Relations, 1 octobre 1957, Octobre
[" (Relations Dimension des familles en 1956 Gérard HÉBERT Monseigneur Ronald Knox Lui3i d\u2019APOLLONIA Le congrès du B.I.C.E, Jean-Paul LABELLE Respect positif de la foi de Tentant adopté Marcel TRAHAN La démission de M.Saint-Laurent ¦ L*U.R.S.S.est déclarée coupable ¦ Pour remplir nos églises ¦ Pour la paix sociale au Québec ¦ Pour une action concertée au Canada français iiË&lill REVUE DU MOIS SOMMAIRE OCTOBRE 1957 Éditoriaux.\t.253 L\u2019U.R.S.S.EST DÉCLARÉE COUPABLE.\u2014 POUR LA PAIX sociale au Québec.Articles DIMENSION DES FAMILLES EN 1956.Gérard Hébert 254 POUR UNE ACTION CONCERTÉE AU CANADA FRANÇAIS.Charles Dubé 258 RESPECT POSITIF DE LA FOI DE L\u2019ENFANT ADOPTÉ.Marcel Trahan 260 MONSEIGNEUR RONALD KNOX.Luigi d\u2019Apollonia 264 Commentaires.266 Le Pape nous parle.\u2014 Il serait temps que les laïcs prennent leurs responsabilités.\u2014 En trois mots.Au fil du mois.268 Réforme du Sénat et principe corporatif.\u2014 A bon entendeur, bonne entente.\u2014 Contre la mort en bouteilles.\u2014 Le centenaire du Collège de VAssomption de Windsor.\u2014 La démission de M.Saint-Laurent.\u2014 Pour remplir nos églises.Correspondance.270 JÇe centenaire deâ apparitionà en 1958 Pèlexinacfe a jÇoutdeâ Sous le distingué patronage de S.E.le cardinal Léger qui accompagnera les pèlerins à Lourdes, Lisieux, Paris et Rome.Aumônier général du pèlerinage: M.Albert Lapointe, P.S.S.Départ de Montréal, SS.Homeric, 3 mai 1958 FRANCE - ITALIE - SUISSE Tour « A » - 35 jours - $840.00, classe touriste Tour « B » - 53 jours - $1056.00, classe touriste Retenez dès maintenant vos places VOYAGES HONE 1460, avenue UNION, Montréal-2 VI.5-8221 Articles LE CONGRÈS DU B.I.C.E.Jean-Paul Labelle 271 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph-H.Ledit 272 Les livres.276 Bible et Marie.\u2014 P.Parsch: Apprenons à lire la Bible (C.Saint-Arnaud).- J.Daniélou: Les Saints « païens » de l\u2019Ancien Testament.- L.Lochet: Apparitions (T.Mignault).- C.-E.Roy: La Vierge de Guadaloupe (J.Ledit) .276 Spiritualité religieuse et conjugale.\u2014 P.-Th.DEHAU: Le Contemplatif et la Croix (Sr Marie-Emmanuel).- J.-M.Perrin: La Virginité chrétienne.- A.Wallenstein: Guide pratique de la perfection chrétienne (J.-P.Demers).- R.Carpentier: Témoins de la Cité de Dieu.- M.-M.Desmarais: Adam et Ève (J.d\u2019Anjou) .277 Biographies.\u2014 J.-M.Ronnat: Saint Basile le Grand (J.-P.Labelle).- L.Poirier: Un homme appelé François d\u2019Assise (C.Dontigny).- J.Guy: Marghe-Rita (J.d\u2019Anjou).- P.L\u2019Ermite: Je regarde ma vie (Sr Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur).278 Langue, Lecture, Littérature.\u2014 R.de Chantal: Chroniques de français (J.d\u2019Anjou).-En collaboration: Pour mieux choisir ce que nos jeunes liront (R.Arès).-P.Gazagne: Marivaux par lui-même.-].Ancelet-Hustache: Goethe par lui-même (J.-M.Aubry) .280 MO.4-3501 «É-Chas* Martel, Inc* BOIS ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION Attention particulière aux communautés religieuses 809a, BOUL DES LAURENTIDES - Ponl-Viau, Que.POUR 2 Mium DfCAHADtm Banque de Montréal 'pnœmcène banque au @a*tucOz $D2V5P AU SERVICE DES CANADIENS DE LA VIE DEPUIS 1817 DANS TOUTES LES SPHÈRES Autorisé comme envol postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. XVIIe année, N° 202 Montréal Octobre 1957 É D I T O JÇU.X.s.s.eït declaxêe coupable RÉUNIE en assemblée générale extraordinaire, l\u2019O.N.U.a jugé l\u2019U.R.S.S.coupable d\u2019agression en Hongrie, tout comme, en 1951, elle avait jugé la Chine rouge coupable d\u2019agression en Corée.Cette condamnation fut unanime, peut-on dire, puisque seuls les pays communistes n\u2019ont pas approuvé la résolution américaine.Dix nations, cependant, se sont abstenues de prendre part au vote, parmi lesquelles le Ceylan.L\u2019attitude de ce pays est difficile à expliquer, le Ceylan ayant fait partie du comité spécial qui prépara et signa le rapport de l\u2019O.N.U.Aussi M.Gunewardene n\u2019a-t-il accepté qu\u2019en maugréant de lire le discours préparé par son gouvernement.On ne peut dire, toutefois, que ces dix pays furent neutres dans le débat sur la Hongrie.Ils ont reconnu que l\u2019U.R.S.S.méritait un blâme, mais ne voulaient pas que l\u2019O.N.U.qualifiât l\u2019intervention soviétique d\u2019agression, de peur de fermer la porte aux négociations fructueuses.Exemple de « sage modération » si jamais il en fut.En plus de déclarer coupable l\u2019U.R.S.S., l\u2019assemblée générale extraordinaire demande que soit envoyé en Hongrie un délégué et que soit mise en vigueur la résolution passée, l\u2019année dernière, par l\u2019assemblée générale ordinaire.Cette résolution exigeait le retrait des troupes russes et la tenue d\u2019élections libres.Qu\u2019obtiendra de l\u2019U.R.S.S.le délégué de l\u2019O.N.U.?Vraisemblablement, peu de chose, c\u2019est-à-dire rien.L\u2019O.N.U.est impuissante à mettre la force au service du droit, si ce n\u2019est dans les cas hypothétiques où les cinq Grands tomberaient d\u2019accord.Aucune résolution de l\u2019O.N.U.contre l\u2019U.R.S.S.\u2014 que cette résolution irrite ou n\u2019irrite pas le Kremlin \u2014 ne réussira donc à faire sortir de la Hongrie un seul soldat russe, à moins que l\u2019U.R.S.S.ne le veuille.Est-ce à dire qu\u2019il ne faille pas exiger ce que nous savons ne pouvoir obtenir ?Nous ne le croyons pas, au nom même du réalisme politique.Cette position peut paraître étrange; mais il faut se rappeler toujours qu\u2019une grande lutte se livre contre l\u2019U.R.S.S.devant la conscience universelle.RIAUX Deux conceptions de vie s\u2019affrontent: elles sont inconciliables.Or, l\u2019U.R.S.S.vient d\u2019essuyer un revers éclatant.Ce revers, il s\u2019agit maintenant de l\u2019exploiter à fond.Pour cela, il est nécessaire que le délégué de l\u2019O.N.U.se rende à Budapest; nécessaire aussi qu\u2019il exige le retrait des troupes russes; nécessaire encore qu\u2019il réclame une consultation populaire.Même si l\u2019O.N.U.sait d\u2019avance qu\u2019elle n\u2019obtiendra pas 'jses objectifs, elle doit les poursuivre, car c\u2019est poursuivre un avantage dans sa lutte pour le respect de sa charte.Dorénavant, chaque fois que l\u2019U.R.S.S.élèvera la voix à l\u2019O.N.U.au nom de la paix, de la justice, de la liberté, le monde saura de quoi il s\u2019agit.Ainsi, en tirant les choses au clair, finira-t-on par démasquer l\u2019hypocrisie de l\u2019U.R.S.S.aux yeux des pays neutralistes qui, opposés en fait au communisme, inclinent cependant à donner raison aux communistes.L\u2019Occident aussi se redressera.Une certaine presse bourgeoise, atteinte par la propagande de l\u2019esprit de Genève, n\u2019a pas manqué de dire que l\u2019esprit de Budapest avait compromis la cause de la liberté des autres pays opprimés et risqué de déclencher une guerre mondiale.A pousser ce raisonnement à bout, qui ne voit qu\u2019il faudrait conclure que les soviétiques, s\u2019ils n\u2019ont pas sauvé la paix, en novembre dernier, ont du moins évité la guerre au monde ?Ce sont les mots qui ont perdu leur signification « lumineuse », comme disait le Saint Père dans son message sur les événements de Hongrie.Si la résolution intransigeante de l\u2019O.N.U.réussit à leur redonner leur sens lumineux, et rien que cela, un grand pas sera fait.La solidarité du monde libre, face au péril communiste, aura chance de s\u2019établir sur la vérité immuable plutôt que sur les intérêts toujours changeants.Ce jour-là, non seulement la Hongrie, mais tous les pays asservis sauront que l\u2019heure de la délivrance est proche.Poux la paix âociale au Quebec ENCORE UNE FOIS, le climat social du Québec tourne à l\u2019orage.Non seulement des grèves qui n\u2019en finissent plus ont éclaté en divers endroits et se OCTOBRE 1957 253 poursuivent avec leur cortège habituel de misère, de violence, de rancœur et même de haine, mais encore la classe ouvrière est en train \u2014 à tort ou à raison \u2014 d\u2019acquérir la conviction qu\u2019elle se heurte présentement à un mur et qu\u2019elle ne peut obtenir justice ni de certaines grosses compagnies qui exploitent les richesses naturelles de la province, ni du gouvernement québécois, ni de la Commission des Relations ouvrières, ni même des tribunaux.D\u2019où les marches spectaculaires que les chefs ouvriers ont organisées en ces derniers temps, sur Murdochville et sur Québec par exemple, dans le but de frapper l\u2019opinion publique, ultime et seul recours qu\u2019ils estiment leur rester en l\u2019occurrence.Ainsi se renouvelle un malaise social de jour en jour plus critique et auquel il est urgent de remédier.Quels que soient dans ces grèves les torts en présence, il est clair que la paix sociale ne pourra s\u2019établir tant que les chefs ouvriers pourront avec vraisemblance affirmer que les droits fondamentaux des travailleurs ne sont pas respectés, et porter des accusations de partialité contre les lois et les institutions existantes.Qu\u2019on en soit rendu là, c\u2019est déjà fort grave; mais que les responsables du bien commun, par leur indifférence ou leur inaction, laissent cette conviction s\u2019ancrer toujours davantage dans l\u2019esprit des travailleurs, voilà qui est blâmable et devient extrêmement dangereux.Dans leur lettre collective de 1950 sur le Problème ouvrier, les évêques de la province de Québec ont abordé la question délicate de la prévention des grèves.En ce domaine, ont-ils déclaré, le législateur doit « éviter jusqu\u2019à l\u2019apparence de mesures partiales ou dilatoires ».Puis ils ajoutaient (n° 181): Toute législation incomplète ou inefficace, qui n\u2019aurait pas le pouvoir de créer chez les travailleurs et chez les patrons une atmosphère de juste confiance, mais qui leur donnerait plutôt le sentiment d\u2019une frustration, serait préjudiciable à l\u2019ordre public, car elle les pousserait à se faire justice eux-mêmes et à mépriser les lois.L\u2019État devrait alors s\u2019empresser de corriger la loi et de l\u2019améliorer.Il ne suffit pas de répéter que la province de Québec possède une excellente législation sociale.Car nos évêques nous invitent à comprendre que, pour produire leur bon effet, les lois doivent être appliquées avec la préoccupation constante du bien commun : Alors elles inspirent confiance, facilitent l\u2019obéissance et font respecter l\u2019autorité.Il en irait tout autrement si des préoccupations partisanes ou le souci de plaire à des puissances financières en venaient à guider le pouvoir public dans la surveillance et l\u2019application des lois.Les meilleures lois pourraient être détournées de leur fin; leur mécanisme serait faussé.Inévitablement naîtraient chez les travailleurs défiance et indignation susceptibles d\u2019engendrer à leur tour violence et mépris de l\u2019autorité.(N° 182.) Les chefs ouvriers ont porté récemment des accusations précises contre l\u2019application des lois et le fonctionnement de certaines institutions juridiques et politiques du Québec.La paix sociale demande qu\u2019on examine ces accusations et que, si elles sont fondées, on adopte au plus tôt les mesures requises pour que justice soit pleinement et promptement rendue à tous, sans favoritisme comme sans partialité.RECENSEMENT DIMENSION DES FAMILLES EN 1956 Gérard HÉBERT, S.J.1E BUREAU FÉDÉRAL de la Statistique a publié, au cours de l\u2019été, le bulletin n° 1-16 du recensement fait l\u2019an dernier.Ce bulletin décrit les familles au Canada selon leur taille: moyenne de personnes par famille, nombre de familles de 2, 3, 4.personnes, etc.Nous voudrions en dégager quelques observations.Taille moyenne des familles dans chaque province Le tableau suivant, construit d\u2019après les données de ce bulletin, indique la moyenne de personnes par famille au Canada et dans chacune des provinces en 1956.En plus de la moyenne générale de chaque province (colonne 4), on y a ajouté la moyenne pour les régions rurales agricoles, les régions rurales non agricoles et les régions urbaines (col.1, 2 et 3).La moyenne générale de 1951 (col.5) permet la comparaison entre les deux derniers recensements.TABLEAU I MOYENNE DE PERSONNES PAR FAMILLE AU CANADA ET DANS CHAQUE PROVINCE \tMoyenne de personnes par famille en 1956\t\t\t\tMoyenne générale de personnes par famille en 1951 (5) \tRégions rurales agricoles (1)\tRégions rurales non agricoles (2)\tRégions urbaines (3)\tMoyenne générale (4)\t CANADA\t\t4.5\t4.1\t3.6\t3.8\t3.7 Terre-Neuve.\t5.1\t4.7\t4.5\t4.6\t4.4 Ile-du-Pr.-Ed.\t4.2\t4.2\t3.9\t4.1\t4.0 Nouvelle-Ecosse\t4.1\t4.0\t3.8\t3.9\t3.9 Nouv.-Brunsw.\t4.9\t4.5\t3.8\t4.2\t4.1 Québec\t\t5.7\t4.6\t3.9\t4.2\t4.2 Ontario\t\t4.0\t3.8\t3.4\t3.5\t3.4 Manitoba\t\t4.2\t3.9\t3.4\t3.6\t3.6 Saskatchewan.\t4.1\t3.7\t3.5\t3.8\t3.7 Alberta\t\t4.2\t3.9\t3.5\t3.7\t3.7 Colombie can.,.\t4.0\t3.7\t3.3\t3.4\t3.3 YukonetT.N.O.\t2.8\t4.2\t3.8\t4.1\t3.9 SOURCE: Canada, Bureau fédéral de la Statistique: Recensement du Canada, 1956, bulletin n° 1-16 « Familles selon la taille », tableaux n°* 43 et 44.254 RELATIONS Si l\u2019on excepte Terre-Neuve, dont les conditions géographiques, sociales et économiques sont particulières, c\u2019est le Québec et le Nouveau-Brunswick, les deux provinces canadiennes-françaises de la Confédération, qui ont la moyenne générale la plus élevée: 4.2 personnes par famille, suivies de près par l\u2019Ile-du-Prince-Édouard avec une moyenne de 4.1 personnes.Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ont la même proportion de 4.1 personnes par famille, mais leur situation spéciale interdit toute comparaison avec les autres provinces.C\u2019est la Colombie canadienne qui se classe dernière avec 3.4 personnes, précédée de l\u2019Ontario avec 3.5 personnes.Sauf pour le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, dans toutes les provinces, la moyenne est plus élevée dans les régions rurales que dans les régions urbaines, et plus élevée dans les régions rurales agricoles que dans celles qui ne sont pas agricoles.Dans les régions rurales agricoles, c\u2019est le Québec qui se classe bon premier avec une moyenne de 5.7 personnes par famille, suivi par Terre-Neuve avec une moyenne de 5.1 personnes; la Colombie canadienne et l\u2019Ontario se classent encore derniers avec une moyenne de 4 personnes.Ainsi, dans ce secteur, la différence entre Québec et Ontario est presque de 2 personnes par famille.A part la province de Terre-Neuve, c\u2019est encore le Québec qui obtient la moyenne la plus élevée dans les régions rurales non agricoles ainsi que dans les régions urbaines.Dans celles-ci, la différence est moins marquée, mais elle demeure appréciable: la moyenne est de 3.9 au Québec et dans lTle-du-Prince-Édouard, alors qu\u2019elle n\u2019est que de 3.3 et de 3.4 en Colombie canadienne et en Ontario.La comparaison entre les moyennes générales de 1951 et de 1956 marque une avance d\u2019un ou deux dixièmes dans six des dix provinces; la moyenne est demeurée stable au Québec, en Nouvelle-Écosse, au Manitoba et en Alberta.Moyenne dans les cités, villes ou villages Dans 36 des cités, villes ou villages (1,000 habitants ou plus) de la province de Québec, la moyenne atteint 5 personnes par famille, ou plus: Alma, Amqui, Anjou, Cap-Chat, Causapscal, Chambord, Chandler, Sainte-Anne de Chicoutimi, Dolbeau, Grande-Rivière, Hébert-ville, Ile-Maligne, Jonquière, Kénogami, Luceville, Ma-camic, Normandin (5.5), Notre-Dame d\u2019Hébert ville, Notre-Dame-du-Lac, Port-Alfred, Québec-Ouest, Ri-vière-du-Moulin, Robertsonville, Roberval, Saint-Ambroise (5.8), Saint-Cœur-de-Marie (5.9), Saint-Émilien (5.7), Saint-Félicien, Saint-Fulgence, Saint-Jean-Eudes (5.5), Saint-Jérôme du Lac-Saint-Jean, Saint-Noël, Saint-Siméon, Sayabec, Shawinigan-Est, Tadoussac.Des cités, villes ou villages des autres provinces du pays, il n\u2019y en a qu\u2019un au Nouveau-Brunswick et 5 à Terre-Neuve qui aient ainsi une moyenne de 5 personnes ou plus par famille: Shippegan au Nouveau- Brunswick et Freshwater, Marystown, St.Lawrence, Wabana et Windsor à Terre-Neuve.La différence entre les moyennes de Toronto et de Montréal est de quatre dixièmes en faveur de Montréal: Montréal, 3.6 (la ville proprement dite, 3.5, et la banlieue, 3.8); Toronto, 3.2 (la ville proprement dite, 3.1, et la banlieue, 3.3).La moyenne de la ville de Québec est d\u2019une unité complète supérieure à celle de Toronto: 4.2 personnes par famille (4.0 pour la ville, et 4.6 pour la banlieue).Les régions rurales agricoles Si l\u2019on considère seulement les régions agricoles de chacune des 75 divisions de recensement du Québec, 20 d\u2019entre elles ont une moyenne de 6 personnes ou plus par famille.Ce sont les comtés suivants: Abitibi, Beauce, Bellechasse, Chicoutimi (6.7), Dorchester, Frontenac, Gaspé-Ouest, Kamouraska, Labelle, Lac-Saint-Jean-Est (6.6), Lac-Saint-Jean-Ouest (6.7), Matane (6.6), Mata-pédia (6.8), Montmorency (Ile-d\u2019Orléans), Rimouski (6.9), Saguenay, Témiscamingue, Rivière-du-Loup, Té-miscouata (6.5) et Wolfe.Dans tout le reste du pays, un seul comté atteint une moyenne de six personnes par famille dans les régions agricoles, c\u2019est le comté de Madawaska au Nouveau-Brunswick (6.3).Petites, moyennes et grandes familles Les moyennes élevées de la province de Québec tiennent évidemment à ses familles nombreuses.De ce point de vue, la comparaison avec l\u2019Ontario devrait être intéressante.Le tableau II (p.256) indique la distribution des familles suivant leur dimension dans le Québec et l\u2019Ontario, ainsi que dans les villes de Québec, Montréal et Toronto, en 1956 et 1951.La figure 1 (ci-dessous) compare cette distribution dans le Québec et l\u2019Ontario, en 1956.npARScON^ES.0%\t8%\t16%\t24%\t32%\t40% PAR F/-\\ivui»ui» 9 ET PLUS QUÉBEC \u2014 ontario mmmm Figure 1.Distribution des familles suivant leur dimension, en 1956, dans les provinces de Québec et d\u2019Ontario.(Source: voir tableau II, col.1 et 3.) OCTOBRE 1957 255 TABLEAU II DISTRIBUTION DES FAMILLES SELON LEUR DIMENSION, EN 1956 ET 1951, DANS LES PROVINCES DE QUÉBEC ET D\u2019ONTARIO, DANS LES VILLES DE QUÉBEC, MONTRÉAL ET TORONTO Personnes par famille\tP.Québec\t\tP.Ontario\t\tQuébec\t\tMontréal\t\tToronto\t \t1956 (1)\t1951 (2)\t1956 (3)\t1951 (4)\t1956 (5)\t1951 (6)\t1956 (7)\t1951 (8)\t1956 (9)\t1951 (10) \t%\t%\t%\t%\t%\t%\t%\t%\t%\t% 9 et plus\t5.8\t6.1\t1.2\t1.1\t4.9\t5.9\t1.4\t1.7\t0.3\t0.3 8\t3.4\t3.3\t1.1\t1.0\t3.3\t3.6\t1.3\t1.4\t0.4\t0.4 7\t5.2\t5.1\t2.4\t2.0\t5.6\t5.7\t2.7\t2.8\t1.1\t0.9 6\t8.1\t7.7\t5.4\t4.4\t8.9\t8.6\t5.8\t5.3\t3.2\t2.6 5\t12.6\t12.0\t11.6\t9.9\t13.4\t13.2\t11.6\t10.8\t9.1\t7.6 4\t18.7\t18.2\t21.3\t20.5\t18.5\t18.3\t20.9\t20.0\t21.2\t20.1 3\t20.7\t21.7\t23.4\t25.7\t21.8\t21.3\t24.0\t25.4\t25.8\t27.9 2\t25.6\t26.0\t33.7\t35.4\t23.5\t23.4\t32.2\t32.5\t38.8\t40.3 \t100.0\t100.0\t100.0\t100.0\t100.0\t100.0\t100.0\t100.0\t100.0\t100.0 SOURCES: Canada, Bureau fédéral de la Statistique: Recensement du Canada, 1956, bulletin n° 1-16: « Familles selon la taille », tableaux nos 44 et 46.\u2014 Canada, Bureau fédéral de la Statistique: Neuvième recensement du Canada, 1951, vol.III: «Logements et familles », tableaux n°3 128 et 130.Dans la province de Québec, les familles de 2 personnes ne représentent que le quart du nombre total des familles de la province; dans l\u2019Ontario, elles en constituent le tiers.D\u2019autre part, les familles de 7 personnes et plus représentent, dans la province de Québec, 14%, et dans l\u2019Ontario, moins de 5% du nombre total des familles (tableau II, col.1 et 3, et figure 1).Si l\u2019on se demande maintenant quelle est la contribution respective du Québec et de l\u2019Ontario au nombre total de toutes les familles canadiennes dans chaque catégorie (familles de 2 personnes, puis de 3 personnes, etc.), on obtient le résultat suivant (tableau III et figure 2).TABLEAU III CONTRIBUTION DU QUÉBEC ET DE L\u2019ONTARIO AU NOMBRE TOTAL DES FAMILLES CANADIENNES DANS CHAQUE CLASSE parRSfam\"!lle\t15%\t30%\t45%,\t,60% 9 ET PLUS 8 7 6 5 4 3 2 QUEBEC | ONTARIO MM m S3 h Figure 2.Contribution du Québec et de l'Ontario au nombre total des familles canadiennes dans chaque classe.(Source: voir tableau III.) Nombres de personnes dans la famille\tQuébec\tOntario\tCANADA \t%\t%\t% 9 et plus\t53.4\t14.8\t100 8\t44.2\t20.6\t100 7\t38.5\t24.7\t100 6\t31.9\t29.5\t100 5\t26.8\t34.0\t100 4\t23.9\t37.6\t100 3\t24.6\t38.4\t100 2\t22.1\t40.2\t100 SOURCE: Canada, Bureau fédéral de la Statistique: Recensement du Canada, 1956, bulletin n° 1-16: « Familles selon la taille », tableau n° 44.Ainsi 22% de toutes les familles canadiennes composées de 2 personnes se trouvent dans la province de Québec, alors qu\u2019il y en a 40% dans la province d\u2019Ontario.D\u2019autre part, au delà de la moitié des familles canadiennes composées de 9 personnes et plus se trouvent dans le Québec, et seulement 15% dans l\u2019Ontario.Sans doute, l\u2019Ontario est plus industrialisé et plus riche que le Québec; mais ces facteurs économiques et sociaux suffisent-ils à expliquer de telles disproportions ?256 RELATIONS La distribution des familles suivant leur dimension, dans les villes de Québec, Montréal et Toronto, fournira des observations analogues à celles qui ont été suggérées après la figure 1.Les proportions sont tirées du tableau II (col.5, 7 et 9), et elles incluent la banlieue des villes mentionnées (figure 3).PERSONNES PAR FAMILLE 9 ET PLUS 8 7 6 5 4 3 2 Figure 3.Distribution des familles suivant leur dimension, en 1956, dans les villes de Québec, Montréal et Toronto.