Relations, 1 mai 1951, Mai
[" VIRGINITE ET MARIAGE -Paul VANIER - UN CONTROLE DES HOROSCOPE DE 1971 .Alexandre DUGRÉ AU SECOURS DES SANS-FOYER.Émile GERVAIS LES ÉCOLES DE PROTECTION DE LA JEUNESSE - Frère JACQUES - DIX ANS DE SERVICE SOCIAL A L\u2019ÉCOLE -Stéphane VALIQUETTE- PRIX?FAUT-IL Émile BOUVIER SOMMAIRE MAI 1951 Éditoriaux.113 O BONNE ENTENTE! \u2014 BASE DE DISCUSSION SUR LE PLAN INTERNATIONAL.\u2014 L\u2019ENQUÊTE SUR LA MORALITÉ aux États-Unis.Articles LA LOI RELATIVE AUX ÉCOLES DE PROTECTION DE LA JEUNESSE Frère Jacques 115 VIRGINITÉ ET MARIAGE.Paul Vanier 119 FAUT-IL UN CONTRÔLE DES PRIX ?.Émile Bouvier 123 Commentaires.126 Le mouvement « Pax Christi ».\u2014 Poésie à l\u2019école ménagère.\u2014 La colonisation à Rimouski.\u2014 Les Néo-Canadiens.\u2014 Le bombardement de Cassino.Au fil du mois.128 Le Pape et la psychothérapie.\u2014 « Bonne fête, maman ».\u2014 Congrès du Conseil canadien de la Presse catholique.\u2014 Thémis.\u2014 La libération de René Rocque.« Relations : Si nous avons au frontispice épelé ce nom sans article, épithète ou déterminatif, c'est désir de mieux exprimer l\u2019ampleur de notre dessein : contribuer à l\u2019équilibre de justice et de charité entre les divers éléments de la société, tant familiale et économique que politique et internationale.« Analyser les courants et les contre-courants de l\u2019opinion mondiale, en autant qu'ils intéressent le Canada et le Canada français, poser les problèmes que comportent les relations des hommes, et les résoudre en s'inspirant de la doctrine authentique de l\u2019Eglise et de l\u2019esprit chrétien, orienter dans un sens catholique et donc humain l\u2019action sociale de ses amis pour que la « paix, cette œuvre de justice)) (devise de Pie XII) nous soit donnée, voilà le service que voudrait rendre Relations.» (Relations, n° 1, janvier 1941.) Articles AU SECOURS DES SANS-FOYER .Émile Gervais 129 HOROSCOPE DE 1971.Alexandre Dugré\t130 DIX ANS DE SERVICE SOCIAL À L\u2019ÉCOLE.Stéphane Valiquette 133 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph-H.Ledit 135 Les livres .138 Le Triomphe de la miséricorde.Paul Fortin Une martyre de la pureté : sainte Maria Goretti.Jean Lippé Reportage sur la vie de Jehanne d\u2019Arc.Philippe Laurendeau Qu\u2019est-ce que la missiologie?.Jean-Paul Dallaire Le Système scolaire de la province de Québec.Paul Desjardins La Vie franco-américaine.Alexandre Dugré Commentaire sur Desportes .Marie-Joseph d\u2019Anjou Théâtre Canada.Pierre Angers Annuario estatistico do Brasil, 1949.Joseph-H.Ledit RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Albert Plante Rédacteurs :\tJoseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Tremblay, Richard Arès, Paul-Émile Beaudoin, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Marie-Joseph d\u2019ANjou Administrateur : Eugène Poirier Prix de l\u2019abonnement :\tA l\u2019étranger : $3.00 $2.50 par année\tPour les étudiants : $2.00 \u2022 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-14, CANADA Tel.: VEndôme 2541 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa XIe année, N° 125\tMontréal\tMai 1951 É D I T O O bonne entente ! ON ÉLÈVE UNE STATUE à la Mère Cabrini sur un des grands boulevards de la Nouvelle-Orléans.Des révérends ministres voient la statue, ô horreur! Ils se groupent pour protester au nom du principe sacro-saint de la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, ils portent même l\u2019affaire devant le tribunal du juge Louis H.Yarrut, un juif, franc-maçon du trente-deuxième degré par surcroît, qui les déboute de leur demande.Il n\u2019y a pas eu violation du premier amendement de la constitution américaine.De tout temps les hommes ont élevé des statues à leurs héros.Ce n\u2019est pas la religieuse que cette statue honore, mais la mère des orphelins et des pestiférés de 1897 et de 1905.Les protestataires en avaient aussi contre le costume religieux de la sainte.A quoi le juge répondit par ces simples mots qui valent un panégyrique: « En tout autre costume elle serait une étrangère.» Ce fait nous rappelle qu\u2019à l\u2019occasion du troisième centenaire du martyre de Jean de Brébeuf et de ses compagnons, notre ministère des Postes crut imprudent d\u2019émettre un timbre-poste pour honorer ces héros, ces fondateurs du Canada.Qu\u2019eussent dit les historiens Parkman et Bancroft?Depuis, pour faire plaisir à tous les Canadiens, notre ministère des Postes a jugé qu\u2019il pouvait émettre un timbre figurant un Indien et un raquetteur devant un wigwam.O bonne entente! Ce n\u2019est pas tout.Le British Foreign Office accréditait récemment M.Walter St.Clair Howland Roberts, autrefois ministre en Roumanie, ministre auprès du Vatican, en remplacement de feu sir Victor Perowne.S.Exc.M.Roberts n\u2019est pas catholique; le pays qu\u2019il représente n\u2019est pas un pays catholique; l\u2019Angleterre proprement dite ne compte que 2,648,900 catholiques sur une population de 43,534,000 habitants; c\u2019est un pays officiellement anglican.La population du Canada, par contre, comprend 43% de catholiques, et sa constitution ne reconnaît pas de religion officielle.Qu\u2019importent ces considérations sur le nombre de catholiques, sur le régime d\u2019union ou de séparation de l\u2019Église et de l\u2019État.Et qu\u2019importe ici qu\u2019un pays soit RIAUX anglican, luthérien, musulman, bouddhiste.Il s\u2019agit de la reconnaissance d\u2019un État souverain, le Vatican, des intérêts et du prestige accru du Canada.M.Saint-Laurent vient, devant une délégation de la C.T.C.C.(11 avril 1951), de se prononcer de nouveau en faveur d\u2019une mission officielle auprès du Vatican.Mais des Canadiens, croit-il, ne sont pas encore assez mûrs pour l\u2019accepter.« Il y a encore un grand nombre de gens de bonne foi qui ne se sont pas encore rendu compte que ces choses pourraient se faire sans leur causer une injustice qu\u2019ils ne méritent pas.Je ne défends pas leur attitude, mais nous sommes obligés de tenir compte de tous les éléments de notre population.On fait plus de progrès en conservant l\u2019harmonie de tous qu\u2019en affirmant trop ses droits.» Encore une fois, on fait valoir l\u2019argument de la bonne entente, à tel point que tout exposé sur l\u2019affaire d\u2019une représentation auprès du Vatican, quelque digne, sérieux, documenté qu\u2019il soit, semble tabou à la Chambre des Communes.Le Globe and Mail de Toronto, le Leader-Post de Régina, le Peterborough Examiner, le Vancouver Sun, le Saturday Night ont publié des articles de fond, favorables à l\u2019établissement de relations officielles avec le Saint-Siège.Ces feuilles sont de toutes les couleurs politiques: conservatrice, libérale, indépendante; aucune n\u2019est catholique.« Il y a un très grand nombre de Canadiens, pouvait dire M.Saint-Laurent, qui espèrent qu\u2019avant longtemps il y aura des solutions à ces questions.» J3ciâe de diâcuââion àux le plan international TE MOIS DERNIER, Relations rappelait quelques ^ principes de paix et de justice internationales.L\u2019unanimité peut, croyons-nous, se faire sans difficulté sur ces principes.Leur application et l\u2019interprétation des faits sont sans doute plus délicates; aussi, la liberté d\u2019opinion a ses droits.Toutefois, afin d\u2019aider la discus- MAI 1951 113 sion, ne serait-il pas utile de déterminer certains faits plus clairs que d\u2019autres ?Nous en proposons quelques-uns.1.\tDans la guerre de Corée, l\u2019agresseur, ce ne sont ni les États-Unis, ni les Nations Unies, nonobstant leurs défauts et leurs péchés passés.2.\tL\u2019opinion officielle du gouvernement américain, celle qui compte et inspire sa politique extérieure, ne favorise pas l\u2019extension de la présente guerre de Corée en un conflit généralisé contre le communisme.Le rappel du général MacArthur le démontre.3.\tL\u2019impérialisme américain, aussi réel et nocif que l\u2019on voudra, est plutôt d\u2019ordre économique.L\u2019impérialisme communiste est de tous les ordres: économique, politique, idéologique.Le premier garde encore mesure dans ses procédés, respect pour les idées et la liberté d\u2019autrui.Le second, par principe, fait fi de toute réserve, opprime, persécute toute opinion et toute lib'erté qu\u2019il n\u2019a pas asservies.Dans son ouvrage, Le chrétien peut-il être objecteur de conscience?, le P.Pierre Lorson, s.J., envisage le problème de l\u2019impérialisme russe et américain.Une quadruple préférence est à la base du choix à faire entre ces deux impérialismes: préférence entre l\u2019humanisme général revendiqué par l\u2019Amérique et l\u2019humanisme général revendiqué par la Russie; \u2014 entre la méthodologie politique professée en Amérique et la méthodologie politique professée en Russie; \u2014 entre les structures économiques considérées comme structures de base en Amérique et celles qu\u2019on prône en Russie; \u2014 entre l\u2019existence chrétienne comme citoyen américain ou comme citoyen soviétique en Ukraine.Il n\u2019est guère possible d\u2019assimiler les deux impérialismes, de mettre sur le même pied le danger qu\u2019ils présentent.4.\tLes gens sérieux ne prétendent pas que la présente guerre de Corée soit une croisade.Ces constatations, peu sujettes à discussion, semble-t-il, nous les croyons de nature à favoriser l\u2019union de tous les gens de bien dans une conjoncture où se joue le sort des hommes.J^entfuête âux la moxaUtê aux Ctatâ- llniâ LES GRANDS MAGASINS étaient à moitié vides, les ' bureaux à court de personnel, les étudiants grippés, les professeurs aussi, et les ménagères, lavette en main, oubliaient la vaisselle dans l\u2019évier.Sorcellerie de la télévision.Hollywood en comparaison ?Celluloïde! Le Senate's Special Crime Investigation Committee est né en mai 1950, de peine et de misère, au milieu d\u2019une brûlante controverse politique.Son mandat: enquêter sur « le réseau criminel à travers les États-Unis » (organized crime in interstate commerce).Les sénateurs républicains craignaient que ce comité ne servît de paravent pour cacher les saletés de la politique démocrate.« Est-ce une enquête qu\u2019on veut ou un blanchissage ?» demanda carrément le sénateur Kenneth Wherry.Il faut dire, à l\u2019honneur de la politique américaine, qu\u2019il n\u2019en fut absolument rien.Il n\u2019est pas ici question de discuter si ces programmes de télévision ont lésé les droits constitutionnels des témoins, nui ou aidé à l\u2019enquête, instruit ou seulement intéressé les quinze ou vingt millions de spectateurs.Il ne saurait non plus être question de prédire les mesures que le comité, dans son rapport final, présentera au Congrès.Nous voulons simplement souligner trois points sur lesquels l\u2019enquête a braqué une lumière crue.« Ce que j\u2019ai appris me fait peur », admit Ke-fauver.Premier point: la pègre et la police.Le juge Samuel S.\tLeibowitz, qui procède actuellement, à Brooklyn, à une enquête sur les maisons de paris, a affirmé que celles-ci achetaient la police à coups de millions.William O\u2019Dwyer, le petit immigré irlandais qui de policier devint maire de la plus grande ville du monde, puis ambassadeur de son pays au Mexique, vint, de son gré, déposer à l\u2019enquête.\u2014 Monsieur O\u2019Dwyer, lui demanda Rudolph Halley, le principal avocat de l\u2019enquête, est-ce que, d\u2019après vous, les maisons de paris peuvent exister sur une grande échelle sans protection de la police ?\u2014 Non, pas sur une grande échelle.J.Edgar Hoover, directeur du Service fédéral d\u2019enquête (Federal Bureau of Investigation), affirma que, si les lois régionales étaient « énergiquement mises en vigueur », les maisons de paris fermeraient leurs portes « dans les quarante-huit heures ».Deuxième point: la pègre et la politique.Un par un, Rudolph Halley déclinait les noms de quatorze dirigeants de Tammany Hall, l\u2019organisation démocrate de la ville de New-York.Frank Costello, grand palefrenier des champs de course, admit en grognant qu\u2019il les connaissait tous: il a bu un verre avec celui-ci, cassé une croûte avec celui-là, invité à sa table un troisième, pris le repas de Thanksgiving avec un quatrième, etc.« Des amis., de très bons amis.» Et il a reçu des remerciements très chaleureux du magistrat Thomas A.Aurelio, qui, avec l\u2019appui de Tammany Hall, se présentait comme juge et siège aujourd\u2019hui à la Cour suprême de New-York.Les rejetons de Capone et des hommes d\u2019affaires véreux ont versé $400,000 à la caisse électorale du gouverneur Fuller Warren de Floride; la canaille avait nourri la caisse du gouverneur Forrest Smith du Missouri.Et ainsi de suite.Troisième point: la pègre et les hommes d'affaires.\u2014 C\u2019est une chose étrange que le magnétisme de cet homme, disait le sénateur Charles W.Tobey à l\u2019ambassadeur O\u2019Dwyer, en parlant de Costello.Vous l\u2019examinez comme il faut, et il vous paraît une parfaite nullité.D\u2019où vient, d\u2019après vous, son attrait ?\u2014 Eh 114 RELATIONS bien, répondit O\u2019Dwyer, qu\u2019il soit homme d\u2019affaires, banquier ou gangster, son porte-feuille est toujours attrayant! Mais Costello fut muet comme carpe sur l\u2019épaisseur de son porte-feuiile.Ce que l\u2019on sait: les maisons de jeu recueillent vingt billions de dollars ($20,000,000,000) par an aux États-Unis.Vingt billions! Ça, c\u2019 est de la haute finance! Le gangster a accédé à la dignité d\u2019homme d\u2019affaires.Il possède immeubles, hôtels, restaurants, clubs, compagnies de camionnage, brasseries, industries du vêtement, puits d\u2019huile, titres dans les monopoles, parts d\u2019association dans les grandes entreprises, voire dans les banques.Tous ses placements ne sont pas légaux; mais les placements de certains grands barons de la finance le sont-ils toujours ?Il y a des avocats, n\u2019est-ce pas ?Le gangster retient les services des plus brillants d\u2019entre eux.« Je suis un homme d\u2019affaires », proteste-t-il.Naïveté que ces séances de télévision ont dissipée : celle du gangster au front fuyant, au menton prognathe.S\u2019il s\u2019affuble encore d\u2019un sobriquet pittoresque, et s\u2019il parle souvent l\u2019anglais avec un accent étranger, c\u2019est à peu près tout ce qui reste du style fruste de Al « Scarface » (le balafré) Capone.Le gangster moderne a doré son blason.Il est élégant, se fait raser, coiffer, manucurer au Waldorf-Astoria, s\u2019habille chez les meilleurs tailleurs, surveille ses manières et son langage, cultive le monde de la politique, hiverne à Miami, joue au golf, se fait dorer la peau.Il n\u2019a ni garde du corps, ni auto blindée, ni lance-flamme., car il n\u2019aime ni le bruit ni la violence plus qu\u2019il ne faut, et ne veut de mal à personne.Il joue même à la canasta près du carrosse de son bébé.C\u2019est un honnête chef de famille, rangé, aimé, argenté.L\u2019enquête Kefauver a pu laisser dans l\u2019esprit des citoyens une impression contre laquelle il est loyal de se garder: l\u2019argent seul compterait et la corruption serait partout.Il faut savoir garder le sens de la mesure.L\u2019aigreur est le fait des vaincus et des petits esprits.Si le cynisme s\u2019avère la seule solution, mieux valait que l\u2019enquête n\u2019eût jamais lieu.La corruption existe \u2014 aux États-Unis et ailleurs.Mais l\u2019honnêteté existe aussi \u2014 aux États-Unis et ailleurs.Au milieu de toutes les enquêtes qui se poursuivent dans tant de villes de l\u2019Amérique, il est bon de se le rappeler.Il est surtout bon de se rappeler que la moralité publique est aussi fonction de l\u2019électorat.En démocratie, « gouvernement du peuple par le peuple », un électorat intègre, alerte, critique, qui sait s\u2019armer de la loi, est souverain.Mou, négligent, aveugle, il devient source de corruption, et il inspire des réponses comme celle de l\u2019ancien maire de New-York, dont tout le régime sera bientôt passé au crible: « Il y a des choses qu\u2019il faut faire en politique si l\u2019on veut obtenir de la collaboration.» La loi relative aux écoles de protection de la jeunesse Frère JACQUES, fr.ch.A PREMIÈRE LECTURE, la nouvelle loi ne présente rien de bien remarquable en ses quarante-neuf articles et ses quelques amendements; mais une étude attentive révèle une préoccupation marquée de fournir à l\u2019enfant exposé aux dangers physiques ou moraux, non seulement un asile, mais les soins les meilleurs, aux conditions les plus avantageuses au développement de toutes ses virtualités.A quels enfants la loi est-elle applicable ?Au jeune « âgé de moins de 18 ans et de plus de 6 ans, en danger physique ou moral, en raison de son milieu ou d\u2019autres circonstances spéciales ».Aucune explication, aucun commentaire.Si nous nous rappelons que la loi sous étude abroge, entre autres lois, celle des écoles de réforme, nous comprendrons mieux la portée révolutionnaire de cette Le Frère Jacques, supérieur du Mont-Saint-Antoine, la plus ancienne et la plus importante école de protection de la jeunesse dans la province, étudie la loi adoptée à la session de 1950 et mise en vigueur le 1er octobre de la même année.stipulation.Il n\u2019est plus question de ce que l\u2019enfant a fait, mais bien de ce que la société peut faire pour lui, lorsqu\u2019il est menacé de déchéance par suite de l\u2019incapacité, de la négligence, du mauvais exemple ou de l\u2019abandon de ses parents, ou par suite soit de l\u2019entraînement d\u2019un milieu malsain et de compagnons vicieux ou pervertis, soit de mauvais traitements ou de scandale.Conception purement curative et rédemptrice.Lorsqu\u2019un enfant est référé à un magistrat, celui-ci n\u2019a donc plus à porter jugement sur un délit, mais bien sur la nécessité pour l\u2019enfant d\u2019être protégé par une personne désignée à cet effet, une agence sociale, une société, une institution, une école de protection, ou par tout autre moyen adopté dans le meilleur intérêt de l\u2019enfant.PLACEMENT Si le magistrat croit devoir recommander le placement d\u2019un enfant, il fait tenir au ministre un rapport motivé en ce sens et transmet en même temps une copie certifiée du rapport de l'enquête sociale.MAI 1951 115 Fini donc le temps où l\u2019on « condamnait à l\u2019emprisonnement » un bambin de dix ans « réputé libertin, vagabond et désœuvré, cherchant dans le crime ses moyens d\u2019existence.».A l\u2019avenir, les enfants seront placés, ou confiés à une école, pour leur plus grand bien ou dans leur meilleur intérêt.Puisqu\u2019on place l\u2019enfant dans le but de le « protéger, éduquer et instruire », les enquêtes préliminaires ne seront pas de trop pour guider dans le choix de l\u2019école la mieux adaptée à ce but.De plus, si, par la suite, une meilleure solution s\u2019avère possible, toute personne en autorité peut demander la revision de l\u2019ordre d\u2019admission, dans les soixante jours qui suivent celle-ci.La loi établit une longue liste de protecteurs, ou de personnes en autorité, au service de l\u2019enfant, tant pour lp retirer de son état de danger que pour intercéder en sa faveur si l\u2019on croit à une erreur dans son placement.Si, de son côté, le directeur de l\u2019école constate que, par suite de son état physique ou mental, l\u2019enfant ne peut s\u2019adapter aux conditions de l\u2019école et bénéficier pleinement de ses services, il pourra s\u2019adresser à une clinique désignée par le ministre afin de faire déterminer cette incapacité et d\u2019obtenir un transfert.Il lui est loisible également, lorsqu\u2019il le juge dans l\u2019intérêt d\u2019un enfant, de lui permettre de s\u2019absenter de l\u2019école pour suivre des cours nécessaires à sa formation professionnelle ou pour séjourner temporairement dans sa famille.Soit dit en passant, plusieurs institutions agissaient conformément à cette prérogative depuis assez longtemps, grâce à une permission spéciale accordée par le ministère.Le ministre se réserve en outre, toujours dans le plus grand intérêt de l\u2019enfant, \u2014 par exemple, soit pour compléter sa formation ou pour toute autre raison, \u2014 de le confier à une autre institution s\u2019occupant du bien-être de la jeunesse.Ici encore, c\u2019est la confirmation d\u2019un état de fait existant depuis quelques années par entente tacite.PROGRAMME SCOLAIRE Toutes les écoles suivront les programmes d\u2019étude préparés et appliqués sous l\u2019autorité et la surveillance du Conseil de l\u2019Instruction publique.Ces programmes d\u2019étude couvrent le domaine de l\u2019enseignement primaire, primaire supérieur commercial et scientifique, des arts domestiques pour les filles et des arts et métiers pour les garçons.La nouvelle loi supprime des statuts le principe de l\u2019apprentissage d\u2019un métier dans des ateliers de production, à l\u2019intérieur de l\u2019institution ou dans des industries privées, que les anciennes législations autorisaient dans le but avoué d\u2019occuper ceux qu\u2019on désignait comme internés et avec l\u2019espoir, trop souvent aléatoire, de les former au travail et aux techniques du métier.Elle lui substitue l\u2019enseignement professionnel, théorique et pratique, des écoles reconnues, et permet même à l\u2019enfant de s\u2019absenter de l\u2019institution pour suivre des cours de perfectionnement.Notons que, depuis quelques années, ces cours de métiers fonctionnent dans certaines écoles, au Mont-Saint-Antoine par exemple, et produisent des résultats inespérés.En vue de l\u2019apprentissage du métier, ou encore parce que l\u2019enfant laissé à ses propres ressources serait gravement exposé, la loi autorise le ministre à accorder une prolongation de son séjour, soit dans la même école, soit dans une autre au service de la jeunesse.SOINS MÉDICAUX Ajoutons que la loi manifeste une sollicitude égale pour la santé des jeunes.Autrefois, tous les frais médicaux ou d\u2019hospitalisation étaient payés à même le revenu par jour-élève versé aux écoles.Ce tarif, toujours mesuré parcimonieusement, devait suffire, non seulement aux frais d\u2019administration générale, mais également aux réparations d\u2019immeubles et même, en bien des cas, aux intérêts sur le capital emprunté et aux amortissements sur les constructions.Les écoles se voyaient dans l\u2019obligation de mesurer leurs déboursés au compte-gouttes, et cette façon de procéder n\u2019était certes pas dans le meilleur