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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1956-07, Collections de BAnQ.

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[" fielaüom LE DIVORCE AU SÉNAT Louis C.de LÉRY LE BOULEVERSEMENT DE LA FAMILLE TRADITIONNELLE Stanislas de LESTAPIS CELEBRATION SANS TAMBOURS J.-Louis LAVOIE MODERNISER L\u2019O.T.A.N.LuiSi d\u2019APOLLONIA ¦ ¦ Horizon international\t¦ Montréal et ses parcs\t¦\t¦ i Retraites paroissiales et missions générales Joseph-H.LEDIT Jean GENEST Thomas MIGNAULT REVUE DU MOIS Spécialité : * Classeurs - fichiers armoires à papeterie vestiaires en métal lili Bill !ï- .\u2022 ¦ Nos produits sont vendus par des marchands spécialisés dans les articles de bureaux (Nous vendons strictement en grossi HPH ATELIERS DES SOURDS MUETS 65 ouest, rue de Castelnau - Montréal TAIon 4571 Local 21, 22 et 23 ?Sous la direction des Clercs de Saint-Viateur Pèlerinages en Europe à l\u2019automne m\\ml 'fi ol frf Si vous songez à organiser un pèlerinage en Europe cette année, ou d\u2019y faire un pèlerinage particulier, nous vous invitons à étudier les avantages de faire votre voyage à l\u2019automne, i.e.après la mi-août.C\u2019est la saison des tarifs réduits: les hôtels et les auberges sont moins encombrés, les prix sont plus bas, le transport est plus facile, et surtout le prix du passage est réduit pour tous les navires de la ligne Arosa.Nos paquebots font la traversée de Montréal et de Québec directement vers Le Havre.Le saint sacrifice de la messe est célébré tous les matins à bord.Et nous vous offrons, de plus, un service courtois, une cuisine internationale exquise, un confort remarquable dans une ambiance amicale et sans formalisme.Votre agent de chemin de fer ou de voyages se fera un plaisir de vous fournir tous les renseignements dont vous aurez besoin.Prix du passage à partir de £1 era (Le Havre)____________ de àe Mo*** de M°ntî 4ROSÏV Consultez votre agent de chemin de fer ou de voyages ! AROSA LINE (Canada) Ltée MONTRÉAL TORONTO EDMONTON Siège social : Genève M.Nicolo Rizzi, président Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. SOMMAIRE JUILLET 1956 Éditoriaux.178 Qui possède l\u2019industrie canadienne ?\u2014 Confusions DANGEREUSES.\u2014 PAS DE DÉTENTE EN ASIE.Articles MODERNISER L\u2019O.T.A.N.Luigi d\u2019Apollonia 180 LE BOULEVERSEMENT DE LA FAMILLE TRADITIONNELLE .Stanislas de Lestapis 183 CÉLÉBRATION SANS TAMBOURS J.-Louis Lavoie 186 MONTRÉAL ET SES PARCS .Jean Genest 188 Commentaires.190 L\u2019aide aux collèges classiques féminins.\u2014 Universités et collèges classiques.\u2014 Le rapport Tremblay et les collèges classiques.\u2014 En trois mots.Au fil du mois.192 La révolte du social contre le national.\u2014 Conscription camouflée.\u2014 Le congrès des « sociétés savantes ».\u2014 Orientations de la presse catholique aux Etats-Unis.\u2014 L'abus et la magie des mots.\u2014 Vieilles rengaines.\u2014 Plaidoyer pour Staline.Articles RETRAITES PAROISSIALES ET MISSIONS GÉNÉRALES .Thomas Mignault 194 LE DIVORCE AU SÉNAT .Louis C.de Léry 195 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph-H.Ledit 198 Les livres.201 Religion.\u2014 H.Rahner et L.von Matt: Ignace de Loyola (B.Dubé).- G.Hunerman: Le Héraut de Dieu.- J.Gay: Libermann (J.-P.Demers).- M.RiqOet: L\u2019Église, liberté du monde (Al.Dugré).- R.Renaud: Süchow, diocèse de Chine (M.Belhumeur).- P.Duployé: Rhétorique et Parole de Dieu (J.d\u2019Anjou).201 Economie sociale et politique.\u2014 A.MORGAN: Botlom-Up Democracy.- T.Caplow: The Sociology of Work.-N.S.Buchanan et H.S.Ellis: Approaches to Economic Development (E.Bouvier).202 Littérature, Romans.\u2014 L.BARJON: Le Silence de Dieu dans la littérature contemporaine (W.Gariépy).- E.Genest: Dictionnaire des Citations françaises.- Y.Estien-ne: Le Toit sur la tète (J.d\u2019Anjou).-E.de Greeff: Le Juge Maury (J.-M.Aubry).- C.Gaskin: L'Oiseau de pluie (W.Girouard).- J.-J.Richard: Le Feu dans l'amiante (A.Dugré).203 Banque de Montréal pwniène Sattque aie (^uuieOz AU SERVICE DES CANADIENS DANS TOUTES LES SPHERES DE LA VIE DEPUIS 1817 502I4P MUR 2 Mium DfCARADm rgY!\"**! \t\tOR.1-6377 \t\t \t\t Jpk L\tANDRÉ\tDARRCT JO)\t\tTravaux en fer forgé pour T intérieur et pour l'extérieur \t258,\true Saint-Denis, Saint-Lambert, Montréal-23 \t\t JUILLET 1956 177 XVIe année, N° 187 Montréal Juillet 1956 ÉDITORIAUX Qui poâàède Vinduâtxie canadienne?AU MOIS D\u2019AVRIL dernier, le Bureau fédéral de la - Statistique publiait une brochure, d\u2019apparence austère et inoffensive, mais de contenu brûlant, vu la controverse à laquelle donne actuellement sujet l\u2019importation des capitaux américains en notre pays.Déjà la brochure en question (Canada's International Investment Position, 1926-1954) a suscité des remous à la Chambre des Communes, dans les journaux, dans les revues (voir, entre autres articles, celui de Peter C.Newman, « Who really Owns Canada ?», dans Maclean\u2019s, 9 juin 1956) et même dans l\u2019opinion publique aux États-Unis (voir la revue U.S.News & World Report : « Is Canada Afraid of U.S.Dollars ?», 4 mai 1956).Cette brochure nous apprend que les Américains possèdent déjà le quart des principales industries au Canada, et qu\u2019ils dominent nettement dans certaines branches de la grande industrie.Voici, par exemple, un tableau révélateur de cette emprise.Huile et pétrole:\tles Américains\tles Canadiens \u2014 exploration et exploitation\t\t 59%\t40% \u2014 raffinage\t\t.53\t43 \u2014 transport\t\t.61\t38 \u2014 mise sur le marché\t\t.48\t52 Mines\t\t\t.38\t45 Manufactures:\t\t \u2014 pulpe et papier\t\t.42\t48 \u2014 produits chimiques\t\t.46\t39 \u2014 appareils électriques\t\t\t 59\t35 ¦\u2014 automobiles\t\t.76\t23 Ces chiffres expliquent que plusieurs se demandent si le Canada n\u2019est pas en train de devenir, du point de vue économique, le quarante-neuvième État de la république américaine.Et ce n\u2019est pas tout.Dans un autre tableau portant sur trente-cinq produits manufacturés et dont nous nous bornons à citer cinq exemples, la même brochure nous apprend encore qu\u2019en 1953 les compagnies à prédominance financière américaine cap- taient le pourcentage suivant du total des ventes au Canada : Véhicules-moteurs.98% Produits du caoutchouc.78 Métaux non ferreux.70 Produits du pétrole.68 Pièces de véhicules-moteurs.67 Et la situation est loin de s\u2019améliorer.En 1954, les placements américains au Canada s\u2019élevaient à 9 milliards et demi de dollars, ce qui représente 77% de tous les capitaux étrangers; aujourd\u2019hui, d\u2019après l\u2019auteur de l\u2019article de la revue Maclean\u2019s, ces placements s\u2019élèveraient à 11 milliards de dollars, le capital américain franchissant la frontière au taux de trois millions par jour.Dans aucun autre pays, ajoute le même auteur, des étrangers n\u2019ont acquis d\u2019aussi vastes avoirs, et il n\u2019y a que le Venezuela à rapporter plus aux financiers étrangers que le Canada, parce qu\u2019aujourd\u2019hui ce sont des non-Canadiens qui recueillent la plupart des dividendes versés par les compagnies canadiennes.En outre, paraît-il, plus cette tendance se développera, moins nous aurons de chances de reprendre en main la direction de notre économie, parce que les Américains acquièrent maintenant la maîtrise directe des entreprises (voir un autre point de vue également significatif dans l\u2019article de M.John Porter, « Concentration of Economie Power and the Economie Elite in Canada », publié par The Canadian Journal of Economies and Political Science, mai 1956).Une telle situation ne saurait se prolonger indéfiniment, si le Canada veut conserver son indépendance.Conluâionâ dancfexeuàe* IA SOCIÉTÉ Radio-Canada a jugé bon de justifier ^ son rôle en ce qui concerne les émissions scolaires.Dans une lettre qu\u2019elle nous a fait parvenir à ce sujet, elle expose le principe de base qui la guide: « Seuls les éducateurs sont responsables de l\u2019orientation et de la matière des émissions, alors que les autorités de la radio-télévision organisent la présentation et la distribution des émissions.Ce sont aussi les éducateurs qui 178 RELATIONS autorisent les maisons d\u2019enseignement à suivre les émissions scolaires.» Dans cet esprit, Radio-Canada a organisé deux séries d\u2019émissions, l\u2019une à l\u2019échelle provinciale, l\u2019autre au plan national.La première est sous l\u2019autorité des ministères ou des organismes provinciaux d\u2019éducation.La seconde est dirigée par un comité qui compte des représentants de chaque province.Nous voulons bien croire Radio-Canada sur parole au sujet du contrôle des émissions par des éducateurs compétents.Nous accepterions assez volontiers les émissions provinciales, pourvu qu\u2019elles soient sous l\u2019autorité effective des représentants des provinces.Et nous sommes heureux que Radio-Canada offre à celles-ci une collaboration de qualité.Mais quand il s\u2019agit des émissions destinées à tout le pays, nous ne voyons pas que les explications données doivent modifier l\u2019opposition des partisans d\u2019une unité canadienne fondée sur le respect des cultures et des droits provinciaux.Ici, nous mettons le doigt sur l\u2019éternelle confusion qui embrouille cette question.Radio-Canada et plusieurs autres organismes fédéraux prétendent protéger les droits des provinces en confiant la responsabilité effective de leurs initiatives à des comités où entrent des représentants de toutes les provinces.Protection illusoire: ces comités suivent nécessairement la règle de la majorité et forcent ainsi les représentants de la minorité soit à s\u2019opposer à des émissions qu\u2019ils ne peuvent approuver, soit à les accepter, mais contre le gré et les droits des provinces qu\u2019ils représentent.C\u2019est un inconvénient qui dépasse les questions constitutionnelles.Les droits provinciaux ne sont pas des privilèges qu\u2019on peut abandonner à son gré.Dans l\u2019esprit des Pères de la Confédération, la juridiction exclusive des provinces est le seul moyen de sauvegarder les particularités culturelles et raciales des deux groupes ethniques qui ont adhéré au pacte fédératif.Les comités nationaux non seulement ne respectent pas les droits des provinces, mais contrecarrent presque inévitablement les particularismes culturels et sociaux.Et c\u2019est l\u2019élément français qui en souffrira.Les comités nationaux, où siègent, en majorité, des Anglo-Canadiens, favorisent naturellement les intérêts culturels ou autres de l\u2019élément anglais.Nos compatriotes de langue anglaise comprennent difficilement notre irréductible opposition à tout empiétement de l\u2019autorité fédérale dans les affaires provinciales.Ils ne voient rien de mal, eux, dans les interventions d\u2019Ottawa.Au contraire, la puissance centralisatrice leur apparaît comme une bonne fée, bienfaisante pour les provinces moins riches et favorable au développement de la culture anglaise dans les régions éloignées.Seule, une attitude ferme de notre part pourra les impressionner et les obliger au respect pratique des droits provinciaux.Voilà une attitude chère aux partisans de l\u2019autonomie provinciale.Cependant, plusieurs d\u2019entre eux sont victimes d\u2019un autre genre de confusion.Ils prennent revendication pour protection des droits provinciaux.Ils protestent hautement contre l\u2019emprise d\u2019Ottawa, mais ils ne font pratiquement rien pour occuper les territoires convoités par l\u2019adversaire.Ainsi, Radio-Canada offre ses services aux autorités de chaque province pour organiser, en collaboration, des émissions scolaires provinciales.Est-ce que les autorités du Québec se sont prévalues de cette offre?Ne s\u2019obstine-t-on pas, au contraire, dans l\u2019inaction, privant ainsi nos enfants des avantages, accessoires sans doute mais réels, qu\u2019offrent les émissions scolaires à la radio et à la télévision ?Il en est de même en bien d\u2019autres domaines.Le vide créé par notre abstention, d\u2019autres le remplissent.C\u2019est pourquoi cette dernière confusion n\u2019est pas moins dangereuse pour la sauvegarde de nos droits et de nos particularités ethniques et culturelles.Paâ de détente en cdâie EN POLITIQUE, il y a des mots sans consistance et tout à fait relatifs.Par exemple, le mot détente, qu\u2019on se garde bien de définir, même s\u2019il foisonne dans les interviews et dans les colonnes des journaux.Comment croire à une détente, alors que l\u2019U.R.S.S., à la fois État soviétique et internationale marxiste, cherche savamment les points faibles de l\u2019adversaire à dessein d\u2019aggraver et non d\u2019apaiser les tensions?On n\u2019a qu\u2019à considérer ce qui se passe dans le sud-est de l\u2019Asie, où l\u2019U.R.S.S., faisant mine de se tenir à l\u2019écart, attise les passions farouchement nationalistes et, de sa tierce position « pacifique », manœuvre ses satellites.Pendant que Moscou et Londres conféraient sur les élections au Vietnam (qui n\u2019auront pas lieu), les communistes chinois préparaient, au Cambodge, une version orientale du « coup de Prague ».Le prince Norodom, véritable chef politique du pays, faisait une déclaration de neutralité contre l\u2019Ouest et bâclait un pacte commercial avec la Chine rouge, qui lui promettait, pardessus le marché, une aide économique dont elle-même a besoin.La Thaïlande, au sud du Cambodge, suit les événements avec crainte et tremblement; car elle compte, à l\u2019intérieur de ses propres frontières, plusieurs millions de Chinois, maîtres du commerce et barons de la finance, comme partout ailleurs dans l\u2019Asie du Sud-Est.Plusieurs pays, y inclus le Pakistan, enverront bientôt des missions à Pékin; l\u2019accueil que leur fera la « république populaire » revêtira tout le faste oriental.Singapour se débat au milieu d\u2019une crise extrêmement grave.Ceylan, qui jouit du plus haut niveau de vie de tout l\u2019Orient et qui, pas plus tard que l\u2019an dernier, au grand rendez-vous de Bandoeng, attaquait l\u2019impérialisme soviétique, vient, aux récentes élections, de se donner, lui aussi, un gouvernement socialiste et neutraliste.Les États-Unis dénoncent le réarmement du Vietnam- JUILLET 1956 179 Nord, qui viole les accords de Genève; et l\u2019O.N.U.suspend, en Corée, la commission de surveillance de l\u2019armistice, à cause de l\u2019attitude particulière des membres tchèques et polonais des équipes d\u2019inspection.Quand, au lendemain de la guerre, la Grande-Bretagne, la Hollande et la France renonçaient, après des siècles, à l\u2019autorité qu\u2019elles exerçaient sur de vastes régions de l\u2019Asie, elles laissaient ces pays en face d\u2019énormes problèmes de politique, d\u2019administration, d\u2019économie, d\u2019ordre, d\u2019hygiène que, tout seuls, ils étaient incapables de résoudre.Qui les aidera à diriger leur croissance politique, à conquérir leur véritable indépendance ?L\u2019Occident ou l\u2019U.R.S.S.?Sur l\u2019Occident l\u2019U.R.S.S.possède au moins deux avantages: elle offre à l\u2019Asie l\u2019exemple d\u2019un pays agricole devenu grande puissance industrielle en un quart de siècle; de plus, elle n\u2019a pas, à vrai dire, de passé colonial, et l\u2019Orient préférera toujours un Asiatique communiste à un blanc colonialiste.La « coexistence compétitive » fera rage en Asie.Elle remplira de son conflit la deuxième moitié de ce siècle.Il faudra à l\u2019Occident sagesse, générosité, patience, sans, cette fois, aucune arrière-pensée de domination ou d\u2019exploitation.L\u2019enjeu est un milliard d\u2019hommes, le tiers de l\u2019humanité.Quand donc on attaque, chez nous, pour des querelles partisanes, non pas les modalités, mais le principe de l\u2019aide à ces pays, alors que les États-Unis ont le point IV et l\u2019O.N.U., son programme d\u2019assistance technique, on révèle une pensée politique en retard et on nuit à l\u2019établissement de la paix dans le monde.MODERNISER L'O.T.A.N.Luigi d'APOLLONIA, S.J.IL ÉTAIT le soleil du monde, l\u2019âme des artistes, le créateur des tracteurs, le père vigilant et chéri des peuples, \u2014 il s\u2019agit de Staline, bien entendu, et non de Dieu, \u2014 et pourtant, on soupirait, au Kremlin, après sa mort comme après un événement heureux.Disparu l\u2019infaillible mécanicien de la locomotive de l\u2019histoire, la politique extérieure de l\u2019U.R.S.S.pourrait emprunter un nouveau virage.La tactique est claire.Il serait fort dangereux, cependant, de croire qu\u2019elle n\u2019est ni souple, ni savante, ni profonde.Elle force déjà l\u2019O.T.A.N.à reviser ses cadres.Réunis, les 4 et 5 mai, au Palais Chaillot de Paris, le Conseil de l\u2019Atlantique a désigné un « comité des sages », composé de MM.Lester Bowles Pearson, Gaetano Martino et Halvard Lange, ministres des Affaires étrangères du Canada, de l\u2019Italie, de la Norvège, pour faire enquête auprès des pays signataires et rédiger un rapport sur les moyens de développer l\u2019alliance sur le plan politique et économique.Mais qu\u2019est-ce que l\u2019O.T.A.N.?Sans détailler ses structures (Comité de l\u2019Atlantique-Nord, comités militaires, S.H.A.P.E., S.A.C.E.U.R., etc.), disons tout de suite que l\u2019O.T.A.N.n\u2019est pas née d\u2019une haute et sereine pensée politique.Elle est sortie tout armée de la violence des événements d\u2019après-guerre.Sa cuirasse militaire révèle assez clairement qu\u2019elle est, à l\u2019image de notre temps, fille de la peur.Elle est une réponse commune à une menace commune.Et son véritable auteur est le Kremlin.Menace commune On se souvient de l\u2019étonnante naïveté du gouvernement américain, qui fit marquer le pas à ses troupes pour laisser aux Russes la gloire d\u2019entrer, les premiers, 180 à Berlin.On se souvient aussi du retrait des colonnes alliées qui s\u2019étaient avancées jusqu\u2019à Prague.Inutile de rappeler Yalta.A Potsdam, on s\u2019engagea davantage encore dans l\u2019impasse en préparant des « arrangements » tels que l\u2019attribution à l\u2019U.R.S.S.de la Prusse orientale et les transferts des minorités allemandes.Au lendemain de la victoire, l\u2019Occident démobilisa ses troupes et démantela l\u2019Europe.Tout est joie, euphorie, ivresse, confiance dans la bonne volonté communiste.Déjà, pourtant, l\u2019U.R.S.S.se servait des slogans de paix comme d\u2019une arme de guerre pour dominer l\u2019Europe.En septembre 1945, un mois à peine après la capitulation du Japon, Molotov dénonçait les dessous d\u2019une politique hostile à l\u2019Union soviétique, pendant que celle-ci, profitant de la lassitude des Alliés, installait des gouvernements communistes en Allemagne de l\u2019Est et en Albanie, annexait les pays baltes et la Prusse Orientale comme dépouilles de guerre.La Hongrie succomba peu après.Des élections avaient porté au pouvoir le parti communiste, qui s\u2019empressa (21 nov.1947) de dissoudre aussitôt tous les partis d\u2019opposition.La Bulgarie fut mise au pas à son tour, quand, le 11 décembre 1947, l\u2019ancien secrétaire du Komintern, M.Dimitrov, prenait le pouvoir après la pendaison, le 23 septembre, de Nicolas Petkov, chef du parti agraire et de l\u2019opposition.La Roumanie suivit, après la condamnation à la détention perpétuelle du Dr Maniu, chef du parti paysan, le 29 octobre 1947, et l\u2019abdication du roi Michel, le 1er janvier 1948.La Pologne était « déplacée », le parti paysan dissous, le 21 novembre 1947, et son chef, M.Mikolajczyk, se sauvait à l\u2019étranger.Puis, la Tchécoslovaquie tombait, victime du coup d\u2019Êtat qui, le 25 février 1948, faisait capituler le président Benès, « mort » peu après.Le RELATIONS Kominform avait été mis sur pied le 1er octobre 1947; la guerre civile faisait rage en Grèce; et T U.R.S.S.cachait mal ses desseins de « libérer », avec la complicité des partis communistes nationaux, le reste de l'Europe fatiguée, épuisée, divisée, victorieuse.La tentation est grande.Son armée compte, au bas mot, en 1947, 3,500,000 hommes.En face d\u2019elle, rien: l\u2019Allemagne gît parmi les décombres; le Japon compte les morts de l\u2019holocauste d\u2019Hiroshima; les États-Unis sont désarmés et lointains.Le seul poids non compensé, la seule ombre de son monstrueux appareil militaire lui permet des conquêtes politiques par intimidation.L\u2019Occident comprit qu\u2019il fallait ou s\u2019unir ou périr.Réponse commune Le 17 mars 1948, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg s\u2019engagent à se porter mutuellement assistance en cas d\u2019agression et signent le pacte de Bruxelles.Le coup de force de Prague et le blocus de Berlin avaient secoué l\u2019opinion publique américaine.Le 11 juin 1948, par 64 voix contre 4, le Sénat américain vote une résolution qui prévoit la possibilité, pour les États-Unis, de s\u2019associer « à tous les arrangements régionaux ou collectifs fondés sur un effort continu et effectif, dans la mesure où la sécurité américaine y est intéressée ».Enfin, le 4 avril 1949, à Washington, douze États apposent leur signature au bas d\u2019un traité qui affirme dans un préambule la résolution des pays-membres de joindre leurs efforts pour sauvegarder collectivement la liberté et la