927 à 1943, inclusivement, de $94,101,420 en dividendes sur les actions ne répondant à aucune mise de fonds.On oublierait que ces dividendes sur capital fictif et le surplus ont été possibles grâce à la complaisance des commissions de contrôle qui ont toléré les pires abus.Les consommateurs seraient encore une fois odieusement sacrifiés.La compagnie prétend, avec raison, que le gouvernement et les commissions de contrôle ont toujours été au courant de ses agissements.La compagnie ayant exploité ses clients, légalement, \u2014 au su et au vu du gouvernement et des commissions de contrôle \u2014 on aurait mauvaise grâce à lui en faire grief.Et voilà comment on se moque du public.Depuis vingt-cinq ans, Montréal connaît les conséquences d\u2019une évaluation basée sur la valeur de remplacement neuf.Grâce à une évaluation fantaisiste, elle doit assurer à la Compagnie des Tramways, un revenu de 6% l\u2019an sur un capital d\u2019exploitation d\u2019environ 55 millions, alors que la valeur de ce capital ne devrait pas dépasser 30 millions de dollars.Montréal subit tout sans protester.L\u2019expérience d\u2019un quart de siècle servira-t-elle enfin de leçon ?Espérons que la rumeur parue dans Trend n\u2019est qu\u2019un ballon d\u2019essai.Certains actionnaires nous diront qu\u2019ils ont payé $50 l\u2019unité pour les actions achetées en 1926 et de 1930 à 1932.A ce sujet, nous leur rappellerons d\u2019abord qu\u2019en 1926, après le rachat des actions privilégiées, la valeur aux livres des 1,941,837 actions s.v.n., alors en cours, s\u2019établissait comme suit: Capital.$32,363,950 Surplus.11,020,158 $43,384,108 soit une valeur moyenne de $22.34 par action.Pour déterminer la valeur réelle de ces actions, il y aurait lieu de faire les réserves suivantes sur l\u2019évaluation des actions de certaines compagnies subsidiaires, à savoir: Environ $ 8,000,000 sur les actions Cedars Rapids émises à titre de boni.$37,258,200 sur les 186,291 actions Montreal L.H.& P.Company, d\u2019une valeur nominale de $100 et évaluées $300 l\u2019unité.$ 7,156,278 sur les 3,505 actions de la Quebec New England.soit.$52,414,478 68 RELATIONS Capital et surplus ($43,384,108) en 1926, ne pouvaient compenser ces réserves qu\u2019il y avait lieu de faire sur la valeur des actions mentionnées plus haut.Constatons qu\u2019en face de pareille situation, les administrateurs de la Montreal L.H.& P.Cons.ont invité les employés de cette compagnie et ses clients à souscrire à 100,000 actions s.v.n.au prix de $50 l\u2019unité, alors qu\u2019il n\u2019existait pas un sou de valeur réelle pour garantir les actions alors en cours et que les 5 millions de dollars versés par les clients et les employés de la compagnie n\u2019ont pas suffi à combler l\u2019écart considérable qui existait entre la valeur aux livres et la valeur réelle des actions.On comprend maintenant la raison du jeu d\u2019écriture de $10,849,113 qui gonfla d\u2019autant le capital et cela après avoir déduit la somme de $1,800,000 d\u2019escompte sur obligations.La compagnie avait émis 30 millions d\u2019obligations à $94.Les actionnaires ont droit à des explications à ce sujet.Au cours de l\u2019enquête Lapointe, nous avons vainement tenté de savoir sur quoi les administrateurs de la compagnie s\u2019étaient basés pour fixer un prix de $50 l\u2019unité, pour les 100,000 actions s.v.n.émises en 1926.De 1930 à 1932, la Montreal L.H.& P.Cons., malgré ses 22 millions de disponibilités, à la fin de 1929, obtint du public $46,793,853 sans motif plausible.Rappelons, encore une fois, qu\u2019au cours de l\u2019enquête Lapointe, il fut impossible d\u2019obtenir de cette compagnie le détail de l\u2019emploi de ces fonds obtenus du public.A la fin de l\u2019enquête, feu l\u2019honorable Ernest Lapointe qui présidait la commission, déclara qu\u2019il fallait bien comprendre que ladite commission n\u2019avait pas les pouvoirs d\u2019une commission royale; elle ne pouvait, ajouta-t-il, assigner des témoins ni exiger la production de documents.Voilà dans quelles conditions cette enquête fut faite.Nous n\u2019avons encore rien dit des 19,697 7/8 actions de la United Securities Ltd, détenues par la Montreal L.H.& P.Cons., et évaluées à $1,752,300 par cette dernière, lors de l\u2019enquête Lapointe.On sait que depuis 1942, la Montreal L.H.& P.Cons.et la Shawi-nigan Water & Power Co.garantissent, sans condition, le capital et l\u2019intérêt d\u2019une dette obligataire de $3,351,500 au taux de 3%.Les actions de la United Securities Ltd ne valent pas cher, mais la Montreal L.H.& P.Cons.et la Shawinigan Water & Power Co.y tiennent beaucoup parce qu\u2019elles permettent le contrôle de 54% du capital-actions de la Montreal Tramways qui n\u2019est nullement garanti et sur lequel cependant un dividende de 10% fut payé jusqu\u2019à ces dernières années.Tout le merveilleux échafaudage serait donc en train de crouler et ces deux compagnies d\u2019utilité publique font de leur mieux pour le maintenir.Voilà autant de faits qu\u2019une enquête royale, conduite par des hommes compétents et assez courageux pour faire un rapport conforme à la preuve soumise, pourrait confirmer.Une telle commission royale pourrait établir: 1° si les derniers groupes d\u2019actionnaires de la Montreal L.H.& P.Cons.ont été trompés; 2° si les administrateurs de la Montreal L.H.& P.Cons.étaient justifiables de demander au public de lui verser $46,793,853 de 1930 à 1932; 3° si ces fonds ont été employés au bénéfice de la compagnie et sur quelles valeurs ils ont été engagés.Nous croyons que les actionnaires ont droit de connaître ces faits.Il ne faut tout de même pas oublier que 240,192 actions de diverses compagnies fusionnées, représentant une mise de fonds de $10,757,260 ont produit 647,279 actions privilégiées qui furent rachetées en 1926 au prix de $32,363,950 et 3,883,674 actions s.v.n.qui forment partie du capital-actions de la compagnie.Et que dire maintenant des valeurs de la Beauhar-nois détenues par la Montreal L.H.& P.Cons.Celle-ci ne possède-t-elle pas 18 millions de billets de la Beau-harnois qui ne sont pas garantis quant au capital, mais qui lui rapportent cependant un revenu de $900,000 par an?Les actions de la Beauharnois valent encore moins que les billets.Il est donc temps que l\u2019on songe aux consommateurs, en ne payant que le coût initial, moins la dépréciation.A ce sujet, nous croyons que la Régie devrait tenir compte des dépréciations prises par la compagnie.Rappelons que la commission Lapointe avait trouvé excessives les dépréciations prises par la Montreal L.H.& P.Cons.Celle-ci a ignoré ces remarques et, pour bien se moquer du gouvernement et de ses commissions de contrôle, depuis 1934, elle a pris, chaque année, une dépréciation additionnelle de $750,000.Pour les fins de tarification, la Régie ignore les dépréciations qu\u2019elle a tolérées de la part de la Montreal L.H.& P.Cons.La Régie entend-elle faire rembourser aux consommateurs les dépréciations excessives qu\u2019elle a, semble-t-il, dû tolérer ?En a-t-elle le pouvoir ?A la lumière des faits, il est permis d\u2019en douter.Le gouvernement devra être bien prudent lorsqu\u2019il rédigera son bill sur l\u2019expropriation de la Montreal Light, Heat & Power Cons.; il devra établir avec fermeté la règle à suivre, c\u2019est-à-dire: le coût initial moins les dépréciations prises jusqu\u2019en 1943, car il semble que les avocats de la compagnie s\u2019appuient sur la législation existante pour mettre le gouvernement en mauvaise posture.Le peuple veut une hydro, mais pas à un prix exorbitant qui place la province en situation défavorable vis-à-vis l\u2019Ontario voisin, avec son avance de trente ans.Cartables \u201cRelation* \u2019 \u2019 ¦\tÉlégante couverture en similicuir rouge avec titres or ; jeu de douze cordes.¦\tIndispensables pour conserver en bon état et consulter rapidement vos numéros de Relations.PRIX: $1.00; par la poste, $1.10 Relation*, 1961, rue Rachel Est\t-\tCH.3101 MARS 1944 69 AVEC\tOU SANS COMMENTAIRES DES ANGLO-CANADIENS REGARDENT LE QUÉBEC ÉCONOMIQUE ET SOCIAL LE FEMINISME ET LA GUERRE D'un correspondant de Relations en Angleterre: «TA LIBERTÉ des mœurs, chez les femmes anglaises, le JL/ (un officier) déconcerte.« Je n\u2019aurais jamais cru, dit-il, « qu\u2019un mari pût tranquillement voir sa femme partir avec « un autre homme pour le théâtre, la salle de danse ou le « restaurant.» En fait, la guerre a singulièrement aggravé ce que le féminisme avait commencé.La femme d\u2019Angleterre entend se permettre tout ce que se permettent les hommes.On vise à l\u2019égalité parfaite.Vous n\u2019avez peut-être pas remarqué, au Canada, il y a quelques mois, le projet de loi pour mobiliser les femmes de 50 à 55 ans.Il rencontra une forte opposition dans les deux Chambres.Cependant, comme le fit remarquer un député catholique, de la demi-douzaine de femmes députés, pas une ne prit la parole pour le faire rejeter.L\u2019explication de ce silence, disait ce même député, semble être que les femmes veulent réclamer, après la guerre, l\u2019égalité de traitement dans toutes les professions; elles ne veulent pas qu\u2019on leur reproche alors de n\u2019avoir pas partagé toutes les charges durant la guerre.Voilà les modèles que se proposent d\u2019imiter les dames de Toronto et de West-mount.» POUR UN COIN FRANÇAIS PLUTÔT que de croire nous grandir à copier « le genre américain », voyons donc ce que certains États uniens pensent de leurs villages et de leur monde en série.Voici ce qu\u2019écrit Sinclair Lewis dans Main Street : « Les neuf-dixièmes des villes américaines sont si semblables que c\u2019est un ennui mortel que d\u2019aller de l\u2019une à l\u2019autre.Toujours c\u2019est le même chantier de bois, la même station de chemin de fer, le même garage Ford, la même crémerie, les mêmes maisons en forme de boîte.Les boutiques étalent les mêmes produits nationaux standardisés, recommandés par une réclame standardisée.Les journaux, à 5000 milles de distance, présentent la même composition, décidée en haut lieu par un trust.Le boy de l\u2019Arkansas arbore le même complet de confection que celui du Delaware: tous les deux parlent le même argot, approprié aux mêmes sports.Si l\u2019un d\u2019eux étudie dans une université et si l\u2019autre est barbier, nul ne peut les distinguer: ils sont interchangeables.» Quand notre Québec sera interchangeable avec le Maine ou le Vermont; quand les affiches anglaises déguiseront nos routes; quand nos hôtelleries saupoudreront de jazz les hotdogs, le coca et les conserves dont on est malade là-bas, quand notre campagne et nos queues de villages s\u2019enlaidiront de maisons-boîtes et que nos serveuses de tables se décrocheront la mâchoire à baragouiner du slang, il n\u2019y aura plus de raisons que les touristes viennent nous voir et nous entendre.Les voisins qui n\u2019ont pas le temps ou les moyens d\u2019aller en France viennent chercher ici une nouvelle France, et ils nous le disent.Montrons-leur donc le plus bel échantillon possible d\u2019une vie absolument française, ni métisse, ni traîneuse, ni honteuse d\u2019elle-même.La Semaine de la Fierté française (19-25 mars) nous y aidera.Que nos maisons et nos fermes soient propres, fleuries, regardables, dignes d\u2019une photographie qui ne se moque pas de nous.Que notre parlure soit intelligible aux gradués de high school.Que nos hôtesses portent le costume normand ou breton.Que notre politesse rappelle la gentilhommerie française.Que la décoration de nos logis, drapeaux, calendriers, menus, etc.disent qui nous sommes.Et ce que nous sommes, soyons-le en beauté, avec le sourire, avec une fierté qui regarde dans le blanc des yeux, qui laisse aux voyageurs le souvenir du plus joli coin d\u2019Amérique, le coin français! Nous avons de quoi faire.tENQUÊTE faite en 1941 dans un esprit typiquement / anglo-saxon par M.Leonard L.Knott sur la valeur du marché du Québec et publiée dans Canadian Business (février 1941) présente un tableau, incomplet sans doute, mais significatif et toujours actuel, du Canadien français aperçu sous l\u2019angle économique et social.« La conception qu\u2019a l\u2019Anglo-Canadien du Canada français est un mélange de préjugés, d\u2019ignorance et de fantaisie.Presque toutes les idées des Canadiens anglais concernant le Canada français sont fausses.On trouve les Canadiens français partout au pays, en de minuscules avant-postes sur les bords de l\u2019océan artique, dans des maisons centenaires, sur des fermes, dans des villages, dans les plus grandes villes.Le Canada français s\u2019étend partout où s\u2019étend le Canada, et son peuple est à la fois le plus ancien des peuples civilisés sur notre moitié du continent, et le plus jeune de ses pionniers.L\u2019Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord.reconnut aux citoyens canadiens de langue française des droits égaux en matière de langue et de liberté religieuse, et, à l\u2019intérieur du Québec, le code civil français.Plus de 99% des 3,000,000 de Canadiens français sont nés au Canada.Ils ne sont pas tous, ni même la majorité d\u2019entre eux des cultivateurs.Dans le Québec, à peu près 60% d\u2019entre eux vivent en district urbain, et seulement 22.37% sont agriculteurs, alors que 22.50% de la population ontarienne, de prédominance anglo-canadienne, est agricole.Les Canadiens français sont agriculteurs, ouvriers spécialisés, clercs, notaires, avocats, médecins, pharmaciens, industriels, commis-voyageurs, courtiers, écrivains, artistes et journalistes.Les chiffres les plus récents qu\u2019on puisse se procurer révèlent que plus de 200,000 d\u2019entre eux sont engagés dans l\u2019industrie, plus de 100,000 dans le commerce de gros ou de détail, environ 50,000 dans la construction, plus de 75,000 dans les services de transport, et presque 80,000 dans les professions.L\u2019industrie forestière, les mines, la pêche et la chasse en occupent quelque 40,000 dans le Québec, mais la tendance vers le travail à la ville grandit sans cesse.Les 3,000,000 de Canadiens de langue française possèdent ou louent plus d\u2019un demi-million de logements, cultivent le sol sur quelque 175,000 fermes, fréquentent l\u2019un des 7,000, ou presque, collèges ou écoles, lisent pour $1,000,000 de livres et revues par année, dépensent annuellement à peu près $10,000,000 en divertissements, $7,000,000 pour de la bière, $14,000,000 en vins et liqueurs, et $80,000,000 en automobiles.Au delà de $50,000,000 par année vont à l\u2019habillement, $20,000,000 à la construction, $25,000,000 en ameublement et garnitures de maisons et $10,000,000 au restaurant.Plus de $5,000,000 sont dépensés chaque année en bijouterie, et presque $2,000,000 pour des plantes et fleurs.Plus de $6,000,000 s\u2019envolent en fumée de cigarettes, cigares et tabac à pipe.En plus de cela, $75,000,000 sonnent à la caisse enregistreuse pour achats de marchandises diverses, $17,000,000 pour achats de charbon et de bois, $13,000,000 de produits pharmaceutiques et $8,000,000 d\u2019instruments aratoires.