Relations, 1 octobre 1951, Octobre
[" \t\t(.\u2019université catholique dans le monde moderne J&exnaxd jÇonexgan '\tcdlexandxe *bugxé\t \t\u2022 JÇuig,t d\u2019cdpollonia\tLes écoles séparées d\u2019Ontario - Il cdlbext Plante \t\u2022 Poâe cÇm-jÇa Salle\tVers un nouvel ordre politique Pobext Pexniex\t1 \t\u2022 £oâeph-J4.JÇedit\tReligion et alcoolisme Payjnond-Alaxle Pêdaxd La télévision Chaxleâ 3xenette\tv ¦ .\t\t * SOMMAIRE OCTOBRE 1951 Éditoriaux.257 Le complexe de la Canadian Broadcasting Corporation.\u2014 Pour sauver la famille, des actes, NON DES DISCOURS.\u2014 Le CONTRÔLE DES PRIX.Articles LES ÉCOLES SÉPARÉES D\u2019ONTARIO \u2014 II.Albert Plante 259 LE RÔLE DE L\u2019UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DANS LE MONDE MODERNE .Bernard Lonergan 263 VERS UN NOUVEL ORDRE POLITIQUE.Robert Bernier 266 AU MADAWASKA.Alexandre Dugré 267 « LA PIERRE D\u2019ACHOPPEMENT ».Luigi d\u2019Apollonia 269 AU SERVICE DE NOS ENFANTS .Rose Létourneau-La Salle 271 Commentaires.272 Croyons en la paix.\u2014 Le rôle de l\u2019université dans le monde moderne.\u2014 Notre folklore.Au fil du mois.274 Les trente ans de la C.T.C.C.\u2014 La Semaine sociale de Sherbrooke.\u2014 La Congrégation des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.\u2014 Les mille et une âneries d\u2019un reporter.Articles RELIGION ET ALCOOLISME .Raymond-Marie Bédard 275 LA TÉLÉVISION.Charles Frenette 278 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph-H.Ledit 281 Les livres .284 Brochures mariales.Marie-Joseph d\u2019Anjou Le Rosaire de Notre Dame.Paul Bélanger Interpretatio et jurisprudents codicis juris canonici L\u2019Eglise et les Instituts séculiers Georges Van Belleghem Une mère et ses enfants .Marie-Joseph d\u2019Anjou La Santificacion Social en el Cuerpo Mistico.Joseph-H.Ledit Politique d\u2019Aristote Political Pamphlets Sindacalismo e Socialità Richard Arès Rapport des travaux de la Conférence nationale sur les problèmes des immigrants .Albert Plante ASSOCIATION DE TAXIS LA SALLE SYNDICAT COOPERATIF Pour vous servir : 500 taxis 50 radio-taxis Postes dans toutes les parties de la ville.Nous desservons la majorité des institutions religieuses.Appelez : PL.9191 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. XIe année, N° 130 Montréal Octobre 1951 EDITORIAUX complexe de la Canadian (Broadcaàting.Corporation C\u2019EST À DESSEIN que nous écrivons Canadian Broadcasting Corporation, puisqu\u2019il s\u2019agit du réseau anglais de Radio-Canada.Avec le Saturday Night et 1 'Ensign, Relations (août 1951, p.199) a protesté contre les causeries de Fred Hoyle, universitaire de Cambridge qui, après avoir exposé sa théorie de la création sans créateur, qualifiait la religion « d\u2019effort aveugle ».M.Saint-Laurent fit écrire à M.Robert W.Keyserlingk, directeur de Y Ensign, que, personnellement, il regrettait ces causeries.Or la C.B.C.vient de récidiver \u2014 si tant est qu\u2019elle eût jamais le ferme propos.Sous la manchette Le dernier ennemi de l'homme, le C.B.C.Times (2-8 septembre) annonçait une suite de causeries sur les relations entre les hommes et sur l\u2019équilibre mental.La série serait inaugurée, pour emprunter le langage et les éloges du C.B.C.Times, « sous les distingués auspices d\u2019un des premiers maîtres de la médecine dans le monde entier, le docteur G.Brock Chisholm, directeur général de l\u2019Organisation mondiale de la santé.».Quand il n\u2019était que notre sous-ministre de la Santé et du Bien-Être, Brock Chisholm avait soutenu, devant la William Alanson White Foundation de Washington, en octobre 1945, que l\u2019obstacle à la vraie maturité des individus et des peuples était la notion du bien et du mal.« Le plus petit commun dénominateur, et le seul, de toutes les civilisations, l\u2019unique puissance psychologique capable de causer ces perversions est la moralité, le concept du bien et du mal.» Et comme pour nous avertir qu\u2019il était inutile de chercher, à force d\u2019exégèse, à édulcorer sa pensée, quelques jours plus tard, le 5 novembre, cette fois devant les membres de la Rockliffe Home and School Association d\u2019Ottawa, il s\u2019en prenait pêle-mêle à Santa Claus, aux fées, au nombre 13, à l\u2019enseignement du bien et du mal, poison de l\u2019enfance.« On ne doit pas mutiler leur pensée (des enfants), en leur enseignant les principes de ce qu\u2019on appelle bien et mal.On les laissera libres de penser comme il leur plaît et d\u2019arriver à n\u2019importe quelle conclusion.» En juillet 1950, lors de la troisième réunion annuelle du Service international des étudiants tenue à Pontigny, en France, il déclarait l\u2019idéal communiste on ne peut plus beau, cannot be improved upon.Il regrettait, il est vrai, les méthodes « intolérables » employées pour y parvenir, mais se hâtait d\u2019ajouter que celles-ci auraient pu ne pas paraître « intolérables » à nos ancêtres.« On ne peut s\u2019attendre à ce que les Russes sautent d\u2019un coup dix générations.Il nous faut vivre en société avec eux, et reconnaître leur droit de faire les expériences nécessaires pour atteindre à la maturité de la civilisation occidentale.» Tel est le conférencier invité par la Canadian Broadcasting Corporation à donner le ton aux autres conférenciers du mercredi soir, ou mieux, pour parler à la manière sportive du C.B.C.Times, « à mener le train », to set the pace, pour Anna Freud, Cari Binger, Ewen Cameron.Anna Freud, de Londres, est la fille de Sigmund Freud ; Binger pratique la psychiatrie dans un hôpital de New-York et professe à l\u2019Université Cornell.Passons.Quant à Ewen Cameron, directeur de l\u2019institut psychiatrique Allan Memorial de l\u2019Université McGill, c\u2019est une vieille connaissance canadienne.Il n\u2019y a pas l\u2019ombre d\u2019un doute qu\u2019il ne suive de près les embardées de Brock Chisholm.Ne s\u2019est-il pas discrédité par des écrits d\u2019un scientisme arrogant et, au fond, nihiliste ?Récemment encore, le 24 avril, n\u2019expliquait-il pas au Rotary de Montréal qu\u2019il était temps de faire litière de la vieille morale chrétienne?A ce prix seulement pourrait-on apaiser les angoisses des hommes et la tension entre les peuples.Le scandale fut grand, car la conférence était radiodiffusée.S.Exc.Mgr Léger et l\u2019évêque anglican de Montréal crurent l\u2019un et l\u2019autre de leur devoir de censurer ces propos sans âme et sans Dieu.La Canadian Broadcasting Corporation n\u2019est pas au bout de ses audaces.On dirait qu\u2019elle tient à polluer ses ondes.A compter du 28 septembre et tous les OCTOBRE 1951 257 vendredis soir d\u2019octobre, elle mettra à l\u2019affiche Bertrand Russell, l\u2019adversaire, au nom de « la philosophie de l\u2019analyse logique » (entendez « objectivité scientifique »), de toute la pensée chrétienne (A History of the Western Philosophy) et de toute notre morale, au nom du bel idéal païen.Mariage d\u2019essai, compagnonnage, liberté sexuelle sont parmi les thèmes préférés de ses conférences aux jeunes étudiants d\u2019université.Qu\u2019il y ait d\u2019autres professeurs d\u2019immoralisme \u2014 jusque dans nos camps militaires \u2014 hélas ! nous ne le savons que trop! Personne toutefois n\u2019a théorisé avec le sans-gêne animal de Bertrand Russell.Sa nomination comme professeur au New York City College fut révoquée par la Cour suprême de New-York, en mars 1940, parce que, suivant le jugement, Bertrand Russell « a enseigné dans ses livres des doctrines immorales et licencieuses » dont la pratique serait une violation des lois pénales de l\u2019État de New-York.Quelle sorte d\u2019enseignement sur nos Perplexités, sur les Dangers des vieilles idées, etc., un tel maître pourra-t-il bien proposer aux Canadiens ?Hier, c\u2019était au nom de la géologie et de l\u2019anthropologie; aujourd\u2019hui, c\u2019est au nom de la psychiatrie surtout que l\u2019orgueil de l\u2019homme s\u2019attaque au dogme et à la morale des chrétiens.Utile à l\u2019humanité alors que celle-ci vagissait dans les langes, la morale chrétienne est un vêtement étriqué ou un lit de Procuste pour l\u2019homme contemporain qui a pris toute sa taille.Le christianisme date.Les vérités et les vertus qu\u2019il prêche diminuent le mordant de l\u2019homme sur le réel et le distraient de sa véritable tâche, qui est de transformer les conditions économiques et sociales du monde.Le sens du péché, surtout, doit être évacué si l\u2019on veut restaurer la santé mentale des individus, donner la paix au monde, jouir de la vie, car le sens du péché émousse les valeurs d\u2019action, angoisse les consciences, abîme l\u2019homme.C\u2019est un langage étrangement familier.Pour Lénine, la religion est « l\u2019opium du peuple » ; pour Nietzsche, père taré d\u2019Hitler, la morale chrétienne est une morale d\u2019esclaves et de peureux; pour le C.B.C.Times, elle serait « le dernier ennemi de l\u2019homme », Man's Last Enemy.On triche à la C.B.C.Il importe que les psychiatres sérieux dénoncent l\u2019usage que certains de leurs confrères font de la C.B.C.pour répandre une psychologie en fausses profondeurs.Il importe surtout qu\u2019électeurs et députés exigent des comptes de la C.B.C.La C.B.C.serait mal venue de plaider ignorance.Elle agit en pleine connaissance de cause.Elle brave l\u2019opinion publique.Infidèle à sa fonction d\u2019organisme d\u2019Êtat, elle travaille contre la bonne entente et l\u2019unité du pays qu\u2019elle a mission de servir.Tous les Canadiens, qu\u2019ils soient protestants ou catholiques, ont droit à ce que laC.B.C.respecte leurs convictions les plus sacrées.Les hommes libres n\u2019aiment pas à être bafoués en public, surtout à leurs propres frais, que ce soit en anglais ou en français, et fût-ce par les soi-disant « premiers maîtres de la médecine dans le monde entier ».L\u2019admiration de la C.B.C.pour Brock Chisholm, Ewen Cameron, Bertrand Russell, sans parler des autres, révèle un complexe qu\u2019il est temps de sonder.Poux à au vet la famille, deâ acte*, non de à diâcouxâ T^\\ ANS LE DIOCÈSE de Montréal, le grand souci des mouvements d\u2019Action catholique à l\u2019heure présente, c\u2019est la détresse de la famille.Détresse matérielle des mal logés, dont S.Exc.Mgr l\u2019archevêque a parlé avec une émotion poignante au récent congrès de l\u2019Association professionnelle des industriels.Détresse sociale: la famille, la famille nombreuse particulièrement, est ridiculisée par la radio, par une certaine littérature étrangère qui pénètre librement chez nous et \u2014 ce qui est pire sans doute \u2014 par le démon des conversations quotidiennes de balcons, de boudoirs et de salons; elle est boycottée par l\u2019avarice de propriétaires sans âme, que Mgr Léger a stigmatisée durement, mais que nos lois dites chrétiennes paraissent impuissantes à contrecarrer.Détresse intellectuelle et morale: car comment donner une culture humaine à des enfants qui croupissent dans des taudis, ou que la cherté de la vie empêche de se nourrir comme des êtres humains ?En pareilles conditions, le rêve même d\u2019une formation de l\u2019esprit peut-il, sauf rare exception, effleurer seulement la pensée des parents ou des enfants ?Quant aux tentations de toutes sortes que le taudis ou le logis trop exigu ont coutume d\u2019occasionner, inutile d\u2019y revenir si les bien logés, les bien nantis des avantages de la fortune et de la culture ne font rien pour y penser eux-mêmes et y remédier.Des palabres sur l\u2019élimination des zones galeuses de notre ville, des harangues et des conférences et des congrès, en avons-nous assez vu et lu et entendu ?Il faut forcer les gestes enfin! Et qui peut le faire, sinon ceux que leur situation met en mesure d\u2019exercer une influence ?Nous comptons, pour notre part, sur l\u2019action organisée des familles chrétiennes.Mais il est grand temps qu\u2019elles bougent et passent à l\u2019action.On les y invite.Notre archevêque vient de proclamer qu\u2019il ne prendrait pas de vacances tant qu\u2019il y aurait un taudis à Montréal.Il donne l\u2019exemple et paye de sa personne en fondant le Foyer de la charité.A leur tour, les chefs de famille que favorise la Providence n\u2019ont pas le droit de se reposer tant que, sur la question des taudis, de l\u2019alcoolisation et de la démoralisation du pauvre, les administrateurs civils n\u2019auront à présenter que des promesses, des discours ou des palliatifs.C\u2019est aux paroisses à commencer \u2014 et tout de suite \u2014 la besogne nécessaire.Et d\u2019abord, qu\u2019on forme des groupements paroissiaux, là où ils n\u2019existent pas.Puis, que leurs membres, le plus nombreux et le plus influents possible, se renseignent sur la condition déplorable, 258 RELATIONS matériellement et spirituellement, des familles montréalaises; plus encore sur la responsabilité morale que nous portons tous, actuellement, à l\u2019égard du pauvre, de l\u2019ignorant, de l\u2019alcoolique même; à l\u2019égard surtout de ces milliers de jeunes gens et de jeunes filles qu\u2019un climat païen entraîne à se détruire dans un pullulement de tavernes, grills, clubs, cabarets et théâtres immondes.Une fois renseignés sur la gravité de la situation et celle de leurs responsabilités, que les chefs de famille aient l\u2019audace, prennent les risques qu\u2019il faut pour obtenir les redressements les plus urgents.oQe contrôle de à prix 1ES OUVRIERS demandent le contrôle des prix.Le J gouvernement fédéral, de son côté, donne ces conseils: « 1° Efforçons-nous, individuellement et collectivement, d\u2019accroître la production et d\u2019en réduire les frais; 2° économisons le plus possible argent et matériaux; 3° différons l\u2019achat des choses dont nous pouvons nous dispenser.» La discussion s\u2019éternise.Le coût de la vie monte.L\u2019insatisfaction aussi.Il faut admettre que le problème est difficile.Mais il y a un fait plus grave que cette difficulté, c\u2019est l\u2019inquiétude quotidienne de pères de famille, qui, même en épargnant, ne peuvent subvenir à tous les besoins essentiels de leurs dépendants.N\u2019allons pas hausser les épaules comme si cette affirmation sacrifiait indûment aux réclamations des ouvriers.Une enquête élaborée sur le revenu de tous les salariés, cols blancs comme ouvriers, montrerait aisément, croyons-nous, que pour beaucoup d\u2019entre eux la hausse constante du coût de la vie est un cauchemar, et la remise indéfinie du contrôle des prix, une déception douloureuse.Le gouvernement affirme que « le prix de la paix est en partie soldé par une augmentation des taxes, en partie également par une pénurie des articles que nous aimerions posséder ».Ce texte paraît faire allusion à la privation d\u2019articles superflus, ce qui est une simplification du problème.En effet, ce qui préoccupe beaucoup de familles, ce n\u2019est pas l\u2019impossibilité de se procurer ce genre d\u2019articles, c\u2019est l\u2019impossibilité d\u2019acheter assez abondamment les matières premières du budget: lait, pain, beurre, viande, thé, café, légumes, céréales, chaussures et vêtements essentiels.Et c\u2019est précisément ces matières que devrait viser avant tout un contrôle des prix.Par contrôle des prix, il ne faut donc pas nécessairement entendre le contrôle général des prix, fixant définitivement, pour une période indéterminée, prix et salaires; ce contrôle général exigerait un régime de subsides coûteux.Il faut plutôt mettre l\u2019accent sur un contrôle sélectif des prix, comme mesure temporaire, certains produits seulement étant plafonnés.D\u2019aucuns estiment que ce contrôle coûterait environ $100,000,000 par année.(Voir Émile Bouvier, S.J., « Faut-il un contrôle des prix?», Relations, mai 1951, p.123.) Somme bien minime, comparée à notre formidable budget actuel.Cette somme accomplirait d\u2019ailleurs une œuvre de paix.Se rend-on assez compte qu\u2019il y a de l\u2019illogisme à vouloir économiser pour la paix au détriment de la santé de bon nombre de familles ?Le gouvernement canadien ne peut oublier qu\u2019une grande partie de l\u2019opinion publique réclame actuellement un contrôle des prix.Il doit aider les salariés modestes qui font face à de pénibles problèmes économiques.Le contrôle des prix serait un acte de justice et de charité, et de sage politique.LES ÉCOLES SÉPARÉES D\u2019ONTARIO-Il Albert PLANTE, S.J.UN PREMIER ARTICLE (.Relations, juillet 1951, p.171) a présenté le fondateur du système scolaire ontarien, Egerton Ryerson, remarquable par son esprit de travail, sa volonté de rendre l\u2019éducation accessible à tous, sa ténacité dans la poursuite de son dessein, mais très décevant par son attitude sur les écoles séparées, fondées pour donner aux enfants une formation religieuse en profondeur et conforme à la religion de leurs parents.Nous avons vu que, s\u2019il ne tenta pas de faire disparaître ces écoles, dont le principe avait été reconnu dans la législation avant son arrivée à la direction de l\u2019Éducation en 1844, il les considéra toujours comme une erreur, craignant que trop de diversité ne vînt mettre en danger le système scolaire qu\u2019il était à édifier.C\u2019est être esclave d\u2019un système que de violer, en lui étant fidèle, des droits certains.A la fin de l\u2019article précédent, il a été fait allusion à l\u2019affirmation de Ryerson, selon laquelle les catholiques auraient d\u2019abord voulu en fondant leurs écoles se protéger contre les insultes des protestants, n\u2019en faisant une question de principe et de conscience qu\u2019après 1850.Nous prouverons aujourd\u2019hui l\u2019inexactitude de cette affirmation.Cette preuve peut paraître oiseuse, car il est normal que les catholiques ontariens aient été constamment fidèles à la pensée traditionnelle de l\u2019Église en matière d\u2019éducation.Mais le rapport Hope faisant grand état des déclarations de Ryerson, il est important OCTOBRE 1951 259 d\u2019étudier en détail ce point particulier qui, une fois clarifié, fait tomber d\u2019importantes objections.Pour saisir clairement la pensée de Ryerson sur la prétendue évolution des motifs invoqués par les catholiques pour obtenir des écoles séparées, voyons des extraits d\u2019un rapport qu\u2019il déposa en 1858 devant la Législature des Canadas unis.Jusqu\u2019à 1850, les hommes influents et les journaux de tous les partis acquiescèrent aux dispositions légales sur les écoles séparées.Je ne me rappelle pas qu\u2019il y eût même discussion à ce sujet ni au parlement ni en dehors; aucun milieu ne posa d\u2019objection.Ryerson simplifie-t-il l\u2019histoire, plus ou moins consciemment, afin d\u2019opposer dans un contraste plus saisissant les deux périodes d\u2019avant et d\u2019après 1850 ?Quoi qu\u2019il en soit, cette première remarque est précieuse pour les tenants des écoles séparées.Pour bien comprendre la deuxième, il faut se rappeler une adjuration de Mgr de Charbonnel, deuxième évêque de Toronto, dans sa lettre pastorale du carême de 1856: « Les électeurs catholiques de ce pays qui n\u2019utilisent pas leur droit électoral en faveur des écoles séparées sont.coupables de péché mortel.Également, les parents qui ne font pas les sacrifices nécessaires pour établir ce genre d\u2019écoles, ou qui envoient leurs enfants aux écoles mixtes.De plus, le confesseur qui donnerait l\u2019absolution à des parents, électeurs ou législateurs qui soutiennent les écoles mixtes au détriment des écoles séparées, serait coupable de péché mortel.» Cette position catégorique irrita sans doute Ryerson.Deuxième remarque: jusqu\u2019à 1852, les écoles séparées ne furent jamais prônées comme une théorie, beaucoup moins comme une doctrine, et encore moins comme un article de foi.Jamais on ne considéra comme coupables de péché, encore moins de « péché mortel », les parents qui envoyaient leurs enfants à l\u2019école publique ou mixte.Les écoles séparées furent conçues pour des localités \u2014 et elles y furent presque entièrement, pour ne pas dire totalement, confinées \u2014\toù existaient alors (plus que maintenant) entre les Irlandais protestants et les catholiques de violentes oppositions, \u2014\tparfois exacerbées, \u2014 qui les empêchaient de s\u2019unir pour l\u2019éducation scolaire de leurs enfants.Mais ce à quoi on eut recours autrefois à cause de certaines circonstances fut par après demandé en dehors de ces circonstances particulières; et ce qui fut dans le passé désiré comme une protection contre l\u2019insulte et l\u2019oppression fut ensuite proclamé comme une doctrine obligeant en conscience et revendiqué comme un instrument de propagande religieuse.On notera l\u2019inexactitude qui se glisse dès le début de la troisième remarque, les écoles séparées étant entrées dans la législation pour les protestants comme pour les catholiques.Ceci me conduit à une troisième remarque, à savoir que certains dignitaires de l\u2019Église catholique romaine du Haut-Canada \u2014 Église dont les membres ont été spécialement f>ris en considération dans les dispositions légales concernant es écoles séparées \u2014 ont adopté depuis 1852 une triple position, essentiellement différente de leurs réclamations antérieures.1° Ils ont réclamé les écoles séparées non comme une protection contre un tort subi dans des cas particuliers, mais comme une institution, un service de leur Église, un dogme de foi et une règle de conduite liant tous leurs adhérents, en tous lieux.3° Afin de construire leurs propres écoles publiques et promouvoir d\u2019autres buts de leur Église, ils (c\u2019est-à-dire certains dignitaires catholiques) ont attaqué le caractère des écoles communes, qu\u2019ils ont présentées comme étant, en règle générale, des foyers de vice plutôt que de vertu, des sentines d\u2019iniquité plutôt que des sources de connaissance; ils ont avoué que leur grand et ultime dessein était la destruction du système scolaire national du Haut-Canada, et ils ont réclamé pour arriver à leur fin l\u2019aide du Bas-Canada.Décidément, Ryerson était irrité.Il était nécessaire de le citer généreusement, le rapport Hope (p.468) considérant que ces commentaires sont importants pour quiconque étudie le problème, « à cause de la lumière qu\u2019ils jettent sur les faits alors acceptés et sur la situation générale de cette époque ».Il ne paraît pas téméraire d\u2019affirmer que l\u2019importance historique attachée par les commissaires à la pensée de Ryerson n\u2019a pas été sans influencer leurs recommandations sur les écoles séparées.Laissons parler l\u2019histoire et voyons la pensée de deux évêques d\u2019avant 1850: Mgr Alexander Macdonell, premier évêque du Haut-Canada avec siège à Kingston (1826), et Mgr Michael Power, premier évêque de Toronto (1842).Mgr Alexander Macdonell.