Relations, 1 décembre 1946, Décembre
[" PROBLEMES D\u2019ADAPTATION AU CANADA FRANÇAIS Robert BERNIER HARRY BATSHAW ORGANISMES D\u2019ACTION Maurice H.-BEAULIEU ROGER DUHAMEL JOSEPH-H LEDIT LE CREDIT AGRICOLE Rodolphe LAPLANTE GABRIEL ENKIRI LES CANADIENS FRANÇAIS D\u2019ESSEX ET DE KENT François-Xavier CHAUVIN ECOLE SOCIALE POPULAIRE V SOMMAIRE DÉCEMBRE 1946 Éditoriaux.353 Pour plus de terre et de terriens.\u2014 Nuremberg ou LA GUERRE JUGÉE.\u2014 UN AMBASSADEUR INDÉSIRABLE.Articles PROBLÈMES D\u2019ADAPTATION AU CANADA FRANÇAIS .Robert Bernier 356 ORGANISMES D\u2019ACTION .Maurice H.-Beaulieu 358 LES JUIFS EN PALESTINE .Harry Batshaw 361 L\u2019ÉGYPTE, NŒUD AÉRIEN INTERNATIONAL.Gabriel Enkiri 363 LES CANADIENS FRANÇAIS D\u2019ESSEX ET DE KENT.F.-X.Chauvin 365 Commentaires.370 M.Étienne Gilson.\u2014 La « guerre sainte » du Vatican.\u2014\tLa guerre et l\u2019éducation.\u2014 Les droits fondamentaux de l\u2019homme.\u2014 En Yougoslavie.\u2014 Le Pape et la terre.Au fil du mois.372 Moralité.\u2014 Les journalistes.\u2014 Les patrons.\u2014 L'U.C.C.\u2014\tLa colonisation.\u2014 Sale propagande.Chroniques LE CRÉDIT AGRICOLE .\t.Rodolphe Laplante 373 FEUILLETON DES SPECTACLES .\t.Roger Duhamel 376 LE PAPE REBÂTIT LE MONDE .\t.Joseph-H.Ledit 377 Livres récents\t History of the Jews in Canada .\t.Stéphane Valiquette Centenaire de l\u2019Histoire du Canada\t de François-Xavier Garneau.\t\tLéon Pouliot Les Compagnons du Spirituel .\t.Jean-L.d\u2019Aragon L\u2019Orient romanesque en France (1704-1789) .\t\tJules Lefort Impasse\t\t.Philippe Bélanger Ceinture fléchée\t\t\tA.D.Brochures et plaquettes.TABLE DES MATIÈRES DE L\u2019ANNÉE\t382\t En trois mots .\t NOS COLLABORATEURS Le P.Maurice H.-Beaulieu, s.j., collaborateur assidu au Messager canadien du Sacré-Cœur, est en relations continues depuis vingt-cinq ans avec la jeunesse des milieux les plus divers.\u2014 M.Harry Batshaw est un jeune avocat de Montréal qui a parfait ses études en France.Chef très actif du mouvement sioniste au Canada, il vient d\u2019être élu délégué au congrès mondial sioniste de Suisse.\u2014 M.Gabriel Enkiri, journaliste du Caire, est secrétaire général de la Société des études historiques arabes.\u2014 M.François-Xavier Chauvin, m.A., collaborateur régulier à la Toronto Saturday Night, dirige un service de traduction à Windsor (Ont.).\u2014Licencié de l\u2019École des Sciences sociales de Montréal, M.Rodolphe Laplante est secrétaire de l\u2019Office du Crédit agricole du Québec.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.RELATIONS REVUE DU MOIS Directeur : Jean-d\u2019Auteuil Richard Rédacteurs : Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Bouvier, Émile Gervais, René Girard.Secrétaire de rédaction : Robert Bernier Administrateur : Paul Racine Prix de l\u2019abonnement:\tA l\u2019étranger : $3.00 $2.50 par année\tPour les étudiants : $2.00 \u2022 Publiée par L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Centre de documentation, d\u2019information et d\u2019action sociale, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Joseph-Papin Archambault ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1961, rue Rachel Est\tTél.: CHerrier 3101 MONTRÉAL-34\tCANADA Vlème année, No 72\tEcole Sociale Populaire, Montréal\tDécembre 1946 É D I T O Pout pluà de texte et de tettienâ \\ LORS QUE TANT de peuples désirent de l\u2019espace f\\ vital pour se relever de la guerre, le nôtre est bien lent à profiter des richesses de bonne terre mises à sa disposition par la Providence pour y établir une partie de notre million de jeunes.C\u2019est notre premier problème social, magnifique problème pour un peuple ambitieux, minoritaire, éveillé.Le recensement de 1941 donne à Québec 937,489 garçons et filles de quinze à vingt-neuf ans.Il sort chaque année, des écoles, 70,000 jeunes gens prêts au travail, et dont la vocation au mariage suppose une base matérielle, salaire ou terre.C\u2019est ici que s\u2019applique la définition de la politique, gouvernement des hommes, avec son but: « assurer la paix, le pain et la morale naturelle », et son rôle de « protection et d\u2019assistance, pour corriger les désordres, combler les lacunes et promouvoir le progrès » (S.Thomas).En d\u2019autres mots, la doctrine sociale de l\u2019Église ne permet pas de laisser-faire, laisser-passer; elle soutient que l\u2019État, qui n\u2019est pas tout comme chez Hitler ou Staline, qui n\u2019est pas rien non plus, doit, selon le cas.stimuler l\u2019initiative privée languissante, compléter\t»\t»\tinsuffisante, remplacer\t»\t»\timpuissante, encourager\t»\t»\tsuffisante.S\u2019il est une classe de population qu\u2019il faut aider, stimuler, orienter, c\u2019est bien la jeunesse rurale, qui coûte peu à élever mais beaucoup à établir.Cette orientation, cette canalisation de nos surplus d\u2019hommes vers nos surplus 4e terre, est un devoir de justice pour les chefs civils, qui doivent prévoir et prévenir les maladies sociales du chômage et du mécontentement, bouillons de communisme.En second, liés par un devoir de charité, arrivent clergé, patriotes et associations, pour éclairer l\u2019opinion et la faire agir.Au récent congrès des Amis de la Colonisation, tenu à Boucherville, une soixantaine de délégués, venus de partout, de lTle-du-Prince-Édouard à Calgary, ont tiré des plans pour aider notre peuple à se grandir en sauvant RIAUX sa vocation agricole.Puisque ça presse, il faut que les bonnes âmes prêchent le devoir d\u2019agir.Et même quand nous agirons à pleine allure chez nous, il nous restera encore des surplus de jeunes à établir.Nos compatriotes éloignés les invitent à venir les rejoindre dans l\u2019Ontario-Nord et dans l\u2019Ouest.Les chances d\u2019établissement y sont magnifiques et les nouvelles recrues aideront les anciennes à consolider les positions catholiques et françaises.Le meilleur fruit du Congrès de Boucherville fut la décision de créer un Bureau permanent de stratégie et d\u2019action.Sa principale tâche sera de maintenir la conquête du sol à l\u2019ordre du jour et de pousser vaillamment aux réalisations conquérantes.-Nutembetg, ou la guette Jugée 1ES CONDAMNATIONS à mort portées par le tri-bunal de Nuremberg pour le « délit » d\u2019avoir déclenché la guerre ont surpris bien des âmes droites.Elles avaient appris qu\u2019il existe des guerres justes et que, par conséquent, la seule responsabilité d\u2019une déclaration de guerre ne peut, comme telle, constituer un crime.Et quant à prétendre juger de la justice d\u2019une déclaration de guerre, n\u2019est-ce point une tâche qu\u2019on est près de déclarer au-dessus des possibilités humaines?Elle semble bien en tout cas sortir des attributions du vainqueur.En effet, le vieil adage: « Nul ne peut être juge et partie », paraît découler immédiatement du droit naturel.De plus, la magnanimité du vainqueur à l\u2019égard du vaincu rend un son bien humain et bien chrétien: on s\u2019en remet au jugement divin pour l\u2019au-delà, à l\u2019Histoire pour ici-bas, et, là où les moyens manquent pour juger, on pardonne.Récemment encore, nous n\u2019aurions peut-être rien cru devoir ajouter à ce jugement global.Aujourd\u2019hui, nous pouvons nous demander s\u2019il considère tout, s\u2019il considère même le principal.Derrière l\u2019hommerie et les déficiences qu\u2019on pourra découvrir à Nuremberg (mais quelle justice humaine en est exempte, surtout quand sa tâche prend de l\u2019envergure et que son institution est tout entière à impro- DECEMBRE 1946 353 viser?), il y a peut-être un événement capital de l\u2019histoire humaine.Par delà la procédure contre les crimes de droit commun et les violations de droit international, relevant évidemment du for externe \u2014 « personne, dit Pie XII, ne pense à désarmer la justice à l\u2019égard de qui a profité de la guerre pour commettre des délits de droit commun» (Noël 1944),\u2014une accusation nouvelle et particulière a été portée contre les détenteurs du pouvoir politique: celle d\u2019avoir lancé une guerre d\u2019agression.Et pour ce crime nouveau, la peine de mort est la sanction prévue.Il semble que les chefs d\u2019État qui ont établi le tribunal se sont rendu compte que déclencher la guerre moderne, avec ses horreurs et vu son impuissance à résoudre aucun conflit et à protéger efficacement aucun droit réel, constitue désormais un crime pour tout homme responsable.Si l\u2019on en juge par leur décision même, ils ont compris que tout homme qui passe outre à cette évidence obéit à son orgueil ou à son aveuglement, non à l\u2019amour du bien: il ne peut qu\u2019être coupable; et donc, pour assurer l\u2019ordre, il faut commencer à instituer un droit positif qui le condamne, établir un tribunal et fixer une sanction.Quelles qu\u2019aient été leurs convictions intimes, leur acte a répondu aux exigences du droit naturel et traduit un sursaut de la conscience humaine.L\u2019institution sortie de leurs mains peut, comme tout ce qui s\u2019ébauche, être défectueuse.Mais s\u2019il était vrai qu\u2019elle soit née d\u2019une intuition récente de l\u2019humanité que « la guerre est devenue un crime objectif », en aucun cas justifiable et excusable, nous ne pourrions que nous réjouir de ce progrès immense.Le tribunal a fait appel à des textes (pacte Briand-Kellogg) dont la portée est contestable.Mais tout porte à croire que les juges, en bons légistes, ont cherché dans le droit positif des textes prohibant la guerre, pour justifier la condamnation que la loi naturelle leur dictait.Comme ils n\u2019avaient pas les mots pour le désigner ou qu\u2019ils n\u2019osaient employer des termes controversés, ils n\u2019ont pas explicitement basé leurs condamnations sur le droit naturel.Mais il est partout impliqué dans la croyance à la nécessité de condamner une fois pour toutes la guerre d\u2019agression.Bien que la validité de l\u2019acte juridique condamnant la guerre en ses fauteurs paraisse indéniable, on eût pu souhaiter certaines modalités différentes concernant la composition du tribunal ou l\u2019étendue de sa juridiction.Il importe cependant de noter que le choix des juges était, en soi, quelque chose d\u2019accidentel.Ce qui était nécessaire pour assurer la légitimité du tribunal, c\u2019était qu\u2019il fût réellement le mandataire de l\u2019humanité.Or, premièrement, c\u2019est à qui le pouvait qu\u2019il revenait de former le tribunal.Les circonstances indiquaient ce devoir et donc ce droit aux grandes puissances, de telle sorte que, théoriquement, même si elles avaient été seules à signer la Charte qui le créait, son autorité eût été légitime.Deuxièmement, en fait, la Charte fut signée par vingt-trois États.Les juges d\u2019un tel tribunal une fois institué ne représentaient pas leurs pays respectifs, mais l\u2019humanité.Il est accidentel (juridiquement) que les quatre juges aient été des vainqueurs.Leur choix relevait uniquement de la prudence.D\u2019ailleurs, du point de vue prudentiel, il est permis de douter qu\u2019un Allemand non nazi eût été plus équitable pour des nazis, et un neutre plus apte à comprendre que la guerre est un crime.On peut regretter la présence du juge russe, représentant d\u2019un État coupable du même crime de guerre agressive et officiellement athée, négateur donc de la loi naturelle en son Auteur.Cependant, la présence d\u2019un juge indésirable sur quatre ne suffit pas à détruire l\u2019autorité d\u2019un tribunal et la validité de ses jugements.Ici encore, il relevait de la prudence de savoir s\u2019il valait mieux accepter ce compagnonnage ou bien empirer la division du monde.La juridiction de Nuremberg se limitait aux auteurs de l\u2019agression nazie.Il peut y avoir là cause d\u2019irritation: d\u2019autres que les chefs nazis sont coupables des mêmes crimes.Il est impossible de les atteindre.Mais il importe surtout de noter que l\u2019existence de criminels impunis ne change rien à la justice des sentences prononcées par un tribunal qui avait à juger seulement des cas à lui soumis.On craint le dangereux précédent ?Ce précédent est, au contraire, des plus heureux.Nous sommes en présence d\u2019un acte de droit positif qui bannit la guerre; d\u2019un acte de droit positif qui explicite le droit naturel.Personne plus que les catholiques ne devrait se réjouir de ce progrès de la loi répondant à l\u2019enseignement de Pie XII: « Il y a, du reste, un devoir qui oblige tout le monde, et qui ne souffre aucun retard, aucun délai, aucune hésitation, aucune tergiversation: celui de faire tout ce qui est possible pour proscrire et bannir une fois pour toutes la guerre d\u2019agression comme solution légitime pour les controverses internationales et comme moyen de réalisation des aspirations nationales.On a vu dans le passé se produire