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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1949-02, Collections de BAnQ.

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[" - Joseph-H.Ledit Charles-Édouard Bourgeois Z» - Luigi d'Apollonia ÉDUCATION ET GRÈVE Éditorial CANALISATION DU SAINT-LAURENT Albert PLANTE LAMBETH ET LE MARIAGE Lionel PELLAND CHANTIERS NOUVELLE MODE Alexandre DUGRÉ ORIENTATION DES LOISIRS Jean-Paul DALLAIRE Canada, Israël et le Vatican Caritas_____ Ingrid Bergman r ECOLE SOCIALE POPULAIRE SOMMAIRE FÉVRIER 1949 Editoriaux.Un défi aux Nations Unies: l\u2019arrestation du CARDINAL MlNDSZENTY.\u2014 ÉDUCATION ET GRÈVE.Articles LA CANALISATION DU SAINT-LAURENT .Albert Plante LAMBETH ET LE MARIAGE .Lionel Pelland LE COMMUNISME ITALIEN .Robert Morency ORIENTATION DES *\tLOISIRS.Jean-Paul Dallaire CARITAS.Charles-Édouard Bourgeois Commentaires.Nouveau système d\u2019éducation ?\u2014 Conditionnements à toute activité.\u2014 Politique américaine en Chine.\u2014 Pour les sans-patrie.\u2014 Procédures soviétiques.Au FIL du mois.L\u2019Union internationale des étudiants.\u2014 La parole du Pape.\u2014 L'observance du dimanche.\u2014 Comment un régime favorise Valcoolisme.\u2014 La pensée sociale du cardinal Villeneuve.29\tChroniques POUR FAIRE RAYONNER LA PENSÉE DE L\u2019ÉGLISE .Joseph-Papin Archambault\t47 LE SERVICE SOCIAL ET LE PROBLÈME DU LOGEMENT .Sœur Blanche Bellavance\t48 SOUFFRANCES DE LA CHINE .J.Masson\t51 CHANTIERS NOUVELLE MODE Alexandre Dugré\t52 HORIZON INTERNATIONAL.54 34\tCanada, Israël et le Vatican.37\tINGRID BERGMAN DANS « JOAN OF ARC ».Luigi d\u2019ApoLLONiA 56 39 42\tLivres récents.57 La paroisse moderne et l\u2019Action 44\tcatholique.Philippe Bélanger Les Plouffe.Ernest Gagnon Chercheurs de Dieu.Stéphane Valiquette Superstitions populaires.Maurice Côté Du cométique à l\u2019avion.Alexandre\tDugré Bref historique de Saint-Jean du Richelieu.Lucien Campeau Guy de Larigaudie ou l\u2019aventure intérieure .Gérard\tGoulet D\u2019où venons-nous, chère maman ?.Jacques Tremblay Autour des trois Amériques.René\tBarbin NOS COLLABORATEURS \u2022 Le P.Lionel Pelland, s.J., est professeur de théologie dogmatique au Scolasticat de l\u2019Immaculée-Conception.\u2014 Le P.Robert Morency, s.j., professeur de philosophie au Scolasticat de l\u2019Immaculée-Conception, a passé les deux dernières années à Rome.\u2014 Le P.Jean-Paul Dallaire, s.j., professeur de psychologie à la faculté de philosophie du Scolasticat de l\u2019Immaculée-Conception, après avoir vu le Centre récréatif de Sainte-Marie de Beauce, fut amené à visiter un certain nombre d\u2019organisations similaires et à rencontrer des personnes d\u2019expérience.Il communique ici les réflexions qui lui furent suggérées par ses observations et les entretiens qu\u2019il eut dans ces différents milieux.\u2014 M.l\u2019abbé Charles-Édouard Bourgeois, directeur de l\u2019Assistance à l\u2019enfant sans soutien du diocèse des Trois-Rivières, se rendit à Lucerne, en 1947, comme délégué du gouvernement provincial au congrès de Y Union catholique internationale de Service social.\u2014 Sœur Blanche Bella vance, diplômée de l\u2019École de Service social de l\u2019Université de Montréal, est attachée au Service social de l\u2019Institut des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.\u2014 Le P.Joseph Masson, s.j., mis-siologue belge, fait actuellement une tournée en Asie.RELATIONS REVUE DU MOIS Directeur : Albert Plante Rédacteurs : Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Louis C.de Léry, Luigi d\u2019Apollonia, Jean Archambault, Jacques Tremblay, Richard Arès.Secrétaire de la rédaction : Alfred Bernier Administrateur : Paul Racine Prix de l\u2019abonnement:\tA l\u2019étranger: $3.00 $2.50 par année\tPour les étudiants: $2.00 \u2022 publiée par L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Centre de documentation, d\u2019information et d\u2019action sociale, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Joseph-Papin Archambault ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1961, rue Rachel Eat\tTél.: CHerrier 3101 MONTRÉAL-34\tCANADA Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa. IXeme année, No 98 Ecole Sociale Populaire, Montréal Février 1949 E D I T O Un cle{i aux ^NationJ Unie à: l attestation du cardinal M,indâzenty, T30UR UNE FOIS, la réaction du monde occidental aura été prompte et unanime: de tous les pays libres et encore attachés à la liberté, des voix se sont élevées et s\u2019élèvent encore quotidiennement pour flétrir l\u2019odieuse arrestation du primat de Hongrie, voix non seulement catholiques, mais aussi protestantes, juives et même musulmanes (jusqu\u2019au Gospel Witness du pasteur Shields qui y va de sa protestation, non sans décocher au passage quelques flèches empoisonnées à l\u2019Église catholique).De cet immense concert les deux notes dominantes sont, d\u2019une part, une admiration sans réserve pour la noble et courageuse figure du cardinal (un éditorial de la Gazette de Montréal, par exemple, ne le met-il pas bien au-dessus du président Bénès ?), et, d\u2019autre part, une profonde indignation contre une atteinte aussi brutale à la liberté religieuse.Sur ce dernier point, tout le monde est d\u2019accord: il s\u2019agit d\u2019une violation flagrante d\u2019un des droits fondamentaux, d\u2019une des libertés essentielles de l\u2019homme.Aussi le geste du gouvernement hongrois constitue-t-il un défi à l\u2019Organisation des Nations Unies elle-même qui, depuis son existence, s\u2019est posée comme la protectrice attitrée et officielle de ces droits et de ces libertés.C\u2019est pourquoi, si l\u2019O.N.U.ne veut pas que sombre son prestige aux yeux du monde civilisé, elle se doit de relever ce défi: lui en font un devoir la Charte de San-Francisco, le traité de paix hongrois et la Déclaration universelle des Droits de l\u2019Homme.La Charte de San-Francisco.\u2014 Les nations réunies à San-Francisco, en 1945, ont proclamé que l\u2019un des buts principaux de la nouvelle Organisation était de « réaliser la coopération internationale.en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion » (art.1, par.3).Or, RIAUX nous le répétons, c\u2019est un droit fondamental qui est violé par le gouvernement hongrois.Et qu\u2019on ne dise pas pour s\u2019excuser de ne pas agir: la Hongrie ne fait pas partie des Nations Unies.A cette pauvre excuse, la Charte elle-même se charge de répondre quand elle affirme que « VOrganisation fait en sorte que les Etats qui ne sont pas membres des Nations Unies agissent conformément à ces principes.» (art.3, par.6).De plus, la Hongrie n\u2019a cessé depuis deux ans de demander son admission à l\u2019O.N.U., réaffirmant à chaque fois qu\u2019elle acceptait de remplir les obligations de la Charte et qu\u2019elle était disposée à le faire.A la dernière session de Paris, M.Vychinsky n\u2019a-t-il pas présenté la Hongrie comme un pays qui satisfaisait pleinement à toutes les conditions exigées par la Charte, un pays vraiment démocratique, digne d\u2019entrer dans le concert des nations?Il importe que la réponse de l\u2019O.N.U.soit franche et ferme, de manière qu\u2019elle ne laisse aucun doute sur le jugement que porte le monde civilisé à l\u2019égard de la persécution religieuse menée actuellement par le gouvernement hongrois.Qu\u2019on ne dise pas, non plus: c\u2019est là une affaire domestique, « qui relève essentiellement de la compétence nationale d\u2019un État », et dans laquelle l\u2019O.N.U.ne peut intervenir.Nous répondons: le coup porté à la liberté religieuse en Hongrie intéresse toute la communauté des nations, atteint l\u2019une des bases mêmes du monde occidental et pourrait se répéter en d\u2019autres pays, s\u2019il n\u2019est pas paré promptement et efficacement.D\u2019ailleurs, les Nations Unies ne sont-elles pas déjà intervenues en Espagne pour des motifs beaucoup moins purs, et en Afrique du Sud pour protéger les ressortissants indiens?Pourquoi hésiteraient-elles à le faire en Hongrie ?Le traité de paix hongrois.\u2014 Le 10 février 1947, les Alliés ont signé avec la Hongrie un traité de paix dans lequel ce dernier pays s\u2019engageait à prendre « toutes les mesures nécessaires pour assurer à toutes les personnes relevant de sa juridiction, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, la jouissance des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris la liberté FEVRIER 1949 29 d'expression de la pensée, la liberté de la presse et de publication, la liberté du culte, la liberté d'opinion et de réunion ».Or, c\u2019est un fait patent que le gouvernement hongrois ne respecte aujourd\u2019hui aucune de ces libertés, qu\u2019il les viole même outrageusement.Qui donc alors aura la charge de lui rappeler les obligations souscrites, sinon d\u2019abord les Alliés, et ensuite l\u2019O.N.U.elle-même qui, en tant qu\u2019organisme suprême de la communauté des nations, devrait veiller à la bonne exécution des traités internationaux ?La Déclaration universelle des Droits de VHomme.\u2014 Adoptée à Paris le 10 décembre 1948, cette Déclaration, d\u2019après ses promoteurs, est censée « ouvrir à l\u2019humanité tout entière une nouvelle époque de liberté et de justice »; elle a été qualifiée d\u2019« universelle » comme devant s\u2019étendre et s\u2019appliquer à toutes les nations et même aux pays non-membres de l\u2019O.N.U.L\u2019occasion se présente de passer des paroles aux actes.Si les Nations Unies ne veulent pas que ce document tombe immédiatement dans le discrédit, il y a certains articles qu\u2019elles se doivent au moins de faire respecter par le gouvernement hongrois.Nous ne parlons pas de l\u2019article 9 affirmant que « nul ne peut être arbitrairement arreté, détenu ni exilé », ni de l\u2019article 18 déclarant que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion », car il est évident que ces deux articles ont déjà été ouvertement violés.Nous voulons parler des articles 5,10 et 11.Avant d\u2019être arrêté, le cardinal Mindszenty a eu le temps d\u2019avertir l\u2019un de ses amis de ne pas ajouter foi aux prétendus « aveux » que la douleur pourrait lui arracher.Or déjà le gouvernement hongrois s\u2019est vanté d\u2019avoir obtenu des « aveux » et des « confessions » de la part du cardinal.Nous rappelons à la Hongrie et aux Nations Unies ce texte de la Déclaration universelle des Droits de l\u2019Homme: « Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » (art.5).Le gouvernement hongrois a aussi parlé de faire juger sa victime par un « tribunal populaire ».On sait ce que cela veut dire en pratique.Nous lui rappelons, ainsi qu\u2019aux Nations Unies d\u2019ailleurs, ces deux textes de la même Déclaration universelle: Article 10: « Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.» Article 11: « Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.» Nous demandons que les Nations Unies, par leurs représentants ou par leurs délégués, veillent à ce que 30 soient au moins respectés ces trois derniers articles lors du procès que le gouvernement hongrois a l\u2019intention d\u2019intenter au cardinal Mindszenty.Elles se le doivent à elles-mêmes ainsi qu\u2019au monde civilisé.Cducation et gxive TDENDANT UNE SEMAINE, plus de quinze cents classes de la Commission scolaire catholique de Montréal ont été privées de leurs titulaires, instituteurs ou institutrices laïques.Cependant, l'opinion catholique et protestante, la plupart des corps publics de la ville et de la province, tout en regrettant l\u2019inaction scolaire des enfants, ont gardé, toute la semaine, leur entière sympathie au corps professoral qui a procédé avec un calme, une modération, une dignité chrétienne qui constituent un exemple dans le domaine syndical.Cet événement signale deux problèmes que nous traiterons séparément: un problème de relations du travail; un problème d\u2019instruction publique, d\u2019éducation.Problème syndical.\u2014 Depuis 1944, l\u2019arbitrage est le seul recours légal laissé aux professeurs pour régler leurs différends avec leurs employeurs.Les professeurs ont déjà eu recours à cet arbitrage.La décision fixant l\u2019échelle de salaires de 1947-1948 a été rendue le 27 août 1948.Elle ne fut exécutée qu\u2019en novembre 1948.Mais voilà que pour l\u2019exercice de 1948-1949 la Commission paye les salaires selon l\u2019échelle de 1946-1947.D\u2019où l\u2019indignation des professeurs et un légitime étonnement de la part du public, même si ce public ne sait au juste qui tenir responsable, de la Commission scolaire ou de la Commission municipale qui exerce la tutelle imposée par la loi.Entre temps, la Commission scolaire, sans motif apparent, a menacé d\u2019annuler le congé non payé qui permet au président de l\u2019Alliance d\u2019exercer ses fonctions syndicales, payées par cette association.La Commission a annulé le congé du président, supprimant en pratique son droit au fonds de pension des instituteurs et son droit de retour à l\u2019enseignement à Montréal.L\u2019opinion publique et l\u2019ensemble des professeurs se sont alors indignés de ces procédés d\u2019intimidation et la Commission est revenue sur sa décision.Voilà comment les professeurs se sont trouvés poussés à un vote de grève qui fut majoritaire et se sont décidés à la presque unanimité à faire une grève dont le caractère d\u2019illégalité n\u2019a pas empêché l\u2019opinion publique de se rallier avec sympathie autour de la cause des instituteurs contre l\u2019attitude de la Commission.Les instituteurs se sont crus dans le droit pour agir malgré la loi.Aussitôt connue la promesse de Mgr l\u2019archevêque: « Nous nous engageons tous ensemble, avec la Commission scolaire et les corps publics, à vous obtenir satisfaction pour cette année 1948-1949 », les instituteurs votèrent à l\u2019unanimité en faveur du retour au RELATIONS travail.Pourvu, bien entendu, que la Commission n\u2019exerce aucune sanction contre les grévistes et donc révoque les suspensions prononcées par elle dès le lundi pour faire suite à sa menace antérieure.Demande parfaitement légitime quand on sait que les retours au travail dans les conflits de ce genre se font toujours sans que des peines soient appliquées aux grévistes; le caractère d\u2019illégalité de la grève ne change d\u2019ordinaire rien à cette coutume puisqu\u2019il ne donne lieu qu\u2019à des recours devant les autorités judiciaires, ce que n\u2019est pas la Commission scolaire.L\u2019impasse s\u2019est prolongée, ainsi que l\u2019arrêt de l\u2019enseignement, parce que la Commission exigeait de ses employés un geste de confiance auquel ils n\u2019étaient pas obligés.C\u2019est à la demande des parents et non de la Commission que les instituteurs ont décidé de retourner en classe lundi midi, malgré l\u2019absence de garanties contre toute sanction.Le conflit ne résulte pas tant d\u2019une crise d\u2019obéissance chez les salariés que d\u2019un problème de commandement et d\u2019administration chez leurs employeurs.Ceci nous amène à notre seconde partie.Instruction publique.\u2014 Le déclenchement de la grève, ainsi que les événements qui se déroulent depuis, ne sont que des épisodes distincts d\u2019un drame autrement profond que le public a trop négligé de reconnaître: la modification, déjà en partie accomplie, de la structure même de notre Instruction publique et de son fonctionnement.En moins de dix ans, 1937-1947, la loi déterminant le nombre des membres de la Commission scolaire catholique de Montréal fut amendée quatre fois, entraînant chaque fois le remplacement des commissaires.Les quatre ministères politiques successifs obtenaient ainsi la majorité d\u2019influence dans cet organisme, comme si l\u2019on avait renoncé à maintenir l\u2019éducation en dehors de la politique.Selon la loi actuellement en vigueur, l\u2019État nomme quatre des sept commissaires et l\u2019Église, qui n\u2019a pas sollicité ce privilège, d\u2019ailleurs exorbitant, doit nommer les trois autres.Les parents ou contribuables montréalais n\u2019ont aucune représentation: la hiérarchie des droits est ainsi renversée.Les événements actuels manifestent clairement les inconvénients graves d\u2019une Commission scolaire non responsable aux parents et dépendante d\u2019une Commission gouvernementale.Dès mars 1947, Relations attirait l\u2019attention sur ce point: La seule raison valable pour l\u2019Etat de réclamer une représentation spéciale dans les commissions de Québec et de Montréal est la même que pour l\u2019Eglise: d\u2019une part, l\u2019importance du budget confié à l\u2019administration de quelques personnes seulement et, d\u2019autre part, la portée des mesures éducationnelles s\u2019appliquant à près de 25% des écoliers catholiques de la province.Ces intérêts représentent une telle tranche de bien commun que l\u2019Etat et l\u2019Eglise, dans leur sphère respective d\u2019action, ont alors le devoir d\u2019exercer de façon spéciale leur droit de regard sur le plan local.Il s\u2019agit alors de collaborer avec les chefs de famine, non de les supplanter.FÉVRIER 1949 On nous permettra de suggérer un moyen de réalisation très simple et dans l\u2019esprit de la loi de l\u2019Instruction publique.Le nombre des commissaires serait de cinq, dont trois seraient élus par les chefs de famille, un nommé par le gouvernement, un autre par l\u2019archevêché, ou celui qui exerce ses pouvoirs.Les chefs de famille garderaient ainsi, sur le plan local, la gouverne de leurs affaires, tout en profitant de la juste collaboration de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat.__ Les chefs de famille de chaque paroisse, réunis en assemblée, n\u2019auraient qu\u2019à suivre la procédure prévue aux articles 127 et suivants de la loi générale pour désigner des délégués qui, selon la même procédure, choisiraient leurs trois commissaires.Ce mode de choisir les commissaires est simple et juste.Il favoriserait un regain d\u2019intérêt et d\u2019esprit de collaboration des parents, tout en écartant les frais, difficultés administratives et inconvénients d\u2019une élection aux poils, à l\u2019échelle de grandes villes.Pour bénéficier des offres financières de la loi de 1946, Pour le progrès de l\u2019éducation, qui créait un nouveau fonds d\u2019éducation, la Commission scolaire est passée sous la tutelle de la Commission municipale, comme si le fait d\u2019accorder à une corporation scolaire les octrois auxquels elle a droit \u2014 qui d\u2019ailleurs dépassent à peine le tiers de son budget total \u2014 autorisait cet empiétement sur ses droits.Par ailleurs, il faut noter que plus de la moitié du fonds d\u2019éducation créé par cette loi de 1946 provient de sommes prélevées à Montréal (taxe de vente, Hydro-Québec, etc.) et à même des sources que normalement la Commission scolaire aurait dû pouvoir utiliser depuis que le produit de la taxe foncière déjà assez élevé ne suffit plus aux besoins des écoles de Montréal.De plus, croire que cette nouvelle forme de taxation atteignant toutes les familles donne droit de se substituer aux parents dans l\u2019administration locale de l\u2019éducation, ou de refuser à leurs écoles les sommes-nécessaires, serait encore une erreur.Enfin, chacun s\u2019étonne à bon droit qu\u2019en ces matières de législation et d\u2019administration scolaire les autorités constituées à cette fin par la loi de l\u2019Instruction publique (Conseil, Surintendant, Département) n\u2019exercent plus maintenant une influence efficace.L\u2019on voit donc que dans cette grève il s\u2019agit autant du droit des parents, de l\u2019indépendance des corporations scolaires, et de l\u2019application de la loi de l\u2019Instruction publique que des revendications légitimes des professeurs.Ceux qui, voyant venir les difficultés actuelles, s\u2019en remettaient au souvenir d\u2019un infructueux essai de grève vers 1925 pour laisser traîner le conflit oubliaient deux facteurs.Depuis vingt-cinq ans, le nombre et la formation du personnel enseignant ont progressé.Dans le même temps, le système scolaire de l\u2019Instruction publique, du côté catholique, a été suffisamment paralysé par des législations spéciales, par l\u2019âge et l\u2019inertie de fonctionnaires du Département, pour que s\u2019expliquent les deux faits saillants de la grève: la décision extraordinaire d\u2019éducateurs de carrière de forcer ainsi un règlement de leurs griefs et l\u2019intervention des parents en marge et à défaut de l\u2019action des autorités scolaires officielles où ils ne sont pas représentés.31 LA CANALISATION DU SAINT-LAURENT Albert PLANTE, S.J.CE PROJET qui a repris l\u2019affiche est complexe et mérite l\u2019attention de l\u2019opinion publique.Laissant de côté l\u2019aspect technique qui nous dépasse, nous nous attacherons à souligner l\u2019importance de veiller à ce que la canalisation soit un gain réel pour notre pays et notre province.Deux problèmes seront envisagés: le minerai du Nouveau-Québec et le port de Montréal.LE MINERAI DU N OU VEAU-QUÉBEC Au point de vue canadien et québécois, c\u2019est, sans contredit, le point où il faut être le plus vigilant.Ce n\u2019est pas sans tristesse que l\u2019on entrevoit le jour où un Saint-Laurent navigable en eau profonde sur toute sa longueur faciliterait l\u2019exportation en masse aux États-Unis de notre riche minerai de fer.Cette idée d\u2019exportation entre, du moins en partie, dans les préoccupations des tenants actuels, canadiens et américains, de la canalisation.L\u2019automne dernier, M.W.H.Durrell, gérant général de la Hollinger North Shore, disait au Canadian Club de Montréal: « Sur une production minimum qui devra atteindre les dix millions de tonnes, nous devrons en exporter huit millions.Notre véritable marché, ce sont les États-Unis.Pour atteindre ce marché, il faudra la canalisation du Saint-Laurent.» Au début de décembre, une nouvelle de la Presse Associée, venant de Cleveland, donnait la déclaration de M.Charles M.White, président de Republie Steel Corporation, une aciérie américaine: « La récente découverte de substantiels gisements de fer dans le Labrador et le Québec veut que la question de la canalisation du Saint-Laurent reçoive plus d\u2019attention que jamais.» Cette déclaration de M.White, apprenait-on, suivait d\u2019une semaine l\u2019acceptation d\u2019un plan de canalisation par la compagnie Hanna de Cleveland, l\u2019associée de la Hollinger dans les gisements de fer canadiens; cette acceptation se serait trouvée à briser l\u2019opposition des compagnies de navigation et des aciéries des Grands Lacs.Le 10 janvier, M.Truman joignit les deux idées de canalisation et de minerai; la découverte des gisements de fer à haute teneur du Labrador faisait croître l\u2019importance d\u2019une navigation plus facile.Le 12 du même mois, notre ministre de la Défense, M.Brooke Claxton, énumérant les quatre avantages de la canalisation, parlait d\u2019« une route sûre pour le transport du fer du Labrador aux aciéries des deux pays ».Quelle amplitude M.Claxton donnait-il à son expression: « aciéries des deux pays » ?Voyait-il le Canada faire un saut dans l\u2019industrie de l\u2019acier grâce à des usines modernes de traitement du minerai installées à proximité des gisements?Cette vision se présente aisément à qui s\u2019est habitué à une conception cana- 32 dienne de nos problèmes, conception qui ne songe pas nécessairement à bloquer toute exportation du minerai.Suivant tout simplement la ligne des indications providentielles, elle arrête d\u2019abord ses pensées sur notre pays, et, dans notre pays, sur la région favorisée.Cette conception canadienne s\u2019est clairement précisée dans les derniers mois.En septembre, notre Chambre de Commerce provinciale étudia attentivement, à son congrès de la Malbaie, le problème des ressources minières du Nouveau-Québec.Retenons cette idée de fond: notre avenir sidérurgique est intimement uni à la transformation du minerai ferreux dans les limites de la province.La Chambre fit des recommandations concrètes, sans les considérer toutes essentielles à la réalisation de son vœu principal.Des mises au point étaient possibles.L\u2019année nouvelle nous a apporté ces précisions.Le 10 janvier, la section de Québec de l\u2019Institut de Chimie du Canada entendit une conférence préparée par MM.Roger Potvin et Albert Cholette, professeurs à l\u2019Université Laval.L\u2019exposé du procédé de réduction du minerai par l\u2019électricité était suivi de données très précises sur la Côte Nord \u2014 on n\u2019entendait pas exclure d\u2019autres régions de la province \u2014 et sur le coût d\u2019installation en cet endroit d\u2019une industrie sidérurgique.Voici deux de leurs affirmations: 1° Le site le plus avantageux de la Côte Nord pour une industrie sidérurgique de grande importance se trouve à Sept-Iles; 2° Cette industrie contribuerait également au développement industriel de toute la province « grâce à toutes les industries secondaires qu\u2019elle pourrait susciter et qui présenteraient dans leur ensemble une importance économique encore plus considérable que l\u2019industrie sidérurgique de base ».Le travail de MM.Potvin et Cholette rencontre parfaitement les idées exprimées par S.Exc.Mgr Labrie, évêque du Golfe Saint-Laurent, dans sa lettre aux journaux de la fin de novembre.Désireux de défendre, selon son expression, les intérêts fondamentaux du comté de Saguenay, il suggérait comme site idéal la baie des Sept-Iles, proche tant des terrains miniers que de Sydney, la source de charbon.A cet avantage s\u2019ajoutait la richesse du comté en sources d\u2019énergie: total connu de 3,500,000 chevaux-vapeur, sans compter les chutes Hamilton, situées seulement à deux cents milles de la côte.Il notait que la région du Saguenay était l\u2019endroit tout désigné par la Providence pour l\u2019établissement dans la province d\u2019une industrie métallurgique.« L\u2019expérience a assez prouvé qu\u2019il n\u2019est pas bon de contrecarrer les dispositions providentielles, même dans RELATIONS l\u2019ordre matériel.C\u2019est à notre avis dans ces dispositions providentielles qu\u2019une politique prévoyante devrait chercher ses inspirations pour assurer à un pays neuf un développement économique et démographique sagement équilibré.» Cette politique prévoyante, ajoutait-il, aboutirait à la décentralisation des grandes agglomérations et à la création de villes scientifiquement et socialement organisées, profit non seulement pour la région mais pour toute la province.On voit, par ce qui précède, qu\u2019une canalisation du Saint-Laurent synonyme d\u2019exportation en masse du minerai ne répondrait pas à une conception canadienne de notre problème industriel.On voit aussi la sagesse de la recommandation de la Chambre de Commerce sur une commission des métaux ferreux indépendante de la politique.LE PORT DE MONTRÉAL La canalisation donnerait une magnifique voie de navigation intérieure.Plus que jamais, le Saint-Laurent serait actif.Ici se pose un problème: les points extrêmes de l\u2019intérieur, devenus accessibles aux vaisseaux de fort tonnage, vont-ils ruiner Montréal ?Relations s\u2019est prononcé pour la négative dans un éditorial de mai 1941 : « Montréal d\u2019ailleurs demeurera toujours au confluent de trois riches vallées et à la sortie naturelle de l\u2019immense arrière-pays abitibien en pleine expansion agricole et minière, tête de ligne pour les paquebots et le fret rapide, lieu d\u2019entreposage et de transbordement préféré pour les grands cargos des lacs qui n\u2019oseront affronter la mer, comme pour les bateaux de mer, de construction différente et plus dispendieuse, qui ne voudront ou ne pourront pousser plus avant leur navigation fluviale.Lieu de passage qui décuplera en importance, Montréal conservera au moins son importance actuelle.» (Voir aussi dans la même livraison l\u2019article de feu M.J.