(Source: voir tableau II, col.5, 7 et 9.) La proportion des familles ne comptant que 2 personnes est relativement faible dans la ville de Québec (23%) et relativement élevée à Toronto (39%); pour les familles nombreuses, la position est inverse.Dans les deux cas, Montréal se tient entre les deux.Plus de 85% des familles de Toronto ne comptent que 4 personnes ou moins.Par ailleurs, les familles de 5 personnes ou plus constituent à Montréal 23% et à Québec 36% du nombre total des familles de ces deux villes.Comparaison entre 1956 et 1951 Si maintenant Ton compare les proportions de 1956 à celles de 1951, on peut observer les points suivants.Tant dans l\u2019Ontario que dans la province de Québec, les familles de 2 ou 3 personnes, proportionnellement, ont diminué; mais la diminution est plus sensible en Ontario qu\u2019au Québec.La proportion des familles de 4, 5, 6 et 7 personnes a augmenté dans les deux provinces, mais elle a augmenté davantage en Ontario.Enfin, la proportion des familles de 8 personnes et plus a diminué au Québec, mais elle a augmenté en Ontario (tableau II, col.1, 2, 3 et 4).Les mêmes observations, à peu de chose près, peuvent être faites en comparant la variation des proportions entre 1951 et 1956 à Montréal et à Toronto (tableau II, col.7, 8, 9 et 10).La ville de Québec fait exception: sauf une diminution dans la proportion des familles de 8 personnes et plus (diminution plus sensible 0%\t8%\t16%\t24%\t32%\t40% QUEBEC _______ MONTREAL \u2014 TORONTO E qu\u2019à Montréal), les proportions sont demeurées constantes dans presque toutes les autres catégories; notons toutefois une légère augmentation de la proportion des familles de 2 et 3 personnes, contrairement au phénomène observé à Montréal et Toronto et dans les deux provinces (tableau II, col.5 et 6).Ces observations, sommaires et superficielles, rejoignent cependant les conclusions d\u2019études savantes parues récemment dans des revues spécialisées: la différence semble diminuer entre le taux de fécondité des familles canadiennes-françaises et celui des familles canadiennes d\u2019autre origine.Conclusions Les conclusions par rapport à la fécondité des familles qu\u2019on pourrait tirer des observations faites ici exigeraient peut-être de légères corrections, pour trois raisons en particulier h On ne peut soustraire tout simplement le chiffre 2 de la moyenne de personnes par famille pour obtenir le nombre moyen d\u2019enfants, si l\u2019on veut tenir compte des familles dont l\u2019un des parents est décédé ou vit ailleurs.De plus, l\u2019inclusion des enfants adoptifs dans les chiffres présents peut affecter le taux de fécondité des familles.Enfin, il faudrait considérer la proportion plus ou moins grande de familles nouvellement formées et qui n\u2019ont pas eu le temps de s\u2019agrandir.D\u2019autre part, ces sources d\u2019erreur ne devraient pas affecter tellement les moyennes et les proportions signalées dans cet article qu\u2019elles puissent invalider les conclusions qui semblent se dégager de nos observations: 1° la plus grande fécondité des familles du Québec proportionnellement à celles du reste du pays, spécialement de l\u2019Ontario; 2° la diminution de cette différence, bien que celle-ci demeure encore considérable; 3° la plus grande fécondité des familles rurales et surtout des familles rurales agricoles par comparaison avec les familles urbaines; 4° le caractère marqué de cette dernière différence, en particulier dans la province de Québec; 5° la plus grande fécondité des familles urbaines vivant dans les banlieues des grands centres par comparaison avec les familles vivant dans la ville proprement dite.1.Les deux premières raisons tiennent à la définition du concept de « famille » qu\u2019a adoptée le Bureau fédéral de la Statistique et d\u2019après laquelle les moyennes et proportions mentionnées dans cet article ont été obtenues: « une famille, aux termes du recensement, se compose d\u2019un époux et de son épouse (avec ou sans enfants non encore mariés) ou de l\u2019un des deux avec un ou plusieurs enfants non encore mariés, et demeurant ensemble dans le même logement.Les enfants adoptifs et les beaux-fils et belles-filles sont considérés comme les^ propres enfants.aux termes du recensement ».Famille et ménage ne sont donc pas synonymes, puisque par ménage on entend toutes les personnes vivant ensemble dans un logement, quelle qu\u2019en soit la consanguinité ou l\u2019affinité; de plus, un ménage peut se réduire à une personne vivant seule.Ainsi au Canada, en 1956, 14,077,213 personnes vivaient comme membres d\u2019une famille, soit 87.5% de la population; cette proportion était de 87.2% en 1951.(Canada, Bureau fédéral de la Statistique, Recensement du Canada, 1956, bulletin n° 1-16, Introduction.) OCTOBRE 1957 257 Pour une action concertée au Canada français Charles DUBË, S.J.FFORT généreux dans une partie de l\u2019élite québécoise ^ pour le soutien des minorités; incurie, dans une autre, plus large; dans la masse, inconscience générale et faible appui du fait français au Canada: telles étaient nos premières constatations.Puis, après avoir entendu les minorités juger la province de Québec, nous avons examiné brièvement leur action française au pays.En ébauchant ce bilan des expressions de la conscience nationale chez les Canadiens français pour en éclairer la faiblesse, nous en avons également senti les promesses de réveil et d\u2019action.Une ère nouvelle semble bien approcher: celle de la solidarité effective de tous les groupes français des dix provinces.Ce serait l\u2019entrée dans l\u2019âge adulte pour notre nation.Mais il faut agir.On me permettra donc de suggérer certains moyens d\u2019action et de rappeler quelques conditions de cette action: confiance et espoir, collaboration à l\u2019échelle du Canada.Action dans le domaine culturel.Il ne s\u2019agira pas de luttes politiques pour le respect de la constitution fédérative, ni de revendications en faveur d\u2019un drapeau canadien, du bilinguisme ou du fonctionnarisme français dans les services du gouvernement fédéral.Problèmes importants sans doute, mais de seconde zone.Vivre d\u2019abord, poser des actes de vivants, établir des faits, d\u2019une force tranquille et sûre.Et alors, ces problèmes politiques recevront une solution plus facile, comme naturelle.Il faudra bien les répéter encore, nos réclamations, mais il faut surtout valoriser les actes essentiels de notre vie nationale.Nous ne proposons pas non plus des campagnes de discours.Les plaidoyers brillants et vigoureux sur nos problèmes nationaux ne nous ont pas manqué.Et pourtant, nous hésitons encore à poser tous ensemble les gestes quotidiens qui, seuls, assurent la vie.Agir Il va sans dire que nous devons continuer à examiner notre situation et nos conditions de vie comme nation française au Canada et en Amérique du Nord; continuer à clarifier et divulguer les notions de patriotisme, de patrie, d\u2019universalisme.Mais il est illusoire d\u2019attendre l\u2019unanimité sur l\u2019ensemble et le détail de chaque question.Le plus sûr moyen de nous rallier à une pensée commune sur les points principaux ne serait-il pas de nous fixer certains objectifs pratiques, acceptables pour l\u2019ensemble de la nation, et d\u2019en poursuivre l\u2019exécution?Ne pouvons-nous pas établir une technique de la solidarité nationale et de la diffusion de la culture française, et l\u2019animer ?Quoiqu\u2019il soit prématuré de tracer un plan d\u2019action sans avoir mené une enquête approfondie sur les données de nos problèmes, on peut cependant esquisser certaines directives générales.Elles ne peuvent être que provisoires.Premièrement, mener sur place des enquêtes concernant l\u2019état sociologique des minorités, en vue d\u2019établir leur situation démographique, leur actif et leurs besoins culturels et Après avoir invité le Québec à prendre une conscience plus claire du fait des minorités françaises hors du Québec {numéro de juin), et analysé les sentiments des minorités à l'égard du Québec {numéro de juillet), le P.Dubé exquisse un programme d'action commune visant à l\u2019épanouissement de la culture française au Canada.économiques.On pourrait ensuite concerter un plan particulier pour chaque minorité et un plan général pour tout le Canada français.Cette tâche incombe à des équipes choisies dans chacune des provinces.Deuxièmement, pratiquer des échanges entre les hommes d\u2019œuvres, les professeurs, les étudiants.Multiplier ceux du clergé et des communautés religieuses.Il faut qu\u2019un plus grand nombre de Canadiens français aillent vivre dans un autre milieu que celui de leur province respective.Cela s\u2019applique surtout aux Québécois.Leur province est le cœur de la nation.Il faut qu\u2019ils sentent son rôle dans le pays et qu\u2019en même temps ils éprouvent vitalement les valeurs françaises.Un séjour dans une autre province suscite d\u2019ordinaire chez le Québécois une véritable résurgence de ces valeurs.S\u2019il a l\u2019esprit ouvert et le cœur bien disposé envers ses compatriotes, il voit rapidement monter à sa conscience les particularités propres à sa langue, à sa culture et à sa foi.De leur côté, les gens des minorités auraient l\u2019occasion, dans le Québec, d\u2019approfondir leur culture propre et de la purifier des alliages nuisibles.(Dans les provinces à majorité anglaise, où les Francos ne possèdent pas toutes les institutions normalement nécessaires à la vie d\u2019une nation et subissent fatalement l\u2019influence idéologique et sociale du milieu, il est inévitable que les idéaux de la pensée française s\u2019entachent d\u2019équivoques, s\u2019alourdissent de compromis, s\u2019égarent même dans des erreurs inconscientes.Par exemple, n\u2019y a-t-il pas confusion entre bilinguisme et culture?Parce que la connaissance et la pratique de l\u2019anglais sont nécessaires pour un grand nombre, n\u2019a-t-on pas tendance à lui attribuer, dans la formation des jeunes esprits, le même rôle qu\u2019au français, et à considérer le bilinguisme intégral comme la véritable marque de la culture et la norme de la valeur d\u2019un homme ?) Les échanges dont nous parlons paraissent donc de première nécessité pour éveiller notre conscience nationale et revigorer notre culture française.Troisièmement, favoriser les contacts occasionnels : voyages de groupes, semaines d\u2019étude, congrès, comme par le passé.Mais les vœux formulés dans ces rencontres devraient être exécutés plus vigoureusement : ceux, par exemple, des derniers congrès de la langue française et de l\u2019Acelf.On doit multiplier aussi les contacts entre les associations provinciales: au plan parallèle, accrocher un plan transversal; ainsi, les expériences des unes profiteraient davantage aux autres, comme il arrive entre les membres de l\u2019Acelf.Quatrièmement, établir une réelle collaboration économique: entraide plus soutenue des coopératives, expansion de plus nombreuses firmes québécoises industrielles, commerciales et financières.(Il est dommage que la maison Dupuis Frères n\u2019ait pas fondé des succursales dans d\u2019autres provinces, comme il fut, paraît-il, question de le faire en Ontario, il y a quelque vingt-cinq ans.Mais il faut rendre hommage à la compagnie Les Gâteaux Vachon, qui s\u2019étend, à un rythme étonnant, en dehors du Québec.) La direction d\u2019une migration économique pourrait être l\u2019œuvre d\u2019un conseil économique des Canadiens français.On verrait bien ce conseil organiser une exposition périodique sur notre civilisation: y figureraient les créations qui attestent notre originalité dans tout le Canada, sur les plans matériel et spirituel.Cette exposition ferait le tour des principaux centres du Québec et traverserait le Canada.(La première aurait pu être celle 258 RELATIONS du congrès de la refrancisation tenu à Québec, en juin dernier.) A ce conseil reviendrait encore le soin de canaliser, avec l\u2019aide du Conseil de la Vie française, les finances nécessaires aux organes de culture populaire: journaux, postes privés de radio et de télévision, et aux institutions de haute culture: collèges et universités.Cette entraide économique et culturelle constituerait un placement rentable.(Le Fonds mutuel de Placements, établi récemment à Montréal, et la Banque industrielle, qui suivra, serviraient efficacement les objectifs d\u2019un tel conseil.) Cinquièmement, organiser notre publicité.Le Canada français devrait posséder son service de propagande, pour renseigner par la radio, les journaux, revues et autres publications, tous les groupes canadiens-français et aussi les milieux canadiens-anglais.Les institutions d\u2019une certaine ampleur ne devraient-elles pas songer à tout le Canada quand elles font de la publicité ?Pour exécuter ce programme, faut-il créer de nouveaux organismes?Une couple peut-être.Le Conseil de la Vie française pourrait en être l\u2019animateur.Mais il importerait qu\u2019il augmente ses fonds et se donne une base plus large et plus concrète.Conjointement avec le Conseil économique, il devrait ouvrir, dans chaque ville de la province de Québec et dans les centres importants des autres provinces, un bureau chargé des enquêtes sociologiques et de la diffusion de la propagande.Ce bureau aurait aussi pour rôle d\u2019établir les contacts et la collaboration entre les sociétés culturelles et sociales, en vue de réaliser les objectifs des deux conseils.Pour rendre possible l\u2019accomplissement de toutes ces tâches, il faut sans doute de fortes sommes d\u2019argent: un million ou deux par année.{Le Devoir a eu l\u2019intelligente audace de lancer l\u2019idée du million, l\u2019an dernier et cette année.) Bagatelle, si nous avions confiance en nous et conscience de notre solidarité.Il faut aussi, à la direction des divers organismes, des hommes compétents et entièrement dévoués à la cause.Le Canada français compte assez de gens convaincus de la valeur de notre civilisation et de son rôle bienfaisant et nécessaire pour que démarre bientôt une action d\u2019envergure.Agir avec confiance Assurer l\u2019avenir du Canada français est une entreprise nécessaire; les Canadiens français sont menacés dans leurs virtualités françaises et même catholiques.Si nous voulons exister comme nation, il ne suffit pas de réclamer le respect de nos droits, pas même de secourir à l\u2019occasion un groupe en péril.Pour établir solidement la culture française au Canada, il faut la développer partout où il y a des groupes de Canadiens français.Parler moins, agir davantage, et sans la crainte infantile des difficultés.Avec la conviction que notre culture et notre civilisation valent nos efforts et notre argent.Nous devons compter sur le succès, même s\u2019il n\u2019est pas complet l\u2019an prochain, même s\u2019il paraît hypothétique.La cause est bonne, cela suffit.Que de gens manquent de confiance dans les causes les plus légitimes! Véritable endémie.Jusqu\u2019aux jeunes qui en sont atteints: à leur insu, ils imitent peut-être leurs aînés.N\u2019en voient-ils pas un trop grand nombre vivre comme si le tangible et l\u2019immédiat suffisaient à l\u2019homme, et se recroqueviller devant le don généreux et désintéressé?Au sujet de cette cause française, finissons-en avec les hésitations et les peurs.Elle est bonne; le succès viendra, même s\u2019il n\u2019est jamais définitif.Le succès comble ceux qui travaillent et luttent dans la confiance.On se récriera peut-être: « Voyez donc les faits! Nous ne sommes que trente pour cent de la population canadienne, et cette proportion peut encore baisser.Nous ne maîtrisons qu\u2019une maigre portion de l\u2019influence politique et de la puis- OCTOBRE 1957 sance économique.Le Canada devient de plus en plus anglais.» Admettons.Mais ce ne sont pas les seuls faits.Notre richesse économique, quelque réduite qu\u2019elle soit, pourrait nous servir davantage, si elle était mieux orientée.Les partis politiques au gouvernement fédéral et dans les provinces anglaises ont un besoin grandissant de nos votes.Et, ce qui est beaucoup plus important, les Canadiens français constituent le groupe le plus homogène et le plus uni, à la fois par les liens de la foi catholique et par ceux de la langue et de la culture; le plus humanisé peut-être par son long attachement à la terre canadienne, et par sa civilisation, pénétrée des valeurs de la personne humaine et de la foi religieuse.Une telle minorité, \u2014 fût-elle encore moindre, \u2014 si la majeure partie de son élite se décide à vivre consciemment, à travailler avec une ténacité confiante, aucun obstacle ne peut l\u2019empêcher d\u2019atteindre ses objectifs essentiels.Encore un coup, quelle action collective avons-nous concertée et poussée à son terme pour sortir de notre infériorité et de notre faiblesse ?Espaces-minorités C\u2019est à choisir: faire le grand effort ou renoncer à une vie vraie et pleine pour notre nation et notre culture.Il faut affronter l\u2019option: le Québec et les minorités se sauveront en s\u2019unissant solidement, ou ils se perdront en se séparant.Le Canada français doit être un tout culturel et moral.Mais pourquoi parler d\u2019effort ?Est-ce qu\u2019une nation qui épanouit son dynamisme soulève un poids ?Il faut penser Canada français.Agir pour le Canada français.(Par là, nous pourrons penser Canada.Le Québec ne peut faire corps avec les minorités sans faire corps avec tout le Canada, ni connaître leurs problèmes sans s\u2019intéresser à tous ses problèmes.) La force ou la faiblesse d\u2019une partie est celle de l\u2019ensemble.On a accoutumé de dire: il faut une province de Québec forte pour que les minorités soient fortes.La formule renversée n\u2019est-elle pas aussi vraie, plus vraie peut-être: pour que le Québec reste fort, il faut des minorités fortifiées?Précisément, le Québec ne s\u2019affirmera-t-il pas dans la mesure où il travaillera en union avec les minorités ?Le Québec, seul, risque de s\u2019endormir, de s\u2019angliciser plus ou moins consciemment, de se laisser dominer par la puissance économique anglaise.L\u2019autonomie provinciale même \u2014 absolument nécessaire \u2014 peut devenir une hypnose.La prise en charge de tout le Canada français tiendrait en éveil.L\u2019intégration psychologique et morale de la province de Québec avec les minorités est nécessaire à la maturité de notre culture.L\u2019histoire nous apprend qu\u2019un pays ne progresse et n\u2019atteint sa taille en civilisation que s\u2019il conquiert des espaces: espaces qui peuvent être des terres où il exerce son génie créateur, ou des zones d\u2019influence intellectuelle et morale.Pour la nation canadienne-française, il ne s\u2019agit plus de domination territoriale, comme au temps de la Nouvelle-France, mais de l\u2019épanouissement de tous les groupes minoritaires.Les espaces-minorités sont nécessaires à la taille spirituelle de notre nation.Ils sont un appel à la conscience et à la vie adultes.Tout au contraire d\u2019une occupation étrangère qui asservit, l\u2019entraide fraternelle dilate et grandit.Si la nostalgie de la Nouvelle-France est pour quelque chose dans cette « conquête », nous n\u2019avons pas à en rougir.Elle ne peut servir qu\u2019à insuffler plus de dynamisme à notre action culturelle.D\u2019ailleurs, cette nostalgie, \u2014 si nostalgie il y a, \u2014 pour être un phénomène psychologique, n\u2019en est pas moins un fait, et une valeur si nous savons l\u2019utiliser.La 259 négliger ou la mépriser ressemble à un reniement après une déception.Transposons notre nostalgie.Nos compatriotes anglais ou autres ne doivent pas craindre que nous ne dominions le Canada, si nous cherchons à mieux vivre à leurs côtés.Du reste, il ne manque pas d\u2019esprits accueillants, partout au pays (et ils augmentent), qui admettent le fait français, l\u2019admirent vraiment.Certains réclament même l\u2019expansion de la culture française.Tels ces universitaires de Toronto qui demandent la radio et la télévision françaises.Récemment encore, n\u2019a-t-on pas entendu des autorités, en Colombie-Britannique même, suggérer l\u2019enseignement du français dans les écoles publiques?Ce désir de la culture française est de tradition dans une partie de l\u2019élite anglaise.Au siècle dernier, Lord Dufferin disait: « Mon plus ardent désir, pour cette province de Québec, a toujours été de voir sa population française jouer au Canada le rôle si admirable rempli par la France en Europe.» Sur le plan chrétien Maintenant, si nous prenons les vues supérieures, nécessaires, de notre foi religieuse, qui n\u2019aperçoit que ce regroupement des membres épars de notre nation est une œuvre de salut non seulement temporel, mais étemel?Car notre civilisation est le fruit de notre culture et de notre foi.La développer, l\u2019étendre, c\u2019est valoriser notre personnalité d\u2019homme et de chrétien.C\u2019est aussi nous préserver des influences nocives à l\u2019un et à l\u2019autre.De plus, resserrer notre union, c\u2019est symboliser et favoriser, pour notre part, le rassemblement des hommes dans l\u2019unité du Corps mystique du Christ.Cette œuvre, de portée étemelle, est sans doute la seule pour