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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1957-03, Collections de BAnQ.

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[" Prédication du carême Thomas MIGNAULT Pour une association des familles et une mystique chrétienne Stanislas de LESTAPIS Des subventions fédérales à renseignement primaire, pourquoi pas?Richard ARÈS Vue surréaliste de notre histoire sociale Jacques COUSINEAU Les Cendres ¦ L\u2019aventure au théâtre ¦ La pègre triomphera-t-elle ?L'assurance-hospitalisation * Le civisme des chrétiens REVUE DU MOIS SOMMAIRE MARS 1957 Éditoriaux.57 Le civisme des chrétiens.\u2014 LUssurance-hospita- LISATION.\u2014L\u2019O.N.U.A BESOIN DE FORCE POUR PROTÉGER LE DROIT.Articles POUR UNE ASSOCIATION DES FAMILLES ET UNE MYSTIQUE CHRÉTIENNE.Stanislas de Lestapis 59 DES SUBVENTIONS FÉDÉRALES À L\u2019ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, POURQUOI PAS?.Richard Arès 61 VUE SURRÉALISTE DE NOTRE HISTOIRE SOCIALE .Jacques Cousineau 64 LES CENDRES.Luigi d\u2019Apollonia 67 L\u2019AVENTURE AU THÉÂTRE.Georges-Henri d\u2019Auteuil 68 Commentaires.70 Le Pape nous parle.\u2014 Le devoir des chrétiens en matière de civisme.\u2014 L\u2019avenir du patriotisme.\u2014 Les écoles catholiques en Écosse.\u2014- Pour une ambassade au Vatican.Au fil du mois.72 Rideau de nouvelles.\u2014 Congrégation mariale : 1657-1957.\u2014 L\u2019Aquilon.\u2014 Des gouvernements provinciaux dynamiques.\u2014 La pègre triomphera-t-elle ?Articles PRÉDICATION DU CARÊME.Thomas Mignault 73 HORIZON INTERNATIONAL.; Joseph-H.Ledit 74 Les livres .\t.\t.\t.\t77 Religion.\u2014 E.Flicoteaux: Le Sens du Carême.F.Mar-duel: La Providence.G.de Ste-Madeleine: Visions et Vie mystique (J.d\u2019Anjou).- E.Mistiaen: Lumières dans l\u2019inquiétude (W.Girouard).- H.Berthet: Prêtres de demain (J.-P.Demers).- C.Latour: Cantuale ad bene-dictionem SS.Sacramenti (J.-P.Labelle).- C.-J.Ledit: Mahomet, Israel et le Christ (J.-H.Ledit).- L.Cristiani: Nostradamus, Malachie & Cie (W.Girouard) .77 Biographies.\u2014 B.Clément: Le Père des enfants perdus (J.d\u2019Anjou).- G.Hunermann: Saint Pie X (J.-P.De-mers).- F.Hayward: Un pape méconnu: Benoît XV (W.Girouard).-1.Lepp: Itinéraire de Karl Marx à Jésus-Christ (R.Arès).- H.Graef: Edith Stein (J.Ra-cette).- P.Abrahams: Je ne suis pas un homme libre (J.Cloutier).78 Sociologie, Politique.\u2014 CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE sociologie religieuse: Sociologie religieuse.Sciences sociales (H.Carrier).- P.-L.Guye: Projet d\u2019un institut sociologique suisse (Al.D.).- A.Charpentier: L\u2019Orientation des relations patronales-ouvrières (J.Cousineau).-Semaines sociales de France: Les Exigences humaines de Vexpansion économique.D.Coyle: Le Système politique des Etats-Unis et son Fonctionnement (R.Arès).-G.Blardone, M.Chartier, J.Folliet, H.Vial: Initiation civique (E.Bouvier).82 Voyages, Romans.\u2014 A.Ripaud: L\u2019Afrique du Sud.(B.Clément).- P.Boussel, G.Poisson: Lisieux et le Pays d\u2019Auge (L.Pelletier).- G.von Le Fort: Les Noces de Magdebourg (J.d\u2019Anjou).84 J.-B.DUBÉ, président Spécialistes en bois d\u2019ébénisterie RA.7-2859 Montréal Voyage du \u201cSOUVENIR\u201d en Europe Sous le patronage de l\u2019Université de Montréal.à l\u2019occasion du tricentenaire de l\u2019arrivée des Sulpiciens à Montréal.Evocation des souvenirs de la fondation de Ville-Marie Paris, La Flèche, Neuville-sur-Vannes, Troyes, Langres.FRANCE \u2014 ITALIE \u2014 SUISSE DÉPART DE QUÉBEC, S.S.HOMERIC, 28 MAI.48 jours : $1,393, 1re classe \u2014 $1,177, classe touriste.VOYAGES HONE 1460, AVENUE UNION, MONTRÉAL-2 \u2014 HA.8221 ¦wp» V WO-WTtV 1 PvmwW'1 SWNT'I»-»'* *v*w ®\t:'Tf£ Une banque progressive dans une ville en pleine croissance La Banque D\u2019Épargne DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTREAL vous invite cordialement à vous constituer un compte d\u2019épargne personnel XVIIe année, N° 195 Montréal Mars 1957 ÉDITORIAUX J^e civisme de à chxêtienà I\u2019ÉPISCOPAT canadien, dans sa récente déclaration j collective, attire tout particulièrement notre attention sur la formation civique des chrétiens et il revendique pour la religion un rôle important dans cette formation.L\u2019esprit civique, nous dit le document épiscopal, c\u2019est cet « esprit qui incline chacun à mettre au-dessus de ses intérêts personnels les exigences du bien commun ».Sur le papier, cela paraît tout simple, mais dans la réalité, dans la pratique de la vie quotidienne, mettre au-dessus de ses intérêts personnels les exigences du bien commun, c\u2019est un geste difficile et méritoire, parfois même héroïque, précisément parce qu\u2019il va contre un instinct qui porte l\u2019homme à l\u2019égoïsme et à l\u2019individualisme.Seuls peuvent y parvenir habituellement les citoyens qui, avec une conscience claire de leur devoir social et une ferme volonté de l\u2019accomplir intégralement, ont au cœur un amour sincère pour leurs frères les hommes.C\u2019est précisément des citoyens de cette qualité que la religion chrétienne s\u2019emploie à former et qu\u2019elle exige: des hommes de conscience, des hommes de devoir, des hommes de dévouement.Aussi le document épiscopal ne manque-t-il pas de blâmer les braves gens qui se disent et se veulent sincèrement chrétiens, mais bornent les exigences de leur religion à leur vie personnelle, familiale et professionnelle, négligeant leurs responsabilités sur le plan civique, comme si la loi morale ne s\u2019étendait pas à toute leur vie.« Les chrétiens, pour qui le grand commandement est celui de la charité, doivent se signaler entre tous par la qualité de leur civisme, qu\u2019ils aient à l\u2019exercer comme gouvernants ou comme gouvernés.» Malheureusement, c\u2019est là une obligation sur laquelle on n\u2019a pas suffisamment insisté dans le passé et que trop de chrétiens ont tendance à considérer à la légère.L\u2019épiscopat canadien l\u2019admet et demande une réhabilitation des vertus civiques.La prédication et l\u2019Action catholique consacreront à cette tâche de grands efforts: la première en montrant que « notre foi, loin d\u2019ignorer le civisme, le grandit en l\u2019imprégnant d\u2019esprit chrétien », et que « la loi du Christ doit régir tous les domaines de l\u2019activité humaine » ; la seconde, en cultivant chez ses membres le sens communautaire et le souci des intérêts spirituels de la cité.Il est grand temps que les catholiques, se souciant du nom qu\u2019ils portent et de la sainteté dont ils doivent témoigner, entreprennent de faire cesser le scandale de mœurs politiques et électorales païennes dans une province où ils forment l\u2019immense majorité.Plus que d\u2019autres, ils se doivent d\u2019être des hommes de conscience, de devoir et de dévouement, non seulement dans leur vie privée, mais encore dans leur vie publique: s\u2019ils refusent de jouer leur rôle de sel de la terre et de ferment dans la pâte, comme le demande l\u2019Évangile, la corruption finira par gagner toute la masse et par empêcher l\u2019épanouissement de toute vie chrétienne.Le monde, a-t-on écrit, attend des « saints du civisme ».Si les catholiques ne répondent pas à cette attente, qui pourra le faire ?a ààuxance-hoâpita liâa tion A PRÈS LES PROVINCES de l\u2019Ouest (Saskatchewan, -È*- Alberta, Colombie), qui possèdent leur propre plan d\u2019assurance-hospitalisation, la province d\u2019Ontario vient de faire savoir aux autorités fédérales qu\u2019elle est prête à entamer des pourparlers en vue de participer cASon Excellence yilonâeigneux cdlexandxe Caxtex, âacxé éveque-coadjuteux du Sault-Sainte-Jîaxiey u(Relation* \u201d o[[xe éeâ hommage d et âeâ voeux. au projet national d\u2019assurance-santé.Cette démarche, elle la fait à la suite d\u2019une longue et minutieuse préparation, et elle ne se présente pas à Ottawa les mains vides et sans savoir où elle va.A sa demande, une commission d\u2019experts a élaboré un plan adapté aux besoins et à la mentalité de ses habitants, et c\u2019est sur la base de ce plan qu\u2019elle entend discuter avec Ottawa.De plus, pour montrer qu\u2019elle ne veut rien laisser au hasard, elle se donne deux ans pour assurer les préparatifs nécessaires au bon fonctionnement du plan, lequel, en effet, n\u2019entrera en vigueur que le 1er janvier 1959.Le projet national d\u2019assurance-santé est donc sur le point de se réaliser.Comment dans les circonstances ne pas se tourner vers Québec et se demander, non sans anxiété: que va faire le gouvernement provincial?A-t-il une attitude clairement arrêtée en la matière?Un refus total d\u2019agir serait inconcevable et même condamnable de sa part.Gouverner, c\u2019est prévoir, surtout en ce milieu du XXe siècle.La population québécoise est donc en droit de savoir quelles sont les prévisions de son gouvernement sur le sujet de l\u2019assurance-hospitalisation.A-t-il, lui aussi, fait préparer un plan, qui s\u2019inspirerait de nos institutions propres et de notre mentalité particulière, et qui lui permettrait de discuter d\u2019égal à égal avec le gouvernement fédéral ?Ne rien faire en l\u2019occurrence, c\u2019est trahir les véritables intérêts de la population canadienne-française, donc la cause de l\u2019autonomie, grand cheval de bataille électorale du gouvernement québécois.Car, devant le refus persistant de son propre gouvernement, le peuple du Québec finira par se tourner en bloc vers Ottawa pour le prier d\u2019intervenir.Alors, l\u2019assurance-santé, nous l\u2019aurons, comme nous avons eu les pensions de vieillesse; mais, au lieu d\u2019une formule originale, adaptée à nos besoins particuliers, nous devrons subir la formule commune, étrangère à nos traditions et à nos institutions.Encore une fois, nous posons la question: l\u2019assu-rance-hospitalisation, en tenue équivoque, est à nos portes, le gouvernement provincial est-il prêt à l\u2019accueillir et à lui donner les traits qui conviennent au Québec ?JÇO.M.U.a besoin de fjoïce poux pxotegex le dxoit PAR SIX FOIS, Israël, petit pays d\u2019à peine deux millions d\u2019habitants, et qui n\u2019existait même pas il y a dix ans, a bravé une décision presque unanime de l\u2019O.N.U., à laquelle pourtant il doit sa naissance.Le bloc afro-asiatique, appuyé par l\u2019U.R.S.S., demande des sanctions.C\u2019est, avec une superbe assurance, oublier les précédents.Si Israël a envahi l\u2019Égypte, c\u2019est que l\u2019Égypte brimait impunément l\u2019autorité de l\u2019O.N.U.depuis plus de quatre ans.Israël et l\u2019Égypte ne sont pas les seuls cas.Il y a la Jordanie: de moitié avec Israël, elle occupe la ville internationale de Jérusalem et les Lieux saints.Il y a l\u2019U.R.S.S.: elle vient d\u2019écraser le peuple magyar sous ses blindés.Il y a l\u2019Afrique du Sud: elle repousse, depuis plusieurs années, des observateurs de l\u2019O.N.U.qui enquêteraient sur la question « aparthéide ».Il y a la Hongrie: elle a interdit à M.Hammarskjold de voler à Budapest, le régime du valet Jamos Kadar ayant besoin de plusieurs mois pour déblayer les ruines.Il y a l\u2019Inde: elle vient d\u2019annexer, purement et simplement, une partie du Cachemire, au mépris de toute une série de résolutions du Conseil de Sécurité qui remontent à 1949.Israël ne fait donc ni plus ni moins que suivre les exemples de l\u2019Égypte, de la Jordanie, de l\u2019Afrique du Sud, de l\u2019U.R.S.S., de la Hongrie, de l\u2019Inde.A l\u2019égard de qui l\u2019O.N.U.se montrera-t-elle impitoyable ?Ses faiblesses successives ont mis l\u2019O.N.U.dans une impasse.Que peut-elle faire pour s\u2019affirmer ?Exiger le retrait des troupes d\u2019Israël, en exigeant, en même temps, que les voisins arabes, tous membres de l\u2019O.N.U., reconnaissent son existence internationale et lui laissent la paix; autrement, la guerre, dans le Proche-Orient, ne sera que partie remise.D\u2019autre part, l\u2019O.N.U.devrait profiter de la circonstance pour demander à la Jordanie et à Israël de reconnaître le principe de l\u2019internationalisation des Lieux saints.De plus, l\u2019O.N.U.doit refuser d\u2019accréditer les envoyés de Kadar.Elle doit se montrer ferme à l\u2019égard de Nehrou et demander le referendum indiscutable qui trancherait son différend avec le Pakistan.La tâche ne sera pas facile.Nous savons que l\u2019O.N.U.est moins un tribunal qu\u2019un forum des peuples.Essai (timide) d\u2019un ordre international, son but premier est de sauver la paix par l\u2019action collective de tous, puisque la paix à tout prix mène droit au triomphe de la force sur le droit désarmé.Or, une chose n\u2019est que trop claire: aucun ordre n\u2019est possible sans obligation ni sanction.Cela signifie que, devant une menace d\u2019agression ou le mépris flagrant des droits les plus élémentaires de l\u2019homme, l\u2019O.N.U.doit être en mesure de répondre par des sanctions économiques et politiques qui peuvent aller, d\u2019après Pie XII, jusqu\u2019à l\u2019interdiction, pour l\u2019État réfractaire, « d\u2019exercer ses droits de membre de l\u2019organisation elle-même » (Noël 1956).Si les pays ont le dessein de se servir de l\u2019O.N.U.quand les décisions de celle-ci leur plaisent, mais de les jeter au panier quand elles ne font pas leur affaire, autant dire qu\u2019ils ne veulent pas d\u2019un ordre international.Il est grand temps que l\u2019opinion mondiale révoltée le fasse comprendre aux États-membres des Nations Unies.58 RELATIONS PROBLÈMES DE LA FAMILLE Pour une association des familles et une mystique chrétienne Stanislas de LESTAPIS, S.J.AU DÉBUT de ce troisième article, qu\u2019on me permette de citer une phrase de Gustave Thibon qui, à mon avis, résume parfaitement les réflexions que je vous ai jusqu\u2019à présent proposées.Le pessimisme est un diagnostic nécessaire, mais non un remède (ce pessimisme qui nous a révélé les obstacles rencontrés par la famille urbaine).Il importe plus de reconstruire que de pleurer sur des ruines.C\u2019est précisément par respect du passé et parce que nous croyons à la marque indélébile que laisse l\u2019histoire sur l\u2019homme que nous jugeons impossible de retourner aux époques révolues où le couple était solide parce que la personnalité humaine émergeait à peine des communautés et des institutions.Il ne s\u2019agit pas de renier la civilisation moderne, mais de la purger de son venin, de la dominer afin de l\u2019adapter aux exigences de l\u2019homme éternel.La renaissance d\u2019une civilisation, nouvelle sans doute quant à son style temporel, mais essentiellement orientée vers l\u2019approfondissement des valeurs éternelles, peut seule nous apporter le contrepoids nécessaire à des conquêtes presque exclusivement techniques.L\u2019amour est une de ces puissances (une de ces valeurs).Nous n\u2019avons ni à l\u2019adorer, ni à le nier, mais à le replacer dans son contexte général, à le rendre solidaire des autres éléments de notre destin.(« La crise moderne de l\u2019amour », dans Ecclesia, 1949, n° 6.) C\u2019est ce que nous avons appelé l\u2019« aventure communautaire » par laquelle la famille moderne voit s\u2019ouvrir son avenir et débouche dans la société.Reste donc à dire comment la famille doit s\u2019équiper en vue de cette aventure.A notre avis, deux pièces forment essentiellement cet équipement: l\u2019association et une spiritualité; ou, si vous préférez: le regroupement d\u2019un noyau de familles vraiment militantes et, pour animer l\u2019action militante, une mystique et une ascèse basées sur de fortes convictions religieuses.* Que la famille d\u2019hier, à la campagne ou dans le bourg rural, ait pu vivre dans une sorte d\u2019individualisme satisfait, et cela sans trop d\u2019inconvénients, nous n\u2019en disconviendrons pas.Il demeurait encore assez de relations humaines et personnelles entre ces familles regroupées le dimanche autour du clocher, ou en semaine autour des mêmes foires, pour compenser cet individualisme.Mais aujourd\u2019hui, déracinée qu\u2019elle est à la ville, ballottée de-ci de-là au gré des emplois salariés du père, la famille urbaine n\u2019a plus vraiment comme sort que la solitude et l\u2019abandon.Si elle ne veut pas sombrer dans le désespoir de l\u2019impuissance ou se laisser happer par la tentation collectiviste (comme s\u2019il y avait là pour elle une solution), force est donc à cette MARS 1957 Terminant son étude des problèmes qui se posent à la famille urbaine d\u2019aujourd\u2019hui (voir Relations, juill.et août 1956), le P.de Lestapis propose à celle-ci un double moyen de réaliser la mission qui lui est dévolue : l\u2019association des familles et la revitalisation de l\u2019amour par la mystique chrétienne.famille de s\u2019organiser, c\u2019est-à-dire de s\u2019assembler avec d\u2019autres familles dans la conviction que l\u2019union fait la force.On verra alors des foyers s\u2019entendre pour se garder réciproquement les enfants, pour se donner un coup de main dans des services d\u2019achat, de courses; on les verra se prêter des ustensiles ménagers, des meubles temporairement utiles, comme des berceaux, des lits d\u2019enfants, voire, pour les mamans qui attendent un bébé, la garde-robe nécessaire.Dans ces formes humbles mais constantes d\u2019entraide, un nouveau style de vie s\u2019élabore, plus efficace qu\u2019on ne le penserait pour cimenter un immeuble, un quartier, une paroisse, et même fournir à une municipalité une force inconnue des générations précédentes, demeurées plus individualistes.Mais cette entraide spontanée n\u2019est pas suffisante pour aider la famille urbaine à reconstituer les structures dont sa nouvelle vie communautaire a besoin.Il est vraisemblable que les foyers auront à s\u2019organiser en associations reconnues d\u2019utilité publique, de manière à asseoir à leur tour des institutions protectrices de leurs intérêts familiaux.Il n\u2019y a, en effet, aucune raison pour que la famille soit une éternelle mineure, attendant de l\u2019État-providence une assistance en fin de compte assez humiliante.Mieux vaut que les familles, redevenues conscientes du capital qu\u2019elles apportent à la société et à l\u2019État, posent à cet État des exigences justifiées.Et d\u2019abord, en matière de ressources financières: n\u2019est-ce pas à des groupements de familles d\u2019établir des projets de caisses de compensations familiales, garanties par la nation, mais gérées par des représentants aussi bien des usagers, les familles, que des entreprises et de la fonction publique?Ainsi ces familles seraient-elles moins des assistées de la bienfaisance publique que des associées d\u2019une nation démocratique.Cette institution, nous l\u2019avons en France.Elle assure à toutes les familles de notre pays des prestations familiales importantes et soutient une sécurité sociale vraiment humaine.En matière de logement et d\u2019accès à la propriété, chose si nécessaire à la véritable autonomie des foyers, l\u2019association familiale s\u2019orientera vers un même genre de solution : des coopératives de logement ou, du moins, des commissions paritaires d\u2019habitation, au sein desquelles entreprises industrielles, capital privé et familles usagères se rencontreront en conseil d\u2019administration.Le travail des femmes mariées tend, dans notre monde moderne, à devenir généralisé.Le problème est 59 extraordinairement complexe, et j\u2019aurais bien de la prétention à vouloir le résoudre en quelques phrases.Quoi qu\u2019il en soit, ne peut-on pas envisager que, sous la pression des associations familiales, s\u2019organise, là où la chose est possible, \u2014 par exemple, dans les carrières administratives et le commerce, \u2014 un régime de demi-emploi pour les femmes mariées, joint à celui d\u2019une allocation pour la mère à demi retenue au foyer?Si l\u2019économie française ne semble pas encore de taille à réaliser cette mesure, pourtant souhaitée par tant de mères de famille qui aujourd\u2019hui travaillent à pleines journées, les économies du nouveau monde n\u2019en sont-elles pas capables ?Que dire de la formation professionnelle, ménagère et familiale des jeunes filles et même des fillettes?Est-il trop tôt pour commencer, dès l\u2019école élémentaire, à prendre le goût de son métier de femme d\u2019intérieur et à faire l\u2019apprentissage d\u2019un autre métier, toujours utile au cas où l\u2019existence réserverait des surprises ou des épreuves, comme le décès prématuré du mari ?Je verrais, pour ma part, l\u2019association familiale assumer un rôle décisif dans l\u2019aménagement de ces formations, à l\u2019école ou à l\u2019atelier, au collège ou à l\u2019université.Enfin, pour tout résumer d\u2019un mot, l\u2019État moderne n\u2019a-t-il pas un impérieux besoin d\u2019une représentation des familles?La représentation du travail a bien été organisée par le moyen du syndicalisme.On ne voit pas, en effet, qu\u2019il faille attendre les projets d\u2019une politique familiale soit de la part d\u2019une équipe de techniciens déracinés, soit de la part d\u2019économistes déjà trop enclins à penser l\u2019économie sans l\u2019homme.Quand, au contraire, les groupements familiaux dans un pays sont capables de fournir à tous les échelons de la hiérarchie du pouvoir législatif ou exécutif d\u2019authentiques représentants familiaux, on a forcément un ministère de l\u2019économie, un département du travail, des commissions scolaires, un ministère de la santé et de l\u2019hygiène publique, des services sociaux enfin qui abordent leurs devoirs respectifs avec un véritable esprit familial.C\u2019est de cette façon que la famille communautaire saura se refaire une structure à sa taille, une protection souple, ouverte aux autres institutions \u2014 économiques, sociales et politiques \u2014 de la cité.Ainsi, la protection que la famille se sera construite elle-même sera-t-elle mieux adaptée que celle que la civilisation rurale et artisanale d\u2019antan avait su créer.