Relations, 1 novembre 1957, Novembre
[" (jMaUom Saint-Sulpice au Canada Mgr Olivier MAURAULT Le congrès de l\u2019UNIAPAC Richard ARÈS La tâche fondamentale du mouvement patronal catholique Jacques de STAERCKE L\u2019usage chrétien des techniques de diffusion Joseph d*ANJOU L'exemple américain en pédagogie Jean GENEST « Les Grands Départs » ¦ Le Prêt d\u2019honneur Il faut crever l\u2019abcès de la corruption politique REVUE DU MOIS SOMMAIRE NOVEMBRE 1957 Editoriaux .\t.\t.\t.\t.\t.\t.\t.\t281 « Relations » À $4, À partir de janvier 1958.\u2014 Québec N\u2019A-T-IL VRAIMENT RIEN À PROPOSER À OTTAWA ?' Articles L\u2019USAGE CHRÉTIEN DES TECHNIQUES DE DIFFUSION.Joseph d\u2019Anjou 282 L\u2019EXEMPLE AMÉRICAIN EN PÉDAGOGIE.Jean Genest 283 LE CONGRÈS DE L\u2019UNIAPAC.Richard Arès 286 LA TÂCHE FONDAMENTALE DU MOUVEMENT PATRONAL CATHOLIQUE.Jacques de Staercke 288 SAINT-SULPICE AU CANADA.Mgr Olivier Maurault 290 LE PRÊT D\u2019HONNEUR .Vianney Décarie 293 Au fil du mois.294 Le temps des congrès.\u2014 Important jugement sur Vobscénité.\u2014 Le cmé-club de 1957 à CBFT.\u2014 Démocratie chrétienne.\u2014 Tito vous parle.\u2014 Caisses populaires et petites gens.\u2014 Prostitution des mots.\u2014 Il faut crever Vabcès de la corruption politique.Articles « LES GRANDS DÉPARTS ».Georges-Henri d\u2019Auteuil 298 HORIZON INTERNATIONAL.Joseph Ledit 299 Le Pape nous parle.301 Revue des revues.302 Les livres .\t.v .\t.\t.\t.\t.\t.303 Bible et Vie spirituelle.\u2014 E.GALBIATI et A.PlAZZA: Mieux comprendre la Bible.- R.Knox: L'Évangile de saint Paul (C.Saint-Arnaud).- En collaboration: L\u2019Argent au service de tous les hommes.Le Christ et le Militant d\u2019aujourd\u2019hui (R.Arès).- M.Gasnier: Je professe, je renonce, je m\u2019attache (J.d\u2019Anjou).- L.Fréchet et G.Bertrand: Nourritures spirituelles (A.Plante).- G.\tde Saint-Thierry: Lettre d\u2019or.- F.Vandenbroucke: Direction spirituelle et Hommes d\u2019aujourd\u2019hui (J.-P.De-mers).- E.Ringel et W.Van Lun: Psychothérapie et Direction de conscience (J.d\u2019Anjou).303 Philosophie, Littérature.\u2014 H.Thibeaud: A Dieu et à Jésus-Christ par la philosophie (J.d\u2019Anjou).- Centre catholique des Intellectuels français: Philosophies de l\u2019histoire.- H.U.von Balthasar: Le Chrétien Bernanos (R.Arès).- A.de Saint-Exupéry: Un sens à la vie.- P.Beaulieu: Jacques Rivière (J.d\u2019Anjou).304 Questions sociales et économiques.\u2014 J.DE Ll VONNIÈRE et M.Clément: Scènes de la vie sociale (A.Plante).- A.Dauphin-Meunier: L\u2019Église en face du capitalisme.-M.Clément: Le Chef d\u2019entreprise.- M.Aumont: Monde ouvrier méconnu.- J.L.Obregôn: Participacibn de los Trabajadores en las Utilidades de las Empresas.- G.F.F.Lombard: Behavior in a Selling Group.- J.P.Windmul-ler: American Labor and the International Labor Movement, 1940 to 1953 (E.Bouvier).- Abbé Pierre: Le Défi de l\u2019abbé Pierre et les Chiffonniers d\u2019Emmaüs (B.Clément).-J.Henripin: Les Divisions de recensement au Canada, de 1871 à 1951.- B.Brouillette: Les Principales Industries manufacturières du Canada (R.A.) 306 Monographies historiques et scientifiques.\u2014J.André: Prince du Nord (J.d\u2019Anjou).- F.Hayward: L\u2019Énigme des Borgia.- J.Schwartz: Comment voir à la loupe- H.\tGossot, F.Ramseyer: Calendrier des dates célèbres.- J.Gray: Comment se meuvent les animaux (B.Clément) .308 c4 votxe âetvice pour toutes vos opérations de banque et de placement BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif plus de $640,000,000 586 bureaux au Canada L\u2019épargne SOLUTION À PLUSIEURS PROBLÈMES .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C\u2019est l\u2019épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l\u2019instruction des enfants.C\u2019est l'épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIEIE 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 Autorial comme enrol postal de la deuxième classe Ministère des Postes, Ottawa. XVIIe année, N° 203 Montréal Novembre 1957 EDITORIAUX \u201cRelation*\u201d à $4, a païtiï de janvier 1958 T E PREMIER NUMÉRO de Relations remonte à / janvier 1941.L\u2019abonnement ne coûtait alors que $2 par année au Canada, $2.50 hors du Canada.En septembre 1946, survint une hausse minime de $0.50, fixant le prix de la revue à $2.50 pour le Canada, à $3 hors du Canada.En septembre 1951, autre augmentation \u2014 toujours légère \u2014 de $0.50, ce qui portait l\u2019abonnement à $3 pour le Canada et à $3.50 hors du Canada.Quand nous parlons d\u2019augmentation minime, nous ne jouons pas à cache-cache avec nos abonnés.En avril dernier, MM.Jean Gillet et Alan Smith, respectivement secrétaires-gérants des associations française et anglaise des maîtres imprimeurs, établissaient, dans la revue le Maître Imprimeur, le pourcentage des augmentations qui affectent le coût des imprimés.De leur éditorial intitulé: « En dix ans, 100 p.c.d\u2019augmentation », extrayons quelques chiffres: la reliure a augmenté de 125%; le travail des presses, de plus de 100%; la composition typographique, de 92%; les clichés, de 65%; le papier, de 55%.Une autre source nous apprend que l\u2019équipement mécanique a augmenté de 250%.A ces diverses augmentations, il faut ajouter celles qui se produisirent dans le travail de bureau, les assurances, les taxes, les frais de poste, les transports.A partir de janvier 1958, le prix de l\u2019abonnement à Relations s\u2019établira comme suit: $4 pour le Canada et $5 hors du Canada; chaque numéro se vendra $0.35 au lieu de $0.25.Devant les pourcentages qui viennent d\u2019être cités, cette augmentation \u2014 qui ne représente pas dix cents par mois dans le cas d\u2019un abonné canadien \u2014 est loin d\u2019être exagérée.Elle serait même naïvement timide si Relations était une entreprise strictement commerciale, qui vise aux gros profits, et si nous devions payer aux principaux artisans de la revue des salaires appropriés à leurs fonctions.Aussi, nous avons la conviction que nos lecteurs comprendront la portée exacte de l\u2019augmentation et qu\u2019ils nous resteront fidèles.Disons plus.Loin d\u2019être effrayés par l\u2019augmentation, ils se feront eux-mêmes les propagandistes de la revue, s\u2019efforçant de nous gagner un ou plusieurs lecteurs.Cette augmentation du tirage par l\u2019intérieur constituerait un moyen facile de mieux adapter nos ressources aux frais de la production.Dans cette même intention, nous nous rendrons à la suggestion d\u2019un ami, qui nous recommandait récemment de profiter de la présente augmentation pour proposer un abonnement de soutien d\u2019au moins $5.Comme en septembre 1951, « nous comptons sur les fidélités qui ont jusqu\u2019à ce jour soutenu notre effort ».Nous fiant aux témoignages réconfortants que nous recevons de divers milieux, nous savons que nous ne serons pas déçus.Queb ec n\u2019a-t-il vraiment tien a ptopoâex a Ottawa ?TE NOUVEAU gouvernement fédéral a décidé de ^ convoquer les provinces à Ottawa pour le 25 novembre, en vue de rediscuter l\u2019épineux problème de la répartition des impôts.Commentant cette nouvelle, un journaliste, d\u2019ordinaire bien informé des tendances de la politique québécoise, a prédit, dans la Gazette de Montréal, quels seront l\u2019attitude et les objectifs du gouvernement québécois à cette future conférence: « Quebec will go to the meeting without any definite proposals or demands.Quebec, like the rest of the provinces, wants more money.» Nous voulons espérer que, pour une fois, le correspondant de la Gazette a reçu des renseignements incomplets ou même faux, et que le gouvernement québécois se rendra à la conférence d\u2019Ottawa avec des propositions précises, ne se limitant pas à de simples réclamations d\u2019argent.Les autres provinces peuvent borner là leurs demandes et se contenter d\u2019une demi-autonomie en acceptant, s\u2019il leur plaît, de se faire payer et même NOVEMBRE 1957 281 organiser par Ottawa les services qu\u2019elles devraient elles-mêmes fournir à leurs ressortissants en vertu de la constitution.Le Québec, qui n\u2019est pas une province comme les autres, a besoin de sa pleine autonomie, laquelle suppose la faculté non seulement de se payer, au moyen de ses propres impôts, ces mêmes services, mais encore de les organiser en toute liberté et sécurité, selon les exigences de sa propre culture, sans avoir à subir à tout propos la concurrence ou l\u2019ingérence du pouvoir fédéral.On ne défend pas efficacement une autonomie de cette qualité en réclamant d\u2019Ottawa un peu plus d\u2019argent.D\u2019autre part, il ne faut pas s\u2019attendre à ce que ce dernier offre autre chose, si le gouvernement québécois fait savoir \u2014 directement ou indirectement, peu importe \u2014 que l\u2019argent seul l\u2019intéresse et qu\u2019il va se présenter à la prochaine conférence fédérale-provinciale « sans propositions ni exigences précises ».Si, pour cette conférence comme pour celles qui suivront, le gouvernement québécois adopte l\u2019attitude annoncée par le correspondant de la Gazette, on croira qu\u2019il n\u2019a jamais pris au sérieux ni l\u2019institution, en 1953, d\u2019une Commission royale d\u2019enquête sur les problèmes constitutionnels, ni le contenu du rapport que cette commission lui a soumis en 1956.Après quoi, il ne restera guère d\u2019autre alternative aux électeurs que de ne pas le prendre lui-même au sérieux quand il se posera en champion de l\u2019autonomie québécoise.L'USAGE CHRÉTIEN DES TECHNIQUES DE DIFFUSION Joseph ch ANJOU, S.J.PAR L\u2019ENCYCLIQUE Miranda prorsus (8 septembre 1957), le Souverain Pontife a communiqué à tout l\u2019univers un des messages les plus immédiatement utiles qu\u2019on puisse désirer.Radio, cinéma, télévision: quelles inventions sont plus répandues et plus influentes ?Avec quelle urgence, par conséquent, il importe de les accueillir et de les faire servir à la perfection et au bonheur des hommes! Nous guider dans cette œuvre, tel est le but de la lettre pontificale.Faut-il insister sur notre devoir de la lire, de la méditer et de la traduire énergiquement dans nos vies ?DIRECTIVES GÉNÉRALES On comprend sans peine pourquoi l\u2019Église s\u2019intéresse aux techniques de diffusion.Dépositaire de la vérité qu\u2019elle a mission d\u2019annoncer à toute créature et que toute créature doit accepter, l\u2019Église est tenue d\u2019employer les moyens les plus efficaces à cette fin.Radio, cinéma, télévision, avec la presse, « exercent sur l\u2019homme un pouvoir extraordinaire », souvent pour le bien, trop souvent pour le mal.Or, tout instrument de communication entre les hommes est ordonné par Dieu au « perfectionnement de l\u2019individu et de la société ».C\u2019est donc profaner la liberté humaine que d\u2019en abuser pour tromper et corrompre les hommes au moyen des techniques de diffusion.Ni réserver ces techniques à des fins étroites de propagande ou de réclame, soit politique, soit économique; ni leur laisser répandre