paix, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies, et s\u2019engagent, par l\u2019article 5, « à considérer une agression contre l\u2019une d\u2019elles comme une attaque dirigée contre toutes et à prendre aussitôt individuellement ou collectivement des mesures de légitime défense ».L\u2019Organisation du Traité de l\u2019Atlantique-Nord (O.T.A.N.) était née.Elle n\u2019enchanta personne, pas plus les Américains que les Européens.On peut dire, sans crainte de se tromper, que les États libres faisaient, au nom du salut public, ce que le peuple ne désirait pas.Le président Truman souligna devant le Congrès américain, le 12 avril 1949, la portée de l\u2019événement.Le monde était trop petit pour que l\u2019isolement fût possible; les États-Unis ne pouvaient, à eux seuls, garantir la paix; les traités antérieurs « n\u2019avaient pas empêché certaines petites nations d\u2019être privées, une à une, de leur liberté par la terreur et l\u2019oppression ».Et il ajouta que, si un document comme le Pacte atlantique avait existé en 1914 et en 1939, « il aurait empêché les actes d\u2019agression qui ont entraîné deux guerres mondiales ».L\u2019U.R.S.S., pour qui se défendre est attenter à la paix, n\u2019avait cessé, au cours des délibérations, de machiner l\u2019échec du projet.Le 31 mars 1949, elle remettait un memorandum aux ambassadeurs de tous les pays signataires du pacte sur « les desseins agressifs réels des fomentateurs d\u2019une nouvelle guerre ».Les ministres des Affaires étrangères des États-membres répondirent laconiquement: « Le texte du traité lui-même est la meilleure réponse à de telles interprétations et allégations.Le texte prouve clairement la nature purement défensive de ce traité, en conformité avec l\u2019esprit et la lettre de la Charte des Nations Unies, et aussi le fait que le traité n\u2019est pas dirigé contre une nation ou un groupe de nations, mais seulement contre une agression armée.» Ainsi disparaissait la chance d\u2019un troisième bloc neutre, médiateur entre l\u2019U.R.S.S.et les États-Unis: idéal, d\u2019une « grande politique française », disaient les uns; mirage, disaient les autres.Ainsi prenait fin à jamais la politique solitaire des États-Unis, inaugurée par l\u2019avertissement de George Washington contre les entangling alliances.L\u2019Atlantique devenait une Méditerranée et cessait, après plusieurs siècles, de diviser deux mondes habités par une même famille humaine, héritiers d\u2019un patrimoine commun.Ainsi, hélas! reprenait la course aux armements, qui grève si lourdement les budgets nationaux, freine le progrès social et, sous le signe d\u2019une horrible nécessité, retarde l\u2019aménagement d\u2019un ordre économique plus rationnel.Mais il dépendait de l\u2019U.R.S.S.d\u2019éviter le réarmement.A la fin de la guerre, elle avait un moyen bien simple de « neutraliser » l\u2019Europe occidentale: faire comme les États-Unis, déposer les armes.C\u2019est peut-être une erreur de la diplomatie occidentale de ne pas faire connaître par tous les moyens que l\u2019O.T.A.N.n\u2019est qu\u2019une réponse.Elle a de nouveau cette chance, maintenant qu\u2019elle veut élargir les compétences de l\u2019O.T.A.N.Nouvelle menace Car instruite, et à bon droit, des horreurs d\u2019une guerre atomique, il semble bien que l\u2019U.R.S.S.veuille la paix, en ce sens négatif, bien entendu, qu\u2019elle ne veut pas la guerre, au moins la guerre nucléaire.Celle-ci n\u2019est plus une épreuve de force adaptée et proportionnée à une fin.Par définition, l\u2019anéantissement mutuel ne peut servir à rien ni à personne.Pas plus au vainqueur qu\u2019au vaincu.Elle détruit par la guerre les buts mêmes de la guerre.C\u2019est pourquoi l\u2019U.R.S.S.nous laisse la paix, cette misérable paix froide, caricature de la vraie paix, qui possède la terrible magie de dissimuler la réalité en permettant à l\u2019homme d\u2019échapper au problème qui l\u2019effraie par un rêve qui le nie.On se résigne mal, en effet, à reconnaître que deux civilisations rivales sont en train de se disputer la planète.La guerre est dans les âmes.Et tous y participent, d\u2019une manière ou de l\u2019autre, même les neutres, qu\u2019ils le veuillent ou non.Cette guerre, inhérente à deux systèmes inconciliables, à deux conceptions de l\u2019homme et de Dieu, ne doit pas nécessairement ni même probablement flamber en incendie général.Elle JUILLET 1956 181 ne saurait toutefois être éteinte ni même apaisée, puisqu\u2019il appartient à la définition même du communisme de vouloir détruire notre société ivre de sueur prolétarienne, que ce soit par la guerre froide ou la paix froide, l\u2019esprit de Genève ou la paix de Stockholm, la coexistence pacifique ou la coexistence compétitive.Là-dessus, Krouchtchev est explicite.Comme Staline, il parle de révolution mondiale, de fatalité historique, de mouvement incoercible.On ne saurait empêcher le soleil de se lever, proclame-t-il.Le but reste donc inflexiblement le même; seule la tactique change.Les chefs de toutes les Russies (et le diable sait si elles se sont multipliées.), plus sûrs d\u2019eux-mêmes que jamais, descendent aujourd\u2019hui de leur Olympe.Ils font des voyages spectaculaires.Ils écrivent des lettres d\u2019amitié.Malenkov embrasse les bébés.« B.& K.» deviennent boy scouts dans l\u2019Inde, et prennent le thé avec la reine d\u2019Angleterre.Puis, tous en chœur dénoncent le fantôme de Staline avec une fureur de cosaque, abrogent les décrets barbares de leur code criminel, promettent de fermer les camps de concentration, mais pour les remplacer par des camps de correction, dissolvent le Kominjorm et licencient un million de soldats, tout en prenant soin de repousser le moindre système de contrôle et d\u2019inspection aérienne de leur désarmement.Dans les pays en retard et les pays neutres, l\u2019arme de l\u2019U.R.S.S.devient la compétition économique.Elle promet le barrage du Haut-Nil à l\u2019Égypte, des usines métallurgiques à l\u2019Inde, des biens d\u2019équipement et des techniciens à l\u2019Amérique du Sud, à l\u2019Afrique, à l\u2019Asie, où la S.E.A.T.O.(South East Asia Treaty Organization), il faut bien le reconnaître, n\u2019a jamais été populaire.Elle exploite systématiquement l\u2019anticolonialisme, fournit des armes à l\u2019Égypte et au Moyen-Orient, envoie des missions diplomatiques pléthoriques en Tripolitaine, pays de rien du tout, mais plaque tournante de l\u2019Afrique noire.A l\u2019endroit des pays de l\u2019Ouest, elle mêle sourires et menaces, promesses et avertissements, paroles de paix et rodomontades belliqueuses.Elle annonce que son armée « aura bientôt une fusée téléguidée à charge d\u2019hydrogène, capable d\u2019être larguée en n\u2019importe quel point du globe ».Toutefois, aux menaces et aux promesses, elle préfère comme armes les traités commerciaux, les échanges de missions de toutes sortes (culturelles, agricoles, sportives), l\u2019établissement de relations diplomatiques avec les pays de l\u2019Amérique du Sud (où, seuls, l\u2019Argentine, l\u2019Uruguay et le Mexique entretiennent des rapports avec elle), la division des problèmes qui fait éclater les « contradictions internes du capitalisme » et provoque sur chaque question des divergences dans le camp des adversaires, les patientes manœuvres qui ouvriraient, à long terme, une entente directe entre elle et les États-Unis.La consigne est donnée aux partis communistes de sortir de leur isole- ment partout et de travailler partout où ils le peuvent à l\u2019établissement de fronts populaires.Nouvelle réponse Or, tous ces éléments ressortissent à la diplomatie, à la politique et à l\u2019économique.L\u2019U.R.S.S.se propose ainsi de contourner la défense militaire du monde libre.La réponse ne consiste donc pas, pour les pays du Pacte atlantique, à laisser rouiller leur armure, à moins d\u2019être frappés de folie.Ce serait concéder d\u2019avance à l\u2019U.R.S.S.le premier objectif de sa nouvelle stratégie.Mais, « sans baisser la garde », pour reprendre la comparaison pugilistique de M.Foster Dulles, il importe de moderniser l\u2019O.T.A.N.et de sortir d\u2019une conception qui ne voit dans le Pacte atlantique qu\u2019un traité militaire défensif de vieux style, et rien de plus.Pareille conception permet aux pays signataires de mener une action politique indépendante: à l\u2019Angleterre la sienne en Asie, à la France la sienne en Afrique.Un membre de l\u2019O.T.A.N.peut se dresser contre un autre membre de l\u2019O.T.A.N., comme nous le voyons présentement en Chypre, où Turcs, Grecs et Anglais sont aux prises.Bonn peut demain traiter avec Moscou de l\u2019unification de l\u2019Allemagne, sans consulter préalablement ses partenaires.Le danger est trop évident.L\u2019O.T.A.N.comprend qu\u2019elle a besoin d\u2019une politique commune, faute de quoi chaque pays-membre, parce que libre, devient l\u2019arbitre du monde.Mais en fait, l\u2019O.T.A.N.n\u2019a jamais été un pacte militaire défensif comme un autre.Elle est une alliance non seulement contre l\u2019agression armée, mais contre toute agression politique, économique ou psychologique qui mettrait en danger la liberté du monde.Quoi qu\u2019en disent les cyniques qui veulent être malins, l\u2019O.T.A.N.affirme des idées qui ne sont pas de simples prétextes invoqués pour servir des intérêts.Elle implique une conception de la personne humaine, du droit de propriété, de l\u2019ordre politique national et international, qui rejette les méthodes totalitaires et terroristes, la guerre contre la religion, le collectivisme absolu, un univers uniforme et univoque.Par ce biais, elle engage d\u2019une certaine manière fondamentale la politique extérieure des États-membres envers les pays communistes (l\u2019U.R.S.S.et ses satellites, la Chine rouge et ses satellites) et même, mais dans un esprit tout différent, cela va de soi, envers les pays classés neutres.Le texte du Pacte précise d\u2019ailleurs la portée des engagements.« Résolus, dit le préambule, à unir leurs efforts pour la défense collective et pour la préservation de la paix et de la sécurité ».Ces derniers mots annoncent des obligations plus larges que celles de participer à la seule défense collective militaire.La préservation de la paix et de la sécurité comporte l\u2019ensemble d\u2019une politique de résistance et d\u2019opposition à toute transformation politique obtenue par d\u2019autres voies 182 RELATIONS que la volonté libre des sujets.L\u2019article 2 comporte un chaînon économique, vaguement défini, il est vrai.L\u2019article 4 stipule que « les parties se consulteront chaque fois que, de l\u2019avis d\u2019une d\u2019elles, l\u2019intégrité territoriale, l\u2019indépendance politique ou la sécurité de l\u2019une des parties sera menacée ».Et l\u2019article 5, se référant à la Charte des Nations Unies, affirme que le règlement des différends internationaux doit être obtenu par des moyens pacifiques, « de telle manière que la paix et la sécurité internationale ainsi que la justice ne soient pas mises en danger ».De plus, l\u2019O.T.A.N.n\u2019est pas une famille jalousement fermée sur elle-même.Des nations qui ne sont même pas baignées par l\u2019Atlantique, comme l\u2019Italie, l\u2019Allemagne, la Grèce, la Turquie, y ont été admises.L\u2019O.T.A.N.signifie par là que le mot « atlantique » dans le texte du traité comporte, outre un sens militaire, une valeur spirituelle qui déborde une définition géographique.Le monde soviétisé est sous le signe du parti unique.La coalition atlantique est sous le signe de la liberté.La revision de ses cadres doit traduire, sur le plan politique et économique, cette unité fondamentale.Si fortement blindée soit-elle, une conception militaire du Pacte n\u2019y suffira jamais.Le Pacte atlan- PROBLÈMES DE LA FAMILLE Le bouleversement de la famille traditionnelle Stanislas de LESTAPIS, S.J.1E PROBLÈME que je voudrais aborder au cours de ces trois articles est celui des chances de la famille dans le monde contemporain.Il s\u2019agit, en effet, de savoir si, face aux structures nouvelles qu\u2019impose la société moderne, le monde des valeurs d\u2019intimité et de communauté que représente la famille est voué à disparaître ou à dépérir.Ou, au contraire, si, en présence des évolutions plus ou moins contraignantes de l\u2019économie, de la technique et de l\u2019organisation, la famille est capable de se faire, de ces évolutions mêmes, des alliées.En simplifiant les choses à l\u2019extrême, nous poserions le problème en ces termes: Le monde moderne va-t-il forcer la famille à modifier son type traditionnel?Si c\u2019est le cas, le fait-il dans un sens favorable ou défavorable à l\u2019idéal proposé par le christianisme à la famille ?Enfin, peut-on dire qu\u2019à l\u2019occasion de ces modifications, une réinterprétation du rôle et de la mission de la famille dans la société et dans l\u2019Église puisse se faire tique doit être un tout parce que la sécurité du monde libre est un tout.Et ce Pacte doit durer aussi longtemps que l\u2019O.N.U.sera incapable de garantir la sécurité de chaque peuple par l\u2019action collective de tous.* Disons, pour finir, que le chrétien abhorre la guerre.A cause de la violence qu\u2019elle déploie.A cause de la haine qu\u2019elle allume.A cause du cynisme qu\u2019elle répand.A cause du démon du mensonge qu\u2019elle déchaîne.A cause de toutes les ruines qu\u2019elle amoncelle.Le chrétien cherche donc à l\u2019éviter par tous les moyens.Mais il sait aussi qu\u2019il ne suffit pas d\u2019avoir peur de la guerre pour aimer la paix.C\u2019est pourquoi il n\u2019est pas partisan de la paix à tout prix.Il y a des valeurs essentielles qu\u2019il faut sauver à tout prix.Un monde créé libre par un Dieu libre doit respirer librement à tout prix.En élargissant les compétences de l\u2019O.T.A.N., c\u2019est à l\u2019unité dans la liberté que travailleront les pays signataires.Le chemin est semé de difficultés et de culs-de-sac.Car une alliance entre peuples libres reste une alliance que les intérêts égoïstes, les nationalismes conservateurs, les économies avares et resserrées, les leurres d\u2019un ennemi peuvent toujours diviser et briser.Lors de son récent passage à Montréal, le P.de Lestapis, spécialiste des questions familiales à l\u2019Action populaire de Paris, a donné, à Radio-Canada, trois causeries sur les problèmes de la famille contemporaine.Voici, à peu près textuellement, la première de ces causeries.jour ?Tel est le grave problème que je veux soumettre à votre réflexion.Étant l\u2019hôte du Canada depuis plusieurs jours seulement, je m\u2019appuierai moins sur des observations faites en votre beau pays que sur l\u2019expérience qu\u2019ont pu me donner des années d\u2019études et d\u2019activité en France, au service des familles de chez nous et en liaison avec elles.Je ne prétends donc pas que mes remarques puissent s\u2019appliquer telles quelles et sans adaptation aux évolutions économiques et sociales suivies par le Canada.A vous de voir et de juger.J\u2019ai moi-même encore trop à apprendre de votre grande histoire canadienne, et trop à découvrir de la complexité de votre société, pour prétendre faire de telles adaptations.* Prenons donc la première question.Le monde moderne va-t-il forcer, ou même a-t-il déjà en partie forcé la famille à modifier son type traditionnel ?Et d\u2019abord, parlant de type traditionnel, je pense à la famille de notre société rurale et bourgeoise de l\u2019époque préindustrielle.J\u2019ai ainsi en vue la famille du négociant de province, la famille du cultivateur, la JUILLET 1956 183 famille du notable du bourg; bref, je pense à bien des personnages que nous décrivent les romans de Balzac.En France, il y a cent ans, la famille se présentait comme une unité fortement intégrée, une cellule vigoureuse de la vie économique et sociale, protégée, dirais-je, comme l\u2019escargot, par une triple coquille: la maison, la propriété, l\u2019exploitation.A l\u2019intérieur de ces enveloppes protectrices, la vie familiale se déroulait, lentement, de la naissance à la mort.Éducation, apprentissage, travail, échanges, tout était plus ou moins compris sous le signe et sous le patronage des relations familiales.Le père était le chef incontesté à la fois du foyer et de l\u2019entreprise.Il eût été difficile d\u2019établir une démarcation nette entre ce qui relevait de la vie du foyer et ce qui appartenait à la vie de l\u2019entreprise.Commerçant ou agriculteur, notable ou instituteur, l\u2019homme mêlait tout naturellement ses deux vies.Sa femme et ses enfants formaient le cadre attendu et respecté de ses occupations professionnelles.En l\u2019absence de Monsieur, on pouvait s\u2019adresser à Madame, et lui demander de faire la commission à son mari.Or, c\u2019est ce type traditionnel de vie que le monde moderne vient bouleverser, car il le désintègre en partie, l\u2019amenuise et le rend très instable.Voyons cela.Et d\u2019abord, l\u2019avènement de l\u2019époque industrielle brise la coquille, je veux dire l\u2019institution économico-sociale dont la plupart des familles d\u2019il y a cent ans étaient pourvues.La famille du fermier et de l\u2019artisan était une unité de production en même temps qu\u2019une unité de consommation.Tous ses membres étaient centrés, intégrés autour d\u2019un travail en commun.Père, mère, enfants (dès l\u2019âge de douze ans), souvent aussi grands-parents, oncles et tantes.coopéraient spontanément à l\u2019entreprise familiale.Mais l\u2019ère industrielle a transporté l\u2019unité de production à l\u2019usine, et à l\u2019usine de plus en plus grande.Même le magasin et la boutique du négociant assistent à un recul constant de .leurs frontières.Le supermarket américain est le plus récent témoignage de cette retraite du petit commerce.Voici quelques chiffres qui décrivent cette révolution.En France, il y a un siècle (1851), les trois cinquièmes (61.2%) des hommes actifs étaient employés dans l\u2019agriculture comme cultivateurs, fermiers, métayers, ouvriers agricoles.Et ces hommes avaient, bien sûr, autour d\u2019eux une famille en général nombreuse.En 1901, ils ne sont déjà plus que 43.2%; puis, 30.9% en 1951.Autant parler d\u2019un exode rural de 30% des familles: familles déracinées de la terre, venant chercher à la ville un emploi et un gîte qui, ordinairement, ne sera plus que l\u2019ombre d\u2019une maison.Cet exode est loin d\u2019être fini.Un agronome sérieux, M.Dumont, considère qu\u2019il y a encore 500,000 exploitations familiales en France qui gagneraient à disparaître, afin de permettre un meilleur aménagement du territoire en vue d\u2019une meilleure productivité agricole.Voilà donc ces familles installées maintenant à la ville.Que sont-elles devenues ?Des familles de salariés, car le petit patronat, loin de s\u2019accroître, s\u2019est au contraire affaibli.De 45% en 1851, ce patronat est passé à 35% en 1946.Tandis que le salariat grandissait de 54 à 64%.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas tant le monde ouvrier qui a profité de cet exode.Celui-ci est resté relativement stable: 30% en 1756, et 29.6% en 1946.La machine, hier, et, déjà aujourd\u2019hui, l\u2019automation restreignent progressivement l\u2019emploi du travailleur manuel.Par contre, le secteur distributif et les professions libérales voient leurs effectifs grossir respectivement de 4 à 20% et de 4 à 11%.Tout cela signifie qu\u2019il se produit, à la ville, un phénomène de mobilité verticale, qui exerce évidemment sur les gens de la campagne un attrait irrésistible.On ne se déplace pas simplement de la terre à la ville sur le plan horizontal, mais on envisage surtout de le faire sur l\u2019échelle sociale, en poussant les enfants à la conquête des emplois administratifs ou des diplômes universitaires.Il faut tout de même remarquer que cela ne se réalise pas dès la première génération.Le cultivateur passe normalement par la filière de l\u2019usine ou du grand magasin.C\u2019est seulement la seconde génération qui trouve le moyen de s\u2019élever dans la catégorie de la culture générale et de l\u2019emploi.Cette recherche d\u2019un meilleur emploi ou d\u2019une instruction plus poussée établit au sein de la famille une sorte de régime silencieux de concurrence.On ne communie plus comme jadis dans le partage des mêmes valeurs, exprimées par l\u2019exemple et la science du père, chef de culture et chef de famille.Les parents acceptent de savoir leurs enfants plus savants qu\u2019eux-mêmes, et la jeunesse, même en restant respectueuse des vieux, ne peut pas ne pas les trouver, sur beaucoup de points, démodés et retardataires.La discussion entre père et fils n\u2019est sans doute pas née d\u2019hier, mais elle s\u2019est considérablement aggravée du fait des connaissances nouvelles dispensées par l\u2019école, le journal, le cours du soir, etc.Le chef de famille, la plupart du temps, se sent dépassé, et même quelque peu inférieur à sa tâche, surtout s\u2019il n\u2019a pas réussi du premier coup à se classer parmi les travailleurs qualifiés, et si le salaire qu\u2019il rapporte à la maison ne suffit pas à faire progresser les siens comme il l\u2019aurait tant voulu.Alors apparaît un tragique dilemme, jadis inconnu à la terre: faudra-t-il un second salaire pour faire vivre les enfants ?En d\u2019autres termes, faudra-t-il que la mère aussi aille travailler à l\u2019usine, dans les tramways, aux halles, n\u2019importe où?La réponse, vous le savez, fut, hélasI qu\u2019au cours du premier exode rural du xixe siècle, plus de 20% des femmes mariées, à la ville, durent chercher un emploi rémunéré.Ce chiffre, depuis, est 184 RELATIONS demeuré le même.Il a plutôt légèrement diminué, grâce aux efforts répétés de notre politique familiale.En 1946, chez nous, 19.7% des femmes mariées, à la ville, avaient un emploi.Ou, si vous préférez considérer toute la population féminine active en bloc, vous constatez que les femmes mariées représentent 37.1% de cette population.Aux États-Unis, où mes études m\u2019ont amené cette année, je ne vois pas sans étonnement que la France est rapidement rejointe sur cette voie et même dépassée depuis vingt ans: alors qu\u2019en 1900, la population féminine active des villes comptait seulement 15% de femmes mariées, elle en compte 55% depuis 1951 (18% de plus qu\u2019en France).Que se passe-t-il?Est-ce le petit nombre d\u2019enfants de la famille américaine, la courte durée de l\u2019éducation domestique (les enfants étant vite happés par le jardin d\u2019enfants et l\u2019école élémentaire), l\u2019épargne de temps que valent à la ménagère son nouvel outillage de machines à laver et son équipement de cuisine préfabriquée qui l\u2019incitent à aller dépenser en dehors du foyer un temps désormais devenu vide à l\u2019appartement de quatre ou cinq pièces ?Est-ce un trait du caractère de la femme américaine moderne et l\u2019effet d\u2019une éducation qui n\u2019a peut-être pas su révéler toute l\u2019originalité créatrice de la vie familiale et sa radioactivité intime ?.Il m\u2019est difficile de juger.Toujours est-il que je constate la chose: la famille urbaine tend à se désintégrer en multiples unités de travail, qui se retrouvent plus ou moins associées pour le repas, le sommeil ou le loisir et, en mettant les choses au mieux, pour l\u2019entraide de voisinage ou l\u2019activité paroissiale.Quelle évolution, n\u2019est-ce pas ?