-H.Rainville, l\u2019ancien président du port de Montréal.) Relations parlait aussi du Bas Saint-Laurent.Un brillant avenir était entrevu à cause de la multiplication des centres d\u2019entreposage et des centres industriels, ceux-ci se développant grâce aux abondantes ressources hydroélectriques.Notons qu\u2019il n\u2019y a pas unanimité quant aux avantages pour le port de Montréal.On nous apportait dernièrement l\u2019objection de la diminution probable du débit du fleuve.LEÇON DU PASSÉ En février 1914, Paul-Émile Lamarche prononçait aux Communes un important discours en faveur du canal de la baie Géorgienne qui aurait relié Montréal aux Grands Lacs via la rivière Ottawa, la rivière Mat-tawa, le lac Nipissing et la rivière des Français.Son discours, bien documenté, s\u2019appuyait sur les divers relevés et rapports faits de 1856 à 1909.L\u2019orateur pouvait être à l\u2019aise car il disait avoir de son côté les membres les plus éminents des deux partis politiques.De l\u2019est à l\u2019ouest, affirmait-il, ce canal serait en territoire canadien, tandis que le Saint-Laurent sur une partie de son parcours est international.La conséquence de cette internationalisation, c\u2019est que la route vers le sud fait de chaque port américain une fissure par où coule notre grain, ainsi perdu au commerce canadien.La route de l\u2019Ottawa aurait le grand avantage de favoriser la création et le développement d\u2019un commerce interprovincial.Il n\u2019était pas d\u2019avis de « considérer la frontière américaine comme une muraille de Chine ».Il n\u2019affirmait pas non plus que commercer avec nos voisins c\u2019était mettre notre existence politique en danger.« Mais à titre de véritable Canadien, je suis opposé de toutes mes forces à ce qu\u2019on américanise le trafic de la navigation intérieure.» Opposant le canal Welland et le canal géorgien, il appelait le premier « une commodité entre voisins », le second « une nécessité nationale ».Voici un autre texte significatif: « Ce projet du canal de la baie Géorgienne devrait compter parmi ses défenseurs les plus enthousiastes tous ceux qui non seulement proclament, mais de plus croient sincèrement à la devise: Le Canada aux Canadiens.» Ce rappel de la thèse de Lamarche \u2014 thèse appuyée, comme il a été dit, sur les relevés et rapports faits jusqu\u2019à cette époque \u2014 n\u2019a pas précisément pour but de la relancer dans l\u2019opinion publique.Il semble bien qu\u2019elle soit une de ces affaires classées qui ne peuvent plus exister qu\u2019à l\u2019état de souvenir.La plus vive des campagnes d\u2019opinion pourrait difficilement la ressusciter.En remontant le passé, nous voulions en dégager une leçon: il faut que la canalisation serve réellement notre pays et notre province.Ne concluons pas toutefois que cette circonspection doive signifier opposition irréductible.Dans son éditorial de mai 1941, Relations écrivait: « L\u2019opposition systématique, destinée à l\u2019échec, doit faire place à une politique réaliste.Mieux vaut pour Québec regarder l\u2019avenir en face, prévoir les grandes répercussions possibles de l\u2019entreprise, se préparer avec clairvoyance et énergie à en amortir les mauvais effets éventuels comme à en recueillir avec plus d\u2019abondance les avantages certains, en somme insérer ce fait dans une économie canadienne-française.» * * * Ces remarques paraissent encore justes.Il se peut que le projet se mette bientôt à avancer rapidement et au Congrès américain et aux Communes.Dans cette hypothèse, il est préférable que nos économistes et nos hommes d\u2019affaires, canadiens et québécois, étudient la question à fond, pratiquent la politique de présence et fassent des suggestions concrètes.FEVRIER 1949 33 LAMBETH ET LE MARIAGE Lionel PELLAND, S.J.LES DOCUMENTS issus de la Conférence de Lam-beth comprennent une lettre encyclique, cent dix-huit déclarations ou résolutions et huit rapports, le tout en un petit volume de 120 pages, mais de texte très serré (Lambeth Conference 1948, London, Society for Promoting Christian Knowledge).Seules l\u2019encyclique et les résolutions ont une valeur officielle et expriment la pensée de la Conférence.Les rapports, qui ont préparé les résolutions, n\u2019ont d\u2019autre autorité que celle des Comités dont ils émanent; cependant, ils ont une grande importance pour faire saisir complètement le sens de certaines résolutions.Dans la livraison d\u2019octobre dernier, nous avons donné une brève esquisse de l\u2019encyclique, et par conséquent de l\u2019ensemble des résolutions; aujourd\u2019hui, nous reprenons en détail la rubrique qui a trait au mariage.La Conférence a adopté huit résolutions sur cette question importante (92-99).Les deux premières laissent espérer un exposé fortement encourageant pour le maintien de la morale chrétienne, sinon sans mélange d\u2019erreur.Rés.92 \u2014 En face d\u2019une augmentation considérable dans le nombre des mariages brisés et de la tragédie des enfants privés d\u2019une vraie vie familiale, cette Conférence désire affirmer de nouveau que le mariage entraîne toujours une union et une obligation aussi durables que la vie; elle est convaincue que de la fidèle observance de cette loi divine dépendent la stabilité de la vie au foyer, le bien-être et le bonheur des enfants et la réelle santé de la société.Elle fait appel aux membres de l\u2019Eglise et aux autres pour qu\u2019ils fassent de leur mieux, par parole et exemple, afin de maintenir la sainteté du lien matrimonial et de contrecarrer les influences qui tendent à le détruire.Elle est convaincue que le maintien du niveau disciplinaire de l\u2019Eglise peut seul satisfaire les plus profonds besoins des hommes; et elle conjure instamment ceux dont le mariage, peut-être sans aucune faute de leur part, est malheureux de demeurer fermement fidèles à leurs vœux de mariage.Dans la résolution 93, on recommande l\u2019instruction systématique des fidèles sur le sens et les responsabilités du mariage, la compétence des pasteurs à remplir leur ministère et la coopération avec les divers groupements qui travaillent à maintenir les idéaux chrétiens du mariage par l\u2019éducation, la direction et la réconciliation.De même dans les trois dernières résolutions.On ne peut que féliciter la Conférence d'inviter les autorités civiles, en particulier en Angleterre et aux États-Unis, à reconsidérer leur législation sur le divorce (97).On ne peut blâmer les évêques de mettre leurs fidèles en garde contre le mariage avec des catholiques romains, sous promesse de laisser élever leurs enfants dans la religion de ces derniers (98).C\u2019est nous rendre service et agir en conformité avec la foi anglicane.Enfin, la préoccupation de voir établir dans les jeunes églises en pays de mission une saine tradition de vie de famille (99) n\u2019a rien que de louable.34 Mais les trois résolutions intermédiaires, qui regardent la discipline en matière de divorce, donnent un son moins franc.On s\u2019explique facilement le souci pastoral de ne pas abandonner à elles-mêmes les âmes qui n\u2019ont pas eu le courage de se conformer aux principes du Christ et qui, après le divorce et un nouveau mariage, recherchent, dans leur détresse, la sympathie de l\u2019Église (95) ; mais comment comprendre les résolutions 94 et 96 ?Rés.94.\u2014 La Conférence affirme que le mariage d\u2019une personne dont le premier conjoint est encore en vie ne peut pas être célébré selon les rites de l\u2019Eglise, à moins qu\u2019on n\u2019ait établi qu\u2019il n\u2019existe aucun lien matrimonial reconnu par l\u2019Eglise.Rés.96.\u2014 Les membres confirmés de l\u2019Eglise qui se marient contrairement à la loi de l'Eglise, telle qu\u2019acceptée dans l\u2019Eglise provinciale ou régionale à laquelle ils appartiennent, devraient être considérés comme sujets à la discipline de l'Eglise en ce qui regarde l\u2019admission à la Sainte Communion.Leur admission à la Sainte Communion est à la discrétion de l\u2019Evêque, qui tiendra compte et de leur propre bien spirituel et du scandale des autres à éviter.Il importe que la pratique, à l\u2019intérieur de chaque province ou Eglise régionale, soit uniforme en cette matière.Nous reprenons la Résolution 11 (b) de la Conférence de Lambeth, 1930, comme suit: Chaque fois qu\u2019une personne dont le premier conjoint vit encore s\u2019est remariée et désire être admise à la Sainte Communion, le cas devrait être déféré à l\u2019évêque, sous réserve des règlements provinciaux ou régionaux.Faut-il voir dans la résolution 94 une condamnation pure et simple du divorce ?Si oui, comment la concilier avec la possibilité pour le divorcé et remarié d\u2019être admis à la Sainte Communion, affirmée dans la résolution 96 ?Il doit y avoir anguille sous roche.De fait, le rapport préparatoire nous permet de la saisir.Après avoir affirmé (sous la rubrique Le sens du mariage) que le mariage est un saint état, institué par Dieu, comportant l\u2019union pour la vie d\u2019un homme et d\u2019une femme, à l\u2019exclusion de tous autres, dont la fin est la procréation et l\u2019éducation des enfants, ainsi que le plein développement des personnalités du mari et de la femme, par le moyen du droit usage des instincts naturels et du soutien mutuel dans la bonne et mauvaise fortune, en sorte que le contrat qui crée cet état, bien que librement consenti, ne puisse être résilié par aucune des deux parties: le Comité remarque, cependant, qu\u2019il y a, dans l\u2019Église anglicane, différentes opinions au sujet du sens de l\u2019indissolubilité du mariage, telle qu\u2019affirmée par Notre-Seigneur.Dans un Appendice sur V Indissolubilité, le même Comité résume ce conflit d\u2019opinion, vieux comme l\u2019Église d\u2019Angleterre.D\u2019un côté, dit-il, il y a le point de vue de ceux qui affirment que le lien conjugal entre mari et femme persiste, de sa propre nature, jusqu\u2019à la mort, en sorte que nulle puissance sur terre ne puisse le rompre.D\u2019après cette position, le divorce (au sens strict: a vinculo) n\u2019est pas seulement coupable, mais impossible; RELATIONS d\u2019où il suit logiquement qu\u2019un mariage après divorce n\u2019est pas un mariage, mais un adultère.Cette opinion est basée sur l\u2019affirmation de Notre-Seigneur: « Les deux deviendront une seul chair » (Matth., xix, 15), et sur sa totale prohibition d\u2019un nouveau mariage après séparation, telle que rapportée par saint Marc, saint Luc et saint Paul.L\u2019autre point de vue, tout en maintenant que la permanence du mariage, telle qu\u2019enseignée par le Christ, est une loi naturelle imposée par Dieu « dès le commencement », considère l\u2019indissolubilité non pas tant comme un fait, que comme une obligation absolue pour les chrétiens.Il s\u2019ensuit que, par la faute de l\u2019un ou des deux conjoints, le lien du mariage pourrait être aussi complètement détruit que s\u2019il avait été rompu par la mort.Dans un tel cas, le divorce, bien que toujours déplorable comme opposé à l\u2019intention absolue de Dieu sur le mariage, ne peut pas toujours être écarté.Cette opinion est basée sur l\u2019exception rapportée dans saint Matthieu (« si ce n\u2019est pour fornication ») et sur le privilège paulin en faveur du converti.Elle a été au moins favorisée par la Conférence de Lambeth, en 1888, dans la résolution 4, et en 1908, dans la résolution 39: « Les paroles de Notre-Seigneur prohibent expressément le divorce, sauf dans le cas de fornication ou d\u2019adultère.» Or ni le Comité ni la Conférence ne tentèrent de di-rimer ce conflit.Reconnaissant l\u2019existence de différentes opinions dogmatiques, on chercha l\u2019accord uniquement en matière de discipline.Mais, comme la discipline suppose nécessairement une doctrine, il fallut tenir compte de l\u2019opinion plus large sur la question de l\u2019indissolubilité et du divorce.Ainsi donc, la résolution 92 n\u2019a plus une signification aussi ferme qu\u2019on pourrait le croire, à une première lecture, sans la lumière apportée par le rapport.Elle veut simplement dire que le mariage impose une obligation absolue de persévérer dans l\u2019union avec son conjoint jusqu\u2019à la mort: répudier une pareille obligation est toujours déplorable à l\u2019extrême, et se remarier du vivant de son premier conjoint implique toujours une déviation du vrai principe du mariage.Mais elle ne nie pas que l\u2019union \u2014 indissoluble par divine institution \u2014 puisse être coupablement brisée et que, par la faute de l\u2019un ou des deux époux, le lien matrimonial puisse être complètement détruit.De même, la résolution 95, qui refuse la célébration religieuse au mariage d\u2019une personne dont le premier conjoint vit encore, ne doit pas nous donner le change.En effet, l\u2019exception (« à moins qu\u2019il n\u2019ait été établi qu\u2019il n\u2019existe aucun lien matrimonial reconnu par l\u2019Église ») peut avoir une signification assez large.Par qui sera constatée l\u2019absence de lien?Par l\u2019évêque, comme aux États-Unis, où depuis 1946 celui-ci peut décider, dans le cas d\u2019un membre actif et en bons termes avec l\u2019Église dont le mariage a été annulé ou dissous par une cour civile, que « nul lien de mariage reconnu par cette Église n\u2019existe » ?Par une cour ecclésiastique, provinciale ou diocésaine, comme on l\u2019a proposé aux Réunions de Canterbury et de York, cette année même (1948), dans un projet pour reviser la Loi canonique de l\u2019Église d\u2019Angleterre?Sur quelle base se placera-t-on pour porter le jugement ?La Conférence ne le dit pas et ne peut le dire, faute d\u2019entente sur ce point délicat.Car il ne s\u2019agit pas de prononcer si le premier mariage a été valide ou non, mais \u2014 le plus souvent du moins \u2014 si le lien autrefois existant existe encore.C\u2019est peut-être par crainte de voir ces cours suivre trop facilement l\u2019exemple ou l\u2019influence des tribunaux civils, et par conséquent favoriser plutôt que refréner le divorce, qu\u2019on ne put faire l\u2019accord ni dans les Réunions indiquées plus haut, ni dans le Comité de Lambeth sur le Mariage.* * * Notons que la Conférence \u2014 comme les précédentes d\u2019ailleurs \u2014 ne se prononce pas sur la valeur du mariage contracté civilement par ceux qui n\u2019ont pu obtenir la célébration religieuse.Le Comité, pourtant, rappelle que l\u2019Église d\u2019Angleterre n\u2019abandonne pas les divorcés qui désirent sincèrement le secours divin dans « leur seconde aventure en mariage ».Un pasteur est autorisé, dans les cas approuvés par l\u2019évêque, à prononcer une prière et consécration, qui n\u2019est pas un service public et ne doit pas reproduire, même de loin, le rite solennel du mariage.Et l\u2019on ajoute que cette pratique a déjà fait ses preuves comme introduction non seulement à un « heureux mariage », mais à un renouveau de vie en union avec l\u2019Église.Le rapport va même jusqu\u2019à dire, en parlant des chrétiens, que le mariage contracté devant l\u2019autorité civile est aussi réel que s'il était solennisé à l\u2019Église, « pourvu qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019empêchement canonique ».Le divorce \u2014 et ce qu\u2019il implique \u2014 est-il, à ses yeux, un empêchement canonique ?On comprendra maintenant sans difficulté pourquoi la Conférence, dans la résolution 96, ne refuse pas absolument la communion aux personnes remariées après divorce, mais laisse la décision à l\u2019évêque, sous-entendant qu'il pourra se montrer assez large.C\u2019est qu\u2019elle n\u2019ose pas considérer le nouveau mariage \u2014 du moins dans tous les cas \u2014 comme invalide.Il faut, sans doute, faire sentir aux insubordonnés qu\u2019ils ont perdu leur droit à la communion, mais on hésite à traiter comme des pécheurs publics des personnes qui, après tout, vivent conformément à la loi du pays.Il semble bien, d\u2019après le rapport, que, pourvu qu\u2019il n\u2019y ait pas grave scandale et que les remariés veuillent fonder « un foyer chrétien », l\u2019évêque puisse donner la permission.Cette préoccupation d\u2019accorder l\u2019accès aux sacrements avec les actes de l\u2019autorité civile n\u2019est pas nouvelle.En 1912, l\u2019évêque Hicks, de Lincoln, un high- FEVRIER 1949 35 churchman, la manifestait dans une instruction envoyée à son clergé: Je me sens incapable de déclarer vivre ouvertement et notoirement dans le mal (evil-livers), et par conséquent être excommuniées, des personnes qui sont mariées légalement selon la loi du pays.Je ne puis donc notifier à mon clergé d\u2019interdire à de telles personnes l\u2019accès de l\u2019Autel \u2014 indépendamment de quelque jugement qu\u2019aient rendu les cours civiles sur la question.Mais je recommande que de telles personnes soient tenues en pénitence (placed under discipline) pendant un an, et après cette période admises à la Sainte Communion sans reproche.(Cité dans Church Times, 8 nov.1912, p.612.) La Conférence de 1888 avait déjà recommandé de ne pas obliger le clergé à refuser les sacrements ou autres privilèges ecclésiastiques à la personne innocente divorcée pour cause d\u2019adultère et remariée civilement.Celle de 1930 remit le cas à la discrétion de l\u2019évêque.Mais à la Conférence d\u2019août dernier, le Comité s\u2019insurgea contre l\u2019exclusion de la personne coupable d\u2019adultère mais repentante, impliquée dans la résolution de 1930, et recommanda la modification de celle-ci.Ce que fit la Conférence, comme il appert dans la résolution 96.La porte du temple s\u2019ouvre de plus en plus grande aux divorcés! * * * Malgré la belle phraséologie du début, les déclarations de la dernière Conférence de Lambeth sont donc plutôt décevantes.Ce n\u2019est pas que la perspicacité à saisir la gravité de la situation ou le désir d\u2019y remédier ait manqué aux évêques de communion anglicane.Le rapport diagnostique clairement et énergiquement la maladie et en indique les causes.Les unes, externes et peut-être temporaires, combattent la vraie doctrine sur le mariage, par exemple les fausses idées répandues par certains films, le manque de logement, qui empêche les jeunes époux d\u2019avoir un foyer bien à eux, et la baisse du niveau moral que la guerre produit toujours.D\u2019autres causes sont plus internes et durables, à savoir le grave déclin de l\u2019opinion publique en faveur de la stabilité du mariage et la persuasion largement répandue que les gens mariés ont droit au bonheur et que, s\u2019ils ne sont pas heureux en ménage, le divorce est la solution rairon-nable et nullement flétrissable.Or ce problème ne concerne pas seulement l\u2019homme et la femme, mais aussi les enfants, qui doivent payer par une longue vie de misère l\u2019égoïsme et le péché de leurs parents.L\u2019État, autant que l\u2019Église, y est intéressé, à cause des immenses sommes d\u2019argent qu\u2019il doit dépenser pour loger et éduquer ces enfants sans foyer, dont un grand nombre deviennent des délinquants.A ce mal bien connu et vigoureusement stigmatisé, le remède convenable et vraiment efficace est la condamnation pure et simple du divorce (au sens strict) et le refus absolu des sacrements à ceux qui, remariés civilement, ne veulent pas se désister.La Conférence tergiverse et propose des demi-mesures, dont on ne peut espérer aucun résultat sérieux.Pourquoi ?Cela tient, semble-t-il, à deux causes.La première est inhérente à la Conférence elle-même.Comme le décla- 36 rait le 4 décembre dernier, dans un article du Saturday Night de Toronto (pp.11-12), le T.R.Philip Carrington, archevêque anglican de Québec, la Conférence est « plutôt une famille qu\u2019un gouvernement ».Les prélats se réunissent, d\u2019ordinaire tous les dix ans, au palais de Lambeth, résidence londonnienne de l\u2019archevêque de Canterbury, qui leur donne hospitalité et est leur président, mais n\u2019a aucune autorité sur eux.On y discute des points de doctrine et de discipline d\u2019intérêt commun, dans le but de s\u2019entr\u2019aider et d\u2019être utile aux fidèles de la communion anglicane.Mais de même que chaque évêque est indépendant, ainsi la Conférence tout entière ne peut s\u2019imposer comme un gouvernement et ne peut édicter de lois proprement dites.On ne peut donc attendre d\u2019une pareille réunion rien de bien ferme, ni dans la doctrine ni dans la discipline.La seconde cause, plus profonde, résulte des origines et de la nature de l\u2019Église anglicane, qui est une Église établie par l\u2019État, nécessairement inféodée à celui-ci, et par conséquent dépendante de l\u2019opinion publique.Le T.R.Phil.Carrington, dans le même article, ne s\u2019en cache pas et y appuie même pour faire ressortir en quoi consiste la communion anglicane: Les évêques sont pour la plupart, au moins dans les nouvelles Eglises, et même dans certaines des plus anciennes, élus par le clergé et par les laïcs les plus représentatifs de leurs diocèses, soit directement soit indirectement.En Angleterre les évêques sont nommés par le gouvernement du jour, qui représente la nation.Il n'y a probablement aucune organisation internationale dans le monde qui soit aussi représentative de ses commettants que la Conférence de Lambeth.Sa base est fermement démocratique et responsable.Chaque évêque y vient en quittant l\u2019administration de son diocèse et retourne à la même tâche; son sens de représentation et de responsabilité le suit partout.Comment de tels évêques pourraient-il ne pas tenir compte des lois du pays et de l\u2019opinion publique?Comme les membres du Parlement, ils doivent agir conformément aux idées du peuple.Ils pourront, sans doute, s\u2019appuyant sur la partie la plus saine et la mieux pensante de la nation, vouloir réformer et relever l\u2019autre, mais ils ne pourront pas s\u2019imposer tout à fait à cette dernière.Est-ce là gouverner l\u2019Église au nom du Christ?A vouloir être ministre du peuple, ne cesse-t-on pas d\u2019être ministre du Christ ?Comme on est loin de la fidèle et audacieuse liberté de saint Paul! Ainsi, qu\u2019on nous regarde comme des ministres du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu.Eh bien! ce que l\u2019on cherche dans les dispensateurs, c\u2019est que chacun soit trouvé fidèle.Pour moi, il m\u2019importe fort peu d\u2019être jugé par vous ou par un tribunal humain.(I Cor., iv, 1-3.) Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; elles sont puissantes devant Dieu pour renverser des forteresses.Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s\u2019élève contre la science de Dieu, et nous assujettissons toute pensée à l\u2019obéissance du Christ.(II Cor., x, 4-5.) Pour relever efficacement le niveau moral et doctrinal de leurs ouailles, il eût fallu aux évêques anglicans la ferme indépendance du grand Apôtre.Mais cette indépendance leur est-elle possible, en dehors du Roc sur lequel le Christ a bâti son Église ?RELATIONS LE COMMUNISME ITALIEN Robert MORENCY, S.J.LÉTRANGER qui se rend à Rome est simultanément frappé par le caractère profondément catholique, mais f aussi profondément communisant, de lTtalie.Cette impression ne fait que s\u2019accentuer par le séjour à Rome.LA DOUBLE FIGURE DE L\u2019ITALIE Même si l\u2019on vit, depuis nombre d\u2019années, dans un pays aussi catholique que le Canada français, on ne peut pas ne pas être impressionné par les grandes manifestations de foi de l\u2019Italie.Les églises de Rome sont innombrables.Cependant, on peut les visiter n\u2019importe quel jour de la semaine, jamais elles ne sont désertes.Sans doute, beaucoup de visiteurs sont de simples touristes.Mais, à côté de ces curieux, on peut admirer une foule de fidèles fervents, occupés à prier devant le Saint Sacrement, devant la Madone ou devant le saint particulier qui a leur confinance et leur sympathie.Il nous est même arrivé souvent de passer devant notre église Sant\u2019 Ignazio avant qu\u2019elle soit ouverte: presque toujours des personnes attendaient à la porte.Triduums ou neuvaines de toutes sortes se poursuivent tout au cours de l\u2019année.Et c\u2019était notre étonnement de constater que Rome fournit toujours à chacun des nombreux prédicateurs un auditoire plus que respectable.Le grand nombre de prêtres résidant à Rome ne diminue en rien l\u2019estime du clergé.Les Italiens se sentent honorés de parler à un prêtre.Quand ils l\u2019abordent ou le quittent, les enfants, souvent même les adultes, baisent avec respect sa main.Au lieu de simplement le saluer, ils disent toujours: Sia benedetto Gesù Cristo, Béni soit Jésus-Christ! Formule à laquelle le prêtre est censé répondre: Sempre si benedetto, Qu\u2019il soit toujours béni! Impossible de vivre à Rome, serait-ce quelques jours, sans être impressionné par la vive piété des Romains à l\u2019endroit de la Vierge Marie, La Madonna.Dans presque chaque famille, une fille porte le nom de Maria.Et, sur les places publiques, sur les murailles de la ville, sur la façade ou le côté des maisons, l\u2019on peut voir des centaines de petits oratoires dédiés à la sainte Vierge.On fixe là une sculpture ou un cadre de la Vierge, on y entretient une veilleuse, ainsi que des fleurs toujours fraîches.La plus célèbre de ces madones est la Madonna del divino Amore.En passant devant ces oratoires, certains se contentent de saluer, d\u2019autres font le signe de la croix publiquement et récitent une courte prière.Les enfants font souvent même une génuflexion, après quoi ils envoient un baiser à la Vierge.Enfin, les Italiens ont pour la personne du Saint-Père, non seulement du respect et de la vénération, mais une véritable et profonde affection.Le 22 décembre 1946, le peuple romain se rendait au Vatican pour remercier le Pape de ce qu\u2019il avait fait pour Rome durant la guerre, et pour lui manifester son attachement, en réparation des injures dont il avait été l\u2019objet de la part des communistes.350,000 ou 400,000 personnes se massèrent sur la place Saint-Pierre.Et quand le Saint-Père dit à la foule qu\u2019il faut être aujourd\u2019hui « pour le Christ ou contre le Christ », ces centaines de mille voix crièrent aussitôt: « Pour le Christ! pour le Christ! » Un spectacle aussi émouvant se renouvela en 1948, à l\u2019occasion de Pâques.Si donc vous demandez à des compagnons de chemin de fer quelle est la proportion des catholiques en Italie, on vous regarde avec une sorte d\u2019étonnement: « Mais tous sont catholiques! » Il faut bien avouer qu\u2019il existe un autre visage de l\u2019Italie.Un grand nombre d\u2019Italiens, ouvriers pour la plupart, ont officiellement adhéré au parti communiste.De grandes manifestations ouvrières dirigées par des communistes ne sont pas sans obtenir un certain succès.Quelques prêtres ou religieux sont insultés dans la rue; et dans le train de Bologne à Florence, un des mes compagnons eut l\u2019obligeance de m\u2019avertir que, dans quelques années, c\u2019en sera fait du clergé: les prêtres auront tous été conduits à la potence! Peu avant l\u2019élection d\u2019avril, on organisa à Rome une grande manifestation de toutes les femmes communistes d\u2019Italie.Des milliers de femmes et de jeunes filles, accourues de tout le pays, défilèrent dans la grande parade, qui allait de la Piazza del Popolo pour se rendre à la Piazza Venezia, où se dresse le gigantesque monument de Vittore Emmanuele.Certains sont assez esclaves de Moscou pour arborer aveuglément sur leurs maisons, à côté du drapeau italien, le