* Qu\u2019on ne se fasse cependant pas d\u2019illusion.Cet idéal \u2014 qui est encore, en bien des pays, à l\u2019état de rêve \u2014 suppose l\u2019élaboration et la diffusion d\u2019une mystique familiale.Il s\u2019agit, en effet, de trouver les militants convaincus qui, au début du moins, contre vents et marées, apporteront les pierres du nouvel édifice.Où trouvera-t-on les sources de générosité et de persévérance que ne décourageront ni l\u2019inertie des routines, ni la mauvaise humeur des traditionalismes en péril?A cette question cruciale nous ne voyons qu\u2019une réponse: dans une spiritualité chrétienne, redécouverte et revécue en de fervents groupes de ménages, en de vibrantes communautés de foyers, en de véritables mouvements familiaux d\u2019action catholique.N\u2019ayant pas le loisir de développer ce point, qu\u2019il me soit cependant permis de l\u2019esquisser.Que faut-il entendre par spiritualité chrétienne conjugale et familiale, vécue en groupes de foyers ou en mouvements familiaux d\u2019action catholique ?A notre avis, essentiellement deux choses: a) la conviction intime d\u2019une mission à remplir, mission reçue de la nature et surélevée par l\u2019Église; b) une conscience claire des différentes valeurs exigées pour accomplir pareille mission.Il n\u2019y a pas de spiritualité chrétienne conjugale et familiale sans cette redécouverte.Ainsi que le disait S.S.Pie XII: Le Christ a pourvu d\u2019june manière particulière aux nécessités organiques de l\u2019Église (et indirectement de la société) par l\u2019institution de deux sacrements: le mariage et l\u2019ordre.Par le mariage, où les époux sont l\u2019un pour l\u2019autre ministres de la grâce, le Christ a procuré l\u2019accroissement extérieur et ordonné de la communauté chrétienne, et ce qui est mieux encore, la bonne éducation religieuse des enfants, sans laquelle son Corps mystique serait exposé aux plus grands dangers.(Encyclique Mystici Corporis.) Autant dire qu\u2019à côté d\u2019un sacerdoce institué pour former les cadres de la société religieuse, même cette société religieuse qu\u2019est l\u2019Église a besoin d\u2019un réseau de véritables foyers chrétiens, vivant en état de grâce et constituant comme la trame de ce milieu divin que l\u2019Église catholique tisse sur toute la terre.C\u2019est ce réseau de véritables foyers chrétiens, de groupes de ménages unis dans la communion au Christ et à l\u2019Église qui procurera « l\u2019accroissement extérieur et ordonné de la communauté chrétienne ».L\u2019aspiration communautaire est une des plus puissantes de notre temps.Elle est au cœur des masses qui se sont trompées en se donnant soit au national-socialisme soit au communisme.Elle est la vérité qui couve, sans pouvoir s\u2019en dégager, du collectivisme socialiste.Il importe à la conquête chrétienne que naissent partout des communautés en qui vivra l\u2019esprit des communautés chrétiennes primitives et celui qui anime l\u2019Église.Le mystère de communion que porte l\u2019Église catholique doit se rapprocher de nos milieux de vie et se préciser à leurs yeux dans des groupes d\u2019amis qui vivent, dans des relations humaines, le mystère de la croix et de la résurrection.Il faudrait planter partout la communauté chrétienne.(Louis Beirnaert, S.J., « Christianisme de choc », dans Construire, 1941.) Or, cela compris comme la base d\u2019une spiritualité catholique conjugale et familiale, il resterait à détailler les différentes valeurs impliquées par cette spiritualité.Contentons-nous d\u2019en énumérer les principales.Et d\u2019abord, une foi indélébile en ce « nous d\u2019amour » qui est le secret d\u2019une communauté conjugale unie et indissoluble.« Nous d\u2019amour » où le Christ soit chez lui, qu\u2019il ait fait sien, qu\u2019il ait vitalisé de sa divine charité, de la charité même avec laquelle il aime l\u2019Église, son Épouse.Puis, au cœur même de cet amour conjugal, un « vœu créateur », une volonté de promotion d\u2019autrui que les époux préservent et réchauffent comme 60 RELATIONS la source jaillissante de leur incessante générosité, de leur désintéressement et de leur sens aigu des responsabilités éducatrices ou sociales.Qu\u2019il s\u2019agisse, en effet, de mettre au monde de nouvelles personnes, de les éduquer pour en faire des personnalités de valeur, ou qu\u2019il s\u2019agisse de rayonner l\u2019hospitalité, le service, l\u2019entraide: toujours il faudra ce comportement religieux authentiquement créateur, dont la source n\u2019est pas à chercher ailleurs que dans la divine grâce issue de l\u2019Esprit Saint.Enfin, une véritable spiritualité chrétienne conjugale et familiale doit faire sa place à ce que Pie XI nomme l\u2019« ordre de l\u2019amour », selon lequel homme et femme vont de compagnie, égaux en dignité, réalisant l\u2019équipe parfaite dans le partage le plus total possible des responsabilités, de toutes les responsabilités, chacun cependant avec le charisme spécial dont la nature de son sexe l\u2019a pourvu.Il faudrait encore noter le renouvellement, par l\u2019esprit communautaire, de l\u2019autorité parentale dans ses tâches éducatrices, de l\u2019élan missionnaire, de la volonté de porter témoignage pour le plus grand bien des autres.Bref, il n\u2019y a pas de spiritualité chrétienne de ménage ou de famille sans ressourcement dans la foi au mystère chrétien et sans développement de la charité envers le prochain, du plus proche au plus éloigné, du plus singulier au plus collectif.* Telle nous apparaît la destinée à laquelle est promue l\u2019institution familiale dans le monde contemporain.Si d\u2019aucuns s\u2019imaginaient hier que les familiaux feraient figure d\u2019attardés, de conservateurs anachroniques, de réactionnaires, ceux-là se sont gravement trompés.Non, en vérité, la famille, la famille repensée et revécue comme une communauté de destin et d\u2019amour, est une idée jeune, audacieuse, conquérante.Appuyée sur la réalité du sacrement, transfigurée par la divine charité que le Christ lui a promise, cette idée est capable de révolutionner le monde, de redresser sa marche égarée vers la société totalitaire et vers l\u2019automation généralisée; elle est capable de créer de nouvelles structures économiques et sociales.La famille communautaire organisée peut être le salut du monde moderne, étant la sauvegarde de la personne humaine vivant en société.DES SUBVENTIONS FÉDÉRALES À L\u2019ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, POURQUOI PAS?Richard ARÈS, S.J.1\u2019ÉDUCATION relève exclusivement des provinces: jamais la Chambre des Communes d\u2019Ottawa n\u2019a * entendu tant de solennelles déclarations sur ce sujet et jamais elle ne s\u2019en est tant occupée que durant les mois de janvier et de février.En l\u2019espace de quelques jours, on lui a soumis quatre projets de loi se rapportant tous à l\u2019éducation: 1° création d\u2019un Conseil des Arts; 2° aide financière aux universités; 3° octroi de bourses d\u2019études aux étudiants universitaires; 4° aide financière aux provinces pour fins générales d\u2019éducation.Projets gouvernementaux, les deux premiers n\u2019ont pas rencontré d\u2019obstacle; le troisième a déjà reçu une attention sympathique et finira par être adopté; quant au quatrième, présenté par un député de l\u2019opposition, le gouvernement trouve qu\u2019il va trop loin et lui refuse son appui.Bref, Ottawa se reconnaît le droit de subventionner à sa guise l\u2019enseignement universitaire, mais non les enseignements secondaire et primaire.C\u2019est là, pour tout dire en deux mots, une politique antifédéraliste et une position intenable.I.\u2014UNE POLITIQUE ANTIFÉDÉRALISTE Le fédéralisme est essentiellement un régime d\u2019association entre gouvernements autonomes.Il comporte donc deux notes essentielles: la collaboration entre les gouvernements et le respect de l\u2019autonomie de chacun.En pratique, cela veut dire que dans tout État fédératif, il existe trois choses: 1° deux ordres de gouvernement, coordonnés mais non subordonnés entre eux, se partageant les pouvoirs de l\u2019État; 2° une constitution qui délimite rigoureusement ces pouvoirs et qui est la loi suprême du pays; 3° un tribunal suprême qui a la charge de faire respecter et d\u2019interpréter la constitution.Ces trois traits caractéristiques, le Canada les possède: il est un État fédératif, et l\u2019acte qui lui a donné naissance avait pour but principal, d\u2019après le Conseil privé, « d\u2019établir un système de gouvernement sur des principes essentiellement fédératifs » (Cause de Vaéronautique, 1932).Or, une politique fédéraliste, qu\u2019est-ce donc sinon une politique qui, d\u2019une part, se montre respectueuse de l\u2019autonomie des gouvernements quand il s\u2019agit de tâches exclusives, et qui, d\u2019autre part, fait appel à leur collaboration quand il s\u2019agit de tâches communes?S\u2019il en est ainsi, devra par contraste être considérée comme antifédéraliste toute politique qui se mêle de tâches qui lui sont expressément interdites ou qui refuse de collaborer aux tâches communes.MARS 1957\t61 Prenons le cas concret de l\u2019éducation.La législation en cette matière appartient exclusivement aux législatures provinciales.Si le gouvernement fédéral voulait vraiment pratiquer une politique fédéraliste sur ce point, non seulement il se garderait bien d\u2019intervenir en un domaine qui n\u2019est pas le sien, mais il s\u2019efforcerait d\u2019abord et avant tout de faciliter aux législatures provinciales l\u2019accomplissement de leurs tâches.En réalité, il fait le contraire: il commence par se réserver 75% du produit de l\u2019impôt au Canada, mettant ainsi les gouvernements provinciaux dans l\u2019incapacité d\u2019accomplir intégralement les fonctions dont les charge la constitution, puis il s\u2019offre à financer les institutions de compétence provinciale.C\u2019est là une politique antifédéraliste pour au moins une triple raison: parce qu\u2019elle maintient les gouvernements provinciaux en tutelle, parce qu\u2019elle favorise l\u2019accaparement fédéral des tâches et qu\u2019elle transforme le droit fédératif en un pur droit subjectif.1.\tMise en tutelle des gouvernements provinciaux.\u2014 Le fédéralisme veut des gouvernements coordonnés, mais non subordonnés.Ce sont, au dire même du Conseil privé, des gouvernements de cette nature que l\u2019Acte de 1867 a établis au Canada (cause Great West Saddlery, 1921), des gouvernements qui sont maîtres chez eux, chacun dans leur sphère bien déterminée (cause Edwards, 1930).Or, chacun sait que, depuis la seconde guerre mondiale, les gouvernements provinciaux ne sont plus maîtres de leurs finances et de leurs impôts; l\u2019immense majorité vit en subventionnée d\u2019Ottawa, et les rares autres, qui montrent quelque indépendance, doivent se contenter de 10% de l\u2019impôt sur le revenu, impôt sur lequel ils possèdent un droit au moins égal à celui d\u2019Ottawa et qui rapportera à ce dernier près de trois milliards pour l\u2019année 1957-1958.Si l\u2019on objecte que le gouvernement fédéral utilise sagement les sommes perçues en les répartissant également entre toutes les provinces, effectuant ce qu\u2019on a convenu d\u2019appeler la péréquation financière entre toutes les parties du Canada, il est facile de répondre que, pour répartir une somme d\u2019environ cent millions qui serait nécessaire pour subvenir aux besoins des provinces pauvres, il n\u2019est pas besoin de percevoir trois milliards en impôts directs et de priver la plupart des provinces de leurs principales sources de revenu.Qui voudrait sincèrement pratiquer une politique fédéraliste n\u2019aurait aucune difficulté à le comprendre et à l\u2019admettre.2.\tAccaparement fédéral des tâches.\u2014 Le fédéralisme demande que chaque ordre de gouvernement s\u2019acquitte lui-même des tâches qui lui ont été confiées.L\u2019Acte de 1867 précise que la répartition des pouvoirs au Canada est exclusive, et le Conseil privé affirme que cette répartition est probablement « la condition la plus essentielle du pacte interprovincial consacré par l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique », et que « le navire de l\u2019État conserve encore les compartiments étanches qui sont un élément essentiel de sa structure originale » (cause sur le repos hebdomadaire, les salaires minima et les heures de travail, 1937).En conséquence, ce qu\u2019un gouvernement ne peut faire directement, il n\u2019a pas le droit de le faire indirectement (cause Great West Saddlery, 1921).Or, le gouvernement fédéral se mêle de plus en plus des tâches provinciales; il intervient chaque jour davantage dans le domaine de l\u2019éducation.Son grand argument, c\u2019est l\u2019intérêt national: « Il s\u2019agit ici, déclare le premier ministre à propos du projet gouvernemental de subventions aux universités, d\u2019une mesure qui sert les intérêts de l\u2019ensemble de la nation et qui est en quelque sorte indispensable au plein épanouissement de l\u2019ensemble du pays.» (Débats, 1957, p.788.) Mais le fait qu\u2019une question présente un intérêt national ne légitime en rien l\u2019intervention du gouvernement fédéral.Le Conseil privé, interprète et gardien de la constitution, l\u2019a maintes fois rappelé, et il a pris la peine d\u2019ajouter qu\u2019une interprétation de ce genre « équivaudrait pour ainsi dire à tenir pour nulle l\u2019autonomie des provinces » et à permettre au gouvernement central de se mêler de tout (cause de la prohibition régionale, 1896).Et la Commission Rowell-Sirois n\u2019a pas tenu un autre langage: Le Parlement fédéral n\u2019aurait qu\u2019à découvrir un aspect général ou national dans le sujet de loi en litige pour en établir la légitimité avec la disposition concernant « la paix, l\u2019ordre et la bonne administration ».Cette disposition attribuerait donc un pouvoir immense au parlement fédéral.La sphère exclusive assignée aux provinces par l\u2019article 92 pourrait, si le dominion le désirait, devenir vraiment très restreinte.Le pouvoir accordé au dominion par la disposition concernant la paix, l\u2019ordre et la bonne administration donnerait lieu à de graves doutes.De fait, la constitution appliquée dans de telles conditions serait bien près de comporter l\u2019union législative, que désiraient un certain nombre de Pères de la Confédération, mais à laquelle, de leur propre aveu, ils ne purent faire consentir leurs collègues.(Rapport, vol.I, p.60.) En régime fédératif, l\u2019intérêt national demande que chaque ordre de gouvernement se mêle de ses affaires et collabore avec l\u2019autre pour les affaires communes.Qui veut sincèrement pratiquer une politique fédéraliste n\u2019a aucune difficulté à le comprendre et à l\u2019admettre.3.\tUn droit fédératif purement subjectif.\u2014 L\u2019une des grandes caractéristiques des régimes fédératifs, c\u2019est l\u2019existence d\u2019une constitution qui délimite les pouvoirs de chaque ordre de gouvernement, et cela d\u2019une façon rigoureuse, stable et objective.Dans les États unitaires, au contraire, les parlements font, en général, ce qu\u2019ils veulent, sans toujours se référer à une constitution qui déterminerait la validité de leurs actes.Le droit parlementaire peut donc être considéré comme un droit à contenu subjectif, alors que le droit fédératif est essentiellement un droit à base objective.Or, en multipliant ses interventions dans les affaires de compétence provinciale, quand il lui plaît, là où il lui plaît et de la manière qui lui plaît, le gouvernement 62 RELATIONS central, depuis la seconde guerre mondiale, transforme peu à peu notre droit fédératif en un droit subjectif.Le cas de l\u2019éducation en est un exemple patent.La constitution pose une règle objective et sûre: la législation sur ce sujet appartient exclusivement aux provinces.Le gouvernement fédéral intervient, distingue dans cette matière l\u2019enseignement universitaire des autres enseignements, et déclare: je me reconnais le droit de subventionner le premier, mais non les autres.Ainsi, par exemple, M.Saint-Laurent répond par un refus à qui lui demande d\u2019enquêter sur l\u2019enseignement secondaire: « L\u2019enseignement secondaire fait partie du régime d\u2019enseignement qui relève de la compétence exclusive des provinces.» (Débats, 1957, p.437.) Et un député ministériel affirme: « Je suis d\u2019avis que le système d\u2019éducation, tant dans le domaine primaire que dans le domaine secondaire, est exclusivement du ressort des législatures provinciales.A titre de représentant d\u2019une circonscription fédérale, je ne discuterai même pas des problèmes relatifs aux domaines de l\u2019instruction primaire et secondaire.» {Débats, 1957, p.766.) Et un autre, après avoir tenté de légitimer les subventions fédérales aux universités, ajoute: « Il ne serait pas sage, à mon sens, d\u2019aller plus loin et d\u2019envahir le domaine de l\u2019éducation, représenté par l\u2019instruction primaire et secondaire.» {Débats, 1957, p.751.) Mais, en vertu de quel droit nos députés peuvent-ils donc retrancher l\u2019enseignement universitaire du domaine de l\u2019éducation confié exclusivement aux provinces ?A une règle objective et sûre, voilà qu\u2019ils ont substitué leur bon plaisir; à une garantie juridique écrite, leur parole de politiciens: nous n\u2019irons pas plus loin, et cela, non pas parce que la constitution l\u2019interdit, mais parce qu\u2019 « il ne serait pas sage d\u2019envahir le domaine de l\u2019éducation, représenté par l\u2019instruction primaire et secondaire ».C\u2019est du pur volontarisme ou subjectivisme juridique, c\u2019est le mépris complet du droit fédératif.IL \u2014 UNE POSITION INTENABLE C\u2019est là, en outre, une position intenable en pratique et à la longue.Comment, en effet, le gouvernement fédéral pourrait-il maintenir sa ligne de démarcation entre l\u2019enseignement universitaire, qu\u2019il aurait le droit de subventionner, et les autres enseignements, dont le sort regarderait exclusivement les provinces, alors que: à) il a contribué lui-même par sa politique à affaiblir le frein constitutionnel; b) tous les secteurs de l\u2019enseignement sont en pleine crise financière; c) il persiste à monopoliser les sources les plus productives de revenu au Canada ?1.Usure du frein constitutionnel.\u2014 En prétendant qu\u2019il a le droit de subventionner l\u2019enseignement universitaire, même sans passer par les législatures provinciales, et en agissant dans le sens de cette prétention, le gouvernement central pose un précédent dont la conséquence est d\u2019affaiblir considérablement le frein constitutionnel, précédent que d\u2019ailleurs on invoque déjà à grands cris pour le forcer à intervenir dans les autres domaines de l\u2019enseignement.Quand un député ministériel affirme, en pleine Chambre, que, « selon la constitution canadienne de 1867, notre État fédéral a le droit, et même le devoir, de.promouvoir adéquatement la hausse du niveau de l\u2019éducation, de l\u2019enseignement, de l\u2019instruction, de la culture dans les diverses provinces qui composent la patrie canadienne » {Débats, 1957, p.1029), on peut se demander si le frein constitutionnel existe encore et pourquoi Ottawa se refuse alors à subventionner les enseignements secondaire et primaire.Il n\u2019ira pas plus loin pour le moment, dit-il.Mais nous n\u2019avons que sa parole pour garantie de cette promesse; or, les hommes passent, mais les précédents demeurent.Il se trouvera bien un jour une commission pour recommander l\u2019aide fédérale à tous les degrés de l\u2019enseignement, et alors tout ce que le gouvernement central aura à faire, ce sera, comme le suggérait un député, de « proposer que des lettres patentes soient remises à l\u2019Association canadienne des Commissaires d\u2019écoles, afin que des fonds fédéraux puissent être mis à la disposition de l\u2019enseignement à tous les échelons » {Débats, 1957, p.790).N\u2019y a-t-il pas déjà le précédent créé de concert avec la Conférence nationale des Universités canadiennes ?Maintenant qu\u2019on a mis de côté le frein constitutionnel pour le secteur de l\u2019enseignement universitaire, il serait naïf et vain d\u2019espérer le faire fonctionner efficacement à propos des deux autres secteurs, et cela d\u2019autant plus que là aussi les besoins sont immenses.2.Crise financière à tous les degrés de Venseignement.\u2014 Déjà de nombreuses et fortes pressions se sont fait sentir auprès du gouvernement fédéral pour qu\u2019il intervienne en vue de porter remède à la crise financière que connaissent actuellement tous les secteurs de l\u2019enseignement.Dans son récent mémoire aux autorités fédérales, le Congrès du Travail du Canada a souligné l\u2019ampleur et l\u2019acuité de cette crise, et réclamé l\u2019intervention d\u2019Ottawa.Le grand reproche que la plupart des députés non ministériels ont fait au gouvernement à propos des projets de Conseil des Arts et d\u2019aide financière aux universités, ç\u2019a été précisément de ne pas aller assez loin, de borner les subventions au secteur universitaire, de refuser de considérer l\u2019aide aux autres secteurs.Tous les secteurs de l\u2019enseignement, ont-ils déclaré, sont solidaires les uns des autres, et le sort de chacun d\u2019entre eux intéresse toute la nation.Le gouvernement se doit donc d\u2019étudier le problème dans son ensemble; il est vain de venir en aide aux universités, si l\u2019on ne fournit pas aux écoles primaires et secondaires les moyens financiers dont elles ont besoin pour préparer convenablement les étudiants qui demain fréquenteront MARS 1957 63 ces universités.La question est devenue d\u2019intérêt national, et le gouvernement central se doit d\u2019intervenir.Comment ce dernier pourra-t-il résister à de telles pressions, alors que lui-même s\u2019est servi de pareils arguments pour légitimer son intervention dans le secteur universitaire ?3.Monopole des grandes sources de revenu.