\u2014 «Figure martiale».Il naquit en Écosse en 1762.Son ministère de missionnaire l\u2019ayant mis en contact avec la détresse des catholiques chassés de leur ferme, il s\u2019ingénia à leur venir en aide.Il put en placer dans les usines de Glasgow sept à huit cents, qui furent de nouveau sans ressources quand la guerre avec la France amena la fermeture de plusieurs manufactures.L\u2019abbé Macdonell fit alors de ses protégés, avec l\u2019assentiment royal, le premier corps militaire catholique depuis la Réforme: le « régiment des miliciens de Glengarry » dont il devint l\u2019aumônier.Quand ils furent démobilisés en 1802, il leur obtint des terres dans le Haut-Canada et les suivit.Mgr Denaut, évêque de Québec, le nomma curé, puis vicaire général.En 1812, ses vétérans prenaient les armes contre les États-Unis avec leur même aumônier.Sa constance plut au gouvernement de Londres, qui lui accorda une pension.En 1834, ce devait être l\u2019entrée au Conseil législatif du Haut-Canada.Le 31 décembre 1820, il était sacré évêque à Québec comme auxiliaire de Mgr Plessis pour le Haut-Canada.En 1826, Rome érigeait à Kingston le premier diocèse de cette région et l\u2019y nommait.Il mourut en 1840.En 1817, l\u2019abbé Macdonell demandait à lord Bathurst, secrétaire des Colonies, des écoles primaires pour les pionniers catholiques, avec des maîtres de leur foi et de leur langue gaélique.Il lui parlait aussi de son désir d\u2019ériger une école supérieure.Lord Bathurst autorisa le gouvernement du Haut-Canada à aider financièrement les écoles catholiques.Il semble bien que le gouvernement lésina, car de 1817 à 1824, il n\u2019accorda que 900 livres.En 1824, Mgr Macdonell réclama et obtint le paiement d\u2019arrérages s\u2019élevant à 3,400 livres.Le 16 décembre 1826, il écrivait à Mgr Panet, de Québec: « J\u2019ai également le plaisir d\u2019informer Votre Seigneu- 260 RELATIONS rie que j\u2019ai obtenu du gouvernement une subvention de 750 livres par année pour mes prêtres et mes professeurs, en plus de mon propre salaire de 400 livres.» Dans cette même lettre, il faisait allusion à la création possible d\u2019un « comité catholique » pour les écoles, composé de laïques et d\u2019ecclésiastiques.Le projet, qui lui « allait très au cœur », ne devint jamais une réalité.En 1827, il proposa au gouvernement de consacrer des terres de la Couronne à la dotation des écoles catholiques.Le gouvernement refusa, se contentant de lui permettre d\u2019attribuer aux professeurs une partie des subventions accordées à ses prêtres.En mars 1833, il revint sur cette idée de dotation dans une lettre à lord Goderich, secrétaire des Colonies.Dans une lettre circulaire de la même année, il exprimait son espoir de voir la Chambre répartir les fonds pour l\u2019éducation « parmi les différents groupes chrétiens de cette province, selon leur force numérique ».Loin de gagner ce point, il vit disparaître les octrois existants.En effet, trois ans plus tard, il se plaignait dans un discours public que les « radicaux » de la Chambre aient fait cesser les octrois accordés « pour la construction et la réparation des églises catholiques, le soutien des écoles catholiques et l\u2019entretien du clergé catholique ».En 1838, deux ans seulement avant sa mort, il défendit encore les écoles catholiques, cette fois dans une lettre à lord Durham qui enquêtait sur les problèmes du Bas et du Haut-Canada: « Les émigrants irlandais, incapables de bâtir des églises ou d\u2019instruire leurs enfants, tout comme les highlanders écossais, sont très désappointés.de ne recevoir du gouvernement aucun secours pour l\u2019éducation de leurs enfants, bien que les méthodistes aient obtenu cette année même un octroi de 4,100 livres pour leur séminaire de Cobourg.Les fonds pour l\u2019éducation ne manqueraient pas dans cette province si l\u2019on vendait les terres assignées au soutien des écoles et si le montant de la vente allait aux écoles de district {grammar schools) et aux écoles communes.» Dans son rapport au gouvernement impérial, Durham devait se montrer sympathique aux catholiques et sévère pour le gouvernement.« Les catholiques représentent au moins un cinquième de la population totale du Haut-Canada.Lors du récent soulèvement, le plus grand nombre montrèrent une loyauté sans équivoque.Néanmoins, on dit qu\u2019ils sont entièrement exclus du gouvernement et du patronage à sa disposition.» Les interventions de Mgr Macdonell indiquent clairement qu\u2019il est inexact de prétendre qu\u2019avant 1852 les catholiques n\u2019ont réclamé les écoles séparées que « comme une protection contre un tort subi dans des cas particuliers ».Comme l\u2019affirme l\u2019appendice historique au rapport minoritaire des quatre membres catholiques de la Commission Hope, les réclamations de Mgr Macdonell sont semblables à celles de Mgr de Charbonnel en 1850, comme à celles des catholiques ontariens en 1950.Mgr Michael Power.\u2014 Il mourut le 1er octobre 1847, victime de sa charité pour les Irlandais atteints du choléra.Ryerson, qui l\u2019appréciait beaucoup, fut peiné.Un mois plus tard, à l\u2019ouverture de l\u2019École normale, il lui rendait ce magnifique témoignage: « Il est survenu un événement que les membres du Bureau provincial d\u2019Éducation ont raison de déplorer: la mort du très révérend prélat que ses collègues du Bureau avaient unanimement choisi comme président et dont la conduite, comme président et comme membre, a été caractérisée par une ponctualité, une courtoisie, une équité, un zèle et une intelligence qui lui assurent le souvenir affectueux de ses collègues et l\u2019estime reconnaissante de chaque membre de la communauté.Je ne puis songer à mes conversations sérieuses et fréquentes avec lui sur des problèmes d\u2019instruction publique, non plus qu\u2019à sa considération minutieuse pour les vues, les droits et les désirs des protestants, sans éprouver le plus profond respect pour son caractère et sa mémoire.» Ce témoignage honore à la fois le premier évêque de Toronto et Ryerson.Né à Halifax en 1804, de parents irlandais émigrés en Nouvelle-Écosse, Michael Power fit ses études théologiques à Montréal et fut ordonné en 1827.Le 27 août de cette même année, il partait pour Drummondville, résidence du desservant de la population catholique des Cantons de l\u2019Est.A partir de 1831, il fut successivement curé de la Petite-Nation (Montebello), de Sainte-Martine et de Laprairie.Il était vicaire général de Montréal quand Rome le choisit comme premier évêque du diocèse de Toronto, créé par la division du diocèse de Kingston.Il fut sacré le 8 mai 1842.Dans la courte notice biographique qu\u2019elle lui consacra dans son étude sur les prêtres de langue anglaise qui travaillèrent dans les Cantons de l\u2019Est, étude présentée à Sherbrooke, en 1940, à la réunion annuelle de la Société canadienne d\u2019histoire de l\u2019Église catholique, Mlle Gladys Mullins nous le présente comme doué de dons peu communs, habile, bon administrateur, zélé.Si on le jugeait uniquement d\u2019après Ryerson, sa position sur les écoles séparées serait déconcertante.Dans une lettre adressée au vicaire général de Toronto et publiée dans le Leader du 20 février 1857, Mgr Pin-sonneault, sacré premier évêque de London en mai 1856, avait écrit qu\u2019il était notoire que Mgr Macdonell et Mgr Power « avaient travaillé très fidèlement et très vigoureusement à leur époque pour établir des écoles entièrement catholiques, chaque fois que les circonstances le permettaient ».Le 27 février, Ryerson répondait.Ses affirmations étaient péremptoires.« Il n\u2019y a pas de trace de preuve à ce sujet dans aucune circulaire, lettre ou écrit de ces deux excellents prélats.» Il disait connaître les sentiments de Mgr Power avec qui il avait OCTOBRE 1951 261 souvent causé: « Je sais que lui et l\u2019évêque Charbonnel \u2014 au début de son séjour à Toronto \u2014 ont déclaré qu\u2019ils ne désiraient pas d\u2019écoles séparées en dehors des cas de protection contre les insultes.Loin de les revendiquer comme un principe, ils déplorèrent leur nécessité comme un malheur.Je partageais entièrement ce sentiment.» Deux ans plus tôt, il avait écrit à John A.Macdonald: « L\u2019évêque Power.désirait élever la population catholique dans l\u2019amour de son pays; et il pensait que ce but serait atteint plus aisément si les catholiques faisaient élever leurs enfants avec ceux des autres croyances, partout où des oppositions n\u2019amenaient pas d\u2019obstacles insurmontables.» Ce qui a été dit plus haut de Mgr Macdonell contredit l\u2019affirmation de Ryerson à son sujet.Quant à Mgr de Charbonnel, la lutte tenace et fougueuse qu\u2019il mena au cours de la décade de 1850 garantit qu\u2019il fut constamment fidèle à lui-même.Même fidélité chez Mgr Power.Quelques faits l\u2019établiront aisément.« Mgr Power était désireux d\u2019établir des écoles catholiques à tous les degrés », écrit l\u2019appendice historique mentionné plus haut.Le prouvent: a) sa lettre du 12 novembre 1842 au R.P.Roothaan, général de la Compagnie de Jésus, à qui il demandait des Jésuites pour son diocèse comme missionnaires et éducateurs; b) sa pétition de novembre 1843 afin d\u2019obtenir un terrain pour une école catholique de Toronto; c) la ferme attitude prise le même mois, au sujet de la législation sur les écoles séparées, dans une lettre au secrétaire provincial: « J\u2019ai l\u2019honneur de vous envoyer deux remarques sur le bill scolaire; je suis convaincu qu\u2019il est temps d\u2019obtenir toutes les concessions raisonnables de la part de ceux qui semblent s\u2019opposer à nous » ; d) son appui accordé en 1844 à des laïques de Toronto qui protestaient contre la répartition des taxes scolaires; e) la pétition de janvier 1845 envoyée conjointement avec les évêques de Kingston, Québec et Montréal pour que les revenus des biens des Jésuites soient assignés aux institutions catholiques d\u2019instruction supérieure; /) sa lettre du 8 mai 1847 à Mgr Reisache, archevêque de Munich, afin d\u2019obtenir des Frères (Christian Brothers) pour les écoles élémentaires.Ajoutons deux déclarations très claires.Le 28 juin 1844, il disait au curé de Wilmot: « Les catholiques ont droit à l\u2019école catholique, et ils ont à exercer ce droit dans chaque district scolaire où c\u2019est possible.Dans chaque cas, les commissaires doivent être catholiques, choisis selon la loi; le professeur également doit être catholique.» On est loin de la théorie: protection contre l'insulte.La même conclusion se dégage d\u2019un mandement de septembre 1845 à la mission de Belle-Rivière: « Nous profitons de cette occasion pour vous exhorter avec le plus grand empressement à envoyer vos enfants aux écoles dirigées par des maîtres bons, honnêtes et catholiques, qui leur donneront non seulement cette instruction élémentaire que vous devez procurer, si possible, à vos enfants, mais aussi, sous la conduite de votre pasteur, ces principes de religion et de moralité qui leur permettront de devenir à la fois des membres fidèles de la véritable Église et des citoyens utiles à la société.» Il faut presque s\u2019excuser d\u2019énumérer ces preuves en faveur de Mgr Power, tant il est évident qu\u2019un évêque ne peut avoir d\u2019autre attitude sur la question de l'école, auxiliaire de la famille et de l\u2019Église.La présence de Mgr Power à la présidence du Bureau provincial d\u2019Éducation ainsi que son caractère, qui semble bien avoir été doux et conciliant, laissèrent-ils à Ryerson l\u2019impression que l\u2019évêque acceptait sans réserves le système officiel et faisait peu de cas des écoles séparées ?Il est assez difficile d\u2019analyser exactement le rôle de ces facteurs.Mais il est probable que Ryerson a mal interprété des attitudes imposées à Mgr Power par le temps et les circonstances.L\u2019évêque a vécu dans les premières années de la reconnaissance légale des écoles séparées, et à une époque où la pauvreté de la plupart de ses diocésains ainsi que le petit nombre de catholiques dans le milieu rural rendaient fort difficile la multiplication de ces écoles.L\u2019attitude formulée en 1874 par Mgr Lynch, archevêque de Toronto, a inspiré, à plus forte raison, Mgr Power de 1842 à 1847: Désireux de voir instruire nos enfants catholiques, nous leur permettons de fréquenter les écoles communes là où leur petit nombre rend impossible la fondation d\u2019une école séparée.Nous savons qu\u2019il y a du risque, qu\u2019ils vivent dans une atmosphère protestante., que l\u2019absence d\u2019enseignement et de prières catholiques, semaine après semaine, mois après mois, exerce sûrement un effet pernicieux sur ces jeunes intelligences; et cependant, nous tolérons ce mal pour l\u2019amour de l\u2019éducation, espérant en même temps voir le prêtre et les parents neutraliser les conséquences de ce manque d\u2019éducation religieuse à l\u2019école.D\u2019ailleurs, nous avons dans le Haut-Canada un grand nombre de nos enfants qui, avec notre plein consentement, fréquentent les écoles communes parce que canton, commissaires et professeur sont catholiques; nous considérons ces écoles comme nos propres écoles séparées.Et pourtant, il y en a qui voient dans cette attitude une preuve que les catholiques approuvent le système des écoles communes.* La théorie: les écoles séparées catholiques, protection contre l'insulte, ne résiste pas à l\u2019histoire.Les cas d\u2019insulte n\u2019expliquent ni la genèse ni la croissance des écoles séparées.Celles-ci reposent sur les principes catholiques traditionnels en matière d\u2019éducation.En se séparant de l\u2019école publique officielle, conçue pour les élèves de toute religion, les catholiques n\u2019ont jamais visé un autre but \u2014 digne des plus lourds sacrifices \u2014 que d\u2019assurer à leurs enfants une éducation entièrement conforme aux exigences de leur foi.262 RELATIONS Le rôle de Vuniversité catholique dans le monde moderne Bernard LONERGAN, S.J.ANS LES LIMITES que m\u2019impose un bref article, je vais tenter: a) de formuler une notion du bien qui, malgré son incomplétude, visera du moins à être concrète et génétique; b) d\u2019intégrer dans ce schème, à la fois, ce moment de l\u2019humanité qu\u2019est le monde moderne et l\u2019université catholique.1.\tTrois paliers de la connaissance et du bien.\u2014 Comme la connaissance humaine s\u2019élève par trois degrés, ainsi le bien que l\u2019homme poursuit présente un triple aspect.Il entre dans notre connaissance une composante expérimentale que fournissent les données des sens unifiées par la conscience psychologique.Vient en second lieu une composante intellectuelle: saisie globale qui se résout en définitions, postulats et systèmes.Il y a une troisième composante, enfin, réflexive, où s\u2019opère l\u2019épreuve de l\u2019évidence et se formule le jugement.Mais outre la conscience des données sensibles, nous avons celle des tendances, des élans et de l\u2019insatiabilité de nos mouvements spontanés.Pour l\u2019aspect empirique de nos connaissances, le bien, c\u2019est ce qui satisfait nos désirs.De plus, outre que nous comprenons l\u2019unité des choses et les corrélations systématiques qui rendent compte de leur opération, nous percevons et déterminons devis techniques, conditions économiques et structures politiques.Ce sont là encore autant d\u2019instances du bien: schèmes unificateurs qui harmonisent en les exhaussant les satisfactions de nos désirs.Pour ce premier moment de l\u2019intelligence, le bien, c\u2019est l\u2019ordre lui-même.Enfin, outre que le jugement d\u2019existence coupe court aux élaborations théoriques, ce sont, de même, les jugements de valeur et les choix qui mettent un terme à la discussion des projets d\u2019action en faisant adopter une ligne de conduite.C\u2019est ainsi que les jugements de valeur placent le bien de l\u2019ordre au-dessus de l\u2019avantage particulier, subordonnent l\u2019ordre technique à l\u2019économique, orientent l\u2019économique en fonction du mieux-être de la communauté, en un mot, répartissent tout bien fini selon sa valeur positive et négative.Les jugements de valeur positive poussent à l\u2019action, tandis que les jugements de valeur négative la freinent; et vu que Dieu seul échappe à tout juge- Le R.P.Lonergan, naguère professeur de théologie à la faculté des Jésuites de Montréal, actuellement professeur à celle de Toronto et à V Institut d\u2019Études médiévales de la même ville, a bien voulu situer pour nos lecteurs, à la lumière de ses travaux en cours sur V intégration des sciences, le thème général du prochain congrès de Pax Ro-mana {voir p.272).Ce sera aussi le thème de Carrefour 52, en février prochain.ment de valeur négative, c\u2019est à ce palier de sa connaissance que s\u2019enracine la liberté de l\u2019homme.2.\tTriple niveau de la communauté humaine en regard des trois aspects du bien.\u2014 Les hommes sont nombreux.Ils ne vivent pas isolés, mais en dépendance les uns des autres.Ils entrent en rapports dans leur poursuite du bien; il en résulte un triple niveau dans la communauté humaine du fait des trois composantes de notre connaissance et du triple aspect du bien humain.Correspondant à l\u2019aspect empirique de notre connaissance et au bien que convoitent nos appétits spontanés, on a « la communauté comme in-existante au sujet » (Gabriel Marcel).Elle a son origine dans la tendance spontanée; elle se caractérise par le sentiment qu\u2019ont les sujets de partager beaucoup en commun; la famille en est la cellule initiale; le clan, la tribu, la communauté ethnique en sont les élargissements.Correspondant aux intuitions de l\u2019intelligence et au bien qu\u2019est l\u2019ordre, il y a la communauté politique: création complexe qui unifie organiquement des techniques, des conditions économiques et des structures politiques.Son développement marque le passage des groupes primaires à la civilisation.Correspondant aux jugements de valeur, il y a la communauté culturelle, que ne limitent ni les frontières des États, ni les époques de l\u2019histoire.Cité universelle, non pas à la manière d\u2019un idéal politique encore poursuivi, mais comme un fait culturel transcendant l\u2019ordre politique et dominant l\u2019histoire.Champ de rencontre et d\u2019influence des artistes, des savants, des philosophes.Barre de l\u2019opinion publique éclairée, capable de mettre à l\u2019ordre la force qui n\u2019est pas au service du droit.Tribunal de l\u2019histoire ayant compétence pour démasquer les réussites des charlatans et rétablir l\u2019honneur des prophètes bafoués de leur vivant.3.\tDialectique de Vambivalence du devenir humain.\u2014 Intellectuellement et moralement, personnellement et socialement, les hommes sont sujets à l\u2019ambivalence \u2014 progrès-déclin \u2014 du devenir.Parallèle à la première opération de l\u2019intellect spéculatif qui, s\u2019efforçant d\u2019atteindre à la nature {quid sit), passe des données sensibles à la forme intelligible, il y a l\u2019opération de l\u2019intellect pratique qui s\u2019élève de ce qui est objet d\u2019attrait aux schèmes, structures et unités qui constituent la communauté politique.Et tout comme, à ce niveau, positivistes et intellectualistes se OCTOBRE 1951 263 disputent au sujet du réel, \u2014 simple donnée de l\u2019expérience ou forme intelligible ?\u2014 il existe une équivoque analogue au sujet du bien.En réalité, être effectivement pratique, c\u2019est pour l\u2019homme favoriser le bien commun de l\u2019ordre aux dépens de l\u2019avantage particulier; mais, dans la vie courante, on estime pratique celui qui sait calculer froidement et, au besoin, satisfaire ses désirs sans trop de scrupules.A ce niveau toujours, comme la possession d\u2019une science résulte d\u2019une multitude unifiée de saisies intellectuelles, ainsi encore les communautés politiques résultent-elles de l\u2019unification de multiples actes d\u2019intelligence pratique; et comme la valeur des énoncés scientifiques s\u2019éprouve par le contrôle de l\u2019expérience, de même la vigueur d\u2019une communauté politique se révèle à l\u2019épreuve de son histoire.Genèse et développement, progrès et réussites, partis et factions politiques, classes privilégiées et classes opprimées, réalisme politique et révolution, dissolution et décadence ont pour commune origine l\u2019ambiguïté radicale et indéchiffrable que comporte l\u2019efficience de l\u2019homme.Mais de même qu\u2019en passant de l\u2019intellection au jugement d\u2019existence {an sit) on va de la théorie aux faits, des possibilités aux réalisations, ainsi l\u2019ambiguïté de la communauté politique provoque la réflexion, la critique et les jugements de valeur dont l\u2019expression va créer le milieu culturel.Mais tout comme, à ce palier, l\u2019intelligence risque de s\u2019enfermer dans le labyrinthe des systèmes philosophiques, de même la communauté culturelle rencontre une ambiguïté qui lui est propre.Video meliora proboque.Les jugements de valeur de l\u2019homme peuvent être magnifiques, mais leur efficacité ne l\u2019est pas autant.Il aurait pu en être autrement en d\u2019autres conditions; mais, dans l\u2019ordre actuel, l\u2019homme est atteint d\u2019impuissance morale.Cet état de fait porte l\u2019homme à mettre en doute le titre de la foi et de la raison à diriger la communauté humaine; il le porte aussi à ne faire cas de leurs préceptes que dans quelque sphère isolée, \u2014 celle de l\u2019école ou de l\u2019Église, \u2014 et à cultiver ailleurs des vues « réalistes » qui ramènent la théorie à la pratique, c\u2019est-à-dire à tout ce qu\u2019on a choisi de faire.Il en résulte que, parallèlement au progrès de la pensée humaine, où les schèmes unificateurs vont s\u2019agrandissant, une succession de schèmes intellectuels directeurs, qui vont se rétrécissant, marque le déclin des communautés culturelles.Le protestantisme rejeta l\u2019Église, mais conserva la révélation.Le rationalisme rejeta la révélation, mais reconnut la souveraineté de la raison.Le libéralisme abandonna l\u2019espoir d\u2019un accord humain au niveau de la raison, mais il respecta la conscience de chacun.Le totalitarisme se moque de la conscience bourgeoise pour mieux dominer et unifier l\u2019humanité entière à un niveau artificiel de communauté in-existante au sujet.4.Le monde moderne et Vuniversité en regard des schèmes qui précèdent.\u2014 Ce schéma va nous suffire à 264 esquisser le sens de nos deux termes: le monde moderne et l\u2019université.Le monde moderne est la condition historique présente de l\u2019humanité.Produit de l\u2019ambivalence d\u2019un devenir séculaire.Précipité menaçant du progrès-déclin culturel et politique, solidifié en opinions, mentalités, explications, philosophies, goûts, coutumes, craintes et espoirs.Dans la mesure même où la défaillance de l\u2019homme à comprendre sa condition présente lui rend impossible l\u2019action que cette condition requiert, on doit parler de la crise grave du monde moderne.Mais, inversement, dans la mesure où il est possible d\u2019amener l\u2019homme à comprendre ce qu\u2019il n\u2019a pas compris, à porter des jugements de valeur sur ce qu\u2019il a accepté comme valeur sans jugement, et à exécuter ce qu\u2019il a négligé d\u2019accomplir, l\u2019état de choses qui autrement serait une crise grave devient une responsabilité proportionnée aux ressources disponibles de l\u2019humanité.L\u2019université est, dans la communauté culturelle, un des organes générateurs.Ce qui l\u2019établit, ce ne sont ni ses édifices, ni son équipement, ni sa charte, ni son budget, mais la vie intellectuelle de ses professeurs.Son rôle \u2014 à quoi tout doit se référer \u2014 est de faire participer à la vie de l\u2019intelligence.L\u2019importance de ce rôle ne devrait pas faire mystère.Sans cet intus-legere par lequel l\u2019intelligence en acte comprend, comment l\u2019homme pourrait-il étreindre en une synthèse supérieure la multiplicité de ses intellections antécédentes, mettre un ordre \u2014 par l\u2019unité de leurs relations intelligibles \u2014 dans la multiplicité de ses idées, passer avec aisance de l\u2019existant à l\u2019essence, du particulier au général, de l\u2019ordre pratique à l\u2019ordre spéculatif, et vice versa?Sans cette habitude de comprendre, les explications qu\u2019on apporte tentent d\u2019assoupir le besoin de connaître (par exemple, les somnifères « endorment » à cause de leur « vertu dormitive »), on ramène les vérités à des formules creuses, les préceptes moraux à un catalogue de défenses, et l\u2019existence humaine se durcit dans une routine sans issue, incapable d\u2019adaptation à la vie, privée qu\u2019elle est de cette force \u2014 le savoir véritable \u2014 qui habilite à percevoir les vraies possibilités et à susciter et diriger les réalisations effectives.5.Rôle concret de Vuniversité catholique.