* Ne soyons donc pas étonnés que, partout dans le monde, cette transposition de la famille à la ville ait tôt ou tard amenuisé les dimensions du foyer.En France, la famille des siècles passés avait été en général très nombreuse: il y a deux siècles, six, sept, huit enfants par famille n\u2019étaient pas rares; mais deux, trois ou quatre seulement survivaient.Car les morts des nouveau-nés étaient nombreuses: environ 162 sur 1,000 en 1900.L\u2019hygiène, plus facile à la ville qu\u2019à la campagne, la médecine et, récemment, les antibiotiques ont heureusement stoppé cette mortalité infantile: en 1952, sur 1,000 nouveau-nés, 42 seulement décèdent à leur naissance.C\u2019est, du reste, encore trop, car, aux États-Unis, le chiffre est de 29, et en Suède, je crois, de 9.Ainsi, dans notre monde moderne, tous les enfants nés, ou presque, sont désormais élevés, et, la mort ne venant plus distancer les naissances, la tâche des jeunes mères s\u2019en est considérablement alourdie; surtout si l\u2019on considère que, dans un petit appartement de deux ou quatre pièces, il n\u2019y a plus place pour la grand-mère qui aurait pu garder le bébé pendant une course de la mère, et que, dans un logement au sixième étage, il n\u2019y a plus la cour ou le gazon des abords de la ferme paternelle pour laisser les turbulents bambins s\u2019ébattre librement.La ville n\u2019est donc pas, de soi, propice à la famille nombreuse, même mise à part la mauvaise volonté, pas exceptionnelle, hélas! des propriétaires d\u2019immeubles qui ne veulent pas d\u2019enfants dans leurs murs.La famille complète, je veux dire la famille qui, passé quinze ou vingt ans de mariage, a atteint sa forme définitive, après avoir été en moyenne de 3.20 enfants en 1900, est tombée à 2.19 en 1946.Il est vrai que le mouvement de dénatalité que la France a connu, la première, hélas ! de toutes les nations récemment industrialisées, s\u2019est arrêté vers 1936 et qu\u2019actuellement de jeunes familles, qui n\u2019ont pas encore vingt années de mariage, présentent une moyenne d\u2019enfants supérieure à celle de la génération précédente.Mais il faudra du temps et de la persévérance pour retrouver la moyenne perdue: en 1963, cette moyenne prévisible ne dépassera pas, malgré notre reprise de natalité, 2.32 enfants par ménage, ce qui laisse encore loin des 3.20 enfants de 1900.Et pourtant, depuis 1946, la France enregistre régulièrement 800,000 naissances annuelles, au lieu des 600,000 d\u2019avant la guerre.* Faut-il ajouter qu\u2019avec la désintégration et l\u2019amenuisement des familles, les structures du monde industrialisé provoquent aussi leur instabilité?Il m\u2019est pénible d\u2019évoquer la crise du divorce que nous avons connue en France, depuis la promulgation de la loi Naquet, en 1884.Disons que le cap des 30,000 divorces de l\u2019année 1938 a été dépassé: il y en eut 40,000 en 1950.Disons que les ruptures d\u2019union sont actuellement de l\u2019ordre de 1 sur 9.Aux États-Unis, la situation n\u2019est pas meilleure avec 1 sur 3.Tout récemment, la Commission royale sur le mariage et le divorce, nommée en Grande-Bretagne par la reine il y a quatre ans, publiait son rapport et concluait avec une note très alarmante: « Certains d\u2019entre nous, déclarent les dix-neuf membres de la commission, pensent que si cette tendance croissante au divorce se poursuit sans être contrecarrée, il pourra devenir nécessaire de se demander si on ne rendrait pas la communauté tout entière plus heureuse et plus stable en abolissant tout à fait le divorce et en acceptant les épreuves individuelles qu\u2019entraîne une telle décision.» Instabilité familiale dit aussi souffrance des enfants, fugues de ces petits, bref, délinquance juvénile.N\u2019ayant pas ici à parler d\u2019autres pays que du mien, laissez-moi évoquer ce million et quart de petits Français d\u2019âge scolaire (20% des enfants de France) qui souffrent, en marge d\u2019une sécurité physique, intellectuelle et morale nécessaire à leur développement.C\u2019est à dessein que je ne me suis pas servi du mot « délinquants », car JUILLET 1956 185 il faut attaquer le mal avant que la délinquance ne se déclare.Je sais bien qu\u2019il conviendrait de dire, à l\u2019excuse de la famille urbaine de France, que l\u2019horrible tragédie du logement (absolument cruciale au lendemain de la guerre) n\u2019a pas encore pris fin.Nos experts estiment à cinq millions le nombre de logements neufs dont nous avons besoin entre 1950 et 1970.Il y a cinq ans, une enquête faite sur Paris reconnaissait que 35,000 familles de trois à cinq personnes vivaient en une seule pièce, et 125,000, en deux pièces.N\u2019avions-nous pas raison de dire que la coquille, où la famille trouvait jadis normalement son asile, a été brisée par la marée humaine dans les villes ?Et que devrions-nous dire si nous visitions l\u2019Afrique du Nord et ces pays générale- ment appelés sous-développés, où l\u2019ère industrielle a multiplié les bidonvilles et les sans-logis?* Tel est le bilan que la sociologie familiale établit lorsqu\u2019elle étudie le sort de la famille qui émigre en masse et brusquement de la campagne à la ville.Ou plutôt, tels sont les obstacles que la famille de type traditionnel rencontre sur son chemin lorsqu\u2019elle se propose de continuer à vivre le même genre de vie dans un cadre pourtant différent.Reste à savoir si ces obstacles sont insurmontables, ou plutôt si, de ces obstacles, la famille ne peut faire, jusqu\u2019à un certain point, des valeurs.C\u2019est ce que nous traiterons ici dans un prochain article.POUR UN QUATRIÈME CENTENAIRE Célébration sans tambours J.-Louis LAVOIE, S.J.C31 JUILLET qui vient, il y aura juste quatre cents ans que saint Ignace est mort.Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus.Père vénéré de tous les Jésuites, donc également des ouvriers apostoliques et sociaux qui triment à Relations.La revue ne laissera pas cette centenaire circonstance passer complètement inaperçue.D\u2019une façon générale, il y a un peu de fol orgueil à penser que tout n\u2019a pas été dit et que l\u2019on est attendu avec du neuf.Pour ce qui est d\u2019Ignace, au moins autant que sur n\u2019importe qui, qu\u2019est-ce qui n\u2019a pas été dit?On en a même dit beaucoup trop.Du temps que les empereurs avaient encore de la vogue, c\u2019était la mode de le comparer à Napoléon.De nos jours, on entend: « C\u2019est Lénine en peinture, mais du bon bord.» Nulle surprise alors si demain, dans, les archives de la Compagnie, quelque savant déterre la formule de la bombe «H», signée: Inigo de Loyola, 1555.Malgré tout, Ignace n\u2019est pas un fondateur populaire, universellement connu comme tel, alors que Benoît, Dominique et François d\u2019Assise, grâce aux noms tout naturels de leurs descendances, Bénédictins, Dominicains, Franciscains, sont des saints familiers à tous les étages de la société.Ignace, lui, n\u2019est pas le père des Ignatiens, mais des Jésuites.D\u2019où le coin d\u2019ombre au fond duquel il aime à se tenir.Il y eut bien, dès l\u2019origine, chez le peuple, des tentatives d\u2019accréditer les Iniguistes, de l\u2019espagnol Inigo.Voyez-vous des religieux français se développer et survivre avec un pareil patronymique ?La trouvaille du sobriquet « Jésuites », pour qualifier ceux qui d\u2019eux-mêmes s\u2019ap- Le P.Lavoie, ancien missionnaire en Chine, premier rédacteur de la revue missionnaire bien connue, le Brigand, est présentement bibliothécaire adjoint de la Maison Bellarmin.A l'occasion du quatrième centenaire de la mort de saint Ignace (31 juillet 1556), on lira avec plaisir l'évocation faite ici du fondateur de la Compagnie de Jésus et de son œuvre.pelaient les Compagnons de Jésus, eut un meilleur succès.Le nom nous est resté, après s\u2019être enrichi, au cours des siècles et dans les colonnes des dictionnaires, de significations qui veulent être infamantes et qui arrivent tout au plus à faire sourire les gens d\u2019esprit.que nous sommes.Comme, d\u2019ailleurs, tant de ces histoires qui se passent en paradis et sur le dos de saint Ignace, finesses que colportent nos commis-voyageurs-anciens-retraitants, ou que répètent messieurs les curés, aux ouvertures de Quarante-Heures, quand il s\u2019y trouve un bien innocent Jésuite.Sur le compte de notre saint, il y a certes mieux à dire que des sornettes.La complexité du personnage met néanmoins dans l\u2019embarras, si on vous limite à deux pages pour en écrire.Quel aspect de son génie choisir qui puisse s\u2019accommoder d\u2019un tel raccourci ?De son génie authentique, s\u2019entend.Car il n\u2019y avait pas seulement du surhomme en lui, et on lui a fait des réputations.Le militaire?Franchement, il le fut si peu' à peine trois ans; sous le feu d\u2019une seule bataille qui abîma pour la vie (et pour Dieu) le bel hidalgo.Tellement peu militaire qu\u2019il imposa à sa grouillante Compagnie de renoncer à l'uniforme, se contentant des variables soutanes séculières des divers pays où elle combat.L\u2019éducateur de la jeunesse?De son propre aveu, Ignace n\u2019aurait jamais pensé à orienter ses hommes de ce côté-là, s\u2019il n\u2019y avait été poussé par le P.Laynez.Le législateur têtu ?Après les trois ans de travail ardu que lui coûta la rédaction des Constitutions, Ignace soumet son texte aux Pères qui sont à Rome, tient compte de leurs suggestions et, retouches faites, le livre, dans divers pays, à l\u2019épreuve d\u2019une longue 186 RELATIONS expérience.Ces règles ne furent promulguées dans toute la Compagnie que deux ans après la mort du saint, l\u2019ébauche initiale remontant à 1551.Le maître spirituel alors, et son livre des Exercices ?Au XVIe siècle, Melchior Cano, O.P., se montre, comme à son ordinaire, plutôt violent et accuse Ignace d\u2019être mystique à outrance.Au XXe siècle, l\u2019abbé Bremond, ancien Jésuite, trouve que la spiritualité ignatienne est aux antipodes de la mystique et qu\u2019elle détourne de la haute contemplation surnaturelle.Spiritualité chevaleresque, à coup sûr; se rappeler la méditation du Règne.Spiritualité baignée de larmes qui endommagent les yeux d\u2019Ignace; spiritualité peuplée de visions et d\u2019extases, où Notre Dame, sa Dame, alterne avec l\u2019harmonie trinitaire de « trois notes » en un mystérieux accord parfait.Durant ses dernières années, il s\u2019abstenait de méditer sur la mort, car la perspective, cette échéance arrivant, de voir enfin sans miroir la face de son cher Seigneur le maintenait dans un ravissement durable qui l\u2019aurait distrait dans sa besogne de supérieur.En Basque taciturne, il n\u2019a rien écrit de brillant sur ses expériences mystiques.« Si on le compare à saint Jean de la Croix, écrit le P.Brodrick, ou à sainte Thérèse ou à Marie de l\u2019Incarnation, il fait tout d\u2019abord l\u2019effet d\u2019un moineau placé auprès de rossignols; mais en cherchant à le mieux comprendre, on se rend compte qu\u2019il se tient absolument à leur niveau.» Dans son œuvre si vaste, il est pourtant une géniale création que personne ne songe à disputer comme telle; et c\u2019est, sanctionnée par un vœu, la remise de tout son monde à l\u2019entière dévotion du pape pour l\u2019expansion de l\u2019Église au milieu de toutes les nations.Nous n\u2019y pouvons songer, nous autres, Jésuites, sans participer un peu au frisson qui dut secouer amoureusement les Apôtres au dernier déjeuner que Jésus prit avec eux, le matin de son Ascension: « Allez !.» L\u2019ère des grandes découvertes battait son plein.Les pays d\u2019Europe se taillaient des empires coloniaux.En même temps, la Chaire de Pierre était de toutes parts trahie et abandonnée.Cinq ans plus tôt, Henri VIII se constituait pape des Anglais; l\u2019année suivante, c\u2019est Calvin qui prenait la direction spirituelle de Genève; un an plus tard, Christian III déclarait l\u2019hérésie de Luther religion nationale au Danemark et en Norvège.Le vieux chevalier, devant ce débordement de félonie, eut cette pensée du cœur: offrir au souverain pontife chacun de ses sujets comme un homme lige, promettant toute fidélité contre qui que ce soit sans restriction.En face d\u2019un nationalisme cupide et toujours plus étroit, l\u2019idée lui fut inspirée de lancer à travers le monde, comme antidote, une poignée, tout ce qu\u2019il avait, une poignée d\u2019hommes aux visées universelles, supranationales, aux visées jaillies du Cœur même du Christ, dont tous les hommes sont frères.Éducation, théologie, sciences, œuvres apostoliques multiples dans les pays non touchés par l\u2019hérésie fi- JUILLET 1956 nissent par n\u2019être pour Ignace que des travaux d\u2019à côté.On le voit bien par cette règle des Constitutions, placée tout au début, la troisième: « C\u2019est le propre de notre vocation d\u2019aller en divers lieux et de vivre en n\u2019importe quel pays du monde où il y aura espérance de rendre plus de services à Dieu et de travailler plus utilement au salut des âmes.» La Compagnie devenait dès lors un ordre sinon uniquement, du moins avant tout, missionnaire.Fait significatif: la mission de l\u2019Inde devint province de la Compagnie, la troisième en date, avant l\u2019Italie, la France et l\u2019Allemagne, pays où les développements de l\u2019ordre naissant procédaient par bonds prodigieux.La sincérité d\u2019Ignace dans la consécration qu\u2019il faisait de son ordre au travail missionnaire, selon le gré du souverain pontife, il la prouve en brisant des liens très chers, en se privant de ses meilleurs, de ses plus indispensables compagnons, en envoyant au bout du monde Xavier, son préféré.En conformité des plans élaborés par leur fondateur, ces apôtres s\u2019en allaient, non pas comme des agents en soutane, au service des métropoles colonisantes.Ils avaient d\u2019abord été triés à même une bonne demi-douzaine de pays différents, partis d\u2019Europe au seul titre d\u2019ambassadeurs du Christ et de son Église, l\u2019un et l\u2019autre divinement au-dessus de tout nationalisme.On les voyait devenir tout de suite chinois avec les Chinois, japonais avec les Japonais.La dixième règle commune corrobore cette affirmation: « Pour conserver une plus grande union entre les membres de la Compagnie et pour être d\u2019un plus grand secours à ceux parmi lesquels ils demeurent, qu\u2019ils apprennent tous la langue du pays où ils font leur séjour.» Partage de la langue.Partage aussi du régime de vie.Nulle transplantation de l\u2019aristocratie occidentale.Un historien anglais, non catholique, Arnold Toynbee, décrit ainsi les méthodes de la Compagnie: « Les Jésuites cherchèrent à dissocier le christianisme des éléments non chrétiens de la civilisation occidentale et à le présenter aux Indiens et aux Chinois, non pas comme la religion locale de l\u2019Ouest, mais comme une religion universelle, dont le message était valable pour toute l\u2019humanité.Les Jésuites dépouillèrent le christianisme de ses accessoires accidentels et le proposèrent en Chine et aux Indes sous une forme intellectuelle et littéraire, à la mode du pays.Cette expérience échoua à la première tentative, par la faute de querelles intestines au sein de l\u2019Église catholique.» Allusion à la querelle des « rites » et à la condamnation des méthodes de la Compagnie, condamnation dont Rome nous a récemment lavés, ce qui fut facile car, à la lumière des faits mieux connus, nous n\u2019étions, après tout, pas si sales.En pays de colonialisme, pour mieux dissocier l\u2019empire et la foi, la gloire du Portugal, par exemple, et la gloire de Dieu aux Indes, la consigne était de ne point 187 nommer de Portugais comme supérieurs dans la portugaise Goa.Les Pères belges et les Pères allemands alternaient au Japon dans une entente parfaite.Il suffit de mentionner le Paraguay et ses « réductions », réalisation universellement connue, organisation sociale unique et splendide, destinée à faire échec aux méfaits d'un impérialisme sans vergogne.On sait pourquoi ça n\u2019a pu marcher longtemps.Après quatre cents ans, cet esprit d\u2019universalité, de catholicisme intégral, de supra-nationalisme insufflé par Ignace à sa Compagnie au berceau reste-t-il encore ce qu\u2019il était, palpitant de vie chaude ?On ne m\u2019a pas demandé de le dire.Montréal et ses parcs Jean GENEST, S.J.IL Y A QUELQUE TEMPS DÉJÀ, un visiteur de l\u2019Amérique Centrale, récemment arrivé à Montréal, nous demanda de lui faire connaître tout ce que notre ville pouvait présenter d\u2019intéressant.Il accomplissait un long voyage à travers les États-Unis et le Canada, et il était à l\u2019affût des bonnes idées ou réalisations exportables et adaptables à son propre pays.« En quoi pouvez-vous m\u2019aider ?» disait-il.Nous lui fîmes connaître les Caisses populaires, le Service de Préparation au Mariage, l\u2019essentiel du mouvement syndical.Mais c\u2019est au cours de la visite du Jardin botanique que l\u2019idée nous vint de lui montrer l\u2019organisation des parcs.M.Claude Robillard, directeur de ce Service, consentit à le recevoir lui-même et à lui donner une idée générale de ce que représente, dans une ville comme Montréal, le problème des loisirs et à lui exposer les solutions pédagogiques et sociales élaborées par son département.Un directeur compétent Il suffit de très peu de temps à notre visiteur pour se rendre compte de l\u2019exceptionnelle culture et de la valeur dynamique de M.Robillard.Ce directeur, qui administre un budget d\u2019environ $4,000,000 et qui dirige jusqu\u2019à 2,500 personnes, sut le charmer par son aimable simplicité.Une conversation à la fois intelligente et brillante, une vive compréhension du rôle à jouer dans une ville gagnèrent notre visiteur: « Cet homme-là a de l\u2019apôtre en lui! » Plus la conversation avançait, plus les faits précis abondaient, plus notre visiteur comprit que l\u2019homme s\u2019identifiait avec son Service.D\u2019autres contacts, d\u2019autres conversations lui permirent de mieux apprécier le rayonnement de M.Robillard sur tous ceux qui l\u2019entourent.