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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1944-10, Collections de BAnQ.

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[" LES ESPACES LIBRES A MONTRÉAL Charles-Édouard CAMPEAU LE PROBLÈME RACIAL AUX ÉTATS-UNIS Joseph-H.LEDIT UN ÉCRAN DE FUMÉE Émile GERVAIS \"¦La protection des jeunes filles à Montréal \"¦F.Marie-Victorin, universitaire catholique \"¦En pleine bonzerie \u2014\u2014 Au fil du mois ECOLE SOCIALE POPULAIRE E S O M M A I R OCTOBRE 1944 Éditoriaux.253 L\u2019établissement des ruraux.\u2014 Un collège du travail.\u2014 Solution paroissiale.\u2014 Une France GRANDE ET FORTE.\u2014 INSTRUCTION OU CARACTÈRE ?UN UNIVERSITAIRE CATHOLIQUE.Louis-Philippe Audet 270 EN PLEINE BON- ZERIE.Louis Bouchard et Léo-Paul Bourassa 271 Articles LE PROBLÈME DES RACES AUX ÉTATS-UNIS.Joseph-H.Ledit 255 LES ESPACES LIBRES À MONTRÉAL.Charles-Édouard Campeau 258 ÉCRAN DE FUMÉE.Émile Gervais 262 VIEILLE HISTOIRE AU NOUVEL-ONTARIO .Lorenzo Cadieux 265 Commentaires.266 La C.T.C.C.et l\u2019atelier fermé.\u2014 Unité ou union nationale.\u2014 Au fil du mois: Problèmes d\u2019Acadie; Pierres de bonne entente; « A pleines voiles »; Affaire d\u2019argent; Bouclier de la France; Les cartels sous observation.Chroniques LA PROTECTION DES JEUNES FILLES À MONTRÉAL.Sœur Marie Gérin-Lajoie 268 HORIZON INTERNATIONAL.274 Amérique Latine.\u2014 Colombie.\u2014 Uruguay.\u2014 Équateur.\u2014 Pays Slaves.L\u2019ÉCOLE DES BIBLIOTHÉCAIRES.J.-A.Brunet 279 Livres récents.277 Recueillement \u2014 Affinités \u2014 Devoirs \u2014 Spiritualité.Albert Plante Race, Nation, Person.Richard Arès Principes d\u2019une politique humaniste.Frédéric Saintonge Le Canada par l\u2019image.Lucien Éthier Normandie et Bretagne.Alexandre Dugré Géographie de mille hectares.Albert Roy La Chesnaie.Jacques Tremblay Interviews imaginaires.René Latourelle Jean Christophe j.Paul Bélinau Vie de Beethoven J Brochures et plaquettes.En trois mots 280 NOS COLLABORATEURS Le P.Joseph-H.Ledit, s.j., rapporte de son dernier voyage aux États-Unis des considérations puisées dans un milieu où Noirs et Blancs voisinent nombreux.\u2014 M.Charles-Édouard Campeau est ingénieur au Service de l\u2019Urbanisme de la ville de Montréal.\u2014 Les problèmes d\u2019éducation et de culture n\u2019ont cessé d\u2019intéresser le P.Émile Gervais, s.J., qui fut pendant dix ans professeur de lettres.\u2014 Le P.Lorenzo Cadieux, s.j., professeur de Rhétorique au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury, est l\u2019un des fondateurs de la Société historique du Nouvel-Ontario.\u2014 Sœur Marie Gérin-Lajoie est la fondatrice et la supérieure générale de l\u2019Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Montréal.Cet Institut s\u2019occupe spécialement d\u2019œuvres sociales féminines.\u2014 M.Louis-Philippe Audet est l\u2019auteur de l\u2019ouvrage le Frère Marie-Victorin, ses idées pédagogiques.\u2014 Les PP.Bouchard et Bourassa, missionnaires en Chine, ont visité les bonzes; le P.Bouchard est actuellement supérieur au Musée chinois de Sillery et le P.Bourassa est interné à Shanghaï par les Japonais.\u2014 M.J.-A.Brunet, bachelier en bibliothéconomie, est directeur des bibliothèques de la Commission des Écoles catholiques de Montréal.RELATIONS REVUE DU MOIS \u2022 Directeur: Jean-d\u2019Auteuil Richard Rédacteurs: Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Bouvier, Jacques Tremblay, Émile Gervais.Secrétaire de rédaction et administrateur: Paul Racine Prix de l'abonnement:\tA l'étranger : $2.50 $2.00 par année\tPour les étudiants : $1.50 \u2022 Publiée par L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Centre de documentation, d\u2019information et d\u2019action sociale, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur: Joseph-Papin Archambault ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1961, rue Rachel Est\tTel.: CHerrier 3101 MONTRÉAL\tCANADA IVème année, No 46 Ecole Sociale Populaire, Montréal Octobre 1944 ÉDITORIAUX établissement des lutaux \"DON AN, MAL AN, 75,000 adolescents ne rentrent plus aux écoles en septembre: ils cherchent du travail, même les jeunes filles, pour gagner leur vie et préparer leur mariage.C\u2019est tout le problème social du Québec.Jusqu\u2019à 1929, l\u2019émigration suicidaire avalait ces beaux surplus de jeunesse, qui pourront demain, Dieu merci, conquérir et travailler pour nous, \u2014 à condition que nous les mettions au travail, en mesure de se créer un foyer en créant du pays.Les dix années qui se vivent entre l\u2019école et le mariage doivent servir à préparer ce foyer.Car il ne suffit pas de s\u2019aimer, il faut un salaire ou une terre.Les jeunes des villes se tireront d\u2019affaire, s\u2019ils ne se font pas couper l\u2019herbe sous le pied par les immigrants d\u2019Europe ou des campagnes.La plus courte prévoyance nous enjoint de bloquer l\u2019immigration massive \u2014 on sait laquelle \u2014 et d\u2019ouvrir des terres aux fils du sol pour qu\u2019ils ne viennent plus engorger le marché du travail et frapper des nœuds qu\u2019ils ne soupçonnaient pas.Les discours d\u2019élections et de banquets jettent des fleurs à « la vaillante classe agricole, à la chère jeunesse, au riche capital humain ».Si la ferme pouvait être sauvée par des mots, elle serait joliment prospère, et peuplée à la limite.Il lui faut du plus solide que l\u2019air battu des gosiers.Il lui faut des agrandissements aux cantons à prendre, un recrutement des surplus de paroisses, un accès facile aux régions nouvelles, d\u2019abord libérées des compagnies forestières; il lui faut des subsides mesurés à l\u2019importance numéro un de cette transplantation de notre meilleure jeunesse, une modernisation du défrichement par la mécanique puissante, une préparation des lots, non seulement par l\u2019ouverture de routes, mais dans une précolonisation par la coupe systématique du bois qu\u2019on vendrait au profit de la terre faite et des bâtisses, en sorte que le colon n\u2019arrive plus dans la sauvagerie, mais dans une maison prête à habiter, sur une terre prête à produire.Nous avons des gens qui veulent des champs: il faut des agents qui recrutent et de l\u2019argent qui aide à la conquête la plus constructive, la plus intelligente et la plus apostolique, avant que les réfugiés ne deviennent premiers occupants de nos cantons à prendre.U Aide à la Colonisation, née du Congrès de la Colonisation du printemps dernier, a entrepris la tâche de remuer l\u2019opinion publique et de déterminer un courant qui entraînera nos gouvernants vers une politique rationnelle et vigoureuse.La journée d\u2019études qu\u2019elle vient de tenir à Québec, couronnée par une séance publique où le nouveau ministre de la Colonisation a fait d\u2019intéressantes déclarations, donnera de bons fruits.Nous pouvons espérer que se réaliseront les désirs de notre meilleur peuple; il n\u2019y a pas de stock mouillé sur la ferme; ce qui fait le pays ce sont les paysans.Un collège du txavail DEPUIS 1933, l\u2019École Sociale Populaire tenait l\u2019été une session d\u2019une semaine pour les dirigeants de toute classe sociale et de toute profession désireux de répandre la doctrine sociale chrétienne après s\u2019en être pénétrés.Ce fut Y École de formation sociale de Vaudreuil, puis de Boucherville à partir de 1941.Devant les besoins immenses de la classe ouvrière et les perspectives qui s\u2019ouvrent maintenant devant le syndicalisme d\u2019inspiration chrétienne, devant l\u2019évolution rapide de la législation sociale et ouvrière chez nous, l\u2019École Sociale Populaire a résolu de tenir cet été cinq sessions pour les dirigeants syndicalistes de différents coins de la province.Ces journées d\u2019études eurent lieu à Chicoutimi pour les groupes venus de toute la région du Saguenay et du Lac-Saint-Jean, à Charlesbourg pour ceux de la région de Québec y compris Plessisville et Montmagny, à l\u2019île Saint-Ignace, près Berthier, une première fois pour ceux de Joliette, de Shawinigan, des Trois-Rivières et de Drummond-ville, une deuxième fois pour ceux de Granby et de Saint-Hyacinthe, et une troisième pour ceux de Sorel et des environs.Les sessions s\u2019ouvraient le vendredi soir pour se terminer le dimanche après-midi; cinq cours sont donnés par des compétences prises, selon les sujets, dans le monde syndical, juridique ou sociologique.L\u2019étude porte partout sur la convention collective de travail, son importance pour le mouvement syndical et l\u2019organisation professionnelle, sa nature et sa structure juridique, ses éléments essentiels, ses conditions économiques et lé- OCTOBRE 1944 253 gales, et la psychologie de sa négociation.Une méthode adaptée de travail, à base d\u2019abord d\u2019échange par petits groupes puis de cercle ou forum général, permet l\u2019assimilation par tous de cette matière abondante et substantielle.L\u2019atmosphère est gaie, parce que l\u2019étude y est coupée de jeux et faite dans un décor champêtre: la messe du matin, précédée d\u2019une courte allocution, la rend spirituellement tonifiante.Près de deux cents chefs ouvriers participèrent cet été à ces journées d\u2019études.Et d\u2019autres régions s\u2019apprêtent à organiser bientôt d\u2019autres sessions.Un véritable Collège du Travail vient donc d\u2019être fondé par l\u2019École Sociale Populaire avec le concours des syndicats nationaux pour donner une élite à notre classe ouvrière et plus de chefs au mouvement ouvrier chrétien.A son degré moyen, le Collège aura toujours un caractère itinérant comme cet été; mais d\u2019ici quelque temps, ce Collège aura son degré supérieur et donc un enseignement permanent.Une France glande et faite ALA CONFÉRENCE DE QUÉBEC, la France ¦ n\u2019était pas présente.De Gaulle s\u2019en est plaint.Le général Smuts, parlant peut-être pour d\u2019autres, ne voyait hier de grands pays que l\u2019Empire britannique, les États-Unis et la Russie.« On acceptera la France, si elle se relève », déclare M.Torn Connally.Mais qui donc a laissé écraser cette France?Qui donc lui a infligé le Traité de Versailles, malgré Foch ?Qui a empêché l\u2019occupation de la Rhénanie?Qui a aidé au relèvement financier de l\u2019Allemagne, lui permettant ainsi de monter sa formidable machine d\u2019agression?Qui se déclarait prêt à soutenir à fond la Pologne?.L\u2019ignorance a des limites.Après la chute de Napoléon, la France, alors ennemie, n\u2019en menait pas large, et pourtant le tsar Alexandre ajoutait de sa main à la déclaration des Alliés spécifiant l\u2019intégrité de la France: « Ils peuvent même faire plus, parce qu\u2019ils professent toujours le principe que, pour le bonheur de l'Europe, il faut que la France soit grande et forte.» Qu\u2019on n\u2019aille pas oublier dans les Conseils de la Paix que l\u2019Europe de 1944, comme celle de 1815, a besoin d\u2019une France grande et forte à l\u2019ouest, et \u2014 faut-il le rappeler \u2014 d\u2019une Pologne libre et indépendante à l\u2019est et même d\u2019une Italie libre et chrétienne, au centre.Solution paloiââiale NOUS CONSTATONS avec joie que c\u2019est vers la solution paroissiale que s\u2019oriente de plus en plus l\u2019organisation des terrains de jeux pour la jeunesse canadienne-française de la métropole.Relations, pour sa part, a toujours prôné cette formule comme la plus adaptée à nos cadres sociaux, à notre philosophie de la vie, la plus capable de faire du terrain de jeux un champ d\u2019éducation, un prolongement de l\u2019école.La troisième réunion annuelle de l\u2019Œuvre des Terrains de Jeux de Montréal, tenue récemment au Club Canadien, marque, semble-t-il, une étape décisive dans cette évolution.L\u2019O.T.J.entend se donner un caractère nettement paroissial: adoption d\u2019une constitution qui prévoit la fondation de comités de loisirs paroissiaux, formation du conseil central par les délégués des paroisses.L\u2019O.T.J.veut s\u2019appuyer sur la paroisse pour faire son œuvre: c\u2019est à la fois une garantie et une force.Le choix comme président de M.Tréfilé Boulanger, directeur des études à la Commission des Écoles catholiques de Montréal, souligne l\u2019intention d\u2019établir la liaison entre le terrain de jeux et l\u2019école, entre la récréation et l\u2019éducation.C\u2019est de bon augure.Mais la besogne est énorme.L\u2019O.T.J.ne fait que commencer.Aussi importe-t-il de créer sans délai dans chaque paroisse un comité des loisirs qui voie à l\u2019organisation des jeux chez les jeunes.Ce sont ces comités qui, selon les besoins de l\u2019endroit, verront à obtenir des terrains de jeux pour les paroisses qui n\u2019en ont pas ou pas assez, à faire exécuter les travaux de nivellement nécessaires ailleurs, à organiser l\u2019accès des enfants aux cours des écoles, etc.Autant de problèmes complexes que le comité local ou l\u2019O.T.J., selon le cas, devra résoudre en collaboration avec les autorités municipales et scolaires.Autant de questions auxquelles il faut intéresser les parents, puisque en définitive c\u2019est sur eux surtout que repose le succès de l\u2019œuvre.Snâtluction ou calactèle ?DEPUIS QUELQUE TEMPS, des organismes officiels ou privés, aux États-Unis et au Canada, ont entrepris de vigoureuses campagnes contre les maladies vénériennes.Mais la lutte porte-t-elle sur les points essentiels et les façons de la faire ne sont-elles pas souvent aussi nocives qu\u2019utiles ?Qu\u2019une information, discrètement répandue, sur le fléau vénérien, ses causes et ses funestes conséquences, ait son utilité, nul n\u2019en doutera! Mais certaines campagnes versent dans l\u2019indécence, voire dans l\u2019immoralité, quand elles tentent de dissocier formellement des maladies vénériennes l\u2019élément moral si souvent en cause De vigoureuses protestations s\u2019élèvent d\u2019un bout à l\u2019autre des États-Unis contre l\u2019utilisation de certains services gouvernementaux, en particulier Y Office of War Information, pour cette triste propagande.En définitive, le moyen décisif de lutte contre les maladies vénériennes, est celui qu\u2019indiquait Gene Tunney dans un article retentissant du Reader's Digest : la pratique de la continence.Cela demande plus de caractère et de volonté que d\u2019information, si complète et « scientifique » soit-elle.Que l\u2019on fasse un peu plus appel aux forces religieuses et morales qui trempent les caractères et fixent les volontés dans le bien, et l\u2019on verra diminuer rapidement les maladies vénériennes.254 RELATIONS LE PROBLÈME DES RACES AUX ÉTATS-UNIS Joseph-H.LEDIT, S.J.LA RÉCENTE GRÈVE du transport, à Philadel-phie, causée par la révolte des unions ouvrières contre la promotion de huit Noirs à des postes jusqu\u2019alors réservés aux blancs, attira l\u2019attention sur les États-Unis.Les mauvaises langues conclurent que le grand idéal démocratique américain n\u2019était qu\u2019un mensonge; il eût été plus équitable d\u2019observer que l\u2019opinion publique américaine a été, presque dans sa totalité, favorable aux Noirs, très sévère pour les grévistes.Qu\u2019on lise, par exemple, l\u2019éditorial d\u2019America à ce sujet.Laissons de côté les autres races ou groupements ethniques qui vivent aux États-Unis pour ne nous occuper que des rapports entre blancs et Noirs.En réalité, il y a deux courants d\u2019opinion sur la question noire aux États-Unis.Sur les principes, pas de controverse.Tous reconnaissent aux Noirs en général les mêmes droits, les mêmes devoirs qu\u2019aux blancs.Dans la réalité concrète, à côté des nombreux Étatsu-niens qui vivent leur idéal démocratique avec une émouvante et joyeuse sincérité, on trouve d\u2019innombrables égoïsmes particuliers qui, réunis ensemble, constituent une force d\u2019oppression dont on n\u2019a pas idée: unions ouvrières qui craignent que les Noirs accaparent des positions auxquelles tiennent les blancs; propriétaires apeurés à l\u2019idée de voir leurs immeubles se déprécier par le voisinage des Noirs; éducateurs fanatiquement anxieux de garder leurs écoles « distinguées » ; blancs du Sud épouvantés de voir leur situation privilégiée s\u2019ébranler si jamais les Noirs venaient à participer à la politique.En un mot, toutes ces oppressions ont une même base unique: la peur! Cette peur, étant la chose la plus antiaméricaine, la plus inavouable, la plus insensée du monde, doit être couverte par des motifs nécessairement mensongers; d\u2019où hypocrisie.Tel est le cancer d\u2019ordre moral qui cause une grave préoccupation à quiconque s\u2019intéresse à la destinée du Nouveau Monde.Dans les États du Sud, les Noirs sont exclus du vote.Les lois locales donnent cependant d\u2019autres raisons pour cette exclusion.A l\u2019église, à l\u2019école, dans les tramways et les chemins de fer, dans les hôpitaux, partout, les Noirs sont isolés comme des lépreux, même s\u2019ils sont professeurs d\u2019université.S\u2019ils travaillent où il y a des blancs, c\u2019est en qualité de domestiques, de nettoyeurs, de porte-faix, de cireurs de bottes, de porteurs d\u2019eau, etc.J\u2019ai souvent entendu cette histoire inventée, semble-t-il, pour justifier cet état de choses: Quelque part en Nouvelle-Angleterre, un Noir se présente à diverses maisons pour demander l\u2019aumône.On l\u2019éconduit poliment, mais froidement.Il sonne à la dernière porte.Un homme lui crie avec un Southern accent : « Espèce de propre à rien, comment oses-tu sonner à la porte de devant ?Va derrière, à la cuisine.» Morale: au Sud, on maintient le Noir à sa place mais on s\u2019occupe de lui, tandis qu\u2019au Nord, on l\u2019émancipe pour le laisser mourir de faim.Ainsi, l\u2019homme du Sud croit justifier ses injustices à l\u2019égard du Noir par sa charité.Au Nord, d\u2019ailleurs, même quand certaines restrictions sont ôtées, d\u2019autres restent.Partout où ils sont en nombre, les Noirs sont relégués dans des quartiers spéciaux.Harlem, à New-York, est le plus connu, mais c\u2019est la même chose dans tous les grands centres.Ghettos où les services publics les plus élémentaires sont mal entretenus, les parcs insuffisants, la police inadéquate.L\u2019universelle conspiration des agents d\u2019immeubles rend aux Noirs l\u2019accès aux quartiers plus salubres à peu près impossible.Il leur est souvent difficile de fréquenter les mêmes églises, les mêmes écoles, les mêmes hôpitaux, les mêmes hôtels que les blancs.Exclus pour la plupart des unions ouvrières, ils ne peuvent améliorer leur situation sociale et économique qu\u2019en triomphant de difficultés à peu près insurmontables.Néanmoins, leur progrès a été sensationnel.Ils commencèrent par s\u2019instruire, d\u2019abord, dans leurs misérables églises noires, puis à l\u2019école.Dans les États du Nord, ils eurent assez facilement accès aux écoles publiques.Quelques grandes institutions privées \u2014 Harvard fut une des premières \u2014 ouvrirent rapidement leurs portes à quelques-uns d\u2019entre eux.Us formèrent leurs professionnels.Ils ont aujourd\u2019hui environ trois cents journaux ou revues.En 1942, 4,353 jeunes Noirs finirent leur collège; 3,756 en 1943.Ils ont leurs médecins, leurs avocats, leurs universitaires, leurs artistes, voire quelques millionnaires.Leurs ligues urbaines font peu à peu craquer les murs des ghettos noirs; ils envahissent des quartiers jusqu\u2019ici réservés aux blancs.Leur société, peu à peu, se différencie.A côté d\u2019un pitoyable prolétariat paraissent de brillantes élites; celles-ci sont souvent plus distinguées que celles des blancs, car le Noir a dû se soumettre à une discipline autrement austère.On ne pardonne rien au Noir qui veut réussir.Le Noir qui occupe un poste plus ou moins élevé dans les administrations municipales doit donner un service absolument parfait.Il le sait; il sait que sa race sera jugée d\u2019après lui.Il acquiert, dans cette surveillance continue sur lui-même, une retenue, une maîtrise de soi, une dignité souveraine parce qu\u2019elle doit nécessairement être alliée à la modestie courtoise qui est le signe distinctif du gentilhomme, de la grande dame.Ces imposants progrès ont été réalisés en suivant une méthode toujours fidèle à elle-même.Le Noir fait appel à la justice, au fair-play ! A capacité égale, OCTOBRE 1944 255 traitement égal.Toute injustice cause un tort plus grave à celui qui la commet qu\u2019à celui qui la subit.L\u2019oppression des Noirs à cause de leur couleur déshonore la race blanche qui s\u2019en rend coupable.C\u2019est la violation de l\u2019idéal démocratique américain.Le fait que les blancs finissent souvent par reconnaître la justice des réclamations noires est la meilleure preuve de la vérité, de la vitalité de la démocratie américaine.Quel a été le rôle de la religion dans l\u2019émancipation des Noirs ?Celui des Églises protestantes a été à peu près nul.Les Églises protestantes blanches, à peu près universellement, excluent les Noirs.Ces derniers ont dû constituer leurs propres organisations: les principales sont la National Baptist Convention (3,911,612 membres en 1942).Trois groupes méthodistes réunissent 1,562,979 Noirs; quelque 25,000 font partie de la Colored Cumberland Presbyterian Church.Une poussière de sectes réunit un nombre considérable de Noirs.Il faut plus de nuance pour apprécier l\u2019œuvre de l\u2019Église catholique.Par sa doctrine sur le Corps mystique du Christ, dans lequel il n\u2019y a ni Juif, ni Gentil, ni blanc, ni Noir, mais seulement des membres du Christ, l\u2019Église est un levain spirituel qui, tôt ou tard, exercera une profonde influence sur les masses noires et celles-ci, de plus en plus, apprennent à connaître la doctrine de l\u2019Église.Dès le début, un petit nombre de prêtres et de religieux se consacrèrent à la race noire.Mentionnons surtout les Pères de Saint-Joseph, les Sœurs du Saint-Sacrement fondées par Mrs.Drexel, les Pères du Verbe Divin, quelques Jésuites, quelques autres religieux et prêtres séculiers.Cependant, ce grand effort de charité resta, jusque vers 1920, en grande partie stérile parce que, dans les États du Sud, les églises et écoles étaient manifestement insuffisantes; dans les États du Nord, on excluait presque partout les Noirs des églises et des écoles fréquentées par les blancs.C\u2019est alors qu\u2019un jeune religieux, le jésuite William M.Markoe, dans