\u2014 L\u2019université catholique et l\u2019université profane exercent la même fonction, mais dans une situation différente qui crée pour chacune des problèmes distincts.L\u2019une et l\u2019autre ont la responsabilité de répandre le développement de la vie intellectuelle.Et il n\u2019est personne pour croire qu\u2019une université catholique de second ordre ait plus de chance de plaire à Dieu sous la Loi nouvelle que, sous l\u2019ancienne Loi, les sacrifices d\u2019animaux malades ou estropiés.Cependant, de profondes différences affectent cette identité substantielle de fonction.L\u2019université profane est insérée dans l\u2019ambivalence \u2014 progrès-recul \u2014 de l\u2019ordre politique et culturel; il se peut RELATIONS qu\u2019elle résiste pendant quelque temps aux aberrations; mais, tôt ou tard, elle finira par céder, parce qu\u2019elle recrute ses élèves et ses maîtres au sein même du milieu politique et culturel du moment.Sans doute, les moments historiques de « ce monde » font pression sur l\u2019université catholique et sur la communauté catholique.Mais celle-ci n\u2019est pas sans défense efficace contre cette pression.Si on appelle théologales les vertus surnaturelles de foi, d\u2019espérance et de charité, c\u2019est parce qu\u2019elles orientent l\u2019existence de l\u2019homme vers l\u2019intimité même de Dieu.Mais elles n\u2019en ont pas moins une portée sociale profonde.Pour liquider la tension dangereuse qui s\u2019accumulerait dans un milieu soumis exclusivement aux rigueurs d\u2019une stricte justice, il y a la charité qui, donnant la force de remettre les griefs passés, rend possibles les recommencements.Pour garantir l\u2019efficience humaine contre les déterminismes économiques auxquels l\u2019assujettirait le seul égoïsme, il y a l\u2019espérance, libératrice parce que toute tendue vers le Royaume de Dieu.Pour libérer l\u2019intelligence des périls \u2014\tmanifestes par l\u2019histoire de la pensée humaine \u2014 auxquels l\u2019expose son insertion dans la dialectique \u2014 progès-recul \u2014 des communautés politiques et culturelles, il y a la foi divine: l\u2019homme de foi ne se laisse point ballotter par tout vent de doctrine.Mais si l\u2019université catholique \u2014 parce qu\u2019elle est catholique \u2014 échappe à l\u2019ambivalence de l\u2019efficience humaine et à celle de la culture humaine, elle demeure cependant \u2014 parce qu\u2019elle est université \u2014 impliquée dans une ambivalence qui lui est propre.Depuis l\u2019époque des écoles d\u2019Alexandrie et d\u2019Antioche, en passant par les université médiévales, jusqu\u2019aux jours des encycliques Pascendi et Humani generis, des catholiques ont facilement porté les penseurs au compte des bénéfices douteux.On s\u2019accorde à célébrer les mérites de saint Thomas; mais c\u2019est lui qui cumule pratiquement toute louange, tant il paraît difficile de formuler à l\u2019adresse des autres un éloge sans réticence.Au fait, l\u2019attitude prise à l\u2019égard des penseurs catholiques pourrait être de nature à inspirer le conseil d\u2019envelopper son talent dans un fichu pour l\u2019enterrer en lieu sûr, n\u2019était le commandement nettement contraire de l\u2019Évangile qui exige \u2014 étonnement du capitalisme \u2014\tun rendement de cent pour cent.Et voilà comment l\u2019effort d\u2019intelligence des catholiques a son ambivalence propre: il doit, d\u2019une part, être poussé à la limite et, d\u2019autre part, rendre un service si complexe, si ardu, si précieux qu\u2019il est à la fois facile et désastreux d\u2019y échouer.6.La tâche intellectuelle présente de Vuniversité catholique.\u2014 Si le moment historique que nous vivons est lourd de sombres pressentiments, rappelons-nous toutefois que « c\u2019est seulement à la tombée du crépuscule que l\u2019oiseau de Minerve prend son envol ».Comme la source de la véritable influence ne se trouve pas dans les affirmations des livres, mais dans l\u2019exercice de l\u2019in- telligence, de la même manière ce n\u2019est pas la pure logique, \u2014 se déroulât-elle avec l\u2019infaillibilité d\u2019un calculateur électronique, \u2014 mais ce sont les événements concrets et leurs suites palpables qui forcent un animal raisonnable à ouvrir les yeux et à comprendre.Le monde moderne, avec l\u2019ampleur de ses craintes et de ses menaces, peut en apprendre long à l\u2019homme sur lui-même; bien plus, il a préparé l\u2019homme à comprendre ces leçons.Sans doute, l\u2019université catholique ne dispense pas la grâce divine; son rôle n\u2019est pas non plus de partager le magistère du Christ; elle doit, de plus, conserver d\u2019abord et transmettre le savoir déjà acquis avant de l\u2019étendre et de l\u2019approfondir; elle n\u2019en demeure pas moins le foyer où normalement doit se faire sentir le besoin d\u2019une intégration du savoir et où doit se tracer la voie qui mène à cette intégration.A propos de ce problème vaste et complexe, je me contenterai ici de trois brèves remarques.Premièrement, une purification doit précéder l\u2019intégration.Le devenir humain est ambivalent: il est progrès-déclin; et les aberrations de l\u2019intellect spéculatif comme celles de l\u2019intellect pratique de l\u2019homme, si elles ne rendent pas impossible l\u2019intégration des acquêts véritables auxquels elles sont mêlées, ne peuvent cependant être elles-mêmes intégrées.Deuxièmement, celui qui entreprend cette purification doit être pur lui-même.Toute purification, parce qu\u2019elle est un processus humain, comporte ambivalence: pour enlever la paille qui est dans l\u2019œil de son prochain, on ne doit pas avoir une poutre dans le sien; l\u2019intellectuel véritable doit être humble, serein, sans parti pris, sans complaisance personnelle, professionnelle ou nationale, sans connivence avec les passions, travers ou engouements du moment présent, sans attachement à ceux d\u2019hier.Troisièmement, il est un problème particulier et nouveau d\u2019intégration qui sollicite le penseur catholique: celui que posent les résultats des sciences positives qui traitent de l\u2019homme.Ce n\u2019est pas la pure nature considérée par la philosophie, mais l\u2019homme existentiel qu\u2019étudient l\u2019anthropologie et la psychologie expérimentales, l\u2019économique et la sociologie, les divers existentialismes et les philosophies appliquées à l\u2019histoire des civilisations, des cultures, des religions et des dogmes; or cet homme existentiel, passé et actuel, est affecté d\u2019impuissance morale; d\u2019autre part, il accueille ou refuse dans son action le don de la grâce divine.L\u2019intégration des sciences qui étudient l\u2019homme historique doit donc se faire par la théologie, non par la philosophie.Ainsi l\u2019adage ancien qui faisait de la théologie la « reine des sciences » reçoit un regain d\u2019actualité, et la Notion d'université de Newman retrouve la saveur de l\u2019inédit.Traduction de Relations.Tous droits réservés, Ottawa, septembre 1951.OCTOBRE 1951 265 Vers un nouvel ordre politique Robert BERNIER, S.J.S AUNE EPOQUE relativement récente, qui semble presque aussi reculée que le moyen âge, un groupe humain au fond de l\u2019Asie pouvait être privé de son droit à vivre une vie pleinement humaine, sans que le Parisien, le New-Yorkais ou le Montréalais pût découvrir en quoi le développement de sa propre vie s\u2019en trouvait atteint.Mais il en va bien autrement aujourd\u2019hui.Apparemment loin de notre continent américain, se passent des événements dont il serait difficile de majorer la portée.Un « terrénisme » matérialiste est inculqué aux populations slaves et orientales par une propagande savamment orchestrée.Des techniques de subjugation de l\u2019homme injectent la haine de l\u2019étranger en même temps que l\u2019ambition de dominer le monde.Une minorité, par une surveillance anonyme et omniprésente, à l\u2019aide de techniques punitives capables d\u2019atteindre l\u2019homme dans sa spiritualité même, réussit à manœuvrer la majorité comme un troupeau.Des phénomènes sociaux de cette envergure et de cette profondeur débordent les cadres d\u2019un hémisphère.Ce n\u2019est pas « la moitié de l\u2019humanité » dont le destin est concerné, c\u2019est l\u2019humanité, chez nous.Non seulement une arme potentielle est forgée qui demain pourra s\u2019abattre sur l\u2019humanité libre, mais ce qui est d\u2019ores et déjà mis en cause, c\u2019est la conception de la droite vie humaine ici-bas, que l\u2019homme a pris des millénaires à découvrir et à instaurer.Dans la mesure où un pareil état de fait est accepté, fût-ce uniquement à titre de conséquence de forces majeures incontrôlables, il se trouve que, dès maintenant, ceux qui m\u2019entourent et moi-même, si nous ne réagissons, nous sommes insensiblement portés à trouver les droits de l\u2019homme moins sacrés, moins inviolables, moins nécessaires.D\u2019autant plus qu\u2019une interdépendance universelle nous oblige à maintenir et à développer des échanges commerciaux, des rapports financiers, des relations interétatiques avec tous les secteurs de la planète.Tant il est vrai que c\u2019est toute la terre qui a été donnée à l\u2019humanité entière, pour que l\u2019humanité transforme la terre et que la terre soutienne la vie de l\u2019humanité.D\u2019autre part, la radio, la presse, le livre ont supprimé les distances et l\u2019isolement.C\u2019est devenu un truisme de dire que nous savons aujourd\u2019hui plus de choses et plus vite sur la Chine que deux villages voisins en savaient, il y a cent ans, l\u2019un sur l\u2019autre.Or, ces relations convergentes entraînent des contacts, des solidarités, des sympathies d\u2019homme à homme, qui tendent à minimiser l\u2019importance de la violation massive de droits humains et l\u2019urgence de la corriger.On s\u2019habitue vite au scandale dans un monde ainsi élargi Le P.Robert Bernier, ancien secrétaire de la rédaction à Relations et actuellement professeur d'apologétique au Collège Sainte-Marie, publiera ces jours-ci, aux Editions Bellarmin (25, rue Jarry, ouest) un ouvrage de philosophie politique intitulé : l\u2019Autorité politique internationale et la Souveraineté des États.Nous sommes heureux d\u2019en présenter cet extrait à nos lecteurs.et où chacun ne se préoccupe néanmoins que de son intérêt immédiat, dans un monde où personne n\u2019a la charge de l\u2019intérêt de l\u2019homme comme tel.On s\u2019incline fort vite aujourd\u2019hui devant « le fait accompli ».Et bien peu de gens semblent remarquer que la vie humaine elle-même est mise en péril par ces acceptations, qui habituent l\u2019homme à tourner du mieux possible à son avantage les injustices qu\u2019il ne peut empêcher.Ainsi, pendant qu\u2019au nom de la civilisation tel honnête et sincère citoyen lutte pour redresser, à l\u2019intérieur de l\u2019État démocratique, les torts séculaires causés aux classes laborieuses, il laisse se consommer, au delà de ses frontières, des injustices d\u2019une tout autre envergure et une utilisation de l\u2019homme par l\u2019homme entraînant des répercussions autrement menaçantes pour l\u2019avenir de la civilisation.Bien plus, pendant qu\u2019il lutte ainsi chez lui pour le droit, son propre État ou ses conationaux exploitent souvent à l\u2019étranger la violation du droit ou, du moins, ne favorisent guère, dans leurs colonies politiques ou économiques, l\u2019épanouissement de l\u2019homme.Ce n\u2019est pas le bien commun que peut promouvoir un tel fouillis de relations humaines.Sans doute ce fouillis lui-même témoigne-t-il de l\u2019interdépendance de l\u2019humanité.Mais, hélas! cette interdépendance, l\u2019ordre politique aujourd\u2019hui ne la protège même pas de façon négative, pas même à titre de « gendarme », pendant qu\u2019un grand nombre cherchent à utiliser l\u2019universelle solidarité à leur profit ou à celui de leur groupe.Rien ne prouve davantage la solidarité mondiale que les dangers et les pertes résultant du mauvais usage que nous en faisons.Dangers pour la paix.Si la division du monde en deux mondes paraît aujourd\u2019hui si tragique, c\u2019est que ces deux moitiés de l\u2019humanité ne peuvent s\u2019ignorer, ne pourront même avant longtemps que s\u2019étreindre dans le sang, à moins que le sens de la solidarité ne parvienne à primer l\u2019exploitation de la solidarité.L\u2019acuité même avec laquelle nous percevons cette dualité prouve notre besoin d\u2019unité.Pertes incommensurables.La civilisation humaine se nourrit d\u2019apports diversifiés.Elle est œuvre vivante, qui se renouvelle sans cesse.La richesse des valeurs humaines tient en partie à leur multiplicité.Le chrétien sait, par exemple, quel enrichissement spirituel peut lui apporter la stimulante variété des manières de vivre la vie chrétienne et de penser l\u2019unité du dogme.Ce que l\u2019Occidental est en train de découvrir, c\u2019est combien il a exagéré la valeur de sa conquête de la nature, parce 266 RELATIONS qu\u2019il a trop longtemps différé d\u2019intégrer à sa culture cette valeur propre à l\u2019Orient: le respect de la nature.Que de virtualités humaines inutilisées jusqu\u2019à ce jour par absence d\u2019un ordre protégeant tout effort créateur, favorisant toute création humaine et son intégration par l\u2019humanité! Cette unification de l\u2019humanité est sans terme.Elle naît de l\u2019esprit qui, instituant la pensée dans le milieu social qu\u2019il crée sans cesse, unifie les hommes par la civilisation.Mais, face à la civilisation, qu\u2019en est-il de l\u2019ordre politique, ordonnateur suprême?Le particularisme de fait de l\u2019État a-t-il décru sans cesse pour en réaliser l\u2019universalisme de droit ?L\u2019ordre politique présent est-il apte à ordonner la civilisation mondiale ?A équilibrer l\u2019économique?contrôler le capitalisme?modérer la propagande?assurer les libertés essentielles: le simple droit de circuler sur la terre des hommes ?Est-il apte à procurer le premier des biens humains, la paix ?N\u2019est-ce pas le drame de notre époque que ce retard de l\u2019ordre politique ?Et n\u2019est-il pas plus tragique encore que l\u2019esprit de l\u2019homme ne soit même pas prêt à voir le problème ?Lorsqu\u2019il institua la cité, l\u2019homme venait de prendre conscience d\u2019une exigence foncière de sa nature: le mieux-être humain est impossible sans un ordre politique.Mais l\u2019homme du XXe siècle, quand il conçoit la cité mondiale, semble avoir oublié qu\u2019elle doit être, elle aussi et cette fois à la dimension du monde, une détermination ultime de la vie sociale.Il voile cette exigence sous un revêtement de protocoles et de tractations.Que chacun poursuive son intérêt du mieux qu\u2019il le pourra, et le bien commun universel en résultera, a-t-on la naïveté de croire.La loi de la jungle régit la cité mondiale.Le civisme ne peut se développer qu\u2019à l\u2019intérieur d\u2019institutions.Pas de civisme antérieur à la cité.On admet sans peine la nécessité d\u2019un pouvoir coercitif dans l\u2019État pour soutenir la vertu civique.On sait fort bien qu\u2019on ne peut tabler sur les bonnes intentions seules et sur l\u2019esprit de collaboration.Pourquoi hésite-t-on à reconnaître ces vérités élémentaires quand il s\u2019agit de réaliser le bien commun universel ?Le problème de l\u2019heure ne peut se poser en simples termes de libre coopération.Ce dont il s\u2019agit, c\u2019est d\u2019adapter l\u2019ordre politique à l\u2019exigence d\u2019unité que comporte le développement de l\u2019humanité, afin de relancer la marche en avant de l\u2019homme et de stimuler sa responsabilité créatrice personnelle ou communautaire: ce qui est proprement la fin de l\u2019ordre politique.D\u2019autre part, en quête d\u2019une nécessaire unité politique, il nous faut simultanément découvrir pourquoi cette unité n\u2019appelle pas un monisme, mais exige intrinsèquement un pluralisme réel.AU MADAWASKA Alexandre DUGRË, S.J.AU CARREFOUR du Nouveau-Brunswick, du Québec A et du Maine, le diocèse d\u2019Edmundston se compose en \"*¦ majorité de Canadiens français venus, de Kamouraska et de Rimouski, rejoindre les Acadiens de la Dispersion, après 1785.On sait la navrante histoire du peuple martyr, chassé de Port-Royal et de Grand-Pré, puis revenu fonder Sainte-Anne-des-Pays-Bas (Frédéricton), et chassé de nouveau pour que les loyalistes américains s\u2019installent sur de belles fermes toutes faites.Remontant alors la rivière Saint-Jean, ils en défrichèrent les deux rives, du Petit-Sault (Ed-mundston) au Grand-Sault.Comme il y a un choix de Dieu sur certaines âmes privilégiées, il semble y avoir aussi un choix du démon, un acharnement sur Job, sur tout un peuple de Job, avec des moyens proprement épouvantables, destinés à jeter ses victimes au blasphème.Mais non.Ces errants, ces dépouillés, ces archi-pauvres et ces archi-courageux, ils acceptent la volonté de Dieu, ils vont agrandir son royaume.C\u2019est mieux que les Hébreux au désert; c\u2019est l\u2019Église en marche, c\u2019est le voyage de Bethléem, la fuite en Égypte, la résurrection après un crucifiement qui ne les a pas tous fait mourir, les Daigle, Cyr, Martin, Mazerolle, Hébert, Thériault, Gaudin, Mercure, Thibodeau, Violette.Avec la religion comme unique force, ils sont les avant-gardes des bâtisseurs de foyers priants, des bâtisseurs d\u2019églises pour la prière commune, les cantiques et la messe blanche, car ils n\u2019ont pas souvent la vraie messe.Après 1786, le curé de l\u2019He-Verte, déjà chargé de la Gas-pésie, fait cent milles, non en taxi, mais en canot, à pied, dans la misère du corps, pour venir à Saint-Basile soulager la misère des âmes.On patiente, on s\u2019enracine, des deux côtés de la rivière.En 1803, Mgr Denaut vient confirmer 186 personnes sur 446, sur 239 communiants de 12 à 75 ans; puis il envoie un Sulpicien, l\u2019abbé Ciquart.Mais la paroisse de Saint-Basile existe depuis 1792, sept ans après l\u2019arrivée des premiers colons, sœur cadette de Memramcook (1781) et de Caraquet (1784).A la première grand-messe, les vieilles voix, silencieuses depuis quarante ans, chantèrent aux échos les Kyrie, Gloria, Credo de Grand-Pré, et les larmes s\u2019ajoutèrent à l\u2019adoration.Des curés remarquables, MM.Marcoux, Langevin, Dugal, et l\u2019incomparable sœur Maillet de l\u2019Hôtel-Dieu ont consolidé la patrie nouvelle.En 1908, le rassemblement national réunit à Saint-Basile des frères qui ne s\u2019étaient pas connus depuis cinq générations.Après s\u2019être salués, ils se taisaient pour ne pas pleurer.Des hommes!.Depuis cent soixante ans, l\u2019Église du Madawaska a grandi, jusqu\u2019à devenir un diocèse de 90,000 âmes.Comme disait Mgr Dugal, « la bonne Providence a fait des trente et une familles de 1792 autant de paroisses » \u2014 en attendant les autres et la cathédrale, deux collèges classiques et la moitié du diocèse de Portland (Maine).En 1831, les États-Unis, comme les Moabites pour les Hébreux du désert, se demandèrent ce qu\u2019étaient ces pauvres gens.Des inspecteurs passant de maison en maison, s\u2019ils ne disaient pas comme Balaam: « Qu\u2019ils sont beaux vos foyers, défricheurs! », reconnurent les qualités vaillantes: « C\u2019est un OCTOBRE 1951 267 peuple inoffensif et charitable.Il se tire d\u2019affaire tout seul.(on se demande comment!).Il faut espérer que les États-Unis se montreront plus équitables envers eux que les Anglais, qui les ont chassés de leurs fermes et les ont forcés à chercher refuge dans les forêts.» Et Keane: « Ils vivent dans une mutuelle fraternité, pratiquant la morale et la religion, n\u2019obéissant qu\u2019aux lois de l\u2019honneur et du bon sens.» Pas de serrure ni de contrats chez eux: parole d\u2019homme, parole de roi.Les raccordailles de difficultés se font à Pâques devant le prêtre.Et l\u2019Anglais Fisher: « Ils forment un peuple honnête et pacifique, et très hospitalier.» « Un peuple tout à fait à part », écrit en 1836 l\u2019Américain Jackson, alors qu\u2019il fallait passer par la Rivière-du-Loup et Campbellton pour aller à Moncton.Un peuple à part, déjà ! C\u2019est la république du Madawaska qui se dessine, que ses particularités canado-acadiennes et agricoles différencient des Acadiens de la mer.Doit-on le regretter?Oui, si la division s\u2019accentue; non, si l\u2019union coopère, si les profondeurs de l\u2019âme restent les mêmes, la foi en Dieu et la fidélité française, même et surtout chez les frères du Maine, qui auront plus de mérite à continuer les ancêtres, mais qui devront les continuer! Les Irlandais d\u2019Amérique, pour expliquer leur splendide attachement à leur île mère par delà le vaste Atlantique, ont forgé le joli axiome: « Blood is thicker than water.Le sang est plus épais que l\u2019eau », plus fort, plus précieux et plus exigeant.Surtout quand ce n\u2019est pas un océan, mais une gentille rivière, facile à traverser même aux bonjours et aux chansons, qui sépare les mêmes familles, les mêmes noms et la même foi.N\u2019y a-t-il pas plus de ressemblance, d\u2019union et d\u2019unité entre les deux Madawaskas qu\u2019entre ces Français de 1\u2019Aroostook et les Américains de Virginie, du Missouri ou de 1\u2019Alabama?Notre frontière n\u2019est après tout qu\u2019un courant d\u2019air et de rivière; mais le sang, le sol, la foi, la langue, autant que possible l\u2019école, seront les mêmes, pour la survivance d\u2019une même patrie adorant le même Dieu.Comme les Juifs conservent l\u2019unité dans la dispersion, notre petite Pologne gardera l\u2019unité dans la création divine, sabotée par la politique humaine ou inhumaine.Si l\u2019alliance proposée en 1650 entre Nouvelle-Angleterre et Nouvelle-France avait réussi, quelle destinée merveilleuse attendait l\u2019Amérique du Nord! Quelle force de spiritualisme à la place, à côté du matérialisme! Si l\u2019histoire n\u2019a pas vu grandir également les filles de France et d\u2019Angleterre, l\u2019histoire a vu autre chose, mieux, plus rare, d\u2019une essence plus héroïque.L\u2019histoire a vu nos germes de nation foulés aux pieds, dispersés aux quatre vents, s\u2019entêter à vivre dans la résurrection de l\u2019Acadie, de cinq ou six Acadies, dans la réunions des ossements dispersés de la vision d\u2019Ézéchiel, dans la remontée des côtes, le relèvement des croix plantées et leur multiplication là où jamais encore la terre ne les avait vénérées.L\u2019histoire chantera au monde brutal l\u2019occupation de cette dentelle de rivages qui court du cap Pelé à la baie des Chaleurs, à Bonaventure et aux paroisses du vieux Québec, fières de leurs petites Cadies.Et cette Louisiane aux bayous toujours français.Oh! surtout l\u2019Acadie officielle, une et multiple, apôtre de la Vierge et de la messe, non plus sous les bois, par accident, mais dans l\u2019église installée bien chez elle, régnant sur le pays perdu hier, puis retrouvé, repris non par des troupes qui tuent, mais par la fabilesse du Christ, par la sueur et le travail des hommes, par la prière, le courage et les enfants des femmes.Acadie de l\u2019île Saint-Jean, qui tient et qui en gagnera.Acadie de la Nouvelle-Écosse, elle-même tronçonnée le long de la mer, sur les rivages chantant français de Pubnico, de la baie Sainte-Marie et du Cap-Breton.Acadie majeure du Nouveau-Brunswick, Acadie de la mer féconde et des platins généreux du Madawaska, Acadie prenant figure de province 268 mère, avec ses vigoureux diocèses de Moncton, de Bathurst et d\u2019Edmundston, avec la rallonge du Maine.L\u2019histoire n\u2019est pas finie; elle n\u2019a jamais dit son dernier mot; elle chantera toujours plus fort ses marseillaises pacifiques de Y Ave maris Stella; elle se réunira pour prier en congrès de vie.Elle dira les progrès d\u2019un petit peuple qui fut toujours grand par les qualités d\u2019âme, par le martyre enduré, et qui sera bientôt grand par le nombre et le territoire occupé.Acadie des promesses, Acadie des réalisations, maintenant que l\u2019éducation supérieure est mise à sa portée, maintenant que les coopératives ont maté l\u2019oppression économique, et si l\u2019émigration peut cesser d\u2019éparpiller sa belle jeunesse dans l\u2019exil assimilateur.« Notre plus grand article d\u2019exportation, dit un prêtre, c\u2019est notre jeunesse.» Jadis on la dispersa; hier elle s\u2019expatriait en Nouvelle-Angleterre pour y chercher de l\u2019ouvrage, ou jusqu\u2019au Wisconsin et au Montana pour y chercher de la terre.Aujourd\u2019hui elle gagne surtout l\u2019Ontario, là où se donnent les gros contrats de guerre.Le Nouveau-Brunswick est livré au pire capitalisme.La bonne terre qui reste, entre le Grand-Sault et Saint-Quentin, est réservée aux arbres des compagnies Irving et Fraser.Une magnifique tranche de 3,000,000 d\u2019acres très fertiles, d\u2019abord cédée pour quatre-vingt-dix-neuf ans à la construction de la N.