intérêt de l\u2019enfant.Règle générale, les enfants en danger physique ou moral furent négligés dans leur famille, alors que leur état requérait des soins médicaux appropriés.Dans les explications de l\u2019article 12 envoyées aux écoles, le ministère responsable de la nouvelle loi sépare du per capita journalier les frais médicaux et d\u2019hospitalisation dont il se charge complètement; ainsi l\u2019enfant sera soigné selon ses besoins et non selon les fonds disponibles.lorsqu\u2019il y en a.Cet article valait à lui seul la refonte de la loi.L\u2019insistance marquée à favoriser et assurer par tous les moyens l\u2019éducation, l\u2019instruction et la santé des enfants confiés aux écoles de protection entraînera, il va de soi, des conséquences sérieuses pour l\u2019enfant, l\u2019institution et ceux qui doivent verser les fonds requis.SÉGRÉGATION ET CLASSIFICATION En ce qui regarde l\u2019enfant, nous n\u2019en signalerons qu\u2019une: la nécessité de le placer dans l\u2019école la mieux adaptée aux exigences de sa formation totale.La loi détermine comme normes de ségrégation: le sexe et l\u2019âge, la religion, le développement physique et intellectuel, ainsi que les antécédents.Il est à noter que la ségrégation dont il est question peut s\u2019opérer dans une même institution, au moyen d\u2019un système pavillonnaire, aussi bien que dans des écoles différentes.Que l\u2019article 8 indique l\u2019âge, le développement physique et intellectuel, ainsi que les antécédents, 116 RELATIONS \u2022comme facteurs dont il sera tenu compte dans le placement des élèves, ne signifie nullement que les magistrats seront pourvus de barèmes soigneusement compilés auxquels ils pourront se référer dans le placement éventuel d\u2019un enfant.C\u2019est plutôt la reconnaissance officielle de l\u2019importance du placement étudié en vue des programmes scolaires et d\u2019apprentissage, de la formation du caractère, de l\u2019épanouissement de la personnalité.Nous savons par ailleurs que, s\u2019il est facile de connaître l\u2019âge chronologique et de déterminer l\u2019âge mental au moyen de tests, il est extrêmement difficile de se prononcer sur ce qu\u2019on pourrait appeler l\u2019âge vital ou le résumé des précédents, de l\u2019hérédité, des expériences de la vie, des antécédents de tous genres.La loi reconnaît cet âge par la locution « effectivement ou apparemment âgé de ».Il faudrait en dire autant du développement physique et intellectuel.Pour ce qui a trait à la religion, le texte de loi est plus explicite: « Dans toute décision relative à la garde d\u2019un enfant, il doit être tenu compte de sa dénomination religieuse ou de celle de ses parents, à moins d\u2019impossibilité.» Cette clause n\u2019est pas nouvelle: elle figurait également dans les législations abolies et se passe de commentaires.Enfin, le magistrat tiendra compte des antécédents.Le contexte et l\u2019esprit de la loi postulent le sens médical: « circonstances qui ont précédé une maladie ».Il y a tout d\u2019abord à considérer les circonstances qui mettent l\u2019enfant en péril physique ou moral et que révéleront l\u2019enquête familiale, les rapports scolaires, la connaissance du milieu social où vit l\u2019enfant ainsi que ses fréquentations (lieux et personnes).Encore une fois, nous nous trouvons en face d\u2019une donnée d\u2019une grande complexité et aux délinéations estompées.Certains aspects de ce problème, toutefois, se présentent avec une netteté péremptoire pour les garçons d\u2019une douzaine d\u2019années et plus.A peine quelques institutions du Québec s\u2019occupent des garçons de cet âge.Étant donnée la pénurie de places disponibles, la pratique du placement est sujette au hasard des vides.Les enfants des campagnes et des petites villes sont expatriés et mêlés à ceux des quartiers interlopes de la métropole: Montréal recueille ainsi des jeunes de tous les coins de la province, même les plus éloignés, tels que la Côte Nord et la pointe de la Gaspésie; la place normale de ces enfants ne serait-elle pas dans de petites écoles diocésaines ?Puis il y a les illégitimes, non adoptés aux premières années de leur existence.Enfants dont la destinée tragique est de traîner leur misère d\u2019une école à une autre, d\u2019un foyer intéressé à un autre; enfants trop souvent aigris, asociaux, antisociaux, auxquels il faudrait une école spéciale de formation sociale et de transition à la vie familiale.La ségrégation stipulée par la loi entraîne nécessairement la classification des écoles, également incluse dans le texte.Ce n\u2019est pas une découverte.Depuis longtemps déjà existent des écoles spécialisées pour handicapés.D\u2019autres sont affectées à certaines catégories d\u2019âges basées sur la connaissance psychologique de l\u2019enfant.L\u2019on ne peut, sans détriment pour le plein épanouissement de la personnalité des jeunes, mêler inconsidérément les groupes d\u2019âge différent: le groupe de 6 à 10 ans, qui prend possession de soi et du monde; le groupe de 10 à 13 ans, parfois nommé l\u2019enfance adulte ou la période de la stabilité; le groupe de 13 à 18 ans, ou celui de la grande effervescence, qu\u2019il est bon de diviser et subdiviser en raison même de son instabilité, de ses transformations perpétuelles, de ses besoins, des exigences de sa formation.D\u2019autres catégories d\u2019écoles spécialisées devront compléter l\u2019organisation actuelle pour certains groupes de jeunes gens obsédés, névrosés, psychopathes, désordonnément agressifs.L\u2019étude poussée de la ségrégation des élèves déterminera mieux que toute spéculation la nécessité d\u2019une classification élargie des écoles.Remarquons toutefois que la loi ne donne pas carte blanche à quiconque se met en frais d\u2019établir une institution: les bâtiments devront répondre aux données de l\u2019hygiène et de la sécurité, les règlements aux dictées de la psychologie adaptée à la classe d\u2019enfants à éduquer, enfin, le personnel aux normes reconnues en éducation.Encore une fois, cela ne constitue nullement un chambardement actuel des choses.L\u2019innovation heureuse, c\u2019est que la reconnaissance explicite de la nécessité de n\u2019employer qu\u2019un personnel compétent confirme la volonté du législateur d\u2019entretenir ou d\u2019établir des écoles spécialisées et non des centres d\u2019internement.Dans le contrat passé entre le gouvernement et l\u2019institution, en vertu de la présente loi, les parties contractantes fixeront le nombre maximum d\u2019élèves à recevoir.On peut enseigner raisonnablement à une classe d\u2019une trentaine d\u2019élèves normaux; mais lorsqu\u2019on s\u2019adresse à des handicapés physiques, émotifs ou mentaux, ou qu\u2019on veut faire de l\u2019enseignement professionnel, c\u2019est beaucoup trop.Il serait de mise aussi de ne pas oublier que la morale et l\u2019hygiène réclament de l\u2019espace vital dans les dortoirs, les salles de récréation, les réfectoires, la chapelle,.si l\u2019on veut réussir un travail d\u2019éducation ou de rééducation.Le surpeuplement des institutions n\u2019est pas chose inconnue.On peut invoquer les besoins criants des organismes de placement et le marasme financier des institutions qui n\u2019auraient jamais pu survivre sans la diminution per capita des frais administratifs et généraux, rendue possible par le grand nombre d\u2019enfants.N\u2019empêche que c\u2019est déplorable et que toute la formation de l\u2019enfant est en jeu.FINANCES C\u2019est aussi l\u2019équilibre budgétaire des écoles qui est en cause.Le législateur a eu bien garde de fuir sa responsabilité et a fait des trouvailles.Voyons plutôt.MAI 1951 117 A la fin de l\u2019exercice, le ministre fait « le total des dépenses encourues par toutes les écoles, pendant tout le cours d\u2019une année, pour les frais de garde de tous les enfants qui y sont reçus ».Puis il établit le coût moyen par jour-élève, en divisant ce total par « le nombre de jours que représente leur séjour dans ces écoles durant la même année ».Il en paye la moitié, et l\u2019autre moitié est défrayée par la corporation municipale en cause, qui, elle, peut réclamer cette quote-part des parents de l\u2019enfant.Ce coût moyen est une trouvaille.Dans quelque école que soit placé l\u2019enfant, la corporation municipale ou la famille contribuera une mensualité uniforme.C\u2019est la façon la plus assurée d\u2019empêcher le placement d\u2019un enfant dans une école plutôt qu\u2019une autre, sans égard à ses problèmes ou aux exigences de sa formation, mais uniquement parce que la pension est moins élevée.Une école ne peut se permettre de donner plus qu\u2019elle ne reçoit et s\u2019endetter indéfiniment.Le législateur le sait autant que personne.Il n\u2019ignore pas qu\u2019en définitive c\u2019est l\u2019enfant qui souffre d\u2019une parcimonie malencontreuse.Par la loi actuelle, la municipalité et le ministère payent chacun la moitié du coût réel de l\u2019entretien de l\u2019enfant et non un coût fictif auquel il fallait s\u2019évertuer de subordonner les exigences de la vie et du développement de l\u2019enfant.Le plan adopté constitue donc un mode révolutionnaire de traitement de l\u2019enfance en institution publique: ses besoins sont traités comme tels, indépendamment du prix de construction, de l\u2019intérêt sur emprunt, du coût de la vie, des réparations des bâtiments, et que sais-je encore?Le premier ministre de la province a eu raison de dire que c\u2019est une loi humanitaire.Cette nouvelle formule d\u2019octroi suppose une vérification, inexistante auparavant, tant pour protéger l\u2019école que pour répondre aux exigences de la conscience publique: « Dans les quinze premiers jours de janvier de chaque année, le directeur transmet au ministre un rapport attesté sous serment, indiquant les dépenses encourues par l\u2019école pour les frais de garde de tous les enfants qui y ont séjourné pendant la même période.» La loi accorde donc les fonds nécessaires à condition qu\u2019on en puisse contrôler l\u2019emploi.Et c\u2019est justice.Certaines écoles retiennent les services d\u2019un comptable agréé et présentent leurs rapports comme toute autre entreprise commerciale.Puisque les écoles sont remboursées pour le coût annuel d\u2019administration seulement, il faudrait une entente pour l\u2019amortissement des dettes contractées, antérieurement à la mise en vigueur de la loi, dans la construction et l\u2019administration desdites écoles.L\u2019arrangement financier préconisé est certes conçu pour le plus grand bien de l\u2019enfant, mais est moins favorable à l\u2019intérêt pécuniaire de la corporation ou de la famille chargée de la moitié des dépenses.Notons tout d\u2019abord que ce n\u2019est qu\u2019une moitié.Est-ce encore trop onéreux ?Pourquoi alors ne pas mieux s\u2019organiser afin de prendre soin des enfants sur place et de régler les cas les plus faciles ?Trop légèrement, semble-t-il, on se décharge de responsabilités locales.De leur côté, les écoles manifestent de justes appréhensions au sujet des subventions et de leur contrôle.Elles deviennent sujettes du ministère et sans recours aucun prévu dans la loi.Si l\u2019une d\u2019elles s\u2019avise, ou se voit obligée d\u2019effectuer certains déboursés jugés nécessaires, mais rejetés par le gouvernement au règlement annuel, qui défrayera, puisqu\u2019elle n\u2019a qu\u2019un pourvoyeur, ou à qui pourra-t-elle en appeler ?Un autre motif d\u2019inquiétude pour les écoles, c\u2019est le prêt, à titre gracieux, de leurs immeubles, sans contribution pour leur entretien, leur réparation et sans fonds de dépréciation prévu qui permettrait une reconstruction dans un avenir plus ou moins éloigné.Un propriétaire se réveillera donc un matin dans son patrimoine délabré et devra recourir à son riche employeur pour trouver logement.Problème d\u2019équité qui mérite étude et solution.Si quelqu\u2019un voulait s\u2019en donner la peine, il serait sans doute facile de chercher noise sur certains points de détail ou de discuter certains articles.Mieux vaut, semble-t-il, attendre l\u2019épreuve de l\u2019expérience avant de se prononcer.Ce qui nous importe le plus en ce moment, c\u2019est l\u2019esprit de la loi et la conception qui a présidé à sa rédaction.Nous ne saurions trop louer l\u2019une et l\u2019autre.Toutes les stipulations de la loi manifestent une volonté rectiligne de procurer le plus grand bien de l\u2019enfant.Les auteurs ne semblent avoir rien ménagé pour conformer leur texte au courant de la pensée moderne et aux recherches sur ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler « l\u2019enfance moralement abandonnée ».Même dans sa terminologie, la nouvelle loi témoigne d\u2019une sollicitude extrême pour ne pas incriminer un enfant, ménager la délicatesse de ses sentiments, le sauvegarder de toute flétrissure.Il serait édifiant à ce propos de comparer le vocabulaire de la présente loi avec celui des lois qu\u2019elle abroge.Celles-ci parlaient de délits, d\u2019infractions, de détention, de procès et de dénonciations, de sommations et de déclarations de culpabilité, d\u2019internement, de directeur et d\u2019inspecteur de prison; la loi actuelle parle de directeur d\u2019école, de placement, de durée de séjour, d\u2019enquête sociale et de rapport motivé, de programmes d\u2019instruction, de personnel compétent.L\u2019honorable premier ministre voulait que la présente loi fût humanitaire et qu\u2019elle éliminât toute atmosphère pénale dans le problème juvénile.Nous croyons que les législateurs y ont réussi.118 RELATIONS VOCATION CHRÉTIENNE ET MISSION DU LAÏC AT - I Virginité et mariage Pad VANIER, S.J.1.\tEn marge de Carrefour 51.\u2014 En février dernier, Carrefour 51 reprenait les thèmes: rôle du laïcat dans l'Église, majorité du laïcat chrétien, qui sont devenus caractéristiques des préoccupations de la chrétienté contemporaine.On a dit, dans Relations (avril 1951, p.101) et ailleurs, l\u2019orientation de ces prises de conscience.Nous voudrions montrer quelle lumière apporte aux problèmes discutés la pénétration du sens de l'Église dans la vision biblique du sens du Christ.Notre époque assimile et sécrète à son insu le venin marxiste.Son ambition profonde est d\u2019épanouir au maximum les virtualités illimitées de la nature, chaque jour mieux connues.De cet effort collectif elle attend sa rédemption.Cette forme d\u2019humanisme entame la foi des chrétiens.2.\tLa vocation chrétienne.\u2014 La vie chrétienne ne se présente pas comme le prolongement \u2014 fût-il le plus achevé \u2014 de la nature humaine, l\u2019épanouissement de ses virtualités illimitées et la domination qu\u2019elles permettent à l\u2019homme sur l\u2019univers.Dans la vocation chrétienne, il y a infiniment plus qu\u2019un passage à la limite qui procurerait à l\u2019homme ce que ses efforts, impuissants à l\u2019atteindre jamais, poursuivent inlassablement.La vie chrétienne est l\u2019insertion, insoupçonnable à l\u2019esprit humain, de l\u2019existence d\u2019une Personne divine \u2014 le Verbe \u2014 en la vie d\u2019un homme \u2014 le Christ.Un homme est Dieu: il contemple face à face son Père le Seigneur.Le sens de l\u2019existence de cet homme, qui partage l\u2019existence du Verbe, est donc celui de la Trinité même.Pour lui, il ne s\u2019agit pas de s\u2019efforcer et d\u2019œuvrer, mais d\u2019adorer et d\u2019aimer de tout l\u2019amour trinitaire.Dans le Christ, c\u2019est donc le sens de l'existence humaine qui est transformé.Bien plus, en lui, c\u2019est le sens de l'histoire qui est nouveau.L\u2019histoire n\u2019est plus le déroulement indéfini d\u2019un progrès toujours croissant.L\u2019histoire tendait au Christ et en lui elle se termine : elle ne peut donner plus.S\u2019il y a un sursis, un délai à la fin de l\u2019histoire, c\u2019est pour insérer dans l\u2019adoration et l\u2019amour trinitaire de cet homme nouveau et parfait la multitude de ses frères.Quand sera accomplie cette plénitude du Christ, l\u2019histoire aura cessé, et un peuple d\u2019adorateurs parfaits aura été introduit en la vie trinitaire.Tel est le monde nouveau qu\u2019inaugure l\u2019unique homme nouveau.C\u2019est cette nouveauté du Christ et le renouvellement institué par lui que nous voulons rappeler.Dans cet article, nous considérons la nouveauté de sa virginité et le sens nouveau qu\u2019elle donne au mariage.Le Père Paul Vanier, professeur de philosophie morale et initiateur d'un cours de théologie biblique pour laïcs au Collège Jean-de-Brébeuf, nous offre une étude théologique des problèmes soulevés à Carrefour 51 autour^ du mariage chrétien et de la mission du laïcat dans l'Église.I.\u2014LA VIRGINITÉ DU CHRIST, SENS NOUVEAU DE L\u2019EXISTENCE 1.\tL'exemple inédit et étonnant du Christ.\u2014 Pour les chrétiens, toute action a pour mesure le Christ.Une attitude, une condition de vie sera bonne si elle rappelle le Christ, si elle prolonge son existence.Imiter le Christ fut l\u2019unique règle et l\u2019unique ambition des premiers chrétiens.Or le Christ fut vierge et il manifesta une estime sans précédent pour la virginité: il est né d\u2019une vierge, sous la protection virginale de saint Joseph.Il a choisi pour précurseur un prophète vierge et il a admis dans une plus affectueuse intimité Jean, l\u2019apôtre vierge.Aussi, dès les premiers siècles de notre ère, cette préférence du Christ suffit toute seule à légitimer et exalter l\u2019option des chrétiens pour la virginité.Devant la nouveauté de l\u2019existence du Christ, le problème à résoudre fut celui de la légitimité du mariage pour les chrétiens: le Christ ne l\u2019avait pas connu.Sa réponse avait cependant été sans ambiguïté: la virginité ne s\u2019impose pas à tous les chrétiens; pure grâce, elle n\u2019est accessible qu\u2019à des privilégiés que Dieu y appelle.Le mariage conserve donc un sens dans le Christ.Lequel ?Le sens de la virginité du Christ le dira.2.\tLe sens de la virginité du Christ.\u2014 Si la chair est bonne, si le mariage est bon, si le Verbe est venu sanctifier notre nature en se l\u2019appropriant toute, pourquoi, lui, le modèle de tous, a-t-il refusé de sanctifier directement l\u2019amour humain, si profond en la nature qu\u2019il a créée et bénie ?Pas plus que les autres conditions de notre nature qu\u2019il a assumées, cet amour ne l\u2019eût distrait de la charité la plus entière pour son Père et la plus universelle pour ses frères.La surnature ne détruit pas la nature, surtout dans le Christ où la perfection de la nature passe à la limite.A quoi tiennent le sens et la grandeur de la virginité du Christ ?Le Christ est vierge parce que, même comme homme, il n\u2019appartient pas à notre monde en devenir.Il constitue en lui-même, avons-nous dit, un monde nouveau, terminal, où l\u2019homme trouve accès à la plénitude de la Trinité.Le Christ connaît l\u2019amour infini dont le Père l\u2019aime \u2014 le Père a mis en son Unique toutes ses complaisances, il a créé les mondes pour lui.Consumé par l\u2019ardeur de son amour mystérieux pour son Père: « J\u2019ai une nourriture que vous ne connaissez pas », dit-il à ses apôtres, et au Seigneur: « Père, je t\u2019ai aimé avant la création du monde.» Cet homme échappe ainsi au devenir foncier de notre nature en marche.Par le MAI 1951 119 Verbe à qui elle est unie, son humanité entre dans la vie interpersonnelle de la Trinité.En son humanité même, le Christ possède, dès qu\u2019il existe, sans accroissement possible, une plénitude de richesse qui comble en les débordant les aspirations, inépuisables, de sa nature.Il n\u2019a donc pas à chercher, par l\u2019amour humain et la paternité, à mettre un terme à sa solitude.« Je ne suis jamais seul.» Pour lui, nulle quête d\u2019un achèvement dans l\u2019amour valorisant d'une aide semblable à lui-même et dans le prolongement que la paternité voudrait assurer à cette plénitude éphémère.Car cet homme est en possession d\u2019une inconcevable réponse à l\u2019appel d\u2019une existence humaine: « Ne crois-tu pas que le Père est en moi et que je suis dans le Père ?» Le seul besoin de surcroît qu\u2019il connaisse est de communiquer à des frères l\u2019amour dont il aime son Père.Quand donc cet homme est apparu parmi nous, ce ne fut nullement pour épouser nos efforts, nos attentes et notre quête, mais uniquement pour offrir aux hommes la possession du Père dont il jouit en plénitude.Cet homme passe ici-bas pour nous dispenser sa richesse unique, n\u2019ayant rien à prendre à notre indigence.Et c\u2019est pour cela que le Christ est vierge, et pauvre, et qu\u2019il ne connaît pas de vouloirs propres.Sa pauvreté, sa virginité et son obéissance attestent sa liberté à l\u2019égard de nos insuffisances; elles signent la richesse infinie de cet homme, le Monogène du Seigneur; elles annoncent de quelles complaisances de surcroît le Père comblera son Unique dans la manifestation du monde terminal.A nous, elles paraissent des dépouillements: nous mesurons son existence à la nôtre.II.\u2014 LE SENS NOUVEAU DU MARIAGE DANS LE CHRIST 1.\tLa nouveauté de la vie chrétienne.\u2014 Pour les chrétiens, vivre, c\u2019est communier à la richesse mystérieuse du Christ.En lui, c\u2019est le sens même de leur existence qui a été transformé.Comme lui, ils ne cherchent pas, ils possèdent.Pour eux aussi, il s\u2019agit non de s\u2019efforcer et d\u2019œuvrer, mais d\u2019adorer et d\u2019aimer.Le seul besoin de surcroît de leur amour \u2014 comme du sien \u2014 est de le faire partager.Dans le Christ, le chrétien échappe à la tension vers une plénitude jamais atteinte, à la quête d\u2019un trésor que la rouille ronge.Il peut s\u2019approcher de la Majesté du Seigneur comme ami, comme frère, comme fils: ami et frère du Verbe, fils du Père.Avec le Christ, le chrétien peut dire: « J\u2019ai une nourriture dont vous n\u2019avez pas idée » : la connaissance et l\u2019amour dont subsiste la bienheureuse et éternelle Trinité.Comme le Christ aussi, le chrétien dit: « Ne faut-il pas que je sois tout aux choses de mon Père ?» C\u2019est dans l\u2019amabilité même du Père que le chrétien aimera dorénavant tous les êtres, en vue de leur achèvement dans le Christ.Il ne peut donc terminer son amour à ce qu\u2019il découvre d\u2019amabilité dans la création.Autre- ment, ce serait diviser son amour, nier l\u2019amabilité souveraine du Seigneur.Tendu avec le Christ vers le renouvellement de la création, le chrétien passe en ce monde sans aimer le sens apparent de son déroulement, ni les \u2022valeurs qu\u2019il semble offrir à qui ignore le terme ineffable auquel il est conduit.Avec le Christ, le chrétien n\u2019a rien à prendre aux richesses apparentes du devenir sans terme de ce monde.Il est libéré de la séduction des promesses d\u2019une évolution créatrice personnelle et communautaire.2.