une remarquable série d\u2019articles qui parurent dans America (1919-1921), posa la question dans une lumière nouvelle.Au nom de la doctrine catholique sur l\u2019unité de la race humaine, sur la rédemption universelle par le Christ et sur le Corps mystique, il établit le principe que partout où les catholiques noirs étaient incapables de se donner des églises et écoles, ils devaient être admis dans les institutions blanches.En 1928, devenu curé d\u2019une paroisse noire à Saint-Louis, il fonda le Chronicle, revue mensuelle qui devint plus tard Y Interracial Review, aujourd\u2019hui brillamment dirigée par le P.La Farge, s.J., à New-York.Ce dernier, récemment promu rédacteur en chef d'America, publia un ouvrage considérable, Interracial Justice, qui lui valut les plus vifs éloges de Pie XI.Ces idées catholiques sur l\u2019égalité des races dans le Christ font doucement leur chemin.Des progrès considérables ont été réalisés depuis vingt ans.La plupart des institutions catholiques des États du Nord (pas encore toutes) ont ouvert leurs portes aux Noirs, \u2014 quelques-unes depuis une vingtaine d\u2019années, d\u2019autres tout récemment.Cependant, nombre d\u2019écoles, d\u2019hôpitaux, de maisons de retraite des États du Nord pratiquent encore l\u2019exclusion.Un jeune Noir se prépare à la prêtrise à Montréal parce qu\u2019il n\u2019a pas été admis au séminaire dans sa patrie (à Saint-Paul, cependant, il y a un séminariste noir).De plus, à peu près partout où les institutions catholiques ouvrent leurs portes aux Noirs, les institutions publiques d\u2019Êtat ou des établissements neutres privés l\u2019avaient fait avant eux.Faudrait-il conclure que le principe démocratique a été plus puissant que le principe chrétien pour relever la race noire aux États-Unis, que l\u2019idéal humanitaire a été plus efficace que la charité du Christ ?Gardons-nous de réponses trop rapides, mais la question doit être posée.Et puis, même quand ils se présentent dans des institutions blanches, trop de Noirs ne savent pas s\u2019ils y seront chrétiennement accueillis.Qu\u2019on se rappelle les émouvantes pages de Dark Symphony où une jeune Noire demande à Dieu de ne pas perdre la foi si, un jour, on lui refuse la communion parce qu\u2019elle est noire.Le livre parut il y a deux ans.Que les catholiques américains nous pardonnent si nous étudions cette pénible question dans une revue étrangère.D\u2019ailleurs, les magazines étatsuniens commentent volontiers ce qui se passe au Québec, en Amérique latine, sans se préoccuper outre mesure des réactions qui peuvent se produire dans les pays intéressés.Le Carnegie Institute invita un savant suédois, le Dr Gunnar Myrdal, à préparer un rapport sur la question noire aux États-Unis.Avec un détachement qui eût peut-être manqué à un observateur américain, le Dr Myrdal vient d\u2019étudier son problème dans deux gigantesques volumes publiés sous le titre de An American Dilemma.La presse américaine les accepte avec respect et reconnaissance.Devenus le peuple le plus puissant du monde, les Américains ont surmonté la susceptibilité dont ils souffraient encore il y a quelques années.Il y a deux ou trois ans, au cours d\u2019une réunion à laquelle j\u2019assistais, un prêtre se vanta publiquement de n\u2019avoir même pas répondu à une invitation de Mme Franklin D.Roosevelt.Il ne voulait pas, ajouta-t-il, se mêler au « bunch of niggers » qui ne manqueraient pas d\u2019assister à la réception.Inspirée par son idéal démocratique et même, si l\u2019on veut, par la politique, la grande dame avait trouvé une attitude plus chrétienne que ce prêtre qui, semble-t-il, parlait et agissait en simple nouveau riche, en parvenu ! N\u2019exagérons pas la portée d\u2019un incident, mais ces catholiques, hélas par trop nombreux, qui refusent jus- 256 RELATIONS tice aux Noirs, n\u2019agissent-ils pas sous une impulsion identique?Deux ou trois générations à peine les séparent de leurs pères qui vivaient, en Europe, dans des taudis ou des chaumières aussi misérables que ceux où ils refoulent leurs frères de couleur.Un parvenu ne fraye qu\u2019avec ceux qui sont plus hauts que lui; il se dégraderait à causer avec quelqu\u2019un qu\u2019il vient de dépasser.Un incident vieux d\u2019un an! Une jeune catholique noire se présente à un collège catholique pour être admise comme étudiante.Pas d\u2019autre collège catholique où elle puisse être admise à plus de huit cents milles à la ronde.Tout est en règle: elle paiera ce qu\u2019il faut; elle a fini ses études inférieures avec la plus grande distinction; tous ses anciens maîtres et son curé la recommandent comme une jeune fille exemplaire.Elle pourrait se présenter à un collège non catholique voisin, qui, plus ancien et mieux établi, ne souffre pas des mêmes inquiétudes et celui-ci l\u2019accueillerait à bras ouverts; mais elle veut obéir à la loi de son Église qui fait aux catholiques un devoir de conscience d\u2019étudier dans des établissements de leur foi.Que faire ?L\u2019éconduire sèchement ?C\u2019était possible il y a dix ans; aujourd\u2019hui, c\u2019est moins facile! L\u2019admettre, alors?La directrice est assaillie de fantômes! Les meilleures familles (ah! ces meilleures familles! ces gens qui sont « de la haute » depuis hier matin!) ne retireront-elles pas leurs enfants ?N\u2019y aura-t-il pas de graves incidents, des race riots, que sais-je encore?Inimaginables les spectres que peut susciter l\u2019épouvante et contre lesquels on prie à Complies: Procul recedant somnia El noctium phanlasmaia ! Distinguée, souriante, mais tenace, la jeune Noire attend sa réponse! Qui sait si elle ne va pas faire de scandale, alerter les journaux qui écriraient de fameux articles sur l\u2019intolérance du collège en question ?Alors, c\u2019est la panique! On convoque des réunions extraordinaires: Board of Trustees, Conseil des Professeurs.On écoute, on discute.On écrit à l\u2019Ordinaire qui se trouve placé, par cette démarche, dans une situation embarrassée.On pèse le pour et le contre du Plan.Le Plan (avec un P majuscule), c\u2019est simplement l\u2019admission dans un collège catholique, non d\u2019élèves juives, ou païennes, ou protestantes, ou nées de parents divorcés, ou asiatiques, (ceci n\u2019entraînerait jamais tant d\u2019émoi), mais d\u2019une catholique, citoyenne américaine, dont la peau est noire.C\u2019est tout.La montagne est en travail.Va-t-elle enfanter une souris ?Les réponses viennent; elles sont favorables au Plan.Pressenties, les élèves se disent heureuses de montrer que leur christianisme n\u2019est pas en contradiction avec l\u2019idéal démocratique de leur pays.La jeune Noire va-t-elle être admise?Eh bien, non! Le cas, ai-je dit, se présenta en 1943.L\u2019école en question est encore im- maculée.Attendez deux ou trois ans et elle ne le sera plus.Tenaces, les Noirs auront forcé la porte, mais ce n\u2019est pas par esprit chrétien qu\u2019on les aura admis; ce sera pour ne pas paraître antidémocratique et antichrétien devant une opinion publique qui aura fini par éclater.Il y a de treize à quinze millions de Noirs aux États-Unis: un peu plus de 300,000 d\u2019entre eux sont catholiques \u2014 à peu près 2%.Au dernier recensement, 5,660,618 Noirs \u2014 leur race est pourtant si religieuse \u2014 n\u2019étaient rattachés à aucune Église.Plus d\u2019un tiers sont donc retombés dans le paganisme.L\u2019émancipation sociale des Noirs se poursuit rapidement dans une atmosphère d\u2019agnosticisme à peu près intégral.Faudra-t-il dire de l\u2019apport catholique qu\u2019il a été too little and too late?L\u2019idéal national, humanitaire, démocratique des États-Unis est-il plus généreux que la charité évangélique ?Il semble pourtant que l\u2019on soit arrivé à la croisée des chemins.A Chicago, au cours de ces dernières années, deux des plus opulentes églises de la ville, Saint-Anselme et Corpus Christi, ont été données aux Noirs; elles venaient d\u2019être construites, avec écoles et annexes, au coût de deux millions de dollars chacune.L\u2019archevêque de Chicago vient d\u2019acheter une synagogue bâtie, elle aussi, à un coût à peu près identique; elle sera accommodée en église.La première école élémentaire noire à Saint-Louis fut ouverte dans la misère en 1926; aujourd\u2019hui, dans cette même ville, il y a trois high-schools et huit écoles élémentaires catholiques pour Noirs.La confiance avec laquelle les parents noirs confient leurs enfants à nos religieuses, pour peu qu\u2019on ne leur ferme pas la porte, est infiniment émouvante.Enfin, cette année, la vieille université catholique de Saint-Louis, la plus célèbre des institutions catholiques du Middle West, a ouvert ses portes aux Noirs.Cette mesure, décidée par le président de l\u2019université après une longue étude, a été saluée avec un véritable enthousiasme par la presse des États-Unis, de New-York au Pacifique.On a dit que c\u2019était, pour l\u2019État du Missouri, l\u2019événement historique le plus important depuis la proclamation de l\u2019émancipation par le président Lincoln.Les membres les plus brillants du clergé américain se sont faits les champions de la race noire.Ils combattent ce qu\u2019il faut bien appeler l\u2019hérésie raciste avec un courage, un zèle, une clarté intellectuelle et spirituelle qui nous permet de regarder l\u2019avenir avec confiance.Nous rédigeons ces lignes dans la chambre même où, il y a trois ans, mourut l\u2019arrière-arrière-petite-fille du marquis de La Fayette.Ses aïeux et ses aïeules portaient les noms les plus fameux de l'ancien royaume de France.Elle passa une grande partie de sa vie au milieu des Noirs de Saint-Louis qui la vénéraient comme une mère.Elle avait toutes les audaces, toute la ravis- OCTOBRE 1944 257 santé simplicité d\u2019une très grande dame.Elle se donna aux Noirs avec la débordante charité d\u2019une fille des croisés.Plus que son illustre ancêtre, c\u2019est elle qui semble être le symbole de ce que la démocratie américaine peut offrir au monde de plus beau, de plus humain, de plus chrétien.La France ne s\u2019est pas appauvrie en donnant à l\u2019Amérique cette femme extraordinaire qui vécut et mourut dans l\u2019obscurité, sous le nom de Mère Marie de Sainte-Catherine, religieuse des Auxiliatrices du Purgatoire.\u2022 ' .\u2014 \u2014 \u2022 PROBLÈMES D\u2019URBANISME LES ESPACES LIBRES A MONTRÉAL Charles-Edouard CAMPEAU RÉSUMONS brièvement les données de l\u2019expérience: les espaces libres doivent occuper au minimum 10% du territoire de la ville.L\u2019idéal serait une acre par 100 habitants; pratiquement un parc pour 50 acres de terrain construit.La récréation exige au moins une acre par 1,000 personnes, et dans des conditions normales elle occupera 30 à 40% de la surface totale des espaces libres.Les terrains de jeux se distribueront ainsi: 123^ à 20% pour enfants d\u2019âge scolaire, 18 à 20% pour champs de jeux de districts, et 60 à 70% pour les autres.Les dimensions généralement acceptées pour les différentes catégories d\u2019espaces libres publics et l\u2019éloignement des parcs et terrains de jeux sont indiqués dans le tableau suivant: \t\tCatégories\tSuperficie\tDistance ou nombre \t\tpetits carrés\tquelconque\tquelconque a) Parcs.\t\tpetits parcs\t1 à 2 acres\t1 par 3 terrains de jeux pour enfants d\u2019âge scolaire \t\tparcs de district\t12 à 30 acres\t1 par 10,000 habitants \t\tgrands parcs\t100 à 250 acres\t1 par 40,000 habitants \t\tréserves\t350 acres\t b) Terrains de jeux.\t\tpour enfants d\u2019âge préscolaire pour enfants d\u2019âge scolaire champs de jeux de district\t2,000 à 10,000 pieds carrés 3 à 10 acres 10 à 25 acres\t250 à 1,000 pieds 34 à }4 mille 1 à 1 mille \t\tchamps athlétiques et stades\t20 à 30 acres\t1 mille yî ou 1 par 50,000 habitants D\u2019une façon générale, on dit qu\u2019il faut un parc à tous les demi-milles et un terrain de jeux à tous les quarts de mille; ajoutons un édifice pour la récréation intérieure à tous les milles, pour desservir au plus 20,000 citadins.Il est évident que ces mesures relatives varient selon la densité de population et les besoins particuliers d\u2019un district.Analyse de notre situation.\u2014 L\u2019aspect verdoyant de la métropole vue d\u2019avion fait regretter que ses parcs et ses jardins, ses simples plates-bandes et, aux limites, ses nombreux terrains boisés ne soient pas aussi apparents au marcheur.Les trois graphiques ci-joints donnent une idée de l\u2019utilisation du territoire.Ils révèlent l\u2019importance des espaces libres et permettent d\u2019en suivre l\u2019évolution.Nous les produisons ici sans commentaire, en nous limitant à l\u2019étude des espaces publics.MONTRÉAL EXTENSION DU TERRITOIRE /Jccro/ssement c/e /a population- MONTRÉAL \u2014RÉPARTITION DU TERRITOIRE 258 RELATIONS MONTRÉAL \u2014 ÉVOLUTION DE LA CONSTRUCTION LEGENDE Terrain bâti I | Terrain //6re Nous ne pouvons que mentionner le fait que certaines associations sportives ou sociales organisent les loisirs de leurs membres dans des centres de récréation intérieure.Les monuments sont l\u2019ornement des espaces libres; aussi ne pouvons-nous les passer sous silence.Nos cimetières en présentent plusieurs d\u2019une réelle beauté artistique.Ailleurs voici la situation: Montréal même, sur une superficie de 32,234 acres, possède environ 1,825 acres d\u2019espaces libres publics, ainsi réparties: 1,425 en parcs, 365 en terrains de jeux et 35 en squares, boulevards plantés, etc.En résumé: 12 dans jardins ou parterres 6 sur façades d\u2019édifices 6 fontaines 33 sur places publiques: 19 historiques, 3 hommes publics, 3 artistes, 1 commerce, 1 religion, 2 rois, 4 spéciaux, dont la croix du mont Royal.46 parcs 10 places 1 7 squares 5 boulevards plantés 13 parcs et terrains de jeux équipés 46 terrains de jeux (33 équipés) 17\tbains publics 18\tpiscines à ciel ouvert 45 vespasiennes 1 gymnase public 1 golf municipal 12 kiosques 20 chalets 1 jardin botanique 1 jardin zoologique Sur 137 emplacements, 41 renferment des édifices, à l\u2019exclusion des bains et du gymnase.Notons que des associations organisent des jeux dans les terrains publics et même entretiennent des terrains de jeux à leurs frais.Une légère digression: depuis quelques années, les États-Unis surtout ont tendance à organiser des terrains de jeux en relation avec les écoles, si les terrains de jeux municipaux sont en nombre insuffisant pour les enfants d\u2019âge scolaire, mal situés, fermés l\u2019hiver, ou sans jeux organisés.Montréal possède plus de 325 écoles, la plupart pourvues de grandes cours, dont plusieurs servent déjà de terrains de jeux, grâce à une entente; heureux mouvement à développer et à encourager.Voici l\u2019espace requis, tel que déterminé par une enquête récente sur les terrains de jeux reliés aux écoles: 5 acres pour écoles élémentaires, 10 à 15 acres pour écoles intermédiaires et 20 acres pour écoles supérieures.L\u2019île de Montréal, à l\u2019exclusion de la ville même, offre les éléments suivants pour la récréation en plein air: 3\tstades 30,000 à 50,000 acres d\u2019espace boisé 8 parcs publics sur le bord de l\u2019eau (exploitation privée) 2 clubs de natation et de canotage 1 piscine en plein air d\u2019exploitation publique 1 piscine en plein air d\u2019exploitation privée 4\tplages publiques d\u2019exploitation publique 19 plages publiques d\u2019exploitation privée 16 jeux de golf Rappelons enfin la proximité des Laurentides, où les sports d\u2019hiver et d\u2019été sont à l\u2019honneur, de même que la proximité du Richelieu et du lac Champlain, agréables centres d\u2019excursions.Hors les espaces libres publics, mentionnons les lieux offerts aux Montréalais, pour leurs loisirs intellectuels, soit environ: 20 bibliothèques publiques (1 municipale)\t5 musées publics 250 bibliothèques scolaires\t20 musées scolaires 25 bibliothèques paroissiales\t300 salles scolaires 25 clubs (sportifs et autres)\t200 salles paroissiales, etc.En fait de plantations, Montréal compte, le long des rues, environ 100,000 arbres.Un tableau indiquera la situation de certaines municipalités canadiennes à cet égard : \tMilles de rues\tArbres Winnipeg\t\t200\t41,000 Toronto\t\t576\t150,000 Ottawa\t\t169\t50,000 Outremont\t\t26\t5,749 Montréal\t\t900\t100,000 Les deux tableaux qui suivent indiquent comment a varié la superficie de nos espaces libres de 1926 à 1944, et leur répartition approximative actuelle par quartier.Au sujet de ce premier tableau, il faut remarquer que la division par quartiers est arbitraire et que souvent un espace libre, situé à la limite d\u2019un quartier, ne le dessert pas du tout.\tDensité de population à l\u2019acre\tSuperficie espaces libres\t% * superficie totale\tPersonnes par acre d\u2019espaces libres\tTerr, jeux Superficie acres\tParcs Superficie acres Sainte-Anne .\t23\t6.21\t0.875\t2,650\t5.98\t0.23 Ahuntsic\t\t5.2\t78.82\t1.84\t283\t4.78\t68.05 St.Andrew\t\t23\t479.61\t45.5\t193\t\u2014\t479.61 Bourget\t\t128\t\u2014\t0\t0\t\u2014\t\u2014 Crémazie\t\t118\t3.31\t2.15\t5,500\t\u2014\t3.31 Ste-Cunégonde .\t77\t1.27\t0.513\t15,000\t0.73\t0.54 Saint-Denis\t\t99.5\t28.25\t10.8\t925\t19.98\t8.27 Saint-Eusèbe .\t74\t11.77\t3.77\t1,975\t8.50\t3.27 Saint-Edouard.\t98.5\t0.81\t0.228\t43,000\t0.81\t14.83 Saint-Gabriel.\t52.5\t16.81\t4.35\t1,220\t1.98\t14.83 Saint-Georges.\t34\t8.67\t2.05\t1,680\t\u2014\t8.67 Hochelaga\t\t89.5\t2.26\t0.89\t1,000\t1.18\t1.08 Saint-Henri\t\t74.5\t13.26\t3.23\t2,350\t5.02\t8.24' Saint-Joseph.\t56.5\t4.28\t2.3\t2,450\t1.16\t3.12 Saint-Jacques.\t140\t0.29\t0.164\t85,000\t0.29\t\u2014 St-J.-Baptiste.\t120\t0.56\t0.287\t42,000\t0.19\t0.37 Saint-Jean\t\t41.7\t4.75\t0.715\t5,850\t1.17\t3.58 Laurier\t\t110\t2.43\t1.56\t7,000\t0.22\t2.21 De Lorimier.\t112\t12.53\t3.06\t3,650\t3.28\t9.25 La Fontaine .\t55\t95.07\t48.9\t1,100\t13.09\t81.98 Saint-Laurent.\t86\t2.40\t0.95\t9.100\t2.20\t0.20 Saint-Louis\t\t114\t2.03\t1.22\t9,450\t2.03\t\u2014 Maisonneuve .\t37\t239.58\t26.9\t135\t1.08\t238.5 Mercier\t\t4.8\t37.56\t0.825\t580\t3.51\t34.05 Mont-Royal\t\t17.5\t3.69\t0.152\t5,400\t1.57\t2.12 Saint-Michel.\t108\t1.16\t0.44\t24,000\t1.16\t\u2014 Montcalm\t\t35.2\t2.12\t0.376\t9,500\t2.12\t\u2014 Sainte-Marie.\t50\t4.79\t1.52\t3,275\t0.50\t4.29 N.-D.-de-Grâce.\t20\t36.40\t1.25\t1,600\t26.38\t10.02 Papineau\t\t98\t8.39\t5.2\t1,900\t2.28\t6.11 Saint-Paul\t\t24.5\t126.38\t10.05\t245\t4.08\t122.30 Préfontaine\t\t58.5\t13.38\t3.68\t1,600\t8.63\t4.75 Rosemont\t\t23.0\t272.75\t11.42\t190\t5.85\t266.90 Villeray\t\t30.5\t116.54\t5.65\t550\t38.90\t77.64 Ville-Marie\t\t27.8\t148.17\t39.4\t71\t1.09\t147.08 OCTOBRE 1944 259 Annie\tNombre\tSuperficie espaces libres Acres\tSuperficie de la tille Acres\t% 1926\t\t75\t1,662.5\t32,155.15\t5.17 1928\t\t83\t1,709.5\t32,155.15\t5.30 1930\t\t92\t1,684.3\t32,155.15\t5.23 1932\t\t104\t1,688.0\t32,254.07\t5.23 1934\t\t113\t1,754.0\t32,254.07\t5.43 1936\t\t118\t1,771.5\t32,254.07\t5.49 1938\t\t124\t1,768.6\t32,254.07\t5.48 1940\t\t127\t1,781.5\t32,254.07\t5.52 1942\t\t131\t1,792.7\t32,254.07\t5.55 1944\t\t137\t1,825.0\t32,254.07\t5.65 NOS BESOINS Voici donc notre situation : \tExistants\t\tExistants et pouvant être développés\t \tNombre\tAcres\tNombre\tAcres a) Parcs\t\t\t\t Petits carrés\t\t32\t35\t\t\t\t Petits parcs\t\t49\t500\t\u2014\t\u2014 Parcs de district\t\t1\t80\t5\t125 Grands parcs\t\t2\t600\t2\t120 Total\t\t\t1,215\t\t245 b) Terrains de jeux\t\t\t\t Age préscolaire\t\t0\t0\t\u2014\t\u2014 Age scolaire\t\t52\t255\t_\t\u2014 Champs de jeux\t\t4\t110\t3\t300 A Champs athlétiques\t\t0\t0\t\u2014\t\u2014 \t\tX \t\t\t\t Total\t\t\t365\t\t Il faut remarquer que nos 1,825 acres d\u2019espaces libres publics comprennent le Golf municipal, le Jardin Botanique, le Parc du Mont-Royal et Me Sainte-Hélène.Certains grands parcs ne sont pas ou ne sont que partiellement développés, tels les parcs Angrignon (120a) Marcellin-Wilson (57a), Dupéré (33a), Jarry (110a), etc.Nous n\u2019avons aucun terrain de jeux pour enfants d\u2019âge préscolaire.Les champs de jeux actuels sont les parcs La Fontaine, Laurier, Jarry et Jeanne-Mance; comme parc de district, le seul parc La Fontaine; comme grands parcs, le Mont-Royal, l\u2019île Sainte-Hélène et le parc Maisonneuve où logent le jardin botanique et le Golf municipal.L\u2019île Sainte-Hélène possède de beaux sites historiques, et le Mont-Royal mériterait une description détaillée, car c\u2019est un merveilleux centre sportif au cœur même de la ville.y On trouve des terrains de jeux à environ tous les demi-milles ou milles des centres habités, et des parcs à environ tous les milles ou milles et demi.Les édifices publics, bains, piscines ou chalets se rencontrent à environ tous les milles de façon générale.Cependant, d\u2019autres facteurs seraient à considérer dans leur distribution, comme par exemple la proximité des écoles, les besoins spéciaux de certains districts, etc.Remarquons qu\u2019un seul édifice public pour la récréation intérieure existe dans toute la ville.Pour répondre aux principes, voici nos besoins: Superficie de la ville: 32,254 acres; population: 1,000,000 Espaces libres: minimum 10% = 3,225 acres maximum 1 acre par 100 habitants = 10,000 acres Soit.3,225\tacres\t10,000\tacres Récréation .1,000\tacres\t3,500\tacres Parcs.2,225\tacres\t6,500\tacres En tablant sur un édifice pour la récréation intérieure par 20,000 habitants, il en faudrait 50.Suivant les catégories d\u2019espaces libres publics, nos besoins s\u2019établissent donc ainsi: \tMinimum\t\t\tMaximum\t\t \tNombre\tSup.\tTotal\tNombre\tSup.\t7 otal Petits carrés\t\t\t\t55 A\t\t\t100 A Petits parcs\t\t35\t2 A\t70 A\t35\t3 A\t100 A Parcs de district.\t100\t11 A\t1,100 A\t100\t25 A\t2,500 A Grands parcs.\t10\t100 A\t1,000 A\t25\t140 A\t3,500 A Réserve\t\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t1\t300 A\t300 A b) Terrains de jeux 1,000 acres\t3, WO acres \tMinimum\t\t\tMaximum\t\t \tNombre\tSup.\tTotal\tNombre\tSup.\tTotal Age préscolaire.\t450\t5,000 p.c.\t50 A\t450\t10,000 p.c.\t.100 A Age scolaire.\t100\t35 A\t350 A\t100\tI0À\t1,000 A Champs de jeux\t15\t15 A\t225 A\t30\t30 A\t900 A Champs athlé-\t\t\t\t\t\t tiques\t\t15\t25 A\t375 A\t20\t50 A\t1,500 A Piscines\t\t15\t\u2014\t\u2014\t25\t\u2022 \u2014\t\u2014 COMPARAISON AVEC D\u2019AUTRES VILLES Les quatre tableaux suivants nous éclairent sur notre situation: I.