beaucoup de tentatives dans ce but.Toutes ont échoué.Et elles échoueront toujours toutes, aussi longtemps que la partie la plus saine du genre humain ne sera pas fermement résolue, et saintement obstinée, comme par un devoir de conscience, à remplir la mission que les temps passés avaient commencée sans assez de sérieux et de résolution.» Un ambaââadeut indê&ixable APRÈS L\u2019ARTICLE du Canadian Register (16 novembre 1946), il semble que le ministre de \u2018Pologne auprès du gouvernement canadien, M.Fiderkiewicz, n\u2019ait plus qu\u2019une chose à faire au Canada: sa valise.Il faut qu\u2019il s\u2019en aille.Il a porté ou fait porter contre un des citoyens les plus respectés du Canada, le cardinal Villeneuve, des accusations qu\u2019il 354 RELATIONS n\u2019a pas prouvées.Il a pris une attitude indéfendable à l\u2019égard des institutions juridiques d\u2019un pays qui lui accorde l\u2019immunité diplomatique.Il s\u2019est rendu insupportable à quiconque n\u2019est pas communiste ou bolché-visantl.Voici les faits, que nous croyons dûment vérifiés.Il nous paraît dans l\u2019intérêt public qu\u2019ils soient connus.Quand la Pologne fut envahie, la plus grande partie de son patrimoine artistique national fut dispersée par les Allemands.Une partie (en provenance de la Bibliothèque nationale de Varsovie et du Wawel de Cra-covie) fut évacuée sur la Roumanie, de là en France, puis en Grande-Bretagne, enfin au Canada.Le gouvernement polonais, alors à Londres, confia la garde du trésor à M.Swierz-Zaleski, curateur, et àM.Polkowski, de la légation d\u2019Ottawa, son assistant.Vinrent les événements que l\u2019on sait.Nous abandonnâmes le gouvernement de Londres et reconnûmes celui que l\u2019U.R.S.S.imposa à la Pologne.En mai 1946, le Dr Fiderkiewicz arriva à Ottawa pour représenter cette Pologne auprès du gouvernement canadien.Il fit alors venir chez lui MM.Swierz-Zaleski et Polkowski.Le premier accepta une position à la légation; l\u2019autre refusa.Peu auparavant, MM.Swierz-Zaleski et Polkowski avaient visité les caisses du trésor \u2014 dont une partie se trouvait à la Banque de Montréal, le reste à Sainte-Anne-de-Beaupré et au monastère du Précieux-Sang d\u2019Ottawa \u2014 et les trouvèrent intactes ( Vestnik, 9 novembre 1946).Le gouvernement canadien, qui était responsable des caisses placées à la Banque, les remit à la légation.Quant à celles qui étaient dans les institutions religieuses, les autorités de ces endroits estimèrent que ce n\u2019était pas le Dr Fiderkiewicz qui les leur avait confiées, et qu\u2019on n\u2019avait pas à les lui rendre, à moins que ses titres ne fussent reconnus valides par qui de droit.Dans l\u2019intervalle, puisqu\u2019il y avait chicane, on mit les trésors en lieu sûr et l\u2019on attendit.La ligne de conduite de M.Fiderkiewicz était claire.S\u2019il avait des titres légitimes à ce trésor, il lui suffisait de les présenter; s\u2019il ne les avait pas et qu\u2019il n\u2019était pas content, il pouvait plaider.Il y avait un précédent désagréable.Après la révolution bolchévique de 1917, le gouvernement soviétique réclama les propriétés de l\u2019Église orthodoxe russe aux États-Unis et au Canada.Sauf pour une seule, située à New-York, il fut débouté partout de sa demande par les tribunaux.M.Fiderkiewicz ne semble pas avoir consulté un avocat canadien sur l\u2019attitude à prendre; du moins, ses déclarations dans le Vestnik n\u2019y font pas allusion.Ici, un autre personnage entre en scène, dont le rôle 1.Au moment où nous allons sous presse, le Dr Fiderkiewicz annonce (Ottawa, 23 novembre) qu\u2019il ne ferait « aucune déclaration contre l\u2019Eglise à moins d\u2019en avoir la preuve».Cette phrase ambiguë ne constitue pas la rétractation que les catholiques sont en droit d\u2019exiger de ce qui fut dit à la vodka party.DÉCEMBRE 1946 n\u2019est pas entièrement éclairci.Il s\u2019agit du « général Swierczewski », alias Karol Walters, ancien ouvrier métallurgiste, puis chef de brigade rouge dans la guerre civile espagnole, ensuite adjoint au général Berling dans l\u2019armée russo-polonaise, aujourd\u2019hui vice-ministre de la guerre dans la Pologne actuelle.Ce général vint au Congrès pan-slave de New-York (20-22 septembre) à la tête de la délégation polonaise.D\u2019après le Canadian Register, le State Department des États-Unis lui aurait signifié, à lui et à ses collègues, de s\u2019enregistrer comme « agent d\u2019un pays étranger ».Il refusa.L\u2019U.R.S.S.retira sa délégation; M.Swierczewski se proclama indisposé et quitta le Congrès.Il disparaît quelque temps, puis nous le retrouvons au Canada en tournée de conférences.Il parle le 24 octobre dans la salle de l\u2019Assistance publique de Montréal.(Comment se fait-il que cette salle, qui appartient à la ville, se loue aux organisations communistes ou communisantes ?) Alors, pour prendre une expression du Register, things began to happen.Un journal de Toronto (avec Québec comme indication d\u2019origine de la nouvelle) déclare qu\u2019il y a une irrégularité dans la garde des trésors.Les journalistes s\u2019empressent autour de M.Fiderkiewicz.Celui-ci promet une conférence de presse, l\u2019ajourne jusqu\u2019au départ du « général », qui s\u2019en va le 5 novembre.Le 6, M.Fiderkiewicz donne sa désormais fameuse vodka party aux journalistes, fait des « révélations » tellement juteuses que, le lendemain, les journaux donnaient des titres sensationnels: « Vol de reliques », « Vol du trésor polonais », « Vol mystérieux de trésors d\u2019un prix incalculable », etc.Au milieu de tout cela, le cardinal Villeneuve.Dans le Vestnik (communiste) du 9 novembre, les déclarations de M.Fiderkiewicz sont coiffées du titre: « Le cardinal Villeneuve est partie au recel illégal des trésors de V Etat polonais ».Cela, au moment où le cardinal Villeneuve lutte contre la mort dans un hôpital de New-York.La population canadienne, en apprenant cette ignominie, fut saisie d\u2019une terrible indignation.Il n\u2019y avait eu ni mystère, ni vol, ni recel.M.Fiderkiewicz était au courant de tous les détails de la situation depuis son entrevue avec MM.Swierz-Zaleski et Polkowski, en mai.Quand il estima l\u2019opinion publique suffisamment « cuisinée », il s\u2019adressa au gouvernement canadien.Voici le communiqué qui parut dans le Vestnik du 16 novembre: Ottawa (Ont.), 15 novembre.\u2014 Le ministre de Pologne en Canada Fiderkiewicz s\u2019est adressé hier au gouvernement canadien avec une demande officielle d\u2019aide pour rechercher les trente-deux caisses contenant les trésors de l\u2019antiquité polonaise, arrivées au Canada pendant la guerre et remises en dépôt dans des églises.Ces objets précieux paraissent avoir été remis par des personnes inconnues aux églises où ils ont été gardés.Ils sont estimés à des millions de dollars.Le gouvernement canadien a déjà déclaré qu\u2019il ne peut prendre part à ces recherches des objets précieux disparus sans nouvelles, car il n\u2019assuma pas la responsabilité de ces objets après leur arrivée au Canada.355 Ce n\u2019est pas ici l\u2019endroit de discuter comment la justice est administrée en « Pologne » et en U.R.S.S.Si M.Fiderkiewicz a cru que le gouvernement canadien se laisserait influencer par un tapage de quelques communistes placés aux bons endroits, jusqu\u2019à régler par des « mesures administratives » une affaire relevant de la justice, il s\u2019est grandement trompé.Après son incartade à l\u2019égard de nos tribunaux, il ne lui reste plus qu\u2019à se ménager un départ aussi décent que possible.PROBLÈMES D\u2019ADAPTATION AU CANADA FRANÇAIS Robert BERNIER, S.J.DU POINT DE VUE sociologique, on peut définir la civilisation : de la pensée instituée.L\u2019esprit humain, aux prises avec ce monde, s\u2019y réalise en institutions, c\u2019est-à-dire en œuvres, codes, tribunaux, églises, écoles, syndicats, cartels, partis, clubs, usines, parlements.Ces valeurs spirituelles incarnées croissent, se transforment, se corrompent ou s\u2019améliorent selon leurs exigences internes, ou le hasard, ou la pression des volontés.A leur tour, elles agissent sur l\u2019esprit.Il en résulte un compliqué jeu de relations entre l\u2019homme et son milieu social: le milieu changeant toujours, l\u2019homme doit constamment s\u2019y adapter et se l\u2019adapter.Le degré d\u2019adaptation dépend de la mesure selon laquelle la pensée personnelle entre spontanément en rapport avec la pensée institutionnelle pour en être parfaite et pour la parfaire.Il est de rares cas, qu\u2019il vaut la peine de décrire comme objet idéal de référence, où, pendant un certain temps, une correspondance notable s\u2019établit entre un milieu de civilisation et une pensée collective, une culture, une âme nationale.Considérons donc deux exemples, aisément sai-sissables pour nous, d\u2019adaptation profonde de groupes humains à leur milieu.Leur juxtaposition ne prétend d\u2019ailleurs en rien comparer la valeur des milieux culturels décrits, ni entre eux ni avec d\u2019autres, plus ou moins intégrés, auxquels on pourrait songer.Souvent degré d\u2019adaptation et niveau de culture ne coïncident pas.Si, enfin, pour dégager nous idéalisons, la nature elle-même du phénomène n\u2019en ressortira que davantage.Une messe populaire au moyen âge illustre un cas privilégié.Le peuple qui emplit la nef saisit toute la grandeur du sacrifice auquel il participe.Le drame de l\u2019autel revêt les formes parlantes d\u2019une liturgie qui, par ses prières, ses chants, ses thèmes de prédication, ses fêtes, a déjà imprégné les âmes de la substance spirituelle dont elle déborde, les a façonnées et ennoblies pour les accorder au mystère.Dans cette cathédrale où toute la cité, représentée par son évêque, son clergé, ses corps de métier, se trouve réunie, le peuple entier a institué son âme religieuse.Il a conçu collectivement sa cathédrale.Il a voulu qu\u2019elle dominât le moutonnement de ses maisons et ses forges sonores et ses carrefours et ses halles et toute sa vie industrieuse, comme Dieu lui-même dont il sent la grandeur peser doucement sur les choses et les heures.De l\u2019angle des rues, de toutes les échappées, cette masse le maintient devant le Souverain Domaine dont il est comme écrasé, mais le relève et le console aussitôt par la pensée de la rédemption qu\u2019il possède dans le sacrifice offert chaque jour au cœur du vaisseau immense, pour lui.Il a voulu que l\u2019élan des clochers lui rappelât son espérance.Il a voulu l\u2019étagement des protecteurs de pierre qui le présentent à la Majesté divine, les patrons des confréries et des corporations, les saints défenseurs de la Ville, de la Province, de l\u2019Empire, de la Chrétienté, et, de chaque côté du chœur, sous deux arches fines, Pierre et Paul, protecteurs et défenseurs de notre sainte mère l\u2019Église! Naïvement, à son image, à l\u2019image de son idéal, il les a nichés, non pas pêle-mêle, mais selon des canons de hiérarchie, à l\u2019instar des chœurs célestes qui lui sont familiers.Ainsi trône dans la pierre l\u2019institution de son âme et de sa vie, qui en retour le surélève.Rien ici qui ne manifeste une valeur humaine, fleur et fruit de l\u2019amour.Alors, vêtu de la lumière des vitraux, rythmé par le cérémonial, ce peuple est libéré et recréé par les œuvres de son génie collectif.Et la journée et la semaine perpétueront l\u2019adaptation.Le métier lui procurera la joie d\u2019un travail auquel on se donne et en qui on se retrouve ; l\u2019association, celle de participer à une valeur commune et, ensemble, le soutien de sa famille, l\u2019apprentissage de ses fils, une promesse de secours pour ses vieux jours et pour les passes dangereuses.Il est relié.Sous un tout autre ciel, voyez notre habitant d\u2019autrefois, notre classe agricole avant qu\u2019elle n\u2019ait été, elle aussi, assaillie par la mécanisation, les grosses compagnies et mille traîtrises du libéralisme économique.André Siegfried trouvait à ce type de paysan « une grandeur biblique ».Mais ce qui nous intéresse ici, c\u2019est la conformité d\u2019un élan existentiel aux cadres qui le soutiennent.L\u2019habitant possède sa terre.Il la connaît.Ses pères la lui ont apprise.Il sait ce qu\u2019elle peut rendre, sur quel coteau il récoltera le plus lourd.Il aime sa terre.Il l\u2019a vue aux premiers jours d\u2019été, verte et tendre.Il connaît un coin d\u2019érablière qui, l\u2019automne, flamboie comme un jet de sang.Il garde en sa mémoire les figures que dessinent les travaux sur la couleur mouvante des saisons: quand la terre, noire, fume, ses fils au labour; dans un éclair doré, la famille entière penchée à la récolte.Il vit de sa terre.Depuis qu\u2019il est petit gars, il sait d\u2019où vient le pain.Il nourrit ses enfants du pain 356 