Ét il comprit que, pour bien apprécier l\u2019œuvre des parcs à Montréal, il fallait connaître son directeur et, comme le dit l\u2019un de ses aides en souriant, sa mystique.La ville de Montréal occupe une superficie utilisable d\u2019en viron 30,000 acres, dont quelque 3,000 forment des parcs.C\u2019est tout cet espace que les hommes tâchent d\u2019humaniser et d\u2019adapter à leurs besoins, depuis 1642.M.Charles-Édouard Campeau, directeur du Service de l\u2019Urbanisme, insiste sur le fait que la santé de la population et la beauté de la ville exigent un minimum de 4,000 acres de parcs.Comme les Services de l\u2019Urbanisme et des Parcs sont relativement nouveaux (celui des Parcs date de 1953), les nouveaux quartiers de la ville peuvent bénéficier de plans mieux appropriés.Quant aux vieux quartiers, il n\u2019y a que la lutte contre les Dans sa lettre d\u2019indiction pour la célébration de l\u2019Année ignatienne, notre T.R.P.Général conseillait aux Jésuites de s\u2019abstenir de manifestations séculières, de toute pompe extérieure, forme de vaine ostentation.A ce conseil il joignait une invitation pressante à renouveler la vie intérieure, à replâtrer le véritable esprit qu\u2019a légué saint Ignace et que la morsure des siècles a pu, ici ou là, entamer.Donc, si le public, au cours de ces derniers douze mois, n\u2019a pas entendu nos grosses caisses et nos tambours, c\u2019est que nous les avions, avec une obéissance de cadavres, capitonnés de moelleuses sourdines.C\u2019est un genre.U émerveillement d\u2019un visiteur a inspiré ce documentaire au P.Jean Genest, professeur de philosophie au Collège Jean-de-Brébeuf.taudis qui permettra de les refaire et de leur donner un visage plus humain.Quelques chiffres L\u2019administration de la ville de Montréal est partagée entre treize services généraux.Les directeurs dépendent du Comité exécutif, dont les décisions sont soumises au Conseil.Sur un budget total d\u2019environ $112,000,000, fournis par les taxes, la ville donne $4,000,000 au Service des Parcs, formé de quatre divisions qui se répartissent ainsi dans le budget: division de l\u2019entretien ($2,000,000), de la.récréation ($1,000,000), des arbres ($600,000), du Jardin botanique ($400,000).Une cinquième division, celle des dix-huit restaurants administrés par la ville, \u2014 entre autres, le restaurant Hélène-de-Cham-plain, qui possède l\u2019une des plus belles cuisines de Montréal, \u2014 se suffit à elle-même avec son chiffre d\u2019affaires de $600,000.Une sixième viendra avec l\u2019ouverture du Jardin zoologique au parc Angrignon; elle pourra probablement s\u2019auto-financer.La division la plus importante est évidemment celle de la récréation.Les principes de base y sont peu nombreux, mais très efficaces.On pourrait les résumer ainsi: santé par la récréation, faire jouer tout le monde, la plus grande variété possible dans les jeux.Ces principes sont parfaitement adaptés à une démocratie saine et à une jeunesse qui a besoin de grand air et d\u2019exercice.Dans les parcs, on n\u2019a pas l\u2019ambition de préparer des athlètes spécialisés et des professionnels du sport, mais de faciliter la participation active de tous les citadins à des jeux d\u2019équipe, grâce aux 1200 clubs de hockey et aux 600 clubs de baseball, de balle molle, de ballon, etc., qui groupent les 62,000 jeunes inscrits en 1955.En cette même année, les présences quotidiennes atteignirent le chiffre de 10,000 dans les cent douze parcs où il y a des jeux organisés.Ces chiffres ne disent-ils pas un peu le travail accompli par les 500 moniteurs et monitrices?Nos parcs n\u2019ont pas été conçus à la mode européenne, où tout n\u2019est que grands arbres, pelouses, plates-bandes et où les divertissements sont tout entier livrés à la spontanéité des enfants: rendez-vous des rentiers et lieux à montrer aux touristes, mais sans organisation pour les enfants.L\u2019Amérique du Sud a suivi ce système, au grand dommage de sa jeunesse des villes, qui ne sait où jouer, sinon dans les rues, les ruelles, les arrière-cours, avec les conséquences morales et sociales qui s\u2019en suivent.En Amérique du Nord, le parc est un endroit prévu pour la communauté humaine: aux uns du repos, aux autres de l\u2019exercice par des jeux organisés.La différence de conception est frappante.En Europe, le parc 188 RELATIONS est conçu plutôt pour les adultes.En Amérique du Nord, on s\u2019intéresse plutôt à la jeunesse.Diverses sortes de parcs On distingue généralement: les parcs de voisinage, sans beaucoup d\u2019espace ou de facilités de jeux; les parcs de district, plus étendus et mieux organisés; enfin, les parcs métropolitains, qui visent l\u2019ensemble de la population.Parmi les principaux parcs métropolitains, il y a celui de la montagne, dont l\u2019aménagement durera vraisemblablement encore deux ans ou plus; le parc Angrignon, de 260 acres, contiendra un Jardin zoologique, dont on commencera les travaux de nivellement au printemps et qui sera un des plus beaux d\u2019Amérique pour l\u2019observation des animaux; l\u2019île Sainte-Hélène, tant par sa situation que par son intelligente mise en valeur, restera un parc favori parmi tous les autres: ses immenses piscines, que fréquentèrent près de 300,000 personnes l\u2019an passé, son atmosphère historique, ses manifestations culturelles comme les expositions de peinture, etc., son organisation favorisant les pique-niques expliquent que l\u2019on évalue à plus de 20,000 par dimanche le nombre de ses visiteurs; avec ses cent vingt-cinq acres, il peut parfois sembler trop étroit.Les parcs de district offrent la plus grande variété de divertissements, depuis les balançoires et les pataugeuses (au nombre de trente-quatre pour les plus petits) jusqu\u2019aux piscines intérieures (18) et aux théâtres en plein air.Les Festivals de Montréal, si appréciés par la population pendant l\u2019été, mettront à l\u2019affiche une bonne partie de leur programme de 1956 au théâtre du parc La Fontaine.On projette trois autres théâtres en plein air, dont l\u2019un au parc Jarry et un autre au parc Maisonneuve.C\u2019est dans cette centaine de parcs que se groupe la jeunesse pour les jeux d\u2019hiver ou les jeux d\u2019été; une grande partie des jeunes ne connaît pas d\u2019autre lieu d\u2019excursion, malgré toutes nos œuvres sociales.Comme complément indispensable, il a fallu prévoir les centres récréatifs, grandes bâtisses où l\u2019on peut jouer toute l\u2019année.Ces centres, actuellement au nombre de douze, deviennent surtout importants durant les demi-saisons, alors que nos variations de climat ne permettent pas facilement les jeux en plein air.Ils posséderont une piscine, un auditorium et différentes salles de jeux.Beaucoup d\u2019organismes locaux de citoyens y tiendront leurs réunions.Ils sont surtout nécessaires dans les vieux quartiers.Les monitrices et les moniteurs Pour maintenir tout cela en activité et prévoir de futurs développements, il faut non seulement un directeur ouvert aux idées nouvelles et capable de réaliser, il faut non seulement des collaborateurs de grande valeur, des architectes et des ingénieurs qui donnent corps aux meilleures idées, il faut aussi un effectif compétent de moniteurs.Montréal compte plus de cinq cents moniteurs et monitrices de récréation.Agés d\u2019au moins dix-huit ans, choisis surtout parmi le personnel enseignant, parmi les universitaires ou les jeunes gens doués d\u2019aptitudes appropriées, ces moniteurs et monitrices ont dû suivre un cours technique et psychologique de six mois avant d\u2019entrer au Service des Parcs.C\u2019est eux qui assurent à l\u2019organisation pratique une allure rationnelle et permanente et qui font assimiler aux jeunes la dose requise de règles morales et sportives.Par eux, les jeux sont plus éducatifs, développent davantage les ressources personnelles à l\u2019intérieur d\u2019un cadre social et peuvent devenir sainement compétitifs.Quand ces organisateurs contemplent, à la fin de l\u2019été, plus de 50,000 jeunes venus à l\u2019île Sainte-Hélène de tous les parcs de Montréal pour fêter la clôture des jeux, ils ne peuvent douter de la valeur sociale de la tâche qui s\u2019accomplit dans toutes les parties de la ville.Une innovation remarquable est celle des moniteurs spécialisés.Ceux-ci peuvent généralement aller d\u2019un parc à l\u2019autre pour y organiser des occupations qui exigent des connaissances particulières.Ainsi, il y a des moniteurs en peinture, en travaux sur cuir, en pyrogravure, en tissage, en sciences naturelles, en marionnettes, en horticulture, en danses et chants folkloriques.C\u2019est ici que se place l\u2019effort intéressant de la Roulotte, qui, par ses marionnettes et son théâtre, donne partout des spectacles de belle qualité artistique et permet à tous les enfants qui ont le don de la parole ou de la scène de s\u2019exprimer en public.Tous les travaux de peinture et d\u2019artisanat exécutés par les enfants dans les parcs ont été réunis, depuis quelques années, dans une grande exposition annuelle au Palais du Commerce, pour le plus grand plaisir des parents et de la population montréalaise.Par ces moniteurs spécialisés, les parcs font véritablement œuvre de pédagogie active.Parcs-écoles et Jardin botanique Cependant, l\u2019initiative la plus audacieuse et la plus prometteuse est celle des parcs-écoles.Il s\u2019agit d\u2019écoles construites en bordure d\u2019un parc pour que celui-ci, en continuation de l\u2019école et bien situé par rapport au quartier, soit le champ des ébats spontanés ou organisés des écoliers.L\u2019école elle-même est conçue comme complément du parc, car sa salle de récréation prend les dimensions d\u2019un gymnase propre à la culture physique et au ballon-au-panier, ou d\u2019un auditorium au service de toute la population du quartier.A cette fin, les architectes et les ingénieurs de la Commission des Écoles catholiques de Montréal et ceux de la ville doivent se consulter et préparer avec soin un plan qui harmonise bâtisse et paysage, espace et services complémentaires.Déjà Montréal possède quatre de ces parcs-écoles: à Rosemont, à Ahuntsic, au Village-Champlain et à Guibourg.Deux autres sont en chantier et dix autres sont en projet.La Commission des Écoles protestantes semble plus réticente, mais elle étudie aussi des projets.Au dire des urbanistes, Montréal prend là une initiative qui pourrait être imitée par tout le Canada, au grand avantage des jeunes et même des adultes.Disons aussi un mot du Jardin botanique, qui deviendra le plus beau parc de Montréal, grâce à ses serres, à ses laboratoires de recherches et à son équipe de spécialistes.Le Jardin fait partie du parc Maisonneuve (d\u2019une superficie de 600 acres), où l\u2019on construira (au sud de la rue Sherbrooke) un immense stade, un théâtre en plein air et tout ce qu\u2019il faut pour y tenir les jeux olympiques.Une réussite Ce trop court résumé de l\u2019activité du Service des Parcs à Montréal suffit à nous donner une idée de ce qui s\u2019y accomplit.Son Honneur le maire Jean Drapeau disait, le 20 janvier dernier, devant la Commission royale sur l\u2019avenir économique du Canada, que, pour le développement des parcs, la ville de Montréal était en retard et qu\u2019il en coûterait $40,000,000 pour y remédier.Au rythme actuel et avec la claire vue des besoins à satisfaire, ce retard diminuera considérablement.Plus les loisirs d\u2019une population augmentent et plus les enfants sont nombreux, plus aussi la communauté humaine se doit d\u2019organiser jeux et occupations favorables à la santé, à l\u2019ordre et à la joie de vivre.Quand notre visiteur d\u2019Amérique Centrale eut reçu toutes explications nécessaires et constaté par lui-même que les faits correspondent bien aux plans et projets de la ville de Montréal, il n\u2019hésita point, au moment de son départ, \u2014 et qui s\u2019en étonnera?\u2014à confier à ses amis: « J\u2019ai vu ici une des initiatives urbaines et sociales les mieux réussies et les plus intelligemment poursuivies de l\u2019Amérique du Nord.» JUILLET 1956 189 L\u2019AIDE AUX COLLÈGES CLASSIQUES FÉMININS Dans le dernier paragraphe qu\u2019il consacre au problème financier des collèges classiques, le rapport Tremblay touche aux subventions gouvernementales actuelles; il se prononce en faveur de leur maintien et même de leur accroissement, en précisant qu'elles devraient s'étendre aux collèges féminins.EN ATTENDANT que les modes selon lesquels les collèges participeront désormais au régime financier des écoles aient été définis, il importe qu\u2019une aide efficace leur soit assurée.Les collèges ont unanimement demandé que la subvention de $15,000 dont ils bénéficient actuellement soit augmentée et maintenue régulièrement au niveau où elle s\u2019est trouvée placée du fait de la subvention fédérale de 1951.Cette demande nous paraît raisonnable et devrait s\u2019étendre aux collèges féminins.Si l\u2019enseignement post-élémentaire doit être développé, il n\u2019y a pas de raison pour que la jeunesse féminine n\u2019en bénéficie pas autant que la jeunesse masculine \u2014 et par suite, pour que les institutions où elle se forme ne reçoivent pas le même concours que celles où se forme la jeunesse masculine.Le rôle de la femme dans la société moderne n\u2019est pas moins important que celui de l\u2019homme.Nous dirons même qu\u2019à certains égards il l\u2019est plus, car c\u2019est la femme qui, par sa fonction d\u2019éducatrice, façonne l\u2019âme et le cœur des générations successives.A notre avis, les collèges féminins devraient être mis sur le même pied que les collèges masculins.UNIVERSITÉS ET COLLÈGES CLASSIQUES Dans l'essai de solution qu'il propose au problème financier des universités du Québec, le rapport Tremblay soutient les positions adoptées dans le mémoire de l'Université Laval; il signale, en outre, que les universités ont suggéré elles-mêmes la création d'une commission d'aide aux universités, laquelle serait leur interprète auprès du gouvernement; il émet enfin quelques suggestions concernant les rapports de cette commission avec les collèges classiques.IA SITUATION financière des collèges classiques étant ce qui a été indiqué dans les pages précédentes, d\u2019une part, et, d\u2019autre part, leurs relations académiques avec les universités étant ce qu\u2019elles sont, il nous paraîtrait avantageux d\u2019étendre aux collèges classiques, par l\u2019intermédiaire de la Fédération et pour la partie des études post-élémentaires qui se rattache au cycle universitaire, les fonctions de la Commission d\u2019Aide aux universités.Cette Commission pourrait, ou bien garder le même nom ou bien s\u2019appeler Commission de l\u2019Aide à l\u2019Enseignement supérieur.Elle remplirait pour les collèges les fonctions qui lui sont assignées ci-dessus pour les universités.Cette extension est d\u2019autant plus plausible que la Commission serait l\u2019interprète des universités franco-catholiques et des universités anglo-protestantes, et que, dans le cas de ces dernières, la deuxième partie de l\u2019enseignement post-élémentaire est directement sous leur juridiction financière.Si son mandat ne s\u2019étend pas aux collèges franco-catholiques, la Commission se trouvera à jouer auprès du gouvernement un rôle différent selon qu\u2019elle interprétera les besoins des institutions franco-catholiques et ceux des institutions anglo-protestantes.L\u2019extension des fonctions de la Commission d\u2019Aide aux universités serait.un précieux élément de solution au problème financier des collèges.Il appartient aux collèges classiques de faire connaître leurs vues sur la création d'une telle commission et sur les rapports qu'ils désireront éventuellement entretenir avec elle.190 AVEC OU SANS COMMENTAIRES LE RAPPORT TREMBLAY ET LES COLLÈGES CLASSIQUES Le mandat de la Commission Tremblay lui fixait un double objectif d'enquête: les problèmes constitutionnels et la répartition des impôts entre le gouvernement fédéral, les provinces, les municipalités et les corporations scolaires.C'est donc indirectement qu'elle s\u2019est occupée des problèmes financiers des collèges classiques, et encore n'avait-elle pas juridiction pour formuler à leur sujet des recommandations directes et explicites.Tout au plus s'est-elle contentée: a) de transmettre au gouvernement provincial les principales recommandations faites par les intéressés eux-mêmes, tout en disant ce qu'elle en pensait; b) d\u2019appuyer certaines suggestions qui lui ont paru propres à soulager financièrement les institutions privées d\u2019enseignement classique.De fait, c'est à propos des commissions scolaires que le rapport Tremblay formule une recommandation touchant les collèges classiques.Il propose que la responsabilité financière des commissions scolaires s'étende aux quatre premières années de l\u2019enseignement post-élémentaire, que cet enseignement soit dispensé dans les écoles publiques ou dans les écoles privées.Cette proposition, le rapport l'explicite en ces termes : IES COMMISSIONS scolaires assumeraient donc la res-ponsabilité financière de ceux de leurs ressortissants qui doivent fréquenter les institutions privées, et cela, dans la mesure où il leur en coûterait pour les recevoir elles-mêmes.Elles seraient tenues d\u2019accorder à ces étudiants le même traitement qu\u2019aux étudiants qui fréquentent leurs propres écoles.Mettons que, dans une localité donnée, l\u2019enseignement post-élémentaire coûte, dans les écoles publiques, $200 par tête, et que 100 jeunes gens et jeunes filles fréquentent, par choix ou parce que les écoles publiques ne peuvent les recevoir, l\u2019une ou l\u2019autre des quatre premières années du cours post-élémentaire dans les institutions privées, la commission scolaire verserait pour chacun d\u2019eux $200, et son budget annuel serait augmenté de $20,000.Étudiant plus loin le problème de V intégration des collèges classiques au régime financier de Venseignement, la Commission Tremblay déclare ce qui suit: Quels que soient les montants qui puissent être affectés à l\u2019enseignement post-élémentaire, la question se pose d\u2019un partage équitable entre les collèges classiques et l\u2019école publique.L\u2019évolution du régime de l\u2019enseignement a déjà, du point de vue régime financier des élèves, placé le collège classique sur un pied d\u2019infériorité par rapport à l\u2019école publique.La création de sections classiques dans l\u2019enseignement primaire supérieur précise le problème et aggrave la situation.La politique scolaire ne peut cependant pas, en toute équité et pour les collèges et pour les familles, consacrer cet état de choses.Elle doit au contraire tendre à le redresser.Il importe que l\u2019aide à l\u2019enseignement post-élémentaire « assure aux parents une liberté de choix aussi complète que possible entre les nouvelles écoles secondaires publiques et les collèges classiques privés ».Le rapport pose ensuite la question de savoir si cette liberté peut être complète, sans aboutir à un financement presque intégral du collège classique et de l\u2019école publique par le gouvernement de la province.Il fait deux distinctions importantes et aborde les modalités de solution à ce problème.__ L\u2019aspect le plus embarrassant de l\u2019aide financière de l\u2019État aux institutions, surtout aux institutions privées, c\u2019est la préservation de leur autonomie.D\u2019une part, la liberté académique doit être sauvegardée; d\u2019autre part, dispensateur des fonds publics, l\u2019État, d\u2019une certaine manière, doit en contrôler l\u2019emploi.Aussi les organismes responsables de l\u2019enseignement préfèrent-ils se procurer de leur propre initiative les fonds nécessaires à leurs besoins, ou les obtenir selon un ou des modes qui ne les jettent pas dans la dépendance complète et directe de l\u2019État.Tous ceux qui ont comparu devant notre Commission ont insisté sur ce point.Le rapport examine encore une suggestion faite par la Fédération des Collèges classiques et par la Fédération des Commissions scolaires: que le gouvernement verse des allocations d\u2019études post-élémentaires, soit directement à l\u2019étudiant, soit aux parents de ce dernier.Le rapport trouve difficilement acceptable le principe de cette recommandation.S\u2019il importe de sauvegarder l\u2019autonomie des institutions, il n\u2019importe pas moins de préserver le sens de la responsabilité chez l\u2019individu.Or, plus l\u2019État assumera de responsabilités directes de cette sorte, quelle qu\u2019en soit la fin, plus il y a chance que l\u2019électorat lui demande d\u2019en assumer davantage, et que la société glisse rapidement vers un régime d\u2019étatisation généralisée.Il faut chercher un mode organique d\u2019ajustement du régime financier de l\u2019enseignement post-élémentaire qui mette le moins possible et les individus et les institutions dans la dépendance de l\u2019État.Le rattachement, comme nous le proposons plus haut, des quatre premières années de l\u2019enseignement post-élémentaire au régime financier des commissions scolaires réglerait, pour la partie correspondante du cours classique, le cas des institutions privées.Pour la partie supérieure du cours classique, le régime financier des collèges devrait comporter, outre la contribution des parents et du clergé, l\u2019aide régulière de l\u2019État: subventions statutaires proportionnelles au nombre d\u2019élèves, ou répondant aux diverses fins énumérées dans le tableau.de la Fédération des Collèges classiques.; régime organique de bourses comprenant au besoin des allocations de soutien, etc.Le rapport déclare enfin que reste à déterminer la modalité des rapports entre le gouvernement provincial et les collèges classiques, mais qu'en attendant un règlement financier stable, les subventions actuelles doivent être maintenues et même augmentées.Il ne touche en rien à la structure même ni à l'autonomie des collèges classiques.RELATIONS\tJUILLET 1956 Cn t\\oi& mot A Dans la Revue des Deux Mondes, la chronique du Festival d\u2019Art dramatique de Paris louange fort la troupe de notre Jean Gascon pour son interprétation de trois farces de Molière: « Il nous semblait assister, non pas à une résurrection de Molière, mais à une représentation de l\u2019époque, tant les artistes canadiens deviennent tout naturellement \u2014 et peut-être parce qu\u2019ils le sont encore au fond \u2014 des Français du xvip siècle.» Merci du compliment! ^ Dans les Échos antoniens, revue de ce qui fut jadis l\u2019École de réforme, un jeune élève écrit: « Je suis venu au Mont-Saint-Antoine pour apprendre Y Art de vivre, beaucoup plus qu\u2019un métier.L\u2019Art de vivre, c\u2019est l\u2019art de penser, l\u2019art d\u2019aimer, l\u2019art d\u2019agir.» Bravo, les éducateurs! *ï La Commission Herbert Hoover, qui enquête à Washington sur les économies possibles, fait désirer un pareil travail chez nous.M.Hoover a découvert que la Marine a acheté des hamburgers en conserves pour soixante ans et presque un gallon de sauce piquante (ketchup) par livre des 886,000 livres de viande entreposée.M.Hoover a fait épargner plus de cinq milliards, et ses recommandations sur quantité de points en épargneront plusieurs autres.Ottawa pourrait imiter en cela aussi, et d\u2019abord commencer par faire revenir nos coûteuses troupes d\u2019Allemagne.Ce pays allié a sa police et n\u2019a plus besoin de nous.Clemenceau disait: « Il est bien plus facile de faire tuer le monde que de le faire vivre.» On désire plus d\u2019industries de paix et moins de budgets de guerre.