drapeau rouge avec marteau et faucille.Un peu partout, sur les trottoirs, les places publiques, les clôtures ou les murs des maisons, l\u2019on voit, grossièrement dessiné à la peinture, l\u2019emblème de la révolution: le marteau et la faucille.Sur un bon nombre d\u2019affiches, qui tapissent de larges pans de murs, il est révoltant de lire toutes les plus basses calomnies lancées contre l\u2019Église et contre la personne du Saint-Père.Simple écho des innombrables accusations que les crédules partisans de l\u2019U.R.S.S.se plaisent à lire dans leur grand journal communiste, l'Unità.Aussi, en décembre 1946, Pie XII pouvait-il dire avec tristesse au peuple de Rome: « C\u2019est avec douleur et indignation que vous voyez la figure sacrée de Rome \u2014 de ce lieu saint, devenu, de par une disposition divine, le siège du Vicaire du Christ \u2014 qui aujourd\u2019hui, par les mains de quelques impies, négateurs de Dieu, profanateurs des choses divines et adorateurs de leurs sens, est exposée à être souillée d\u2019ignominie et couverte de fange.» C\u2019est une victoire presque inespérée que remportait la Démocratie chrétienne, aux élections du 18 avril.Cependant, même en dépit des censures ecclésiastiques, 31 p.c.de la catholique Italie votaient pour le Parti communiste: près de 7 millions d\u2019Italiens pactisaient avec les révolutionnaires de l\u2019U.R.S.S.Telles sont les deux physionomies, profondément différentes, mais réelles, de lTtalie d\u2019aujourd\u2019hui.Dans la création et l\u2019exploitation de ce curieux esprit, quelle a été la tactique des communistes ?LA TACTIQUE DES COMMUNISTES Elle offre un double aspect: social et religieux.Sur le plan social, les communistes s\u2019efforcent d\u2019exploiter, souvent même de créer, la misère collective: c\u2019est par le mécontentement et la haine que compte s\u2019infiltrer le monstre pour ébranler, pour ruiner les sociétés.Le communisme favorise, provoque et entretient dans le monde des ouvriers la psychose de l\u2019insatisfaction.Au lendemain d\u2019une guerre qui a ruiné même les vainqueurs, les vaincus ne peuvent goûter immédiatement la grande prospérité.Loin de tenir compte de ce facteur, le communisme rappelle constamment aux travailleurs leurs misères et leurs difficultés, afin de leur en faire prendre doublement conscience, et de les en faire souffrir davantage.Ils réussissent ainsi à exaspérer jusqu\u2019à la névrose toute la classe ouvrière, et ils la préparent à l\u2019acceptation de tout: hypnotisés par leurs slogans, les ouvriers deviennent comme des marionnettes entre les mains du Parti.FEVRIER 1949 37 En second lieu, les communistes organisent ici et là, sous le moindre prétexte, de tumultueuses manifestations.Ils encouragent, toujours jusqu\u2019à l\u2019excès, les exigences souvent légitimes des ouvriers.Ils s\u2019insurgent avec violence contre ce qu\u2019ils appellent le capitalisme américain, source unique de tous les maux! Ils protestent contre tout.sauf, évidemment, contre l\u2019ennemi n° 1 des ouvriers: le communisme.Enfin, ils provoquent et entretiennent, sur une base de plus en plus large, des grèves de toutes sortes, qui finissent par embrigader jusqu\u2019à des millions d\u2019hommes.Ainsi, en décembre 1947, déclenchaient-ils une grève générale qui, heureusement, se termina par un échec.L\u2019échec des grèves de France et le sens réaliste des Italiens ont fait échouer cette tentative qui aurait pu être un pas vers ce que tous appréhendaient: la guerre civile.Tel est le monde trouble suscité par le communisme, qui compte y prendre son essor.Sa tactique offre aussi un aspect religieux marqué par deux phases bien caractérisées.Au début, pour ne point blesser le sens catholique des Italiens, les communistes se sont simplement présentés comme le parti ouvrier : on pouvait, à les en croire, être à la fois parfait catholique et parfait communiste.De bons Italiens pouvaient assister à la messe le dimanche matin et au meeting communiste le dimanche après-midi.Certains demandaient bonnement à leur curé de bien vouloir bénir leur drapeau'rouge.Une grande affiche exhiba le portrait d\u2019un cardinal en face d\u2019un chef communiste: c\u2019était censé être le cardinal de Tchécoslovaquie bénissant le chef du nouveau gouvernement.Ce cardinal ressemblait terriblement à un cardinal américain, et des gens de Chicago y reconnurent vite leur archevêque, le cardinal Stritch.Pour la scène, créée de toutes pièces, on avait emprunté une figure étrangère, car il n\u2019existait pas de cardinal en Tchécoslovaquie.On voulait simplement faire croire que le communisme est facilement conciliable avec la religion.Aussi, après avoir participé à la grande manifestation communiste féminine, dont nous avons parlé plus haut, un grand nombre de femmes et de jeunes filles ont tenu à faire une visite \u2014 j\u2019allais presque dire un pèlerinage \u2014 à la basilique Saint-Pierre avant de quitter Rome.De même, le 1er.mai 1947, un avion inondait Rome de feuillets de propagande.On y lisait en première ligne: « Les communistes sont-ils contre la religion ?» La réponse suivait en énormes caractères: « Non! » Et l\u2019on^présentait le communisme comme le grand défenseur de l\u2019Église, de la famille et de la société.Les communistes ont même eu l\u2019impudence de distribuer des images de saint François d\u2019Assise \u2014 souverainement populaire en Italie \u2014 avec un mot de propagande au verso.Le saint ami des pauvres était bombardé patron des communistes.Il est à peine besoin de noter que le mensonge n\u2019est pas pour troubler la conscience rouge.La tactique semble être l\u2019application du principe voltairien: « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.» Les mensonges effrontés seraient du plus haut ridicule s\u2019ils n\u2019avaient pas des conséquences aussi tragiques.Peu importe qu\u2019il doive se rétracter le lendemain, peu importe que la fausseté de ses assertions finisse très tôt par être mise au grand jour, le communisme lance ses mensonges et laisse agir le temps.Au début, il semblait tenir compte du sentiment catholique.Mais en décembre 1947 \u2014 est-ce un mot d\u2019ordre de Moscou?\u2014 un grand changement se produit: l\u2019ours se montre le museau, il attaque violemment le clergé, l\u2019Église et 38 la personne du Saint-Père.Les caricatures les plus avilissantes et les calomnies les plus fantaisistes fournissent les sujets de bien des affiches, et de plusieurs articles de YUnità et de Y Avanti.Le document le plus sensationnel du genre est un livre de 500 pages, qui a eu l\u2019honneur d\u2019être appelé « le livre des mille et un mensonges ».Au début d\u2019avril 1948, ce mystérieux volume arrivait à Rome: Documenti segreti della diplo-mazia vaticana.Les 8 et 9 avril, YOsservatore Romano relevait en deux longs articles quelques-unes des innombrables erreurs ou contradictions de ce prétendu document.Le 11 avril, l\u2019agence ANSA nous apprenait l\u2019arrestation du journaliste Virgilio Scattolini, qui avouait que ce prétendu document était le fruit de son imagination créatrice.Peu importait ce nouveau démenti: les communistes avaient jeté quelques miasmes dans l\u2019air.Les attaques devinrent de plus en plus violentes et révoltantes, à tel point que plusieurs sympathisants communistes déchirèrent leurs cartes: ils découvraient à temps le monstre déguisé.On peut toutefois se demander pourquoi tant d\u2019Italiens sont-ils restés esclaves de Moscou.LES CAUSES DU COMMUNISME Le communisme, qui se complaît dans le trouble, exploite l\u2019ignorance et la misère du peuple.Ce qui explique l\u2019adhésion d\u2019un si grand nombre d\u2019Italiens, c\u2019est d\u2019abord l\u2019ignorance: les Italiens ignorent la religion qu\u2019ils délaissent et ils ignorent le communisme qu\u2019ils embrassent.Les communistes ignorent ce qu\u2019ils abandonnent.Par tradition et par sympathie, le peuple italien est resté profondément catholique.Mais on ne connaît pas toujours suffisamment la religion à laquelle on se dit et se croit attaché.La triste scission de 1870 à 1929, qui divisa l\u2019Église et l\u2019État, condamna les enfants à l\u2019école neutre.L\u2019instruction religieuse se donnait dans des conditions très défavorables, en dehors et en marge de la classe: aussi les connaissances religieuses furent-elles souvent plutôt superficielles, un peu comme plaquées.Et quand la religion n\u2019a pour fondement que la sentimentalité, elle cède vite devant l\u2019obstacle.D\u2019autre part, les Italiens ignorent le vrai communisme.Le faux apparaît au grand nombre comme le parti des ouvriers, comme le défenseur de la classe ouvrière, sans plus.Une foule en ignorent les formidables conséquences dans la vie sociale et sur le plan religieux.Les chefs se sont efforcés d\u2019entretenir cette ignorance, on l\u2019a vu.Mais l\u2019ignorance serait impuissante à tout expliquer, si elle n\u2019était secondée par la misère profonde du peuple.Victime des bombardements allemands et alliés, l\u2019Italie a été fort éprouvée: presque toutes les gares et tous les ponts ont été endommagés ou sont disparus, et un grand nombre de maisons ne subsistent que dans les ruines d\u2019un pan de mur.Même si l\u2019Italie réussissait à s\u2019en relever, pourrait-elle connaître la prospérité ?Les Italiens sont convaincus, et c\u2019est juste, semble-t-il, que leur sol ne peut nourrir sa population actuelle.Comment sortir de l\u2019impasse?Par l\u2019émigration, pense-t-on.Émigration aux pays étrangers?C\u2019est renoncer à sa langue, à ses coutumes, à sa famille; et, d\u2019ailleurs, où les accepte-t-on! Émigration dans des colonies ?Cela permettrait de subsister comme entité ethnique; mais ces colonies, on les refuse à l\u2019Italie.Aussi d\u2019excellents Italiens, profondément catholiques et sympathiques aux alliés, nous disaient avec regret: « Si cette situation persiste, les Italiens vont être forcés de se lancer dans une nouvelle guerre: la guerre sera devenue, pour eux, l\u2019unique espoir! » Les mendiants ne se comptent plus: hommes en haillons, femmes mal vêtues, pieds nus, mères portant dans leurs bras des bébés presque nus, enfants trop pauvres pour fréquenter RELATIONS la classe: tous vous assaillent pour recevoir quelques lires.Impossible de sortir une seule fois sans rencontrer plusieurs mendiants.La situation de ceux qui travaillent n\u2019est pas beaucoup plus réjouissante.Un chauffeur de taxi nous disait gagner 3,500 lires, soit 7 dollars par semaine.Quand un père est impuissant à fournir à son épouse et à ses enfants le strict nécessaire, il est facilement prêt à accepter n\u2019importe quelle idéologie.Un jeune homme, logé et nourri il est vrai, gagnait 4,000 lires par mois; or une chemise en coûtait 7,000, presque deux mois de travail.Aussi la plupart des jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans sont-ils très pessimistes.Pas d\u2019avenir possible; le seul espoir, c\u2019est de quitter l\u2019Italie.Combien nous disaient: « Si vous voulez me mettre dans votre bagage et m\u2019amener en Amérique, je suis prêt à partir tout de suite! » A une réunion qui comptait douze communistes, un visiteur inconnu fit une petite enquête sur leur situation: à peine trois jouissaient d\u2019un salaire convenable, trois avaient un salaire tout à fait insuffisant, et six étaient chômeurs.Enquête symptomatique: elle symbolise l\u2019influence de la misère dans l\u2019adhésion au parti communiste.Telle est l\u2019émouvante vision de qui séjourne à Rome: à côté de la Rome chrétienne, une Rome communisante, plus superficielle mais néanmoins réelle.Aussi Pie XII pouvait-il dire: « C\u2019est du sol romain que le premier Pierre, encerclé de toutes parts des menaces d\u2019un pouvoir impérial perverti, lança son fier cri d\u2019alarme: Résistez, fermes dans la foi.C\u2019est de ce même sol que nous vous répétons ce cri avec une ardeur redoublée, à vous dont la ville natale est maintenant le théâtre d\u2019efforts incessants qui ont pour but de rallumer la lutte entre les deux^corps opposés: pour le Christ ou contre le Christ, pour son Église ou contre son Église.» __ Nous pourrions peut-être craindre, s\u2019il ne s\u2019agissait de l\u2019Église.Mais l\u2019Église peut souffrir, elle peut être couverte de sang; jamais elle ne saurait succomber: elle a pour elle la promesse du Christ.ORIENTATION DES LOISIRS Jean-Paul DALLAIRE, S.J.1\u2019HOMME n\u2019a pas cessé de se pencher sur son activité.Il n\u2019a pas toujours réussi à l\u2019organiser.Il s\u2019est du moins constamment appliqué, plus ou moins adroitement, à l\u2019améliorer.Aux premiers âges, aidé de son bon sens et de son expérience journalière, il imagina des instruments rudimentaires et colligea des recettes pratiques pour faciliter le travail de ses mains.Plus tard, réfléchissant sur ces découvertes primitives, transmises de génération en génération, non content de chercher à formuler les lois secrètes de l\u2019univers, il s\u2019efforça de préciser exactement et d\u2019utiliser correctement les principes qui régissent les diverses manifestations de son agir.C\u2019est ainsi qu\u2019après des tâtonnements prolongés, il codifia des traitésde vie surnaturelle et de pédagogie, des méthodologies scientifiques générales, puis spéciales, appliquées aux diverses disciplines expérimentales, des manuels de culture physique, etc., etc.De nos jours, cependant, les conditions du travail manuel et intellectuel, chez les adultes comme chez les jeunes, ont considérablement changé.On dispose de loisirs plus nombreux et plus variés.Les anciens, habitués à un régime plus rigide, s\u2019en scandalisent et seraient portés à mettre sur le compte de la paresse les exigences actuelles.Pour eux, les loisirs sont de l\u2019oisiveté; et l\u2019oisiveté est financièrement du gaspillage et moralement une occasion de péché.Inutile de discuter les arguments pour ou contre les loisirs.Ce que l\u2019on peut et doit constater, c\u2019est un fait patent, un fait inéluctable.Même si quelques-uns le déplorent, et leurs regrets seraient à justifier, les loisirs existent, ils augmentent: nous n\u2019y pouvons rien changer.Le problème se ramène donc à celui-ci : que faire des loisirs ?Comme tout autre phénomène indifférent en soi, ils peuvent nous diminuer ou nous enrichir, contribuer à notre bien ou à notre mal.Laissés aux caprices de chacun, ils risquent fort de nous appauvrir; rationnellement utilisés, ils serviront à nous développer.Relations, dès sa première année, aborda le sujet.La revue y revint, par la suite, plusieurs fois h Des quelques 1.Outre des Editoriaux et des Commentaires, voici les travaux publiés.Alfred Leblond, ptre: L\u2019Œuvre des Terrains de Jeux de Québec, (1942) 152-153.\u2014 Wilfrid Gariépy, s.J.: Les Terrains de Jeux de Montréal, (1941) 240-241; Montréal réorganise ses Terrains de Jeux, (1942) 333; Terrains de Jeux aux Etats-Unis et dans le FÉVRIER 1949 articles déjà publiés, comme des recherches des spécialistes, il ressort que les loisirs, pour atteindre leur but en respectant notre structure sociale, doivent être 1° organisés, 2° éducatifs, 3° paroissiaux.Depuis plusieurs années, des initiatives nombreuses ont été prises, chez nous, dans le domaine des loisirs.Avec des moyens de misère, soutenus par un dévouement inlassable, de belles œuvres ont poussé.Sous une forme ou sous une autre, les terrains de jeux se sont multipliés, prenant corps dans ce que nous appelons aujourd\u2019hui l\u2019Œuvre des Terrains de Jeux.Voici que maintenant on sent le besoin non seulement d\u2019emplacements à ciel ouvert, mais aussi d\u2019immeubles spécialement destinés aux loisirs.Il existe, depuis déjà huit ans, dans la paroisse Saint-Alphonse, à Thedford-les-Mines (comté de Mégantic), un vaste centre paroissial, comprenant une salle de cinéma, une salle de jeux, une bibliothèque, des locaux pour les divers groupements h Au diocèse de Québec, d\u2019autres ont surgi: dans la ville archiépiscopale, on en trouve à Saint-Sacrement, à Saint-Jean Baptiste, Limoilou, Saint-Dominique, Notre-Dame-de-la-Paix, etc.; on projette actuellement un centre de loisirs pour les Sourds-Muets 2; dans les municipalités environnantes, on rencontre de ces centres à Pont-Rouge, Sainte-Croix, Loretteville, Beauport, Sainte-Marie de Beauce, etc.D\u2019autres parties de la province présentent des réalisations remarquables, par exemple Trois-Rivières, Chicoutimi, Rimouski, Sherbrooke, etc.La région de Montréal apporte aussi sa part: en dehors des organisations municipales, protestantes, juives ou neutres, les deux centres de Saint-Stanislas et de Saint-Édouard, 17 cercles paroissiaux, 40 salles paroissiales, plus une vingtaine d\u2019écoles mises à profit en dehors des heures de classe.Un Service diocésain des Loisirs s\u2019applique à coordonner et à développer ces diverses entreprises.Il n\u2019est pas sans intérêt ni profit de s\u2019arrêter un instant et de considérer attentivement les résultats acquis.Nous consta- Québec, (1943) 162-164; Nos Terrains de Jeux, (1943) 214-216; Terrains de Jeux et Paroisse, (1944), 65-67; Terrains de Jeux et Education, (1944) 102-103; Loisirs chrétiens organisés, (1945) 90-93; Etape vers les Loisirs chrétiens, (1945) 217-218.\u2014 Camille Côté.Loisirs ouvriers autour de l\u2019usine, (1947) 117.1.\tM.l\u2019abbé Laurent Lacoursière en a parlé aux lecteurs de Relations: Le Centre paroissial de Thedford-les-Mines, (1944) 77.2.\tCf.L'Action catholique, mercredi 12 janvier 1948, p.3.39 terons sans peine que le problème ne manque pas de complexité.Nous pourrons peut-être néanmoins en tirer quelques remarques utiles.Les centres de loisirs, s\u2019ils veulent entrer dans la structure de notre vie sociale, seront paroissiaux.Dans les cadres de la paroisse, on peut les concevoir comme dépendant soit de la fabrique soit du conseil municipal.Ceux de Thedford, de Beauport et de Loretteville sont possédés et administrés par la fabrique.Celui de Sainte-Marie a été construit et est géré par le conseil municipal; mais il s\u2019élève sur un terrain concédé par la fabrique.Ces centres peuvent être plus ou moins spacieux, suivant les besoins du milieu quails desservent.De trois récemment ouverts, celui de Saint-Édouard a coûté près de $400,000; celui de Beauport, plus de $250,000; celui de Sainte-Marie, plus de $100,000.La plupart comprennent une salle de théâtre, une salle de jeux (quilles, billards, ping-pong, etc.) avec restaurant, des locaux plus ou moins nombreux pour les associations.Celui de Thedford comporte une bibliothèque, mais pratiquement inutilisée; celui de Beauport contient une piscine intérieure encore à terminer; celui de Loretteville, des salles d\u2019artisanat.Le centre catholique de Saint-Jean-d\u2019Iberville, œuvre similaire, mais propriété de l\u2019évêché diocésain, abrite une salle de théâtre, une bibliothèque, une chapelle, une salle de patins à roulettes, des locaux pour les groupements et des bureaux.Ce qui semble prédominer dans l\u2019organisation des centres existant jusqu\u2019ici, c\u2019est tout d\u2019abord de fournir des locaux pour les activités des divers groupements paroissiaux, puis un endroit de divertissements honnêtes.Ont-ils rencontré l\u2019approbation de tous ?C\u2019était évidemment impossible.Examinons toutefois un peu plus sérieusement les objections apportées contre nos centres actuels.Elles ont été glanées çà et là, en différents milieux.1° Ils nuisent aux entreprises privées.\u2014 Les centres sont édifiés habituellement aux frais du public, soit par des souscriptions bénévoles, soit par des répartitions obligatoires.Bien administrés, grâce à leur salle de cinéma, leurs allées de quilles et leur restaurant, ils rapportent des revenus substantiels, diminuant pour autant ceux des petits marchands environnants qui ont contribué, de gré ou de force, à leur construction.Cette concurrence, moins sensible dans les grandes villes, devient assez sérieuse dans les villages.Rép.\u2014 Si les centres sont nécessaires à un groupe social, il est légitime qu\u2019ils trouvent les moyens de se soutenir, intégralement ou partiellement, dans les bienfaits mêmes qu\u2019ils apportent.Il est donc plus normal que l\u2019argent dépensé quotidiennement dans les friandises et les amusements alimente un service social, plutôt que d\u2019être le gagne-pain d\u2019un individu.Il y aurait donc un rajustement à opérer dans nos habitudes: il y faudra du temps et beaucoup de doigté.2° Ils détruisent la vie familiale.\u2014 Dans les villes, surtout dans les quartiers où, la population étant plus dense, les logements sont nécessairement plus exigus, les centres apportent une solution heureuse, en offrant aux jeunes et aux adultes un endroit pour se réunir et se récréer sans danger moral.Dans nos agglomérations rurales, la situation se complique.Ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne vivent jamais chez eux, flânent sur les trottoirs ou collent dans les cafés, trouvent dans les centres un lieu tout désigné pour se divertir sainement.Seulement il y a les autres, les foyers bien organisés, où les enfants sont habitués à une vie familiale.Il deviendra maintenant de plus en plus difficile de les retenir à la maison.Ils brûlent de sortir tous les soirs et d\u2019aller rejoindre, au centre, ceux de leur âge.Rép.\u2014 Ici encore, il faudra une adaptation progressive.Au début, attirés par la nouveauté, les enfants et les adultes seront tentés de passer la soirée au centre.Peu à peu, cepen- dant, le centre perdra de sa nouveauté et deviendra un organisme ordinaire de la vie paroissiale, où l\u2019on se rend de temps à autre.D\u2019ailleurs, il est évidemment impossible que tous s\u2019y rencontrent tous les soirs: les locaux n\u2019y suffiraient pas.Les choses se placeront naturellement et un roulement normal s\u2019opérera.Le centre ne détruit pas la famille; bien au contraire, il la complète et la soutient.3° Ils développent le goût du cinéma.\u2014 Plusieurs centres ne donnent que du cinéma éducatif, une fois la semaine: rien à reprendre en cela.D\u2019autres offrent régulièrement, trois fois la semaine et à certaines périodes tous les soirs, des films analogues à ceux des autres théâtres: voilà qui pose un problème.Jusqu\u2019ici, ceux des parents chrétiens qui sont soucieux de l\u2019équilibre nerveux et moral de leurs enfants réussissaient à restreindre au minimum la fréquentation du cinéma.Ils le pourront désormais difficilement et quasi presque plus.Aller au cinéma trois fois la semaine peut n\u2019être qu\u2019un repos pour des personnes âgées; ça ne contribue certainement pas à former chez les jeunes des caractères trempés et préparés aux luttes de la vie.En limitant le débat aux seuls films soi-disant moraux et approuvés par la censure, qui sont presque toujours des aventures sentimentales, on peut dire d\u2019eux ce qu\u2019on affirme des romans: ils sont dangereux pour des jeunes, précisément parce qu\u2019ils les jettent dans un monde irréel et factice, qui les amollit au lieu de les tonifier.Rép.\u2014 L\u2019objection est sérieuse et mérite d\u2019être considérée.Il faudrait voir s\u2019il est prudent de fournir, dans un centre, du cinéma autant et du même genre que celui d\u2019un théâtre ordinaire.4° Ils pèsent lourdement sur le budget familial.\u2014 Autrefois les enfants s\u2019amusaient sans grands frais.Maintenant ils fréquentent le centre.Ils voient leurs amis jouer aux quilles, s\u2019acheter des patates frites ou du chocolat.Ils en veulent autant.Us ne réfléchissent pas que leur papa n\u2019a peut-être pas les moyens de leur donner aussi souvent ces délicatesses.Ils pleureront pour obtenir des sous à la maison ou s\u2019arrangeront pour s\u2019en procurer à l\u2019extérieur.Pensez à un père de famille, gagnant un maigre salaire et ayant cinq ou six garçons sinon plus, ce qui n\u2019est pas rare.Il est facile de concevoir comment de telles exigences augmenteront ses inquiétudes financières.Rép.\u2014 Cette difficulté, comme la suivante, est trop réelle.Pour mieux les résoudre toutes deux, il importe de considérer le problème des centres par la base.C\u2019est ce qui sera fait par la suite.5° Ils créent des habitudes de dépense.\u2014 Non seulement le centre grève les revenus du foyer, mais surtout il entretient, développe et aggrave, chez nos jeunes, cette triste habitude de gaspiller, en des riens, leur argent reçu ou gagné.Les centres coûtent cher de construction et d\u2019entretien.Pour les soutenir, on multiplie dans leurs locaux des moyens payants.Ces moyens ne valent que dans la mesure où ils rapportent; ils ne rapportent que dans la mesure où ils tirent de l\u2019argent; ils ne tirent ainsi de l\u2019argent des jeunes qu\u2019en détruisant chez eux le sens de l\u2019économie.Voilà quelques objections entendues ici et là sur les centres.Elles ne visent pas les centres eux-mêmes, mais plutôt leur forme concrète.Elles soulignent certaines difficultés que les centres déjà érigés pourraient soulever et de fait ont soulevées.La nécessité des centres de loisirs s\u2019impose de plus en plus à une société humaine: on s\u2019accorde généralement sur ce point.On hésite encore sur la manière de les concevoir et de les organiser.Il faut remercier chaleureusement les hardis pionniers qui ont osé marcher de l\u2019avant et ouvrir la voie, malgré les oppositions et les difficultés de toutes sortes.Essayons, en profitant de leurs expériences, de perfectionner ce qu\u2019ils ont commencé.4# RELATIONS Laissons pour le moment de côté la question de savoir s\u2019il vaut mieux que les centres soient possédés et administrés par le municipal ou par la fabrique, par les laïques aidés des prêtres ou par les prêtres aidés des laïques.Attachons-nous plutôt à déterminer leur orientation essentielle.Les centres devraient être des centres de loisirs, c\u2019est-à-dire des immeubles destinés à une meilleure utilisation des loisirs, en vue du développement normal des personnes humaines, à la plus grande gloire de Dieu notre Père commun.On entend par loisirs les temps libres, en dehors du travail manuel ou intellectuel assumé habituellement par chacun.Ce ne sont pas nécessairement des périodes de flânerie et d\u2019amusements.Il faut qu\u2019il y ait des amusements, entendu; mais que les loisirs, comme certains se l\u2019imaginent, soient entièrement accaparés par les amusements, semble une exagération manifeste et néfaste.Les centres ne visent pas à tuer le temps des loisirs, mais à l\u2019employer au plus grand bien de chacun.Comment réaliseront-ils plus sûrement ce but ?Par un entraînement méthodique du corps, doublé d'une intiation progressive à l\u2019artisanat: éducation physique et éducation artisanale.Considérons tout d\u2019abord le premier point.Il ne s\u2019agit pas seulement, qu\u2019on veuille bien le noter, de soin ou d\u2019hygiène du corps, mais plutôt d\u2019un entraînement méthodique du corps.Nous avons des méthodes rigoureuses pour assurer le développement de notre vie surnaturelle; et nous savons fort bien qu\u2019il est pratiquement impossible d\u2019avancer dans la perfection chrétienne si l\u2019on ne s\u2019y plie pas généreusement.Nous avons des systèmes pédagogiques éprouvés et sans cesse perfectionnés pour la formation de notre esprit, s\u2019échelonnant de l\u2019école au collège et à l\u2019université.Ceux qui n\u2019en suivent pas la filière se voient privés des titres académiques qui leur ouvrent les carrières de la vie sociale.Quand il s\u2019agit du corps, on l\u2019abandonne à son sort, laissant à la pauvre nature la tâche de se débrouiller.Les critiques des gens avertis secouent parfois cette inertie.On introduit alors quelques cours de gymnastique, le moins possible, pour la forme; sans jamais avoir, pour l\u2019épanouissement harmonieux de son corps, un intérêt, non pas nécessairement égal mais du moins analogue à celui qu\u2019on accorde à son âme et à son esprit.