RELATIONS de sa terre.Et longtemps encore, féconde comme sa race, la vieille terre maternelle nourrira ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants.Il sait les avoines et les orges qui se vendent bien, il sait au marché faire valoir ses légumes et son bétail.Le père lui a légué des recettes et des procédés, une manière de budget dont il apprécie l\u2019ingéniosité.Le dimanche et les soirées d\u2019hiver, il rumine « son affaire », il organise sa semaine et son année.Sa terre est familiale.Il l\u2019a reçue en se mariant.Ses beaux gars qui poussent drus comme des tiges neuves l\u2019aident maintenant aux semailles, aux moissons, à « faire le train ».C\u2019est lui le père maintenant! A son tour, il apprend à ses fils la coutume de la ferme, les mœurs des oiseaux migrateurs, le régime des vents et, à celui qui héritera du « bien paternel », avec un soin particulier, une attention plus soutenue, une tendresse d\u2019homme, il apprend l\u2019amour d\u2019un homme marié à cent arpents de terre, l\u2019amour paysan qui fait les indéracinables.Et si quelqu\u2019un de ses fils monte plus haut que lui, devient le notaire, le médecin du village, le député du comté, le curé de la paroisse, ou part, un jour, convertir les païens à l\u2019autre bout du monde, le vieil homme ressent une fierté nouvelle pour la terre qui a partagé sa paternité.Cette vie terrienne et familiale est chrétienne.La foi robuste de l\u2019habitant pénètre et marque toute sa vie, ses coutumes, le cycle et presque l\u2019horaire de son année.Sa religion reflète son âme.Dieu, c\u2019est un peu comme lui un père, le Bon Dieu, le Père qui a tout donné à ses enfants et qui veille sur eux.Le Canadien est un brin familier avec le Bon Dieu; son respect est celui d\u2019un enfant de la maison.Il vit en sa compagnie.Il le prie souvent d\u2019un désir, d\u2019un merci, s\u2019arrête pour l\u2019angélus, s\u2019agenouille quand monsieur le curé passe à ras son champ, portant le Bon Dieu aux malades.Selon les rites ancestraux, le père dit la prière en famille, bénit la table.Le matin du Nouvel An, il bénit sa famille agenouillée: « la mère », les tout petits dans ses jupes et les jeunes mariés qui viennent d\u2019entrer, encore en capot, la neige sur les épaules.Dieu est là, dans son foyer.Il est surtout à l\u2019église dont le clocher pointe, au bout du rang, entre deux trembles.Le centre de la vie de l\u2019habitant est là.Il y a été baptisé, confirmé.Il y a communié, s\u2019y est marié.Tout à côté, au cimetière, reposent les vieux; il y reposera un jour qu\u2019il attend et pour lequel il demande miséricorde.L\u2019État est loin.Mais pourquoi la « corporation » du village, comme il dit, sinon pour protéger sa terre, ses fêtes liturgiques et familiales, sa vie d\u2019habitant ?Quelle merveille d\u2019adaptation! Toutes les institutions qui l\u2019enveloppent, c\u2019est lui qui les a créées, ou il lui semble qu\u2019il aurait pu les créer, tellement elles correspondent à son âme.Rien qui le divise, parce que dans le milieu qui s'offre à lui tout est hiérarchique et organique, parce que les valeurs et les buts s\u2019y intègrent de la même manière qu\u2019en son âme chrétienne pour qui le sens de la vie est parfaitement un.Point de forces hostiles qui mureraient l\u2019homme en lui-même.Rien qui s\u2019oppose au développement de ses activités, qui violente leurs fins, qui dérange l\u2019ordre de leurs tendances.Quelle réponse constructrice une telle civilisation ne provoque-t-elle pas! Quel appel au don de soi! En ce grand jeu humain, tout sollicite tout l\u2019homme que voilà.Mais ce sont là bonheurs exceptionnels.Et embellis par la réduction du réel innombrable et multiforme à quelques lignes pures.En fait, la nécessité perpétuelle d\u2019adaptation est la loi commune de tout groupe humain porteur d\u2019une culture parmi une civilisation mouvante.Si l\u2019on se reporte aux situations sereines où un minimum est requis d\u2019effort collectif d\u2019adaptation et où l\u2019équilibre psychologique va de soi, il est clair que le Canada français expérimente à l\u2019heure actuelle le phénomène diamétralement opposé.Il traverse une période de transformation vertigineuse du milieu, où les forces d\u2019adaptation doivent se tendre à la limite.Jours intenses.La part de la génération présente n\u2019aura pas été la paisible possession d\u2019un milieu social synchronisé aux mouvements réguliers d\u2019une âme sûre d\u2019elle-même et du monde.Notre destin, c\u2019est la lutte intime.Se garder sans se fermer.Non pas se précipiter, mais progresser.Se posséder, mais s\u2019épanouir.Chanter à part soi, mais au rythme du monde.En cinquante ans, le Canadien français est passé d\u2019une civilisation paysanne et fermée à la trépidation de la cité moderne.Au lieu de son village, le monde.Il s\u2019y est engouffré par l\u2019intermédiaire de l\u2019étranger: l\u2019industrie américaine, l\u2019argent anglais, la culture française.Aussi bien serait-il étonnant qu\u2019on ne décelât point des désaccords partiels entre notre culture religieuse, politique, sociale, et les institutions qui peuplent notre milieu effervescent.Chacun voit qu\u2019un double processus d\u2019adaptation s\u2019impose: 1° l\u2019entrée dans un milieu nouveau, plus vaste, qui, de toutes façons, nous atteint et où gémit l\u2019appel vers l\u2019ordre et l\u2019unité: comme le meilleur en lui correspond au meilleur en nous, prévient les désirs informulés d\u2019une âme chrétienne, une adaptation judicieuse et profonde au monde actuel est possible; 2° surtout, la transformation du milieu dans le sens de nos aspirations, qui s\u2019opérera en partie par l\u2019évolution interne des institutions humaines elles-mêmes si elle s\u2019accomplit normalement, et en partie grâce à notre propre initiative, notre vitalité créatrice.Sans perdre de vue que, en pareille matière, toute particularisation rétrécit la voie ouverte et diminue les possibilités, nous tenterons, en deux subséquents articles, de détailler cette intuition globale et d\u2019indiquer des formules d\u2019adaptation.DECEMBRE 1946 357 PERSPECTIVES SCOLAIRES-IX ORGANISMES D'ACTION Maurice-H.BEAULIEU, S.J.1E FAIT D\u2019AVOIR des problèmes à résoudre n\u2019a rien d\u2019étonnant; ce qui étonnerait, ce serait de n\u2019avoir personne pour mettre à profit les solutions connues.Il faut donc saluer fièrement les nombreuses commissions scolaires réunies en congrès régionaux à Rimouski, à Chicoutimi, dans d\u2019autres diocèses encore, au cours des derniers mois, et tout récemment en un congrès provincial de 450 délégués, à Québec.Ce réveil souligne un mouvement notable vers l\u2019action.C\u2019est dans la proportion où les différents dépositaires de droit de l\u2019autorité scolaire prendront dans le concret leur pleine part de responsabilités, que l\u2019éducation de nos enfants, non seulement sera en sécurité du point de vue religieux et culturel, mais pourra progresser et servir à sa pleine mesure notre vaste patrie canadienne.Ces dépositaires de l\u2019autorité scolaire sont, à des degrés divers et pour des fins différentes: le Conseil de l\u2019Instruction publique (pour nous, le Comité catholique), son Département, les commissions scolaires, les associations de parents, les associations d\u2019éducateurs, et, dans une certaine mesure, d\u2019autres associations.LE COMITÉ CATHOLIQUE De par la volonté, constante depuis 1875, des deux autorités législatives (l\u2019Assemblée et le Conseil), dix-huit laïcs représentent aujourd\u2019hui la famille catholique et l\u2019État dans l\u2019exercice des responsabilités éducationnelles.Chacun des évêques titulaires d\u2019un diocèse ou d\u2019une partie de diocèse représente, dans le Comité, l\u2019Église et éminemmênt aussi la famille, dont la hiérarchie a été et demeure partout le défenseur le plus assidu, le plus courageux et le plus désintéressé.Cette représentation ex officio et le fait que c\u2019est le nombre d\u2019évêques titulaires qui règle de par la loi le nombre de laïcs membres du Conseil, ont pour effet de rendre pratiquement inutile une succession de choix politiques qui transformerait le Comité catholique de l\u2019Instruction publique en un faux sénat, et tendrait à y constituer des groupes d'influence et à y faire adopter a priori des programmes de parti, en éducation.En effet, malgré certains faits individuels, explicables sinon toujours excusables, l\u2019épiscopat de la province, dans l\u2019exercice de son autorité hiérarchique, a toujours été et demeure en dehors et au-dessus de toute faction politique ou autre.C\u2019est donc à la présence ex officio de l\u2019épiscopat, que, sous notre loi de l\u2019Instruction publique, le Comité catholique et chacun de ses membres laïcs doivent la garantie pratique de leur indépendance politique.Avec le temps, le territoire habité de la province grandit et la population se multiplie.S\u2019il avait fallu, à diverses époques, amender la loi pour augmenter selon de saines exigences le nombre des membres du Comité, le pouvoir politique eût pu se prévaloir de la mutation légale pour refaire ad nutum le choix de tous les membres laïcs.C\u2019est donc de nouveau au fait que le nombre des évêques titulaires sert de règle au nombre de laïcs que ceux-ci doivent une plus entière indépendance dans leurs fonctions.De par leurs fonctions ecclésiastiques, les évêques sont tenus de visiter souvent tout leur diocèse et de veiller de près à l\u2019éducation de l\u2019enfance et de la jeunesse.A l\u2019occasion de leurs visites de paroisses, ils prennent contact avec leurs curés, les marguilliers, les commissaires.Nul n\u2019est donc mieux placé que l\u2019épiscopat pour connaître les besoins généraux en éducation et il est heureux que sa représentation ainsi que celle des laïcs puissent augmenter au Comité catholique de façon que celui-ci demeure bien au courant des intérêts de l\u2019éducation sur tout le territoire de la province.Depuis 1875, la population a presque triplé (1,300,000 à 3,500,000), le nombre des paroisses a plus que doublé (578 à 1,365), le territoire habité a aussi triplé; le nombre des évêchés est passé de 7 à 18.Le nombre des laïcs, augmentant comme celui des évêques, complète admirablement le Comité, quand ils représentent les diverses régions de la province et surtout les divers corps de la société, agricoles autant qu\u2019industriels, ouvriers et patronaux autant que professionnels et enseignants.Le rôle du Comité catholique est en effet de fixer les objectifs religieux et culturels, et de prévoir la préparation concrète à la vie pour l\u2019enfance et la jeunesse, masculine et féminine, des milieux ruraux et urbains.Il dispose de par la loi, pour l\u2019exécution de ses désirs, du surintendant de l\u2019Instruction publique, secondé du Département.Le Comité, normalement, laisse au surintendant et à son personnel technique le soin de trouver et de lui soumettre les moyens techniques de réalisation des objectifs, comme il leur laisse, par la loi, la responsabilité de l\u2019exécution.Bien que les circonstances aient souvent forcé le Comité à assumer ces fonctions techniques pour lesquelles il n\u2019est pas constitué, les rapports, depuis 1875, attestent périodiquement, et bien avant que l\u2019opinion des intéressés ne les ait réclamés, que le Comité revendiquait pour eux des moyens financiers permettant le développement des organisations scolaires locales, de plus justes salaires, une compétence suffisante, une éducation différente pour les filles et les garçons, les ruraux et les citadins, une préparation 358 RELATIONS adaptée à la vie, au niveau moyen et supérieur du primaire, etc.Vraiment, tel que constitué par la loi, le Comité, la plus haute autorité chargée de diriger concrètement l\u2019éducation chez nous, n\u2019a pas failli à sa tâche d\u2019orienter à l\u2019action.LE DÉPARTEMENT La loi de l\u2019Instruction publique n\u2019a rien négligé pour assurer à la plus haute autorité exécutive en matière d\u2019éducation: le Département, la situation la plus avantageuse pour son entière indépendance et efficacité d\u2019action.Le Département se compose du surintendant., de deux secrétaires ou sous-chefs., de tous autres fonctionnai es nécessaires pour le fonctionnement des lois concernant l\u2019instruction publique.(Art.11.) Le surintendant est revêtu de tous les pouvoirs, attributions et droits, et il est soumis à tous les devoirs et obligations conférés et imposés par la présente loi.Dans l\u2019exercice de ses attributions, il doit se conformer aux instructions qui lui sont données, par le Conseil de l\u2019Instruction publique ou les comités catholique romain et protestant selon le cas.