-B.Railway Line, passa au Pacifique Canadien avec cette ligne et fut ensuite vendue à l\u2019enchère.Le gouvernement provincial aurait pu tout avoir à $1 l\u2019acre; il ne vit rien.La compagnie Fraser acheta la partie nord, et surtout Irving acheta la plus grande partie, non pour quatre-vingt-dix-neuf ans, mais en toute propriété, avec lettres patentes capables de bloquer le progrès à perpétuité.Dix belles paroisses n\u2019ont pas la permission de naître, et l\u2019on émigre.La jeunesse rurale manque de sol?Eh bien, qu\u2019elle parte! Lui détient la terre sur papier timbré.Autre exemple de capitalisme indéfendable.Le Grand-Sault, la plus belle chute des provinces maritimes, a été victime aussi d\u2019un sale tour d\u2019affaires.Cédée à Y International Paper, en vue d\u2019usines qui feraient travailler les hommes sur leur bois, elle est tombée à la Gatineau Power, qui en retire $1,600,000 à exporter l\u2019électricité à Campbellton et Dalhousie.M.Veniot, qui voyait grand, voulait capter la forte chute pour doter sa province d\u2019une hydro.L\u2019on dit communément qu\u2019il a refusé $200,000, offerts à lui personnellement pour qu\u2019il renonce au projet.Comme il tint bon, $500,000 seraient allés à la caisse électorale de l\u2019opposition pour lui enlever le pouvoir.M.Baxter fit une campagne digne; mais dans les comtés anglais des environs de Saint-Jean, la cabale jaune, sans rien dire de l\u2019hydro, rabâcha malproprement les questions de race et de religion.Veniot fut battu.Conséquence: pas d\u2019hydro et pas d\u2019industrie au Madawaska.Sans terre et sans industrie, les jeunes s\u2019en vont.La grande culture locale, prolongée de l\u2019Aroostook du Maine, est celle de la pomme de terre, qui souffre de mévente.On n\u2019a pas d\u2019idée de ça.Le roi des patates, M.Pirie, sénateur, en produit 55,000 barils (de trois minots) et il en achète 300,000.Ses établissements du Grand-Sault expédient en Angleterre, à Cuba, au Brésil, en Argentine.Comme il a fait la maladresse d\u2019expédier des patates de semence, aujourd\u2019hui ça va moins bien.Il songerait à vendre ses immenses caveaux et installations, où il fabrique de l\u2019empois, de la poudre de patate et des barils.La seule paroisse de Drummond produit annuellement 800.000\tbarils, plus de 2,000,000 de boisseaux; Saint-André, 400.000\tbarils, et ainsi de suite.Un gros cultivateur en produit 25,000, un moyen 6,000 et un petit 1,500 à 2,000.Drummond pourrait charger 15 wagons par jour, du 15 sep- RELATIONS tembre à juin.On a déjà obtenu $10 le baril; aujourd\u2019hui, à $0.90, on laisse pourrir les patates, on les brûle, on les enterre par milliers de barils, après l\u2019hivemement aux grands caveaux chauffés.Le gouvernement s\u2019est arrangé avec Pirie pour payer $0.60 si lui débourse autant.M.Pirie en a pris et payé 300,000 barils en 1950; le gouvernement n\u2019a pas encore payé sa moitié, et les terres sont hypothéquées.C\u2019en est au point qu\u2019on se tourne vers la betterave sucrière.On a fait venir aux deux Madawaskas M.Pasquier, l\u2019ingénieur-agronome français qui a fait le succès de Saint-Hilaire et que notre reconnaissant M.Barré a mis en disponibilité.L\u2019on s\u2019attend à voir surgir, en bordure du Maine, une fabrique de sucre blanc.La situation scolaire est loin d\u2019être franche comme au Québec, mais on s\u2019en tire où l\u2019on est la majorité.On suit le programme officiel et l\u2019on ajoute le catéchisme et le français, même à l\u2019école supérieure.A Edmundston et en plusieurs paroisses rurales, la commission scolaire est toute nôtre.Le gouvernement paie sa part d\u2019octrois, et la pulperie Fraser 66% des taxes, à cause aussi de ses terrains.Le splendide Collège Saint-Louis des Pères Eudistes, à base française, est rempli à refuser des élèves.Au Grand-Sault, les Sœurs de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur ont bâti une vaste école, louée à la commission scolaire.Le plan Peacock de construire des écoles régionales pour les « unités » de comtés proposait une école d\u2019un million qui recevrait les enfants de quatre paroisses environnantes.Heureusement, les protestants de New-Denmark ont crié contre la distance: ils ont obtenu leur école, puis Drummond, puis Sainte-Anne, mais après combien de démarches de nos curés! Au Madawaska du Maine, les écoles publiques, tenues aussi par des religieuses, suivent le programme officiel de Washington, enrichi de catéchisme et d\u2019un peu de français, si peu que les élèves profiteront à peine du beau Collège Saint-Louis.L\u2019anglicisation menace à brève échéance, à moins que des chefs résolus ne prennent l\u2019affaire en main, à la façon des Juifs.Déjà plusieurs de ces paroisses françaises du diocèse de Portland traversent la rivière Saint-Jean pour faire leur retraite fermée à l\u2019accueillante maison des Pères Oblats \u2014 un ancien baraquement de l\u2019armée, heureuse acquisition de S.Exc.Mgr Gagnon, tout près du collège.Des milliers de retraitants des trois diocèses \u2014 Edmundston, Portland et Rimouski \u2014 profitent de ces rajeunissements d\u2019âmes pour garder et développer le sentiment religieux, les convictions ancrées au plus profond des cœurs.La jeunesse est portée à l\u2019anglais, qui fait gagner de l\u2019argent et qui matérialise; mais elle est bien entourée, elle se sent chez elle: Edmundston est sûrement la ville la plus française en dehors du Québec, et Saint-Basile, avec son grand Hôtel-Dieu et son Collège Maillet pour jeunes filles, et Grand-Sault dont la paroisse bilingue a donné une fille française, et les paroisses rurales toutes françaises.Le Madawaska est tout un pays, un pays à part qu\u2019il faut visiter, admirer.Il mérite une gloire spéciale en Amérique.Pour la gloire humaine, il peut dire aux touristes le mot ancien : « Sta, viator, heroem calcas.Arrête, voyageur, tu foules un sol héroïque.» Pour la gloire divine, il peut s\u2019appliquer les mots frappants de Jérémie sur la captivité de Babylone: « C\u2019est une grâce que nous ne soyons pas anéantis.Notre héritage a passé à des étrangers.Seigneur, renouvelle nos jours comme autrefois.» Et Dieu répond: «Bâtissez-vous des maisons; multipliez-vous dans ce pays.Ne suivez pas la voie des étrangers; leurs coutumes ne sont que vanité.Je serai le Dieu de vos familles, et elles seront mon peuple.Je leur donnerai un même cœur.Je mettrai ma joie à leur faire du bien.Je les planterai sur cette terre, je ramènerai les exilés.On entendra dans les lieux sans hommes ni bêtes les cris de joie et le chant des fiancés.» Bienheureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu ! \u2014 le Seigneur, non l\u2019or ni l\u2019orgueil, ni la chair, ni l\u2019esprit de domination et de persécution, mais l\u2019esprit de Dieu, de la Vierge de l\u2019Assomption, la grande patronne, celle qui remonta au ciel corps et âme, en son corps des Sept Douleurs, en son âme des Sept Allégresses.«LA PIERRE D'ACHOPPEMENT » Luigi d'APOLLONIA, S.J.MAURIAC continue d\u2019écrire Souffrances du chrétien; cette fois-ci, le livre s\u2019intitule la Pierre d\u2019achoppement.Laissant de côté l\u2019art du romancier, ses éclairages fauves, les paysages où ruisselle la pluie et où plombe la canicule, la qualité de cette prose lyrique et rythmée sur le cœur, plus adaptée à la création littéraire qu\u2019aux débats politiques et religieux, nous formulerons, à propos de ce petit livre de cent vingt pages, deux remarques seulement: l\u2019une de caractère psychologique sur la franchise, l\u2019autre de caractère théologique sur l\u2019Incarnation.La franchise est donc de mode.Elle est souveraine.A l\u2019encontre de toutes les autres vertus, elle n\u2019aurait pas à garder le juste milieu.Elle est un absolu.La justice, la charité, la vérité même s\u2019inclinent devant elle.La fermeté peut dégénérer en dureté, l\u2019obéissance en passivité, le commandement en orgueil, mais la franchise, elle, ne saurait défaillir.Erreur, effronterie, indiscrétion, qu\u2019importe! pourvu qu\u2019on soit sincère.Dire n\u2019importe quoi à n\u2019importe qui n\u2019importe quand et n\u2019importe où serait la perfection même de la franchise et son couronnement.N\u2019avons-nous pas vu toute la sale marée de leurs rancœurs, de leurs haines, de leurs impudeurs refluer dans les œuvres de certains grands écrivains?On ne s\u2019est même pas arrêté devant l\u2019homosexualité, et l\u2019on s\u2019est confessé à la face du monde entier en vingt langues différentes.Comme la fiction, bien que transparente, offrait encore un voile, on publia son Journal, et l\u2019on remporta le prix Nobel.Qui, par respect des âmes, refusait de confondre la franchise avec l\u2019emportement des instincts et l\u2019ordre moral avec le pire sans-gêne passait pour n\u2019aimer pas la vérité.Il serait indigne de même insinuer que Mauriac aurait quoi que ce soit à voir avec ces goujats élégants.Mauriac est un chrétien de grande race.Sa droiture de caractère, le désintéressement de ses intentions, son attachement à l\u2019Église nous rendent attentifs à ses remontrances et sensibles à ses aveux.Mais si l\u2019impudeur est une contrefaçon hideuse de la franchise, elle n\u2019est pas la seule.Il y en a une autre: l\u2019indiscrétion.Ce n\u2019est pas surtout l\u2019audace qui rend Mauriac indiscret, car nous en avons entendu bien d\u2019autres et de plus raides OCTOBRE 1951 269 encore sur les « dévotions rémunératrices », la « dévotion sensible et jouisseuse », les « pieux bamums de la sainte Église », les « candidats de la sainteté », le « snobisme des grands Ordres », « le criminel détournement de la conscience catholique ».« Je ne cherche d\u2019ailleurs dans ces pages, écrit Mauriac, qu\u2019à manifester un état d\u2019esprit.J\u2019y enregistre mes réactions de catholique sans préjuger leur valeur.Il se peut qu\u2019elles ne témoignent que contre moi-même.Oserais-je avouer qu\u2019à les relire, c\u2019est moins leur audace qui me frappe que la timidité avec laquelle je les manifeste et tous les « repentirs » dont je les fait suivre ?» Mauriac nous semble avoir raison.La hardiesse de ces pages n\u2019est pas dans la pensée.Elle n\u2019est même pas, pour nous, dans le fait que Mauriac, laïc, en remontre à son curé.Elle est dans ce frémissement de l\u2019âme, ces images lyriques et brûlantes, cette sensibilité consumée qui se manifeste jusque dans le choix du titre du volume.L\u2019émotion perpétuelle est la pierre d\u2019achoppement de la franchise de Mauriac.Cette sincérité d\u2019émotion, il la tourne surtout contre les chrétiens, ses frères, qui s\u2019essayent tant bien que mal à être parfaits comme le Père céleste est parfait, et qui cherchent Dieu en même temps qu\u2019ils le fuient, avant de laisser à son amour une dernière chance.Mauriac, qui voudrait être indulgent et plein de tact, devient dur, blessant, impitoyable.Pierre d\u2019achoppement, les fidèles; pierre d\u2019achoppement, les curés; pierre d\u2019achoppement, les évêques; pierre d\u2019achoppement, l\u2019Église elle-même.Mauriac a oublié la béatitude de la miséricorde; il regrette même de ne pouvoir se permettre la « furieuse liberté » d\u2019un Bloy, d\u2019un Bernanos qu\u2019il ne perd pas de temps à canoniser comme 1\u2019 « un des derniers témoins authentiques du Christ vivant ».La destinée d\u2019un chacun n\u2019est plus avant tout une chose personnelle.C\u2019est le croyant qui porte tout le blâme de l\u2019incroyance, et le catholicisme même, « à ce degré compromis dans l\u2019humain, enfoncé dans l\u2019erreur humaine », tout empêtré dans la politique.Il est regrettable que le « caractère affectif » de sa croyance inspire à Mauriac une telle « antipathie pour la théologie », car n\u2019importe quel manuel, même le plus mal fait, lui eût enseigné qu\u2019il y a scandale et scandale, et que la pierre d'achoppement n\u2019est souvent que le scandale des faibles, quand il n\u2019est pas tout simplement le scandale des pharisiens.^ Mauriac connaît ces distinctions; elles sont d\u2019ailleurs dans l\u2019Évangile.pour qui sait lire.Mais voilà, sa foi n\u2019est pas pour Mauriac un « pieux jouet » ; ni le Christ « un thème, un motif, dans l\u2019orchestration d\u2019une vie ».Il en est ébloui et bouleversé; il en est blessé; et il souffre de l\u2019élancement de la plaie.Il veut être parfait; il veut que tous les chrétiens soient parfaits; il veut que l\u2019Église soit parfaite dans ses membres comme dans son fondateur.Mais le royaume de Dieu est semblable à un champ où poussent l\u2019ivraie et le bon grain; le royaume de Dieu est semblable encore au filet du pêcheur qui tire sur la berge de bons et de mauvais poissons.Mauriac, qui défend la sainteté de l\u2019Église et l\u2019intégrité de la foi, défend sa propre sensibilité et sa foi chrétienne.L\u2019émotivité gâte sa franchise et la rend insolente.Il serre les dents et les poings, quand le sourire suffirait.Il ignore que l\u2019indulgence amusée vaut mieux souvent que l\u2019irritation.Et parce que sa bonne foi est incontestable, sa sincérité passionnée n\u2019en est que plus dangereuse.La théologie, à laquelle M.Mauriac est très allergique, \u2014 « C\u2019est un fait, écrit-il, que tout raisonnement théologique devient très vite une épreuve pour ma foi », \u2014 l\u2019eût préservé de certaines fausses profondeurs; elle l\u2019eût surtout éclairé sur le sens exact de l\u2019Incarnation, que des poètes comme Dante et Péguy ont su chanter profondément.Pour être plus près de nous, Dieu, qui nous a donné les tables de la Loi au milieu des éclairs du Sinaï, s\u2019est donné lui-même à nous dans le sein très pur de la Vierge Marie.Il s\u2019est « incarné », il s\u2019est fait Dieu à notre mesure.Dans une péricope sublime de YÉpîlre aux Philippiens, saint Paul a dit le terme de cette « incarnation » : l\u2019anéantissement ou, pour décalquer le terme grec, la kénose : « Le Christ existant en forme de Dieu ne s\u2019est pas attaché jalousement à cette égalité de rang avec Dieu, mais il s\u2019est vidé de lui-même, anéanti, prenant forme d\u2019esclave, devenu semblable aux hommes.» En quoi a consisté cet anéantissement?Erreur folle de penser que le Verbe en s\u2019incarnant se soit vidé de sa divinité.En devenant semblable aux hommes, il a renoncé pour son humanité à tout le resplendissement de gloire et d\u2019honneur qui revenait de droit au Fils de Dieu fait homme.Vrai homme, il a pris toutes les infirmités de notre nature passible et corruptible.Il a eu faim et soif, il a souffert, il est mort.Il a voilé la gloire de sa nature humaine.C\u2019est l\u2019enseignement de Y Epitre aux Hébreux, et c\u2019est la connotation des mots de saint Jean: « Et le Verbe s\u2019est fait chair.» C\u2019est pourquoi la théologie s\u2019est attachée au mot incarnation plutôt qu\u2019à celui d\u2019inhumanisation; il dit mieux le dépouillement, l\u2019anéantissement du Verbe qui assume non seulement une nature humaine, mais une nature humaine pauvre, souffrante, humiliée, une « chair ».L\u2019union hypostatique n\u2019a pas cessé après le matin glorieux de la résurrection; elle ne cesse pas au ciel à la droite du Père tout-puissant, mais Y anéantissement a pris fin.Il se continue toutefois sur terre, dans l\u2019Église qui est le Christ continué.Il se continue dans les sacrements, ces incarnations accidentelles, et dans les évangiles qui contiennent la Vie sous de pauvres signes sensibles; il se continue dans l\u2019enseignement de l\u2019Église, parole authentique de Jésus qui garde un accent paysan de Galilée, et dans cette « cristallisation millénaire de rites, de musiques, de fastes ».Les hommes se réjouissent que l\u2019Église soit humaine et à leur portée.Ils oublient que cet avantage doit se payer.Être humaine veut dire faite d\u2019hommes: les hommes sont infirmes; sans la grâce, ils ne sont que péché.L\u2019administration de l\u2019Église, aux mains d\u2019hommes et non d\u2019anges, sera laborieuse, avec des cadres hiérarchiques, des congrégations, des archives, « les cheminements et les ruses de la diplomatie », « son velours pompeux », son argent, son code.Inévitablement la distribution des sacrements sera réglementée; certains prédicateurs se mettront en nage et parleront « dans la pensée que leur parole ne se distingue pas de celle de Dieu et avec l\u2019assurance de n\u2019être jamais interrompus ni critiqués (croient-ils) dans le secret des cœurs ».Inévitablement encore certains hommes d\u2019Église seront plus préoccupés de faire du bureau que de promouvoir la charité du Christ, et l\u2019Église elle-même devra « s\u2019adapter, transiger, entrer dans la sinistre farce d\u2019un monde pour qui le Christ n\u2019a pas voulu prier, échanger avec lui des ambassadeurs, entretenir des ministres, avoir ses gardes, ses palais, s\u2019entourer de cet appareil suranné qui prête aux faciles diatribes ».Si seulement les hommes étaient parfaits! Mais ils ne le sont pas.Ni les fidèles, ni les prêtres, ni les évêques, ni les papes.Il faut en prendre son parti: brûler de zèle sans s\u2019exaspérer; s\u2019humilier sans être surpris ni découragé.Mauriac ne devrait plus s\u2019étonner que l\u2019Église ait une chair faible et souffrante, et que le Christ, continué en elle, ait abdiqué ses prérogatives de gloire.Faite avec des hommes, parlant le langage des hommes, se servant de moyens humains, avec ses qualités et ses défauts, ses abus et ses réformes, ses bonnes et ses mauvaises 270 RELATIONS périodes, \u2014 la sainteté cependant ne lui faisant jamais défaut ni dans ses membres ni dans sa source, \u2014 l\u2019Église, dans son mystère, continue l\u2019anéantissement du Christ jusqu\u2019à la consommation des siècles.Alors seulement apparaîtra l\u2019Épouse tout immaculée, toute parée, en robe de noce, Église glorieuse, Église triomphante, pour le banquet de l\u2019Agneau.Dans l\u2019attente de ce jour, Mauriac lui-même écrit très justement dans un moment de « repentir » : « Il faut entrer dans le mystère de cet abaissement, de cette humiliation de l\u2019Église.» * ?* S\u2019il avait à recommencer sa vie, Mauriac nous assure qu\u2019il mettrait à dissimuler sa foi autant de soin qu\u2019il a dépensé d\u2019effort pour la monter en épingle.Mauvais joueur celui qui, agacé par l\u2019angoisse de l\u2019écrivain, voudrait retourner l\u2019arme de cet aveu contre Mauriac qui la lui tend avec simplicité.Depuis son enfance, Mauriac « a grandi, travaillé, souffert, aimé dans l\u2019ombre immense qu\u2019étend l\u2019Église » sur sa vie.A son déclin, il vient témoigner de l\u2019indéfectible amour qu\u2019elle lui inspire et veut « mettre au net sa vraie pensée sur ce qui touche à l\u2019unique nécessaire ou plutôt sur ce qui en constitue, ici-bas, le commentaire humain, et sur les puissances qui l\u2019administrent ».Sans toucher à l\u2019essentiel, il bouscule, dans une de ces « brusques rages » de son enfance, \u2014 dont il se défend cependant, \u2014 des conceptions et des habitudes même respectables, pour faire apparaître l\u2019éternelle nouveauté du Christ.\u2022 \u2014\u2014\u2014 Au service de nos enfants Rose LÉTOURNEAU-LA SALLE DEPUIS LONGTEMPS, les autorités de l\u2019Hôpital Sainte-Justine s\u2019inquiétaient avec raison \u2014 en face de l\u2019accroissement incessant de la population \u2014 de ce que l\u2019hôpital actuel, qui date de 1907, ne fût plus en mesure d\u2019admettre tous les enfants qui ont besoin de ses services.Depuis cinq ans, on étudiait ce problème, recommandant à la Providence l\u2019œuvre à laquelle ses fondatrices ont consacré le meilleur de leur cœur et de leur dévouement.Et la Providence, qui aime les enfants d\u2019un amour de prédilection, vint à leur aide.Les pouvoirs publics, reconnaissant le bien-fondé de leurs démarches, accordèrent aux dirigeantes de l\u2019œuvre l\u2019aide nécessaire pour jeter les bases d\u2019un nouvel hôpital, plus vaste, mieux aéré et en état d\u2019accueillir toutes les petites victimes des accidents et de la maladie.Mais à cette aide, si précieuse soit-elle, il faudra nécessairement que la population ajoute la sienne.C\u2019est pourquoi, cette année, la campagne annuelle de Saint-Justine en faveur de ses enfants malades devient la Campagne de construction de l'Hôpital Sainte-Justine.Une campagne qui atteindra toute la population de Montréal et de la province, puisque Sain te-Justine, ainsi que le disait S.Exc.Mgr Léger, « est une œuvre nationale », et il ajoutait: « Il y vient des enfants de partout, et il n\u2019est pas une de nos paroisses qui ne lui soit redevable.» OCTOBRE 1951 Des théologiens en ont fait autant, et même plus, mais sur un ton que ne gâtait pas la sensibilité, et dans des perspectives beaucoup plus vastes.Faut-il alors que les littérateurs catholiques se taisent, comme on vient de le crier dans un livre injuste et injurieux ?Mais où sont donc les théologiens (leurs livres et leurs revues) qui obtiennent auprès des incroyants la même audience que ces chrétiens inquiets et ardents ?Ne demandons pas à Mauriac de sortir de sa peau.Laissons-les, lui et les autres, s\u2019exprimer librement; nous aurons la sagesse de ne pas les prendre pour l\u2019Église enseignante, ni de les dresser en prophètes de la fin des temps.Ce sont des poètes, il faut faire effort pour entrer dans leur pensée et leur sensibilité, pour discuter franchement avec eux, pour les éclairer au besoin.Car ils veulent servir notre sainte Mère l\u2019Église.Voyez comme ils savent faire les choses.C\u2019est monsieur Lalou qui parle, le curé de Baluzac, dans la Pharisienne : « Pourquoi donc serais-je étonné ?dit le curé.Ce qui est étonnant, c\u2019est de croire.L\u2019étonnant, c\u2019est que ce que nous croyons soit la vérité; l\u2019étonnant, c\u2019est que la vérité existe, qu\u2019elle se soit incarnée et que je la tienne prisonnière, là, sous ces vieilles voûtes qui ne t\u2019intéressent pas, et grâce au pouvoir de ces grosses mains qui font l\u2019admiration de l\u2019oncle Adhémar! Oui, mon drôle, je n\u2019en reviens pas, moi qui te parle, tant c\u2019est absurde, tant c\u2019est fou ce que nous croyons; et pourtant c\u2019est vrai! » Oui, malgré nos grosses mains.qui font les Souffrances et le bonheur du chrétien.On tendra bientôt la main pour la construction du nouvel Hôpital Sainte- Justine.Mme Létourneau-La Salle vous invite à la générosité.C\u2019est à cette campagne que tout le monde sera invité à souscrire Du 1er au 15 octobre Les plans de la nouvelle institution, approuvés par des experts de chez nous et de l\u2019étranger, sont simples, modernes et efficaces.On pourra y installer 800 lits et 60 berceaux.Situé chemin de la Côte-Sainte-Catherine, face au Collège Jean-de-Brébeuf, à proximité de l\u2019Université de Montréal, le futur hôpital, dont on est à parachever les bases, occupera un endroit idéal, où l\u2019air et la lumière assureront aux enfants l\u2019atmosphère indispensable à leur développement.Nos enfants! on en parle toujours avec beaucoup de tendresse et d\u2019émotion.Tous les parents sont prêts à faire pour eux les plus grands sacrifices, tellement ils prennent de place dans leur cœur.On ne leur refuse rien.Refuserions-nous aujourd\u2019hui de répondre à l\u2019appel de l\u2019Hôpital Sainte-Justine, qui a pris pour mission de les soustraire à la maladie, à la souffrance et à la mort?Refuserions-nous de collaborer à cette œuvre de vie, qui, depuis plus de quarante-quatre ans, monte la garde près des berceaux de chez nous avec une vigilance qui ne s\u2019est jamais ralentie ?A l\u2019heure où elle s\u2019inquiète pour nous de la sécurité de nos enfants et qu\u2019elle veut élargir de nouveau son cœur pour en accueillir davantage, pour en guérir davantage, pour en sauver davantage, ouvrons donc aussi le nôtre en répondant à son appel avec joie, avec amour et avec générosité.C'EST POUR NOS PETITS! 271 AVEC OU SANS COMMENTAIRES LE RÔLE DE L\u2019UNIVERSITÉ DANS LE MONDE MODERNE CROYONS EN LA PAIX NOS LECTEURS connaissent Pax Christi, mouvement international pour la paix.Les pèlerins de Pax Christi étaient à Lourdes le 29 juillet.S.Exc.Mgr Feltin, archevêque de Paris et président du mouvement, y prononça un remarquable sermon sur la paix.Méditons-en quelques pensées.« La paix n\u2019est pas de ce monde.« Vous connaissez ce mot, il vous attriste, il vous fait mal; même si cette vérité vous blesse, il faut la regarder en face.« Non, la paix n\u2019est pas de ce monde., les guerres, les conflits locaux renaissent et s\u2019engendrent sans cesse, nous ne le savons que trop! Certains trouvent cela absolument fatal et perdent tout espoir de mettre la guerre et la lutte des classes hors la loi: nous ne les suivons pas.L\u2019Église enseigne que la paix est possible, qu\u2019elle est un droit pour tous, un devoir pour tous ceux qui détiennent le pouvoir.D\u2019autres, au contraire, se figurent que l\u2019ère des batailles est révolue, que l\u2019humanité, désormais instruite par l\u2019Histoire, et devenue majeure, grâce au progrès, va remplacer l\u2019épée par la charrue, et les hécatombes par les échanges fraternels.Nous ne les croyons pas, ou, du moins, nous ne croyons pas aux moyens qu\u2019ils nous préconisent.Ils se fient totalement au triomphe de la raison et à la bonté de la nature humaine.» Commentant plus loin le message de la sainte Vierge à Bernadette : Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre, Mgr Feltin affirme: « L\u2019Église croit à la paix temporelle, parce qu\u2019elle croit à la paix éternelle qui en est l\u2019épanouissement.Et alors, tout s\u2019éclaire! et la paix est aussi de ce monde.Une paix précaire menacée, sans doute, mais, du moins, à taille humaine.