\u2014 Densité à l'acre Nombre de personnes h l'acre d'espaces libres publics Los Angeles\t\t\t 26\tBaltimore\t\t\t348 Boston\t\t\t 38\tNew-York \t\t\t376 Washington\t\t\t 83\tNouvelle-Orléans\t\t\t400 San-Francisco\t\t\t 86\tLondres\t\t\t400 Saint-Louis\t\t\t230\tChicago\t\t\t485 Détroit\t\t\t266\tParis\t\t\t545 Philadelphie\t\t\t316\tMontréal\t\t\t548 IL \u2014 Enquête aux États-Unis en 1938 Villes étudiées\tPopulation\tPersonnes par acre \t\td'espacei libres 5\t1,000,000 et plus\t401\t 8\t500,000\t286 24\t250,000\t127 54\t100,000\tMO 93\t50,000\t165 124\t25,000\t104 263\t10 000\t139 322\t5,000\t129 III.\u2014\tSituation de New-York en 1938\t 75 parcs de quartier\t\t54 jetées de récréation 84 parcs de quartier\tavec terrains\t12 piscines i e jeux\t\t10 jeux de golf 186 terrains de jeux\t\t567 courts de tennis 38 avenues-parcs\t15,000 acres, soit 8 93% de la super-\t 109 triangles\t\tficie de la ville (182,000 acres 6 gymnases\t\tpour le Grand New-York) 25 mails\t\t801 employés aux parcs.IV.\u2014 Territoire en espaces libres publics San-Francisco.1/3 Barcelone.1/10 Paris.1/30 Montréal.1 /20 260 RELATIONS ORGANISATION MUNICIPALE La division des jardins, parcs et jeux du Service des Travaux Publics comprend trois sections: le Jardin botanique, les parcs et l\u2019organisation des jeux.La section des parcs a trois fonctions: l\u2019entretien partagé entre les districts Est, Ouest, Nord et Centre; les arbres ; les ateliers et serres Baldwin.La section des jeux s\u2019occupe du Golf municipal, des piscines et des bains, et de l\u2019organisation des jeux dans les districts Est et Ouest.L\u2019entretien des parcs occupe 426 employés.L\u2019hiver, les terrains de jeux sont en grande majorité couverts de patinoires et de glissoires.Plus de 50 terrains sont équipés pour amuser 250,000 enfants, sous la direction de moniteurs et de monitrices.Des cours de natation sont donnés par une dizaine d\u2019instructeurs dans les bains et piscines.La fréquentation annuelle des bains dépasse 1,000,000.En mars 1944, elle atteignait 46,000.Voici les principales dépenses qui apparaissent au budget municipal de 1942-1943, à l\u2019item des parcs et terrains de jeux: Surveillance.$ 25,820 Piscines.75,787 Patinoires et glissoires.\t56,900 Jeux.45,730 Parcs, squares, boulevards 97,314 Ile Sainte-Hélène.$ 16,950 Arbres.30,705 Chalets et vespasiennes.100,150 Parc du Mont-Royal.\t35,400 Jardin botanique.121,375 En 1942-1943, les dépenses totales s\u2019élevèrent à $1,098,595.En 1944-1945, il est prévu 1.61% du budget total de la Ville pour les espaces libres publics.La dépense annuelle par tête se chiffre donc à environ $1.10.CONCLUSIONS Nécessité d'un système de parcs.\u2014 Il est évident que nous manquons de parcs et de terrains de jeux, mais surtout d\u2019une bonne distribution de nos espaces libres, distribution basée sur la densité de la population, la proximité des écoles et autres facteurs qui se rattachent au plan directeur des parcs.Ce qui s\u2019impose d\u2019abord, c\u2019est un système embrassant toute la région montréalaise.Dégagement du centre de la ville.\u2014 Les espaces libres manquent au centre, ces « reculs nécessaires pour mettre en valeur les édifices publics ».Si les activités du port se dirigent vers l\u2019Est, des trouées pourraient s\u2019ouvrir sur le Saint-Laurent.Enfin l\u2019aménagement d\u2019un centre civique de grande envergure y serait à considérer.Embellissement des cités limitrophes.\u2014 Cette mesure s\u2019impose, comme, par exemple, à Saint-Michel, à Montréal-Nord, à la Pointe-aux-Trembles; l\u2019aménagement de véritables cités-jardins, serties dans des parcs, servirait à embellir Montréal même.Une servitude rurale sur l\u2019île Jésus ne s\u2019impose-t-elle pas?Avenues-parcs.\u2014 A établir sur les trois grandes sorties: à l\u2019est, la rue Sherbrooke; à l\u2019ouest, le boulevard Provincial; au nord, l\u2019avenue du Parc.Le noyau naturel du système de parcs semble être le mont Royal.Ce système rattacherait Montréal aux Laurentides et à la vallée du Saint-Maurice, au Richelieu et au lac Champlain, aux rivières des Milles-Iles et des Prairies.Ceinture de promenade.-\u2014 Ces avenues boisées relient les routes de pénétration et peuvent s\u2019aménager à même les terres des villes satellites.A l\u2019intérieur de l\u2019île, le boulevard Métropolitain est tout indiqué comme boulevard extérieur.Relations entre les parcs à l'intérieur.\u2014 Il faudrait naturellement relier entre eux les parcs intérieurs: le mont Royal, le parc Jeanne-Mance, le parc La Fontaine et le parc Maisonneuve en particulier.A l\u2019est, pourraient se loger le centre sportif, le golf municipal et peut-être un aéroport municipal.Lieux de récréation à la périphérie.\u2014 L\u2019île Sainte-Hélène reçut plus de 1,200,000 visiteurs en 1938; elle dessert surtout l\u2019Est.A l\u2019ouest, l\u2019île des Sœurs n\u2019est pas aménagée.L\u2019île Bizard serait à considérer comme future station balnéaire.Bref, tout un système de parcs et de plages à étudier: les endroits propices ne manquent pas.L'avenir.\u2014 Les plantes, l\u2019eau, l\u2019adaptation au site naturel sont autant de composantes de la personnalité d\u2019une ville.La municipalité se doit d\u2019accentuer ces rapports, avec la conscience accrue de la communauté; elle doit se montrer généreuse dans ses réalisations et donner l\u2019exemple aux citoyens, pour les élever vers le mieux dans cet esprit d\u2019organisation solidaire, sans lequel la Cité déclinera.Car, en fin de compte: There are no city deficits so terrifying and so terrible as deficits in living.Dans nos prochains\t\u2014\t=\u2014\u2014¦\u2014\u2014¦ numéros \u2022\tUNE NOUVELLE ÉTUDE SUR LES CARTELS \u2022\tAubrey-F.BELL, DEUX CONCEPTIONS DE LA VIE \u2022\tLouis C.de LÉRY, PÉRIODE DE RENDEMENT (1910-1944) \u2022\tLouis-Bertrand Raymond, LE CHOC DE DEUX CULTURES L\u2019horizon international \u2022\tMarcel MARCOTTE, JEUNES D'HIER ET D\u2019AUJOURD\u2019HUI ?du TS Les livres recents ,\t:\t.\t.\t.En trois mots OCTOBRE 1944 261 BILINGUISME UN ÉCRAN DE FUMÉE Ëmile GERVAIS, S.J.QUAND ON ABORDE la question du bilinguisme, il est bien malaisé, chez nous comme dans la plupart des pays à population mixte, d\u2019élever sa voix dans le calme et la paix.C\u2019est une de ces questions qui divisent les gens en deux camps irréductibles, partisans déterminés ou adversaires non moins absolus.Néanmoins, disons immédiatement, pour bien marquer nos positions, que la connaissance de l\u2019anglais est utile aux Canadiens français: pour un grand nombre c\u2019est une nécessité pratique, pour certains c\u2019est en plus un élément de culture.Personne de sensé n\u2019a rêvé chez nous de faire des Canadiens français des unilingues obstinés.Il faut ajouter que la méconnaissance du français rend de bien mauvais services au groupe anglo-canadien.La discussion porte sur l\u2019importance relative qu\u2019il faut accorder à la connaissance de la langue seconde.Importance au point de vue démographique: quelle classe de notre population a l\u2019intérêt et le devoir d\u2019apprendre l\u2019anglais?Importance au point de vue pédagogique: quelle place cette étude doit-elle prendre dans les programmes scolaires ?Importance au point de vue culture: quelle perfection doit-on attendre de notre élite dans la connaissance de la langue et de la littérature anglaises ?Importance au point de vue national: jusqu\u2019où favoriser l\u2019étude de l\u2019anglais chez nos compatriotes en vue de l\u2019unité nationale et des intérêts proprement canadiens, sans entraver la culture française ni risquer l\u2019absorption insensible de notre minorité ?Des réponses claires à ces questions intéressent grandement l\u2019avenir de notre pays et le sort de notre groupe ethnique.Elles ont été fournies à différentes époques.Malheureusement, par une propagande confuse à dessein, semble-t-il, on s\u2019est ingénié à dresser un écran de fumée, masquant ainsi la vérité aux yeux d\u2019un grand nombre.Cette propagande prend bien garde de définir le bilinguisme qu\u2019elle préconise.Bilinguisme veut-il dire connaissance également parfaite de deux langues ?Est-il pris au sens de diglottisme, qui est la connaissance suffisante d\u2019une langue seconde en plus de la langue maternelle ?Veut-on parler de bilinguisme intégral pour tout un peuple du haut en bas de l\u2019échelle sociale et intellectuelle?Ou bien pense-t-on au bilinguisme restreint à l\u2019élite ?On parle aussi d\u2019enseignement bilingue.Faut-il encourager l\u2019apprentissage de deux langues à la maison, ou attendre les premières années de l\u2019école ?Et à l\u2019école, préconise-t-on l\u2019enseignement de la lagnue seconde dès les premières années ou seulement plus tard ?Quand commencer cette étude ?Cet enseignement scolaire devra-t-il être livresque ou pratique ?Au point de vue démographique et national, bilinguisme veut-il dire le bilinguisme massif de tous les Canadiens, anglais comme français ?Ou bien est-ce le bilinguisme juridique d\u2019un pays où deux langues sont officielles, sans être nécessairement parlées par tous les citoyens ?Ou encore cela veut-il dire ce bilinguisme de dupes, unilatéral, imposant à un seul groupe d\u2019apprendre les deux langues officielles du pays?On se dispense trop souvent de préciser les raisons que l\u2019on met de l\u2019avant.« Apprenez l\u2019anglais, dit-on, un homme qui sait deux langues en vaut deux.» Cliché rebattu cent fois et cent fois réfuté.Un homme qui sait deux langues en vaut deux: alors un songe-creux qui parle deux langues \u2014 il s\u2019en rencontre \u2014 égale deux songe-creux?Car un homme, malgré le nombre de langues qu\u2019il connaît, reste un esprit obtus s\u2019il n\u2019a pas affiné son esprit.La valeur profonde d\u2019un homme dépend de plusieurs facteurs, et l\u2019omnilinguisme n\u2019est pas le principal: pénétration d\u2019intelligence, force de volonté, délicatesse de cœur, par-dessus tout intégrité de vie et hauteur morale, comptent bien davantage, sans oublier les convictions religieuses, qui ne gâtent rien.« Apprenez l\u2019anglais, dit-on encore; sans l'anglais, pas moyen de se placer ni de faire sa vie.» Certains bons apôtres de l\u2019enseignement de l\u2019anglais s\u2019insurgent contre quiconque ose mettre des réserves à cette étude.Ainsi, naguère, à l\u2019Assemblée législative de Québec, on apostrophait ainsi un député: « Mon honorable ami veut donc traiter les enfants des campagnes moins bien que ceux des villes ?Le gouvernement va leur donner l\u2019instruction comme aux petits citadins.Nous allons leur enseigner l\u2019anglais.» Cette manière de voir et de parler suppose bien des choses sans les prouver.Elle suppose d\u2019abord qu\u2019il est nécessaire, hors de tout doute, d\u2019apprendre aux enfants en général l\u2019anglais et cela dès l\u2019école élémentaire, la seule fréquentée par la masse de nos enfants.Mais on oublie d\u2019indiquer les modalités et les tempéraments pédagogiques qu\u2019il faut apporter à cette étude.Cela suppose aussi que l\u2019école primaire élémentaire doive nécessairement équiper l\u2019enfant pour la vie d\u2019une manière presque complète, alors qu\u2019elle doit tout au plus lui enseigner les éléments de la langue, les premières opérations arithmétiques et lui inculquer les principes fondamentaux de la religion et de la morale.Cela surtout suppose de nouveau que la connaissance de l\u2019anglais soit la condition primordiale du succès.L\u2019insistance que l\u2019on met sur cette unique condition donne l\u2019impression aux gens que pour réussir dans la vie, il n\u2019y a que l\u2019anglais.En fait, cette connaissance est-elle également nécessaire à l\u2019homme des professions libérales, à l\u2019ouvrier, au commerçant, à l\u2019in- 262 RELATIONS dustriel, au cultivateur ?Ne doit-on pas tenir compte des nécessités et des conditions locales ?D\u2019ailleurs, ce qui fait la valeur d\u2019un homme, dans tous les milieux et tous les domaines, est-ce principalement sa connaissance d\u2019une langue seconde?N\u2019est-ce pas plutôt son intelligence, sa formation morale, son esprit d\u2019initiative et de persévérance, son goût du travail, son instruction et sa préparation technique ou professionnelle ?Pourquoi, en fait, l\u2019anglais est-il exigé des Canadiens français de plus en plus, semble-t-il, même là où cela n\u2019est guère nécessaire ?Ne serait-ce pas que les maîtres des places, des situations et des capitaux sont des anglophones qui exigent de plus en plus, souvent sans trop de raison, une connaissance parfaite de l\u2019anglais ?Mais est-ce seulement en apprenant de plus en plus l\u2019anglais que l\u2019on brisera cette emprise ?Depuis quelques années, les Canadiens français ont fait de notables progrès dans l\u2019étude de l\u2019anglais; la dictature des Anglo-Américains a-t-elle par là diminué ?On invoque aussi des motifs plus élevés.« Il faut que les Canadiens français collaborent au grand mouvement d\u2019unité nationale et de bonne entente qui se met en branle ici.Rien de tel pour cimenter l\u2019amitié des deux groupes, comme la connaissance des deux langues officielles du pays.» Encore des demi-vérités, des simili-vérités.L\u2019unité canadienne se fera par bien d\u2019autres choses que la communauté de langage: mutuelle intelligence et tolérance, sentiment de sécurité chez la minorité tant au point de vue matériel que culturel, respect réciproque et surtout amour commun d\u2019une même patrie canadienne.Sans ces éléments la connaissance des deux langues est bien impuissante.D\u2019autre part, rêve-t-on d\u2019amener la masse des Canadiens à étudier et posséder les deux langues ?Une remarque ici s\u2019impose: pourquoi la propagande en faveur du bilinguisme à titre de facteur d\u2019unité nationale s\u2019exerce-t-elle presque exclusivement à l\u2019endroit des Canadiens français?Chez les Anglo-Canadiens quelques voix s\u2019élèvent en faveur de la même cause, voix infiniment respectables, courageuses, mais clairsemées et incapables de susciter chez les leurs un mouvement semblable de propagande générale pour le bilinguisme.Serait-ce que les Canadiens français sont plus réfractaires en cela que leurs compatriotes et négligent même la formation d\u2019une élite bilingue ?Pourtant, les statistiques prouvent tout le contraire: en 1941, au Canada, 34.9% des Canadiens français parlaient anglais, contre un petit 4.6% chez les Anglo-Canadiens qui parlaient français.En 1944, la proportion n\u2019a guère changé ! Sur ce dernier point comme sur les précédents, les campagnes de propagande sont restées floues, confuses.Elles constituent par là un grave danger, en elles-mêmes d\u2019abord et dans leurs effets presque nécessaires.Cette propagande, parce que confuse, contribue à débiliter les esprits qui en sont victimes, diminue leur besoin de clarté et amoindrit leur force de résistance aux idées fausses, aux positions hasardeuses, fragmentaires, en matière doctrinale ou sociale.C\u2019est la guerre des nerfs.Cette propagande détermine une demande artificielle d\u2019anglais, au grand détriment des intérêts, même matériels, du peuple canadien-français.A force de s\u2019entendre dire que l\u2019anglais est nécessaire, bien qu\u2019il n\u2019y comprenne pas grand\u2019chose et n\u2019y voie goutte, le peuple finit par le croire et par réclamer à son tour: « Il faut de l\u2019anglais.Il faut apprendre l\u2019anglais.» Slogan d\u2019autant plus puissant que plus vague: chacun y met ce qu\u2019il désire, l\u2019interprète à sa façon.Tous ainsi répètent en chœur: « De l\u2019anglais, toujours de l\u2019anglais.» C\u2019est ce qui est arrivé chez nous.Ce qui permettait à sir Fred Clarke, actuellement directeur de Y University of London Institute of Education, autrefois professeur à l\u2019université McGill, de constater très justement: « Pendant que, dans l\u2019Afrique du Sud, l\u2019afrikander, un dialecte purement local, devient de plus en plus parlé et compris par les citoyens de langue anglaise, le français, langue universelle, est très peu employé dans les relations ordinaires entre groupes de différentes races, même dans le Québec.» (The Year Book of Education, 1933, p.507.) Il n\u2019y a pas si longtemps, on ne parlait que de la nécessité de l\u2019anglais.Des parents placèrent leurs enfants dans les écoles anglaises ou bilingues.La proportion de l\u2019anglais dans les programmes scolaires, tant officiels que privés, fut augmentée sous la pression de l\u2019opinion.On abaissa d\u2019une année la date des premiers enseignements d\u2019anglais dans les écoles.En certains endroits, on multiplia le nombre des matières enseignées en langue anglaise, surtout les matières commerciales.On haussa le minimum exigible pour l\u2019examen d\u2019anglais à différents degrés, en particulier au sixième et au septième, et cela sans distinction de classes et de situation et également pour les gens de la campagne et pour les élèves de la ville.On parla même, un peu partout, d\u2019enseigner aux bambins les deux langues simultanément: heureusement, la réaction de la vraie pédagogie écarta le projet.Cet engouement pour l\u2019anglais, grandement aidé par l\u2019action du cinéma, des revues et magazines, de la radio anglaise ou américaine, réjouit les apôtres de l\u2019anglais, décourage les défenseurs de la langue et de la culture françaises, amène même quelques-uns à capituler tout à fait.Voici plus grave.Pendant que les Canadiens français deviennent de plus en plus bilingues, les Anglo-Canadiens demeurent fixés dans leur unilinguisme satisfait.Ils n\u2019apprennent pas le français.Quand ils le savent, ils le parlent le moins possible.C\u2019est d\u2019ordinaire conviction instinctive et normale de la valeur de leur langue.Cela force leurs compatriotes français à utiliser davantage l\u2019anglais, surtout étant donné notre proverbiale condescendance.OCTOBRE 1944 263 Quel est le résultat tout naturel de ce déséquilibre ?L\u2019anglais remplace de plus en plus le français comme langue de communication, acquérant d\u2019autant plus de prestige et d\u2019influence.Un jour vient où le français est parqué à la maison, à l\u2019école et à l\u2019église, comme en certaines régions minoritaires où seule la ténacité de patriotes éclairés entretient la vie française.Car n\u2019allons pas oublier que l\u2019anglais a pour lui toute la force de la puissance, du prestige et de la finance anglo-américaine, de la presse anglo-américaine, de la radio anglo-américaine.Comment le pauvre « Frenchy » résistera-t-il à de telles pressions, quand tout lui criera de « s\u2019adapter » ?Nous n\u2019en sommes pas là encore, Dieu merci.Mais il ne faudrait pas, par une propagande mal conçue, favoriser ces puissances qui déjà pèsent si lourdement sur notre vie nationale.Il ne faudrait pas non plus, par cette propagande mal conçue en faveur d\u2019un bilinguisme mal défini et imprudent, faire le jeu d\u2019une propagande beaucoup plus vaste, beaucoup plus puissante, et dans laquelle les campagnes en faveur du bilinguisme menées chez nous s\u2019encadrent trop bien pour ne pas nous être doublement suspectes.Les milieux anglo-américains s\u2019intéressent de plus en plus au Canada français.Le Québec et les choses canadiennes-françaises font le sujet de maints commentaires dans la presse anglaise nord-américaine et suscitent une curiosité de plus en plus grande.Notez surtout l\u2019intérêt croissant porté par les milieux anglais à nos problèmes d\u2019éducation.Nous serions porté à répondre à ces bons messieurs: « Votre intérêt part d\u2019un bon naturel.Mais quittez ce souci.» Ils désirent tant « relever notre standard intellectuel et social ».Campagne tenace en faveur de l\u2019instruction obligatoire, pour « éduquer les petits Canadiens français ».Efforts jamais découragés de la C.N.E.A.(Canada and Newfoundland Education Association) en faveur d\u2019un organisme central d\u2019éducation, afin « d\u2019assurer les subsides nécessaires et le niveau désirable ».Tout dernièrement encore, l\u2019émoi de toute la presse et des milieux anglo-canadiens de la métropole sur le sort de nos terrains de jeux.Ils craignaient par-dessus tout de les voir « organisés sur une base de race ».Ils ne furent tranquilles que le jour où ils crurent avoir obtenu un comité officiel « raciale-ment neutre ».En même temps, des campagnes diverses occupent la scène dans le Québec et le Canada.Citons la propagande en faveur de « l\u2019unité nationale », propagande qui confond à dessein union et unité, la première qui admet la diversité biethnique, l\u2019autre qui suppose la fusion parfaite d\u2019un élément dans l\u2019autre.De même les campagnes contre les tendances « fascistes et antidémocratiques » du Québec, etc.Ces campagnes sont tellement tenaces, si bien coordonnées, elles surgissent tellement à point qu\u2019on ne peut s\u2019empêcher de penser qu\u2019elles pourraient bien émaner d\u2019une source unique.Et l\u2019on n\u2019a guère de difficulté d\u2019en deviner l\u2019inspiration.On connaît les principaux propagateurs et leurs complices.On connaît les idées, les aspirations de ces gens, leurs intérêts aussi, financiers, idéologiques ou personnels.Certains aveux candides nous renseignent sur les dessous et les aboutissants de ces campagnes si bien organisées.C\u2019est M.Clarke, témoin de premier ordre, qui nous parle de l\u2019éducation instrument de propagande.Parlant des causes qui entretiennent parmi les membres du Commonwealth la loyauté à la Couronne britannique, clef de voûte de tout l\u2019édifice impérial, il mentionne l\u2019intérêt, les sentiments et « l\u2019éducation » ( Year Book, 1938, p.741).Éducation qui a pour objet la culture et la civilisation anglaises.