(Art.13.) Pour faciliter l\u2019unité de pensée entre le Conseil et son Département, « le surintendant, (qui) a la direction du département de l\u2019Instruction publique, est de droit membre du Conseil de l\u2019Instruction publique et de chacun de ses comités, mais il n\u2019a droit de vote que dans le Comité de la croyance religieuse à laquelle il appartient » (art.12).Dans cet esprit, le Comité catholique a toujours librement choisi, pour président, le surintendant.Les attributions du surintendant en font de droit l\u2019administrateur des fonds destinés à l\u2019éducation.Il est particulièrement du devoir du surintendant: 1° de recevoir du trésorier de la province et de distribuer, conformément aux dispositions de la loi, les subventions destinées aux écoles publiques et à toutes autres institutions d\u2019éducation y ayant droit; 2° de préparer un état détaillé des sommes requises pour l\u2019instruction publique, qu\u2019il soumet chaque année à la législature.(Art.17.) Avec l\u2019autorisation du lieutenant-gouverneur en conseil, le surintendant peut:.3° établir des écoles d\u2019adultes pour l\u2019instruction de la classe ouvrière; 4° faire tout ce qui, en général, a rapport à l\u2019encouragement et à l\u2019avancement de l\u2019Instruction publique, des arts, des lettres et des sciences.(Art.18.) Telle est la théorie.En pratique, depuis nombre d\u2019années, chaque fois qu\u2019on veut attribuer par voie statutaire des fonds à l\u2019éducation en général ou pour tel genre d\u2019éducation recommandé par le Conseil, au lieu d\u2019ajouter un paragraphe ou une section à la Loi de l\u2019Instruction publique, on vote à la Chambre une loi spéciale avec la clausule: « Le secrétaire de la Province (ou tel autre ministre) est chargé de l\u2019exécution de la présente loi.» On substitue ainsi peu à peu divers ministres au surintendant dans le partage des finances en éducation et à la direction de diverses sections d\u2019enseignement, qui normalement relèveraient du Département et du Conseil.De là à l\u2019organisation d\u2019enseignement public en marge du Département, il n\u2019y avait qu\u2019un pas.En 1910, ce fut la création de l\u2019enseignement spécialisé, et ensuite de quelques autres enseignements à même des fonds obtenus par le procédé précité.Ainsi, depuis 1910, « 1° établir et aider des sociétés artistiques et littéraires ou scientifiques, musées ou galeries de peinture fondés par ces sociétés, par le gouvernement ou par des institutions recevant une subvention du gouvernement; 2° établir des concours et distribuer des diplômes, médailles ou autres marques de distinction pour des travaux ou ouvrages scolaires, artistiques, littéraires ou scientifiques; 3° établir des écoles d\u2019adultes pour l\u2019éducation de la classe ouvrière; 4° faire tout ce qui en général a rapport à l\u2019encouragement et à l\u2019avancement de l\u2019Instruction publique des arts, et des lettres et des sciences » (art.18), qui étaient la fonction du surintendant, sont devenus celle du secrétariat et d\u2019autres ministères.Ainsi, même pour les affaires courantes de l\u2019enseignement primaire, des commissaires d\u2019écoles et des éducateurs, voire des membres du Conseil de l\u2019Instruction publique, doivent, dans la pratique, recourir au secrétariat ou à d\u2019autres ministères, nantis de la finance, plutôt qu\u2019au surintendant.L\u2019opportunité et les modalités d\u2019exécution des directives du Comité, depuis nombre d\u2019années, ne relèvent guère plus en pratique du Département, mais de la politique.Le surintendant en est réduit au rôle pratique de sous-ministre.Cela pourrait nous ramener à la situation d\u2019avant 1875, alors que les députés se réservaient l\u2019organisation des écoles et la distribution personnelle des octrois.Devant l\u2019histoire, les personnes peuvent être excusables.Les faits demeurent inacceptables si l\u2019on tient à sauvegarder, autrement qu\u2019en théorie, l\u2019indépendance de notre système d\u2019enseignement.LA SURINTENDANCE Par la longueur exceptionnelle de sa nomenclature, au mot surintendance, le code scolaire souligne l\u2019importance de la fonction.L\u2019étude détaillée de la loi révèle que la surintendance n\u2019est pas seulement la clef de voûte de notre édifice scolaire, mais encore le moteur de notre système organique d\u2019enseignement.Une à une les sages dispositions de la loi font constater la portée pratique illimitée de la surintendance.L\u2019action sans elle est paralysée.L\u2019action, malgré elle, est impossible au Conseil, au Département, dans les commissions scolaires et autres associations qui, à un titre ou à un autre, s\u2019occupent d\u2019éducation.Ou si l\u2019action s\u2019amorce et se développe quand même, elle sort presque fatalement des lignes qui, d\u2019après l\u2019esprit et la lettre de la loi, doivent l\u2019orienter.Or, la surintendance, c\u2019est le surintendant qui la transpose dans la réalité.Les auteurs de la loi l\u2019ont voulu ainsi et le respect dont la population entoure chez nous un surintendant manifeste que le jugement populaire, basé sur une longue expérience, sanctionne à sa façon la sagesse des législateurs.DECEMBRE 1946 359 Le surintendant, de par ses fonctions mêmes, doit connaître l\u2019histoire de nos luttes, sur le terrain scolaire, et comprendre l\u2019esprit de notre loi de 1875.Vu les millions toujours plus nombreux mis au service de l\u2019éducation, il doit savoir sérier selon la hiérarchie des valeurs les réalisations à accomplir et être un administrateur de grande classe.Administrer, pour lui, c\u2019est déceler, préparer, employer les collaborateurs nombreux dont il a besoin, appuyer et orienter toutes les bonnes initiatives selon les directives du Conseil.Le poste suppose une culture qui vaut plus par sa belle harmonie que par son étendue.Il suppose la sincérité de convictions religieuses nécessaire pour commander le respect des catholiques et des protestants, un sens national averti qui puisse satisfaire Français et Anglais du Québec.La surintendance, au moment où toutes les forces chez nous sont tendues vers l\u2019action et n\u2019attendent que la direction qui les ordonnera, doit être occupée par un homme ayant acquis un sens social plus pratique que livresque.Ce doit être un réalisateur plus qu\u2019un théoricien.Ajoutons que sa forte personnalité doit le mettre à l\u2019abri des influences indues et perpétuer le respect, l\u2019admiration, la vénération des éducateurs, de notre jeunesse et de nos hommes politiques eux-mêmes envers la surintendance, pour porter au maximum sa puissance d\u2019action.L\u2019État lui-même s\u2019attire le respect quand il sait discerner un homme de cette valeur et s\u2019assurer sa collaboration.COMMISSIONS SCOLAIRES Au carrefour de tant d\u2019intérêts, un surintendant doit être appuyé et soutenu par une opinion éclairée.Il est donc étonnant que le vœu du Comité catholique demandant que le Département encourage et suscite même, comme il le faisait autrefois, des congrès régionaux et généraux de commissaires d\u2019écoles, n\u2019ait pas été réalisé.Dans l\u2019ensemble, les commissaires d\u2019écoles se recrutent de la même façon et dans les mêmes milieux que les échevins, les maires, les députés.Une forte proportion d\u2019entre eux, en milieu rural, est formée de coopérateurs et de membres de l\u2019U.C.C., créateurs de mouvements et d\u2019organisations qui témoignent de leur valeur.Ils ont décidé d\u2019eux-mêmes et avec l\u2019appui du clergé de se réunir en congrès, de se grouper en associations pour mieux s\u2019acquitter de leurs devoirs.En effet, l\u2019existence d\u2019un organisme scolaire provincial ne libère pas les groupes locaux de familles de toute responsabilité scolaire envers leurs enfants.La décentralisation d\u2019exécution et l\u2019autonomie locale, \u2014 affaire de bon sens, \u2014 ne datent pas d\u2019hier, quoique les empiétements fédéraux nécessitent, depuis quelques années, une action politique plus vigoureuse.La loi de 1875 tient parfaitement compte de l\u2019autonomie municipale scolaire comme de l\u2019autonomie du Conseil et du Département.C\u2019est dans la mesure où le gouvernement local, généralement sain parce qu\u2019agissant sous l\u2019œil des administrés, sera fort, que l\u2019organisation scolaire provinciale régulière pourra grandir ou retrouver sa saine vigueur.Les commissions scolaires seront fortes lorsqu\u2019elles seront parfaitement éclairées sur leur rôle, sa nécessité, les moyens pratiques de l\u2019accomplir.Loin de se laisser décrier, elles feront alors leur propre propagande, par des œuvres plus nombreuses et parfaites.Unies, elles retrouveront l\u2019indépendance que l\u2019isolement leur faisait perdre et elles aideront le Département à recouvrer la sienne.Tout comme ce n\u2019est qu\u2019appuyée par les réclamations de l\u2019opinion populaire que, en 1875, la Législature put mettre elle-même un frein aux abus de la politique en éducation.ASSOCIATIONS DE PARENTS Malgré l\u2019existence du Comité, du Département et des Commissions scolaires, les parents gardent l\u2019obligation stricte de s\u2019intéresser de près au fonctionnement des écoles et de tout le système d\u2019enseignement.La période de disputes idéologiques et d\u2019influence politique indue au sujet des écoles (1854 à 1875) eût laissé celles-ci moins longtemps en souffrance s\u2019il avait dès lors été possible de grouper systématiquement les parents.Aujourd\u2019hui, cette organisation est possible et elle s\u2019impose.Ou bien les parents se grouperont en vue d\u2019une action méthodique et paisible, ou bien leur désir de maintenir et de développer nos institutions scolaires s\u2019effritera sous l\u2019effet du « tout va bien ».Comme si la répétition de la formule suffisait elle-même à dépouiller les faits de leurs conséquences.Si les parents ne se groupent pas, les forces adverses, merveilleusement initiées aux techniques d\u2019action, les influenceront et les grouperont.De toutes les persécutions des premiers siècles, la plus fatale à la confession de la foi fut celle de Dioclétien, « non à cause des tourments, mais parce qu\u2019elle succédait à quarante années de paix » ! Il peut n\u2019être pas inutile de le rappeler.ASSOCIATIONS D\u2019ÉDUCATEURS Les associations de parents, même incorporées, ne peuvent remplir actuellement d\u2019autre rôle légal vis-à-vis des commissions, du Département et du Conseil, que celui d\u2019aviseurs, de consultants ou de collaborateurs bénévoles.Elles visent avant tout à éclairer et former leurs propres membres, à atteindre la masse des chefs de famille, surtout les contribuables, pour qu\u2019ils remplissent plus efficacement leurs devoirs de citoyens électeurs ou éligibles, en matière scolaire ou civile.Elles tendent à créer Y opinion, souveraine en démocratie.360 RELATIONS Il en va un peu différemment pour les associations d\u2019éducateurs.Une fois que, dans le cas de l\u2019enseignement public, les commissaires, délégués des parents, ont engagé les professeurs, ceux-ci, outre les obligations juridiques qu\u2019ils assument, peuvent, grâce au syndicalisme, exercer légalement des droits à l\u2019égard des commissions scolaires et de leur association, à titre d\u2019employés syndiqués.Pour cette raison, dès qu\u2019existe l\u2019association syndicale des professeurs, l\u2019association des commissions scolaires devient une nécessité.C\u2019est le seul moyen de maintenir l\u2019équilibre nécessaire au bien commun, dans une sphère d\u2019intérêt primordial, l\u2019enseignement.C\u2019est encore le seul moyen de permettre aux syndicats ou à la corporation des professeurs d\u2019atteindre leur plein développement par la création, conjointement avec les délégués des commissions, de comités mixtes, en vue de la poursuite paisible et efficace de justes objectifs.Au delà des avantages matériels de ses membres, le vrai syndicalisme recherche encore leurs avantages religieux et culturels.Il doit viser au maintien ou à l\u2019amélioration de la profession, c\u2019est-à-dire de l\u2019enseignement et même de son organisation locale.Dans ces derniers domaines de pédagogie et d\u2019organisation scolaire, l\u2019action syndicale des professeurs se trouve cependant subordonnée aux dispositions de la Loi de l\u2019Instruction publique.Le Conseil peut, en effet, par simple règlement, étendre ou limiter toute juridiction locale en ces matières, comme il se réserve exclusivement la préparation des candidats à l\u2019enseignement public, l\u2019approbation des manuels, l\u2019établissement des divers programmes.Associations d\u2019éducateurs et de parents peuvent et doivent collaborer, car elles ont des buts communs: maintenir et susciter l\u2019intérêt éclairé de leurs membres et du public en matière d\u2019éducation.AUTRES ASSOCIATIONS Les organismes précédemment étudiés ont tous des mandats immédiats en éducation.Il n\u2019en va pas de même de toute autre association, religieuse, nationale, économique, politique, militaire, sociale, etc.Fondées pour d\u2019autres buts que l\u2019éducation, ces associations, intégrées dans la collectivité, se doivent d\u2019accorder, au milieu de leurs préoccupations particulières, une attention convenable à l\u2019éducation, considérée sous l\u2019angle qui les intéresse.Leur rôle envers tous les organismes précédents demeure toujours consultatif.Ces associations ne devraient jamais conclure une étude, encore moins passer à l\u2019action, sans avoir pris l\u2019avis des organismes étudiés précédemment.Lorsque, par la force des circonstances, ces associations, non proprement éducationnelles, prennent l\u2019avant-scène et alertent l\u2019opinion en exprimant sous une formule claire les désirs plus ou moins confus de nos parents, de nos jeunes, des différents groupes de notre société, il faut les féliciter de leur esprit d\u2019initiative.Mais qu\u2019elles soient prudentes, osons-nous leur dire.Ce n\u2019est pas en détruisant les corps mandatés ou en jetant le discrédit sur eux qu\u2019elles feront progresser l\u2019éducation! Notre législation, qui les a créés, est un chef-d\u2019œuvre d\u2019esprit logique, le fruit de longues expériences qu\u2019il serait périlleux de recommencer.Qu\u2019elles ne visent qu\u2019à fournir leur concours aux organismes régulièrement mandatés en vue de déclencher ou d\u2019accélérer au rythme nécessaire l\u2019irremplaçable action de ces derniers dans le domaine de l\u2019éducation.