Évidemment, quand on est malade, on n\u2019hésite pas devant les plus grands sacrifices pour soigner son corps; la plupart de ces dépenses auraient été évitées par une culture physique sérieuse.On serait horrifié d\u2019appliquer pareille nonchalance coupable à l\u2019éducation de son âme et de son esprit; on s\u2019en accommode aisément quand il s\u2019agit de son corps.Après tout, il doit mourir! Théoriquement, une telle attitude est fausse en philosophie comme en théologie; pratiquement, elle entraîne des résultats déplorables, dans nos écoles et nos communautés religieuses.Tous les jeunes de nos paroisses, garçons et filles, surtout les filles, pourrait-on dire, puisqu\u2019elles sont trop souvent abandonnées sous ce rapport, devraient être groupés en équipes et soumis à un entraînement gymnastique régulier, deux ou trois fois la semaine; ce qui leur donnera le goût d\u2019en faire privément, tous les jours.Cet entraînement devrait être suivi d\u2019exercices de natation, toujours contrôlés et dirigés par des moniteurs, en vue d\u2019assurer un épanouissement normal du corps, et conséquemment un développement complet de la personne humaine, pour un meilleur service de Dieu dans la société.Comme on le voit, il ne s\u2019agit pas de se bousculer dans l\u2019atmosphère empoussiérée d\u2019une salle trop pleine ou de patauger à sa guise dans une mare d\u2019eau; mais plutôt d\u2019une éducation de la personne, par un assouplissement progressif du corps, en le pliant à une discipline.Cette éducation physique par un entraînement méthodique doit être complétée par une éducation artisanale, c\u2019est-à-dire un apprentissage organisé de toutes ces techniques du FÉVRIER 1949 travail artistique des objets qui servent à notre vie quotidienne: cuir repoussé, tissage au métier, décoration de porcelaine, etc.; travail du bois ou du fer, montage ou réparation de machines, etc.Voilà, pour nos jeunes filles et nos jeunes gens, un usage utile et attrayant de leurs loisirs! Qu\u2019on fournisse aux premières des locaux où elles disposeront non seulement d\u2019instruments trop dispendieux pour des individus, mais surtout de personnes compétentes capables de les diriger dans leurs efforts, elles pourront se réunir par groupes d\u2019une trentaine et passer une agréable soirée à causer ensemble tout en préparant qui une sacoche, qui une écharpe, qui un service à thé, etc.Les garçons, de leur côté, trouvant les outils nécessaires et des moniteurs appropriés, s\u2019intéresseront vite à perfectionner le travail de leurs mains, dans la confection ou la réparation de choses qui servent à eux et à leurs familles l.Ces activités variées de gymnastique ou d\u2019artisanat seront-elles groupées dans un même immeuble ?C\u2019est à déconseiller, l\u2019expérience ayant démontré les ennuis d\u2019une telle centralisation.En effet, les locaux de gymnastique et de sport doivent être, pour durer, en béton armé et en fer.Ils seront donc naturellement sonores, et conséquemment bruyants à cause des exercices qu\u2019on y pratique; et cela, tout le long du jour et de la soirée.La plupart des centres actuels, construits non pour un sport organisé mais seulement pour quelques amusements relativement moins tapageurs, qui contiennent aussi dans leurs murs des salles pour les différents groupements paroissiaux, déplorent grandement les inconvénients d\u2019une semblable cohabitation.Mieux vaut donc distribuer le sport et l\u2019artisanat dans des immeubles séparés.En somme, quelle solution pratique proposer ?Les locaux de l\u2019artisanat ne requièrent pas une bâtisse coûteuse.Un palais sera toujours, évidemment, plus agréable à l\u2019œil.Il n\u2019est cependant pas nécessaire.On obtient les mêmes résultats dans une maison simple, déjà existante, qu\u2019on aménage sans trop de frais.Ce qui est plus coûteux, c\u2019est l\u2019immeuble des sports.L\u2019idéal serait d\u2019y inclure un gymnase, un aréna et une piscine.La partie la plus importante est sans contredit le gymnase: il est l\u2019endroit où les corps sont soumis à une discipline méthodique.La piscine est son pendant naturel, parce qu\u2019elle offre en tout temps de l\u2019année un moyen des plus efficaces et des plus gracieux pour assouplir et assainir des corps humains.L\u2019aréna est le complément normal du gymnase et de la piscine, parce qu\u2019il présente, en toute saison et en toute température, un vaste local pour les jeux en équipes.Il n\u2019est pas nécessaire de tout bâtir à la fois.Qu\u2019on fasse pourtant un plan d\u2019ensemble, réalisable par étapes, à la mesure de ses moyens.Dans un centre rural, l\u2019essentiel est de commencer par un gymnase, en prévoyant, dans ses fondements, une piscine qu\u2019on terminera plus tard, si l\u2019argent manque pour l\u2019achever immédiatement.Dans les grandes villes, il y aurait peut-être avantage, là où la chose est possible, à commencer par l\u2019aréna et le gymnase; car le premier, bien administré, aidera beaucoup au financement du second.Qu\u2019il y ait des allées de quilles sous les gradins de l\u2019aréna peut être admis et devient pratiquement nécessaire pour aider au soutien du centre; mais à tout prix il faut écarter du gymnase toute organisation payante, si l\u2019on veut lui conserver son caractère éducatif.Les quelques réflexions précédentes n\u2019entendent pas vider la question des centres de loisirs, mais seulement contribuer à une solution de plus en plus adéquate de ce problème.Les centres s\u2019imposent.Ils doivent être adaptés aux besoins de nos paroisses.Nous devons être prêts à en assumer généreusement les risques, les difficultés et les obligations.1.Ceci rappelle de vieux souvenirs d\u2019un camp de concentration en Chine du Nord.La nécessité et les privations avaient rendu tout le monde ingénieux.Au bout d\u2019un an et demi d\u2019internement, quelqu'un lança l\u2019idée d\u2019une exposition, présentant les travaux réalisés par chacun.A l\u2019étonnement de tous, on en remplit une immense salle: inventions de toutes sortes et objets d\u2019arts! 41 CA RITAS Charles-Edouard BOURGEOIS DEPUIS DES SIÈCLES, la charité catholique offre aux miséreux les secours dont ils ont besoin pour surmonter les désavantages de leur condition.Chez nous, par exemple, la société doit à l\u2019Église ses plus importantes réalisations dans le secteur de l\u2019assistance au prochain.Un réseau d\u2019œuvres nées de l\u2019Église couvre la province et le pays, étendant ses bienfaits à toutes les misères.Spectacle vraiment consolant de l\u2019Église au service de l\u2019humanité! Il reste peut-être à effectuer une coordination, une intégration plus efficace de nos œuvres de secours si nous voulons qu\u2019elles donnent un rendement maximum.Désireux de répondre à cet urgent besoin, l\u2019épiscopat canadien songe à établir dans notre pays une centrale des œuvres catholiques de charité, centrale qui s\u2019affilierait à l\u2019organisme mondial de la charité: Caritas universelle, sous la protection du Vatican.Le projet ne manque pas d\u2019actualité, ni d\u2019intérêt, car jamais l\u2019assistance ne fut un problème plus actuel, et jamais la coordination des œuvres n\u2019a semblé plus nécessaire.Au Congrès de l\u2019Union catholique internationale de Service social tenu à Lucerne, en Suisse, en septembre 1947, nous avons rencontré S.Exc.Mgr François Von Streng, protecteur de la Caritas suisse.Une entrevue fut aussitôt organisée avec Mgr Giuseppe Crivelli, l\u2019inlassable directeur général de Caritas.Après avoir causé longuement avec Mgr Crivelli, après avoir visité la Centrale suisse et un grand nombre de ses sections, nous plaçons une grande espérance dans ce projet d\u2019intégration qu\u2019étudient les évêques du Canada, ou plus précisément la Conférence catholique canadienne présidée par S.Exc.Mgr Alexandre Vachon, archevêque d\u2019Ottawa.Aussi voulons-nous faire connaître davantage l\u2019œuvre de Caritas, qui constitue une réalisation très pratique au services des classes malheureuses.LA (( CARITAS )) SUISSE La Confédération suisse, formée de vingt-cinq cantons et trois mille communes groupant 4,200,000 habitants, a sa part de pauvres, qui habitent surtout les montagnes.Puis, dans les villes comme dans les villages, on trouve cette multiplicité de problèmes qui attirent l\u2019apostolat des travailleurs sociaux: maladie, difficultés d\u2019adaptation et de comportement, perte des parents, conflits familiaux, pauvreté, etc.Par ailleurs, la Suisse dispose aussi de nombreuses œuvres de secours: Société Saint-Vincent-de-Paul, crèches, maternités, orphelinats, services sociaux spécialisés, qui soulagent les nécessiteux.Dans le but de réaliser l\u2019intégration des œuvres de charité de la Suisse, un Père capucin jetait les bases de Caritas en 1901, en fondant l\u2019Union suisse de Charité, qui réunit toutes les associations catholiques d\u2019assistance, toutes les institutions et les homes du pays.Une évolution nécessaire s\u2019accomplit ensuite et, au sortir de la guerre de 1914-1918, on couronna l\u2019œuvre par la création de la Centrale Caritas de Lucerne, aboutissement logique du travail d\u2019intégration des apôtres de la charité catholique.La Caritas suisse prend sa source dans la paroisse: tout le service de prévoyance, toutes les actions de secours, tant au pays qu\u2019à l\u2019étranger, reposent sur ces assises solides que sont les Caritas paroissiales.L\u2019organisation de Caritas dans la paroisse est soumise à la direction du curé, mandaté par son évêque.Assisté de collaborateurs professionnels ou bénévoles, le pasteur stimule, coordonne et oriente les efforts individuels pour favoriser le règlement efficace des problèmes de protection de l\u2019enfance, d\u2019indigence, d\u2019assistance aux familles et aux malades.L\u2019œuvre paroissiale se complète par la participation au mouvement de charité de l\u2019Église universelle.Les organisations paroissiales sont ensuite coordonnées selon l\u2019ordre hiérarchique dans les Caritas diocésaines.Lorsque les besoins du diocèse l\u2019exigent, on établit un secrétariat permanent dirigé par des spécialistes de Caritas, qui organisent son activité et appuient les œuvres affiliées.L\u2019organisation et le fonctionnement de ces secrétariats ressemblent d\u2019assez près à l\u2019Assistance à l\u2019Enfant sans Soutien, qui, aux Trois-Rivières, joue le rôle de centrale diocésaine.Enfin, la Caritas nationale, dotée d\u2019un secrétariat général important, effectue la coordination totale des œuvres catholiques sous la protection de l\u2019épiscopat du pays.L\u2019Union suisse de Charité réunit donc toutes les organisations catholiques de charité, laissant toutefois à chacune d\u2019elles son autonomie propre.Quant à la Centrale Caritas, secrétariat général de l\u2019Union, elle poursuit un but bien défini en servant, aidant et conseillant les œuvres participantes.LA CENTRALE « CARITAS » Une simple visite à la Centrale de Lucerne donne déjà une idée assez juste du travail accompli par Caritas, tant en Suisse qu\u2019à l\u2019étranger.Un hall spacieux de l\u2019imposant édifice conduit à des pièces simples mais accueillantes.On y compte trente départements: direction, secrétariat, chancellerie, aide aux sinistrés et aux réfugiés, protection de l\u2019enfance, prévoyance, assistance aux familles, service de propagande, imprimerie, rédaction de la revue, bibliothèque, centrale téléphonique (43 lignes internes et 5 lignes directes pour l\u2019extérieur), comptabilité, etc.Deux cents employés voient au fonctionnement de ces nombreux services sous le signe de la charité.Une impression très forte demeure: sous la bénédiction de Dieu, on travaille sans relâche au service des pauvres, chacun à sa place et chacun dans la mesure de ses capacités.Quels sont les buts que poursuit la Centrale Caritas ?Le compte rendu de ses activités pour les années 1946 et 1947 nous indique que le bureau de Lucerne a le devoir: 1° d\u2019éveiller et d\u2019encourager dans le peuple le vrai sentiment de charité; 2° de suggérer sans cesse de nouvelles idées en vue d\u2019un travail plus efficace auprès des pauvres; 3° de liquider tous les travaux de secrétariat, qui envahissent quotidiennement, vu l\u2019influence d\u2019un mouvement aussi important; 4° de prendre à sa charge tous les devoirs et travaux que ne peuvent assumer ni les Caritas paroissiales, ni les Caritas diocésaines; 5° de collaborer avec les institutions d\u2019assistance inter confessionnelles, en vue d\u2019une entente libre selon les exigences du milieu.De plus, l\u2019épiscopat a chargé la Centrale de coordonner toutes les œuvres catholiques de charité et de les représenter devant le gouvernement.Il est impossible de présenter ici, même sommairement» l\u2019œuvre immense accomplie par la Centrale Caritas : il faudrait des volumes pour lui donner justice.Signalons toutefois qu\u2019en plus de son travail de coordination et de représentation la Centrale a servi dans tous les domaines par ses trente services bien établis.Quelques exemples recueillis au hasard, dans le dernier rapport annuel font voir la multitude des services rendus durant l\u2019année 1947-1948: cours de puériculture dans une centaine de paroisses, organisation sur une base paroissiale de 34 bureaux de secours aux familles, envoi de vêtements et remèdes à 25 villages du pays et à 6 pays occupés; cours de vacances, pèlerinages et envoi de circu- 42 RELATIONS laires à 1,600 sourds-muets; don de 56 bourses d\u2019études à des réfugiés; secours à 2,049 réfugiés; assistance à 45,000 enfants dans 450 homes; envoi de vivres à 250 Caritas paroissiales; 4,000 parrainages; construction de 12 églises; cours de science de la Charité à l\u2019Université de Fribourg.En parcourant cette liste incomplète, on peut se demander d\u2019où proviennent les ressources financières de Caritas.Les revenus du bureau de Lucerne sont tirés de trois sources principales: 1° souscription des associés qui versent une cotisation annuelle; 2° vente du Calendrier Caritas; 3° surplus du service d\u2019édition, dont les publications sont fort recherchées.L\u2019État contribue aussi par un octroi généreux.Mais ce qui surtout constitue la puissance de Caritas, c\u2019est l\u2019esprit de sacrifice qui anime ses collaborateurs.C\u2019est aussi la propagande, bien dirigée pour faire comprendre à la population que ce sacrifice doit être soutenu par tous les catholiques, en parfaite union d\u2019œuvre et d\u2019intention.« CARITAS )) INTERNATIONALE L\u2019expérience a démontré que l\u2019intérêt du travail interna-national exige la collaboration des Unions nationales de Caritas, celles-ci conservant toutefois leur autonomie.C\u2019est pourquoi, lors du Congrès eucharistique d\u2019Amsterdam, en 1924, on a créé la Caritas internationale.Malheureusement, des difficultés économiques et formelles ont entravé l\u2019expansion de cette institution, qui groupe maintenant les pays suivants: Suisse, Allemagne, Italie, Lithuanie, France, Luxembourg, Autriche, Danemark, Belgique, Tchécoslovaquie, Portugal, Argentine, Hongrie et Hollande.La Caritas internationale n\u2019a sans doute pas atteint la plénitude de son développement; cependant, par la création de douze sections dirigées par les pays participants, elle a procuré des secours matériels, moraux et spirituels aux peuples qui souffrent.Sur un plan international, la Suisse s\u2019est occupée du secours à l\u2019enfance, aux étudiants, aux prisonniers, aux alcooliques et aux victimes de la guerre.Pour sa part, la Belgique s\u2019est inquiétée du sort des malades et de la formation d\u2019assistantes sociales; l\u2019Italie a porté une attention spéciale au développement des missions; et, pendant que les services pédagogiques à la jeunesse relevaient de l\u2019Autriche, les secours aux indigents appartenaient à la France; enfin, l\u2019Allemagne prenait sous sa protection les nombreux réfugiés et se chargeait de constituer une documentation précieuse sur l\u2019action charitable.Si la Caritas internationale pouvait compter sur l\u2019appui de puissantes Unions nationales de Caritas, elles-mêmes fondées sur de fortes organisations diocésaines et paroissiales, elle pourrait réaliser pleinement son programme, qui consiste à pénétrer la vie sociale des peuples pour y mettre l\u2019esprit de l\u2019amour chrétien.PROJET D\u2019UNE (( CARITAS )) UNIVERSELLE A la demande du Secrétariat d\u2019État du Saint-Siège, un projet d\u2019organisation de Caritas universelle a été soumis à Rome, qui fera bientôt connaître sa décision.Le plan proposé comporte trois éléments principaux (voir schéma) : 1.\tSi le Vatican le juge opportun, nomination d\u2019un cardinal protecteur ou d\u2019une Commission cardinalice, chargé de transmettre les directives du Saint-Père à la Caritas universelle.2.\tFondation de solides Unions nationales de Caritas, fédérées en des Secrétariats internationaux de première valeur.Ces Secrétariats internationaux, formés d\u2019experts désignés par les Unions affiliées, devraient posséder une organisation techniquement forte, comportant des départements spécialisés dans le domaine de l\u2019assistance sociale.FÉVRIER 1949 3.\tFédération des Secrétariats internationaux de Caritas, qui constitueraient l\u2019organisation universelle de Caritas, composée d\u2019un Comité exécutif, d\u2019un Comité directeur et d\u2019un Secrétariat général.Les secrétaires des organismes internationaux de Caritas formeraient le Comité exécutif de l\u2019Union universelle, tandis que le Comité directeur se composerait des présidents des sections spécialisées, auxquels se joindraient les chefs des associations spécialisées catholiques internationales déjà existantes.La réalisation d\u2019un plan mondial de coordination des œuvres catholiques de charité implique de sérieuses difficultés techniques et politiques.Le dévoué directeur de Caritas, Mgr Crivelli, s\u2019en rend parfaitement compte.Il n\u2019en continue pas moins, avec beaucoup d\u2019espoir, son travail d\u2019intégration, car il demeure convaincu de la nécessité d\u2019accomplir bientôt l\u2019union des forces catholiques de charité.« Caritas aura pleinement accompli sa mission, disait-il, si elle est arrivée à faire comprendre à tous les chrétiens qu\u2019ils sont appelés à collaborer à l\u2019œuvre de Caritas, à soutenir ceux qui sont dans le besoin, et à persuader qu\u2019ils doivent puiser leur force à la source la plus profonde, le Saint Sacrifice.» L\u2019œuvre de Caritas ne doit pas laisser indifférents les apôtres de la charité sociale; les résultats obtenus jusqu\u2019ici méritent d\u2019être étudiés avec soin.Nous devons aussi, dans toute la mesure du possible, aider Caritas à réaliser son programme de charité universelle, qui consiste non pas à alimenter le royaume des mendiants, mais à aider les hommes à prendre conscience de la valeur de leur personnalité, à aviver leurs forces afin de les habituer d\u2019abord à s\u2019aider eux-mêmes, ensuite à aider le prochain.CARITAS UNIVERSELLE PONTIFE unions umyERSEU.es NATION; NOUVEAU SYSTÈME D\u2019ÉDUCATION?En fin d'une thèse présentée à McGill en 1932, par E.C.Woodley, on lit : PENDANT que la ville de Montréal était aux prises avec des difficultés financières, elle cherchait aussi à étendre son autorité sur ses propres écoles.La manœuvre fut plus facile pour la Commission protestante.Il s\u2019est ainsi formé, chez les protestants, un double système: le premier dirigé par l\u2019autorité centrale dans l\u2019intérêt de toute la province, l\u2019autre dirigé par la ville de Montréal à son propre avantage.Sur ce dernier, le Comité protestant a fort peu d\u2019influence.Jusqu\u2019à présent, la Commission catholique de Montréal a mieux respecté le plan général du système catholique; elle relève encore presque entièrement du Comité catholique de l\u2019Instruction publique.Récemment, toutefois, la Commission catholique elle-même, inspirée peut-être par l\u2019attitude indépendante de la Commission protestante et sous l\u2019influence de conditions économiques et sociales de l\u2019heure, s\u2019est montrée quelque peu remuante.Elle a réclamé des privilèges semblables à ceux qu\u2019a obtenus la Commission protestante.Très peu furent accordés; mais il y a déjà un présage fort important dans le fait qu'elle cherche, si peu que ce soit, à échapper au contrôle.Cela montre que l\u2019attitude catholique, à Montréal du moins, évolue graduellement.Si, avec le temps, la Commission catholique de Montréal réussit, comme on s\u2019y attend, à obtenir le degré de liberté qu\u2019on a donné à la Commission protestante, il y aura une commission composée presque exclusivement de laïques, ce qui ne s\u2019est jamais vu dans le Québec, pour régir l\u2019éducation d\u2019un fort secteur de la population catholique.Il suffira, dès lors, d'une occasion favorable pour que l'on finisse par avoir dans la province un nouveau système général d\u2019éducation.(Les soulignés sont de nous.) Malgré les nombreuses inexactitudes qu'il contient, ce texte souligne fortement que notre système de l'Instruction publique est menacé et depuis longtemps, quoi qu'en pensent tous ceux qui ne veulent pas croire à l\u2019existence de problèmes de fond en matière d'éducation chez nous.CONDITIONNEMENTS À TOUTE ACTIVITÉ Méditons ces paroles de S.Em.le cardinal Saliège de Toulouse.IL Y A des conditionnements à toute activité: Conditionnements de la vie chrétienne: famille chrétienne, éducation chrétienne, société chrétienne, milieu social favorable, ou une forte personnalité.En dehors de ces conditionnements la vie chrétienne est possible, mais singulièrement difficile.Conditionnements de la vie familiale: logement, salaire, la femme au foyer, au moins à mi-temps.Conditionnements de la parole efficace: la simplicité, la conviction, la connaissance de l\u2019auditoire, langage concret auquel les auditoires contemporains sont très sensibles.Conditionnements de la vie intérieure: le silence, la lecture, l\u2019oraison.Conditionnements de la liberté : l\u2019abstinence des excitants, l\u2019hygiène physique et morale.Conditionnements de l\u2019apostolat: ne pas s\u2019appartenir, être disponible.Conditionnements de l\u2019action catholique: voir ceux qu\u2019on ne voit pas, préparation des militants.Conditionnements de la vie paroissiale: faire la part légitime aux laïques, les grouper autour du curé; connaissance de tous les paroissiens; grand\u2019messe communautaire.AVEC OU SANS COMMENTAIRES POLITIQUE AMÉRICAINE EN CHINE America du 15 janvier 1949 a publié un article intitulé: « Lettre ouverte au général Marshall ».L'auteur, le P.James F.Kearney, S.J., étudia la théologie à Hastings {Angleterre) et fut ordonné prêtre à Lyon {France), en 1928.Pendant ses dix-huit ans de Chine, il enseigna à Ricci College {Nankin) puis à Gonzaga College {Shanghaï); fut douze ans directeur de la Ligue catholique de Radio et dix ans directeur de la Catholic Review de cette même ville.CHER GÉNÉRAL MARSHALL, l\u2019étonnante clairvoyance et l\u2019extraordinaire faculté d\u2019organisation dont vous avez fait preuve pendant la guerre vous ont valu une gloire telle qu\u2019on n\u2019en accorde qu\u2019aux demi-dieux.C\u2019est avec une admiration révérencielle que, cette année encore, des militaires m\u2019ont parlé de votre sagesse.Mais l\u2019espèce de vénération que notre peuple vous témoigne à cause de vos talents de stratège risque fort de troubler le jugement qu\u2019inspirent vos gestes d\u2019homme d\u2019État, surtout dans les affaires de Chine.Qu\u2019on me permette d'exprimer ici quelques vérités désagréables; malgré leur caractère blessant, peut-être ne viennent-elles pas trop tard pour vous empêcher d\u2019étendre le désastre actuel à des millions de gens, nos compatriotes y compris.Une opinion reçue auprès d\u2019un grand nombre de vétérans de la vie chinoise, c\u2019est que si l\u2019on n\u2019y a pas vécu au moins dix ans on ne peut porter sur la Chine un jugement sérieux.Et même alors!.Vous avez passé la majeure partie d\u2019une seule année en Chine; c\u2019est pourquoi lorsque notre président, le bon M.Truman, s\u2019incline devant votre compétence supérieure en matière de politique chinoise, quelques-uns parmi nous ne peuvent se retenir de sourire.Mais nous perdons le goût de sourire lorsque nous constatons que vous êtes résolu à poursuivre, avec toute la force de cette inflexible volonté qui a contraint l\u2019Allemagne et le Japon à capituler, un plan d\u2019action évidemment mauvais, mon cher général, désespérément, tragiquement mauvais, désastreux pour la chrétienté, pour la Chine et en fin de compte peut-être pour les États-Unis.Le peuple américain a une telle confiance en vous qu\u2019il croit votre jugement inattaquable.Vous avez derrière vous en Asie la majorité de la presse américaine.Si elle défend loyalement notre idéal contre les communistes à Berlin, elle semble l\u2019avoir complètement oublié en Orient.Présenter une vue réelle, mais partielle, d\u2019un problème, en falsifie l\u2019ensemble.C\u2019est ce que notre presse accomplit en Chine.Personne, connaissant le gouvernement nationaliste actuel, n\u2019est très enthousiaste de sa valeur.Selon les critères américains, il est corrompu, très corrompu; même si un anti-Kouomintang comme Hu Shih affirme que, d\u2019après les critères chinois, il est un des meilleurs que ce pays ait jamais eus depuis des siècles.Nos correspondants étrangers ont rengainé le mot corruption, comme si c\u2019était le point le plus important.J\u2019ai entendu des gens dire que rien ne pouvait être pire et plus corrompu que le présent gouvernement de Chine.Pareilles critiques sont erronées, parce que les termes de comparaison sont faux.