« The time has come, écrit-il, when they (Canada, South Africa, Britain) and the other partners must become fully and frankly articulate to one another.Autonomy means separation and possible conflict when there is not conscious community of culture and concious effort to exploit and deepen, while diversifiing, that culture through education.» (Year Book, 1933, p.517.) Au Canada, où leur oeuvre impériale d'éducation se poursuit sans trop de heurt, le groupe canadien-français oppose une résistance tenace.Force leur est donc de faire des concessions, d\u2019user d\u2019une prudente tolérance, car, pour eux, comme dit Burke, « the situation of man is the preceptor of his duties ».Mais cette tolérance n\u2019est qu\u2019un manteau temporaire jeté sur leur ambition d\u2019uniformité, « d\u2019égalité » comme ils disent, entre les membres du Commonwealth et de l\u2019Empire.Notre auteur avertit même son lecteur d\u2019Angleterre de ne pas s\u2019étonner de ce déguisement de circonstances.Or, voici que s\u2019offre à eux une propagande en faveur du bilinguisme capable de favoriser leur dessein \u2014 qui, répétons-le, s\u2019inspire de sentiments non sans grandeur.Pour croire qu\u2019ils vont négliger cette aubaine, qu\u2019ils ne l\u2019exploiteront pas à fond, il faudrait ignorer la ténacité, l\u2019ingéniosité et l\u2019habileté des Anglo-Saxons à profiter de toutes les ouvertures.Et c\u2019est ce qui rend encore plus suspecte cette propagande pour un bilinguisme mal défini.Une réaction s\u2019impose donc contre elle, contre le voile opaque qui nous cache la vérité, une réaction d\u2019idées lumineuses, d\u2019affirmations claires et solidement établies.Il est urgent de dissiper l\u2019écran de fumée qui nous cache l\u2019horizon, il est urgent de faire la complète lumière afin de voir exactement nos positions et de démasquer les manœuvres en cours.Cela ne fera pas l\u2019affaire peut-être de certains apôtres de la bonne entente à tout prix, de certains diplomates à courte vue qui ne s\u2019aperçoivent pas qu\u2019ils sont des dupes, et qui réalisent si bien le mot de l\u2019Hindou Tagore: « The bird itself has learnt to use its chain for ornament, simply because the chain jingles a fairly respectable English.» 264 RELATIONS MINORITÉS FRANÇAISES VIEILLE HISTOIRE AU NOUVEL-ONTARIO Lorenzo CADIEUX, S.J.«TV TON SOUHAIT le plus cher, c\u2019est d\u2019établir dans la 1V1 région de Campbellton une société d\u2019histoire comme celle de Sudbury.Vous avez une belle équipe d\u2019écrivains qui travaillent avec enthousiasme et font aimer leur petite patrie.J\u2019aimerais connaître les origines de votre société, ses activités, l\u2019intérêt suscité par ses travaux.» Voici pour répondre aux désirs du correspondant de Campbellton, \u2014 et du directeur de Relations.Notre Société signait, le 30 mars 1942, son acte de naissance au « collège que les RR.PP.Jésuites dirigent à Sudbury et qui est l\u2019un des châteaux forts de la survivance ontarienne en cette région ».La date commémorait un événement d\u2019histoire régionale: le 30 mars 1883, le P.Joseph Specht, missionnaire jésuite, offrait la première messe à Sudbury, en présence d\u2019une cinquantaine d\u2019ouvriers catholiques, la plupart Canadiens français.Au cœur de la future cité du nickel, brillait la lumière de la foi avant l\u2019éclat du métal.Selon sa devise: Faire revivre notre histoire, la Société étudie l\u2019histoire de l\u2019Ontario, en particulier celle des comtés de Sudbury et de Nipissing; elle veut susciter un ardent amour du régionalisme et préparer dans le public un climat, un état d\u2019esprit plus respectueux de tout ce qui appartient à la grande comme à la petite histoire, « recueillir non les cendres sur les autels du passé, mais le feu qui anime et éclaire » (Dr R.Tanguay, président actuel).Pour atteindre ce but, notre société développe, par le journal et l\u2019imprimé, le sens et le goût du passé, organise des conférences sur des sujets historiques, des manifestations publiques à l\u2019occasion de grands anniversaires, etc.Ses publications se chiffrent à quatre bulletins ou documents: N° 1: La Société Historique du Nouvel-Ontario, et quelques travaux par le R.P.Guy Courteau, s.J., M.le curé Oscar Racette, MM.Roméo Leroux et Louis Charbonneau; N° 2: Aperçu sur les origines de Sudbury, d\u2019après un manuscrit du R.P.Louis Héroux, s.J.; N° 3: Faune et mines régionales; auteurs: le R.P.Henri Gauthier, s.J., MM.Adélard Lafrance et Fernand Morisset; N° 4: Chelmsford, Coniston, Chapleau, illustrant trois aspects caractéristiques de la région; auteurs: Mgr Stéphane Côté, P.d., Mlles Cécile Giroux et Gemma Gagnon.Paraîtront en octobre: N° 5: Odyssée et enracinement des familles pionnières; auteurs: le Dr Raoul Hurtubise, m.p., Mmes Olivier Leduc et Samuel Legris, MM.Michel Collin et Maurice Gravelle, Mlles Gilberte Proulx et Jeannine La-ferrière; N° 6: Fondateurs du diocèse du Sault-Sainte-Marie, par le P.L.Cadieux, s.j.En préparation: N° 7: Flore régionale et industrie forestière, par le R.P.Bernard Taché, s.J., et M.J.-Alfred La-berge; N° 8: Verner et Lafontaine, par MM.les curés Oscar Ra-cette et Thomas Marchildon.Ces monographies, si modestes soient-elles, aident à fixer la physionomie générale du pays et le caractère de son développement.La Société a l\u2019espoir d\u2019en aviver la sympathie pour l\u2019histoire et d\u2019intensifier la connaissance, l\u2019amour, le culte d\u2019un régionalisme qui aura l\u2019heur de favoriser un patriotisme éclairé.Notre espoir fut vite endossé par des clairvoyants, qui donnèrent à l\u2019œuvre droit de cité aux côtés d\u2019organismes déjà remarqués: « La nouvelle Société histo- rique peut rendre de grands services au groupement des Franco-Ontariens des comtés de Sudbury et de Nipissing, en devenant un facteur important de fierté nationale et de survivance française.Que le succès couronne son activité historique et patriotique en terre ontarienne! » (M.Camille L\u2019Heureux, dans le Droit, 6 avril 1942.) Les dons comme les encouragements vinrent de toutes les parties de l\u2019Ontario et du Québec; les revues Relations et Culture, les journaux le Droit, le Devoir, la Frontière, l'Ami du Peuple consacrèrent des éditoriaux à l\u2019adresse de la nouvelle Société et la proposèrent même comme exemple à suivre.Avec l\u2019appui sympathique de journalistes tels que MM.Orner Héroux, Camille L\u2019Heureux, Camille Hudon, Julien Morissette, la Société Historique du Nouvel-Ontario s\u2019enrichit vite de nouveaux membres.Les dix du début dépassent actuellement la centaine.Et les souscripteurs à nos bulletins atteignent le nombre de cent dix.Membres et souscripteurs se recrutent non seulement dans le Nouvel-Ontario, où toutes les paroisses ont au moins un représentant, mais au sud, à Toronto, Hamilton, London, etc., dans les autres provinces canadiennes, chez nos voisins étatsuniens, à Washington, Boston, Springfield, New-York, Hanover, Willoughby (Ohio), San-Marino (Californie), etc., et jusqu\u2019en Angleterre où les bibliothèques de Londres (Royal Empire Society) et d\u2019Oxford réclament nos publications.Qui donc a dit que le rayonnement du fait français n\u2019intéresse pas les intellectuels de langue anglaise ?Mais il faut continuer.La survie d\u2019une œuvre nationale est un problème plus épineux que sa fondation.Par bonheur, notre Société groupe des enthousiastes et des laborieux.« Bien qu\u2019ils vivent loin des grands centres français, dans un pays neuf, tous pris par des travaux personnels et pressants, ils trouvent le moyen de compulser les vieux documents, d\u2019interroger les pionniers, de recueillir, en même temps que les très anciens souvenirs de cette région, l\u2019histoire de la colonisation récente.» (M.Orner Héroux, 8 janvier 1943, 15 juin 1944.) De fait, aiguillonnés par l\u2019esprit de recherche, ils organisent leurs loisirs pour feuilleter le livre d\u2019or de leurs origines, exploiter la mine du régionalisme nord-ontarien, étudier le milieu, détruire les bobards ou erreurs historiques; ils se garderont ainsi de sous-estimer les trésors de leur région traversée par la rivière des Français comme par un courant ininterrompu de glorieuse histoire, depuis la visite de M.de Champlain en 1615, jusqu\u2019à la découverte d\u2019un des plus riches bassins nickélifères du monde.Route historique où pagayèrent des découvreurs, des explorateurs, tels Duluth, Marquette, Jolliet, La Vérendrye; des missionnaires, nos saints Martyrs; des fondateurs de villes, des coureurs de bois et toutes ces vaillantes caravanes de colonisateurs qui ont pointé leurs canots vers l\u2019Ouest avant qu\u2019un ruban d\u2019acier ne reliât l\u2019Atlantique au Pacifique.Dans cet humble domaine, gonflé de sève historique et vaste comme de célèbres pays d\u2019Europe, notre jeune Société est à l\u2019œuvre.Elle compte sur Dieu et les hommes pour exploiter ces richesses.Son unique ambition est de servir les nôtres, d étayer notre fierté sur les gloires du passé, de susciter ainsi des motifs puissants d\u2019action française et de confiance en l\u2019avenir.OCTOBRE 1944 £65 AU FIL DU MOIS AVEC O U SANS Problèmes d\u2019Acadîe.\u2014 Les élections du Nouveau-Bruns-wick donnent aux Acadiens neuf députés sur quarante-huit, \u2014\tet tous du côté du pouvoir.C\u2019est beau, mais trop peu.Être 40% de la population, et n\u2019avoir que 18% de la députation, c\u2019est de mauvaise comptabilité sociale.Comment expliquer cela ?Par une indélicatesse voulue et par une délicatesse exagérée: 1° les comtés acadiens sont deux fois plus peuplés que les autres, et le gouvernement refuse de remanier la carte électorale; 2° malgré cette indélicatesse, les Acadiens persistent à garder la périmée coutume d\u2019élire deux ou trois députés anglais là où ils sont la presque totalité, \u2014\tdans Gloucester et dans Kent.Scrupule que plusieurs jugent maladif, en face d\u2019un manque total de scrupules.Et puis, la fidélité sans bornes au parti régnant ne leur vaut pas cher en fait de libertés scolaires: on n\u2019a jamais pu obtenir d'école normale bilingue, et en plusieurs endroits, l\u2019on doit payer la double taxe pour enseigner le catéchisme et le français.Piteux arguments d'unité nationale.D\u2019autant plus piteux que les recrues acadiennes au front établissent un record pour la liberté des autres, alors qu\u2019on leur refuse les lots de colonisation et qu\u2019ainsi on les force encore à la déportation.Pierres de bonne entente ?\u2014 Toronto, qui s\u2019occupe bien plus de nous que nous de lui, s\u2019est scandalisé de ce que nous ayons célébré la libération de Paris.Et si nous ne l\u2019avions pas célébrée !.« Comment des isolationnistes peuvent-ils se réjouir?.»\u2014 Pour être moins gobeurs et moins emballés que nos coloniaux voisins, sommes-nous isolationnistes ?Comptez donc nos contributions en taxes et en hommes! On a compté les hommes: Québec est déclassé.Mais voici deux circonstances atténuantes pour nous, accablantes pour nos accusateurs: les recrues de quatre comtés québécois comptent pour l\u2019Ontario \u2014 on se demande pourquoi \u2014 et puis, ceci que vient de rendre public M.le député J.-F.Pouliot: « Les chiffres ne sont pas exacts.En voici, paraît-il, la raison.Un conscrit québécois est transféré dans un camp de l\u2019Ontario ou de la Colombie Anglaise (ou à Debert, en Nouvelle-Écosse).Rendu là, on applique toute la pression possible pour le faire signer.Il signe.Son enrôlement est crédité non à sa province d\u2019origine, Québec, mais à l\u2019Ontario ou à la Colombie (ou à la Nouvelle-Écosse, qui arrive ainsi en tête), suivant le cas, et les journaux tant d\u2019Ontario que de la Colombie ne cessent de répéter que Québec ne fait pas son devoir.Est-ce juste, est-ce raisonnable?Tant que de telles injustices ne seront pas corrigées, qui aura le droit de parler d'unité (sic) nationale?» « A pleines voiles ».\u2014 Un tract, A pleines voiles, de M.l\u2019abbé Guité, exalte le succès et les espoirs des coopérateurs gaspésiens, hier pauvres, aujourd\u2019hui tout fiers d\u2019être Pêcheurs Unis de Québec.Une première association avait échoué faute d\u2019étude: on avait formé des coopératives avant de former des coopérateurs.On s\u2019est repris, et ça va.Le poisson ne se donne plus, il se vend, \u2014 à 6381, rue Saint-Laurent, Montréal, \u2014 directement du pêcheur au consommateur.Quand on songe qu\u2019en pleine crise les barges séchaient sur la grève et les pêcheurs aux secours directs, alors qu\u2019on mangeait ici du hareng fumé de Norvège, du saumon de Russie et des crabes du Japon.Grâce à Dieu et au bon sens, l\u2019entrepôt de Montréal vend aujourd\u2019hui pour $1,000,000 par année, ce qui permet des ristournes de $1,000 au pêcheur et du poisson frais de la veille au consommateur.La seule coopérative de la Rivière-au-Renard, tout en payant trois fois plus cher que les anciens exploiteurs, donnait encore une ristourne de $51,816 en 1943.La comparaison entre 1933 et 1943 est éblouissante.Le bien moral est encore plus marqué: on est fier de soi, de sa profession, de sa petite patrie.COMMENTAIRES LA C.T.C.C.ET De nombreuses grèves d'antagonisme syndical, particulièrement celle du tramway à Montréal, ont remis à l'affiche un des problèmes fondamentaux du monde industriel que pose l'atelier fermé.Au dernier congrès de la Confédération des Travailleurs catholiques du Canada, tenu aux Trois-Rivières en fin de septembre, M.Alfred Charpentier a consacré quelques pages de son rapport présidentiel à l'historique et à l'analyse du problème.Nous en donnons ici les conclusions, remarquables par leur équilibre.1.\tLe principe fondamental de la liberté syndicale doit être sauvegardé sous ses trois formes: a) droit à l\u2019ouvrier de s\u2019organiser; b) droit à l\u2019ouvrier de choisir son organisation, sans exclure l\u2019obligation à l\u2019ouvrier catholique éclairé de se conformer dans la mesure du possible à la direction de l\u2019autorité religieuse; c) droit au syndicat d\u2019exercer par ses représentants des activités syndicales légitimes.2.\tL\u2019atelier fermé aux non-syndiqués qui oblige l\u2019employeur à prendre sa main-d\u2019œuvre à l\u2019union, n\u2019est qu\u2019un moyen de défense syndicale, non un but en soi.3.\tCe moyen, qui est un vestige de l\u2019époque de la jungle industrielle, n\u2019est plus le moyen exclusif ni le moyen normal à l\u2019époque présente pour réaliser l\u2019unité dans la profession.4.\tL\u2019usage de ce moyen est devenu caduc dans nombre d\u2019industries et tend à devenir de plus en plus inopportun L\u2019ATELIER FERME comme conséquence de la législation syndicale moderne.L\u2019insertion d\u2019une clause d\u2019atelier fermé dans un contrat ne doit plus être le fait de la contrainte de la part du syndicat ou de l\u2019employeur.I\t^ 5.La pluralité syndicale, qui peut être un signe de pro- grès, est inévitable, mais doit être restreinte exclusivement aux syndicats incorporés dans une même profession.6.\tLe syndicat minoritaire doit avoir droit de représentation, proportionnelle ou égale, dans le comité de négociation et dans le comité de surveillance du contrat de travail.7.\tEn tout temps le cartel syndical doit être favorisé pour négocier et surveiller une convention collective de travail.8.\tPour aucune considération le monopole syndical ne doit être permis (là où plus d\u2019un syndicat existe).9.\tL\u2019atelier fermé ne doit être licite que sur mutuel consentement des parties intéressées, sujet cependant à ratification par un tribunal du travail.10.\tEn principe général, la pratique de l\u2019atelier fermé demeure un droit inaliénable tant que les métiers restent ouverts et que leurs membres, conséquemment, ne sont protégés par aucune réglementation adéquate.11.\tLes modalités d\u2019application de l\u2019atelier fermé doivent varier, mais aucune ne doit être contraire à l\u2019unité professionnelle et à l\u2019ordre public.UNITE OU UNION NATIONALE Lors du débat au Sénat sur un manuel d'histoire unique, sir Thomas Chapais a fait une importante distinction, qui devrait être utile à plusieurs, entre l'unité et l\u2019union.Voici ses paroles : IE DÉBAT qui s\u2019achève avait évidemment pour objet de promouvoir l\u2019unité canadienne.C\u2019est assurément un noble but.Mais je demanderais à mes collègues si nous ne sommes pas en défaut dans notre définition de cet objectif.Si c\u2019est « l\u2019unité » canadienne que nous avons en vue, je regrette d\u2019être forcé d\u2019affirmer que nous ne l\u2019atteindrons jamais.L\u2019unité dans son sens réel signifie « l\u2019état d\u2019être seul ».Or, ceci n\u2019est pas notre cas.Nous ne sommes pas « un », nous sommes « plusieurs ».Le peuple canadien se compose d\u2019Anglo-Canadiens, de Canadiens français, de Canadiens irlandais, de Canadiens écossais.Nous parlons deux langues différentes.Nous prions devant des autels différents.Nous n\u2019avons ni l\u2019unité de race, ni l\u2019unité de foi, ni l\u2019unité de langue.Nous ne sommes pas les auteurs, nous sommes les héritiers de cette diversité.Nous ne pouvons donc avoir l\u2019unité, qui est la similitude des parties composantes.Mais nous pouvons avoir l\u2019union qui est l\u2019harmonie de ces parties.Ayons-la donc, cette union, qui est absolument nécessaire à la croissance, au progrès et au bonheur de notre cher Canada.Ayons une union qui ait pour ses fortes bases la justice, la tolérance et la liberté: la justice qui protège tous les citoyens et n\u2019a qu\u2019une même loi pour les minorités et les majorités; la tolérance qui enseigne le respect mutuel des convictions et des coutumes nationales; la liberté qui assure à chacun le libre exercice de ses droits civils, politiques et religieux.Cette union bénie ferait du Canada une patrie heureuse, prospère et glorieuse.Il est intéressant de noter la similitude de cette déclaration avec celle que faisait en 1937 un autre Canadien français distingué, venu d\u2019un point différent de notre horizon politique, Me Antonio Perrault, bâtonnier de la province de Québec : Le canadianisme, disait M.Perrault à la Semaine sociale de Saint-Hyacinthe, paraît être une théorie fausse, contraire à l\u2019esprit de la Constitution de 1867 et mortelle pour les groupes ethniques constitutifs du Canada.Illusion dangereuse que de parler unité nationale entendue dans le sens d\u2019unité canadienne.Unité (unitas, unus, un seul, qualité de ce qui est un) s\u2019oppose à pluralité.Appliqué à tout le Canada, ce terme renferme une erreur, ou du moins une équivoque.Obtiendrez-vous l\u2019unité sans la fusion complète des éléments divers composant le Canada?Comment considérer comme « un » ce pays formé de cinq millions d\u2019anglo-protestants, trois millions de Canadiens français catholiques, deux millions d\u2019individus rattachés à d\u2019autres races, européenne, américaine, asiatique, chaque nationalité conservant sa mentalité, ses aspirations, sa langue, sa religion ?Vous ne pourrez parler d\u2019unité canadienne que le jour où la fusion et le mélange de ces éléments seront accomplis.Ce terme unité ne peut convenir qu\u2019à la cohésion nécessaire entre les fils d\u2019une même race.C\u2019est le terme que nous devons réserver à la coopération entre Canadiens français.Unité nationale, c\u2019est-à-dire unité entre Canadiens français, puis union canadienne, telle paraît être l\u2019unique formule conforme à l\u2019esprit de la Confédération.Unité chez les Canadiens français, union entre eux et les autres groupes ethniques, formule suffisante à sauvegarder l\u2019esprit et la lettre de la Constitution de 1867 et capable de favoriser le développement normal du Canada.AU FIL DU MOIS Affaire d\u2019argent.\u2014 Un de nos meilleurs hommes d\u2019affaires, attaqué sur le triste standard de vie des Canadiens français, répondit sans plier l\u2019échine: « Mettez un million dans la main de n\u2019importe lequel de mes pauvres compatriotes, vous verrez qu\u2019il saura aussi bien le dépenser que vous autres! » A preuve, nos collèges et pensionnats sont remplis à refuser des élèves.Quand il en a les moyens, notre peuple n\u2019a guère besoin de loi pour faire instruire ses enfants.Bouclier de la France.\u2014 Au lieu de s\u2019entre-condamner comme traîtres, puis de fusiller pour vrai, les Français ne rétabliront-ils pas l\u2019union sacrée, l\u2019effort commun vers du constructif?.Pétain a dit en mots frappants ce qu\u2019il eût aimé faire et ce qu\u2019il a fait: Ne pouvant être l\u2019épée de la France, j'ai tâché d\u2019être son bouclier.C\u2019est moins fascinant que le rôle d\u2019épée, réussi par de Gaulle.Disons donc que les deux rôles furent grands, et les deux acteurs aussi, sans vilain rôle de traître.De Gaulle fut condamné à mort?Oui, de loin, sous pression, sans y perdre un cheveu, tout comme les procès de Riom aboutirent à rien.On devinait aux lenteurs des collaborationnistes une finesse, un entêtement, une non-collaboration que Ribbentrop a authentiquée de son vrai nom de résistance permanente dans une rude lettre à Pétain, du 29 novembre 1943, que les agences n\u2019avaient citée qu\u2019à moitié \u2014 on se demande pourquoi.Condensons: L'Allemagne pouvait espérer.Malheureusement les trois années d\u2019occupation démontrent que vos mesures.n\u2019ont eu que trop souvent le résultat de rendre plus difficile la collaboration amicale.Votre coup d'Etat éliminant M.Laval., la trahison de vos généraux et amiraux en Afrique., la violation de nombreuses dispositions de VArmistice., et le récent essai d'une révision constitutionnelle destinée à une prise de contact avec les Anglais et les Américains., cette lutte constante., votre résistance permanente ont rendu impossible la consolidation intérieure de la France.Ne soyez donc pas surpris si l\u2019on a observé votre activité avec une réserve croissante.Les difficultés constantes opposées à une politique de collaboration véritable.montrent une attitude dont les motifs et les buts ne laissent plus de doutes.Voilà qui décore l\u2019ancien bouclier de Verdun, le récent bouclier de la France.L\u2019histoire s\u2019écrira: elle blâmera les rancunes de clans et certaines exécutions.La France a trop besoin d\u2019unité, de reconstruction et de Français pour s\u2019épuiser en crises revanchardes.Les cartels sous observation.