n\u2019importe quoi, « fût-ce immoral et dangereux pour les âmes », tel est le principe.Il faut donc condamner ceux qui osent affirmer qu\u2019une forme déterminée de diffusion peut être exploitée, mise en valeur et exaltée, même si elle manque gravement à l\u2019ordre moral, pourvu qu\u2019elle ait une valeur artistique et technique.Là-dessus, la responsabilité des « groupes professionnels intéressés eux-mêmes.ne supprime pas le devoir de vigilance » des autorités civiles.Les chrétiens, dans un effort positif, iront plus loin.Ils recourront aux techniques de diffusion pour a) enseigner la vérité révélée; b) informer honnêtement leurs frères, sans négliger jamais « l\u2019aspect moral de toute nouvelle jetée dans le public »; c) cultiver, en récréant par les spectacles, la masse qu\u2019on aura soin de former, non pour qu\u2019elle s\u2019autorise « à voir des spectacles immoraux », mais pour qu\u2019elle juge ce qu\u2019on lui présente et apprenne à en profiter; ce souci doit dominer face à la jeunesse et aux dangers que la télévision surtout lui fait courir.Comment ne pas frémir à la pensée que, par le moyen de la télévision, peut s\u2019introduire dans les familles elles-mêmes l\u2019atmosphère empoisonnée de matérialisme, de fatuité, d\u2019hédonisme que l\u2019on respire trop souvent dans tant de salles de cinéma ?Pour aider les chrétiens à s\u2019acquitter de leur tâche, le Pape veut que s\u2019établissent partout des « offices » destinés à « orienter » et à coordonner « toutes les activités des catholiques dans le domaine du cinéma,.de la radio et de la télévision ».DIRECTIVES SPÉCIALES De ces considérations générales, le Saint Père passe à des directives concernant chacune des techniques visées dans l\u2019encyclique et chacun des groupes humains qui les exploitent ou qu\u2019elles atteignent.La vérité et le bien, voilà ce que le Vicaire de Jésus-Christ travaille à protéger et à promouvoir.C\u2019est pourquoi il ne cesse, on le verra, d\u2019appuyer sur la nécessité de veiller à l\u2019aspect moral des films ou des émissions radiophoniques et télévisées.Le soin de prolonger son action apostolique à travers le monde, le Pape le confie aux organismes que les évêques créeront partout.C\u2019est à eux surtout qu\u2019il appartient 282 RELATIONS d\u2019éclairer l\u2019opinion publique et de lui apprendre à respecter et à apprécier les valeurs morales sans lesquelles on ne conçoit ni vraie culture ni véritable civilisation.Appliquant ce principe au cinéma, le Pape précise: Serait donc coupable toute indulgence pour les films qui, bien que présentant des qualités techniques, offensent l\u2019ordre moral ou qui, respectant en apparence les bonnes moeurs, contiennent des éléments contraires à la foi catholique.Aux consignes que donnent et donneront les organismes compétents en matière de radio, de cinéma et de télévision, le Pape veut qu\u2019on obéisse.Ce n\u2019est pas en fréquentant les spectacles immoraux qu\u2019on vit « plus joyeux, plus libre et meilleur ».Outre le tort personnel qu\u2019on se fait à soi-même, on cause un « scandale au prochain » en favorisant financièrement les mauvaises productions.Les fidèles doivent donc être « soigneusement avertis » qu\u2019ils ont le « grave devoir de s\u2019informer des prescriptions de l\u2019autorité ecclésiastique et de s\u2019y conformer ».De son côté, la critique, cinématographique ou autre.ne manquera pas de mettre l\u2019accent sur le point de vue moral et de formuler ses jugements en évitant de glisser dans un déplorable relativisme moral et de négliger la hiérarchie des valeurs.Exploitants, distributeurs, acteurs, producteurs et metteurs en scène \u2014 personne n\u2019est oublié \u2014 reçoivent des conseils appropriés à leur état.L\u2019acteur « ne peut se prêter à interpréter des scènes licencieuses ni donner sa coopération à des films immoraux », à des émissions radiophoniques ou télévisées qui peuvent porter au mal.Les autorités civiles (le Pape y revient plusieurs fois) ne doivent aider « en aucune manière » la diffusion de l\u2019immoralité; qu\u2019elles encouragent plutôt «les L\u2019exemple américain en pédagogie Jean GENEST, S.J.QUE PRÉFÉRER dans un collège: préparer le jeune homme à devenir le savant qui découvrira l\u2019énergie atomique ou le sage qui l\u2019utilisera?Ainsi posé, le problème peut paraître oiseux et vain: rien n\u2019empêche un savant de devenir sage, ni un sage de devenir savant.Néanmoins, ce problème est actuel et sous-jacent à des idées exprimées dans les journaux, à des programmes suggérés par des réformateurs-nés, à des opinions émises par le truchement de la télévision.Le public des prophètes et celui des amateurs en discutent, parfois avec acrimonie, sans avoir toujours des idées claires et courageuses sur le sujet.Au Canada français, où la culture générale conserve encore beaucoup de force et maintient fermement NOVEMBRE 1957 bonnes productions, spécialement pour la jeunesse ».Aux auditeurs et aux spectateurs, le Pape rappelle le devoir d\u2019éviter « les transmissions qui font tort à leur foi » ; aux évêques, « le devoir de mettre en garde les fidèles contre les stations émettrices qui défendent notoirement des principes contraires à la foi catholique », et celui « de préparer avec un soin spécial les prêtres et les laïcs destinés à cette importante activité » qu\u2019est la réalisation de programmes religieux dont le niveau artistique et technique soit élevé.Avec une intelligence aiguë du réel, le Pape souligne les dangers propres à la télévision et exhorte les catholiques à donner leur pleine mesure de talent et d\u2019apostolat dans l\u2019usage de cet instrument de diffusion.« Caractère suggestif des transmissions télévisées dans l\u2019intimité du sanctuaire familial », « fascination de la nouvelle technique » sur les enfants, plus vulnérables à la contagion s\u2019infiltrant au foyer qu\u2019au scandale rencontré dans la rue, voilà qui oblige les « responsables des programmes de la télévision » à tenir « compte du danger que des transmissions destinées aux adultes pourraient présenter pour des jeunes ».* Comment ne pas admirer cet enseignement réaliste, paternel et compréhensif?Retenons, pour les méditer et les mettre en pratique, les deux thèmes capitaux de l\u2019encyclique: à) devoir de fonder des offices nationaux pour orienter et coordonner les bons efforts dans l\u2019usage des techniques de diffusion; b) devoir partout et pour tous (laïcs, prêtres et religieux, chefs civils, groupes professionnels et simples usagers) de seconder l\u2019action des offices compétents pour le rayonnement du vrai et du bien.Le P.Genest, qui a professé la philosophie au Collège Jean-de-Brébeuf et dirigé le Bulletin des Anciens de ce collège, enseigne, cette année, la philosophie au Collège de Saint-Boniface {Manitoba).l\u2019unité de pensée à propos de la conception de la vie, les collèges se font reprocher leur peu de souci des sciences et des choses pratiques.Pour quelques-uns, les collèges deviennent les boucs émissaires, porteurs de tous les maux.D\u2019autres, qui veulent être plus sympathiques, se contentent d\u2019adresser aux collèges, bonnement, comme allant de soi, une exhortation à imiter les Américains et les Anglo-Canadiens qui, eux, auraient résolu à peu près tous leurs problèmes pédagogiques et méritent de nous être proposés en exemples.Que faut-il penser?Nous ne prétendons d\u2019aucune façon rester sur la défensive, non plus que dans un immobilisme qu\u2019on nous prête gratuitement.Que nos collèges doivent améliorer leur enseignement des sciences et, dans leur progrès général, tenir meilleur compte des besoins du pays, nul ne le nie.C\u2019est dans la proportion, 283 le juste équilibre à garder, dans la façon d\u2019envisager l\u2019intégration des nouveaux acquêts que les avis divergent, et c\u2019est à ce sujet qu\u2019on invoque l\u2019exemple des collèges américains et anglo-canadiens.Crise dans l'enseignement supérieur Aucun argument ne peut être plus mal choisi que cet exemple aujourd\u2019hui.Anglo-Canadiens et Américains sont actuellement absorbés dans un examen de conscience qui remet en question les buts et méthodes de leur enseignement, à tous les degrés.Leurs publications révèlent une situation alarmante, un chaos dont ils commencent à peine à sortir.En conséquence, on peut se demander si tous ceux qui nous proposent leur exemple savent de quoi ils parlent, s\u2019ils ont enquêté sur place ou s\u2019ils ont lu quelque chose de ce qui se publie actuellement sur l\u2019enseignement aux États-Unis et au Canada anglais.On y traverse une crise majeure; tout passe au crible de la critique: philosophie de la vie, méthodes et structures de l\u2019enseignement, matières à enseigner et sujets à qui les enseigner.Suivre cette auto-critique de nos compatriotes et de nos voisins, dans son discernement des valeurs à promouvoir et des déchets à rejeter, dans sa découverte d\u2019une hiérarchie des matières à enseigner, est très fructueux.Nous les voyons, par un cheminement expérimental, à grand renfort d\u2019enquêtes coûteuses et de statistiques pleines de bonne volonté, entreprendre un redressement pédagogique qui les rapproche singulièrement de nous sur quelques points essentiels.Quant à la structure de l\u2019enseignement, les États-Unis et le Canada anglais ont adopté (à quelques exceptions près) la formule 8-4-4: huit années d\u2019école primaire, quatre années de high school et quatre années de college, avec tendance à diviser celles-ci en deux années de junior college et deux de senior college.Le jeune Anglo-Saxon diplômé de high school, âgé de dix-huit ans environ, peut ou bien s\u2019inscrire au college ou bien entrer directement à l\u2019université pour s\u2019y préparer à une carrière.Friand de chiffres, M.Wilson Compton, président de la puissante organisation appelée Council for Financial Aid to Education, estime qu\u2019un jeune Américain qui passe par le college « vaut » environ $100,000 de plus que celui qui ne l\u2019a pas fréquenté.Mais quelle est la valeur humaine de ce diplômé de dix-huit ans ?Mlle Hilda Neatby a fait le procès de sa formation au Canada, dans un livre plein d\u2019humour et bourré de faits, So Little jor the Mind (1953), tandis que M.Mortimer Smith l\u2019a fait pour les États-Unis, dans The Diminished Mind (1954).Les universités canadiennes et américaines sont à peu près unanimes à souligner que la grande majorité des diplômés de high school ne savent ni travailler, ni s\u2019exprimer, ni écrire, et qu\u2019ils ne manifestent en général que peu de goût pour la lecture et les travaux intellectuels personnels.On déplore aussi que les high schools publiques aient remplacé la religion chrétienne par le culte de la démocratie, causant un abaissement général de la vie morale et un relâchement néfaste des principes qui la fondent.Le procès tournerait-il au noir pour que l\u2019excès perçu plus fortement oblige à