laquelle il vaut vraiment la peine de vivre.Toutes les unités humaines, partielles, se complètent.Notre unité, appuyée sur notre culture et notre foi, n\u2019est pas exclusive des autres unités.Et plus elle sera consciente et mûre, plus le dialogue lui sera facile.Elle s\u2019ouvrira davantage aux contacts pour recevoir et donner, contribuant ainsi au rassemblement des hommes.Il n\u2019y a rien là de la confusion du temporel et du spirituel, ni d\u2019un extravagant « messianisme canadien-français », mais la signification symbolique des choses concrètes: tout geste de rapprochement humain, posé selon la droite raison, imite et symbolise la « récapitulation » opérée dans et par le Christ.Et si ce rapprochement est accompli dans la charité surnaturelle, il contribue à l\u2019achèvement du Corps mystique.Respect positif de la foi de Uenfant adopté Marcel TRAHAN I\u2019ENFANT est le prolongement de la conscience des parents; c\u2019est une projection, par delà le temps et l\u2019espace, vers l\u2019infini, vers Dieu, source et fin de toute vie humaine.Fragile émanation de l\u2019être des parents pour ce qui est de son corps, l\u2019enfant a droit à la protection de son intégrité physique.Quant à l\u2019âme, l\u2019enfant est un dépôt sacré confié par Dieu aux parents, dépôt dont ils sont comptables à Dieu seul.Dieu est donc le seul vrai maître en ce domaine; les parents doivent assurer à l\u2019enfant la protection de son âme dans la plénitude de la foi et le préparer en conséquence au bonheur éternel du ciel.Il y a, hélas! dans notre société gangrenée et défaillante, des enfants qui n\u2019ont pas comme parents, dès leur naissance, des êtres totalement aptes à leur assurer cette protection physique, morale et surnaturelle, droit de l\u2019enfant, condition de son bonheur terrestre et de la béatitude éternelle à laquelle il est appelé.Ce sont les enfants illégitimes dont le père, par inconscience ou lâcheté, s\u2019est dérobé, laissant la mère sans aide dans cette circonstance dramatique de la vie.La mère, ne pouvant donner à son enfant ce qui lui est dû: l\u2019épanouissement intégral de sa personnalité, l\u2019abandonne et consent à son adoption, fiction légale qui fait entrer cet enfant dans une famille régulièrement constituée pour qu\u2019il en devienne membre.Voici, un peu résumé, un travail présenté au congrès du Bureau international catholique de l\u2019Enfance, tenu à Montréal, au début de septembre.L\u2019auteur est greffier en chef, conseiller juridique et juge suppléant à la Cour du Bien-Etre social de Montréal.Nature de Fadoption L\u2019adoption est un acte volontaire, bilatéral et juridique.C\u2019est une sorte de contrat qui requiert le consentement des intéressés, c\u2019est-à-dire, l\u2019adoptant et l\u2019adopté.Si ce dernier est mineur, son représentant doit consentir pour lui, en l\u2019occurrence ses parents, père ou mère, ou son tuteur.L\u2019adoption doit être considérée comme un contrat placé hors des normes du droit commun, vu que les effets qui en résultent ne sont pas le fruit de la volonté des contractants eux-mêmes, mais découlent directement de la loi.L\u2019adoption, dès lors, devient, sous de multiples aspects, une institution dont les conditions techniques et les effets sont prévus et réglés d\u2019avance.Légalement, la liberté de s\u2019engager dans ce contrat reste l\u2019apanage des intéressés.L\u2019expression de volonté manifestée par la mère de l\u2019enfant qui sera adopté doit tendre à assurer à ce dernier, dans la famille qui deviendra sienne, sa protection physique, morale et religieuse.En règle générale, peu de controverses s\u2019élèvent au sujet du bien-être physique et moral de l\u2019enfant.Il n\u2019en est pas de même lorsqu\u2019il s\u2019agit de son bien-être religieux.Au cours des cinq dernières années, les tribunaux de différents pays ont été appelés à se prononcer, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, sur cette question.Il y a eu, quoique n\u2019étant pas une question d\u2019adoption stricte, l\u2019affaire Finaly, en France.Aux États-Unis, vient de 260 RELATIONS se terminer, en juin de cette année, par le jugement des tribunaux de la Floride, le cas de l\u2019enfant Hildy McCoy, que les Ellis ont soustrait à sa mère catholique, malgré les multiples jugements favorables à la mère rendus par les tribunaux du Massachusetts, où l\u2019affaire a pris naissance.Dernièrement, les tribunaux du Maryland se prononçaient sur cette question dans le cas Frantum.Le droit canonique n\u2019a pas de disposition expresse au sujet de l\u2019adoption.Par son canon 1080, il ne fait que confirmer la législation civile des différents pays au sujet des empêchements de mariage prohibants ou dirimants, décrétés par suite des effets produits par l\u2019adoption quant à la filiation.Dans toutes les législations antiques, l\u2019adoption avait un caractère religieux et avait pour fin la famille.L\u2019adoption n\u2019était pas faite pour le bénéfice de l\u2019adopté, mais pour assurer le prolongement et la survivance de la famille.Tout autre est la conception moderne de l\u2019adoption.L\u2019adoption, de nos jours, s\u2019insère dans un système de protection de l\u2019enfance abandonnée.Presque tous les pays ont actuellement une législation concernant l\u2019adoption, législation foncièrement humaine, axée sur l\u2019intérêt de l\u2019enfant.Les conditions de forme, ou mieux les procédures requises pour une adoption légale sont presque partout identiques.Il n\u2019en va pas de même pour les conditions de fond, conditions sans le respect desquelles une adoption n\u2019est pas légale.Ces conditions de fond ont trait à l\u2019âge de l\u2019adoptant et de l\u2019adopté, à la différence d\u2019âge entre l\u2019adoptant et l\u2019adopté, au consentement de l\u2019adoptant et de l\u2019adopté ou de ses représentants.Certaines législations exigent la présence d\u2019enfants légitimes, d\u2019enfants adoptifs dans la famille de l\u2019adoptant; d\u2019autres comme au Texas, frappent d\u2019interdiction les enfants de race noire, ou, comme au Nevada, les personnes de race mongole, qui ne peuvent ni adopter ni êtres adoptées.Il y a aussi les conditions de sexe.Toutes tendent à assurer le bien-être physique et moral de l\u2019adopté.L'adoption et la foi religieuse de l'enfant Mais il y a une autre condition de fond qui, pour nous catholiques, est d\u2019une primordiale importance, c\u2019est celle qui concerne la foi religieuse de l\u2019enfant.Dans l\u2019ouvrage intitulé l'Adoption dans les législations modernes, publié par Marc Ancel, avec la collaboration des assistants et chercheurs de l\u2019Institut de Droit comparé, de Paris, au chapitre deux, qui traite des conditions de fond admises par les différentes législations, il n\u2019est pas fait mention de cette condition particulière qui, pour nous catholiques, doit être essentielle.Cependant, dans l\u2019étude des législations particulières des différents pays (p.143), l\u2019auteur analyse la législation de la province de Québec.Sous la rubrique « conditions de fond », on peut lire: « Il (l\u2019adoptant) doit également professer la même religion que ce dernier (l\u2019adopté).» L\u2019énoncé tel que rédigé n\u2019est pas totalement exact, parce que le texte de la loi du Québec est plus précis et plus catégorique.Il se lit comme suit: Dans les cas ci-dessus prévus, l\u2019adoptant, qui ne doit être ni l\u2019époux, ni l\u2019épouse, ni le frère, ni la sœur de l\u2019adopté, doit avoir au moins vingt ans de plus que l\u2019adopté et professer la même foi religieuse que celle à laquelle ce dernier appartient par le baptême.(Loi d\u2019adoption, art.4, ch.324, S.R.Q.1941.) La première loi d\u2019adoption de la province de Québec, sanctionnée le 15 mars 1924, ne comportait aucune disposition quant au respect de la foi religieuse de l\u2019enfant.En 1925, lorsque la loi fut complètement refaite, l\u2019art.4 fut complété par l\u2019adjonction relative au fait que l\u2019adoptant doit professer la même foi religieuse que celle à laquelle l\u2019adopté appartient par le baptême.Toutes les autres provinces canadiennes exigent, dans leur législation, le respect de la foi religieuse de l\u2019enfant, mais pas d\u2019une manière aussi précise et catégorique que le Québec.Chez nos voisins américains, outre le district de Columbia, vingt-quatre États possèdent des dispositions prévoyant le respect de la foi religieuse de l\u2019enfant.Voici le texte de l\u2019article 5 B, du chapitre 210 de la loi générale de l\u2019État du Massachusetts.(La loi des autres États qui respecte la foi de l\u2019enfant est quasi identique.) Art.5B.Protection de la foi religieuse.En rendant un jugement pour adoption, le juge doit, quand cela est possible, donner la garde d\u2019un enfant à des personnes de la même foi religieuse que celle de l\u2019enfant.En cas de discussion, quant à la religion de l\u2019enfant, c\u2019est la religion de la mère qui doit prévaloir.Si la cour, quelle que soit la religion de l\u2019enfant, confie néanmoins cet enfant à des personnes de foi religieuse différente, elle devra donner les motifs de sa décision et en faire mention au procès-verbal des procédures.Cette disposition de la loi, lorsqu\u2019elle fut proposée et acceptée comme loi, reçut l\u2019approbation des quatre évêques catholiques du Massachusetts, de l\u2019archevêque épiscopalien et du Conseil des rabbins de Boston; du Conseil des Agences sociales à Boston, Worcester, Springfield, New-Bedford; de chaque Conseil exécutif des agences bénévoles volontaires de protection de l\u2019enfance, catholique, protestante, juive et neutre; du président de l\u2019Assistance judiciaire; de l\u2019Organisation du Bien-Être public de l\u2019État; de la Conférence du Travail social du Massachusetts; du Comité législatif de la Législature d\u2019État; de la Chambre des représentants du Massachusetts; du Sénat et du gouverneur de l\u2019État.Nous avons consulté la législation italienne, anglaise, uruguayenne, brésilienne, française et belge, et nulle part nous n\u2019avons trouvé des dispositions expresses à cet effet.En lisant le texte de l\u2019article 343 du code civil français et du code civil belge, ainsi OCTOBRE 1957 261 rédigé: « L\u2019adoption ne peut avoir lieu que s\u2019il y a de justes motifs et si elle présente des avantages pour l\u2019adopté », ne pourrions-nous pas déduire que si la foi religieuse de l\u2019enfant n\u2019est pas respectée, l\u2019adoption ne présente pas d\u2019avantage pour l\u2019adopté ?Cette interprétation permettrait de dire que la loi prévoit indirectement le respect de la foi de l\u2019enfant.D\u2019ailleurs, il y a d\u2019autres lois qui sont rédigées à peu près comme la loi française.En particulier, la loi 10674 de l\u2019Uruguay (20 novembre 1945), qui stipule: « L\u2019adoption ne peut être accordée que pour de justes motifs, et à condition qu\u2019elle soit conforme à l\u2019intérêt du mineur.» Interprétant cette loi, on peut dire qu\u2019une adoption qui ne respecte pas la foi religieuse de l\u2019enfant n\u2019est pas conforme à son intérêt L\u2019expression de la loi uruguayenne: « conforme à l\u2019intérêt de l\u2019enfant », est plus explicite que l\u2019expression des lois française et belge: « présente des avantages pour l\u2019adopté ».Justification de la loi québécoise Nous avons présenté aussi succinctement que possible l\u2019état de la législation actuelle de par le monde quant au respect de la foi religieuse.Cependant, nous voudrions justifier ici l\u2019insertion d\u2019un texte de loi semblable à celui de la province de Québec dans les différentes législations nationales.Le point de départ de toute discussion relative au respect positif de la foi de l\u2019enfant en cas d\u2019adoption légale est celui-ci: A qui appartient l\u2019éducation de l\u2019enfant?Quels sont ses protecteurs naturels?L\u2019éducation de l\u2019enfant, tous le reconnaissent, appartient au père et à la mère, puisqu\u2019il en est la substance.Cela est clair, sans doute, quand il s\u2019agit de la famille régulièrement constituée.Il n\u2019en va pas différemment pour les parents naturels, puisque l\u2019enfant se confond d\u2019une certaine manière avec ses générateurs.Les droits ne se rencontrent-ils pas là où se trouvent les devoirs, et les devoirs ne sont-ils pas relatifs à ce qui est, en vue de ce qui doit être ?« Qu\u2019est-ce qu\u2019un droit, si ce n\u2019est le large laissé devant nos pas pour que nos devoirs s\u2019accomplissent, et que par eux notre destinée naturelle se réalise?», dit le P.Sertillanges.Il ajoute plus loin: «Partout, toujours, les droits procèdent des devoirs, ceux-ci des destinées, celles-ci de la nature des choses.» Appliquant ces notions à notre sujet, on peut dire que la nature des choses en question, c\u2019est l\u2019enfant et le respect positif de sa foi dans ses rapports avec la famille adoptante.La destinée en question, c\u2019est la destinée de l\u2019enfant, son insertion dans la foi, son salut éternel.Le père selon la chair participe d\u2019une manière particulière à la notion de principe qui, dans son universalité, se trouve en Dieu.Le père est principe de la génération, de l\u2019éducation, de l\u2019instruction et de tout ce qui se rapporte au perfectionnement de la vie humaine.(Somme thêol., 2a 2ae, q.102, a.1.) Parlant ailleurs du fils, saint Thomas écrit: Le fils.est par nature quelque chose du père.; il s\u2019ensuit que, de droit naturel, le fils, avant l\u2019usage de la raison, est sous la garde de son père.Ce serait donc aller contre la justice naturelle si l\u2019enfant, avant l\u2019usage de la raison, était soustrait aux soins de ses parents ou si l\u2019on disposait de lui en quelque façon contre leur volonté.{Ibid., 2a 2ae, q.10, a.12.) Le père ou la mère naturels catholiques qui, par suite des contingences sociales dans lesquelles ils vivent, envisagent, pour le plus grand bien de leur enfant, de le faire adopter légalement doivent, en conscience, respecter la foi de leur fils qui est la même que la leur et, pour ce faire, exiger qu\u2019il soit adopté par une famille de leur religion.La première fonction de la famille est l\u2019éducation des enfants.Cette même fonction est dévolue à la famille-substitut, en l\u2019occurrence, la famille adoptante.Les parents adoptifs assument à l\u2019égard des enfants adoptés l\u2019obligation faite aux époux par l\u2019article 165 du code civil de la province de Québec, par l\u2019art.203 du code civil français et par des dispositions analogues des autres législations, c\u2019est-à-dire l\u2019obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants.Le mot élever employé ici signifie éduquer.La loi civile italienne est précise à ce sujet.A l\u2019article 301, on peut lire: « L\u2019adoptant a le devoir de voir à l\u2019entretien de l\u2019adopté, de l\u2019éduquer et de l\u2019instruire conformément aux dispositions prescrites par l\u2019article 147.» Ce dernier article explicite les obligations des époux comme le fait notre article 165 du code civil et l\u2019article 203 du code civil français.Cependant, il ajoute: « Cette éducation et cette instruction devront être conformes aux principes de la morale.» Si des parents catholiques confiaient leur enfant naturel à une famille non catholique, ils consentiraient à ce qu\u2019il soit élevé, éduqué dans des principes qui ne sont pas ceux de leur foi.Ils frustreraient leur enfant du droit qu\u2019il a au respect positif de sa foi.D\u2019ailleurs, le canon 1113 du code de droit canonique définit les obligations des parents comme suit: « Les parents ont la très grave obligation de veiller, selon tout leur pouvoir, à l\u2019éducation tant religieuse et morale que physique et civique de leurs enfants.Ils doivent aussi pourvoir à leur bien temporel.» Les parents naturels catholiques se conforment en tout aux exigences de l\u2019Église en n\u2019autorisant l\u2019adoption de leurs enfants que par des parents catholiques.Et pour les parents adoptifs, on peut référer au canon 1372, par.2, qui stipule: « Non seulement les parents, selon le canon 1113, mais aussi tous ceux qui les remplacent, ont le droit et le devoir très grave d\u2019assurer l\u2019éducation chrétienne des enfants.» Ce droit au respect de la foi de l\u2019enfant est clair pour tous les chrétiens, et nous devons exiger qu\u2019il soit respecté dans toutes les législations, car, comme le dit Léon XIII dans Rerum novarum : « Le pouvoir du 262 RELATIONS père est de telle nature qu\u2019il ne peut être ni supprimé, ni absorbé par l\u2019État, parce qu\u2019il a, avec la vie humaine elle-même, un principe commun.» Cette exigence que nous faisons aux parents naturels catholiques de respecter intégralement et positivement la foi de leur enfant existe entière pour les parents de religion différente de la nôtre.Décisions des tribunaux Il serait peut-être intéressant de voir maintenant en quel sens les tribunaux ont décidé au sujet de cette délicate question du respect de la foi de l\u2019enfant.Les recueils de jurisprudence de la province de Québec ne font mention que d\u2019une seule cause rapportée dans la Revue légale de 1944.C\u2019est la cause Hamelin.Un oncle présente une requête pour adopter l\u2019enfant naturel de sa nièce, baptisé suivant le rite de l\u2019Église catholique.La requête allègue faussement que les adoptants sont de la même foi que l\u2019enfant.Ils désirent, toutefois, que le jugement d\u2019adoption soit inscrit dans les registres de la paroisse du Rédempteur, qui est une église d\u2019un culte dissident.L\u2019oncle déclare qu\u2019il a renoncé à la foi de son baptême et adhère à une Église dont les enseignements sont en contradiction formelle avec ceux de l\u2019Église catholique romaine.Le juge Forest, de la Cour supérieure, déclare: Considérant que l\u2019adopté a été baptisé par un prêtre de l\u2019Église romaine et doit être élevé dans cette croyance; Considérant que l\u2019adoption est un acte juridique qui crée entre l\u2019orphelin et son père adoptif certains rapports purement civils de paternité et de filiation; Considérant que le législateur a pris soin d\u2019entourer cette loi, ayant pour objet de protéger la morale et guider l\u2019enfant abandonné de ses parents, de toutes les garanties propres à prévenir les dangers et les risques encourus par les enfants en bas âge; Considérant que c\u2019est en vue d\u2019atteindre ce but important que cette législation a été soumise à des règles rigoureuses et des formalités particulières; Considérant que l\u2019une des conditions essentielles pour permettre à l\u2019adoptant de se porter requérant dans une cause de cette nature exige qu\u2019il jouisse d\u2019une bonne réputation, pratique la même foi religieuse que celle à laquelle l\u2019adopté appartient par son baptême; Considérant qu\u2019un jeune enfant, qui n\u2019a pas encore la liberté de culte, de penser et d\u2019agir par lui-même, a droit cependant d\u2019exiger de ses parents, tuteurs ou adoptants, le respect de la foi religieuse de ses ascendants; Considérant qu\u2019en l\u2019espèce, Urcisse Hamelin, l\u2019un des requérants, ayant abjuré devant un ministre protestant la foi catholique dans laquelle il est né et qu\u2019il a pratiquée jusqu\u2019à la date de son mariage avec Dame Angéline Thomas, le 4 février 1928, n\u2019est pas dans les conditions requises pour obtenir le soin, la garde, la direction et l\u2019adoption de cet enfant.Requête rejetée.Toutefois, aux États-Unis, cette question a soulevé bien des controverses, surtout ces derniers temps, dans l\u2019État du Massachusetts, à la suite de l\u2019insertion, en 1950, de l\u2019article 5B, cité plus haut et qui a été désigné sous le nom de « statut religieux ».Ce texte de loi exige que le juge respecte la religion de l\u2019enfant d\u2019une manière formelle et confie la garde de l\u2019enfant à des personnes qui pratiquent la même foi religieuse.Avant que ce texte ne fût inséré dans la loi, les juges apportaient une certaine attention à la foi de l\u2019enfant; mais cela était laissé à leur discrétion.Le seul critère valable, alors, pour une adoption, c\u2019était le bien-être physique et matériel de l\u2019enfant et la stabilité financière des parents pour assurer ce bien-être physique et matériel.Dorénavant, le juge devra respecter la foi religieuse de l\u2019enfant quand il y aura conflit entre les parties à cet égard, sans toutefois négliger l\u2019autre condition qui est le bien-être de l\u2019enfant.En 1952, le juge James J.Ronan, de la Cour suprême du Massachusetts, déclare dans la cause Gaily: Il se pose fréquemment un problème dans le cas de l\u2019adoption d\u2019un enfant par des parents d\u2019une religion différente de celle de l\u2019enfant, à savoir: si le bien-être matériel éventuel est supérieur au respect de la foi.Le statut 5 B a été édicté afin que l\u2019un ne soit pas au détriment de l\u2019autre.La question religieuse n\u2019a pas été réglée explicitement; mais implicitement on doit lui donner une telle importance que, d\u2019une manière générale, l\u2019adoption par des personnes d\u2019une foi religieuse différente de celle de l\u2019enfant ne doit jamais être accordée.Ce même principe a été, de nouveau, clairement réaffirmé, en 1954, par le juge Phelan dans la cause