\tParadoxe actuel de la vie du chrétien.\u2014 Mais « il n\u2019est pas encore manifesté ce que nous sommes », répète saint Paul.« C\u2019est en espérance que vous êtes sauvés.» Tel est le paradoxe de l\u2019existence actuelle du chrétien.Dans le secret de son être, il participe déjà aux richesses et aux libérations terminales du Christ.Mais le don de Dieu se soumet à la loi de notre accueil qui est progressif et temporel.Présentement, dans l\u2019effort et la peine, \u2014 avec le risque même de le perdre, \u2014 nous devons faire fructifier le prêt divin: accroître l\u2019adoration et l\u2019amour que le Christ, en nous, porte au Père.C\u2019est donc un peuple de pèlerins que le Christ insère ici-bas en son mystère.Libéré par lui du temps et du devenir, ce peuple utilise cependant encore le temps et le devenir pour atteindre à la taille adulte de sa vie nouvelle.Riche déjà de la richesse nouvelle du Christ, ce peuple se sert encore du monde ancien pour parvenir à sa plénitude en l'unique homme nouveau.Ce n\u2019est donc pas par indigence \u2014 comme s\u2019il poursuivait, impuissant, le développement d\u2019une nature aux virtualités jamais comblées \u2014 que le chrétien use de ce monde ancien.Dans le Christ, il use de ce monde comme n'en usant pas, \u2014 selon l\u2019expression de saint Paul, \u2014 puisqu\u2019il en fait l\u2019instrument de la croissance de sa richesse nouvelle.3.\tLe sens inédit du mariage chrétien.\u2014 Le mariage est une réalité du monde en devenir.Il est cette recherche par l\u2019homme d\u2019un terme à sa solitude \u2014 « Il n\u2019est pas bon que l\u2019homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui-même », a dit Dieu au commencement \u2014 et l\u2019effort pour prolonger en l\u2019incarnant cette rencontre éphémère d\u2019une réponse \u2014 jamais étreinte, jamais plénière \u2014 à l\u2019appel de son existence.Cette oblation de l\u2019homme enfermé dans le temps est grande: il se donne pour valoriser une autre existence, et ces deux existences se consacrent à l\u2019apparition de nouveaux êtres semblables à eux-mêmes et qui les prolongent.Sans doute, l\u2019homme, jamais satisfait par le devenir, aspirait à plus encore: triompher du temps par son amour même.Rêve impossible.Cependant, saint Paul a révélé qu\u2019en sa grandeur déçue cette oblation en préfigurait une nouvelle, insoupçonnable à l\u2019homme: l\u2019oblation du Christ à son Église, formée de sa chair et de ses os.120 RELATIONS Dans le Christ les figures cèdent à la réalité.On ne comprend pas le Christ, répète saint Paul, si on s\u2019attache encore aux valeurs anciennes.En tant qu\u2019il vit dans le Christ, l\u2019époux ne peut demander à l\u2019amour humain et à la paternité de mettre un terme à sa solitude: comme le Christ, il n\u2019est jamais seul.L\u2019époux chrétien aime, non pour combler son indigence, mais pour vivre la plénitude de son amour du Seigneur.Il a été choisi comme responsable de la destinée, dans le Christ, de son épouse et de ses fils, adorateurs irremplaçables.Il aime son épouse comme fille de Dieu et sœur du Verbe, et ses fils comme fils du Père et frères de Jésus-Christ.Saint Faul a dit cette nouveauté mystérieuse de l\u2019amour des époux chrétiens: « Maris, aimez vos épouses comme le Christ a aimé son Église.Il s\u2019est livré pour elle afin de la sanctifier en la purifiant.» C\u2019est ainsi que, dans le Christ, le chrétien use de l\u2019amour humain comme n'en usant pas.4.Les labeurs et les risques du mariage chrétien.\u2014 Les exigences de cet amour nouveau sont ardues.Les époux doivent vivre comme si déjà, avec le Christ et les élus, ils voyaient la splendeur de la gloire du Père, leur unique amour.Or, durant les délais de la Parousie, ils cheminent loin du Seigneur.Ne risqueront-ils pas de terminer leur amour à sa grandeur ancienne, qu\u2019ils expérimentent en ce qu\u2019elle a de proportionné à leur nature, et d\u2019oublier l\u2019amabilité du Seigneur qu\u2019ils ne connaissent pas encore à découvert ?Sans cesse, c\u2019est par un jugement de foi \u2014 inévident malgré sa certitude \u2014 que le chrétien doit opter contre l\u2019apparente suffisance de la création et poursuivre ce que l'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu et dont l'idée n'est pas venue au cœur de l'homme.Or toute expérience de l\u2019épanouissement du devenir de sa nature \u2014 dans la mesure de sa profondeur et de sa réussite \u2014 accapare psychologiquement l\u2019homme, momentanément satisfait en ses aspirations conscientes, et lui rend plus difficile cette vie de foi.Celui qui use de ce monde risque de s\u2019y enfermer.L\u2019Apôtre n\u2019a rien voilé de ces exigences nouvelles, ni des risques et divisions qu\u2019elles occasionnent: « Le temps se fait court.Reste donc que ceux qui ont femme vivent comme s\u2019ils n\u2019en avaient pas.Car elle passe, la figure de ce monde.Je voudrais vous voir exempts de soucis.L\u2019homme qui n\u2019est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de lui plaire.Celui qui s\u2019est marié a souci des affaires de ce monde, des moyens de plaire à sa femme; et le voilà partagé.» Sans doute, la grâce reste à l\u2019œuvre dans les tribulations tout humaines qui seront la conséquence normale de cette division de l\u2019amour des époux.Le Christ essaie d\u2019insérer en sa croix, comme par une pédagogie, la courbe même de ces misères anciennes, \u2014 désillusions, crises, vieillissement, épreuves, défaillances, \u2014 que la plénitude de la charité des époux leur eût épargnées.III.\u2014 LE MARIAGE ET LA VIRGINITÉ DANS L\u2019ÉGLISE 1.\tLe sens prophétique de la virginité ecclésiale.\u2014 Un jour, \u2014 ce jour commence à poindre en nos âmes, \u2014 tous les frères du Christ partageront visiblement sa virginité.Il l\u2019a dit: « A la résurrection on n\u2019épousera ni ne sera épousé.» Mais déjà, durant les veilles de la Parousie, le Christ accorde à des privilégiés de s\u2019associer visiblement aux libérations de sa virginité.Ils ne connaîtront ni l\u2019amour humain, ni la paternité.Par une audace, inconcevable à un chrétien qui chemine loin du Seigneur, ils développent, sans l\u2019usage des réalités anciennes, l\u2019amour qu\u2019ils ont reçu du Père, comme s\u2019ils voyaient déjà la Trinité à découvert.Ils anticipent les conditions du Royaume.Ce don est prophétique, il rappelle à l\u2019Église et aux époux le sens nouveau de la vie dans le Christ; il manifeste au monde ancien le monde nouveau.Mais en ceux qui l\u2019ont reçu et accueilli, ce don vient déjà combler l\u2019aspiration la plus profonde de leur vocation chrétienne.Ils imitent de plus près le Christ qui les a aimés le premier et est mort pour eux.Ils sont libérés nouvellement de la séduction du monde ancien qui risquait d\u2019entamer leur amour pour le Père.Saint Paul connaissait le prix de ce don, et il aurait souhaité, dans son amour pour ses fidèles, que tous l\u2019eussent comme lui.Mais il savait qu\u2019ici-bas cela n\u2019est pas possible; chacun a reçu son propre don.L\u2019Église sait également le prix de la virginité de ses fils, rempart de la sainteté conjugale elle-même, telle que le Christ par sa virginité l\u2019a consacrée.Si un jour le peuple de Dieu en marche vers la vision ne connaissait plus la virginité, il perdrait le sens de sa vocation.Il se contredirait, s\u2019installant ici-bas.Il cesserait de transcender ce monde en devenir dont il doit retirer progressivement les frères du Christ.Le message du Seigneur: « Cherchez d\u2019abord le Royaume des deux.» ne trouverait plus en lui que des échos affaiblis, et les chrétiens seraient bien près de s\u2019égarer « dans un messianisme social ou politique ou (ce qui ne vaut pas mieux et nous menacerait davantage aujourd\u2019hui) dans un messianisme familial » (Mongenet, Études, 255, 325).Comme si, avant Marx, le Christ avait promis des lendemains qui chantent.2.\tLa communauté ecclésiale et les dons du Seigneur.\u2014 Rappeler l\u2019excellence de la virginité et souligner que, dans le Christ, elle est préférable au mariage, ce n\u2019est pas oublier qu\u2019il est vain de comparer pour s\u2019en glorifier les dons que le Christ fait à chacun.Ces dons demeurent gratuits; bien plus, ils sont tous indispensables à la communauté ecclésiale et se soutiennent mutuellement.Du cœur et du cerveau, lequel pourrait se glorifier de sa supériorité ?L\u2019homme sait bien que les deux lui sont indispensables.Sans le mariage chrétien, comment l\u2019Église s\u2019emploierait-elle à compléter le nombre des frères du Christ, but unique des délais de la Parousie ?Sans la MAI 1951 121 virginité et la ferveur de sa tension vers le Seigneur, comment l\u2019Église se souviendrait-elle qu\u2019engendrer ne sert de rien à moins que l\u2019Esprit ne greffe les fils du monde ancien sur l\u2019Homme nouveau, et qu\u2019ainsi la multitude humaine ne contribue à réaliser la plénitude du Christ et à hâter le jour de la Parousie qui l\u2019accompagnera ?La conscience de cette solidarité et de cette responsabilité dans le Christ doit favoriser l\u2019unité de la communauté ecclésiale, Corps du Christ.Que chacun s\u2019emploie au rôle que le Maître lui a confié jusqu\u2019à son retour.C\u2019est lui qui jugera des ouvriers qui ont fait profiter le don reçu en vue de l\u2019œuvre du Seigneur.Vous ne vous appartenez pas.Vous êtes au Christ, et le Christ est au Père.3.La vocation au mariage.\u2014 A Carrefour 51, des laïcs, qui s\u2019étonnaient de découvrir si tard le sens et la grandeur du mariage chrétien, ont regretté qu\u2019ils ne leur aient pas été manifestés à l\u2019égal des autres vocations lors de leur retraite de décision' L\u2019Église regrette la première que les époux chrétiens ignorent la grandeur de leur vocation.Elle blâme ceux qui en sont responsables.Le chrétien, d\u2019autre part, doit savoir qu\u2019il s\u2019étonnera toujours ici-bas devant le mystère de sa vocation, que l\u2019Esprit lui révèle progressivement à mesure qu\u2019il pénètre en lui.Nous ne discuterons qu\u2019un aspect du souhait formulé à Carrefour.Dans les retraites de décision, la grandeur réciproque du sacerdoce et du mariage doit-elle loyalement être mise en parallèle pour permettre un choix plus éclairé et plus libre entre les deux grandes vocations chrétiennes : le sacerdoce et le laïcat ?Nous ne le pensons pas.La nature des options en jeu a d\u2019autres exigences.Rappelons d\u2019abord la multiplicité des vocations du Seigneur, que le Carrefour, en une perspective d\u2019efficience, semble restreindre à deux.La vocation par excellence du chrétien est celle qui l\u2019insère dans le Christ.Cette vocation habilite tout chrétien à vivre nouvellement toute sa vie d\u2019homme; c\u2019est donc elle qui rend apte à comprendre et à vivre la grandeur nouvelle du mariage chrétien.Dans le Christ se feront entendre des appels ultérieurs.Inséré en un mystère qui le dépasse infiniment, où il est conduit par le Verbe, le chrétien est essentiellement disponible à des initiatives imprévisibles et gratuites.Tu verras bien plus grand encore, disait le Christ à Nathanaël qu\u2019il venait d\u2019appeler.Parmi ces appels, sans terme ici-bas, certains tendent à établir des membres du Christ soit dans une fonction en vue de la croissance de son Corps, tel le sacerdoce, soit dans un état qui facilite une plus parfaite mise en œuvre des richesses de la vie chrétienne, tels la virginité et les états de perfection.Ceux-ci \u2014 Pie XII vient de le rappeler \u2014 résultent des vœux de pauvreté, de chasteté et d\u2019obéissance acceptés par l\u2019Église.Mais voici le caractère propre de ces nouvelles initiatives divines: elles donnent de comprendre le sens et la grandeur de l\u2019imitation particulière du Christ à laquelle le Seigneur invite.Le Père attire nouvellement à son Fils en donnant de le comprendre nouvellement.C\u2019est pourquoi le Christ ajoute, après avoir affirmé l\u2019excellence de la virginité: Qui peut comprendre comprenne, mais cela n'est pas donné à tous.Si tels sont les appels du Seigneur, c\u2019est en s\u2019interrogeant face aux exemples et aux paroles du Christ, pour découvrir ce qui lui est actuellement donné d\u2019en comprendre, que le chrétien maintiendra sa disponibilité filiale.Et cette interrogation s\u2019intensifiera aux tournants de l\u2019existence qui engagent en des voies irréversibles.Tel est le sens de la retraite de décision.Son but n\u2019est pas de révéler l\u2019aptitude du chrétien à comprendre et à vivre la grandeur du mariage dans le Christ: tout chrétien la connaît du fait de son baptême.Présentement, il s\u2019interroge pour reconnaître, grâce aux lumières nouvelles qui lui seraient données, de nouvelles initiatives qu\u2019il espère: aspirez aux dons les meilleurs, mandait saint Paul à ses chrétiens.Ce n\u2019est donc pas à des comparaisons ni à des jugements personnels de valeur que le chrétien s\u2019appliquera.Jamais ils ne lui montreraient le sens et le prix des dons mystérieux du Seigneur.Mais il méditera les exemples et les enseignements du Christ à la lumière intérieure que l\u2019Esprit éveille en lui.Il se gardera surtout de détourner cette lumière des réalités nouvelles qu\u2019elle commence à illuminer.C\u2019est pourquoi s\u2019arrêter à considérer la grandeur première de la vocation chrétienne, ce serait risquer de se détourner soi-même des dons ultérieurs du Seigneur.La loyauté et la liberté résident ici dans la disponibilité.L\u2019attitude de Marie: Ecce, me voici.CONCLUSION Notre âge renégat emploie une âpre ferveur à inventorier les valeurs du monde ancien que le Christ a transformé.Devant la puissance d\u2019une évolution créatrice, une sorte d\u2019ivresse dionysiaque s\u2019est emparée de lui.Comment, s\u2019il opte pour le temps et le devenir, pourra-t-il comprendre la grandeur éternelle à laquelle il est convié: adorer et aimer le Père dans le Verbe ?Que le chrétien se garde du mirage du devenir et de l\u2019épanouissement de soi: il lui ferait trouver fade la virginité du Christ, qui est adoration et amour trini-taire.Et les époux chrétiens se préoccuperaient de l\u2019enrichissement que promettent l\u2019amour et la paternité et non d\u2019adorer et d\u2019aimer le Père en leur amour.Mais si le sel s'affadit, avec quoi lui redonner sa saveur ?L\u2019Esprit avive dans l\u2019Église le besoin d\u2019un renouveau de la spiritualité conjugale.Les époux ont été appelés à vivre, eux aussi, la plénitude de la vie du Christ.Ils doivent sans cesse chercher et trouver comment y parvenir.Pour cela, qu\u2019ils réapprennent à fréquenter le Livre de Dieu.Là ils découvriront la grandeur une et la richesse variée de cette vocation dont l'idée n'est pas venue au cœur de l'homme : la vie dans le Christ, qui doit être tout en tous.122 RELATIONS Faut-il un contrôle des prix?Émile BOUVIER, S.J.C\u2019EST LA QUESTION que tout le monde pose.Depuis janvier 1951, les prix montent avec une rapidité vertigineuse: l\u2019indice général des prix a bondi de 172.5 en janvier à 179.7 au 1er mars, ce qui signifie un saut de 7.2 points en deux mois.Les ouvriers, les fonctionnaires, les gens de bureau n\u2019en peuvent plus.A mesure que les jours s\u2019écoulent, la valeur du salaire fond entre leurs mains.Le pouvoir d\u2019achat du dollar diminue à vue d\u2019œil.Imaginez: le bifteck le plus commun se détaille à 90 sous; les œufs se vendent 65 sous la douzaine; le beurre, 65 sous la livre; le thé, $1.00, et le café, $1.25 la livre.Le filet se détaille à $1.90 la livre; le lait, à 20 sous la pinte; le petit pain, à 14 sous; les pommes de terre, à 25 sous le sac de 10 livres; un petit panier de carottes se vend 15 sous.Et le pauvre, qui vit de denrées inférieures ou de substituts, doit débourser 85 sous pour une livre de viande hachée.Un père de famille, qui doit nourrir une femme et trois ou quatre enfants, doit débourser, seulement pour la nourriture, un minimum de $35 par semaine.Qui reprocherait aux unions ouvrières de s\u2019alarmer ?Chaque fois que l\u2019indice du coût de la vie monte, chaque fois le salaire réel diminue.Qu\u2019on ajoute à ce malheur une augmentation d\u2019impôt de 20%, une hausse de la taxe de vente à 10% et le refus de régir les prix, et l\u2019on comprend la panique et la consternation qui saisissent les ouvriers et les petits salariés.Coincés entre la hausse des prix et le revenu fixe, qu\u2019est-ce qu\u2019ils peuvent faire?Quelle solution concrète pouvons-nous proposer, et tout de suite, parce que tout à l\u2019heure le pain va manquer sur la table?Question complexe qu\u2019il est impossible d\u2019analyser dans les cadres d\u2019un article.Qu\u2019il me soit permis de poser quelques jalons qui aideront à saisir le problème et de risquer une solution d\u2019urgence qui, à mon humble avis, soulagerait l\u2019ouvrier et le père de famille.I.\u2014 LA SITUATION DES PRIX DE 1939 - 1951 Depuis 1939, l\u2019économie canadienne a connu trois périodes qui ont eu une influence décisive sur les prix.De 1939 à 1941, le gouvernement canadien, afin d\u2019éviter l\u2019inflation de la première grande guerre, s\u2019est contenté d\u2019un contrôle sélectif des prix sur le beurre, le sucre, la laine, le charbon, etc.De 1941 à 1945 , vu l\u2019effort de guerre énorme à soutenir, nous avons assisté au plafonnement général des prix qui a connu un franc succès, si on le compare au contrôle américain et européen.On sait Vactualité de ce problème.Voici des éléments de solution, proposés par le P.Emile Bouvier, directeur de la Section des Relations Industrielles de V Université de Montréal.Malheureusement, à la fin de la guerre, de 1945 à 1951, le gouvernement, sous la pression des producteurs et des marchands, a relâché les contrôles et, sous prétexte de revenir à une économie libre, il a abandonné les prix à eux-mêmes.Le résultat a été néfaste, le coût de la vie, de 101.5 qu\u2019il était en 1939, est passé à 119.5 en 1945 pour rebondir à 166.5 en 1950.1.\u2014 Coût de la vie au Canada 1939-1951 Base 1935-1939 = 100 Année\tIndice général\tProduits alimentaires\tLoyers\tCombustible Habillement éclairage\t\tA rticles de ménage\tDivers 1939\t\t.\t101.5\t100.6\t103.8\t101.2\t100.7\t101.4\t101.4 1940\t\t.\t105.6\t105.6\t106.3\t107.1\t109.2\t107.2\t102.3 1941\t\t.\t111.7\t116.1\t109.4\t110.3\t116.1\t113.8\t105.1 1942\t\t.\t117.0\t127.2\t111.3\t112.8\t120.0\t117.9\t107.1 1943\t\t.\t118.4\t130.7\t111.5\t112.9\t120.5\t118.0\t108.0 1944\t\t.\t118.9\t131.3\t111.9\t110.6\t121.5\t118.4\t108.9 1945\t\t.\t119.5\t133.0\t112.1\t107.0\t122.1\t119.0\t109.4 1946\t\t.\t123.6\t140.4\t112.7\t107.4\t126.3\t124.5\t112.6 1947\t\t.\t135.5\t159.5\t116.7\t115.9\t143.9\t141.6\t117.0 1948\t\t.\t155.0\t195.5\t120.7\t124.8\t174.4\t162.6\t123.4 1949\t\t.160.8\t203.0\t123.0\t131.1\t183.1\t167.6\t128.8 1950\t\t.\t166.5\t210.9\t132.9\t138.3\t182.3\t169.2\t132.6 1951 (janv.).\t172.5\t220.2\t136.4\t141.5\t187.1\t179.8\t135.8 \t(Revue Statistique du Canada, B.F.S.,\t\t\t\t, février 1951, p.\t\t43.) Même si l\u2019indice général s\u2019est élevé à plus de 70%, analysons les composants.Les produits alimentaires, qui constituent aujourd\u2019hui plus de la moitié du budget familial, sont montés de 120%; les vêtements sont montés de 87%.Examinons en particulier certains item de l\u2019alimentation familiale, tels que les viandes, les produits laitiers, les céréales; le pourcentage d\u2019augmentation est effarant.2.\u2014 Pourcentage d\u2019augmentation de certains produits alimentaires de Vannée 1948, par rapport à 1939 \tAoût 1939\tSeptembre 1948 Bœuf, surlonge, la livre\t\t\t 100\t258.8 Bœuf, dans la ronde\t\t\t 100\t286.1 ))\tdans le côté\t\t\t 100\t284.8 ))\tdans l\u2019épaule\t\t\t 100\t301.3 ))\tpour ragoût, désossé\t\t\t 100\t329.5 Veau\t\t\t 100\t288.8 Lard\t\t\t 100\t313.2 Produits laitiers\t\t\t 100\t196.9 Œufs\t\t\t 98.3\t185.3 Céréales\t\t\t 106.7\t143.8 Epicerie\t\t\t 103.8\t167.2 Légumes\t\t\t 101.3\t167.2 Fruits\t\t\t 100.9\t158.6 On comprend maintenant pourquoi le nouveau budget familial, sorti par le Bureau fédéral de la Statistique en 1950, fait dresser les cheveux.Le Bureau fit une enquête, en 1947-1948, auprès de 13,500 familles.Sur ce nombre, 4,200 ont répondu au questionnaire.MAI 1951 123 Avec ces nouvelles données, le niveau de vie s\u2019établit ainsi au Canada: deux personnes avaient besoin, en 1948, de $2,679 par année; une famille composée du père, de la mère et de 1 à 4 enfants avait besoin de $3,278, et une famille nombreuse, de $3,885.Au Québec, une petite famille a besoin de $3,073, et une famille nombreuse, d\u2019après nos calculs, de $3,200 à $3,400.Hélas! le salaire moyen, en 1950, est d\u2019environ $45, soit $2,340 par année.Et il faut admettre qu\u2019au Québec il est de $42 par semaine, soit $2,184.De plus, la part du revenu national destinée aux travailleurs sous forme de salaires et gages n\u2019augmente pas, à en juger par le tableau suivant : 3.\u2014 Part du revenu national aux travailleurs 1939-1948 (En millions de dollars) \u2022 1939 1940 1941 1942 1943 1944 1945 1946 1947 1948 Revenu national.4,289 5,255 6,594 8,373 9,102 9,741 9,788 9,819 10,916 12,474 Revenu des travailleurs.2,583 2,944 3,586 4,251 4,746 4,908 4,915 5,322 6,212 7,739 % du revenu national.60.2 56\t54.4 50.7 52.1 50.3 50.2 54.2 56.9 57.2 ( Revue statistique du Canada, février 1951, p.11.) Les augmentations de salaires, de 1939 à 1942, ont été de 26.3%; de 1942 à 1945, de 15% et, de 1945 à 1948, de 21.4%.Sans aucun doute, la hausse a été réelle, mais elle ne suit pas celle des vêtements, de la nourriture.En conséquence, l\u2019ouvrier ne peut rejoindre les deux bouts.Comment lui venir en aide ?II.