\u2022 ¦ -\u2022 LES JUIFS EN PALESTINE Harry BATSHAW La question du retour des Juifs en Palestine est à Vavant-plan de la scène internationale.Nous avons cru rendre service à nos lecteurs en demandant à un membre en vue du mouvement sioniste d'en exposer les données essentielles.(N.D.L.R.) rE PROBLÈME de la Palestine est à l\u2019ordre du jour.Les grands journaux ont tous leurs correspondants pour y suivre les événements.Les gouvernements britannique, américain, arabe, dans des déclarations officielles, essaient de définir leur politique dans le Proche-Orient.Les conférences internationales succèdent aux Commissions royales sans toujours plus de succès.Nous croyons que le problème de la Palestine mérite l\u2019attention qu\u2019on lui porte parce que dans sa solution se trouve impliqué le sort d\u2019Israël, cette question vieille de deux millénaires et que le monde moderne ne peut plus remettre à demain.Il est à regretter malheureusement que la propagande au service des intérêts politiques et nationaux jette sur le problème palestinien une confusion déconcertante.C\u2019est à démêler un peu cet écheveau que nous voulons nous essayer ici.Réduire toute l\u2019affaire de la Palestine à une querelle territoriale nous semble fausser entièrement la perspective.Par-dessus et au-dessus de la question géographique il y a un problème d\u2019humanité.La Palestine ouverte aux Juifs signifie la fin de cette effroyable boucherie qui marque en couleur de sang l\u2019histoire d\u2019Israël en Europe durant les quinze dernières années.Quiconque croit encore à la valeur de la personne humaine, à l\u2019inviolabilité de ses droits, ne peut rester indifférent à cet enjeu.Nous en avons pour garant les protestations énergiques de l\u2019Église catholique elle-même qui ont été pour nous un grand réconfort au milieu de nos tribulations.Les chiffres ont ici leur éloquence.Environ six millions de Juifs, sur seize millions, ont été traqués et tués avec des raffinements de cruauté qu\u2019on peut à peine imaginer.Ces meurtres massifs n\u2019étaient pas le fait de quelques énergumènes, mais l\u2019exécution froide et systématique d\u2019une politique d\u2019extermination qui devait rayer définitivement le peuple juif de la carte européenne.Et ce que les statistiques ne disent pas, DECEMBRE 1946 361 c\u2019est que dans les 90% de Juifs qui sont disparus en Lithuanie, en Latvie, en Pologne, dans les 80% de la Tchécoslovaquie, de l\u2019Allemagne, se trouvait la fine fleur de notre jeunesse, les pères et les mères de demain qui devaient sauver la race d\u2019une totale extinction.Ce que les statistiques ne disent pas non plus, c\u2019est que dans l\u2019horreur de la guerre sont disparues toutes les institutions qui assuraient la conservation de notre patrimoine culturel et religieux.Dans ces conjonctures, les Juifs du monde entier se tournent maintenant vers la Palestine comme vers une terre de salut.De ce côté-là seul paraît une lueur d\u2019espoir pour le peuple de la promesse.L\u2019Europe a été trop minée par l\u2019antisémitisme pour leur offrir désormais un asile assuré.Les pays neufs ne montrent aucun empressement à ouvrir leurs larges espaces aux réfugiés juifs.Reste la Palestine, la terre de nos ancêtres, où les rappellent tant de souvenirs historiques et religieux.Et c\u2019est précisément cette inspiration nationale et religieuse qui fait du sionisme, le mouvement du retour d\u2019Israël en Palestine, plus qu\u2019une entreprise philanthropique.Il ne s\u2019agit pas seulement de sauver la vie à des réfugiés, il s\u2019agit encore d\u2019assurer le retour des Juifs dans la terre d\u2019Israël, selon l\u2019antique promesse qui leur en a été faite par Dieu lui-même.C\u2019est pourquoi la devise des sionistes est empruntée au texte des psaumes.Toujours, d\u2019ailleurs, dans la religion juive, on a entretenu dans les cœurs l\u2019amour de Sion et l\u2019espoir de la restauration.Dans ses prières quotidiennes le Juif se tourne trois fois vers la Terre Sainte.Les synagogues juives sont construites de telle façon que l\u2019Arche qui contient le rouleau de la loi soit orientée vers Jérusalem.Dans la tombe de chaque Juif on dépose un peu de terre de Palestine pour que le défunt repose dans la paix du Seigneur.Et il n\u2019y a pas une seule cérémonie religieuse chez les Juifs orthodoxes où soit omise la prière pour la restauration d\u2019Israël.Une autre caractéristique du sionisme, c\u2019est sa nature pacifique.Ici il nous faut mettre nos lecteurs en garde contre la presse qui monte en épingle les moindres incidents de la Palestine et qui s\u2019acharne à attribuer à tout le mouvement sioniste des actes de violence qui ne sont le fait que d\u2019une minorité ouvertement désavouée par les chefs sionistes.Le terrorisme pratiqué par certains irresponsables ne fera pas avancer la cause juive; les sionistes le savent trop bien.Aussi n\u2019ont-ils jamais manqué de le réprouver et d\u2019exclure de leurs rangs ceux qui y avaient recours.Quand lord Moyne fut tué par deux terroristes en 1944, l\u2019Agence juive non seulement réprouva publiquement l\u2019agression meurtrière, mais encore refusa de signer une pétition pour implorer la clémence du tribunal à l\u2019égard des condamnés.Dès leur premier congrès, les sionistes formulaient le projet d\u2019un État juif en Palestine, établi dans la plus parfaite légalité et reconnu par les autres nations de l\u2019univers.Et, depuis ce jour, fidèle à son programme, le sionisme a acquis chaque pouce de terrain par libre négociation et à bon prix.Aujourd\u2019hui nous ne possédons que 6% de la terre palestinienne! La déclaration Balfour et le mandat de l\u2019Angleterre sur la Palestine approuvé par les alliés de 1922 ont été obtenus pacifiquement et sans chantage.Tout ce qui est juif aujourd\u2019hui en Palestine n\u2019est pas le résultat de la taxation ou de la confiscation, encore moins le profit de la conquête ou de la spoliation, mais le fruit de l\u2019initiative créatrice.De tous les coins du monde des Juifs et des Juives sont accourus en Palestine pour y travailler et y bâtir, pour transformer en patrie ce qui depuis des siècles n\u2019était plus que marais et déserts.Ils ont à la sueur de leur front et par la force de leur idéal inscrit dans la terre ancestrale une nouvelle et glorieuse épopée.Les Juifs n\u2019ont pas été seuls à profiter du labeur de ces pionniers.Loin d\u2019avoir été éloignés de la Palestine par les Juifs, les Arabes, au contraire, ont profité de leur arrivée.Les entreprises juives apportaient du travail à bon nombre d\u2019entre eux tandis que les agriculteurs juifs renouvelaient leurs méthodes de culture et leur apprenaient à tirer d\u2019abondantes et riches moissons d\u2019une terre trop souvent laissée en friche.Des experts ont prouvé qu\u2019il y a place encore en Palestine pour des milliers d\u2019immigrants sans déranger un seul de ses habitants actuels.On peut consulter sur ce sujet la belle étude d\u2019un économiste américain protestant, Walter Clay Lowdermilk, Palestine, terre des promesses.D\u2019après l\u2019auteur, le pays pourrait encore nourrir quatre millions de réfugiés en plus des 1,800,000 qui l\u2019habitent actuellement.Une immigration plus considérable provoquerait dans tout le pays une prospérité qui attirerait encore nombre d\u2019Arabes des pays circonvoisins et jamais, notons-le, le sionisme ne s\u2019est opposé à cette immigration.Des frontières fermées signifient, au contraire, un ralentissement de la vie économique qui ne peut être que désastreux pour le pays.Les sionistes, donc, ne demandent pas tant qu\u2019on leur cède de nouveaux territoires, mais bien plutôt qu\u2019on leur permette d\u2019exploiter à fond le territoire déjà promis.Que la Palestine s\u2019ouvre à ceux qui y veulent apporter leur esprit de travail et d\u2019initiative; par eux et avec eux, la Palestine atteindra la majorité d\u2019une nation et, dans une mutuelle collaboration avec le monde arabe, prendra la place qui lui revient dans le Proche-Orient.Les journaux ont récemment accordé beaucoup d\u2019importance à la saisie de navires emmenant clandestinement des réfugiés juifs en Palestine.Les Juifs de la Palestine et ceux du monde entier n\u2019admettent même pas le concept de l\u2019illégalité d\u2019une immigration juive en Palestine.Ils ont la conviction d\u2019entrer là comme chez eux.Le livre blanc de Churchill, en 1922, n\u2019a-t-il pas statué que les Juifs retournaient en Palestine de droit et non pas par tolérance ?Encore moins acceptent-ils que le pouvoir mandataire leur barre la route, puisque 362 RELATIONS les termes mêmes du mandat reçu de la Ligue des Nations comportent précisément l\u2019encouragement de l\u2019immigration juive en Palestine.Par son opposition même, l\u2019Angleterre met en doute la légalité de son mandat dans le pays.Aussi, forts de cette conviction, les sionistes entendent-ils continuer à ouvrir, de quelque façon que ce soit, mais pacifiquement toujours, les portes de la Palestine à leurs compatriotes en quête d\u2019une patrie.Contre le mouvement sioniste on agite parfois l\u2019épouvantail du monde arabe lésé dans ses droits.D\u2019abord, la souveraineté des Arabes en Palestine ne peut y être menacée, puisque cette souveraineté n\u2019a jamais existé.Quant aux droits des individus ou des communautés arabes du pays, les chefs du sionisme ont maintes fois répété qu\u2019ils étaient prêts à fournir toutes les garanties nécessaires.L\u2019expérience séculaire d\u2019Israël, minorité parmi les nations du monde entier, lui aura appris comment respecter ses propres minorités.De plus, les puissances arabes qui encerclent la Terre Sainte sont déjà une assurance de protection pour leurs compatriotes de Palestine.Nous pouvons ajouter que les sionistes ont souvent réclamé le concours des nations pour assurer la sécurité de tous les groupements de la Palestine; ce concours pourrait facilement couvrir les droits des non-Juifs en Palestine.Pour ce qui est des Lieux Saints, le sionisme a souvent affirmé son intention de respecter les droits des chrétiens et des mahométans sur ces monuments de l\u2019humanité.Les Juifs acceptent même qu\u2019une entente internationale y assure la paix et la sécurité, comme le laissait déjà entendre la déclaration du congrès de Bâle en 1897.D\u2019ailleurs, durant les soixante dernières années, alors que le nombre des Juifs s\u2019est accru jusqu\u2019à atteindre le tiers de la population palestinienne, jamais le moindre incident n\u2019a pu laisser croire que l\u2019accès aux Lieux Saints fût rendu plus difficile à cause de la présence des Juifs dans le pays.En résumé, le sionisme est un mouvement national et religieux qui veut ouvrir la Palestine à des milliers de malheureux qui ont échappé de justesse à la plus sanglante des persécutions.Le sionisme veut mettre fin à l\u2019éternelle pérégrination d\u2019Israël et le fixer enfin dans la Terre Promise.Le sionisme veut, dans le respect des droits d\u2019autrui, développer la terre ancestrale d\u2019Israël