Goldman.Cependant, une question nouvelle fut soumise à l\u2019attention de la cour; on allégua que le statut religieux était à l\u2019encontre de l\u2019ordre constitutionnel et violait la traditionnelle « séparation » de l\u2019Église et de l\u2019État.La Cour suprême de l\u2019État a rejeté à l\u2019unanimité cette prétention en déclarant: Nous ne pouvons accepter cette proposition.La même considération est accordée à chaque religion.Il n\u2019y a pas subordination d\u2019une secte à une autre.Personne n\u2019est tenu responsable de propager telle ou telle religion.Aucun culte, dans sa pratique, n\u2019est requis, défendu ou même entravé.Enfin, dans le même État, il y a eu le cas de l\u2019enfant Hildy McCoy, qui est connu de tous.Les mêmes principes ont été reconnus et appliqués par le juge Reynolds de la Probate Court de Norfolk et réaffirmés, par la suite, dans les vingt-deux jugements qui ont été rendus à l\u2019occasion de différentes requêtes présentées par les Ellis.A l\u2019occasion de cette affaire, le docteur Melech Schacter, de l\u2019Université Yeshiva et de la Congrégation Adath Jeshrun de New-York, déclarait en mai 1954: Cette pratique de l\u2019adoption d\u2019enfants non juifs par des parents juifs présente de telles complications qu\u2019elle devrait cesser immédiatement.Le résultat moral que nous, Juifs, nous avons obtenu dans l\u2019affaire Finaly ne doit pas nous autoriser à judaïser les enfants non juifs, à moins d\u2019une permission formelle donnée par les parents pour changer la foi d\u2019un enfant.Une telle conversion n\u2019est pas justifiée ni justifiable.L\u2019État du Maryland ne reconnaît pas le respect de la foi de l\u2019enfant dans sa législation d\u2019adoption.Cependant, il y a à peine un mois, ce respect de la foi de l\u2019enfant a été reconnu dans le cas Frantum.Il s\u2019agissait OCTOERE 1957 263 d\u2019un enfant né de parents catholiques.Des luthériens, à sa naissance, l\u2019avait pris en charge.Pendant deux ans, ils lui prodiguèrent tous les soins nécessaires et le sauvèrent, paraît-il, de la mort.Une requête en adoption fut présentée et refusée, le tribunal ordonnant que l\u2019enfant soit remis au Service social catholique pour être placé dans une famille catholique, afin que la foi de l\u2019enfant soit sauvegardée.Tel est l\u2019état de cette question.Il nous reste à souhaiter que, dans un avenir rapproché, les législations positives de chaque pays reconnaissent le principe du respect de la foi de l\u2019enfant.MONSEIGNEUR RONALD KNOX Luigi d'APOLLONIA, S.J.Monseigneur ronald knox est mort, réduit à une ombre par le cancer.La libraire, me remettant le volume que je lui demandais, m\u2019a dit tout simplement: « It\u2019s too bad.» Elle est anglaise.Knox eût aimé sa réserve, surtout à son endroit.C\u2019est dommage, en effet.La disparition de Knox (s\u2019il est permis de parler ainsi) laisse un grand vide.Sa présence sera d\u2019autant plus regrettée que le mouvement s\u2019est presque tari en Angleterre qui, entre les deux guerres, attira tant d\u2019écrivains vers l\u2019Eglise: Chesterton, Martindale, Waugh, Greene, Lunn, Dawson, Hollis.Un seul nom très célèbre dans la littérature est venu, depuis la deuxième grande guerre, calmer nos regrets, celui de la poétesse Dame Edith Sitwell.* Ronald Knox commença de bonne heure à étonner.A dix ans, il compose des épigrammes en grec et en latin: il est déjà dangereux.A Eton et à Balliol, il rafle les prix; ses « bons mots », ses parodies, ses épigrammes font la joie de tout Oxford.Aussi quand « Ronnie » décide de devenir ministre anglican, c\u2019est une surprise.Mais quand il devient catholique, à l\u2019âge de 29 ans (1917), c\u2019est un choc : il est chapelain à Oxford.Il lui restait de devenir prêtre pour mettre un comble au scandale, car il est le quatrième fils de l\u2019évêque de Manchester, comme Robert Hugh Benson est le fils du primat de Canterbury.Chesterton a tout résumé en un quatrain: Mary of Holyrood may smile indeed Knowing what grim historic shade it shocks, To see wit, laughter and the Papist creed Cluster and sparkle in the name of Knox.Si on avait su, à ce moment, \u2014 on ne l\u2019apprendra que plus tard, par le récit de sa conversion (A Spiritual Aeneid, 1918), \u2014 que ce jeune homme cultivé, brillant, moqueur avait, dès l\u2019âge de 17 ans, fait vœu de virginité afin « de servir le Seigneur sans empêchement », on aurait conclu que le grand talent est toujours étrange par quelque côté.On pouvait croire, dans certains milieux, que la conversion de Knox allait mettre le point final à sa carrière universitaire.On dut déchanter.Après un stage au grand séminaire St.Edmund, voici que Knox retourne à Oxford, cette fois comme chapelain catholique, faveur qui avait été refusée à Newman.A ce ministère de choix, Knox va donner un éclat incomparable.C\u2019est la grande crise économique et l\u2019ère des dictateurs.Knox se tient au-dessus des querelles politiques qui font rage.Il continue le travail commencé alors qu\u2019il cherchait la vérité à travers la High Church.Some Loose Stones et Reunion All Around, livres écrits du temps où il était anglican, étaient des études sérieuses, marquées au coin d\u2019un esprit d\u2019humour et de gaieté qui eût pu faire de lui un rédacteur en chef de Punch, comme son frère.Reunion All Around porte en sous-titre cette explication: « Plaidoyer pour l\u2019admission à l\u2019Église d\u2019Angleterre des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des brahmes, des papistes et des athées, soumis à la considération du peuple britannique.» Hélas! il est même en Angleterre des esprits qui manquent d\u2019humour.Certains virent dans ce livre un brillant exposé des thèses libérales, s\u2019accommodant fort bien d\u2019un Dieu, décrit par Knox, « qui existe et qui n\u2019existe pas, qui est cause du péché qu\u2019il hait, mais qu\u2019il ne punit point et qui promet au ciel un bonheur que nous ne serons pas conscients de posséder.» Les esprits avisés ne s\u2019y trompèrent point.Ils n\u2019aimèrent point ces banderilles plantées dans leur flanc.Mais comme elles venaient d\u2019un des leurs, elles cachaient un certain baume dans le dard.Knox était maintenant de retour, et prenait rang de l\u2019autre côté.Il était toujours le même : affable, aimable, souriant, un peu gêné même.On allait vite s\u2019apercevoir qu\u2019on n\u2019avait rien perdu à l\u2019attendre.Caliban in Grub Street sortit en 1930, puis Broadcast Minds.C\u2019était le même esprit logique, le même air rieur qui prenait à partie les journalistes, les écrivains, tous les théologiens improvisés, qui passaient à côté du vrai problème de Dieu et de la destinée de l\u2019homme, tout en se prenant pour l\u2019oracle de Delphes ou la Tour de Londres.Il fallait bien lire Knox.L\u2019auteur, tout romain qu\u2019il était, était plus anglais qu\u2019eux.L\u2019oiseau rare nichait dans le même arbre généologique et remplissait tout le voisinage d\u2019un chant si pur et si mélodieux qu\u2019il faisait envie.Let Dons Delight apportait la preuve \u2014 si la preuve était encore nécessaire \u2014 que Knox connaissait Oxford aussi bien que personne, et qu\u2019il était aussi à l\u2019aise dans l\u2019anglais de Spencer, de Chaucer, de Shakespeare que dans celui des Victorians ou de ses contemporains.A ces livres de controverses, Knox en joignait d\u2019autres, In Soft Garments, The Belief of Catholics, dans lesquels il exposait la doctrine catholique.Puis, quand il avait besoin d\u2019argent, il composait un roman policier.Cependant les étudiants et les professeurs l\u2019aimaient moins pour ses qualités d\u2019intelligence que pour ses qualités d\u2019âme.Sans doute allait-on vers lui, parce qu\u2019il parlait bien, écrivait mieux encore, savait dire oui, non, distinguo, ergo tout en blaguant.Mais il attirait surtout parce que, conférencier, prédicateur, théologien, humoriste, il exhalait un charme particulier, empreint de douceur et de modestie.Les mots de saint Augustin au sujet de saint Ambroise reviennent à la mémoire: « Je me mis à l\u2019aimer non comme un docteur de la vérité, mais comme un homme qui me voulait du bien.» * En 1939, Ronald Knox quittait son troupeau d\u2019Oxford.Les évêques lui demandaient une nouvelle traduction de la Bible.Il faut être la hiérarchie pour ne demander rien que 264 RELATIONS cela à un homme.C\u2019eût été un travail pour tout un monastère bénédictin ou pour toute une équipe comme celle qui nous donna la Bible de Jérusalem.Knox allait abattre ce travail tout seul.Il se fit ermite, se fixa un calendrier, s\u2019astreignit à une règle impitoyable de travail, ne s\u2019interrompant que pour donner des sermons aux demoiselles d\u2019un couvent évacué de Londres à Aldenham Park.Au bout de neuf ans, le travail était fini, du « Au commencement Dieu créa.» qui commence la Genèse au souhait « Que la grâce du Seigneur soit avec tous.Amen! » qui clôt l\u2019Apocalypse.On a beaucoup critiqué cette traduction, et pour les mêmes raisons que les habitués de la vieille Itala critiquaient la Vulgate de saint Jérôme.On regrettait l\u2019absence de certains mots et de certaines phrases des évangiles, des psaumes, de la Genèse, si familiers aux catholiques d\u2019Angleterre.Tous s\u2019accordent cependant à louer la traduction des épîtres et du Livre des Rois, et la prose toujours souple, claire, mélodieuse de l\u2019auteur.Finie la traduction de la Bible, Knox retourna à un projet qu\u2019il n\u2019avait jamais, en vérité, abandonné.Il y pensait dans les trains, le poursuivait dans les bibliothèques, y songeait au milieu de conversations fastidieuses, y réfléchissait en mangeant.La Bible était la fille de l\u2019obéissance; Enthusiasm était la fille de ses rêves.Il l\u2019a dit lui-même à Evelyn Waugh dans une préface qui est parfaite: « The book haunted his daydreams like a guilty romance.» Knox se propose, dans ceQouvrage, de décrire un phénomène qui s\u2019est produit dans l\u2019Église primitive, s\u2019est reproduit au cours des siècles, et se répétera, sans doute, jusqu\u2019à la fin des temps; il s\u2019agit d\u2019un « enthousiasme » pour le divin qui explique tant de mouvements religieux dissidents.Knox commence son étude monumentale par la lettre de saint Paul aux Corinthiens et par les deux courants monta-niste et donatiste qui traversèrent l\u2019Église primitive.Puis, il s\u2019avance vers le Moyen Age et la Réforme avant de s\u2019enfoncer dans le maquis des grandes querelles doctrinales autour de la nature et de la grâce qui ont rempli, de leur bruit, le xvne et le xvme siècle.On trouvera difficilement ailleurs une meilleure étude sur le quiétisme et sur le jansénisme.Cet « enthousiasme », qui refuse les lisières de l\u2019autorité, finit toujours, en déplaçant l\u2019accent, par briser l\u2019harmonie de l\u2019ensemble doctrinal.Le quiétisme exagère la doctrine sur l\u2019amour désintéressé; le jansénisme assombrit l\u2019état du pécheur.Mais ce que Fénelon et Pascal ont vu clairement, \u2014 comme Luther et comme Cajvin d\u2019ailleurs (voir Louis Bouyer, Du protestantisme à l\u2019Eglise),\u2014 c\u2019est une vérité, et une vérité importante.Les exagérations et les excentricités viennent après et naissent souvent dans le creuset des controverses et des oppositions.Car une vérité, tel un instrument délicat, est facilement faussée si on n\u2019y prête pas attention.L\u2019esprit d\u2019objectivité et de charité qui préside à ce travail magistral se reflète avec un rare bonheur dans le titre même du livre.Knox avait d\u2019abord pensé à Illuminism.Au fur et à mesure qu\u2019il approfondissait ses recherches et méditait son sujet, il vit plus clair et finit par l\u2019intituler Enthusiasm.Ce livre est peut-être le chef-d\u2019œuvre de Knox.L\u2019érudition y est étonnante, mais les archives ne sentent jamais la poussière.Tous les matériaux de fiches et de bibliographies sont disparus dans une coulée; tous les échafaudages ont été enlevés: l\u2019œuvre apparaît dans toute sa hardiesse, toute sa solidité, toute sa beauté.Vers la fin de 1956, Knox se sentit mal.Diagnostic: cancer.Opéré au début de février 1957, il ne put recouvrer ses forces.Au mois de juin, réapparition du mal.On l\u2019avertit qu\u2019il n\u2019a plus que peu de temps à vivre.Il écrit alors à un vieil ami: « Si je comprends bien, ce genre de cancer ne fait pas souffrir d\u2019une façon aiguë.Je me rends compte que je n\u2019en serais pas digne.» Tout Knox est là: aucune confession brûlante, aucune effusion passionnée; réserve, discrétion, amour, même de la croix, exprimé à mi-voix.Knox continue de travailler comme si de rien n\u2019était.Il met la dernière main à la traduction de l\u2019autobiographie de Thérèse de Lisieux, prépare pour Oxford la Romanes Lecture qu\u2019il donne assis, tant il est faible.Puis il retourne à Mells, relit des auteurs préférés, se prépare sereinement à la mort.Il expira le jour de la Saint-Barthélemy.* Dès qu\u2019on apprit, au ciel, la bonne nouvelle que Knox allait venir, il y eut, paraît-il, grande demande pour ses livres.Thomas More prit Enthusiasm et en admira l\u2019érudition, l\u2019humanisme et le sens de l\u2019Église; il y respirait l\u2019ancien Oxford.Le vieux saint Jérôme, devenu moins grognon depuis qu\u2019il est au ciel, lit la Bible de Knox et se demande pourquoi certains passages lui avaient paru obscurs.Robert Bellarmin a pris Belief of Catholics et regrette qu\u2019on n\u2019ait pas spécialisé le jeune Knox en théologie.François de Sales a parcouru Bridegroom and Bride et voudrait récrire certaines pages de Y Introduction à la vie dévote.Maria Goretti, dit-on, fait ses délices de Creed in Slow Motion et trouve bien chanceuses ces demoiselles du couvent d\u2019Aldenham Park.Philippe de Néri, l\u2019auréole de travers, lit The Viaduct Murder et se demande pourquoi il n\u2019a pas pensé à ce genre littéraire pour égayer ses pique-niques de paroisse.La petite Thérèse, heureuse d\u2019avoir trouvé un écrivain tel que Knox pour traduire son autobiographie, attend avec beaucoup d\u2019impatience que le livre sorte des presses; sachant avec quelle légèreté on peut traiter des manuscrits, elle aurait même soufflé au Seigneur que Knox a été plutôt mal servi par ses traducteurs, et que cela devrait lui tenir lieu de purgatoire.DISQUES Alphonse Daudet: La Chèvre de M.Seguin.Texte illustré par Jacqueline Ide, récité par Fernandel sur disque Decca.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956, 29.5 cm.Prix (album relié, disque inclus): 195 fr.b.TE CHARME du conte que tous connaissent est rehaussé par ' la présentation qu\u2019il reçoit dans cet album de luxe et surtout par la lecture intelligente qu\u2019en offre Fernandel.Vous entendez l\u2019accent du Midi, mais il est discret; vous saisissez les nuances et les malices du texte, mais on ne vous les impose pas.Aurons-nous les Lettres de mon moulin en entier et les Contes du lundi dans une pareille fête pour l\u2019oreille et pour l\u2019oeil ?Joseph d\u2019Anjou.Aimé Duval, S.J.: Chansons.Studio^S.M.45-03, 45-04.\u2014 Paris (27, rue Linné), Éditions de l\u2019Épi, 1957.Distributeur au Canada: Ed.Archambault, 500 est, rue Sainte-Catherine, Montréal.TTOULEZ-VOUS que, la journée durant, flottent en votre V âme et se pourchassent des vagues de foi, d\u2019espérance et d\u2019amour?Plongez-vous, dès le^début de votre besogne journalière, dans une atmosphère d\u2019Évangile, en faisant chanter sur votre tourne-disque les inimitables chansons du P.Duval, virtuose de la vie intérieure et de la guitare au point de faire oublier ce qui manque chez lui à la virtuosité du gosier.Ce bain matinal de réjuvénescence spirituelle, le déclin des soirs vous invitera souvent à le renouveler, puisque c\u2019est bien la nuit que « le Seigneur reviendra; il l\u2019a promis ».Rien comme les disques du P.Duval pour tenir nos lampes allumées et aider Jésus à nous trouver, malgré les ombres où tâtonnent nos âmes.J.-Louis Lavoie.Maison Bellarmin.OCTOBRE 1957 265 LE PAPE NOUS PARLE 9 juillet : Lettre pontificale (par l'entremise de S.Exc.Mgr Dell'Acqua) au président des Semaines sociales de France à l'occasion de la session de Bordeaux.\u2014 Il faut chercher « les voies constructives d\u2019une restauration de l\u2019institution familiale dans la société contemporaine ».13 juillet : Allocution à un groupe de pèlerins canadiens.\u2014 « Aujourd\u2019hui encore, la magnifique fécondité, la robustesse, la générosité de vos familles témoignent d\u2019un harmonieux équilibre spirituel et humain, que bien des peuples peuvent vous envier.» 18\tjuillet : Allocution aux membres de la Fédération des Maîtres espagnols.\u2014 Vous ne devez pas être simplement des véhicules de la science, mais avant tout « des éducateurs des esprits et, dans la juste proportion, des modeleurs des âmes de vos écoliers ».19\tjuillet : Lettre à S.Em.le cardinal Eugène Tisserant, à l'occasion de son jubilé d'or sacerdotal.\u2014 Lettre (par !intermédiaire de S.Exc.Mgr Dell'Acqua) à la présidente générale du Centre italien féminin.\u2014 La femme et la vie démocratique.\u2014 Allocution aux membres du XIXe Chapitre général de la Société des Pères Blancs missionnaires d'Afrique.\u2014 Nécessité de pratiquer une charité héroïque, universelle et désintéressée.23 juillet : Allocution aux délégués diocésains italiens pour Vémigration.\u2014 Importance de l\u2019assistance aux émigrants et vertus nécessaires à ceux qui s\u2019y adonnent.1er août : Message à l\u2019occasion du Jamboree scout international tenu à Sutton Park, en Grande-Bretagne.\u2014 « Appréciez à son juste prix votre idéal de fraternité à travers la diversité des patries, des langues et des races.» 3\taoût : Lettre (par l\u2019intermédiaire de S.Exc.Mgr Dell\u2019-Acqua) au cardinal Dalla Costa, à l\u2019occasion de la VIIe Semaine nationale de pastorale, à Florence.\u2014 Nécessité de pratiquer l\u2019amour envers le prochain comme preuve de l\u2019amour envers Dieu.4\taoût : Allocution à un groupe de médecins et d\u2019assistantes sociales d\u2019Amérique, membres de /\u2019« International Society for the Welfare of Cripples ».\u2014 Rôle de la société à l\u2019égard des inaptes au travail.11 août : Allocution à l\u2019occasion de la canonisation de la bienheureuse Marguerite de Hongrie.(Cet événement se produisit durant la guerre, et ce n\u2019est que maintenant que le discours vient d\u2019être publié.) \u2014 Vertus dont sainte Marguerite de Hongrie est le modèle.\u2014 Message (par l\u2019intermédiaire de S.Exc.Mgr Dell -Acqua) au président du Bureau international catholique de l\u2019Enfance à l\u2019occasion du VIe congrès, à Montréal.\u2014 Sollicitude maternelle de l\u2019Eglise pour l\u2019enfance; graves responsabilités des éducateurs.20\taoût : Allocution à des fidèles venus de la paroisse de San Medin de Barcelone.\u2014 « Une paroisse est la cellule d\u2019un corps, qui, dans ce cas, est le Corps mystique du Christ.» 25\taoût : Allocution aux participants du Congrès mondial de la J.O.C.à Rome.\u2014 Vous êtes des jeunes, des travailleurs, des catholiques; ce triple titre vous impose des tâches spéciales.En particulier, vous devez vous employer à restaurer dans toute sa noblesse la notion chrétienne du travail.26\taoût : Lettre (par l\u2019intermédiaire de S.Exc.Mgr Dell'-Acqua) au recteur de l\u2019Université catholique de Milan, à l\u2019occasion de l\u2019ouverture du XXIXe cours de perfectionnement culturel: le problème moral et l\u2019Italie contemporaine.