« Une mère de famille sait bien que ses enfants se disputent, et continueront à le faire, quelquefois ou souvent.Mais elle ne se lasse pas, pour autant, de les former à la douceur, de leur apprendre à s\u2019entendre, à s\u2019aimer.Et, à force de patience, elle y parvient, pour l\u2019essentiel.« Ainsi de l\u2019Église: elle nous connaît bien, la grande famille de races et de peuples, de provinces et de villages, qu\u2019elle a mission d\u2019engendrer à la vie divine.« Loin de s\u2019étonner des conflits renaissants, des disputes de clocher, des susceptibilités de prestige, elle prépare les fidèles, gouvernants ou sujets, à prévenir, à éviter les frictions, les divergences de points de vue.Pas de thérapeutique sans connaissance du corps humain.Pas de paix internationale sans connaissance de l\u2019homme \u2014 structures sociales, psychologie collective, aspirations surnaturelles des personnes.^ « L\u2019Église ne remplace pas l\u2019État, elle ne construit pas elle-même la cité.Elle laisse aux organismes légitimement mandatés la tâche \u2014 immense \u2014 de régir et d\u2019aplanir, de prévenir et de guérir les misères du monde.L\u2019Église ne fait pas la paix; elle fait davantage: elle est notre paix, elle est la paix.» Voici la fin du sermon.Elle convient au mois du Rosaire: « A ce moment, où vous seriez tentés de douter de vous-mêmes, rappelez-vous ce rassemblement de Lourdes.Souvenez-vous qu\u2019un jour vous avez communié, au delà de l\u2019illusion, à une même espérance, en chantant le même Credo, autour du même autel, avec des envoyés de tous les peuples de la terre.Persuadez-vous que si les hommes oublient vite et retombent, ils ont au ciel un Père qui, lui, n\u2019oublie pas; un Sauveur qui ne cesse d\u2019intercéder pour eux dans la lumière et la chaleur de son esprit divin.Et ditez-vous, enfin, en regardant au mur de votre chambre l\u2019image de la Grotte miraculeuse, que Dieu nous a donné, en la personne de la Très Sainte Vierge, Reine de la paix, une étoile pour nous guider, une mère pour nous aimer.Amen.» 272 EPUIS QUELQUES ANNÉES, la tâche de l\u2019université dans le monde moderne a été remise en question.Le malaise qui se fait sentir dans notre civilisation affecte les milieux universitaires; et, en retour, il appartient aux équipes d\u2019ouvriers intellectuels qui composent le personnel des facultés d\u2019aborder ce problème et de tenter tout au moins d\u2019esquisser une solution.Pax Romana a exprimé la volonté de mobiliser, en 1952, l\u2019effort de ses membres sur ce vaste sujet.Le congrès doit se tenir à la fin de l\u2019été; il se réunira successivement à Toronto, Montréal et Québec.Un programme d\u2019étude a été élaboré, qui a pour thème: Le rôle de l'université catholique dans le monde moderne.Ce plan a été établi avec ampleur et il couvre toutes les incidences de la question universitaire.I.\t\u2014 NATURE ET BUTS DE L\u2019UNIVERSITÉ 1.\tEt d\u2019abord, quelle est la nature de l\u2019université?Une communauté de professeurs et d'étudiants, c\u2019est-à-dire que les rapports qui existent entre maîtres et étudiants sont personnels, fondés sur la poursuite d\u2019un idéal commun, et ils sont soutenus par une intelligente sympathie.2.\tLes buts de l\u2019université ?Le premier objectif à poursuivre, c\u2019est la formation de la personnalité.Les facultés ne bornent pas leurs ambitions au développement de l\u2019érudition, ni à la transmission d\u2019une culture purement intellectuelle.Éducation supérieure \u2014 pas seulement instruction; développement des vertus de Vintelligence; respect de la vérité, honnêteté intellectuelle, etc.; développement du sens des valeurs morales, esthétiques, spirituelles; développement des connaissances et des techniques nécessaires pour remplir une vocation d'intellectuel.3.\tLe respect de soi-même, le culte de la réalité aimée pour elle-même et possédée dans la lumière assurent le maintien, la découverte et le rayonnement de la vérité dans tous les domaines et à tous les degrés du savoir.II.\t\u2014 RECHERCHE D\u2019UNE UNIVERSITÉ POUR LE MONDE MODERNE 1.\tUne partie importante du plan d\u2019étude suggère l\u2019analyse des conditions dans lesquelles s\u2019effectue l\u2019effort universitaire tel qu\u2019il a été défini au départ.La vie moderne ne favorise pas, dans tous les cas, la poursuite d\u2019un idéal élevé de culture spirituelle.Ainsi, la formation de la personnalité intellectuelle est-elle possible dans un monde déchristianisé ?Cette formation est-elle compatible avec la spécialisation toujours plus grande qu'exige aujourd'hui la formation professionnelle ?La préparation technique très poussée que réclament certaines fonctions de notre monde civilisé tend à déséquilibrer l\u2019esprit et à le lier à un domaine du savoir.Le plan de Pax Romana cite le Saint Père: Université ne dit pas seulement juxtaposition de facultés étrangères les unes aux autres, mais synthèse de tous les objets du savoir.Les progrès modernes, les spécialisations toujours plus poussées rendent cette synthèse plus nécessaire que jamais.RELATIONS Réaliser cette synthèse elle-même, dans toute la mesure du possible, est la tâche de l'université.2.\tLa formation intellectuelle et spirituelle donnée par l\u2019université doit s\u2019accomplir en grande partie par la multiplication des contacts entre les étudiants eux-mêmes et par des rencontres entre étudiants et professeurs.La communication de la culture repose sur l\u2019action d\u2019une vie communautaire.Le plan de Pax Romana souligne l\u2019importance de ce facteur indispensable.Par malheur, de nombreux obstacles s\u2019opposent à l\u2019expansion normale d\u2019un régime d\u2019échanges réciproques: dispersion des étudiants, surcharge de travail, démocratisation de l'université et encombrement qui en résulte.L\u2019étude de ces facteurs de division a pour but d\u2019orienter la recherche vers des éléments de solution favorisant le retour à la vie communautaire.3.\tA l\u2019université, la vérité a ses droits: elle exige, outre des vertus intellectuelles, un ensemble de conditions qui permettent de la découvrir et de l\u2019établir.Sur ce terrain, de multiples problèmes surgissent, que le plan a le souci de formuler avec clarté: Dans le domaine des sciences naturelles, les développements modernes n'exigent-ils pas parfois des moyens techniques (matériel de laboratoire, etc.) qui souvent ne peuvent être fournis que par de grandes entreprises industrielles ou les États ?Dans le domaine des sciences spéculatives, quelles sont les conditions du maintien et de la découverte de la vérité ?L'esprit positiviste, par exemple, est-il compatible avec une pleine compréhension du rôle de l'université ?Quelles sont les limitations imposées dans ce domaine par l'idéologie matérialiste ?Quel est le rôle des études théologiques dans l'université par rapport à la découverte de la vérité en général ?4.\tLe plan aborde ensuite des problèmes concernant l\u2019organisation technique de la vie de l\u2019université: l'accès à l'université et les conditions d'admission (conditions financières, bourses, concours) ; la condition de l'étudiant (statut social de l\u2019étudiant, syndicalisme étudiant, représentation des étudiants dans le gouvernement de l\u2019université) ; la condition du personnel enseignant (statut social; représentation dans le gouvernement de l\u2019université; facilités de recherche, de publication).5.\tLes rapports entre l'université et la société (la vie culturelle du milieu), entre l'université et l\u2019État (la nature et les limites de la liberté académique; la nature et les limites de l\u2019autorité de l\u2019État vis-à-vis de l\u2019université créée par lui et des universités privées) font l\u2019objet d\u2019une section du programme d\u2019étude.III.\t\u2014 TÂCHE DES CATHOLIQUES Pax Romana signale, pour terminer, la tâche des catholiques dans la société contemporaine.Les intellectuels catholiques ont à remplir un rôle constructeur de tout premier plan; ils ne sauraient s\u2019y dérober sans trahir leur qualité de baptisés.A ce titre, le thème proposé pour le prochain congrès de Pax Romana mérite l\u2019attention de tous ceux qui s\u2019intéressent au sort de la culture occidentale.Sur cet important sujet, on peut lire, dans la présente livraison, l\u2019étude du R.P.Bernard Lonergan, S.J.OCTOBRE 1951 NOTRE FOLKLORE AU RÉCENT CONGRÈS de l\u2019Association canadienne des éducateurs de langue française, tenu à l\u2019Université L Saint-Joseph de Memramcook (N.-B.), M.Luc La-courcière présenta un rapport sur notre folklore.Quelques-unes de ses considérations valent d\u2019être retenues.La pratique folklorique consiste dans le maintien, « par les classes populaires, de tous ces usages et coutumes matériels, intellectuels et sociaux que l\u2019on groupe sous le terme de folklore et qui constituent réellement la civilisation traditionnelle ».Où en est chez nous ce maintien ?« Dans l\u2019état actuel de notre connaissance, il est aisé de constater que la tendance générale est régressive, c\u2019est-à-dire glisse non seulement vers l\u2019abandon, mais aussi vers l\u2019oubli.» Le bond gigantesque de la civilisation matérielle depuis cinquante ou cent ans est la cause principale de cette régression.Il n\u2019y aurait pas lieu de regretter la transformation matérielle si elle « n\u2019avait comme conséquence de très graves changements dans la vie de relations entre familles et individus, et surtout dans les traditions intellectuelles ».Sous l\u2019influence de la route, du journal, de la radio, de la télévision, « les échanges sociaux de toute nature n\u2019ont pas échappé à une certaine uniformisaton ».Mais il y a plus grave.« Il en va de même pour les traditions intellectuelles de la langue, de la littérature orale, de cet admirable trésor de contes, de légendes, de chansons, de dires multiples, lentement élaboré pendant des siècles et qui, tout à coup, se trouve sans point d\u2019appui et a partout tendance à s\u2019anémier ou à s\u2019éteindre.Tant et si bien que l\u2019on peut dire sans exagération que la plupart de nos plus belles traditions, et les plus distinctives, mourront avec nos derniers vieillards.» Il y a cependant un fait consolant: « Un mouvement de retour ou de récupération de ce patrimoine s\u2019est dessiné il y a déjà longtemps; et il s\u2019intensifie de jour en jour chez les gens d\u2019étude.» La recherche folklorique « a commencé, à vrai dire, il y a près d\u2019un siècle.On en trouve quelques éléments précieux chez de vieux littérateurs du dix-neuvième siècle: de Gaspé, Taché, Larue, etc.Mais c\u2019est surtout Ernest Gagnon qui, dans le domaine de la chanson populaire du moins, reste le véritable initiateur ».Au vingtième siècle, la méthode se perfectionne.Il y a, « d\u2019une part, les travaux linguistiques de la Société du Parler français, et, d\u2019autre part, l\u2019œuvre incomparablement féconde de Marius Barbeau.C\u2019est principalement lui qui, assisté d\u2019E.-Z.Massicotte et d\u2019une pléiade de folkloristes, ses émules ou ses disciples, a exploré le champ du folklore que nous avons énuméré brièvement.Pendant trente ans, il a travaillé, au Musée national, sans l\u2019assistance d\u2019aucune institution canadienne-française, à l\u2019œuvre de récupération du patrimoine menacé.On ne dira jamais assez quel monument il a édifié à la gloire et à la connaissance des traditions populaires.Il faut considérer comme une suite logique de son œuvre la création d\u2019une chaire et d\u2019archives de folklore à l\u2019Université Laval, en 1944.Le but de cet organisme est de continuer, de préciser et de perfectionner, par des enquêtes sur place, l\u2019œuvre de Marius Barbeau.Il est aussi de diffuser.la connaissance exacte des traditions par des cours, des conférences et des publications ».Ces considérations justifient M.Lacourcière d\u2019écrire que le folklore présente « une contribution des plus importantes à la formation nationale; contribution essentielle, devrions-nous dire, puisque, sans elle, le patriotisme tend à n\u2019être qu\u2019une pure notion abstraite ».D\u2019où la conclusion: « La recherche, l\u2019étude et l\u2019enseignement de nos traditions constituent donc l\u2019un des devoirs de l\u2019heure, et l\u2019un des moyens de promouvoir notre culture distinctive et d\u2019assurer l\u2019unité et le rayonnement de notre Canada.» 273 Au fil du mois Le« trente ans de la Dans sa pastorale de mars 1941 sur C.T.C.C.\tla Restauration de l'ordre social, l\u2019épiscopat de la province, parlant de la façon avec laquelle nos ouvriers avaient répondu à l'appel de Léon XIII au sujet de l\u2019organisation professionnelle, écrivait: « Ils luttèrent sans trêve contre tous les obstacles, ceux qu\u2019ils avaient prévus comme ceux auxquels ils ne s\u2019attendaient pas.Le succès couronna leurs efforts et au soir de leur vie si bien remplie, dans la paix d\u2019un repos justement mérité, ils ont la joie de contempler aujourd\u2019hui les bataillons serrés de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada.» Celle-ci comptait alors 239 syndicats groupant environ 50,000 membres.Aujourd\u2019hui, grâce à une patience et à des efforts qui prolongent l\u2019enthousiasme des premières années, elle compte 395 syndicats et plus de 90,000 membres.On a justement parlé de « montée triomphante de la C.T.C.C.».Cette « montée triomphante » fut parfois pénible et dure, surtout dans les dernières années.Les ouvriers eux-mêmes admettront aisément qu\u2019ils ne furent ni parfaits ni infaillibles.Mais certains raidissements chez des employeurs puissants ainsi que des oppositions des pouvoirs publics expliquent bien des frictions et des malentendus.Frictions et malentendus qui, commentés, discutés et amplifiés, n\u2019ont pas été sans jeter de la suspicion sur notre syndicalisme ouvrier.Aussi est-il bon de se rappeler l\u2019attitude que la pastorale de 1950 sur le Problème ouvrier recommande à qui « veut loyalement se donner à la solution » de ce problème.Sympathie compréhensive d\u2019abord.Une charité patiente et bonne reconnaîtra sans arrière-pensée que le capitalisme a commis chez nous des erreurs, qu\u2019il y a des revendications ouvrières justes et raisonnables, que ce n\u2019est pas être communiste que de réclamer justement et parfois fermement.Sympathie raisonnée ensuite.S\u2019il faut mettre tout son cœur dans la solution du problème social, il faut aussi se rappeler qu\u2019 « aucun sentimentalisme ne doit entrer en ligne de compte; autrement ce serait s\u2019exposer à la naïveté, croire juste toute revendication ouvrière et tomber dans un autre excès ».Cette sympathie raisonnée aidera aussi à comprendre que des conditions normales de travail et un juste salaire ne sont ni « un don ni une faveur, mais un droit ».Sympathie chrétienne enfin.Membres du Corps mystique du Christ, donc frères des hommes qui les emploient et auxquels ils sont égaux en « dignité humaine et chrétienne », il convient que les demandes des ouvriers soient « reçues et considérées par tous comme celles de frères ».Si nos ouvriers rencontrent chez tous cette sympathie compréhensive, raisonnée et chrétienne, il leur sera plus facile « de défendre efficacement leurs droits et leurs intérêts temporels, avec une fermeté qui n\u2019exclut ni le respect de la justice, ni le désir sincère de collaborer avec les autres classes au renouvellement chrétien de la société » (Quadra-gesimo anno).La C.T.C.C.a trente ans.Elle est plus vivante que jamais.Elle mérite confiance et encouragement.A.P.La Semaine sociale Elle aura lieu, cette année, du 4 au de Sherbrooke\t7 octobre, et traitera du rôle social de la charité.Le -sujet est malheureusement plus actuel qu\u2019il ne semble.Il le sera d\u2019ailleurs jusqu\u2019à la fin du monde.Quand est-ce que les hommes s\u2019aimeront comme il faut, c\u2019est-à-dire comme ils sont de fait et providentiellement ?Hélas! de nos jours plus que jamais, même en pays chrétien, les enfants n\u2019aiment pas leurs parents par qui ils ne sont pas aimés; ouvriers et patrons ne cessent de se quereller, pendant que les hommes d\u2019une même profession, d\u2019un même métier se jalousent et s\u2019épuisent en rivalités mesquines; quant aux citoyens d\u2019une même cité, d\u2019un même pays, on a l\u2019impression qu\u2019ils ne s\u2019entendent \u2014 et encore, pour combien de temps ?\u2014 qu\u2019autour ou dans la complicité du scandale, de la rapine ou du chantage.Et faut-il rappeler dans quelle atmosphère se tiennent les conseils de ce qu\u2019on appelle toujours les Nations Unies ?Dans cette perspective réelle et actuelle, on saisira mieux la portée de la lettre que le Souverain Pontife, par l\u2019entremise de sa Secrétairerie d\u2019État, vient d\u2019adresser au président des Semaines sociales du Canada.«.Sans amour, écrit S.Exc.Mgr Montini, il ne peut y avoir de juste compréhension d\u2019autrui, de rapprochements durables des volontés, de profonde communion des cœurs; c\u2019est-à-dire que sans vraie charité, on peut bien constater l\u2019ordre apparent et fallacieux d\u2019une collectivité ou reconnaître même la valeur abstraite de ses institutions juridiques; mais tel un corps sans âme, cette collectivité ne saurait être une vraie communauté humaine, et encore moins chrétienne.» On vous reconnaîtra à ce signe, c'est que vous vous aimez les uns les autres, disait Jésus à ses disciples.C\u2019est donc aux chrétiens, dont le trait distinctif est la charité, qu\u2019il appartient de réhabiliter cette vertu, qu\u2019un monde dur, arriviste et jouisseur discrédite par ses principes et ses actes.« Qu\u2019en prenant conscience, écrit encore Mgr Montini, de leurs responsabilités sociales, les catholiques ne manquent pas d\u2019entendre l\u2019avertissement de saint Jean: N'aimons pas en paroles seulement, mais en actes et en vérité.» C\u2019est au soin d\u2019aider les chrétiens de chez nous à restaurer la charité dans leur pensée et dans leur vie que la Semaine sociale de Sherbrooke s\u2019appliquera.Les principaux aspects du premier commandement humain et divin, et de la vertu qui l\u2019exprime, seront étudiés par des conférenciers choisis.Il faut souhaiter à la Semaine de cette année des auditeurs nombreux, attentifs, décidés à traduire concrètement, en toute occasion, en tout lieu, les leçons que leur offrira la réunion de Sherbrooke.A ce prix seulement pourra-t-on comprendre, selon le mot du regretté cardinal Villeneuve à propos des Semaines sociales, « la porté incommensurable, pour notre rénovation nationale » et chrétienne, « de cette institution ».M.-J.d\u2019A.La Congrégation des Sœurs Après vingt-huit ans d\u2019exis-.T .\t_ je r»\tm tence, \u2014 il fut fondé le 26 Notre-Dame-du-Bon-Conseil ^ ^ _ rinstitut des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil a la grande joie de voir ses constitutions définitivement approuvées par Rome.Il porte maintenant le nom de Congrégation.Tous ceux qui connaissent cette jeune et méritante communauté se réjouiront de l\u2019événement.D\u2019un genre nouveau, il fallait le grand esprit de foi, le zèle ardent et le savoir-faire de sa fondatrice pour mener son œuvre à bonne fin.Cet apostolat social exercé auprès des femmes par des services d\u2019éducation et d\u2019assistance répondait aux besoins de notre temps.L\u2019archevêque de Montréal, S.Exc.Mgr Georges Gauthier, en saisit aussitôt l\u2019opportunité et lui accorda son entier appui.C\u2019est dans le cadre traditionnel de la paroisse que les Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil prodiguent d\u2019ordinaire leur dévouement.Elles y établissent des centres sociaux qui comprennent diverses œuvres appropriées à la localité, en particulier un foyer de protection pour jeunes 274 RELATIONS filles, un secrétariat social, un bureau de placement, des salles d\u2019accueil et de loisir, et surtout un bureau de service social pour la réhabilitation des pauvres et de l\u2019enfance malheureuse.On s\u2019occupe aussi d\u2019éducation féminine.Non seulement à Montréal, siège de la maison mère, mais partout où elle a essaimé: à Saint-Jérôme, à Saint-Jean, à Drummondville, à Valleyfield, la jeune congrégation rend de précieux services.Avec nos félicitations pour l\u2019approbation reçue de Rome, nous lui souhaitons de persévérer dans son état de ferveur spirituelle et de zèle social, et d\u2019attirer à elle un nombre croissant de sujets d\u2019élite.J.-P.A.Les mille et une âneries Les revues européennes s\u2019inté-d\u2019un reporter\tressent décidément à nous.Après bien d\u2019autres, voici qu\u2019un hebdomadaire de Bruxelles, Europe-Amérique, se lance dans un reportage sensationnel sur « Les Français d\u2019Amérique » (numéro du 7 juin).L\u2019auteur, André Falk, a certainement atteint un sommet, mais un sommet dans le ridicule.Pour une fois, Life, Time, Newsweek sont enfoncés, et de loin.Tous les vieux clichés de la presse jaune ont été ramassés et cousus bout à bout sur une longueur de six pages.Oyez! Oyez ces nouvelles originales et véridiques! La province de Québec voue une fidélité touchante et anachronique à la France, mais refuse de lui reconnaître d\u2019autres chefs légitimes que Charles X et Philippe Pétain.Il y a une école villageoise où la lettre « Q » est bannie de l\u2019alphabet, pour indécence.Les citoyennes du Québec doivent donner à la communauté leur rejeton annuel, et « dans quelques patelins perdus, elles sont même astreintes à un couvre-feu ».Les Canadiens français sont irréductiblement opposés à la conscription, « et c\u2019est à eux que le Canada doit d\u2019être le seul des principaux partenaires atlantiques à n\u2019avoir point d\u2019armée de milice ».Il se rencontre encore des « éditorialistes pour réclamer, à la suite de l\u2019abbé Groulx, l\u2019indépendance de la vallée du Saint-Laurent ».L\u2019élection provinciale de 1948 a été « un triomphe de la mystification politique, une orgie de pétainisme archaïque, un délire d\u2019anglophobie ».Et voici le plus sensationnel: « N\u2019allant au cinéma que pour voir Maria Chapdelaine ou les Cloches de Sainte-Marie, bornant ses lectures à une littérature d\u2019école, de parlement, de palais de justice, de réclamation des droits ou d\u2019apologétique, le Canadien français trouve dans son journal (le Devoir ou Êvan-géline) quelques lignes sur la guerre de Corée, six colonnes sur un procès de béatification, l\u2019évangile quotidien et plusieurs pages d\u2019adorables nouvelles du cru.» Ce n\u2019est pas tout.Comme il convient dans une revue à sensation, l\u2019article est illustré.Une bonne douzaine de photos, toutes accompagnées de légendes, dont pas une qui ne tende à jeter le ridicule sur le Québec.Un tel reportage suffit à discréditer à jamais dans l\u2019esprit des gens sérieux et son auteur et la revue qui l\u2019a publié.Si les autres articles sont aussi bien documentés, Europe-Amérique doit jouir d\u2019un bien mince crédit auprès de ses lecteurs étrangers.Je lui conseillerais, pour ma part, de publier plutôt des romans policiers.R.A.Religion et alcoolisme Raymond-Marie BÉDARD, O.P.D\u2019APRÈS LES PRINCIPES de saint Thomas d\u2019Aquin, les données du service social psychiatrique et l\u2019expérience pastorale et clinique puisée dans le travail de rééducation auprès des personnes adonnées à la boisson enivrante, nous essaierons dans cet article de répondre à la question suivante: quel rôle joue la religion dans la réhabilitation de l\u2019alcoolique ?I.\u2014 LE PROBLÈME Avant de répondre à cette question, il importe de définir clairement les mots religion et alcoolique, l\u2019expression réhabilitation de l'alcoolique, et de préciser le sens du problème posé.1.\tLa religion.