\u2014 Le gouvernement américain se préoccupe de plus en plus du problème des cartels.M.Cordell Hull, secrétaire d\u2019Etat, a créé une section spéciale d\u2019enquête et d\u2019étude à ce sujet.M.Wendell Berge, procureur général adjoint des États-Unis, publie un ouvrage: Cartels : Challenge to a Free World, où il décrit les agissements des grands cartels internationaux, véritables gouvernements à caractère privé qui menacent de renverser et d\u2019absorber l\u2019autorité dûment établie.Le président des États-Unis, M.Roosevelt, dans une lettre ouverte à M.Hull, vient de dénoncer les cartels comme une des causes principales du déséquilibre économique d\u2019avant-guerre et des conflits mondiaux, et l\u2019un des problèmes les plus importants à régler d\u2019ici un an dans les plans d\u2019après-guerre à l\u2019étude.Ce document indique quelle politique entend suivre le gouvernement des États-Unis.In many respects, écrit Berge, the cartels form one of the central issues of the present period.C\u2019est par une phrase semblable que M.Burton Ledoux ouvrit dans Relations d\u2019avril 1944 la série de ses articles sur les cartels.Ces diverses indications soulignent l\u2019opportunité et l\u2019importance des études de notre collaborateur.266 RELATIONS OCTOBRE 1944 267 LA PROTECTION DES JEUNES FILLES A MONTREAL Soeur Marie GËRIN-LAJOIE DANS SON ÉTUDE du rapport Cannon sur la prostitution (Relations, juin 1944), Me Jean Penverne souligne à bon droit l\u2019importance de l\u2019action législative dans la lutte contre ce terrible fléau, qui sévit à Montréal, nous dit-il, avec une intensité record! Le fait n\u2019est pas récent: il y a vingt ans, un professeur de Service social à l\u2019Université Columbia signalait notre ville comme le refuge par excellence du vice américain! Aujourd\u2019hui, cinq à six cents organisateurs de la prostitution défient toute poursuite et font, à nos portes, leur infâme commerce.De telles constatations ne font pas honneur à notre police, non plus qu\u2019aux législateurs! Elles témoignent aussi contre toute société! Qu\u2019avons-nous fait et que faisons-nous dans nos milieux catholiques et canadiens-français pour la protection de la jeune fille ?UNE ENQUÊTE QUI EN DIT LONG Une enquête de juin dernier auprès des divers foyers, maisons d\u2019accueil et refuges féminins de notre ville a révélé que ces institutions disposent d\u2019environ 600 lits.Un tableau fera juger de l\u2019importance de ces entreprises.Nombre de Foyers (pour pensionnaires permanentes) :\tlits : La Maison du Rosaire.31 Le Saint-Nom-de-Marie.65 L\u2019Ave Maria .37 Le Foyer Saint-Joseph.40 Le Foyer de Marie-Réparatrice.51 Le Foyer Sainte-Claire.62 Le Foyer Notre-Dame-du-Bon-Conseil de la rue de Laroche.20 Le Foyer Notre-Dame-du-Bon-Conseil de la rue Western.16 Le Foyer des Sœurs Dominicaines.25 Total.351 Chambres sans pension : Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste 12 Maison Jeanne-d\u2019Arc.35 Foyer Notre-Dame-de-la-Garde.30 Total.77 Maisons d\u2019accueil (ces maisons pour désemparées louent un certain nombre de chambres à des pensionnaires permanentes) : Notre-Dame-de-la-Protection.80 L\u2019Accueil Jociste.60 Total.140 Grand total.568 Refuge : L\u2019Aide à la femme, sans être un foyer, accepte toute femme qui a besoin d\u2019hospitalisation.25 lits sur 200 sont occupés par des femmes ou filles qui travaillent, les autres par des clientes d\u2019hospices.Nous ne mentionnons pas le Foyer pour catholiques de langue anglaise tenu par les Sisters of Service, ni l\u2019établissement du Y.W.C.A.L\u2019insuffisance de l\u2019œuvre saute aux yeux si l\u2019on songe au chiffre de la population féminine employée à Montréal, même en temps normal.Les plus récentes statistiques évaluent à 100,000 le nombre des jeunes filles venues de la campagne s\u2019employer dans notre ville.De ce nombre, toutes ne désirent pas loger dans des foyers.Mais on peut présumer qu\u2019un bon nombre le feraient volontiers si elles le pouvaient.L\u2019enquête n\u2019a-t-elle pas révélé qu\u2019une centaine de demandes par mois se voient refusées à plusieurs foyers ?Si l\u2019on considère en outre que nos foyers sont très modestement équipés, qu\u2019ils sont à peu près inconnus, \u2014 surtout de la population rurale, \u2014 on conclura que les demandes s\u2019élèveraient chaque année à des milliers, si l\u2019on pouvait recevoir les jeunes filles au moment où elles arrivent en ville.Autre considération également probante: Ottawa, nous dit-on, a deux foyers d\u2019une capacité de trois cents lits chacun pour subvenir aux exigences d\u2019une population féminine très inférieure à la nôtre; Québec a trois foyers importants: ceux de la Protection de la Jeune Fille, du Bon-Pasteur, des Sœurs Franciscaines, outre quelques organisations secondaires; tandis que Montréal, avec une population plusieurs fois supérieure, ne peut offrir que cinq à six cents places permanentes.La prostitution est l\u2019une des conséquences de cette déficience qui met la jeune fille à la merci de faux protecteurs qui poussent l\u2019impudence jusqu\u2019à se faire accepter parfois sous le couvert d\u2019une soi-disant association d\u2019aide aux oiphelines! L\u2019ŒUVRE DU FOYER Le Foyer proprement dit n\u2019est ni un hospice ni un internat sévère; c\u2019est une hôtellerie, une maison de famille qui offre de saines conditions de vie, un milieu propice à l\u2019épanouissement de la personnalité féminine et à la pratique de la Vie chrétienne.Que le Foyer exige un contrôle consciencieux des entrées tardives le soir, des visites aux chambres; que les pensionnaires n\u2019y puissent recevoir leurs amis qu\u2019au salon, et que tout scandale y soit prohibé, personne ne s\u2019en étonnera! Les Homes de toutes dénominations imposent de semblables règlements.Mais pour garder sa clientèle, pour soutenir la concurrence des pensions privées qui jouent défavorablement par le coupage des prix, l\u2019absence de règle, les concessions de tout genre aux caprices et même à l\u2019immoralité des étourdies, le Foyer devra offrir des compensations: un milieu bien vivant, agréable et avantageux.Ah ! si les murs de tous les foyers pouvaient entendre des confidences comme celle-ci: « Les appartements meublés, les pensions privées, ma chère, moi je connais ça! J\u2019en ai assez! \u2014 Au moins on a sa liberté.\u2014 La liberté de faire des bêtises ?\u2014 Pardon, je ne tiens pas plus que toi à faire des bêtises, mais j\u2019aime bien à parler quand ça me plaît 268 RELATIONS le soir, à manger à mon goût, aux heures qui me conviennent ! \u2014 Essaie de ces pensions où l\u2019on s\u2019amuse tant qu\u2019on veut le soir, tu n\u2019y resteras pas huit jours! Au moins, ici, on dort tranquille, on mange bien et, quand on s\u2019y fait des amies, ça devient gai.En définitive, c\u2019est la seule place où j\u2019ai trouvé moyen d\u2019économiser sur mon salaire! » A ces avantages matériels, le Foyer doit ajouter des services sociaux.Il n\u2019est pas une simple maison de pension comme les autres.Même les jeunes filles qui n\u2019ont pas de problèmes particuliers ont droit d\u2019y trouver une attention personnelle, surtout à certains moments.Une directrice qualifiée au point de vue psychologique et social, clairvoyante, expérimentée, peut exercer une influence décisive sur ces existences féminines à qui il manque cette chose essentielle: la vie de famille.Une jeune fille se présente un jour envoyée par son curé.Intelligente, instruite, de bonne famille, elle n\u2019avait jamais été dans l\u2019obligation de gagner sa vie.« Il m\u2019a dit de venir vous voir.Mais je n\u2019ai pas de quoi payer ma pension.\u2014 Aimeriez-vous l\u2019enseignement privé ?\u2014 Peut-être, mais je n\u2019ai pas d\u2019expérience.\u2014 Essayez donc: l\u2019expérience s\u2019acquiert! En attendant, demeurez avec nous! » Elle reste et sa carrière d\u2019institutrice privée fut définitive.Parfois pour chasser le cafard elle s\u2019offre à quelque œuvre de dévouement.Et l\u2019on ne sait plus, de l\u2019institution ou de la cliente, laquelle a le plus gagné à l\u2019acte de charité confiante.Deux fillettes de 15 et 16 ans frappent un jour à notre porte.Elles désirent travailler en ville.Un brin de causette nous apprend qu\u2019elles ne sont même pas baptisées! Elles viennent d\u2019une région désolée par l\u2019hérésie dans le Nord laurentien.Leur père ne les a jamais envoyées à la classe.Nous leur donnons le gîte.Elles rendent quelques services.Une pensionnaire, touchée de tant d\u2019indigence, leur enseigne à lire.Telles autres les habillent.Nous leur proposons de se former au travail domestique afin de pouvoir gagner davantage.Et cela continue des semaines, des mois.Leur cœur en friche s\u2019ouvre à la reconnaissance et à la lumière de la foi! Un jour de mai, sous le rayonnement de la Vierge, elles reçoivent le baptême et font leur première communion.Quand l\u2019appel de la solitude et des grands bois les reprend, avec le désir de revoir leur père, elles gagnèrent le Nord avec leur âme d\u2019enfant que l\u2019œuvre du Foyer a enrichie.Telle jeune domestique, une habituée d\u2019un foyer pour employées de maison dans l\u2019ouest de la ville, disait à la directrice: « Que ferions-nous, ma Sœur, si nous n\u2019avions pas notre foyer ?C\u2019est vraiment notre chez nous! » Effectivement, les jeunes bonnes y passent leurs journées de congé, s\u2019y rencontrent le soir aux cours, aux réunions récréatives, aux cercles d\u2019étude.Elles y font leur retraite annuelle et s\u2019y retrouvent même à certains jours, invitées au déjeuner de noce d\u2019une compagne.Tout foyer qui fait intégralement son œuvre devient centre d\u2019apostolat social: non seulement de protection, de relèvement, d\u2019orientation, mais encore d\u2019éducation.Car ce qui manque le plus aux jeunes filles en pension, c\u2019est l\u2019initiation à la vie pratique, aux réalités quotidiennes, à l\u2019entr\u2019aide familiale: d\u2019où égoïsme inconscient chez plusieurs.Le Foyer préviendra cet écueil s\u2019il prépare les fiancées d\u2019aujourd\u2019hui et de demain à la vie familiale qui les attend.J\u2019ose même dire que la manière dont le personnel des foyers s\u2019acquitte des besognes domestiques constitue un enseignement quotidien par l'exemple, qui n\u2019est pas le moins fructueux: les jeunes filles se rappelleront les gestes alertes, le sourire courageux de celles qui auront été un peu leur mère- Ma is nos foyers sont-ils équipés à cette fin ?Ont-ils les locaux et les accessoires nécessaires?Un personnel suffisant ?DIFFICULTÉS D\u2019ORDRE ÉCONOMIQUE Le défaut de ressources matérielles initiales pour lancer une entreprise d\u2019envergure, puis l\u2019instabilité de la clientèle, \u2014 surtout en temps de crise comme après 1929, \u2014 classent les Foyers parmi les risques.On a récemment évalué au moins à $35 par mois la pension nécessaire pour assurer la survie d\u2019un foyer ordinaire.Les petites ouvrières ne la peuvent pas payer, non plus que la catégorie des jeunes filles handicapées en permanence par leur état de santé physique ou moral.Il serait facile, semble-t-il, à une organisation digne de confiance, de prélever les secours charitables qui lanceraient l\u2019œuvre, jusqu\u2019au moment où notre société mettra la protection de la jeune fille au rang des grands problèmes de l\u2019heure.Quant à la conduite de ces foyers multipliés, réclamant un personnel considérable, on peut l\u2019envisager avec optimisme: l\u2019après-guerre libérera des équipes de femmes qui aspirent à des tâches féminines, sans rêver d\u2019un foyer à elles.Leur expérience de la vie et leur courage seront singulièrement mûris.Elles seront aptes à des fonctions dirigeantes, à du service social ou à d\u2019humbles tâches : il en faudra pour tous les postes.Qui sait si les sociétés et instituts religieux adonnés depuis quelques années à cette tâche écrasante de pourvoir seuls à ces œuvres de protection ne prendront pas un essor inattendu, comme ce fut le cas des communautés enseignantes et hospitalières lorsque des conditions meilleures leur permirent de prendre la haute mer, toutes voiles déployées! Alors les foyers pourraient devenir non seulement une digue indispensable au flot de l\u2019immoralité, mais encore un important facteur de restauration familiale et sociale.OCTOBRE 1944 269 LE FRÈRE MARIE-VICTORIN UN UNIVERSITAIRE CATHOLIQUE Louis-Philippe AUDET LA DATE du 15 juillet 1944 sera longtemps un jour de deuil pour les universitaires de cette province et du Canada tout entier, parce qu\u2019elle rappellera la disparition tragique et inopinée de l\u2019un des plus illustres fils du Canada français, le Frère Marie-Victorin.Dans un modeste travail publié au début de 1943, nous nous efforcions de mettre en lumière ses idées pédagogiques et son influence profonde dans le domaine de l\u2019éducation.Nous terminions cette étude en écrivant: Le directeur de l\u2019Institut botanique est aujourd\u2019hui en pleine maturité.Riche de l\u2019expérience de près d\u2019un demi-siècle consacré à l\u2019éducation et aux recherches scientifiques, il peut parler avec une autorité que personne ne saurait lui contester.Souhaitons qu\u2019il ait la santé nécessaire pour que l\u2019étonnante fécondité de son esprit et les innombrables matériaux qu\u2019il a amassés puissent s\u2019expliciter sur un plan plus élevé et plus vaste pour le bénéfice de la science et de notre chère jeunesse.Hélas! ce souhait ne devait pas se réaliser puisque la mort guettait sur la route, en cette soirée fatale, celui qui dormait paisiblement au terme d\u2019une journée particulièrement féconde.Nous voudrions aujourd\u2019hui nous pencher quelques instants sur sa vie pour montrer que le Frère Marie-Victorin fut avant tout un universitaire catholique dans toute l\u2019acception du terme.Son credo en cette matière, il l\u2019a résumé en ces quelques lignes de 1941: Universitaires catholiques, notre devoir nous fut tracé naguère par ce grand universitaire que fut le cardinal Mercier: avoir l\u2019âme haute, très haute; exceller dans l\u2019art de chercher la vérité; ne pas prêcher mais rayonner; imposer le christianisme vrai par la valeur de ceux qui le professent.Et, passant à un domaine encore plus intime, j\u2019ajoute, moi qui vous parle: établir dans nos âmes la ferme conviction que la connaissance, la science, la nature, l\u2019amour, la foi, tout cela est un! Brandir humblement mais courageusement, d\u2019une seule main, les deux flambeaux divins de la connaissance et de l\u2019amour, et essayer de les passer aux autres hommes.I.U Université idéale, selon Marie-Victorin.\u2014 Il est encore trop tôt pour mesurer toute l\u2019influence du Frère Marie-Victorin dans le domaine universitaire.Elle fut profonde, tenace et durable.Pendant vingt ans, il a été mêlé très intimement à cette vie fiévreuse.Il a compris l\u2019étendue de la tâche confiée aux éducateurs responsables de l\u2019orientation de notre vie intellectuelle par le truchement de l\u2019Université.Il conçoit donc que ces écoles de haut savoir ne sont pas des usines mais bien des temples où doit battre une âme ardente.Et cette âme, c\u2019est le culte qui s\u2019y déroule, culte de la vérité, de la beauté et du service désintéressé.Si vous chassez cette âme, le temple devient une boutique et l\u2019autel un étal! 270 La haute mission de nos universités consiste donc à organiser, inspirer et diriger.Elles doivent enseigner notre jeunesse, développer chez elle la faculté de classer et de synthétiser, lui apprendre à chercher et à découvrir de nouveaux faits, de nouvelles applications, de nouvelles lois.Cette influence de l\u2019université doit descendre comme la pluie du ciel, de haut en bas, afin de pénétrer tous les étages de l\u2019enseignement, le secondaire aussi bien que le primaire.Le Frère Marie-Victorin a souligné, en maintes occasions, l\u2019importance capitale de ce mouvement de flexion vers l\u2019école primaire, afin que le milieu soit constamment atteint et vivifié par le rayonnement de l\u2019université.De cette manière le peuple sentira que l\u2019université est sa maison parce qu\u2019elle sera redevenue ce qu\u2019elle était au moyen âge: la fontaine universelle du savoir.Afin de joindre les actes aux paroles, il a travaillé ferme dans son milieu à préparer des professeurs qualifiés pour les autres zones de l\u2019enseignement.Il s\u2019est penché vers la jeunesse de tous âges, afin de l\u2019entraîner à sa suite à cette merveilleuse école qu\u2019il appelait un jour « l\u2019École de la Route ».Par son influence et grâce à son dynamisme sont nés par centaines des cercles de Jeunes Naturalistes dont les membres s\u2019initient comme en se jouant aux secrets de la nature laurentienne.Bref, la conception de l\u2019université idéale, selon Marie-Victorin, se ramène à cette formule simpliste: que chacun dans sa sphère propre travaille à rendre excellents l\u2019enseignement, les programmes d\u2019étude et de recherches, et l\u2019on aura du même coup assuré la perfection de l\u2019université elle-même, qui n\u2019est après tout que la somme totale de ses Facultés ou Écoles.II.U enseignement universitaire des Sciences.\u2014 Le Frère Marie-Victorin a intégré au plan particulier de ses activités professionnelles le credo universitaire dont nous venons de rappeler les principaux articles.Appelé en 1919 à fonder l\u2019Institut botanique de l\u2019Université de Montréal, il manifesta à l\u2019accomplissement de cette tâche un courage à toute épreuve, qui mit en lumière ses qualités naturelles de gentilhomme aussi bien que les dons supérieurs d\u2019intelligence et de cœur dont il était nanti.Il dut d\u2019abord s\u2019attaquer de front aux préjugés nombreux à cette époque, préjugés qu\u2019il a d\u2019ailleurs définis d\u2019un mot très caractéristique: la peur de la science.L\u2019essor scientifique d\u2019aujourd\u2019hui et la vogue inusitée de toutes les carrières scientifiques créent présentement un état d\u2019esprit tel que le seul énoncé des poncifs d\u2019alors nous fait sourire.Il reste tout de même établi que le Frère Marie-Victorin dut à cette époque assumer presque seul la lourde tâche de transformer cet RELATIONS esprit à retardement: il y consacra le meilleur de ses énergies et de ses talents.Il s\u2019efforça d\u2019abord de réhabiliter les études scientifiques et de populariser la véritable notion de la culture scientifique.Il s\u2019entoura d\u2019un cercle de jeunes professeurs qu\u2019il forma à son école, selon des disciplines qu\u2019il jugeait essentielles.Il fonda des sociétés scientifiques et fut l\u2019un des principaux organisateurs de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des Sciences, plus simplement l\u2019ACFAS, dont l\u2019après-guerre nous permettra sans doute de mesurer tout le rayonnement.Ces collaborateurs immédiats sont aujourd\u2019hui des hommes de pensée et d\u2019action, bien entraînés aux disciplines des sciences d\u2019observation; ils sont prêts à recueillir la succession du maître.Les Sciences naturelles, particulièrement la botanique, furent le champ principal des activités du Frère Marie-Victorin.Son ambition principale durant ce quart de siècle consacré à la science fut de créer chez nous une véritable atmosphère scientifique, d\u2019éveiller la curiosité de notre jeunesse pour la science pure, pour la recherche désintéressée de la vérité.Ceux qui sont au courant de nos progrès dans ce domaine conviendront que le directeur de l\u2019Institut botanique n\u2019avait pas placé trop haut son idéal, que non seulement il a fait avancer la science de quelques microns, mais qu\u2019il a suscité « dans le monde de l\u2019éducation et dans le public en général un mouvement considérable en faveur des sciences naturelles.Il a gagné de plus que la paix soit faite entre les trois ordres de l\u2019enseignement sur la place à accorder aux sciences de la nature dans le cycle de nos préoccupations culturelles et dans l\u2019économie de l\u2019éducation nationale ».III.La recherche scientifique.