\u2014 Il pourra d\u2019autant moins y résister qu\u2019il est au Canada le seul gouvernement qui ait des revenus dépassant largement ses besoins et qui soit toujours prêt à financer toutes sortes de projets, même ceux qui relèvent de la compétence des autres gouvernements.Parlant de la crise financière de l\u2019enseignement, un député a fait observer, avec combien de raison : « Toute cette situation est inéluctablement et irrémédiablement liée aux relations entre le fédéral et les provinces.» (Débats, 1957, p.440.) Un autre accuse carrément Ottawa d\u2019avoir lui-même créé cette situation par son excessive centralisation, par son accaparement des revenus provinciaux, et il suggère au gouvernement fédéral de reconnaître clairement ses responsabilités « en remettant aujourd\u2019hui de plein gré aux provinces, mettons 200 millions, pour fins d\u2019enseignement ».Et d\u2019ajouter: Je déplore que la situation soit telle que le trésor fédéral ait tout l\u2019argent et que les trésoreries provinciales ne soient pas capables de s\u2019acquitter de leurs obligations.Il serait plus simple que ces gouvernements en soient capables, car alors ces gouvernements, qui sont responsables au même électorat, verraient à remplir leurs obligations.Les gouvernements provinciaux savent aussi bien que le gouvernement fédéral quels sont les besoins à tous les paliers de l\u2019enseignement.Mais, encore une fois, ils n\u2019ont pas les moyens d\u2019y satisfaire.{Débats, 1957, pp.629-630.) De son côté, la Chambre de Commerce du Canada, dans son récent mémoire aux autorités fédérales, demande qu\u2019Ottawa diminue ses dépenses, tienne compte « de l\u2019augmentation inévitable des charges provinciales et municipales » et reconnaisse par sa politique fiscale que « les dépenses supplémentaires les plus urgentes relèvent de la compétence provinciale et municipale ».Mais toutes ces critiques et suggestions se heurtent à un refus obstiné d\u2019abandonner la politique centralisatrice et impérialiste que le gouvernement fédéral poursuit depuis une quinzaine d\u2019années.Armé de son énorme majorité, il continue à se réserver les sources les plus productives de revenu, et à offrir des subventions à tous ceux (gouvernements, institutions, individus) qui sont prêts à reconnaître son empire fiscal.Or, il ne sert à rien de nous leurrer: tant que cet empire subsistera, avec sa puissance et sa richesse d\u2019aujourd\u2019hui, les provinces devront se contenter du rôle de colonies de la couronne, et les subventions fédérales continueront à s\u2019imposer comme le seul remède efficace aux besoins financiers de toutes les institutions du pays.Il n\u2019y a pas d\u2019autre alternative: ou briser cet empire fiscal et revenir à une saine politique fédéraliste et démocratique, ou subir les subventions fédérales à tous les degrés de l\u2019enseignement et dans bien d\u2019autres domaines encore.VUE SURRÉALISTE DE NOTRE HISTOIRE SOCIALE Jacques COUSINEAU, S.J.À PRÈS avoir étudié la méthode de travail dont se sert A Pierre Elliott Trudeau dans le chapitre préliminaire de la Grève de l'amiante (voir Relations, févr.1957, p.37), il importe d\u2019examiner la valeur de l\u2019histoire sociale qu\u2019il nous présente.PORTÉE DE L\u2019AFFIRMATION Car si T.disait vrai, les conséquences seraient profondes et de^ longue portée, au point de vue de la doctrine sociale de l\u2019Église.Si T.disait vrai, « la pensée sociale officielle de l\u2019Église enseignante, c\u2019est-à-dire de notre épiscopat » (p.62), aurait induit le peuple canadien-français dans des erreurs graves, puisque « l\u2019irréalisme de notre pensée sociale catholique correspondait parfaitement à l\u2019irréalisme de notre pensée nationaliste, dont d\u2019ailleurs elle n\u2019était qu\u2019un prédicat » (p.61), et puisque « nos penseurs officiels » (dont il est évident, par les citations, le contexte et la réalité, que nos évêques font partie), « nos théoriciens ne dégagèrent de l\u2019enseignement social des papes que les formules qui pouvaient ennoblir d\u2019un prestige d\u2019emprunt nos préjugés de groupe » et donnèrent dans « cette exploitation de l\u2019autorité papale pour le compte du nationalisme » (p.20).Or, « les évêques sont les interprètes autorisés de la doctrine sociale de l\u2019Église auprès des fidèles confiés à leurs soins » (Lettre pastorale collective sur le Problème ouvrier, 1950, n.4).Ainsi donc, d\u2019après T., dans un domaine qui relève de leur compétence de pasteurs, sur le plan non disciplinaire, mais doctrinal, puisqu\u2019il s\u2019agit de pensée, les évêques du Canada français se seraient trompés et nous auraient mal guidés depuis plus de cinquante ans.Malgré l\u2019absence chez T.du « dessein de juger quiconque » et nonobstant son témoignage sur la « droiture » d\u2019intentions des théoriciens sociaux (p.13), il n\u2019en reste pas moins que jamais une accusation aussi grave n\u2019a été portée contre l\u2019autorité spirituelle en notre pays au xxe siècle.A cette occasion, je soumets aux théologiens et aux canonistes le problème suivant: à quel degré l\u2019errement doctrinal en matière sociale, grave et durant un demi-siècle, commis par l\u2019ensemble des évêques d\u2019un pays, est-il compatible avec l\u2019infaillibilité de l\u2019Église et l\u2019inspiration du Saint-Esprit?Mais j\u2019en viens aux faits.VÉRIFICATION DES FAITS Trudeau _ dit-il vrai lorsqu\u2019il raille «notre» doctrine sociale de l\u2019Église?Vérifions d\u2019abord quelques affirmations, choisies non au hasard, mais aux trois plans suivants: celui de l\u2019enseignement épiscopal, que je dois défendre comme apôtre social, celui du syndicalisme dit catholique, que, 64 RELATIONS pour y avoir dévoué la majeure partie de ma vie d\u2019homme, je crois connaître, celui de l\u2019Institut social populaire, dont je suis depuis presque toujours.La nécessité de faire court m\u2019oblige à les réduire en nombre.Premièrement: En 1891, les évêques du Québec firent circuler l\u2019encyclique Rerum novarum.Mais dans l\u2019archidiocèse de Montréal, pourtant la région la plus industrialisée de la province, on n\u2019en entendit aucun écho officiel pendant douze ans.Les documents épiscopaux traitèrent à plusieurs reprises d\u2019agriculture, de colonisation, de franc-maçonnerie; une fois ils parlèrent du travail dominical, pour l\u2019autoriser dans les beurreries et fromageries.Mais il fallut attendre le mois d\u2019avril 1903 pour voir aborder de front la question ouvrière.(P.63.) En lisant ce texte de lourde portée, vous concluez à bon droit, comme tous ceux à qui je l\u2019ai présenté, qu\u2019à Montréal un obstacle humain s\u2019est dressé pour empêcher par attachement « rétrograde » (p.61) la diffusion de cette doctrine « élucidée par certains papes particulièrement attentifs aux bouleversements des sociétés modernes » (p.19).Rassurez-vous: dès le 8 juin 1891, Mgr Fabre écrivait au clergé de son diocèse: Avec la présente circulaire, vous recevrez le texte de la récente encyclique de Notre Très Saint Père le Pape sur « la condition des ouvriers ».Je n\u2019ai pas besoin d\u2019insister sur la gravité de ce document, dont l\u2019importance n\u2019échappe à aucun de ceux qui se préoccupent de la grande question sociale du jour: la question ouvrière.(Mandements, Lettres pastorales.de Montréal, X (1893), p.747.) Trudeau ignore le fait, bien que la table des matières le mentionne.Deuxièmement : En 1909, le concile plénier des évêques canadiens condamna le principe de la neutralité religieuse dans les « sociétés économiques ».Mais dans le diocèse de Montréal, la question ouvrière semblait de nouveau rentrée dans l\u2019ombre.On relève la participation de l\u2019évêque à la Fête du travail, on remarque son attention au problème des arbres fruitiers et des coopératives agricoles (1913), mais guère plus.(P.63.) Or, l\u2019histoire révèle que la période de 1909 à 1915 fut une des plus actives.Pour faire suite à ses deux congrès, régional de 1909 et général de 1910, la Fédération générale des Ligues du Sacré-Cœur organise en janvier 1911 un congrès interdiocésain sous le patronage de MgrjBruchési en vue d\u2019étudier précisément la question de l\u2019organisation ouvrière au Québec.L\u2019École sociale populaire devait en sortir avec M.l\u2019abbé Philippe Perrier comme président et M.Arthur Saint-Pierre comme secrétaire; Mgr Bruchési en approuvait la constitution et le programme le 11 avril, lui écrivait une lettre de recommandation le 22 mai et clôturait par un brillant discours au Monument national (12 novembre) la séance d\u2019inauguration qui préludait à tant d\u2019activités sociales (voir E.S.P., nn.1-41).Trudeau ignore tous ces faits.Troisièmement: Il est à noter, du reste, que pendant une dizaine d\u2019années, ce thème (mise en garde contre le communisme et le socialisme) reviendra sans cesse comme sujet de sermon, imposé par Mgr Gauthier aux prêtres de son diocèse.(P.64.) Le dépouillement minutieux des sources authentiques permet d\u2019affirmer qu\u2019au cours des vingt ans (1921-1940) de l\u2019administration de Mgr Gauthier, la liste officielle des vingt sermons annuels imposés mentionne deux fois (1929, 1935) l\u2019ordre social et trois fois (1923, 1932, 1937) le vol ou VIIe commandement, sujets dont une partie (un tiers environ) traitera du socialisme et du communisme.Que voilà un « sans cesse » qui cesse souvent! MARS 1957 Mais peut-être que ces oublis et exagérations s\u2019expliquent par le fait qu\u2019en s\u2019attaquant à une matière épiscopale la main de notre jeune « iconoclaste » tremble et ses yeux se troublent.Sans doute saura-t-il mieux parler du syndicalisme.Quatrièmement : .au moment de la grève de l\u2019amiante, les syndicats catholiques avaient passablement perdu de leur allure et de leurs tactiques clérico-nationalistes.Notamment, depuis le congrès de Granby en 1943, l\u2019aumônier n\u2019avait plus son droit de veto sur toute résolution « qui, d\u2019après son jugement, mettait en cause la morale catholique ou les enseignements de l\u2019Église ou ses directions ».On avait aussi déjà commencé à admettre les non-catholiques dans la C.T.C.C.comme membres associés, mais sans accès aux postes d\u2019officiers.Enfin, ce vestige de discrimination religieuse finit par s\u2019effacer.(P.82.) Il paraît difficile d\u2019accumuler plus d\u2019erreurs manifestes en moins de mots et de prouver ainsi une incompréhension aussi profonde du mouvement syndical dont on raconte un épisode marquant, a) C\u2019est précisément à propos d\u2019une résolution du congrès même de Granby et après lui que, pour la seule fois de toute l\u2019histoire de la C.T.C.C., s\u2019est exercé (virtuellement mais réellement) le droit de veto de l\u2019aumônier général, b) L\u2019admission des non-catholiques avait commencé au moins dix ans avant 1943.c) Le vestige (dont parle T.) n\u2019était pas effacé en 1949 et n\u2019est pas effacé en 1957, puisque le droit de veto subsiste et les syndicats exclusivement composés de catholiques aussi.Notre historien devrait lire les statuts de la C.T.C.C.et de ses syndicats avant d\u2019en écrire.Il convient de terminer ce contrôle des faits dans l\u2019ordre, c\u2019est-à-dire par « l\u2019arrière-garde ».Cinquièmement: Des Jésuites notamment se tinrent résolument à l\u2019arrière-garde.A la fin de 1942, Mgr Charbonneau avait nommé un comité pour réétudier la question du C.C.F., en regard de la docjrine catholique; mais grâce aux menées des prêtres de l\u2019École sociale populaire, le comité ne put étudier la question qu\u2019en regard de la survivance et conclut que le C.C.F.était incompatible avec la doctrine nationaliste! Ce sabotage théologal était destiné à laisser la voie politique libre pour le Bloc populaire.(P.66.) A propos de ce comité qui fait l\u2019objet de spéculations fantaisistes, il importe de savoir que: a) ce comité n\u2019a jamais été officiellement constitué par l\u2019autorité en question; b) les membres déterminés dont il aurait été composé n\u2019ont jamais été nommés par la même autorité; c) il ne faut pas confondre une réunion de caractère privé qui eut lieu à cette époque entre un laïc et trois Pères avec ce comité qui comme tel est une pure invention: il n\u2019a donc fait aucun rapport ni tiré aucune conclusion.Quoi qu\u2019il en soit, un auteur sérieux qui porte ainsi une accusation de sabotage (théologal est mis là pour corser l\u2019affaire) et monte un procès d\u2019intentions se doit d\u2019apporter ses preuves, sans quoi on le classera dans le journalisme à sensation.EXAMEN DE LA MANIÈRE De fait, la manière propre à T.de raconter les faits procède à la façon suggestive d\u2019un journaliste.C\u2019est une peinture à la moderne, qui a dépassé l\u2019impressionnisme.Peu de développements historiques, rien que des touches et retouches.Tout est juxtaposition d\u2019affirmations et de négations; même les insinuations \u2014 qui abondent \u2014 procèdent par contrastes.D\u2019où la vie et l\u2019intérêt général de ces pages auxquelles chacun se laisse prendre.D\u2019où cependant le danger du procédé: combien de faussetés et de demi-vérités se glissent ici dans le texte! Elles sont légion; je signale: la marche im- 65 placable du mouvement ouvrier (p.83), l\u2019insémination artificielle du syndicalisme catholique (p.31), la relation entre la C.T.C.C.et la pensée officielle (p.84), l\u2019insuccès de nos mouvements syndical (pp.84-86, 89) et coopératif (pp.30-31) et son explication, le refus des allocations familiales (p.22), les relations entre l\u2019I.S.P., les Semaines sociales et l\u2019Action nationale (pp.41 ss., 60-61), la futilité de l\u2019effort vers l\u2019organisation corporative (pp.35-37), l\u2019opposition I.S.P.\u2014 Faculté des Sciences sociales de Laval (pp.30-31), et le reste.Arrêtons-nous sur trois points.à) A en croire T.« il n\u2019y eut guère.de coopératisme » (p.89) dans notre province.D\u2019après les statistiques générales compilées par le Conseil de la Coopération et présentées au dernier Congrès général des Coopératives tenu en octobre 1956, le mouvement coopératif du Québec comprend 2,418 coopératives avec 1,519,556 membres, possède $546,231,347 comme actif total et fait un chiffre annuel d\u2019affaires de $228,380,795 (sans compter les activités des caisses populaires, dont l\u2019actif se chiffre à $402,000,000).Ces résultats nous mettent à l\u2019avant-garde du mouvement en Amérique et attestent sans doute (!) notre « culte de la responsabilité démocratique et de la propriété collective » que « cette institution présuppose », selon T.(p.30).Du moins dans les campagnes, car l\u2019échec des coopératives de consommation dans les centres urbains est un fait.Mais au lieu de se demander si les causes ne seraient pas nord-américaines et d\u2019enquêter auprès des promoteurs, syndicaux notamment, de ce genre de coopérative aux États-Unis, qui lui auraient expliqué la genèse de leur insuccès, comme ils l\u2019ont fait pour moi, T.préfère accuser « le nationalisme de notre pensée officielle » (pp.89 et 30).b)\tS\u2019il y a une réforme sociale qui incontestablement résulte d\u2019une campagne menée au Canada français par des personnalités et des institutions apparentées ou liées à « notre doctrine sociale de l\u2019Église » : Henri Bourassa et le Devoir, le P.Léon Lebel, S.J., et l\u2019U.C.C., l\u2019I.S.P.et la C.T.C.C., c\u2019est bien celle des allocations familiales, et donc indirectement la loi de 1944.Et pourtant, à lire un paragraphe de T.(p.22), avec ses allusions, oppositions et insinuations, on retire l\u2019impression que c\u2019est un George Drew quelconque qui a imposé ces octrois aux Canadiens français catholiques.c)\tL\u2019institution la plus défigurée, n\u2019est-ce pas le syndicalisme catholique lui-même?La courbe de ses effectifs est altérée (T.les porte à 45,000 en 1921, au lieu de 26,000, chiffre provenant des meilleures sources, pour mieux parler de diminution rapide).Son influence sur la législation est réduite à un faux minimum, mais son indépendance à l\u2019égard de « toute notre pensée officielle » (p.86) affirmée avec assurance et sans preuve; depuis longtemps, la solide thèse de Jean-Réal Cardin, l'Influence du syndicalisme national catholique sur le droit syndical québécois (Faculté des Sciences sociales, Université de Montréal, 1948), a rendu justice à la C.T.C.C.là-dessus.Sur l\u2019initiative de la C.T.C.C.dans les cartels contre les lois d\u2019oppression et sur le dynamisme de son éducation syndicale, aucun mot.Comment, dès lors, expliquer que ce syndicalisme soit devenu, dès 1950, au témoignage d\u2019Eugène Forsey, « l\u2019avant-garde du mouvement ouvrier dans la province » ?T.trouve la réponse que voici, la meilleure à tirer des prémisses posées: « on serait presque tenté de dire que ce résultat fut un sous-produit du hasard » (p.31).Défaite de cette histoire! T.a soulevé beaucoup de problèmes, mais il n\u2019en a résolu aucun; il a agité beaucoup d\u2019idées, mais en a-t-il clarifié une ?Il a touché à tout, sans rien établir.Après avoir relevé dans son texte des faussetés formelles, majeures et mineures, une déformation systématique des faits, des escamotages à pleines pages et surtout une méthode primitive de travail, je dois en conscience affirmer que son exposé n\u2019a aucune valeur historique et que cette histoire de notre pensée sociale est à reprendre à pied d\u2019œuvre, sérieusement et d\u2019après une méthode scientifique.DE QUEL GENRE S\u2019AGIT-IL?D\u2019ailleurs, Pierre Elliott Trudeau tomberait d\u2019accord là-dessus.Si vous le rencontriez et vous enquériez de ses intentions, il vous répondrait: « Je n\u2019ai aucune prétention à l\u2019objectivité.Je n\u2019ai jamais voulu écrire une histoire.Prophétisme serait le mot le plus approprié au genre que j\u2019ai choisi.» Mais alors, il y a moins à comprendre que jamais.Sans aucun doute, chacun a droit de choisir le genre littéraire de ses écrits.Les Grands Cimetières sous la lune, de Bernanos, les Pamphlets de Valdombre ou les Propos de Frère Genièvre sont des genres admissibles et expriment leur vérité.Mais chaque genre a des règles et des traits propres auxquels les exégètes les reconnaissent, et personne n\u2019a le droit de donner le change.La poésie n\u2019a que faire des références, mais l\u2019histoire s\u2019en nourrit.Si je lis un écrit comme celui de T., où il y a 131 références au bas des pages, où l\u2019auteur prétend suivre le développement d\u2019une pensée, décrire des institutions et démontrer une conviction à même les faits, je suis en droit de conclure que j\u2019ai affaire à un écrit historique soumis à des règles, qui peuvent varier avec les siècles, mais qui sont convenues entre hommes, surtout entre hommes de science.Quand cet écrit s\u2019insère dans un ensemble d\u2019autres auquels il introduit, j\u2019ai encore plus le droit de conclure qu\u2019il se soumet aux mêmes règles, à moins de signe ou d\u2019avis formel.Or, les autres travaux sont authentiquement historiques; ils constituent même une « recherche sociale » sur un événement historique, et leurs auteurs ont bénéficié de bourses ou de fonds à cette fin.Aussi je considérerais comme de la fausse représentation un essai qui, dans ce contexte, ne relèverait pas de la critique historique.D\u2019ailleurs, les lecteurs ont pris le chapitre de T.pour de l\u2019histoire, même s\u2019ils n\u2019en ont pas tous fait un éloge aussi naïf ou dithyrambique que certains, plus avertis sur d\u2019autres sujets.Le dilemme s\u2019impose.Ou bien l\u2019exposé de T.appartient au genre historique ou à un autre.S\u2019il est historique, son insuccès comme tel est total; s\u2019il est plutôt un essai prophétique, polémique ou satirique, son auteur nous a induits en erreur par son appareil extérieur, son langage de démonstrateur et la place qu\u2019il a choisie dans le groupe des chercheurs.Dans les deux cas, son œuvre ne mérite pas considération, mais exige plutôt mise en garde.CONCLUSION Cette vue de notre passé social est fausse, d\u2019abord parce qu\u2019incomplète.T.nous a d\u2019ailleurs prévenus qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à faire ressortir de la pensée nationaliste ces éléments surtout qui encombrent maintenant le présent et nuisent à une action droite et libre (p.13) ; mais puisque, posant un jugement de valeur sur le passé, il accuse les nationalistes d\u2019avoir formulé une pensée sociale impossible à réaliser et qui à toutes fins pratiques laissait le peuple sans direction intellectuelle efficace (p.14), c\u2019est tout le passé qu\u2019il aurait dû examiner.Il ne l\u2019a pas fait.Cette vue est encore fausse, parce que déformée par des préjugés doctrinaux.Son jugement de valeur, il le pose d\u2019après des normes bien connues, qui sont le programme de la C.C.F., de l\u2019actuel P.S.D., projeté dans l\u2019avenir par un idéaliste rigide et passionné.Plusieurs passages révèlent que toute doctrine, initiative, politique ou réalisation du passé qui 66 RELATIONS va à l\u2019encontre du programme est condamné.Autrefois, l\u2019histoire a connu des émigrés de l\u2019intérieur, qui vivaient dans le passé; T.est un émigré dans l\u2019avenir, un visionnaire qui examine le passé non en regard de la doctrine sociale de l\u2019Église, mais du paradis futur déjà construit dans sa tête.Qui s\u2019étonnera que sa vue de notre histoire sociale soit déformée ?C\u2019est une vue surréaliste.Comme telle, elle exprime l\u2019A.plus que la vérité des choses.Il nous y apparaît comme un adolescent de talent qui n\u2019a pas surmonté son complexe d\u2019opposition, qui ne pose pas le passé en termes objectifs et ne s\u2019est pas encore mis à construire positivement à partir de la réalité, qui enfin nuit à la tâche personnelle durable qu\u2019il s\u2019est fixée, semble-t-il: l\u2019éducation politique des masses au Québec.Le Rassemblement paraît une excellente initiative à longue portée; comment rassembler ceux dont on déprécie l\u2019effort de pensée et d\u2019action?Le Parti social démocratique offre un programme dynamique aux libres options politiques; comment l\u2019ignorance du passé et de ses contingences peut-elle aboutir à du positif durable ?On ne bâtit que sur la vérité et sur l\u2019amour, la vérité des faits et l\u2019amour des hommes.Or, je regrette de conclure que, si un sens quelque peu abstrait mais authentique de la justice sociale s\u2019y manifeste, de même qu\u2019en filigrane beaucoup d\u2019idées généreuses, qui ne sont pas en cause ici, l\u2019exposé de T.manque de sympathie pour la réalité de chez nous, hommes et institutions, ce qui amène l\u2019incompréhension et explique l\u2019ignorance; un partisan de la réforme sociale doit d\u2019autant plus être réaliste dans sa méthode d\u2019observation et d\u2019action qu\u2019il tient à réussir, car l\u2019esprit ne transforme la matière sociale que si celle-ci est saisie telle qu\u2019elle est: autrement, le levain tombe à côté de la pâte et se perd.Il faudrait ajouter que l\u2019acidité générale du ton, l\u2019ironie mordante des commentaires et la charge amère des descriptions enlèvent à l\u2019histoire sociale de T.la saveur d\u2019humanité, le « lait de l\u2019humaine tendresse », l\u2019intelligence de ce qu\u2019il y a dans l\u2019homme.L\u2019indignation impitoyable d\u2019un Bloy ou d\u2019un Bernanos se révèle combien plus humaine ! Plus chrétienne aussi.Comment ne pas ajouter en terminant que le sens de l\u2019Église et de son action dans le temporel est ce qui manque le plus à cette histoire! Puisque Pierre Elliott Trudeau aime à opposer les Jésuites de France à ceux d\u2019ici, il devrait lire ce que le P.Daniélou a écrit sur la théologie de l\u2019histoire, sur la sainteté et l\u2019action temporelle, le P.de Montcheuil sur le spirituel et le temporel, et le P.de Lubac sur le mystère de l\u2019Église; sa vision du monde, se dégageant de ses complexes cérébraux et sentimentaux, serait plus lucide, son œuvre plus vraie et plus bienfaisante.SPIRITUALITÉ LES CENDRES Luigi d'APOLLONIA, S.J.COMME la liturgie catholique a le goût du réel! Elle introduit au divin par les choses les plus usuelles et les mots de tous les jours.Aucun ésotérisme, archaïsme ou énigme.Si, parfois, elle peut paraître à certains un mystère caché, c\u2019est en raison même de la très pure simplicité de ses rites.