*[[ Les Américains en sont rendus à déplorer « les névroses de fin de semaine », en voyage ou à la maison.Pour les Montréalais, victimes de la rareté des ponts, les névroses se crispent des impatiences au retour des Laurentides.Jules Verne, pour se venger de l\u2019abandon de l\u2019amie Caroline, supprima toutes les femmes dans ses romans, sauf quelques bonnes anciennes.Il s\u2019est prononcé clairement sur la morale sexuelle: « J\u2019ai toujours eu le désir de composer des ouvrages tels qu\u2019un garçon bien élevé puisse les lire à ses sœurs.» Léon XIII l\u2019en félicita.Il nous faudrait un Jules Verne à la radio et à la télévision.^ On se demande pourquoi le Québec n\u2019accepte pas sa part de subsides d\u2019Ottawa pour la route trans-Canada ?Nous en avons bien besoin, et l\u2019asphalte ne menace en rien notre foi, notre langue et nos collèges.*[\\ Les usines à papier de Shawinigan et de Grand-Mère pourraient suffire à la fabrication, sans travail le dimanche, si MM.Taschereau et Duplessis en avaient laissé bâtir dans l\u2019Abitibi.T[ Il paraît que le bridge coûte aux États-Unis cinq meurtres et cinq cents divorces par année.Vaut mieux un simple taraisdu.Les discours électoraux nous laissent bien des métaphores à oublier.A quand le gazoduc pour utiliser le gaz de Yamachiche, qu\u2019on ne peut bloquer, et qu\u2019on n\u2019exploite pas?Félicitons le maire Drapeau de voir à ce que le plan Dozois ne tourne pas en arrondissement pour accouplés.Par trois fois, en quelques minutes, le 1er juin, le président de la Chambre des Communes, l\u2019hon.L.-René Beaudoin, s\u2019est accusé publiquement d\u2019avoir « commis une très grave erreur » en permettant que soit discutée une motion soumise par l\u2019un des membres de l\u2019Opposition.Il n\u2019y a pas lieu d\u2019être fier de ce genre de confession publique, qu\u2019on croyait jusqu\u2019ici réservé aux pays de derrière le rideau de fer.191 Au fil du mois La révolte du social Depuis quelques années, un groupe de contre le national jeunes intellectuels sociaux s\u2019en prend avec virulence aux penseurs nationalistes, qu\u2019ils accusent d\u2019avoir mal orienté le peuple canadien-français, d\u2019avoir proposé un idéal abstrait et irréel, bref, d\u2019être les grands responsables des difficultés sociales que connaît actuellement la province de Québec.Avec le chapitre de M.Pierre-E.Trudeau dans la Grève de Vamiante, ouvrage écrit en collaboration, ces attaques atteignent, semble-t-il, un sommet: il s\u2019agit d\u2019une véritable révolte du social contre le national.Avant de discuter ou de laisser discuter ici les opinions émises en ce chapitre, il me paraît opportun de poser quelques questions en vue de bien situer le débat.Le nationalisme, que ces intellectuels sociaux dénoncent avec tant d\u2019âpreté et de persistance, est-il une forme historique du nationalisme canadien-français ou ce dernier lui-même ?En d\u2019autres termes, leur critique des penseurs nationalistes ne vise-t-elle qu\u2019une lacune \u2014 capitale à leurs yeux, il est vrai \u2014 dans la doctrine nationaliste ou va-t-elle jusqu\u2019à sacrifier la culture canadienne-française à des avantages sociaux et économiques immédiats?Que le nationalisme canadien-français doive se faire aujourd\u2019hui plus social et s\u2019enraciner davantage dans le réel, cela me paraît une évidence et un besoin pressant.La question fondamentale reste cependant celle-ci: Quelle orientation entendent-ils donner au mouvement social dont ils cherchent à se faire les inspirateurs: une orientation nationale ou a-nationale?Une nouvelle forme de nationalisme, enrichie de préoccupations sociales, leur paraît-elle acceptable?Aspirent-ils plutôt à diriger un mouvement social sans préoccupation nationale?Et en cas de conflit entre le social et le national, auquel des deux irait leur préférence ?Ces questions se posent tout naturellement quand on lit les critiques adressées par le groupe des intellectuels sociaux aux penseurs nationalistes.On voit très bien ce qu\u2019ils veulent démolir, mais beaucoup moins bien ce qu\u2019ils songent à construire.Il ne faudrait pas qu\u2019ils commettent une erreur semblable à celle qu\u2019ils dénoncent en contribuant à façonner, par leur pensée, un mouvement social amputé de toute préoccupation nationale; autrement, la génération qui les suivra pourrait bien, à son tour, leur demander des comptes et leur reprocher d\u2019avoir trahi, au nom d\u2019un idéal incomplet et donc aussi irréel, le peuple canadien-français.R.A.Conscription camouflée La propagande militariste ne lâche pas.La psychose de guerre, voulue par Ottawa et payée de nos bons impôts, est soufflée dans les journaux et revues, à la radio et à la télévision.Le Droit du 28 mai résume un discours du zélateur de la conscription, M.Guy Simonds, déjà blâmé en Chambre pour ses indiscrétions d\u2019Halifax.Évidemment, ce « Croisé de la défense » \u2014 on ne dit pas de la guerre, comme on ne dit pas conscription, mais « adoption du service national sélectif » \u2014 soutient que les Canadiens français, manœuvrés habilement, l\u2019accepteraient avec grâce.Les Canadiens seraient prêts à de grands sacrifices pour leur défense.Contre qui, contre quoi?.Et cette conscription ferait des miracles de loyauté, changerait les vestes de cuir en autres vestes et supprimerait la criminalité juvénile.Beau rêve de militaires sans guerre! Peut-être aussi remplacerions-nous les troupes anglaises de Chypre et d\u2019ailleurs.A quoi rime le questionnaire expédié aux officiers démobilisés ?Et la récente « visite de vacances » du maréchal Montgo- mery ?Ne parle-t-on pas d\u2019une visite de la reine ?Les Brass Hats y vont héroïquement!.Les sacrifices pour la défense, une défense réelle, nous les acceptons, mais pas les gaspillages d\u2019impôts, les prodigalités d\u2019entretien des camps, des voyages, des voitures, des avions qui tombent sur notre monde.Nous retenons les paroles d\u2019un général autrement qualifié que notre Simonds, le président Eisenhower.« Tout canon, tout navire de guerre, tout avion fabriqués constituent, en somme, un vol contre les affamés pas nourris et les grelottants pas vêtus.Nous payons pour un seul navire en maisons nouvelles qui auraient abrité plus de 8,000 personnes.Ce n\u2019est pas là vraiment une manière de vivre.Sous le voile de menace de guerre, c\u2019est l\u2019humanité pendue à une croix de fer.» Et le Pape: « Toute nation assez folle pour rêver de guerre serait coupable d\u2019un meurtre monstrueux et presque sûrement de suicide.» Si tu veux la paix, prépare-la.Si tu prépares la guerre, tu l\u2019auras.Al.D.L® congres des Au début du mois de juin, s\u2019est dé-« sociétés savantes » roulée, à l\u2019Université de Montréal, la réunion annuelle des « sociétés savantes » du Canada.L\u2019Université a bien fait les choses, et les délégués sont sans doute repartis satisfaits de l\u2019hospitalité qu\u2019elle leur a accordée.Se tenant dans une institution de langue française, ce congrès a naturellement mis l\u2019accent sur les relations entre les deux groupes ethniques au pays, et a tenté d\u2019exprimer le point de vue de chacun d\u2019eux, tout particulièrement en histoire et en sciences politiques.Il s\u2019en est suivi des discussions passionnantes sur le canadianisme et le nationalisme.A travers les oppositions, perçait une note commune: la nécessité pour tous les Canadiens de s\u2019unir et de s\u2019entendre pour résister à l\u2019invasion américaine sur tous les fronts.Ayant assisté à quelques séances de la Canadian Historical Association, je voudrais signaler la remarquable et courageuse conférence donnée par le président de cette association, M.Stanley, du collège royal militaire de Kingston.Cette conférence s\u2019intitulait: Act or Pact?Another look at Confederation, et portait sur les origines et la nature de la Confédération canadienne.Avec lucidité et fermeté, tantôt en français, tantôt en anglais, l\u2019historien reprit la démonstration de la thèse traditionnelle: la Confédération repose sur un pacte initial entre les deux groupes ethniques d\u2019abord, puis entre les provinces.Ce pacte, cette entente, ce contrat, qu\u2019on l\u2019appelle comme on voudra, poursuivit-il, est le fondement de notre unité politique; sans cette entente, le Canada tel qu\u2019il est aujourd\u2019hui n\u2019existerait pas.C\u2019est ce pacte historique et politique qui permet à un gouvernement de fonctionner au Canada; le temps et le consentement mutuel l\u2019ont consacré, si bien que beaucoup le considèrent maintenant comme « une convention de notre constitution ».Ces paroles étaient d\u2019autant plus méritoires que M.Stanley les prononçait devant les membres réunis et de la Canadian Historical Association et de la Canadian Political Science Association, et que, depuis la publication, en 1939, du rapport O\u2019Connor sur l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique, bien peu d\u2019historiens et encore moins de political scientists avaient osé soutenir que la Confédération canadienne repose sur un pacte initial.Il faut souhaiter au discours présidentiel de M.Stanley une large diffusion dans tous les milieux cultivés du Canada.J\u2019ajoute qu\u2019il n\u2019est pas sans importance qu\u2019un tel discours ait été prononcé par un universitaire anglo-canadien dans une université canadienne-française.R.A.192 RELATIONS Orientations\tLe tirage de la presse catholique de la presse catholique ^es États-Unis s\u2019élève à environ aux Ltats-Unis vingt-quatre millions.L\u2019unité en est réalisée, au moins largement, par la Catholic Press Association (C.P.A.).A l\u2019occasion du quarante-sixième congrès de la C.P.A., tenu à Dallas (16, 17, 18 mai 1956), le magazine Time a pris à son compte l\u2019éloge prononcé par S.Exc.Mgr Robert J.Dwyer, de Reno: « La presse catholique atteint aujourd\u2019hui plus de monde et exerce plus d\u2019influence que par le passé sur la pensée américaine.» Ses principaux soucis portent sur l\u2019immigration, la Chine rouge, l\u2019interprétation des nouvelles et l\u2019intégration des noirs.La C.P.A.réclame une politique d\u2019immigration déterminée non par des raisons économiques ou commerciales, mais par les besoins des peuples, même si leur gouvernement se montre hostile à celui des États-Unis.La C.P.A.s\u2019oppose à l\u2019admission de la Chine rouge aux Nations Unies, à moins que le gouvernement chinois ne restaure, de fait, la vraie liberté religieuse et le plein droit de son peuple à disposer de lui-même.La C.P.A.reconnaît qu\u2019il y a une sorte de rideau de fer entre la presse catholique et le milieu américain informé par la presse séculière, à cause du défaut assez répandu d\u2019une véritable philosophie en dehors des cercles catholiques.C\u2019est pourquoi S.Exc.Mgr Thomas K.Gorman, évêque de Dallas-Fort Worth, président honoraire de la C.P.A., chairman du département de la presse à la N.C.W.C.(National Catholic Welfare Conference), a insisté sur le rôle de la presse catholique.Celle-ci n\u2019existe pas seulement pour informer et amuser ses lecteurs; elle doit surtout interpréter pour eux la vie courante, à la lumière d\u2019une véritable philosophie, guidée elle-même par la foi catholique.Une profonde élaboration de la pensée catholique doit servir de fondement ou d\u2019inspiration à toutes les publications catholiques, depuis les revues savantes jusqu\u2019aux publications de vulgarisation.La C.P.A.reconnaît l\u2019immoralité de la discrimination et de la ségrégation raciale.Il faut admettre que les catholiques sont divisés sur le problème des races aux États-Unis; mais la C.P.A.veut promouvoir l\u2019éducation en faveur de l\u2019intégration des noirs.L\u2019excellent scholar A.-C.Van Woodward, dans son ouvrage The Strange Career of Jim Crow (New-York, Oxford University Press, 1955), a déjà beaucoup fait pour battre en brèche la colossale erreur selon laquelle la ségrégation des noirs serait une très ancienne tradition aux États-Unis.J.E.L'abus et la magie II s\u2019est passé d\u2019étranges choses durant des mots\t[a récente campagne électorale.Des choses pas très propres, qui sont loin d\u2019être à l\u2019honneur de la démocratie québécoise.A la corruption morale habituelle en pareille circonstance, mais organisée cette fois-ci scientifiquement, c\u2019est-à-dire sur une haute et grande échelle, \u2014 ne sommes-nous pas dans l\u2019ère des organisateurs ?\u2014 s\u2019est jointe une autre sorte de corruption, révélatrice de l\u2019ère des masses: la corruption de l\u2019intelligence.J\u2019entends par là non seulement le fait de mettre ses talents, moyennant généreuses finances, au service d\u2019un parti pour en chanter aveuglément les louanges, mais surtout le fait, plus général encore, de renoncer à penser par soi-même, à se former une opinion personnelle et à montrer quelque sens critique, dès qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un parti, d\u2019une classe ou même simplement de certains mots.Ainsi, pour ne prendre qu\u2019un exemple, on a fait durant la campagne électorale, sur les tribunes, dans les journaux et à la radio, une abondante consommation des quatre mots suivants: socialisme, communisme, fascisme et nationalisme.Était-ce bien pour instruire le peuple, l\u2019éclairer et l\u2019éduquer en vue de le mettre en mesure de mieux remplir son devoir électoral ?L\u2019impression très nette est plutôt qu\u2019on cherchait à le faire marcher en agitant devant lui des mots chargés d\u2019émotivité, tout en se gardant bien de lui fournir des explications sur la réalité canadienne, et même québécoise, à laquelle on prétendait appliquer ces mots.Le cas le plus frappant me paraît celui du mot socialisme.On a relevé dans les encycliques pontificales toutes les condamnations portées depuis un siècle contre le socialisme, et on les a servies massivement contre un parti et contre des candidats, sans autre but que celui de les rendre odieux à l\u2019opinion publique.La plus grave, c\u2019est que le procédé semble avoir obtenu son effet, je ne dis pas dans la classe populaire, mais auprès de gens cultivés et bien intentionnés: ils ont succombé à la magie du mot, sans se donner la peine de faire enquête sur la réalité québécoise à laquelle on l\u2019appliquait.Et ce n\u2019est là qu\u2019un cas de la démission de l\u2019intelligence durant la dernière campagne électorale.L\u2019ère des masses \u2014 dont les unités composantes sont cependant loin d\u2019être toutes du peuple \u2014 inaugure aussi l\u2019ère de la confusion.R.A.Vieilles rengaines Si l\u2019on s\u2019en tient à certaines entrevues accordées par de soi-disant experts, il faut croire que le responsable de nos malaises d\u2019ordre économique et social est toujours notre système d\u2019enseignement.Récemment, c\u2019est au nom de la chimie que l\u2019on criait haro sur le pelé, le galeux.Un représentant de la corporation des chimistes, et non des moindres, déplorait la pénurie de gens qualifiés chez les Canadiens français, vu surtout les développements gigantesques de l\u2019industrie chimique en notre pays.Il l\u2019expliquait par notre système d\u2019éducation et par la préférence traditionnelle des nôtres pour les professions dites libérales.Dans ses remarques, pas un mot de la répugnance, trop générale chez les élèves, faute de goût ou d\u2019énergie, pour l\u2019étude aride et exigeante des sciences.Notre homme prétend même que la carrière de chimiste ne requiert pas d\u2019aptitudes bien caractérisées.Il mentionne pourtant l\u2019effort ardu et constant que réclament les études scientifiques et reconnaît que les chances d\u2019emploi, dans le domaine de la recherche, sont relativement récentes, car c\u2019est depuis quelques années seulement que les grandes compagnies, à direction américaine, ont ouvert des laboratoires de recherche au Canada.Comment, alors, ne pas signaler ces deux causes principales de l\u2019aversion des nôtres pour les carrières scientifiques: difficulté et longueur des études, puis manque de débouchés alléchants pour les Canadiens français?Nous ne prétendons pas, cependant, que notre régime d\u2019enseignement peut se passer de réformes ni qu\u2019il montre assez d\u2019empressement à s\u2019adapter aux conditions d\u2019un monde nouveau.Mais nous nous refusons à le charger de tous les maux.Nous aurions cru également que des hommes habitués aux méthodes objectives des sciences « exactes » sauraient mépriser des rengaines usées et, découvrant les vraies causes de nos difficultés économiques et sociales, esquisseraient des solutions appropriées à nos besoins.E.G.Plaidoyer pour Staline C\u2019est entendu: Staline (Dieu ait son âme!) était un tyran, un despote sanguinaire, l\u2019ennemi juré de toute civilisation, un génie démoniaque, un fou terrible.Je ne prétends pas ici faire son éloge, mais un plaidoyer immoral et canaille.En fin de compte, Staline a rendu, je ne dis pas à la Russie, mais à l\u2019U.R.S.S., d\u2019immenses services que Krouchtchev, Boulganine et Mikoyan pourraient reconnaître.D\u2019abord, JUILLET 1956 193 c\u2019est Staline qui a forgé les plans quinquennaux et fait de l\u2019U.R.S.S.la deuxième puissance industrielle au monde.Il n\u2019y allait pas de main morte, bien sûr.Tous les moyens étaient bons: le travail forcé, les camps de concentration, les prisons, le stakhanovisme, le brigandage, l\u2019assassinat; il fallait que la révolution marxiste passe.Jamais les communistes n\u2019admireront assez la politique qu\u2019il a jouée, en août 1939.Son génie de la duplicité fit trembler le monde.Il permit à Hitler de se lancer contre l\u2019Occident et de mettre l\u2019Europe à feu et à sang.L\u2019opération était machiavélique; elle était magistrale.Attaqué, à son tour par Hitler, il fit bien attention de ne rien concéder à ses alliés, mais de tout recevoir d\u2019eux sans rien donner en retour.La guerre n\u2019était pas finie qu\u2019il avait roulé dans les grands prix ce candide Roosevelt, tout en fumant sa pipe, trinquant au vodka et se laissant appeler Joe.Il ne lui fallut que trois ans de paix pour absorber les trois États baltes, la Pologne, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Roumanie, la Bulgarie, la Yougoslavie, l\u2019Albanie, l\u2019Allemagne de l\u2019Est, la Prusse orientale, et cent millions d\u2019hommes.Il gagna la guerre en Asie sans tirer, en somme, un coup de fusil et s\u2019empara de la Chine en faisant accroire au monde entier que Mao Tse-tong ne voulait qu\u2019une honnête réforme agraire.Quand Krouchtchev et Boulganine en auront fait le quart pour la grandeur de l\u2019U.R.S.S., il faudra écouter leurs dénonciations.Pas avant.Les voyant ramper aux pieds de Staline, on peut comprendre leur servitude; lorsqu\u2019ils s\u2019attaquent à son cadavre, on ne réussit pas à faire l\u2019inventaire de l\u2019abîme de leur bassesse.Krouchtchev et Boulganine sont des monstres d\u2019ingratitude.Et des lâches par-dessus le marché.PROBLÈMES D\u2019APOSTOLAT Retraites paroissiales et missions générales Thomas MIGNAULT, S.J.SOIXANTE-CINQ religieux de diverses congrégations, des prêtres séculiers et quelques laïcs ont participé à une session d\u2019étude sur la prédication, tenue à la Maison Montmorency (Saint-Louis de Courville), du 21 au 24 mai dernier.Cette session avait été organisée par l\u2019école dominicaine de prédication, en collaboration avec le Centre de Culture populaire de l\u2019Université Laval.Le R.P.Gilles-Marie Bélanger, O.P., le R.P.Albert Milot, O.P., et le R.P.Raymond-M.Hébert, O.P., en furent les animateurs.Le R.P.Georges-Henri Lévesque, O.P., supérieur de la maison, accueillit avec joie les congressistes de toutes robes.Le programme des journées comportait des études et échanges de vues sur les problèmes des retraites paroissiales et des missions générales.La retraite paroissiale retint d\u2019abord l\u2019attention.Le P.Raymond-M.Hébert recourut au tableau noir et à ses graphiques coutumiers pour expliquer comment la prédication doit être centrée sur le Christ et le royaume de Dieu.Son émule et assistant, le P.Milot, après avoir invité quatre laïcs à dire ce qu\u2019ils pensent de nos sermons, compléta leurs suggestions par des données psychologiques sur la bonne prédication.Les autres essais concernaient les conditions d\u2019un meilleur rendement de nos retraites.On obtiendrait sûrement des résultats merveilleux si on s\u2019inspirait de la retraite idéale Car fouailler un mort par des discours, même de six heures, c\u2019est peu de chose, en vérité.S\u2019ils avaient tant soit peu de grandeur dans la haine, ils trouveraient mieux.Je ne demande pas qu\u2019ils dépècent leurs ennemis à la hache, sur la place Rouge, comme faisait Pierre le Grand.Je leur demande un peu de cran, non devant des vivants, mais devant un mort.Mort et embaumé.Mirabeau fut arraché au Panthéon et jeté aux égouts de Paris.Parlez-moi de ça! Marat pareillement.Ces révolutionnaires savaient risquer le tout pour le tout.Je me souviens même de mon horreur quand notre professeur d\u2019histoire de l\u2019Église nous raconta comment, dans la Rome du IXe siècle, le cadavre d\u2019un pape, du pape Formose, fut enlevé de son tombeau, revêtu d\u2019ornements pontificaux, traîné devant un tribunal et jeté dans le Tibre.Furia italiana.Furie abominable.Mais furie théâtrale.Les Romains, dans leur sacrilège, gardaient la passion de la grandeur.J\u2019attends donc, de la part de Krouchtchev et de Boulganine, qu\u2019ils fassent autre chose que de refuser une gerbe de fleurs à la mémoire de Staline.Qu\u2019ils jugent son cadavre sur la place Rouge, que tous ceux qu\u2019il a décorés, médailles sur la poitrine, le traînent par les rues de Moscou aux applaudissements de la foule, et qu\u2019ils le jettent dans la Mosca.Mais non.Soyons charitable.Qu\u2019ils le sortent simplement du mausolée où il repose pour l\u2019ensevelir dignement ailleurs.Qu\u2019ils le fassent, s\u2019ils le veulent, secrètement, à la dérobée, à la faveur de la nuit, en ayant soin toutefois de bien identifier que c\u2019est le corps de Staline et non celui de Lénine.Autrement, je croirai aussi dur que jamais qu\u2019ils ont peur même de son fantôme.L.d\u2019A.Le P.Mignault dirige l'activité apostolique des prédicateurs jésuites de langue jrançaise.Il commente ici la session qui s'est tenue à la Maison Montmorency pour étudier les problèmes relatifs à la prédication catholique.décrite par le R.P.Léopold Desgagné, C.SS.R., et si on stimulait la collaboration étroite entre curés et prédicateurs que recommanda M.le curé J.