une réaction plus rapide ?Peut-être.Pourtant, M.Henry M.Wriston, président de l\u2019université Brown, écrit dans Foreign Affairs (juill.1957, p.574) : « Cette situation devint si sérieuse que, dans plusieurs institutions, on en vint à consacrer une année et souvent une deuxième à réparer les déficiences causées par les techniques molles de l\u2019éducation pré-collégiale.» Le professeur John E.Owen, de la section de sociologie du Florida Southern College, écrivait dans une revue de Londres, Education Today (avril 1957, p.21), que les universités canadiennes, devant l\u2019afflux des jeunes qui leur arrivent insuffisamment préparés aux études universitaires, devront corriger la situation par la création de petits collèges (cours de 2 ans) pour les étudiants qui veulent poursuivre leurs études.Sinon, une baisse du niveau intellectuel serait inévitable dans les études universitaires.Examinons certains chiffres.L\u2019ensemble des high schools des États-Unis offre le panorama d\u2019une foire où règne la plus grande confusion (voir l\u2019enquête du New York Times sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire en 1944, les enquêtes de la revue U.S.News and World Report, 10 avril 1953 et 15 mars 1957).On y vend n\u2019importe quel savoir.Le souci est de courir au plus pratique.Ainsi, dans les 28,000 high schools des États-Unis, seulement 20% des étudiants vont au delà des simples mathématiques, seulement 15% apprennent la chimie et 5% la physique (chiffres donnés par le United States Office of Education).M.Cyril James, vice-chancelier de l\u2019Université McGill, déclarait dans son rapport pour l\u2019année académique 1955-1956 (p.14) : « En résumé, les étudiants qui nous arrivent sont moins bien préparés qu\u2019il y a cinquante ans.Ils sont moins préparés dans les matières fondamentales de l\u2019anglais et des mathématiques; ils sont moins habitués aux responsabilités de l\u2019étude personnelle.Ils n\u2019ont aucun enthousiasme pour un travail difficile.» La situation paraît donc assez similaire aux États-Unis et au Canada anglais.De plus, partout les plus clairvoyants répètent avec M.John D.Wild, professeur à l\u2019Université Harvard: « Un des plus grands défauts de notre éducation, surtout dans ses étapes supérieures, c\u2019est le manque d\u2019intégration philosophique et religieuse.» On s\u2019alarme, avec raison, et au point de vue académique, et au point de vue moral.On réexamine la doctrine de John Dewey, dont le pragmatisme en éducation exerça tant d\u2019influence.On distingue entre le faire et l\u2019être; on reconnaît, après tant d\u2019échecs, qu\u2019iL faut accorder plus de soin à la formation de l\u2019esprit qu\u2019à la préparation aux techniques.On voit bien,, comme le remarque le célèbre rapport de l\u2019Université 284 RELATIONS Columbia, Nature and Needs of Higher Education, qu\u2019 « une science purement utilitaire, non accompagnée d\u2019un amour vrai de la connaissance pour elle-même, peut être dangereuse pour cette même liberté qu\u2019une société démocratique estime si hautement.Un homme peut être un technicien professionnel compétent et en même temps un illettré au point de vue de la culture ».Les (( liberal arts colleges » Dans leur ambition de devenir les maîtres du monde, les Américains comprennent mieux le rôle de leurs liberal arts colleges.Autrement dit, ils se rendent compte du fait qu\u2019une large culture générale est absolument nécessaire pour la formation d\u2019une haute élite.Une démocratie qui ne serait qu\u2019une masse, dont l\u2019éducation ne chercherait que l\u2019utile, perdrait bientôt jusqu\u2019au visage même d\u2019une communauté humaine.A force de comparer les résultats, on est arrivé à saisir la différence entre un barbare et un homme cultivé, à voir l\u2019importance véritable des liberal arts colleges et la place qui convient aux spécialisations.M.Clarence Faust, président du Fund for the Advancement of Education et vice-président de la Ford Foundation, concluait: « Ce n\u2019est pas le but du college d\u2019enseigner aux membres de la génération montante quoi penser, mais comment penser.» Évidemment, cette conclusion n\u2019est pas parfaite et exigerait des distinctions; mais, interprétée à la lumière des convictions antérieures, elle exprime une redécouverte: en fixant comme objectif du college l\u2019acquisition d\u2019un art de penser, elle signifie qu\u2019on a redécouvert le prix des humanités et de la formation personnelle.La réaction la plus vive et la plus réussie s\u2019est produite à l\u2019Université de Chicago, où le college jouit de la plus grande liberté administrative et académique.Sait-on, au Canada, qu\u2019on y a adopté la formule 6-4-4: six années d\u2019école primaire, quatre de high school et quatre de college?L\u2019enfant qui commence à six ans termine son college à vingt ans.Au point de vue structural, cela correspond à la position des collèges classiques de la province de Québec, où l\u2019on a la formule 6-8: six années d\u2019école primaire et huit de collège.Les deux structures se couronnent par l\u2019obtention d\u2019un baccalauréat ès arts.Ce baccalauréat unique se donne à Chicago depuis 1942.(Voir The Idea and Practice of General Education, Chicago Press, 1950.) M.Louis-J.-A.Mercier, professeur à l\u2019Université de Georgetown, insistait, en 1948, sur le fait que ces huit années de collège, après les six d\u2019école primaire, constituent le domaine de l\u2019enseignement secondaire par opposition à celui de l\u2019enseignement primaire et de l\u2019enseignement universitaire.Son but naturel, dit-il, c\u2019est la formation et l\u2019information générales.Il montre que cette formule est bien celle de la tradition européenne, où l\u2019on a toujours tenu à séparer la formation générale de la formation spécialisée, qu\u2019on doit réserver NOVEMBRE 1957 à l\u2019université proprement dite ou, comme dans la nouvelle tendance américaine, au senior college.Ce dernier « appartient à l\u2019université, son but légitime est une spécialisation » (Goals for American Education, a symposium, Harper, New York, 1950, p.265).Le college de l\u2019Université de Chicago se trouve donc à donner son baccalauréat ès arts deux ans plus tôt que la plupart des autres colleges américains, et cela, afin de redonner au baccalauréat son sens plénier de diplôme de formation générale.Non seulement il couronne une culture générale, mais il est une ligne de démarcation entre le general et le specialized training.Car, normalement, le collège donne une connaissance générale des problèmes qui intéressent l\u2019esprit humain et il cherche à former des esprits ouverts et vigoureux.Il laisse à l\u2019université la tâche de la spécialisation.Les spécilisations ne doivent pas, par leur esprit et leurs méthodes, envahir les collèges.L\u2019exemple américain peut, semble-t-il, nous aider à y voir plus clair.\\Jenseignement des sciences Et les sciences ?dira-t-on.Il y a deux façons de les enseigner.La première consiste à adopter le mode universitaire de spécialisation au niveau du collège: on instruit, on informe le collégien, on multiplie les faits et on les vérifie; mais on ne donne pas ainsi une formation humaine de l\u2019esprit.Or, ce qui est utile et nécessaire au niveau universitaire peut n\u2019être que désastreux au niveau du collège.L\u2019autre façon n\u2019insiste pas tellement sur la quantité que sur l\u2019aspect profondément humanisant des sciences qui représentent « l\u2019effort éternel de l\u2019homme pour accorder au monde matériel l\u2019âme qui anime sa propre matière, effort plus intensif des trois siècles derniers pour saisir peu à peu dans des intuitions exaltantes la pensée que le Créateur a cristallisée dans les choses » (Roméo Beauséjour, S.J.).Étudier la science comme une aventure où l\u2019esprit domine et domestique la matière par une précision toujours plus exigeante, s\u2019enthousiasmer pour ses trouvailles, n\u2019est-ce pas apprendre un des plus beaux côtés de l\u2019homme?Ainsi envisagées, les sciences deviennent un nouveau chapitre obligatoire d\u2019un humanisme ouvert, car elles ne se passent ni de philosophie ni de théologie.Chez les Anglo-Canadiens et chez les Américains, en général, une fois franchies les années de high school, ceux qui choisissent la Faculté des Arts pour obtenir un baccalauréat ès arts n\u2019étudient plus les sciences.D\u2019où, chez eux, une opposition beaucoup plus marquée entre l\u2019humanisme et les sciences.Le seul bagage scientifique dont disposent ces étudiants est celui qu\u2019ils ont amassé, d\u2019une façon plus ou moins utilitaire et en vrac, à la fin de leur high school.N\u2019est-ce pas regrettable?Ils n\u2019ont plus l\u2019avantage, durant leurs années les plus actives, de réfléchir sur les données générales des sciences.La valeur de leur baccalauréat ès arts ne s\u2019en trouve-t-elle pas appauvrie ?285 A part les universités protestantes et catholiques, les universités anglo-saxonnes sont profondément rationalistes et pragmatistes.Sans théologie ni philosophie, elles n\u2019offrent qu\u2019un éclectisme d\u2019où il est très difficile de tirer une synthèse cohérente.Chacun reste mal équipé pour penser les questions fondamentales, qui supposent un engagement de tout l\u2019être.Ceux qui ne s\u2019engagent pas sur le sens de la vie se croient parfois plus libres.Nous les croyons plus bornés et plus pauvres.Au Canada français, nous pourrions intégrer davantage les sciences, sous l\u2019aspect que nous avons indiqué, tout le long de notre cours classique; introduire des méthodes nouvelles pour faire réfléchir nos élèves et les obliger à l\u2019élaboration d\u2019une pensée personnelle.Fondamentalement, quant au sérieux du travail demandé et des matières offertes, nous sommes dans le bon chemin.Nous pouvons reviser nos méthodes et notre manière d\u2019enseigner.Pour cela, il faut à chaque collège une bibliothèque conçue comme centre de la vie intellectuelle.Il faut surtout envisager clairement et courageusement la finalité des collèges et laisser aux universités ce qui leur revient.Trop de critiques de nos collèges sont à la merci des pressions du milieu.Sous prétexte d\u2019accroître le nombre de nos ingénieurs, ils sont prêts à saboter la formation d\u2019une véritable élite.Car c\u2019est à cela qu\u2019aboutit une spécialisation précoce ou une prépondérance accordée à certaines matières « utiles » aux dépens de disciplines désintéressées, plus nécessaires à l\u2019épanouissement de l\u2019esprit.Alors que devient le problème de la spécialisation ?Fin de non-recevoir, intégration dans le cours actuel, ou troisième hypothèse plus constructive ?Un prochain article essaiera de répondre à cette question.LE CONGRÈS DE L'UNIAPAC Richard ARÈS, S.J.PARMI les multiples congrès dont la province de Québec fut le rendez-vous au cours du mois de septembre, il n\u2019en est certes pas de plus important ni de plus