\u2014 La science se propage par l\u2019enseignement, mais elle se vivifie par les travaux de recherche.Une institution scientifique qui ne produit pas est vouée au mépris et à la mort.Ces vérités élémentaires, admises par tout le monde en théorie, ont été, dès les temps héroïques, la loi fondamentale de l\u2019Institut botanique.A preuve, deux textes qui ne manquent pas d\u2019éloquence: Les conférences sont sans doute l\u2019une des manifestations de l\u2019activité scientifique, mais elles ne sont pas l\u2019activité scientifique elle-même! Elles ne remplacent pas, elles ne peuvent en aucune façon remplacer la vie du laboratoire.Et cet autre: Le véritable lien qui unit entre elles les universités du monde consiste surtout dans les publications qui portent de l\u2019une à l\u2019autre à la fois le résultat de leurs travaux respectifs et l\u2019écho de leurs préoccupations intellectuelles.Les universités qui ne publient pas n\u2019existent pas comme telles.Refuser obstinément d\u2019aider les professeurs à publier leurs travaux, c\u2019est à la fois écraser dans l\u2019œuf leurs espérances d\u2019épanouissement intellectuel, et continuer d\u2019amasser sur ces universités le mépris du monde civilisé.Pour être complète, cette étude devrait établir de quelle façon le Frère Marie-Victorin a mis en pratique sa conception de l\u2019université et des problèmes univer- sitaires.Nous l\u2019avons fait dans l\u2019ouvrage cité au début de cet article.De plus, nous croyons utile de signaler à l\u2019attention du lecteur le magistral discours prononcé par le Frère Marie-Victorin, le 1er février 1940, à la Société canadienne d\u2019Histoire naturelle et intitulé: Histoire de V Institut botanique de V Université de Montréal, 1920-1940.Cette lecture constituera un merveilleux complément de ces lignes.Le Frère Marie-Victorin restera dans l\u2019histoire l\u2019une des figures transcendantes de l\u2019Université de Montréal.Il laisse des œuvres qui immortaliseront son souvenir.Il fut chez nous un novateur et un créateur.Sa réputation d\u2019universitaire catholique et de savant a depuis longtemps franchi les bornes de notre pays: les productions et les travaux de l\u2019Institut botanique lui ont valu une renommée internationale.Constatation pénible: peut-être était-il plus apprécié des étrangers que de ses compatriotes.La mort a fixé définitivement sa vie montante.Les héritiers de son esprit et les continuateurs de son œuvre garderont bien vivante, nous en sommes assuré, la flamme qu\u2019il a allumée, il y a un quart de siècle, dans les modestes locaux de la rue Saint-Denis.DOCUMENTAIRES EN PLEINE BONZERIE Louis BOUCHARD, S.J., et Léo-Paul BOURASSA, S.I.NOUS REVENONS d\u2019une randonnée en territoire païen, au célèbre pèlerinage bouddhique des Neuf montagnes fleuries Tchio-Wa-Shan.Plus de cent monastères de bonzes, plus de vingt-cinq couvents de bonzesses, des temples, des grottes sacrées, des piscines, toute la gamme des superstitions, dans un paysage incomparable.En autobus, d\u2019Anking jusque chez les Pères espagnols de Tsing-Yang, puis à bicyclette.Quatre Canadiens, un Basque, et un Chinois: les PP.Bourassa, Valois, Ricard, Bouchard, Arrizabalaga et Wang.Casque colonial, verres fumés, vêtements de cotonnade ne nous préservent pas de la chaleur.Ce qu\u2019un Canadien sue, à bicyclette sous le soleil de Chine! Au pied de la montagne, nos bicyclettes remisées, commence l\u2019ascension de l\u2019escalier de dix mille marches \u2014 vingt fois celui du mont Royal \u2014 qui nous conduit à Tien-Men, la Porte du Ciel, le lendemain midi.Tchio-Rhoi-Shan est une montagne consacrée à Bouddha.Les bonzes en ont fait un lieu de pèlerinage fameux dans tout l\u2019Orient; ils y ont bâti une centaine de pagodes, soit disséminées dans un bosquet de bambous, de cèdres ou de sapins, soit perchées sur un pic dénudé.Les cannes de pêche, seul bambou connu au Canada, ne donnent pas la moindre idée d\u2019une bambou-seraie.Des arbres très longs et qui le paraissent encore plus, car ils sont minces sans paraître fluets, d\u2019un bois vert tendre; un feuillage infiniment gracieux berçant à la brise des lames qui frémissent.La montagne en est couverte et jette une cascade ravissante de vert qui tombe des nues sur la terre.Le bambou est l\u2019arbre providentiel de Chine: on en mange, on s\u2019en chauffe, on s\u2019en fabrique des vêtements; sa solidité incomparable le rend apte à tout, même à un service d\u2019aqueduc.Les moines ont simplement creusé des bambous, ajustés l\u2019un dans l\u2019autre et branchés à un réservoir qui avale un ruisseau.OCTOBRE 1944 271 A deux endroits, l\u2019escalier rampe le long de la paroi lisse du rocher: d\u2019un côté, un mur de centaines de pieds, de l\u2019autre, le ruisseau qui termine un précipice de huit cents pieds.Plus nous montons, plus le spectacle est grandiose.Et dire que ce paradis terrestre ne sait rien de Dieu.Nous visitons chaque pagode.Au seuil, un bonze nous souhaite la bienvenue et nous conduit à la salle des hôtes.Nous nous asseyons autour d\u2019une table, attendant que le domestique nous présente une serviette trempée d\u2019eau bouillante pour nous rafraîchir.La politesse veut que nous nous lavions la figure et les mains avant de boire le thé et de goûter aux bonbons.Vient ensuite la sempiternelle question: « Sien Sheng, Koué Kuo ?Monsieur, quel est votre honorable pays, votre honorable nom?.Trouvez-vous la Chine belle?.» Le F.Wang se charge de satisfaire la courtoisie.Il est arrivé qu\u2019un bonze commençât à nous expliquer sa religion, à faire de la propagande, quoil Le F.Wang, qui connaît le bouddhisme aussi bien qu\u2019eux, questionnait, transquestionnait avec tant d\u2019aplomb qu\u2019après deux minutes, l'interlocuteur était à quia.Une couple de fois, pourtant, il eut du fil à retordre : les bonzes lui posaient des objections pas mal serrées; alors, les Pères prêtres venaient à son secours, de sorte qu\u2019il eut toujours le haut du pavé.Ces discussions finissaient ordinairement par du catéchisme le sourire aux lèvres, et nous nous séparions bons amis.Vers six heures, nous arrivons à une grande pagode couverte de tuiles jaunes, richement décorée de sculptures sur bois et sur pierre.A même la montagne, un bijou de jardin où cèdres et sapins géants ombragent des kiosques au toit retroussé.Nous demandons l'hospitalité pour la nuit.Fort bien reçus comme partout: trois chambres à notre disposition.Rien du Frontenac, mais c\u2019est propre, et l'on est en Chine.Nous nous installons, quand un sourd bourdon commence à tinter.M.le bonze de l\u2019hôtellerie nous invite à faire nos superstitions à M.Bouddha avant le repas du soir.Il nous conduit au temple, grande salle carrée d\u2019une cinquantaine de pieds de côté, d\u2019une quarantaine de hauteur.L\u2019autel géant, appuyé au mur, consiste en une statue mastodonte de Bouddha redorée de frais, posée sur une énorme table de marbre finement sculptée.Devant l\u2019autel, grande urne de bronze où brûle de l\u2019encens; au centre du temple, un gros coussin rouge sur un trépied: c\u2019est le prie-dieu du supérieur.Les autres sont rangés à gauche.Quand tous sont en place, le supérieur donne du marteau sur un vase de bronze, et tous ensemble se prosternent trois fois, le front appuyé au sol, pendant que des bedeaux allument des bâtons d\u2019encens et des chandelles rouges supplémentaires.Une fois les prostrations terminées, tous, debout, mains jointes, yeux baissés, psalmodient leurs prières d\u2019un ton lireux, sur une cadence de marche funèbre.Après une minute ou deux de ce braillage, le ton et la cadence varient brusquement: le débit devient rapide et saccadé, accompagné de cinq ou six instruments de.bruit: sonnettes, gongs de bois, bourdon, tambour.Au milieu de ce tintamarre, ils processionnent en psalmodiant d\u2019un air inspiré, suppliant, mais sans harmonie: Omi Amitaba omitofu ! omi amitaba omitofu !.Le bruit des instruments va toujours grandissant: il s\u2019agit de réveiller Bouddha, d\u2019attirer son attention.Pendant ce tapage, l\u2019encens brûle à profusion et remplit le temple de fumée odoriférante.Un bonze se détache, prend des bâtonnets d\u2019argent et remplit un bol de riz qu\u2019il présente solennellement à Bouddha.J\u2019avoue qu\u2019à certains moments, il me passait un petit frisson dans le dos: j\u2019avais presque peur de voir Bouddha nous parler ou manger du riz.Les bonzes avaient l\u2019air si convaincus que c\u2019était à s\u2019y laisser prendre! Et dire que ces belles cérémonies font probablement l\u2019affaire du diable.Quand le supérieur eut jugé que Bouddha avait entendu leur prière, chacun regagna sa place, refit la triple prostration, et, à la file indienne, on se rendit au réfectoire.Grande salle rectangulaire: des tables rustiques, longues mais très étroites, sont disposées dans le sens de la largeur.Chacun n\u2019a pour vaisselle qu\u2019un grand bol pour le riz et les légumes, un petit pour le thé, puis sa paire de bâtonnets.A un bout du réfectoire, trois gros chaudrons fument, pleins de riz, de légumes et de thé.Vu la métempsycose, les bonzes ne mangent ni poisson ni viande, et nous avons dû serrer nos sardines.A tour de rôle, chacun va remplir ses deux bols; il pourra répéter la dose.Le repas se prend toujours en silence ou avec de la lecture.Les bonzes ont sur la tête deux rangées de cercles minuscules allant du front à la nuque.On nous explique volontiers qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une cérémonie pratiquée le jour de la profession: un peu le symbole de la tonsure, sauf que chez eux, ces petits cercles sont produits par une brûlure dont on nous décrit le rit.Après deux ans de noviciat, les jeunes qui persévèrent s\u2019approchent du supérieur général et demandent leur admission.Ils sont à genoux.Le supérieur leur fixe sur la tête des chandelles minuscules et les allume.Les chandelles se consument à ras le Chinois, causant une douleur très forte, assure-t-on; mais c\u2019est un gage de persévérance.Le bonze \u2014 la bonzesse aussi \u2014 est marqué pour la vie.Rien à y faire, même s\u2019il quitte.Les cheveux ne repoussent plus.Les costumes diffèrent selon les communautés.Toujours la robe longue, croisée sur la poitrine, avec des manches très amples, mais la couleur varie: noir, gris, brun.Pour les cérémonies religieuses, tous revêtent la robe brune à décorations spéciales selon le rang.Nous visitons le temple.L\u2019invariable formule: statues colossales, gros tabourets ronds à leurs pieds, où les bonzes s\u2019agenouillent, tambour ventru, toute une batterie d\u2019ustensiles à fabriquer du rythme.Un splendide brûle-encens de bronze.Sur la galerie l\u2019élégante colonne de marbre où l\u2019on dépose la nourriture offerte aux dieux.Notre bonze assure que cette nourriture est toujours disparue le soir.Le scolastique Wang lui demande s\u2019il croit vraiment que ce sont les dieux, et non pas les oiseaux ou les écureuils, très nombreux, sinon très élégants.Il se contente de sourire, et nous offre une collation : biscuits, fruits confits, toutes choses déjà goûtées, hormis un nouveau thé dont les bonzes ont patenté la culture: du thé blanc, absolument blanc.On apporte de l\u2019eau très chaude où l\u2019on jette des feuilles de thé froissées.Merveille! Au contact de l\u2019eau ces feuilles s\u2019ouvrent, toutes menues, très tendres, choisies à l\u2019extrémité des branches.Elles tombent peu à peu au fond du verre: le thé est à point.L\u2019eau n\u2019a pas changé de couleur: elle demeure aussi limpide, aussi pure.Du thé avec des fleurs, donc aromatisé, d\u2019une saveur très douce.Le petit homme de quatorze ou quinze ans qui nous sert a l\u2019air éveillé.Nous lui demandons s\u2019il se prépare à devenir bonze.« Non.» Puis, à brûle-pourpoint: « Vous êtes chrétiens?Eh bien! moi, il y a trois ans, j\u2019ai passé près de le devenir.» A preuve, il fait son signe de croix et récite Y Ave Maria.Il n\u2019a pas reçu le baptême.Il était catéchumène à Tung-Shen (mission des Pères espagnols), quand son père mourut, le forçant à gagner sa vie.C\u2019est ainsi qu\u2019il échoua à cette pagode, où il gagne un dollar par année! Notre zélé F.Wang, après un bon catéchisme, lui fit promettre de réciter ses trois avé matin et soir.Au départ, nous lui donnons une médaille miraculeuse qui le préservera.Le guide nous conduit voir les pauvres cellules et une guérite hexagonale d\u2019une dizaine de pieds de rayon.Une porte basse y donne accès; il y fait sombre; nous ne distinguons que la lumière d\u2019une petite lampe à l\u2019huile et d\u2019un bâton d\u2019encens allumé devant une idole.Petit à petit, nous 272 RELATIONS apercevons un bonze debout, les mains jointes, les yeux baissés, entre un banc couvert de guenilles et une énorme cloche de bronze avec, en face, parallèle au sol et suspendue à des cordes, une solide bûche ronde qui sert de battant.C\u2019est humide, macabre, on a l\u2019impression d\u2019entrer dans un tombeau.Nous nous inclinons devant le bonze pour les salutations d\u2019usage.En réponse, le doigt sur la bouche, il nous présente un carton: Ne me parlez pas.Et il nous offre le thé de bienvenue.Depuis plus de trois ans, il vit dans ce trou noir et ne dit mot à âme qui vive.On lui apporte sa nourriture; s\u2019il a besoin d\u2019autre chose, il le demande par écrit.Il a consacré sa vie à prier jour et nuit pour les morts; il entretient un bâton d\u2019encens au dieu des trépassés.Ce bâton brûle à côté d\u2019une règle graduée.A tous les pouces environ, donc à peu près tous les quarts d\u2019heure, il doit sonner la cloche et prier pour les défunts, donc ne jamais dormir plus d\u2019un quart d\u2019heure de suite.Je l\u2019examine à plaisir.Une belle figure vraiment, calme, reposée, où se reflète un intérieur pacifié.Il s\u2019est rassis sur la chaise sans dossier où il passe ses heures, à portée du billot qu\u2019il doit balancer et lancer sur la cloche.Il est en méditation, comme les bouddhas des images: les mains à hauteur de poitrine, la paume renversée vers le ciel et se touchant du bout des doigts; les jambes croisées sous lui, de façon que le dessous des pieds aussi soit tourné vers le ciel.Il tient les yeux baissés.Immobilité absolue.A quoi pense-t-il ?.Notre guide répond qu\u2019il tâche de ne penser à rien, de faire le vide en lui-même, de disparaître en lui-même, de se supprimer pour se perdre en la divinité.Y a-t-il comme cela plusieurs ermites ?.Deux seulement.C\u2019est très difficile de le devenir, et ne l\u2019est pas qui veut.Il faut avoir mené une vie irréprochable pendant quinze ans.La demande en doit être approuvée par les supérieurs et la communauté.Il faut jurer le silence pour la vie.Celui qui serait infidèle se verrait retirer sa permission, et priver pour toujours de tout privilège.En passant, on nous dit que bien des moines font des jeûnes complets (ni pain, ni eau, ni rien) pendant une ou deux semaines, même des mois, par pénitence; que d\u2019autres se coupent les doigts.Le fait est rare, et je n\u2019y croyais pas; mais précisément le lendemain j\u2019ai vu un supérieur aux deux annulaires coupés.Par contre, pas de cilice ni les pénitences ordinaires de nos mortifiés, mais bien le chapitre hebdomadaire, où chacun s\u2019accuse de ses fautes et reçoit la pénitence due: jeûne, journées de silence, travail supplémentaire, etc.En quittant le kiosque, vraiment édifiés mais un peu sceptiques, le P.Ricard me dit: « Je ne crois pas qu\u2019il passe ainsi la nuit; ils doivent se remplacer et leurrer les gens.» Le P.Bouchard est un peu de cet avis.Pour en avoir le cœur net, nous nous arrangeons: chacun veillera une partie de la nuit pour s\u2019assurer.C\u2019était bien toujours le même, et chaque fois dans la même position : il semblait somnoler, mais, comme par un instinct de l\u2019habitude ou un réflexe des nerfs, quand la lueur touchait la marque, immanquablement il tapait sa cloche.Nous prions.pour la conversion de ces moines, évidemment sincères, car leur vie est rude.Dans un sanctuaire, trois squelettes à la peau séchée, recouverte d\u2019une mince couche d\u2019or, sont exposés à la bouddhique, mains sur la poitrine, jambes croisées, tête couronnée: ce sont des bonzes canonisés, ce qui nous intéresse fort! Comment cela se fait-il ?.D\u2019abord, il faut avoir vécu saintement.A la mort, les bonzes ordinaires sont incinérés; on ne garde que leurs cendres.Mais si l\u2019un a mené une vie exemplaire \u2014 et je ne doute vraiment pas qu\u2019il y en ait \u2014 au lieu de le brûler, on dépose son corps dans une grande urne, qu\u2019on nous montre.Cette urne est hermétiquement close.Après cinq ans, on l\u2019ouvre, et si le cadavre n\u2019est pas décomposé, seulement séché, le défunt est peut-être canoni-sable.Là ne finit pas l\u2019épreuve: il doit, dans une apparition OCTOBRE 1944 au supérieur général, demander qu\u2019on s\u2019occupe de son affaire.Hélas! cette apparition a toujours eu lieu en rêve.Il doit de plus faire au moins deux miracles, dont un seul est de nature bien déterminée: le canonisable doit attirer les aumônes pour défrayer le coût de sa fête, qui se chiffre par milliers de dollars.L\u2019autre miracle serait une guérison, un phénomène, un bienfait attribuable à son intercession.A la question du F.Wang: «Y a-t-il souvent des guérisons?» le bonze admet que les guérisons sont rares; que les miracles produits sont plus souvent l\u2019arrêt d\u2019un fléau, une récolte exceptionnelle.Tout de même, il faut dire qu\u2019on procède sérieusement.Dans toute la montagne, château fort du bouddhisme depuis plusieurs siècles, il n\u2019y a encore que neuf canonisés.De fait, nous n\u2019en verrons pas plus.Notre cicerone explique ses croyances, la signification des statues, cloches, vases de bronze et autres sculptures religieuses amassés là en grand nombre.Il dut trouver le F.Wang importun avec ses questions, surtout avec ses déductions.Tirant les conséquences naturelles d\u2019une affirmation du bonze, aimablement notre Wang lui en démontrait la fausseté, parfois le ridicule, sans jamais le faire fâcher, tant il avait l\u2019air sincère et désireux de croire.Le vice-supérieur, affable et distingué, nous renseigne sur les moindres détails de leur vie: lever à trois heures et demie.Prière au temple, où il nous invite.Bien qu\u2019éreintés, nous trouvons tous le courage de nous lever pour réciter matines chez les bonzes! La cérémonie ressemble pas mal à celle de la veille, sans rien de la sérénité de nos calmes Trappistes.Nos deux prêtres disent ensuite la messe dans leur chambre, bien sûr la première dans une pagode.Plusieurs moines assistent respectueusement et se prosternent comme nous, jusqu\u2019à terre.Un bol de riz, un bol de thé, et la reprise de l\u2019ascension.Il fait chaud; un gros soleil de feu dépasse la crête, et pas la moindre brise.Enfin voici la Porte du Ciel (Tien-men).Nous comptions trouver là une super-pagode, non ce petit temple malpropre, qui fait penser aux maigres vaches du coteau de sable, favorisées d\u2019une saprêe belle vue! La Porte du Ciel, juchée sur le dernier pic, domine les alentours.De la vaste plate-forme de béton, vue d\u2019ensemble du chemin parcouru: l'interminable escalier semble une capricieuse ficelle négligemment jetée sur la pente verte.Au loin, la plaine immense; les rizières, petits carreaux d\u2019un damier géant.Derrière nous, d\u2019autres montagnes pointues, à l\u2019horizon, percent les nuages et s\u2019y entremêlent.Je consacre à la sainte Vierge ces sommets grandioses.Je me défais de ma médaille-scapulaire, pour l\u2019enfouir sous la mousse.A quand une église?un vrai pèlerinage?.Le spectacle a compensé les fatigues de la montée.La descente fut plus harassante encore: le soir, en arrivant à la pagode où nous passons la seconde nuit, les crampes nous taraudent les mollets.Une nuit chez Bouddha nous allège pour reprendre l\u2019escalier.Un détour pour visiter un prêtre taôiste aux cheveux longs et au thé parfumé, qui vit solitaire dans une caverne, en face d\u2019un ruisseau qui cascade de roc en roc.Un peu plus loin, une formidable cloche de bronze, la plus grosse du monde, paraît-il: elle aura vingt pieds de diamètre et trente de hauteur.Les fondeurs en ont cassé une partie en retirant les moules.Une équipe travaille à la refaire.Elle est destinée à un pic d\u2019où on l\u2019entendra à des milles quand un ermite y marquera ses quarts d\u2019heure.Les dons arrivent de toute la Chine, même des Indes.Le soir, cassés, fourbus, heureux du voyage, nous rentrons à Tsing-Yang.Puisse la Vierge de l\u2019Annonciation amener au Sacré Cœur la Chine si patiente, si croyante, si naturellement chrétienne, \u2014 et si peu renseignée sur Dieu, sur le Christ, sur le but de la vie et de la mort.273 HORIZON INTERNATIONAL Depuis notre dernier tour d\u2019horizon (août 1944), les événements se sont magnifiquement précipités.Ce fut, d\u2019abord, la libération de la France.Avec une rapidité qui ne permettait pas de respirer aux soldats alliés triomphants, à l\u2019ennemi en déroute, et à nos émotions qui éclataient, les noms des vieilles villes apparurent dans les communiqués et vingt siècles d\u2019histoire se remirent à vivre.La soudaineté de la victoire nous laisse aussi joyeusement abasourdis que la déroute de 1940 nous avait accablés.Il avait fallu, alors, plusieurs semaines pour comprendre l\u2019immensité de notre malheur; il faudra du temps pour que nous comprenions toute la portée de la délivrance.Le résultat a été achevé par une collaboration universelle.L\u2019Angleterre commença par arrêter la marée allemande.Elle parle avec fierté de la dure époque où elle fut seule.The year alone ! Ce fut une année épique.Autour de la tenace Albion se rallièrent les vestiges de ce qui avait été l\u2019Europe militante.Le général de Gaulle commença le rassemblement de la résistance française qui devait achever, après quatre ans, tant de succès.Dans le blitz, les aviateurs polonais et belges se couvrirent de gloire.L\u2019héroïque Serbie se rallia autour du général Mihailovic.Les pavillons hollandais et norvégiens apparurent sur tous les océans.Le Canada devint un immense réservoir de matières premières, de munitions, d\u2019aviateurs.Les soldats de tout l\u2019Empire apparurent sur tous les champs de bataille.Puis, ce fut l\u2019invasion de la Russie; la longue résistance de l\u2019armée rouge qui porta des coups terribles à la machine allemande.Pendant ce temps, l\u2019Amérique s\u2019armait.Ce fut là, croyons-nous, un des plus grands prodiges de cette guerre.Quand, après Pearl Harbor, le président Roosevelt annonça ce qu\u2019allait être la production des États-Unis, on crut qu\u2019il parlait de choses impossibles.Le génie industriel américain, allié à l\u2019élan magnifique de la population, transforma les États-Unis en un gigantesque arsenal dont l\u2019univers bénéficia.Une fois la machine de guerre montée, le triomphe était certain.Des agités tentèrent de précipiter les choses en poussant hâtivement à l\u2019ouverture d\u2019un deuxième front.On attendit que l\u2019on fût prêt.D\u2019autres problèmes devront encore être résolus.Ne nous arrêtons pas sur certains excès, difficilement évitables, qui eurent lieu en France aux premiers moments de la libération.La chasse aux « collaborationnistes », vrais ou présumés, couvrira sans doute des vengeances personnelles, des rancunes locales, des visées politiques.Après les explosions de la première heure, le bon sens français réaffirmera ses droits.Plus graves sont les inquiétudes exprimées par le Souverain Pontife dans son discours du 1er septembre, prononcé peu de temps après la visite au Vatican de M.Winston Churchill.Si le Pape recommande la fidélité à l'héritage de civilisation chrétienne et sa courageuse défense contre les tendances athées et antichrétiennes, fidélité qui ne peut être sacrifiée à des avantages transitoires et des combinaisons mouvantes, c\u2019est qu\u2019il sait que la civilisation chrétienne est menacée.Dans l\u2019impatience que tous ressentiront d\u2019être libérés des misères de la guerre, les propagandes les plus radicales trouveront un champ fertile.Il n\u2019a pas besoin de nous parler de l\u2019intransigeance totalitaire des communistes.Avec des précisions nouvelles, il réaffirme la doctrine de l\u2019Église sur la propriété privée, sur les abus d\u2019un capitalisme condamné par l\u2019Eglise.Il fait un émouvant appel à l\u2019esprit de charité et de collaboration.Il regrette que des quantités considérables de vivres, envoyées au Vatican, soient arrêtées en route.274 Si l\u2019on pouvait remplir les mains du Pape, si le Pape pouvait nourrir les affamés, habiller ceux qui sont nus, réunir les familles dispersées comme il voudrait le faire, il pourrait à lui seul sauver l\u2019Europe comme il a sauvé Rome.Il fait encore une fois appel à la charité des catholiques à travers le monde.Qu\u2019on ne laisse pas nos problèmes locaux pousser