-Alcide Gareau, du diocèse de Saint-Jean.M.l\u2019abbé Jean-Paul Bourret, de Montréal, apôtre de la lecture de la Bible dans les foyers, rappela qu\u2019il faut alimenter nos sermons aux sources mêmes de l\u2019Écriture, de la liturgie et des écrits des Pères.M.le chanoine Henri Pichette, aumônier général des syndicats nationaux, prôna chaleureusement une compréhension plus fraternelle des ouvriers et de leurs problèmes.Le R.P.Serge Lefebvre, O.F.M., et le R.P.Gaston Morissette, O.M.L, nous familiarisèrent avec la mission générale, sa technique, son esprit.Pendant la session, par le rouage de l\u2019assemblée générale et des commissions particulières, le P.Gilles-M.Bélanger sut, avec tact et humour, provoquer les éclaircissements qui rendront notre prédication plus accessible et plus fructueuse.* Les prédicateurs de retraites paroissiales reconnurent l\u2019importance de présenter aux fidèles une doctrine mûrie par l\u2019étude et la prière, fortement centrée sur la personne même de Jésus-Christ.Tous également souhaitent que les sermons empruntent des formules neuves, concrètes, rafraîchies, adaptées au langage du peuple, en harmonie avec ses préoccupations journalières.Ces sermons gagnent toujours à se rajeunir.A des problèmes nouveaux, ne faut-il pas des solutions neuves?A un monde qui s\u2019unifie et se concentre dans les villes, ne faut-il pas présenter un message brûlant, irrésistible ?194 RELATIONS Le mal est aujourd\u2019hui plus insidieux: qui peut le nier?Des groupements subversifs travaillent à enrégimenter les masses.Devant l\u2019ampleur des problèmes à résoudre, les bons paraissent indécis.On dirait que seule une intervention directe de Dieu peut les arracher à leur torpeur.Par la prière nous engagerons Dieu à intervenir; par la prédication nous tournerons les hommes vers Dieu.De nos jours, c\u2019est l\u2019humanité tout entière qu\u2019il faut secouer, ranimer, inspirer, fortifier.C\u2019est pourquoi l\u2019objet de la prédication doit se faire large, pressant, vivifiant.Nous devons présenter l\u2019économie du salut, scruter le plan de Dieu, exposer le mystère de son amour, en insistant sur la vie, la doctrine, la passion et la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ.Car les hommes qui font partie du Corps mystique doivent reproduire les diverses étapes de la vie de leur Rédempteur.Le Saint Esprit doit aussi fajre le sujet de nos sermons: sa personne, son action dans l\u2019Église et dans les âmes.Il faut surtout mettre le peuple fidèle dans la perspective des derniers jours, lui faisant désirer l\u2019avènement glorieux du Christ-Roi.Notre prédication s\u2019adaptera à notre siècle.A travers les soucis de la nourriture, du vêtement, de l\u2019habitation, du métier, des loisirs, infusons des préoccupations surnaturelles.Aux tendances absorbantes et idolâtriques de la vie politique, sociale ou économique, opposons le recueillement de la vie intérieure, les exercices de la présence de Dieu, le culte de l\u2019Eucharistie, la dévotion à l\u2019Église et à son Chef suprême, le pape.Souhaitons que les prédicateurs trouvent audience, quand ils lancent le cri d\u2019alarme, marquent les heures de la nuit et saluent l\u2019aurore.Pour cela, qu\u2019ils cultivent l\u2019esprit de foi, le doigté, une énergie sans pareille, une connaissance des divers milieux et de leurs comportements, l\u2019intuition des réactions individuelles et collectives.Peu à peu, avec la grâce de Dieu, leur témoignage direct et imagé touchera les cœurs, suscitera des apôtres conquérants, bâtisseurs d\u2019une chrétienté vivante et rayonnante.* L\u2019originalité de la session d\u2019étude reposa sur les travaux consacrés à la mission générale.Les PP.Lefebvre et Moris-sette exposèrent des méthodes et expériences qu\u2019ils avaient approfondies en France (Nancy, Chambéry, Calais et ailleurs).Le R.P.Étienne Parrot, C.SS.R., et d\u2019autres prédicateurs confirmèrent l\u2019excellence de cette forme d\u2019évangélisation.La mission générale est à l\u2019essai dans quelques diocèses du Canada.Apparentée à la mission, cette retraite en préparation dans la ville de Hull et dont nous parle le R.P.Edmond Lemieux, O.M.I.La mission générale est un mouvement de vie spirituelle, un effort d\u2019enracinement religieux dans une région déterminée.Une « pré-mission » de deux ou trois ans en assure la réussite.A cette fin, on crée un comité directeur et des commissions subalternes chargés surtout de dresser le bilan de la vitalité religieuse et morale du diocèse au moyen d\u2019une enquête socio-logique.L\u2019enquête, menée par des techniciens, prêtres et laïcs, porte sur le milieu, la conduite humaine, le climat religieux, l\u2019équipement pastoral, les structures paroissiales, et le reste.La besogne s\u2019effectue sous la direction de l\u2019évêque, avec la collaboration des laïcs et du clergé.Le comité directeur oriente les recherches, unifie les efforts, institue les commissions, mûrit le plan d\u2019évangélisation, le présente aux prédicateurs et stimule la croisade de prière nécessaire au succès de l\u2019apostolat.Puis, c\u2019est l\u2019offensive directe et le travail en profondeur.La mission proprement dite s\u2019inaugure à l\u2019église paroissiale, dans la banlieue, dans les centres ruraux et ouvriers, devant des groupes homogènes.Dans l\u2019entre-temps, des prêtres spécialisés fondent ou raniment des mouvements, harmonisent les œuvres d\u2019action catholique et les associations de persévérance.Le comité directeur survit à la mission et prépare la « post-mission », qui veillera au maintien des bons effets obtenus.La mission est donc une œuvre apostolique de longue haleine, à large portée.Elle est comme une pente-côte diocésaine qui couronne, par la communication des dons du Saint Esprit, les prières et travaux des apôtres contemporains.* Il fallait souligner l\u2019importance de cette session d\u2019étude.Félicitons les RR.PP.Dominicains qui en ont pris l\u2019initiative.Ces trois jours de rencontre fraternelle et de collaboration entre prédicateurs et curés ont approfondi en chacun de ceux qui les ont vécus le sentiment de la dignité de la parole de Dieu et le désir de communiquer au peuple chrétien une vulgarisation du message évangélique digne de Jésus-Christ, le divin Messager.Le divorce au Sénat Louis C.de LERY, S.J.PAR UN VOTE de 40 contre 17, le Sénat rejetait, le 30 mai dernier, la proposition de l\u2019hon.Walter Aseltine, qui aurait transféré du parlement à la Cour fédérale de l\u2019Échiquier la juridiction sur le divorce dans les provinces de Québec et de Terre-Neuve.On connaît le problème.Huit provinces possèdent des tribunaux de divorce.Deux seulement, Terre-Neuve et Québec, n\u2019en ont pas.Dans ces provinces, quiconque veut divorcer doit obtenir du parlement fédéral un bill de divorce ou loi d\u2019exception.Depuis les deux grandes guerres, les divorces se sont multipliés, et il s\u2019exerce une forte pression pour débarrasser le parlement de ces bills.Mais Québec et Terre-Neuve n\u2019acceptent pas qu\u2019on leur impose des cours de divorce, Le P.de Léry, professeur de droit canon au Scolasticat de VImmaculée-Conception {Montréal), aborde de nouveau un sujet qui lui est familier, puisqu'il a publié, Van dernier, un solide ouvrage sur le Problème du divorce au Canada.ce qui serait reconnaître le droit au divorce (quand il n\u2019est qu\u2019une concession) et en faciliter l\u2019obtention.Les partisans du divorce ont fait valoir les arguments utilitaires connus: perte de temps, pratique démodée.Le Canada se montre rétrograde, déclarait M.Aseltine, en laissant le parlement s\u2019occuper des cas de divorce.Les législateurs américains en visite à Ottawa s\u2019étonnent que le parlement canadien observe encore, en matière de divorce, une procédure que l\u2019Angleterre a répudiée en 1858.A cet argument, l\u2019hon.John Connolly avait déjà répondu, l\u2019an dernier, à propos d\u2019un bill du même M.Aseltine, qui tendait à élargir les lois du divorce, bill qui fut également repoussé.Je ne suis pas effrayé d\u2019apprendre, disait JUILLET 1956 195 M.Connolly, que nous sommes cinq cents ans en arrière au Canada.Il y a cinq cents ans, les hommes qui nous ont transmis en héritage les institutions et les traditions de notre culture occidentale avaient établi cette culture sur le respect de la loi naturelle.Il nous faut choisir.Nous ne pouvons en même temps déroger au droit naturel, comme nous le ferions en votant ce bill, et conserver intactes nos traditions occidentales et démocratiques.M.Aseltine semble assimiler la rapidité au progrès et confondre les domaines de la science et de la morale.La science a progressé, mais la multiplication des divorces nous ramène à la décadence qui a précédé la chute de l\u2019empire romain: recul de quinze siècles.C\u2019est le sénateur Bouffard qui s\u2019est opposé le plus énergiquement au principe du divorce.S\u2019il est un cas où l\u2019intérêt général doit primer l\u2019intérêt particulier, a-t-il dit, c\u2019est celui du divorce.Pour tous ceux qui considèrent la famille et les enfants comme l\u2019unité fondamentale de la société, c\u2019est à l\u2019intérêt général de la famille et de la société qu\u2019il faut sacrifier le prétendu bonheur particulier de quelques individus.Jamais, a-t-il rappelé, la province de Québec n\u2019a accordé un seul divorce.Cette attitude, fondée sur la loi naturelle et divine, s\u2019appuie également sur le droit civil du Canada français.En 1867, par leur opposition inébranlable au divorce, les Canadiens de langue française auraient pu empêcher la fondation du Canada.Ils voulaient que les provinces conservent la juridiction sur le mariage.Par contre, les Anglais protestants réclamaient pleine liberté en matière de divorce.Un compromis fut accepté, qui permet au parlement d\u2019accorder, par législation d\u2019exception, le divorce aux citoyens du Québec.Appouver le projet de loi proposé serait violer l\u2019entente conclue entre les deux races à l\u2019origine de la Confédération.Il existe une différence fondamentale entre la concession du divorce par une loi spéciale du parlement (qui laisse intact le principe de l\u2019indissolubilité du mariage) et la dissolution du mariage par le tribunal de l\u2019Échiquier (qui reconnaîtrait le droit au divorce).Félicitons l\u2019hon.sénateur Bouffard pour son plaidoyer courageux, habile et vigoureux.M.Bouffard suggéra ensuite que les demandes de divorce provenant de la province de Québec soient accompagnées du jugement de la Cour supérieure prononçant la séparation de corps pour adultère.Si le parlement légiférait en ce sens, a dit M.Bouffard, cette loi libérerait le Sénat des enquêtes fastidieuses dont on se plaint.Cette proposition avait également été faite par l\u2019hon.sénateur George H.Ross, le 20 mars précédent.Elle n\u2019est pas neuve, car nous la discutions, pour en signaler les dangers, dans cette revue, en décembre 1947, et l\u2019an dernier, dans notre ouvrage sur le Problème du divorce (Montréal, Éditions Bellarmin, pp.106 ss.).Résumons ce que nous écrivions alors.Selon cette proposition, le parlement, après déclaration ou législation à cet effet, n\u2019accorderait plus de bills de divorce dans notre province qu\u2019en s\u2019appuyant au préalable sur une séparation pour adultère, accordée par un tribunal du Québec.Ainsi, le Sénat serait débarrassé de l\u2019instruction de ces causes, mais pourrait se fonder sur la sentence prononçant la séparation et sur l\u2019enquête qui a précédé.Dégagé de ses circonlocutions, ce projet se ramène à ceci: le parlement confierait aux tribunaux de notre province, en droit ou en fait, l\u2019étude des causes de divorce.Nos magistrats québécois agiraient à la manière de juges d\u2019instruction, et nos sénateurs et députés ne feraient qu\u2019apposer leur estampille à des mesures qu\u2019ils n\u2019auraient pas étudiées.Mais il est à craindre que le parlement ne se fatigue vite de voter des lois qu\u2019il n\u2019aurait pas examinées et ne veuille déléguer entièrement ses pouvoirs à ces juges, et nous aurions les tribunaux de divorce dont nous ne voulons pas.En faisant du parlement une machine à estampiller, cette procédure nous acheminerait sûrement vers les cours de divorce.De plus, ce projet ne corrige pas le prétendu défaut du système actuel, mais l\u2019accentue plutôt.Les députés et sénateurs, qui se plaignent déjà de voter des bills dont ils n\u2019ont ni le temps ni le goût d\u2019examiner le mérite, auraient plus sujet de protester si chaque requête était examinée non par le comité sénatorial, mais par un juge étranger au parlement.Selon le mode actuel, un comité de sénateurs, subdivisé en plusieurs sous-comités, examine les requêtes; à l\u2019occasion, le comité des bills privés des Communes étudie également certaines causes.Procédure qui offre cet avantage: s\u2019il est vrai que la plupart des députés et sénateurs n\u2019ont pas le loisir d\u2019étudier chaque cause à son mérite, du moins, les Communes et le Sénat peuvent se reposer sur l\u2019intégrité de leurs pairs, membres des comités et sous-comités.Le 9 juillet 1947, l\u2019hon.J.Kinley affirmait, au Sénat, que le Comité sénatorial du divorce « n\u2019est inférieur à aucun tribunal de divorce de ce pays.Je crois que je puis faire cette déclaration, poursuivait-il, parce que je sais ce qui se passe dans chaque province ».M.Kinley a répété la même affirmation le 13 mars dernier.Signalons la loyale attitude de l\u2019hon.Arthur Roebuck, président du comité sénatorial.M.Roebuck appuyait d\u2019abord la proposition Aseltine.Mais il a changé d\u2019avis, après mûre réflexion, a-t-il dit.En 1867, Québec concéda au pouvoir fédéral juridiction sur le mariage.Cela permit au parlement d\u2019accorder des bills de divorce, malgré le code civil de cette province.Mais celle-ci s\u2019oppose à l\u2019institution de tribunaux de divorce; le parlement ne devrait pas imposer à Québec une mesure dont elle ne veut pas.Ses chefs religieux et civils 196 RELATIONS ont-ils raison ou tort ?Ce n\u2019est pas à nous d\u2019en décider.Suis-je qualifié pour me considérer plus sage qu\u2019eux dans leurs propres affaires ?L\u2019attitude loyale et franche de l\u2019hon.sénateur Roebuck mérite éloge.Le Québec est opposé au divorce, a dit M.Roebuck.L\u2019affirmation de l\u2019hon.sénateur est vraie de l\u2019immense majorité de la population.Mais le nombre des bills de divorce est trop considérable.Et l\u2019on regrette de voir, parmi les requérants, se glisser quelques catholiques.Hors le cas où un mariage, nul selon le droit divin ou ecclésiastique, est valide selon la loi civile, nous ne voyons pas de raison qui puisse justifier une requête de divorce.Spécialement, nous ne pouvons admettre qu\u2019on demande un divorce au lieu d\u2019une séparation (même si l\u2019on n\u2019a pas l\u2019intention de se remarier), pour rompre, dira-ton, tous les liens avec son conjoint et ne pas lui payer de pension.L\u2019exemple donné par le requérant en ce cas est détestable, car comment savoir si celui-ci entend se remarier ou non?Aujourd\u2019hui, il dit ne pas le vouloir, mais demain ?Il ouvre la porte à bien des tentations.Et son conjoint, délié par le divorce, abusera très probablement de son illusoire liberté.Mais il y a plus grave.La prétention de briser complètement avec son conjoint est foncièrement fausse et méconnaît la nature du mariage, union perpétuelle et indissoluble, où les époux deviennent « une seule chair » (Genèse, il, 24).Dans certains cas, la loi ecclésiastique et civile permet la séparation, mais sans briser des liens indestructibles.C\u2019est donc aux tribunaux ecclésiastiques et civils de fixer les conditions de la séparation.« Mais, dira quelqu\u2019un, mon conjoint est infidèle et adultère.