* La philosophie dit de l\u2019homme qu\u2019il est un être contingent, fait d\u2019acte et de puissance.Même quand on explique bravement qu\u2019un être contingent, fait d\u2019acte et de puissance, ne trouve pas en lui-même sa raison nécessaire, l\u2019explication n\u2019est pas suffisante pour empêcher le commun des mortels de dormir en paix.Ni, hélas! la théologie qui dit de l\u2019homme qu\u2019il est moins qu\u2019une créature, un pécheur, et que sa rédemption implique une nouvelle création plus admirable encore que la première.Quant à la mystique qui dit de Dieu qu\u2019il est, et de l\u2019homme qu\u2019il n\u2019est pas, c\u2019est là un langage heurté, passionné, exagéré, qui, se butant à l\u2019obstacle des mots, cherche à exprimer, par la contradiction, le vertige de l\u2019abîme divin et l\u2019éclat d\u2019une lumière tellement intense qu\u2019elle est ténèbre à nos yeux.Mais quand l\u2019Église, le jour des Cendres, nous dit: « Sou-viens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière », voilà qui est clair, même en latin.Et au cas où il s\u2019en trouverait pour ne pas comprendre le latin, l\u2019Église joint le geste à la parole, alors que chacun s\u2019avance pour être averti, par une croix de cendre au front, qu\u2019il n\u2019est que poussière.La liturgie insiste: « Souviens-toi: tu es poussière et tu retourneras en poussière.» C\u2019est ce qui s\u2019appelle se faire dire ses quatre vérités.En pleine église.Devant tout le monde.À la table même de communion.Dans une cérémonie.Chacun son tour.En commençant par l\u2019officiant.C\u2019est ainsi que l\u2019Église nous invite tous à la méditation de notre insignifiance.Ce langage concret vient en droite ligne de la Bible, où l\u2019on voit Dieu et l\u2019homme se parler, se répondre et, osons-le dire, s\u2019aimer à travers le monde sensible.C\u2019est que la création entière est à la fois être et signe.Toute chose est vraie et bonne, et toute chose a quelque chose de merveilleux à nous dire de Dieu: le matin, la nuit, le vent, la cadence des saisons, la lumière durable des étoiles, la parure éphémère des fleurs.Il y a une théologie des éléments comme il y a une théologie des événements.Sans doute, faut-il plus que le sens poétique ou qu\u2019une méthode historique pour comprendre: il faut la lumière de la foi.La vision biblique de la nature, comme la vision biblique de l\u2019histoire, ne saurait se réduire à une démarche de la pure raison humaine.Certains événements sont uniques, ceux que les psaumes appellent les magnolia, les mirabilia Dei; leur ensemble compose l\u2019histoire du salut, c\u2019est-à-dire l\u2019histoire sainte que continue l\u2019histoire de l\u2019Église.De même certains éléments sont uniques: l\u2019eau, le pain, le vin, l\u2019huile, élevés par la parole du Christ à la dignité de sacrements, signes efficaces de la grâce.Sans être uniques en ce sens, d\u2019autres éléments sont, cependant, privilégiés: l\u2019eau et l\u2019huile encore, le feu, les parfums, le sel, élevés par l\u2019Église à la dignité de sacramentaux.La poussière est un de ces éléments usuels, banals, familiers, mais privilégiés.* Nous retrouvons ce mot de poussière aux toutes premières pages de la Bible.Dieu dit à Adam après la faute: « .jusqu\u2019à ce que tu retournes dans la terre d\u2019où tu as été pris.Car tu es poussière et tu retourneras en poussière.» La poussière est naturellement le signe de la mort : tiré de la poussière, l\u2019homme retourne à la poussière.Job (x, 9) se lamentera au Seigneur: « Tu m\u2019as pétri comme l\u2019argile, et tu me ramèneras à la poussière.» « Bientôt, dit-il (vu, 21), je dormirai dans la poussière.» L\u2019incantation de la poésie ne distrait pas, ici, de la réalité, comme ces vers de Paul Valéry: MARS 1957 67 Ils ont fondu dans une absence épaisse, L\u2019argile rouge a bu la blanche espèce, Le don de vivre a passé dans les fleurs! Car la poésie biblique raccorde à la réalité.C\u2019est pourquoi elle survit, sans effort, à toute traduction.Elle ne vit pas de l\u2019alliance du son et du sens, mais de l\u2019harmonie du visible et de l\u2019invisible.C\u2019est la chose elle-même, créée par la Parole, qui est parole à son tour et qui signifie.C\u2019est la poussière qui est le mot originel, primitif et permanent pour la mort, partant pour le deuil, l\u2019affliction et la pénitence.Dans leurs cérémonies expiatoires, les Juifs se couvraient la tête de cendre.La liturgie catholique a recueilli ce symbolisme; de la poussière, elle fait le sacramental de la mort.Poussière! Ce langage direct par les choses blesse nos sensibilités modernes.Nous sommes raffinés.S\u2019il faut nous parler de la mort, qu\u2019on y mette au moins des formes.Comme les entrepreneurs de pompes funèbres, par exemple, qui maquillent la mort et reverdissent d\u2019herbe artificielle la descente à la terre.L\u2019anglais a même peur du mot coffin; il dit casket.Adam cherche toujours à cacher sa nudité.Notre civilisation, qui s\u2019enorgueillit d\u2019avoir prolongé la vie, a inventé de supprimer la mort.Je veux dire la mort consciente.Des médecins font campagne pour l\u2019euthanasie.Si les chrétiens ne vont pas jusqu\u2019à ce paganisme, n\u2019est-il pas vrai que, pour beaucoup, on fait une belle mort dans la mesure où l\u2019on ne sait pas qu\u2019on meurt ?Il faut ne rien dire au malade, retarder l\u2019extrême-onction.Cela pourrait le décourager de vivre, lui porter.le coup de mort.N\u2019exagérons rien: bien des chrétiens savent sanctifier l\u2019humiliation de la mort.Mais écoutez ces pauvres gens: faire une belle mort, c\u2019est mourir à l\u2019improviste et par surprise; c\u2019est, au moins, mourir subrepticement et sans le savoir.Quoi qu\u2019il en soit, ni les fards ni les fleurs, ni le bronze ni le porphyre, ni les mausolées ni les monuments, ni les pyramides du désert ni les cryptes des cathédrales ne peuvent empêcher les corps de se confondre avec la poussière.La vérité va même plus loin.Non seulement nous retournerons en poussière, mais, précise l\u2019Église, nous sommes poussière: « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière.» La poussière n\u2019est donc pas seulement le signe de la mort à venir.Elle exprime, en nous, un principe de défaillance, une puissance de décomposition, une tendance actuelle à redevenir cette poussière d\u2019où nous sommes tirés.Nous sommes vivants, mais la mort nous habite déjà.« Souviens-toi: tu es poussière.» Telle est l\u2019humilité de la condition humaine.La vie et la mort ne sont pas compartimentées.Elles se côtoient.Entre l\u2019une et l\u2019autre existent de secrets échanges ou de secrets antagonismes.Tout changement, en nous, est à la fois vie et mort.Comme la création n\u2019est pas une chose faite une fois pour toutes, d\u2019un coup achevée, puis conservée telle, mais une chose continue, en train de se faire, tous les jours, avec chaque matin qui se lève; ainsi en est-il de la mort.Celle-ci est autour de nous et en nous; nous en vivons, en quelque sorte; elle est de moitié dans nos actes; elle n\u2019est pas un événement qui frappe, une seule fois, sans regard; elle a lieu continuellement et imperceptiblement; elle griffe le front, alourdit le pas, voûte les épaules, et profite de la moindre imprudence pour achever, un jour (ou une nuit), son œuvre, un instant retardée.Le temps qui construit et mûrit est le même temps qui défait et vieillit.Non seulement tu retourneras en poussière, mais tu es poussière.Il s\u2019agit de chacun de nous, bien entendu.Souviens-toi.* Adam s\u2019attira sur lui-même et sur toute sa famille la malédiction de la mort parce qu\u2019il s\u2019était cru un personnage et avait voulu faire le dieu.Le diable (du grec qui signifie menteur) réussissait son premier mensonge.Il le répète depuis et cherche à gonfler l\u2019homme de son importance, lui faire accroire qu\u2019il est le centre de tout, et soi-même par soi-même.La cérémonie des Cendres nous ramène au bon sens.Aussi la liturgie appelle-t-elle la poussière « un remède salutaire », et demande à Dieu de daigner bénir dans sa miséricorde « ces cendres que nous voulons recevoir sur nos têtes en signe d\u2019humilité et pour mériter le pardon, afin que, reconnaissant que nous ne sommes que cendres ».Cette cendre sur nos têtes est le signe de notre création.Elle nous dit que nous sommes et que nous ne sommes pas.Elle exprime cette part en nous qui participe au néant.Elle révèle notre insignifiance, hors de notre relation à Dieu.L\u2019Église veut nous épargner l\u2019illusion de nous croire importants.Mieux vaut nous en rendre compte avant la mort.Après, tout est joué.Souviens-toi.AU THÉÂTRE d'AUTEUIL, S.J.L\u2019AVENTURE Georges-Henri IL S\u2019AGIT, en effet, d\u2019aventure dans les trois pièces qu\u2019il m\u2019a été donné d\u2019applaudir, le mois dernier.L\u2019aventure qui nous conduit jusqu\u2019à la conquête d\u2019un monde, avec le Livre de Christophe Colomb, de Claudel; l\u2019aventure qui veut nous faire fuir les mesquineries du monde, dans The Glass Menagerie, de Tennessee Williams; l\u2019aventure des intrigues amoureuses et politiques du monde, avec les Trois Mousquetaires, d\u2019après le célèbre roman d\u2019Alexandre Dumas.Trois aventures \u2014 symboles, souvent, de nos plus secrets désirs \u2014 qu\u2019ont dramatisées, pour notre plaisir, la troupe Barrault, au Saint-Denis, le T.N.M.anglais, au Gesù, le Théâtre-Club, au Monument national.* Il y a déjà quelque temps que la troupe Barrault nous a quittés, après une courte et brillante saison.Toutefois, elle a laissé, je crois, chez tous ceux qui l\u2019ont admirée dans l\u2019un ou l\u2019autre de ses spectacles, un vif souvenir.Celui que je garde du Christophe Colomb de Claudel restera, dans ma mémoire, comme un beau moment d\u2019exaltation dramatique.En fait, tout est grandiose dans cette pièce: le sujet, la poésie de la langue, l\u2019originale somptuosité des moyens scéniques, la ferveur enthousiaste du jeu des acteurs, unie pourtant à une précision parfaite du mouvement.Voilà du très beau travail de Barrault, metteur en scène et interprète du rôle titre, travail qui classe un comédien.Sans doute, pour représenter le Christophe Colomb de nos rêves, nous aurions désiré une voix plus puissante, la voix qui peut dominer les tempêtes, et une stature qui en impose à la mutinerie; Barrault avait peut-être mieux que cela: la voix et la taille d\u2019un homme, d\u2019un homme comme vous et moi, mais qui, par sa foi et son énergie, domine et dompte tout.68 RELATIONS En effet, le Livre de Christophe Colomb, c\u2019est l\u2019histoire, projetée sur la scène, d\u2019une grande foi, d\u2019une foi farouche et indomptable en l\u2019existence d\u2019un autre monde que la vieille Europe, d\u2019abord, mais qui s\u2019élève, ensuite, jusqu\u2019à la quête ardente, crucifiante aussi, de l\u2019Autre Monde, vraie destinée de tout homme.Donc, deux parties dans ce drame: l\u2019aventure terrestre qui raconte les projets audacieux, l\u2019opposition des timides et des prudents, la découverte, enfin, d\u2019une nouvelle terre; l\u2019aventure céleste, remplie, comme toute montée spirituelle, de misères, de luttes intérieures, d\u2019opprobres, d\u2019humiliations, de mépris, de mort.Sur le plan psychologique et moral, la progression d\u2019une partie à l\u2019autre est forte et émouvante; mais sur le plan de l\u2019intérêt dramatique, la seconde partie, plus spirituelle, plus intime, plus austère, paraît un peu faible en regard du mouvement endiablé, de l\u2019ardeur enthousiaste, surtout du triomphal finale de la première partie, qui, tel que réalisé par les comédiens de Barrault, produit dans la salle un magnétisme presque frénétique qui emporte les âmes et arrache les acclamations.Moment privilégié \u2014 très rare \u2014 de parfaite communion de sentiments entre les comédiens et le public.Il n\u2019est peut-être pas inutile de souligner ici que c\u2019est encore au contact de la grandeur, du dévouement, de la noblesse, de la foi que vibre plus intensément l\u2019homme, même l\u2019homme moderne.Il a soif d\u2019évasion par en haut; il a un besoin incoercible d\u2019admiration et de pureté, ce qui le change un peu des turpitudes de sa vie.Aussi il a reconnu un frère dans le Colomb de Claudel et de Barrault, et il l\u2019a aimé.* Moins admirable l\u2019aventure à laquelle nous convie Tennessee Williams dans The Glass Menagerie: aventure faite plutôt de lâcheté devant la vie rendue vraiment insupportable.Aventure qui devient un refuge peu glorieux et où ne résident sûrement pas le repos et le bonheur.C\u2019est souvent dans l\u2019acceptation courageuse de sa médiocrité qu\u2019on trouve la vraie joie, non dans la fuite.Mais ni maman Wingfield, ni sa fille Laura, timide et infirme, ni Tom, son fils, qu\u2019écrasent les responsabilités, n\u2019acceptent leur sort.Chacun s\u2019évade à sa façon: la mère, dans le souvenir d\u2019une jeunesse brillante; la fille, dans des bibelots de verre, aussi fragiles qu\u2019elle et son bonheur; le fils, dans la vie fictive et grisante du cinéma.Mais, voilà, ces départs vers le monde du rêve les ramènent toujours à leur triste et morne quotidien.Et la vie continue.Ces repliements sur des chimères sont plutôt malsains, même s\u2019ils marquent l\u2019attitude ordinaire de beaucoup d\u2019hommes et si les personnages de Williams attirent notre sympathie et notre pitié par leur sincère poursuite de pauvres désirs jamais satisfaits.Pour éviter l\u2019écueil du sordide dans l\u2019expression de tels sentiments, pour unir sans cesse le réel au rêve et justifier l\u2019un et l\u2019autre, Rupert Caplan, le directeur et metteur en scène, a su utiliser une petite équipe de comédiens intelligents et nuancés.Chacun des acteurs a fait corps avec son personnage et lui a donné une vie autonome puissante et si humaine.À retenir spécialement la très belle réalisation d\u2019Eileen Clifford dans le rôle d\u2019Amanda Wingfield, la mère.Interprétation d\u2019une variété de tons et de couleurs et d\u2019une intensité dramatique éclatantes.Toutefois, dans une conception de la pièce qu\u2019on a voulue poétique, le décor m\u2019a semblé trop réaliste.Heureusement que l\u2019éclairage a réussi à en alléger l\u2019atmosphère.* Avec les Trois Mousquetaires, le Théâtre-Club nous plonge dans les folles aventures des romans de cape et d\u2019épée, joie de l\u2019enfance.D\u2019abord, oserai-je l\u2019avouer, ni à quinze ans \u2014 comme Jacques Létoumeau \u2014 ni plus tard, je n\u2019ai jamais lu le fameux roman de Dumas.Mon auteur favori, en ce genre, a toujours été Paul Féval, qui, je l\u2019ai appris depuis, était bien supérieur à Dumas par le style et l\u2019affabulation romanesque.Je me suis donc rendu au Monument national avec des yeux neufs, sans préjugés, tout prêt « à retrouver un peu de mes quinze ans ».Ce que j\u2019ai trouvé, en premier lieu, c\u2019est la grande indigence de la langue de Dumas, une langue de petit boutiquier, sans aucun souci d\u2019art.Quelle différence, par exemple, avec le Cyrano de Rostand, aussi « panaché » certes, mais parlant un langage combien plus pittoresque et harmonieux! Même remarque sur la valeur psychologique des caractères.Ils sont, presque tous, bien peu compliqués, plutôt simplistes.On voit que l\u2019auteur les a créés seulement pour l\u2019action et non pour penser, s\u2019analyser minutieusement.Je mets à part Athos, que j\u2019appellerais le mousquetaire philosophe, si le mot ne jurait pas ici.C\u2019est le seul, parmi ses compagnons d\u2019armes, a être autre chose qu\u2019un bretteur.Il a aimé, il a souffert, il connaît un peu mieux le cœur humain \u2014 et se plaît à le montrer.Comme il fallait s\u2019y attendre, les personnages historiques, comme Louis XIII et Richelieu, sont caricaturés et représentent bien les préjugés de l\u2019époque sur l\u2019ancien régime, en France.Donc œuvre d\u2019art médiocre.Mais comme représentation dramatique, un pur enchantement ! Un spectacle éblouissant de couleurs, de mouvement, de jeunesse.Dans une dizaine de décors originaux et ingénieux qui changent comme par miracle sur un plateau tournant, une considérable équipe de comédiens, plus d\u2019une trentaine, a exécuté, sur un tempo endiablé, mais avec une précision parfaite et un soin minutieux du détail, la mise en scène compliquée voulue par le sujet et imaginée par Jacques Létourneau.Avec une aisance consommée, on avait l\u2019air de se jouer des difficultés.Les évolutions de groupes, si nombreuses dans cette pièce et ordinairement le cauchemar des metteurs en scène, paraissaient tout à fait normales et faciles; je pense, par exemple, au grand duel des Mousquetaires avec la garde du cardinal: une vraie fresque de bataille à la Delacroix! On ne peut songer, bien sûr, à détailler les qualités de la distribution.Un coup de chapeau amical, cependant, pour le jeune Marcel Sabourin dans le rôle d\u2019Aramis, un des mousquetaires.Justement rentré d\u2019Europe, il est encore fougueux, mais plus assoupli, plus assuré.Pierre Boucher a campé un Richelieu fort intéressant qui nous fait désirer le revoir dans un rôle plus élaboré.Le Planchet de Guy L\u2019Écuyer a été très plaisant, son monologue du début surtout.Les principaux rôles féminins ont été confiés à Ginette Letondal (Anne d\u2019Autriche), Monique Lepage (Milady de Winter) et Monique Miller (Constance Bonacieux), trois artistes qui nous ont accoutumés à du travail propre, à un jeu senti et nuancé.Nous n\u2019avons pas été déçus.On pourra penser que les Trois Mousquetaires est une grande machine qui ne vaut pas tant d\u2019efforts.Sur le plan de l\u2019art, c\u2019est vrai.Mais pour consacrer un metteur en scène, pour assouplir le jeu d\u2019une troupe jeune et varier sa technique de la scène, cette pièce n\u2019a pas son pareil.Ça valait donc la peine de la jouer.MARS 1957 69 AVEC OU SANS COMMENTAIRES LE DEVOIR DES CHRÉTIENS EN MATIÈRE DE CIVISME t LE PAPE NOUS PARLE 27 novembre : Lettre à S.Ém.le cardinal Francis Spellman, archevêque de New-York, le nommant officiellement légat pontifical au IIe congrès eucharistique national des Philippines.\u2014 Allocution à ceux qui participèrent au IVe congrès international de V « Orthocide ».2 décembre: Radiomessage aux fidèles de VArgentine, à l'occasion de l'installation de la statue de la Madone des Émigrants dans l'église mariale internationale des émigrants à Buenos-Aires.\u2014 L\u2019Argentine, terre idéale d\u2019immigration; la Vierge, protectrice des émigrants.\u2014 Radiomessage au IIe congrès eucharistique national des Philippines tenu à Manille.\u2014 Fruits à retirer de la dévotion à l\u2019Eucharistie; ne pas demeurer neutre, ni « céder au mirage d\u2019un nationalisme égoïste et étroit, alors que la conscience même de l\u2019humanité est attaquée et dénaturée ».8 décembre: Allocution aux membres du Conseil de la Fédération internationale des hommes catholiques.\u2014 Votre tâche est belle et pressante: « Favoriser l\u2019harmonie entre le monde moderne et l\u2019Église, mettre avec une abnégation profonde (votre) travail au service du royaume de Dieu.» 11 décembre: Allocution aux membres de la Commission nationale de la Ligue italienne pour la lutte contre le bruit.\u2014 Maux causés par les bruits excessifs dans notre civilisation mécanisée; bienfaits du silence, « non seulement pour la santé, l\u2019équilibre nerveux et le travail intellectuel, mais.pour aider l\u2019homme à vivre en profondeur et en hauteur ».14 décembre : Message à la troisième Assemblée générale de la Fédération internationale de la Jeunesse catholique, réunie à Rome du 11 au 16 décembre.\u2014 L\u2019union fraternelle des jeunes aidera à la réconciliation des peuples.16 décembre: Radiomessage au IIe congrès eucharistique bolivarien, tenu à Caracas.\u2014 Rapports étroits entre l\u2019Eucharistie, la famille et le sacerdoce; appel en faveur de plus nombreuses vocations sacerdotales.23 décembre : Radiomessage de Noël au monde entier.