\u2014 La religion peut être envisagée comme vie ou comme technique d\u2019adaptation au réel.Comme vie, la religion est un commerce personnel avec Dieu par la connaissance et l\u2019amour, un élan d\u2019union à lui et de dépendance filiale à l\u2019égard de sa toute-puissance paternelle; historiquement, cette vie nous vient de Jésus-Christ par Marie, s\u2019établit en nous par la grâce, s\u2019entretient et se développe par l\u2019action du Saint Esprit que rendent toujours plus opérante la ferveur de la prière, le ministère de l\u2019Église et de ses Le P.Bédard, directeur général du mouvement Lacordaire américain et maître en service social psychiatrique du Boston College School of Social Work, nous donne le deuxième article d'une série commencée dans notre numéro de juin.prêtres, l\u2019efficacité des sacrements.Considérée comme technique de réhabilitation, la religion est la science et l\u2019art d\u2019interpréter à quelqu\u2019un le besoin de Dieu dans sa vie, de découvrir et comprendre ses problèmes moraux et spirituels d\u2019ordre individuel, familial et social, et de satisfaire les aspirations profondes de l\u2019homme en l\u2019aidant à se confier entièrement à Dieu, à vivre uni à lui et à régler ses difficultés par les moyens que l\u2019Église met à sa disposition.Dans cet article, le mot religion est pris dans les deux sens, mais il s\u2019agit surtout de la religion comme vie et, singulièrement, de la religion catholique.2.\tL'alcoolique.\u2014 Par alcoolique, j\u2019entends quelqu\u2019un qui boit trop et qui éprouve pour la boisson enivrante un attrait irrésistible; quelqu\u2019un qui n\u2019est plus maître de soi devant la boisson, soit qu\u2019il ne puisse se dominer après un premier verre, soit qu\u2019il éprouve le besoin de recourir périodiquement ou continuellement à la boisson pour faire face à la vie.3.\tRéhabilitation de l'alcoolique.\u2014 Quand on parle de réhabiliter un alcoolique, il ne s\u2019agit pas de le guérir de sa maladie, mais de l\u2019aider à la contrôler; car l\u2019alcoolique devant la boisson est un malade, un peu OCTOBRE 1951 275 comme le diabétique devant le sucre.Quand on devient diabétique, c\u2019est pour la vie; on ne sera jamais capable de tolérer le sucre dans son système, à moins de prendre de l\u2019insuline que le pancréas malade ne peut plus fournir au sang pour absorber le sucre.On pourra tout au plus contrôler sa maladie, en retranchant à jamais le sucre de son régime alimentaire.Ainsi en est-il de l\u2019alcoolique.Quand on devient alcoolique, on le reste pour la vie, ce qui veut dire ceci : lorsque au cours de sa vie on s\u2019est rendu esclave d\u2019une passion incontrôlable pour la boisson, on ne sera jamais capable de revenir à l\u2019usage modéré des liqueurs enivrantes.On pourra se délivrer de cette passion impulsive; mais, une fois redevenu maître de soi devant l\u2019alcool, l\u2019unique moyen d\u2019éviter une rechute sera de renoncer à la boisson pour la vie.4.Sens précis de la question.\u2014 Par conséquent, quand on veut déterminer le rôle de la religion dans la réhabilitation de l\u2019alcoolique, on ne se demande pas si la religion peut guérir un alcoolique et lui donner la capacité de boire modérément, parce que, humainement parlant, c\u2019est impossible à moins d\u2019un miracle; on se pose uniquement la question suivante: comment la religion peut-elle aider un alcoolique à renoncer à la boisson et à s\u2019adapter à la vie sans « boire » ?Voilà comment se pose dans le présent article le problème de la religion et de l\u2019alcoolisme.II.\u2014 LE RÔLE DE LA RELIGION DANS LA RÉHABILITATION DE L\u2019ALCOOLIQUE Les secours que la religion peut apporter à l\u2019alcoolique, pour qu\u2019il puisse vivre sans « boire », sont nombreux.1.\tPremièrement, la religion satisfait chez l\u2019alcoolique un besoin profond d'être aimé.La religion établit entre l\u2019homme et Dieu une vie d\u2019amour fondée sur la grâce sanctifiante et la vertu de charité, vie d\u2019amour que la foi éclaire, que l\u2019espérance fortifie, que l\u2019Eucharistie nourrit et que la méditation de l\u2019Évangile rend plus intense.Chez l\u2019alcoolique, il existe un besoin immense d\u2019être aimé, qui n\u2019a jamais pu être satisfait par son entourage familial et social.L\u2019alcoolique est un affamé d\u2019amour.Dieu, en venant habiter dans son cœur par l\u2019état de grâce, vient combler un besoin profond de sa vie.Parce que l\u2019alcoolique se sent aimé personnellement de Dieu qui l\u2019a créé à son image et à sa ressemblance, de Dieu qui s\u2019est fait homme comme lui, a vécu trente-trois ans sur terre et est mort sur une croix pour le sauver, de Dieu qui par sa Providence prend soin de lui à chaque instant et le destine à une vie éternelle de bonheur au ciel, la certitude de cet amour immense de Dieu pour lui le remplit d\u2019une joie profonde.Quand il a compris, sous l\u2019influence du don de sagesse, que Dieu l\u2019aime pour lui-même et tel qu\u2019il est, 276 la satisfaction de son besoin d\u2019être aimé apporte à son âme une grande sécurité et l\u2019incline à s\u2019attacher à Dieu pour vivre heureux et confiant devant la vie.2.\tLa religion rend un deuxième service à l\u2019alcoolique: elle le délivre d\u2019un sentiment exagéré de crainte à l'égard de Dieu et surtout d\u2019un état profond de culpabilité à cause de ses nombreux péchés.La plupart des alcooliques ont peur du bon Dieu.Dans leur attitude envers Dieu, ils transportent inconsciemment l\u2019attitude de crainte qu\u2019ils éprouvaient, enfants, à l\u2019égard de leur père un peu trop sévère.La religion, interprétée par le prêtre, ne tarde pas à changer l\u2019attitude de l\u2019alcoolique.Celui-ci finit par découvrir en Dieu non seulement un Père qui l\u2019aime, mais aussi un Père qui, en raison de ce même amour, le comprend, l\u2019accepte tel qu\u2019il est, avec sa nature humaine blessée par le péché originel, avec son tempérament, ses tentations, ses péchés et ses nombreuses omissions.L\u2019alcoolique découvre en Dieu un Père juste, mais miséricordieux, prêt à lui pardonner tous ses péchés par le prêtre au confessionnal.Sous l\u2019emprise de cette confiance en la miséricorde du Sauveur, il se décide à raconter toute sa vie passée au prêtre et à faire une bonne confession qui le délivre du remords de conscience et lui fera trouver la paix du cœur.Désormais l\u2019alcoolique, dont l\u2019âme a été purifiée dans le Sang de Jésus par la grâce de l\u2019absolution, ne se sent plus coupable.Il n\u2019a plus peur de Dieu; et s\u2019il reste dans son âme une crainte à l\u2019égard de Dieu, ce n\u2019est plus la crainte servile, inspirée par la pensée des peines de l\u2019enfer, mais la crainte filiale de Dieu, à base d\u2019amour, qui porte le chrétien à éviter le péché pour ne pas déplaire au bon Dieu si bienveillant pour lui.3.\tLa religion rend un troisième service à l\u2019alcoolique.En l\u2019amenant à se fier à Dieu et à sa grâce toute-puissante, la religion produit une transformation merveilleuse dans la personnalité de l\u2019alcoolique: elle diminue le sentiment d'infériorité dont il souffre et lui redonne confiance en lui-même.Désormais, il devient audacieux comme l\u2019apôtre saint Paul et, aidé par la grâce de Dieu, il « peut tout en Celui qui le fortifie ».Désormais, assisté par la vertu de sobriété et le don de crainte, il devient capable de dominer sa passion pour l\u2019alcool et de renoncer à la boisson pour la vie.Désormais, aidé par la vertu chrétienne de force et le don du Saint Esprit correspondant, il est plein de courage, de patience et de persévérance; il accepte la vie réelle telle qu\u2019elle est, avec ses luttes et ses devoirs, avec ses tentations et ses chutes, avec ses craintes et ses espérances, avec ses déboires et ses succès, avec ses tristesses et ses joies.Et le secret de cette confiance en lui-même devant la vie lui vient de ce qu\u2019il fait fond totalement sur la toute-puissance de Notre Seigneur qui a dit: « Ma grâce te suffit.Sans moi vous ne pouvez rien faire.Vous qui souffrez, venez à moi et je vous soulagerai.» RELATIONS Cette confiance en Dieu pour affronter la vie sans recourir à la boisson, c\u2019est la grande transformation que la religion opère dans la vie de l\u2019alcoolique.Cette transformation, je ne cesse de la contempler dans la vie de centaines d\u2019alcooliques qui sont venus me voir pour se faire aider à vaincre leur passion irrésistible pour la boisson.4.\tLa religion rend un quatrième service à l\u2019alcoolique.Elle lui facilite le renoncement perpétuel à la boisson, en faisant surgir partout des mouvements d\u2019abstinence totale volontaire, dans lesquels des chrétiens, animés d\u2019un grand amour de Dieu et d\u2019un zèle ardent pour les âmes, renoncent définitivement à la boisson, afin de donner aux alcooliques l\u2019exemple dont ils ont besoin pour cesser de « boire » et persévérer dans la pratique de l\u2019abstinence absolue.Il ne faut pas s\u2019étonner que la Fédération américaine des Cercles Lacordaire et Sainte-Jeanne-d\u2019Arc, à l\u2019occasion du quarantième anniversaire de sa fondation, qui sera célébré à Fall-River les 6 et 7 octobre prochain, ait reçu du secrétaire de Sa Sainteté Pie XII un message d\u2019où nous extrayons l\u2019encouragement suivant: .Sa Sainteté .se félicite .de l\u2019esprit de charité chrétienne qui anime, chez les adhérents des Cercles Lacordaire et Sainte-Jeanne-d\u2019Arc, la pratique de l\u2019abstinence volontaire d\u2019alcool.C\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi le Souverain Pontife aime à vous rappeler, en vous les adressant comme un mot d\u2019ordre, les propres paroles que la vue des désordres actuels Lui inspirait dans Son discours du 2 novembre dernier: « La mortification est plus que jamais nécessaire pour dominer et repousser tant de calamités d\u2019ordre moral et social.» Pratiqué dans cet esprit, le renoncement que vous vous imposerez prendra toute sa valeur, tant par la portée surnaturelle de votre sacrifice que par la force d\u2019entraînement de votre exemple et le zèle de votre dévouement à l\u2019égard des victimes de ce fléau social.5.\tLa religion offre un cinquième secours à l\u2019alcoolique: par le moyen de la retraite fermée, elle lui fournit un instrument puissant pour refaire ses forces spirituelles; elle lui permet de prier et de réfléchir, de sortir de l\u2019état de maladie spirituelle dans lequel l\u2019avait plongé la passion de l\u2019alcoolisme, de reprendre la maîtrise de ses passions, de se débarrasser de ses péchés, de cultiver en son âme les vertus chrétiennes et les dons du Saint Esprit, d\u2019intensifier son union avec Jésus-Christ et sa confiance envers la toute-puissance de Dieu son Père, de régler les problèmes qui le portaient à « boire » et de vivre désormais abstinent.La retraite fermée restera toujours une clinique spirituelle merveilleuse; nombre d\u2019alcooliques lui doivent leur relèvement et leur conversion fidèle à la pratique de l\u2019abstinence totale.6.\tLa religion rend un sixième service à l\u2019alcoolique: elle développe et met en action sa capacité d\u2019aimer.Avant sa conversion religieuse, l\u2019alcoolique était un grand enfant qui se recherchait en tout et ne s\u2019attachait aux autres que pour recevoir.Sous l\u2019influence de la communion eucharistique, qui a pour effet propre d\u2019augmenter la vie divine de charité et qui le met en contact personnel avec Jésus lui-même, l\u2019alcoolique abstinent sort de son égoïsme foncier.Par sa vie de charité avec Jésus, il est incliné à prendre les attitudes d\u2019amour du Sauveur envers Dieu, envers lui-même, envers le prochain.Enfin, sous l\u2019influence de cette charité divine nourrie par la communion, il commence à s\u2019oublier pour penser aux autres, il s\u2019attache à Dieu et au prochain plus pour donner que pour recevoir; et comme il comprend par expérience les victimes de la boisson, il leur porte un amour spécial et devient le meilleur apôtre de leur relèvement.7.\tLa religion offre un septième service à l\u2019alcoolique: elle entretient dans sa vie une grande dévotion pour la sainte Vierge et la récitation quotidienne du chapelet.Or, c\u2019est un fait, il y a beaucoup d\u2019alcooliques qui attribuent à la sainte Vierge et à la récitation du chapelet leur relèvement soudain.Il y a également des individus dont la personnalité est si détériorée qu\u2019ils n\u2019ont plus la force de réagir devant l\u2019attrait de l\u2019alcool; mais Dieu comprend cet état d\u2019âme.Il entretient dans le cœur de ces malheureux un rayon d\u2019espoir par la dévotion à la sainte Vierge et à son rosaire; il les protège contre les accidents mortels et les attend au dernier moment pour les préparer à bien mourir.Plusieurs cas que je connais confirment ces assertions.Et faudrait-il s\u2019en étonner?La dévotion des alcooliques au rosaire de Marie prépare tôt ou tard leur relèvement moral et spirituel, car la sainte Vierge a fait aux dévots de son rosaire la promesse suivante: « Ceux qui persévéreront dans la récitation de mon rosaire recevront quelque grâce signalée.» 8.\tUn huitième service que la religion rend à l\u2019alcoolique: elle lui permet de discuter ses problèmes avec le prêtre qui l\u2019aide à voir clair dans sa vie et à changer l\u2019attitude de sa famille à son égard.Ces entretiens tête à tête de l\u2019alcoolique avec un prêtre qui l\u2019aime, le comprend, l\u2019écoute sans le condamner et l\u2019encourage à regarder la vie en face comme un vrai chrétien et à placer son vrai bonheur dans l\u2019accomplissement du devoir et dans l\u2019espérance des biens du ciel, ces entretiens ont une grande influence sur la personnalité de l\u2019alcoolique et sur sa manière d\u2019envisager la vie à la lumière de l\u2019Évangile, en fonction du ciel, notre fin dernière.Tels sont les secours spirituels que la religion offre à l\u2019alcoolique.Si dans cet article nous n\u2019avons pas parlé de l\u2019aspect médical, psychologique, psychiatrique et social dont il faut tenir compte dans la réhabilitation des buveurs, c\u2019était pour mieux nous concentrer sur l\u2019aspect moral du problème et faire ressortir dans toute sa beauté le rôle que la religion peut jouer dans le relèvement de l\u2019alcoolique.OCTOBRE 1951 277 LES SCIENCES La télévision Charles FRENETTE 1\u2019USAGE DE LA RADIO s\u2019est répandu si rapide-ment que, pour la plupart des gens, il a été difficile d\u2019en comprendre le fonctionnement au même degré qu\u2019ils connaissent d\u2019autres inventions modernes, comme l\u2019automobile par exemple.L\u2019idée de pouvoir observer à de grandes distances des événements au moment même où ils se déroulent a toujours intéressé grandement l\u2019homme.La réalisation de cette idée a été le rêve des inventeurs pendant des siècles; mais le problème était difficile, et il a fallu mettre à jour plusieurs dispositifs nouveaux et différents, avec le résultat qu\u2019il a été nécessaire d\u2019attendre des siècles pour les obtenir tous.Naturellement, la découverte de l\u2019électricité et le développement des procédés électriques de communication constituèrent les premiers pas.Les premiers dispositifs nécessaires au développement de la télévision furent découverts il y a environ soixante-quinze ans, et les chercheurs les ont continuellement améliorés depuis.Le grand problème de la télévision en est un de temps.En effet, la plupart des difficultés à surmonter résultent de la nécessité de transmettre une quantité énorme d\u2019informations de façon très précise dans un temps très court.En radiodiffusion sonore, il n\u2019y a qu\u2019une seule chose à transmettre à la fois: un son.Il est vrai que le son peut être complexe, mais il se traduit toujours entièrement par un seul courant électrique.Un instant plus tard, un autre son est représenté par un autre courant.Une image ne peut ainsi se représenter par un seul courant; elle se compose d\u2019une grande quantité de petits éléments, un pour chaque petite surface distincte que l\u2019œil peut distinguer.Lorsque l\u2019image est fixe et qu\u2019il est possible de prendre un temps plus ou moins long pour la transmettre, comme c\u2019est le cas dans le procédé de fac-similé employé par les services de nouvelles, le problème principal est celui de la synchronisation entre l\u2019émetteur et le récepteur, pour que ce dernier reproduise toujours au bon endroit sur l\u2019image l\u2019élément vu par l\u2019émetteur.Cependant, les choses se passent assez lentement, puisque la transmission d\u2019une seule image peut prendre une dizaine de minutes ou plus.En télévision, la transmission d\u2019images animées exige la transmission de plusieurs images à la seconde.La cadence de transmission des images fixes doit être assez élevée pour créer l\u2019illusion d\u2019un mouvement continu ; c\u2019est-à-dire que les images doivent se succéder en un temps inférieur à la durée de la persistance de l\u2019impression rétinienne.En projection cinématographique 278 La télévision s'en vient chez nous.Beaucoup s7interrogent sur son fonctionnement.Ils liront avec plaisir et profit ce texte de M.Charles Frenette, directeur des services techniques de la télévision à Montréal pour Radio-Canada.sonore, le film se déplace au rythme de vingt-quatre images par seconde.En télévision, il faut donc transmettre au moins autant d\u2019images par seconde pour assurer la sensation du mouvement normal.Il y a cependant cette différence qu\u2019en télévision la vision de l\u2019image est continue et s\u2019opère par surfaces élémentaires, tandis que dans le cinématographe tous les éléments de l\u2019image sont vus en même temps, chaque image étant brusquement remplacée par une autre avec un intervalle calculé de manière à éviter le phénomène de « scintillement ».Tous les systèmes modernes de télévision sont basés sur l\u2019usage du tube cathodique.La caméra de télévision comprend un tube de prise de vues ayant à un bout une surface photo-sensible appelée photocathode.L\u2019image de l\u2019objet à téléviser est formée sur cette face par un objectif convenable.Sous l\u2019effet de la lumière, des photo-électrons sont émis de la photocathode et vont former sur une cible de verre une image électronique.Celle-ci est explorée par un pinceau électronique, qui transforme les charges électriques accumulées sur chaque surface élémentaire en courants électriques d\u2019intensité proportionnelle à l\u2019intensité de la lumière sur la partie correspondante de l\u2019image lumineuse.Le pinceau électronique, produit dans le tube cathodique par un « canon à électrons », est très mince: son diamètre est de quelques dixièmes de millimètre seulement.Des circuits spéciaux servent à donner à ce pinceau deux mouvements simultanés: 1) un mouvement de vitesse constante du bord gauche au bord droit de l\u2019image électronique, suivi d\u2019un retour instantané à gauche, et ceci se répétant sans cesse; 2) un mouvement uniforme de haut en bas de l\u2019image électronique, avec retour très rapide en haut, pour recommencer aussitôt vers le bas.La combinaison de ces deux mouvements fait que l\u2019image est analysée point par point en une série de traits parallèles horizontaux, régulièrement espacés.D\u2019après les normes adoptées aux États-Unis et au Canada, le nombre de traits ou lignes horizontales est de 525 par image, et le pinceau explore entièrement l\u2019image en 1/30 de seconde.C\u2019est donc dire qu\u2019à chaque seconde il y a 30 images de 525 lignes chacune.La vitesse du balayage est telle que le pinceau prend exactement 63.5 millionièmes de seconde pour couvrir la distance entre le commencement d\u2019une ligne et le début de la suivante.Pendant la période du retour de droite à gauche, entre la fin d\u2019une ligne et le commencement de l\u2019autre (11.43 microsecondes), deux signaux RELATIONS sont transmis.Le premier éteint le pinceau du récepteur, et le deuxième déclenche le retour du pinceau récepteur pour que ce dernier recommence une nouvelle ligne en synchronisme avec le pinceau du tube émetteur.Le même genre de chose se produit lorsque le pinceau électronique du tube de prise de vues retourne au haut de l\u2019image après avoir tracé la dernière ligne horizontale.Pendant le tracé des lignes, l\u2019émetteur produit des courants dont l\u2019intensité varie suivant l\u2019éclairement des surfaces élémentaires situées sur ces lignes.Ces courants font varier l\u2019intensité de la tache que le pinceau électronique produit sur la face fluorescente du tube récepteur.Pour la réception correcte de l\u2019image, sans déformation, au poste récepteur, il est absolument nécessaire que les dispositifs analyseur et intégrateur soient à un moment donné dans des positions exactement correspondantes, de manière que l\u2019observateur aperçoive l\u2019élément de l\u2019image au bon endroit, avec une opacité relative, telle que permet de la transmettre le système analyseur.La synchronisation entre l\u2019émetteur et le récepteur exige une précision qui se mesure en fractions de millionième de seconde.Le nombre très élevé de surfaces élémentaires à transmettre par seconde et la fréquence énorme de la modulation correspondante sont cause de difficultés immenses dans la transmission et la réception des images.Pour obtenir une bonne conservation des détails, il est nécessaire que l\u2019onde porteuse de l\u2019émission ait une fréquence de dix à quinze fois plus élevée que la fréquence maximum de modulation.Avec des définitions de l\u2019ordre de 525 lignes, la fréquence maximum de modulation est telle qu\u2019il devient nécessaire de recourir à des ondes porteuses dont la fréquence est supérieure à 50 mégacycles par seconde, c\u2019est-à-dire dont la longueur est inférieure à 6 mètres.Les fréquences assignées aux postes réguliers de télévision en Amérique s\u2019étendent de 54 à 216 mégacycles.Chaque poste occupe une tranche de fréquences de 6 mégacycles à laquelle on donne le nom de « canal ».Le son et l\u2019image d\u2019un même poste sont transmis simultanément dans ce canal.Il y a 12 canaux répartis comme suit: N»« 2\t\t.54- 60 MC.\tNo» 8.\t.180-186 MC.3.\t.60-66\t9.\t.186-192 4\t\t.66-72\t10.\t.192-198 5\t\t.76-82\t11.\t.198-204 6\t\t.82-88\t12.\t.204-210 7\t\t.174-180\t13.