« Une jeune Canadienne française de la ville se poudre le nez, se peint les lèvres au bâton rouge, porte des bas de soie (les meilleurs bas de soie au monde, qui étaient commandés de façon spéciale par les ballerines parisiennes avant la guerre, sont fabriqués dans une soirie canadienne-française de Ni- colet), lit la littérature cinématographique et rêve aux étoiles de cinéma aussi bien anglaises que françaises, enfin, tout simplement, elle est « chic » au lieu de « smart ».Sa cousine de la campagne apprend à boulanger, coudre et traire les vaches, tisse les fils les plus délicats et les étoffes les plus souples et, pour se divertir, fréquente les soirées paroissiales et joue le piano ou le violon.« Les jeunes Canadiens français fument la cigarette, jouent au base-bail, au tennis et au hockey, conduisent leurs petites amies aux danses et au cinéma et font des plans d\u2019avenir dans les affaires ou les professions.A la campagne, ils vivent, travaillent et jouent tout comme leurs camarades des fermes de l\u2019Ontario, et celà dès les jours de la petite école rouge qui ordinairement y est blanche.« Madame la Canadienne fait cuire gâteaux et tartes, recouvre ses sofas de housses, reçoit à dîner, au thé, à des réceptions.Papa Canadien joue au golf, au bridge, ou au poker, fume la pipe ou le cigare au coin de la cheminée, et se plaint de la jeune génération.S\u2019il est un des 175,000 Canadiens français qui vivent sur la ferme, il joue aux dames plutôt qu\u2019au bridge, fume la pipe de plâtre plutôt que le cigare, et lit l\u2019hebdomadaire de la région ou le bulletin de la ferme au lieu du quotidien de la ville.« La seule différence entre le Foyer français et le Canadian home est celle de la langue et du tempérament.M.et Mme Canadien achètent une chaise bourrée; Mr.and Mrs.Canadian une upholstered chair.Des deux côtés, on a le même produit, on en paie le même prix et on en fait le même usage.» Ces lignes sympathiques ont révélé a beaucoup d\u2019Anglo-canadiens des traits de notre physionomie qu\u2019ils ignoraient.Elles nous aideront nous-mêmes à prendre conscience de notre force.Quelle puissance économique et sociale ne gagnerions-nous pas si nous réalisions un front commun dans les affaires, sur le terrain syndical, en politique! Dans la livraison de novembre 1943, M.Austin Cross fait l\u2019éloge du Québec, « né du Saint-Laurent et plus populeux que les quatre provinces de l\u2019Ouest.Montréal, quartier-général des affaires et de la production a plus de monde que deux de ces provinces, et crie beaucoup moins ses droits.Je suis toujours content de revenir dans Québec.J\u2019aime le genre et les gens, de relations faciles (easy to get along with).On peut y passer sa vie sans une chicane, sans une seconde de déplaisir, sans aucun inconvénient de langue ou de politique.Inutile de hurler: Québec ne tombera pas comme Jéricho, devant les palabres du 12 juillet.Dans dix ans il sera encore plus solide; nul besoin d\u2019étrangers qui s\u2019improvisent ses garde-malades.Québec se soignera bien.Sa terre, ses bois, sa pêche et ses industries promettent.Ses ouvriers n\u2019aiment pas les grèves, mais un travail sûr et la paix.» Cet article a valu de M.Ross, député de Calgary, une appréciation décisive: « .Je ne comprends pas qu\u2019Ontario, surtout Toronto, déparlent si amèrement contre Québec.Est-ce que ça les regarde ?Plus j\u2019observe, plus je m\u2019aperçois que ceux qui les haïssent ne les connaissent pas.L\u2019intolérance d\u2019Ontario est absurde.» Merci, MM.Knott, Cross et Ross, de votre bon effort pour la vraie unité nationale, \u2014 constructive et chrétienne.MGR GRIFFIN ET LE PEUPLE De Londres, un Canadien nous écrit : «TE NOUVEL ARCHEVÊQUE de Westminster a pris son JL/ siège le 18.Son discours d\u2019entrée a quelque peu surpris.Au lieu de se contenter des compliments d\u2019usage, il a tout de suite fait deux déclarations très nettes.La première, que les catholiques ne sont pas contents du nouveau projet de loi sur l\u2019éducation, parce qu\u2019ils ne peuvent pas, en conscience, se contenter du programme d\u2019instruction religieuse qui suffit aux autres et qu\u2019ainsi ils doivent assumer des charges plus lourdes que les autres citoyens; la seconde, c\u2019est qu\u2019il est heureux qu\u2019on prenne des mesures pour assurer les pauvres contre le dénuement.Il a insisté sur sa sympathie pour les ouvriers, sur l\u2019importance que Notre-Seigneur a attachée à l\u2019évangélisation des pauvres.Les tories catholiques, dont le Tablet, les lords et la plupart des hommes influents, commencent à se demander ce que signifie cette insistance sur sa propension vers les classes pauvres.Dès sa nomination, le nouvel Archevêque laissa entendre aux journalistes qu\u2019il était favorable au plan Beveridge, pourvu qu\u2019il respectât le droit de propriété et ne gênât pas la liberté.» CRISE SCOLAIRE LE P.JOHN MURRAY, S.J., dans un article du Month j de septembre-octobre 1943, intitulé « Catholics and the Coming Education Bill » cite la lettre suivante parue dans le Scotsman du 11 août: « La charte de l\u2019Atlantique proclame avec force la nécessité de la liberté de religion, de la liberté des minorités, et d\u2019un traitement égal pour tous.Quand on vient proposer que les citoyens qui désapprouvent les opinions de l\u2019État en matière religieuse aient d\u2019abord à payer en entier la taxe commune d\u2019éducation et ensuite un montant additionnel pour que leurs enfants soient élevés dans le milieu qu\u2019ils désirent, c\u2019en est fait de l\u2019égalité de traitement ainsi que de la liberté des minorités.Or, c\u2019est pour cela même que nous faisons la guerre.« Un aspect de la question auquel on ne semble pas.porter grande attention est que l\u2019atmosphère religieuse pénètre toutes les matières au programme dans les écoles catholiques, alors que dans les écoles de l\u2019État l\u2019enseignement de la religion est rleégué dans une sorte de compartiment hermétiquement clos.Quand le cours d\u2019instruction religieuse est terminé, la religion, pour ainsi dire, cesse d\u2019exister.« Une solution très simple au problème paraît être de diviser entre les enfants du pays sur une base per capita les sommes destinées à l\u2019éducation de tous les enfants d\u2019âge scolaire.Il y aurait alors des écoles d\u2019État pour ceux qui en veulent, mais aussi d\u2019autres écoles pour ceux qui désirent une atmosphère différente, avec des professeurs enseignant et pratiquant la religion des parents.« Le mouvement des Trade Unions, pour une raison quelconque, semble particulièrement opposé à cette solution, mais cela n\u2019est-il pas dû à une totale incompréhension de la situation?Les membres des Trade Unions qui désirent soustraire leurs enfants à l\u2019influence des milieux catholiques seraient grandement contrariés si l\u2019on forçait leurs enfants à fréquenter l\u2019école catholique.Eh bien, ceci étant admis, pourquoi leur sentiment aurait-il plus de poids que celui des catholiques, des juifs, ou des membres des autres confessions religieuses, pour ce qui concerne le milieu où doivent vivre leurs enfants ?Ce n\u2019est certainement ni juste ni raisonnable, et c\u2019est entièrement contraire à l\u2019idéal même pour lequel nous combattons.» La leçon pourrait servir au Canada.hors du Québec, qui n\u2019a pas attendu la Charte de l\u2019Atlantique pour résoudre son problème de minorité.70 MARS 1944 71 RELATIONS POUR EVITER LE LAÏCISME Louis C.de LËRY, S.J.AVEC M.HANS, auteur de l\u2019article sur « la tradition du laïcisme en éducation », nous avons parcouru, depuis avril 1943, un vaste monde scolaire et visité l\u2019Angleterre, l\u2019Écosse, l\u2019Irlande, les États-Unis, l\u2019Afrique du Sud et le Canada.Il nous reste de dégager quelques leçons de ce tour d\u2019horizon anglo-américain.Si les philosophes anglais \u2014 Bacon, Hobbes, Locke, Shaftesbury \u2014 ont élaboré le laïcisme, la Maçonnerie l\u2019a propagé.En Angleterre, c\u2019est Désaguliers, père de la Maçonnerie déiste, qui inspire le mouvement sécula-risateur.En Écosse, les clubs maçonniques répandent dans la classe intellectuelle les spéculations de leurs philosophes.L\u2019établissement d\u2019écoles neutres en Irlande remonte aux frères La Touche, tous trois officiers de la Grande Loge.Franklin, Jefferson et De Witt Clinton, ardents maçons, sont les principaux artisans de l\u2019éducation laïque étatsunienne.Il n\u2019est pas de pays où le laïcisme scolaire soit plus intimement lié à la Maçonnerie que l\u2019Afrique du Sud: ce sont deux Grands Maîtres, le gouverneur De Mist et le juge en chef Truter, qui ont introduit au Cap les écoles neutres.Ce sont les maçons Bidwell et Rolph, chefs de l\u2019Assemblée législative du Haut-Canada, qui ont dirigé la bataille pour la sécularisation de King's College, première brèche dans l\u2019enseignement confessionnel au Canada.Dans le Québec, l\u2019Emancipation et sa fille, Ligue de l\u2019Enseignement, ont mené vers 1910, sans succès du reste, une campagne en faveur d\u2019écoles neutres.Au risque de désappointer certains lecteurs, disons que la Maçonnerie anglo-américaine n\u2019est plus aussi terrible.« Au dix-neuvième siècle, écrit Hans, la Maçonnerie ne joua pas un rôle aussi important.On exigea en loge la neutralité politique et religieuse et les maçons ne purent prendre part aux controverses éducationnelles que comme individus.» Sans doute, la Maçonnerie a mis en branle le mouvement de laïcisation.Sans doute, l\u2019esprit laïque de la loge s\u2019infiltre partout où se faufilent les frères, et ils sont.partout.Sans doute font-ils bonne garde autour des associations professionnelles et des commissions scolaires protestantes, comme le prouvait l\u2019enquête dont nous avons publié le résultat dans Relations de mars 1943.Mais celui-là se trompe qui se représente les loges complotant notre laïcisation et mettant à exécution des mots d\u2019ordre venus de plus haut.Elles agissent surtout par l\u2019esprit qu\u2019elles répandent.Même parmi les nôtres, si l\u2019on excepte le Jour, fils naturel du maçonnique Pays, bien rares sont les partisans de l\u2019école neutre.Le Canada français compte trop d\u2019ennemis réels, pour s\u2019en créer d\u2019imaginaires; et l\u2019on doit pouvoir différer d\u2019avis, entre nous surtout, concernant telle mesure administrative ou pédagogique, sans être qualifié de maçon ou d\u2019anticlérical.Les maçons, toutefois, gardant leur liberté individuelle, ont toujours excellé à noyauter les sociétés existantes ou à créer des clubs paramaçonniques.Ainsi, en Angleterre, la Société royale, sous Newton, devient une extension scientifique de la Maçonnerie, laquelle fonde également les fameux Kit Cat Club et Whig Club, pour propager le laïcisme.En Écosse, la Speculative Society groupe l\u2019intelligentsia maçonnique, férue de sécularisation.La Kildare Place Society, qui ouvre nombre d\u2019écoles neutres, n\u2019est qu\u2019une façade de la Maçonnerie irlandaise.La Société américaine de philosophie, qui prône un enseignement neutre, a pour fondateur le maçon Franklin, et la Public School Society de New York doit son existence au maçon De Witt Clinton.La loge sud-africaine De Goede Hoop masque ses activités derrière la Société du Bien commun, qui fonde à son tour l\u2019Ecole du Bien commun.Et la Ligue de l\u2019Enseignement canadienne n\u2019était que le paravent de l\u2019Émancipation.Plus récemment les clubs Rotary, association paramaçonnique, financèrent, les congrès de Winnipeg (1919) et de Toronto (1922), d\u2019où sont sortis le National Council of Education et la campagne de centralisation scolaire avec Bureau d\u2019Éducation à Ottawa.Qui s\u2019étonnera si certains se défient de ces clubs neutres qui pullulent parmi nous?La Maçonnerie et ses subsidiaires ont trouvé de puissants alliés dans les sectes dissidentes révoltées contre l\u2019Église établie.Quatre pays \u2014 Angleterre, Écosse, Afrique du Sud et Canada \u2014 en offrent de frappantes illustrations.Le jour où les Puritains, plutôt que d\u2019accepter le joug anglican, s\u2019allièrent aux maçons et aux unions ouvrières, le sort des écoles protestantes confessionnelles fut scellé en Angleterre.C\u2019est l\u2019unité de sa foi presbytérienne qui a permis à l\u2019Écosse de mieux résister à l\u2019assaut laïcisateur et l\u2019enseignement y est resté chrétien.Le protestantisme sud-africain, divisé en Églises hollandaise, anglaise, écossaise et luthérienne, a été une proie facile du laïcisme.Dans le Haut-Canada, Presbytériens, Méthodistes et Baptistes se sont joints aux maçons et aux réformistes pour briser le Family Compact bureaucratique et anglican qui dominait l\u2019enseignement, comme tout le reste d\u2019ailleurs.Aujourd\u2019hui encore, Catholiques et Anglicans se retrouvent souvent alliés \u2014 le fait se vérifie couramment au Manitoba \u2014 pour défendre ce qui reste de religion à l\u2019école.Il y a là une leçon pour nous, celle de rechercher l\u2019appui de tous \u2014 Anglicans, Protestants sincères de toutes nuances, Juifs même \u2014 qui tiennent à un enseignement religieux.Outre les Puritains dissidents, le mouvement trade-unioniste a été l\u2019allié des laïcistes.Angleterre, États-Unis et Canada, plus industrialisés que l\u2019Irlande et l\u2019Afrique, en offrent une démonstration convaincante.72 RELATIONS La neutralité scolaire est une tradition trade-unioniste remontant à Robert Owen, père du mouvement travailliste anglais, et à Robert Dale Owen, fils du précédent et l\u2019un des premiers animateurs du mouvement ouvrier étatsunien.Ici même, la campagne du Pays, vers 1910, en faveur de l\u2019école neutre, trouvait des partisans chez les chefs des Unions internationales, dont l\u2019un était membre de l\u2019Émancipation.Raison de plus de nous défier des unions ouvrières neutres et de donner notre appui aux Syndicats catholiques.Les laïcisateurs ont trouvé une arme singulièrement efficace dans l\u2019enseignement technique.D\u2019une chose excellente en soi, ils ont fait un instrument de conquête laïque.En marge d\u2019un enseignement de grammaire et de sciences, classique, humaniste et d\u2019un enseignement de métiers confessionnel, ils ont édifié un système scientifique, technique et laïque.Leur habileté a été d\u2019opposer à l\u2019enseignement traditionnel et religieux une