\u2014 Sur l\u2019humanité du XXe siècle pèse le poids d\u2019une contradiction flagrante: « D\u2019une part, il y a cette confiance de l\u2019homme moderne, auteur et témoin de la seconde révolution technique, qui s\u2019attend à pouvoir créer un monde regorgeant de richesses, affranchi de la pauvreté et de l\u2019insécurité; de l\u2019autre, il y a l\u2019amère réalité des longues années de guerre et de ruines avec la peur qui en découle, une peur aggravée ces derniers mois de ne pas même réussir à fonder ne serait-ce qu\u2019un modeste début de concorde durable et de paix.» Cette contradiction est insoluble si l\u2019on persiste à laisser Dieu de côté.Aussi trois choses sont-elles indispensables à l\u2019homme: 1° reconnaître « la dignité de la nature humaine, mais aussi ses limites » ; 2° reconnaître « que le sens profond de la vie humaine ne repose pas sur des formules bien calculées et sur des lois, mais sur le libre fait du Créateur »; 3° se persuader que « lumière et vie ne seront vraiment en sa possession que le jour où il s\u2019attachera à la vérité comme à quelque chose d\u2019absolu ».31 décembre: Allocution aux membres d'un pèlerinage d'instituteurs catholiques de Bavière.\u2014 « L\u2019Église défendra jusqu\u2019au bout l\u2019école catholique et la formation des maîtres, afin d\u2019assurer l\u2019intégrité et le bien de la famille catholique », ce qui ne l\u2019empêche pas de reconnaître pleinement la nécessité pour l\u2019école de former de bons citoyens.Fin décembre: Lettre à l'occasion du congrès de l'Office catholique international du cinéma, à La Havane, du 4 au 11 janvier (par l'entremise de S.Exc.Mgr Dell\u2019Acqua).\u2014 Rôle des catholiques à l\u2019égard de la culture cinématographique; souhait que se multiplient, « dans les écoles comme dans les cercles de jeunes et d\u2019adultes », les groupements de culture cinématographique.L\u2019excellente Initiation civique, éditée par la Chronique sociale de France et dont les auteurs sont MM.les abbés Michel Chartier et Henri Vial et MM.Gilbert Blardone et Joseph Folliet, se termine par des réflexions très opportunes sur le devoir des chrétiens en matière de civisme.Bien qu\u2019elles visent avant tout la situation en France, nous ne les croyons pas moins applicables au Canada, et tout particulièrement à la province de Québec.IL SERAIT PUÉRIL de croire que la seule action des chrétiens peut guérir l\u2019incivisme français.Mais, du moins, les chrétiens peuvent-ils et doivent-ils jouer le rôle de ferment dans la masse de la pâte.Il serait naïf de croire qu\u2019il suffira, pour supprimer l\u2019incivisme français, d\u2019un simple moralisme, de considérations morales et de sermons.L\u2019incivisme a des causes objectives et institutionnelles.Il faut s\u2019y attaquer.Le devoir des chrétiens nous paraît donc triple: \u2014 sur le plan du témoignage; \u2014 sur le plan de la restauration politique et de l\u2019efficacité; \u2014 sur le plan de l\u2019éducation de l\u2019opinion publique.A.Sur le plan du témoignage 1° Le témoignage personnel : Le chrétien a le devoir de protester contre l\u2019incivisme (avec intransigeance, avec violence, s\u2019il le faut) : a)\tpar des paroles, par des jugements à la fois indépendants, clairs et équitables; b)\tpar des actes : négatifs (refus de la compromission) ou positifs (engagement au service de la cité et du bien commun).Le chrétien doit se rappeler que l\u2019héroïsme civique est une forme de la sainteté \u2014 et de la sainteté laïque en particulier.Le devoir est d\u2019autant plus pressant qu\u2019on porte plus de responsabilités du fait de sa position ou de sa fonction.2° Le témoignage commun : L\u2019incivisme est un fait social.La personne ne peut le combattre seule.Il faut donc que les chrétiens se groupent pour porter un témoignage commun et pour faciliter les témoignages personnels: \u2014 soit entre chrétiens (mouvements d\u2019Action catholique et, en particulier, d\u2019Action catholique spécialisée); \u2014 soit avec des non-chrétiens de bonne volonté (partis, ligues diverses, syndicats, organisations professionnelles).Le témoignage en commun contre l\u2019incivisme pourra être porté: \u2014\tsoit de manière violente et même scandaleuse; \u2014\tsoit de manière humble, silencieuse et efficace par une action en commun.Dans tous ces cas, le civisme chrétien, personnel ou collectif, doit se distinguer par sa charité.B.Sur le plan de l\u2019éducation de l\u2019opinion publique 1° Le but : Il s\u2019agit de refaire, chez les Français: a)\tle sens social : le sens de la répercussion de leurs actes personnels sur les ensembles sociaux et des répercussions des institutions et des mœurs sur leur vie personnelle; b)\tl\u2019esprit public: un mélange de sain esprit critique et d\u2019obéissance intelligente aux lois et à leurs représentants, le sens et le souci du bien commun; c)\tle sens de l\u2019État : de sa nature, de ses fins, de ses pouvoirs, de son autorité, de ses limites \u2014 le respect de César; d)\tle sens civique : l\u2019honnêteté politique, le sens du franc-jeu et du fair-play dans les luttes de partis, la juste appropriation des moyens aux fins, l\u2019initiative et le dévouement au bien public.3° Les méthodes : Rien ne serait plus dangereux que le « baratin » ou le « bla-bla-bla » plus ou moins éloquent.Il faut parler, écrire, mais surtout agir en commun pour le bien commun.Le moralisme pur serait inefficace.Il faut rappeler la morale, mais surtout Y apprendre en la pratiquant en commun, par la connaissance vivante de l\u2019expérience.Il faut donc amener les Français à agir en commun pour le bien commun, à réfléchir et à discuter sur leur action.Il faut leur créer des habitudes civiques, presque des réflexes civiques.Il semble qu\u2019il faille commencer sur le plan local, quartier, commune, paroisse, et, surtout, sur le plan municipal ou para-municipal.C\u2019est une tâche de longue haleine, et il convienÇde l\u2019accomplir avec patience et obstination.CONCLUSION La place des chrétiens \u2014 et des laïcs particulièrement \u2014 est à la pointe du combat civique, à la fois comme citoyens et comme éducateurs.La charité doit prendre, dans le monde moderne, des aspects sociaux et civiques (cf.l\u2019action d\u2019un pionnier comme Giorgio La Pira, maire de Florence).Le monde attend des « saints du civisme ».Des nouveaux chevaliers.Des nouveaux fondateurs de confréries et de corporations (vraies!).Des chrétiens dans la ligne de saint Louis, de Jeanne d\u2019Arc, de Thomas More \u2014 saints que l\u2019Église propose à notre admiration et à notre imitation.L\u2019AVENIR DU PATRIOTISME SOUS CE TITRE, le P.Jean Daniélou, S.J., a publié dans les Études (janvier 1957) un article doctrinal et nuancé, que nous recommandons à nos lecteurs.Le monde, écrit-il, assiste à un étonnant renouveau du sens des patries, et c\u2019est là une saine réaction, car l\u2019amour de la patrie constitue la marque d\u2019un cœur droit, le signe d\u2019une sensibilité juste, et c\u2019est même une exigence chrétienne.Il faut dire que, sur le plan de la cité terrestre, c\u2019est la diversité des patries qui réalise l\u2019ordre voulu par Dieu.L\u2019unité du genre humain, sa richesse totale s\u2019expriment par leur complémentarité et non par un nivellement, qui serait un appauvrissement.Il est vrai que saint Paul a dit: « Il n\u2019y a plus ni grec, ni juif.» Mais^ceci correspond au Royaume de Dieu, déjà présent dans l\u2019Église, et qui sera manifesté à la fin des temps.La dégradation de cet universalisme surnaturel en un internationalisme temporel relève d\u2019une confusion dangereuse.L\u2019internationalisme moderne s\u2019est parfois autorisé de l\u2019enseignement évangélique.Mais c\u2019est là confondre les domaines.L\u2019unification politique du monde n\u2019a rien à voir avec l\u2019universalisme chrétien.Et elle peut en être la plus redoutable caricature, le royaume de l\u2019Antéchrist.Il peut y avoir un nationalisme idolâtre.Il peut aussi y avoir un internationalisme idolâtre.Le passage de la patrie à l\u2019humanité n\u2019est pas un passage du paganisme au christianisme.Sous prétexte de se faire une conscience internationale, certains se vident de tout amour pour leur patrie; ils aiment à se croire plus chrétiens de ce fait, à étaler en somme leur internationalisme comme un signe de leur christianisme.Il faut se garder de cette erreur.LES ÉCOLES CATHOLIQUES EN ÉCOSSE DANS le même numéro des Études, on lira aussi avec intérêt l\u2019article de M.Jean-Marc Aubry sur la renaissance catholique en Écosse.Ce pays possède un système scolaire qui « fonctionne depuis quarante ans à la satisfaction de tous », et passe pour « le plus libéral du monde entier et le plus politique en même temps ».Non seulement on y reconnaît le pluralisme confessionnel de l\u2019école, mais l\u2019école publique admet le pluralisme des programmes religieux.Chaque école a la possibilité d\u2019opter entre deux statuts.Elle peut rester indépendante; alors, maîtresse de ses locaux comme de son corps professionnel, elle reçoit de l\u2019État des subsides qui couvrent une large part des frais courants.L\u2019école peut être ou devenir une école de l\u2019État; ce dernier assume alors tous les frais, possède la propriété de l\u2019immeuble, mais ne peut altérer le caractère confessionnel de l\u2019école.Il serait à souhaiter qu\u2019un peu de cette générosité écossaise franchisse l\u2019océan et inspire la législation scolaire de nos provinces canadiennes, où les écoles catholiques sont au ban de la société officielle et exclues de ses secours financiers.POUR UNE AMBASSADE AU VATICAN SIGNALONS le discours courageux du député fédéral, M.Raoul Poulin, prononcé à la Chambre des Communes, le 15 janvier dernier, sur la nécessité pour le Canada d\u2019ouvrir une ambassade au Vatican.M.Poulin a répondu aux principales objections que l\u2019on continue à soulever contre un tel projet, et il a demandé au gouvernement d\u2019assumer ses responsabilités en la matière, de se conduire comme le gouvernement d\u2019une nation adulte et souveraine, et de ne pas laisser à d\u2019autres le soin de s\u2019occuper de nos affaires.Nous aussi, nous le lui demandons.70 RELATIONS MARS 1957 71 Au fil du mois Rideau de nouvelles Les Canadiens ont pourtant l\u2019impression que les dépêches, nouvelles, clichés, flans, photos de princes, de ministres, etc., expédiés d\u2019Angleterre, leur parviennent aussi réguliers que drus.Pas assez, au goût de Londres, qui trouve son organisation inadequate.Le vaste pays recevait plus de matières des États-Unis.Pour y mettre ordre, on ouvre quatre nouveaux bureaux d\u2019information: à Québec, Montréal, Toronto et Vancouver, tous dirigés d\u2019Ottawa par un M.Kerr, spécialiste en propagande impériale.Ces bureaux fournissent de tout aux impérialisants: films, flans, articles tout faits, conférences d\u2019Anglais, bref, tout le matériel voulu pour construire et mouler notre opinion publique à la mode impériale.M.Kerr est déjà fier des résultats, d\u2019un heureux début: « Nous commençons tranquillement notre avance (move ahead).» On est prévenu, peut-être pas d\u2019un lavage de cerveaux satellites, mais d\u2019un consciencieux moulage, d\u2019un rideau de nouvelles.Nous penserons britannique: paix, guerre, Suez, Inde, Chine, tout au goût d\u2019Albion.Assez curieusement, depuis le désaccord américain dans le coup de Suez, l\u2019Angleterre prétend avojr cessé d\u2019être satellite des États-Unis; de leur côté, les États-Unis prétendent avoir repris leur liberté d\u2019action, dans un convenable isolationnisme.Et le Canada, qu\u2019a-t-il pris ?Que prendra-t-il ?Sérail toujours satellite de quelqu\u2019un ?Al.D.Congrégation mariale :\tQuébec a fêté le troisième cente- 1657-1957\tnaire de sa première congrégation de la sainte Vierge, une congrégation d\u2019hommes.Le mercredi des Cendres 1657, douze bons laïcs réunis au Collège des Jésuites, chez le P.Poncet, leur curé, fondaient la congrégation.Leur préfet, le fils du gouverneur, Charles de Lauzon-Charny, sera prêtre un jour et vicaire général de Mgr de Laval.Le gouverneur des Trois-Rivières, Le Gardeur de Tilly, s\u2019était déjà affilié à Rome, ainsi que le rappelait hier Mgr Gawlina, de Rome.En 1664, deuxième congrégation, au collège: en 1680, celle de Boucherville; en 1693, celle de Ville-Marie.Aujourd\u2019hui, le Canada s\u2019honore de 1,300 congrégations mariales d\u2019hommes et de jeunes gens, de dames et de jeunes filles.La statistique en vaut une autre.Al.D.1/Aquilon Le diocèse de S.Exc.Mgr Couturier possède un vaillant hebdomadaire, au nom pittoresque de l'Aquilon.Bien rédigé, bien dirigé, il ne prétend pas dirimer les questions de Suez et d\u2019Israël; il s\u2019occupe de sa Côte Nord, d\u2019une pénible histoire qu\u2019on ne peut qu\u2019admirer, mais surtout d\u2019un avenir qu\u2019on veut influencer, préparer, modeler.Le collège de Hauterive progresse; maintenant, c\u2019est autre chose qu\u2019il faut obtenir, pour le bien de tout l\u2019Est, \u2014 Terre-Neuve, provinces Maritimes et Québec, \u2014 « un barrage au détroit de Belle-Isle », pour que les glaciers, rejetés vers l\u2019eau chaude du Gulf Stream, ne viennent plus geler le golfe Saint-Laurent.C\u2019est la conclusion très pratique de savantes études du commandant Beaugé, après plusieurs années de séjour et d\u2019enseignement chez nous.Les transatlantiques ne verraient plus encore, à la fin de septembre, des banquises échouées dans le golfe, à refroidir les vents de nord-d\u2019est; et le mois d\u2019avril serait plus doux.Al.D.Des gouvernements provinciaux Dans un article publié par dynamiques\tle Canadian Tax Journal (janvier-février 1957), Mc Paul Gérin-Lajoie soutient une thèse que j\u2019appuie entièrement.Les gouvernements provinciaux ne pourront défendre efficacement leur autonomie, et donc maintenir le fédéralisme au Canada, que s\u2019ils acceptent de s\u2019organiser comme de véritables gouvernements et de s\u2019unir sur une base permanente.Selon l\u2019auteur de l\u2019article, le succès n\u2019est possible qu\u2019à trois conditions fondamentales: 1° une politique provinciale pleinement organisée et planifiée, à l\u2019exemple de la politique fédérale, et mobilisant les meilleures intelligences de la province; 2° une législation et une administration provinciales courageuses, pour entreprendre et poursuivre les plans à long terme, même si le parti politique au pouvoir n\u2019y trouve pas son intérêt immédiat; 3° une collaboration permanente entre toutes les provinces, au moyen, par exemple, d\u2019un conseil des gouvernements provinciaux, en vue de la défense et de la promotion de leurs intérêts comme tels.Je l\u2019ai déjà écrit dans Relations et je le répète: les gouvernements provinciaux du Canada doivent s\u2019organiser et gouverner comme des gouvernements du milieu du xxe siècle, sinon le gouvernement central se chargera peu à peu des fonctions qu\u2019ils se montrent inaptes à remplir à cause de leur manque d\u2019initiative, de courage et d\u2019organisation.R.A.La pègre\tLa seconde loi Dozois, votée par la tnomphera-t-elle ?législature provinciale, aura pour bon effet, peut-être le seul, de rappeler aux aveugles et aux distraits la vraie nature du conflit actuel qui envenime les affaires de la métropole.Une des principales dispositions du bill rend « légales et incontestables », quelque douteuse qu\u2019en soit la légalité, les actes posés par le Conseil municipal à sa séance du 15 janvier 1957 pour créer le nouvel Office de l\u2019habitation salubre chargé d\u2019exécuter le plan Dozois.Cette tentative de bloquer le recours aux tribunaux, quand est mise en doute la légalité d\u2019une loi ou d\u2019actes publics, est carrément antidémocratique et relève de la petite politique partisane, non de la grande politique du bien commun.Parmi ceux qui doivent jubiler actuellement, il y a les chacals de la pègre internationale.Ne seraient-ils pas les premiers à profiter d\u2019une victoire remportée, sous le couvert de l\u2019affaire Dozois, contre une administration qui leur a livré une guerre sans merci, et dont la détermination leur barre l\u2019accès à de plantureuses exploitations?Aussi, rien ne les arrête pour miner le prestige et l\u2019autorité de cette administration.L\u2019enjeu de la bataille actuelle n\u2019est pas le sort des familles qui vivent dans les taudis, ni même uniquement le triomphe d\u2019intérêts politiques ou autres.C\u2019est le maintien au pouvoir d\u2019une administration qui a efficacement combattu l\u2019organisation du vice et qui n\u2019a pas encore fini sa besogne.Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui, leurrés par les belles paroles ou simplement déroutés par une affaire discutable, seraient tentés d\u2019attendre la fin du conflit dans le silence et l\u2019inaction.Une telle attitude ne pourrait que favoriser le retour au pouvoir d\u2019une dictature occulte et corruptrice, contre les agissements de laquelle l\u2019indignation populaire s\u2019est manifestée aux dernières élections municipales.En dépit de ses erreurs et de ses fautes, l\u2019administration actuelle demeure la plus résolue à mater les puissants de la pègre; mais, pour réussir, elle a besoin du concours déclaré et actif de tous les citoyens.E.G.72 RELATIONS PRÉDICATION ET LITURGIE Prédication du carême Thomas MIGNAULT, S.J.S'inspirant des notes recueillies par un prêtre qui a participé à la session d'étude sur la prédication, tenue à la Maison Montmorency (près de Québec), le P.Mignault invite apôtres et fidèles à un renouveau de ferveur chrétienne pendant les retraites paroissiales du carême.DU 21 AU 25 JANVIER dernier, à la Maison Montmorency, près de Québec, chez les Dominicains, environ soixante-dix prédicateurs ont étudié le problème des retraites paroissiales pendant le carême.Ils ont recherché comment et dans quelle mesure il fallait introduire la liturgie dans la prédication.Nous reconnaissons là un aspect particulier du problème général qui veut coordonner prédication et liturgie.Les deux thèmes sont à l\u2019ordre du jour dans les congrès, sessions, semaines.Tout récemment encore, S.S.Pie XII a exposé la pensée de l\u2019Église sur la prédication dans un discours aux participants de la VIe Semaine d\u2019adaptation pastorale (16 septembre 1956).Une semaine plus tard, le 22 septembre, le Saint Père prononçait une allocution sur la liturgie au congrès de liturgie pastorale d\u2019Assise.À la Maison Montmorency, les vœux des congressistes revendiquaient un accueil généreux en faveur de la liturgie dans la prédication du carême.Prêcher pendant le carême, le pouvons-nous vraiment sans avoir en vue la Semaine sainte, la vigile pascale, la fête de Pâques; sans tenir compte du cycle liturgique de cette période de l\u2019année?Le cardinal Lercaro, archevêque de Bologne, au récent congrès d\u2019Assise (17 au 21 septembre 1956) exprimait très justement la signification du carême: « Le carême, disait-il, porte les croyants à mourir à leurs tendances mauvaises pour ressusciter avec le Christ et vivre de sa grâce dans l\u2019attente des dons du Saint Esprit.» Prêcher le carême, c\u2019est initier les fidèles à la vigile eucharistique, leur expliquer la fête de Pâques en relation avec notre dimanche, la sainte messe et l\u2019ensemble du mystère chrétien.En pratique, on suggère aux prédicateurs de retraites paroissiales de sacrifier quelques-uns ou plusieurs de leurs thèmes traditionnels pour donner à leur enseignement du carême un caractère nettement liturgique.À côté de cette prédication à base de liturgie, je crois bien qu\u2019il y aura toujours place pour la prédication traditionnelle à base d\u2019ascèse.De même que la prédication liturgique tiendra sûrement compte de l\u2019ascèse et des autres disciplines ecclésiastiques, la prédication ascétique approfondira sûrement la liturgie, le dogme, la Bible, l\u2019hagiographie et le reste.L\u2019éloquence sacrée, comme la spiritualité en général, tend à se renouveler par le dedans et à s\u2019adapter au dehors.À chaque communauté religieuse, à chaque équipe sacerdotale d\u2019améliorer sa propre prédication, de faire l\u2019inventaire de ses ressources apostoliques et de former des prédicateurs qui soient les serviteurs de la Parole de Dieu.Comme je suis Jésuite, je parlerai d\u2019une prédication que j\u2019appellerai ignatienne, c\u2019est-à-dire d\u2019une prédication qui s\u2019inspirera profondément des Exercices spirituels de saint Ignace.D\u2019abord, les Exercices spirituels \u2014 c\u2019est S.S.Pie XI qui le proclame \u2014 sont rigoureusement fidèles aux principes d\u2019une saine ascèse catholique.Ils assouplissent l\u2019âme, la rendent humble et obéissante entre les mains de son Créateur.L\u2019âme, une fois assoiffée de Dieu, se met à l\u2019école du Cœur de Jésus, recherche « la connaissance intime du Christ Sei- K*W* vichy Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\u201d?