Évidemment, le gouvernement chinois, comparé au nôtre, semble incurable.Mais en regard des trois autres gouvernements qui ont existé en Chine dans la dernière décade, il prend un autre aspect.Du point de vue américain, le gouvernement de Nankin offre une constitution théoriquement solide, louée hautement par nos autorités.En pratique, il comporte une masse d\u2019éléments non américains.Ses tares sont pour une large part traditionnelles aux gouvernements chinois, v.g.les pots-de-vin et le népotisme.Ce dernier défaut, cause d\u2019incompétence révoltante dans l\u2019administration, a toujours été considéré une vertu en Chine, où la loyauté envers la famille prime tout.Jetez maintenant un regard sur le régime Rouge.Pour un Américain, il est condamnable en principe et en pratique.Des correspondants à l\u2019eau de rose nous écrivent que les Rouges sont honnêtes.Ils le furent un temps, en de petites choses.Ils ne dérobaient pas une montre ou un stylo \u2014 en fait rien de moins qu\u2019une église, une école ou la récolte entière de riz d\u2019une région nouvellement envahie.Ces Rouges hurlent contre le cumul féodal des terres; et avec une logique admirable ils deviennent eux-mêmes les gros propriétaires, confisquent les terres, les distribuant et les reprenant de nouveau selon leur bon plaisir.En Chine Rouge, comme en Russie Rouge, l\u2019emploi de la police secrète et du terrorisme est une règle fondamentale.S\u2019attachant à créer une bonne impression sur le peuple à leur arrivée \u2014 « doux au début, amers par la suite », selon le dicton chinois, \u2014 leur contrôle établi, ils ne respectent plus aucun droit: propriété privée, sécurité du foyer, liberté de la personne, de la parole, de la presse, de la religion.Ces faits, sans cesse et partout constatés en Chine Rouge par des témoins compétents, sont contraires aux tendances américaines.Us ne sont pas caractéristiques de la Chine nationaliste.Et pourtant la plupart de nos correspondants ont convaincu le public américain que la Chine nationaliste était seule corrompue.Pas n\u2019est besoin, général, d\u2019une grande perspicacité pour décider lequel de ces deux régimes est le moins mauvais.Vous êtes d\u2019abord venu en Chine avec l\u2019idée fournie, inconsciemment ou malicieusement, par quelque officiel de notre gouvernement, que l\u2019Union soviétique était une démocratie pacifique et que les communistes chinois n\u2019étaient que des réformateurs agraires, indépendants de Moscou.Nous aurions pu vous dire alors \u2014 le général MacArthur et le général Wedemeyer eux aussi \u2014 que ces deux notions étaient incorrectes.Je ne pense pas que vous les acceptiez encore aujourd\u2019hui; car le State Department admet lui-même, maintenant, que les Chinois Rouges sont en fait des Rouges authentiques.Général, des Américains haut placés entravent ce qui peut prévenir la chute du gouvernement anticommuniste de Chiang et semblent brûler d\u2019aider de nos dollars un Front communiste ou à domination communiste.Sans l\u2019argent que le peuple américain paye de ses taxes, ces gens comprennent que leur Régime Rouge si longtemps désiré pourra difficilement réhabiliter une Chine qu\u2019il a ruinée.Il en coûtera beaucoup plus de millions pour le soutenir qu\u2019il n\u2019en faudrait pour sauver notre vieil ami Chiang.Pour l\u2019amour de Dieu, général, changez d\u2019idées et revenez à notre politique traditionnelle en Extrême-Orient.Nous prions que vous soient accordées la lumière et la force célestes de réaliser, avant qu\u2019il ne soit trop tard, vos terribles responsabilités devant l\u2019histoire et devant Dieu.POUR LES SANS-PATRIE S.\tExc.M.Jean Désy, ambassadeur du Canada en Italie, à l'ouverture, à Rome, le 7 décembre dernier, de la session du Comité exécutif de l\u2019organisation internationale des Réfugiés {O.I.R.), a prononcé un discours où, après avoir rappelé le travail gigantesque de cet organisme {qui dans les derniers six mois a rapatrié 94,000 personnes), il a lancé pour terminer un appel pathétique à l'esprit de charité chrétienne.Nous sommes heureux de le reproduire : EN EFFET, la ruine morale est plus tragique que la ruine matérielle.Les bras humains qui se tendent sont plus pitoyables que des pans de murs calcinés.Certes, il est facile de détruire, de tuer, de semer le désespoir.Il est difficile de fonder, de faire vivre, de rallumer l\u2019espérance.Et pourtant c\u2019est notre devoir de charité, car il faut que, par esprit de solidarité, la charité de l\u2019homme rachète le crime de la malice de l\u2019homme; la charité qui attire à elle les détresses, les souffrances, les misères; la charité qui ramasse, qui soigne, qui console, qui redonne la vie; la charité qui est, suivant le mot de Péguy, la mère ardente qui aime avec sollicitude et tendresse.C\u2019est cette charité qui permettait à saint Augustin d\u2019appeler les pauvres gens de son diocèse d\u2019Hippone ses chers créanciers.« Nous sommes vos débiteurs, leur disait-il, aussi longtemps que nous vivrons, car nous ne vivons que pour vous.Je vous appelle mes très chers créanciers; sans la charité le créancier est odieux, mais pour qui a la charité celui qui réclame est aimable et la charité rend léger, annule presque le travail exigé.» Et c\u2019est par cette vertu de charité que non seulement les États membres de l\u2019Organisation internationale pour les Réfugiés, mais tous les États civilisés, membres ou non de notre Organisation, pourront résoudre dans son entier le problème des réfugiés.C\u2019est un cas de conscience où se trouve engagée notre responsabilité individuelle et collective.C\u2019est la charité qui rachètera nos fautes contre l\u2019esprit chrétien.C\u2019est elle qui mettra l\u2019éclat d\u2019une fleur sur la malédiction des décombres et l\u2019éclat d\u2019un sourire sur la désolation des pauvres figures d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants confiés à nos soins.PROCÉDURES SOVIÉTIQUES L'automne dernier, le parti communiste polonais remerciait son secrétaire, M.Gomulka.Voici les huit défauts principaux qu'on lui a reprochés : 1.\tUne attitude défaitiste vis-à-vis des forces de la réaction.2.\tLe fait de tolérer une déviation vers la droite et de caractère nationaliste, déviation qui a surgi dans l\u2019opposition contre la collectivisation proposée de l\u2019agriculture, et dans le manque de compréhension du grand rôle joué par le parti communiste russe.3.\tIncompréhension du développement des démocraties populaires dans la direction du vrai socialisme.4.\tMéconnaissance de l\u2019énorme valeur des expériences de l\u2019Union des Soviets et de la théorie marxiste-léniniste telle qu\u2019elle est pratiquée au sein du parti communiste soviétique.5.\tManque d\u2019enthousiasme idéologique dans le travail pratique pour une réforme socialiste.6.\tNon-application de la théorie marxiste-léniniste dans le domaine de l\u2019art, de la littérature et des sciences.7.\tIncompréhension de la tâche du comité central communiste polonais et manque d\u2019esprit de camaraderie dans les groupes dirigeants du parti.8.\tManque de perspicacité lors de la réception de nouveaux membres du parti.44 RELATIONS FEVRIER 1949 45 Au fil du mois L'Union internationale H faut féliciter la Fédération na-des Étudiants\ttionale des Étudiants des Univer- sités canadiennes (F.N.E.U.C.), qui a refusé de s\u2019affilier à l\u2019Union internationale des Étudiants (U.I.E.) lors de son congrès tenu à Montréal à la fin de décembre.La décision fut vivement contestée.Ce n\u2019est que par un vote de dix à sept, et deux abstentions, que l\u2019affiliation fut rejetée.Ses partisans ont défendu vigoureusement leur cause.On ne saurait mettre en doute leurs bonnes intentions.Puisque cette Union internationale est déjà constituée, disaient-ils, qu\u2019elle jouit de pouvoirs considérables, que son influence s\u2019étend sur le monde, n\u2019est-ce pas notre devoir d\u2019y participer pour faire contrepoids aux éléments de gauche et tâcher de l\u2019orienter dans une voie droite ?En principe vous avez raison, ont rétorqué les adversaires de l\u2019affiliation.Mais dans le cas concret qui nous occupe, l\u2019élément communiste s\u2019est si bien retranché dans cette Union qu\u2019il ne paraît pas possible de l\u2019en déloger.Si nous avions affaire à un groupe honnête, peut-être pourrions-nous tenter l\u2019aventure.Mais tout le monde sait à quelles tactiques déloyales les communistes ont habituellement recours.Un essai d\u2019ailleurs a eu lieu.Et le chef de la délégation canadienne \u2014 un étudiant de l\u2019Université British Columbia de Vancouver, Livingstone \u2014 qui avait assisté au congrès de l\u2019an dernier, raconta ce qui s\u2019était passé puis déclara que, fort de son expérience, il se prononçait carrément contre toute affiliation.La Fédération a autorisé cependant le représentant de l\u2019Université Laval, qui avait bataillé vigoureusement en faveur du projet, à assister l\u2019été prochain au congrès de l\u2019Union à titre d\u2019observateur.Nous lui souhaitons d\u2019avoir l\u2019oeil bien ouvert et l\u2019âme fortement trempée, pour qu\u2019il voie clair et puisse résister aux appâts séduisants d\u2019une propagande des plus astucieuses.La parole du Pape Aucune personne ne jouit ici-bas d\u2019une aussi grande autorité que le chef de l\u2019Église catholique.Même ceux qui sont d\u2019une autre confession religieuse reconnaissent en bon nombre sa hauteur de vues et sa sagesse.Aussi les paroles qu\u2019il prononce sont-elles accueillies avec respect à travers tout l\u2019univers.Pour les fidèles, elles expriment la pensée même de l\u2019Église, son jugement sur les idées et les événements du monde actuel, ses directives pour les attitudes qu\u2019ils doivent adopter en face des problèmes modernes.D\u2019où l\u2019importance de connaître exactement les paroles du Souverain Pontife.Il suffit parfois d\u2019un mot mal traduit, d\u2019une phrase omise, pour que sa pensée soit déformée.On comprend que les journaux, obligés de renseigner leurs lecteurs au jour le jour, se contentent des résumés d\u2019agence ou encore d\u2019une traduction qu\u2019ils doivent faire eux-mêmes à la hâte sur un texte qui n\u2019est pas l\u2019original.C\u2019est le cas bien souvent de notre presse qui n\u2019a sous la main que la version anglaise des grands journaux des États-Unis, laquelle n\u2019est qu\u2019une traduction du texte original latin, italien, ou même français.Mais les revues sont-elles justifiables d\u2019agir ainsi ?Nous ne le croyons pas.Leurs lecteurs sont moins pressés.Et le texte qu\u2019on leur donne restera sur leur bureau ou dans leur bibliothèque pour être relu, médité, consulté.Il n\u2019est pas d\u2019écrits du Pape et il est peu de ses discours, quelle que soit la langue qu\u2019il emploie, qui ne soient traduits actuellement en français, assez rapidement et avec grand soin, soit à Rome soit à Paris.Ces traductions sont approuvées par les autorités ecclésiastiques.46 C\u2019est témoigner de son attachement au Pape, de son respect pour sa parole et ses idées, que d\u2019être ainsi en garde contre les déviations qu\u2019elles peuvent subir et d\u2019attendre ces traductions afin de n\u2019offrir à ses lecteurs qu\u2019un texte absolument sûr, dût-on le publier un mois, au lieu d\u2019une semaine, plus tard.L'observance Dans une allocution irradiée par /\u2019American du dimanche Broadcasting Company, un religieux bien connu aux Etats-Unis, le R.P.Hugh Calkin, servite, s\u2019est vigoureusement élevé contre la façon dont ses compatriotes observent le dimanche.Ils en font un jour de repos, a-t-il déclaré, non un jour de sanctification.C\u2019est aux faux dieux du plaisir et du sport qu\u2019ils rendent hommage.Les temples de la danse, des amusements et de la bonne chère reçoivent plus de fidèles que les temples^de la prière.Des loisirs honnêtes ne sont pas interdits par l\u2019Église le dimanche, pourvu que le bon Dieu ait d\u2019abord la part qui lui revient.Mais actuellement le jour du Seigneur devient de plus en plus le jour du péché.Il sera bon de méditer ces paroles durant la prochaine Semaine du Dimanche qui s\u2019étendra du 30 janvier au 6 février.Car dans notre pays aussi le mal dénoncé par le P.Calkins existe.On le retrouve partout d\u2019ailleurs, à l\u2019heure actuelle, et le Souverain Pontife l\u2019a lui-même signalé à maintes reprises comme un des fléaux de notre époque.Et, cependant, s\u2019il est un temps où nous avons besoin du secours de Dieu et où nous devons par conséquent nous tourner vers lui, c\u2019est bien la période troublée que nous traversons.Puisse cette Semaine nous aider à redonner à nos dimanches leur visage chrétien.Comment un régime L\u2019alcoolisme prend des proportions favorise l\u2019alcoolisme sans précédent en Pologne où même les jeunes s\u2019adonnent à la boisson.En 1947, la consommation d\u2019alcool s\u2019élevait à 11.7 litres par personne, contre 6.4 litres en 1938.Au cours d\u2019une réunion tenue en mars dernier, les évêques polonais décidèrent de mener une vigoureuse campagne contre l\u2019alcoolisme.A cet effet, une lettre pastorale rédigée en termes énergiques condamnait le régime pour l\u2019encouragement qu\u2019il prodigue à l\u2019alcoolisme.Elle fut envoyée à tous les prêtres afin d\u2019être lue dans les églises.La presse gouvernementale ne souffla mot, ni de cette lettre, ni de la campagne épiscopale.Cependant, le gouvernement feint de lutter contre l\u2019alcoolisme, mais ce n\u2019est là que bouffonnerie.A Varsovie, par exemple, il ouvrait un crédit de 100,000 zlotys pour la campagne antialcoolique, somme qui correspond à 100 dollars ou à 150 litres de vodka.L\u2019alcoolisation des masses fait partie du programme de soviétisation de la Pologne.\u2014 (S.P.C.) La pensée sociale\tDans une brochure publiée en 1948 : du cardinal Villeneuve la Pensée sociale du cardinal Ville- neuve, le P.Joseph-P.Archambault, s.J., donnait un fidèle résumé de l\u2019enseignement du regretté archevêque de Québec, étayé sur les passages les plus importants de ses discours et de ses écrits.Le Souverain Pontife vient d\u2019adresser à l\u2019auteur ses félicitations et sa bénédiction.Voici la lettre de Mgr Montini, substitut à la Secrétairerie d\u2019Êtat: « C\u2019est avec grand plaisir que le Saint-Père a accueilli la plaquette filialement dédicacée que vous Lui avez fait parvenir dernièrement, et où vous avez voulu faire revivre « la pensée sociale du cardinal Villeneuve ».« Le regretté prince de l\u2019Église fut si fidèlement attaché à la personne de Sa Sainteté et si docile à répandre les directives pontificales, qu\u2019un hommage rendu à sa mémoire ne pouvait manquer d\u2019être agréable au Chef de l\u2019Église.« C\u2019est de tout cœur que Celui-ci vous félicite et vous remercie de votre travail, heureux de cette occasion de vous renouveler, en gage de Sa paternelle bienveillance, la faveur de la Bénédiction apostolique.» RELATIONS POUR FAIRE RAYONNER LA PENSÉE DE L'ÉGLISE Joseph-Papin ARCHAMBAULT, S.J.IL EXISTE peu d\u2019inventions aussi remarquables et aussi bienfaisantes que la radio.Certes le cinéma est une merveille.On ne compte plus les services que le film rend à l\u2019humanité dans différents domaines, celui, entre autres, de l\u2019éducation, mais son utilisation tend surtout à récréer, à distraire l\u2019homme.La radio sert aussi cette fin.Pour combien de foyers, éloignés des théâtres ou dont les membres ne peuvent facilement laisser la maison, elle apporte le soir une saine diversion aux travaux et préoccupations du jour, une détente agréable, un vrai repos.Musique, récits, sketchs, comédies, drames, il y en a pour tous les goûts.Mais là n\u2019est pas le principal rôle de la radio.Elle accomplit avant tout une œuvre de lumière, de rayonnement, de liaison.Elle abolit les espaces.Elle met en contact des hommes éloignés, des régions que séparent de longues distances.Elle annonce, dès qu\u2019ils se produisent, d\u2019un bout du monde à l\u2019autre, les événements importants.Elle transmet aux citoyens d\u2019une même nationalité, d\u2019une même langue, d\u2019une même religion, dispersés à travers l\u2019univers, les faits qui les intéressent, les mots d\u2019ordre et les appels de leurs chefs.On voit tout de suite l\u2019importance d\u2019une telle découverte, combien elle est apte à favoriser les intérêts de ceux qui savent l\u2019utiliser comme à desservir les insouciants qui l\u2019ignorent ou la dédaignent.Les enfants du siècle, il faut bien l\u2019avouer, se sont montrés, ici encore, plus habiles ou plus puissants que les fils de la lumière.Ce n\u2019est pas entre les mains des catholiques que se trouvent les grands postes émetteurs.Loin de là! Et combien de fois il faut rectifier, mais trop tard et surtout sans pouvoir atteindre tous ceux qui les ont entendues, des assertions fausses, nuisibles à l\u2019Église, que les ondes sonores, obéissant à des influences hostiles, ont colportées à travers le monde.Cet état de choses n\u2019a pas été sans attirer l\u2019attention des chefs de l\u2019Église.L\u2019intrépide Pontife que fut Pie XI, homme de science et d\u2019action, ne fut pas lent à s\u2019efforcer d\u2019y remédier.Sous sa direction s\u2019éleva dans la cité du Vatican une station radiophonique.Ainsi, du siège même de la chrétienté, tous les événements de quelque importance pourraient être, au jour le jour, annoncés et commentés; à peine émise, l\u2019erreur ou la fausseté serait démentie et réfutée par une personne autorisée; surtout de nombreux auditeurs auraient l\u2019immense joie d\u2019entendre l\u2019auguste voix du chef de l\u2019Église.Il y a dix-sept ans que Radio-Vatican existe.Pie XI l\u2019inaugura.Il y revint maintes fois et, plus souvent encore, Pie XII.Les émissions sont quotidiennes.Elles atteignent un grand nombre de pays.Une équipe de religieux de diverses langues, sous la direction du P.Soccorsi, s.j., en assure le service.Varié est le programme: causeries doctrinales, chronique des événements, nouvelles religieuses.L\u2019actualité y joue un grand rôle.Les catholiques n\u2019ont plus à attendre comme autrefois pour connaître la vérité sur tel fait qui s\u2019est produit au loin, pour apprendre ce que l\u2019Église pense de telle initiative, pour recevoir les mises au point que réclame leur foi.On me permettra bien un souvenir personnel.Lors d\u2019un séjour à Rome, en avril 1938, j\u2019avais été invité par le directeur du poste à donner une brève causerie, destinée aux pays de langue française.Au moment où j\u2019allais commencer, arrive en toute hâte un messager de la Secrétairerie d\u2019État.C\u2019était quelques jours après l\u2019entrée d\u2019Hitler à Vienne et le salut cordial que lui avait adressé, à la grande surprise de l\u2019univers catholique, le cardinal Innitzer, désireux de se rendre le Führer favorable et d\u2019éviter ainsi une catastrophe.Mandé aussitôt à Rome, le primat de l\u2019Autriche, après une entrevue avec le Saint-Père, dut rédiger une note rectificative.Pie- XI voulut, afin de détruire sans tarder le mauvais effet créé par le geste du cardinal, auquel tout l\u2019épiscopat autrichien avait ensuite adhéré, que cette rétractation fût transmise aussitôt par Radio-Vatican, dans les principales langues, au monde entier.Comme la note arriva à l\u2019heure de l\u2019émission française, je dus d\u2019abord la lire.Elle passa ensuite de quart d\u2019heure en quart d\u2019heure aux autres émissions.Combien aurait-il fallu de jours, sans Radio-Vatican, pour rassurer les catholiques sur l\u2019attitude de l\u2019Église envers le chef du national-socialisme! Malheureusement les finances du Vatican ne lui permirent pas de donner à son poste une très grande puissance.Ceux qui tentent de l\u2019écouter le savent.La réception est faible, souvent indistincte, parfois même nulle.Il est arrivé que des allocutions du Souverain Pontife n\u2019ont pu être captées, alors qu\u2019à côté grondait le poste fasciste de Rome.Ce fait a été souvent déploré.On semblait s\u2019y résigner en se disant: c\u2019est mieux que rien.Une plus grande puissance aurait exigé une dépense considérable.Et le Vatican a tant de misères à soulager, tant d\u2019œuvres à aider, que presque tout l\u2019argent reçu doit passer en aumônes.Mais voici qu\u2019à l\u2019occasion du jubilé sacerdotal de Sa Sainteté des lettres sont venues de toutes les parties du monde, demandant qu\u2019on célébrât solennellement cet événement et qu\u2019un don royal, offrande de tous ses fils à leur père, puisse être remis au vénéré jubilaire.Étudiées par le comité central de l\u2019Année sainte, ces propositions viennent de prendre corps dans un projet que le Souverain Pontife a finalement approuvé.Le 3 avril 1949, des cérémonies religieuses, préparatoires à l\u2019Année sainte, marqueront le jubilé du chef de l\u2019Église.Quant aux offrandes des fidèles, elles seront consacrées au perfectionnement immédiat de Radio-Vatican, afin que dès l\u2019ouverture de l\u2019année de grâces, non seulement les pèlerins rendus à Rome, mais les catholiques de tous les pays, même les plus éloignés, puissent facilement entendre la voix de leur pasteur bien-aimé et suivre les diverses manifestations auxquelles donnera lieu, au cours de ces douze mois, cet événement unique.Vraiment, l\u2019Esprit-Saint a bien inspiré ceux qui assistent le représentant du Christ dans sa lourde tâche.Plus que jamais ses directives sont nécessaires au monde.C\u2019est vers le Vatican que se tournent de plus en plus les chefs d\u2019État, les dirigeants du capital et du travail, les autorités sociales.L\u2019humanité se débat dans un désarroi inouï, au milieu d\u2019une situation extrêmement grave, menacée à tout instant de heurts et de conflits mortels.Une atmosphère de guerre enveloppe l\u2019univers.Combien, sauf le Pape, savent résister à cette ambiance hallucinante! Sa parole, empreinte de sagesse et d\u2019autorité, retentit au-dessus des intérêts opposés.Seule elle peut, par une intervention rapide et décisive au moment critique, tenir en échec les forces belliqueuses et sauver la paix.Mais ce ne sont pas seulement les peuples, c\u2019est chaque catholique, peut-on dire, \u2014 les chefs surtout, \u2014 qui bénéficiera du rayonnement ininterrompu de la pensée de l\u2019Église.Ses enseignements lumineux pénétreront leur vie.Ils les éclaireront sur leurs devoirs, redresseront leur mentalité, formeront en eux le sens chrétien, les aideront à établir, par leur exemple et leurs efforts, un ordre social meilleur.Qui ne voudrait, par une obole proportionnée à ses moyens, contribuer à doter le monde d\u2019un tel bienfait! FEVRIER 1949 47 LE SERVICE SOCIAL ET LE PROBLÈME DU LOGEMENT L\u2019ASSISTANTE sociale, qui se trouve en face de multiples problèmes à résoudre, déplore trop souvent l\u2019absence d\u2019écoles maternelles ou de garderies paroissiales qui seraient un secours immédiat à la famille.Elle déplore encore l\u2019absence de cliniques psychologiques pour aider les parents dans le traitement des problèmes de comportement de leurs enfants.Elle regrette de constater qu\u2019il n\u2019existe pas encore de clinique gratuite pour le traitement des alcooliques.Elle voit son travail de réhabilitation limité par la pénurie d\u2019institutions intermédiaires qui puissent recevoir les personnes qui ne sont ni des aliénées ni des criminelles, mais qui ont besoin d\u2019internement.Elle constate surtout la plus grande de toutes les lacunes, celle qui multiplie nos maux sociaux: l\u2019absence de logement.Ce problème, depuis longtemps étudié, discuté, entraîne des conséquences sérieuses aux points de vue hygiène, santé, conditions économiques, moralité, etc.Il est à la source de l\u2019insécurité des individus, des familles, voire même de la société tout entière.Ce grave problème oblige les assistantes sociales à appliquer des traitements qui ne sont pas toujours adéquats aux besoins profonds de leurs clients.Nous allons l\u2019illustrer par quelques exemples.LOGEMENT ET MORALITÉ Un soir du mois de juin 1947, il y a une alerte rue Laniel.La police-radio arrive pour arrêter un père de famille en état d\u2019ivresse.Un conflit s\u2019est élevé entre ce dernier et son propriétaire parce que la chambre n'a pas été payée depuis quelques semaines.Cette chambre abrite le père, la mère et trois enfants de un à quatre ans.On dit que leurs deux autres fillettes sont pensionnaires dans une institution.Finalement le chambreur promet de chercher une nouvelle chambre dès le lendemain et accepte de s\u2019en aller coucher ailleurs.La femme et ses enfants se remettent au lit et le bruit cesse au grand contentement des voisins.Le lendemain, afin de laisser son mari à son travail, la femme, traînant ses enfants comme elle peut, se mit en frais de chercher un autre asile à leur misère.C\u2019est ainsi que, vers quatre heures et demie, elle se présenta à notre bureau de service social.Enfants et mère n\u2019avaient pas pris une bouchée depuis le matin.Après leur avoir donné une indispensable collation, on engagea la conversation.Cette femme découragée, tentée d\u2019abandonner ses enfants dans la rue « afin que les autos les écrasent », dit-elle, venait solliciter notre aide.Elle voulait loger quelque part, du moins les deux aînés, car malgré tout elle ne voulait pas se séparer du petit.Ainsi pourrait-elle plus facilement chercher une chambre et prendre du travail pour aider à payer leurs dettes.Celles-ci s\u2019élevaient déjà à $1,000.Et comme le père, soumis à la Loi Lacombe, ne déposait pas fidèlement le montant requis, il était l\u2019objet de saisies souvent répétées qui lui faisaient perdre beaucoup de temps au travail.Les revenus allaient diminuant, et l\u2019on n\u2019avait pas de quoi se nourrir convenablement.En face d\u2019une telle situation, compliquée de mille autres incidents qu\u2019il serait trop long de relater, nous en sommes venues à la conclusion, en dépit de notre répugnance à sé- parer parents et enfants, qu\u2019il fallait bien se résigner à cette nécessité.Les enfants furent donc abrités ailleurs.Cette femme trouva une chambre à louer, pour elle, son mari et le bébé, qu\u2019elle confia le jour à une famille, tandis que de son côté elle prit une position rétribuée.La situation semblait améliorée.Mais bientôt de nouveaux problèmes surgirent: cette femme était relativement jeune, elle avait trente ans.Par tempérament, elle était quelque peu légère.Des compagnons de travail prirent l\u2019habitude de la reconduire chez elle.Elle eut le souci de mieux s\u2019habiller et fit des dépenses pour se procurer de nouveaux vêtements, La gardienne du petit bébé ne fut pas payée.Le paiement de la chambre fut négligé.Le père dut manquer à son travail pour aller emprunter rue Craig, en laissant paletot, montre, anneau et bagues de mariage, lunettes, etc., en garantie, pour assurer sa chambre.Puis il arriva que la femme, s\u2019attardant le soir avec les amis, entrait plus tard.Le père dut aller lui-même chercher le bébé et faire le souper avant le retour de la mère.Des scènes s\u2019élevèrent entre les époux.L\u2019un et l\u2019autre parlaient de se séparer.Un jour il fallut quitter la chambre: ils n\u2019étaient pas des locataires désirables.Le père décida de prendre une tâche le soir en plus du travail du jour, afin de mieux pourvoir au budget.Mais pendant l\u2019absence du père, la mère, toujours en quête de distraction, s\u2019en allait au cinéma et dans les grills, en compagnie de la femme du nouveau propriétaire, laissant sa petite fille à la garde de celui-ci.Le père était désemparé par la conduite de sa femme, qui se laissait de plus en plus dominer par les mauvais conseils, les relations douteuses et qui se rendait coupable de négliger son enfant.Il s\u2019adressa successivement à la police, puis à notre bureau de Service social.L\u2019assistante rencontra les deux époux ensemble et séparément, à plusieurs reprises.Elle fit comprendre à la femme qu\u2019elle risquait d\u2019être privée par la Cour du droit d\u2019élever ses enfants si elle continuait à se rendre passible de condamnation judiciaire pour défaut de surveillance et de soin à leur égard.Celle-ci en fut émue parce qu\u2019elle aimait ses enfants.L\u2019assistante profita de ces bonnes dispositions pour amener les époux à collaborer ensemble à la réorganisation de leur foyer.Dans l\u2019impossibilité où ils étaient de trouver un logis en ville, ils se décidèrent à chercher quelque chose à la campagne, avec la perspective de reprendre leurs deux petits enfants hébergés en un foyer nourricier, grâce à une subvention spéciale de l\u2019Assistance publique qui devait être versée à la mère en ce cas.Un logement fut trouvé, bien primitif et peu confortable, mais, grâce au soutien moral qu\u2019ils reçurent, grâce à la joie d\u2019avoir avec eux leurs trois derniers et la perspective de recevoir leurs deux petites filles aux vacances, ils persévérèrent tout l\u2019hiver en dépit du manque de tout confort.L\u2019administration du budget fut si bien surveillée, et ces parents coopérèrent si parfaitement à l\u2019action de l\u2019assistante, qu\u2019au printemps il fut possible d\u2019envisager un retour à la ville, dans un logement suffisamment spacieux pour recevoir tous les enfants, et dont la location du salon double devait faire la plus grande partie des frais.Le mari, débordant de bonne volonté, entra dans les La-cordaire et promit de ne pas perdre une minute de travail.48 RELATIONS Les achats de la mère, un peu inexpérimentée, furent contrôlés si bien que la dette sous la Loi Lacombe, après un an, n\u2019est plus que de $500.Le salaire du mari s\u2019est presque doublé, toute la famille est suffisamment pourvue de vêtements, la maison de lingerie et de meubles.Les économies permettent d\u2019envisager l\u2019acquisition de provisions d\u2019hiver en chauffage et en aliments.Enfin, cette famille, fatalement menacée de désintégration complète, trouve aujourd\u2019hui sa sécurité et son salut dans une vie normale qui permet d\u2019envisager un avenir souriant, grâce à la découverte d\u2019un logement convenable.LOGEMENT ET SÉCURITÉ FAMILIALE Un représentant du Bien-Être social se présente au bureau du Service social, accompagné d\u2019un jeune homme marchant avec une béquille.Il est le père de trois enfants, dont l\u2019un demeure chez sa belle-mère à la campagne.Lui-même, sa femme et les deux autres enfants sont hébergés par sa mère.Les revenus actuels, $52 par mois, proviennent de l\u2019allocation des mères nécessiteuses (lui-même étant invalide) et de l\u2019allocation familiale.On refuse de leur louer une chambre parce qu\u2019ils ont des enfants.Ils en trouveraient une rue Saint-Laurent, mais sa femme fait des crises, car elle a peur d\u2019aller loger à cet endroit; et les deux petits seraient constamment dans la chambre, car il n\u2019y a ni cour ni balcon.La jeune femme est épuisée, anémique; elle devrait se faire extraire les dents, mais le dentiste refuse parce qu\u2019elle est cardiaque.Il presse de partir de chez la mère car, ajoute le client, « ma sœur, qui fait vivre mes parents, nous a cédé son lit ».Une telle situation ne se résout pas en un instant, aussi l\u2019assistante sociale veut-elle s\u2019accorder un peu de méditation; elle demande au client de revenir avec sa femme.Et l\u2019assistante sociale fait des plans: installer les deux enfants en foyer nourricier, aux frais de l\u2019Assistance publique, faciliterait la découverte d\u2019une chambre dans un meilleur quartier.Mais ce n\u2019est pas une situation idéale puisqu\u2019elle amènerait le démembrement de la famille.D\u2019ailleurs, comment le père et la mère pourraient-ils vivre tous les deux avec environ vingt-cinq dollars par mois, en supposant la chambre payée ?L\u2019assistante sociale conçoit l\u2019idée de garder le groupe familial réuni, mais de le transporter à la campagne, où il pourrait être reçu dans la maison d\u2019un cultivateur disposant de deux ou trois pièces.Les clients se présentent donc de nouveau au bureau, et l\u2019assistante sociale voit son plan accepté d\u2019emblée.Elle trouve le logement; on organise le transport et, afin de donner plus d\u2019aisance à la famille, l\u2019assistante sociale obtient une pension d\u2019assistance publique pour les deux enfants, ce qui grossit le budget familial et le rend normal.Un mois après, l\u2019assistante sociale visite ses clients, les trouve bien installés dans le parterre en avant de la maison.Le père, dans une chaise longue, lit son journal en attendant la guérison.Sa femme, à ses côtés, berce le bébé, dont le jeune frère dort sur une couverture étendue sur le gazon.Une grande tranquillité règne autour du jeune ménage, qui ne cesse d\u2019exprimer sa reconnaissance à la Providence, qui les a installés à l'endroit idéal pour assurer leur bien-être.