\u2014 Le problème moral est si pressant qu\u2019il n\u2019est plus permis à tous ceux qui conservent des sentiments de charité patriotique de l\u2019ignorer ou de demeurer indifférents ou inactifs en face de lui.266 AVEC OU SANS COMMENTAIRES IL SERAIT TEMPS AUSSI QUE LES LAÏCS PRENNENT LEURS RESPONSABILITÉS Sous ce litre, M.l\u2019abbé Léo Forest a publié, le 14 août dernier, dans Vhebdomadaire l\u2019Action populaire, de Joliette, un éditorial dans lequel il exhorte les laïcs à lutter contre certains maux sociaux, en particulier la littérature obscène et pornographique.Le sujet est d\u2019actualité; il nous a paru opportun de reproduire le texte de ce vigoureux éditorial.AU MILIEU d\u2019une discussion d\u2019ordre professionnel, une h\\ douzaine d\u2019hommes de science, tous catholiques, prennent quelques minutes de repos; et la conversation roule évidemment sur les événements courants; on en vient vite à parler de l\u2019esprit d\u2019indépendance avec lequel les gens en général prennent la vie, de nos jours, les problèmes que cet état d\u2019esprit cause, en particulier, dans l\u2019éducation des enfants.Et parlant d\u2019éducation, l\u2019on en arrive à la littérature obscène et pornographique, servie en pâture quotidienne à nos jeunes par la plupart des restaurants et autres endroits où se vendent journaux, revues et magazines.En pères de famille sérieux et conscients du mal immense qu\u2019une telle nourriture intellectuelle répand chez les jeunes, ces « professionnels » s\u2019inquiètent à bon droit et se demandent où s\u2019en va notre jeunesse, imbibée comme elle l\u2019est jusqu\u2019aux moelles d\u2019une littérature qui la détourne de tout idéal chrétien, voire même de tout idéal humain et l\u2019entraîne insensiblement vers le libertinage et la délinquance.C\u2019est alors que l\u2019un des interlocuteurs s\u2019écrie, certain d\u2019avoir trouvé la principale clé du problème: « Le clergé devrait prendre ses responsabilités devant un état de choses aussi évident que grave et alarmant.» Heureusement que, dans le groupe, il se trouve des laïcs plus renseignés pour rectifier et déclarer que le clergé les a prises depuis longtemps ses responsabilités, mais qu\u2019il serait grandement temps que les laïcs aussi prennent leurs responsabilités.Affirmer que le clergé ne prend pas ses responsabilités, en présence des maux causés par les plaies sociales qui sévissent actuellement (la mauvaise littérature en est une), c\u2019est ignorer les enseignements inlassables des souverains pontifes et de nosseigneurs les évêques durant le dernier quart de siècle sur le rôle actif que doivent remplir les laïcs dans l\u2019Église; c\u2019est ignorer toute l\u2019histoire des mouvements spécialisés d\u2019Action catholique; c\u2019est ignorer l\u2019orientation donnée à la prédication sous toutes ses formes depuis déjà assez longtemps; c\u2019est ignorer le travail accompli, au prix de quels contrecoups, par les journaux catholiques de combat; c\u2019est ignorer l\u2019attitude précise d\u2019une foule de prêtres qui paient de leur personne dans la lutte entreprise contre des plaies comme la mauvaise littérature, l\u2019intempérance, le dévergondage des grills, le laisser-aller de nombre d\u2019hôtels et autres endroits qu\u2019on n\u2019a même pas besoin de nommer.Malheureusement pour le monde catholique de chez nous, pour notre jeunesse en particulier, les appels en faveur de l\u2019apostolat laïque par l\u2019Action catholique, les sévères avertissements de l\u2019autorité religieuse ne sont compris que par le petit nombre.Et ceux qui, aujourd\u2019hui, déplorent à tort RELATIONS que le clergé ne prenne pas ses responsabilités sont précisément, la plupart du temps, des laïcs influents, instruits, en mesure d\u2019aider l\u2019autorité religieuse, mais qui se contentent de constater le mal, de s\u2019en alarmer en levant les bras au ciel, et de blâmer les autres, surtout les membres du clergé.Dans un diocèse comme le nôtre, qui se prétend profondément catholique, dans une ville comme Joliette, si tous nos laïcs influents.voulaient s\u2019en donner la peine et prendre les devants, il y aurait certainement moyen de bannir la mauvaise littérature, d\u2019obtenir que les hôtels et les grills soient mieux tenus, que les lois de la morale publique soient mieux observées, que l\u2019intempérance diminue.Et l\u2019on verrait chez nous ce que l\u2019on commence à voir ailleursj tout un peuple se lever comme un véritable bouclier de l\u2019Église pour appuyer ses enseignements dans les diverses couches de la société.On n\u2019assisterait pas à des scènes aussi déplorables que celles qu\u2019on nous mentionne ici et là: des vendeurs de revues obscènes qui défendent sévèrement à leurs enfants de les lire, mais les laissent emporter par les enfants de leurs voisins, avec la conséquence que, quelques jours plus tard, leurs propres enfants les ont lues.Des hommes constitués en autorité, à qui le peuple a donné sa confiance et qui demandent aux restaurateurs du village de discontinuer la vente de la littérature obscène en ajoutant bien candidement: « Quant à moi, vous vendrez bien ce que vous voudrez, mais c\u2019est pour faire plaisir à Monsieur le Curé que je vous demande cela! » Ou encore des gens apparemment sains d\u2019esprit et qui aux remarques de l\u2019autorité religieuse sur la tolérance et le laisser-aller auxquels ils se prêtent, répondent: « Vous devriez prêcher plus fort contre toutes ces mauvaises choses.» Quand on en est rendu à un point où 90% des citoyens d\u2019une paroisse n\u2019osent pas s\u2019affirmer quand ils s\u2019agit de décider s\u2019ils veulent, oui ou non, une licence d\u2019hôtel contre laquelle ils sont en principe et qui ensuite rejettent la faute sur le curé ou l\u2019évêque si monsieur X n\u2019obtient pas le permis en question, alors que quelques semaines plus tard ils rejetteront encore le blâme sur le dos du curé ou de l\u2019évêque si monsieur Y, lui, obtient une licence, on peut.se demander si nos laïcs prennent vraiment leurs responsabilités.On peut se demander aussi quels comptes Dieu aura à régler un jour, peut-être plus tôt qu\u2019on ne le pense avec tous ces catholiques ni chair ni poisson qui se présenteront devant Lui et à qui Il demandera: « Qu\u2019avez-vous fait de vos responsabilités d\u2019éducateurs de vos enfants ?Qu\u2019avez-vous fait de vos responsabilités de disciples du Christ, de baptisés?» Je ne sais pas si, à cette heure, ces gens oseront répondre: « Le Souverain Pontife, nosseigneurs les évêques, nos prêtres ne nous ont jamais parlé de cela! » Ou encore: « Nous ne savions pas que nous avions d\u2019aussi graves responsabilités vis-à-vis de nos enfants, de la jeunesse de notre milieu, de nos voisins.» On peut tromper le monde, on peut tromper la vigilance de l\u2019autorité religieuse, on peut faire semblant de ne pas la comprendre.Je ne crois pas que l\u2019on puisse tromper Dieu, ni faire semblant de ne pas Le comprendre.OCTOBRE 1957 Lu ttoiâ motâ II Un millionnaire américain vient de faire aux universités de Toronto et de Princeton un don de $243,048, à la condition expresse que l\u2019argent serve à promouvoir l\u2019étude des œuvres de saint Thomas d\u2019Aquin.H En dix ans, soit de 1947 à 1957, voici quel a été le taux de la baisse du pouvoir d\u2019achat de la monnaie dans les pays suivants: États-Unis: 20%, Allemagne: 24%, Canada et Irlande: 29%, Hollande: 32%, Espagne et Grande-Bretagne: 38%, Mexique: 47%, France: 63%, Japon: 65%, et Chili: 94%.L\u2019inflation demeure l\u2019un des problèmes majeurs de l\u2019après-guerre.^ Après trois ans et demi d\u2019enquête, le sous-comité du Sénat chargé d\u2019étudier la délinquance juvénile aux États-Unis vient de remettre son rapport.Les auteurs y expriment leur conviction que la première ligne de défense contre la délinquance, c\u2019est la famille.C\u2019est dans le milieu familial, précisent-ils, que se prennent les attitudes qui dégénèrent plus tard en habitudes antisociales: les bons parents font les \u2022 bons enfants.« Better children can come only from better parents.» If On sait qu\u2019un groupe de laïcs catholiques de la Nouvelle-Orléans ont écrit directement au Pape pour lui demander de blâmer l\u2019attitude de leur archevêque, S.Exc.Mgr Joseph F.Rummel, qui s\u2019est fait le champion de l\u2019intégration raciale dans son archidiocèse.A ceux qui lui demandaient ce qu\u2019il pensait de cette démarche audacieuse, l\u2019archevêque s\u2019est contenté de répondre, avec calme et modération, que cet appel de fidèles catholiques au Pape était « en accord avec le droit reconnu ou la prérogative des membres de l\u2019Église catholique en général ».Avis à ceux qui regardent l\u2019Église comme une institution intolérante et totalitaire.If Si l\u2019on en croit les United Bible Societies, le nombre des protestants en Amérique latine est passé, en 40 ans, de 200,000 à 6,500,000.A ce rythme-là, en l\u2019an 2,000, l\u2019Amérique latine deviendrait en majorité protestante, perspective qui devrait stimuler le zèle de tous les catholiques, à commencer par ceux du Canada français.If Des luthériens d\u2019Allemagne assument la tâche de restaurer certaines vérités catholiques qui, disent-ils, se sont perdues au cours de l\u2019histoire de l\u2019Église.Ils parlent d\u2019ordination sacerdotale, de succession apostolique, alors que, d\u2019après l\u2019enseignement de Luther, chaque chrétien est son propre prêtre et qu\u2019il est absurde de croire à l\u2019institution d\u2019un sacerdoce séparé.Ils vont même jusqu\u2019à déclarer que « c\u2019est une vérité catholique que l\u2019Église du Christ sur terre a eu et devrait avoir un gouvernement unifié », et que le protestantisme doit faire face à la prétention de l\u2019évêque de Rome d\u2019être le successeur de saint Pierre.1f Un mouvement semblable s\u2019amorce aux États-Unis, où l\u2019Église luthérienne vient d\u2019établir un centre d\u2019études en vue d\u2019examiner la théologie de l\u2019Église catholique et nouer, si possible, des contacts plus étroits avec des représentants de cette dernière.Ici comme en Allemagne, il s\u2019agit de gens sincères qui cherchent la voie de la vérité et qui méritent la respectueuse attention des catholiques.If D\u2019après le P.Fichter, S.J., les enquêtes des sociologues montrent que, pour la solidarité paroissiale, la loyauté ethnique et raciale est un facteur plus important que ne l\u2019est l\u2019adhésion à la même religion.1f Texte toujours actuel: « Précisément à l\u2019époque.du cinéma, le livre acquiert une importance majeure.Le film, même irréprochable, est par sa nature unilatéralement visuel et risque par là de rendre superficiel l\u2019esprit du jeune homme, si celui-ci ne se nourrit en même temps d\u2019utiles et saines lectures.» (Pie XII, 30 janv.1949.) 267 Au fil du mois Réforme du Sénat et II faut réformer notre Sénat fédé-principe corporatif ral! jrnC0re une fois, ce mot d\u2019ordre, aussi vieux que la Confédération elle-même, vient de retentir aux oreilles du public canadien.L\u2019auteur en est un collaborateur du Canadian Commentator de Toronto, M.Claris Edwin Silcox, lequel, dans les numéros de juillet et d\u2019août de ce périodique, consacre deux articles à la nécessité d\u2019une pareille réforme.Cette dernière, suggère-t-il, devrait s\u2019opérer d\u2019abord et avant tout par l\u2019application du principe corporatif, ce qui l\u2019amène à entreprendre au préalable la défense du « corporatisme » lui-même, événement tout à fait nouveau dans le monde anglo-canadien.Notre Sénat fédéral, écrit en substance M.Silcox, nous est nécessaire non seulement pour représenter les intérêts régionaux et provinciaux, mais encore pour sauvegarder notre mode démocratique de gouvernement.Il pourrait cependant, à ce dernier point de vue, jouer un rôle encore beaucoup plus efficace, s\u2019il comptait dans son sein des représentants des grands corps organisés, par exemple des représentants du travail et du patronat, de l\u2019industrie et de la finance, de l\u2019éducation et même de la religion.Tous ces corps renferment des personnes de haute compétence et de grand prestige, mais qui ne tiennent guère à se soumettre à notre mode traditionnel d\u2019élection, ou encore qui ont en horreur la partisan-nerie politique.Sans doute, accepteraient-elles de représenter les intérêts de leur profession, si le gouvernement consentait à les nommer directement au Sénat, ce qui aurait pour effet de renforcer grandement le prestige de cette Chambre.C\u2019est un tel principe, ajoute l\u2019auteur, que l\u2019État corporatif applique en admettant que les citoyens soient représentés en ses institutions aussi bien en tant que producteurs qu\u2019en tant que consommateurs.Le corporatisme, dit-il, n\u2019est peut-être pas une réponse satisfaisante aux plus graves problèmes de gouvernement.Peut-être ne l\u2019a-t-on pas fait fonctionner d\u2019une façon acceptable encore.Mais il ne doit pas être mis de côté simplement à cause des abus que les fascistes en ont faits.Une seconde Chambre pourrait retenir quelque chose de ce qui est valable dans l\u2019idée corporative, et cette possibilité mérite la considération de tous les partisans d\u2019un changement constitutionnel.La proposition de M.Silcox est intéressante, et c\u2019est précisément dans cette voie, nous laisse-t-on entendre, que désirait s\u2019engager l\u2019ancien premier ministre, l\u2019hon.M.Louis Saint-Laurent.Si je la relève ici cependant, ce n\u2019est pas tant pour l\u2019appuyer que pour rappeler qu\u2019il y a corporatisme et corporatisme.Les articles du Canadian Commentator pourraient donner à croire que, pour réaliser le « corporatisme », il suffirait d\u2019accorder la représentation politique aux corps professionnels, d\u2019introduire, par exemple, au sein de notre Sénat fédéral, des représentants de ces corps, tout comme on en a introduit au Conseil municipal de Montréal.Peut-être est-on justifié d\u2019appeler cela du « corporatisme », mais en tout cas il importe de savoir que ce n\u2019est pas cela que l\u2019Église a en vue quand elle recommande l\u2019organisation corporative professionnelle, que ce n\u2019est pas du tout un tel système politique de représentation que visait le mot d\u2019ordre souvent cité \u2014 même à Toronto \u2014 du regretté cardinal Ville-neuve, à savoir qu\u2019il nous faut « du corporatisme à plein ».La doctrine de l\u2019Église préconise bien l\u2019instauration du régime corporatif dans le domaine économique et social, mais elle ne s\u2019est pas prononcée sur la superstructure politique qu\u2019il conviendrait de donner à un tel régime.Ce n\u2019est pas ce dernier aspect qui l\u2019intéresse, mais bien plutôt la paix sociale à instaurer ou à conserver, ainsi que le progrès économique à maintenir au service de la personne humaine.Parce qu\u2019ils sont convaincus qu\u2019une saine organisation corporative professionnelle pourrait grandement contribuer à l\u2019obtention de ces deux objectifs, les souverains pontifes n\u2019ont cessé d\u2019en recommander l\u2019instauration, depuis surtout un quart de siècle.Mais ils n\u2019ont rien dit d\u2019une représentation corporative politique.C\u2019est là une distinction essentielle que ne devraient pas oublier nos compatriotes anglo-protestants, à qui il arrive parfois de parler de la doctrine sociale de l\u2019Église et du « corporatisme » (voir l\u2019hebdomadaire Financial Post du 6 avril 1957).Notre Sénat fédéral y gagnera certainement en prestige à accueillir des personnalités provenant des corps professionnels plutôt que des rangs des partis politiques; mais, cette réforme une fois accomplie, il restera encore beaucoup et autre chose à faire pour que soit vraiment instauré chez nous le « corporatisme ».R.A.A bon entendeur, M.le ministre Léon Baker, qui reprébonne entente sentait son chef M.Diefenbaker au congrès de l\u2019Acelf à Edmonton, a clairement réaffirmé les droits du français et de la religion dans l\u2019Ouest et partout.Sachant que les Prairies nous confondent avec les autres minorités, M.Balcer y alla toutes voiles dehors.Nous ne sommes pas une simple minorité, proclama-t-il.En réalité, Anglais et Français sont ici des partenaires.Établis à demeure, ils se doivent assistance mutuelle.Nous, d\u2019origine française, ne devons jamais oublier que nous sommes chez nous partout, et donc que nous avons dans tout le pays le droit de parler notre langue, de pratiquer notre religion et de transmettre librement à nos enfants le patrimoine légué par nos ancêtres.Certains compatriotes expriment parfois l\u2019avis qu\u2019il faut fondre les deux cultures en une seule.Affirmer une telle erreur, c\u2019est faire montre d\u2019une absence totale du sens des réalités, c\u2019est tenir pour nuis les desseins de la Providence sur notre pays.M.Balcer visait les fanatiques majoritaires et dominateurs, qui se chargent d\u2019assimiler vingt sortes d\u2019immigrants et qui nous confondent, nous héritiers de trois cents ans d\u2019histoire, avec ces Néo-Canadiens allemands, hollandais, polonais, italiens.Pardon! Le Pacte fédératif de 1867 s\u2019est fait entre Canadiens français et Canadiens anglais, non entre vingt nations.Le Pacte est sacré, des deux côtés; il vaut pour tout le Canada, d\u2019Halifax à Maillardville, partout où vivent les fils des signataires.Selon la noble interprétation de sir John MacDonald, il n\u2019y a pas de race dominante ici, pas de race conquise; nous sommes tous britanniques.On s\u2019en est bien aperçu dans le recrutement militaire.Si cela n\u2019y paraît pas dans la reconnaissance des droits scolaires et la pratique des provinces québécophobes, ce n\u2019est pas de notre faute, et les Québécois timides ou candides qui réclament de nous « une dose nécessaire de tolérance, de compréhension, de respect et de justice » \u2014 pas moinsse ! \u2014 y gagneraient à voyager un peu loin, pour se faire dire: Speak white,.s\u2019ils sont assez braves pour oser parler français.Al.D.Contre la mort C\u2019est du Nord aujourd\u2019hui que nous vient en bouteilles ja iumière.La municipalité de Forestville a pris à son compte un vœu de sa Chambre de Commerce, pour tâcher de prévenir les accidents d\u2019automobiles, surtout chez les jeunes qui sèment partout leurs bouteilles de bière vides : Attendu que la Chambre de Commerce de Forestville croit que la loi des véhicules-automobiles devrait être changée, afin d\u2019empêcher quiconque de prendre des boissons 268 RELATIONS alcooliques dans des automobiles ou d\u2019en transporter, exception faite si la boisson est remisée dans la valise arrière du véhicule, il est proposé.que la loi soit changée afin d\u2019y inclure les deux points suivants: 1)\tImposer une amende et, si nécessaire, la prison à quiconque serait pris à jeter des bouteilles de bière ou de boissons alcooliques le long des routes; 2)\tImposer une amende et, si nécessaire, la prison à quiconque serait pris à prendre de la boisson dans des véhicules-automobiles, ou à en transporter, si ce n\u2019est dans la valise arrière.Ce serait plus élégant pour les promeneurs, pour les routes \u2014 et pour les journaux du lundi, qui annonceraient moins d\u2019accidents chez les jeunes de dix-huit à vingt-quatre ans.Au congrès de la sécurité routière à Québec, S.Exc.Mgr Roy a prêché la prudence, affaire de conscience, vertu d\u2019ordre moral, sans laquelle toutes les autres seraient inutiles \u2014 de même que les signaux, l\u2019éclairage, les belles routes, les règlements et la crainte salutaire de répressions immédiates et proportionnées.« Mais la police seule ne peut prévenir le péril créé par des conducteurs peu maîtres d\u2019eux-mêmes, entraînés par la passion de la vitesse ou parfois intoxiqués par l\u2019alcool.» Voilà qui seconde parfaitement le vœu de Forestville, des braves gens et des milliers de victimes possibles.La parole est au parlement, à M.Rivard.Vaut mieux prévenir l\u2019occasion, qui fait le larron.Il y a deux sortes de piétons, les vifs et les morts.Il y a deux sortes de chauffeurs, les prudents et les gazés, tueurs possibles.Al.D.Le centenaire du _ L\u2019Université de l\u2019Assomption Collège de l\u2019Assomption a céiébré, le 1er juin dernier, à de Windsor\tWindsor où elle est située, le centenaire du Collège de l\u2019Assomption dont elle tire ses origines.C\u2019est non loin de là, à Sandwich, dans la plus ancienne paroisse du Canada, à l\u2019ouest de la rivière Ottawa, dédiée à l\u2019Assomption de la sainte Vierge et dont il était curé, qu\u2019un Jésuite français, le P.Pierre Point, fonda ce collège.Arrivé au Canada en 1843, homme de grande initiative et d\u2019un rare dévouement, il avait été aussitôt nommé à Sandwich, petit village d\u2019une centaine de familles (alors que Windsor n\u2019en comptait que trente) et chef-lieu du comté.Familles canadiennes-françaises de bonne souche, attachées aux mœurs et aux traditions de leurs aïeux.Mais leur nouveau pasteur ne tarda pas à s\u2019apercevoir que ces familles étaient en train de perdre et leur langue et leur foi, faute d\u2019écoles françaises où faire instruire leurs enfants.Sa décision fut vite prise: mettre tout en œuvre pour sauver ce vaste district, en bonne partie français, qui constitue aujourd\u2019hui les comtés de Kent et d\u2019Essex.Il s\u2019occupa d\u2019abord de l\u2019enseignement primaire et réussit à construire de si belles écoles que même les protestants demandaient d\u2019y placer leurs enfants.Mais là ne s\u2019arrêta pas le zèle de cet apôtre.Il voulut introduire dans cette région, pour donner à la population les chefs dont elle aurait besoin, l\u2019enseignement classique, tant pour les jeunes filles que pour les jeunes gens.Il écrivait dans une de ses lettres : « Ces deux établissements réussiront par là même qu\u2019il n\u2019en existe aucun semblable dans plus de cent lieues de rayon.Et par là même qu\u2019ils sont nécessaires, Dieu leur accordera sa bénédiction.» Les jeunes filles furent les premières servies, grâce aux Religieuses du Sacré-Cœur qui vinrent de New-York ouvrir un couvent.La fondation du collège se heurta à plus d\u2019obstacles: coût élevé de la construction, pénurie des professeurs.Mais le missionnaire tint bon.Il se fit quêteur dans tout le comté avec quelques-uns de ses confrères et, grâce à la générosité des citoyens, heureux à la fois de faire bénéficier leurs enfants d\u2019une formation supérieure et de donner à leur curé un témoignage tangible de leur confiance, le collège, dont la première pierre avait été posée le 17 juin 1855, put ouvrir ses portes le 10 février 1857.Il était situé sur le terrain de la paroisse et devenait propriété de l\u2019évêque.Restait à trouver tous les professeurs nécessaires.Les renforts que le P.Point attendait de Rome étaient lents à venir.Il trouva heureusement dans un Français de la région, M.Théodule Girardot, un aide précieux.Toute la région devait d\u2019ailleurs bénéficier plus tard de l\u2019enseignement de ce dévoué professeur.Le Collège de l\u2019Assomption compta, dès les commencements, vingt et un pensionnaires et soixante externes, la plupart au cours primaire.Mais une rude épreuve allait secouer l\u2019œuvre édifiée à travers tant de difficultés.Un décret de Rome érigea, à même l\u2019archidiocèse de Toronto, deux nouveaux diocèses: London et Hamilton.Le district de Sandwich fait partie du premier.Le nouvel évêque s\u2019intéresse vivement à son collège.Il regrette que le nombre de professeurs soit si réduit.Il essaie de l\u2019augmenter par diverses initiatives, en y employant, par exemple, des séminaristes.Puis, un jour, de guerre lasse, semble-t-il, il annonce aux Jésuites qu\u2019il les libère de ce fardeau, même de l\u2019administration de la paroisse.Ceux-ci n\u2019ont qu\u2019un parti à prendre: se retirer.La direction du collège passa alors entre plusieurs-mains jusqu\u2019en 1870; elle fut alors confiée aux Pères Basiliens-qui la conservent encore.Windsor absorba alors Sandwich, qui devint sa banlieue.Quant au P.Point, il quitta sa chère région et tout ce qui l\u2019y rattachait, le cœur ulcéré, mais résigné à la volonté de Dieu.Ses supérieurs le nommèrent directeur du ministère à l\u2019église du Gesù, à Montréal.Les élèves du Collège Sainte-Marie qui servaient au sanctuaire, entre les années 1892-1896, se rappellent sans doute un Jésuite à la tête blanche, à la figure émaciée, qu\u2019ils voyaient à la grand-messe chaque dimanche, à genoux derrière le maître-autel, prostré dans une profonde contemplation.Ils ne soupçonnaient pas sans doute que ce pieux vieillard était l\u2019ancien curé de Sandwich, le grand apôtre de l\u2019éducation française et catholique dans la péninsule ontarienne, le P.Pierre Point.Il mourut plein de mérites, le 19 septembre 1896, à l\u2019âge de quatre-vingt-quatorze ans.Les fils de ceux qu\u2019il aima et protégea dans leurs biens les plus chers, leur langue et leur foi, se souviennent-ils de lui ?Connaissent-ils au moins son nom et ses œuvres ?Existe-t-il sur le territoire où se dépensa sa merveilleuse activité quelque souvenir qui rappelle sa mémoire ?J.