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent à stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandez l'avis de votre médecin.PM f/ïe CE LEST EAU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAIS RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imitations!!! Exigez « CÉLESTINS » Importateurs: HERDT & CHARTON INC., Montréal B LESTONS MARS 1957 73 gneur, pour l\u2019aimer toujours davantage et pour le suivre de plus près ».Elle se met ensuite à l\u2019imitation des vertus du Sauveur, dans la contemplation de ses divers mystères: vie cachée, vie publique, passion, mort, résurrection et ascension; s\u2019élevant jusqu\u2019à l\u2019amour pur de Dieu, elle supplie Marie, médiatrice des grâces, de la rendre docile aux inspirations du Saint Esprit.Secondement, les Exercices spirituels « s\u2019adaptent aux personnes de toute classe, de tout état, soit aux membres des ordres contemplatifs, soit à ceux qui mènent une vie active au milieu du monde » (S.S.Pie XI).Ils n\u2019ont jamais été étrangers à ces missions d\u2019autrefois qui sont devenues aujourd\u2019hui les retraites paroissiales.De grands et saints prédicateurs de tous ordres s\u2019en sont inspirés.Inutile d\u2019insister sur le fruit des Exercices spirituels auprès des âmes, puisque déjà saint François de Sales lui-même disait du livre de saint Ignace qu\u2019il avait sauvé autant d\u2019âmes qu\u2019il renferme de lettres.Tous, de plus, reconnaissent l\u2019efficacité des Exercices dans les maisons de retraites fermées.Enfin, les Exercices spirituels, inspirateurs des retraites paroissiales, possèdent un grand pouvoir de sanctification pour les âmes de notre temps et nous offrent un puissant instrument pour la régénération de la société et la réforme des institutions contemporaines.Ne conduisent-ils pas à Jésus-Christ, qui est le sauveur des âmes et le restaurateur de la nature humaine ?N\u2019inspirent-ils pas les dévotions substantielles à Jésus-Hostie, au Sacré Cœur et au Christ-Roi, qui sont éminemment aptes à procurer l\u2019avènement de la royauté sociale de Jésus-Christ?Ne nourrissent-ils pas un dévouement envers la sainte Vierge qui est de nature à assurer sa souveraineté sur tout l\u2019univers ?Nous devons donc nous réjouir qu\u2019il y ait dans notre pays des courants de prédication populaire complémentaires.C\u2019est heureux aussi que les prédicateurs puissent se perfectionner à des sources vives.Ils bénéficieront sûrement des sessions d\u2019étude qui se tiennent périodiquement à la Maison Montmorency; ils suivront avec intérêt le développement de la Commission épiscopale de pastorale et de prédication qui s\u2019est constituée dans notre province en mai 1956; plusieurs profiteront de l\u2019Institut de pastorale que l\u2019Université d\u2019Ottawa vient de fonder; tous voudront enfin puiser dans les enrichissantes publications de liturgie, de théologie et de spiritualité de notre temps.(À ce propos, nous recommandons le cérémonial de la Semaine sainte restaurée, avec commentaires, que publiera sous peu le R.P.Marcel Dubois, rédemptoriste, membre de l\u2019Académie pontificale de liturgie.) Cette émulation entre les prédicateurs produira chez les fidèles de solides fruits de sanctification et d\u2019apostolat.HORIZON INTERNATIONAL PAYS SOUS-DÉVELOPPÉS A RÉPÉTER cette expression, on risque inconsciemment d'accepter la thèse marxiste, à savoir que l'économie, c'est la hase sur laquelle surgissent les superstructures.Dans une récente brochure, Ces pays qu'on n'appellera plus colonies, M.Robert de Montvalon, se plaçant dans une perspective plus large et plus vraie, analyse quatre faits: un fait politique, la revendication nationale; un fait social, l\u2019initiative autochtone, condition de progrès; un fait économique, le sous-développement des pays que, pour des raisons économiques et stratégiques, les blocs communiste et capitaliste chercheront à se disputer; un fait religieux, la naissance des chrétientés majeures.Il conclut: « La crise actuelle des continents sous-développés est grosse de menaces, mais il dépend des chrétiens qu\u2019elle soit une nouvelle occasion d\u2019expansion du christianisme.L\u2019histoire a proposé hier à l\u2019expansion chrétienne un instrument contingent et équivoque: la colonisation.Pourquoi la crise actuelle des pays dépendants, qui n\u2019est autre que la renaissance de ces peuples, ne serait-elle pas un nouvel instrument que l\u2019intelligence chrétienne ne devrait pas manquer de saisir?» (Fides, 8 septembre 1956.) Elle le saisit avec une telle énergie que certains crient à la « trahison des missionnaires » (Ecclesia, janvier 1957).Dans un pénétrant article sur « le Proche-Orient à l\u2019aube de 1957 » {Études, janvier 1957), Pierre Rondot met en garde contre le danger d\u2019apprécier les affaires orientales uniquement « en fonction des rapports du monde libre avec l\u2019U.R.S.S.».Facteur capital, certes, surtout du point de vue économique et stratégique.Le communisme voudrait capter et diriger ces jeunes nationalismes; le grand capital ne s\u2019est pas encore rendu compte que la simple exploitation impérialiste est désormais aussi impossible qu\u2019inique.L\u2019Église éduque ces nations naissantes ou ressuscitées aux responsabilités de la liberté.La J.O.C.en Afrique.\u2014 Le 12 septembre 1956, s\u2019ouvrit à Douala (Cameroun) la première rencontre panafricaine de la J.O.C.Les jocistes du Cameroun, de l\u2019Afrique occidentale française, du Togo, de l\u2019Afrique équatoriale française, du Congo belge, du Ruanda-Urundi, de l\u2019Ouganda, du Kenya, de la Nigeria, de la Côte de l\u2019Or, du Mozambique, de l\u2019Union sud-africaine y vinrent acclamer le chanoine Cardijn.Celui-ci évoqua d\u2019abord les trente millions d\u2019êtres humains qui naissent chaque année, et dont la plupart se trouvent en dehors de l\u2019Église; il décrivit ensuite le développement des sciences et de la technique, qui creuse le contraste entre une minorité de pays riches et privilégiés, et les pays sous-développés.Un élan irrésistible porte ces peuples déshérités à réclamer justice.La solution communiste se présente à eux comme s\u2019étant imposée à un milliard d\u2019hommes.L\u2019Église et son Évangile préconisent une autre solution, que les chrétiens doivent réaliser dans la vie individuelle, familiale, professionnelle, civile, politique.Avant de poursuivre son périple mondial, en vue de mobiliser les 30,000 jocistes qui viendront à l\u2019assemblée mondiale de Rome, en août 1957, Mgr Cardijn bénit la première pierre de la centrale d\u2019Action catholique, qui sera érigée à Bassa-Douala; elle logera le secrétariat régional de la J.O.C.camerounaise.On retrouve la J.O.C.partout.L\u2019été dernier, une première avant-garde de six jocistes vint de Hollande bâtir un séminaire à Kaengesa, diocèse de Karéma, Tanganyika; elle coupa ipso facto la salive à ceux qui disent que les missions, c\u2019est du capitalisme mal déguisé.La J.O.C.hollandaise voulait faire quelque chose pour les missions; elle consulta le P.Hartman, provincial des Pères Blancs.Il suggéra d\u2019envoyer des maçons, des menuisiers, etc.La J.O.C.hollandaise se cotisa pour payer le voyage.Une quarantaine de volontaires se présentèrent.Quand les premiers six arrivèrent pour deux ans, on voulut les gâter un peu: quelques parties de chasse, etc.« Mon Père, on est venu travailler.» Combien émouvante cette fraternité ouvrière, blanche et noire! De son côté, le prêtre congolais Michel Nsombi (Nsombi veut dire gazelle) s\u2019en alla étudier le journalisme à l\u2019Université de Louvain.Durant ses vacances d\u2019été, il voulut 74 RELATIONS lui aussi faire sa part et se joignit à une équipe de « compagnons-bâtisseurs », qui logeaient les dépatriés, chassés de leurs foyers par les communistes, mais oui, les communistes, les émancipateurs des exploités, l\u2019avant-garde du prolétariat.L\u2019abbé Nsombi revint chez lui avec des étoiles dans les yeux, une grande allégresse au cœur, et des ampoules plein les mains! Son journal, en kikongo et en français, s\u2019appelle l'Étoile, comme le Montreal Star ! Si l\u2019on veut, mais pas l\u2019Étoile rouge! Action sociale universelle.\u2014 Conquérante comme son fondateur, la J.O.C.ne monopolise rien, n\u2019exclut rien, pousse à tous les chariots.En juillet dernier, naquit la Confédération africaine des Travailleurs chrétiens, détachés comme un fruit mûr de la Confédération française des Travailleurs chrétiens, parce que tous, Français et Africains, jugèrent que l\u2019Afrique était mûre pour l\u2019autonomie syndicale.Le congrès constituant eut lieu à Ouagadougou (Haute-Volta); les fédérations poussent comme la jungle.Au Sénégal, au début de l\u2019année, on organisa les cultivateurs d\u2019arachides.Une première session de la J.A.C.eut lieu à Binao (Côte-d\u2019Ivoire), avec le concours de Jean Dye, du bureau international de la J.A.C., et de M.Casimir Samba, permanent pour l\u2019Afrique occidentale française et le Togo.À Lomé, on a fondé une université ouvrière; à Léopold ville, cité congolaise de 350,000 habitants, une école sociale.En juillet-août 1956, quatre-vingt-dix missionnaires vinrent aux Journées d\u2019Action catholique et sociale.En Afrique, comme ailleurs, la civilisation blanche produit la sauvagerie de la boisson.La première conférence antialcoolique interafricaine eut donc lieu à la mairie d\u2019Abidjan (Côte-d\u2019Ivoire).Hommes politiques (spécialement le Dr Djes-sou, sénateur et président du mouvement anti-alcoolique de la Côte-d\u2019Ivoire), missionnaires protestants, musulmans, catholiques s\u2019y donnèrent rendez-vous.Soulignons le réquisitoire de M.G.A.Heuse, directeur du service d\u2019ethnopsychologie à l\u2019Institut de Psychologie spéciale appliquée de Paris.Le crime de génocide peut être reproché aux alcooliers et à leurs souteneurs qui ont provoqué la disparition des Krumen de la Côte-d\u2019Ivoire en moins d\u2019un siècle, ont réduit d\u2019un tiers la population de l\u2019Oubangui depuis quarante ans et provoquent au Cameroun une extermination de la population locale qui sera quasiment totale d\u2019ici dix ans.Encore une raison pour ne pas traiter de sous-développés les peuples que la saoulerie n\u2019a pas encore démoralisés, prolétarisés, exterminés.En janvier 1957, 200 personnes de 26 pays participent à la conférence de Yaoundé (Cameroun) organisée par le Bureau international catholique de l\u2019Enfance.La presse.\u2014 La presse est en plein essor, mais il faudrait le clairon du P.Alexandre Dugré pour chanter les exploits des Pères Blancs.J\u2019ai mentionné (Relations, août 1956) leur hebdomadaire de Dakar, Y Afrique nouvelle.Dans l\u2019Afrique de l\u2019Est, le torrent est irrésistible.Mgr Classe créa les « Presses de Kabagyi », qui maintenant noircissent chaque mois dix tonnes de papier: elles impriment à 22,000 exemplaires la revue mensuelle Kinyamateka, à 35,000 le journal mensuel des jeunes Hobe.Elles fournissent les écoles, et le tirage de tel ouvrage a atteint 200,000 exemplaires.A Usumbara, en 1947, Mgr Grauls, vicaire apostolique de l\u2019Urundi, fit venir les presses de la Maison Carrée et les logea dans un bâtiment qui parut alors énorme, qu\u2019il fallut agrandir peu après.Temps nouveaux d\u2019Afrique, hebdomadaire pour Européens et évolués (j\u2019aime ce mot!), tire à 4,500; le bimensuel Hodi, en Kishawili (8 pages), à 17,000; le mensuel Ngondozi, en Kirundi, à 19,000; Kindugu se fait lire chaque mois par 25,000 petits Kishawaliens.J\u2019ignore le tirage des deux revues pédagogiques, l\u2019une en kishawali, l\u2019autre en kirundi.Deux livres paraissent chaque mois, à dix, quinze, trente mille exemplaires chacun.L\u2019imprimerie a deux presses rapides, des claviers monotype, des fondeuses monotype, des clichographes, des ateliers de reliure avec plieuses, agrafeuses, encolleuses, le tout dirigé par un Père Blanc, trois Frères Blancs, secondés par soixante-quinze employés.Toujours dans le Ruanda-Urandi, les Pères Blancs ont une troisième imprimerie, à Kitega.Elle s\u2019appelle Maria Duce, publie des livres et deux revues: Intumwa, que lisent 3,000 croisés, et l\u2019Écho familial, qu\u2019on envoie à 600 anciens séminaristes.En juillet 1956, le Collège Saint-Michel, de Tananarive, ouvrit sa grande salle à une exposition de la presse catholique de Madagascar; cinq journaux ou revues françaises, entre autres: Lumière, hebdomadaire d\u2019information publié à Fianarantsoa (3,300 ex.); Témoignages, revue mensuelle de formation religieuse, morale et sociale (1,000 ex.), à Diego Suarez; l\u2019Ami du Clergé malgache (450 ex.).Les dix-huit périodiques en langue malgache ont un tirage global de 46,630.Le quotidien Isan Andre tire à 1,200; l\u2019important hebdomadaire Lakroa, à 8,000.Hafatro, revue de la Croisade eucharistique, à 5,700.Un hebdomadaire d\u2019information, Ny Gaztintzka (1,500), et un bimensuel familial, Tokan-Trano (1,000 ex.), l\u2019un et l\u2019autre catholiques, ne dépendent pas des missionnaires.Bel effort, mais insuffisant au moment où Madagascar devient autonome.À Noël, Mgr Rolland, évêque d\u2019Antsirabe, disait à ses diocésains devenus électeurs: « Vous avez le droit et le devoir d\u2019aimer votre pays, de désirer et de promouvoir son indépendance » ; il leur demandait de juger les candidats « non uniquement sur des services personnels reçus, ni sur des relations d\u2019amitié, mais sur leur conception de la L\u2019épargne SOLUTION À PLUSIEURS PROBLÈMES .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C'est l'épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l'instruction des enfants.C\u2019est l\u2019épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LALRENTIE1E 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 MARS 1957 75 société et leur programme », d\u2019écarter les communistes et d\u2019aller aux urnes.En Afrique du Sud, douze publications catholiques luttent contre le racisme.Au congrès de la presse catholique, tenu à Capetown, Mgr McCann flétrit l\u2019orgueil de ceux qui croyaient pouvoir se passer de l\u2019Église, en particulier, de « ceux qui, tout en se croyant des chrétiens sincères, veulent se séparer d\u2019elle sur les questions de couleur.Cette dernière aberration, la presse catholique ne doit cesser de la combattre ».Laissons pour une autre fois les querelles scolaires qui envahissent l\u2019Afrique.BOUDDHISME TE 2,500e ANNIVERSAIRE de / j l'entrée du Bouddha au Nirvânafut observé par le VIe concile bouddhiste, ouvert à Rangoon le 17 mai 1954, clôturé à Mandalay le 26 mai 1956.Le concours de la Ford Foundation permit de constituer une bibliothèque, premier instrument de toute réforme, de bâtir une « cave sacrée », pour 10,000 personnes.On érigea aussi une pagode de la paix mondiale, car, disent les bouddhistes, Bouddha donnera la paix au monde, après l\u2019échec du christianisme.Les trois premiers conciles bouddhistes eurent lieu avant l\u2019ère chrétienne; le quatrième, à Mandalay en 1871.Le cinquième eut cinq sessions principales, à chacune desquelles participèrent 500 évêques bouddhistes, choisis parmi les plus savants des cinq pays bouddhistes au « Petit véhicule » : Birmanie, Ceylan, Siam, Cambodge, Laos.La tâche principale fut de reviser les Écritures; elles remplissent 16,149 pages, ou 40 volumes.On proclama l\u2019année sainte bouddhiste pour 1956-1957, et les 3,000 bonzes de la cave sacrée donnèrent les consignes suivantes, valables pour les 2,500 ans à venir: 1° les bonzes ne peuvent commercer; 2° ni manier argent ou choses précieuses; 3° ni soigner les malades; 4° ils ne peuvent jouer, assister aux réjouissances publiques, ou aux manifestations sportives; 5° ils porteront la robe décemment; 6° ils ne sortiront pas inutilement des monastères; 7° ils ne s\u2019occuperont d\u2019aucun travail, d\u2019aucune affaire en dehors de ce que leur prescrivent leurs règles.Devront-ils pratiquer l\u2019intolérance religieuse?Peu avant la clôture du concile, un groupe de moines somma M.U Nu de proclamer le bouddhisme religion d\u2019État, de confier toutes les écoles primaires aux bonzes.Le premier ministre ne s\u2019est pas encore incliné devant l\u2019ultimatum.L\u2019invasion du nord de la Birmanie par la Chine rouge, à l\u2019automne de 1956, aura mis du plomb dans cette turbulence.L\u2019Inde prouve que nul n\u2019est prophète en son pays, car elle n\u2019avait pas un demi-million de bouddhistes quand commença l\u2019année sainte.Durant l\u2019été de 1956, le Dr Ambed-kar, chef de 60 millions d\u2019intouchables, leur apporta 200,000 recrues.Il avait d\u2019abord songé au christianisme.Le bouddhisme le séduisit.Il avait décidé de s\u2019en faire le missionnaire, quand il mourut en janvier 1957.À la Nouvelle-Delhi, en marge de la conférence de l\u2019Unesco, on organisa une session d\u2019études bouddhistes, à laquelle participa M.Nehrou.Au Ceylan, le premier ministre ouvrit les fêtes du XXVe centenaire.Il avait été question, sans doute au nom de la liberté religieuse, d\u2019exiger la présence des religions étrangères (je souligne, car le bouddhisme, cingalais ou autre, s\u2019incorpore volontiers au nationalisme et vice versa).Les catholiques, à part quelques laïcs moralement obligés de se présenter, se tinrent à l\u2019écart.Le bishop protestant Lakdasa de Mel vint dire au nom du Conseil national chrétien de Ceylan que « la doctrine de Bouddha avait spécialement façonné et illuminé la civilisation et l\u2019histoire cingalaise ».En 1956, un moine bouddhiste fit un esclandre avec un pamphlet obscène et illégal contre la sainte Vierge.Au congrès bouddhiste de Noël 1956, on prédit que les écoles catholiques seraient étatisées d\u2019ici deux ans, que les propriétés d\u2019Église paieraient l\u2019impôt sur le revenu, que l\u2019Église catholique, « agent de l\u2019étranger », serait mise hors d\u2019état de nuire.On promit aussi, pour 1957, un concile bouddhiste de 500 moines qui prépareraient l\u2019édition cingalaise des Livres saints.Avec cette agitation, la situation politique et sociale s\u2019est aggravée, et les récentes élections municipales (Fides, janvier 1957) de Colombo ont mis la coalition gouvernementale en minorité.INDE\t\"C'A UT-IL SIGNALER le rapport Nigoyi, du £ Madya Pradesh (provinces centrales), qui a fait couler tant d'encre?Le 14 avril 1954, le gouvernement de cette province chargea un comité d\u2019enquêter sur les agissements des missionnaires étrangers, accusés de se livrer à des activités extra-religieuses et d\u2019employer la force et la fraude pour convertir les illettrés.Un seul membre du comité était chrétien (jacobite), mais il avait déjà cessé de croire à la divinité de Jésus-Christ.Les témoins n\u2019étaient pas assermentés, n\u2019étaient pas soumis au contre-interrogatoire.C\u2019était, en somme, la délation officiellement organisée par le gouvernement, qui ouvrait lui-même la chasse aux missionnaires étrangers.Les associations catholiques indiennes allèrent en cour, alléguant que la création du comité violait la constitution, que le comité lui-même était partial.La Haute Cour rejeta le premier grief, accepta le second.On alla en Cour suprême, mais trois jours après que le recours eut été déposé, le gouvernement de Madhya Pradesch publia le rapport (182 pages; résumé dans Fides doc., 22 sept.1956).C\u2019était aller vite en besogne.On accuse les missionnaires de conversions frauduleuses; « malgré les assurances données aux autorités par les missionnaires étrangers et indigènes, on attira l\u2019attention du comité sur des activités politiques indirectes »; la religion de la majorité est attaquée de façon « indigne ».Le rapport croit à l\u2019existence d\u2019une conspiration mondiale en vue de rétablir la suprématie occidentale par le christianisme.Le comité émit dix-neuf recommandations; en voici quelques-unes.1.\tLes missionnaires qui font avant tout du prosélytisme devraient être priés de se retirer.La grande affluence de missionnaires étrangers devrait être enrayée comme indésirable.2.\tCe que les Églises de l\u2019Inde ont de mieux à faire, c\u2019est d\u2019établir une Église chrétienne indépendante et unie, sans avoir à compter sur l\u2019assistance du dehors.7.C\u2019est le premier devoir du gouvernement de diriger les orphelinats, car l\u2019État est le gardien légal de tous les mineurs qui n\u2019ont ni parents ni tuteurs.9.Il faudrait étudier un amendement à la constitution, d\u2019abord, pour établir que le droit de propagande n\u2019a été donné qu\u2019aux citoyens indiens; ensuite, qu\u2019il n\u2019implique pas les conversions obtenues par force, fraude ou autres moyens illégaux.13.Le colportage de littérature religieuse devrait être interdit, à moins de permission du gouvernement.16.Il faudrait créer un ministère spécial pour les affaires religieuses et culturelles, dont le titulaire emploierait un personnel spécialement préparé à cette tâche.On surveillera donc les conversions! Le contrôle bureaucratique des baptêmes par des fonctionnaires hindous, bouddhistes ou communistes s\u2019accorde mal avec la liberté religieuse, reconnue par la constitution de l\u2019Inde.En septembre, le comité permanent de l\u2019Assemblée des évêques de l\u2019Inde, composé de 14 évêques, dont 10 sont indiens (l\u2019Inde a 63 évêques catholiques et sept préfets apostoliques), publia une déclaration fortement motivée, par laquelle elle reprocha au comité de ne pas avoir agi selon son mandat.76 RELATIONS Au lieu de limiter son enquête aux témoignages qu\u2019on lui apportait, le Comité jugea bon de disserter sur la liberté religieuse et l\u2019activité des Eglises chrétiennes dans le monde jusqu'à nos jours, en cherchant ses arguments chez les écrivains qui n\u2019ont aucune autorité pour traiter du christianisme authentique.La déclaration, datée de la résidence du cardinal Gracias, est faite « avec une absolue confiance dans la probité et l\u2019impartialité des chefs du pays, avec l\u2019espoir bien fondé que la justice et la vérité finiront par triompher ».Le comité épiscopal se réunit de nouveau, fin octobre, et publia une nouvelle protestation, tout en constatant que « le gouvernement de l\u2019Inde et un grand nombre de citoyens de ce pays n\u2019ont pas été influencés par le rapport en question ».Les catholiques, dans l\u2019Inde et ailleurs, font des efforts pour apaiser l\u2019inutile tempête.Il serait déplorable que l\u2019Inde souille son indépendance à peine retrouvée par une persécution.Joseph-H.Ledit.9 février 1957.\u2022\ti ¦\t\u2022 LES LIVRES RELIGION Dom E.Flicoteaux, O.S.B.: Le Sens du Carême.Coll.«L\u2019esprit liturgique».\u2014 Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Éditions du Cerf, 1956, 149 pp., 18.5 cm.TROIS PARTIES dans cet ouvrage: la préparation à la solennité pascale (où l\u2019A.étudie la liturgie des semaines qui précèdent le carême, puis la nature, le but, le mystère et la spiritualité du carême); l\u2019observance du carême (prière, jeûne, œuvres pies, source de joie); le carême et les Quatre-Temps (dans l\u2019antiquité et de nos jours).L\u2019A.n\u2019a pas tort de penser que « le niveau de la vie chrétienne est à la mesure de l\u2019observance du carême » (p.8).Le retour à l\u2019esprit de la grande « retraite quadragésimale », vécue dans le cadre de la paroisse (p.125), non seulement préparerait mieux les chrétiens à célébrer la fête de Pâques, mais contribuerait puissamment à la réforme des mœurs privées et publiques.Joseph d\u2019Anjou.Abbé F.Marduel: La Providence.Coll.