imposant, avec celui du Bureau international catholique de l\u2019Enfance, que le congrès de l\u2019Union internationale des Associations patronales catholiques ou, comme on dit en abrégeant, de l\u2019UNIAPAC.Avec son solide bloc catholique, ses nombreuses associations et institutions, notre province attire de plus en plus, c\u2019est évident, les organisations catholiques européennes qui, dans le but d\u2019accroître leur rayonnement à travers le monde, veulent prendre pied en Amérique du Nord pour ensuite s\u2019adjoindre les forces vives du catholicisme étatsunien.Entre ce dernier et le catholicisme européen, le Québec apparaît ainsi comme le trait d\u2019union naturel, l\u2019agent de liaison le mieux en place, et ce n\u2019est pas l\u2019un des moindres fruits de ces grands congrès internationaux que de forcer les catholiques québécois à prendre conscience de ce rôle et à se préparer à le jouer avec toujours plus de zèle et d\u2019initiative.QU\u2019EST-CE QUE l\u2019UNIAPAC?L\u2019UNIAPAC est essentiellement une fédération, sur le plan international, des associations de patrons catholiques qui existent actuellement en de nombreux pays.Sa fondation date de 1931, à l\u2019époque même de la publication de l\u2019encyclique Quadragesimo anno.Désorganisée par la guerre, elle ne comptait plus, lorsqu\u2019elle reprit ses travaux en 1945, que trois membres actifs : la Belgique, la France et la Hollande.Peu à peu, à ce noyau primitif vinrent se joindre l\u2019Italie en 1947, l\u2019Angleterre et le Canada en 1948, l\u2019Allemagne en 1949, le Chili en 1950, la Suisse en 1951, l\u2019Argentine, l\u2019Espagne et le Portugal en 1953, Cuba et l\u2019Uruguay en 1955, de sorte que maintenant elle groupe les associations patronales catholiques de quatorze pays, dont neuf en Europe, un en Amérique du Nord et quatre en Amérique espagnole.En mars 1957, le pape Pie XII marquait l\u2019importance que l\u2019Église attache à ce groupement en lui donnant comme conseiller moral officiel S.Ém.le cardinal Joseph Siri, archevêque de Gênes.Fédération d\u2019associations patronales catholiques, l\u2019UNIAPAC trouve sa force et sa vitalité dans le triple fait que toutes adhèrent à une même doctrine, poursuivent en gros les mêmes objectifs et participent à un commun programme d\u2019action.La doctrine, c\u2019est la doctrine sociale de l\u2019Église, notamment en ce qui concerne les fins du travail et de l\u2019économie, la dignité de la personne humaine, la collaboration patronale-ouvrière dans l\u2019entreprise comme dans la profession.L\u2019objectif fondamental commun, c\u2019est précisément la traduction de plus en plus fidèle et complète, dans le concret de la vie économique et sociale, de cette doctrine que professent tous les patrons catholiques.Le commun programme d\u2019action tend à donner à ces derniers, par l\u2019intermédiaire des associations dont ils font partie, une formation à la fois économico-sociale et religieuse qui leur permette, d\u2019une part, d\u2019être chrétiens non pas malgré leur entreprise, mais dans et par leur entreprise, et, d\u2019autre part, d\u2019assumer pleinement leurs responsabilités dans l\u2019économie de chacun de leur pays.Dans ce programme d\u2019action, l\u2019UNIAPAC intervient elle-même pour organiser des rencontres, des séances d\u2019études, des conférences, et surtout des congrès internationaux.Ceux-ci, depuis 1947, se tiennent tous les deux ans et abordent à tour de rôle les principaux aspects de la vie de l\u2019entreprise, de la fonction patronale et de l\u2019organisation professionnelle.Le congrès de Rome, en 1949, est demeuré justement célèbre par l\u2019allocution qu\u2019y prononça le Souverain Pontife.Dans les milieux catholiques tant de l\u2019Europe que du Canada, la discussion était vive alors à propos des réformes de structure de l\u2019entreprise; on ne parlait plus que de cogestion, de copropriété, de participation aux bénéfices, et pas toujours avec la mesure voulue.Le Saint Père profita de l\u2019occasion que lui offrait le congrès de l\u2019UNIAPÀC pour préciser la doctrine sociale de l\u2019Église sur plusieurs de ces points en discussion; non seulement il réaffirma que patrons et ouvriers étaient solidaires et devaient, chacun de leur côté, tendre à traduire cette solidarité dans et par l\u2019organisation professionnelle, mais encore il mit en garde contre la formule des nationalisations ainsi que contre les réformes trop radicales de l\u2019entreprise privée (voir Relations, juill.1949, p.175).Tel fut le retentissement de l\u2019allocution pontificale du 7 mai 1949 qu\u2019on la désigne encore sous le nom de « charte du patronat chrétien dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui ».286 RELATIONS LE CONGRÈS DE MONTRÉAL Le congrès de Montréal, même s\u2019il ne donna pas lieu à une déclaration aussi remarquable de la part du Souverain Pontife, n\u2019en fut pas moins l\u2019un des plus importants qu\u2019ait jamais organisés l\u2019UNIAPAC.Non seulement c\u2019était la première rencontre du genre à se tenir en Amérique du Nord, mais encore, par la qualité et le nombre de ses participants, il éclipsa tous les précédents congrès.Plus de six cents délégués se pressèrent aux réunions, délégués venus non seulement des quatorze pays membres de la fédération, mais encore des États-Unis, du Mexique, du Brésil, du Venezuela et de la République Dominicaine.Comme le faisait remarquer un délégué européen, vieil habitué de ces réunions: « C\u2019est, de tous les congrès organisés par l\u2019UNIAPAC, le premier qui a un caractère vraiment international.» L\u2019Association professionnelle des Industriels du Canada, à qui l\u2019on doit le succès de cette rencontre et qui tenait elle-même son XIIIe congrès annuel, avait fait un effort gigantesque, non seulement d\u2019organisation technique et matérielle, mais encore de propagande auprès de ses six cents membres ainsi qu\u2019auprès de tous les patrons canadiens, qu\u2019elle avait invités à participer aux assises montréalaises.Aussi dans sa conférence d\u2019ouverture, S.Ém.le cardinal Léger voulut-il reconnaître les mérites de l\u2019A.P.I.S\u2019adressant aux cinq cent quarante convives qui l\u2019entouraient, il leur dit: Vous trouverez sur ce continent une élite patronale possédant la compétence professionnelle, l\u2019idéal chrétien et le souci apostolique requis pour une influence sociale efficace dans ce nouveau monde.L\u2019Association professionnelle des Industriels, qui vous témoigne son hospitalité à l\u2019occasion de ce congrès, est un de ces mouvements qui, par son credo et ses initiatives, apporte chaque jour davantage chez nos industriels une prise de conscience plus nette des responsabilités du patron chrétien.Une prise de conscience plus nette des responsabilités du patron chrétien: on ne saurait mieux exprimer l\u2019objectif même de ce congrès, qui d\u2019ailleurs avait pour thème: « Le chrétien, chef d\u2019entreprise ».A la réalisation d\u2019un tel objectif tout était ordonné et tout concourut, si bien qu\u2019un délégué pouvait affirmer qu\u2019il régnait à l\u2019hôtel Windsor « une atmosphère de retraite fermée ».Et c\u2019est bien l\u2019impression qu\u2019on retirait en écoutant les travaux des conférenciers et les débats qui s\u2019ensuivaient.Peu de travaux d\u2019allure technique ou visant à la simple information.De fait, il n\u2019y en eut qu\u2019un, celui de M.Roger Regimbai: « Le travail de la femme mariée et des jeunes ».Tous les autres mirent l\u2019accent principal sur la doctrine et la formation, de même que sur la nécessité pour les patrons d\u2019accorder leur conduite aux exigences de leur foi chrétienne.Tous se terminèrent par un appel à l\u2019action et à l\u2019union en vue d\u2019insuffler un nouvel esprit à la vie économique d\u2019aujourd\u2019hui.Il serait trop long de résumer ici ces travaux.Je mentionne seulement celui de M.Jacques de Staercke comme exprimant bien l\u2019esprit qui anima ce congrès: non pas un esprit de revendication, de lutte contre d\u2019autres mouvements, de défense d\u2019intérêts professionnels, mais un esprit de charité sociale, de collaboration, de service et de dévouement.C\u2019est pourquoi ce serait se méprendre complètement sur le sens de ce congrès si on le considérait comme une réunion d\u2019hommes d\u2019affaires désireux de protéger leurs intérêts ou d\u2019industriels préoccupés avant tout d\u2019augmenter le rendement de leurs usines.Je ne dis pas qu\u2019on n\u2019a pas parlé affaires durant le congrès; je dis que les séances officielles ont porté sur autre chose, en premier lieu sur les devoirs sociaux et religieux qui s\u2019imposent à tout patron chrétien quand il fait des affaires.Même les débats ont souligné ces devoirs, tellement qu\u2019un des derniers orateurs à s\u2019exprimer faisait observer qu\u2019un mot avait été jusque-là banni du congrès: le mot droit, et qu\u2019il serait peut-être bon de mentionner au moins une fois que le patron a aussi des droits.Dans tous les autres cas, les interventions tendaient à pousser et à guider l\u2019action patronale dans le sens de la collaboration et du service.Par exemple, à une question posée par un des délégués, M.Bekaert, gros industriel de Belgique, répondait en disant qu\u2019il faut créer au sein de l\u2019entreprise un climat de confiance absolue dans le patron; mais ce climat, précisait-il, ne peut exister qu\u2019aux conditions suivantes: a) que le patron soit lui-même un homme juste et soit reconnu comme tel par tout son personnel; b) qu\u2019il participe lui-même à la vie de l\u2019entreprise; c)\tqu\u2019il fasse des efforts pour comprendre, aider et aimer tous ses employés et que ceux-ci en soient convaincus; d)\tque ses ouvriers puissent connaître sa vie privée et familiale, avoir de l\u2019estime pour sa personne, de façon à pouvoir dire en retour: notre patron vit sa vie de chrétien, à nous d\u2019en faire autant.LA TÂCHE DE DEMAIN Pour ses participants, à commencer par les industriels canadiens, le congrès de Montréal aura été un stimulant de premier ordre en vue de leur faire découvrir et assumer leurs responsabilités de patrons chrétiens.Tous à cet égard méritent notre sympathie, car la tâche qui les attend est hérissée de difficultés.Comme le faisait observer S.