-P.A.La démission de L\u2019honorable Louis Saint-Laurent a an-M.Saint-Laurent noncé son intention d\u2019abandonner la direction du parti libéral.On a rappelé à l\u2019envi la carrière extraordinaire de ce grand avocat qui, jusqu\u2019à près de soixante ans, s\u2019était toujours tenu loin de la politique et allait, en quelques années, devenir l\u2019un des plus illustres premiers ministres du Canada.On a vanté aussi sa haute culture juridique, ses qualités de gentilhomme et sa valeur morale.Certes, l\u2019homme dépassait de loin ses collègues du parlement; on s\u2019en rendait compte quand on assistait, par exemple, à une conférence fédérale-provinciale réunissant l\u2019élite de nos hommes politiques.La personnalité dominante alors, c\u2019était la sienne; le chef de gouvernement qui prenait figure d\u2019homme d\u2019État, c\u2019était lui.De cette carrière prestigieuse, deux aspects, qu\u2019on a laissés jusqu\u2019ici un peu dans l\u2019ombre, méritent d\u2019être soulignés.Durant les quinze ans et plus qu\u2019il passa à Ottawa, l\u2019honorable Louis Saint-Laurent ne fit jamais mystère de ses origines ethniques et de sa foi religieuse.OCTOBRE 1957 269 Il aimait à se dire Canadien français et à parler du peuple canadien-français comme de son peuple, comme du groupe ethnique auquel il appartient.Il n\u2019a pas, comme bien d\u2019autres, gardé le silence sur ce point, particulièrement lorsqu\u2019il occupait le poste de premier ministre du Canada.Fier avec naturel d\u2019être Canadien français, il ne manquait pas l\u2019occasion de s\u2019affirmer comme tel en public.Son idéal d\u2019un Canada uni et fort, semble-t-il, l\u2019amena à pratiquer ou à laisser pratiquer une politique de centralisation qu\u2019il nous fallut maintes fois dénoncer ici même; mais la sincérité de son dévouement à la cause canadienne-française ne pouvait être mise en doute.Catholique, l\u2019ancien premier ministre du Canada pratiquait sa foi tout simplement, comme une chose qui va de soi, surtout chez un chef de gouvernement.Présidant aux destinées d\u2019un pays à majorité protestante, il respecta les convictions des autres; mais il exposa les siennes en Chambre, avec fermeté et sans ostentation, par exemple lors des débats sur le divorce; il se plaisait à participer aux cérémonies religieuses et il tint même à donner la principale conférence, l\u2019automne dernier, à la Semaine sociale des catholiques de langue anglaise, à Toronto.L\u2019honorable Louis Saint-Laurent peut se retirer en paix; il a bien servi son pays, et il laisse derrière lui l\u2019exemple, qu\u2019on souhaiterait moins rare, d\u2019un homme que la politique n\u2019a pas diminué, mais grandi.R.A.Pour remplir nos églises Beau souci, à la vérité, que celui de remplir nos églises.Il honore la directrice de Points de vue (sept.1957, p.9).Pour Mme la Directrice, le problème est simple et facile à résoudre: nos églises sont vides, parce que.Je m\u2019excuse, mais je rapporte fidèlement et dans l\u2019ordre ses arguments: on n\u2019a pas célébré, en 1950, le centenaire de la mort de Balzac; on oblige les pensionnaires des collèges et couvents à se lever à six heures du matin, « durant les dix années (sic) du cours primaire » (p.10), pour participer au sacrifice de la messe; on s\u2019oppose à la fréquentation des clubs neutres; enfin, \u2014il fallait s\u2019y attendre, \u2014 « de très bas âge (sic), la jeune fille ou le jeune homme apprennent que l\u2019amour et les actes de l\u2019amour sont des sujets honteux » (p.10); alors, «devant tant de prudes vertus, des maris perdent patience » (p.10).et vont ailleurs qu\u2019à l\u2019église.Pauvres maris ! Voilà pourquoi nos églises sont vides.Le dimanche matin ?Pendant les retraites paroissiales?Les jours de grande fête, comme Pâques, Noël, la Pentecôte, l\u2019Immaculée-Conception?Les matins ou les soirs des premiers vendredis du mois?A la ville ?A la campagne ?Mme la Directrice ne s\u2019embarrasse pas de précisions sociologiques.Elle publie des points de vue.Et de qui, maintenant, remplir nos églises?D\u2019adultes, selon Mme la Directrice, c\u2019est-à-dire de gens capables d\u2019admettre leurs erreurs (c\u2019est son dernier mot).Madame est admirable; mais je crains que ce ne soit de naïveté.Vous connaissez beaucoup de gens capables d\u2019admettre, comme ça, leurs erreurs ?Assez pour que nos églises en débordent ?Et si l\u2019on vous montre, à vous, Madame, votre erreur?Vous écrivez: « Nous sommes suffisamment adultes.» Je ne commettrai pas l\u2019impolitesse de penser que ce pluriel vous exclut.Suivez une réflexion « pour adultes », vous voulez ?C\u2019est le Verbe incarné, Jésus-Christ, qui a fondé l\u2019Église.Pour le représenter, avec pouvoir d\u2019interpréter infailliblement sa parole et de continuer sûrement son œuvre de rédemption (car nous sommes, hélas! des pécheurs à convertir, à préserver contre nous-mêmes et à sanctifier), il a désigné Pierre et ses successeurs.Ministres de Dieu (vous vous rendez compte?), ceux-ci, par une loi formelle, prescrivent aux fils du Père rachetés par le Fils (c\u2019est nous, Madame) de ne pas se com- 270 plaire dans les écrits offensants pour le Dieu trois fois saint.Bon sens, élémentaire délicatesse, que, malheureusement, blesse l\u2019ensemble de l\u2019œuvre de M.de Balzac.Dommage pour l\u2019auteur de la Comédie humaine.Par une autre loi, les mêmes ministres de Dieu enjoignent à ses adorateurs de fonder et de fréquenter des associations positivement respectueuses de la sainteté de leur Père, plutôt que de patronner des clubs dits neutres ou indifférents à l\u2019égard de cette sainteté.Toujours la même délicatesse et le même bon sens.En conséquence, ceux que l\u2019Église désire voir toujours plus nombreux dans ses églises, ce sont les fils respectueux du Père.Et elle veut qu\u2019on éduque leurs enfants dans le culte fervent de son adorable sainteté.Tous les autres, elle les invite à comprendre à quel point ses lois favorisent ce culte et cette ferveur.Alors, Madame, vous croyez que les adultes rempliront nos églises si, enfants, on les en a laissés relativement éloignés ?Point de vue; qu\u2019il conviendrait, en adulte, de présenter avec beaucoup de modestie et de retenue, parce qu\u2019il touche à une question difficile, et qu\u2019il ne montre pas de lien évident entre la fréquentation obligatoire de la messe pendant les études primaires et l\u2019abandon de la pratique religieuse à l\u2019âge adulte.Et le catholique qui accepte en adulte les lois de l\u2019Église refusera d\u2019approuver quiconque mêle à son raisonnement, d\u2019ailleurs discutable, des provocations plus ou moins claires à enfreindre ou à railler certaines de ces lois (index, neutralité).Le premier venu peut estimer dangereux le fait de réglementer la participation quotidienne des pensionnaires au sacrifice de la messe.Mais de ce point de vue on réclame une preuve, qu\u2019une simple affirmation, voire des témoignages ne suffiront pas à établir.Car on peut tout aussi bien prétendre \u2014 avec plus de témoignages encore \u2014 que l\u2019abandon de la pratique religieuse par les jeunes résulte surtout du fait que les adultes, à commencer par les parents, offrent l\u2019exemple d\u2019une piètre ferveur, d\u2019une fidélité boudeuse à l\u2019Église, d\u2019une décevante incompréhension du sens de la messe et de sa place unique dans notre vie.Quant aux lacunes de l\u2019éducation sexuelle, Mme la Directrice a l\u2019intelligence de les mettre d\u2019abord au compte de la famille, et je l\u2019en félicite.Mais elle ignore qu\u2019en maints pensionnats la messe du matin est libre, ce que je continue à considérer comme un point de vue, non comme une solution, jusqu\u2019à preuve du contraire.Collèges et couvents ne donnent pas à la jeunesse l\u2019éducation que nous rêvons.Mais nos éducateurs le savent; c\u2019est pourquoi ils se réunissent fréquemment pour discuter des moyens de s\u2019améliorer.On souhaite que les parents \u2014 adultes par devoir et responsables d\u2019eux-mêmes comme de leurs enfants, avec ou sans l\u2019aide des écoles et couvents \u2014 en fassent autant.J.D\u2019A.CORRESPONDANCE Hommes, êtes-vous fous ?Montréal, le 20 août 1957.R.P.Directeur, Le P.d\u2019Anjou a écrit dans Relations (août 1957, p.213) un bref article intitulé « Femmes, êtes-vous folles?», où il nous reproche de suivre des modes indécentes.Il a raison.Mais n\u2019importe quelle femme \u2014 et pourquoi pas un homme intelligent aussi?\u2014 pourrait rétorquer dans le même style: «Hommes, êtes-vous fous ?» Hommes, êtes-vous fous quand vous considérez la femme seulement comme un numéro, ou plutôt comme une mesure: 36-24-36?Admettons que votre cerveau, souventes fois, a plus de poids que le cervelet d\u2019oiseau de trop de femmes.Mais pour- RELATIONS quoi paraissez-vous traiter la femme comme si elle était tout juste bonne à peupler un harem ?Intelligents comme vous êtes (ou prétendez être), vous pourriez facilement chercher, trouver, voire créer peut-être les dimensions, la mesure du cœur, de l\u2019âme de la femme.Car, n\u2019en doutez pas, elle a un cœur et une âme.Et je vous jure qu\u2019elle les estime beaucoup plus que son corps.Mais vous ?On dirait que vous craignez la compétition sur ce terrain.Vous ne pouvez douter de votre supériorité sur le plan de la force physique, de la puissance musculaire.Tiendriez-vous à ne pas dépasser ce niveau ?Est-ce pour cela que vous cherchez à diminuer, à ravaler la femme ?C\u2019est vous qui dessinez la plupart des modes indécentes; c\u2019est vous qui, par paresse ou par ignorance (par inintelligence?), non seulement ne condamnez pas, mais encouragez l\u2019impudeur dont on nous accuse.C\u2019est vous, époux et pères, qui permettez et tolérez, chez vos femmes et vos filles, ces toilettes provocantes.Ne croyez pas assurer, encore moins augmenter de la sorte votre prestige auprès des femmes.Car si la femme est réduite à n\u2019être qu\u2019un joli petit animal, une poupée sans âme et sans tête, une showgirl à la Monroe, vous ne resterez pas longtemps pour elle le prince Olivier.Vous ressemblez tellement déjà à la bête de la Belle et la Bête ou, comme on vous appelle, aux loups (wolves), à moins que vous ne préfériez le fox-terrier.N\u2019en doutez pas, c\u2019est ce que pensent de vous les femmes honnêtes, et même la plupart de celles qui se résignent à n\u2019être que des femelles.Elles ne vous jugent pas capables d\u2019être autre chose que des mâles.Ont-elles tort ?Voyez.La femme choisit ses toilettes pour plaire aux hommes, au sexe qu\u2019on appelle fort et intelligent! Pourquoi vous conduisez-vous de manière à fausser son jugement ?Une jeune fille bien mise, élégante et modeste, passe près de vous.Vous l\u2019examinez avec attention.Elle vous charme peut-être.Mais voilà que, de l\u2019autre côté de la rue, se pavane en se déhanchant, à la Marilyn, un numéro, une mesure: 36-24-36.La jeune fille chic n\u2019existe plus.Vous n\u2019avez d\u2019yeux et de pensée que pour le mannequin.Vous avez perdu le nord.Je suis sûre, pourtant, que, si vous preniez la peine de vous éduquer, de vous élever (le mot beau!), disons: de vous hisser au-dessus des considérations de poids et mesures physiques, vous arriveriez à garder le nord.Vous n\u2019êtes décidément pas si bêtes que vous le faites voir.Ne vous découragez pas.Nous savons que vous pouvez, à l\u2019occasion, être fins.Et surtout, nous désirons tellement vous estimer et vous admirer avant de vous aimer.Quand vous êtes spirituels, \u2014 et vous savez qu\u2019il n\u2019est pas besoin de l\u2019être autant que Figaro pour plaire aux femmes, \u2014 nous vous trouvons humains, vraiment hommes.Et quand vous êtes hommes, les femmes trouvent tout naturel d\u2019être femmes.Blanche Germain.\u2022- LE CONGRÈS DU B.I.C.E.Jean-Paul LABELLE, S.J.1E SIXIÈME congrès du Bureau international catholique j de l\u2019Enfance s\u2019est tenu à Montréal, du 2 au 6 septembre; puis il s\u2019est transporté à Québec et aux Trois-Rivières, les jours suivants.L\u2019hospitalité des Canadiens français a immédiatement placé les trois cents congressistes étrangers dans une atmosphère de charité et de cordialité qui a stimulé les échanges d\u2019idées et la recherche en commun des objectifs que doivent viser des éducateurs catholiques.Les vœux du Saint Père soulignaient sa joie de savoir que le congrès avait lieu en terre canadienne.L\u2019Amérique accueille votre premier congrès international tenu hors de l\u2019Europe.Le Souverain Pontife, qui nourrit une vive affection pour Ses fils du Canada, si attachés au Siège de Pierre, s\u2019est réjoui de cette décision.Et d\u2019ailleurs, cette terre de chrétienté, où la famille et l\u2019enfant sont si en honneur, où l\u2019Église accomplit une si belle œuvre d\u2019éducation, n\u2019était-elle pas le lieu désigné pour ce congrès, que rehaussera la présence des membres les plus éminents de l\u2019épiscopat canadien ?OCTOBRE 1957 an Vichy ÈSTsTTnI Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\u201d?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent a stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandez l'avis de votre médecin.CE LEST, «AU MINÉRALE naturelle propriété de lItat français RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imitations!!! Exigez « CÉLESTINS » Importateurs: HERDT » CHARTON INC., Montréal A £ LES TON S UJ O 271 Le congrès de Montréal a permis au B.I.C.E.de réaffirmer son caractère international.Son premier résultat a été de faire mieux saisir, d\u2019une part, aux Européens les dimensions universelles des problèmes de l\u2019enfance et, d\u2019autre part, aux Canadiens les difficultés que rencontrent nos frères catholiques d\u2019Europe et l\u2019admirable esprit apostolique qui les anime dans leurs luttes et leurs réalisations.Des figures comme celles de MM.Delgrange et Gedda et des abbés Pihan et Merlaud ne seront pas oubliées de sitôt par les Canadiens, car l\u2019accent de leurs appels les a non seulement émus, mais invités à une action encore plus éclairée et efficace, dans des perspectives ecclésiales et missionnaires.De leur côté, les Européens ont pris une conscience plus aiguë de la diversité des milieux catholiques dans l\u2019univers et des conséquences qui en découlent pour l\u2019application de principes vraiment universels.C\u2019est l\u2019abbé Pihan, directeur de l\u2019Union des Œuvres catholiques de France et rapporteur général du congrès, qui l\u2019a déclaré: En Europe, nous avons pris trop aisément l\u2019habitude de considérer comme mondial tout fait qui n\u2019est qu\u2019Européen, et encore d\u2019une Europe un peu réduite.Nous en reviendrons plus humbles, mieux adaptés aux vraies discussions d\u2019un monde que nous imaginions un peu, mais que nous n\u2019avions pas perçu concrètement.Nos échanges de vue ont pris une valeur beaucoup plus universelle.Les conclusions et les vœux des diverses commissions mériteront donc plus que les travaux des précédents congrès d\u2019être pris en considération par les organisations internationales.Il nous est impossible, dans cette brève chronique, d\u2019analyser en détail les vœux et conclusions des dix commissions du congrès.La tâche exigerait plusieurs articles qui n\u2019ajouteraient probablement pas grand-chose à la publication, dans les journaux, des vœux provisoires formulés par les diverses commissions.Qu\u2019il nous suffise de présenter ici les points saillants qui se dégagent des recherches entreprises et d\u2019en exprimer l\u2019urgence et l\u2019importance dans l\u2019apostolat de l\u2019enfance, sous quelque forme qu\u2019il s\u2019exerce et se développe.Plus que jamais, il est nécessaire, devant la marée montante du matérialisme païen, de posséder des éducateurs compétents, animés de principes chrétiens et au courant des techniques modernes.Plus que jamais, il est nécessaire d\u2019éviter l\u2019individualisme, d\u2019unifier tout ce qui concourt à l\u2019éducation des enfants: influence parentale, catéchèse, pédagogie, mouvements d\u2019enfants, moyens audio-visuels, etc.L\u2019unité apportera à l\u2019enfant la force dont il a besoin pour s\u2019intégrer dans le monde en y affermissant sa foi; au contraire, la division artificielle le désintégrera, le rendra stérile comme le figuier de l\u2019Évangile.Dans cette éducation chrétienne, la famille occupe une place de premier plan, car une pastorale de l\u2019enfance ne peut se concevoir sans une pastorale familiale.Enfin, il est nécessaire, en ce qui concerne les problèmes de l\u2019enfance, de penser catholique, c\u2019est-à-dire, en termes universels.Sans doute, faut-il respecter le caractère national des institutions; mais il importe surtout de comprendre que les échanges, la collaboration et les enquêtes sur un plan international sont nécessaires pour résoudre efficacement les difficultés que les chrétiens rencontrent dans le monde actuel.M.Delgrange nous a suggéré de remercier Dieu, et avec raison; car c\u2019est une grâce que cette rencontre dans la charité, que cette soif de vérité, cette faim de justice et cette volonté de rendre l\u2019Église présente au monde de l\u2019enfance.Non seulement nous en garderons le souvenir vivant au fond de notre cœur, mais notre action auprès des enfants en rejaillira plus optimiste, plus évangélique, plus missionnaire que dans le passé.La phrase de l\u2019Écriture nous revient spontanément en mémoire: « Voyez comme ils s\u2019aiment.» Ce témoignage d\u2019amour, dans un monde en proie à la haine et à la révolte, est plus éloquent que tous les discours, et c\u2019est lui, en définitive, qui donne à ce congrès sa forte originalité.