\u2014 SOLUTIONS PROPOSÉES La suggestion spontanée qui vient à l\u2019esprit de l\u2019ouvrier, de l\u2019homme de la rue, de celui qui achète, c\u2019est le contrôle des prix.On l\u2019a vécu durant la guerre, pourquoi ne pas le revivre en cette période d\u2019incertitude qui menace la stabilité de la famille ouvrière ?La question se pose avec d\u2019autant plus d\u2019actualité qu\u2019au dernier discours du budget, le gouvernement semble avoir abandonné définitivement la régie des prix.Une économie de libre entreprise repose, il est vrai, sur un principe de liberté humaine: liberté de contrat, liberté de placement, liberté d\u2019achat, liberté de vente, bref, liberté dans les choix et décisions économiques.En fait, toutes les décisions sont motivées par des intérêts économiques: elles portent sur des biens que l\u2019on désire ou que l\u2019on refuse, parce que l\u2019étiquetage des prix les rend accessibles ou inaccessibles à la bourse.La hausse ou la baisse des prix me poussera à acheter, à vendre, à bâtir, à substituer.Si mon industrie n\u2019est pas rentable, je m\u2019en défais; si le travail coûte trop cher, je le remplace par un moteur; bref, la hausse et la baisse des prix déterminent des milliers de décisions économiques.Ce sont des signes indicateurs pour les producteurs, les financiers, les consommateurs.Le mouvement des prix est précisément ce qui anime l\u2019économie moderne.Toutefois, lorsque des événements historiques, des guerres aboutissent à un déséquilibre des prix vers la hausse, n\u2019y a-t-il pas lieu pour l\u2019autorité publique d\u2019intervenir ?Après tout, l\u2019économie doit servir l\u2019homme.L\u2019homme n\u2019est pas une victime de l\u2019équilibre des prix.Un gouvernement n\u2019aurait-il pas le droit d\u2019agir contre un courant de décisions qui peuvent nuire à toute une société ?Une guerre, un chômage massif, une inflation en spirale ne sont-ils pas des calamités publiques qui exigent une action sage et intelligente de la part d\u2019un gouvernement ?Est-ce qu\u2019un contrôle des prix ne devient pas alors un moyen temporaire qui endigue le mal ?Qui dit contrôle des prix ne signifie pas nécessairement fixation des prix, mais direction du mouvement et des changements de prix.Ce contrôle peut prendre plusieurs formes: soit la forme du contrôle indirect, soit la forme du contrôle général et direct de tous les prix, soit la forme du contrôle sélectif.A.\u2014 Par contrôle indirect des prix, il faut entendre toute mesure qui est de nature à retirer de la circulation les moyens d\u2019achat afin de forcer les consommateurs à se priver et ainsi à déprécier les prix de vente du marché.Là où il n\u2019y a pas d\u2019acheteur, les prix des marchandises ont toujours tendance à baisser.Ce contrôle indirect peut s\u2019exercer de plusieurs manières: a) par l\u2019impôt; b) par l\u2019emprunt public; c) par le contrôle du crédit bancaire; d) par l\u2019épargne obligatoire; e) par le contrôle de la vente à tempérament;/) par le rationnement.Par l\u2019impôt, un gouvernement retire une part du revenu des particuliers pour financer une guerre, acquitter une dette publique.Ce moyen est le plus radical, mais le plus impopulaire du point de vue politique.Par l\u2019emprunt public, le gouvernement vend des obligations.Les sommes retirées de la circulation diminuent le pouvoir d\u2019achat du consommateur et tendent à rabaisser les prix.Un autre moyen efficace consiste à contracter le crédit en demandant aux banques de réduire le crédit de 30 à 50%.Les ouvertures se trouvent réduites, les comptes ouverts diminués et la tendance à la hausse contrôlée.Enfin, un gouvernement peut diminuer les dépenses de consommation par l\u2019épargne obligatoire ou par les coupons de rationnement, que le Canada a connus à la fin de la guerre.Autant de moyens de diriger les dépenses vers d\u2019autres fins que la consommation.Un dernier moyen de contrôle indirect des prix est celui de la diminution de la vente à tempérament, en 124 RELATIONS exigeant par la loi que le consommateur paye en premier versement le tiers ou la moitié du coût de la marchandise.Déjà le gouvernement fédéral a légiféré en ce sens, et les consommateurs ont dû modérer leurs ambitions parce qu\u2019ils n\u2019avaient pas la liquidité suffisante pour faire face à leurs obligations.Autant de moyens qui ont servi dans le passé à freiner la tendance à l\u2019inflation.En fait, le gouvernement canadien a su heureusement utiliser tous ces moyens lors de la guerre de 1939 à 1945.Malheureusement, après la guerre, ces contrôles indirects n\u2019ont pu réussir à abaisser les prix, surtout à une époque où la demande, retenue depuis six ans, se dirigeait sur les autos, les frigidaires, les accessoires électriques et la construction.Le relâchement presque subit des contrôles \u2014 une erreur à notre avis .\u2014 a détruit la sage politique des prix de 1939 à 1945.B.\t\u2014 Il se présente alors un deuxième moyen: le contrôle général des prix.Cette mesure implique une fixation définitive, à une date choisie, de tous les barèmes de prix et de salaires existants.Ce régime, que nous avons connu de 1941 à 1945, peut réussir quand toutes les énergies d\u2019un peuple durant une guerre tendent à une fin, la victoire.En temps de paix, pourrons-nous garantir l\u2019unité des citoyens vers un but: prévenir l\u2019inflation?Car un plafonnement ou un contrôle général des prix comporte un régime de subsides.Ainsi, pour les fins de la discussion, fixons le prix du lait à 20 sous la pinte.Voilà que les fournisseurs de bouteilles, les stérilisateurs, les vendeurs de machines à embouteiller élèvent leurs prix de revient, parce qu\u2019ils doivent importer certains produits.Il faut alors, pour maintenir le plafonnement, payer un subside additionnel.Les économistes d\u2019Ottawa estiment que les subsides d\u2019un contrôle général oscillent entre 300 et 400 millions de dollars par année.Supposer qu\u2019un pour-cent de taxe de vente additionnel procure à l\u2019État $60,000,000, ce serait impliquer une taxe de vente additionnelle de 5 à 6 pour cent.Mesure impopulaire dans une période de prospérité.Le succès relatif du plafonnement des prix au Canada, de 1941 à 1945, était dû à la guerre qui a rallié l\u2019unanimité des volontés.Aujourd\u2019hui, ne pourrions-nous pas invoquer que le peuple canadien vient d\u2019entrer dans une guerre contre le totalitarisme soviétique ?Il est vrai que cette guerre peut nous entraîner pour dix ans, et que le gouvernement n\u2019est pas prêt à prendre le risque de subsides considérables pour une période aussi longue.C.\t\u2014 Aussi suggérons-nous une solution mitigée: un contrôle sélectif des prix pour une période initiale de deux années.Par contrôle sélectif, il faut entendre le plafonnement des prix de certains produits, à l\u2019exclusion des autres.Il y aurait possibilité de contrôler les prix des produits qui constituent les parties essentielles du budget familial, tels que le lait, le pain, le beurre, la viande, le thé, le café, les légumes, les céréales, les chaussures et certains vêtements essentiels.Le montant des subsides, pour maintenir ce contrôle sélectif, coût du contrôle compris, serait d\u2019environ $100,000,000 par année.Le gouvernement fédéral, au début de la dernière guerre, a réussi son contrôle sélectif parce qu\u2019il contrôlait l\u2019offre et la demande du produit.Cela voudrait dire: contrôler les importations et les exportations par des permis.Cette solution, applicable au point de vue administratif, empêcherait les prix de rendre la vie impossible au consommateur canadien.Si, comme on le prévoit, il arrive que les prix de gros américains aient tendance, dès le printemps, à se stabiliser et que les prix de détail en viennent à cette stabilisation tôt ou tard au Canada, le contrôle sélectif deviendra facile.D\u2019ici à ce que les réactions américaines se fassent sentir en notre pays, il s\u2019écoulera tout probablement un laps de six mois ou d\u2019un an.D\u2019ici là l\u2019ouvrier va souffrir.Pour obvier à cet inconvénient, un contrôle sélectif ne serait-il pas une solution sociale plus facilement applicable ?D\u2019ailleurs, en 1939, le gouvernement canadien a fait un succès de son contrôle sélectif.Il a réussi à maintenir le prix de la laine, du beurre, du sucre, du charbon, de l\u2019huile de foie de morue, par des moyens différents sans doute, mais aboutissant à la stabilité des prix.Le contrôle de la consommation et de l\u2019offre des produits, par des permis d\u2019importation et d\u2019exportation et par le contrôle de la production domestique ainsi que par le rationnement, suffirait.Ceci serait facile, du moins pour le pain, le lait, le beurre, le sucre, le thé, le café.Le contrôle serait peut-être plus difficile sur les viandes, mais des inconvénients administratifs ne devraient pas empêcher les législateurs de tendre à assurer la sécurité économique de la classe ouvrière.Sans doute, on dira qu\u2019il est impossible d\u2019avoir un contrôle sélectif sans aboutir fatalement à un plafonnement général.La difficulté, admettons-la.Mais le Canada se trouve en face d\u2019une calamité nationale.S\u2019il adoptait, comme mesure temporaire, pour une période de deux ans, un contrôle des prix des produits qui constituent l\u2019essentiel du budget ouvrier, il éviterait des malaises et des critiques inutiles.Et le risque ne serait pas considérable, parce que déjà les prix de gros américains donnent des signes de stabilité.Mais d\u2019ici à ce que les prix de détail du Canada agissent dans le même sens, il peut s\u2019écouler de six mois à un an, peut-être plus.L\u2019ouvrier ne peut pas attendre l\u2019équilibre naturel des prix.Le ventre affamé ne peut pas attendre les résultats des prévisions économiques.A nous d\u2019agir et d\u2019agir vite.MAI 1951 125 LE MOUVEMENT « PAX CHRISTI »> C\u2019EST UN MOUVEMENT INTERNATIONAL pour la paix.Fondé en 1945, il compte actuellement des représentants dans dix nations.S.Exc.Mgr Feltin, archevêque de Paris, en est le président.Lors d\u2019une réunion tenue en décembre 1950 à l\u2019archevêché de Paris, Mgr Feltin précisa les buts du mouvement : « Développer une croisade de prières pour la paix.« Constituer un centre d\u2019étude à deux degrés: d\u2019une part, pour une vulgarisation des enseignements pontificaux et spécialement des messages de Pie XII, si peu connus; en second lieu, pour une recherche doctrinale sur les problèmes de la paix.« Organiser un foyer d\u2019échanges et de rapprochement entre les peuples, les classes et les nations, sur le plan religieux.» S.S.Pie XII écrivait, dans une lettre du 3 juin 1947: « Le Saint Père se plaît à souhaiter qu\u2019au moment où les hommes travaillent, au prix de tant d\u2019efforts, souvent stériles, à l\u2019établissement de la paix dans le monde, la croisade de Pax Christi contribue à répandre partout la conception chrétienne de la paix et à créer, par les prières de ses adhérents et la diffusion de son bulletin, le climat d\u2019entente universelle qui préparera la vraie et profonde réconciliation entre les hommes et entre les nations.» POÉSIE À L\u2019ÉCOLE MÉNAGÈRE Dans les écoles ménagères, on fait écrire aux élèves des compositions-éclairs.En voici une de Saint- Irénée, sur la poésie.C\u2019est digne d\u2019une bachelière.POÉSIE, pour moi, à quatorze ou quinze ans, c\u2019était un lever de soleil, un ciel bleu avec ou sans nuages, un vert bosquet palpitant de chants d\u2019oiseaux, un soleil de midi qui répand des étoiles sur la mer, un clair de lune.Ça, c\u2019était le comble de la poésie: la lune! Je l\u2019aimais, elle était ma passion, en quartier ou en plein.J\u2019étais froissée au plus haut point quand maman, devant mon mépris des choses du ménage, de la vaisselle surtout, me disait: « Allons, ma petite fille, viens m\u2019aider à faire le ménage, c\u2019est ce que toute femme doit savoir.» J\u2019ai vieilli; les années, les études, le contact avec des gens d\u2019expérience m\u2019ont apporté un peu de sagesse et m\u2019ont surtout descendue de « la lune ».J\u2019ai appris que je dois vivre sur la terre et non sur la planète voisine, que je dois accomplir une mission grande et noble.Au premier abord, elle m\u2019a semblé austère, rigide; mais en l\u2019étudiant à fond, je l\u2019ai trouvée toute chantante de poésie dans les petites choses simples qui la composent.La poésie, elle est là, dans ce lever matinal, où la reine du foyer, épouse et mère, reçoit en primeur ces choses vaporeuses et fraîches nées du matin.Elle est dans le déjeuner qu\u2019on prépare sans bruit; elle est dans l\u2019haleine de la cafetière fumante qui répand son parfum dans tous les coins de la maison, s\u2019arrêtant à chatouiller l\u2019odorat du mari un peu gourmand, le forçant à hâter sa toilette pour déguster le substantiel déjeuner qui le préparera au travail.Elle est surtout, cette poésie simple, enviable et pure, dans le lever des petits.La maman veut pour elle seule cette chère joie; elle éveille ses enfants d\u2019une caresse, la caresse préférée de chacun, baiser dans le nid de l\u2019oreille, dans la fossette sur la joue du bébé, sur le nez retroussé du garçon malicieux.Parce qu\u2019elle les aura regardés à travers l\u2019arc-en-ciel de vos yeux, petits enfants, les soins du ménage viendront à elle en dansant une farandole joyeuse.126 \u2014» AVEC OU SANS COMMENTAIRES LA COLONISATION DANS RIMOUSKI LE RAPPORT ANNUEL de la Société de Colonisation du diocèse de Rimouski, rendu public en mars, est * intéressant à plusieurs titres.1.\tIl prouve bien que les aspirants ne manquent pas: « La compilation des demandes de lots nous a donné cette année un chiffre record: 1,920.L\u2019an dernier, il était de 1,682.« En séparant les demandes par catégories d\u2019âge, nous avons constitué trois groupes: le premier, celui des aspirants de 18 à 25 ans, représente la jeunesse.Le second, de 26 à 30 ans, se compose surtout de jeunes ménages.Enfin, les candidats de 31 ans et plus; ce sont également de jeunes ménages d\u2019origine terrienne, qui, après avoir goûté à la vie de journalier, veulent retourner à la terre; on y compte aussi les requérants de lots de support, et quelquefois des pères de famille nombreuse qui demandent à recommencer à neuf dans une région nouvelle où les terres nombreuses et faciles d\u2019accès leur permettront, avec l\u2019aide de l\u2019État, d\u2019établir tous les fils qui voudront faire leur vie sur la terre.« Voici comment se classent les demandes reçues depuis trois ans: Année\tTotal De 18 à 25 ans De 21 à 30 ans\tplus 1948\t.1,674\t34.93%\t16.73%\t44.27% 1949\t.1,682\t37.62%\t17.89%\t47.4% 1950\t.1,920\t27.64%\t15.88%\t46.5% « Les moyennes sont constantes pour les trois groupes.» 2.\tLe rapport se trouve à illustrer le principe que l\u2019établissement rural, pour être rationnel, doit être conduit selon le plan suivant: d\u2019abord dans la paroisse, si possible; sinon, dans la région; sinon, dans les endroits de colonisation de la province; enfin, en dehors de la province, par exemple dans le Nord-Ontario et dans l\u2019Ouest.Voici ce qui s\u2019est fait à Rimouski: a)\tL\u2019ouverture de quelques rangs compléta la paroisse de Saint-Nil.Cinq autres paroisses « attendent une solution identique pour compléter leurs limites normales ».b)\tFace au diocèse de Rimouski, sur la Côte Nord, une dizaine de Rimouskois furent acceptés sur le plateau de Haute-Rive, où « le chef pratique qu\u2019est S.Exc.Mgr Labrie préconise une colonie maraîchère ».c)\tLa plus forte migration d\u2019aspirants-colons s\u2019est dirigée vers l\u2019Abitibi.« Si nous ne connaissons pas précisément le nombre de ceux qui ont demandé à y aller, nous savons, par les copies d\u2019avis de départ, qu\u2019au moins 185 aspirants sont partis pour se choisir un lot, et l\u2019on peut croire que presque tous vont persévérer en bénéficiant du plan provincial de colonisation.Chaque semaine le ministère de la Colonisation les dirigeait par groupes vers les points de débarquement: Senneterre, Barraute, Amos, La Sarre, et de là les inspecteurs de colonisation les conduisaient vers les jeunes paroisses à compléter, ou de moins récentes à consolider: Daspinassy, Languedoc, Saint-Nazaire, Authier.» d)\tComme les aspirants sont nombreux et qu\u2019ils présentent des goûts et des ressources multiples, la Société de Colo- RELATIONS nisation a continué « de faire connaître les centres variés partout au Canada où il y a des groupes de Canadiens français au milieu de vastes régions fertiles ».D\u2019où poussées fructueuses dans le diocèse de Hearst et, en Alberta, dans la région de la rivière à la Paix.3.\tSans dynamisme intérieur, inspirateur d\u2019efforts et de sacrifices, l\u2019établissement rural est un vain mot.Aussi l\u2019éducation est-elle extrêmement importante.« Il n\u2019est donc pas superflu de répéter ici que les efforts d\u2019éducation auprès des jeunes doivent être soutenus et redoublés, car c\u2019est à cet âge que le problème de l\u2019établissement doit attirer l\u2019attention, afin que les activités, les économies aient un but précis dans l\u2019âme des jeunes qui songent sérieusement à leur avenir.Dans l\u2019œuvre de la colonisation, s\u2019il faut choisir avec soin les régions et les terres à ouvrir, il faut encore assurer la réussite en n\u2019y plaçant que de bons sujets.Essayer de transformer en cultivateurs tous ceux qui s\u2019offrent avec des motifs transitoires, ce serait risquer de rendre un mauvais service à plusieurs et un plus mauvais service encore à la jeune paroisse qui les recevrait.C\u2019est pourquoi on déclare à un bon nombre (30% des aspirants) qu\u2019ils ne réalisent pas toutes les conditions requises pour être admis dans le plan de la colonisation.» Et plus loin: « Dans son travail de propagande et d\u2019éducation en faveur de la colonisation ou de l\u2019établissement rural à tous ses degrés, notre société diocésaine de colonisation a toujours eu pour but de susciter et développer de solides vocations agricoles et de faire connaître les champs d\u2019action.Cette éducation en faveur de la fidélité à la terre s\u2019est poursuivie par différents moyens susceptibles, comme le demandaient les archevêques et évêques du Québec en 1946, de créer une atmosphère favorable à la colonisation.A l\u2019occasion des congrès d\u2019établissement, congrès de l\u2019U.C.C., tournées de propagande en plusieurs paroisses, dans les conférences à la radio en collaboration avec la Société canadienne d\u2019Établissement rural, la question de l\u2019établissement fut étudiée sous tous ses aspects, dans les cadres des paroisses, du diocèse, de la province et du pays tout entier.Il a été fait mention des devoirs de la famille, de la paroisse, de l\u2019État devant cette question importante.Mais il fut surtout rappelé aux individus que les meilleures et les plus indispensables ressources sont en eux-mêmes, dans leur formation et leurs aptitudes.Il fut répété aux jeunes ruraux qu\u2019ils sont les premiers intéressés à ne pas gaspiller les biens précieux reçus avec la vie et l\u2019éducation, et que tout secours est à jamais inutile, si, dans la poursuite du noble but à eux proposé, ils n\u2019apportent la constante collaboration de leurs bras, de leurs économies et de leur cœur.» Ce rapport concorde parfaitement avec ce qui s\u2019est dit aux Journées de Nicolet, à savoir qu\u2019il faut à tout prix donner aux enfants l\u2019esprit de sacrifice, la mystique de la terre, le sens de l\u2019épargne, et qu\u2019il n\u2019y a pas de politique vraiment féconde d\u2019établissement rural sans la collaboration intime de l\u2019Église^ des parents, de la profession organisée, de la paroisse et de l\u2019État.MAI 1951 LES NÉO-CANADIENS Le numéro de mars de l\u2019Œuvre des Tracts présente une causerie sur les Néo-Canadiens, donnée au club Richelieu-Montréal par M.René Gauthier, directeur du Service des Néo-Canadiens de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal.Les deux paragraphes de la fin disent bien quelle doit être l'attitude des Canadiens français à l'égard des Néo-Canadiens : QU\u2019AU NOM de tous mes compatriotes canadiens-français il me soit permis de dire aux Néo-Canadiens combien nous voulons les aider à s\u2019intégrer dans la vie canadienne, combien nous comprenons leurs aspirations.Qu\u2019ils sachent combien nous sommes fiers de leur présenter le témoignage de trois siècles de fidélité à notre langue et à notre foi, dons légués par nos ancêtres, émigrés eux aussi de la vieille Europe.Qu\u2019ils soient assurés de rencontrer chez nous des protecteurs de leur langue maternelle et des admirateurs de leurs traditions apportées de lointaines contrées.Et, principalement, qu\u2019ils sachent bien que notre grand désir est de voir leur foi chrétienne préservée par-dessus tout et avant tout.Si nous comprenons bien notre mission, Canadiens français et Néo-Canadiens, en conjuguant nos énergies respectives nous aurons le grand mérite de travailler en collaborateurs à rendre plus grand et plus renommé notre pays et à rendre plus glorieuse et plus auguste l\u2019Église canadienne.Le problème des Néo-Canadiens: problème humain, problème chrétien.LE BOMBARDEMENT DE CASSINO I\u2019AUTO-CRITIQUE, privilège des démocraties, est une réaction de santé qui correspond dans la vie politique à l\u2019examen de conscience dans la vie spirituelle.Les écrivains ne manquent pas \u2014 ni aux États-Unis ni ailleurs \u2014 qui soulignent les erreurs des Alliés au cours du dernier conflit : la reddition sans conditions, la trahison de la Pologne, la déclaration de guerre de l\u2019U.R.S.S.contre le Japon, au tout dernier moment, etc., erreurs qui peuvent se ramener presque toutes à un seul chef: une politique de compromis et même d\u2019amitié avec l\u2019U.R.S.S.A part les grandes erreurs, il y eut aussi des épisodes qui déclenchèrent de violentes controverses et ne manquèrent pas de causer un incalculable tort au prestige des Alliés.De tous ces épisodes, le plus triste fut sans doute le bombardement du monastère du Mont-Cassin, berceau de la vie monastique en Occident.Le lieutenant-général Mark Wagner Clark, commandant de la glorieuse Ve Armée, vient d\u2019user de son franc parler dans un livre publié chez Harper\u2019s et intitulé Calculated Risk : il qualifie ce bombardement d\u2019 « erreur tragique ».