Ém.le cardinal Léger dans sa conférence d\u2019ouverture, les chefs d\u2019entreprise chrétiens portent le lourd héritage des fautes d\u2019un régime économique injuste, détourné de sa fin: par le seul fait de leur présence à la direction d\u2019une entreprise, la société moderne les met en accusation; les préjugés sont lourds et le jury sévère.En bien des contrées du globe, la fonction patronale est violemment contestée et a besoin d\u2019être réhabilitée.Et Son Éminence d\u2019ajouter: Il existe de détestables patrons, comme il existe de mauvais ouvriers.Mais nous refusons d\u2019admettre, ce que professe sans scrupule l\u2019école marxiste, que le profit soit nécessairement un vol, le patron nécessairement un exploiteur, et par conséquent le patronat, une institution essentiellement viciée et à supprimer sans égard.Mais il ne suffit pas de partager entre nous cette intime conviction; il faut qu\u2019elle soit accréditée auprès de l\u2019opinion de notre monde contemporain par des prises de position courageuses et clairvoyantes, par une présence efficace auprès des organismes responsables; or, voilà l\u2019œuvre utile et conquérante d\u2019une UN1APAC puissante.La tâche de demain pour l\u2019UNIAPAC, le cardinal y insista fortement, \u2014 et je sais par certaines confidences qu\u2019il répondait alors aux vœux de plusieurs congressistes, \u2014 c\u2019est de faire entendre, très haut et très loin, la voix d\u2019un patronat chrétien authentique, de faire sentir la puissance d\u2019un patronat éclairé et décidé, et d\u2019influer ainsi sur la solution qui sera donnée aux grands problèmes de l\u2019heure présente.Dans ce but, l\u2019UNIAPAC devra s\u2019imposer tous les sacrifices nécessaires pour doubler sa force et son influence actuelle, pour assurer sa présence et sa collaboration permanente auprès des organismes nationaux et internationaux.Il lui faudra donc non seulement augmenter et consolider ses effectifs dans les divers pays qui en sont déjà membres, mais encore étendre son influence à tous les pays dans lesquels existent ou sont possibles des associations patronales catholiques, à commencer \u2014 pensent et souhaitent plusieurs \u2014 par les États-Unis.Mais \u2014 et c\u2019est encore le cardinal Léger qui s\u2019exprimait ainsi \u2014 les patrons catholiques ne resteront fidèles à leur haute mission et ne l\u2019accompliront intégralement qu\u2019à trois conditions: à) cultiver et mûrir d\u2019abord en eux-mêmes une vie intérieure intense; b) collaborer loyalement avec tous les NOVEMBRE 1957 287 chrétiens ainsi qu\u2019avec « tous ceux qui, sans professer notre foi, se déclarent prêts à défendre avec énergie et loyauté les principes intangibles de la loi naturelle » ; c) nourrir une grande confiance dans le succès de cette mission, en deux mots, être optimistes.Ce programme d\u2019action, les dirigeants de l\u2019UNIAPAC l\u2019ont déjà adopté et s\u2019affirment désireux de le mettre en pratique.Lors de leur dernière séance à Montréal, ils s\u2019adressèrent en ces termes à tous les patrons de l\u2019univers qui croient en Dieu: Les chefs d\u2019entreprise chrétiens de vingt pays, réunis en congrès international à Montréal, lancent un appel solennel à tous les dirigeants d\u2019entreprise du monde entier qui croient en Dieu.Ils les invitent à réaliser de façon urgente La tâche fondamentale du mouvement patronal catholique Jacques de STAERCKE C\u2019EST A DESSEIN que le mot mouvement est employé dans le titre de cette étude, en lieu et place du mot organisation.Les associations patronales catholiques doivent, en effet, être d\u2019abord des mouvements avant d\u2019être des organisations.Un mouvement est l\u2019incarnation d\u2019une idée, d\u2019une doctrine; il est l\u2019expression d\u2019une inquiétude, il apporte un message.Un mouvement ne devient une organisation qu\u2019en vue d\u2019assurer une plus grande efficacité à sa doctrine, une meilleure pénétration à son message.Cette attitude illustre la différence qui existe entre, d\u2019une part, des organisations patronales purement professionnelles, créées d\u2019abord et souvent exclusivement en vue de défendre les intérêts professionnels et matériels de leurs membres, et, d\u2019autre part, des mouvements de patrons chrétiens, créés en vue de porter le témoignage d\u2019une conception chrétienne de la vie économique et de l\u2019ordre social.Le mouvement patronal catholique est né de la prise de conscience du chrétien dans le patron.La fonction patronale, éclairée par l\u2019union au Christ dont s\u2019inspirent les titulaires de cette fonction, ne peut pas avoir le même contenu que la fonction patronale, même correctement exercée, d\u2019un non-chrétien.La première source du mouvement patronal catholique se situe au plan de la spiritualité du chef d\u2019entreprise.Si nos mouvements existent, c\u2019est, avant toute chose, pour aider les chefs d\u2019entreprise à tendre vers la perfection chrétienne dans et par leurs fonctions économique et sociale; ils ont à perfectionner le chrétien en tant que patron; en eux, les patrons visent à refaire un effort personnel sur le plan économique, social et civique.Cet effort leur permettra de témoigner que le chef d\u2019entreprise conscient de ses responsabilités a la mission historique de travailler à rétablir dans toute sa dignité la personne humaine, par sa volonté de progrès économique et de justice sociale.Le congrès de Montréal, si longuement préparé, si minutieusement organisé par les dirigeants de l\u2019A.P.I.canadienne, est déjà chose du passé.Mais il aura servi, d\u2019une part, à faire prendre à nos industriels canadiens une plus vive conscience de leur vocation de patrons chrétiens et, d\u2019autre part, à accroître jusqu\u2019au niveau mondial le rayonnement de l\u2019UNI AP AC.Ce sont là des fruits qui comptent et dont il faut se réjouir.Voici la première partie d\u2019un travail qui fut présenté à Montréal, en septembre dernier, lors du congrès mondial des patrons catholiques.L\u2019auteur, qui enseigne aux Écoles sociales de Bruxelles et de Louvain, est secrétaire général de la Fédération des Patrons catholiques de Belgique.l\u2019unité de leur vie par le recentrage de toutes leurs activités sur leur union au Seigneur.Cette volonté d\u2019aboutir à une spiritualité patronale harmonieuse et profonde conduira inévitablement le chef d\u2019entreprise chrétien à se préoccuper du problème de la christianisation dans l\u2019entreprise.C\u2019est le deuxième but de nos mouvements, indissolublement lié au premier.Les manières dont se traduira ce souci de christianisation peuvent être multiples et fort différentes.L\u2019essentiel est que cette préoccupation soit vivante et génératrice d\u2019action.Le chef d\u2019entreprise engagé dans le concret se rendra compte que cette christianisation ne peut s\u2019opérer sans recherche préalable ou simultanée d\u2019une véritable communauté d\u2019entreprise.La difficile création de cette communauté d\u2019entreprise constitue logiquement le troisième objectif de nos associations.Celui-ci nous conduit, enfin, au dernier plan de notre activité: les techniques d\u2019amélioration des conditions de travail.La communauté d\u2019entreprise sera, en effet, le fruit de nombreuses initiatives traduisant, dans la conduite envers le personnel, une attitude vraiment respectueuse de l\u2019homme et de sa finalité surnaturelle.C\u2019est pour cette raison que nos mouvements doivent se préoccuper de tous les moyens permettant d\u2019améliorer les conditions matérielles et psychologiques de travail, d\u2019humaniser le plus largement possible le travail dans l\u2019industrie moderne.Il faudra veiller également à créer un contexte propre à y épanouir la vocation des fils de Dieu.La réalisation de ces objectifs nécessite une double action à déployer par nos mouvements: l\u2019une au niveau des entreprises, qui regarde le chef d\u2019entreprise person- 288 RELATIONS nellement; l\u2019autre, au niveau des institutions qui modèlent la société.Le mouvement patronal catholique et les intérêts professionnels Voilà rapidement schématisé le rôle d\u2019une association patronale catholique à l\u2019égard de ses membres et des industriels en général.On voit combien nous sommes loin d\u2019une simple défense d\u2019intérêts, professionnels ou autres.On voit aussi qu\u2019il ne peut être question de conflit de compétence entre nos mouvements, d\u2019une part, et les organisations patronales purement professionnelles, d\u2019autre part.Nos associations sont complémentaires par rapport aux autres associations patronales.Elles doivent, en fin de compte, permettre à celles-ci de disposer d\u2019un nombre croissant de chefs d\u2019entreprise animés d\u2019un idéal de collaboration sociale.Dans plusieurs pays, le mouvement patronal catholique joue ainsi, par rapport à l\u2019organisation patronale générale, un rôle d\u2019animateur, de pionnier.Il contribue à créer un climat dans lequel l\u2019organisation patronale générale puisse s\u2019épanouir d\u2019une manière plus positive et plus ouverte aux réalités sociales et humaines.Une organisation patronale catholique qui ne réaliserait pas ce rôle, qu\u2019on pourrait dans un certain sens qualifier de rôle d\u2019éducation sociale du monde patronal, manquerait indubitablement à son devoir primordial.Cela veut-il dire qu\u2019un mouvement patronal catholique ne puisse défendre l\u2019intérêt professionnel et matériel de ses membres et de l\u2019ensemble de l\u2019industrie?Certainement pas.Nos mouvements ont souvent à prendre position face à des dangers qui sont la conséquence de revendications déraisonnables ou d\u2019une emprise étatique exagérée.Ils le feront parce que les dangers qui menacent la fonction patronale menacent la possibilité de christianiser le monde du travail et d\u2019y créer de véritables communautés d\u2019entreprise.Ils rejetteront certaines mesures parce qu\u2019elles supposent une organisation de la société incompatible avec l\u2019épanouissement humain et chrétien de tous ses membres.On le voit, l\u2019opposition de nos mouvements à certaines mesures dans le domaine social et économique ne peut être commandée par la simple volonté de défendre des intérêts, même légitimes.Cette opposition ne se justifie que par référence aux objectifs d\u2019épanouissement spirituel et de valorisation humaine des hommes au travail.Ecole de formation à l'ascèse Un mouvement patronal catholique a donc l\u2019obligation de rendre ses membres conscients de leur responsabilité, de leur influence et de l\u2019importance de cette influence.Il doit leur faire comprendre que leur fonction est essentiellement un service et non un privilège, qu\u2019elle suppose une grande compétence, un constant renouvellement et une intense vie spirituelle.Un mouvement patronal catholique amène nécessairement ses membres à revoir et leur comportement dans l\u2019entreprise et leurs décisions relatives à la profession elle-même ou à la vie nationale.Nos mouvements ne sont pas des ghettos de patrons cherchant un refuge dans une union défensive; ils sont, au contraire, une école de formation à l\u2019ascèse du patronat chrétien et aux techniques de la promotion sociale.Ils ne servent pas à couvrir par d\u2019excellents principes généraux une attitude sociale moins positive; ils sont, au contraire, une exigence permanente, un rappel sans cesse renouvelé à une vision plus haute de la fonction dont nous sommes investis.Ceux qui douteraient de la nécessité d\u2019un tel mouvement doivent seulement se demander si l\u2019on rencontre