\u2022-\u2022 HORIZON INTERNATIONAL ALLEMAGNE A JJ MOMENT où paraîtront ces lignes, l'Allemagne aura voté.Il eût été plus prudent d\u2019attendre le résultat des élections avant de rédiger ces notes; les mêmes problèmes se poseront après le 15 septembre, avec un réalisme que le brouillard électoral ne voilera plus.Ils gravitent autour de la réunification.La Réunification.La défaite hitlérienne eut pour conséquence le démembrement de l\u2019Allemagne.La Prusse orientale devint la région de Kaliningrad et fut incorporée à l\u2019Union soviétique.La Pologne, amputée à l\u2019est, s\u2019allongea à l\u2019ouest jusqu\u2019à la ligne Oder-Neisse aux dépens de l\u2019Allemagne.Ce qui restait de l\u2019Allemagne fut occupé par les Quatre Grands, mais la division eut tôt fait de se cristalliser autrement: l\u2019Allemagne de l\u2019est, occupée d\u2019abord par l\u2019Union Soviétique, devint la République démocratique allemande; l\u2019Allemagne de l\u2019ouest, après quelques années sous la juridiction des trois puissances orientales, se transforma en République fédérale allemande.On avait gardé l\u2019espoir de maintenir l\u2019unité administrative par un gouvernement conjoint établi à Berlin; la coexistence ne devint possible que dans la séparation.Dans le secteur socialiste, en effet, on eut tôt fait d\u2019installer les « conquêtes socialistes », et ce mot couvre bien des choses: d\u2019abord, une réforme agraire suivie, dès avant la fin de 1945, de la synchronisation des partis politiques; au milieu de l\u2019année suivante, on commença à nationaliser la production.Ces réformes en appelèrent d\u2019autres.Aujourd\u2019hui, 85% de la production industrielle est contrôlée par l\u2019État « démocrate » d\u2019Ulbricht; 98% du commerce de gros est dans les mains du même gérant; les deux tiers du commerce de détail sont manipulés par les magasins d\u2019État ou les coopératives.Ce qui reste d\u2019économie privée, et c\u2019est mince, n\u2019échappe pas à la réglementation d\u2019État.Il y a deux prix, le petit que paie le gouvernement quand il prélève les marchandises, et le gros que versent les particuliers quand ils achètent les maigres surplus.Les gérants et les employés plus importants sont nommés par l\u2019État, ou plutôt par le parti, autant pour leur orthodoxie doctrinale et leur zèle tutélaire pour les « conquêtes socialistes » que pour leur habileté technique.Toute la vie économique de l\u2019Allemagne de l\u2019est est centrée sur l\u2019Union soviétique et ses satellites.Ces faits en entraînent d\u2019autres: entre les deux Allemagnes, le fossé n\u2019est pas seulement politique; il est économique, social, philosophique, universel.C\u2019est ce que remarqua le P.Oswald von Nell-Breuning, S.J.au cours d\u2019une retentissante conférence qu\u2019il prononça devant les patrons catholiques allemands en octobre 1955 : Nous savons bien que les gens de l\u2019est voient la réunification comme une extension de leur régime politique et social à l\u2019Allemagne de l\u2019ouest.Et comme c\u2019est évident pour nous, nous écartons résolument leur conception de la réunification.Je pense que nous préférerions être écrasés par les chars russes, plutôt que de nous laisser mettre vivants sous la coupe de ce régime.Voilà qui est clair, et cette position n\u2019a pas à être développée.272 RELATIONS C\u2019est clair, en effet, mais l\u2019illustre sociologue allemand ne rejette pas « ce régime » en bloc.Voici où sa pensée rejoint celle de l\u2019évêque protestant Dr Dibelius: La réunification nous fait un devoir d\u2019agir en fonction d\u2019une réforme sociale qui aurait besoin d\u2019etre corrigée, mais qui est accomplie et sur laquelle, à mon avis, on ne saurait entièrement revenir, celle de l\u2019est, et en fonction d\u2019une autre réforme sociale qu\u2019il est temps d\u2019opérer, mais qui est à peine commencée, celle de l\u2019ouest.Dans la réforme sociale de l\u2019est, qu\u2019il paraît vouloir retenir en la corrigeant, le P.von Nell-Breuning distingue trois facteurs: la réforme agraire, la nationalisation des entreprises industrielles et commerciales, une technocratie appuyée sur le pouvoir politique et militaire, qui prétend libérer les travailleurs de l\u2019exploitation mais qui, en réalité, les opprime et les écrase.En somme, si je le comprends bien, c\u2019est surtout à ce type de technocratie inhumaine qu\u2019il s\u2019oppose.Le point de vue du Dr Dibelius se trouve dans la même revue Documents (avril 1957) La réunification ne saurait consister en ce que « l\u2019Est soit absorbé purement et simplement par l\u2019ouest, beaucoup plus fort sur le plan numérique et économique ».« 11 faudra jusqu\u2019à nouvel ordre, garder ce que l\u2019Est appelle ses conquêtes sociales, par exemple, la réforme agraire, les entreprises nationalisées, etc.».Il y aura une période d\u2019adaptation économique et sociale.Après un certain temps, le peuple allemand devra décider si, et dans quelle mesure, la centralisation administrative doit être abolie.D\u2019après ces- deux hommes d\u2019Église, l\u2019un catholique et l\u2019autre protestant, il faudrait garder en les corrigeant les transformations économiques et sociales que le communisme victorieux imposa à l\u2019Allemagne de l\u2019est.A l\u2019Allemagne de l\u2019ouest de s\u2019adapter.Comme celle-ci est beaucoup plus puissante et prospère que l\u2019autre, cela n\u2019ira pas sans très lourds sacrifices.La chose est-elle humainement possible?2.Les complications internationales.Celles-ci rendent le problème à peu près insoluble, au moins pour le moment.Après la dernière guerre et les accords de Postdam, on avait espéré que les Quatre Grands (Union soviétique, États-Unis, Grande-Bretagne, France) établiraient à Berlin un gouvernement conjoint stable.Les « conquêtes sociales » eurent tôt fait de créer, en Allemagne orientale, des problèmes administratifs spéciaux et un climat politique totalitaire.Ces transformations sociales se cristallisèrent en même temps que la consolidation politique du communisme en Allemagne orientale.La guerre avait créé une sorte d\u2019équilibre instable entre les vainqueurs; le monde était partagé en zones d\u2019influence.La ligne qui séparait l\u2019univers en deux tronçons traversait justement l\u2019Allemagne, quand s\u2019étendit la guerre froide; on se souvient du dramatique ravitaillement par avion {airlift) organisé par les Américains en 1948, pendant que les Quatre Grands continuaient paisiblement à discuter! Cette même année, il devint évident que la collaboration des pouvoirs occupants dans un gouvernement conjoint ne pouvait qu\u2019éterniser une situation devenue intenable et dont il fallait absolument sortir, sous peine de maintenir l\u2019Allemagne sous un régime d\u2019occupation militaire perpétuelle.C\u2019était la conséquence du régime social spécial introduit dans la zone d\u2019influence soviétique.On se sépara.L\u2019année suivante surgit la République fédérale qui entra en 1955 dans l\u2019O.T.A.N.et la République « démocratique », bientôt incorporée dans l\u2019organisation de Varsovie.Depuis lors, tout le monde est d\u2019accord pour trouver la situation présente complètement intolérable, inhumaine, monstrueuse, etc., et pour en rejeter toute la responsabilité sur les épaules du voisin.Il ne reste plus qu\u2019à Gratuits] DUMAS PAUL VJAU» ****C jltt RIDEAU LES ÉCRIVAINS Oui j'ose aimer US MAITRES MU UIÏÏRAÏURE FRANÇAISE UNE TEMME SINGULIERE Aux nouveaux membres du CERCLE DU LIVRE DE FRANCE \u2022\tLES TROIS DUMAS (2 vol), par André Maurois de l\u2019Acad.Fr.Trois vies violentes et passionnées: Celles du général Dumas, de l\u2019auteur des « TROIS MOUSQUETAIRES » et de celui qui écrivit « LA DAME AUX CAMELIAS ».\u2022\tRIDEAU (Chronique du XXe siècle) de Paul Vialar Tous les dessous brillants et sordides du théâtre contemporain sont exposés dans ce roman.\u2022\tLES ECRIVAINS de Michel de Saint-Pierre On a mis des noms célèbres sur les personnages de ce roman débordant de verve et d\u2019intelligence.\u2022\tQUI J\u2019OSE AIMER d\u2019Hervé Bazin Le plus audacieux des romans du plus grand écrivains de sa génération.(Pour lecteurs avertis seulement.) \u2022\tLES MAITRES DE LA LITTERATURE FRANÇAISE par Emile Henriot de l\u2019Acad.Fr.Tous les grands écrivains français de « La Chanson de Roland » à Paul Valéry.Un maître livre, indispensable au lecteur cultivé.(2 vol.) \u2022\tUNE FEMME SINGULIERE par Jules Romains de l\u2019Acad.Fr.Qui est-elle ?Epouse et mère ou courtisane ?Femme du monde ou espionne?Jules Romains applique à cette passionnante histoire la technique du roman policier.Inscrivez-vous aujourd\u2019hui et vous recevrez comme prime d\u2019adhésion gratuite les trois volumes que vous avez choisis.Tous les mois nous vous offrons les plus grands succès littéraires de l\u2019heure \u2014 sensiblement plus cher en librairie, parfois jusqu\u2019à 50% \u2014 au moment même où ils paraissent à Paris.Vous les acceptez ou les refusez à votre choix.Votre seule obligation est d\u2019en acheter 4 dans l\u2019année.Aussitôt que vous aurez acheté quatre de nos sélections, vous recevrez gratuitement un magnifique livre-prime.r LE CERCLE DU LIVRE DE FRANCE- 40, rue Molière, Montréal-10, P.Q.Tél.: CR.4-9378 Indiquez les 3 volumes désirés : L ?\tLes trois Dumas (2 vol ?\tQui j\u2019ose aimer ?\tLes écrivains ?\tRideau ?Les maîtres de la littérature française (2 vol.) Envoyez-moi gratis les trois volumes indiqués ci-dessus.Inscrivez-moi au Cercle du Livre de France et envoyez-moi pour mon premier livre du mois « Une femme singulière » de Jules Romains, au prix de $2.00 (prix de détail $2.90).Adressez-moi régulièrement vos bulletins mensuels qui me renseigneront sur les livres que vous offrez.Je ne m\u2019engage qu\u2019à acheter quatre sélections par année, que je paierais en moyenne 50% plus cher en librairie.Je pourrai, en tout temps, me retirer de votre Cercle après avoir acheté quatre ouvrages.Vous vous engagez, par contre, à me donner un livre-prime dès que j\u2019aurai acheté quatre sélections et toutes les fois par la suite que j\u2019en achèterai quatre.Nom.Adresse.Occupation.Age, si moins de 21 ans.Pour les personnes demeurant en dehors du Canada, écrire à notre bureau de New-York: Le Cercle du Livre de France, Inc.145 W.57th Street, New-York - 19.\ti n (Imprimez lisiblement) OCTOBRE 1957 273 proposer des plans de réunification.Tout le monde s\u2019y essaie.On en prêta un à M.Lester Pearson, quand il revint de son voyage en U.R.S.S.: l\u2019objet essentiel en était d\u2019amener Bonn à agir en vue de la réunification.Tout le monde fait pression sur Bonn, parce que Berlin-Pankow n\u2019est pas supposé céder.Ce plan se brisa contre la fermeté de M.Adenauer.Le dernier en date est la « Déclaration du Gouvernement de la République Démocratique Allemande sur la voie à suivre par la Nation Allemande afin de garantir la paix et de réunifier l\u2019Allemagne ».Il y en a six colonnes, encore moins lisibles que ce titre impossible.Quand naquit l\u2019Autriche neutre, quelqu\u2019un rêva de voir un régime analogue s\u2019étendre à l\u2019Allemagne enfin réunifiée, neutralisée, immunisée, inoffensive! L\u2019enjeu est trop gros, et l'autre a toujours peur que son adversaire en profite.Et puis, l\u2019Autriche soviétique n\u2019avait pas été socialisée.La réunification entraînera-t-elle l\u2019extension des fameuses « conquêtes socialistes » à toute l\u2019Allemagne?Si l\u2019Allemagne de l\u2019ouest n\u2019en veut pas, ou pas tout de suite, ou si elle y met des conditions, qui imposera et surveillera la réforme ?Ou bien l'Allemagne de l\u2019est reviendra-t-elle, au moins partiellement, au régime de la propriété privée, de l\u2019initiative privée et par conséquent hostile au socialisme?L\u2019Union soviétique est-elle prête à courir le risque d\u2019une Allemagne unifiée dans ces conditions ?Tournez votre problème dans tous les sens, et vous reviendrez toujours à ce dilemne.Si les Allemands étaient laissés entièrement à eux-mêmes, ils trouveraient peut-être leur solution.Cette décision, si lourde de conséquences pour tout l\u2019univers, contient-elle une assurance au moins provisoire et chétive que l\u2019un des deux gros voisins n\u2019en profitera pas?3.Démocrates et socialistes.Les démocrates sont ceux de Konrad Adenauer et non les démocrates «populaires »; les socialistes votent pour Ollenhauer car les « socialistes » de Grotenwohl, unifiés par l\u2019armée et la police rouges, n\u2019ont pas grand chose à dire à M.Ulbricht.Le parti social-démocrate d\u2019Allemagne, dont héritèrent les socialistes d\u2019Ollenhauer, a une longue histoire qui l\u2019opposa autant aux évêques catholiques qu\u2019au Kaiser, de glorieux ancêtres dont la lignée remonte à Marx et Engels, et une tradition héroïque de batailles sociales et de prisons.De 1924 à 1930, il fut le parti le plus puissant d\u2019Allemagne, presque trois fois plus grand que le Centre allemand (catholique).Ces deux partis disparurent en 1933 dans le déluge hitlérien.Après 1945, le vieux Centre se rajeunit en devenant « démocratie chrétienne » ; sous la direction géniale d\u2019Adenauer, il dépassa bientôt tout ce qu\u2019il y avait sur la piste.Aux élections de 1949, il avait une légère avance sur les socialistes; en 1953 les démocrates chrétiens reçurent 45.7% des voix; les socialistes essoufflés traînaient avec 28.8%.Depuis 1953, les autres partis sont restés complètement en panne.Les socialistes, avec la réunification pour cheval de bataille, montrent une énergie inattendue.Ici, il faudrait décrire la situation syndicale.La prospérité inattendue que la discipline d\u2019Adenauer, aidée de subsides américains, donna à l\u2019Allemagne fédérale pose un problème politique plus aigu que la disette.Quand on est dans le marasme, tout le monde collabore pour en sortir; dès qu\u2019il y a du beurre, c\u2019est toujours le voisin qui en a plus que sa part! C\u2019est facile, alors, d\u2019inviter le peuple-électeur à tuer la poule aux œufs d\u2019or.Il faudrait plusieurs colonnes pour analyser cette situation, qui constitue un des problèmes les plus urgents.L\u2019Union soviétique, par l\u2019intervention de son chef politique, vient de ramener l\u2019attention universelle sur la réunification.Comment préciser la nuance qui sépare les socialistes de la démocratie chrétienne ?Disons qu\u2019Adenauer met l\u2019accent sur la sécurité: la réunification se fera dans le cadre de la politique universelle, d\u2019accord avec les Quatre Grands.La politique extérieure dépasse la politique intérieure.Les socialistes insistent sur la réunification d\u2019abord; après, on verra.D\u2019autres problèmes sont venus entortiller ce nœud gordien.Le premier, le plus embrouillé, c\u2019est la conscription.4.L'armée.Quand l\u2019Allemagne entra dans l\u2019O.T.A.N., c\u2019était surtout pour alléger le fardeau des autres; elle avait à fournir son contingent.On compta d\u2019abord sur un système de volontaires, et vous devinez ce qui arriva.Le gouvernement déposa donc un projet de loi sur la conscription le 3 mai 1955.La presse d\u2019opposition explosa en feu d\u2019artifice; quand aux journaux communistes, leur riche vocabulaire ne fut pas à la hauteur de la situation, car les termes de « monstre », de « barbare », de « cannibale », etc.usés durant les années précédentes, ne suffisaient plus à décrire la « remilitarisation de l\u2019Allemagne » et la « résurrection hitlérienne ».Les soviétiques, bien sûr, armèrent leur Allemagne, mais ça, c\u2019était une armée démocratique, populaire, prolétarienne, nationale, patriotique, progressiste et pacifique.C\u2019est pourquoi elle naquit dans l\u2019enthousiasme et sans discussion.Dans l\u2019ouest, on discuta, mais la loi finit par être votée en juillet 1956.Si les jeunes gens sont appelés à 18 ans, s\u2019ils restent 18 mois sous les drapeaux comme le font les recrues des autres pays européens de l\u2019O.T.A.N., l\u2019Allemagne de l\u2019ouest aura une armée de 600,000 hommes d\u2019ici trois ans.Le synode de l\u2019Église évangélique d\u2019Allemagne fit une double démarche auprès de la république fédérale et de la république démocratique.L\u2019introduction du service militaire LAVALLÉE, BÉDARD, LYONNAIS, Hector Lavallée, C.A.Roger Lyonnais, C.A.Lionel Gascon, C.A.Paul-L.Noiseux, C.A.René Sénécal, C.A.Maurice Saint-Louis, C.A.Guy Préfontaine, C.A.10 est, rue SAINT-JACQUES MONTRÉAL - Tel.: VI.9-7085 Comptables agréés Émile Fortin, C.A.Syndic licencié \u2014 Liquidateur MESSIER, GASCON Romain Bédard, C.A.Roger Messier, C.A.Jean Lussier, C.A.Jacques Desmarais, C.A.Émile Fortin, C.A.David Crockett, C.A.Robert Jacques, C.A.TROIS-RIVIÈRES SHERBROOKE 274 RELATIONS obligatoire creusera davantage le fossé entre les deux parties de l\u2019Allemagne.Les socialistes canalisèrent cette eau vers leur moulin, \u2014 nous saurons demain avec quel succès.Les orateurs du gouvernement, agacés, invitèrent les pasteurs à laisser la politique à ceux qui avaient mandat pour s\u2019en occuper.Un nouveau débat, cette fois sur l'objection de conscience ouvrit la porte aux théologiens et même aux « théologiennes ».Les socialistes posèrent en champions de la liberté de conscience et cela, surtout en pays protestant, n\u2019est pas une mauvaise position électorale.Les partis du gouvernement s\u2019inclinèrent devant la « vraie conscience », mais rejetèrent le « caprice passager » et l\u2019opportunisme électoral.Citons ce paragraphe de M.Jaeger (démocrate chrétien); L\u2019Europe occidentale se trouve, si nous pensons à la menace qui est devant nous, dans une situation très grave, et si mon ami Nellen dit qu\u2019on doit défendre, avec toutes ses conséquences, le droit à l\u2019objection de conscience, même dans le cas où la loi fondamentale ne le prévoit pas, alors je dois rappeler que cela peut aussi entraîner le suicide de la nation et cela nous ne le voulons pas.Nous nous trouvons ici en présence d\u2019un conflit vrai entre la conscience et le bien commun.Dans la vie on ne peut régler définitivement tout vrai conflit, légalement ou autrement.En bien des cas il faudra tenir ferme et on ne doit pas croire qu\u2019on^ pourra éviter tout élément tragique.Dans sa législation, l\u2019État doit s\u2019en tenir d\u2019abord au bien général et à la conscience objectivement juste; il peut aller plus loin et donner une place à la liberté.Mais il doit respecter les exigences générales et éviter que les 48 millions de citoyens de la République fédérale ne deviennent 48 millions de^ républiques souveraines.Car alors il n\u2019y aurait plus d\u2019État.(Documents, août 1956).C\u2019est l\u2019éternel conflit entre la liberté et l\u2019autorité.M.Jaeger peut être sûr d\u2019une chose: quand surviendront ces « éléments tragiques », il y aura toujours des gens pour les exploiter.Seulement, à tirer parti des tragédies humaines pour des fins opportunistes, on finit par émousser les consciences.Les colères verbales des journalistes, les gros mots dont ils se servent pour impressionner leurs lecteurs finissent par ne plus produire d\u2019effet.On s\u2019indigna, dans la presse rouge, quand le général Speidel vint à l\u2019O.T.A.N.On n\u2019est pas fâché, en Occident, de voir les anciens ennemis se serrer la main.On préfère ça à la tuerie.Il y a quelques années, l\u2019Union soviétique essaya bien d\u2019utiliser les prisonniers de Stalingrad, à commencer par le maréchal Paulus.On fut beaucoup plus ému, en Occident, quand un groupe de dix-huit savants allemands, membres de 34 académies allemandes et étrangères, signèrent la déclaration de Gottingen contre l\u2019usage d\u2019armes atomiques par l\u2019armée allemande.Cette phrase est terrible : PAR LA DIFFUSION DE LA RADIOACTIVITÉ, ON POURRAIT DÈS AUJOURD\u2019HUI EXTERMINER AVEC DES BOMBES « H » TOUTE LA POPULATION FÉDÉRALE.Cinquante millions d\u2019habitants! Ce manifeste précéda de quelques jours la note de Pie XII au professeur Matsushita; il fut suivi le 23 avril par la déclaration du Dr Albert Schweitzer que des millions d\u2019Allemands écoutèrent à la radio.Personne n\u2019est prêt à abandonner le monopole des armes atomiques à qui que ce soit, ou à se contenter de paroles qui risquent trop ouvertement d\u2019être mensongères, mais on craint de plus en plus que quelque fou belliqueux détruise le monde, pour montrer combien il avait raison.Hitler essaya une fois; ce fut après s\u2019être assuré le concours de Stalin.C\u2019est pourquoi il est très important d\u2019apprécier à sa juste valeur le communiqué de TASS du 27 août sur les projectiles CAISSE NATIONALE D'ÉCONOMIE LA PLUS LONGUE PROTECTION Notre police d'assurance I vie-choisie\t< ne comporte pas\tc la seule remise\t- d'UN CAPITAL\t; au décès de l'assuré; la famille retire aussi\ti UNE RENTE\ti pendant 10-15 ou 20 ans 1 et, lorsqu'elle cesse,\t< nous lui remettons\t/ UN SECOND CAPITAL qui équivaut souvent au premier.Détails gratuits sur demande.LUCIEN LADOUCEUR, gérant Division Montréal 7 et 8 1555 est, rue Jean-Talon CR.7-5474 MONTRÉAL 35 41 ouest rue Yfe$«329î L\u2019épargne SOLUTION À PLUSIEURS PROBLÈMES .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C\u2019est l'épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l'instruction des enfants.C\u2019est l\u2019épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : L\u2019EMAIDE IMMOBILIÈRE LMENTIEIE 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTREAL LA.1-3698 OCTOBRE 1957 275 intercontinentaux.Le général G.I.Pokrovsky annonça dans Izvestia que les nouvelles fusées voyageaient à 13,680 milles à l\u2019heure, qu\u2019elles avaient un rayon d\u2019action de 5,000 milles, que la radar les repérait à 187 milles de la cible seulement, soit 50 secondes avant l\u2019explosion.Leur tir est tellement précis qu\u2019après une trajectoire de 5,000 milles, elles éclatent dans un rayon de 12 milles de la cible.On fut étonné, en U.R.S.S., que ces menaces n\u2019aient pas ému l\u2019Occident.On n\u2019est pas prêt à céder au chantage.Ce n\u2019est pas trahir la pensée du P.von Nell-Breuning, qui s\u2019était pourtant déclaré disposé à accepter les « conquêtes sociales », que de paraphraser: « Je pense que nous préférerions être tués par les explosions russes, plutôt que de nous laisser mettre vivants sous la coupe de ce régime ».On s\u2019approche dangereusement du point où les hommes seront prêts à mourir, seuls ou avec le reste du monde, avant d\u2019accepter un régime qui leur paraît pire que la mort.Ceci dépasse la politique, l\u2019économique.Cette volonté se situe au delà de tout matérialisme, dialectique ou historique.Pour s\u2019affronter dans ce suprême débat, il n\u2019y a plus ni Russes, ni Américains, ni Allemands, ni Français, ni Canadiens.Il n\u2019y a que des hommes qui s\u2019inclineront devant l\u2019autorité de Dieu, ou se livreront au démon.Le jour où le monde comprendra cela, et agira en conséquence, il sera sauvé.Plus que jamais, nous avons foi dans le salut du monde.15 septembre 1957.Joseph Ledit.LES LIVRES BIBLE ET MARIE Pius PaRSCH: Apprenons à lire la Bible.Adapté de l\u2019allemand par Marc Zemb.Coll.