\t.210-216 Il devait y avoir 13 canaux; mais le numéro 1 a dû être abandonné à cause de problèmes d\u2019interférence avec d\u2019autres services radiophoniques.Les ondes hertziennes et les ondes lumineuses sont de caractère semblable : les unes comme les autres sont des ondes électromagnétiques dont les propriétés dépendent de la longueur d\u2019onde.Les ondes très courtes utilisées en télévision ont des caractéristiques qui s\u2019approchent de celles de la lumière.Elles ne suivent pas la courbure de la terre, mais se propagent en droite ligne.Elles ne peuvent, non plus, franchir des obstacles tels que de gros édifices ou une montagne.Il faut donc, pour assurer un bon rayonnement, que l\u2019antenne du poste émetteur soit installée le plus haut possible.Le poste de télévision de Radio-Canada, à Montréal, fonctionnera sur le canal n° 2, et son antenne s\u2019élèvera à une hauteur approximative de 290 pieds au-dessus du mont Royal.L\u2019émetteur pour l\u2019image aura une puissance de 5 kilowatts; mais avec le système d\u2019antenne qui sera installé, la puissance effective du signal rayonné sera de 16 kilowatts environ.Le poste de télévision comprend en réalité deux émetteurs distincts: un pour l\u2019image et l\u2019autre pour le son.L\u2019émetteur-image utilise la modulation de l\u2019amplitude (AM) de Fonde porteuse, tandis que, pour l\u2019émet-teur-son, la modulation de fréquence (FM) est employée.Dans le système de modulation de l\u2019émetteur-image, l\u2019amplitude de l\u2019onde porteuse est plus grande pour les parties sombres de l\u2019image que pour les parties les plus claires.La majeure partie de ce que présente la télévision est transmise de studios qui ressemblent beaucoup aux studios en usage pour la production de films cinématographiques.Ces studios sont généralement beaucoup plus grands que ceux qui servent en radiodiffusion.Outre le traitement acoustique et les appareils électroniques utilisés pour la transmission du son, ces studios comprennent des systèmes d\u2019éclairage permettant d\u2019illuminer soigneusement les interprètes et les décors.Des caméras électroniques, au nombre de deux, trois ou même quatre, suivant la grandeur du studio et le genre d\u2019émission, sont installées sur des supports mobiles permettant aux opérateurs (cameramen) de suivre l\u2019action sur le plateau.Une tourelle à l\u2019avant de la caméra a donné au cameraman le choix de quatre objectifs de distances focales différentes.Un viseur électronique, sorte de tube récepteur témoin, lui permet de vérifier le réglage des foyers ainsi que la composition des images.Avant 1947, le peu de sensibilité des caméras électroniques imposait de sérieuses limites à la production de sujets ayant un grand intérêt pour le public en général.Il fallait, pour éclairer suffisamment les sujets, des intensités lumineuses tellement grandes qu\u2019il devenait impossible d\u2019obtenir des effets artistiques et une profondeur de champ convenable sans incommoder grandement les interprètes.En 1946, la compagnie R.C.A.annonça le développement de Y image orthicon ou orthiconoscope à image électronique, tube de prise de vues très sensible, pouvant servir à la fois dans les studios et pour les transmissions à l\u2019extérieur.Si l\u2019on compare Yimage orthicon à la pellicule photographique au point de vue de la sensibilité, on peut dire qu\u2019il est environ dix fois plus sensible que le film super-XX.Il peut fonctionner sous un éclairement très faible, presque à la lueur d\u2019une bougie.OCTOBRE 1951 279 Les caractéristiques des tubes de prise de vues fixent des limites qui affectent le choix des décors et les méthodes d\u2019éclairage.Dans le choix des décors et des costumes, il faut surveiller étroitement le pouvoir réflecteur des surfaces éclairées et limiter le rapport des brillances à des valeurs très basses, afin d\u2019éviter certains effets électroniques qui peuvent grandement diminuer la qualité possible des images.Même si les images sont reproduites en noir et blanc, il est avantageux de faire usage de couleurs pour les décors et les costumes, afin de créer une atmosphère plus favorable pour les interprètes.Il faut cependant faire un choix judicieux des couleurs en tenant compte des teintes de gris qu\u2019elles donneront en télévision.Certaines teintes de bleu ou de rouge, par exemple, produisent un bon contraste lorsqu\u2019on les regarde une à côté de l\u2019autre; mais elles peuvent donner exactement le même ton de gris lorsqu\u2019elles sont vues par la caméra de télévision et ainsi se confondre.L\u2019éclairage de la scène à téléviser pose des problèmes particuliers.Les règles adoptées au cinéma pour obtenir certains effets lumineux sont la plupart du temps inapplicables à cause de la technique à caméras multiples et de la marche ininterrompue du programme de télévision.Au cinéma, une scène est tournée sous un angle bien déterminé par une caméra située à un emplacement défini.En télévision, plusieurs caméras prennent la scène sous des angles différents, et un éclairement valable pour l\u2019une peut être mauvais pour l\u2019autre.En outre, les caméras évoluent constamment, et la suppression des ombres est plus difficile.Les appareils d\u2019éclairage sont, de préférence, suspendus au-dessus des décors, afin de laisser le plancher aussi libre que possible pour le déplacement des caméras et des microphones.Les divers réflecteurs et projecteurs lumineux sont généralement fixés à des supports en forme de tiges métalliques, suspendus au plafond du studio.En télévision, comme au cinéma, le microphone, ordinairement, ne doit pas paraître dans l\u2019image, et il devient nécessaire d\u2019utiliser un microphone directif suspendu à une tige de longueur variable, munie d\u2019un mécanisme qui permet d\u2019orienter le microphone de façon à suivre l\u2019action sur le plateau.Ce microphone, avec son support, est installé sur une base mobile.L\u2019opérateur du microphone se tient debout sur cette base et contrôle la position du microphone de façon à assurer la meilleure qualité du son, sans toutefois que le micro apparaisse dans l\u2019image captée par la caméra.L\u2019usage du film cinématographique régulier pour la télévision pose des problèmes par suite de la différence dans la cadence de transmission des images.Nous avons déjà mentionné que le film sonore se déplace dans le projecteur à raison de 24 images par seconde, et il faut conserver cette vitesse pour que les mouvements et le son soient naturels.En télévision, d\u2019après les normes américaines, il y a 30 images de 525 lignes chacune par seconde; il faut donc avoir recours à des projecteurs spéciaux dans lesquels le film se déplace au rythme de 24 images par seconde tout en produisant 30 images par seconde sur le tube de prise de vues de la caméra.En Angleterre et en Europe généralement, il n\u2019y a pas de problème particulier pour l\u2019usage du film cinématographique en télévision.La cadence de transmission des images de télévision, fixée à 25 par seconde, est suffisamment rapprochée de celle de 24 fixée pour le cinéma; il s\u2019agit donc tout simplement d\u2019augmenter légèrement la vitesse du film, et l\u2019effet demeure imperceptible sur l\u2019image ou le son qui l\u2019accompagne.En Amérique, le choix de 30 images est imposé par la fréquence du courant alternatif des réseaux de distribution de l\u2019électricité; cette fréquence est de 60 périodes par seconde, tandis qu\u2019en Europe elle est de 50.L\u2019enregistrement des images de télévision sur film fournit un moyen d\u2019emmagasiner les émissions d\u2019une station pour retransmission plus tard par d\u2019autres postes qui ne peuvent être raccordés par lignes coaxiales ou relais hertziens au moment de l\u2019émission.Ce procédé est particulièrement important au Canada, où toutes les lignes nécessaires à un réseau national ne pourront vraisemblablement être installées que dans un avenir très lointain.Dans l\u2019enregistrement des images, la différence des régimes de succession des images en télévision et en cinématographie pose aussi des problèmes sérieux.Il faut utiliser des caméras spéciales pour assurer la correspondance nécessaire.L\u2019enregistrement se fait en photographiant sur film de 16 mm.les images qui apparaissent sur la face d\u2019un tube cathodique de cinq pouces de diamètre.Ce tube comporte un écran plan possédant une caractéristique spectrale riche en ultraviolet, ce qui permet d\u2019utiliser du film pour tirages positifs, à grain fin et à haut pouvoir résolvant.Le temps d\u2019exposition nécessaire, avec ce tube donnant une fluorescence bleue, est en effet 16 fois moindre que celui qui serait nécessaire en lumière blanche de même intensité.L\u2019ensemble donne des images dont la résolution, le contraste et la densité sont satisfaisants.Le développement de la télévision a maintenant atteint le point où les transmissions peuvent se faire sur des distances continentales.La construction d\u2019une chaîne de postes de relais reliant les côtes de l\u2019ouest et de l\u2019est des États-Unis vient d\u2019être terminée.Des contrats ont été accordés récemment ^u Canada pour la construction de stations de relais du même genre, destinées à relier les villes de Toronto et de Montréal ainsi que Toronto et Buffalo.Il y a lieu de croire qu\u2019éventuellement la télévision pourra fonctionner à n\u2019importe quelle distance terrestre; mais cela exigera des développements techniques et des conditions économiques qui n\u2019existent pas présentement.280 RELATIONS HORIZON INTERNATIONAL SAINT-SIEGE A U MOMENT où la revue va sous fl presse, le texte de V encyclique Sempi-temus Rex n'est pas encore arrivé à Montréal.D\u2019après les correspondances de journaux, l\u2019encyclique a une solennité particulière.Elle rappelle le quinzième centenaire du concile de Chalcédoine, qui condamna l\u2019hérésie monophysite.Des Églises monophysites subsistent encore chez les Arméniens, les Éthiopiens, les Syriens, les Coptes d\u2019Égypte, les Mala-bares de l\u2019Inde.Le Pape les invite aujourd\u2019hui à rebâtir l\u2019unité de l\u2019Église.Tous ceux qui acceptèrent le concile de Chalcédoine s\u2019appelèrent orthodoxes.Ainsi, Rome, Constantinople, les Églises slaves séparées, les Melchites du Levant, les Hellènes de Grèce rappellent aujourd\u2019hui, ensemble, l\u2019unité chalcédonienne.Chalcédoine vint après une dure persécution.Dioscore, patriarche d\u2019Alexandrie, avait tellement malmené le patriarche de Constantinople, Flavien, au brigandage d\u2019Éphèse, que Flavien en était mort.A Éphèse, le légat du Pape s\u2019était dressé seul contre l\u2019injustice en prononçant son immortel Contradicitur, que Vladimir Solovieff devait, quatorze siècles plus tard, commenter avec tant d\u2019éloquence.L\u2019empereur eût été prêt à tergiverser, à chercher des combinaisons politiques qui n\u2019eussent assuré que le désordre.Le pape saint Léon, par son Épître dogmatique, assura l\u2019unité dogmatique de l\u2019Église, et Chalcédoine l\u2019applaudit.Aujourd\u2019hui, la vraie question qui divise les hommes est celle de la liberté religieuse dont Rome est la gardienne tutélaire.Derrière le rideau de fer, une Église non asservie à la puissance politique ne peut subsister.A Prague, à Budapest, à Bucarest, à Lwow, dans les geôles de Russie et les camps de concentration de Sibérie, à travers la Chine, la Mongolie et la Mandchourie, on entend répéter la paisible affirmation du légat romain à Éphèse: Contradicitur.C\u2019est pourquoi l\u2019Église est martyrisée.Il n\u2019y a rien d\u2019aussi lumineux, à l\u2019heure présente, que cette affirmation romaine qui marque la différence entre ce qu\u2019on doit à Dieu et ce qu\u2019on doit aux hommes.TORONTO\tU'ON NE S'ÉTONNE PAS de voir la le/ Ville Reine entrer par la grande porte dans notre chronique.Le dimanche 23 septembre, comme tant d\u2019autres dimanches de l\u2019année, Massey Hall a ouvert ses portes à une prédication dominicale qui aura eu peu de rapports, espérons-le, avec celle qui aura édifié les chrétiens non catholiques le même jour.Et encore, quien sabe?La récente encyclique du Pape sur le quinzième centenaire du concile de Chalcédoine a tant troublé les cœurs de certains protestants! Massey Hall, le 23 septembre, aura servi de tribune aux Canadiens et Canadiennes qui sont allés représenter (sic !) la jeunesse du Canada au festival de Berlin.Des cinquante-cinq jeunes gens ou jeunes filles qui ont « représenté le Canada » à cette occasion, douze visitèrent ensuite l\u2019U.R.S.S.comme invités de la « jeunesse soviétique antifasciste », c\u2019est-à-dire du gouvernement soviétique.Le « festival de Berlin » fit quelque impression dans nos pays, quand la « reine du festival » s\u2019échappa de derrière le rideau de fer et demanda asile aux Américains, avec un nombre considérable de jeunes gens et de jeunes filles qui profitèrent de l\u2019occasion pour se sauver.Ce n\u2019est pas à ceux-là que Massey Hall prêtera sa tribune; c\u2019est à ceux qui acclamèrent les Coréens et les Coréennes qui tuèrent, en Corée, nos propres soldats! Én effet, le dixième jour du festival de Berlin eut lieu une rencontre « historique » et « inoubliable » entre les délégations américaine, anglaise et canadienne et la délé- gation coréenne.Les Coréens étaient en uniforme militaire ou en tenue civile.« Sur beaucoup de poitrines, des médailles reçues pour conduite héroïque dans la lutte contre l\u2019agresseur.» Il y eut des embrassades, et beaucoup d\u2019émotion.Comme le rapporte la Pravda de Moscou, qui consacra, le jour de l\u2019Assomption, une longue chronique à cette « historique « rencontre, tous ceux qui assistent à la réunion savent qui a commencé et qui continue la guerre criminelle de Corée.La fille de Chicago, qui serre sur son cœur la jeune Coréenne, n\u2019a rien à voir avec cette sordide affaire.Les millions de simples Américains, Anglais ou Canadiens n\u2019ont rien à voir avec la guerre de Corée.Elle est nécessaire à une poignée d\u2019agresseurs.On ne saurait être plus précis.Un jeune Anglais proposa que l\u2019on vénérât pendant deux minutes les héros coréens tombés sur le champ de bataille.Il y eut un grand silence durant lequel les têtes s\u2019inclinèrent profondément.On entendit alors les discours, et on les ponctua d\u2019applaudissements.Une jeune Américaine déclara: Cette réunion me bouleversa.C\u2019est ici que j\u2019appris la vérité sur les crimes monstrueux commis par nos soldats en Corée.Nous décuplerons nos efforts dans la lutte pour mettre fin à la guerre en Corée et pour favoriser l\u2019avènement de la paix universelle dans le monde.Le festival de la jeunesse nous a montré que les forces de la paix sont invincibles.Pour que tout soit complet, une partisane sud-coréenne, Kim Tan Suk, qui avait, elle, frappé nos soldats dans le dos, fut acclamée à son tour.Puis, les jeunes Américains, Anglais, Canadiens et Coréens, la main dans la main, chantèrent l\u2019hymne de la jeunesse démocratique, qui appelle la jeune génération de tous les pays à s\u2019unir plus étroitement dans la lutte pour la paix.La réunion du 23 septembre, par conséquent, n\u2019est pas un simple événement canadien, mais elle fait partie d\u2019une campagne qui se déroule, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, dans tous les pays.Il peut être utile de souligner un point au sujet duquel il peut y avoir un certain malentendu.Que le gouvernement canadien laisse partir cinquante-cinq jeunes gens, d\u2019âge peut-être militaire, jouer un tel rôle derrière le rideau de fer, c\u2019est là un problème dont nous lui laissons l\u2019étude et la solution.Que le gouvernement ontarien, ou la municipalité de Toronto, soit avisé ou non en n\u2019interdisant pas ce genre de manifestations, c\u2019est là une deuxième question qui en engage d\u2019autres, sur la liberté de parole en général, sur l\u2019intervention de l\u2019État pour limiter cette liberté, sur la sécurité nationale.Ceci, nous ne le discutons pas davantage.Nous ne prétendons pas que Massey Hall agisse contre la loi en facilitant aux amis de la Corée du Nord le moyen de recueillir des fonds au Canada.Il nous semble, simplement, que Massey Hall agit contre l\u2019armée canadienne, et qu\u2019elle porte la responsabilité de cette attitude absolument seule.U.R.S.S.ÇIX PROFESSEURS SOVIÉTIQUES, *3 collaborant sous la direction du professeur Konstantinov, ont produit un manuel de 747 grandes pages sur le matérialisme historique.L\u2019impression, à 100,000 exemplaires, se fit en novembre 1950; l\u2019ouvrage paraît sous le patronage de l\u2019Institut de Philosophie de l\u2019Académie des Sciences, aux Éditions d\u2019État de littérature politique.Comme l\u2019U.R.S.S.traverse une crise d\u2019orthodoxie (récemment, le poète A.Prokofief a dû rectifier ses positions idéologiques, et il y eut de pesants articles à ce propos), le travail de OCTOBRE 1951 281 M.Konstantinov et de son équipe fut abîmé dans la Pravda du 3 août 1951.La recension, néanmoins, laissa intact celui des sous-chapitres qui nous intéresse le plus: il traite de la religion.Nous avons donc ici la doctrine officielle de Y intelligentsia soviétique: Du point de vue marxiste, la religion est affaire privée par rapport à l\u2019Etat; il ne faut pas conclure qu\u2019elle est affaire privée par rapport au parti du prolétariat.Le parti marxiste ne peut regarder avec indifférence les persuasions et principes que professent ses membres.Il exige d\u2019eux une lutte active contre toute oppression sociale et spirituelle, une lutte contre toutes les idées rétrogrades, tous les préjugés, et surtout les préjugés religieux (p.590).Au cours de son étude, le professeur Konstantinov, auteur de ce chapitre, s\u2019était appuyé sur les classiques du parti.Ils étaient la base sur laquelle il érigea sa superstructure.Engels n\u2019avait-il pas affirmé que la religion était une projection fantastique, dans les cerveaux des gens, des forces qui dominaient leur vie quotidienne ?Lenin, de son côté, ajouta que la religion était un instrument d\u2019exploitation.Une seule citation de Stalin dans ce traité: « Les préjugés religieux vont contre la science, car toute religion est quelque chose d\u2019opposé à la science.» Voilà! Ces paroles sont tirées des déclarations faites par Stalin à la première délégation ouvrière américaine qui visita l\u2019U.R.S.S., le 9 septembre 1927, et elles n\u2019ont rien perdu de leur actualité.En plus des grands auteurs marxistes, on rappelle Holbach, Helvétius, Diderot et Voltaire, auquel on fait dire que la religion survint lors de la rencontre d\u2019un roué avec un imbécile.Toujours d\u2019après les mêmes dialecticiens, le christianisme surgit à l\u2019époque des antagonismes entre les esclaves et leurs maîtres, entre les possédants et ceux qui n\u2019avaient rien.Ce fut donc, d\u2019abord, une religion d\u2019esclaves, jie plébéiens, et le Messie fut conçu comme un libérateur.Éventuellement, la religion chrétienne devint celle des esclavagistes qui prêchèrent à leurs sujets la douceur, l\u2019humilité, la soumission.La lutte des paysans asservis et de la populace urbaine contre la noblesse féodale prit la forme d\u2019hérésies religieuses et de sectes, dont les partisans luttèrent contre l\u2019Église dominante, catholique et orthodoxe.Les bolchéviques reprochent tout particulièrement à la bourgeoisie réactionnaire des États-Unis d\u2019adapter la prédication religieuse aux besoins de leur commerce.Le Vatican, toujours d\u2019après le même auteur, remplit au profit de l\u2019impérialisme américain la double fonction d\u2019asservir les travailleurs et d\u2019espionner.Quant à Pie XII, disent nos philosophes, « qui a béni et continue à bénir les bourreaux fascistes, il livre à l\u2019anathème, à la malédiction les centaines de millions de citoyens qui vont à la suite des communistes » (p.586).Rappelons que seuls les communistes sont excommuniés, et ceux qui collaborent directement et formellement avec eux.Quant aux « centaines de millions » qui vivent sous l\u2019oppression communiste, le Pape ne les a jamais condamnés.Voici les deux derniers paragraphes de cette étude.Il peut être utile de les connaître, car ils dissipent une équivoque souvent entretenue dans nos pays par ceux qui, mordus de communisme, sont incapables d\u2019en raisonner intelligemment: Tel.: FA.6593 EUGÈNE GAUTHIER Enr.Menuiserie générale Spécialité : PORTES et CHÂSSIS 1577, rue Montcalm\tMontréal Les vestiges religieux ralentissent indubitablement notre progrès vers le communisme.Lutter contre les idées religieuses pour un système scientifique, matérialiste, c\u2019est partie de la bataille pour le communisme.Dans une société socialiste, la propagande des conceptions scientifiques prend donc une valeur spéciale.Une propagande antireligieuse systématique, intelligente, étroitement rattachée au labeur pratique quotidien de construire le communisme, prend donc une importance décisive du fait que les racines économiques et sociales de la religion sont déjà anéanties en U.R.S.S.A la religion, le parti communiste oppose l\u2019athéisme militant logique, le matérialisme dialectique.Le matérialisme dialectique, en donnant du monde un tableau précis et scientifique, élève l\u2019homme, stimule son activité, multiplie ses forces pour la lutte dans le but de transformer le monde au bénéfice des travailleurs (p.591).Nous l\u2019avions toujours dit.Le régime soviétique peut, à l\u2019occasion, se servir de la religion pour travailler sur une partie de la population.Il y a incompatibilité entre le communisme et la religion, et les textes que nous avons rapportés (ils sont ce qu\u2019il y a de plus récent) le démontrent.Une autre « superstructure » érigée par le marxisme sur la base économique, c\u2019est la morale.Notre ouvrage y consacre une étude de quinze grandes pages (563-578).Pas besoin de promener le lecteur dans cette forêt touffue.Nous y avons retrouvé une citation de Lenin que nous recherchions depuis longtemps: Nous disons: la morale, c\u2019est ce qui sert à détruire la vieille société d\u2019exploiteurs et à réunir tous les travailleurs autour du prolétariat, qui construit la nouvelle société communiste.La morale communiste \u2014 c\u2019est la morale qui est au service de cette lutte, qui unit tous les travailleurs contre toute exploitation.(Lenin, Œuvres complètes, tome XXX, 3e édition \u2014 en russe \u2014 pages 411-412; apud Konstantinov, Matérialisme historique, page 573.) A l\u2019époque léniniste, le communisme n\u2019était pas hypocrite, et le texte que nous avons rapporté peut être interprété comme suit: ce que nous faisons est très bien; nos adversaires sont des criminels.On a rarement vu des politiciens donner aux gens de leur parti un brevet aussi flatteur.D\u2019autre part, ce ne sont pas tous les prolétaires, ni tous les communistes qui constituent la norme suprême de moralité, puisque le plus grand nombre des chefs de l\u2019époque léniniste s\u2019est fait liquider.En U.R.S.S., et partout où l\u2019on accepte les décisions communistes, la norme suprême de moralité est la conformité avec ce qu\u2019exige le chef, naguère Lenin, aujourd\u2019hui Stalin.U Église officielle.\u2014 Elle subsiste, cependant, et prospère.Une de ses tâches principales est de pousser au mouvement « pour la paix », c\u2019est-à-dire « pour la suprématie soviétique ».Nos lecteurs connaissent les textes pontificaux sur la paix.Il peut être intéressant de transcrire un passage considérable de quelque hiérarchie soviétique.Voici un bout de « méditation » de l\u2019archevêque Luka: Oh! combien fatale et intolérable la prévarication qui s\u2019échappe en torrents des salles de Lake Success! Mensonge diabolique, qui arriva à son apogée quand la Chine fut déclarée agresseur.Mais les honnêtes gens s\u2019entêtent à croire à la vérité et à la justice.Ils ne cessent pas d\u2019envoyer des centaines de Les Editions Casterman viennent de publier un extrait de leur catalogue général.Cette plaquette illustrée, de 40 pages, sera envoyée gratuitement à tous les lecteurs qui en feront la demande aux Établissements Casterman, 28, rue des Soeurs-Noires, à Tournai, Belgique, en se recommandant de Relations.282 RELATIONS lettres de protestation au secrétaire de l\u2019O.N.U.et au Conseil de Sécurité.Ils organisent une grande marche à Washington.Le mensonge, dicté à l\u2019O.N.U.par les incendiaires qui veulent la guerre, est imposé à leurs peuples par dix gouvernements d\u2019Europe et douze gouvernements d\u2019Amérique latine.Il est disséminé par une armée de journalistes, dont la conscience est prête a tout.Il est avalé par les crédules, qui se laissent aisément fourvoyer, parce qu\u2019on leur cache tout ce qui pourrait réfuter le mensonge.Ceux-là, nous ne les accusons pas; nous les plaignons sincèrement!.La juste cause de la protestation contre la guerre qui se prépare a déjà ses martyrs: les jeunes gens et les jeunes filles qui languissent en prison; ceux d\u2019Essen, à qui on cassa le crâne; ceux qui firent un rempart de leur corps aux camarades plus jeunes.Il y a des héros, comme la petite Française Raymonde Dienne, qui se coucha sur la voie ferrée pour stopper le train qui conduisait en Allemagne les armements américains.Leurs noms ne seront pas oubliés.Tout cela, c\u2019est la force invincible de la vérité.Elle est immensément plus grande que celle, terrible, des bombes atomiques.Le mensonge, ce déshonneur sordide de l\u2019humanité, les bombes atomiques pourront peut-être noyer pour un temps la vérité dans le sang.Anéantir la vérité ?C\u2019est impossible.La vérité vient de Dieu.Elle est immortelle.^ Car « on ne se moque pas de Dieu » {Gai., vi, 7).Le mensonge, il vient de l\u2019antique serpent, auquel Notre Seigneur Jésus-Christ écrasa la tête.