\u2014 Vous ne facilitez pas son retour ou son amendement en lui coupant les vivres.Vous le jetez, au contraire, dans les bras du premier venu.» Remarquons que les tribunaux de divorce des autres provinces se prononcent toujours sur la pension ou le partage des biens.Ici, ces questions relèvent des tribunaux qui accordent la séparation.Il y aurait d\u2019autres moyens de diminuer le nombre des divorces.Le premier serait de rendre plus sévères les règles de procédure du comité sénatorial.Félicitons de nouveau l\u2019hon.M.Roebuck qui, le 31 mai dernier, a promis d\u2019y voir.Les règlements, a-t-il signalé, ne prévoient pas la notification de la troisième personne désignée dans une requête de divorce.Une clause devrait exiger que cette personne soit avertie de l\u2019instruction de la cause.De même, un demandeur peut accuser son conjoint d\u2019adultère avec des personnes inconnues, ce qu\u2019il ne pourrait faire devant un tribunal.On devrait exiger aussi une présentation concise de faits qu\u2019il serait possible de prouver.Le comité du divorce, a dit M.Roebuck, a décidé de consulter des juristes sur ces différents points.JUILLET 1956 Et puisqu\u2019il est question de modifier les règles du comité, ajoutons cette suggestion qui se trouve dans notre ouvrage cité plus haut (p.110).Concernant la collusion et la connivence, on ne devrait pas se contenter de la dénégation, même assermentée, du conjoint qui demande le divorce.Dans l\u2019immense majorité des cas, la partie accusée n\u2019offre aucune défense, ne se présente même pas, ce qui laisse planer de graves doutes sur une collusion au moins implicite.Quand l\u2019accusé se présente, c\u2019est pour avouer sa turpitude.Il est répugnant de voir le conjoint coupable et même son complice avouer publiquement leur faute.Aux termes de la jurisprudence, il se peut que ce ne soit pas de la collusion, mais c\u2019est quelque chose de plus dégoûtant.Et que l\u2019on ne croie pas que cette situation est particulière aux cas réglés par le parlement.Il en est de même dans les tribunaux de divorce.D\u2019après la déclaration faite aux Communes par M.Fernand Girard, le 19 janvier dernier, voici ce qu\u2019écrivait la Divorce Reform Association de Toronto, « dans un manifeste publié pour demander qu\u2019on étende les motifs légaux de divorce » : Saviez-vous que le divorce par consentement mutuel se pratique au Canada?Un juge a dit que, dans neuf cas sur dix, il y a collusion, ce qui veut dire que les parties se parjurent pour obtenir un divorce.M.Girard cite également un article de la revue Liberty (mars 1955), intitulé « La cour des rêves brisés » 0Court of Broken Dreams) : J\u2019ai pris place récemment dans une cour, avec le désir de comprendre pourquoi, chaque année, 5,000 couples canadiens brisent leur union à la suite d\u2019un procès qui consiste à se lancer de la boue, à s\u2019injurier et à se battre pour de l\u2019argent.Collusion, parjures, comédies d\u2019adultère, détails répugnants et tous les autres maux et scandales que déplorent nos parlementaires d\u2019Ottawa et nos juges des tribunaux de divorce sont inhérents à toute cause de divorce, qu\u2019elle soit examinée par le parlement ou devant une cour.On se plaint de tout cela; logiquement, on devrait en supprimer la cause, le droit au divorce.Du moins, doit-on chercher à restreindre le mal, en rendant les enquêtes plus sévères, tant devant le comité sénatorial que devant les cours de divorce.Aussi, nous applaudissons l\u2019hon.M.Roebuck, lorsqu\u2019il promet que les règlements du comité sénatorial seront refondus dans le sens d\u2019une plus grande sévérité.Et nous suggérons au ministre fédéral de la Justice et aux procureurs généraux des provinces où existent des tribunaux de divorce de faire enquête sur la procédure suivie dans ces cours.La population canadienne dans son ensemble approuvera tout effort sérieux qu\u2019on accomplira pour diminuer le nombre des divorces et circonscrire ainsi une des pires plaies de la société.197 HORIZON INTERNATIONAL KOMINFORM S^E N\u2019EST PAS DRÔLE d\u2019être com-muniste par le temps qui court.Ni même « labor progressive » ou « ouvrier canadien ».Il paraît que tout cela veut dire la même chose: ni ouvrier, ni progressiste, ni canadien.Ni même communiste! Moscou traite ses valets avec la désinvolture qu\u2019eut le grand Frédéric pour Voltaire: « on presse l\u2019orange, et on en jette l\u2019écorce ».Depuis longtemps, Moscou a extrait la dernière goutte de jus utile! Dans la poubelle où Moscou les a relégués, la pelure de nos communistes n\u2019exhale que putréfaction.Si, au moins, on leur avait donné quelques jours pour inventer une explication cohérente de ce qui s\u2019est passé! Mais non! comme tout le monde, ils durent ramasser, dans les journaux bourgeois, la nouvelle de l\u2019effondrement de leur dieu.Ils se soulageaient en pensant qu\u2019à son retour de Moscou, Tim Buck leur donnerait quelque explication pas trop insensée.Le pauvre vieux Tim fit l\u2019effet d\u2019une momie qui, endormie chez les Pharaons, prit six semaines pour se réveiller.Alors, il bégaya comme tout le monde: le camarade Stalin fut un grand révolutionnaire; durant les dernières années de sa vie, il céda au culte de la personne et commit des erreurs que, du reste, nous partageâmes nous aussi.Et voilà! On se réunit au Massey Hall à Toronto le mardi 1er mai, pour s\u2019entendre dire tout ça.Depuis lors, Tim accepte de venir répondre aux questions des camarades, trahis, lâchés, abandonnés, furieux! Il y en a qui veulent tout de même le garder comme chef, car il est vieux, prudent, retors, inoffensif, décoratif! D\u2019autres lui en veulent de sa lâcheté de vingt ans devant Stalin, et de sa couardise d\u2019aujourd\u2019hui devant.qui, au juste?Lui, c\u2019est à peine s\u2019il se Cxcutâionâ de LIAISON FRANÇAISE durant les vacances d\u2019été VOYAGES À TRAVERS LE CANADA Le Voyage IDÉAL \u2014 Deux, au choix : 1er.du 6 juillet au 26 juillet.20 jours 2e.du 26 juillet au 1 3 août.18 jours PRIX : De $440 à $595 selon la durée et la place choisie.Ces voyages se font dans les NOUVEAUX wagons de luxe du C.P.R.dont le populaire salon DOME observatoire.Le Voyage AUBAINE Du 13 juillet au 29 juillet.16 jours PRIX : $305 lit haut, $330 lit bas, wagons-lits touristes.au MEXIQUE par avion Départ: 1er juillet.Durée 14 jours.Visite des principaux endroits.Prix $450.en EUROPE par bateau à bord du nouvel « Empress of Britain».Départ 24 juillet.Durée 8 semaines.Sept pays.Itinéraire attrayant.Prix variant de $1125 à $1355.Les prix indiqués sont de Montréal.Ils comprennent TOUTES les dépenses de voyages : transport, repas, coucher, promenades, pourboires, guides, etc.Renseignements, dépliant^sur demande aux agents du C.P.R.\u2014 au bureau de M.P.-E.Gingras, chambre 279, gare Windsor, Montréal, téléphone PLateau 2211, local 358 ou 2454 \u2014 au n° 201 ouest, rue Saint-Jacques \u2014 ou des organisateurs.LA LIAISON FRANÇAISE 75, rue d'Auteuil, Québec, Qué.\u2014 Tél.: 2-2601 rend compte qu\u2019on lui fait jouer un rôle complètement idiot.Lisez les journaux communistes.C\u2019est inénarrable.Dire que des gens ont fait du pénitencier pour mariner aujourd\u2019hui dans cette saumure.Pauvre vieux Sam Carr! Mais ce n\u2019est que le commencement de la grande misère.Dans la province de Québec, la confusion est inouïe.Les camarades avaient préparé une liste de quarante candidats pour les élections provinciales.Les caisses électorales étant ce qu\u2019elles sont, l\u2019effort était héroïque, mais pour Moscou on est prêt à tout, même à quêter! Humblement, les camarades s\u2019en allèrent aux bailleurs de fonds accoutumés: les camarades juifs un peu plus fortunés qui, naguère, donnaient largement, subrepticement.Ceux-ci sont outrés: a) de l\u2019antisémitisme soviétique qu\u2019on a fini par étaler dans les journaux communistes; b) des armes envoyées par l\u2019U.R.S.S.en Égypte.Ils bottent les quêteux.Des articles violents apparaissent contre l\u2019antisémitisme soviétique dans la presse communiste locale.Déçus, bafoués, les communistes juifs veulent la vérité.On ne soupçonne pas les hurlements qui remplissent les salles rouges.Des meetings condamnent la Canadian Tribune, exigent des rétractations.Que répond le journal ?La critique du Conseil du Parti Ouvrier-Progressiste de Notre-Dame-de-Grâce, publiée ailleurs dans cette page, à savoir que la Tribune ne fit pas d\u2019éditorial pour protester contre les outrages criminels commis contre un nombre de dirigeants culturels juifs en Union soviétique est absolument correcte.Mea culpa ! Mea culpa ! Il faut lire dans la Canadian Tribune les colonnes de lettres pour ou contre Stalin, pour ou contre Tim Buck, pour ou contre la direction du journal, pour ou contre Harry Pollitt liquidé en Angleterre, mais tout cela laisse la caisse électorale rouge à sec! Les candidats sont réduits à distribuer leur paperasse en personne.L\u2019un d\u2019eux, qui s\u2019était installé à la descente du tramway, sur un terrain de la ville de Montréal, me passa une feuille « bilingue », c\u2019est-à-dire rédigée en anglais, mal traduite en « français », promettant en cas de victoire l\u2019assurance-santé COMME EN ONTARIO.De moscovite, le bonhomme était devenu taurovingien! Est-ce là la nouvelle « ligne » du parti ?Parlez-moi d\u2019une obéissance aveugle, perinde ac cadaver ! Quant à ceux qui proclament que l\u2019obéissance au clergé étouffe les intelligences canadiennes, n\u2019allez pas leur demander ce qu\u2019ils pensent de cet abrutissement! Ils ne pourraient le dire sans offusquer quelque camarade.Ce ne fut guère mieux quand on supprima le Kominform.Le communiqué officiel parut le 17 avril, et fut réimprimé le lendemain dans quelques grands journaux, comme la Pravda ou YUnità italienne.Le Vestnik du 21 avril re-traduisit de l\u2019italien une partie du communiqué officiel, et le coiffa d\u2019un court chapeau.La Canadian Tribune du 23 avril, pour annoncer la même chose à ses lecteurs, cita un télégramme de VAssociated Press.C\u2019était la voix des ténèbres extérieures.Quant à Combat (si jamais on trouve le temps d\u2019y jeter un coup d\u2019œil), il aura sans doute publié la nouvelle avec une semaine ou deux de retard.C\u2019est inimaginable.De Moscou, on signale le suicide du président des écrivains soviétiques, Alexandre Fadeev, mais c\u2019est encore dans les journaux bourgeois qu\u2019on trouve les détails de l\u2019histoire.Comme l\u2019espion du film de Gouzenko, Fadeev noyait sa tristesse et sa peur dans la boisson.Le Vestnik de Toronto rapporta tout juste la nouvelle de l\u2019enterrement.Même avec les lois de l\u2019apartheid, mieux vaut être nègre en Afrique du Sud que communiste au Canada.198 RELATIONS Si nos camarades aborigènes ont, pour Moscou, l\u2019intérêt d\u2019une guenille devenue collante et dont il faut se défaire, il existe d\u2019autres activités qui méritent d\u2019être suivies.* Rapatriement.En juin 1955, Relations signala la tentative soviétique de faire rapatrier les 36,000 réfugiés qui se trouvaient en Autriche.Ce n\u2019était pas la première du genre, mais depuis mars 1955 l\u2019organisation s\u2019étend au monde libre tout entier.Le centre est à Berlin Est; l\u2019action polonaise est dirigée de Varsovie, la conspiration tchécoslovaque est manipulée de Prague; le tout, sous la haute direction d\u2019un ancien prisonnier de guerre, le général Mikhailov.1.\tIl y a d\u2019abord la radio.Les émissions varient en importance suivant les divers pays; on fait un effort colossal pour attirer les Polonais avec une dizaine d\u2019heures chaque jour sur ondes courtes (mais personne, en Amérique, n\u2019écoute les ondes courtes sauf ceux qui sont obligés de le faire par devoir d\u2019État !) ; ehviron une heure et demie sur ondes moyennes.A Prague, le poste s\u2019appelle Hlas Domova; il fonctionne le matin de deux heures à trois heures et demie; de quatre heures et demie à cinq.Chaque jour, sur trois longueurs d\u2019onde, mais je n\u2019ai pas encore rencontré quelqu\u2019un qui l\u2019ait entendu.L\u2019émission roumaine arrive, paraît-il, de Bucarest, str.Al Popov, n° 60.Les autres, lettone, lithuanienne, etc.émanent de Berlin.2.\tChaque pays a son journal.Le plus considérable que nous ayons vu est Kraj polonais.Il paraît chaque semaine: 16 pages sur papier pelure d\u2019oignon.Les Roumains envoient Glasul Patriei; les Lettons, Par atgriesanos Dzimtene, les Tchèques, Hlas Domova.Tous ont pour but de chercher, et persuader les émigrés à profiter de l\u2019amnistie et revenir chez eux.On y trouve des nouvelles idylliques sur les républiques populaires; les revenants y font leurs déclarations; les correspondants des pays capitalistes décrivent combien ils souffrent chez nous.Ces journaux sont envoyés par poste aérienne sous enveloppe ordinaire, sans adresse d\u2019envoyeur.L\u2019adresse du destinataire est écrite à la main.On jurerait que c\u2019est un parent qui écrit une lettre un peu plus épaisse que d\u2019habitude.Le nombre de personnes qui reçoivent ces publications, dit-on de part et d\u2019autre dans les milieux néo-canadiens, est considérable.Récemment, un Néo-Canadien d\u2019origine balkanique déménagea sans faire de bruit.Il n\u2019était pas quinze jours dans son nouveau domicile qu\u2019il recevait de Berlin le bulletin rédigé dans sa langue maternelle.L\u2019espionnage semble être parfaitement organisé.Les journaux publient les noms des personnes qu\u2019on cherche; le père, la mère, le frère, la sœur expliquent à l\u2019intéressé les démarches qu\u2019il doit faire pour rentrer chez lui, lui fixent même les heures où il doit se présenter au consulat, pour rapatriement.Le numéro arrive sous enveloppe, comme une lettre personnelle.Pas besoin d\u2019être grand clerc pour deviner les possibilités de chantage sur nos immigrants, et l\u2019on se demande si les postes royales doivent servir à la conspiration bolchevique.Parfois, avec le timbrage de Varsovie ou d\u2019ailleurs, l\u2019enveloppe porte l\u2019estampille de Montréal; ou encore, il n\u2019y a que l\u2019oblitération au point de départ, et rien pour indiquer que la lettre a passé par nos bureaux de poste.Comment cela se passe-t-il?Je ne sais! Comment évaluer cet effort?On a tant parlé des huit cents qui s\u2019embarquèrent le 22 mars 1956 à Buenos Aires pour Odessa, sur le navire Entre Rios, qu\u2019on est tenté de croire que ce fut le seul retour de quelque importance.Quelques Ukrainiens, au Canada depuis longtemps, voulurent revoir les lieux où ils étaient nés, et repartirent l\u2019an dernier.En avril 1956, on fit grand fracas à Toronto enThonneurjie » nww* vichy «aas £Jlesx!ü! tu Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\u201d?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connu© et ses propriétés diurétiques contribuent a stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandez l'avis de votre médecin./W ètu\t/A /\t/ ruftAf CE LE S TU NS t*U MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE LfUT FRANÇAIS RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-voua des imitations!!! Exigez « CÉLESTINS » Importateurs: HERDT & CHARTON INC., Montréal JUILLET 1956 199 28 rapatriés.Banquets, discours! Le 8 mai, environ vingt membres de la Canadian Soviet Freindship Society descendirent au port de Montréal, souhaiter bon voyage à cinq partants.On me dit encore que deux Polonais ont profité de ces offres, au cours de l\u2019an dernier.Les frais de voyage sont payés par l\u2019ambassade ou le consulat respectif.Le but de cette agitation est surtout de créer, dans nos pays, un bon système d\u2019adresses et un réseau d\u2019opérateurs, difficiles à contrôler.Les bolcheviques triomphèrent quelques semaines quand, l\u2019an dernier, le président du gouvernement polonais en exil, Hugo Hanke, se présenta à Varsovie.On lui trouva une situation dans le comité de rapatriement.* Mouvements para-communistes.\u2014 Si le communisme connaît, dans nos pays, une baisse qui est un effondrement, il n\u2019en est pas ainsi d\u2019autres mouvements qui, sans être composés de partisans, font dans une mesure appréciable le travail du parti.Ici, nos pays sont vulnérables, car on n\u2019a pas encore trouvé une défense adéquate contre cette stratégie.En effet, il ne s\u2019agit pas ici de communistes.Dites à ceux qui militent dans ces mouvements qu\u2019ils sont communistes, et vous aurez un procès.Et vous le perdrez! En quoi consiste le communisme?Est-ce l\u2019avant-garde du prolétariat, la conscience organisée de la classe ouvrière?Est-ce un parti politique comme tant d\u2019autres?Alors, pourquoi serait-ce médire de traiter quelqu\u2019un de communiste ?Un communiste, vous dira-t-on solennellement, est quelqu\u2019un qui veut renverser notre système de gouvernement PAR LA FORCE.Mais Khrustchef en personne vient de dire que ceci n\u2019était plus nécessaire au communisme, au moins, dans toutes les circonstances.Alors, la jurisprudence qui s\u2019établit ne repose pas sur le réel; mais elle justifie ceux qui paisiblement, innocemment (ajoutez, si vous voulez, naïvementy stupidement, bêtement, etc.) font le même ouvrage que leurs partenaires soviétiques qui siègent aux mêmes comités.Ou, s\u2019ils ne siègent pas aux mêmes comités, ils font campagne pour des objectifs identiques.L\u2019essence de ces mouvements, ou comités, etc.c\u2019est que les communistes et les non-communistes se servent de mots identiques, de slogans identiques, mais pas dans le même sens.On luttera, par exemple, pour la paix.Chez nous, la paix est inséparable de l\u2019ordre, de la justice, des droits fondamentaux; pour un communiste, par contre, la guerre est indissolublement liée à la propriété privée, mère du capitalisme, qui engendre à son tour l\u2019impérialisme, inséparable du colonialisme.Et, sans vous en rendre compte, vous voici embarqué dans des campagnes inattendues.On discutera encore de désarmement, mais celui-ci sera conçu de façon à avantager exclusivement une des deux parties.Par exemple, il n\u2019y a jamais de neutres parmi les combattants de la paix.Quand on suggéra que quelque nation rouge, la Pologne, la Hongrie, pourraient être associées à la neutralité autrichienne, ce fut un beau scandale derrière le rideau de fer.Plus on étend la neutralité dans le camp de l\u2019impérialisme, plus 1\u2019 « impérialisme » s\u2019affaiblit.La guerre devient sacrée quand elle a pour but la libération.N\u2019allez pas suggérer la libération de la Roumanie ou des pays baltes, car ce serait abominable.On aboutit alors aux paradoxes les plus cocasses! Ainsi, le cardinal Mindszenty fut-il libéré quand il fut emprisonné.Vous trouverez d\u2019ailleurs toujours des non-communistes pour vous dire qu\u2019il ne fut pas emprisonné.Comment, pas emprisonné?Mais non! Il a été mis sous un régime de liberté contrôlée.Liberté contrôlée?Au bout de quelque temps, la discussion aura soulevé un tel nuage de poussière qu\u2019on aura complètement oublié qu\u2019il n\u2019est pas à gouverner son diocèse; mais qu\u2019à sa place, on a installé je ne sais quel fonctionnaire de la police politique.Ces mêmes non-communistes, qui prennent si facilement leur parti de la « non-liberté » de nos évêques, vous feront^ une crise d\u2019hystérie si on emprisonne un communiste aux États-Unis, si on empêche Paul Robeson de chanter à Toronto.Il sera encore question de démocratie, mais populaire, c\u2019est-à-dire identique à la dictature du prolétariat.Quant au communiste auquel on refusera une situation, là où il pourrait faire de l\u2019espionnage dans le gouvernement, ou à l\u2019Université, on dira qu\u2019il est persécuté par le McCarthyisme.Ces acrobaties verbales finissent par créer un climat de mensonge où il est difficile de discerner le sérieux de la pitrerie, l\u2019idéal de l\u2019intérêt.Or, les régimes communistes sont aujourd\u2019hui assez forts et assez riches pour faire à des concitoyens qu\u2019on veut bien croire honnêtes et désintéressés des offres aussi intéressantes qu\u2019alléchantes.Une bibliothécaire de la campagne me signale que l\u2019institution où elle travaille est inondée de publications en provenance d\u2019ambassades ou légations rouges.Un prêtre du diocèse de Chicoutimi m\u2019apporte une collection complète du Bulletin du Conseil Mondial de la Paix, imprimé à Vienne sur papier léger le 1er et le 15 de chaque mois.Chaque numéro a seize grandes pages, et chaque page a trois colonnes.Au milieu du numéro, un pli à peine perceptible.Il doit en venir de gros paquets par avion, et ce serait intéressant de voir qui en assure la distribution au Canada.Il faudrait encore s\u2019engager, sans doute, dans un réseau souterrain, aux orifices mystérieux et sinistres.Ça mériterait une enquête! L\u2019activité de ces « comités pour la paix » est prodigieuse.Rien qu\u2019énumérer et décrire les réunions principales exigerait plusieurs colonnes.Sur le grand comité, on greffe des organisations de « femmes », de « mères », de « jeunes », d\u2019« étudiants », de « journalistes », de « médecins », même si derrière le brillant décor, on retrouve toujours la même poignée d\u2019agitateurs professionnels.Je cite un texte officiel: festivals de films, fêtes populaires, fêtes champêtres, pique-niques, manifestations sportives, conférences, soirées litté-riares.La variété est grande, mais le but est identique: le rassemblement de tous les amis de la paix.La paix ?Laquelle ?Et la sarabande continue, de plus en plus rapide! Bientôt, les gros intérêts s\u2019en mêleront.On fut stupéfait quand on apprit qu\u2019au moment où les partis communistes du Kominform étaient en pleine débâcle, l\u2019Angleterre de M.Eden ait cru devoir insister pour vendre des matériaux, récemment classés comme stratégiques, à l\u2019Union soviétique, à la Chine, au monde rouge.Et c\u2019est une des nombreuses raisons pour lesquelles ceux qui cherchent à contenir l\u2019avance rouge deviennent parfois pessimistes.Parce que tant de braves gens se servent de la liberté pour la détruire.Et ils finiront par y aboutir si on ne leur donne pas une réplique absolument décisive.Joseph-H.Ledit.26 mai 1956.jÇe Pape parle aux mêdeclnâ Quatorze discours récents de Pie XII sur des questions médicales d'actualité.N° 78 des Actes pontificaux.Brochure de près de cent pages \u2014 60 sous.ÉDITIONS BELLARMIN, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal 200 RELATIONS LES LIVRES RELIGION Hugo RAHNER, S.J., et Léonard VON Matt: Ignace de Loyola.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1955, 336 pp., 24 cm.Prix: 240 fr.belges.POUR commémorer le quatrième centenaire de la mort du fondateur de la Compagnie de Jésus, voici un ouvrage merveilleusement illustré de 224 photographies.Album somptueux qui ne le cède en rien aux autres de la même collection: François d\u2019Assise, Pie X, le Vrai Visage des saints.Le P.Rahner, professeur à la faculté de théologie d\u2019Innsbruck, expert en la matière, décrit la vie de saint Ignace d\u2019une façon objective et très vivante.Il se préoccupe constamment de mettre en lumière la personnalité réelle du saint.Son texte, malgré sa brièveté, offre une biographie complète du grand fondateur.Les photographies de M.von Matt, dont les œuvres extraordinairement belles nous sont déjà connues, confèrent au volume une haute valeur artistique.L\u2019image et le récit, s\u2019appuyant l\u2019une l\u2019autre, nous font suivre Ignace du pays basque jusqu\u2019en Terre sainte, puis de Paris à Rome, terme glorieux d\u2019une vie consacrée totalement au service de Dieu, de l\u2019Église et des âmes.Cet album de luxe n\u2019est évidemment pas écrit pour les jeunes, encore moins pour les enfants.C\u2019est un ouvrage de haute tenue historique, artistique et documentaire.Il fera la joie des adultes désireux de mieux connaître un saint que la légende et les ennemis de l\u2019Église s\u2019acharnent à défigurer au point de le rendre méconnaissable.Le P.Rahner rétablit ici la vérité en la fondant sur les documents authentiques.Blondin Dubé.Maison Bellarmin.G.Hunerman : Le Héraut de Dieu.Saint Antoine de Padoue.Traduit par l\u2019abbé Grandclaudon.