instruction exclusivement utilitaire et neutre, de présenter comme allant nécessairement de pair le pratique et le laïcisme, pour les opposer à une instruction religieuse et plus humaniste sans l\u2019être exclusivement.Une fois de plus, les fils des ténèbres ont été plus habiles que les enfants de lumière.Le Mechanics Institute Movement, adaptation des lycées et athénées français au monde anglo-américain, a pris origine à Glascow, en Écosse, en 1796, pour gagner rapidement l\u2019Angleterre, les États-Unis et le Canada.Dès 1825, quarante villes anglaises possèdent leur Mechanics' Institute.En 1837, la seule Yorkshire Union of Mechanics' Institutes groupe cent trente-trois instituts, qui ouvrent ensuite des classes d\u2019adultes puis de garçons, et deviennent les pionniers de l\u2019enseignement laïque secondaire.D\u2019Angleterre, le mouvement des Mechanics' Institutes gagne, vers 1830, la grande république voisine et la couvre du réseau étroit de ses fondations.Dans le Haut-Canada, autour de 1840, « des Mechanics' Institutes, écrit Hans, avec l\u2019aide des maçons et réformistes, se fondaient dans mainte ville canadienne et recevaient les premiers subsides du gouvernement.» Ces instituts ne furent intégrés dans le système primaire d\u2019Ontario que le jour où ce système eût été laïcisé comme l\u2019Université.Ceci nous amène à parler de notre enseignement technique et d\u2019arts et métiers.Cet enseignement, comme on sait, ne relève pas du Conseil de l\u2019Instruction publique, mais du Secrétariat provincial.S\u2019il se rapproche passablement, dans la pratique, d\u2019un enseignement confessionnel, en droit il ne l\u2019est pas.Nous n\u2019incriminons pas les initiateurs d\u2019un enseignement indispensable, ni leurs successeurs qui ont hérité d\u2019une situation de fait, encore moins l\u2019ensemble de son très méritant corps professoral.Mais nous signalons un état de choses, qui peut à la longue devenir dangereux.Ce n\u2019est pas tant le présent que l\u2019avenir qui nous inquiète.En créant le Conseil de l\u2019Instruction publique, nos pères ont voulu deux choses, établir, en principe comme en droit, notre enseignement sur une base confessionnelle, puisqu\u2019il relève des deux Comités catholique et protestant qui constituent le Conseil, et soustraire l\u2019instruction aux influences politiques, pour la mettre immédiatement sous la juridiction de ceux à qui elle appartient, les parents, représentés par les laïques, qui en font partie et sont nommés par le gouvernement, et l\u2019Église représentée en nombre égal par l\u2019Épiscopat de la province.Or, il se trouve que tout l\u2019enseignement des arts et métiers échappe à l\u2019influence du Conseil de l\u2019Instruction publique.L\u2019avenir est inquiétant pour qui voit ce qui s\u2019est passé en Angleterre, aux États-Unis et en Ontario, où l\u2019enseignement technique neutre, développé grâce à un régime exclusif de subsides gouvernementaux, a été l\u2019une des premières brèches pratiquées dans le régime confessionnel et l\u2019appât tendu aux masses populaires, justement éprises d\u2019enseignement manuel et scientifique.Entre autres, l\u2019exemple n\u2019est pas rassurant, de Shawinigan, où une population scolaire catholique dans la proportion de 95% se trouve dans l\u2019obligation de fréquenter un Technical Institute, dont le principal, M.Crutchfield, est un notoire maçon.Le danger est d\u2019autant plus réel que l\u2019enseignement technique s\u2019est développé beaucoup ces dernières années dans notre province \u2014 ce dont nous nous réjouissons\u2014 et doit normalement continuer à croître dans l\u2019après-guerre.S\u2019il allait, sous sa législation actuelle, grandir en marge de notre code scolaire, d\u2019ici huit ans, en raison d\u2019une évolution constante et nécessaire, les enfants, désirant suivre des cours de métier ou de technique, se trouveraient groupés dans des écoles dites spéciales, non confessionnelles, seules gratuites.Le quart de nos enfants vivraient d\u2019un régime que nos dirigeants proclament sincèrement n\u2019être pas compatible avec les aspirations comme les traditions du Québec.Si par ailleurs la loi de l\u2019obligation scolaire, réservée par elle-même aux seuls cas d\u2019exception, mais atteignant de fait tous les enfants, allait faire remonter l\u2019âge de fréquentation de 14 à 16 ans, nous aurions ce curieux phénomène d\u2019une population croyante obligeant plus du quart de ses enfants à fréquenter l\u2019école non confessionnelle, la seule gratuite.En dépit d\u2019un code scolaire reconnaissant le principe de l\u2019école confessionnelle, par une législation d\u2019exception, l\u2019instruction religieuse, l\u2019orientation générale et les principes d\u2019éducation destinés au quart de nos enfants échapperaient au Conseil de l\u2019Instruction publique, mandataire des parents catholiques et protestants dans cette province.Un autre danger, plus grave à notre sens, qui menace notre enseignement, provient de la tendance centralisatrice qui s\u2019affirme dans tout le monde anglo-américain.En Angleterre, on s\u2019apprête, dès cette année peut-être, à liquider les dernières écoles confes- MARS 1944 73 sionnelles.On reproche aux écoles anglicanes et catholiques, moins favorisées naturellement des deniers publics, de ne pas être aussi modernes et efficient que les autres.Il paraîtrait simple d\u2019aider Anglicans et Catholiques, \u2014 luttant avec leurs compatriotes d\u2019autres croyances contre le nazisme, \u2014 à moderniser leur système scolaire, en leur fournissant leur quote-part des impôts.Moyen trop juste, il semble.On ne veut leur fournir que 50% des sommes nécessaires, leur laissant la tâche de trouver l\u2019autre 50%, sans quoi leurs écoles disparaîtront dans le totalitarisme de la common school.Et sir Fred Clarke, de McGill autrefois et maintenant du Year Book, écrivant dans la revue de propagande anglaise, Britain Today, novembre 1943, de conclure avec un cynisme charmant de candide inconscience: « L\u2019opinion générale est qu\u2019il ne sera pas facile de remplir cette condition et que les écoles confessionnelles, maintenues à même les fonds publics, tendront à disparaître, du moins au stage primaire.» Admirons ces méthodes si différentes de la brutalité nazie et qui consistent à élever une barrière infranchissable, puis à dire avec un bon sourire: Sautez par-dessus.Vous en avez la liberté.Aux États-Unis, où déjà les Catholiques doivent payer double impôt pour avoir leurs écoles, on multiplie les mesures injustes d\u2019exception, tel le transport gratuit sur trams et autobus des seuls élèves des écoles publiques.Surtout, un projet d\u2019octroi fédéral de 300 millions de dollars aux seules écoles publiques naturellement, revient tous les ans devant le Congrès et finira sans doute par passer.Au Canada.Citons d\u2019abord les conclusions d\u2019un article de sir Fred Clarke, paru dans le Year Book de 1933 et intitulé « L\u2019éducation dans les dominions britanniques.Essai d\u2019une interprétation comparée et plaidoyer pour un Institut impérial d\u2019éducation », titre suggestif de fortes velléités centralisatrices: « A mesure que surgit un sentiment plus fort et plus net du sens du mot « Canada », il n\u2019est pas probable que les provinces seront privées de la moindre parcelle de leur autonomie en matière d\u2019éducation, mais il est très probable quë des efforts d\u2019unification sur le terrain éducationnel par dessus et en marge des systèmes scolaires provinciaux seront faits avec une constance grandissante.La récente décision du gouvernement fédéral de nationaliser la radio a beaucoup de signification sous ce rapport.D\u2019autres tentatives se feront probablement, et les associations volontaires, voluntary agencies, comme la Canadian Education Association, la Canadian Teachers' Association et le National Council of Education, croissent en importance.» Ces associations ont depuis pour filiale avancée la Home Education Association, tandis que l\u2019Office national du film rivalise d\u2019importance avec la radio fédérale.Les tentatives de centralisation en matière d\u2019éducation peuvent commencer en marge de notre système scolaire.Sir Fred Clarke nous en avertit.Le fédéral a déjà largement envahi ce domaine.Aux provinces de veiller et de faire contrepoids.L\u2019enseignement militaire s\u2019est développé énormément durant la guerre; et le pouvoir central entend en maintenir une large part dans l\u2019après-guerre, en matière d\u2019aviation et de génie surtout.Si le fédéral peut instruire, par la radio, la population entière, jeune, adolescente et adulte, les provinces ne doivent pas abandonner au fédéral cet instrument d\u2019éducation puissant et riche de promesses.Le pouvoir central favorise les recherches scientifiques, sociales, culturelles, etc.Aux provinces de reprendre l\u2019initiative.Par entente avec les provinces, le fédéral aide les étudiants méritants au moyen de bourses.Également, des accords interviennent entre le fédéral et le provincial concernant l\u2019aide à la jeunesse, l\u2019enseignement agricole, technique, etc., fruit d\u2019un glissement des sources de revenus en attendant l\u2019étreinte plus ou moins lointaine des législations.Cette collaboration du fédéral et du provincial comporte ses dangers.Notre droit constitutionnel, d\u2019origine britannique, est en partie écrit, en partie coutumier.Le gouvernement central peut poser des actes et créer des précédents qui, en droit coutumier, deviendront loi un jour.Au troisième Congrès des universités de l\u2019empire, en 1926, le représentant de l\u2019Australie, le professeur Holme de Sydney, protestait hautement: « Votre manière de procéder est d\u2019élargir insensiblement, slowly broadening down, de précédent en précédent.une manière qui gagne du terrain par suite d\u2019efforts, d\u2019essais et de conquêtes de reconnaissance graduelle., a way that stretches over strivings, and testings, and winning of gradual recognition.» Déjà, certains partisans du fédéralisme en éducation affirment: Il ne s\u2019agit pas de se demander si le fédéral doit aider l\u2019éducation; il le fait déjà.Ainsi, au Congrès de la Canadian Teachers' Federation, à Saint-Jean, N.-B., M.Woodrow Lloyd, de la Saskatchewan, déclarait: « Le gouvernement fédéral aide déjà l\u2019éducation par ses octrois à l\u2019enseignement technique.La question n\u2019est donc pas de savoir si le fédéral va aider l\u2019éducation, mais comment il doit contribuer sa quote-part aux finances de l\u2019éducation.» Il est deux tentatives de centralisation encore plus dangereuses, parce que plus directes: le Bureau d\u2019Édu-cation et les subsides fédéraux, que réclament depuis quelques années la Canada-Newfoundland Education Association et surtout la Canadian Teachers' Association.Souvent, nous en avons parlé dans le passé.Un mot de rappel suffit.Un office central est inutile et dangereux.Un bureau crée des bureaucrates.Modelé sur l\u2019office de Washington, ce bureau serait évidemment relié à Londres, par le London Institute naturellement.Voilà pourquoi nous n\u2019en voulons pas.Le Year Book de 1933 énonçait trop bien le but de cet Institut: « .La création à Londres d\u2019un centre puissamment organisé pour la discussion et les recherches continuelles des 74 RELATIONS problèmes éducatifs importants pour les parties du Commonwealth britannique et la formation d'hommes et de femmes qui joueront des rôles d'importance plus qu'ordinaire dans les systèmes éducationnels du Commonwealth ».On prétend également que l\u2019éducation, au Canada, ne peut progresser sans octrois fédéraux.La bataille des subsides s\u2019est faite jusqu\u2019ici chez les instituteurs protestants, gagnés aujourd\u2019hui à ce projet.Le grand public n\u2019est guère au courant, ni encore ému.Mais les partis C.C.F.et conservateur, par la voix du propre chef du premier parti, M.Coldwell, et de M.Graydon, chef parlementaire du second parti, se déclaraient favorables à des octrois fédéraux au congrès de la Provincial Association of Protestant Teachers of Quebec à Montréal en octobre, tandis que M.Brooke Claxton, secrétaire parlementaire de M.King, se montrait plus réticent.Nous affirmons de nouveau notre opposition à des subsides fédéraux directs à l\u2019instruction.Même dans le cas extrême où une province semblerait incapable de subvenir aux nécessités de l\u2019éducation, l\u2019assistance permanente et directe à l\u2019instruction dans cette province provoquerait des jalousies et une surenchère électorale.Bientôt toutes les provinces réclameraient des octrois similaires.Or des subsides sans contrôle, c\u2019est trop beau pour être vrai.Que les provinces, la paix venue, et même plus tôt.récupèrent les impôts cédés pour la durée de la guerre.Que le fédéral, par une politique plus humaine \u2014 il semble vouloir s\u2019y engager par la promesse des allocations familiales \u2014 crée une situation où les provinces soulagées puissent mieux s\u2019acquitter de leurs obligations éducationnelles.Chaque province \u2014 Québec spécialement \u2014 doit pouvoir résoudre ses problèmes éducationnels dans les cadres de son autonomie et sous la protection de la Constitution.Ne pas le tenter serait une démission.Mais, en ce cas, qu\u2019elles ne soient pas surprises de voir le fédéral intervenir avec l\u2019appui de l\u2019opinion publique.Chaque province doit défendre jalousement ses prérogatives scolaires, mais surtout les pratiquer.Pourquoi laisserions-nous toujours aux autres le soin de poser les actes et de créer les précédents, qui un jour sont loi?Pour nous du Québec, l\u2019autonomie est condition essentielle de la survie de nos écoles confessionnelles.Si nous laissions l\u2019éducation glisser peu à peu du solide terrain provincial, où nous faisons nombre, sur le plan fédéral, où nous serons toujours minorité, c\u2019en serait bientôt fait de notre système confessionnel, et nous verserions dans le laïcisme scolaire.Que les provinces \u2014 Québec en particulier \u2014 n\u2019aient pas peur de voir grand et trouvent les millions requis.Ces millions leur reviendront en œuvres de vie.Bientôt les provinces n\u2019auront plus à défendre leur autonomie: leurs œuvres parleront mieux que les mots.MARS 1944 ON A LES DÉLINQUANTS QU\u2019ON MÉRITE J -F.DALTON DU 12 AU 18 MARS, Montréal conduira une campagne destinée à éclairer Vopinion publique sur le problème de la criminalité juvénile afin d'en enrayer les progrès.M.Dalton est un des principaux organisateurs de cette campagne.La comparution de milliers d\u2019enfants devant les Cours juvéniles dans le pays tout entier accuse la négligence de la société, qui ne