à l\u2019arrière-plan cette préoccupation transcendentale du Souverain Pontife.Si l\u2019Europe affolée se jette dans la révolution, parce qu\u2019on n\u2019aura pas tout fait pour guérir son âme après avoir sauvé son corps, le désordre aura vite fait de traverser l\u2019océan.Dans un article qui parut dans Life (4 septembre), M.William C.Bullitt, naguère ambassadeur à Moscou et à Paris, aujourd\u2019hui commandant dans l\u2019armée française, fait un tour impressionnant d\u2019horizon.Il se fait l\u2019écho de ce qu\u2019il a entendu à Rome.La grosse question que tout le monde se pose est celle-ci: Will the result of this war be the subjugation of Europe by Moscow instead of Berlin ?Le résultat de cette guerre sera-t-il la domination de l\u2019Europe par Moscou au lieu de Berlin?Il analyse d\u2019abord le sort qui a été fait à la Pologne par la Russie soviétique: 1,700,000 Polonais déportés de 1939 à 1941; l\u2019établissement d\u2019un gouvernement communiste en Pologne.Il se garde de donner une opinion personnelle, mais, dit-il, les Romains s'attendent à ce que l'Union Soviétique domine la Finlande, l\u2019Esthonie, la Lettonie, la Lithuanie, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie et la Tchécoslovaquie.Par des gouvernements provisoirement non communistes, les Soviets domineraient l\u2019Europe jusqu\u2019à l\u2019Oder.De l\u2019Oder à l\u2019Elbe, l\u2019Union Soviétique pourrait installer un gouvernement allemand de son choix.On craint également pour l\u2019Autriche et la Yougoslavie.Les Romains espèrent que Britanniques, Anglais et Américains pourront conserver VAllemagne qui se trouve à l'ouest de l'Elbe libre du contrôle communiste, et qu'ils finiront par établir un gouvernement démocratique dans ce territoire et le rattacher à l'Occident par des liens économiques et idéologiques solides.Les Italiens savent que si les communistes gouvernent V Italie, la main de Moscou sera posée sur le Pape.Seuls, les Britanniques seront incapables d\u2019assurer la stabilité de l\u2019Europe; il faut la collaboration des États-Unis.L\u2019article de M.Bullitt est terriblement impressionnant.Les quelques lignes citées plus haut n\u2019en donnent qu\u2019une très faible idée.Quiconque s\u2019intéresse à l\u2019avenir de la civilisation doit lire cette étude.Naturellement, Pravda est en colère; elle accuse M.Bullitt d\u2019être un menteur et de faire le jeu d\u2019Hitler.Il y aurait, paraît-il, un mensonge à chacune des cinq lignes de l\u2019article incriminé.Pravda accuse l\u2019auteur américain d\u2019être un espion en faillite.AMÉRIQUE LATINE DOUR CERTAINES CHOSES, * il vaut peut-être mieux parler de groupes de nations que de nations.Après tout, si Hitler se fait battre, il a tout de même réussi à nous faire accepter une bonne partie de sa théorie de « sphères d\u2019influence ».Certaines des grandes Nations sont discrètes et modérées.D\u2019autres le sont moins et ont des visées un peu colossales.Après avoir donné à la Russie sa nouvelle Constitution, M.Staline expliqua aux communistes soviétiques comment ils devaient désormais expliquer patiemment aux fidèles l\u2019inanité et la nocivité des pratiques religieuses.Cet appel à l\u2019intelligence venait d\u2019un homme intelligent.N\u2019hésitons pas, de nôtre côté, à expliquer patiemment aux communistes la nocivité et l\u2019inanité de certaines de leurs pratiques.D\u2019après RELATIONS un communiqué de Moscou en date du 6 septembre, notre revue aurait été citée par la Guerre et la Classe ouvrière, magazine soviétique.Nous avons donc fini par gagner l\u2019oreille du Kremlin.C\u2019est beaucoup plus satisfaisant que d\u2019argumenter avec des communistes locaux, dont l\u2019incapacité d\u2019influencer la ligne générale du parti est notoire.Un hebdomadaire mexicain, Manana, avait donc publié un long discours prononcé par le député communiste chilien Lafferte, au congrès communiste de Mexico, au cours d\u2019une séance réservée aux dirigeants du parti.Le texte de ce discours \u2014 au moins en partie \u2014 fit le tour de nombreux journaux des deux Amériques, et il le méritait.Manana n\u2019est pas une feuille vulgaire; c\u2019est un des grands hebdomadaires mexicains.L\u2019évidence interne nous poussait à reconnaître l\u2019authenticité du document.Personne, sauf un communiste de grande classe, n\u2019était à même de nous donner de telles précisions sur l\u2019agitation communiste passée (voir tout particulièrement les références à l\u2019action du Brésilien Prestes), et sur la situation présente des divers pays du point de vue de la révolution.Nous n\u2019avions aucune raison valable de douter de ce texte.Le passer sous silence eût été trahir notre profession de journaliste.Depuis lors, d\u2019ailleurs, ce document a été remis officiellement avec quelques autres au procureur général de la Justice de la République Mexicaine, M.Aguilar y Maya, qui l\u2019a enseveli dans ses cartons.Nous n\u2019avons pas encore eu écho d\u2019une intelligente protestation de Lafferte.Le document parut dans l'Action catholique le soir du 5 août.Dès le 12 août, un démenti parut dans la Victoire communiste de Montréal, avec photographie et signature de M.Ryerson, prétendant que le document était un faux, « fabriqué dans un but précis: celui de saboter un rapprochement diplomatique possible entre le Saint-Siège et VU.R.S.S.».Trois remarques: 1° Je croyais que le Komintern était supprimé.Si M.Ryerson avait eu des documents pour nous prouver que le discours en cause était un faux, je les aurais lus avec intérêt.Une violente apologie de ce genre ne peut signifier qu\u2019une chose: que la solidarité internationale du communisme reste intacte.2° Nous avons plus d\u2019une fois exposé dans Relations ce qui nous semblait être un terrain d\u2019approche pour des conversations entre l\u2019U.R.S.S.et le Saint-Siège.Nous ne sommes pas mandatés pour cela, mais notre longue étude sur le Concordat signé par le Saint-Siège et Alexandre III prouvait, ce semble, que pour qu\u2019il y ait entente entre le Saint-Siège et l\u2019U.R.S.S.il fallait qu\u2019il y eût, en U.R.S.S., des intérêts religieux au sujet desquels on puisse parler.Nous concluions que la première chose à faire était de rétablir le culte catholique parmi les catholiques d\u2019U.R.S.S., \u2014 au besoin, en invitant des prêtres catholiques en Russie et en Sibérie pour qu\u2019ils puissent y administrer les sacrements.Le rapprochement diplomatique ne suivrait peut-être pas immédiatement, mais des jalons auraient été posés.Nous désirons infiniment plus que M.Ryerson le rétablissement de la paix entre l\u2019U.R.S.S.et le Saint-Siège.M.Ryerson, hélas, ne comprend absolument rien à la question.3° Le seul critère de M.Ryerson pour juger de la vérité ou de la fausseté d\u2019un document est si ce document aide ou gêne les intérêts de son parti.Est vrai ce qui est conforme aux intérêts communistes; est faux ce qui les gêne.Donc, pour M.Ryerson, quiconque s\u2019oppose à tel ou tel point de vue, posé par la ligne du parti, est nécessairement un menteur.Par contre, quiconque reste docilement dans la ligne est champion de la vérité.Il est très difficile de raisonner avec un homme pareil.J\u2019ai infiniment plus de respect pour les rédacteurs du Vestnik de Toronto, journal russe rédigé de main de maître.Ils laissèrent passer l\u2019incident totalement sous silence.C\u2019était, pour des communistes qui veulent le rester, ce qu\u2019il y avait de mieux à faire.Ceci posé, continuons notre tournée en Amérique Latine.COLOMBIE J~YAPRÈS UNE CORRESPONDANCE ^ de Bogota (25 août) aux « Noticias Ca-tolicas », service de nouvelles publié à Washington, « des représentants autorisés du parti libéral et du parti conservateur sont d\u2019accord pour dire que le communisme représente un « immense péril » et la « ruine » pour la Colombie.En même temps, la presse catholique répète une fois de plus ses remarques aux fidèles sur l\u2019interdiction d\u2019appartenir au communisme ou de collaborer avec lui ».Omettons ce que disent les conservateurs.Voici une citation de El Tiempo, libéral, que nous traduisons de la même correspondance: Le parti socialiste démocratique est le nouveau nom officiel du courant communiste parmi nous; son chef et animateur, Gilberto Vieira, avec la franchise qui caractérise son action, déclara rondement au deuxième congrès national du parti que l\u2019objectif concret est de réaliser parmi nous les doctrines de Marx, Lénine, Staline.Il annonce ensuite que le Parti a pu réunir un fonds de propagande de 25,000 pesos colombiens, « tandis que le parti libéral n\u2019a jamais réussi à réunir une somme égale, ni même très inférieure ».Le parti social démocratique aspire à mener au communisme les masses colombiennes; il ne veut pas être une petite chapelle de doctrinaires, mais un grand parti populaire; dans ce but, il n\u2019a pas hésité à mettre tant d\u2019eau dans son vin, que le breuvage en est devenu plus que suspect.L\u2019effort pour le présenter comme innocent et extrêmement appétissant pour tous les palais \u2014 en même temps que d\u2019autre part on ne dissimule pas les aspirations doctrinaires ultérieures \u2014 est tellement violent que les plus étourdis sont mis en méfiance.Après diverses considérations sur la défense que doit entreprendre le parti libéral, El T iempo conclut: « Le présent est plein de leçons que nous devons étudier; l\u2019indolence inconsciente est le plus grave péril que nous devons combattre.Si nous ne le faisons pas de toutes nos forces, nous irons, les yeux ouverts, à des abîmes que seuls les aveugles volontaires ne peuvent pas voir.» Dans son numéro de juin 1944, Revista Javeriana publie une longue étude sur le développement du communisme en Colombie depuis 1933 jusqu\u2019à nos jours (pages 177-194).Résultats impressionnants: le mouvement syndical est largement dominé par les éléments communistes.Le comité exécutif de la Confédération des Travailleurs Colombiens est composé de dix-neuf libéraux et douze communistes, mais ce sont les camarades qui mènent.Ici, en Colombie, remarque l\u2019éditorial de El Tiempo (30 mars 1944), le commandement des forces ouvrières et, ce qui est plus grave, des syndicats ouvriers, est en train de passer aux mains du parti communiste, parti qui sait ce qu\u2019il veut et où il va.Le congrès ouvrier de Bucaramanga, grâce à de très habiles manœuvres, eut une forte majorité communiste et fut dominé par les leaders communistes.Le Diario Popular, feuille communiste de Bogota, remet à l\u2019ordre du jour les vieilles campagnes contre la « féodalité », contre tout labeur social catholique et attaque énergiquement tout ce que le clergé essaie de faire dans les milieux ouvriers, même s\u2019il s\u2019agit du ministère le plus rigoureusement spirituel.URUGUAY\tryAPRÈS UNE CORRESPONDANCE du 1er juillet, il y eut à Montevideo un meeting catholique auquel participèrent environ cent mille personnes qui défilèrent dans les rues de la ville.Il s\u2019agissait d\u2019un hommage au Pape, à l\u2019occasion de la fête des saints apôtres Pierre et Paul (29 juin), pour les immenses services qu\u2019il avait rendus aux blessés et prisonniers de tous OCTOBRE 1944 275 les pays belligérants.On avait désiré couronner la fête par une réunion à la salle du Service officiel de Diffusion radioélectrique.Le Conseil des Ministres refusa la salle aux catholiques, disant que « ni la salle ni le poste émetteur ne pouvaient servir à des actes de propagande politique et religieuse, ni pour fêter des dates qui peuvent signifier des attaques contre des gouvernements déterminés avec lesquels le Gouvernement soviétique est en rapports diplomatiques ».Ainsi, fêter les saints Pierre et Paul était une attaque contre la Russie!!! Le jour après avoir refusé la salle aux catholiques pour fêter le Pape, on la céda à d\u2019autres pour fêter la Russie.El Bien Publico, journal catholique de Montevideo, remarqua ce manque de logique: De cette salle, on attaqua le Saint-Siège (avec lequel l\u2019Uruguay maintient des rapports diplomatiques.N.D.L.R.), sous les auspices de « l\u2019Italie Libre »; la propagande communiste de l\u2019U.G.T.rencontra la plus grande bonne volonté des autorités.C\u2019est toujours là que la Mère Maria put raconter ses histoires tant qu\u2019elle voulut, que les communistes hongrois, slaves, tous, purent déclamer leurs conférences dans leur langage de haine, dans le langage bégayant que nous entendîmes la nuit dernière.ÉQUATEUR\t7 \u2019INTERDICTION DU COMMUNISME ^ vient d'être levée au Vénczuéla.Quant à l\u2019Équateur, un journal communiste de Toronto nous annonce que quatre communistes furent élus comme députés aux récentes élections présidentielles.L\u2019un d\u2019entre eux, Vieira,, a été immédiatement nommé ministre de l\u2019Instruction publique.Ça marche! Rien d\u2019étonnant à ce que le numéro courant du Harper's Magazine publie un long article sur « La coquetterie soviétique avec l\u2019Amérique latine ».D\u2019ici, il n\u2019est pas facile de distinguer entre ce qui est soviétique et ce qui est communiste.Peut-être n\u2019y a-t-il dans tout cela que du communisme local.PAYS SLAVES QN A REMARQUÉ que depuis plu-^ sieurs mois l'offensive soviétique contre la Prusse orientale était arrêtée.Les Soviets s\u2019installent dans les pays slaves et balkaniques.Ne cherchons pas à pénétrer les secrets militaires.Renvoyons les esprits curieux à l\u2019article de M.Bullitt, cité plus haut.Le scandale de Varsovie a créé une impression terrible dans le monde entier.Voici les faits; nous résumerons la lettre de E.White à la Gazette de Montréal du 13 septembre qui contient des informations que nous avions également recueillies ailleurs.1° Le 26 juillet 1944, le Gouvernement polonais de Londres, qui jusqu\u2019alors avait été en rapports continus avec Y under ground de Varsovie, délégua au général Bor, chef de cet underground, les pouvoirs pour déclarer l\u2019insurrection armée contre les Allemands.2° Le lendemain, 27 juillet, le général Sosnkowski, commandant en chef des armées polonaises, mit en garde le général Bor contre une insurrection prématurée.3° Le 30 juillet, Radio-Kosciuszko, de Moscou, émit la proclamation suivante du Comité polonais de Libération nationale, créé par Moscou pour gouverner la Pologne à la place du gouvernement en exil: Varsovie tremble au bruit du canon.Les armées soviétiques avancent et approchent de Praha.Elles viennent nous apporter notre délivrance.Quand les Allemands seront chassés de Praha, ils tenteront de s\u2019accrocher à Varsovie et de tout détruire.A Bialystok, ils pillèrent durant six jours.Ils tuèrent des milliers de nos frères.Il faut tout faire pour éviter une répétition de ces horreurs à Varsovie.Peuple de Varsovie, aux armes! Toute la population doit se rallier à l\u2019armée de Y underground.Attaquez les Allemands.Les Allemands détruisent les édifices publics.Aidez l\u2019Armée rouge à passer la Vistule.Informez-la et montrez-lui les meilleurs gués.Plus d\u2019un million d\u2019habitants devraient devenir une armée d\u2019un million d\u2019hommes, luttant pour la délivrance et détruisant l\u2019envahisseur allemand.4° Le 1er août, alors que les obus russes tombaient sur Varsovie, le général Bor proclama l\u2019insurrection; 25,000 hommes se réunirent autour de lui et occupèrent un tiers de la ville, en particulier les trois ponts sur la Vistule qui relient Praha à Varsovie.5° Le 5 août, l\u2019armée rouge cessa de bombarder Varsovie et abandonna l\u2019underground polonais aux Allemands.Les demandes d\u2019aide adressées par le général Bor aux Soviets restèrent sans réponse.6° Le général Bor fit alors appel aux autorités militaires anglaises et étatsuniennes pour qu\u2019elles envoient des munitions et quelques aéroplanes.Les Soviets refusèrent aux aviateurs anglo-américains l\u2019usage de champs d\u2019aviation aux mains de l\u2019armée rouge.Le 19 août, le Wellington Evening Post annonça que des avions de la R.A.F.partant de bases italiennes avaient fait un voyage aller et retour de 1,700 milles pour ravitailler Varsovie.Ces raids, achevés au prix d\u2019énormes difficultés (il fallait traverser toute l\u2019Allemagne), ont coûté de nombreuses vies anglaises.Après que vingt-sept bombardiers eurent été perdus, cette aide, semble-t-il, s\u2019arrêta.7° L'underground polonais fut laissé à lui-même quarante-cinq jours.Alors l\u2019armée rouge recommença sa marche vers Varsovie.Une seule conclusion s\u2019impose: Russes et Allemands collaborèrent pour la destruction de l'underground polonais.Telle est la thèse polonaise.La thèse russe commença à être affirmée le 12 août dans un éditorial du Hamilton Spectator; le lendemain, l\u2019écrivain soviétique Boris Skomoroski écrivit à New-York un article plus étendu qui parut ensuite dans les journaux communisants de nos pays.Du même 13 août, le communiqué de Tass.Voici ce qu\u2019écrivit le rédacteur du Hamilton Spectator, que nous citons d\u2019après Kronika Tygodniowa du 19 août: Les sources d\u2019information alliées de Londres estiment qu\u2019une erreur tragique a été commise par les réactionnaires polonais en convoquant Y underground de Varsovie aux armes l\u2019après-midi du lor août.Le mot d\u2019ordre était « Tempête » ; il fut donné alors qu\u2019une armée rouge avançait près de Varsovie.Le Gouvernement polonais de Londres et le haut commandement allemand conclurent que Varsovie allait être prise.La stratégie russe, par contre, était d\u2019établir une tête de pont à 115 milles au sud de Varsovie.Des contre-attaques nazies tendaient alors à ralentir les avances russes.Autant qu\u2019on peut le savoir à Londres, le Gouvernement polonais ou les réactionnaires polonais qu\u2019il faut blâmer pour cette action lamentable n\u2019avertirent pas les gouvernements britannique ou américain de leur décision à convoquer Yunderground de Varsovie à l\u2019action.S\u2019ils avaient agi ainsi, Londres ou Washington auraient pu consulter Moscou et apprendre officiellement si ceci pouvait se faire avec sûreté, et combien de temps il fallait attendre pour que Varsovie puisse être libérée par l\u2019armée rouge.La situation à Varsovie est poignante et triste; elle montre les résultats désastreux auxquels il faut s\u2019attendre des actions de personnes irresponsables qui jouent pour le pouvoir politique avec les vies d\u2019hommes braves, et s\u2019efforcent de gagner leurs propres avantages au lieu de coopérer avec leurs A.lliés.Depuis cet éditorial du Hamilton Spectator qui semble avoir été, au Nouveau Monde, le premier coup de clairon de la fanfare communiste, les camarades n\u2019ont fait que se répéter.Ils n\u2019ont pas réussi à convaincre le public américain.La petite ruse de donner la primeur à un journal de langue anglaise nous semble un peu enfantine.En tout cas, le rédacteur en chef du Saturday Night consacra à la Pologne un émouvant article le 9 septembre 1944, reproduit ensuite dans la Gazette de Montréal du 14 septembre.Joseph-H.Ledit.RELATIONS 276 LIVRES RECENTS VIE CHRÉTIENNE SOCIOLOGIE A.-D.SERTILLANGES, O.P.: Recueillement - Affinités - Devoirs - Spiritualité.\u2014 Paris, Éditions Montaigne, 1938.Montréal, Éditions Fides, 1944.Quatre volumes de la collection « Vie intérieure », Tome I, 223 pp., T.II, 288 pp., T.III, 231 pp., T.IV, 254 pp.Chacun 19 cm.AU SEUIL même du premier de ces quatre volumes, une pensée de Pascal nous indique l\u2019ambition de l\u2019auteur : .L'ordre de la pensée est de commencer par soi, par son auteur et sa fin.Or, à quoi pense le monde ?Jamais à cela; mais à danser, à jouer du luth, à chanter, à faire des vers, à courir la bague, à se bâtir, à se faire roi, sans penser à ce que c'est qu\u2019être roi, et qu\u2019être homme.Si l\u2019homme est grand par sa pensée et par sa pensée projetée sur Dieu, il faut l\u2019habituer à s\u2019isoler du fracas de la vie pour prendre contact avec l\u2019essentiel.A cette fin, le P.Sertillanges lui propose « dix minutes de culture spirituelle par jour ».Celui qui voudra fermer les yeux pour diviniser son existence trouvera d\u2019abord dans Recueillement une série de courtes méditations sur la destinée, la connaissance de soi, la possession de soi, le temps, l\u2019art de vivre, la richesse et la pauvreté, les vains désirs et les désirs vivifiants, le paradoxe de la douleur, la mort qui est un appel consolant pour celui qui, dans son recueillement quotidien, aura appris à espérer la pleine lumière.\u2014 Avec Affinités, nous entrons dans la joie de.la charité.Une mystérieuse alliance nous unit à Dieu et à notre prochain.La Trinité jaillit en nous.C\u2019est la vie de la grâce.Celui qui songe sérieusement à ce don ineffable peut-il attaquer la Providence divine ?Le lecteur goûtera, en ces temps troublés, les huit méditations sur la Providence.Elles lui apprendront que les doutes sur ce grand mystère tomberaient si l\u2019homme était assez sage pour ne pas oublier d\u2019un côté l\u2019immensité de l\u2019œuvre divine et de l\u2019autre l\u2019exiguïté de sa propre existence.L\u2019œuvre de Dieu est nécessairement une œuvre de vie.Vie qui, un jour ou l\u2019autre, bondit fraîche et rayonnante de la mort, de la douleur et du chaos.« Tout est vie et amour dans le vaste sein de l\u2019Être.» En parlant dans le volume précédent du jaillissement trini-taire en nous, œuvre et offre d\u2019amour, le P.Sertillanges faisait remarquer que cette sublime présence était aussi une exigence d\u2019amour.Devoirs détaille cette austère mais pacifiante exigence.Un mot résume tous nos devoirs: intégrité.« L\u2019intégrité consiste, pour l\u2019homme, à se rejoindre lui-même en sa plénitude et, image de Dieu au spirituel, à revêtir pour ainsi dire sa forme sacrée.» Cette intégrité luit à nos yeux comme un idéal.Comme elle est vraie et attristante, à la fois, cette réflexion, que « l\u2019homme sait tout faire, excepté l\u2019homme »! Et cependant, c\u2019est bien la plus belle œuvre d\u2019art.Le lecteur trouvera dans ce volume la technique de cet art délicat.