\u2014 Mulhouse (Porte du miroir), Editions Salvator, 1955, 237 pp., 19.5 cm.ANTOINE de Padoue: saint populaire dont le nom est sur L toutes les lèvres et la statue dans chaque église.Mais peu nombreux sont les fidèles qui connaissent son histoire.Pour eux, l\u2019A.raconte de façon captivante, avec force dialogues et descriptions du meilleur goût, cette vie tissée de merveilleux en même temps que de la charité la plus simple, la plus concrète.Figure à la fois légendaire et très actuelle.On distinguerait facilement plusieurs traits du moine de Padoue dans certains héros contemporains de la charité.Toutes les bibliothèques de famille devraient posséder cette biographie.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Mgr Jean Gay: Libermann.\u2014 Bruges (Paris), Desclée de Brouwer (Westmount, Maison des PP.du St-Esprit, 3136, le Boulevard), 1955, 154 pp., 19 cm.Prix: $1.50.T^QUILIBRÉE, quoique brève, cette biographie du vénérable P.Libermann.D\u2019un trait alerte et plein de chaleur, l\u2019A.raconte les épisodes hauts en couleur de la vie d\u2019un saint, ses travaux de fondateur et d\u2019organisateur de missions; il décrit l\u2019influence en profondeur d\u2019un directeur d\u2019âmes et expose la doctrine spirituelle d\u2019un maître.Récemment, Pie XII exaltait l\u2019actualité des exemples et de la pensée de Libermann, qu\u2019il appelle « un maître et un modèle ».Le recours constant de Libermann aux moyens surnaturels, dans son activité apostolique comme dans le souci de sa propre perfection, « apporte à l\u2019inquiétude des prêtres d\u2019aujourd\u2019hui une solution précise », conclut justement l\u2019auteur.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Michel RlQUET, S.J.: L'Église, liberté du monde.Conférences de Notre-Dame de Paris.\u2014 Paris (79, rue de Gentilly), Spes, 1955, 221 pp., 18.5 cm.Prix: 400 fr.LAUTEUR, prisonnier, prêchant à ses compagnons de Dachau, ' s\u2019attira ce compliment de Mgr Piguet: «Vous prêchez dans cette baraque comme dans une cathédrale.» Il donnera dix carêmes à Notre-Dame de Paris et terminera par celui-ci.Une COLLEGE DU SACRÉ-COEUR Victoriaville, Qué.Pensionnat et externat, édifice moderne, vastes cours, superbe auditorium, cafétéria.\u2014\tCours classique (latin-sciences) après la 6e, la 7e, la 8e ou la 9e année.\u2014\tCours commercial, après la 9e année.\u2014\tCours technique, après la 9e année.DEMANDEZ LE PROSPECTUS Téléphone : PLateau 2-5901 Le Préfet des études.Chaque oiseau fait son nid à sa guise .et celui qui fait installer chez soi le chauffage par rayonnement possède le plus confortable, le plus hygiénique et le plus moderne des « nids »: ce mode de chauffage est tellement supérieur à tout ce qui existe! 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Joseph d\u2019Anjou.ÉCONOMIE SOCIALE ET POLITIQUE Arthur E.Morgan et autres: Bottom-Up Democracy.The affiliation of small democratic units for common service.\u2014 Yellow Springs (Ohio), Community Service, Inc., 1954, 64 pp., 23 cm.CETTE BROCHURE révèle un mouvement nouveau aux États-Unis.Depuis un demi-siècle, la faveur va aux grandes puissances économiques, aux mergers, aux monopoles.Ici, quelques auteurs lancent un contre-courant en faveur des groupes réduits, des petites affaires; ils veulent une démocratie qui repose sur des cellules nombreuses, non sur une poignée de pouvoirs centralisés.La petite ville, le village, l\u2019entreprise locale, l\u2019école doivent s\u2019épanouir, prendre leurs responsabilités et leurs initiatives propres, sans rien sacrifier de leur autonomie.Les AA.démontrent que les pouvoirs supérieurs doivent respecter les groupes inférieurs en leur laissant leur liberté d\u2019action.A l\u2019appui de leur thèse, ils citent l\u2019exemple de la Suisse et de la Finlande.L\u2019étude n\u2019est pas profonde; elle néglige même le principe de subsidiarité qui assure à la société son unité dans la pluralité.Malgré sa faiblesse du point de vue économique et philosophique, elle est utile, car elle fait entendre un son de cloche autre que celui de la centralisation.Émile Bouvier.Georgetown University, Washington, D.C.Theodore Caplow: The Sociology of Work.\u2014 Minneapolis, University of Minnesota Press, 1954, 330 pp., 23 cm.LA SOCIOLOGIE du travail, entre beaucoup d\u2019autres objets, ' analyse les conséquences sociales qui surgissent de la classification des hommes imposée par la division du travail.L\u2019A.offre ici un traité des cadres professionnels de la société.Il définit l\u2019occupation, la tâche, la profession, qu\u2019il mesure à l\u2019aide d\u2019échelles socio-économiques, psychométriques et d\u2019échelles de prestige.Ensuite, il aborde le problème épineux de la mobilité des tâches, mobilité verticale et horizontale; puis, il fait l\u2019analyse du syndicalisme considéré comme variété d\u2019association professionnelle.Il effleure l\u2019étude du marché économique du travail et conclut en montrant l\u2019influence du progrès technique sur la modification de la division des tâches dans l\u2019industrie moderne.Sujet d\u2019importance capitale pour quiconque s\u2019intéresse à l\u2019organisation professionnelle.Malheureusement, l\u2019A.touche à peine au conflit de juridiction syndicale et n\u2019approfondit pas suffisamment l\u2019action des forces économiques sur l\u2019évolution de l\u2019association professionnelle.Malgré ses lacunes, le volume mérite lecture et intéressera le spécialiste des questions du travail.Émile Bouvier.Georgetown University, Washington, D.C.202 RELATIONS Norman S.Buchanan et Howard S.Ellis: Approaches to Economic Development.\u2014 New-York (330 West 42nd Street), The Twentieth Century Fund, 1955, 494 pp., 23.5 cm.Prix: $5.VOICI un ouvrage qui exigerait une analyse dépassant les cadres d\u2019une revue d\u2019intérêt général.Les AA.abordent le difficile problème de la croissance économique et se demandent pourquoi les deux tiers du globe vivent encore dans la misère et la pauvreté, tandis que l\u2019autre tiers profite à plein du progrès technique.Ils comparent alors les pays prospères avec les pays sous-développés.Cette comparaison constitue le fond de leur thèse.L\u2019ouvrage comprend trois parties: a) une analyse théorique d\u2019une économie sous-développée, b) un exposé du développement économique dans l\u2019histoire, c) une étude de la croissance économique moderne.Le volume se lit avec intérêt; il ne manque ni de profondeur ni d\u2019originalité.Soulignons l\u2019usage des indices de santé, d\u2019habitation, de vêtement, de revenus et de production pour mesurer la croissance d\u2019un pays.Pour être bref, limitons-nous à trois observations.1° Dans leurs travaux sur le progrès économique, les économistes se bornent d\u2019ordinaire à étudier le capital, l\u2019épargne, l\u2019inflation, la politique monétaire, le régime fiscal, le commerce, la finance internationale, la distribution des ressources, la productivité, la population et le revenu.Les AA.élargissent le champ de leurs recherches en considérant les facteurs non économiques; c\u2019est leur mérite.2° La deuxième partie, relative au développement économique des pays d\u2019Europe, du Japon et de l\u2019U.R.S.S., est beaucoup trop brève et, par le fait même, superficielle; mais elle apporte d\u2019utiles suggestions aux étudiants qui désirent approfondir l'argument historique.3° Le chapitre qui traite des intérêts et responsabilités des États-Unis paraît justifier la politique américaine sur les subsides accordés aux pays sous-développés.C\u2019est peut-être un objectif sain, mais étranger au caractère scientifique de l\u2019ouvrage; l\u2019idée qu\u2019ils exposent, les AA.éprouvent le besoin de la défendre; au lecteur de juger.\tÉmile BouvIER Georgetown University, Washington, D.C.LITTERATURE, ROMANS Louis BARJON, S.J.: Le Silence de Dieu dans la littérature contemporaine.Coll.« Le poids du jour ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Éditions du Centurion, 1955, 199 pp., 19 cm.CI DIEU existe, comment expliquer qu\u2019il n\u2019intervienne pas ^ dans notre monde chaotique d\u2019où sourd à chaque pas la souffrance?Problème crucial que la littérature contemporaine, miroir fidèle de notre époque, ne cesse de refléter.Les uns se révoltent.D\u2019autres sont pris d\u2019angoisse.Les fils de la lumière comprennent.L\u2019A.analyse la pensée des écrivains les plus représentatifs de ces trois attitudes d\u2019âme.\u2014 « Dieu est mort! » a clamé Nietzsche.Puisqu\u2019il est mort, que l\u2019homme apprenne à se passer de lui.Athéisme.Puis bientôt, antithéisme, lutte contre l\u2019idée même de Dieu, qu\u2019il importe de détruire.Climat de profanation et de révolte qui empeste nos lettres.Sartre (le Diable et le Bon Dieu), Thierry Maulnier (le Profanateur), Cocteau (Bacchus), grands prêtres de cette religion blasphématoire: faisons table rase du surnaturel; il faut bâtir à l'échelle de la terre.\u2014 Puis, il y a ceux qui ne comprennent pas.Le doute et l\u2019angoisse les étreignent.Un rayon d\u2019espérance voudrait percer leur enfer, mais leur âme reste fermée au Soleil.Faulkner (Absalon ! Absalon !) manifeste de vieux sédiments chrétiens qu\u2019il ne sait poser sur une assise solide.Le suicide enlève à l\u2019émouvant Journal de Paule Régnier l\u2019acceptation, qui s\u2019annonçait lumineuse, d\u2019une grande souffrance.L\u2019œuvre de Van der Mersch scrute les misères d\u2019un monde qui se détruit parce qu\u2019il ne sait pas aimer.Mais cet amour, d\u2019où peut-il bien venir?Silence! \u2014 Enfin les tenants de la certitude.Le silence de Dieu les achemine à la lumière.L\u2019A.étudie quatre jeunes romanciers qui, sans être de tout repos, sont riches de promesses.Puis viennent les géants: Patrice de la Tour du Pin, Bernanos et Claudel.Ce livre, écrit par un maître, dans une langue riche, souple et châtiée, dégage clairement les avenues de la pensée contemporaine: elle paraît si confuse, parfois, charriée par des noms célèbres.Le Silence de Dieu situe les valeurs.Service précieux.Wilfrid Gariépy.Maison Bellarmin.*\tUN RÉGAL À TOUTE HEURE / *\tLA TRANCHE AUX FRUITS APPAREILLAGE ELECTRIQUE connu et apprécié DANS TOUT LE CANADA du simple interrupteur à la sous-station complète.§ CLAUDE ROUSSEAU président Cas.post.1300, Monlmagny, Qué.Représentant à Montréal: Claude Galipeau, 1834, avenue Aird MO.4-3501 J*-Cha$+ Martel, Inc BOIS ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION Attention particulière aux communautés religieuses 809a, BOÜL.DES LAURENTIDES Pont-Yiau, Qué.LES BERMUDES Paradis de verdure dans le décor des flots de l\u2019océan Atlantique.Départs fréquents par avions de Colonial Airlines, Air-Canada et B.O.A.C., ou par bateaux de Furness Lines, de New-York.Renseignements et réservations VOYAGES HONE 1460, avenue UNION, Montréal-2 HA.9108 JUILLET 1956 203 Émile GENEST: Dictionnaire des Citations françaises.\u2014 Paris (18, rue Monsieur-le-Prince), Fernand Nathan, 1954, 423 pp., 19 cm.QUICONQUE se pique, en causant ou en écrivant, de savoir citer mots, sentences ou vers célèbres se réjouira d\u2019avoir sous la main le recueil d\u2019Émile Genest.Délicat, l\u2019A.fait mine de ne penser qu\u2019aux défaillances de notre mémoire (voir avant-propos); c\u2019est pour y subvenir qu\u2019il offre 4065 citations numérotées, classées par ordre alphabétique (depuis abomination jusqu\u2019à Zoïle) et accompagnées de références, parfois de commentaires (voir 1961).Suit un index alphabétique des auteurs cités (depuis l\u2019abbé Abeille jusqu\u2019à Voltaire), chaque nom recevant quelques mots d\u2019érudition.Enfin, une dernière table donne, par ordre alphabétique, le mot principal de chaque passage avec le numéro de celui-ci (depuis le mot abbé jusqu\u2019au mot yeux).On remarquera que c\u2019est le mot Dieu qui compte le plus de renvois et que les auteurs le plus souvent cités sont les poètes La Fontaine, Racine, Hugo et Corneille.L\u2019A.répète certains textes (à l\u2019article le ou la, et au mot principal, voir 805 et 2045); il ne le fait pas toujours; c\u2019est pourquoi la dernière table est si utile (voir absence, silence, soleil).A la première citation (du prophète Daniel), on ne donne pas de référence complète; l\u2019A.le fait pour un texte du prophète Osée (3222).Le nom de Daniel est également oublié dans la table des auteurs.Oublis inévitables dans un ouvrage de ce genre.La recherche, qui est vaste, rendra service aux amateurs de réminiscences.Joseph d\u2019Anjou.Yvonne Estienne: Le Toit sur la tête.Roman.\u2014 Paris (5, rue Bayard), Bonne Presse, 1954, 214 pp., 20 cm.Prix: 450 fr.TYEUX THÈMES se conjuguent dans ce roman: celui de la difficulté qu\u2019éprouvent les réfugiés à se procurer un toit permanent, celui de l\u2019âpre lutte que se livrent, à cette occasion, l\u2019égoïsme et la charité.Ouvrage écrit par une femme, qui met en scène surtout des femmes, mais qui n\u2019a rien d\u2019efféminé.Ni dans la peinture des caractères: la mesquinerie se voit démasquée et traquée jusque derrière ses plus habiles camouflages; ni dans le style: la phrase est drue, sans fanfreluches ni dentelles.Et c\u2019est un bon roman: quelques âmes d\u2019élite, comme il s\u2019en rencontre toujours, sauf dans les romans des émasculés, y parfument de leur vertu l\u2019air inhumain que répandent faux dévots et cyniques calculateurs.Suivez Odile Damien dans son veuvage et sa quête d\u2019un toit hospitalier.Voyez-la aux prises avec les intrigues des pensionnaires de la maison de Valence, puis avec la goujaterie du couple Roussel, à Paris, où elle a voulu fuir, croyant y trouver la paix.A la fin, elle revient à Valence, bien que la pension ait perdu le sourire de l\u2019exquise Sœur Séraphine et l\u2019exemple de la sainte malade Denise Fauriel, amie et consolatrice d\u2019Odile.A vivre en sa compagnie et celle de Denise Fauriel, vous apprendrez à opposer la délicatesse à l\u2019épaisseur, le souci d\u2019autrui à l\u2019égoïsme (p.99), à ne pas recuire vos peines dans la solitude, parce que c\u2019est une mauvaise cuisine (p.102), à ne plus accepter d\u2019être heureux tout seuls (p.88), car « le chrétien n\u2019a pas d\u2019ennemis; ou, s\u2019il en a, il doit les considérer en amis, pour qu\u2019ils deviennent tels » (p.193).Joseph d\u2019Anjou.Étienne de Greeff: Le Juge Maury.Roman.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Éditions du Seuil, 1955, 316 pp., 19 cm.QU\u2019EST-CE, au fond, que la justice ?Quand est-on certain de l\u2019avoir rendue, de l\u2019avoir reçue?La justice ne tient-elle qu\u2019à l\u2019application rigoureuse d\u2019un code, ou doit-elle comporter miséricorde ?Le juge a-t-il le droit de n\u2019être qu\u2019un fonctionnaire, honnête et droit, mais sans compassion pour l'homme qu\u2019il juge ?Par quel juge accepterait-on véritablement d\u2019être jugé ?Voilà le problème que pose ce roman.Le héros, Paul Maury, devra traverser plus d\u2019une épreuve, résoudre plus d\u2019un conflit intérieur avant de renoncer à son intransigeance.Il lui fallait connaître le déchirement du cœur pour apprendre à faire vraiment droit à autrui.L\u2019intrigue est prenante.Par moments, on la trouve un peu trop facile; mais elle sert bien la vérité qu\u2019elle soutient et finalement réussit à l\u2019imposer.Roman qui mérite d\u2019être lu.Jean-Marie Aubry.Collège Saint-Charles-Garnier, Québec.Catherine Gaskin: L\u2019Oiseau de pluie.Roman.\u2014 Tours, Maison Marne, 1954, 310 pp., 20 cm.Prix: 590 fr.1DOUR TITRE de son roman, l\u2019A.a choisi le nom du yacht de plaisance que l\u2019héroïne utilise fréquemment, afin de se distraire de ses tâches quotidiennes.Maura de Gourcey est la fille chérie d\u2019un avocat anglais.Selon le désir obstiné de son père, elle doit épouser son cousin irlandais Torn.Un soir d\u2019été, John Sedley la rencontre dans un bar; dès lors, Maura lutte contre des sentiments nouveaux.John est marié; Maura souffre de cette situation.Après la fin tragique de sa femme, John, désormais libre, refuse d\u2019épouser Maura.Celle-ci renonce quand même à Tom et à la vie facile que lui promet son père.Elle va aux États-Unis rejoindre l\u2019homme qui a su éveiller sa personnalité.Par delà tous les obstacles, leur attachement s\u2019épanouira en un mutuel amour conjugal.A l\u2019occasion de son premier roman, Tout le reste est folie, on a beaucoup vanté le talent de l\u2019A.Avec raison.Acuité de l\u2019observation, justesse de l\u2019analyse psychologique, don de l\u2019allure dramatique dans la marche des événements, sens de la logique dans le dialogue, telles sont les qualités de la jeune romancière australienne.On les trouve dans l\u2019Oiseau de pluie; mais la tendance à l\u2019analyse et à la réflexion psychologiques y nuit un peu à la vivacité du récit.Wilfrid Girouard.Villa Mamèse, Québec.Jean-Jules Richard: Le Feu dans l\u2019amiante.Roman.\u2014 Canada, chez l\u2019auteur, 1956, 287 pp., 17 cm.T3 OMAN triste et triste roman.Canadiens épais, femmes communes, style décourageant.Du sous-Zola irritant, plein de fautes de goût, d\u2019orthographe et de ponctuation.La grève d\u2019Asbestos, en 1949, sert de fond à cette histoire romancée, ni vraie ni fausse, reportage et fiction, destinée à souffler la lutte des classes, à révolter contre le capitalisme, le catholicisme des syndicats, la police douteuse et l\u2019administration Duplessis.L\u2019A.est essentiellement contre.Sa lentille ne cherche que laideurs et vulgarités.A quoi rime cette indigeste dose de fiel, comme il dit, ce brassin de crudités, de pessimisme, d\u2019ironie antireligieuse, même quand l\u2019Église secourt les grévistes?Fallait-il trouver tout risible, ridicule: médailles, bure franciscaine, aumônier, dames de Sainte-Anne, saintes femmes, sainte face du mineur ?.La critique amère dégoûte et sent le russe.Quand l\u2019ennui menace, vite une page sexuelle pour les intéressés.Écrit par un étranger français ou anglais, ce pamphlet nous ferait crier.C\u2019est un des nôtres qui nous salit.Le sujet était pourtant beau, ces mois de souffrance pour mettre fin à une souffrance, à la poussière atroce.La suffisance de l\u2019A.jure avec l\u2019insuffisance de l\u2019œuvre.Cette grève patiente, disciplinée en dépit des provocations, avait gagné nos sympathies et nos charités.Elle méritait un autre chantre.Alexandre Dugré.RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Richard Arès Rédacteurs: Joseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Albert Plante, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Joseph d\u2019Anjou Administrateur : Jules Émery Directeur de la publicité : M.Alvarez Vaillancourt \u2022 Prix de l\u2019abonnement :\tA l\u2019étranger : $3.50 $3.00 par année\tPour les étudiants : $2.50 \u2022 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.: VEndôme 2541 204 RELATIONS Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de Ha Jèaubegarùe COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE Siiga social : Montréal TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) « Le Temple de la lumière » Belrnd INCORPOREE BEN BELAND, prés JEAN BELAND, ln0.P., sec.-trés- 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal - GR.2465* Tél.: 4-5181 ZJetteau & (Racine Jtyée DISTRIBUTEURS 8t GROSSISTES 196, rue Saint-Paul\tQuébec (2) RI.4-4941 Armand-A.Lalonde Ltée Courtier en assurances depuis 34 ans Armand-A.Lalonde, C.D.A.A., C.C.S., PRÉSIDENT 5809 ouest, boulevard GOUIN - CARTIERVILLE Jfeâ\tCdition£ Jxançaiâeâ S ne.\tAgents généraux au Canada de la \tLIBRAIRIE LAROUSSE \t\u2022 QUÉBEC\tMONTRÉAL Votre coopérative d\u2019épargne vous aide à faire de l'épargne.Nos méthodes sont pratiques, adaptées à vos revenus.Par l\u2019épargne, brisez votre complexe d\u2019infériorité, développez votre personnalité, acquérez ou conservez votre propriété.Devenez membre de L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIENNE 1344 EST, rue SHERBROOKE, MONTRÉAL \u2014LA.1-3698 UN DES NÔTRES ÉPICERIE VAN-HORNE L.FRÉCHETTE, propr.\u2022 Service \u2022 Qualité \u2022 Choix 1210, rue Van-Home - CA.8251\t- Outremont liMifCf * tiaiTK cl 4.Guaaq faite liMifCt « uaiTll Spécialité : Construction d'édifices religieux Collèges - Couvents - Séminaires - Hôpitaux - Etc.6900, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal\tTel.: RE.7-3651 1\tm NON SEULEMENT AU FOYER ÎM»!« MAIS AU BUREAU DE PLUS EN PLUS ON LIT REVUE DU MOIS JUIN 1956: 26,500 exemplaires JUIN 1955 : 12,000 JUIN 1954 :\t5,500 « LA REVUE QU'ON ACHÈTE ET QU'ON LIT.* Êtes-vous abonné ?Avez-vous renouvelé votre abonnement ?Qu'est-ce que vous attendez ?Profitez de notre 15e annivetâaixe pour annoncer dans (Relationà IMPRIMERIE DU MESSAGER, MONTREAL "]
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