« Nous nous levons de bonne heure, nous nous couchons de même, nous n\u2019aurions jamais espéré une vie aussi paisible et aussi belle.De plus, ma femme et moi avons entrepris une neuvaine au Sacré Cœur pour ma guérison et, avec l\u2019aide que vous m\u2019apportez, je suis assuré de retrouver la santé, qui me permettra de voir à ma famille.» Depuis, cette famille citadine devenue campagnarde a récolté assez de légumes d\u2019un petit jardin cultivé en vue de faire des conserves pour l\u2019hiver prochain.FÉVRIER 1949 Indépendamment des avantages que le mari trouve dans ce milieu pour sa santé, la maman reprend courage à sa tâche, et les enfants s\u2019épanouissent au soleil.LOGEMENT ET ÉDUCATION M.et Mme Z.sont sourds-muets.Jusqu\u2019ici ils n\u2019ont jamais pu garder de logement parce que leurs enfants, poussant comme de petits sauvageons, étaient fort bruyants et incommodants pour les voisins.Les aînés ont grandi dans les institutions.Ils sont maintenant en âge de gagner leur vie, et on leur a remis la clef des champs.Pierre et André, vingt et dix-huit ans, ainsi que Lucie, seize ans, habitent en chambre chacun de leur côté, parce que les parents n\u2019ont pu trouver de logement pour les recevoir.Pierre et André, en liberté depuis quelques années, ont appris le métier de délinquants; leur nom paraît sur la liste des anciens pensionnaires du Mont-Saint-Antoine.Actuellement leur conduite est bien douteuse encore.Ils ne travaillent pas parce que, disent-ils, ils n\u2019ont personne pour les éveiller le matin.Prétexte, dira-t-on.Peut-être, mais il n\u2019est pas sans fondement; le sourire encourageant de la maman qui prépare le déjeuner et le lunch du midi, l\u2019exemple du père qui indique la bonne route, manquent à ces deux gaillards qui ont passé une partie de la nuit à courir la rue ou les grills.L\u2019assistante sociale les a fait venir au bureau.Ils ont mis cartes sur table avec une droiture étonnante, et surtout ils ont débridé la plaie.« On sait qu\u2019on est sur la mauvaise route, mais aussi on n\u2019a pas eu de chance.Si nos parents avaient pu nous garder avec eux lorsqu\u2019on est sorti de l\u2019orphelinat.Lucie à son tour est en train de se perdre, elle aussi, dit Pierre.J\u2019ai averti un de mes copains hier qu\u2019il aurait affaire à moi si je le prenais encore avec ma sœur.Elle est bonne et elle ne connaît rien.» Et j\u2019ai vu des larmes dans les yeux de ce grand garçon qui, lui, en connaît trop long.Pierre et André ont fait part de leur projet à l\u2019assistante sociale.« Si on trouvait un logement, on resterait tous ensemble, le père, la mère, et l\u2019on garderait à la maison les petits qui sont à l\u2019orphelinat.La petite dernière est tellement fine.On est maintenant assez vieux pour en prendre soin, et l'on serait si heureux.» Rêve bien légitime chez Pierre et André, et que les pauvres parents infirmes n\u2019ont pas cru pouvoir réaliser pour leur compte.Sera-ce toujours un château en Espagne ?Mais si tel est le cas, notre pays y gagnera-t-il d\u2019héberger à Bordeaux ou à Saint-Vincent-de-Paul tous les Pierre et les André qui n\u2019ont pas connu la joie d\u2019un vrai foyer ?LOGEMENT ET SANTÉ La famille X.habite un magasin de 15 pieds sur 35, situé dans un quartier commercial, sur une rue où les tramways circulent jour et nuit.Ce logis est malsain, froid, formé d\u2019une seule pièce où l\u2019on a fait une cloison temporaire pour séparer la cuisine de la partie où couche toute la famille, soit dix personnes! Aucune aération possible; la vitrine ne s\u2019ouvre pas.Du reste, la maman trouve tout naturel de laisser quelques lisières de vieux rideaux pour empêcher les regards indiscrets de surprendre leur misère.A l\u2019autre extrémité de la pièce, une fenêtre de 5 pieds en largeur sur 1 pied de hauteur, tout près du plafond! Pas de cour accessible aux huit enfants.Le propriétaire en interdit l\u2019entrée.Huit enfants, cela représente bien des lessives dans une semaine, surtout quand les garde-robes sont peu fournies.Mme X.fait sécher le linge dans la maison, sur des cordes qu\u2019elle tend au besoin.49 M.X.souffre de rhumatisme.Il a même une paire de béquilles à la main pour les crises aiguës de l\u2019hiver.En 1945, au moment où le Service social est entré en jeu dans cette famille, les secours de la Saint-Vincent-de-Paul venaient de lui être supprimés.La raison: M.X.demande des secours fréquents, et cela depuis de nombreuses années.La Saint-Vincent-de-Paul n\u2019est pas un bureau d\u2019assurance-chômage, cela se comprend! En plus, il ne semble pas que M.X.ait en hiver une prédilection marquée pour la pioche et la pelle.Il préfère calmer ses crises de rhumatisme auprès du feu plutôt que de s\u2019exposer aux rafales de la rue.Cela ne lui fait pas bonne réputation.Et pourtant, après trois ans d\u2019étude de ce milieu, un diagnostic assez juste peut être posé.M.X.est sans doute un sous-doué; faut-il en conclure qu\u2019il soit un paresseux?Et voici Mme X.maintenant: C\u2019est une cardiaque, à qui le médecin prescrit des toniques et des piqûres de foie de veau, qu\u2019elle ne peut se procurer faute de ressources.Prenez l\u2019air, lui répète-t-on sans cesse.De l\u2019air, il n\u2019y en a pas dans sa maison; et sortir avec la marmaille, quel cauchemar pour une maman épuisée! Mme X.voit clairement la cause de son mal à elle: son logement insalubre.Dans sa foi naïve elle fait neuvaine sur neuvaine au bon saint Antoine afin qu\u2019il lui fasse trouver un logement, ne soupçonnant pas, la pauvre, que ce serait là presque une intervention miraculeuse.Mme X.rêve souvent d\u2019une maisonnette dans la banlieue, entourée d\u2019un jardin où s\u2019ébattent des enfants au teint clair et aux rires joyeux.Chez elle, c\u2019est morne, triste, pénible.Les enfants sont placés à tour de rôle par le Service social dans des foyers nourriciers à la campagne afin de leur permettre d\u2019améliorer un peu leur santé débile.La maman a du cœur, elle languit! Le médecin dit que ces séparations répétées la minent plus que tout le reste.Et les enfants X.: Huit marmots, dont l\u2019aîné a onze ans; tous marqués du signe de la débilité physique; système nerveux affecté même sérieusement chez quelques-uns; toux habituelle et voix rauque; jambes arquées, si gravement chez la petite dernière qu\u2019elle devra tout probablement être opérée dans le cours de l\u2019hiver.Le médecin a recommandé des bains de soleil pour elle pendant l\u2019été.Mais dites donc où le soleil pourra-t-il rejoindre Louise! Et les deux jumeaux! Ils sont partis à treize mois du foyer paternel, dans un état de santé si pitoyable que vraiment on doutait de pouvoir les ramener à la vie.Ils n\u2019avaient alors jamais mis pied à terre parce que c\u2019était trop froid sur le plancher.Jamais non plus ils n\u2019avaient fait un tour de « carrosse » sur l\u2019asphalte de la grande rue, et la maman disait: « Je ne sais pas ce qu\u2019ils ont, les jumeaux, ils tombent dans les convulsions deux ou trois fois par semaine.» Ils furent donc placés en foyer nourricier à la campagne» Après deux ans ils sont devenus de solides petits campagnards, mais ils ne connaissent pas leurs parents, leurs frères et sœurs; ils pleurent de frayeur lorsque ceux-ci les visitent.Sauront-ils comprendre plus tard les sacrifices consentis par leurs parents ?Faudra-t-il ramener « les jumeaux » dans le noir magasin ?Qui oserait prendre cette responsabilité ?Et, pourtant, n\u2019est-ce pas le principe de l\u2019assistance sociale catholique de maintenir les familles unies ?Et ce n\u2019est pas là l\u2019histoire d\u2019une famille exceptionnelle acculée à un problème passager, mais c\u2019est l\u2019insoluble problème du logement qui sévit depuis de longues années chez nous avec des conséquences aussi pénibles que celles de la guerre en pays envahis.C\u2019est l\u2019histoire de tous les jours, dans notre ville de Montréal, où d\u2019innombrables familles sont entassées dans des magasins et des hangars, dans des chambres et des logements de deux ou trois pièces! LOGEMENT ET DÉSINTÉGRATION FAMILIALE Il y a deux ans, une de nos assistantes sociales fut appelée auprès d\u2019une maman désemparée, qui lui raconta ceci: veuve à vingt-six ans, avec trois enfants, elle épousa un veuf, père de quatre enfants.De cette nouvelle union, cinq enfants étaient nés, et la maman attendait le sixième.L\u2019aînée habitait chez une tante, et deux garçons étaient placés à l\u2019orphelinat.Venue de la Gaspésie tenter fortune à la ville, cette famille vivait en chambre depuis un an et demeurait dans une ambiance des plus déprimantes: pièce mal éclairée située à l\u2019arrière de la maison, pas de cour pour permettre aux enfants de s\u2019ébattre, cuisine commune et promiscuité peu agréable avec trois autres locataires, dont l\u2019un entre ivre toutes les fins de semaine tandis que les deux autres ont une conduite pour le moins douteuse.L\u2019été, le logis est étouffant de chaleur, et l\u2019hiver tout le monde reste au lit jusqu\u2019à dix et même onze heures, parce que les feux s\u2019éteignent la nuit et que la maison est à peine réchauffée à la fin de la matinée.Tous les enfants couchent par terre, sauf le bébé.La mère est écrasée par cet entassement et ce fourmillement continuel.De plus, la hantise du lendemain la poursuit, car son mari boit depuis six mois et rapporte chaque semaine une paye qui va s\u2019amincissant toujours un peu.La mère supplie l\u2019assistante de la soulager en plaçant quelques enfants.Deux fillettes furent envoyées au pensionnat, et deux garçons placés avec leurs frères à l\u2019orphelinat.Ce placement assura aux enfants la fréquentation scolaire régulière et prévint chez eux la délinquance, mais il ne régla pas du tout le problème familial, puisque après deux ans d\u2019aide matérielle et d\u2019efforts, voici la situation actuelle: Le mari est devenu un ivrogne avéré qui maltraite sa femme, lui fait des scènes insoutenables de jalousie, après lesquelles il la quitte, la laissant sans nouvelles pendant de longues semaines, l\u2019obligeant ainsi à recourir à la Saint-Vincent-de-Paul pour assurer le pain à ses enfants.La femme, en butte à toutes sortes d\u2019avanies, est devenue une apathique irréductible, qui se laisse ballotter au fil des jours sans réaction aucune, dépendant absolument des œuvres de charité pour l\u2019entretien de ses enfants: après le premier placement, il a fallu en envisager un deuxième, puis un troisième.Deux enfants sont menacés de tuberculose, et un autre souffre d\u2019anémie profonde.Et pour comble, il y a quelques semaines, la mère est revenue voir l\u2019assistante dans le but de se décharger de ses trois derniers enfants, donnant pour prétexte que son mari l\u2019a quittée définitivement cette fois.Elle dit qu\u2019elle en a assez de cette vie de misère, qu\u2019elle va se chercher du travail.Accéder à sa demande serait consommer la ruine de cette famille; l\u2019aider matériellement n\u2019est qu\u2019un palliatif qui bientôt ne jouera plus, puisque germe dans le cœur de cette femme le désir d\u2019échapper à un joug qu\u2019elle ne peut plus supporter.Elle aime encore ses enfants, elle aime aussi son mari, mais elle est emmurée dans son impuissance.A l\u2019heure actuelle le travail de l\u2019assistante sociale a été de protéger les enfants de la mort en leur donnant un milieu familial plus sain, mais le père et la mère, qui vivent en chambre, sont convaincus, tout comme l\u2019assistante sociale, que tous leurs problèmes cesseraient si enfin ils pouvaient posséder un foyer où tous les membres de la famille se réuniraient de nouveau.Ce documentaire a été préparé par quelques religieuses de V Institut de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, sous la direction de Sœur Blanche Bellavance.50 RELATIONS SOUFFRANCES DE LA CHINE J.MASSON, S.J.ON SAIT par quelles dures épreuves la Chine passe en ces jours pénibles.Les mauvaises nouvelles se sont succédé à un rythme effrayant.Est-ce de l\u2019imprévu ?ou pouvait-on discerner les signes précurseurs de l\u2019orage ?D\u2019autres répondront au point de vue militaire, pour lequel je ne suis point qualifié; mais, après deux mois de sondages, de nombreuses conversations, parfois longues et intimes, avec Chinois et résidents, je crois pouvoir indiquer certaines faiblesses internes du pays et du parti actuellement en péril.Elles se résument toutes, si l\u2019on veut, en deux mots: une immense crise de confiance et une infinie lassitude, sur le plan international comme sur le plan national.Il y a plus de trois ans, la Chine sortait de la guerre» éprouvée mais victorieuse, honorée et pleine d\u2019espoir: n\u2019était-elle pas un des Cinq Grands?Depuis lors, il faut avouer qu\u2019elle n\u2019a pu jouer le rôle de premier plan auquel elle eût pu aspirer comme porte-parole de l\u2019Asie.Il n\u2019y a plus que Trois Grands, et la Chine, qui a ressenti cruellement cette diminution, en souffre d\u2019autant plus qu\u2019elle attribue à des erreurs européennes et américaines \u2014 surtout américaines \u2014 les maux qui ont pu ainsi, rapidement, lui faire perdre son prestige et, actuellement, menacent de la faire mourir.Voici à peu près ce que m\u2019ont dit bien des Chinois à ce sujet, aussi fidèlement repris que possible.L\u2019Amérique a commis chez nous, depuis la libération, des erreurs majeures.La première fut d\u2019exiger trop vite le retrait des garnisons japonaises, qui avaient, dans le Nord, préservé des attaques communistes, villes, usines et chemins de fer.Elles durent se retirer avant que les Américains et les troupes nationalistes pussent assurer la même protection.Les communistes effectuèrent sans encombre, après la guerre, une désorganisation qu\u2019ils n\u2019avaient guère réussie auparavant.Ce fut tout profit pour eux.Et pourtant \u2014 seconde erreur \u2014 l\u2019Amérique persista à les considérer durant un certain temps comme un élément normal de la vie nationale.Habitués à voir fonctionner chez eux une opposition parlementaire entre deux partis réguliers, contrôlés par l\u2019opinion de la masse du peuple, ils se figurèrent la Chine sur ce modèle U.S.A.Malheureusement la Chine n\u2019est pas une démocratie américaine: compter sur la masse, immense, illettrée souvent, et parfaitement ignorante des réalités politiques, pour censurer et maintenir dans le devoir les partis, c\u2019était une belle illusion.Par ailleurs, le « parti » communiste n\u2019était pas un parti, selon le sens que nous donnons à ce mot.Très peu préoccupé de jouer le jeu parlementaire, les commissions, délibérations et délimitations ne lui furent qu\u2019une occasion de gagner du temps, de s\u2019organiser, de s\u2019armer, pour affronter enfin l\u2019armée nationaliste.La crédulité américaine leur donna cette chance, dont ils profitèrent pour compléter la désorganisation du Nord.L\u2019armée nationaliste encore faible s\u2019épuisa à repousser la guérilla; l\u2019Amérique lui fournissait des subsides pour guérir une plaie que les erreurs précédentes avaient élargie.Les Chinois reconnaissent, et nous y reviendrons, que cette aide américaine fut parfois gaspillée, ou détournée.à des fins privées, vers certaines personnalités peu scrupuleuses.Cependant ils ressentent les hésitations américaines à continuer le secours; ils y voient un manque de constance et de logique, un oubli des sacrifices immenses consentis depuis quinze ans, dans une lutte solidaire contre deux totalitarismes: le russe et le japonais; ils pensent que les envois d\u2019urgence répareront difficilement les erreurs et lenteurs déplorables admises depuis plus d\u2019un an.Vis-à-vis des grands alliés, beaucoup de Chinois subissent donc une crise de confiance.Ce ne sont pas les semonces des envoyés américains, Marshall et successeurs, qui auront pu la guérir.Leur ton cinglant et leur brutale franchise ont causé beaucoup d\u2019amertume.Il est des choses qu\u2019on ne dit pas en public, surtout en Chine.Ainsi parlent les Chinois; mais ensuite, et dans l\u2019intimité, ils reconnaissent que la crise de confiance est aussi interne, et qu\u2019elle repose sur de bonnes raisons, sur des défauts réels.L\u2019armée de Nankin ne vaut pas l\u2019armée communiste.De tout temps la Chine a considéré le métier des armes comme méprisable; et je sais des étudiants, très dévoués à leur pays, qu\u2019on plongea dans une réelle stupéfaction en leur demandant simplement: « N\u2019iriez-vous pas vous enrôler, pour sauver le pays?».Qui devient soldat le devient par intérêt ou par obligation.L\u2019armée nationale ne peut promettre (même si parfois elle permet) à ses hommes les profits du brigandage et de la vie plantureuse aux dépens des populations.Elle ne peut que forcer l\u2019enrôlement.trop souvent suivi de désertion, car beaucoup de ces jeunes hommes ne sont pas assez patriotes pour rester soldats par devoir.Au contraire, le fanatisme, l\u2019intérêt et la peur de terribles sanctions retiennent les soldats communistes.Les généraux rouges sont d\u2019ailleurs, de l\u2019avis des compétences, meilleurs que leurs adversaires nationalistes, à l\u2019exception peut-être de Fu-Tso-yi, le défenseur de Pékin.Et la Chine sent dans les Russes plus de vigueur sans scrupules à pousser les Palous vers le sud qu\u2019elle ne discerne chez les Occidentaux d\u2019ardeur à lancer les nationalistes vers le nord.C\u2019est pour cela que bien des Chinois désespèrent de la solution armée, même à longue échéance, même « en huit ans », \u2014 comme vient de dire Chiang Kai-Shek, \u2014 et parlent de compromis.Ils ont pour les appuyer tout un mouvement de défiance, que j\u2019appellerai idéologique, parmi les professeurs d\u2019université, leurs nombreux étudiants, et en général les intellectuels.Il ne faut pas oublier que, dans toutes les Universités d\u2019Asie, nous avons gaiement semé le matérialisme, et que la propagande communiste a eu beau jeu de greffer sur cette tige les théories marxistes et les conceptions soviétiques.Personne n\u2019est tout à fait préservé.Je me rappelle cet étudiant d\u2019une université catholique, rencontré dès les premières heures à Pékin, qui me traduisait l\u2019opinion générale de son milieu: « En Chine, il faut que cela change, à n\u2019importe quel prix.» Le Mouvement de la Vie Nouvelle et le Kuomintang, qui faisaient un si beau départ voici vingt ans, et qui laissaient tant espérer, n\u2019ont pas réussi à donner la paix, l\u2019unité, la prospérité promises.Personne, sans doute, dans les mêmes tragiques circonstances, n\u2019eût fait beaucoup mieux; mais l\u2019insuccès a toujours tort, auprès de la masse inculte et miséreuse, comme auprès des intellectuels.Tandis que le communisme!.Il apparaît sous les couleurs idylliques d\u2019un paradis terrestre aux politiques amateurs, ces bourgeois et ces jeunes qui en discutent à loisir.Comme le disait l\u2019humoriste, il a cette chance de n\u2019avoir pas été essayé.Sauf dans de lointaines régions, d\u2019où arrivent parfois quelques centaines de mille réfugiés, qui n\u2019ont pas accès dans les cercles « avancés ».C\u2019est ainsi que, depuis vingt ans, les étudiants ont manœuvré le gouvernement, obtenu des démissions de ministres, expulsé tels professeurs réactionnaires.Entre la masse, qui ne pense guère, et le gouvernement, le plus fort groupe d\u2019opinion est un facteur de discorde.FEVRIER 1949 51 J\u2019ai dit: la masse ne pense guère.C\u2019est sans doute vrai; mais il est des choses qu\u2019elle ressent et qui créent la défiance chez elle aussi.Les professeurs, les gens de bureaux, voire la police, sont mal payés par un État sans argent, d\u2019une monnaie qui chaque jour a moins de valeur.Les commerçants ont vu récemment leurs prix de vente bloqués, tandis que le nouveau gold yuan baisse chaque jour, avec un résultat que les marchandises ont disparu dans l\u2019arrière-boutique, en route pour le marché noir.Ménagères et petites gens crient famine.Pourtant, Dieu sait si une longue misère a enseigné au peuple à se contenter de peu.Cette fois, c\u2019est vraiment trop peu! Je ne dirais pas que la masse est sympathique aux communistes: elle est trop près des réfugiés; elle entend trop de récits pour se prendre facilement aux mirages.Mais elle n\u2019est plus pour personne, communiste ou nationaliste, sauf pour celui qui lui fournira de quoi manger et travailler en paix.Et elle attend, passivement.Pourtant, une révolte est latente; à côté des masses pauvres, la Chine connaît le scandale de fabuleuses richesses qui, s\u2019il faut en croire l\u2019opinion, tombent trop souvent dans les poches d\u2019hommes en place.Les Chinois m\u2019ont dit: « Le généralissime, soit, nous le croyons intègre.Mais autour de lui, combien d\u2019autres se sont fait des fortunes de nabab, qu\u2019ils ont prudemment transférées ailleurs.» De fait, quiconque passe à Hong-Kong ne peut qu\u2019être frappé par ce qu\u2019il voit et ce qu\u2019il entend.La colonie britannique voit affluer personnages et biens, automobiles et dollars, riches nouveaux qui font monter le coût de la vie.Comme jadis à Shanghaï les concessions internationales, Hong-Kong devient réservoir ou exutoire des trésors de la Chine.Qui s\u2019étonnerait alors que la masse perde confiance si ses chefs, les premiers, quittent le champ de bataille ?La crise est donc bien plus large qu\u2019une série de revers militaires, même très graves; ou plutôt ces revers mêmes ont en elle leurs racines.Et si l\u2019on veut la guérison il faut aller aux racines.C\u2019est la seule raison de parler de tout cela.