leur fournit pas un milieu favorable au passage graduel et normal à l\u2019âge adulte.La responsabilité des parents ressort des dossiers de la Cour juvénile et porte à conclure que la délinquence ne concerne pas l\u2019enfant seul, mais toute la vie familiale.Une vérité à mettre en relief avant de discuter les causes est que la criminalité constitue un problème multiple et qu\u2019il faut l\u2019attaquer sur plusieurs fronts à la fois sans s\u2019amuser à des panacées.Les crimes contre la propriété diffèrent complètement de ceux contre la personne, et une foule d\u2019autres espèces.De plus, il importe de noter que les causes impliquées dans le même type de crime, le vol par exemple, varient beaucoup suivant les types de criminels.Il faut distinguer le cleptomane du gamin de dix ans qui prend des fruits à l\u2019étalage.Et il est peu probable que le fraudeur ait beaucoup en commun avec le crocheteur de banques entraîné par un long passé de coups de main.Un élément important de la question est l\u2019indifférence générale du public en cette matière.Inutile d\u2019imaginer des tactiques pour la prévention des crimes, sans l\u2019appui du public.Il importe donc de propager une saine information scientifique sur le problème du crime par tous les moyens possibles : église, école, presse, radio, cinéma, assemblées publiques, etc.Un autre point sur lequel il est urgent de faire porter l\u2019attaque, c\u2019est l\u2019alliance pourrie du crime et de la politique, qu\u2019il faut rompre à tout prix.Le crime organisé ne peut exister sans protection, et c\u2019est une honte que la politique locale soit souvent vendue à la pègre.Le remède consiste dans une action concertée de tous les citoyens sans préjugés partisans, afin d\u2019assurer une administration des gouvernements locaux libérée de toute ingérence des partis politiques.Pour frapper le crime à sa racine, il faut savoir où et comment se forment les criminels.Or, cela, c\u2019est du connu.Connus aussi les remèdes, bien qu\u2019effectivement on ne les ait jamais appliqués.Les criminels se forment surtout pendant l\u2019enfance et l\u2019adolescence.Ils sont en grande partie la récolte des zones dites de délinquence, qu\u2019on peut délimiter de façon précise.Le remède consiste à se rendre dans les zones de délinquence et à prévenir le développement des carrières de délinquants en contre-attaquant les forces démoralisatrices.Cela ne peut se faire que par une réorganisation communautaire qui rende possible l\u2019application effective de programme remaniés d\u2019éducation, de récréation et de bien-être à l\u2019intérieur de ces zones.De telles mesures assureront aux enfants de ces districts un développement normal et la rentrée dans les groupements et les activités sociales reconnus qui caractérisent la société régulière.Voilà, dans son sens le plus fondamental, la prévention contre le crime.Une des pires causes de mauvaise conduite au début des carrières de criminel réside dans le gaspillage des loisirs, dans les zones où les mauvais exemples et les mœurs criminelles se répandent comme une contagion à travers le quartier transformé en terrain de jeux, et dans les gangs qui infestent les 75 rues.Les rues n\u2019accordent pas de diplômes et ne confèrent pas de grades académiques; pourtant elles éduquent avec une précision fatale.On peut dire en chiffres ronds que 85% des enfants de ces milieux passent leurs loisirs dans les rues, où ils subissent en plusieurs cas l\u2019influence directe de la pègre.Pour ces raisons, le succès des programmes récréatifs sains prend une ampleur étonnante.Mais les enfants courent bien souvent d\u2019une agence récréative à une autre, sans recevoir le bénéfice de l\u2019assiduité à aucune.Nous apercevons parfois de longues suites d\u2019enfants attendant pour entrer à un gymnase, alors qu\u2019un autre est vide à côté.Des milliers d\u2019enfants jouent au milieu de rues encombrées par la circulation, alors qu\u2019un parc voisin est pratiquement désert.On découvre des lots vacants appartenant à la ville, paresseusement étendus au milieu de quartiers encombrés qui souffrent d\u2019une disette de terrains accessibles aux ébats.On trouve au milieu de zones de délinquence des écoles, des classes, des cours de récréation fermées aux enfants à partir de quatre heures, et toute la journée du samedi, les jours de congé et durant les vacances.Témoins muets d\u2019un manque d\u2019organisation récréative.Il faut une réorganisation communautaire de toutes les forces préventives, et leur intégration dans un programme social intelligent et coordonné.Il faut s\u2019appuyer sur plusieurs espèces d\u2019institutions pour y voir: la famille, l\u2019église, l\u2019école, les services de bien-être ou d\u2019enquête, la police, la clinique d\u2019orientation, la cour juvénile, l\u2019école de réforme sont en cause.Or, aucune de ces institutions, isolément, ne peut mener à bonne fin un programme d\u2019hygiène morale.La meilleure prévention contre la criminalité en puissance, c\u2019est la vie de famille et le foyer éducateur satisfaisants et sains.Lorsque la famille fait entièrement son devoir, elle réussit presque toujours à contrebalancer les influences démoralisantes du dehors et à diriger la coordination complète des activités de l\u2019enfant, aussi bien à l'extérieur qu\u2019à l\u2019intérieur de ses propres limites.Cela, elle ne peut le réaliser qu\u2019avec l\u2019aide des ressources éducationnelles et récréatives de la collectivité.Dans les zones, la famille possède-t-elle les moyens nécessaires à l\u2019accomplissement de cette tâche sociale ?.Elle ne peut ordonner de façon efficace la journée de l\u2019enfant, en particulier celle de l\u2019adolescent.Elle ne peut concurrencer la rue, la gang, le restaurant du coin, et les amusements commercialisés.L\u2019influence de la religion est vitale dans la formation du caractère.Dans ma longue expérience, je n\u2019ai jamais rencontré un délinquant sorti d\u2019un foyer pénétré d\u2019esprit religieux.On devrait se servir de la religion pour transformer les mœurs des délinquants et des prisonniers.La meilleure place pour découvrir l\u2019enfant qui deviendra vraisemblablement un délinquant, ou dont la fainéantise et la mauvaise conduite présagent la future criminalité, c\u2019est l\u2019école, pour la raison fort simple que les enfants y passent tous.Aucun agent, si ce n\u2019est la famille, n\u2019offre une aussi belle chance au travail de prévention du crime.La plupart des agents ne viennent en contact qu\u2019avec un petit nombre de criminels en puissance, et plusieurs d\u2019entre eux seulement avec les déjà coupables.L\u2019école a une responsabilité plus définie que la famille, vu que c\u2019est une institution bien organisée, dirigée par un personnel intelligent et formé, dont l\u2019unique affaire est le bien-être actuel et le futur esprit civique de l\u2019enfant.Des recherches démontrent que l\u2019écolier y manifeste d\u2019habitude ses mauvaises tendances.Environ 2% des élèves constituent un « cas », et quatre sur cinq de ceux-ci tombent délinquants à moins que leur cas ne soit clarifié, et environ trois sur quatre de ces délinquants tombent criminels.Nous pouvons affirmer que nos écoles réussissent avec l\u2019élève d\u2019intelligence moyenne, peu avec le sur-doué, pas du tout avec les nouilles.Rien n\u2019est injuste comme de traiter également des êtres inégaux.Les devoirs et leçons imposés par les programmes scolaires sont les mêmes pour l\u2019enfant qui a sa chambre à lui, un endroit confortable et commode pour étudier, des parents intelligents qui ont à la fois le temps et le goût de collaborer avec l\u2019école, \u2014 et pour celui dont la solitude ne s\u2019étend pas au-delà d\u2019un quart de lit dans la cuisine, et qui peut s\u2019estimer fort heureux s\u2019il possède un coin où mettre ses affaires.Souvent, la mère travaille loin de la maison, et l\u2019enfant n\u2019est pas surveillé, ou si peu, pendant qu\u2019il fait ses devoirs ou n\u2019importe quoi.Il est absurde d\u2019attendre le même travail de l\u2019un et de l\u2019autre sans un ajustement correspondant chez le système scolaire lui-même.Un des principaux obstacles à l\u2019acceptation de l\u2019éducation morale est pour l\u2019enfant l\u2019idée qu\u2019il se fait que la vie morale se résume à des défenses.On devrait donc mettre l\u2019accent sur le fait que la vie morale est une façon d\u2019atteindre ce que l\u2019enfant désire le plus dans son cœur.Plutôt que d\u2019insister, par exemple, sur les inconvénients du mensonge, il serait préférable de mettre en lumière la beauté de la vérité, la noblesse de ceux qui la respectent toujours.L\u2019insistance sur les choses à éviter engendre une sorte de caractère qui se borne à observer les règles extérieures.Les défauts physiques influent vraiment sur la conduite.La même infirmité peut produire des effets opposés, de même que des défauts dissemblables peuvent entraîner la même réaction.Tel enfant hurlera de douleur, tandis qu\u2019un autre grincera des dents et se taira.Un défaut de la vue peut aboutir au manque d\u2019intérêt pour l\u2019instruction ou pousser un enfant à se concentrer, à s\u2019appliquer davantage.Des pieds plats ou des narines bouchées peuvent causer la fatigue.Une maladie de cœur chronique ou la constipation peuvent entraîner la paresse ou l\u2019irritabilité.Il est donc évident qu\u2019un ajustement physique de nature à rétablir un fonctionnement normal aura des effets variés suivant les types.Une juste compréhension des rapports entre l\u2019émotion et l\u2019alimentation peut servir à promouvoir la santé physique et l\u2019équilibre sentimental.Souvent l\u2019enfant qui sent qu\u2019on ne lui passe rien à la maison et qu\u2019on ne l\u2019aime pas beaucoup devient gourmand.Il vole bonbons et friandises entre les repas ou se bourre à table, dans une tentative inconsciente, pour ainsi dire, de compenser par la nourriture ou autre chose le vide de sa vie affective.L\u2019enfant gras est souvent l\u2019objet de reproches ou de moqueries: sa tristesse s\u2019en accroît, et du coup grandit encore son inclination à manger.L\u2019anxiété et le mécontentement peuvent faire engraisser l\u2019enfant gras et maigrir l\u2019enfant maigre.La peur ou l\u2019angoisse extrêmes peuvent bouleverser l\u2019estomac.Parfois on peut faire remonter la turbulence et Vespièglerie des enfants à un régime alimentaire insuffisant.Le bébé acquiert sa première expérience du monde dans la satisfaction de ses besoins alimentaires.Qu\u2019il connaisse un monde confortable et amical qui satisfait ses besoins ou un monde hostile qui ne tient pas compte de ses goûts et lui impose des souffrances, cela peut influencer grandement ses attitudes fondamentales à l\u2019égard des autres et de lui-même toute sa vie.La société a le devoir d\u2019insister pour que nos écoles de réforme, nos pénitenciers, nos prisons, possèdent un personnel d\u2019experts dans l\u2019art du diagnostic plutôt que de geôliers et de gardiens selon la vieille conception de la prison, lieu de vengeance et de punition.Et pour terminer, rappelons que pour enrayer la criminalité et pour la prévenir, il faut les efforts combinés de la famille, de l\u2019école, de l\u2019église, des sociétés de bienfaisance et de correction.Il ne faut rien de moins.76 RELATIONS DOCUMENTA 1RES LE CENTRE PAROISSIAL DE THETFORD-LES-MINES Laurent LACOURSIÈRE, pire ENTRE Québec et Sherbrooke, dans le comté de Mégantic, se trouve le centre mondial de l\u2019amiante, Thet-ford-les-Mines, avec une population d\u2019environ 14,500 âmes, répartie en deux paroisses: le vieux Saint-Alphonse, Saint-Maurice, et, depuis un an, la desserte Saint-Noël-Chabanel.Cette ville ouvrière date de 1876 et tire sa vie de quatre mines d\u2019amiante: King, Bell, Beaver et Johnson.Depuis trois ans, grâce à l\u2019initiative du chanoine Poulin et à la collaboration de tous, il existe à Saint-Alphonse de Thetford une œuvre d\u2019Action apostolique connue sous le nom de « Centre Paroissial Saint-Alphonse ».Magnifique construction de deux étages, en brique, ce centre fait honneur à la ville.C\u2019est une des premières œuvres du genre au diocèse de Québec.Le Centre Paroissial renferme un auditorium de 800 sièges pour le cinéma, le théâtre, les conférences, les concerts et les réunions d\u2019Action catholique et nationale.Plusieurs locaux reçoivent tour à tour les diverses sociétés et associations: Ligue du Sacré-Cœur, Congrégation des Enfants de Marie, Tiers-Ordre, Dames de Sainte-Anne, Syndicats Nationaux Catholiques de l\u2019amiante, de la construction, de la fonderie, Cercles Lacordaire et Jeanne-d\u2019Arc, Saint-Jean-Baptiste, Jeunesse Ouvrière Catholique à sections masculine et féminine, Ouvroir, Guides catholiques, Caisse-dotation pour jeunes filles, Garde Paroissiale, Société Artistique, Cercle Saint-Pierre, Filles d\u2019Isabelle, Canados, Artisans et autres sociétés de toutes sortes, pourvu qu\u2019elles soient d\u2019inspiration catholique.Le Centre offre une spacieuse salle de jeux, avec quatre allées de quilles, des billards et autres amusements.Une bibliothèque et une Salle de Lecture sont au service des paroissiens, plus un restaurant pour accommoder les visiteurs.L\u2019édifice répond à tous les besoins et si on l\u2019a appelé « Centre Paroissial Saint-Alphonse », c\u2019est qu\u2019il est le foyer où se rencontrent les paroissiens pour étudier, se récréer sainement, travailler à devenir meilleurs catholiques et plus fervents patriotes.C\u2019est donc une œuvre à la fois d\u2019action catholique et d\u2019action patriotique.