« J\u2019étais un des commandants alliés sur le champ de bataille et le commandant en charge à Cassino, et j\u2019ai affirmé alors qu\u2019il n\u2019y avait aucune preuve que les Allemands se servaient de l\u2019abbaye pour des fins militaires.J\u2019affirme aujourd\u2019hui qu\u2019il existe des preuves irréfutables qu\u2019à part des émissaires, aucun soldat allemand n\u2019a jamais pénétré dans le monastère, si ce n\u2019est pour prendre soin des malades ou pour leur rendre visite.« Non seulement le bombardement de l\u2019abbaye fut une erreur psychologique, inutile dans le domaine de la propagande; ce fut également une erreur de tactique militaire de toute première dimension.Le bombardement ne fit que rendre notre tâche plus difficile et plus coûteuse en fait d\u2019hommes, de matériel et de temps.» t2T m Au fil du mois j , fap.e,\t.Nous extrayons les lignes suivantes e a psyc îot lerapie d\u2019un discours prononcé par Sa Sainteté le pape Pie XII, le 2 novembre 1950, devant une assemblée d\u2019évêques et de cardinaux.C\u2019est nous qui soulignons.La parole est impuissante à décrire le torrent fangeux des livres, brochures, revues, journaux de toutes sortes, qui, par leurs articles et illustrations, remplis de légèretés et d\u2019inconvenances, corrompent le jugement sain du peuple et le bon sens de l'humanité.Sans doute, Nous n\u2019ignorons pas et Nous ne méprisons pas les progrès qui sont la gloire de la médecine, de la psychologie et de la doctrine sociale; bien plus, Nous désirons vivement que la psychothérapie, les consultations méthodiques au sujet du mariage, les institutions établies pour promouvoir le bien des familles utilisent ces progrès.Ce que Nous reprenons et blâmons, c'est qu'à coté et au delà de recherches rigoureuses et honnêtes, pullulent de misérables écrits qui, sous un faux prétexte d'enseignement, excitent chez les lecteurs ignorants et inexpérimentés l\u2019attrait des séductions morbides et les portent à voiler en eux, sous couleur de science, d'obscurs instincts de corruption.Ces paroles du Pape ne seraient-elles pas une réponse discrète aux inquiétudes semées dans les âmes, deux mois auparavant, par un religieux italien, très connu dans le monde pour ses travaux biologiques?La compétence en biologie n\u2019autorise personne, semble-t-il, à jeter l\u2019anathème sur une technique dont trop de catholiques, éminents en médecine et, plus précisément, en sciences psychologiques, connaissent \u2014 en même temps que les ravages aux mains des charlatans, des immoralistes ou des athées \u2014 les magnifiques possibilités de libération spirituelle et d\u2019épanouissement moral sous la conduite de vrais savants et de parfaits croyants.Le moins qu\u2019on doive suggérer aux profanes en ce domaine, surtout après le discours du Pape, c\u2019est d\u2019« imiter de Conrart le silence prudent ».« Bonne fête, maman » C\u2019est le titre d\u2019un très bel album que viennent de publier les Édi-ditions Bellarmin.Sur la page frontispice, où se lit, en lettres blanches détachées d\u2019un fond bleu ciel, Bonne fête, maman, on voit une famille, le père au milieu de ses enfants, présenter un cadeau à la mère qui sourit.Une trentaine d\u2019autres photos, œuvres de l\u2019un de nos meilleurs artistes, M.Armour Landry, illustrent ce cahier, montrant, des noces à la vieillesse, le rôle irremplaçable de la mère de famille.Rôle de vigilance physique et morale, rôle d\u2019instruction, de compréhension, de redressement, de préservation et de direction.Un monde de vertus fleurissent ainsi non seulement dans le cœur de la mère, mais « dans la chaste salubrité du climat familial », comme dit le texte qui commente les photos.Texte soigné; la délicatesse y dialogue avec la profondeur et propose à l\u2019esprit attentif toute une pédagogie maternelle et familiale.Qu\u2019on s\u2019arrête aux pages où les^ auteurs, dissimulés sous le pseudonyme collectif de l'Équipe de mai, suggèrent, avec beaucoup de pénétration psychologique, l\u2019attitude d\u2019une vraie mère en face des problèmes de ses enfants.De la première communion aux fiançailles, « la maman idéale » accueille les questions, répond sereinement aux pourquoi, attire \u2014 sans les arracher \u2014 les confidences, épanouit \u2014 sans lui laisser prendre de mauvais plis \u2014 la personnalité, façonne la rectitude de la conscience par l\u2019amour enthousiaste et l\u2019imitation de Jésus-Christ.Tout cela, comme « la camarade de choix dont nul ne saurait se passer », comme la grande amie à qui on a continuellement 128 recours dans les angoisses du premier péché, dans les « tristesses sans cause » de « l\u2019âge difficile », jusqu\u2019au trouble délicieux d\u2019un naissant amour.Quinze sous pour ce cadeau de fête: à la maman, « boussole d\u2019orientation vers les cimes,.baume des jours amers », qui, même disparue, « guide encore et toujours », par « le souvenir de ses gestes généreux.: notre inspiration et notre fierté ».Aubaine que personne n\u2019a le droit de manquer.Congrès du Conseil canadien On sait l\u2019importance que de la Presse catholique pie XH, à l\u2019instar d\u2019ailleurs de ses prédécesseurs, attache à la presse.Dans un récent discours, il plaçait son influence au-dessus de celles de la radio et du cinéma.Aussi insiste-t-il pour qu\u2019il y ait dans tous les pays des journalistes vraiment catholiques qui sachent mettre la presse au service de la vérité et de l\u2019Église.Tâche qui n\u2019est pas toujours facile et qui exige beaucoup de qualités naturelles et surnaturelles.Pour l\u2019accomplir avec succès, l\u2019union des journalistes catholiques apparaît des plus utiles.Union sur le plan national et même international.Ces directives des papes ont été mises presque partout à exécution.Pie XII en a dit sa joie au Congrès international de la presse catholique, tenu à Rome le 18 février 1950.Mais à côté de ces réunions mondiales, plutôt rares, des réunions nationales s\u2019imposent.Les journalistes catholiques d\u2019un même pays ont intérêt à se rencontrer, à étudier ensemble leurs devoirs, à rechercher les meilleurs moyens de les remplir.C\u2019est ce que vient de faire le Conseil canadien de la Presse catholique.Le 17 avril dernier, ses membres se réunissaient, au nombre d\u2019une quarantaine, pour discuter en commun le rôle du journaliste catholique dans les diverses situations où les circonstances le placent au Canada.Il en est qui travaillent dans un journal spécifiquement catholique, d\u2019autres sont à l\u2019emploi de journaux politiques ou d\u2019affaires.Les uns et les_ autres prétendent agir en catholiques, servir la vérité et l\u2019Église, quoique d\u2019une manière et avec des moyens différents.Trois membres du Conseil canadien de la Presse catholique ont exposé cette situation, et leurs allocutions furent suivies d\u2019un intéressant échange de vues.S.Exc.Mgr l\u2019archevêque de Montréal tira les conclusions.Il insista sur la formation qu\u2019exige le rôle du journaliste catholique s\u2019il veut bien remplir sa tâche, en quelque conjoncture qu\u2019il se trouve.Il dit aussi la nécessité à notre époque de journaux dont le but est de répandre l\u2019enseignement de l\u2019Église sous la direction de la hiérarchie.Cette première manifestation publique du Conseil canadien de la Presse catholique, affilié à la Commission internationale de la Presse catholique, méritait d\u2019être signalée.Elle augure bien des activités du nouvel organisme.Thémis Sur fond d\u2019un bleu azur profond, pointe vers la base de la page frontispice, où s\u2019identifie la « Revue des étudiants de la Faculté de Droit de l\u2019Université de Montréal », le glaive tout blanc de la justice, dont la garde tient suspendus à ses deux extrémités les plateaux de l\u2019équité.Entre les deux plateaux, le nom de la revue: Thémis.C\u2019est propre et distingué.Mais pourquoi « faut-il qu\u2019après deux mille ans de christianisme on ait encore la mythologie dans le cœur » ?Cette réflexion, à propos du nom de la revue que viennent de fonder les étudiants en droit, ne manque pas de pertinence.Dans cette faculté que Jean-Guy Blain, avec autant de sérieux et de justesse que d\u2019élégance, considère comme le foyer universitaire par excellence du «réalisme» et de «l\u2019esprit critique» (Thémis, avril 1951, p.42), tiendrait-on au mythe à ce point?Nous ne le croyons pas.La nouvelle revue de nos futurs juristes nous porte elle-même à lui reconnaître plus de solidité, plus de sens chrétien.RELATIONS En témoignent une magnifique citation de Pie XII (p.22) et le bel effort de pensée que se proposent les initiateurs de Thémis Car ce n\u2019est pas une pochade de basoche qu\u2019on nous présente, mais bien un instrument de réflexion, un lien de pensée en commun et un moyen de soumettre à l\u2019épreuve de la publication les travaux et recherches des étudiants en droit.Sans doute, on accueille aussi des articles rédigés par des aînés, par des maîtres reconnus.Le premier numéro de Thémis en livre deux qui sont d\u2019excellente qualité.Mais il plaît de dire que le rapport de Jean Beetz sur « Le secret professionnel » et les notes de Jean-Guy Blain sur l\u2019humanisme que favorise l\u2019étude du droit n\u2019en paraissent pas écrasés.A les lire, on a l\u2019impression que l\u2019ouverture d\u2019esprit sur les disciplines connexes au droit \u2014 philosophie et théologie morale, histoire et sociologie \u2014 constitue l\u2019un des soucis majeurs de la nouvelle revue.Il convient d\u2019en féliciter les fondateurs.Nous voyons moins d\u2019avantages à transporter ici les blagues dont la bonhomie ou la malice égayent le Quartier latin, encore moins les fautes d\u2019orthographe ou de ponctuation: Thémis est une revue de trop haut ton pour cela.M.Giuseppe Agostini, nous ont servi un régal artistique fort révélateur de nos richesses vocales et instrumentales.Le tout encadré d\u2019une présentation de haute distinction, seyant à merveille au caractère du concours.Que le but du concours soit atteint, cela ne fait pas de doute.On en peut juger non seulement par la récompense attribuée aux deux vainqueurs, mais encore par la faveur que le public accorde aux meilleurs concurrents, sous la forme, par exemple, d\u2019engagements rémunérateurs, leur permettant de poursuivre leur carrière.Nous voulons souligner un autre aspect du concours: l\u2019éducation du sens artistique du public canadien.Les dix provinces du Canada étaient représentées au concours, assurant aux « futures étoiles » un auditoire privilégié.La Société Radio-Canada nous a pour lors offert des émissions qui sont de véritables contributions à notre culture nationale.Honneur à tous ceux qui en ont permis la réalisation! \u2022 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2022 La libération La grève de l\u2019amiante, qui dura de février de Rene Rocque ^ juin ^949^ a fait un tel bruit et divisé tellement les esprits qu\u2019on y touche sans gaieté de cœur.Il faut cependant dire quelques mots de la brochure que vient de publier la C.T.C.C.: René Rocque, prisonnier politique ?Nous n\u2019avons pas la compétence pour apprécier chacun des faits relatés dans cette brochure; mais, en la refermant, une réflexion se présente spontanément: le gouvernement faciliterait l\u2019oubli d\u2019un passé douloureux s\u2019il posait, à l\u2019exemple des compagnies et des ouvriers, un acte d\u2019apaisement.Compagnies et syndicats « ont fait leur possible pour oublier le passé » : la Johns-Manville a retiré les actions prises contre les syndicats et signé des clauses de non-représailles, tandis que les ouvriers ont abandonné les réclamations instituées contre la compagnie.La C.T.C.C.n\u2019excuse pas les actes de violence commis le 5 mai à Asbestos, mais elle les situe dans leur contexte et note que le procès aurait pu prendre une autre tournure si l\u2019acte d\u2019accusation n\u2019avait pas été limité à la période du 1er au 6 mai.Il est, croyons-nous, bien difficile pour le gouvernement de prétendre n\u2019avoir commis aucune erreur durant les quatre mois et demi de grève; voilà pourquoi la libération de Rocque ne constituerait pas un fait tellement extraordinaire.Sans compter, comme il a été dit plus haut, que cet acte de clémence serait pour le pouvoir civil une magnifique façon de contribuer, comme les compagnies et les ouvriers, à l\u2019apaisement des esprits.Un tel acte ne diminuerait pas, mais grandirait le prestige de l\u2019autorité.Nos futures étoiles Le 8 avril dernier, Radio-Canada concluait triomphalement le troisième concours de « Nos futures étoiles » en remettant à Mlle Constance Lambert, d\u2019Abitibi, et à M.James Milligan, de Nouvelle-Écosse, une bourse de $500 et un engagement de 26 émissions leur assurant un supplément d\u2019honoraires de près de $1,500.Il nous fait plaisir de féliciter la Société Radio-Canada pour l\u2019organisation de ce concours annuel.Son but est de découvrir les jeunes chanteurs de talent, leur fournir l\u2019occasion de se produire, les aider à poursuivre leurs études.Le travail se fait sérieusement, si on songe qu\u2019il a fallu cette année pas moins de 784 auditions préliminaires.Mais le meilleur témoignage est encore la qualité des émissions elles-mêmes.Les 60 concurrents, accompagnés par l\u2019orchestre que dirige AU SECOURS DES SANS-FOYER ET DES MAL LOTIS Émile GERVAIS, S.J.DEUX ÉVÉNEMENTS, d\u2019inégale importance, ont contribué, en des pays éloignés par des milliers de milles de distance, à attirer l\u2019attention publique sur la sollicitude de l\u2019Église envers une classe particulièrement déshéritée, les sans-foyer et les mal lotis.A Montréal, S.Exc.Mgr Léger adressait la parole, le mois dernier, à quelque deux cents dirigeants d\u2019associations d\u2019hommes d\u2019affaires.Avec l\u2019autorité du chef spirituel, l\u2019archevêque interrogea leur conscience sociale : « Chaque jour, pour vous rendre à votre travail, vous devez traverser les quartiers pauvres.Avez-vous le courage de regarder le problème bien en face et de jeter toute votre influence dans la mêlée sociale pour faire disparaître les taudis, pour tracer les plans d\u2019une cité terrestre où chaque citoyen pourrait exercer son droit de propriété en possédant un toit digne d\u2019abriter et de protéger son amour et les fruits de son amour ?» Dans la tradition des Pères de l\u2019Église, rappelant aux grands leurs devoirs envers les pauvres, cette parole a dû faire réfléchir ces hommes d\u2019affaires, bien placés pour apporter enfin un remède à la plaie des taudis qui ronge le cœur et la chair de notre petit peuple.Vers le même temps, la princesse Élisabeth d\u2019Angleterre, presque au sortir de l\u2019audience du Pape, s\u2019en fut, accompagnée de son mari le prince Philippe, visiter le village bâti dans la banlieue romaine à l\u2019intention des sans-foyer, le Villagio San Francesco, monument de la munificence du Saint Père.Le couple princier reçut une ovation de la part des familles qui habitent les maisons toutes neuves de cette entreprise domiciliaire et familiale.\tj L\u2019histoire de cette réalisation remonte à l\u2019après-guerre.Elle est un hommage à l\u2019esprit d\u2019initiative et de charité pratique des citoyens de toutes classes, à la coopération active des autorités civiles et religieuses.A cette époque, note un tract de propagande, « la situation était réellement tragique, et les efforts des corps publics (l\u2019État et la municipalité) et ceux des organisations pour la construction d\u2019habitations MAI 1951 129 populaires s\u2019avérèrent insuffisants.C\u2019est alors qu\u2019un groupe de « professionnels », \u2014 parmi eux, le frère du maire de Rome, \u2014 un ingénieur et le président du Fronte della Famiglia décidèrent la fondation d\u2019un comité bénévole, dans le but de coordonner les efforts des particuliers et de les orienter vers la construction de maisons à l\u2019intention des familles réduites à des conditions de vie aussi pitoyables et incapables de payer un loyer quelconque.« Une enquête fut instituée pour déterminer le nombre de familles de cette catégorie et pour étudier leurs conditions de vie.Le rapport-index révéla au delà de mille cas de grave nécessité.« Un membre du comité, l\u2019architecte Vincenzo Passarelli, dressa les plans d\u2019un village de cent maisons, capables d\u2019abriter 400 familles, une population totale de 3,000 personnes.Une somme de 500 millions (de lires) serait nécessaire pour réaliser ce projet.» La participation de l\u2019Église à cette initiative fut empressée et magnifique.A peine le Pape entend-il parler du projet qu\u2019il accorde une audience aux promoteurs.On parle d\u2019une souscription: le Saint Père insiste pour prendre la tête de la liste avec le don magnifique de 50 millions de lires, $100,000 de notre monnaie.Ce geste de munificence sociale s\u2019ajoutait à la théorie déjà longue des générosités papales en faveur des masses nécessiteuses.On connaît les merveilles accomplies, sous l\u2019impulsion énergique du Saint Père, par l\u2019œuvre de secours aux victimes de la guerre et aux millions de réfugiés.En Italie, les contacts personnels du Pape avec le peuple, les secours de toutes sortes distribués par le Vatican n\u2019ont pas moins fait, pour attirer les masses vers l\u2019Église et la papauté et les détacher du communisme, que ses déclarations solennelles.Le Villagio San Francesco restera un magnifique exemple d\u2019adaptation de la traditionnelle sollicitude de l\u2019Église aux besoins modernes de la famille et des masses populaires.HOROSCOPE DE 1971 Alexandre DUGRÉ, S.J.RABELAIS ne se compromettait guère en prédisant, pour une nouvelle année, que « les sourds entendraient mal, que les aveugles ne verraient pas bien, que les paralytiques marcheraient difficilement », et ainsi de suite.Prédire ce que sera 1971 est moins simple.Un horoscope national ne se lit pas dans les cartes, le thé, la main ou la boule de cristal.Et tant de petits prophètes se sont trompés chez nous depuis trois siècles! Dès Champlain, les Cent Associés devaient amener ici 4,000 hommes avant 1643: cela eût changé le sort de l\u2019Amérique.Talon prédit à Louis XIV : « Cette terre, sire, verra quelque chose de grand.» Il en prend les moyens, mais ne dure pas assez longtemps.Pour réussir, il faut durer.En 1760, les pessimistes écrivent le mot Fin à notre histoire, et ils retournent en France.Leur prédiction se trompe aussi, grâce à Dieu et aux habitants, qui restent, qui continuent à labourer, à semer, à peupler, à défricher pour établir leurs fils.En 1860, devant notre émigration et l\u2019immigration anglaise qui donne la majorité au Haut-Canada, nos meilleurs patriotes désespèrent: « Nous espérions.» L\u2019homme des champs, le paysan qui fait le pays, continue sa semence de nourriture et de vie humaine.Malgré la saignée nationale et les chicanes politiciennes, on tient, on reprend confiance, on reprend les prédictions optimistes, on s\u2019y lance jusqu\u2019à prédire 16,000,000 de Canadiens pour 1930, ce que nous serions bien si nous comptions les naufragés.Le monumental curé Labelle, en veine de badinage, annonçait qu\u2019en 1950 nos Canadiens atteindraient le Mexique, et en 2000 le cap Horn, 130 au bout de la Terre-de-Feu! Le cher curé se montrait plus réaliste et pratique en poussant au nord ses feux de terre neuve.Que serons-nous en 1971 ?Vingt ans marquent beaucoup dans la vie d\u2019un homme ou d\u2019une demoiselle, beaucoup moins dans la vie d\u2019un peuple.Encore là, 1950 ressemble-t-il à 1930 ?Et 1930 à 1910, puis à 1890 ?On a dit que le monde a plus avancé depuis soixante ans qu\u2019en six mille ans.Consulter le globe de cristal obligera-t-il d\u2019abord à consulter le globe terrestre?C\u2019est vaste, et fatigant pour un apprenti sorcier.Si deux ou trois guerres mondiales se mêlent de compliquer le problème, ou de le supprimer en nous supprimant, les cartes se brouillent, le globe de cristal se brise, et le globe terrestre est tout fêlé.Si les frontières d\u2019Europe se relâchent en États-Unis d\u2019Europe; si les vingt-deux États de l\u2019Amérique se soudent en Pan-Américanie, avec parlement unique, économie nouvelle et commerce interchangeable, et si la vie nationale tourne en vie mondiale, on ne joue plus, cela dépasse les moyens.Supposons que nul cataclysme ne vienne ccuper le pays aux Grands Lacs en Canada atlantique et Canada pacifique, ni les États-Unis entre nord et sud ou est et ouest, et que le régime économique s\u2019en tienne à la propriété privée, au capitalisme tempéré par une meilleure législation, inspirée de la doctrine sociale de l\u2019Église, pour moins de riches et moins de pauvres.Même alors les prévisions opèrent sur le jeu d\u2019événements libres, sur des effets de volontés d\u2019hommes, dirigeants et dirigés plus ou moins stables.On doit donc toujours parler au conditionnel.Comme l\u2019Aiglon pas prisonnier mais, l\u2019on aura l\u2019horoscope en si.Si nous prévoyons et RELATIONS si nous réalisons! Bien des actes de liberté se poseront; peuples et chefs ne sont pas des robots; ils peuvent zigzaguer de façon déroutante.Et puis, s\u2019ils s\u2019agitent, Dieu les mène; Dieu inspire, tolère et pardonne.Garde-t-il en réserve des palmes ou des fouets ?Serons-nous à notre âge d\u2019or ou à l\u2019âge de fer ?A l\u2019âge de raison ou à l\u2019âge adulte, même à l\u2019âge avancé, marqué des faiblesses des peuples vieux ?Pourquoi pas à l\u2019âge héroïque, assez braves pour faire sentir notre influence dans le monde ?L\u2019on n\u2019abdique pas devant la statistique, mais enfin, la démocratie impose la bataille des chiffres: le nombre est la force, et la force est le droit, la justice, nous avons dû l\u2019apprendre! Il ri est richesse que d'hommes.Un pays vide n\u2019est rien: c\u2019est le Canada sauvage d\u2019avant Champlain.Toutes les richesses y étaient; pourtant le pays ne valait que le gibier des Indiens.Nos compatriotes anglais prophétisent aussi, du moins leurs révérends pasteurs et leurs non révérends orangistes.Ils croient ou feignent de croire qu\u2019en 1971 nous serons la majorité, grâce aux.allocations familiales! Ils ne semblent pas voir nos déracinements qui vont empirando, les trop petits logis et nos éparpillements dans leurs villes, dans l\u2019anglicisation fatale de 100,000 compatriotes à Toronto, Sarnia, Kitchener, Hamilton et jusqu\u2019à Vancouver.Et ils importent des immigrants anglais ou anglicisables, et surtout les grosses familles hollandaises calvinistes, pour suppléer