pour en faire un grand et beau pays.Que dans une entreprise aussi vaste et par certains côtés aussi urgente quelques éléments radicaux s\u2019oublient jusqu\u2019à la violence, peut-être faudrait-il y voir l\u2019impatience assez naturelle de gens qui souffrent et qui meurent pendant qu\u2019ailleurs, placidement, l\u2019on délibère.Chronique d\u2019aviation L'ÉGYPTE, NOEUD AÉRIEN INTERNATIONAL Gabriel ENKIRI LES CONFÉRENCES se succèdent au Caire.Après celle des ingénieurs arabes, puis celle des médecins d\u2019Orient, voici que s\u2019ouvre aujourd\u2019hui, dans les somptueux salons de l\u2019Héliopolis Palace, sous le dôme magnifique qui rappelle l\u2019Alcazar, le Congrès international de l\u2019aviation, ou plutôt de l\u2019O.P.A.C.I., organisation provisoire de l\u2019aviation civile internationale.Réunis pour la première fois à Montréal le 15 août dernier, les délégués décidaient de répartir leur besogne en sectionnant le globe en dix zones, dont chacune devait faire l\u2019objet d\u2019études séparées: l\u2019Atlantique-Nord, l\u2019Atlantique-Sud, la région Europe-Méditerranée, le Moyen-Orient, l\u2019Asie Sud-Orientale, l\u2019océan Indien, le Pacifique-Nord, le Pacifique-Sud, la mer des Antilles, l\u2019Amérique du Sud.Dans chacune de ces zones devait se tenir le plus tôt possible un congrès d\u2019ordre strictement technique, dont la tâche devait consister à étudier les conditions locales pour déterminer les besoins de l\u2019aviation et procéder à une rationalisation généralisée de tout ce qui touche aux aérodromes et aux installations à terre, à la législation aérienne, à l\u2019unification des codes, aux renseignements météorologiques, etc.Ces congrès devaient en outre examiner les questions concernant les divers aspects de l\u2019aviation civile et constituer notamment: a)\tUne commission de contrôle du mouvement aérien; b)\tUne commission des aérodromes et des installations terrestres; c)\tUne commission des communications; d)\tUne commission des recherches et sauvetages; e)\tUne commission météorologique.Cette procédure, approuvée en principe à Montréal, fut définitivement adoptée à l\u2019Héliopolis Palace.Parlant au congrès de Montréal de l\u2019intérêt que l\u2019Égypte attache à tout ce qui peut contribuer à réglementer l\u2019aviation, le délégué égyptien, Mohamed Rouchdi Bey^ avait insisté sur la situation géographique spéciale de l\u2019Égypte et sur l\u2019importance du rôle qu\u2019elle peut jouer dans ce nouveau moyen de communication: L\u2019Egypte se rend compte que son territoire constitue un des points principaux de jonction mondiale pour le trafic aérien international, et, de ce fait, elle apprécie à leur juste valeur les responsabilités qu\u2019il lui incombera d\u2019assumer.A ce point de vue, l\u2019Egypte n\u2019épargnera aucun effort en son pouvoir pour aider le Conseil à réaliser son plan et à organiser l\u2019aviation civile dans le monde sur une base juste et équitable.En ouvrant le Congrès, S.E.Ahmed Attia Pacha, ministre de la Défense nationale, a salué chaleureusement la présence au Caire des représentants des membres de l\u2019O.P.A.C.I., fondée il y a deux mois à Montréal.Nous sommes fiers de penser qu\u2019en choisissant Le Caire comme siège de cette première Conférence régionale de la Navigation aérienne, on ait voulu rendre hommage à la politique que nous avons toujours suivie et qui consiste à développer les installations et les services destinés à faciliter et à protéger les opérations de l\u2019aviation civile.DECEMBRE 1946 363 Les dirigeants égyptiens ne pouvaient pas tenir un langage différent.Leur sol a vu se dérouler quelques-unes des plus anciennes expériences de l\u2019aviation.En 1875, le célèbre inventeur français, Pierre-Louis Mouillard, a choisi l\u2019Égypte pour ses fameux essais.En 1910, le meeting d\u2019Héliopolis, organisé par le regretté Fouad Ier, a fourni aux premiers aviateurs, parmi lesquels Vedrines et Bonnier, un magnifique champ d\u2019expériences; en 1933, le meeting d\u2019Almaza, avec ses circuits et ses survols du désert, a permis aux techniciens d\u2019obtenir plus d\u2019une constatation utile, dont la science aéronautique a largement profité.La guerre de 1939-1945 a fait ressortir l\u2019importance capitale du territoire égyptien comme nœud aérien international.C\u2019est au Caire, à Alexandrie, en Haute-Égypte, qu\u2019atterrissaient pour se ravitailler les centaines d\u2019avions venant d\u2019Amérique et d\u2019Angleterre et se dirigeant vers l\u2019Afrique du Sud, l\u2019U.R.S.S., les Indes ou l\u2019Australie.C\u2019est en Égypte qu\u2019ont été construits et organisés, avec la rapidité qu\u2019exigeaient les circonstances, d\u2019immenses aérodromes britanniques ou américains.C\u2019est sur le sol d\u2019Égypte que les ateliers de réparation, les dépôts d\u2019essence, ont été aménagés.Durant les deux dernières années de la guerre, l\u2019Égypte a été la base où ont été préparés et d\u2019où sont partis quelques-uns des coups les plus durs portés au potentiel de guerre de l\u2019Axe.Depuis la guerre, l\u2019importance du rôle de l\u2019Égypte comme base aérienne ou comme poste de relais n\u2019a pas diminué; c\u2019est là une des raisons qui expliquent les difficultés qu\u2019éprouvent les Anglais à évacuer complètement un pays qui constitue l\u2019un des principaux chaînons des routes aériennes mondiales, et qui est la seule voie directe entre l\u2019Afrique et l\u2019Asie, d\u2019une part, et l\u2019Europe, d\u2019autre part.C\u2019est dire que le choix de l\u2019Égypte pour y tenir les assises de la nouvelle Conférence de l\u2019O.P.A.C.I.n\u2019est pas dû au simple hasard, mais qu\u2019il fut dicté par d\u2019impérieuses raisons géographiques, stratégiques et commerciales.L\u2019Égypte est d\u2019ailleurs, au point de vue aérien, le pays du Moyen-Orient qui a le premier compris combien il avait avantage à s\u2019adapter au côté pratique de l\u2019aviation civile.Ses avions, sous les couleurs de la Misr Air work, relient aujourd'hui à sa capitale toutes les grandes villes de sa côte et de son hinterland, ainsi que celles de la Palestine, de la Syrie, du Liban, de Chypre, de l\u2019Irak et de la Turquie.D\u2019autres lignes sont envisagées qui^ avec la collaboration de 1\u2019 Imperial Airways, devront relier l\u2019Égypte, d\u2019un côté, à l\u2019Europe et, de l'autre, à l\u2019Extrême-Orient.A ces lignes s\u2019ajoutent déjà celles .des grandes compagnies américaines, françaises et hollandaises.Le réseau aérien égyptien se développe donc de plus en plus, et plusieurs facteurs contribuent à ce que ce développement prenne bientôt une plus ^grande envergure.Le resserrement des relations entre l\u2019Égypte et les pays arabes imposera une intensification toujours croissante du trafic aérien entre Le Caire et les autres capitales du Moyen-Orient.D\u2019autre part, l\u2019Égypte, devenue réellement indépendante, voudra se doter d\u2019une aviation capable de défendre son territoire et de garantir son indépendance.Enfin, l\u2019abondance des capitaux entraînera les financiers vers les entreprises nouvelles, et celle de la navigation aérienne peut en être la plus intéressante.Pour toutes ces raisons, l\u2019opinion publique égyptienne suit avec attention et sympathie les travaux de la Conférence et se félicitera de leur succès.Répondant à Attia Pacha, le Dr Edward Warner, président de l\u2019O.P.A.C.L, a souligné l\u2019importance du Moyen- Orient au point de vue de l\u2019aéronautique commerciale, importance qui grandit de jour en jour et qui nécessite l\u2019assimilation des méthodes du Moyen-Orient à celles des autres parties du monde.Il conclut en précisant que l\u2019une des principales questions à résoudre était celle de la conversion du matériel et de l\u2019organisation technique légués par la guerre et de leur adaptation aux besoins civils.Le programme ainsi tracé laisse prévoir que les travaux seront de courte durée.Le Congrès s\u2019est mis rapidement au travail, consacrant sa première réunion à préparer le recensement des moyens dont dispose le Moyen-Orient pour l'organisation et la réglementation de l\u2019aviation.Les orateurs, au cours de cette première séance, ont formulé tour à tour d\u2019intéressantes recommandations en vue d\u2019adapter ces moyens aux exigences nouvelles de l\u2019aéronautique, notamment dans les domaines suivants: contrôle de la circulation, installations terrestres, sécurité et météorologie.Ces recommandations seront sans doute adoptées sans difficulté, car l\u2019ambiance qui règne à l\u2019Héliopolis Palace est loin de ressembler à celle des Conférences internationales de Londres, de San-Francisco ou de Paris.Ici, la plupart des délégués arrivés entretenaient déjà des rapports d\u2019estime et d\u2019amitié.Ils se considèrent, non comme des concurrents ou des rivaux, mais comme des collaborateurs, car il se sont déjà trouvés côte à côte dans les Conférences préparatoires de Dublin, Paris, Washington et Montréal.Ils adaptent plutôt qu\u2019ils ne créent et s\u2019attachent surtout à examiner les modalités d\u2019application.Leurs discussions ne sont pas empoisonnées par le facteur intérêt, susceptibilité ou soi-disant dignité nationale, car il n\u2019est pas de domaine où la souveraineté des États puisse être moins en cause que celui de l\u2019aviation civile, les frontières aériennes étant en effet plus factices que les autres, et les lois qui les défendent n\u2019ayant pas la même rigidité que celles qui protègent les frontières terrestres.D\u2019autre part, les accidents^d\u2019aviation sont encore trop nombreux pour que chacun des États intéressés ne s\u2019efforce pas, par un contrôle et une réglementation adéquats, de les prévenir ou d\u2019en diminuer le nombre.Dans ces conditions, le représentant de l\u2019U.R.S.S., par exemple, sera en mesure de consentir à ses collègues une concession sur la réglementation ou sur le contrôle des aérodromes, sans que Moscou puisse se croire humiliée.Le seul problème épineux, celui du balisage par radio, a été écarté du programme, car les représentants de l\u2019O.P.A.C.I.doivent se retrouver à la fin du mois à Montréal, où les attendent des rapports détaillés sur l\u2019application du balisage et sur les découvertes sensationnelles accomplies dans ce domaine grâce au radar.Le congrès aérien du Caire s\u2019intercale donc entre deux réunions à Montréal, comme il est probable que la Conférence du Travail, réunie récemment dans la grande ville canadienne, viendra bientôt poursuivre ses travaux dans la capitale de l\u2019Égypte.L\u2019un des résultats de la dernière guerre se confirme ainsi avec éclat: Montréal et Le Caire ont pris place au premier rang des grandes villes internationales.Le Canada et l\u2019Égypte ont acquis et acquièrent de plus en plus une importance qui peut devenir pour la paix un facteur que l\u2019on ne saurait négliger.Nous suivons ici avec intérêt et admiration l\u2019immense effort déployé par les Canadiens pour assurer à leur pays, dans un ordre parfait et une sécurité morale inébranlable, une ère de progrès, de prospérité et de puissance.L\u2019Égypte n\u2019est encore qu\u2019au début de la voie parcourue déjà avec tant de succès par le Canada.Puisse-t-elle s\u2019inspirer toujours du magnifique exemple de labeur, d\u2019honnêteté et de patriotisme que donne au monde la grande nation canadienne.364 R ELATIONS LES CANADIENS FRANÇAIS D'ESSEX ET DE KENT F.