Étudions un peu le fonctionnement du Centre Paroissial.Propriété exclusive de la Fabrique, il a pour administrateurs légaux le curé et les marguilliers.M.le curé en a confié la direction à un vicaire, l\u2019abbé Laurent Lacoursière, qui est assisté et secondé par le « Comité du Centre », composé de laïques dont le dévouement ne se dément pas.Un autre vicaire, l\u2019abbé Sylvio Roberge, s\u2019occupe de la Salle de Jeux.D\u2019autres comités de cinéma, de concerts, de Conférences, etc., travaillent en collaboration avec le directeur pour donner aux jeunes et au public des amusements honnêtes, et pour inculquer à tous les paroissiens la véritable doctrine de l\u2019Église par des conférences et des cercles d\u2019étude.Le Centre Paroissial est ouvert au public tous les jours de 1 heure à 11 heures du soir.Chaque jour les différents locaux voient des réunions et assemblées des sociétés et associations.Tous les jours, sous une surveillance discrète, filles et garçons peuvent venir se reposer gaiement, étudier ou assister à des vues animées.Le Centre possède deux excellentes machines pour films de 35 millimètres, fonctionnant sous la conduite d\u2019un opérateur diplômé.Les films sont annoncés par des circulaires distribuées dans toute la ville, par les journaux locaux, spécialement « Le Mégantic », et par des annonces placées à divers endroits.Le directeur du Centre choisit les films, pour ne donner à l\u2019auditorium que des représentations bonnes à tout point de vue.Les enfants de moins de 16 ans, même accompagnés de leurs parents, ne sont pas admis: on observe scrupuleusement la bonne loi.Pourquoi faire du cinéma au Centre Paroissial ?C\u2019est que nous obéissons aux pressantes recommandations de Pie XI dans l\u2019encyclique Vigilanti cura : « Les catholiques du monde entier doivent s\u2019occuper du cinéma, le plus grand et le plus efficace moyen d\u2019influence, plus efficace encore que la presse.» Tout n\u2019est pas parfait dans le cinéma, mais le jour où il y aura dans toutes nos villes, dans tous nos diocèses et notre province des salles paroissiales avec cinéma régulier, ce jour-là les producteurs de films, qu\u2019ils soient juifs ou autres, répondront aux légitimes désirs de leur clientèle.La Ligue de Décence étatsunienne, sous le patronage de S.Exc.Mgr Spellman, archevêque de New-York, en classifiant tous les films produits par les différentes compagnies, accomplit une œuvre qui nous est fort utile.Nous suivons aussi avec profit le « ciné-guide » de l\u2019abbé Eustache Brault de Sherbrooke, les appréciations de Y Action catholique et de Relations.En plus de donner du cinéma, le Centre développe les talents de théâtre des jeunes gens et jeunes filles.Des troupes, la Société Artistique de Thetford et le Cercle Saint-Pierre, composées d\u2019acteurs et d\u2019actrices de la ville, préparent des pièces qui sont d\u2019abord représentées à l\u2019auditorium du Centre, et puis répétées dans la région pour répandre et développer le goût du bon théâtre.La direction du Centre s\u2019enorgueillit d\u2019avoir fait venir des artistes et musiciens tels qu\u2019Arthur Leblanc, Ross Pratt et bien d\u2019autres.La fanfare de Saint-Alphonse et l\u2019orchestre de l\u2019Union Musicale donnent de temps en temps des concerts.Des conférenciers éminents ont entretenu à diverses reprises les gens de Thetford.Le Centre fait venir à l\u2019occasion des troupes étrangères, de Montréal ou de Québec.Chaque année les acteurs de « Vie de Famille » nous récréent.En 1943, la grand spectacle « La Passion » a passé quatre fois, devant plus de 3,500 personnes.Les membres de la Garde Saint-Alphonse, dont l\u2019aumônier est M.l\u2019abbé Jean-Charles Côté, s\u2019occupent du service à l\u2019auditorium.Des jeunes filles de la J.O.C.F.prêtent leur gracieux concours pour la vente des billets.Plusieurs jeunes gens et jeunes filles sont heureux de donner de leur temps et de leur travail pour le Centre.On peut dire avec fierté que, par son cinéma, son théâtre, ses conférences, ses concerts, ses réunions d\u2019études de toutes sortes, le Centre Paroissial a tour à tour récréé, intéressé et instruit tout Thetford, et que les jeunes ont pu s\u2019y rencontrer joyeusement et sans risque.Lorsque leurs enfants sont là, les pères et mères sont sûrs qu\u2019ils sont entre bonnes mains et sous bonne garde.Compris de la sorte, le fonctionnement d\u2019un centre paroissial collabore efficacement avec les instructions que les fidèles reçoivent à l\u2019église.Puisse le Centre Paroissial de Saint-Alphonse travailler à sa façon à garder au Christ et pour toujours notre population catholique! MARS 1944 77 HORIZON INTERNATIONAL SAINT-SIÈGE JE SAINT-SIÈGE, depuis quelques semaines, est devenu Vobjet d\u2019un curieux débat.Il s\u2019agit d\u2019établir si les deux derniers Papes ont été « fascistes » ou non.Comme le mot « fasciste » est susceptible d\u2019innombrables définitions \u2014 il n\u2019a pas le même sens dans la bouche d\u2019un démocrate, d\u2019un socialiste, d\u2019un communiste, d\u2019un libéral athée, ou d\u2019un libéral chrétien \u2014 on peut s\u2019attendre à ce que les jugements passés sur les Papes en question soient multiples.Le débat a été ouvert par une étude de Sherman S.Playden sur la politique extérieure du Vatican.Dans l\u2019ensemble, Scherman S.Hayden n\u2019eut pas de difficulté à montrer qu\u2019il était impossible de ranger les Papes parmi les « totalitaires ».Quiconque, d\u2019ailleurs, est médiocrement informé sur la lutte entreprise par Pie XI contre le nazisme et, dans la mesure où le fascisme italien s\u2019affirma totalitaire (dans les questions de doctrine, dans la lutte qu\u2019il livra à l\u2019Action catholique, surtout en 1931 et 1938) sait que le Pape était considéré, en Italie, comme le champion de la liberté et de la personnalité humaines.Hayden reproche deux choses au Vatican : son « enthousiasme » pour la guerre italo-éthiopienne et son attitude lors de la guerre d\u2019Espagne.Nous renvoyons nos lecteurs à une étude que nous publions séparément à ce sujet.Peu après, les Izvestia s\u2019en mêlèrent.Le quotidien Izvestia (les nouvelles) est l\u2019organe du gouvernement soviétique, alors que la Pravda (vérité) est celui du parti communiste pan-russe (ce qui avait donné lieu à la pasquinade suivante: il n\u2019y a pas plus de nouvelles dans les Izvestia que de vérité dans la Pravda; ainsi, du moins, raisonnaient les esprits frondeurs à Moscou!).Le feu de barrage soviétique contre le Vatican s\u2019ouvrit donc au début de février par un article des Izvestia.Celui-ci, à son tour, s\u2019inspirait d\u2019une brochure publiée par un obscur émigré « allemand » aux États-Unis, qui porte le nom peu germanique de Leopold Mannaberg (Mannaberg veut dire « montagne de manne »).Mannaberg, dont nous ne connaissons le travail (article, ou brochure, ou livre ?) que par le rebondissement qu\u2019il eut en U.R.S.S.et, de là, dans nos journaux, semble avoir accusé le Pape Pie XI d\u2019avoir été le responsable principal (leading role) dans l\u2019accession des nazistes et fascistes au pouvoir.Depuis lors, les Izvestia ont publié plusieurs articles à ce sujet.On se croirait revenu aux belles années de 1930 et de 1931, quand les bezbozhniki (sans-dieu) soviétiques répétaient chaque semaine à leurs lecteurs ahuris que le Pape se mettait à la tête d\u2019une grosse armée pour envahir l\u2019U.R.S.S.Il est vrai que, depuis quelque temps, les journalistes soviétiques semblent faire preuve d\u2019une imagination aussi orientale que celle de M.Mannaberg.N\u2019avaient-ils pas proclamé, en janvier, que d\u2019importants personnages anglais avaient eu une entrevue avec des nazistes en vue de conclure une paix séparée ?La réaction, dans la presse des démocraties, a été très vive.Inévitablement, on rappela les années peu sympathiques de 1939-1941! Je cite le premier paragraphe de l\u2019éditorial du New York Times (4 février), auquel je tiens à laisser toute la saveur de l\u2019original: Of all the incendiary literary bombs manufactured in Moscow since the Teheran conference and thrown with such light-hearted recklessness into the unity of the Allied Nations, none is likely to do greater damage than Izvestia\u2019s unjust and intemperate attack upon the Vatican as « pro-Fascist ».The palpable insincerity of this document may be judged by one of the accusations it presents.It denounces the Vatican for having kept silent when Italy launched her « stab in the back » attack on France in June, 1940.And where, may we ask, was Izvestia\u2019s own protest on that occasion ?Where was the protest of the Soviet Government?History records that at the moment when Mussolini stabbed France in the back the Soviet Government was selling war supplies to Hitler.Si les grands journaux neutres ont réagi avec cette vivacité, on peut s\u2019imaginer l\u2019émoi qui a fait sursauter la presse catholique.L\u2019incartade des Izvestias a porté un coup fatal aux espoirs des catholiques qui travaillaient à un rapprochement entre l\u2019Église et l\u2019U.R.S.S.Il faudra du temps et beaucoup de patience pour réparer le dommage causé par cette inexplicable indiscrétion.La Congrégation des Rites a terminé les préparatifs de cinq canonisations et de cinq béatifications.Les cérémonies auront lieu après la fin de la guerre.Les candidats à la canonisation sont: 1° Mère François-Xavier Cabrini, décédée à Chicago en 1917.Née en Italie, elle fit d\u2019innombrables voyages au Nouveau-Monde pour y assister les émigrés italiens.Elle parcourut les États-Unis à plusieurs reprises, et y établit cinq grands hôpitaux, plusieurs dispensaires et orphelinats.Elle visita également le Nicaragua, Panama, le Pérou, l\u2019Argentine et l\u2019Espagne.2° Mère Jeanne-Élisabeth Bichier-des-Ages, décédée en 1838, fondatrice des Filles de la Croix.Elle s\u2019occupa surtout de l\u2019éducation des filles pauvres; avant sa mort, elle avait déjà ouvert quatre-vingt-dix-neuf maisons.3° Louis-Marie-Grignion de Montfort, décédé en 1716, fondateur des Filles de la Sagesse et de la Société de Marie.Durant sa jeunesse il s\u2019était consacré aux incurables; plus tard, il passa sa vie à prêcher des missions populaires; les Filles de la Sagesse s\u2019occupèrent avant tout d\u2019élever les enfants pauvres.4° Bernardin Realino, S.J., décédé en 1616, missionnaire populaire en Italie.5° Jean de Britto, S.J., né en 1647 d\u2019une illustre famille portugaise, travailla d\u2019abord dans le Maduré où il étonna ses confrères par son austérité: il avait renoncé au vin, à la viande et au poisson, et ne vivait que de légumes; il circulait d\u2019ordinaire pieds nus.Après quatorze ans de cet apostolat, il revint en Europe, repartit presque aussitôt pour les Indes, où il souffrit le martyre.Seront béatifiés: 1° Contardo Ferrini, célèbre juriste milanais, décédé en 1903.Il fut l\u2019ami personnel de Pie XI.2° Jeanne Delanoue, fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne de la Providence, pour l\u2019éducation des enfants pauvres.3° Joaquina de Vedruna de Mas, fondatrice des Carmélites de la Charité.4° Vicenta Maria Lopez Vicuna, espagnole, décédée en 1890, fondatrice des Filles de Marie-Immaculée et des Collèges de Servantes.Son but avait été de grouper les jeunes filles qui venaient de la campagne à la ville pour devenir domestiques.Souvent abandonnées à elles-mêmes, ces jeunes filles prenaient peu de temps à se corrompre.Les Filles de Marie-Immaculée les reçoivent dans des collèges où elles se forment, puis, une fois placées, elles reviennent au collège passer leur après-midi de congé.Cette œuvre a donné des résultats remarquables dans tous les pays où elle s\u2019est étendue (Espagne, Amérique latine, Italie, France, Angleterre).5° Alice Leclerc, décédée en 1622, fondatrice de l\u2019Institut de Notre-Dame.Tels sont les nouveaux héros que l\u2019Église propose à la vénération des fidèles.On observera que presque tous ont consacré leur vie au service des pauvres.Il en est de même pour la plupart de ceux qui ont été récemment béatifiés ou canonisés.Presque tous abandonnèrent délibérément tout ce que le monde pouvait leur offrir, afin de se consacrer à Dieu en assistant les déshérités.Ils sont canonisés, moins 78 RELATIONS pour leur œuvre sociale, que pour l\u2019héroïcité de leurs vertus.Il est intéressant de rappeler que la sainteté pousse à un dévouement qui va jusqu\u2019au don total, jusqu\u2019au martyre.U.R.S.S.AU DÉBUT de février, l'U.R.S.S.fut réorganisée, de façon à permettre aux seize républiques qui la composent d\u2019avoir chacune leur armée et leur politique étrangère.D\u2019aucuns soulignèrent que l\u2019U.R.S.S.aurait, en conséquence, seize voix au lieu d\u2019une dans les conférences internationales.On nota également que seize missions soviétiques différentes, établies dans nos divers pays, pourraient exercer une pression notable.Tout cela est vrai, mais peut-être secondaire.Les problèmes posés par l\u2019existence des diverses nationalités à l\u2019intérieur de l\u2019U.R.S.S.ont été étudiés et résolus par M.Stalin en personne.Depuis 1913, quand il fit paraître à Vienne une première étude sur « Le marxisme et la question nationale », M.Stalin fut toujours considéré comme le spécialiste de cette question.Dans les premiers gouvernements soviétiques, il dirigea le « Commissariat des nationalités », c\u2019est-à-dire, des peuples non-russes qui habitaient à l\u2019intérieur de l\u2019U.R.S.S.Quand il devint secrétaire général du parti, et, plus tard, vozhd ou chef suprême de la dictature soviétique, il n\u2019omit pas de s\u2019intéresser à ses études favorites.Ses différents écrits à ce sujet, sont réunis dans l\u2019ouvrage publié par International Publishers : Joseph Stalin, Marxism and the National Question (New-York, 1942).Ce livre a eu, d\u2019ailleurs, plusieurs éditions en diverses langues.Le vieil empire russe était fortement centralisé.Longtemps avant d\u2019arriver au pouvoir, les bolchéviques rêvaient d\u2019un grand état fédéral dans lequel les peuples et nations diverses jouiraient d\u2019une autonomie marxiste.1.Avant la révolution de 1917, le point de vue bolché-vique peut être résumé dans les quatre points proposés par Stalin à la septième conférence du parti social-démocrate russe le 29 avril (12 mai) 1917): a)\tOn reconnaît aux peuples le droit de sécession.b)\tLes peuples qui restent à l\u2019intérieur des frontières d\u2019un État auront droit à l\u2019autonomie régionale.c)\tLes minorités nationales auront droit à des lois spéciales qui en garantiront le libre développement.d)\tLes prolétaires de toutes les nationalités d\u2019un État auront un seul parti prolétaire indivisible.Les propositions b et c étaient dirigées contre les men-chéviks du Bund, dans lequel militaient presque tous les Juifs russes.Ceux-ci, en effet, luttaient pour l\u2019autonomie nationale et non régionale.Partout où se trouvait un Juif, il recevrait un régime spécial.Ce fut rejeté par les bolchéviques.Arrêtons-nous un peu plus à la quatrième proposition, celle qui postule l\u2019existence d\u2019un parti communiste unique.Ce qui donne sa cohésion au mouvement communiste, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur de la Russie, c\u2019est son unité.Quand existait le Comintern, il était entendu que les partis communistes nationaux n\u2019étaient que des sections de l\u2019Internationale communiste, parti unique.Ainsi, le parti communiste canadien avait pour dénomination officielle: Parti communiste canadien (section canadienne de V Internationale communiste.) Le stalinisme encourage les différences nationales, pourvu que le contenu idéologique soit toujours le même.C\u2019est pourquoi le Comintern appuya les insurrections dans tous les pays coloniaux ou semi-coloniaux, moins pour émanciper ces peuples de la domination étrangère que pour leur infuser éventuellement l\u2019idéologie communiste, la culture communiste.Le but final de cette lutte et de cette évolution est de créer un monde nouveau, dominé par un parti communiste unique, animé d\u2019une culture communiste unique, parlant éventuellement une langue unique.Au seizième Congrès du Parti communiste pan-russe (27 juin 1930), alors qu\u2019il était déjà le maître indisputé de l\u2019U.R.S.S., Stalin fit la déclaration suivante : Il peut paraître étrange que nous, qui favorisons la fusion éventuelle des cultures nationales dans une seule culture commune (à forme et contenu unique), avec un seul langage, nous aidions également à l\u2019épanouissement des cultures nationales à l\u2019époque actuelle de la dictature du prolétariat.Mais il n\u2019y a rien d\u2019étrange à cela.Il faut permettre aux cultures nationales de se développer, afin que toutes leurs possibilités arrivent à une évolution complète.Ainsi se créeront les conditions favorables à la fusion de toutes dans une culture commune avec une langue commune.Le développement des cultures nationales dans un seul pays, afin que plus tard elles se fusionnent en une seule culture socialiste (à forme et contenu unique) avec une seule langue, lorsque le prolétariat aura triomphé dans tout l\u2019univers, tel est le caractère dialectique du problème des cultures nationales, tel que posé par Lénine.