à leurs familles riches de sol et pauvres d\u2019enfants.Jamais il ne faut que l\u2019Ontario soit déclassé par Québec au recensement qui arrive, ni à tous les autres ! Nous étudions le passé; eux préparent 1971 avec un sens pratique à imiter.Pour eux, pas d'en arrière marche ! Pas de chars allégoriques ressuscitant les morts pour une demi-journée, mais trains sur trains de réfu- * giés qui chiffreront contre nous.Autre prédiction: M.Jacques Gréber, l\u2019urbaniste français qui dessine le futur Ottawa pour 1971, affirme qu\u2019au rythme actuel, dans vingt ans Montréal comptera 5,000,000 d\u2019âmes.Ce serait un monstre social, hydro-pisie, hydrocéphalie, tête plus grosse que le corps.Le pauvre Québec, déjà en déséquilibre avec son agriculture amoindrie, serait en perpétuel chavirement.Déclarerait-on solide une maison qui aurait vingt pieds au sol et quatre-vingts pieds de toiture au vent ?Dans les caricatures c\u2019est amusant; pour l\u2019édifice national, inquiétant.Nos enthousiastes d\u2019industrialisation et nos chercheurs de salaires regardent moins loin: pour les uns, la journée de huit heures et les charmes de trottoirs au néon qui cachent les étoiles; pour les autres, les usines mastodontes, qui dessèchent l\u2019homme au profit des profiteurs, sont tout : le sommet du bonheur, la grandeur nationale, un sous-New-York avec ses hystéries, ses hauts, ses bas et ses enquêtes sur la police et le vice.Un malin prétend que Dieu a créé la campagne, et que le diable fait les villes, pas avec rien! Avec les recrues pompées de l\u2019extérieur.Par la natalité rationnée, les villes bétonnées, mangeuses d\u2019hommes, de femmes et de berceaux, ne pourvoient guère à leur accroissement.La vie s\u2019y éteint à la quatrième génération.L\u2019appel aux renforts est automatique; les jeunes de trop sur la ferme et pas dirigés aux cantons neufs montent à Montréal, comme jadis à Fall-River, Bidde-ford ou Manchester.On parle de chômage en ville.Pardon! Jamais tant d\u2019ouvrage aux constructions d\u2019usines et de petits logis.On aurait dû y penser lors du fameux chômage, cette guerre de dix ans.Les journaliers accourent de partout; et les filles, qui ne veulent pas moisir dans leur campagne vidée de maris possibles.Elles veulent gagner argent et mariage.Qui les blâmera, sinon les sociologues?Ainsi nos paroisses de 1,000 âmes en 1850 ont toujours 1,000 âmes; mais elles en ont donné 5,000 à l\u2019aventure, la moisson des surplus et les moissons à naître de ces surplus.Un fermier donnerait-il le surplus de ses champs et de son troupeau ?Ce que l\u2019individu ne fait pas, la nation l\u2019a fait.Elle a donné à l\u2019exil d\u2019abord, puis à la ville, ces surplus de la moisson humaine, des millions de jeunes, en parfaite santé, instruits, peut-être parfaits bilingues, arrivés à l\u2019âge de créer richesses et foyers, qu\u2019ils créaient aux petits Canadas de l\u2019exil.Par année 20,000 jeunes gens, c\u2019est 10,000 mariages, l\u2019équivalent de 50 paroisses de 200 feux, un demi-diocèse neuf que nous perdions.En capital argent, ce capital humain que la Metropolitan évalue à $6,000 par tête à seize ans, c\u2019est $120,000,000 que le Québec, pauvre d\u2019argent mais riche de vie, donnait aux Américains riches d\u2019argent mais pauvres de vie.Hémorragie d\u2019un siècle, 12 beaux milliards plus les intérêts doublés, mais surtout la force de natalité des jeunes foyers, trois ou quatre générations de nids d\u2019hommes, peut-être 8 ou 10 millions de compatriotes dus, perdus faute d\u2019un plan national, quinquennal et perpétuel.Notre avenir se décidera au Québec : fortifions-nous.Être 30% de la population, c\u2019est un peu léger; 40% fera mieux; à 50%, les deux partenaires se regardent dans le blanc des yeux.Finie l\u2019attitude humiliée qui regarde de bas en haut.Que nous soyons 10 millions sur 20 ou 25 millions, que ces 10 millions soient éveillés, conscients, assez instruits pour exploiter leurs richesses naturelles, sans importer des plus fins, et nous ferons de beaux vieux, et nous léguerons un testament de certitude pour l\u2019an 2000, mieux qu\u2019un bilinguisme de traducteurs perpétuels et de serviteurs dans notre maison, quittes à nous faire traiter d\u2019étrangers chez le voisin.Nous ne serons plus Y enfant du premier lit, qui attrape les sales besognes, qui essuie les reproches et qui ne recevra pas l\u2019héritage.Nous serons l\u2019associé, ou bien nous prendrons à notre compte, sous une enseigne MAI 1951 131 neuve, une marque de commerce Québec, Laurentie, ou Canada-Est, comprenant l\u2019Acadie et le Nord-Ontario, réservoirs d\u2019hommes, d\u2019espérance et de force.Prônera-t-on encore Yunité canadienne ou si elle sera faite ?ou si elle sera prouvée impossible ?Jouirons-nous de l\u2019indépendance économique, normale chez les peuples normaux, jouissant de l\u2019autonomie politique?La canalisation du Saint-Laurent nous reliera-t-elle profitablement ou non à Toronto, à Chicago, à l\u2019Ouest ?Gaspé sera-t-il le grand port d\u2019hiver ?Les chutes et le fer de la Côte Nord se marieront-ils en aciéries, en automobiles et en machines agricoles ?Aurons-nous installé des industries tout à nous, et des industries de France qui feraient si bien: draps fins, cidre, vaisselle, poterie, horlogerie, bibelots élégants, bref, quelque chose de plus savant que le bois et le papier?Nos banques, nos caisses, nos compagnies d\u2019assurance ne feront-elles pas travailler notre argent, et l\u2019argent nos hommes, un argent qui n\u2019ira plus aux dépenses creuses, ni aux coffres du rival ?N\u2019aurons-nous pas le sens du devenir, dans un pays tout en devenir ?Il paraît que Québec possède 25,000 génies: ne faudrait-il pas les utiliser?Si nous ne faisons rien pour l\u2019avenir, l\u2019avenir ne fera rien pour nous.Napoléon disait qu\u2019il vaincrait toujours son beau-père d\u2019Autriche parce qu\u2019il vivait dix ans en avant de lui.Ne devons-nous pas avancer nos horloges ?Il paraît que le xxe siècle est le siècle du Canada; pourquoi ne serait-il pas d\u2019abord celui d\u2019un Québec de 340 ans?Pourquoi la Société Saint-Jean-Baptiste n\u2019adresserait-elle pas des mémoires aux gouvernants, comme à l\u2019enquête Massey, ou comme les syndicats ouvriers et l\u2019Union des Cultivateurs ?Nos dirigeants disent avec raison qu\u2019ils ne peuvent tout faire; ils invitent sagement les suggestions constructives.On parlerait de plan annuel ou quinquennal en vingt mémoires d\u2019ici vingt ans ou de quatre plans quinquennaux.On demanderait d\u2019exploiter les richesses du Québec par les Québécois, au lieu de laisser les étrangers exploiter les Québécois.On traiterait du mariage des hommes sans terre avec les terres sans hommes, ces deux belles jeunesses à marier en un mariage d\u2019amour raisonné, qui ne serait pas mixte ni stérile.L\u2019agriculture savante et mécanisée reprendrait sa place de base, place d\u2019honneur et d\u2019avenir, pour le nombre et la qualité de sang riche et de bon sens.Les jeunes ne peuvent pas tous être des chauffeurs de taxi, des commis de bar ou de barbote, que diable! On irait voir les trésors d\u2019argile féconde qui appellent foyers et clochers, pour multiplier les diocèses à Dieu et la nourriture humaine à nos marchés industriels.On calculerait par paroisses et par diocèses, pour les doubler en temps record.Nos innombrables rivières ne veulent plus couler pour rien.Laisse-t-on perdre le charbon?Pourquoi la houille blanche?Nos fleuves poissonneux qui se jettent dans la baie James: Rupert, Broadback, Eastmain, appellent les touristes friands de pêche et de fraîche.Et nos forêts de super-épinettes veulent donner mieux que de la pulpe: une cellulose plastique à merveille.Et les filons d\u2019or qui courent de Timmins à Chibougamau, et les filets de gazoline qui couvent en Gaspésie alimenteraient ne s avions, car tout le monde aura son petit avion! Et pourquoi pas une flotte provinciale qui porterait nos produits du sol et de l\u2019usine aux Amériques du Centre et du Sud, peur en revenir chargée de fruits tropicaux, de sucre et de café, qu\u2019on paye trois fois trop cher ?On travaillera donc, on utilisera l\u2019espace vital et sa richesse,, cadeaux du Créateur, pour un but élevé, pour la vocation nationale de précurseur.Nos collines et nos plaines sont à baptiser, à couronner d\u2019églises: le défricheur aussi est prophète, devancier, apôtre, bâtisseur de l\u2019Église.Un choix s\u2019impose: serons-nous maîtres ou serviteurs chez nous ?promoteurs d\u2019initiatives ou suiveurs toujours en retard de vingt ans ?Serons-nous un peuple de solistes ou de coopérateurs pour le grand œuvre ?Serons-nous lumberjacks ou lumbermen ?mineurs ou exploiteurs de mines ?conquérants ou déserteurs du sol ?une race de prolétaires locataires ou de propriétaires ?Nos argentiers gèleront-ils nos épargnes en bureaux sur la grand-rue ou les sèmeront-ils en créations industrielles, en jaillissements de vie, d\u2019affaires et de grandeur ?Choisirons-nous des placements de pères de famille, de tout repos, ou des risques splendides aux développements à lancer ?Si nous dormons dans un patriotisme de fêtes et de championnats de hockey, si nous continuons nos torticolis politiques et nos complexes de vaincus, « nous tournerons la meule tandis qu\u2019f/s empocheront la mouture », comme disait Asselin.Nous devrons amplifier le réveil amorcé aux équipes d\u2019étude; nous fonderons toujours plus de coopératives d\u2019achat, de vente et d\u2019habitation.La résidence ouvrière sera une demi-campagne avec jardin, repos et santé.Nos unions ouvrières et patronales, plus chrétiennement sociales, donneront un meilleur travail, une meilleure entente stimulée par une participation aux profits.Nous orienterons nos fils vers des études qui fassent d\u2019eux les chefs attendus: ingénieurs de toutes sortes, chimistes, directeurs d\u2019usines et d\u2019unions ouvrières \u2014 et nos filles aux écoles ménagères qui préparent les reines de foyer, les reines de salon aussi.Nous préparerons des jeunes pour toutes les positions, et des positions pour tous nos jeunes.Voulons-nous être un peuple de riches ?Non, mais un peuple de bonne humeur, qui se suffise, qui chante, qui n\u2019émigre plus, qui n\u2019écrase pas les Saint-Vincent-de-Paul et ne fasse pas pitié aux visiteurs.Puis, nous nous manifesterons au monde.Nous réussirons une diplomatie de nos artistes: Jobin, Leblanc, Alarie, Simoneau, Barbeau, Harbour et Tit-Coq nous font une bonne publicité.Nos peintres et nos écrivains aussi; nos historiens et nos romanciers.132 RELATIONS A l\u2019intérieur, une diplomatie de cabines de tourisme aux jolies enseignes, aux disques et menus français, à la mode nouvelle des hôtes polis qui saluent en français, et qui continuent si les voyageurs aiment rappeler leurs phrases de high school.Et la diplomatie de villages coquets, de maisons fleuries, de granges blanchies, et celle de l\u2019artisanat, des bureaux, même des dynamos, grâce à l\u2019Hydro-Québec.Enfin, la diplomatie d\u2019un cinéma national, comme en produisent les pays évolués, Mexique, Irlande, Italie et jusqu\u2019aux Indes.On y déroulerait une mine d\u2019héroïsme, l\u2019histoire du Canada, pour nous l\u2019enseigner d\u2019abord, puis aux jeunes Franco-Américains et aux autres.Nous parlerons un meilleur français, ni parisien, ni canayen mâtiné de jurons et d\u2019anglicismes.Toronto ne dira plus: Speak white, mais: I am sorry; et moins nombreuse deviendra la famille Sorry.Et 1971 verra mieux qu\u2019une survivance, mieux qu\u2019une aurore \u2014 un grand midi de soleil, qui réchauffera même nos groupes de l\u2019Ouest et des États-Unis.Se dire français là-bas n\u2019exigera plus d\u2019héroïsme.Un étudiant avait l\u2019habitude de boire du whisky et soda.Comme ça lui brouillait les idées, il changea en brandy et soda: même effet.Il se mit au gin et soda: encore pareil.Il conclut que c\u2019était la faute du soda.Quand nos Canadiens, ici depuis 1608, se font devancer, bousculer, torpiller, par les nouveaux venus de 1910, ils jettent la faute sur le français! Ils n\u2019accusent pas l\u2019insouciance, l\u2019intempérance, le manque d\u2019ambition, le coca-cola politique, le va-et-vient ruineux des hommes et de l\u2019argent.Pas de doute, nos malheurs proviennent du français, joli mais pas payant.Et ils poussent les jeunes au bilinguisme exagéré des cerveaux tournés en dictionnaires.Ils se poussent eux-mêmes aux sociétés neutres, et ils poussent leurs compatriotes à l\u2019américanisation, de parole et surtout de pensée.Dix ans de service social à l\u2019école Stéphane VALIQUETTE, S.J.ON N\u2019A JAMAIS PENSÉ, nous l\u2019espérons, que le rôle de l\u2019école se réduisît à faire ingurgiter par les écoliers une quantité quelconque de connaissances.On admet qu\u2019une « teste bien faicte » importe plus qu\u2019un cerveau bourré de sciences.Et c\u2019est là toute la responsabilité de l\u2019éducation: développer en l\u2019enfant qui croît cet équilibre intellectuel et affectif qui lui permettra aisément de prendre sa place dans la société, d\u2019y jouer le rôle à lui dévolu par le Créateur de tous biens.Le progrès des sciences médicales et psychologiques nous a, d\u2019autre part, permis de mieux mesurer l\u2019importance de la période de l\u2019enfance dans le développement de la personnalité.C\u2019est jusque là qu\u2019il faut habituellement remonter pour Mgr Courchesne soutenait que certains Canadiens qui ne savent pas dire yes sont complètement américanisés.Nous ferons mieux; nous ambitionnerons d\u2019être nous-mêmes, d\u2019évoluer dans le sens de nos origines et de notre étoffe humaine.Selon Brunetière: « Évoluer, c\u2019est achever de devenir soi-même.» Notre croissance sera voulue, scientifique, organisée d\u2019après un plan, et pas seulement naturelle, par le fait des calendriers.Le terrible Bernanos a écrit, sous un titre suggestif, la Grande Peur des bien pensants, que nous pourrions appliquer aux patriotes à l\u2019eau de rose: « Notre maladie, c\u2019est l\u2019idée fixe d\u2019être créés pour être molestés, d\u2019être des conquis, des êtres dépouillés de leurs droits; d\u2019avoir le besoin et la nostalgie de la servitude, de la bienheureuse servitude qui dispense de vouloir et d\u2019agir, qui mesure à chacun sa tâche et qui fera de l\u2019homme un grand insecte, une colossale fourmi.L\u2019anarchie capitu-larde s\u2019est installée dans ce pays comme la nuit s\u2019installe sur la terre, sans qu\u2019on s\u2019aperçoive du moment où il a cessé de faire jour.» Fini, cela! Nous ne serons plus le pessimiste qui a le choix entre deux maux et qui prend les deux.Nous crierons moins contre ceux qui nous devancent, précisément parce que nous crions, alors qu\u2019eux travaillent la bouche fermée, les dents serrées.Nous sortirons de nos brumes et de nos routines, nous innoverons dans l\u2019esprit de la tradition.Nous le promettons aux anciens, aux morts, qui nous commandent à la manière serbe: Là où je me suis arrêté, tu poursuivras.Ce que je n'ai pu faire, tu le feras.Où je n\u2019ai pu arriver, tu arriveras.Ce que j\u2019ai commencé, tu l\u2019achèveras.notre grand pays, qui sera peut-être la lumière et la conscience de l\u2019Amérique de 1971.Le P.Stéphane Valiquette, directeur du Centre pédagogique des Jésuites canadiens, nous présente un documentaire qui illustre bien les avantages du service social scolaire.expliquer le cas de beaucoup de malheureux dans la vie: délinquants, chômeurs, névrosés, etc.C\u2019est à cette période critique des premiers conflits qu\u2019une facile réhabilitation eût été possible et salutaire.Nous croyons que ces cas problèmes sont suffisamment nombreux pour commander l\u2019attention particulière des éducateurs.L\u2019école est un poste privilégié pour l\u2019observation des enfants.Ils y portent la marque familiale, ils y manifestent leurs attitudes sociales.Un maître un peu exercé aura tôt fait de deviner celui qui recèle un problème.Il n\u2019en faudrait pas conclure pour autant que ce problème est facile à résoudre.Et c\u2019est dans la complexité de cette dernière tâche que l\u2019école trouvera opportun l\u2019apport du service social.MAI 1951 133 L\u2019expérience de plusieurs pays a démontré les heureux résultats que peut produire la conjonction de ces deux organismes.En septembre 1941, Relations présentait à ses lecteurs une initiative canadienne en ce domaine: le Bureau des Œuvres sociales scolaires attaché à la Commission des Écoles catholiques de Montréal.(Alice Le Bel: « Le Service social à l\u2019école ».) Dix années ont passé, dix années de laborieuse expansion et d\u2019indiscutables réalisations, qu\u2019il nous fait plaisir de souligner en hommage à tous ceux qui y ont participé.Le principal mérite revient à Mlle Alice Le Bel, infirmière hygiéniste, fondatrice du Bureau et qui en est encore l\u2019âme dirigeante.Sa forte personnalité, conjuguée à sa profonde conviction de faire œuvre sociale et éducative, lui a permis de surmonter les difficultés inhérentes aux institutions nouvelles.Nous nous devons de l\u2019en féliciter maintenant qu\u2019il nous est loisible de juger l\u2019arbre à ses fruits.SERVICE D\u2019HYGIÈNE ALIMENTAIRE Les cantines scolaires furent la première réalisation du Bureau.Elles organisèrent la distribution du lait dans les écoles à une époque de crise économique mondiale où de nombreux écoliers étaient menacés de sous-alimentation.Grâce aux généreuses souscriptions de la Fédération des Œuvres de charité canadiennes-françaises, de la Commission scolaire, de la Federation of Catholic Charities, du Canadian Progress Club, de la Cité de Montréal et de la Commission de l\u2019Industrie laitière du Québec, les cantines scolaires ont, durant la dernière décade, distribué dans plus de 200 écoles de Montréal 27,756,424 demiards de lait, dont 10,182,283 gratuitement.Splendide contribution à la santé de nos écoliers et conséquemment au succès de leurs études.Ventre affamé n\u2019a pas d\u2019oreilles, pas même pour la science! Les cantines scolaires exigent un double contrôle: contrôle de leurs conditions hygiéniques, contrôle des listes d\u2019écoliers nécessiteux profitant des distributions gratuites de lait.Il va sans dire que ce travail s\u2019accomplit toujours en collaboration avec la direction des écoles et l\u2019infirmière visiteuse du Service de Santé.Le Bureau ne cache pas son admiration pour l\u2019inlassable dévouement et la bienveillante compréhension du personnel enseignant en tout ce qui intéresse le bien-être physique et moral des enfants.Les cantines scolaires appelaient tout naturellement comme complément un travail d\u2019éducation sur l\u2019alimentation.Le Bureau des Œuvres sociales scolaires ne tarda pas à l\u2019entreprendre, complétant ainsi l\u2019organisation de son Service d\u2019hygiène alimentaire.Son personnel est composé d\u2019infirmières diplômées, spécialisées en nutrition.A elles incombe la tâche de faire comprendre que le lait distribué dans les écoles est un supplément de nourriture et non un substitut au repas du matin.A elles surtout appartient de rappeler à tous les intéressés la nécessité d\u2019une bonne alimentation pour des enfants en pleine croissance.A cette fin le Bureau des Œuvres sociales scolaires a préparé et publié une populaire documentation bilingue sur l\u2019alimentation rationnelle, avec insistance sur la valeur nutritive du lait.Il a participé activement aux campagnes nationales sur la nutrition et distribué dans les écoles près de 50,000 tableaux à colorier.Ces tableaux ont servi de thème aux concours sur l\u2019alimentation organisés par le Service de Santé de la ville de Montréal, en 1943.Durant quelques années, cette division d\u2019hygiène alimentaire s\u2019est acquis les services d\u2019une diététicienne.Par des entretiens avec le personnel enseignant, des causeries aux élèves, des conférences aux titulaires d\u2019enseignement ménager, cette spécialiste a contribué pour sa part à mettre en relief l\u2019impérieuse nécessité et le grand bienfait du travail d\u2019éducation auquel se consacre le Service d\u2019hygiène alimentaire créé par le Bureau des Œuvres sociales scolaires.Aujourd\u2019hui ce service d\u2019éducation alimentaire et de surveillance des cantines scolaires est bien établi et la responsable en est une infirmière licenciée, diplômée en sciences ménagères.De ses contacts assidus avec la direction des écoles et les infirmières visiteuses du Service de santé surgit une collaboration promise aux plus fructueux résultats.SERVICE SOCIAL SCOLAIRE Les cantines scolaires, en s\u2019appliquant à améliorer la santé de nos écoliers, eurent aussi pour heureux effet de rendre tangible aux parents et au personnel enseignant le bienfait du service social à l\u2019école.De là à confier au Bureau des cas qui réclamaient une aide professionnelle, il n\u2019y avait qu\u2019un pas, vite franchi.Pour y répondre, le Bureau développa son Service social scolaire.Au début, la pénurie de ressources limitait le service au rôle d\u2019agent de liaison entre l\u2019école et les agences sociales officielles: solliciter de l\u2019aide auprès des sociétés de bienfaisance, diriger vers les cliniques et les hôpitaux les enfants qui avaient besoin de traitements, recommander au Service du Bien-Être social de la Cité ceux à qui il fallait protection morale, etc.Ce rôle est utile et doit se continuer, mais il s\u2019avère parfois insuffisant.Heureusement, une opportune aide financière venue de la Commission des Écoles catholiques de Montréal permit au Bureau d\u2019augmenter le nombre de ses travailleuses sociales et d\u2019établir un véritable service professionnel.