beaucoup d\u2019industriels qui ont fait l\u2019union intime entre leur vie spirituelle et leur fonction de chef d\u2019entreprise.Le chrétien patron qui s\u2019accuse de ses fautes devant le Seigneur songe sans aucun doute à ses manquements dans la vie familiale, à ses faiblesses dans la recherche d\u2019un idéal de perfection personnelle; mais lui arrive-t-il de songer à ses fautes sociales?S\u2019accuse-t-il d\u2019avoir manqué d\u2019épanouir ses collaborateurs, d\u2019avoir négligé de rendre l\u2019organisation du travail plus humaine, d\u2019avoir donné aux travailleurs une image diminuée de l\u2019autorité?Examine-t-il sa conscience concernant le niveau de vie qu\u2019il rend possible autour de lui?Se sent-il coupable de manquer de compétence, d\u2019imagination ou de prévoyance ?S\u2019accuse-t-il de ne pas donner à ses travailleurs assez d\u2019espérance ?Le chrétien patron est-il ainsi ?A-t-il, au contraire, deux vies: l\u2019une, personnelle et familiale, régie par la loi de l\u2019Évangile, l\u2019autre, professionnelle et sociale, régie par les lois du libéralisme économique?C\u2019est l\u2019unité vitale de l\u2019existence du patron qui doit être restaurée par nos mouvements.Il s\u2019agit là d\u2019un problème ardu, dont la solution suppose bien des renoncements.Nos mouvements doivent avoir l\u2019audace de se présenter tels qu\u2019ils sont et non tels qu\u2019un certain public industriel voudrait qu\u2019ils fussent.D\u2019autres tâches, non moins importantes, incombent à nos mouvements.Elles ne prennent toutefois leur vrai sens qu\u2019à la lumière de la tâche fondamentale que nous venons de définir.Traduction dans le concret de la doctrine sociale de l'Église Sur le plan technique, il s\u2019agit de traduire la doctrine sociale de l\u2019Église dans des initiatives concrètes de nature à établir l\u2019ordre social dont les grandes lignes sont définies par les encycliques.Nos mouvements devront donc s\u2019employer à faire progresser la société vers le schéma général de Y organisation professionnelle.Il ne s\u2019agit pas pour nos mouve- NOVEMBRE 1957 289 merits de se lier indissolublement à telle ou telle formule historique de l\u2019organisation professionnelle.Il s\u2019agit plutôt de créer un état d\u2019esprit favorable, d\u2019utiliser chaque circonstance et chaque modification en vue de rendre l\u2019organisation professionnelle plus proche et en vue d\u2019en faire mieux connaître les avantages.L\u2019organisation professionnelle n\u2019est pas un but qu\u2019on peut, à un moment déterminé de l\u2019évolution de l\u2019opinion et de la législation, considérer comme atteint une fois pour toutes.Rares sont les pays où existe un cadre juridique d\u2019organisation professionnelle.Le cadre ne peut être opérant que s\u2019il est inspiré par un esprit professionnel vivant et toujours renouvelé.Dans tous les pays où ce cadre juridique d\u2019organisation professionnelle est inexistant ou incomplet, des progrès considérables doivent être faits, soit par l\u2019achèvement de la législation, soit par la mise en œuvre, dans les institutions existantes, d\u2019un esprit professionnel sincèrement accepté.Nos Saint-Sulpice au Canada Mgr Olivier MAURAULT, P.S.S.IES FILS de saint François, les fils de saint Ignace, les fils de M.Olier, quoique à des degrés divers, ont travaillé ensemble à l\u2019évangélisation de notre pays.Ils nous ont donné des saints et des martyrs et se sont illustrés non seulement dans les missions, mais dans les explorations, dans les découvertes, dans la connaissance des langues et des mœurs indiennes, dans l\u2019éducation sous toutes ses formes, dans l\u2019administration et la bienfaisance, et jusque dans l\u2019armée où ils furent maintes fois aumôniers.Il est à remarquer que, à Montréal même, les trois communautés, à certaines époques, collaborèrent en même temps.Ainsi furent-elles toutes les trois sur les lieux, de 1694 à 1763, et de 1842 à nos jours.Ce furent M.de la Dauversière et M.Olier qui fondèrent Montréal, sans quitter la France; mais il faut savoir qu\u2019il y avait plusieurs Pères Jésuites dans leur entourage.Le directeur de conscience de M.de la Dauversière était le P.Chauveau, un Jésuite; et c\u2019est grâce à l\u2019intervention du P.Charles Lalemant que M.de Lauzon consentit à céder la seigneurie de Montréal aux associés de Montréal; le même Père fut mêlé au choix de M.de Maisonneuve comme chef de l\u2019expédition; il le fut aussi à la mission de Jeanne Mance.Dans la Société du Très-Saint-Sacrement, à Paris, M.Olier rencontrait le P.Suffren, de la Compagnie organisations dites professionnelles ne sont, trop souvent, que des organisations de classe évoluant dans un secteur professionnel déterminé.D\u2019une part, une organisation de classe des travailleurs; d\u2019autre part, une autre organisation de classe des employeurs.Il faut garder présent à l\u2019esprit que, suivant la doctrine sociale de l\u2019Église, de telles organisations de classe ne peuvent être qu\u2019une étape vers une organisation de la profession au sein de laquelle les deux classes collaborent dans un esprit réellement professionnel.N\u2019avons-nous pas cédé à la tentation de considérer cette étape comme un stade ultime qu\u2019on ne peut franchir ?N\u2019avons-nous pas tendance à nous installer dans cette organisation de classe, en oubliant que la doctrine sociale de l\u2019Église nous impose d\u2019en sortir ?Lorsque, pour définir la tâche de nos mouvements, nous parlons de traduire dans le concret la doctrine sociale de l\u2019Église, c\u2019est donc tout d\u2019abord à la réalisation d\u2019un ordre professionnel que nous songeons.On commémore, cette année, le troisième centenaire de l'arrivée des Messieurs de Saint-Sulpice au Canada, de même que la fondation, par les Sulpiciens, du Grand Séminaire de théologie.Un fils illustre de M.Olier a bien voulu tracer pour nos lecteurs un tableau de l'œuvre sulpicienne au Canada.de Jésus.Le 18 mai 1642, quand les pionniers de Ville-Marie débarquèrent sur le sol de l\u2019île de Montréal, c\u2019est un Jésuite, le P.Vimont, qui célébra la messe et prédit l\u2019avenir grandiose de la nouvelle ville.Bien que M.Olier eût beaucoup fait pour le succès de cette entreprise, il n\u2019avait envoyé aucun des prêtres de sa Compagnie, pour l\u2019excellente raison que cette Compagnie venait à peine de naître.Dans son Histoire de la Colonie française au Canada, M.Faillon laisse entendre que M.Olier avait obtenu des Jésuites qu\u2019ils desservent la fondation aussi longtemps que les Sulpiciens ne s\u2019y seraient pas rendus.Et c\u2019est ainsi que, pendant quinze ans, de 1642 à 1657, les Pères Jésuites eurent une résidence à Ville-Marie et y exercèrent le ministère.Les archives de l\u2019église Notre-Dame conservent précieusement le premier registre de catholicité de Montréal, rédigé par eux en latin.Lyœuvre sulpicienne sous le régime français La fondation de Montréal fut jugée dans son temps, par nombre de gens, comme une folle entreprise.A la vérité, elle était fort extraordinaire.Un laïc, chargé de famille, habitant La Flèche en Anjou, a eu une inspiration, en 1636, celle de créer une ville dans une île sauvage du Saint-Laurent.A la même époque, M.Olier, en oraison à l\u2019église Saint-Germain-des-Prés, 290 RELATIONS à Paris, se sent appelé à l\u2019évangélisation des peuples païens.Tous deux faisaient partie de la Société du Très-Saint-Sacrement.C\u2019est peut-être là que M.Olier entend parler du projet de M.de la Dauversière et, dès ce moment, songe à y collaborer.Trois ans plus tard, tous les deux se rencontrent chez le chancelier Séguier, \u2014 à Meudon ou ailleurs, peu importe, \u2014 et M.Olier dit à M.de la Dauversière: « Je connais votre dessein », et lui remet une somme d\u2019argent pour en commencer l\u2019exécution.Sans tarder, en 1639, il fonde la Société des Messieurs et Dames de Notre-Dame de Montréal, y introduit des personnes d\u2019influence et de grands moyens, recrute des colons, fait construire à Québec un hangar pour recevoir les effets destinés à la nouvelle ville et, d\u2019accord avec ses associés, M.de la Dauversière, M.de Fancamp, M.de Renty,.envoie au Canada la première recrue, sous la conduite de Paul Chomedey de Maisonneuve, à la fin de l\u2019été de 1641.On sait que Maisonneuve et ses compagnons ne s\u2019établirent à Montréal que le 18 mai suivant, et que leur premier soin fut d\u2019y faire célébrer la messe par le P.Vimont.Quinze ans plus tard, en août 1657, M.Olier ayant rempli, sur son lit de mort, la promesse qu\u2019il avait faite d\u2019envoyer ses prêtres à Ville-Marie, arrivèrent en Nouvelle-France les quatre premiers Sulpiciens qu\u2019il avait désignés: MM.de Queylus, Souart, Galinier et d\u2019Alet.Le chef du groupe était M.de Queylus.Muni du titre de grand vicaire de l\u2019archevêque de Rouen, il se rendit très tôt de Montréal à Québec pour régler avec les Pères Jésuites des questions de juridiction, qui ne firent que s\u2019embrouiller davantage, lors de l\u2019arrivée de Mgr de Laval en 1659.Le conflit dura des années et se termina par la réconciliation des deux adversaires.Pendant ce temps, M.Souart, resté à Montréal, remplissait son ministère de curé et de maître d\u2019école, et remplaçait son supérieur absent.MM.Le Maître et Vignal s\u2019étaient joints à la petite communauté, mais payèrent de leur vie les soins qu\u2019ils donnaient à la construction du premier séminaire, l\u2019un et l\u2019autre massacrés par les Iroquois en 1661.L\u2019état de la colonie était précaire.Le sacrifice de Dollard et de ses compagnons en est une preuve héroïque.Les choses se stabilisèrent cependant après que la Société des Messieurs et Dames eut cédé la seigneurie de Montréal au Séminaire de Paris, qui l\u2019accepta et en paya les dettes.Jusqu\u2019à la cession du pays à l\u2019Angleterre, en 1763, cent vingt-six Sulpiciens de France vinrent travailler à Montréal et en Nouvelle-France.Pour diriger la communauté, succédèrent à M.de Queylus: MM.Souart, Lefebvre, Dollier de Casson, Vachon de Belmont, Normant de Faradon, Montgolfier.Après M.Souart, premier curé de Notre-Dame,vinrent MM.Gilles Perot, Pierre Remy, Jean Frémont, Étienne Guyotte, Michel Caille, Charles de Breslay, Yves Priât, Gentien Rangeard, Benoît Baret, Jean-Gabriel-Marie Le Pape du Lescoat, Antoine Deat, Louis Jolivet.D\u2019autres confrères furent curés de Lachine, de la Longue-Pointe, de la Pointe-Claire, de la Pointe-aux-Trembles, de la Rivière-des-Prairies, de Saint-Anne-du-Bout-de-l\u2019île, de Sainte-Geneviève, de Saint-Laurent, du Sault-au-Récollet, de Boucherville, de La-prairie, de l\u2019Assomption, de Longueuil, de Repentigny, de Saint-Benoît, de Saint-Sulpice, de Terrebonne, de Verchères, de Saint-Roch-des-Aulnets, de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et d\u2019Oka.Certains Sulpiciens eurent le titre et la charge de maîtres d\u2019écoles: MM.Souart, Chaigneau, Vachon de Belmont, Ranuyer, Remy, Forget, Talbot, Girard; d\u2019autres étaient maîtres de latin: ce furent MM.Chambon, Maitevet, Guillion, de Métry, Curatteau.Et, naturellement, beaucoup furent missionnaires.Parmi ceux-ci, il faut nommer M.Dollier de Casson et M.Bréhaut de Galinée, M.Jean Cavelier de La Salle, M.François de Salignac Fénelon, M.Claude Trouvé, M.François Lascaris d\u2019Urfé, M.Armand de Cicé, M.François Vachon de Belmont, M.Louis Geoffroy, M.Michel Gay, M.Quéré de Tré-guron, M.Charles de Breslay, M.Charles de a Gou-dalie, M.Jean-Baptiste Breul, M.Hamon Guen, M.