(Marxism and the National Question, pp.208-209.) La tâche du parti communiste unique, avec sa discipline de fer et ses Commissions de contrôle, est donc d\u2019éliminer du contenu idéologique des différentes civilisations nationales tout ce qui n\u2019est pas reconnu officiellement comme orthodoxe.C\u2019est pourquoi on s\u2019applique à la « liquidation » méthodique des éléments non marxistes qui pourraient entraver cette évolution.Telle était la théorie bolchévique avant la révolution de 1917; telles sont, encore aujourd\u2019hui, les aspirations lointaines des thèses formulées par Stalin quand il était jeune révolutionnaire, et auxquelles, croyons-nous, il reste en grande partie fidèle.2.Après la révolution de 1917, distinguons trois éléments: a)\tQuand s\u2019effondra l\u2019empire russe, les nationalistes locaux formèrent des « soviets nationaux » ou « gouvernements régionaux ».Ce fut le cas de la Lettonie, de l\u2019Esthonie, de la Lithuanie, de la Géorgie, de l\u2019Arménie, de l\u2019Azerbaïdjan, du Kuban, de la Crimée, de l\u2019Ukraine, de la Russie blanche, etc.Ces mouvements n\u2019étaient que nationaux; ils n\u2019étaient pas révolutionnaires ou marxistes.Ils ne tendaient qu\u2019à l\u2019indépendance nationale.Quelques-uns d\u2019entre eux réussirent, au moins jusqu\u2019à la présente guerre.Aux autres, les Soviets refusèrent le droit à la sécession, et ils étouffèrent ces divers nationalismes dans le sang.Dans un article à la Pravda du 10 octobre 1920, Stalin donna l\u2019explication suivante: Sans doute, les régions de frontière de la Russie, les nationalités et les races qui les peuplent ont, comme toutes les autres nations, le droit imprescriptible de se détacher de la Russie comme le fit la Finlande en 1917 (avec l\u2019approbation des bolchéviques, non encore parvenus au pouvoir, \u2014 N.D.L.R.).Il faudrait alors prendre acte du fait accompli et reconnaître la sécession.Mais ici il ne s\u2019agit pas de droits dont nous ne contestons pas la validité; il s\u2019agit des intérêts des masses populaires, autant du centre que des régions de frontière; il s\u2019agit du type d\u2019agitation qui est déterminé par ces intérêts, et auquel le parti doit se consacrer s\u2019il ne veut pas renoncer à lui-même, mais veut exercer une influence déterminée sur les volontés des masses ouvrières.Or, les intérêts des masses ouvrières établissent que poser un acte de sécession serait, aujourd\u2019hui, œuvre de contre-révolution.Ainsi, les mouvements nationalistes ukrainien, blanc-russien, géorgien, etc.furent étouffés, parce que l\u2019on jugea, à Moscou, qu\u2019une telle agitation était contraire aux intérêts de la Russie centrale et aux intérêts de la classe ouvrière \u2014 c\u2019est-à-dire du parti communiste \u2014 dans les pays de frontière eux-mêmes.b)\tEn même temps, le gouvernement soviétique s\u2019établit sur une base fédérale.Le nom même de la Russie disparut MARS 1944 79 pour faire place à celui de l\u2019Union des Républiques socialistes soviétiques.Les diverses langues nationales \u2014 il y en a plus de cent à l\u2019intérieur de l\u2019U.R.S.S.\u2014 furent mises à l\u2019honneur.On enseigna, dans les écoles des divers pays, les langues indigènes.On employa la langue indigène dans les tribunaux.Des journaux parurent dans toutes les langues de l\u2019U.R.S.S.On découvrit des poètes « nationaux » ; on ressuscita le théâtre géorgien, arménien, etc.c) Mais on donna, à ces cultures diverses, un contenu idéologique unique.Aussi, on élimina des traditions nationales tout ce qui pouvait faire ombrage à la nouvelle orthodoxie.D\u2019où une lutte acharnée contre les religions diverses que l\u2019on professait dans les divers secteurs de l\u2019Union soviétique.Cette lutte pour une idéologique unique se fit surtout de trois façons: par l\u2019école soviétique, par les «^mesures administratives » prises par la police unique d\u2019État contre les récalcitrants, enfin par l\u2019unité « granitique » donnée au parti.Ceci posé, il nous semble que l\u2019on peut voir un peu plus clair dans le nouveau statut accordé aux Républiques soviétiques.Le contenu idéologique des diverses cultures aura été tellement uniformisé par vingt-sept ans de domination soviétique et, plus encore, par le creuset de la guerre qui aura fondu toutes ces nationalités dans un patriotisme unique, que l\u2019on peut accorder aux formes extérieures de culture, aux nationalités elles-mêmes, une individualité plus accentuée.Stalin, évidemment, ne prévoit aucun danger de sécession.L\u2019unité du parti communiste et de la police politique d\u2019État suffiront, d\u2019ailleurs, à garantir l\u2019unité fédérale, autant dans l\u2019administration que dans l\u2019idéologie.Il y a donc une concession réelle accordée aux diverses républiques en récompense de leur héroïsme durant la guerre.Le nouveau statut nous semble aller encore plus loin: il prépare l\u2019accession à l\u2019Union de nouvelles républiques socialistes et soviétiques.Les « régions de frontière », auxquelles Stalin faisait allusion en 1920, ne sont plus l\u2019Ukraine, la Géorgie et le Turkestan, mais la Pologne, la Finlande, les pays Baltes, les Balkans, etc.Stalin n\u2019a pas de difficulté à reconnaître l\u2019autonomie culturelle, militaire et même diplomatique de ces pays, pourvu qu\u2019ils acceptent le « contenu idéologique » que leur fournira l\u2019U.R.S.S.: l\u2019école communiste, la direction unique du parti communiste et, en cas d\u2019insubordination, l\u2019unique police fédérale.Si les seize républiques soviétiques sont indépendantes l\u2019une de l\u2019autre dans l\u2019unité granitique de l\u2019U.R.S.S.pourquoi les nouvelles républiques ne participeraient-elles pas au même statut?A ce titre, il est tout autant dans l\u2019intérêt soviétique d\u2019avoir une forte Pologne qu\u2019une forte Ukraine, de puissantes républiques baltes qu\u2019un imprenable Caucase.Ces nouvelles républiques garderont leurs langues, leurs traditions (qui ne soient pas incompatibles avec l\u2019idéologie de l\u2019Union), leurs armées, leurs ambassades, leurs gouvernements.Seulement, avant de procéder à l\u2019accession, il faut éliminer tous les éléments qui pourraient s\u2019opposer à la « dictature du prolétariat », c\u2019est-à-dire à la dictature communiste dans les nouveaux pays.N\u2019est-ce pas là ce qui explique la farouche hostilité du gouvernement soviétique à l\u2019égard des gouvernements polonais, yougoslave, etc., établis à Londres?Il nous semble qu\u2019il faut regarder encore plus loin et envisager l\u2019incorporation de la plus grosse partie de l\u2019Europe continentale dans la nouvelle Union soviétique élargie.On a été étonné des violentes campagnes soudainement déchaînées contre l\u2019Espagne de Franco.Nous ne nous attarderons pas sur la curieuse histoire des grenades cachées dans des envois d\u2019orange.Par le temps qui court, il y a tant d\u2019agents provocateurs.Il nous semble qu\u2019une enquête pouvait facilement établir la responsabilité du gouvernement espagnol dans cette étrange affaire.Plus importante est l\u2019accusation formulée par A.Amol-dov ( Information bulletin de l\u2019ambassade soviétique, Washington, 2 février 1944).La « Légion bleue » n\u2019aurait pas été rappelée, comme l\u2019a assuré Franco, mais elle aurait été reformée en Russie même, et appelée la « 250e division ».Dès juillet 1941, nous avons flétri l\u2019envoi de la Légion bleue en U.R.S.S.(voir Relations, juillet 1941); pour assouvir leur rancune contre l\u2019Union soviétique, les Espagnols se solidarisaient avec les nazis et foulaient aux pieds le cadavre de la Pologne.Cet envoi de troupes espagnoles en U.R.S.S.fut, à notre égard, un acte non amical.D\u2019autre part, on sait que non seulement la Russie, mais tous les pays du monde, avaient envoyé des « brigades internationales » se mêler à la guerre civile espagnole.Il faudrait voir si la nouvelle « division » ou « légion » a été formée par le gouvernement espagnol ou, tout au moins, avec son consentement.Il n\u2019est pas impossible que les nazis, au moment où la « Légion bleue » fut rappelée, aient empêché les Espagnols de rentrer chez eux; nous savons ce qui arriva aux troupes italiennes qui voulurent, après l\u2019armistice de l\u2019année dernière, quitter les Balkans.Il est également possible qu\u2019un certain nombre d\u2019aventuriers espagnols aient voulu continuer à gagner des marks en faisant la guerre nazie.Ces choses arrivent! Il nous semble que la récente levée de boucliers contre l\u2019Espagne a un tout autre objet en vue: il s\u2019agirait simplement de rétablir, au sud des Pyrénées, le vieux « Front populaire » dont les catholiques du monde entier se souviennent avec tant d\u2019horreur.Dans ce cas, les reproches que l\u2019on fait à Franco tomberaient à peu près dans la même catégorie que ceux que, naguère, Hitler faisait aux Tchèques: « Qui veut noyer son chien l\u2019accuse de la rage.» En somme, le présent régime espagnol serait d\u2019un « contenu idéologique » contraire à celui qu\u2019exigerait le nouvel ordre soviétique européen.D\u2019où un effort mondial pour l\u2019éliminer.D\u2019autre part, le NCWC publiait, en date du 29 janvier, un communiqué sur la « préoccupation des évêques en pays occupés au sujet du péril communiste ».La correspondance émane de Londres, et est signée George Barnard.En voici quelques paragraphes: Le dégoût naturel et le mécontentement des peuples européens contre l\u2019occupation brutale de leurs pays respectifs par les forces allemandes, sont exploités de plus en plus par des agitateurs communistes qui sont déterminés à établir des régimes communistes, une fois que la guerre sera finie.L\u2019antipathie que ressentent les patriotes à l\u2019égard des envahisseurs et des traîtres mercenaires qui collaborent avec eux servent d\u2019excuse aux communistes et à d\u2019autres groupes secrets pour commettre des vengeances personnelles, des assassinats, des vols et des persécutions contre des personnes innocentes.On n\u2019obéit plus aux lois et, dans l\u2019indiscipline générale, la guerre civile devient de plus en plus menaçante.De nombreux évêques européens font directement allusion à ce péril dans des Lettres pastorales qui arrivent à Londres.On estime que ces documents sont authentiques, quoiqu\u2019ils émanent naturellement de territoire ennemi.Les propagandistes allemands ne les suopriment pas, car ils les estiment utiles à la lutte contre la Russie.Ainsi, l\u2019expérience de la Yougoslavie semble devoir s\u2019étendre à la plus grande partie du continent européen.Si, en vérité, il existe un plan de bolchéviser l\u2019Europe, on s\u2019explique l\u2019hostilité des Izvestia vis-à-vis du Pape.Le « contenu idéologique » du marxisme qui, renforcé par les écoles, la police, et le parti communiste approprié, donnera son unité nouvelle à l\u2019Europe, est incompatible avec la foi catholique, telle que l\u2019enseignent les Papes.Ces perspectives sont peu encourageantes.Tant de sacrifices, tant de larmes, tant de sang n\u2019aboutira-t-il qu\u2019à cela ?Joseph-H.Ledit.RELATIONS 80 LIVRES RECENTS SPIRITUALITÉ R.P.Adrien MalO, O.F.M.: La charte du Royaume chrétien.\u2014 Préface de S.Em.le cardinal Villeneuve.Montréal, Editions Fides, 1913.318 pp., 19.3 cm.IA PREMIÈRE PARTIE DE l\u2019ouvrage (pp.1-65) est une ' étude assez poussée sur le texte et la composition du discours de Notre-Seigneur.Les questions techniques y abondent que les théologiens liront avec intérêt.Dans la seconde partie, de beaucoup la plus longue (pp.66-296), il s\u2019agit de la perfection.Nous ne pouvons trop admirer la vigueur de certains développements, en particulier sur le naturalisme pratique (pp.82-93).Les pages sur la nécessité et l\u2019essence de la perfection (pp.67-154) sont rédigées de manière à inspirer l\u2019amour d\u2019une haute sainteté.Pour tous la perfection est un' précepte urgent, un précepte en connexion intime avec le salut (p.124).Mais en quel sens le précepte oblige-t-il ?Il faudrait ici beaucoup de précision.A cette importante question de théologie spirituelle saint Thomas répond que la plénitude de la charité ne tombe pas sous le précepte comme matière à réaliser immédiatement, mais comme fin à laquelle il faut tendre intérieurement.Dès lors, celui-là fait son salut qui atteint un degré quelconque de la charité, fût-ce le premier, et qui tend sérieusement vers les degrés supérieurs.Ne pas tenir un compte suffisant de cette distinction fondamentale, c\u2019est risquer de jeter le trouble dans les esprits et rétrécir l\u2019enseignement de saint Thomas (S.Th.22»% q.184, a.3; Quaest.disp., a.11; Cajetan, o.P., in 22»% q.184, a.3; Garrigou-Lagrange, o.P., Perfection chrétienne et Contemplation, I, p.224; II, p.530; A.Fonck, Did.de Thêol.Cath., art.« Perfection », col.1235-1243; Lemonnyer, o.P., S.Th., trad, fr., pp.509-511, note 30; Appendice II, pp.550-556).Au sujet des choses créées nul ne doute que le sacrifice que l\u2019on en peut faire est un acte suprême d\u2019amour.