(Ce service social scolaire a été reconnu par la National Association of School Social Workers dont le siège social est à New-York.) Dorénavant, il pouvait assumer lui-même les cas que les autorités scolaires ne manquaient pas de lui signaler et contribuait ainsi plus immédiatement à l\u2019épanouissement moral, intellectuel et physique de nos écoliers.UNE ŒUVRE À MAINTENIR Seule une convergence de bonnes volontés peut expliquer le rapide essor du Bureau des Œuvres sociales scolaires maintenant officiellement établi par lettres patentes provinciales.Nous avons déjà mentionné l\u2019un ou l\u2019autre de ces opportuns concours.Peut-être faudrait-il signaler encore la collaboration empressée de nos œuvres de bienfaisance comme la Société Saint-Vincent-de-Paul et celle des Services publics gouvernementaux, à quoi s\u2019ajoute l\u2019encourageante compréhension du clergé paroissial.Mais surtout nous nous devons de signaler les généreuses souscriptions de firmes de produits laitiers, qui dès le début ont accordé au Bureau leur inlassable et intelligent appui.La Commission des Écoles catholiques de Montréal, la plus importante corporation scolaire du Canada, est la seule à bénéficier d\u2019un organisme d\u2019œuvres sociales scolaires vouées exclusivement aux enfants qui fréquentent ses écoles.C\u2019est tout à son honneur, et il faut la féliciter non seulement d\u2019avoir, par ses subsides, favorisé le développement de ce service mandataire, mais encore de l\u2019avoir logé dans des bureaux qui marquent l\u2019importance qu\u2019on lui attribue.Souhaitons que cette assistance croisse au rythme des progrès du Bureau pour mieux répondre aux besoins grandissants de nos écoliers.134 RELATIONS HORIZON INTERNATIONAL PERSÉCUTIONS\tPolog ne.\u2014 En septembre 1950, l\u2019épiscopat polonais se réunit à Czestochowa, examina la situation faite à l\u2019Église, adressa une lettre considérable à M.Boleslas Bierut, président de la république de Pologne.Ce document prit cinq mois pour arriver à l\u2019Osservalore Romano, qui le publia le 14 février 1951.Une fois imprimé, il employa cinq semaines pour arriver jusqu\u2019à nous.Ainsi, des nouvelles qui comptent parmi les plus importantes de la chrétienté arrivent si tard qu\u2019elles ont perdu tout intérêt pour ceux qui jugent les événements d\u2019après les télégrammes à sensation.Pourtant, quoique vieux de six mois, le document est tragique.Transcrivons le paragraphe qui énumère les pertes de l\u2019Église durant les cinq dernières années: La rupture unilatérale du concordat par l\u2019État polonais; le refus du gouvernement de prendre connaissance de la réorganisation ecclésiastique des terres recouvrées; la défense de réorganiser les associations catholiques; la liquidation graduée et continue des écoles catholiques ; la sévère réduction des facilités accordées à la presse et aux maisons d\u2019édition catholiques, allant jusqu\u2019à l\u2019extinction, par le moyen de la censure et de la presse politique; l\u2019enlèvement à l\u2019Église des imprimeries diocésaines et des établissements éditoriaux catholiques; la transformation en sociétés des hôpitaux appartenant à l\u2019Eglise, pour les étatiser ensuite; l\u2019ingérence des autorités administratives dans la vie des confraternités et associations ecclésiastiques, jusqu\u2019à l\u2019enregistrement obligatoire des couvents et congrégations religieuses; la restriction de la liberté du culte public \u2014 tentatives de diminuer les offices et les dévotions (missions, processions publiques, réunions et congrès religieux) ; la liquidation de l\u2019organisation ecclésiastique de bienfaisance Caritas; l\u2019étatisation complète des biens d\u2019Eglise; la campagne d\u2019hostilité à l\u2019adresse du Saint-Siège et de l\u2019épiscopat, changeante dans son intensité et dans son inspiration; la restriction du droit de la religion à l\u2019école; l\u2019expulsion et exclusion des écoles de plusieurs centaines de prêtres catéchistes; la formation d\u2019organisations juvéniles dans une idéologie hostile au christianisme; l\u2019appui accordé à des publications qui dénigrent les mérites séculaires, l\u2019enseignement et la vie de l\u2019Eglise; la propagande antireligieuse par le moyen de milliers d\u2019imprimés, de conférences, d\u2019instructions, de cours de formation scolaire; la restriction de la liberté de conscience des membres des associations, du parti, des fédérations professionnelles; la propagande antireligieuse dans les établissements préscolaires et dans les écoles, dans les colonies d\u2019été et aux camps des enfants et des jeunes; l\u2019usage d\u2019un considérable déploiement administratif de la part de la magistrature, de la police et du fisc pour faire pression sur la conscience des citoyens, sans en exempter les prêtres et les évêques.Les évêques ont souvent protesté.Après un premier cycle de persécution, ils conclurent avec le gouvernement une entente dont il fut largement question dans nos journaux.Depuis lors, en dépit de l\u2019entente, il y eut « accélération dans la^ liquidation des établissements et des organisations de l\u2019Église ».L\u2019épiscopat développe quelques doléances plus graves: les « prêtres patriotes » ralliés au nouveau régime et favorisés par lui.L\u2019épiscopat observe qu\u2019aucun des dirigeants de la section sacerdotale de cette organisation « patriote » n\u2019est « en règle avec ses obligations morales et canoniques ».Leur publication, Voix du Clergé, quoique destinée au clergé, est publiée sans autorisation ecclésiastique; elle lutte systématiquement contre le Saint-Siège, le Pape, et l\u2019épiscopat, s\u2019efforce de briser la discipline ecclésiastique et tend à promouvoir, à l\u2019intérieur même du clergé, l\u2019hérésie et le schisme.Au premier Congrès de la Paix, on se servit d\u2019un de ces prêtres pour attaquer le Saint Père.Il est difficile de savoir combien il y a de ces « prêtres patriotes », que Radio-Vatican appela récemment des « communistes en habit ecclésiastique ».Il n\u2019y a plus d\u2019aumôniers protestants ou juifs; il reste quelques aumôniers militaires « catholiques », tous choisis parmi ces « prêtres patriotes », transfuges de l\u2019Église et passés au régime.Leur journal, la Voix de l'Armée, anti-hiérarchique, anti-papal, proclame que le Pape s\u2019oppose à la paix, s\u2019allie aux Américains pour faire la guerre contre l\u2019U.R.S.S.Tchécoslovaquie.\u2014 Depuis notre dernière chronique sur ce pays (août 1949), tous les évêques catholiques du pays ont été condamnés à la réclusion; les uns sont gardés à domicile; les autres ont disparu en prison ou dans les camps.Le 8 mars de cette année, les autorités donnèrent un successeur à l\u2019archevêque de Prague, Mgr Beran, gardé à vue depuis près de deux ans, aujourd\u2019hui disparu.Le 18 juin 1949, durant ses derniers jours de liberté, il avait déclaré: « Peut-être apprendrez-vous bientôt à la radio toute espèce de choses à mon sujet.Vous entendrez peut-être dire que j\u2019ai fait des aveux, ou d\u2019autres déclarations.» Les communistes ne l\u2019ont pas encore brisé.Comme successeur, on lui a donné Antonin Stehlik, naguère curé dans la banlieue de Prague, récemment nommé « chanoine » de la cathédrale de Prague avec trois compères, aujourd\u2019hui promu vicaire capitulaire et évidemment excommunié.Il n\u2019est pas le seul prélat irrégulier.En février 1950, à la mort de Mgr Skrabik, évêque de Banska Bystrice, le gouvernement lui désigna comme successeur, avec titre d\u2019administrateur, Jean Dechet, qui fut, lui aussi, pour avoir accepté ce poste, excommunié.En mai 1950, le gouvernement nomma Joseph Buchta vicaire général de Ceské Budejovice; il est impossible de considérer ces prélats comme appartenant à l\u2019Église catholique.A peu près tous les diocèses aujourd\u2019hui sont administrés illégalement.Presque tout le personnel (authentique) des curies épiscopales a été arrêté.On a remplacé les prisonniers par des créatures du régime.Beaucoup de religieux furent envoyés aux mines d\u2019uranium de Yachimow, où ils travaillent sous les ordres de fonctionnaires soviétiques, ce qui rend un peu ridicules nos « pacifistes » soviétisants anti-atomiques.On a noté le passage d\u2019autres religieux à travers la Slovaquie dans des wagons plombés.Ils devaient être expédiés en Sibérie.Les couvents furent liquidés durant les nuits du 14 au 15 avril 1950, du 21 au 22 avril et du 4 au 5 mai; à cette occasion, on força les tabernacles et il y eut d\u2019immondes orgies avec des hosties consacrées.En septembre 1950, tous les religieux de quarante ans ou moins furent embrigadés dans l\u2019armée.Les novices, au nombre d\u2019environ 600, furent installés dans quelques couvents spéciaux où on tenta inutilement de les influencer.On les envoya alors dans des « brigades volontaires du travail », avec des filles, dans une promiscuité inconvenante.Les directeurs des séminaires ont été arrêtés, et on a nommé à leur place des prêtres ralliés.Les études théologiques ont été réorganisées par décret, le 14 juillet 1950.Les séminaires diocésains et les scolasticats religieux ont été supprimés.Les élèves iront aux facultés théologiques de Prague et de Bratislava où ils seront formés dans l\u2019esprit de la « démocratie populaire ».Tout est réglementé par un bureau nommé par l\u2019État, chargé aussi du recrutement.A Prague, sur 700 élèves qu\u2019il y avait à la faculté théologique, il en revint quelques dizaines à la rentrée de l\u2019automne dernier; quelques-uns portaient l\u2019emblème communiste sur eur soutane.A Bratislava, où, l\u2019année précédente, il y avait eu 160 élèves, et où environ 400 auraient dû venir des établissements fermés, il n\u2019y en eut qu\u2019une trentaine.Le 12 mars 1951, le vice-président du Conseil des ministres, et chef de la section des cultes, M.Fierlinger, administra le MAI 1951 135 serment d\u2019office à six prélats, dont quatre évêques et deux administrateurs.Après le serment, l\u2019un d\u2019entre eux déclara qu\u2019il appuyait le « Mouvement mondial pour la paix », et qu\u2019il rejetait le décret du Vatican sur les excommunications « pour raisons politiques ».Le 17 mars, le Saint-Office excommunia ceux qui avaien! coopéré à l\u2019expulsion de Mgr Beran.Chine.\u2014 Comme dans les deux pays précédents, le gouvernement fait pression pour subordonner la religion à sa politique.Le 24 septembre 1950 parut, dans la presse, un Manifeste des chefs protestants.Parmi les signataires, New China News Agency (communiste) nomme: Wu Yao-tsung, chef du département de publications du Conseil national de la Y.M.C.A., Teng Yu-chih, chief executive du Conseil national de la Y.M.C.A., Chao Chih-chen, doyen de l\u2019École de Théologie de l\u2019Université du Yenching, Liu Liang-mo, chef du département du travail du Conseil national de la Y.M.C.A., et d\u2019autres.Le manifeste fut publié à Shanghaï.On y disait que le christianisme arriva en Chine il y a cent quarante ans, que l\u2019impérialisme l\u2019y suivit presque aussitôt, que les missionnaires durent bon gré mal gré collaborer avec l\u2019impérialisme, que l\u2019impérialisme se sert de la religion pour ses propres desseins, que le christianisme doit se purger de l\u2019impérialisme, surtout américain, et achever sa triple indépendance: économique, administrative et missionnaire.Tout le monde reconnut l\u2019importance du Manifeste.La presse le reproduisit dans toute la Chine, et on travailla à obtenir des signatures.Le 4 octobre, la présidente de la branche pékinoise de la Y.W.C.A., Mary Yu, la secrétaire générale de la même branche, Chen Wen Yun et d\u2019autres annoncèrent leur adhésion.En fin novembre, on avait recueilli environ 7,000 noms dans « Hupei, Hunan, etc.».Le protestantisme indigène chinois a cédé.On fit alors pression sur les catholiques.Dans le lointain Szechuan, près de la frontière du Shensi, il y avait un jeune prêtre du nom de Wang Liang-tso, ordonné en 1947, dont les sentiments nationalistes et anti-américains étaient vifs.Sans peut-être songer aux conséquences que sa démarche pouvait entraîner, cette fois, contre l\u2019Église, il réunit le 30 novembre « 500 catholiques » (sa paroisse avait de 700 à 800 fidèles) et leur fit signer le manifeste suivant: Catholiques de tout le pays: Depuis que le catholicisme est venu en Chine, les impérialistes ont tout fait pour utiliser l\u2019Eglise en vue de préparer l\u2019agression.La France, par exemple, déclara une guerre d\u2019agression contre la Chine à cause de la mort non expliquée d\u2019un prêtre français.A la fin de la guerre, les Français imposèrent, dans le traité de paix, un article sur le « droit de prêcher en Chine », trahissant ainsi leur intention de continuer l\u2019agression en Chine.Les impérialistes américains ont été particulièrement répréhensibles.Ils employèrent l\u2019argent et de nombreux actes de bienveillance pour acheter les Chinois.Leur but évident était d\u2019utiliser l\u2019Eglise pour une agression à longue échéance.Une Chine nouvelle se lève aujourd\u2019hui, indépendante, démocratique, libre.Les impérialistes sont hostiles au peuple chinois; ils sont déterminés à étendre leur guerre d\u2019agression.Malgré les avertissements répétés des pacifistes chinois, ils ont porté les flammes de la guerre jusqu\u2019à la frontière de nos provinces du nord-est.Ils ont bombardé des villes ouvertes et des citoyens innocents.Parlant en citoyens patriotes, nous avons décidé de rompre tout rapport avec les pays impérialistes, de nous défaire de toutes nos attaches pro-américaines et de tout sentiment de crainte et d\u2019infériorité.Nous sommes déterminés à bâtir une Eglise qui se gouvernera elle-même, se supportera elle-même et se propagera elle-même.Nous ne permettrons pas que la sainte Eglise soit souillée par l\u2019immonde impérialisme.Chers catholiques: pour briser la conspiration impérialiste d\u2019agression, nous devons appuyer le mouvement antiaméricain d\u2019Aide à la Corée et celui de Défense nationale avec une activité redoublée, renforcer le camp de la paix démocratique et lutter pour la reconstruction de la Chine.Nous avons convoqué une assemblée pour le 30 novembre, à laquelle participèrent les autorités.Tous les catholiques exprimèrent de toute leur force leur adhésion cordiale à ce mouvement, et nous vous demandons de répondre à notre appel de façon active, pour assurer le succès du mouvement et faire connaître les expériences de vos consciences.A première vue, ce document n\u2019est que l\u2019expression d\u2019un nationalisme un peu surexcité comme il se trouve ailleurs, parfois avec moins d\u2019excuse qu\u2019au Szechuan.Quand on l\u2019étudie à tête reposée, et loin du fouet qui l\u2019impose, on voit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une campagne d\u2019ensemble contre l\u2019autorité du Souverain Pontife.C\u2019est, en chinois, la même chose que nous avons vue en Pologne, en Tchécoslovaquie et ailleurs.Pour avoir un signataire, on dut aller au fond du Szechuan, et l\u2019on n\u2019y trouva que ce jeune homme.Il était difficile à la propagande communiste de rendre un hommage plus éclatant à la fidélité romaine du clergé chinois.Qu\u2019arrivera-t-il demain, quand on emprisonnera, torturera et tuera les prêtres fidèles, et qu\u2019on donnera toute autorité aux misérables apostats, qu\u2019on finira bien par trouver en Chine comme ailleurs ?Le Chinois sait baisser la tête avec une infinie patience et attendre que l\u2019orage passe.Il en a tant vu! La réunion du 19 novembre donna « plus de 600 signatures » peu impressionnantes, parce que probablement les mêmes que celles du 30 novembre.En fin décembre, le gouvernement prit possession de tous les établissements missionnaires « qui recevaient assistance des Américains », et également des autres.Sur 103 églises protestantes de Chine, 58 (50%) étaient américaines, et 15 églises protestantes chinoises recevaient des subsides américains.Des 123 diocèses catholiques de Chine, 13 avaient des évêques américains h Six ou sept communautés religieuses américaines avaient des établissements en Chine.La mesure reçut une extension plus considérable.Un peu partout, les établissements scolaires (universités, collèges, écoles) furent transformés; ils cessèrent de servir à l\u2019éducation religieuse pour former des marxistes.Le 15 janvier 1951, le journal communiste Shen-yâng Je-pao décrivit ainsi le mouvement de triple autonomie: La réforme du christianisme est basée sur le principe de la triple autonomie: économique, administrative et missionnaire.Autonomie économique.La plus urgente des trois, mais la moins importante du point de vue doctrinal.Ce qu\u2019on appelle ainsi, c\u2019est la rupture totale des relations dans le domaine économique et financier avec l\u2019étranger et plus spécialement avec l\u2019Amérique.Cela s\u2019applique non seulement aux Eglises, mais à toutes les œuvres soutenues par elles, comme écoles, hôpitaux, etc., et tous les autres moyens de propagande.Autonomie administrative (Tze-Chih).Ce n\u2019est pas seulement l\u2019émancipation et la suppression de toute direction étrangère dans les Eglises.Là n\u2019est pas la question, car les missionnaires étrangers ne sont plus bien nombreux, et le peu qu\u2019il en reste ne joue plus aucun rôle, soit réel, soit nominal, dans l\u2019administration des Eglises et des œuvres.Il faut donner à ce mot de Tze-Chih un sens bien plus profond, que voici.La direction des Eglises chinoises et des œuvres créées et soutenues par elles doit rejeter la conception occidentale de l\u2019autorité traditionnelle et fonder réellement une administration, une législation et un culte en tous points conformes aux besoins des chrétiens chinois.La question de l\u2019unification des Eglises et de la responsabilité ou participation des fidèles est en connexion avec ce principe.1.On ne donne pas, d\u2019ordinaire, la nationalité des évêques.Les précisions suivantes ne sont qu\u2019approximatives, car nous avons supposé que les Pères du Verbe Divin étaient allemands; les Pères de Scheut, belges; les Prêtres des Missions Etrangères de Paris, français, etc.On aurait alors à peu près le tableau suivant de l\u2019épiscopat chinois par nationalités: Chinois, 31 ; Français, 26; Italiens, 23; Allemands, 13; Américains, 13; Belges, 8; Philippins, 7 (dont plusieurs étaient sans doute espagnols) ; Espagnols, 6; Canadiens, 4; Irlandais, 3; Hongrois, 2; Autrichiens, Suisses, Polonais, Hollandais, 1.C\u2019est un tableau extraordinaire de l\u2019universalité de l\u2019Eglise.Il n\u2019y a rien qui suggère l\u2019impérialisme.136 RELATIONS Autonomie missionnaire (Tze-ch\u2019uan).C\u2019est une chose qui ne pourra se réaliser qu\u2019à la longue.La question n\u2019est pas de savoir qui désormais prêchera, mais que prêchera-t-on ?Les Eglises de Chine n\u2019ont plus besoin de missionnaires étrangers pour prêcher, \u2014 c\u2019est chose évidente, \u2014 mais QUE devront enseigner les Chinois qui leur succèdent ?Le christianisme chinois nous vient de l\u2019Occident; la formation théologique reçue par les prédicants chinois est purement occidentale; les ouvrages chrétiens mis à la disposition des fidèles sont pour la plupart des traductions d\u2019auteurs occidentaux.Si on veut réaliser vraiment le Tze-ch\u2019uan, c\u2019est aux chrétiens chinois qu\u2019il appartient de fouiller les trésors de l\u2019Evangile en se débarrassant des liens de la théologie occidentale; c\u2019est à eux encore qu\u2019il appartient de rompre avec une pensée ennemie du réalisme et de créer un système théologique appartenant en propre aux Chinois chrétiens.Ce n\u2019est qu\u2019à cette condition que brillera dans la nouvelle Chine le véritable esprit de l\u2019Evangile de Jésus (Fides, 24-2-51).Ne croyez pas que la Chine se replie sur son passé.Ce « nationalisme », prêché incessamment par la radio, le journal, la brochure et les hommes armés qui font signer des « confessions », n\u2019est qu\u2019une étape.De son côté, le parti communiste s\u2019épure.A toute allure, il trempe ses nouveaux dirigeants dans le marxisme.Dans les trente-quatre collèges et universités de la Chine du Sud, bâtis dans une large mesure par la charité des petites gens de nos pays, 19,382 étudiants apprennent le communisme; 12,000 autres, enrôlés dans cinq universités « populaires » du même district, se préparent à gouverner.L\u2019action du clergé non indigène a été enrayée dans une large mesure par les expulsions, l\u2019emprisonnement, les passeports intérieurs, l\u2019interdiction de circuler.Écoles, dispensaires, orphelinats deviennent des instruments de propagande communiste, et nos Sœurs de l\u2019Immaculée-Conception, qui ont tout laissé pour aller au secours des enfants abandonnés, sont jetées en prison pour leur charité; le clergé indigène chinois, formé depuis des générations par le dévouement éclairé des missionnaires, porte presque seul la responsabilité de prêcher le Christ en Chine rouge.Dans un rapport du 3 mars 1951, Fides rapporta d\u2019admirables cas d\u2019héroïsme.Il tient! En Chine, comme ailleurs, ceux qui voient clair savent que la vraie bataille se livre entre l\u2019Esprit et la matière, entre le suprême sacrifice et la puissance matérielle.Malgré le jargon dont on l\u2019enveloppe, le « nationalisme » antiromain est le même vieux marxisme, mêlé d\u2019impérialisme soviétique, qu\u2019on retrouve partout où les armées rouges ont établi leur domination.Commerce.\u2014 Le Hong Kong Standard du 21 décembre 1950 rapporta que le gouvernement britannique se voyait dans la nécessité de continuer son commerce avec la Chine rouge.Durant les neuf premiers mois de 1950, les importations britanniques de Chine s\u2019élevèrent à £6,000,0r0 (la livre vaut environ $4.86); les œufs montent au tiers de ces importations.Par contre, durant ces neuf mois, la Grande-Bretagne envoya en Chine pour environ £1,500,000 de fer et d\u2019acier, et £2,00,0000 de machines.Les nouvelles maritimes semblent indiquer que ce commerce n\u2019a fait qu\u2019augmenter durant les trois derniers mois de l\u2019année, ce qui semblerait prouver que la Chine rouge, comme l\u2019Allemagne de M.Goeb-bels, a pris pour devise: des canons, non des œufs, tandis que l\u2019Angleterre.Sans doute, comme l\u2019a récemment établi le rapport de Herbert Wehner, d\u2019autres pays se sont rendus coupables de ce commerce.La Grande-Bretagne a encore étudié la question d\u2019arrêter l\u2019importation de caoutchouc de Malaisie en Chine rouge.Il fut décidé de continuer à fournir la Chine, car si le caoutchouc ne venait pas de Malaisie, il viendrait peut-être d\u2019ailleurs (d\u2019où ?).En un mot, pendant que certains hommes se font tuer, d\u2019autres font de l\u2019argent.Pacifisme.