\u2014 Spiritualité, le quatrième volume de la série, n\u2019est pas un traité en forme sur la vie intérieure.L\u2019auteur a rassemblé de courtes pensées qu\u2019il a probablement notées au jour le jour.Les sujets de ces pensées sont, en somme, les mêmes que ceux des volumes précédents.Ce livre, moins original que les premiers, reste encore un bon instrument de culture spirituelle.Il faut féliciter les responsables de cette réédition canadienne.Ces ouvrages sont susceptibles d\u2019orienter puissamment vers une foi vécue.Ils seront appréciés des lecteurs qui peuvent assimiler une nourriture solide.Quand on sait, en effet, quel pénétrant esprit est le P.Sertillanges, on ne sera pas surpris de trouver souvent un style dense, exigeant une lecture lente si l\u2019on désire toucher tous les contours d\u2019une pensée forte qui saisit aisément les multiples rapports des êtres entre eux et avec Dieu.Mais, très souvent aussi, cette vigueur de la pensée est adoucie par des citations heureuses, signes d\u2019une vaste culture, et par des vibrations délicates qui laissent soupçonner la finesse du psychologue et la chaleur intérieure de l\u2019apôtre.L\u2019apôtre sera récompensé de son labeur si, grâce à lui, les hommes, ses frères, réfléchissent en « fermant les yeux pour tout voir.Les yeux ouverts voient si peu de chose! » L\u2019Immaculée-Conception.Albert Plante.Race, Nation, Person.Social Aspects of the Race Problem.A Symposium.\u2014 New-York, Barnes & Noble, 1944.436 pp., 23.5 cm.EN 1938, le Saint-Siège censurait huit propositions extraites des doctrines racistes et totalitaires et, en même temps, demandait à toutes les universités catholiques du monde entier, de réfuter et de combattre les erreurs ainsi condamnées.Pour répondre à ce désir de Rome, The Catholic University of America fit appel à la collaboration de savants de réputation internationale et les chargea du procès des doctrines incriminées.Le présent livre contient les travaux de ces éminents collaborateurs, au nombre desquels figurent trois noms bien connus au Canada français: le P.J.-T.Delos, o.P., le P.Yves de la Brière, s.j., et Don Luigi Sturzo.On y rencontre, comme dans toutes les œuvres de ce genre, des répétitions et des redites, des hauts et des bas, mais le tout est fortement pensé et porte la marque des puissants esprits qui le composèrent.Outre les travaux des auteurs précédemment cités, nous nous permettons de signaler à l\u2019attention un document remarquable d\u2019originalité et de profondeur, \u2014 anonyme malheureusement par suite de la guerre \u2014 et qui s\u2019intitule: Catholic Personalism faces our Times.Aujourd\u2019hui se discutent et plus encore demain se discuteront les rapports de la race et de la religion, de la personne et de la société, du nationalisme et de l\u2019internationalisme, des groupements particuliers et de la société politique, de l\u2019Église catholique et des différentes cultures nationales.Sur toutes ces questions controversées, le présent volume apporte des vues sûres et profondes, qui peuvent être une magnifique contribution à la solution des problèmes que pose l\u2019édification de la cité future; très modestement, l\u2019un des auteurs avoue à ce sujet: « Our epoch stands in need of a new St.Thomas or a new Suarez to solve the difficulties which the theology of this new City raises.» En attendant que se lève un tel théologien, chacun pourra consulter avec plaisir et profit la somme magistrale que l\u2019université catholique d\u2019Amérique vient de publier sur la race, la nation et la personne.\tRichard ARgs L'Immaculée-Conception.Jacques MaRITAIN: Principes d\u2019une politique humaniste.\u2014 New-York, Éditions de la Maison Française, 1944.232 pp., 19 cm.SOUS LE TITRE Principes d\u2019une politique humaniste, Mari-tain a réuni cinq essais qui étaient déjà parus dans différents périodiques.Quoique d\u2019aspect varié, ces dissertations font usage des mêmes principes et tendent au même but: les chapitres sur la conquête de la liberté, la démocratie et l\u2019autorité, l\u2019égalité et la fraternité humaines, la fin du machiavélisme proclament quel est le véritable progrès pour la société et pour la personne humaine; ils s\u2019inspirent de l\u2019Évangile et d\u2019une philosophie thomiste progressive.Notons quelques pensées qui font centre.\u2014 La suprême liberté se gagne par la réalisation spirituelle de sa dépendance envers Celui qui, étant la Liberté même, libère les personnes, unies à Lui par sa grâce et par une soumission amoureuse à sa volonté.\u2014 Si les démocraties veulent triompher des épreuves de la guerre et même de la victoire, elles doivent se rappeler que les techniques matérielles et les richesses doivent être entièrement subordonnées à l\u2019homme; pour cela, une véritable révolution intellectuelle et morale est avant tout nécessaire.\u2014 La tragédie du chômage, la tragédie des réfugiés et des émigrants, la tragédie de la guerre sont le signe de graves désordres politiques auxquels chacun de nous doit travailler à porter remède, non pour n\u2019importe quel motif, mais parce que Dieu a aimé les hommes et pour le respect dû à l\u2019image de Dieu en chaque créature humaine.\u2014 La politique, quand elle est décidément séparée de l\u2019éthique, devient une principauté démoniaque qui est l\u2019antagoniste de l\u2019Incarnation rédemptrice; contrairement au machiavélisme, il faut soutenir que la politique est essentiellement morale, parce que l\u2019éthique, qui veut la pleine réalité humaine du bien commun, est essentiellement pratique.OCTOBRE 1944 277 Jamais banal, parfois obscur, toujours philosophe et chrétien, Maritain a livré au public un recueil que feraient bien de méditer les sages de notre Institut démocratique québécois et tous ceux qui veulent sauver et améliorer les démocraties.Ceux qui se préoccupent des problèmes politiques trouveront dans ces pages un écho de leurs discussions et des principes pour les résoudre.U Immaculêe-Conception.Frédéric Saintonge.GEOGRAPHIE Benoît Brouillette: Le Canada par Fimage.\u2014 Montréal, Éditions Beauchemin, 1944.143 pp., 24.5 cm.C\u2019EST UN FILM animé de statistiques neuves et de réflexions originales que déroule l\u2019auteur sur Montréal, le Québec et le Canada.L\u2019introduction nous rappelle comment la géographie est devenue une des sciences les plus humanisantes et expose une excellente méthode de l\u2019enseigner.L\u2019A.ramène ses observations aux facteurs essentiels: physique, humain, économique; mais cette vue précise des milieux étudiés, il la colore par des vues d\u2019ensemble, des photos appropriées, des comparaisons avec les pays d\u2019Europe.L\u2019étude de la structure du sol découvre des mines très riches et presque à fleur de terre.Nos industries sont l\u2019objet d\u2019une étude critique qui signale le danger du déboisement, note la pauvreté de moyens de l\u2019industrie de la pêche et surtout du sucre d\u2019érable, suggère la culture de produits que nous importons en grande quantité comme le lin, la laine, le sucre, etc.Des chiffres renseignent sur le peuplement du Canada, l\u2019apport de chaque race, la répartition des habitants dans les différents centres.Ce volume, qui révèle ou rappelle tant de choses, garde néanmoins le charme d\u2019une promenade éducative; on y apprend à voir, à aimer son pays, à concevoir avec réalisme les améliorations qui aideront à sa prospérité.Son succès est de bon augure.Sault-au-RÉcollel.\tLucien É™,ER' Arthur LEPAGE: Normandie et Bretagne.\u2014 Montréal, Éditions de l\u2019Arbre, 1944.247 pp., 20.5 cm.CE « récit d\u2019un voyage au pays de l\u2019herbage » nous promène au pays de l\u2019invasion alliée: Cherbourg, Caen, Brest, Nantes et leurs environs aux jours prospères de 1939.L\u2019A.sait photographier la vie, citer les guides et tirer des conclusions pour notre agriculture, peut-être aussi pour notre hôtellerie, car il dit avec plaisir ce qu\u2019il a bu et mangé.Souhaitons qu\u2019au moins le cidre nous vienne à la bouche! Un appendice traite de la transplantation des Lepage à Rimouski et à Terrebonne.L\u2019écriture est de style calepin, assez négligée, relevée de 150 illustrations et cartes.Les événements de guerre donnent aux villages parcourus une heureuse actualité: leurs noms reviennent souvent chaque jour dans les nouvelles.Alexandre Dugré.LITTERATURE Rex Desmarchais: La Chesnaie.\u2014Montréal, Éditions de l\u2019Arbre, 1942.294 pp., 19.5 cm.((/^ETTE HISTOIRE de la Chesnaie est le fruit amer et aimé V-' d\u2019une lente maturation », affirme l\u2019auteur.Hugues Laroque est un de ces volontaires à forte mâchoire, purs d\u2019idées, qui anga-rient toute énergie qui les entoure, hommes et choses, aux fins qu\u2019ils s\u2019imaginent avoir choisies.Hugues Laroque entend brasser l\u2019État Libre Dictatorial de la Nouvelle-France.Vrai tourbillon, il entraîne l\u2019activité hésitante et poussive de quelques associés dans la double organisation de « la Société Secrète Dictatoriale » et du journal la Nouvelle-France.Il engouffre dans l\u2019aventure le petit héritage du veule esthète Alain Després.Et au moment où tout l\u2019échafaudage est sur le point de crouler, la mort de Laroque, survenue accidentellement dans une algarade, ramène les choses au point de départ.« Mais une fois émise, l\u2019Idée plane immortellement sur les ailes de l\u2019Esprit.( .) De là elle fond sur l\u2019homme élu et le marque de son sceau: elle dépose en lui une fièvre qui transforme son coeur et sa tête.» L\u2019auteur se défend dès la préface de faire un roman d\u2019idées.Cependant, l\u2019idée centrale du roman est trop importante et d\u2019un poids trop lourd pour que l\u2019attention se porte surtout sur les caractères.Par ailleurs, les héros principaux, dans la mesure même où ils ont de la consistance, sont d\u2019une valeur humaine trop inférieure à celle de l\u2019idée qui les conduit pour ne pas décevoir, et cette idée méritait de meilleurs hommes.D\u2019ailleurs dans la réalité comme dans le roman on peut dire que c\u2019est une idée malheureuse dans ses amis.Quelques personnages secondaires sont mieux réussis que les principaux: Claire, Bellefeuille, Lantier.Quant à l\u2019écriture, c\u2019est en vain qu\u2019on y chercherait la précision du mot qui fait voir, toucher, sentir; les vocables sont rarement dictés par la brûlure de la sensation directe.Certaines parties sont vraiment négligées: « Cette année-là, si la chaleur accabla les premiers jours de septembre, la fin d\u2019août laissa pressentir l\u2019automne.Laroque avait réfléchi que (sic) l\u2019entretien des travailleurs coûterait davantage.» Quelques dialogues cependant nous font voir par leur naturel et leur style vraiment parlé ce qu\u2019on est en droit d\u2019espérer de l\u2019auteur, dont cette œuvre garde tout l\u2019intérêt d\u2019un ouvrage canadien de création, chose précieuse parce que rare cher nous.\tJacques Tremblay.André Gide: Interviews imaginaires.\u2014New-York, Éditions Jacques Shiffrin, 1943.245 pp., 20 cm.TDROPOS SUR L\u2019ART D\u2019ÉCRIRE, l\u2019avenir de la poésie en France, le rythme; jugements sur Gœthe, Hugo, Mallarmé, Chardonne; pages de journal décrivant l\u2019entrée des Alliés à Tunis.L\u2019ensemble est inoffensif, mais plusieurs passages appellent des réserves, des corrections (20, 27, 151, 165).Notons de plus que la forme dialoguée, adoptée par l\u2019auteur, favorise les déguisements de la pensée, les reprises, les compromis.Du style, il faut admirer le dépouillement, la simplicité linéaire.Collège Jean-de-Brébeuf.\tRené Latourelle.Maurice Bedel: Géographie de mille hectares.\u2014 Paris, Éditions Grasset; Montréal, Éditions Beauchemin, 1943.140 pp., 19 cm.LE TITRE dit bien la chose, mais il ne dit ni la manière aimable, ' ni le ton enjoué, ni le tour poétique et profond.L\u2019A.a la science et surtout l\u2019amour: il n\u2019a pas disséqué son sujet pour en faire un rapport exact et froid de laboratoire; il nous le présente avec toute son âme débordante de beauté, de prière et de chansons, où l\u2019on retrouve, toute pure, la belle âme paysanne de la France.Le style coloré, concret traduit sans effort toutes les nuances et les délicatesses du sujet.Après avoir puisé à la source, on dirait que l\u2019auteur veut nous en abreuver sans en laisser perdre une seule goutte.Tout s\u2019anime avec lui, tout respire, tout parle comme dans un conte de fées, sans trahir jamais l\u2019observation ni même la technique du sujet: la carte, les eaux, le relief, l\u2019horizon, la flore, la faune, le langage: toute une géographie; mais aussi, toute la poésie, le charme, la force de la vie.Nos moroses manuels de géographie et même nos professeurs pourraient s\u2019en inspirer avec profit.L\u2019Immaculêe-Conception.\tAlbert Roy.Romain Rolland: Jean Christophe.Tome I, L\u2019Aube; tome II, Le Matin.\u2014 Paris, Société d\u2019Êditions littéraires et artistiques, 1907; Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1944.209 et 214 pp., 19.5 cm.Romain Rolland: Vie de Beethoven.\u2014Paris, Hachette; Montréal, Éditions Variétés, 1944.186 pp., 19.5 cm.EVIDEMMENT les éditeurs canadiens de Romain Rolland ont leurs raisons.René Johannet, qui juge plutôt du point de vue de la valeur littéraire et artistique, pense que R.R.est « l\u2019un des plus illustres cacographes du siècle et qu\u2019il manque totalement d\u2019invention ».« Œuvre de régression sans autorité et de valeur nulle.»\tpau] BÉLINAU L\u2019Immaculêe-Conception.BROCHURES ET PLAQUETTES Henri Binet: La Juridiction du travail.Cahiers E.S.S.P.E., vol.Il, n° 8.\u2014 Québec, Éditions du Cap Diamant, 1943.32 pp., 18 cm.H.McD.Clokie: Moscow Conference Behind the Headlines, vol.Ill, n° 10.Toronto, C.I.I.A.1943.28 pp., 20.4 cm.278 RELATIONS AU SERVICE__ de la LECTURE Chez tous les libraires L'ÉCOLE DES BIBLIOTHÉCAIRES 1E NOMBRE des bibliothèques va croissant; chaque année, des collections plus importantes de livres en couvrent les rayons.Les clients réclament de ces institutions des services plus nombreux et plus variés.Ces demandes nécessitent l\u2019établissement d\u2019un rouage plus compliqué et plus parfait, dont le fonctionnement requiert un personnel mieux formé.Le conservateur de la bibliothèque moderne et ses aides ne peuvent plus être des autodidactes; les aptitudes et une formation pratique ne suffisent plus.Leur profession, tout comme une autre, demande un enseignement théorique spécial et un apprentissage pratique, avant d\u2019assumer la charge d\u2019une bibliothèque, et non pas être le résultat d\u2019une telle tâche.Depuis plus de cinquante ans, les pays d\u2019Europe et les États-Unis ont compris la nécessité de l\u2019école technique de bibliothéconomie.Au Canada, l\u2019université McGill et celle de Toronto possèdent chacune une école de bibliothécaires.Jusqu\u2019à 1937, le Canadien de langue française qui désirait se qualifier dans cette branche devait fréquenter les écoles anglophones du Canada et des États-Unis.Au mois de mai 1937, un groupe de bibliothécaires, de bibliophiles et de bibliographes fondait l\u2019École des bibliothécaires de l\u2019Université de Montréal.Celle-ci a pour objet de dispenser, en langue française, l\u2019enseignement des connaissances nécessaires aux bibliothécaires, c\u2019est-à-dire à toutes les personnes, religieuses ou laïques, commises à la garde d\u2019un dépôt de livres dans une institution publique ou privée.Cet enseignement ne prétend pas produire des savants; il se contente de donner aux élèves une idée générale du travail dans une bibliothèque.Il s\u2019appuie sur les méthodes françaises et américaines, adaptées aux milieux canadiens-français et catholiques.L\u2019École attache une importance prépondérante à l\u2019étude théorique et pratique de la bibliographie.Un tiers environ des deux cents cours au programme portent sur ce sujet.Les répertoires bibliographiques français et anglais, les sources de l\u2019histoire générale, de l\u2019histoire du Canada et de celle de l\u2019Église, sont étudiés à loisir.Quelques cours sur la technique et l\u2019histoire du livre, et sur l\u2019art de compiler et d\u2019ordonnancer une bibliographie, viennent parfaire cet enseignement.Chaque élève doit, en outre, afin d\u2019obtenir son diplôme, présenter la bibliographie d\u2019un des écrivains de chez nous.Déjà plus de cent cinquante bibliographies, dont quelques-unes considérables, ont été compilées.Les systèmes de classification et les méthodes de cata-loguement font l\u2019objet d\u2019une attention particulière.Des cours sur l\u2019administration des bibliothèques, sur les principes qui doivent diriger le choix des livres, sur l\u2019organisation des bibliothèques spécialisées, sur la reliure, sur l\u2019histoire des bibliothèques, sur la censure et sur l\u2019index, complètent cette formation élémentaire du futur bibliothécaire.L\u2019École des bibliothécaires admet premièrement les personnes engagées dans le travail des bibliothèques et celles qui désirent s\u2019y consacrer.Mais elle accueille aussi avec empressement tous ceux qui s\u2019intéressent au livre.Le candidat à l\u2019étude de la bibliothéconomie doit posséder, au moins, un diplôme d\u2019école supérieure.Il doit aussi aimer les livres et la lecture, être bien au fait de la littérature des divers pays, et être animé du désir de contribuer au développement intellectuel de ses semblables.J.-A.Brunet, L\u2019École des bibliothécaires\tDirecteur des études.de l\u2019Université de Montréal.Le VERGER ROMAN par Claude Dablon Le romancier a su peindre très agréablement un milieu familial bourgeois d'une honnête moyenne et à plusieurs traits son récit devient une étude de moeurs canadiennes-françaises d'excellente qualité.\t(L'Action Nationale.) On trouvera difficilement une histoire d'amour, entre adolescents, aussi naturellement conduite.(L\u2019Enseignement Secondaire.) Fort bien écrit.(Le Travailleur.) 204 pages\t75 cents dommage de La Compagnie d\u2019Autobus de Charlesbourg, Limitée Téléphone 8513 Dr G.BEAUDET Président GE0.-0.PARADIS\tPIERRE GARON Vice-président\tSecrétaire-Trésorier V OCTOBRE 1944 279 cAckete BIEN qui achète chez fl ÆmmisSyëres PL ateeu 5 15 1 Nous vous invitons à venir vérifier le bien-fondé de cette devise lorsque vous aurez des achats à faire.865 EST, RUE STE-CATHERINE Tél.FAlkirk 1116 ÉCHANGE PRIVÉ U Cfjarfaonneau 0\tILimitn Fabricants de BISCUITS CONFISERIES et PATES ALIMENTAIRES 1800, RUE NICOLET MONTRÉAL Cn ttoiâ motà Aux États-Unis, les Unions ouvrières sérieuses vont réclamer une législation contre les rackets des malhonnêtes et des gangsters.On veut prévenir la rancune des soldats et des civils.Certains abus de la liberté, grèves et terrorisme, n\u2019ont rien de la justice ni de la démocratie.Le fonctionnarisme américain, que nous imitons trop, fait parler de lui: 2,200,000 fonctionnaires, sans parler des militaires, au lieu de 565,000 en 1933, et de 1,100,000 au plus fort de l\u2019autre guerre.Beaucoup profitent plus du budget public que le public ne profite de leur « service civil ».« On peut perdre la guerre à cause du gaspillage », a crié un sénateur.% Le Barreau de Montréal, à la suggestion de Me Antonio Perrault, bâtonnier de la province, a d\u2019un accord unanime rétabli l\u2019antique coutume de la messe pour marquer l\u2019ouverture de l\u2019année judiciaire.Cela mérite mention et félicitations.Le Saint-Esprit doit inspirer le prétoire, autant que les écoles.La Justice est la santé des nations.f On a remarqué l\u2019insistance de la propagande alliée contre l\u2019Argentine, pays latin, catholique, grand ami de la France, mais coupable d\u2019être fier, de rester calme, de ne pas entrer en guerre.Par contre, la Suède a toujours fait et continue de faire un lucratif commerce avec Hitler, sans qu\u2019on l\u2019assomme de reproches: elle est protestante et protégée par de puissants intérêts.L\u2019honorable M.Douglas annonce que la Saskatchewan va économiser en supprimant quelques-unes de ses treize Commissions, plus ou moins utiles.Notre Québec pourrait en faire autant.Depuis les grèves plusieurs se demandent à quoi sert, par exemple, la dispendieuse Commission du Tramway.Time est heureux des décorations accordées par Londres à nos soldats Couture et Gemaey qui ont si bien gardé le document archi-secret de Québec sur l\u2019invasion de la France; puis il se demande ce qu\u2019on a donné à l\u2019expert qui l\u2019a laissé traîner ?Les bagarres, les recomptages et les racontages d\u2019élections démontrent aux démocrates sérieux que le parlementarisme devra faire du nettoyage s\u2019il veut prévenir le scepticisme des électeurs: on demande la carte d\u2019identité obligatoire au scrutin.^ On prédit la faillite de la betteraverie de Saint-Hilaire.Pourquoi ne pas la tourner en cidrerie?Les pommes sont là, tout près.Et quel marché grand ouvert d\u2019Halifax à Vancouver! A-t-on arrêté les incendiaires de la synagogue de Québec?Étaient-ce des fascistes?Le feu a-t-il pris par dedans ou par dehors?Les dommages sont-ils de $10,000 ou de $600 ?Les dépêches ne devraient-elles pas renseigner \u2014 ou réparer ?.% Sous prétexte que « la répétition crée la réputation », la radio sert à n\u2019importe quoi.Les Américains sensés en ont plein le dos des sottes annonces qui abusent de leur patience.Ils organisent les protestations auprès des annonceurs et des postes.Faisons pareil.Ne laissons pas entrer chez nous de langage imbécile ou de folichonneries.Les éducateurs ont assez de peine sans cela.Les autorités fédérales ont choisi M.Augustin Frigon comme gérant général de la Société Radio-Canada.Une belle et bonne nomination dont il convient de féliciter le nouveau titulaire et ceux qui l\u2019ont nommé.280 RELATIONS UN PATRON PARLE à SES CONTREMAÎTRES Neuvième meââag.e Le problème des absences au travail, l'instabilité de la main-d'oeuvre, la lutte des classes, sous-jacente à la propagande de certaines unions, rendent, comme vous le savez, de plus en plus difficiles les relations entre patrons et ouvriers.Un service de bien-être social à l'usine s'introduit actuellement dans les établissements industriels, qui crée un trait d'amitié et d'entr'aide, s'emploie à corriger erreurs et injustices, instaure un esprit de famille et de fraternité par lequel la vie devient plus saine, plus agréable et plus joyeuse pour l'ouvrier.Ce service social n'est pas une atteinte à votre autorité : il complète l'action\tExtrait de du patron, et, nécessairement, la vôtre puis- \u201e rucw'
de

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