-X.CHAUVIN LORIGINE du groupement canadien-français de la péninsule d\u2019Essex et de Kent remonte à la fondation de Détroit par Antoine de Lamothe-Cadillac en 1701.Deux cent quarante-cinq ans nous séparent donc du courageux geste de l\u2019aventureux Gascon.L\u2019idée de Cadillac d\u2019établir un poste militaire et commercial à Détroit, la défense de son projet devant Louis XIV et sa cour, son voyage avec cent Français et cent Sauvages par l\u2019Outaouais, de Montréal au Détroit, et les débuts de son commandement au fort Pontchartrain sont et resteront des faits inoubliables d\u2019histoire.Si ces raison de quitter Michillimackinac tiennent de la vanité et d\u2019une ambition effrénée, il faut avouer qu\u2019un poste au Détroit, situé au centre des Grands Lacs et dont la rivière du même nom était l\u2019unique voie de communication avec les pays des Illinois, et de là avec la Louisiane par le Mississipi, entrait dans les desseins de la politique coloniale française.Cadillac a pu laisser la réputation d\u2019un hâbleur à l\u2019allure hautaine et à l\u2019esprit âpre et vindicatif; n\u2019empêche que son nom est indélébilement inscrit dans notre histoire et que sa statue remplit des niches sur bien des façades d\u2019édifices publics à Détroit, en Louisiane et ailleurs.Trente-deux ans avant l\u2019arrivée de Cadillac au Détroit, deux prêtres de Saint-Sulpice, MM.François Dollier de Casson et René Bréhan de Galinée, visitaient notre région.Quittant La Salle sur le lac Ontario, ils hivernent en 1669 sur la côte nord du lac Érié, et au printemps de 1670 remontent en canot la rivière du Détroit, dont Galinée, astronome et cartographe, nous a laissé une excellente carte, la première de notre territoire.La Collection historique Burton, de Détroit, en possède une copie.Leur intention était de fonder ici une mission, mais la perte de leur calice dans un accident de canot les en empêcha.Casson et Galinée furent les premiers Français à fouler notre sol.Quant à la date de l\u2019établissement des premiers colons sur la rive est de la rivière du Détroit, elle est assez difficile à établir.Il y a lieu de croire que ce fut dès l\u2019aurore de la colonie.Ce n\u2019est qu\u2019un pur accident qui a fait décider Cadillac à s\u2019établir du côté ouest de la rivière.Il avait le droit de concéder des terres des deux côtés, et s\u2019il ne le fit point, ses successeurs s\u2019en prévalurent certainement.Les colons ne furent pas lents à reconnaître les avantages que présentaient les terres du côté canadien pour l\u2019égouttement, à cause de la douce et longue pente du terrain.Ces terres, comme le voulait la coutume sous le régime français, étaient en forme de ni bans: deux arpents de largeur et à peu près un mille de longueur.Le colon faisait le défrichement ou la culture pendant le jour, mais retournait le soir en canot d\u2019écorce à Détroit, pour y jouir de la sécurité du fort.Vers 1745, toute la terre arable, à partir de la Petite Côte jusqu\u2019au pied du lac Sainte-Claire, était occupée.Les colons appartenaient à l\u2019église de Sainte-Anne, de Détroit, mais à peu près tous demeuraient du côté canadien.Ceci devait durer jusqu\u2019à l\u2019arrivée du P.de la Richardie, en 1748.Le P.Armand de la Richardie, jésuite, était missionnaire des Hurons à Détroit depuis 1728.Ces Hurons venaient de Michillimackinac, de Sandusky, et ils étaient nombreux.Leur village était situé à l\u2019est de notre grande avenue Woodward, près de l\u2019avenue Munroe.En 1721, le P.de Charlevoix, s.J., célèbre auteur de YHistoire et description de la Nouvelle-France, passait au Détroit, en voyage d\u2019étude.Jugeant que les Hurons n\u2019y devaient pas rester sans missionnaire, il fit une recommandation à cet effet au supérieur des Jésuites à Québec.D\u2019où la venue du P.de la Richardie.Le missionnaire s\u2019établit aussitôt parmi ses ouailles rouges.En 1733, il avait réussi à bâtir une résidence, une chapelle et une salle commune.En 1738, la chicane s\u2019éleva entre Hurons et Outaouais, et le Père crut bon de soustraire ses enfants sauvages aux tracasseries d\u2019une tribu si guerrière.Il les transporta d\u2019abord sur la Grosse Ile, à l\u2019entrée du lac Érié, puis en 1742 sur l\u2019île du Bois-Blanc (Bob-Lo) et de là, en 1748, à Sandwich, où il établit une mission qu\u2019il nomma /\u2019Assomption de la Pointe de Montréal de Détroit.Les Français aussi la fréquentaient.La liste de ceux qui y faisaient leurs pâques a été conservée.Pendant quatre ans, avant le transfert de la mission huronne à Sandwich, le P.de la Richardie avait eu comme assistant le P.Pierre Potier, une des plus belles figures de l\u2019Histoire de l\u2019Église et de la race française dans notre région.Arrivé en 1744, il passa trente-sept années de sa vie dans la mission indienne de Détroit-Sandwich.Le P.Potier continue l\u2019œuvre du P.de la Richardie jusqu\u2019à sa mort, arrivée en 1781, à la suite d\u2019une chute où il se fractura le crâne sur les chenets du foyer.Sous son administration, la mission de l\u2019Assomption fut érigée en paroisse relevant du diocèse de Québec, en 1767.Le P.Potier, qui avait la réputation d\u2019un saint, fut inhumé dans son église, au milieu de ses sauvages.Après sa mort, des prêtres séculiers desservent la paroisse jusqu\u2019à l\u2019arrivée de M.Jean-Baptiste Marchand, sulpicien, en 1799.Ce bon M.Marchand se dépensa pendant vingt-sept ans à l\u2019Assomption.En 1803, il fonda les paroisses de Saint-Pierre sur la Tamise et de Saint-Jean-Baptiste d\u2019Amherstburg desservies toutefois par le curé de l\u2019Assomption ou par son vicaire.Saint-Pierre ne recevait la visite d\u2019un prêtre que deux fois l\u2019an.M.Marchand mourut le DECEMBRE 1946 265 16 avril 1825, vénéré de tous.Son vicaire, M.Joseph Crevier, lui succéda, et fut remplacé en 1831 par l\u2019abbé Angus McDonnell, neveu de l\u2019évêque de Kingston, qui resta jusqu\u2019au retour des Jésuites, en 1843.La population canadienne-française d\u2019Essex et de Kent pouvait être alors de 2,800 à 3,000, échelonnée sur nos rives, d\u2019Amherstburg à Chatham.Cette population, de 80% agricole, est encore à l\u2019état pionnier ou à peu près: c\u2019est dire pas riche.Artisane par nécessité, elle vit confortablement ; gaie, sociale, hospitalière, charitable, elle conserve tous les traits de son caractère national.Elle connaît peu ce qui se passe dans le monde et ne s\u2019en soucie guère.Privée de direction spirituelle, elle demeure quand même attachée à la religion et à ses piatiques; elle fait même des sacrifices, qu\u2019on trouverait inouïs de nos jours, pour assister aux offices du dimanche.Elle est foncièrement bonne.En 1843, la paroisse de l\u2019Assomption s\u2019étend sur 120 milles carrés, centrée à Sandwich, et compte une centaine de familles canadiennes-françaises.En aval se trouve la Petite-Côte, longeant la rivièie du Détroit et traversée par deux petites rivières dont les noms, rivière aux Canards et livière aux Dindes (ces noms survivent), attestent la langue des premiers habitants.Au nord-est, Windsor, nouvellement érigé en village (1836), le Grand-Marais, la Pointe-à-la-Pêche, Técum-seh; plus loin, Belle-Rivière et Maidstone.« Voilà la paroisse », écrit à ses supérieurs le P.Pierre Point, s.J.\u2014 un autre qui mérite d\u2019être inscrit au calendrier des apôtres et des bienfaiteurs \u2014 ; « et nous pouvons dire que c\u2019est la partie la plus ancienne, la mieux cultivée, la plus sociale, et surtout la plus catholique du Haut-Canada, à tel point que Mgr Power dut opter pour son siège entre Toronto et Sandwich ».Ce beau témoignage invite à examiner de près cette population canadienne qui, malgré son isolement, conserve les traits de mœurs, les us et coutumes des ancêtres.S\u2019il convient de parler du miracle canadien, on en trouve une parcelle dans Essex et Kent.Cette population de langue française venait, à l\u2019origine, au .temps de Cadillac et de ses successeurs immédiats, de la Normandie, de la Picardie, de la Champagne et du Poitou.A ces premiers apports vinrent s\u2019ajouter avec les années des centaines d\u2019émigrants du Québec, attirés par la réclame des amis, par la beauté du climat et par la disponibilité et la fertilité des terres.Sans s\u2019écarter du vrai, l\u2019on peut dire qu\u2019aujourd\u2019hui encore, après tant d\u2019années, 75% de nos familles ont jCclc Sic - C/aire Paiacourt ICENT \u2022 poinbe-aux-Floches \u2022 Tilburu (fg 4Pointe de fïïontréal) |/. (Hor.): 316.-\tV.Pape, Saint-Siège.VÉTÉRANS.- L\u2019établissement des \u2014 (Comm.): 145.-\tN\u2019oublions pas nos \u2014, A.Désillets: 207.VICE COMMERCIALISÉ.- L\u2019enquête sur le \u2014, J.Penverne: 277.-\tV.Ligue de Vigilance sociale, moralité.VIE CATHOLIQUE.- La \u2014 renaît en Allemagne (Comm.) : 49.-\tNotre pourcentage chrétien (Comm.): 112.YOUGOSLAVIE.- Mihailovich de \u2014 (Comm.): 144.-\tEn \u2014 (Comm.): 371.DE Lubac, H., S.J.Le drame de l\u2019humanisme athée: 62.DE Montigny, L.Au pays de Québec: 30.Dengel, A., m.d.Mission for Samaritans: 286.Desbucquoit, A.Avec Dieu toujours, aux champs comme à la ville: 349.Dragon, A., S.J.En mission parmi les Rouges: 191.Dufrenoy, M.-L.L\u2019Orient romanesque en France (1704-1789): 381.Dunn, D.Dark was the Wilderness: 255.Ernout, A.Poésie latine: 31.Farnum, M.The Wool Merchant of Segovia: 253.Forrest.Chats with Prospective Converts: 29.Frenette, chan.F.-X.-E.Notices biographiques et notes historiques sur le diocèse de Chicoutimi: 190.Gagnon, A.Malane: 21.Gagnon, E., P.S.S.La Censure des livres: 285.Garneau, F.-X.Histoire du Canada: 253.Gaudrault, T.R.P.P.-M., o.P.Neutralité, non-confessionnalüè et l\u2019Ecole Sociale Populaire: 158.Gignoux, C.-J.Monsieur Colbert: 350.GlHGRAS, J.-B.Initiation à la science politique: 94.Gottman, J.La Fédération française: 222.Grandbois, A.Avant le chaos: 255.Grousset, R.Bilan de l\u2019Histoire: 222.GüINDON, H.-M., S.M.M.Virgo praedicanda: 157.384 RELATIONS Halecki, O.Histoire de Pologne: 63.Harpe, Ch.-E.Les Croix de chair: 318.Kelly, G., S.J.Jeunesse moderne et Chasteté: 157.Krzesinski, A.J.National Cultures, Nazism and the Church: 30.Laberge, D.Anarchie dans l'Art: 285.Labrecque, chan.C.Consultations théologiques: 284.Lamarche, P.M.-A.Projections: 31.Lecler, J.L\u2019Eglise et la souveraineté de l\u2019Etat: 318.Léonov, L.Le Chemin de l\u2019Océan: 212.Lesage, O., O.M.i.Capitale d\u2019une solitude: 351.Letourneau, F.Le Comté de Nicolet: 349.Ludwig, E.La Conquête morale de VAllemagne: 253.McDermott, T.A Survey of Catholic Literature: 285.Marcotte, J.-M.Mektoub! (C'était écrit!): 351.Maria, R.The Divine Pursuit: 349.Marin, A.L'honorable P.-B.Mignault: 190.Abandon à la divine Providence (L\u2019).Père de CausSade: 29.Accords Pétain-Churchill {Les).L.Rougier: 30.Anarchie dans VArt.D.Laberge: 285.Au pays de Québec.L.de Montigny: 30.Avec Dieu toujours, aux champs comme à la ville.A.Des-BUCQUOIT: 349.Avant le chaos.A.GRANDBOIS: 255.Bilan de l\u2019Histoire.R.GROUSSET: 222.Brigitte sous le ciel gris.B.Bernage: 223.Brigitte aux champs.B.BERNAGE: 223.Canada et les cartels internationaux (Le): 99, 131.Capitale d\u2019une solitude.G.Lesage, o.m.i.: 351.Ceinture fléchée.M.Barbeau: 381.Censure des livres (La).E.Gagnon, P.S.S.: 285.Centenaire de l\u2019Histoire du Canada de François-Xavier Garneau: 380.Chats with Prospective Converts.FORREST: 29.Chemin de l\u2019Océan (Le).L.Léonov: 212.Christ notre Roi (Le).G.Thuot: 94.Cinquante ans au pays des neiges, t.I.Chez les Mangeurs de Caribou.Mgr G.Breynat, O.M.I.: 286.Compagnons du Spirituel.(Les).G.DE CATALOGNE: 381.Comté de Nicolet (Le).F.LÉtourneau: 349.Conquête morale de T Allemagne (La).E.Ludwig: 253.Considération (La).Saint Bernard: 158.Consultations théologiques.Chan.C.Labrecque: 284.Cours d\u2019Histoire du Canada.Sir T.Chapais: 350.Créance morale de la Frame.L.Rougier: 29.Croix de chair (Les).Ch.-E.Harpe: 318.Croix de Jésus.Père Chardon : 29.Dark was the Wilderness.P.W.O\u2019Grady & D.Dunn: 255.Dilemme France-Etats-Unis (Le).K.Pendar: 320.Divine Pursuit (The).R.Maria: 349.Drame de Vhumanistne athée (Le).H.de Lubac, s.j.: ,62.Echelle humaine (A V).L.Blum: 350.Église et la souveraineté de l\u2019État (L\u2019).J.Lecler, S.J.: 318.Encyclique sur le Corps mystique du Christ.Y.Charron: 29.Cinéma français et cinéma américain: 280, 376.Amour sans espoir: 376.Belle et la Bête (La): 376.Caesar and Cleopatra: 311.Do You Love Me: 280.Duchesse de Langeais (La): 311 Éternel retour (L'): 376.Falbalas: 311.Marion, S.Les Lettres canadiennes d\u2019autrefois, tome IV: 286.Mauriac, F.Sainte Marguerite de Cortone: 284.Maynard, T.Too Small a World: 29.O\u2019Grady, P.W.Dork was the Wilderness: 255.Pallascio-Morin, E.Je vous ai tant aimée: 254.Paul-Emile, Sœur.Mère Elisabeth Bruyère et son Œuvre.I.380.Pendar, K.Le Dilemme France-Etats-Unis: 320.Pintal, M.-N.Mission de femme: 320.Plouffe, Dr A.Hygie contre Vénus: 127.Potvin, D.Le Saint-Laurent et ses îles: 287.Quintana, F.J.Para ser Santos y Apos/oles: 95.Romeyer, B., s.J.La Philosophie religieuse de Maurice Blondel: 158.Rougier, L.Créance morale de la France: 29.- Les Accords Pétain-Churchill: 30.LIVRES RECENSÉS En mission aux États-Unis et au Canada.J.Abadie: 194, 230, 275.En mission parmi les Rouges.A.Dragon, s.j.: 191.Escogidas historielas y Leyendas para grandes y chicos.C.H.de Heredia: 95.Être et le Néant (U).J.-P.Sartre: 115.Family Today (The) Family Life Bureau: 126.Fédération française (La).Jean de la Roche et Jean Gottman: 222.Forêt (Laf.E.Minville: 21.General Éducation in a Free Society: 77.Great Retreat (The).The Growth and Decline of Communism in Russia.N.S.Timasheff: 349.Histoire de la Province de Québec, XIV, XV, XVI.R.Rumilly: 94.Histoire de Pologne.O.Halecki: 63.Histoire des sciences et de leurs applications.L.Bour-goin: 254.Histoire du Canada VI, VII, VIII, IX.F.-X.Gar-Nèau : 253.History of the Jews in Canada, t.I.B.G.Sack: 380.History of Psychology from the Standpoint of a Thomist.R.E.Brennan: 30.Homme aux trois femmes (L').M.Barbeau et J.Ca-ron-Dupont: 254.Honorable P.