Évidemment nous devons tous tendre vers cet idéal de perfection que saint Ignace décrit si bien dans ses « Exercices spirituels » (3e degré d\u2019humilité).Mais il ne faudrait pas insinuer par l\u2019emploi de formules trop absolues qu\u2019un usage modéré et ordonné des biens terrestres, « ad maiorem Dei gloriam », n\u2019est pas un amour véritable de Dieu.« Que celui qui ne mange pas, enseigne saint Paul, ne juge pas celui qui mange.Tous deux \u2014 et celui qui mange et celui qui ne mange pas \u2014 rendent grâce à Dieu.» (Rom., xiv, 3.) Heureusement, sur ce point délicat de théologie ascétique, le révérend Père a usé d\u2019une grande discrétion.Les méthodes d\u2019oraison seraient, paraît-il, cause de bâillements (p.229).Si la chose est vraie, il faut conclure qu\u2019il y a bien des siècles que l\u2019on baille en méditant, puisque les méthodes remontent à une haute antiquité.On en trouve les éléments dans Cassien, saint Benoît, saint Jean Climaque, saint Anselme, saint Bernard, Aélrède de Rivaulx, Hugues de saint Victor, Jean de Mauburnus, donc bien avant saint Ignace.Nous regretterions que ces quelques remarques nuisent au livre du R.P.Malo, car de tout cœur nous souhaitons que cet ouvrage sérieux, édifiant, instructif, bienfaisant, se répande partout, dans les milieux ecclésiastiques surtout, où il sera mieux compris.Selon la forte expression de S.Ém.le cardinal Ville-neuve, les prêtres trouveront dans la Charte du Royaume chrétien, « un arsenal, des lumières, des forces, des armes » (p.xi).U Immaculée-Conception Arthème Tétrault.SOCIOLOGIE Semaines Sociales du Canada: La Tempérance règle, de Vie.XX* session, Salaberry-de-Valleyfield, 1943.Compte rendu des Cours et Conférences.Montréal, E.S.P.,\t218 pp., 24.4 cm.L\\ TEMPÉRANCE, considérée comme vertu spéciale, impose ' la modération dans l\u2019usage des biens sensibles délectables, surtout dans les plaisirs du goût et du toucher; mais, en un sens plus général, la tempérance est une disposition d\u2019âme qui assure l\u2019équilibre, le juste milieu et la modération dans toutes les actions humaines.La Semaine sociale de Valleyfield étudie la tempérance comme vertu générale, dont les influences régulatrices doivent discipliner la vie individuelle, les activités économiques, la vie politique et internationale.Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019un congrès antialcoolique exclusivement dirigé contre l\u2019abus des boissons; ce problème, du reste, n\u2019a pas été oublié.Dans une magistrale conférence, Mgr Perrier dénonce vigoureusement les méfaits de l\u2019alcool dans notre province.Mais la Semaine sociale de Valleyfield a un objectif beaucoup plus vaste; elle apporte des leçons très opportunes et très actuelles sur la vie économique (l\u2019épargne, les ennemis de l\u2019épargne, juste répartition des richesses, organisation professionnelle), sur la psychologie de l\u2019éducation (initiation à la vertu de tempérance), sur la vie politique (esprit de tempérance dans l\u2019exercice du pouvoir et des droits politiques, juste attitude dans les relations nationales et internationales).Ce volume est une riche synthèse doctrinale et pratique.On y retrouve la pensée de maîtres éminents qui ont scruté les problèmes canadiens à la lumière de la doctrine de l\u2019Église.Leur enseignement mérite d\u2019être médité; c\u2019est une orientation précieuse qui doit guider les efforts de restauration sociale.VImrnaculée-Conception.\tLouis Chagnon.ÉDUCATION VÉRINE: L\u2019art d\u2019aimer ses enfants.\u2014 Montréal, Les Editions Variétés, 1943.284 pp., 19.3 cm.VÉRINE: Délivrez-les du mal.\u2014 Montréal, Les Editions Variétés, 1943.274 pp., 19.3.L ÉDUCATION, un art ou une science?Mme Vérine, qui a ' longuement étudié auteurs et méthodes pédagogiques et collaboré activement à l\u2019École des Parents, en France, nous répond: un art.On le sent d\u2019ailleurs à travers les pages de son carnet toutes de finesse, de tact.Mais Vérine a soin d\u2019ajouter que tout art relève d\u2019une technique (science, si vous préférez).La technique exempte des tâtonnements, des expériences désastreuses, elle appuie les dons de la nature.L\u2019heureux alliage du don naturel et de la technique, nous l\u2019admirons à l\u2019œuvre dans le décousu de ce carnet intime que nous ouvre une attachante petite maman.Certaines discussions savantes dérouteront peut-être quelques non-initiés (méthodes Montessori, Decroly, Binet, École des Roches, etc.), le style paraîtra parfois raffiné, mais la vie profonde et le sûr instinct maternel qui inspirent ces pages auront tôt fait de gagner le lecteur attentif.Il retiendra surtout, espérons-le, les « dix commandements des parents », petit catéchisme d\u2019éducation sur lequel il faudrait faire passer un examen à tous les aspirants au mariage! Ne serait-ce pas aussi important que le bachot d\u2019un professionnel ou la carte de compétence d\u2019un syndiqué?« Il faut, nous dit le penseur anglais Herbert Spencer, un long apprentissage pour faire un soulier.Croit-on que le développement corporel et intellectuel d\u2019un être humain (son éducation) soit chose comparativement si simple que la première personne venue puisse y présider sans étude préalable?» Le second volume, Délivrez-les du mal, reprend le carnet intime de Vérine, dix ans plus tard.Les enfants sont grands, « au carrefour des grands chemins, à la minute psychologique où ils devront opter entre le Sens unique ou le Sens interdit de l\u2019amour».Leur choix, ne l\u2019oublions pas, sera une résultante de l\u2019éducation reçue.Et Vérine nous apprend ainsi comment de très loin se préparent les mariages heureux et féconds.Les parents qui veulent être « à la page » suivront avec profit cette maman dans les problèmes et les joies de son art maternel.L'Imrnaculée-Conception.\tStéphane \\ aliquettl.MARS 1944 81 HISTOIRE ET LITTERATURE Emil Ludwig: La Méditerranée.\u2014 New-York, Editions de la Maison française, 1943.Tomes I et IL 345 et 336 pp., 20 cm.VOICI UN OUVRAGE dont nous aurions aimé à ne dire que du bien, mais dont cependant il nous faudra dire beaucoup de mal.L\u2019auteur n\u2019est pas le premier venu: ses études historiques et politiques sur Napoléon, Bismarck, Guillaume II, Staline, Lincoln, Roosevelt, etc., lui ont créé une réputation vraiment internationale.Forcé en ces derniers temps de se réfugier en Californie, M.Ludwig a entrepris la tâche gigantesque de doter le monde d\u2019une histoire de la civilisation européenne; c\u2019est bien cela, en effet, qui se cache sous le titre plutôt modeste qui orne les deux tomes de son nouvel ouvrage: La Méditerranée.C\u2019est une immense fresque ou plutôt un film multicolore où passent et repassent les peuples les plus divers et où se dressent en apothéose les grands hommes de l\u2019histoire, depuis « l\u2019époque d\u2019Ulysse jusqu\u2019au temps de Mussolini ».A le réaliser, M.Ludwig a consacré tout son talent d\u2019artiste: devant nos yeux revivent sans jamais nous lasser, tant est grand l\u2019art du compositeur, la longue suite des civilisations qui ont hanté les bords de la Méditerranée.Et les figures familières: Périclès, Platon, Socrate, Alexandre, Annibal, César, Charlemagne, Thomas d\u2019Aquin, Dante, Michel-Ange, Léonard de Vinci, Napoléon, etc., surgissent de la masse anonyme, pleines de vie, de grandeur et de contrastes.Simplicité et intérêt soutenu de la narration, puissance de l\u2019évocation, don de brasser les ensembles et d\u2019opposer les personnalités, voilà quelques-unes des principales qualités que nous révèle la lecture de cet ouvrage.Et cependant nous n\u2019hésitons pas à déclarer que la Méditerranée est une œuvre malfaisante et dangereuse.L\u2019A.s\u2019y affiche ouvertement païen et rationaliste: pour lui, le surnaturel n\u2019existe pas ou bien s\u2019explique de façon toute naturelle.Obligé de rencontrer le christianisme dans son histoire de la civilisation européenne, il lui dénie tout caractère surnaturel et dans ses origines judaïques, et dans son fondateur et dans la société visible qui le représente aujourd\u2019hui dans toute sa pureté: l\u2019Église catholique.La raison, d\u2019après l\u2019A., explique la religion juive: les idées de la création, du paradis, du péché originel, de la tour de Babel, du déluge, etc., ne sont que des légendes babyloniennes importées en Judée par les prêtres après l\u2019exil (p.206); le culte du Dieu unique a été emprunté à l\u2019Êgypte (p.206); Moïse n\u2019a pu écrire le Pentateuque, puisque dix siècles l\u2019en séparent (p.209), etc.La raison explique aussi Jésus, qui n\u2019est qu\u2019un prophète et un philosophe, tout comme Moïse et Mahomet.Sa doctrine n\u2019a pas même le mérite de l\u2019originalité, puisque Socrate l\u2019avait déjà prêchée bien avant lui (p.133) et qu\u2019Hillel l\u2019ancien l\u2019avait déjà formulée (p.213).Quant à sa mère, elle a été « la première déesse parmi les Juifs » (p.214), mais « l\u2019idée de l\u2019immaculée Conception » est commune dans l\u2019histoire: toutefois, en Grèce, elle « ne comportait en elle-même aucune sainteté particulière » (p.209).Ce Jésus a des « rêves visionnaires » (p.213), mais il n\u2019a jamais prévu les développements que « le Destin et l\u2019Histoire » apporteraient un jour à son enseignement (p.203).C\u2019est « un communiste » idéaliste (p.215) qui « n\u2019offrit pas volontairement sa vie par amour de la vérité » (p.214), etc.Bref, M.Ludwig répète ici les affirmations mensongères de son ouvrage consacré à Jésus et intitulé le Fils de l\u2019Homme, ouvrage que la critique catholique a justement qualifié, dès sa parution, de « caricature blasphématoire du Christ ».La raison, continue M.Ludwig, explique aussi la rapide diffusion du christianisme.Cela est dû à l\u2019influence de la civilisation grecque (p.211), à l\u2019engouement qu\u2019il y eut alors à l\u2019égard du judaïsme (p.217), etc.Et la sinistre caricature se continue, s\u2019attaquant aux Apôtres, en particulier à saint Pierre, défigurant les saints, dénaturant l\u2019œuvre et les intentions des Papes, identifiant au point de vue moral l\u2019Islamisme et le Christianisme (p.304), dénonçant au passage l\u2019Inquisiton comme « l\u2019instrument du fanatisme le plus féroce de l'Histoire » (II, 71), etc., etc., tellement qu\u2019à la fin on en éprouve des nausées.Veut-on un spécimen du sérieux de M.Ludwig, dès qu\u2019il touche au surnaturel chrétien ?Voici ce qu\u2019il dit de sainte Catherine de Sienne: « Un dimanche, à l\u2019église, elle fut surprise de voir les stigmates du Christ sur ses mains, ses pieds et son cœur.Les Dominicains lui en voulurent beaucoup parce que ces stigmates appartenaient en propre à saint François et ne pouvaient apparemment se reproduire que chez des Franciscains.Cette ridicule jalousie entre deux Ordres excita le monde à tel point qu\u2019un pape, ancien Franciscain, accorda à ce dernier Ordre un monopole sur des miracles semblables.» (II, 52-53.) Un autre exemple de la méthode historique de M.Ludwig nous est fourni par son récit du Concile du Vatican: « Pie IX, écrit-il, établit l\u2019absolutisme papal qui était contraire à toute tradition.; à ce moment, le Pape voulut être reconnu infaillible.Cette prétention suscita une grande émotion en Amérique qui avait envoyé cent treize délégués.Un quart des six cents votants se déclarèrent dès l\u2019abord secrètement hostiles à cette prétention, mais le Pape trouva plus simple de les ignorer.(II, p.240.) Et voilà ce que M.Ludwig appelle dans sa préface « la méthode moderne de biographie » (I, 13)! Ça, de l\u2019histoire! Allons donc! C\u2019est du pur roman-feuilleton rédigé par un sectaire! Dans le flot d\u2019ouvrages bigarrés que les immigrés européens déversent, depuis le début de la guerre, sur le Canada français, il n\u2019en est aucun, certes, qui, sous des.dehors plus brillants, soit plus sournoisement antichrétien.L\u2019Immaculée-Conception.Richard Arès.Chapman J.Milling: Exile without an End.\u2014 Bostick & Thornley, Inc., Columbia, South Carolina, 1943.\t88 pp., 24 cm.1ES ANCÊTRES maternels de l\u2019A., des La Noue devenus v Lanneau et protestants, furent déportés à Charleston en 1755.Le gouverneur Glen, plus humain que d\u2019autres pour les mille vingt-sept Acadiens qui lui échurent, les nourrit, les employa, les distribua, et fut tout surpris de les voir revenir causer ensemble et s\u2019informer de leurs familles.La misère les affaiblit, la picote les ravagea, la Louisiane ou le Nord attira les plus robustes, l\u2019assimilation protestantisa les orphelins.Sur deux cents noms conservés aux maigres archives, dont la maigreur semble calculée, une dizaine sont écrits correctement, le reste à l\u2019anglaise.L\u2019A.cite ce qu\u2019il trouve.Sa bonne sympathie recueille un anneau de la chaîne douloureuse.Alexandre Dugré.Claude Dablon: Le Verger.Montréal, Les Éditions du Messager, 1944.204 pp., 19.5 cm.TIV RE NEUF d\u2019un auteur neuf.Un événement littéraire par \u2022*\u2014' ce qu\u2019il laisse espérer.Les premières pages saisissent.Netteté, précision de la langue, vigueur de l\u2019image, voilà du nouveau au Canada français.Une telle maîtrise servie par une sensibilité délicate, raffinée, est assez rare.Ce style avec le temps gagnera en souplesse et en naturel, sans doute, mais il a déjà la marque des dieux.Deux grandes divisions: « les Fleurs », « les Fruits ».Dans la première, aucun événement d\u2019importance dramatique.Une analyse lucide des états d\u2019âme de Jacques Richard, de ses sensations au contact de la nature et des hommes.L\u2019île d\u2019Orléans, ses galets, ses sables fins, ses vergers, ses paysages végétaux et marins: tout cela avec la fermeté et le relief des dessins de Disney, parfois même la couleur animée.En somme la vie intense d\u2019une adolescence en attente, disponible, inquiète, impatiente même.Impatience qui gagne un peu le lecteur pressé.Son intérêt risque de s\u2019effriter au long des descriptions: de larges traits eussent peut-être mieux servi l\u2019œuvre vivante.« Les Fruits ».Le rythme change.Des routes diverses souvrent devant Jacques.On suit avec intérêt son évolution douloureuse et celle, estompée, de ses amis.Poésie qui retient plus que le spectacle de la nature parce que c\u2019est celle des âmes-Des scènes touchantes, comme ces maladresses du grand frère devant le désarroi du petit pensionnaire, et vécues, comme le repas en famille présidé par le chef du « clan ».L\u2019insatisfaction des demi-réponses amène le héros aux conclusions héroïques.Une belle et tragique aventure: Jacques a voulu comprendre la vie.Le thème n\u2019est pas neuf peut-être, mais tellement humain.S au It-au-Récollet.\tGérard Tremblay.82 RELATIONS Geneviève de la Tour Fondue: Retour à la Vigie.Roman.