Élie Deperet, M.Jean-Pierre de Miniac, M.Jean-Baptiste Desendaves, M.Claude de Chanvroulx, M.François Picquet, M.Magon de Terlange.Et plusieurs de ces missionnaires furent aumôniers des troupes, notamment M.Dollier de Casson, au lac Champlain, M.Jean Baudoin, à Terre-Neuve avec d\u2019Iberville, M.François Picquet, « le patriarche des Cinq Nations », pendant la guerre de Sept Ans.Et, pour mémoire, signalons que de nombreux Sulpiciens furent supérieurs ecclésiastiques ou aumôniers de l\u2019Hôtel-Dieu, de la Congrégation de Notre-Dame et de l\u2019Hôpital Général des Sœurs Grises.Cette nomenclature bien incomplète indique assez que l\u2019activité des Sulpiciens, sous le régime français, était variée.Leur qualité de seigneurs et de curés de Ville-Marie les obligeait de s\u2019occuper des intérêts matériels aussi bien que spirituels des citoyens de Montréal.Non seulement ils construis rent la première église Notre-Dame, de 1672 à 1683, et veillèrent à l\u2019enseignement primaire des enfants, mais ils tracèrent et nommèrent les premières rues, concédèrent des fiefs et arrière-fiefs, contribuèrent à l\u2019édification des fortifications de la ville, administrèrent même la justice pendant quelque temps et choisirent le gouverneur.Dans l\u2019île de Montréal et bientôt en dehors, ils se consacrèrent, avons-nous dit, aux missions indiennes: on vit MM.Trouvé, Barthélemy, de Cicé fonder une mission sédentaire dans la péninsule de Kenté, au lac Ontario, mission qui dura de 1668 à 1680; M.Dollier de Casson et M.Bréhaut de Galinée partir pour le lac NOVEMBRE 1957 291 Michigan à la recherche des Indiens putéolamites, en 1669; M.Lascaris d\u2019Urfé organiser une sorte d\u2019école de métiers dans les îles de Dorval au lac Saint-Louis; M.Charles de Breslay établir un village indien à l\u2019île aux Tourtes, près de Montréal; M.Vachon de Belmont construire le fort de la Montagne, mission qui se transporta à Oka, en 1721, et y demeure encore: toute une pléiade de grands missionnaires s\u2019y est dévouée.Les missionnaires sulpiciens allèrent même, à deux reprises, en Acadie: ils y étaient lors du Grand Dérangement et partagèrent le sort des persécutés.L'œuvre sulpicienne de 1763 à nos jours On peut dire que ce siècle, qui va de 1657 à 1763, se passa, à Montréal, sous l\u2019influence bienfaisante de Saint-Sulpice.Le jour où le pays sera cédé à l\u2019Angleterre, que feront les Messieurs du Séminaire?Comme les Messieurs du Séminaire de Québec, comme les Jésuites, ils étaient tous Français.Pourraient-ils demeurer au Canada ?Tout dépendrait du texte du traité de paix et de l\u2019interprétation qu\u2019on en ferait.Or, l\u2019Angleterre accorda dix-huit mois aux Français qui voudraient retourner en France pour disposer de leurs propriétés.A défaut de quoi, leurs biens seraient confisqués; à moins qu\u2019ils n\u2019acceptent de devenir officiellement sujets britanniques! Les communautés reçurent l\u2019interdiction de se recruter dorénavant en France.Récollets et Jésuites s\u2019éteignirent doucement, et les biens de ces derniers furent spoliés après la suppression de la Compagnie de Jésus, en 1774.Les Sulpiciens de Montréal tournèrent la difficulté en se faisant céder par le Séminaire de Paris la seigneurie de l\u2019île de Montréal et en acceptant \u2014 vingt-huit d\u2019entre eux sur quarante \u2014 l\u2019allégeance britannique.Cette cession, dûment enregistrée à Paris, à Londres et à Québec, subit bien des assauts au cours des soixante-quinze années qui suivirent, mais fut finalement sanctionnée par un bill du gouvernement de l\u2019Union, en 1840-1841.L\u2019œuvre sulpicienne se continua donc pendant ce temps; elle se consolida même, puisqu\u2019on vit naître, en 1767, le Collège de Montréal, qui même se construisit à neuf en 1806, rue Saint-Paul; puisqu\u2019on vit surgir, en 1824-1829, la nouvelle église Notre-Dame et, en 1840, le Grand Séminaire de théologie.C\u2019est que, après la Révolution française, l\u2019Angleterre, qui ava't donné l\u2019hospitalité à nombre d'émigrés venus de France, avait adouci sa politique d\u2019ostracisme et avait permis, dès 1792, à des prêtres français de passer au Canada: le recrutement sulpicien avait ainsi repris.L\u2019évêque de Québec, de son côté, avait réussi à faire reconnaître par la cour d\u2019Angleterre les auxiliaires que Rome lui avait accordés pour le district de Montréal et pour celui de la Rivière-Rouge.Le choix du nouvel évêque pour le district de Montréal, un Sulpicien, M.Jean-Jacques Lartigue, créa bien des soucis aux marguilliers de Notre-Dame et au supérieur du Séminaire, M.Auguste Roux, canoniste qui revendiqua énergiquement les privilèges de la Compagnie.A M.Roux, succéda, en 1821, M.Quiblier, dont le rôle bienfaisant pour la « congrégation irlandaise » (c\u2019est lui qui construisit Saint-Patrice en 1844) et pour tout le monde au cours de la rébellion de 1837-1839 lui mérita l\u2019estime de toute la population.Mais il était à la tête de la Compagnie quand Mgr Bourget commença sa campagne pour démembrer la paroisse Notre-Dame, et les relations, d\u2019habitude amicales entre l\u2019évêque et lui, se tendirent parfois péniblement.C\u2019est à lui que nous devons l\u2019établissement à Montréal, en 1837, des Frères des Écoles chrétiennes, venus de France à son appel, et c\u2019est lui \u2014 nous en avons son propre témoignage \u2014 qui provoqua la création définitive, en 1836, du diocèse de Montréal et la nomination de Mgr Bourget comme coadjuteur.Quand, en 1840, par « concordat » avec l\u2019évêque, fut fondé le Grand Séminaire, on peut dire que Saint-Sulpice complétait l\u2019œuvre pour laquelle M.Olier l\u2019avait établi à Montréal.C\u2019est à la même époque que les Pères Jésuites revinrent à Montréal et fondèrent le Collège Sainte-Marie.Ils hésitèrent sur l\u2019emplacement à choisir pour ledit collège.Le Séminaire leur suggéra le flanc de la montagne, mais ils préférèrent le centre de la ville.Le nouvel établissement s\u2019adressait surtout à la jeunesse bourgeoise qui se destinait aux professions libérales.Saint-Sulpice fut alors porté à faire de plus en plus du Collège de Montréal un petit séminaire préparant au sacerdoce.Nous avons signalé d\u2019un mot le démembrement de Notre-Dame.Jusque-là, Notre-Dame était restée la seule paroisse civile et canonique de Montréal.La population grandissant à vue d\u2019œil, le Séminaire avait dû ouvrir des succursales de la paroisse, à Sainte-Anne et à Notre-Dame-de-Grâce, à Saint-Joseph et à Sainte-Brigide, à Notre-Dame-des-Neiges et, pendant un certain temps, au Mile-End; il avait aussi accepté Saint-Jacques, après l\u2019incendie de la cathédrale.Il était évident que Saint-Sulpice ne pourrait indéfiniment suffire seul à la tâche.Mgr Bourget le prévoyait et voulait faire délimiter par Rome les privilèges du Séminaire et faire définir nettement sa propre autorité.Il avertit le Séminaire et l\u2019invita à faire valoir ses droits.Le litige dura bien des années.Ce fut un beau combat juridique, civil et canonique, qui ne se termina guère avant 1872 et qui eut encore des répercussions jusqu\u2019à la fin du siècle.Le Séminaire céda sur toute la ligne et se dépouilla de toutes ses églises, sauf de Notre-Dame et de Saint-Jacques, de Bonsecours et de Lourdes.Après la construction de la grande église Notre-Dame, dont les tours ne furent achevées qu\u2019en 1843, le Séminaire continua a développer ses œuvres.Il fonda, en 1844, l\u2019Œuvre des Bons Livres, c\u2019est-à-dire une 292 RELATIONS bibliothèque publique; il la logea, en 1859, dans un nouvel immeuble, angle des rues Notre-Dame et Saint-François-Xavier, et y greffa un cercle de jeunes gens, le cercle Ville-Marie, et une revue VÉcho du Cabinet de Lectures, qui dura une quinzaine d\u2019années.Cette bibliothèque se transporta rue Saint-Denis, en 1915, et devint la Bibliothèque Saint-Sulpice.En 1848, le Séminaire avait dû agrandir le vieux presbytère de Notre-Dame et ériger le bâtiment de pierre taillée qui se rattache tant bien que mal au manoir du xvme siècle.En 1857, il construisait, rue Sherbrooke, sur l\u2019emplacement du fort de la Montagne, le Séminaire de Théologie, qui célèbre, justement cette année, son centenaire.En 1870, c\u2019était le tour du Collège de Montréal, érigé dans le prolongement du Grand Séminaire.En 1894, le Séminaire de Philosophie s\u2019élevait, plus haut, sur le mont Royal.Auparavant, en 1888, Saint-Sulpice avait ouvert, à Rome, le Collège Canadien destiné à recevoir les ecclésiastiques désireux de poursuivre leurs études théologiques, canoniques ou philosophiques.En même temps, commençait à Notre-Dame la station quadra-gésimale, prêchée par de grands prédicateurs venus de France, et bientôt s\u2019inaugureraient, sur un terrain donné par le Séminaire, le palais académique de l\u2019Université Laval de Montréal, rue Saint-Denis, et les cours de littérature française confiés aux meilleurs écrivains du vieux monde, invités par le Séminaire.En 1911, afin d\u2019activer le recrutement sacerdotal et pour répondre au désir de Mgr Bruchési, archevêque de Montréal, le Séminaire transforma sa maison de campagne « sous les noyers », un peu au delà du Grand Le Prêt d\u2019honneur Vianney DËCARIE TOUS SAVENT, au moins vaguement, ce qu\u2019est le Prêt d\u2019honneur, organisme de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, devenu une institution.Mais, au moment de la onzième souscription en faveur du Prêt d\u2019honneur, il n\u2019est pas mauvais de rappeler, en quelques mots, ce qu'il représente pour la population d\u2019expression française.C\u2019est « un prêt sans intérêt consenti aux étudiants particulièrement doués qui, sans secours, n\u2019auraient pas les moyens d\u2019entreprendre ou de compléter des études universitaires ou autres études supérieures ».Il est intéressant de noter qu\u2019environ 40% des bénéficiaires ont reçu des prêts qui leur ont permis d\u2019entreprendre des études universitaires ou spécialisées, alors qu\u2019environ 60% des prêts ont été accordés à des étudiants déjà engagés dans ces études.Les résultats de ces campagnes annuelles sont éloquents: plus de 950 prêts ont été accordés depuis le lancement du Prêt d\u2019honneur, dont 350 ont été remboursés en tout ou en partie.Les bénéficiaires se rencontrent dans tous les domaines Séminaire, en un petit séminaire