{Revue du Patriarcat moscovite, mai 1951, pages 10-11.) ft*** Ce texte pourrait être utilement étudié, car il montre l\u2019abîme qui s\u2019est creusé entre le monde soviétique et le nôtre.Nous n\u2019avons pas de raison de douter de la bonne foi de l\u2019archevêque Luka.Pour lui, la vérité, la justice, l\u2019héroïsme, le martyre, c'est ce qui est conforme aux intérêts politiques de son pays.Dans ce sens, on pourrait dire que ce genre d\u2019orthodoxie est une superstructure du système soviétique; elle est parfaitement conforme au texte de Lenin que nous citions plus haut sur la morale communiste; elle ne retarde pas le progrès communiste, puisqu\u2019elle y collabore.Ce christianisme est matérialiste, puisqu\u2019il se consacre à promouvoir les intérêts matériels d\u2019un pays et d\u2019un parti; il est dialectique, aussi.Il ne semble pas incompatible avec le marxisme, et nous aimerions voir le professeur Konstantinov lui consacrer une discussion sérieuse.CHINE jT\\£ MOIS EN MOIS, l\u2019action antireligieuse / J du communisme chinois se fait plus précise.L\u2019Église catholique ne s\u2019est pas ralliée au mouvement de Triple Indépendance.Elle n\u2019a pas apostasié.On la liquide! L\u2019opération prend du temps parce que le pays est immense.Les unes après les autres, les institutions catholiques sont fermées ou confisquées.On ferme les orphelinats en accusant les religieuses d\u2019infanticide ou de crimes analogues.Une vieille religieuse de quatre-vingt-onze ans, aveugle depuis vingt-cinq ans à la suite d\u2019une opération qui n\u2019avait pas réussi, arriva récemment à Hongkong.On l\u2019appelait Mère Stigmate.On dut la transporter de Chine à Hongkong.Elle avait commis, lui dit-on, tellement de crimes, durant ses soixante ans de vie en Chine qu\u2019on ne pouvait pas les compter.D\u2019ordinaire, après l\u2019arrestation, on tient les religieuses en prison quelque temps.Puis, si elles sont étrangères, on les déporte.Les prêtres chinois, eux, disparaissent.Jusqu\u2019ici, on n\u2019a pas entendu parler d\u2019un seul cas d\u2019apostasie.Il y a des pages sublimes.L\u2019histoire du Père Jean Tung sera bientôt, sans doute, dramatisée et jouée dans nos écoles.Un matin de juin, après la grand\u2019messe, il dut prendre part à une démonstration organisée contre le nonce apostolique, Mgr Riberi.Il suivit le cortège; il entendit les cris de haine.A son tour, il dut monter sur le rostrum et faire son discours.En voici le texte, vichy Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime « triste » ?Inutile, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action spécifique, bien connue, stimule les multiples fonctions du foie, exerce un effet des plus salutaires sur le système digestif en général, et constitue un excellent diurétique.Demandez l\u2019avis de votre médecin.Pewi èhe \\ fatot CELES TON S MU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L\u2019ÉTAT FRANÇAIS RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imitations!!! Exigez \u2022 CÈLESTINS * '( « V » SlUSTlHâ MBS OCTOBRE 1951 283 comme il fut recueilli par les chrétiens qui l\u2019entendirent, et transmis par eux par delà le rideau de fer: Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous.Médiatrice Immaculée de toutes les grâces, saints Pierre et Paul, priez pour nous.Voici le sujet de mon discours: je m\u2019offre en victime, pour qu\u2019il y ait entente entre le gouvernement et l\u2019Église.Ceux qui nient l\u2019existence de Dieu et l\u2019immortalité de l\u2019âme, qui ne reconnaissent pas le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre, le Saint Père, qui ignorent quelle est la situation de la hiérarchie dans l\u2019Église catholique disent que la Triple Indépendance est simplement un mouvement patriotique.Ils disent que la religion est libre; ils admettent qu\u2019il y a des liens entre les fidèles et leurs supérieurs hiérarchiques.Au nom de cette indépendance, on voudrait m\u2019obliger à attaquer le représentant du Saint Père.Demain, peut-être, on m\u2019obligera à attaquer le Vicaire de Jésus-Christ, le Saint Père.Le jour suivant, pourquoi ne m\u2019imposerait-on pas d\u2019attaquer Dieu lui-même ?Puisque le gouvernement a déclaré à plusieurs reprises qu\u2019il ne nous forçait pas, mais nous donnait de simples directives, il faut donc que je dise ce que j\u2019ai dans le cœur; que je ne dise pas oui avec mes lèvres, et non avec mon cœur.Je dois signer uniquement les déclarations auxquelles je crois sincèrement.Je ne puis mettre mon nom au-dessous d\u2019une déclaration que je désavoue.Si je vis en mentant, et si j\u2019ai peur de la mort, je suis un homme inutile, je ne mérite pas la confiance.Je prononce ces paroles avec toutes mes facultés, et je proclame que tout ce que je pourrai dire plus tard, dans un état de confusion, sera entièrement invalide.Je suis un catholique, et je veux aimer mon pays et ma religion.Je n\u2019aime pas qu\u2019il y ait désaccord entre les deux.Si le gouvernement ne peut pas collaborer harmonieusement avec la religion, il y aura persécution, et beaucoup de victimes parmi les catholiques.Je préfère mourir maintenant.Cette déclaration, faite devant une grande foule à Chungking (l\u2019ancienne capitale durant la guerre), eut un grand retentissement.Les catholiques faibles furent confirmés.Le matin du 2 juillet, le Père Tung fut arrêté, au moment où il allait célébrer la messe de la Visitation.A Chungking, on dit qu\u2019il est mort en prison, victime de mauvais traitements.Le 8 septembre, S.Exc.Mgr Antonio Riberi, intemonce apostolique en Chine, arriva à Hongkong, expulsé de Chine après avoir été emprisonné chez lui depuis le 26 juin.Il fut soumis à de nombreux interrogatoires, \u2014 une fois pendant quatorze heures, et on l\u2019obligeait à répondre oui ou non.Il nia toutes les accusations portées contre lui: « Tout ce que j\u2019ai fait en Chine comme homme, comme prêtre et comme représentant du Saint-Siège, je l\u2019ai fait uniquement pour la religion et dans aucun autre but.» Joseph-H.Ledit.18 septembre 1951.LES LIVRES BROCHURES MARIALES Matéo Crawley-Bowvey, SS.CC.: Méditations sur le Rosaire.\u2014 Montréal, Éditions du Lévrier, 1950.80 pp., 18.5 cm.Marie ANDRÉ: La Magnifique Histoire de Notre-Dame du Puy.\u2014 H.-M.BARON, S.J.: Saint Bernard et la Vierge Marie.\u2014¦ Roger Brien: Rome, Lourdes, Fatima.\u2014 Isabelle Couturier de Chefdubois: Du sud au nord de la France: douze pèlerinages mariais historiques.\u2014 Gustave LAMARCHE, C.S.V.: La Maison d\u2019ombre.\u2014 Joseph Robinne, s.j.: Magnificat.\u2014 Gabriele M.Roschi-NI, O.S.M.: La Reine de l\u2019univers.\u2014 Alfonso-M.SANTO-NICOLA, C.SS.R.: La Royauté de Marie.\u2014 Journées d\u2019études sur les Congrégations mariales.\u2014 Nicolet, Centre marial canadien, 1950, 1951.32 pp., 20 cm.T E MOIS D\u2019OCTOBRE, consacré au Rosaire, invite à méditer, avec les mystères que fait revivre la récitation du chapelet, le8 merveilles historiques et doctrinales où s\u2019alimente la dévotion à Marie.Voici des brochures variées de ton, mais toutes sérieuses et propres à ranimer ou à enrichir notre piété mariale, en même temps que notre confiance en l\u2019efficacité du rosaire pour l\u2019établissement de la paix, o Le rosaire naquit .sur un champ de bataille » (P.Matéo), le champ de bataille des hérésies.La lutte ne finira qu\u2019avec le monde.Mais la victoire est assurée par la dévotion à Marie, singulièrement sous cette forme qu\u2019elle commande elle-même, la récitation méditée, en famille, du chapelet.Pourvu, comme le souligne encore le P.Matéo, qu\u2019on y apporte pureté de cœur, pénitence et amour eucharistique de Jésus-Christ.Chacune à sa manière, les brochures susmentionnées, en approfondissant notre piété mariale, contribueront à la victoire sur la grande hérésie contemporaine, le matérialisme orgueilleux et sensuel, qui fomente toute guerre et sabote tous les efforts de paix.\tMarie-Joseph d\u2019Anjou.Romano Guardini: Le Rosaire de Notre Dame.Traduction de Jeanne Ancelet-Hustache.\u2014 Paris, Bloud et Gay, 1950 102 pp., 19 cm.UNE ŒUVRE un peu tiraillée entre le pratique et le méditatif.En fait, il y a bien des choses dans le rosaire; il faut savoir les classer.Mais l\u2019A.n\u2019y tient guère.Et autrement, il ne serait plus Guardini; et ce serait dommage: que de vigoureuses pensées intimes on risquerait de perdre au passage! Paul Bélanger.Maison Bellarmin.DROIT CANONIQUE Eduardus F.Regatillo: Interpretatio et jurisprudentia codicis juris canonici.\u2014 Bibliotheca Comillensis.Santander, «Sal Terrae», 1949.600 pp., 25.5 cm.T\u2019AUTEUR présente un excellent instrument de travail à ceux qui sont chargés d\u2019enseigner ou d\u2019appliquer la loi de l\u2019Église.De même, les étudiants trouveront dans cet ouvrage une mine de précieux renseignements.Aux documents officiels rapportés in extenso ou fidèlement résumés, l\u2019A.ajoute d\u2019utiles annotations où il expose les notions essentielles sur un point donné, en même temps qu\u2019il offre des applications pratiques et concrètes.Georges Van Belleghem.U Immaculée-Conception, Montréal.Fabien PETIT: L\u2019Église et les Instituts séculiers.\u2014Paris, Bonne Presse, 1950.54 pp., 19 cm.TRENTE ANS après le code, l\u2019Église a jugé le temps venu de reconnaître officiellement un nouvel état canonique pour la pratique de la perfection chrétienne: il s\u2019agit des « instituts séculiers ».Le statut qui les régit a été promulgué par N.S.Père le pape Pie XII, le 2 février 1947.A la suite des documents officiels du Saint-Siège, le R.P.Petit groupe sous quelques rubriques appropriées les idées et les prescriptions fondamentales contenues dans ces textes.Voici les principales: nature, notes caractéristiques, reconnaissance et approbation des instituts séculiers; compétence des dicastères romains; instituts séculiers et action catholique.C\u2019est un bon guide, forcément incomplet à cause de la nouveauté de l\u2019institution, mais qui n\u2019en donne pas moins des précisions utiles et intéressantes.G.Van B.ÉDUCATION Marie-Paule Vinay: Une mère et ses enfants.Causeries pédagogiques sur l\u2019éducation des tout petits de la naissance à cinq ans.Préface de Mgr Albert Tessier.\u2014 Montréal, École d\u2019éducation familiale et sociale, 1950.278 pp., 20.5 cm.MME VINAY enseigne, à Montréal, la psychologie et la pédagogie maternelle à l\u2019École d\u2019éducation familiale et sociale, après s\u2019être spécialisée en psychologie pédagogique à la Sorbonne, avoir reçu le diplôme de l\u2019École ménagère familiale et sociale de la rue Monsieur, à Paris, et travaillé dans cette même ville à la 284 RELATIONS / AVOtRt StRVUS DC IA Xt\\tX2i wmmfflMm 262 RUE ST-MCQUE5 QUEST, MONTREAL-! FU 3834\" BlMtiîffliWiæp ^ÎTRTO Tel.: HArbour 4997 Fernand-J.La Brosse Inc.Ingénieur - constructeur ENTREPRISE GENERALE Presbytère de St-Louis-de-France 3668, rue St-Hubert Montréal - 24 Nouveau numéro de téléphone.CIE DE BOEUF DE L\u2019OUEST \u201cHochelaga \u201d Limitée EN GROS SEULEMENT J^oland vu ault, ptéâ.HO.2591 VEAU \u2022 PORC FRAIS \u2022 AGNEAU Spécialité: Institutions 2840, rue ONTARIO EST, MONTRÉAL (Cours du C.P.R.) 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Je voudrais qu\u2019en le faisant elles arrivent, sinon à contredire, du moins à nuancer une fois ou l\u2019autre (l\u2019occasion est rare) tel point de vue de l\u2019A.(sur le caractère inhibitif de l\u2019acte volontaire, p.74, par exemple, ou sur la valeur attribuée au « sentiment de culpabilité », pp.90-91).On appréciera, sans aucun doute, la fermeté de pensée et la sérénité avec laquelle l\u2019A.écarte \u2014 grâce à un sens chrétien lucide, profond, pratique et humble dans sa certitude \u2014 toute prétendue science psychologique qui ne voudrait faire place aux spontanéités \u2014 et donc aux surprises déroutantes pour la science \u2014 dont la grâce et l\u2019amour infus de Jésus-Christ déposent et cultivent les germes dans l\u2019âme des enfants.Qu\u2019on lise, par conséquent, avec confiance et attention ce très bon livre, et si on met en pratique les conseils qu\u2019il offre, il y aura moins d\u2019enfants malheureux et plus de chances de former des hommes libres et des saints.Marie-Joseph d\u2019Anjou.QUESTIONS RELIGIEUSES Guillermo Gonzalez Quintana, s.j.: La Santificacion Social en el Cuerpo Mistico.\u2014 Bogota, Editorial Pax, 1950.267 pp., 19.5 cm.L\u2019HOMME PEUT-IL SE SANCTIFIER SEUL?Doit-il être * membre de l\u2019Église ?Le P.Gonzalez répond à cette question avec des arguments de l\u2019Ancien et du Nouveau Testatement; il cite l\u2019autorité de saint Augustin et conclut évidemment à la nécessité de s\u2019en tenir à la doctrine traditionnelle de l\u2019Église catholique.Puis, il étudie les doctrines hétérodoxes: le protestantisme et le mouvement oecuménique, l\u2019anglicanisme, l\u2019orthodoxie dissidente.Enfin, une belle synthèse de la doctrine catholique.Sa documentation, pas toujours de première source, est abondante et bien contrôlée.C\u2019est un solide traité de Ecclesia, avec un louable souci de présenter la doctrine traditionnelle de façon plus nouvelle et attrayante.J\u2019aurais aimé un chapitre supplémentaire: l\u2019Église et l\u2019humanisme moderne.En dehors de l\u2019Église, on conçoit de plus en plus la religion comme quelque chose d\u2019individuel, indépendant de toute association organisée.Ainsi, de nombreux ministres, sans attache déterminée, prêchent un vague évangélisme dans un local dont ils sont les propriétaires ou les gérants.Us sont « indépendants ».Beaucoup d\u2019autres, parmi nos contemporains, n\u2019ont même pas cela, mais gardent un vague attachement au Christ et se disent chrétiens.Ils pratiquent avec désintéressement certaines vertus naturelles; la droiture, la loyauté, la charité envers les amis et les indifférents, parfois envers les ennemis, la bienfaisance, etc.Ils ont un respect très sincère pour un clergé qui est à son affaire.Ils constituent peut-être le secteur de nos contemporains le plus difficile à atteindre.286 Joseph-H.Ledit.RELATIONS QUESTIONS POLITIQUES,SOCIALES,ECONOMIQUES Marcel Prélot: Politique d'Aristote.Bibliothèque de la Science politique.Deuxième série: « Les grandes doctrines politiques ».\u2014 Paris, Presses universitaires de France, 1950.243 pp., 23 cm.Prix: 400 fr.T ES Presses universitaires de France présentent une nouvelle édition de l\u2019ouvrage classique d\u2019Aristote sur la politique.Le texte français en a été revu et annoté par M.Marcel Prélot.Celui-ci, pour rendre l\u2019ouvrage plus accessible au lecteur, s\u2019est permis quelques modifications dans la disposition interne, ce dont il s\u2019explique longuement dans son avant-propos.11 ne s\u2019agit pas d\u2019une traduction nouvelle, mais bien d\u2019une édition qui utilise les traductions déjà faites en les modernisant: « Notre propos, écrit M.Prélot, est, avant tout, de rétablir le contact entre le parlementaire, le publiciste, l\u2019intellectuel ou l\u2019étudiant d\u2019aujour-d\u2019hui et une œuvre essentielle à l\u2019humaniste, que cependant il ne lit plus guère.Notre tâche est donc moins de commenter un texte avec érudition, de l\u2019annoter abondamment, d\u2019en faire l\u2019objet d\u2019exégèses et de disputes linguistiques, que de retrouver une pensée dans son originalité géniale, sans chercher à la moderniser abusivement, mais aussi sans vouloir trop marquer, entre elle et nous, la distance des siècles.» La qualité de la présentation en fait presque une édition de luxe.\tRichard Arès C.A.I.P.\u2014 Pamphlet No.43: The Pope Speaks on Peace.Excerpts from Papal Pronouncements : 1944 -1948.Compiled by Thomas P.Neill.Washington, 1949, 48 pp., 19 cm.\u2014 Pamphlet No.44: Toward an Integrated World Policy.A Joint Report.Washington, 1950.32 pp., 19 cm.\u2014 Pamphlet No.45: Can the World Feed Itself?by Clarence Enzler.A Report of the Subcommittee on Agriculture.Washington, 1950.24 pp., 19 cm.'T'ROIS BROCHURES publiées aux États-Unis par la Catholic Association for International Peace.La première présente, avec questions et index pour cercles d\u2019études des extraits des principales déclarations du pape Pie XII concernant la paix internationale, de 1944 à 1948.La seconde renferme une série de prises de position par le groupe catholique sur les problèmes de l\u2019heure: Fédération européenne, Nations Unies, Pacte de l\u2019Atlantique, Pacte des Droits de l\u2019Homme, etc.Quant à la troisième, la plus intéressante, elle répond à l\u2019objection malthusienne, reprise avec insistance de nos jours par certains prophètes pessimistes, à savoir qu\u2019au rythme actuel d\u2019accroissement de la population mondiale, la terre sera bientôt incapable de nourrir l\u2019humanité et que le seul remède est à chercher dans la limitation des naissances.Petites brochures bien faites populaires, sur des sujets d\u2019actualité.\tp A I.C.A.S.\u2014 Sindacalismo e Socialità.Livio labor.Collana di « Studi sociali ».\u2014 Roma, Edizioni dell\u2019Ateneo, 1950.148 pp., 21 cm.ü ROCHURE publiée par YIstituio Cattolico di Attività Sociale de Rome.L\u2019intérêt en est tel qu\u2019on se prend à regretter qu\u2019il n\u2019en existe pas de traduction française.Je me contente de citer quelques têtes de chapitres: Le syndicalisme, éducateur de la sociabilité; \u2014 Les fins du syndicalisme; \u2014 La structure des syndicats; \u2014 Méthodologie de l\u2019action syndicale; \u2014 Syndicat et entreprise; \u2014 Syndicat et catégories productives.Je recommande particulièrement le chapitre intitulé « Syndicat et catégories productives », où l\u2019on démontre la prééminence de la catégorie professionnelle sur la classe; aussi le chapitre consacré aux rapports entre les syndicats et les partis politiques; de même, enfin, celui qui a trait à la position des syndicats en face des réformes de structure de l\u2019entreprise.\tr ^ IMMIGRATION Rapport des travaux de la Conférence nationale sur les problèmes des immigrants.\u2014 Secrétariat national de l\u2019Action catholique canadienne, section française, 1085, rue de la Cathédrale, Montréal, 1951.75 pp., 27.5 cm.^ETTE CONFÉRENCE fut tenue à Montréal les 21 et 22 avril dernier.Les travaux des conférenciers, les rapports des cinq commissions et les allocutions de S.Exc.Mgr Léger et ¦ ****** NOUVELLE FRANKI rendement amélioré frais réduits Cette nouvelle machine Franki 1 a été utilisée dans les nouvelles cours de triage du C.N.R., gare Bonaventure Cette machine perfectionnée repose sur un plateau circulaire rigide.Des vérins hydrauliques à double action permettent de répartir uniformément la pression sur le sol.Conçue et dessinée par les ingénieurs de la Société des Pieux Franki, cette nouvelle machine réduit substantiellement les frais d\u2019opération tout en améliorant le rendement.Les clients de FRANKI bénéficieront donc à l\u2019avenir de ces avantages.Vous pouvez obtenir, sans obligation de votre part, des renseignements complémentaires sur cette machine en vous adressant à : J FRANKI COMPRESSED PILE COMPANY OF CANADA LIMITED 4911, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal 168, rue Richmond Ouest, Toronto OCTOBRE 1951 287 2975 ~ 'isuss\" * hf'T\tBureau à la résidence: \t7855, rue Drolet \u2014 Tél.: TA.7176 \tJ.-A.POULIN l»!f: + t\t' '\tÉBÉNISTE Mobilier d\u2019église, confessionnaux, prie-Dieu, etc.\tSPÉCIALITÉ: autels liturgiques de tous genres.\tAtelier : à l'arrière de 6657 rue St-Denis \tMontréal\t\u2014\tTél.: TA.3545 Tel.BY.4651 MAURICE LEGARÉ A.D.B.A., M.I.R.A.G, A.A.P.Q.Architecte FRANÇOIS DES CHÊNES\tJACQUES PARIZIAULT PrhiJent\tCirant [jcschênes\tbg NÉGOCIANTS EN GROS \u2022 IMPORTATEURS Matériaux de Plomberie-Chauffage Spécialité : Accessoires à vapeur, haute et basse pression 1203 est, rue NOTRE-DAME, MONTRÉAL, Tél.: FRontenac* 3175-6-7 de S.Exc.Mgr Desranleau constituent sur un problème difficile un documentaire de grande valeur.La simple énumération des sujets discutés en fait foi: 1) les problèmes d\u2019éducation, de culture et de vie sociale; 2) les problèmes économiques, professionnels et juridiques; 3) les problèmes de santé et de bien-être social; 4) les problèmes d\u2019aspect rural; 5) les problèmes spirituels et religieux.On a abordé, avec un grand souci d\u2019objectivité et de charité, ces différents problèmes dont aucun n\u2019est simple, d\u2019abord en lui-même, et aussi parce que notre milieu, pour des raisons psychologiques aisément explicables, s\u2019est toujours un peu méfié de l\u2019immigration.Cette attitude doit être mise au point.Non pas qu\u2019il faille accepter n\u2019importe quel plan d\u2019immigration.Mais il s\u2019agit de bien comprendre les souffrances des personnes éprouvées par la guerre et obligées de s\u2019expatrier; comprendre aussi que faciliter l\u2019émigration à des pays surpeuplés, c\u2019est, comme l\u2019affirmait S.S.Pie XII, travailler efficacement à la paix.« Il se peut, disait Mgr Léger, que cette charité, cette hospitalité, ces secours demandent beaucoup d\u2019abnégation, de renoncement et d\u2019esprit surnaturel.» Tout problème complexe se règle difficilement d\u2019une autre façon.A la Commission sur les problèmes d\u2019éducation, de culture et de vie sociale, fut soulevée la question des bourses d\u2019étude aux immigrants.Le représentant des Chevaliers de Colomb en offrit une sur-le-champ, ce qui est très bien.D\u2019autres associations avaient été approchées sans résultats.Quand le rapport de la Commission fut présenté en réunion plénière, deux délégués demandèrent que les Chevaliers ne soient pas les seuls à poser ce geste.La demande fut faite avec sérénité.A lire des extraits du rapport présenté à sa société par le représentant des Chevaliers de Colomb (cf.le Devoir, 21 mai 1951, p.3), on a nettement l\u2019impression qu\u2019il y eut contre eux une levée de boucliers de la part des clubs Richelieu, de la Saint-Jean-Baptiste, de la Chambre de Commerce des Jeunes, de « quelques autres associations du genre », des Jésuites (une place spéciale leur est faite), des prêtres séculiers et des religieux « appartenant à diverses communautés ».Je ne connais pas les conversations personnelles qu\u2019a pu avoir le représentant des Chevaliers de Colomb, ayant eu seulement connaissance d\u2019une plaisanterie bien bénigne, faite à mi-voix.Mais la stupéfaction avec laquelle des délégués à la Conférence ont lu son rapport prouve que rien de ce qui y est affirmé ne s\u2019est passé en réunion plénière.Je ne souligne pas le fait pour être désagréable, ni dans l\u2019intention d\u2019attribuer à tout un groupe l\u2019erreur d\u2019un membre.Je le fais parce qu\u2019il est sage de ne pas laisser passer ce rapport à l\u2019histoire sans noter les réserves qui s\u2019imposent.Albert Plante.J.-A.SAINT-AMOUR Liait» Entrepreneurs-électriciens 6575, rue Saint-Denis GRavelle 4311 N.OUELLETTE & FILS FERBLANTERIE \u2022 COUVERTURE \u2022 VENTILATION Couvertures en gravois garanties pour 10 ans BEIair 2275 4477, AV.COLONIALE\tMONTREAL RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Albert Plante Rédacteurs :\tJoseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Richard Arès, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Marie-Joseph d\u2019ANjou Administrateur : Eugène Poirier Prix de l\u2019abonnement:\tA l\u2019étranger: $3.50 $3.00 par année\tPour les étudiants : $2.50 \u2022 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-14, CANADA Tél.: VEndôme 2541 288 RELATIONS I PONTIAC - BUICK VAUXHALL Sanguinet Automobile J^tee Ouvert jour et nuit pour ventes de pièces et réparations 1965, rue Lafontaine, Montréal - 24\t-\tFAIkirk 3761 \t\t \t\t \t\tBrûleurs Industriels \u201c RAY \u201d \t\tà moteur, à courroie, à turbine vapeur \t\tde 5 HP à 1000 HP chacun \t\tMaison fondée en 1872 Les fortunes les mieux assises\t\t Pont été par l'épargne.\t\t¦ *\t\t f\t\tBURNER EQUIPMENT Ltd f\t\tDISTRIBUTEURS EXCLUSIFS \t\tVente \u2014 Installation \u2014 Entretien t\t\t4077, rue St-Denis\tMontréal \t\t LA BANQUE PROVINCIALE\t\tL.- L.Roquet, I.P.Q.\tTéléphone DU CANADA\t\tJ.Duchesne.\tBÉlair 2153 W.Gallagher.\tNUIT & JOUR MATERIAUX DE CONSTRUCTION ISOLANTS PLANCHES MURALES PEINTURES FONDEE EN 1872 1040, rue Bleury, Montréal 1, Que., LA.2254* Matériaux de Construction \u2022 Isolation \u2022 Produits Réfractaires c4chète BIEN qui aa MAGASIN A RAYONS : 865 est, rue Sainte-Catherine MONTRÉAL Comptoir postal : 780, rue Brewster Suce, magasin pour hommes Hôtel Windsor ¦¦ arï m p*.NOUVELLE ÉMISSION________________________________________________________________ CETTE ÉMISSION EST ENTIÈREMENT VENDUE ET CETTE ANNONCE N\u2019EST PUBLIÉE QU\u2019A TITRE DOCUMENTAIRE $2,750,000 VILLE DE JACQUES-CARTIER Comté de Chambly, P.Q.OBLIGATIONS A 3 % % Garanties, sans condition, capital et intérêt par la Province de Québec Datées du 1er février 1951\tEchéant du 1er février 1952 au 1er février 1.966 incl.QUÉBEC s i metao, VALEURS DE PLACEMENT 210 ouest, rue Notre-Dame, Montréal - Tél.LA.9241 MONCTON, N.-B.OTTAWA t*sS5S0ei3 11 IMPRIMERIE DU MESSAGER, MONTREAL \u201c J^elationâ\u201d vouâ plait} pateez-le à voâ ami5 "]
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