« Vie chrétienne ».\u2014 Tournai, Casterman, 1955, 194 pp., 19.5 cm.QUE D\u2019EMBÛCHES présente un tel sujet! Ayant opté pour la vulgarisation, l\u2019A.écarte les discussions techniques de philosophie et de théologie.Il ne pouvait cependant omettre les problèmes.Il les formule (pp.57-62) en termes populaires dont la force dépasse peut-être celle des solutions apportées.L\u2019A.répond, mais d\u2019une manière qui satisfera un esprit catholique, sûr de sa foi.L\u2019adversaire, le sceptique?Il trouvera ici les principes qui fondent toutes les solutions: Dieu existe, infiniment bon et parfait, nécessairement; il ne peut ni vouloir ni faire le mal; il est mystère, donc incompréhensible; nous sommes créatures libres, donc faillibles et responsables; par l\u2019incarnation et la rédemption, Dieu a plus fait pour sa gloire et notre salut que la malice humaine ne peut faire contre lui et contre nous; enfin, Dieu tire le bien du mal, et il y a sûrement plus de bien que de mal.Il faut, pour le voir, penser à l\u2019interaction des lois d\u2019après lesquelles opère la Providence: loi du plus parfait (moral), loi des conflits (la croix), loi sociale (solidarité humaine), loi du progrès.Il faut surtout accorder son cœur à ces lois: par la prière, la coopération, l\u2019acceptation, sans illuminisme naïf ni fatalisme paresseux.Outre ces thèmes d\u2019une grande justesse, le lecteur goûtera maintes réflexions profondes et opportunes: sur le démon de midi, qui est moins luxure que découragement (p.97); sur la liberté, qui ne s\u2019entasse pas, c\u2019est pourquoi il faut se renouveler chaque jour (p.89); sur l\u2019obscurité, qu\u2019il faut interpréter par la lumière (p.121): en Jésus-Christ, elle est fulgurante; sur l\u2019obéissance, qui doit être active, enthousiaste même, sous l\u2019action de Dieu, aussi bien dans la souffrance qui paralyse que dans le dévouement qui exalte (p.138); enfin, sur le sens surnaturel de la Providence: Dieu a d\u2019abord souci de notre X AUX EDITIONS BELLARMIN NOUVEAUTÉ Convertis à Montréal par le P.Irénée BEAUBIEN, S.J.Cet opuscule est vivant.Il saisit en pleine action le phénomène complexe de la conversion.Douze adultes, chacun dans son milieu, avec son acquis, ses idées, ses problèmes débouchent dans la lumière de la foi.92 pages.$1.00 LE 3 MARS, FÊTE DU PAPE Pour célébrer la fête de Pie XII au foyer, à l\u2019école, dans les groupes d\u2019Action catholique, en communauté, à l\u2019Eglise, l\u2019Institut Social Populaire vous offre : Chan.Alphonse FORTIN : S.S.Pie XII et la Papauté (2e édition).-.10 sous Joseph-P.ARCHAMBAULT, S.J.: Les grandes intentions du Pape (2e édition, illustrée).1 5 sous Joseph-P.ARCHAMBAULT.S.J.: Le jubilé sacerdotal de Pie XII (4e édition, illustrée).1 5 sous Les trois brochures : 25 sous, avec un tract de S.Em.le cardinal LEGER : Nos obligations envers le Pape.ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 VEndôme 2541 LA GRAPHOLOGIE est-elle une science?Les résultats d\u2019une importante enquête, â laquelle ont collaboré des personnalités éminentes d\u2019un grand nombre de pays, viennent d\u2019être publiés par l\u2019Institut International de Recherches Graphologiques.Choisis de préférence dans les milieux scientifiques: médecins, psychologues, techniciens et parmi les dirigeants des grandes entreprises industrielles, ces collaborateurs bénévoles soumettaient l\u2019écriture d\u2019une personne bien connue d\u2019eux et devaient ensuite formuler une critique serrée de l\u2019analyse caractérielle.Une commission de contrôle composée selon les mêmes principes était chargée de dégager les conclusions de cette enquête qui était coordonnée par M.H.M.Ostrach, directeur général de l\u2019I.I.R.G.Voici sans autres commentaires cette conclusion: \u2014\t92% des analyses étaient intégralement approuvés sans aucune restriction.\u2014\t7% étaient approuvés avec de légères remarques portant sur des points secondaires.\u2014\tDans 2 cas seulement (l%) les correspondants contestaient des points importants.Toutefois, la Commission de Contrôle faisait remarquer que ces deux cas présentaient des aspects pathologiques certains.Le caractère objectif de cette enquête classe définitivement la graphologie au premier rang des sciences psychologiques.Si malgré cette preuve indiscutable vous êtes encore sceptique, si vous n\u2019êtes pas convaincu que la graphologie peut vous permettre de mener une vie plus efficiente, alors tentez vous-même un essai loyal.Ecrivez dès aujourd\u2019hui à l\u2019Institut International de Recherches Graphologiques qui offre gracieusement aux lecteurs de « Relations » une analyse succincte de leur écriture.Joignez $l pour frais d\u2019envoi par avion, mais hâtez-vous car cette offre est limitée.Sur demande il sera joint une documentation sur les Cours de graphologie par correspondance.« I.I.R.G.» (Département 54) Avenue Victor-Hugo, Boulogne-sur-Seine (France) MARS 1957 77 sanctification dans la charité.Souvenons-nous-en quand nous prions et demandons, avec le bon esprit, l\u2019ardeur confiante au service du Seigneur.Joseph d\u2019Anjou.R.P.Gabriel de Sainte-Marie-Madeleine, O.C.D.: Visions et Vie mystique.\u2014 Paris (10, rue Cassette), Lethielleux, 1955, 125 pp., 18.5 cm.Prix: 350 fr.TRADITIONNELLE, la doctrine exposée ici, mais combien opportune! Trop peu de fidèles, voire de prêtres la connaissent ou en tiennent compte.Les visions ne constituent pas la vie mystique, encore moins la sainteté; à ces phénomènes secondaires, ambigus même, l\u2019âme ne doit pas attacher d\u2019importance, et le directeur, sans brusquerie ni raillerie à l\u2019endroit de ses dirigés, voudra d\u2019abord obtenir de l\u2019âme, à la suite de visions vraies ou supposées, une attention à Dieu plus profonde et plus amoureuse, un esprit de foi plus pur, une docilité plus parfaite à l\u2019Esprit Saint et au directeur, conditions requises pour qu\u2019il y ait lieu de se fier à la réalité des visions, surtout lorsque celles-ci commandent d\u2019accomplir certaines actions.Brochure facile à lire et dont le principal mérite est de prouver, une fois de plus, à quel point saint Jean de la Croix, que l\u2019A.suit pas à pas, est un docteur spirituel prudent et sûr.Joseph d\u2019Anjou.Emmanuel MlSTIaen, S.J.: Lumières dans l'inquiétude.Les paraboles.Coll, du Cyprès.\u2014 Bruges (8, rue Notre-Dame), Éditions Beyaert, 1955, 212 pp., 19.5 cm.Prix: 60 fr.belges.EOUVRAGE offre un commentaire de huit des trente-trois ' paraboles contenues dans l\u2019Évangile (le semeur, les vignerons homicides, les talents, les deux fils, le grain de sénevé, le ferment, le bon Samaritain et l\u2019enfant prodigue).L\u2019originalité n\u2019est pas ici dans l\u2019analyse minutieuse du texte évangélique, mais dans les leçons prochaines ou lointaines que peut suggérer chaque parabole.On a loué déjà ce livre « très pénétrant et personnel,.dont le tour original évoque souvent de façon saisissante les problèmes du jour ».C\u2019est juste.La profondeur des pensées, l\u2019actualité des réflexions proposées par l\u2019A.nous font souhaiter qu\u2019il publie un jour semblables études inspirées par les autres paraboles.Wilfrid Girouard.Villa Mamèse, Québec.Abbé Henri BERTHET: Prêtres de demain.« Méditations » pour grands séminaristes.\u2014 Mamers (Sarthe), Gabriel Enault, 1955, 18.5 cm.283 pp., 18.5 cm.Prix: 300 fr.C\u2019EST intentionnellement que l\u2019A.nous livre ces méditations en vrac, sans plan déterminé.Le langage est simple, direct et exprime une pensée substantielle, inspirée par une très haute estime du sacerdoce et de ses devoirs et enrichie par l\u2019expérience.Prêtres de demain et d\u2019aujourd\u2019hui trouveront une nourriture adaptée à leurs besoins dans ces méditations sur la sainteté, l\u2019amour de Dieu, les exercices de piété, les vertus sacerdotales, la confession et la direction spirituelle, les méthodes pastorales, les loisirs, les vacances et même les vertus naturelles des clercs.Encycliques, lettres des évêques et écrits des saints sont mis à contribution pour confirmer l\u2019autorité et l\u2019actualité de ces pages apostoliques.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Conrad LATOUR, O.M.I.: Cantuale ad benedictionem SS.Sacramenti.\u2014 Rouyn, Éditions du Collège, 1955, 71 pp., 16.5 cm.Prix: $0.60.LE BUT de ce recueil est de mettre dans les mains des fidèles J et des collégiens un choix de motets grégoriens faciles et expressifs.La présentation en est soignée, comme tout ce qui sort des presses de Desclée & Cie (Tournai, Belgique).Je signale avec plaisir que le P.Latour a confié à un auteur canadien, Sœur M.-Henri-de-la-Croix, SS.NN.J.M., de l\u2019École supérieure de Musique Vincent-d\u2019Indy (Montréal), la composition des accompagnements qui soutiendront l\u2019exécution des 80 motets.Félicitons donc le P.Latour de son excellent travail en faveur de la musique sacrée.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Charles-J.LEDIT: Mahomet, Israël et le Christ.\u2014 Paris (5, rue Rousselet), La Colombe, 1956, 178 pp., 23 cm.Prix: 980 fr.VINGT ANS de travail ont mûri et coordonné l\u2019inépuisable, mais toujours discrète et délicate érudition sur laquelle repose cet ouvrage: vieux textes byzantins, le Coran, écrits rabbiniques et musulmans, ouvrages d\u2019histoire, d\u2019épigraphie, d\u2019iconographie, de psychanalyse, de théologie biblique, scolastique, ascétique.L\u2019A.situe Mahomet dans l\u2019histoire; puis, suivant une méthode bien « coranique », il étudie l\u2019avènement de l\u2019Islam « dans le cœur du prophète »; il ne voile rien des misères humaines de Mahomet, mais la vérité éclaire la voie à la compréhension et à la charité.Avec une joie visible, il dévoile l\u2019éblouissante moisson de réminiscences bibliques, d\u2019exemples chrétiens recueillie au long de cette route des caravanes qui « vibre toute entière au souvenir de Dieu ».C\u2019est pour se demander si le message du Coran ne peut « s\u2019articuler à une révélation que nous savons close avec l\u2019Apocalypse de saint Jean ».Remontant les siècles, il place l\u2019Islam dans « la bénédiction d\u2019Abraham » dont Ismaël est né.Dans des pages émouvantes, il recherche les points communs dans l\u2019éducation religieuse d\u2019Israël et d\u2019Ismaël, pour s\u2019interroger sur le rapport de l\u2019Islam au Christ: « Tout en demeurant à l\u2019extérieur de son mystère, l\u2019Islam en confesse cependant à la face d\u2019Israël ce qu\u2019Israël aurait dû précisément reconnaître: son caractère messianique et son exceptionnelle sainteté, déjà indiquée dans sa naissance virginale.» Nous voici au « charisme d\u2019Ismaël ».Avant de vous récrier, lisez lentement cette étude dont la vigueur étonne, la modestie désarme, la piété attire.« De cette grâce de Dieu, Mahomet deviendrait alors le mystérieux messager {rasûl Allah), en attendant que la bénédiction des patriarches soit comblée en Ismaël par celle de Jésus, Fils de Marie et Verbe de Dieu.» Pure hypothèse ?Peut-être.Mais que les croyants les plus lucides, en Israël comme en Islam, font passer tout doucement au plan des réalités.« Car on ne rencontre jamais sans en être ébloui les yeux de Celui qui n\u2019est pas venu détruire, mais parfaire \u2014 et donner sa vie en rédemption pour tous.» Au premier coup, l\u2019A.a engagé le dialogue entre « fils d\u2019Abraham » dans la clarté des sommets.\tJoseph-H Ledit Chan.L.Cristiani: Nostradamus, Malachie &^Cie.Coll.« Visages de l\u2019Église ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Éditions du Centurion, 1955, 150 pp., 19 cm.'G'XPLIQUONS d\u2019abord le titre du livre.Nostradamus (en français, Michel Nostre-Dame) est un grand devin du XVIe siècle, à qui « on a prêté bien des prophéties éclatantes, dont il n\u2019était pas responsable et dans lesquelles il avait rencontré juste par le plus grand des hasards » (p.95); saint Malachie est un prophète du XIIe siècle, à qui l\u2019on attribue la fameuse prophétie concernant tous les papes à partir de son siècle jusqu\u2019à nos jours; et Cie, c\u2019est-à-dire quelques autres devins ou prophètes.En guise d\u2019introduction, l\u2019A.présente un traité sur la divination et la prophétie et sur la portée morale des oracles prononcés.Entre autres choses intéressantes, il explique le fait que David et la Sibylle sont mentionnés ensemble dans le Dies irae (p.52), montre que la fameuse prophétie de Malachie sur le règne des papes est un apocryphe et plus probablement une supercherie (p.121), et dit comment il faut interpréter ces prophéties dont se nourrit la crédulité des peuples.Retenons ce jugement: « En résumé, le christianisme accepte le fait de la divination, dans une large mesure.Mais tout ce qui.est entaché de magie, de sorcellerie, tout ce qui offre un caractère grossier, inadapté à la véritable connaissance de l\u2019avenir,.en un mot,.tout cela qu\u2019on ne peut, sans irrévérence et absurdité, attribuer à Dieu.doit être évité par les chrétiens comme.une violation du premier commandement » (pp.70-71).Wilfrid Girouard.Villa Mamèse, Québec.BIOGRAPHIES Béatrice Clément: Le Père des enfants perdus.Vie de saint Jean Bosco.Dessins de Thérèse^ Robichon.\u2014 Montréal (3745, chem.de la Reine-Marie), Éditions de l\u2019Atelier, 1956, 127 pp., 19.5 cm.Prix: $1.UNE AUTRE vie de saint pour adolescents comme sait en écrire l\u2019A.: simple, alerte, dégageant l\u2019essentiel des faits et des caractères, de façon que l\u2019édification sorte du récit et de son 78 RELATIONS SON AVENIR EST EN JEU! T CONSEILLER ' EN ORIENTATION PROFESSIONNELLE Le jeune étudiant viendra vous consulter au sujet de son avenir.Souvenez-vous qu\u2019il peut se tailler une carrière enviable en poursuivant ses études, au niveau universitaire, et devenir Officier de Marine, d\u2019Armée ou d\u2019Aviation, à son choix, grâce au Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP).BUT DU PROGRAMME Ce programme offre aux jeunes Canadiens l\u2019occasion d\u2019acquérir une formation universitaire en fréquentant soit l\u2019un des trois collèges des services armés du Canada: Le Collège Militaire Royal de Saint-Jean, à Saint-Jean (P.Q.) Le Collège Militaire Royal du Canada, à Kingston (Ont.) ou Le Collège Royal Roads, à Victoria (C.-B.) soit une université, et d\u2019y obtenir un diplôme ainsi qu\u2019un brevet d\u2019officier permanent.Le jeune étudiant reçoit, aux frais de l\u2019Etat, une formation militaire, qui développe ses qualités de chef, sans compter une instruction de première valeur.L\u2019instruction prévue sous ce régime comporte chaque année deux stages essentiels: les cadets fréquentent d\u2019abord leur collège ou leur université durant l\u2019année académique, pour rallier ensuite une unité de l\u2019arme dans laquelle ils se sont engagés, aux fins d\u2019y accomplir leur instruction d\u2019été.AVANTAGES Les cadets acceptés en vertu de ce Programme reçoivent gratuitement, en plus des frais de scolarité, les uniformes et l\u2019équipement nécessaires, le vivre, le couvert, les soins médicaux et dentaires, ainsi qu\u2019une solde mensuelle selon le tarif prévu par le Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP).Les diplômés sous le régime de ce Programme sont acceptés en qualité d\u2019officiers de carrière dans le service de leur choix.CONDITIONS D'ADMISSION Les diplômés de 11e Scientifique spéciale et les étudiants qui ont terminé leur rhétorique peuvent être admis au cours préparatoire du Collège Militaire Royal de Saint-Jean.La 12e Scientifique spéciale ou le B.A.d\u2019un collège classique permet d\u2019entrer soit au cours préparatoire, soit en première année, selon les aptitudes.Âge (a) Année préparatoire \u2014 Collège Militaire Royal de Saint-Jean \u2014 les candidats doivent avoir atteint leur 16e mais pas encore leur 20e anniversaire de naissance, le 1er janvier précédant leur entrée au collège.(b) 1èr® année du cours \u2014 aux trois collèges militaires et à l\u2019université \u2014 les candidats doivent avoir atteint leur 16e mais pas encore leur 21e anniversaire de naissance, le 1er janvier précédant l\u2019entrée au collège ou à l\u2019université.APTITUDE PHYSIQUE Les candidats doivent réunir les conditions requises pour servir dans le service militaire et la branche de leur choix.CHOIX DES CANDIDATS Des centres de sélection aux fins du programme ROTP siégeront depuis juillet jusqu\u2019à la mi-août.Les candidats seront avertis de se présenter à l\u2019un de ces centres où ils devront passer un court examen en mathématiques et en français ou en anglais, à leur choix.Les frais de transport et de séjour sont assumés par le ministère de la Défense.Pour obtenir de plus amples renseignements sur le Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP), veuillez écrire sans tarder à l\u2019adresse suivante: Comité de Sélection d'Officlers (R.O.T.P.), Quartier général de la Défense nationale, Ottawa, Canada.\tcmrs6-14msf MARS 1957 79 Suite 812\tUN.6-8506 Jean GOURD & Jean M0NE1TE avocats 159 ouest, rue Craig Montréal DUFRESNE-DELISLE INC.Entrepreneurs généraux Réparations de tous genres TRAVAUX GARANTIS Spécialité : BÉTON ARMÉ 515, RUE VIGER, suite 308 MONTRÉAL HA.4618 fondée en 1900 Entrepreneurs électriciens d'expérience disposés à résoudre vos problèmes Spécialistes dans la vente de meubles et d'appareils électriques 6575, RUE ST-DENIS - CR.4-8341 - Montréal-10 achète bien qui achète dupuisf» MONTREAL évidente signification.Même si je préfère la Bergère (Bernadette) et le Chevalier du Roi (Ignace de Loyola) qu\u2019a peints l\u2019A., je recommande volontiers le Père des enfants perdus.Mieux illustrée que les précédentes, cette biographie offre aux éducateurs un modèle d\u2019apostolat pédagogique et aux jeunes un idéal de sainteté dont les traits (bravoure, débrouillardise, piété non conventionnelle, conquête de la maîtrise de soi) entraînent à l\u2019imitation.Joseph d\u2019Anjou.G.Hunermann: Le Fils du facteur de Riese.Saint Pie X.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1955, 288 pp., 20 cm.Prix: 540 fr.T~\\ANS cet ouvrage, « c\u2019est toute la vie de Pie X qui se déroule à la manière d\u2019un film cinématographique en couleurs devant nos yeux ».Biographie anecdotique et séduisante d\u2019un grand saint et d\u2019un grand pape.On n\u2019y trouvera pas une étude approfondie de la personnalité ou de l\u2019œuvre apostolique de Pie X, mais un récit qui atteint son but: présenter au peuple une sainteté abordable, lui en inspirer le désir et faire mieux aimer Dieu qui façonne les saints.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Fernand Hayward: Un pape méconnu: Benoît XV.\u2014 Tournai, Casterman, 1955, 189 pp., 21 cm.Prix: 69 fr.belges.T TN PAPE MÉCONNU ou mal connu ou même méprisé des grands de la première guerre mondiale: tel fut Benoît XV, qui gouverna l\u2019Église de 1914 à 1922, c\u2019est-à-dire durant une des périodes les plus critiques de l\u2019histoire.Trois préoccupations semblent résumer la vie de Benoît XV: l\u2019exercice d\u2019une incessante charité pour les peuples souffrants, Tardent désir d\u2019une paix définitive entre les chefs des nations et l\u2019adaptation aux temps modernes de certaines disciplines de l\u2019Église.L\u2019A.montre la bonté de Benoît XV dans l\u2019organisation de ses charités universelles, la justesse de son jugement dans ses démarches publiques et personnelles pour la cessation des hostilités: si ses propositions ne furent guère entendues, elles auront du moins servi de base aux « quatorze points » de Wilson, le « plagiaire » à la manière d\u2019un écolier qui réussit ses examens en copiant habilement sans être pris.Enfin, TA.découvre l\u2019audacieuse prévoyance de Benoît XV dans les éléments de réforme qui auront leur réalisation sous d\u2019autres pontificats: diffusion de la Bible chez les catholiques (p.116), refonte du droit canonique (p.123), premiers pourparlers pour le règlement de la question des États pontificaux (p.133), rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Vatican (p.143), fondation de l\u2019Institut oriental en 1917, premier schéma d\u2019une Action catholique organisée (p.176).Malgré ces œuvres, aucun pape n\u2019a peut-être été l\u2019objet de jugements aussi injustes que Benoît XV.L\u2019A.aura contribué à rectifier les idées sur ce court et fructueux pontificat.Villa Mamèse, Québec.\tWilfrid Girouard.Abbé Ignace Lepp: Itinéraire de Karl Marx à Jésus-Christ.I.\u2014 Le chemin de Damas.Coll.« Conversions ».\u2014 Paris (13, Quai de Conti), Fernand Aubier, 1955, 336 pp., 18.5 cm.Prix: 690 fr.TDÉCIT de la vie et de la conversion au catholicisme d\u2019un militant communiste, ce livre nous fait merveilleusement connaître la psychologie de ces intellectuels qu\u2019attire le parti communiste et que celui-ci utilise ensuite à ses propres fins.Après dix ans de fidèles services, TA.se voit accorder la permission d\u2019enseigner la philosophie dans une université soviétique; mais là, le spectacle de l\u2019oppression et de la misère qu\u2019il a constamment sous les yeux le force à reconnaître que les dirigeants du Kremlin ont trahi les aspirations de la classe ouvrière.Il s\u2019enfuit en Europe occidentale et se met à la recherche d\u2019un autre idéal, capable de lui donner une raison de vivre.Lente et pénible sera sa montée vers la vérité et vers la lumière.On lira avec intérêt ses observations sur les différentes sectes qu\u2019il a fréquentées, sur les communautés religieuses avec lesquelles il a été en contact, et tout particulièrement sur ses professeurs de théologie, entre autres, le P.Henri de Lubac, S.J.Certaines 80 RELATIONS assertions paraissent discutables, même du point de vue chrétien, mais cela tient sans doute au caractère entier de l\u2019A, et à la tournure de sa phrase.Je recommande volontiers les quelques paragraphes (« Staline n\u2019avait pas trahi », pp.276-278) dans lesquels il montre que les crimes du communisme sont dus au matérialisme, « à cette négation de toute transcendance qui en sont le trait principal ».Volume à lire, surtout par les intellectuels que séduit l\u2019idéal socialiste des maîtres soviétiques.Richard Arès.Hilda Graef: Le philosophe et la croix.Edith Stein.Traduit de l\u2019anglais par Marie Tadié.