\u2014 Montréal, Éditions Beauchemin, 1942.220 pp., 18.5 cm.CET OUVRAGE expose \u2014 comme son titre l\u2019insinue \u2014 le retour de la jeunesse intellectuelle française à la vigilance.Il fait voir chez elle le nouveau souci de raccorder à la réalité cette force qu\u2019est le savoir et il souligne son attention à faire servir la connaissance à la solution des problèmes humains.Les préoccupations de la vie courante d\u2019un groupe de huit ou dix étudiants et étudiantes, leurs ambitions individuelles et collectives, tel est le fond sur lequel l\u2019A.a filigrané l\u2019intrigue qui donne au livre son unité et justifie son sous-titre de roman.Les quelques négligences de style, les rares incorrections et le vocabulaire sociologique ne rebuteront que les idolâtres de l\u2019art pur.Jacques Tremblay.Jean Giraudoux: Littérature.\u2014 Paris, Grasset, 1941.Montréal, Les Editions Variétés, 1943.268 pp., 19.1 cm.ON PARCOURA dans une grande joie de l\u2019esprit ces belles pages, y recueillant de la littérature une conception purifiée et plus généreuse.Racine, évidemment, est parmi les plus purs artistes fran-çait.Grâce à l\u2019A.on comprendra mieux encore celui qui écrivit ses tragédies avec le même soin et la même conscience que le tisserand, le forgeron, et le paysan, nourrissant son œuvre de la civilisation française, qui « elle-même est le génie » et dont le poète a trouvé la modulation.Une partie importante de l\u2019ouvrage traite du métier privilégié de l\u2019auteur: le théâtre.Le théâtre français est pénétré de la même discrétion consciencieuse.L\u2019auteur dramatique n\u2019est pas une pensée, il consent à n\u2019être qu\u2019une voix attentive et pas la sienne; il ne fait lui aussi que prêter sa « poésie ».Cette conception nuancée, vigoureuse et purifiée du théâtre se fait plus ostensible à lire ce chapitre où l\u2019A.compare la mise en scène française à la mise en scène étrangère.Jusqu\u2019à Bellac, petite ville limousine, qui est un témoignage.La foule française, qui se presse à son humble théâtre, rieuse et enjouée, devient tout à coup silencieuse aux premiers vers, renonçant à sa vie person-sonnelle, pour s\u2019accorder au pur langage.En épilogue, on verra l\u2019âme française, cachée et secrète, prendre discrètement figure.C\u2019est elle, ce héros à mesure humaine, qui doit rester la norme, non seulement de la réflexion et de la chevalerie, mais encore des habitudes quotidiennes et des mouvements les plus fictifs de la littérature et de l\u2019art.C\u2019est elle, ce héros en chlamyde, qui sourit si doucement.Cette hâtive présentation néglige trop l\u2019aspect de ce livre remarquable: la partie polémique, d\u2019une ironie extraordinairement pénétrante, ces « tombeaux » où l\u2019esprit se contient mais toujours à l\u2019affût dans un adagio d\u2019une tendresse si réservée.Tout cela dans un langage aussi agile que l\u2019esprit qui le pénètre: une langue qui demeure consciencieusement fidèle à elle-même jusque dans ces saillies les plus brillantes et ces épanchements les plus sincères.Jean-Marie Duclos.U Immaculée-Conception.Nous servons à Montréal plus de 25,000 familles, nous serions heureux de vous servir, vous aussi.LE LAIT EST UN ALIMENT COMPLET AU SERVICE- de la JEUNESSE OUVRIÈRE LES ÉCOLES TECHNIQUES DE NOS JOURS, on n\u2019est plus excusable de laisser au hasard le soin d\u2019orienter les jeunes gens, ou à la vie de préparer leur carrière.Pour l\u2019industrie, le Québec compte un réseau imposant de centres d\u2019initiation et d\u2019écoles bien établies en tête desquelles se placent les Écoles Techniques de Montréal, de Québec, des Trois-Rivières et de Hull.Fondées en 1907 par Sir Lomer Gouin, les Écoles Techniques de Montréal et de Québec reçurent la mission de « procurer à nos manufacturiers des producteurs instruits, des chefs d\u2019ateliers émérites, des contremaîtres expérimentés et des ouvriers d'élite ».Le gouvernement de la province confia la même mission à deux autres écoles qu\u2019il établit en 1920 aux Trois-Rivières et, enj.924 à Hull.En 1922, une école de papeterie se greffa sur l\u2019École des Trois-Rivières.Dans la pensée des fondateurs, comme on l\u2019a vu, ces écoles n\u2019avaient pas, et ont encore moins de nos jours, pour but de former des manœuvres spécialisés ou, comme on dit, de simples « opérateurs » de machines; elles doivent préparer des techniciens spécialisés capables d\u2019occuper des fonctions responsables dans la production et, c\u2019est l\u2019espoir de tous, avec le capital, l\u2019expérience et^le cran voulus, d\u2019organiser leurs propres entreprises.Les Écoles Techniques n\u2019ont pas failli à leur tâche; elles ont suivi le progrès comme en font preuve les améliorations successives apportées à leur programme d\u2019études et le merveilleux outillage qu\u2019elles mettent à la disposition de nos jeunes gens, grâce aux octrois généreux du gouvernement de la province.Au dire des connaisseurs et des étrangers eux-mêmes, l\u2019École Technique de Montréal, en particulier, se compare avec avantage aux institutions similaires des autres provinces et même des États-Unis.Grâce à ces maisons d\u2019enseignement industriel, les jeunes gens, qui ont du goût pour les carrières de l\u2019industrie et qui désirent s\u2019orienter dans cette voie, peuvent réaliser leurs ambitions sans passer brusquement de l\u2019atmosphère de serre chaude de l\u2019école primaire à la trop grande liberté de l\u2019usine.L\u2019étude assez poussée des mathématiques, des sciences, des langues et de certaines matières sociales et économiques leur développe l\u2019esprit, les habitue à raisonner les problèmes d\u2019atelier et complète leur formation, tandis que les travaux manuels les initient graduellement à leur profession et leur donnent le tour de main, la technique et les procédés qui y sont en usage.Ces écoles leur permettent de se spécialiser dans les principales branches de l\u2019industrie: mécanique d\u2019ajustage, fonderie, forge, modèlerie, menuiserie, électricité et dessin industriel.De plus, à Hull, les étudiants peuvent opter pour la chimie; à Montréal, pour l\u2019électronique et les plastiques, aux Trois-Rivières, pour la papeterie et la construction des gazogènes.Il faut donc, on le conçoit, pour entrer dans une école technique, en plus de l\u2019habileté manuelle, un bon degré de réceptivité intellectuelle et du goût pour l\u2019étude.A date, des milliers de nos jeunes gens ont bénéficié de ces écoles.L\u2019impossibilité où elles se sont trouvées, depuis le début de la guerre, de fournir à l\u2019industrie tous les techniciens qu\u2019elle leur demandait prouve bien l\u2019excellence de la formation qu\u2019elles dispensent et la nécessité de leur rôle dans le système scolaire de notre province.Dans l\u2019avenir, elles rempliront d\u2019autant mieux leur mission qu\u2019on y dirigera des jeunes gens bien doués.Là comme ailleurs, une personnalité n\u2019a de chances de s\u2019épanouir que dans le milieu qui lui convient.Jean Delorme.Ecole Technique de Montréal.MARS 1944 83 Cn faoU motâ Les Communistes fomentent la division et l\u2019anarchie dans les pays occupés.Le cardinal Schuster, de Milan, dit qu\u2019ils exploitent les plus bas instincts de l\u2019humanité.Des Lettres pastorales des archevêques ou évêques de Bordeaux, Angoulême, Arras, Venise, Verceil, Trévise, Lodi, Bergame dénoncent également les agitateurs communistes et autres révolutionnaires.H Plus d\u2019un million de catholiques anglais ont signé des pétitions aux membres du Parlement pour empêcher de passer l\u2019Education Bill qui placerait sous le contrôle de représentants locaux de l\u2019État la grande majorité des écoles catholiques.La hiérarchie a décrété, dans le même but, une neu-vaine nationale de prières.If La nouvelle A.C.J.C.vient de publier son premier bulletin des cercles d\u2019études: Chantiers, petite revue dense qui discute les problèmes les plus actuels de la vie morale, familiale, culturelle, sociale, politique et économique.Le titre indique qu\u2019elle entend bien construire.1[ Un récent décret du gouvernement argentin, rappelant que la religion catholique est la religion d\u2019Êtat en Argentine, rend l\u2019instruction de la religion catholique obligatoire dans les cours primaires et secondaires, sauf pour les élèves dont les parents exprimeront leur opposition.1f Arvid Fredborg, journaliste suisse, à Berlin de 1941 à 1943, rend ce grand témoignage dans Behind the Steel Wall : « C\u2019est sans aucun doute la ferme organisation de l\u2019Église catholique qui a jusqu\u2019à présent sauvé ce qui reste de la culture allemande et de la liberté spirituelle en Allemagne.» If En réponse aux accusations des Soviets contre le Vatican, Mgr Fulton Sheen déclare qu\u2019il est tout naturel que l\u2019Église catholique soit attaquée par un gouvernement qui astreint de huit à dix millions de prisonniers politiques à des travaux d\u2019esclave.If Un brave producteur de tabac canadien, qui en a donné quelques feuilles à un quêteux, s\u2019est vu condamné à $100 d\u2019amende pour n\u2019avoir pas payé la taxe! Un autre, pour permettre à un automobiliste de se rendre chez lui, après une crevaison, lui prête un pneu sans la permission du régisseur d\u2019Ottawa: $100 d\u2019amende.Vive la charité! If Ceux qui s\u2019alarment de l\u2019indiscipline criante des adolescents souhaitent que la Semaine scoute se prolonge en multiplication de troupes et en formation de futurs chefs de peuple.If Le P.Paul Juneaü, Oblat canadien-français, a refusé d\u2019être rapatrié parce qu\u2019il veut demeurer avec son « troupeau » dans un camp de concentration nazi.Six protestants déjà, compagnons du P.Juneau, se sont convertis au catholicisme.If Le pourcentage des jeunes catholiques qui combattent dans les armées étatsuniennes de terre, de mer et de l\u2019air double presque celui de la population catholique aux Etats-Unis.If Dans un discours devant la Royal Empire Society de Londres, le major général Carton de Wiart a déclaré que le Saint-Père était aujourd\u2019hui l\u2019homme le plus populaire en Italie.« J\u2019ignore quelle était l\u2019estime dont il jouissait avant la guerre, dit le conférencier, mais celle qu\u2019ont pour lui actuellement les prisonniers italiens et anglais est extraordinaire.Le travail qu\u2019il a fait pour eux est énorme.» 84 206, rue du Pont LA C*e Tel.: 4-4641 FABRICANTS D'ASCENSEURS Ateliers de Mécanique Générale et Fonderie ACIER, FONTE, CUIVRE et ALUMINIUM Ascenseurs Modernes à Passagers et à Marchandises, Armoires-Montantes, Monte-Charge, etc.Toute réparation mécanique SPÉCIALITÉS : Pompes, Compresseurs, Engrenages, Bornes-Fontaines, etc., etc.SOUDURE électrique et autogène La Banqde Canadienne Nationale 514 bureaux au Canada 60 succursales à Montréal est la banque du public aussi bien que la banque des hommes d'affaires.Le gérant de succursale se tient à votre entière disposition, qu'il s'agisse de dépôts, d'emprunts personnels, de remises, de recouvrements ou de toute question d'ordre financier au sujet de laquelle vous désireriez le consulter.Actif, plus de $200,000,000 Tel.FAlkirk 1116 ÉCHANGE PRIVÉ Cfjartiotmcau Humtée Fabricants de BISCUITS CONFISERIES et PATES ALIMENTAIRES 1800, RUE NICOLET MONTREAL RELATIONS UN PATRON PARLE à SES CONTREMAITRES deuxième ^\\te&&ag,e Qui dira le nombre de conflits sociaux qui ont éclaté par suite des déficiences de l'un des vôtres ! Apprenez à respecter chez vos subalternes la dignité d'homme ; occupez-vous d'eux moralement et matériellement ; montrez-leur de la considération tout en exigeant obéissance à vos ordres.Ayez Un grand esprit de justice et d'impartialité qui agira au mieux dans l'attribution des salaires, de l'avancement, des sanctions, des congédiements ; Une grande bonté, beaucoup de patience pour la formation des apprentis qui ne demandent pas mieux que d'apprendre, mais que les brutalités déroutent et rebutent.Extrait de * «DIRECTIVES aux CONTREMAÎTRES » par M.EUGÈNE GIBEAU POUR HOMMES ET FEMMES président de The SLATER Shoe et de l\u2019Association Professionnelle des Industriels c4chète BIEN (fui achète chez IJ i v Nous vous invitons à venir vérifier le bien-fondé de cette devise lorsque vous aurez des achats i\tà faire.PLateau 5 15 1 865 EST, RUE STE-CATHERINE La question nationale au Canada français est d'abord une question économique ! Jetiez donc\tym L\u2019ACTUALITE ECONOMIQUE La seule revue du genre publiée en langue française en Amérique Elle vous tiendra au courant des principes et des faits économiques indispensables à la compréhension de nos problèmes.SOMMAIRE DE LA LIVRAISON DE FÉVRIER Les marchés du poisson par Pierre Dagenais La loi argentine de colonisation Esdras Minville L\u2019aurore de l\u2019agriculture Jacques Rousseau Faits et nouvelles Le discours du Trône fédéral \u2014- Un pas dans notre législation ouvrière Malthusianisme ou progrès véritable ?François-Albert Angers Bibliographie On s'abonne à * / L\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales 535, AVENUE VIGER\tMONTRÉAL Abonnement : $3 En vente chez DEOM et à la librairie du DEVOIR : l\u2019exemplaire 35 cents PLACEMENTS RECOMMANDÉS NOUVELLES ÉMISSIONS\tProvince de Québec\tPRIX\tREND.$25,000.00\t3%\t15 ;\t1956\t99.50\t3.05 $5,000.00\tJdôpital Saint-J^uc 3lA% 2 janvier 1956\t100.00\t3.50 Commission Scolaite de la ville de Kénoaumi\t\t\t $5,000.00\t3 K% 1\"nov.1949 à 1958\t100.00\t3.50 CRÉDIT INTERPROVINCIAL, Limitée 10 OUEST, RUE ST-JACQUES, MONTRÉAL .BEIair 2614 - CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION __________________________________________ J.-Louis LÉVESQUE,\tJ.-A.BOIVIN, N.P.(Berthierville), J.-Georges DUBÉ (Rimouski), Vianney FAVREAU, président\tvice-président\tdirecteur\tsecrétaire Aimé DOMINGUE, directeur général\tLucien AUBIN (loliette), représentant Votte te Atam en t ^ Souvent trop occupé de ses propres affaires, T exécuteur testamentaire particulier n'a pas le temps voulu et que demande l'administration efficace d'une succession.Nommez cette Société votre Exécuteur testamentaire.Elle a été créée dans ce but et possède ces garanties : COMPÉTENCE PERMANENCE SÉCURITÉ \u2014 qu'aucune personne en particulier ne peut offrir * JOSEPH SIMARD, O.B.E.président ALBERT HUDON\tHON.J.-A.BRILLANT, C.L.vice-présidents HERVÉ PRÉVOST\tGÉRARD FAVREAU directeur généra]\tsecrétaire J.-H.CHRÉTIEN gérant à Québec Siège social: 10 ouest, rue St-Jacques MONTRÉAL Succursale: 132, rue St-Pierre QUÉBEC rp\t?^Hommage de La Compagnie d\u2019Autobus de Charlesbourg, Limitée Téléphone 8513 Dr G.BEAUDET Président t GE0.-0.PARADIS Vice-président PIERRE GARON Secrétaire-Trésorier U Relation à \u201d vous plaity passez-le à vos amis OsB-^SOsag 11 >4 ER'L OU MESSAGE*.MONTREAL 4 "]
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