\u2014 Alors, demain, la Chine sera communiste ?demandera le lecteur.Plusieurs m\u2019ont posé la question, qui jaillit au spectacle des actuelles déficiences, mais qui est d\u2019une fausse clarté.Veut-on savoir si demain l\u2019armée palou occupera toute la Chine?Je n\u2019en connais rien; et qui voudrait prophétiser serait bien téméraire: cela dépend de tant de facteurs dont certains, internationaux, ne sont pas aux mains de la Chine.Veut-on dire: Est-ce que demain l\u2019idéal communiste conquerra le cœur de la masse chinoise?Je pense qu\u2019il faut répondre non.Il peut fanatiser certains jeunes, et sous leur rude poigne embrigader des groupes de suiveurs.Toutefois, dans le peuple, de puissantes forces traditionnelles s\u2019opposent à son emprise.Le communisme est une bataille; or la masse chinoise est de tempérament paisible; un radicalisme totalitaire, mais le caractère chinois est diplomatique et conciliant.Le communisme est un collectivisme; or, le paysan chinois est essentiellement particulariste et propriétaire: celui qui jadis déplaçait une borne était passible de peines allant jusqu\u2019à la mort.L\u2019esprit de la vieille législation survit.Le communisme est antifamilial; il méconnaît ce qui en Chine joue sans doute le plus grand rôle, dans toute la vie politique, économique et sociale: les relations de famille et de race, avec les obligations qui en découlent.A cause de ces trois handicaps décisifs, il est permis d\u2019espérer que, même si les armées rouges couvraient le sol chinois, l\u2019idéal communiste ne pourrait en conquérir le peuple.Contre les faiblesses de tout genre, contre les ennemis de toutes sortes, il reste la famille et la terre.C\u2019est beaucoup, en Chine.CHANTIERS NOUVELLE MODE Alexandre DUGRË, S.J.MICHELET préfère le géant Hercule aux dieux de l\u2019Olympe « parce xju\u2019il est le seul dont les exploits furent des travaux ».De même nos camps de bûcherons sont-ils supérieurs aux camps militaires parce qu\u2019ils sont constructifs, enrichissants, utiles aux industries de paix et au pays.Ceux de la Fédération des Chantiers coopératifs, filiale de l\u2019U.C.C., sont même formateurs.Douze jours à ceux de Baie-Comeau nous furent une révélation.Tout a bien marché: le train de Rimouski fut presque à temps; l\u2019avion ronfla dans le soleil; l\u2019auto-neige Bombardier nous prit à Baie-Comeau pour quarante milles de bon chemin, qui monte et serpente aux caprices des montagnes et de la rivière des Anglais.Le personnel de la Cache nous distribue aux six camps de 80 à 135 jeunes de Sherbrooke et de Rimouski, groupés selon leur paroisse d\u2019origine, Piopolis, Mégantic, Saint-Vianney, Saint-Alexis.En tout 560 hommes, excellents fils de la terre, veulent y gagner leur établissement sans se perdre corps et âme.Le chantier-modèle est dirigé par les coopérateurs vétérans de Roquemaure et par des gérants et des commis tout jeunes, formés à de pareilles écoles.Relations a maintes fois parlé de cette œuvre d\u2019Action catholique, de ce relèvement d\u2019un travail et d\u2019un genre de vie naguère affreux.Le colon Boutin rêva et réussit le rêve d\u2019humaniser une profession nécessaire, presque nationale chez nous, puisque la moisson d\u2019arbres se fait surtout par les moissonneurs de grain.Il a voulu un travail forestier 1° moral, 2° payant, 3° pas ruineux des corps, 4° pas esclavagiste ni démolisseur de l\u2019esprit.Avec des braves semblables à lui, en équipe d\u2019étude, il a étendu la formule coopérative, qui profite à déjà 2,500 bûcherons en 50 chantiers, semés de l\u2019Abitibi au Lac-Saint-Jean et à Shelter-Bay.On sait que Baie-Comeau est une ville du papier comme Forestville et Clarke-City, où des rivières commodes apportent le bois et fournissent l\u2019énergie.La Chicago Tribune du puissant colonel McCormick, déjà propriétaire de Y Ontario Paper, de Thorold, a dû créer sa filiale Quebec North Shore quand notre province interdit enfin l\u2019expédition de son bois brut.Des bateaux en charrient encore à Thorold; c'est la dernière année, dit-on, et deux nouvelles machines s\u2019installeront ici.La compagnie, dotée de concessions forestières exagérées, coupe 200,000 cordes par hiver pour fabriquer 420 tonnes de papier-journal par jour.Nos coopérateurs ont un contrat de 41,000 cordes à $15 la corde.La Cache est le centre d\u2019administration, d\u2019approvisionnements, de réparation, de 20 milles de téléphone, et de la propreté du linge des camps: deux lessiveuses électriques et deux buandiers s\u2019y emploient.Auto-neige pour les commissions, radio dans tous les camps, électricité Delco, séchoirs aux habits, eau courante, cabinets à l\u2019eau, en attendant les douches.Des équipes de hockey changent la manière de bûcher; les équipes d\u2019étude reçoivent les sujets à creuser; la prière du matin, du soir et des repas crée ou continue l\u2019habi- 52 RELATIONS tude familiale; la croix du chemin reçoit le salut des hommes.Les vieux bûcherons d\u2019autrefois ne peuvent s\u2019en taire de la transformation, au matériel et au moral.Ni vin, ni bière, ni fort; mais cabale des apôtres du mouvement Lacordaire: huit cartes signées le Jour de l\u2019An feront les plus belles cartes de Bonne Année aux mamans et aux fiancées.Des correspondantes jacistes inconnues égaient l\u2019arrivée du postillon: leurs étrennes de sucre à la crème firent des heureux.De même les ministères de Noël, surtout quand on vit mourir un accidenté trois jours après.On espère des curés de chantiers: quelle paroisse rurale peut compter 560 hommes en pleine force, en études postscolaires, en préparation d\u2019un foyer?.Le travail est réglementé: 70 hommes sur 80 bûchent en équipe de 4, 6, 8, 10, 12, dans les secteurs tirés au sort.On part aux étoiles, avec un cheval pour tirer les arbres, un cheval et un slé formidable pour charroyer les bûches aux rivières.Terrible charroi! Le cheval en a son raide à grimper dans la neige en sel la montagne à pic, à traîner vide le slé de cyclope qui l\u2019écraserait dans la descente si un câble ou même un palan ne retenait la charge.Parfois la pauvre bête culbute, s\u2019enferre, se cramponne, se frappe le nez sur une pierre ou une souche et saigne des dents.Ces vigoureux clydes ou percherons de 1,600 livres, payés cher et suralimentés, sortiront du bois raide maigres ou n\u2019en sortiront pas: on les tue.On va les offrir aux colons établis à cinquante milles, qui les remplumeraient à leur profit.Chaque camp va produire sa proportion des 41,000 cordes, 4 X 4 X 8.Un gérant et un commis voient à l\u2019administration locale, aux ordres, aux fournitures du magasin, au courrier, aux rhumes et aux blessures.D\u2019aimables cuisiniers tout blancs, responsables de la bonne humeur des estomacs, cuisent pain, tartes, gâteaux, viandes et légumes, parfois des fèves, parfois seulement.Pension d\u2019hôtel: même au déjeuner, des tartes dignes de Rabelais.Un valet de camp, le show-boy, voit à la propreté, au bois de chauffage, au Delco et aux poêles à quatre heures du matin, pendant que le valet d\u2019écurie soigne les chevaux, que le chef prépare le déjeuner et que les glaceurs de chemins ramènent leur immense réservoir.La compagnie construit elle-même des chemins de pénétration camionnables et de bons camps, aujourd\u2019hui en planche, pas plus chers et bien confortables.Naguère on votait $6,000, disons, et l\u2019entrepreneur, déjà salarié, rognait sur tout pour mettre un $1,000 ou $1,200 dans sa poche.On gelait, les chevaux empestaient, deux petits carreaux givrés ne chassaient pas l\u2019obscurité; les lits étaient des boîtes grouillant d\u2019insectes.La compagnie vend à ses bûcherons chevaux et provisions, c\u2019est dans le contrat: patates, $2.25; oeufs en poudre, $19.50 la caisse; saucisson, $0.40 la livre; bacon, $0.68; carottes en sacs de 75 livres, $2; navets, $1.75; porc frais, $0.45; bœuf, $0.55 au quartier; morue, $0.15; seau de graisse, $12; beurre, $0.76; foin, $40 la tonne; avoine, $4.25 le sac.La Fédération des chantiers ambitionne de contracter pour tout le travail et les dépenses, hormis les écluses, à $60 la corde livrée au moulin.\u2014 Comprend-on que les colons ne reçoivent que $8 pour leur bois ?.\u2014 Cela éliminerait les coûteux mesureurs, sept ou huit en série, qui font chacun leur marque sur la même bille, pour refuser les cœurs rouges et les palettes ou rognures.La compagnie affiche des Infractions et Amendes : « $1 pour tout arbre laissé debout ou par terre (bois marchand) ; $1 pour chaque arbre coupé en dehors des coupes; $0.50 pour chaque souche plus haute que 12 pouces; $0.10 pour chaque houppier (top) de 4 pouces ou plus; $10 par acre pour les pointes laissées.» Des sceptiques imaginent la coopérative injuste pour les forts bûcherons, au profit des jeunes.Mais non.D\u2019abord on ne laisse pas bûcher à toute éreinte: les records brûlent un colosse en peu d\u2019années.Un bûcheron qui livre deux cordes ou deux cordes et demie par jour est coté à 100 p.c.; un faible à 80 p.c., peut-être moins.Combien sera-t-on payé ?Selon les dépenses et la production; en moyenne $10 par jour.On consent à gagner peut-être moins si l\u2019on est traité en homme, en chrétien, et si l\u2019on retourne chez soi la tête haute.Le gros de la paye à chacun sera déposé à la Caisse populaire de sa paroisse: on ne gaspillera pas l\u2019argent si rudement gagné.Que de millions gaspillés ailleurs! Quels misérables exploits de buveurs, comme ce rustaud du Saint-Maurice qui fut neuf ans sans voir sa mère: il dépensait tout son salaire à La Tuque.Ici l\u2019on travaille pour s\u2019établir et se marier.Tous ces jeunes veulent être cultivateurs; quelques-uns possèdent déjà un lot; plusieurs trouvent bien difficile d\u2019en obtenir dans Rimouski, l\u2019Estrie, même en Abitibi.Les domaines sont captifs, et les agents des terres boudent les aspirants-colons qui désirent un lot encore boisé, dont la récolte de bois aide à vivre en attendant celle des champs.Aucun ne veut donner sa vie aux hivers anormaux, loin de chez soi.S\u2019ils ont sacrifié le congé des Fêtes, \u2014 seulement 12 sur 560 sont allés chez eux, record de ténacité, \u2014 c\u2019est par économie.La tentation fut rude après le 20 décembre, quand la radio jouait les airs de Noël.La compagnie remarque, elle récompense de cadeaux de pommes et de dindes cette fidélité au travail, comparée aux désertions des jumpers, que note aussi S.Exc.Mgr Labrie: « Pour maintenir 2,000 hommes dans le bois, on doit en transporter 5,000.Seulement 27 p.c.coupent jusqu\u2019à 100 cordes, 32 p.c.ne coupent pas une demi-corde.Cinquante coopérateurs font plus d\u2019ouvrage que cent d\u2019un camp ordinaire.» Nos jeunes pourraient-ils s\u2019établir sur la Côte Nord?Comme la plaine fertile y est rare, c\u2019est poser la question des villages forestiers.Des compagnies les désirent, ainsi que Mgr Labrie dans son remarquable traité de la Forêt, pour bloquer l\u2019appauvrissant nomadisme, pour réunir les familles ' et faire prier les grands bois.Le système existe en Scandinavie.La Manicouagan s\u2019y prêterait, surtout au confluent de la Toulnoustook, où jardins et pâturages compléteraient les habitations.Des avantages économiques en ressortiraient pour les compagnies : 1° protection contre les feux ; 2° reforestation scientifique; 3° abattage des arbres contagieux; 4° flottage plus facile et mieux réussi; 5° main-d\u2019œuvre plus régulière.Il faudrait des routes ?Il en faut déjà, seulement on ne les ouvre qu\u2019à mesure.Les compagnies fourniraient leur quote-part et payeraient double droit de coupe si le gouvernement les construisait d\u2019avance.Autre point: la trop immense forêt de la North Shore, jamais exploitée, est toute mûre.On jette au papier des épi-nettes à mieux employer en bois de charpente.Or, on n\u2019atteindra la fin des limites que dans cent ans, disent les plus modérés.A l\u2019autre bout, les arbres mûrs n\u2019attendront pas; ils tomberont, moisiront, sécheront, après avoir étouffé les remplaçants, qui ne seront peut-être pas gros alors.Dans ce sol maigre et ce Nord, les âges du bois sont minces, et d\u2019autant plus précieux.Mgr Labrie déplore « l\u2019état de maturité excessive, et la perte de millions de pieds de bois, qui mourront en semant la maladie.».N\u2019y aurait-il pas moyen d\u2019arranger avec les scieries d\u2019en face, de Matane et de Rimouski, l\u2019achat des beaux troncs qui vont tomber?Les Fraser et les Price refusent de céder à la colonisation des étendues fertiles, parce que leurs scieries manqueraient de bois.Et voici que des milliards de planches se perdront sur l\u2019autre rive parce que la North Shore a voulu suralimenter Baie-Comeau.Comme si l\u2019on servait à un seul homme tout un bœuf à manger.Non, les bûchés actuels seront mûrs dans cinquante ans, même bien avant, si l\u2019on protège le jeune bois qui a déjà dix ou trente ans, et surtout si l\u2019on pratique la reforestation, le rasage FEVRIER 1949 53 des feuillus, ou la coupe en lisière de soixante-quinze pieds pour que les longs arbres laissés debout, qui ensemencent un pourtour à leur longueur, engrènent l\u2019espace dépouillé.Ceux qui prétendent que le gouvernement s\u2019en bat l\u2019œil devront pourtant se taire un jour : des ingénieurs verront à faire durer une richesse, et des calculateurs à la faire rapporter au mieux, en droits de coupe, en travail, en planches et en papier.Quand des associations forestières sérieuses réclament l\u2019utilisation des branches, laisseront-elles gaspiller tout l\u2019arbre, des millions d\u2019arbres mûrs, qui sécheront d\u2019ici l\u2019an 2000?Une autre Baie-Comeau pourrait surgir à Manicouagan ou ailleurs, et des scieries, à côté des villes de métallurgie, qui devront naître par là.Le Créateur n\u2019a pas mis pour les autres, à côté de mines fabuleuses, des innombrables chutes faciles à harnacher, millions de ces chevaux-vapeur, houille blanche qui coule à rien, comme si on laissait perdre la houille noire.Il n\u2019y a pas qu\u2019à Pittsburg, Cleveland ou Détroit qu\u2019on peut raffiner le métal, produire l\u2019acier, fabriquer des machines, mieux que de la fonte en gueuse.L\u2019autonomie doit se faire économique autant que politique.Selon de savants professeurs, il n\u2019est plus vrai que le minerai doive aller au charbon.L\u2019électricité voisine est meilleure, surtout avec le procédé Dudley.Si nous avons par trop sacrifié nos bois, mines et chutes aux étrangers, nous entendons faire mieux à l\u2019avenir.Le rôle des coolies chinois et des noirs sud-africains ne nous va plus, et le Québec veut se décentraliser, pour être autre chose qu\u2019un Montréal apoplectique.Le relèvement des chantiers se fait par les humbles; qu\u2019on les appuie, qu\u2019on les aide, qu\u2019on les favorise d\u2019heureux contrats, pour le moins autant que les étrangers.Puis que la politique voie large, que la grande industrie soit mieux qu\u2019un écumage de nos ressources, et Québec connaîtra une belle histoire, digne d\u2019une nation qui entend vivre chez elle et bien vivre.Il y a de la beauté possible chez nous, si nous devenons adultes.\u2022 \u2014\u2014'\u2022 ' » HORIZON INTERNATIONAL CANADA, ISRAËL ET LE VATICAN EN MARS 1948, Relations publiait un article sur l\u2019opportunité de nouer des rapports diplomatiques entre le Saint-Siège et le Canada.C\u2019était un simple exposé de la situation.On donnait les raisons qui avaient poussé quarante États contemporains à établir leurs rapports avec le Saint-Siège sur une base officielle.La presse, en général, fut sympathique, parce que l\u2019article avait évité toute polémique.Plusieurs associations votèrent des résolutions favorables au projet, et les envoyèrent aux autorités.Quelques organisations protestantes agirent en sens contraire, mais sans donner de motifs.Du côté du gouvernement, le bruit courut qu\u2019il fallait d\u2019abord régler le cas de l\u2019Italie, tout comme si le Vatican était une administration italienne quelconque.Le cas de l\u2019Italie a été résolu depuis longtemps; on attend toujours pour le Vatican.Puis, on fit savoir que la démarche de Relations avait gêné le gouvernement.On annonça d\u2019un ton sec qu\u2019il eût mieux valu se taire et attendre.On s\u2019est tu, et l\u2019on attend.Depuis lors, deux États ont établi des rapports avec le Vatican: ce sont l\u2019Inde, dont la population est presque entièrement bouddhiste, et l\u2019Égypte, qui est à peu près totalement musulmane.Dans l\u2019intervalle, Israël vint au monde.Le 14 mai 1948, il proclama son indépendance et fut immédiatement reconnu par les États-Unis et quelques autres.L\u2019importance du nouvel État ne consiste pas dans les deux lambeaux de terre qui constituent le territoire où flotte le drapeau juif.D\u2019innombrables orateurs, journalistes et hommes d\u2019Êtat rendirent hommage aux valeurs spirituelles mondiales qui avaient leur siège en Israël.Le premier président d\u2019Eretz Israël renonça à la citoyenneté américaine pour devenir souverain du nouvel État, \u2014 un peu comme le Pape cesse d\u2019appartenir à un seul pays quand il monte sur le trône de saint Pierre.C\u2019est pourquoi le parallèle entre le Vatican et Israël est légitime, même si le président d\u2019Israël n\u2019est pas suprême rabbin.Le Pape est chef de l\u2019Église catholique, et souverain d\u2019un État indépendant, minuscule en territoire, considérable en influence.Le président d\u2019Israël est souverain d\u2019un État indépendant, minuscule en territoire, considérable en influence.Comme chef de l\u2019Église catholique, le Pape est représenté, partout où l\u2019Église catholique est organisée, par un évêque qui porte le nom de délégué apostolique.L\u2019activité de celui-ci, d\u2019ordre ecclésiastique et religieux, n\u2019intéresse pas directement les gouvernements.Il est accrédité auprès de la hiérarchie et des fidèles du pays où il représente le Souverain Pontife.Il y a depuis longtemps un délégué apostolique au Canada.La plupart des États modernes ont également jugé opportun d\u2019entrer en rapports avec le Pape du fait qu\u2019il est un souverain temporel.Jusqu\u2019en 1870, la situation était claire.Le Pape avait un territoire considérable; il commandait une petite armée qui livrait parfois des batailles; il nouait des alliances avec d\u2019autres pays, etc.Ce n\u2019est pas le moment de rappeler comment les plus influents des États européens voulurent la destruction de cet État politique.On admettait que le Grand Turc, le roi d\u2019Angleterre et le tsar de Russie fussent à la fois chefs politiques et religieux.On refusa cela au Pape.On a été^puni en devant accorder les honneurs diplomatiques à un État politique qui est en même temps le centre antireligieux du monde.On n\u2019a pas fini de payer le prix de cette préférence accordée à l\u2019ennemi déclaré de Dieu.De 1870 à 1929, le Pape fut sans territoire.Il s\u2019enferma au Vatican, protesta contre l\u2019usurpation italienne, affirma sa souveraineté, continua à échanger des ambassades avec de nombreux États, et le prestige de la Papauté devint éblouissant.Ces États, en effet, tenaient au contact avec le Saint-Siège à cause de sa puissance morale à travers le monde, d\u2019autant plus grande et sublime qu\u2019elle était plus désintéressée, et que Napoléon avait déjà évaluée à cent divisions armées.Depuis 1929, la situation est encore plus claire et peut se résumer comme suit: 1° Le Pape est chef spirituel d\u2019environ 350 millions de catholiques.Cette activité n\u2019intéresse pas directement les gouvernements, surtout à l\u2019époque contemporaine où la distinction entre le spirituel et le temporel, entre l\u2019Eglise et l\u2019Etat est plus claire que jamais.2° Une telle responsabilité exige que le Pape soit indépendant de toute puissance temporelle.Faire du Pape un sujet italien serait une injustice envers tous les catholiques des autres pays.Il est donc nécessaire que le Pape soit visiblement souverain, qu\u2019il ait ou non un territoire sur lequel il règne.L\u2019importance de cette souveraineté vient de l\u2019influence matérielle exercée par le Pape dans le monde.3° Depuis 1929, il exerce sa souveraineté sur un territoire minuscule, mais que quarante-deux nations ont considéré comme suffisant pour être le siège d\u2019une souveraineté temporelle.54 RELATIONS La situation d\u2019Israël, par contre, pourrait se résumer comme suit: 1° Le gouvernement d\u2019Israël exerce sa souveraineté sur un territoire peu considérable et encore disputé par la force des armes.2° La puissance morale d\u2019Israël, incomparablement plus grande que les intérêts matériels de la seule Palestine, repose sur la solidarité spirituelle et raciale qui relie le nouvel Etat aux forces juives du monde.Il y a d\u2019autres différences.Le Vatican est le premier État du monde qui ait renoncé à tout établissement militaire et se soit obligé à régler tous ses problèmes par des accords pacifiques.A une époque où l\u2019on a tant besoin de paix, cette extraordinaire initiative méritait d\u2019être signalée.Israël préféra bâtir son droit sur la force des armes, la désobéissance à l\u2019Organisation des Nations Unies, le terrorisme et l\u2019assassinat du médiateur.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019Israël n\u2019est pas capable de tenir ses terroristes dans la discipline.Or, depuis la constitution d\u2019Israël, la presse du Canada a été inondée d\u2019éditoriaux et d\u2019articles dont le but évident était de faire pression sur l\u2019opinion publique, afin d\u2019obtenir du gouvernement la reconnaissance diplomatique d\u2019Israël.Ici, la question ne se pose pas de la même manière que pour le Vatican.Dans le cas de ce dernier, on demande toujours des raisons nouvelles pour lesquelles le Canada doit établir ces rapports, comme si les motifs de quarante-deux pays étaient inopérants et non avenus.Nous avons une liasse considérable de papiers sur les rapports à établir avec Israël: éditoriaux du Globe and Mail (10 juillet, 10 août), Ottawa Citizen (3 septembre), Toronto Daily Star (25 juin).Il y en eut d\u2019autres.On trouvera des citations dans le feuillet publié par le Zionist Information Office, 46, rue Elgin, Ottawa, sous le titre de A case for recognition.Or, dans toute cette documentation, on pose la question comme suit: Pourquoi le Canada ne reconnaît-il pas Israël ?La différence est considérable.La campagne de presse a été autrement tapageuse en faveur d\u2019Israël que du Vatican.Or, a-t-on entendu quelque important personnage du gouvernement déclarer que cette agitation \u2014 ici il y avait véritable agitation \u2014 le gênait et risquait de retarder la reconnaissance diplomatique d\u2019Israël ?Pas à notre connaissance! A-t-on observé de l\u2019irritation dans ces milieux protestants qui tremblaient d\u2019épouvante devant la possibilité d\u2019une discussion amicale avec le Saint-Siège?Pas davantage.Le 22 novembre 1948, le ministre des Affaires étrangères du Canada, l\u2019honorable L.B.Pearson, proposa aux Nations Unies de faire reconnaître Israël par l\u2019Assemblée générale; la démarche, dit-il, faciliterait l\u2019admission d\u2019Israël parmi les Nations Unies.Cette invitation sensationnelle, que l'honorable ministre ne fit assurément pas à titre seulement individuel, vint au moment où Israël traitait les Nations Unies avec une désinvolture qui était de l\u2019insolence.Le sang du comte Bernadotte criait encore quand le Conseil de Sécurité ordonna à Juifs et Arabes de quitter le Negeb pour le 19 novembre.Le président Chaim Weizmann répliqua: No force on earth can remove the Jews from the Negeb, short of carrying them bodily \u2014 and they are a heavy burden.Trois jours après ce 19 novembre, le ministre canadien capitula, non pas devant les troupes d\u2019Israël, ni devant les 168,367 Juifs du Canada (1.46% de la population globale, \u2014 recensement de 1941), ni devant les 15,688,259 Juifs du monde entier qu\u2019il y avait à la même époque (combien sont-ils aujourd\u2019hui?), mais devant cette autre force étrange et mystérieuse qui fit trembler Pilate.Nous formons les vœux les plus sincères pour le succès du nouvel État d\u2019Israël, tout en déplorant de toute notre âme certaines circonstances qui ont accompagné sa naissance.Il nous est pénible, comme catholiques, de voir le Saint-Siège mis à la remorque (et encore!) du nouvel État.FÉVRIER 1949 Il n\u2019y a d\u2019ailleurs aucune raison au monde pour que le Canada ne puisse cohabiter tout aussi paisiblement avec le Vatican qu\u2019avec Israël.La collaboration avec le Vatican pourrait être particulièrement fructueuse dans un quadruple domaine: la charité internationale; l\u2019effort pour établir un système juridique mondial; la lutte contre les dangers de guerre; la condamnation des agresseurs inhumains.Durant la guerre, le Canada ne collabora pas avec le Vatican.Les catholiques des États-Unis firent chaque année de considérables collectes d\u2019argent, plus tard de vivres et de vêtements; ils donnèrent au Pape de quoi secourir les détresses les plus pitoyables.Le gros des quêtes canadiennes s\u2019en alla longtemps en U.R.S.S., à la grande déception des populations laborieuses de ce pays.On aurait tant voulu que les dons canadiens fussent répartis plus équitablement! On paye cette maladresse, aujourd\u2019hui, en voyant comment l\u2019U.R.S.S.traita le Canada, avant, pendant et après l\u2019affaire d\u2019espionnage.Si l\u2019Italie se trouve aujourd\u2019hui parmi les démocraties occidentales, elle le doit à la charité du Souverain Pontife, charité à laquelle le Canada ne put ou ne voulut prendre part durant les années critiques.Au nom de quelle étroitesse d\u2019esprit persistera-t-on à boycotter une institution aussi bienfaisante que le Saint-Siège ?Pourrait-on dire qu\u2019au-jourd\u2019hui le gouvernement canadien mérite les remerciements que le Saint-Siège a adressés à la population généreuse de ce pays ?Plus que tout autre, le Pape a le droit de parler au nom des institutions juridiques, pour le respect des traités, pour la confiance mutuelle entre civilisés, pour le caractère sacré des engagements librement contractés, pour les garanties morales de la paix, parce que, dans un monde armé jusqu\u2019aux dents, il est le seul à baser tout son système diplomatique sur le droit.Il a, dans ce domaine, l\u2019expérience du premier explorateur, du magnifique pionnier.Il pourrait faire entendre une voix apaisante parmi les égoïstes en furie; il trouverait, à l\u2019O.N.U., des solutions autrement conciliantes que les vetos de M.Gromyko, de M.Molotov, ou de M.Vyshinsky.Une approbation du Pape pèse très lourd; quand il condamne, il marque le régime prévaricateur au fer rouge de la réprobation universelle.Quant à l\u2019action pontificale en faveur de la paix mondiale, elle n\u2019a plus besoin d\u2019être démontrée, parce qu\u2019elle fut trop éclatante au courant de la guerre qui vient de s\u2019achever.Les quarante-deux nations qui ont établi des rapports diplomatiques avec le Saint-Siège savent que le Pape est, plus que tout autre, celui qui travaille incessamment pour la paix.Tout récemment, l\u2019ancien ambassadeur de la République française auprès du Saint-Siège, M.Charles-Roux, fit paraître un livre émouvant à ce sujet: Huit ans au Vatican (1932-1940).On est émerveillé devant le travail extraordinairement compétent des chancelleries vaticanes.L\u2019unique question qui se pose est donc la suivante : le Saint-Siège va-t-il être le seul État du monde que le Canada persistera à bouder?N\u2019y a-t-il pas de collaboration possible entre le gouvernement canadien et la Cité du Vatican ?N\u2019y a-t-il pas de problèmes diplomatiques qui pourraient être résolus par une collaboration courtoise des deux parties ?Le simple désir de tracasser les catholiques canadiens est-il une raison suffisante pour persévérer dans cette attitude ?Poser la question dans ces termes, c\u2019est la résoudre.L\u2019établissement de rapports diplomatiques consisterait d\u2019abord dans le fait que le gouvernement canadien reconnaîtrait juridiquement l\u2019existence de la Cité Vaticane comme État souverain et indépendant.On voit difficilement quelles objections il y a à cela, puisque telle est la situation qui existe de fait; il est à peu près aussi difficile d\u2019ignorer l\u2019existence du Vatican que celle du Canada.Les deux puissances étant également 55 dévouées à la cause de la paix, on ne voit pas quel intérêt elles auraient à se regarder comme des chiens de faïence, et à ne pas se parler.Quant au mode idéal de représentation, ce serait évidemment que le Saint-Siège soit représenté à Ottawa par un nonce; le Canada, par un ministre plénipotentiaire au Vatican.S\u2019il est inopportun d\u2019avoir à Ottawa un nonce qui serait d\u2019office le doyen du corps diplomatique, on pourrait s\u2019entendre pour qu\u2019il n\u2019y ait qu\u2019un inter-nonce, comme cela s\u2019est fait, en diverses occasions, dans plusieurs pays.Le Saint-Siège n\u2019est pas chicanier; il ne bataillera pas, comme l\u2019U.R.S.S., sur des questions de procédure! Si, d\u2019autre part, le Canada juge inopportun d\u2019avoir un représentant diplomatique en permanence auprès du Saint-Siège, un diplomate canadien pourrait cumuler sa mission au Vatican avec d\u2019autres fonctions, et ferait le voyage quand il aurait des affaires à traiter.Telle est la solution adoptée par les États-Unis d\u2019Amérique.Il conviendrait cependant qu\u2019il y ait un secrétaire permanent à Rome.On dira: Pourquoi donner ce prestige au Vatican?Cette difficulté ne nous impressionne pas.Le Vatican est suffisam- LE CINÉMA ment entouré de puissances importantes pour ne pas avoir besoin du Canada.Cet argument ne fait pas honneur à ceux qui s\u2019en servent, car il fait songer au général portugais qui comptait sa cavalerie en « pieds de chevaux » pour se donner plus d\u2019importance.Le bon ordre du monde a besoin de la collaboration des bonnes volontés, et le Vatican tend la main au Canada.Cela pourrait