\u2014Le 5 février 1951, après une visite à Toronto où nous constatâmes que Massey Hall se louait une fois par mois à des gens qui faisaient de la propagande pro-soviétique, nous écrivîmes à M.Drew pour lui demander d\u2019employer ses bons offices afin que l\u2019argent d\u2019un tel louage allât à la Croix-Rouge.Il nous semblait immonde qu\u2019on s\u2019enrichît avec la dénigration de nos soldats et de leurs chefs.Notre lettre fut reproduite par un nombre considérable de journaux; M.Drew vint à Toronto et fit un courageux discours.Plusieurs nous demandèrent pourquoi nous avions écrit à M.Drew plutôt qu\u2019à M.Saint-Laurent ou à M.Frost.M.Saint-Laurent était très occupé avec les affaires internationales; on aurait pu interpréter une démarche auprès du pouvoir exécutif comme une demande d\u2019intervention policière.Or, les trustees de Massey Hall comptent parmi les personnalités les plus distinguées de Toronto.Ce sont, en effet: MM.J.S.McLean, Esq., l\u2019Hon.Vincent Massey, Fred R.MacKelcan, K.C., et Son Honneur M.le maire.Malgré notre démarche et la publicité dont elle fut entourée, Massey Hall fut louée, le 7 avril, pour la représentation du Chant de la Foret de Chostakovitch, une « première mondiale » en dehors d\u2019U.R.S.S., ce qui montre l\u2019importance de Toronto dans le monde soviétisant.Le lendemain, 8 avril, Massey Hall fut louée à l\u2019Assemblée canadienne de la Paix, succursale nationale du Mouvement mondial pour la Paix, dont le deuxième congrès (Sheffield) fut chassé l\u2019an dernier de l\u2019Angleterre travailliste et se réfugia derrière le rideau de fer, à Varsovie.Le Dr.Endicott déclara que le mouvement de pétitions, dit de Stockholm, avait eu, en réalité, une origine canadienne.Un service d\u2019ordre considérable, et au sujet duquel diverses appréciations ont été émises par la presse (strong-arm tactics, people intimidated and manhandled, burly boys, etc.), donna aux Torontoniens une idée de ce que pouvait être, au Canada, une organisation paramilitaire.Au dehors, environ 2,000 personnes protestèrent.La police intervint pour protéger les soviétisants.Il semble que les « anticommunistes » étaient des apatrides récemment arrivés d\u2019Europe.Ainsi, grâce à la complaisance de Massey Hall, les soviétisants peuvent se féliciter des quatre victoires suivantes: 1) Au lieu d\u2019avoir Massey Hall une fois par mois, ils l\u2019eurent trois fois en avril, le 7, le 8 et le 29.Ils pourront se vanter que la « pression populaire » a forcé la main aux autorités de Massey Hall.2) Ils éprouvèrent la puissance de combat de leurs propres unités « d\u2019ordre ».3) Ils obtinrent l\u2019appui de la police qui se rangea de leur côté avec une telle efficacité que l\u2019assemblée se déroula et se termina, d\u2019après le Vestnik de Toronto, « dans un ordre parfait et avec grand enthousiasme ».4) Ayant obtenu tout cela, ils pourront encore se' poser en martyrs.En effet, le 24 février, le Dr.Endicott avait déclaré à Berlin: En Amérique du Nord, et particulièrement au Canada, il est difficile de dire au peuple les faits qui caractérisent le Mouvement pour la Paix.La presse, représentant les cercles du grand business, ne publiera pas de renseignements favorables sur la lutte pour la paix.Nous sommes privés de toute possibilité d\u2019intervenir à la radio pour appuyer notre cause; les écoles comme les églises nous sont fermées, à de rares exceptions près.Les autorités nous qualifient de traîtres; des énergumènes sabotent nos meetings; nous avons toujours moins la possibilité de présenter notre cause au peuple.Pour des gens qui ont Massey Hall aussi souvent que le Dr.Endicott et ses amis, c\u2019était une plainte peu justifiée.Le Dr.Endicott se considérera martyr jusqu\u2019au jour où il parlera tout seul au parlement canadien.La quête faite durant l\u2019assemblée rapporta $2,835.Environ $1,C00 supplémentaires furent promis.Total: $3,835 pour la cause de la « paix ».Le Dr.Endicott doit être convaincu, à l\u2019heure qu\u2019il est, que les « masses canadiennes » sont avec lui.MAI 1951 137 LES LIVRES VIE SPIRITUELLE Abbé A.LHERMITTE, S.D.B.: Le Triomphe de la miséricorde.Le Sacré Cœur de Jésus dans 'l\u2019Évangile et dans l\u2019histoire.Troisième édition.\u2014 Paris, Casterman, 1950.200 pp., 20 cm.T \u2019AUTEUR N\u2019A PAS BESOIN de notre jugement pour recom-mander son livre.Il nous arrive, en effet, si bien escorté qu\u2019on hésite à se mêler au cortège imposant qui le précède: le cardinal Mercier, le cardinal Dubois ont déjà patronné cette œuvre, assistés de plusieurs évêques et d\u2019un grand nombre d\u2019ecclésiastiques éminents; aucun d\u2019eux, certes, n\u2019attend la confirmation de notre judiciaire pour trouver crédit auprès des lecteurs.Ajoutons: c\u2019est une troisième édition.Le titre du volume en laisse deviner le contenu: une somme d\u2019arguments très concrets, tirés des évangiles et de l\u2019histoire \u2014 la petite comme la grande \u2014 et capables de ressusciter la foi la plus morte en l\u2019Amour divin qui pardonne.Nulle subtilité à quoi se complairait prétentieusement l\u2019intelligence, mais une accumulation de textes qui gagne le cœur et le ramène tout livré, sinon tout en pleurs, à la pratique des commandements.Le motif?Non pas la satisfaction d\u2019avoir payé sa prime d\u2019assurance-vie éternelle, en acceptant la peine d\u2019une confession humiliante, mais la joie d\u2019avoir répondu à l\u2019amour du Sacré Cœur qui a rendu possible l\u2019aveu libérateur.Ouvrage présenté en un style simple et dont vous apportez cordialement le souvenir.Paul Fortin.Maison Bellarmin.BIOGRAPHIES Mgr Jacques MORELLi: Une martyre de la pureté: sainte Maria Goretti.\u2014 Montréal, Les Éditions du Lévrier, 1950.186 pp., 19.5 cm.Ç'E N\u2019EST PAS UN EFFET DU HASARD que cette martyre de la pureté soit canonisée de nos jours, écrit le R.P.Luigi ¦d\u2019Apollonia, S.J., dans la préface de cette vie de Maria Goretti.Ni l\u2019intérêt, ni l\u2019enthousiasme que les nombreuses biographies de la petite sainte et le film la Fille des Marais ont soulevés.Plus austère que d\u2019autres, l\u2019œuvre de Mgr Morelli vient à son tour rendre hommage à Maria.Appuyée sur les procès canoniques, comme l\u2019auteur le précise lui-même dans le sous-titre, l\u2019œuvre en garde une objectivité scolastique et critique qui rassurera ceux qui se méfieraient d\u2019un engouement trop sensible.Repassant les vertus théologales, cardinales et morales, l\u2019auteur établit que les actions et les paroles de Maria n\u2019émanaient pas simplement d\u2019un fonds de bonnes dispositions naturelles, mais qu\u2019elles étaient bien le fruit de la grâce de Dieu en elle.Ce relevé des vertus de la sainte n\u2019en demeure pas moins une biographie, puisque Mgr Morelli a inséré les notations canoniques dans la trame chronologique de la vie de Maria.De plus, aussi soucieux d\u2019édifier que d\u2019instruire, l\u2019A.interrompt souvent son récit par de courtes exhortations à l\u2019adresse de la jeunesse de notre temps, que menacent le laïcisme et une impudeur plus agressive de jour en jour.Jean Lippé.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.Claude SAINT-YVES: Reportage sur la vie de Jehanne d'Arc.\u2014 Paris, Bonne Presse, 1949.245 pp., 19 cm.T3 APPROCHER JUSQU\u2019À LES CONFONDRE deux pê-riodes historiques espacées de quatre siècles et soutenir harmonieusement l\u2019anachronisme tout le long d\u2019un volume, voilà la « formule inédite et hardie » que bien peu de biographes auraient osé adopter.L\u2019A., ancien journaliste, a eu cette audace.Et c\u2019est par le truchement tout à fait moderne de reportages « de dernière heure » que nous voyons se dérouler, comme pour la première fois, l\u2019épopée médiévale de Jehanne d\u2019Arc.Domrémy, l\u2019appel des Voix et la métamorphose de la timide bergère en chef d\u2019armée, la marche libératrice sur Paris et le 138 triomphe de Reims: aucun point ne nous échappe de l\u2019extraordinaire trajectoire.Et quand, à l\u2019issue d\u2019un infâme procès, le bûcher s\u2019allume aux pieds de Jehanne, nous sommes encore présents, témoins privilégiés de ses derniers gestes.L\u2019A., s\u2019il s\u2019en tient aux données de l\u2019histoire, leur redonne néanmoins, grâce à l\u2019originalité de la présentation, un relief que le temps et l\u2019habitude avaient effacé.Bref, dans un cadre hardiment rajeuni, nous voyons progressivement se dessiner la figure si humaine et divine à la fois de Jehanne, petite fille de France et grande sainte de Dieu.Le volume est agrémenté de quelque dix photographies représentant les vedettes qui, au théâtre ou à l\u2019écran, ont incarné le personnage de Jehanne d\u2019Arc.Philippe Laurendeau.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.MISSIOLOGIE Fernand JettÉ, o.M.i.: Qu'est-ce que la missiologie?De Punité scientifique en missiologie.\u2014 Ottawa, Editions de l\u2019Université, 1950.180 pp., 19 cm.Prix: $3.00 TE SAVOIR missiologique est essentiellement théologique.^ Quelle place occupe-t-il en théologie ?Peut-on le considérer comme un traité spécial ?ou une section de traité ?ou simplement une mentalité particulière, une « façon missionnaire » d\u2019envisager les problèmes théologiques ?L\u2019auteur répond en rappelant les deux aspects fondamentaux de la théologie: l\u2019un technique, l\u2019autre sapientiel.La théologie n\u2019est pas seulement une science, elle est aussi une sagesse.« Sous l\u2019aspect de science, l\u2019étude de la mission forme une section spéciale du traité de l\u2019Église.; sous l\u2019aspect de sagesse, l\u2019étude de la mission peut aboutir à une véritable contemplation missionnaire de tout le champ du révélé » (p.115).La solution du problème de la missiologie comme science est claire.Quelques précisions l\u2019achèveraient.Que dans le cours régulier de théologie, la missiologie soit une section du traité de l\u2019Église, on le conçoit sans peine et il serait fort désirable qu\u2019il en fût ainsi.Seulement, dans ce cas, le savoir missiologique ne constitue pas une science propre.Il en est tout autrement, semble-t-il, pour une discipline strictement missiologique, telle qu\u2019elle se présente actuellement, sous des formes plus ou moins développées, dans les grands centres universitaires catholiques.11^ est vrai que la science missiologique dépend du traité de l\u2019Église, parce qu\u2019elle part de principes établis dans ce traité; mais elle tend à s\u2019organiser selon ses exigences propres.Il faudrait méditer longuement les pages courtes mais suggestives que l\u2019auteur consacre à la connaissance sapientielle des missions, dont le rôle consiste à contempler en Dieu « l\u2019œuvre de l\u2019implantation de l\u2019Église partout et de l\u2019incorporation de tous les membres au Christ » (pp.102-103).De beaux textes des grands mystiques illustreraient cette doctrine.Le R.P.se contente de nous en transcrire un, magnifique, dû à la plume enflammée de la vénérable Marie de l\u2019Incarnation.On pourrait relever une petite erreur.Le discours de Pie XII, mentionné à la page 38, est du 24 juin et non du 24 mai 1944.Il semble aussi préférable, à ce sujet, de donner la référence au texte officiel des Acta Apostolicae Sedis, plutôt qu\u2019aux Discorsi di Sua Santità Pio XII.Jean-Paul Dallaire.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.ÉDUCATION Louis-Philippe AUDET: Le Système scolaire de la province de Québec.Tome I, Aperçu général.\u2014 Québec, Les Editions de l\u2019Érable, 1950.345 pp., 19.5 cm.TNES CAUSERIES RADIOPHONIQUES sont à l\u2019origine de ce premier tome d\u2019une série qui pourra, avec le temps, en compter huit.Des deux parties bien distinctes qui le composent, RELATIONS \u2014 Esquisse historique et Esquisse technique, \u2014 disons tout de suite que la seconde offre plus d\u2019intérêt.L\u2019A.y dresse l\u2019inventaire de l\u2019organisation actuelle de l\u2019enseignement à tous ses degrés.C\u2019est plus que n\u2019annonce le titre, mais l\u2019avantage est appréciable de pouvoir rapidement prendre une vue d\u2019ensemble de ce qui se fait dans le Québec.Dans cette seconde partie, l\u2019A.a pris soin de remanier entièrement le texte de ses causeries, se libérant ainsi de la contrainte, inévitable à la radio, d\u2019avoir à mesurer le développement sur le nombre des minutes allouées.Dans l\u2019Esquisse historique, au contraire, le texte n\u2019a pas été retouché, semble-t-il.Il s\u2019ensuit que les sujets sont inégalement traités et qu\u2019on y rencontre des répétitions inutiles, à la lecture du moins.De plus, des dix courts chapitres qu\u2019elle contient, les six premiers répondent seuls au sous-titre à\u2019Aperçu général.Les quatre autres, consacrés à la fondation de communautés enseignantes, dont deux seulement sont d\u2019origine canadienne, appartiennent plutôt à l\u2019histoire détaillée que nous promet l\u2019A.Un chapitre sur l\u2019oeuvre du grand réalisateur que fut Mgr Ignace Bourget, une des plus pures gloires du Séminaire de Québec, les aurait avantageusement remplacés, tout en restant dans le cadre tracé.Tel, cependant, ce premier tome ne manque pas de mérite et nous fait désirer que l\u2019A.poursuive une œuvre pleine de promesses.Paul Desjardins.Collège Sainte-Marie, Montréal.SURVIVANCE FRANÇAISE Comité permanent de la Survivance française: La Vie franco-américaine.Centenaire jranco-américain 1849-1949.\u2014 Québec, 1950.643 pp.24 cm.T^OUZIÈME RAPPORT ANNUEL des activités de la Survi-vance.Compilation faite par M.l\u2019abbé Adrien Verrette et versée aux archives du Comité permanent.Près de la moitié relate les fêtes du centenaire de la Franco-Américanie, et la moitié du reste, les efforts pour y maintenir la vie française chez les jeunes: comités d\u2019orientation, de survivance, de relations, écoles de parents, concours de français, qu\u2019on voudrait voir généraliser à toutes les écoles et même tourner en Association d\u2019éducation, prêt d\u2019honneur, caisses, mutuelles, action sociale, A.C.J.F.A., solide manifeste franco-américain, célébrations de Saint-Jean-Baptiste et de cinquantenaires, efforts pour maintenir une presse qu\u2019écrasent les mastodontes à crimes et à comics.Bref, grandeurs et misères d\u2019une survivance: grandeurs des efforts d\u2019apôtres magnifiques, misères des éparpillements et du coulage des américanisés à fond.Beaucoup de jeunes ménages, ignorant leur qualité française, ne la transmettent pas aux enfants.Plus tard, trop tard, ils s\u2019attireront le reproche connu: « Si mes parents l\u2019avaient voulu, moi aussi je parlerais français.» Outre la Nouvelle-Angleterre et les dispersés de partout, la Californie compte, selon un délégué, 300,000 Francos pas organisés, et la Louisiane, 700,000 qui surnagent.La compilation est un beau matériel d\u2019archives, qui entend d\u2019abord être matériel de construction.Elle raconte aussi le miracle de Radio-Edmonton, le beau voyage de survivance en Nouvelle-Écosse et en Nouvelle-Angleterre, les travaux du comité de Québec et des associations d\u2019éducation de nos provinces et une fidélité française qui ne se borne pas à la langue.Alexandre Dugré.LITTÉRATURE MALHERBE: Commentaire sur Desportes.Avec préface et notes du chanoine Arthur Sideleau.Collection Humanitas publiée sous la direction de la Faculté des Lettres de l\u2019Université de Montréal.\u2014 Montréal, Chantecler, 1950.271 pp., 20 cm.TES CHERCHEURS, qui ont souvent une besogne ardue, sauront gré à M.le chanoine Sideleau d\u2019avoir ménagé leur patience en mettant à leur disposition cet instrument de travail pratique et net.Une aubaine pour eux: aborder d\u2019un même coup d\u2019œil le texte, bien lisible, de Desportes, \u2014 nécessaire, même s\u2019il est démodé, \u2014 et à la fois, par une disposition ingénieuse et MAI 1951 Vichy Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime « triste » ?Inutile, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action spéciliquo, bien connue, stimule les multiples fonctions du foie, exerce un effet des plus salutaires sur le système digestif en général, et constitue un excellent diurétique.Demandez l'avis de votre médecin./W êfu CÈLES Tu N S EAU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L\u2019ÉTAT FRANÇAIS |1| RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER |) Méfiez-vous des imitations!!! 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128 pages d\u2019appendice servent aux Cadres internationaux, compilés d\u2019après diverses publications de l\u2019O.N.U.: population, naissances, décès, mariages, etc., pour l\u2019univers, d\u2019après les recensements les plus récents.Les renseignements économiques sont plus abondants et précis que le reste.Il y a quatre pages de statistiques sur l\u2019enseignement et l\u2019analphabétisme dans le monde entier.Quant au Brésil lui-même, les statistiques générales, d\u2019après la race, le sexe, la religion, sont encore celles de 1940.Celles de la production et du commerce auront un intérêt considérable pour les gens d\u2019affaires.Le nombre des établissements scolaires s\u2019est augmenté de plus de 4,000 en un an.D\u2019après des chiffres encore provisoires, 4,461,328 Brésiliens sont allés à l\u2019école, dont 3,736,760 à l\u2019école primaire, où il y eut, toujours en 1946, 18,817 finissants.Il y a encore beaucoup de travail à faire, car, en 1940, 16,452,832 (56.7%) ne savaient ni lire ni écrire.Le 31 décembre 1946, il y avait 774 bibliothèques publiques, 1,976 bibliothèques semi-publiques, avec un total de 7,561,365 livres catalogués.On alla un tout petit peu moins au cinéma que l\u2019année précédente: 138,533,810 (au lieu de 138,848,716) personnes regardèrent des vues animées en 1947; 2,221 périodiques, dont 1,160 journaux, 591 revues, 403 bulletins, 49 almanachs et 16 publications sans indication circulèrent dans le pays en 1947.La moitié de ces petites feuilles avait un tirage au-dessous du millier, 10 dépassaient un tirage habituel de 200,000.La population globale du Brésil était, en 1940, de 41,236,315.Joseph-H.Ledit.140\tRELATIONS À VOTRt «RVICS PE IA CITÉ ET OP DISTRICT DE ifiüHBSllfci: n « il î t \u2018sssmmrmsm s// mmavma ' fân .mmmw* IHJMKS I SvI ÆMfEiU KS 262 RUE ST.JACQU55 OUEST, MONTOIAW «U 3834\u201d Bureau: DUpont 8492-0528 Résidence: DUpont 1046 HECTOR GROULX Inc.PLOMBERIE - CHAUFFAGE Quelques travaux exécutés récemment: Maison Bellarmin\tBureau de poste central Maison Saint-René-Goupil Hôpital Notre-Dame-de-PEspérance Hôpital Sainte-Marie des Trois-Rivières Pavillon et Chalet de l'île Sainte-Hélène 7375, RUE CHAMBORD, MONTRÉAL J.-A.SAINT-AMOUR Limitée Entrepreneurs-électriciens 6575, rue Saint-Denis GRavelle 4311 Gilles Forget Jacques Forget Maurice Forget FORGET & FORGET Membres de la Bourse de Montréal Membres du Montreal Curb Market 51, RUE SAINT-JACQUES OUEST BE.3951 REGULIERES et PORTATIVES UNDERWOOD KOYAL \u2022 REMINGTON _ , ~\t, Toutes grandeurs L.C.SMITH \u2022 CORONA\ten main Machines à additionner et à calculer MADAS \u2022 ODHNER \u2022 R.C.ALLEN .REMINGTON .MONROE Dictaphones - Miméographes - Protecteurs de chèques Achetés - Vendus - Loués - Echangés - Réparés Choix le plus complet à Montréal N.MARTINEAU & FILS 019, RUE bleury\tRFIair 911 8 Entre les rues Vitré et Lagauchetière\t«w I V Tuile Marbre Ardoise Terrazzo Vitrolite Tuile d\u2019Asphalte Tuile de Caoutchouc Etc.Avec les hommages de\t\tUn bon moyen 1.NANTEL INCORPORÉE Bois de constrution ¦\t\tDans votre budget personnel ou familial, faites la part de l'épargne aussi large que possible.Dès que vous touchez quelque argent, commencez par prélever tout ce que vous pouvez mettre de côté.Déposez-le tout de suite à votre compte en banque.C'est le meilleur moyen d'éviter les dépenses inutiles.Nous avons collaboré à l\u2019érection du Centre paroissial de l\u2019Immaculée-Conception ¦\t\tBANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de $400,000,000 Angle des rues de Montigny et Papineau CHdTlCr 1300\t\t547 bureaux au Canada Ha ê>aubeprbe ?\u2022 ?Actif : $21,400,000 Assurances en vigueur : $124,500,000 protégeant 85,000 assurés ?\u2022 ?c4AAu%anceA Aux la vie AouA touteA leA [oXmeA c4chète BIEN MAGASIN A RAYONS : 865 est, rue Sainte-Catherine qui aa MONTRÉAL Comptoir postal : 780, rue Brewster Suce, magasin pour hommes Hôtel Windsor imiKiwu îsffiË-ÏSsS» Si TW .-»\u2022 __NOUVELLE ÉMISSION__________________________________________________ $55,000 OBLIGATIONS PREMIÈRE HYPOTHÈQUE, 3y2% LES CURÉ et MARGUILLIERS de L\u2019OEUVRE et FABRIQUE de la PAROISSE SAINT-SIMON-ET-SAINT-JUDE, CHARLEMAGNE, P.Q.Date d'émission : Ier avril 1951\tÉchéances : 1er avril 1952 au 1er avril 1961 Capital et intérêts semestriels (1er avril et 1er octobre) payables à toutes les succursales d'une banque à charte dans la province de Québec.Rachetables au pair, en totalité ou en partie, à toute date d'échéance des intérêts, sur préavis de trente jours.Dénominations : $500 et $1,000.FIDUCIAIRE :\tSociété Nationale de Fiducie, Montréal OPINION LÉGALE :\tMe André Charron, Montréal Placement autorisé pour biens d'autrui selon l'article 981-o du Code civil de la province de Québec, et pour les compagnies d'assurance enregistrées en vertu de la Loi des Compagnies d'assurance canadiennes et britanniques, 1932, et de ses amendements.LA PAROISSE.\u2014 Fondée en 1910, la paroisse Saint-Simon-et-Saint-Jude de Charlemagne est composée de 368 familles, constituant une population d'environ 1,781 âmes.OBJET DE L'EMPRUNT.\u2014 Le produit de la présente émission d'obligations servira à parfaire le montant nécessaire à la construction d'une salle paroissiale actuellement en cours.Une fois les travaux complétés, les propriétés ainsi hypothéquées auront une valeur d'environ $150,000.GARANTIES.\u2014 Ces obligations constituent la seule dette de la fabrique et leur remboursement est garanti par une première hypothèque sur l'église, le presbytère et la salle paroissiale.APPROBATION DE L'ORDINAIRE.\u2014 S.Exc.Mgr l'Administrateur du diocèse a approuvé l'émission de ces obligations et la signature de son représentant en fera foi sur chacun des titres.PRIX : suivant les échéances Les titres seront prêts pour livraison le ou vers le 20 avril 1951.Ces renseignements, puisés à bonne source, n'engagent pas notre responsabitité.210 ouest, rue Notre-Dame, Montréal - Tél.LA.9241 QUÉBEC\tMONCTON, N.-B.\t____________OTTAWA (( (Rjelationï\u201d voué plait, paâàez-le à voA ami A iMHUMrm: DssÇSsO55® 11 CftSAOEft, MO«TI|IaL "]
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