-B.Mignault (L\u2019).A.Marin: 190.Hygie contre Vénus.Dr A.Plouffe: 127.Idée de Création et ses retentissements en philosophie (L\u2019).A.-D.Sertillanges, o.p.: 189.Impasse.S.Roy: 381.Influence de Voltaire au Canada (L\u2019).M.Trudel: 190.Initiation à la science politique.J.-B.Gingras: 94.Jeunesse moderne et Chasteté.G.Kelly, s.j.: 157.Je vous ai tant aimée.E.Pallascio-Morin: 254.Lectures et Bibliothèques.Anonyme: 127.Lettres canadiennes d'autrefois, (Les), t.IV, S.Marion: 286.Marguerite de Cortone (Sainte).F.Mauriac: 284.Martine Juillet.P.Benoît: 255.Matane.A.Gagnon: 21.Mektoub! (C'était écrit!).J.-M.Marcotte: 351.Mission de femme.M.-N.Pintal: 320.IV.\u2014THÉÂTRE ET CINÉMA Aperçus généraux | Le théâtre à Montréal: 311.Pièces et films recensés Fille du puisatier (La): 280.Fridolinons: 348.Gild a: 280.Green Years (The): 311.Henry V: 348.« Jéricho »: 249.Misérables: 280.Night and Day: 348.Roy, J.Impasse: 380.Rumble.Radio Replies: 29.Rumilly, R.Histoire de la Province de Québec, XIV, XV, XVI: 94.Sack, B.G.History of the Jews in Canada, I: 380.SAINTONGE, F., s.J.Ténwin de la Lumière: 189.Saint-Pierre, A.Témoignage sur nos orphelinats: 286.Sartre, J.-P.L\u2019Etre et le Néant: 115.Sertillanges, A.-D., o.p.L'Idée de Création et ses retentissements en philosophie: 189.Simard, G.Pour l'éducation dans un Canada souverain 62.Timasheff, N.S.The Great Retreat.The Growth and Decline of Communism in Russia: 349.Trudel, M.L'influence de Voltaire au Canada: 190.Watt, Rev.L.Usury in Catholic Theology: 126.Mission for Samaritans.A.Dengel, M.D.: 286.Monsieur Colbert.C.-J.Gignoux: 350.National Cultures, Nazism and the Church.A.J.Krze-SINSKI : 30.Neutralité, non-confessionnalilé et l\u2019École Sociale Populaire.T.R.P.P.-M.Gaudrault, o.p.: 158.No Dreamers Weak.M.DE la BédoyèRE: 253.Notices biographiques et notes historiques sur le diocèse de Chicoutimi.Chan.F.-X.-E.Frenette: 190.Notre question nationale, II.R.Arès, S.J.: 61.Œuvres nouvelles, (Les).V.62.Orient romanesque en France (1704-1789) (L\u2019).M.-L.Dufrenoy: 381.Para ser Santos y Apostoles.F.J.Quintana: 95.Philosophie religieuse de Maurice Blondel (La).B.Romeyer, S.j.: 158.Piété eucharistique (La).J.-F.BÉRUBÉe, S.S.S., L.PH.: 294.Poésie latine.A.Ernout: 51.Pour l\u2019éducation dans un Canada souverain.G.Simard, o.M.I.: 62.Présence mariale.F.Charmot: 253.Projections.P.M.-A.Lamarche: 31.Proudhon et le christianisme.H.DE Lubac: 126.Radio Replies.Rumble and Carty: 29.Rimouski et les pays d\u2019en bas.E.Benoist: 232.Route enchantée (La).En COLLABORATION: 31.Saint-Laurent et ses îles (Le).D.Potvin: 287.Survey of Catholic Literature (A).S.-J.Brown, S,J., and T.McDermott: 285.Témoignage sur nos orphelinats.A.SAINT-PIERRE: 286.Témoin de la Lumière.F.Saintonge, S.J.: 189.Textes choisis.Saint Bernard: 189.Too Small a World.T.Maynard: 29.Ukrainiens catholiques du rit grec-ruthène au Canada (Les).L.-E.Bélanger: 94.Usury in Catholic Theology.Rev.L.Watt: 126.Vacances 46.Anonyme: 159.Vie et le sport sur la côte nord du bas Saint-Laurent et du golfe (La).N.-A.Comeau: 287.Vie paroissiale et VAction catholique (La).Anonyme: 95.Virgo praedicanda.H.-M.Guindon, S.M.M.: 157.Wool Merchant of Segovia (The).M.Farnum: 253.L\u2019histoire à l\u2019écran: 348.Pain dur (Le): 281.Play\u2019s the Thing (The): 511.Private Lives: 281.Saratoga Trunk: 280.Stolen Life (A): 348.Tristan and Yseult: 376.Two Sisters from Boston: 280.On serait savant sans l\u2019oubli » CONSERVEZ ilQttâ Relation* constitue une documentation précieuse à laquelle vous aimerez vous référer.Chaque année Relation* vous apporte 380,000 mots en 760 colonnes, plus d\u2019idées et de suggestions constructives que 15 volumes de 300 pages.et tout cela pour $2.50! CARTABLE Rien de plus facile que de re- lier vous-même vos exemplaires chaque mois en vous le procurant.Cette reliure amovible peut contenir douze numéros Prix: de /Relation* \u2022 Dos et plats recouverts de simi- $1.25 licuir rouge.Le titre et les filets or donnent par la poste l\u2019aspect d\u2019un volume soigné de bibliothèque.$1.35 DES IDÉES, DES FAITS, DES DOCUMENTS.DECEMBRE 1946 385 Ce chèque de rente, vous le recevrez chaque année, tant que vous vivrez.La rente viagère n'est ni plus ni moins que la prévoyance monnayée.Cette conversion de l'avenir en argent vous est indispensable : personne ne passe de bail avec la fortune.CAISSE NATIONALE # D\u2019ÉCONOMIE # 41 ouest, rue St-Jacques, Montréal - Tel.: HA.3291 Tél.FAlkirk 1116 ÉCHANGE PRIVÉ Cfjartonneau ^Limitée Fabricants de BISCUITS CONFISERIES et PATES ALIMENTAIRES 1800, RUE NICOLET MONTRÉAL txoià motà 1[ Un témoin des élections françaises est persuadé que les catholiques y sont trop réservés, qu\u2019ils devraient engager des Américains pour organiser leur cuisine électorale.If Le Nouveau-Brunswick, avisé par un M.Irvine, fort en huile et en politique, a concédé à la Standard OU américaine 160 milles carrés de bon territoire, bloquant ainsi la créatiou de dix belles paroisses.Le vieux domaine des Breakey, 100 milles carrés, fait pareil dans notre Beauce à nous.1f Le rapport Cornish, sur l\u2019éducation bilingue en Ontario, prétend que 60% des Sœurs qui profitent des cours institués par Toronto vont ensuite enseigner dans Québec.C\u2019est parfaitement inexact; on a vu jaune: à peine 2 ou 3% viennent ici, et encore.pour nous enseigner l\u2019anglais.1f Un professeur de Sciences sociales prétend que le crime coûte 15 milliards aux États-Unis, soit $115 par tête, par année, pour 300,000 gendarmes, une pléthore de juges, d\u2019hommes de loi, de secrétaires, de gardes, etc., chambre et pension gratuite pour des foules de prisonniers et perte de millions de journées de travail productif.Une éducation religieuse coûterait moins cher, sans parler du gain moral.If Grâce à un Service de notre Office national du Film, les étrangers d\u2019Europe et d\u2019Amérique du Sud ont l\u2019occasion de voir de plus en plus de films sur le Canada.Responsabilité de l\u2019O.N.F.de représenter fidèlement notre pays.K « Les deux grands péchés de l\u2019Espagne sont sa suppression de la franc-maçonnerie et sa lutte contre le communisme », dit Franco.Voilà qui explique certaines interventions qui ne lâchent pas.If On exhume un règlement, remisé aux oubliettes depuis longtemps, pour arrêter à minuit danses et représentations dans les cabarets et grills de Montréal.C\u2019est un heureux premier pas.If Quarante chauffeurs de taxi font un mauvais parti à deux policiers qui s\u2019acquittaient simplement de leur devoir.C\u2019est un bon point pour l\u2019escouade de moralité.If Mettre de la religion dans la politique humaine, y mettre la politique divine du Pater : « Que votre règne arrive », serait-ce améliorer ou détériorer la politique ?1f Le Dr Jean C.H.Wu, premier représentant de la Chine auprès du Vatican à porter le titre de ministre, est un juriste catholique de grande réputation.Il a écrit une étude sur sainte Thérèse de Lisieux et travaille à une traduction du Nouveau Testament en chinois.If Telle lampe fluorescente de bureau se vend à Montréal $29, à New-York $19.25.Le consommateur se demande à quoi tient cet écart.La fabrication est identique et les frais de production sont généralement moins élevés au Canada qu\u2019aux États-Unis.If Trois autres congrégations viennent de choisir des Américains pour leurs supérieurs généraux: les Frères de Saint-Alexis (F.Anthony Wessel, de Dayton), les Sœurs Féliciennes (Mère Simplicita Nehring, de Buffalo) et les Sœurs des Pauvres de Saint-François (Mère Tarsicia Fries, de Buffalo).If Une enquête encore incomplète révèle que 1,162 vétérans américains se préparent à la prêtrise ou à la vie religieuse.386 RELATIONS LA TEMPERANCE est Ha ê>a«begarbe par excellence de votre portefeuille, de votre santé et de votre bonheur familial, de même qu'une police d'assurance dans Ha â>aut)cgarine est synonyme de sécurité économique pour vous et pour les vôtres.Compagnie d'assurance sur la vie Ha ê>aubegatbe SIÈGE SOCIAL: MONTRÉAL N La question nationale au Canada français est d'abord une question économique ! 4 liez donc A L'ACTUALITE ÉCONOMIQUE La seule revue du genre publiée en langue française en Amérique Elle vous tiendra au courant des principes et des faits économiques indispensables à la compréhension de nos problèmes.SOMMAIRE DU NUMÉRO D'OCTOBRE \u2022\tDes articles sur l'industrie de l'Allemagne de demain, sur l'aluminium au Saguenay, sur les relations ouvrières et l'industrie, sur les pêcheries maritimes du Québec, sur le problème des loisirs ouvriers, sur les diverses modalités d'assurance, sur l'économie et les problèmes raciaux des Rhodésies, par MM.Charles Corcelle, Benoît Brouillette, Lucien Genêt et Charles Laberge, Hormisdas Langlais, Jacques Hébert, Thuribe Belzile, Charles-D.Hérisson.\u2022\tDes commentaires sur les finances fédérales de 1946, sur l'économie canadienne et les finances publiques, sur les nouvelles propositions du Fédéral aux provinces, sur la réforme de l'impôt sur le revenu et la question des allocations familiales, par François-Albert Angers.\u2022\tDes comptes rendus de livres récents sur des sujets économiques et sociaux.Revue trimestrielle publiée par * * L\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales 535, AVENUE VIGER\tMONTRÉAL Abonnement : $3 En vente aussi chez Déom, chez Pony et à la librairie du Devoir : $1.00 l\u2019exemplaire cAckete BIEN MAGASIN A RAYONS : 865 est, rue Sainte-Catherine qui aa MONTRÉAL Comptoir postal : 780, rue Brewster Suce, magasin pour hommes Hôtel Windsor SUA»; ISSÏÎSBnfi cAvec les hommages de la maison MONGEAU & ROBERT Cie Ltée « ?CHARBON HUILE À CHAUFFAGE 1600 est, rue Marie-Anne - Montréal DECEMBRE 1946 387 \u2022 \u2022 \u2022 LES RELIURES J^elationA V Expédiez-nous en bon état votre année complète de Relation*.Notre reliure similicuir rouge avec titres or coûte $1.75 (plus les frais postaux $0.25).COLLECTIONS COMPLÈTES DE (RfilationA \u2022 Elles sont rares $3.50 pour l'année 1943 $3.50 pour l'année 1944 $3.50 pour l'année 1945 $3.50 pour l'année 1946 1941 et 1942 sont épuisées AJOUTER $1.75 PAR VOLUME, SI ON DÉSIRE LA COLLECTION RELIÉE jJfiimîmst FONDÉE EN 1912 Conseil d'administration : JOSEPH SIMARD, O.B.E., Président ALBERT HUDON, D.Sc.C.\tHON.J.-A.BRILLANT, C.B.E., C.L.Vice-présidents Hon.ÉDOUARD ASSELIN, C.R., C.L.Hon.ARMAND DAIGLE, Sénateur Hon.CHARLES DELAGRAVE, N.P., C.L.J.-ÉMILE FORTIER, M.D.Hon.WILFRID GAGNON, C.B.E.Col.Hon.RAOUL GROTHÉ, C.L.J.-ÉDOUARD LABELLE, C.R., O.B.E.Hon.LUCIEN MORAUD, C.R., sénateur EUGÈNE POIRIER, N.P., LL.D.Direction : J.-HÉBERT CHRÉTIEN, B.A., LL.L.Directeur général Jacques SAINT-AUBIN Henri DE CAZES Jacques GEOFFRION Chel des services\tGérant 4 Québec\tSecrétaire Siège social:\tSuccursale: 10 ouest, rue St-Jacques\t132, rue St-Pierre MONTRÉAL - I\tQUÉBEC LE LIVRE est le cadeau des gens de g.Out LIVRES D'ÉTRENNES Éditions de luxe.Belles reliures.Dictionnaires.Histoire, Biographie.Géographie, Voyages.Beaux-Arts, Musique.Auteurs classiques et modernes.Romans nouveaux.Littérature religieuse.Auteurs canadiens.Choix incomparable de livres et albums pour la jeunesse ta it le GRANGER FRERES 54 OUEST, RUE NOTRE-DAME MONTRÉAL Tel.: LAncaster 2171 388 RELATIONS ¦ JOIGNEZ L\u2019UTILE À L\u2019AGRÉABLE Renouvelez à l\u2019occasion des fêtes \u2014 un coin de votre foyer chez \u2014 LES GRANDS MARCHANDS DE MEUBLES DE L\u2019EST 2222 maùoîL RENÉ DUPONT président JfeA 3)ixecteuxA PxopxiétaixeA ofôxent à touâ le à lecteuxA CADEAUX DES FÊTES Voyez nos multiples suggestions en petits meubles, lampes, cendriers, cadres, tabourets, etc., etc.AMEUBLEMENTS DE BUREAU Accessoires électriques.Radios, réfrigérateurs, laveuses.J.-H.DESCHÊNES vice-président leux A nteilleuxA AoukaitA de JACQUES DUPONT secrétaire Santéy Bonkeux et PxoApèxité Ternir trtns le*s Ils expriment leur reconnaissance à tous leurs clients et amis et ils leur demandent de continuer leur confiance envers une maison CANADIENNE-FRANÇAISE qui æmil\ts'efforce d'offrir les ameublements de la meilleure qualité aux prix gO| 11 MJEfà&kb*\tles plus raisonnables possible.4020 est, rue Sainte-Catherine (près du boulevard PIE-IX) Tél.AM.2111 OUI.' ^ MEUBLEZ VOTRE MAISON CHEZ vnejÆ/imt'œmp&tcle LÜMlli rnoMon Les Fabricants FASHION-CRAFT LIMITÉE Conseil d'administration : J.-Louis Lévesque Président Vice-président exécutif Gérard FAVREAU et directeur général Lionel LACROIX *1 Directeurs généraux W.S.McCUTCHEON J adjoints Emé.Lacroix J.-A.Boivin, N.P.jÇeâ vêtementà Jaàhion-Ctalt Sont l'apanage d\u2019une mise élégante.Représentés au Canada par au delà de 500 magasins d\u2019Halifax à Vancouver.A $1,200,000 LES RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH DE L\u2019HÔTEL-DIEU DE SOREL OBLIGATIONS 2^, 3 et 3J
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