« Présence chrétienne ».\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956, 184 pp., 19 cm.Prix: 48 fr.b.LE RENOUVEAU biblique doit beaucoup au P.Parsch.Dans ' le présent ouvrage, écrit peu avant sa mort, à l\u2019intention des prêtres et des militants d\u2019Action catholique, l\u2019A.résume les résultats de trente années d\u2019efforts pour l\u2019œuvre des cercles bibliques.Après avoir dit, dans l\u2019introduction, comment il est venu à fonder l\u2019Heure biblique (cours dominical sur la Bible), il explique le but et la méthode des cercles bibliques, puis il expose l\u2019organisation d\u2019une mission biblique, esquisse un plan de sermon pour l\u2019initiation des fidèles à l\u2019étude de la Bible et conclut en énumérant les instruments de travail nécessaires à l\u2019apostolat qu\u2019il préconise.La seconde partie offre des applications pratiques de la méthode: chronologie de la vie de Jésus, plan de travail pour l\u2019étude de cette vie, histoire littéraire des quatre évangiles, chronologie de la vie de saint Paul, exemples d\u2019analyse biblique (un récit, une parabole, un discours de Jésus), enfin trois plans d\u2019étude (évangile de saint Matthieu, épître de saint Jacques, Apocalypse).L\u2019ouvrage est solide, facile et rendra de grands services aux prêtres qui enseignent et qui prêchent, de même qu\u2019aux fidèles désireux d\u2019approfondir leur connaissance de l\u2019Écriture.\tCharles Saint-Arnaud.Maison Bellarmin.Jean DanIÉLOU, S.J.: Les Saints « païens » de l\u2019Ancien Testament.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Éditions du Seuil, 1956, 173 pp., 19.5 cm.NE FAUT-IL PAS faire flèche de tout bois ?C\u2019est ce qui porte l\u2019A., qui veut « tout restaurer dans le Christ », à apporter même le témoignage des saints « païens » de l\u2019Ancien Testament.Ni d\u2019Abraham ni du Christ, ces saints ont reconnu Dieu comme auteur de la création et comme seigneur du royaume de la conscience.Avec l\u2019humanité entière, ils ont appartenu au Verbe de Dieu, dont le domaine est universel, et ont su adhérer au Christ total, c\u2019est-à-dire à l\u2019Église invisible, éternelle, société formée des justes de tous les pays et des élus de tous les temps.Huit modèles ont trouvé place dans cette litanie des saints du paganisme: Abel, pour son innocence de vie; Hénoch, pour la contemplation de Dieu; le phénicien Danel, mage et roi; Noé, le bâtisseur de l\u2019arche du salut; le saint homme Job; Melchisé-dech, pontife de la création; Lot, fraternel et pur; la reine de Saba, admiratrice du grand roi Salomon.Avec les saints d\u2019Israël et du christianisme, ils témoignent des mystères de Dieu et des valeurs spirituelles; ils invitent nos contemporains à soumettre leurs techniques et leurs disciplines à la royauté de Jésus-Christ.Thomas Mignault.Maison Bellarmin.Louis Lochet: Apparitions.Présence de Marie à notre temps.Coll.« Présence chrétienne ».\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1957, 154 pp., 19 cm.Prix: 57 fr.b.T3IEN DES ROUTES mènent à Dieu, Une des plus émou-L-* vantes, selon l\u2019A., serait celle des pèlerinages aux sanctuaires de la Vierge, où Marie, par l\u2019onction de sa présence maternelle, nous initie aux merveilles de la sainte Trinité, aux mystères de l\u2019Incarnation et de la Rédemption, à la puissante vitalité de l\u2019Église.L\u2019A.approfondit le sens des apparitions de la Vierge; il les voit dans la perspective que nous révèlent les miracles évangéliques, comme une annonce d\u2019une spiritualité plus ferme, en vue d\u2019un renouvellement religieux plus profond, amorce et gage du grand retour de Jésus-Christ.Son livre alimentera la piété et l\u2019apostolat, en invitant les chrétiens à préparer pour leurs frères l\u2019avènement d\u2019un monde meilleur; il aidera les non- IsMP* Une banque progressive dans une ville en pleine croissance La Banque D\u2019Épargne DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTREAL vous invite cordialement à vous constituer un compte d\u2019épargne personnel 276 RELATIONS catholiques à mieux saisir le bien-fondé de notre dévotion à Marie et la portée de sa médiation universelle dans l\u2019économie du salut.\tThomas Mignault.Maison Bellarmin.Mgr Charles-Eugène Roy: La Vierge de Guadaloupe, impératrice des Amériques.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), Fides, 1957, 288 pp., 21.5 cm.Prix: $2.50.C\u2019EST LE LIVRE à recommander aux catholiques qui s\u2019intéressent au Mexique, surtout s\u2019ils ont envie d\u2019y aller.Notre Dame fit le Mexique, quand elle apparut sur le Tepeyac pour y demeurer à tout jamais, en dépit d\u2019efforts insensés pour l\u2019écarter.Autour de ce fait central, l\u2019A.réunit les données nécessaires pour que son livre soit précis comme une thèse, complet comme une histoire et aimable comme un conte d\u2019amour.Il y a beaucoup d\u2019histoire: grande histoire, histoire mariale, histoire populaire; des pages charmantes (150-158) décrivent l\u2019attendrissement du Mexique, humble, respectueux et toujours distingué, sur la petite Morenita.Tout le Mexique revit dans la naïve humilité de Juan Diego chantant la Vierge (p.151): J\u2019aime beaucoup les brunettes Depuis qu\u2019on dit bien haut Qu\u2019une bien jolie brunette Fait coqueluche à Mexico.En français, ce n\u2019est que plaisant: l\u2019espagnol, comme toutes les langues, est intraduisible, mais l\u2019espagnol mexicain, surtout poétique, est insaisissable comme un rayon de soleil.Après l\u2019idylle du début et l\u2019histoire du milieu, l\u2019épopée remplit les derniers chapitres: la persécution est atroce, mais les tués vainqueurs affrontent la mort avec une souriante folie mexicaine, triomphale justement parce qu\u2019elle est souriante, mexicaine, et parce que la chose la plus irrésistible du monde, c\u2019est une intelligence qui cesse d\u2019être raisonnable pour devenir follement amoureuse.C\u2019est ça, le Mexique de la sainte Vierge.Mgr Roy l\u2019a compris, l\u2019a aimé, et l\u2019a magnifiquement décrit.Joseph Ledit.SPIRITUALITÉ RELIGIEUSE ET CONJUGALE Pierre-Thomas Dehau, O P.: Le Contemplatif et la Croix.Coll.«L\u2019eau vive».\u2014 Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Éditions du Cerf, 2e édit., 1956, 405 pp., 16.5 cm.AU COURS de cette retraite, prêchée aux Bénédictins de ¦ l\u2019Abbaye de Wisques, l\u2019A.contemple les mystères de vie et de mort en Jésus-Christ, en nous-mêmes et jusque dans les détails de notre existence quotidienne.Du coup, il nous campe dans un paysage où la lumière et les ténèbres s\u2019emmêlent d\u2019une façon inextricable.Il se demande alors ce qui, de la joie ou de la douleur, domine dans la vie du chrétien.La joie l\u2019emporte, répond-il avec saint Thomas; mais la douleur garde sa place nécessaire et indispensable, parce qu\u2019elle constitue l\u2019unjque moyen de parvenir à la joie.Cette doctrine s\u2019appuie sur l\u2019Écriture sainte, parole du Père, sur la théologie, « sorte d\u2019incarnation du Verbe dans les intelligences humaines », sur la liturgie, voix de l\u2019Esprit Saint.Même dans le texte imprimé, la parole bouge, jaillit, s\u2019approche, demande la permission de s\u2019installer en nous avec son message de souffrance et d\u2019amour.Présentation neuve, directe, voire musicale, où s\u2019enchâssent tout naturellement la citation latine, l\u2019analyse d\u2019un mot clef, la question pressante, l\u2019assertion paradoxale, l\u2019anecdote pittoresque.Bref, tous les tons de l\u2019éloquence familière, la méthode inimitable d\u2019un maître qui a le don du sourire et de l\u2019éducation.En dépit de son titre austère et restrictif, ce livre célèbre l\u2019Exaltation de la sainte Croix non seulement en présence des personnes engagées dans la voix contemplative, mais face à l\u2019élite désireuse de prendre le chemin royal de la béatitude.Monastère des Ursulines, Québec.Sœur Marie-Emmanuel.Joseph-Marie PERRIN, O.P.: La Virginité chrétienne.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1955, 239 pp., 20 cm.Prix: 90 fr.b.1E DESSEIN de cet ouvrage est d\u2019étudier les biens, les dififi-' cultés et les conditions de réalisation de la virginité chrétienne.L\u2019A., commentant la tradition patristique, les auteurs Tél.s 4-5181 Z)exxeau & J^acine, JÇtèe DISTRIBUTEURS 8t GROSSISTES 196, rue Saint-Paul\tQuébec (2) achète bien qui achète dupu I Sffîm) MONTREAL \u2014C\u2019est RAPIDE., c\u2019est FACILE., ça RÉUSSIT I\u2014.Comme des millions qui l\u2019ont déjà fait, vous pouvez aussi maîtriser une langue en écoutant et en apprenant avec la méthode LINSUAPHONE C\u2019est rapide., car Linguaphone vous 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\u2022\tRUSSE -;-1 Postez ce coupon pour obtenir une brochure gratuite \u2022 Linguaphone\t901, rue Bleury, Montréal Veuillez m\u2019expédiez la brochure gratuite Linguaphone et les détails de l\u2019essai gratuit de dix jours.J\u2019aimerais apprendre.Nom .| Adresse.| Ville .Province .r.o.i OCTOBRE 1957 277 spirituels, l\u2019enseignement de saint Thomas et les données de la psychologie contemporaine, tâche d\u2019élucider le « mystère » de la virginité, qui « se relie à ce qu\u2019il y a de plus profond dans le cœur humain » (p.13).Il complète son exposé par trois textes importants: le traité de saint Augustin sur le même sujet, l\u2019encyclique Sacra virginitas (Pie XII) et le cérémonial de la consécration des vierges ^selon le pontifical romain.Comme la virginité est un bien d\u2019Église, ce livre intéressera et les gens voués au célibat par libre choix ou par nécessité et les gens mariés, auxquels les vierges rappellent « l\u2019exigence de perfection qui est au fond de toute vocation chrétienne » (p.16).Personne ne sera déçu par cette étude chaleureuse, approfondie et facile à lire.Maison Bellarmin.Jean-Paul Demers.Antoine W ALLENSTEIN, O.F.M.: Guide pratique de la perfection chrétienne.Traduit par le R.P.Stanislas Daul, O.F.M.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Éditions Salvator, 1956, 253 pp., 19.5 cm./'\"'E GUIDE se présente sous forme de catéchisme: l\u2019A.procède par questions et réponses.Les problèmes de perfection d\u2019abord traités concernent l\u2019ensemble des chrétiens: état de grâce, péché, moyens de sanctification, vertus morales et théologales.Suivent les problèmes des âmes consacrées à Dieu dans le monde: oraison mentale, examen de conscience, retraites.Enfin, les problèmes relatifs à l\u2019état religieux: vœux, règles.Manuel d\u2019ascétisme à consulter, à étudier; son allure très didactique n\u2019invite pas à la lecture suivie.Les solutions données sont judicieuses et profiteront aux âmes soucieuses de perfection.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.René Carpentier, S.J.: Témoins de la Cité de Dieu.Initiation à la vie religieuse.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Des-clée de Brouwer, 1956, 203 pp,.19 cm.CETTE « réédition entièrement refondue du Catéchisme des vœux des PP.P.Cotel, S.J., et E.Jombart, S.J., » ajoute beaucoup à l\u2019opuscule initial.C\u2019est surtout la conception générale de la vie religieuse qui reçoit les meilleurs développements.L\u2019A.dégage le mystère de grâce de la vie religieuse (communauté spirituelle centrée sur l\u2019imitation de Jésus et fondée sur l\u2019amour effectif du Maître, amour qui exige la perfection), le mystère ecclésial aussi, car la vie religieuse s\u2019alimente aux sources dont l\u2019Église seule est l\u2019interprète et la dispensatrice autorisée: renseignement du Christ et ses sacrements.Bien supérieur à l\u2019ouvrage du P.Cotel, celui du P.Carpentier garde quelques défauts.Avec le P.Plé, O.P., je pense que la pudeur n\u2019est pas une vertu, mais une passion; le mystère de l\u2019obéissance n\u2019a pas ici le relief qu\u2019a su lui donner le regretté P.Mersch dans Morale et Corps mystique; de plus, la théorie de l\u2019imperfection est trop discutée entre théologiens pour être présentée comme allant de soi (voir Dom.O.Lottin, Morale fondamentale.Tournai, Desclée & Cie, 1954, pp.598-505); enfin, l\u2019A.propose de la « mauvaise pensée » une définition inexacte (voir G.Kelly, S.J., Jeunesse moderne et Chasteté, Montréal, Éditions Bellarmin, 1955, p.121).Malgré ces réserves, l\u2019ouvrage demeure riche et solide; les religieux, jeunes et vieux, ne se lasseront pas de le méditer.Joseph d\u2019Anjou.Marcel-Marie Desmarais, O.P.: Adam et Ève dans le monde d\u2019aujourd'hui.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), Fi-des, 1956, 191 pp., 21.5 cm.Prix: $2.AVEC RAISON, l\u2019A.pense (pp.9-10) qu\u2019il faut sans trêve parler d\u2019amour, surtout conjugal.Trop de gens se croient exjperts-nés en ce domaine.Hélas!.Humblement, comme dans l\u2019Évangile, à force d\u2019exemples, souvent personnels, d\u2019historiettes et de fantaisies, de mots piquants empruntés aux grands auteurs, (Taine, Shaw, Mauriac, Claudel.), l\u2019A.montre que l\u2019amour conjugal exige une forte somme de vertus, que chacun attend de son conjoint, même quand il néglige de les pratiquer.Compréhension (donc connaissance de soi et de l\u2019autre), respect (donc attention réciproque au vrai bien du couple), délicatesse (au singulier et au pluriel), patience et indulgence (nul n\u2019étant parfait d\u2019emblée, mais chacun devant concourir à la perfection commune), fidélité enfin (on n\u2019a jamais le droit de cesser d\u2019aimer).La preuve est faite depuis longtemps: cet idéal obligatoire ne peut se réaliser, même médiocrement, sans la grâce du Sauveur.Car, outre l\u2019aptitude à un certain héroïsme, souvent commandé par les faits, il faut encore un optimisme (dernier chapitre, le meilleur) que les seules forces naturelles n\u2019arrivent pas à garantir.Voilà l\u2019enseignement de l\u2019A.Il est solide, chrétien, aimablement présenté (les dessins de Gagnier sont délicieux), un peu bavard (comme il convient dans un dialogue populaire).Je le chicanerais pour quelques fautes: orthographe (pp.15, 38, 44, 46, 123, 141, 145, 168, 178) et anglicismes (pp.33, 160, 169), et sur deux points: l\u2019infaillibilité de l\u2019attrait mutuel (p.16) et « le débordement de la passion qui inaugure la vie à deux » (p.109) ; sur ce dernier point, le prêtre médecin Marc Oraison offre la note juste.Joseph d\u2019Anjou.BIOGRAPHIES Jean-Marie RONNAT: Saint Basile le Grand.Coll.« Église d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui».\u2014 Paris (12, av.Sœur-Rosalie), Éditions Ouvrières (Montréal, 1019, rue Saint-Denis), 1955, 128 pp., 19 cm.Prix: 330 fr.TNANS cette nouvelle collection dirigée par Bernard Coutaz, on met à la portée du public les écrits des Pères de l\u2019Église.C\u2019est, en somme, la Tradition qu\u2019on actualise.Pour trop de \tTOUS LES\t\tTel.: Victor 5-0456\t\t ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros)\t\tCkatlemagne fâouxcieï, O, «2).\t\tEpargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de \\ VdipïïK\t* l-e *emple Vde la lumière » *ër\\ \\ a HKÎ\t\tOptométriste - Spécialiste de la vue\t\tla â>aubeprtiE BEN BÉLAND, prés.\t\tRééducation visuelle HEURES DE BUREAU : Sur semaine : de 9 h.à 6 h.Le vendredi : de 9 h.à 9 h.Le samedi : de 9 h.à 1 h.\t\tCOMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE JEAN BÉLAND, Ing.P.( sec.-très.\t\t\t\t 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal\t\t\t\t CR.4-2465*\t\t1735, rue Saint-Denis, Montréal\t\tSiège social : Montréal 278 RELATIONS fidèles, la Tradition demeure une notion vague, abstraite.En fait, elle est représentée par des saints à la forte personnalité, au style vigoureux, par des êtres humains qui vibraient aux grandes émotions et se débattaient dans des crises aussi graves que les nôtres.La vie de saint Basile le Grand, par exemple, n\u2019est pas un conte bleu; elle pourrait faire le sujet d\u2019un film extrêmement réaliste.Persécutions, querelles avec les hérétiques, lutte contre les mauvais riches en faveur des pauvres, action sociale, autant de chapitres vivants et mouvementés de cette histoire.Le choix des textes cités dans la deuxième partie reflète cette fièvre.Une phrase oratoire, large et nourrie d\u2019Écriture, douce et contemplative ou, au contraire, véhémente, nous tient sans cesse en haleine.Basile, par sa grandeur d\u2019âme et ses soucis charitables, est, malgré la distance des siècles, tout près de nous.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Léon POIRIER: Un homme appelé François d\u2019Assise.Vie romancée.\u2014 Tours, Marne, 1956, 238 pp., 19.5 cm.Prix: 590 fr.NE CHERCHEZ PAS ici une biographie savante, fondée sur des faits et des documents d\u2019une valeur irrécusable, car TA.ne veut pas faire œuvre d\u2019hagiographe.Il a consulté cependant une bonne douzaine d\u2019ouvrages « pour la partie historique » de son livre.Mais son but est de nous présenter un récit intéressant, poétique et édifiant, à partir des principaux événements de la vie de saint François.Comme il sait conter avec fraîcheur et vivacité, on voit dans un émouvant relief la misère du peuple contraster avec le luxe des puissants et le libertinage des gens pourvus.L\u2019A.décrit avec réalisme la vocation du poverello d\u2019Assise, son détachement des biens terrestres, ainsi que le renouveau spirituel opéré par lui en Italie, au nom de « Pauvreté, Paix, Amour ».Le style, qui revêt parfois la candeur d\u2019un conte de fée, s\u2019apparente à celui des Fioretti ou de la Légende dorée : charme pour les uns, agacement pour d\u2019autres.Beau livre, en somme, et apte à élever les âmes à un meilleur service de Dieu.Clarence Dontigny.Maison Bellarmin.Jean Guy: Marghe-Rita.Sainte Rita.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Éditions Salvator, 1956, 143 pp., 20 cm.Prix: 390 fr.NTÉE à Cascia, le 22 mai 1381, morte le même jour, au même endroit, l\u2019an 1457 (il y a cinq cents ans), Rita Mancini illustre l\u2019Ombrie et le siècle du schisme d\u2019Occident.De délicieux miracles marquent sa vie et sa survie.Elle naît de parents âgés; bébé, un jour qu\u2019elle repose dans une corbeille, au pied d\u2019un arbre, des abeilles sans dard viennent répandre du miel dans sa bouche (des abeilles semblables existent encore à Cascia); jeune fille, elle veut se consacrer à Dieu; par obéissance, elle épouse un garçon violent et débauché, qui mourra assassiné et repenti; elle pardonne aux meurtriers et obtient que ses deux grands garçons en fassent autant; Dieu lui ravit ceux-ci par la mort: ils ont à peine vingt ans.Après plusieurs refus, on l\u2019admet, à quarante ans, chez les Augustines de Cascia; on l\u2019éprouve de toutes manières: elle arrose un sarment sec qui finit par fleurir (il fleurit encore).Le Vendredi saint de 1443.une épine se détache du crucifix qui orne une chapelle du couvent et se plante au front de Rita; la plaie suppure et empeste; on relègue la moniale dans une chambre solitaire, où elle vieillira.Le dernier hiver, elle demande qu\u2019on aille lui cueillir une rose dans le jardin de sa famille; la rose est là (d\u2019autres roses poussent encore au même endroit).Après sa mort, son corps, sans embaumement, demeure intact (il l\u2019est toujours).Avec cette matière, Ghéon ou Daniel-Rops auraient écrit une histoire prenante.L\u2019A., dans un style quelconque, fait du sentimentalisme pieux.La sainte qu\u2019on invoque pour les causes désespérées mérite mieux que cela.Joseph d\u2019Anjou.Pierre L\u2019Ermite: Je regarde ma vie.Souvenirs d\u2019un vieux curé de Paris.Coll.« Le poids du jour.» \u2014 Paris (5, rue Bayard), Le Centurion, 1955, 171 pp., 20 cm.CE LIVRE complète Ma main dans ta main, paru en 1954.Dans un style alerte et imagé, l\u2019A.raconte quelques-uns des souvenirs qu\u2019il garde de ses études au grand séminaire, de ses débuts comme vicaire, puis comme curé dans différentes paroisses de France.Jeune séminariste, il est régulier, traditionnel, soumis; mais il a le malheur de paraître tout le contraire: on le retarde au sous-diaconat (p.17).L\u2019abbé Loutil constate que son erreur, c\u2019est d\u2019avoir été trop lui-même « devant des maîtres, certes très estimables, mais qui ne comprenaient pas encore qu\u2019ils étaient au bord d\u2019une génération nouvelle, pour laquelle il fallait entrouvrir la fenêtre, et pas la porte » (p.18).Des noms d\u2019hommes compréhensifs lui viennent à la mémoire: MM.Bacuez, Vigouroux, Berrué.Nommé vicaire à Clichy, milieu sans nuances, c\u2019est là qu\u2019il comprit le sens profond de cette parole du Christ: « J\u2019ai pitié des foules.» Saint-Roch, Chaillot, Saint-Jean de Montmartre furent les scènes successives de ses labeurs, de ses joies et de ses peines.Le livre se clôt par une courte description du champ d\u2019action actuel de l\u2019abbé Loutil: depuis trente-six ans, il est curé de Saint-François-de-Sales, belle paroisse que lui-même dit être devenue le cœur de son cœur.Comme dans les romans de l\u2019A., on retrouve ce cachet de délicatesse et de bonté qui le font aimer, lui et ses livres.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Sainte-Claire, Télreaultville, Qué.Tel.: RE.7-3651
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