\u2014 Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Éditions du Cerf, 1955, 280 pp., 22 cm.'C'DITH STEIN est née à Breslau, en 1891.Bien qu\u2019issue d\u2019une famille juive, elle cesse de croire en Dieu à l\u2019âge de treize ans.Très douée pour la spéculation, elle est docteur en philosophie en 1916.Disciple de Husserl, elle devient son assistante à l\u2019Université de Fribourg-en-Brisgau.Max Scheler l\u2019ayant éveillée dès 1913 au « phénomène Église catholique », elle demandera le baptême en 1922.Professeur en diverses institutions, conférencière goûtée, féministe ardente, elle traduit des œuvres de Newman et de saint Thomas et s\u2019essaie à concilier le thomisme avec la phénoménologie de Husserl.Entièrement consacrée à son enseignement et à ses recherches, passant une bonne partie de ses journées à prier, elle mène dans le monde une vie qui la dispose à une vocation de contemplative.En 1933, malgré la douleur de sa mère farouchement attachée à la synagogue, elle entre au Carmel.Elle y commente Denys et saint Jean de la Croix, écrit la vie de sainte Thérèse et publie le chef-d\u2019œuvre de sa pensée philosophique, Être fini et Être éternel.La persécution antisémite faisant rage et la guerre étant imminente, elle s\u2019offre (devenue Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix) « en victime d\u2019expiation pour la paix du monde ».Arrêtée comme juive par la Gestapo, on la fera mourir dans une chambre à gaz, à Auschwitz, le 9 août 1942.Une existence aussi intériorisée ne se raconte pas comme un roman.D\u2019autant que Hilda Graef cite abondamment son héroïne et prend le temps d\u2019analyser et d\u2019apprécier ses œuvres philosophiques.Elle signale les quelques erreurs que peuvent contenir ces ouvrages et mentionne les défauts de tempérament de la Juive austère que demeura toujours Edith Stein.Certes, elle nous aide à l\u2019admirer.Mais en refermant le livre, on ne peut s\u2019empêcher de souhaiter une étude qui nous fasse connaître davantage la vie intime et la pensée d\u2019Edith Stein.Jean Racette.Université de Louvain, Belgique.Peter Abrahams: Je ne suis pas un homme libre.Traduit de l\u2019anglais par M.Klopper et D.Shaw-Mantoux.Coll.« Eglise vivante ».\u2014 Tournai, Casterman, 1956, 305 pp., 21 cm.Prix: 96 fr.belges.TD OUR ÉCLAIRER notre jugement sur le problème de la ségrégation raciale en Afrique du Sud, voici l\u2019autobiographie d\u2019un noir qui est né et a passé sa jeunesse dans ce pays.Sans haine, parfois avec un brin de poésie, l\u2019A.raconte sa vie jusqu\u2019à son départ pour les États-Unis.Nous assistons au drame des familles noires rejetées par les « colonisateurs » blancs.Nous participons aux justes révoltes de l\u2019A., qui tournent toutes contre lui.Un moment, il a cru trouver dans le marxisme réponse à ses aspirations.Mais il comprit très vite son erreur.Après lecture de cet ouvrage, des questions montent à l\u2019esprit.Pourquoi les porteurs de la « civilisation » en Afrique suscitent-ils à son égard moins d\u2019estime que de mépris?Pourquoi, au XXe siècle, un si large fossé sépare-t-il encore noirs et blancs?Souhaitons la victoire à l\u2019A.et aux autres écrivains noirs qui luttent pour la reconnaissance des droits de leurs frères.Que se réalise le vœu de leur poète: « Nous ne planterons pas toujours pour que d\u2019autres récoltent.Nous n\u2019avons pas été créés pour pleurer éternellement.» Jacques Cloutier.Bibliothèque Bellarmin, Montréal.MARS 1957 Export \"A\" à bout filtre La Corporation de Prêts de Québec fondée en 1924 Achat et vente d\u2019obligations et d\u2019actions François Letarte, président Lo uis Pedneault, vice-président François Lemieux, gérant Phil ippe Letarte, trésorier André Letarte, secrétaire 132, rue SAINT-PIERRE\tQUÉBEC - 2 Tel.: 2-4765 81 O# Belong TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) « Le Temple de la lumière » BEN BE'lAND, prés.\tJEAN BELAND, Ing.P., sec.-trés.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal - CR.4-2465* J.-L DEMERS, Ltée Ferronnerie \u2022 Plomberie \u2022 Chauffage Matériaux de construction Tel.: TE.7-4711 LÉVIS\tQUÉBEC Jos.-E.Lemieux Enr.Quincaillier en gros 11, rue Saint-Pierre Québec Tel.: 2-5281 Suite 302 HA.0209 Perrault, Décary, Lussier & Bélanger avocats 333 est, rue Craig Montréal SOCIOLOGIE, POLITIQUE Conférence internationale de Sociologie religieuse: Sociologie religieuse.Sciences sociales.Actes du I Ve Congrès international.Préface de G.Le Bras.Introduction du chan.J.Leclercq.\u2014 Paris (12, av.Sœur-Rosalie), Éditions Ouvrières (Montréal, 1019, rue Saint-Denis), 1955, 270 pp., 22.5 cm.Prix: 850 fr.\"C'N PARCOURANT les actes du IVe Congrès de sociologie religieuse, le lecteur souscrira volontiers à la remarque de M.Le Bras: « Bien que la Conférence internationale de sociologie religieuse n\u2019ait pas encore sept ans, la voici entrée dans l\u2019âge raisonnable où l\u2019ordre des travaux se régularise, la conscience de la responsabilité se développe et naissent les espérances de la vie.» La liste des congressistes actifs est imposante: le chan.J.Leclercq et M.J.Labbens (président et secrétaire de la Conférence), les PP.L.-J.Lebret, J.-F.Motte, de Voider et del Valle, MM.Rimoldi, Groner, Rozier, Ross, Zeegers.Le congrès avait divisé son travail en trois parties: I.« État présent de la sociologie religieuse », revue des développements de la recherche en divers pays: France, Belgique, Italie, Espagne, Hollande, Allemagne, États-Unis, Amérique latine et Canada; IL «Méthode et problèmes»: l\u2019apport le plus original du congrès; on y traite méthodiquement des relations de la sociologie religieuse avec les disciplines connexes: théologie, pastorale, droit canon, psychologie, science économique; III.« Conclusions des commissions »: recherches particulières en milieu urbain et rural et dans les régions frontières.La sociologie religieuse est en plein essor; mais elle possède déjà son « état civil » (Jean Labbens) et peut même se prévaloir des encouragements du Pape (allocution aux cardinaux français, 16 janv.1953).Et au Canada?M.Fernand Dumont a exprimé (p.151) nos limites et nos espoirs: la sociologie religieuse est, chez nous, peu avancée; elle n\u2019est pas, pour autant, impossible; et il indique les voies qui s\u2019offrent aux chercheurs canadiens.Maison La Colombière, Paray-le-Monial, France.Hervé Carrier.Pierre-Louis GUYE: Projet d\u2019un Institut sociologique suisse.\u2014 Fribourg, Éditions Fragniere, 1955, 68 pp., 21 cm.CET INSTITUT, formé d\u2019instituts cantonaux, serait un milieu social, un organe central groupant une élite de catholiques militants, en vue de l\u2019ordre social chrétien et d\u2019un véritable esprit suisse.En appendice, de généreuses citations d\u2019encycliques.Al.D.Alfred CHARPENTIER: L\u2019Orientation des relationspatrona-les-ouvrières.\u2014 Montréal, 1956, 244 pp., 20.5 cm.T\u2019ANCIEN PRÉSIDENT général de la C.T.C.C., maintenant ' membre de la Commission des Relations ouvrières, a recueilli ici trente articles qu\u2019il a publiés depuis 1945 dans la revue Culture; il y a ajouté un texte, tiré de l\u2019actualité, sur l\u2019avenir du syndicalisme ouvrier au Canada.Il les présente non dans l\u2019ordre chronologique de leur publication, mais dans un ordre logique: problèmes du salaire, syndicalisme patronal, collaboration patro-nale-ouvrière, organisation de la profession, unité syndicale; la mention de la date de chacun permet de lier les textes aux faits.L\u2019inconvénient de ces recueils vient de leur manque de composition; il n\u2019y a pas ici de progression du premier au dernier chapitre, et l\u2019unité d\u2019ensemble est pour le moins artificielle.Les divisions ne sont pas toujours nettes, et les répétitions restent inévitables.Un scrupule d\u2019honnêteté intellectuelle a dû empêcher l\u2019A.de modifier ses écrits; mais il eût mieux valu couper à loisir tout en gardant la pensée, en ordonner les expressions, au besoin en les complétant et les unifiant, et en offrir une synthèse vivante, agréable au public.L\u2019expérience de l\u2019A.est vaste et unique sur le plan syndical; son poste d\u2019observation, idéal, ainsi que ses sources de renseignements; son intégrité et son courage sont notoires.Ce sont là des atouts qui doivent jouer au maximum.Tel, le volume rendra service par son rappel d\u2019exigences impérieuses en faveur d\u2019une saine politique de relations patro-nales-ouvrières et par son insistance sur l\u2019évolution de certaines structures actuelles (conventions collectives généralisées) et l\u2019établissement d\u2019autres organismes indispensables et pratiques (conseil patronal-ouvrier provincial).Signalons enfin les sugges- 82 RELATIONS tions sur la réforme des associations patronales, la revendication de l\u2019autonomie pour la C.T.C.C., la démonstration péremptoire contre les syndicats de boutique, la détermination des critères à exiger pour l\u2019octroi de la reconnaissance syndicale, enfin la critique des entraves à la liberté syndicale dans la loi de 1944 et des interventions étatiques dans celle de 1934.Jacques Cousineau.SEMAINES SOCIALES DE France: Les Exigences humaines de l\u2019expansion économique.XLIIIe session, Marseille, 1956.\u2014 Lyon (16, rue du Plat), Chronique sociale de France, 1956, 400 pp., 23 cm.Prix: 1,200 fr.EN DÉPIT du grand nombre de ses auteurs, cet ouvrage a de l\u2019unité.On peut le diviser en trois parties: 1° la croissance économique en elle-même: ses nécessités, ses charges et ses risques, ses avantages et ses coûts sociaux; 2° les jugements de valeur sur les faits, et les fins assignées à l\u2019expansion: progrès technique, progrès économique, progrès humain; 3° les orientations pratiques, telles que la politique de l\u2019investissement, celle des salaires, la participation ouvrière à l\u2019expansion économique, et le reste.Les cours et conférences ont pour auteurs des catholiques reconnus pour leur compétence, entre autres: MM.Henri Guitton, André Piettre, Alain Barrère, Joseph Folliet, les RR.PP.Loew, O.P., Laurent et Bigo, S.J.Le cours de ce dernier paraît synthétiser d\u2019une façon lucide et courageuse les deux grands problèmes qui se posent à l\u2019économie d\u2019aujourd\u2019hui: comment répartir selon la justice les produits d\u2019une économie en expansion et comment partager les responsabilités du pouvoir économique.Je recommande particulièrement les deux ou trois dernières pages de cette étude.L\u2019A.y formule (p.170) une conclusion fort intéressante: « Ainsi, là où elle est possible, la collaboration (entre patrons et ouvriers) s\u2019avère payante et infiniment moins coûteuse que la lutte.» Cette collaboration, envisagée dans les conventions collectives récentes, nous acheminerait vers « cette véritable organisation professionnelle dont l\u2019Église n\u2019a cessé d\u2019appeler de ses vœux la réalisation » (p.171).Pour une oreille attentive, c\u2019est là un son nouveau.Richard Arès.David C.Coyle: Le Système politique des Etats-Unis et son Fonctionnement.Traduit^par P.Messiaen.\u2014 Paris (13, Quai de Conti), Aubier, Éditions Montaigne, 1955, 272 pp., 19 cm.Prix: 540 fr.C\u2019EST presque un manuel que ce petit volume.Divisé en courts chapitres et rédigé en termes précis, il renferme l\u2019essentiel de ce que doit savoir un lecteur de culture moyenne sur l\u2019organisation de la politique aux États-Unis, en particulier, sur les partis, l\u2019administration, le Congrès, les cours fédérales, les États, le gouvernement local, la philosophie américaine du gouvernement, etc.A propos des États, l\u2019A.fait cette observation (p.166) qu\u2019il vaut la peine de noter: « Les exigences de l\u2019égalisation, la suprématie du gouvernement fédéral en matière d\u2019impôts ont fait que les États lèvent les yeux vers Washington, d\u2019où leur vient une aide.Mais ce développement agace le peuple américain.Le revers du tableau, c\u2019est la prolifération exagérée d\u2019une bureaucratie centralisée dans le gouvernement fédéral, dans ses postes locaux et régionaux, en même temps qu\u2019une perte de responsabilité et de dignité dans les États.Les chefs des deux partis politiques ont exprimé le désir de trouver quelque moyen de limiter l\u2019accroissement de l\u2019aide fédérale.» La même situation existe au Canada, où l\u2019on continue quand même à parler d\u2019augmenter les subventions fédérales aux provinces.Richard Arès.Gilbert Blardone, Michel Chartier, Joseph Folliet, Henri Vial: Initiation civique.Coll.« Savoir pour agir ».\u2014 Lyon (16, rue du Plat), Chronique sociale de France, 1956, 272 pp., 18.5 cm.Prix: 640 fr.TE SOUS-TITRE nous en avertit, ce volume présente des « plans de travail à l\u2019usage des militants, des étudiants et des cercles d\u2019études ».Les collaborateurs viennent de différentes classes: un économiste, un théologien, un sociologue et un aumônier de cercles d\u2019études.La méthode de composition suppose un premier essai paru dans le bulletin Feuilles de route, une expérimentation dans les cercles d\u2019études une mise au point et une rédaction après ces expériences.C\u2019est un ouvrage d\u2019initiation, MARS 1957 Regarde où tu mets le pied Ne confiez pas au premier venu vos travaux de chauffage-plomberie, recherchez une Maison de confiance.J.-W.JETTE a à son actif des travaux d\u2019enverture pour le compte d\u2019hôpitaux, institutions ou industries.Construisez-vous ?N\u2019oubliez pas que notre expérience, notre outillage et notre main-d'œuvre nous permettent de mener à bien tous les travaux qui nous sont confiés, et rapidement.ooo ooo ooo ooo CHAUFFAGE-PLOMBERIE Pionniers du Veritable chauffage par rayonnement au Canada MArquette 4107 360 est, rue Rachel - Montréal c/ Z.Gucuy efi Fkète t I H I T £ C f LIMITE» f w UNI Spécialité : Construction d'édifices religieux Collèges - Couvents - Séminaires - Hôpitaux - Etc.6900, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal\tTel.: RE.7-3651 Tel.: 4-5181 TJexteau & J^acine, Jtyée DISTRIBUTEURS 8c GROSSISTES 196, rue Saint-Paul\tQuébec (2) Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de Ha êaubegarbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Sligo social: Montréal 83 RI.4-4941 Armand-A.Lalonde, Ltée Courtier en assurances depuis 34 ans Armand-A.Lalonde, C.D.A.A., C.C.S., PRÉSIDENT 5809 ouest, boulevard GOUIN - CARTIERVILLE PRODUCTS Vous avez un CONGELATEUR?Téléphonez à VE.2557 Nous vous enverrons un menu et une liste de prix.10216, RUE LAJEUNESSE ?Salaison en gros RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Richard Arès Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit, Albert Plante.Collaborateurs; Joseph-P.Archambault, Émile Bouvier, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Gérard Hébert, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Joseph d\u2019Anjou Administrateur : Maurice Ruest Directeur de la publicité : M.Alvarez Vaillancourt Prix de l\u2019abonnement : $3.00 par année \u2014 A l\u2019étranger : $3.50 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.: VEndôme 2541 ni complet ni original, mais qui donne un enseignement précis et sérieux à la lumière des directives pontificales.Plusieurs chapitres n\u2019intéressent que les Français.Mais, outre l\u2019introduction et l\u2019appendice, des neuf chapitres de l\u2019ouvrage plus de la moitié profitera aux Canadiens français: on y traite du citoyen devant les partis politiques, de la liberté et des libertés, du totalitarisme, du christianisme en regard de la politique.Un directeur de cercles d\u2019études, un professeur de collège trouveront ici une mine de renseignements et de notions sur le civisme et, chose rare, une théorie adaptée aux circonstances concrètes en même temps qu\u2019une doctrine d\u2019une parfaite sûreté.Georgetown University,\tÉmile Bouvier.Washington, D.C.VOYAGES, ROMANS Agnès Ripaud: L\u2019Afrique du Sud.Terre d'or et de diamant.Coll.« Plaisir du voyage ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Éditions du Centurion, 1955, 96 pp., 18 cm.Prix: 300 fr.DE NOMBREUSES et très belles photos illustrent ce documentaire, qui décrit d\u2019une plume sympathique l\u2019Union sud-africaine.Quelques détails historiques et géographiques; un aperçu de la vie économique, sportive et touristique; des notes sur les principales villes; puis un long chapitre consacré aux diverses races du pays constituent une lecture agréable et instructive.On s\u2019étonne de certaines tournures de phrase à la syntaxe pour le moins douteuse.Béatrice Clément.Boucherville, Que.Patrice Boussel et Georges Poisson: Lisieux et le Pays d\u2019Auge.Coll.« Plaisir du Voyage ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Le Centurion, 1955, 96 pp., 18.5 cm.Prix: 300 fr.VOICI une excellente monographie de ce petit coin de Normandie.Le lecteur y découvre, présentés avec goût, les principaux attraits de Lisieux et des environs.Comme il se doit, l\u2019attachante physionomie de la petite Thérèse occupe le premier plan.Mais le livre ne se limite pas au domaine religieux: histoire, folklore et gastronomie, monuments, régions voisines de Lisieux, tous les intérêts d\u2019un voyageur curieux sont passés en revue.Une foule de renseignements touristiques aident le pèlerin à pénétrer l\u2019âme du pays de Lisieux.D\u2019abondantes et pittoresques reproductions à l\u2019héliogravure, quelques plans illustrent un texte aux lignes précises.Louis Pelletier.Scolasticat de V Immaculée-Concepiion, Montréal.Gertrude VON Le Fort: Les Noces de Magdebourg.Roman.Traduit de l\u2019allemand par Maurice de Gandillac.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Éditions du Seuil, 1954, 189 pp., 19 cm.l\\/rAGDEBOURG, la protestante, ne trahira pas l\u2019empire si ¦*¦*¦*¦ on ne la soumet pas à l\u2019édit qui unit l\u2019empire au catholicisme.Refus de l\u2019empereur.Magdebourg se confie au roi de Suède, qui lui envoie pour la défendre le colonel Falkenberg.Au nom de l\u2019empereur, le commandant de Tilly assiège la ville, qui, repoussant toute reddition, est saccagée.Parallèlement à cette épopée d\u2019histoire religieuse, un roman d\u2019amour.Willigis Ahlemann, fiancé d\u2019Erdmuth Plogen, manque au rendez-vous des noces pour négocier un accord entre Magdebourg et l\u2019empire.Falkenberg le supplante dans le cœur de sa fiancée déçue.Passé aux impériaux, Willigis revient à Magdebourg.Falkenberg meurt pendant le siège; Willigis retrouve sa fiancée souillée par les pillards; il l\u2019épouse.Dans ce roman écrit par une femme, l\u2019épopée l\u2019emporte sur l\u2019idylle.L\u2019A.souligne le sens de son œuvre: ce n\u2019est pas avec les armes de ce monde qu\u2019on peut combattre pour le Christ; la religion ne triomphe que dans le mystère de l\u2019amour, vainqueur au moment où le monde le foule au pieds; aucun espoir de salut pour le monde sans la restauration de l\u2019amour chrétien (pp.180, 185).Livre étonnant par son mélange de vigueur et de délicatesse, par l\u2019unité sans fissure de sa composition et la riche variété de son style.Quoi qu\u2019on ait dit, le talent fait de belles œuvres avec de nobles sentiments.Joseph d\u2019ANjou.84 RELATIONS CONSERVEZ t^dation) Cartable en similicuir rouge avec titres or.Jeu de douze cordes.Très pratique pour conserver en bon état et consulter rapidement vos numéros de RELATIONS.au comptoir $2.00 par la poste $2.1 5 Reliure de votre collection 1956 Le lecteur fournissant sa collection : $2.50.Si nous fournissons la collection : $5.50.(Relation* 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.VE.2541.DOUZE CLASSIQUES DE L'HOMME D'AFFAIRES.Voici des ouvrages d\u2019une prodigieuse actualité parce qu\u2019ils apportent une solide documentation de base sur les deux points les plus négligés et partant les plus faibles de toute l\u2019économie canadienne-française: La DISTRIBUTION (.Marketing and Merchandising) et l\u2019ORGANISATION SCIENTIFIQUE (.Efficiency Engineering) \u2014 rédigés pour être compris de tous et surtout pour être appliqués chez nous.La bibliothèque de l\u2019homme d\u2019affaires (Reliés cuirette bieue, titres dorés.) 1 \u2014 Organisation et Financement des Entreprises.(Formation des sociétés, compagnies, entreprises diverses.Capitaux.Affaires de banque, etc.) * 2\u2014 Crédits et Recouvrements.(Perception des comptes.Lettres de « collection ».Crédits, etc.) 3\t\u2014 Marchés mobiliers et Placements.(La Bourse.Les valeurs.Spéculation.Placements.Plans divers.) 4\t\u2014 Principes généraux d\u2019Organisation.(Systèmes modernes d\u2019organiser les commerces et l\u2019industrie.) 5\u2014\tOrganisation de l\u2019Emploi.(Modes d\u2019organisation d\u2019après Ford, Taylor, Fayol et les grands techniciens de l\u2019organisation moderne.) 6\u2014\tOrganisation de la Production.(Comment produire à meilleur marché en disposant hommes et machines scientifiquement.) 7\u2014\tOrganisation Financière et Administrative.(Organisation du bureau, etc.) BÉLISLE ÉDITEUR, 4, rue Saint-Jacques, 8\t\u2014 La Psychologie appliquée aux Affaires et $ 3.00\tà la Vente.$ 3.00 (La connaissance des hommes.Analyse des caractères, etc.) 9\t\u2014 Sélection et Formation des Vendeurs.$ 3.00 $ 3.00\t(Comment choisir et former les vrais bons vendeurs.) 10\u2014 Prospection de la Clientèle.$ 3.00 $ 4.00\t(Mille et un tuyaux pour trouver les clients et les conserver.) 11\t\u2014 Le Service des Ventes.$ 3.00 $ 3.00\t(Tout ce qu\u2019il faut faire pour obtenir du succès dans la vente.) 12\t\u2014 La Publicité et la Vente.$ 3.00 $ 3.00\t(Les secrets de l\u2019annonce qui rapporte au centuple.) $ 3.00 $ 3.00 QUÉBEC ! Entourez d\u2019un cercle les numéros requis et induez votre remise.123456789\t10\t11\t12\t| Nom :.Adresse :.,.Ville :.Montant inclus : $.Envoyez contre remboursement ?.i Rel.3-7 issii ^ urJ^5y.C éüw
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