suffire.Faudra-t-il, alors, établir des rapports diplomatiques avec les chefs d\u2019autres groupes religieux ?Si ces derniers exercent une véritable souveraineté, pourquoi pas?Le roi d\u2019Angleterre n\u2019est-il pas le Caput Ecclesiae Anglicanae ?Il ne s\u2019ensuit pas que tous les Canadiens le considèrent comme leur chef spirituel ?Il est difficile de ne pas voir dans le communisme un succédané de religion.Cela n\u2019empêcha pas le Canada d\u2019envoyer M.Wildgress à Moscou.Nous sommes enchantés de voir un diplomate canadien, à Tell-Aviv, représenter les intérêts canadiens auprès du gouvernement d\u2019Israël et du sionisme international.Pourquoi pas ?Pourquoi tant de méfiances quand on veut travailler pour la paix ?Mais pourquoi ignorer le Pape ?Joseph-H.Ledit, s.j.INGRID BERGMAN DANS - JOAN OF ARC » Luigi D'APOLLONIA, S.J.C\u2019EST UNE SPLENDEUR! Jeanne d\u2019Arc hérétique, relapse, apostate, idolâtre, brûlée vive, ses cendres jetées « par sacs en la rivière afin que jamais sorcherie ou mauvaiseté on n\u2019en pût faire ou proposer », vient de ressusciter par la magie de l\u2019écran et le prestige de l\u2019art pour « faire sorcherie » à des millions et des millions de spectateurs.Le mérite éblouissant de Joan of Arc est d\u2019être vrai.La pièce de Maxwell Anderson, une pièce dans une pièce, qui servit de point de départ, est disparue.Joan of Arc, que depuis la mi-novembre la faveur populaire applaudit au cinéma Victoria de Times Square, n\u2019est plus la Joan of Lorraine que créa Ingrid Bergman, il y a deux ans, à Y Alvin Theatre.La grandeur du film est d\u2019ordre historique.Il est vrai que les trente mois qui virent la chevauchée et les allégresses de 1429, l\u2019infâme procès et la passion de 1431 sont résumés dans deux heures et demie de film.Il fallait faire un choix, et un choix ne contente personne, encore moins ceux qui le font, mais ce choix est suprêmement intelligent, même si la coupure qui va du couronnement à Reims jusqu\u2019à la captivité à Compiègne nous surprend.La fidélité à l\u2019histoire est entière jusqu\u2019à la dernière réplique de Jeanne et jusqu\u2019au dernier cri au milieu des flammes: « Jhésus! Jhésus! » qui bouleverse l\u2019âme.La reconstitution du décor et de l\u2019époque est aussi un enchantement: crypte de Vaucouleurs, salle des fêtes de Chinon, siège d\u2019Orléans, couronnement à Reims, chapelle du tribunal, Place du Vieux Marché, costumes, armures, bottes, gorgerins, selles, habits d\u2019hommes, habits de femmes, tout est scrupuleusement authentique.Les grands historiens de Jeanne d\u2019Arc, Quicherat, Harmand, Andrew Lang, Paul Doncœur, s.J., y goûteraient, tout comme les enfants, une joie pleine.Ce respect de la vérité inclut, \u2014 et c\u2019est le point essentiel, \u2014 l\u2019acceptation du surnaturel.Ici nul avertissement comme au début du Chant de Bernadette : « Pour ceux qui croient en Dieu, nulle explication n\u2019est nécessaire; pour ceux qui ne croient pas en Dieu, nulle explication n\u2019est possible.» Pas un seul instant on ne doute de l\u2019élection de Jeanne, et que les voix ne soient celles de saint Michel, de sainte Catherine et de sainte Marguerite.Et pas un seul instant devant ses juges, évêques, prêtres, docteurs en droit canon et civil, on ne doute qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019un procès politique, « un beau procès contre Jeanne », comme a eu soin d\u2019avertir Cauchon.En face du matérialisme et du scepticisme et de la tendance à faire de Jeanne d\u2019Arc la patronne de tous les mouvements et néo-mouvements, protestantisme, démocratie, féminisme, voici la sainte, fidèle jusqu\u2019à la mort à la volonté de Dieu, désireuse uniquement de sauver son âme.La chose ne surprendra pas ici.Pour en mesurer toute la hardiesse, il faut se rappeler que ce film s\u2019adresse d\u2019abord à une population affamée de Dieu peut-être, mais où 60,000,000 de personnes ne suivent aucun culte et vont au cinéma comme au seul temple.Le film est-il parfait ?On voudrait une action mieux tissée et un mouvement mieux mesuré.Tel quel, il comporte comme deux pièces: la chevauchée et le procès de Jeanne d\u2019Arc.Le film de la chevauchée, qui est tout action, atteint son sommet avec la délivrance d\u2019Orléans pour devenir après le couronnement à Reims (José Ferrer pour son coup d\u2019essai au cinéma fait un merveilleux Charles VII) et le truchement d\u2019une prière de Jeanne qui résume les péripéties omises, un film tout intérieur où le drame se confond avec le mystère de la sainteté.Ce deuxième film, absolument nécessaire, sans quoi le premier serait faux et dangereux, est toutefois moins cinématique; pour un auditoire qui a le goût et le respect du sacré, il est, sans conteste, le plus poignant.Le personnage de Mgr Pierre Cauchon est magnifiquement joué par Francis L.Sullivan, un acteur anglais; son art dépouillé de tout cri et de tout éclat accuse la bassesse du « féal conseiller », tandis qu\u2019Ingrid Bergman, alors même qu\u2019on la voudrait plus défaite physiquement pour que resplendisse davantage encore la grâce surnaturelle, présente une image lumineuse de la sainte guerrière.Il y a quelque vingt-cinq ans, Hollywood tournait une Jeanne d\u2019Arc que tout le monde a oubliée.Qui verra la Jeanne d\u2019Arc d\u2019Ingrid Bergman n\u2019oubliera jamais ni Jeanne ni sa sœur fidèle.La petite fille de treize ans, jouant Jeanne d\u2019Arc devant son miroir, rêvant armures, oriflammes, galops de coursier, entrées triomphales, vient de réaliser ses songes dans un des films les plus ambitieux et les plus étonnants de l\u2019histoire du cinéma.56 RELATIONS LIVRES RÉCENTS ACTION CATHOLIQUE Raymond DUNN, S.J.: La paroisse moderne et l\u2019Action catholique.\u2014 Editions de la Centrale indépendante catholique, Montréal, 1948.144 pp.T\u2019A.MET EN RELIEF un aspect dont l\u2019A.C.doit particulière-ment tenir compte au Canada français: le rôle primordial de la paroisse dans l\u2019apostolat laïc moderne.Notre organisation paroissiale fut la grande force dans l\u2019établissement et le maintien de l\u2019Eglise catholique au pays.Tout en s\u2019adaptant aux transformations profondes de notre époque, la paroisse demeure un groupement homogène et caractérisé, particulièrement à la campagne.L\u2019A.C., soucieuse d\u2019adaptation au milieu, doit tenir compte du milieu paroissial.Si l\u2019A.n\u2019avait pas présenté son volume comme un « manuel » qui exige concision et claire ordonnance, le lecteur aurait souhaité des développements plus élaborés à certaines idées.Ce manuel nous fait désirer un volume où l\u2019A.pourra exposer un jour, avec plus de latitude, toute sa pensée personnelle et les résultats de ses longues expériences à la direction de l\u2019A.C.spécialisée.Maison Bellarmin.LITTERATURE Roger Lemelin: Les Plouffe.470 pp.Philippe Bélanger.Éditions Bélisle, Québec, 1948.TDENÉ GARNEAU a trouvé le mot juste quand il a dit que cette œuvre de Lemelin était un roman à réaction en chaîne.Toute attitude nouvelle chez un personnage provoque un mouvement sur un autre, jusqu\u2019à ce que, de proche en proche et chacun à sa manière, la famille entière des Plouffe ait brisé le cadre intérieur de sa vie traditionnelle.L\u2019A.manifeste un réel talent de romancier: le sens de la vie cernée d\u2019un dessin aigu; de simples actions quotidiennes prennent tout à coup un prolongement inattendu et le récit rebondit.Ces qualités, appliquées à l\u2019analyse du milieu faubourien, faisaient déjà le mérite de son premier roman.Les Plouffe n\u2019ajoutent rien sinon quelques centaines de pages de mauvaise écriture.Les normes ordinaires de la critique jouent difficilement ici: Lemelin est un jeune qui apprend son métier.Mais cette fois il semble choisir le succès facile, la réussite commerciale au mépris des lecteurs et de ses personnages: l\u2019écueil habituel.Ce livre est un faux pas.Une attitude plus humble et plus sincère devant la vie est primordiale chez un romancier.La vérité de ses créations, la profondeur et le renouvellement en dépendent.Je ne chicanerai pas l\u2019A.sur le sujet choisi.Les travers qu\u2019il signale existent sans doute, ici ou là.Mais entre une qualité et un défaut il n\u2019y a qu\u2019une différence de degré et à Québec comme ailleurs il n\u2019existe pas de gens qui ne sont que ce qu\u2019il les fait.Le grossissement caricatural joint au mauvais style, aux fausses proportions de certains plans, certains problèmes abordés et qui le dépassent, nous assurent que tant que le « placotage » ne sera pas un genre littéraire ce roman ne fera pas le tour du monde.Au fond, l\u2019A.semble souffrir des mêmes complexes que ses personnages; peut-être écrit-il pour s\u2019en délivrer.Collège Sainte-Marie VÉRINE : Chercheurs de Dieu, pp., 19 cm.Ernest Gagnon.Éditions Spes, Paris, s.d.351 VÉRINE a lancé les Hardange dans la vie.Il faut maintenant qu\u2019elle les suive jusqu\u2019au bout de l\u2019aventure.Ses lecteurs lui en voudraient de les laisser tomber avant que Patrick et Elisabeth n\u2019aient touché le sommet de leur émouvante destinée.Les chercheurs de Dieu, ce sont ceux qui dans le désarroi de la guerre, du maquis et de la libération sentent l\u2019impérieux besoin de reprendre contact avec les forces spirituelles qui seules donnent un sens à la vie.L\u2019auteur a vraiment bien analysé la crise de la foi qui travaille l\u2019âme de ses personnages même les plus éloignés du catholicisme.Et cette insistance sur la nécessité de sortir de soi-même, de son égoïsme pour retrouver Dieu nous paraît fort justifiée.Dans cette atmosphère de guerre d\u2019imprévus, Patrick et Elisabeth Hardange, entourés de la grande famille des figurants qui nous sont familiers, continuent le grand jeu de la vie et de l\u2019amour.Cette fois, c\u2019est leur fidélité conjugale qui est mise à l\u2019épreuve mais ils en sortent victorieux et grandis.La nature du sujet laisse tout de suite entrevoir que le volume n\u2019est pas pour les jeunes.Vérine y traite des problèmes d\u2019adultes et son étude du cœur humain nous en révèle les réactions les plus subtiles.Avec elle nous sommes loin, très loin, du roman d\u2019amour à dix sous! L\u2019horizon de Vérine ne se limite pas aux drames familiaux.Avec lucidité elle nous décrit la difficulté qu\u2019éprouve la bourgeoisie, malgré les terribles secousses de la guerre, à prendre conscience des problèmes sociaux de notre temps.La tragique actualité de ce mal ajoute à l\u2019intérêt du volume et au mérite de l\u2019auteur.Remercions encore une fois Vérine de nous instruire sans nous ennuyer.Ce n\u2019est pas si fréquent.« L\u2019Entr\u2019aide », Montréal.Stéphane Valiquette.Claudia de Lys: Superstitions populaires.\u2014 Éditions Serge Brousseau, 1946.200 pp., 19 cm.LA VÉRITÉ avant tout! » telle est la devise de l\u2019A.Mais cette ' vérité, la compétence nous manque pour la déceler à coup sûr dans ce jardin mystérieux de plus de cent cinquante superstitions, florissant sous tous les cieux, aux couleurs les plus disparates, aux tons vifs, éclatants ou funèbres.Félicitons d\u2019abord l\u2019A.de ce but si humanitaire: bannir la crainte de l\u2019esprit de l\u2019homme pour le libérer de préjugés déprimants.« Un livre captivant! Un livre instructif! Un livre de chevet! », lisons-nous sur la couverture du volume, et l\u2019éditeur ment à peine! Il nous plaît de retrouver dans la vie de différents peuples, depuis leur origine jusqu\u2019à nos jours, ces mêmes légendes que nous écoutions, enfants, avec de grands yeux ravis.Pourquoi faut-il que notre critique appelle quelques réserves ?Il serait malheureux que des lecteurs moins avertis prennent pour argent comptant certains principes un peu trop absolus (sur le sens commun, le symbolisme), certaines erreurs de fait (telle cette affirmation que l\u2019Église ne permet les mariages entre cousins qu\u2019après le quatrième degré, alors que le Droit canonique parle explicitement du troisième), ou encore certaines idées souvent émises sans les nuances désirables.Nous ne connaissons pas les croyances de l\u2019A., mais, comme catholique, nous demandons qu\u2019on propose consciencieusement le point de vue de l\u2019Église, parce qu\u2019il est vérité.Inclure dans une ribambelle de superstitions les origines du mariage, les chauves-souris, les serpents, le signe de la croix et le bas de laine autour de la gorge, simplement à la queue leu leu, dans un nivellement parfait aux regards du lecteur., halte-là! Faisons bien claire la part des choses.Non, tout n\u2019est pas superstitions dans le mariage, et nous revendiquons pour lui des origines divines.Nous n\u2019aimons guère non plus que, même chez les chrétiens d\u2019autrefois, le signe de la croix apparaisse uniquement comme une protection qui « brisait l\u2019enchantement, exorcisait le démon et protégeait le croyant contre les sorcières, les démons et toutes les sortes de mauvais esprits ».L\u2019orthographé est aussi fort malmenée dans ce volume.V Immaculée-Conception.Maurice Côté.FEVRIER 1949 57 resté du nui le plus 1.*?PUBLIE AVEC L\u2019AUTORISATION DE L HONORABLE M'LTON F G R F G G V.C., MINISTRE DES AFFAIRES DES ANCIENS COMBATTANTS y\" COMMERCE canadien e des traitements T,aire* homme* et fe^^'hôpH.ux ENVIRON 5,000 ex-m-h^ ^ u guerre, \u2019°'JU luberculose ou^ h(-,pila,ex quatre ®\t^nv,h*cence du\u2019 3 000 autre* *on\tmie not.onale ^nr^e* reapiratotre*.^ennen, leur place maladie «-sa après leur guérison, du temps de paix.paix.\tA\t* pour certains qui -Rances qu\u2019^ r« ^^JSsrsX moi.- * T i 'me du placement se P» percher un P le\ts\u2019il, arment P» ^ gucrre.\tdésavantagé» « ''°\u201d r\tne 8e_ ^ désavantagé» - - immédiatement .»¦\t,a tubercnloae ne *er eompr^htr,\" * *- ma\u2019ai'e' VOICI LES FAITS\tune crainte XI est important d,'\u201dj'tuberculo9e, mats il maUtuausevis-à-msdela^t « \\\u2019y a vraiment pas 1m\tn ne present, combattant qui en\temploye», c®r P aucun danger Pom '«\t, 8ubi aa malad.e «est suite du traitement q plus contagieuse.\t^ après son Tj.réalité l\u2019ancien ^^probablement tenement curatd àjhoptm^ u contagiom SSSÎbembauebé par contre, '\u2019aod«\t\u201croandé .^\t^ S\u2014\u2019 battants que si sa maladie ^ ^ où une Et ce n\u2019est pas tout \"\"\t* tubercule!» ert -* - -aut:t ee-\"'Mac« d^\"ib- oHu moindrt tagieuse, û*st présentent donc aucu ex-tuberculeux ne P l la santé du public.a la \u2014 POINT l»FORTANT\tUs anciens X, est important de ambauche, dans des ^rcnlenr lorsqu'on ^ précauùon dimmue rSÏ/o» 'énts absence.^ p.ce lents tecn\tin.d>oeuvte reste\tVop;\u201e,on \u201cT\u2019ies concerne.\tdéiendu.ai» \u2022lu .ies genres de P\tnombreux.générale, leS J* tuberculeux sont peu n vétérans anciens tu\tministère des aider à ce sujet, le\tdan3 Pour vous amer « attants maintient, ^ .des anciens combatte prfposés au pnvs un personnel\tfonction- tout le P y \u2019 civd des blessés.\tdernières rétablissemen\tfournir les\t.que naires peuve.placement apPr°Prj \u2019 paCités méthodes sur le\tpla\t,s\tsur le.cap de* «osei^'\u201c^ens combattant, en et aptitudes des HISTOIRE L.Garnier, eudiste: Du cométique à l'avion.\u2014¦ A VAction catholique, Québec, ou chez l\u2019auteur, à Baie-Comeau.Richement illustré.300 pp., 19 cm.LIVRE DE « PRIX », en tous sens.Plus que l\u2019héroïque histoire 4 des missions de la Côte Nord, c\u2019est l\u2019histoire sociale, l\u2019éveil de la Côte primitive, la courageuse morsure des pêcheurs made-linots sur une terrible grève de sept cents milles, avec les tragédies que cela comporte: noyades, naufrages, mort en mer ou en forêt.Le tout plus qu\u2019intéressant: instructif et prenant, raconté à vive allure par un témoin, un missionnaire qui a tout vu, tout vécu, tout couru avant les routes et les quais, en chaloupe et en cométique (traîneau à chiens).L\u2019émotion vous gagne au récit des efforts et des drames de nos pêcheurs et trappeurs; la fierté naît à la vue des routes, des colonies, écoles, hôpitaux, villes et havres, où la misère sauvage était reine en 1900.Même la gloire humaine revient aux Eudistes d\u2019avoir si bien plaidé, secondé, réussi le progrès dans une région que Mgr Labrie veut blanche, au niveau des autres.L\u2019histoire se lit comme un roman; la lettre de Monseigneur sur la Forêt, comme un hymne à Dieu, un traité d\u2019affaires et un plaidoyer pour l\u2019homme.La Côte Nord n\u2019est plus la Côte Nord; elle vit, elle fera son chemin en bateau, en auto, en avion, en affaires.Ses forêts, mines et chutes sont manifestées à l\u2019intelli-gences des chefs.Les côtiers, hier isolés, reçoivent déjà le tourisme et les minerais de l\u2019Ungava devront y fondre sur place, aux millions de chevaux-vapeur des chutes.Alexandre Dugré.Gustave LANCTÔT: Bref historique de Saint-Jean du Richelieu.\u2014 Ducharme, Montréal, 1947.24 pp., 23 cm.TDLAQUETTE où l\u2019on trouve le texte d\u2019une conférence pronon-* cée à la session de la Société canadienne d\u2019Histoire de l\u2019Eglise, tenue à Saint-Jean en octobre 1946; en appendice, le discours d\u2019adieu du président sortant de charge.L\u2019abondance et la précision des détails témoignent d\u2019un travail consciencieux, bien qu\u2019on ait supprimé l\u2019appareil méthodologique pour éviter la surcharge.L\u2019A.condense en ces quelques pages les antécédents militaires, puis la colonisation et le développement de ce poste de transit, qui devient bientôt le centre civil et religieux de la région et, finalement, une importante ville industrielle.On souhaiterait à beaucoup d\u2019autres de nos villes de trouver comme Saint-Jean un chercheur qui dépouille leur passé et leur en découvre l\u2019intérêt humain et stimulant.Lucien Campeau.L'Immaculie-Conception.BIBLIOGRAPHIE Jean Peyrade: Guy de Larigaudie ou l'aventure intérieure.\u2014 Casterman, 1948.176 pp., 19 cm.AVENTURE INTÉRIEURE qui se greffe sur de multiples \u2022 aventures extérieures.Guéri de la tuberculose, Guy de Larigaudie commence une extraordinaire existence: il étudie le droit, fait du ski, du journalisme, de la danse, de l\u2019équitation, de la marche au grand air, loin des villes « où l\u2019on est comme une pauvre épave ballottée dans un bassin public ».Mais tout cela n\u2019est que jeu d\u2019enfant.Il devient grand voyageur.En automobile, il ouvre des routes nouvelles à travers les bouches du Gange et la plaine de Birmanie; il visite l\u2019Australie, les Iles du Sud, les États-Unis, le Canada et ne revient jamais dans son Périgord que pour s\u2019en évader le plus tôt possible.Il projette un tour du monde en avion et songe à s\u2019en aller soigner les lépreux quelque part.Mais c\u2019est la guerre, et il tombe aux premiers jours de l\u2019offensive de 1940.Gentilhomme d\u2019une parfaite courtoisie, d\u2019un goût raffiné et d\u2019une impeccable distinction, intrépide, courageux, il promène sur tous les continents sa bonne figure ouverte, rayonnante de joie, de franchise, son sourire audacieux et fin, son âme limpide, cette allégresse d\u2019âme et de corps qui fait de lui un merveilleux type d\u2019athlète chrétien, un parfait témoin du Christ, un scout de belle race promu à la légende.\\ Mais l\u2019âme vaut mieux que toutes ces performances et ces dons surnaturels: « Une âme sans plis, toute pleine de foi et que rien ne distrait de Dieu.Contemplatif qui cherche Dieu et le trouve, homme plein de sève, chrétien de pleine grâce, FÉVRIER 1949 Exécuteur testamentaire\tFiduciaire Conseil d'administration JOSEPH SIMARD, O.1.K., D.Sc.C.Président ALBERT HUDON, D.Sc.C.Vice-président Han.J.-A.BRILLANT, C.B.E., C.L.Vies-président \u2022 Ho».ÉDOUARD ASSfiUN, C.R., C.L.Ho».ARMAND DAIGLE, sénateur Hon.CHARLES DELA GRAVE, N.P., C.L.I.\t-ÉMILE FORTIER, M.D.Hon.WILFRID GAGNON, C.B.E.Col.Hon.RAOUL GROTHÉ, C.L.J.\t-ÉDOUARD LABELLE, O.B.E., C.R.Ho».LUCIEN MORAUD, C.R., sénateur EUGÈNE POIRIER.N.P., LL.D.Direction i I.-HÉBERT CHRÉTIEN, B.A., LL.L.Directeur général Jacques ST-AUBIN\tHenri de CAZES Jacques GEOFFBION Chef des services\tGérant à Québec\tSecrétaire Siège social:\tSuccursale: 10 ouest, rue St-Jacques\t113, rue St-Pierre MONTRÉAL - 1\tQUÉBEC \t\t \tJfa Cie de cUatl+n L.-H.OUIMET Une entreprise lavai-\tL.-H.OUIMET Hole au service du\tISAM OUIMET public depuis plus\tABMJUfD OUIMET de 33 ans.\tRAIMOND OUIMET prop.VOTRE ENCOURAGEMENT EST NOTRE SUCCÈS BIEN VOUS SERVIR EST NOTRE DEVISE B 237, rue VAN-HORNE CA.1115\t \t\t 59 ïa ièaubegarbe Assurances en vigueur: CENT MILLIONS Actif : QUINZE MILLIONS Versé aux assurés et bénéficiaires : SEIZE MILLIONS c4ââuxanceâ âut la vie âouâ touteà leâ /otmeâ c4ckète BIEN MAGASIN A RAYONS : 865 est, rue Sainte-Catherine qui aa MONTRÉAL Comptoir postal : 780, rue Brewster Suce, magasin pour hommes Hôtel Windsor kfftB chrétien totalement homme et homme pleinement chrétien.Prestigieux vivant qui quête Dieu le long des routes de l\u2019univers de toute la force de sa jeunesse bouillonnante.» On aimerait tout de même découvrir chez ce fortuné qui peut se permettre pareilles odyssées des préoccupations sociales ou d\u2019apostolat naturelles à une époque de détresses et de misères.Pourquoi tous ces voyages et cette instabilité ?Cette « possession du monde » est-elle toujours, quoi qu\u2019en dise l\u2019A., à l\u2019abri de tout dilettantisme ?Quelle a été au juste la couleur de son scoutisme?Puisque les jeunes l\u2019adoraient, pourquoi ne pas avoir travaillé près d\u2019eux en profondeur?De Larigaudie meurt avant d\u2019avoir pu se fixer.Il eût été intéressant de voir où se serait arrêtée cette « étoile au grand large ».Beau livre en tout cas, où les jeunes gens apprendront à regarder haut, à aimer la propreté morale, à être fiers de la grâce qui est en eux et qui ne s\u2019oppose pas à un développement physique parfait.Ils comprendront le mot de Pascal: « Nul n\u2019est heureux comme le vrai chrétien, ni raisonnable, ni vertueux, ni aimable.» Gérard Goulet.L\u2019Immaculêe-Conception.VIE Alfred H.TyRER: D\u2019où venons-nous, chère Maman?\u2014 Montréal, les Editions de la Houle, 1948.91 pp., 20 cm.PETIT MANUEL d\u2019éducation sexuelle, court, précis et clair, rendra grand service aux jeunes parents, auxquels il est destiné.Il leur permettra d\u2019accomplir avec une plus grande facilité le devoir naturel qui leur incombe \u2014 si souvent négligé \u2014 d\u2019initier leurs jeunes enfants aux choses de la vie sexuelle.Le ton de l\u2019ouvrage est parfait.Ni scientifique ni bégueule, il est simple, digne et humain.De sorte que les parents n\u2019ont qu\u2019à redonner la même substance, selon les circonstances de temps, d\u2019âge et de développement qui y sont indiquées, usant toujours de leur jugement et de leur tact, pour accomplir leur devoir chrétien sur ce point.L\u2019ouvrage se complète d\u2019illustrations et d\u2019un vocabulaire qui mettra les parents à l\u2019aise pour parler de ces choses en leur fournissant les mots précis et décents.Quant aux conseils moraux qui doivent nécessairement accompagner l\u2019initiation sexuelle, l\u2019auteur en abandonne l\u2019initiative au sens moral et religieux des parents, comme il se devait dans un ouvrage qui s\u2019adresse à tous les jeunes pères et mères.Jacques Tremblay.VOYAGES Jacques HÉBERT: Autour des trois Amériques.\u2014 Beauche-min, 1948.254 pp., 25 cm.QUATRE étudiants partaient de Montréal en automobile pour le tour des Amériques! Quatorze mois d\u2019aventures variées à travers vingt-deux pays par les routes les plus invraisemblables.Après une rapide traversée des États-Unis, ils arrivent au pays de leur rêve: le Mexique.Pays de vie intense, de lumière et de joie.Premier contact avec nos frères latins qui les enthousiasme.Dans un style aisé, concis et vivant (non sans une pointe de poésie), l\u2019A.raconte, décrit, revit ces impressions nouvelles; L\u2019Amérique centrale visitée, voici la périlleuse escalade des Andes.Ils passent de l\u2019hiver des cimes au printemps des vallées, puis c\u2019est l\u2019été tropical des plaines de sable.Ajoutez les démêlés interminables aux frontières de chaque pays, les troubles avec la pauvre « bagnole », les serpents, la fièvre, les Sauvages, la pluie, la grêle.Ce journal, cependant, transmet une valeur plus profonde: l\u2019expérience vécue d\u2019un contact direct avec plus de vingt-deux nationalités.Forcés par les nécessités du voyage, nos quatre étudiants ont dû recourir constamment à des gens de tous les métiers: douaniers, marchands, habitants, officiels de toutes classes.Ils ont ainsi connu dans le concret chaque pays et ses classes sociales, depuis le gamin de la rue jusqu\u2019au chef d\u2019État.L\u2019A.juge avec rondeur; on aimerait parfois un ton moins désinvolte (en particulier au sujet de la Bolivie).Le professeur de géographie utilisera avec profit ce carnet de route.Aucun commentaire, aucun film ne donnera aux élèves un contact plus vivant avec nos frères latins du Sud.René Barbin.Sault-au-Récollet.60 RELATIONS LES RELIURES Relation A V i.Expédiez-nous en bon état votre année complète de Helalionà.Notre reliure similicuir rouge avec titres or coûte $1.75 (plus les frais postaux $0.25).Collections complètes de (Relation* \u2022 Elles sont rares 1941 et 1942 sont épuisées $3.50 pour l'année 1943 $3.50 pour l'année 1944 $3.50 pour l'année 1945 $3.50 pour l'année 1946 $3.50 pour l'année 1947 $3.50 pour l'année 1948 AJOUTER $1.75 PAR VOLUME, SI ON DÉSIRE LA COLLECTION RELIÉE TRANQUILLE LIBRAIRIE 67 ouest, rue Sainte-Catherine Montréal BE.6571 Heures d\u2019affaires: 9 à 9 ™ ACHAT - VENTE - ÉCHANGE TRANQUILLE 3)anà notre prochain numéro QUAND LES NATIONS UNIES S\u2019OCCUPENT DE DIEU I.Richard ARÈS T TÉL.FALKIRK 1116 ÉCHANGE PRIVÉ Cljartionneau 4|\tlUmttée Fabricants de BISCUITS CONFISERIES et PATES ALIMENTAIRES 1800, RUE NICOLET MONTRÉAL Nous servons à Montréal plus de 25,OCX) familles, nous serions heureux de vous servir, vous aussi.LIMITCK OuÀgry LE LAIT EST UN ALIMENT COMPLET Vous obtiendrez Qualité \u2022 Style \u2022 Confort dans les marques les plus réputées à nos trois magasins Pour dames ¦ Pour messieurs CHAUSSURES SLATER Pour enfants CHAUSSURES MCFARLANE AJUSTEMENT PARFAIT Spécialité : Aux pieds sensibles BOTTIERS FASHIONABLES 1500 est, rue Mont-Royal, coin Fabre 6914, rue Saint-Hubert, près Bélanger 4029 est, rue Ontario 111 Les Fabricants FASHION-CRAFT LIMITEE Conseil dd d.minis txntion : J.-Louis LÉVESQUE\tPrésident ___\t, _\tVice-président exécutif Gérard FAVUEAU\tet\tginiia, Lionel LACROIX 1 Directeurs généreux W.S.McCUTCHEON j adjoints Emé.Lacroix I.-A.Boivin, N.P.J*eâ vêtements 3ashion-Cia.lt Sont l\u2019apanage d\u2019une mise élégante.Représentés au Canada par au delà de 500 magasins d\u2019Halifax a Vancouver.21f250 actions, Classe \u201cA\" (sans valeur nominale) LIBRAIRIE BEAUCHEMIN LIMITÉE (Compagnie constituée en corporation en vertu des lois du Canada) PRIX î $20.00 par action Ces actions classe « À » sont entièrement libérées et non cotisables; comportent des dividendes cumulatifs au taux fixe de $1.00 par action, par an, payables trimestriellement (1er janvier, avril, juillet et octobre), et ce, lorsque déclarés par le conseil d'administration.Nous offrons ces actions sujettes à ventes préalables ainsi qu'à changement de prix et subordonnément à l'approbation des formalités par nos aviseurs legaux, Mes Sylvestre, Lacroix et Pelletier.Le produit de la vente de ces actions, lesquelles ne proviennent pas du trésor, ne sera pas versé à la compagnie.210 ouest, rue Notre-Dame, Montréal.Tel.: LA.9241 65, rue Sainte-Anne, Québec.Tél.: 2-1852 \u201c ^dations \u201d von* plait, passez-le m vos amis U IMMIIMCRII »U MK.a A.n.mwr»lAt "]
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