strict, qui prit le nom d\u2019École apostolique Saint-Jean.Cette école se maintint jusqu\u2019à la fondation de l\u2019Externat classique André-Grasset, en 1927.Celui-ci occupa son bel immeuble du boulevard Crémazie au printemps de 1930.Vingt ans plus tard, les quartiers ouest de la ville réclamèrent une institution du même genre, et Saint-Sulpice fonda, en 1951, au boulevard La Salle, l\u2019Externat Jean-Jacques-Olier.Entre-temps, Saint-Sulpice du Canada s\u2019était tourné vers les missions lointaines.Il fondait, en 1933, un grand séminaire à Fukuoka, au Japon; il prenait la charge du Grand Séminaire de Nazigalès, en Colombie espagnole, en 1950.Récemment, en 1954, il acceptait de diriger le Grand Séminaire de Saint-Boniface, au Manitoba.Sur les lieux, il s\u2019intéressait à l\u2019enseignement supérieur comme il l\u2019avait toujours fait.On sait qu\u2019il consentit, en 1878, à affilier à l\u2019Université Laval son Grand Séminaire, qui tint ainsi le rôle de Faculté de Théologie.Quand l\u2019Université Laval devint l\u2019Université de Montréal, en 1919, le Grand Séminaire révisa ses statuts afin que son caractère de faculté fût plus conforme aux exigences romaines.Du même Grand Séminaire émanèrent bientôt l\u2019Institut Pie-XI, école d\u2019Action catholique, et récemment l\u2019Institut de Recherches religieuses, dont l\u2019activité se déploie au sein même de l\u2019Université.Cette brève synthèse suffit sans doute, en ce troisième centenaire de l\u2019arrivée des Sulpiciens au Canada, à montrer qu\u2019ils ne furent pas des serviteurs inutiles et que Montréal, en particulier, a beaucoup profité de leur présence et de leur activité.M.Décarie est professeur de philosophie à V Université de Montréal.de l\u2019activité canadienne, publique ou privée, anglaise ou française.Il va sans dire qu\u2019une telle institution demeurera une nécessité aussi longtemps que la gratuité scolaire n\u2019existera pas dans la province de Québec.Ajoutons que les résultats déjà obtenus dispensent de tout plaidoyer en faveur du Prêt d\u2019honneur: en l\u2019occurrence, les chiffres parlent mieux que les mots.On a fixé à $150,000 l\u2019objectif de la campagne de 1957.Lorsqu\u2019on songe aux besoins du Canada et, plus particulièrement, du Québec, dans tous les secteurs, on constate que cette somme n\u2019y répondra qu\u2019en partie.Et l\u2019on souhaite que, devant la pénurie d\u2019enseignants qui inquiète les collèges et les universités, le comité des prêts accorde une attention particulière aux demandes qui lui viendront des candidats à la fonction professorale.Tous ceux qui ont à cœur le développement de notre culture se doivent d\u2019aider les institutions qui s\u2019y consacrent: le Prêt d\u2019honneur en est une.N.B.\u2014 On trouvera d\u2019autres renseignements sur le Prêt d\u2019honneur dans l\u2019excellente Analyse des dossiers du Prêt d\u2019honneur aux étudiants faite par M.Pierre Harvey, économiste.NOVEMBRE 1957 293 Le temps des congrès II s\u2019est tenu au Québec, en septembre et en octobre, tant de congrès qu\u2019il nous est impossible de les commenter tous.Le numéro du mois dernier donnait un aperçu du congrès du Bureau international catholique de l\u2019Enfance; celui-ci consacre quelques pages aux réunions de la Fédération des Caisses populaires et de l\u2019Union internationale des Associations patronales catholiques.Il reste encore cependant une dizaine d\u2019autres congrès qui ont fait du bon travail et dont il faudrait parler.J\u2019en signale quelques-uns.Au moins trois de ces congrès avaient pris pour sujet d\u2019étude le rapport de la Commission Tremblay: ceux de la Fédération diocésaine des Sociétés Saint-Jean-Baptiste de Québec, de la Chambre de Commerce de la province de Québec et de la Fédération des Commissions scolaires du Québec.A ces trois réunions, les congressistes ont scruté, analysé et discuté le rapport Tremblay, lequel, semble-t-il, ne s\u2019est pas trop mal tiré de l\u2019épreuve, puisque les deux premiers organismes ont recommandé à leurs membres d\u2019en faire une étude plus poussée au cours de l\u2019année, et que le troisième a adopté explicitement certaines des recommandations dudit rapport dans le domaine scolaire, entre autres celle qui vise à réclamer du gouvernement de la province l\u2019institution d\u2019une commission d\u2019enquête sur les problèmes de l\u2019enseignement à tous ses degrés dans le Québec.Le congrès annuel de la Confédération des Travailleurs catholiques du Canada s\u2019est tenu à Québec, et a été marqué de deux événements de premier ordre: le sermon de S.Exc.Mgr Maurice Roy et le vote d\u2019affiliation de la C.T.C.C.au Congrès du Travail du Canada.L\u2019archevêque de Québec prenait la parole en un moment difficile et délicat: des chefs ouvriers venaient de sommer le clergé d\u2019intervenir dans une grève malheureuse, et la C.T.C.C.elle-même était à la veille de prendre une décision capitale et historique.Votre mouvement, déclara-t-il aux travailleurs catholiques, atteint l\u2019âge adulte, et l\u2019Eglise est la première à reconnaître votre juste liberté.« Vous devez donc avoir le courage de prendre vos décisions; vous devez également en accepter la responsabilité, et ne pas céder à la tentation de rendre l\u2019Église responsable après coup de mesures qu\u2019elle ne vous a pas dictées et que vous avez eu raison de prendre seuls.» Quant au vote d\u2019affiliation au C.T.C., il n\u2019a été pris qu\u2019à une faible majorité, après de longues et âpres discussions, et même maintenant l\u2019opposition ne paraît pas avoir désarmé, si bien que rien n\u2019est encore définitivement réglé pour la C.T.C.C.A Montréal, les Semaines sociales ont fait porter leur enseignement sur les techniques de diffusion dans le monde moderne: presse, radio, cinéma, télévision.Le sujet était neuf et d\u2019actualité; il aurait dû attirer une foule d\u2019auditeurs, surtout dans une grande ville comme Montréal.Malheureusement, il n\u2019y eut que rarement foule, et certainement pas aux séances du soir.En bien des milieux, on souhaite un rajeunissement de la formule des Semaines sociales: l\u2019ère est révolue, répète-t-on, où les Semaines sociales pouvaient tenir seules leur session, et où leurs conférenciers et professeurs pouvaient se borner à monologuer durant une heure, alors que le public d\u2019aujourd\u2019hui entend pratiquer le dialogue et participer activement aux réunions auxquelles il se donne la peine d\u2019assister.Durant ce même temps, \u2014 coïncidence ou non,\u2014 l\u2019Institut canadien des Affaires publiques tenait à Sainte-Adèle sa rencontre annuelle.Celle-ci n\u2019a pas créé les mêmes remous que celle de l\u2019an dernier, du moins pas dans les mêmes milieux.Le sujet, trop vaste, \u2014 la communauté mondiale et le Canada, \u2014 prêtait flanc aux divagations des experts d\u2019occasion, et certains en ont amplement profité pour se faire entendre.La dernière soirée, celle du samedi, vit affluer une foule nombreuse et brillante, accourue là comme au grand événement AU FIL social du mois.Malheureusement, le ton de la discussion tomba assez tôt au niveau de la petite politique partisane, ce qui eut pour effet de lasser la plupart des auditeurs.Il n\u2019en reste pas moins que les réunions de Sainte-Adèle sont, dans l\u2019ensemble, bien vivantes et offrent aux idées comme aux sentiments \u2014 ceux-ci plus nombreux que celles-là \u2014 l\u2019occasion de s\u2019exprimer et même de s\u2019affronter.Il faudrait dire un mot des congrès tenus aussi dans le même temps par les Clubs Richelieu, la Fédération des Collèges classiques, les Coopératives du Québec, etc.Je me contente de les mentionner, en ajoutant cette réflexion générale: tous ces congrès, où les citoyens se réunissent pour discuter de leurs affaires et pour veiller à leurs intérêts dans les limites du bien commun, doivent s\u2019interpréter comme un signe de santé du corps social; ils prouvent que la vie sociale jouit d\u2019une activité propre et ne se confond pas purement et simplement avec la vie politique, confusion qui est la marque caractéristique des États totalitaires.R.A.Important jugement Tous les gens honnêtes se plaignent sur 1 obscénité ^ ces feuj]]es obscènes qui avilissent et corrompent la jeunesse.On les trouve dans tous les pays, en France comme en Italie, au Canada comme aux États-Unis.En diverses villes, des groupes se sont formés pour défendre la population contre leurs atteintes.Ici même, par exemple, on enregistre de courageux efforts: à Montréal, à Québec et surtout, peut-on dire, à Ottawa.Une équipe dirigée par le vaillant P.Paul Gay, C.S.Sp., supérieur du Collège Saint-Alexandre, n\u2019a rien épargné pour combattre cette vermine.A côté de moyens de nature éducative et persuasive, le recours aux tribunaux fut jugé indispensable.Eux seuls pouvaient, par une sanction sévère, extirper ce mal dans sa racine.Mais ici comme aux États-Unis, une condamnation nette et sans retour fut toujours difficile à obtenir.Que faut-il entendre par le mot obscène ?Et à quelles publications peut-il être appliqué?Là est la pierre d\u2019achoppement.Les juges ne s\u2019entendent pas sur ce point.Il s\u2019en trouve, même parmi les mieux disposés, qui tiennent trop à la lettre de la loi et disent: ce journal ne devrait pas être lu par les jeunes, ou encore, c\u2019est un journal dangereux; mais, ajoutent-ils, je ne puis le condamner, car je ne saurais dire qu\u2019il est obscène, d\u2019après le sens que me paraît avoir ce mot.La magistrature des États-Unis exprima plusieurs fois l\u2019embarras que lui causaient les diverses interprétations de ce terme et souhaita que la Cour suprême eût l\u2019occasion de le définir clairement.Ce souhait vient d\u2019être exaucé.Les juges de ce haut tribunal ont d\u2019abord décidé que l\u2019obscénité ne pouvait être comprise parmi les thèmes de parole ou de presse que protège la constitution, puis ils en ont donné cette définition nouvelle: « Ce qui tend à faire naître des pensées lascives, ce qui tend à corrompre ou à avilir.» Ce n\u2019est pas sans une étude approfondie de la question et un long débat que la Cour suprême en est venue à cette conclusion.Le vote a été de 5 à 4.La minorité comprenait des juges qui, au nom de la liberté, se sont toujours opposés à des mesures restrictives, même si le bien commun le demandait.Notre peuple, ont-ils dit, est capable de se conduire lui-même, de discerner le bien du mal.Pas besoin d\u2019une loi pour cela.Faisons-lui confiance.Le juge William D.Brennan, récemment nommé à la Cour suprême et seul catholique de ce haut tribunal, se fit l\u2019interprète de la majorité.Quelques-uns 294 RELATIONS m DU MOIS auraient voulu, fit-il remarquer, une définition plus claire; mais dans cette matière, il est difficile d\u2019être très précis.La Cour suprême a du même coup approuvé un jugement important de l\u2019État de New-York.D\u2019après ce jugement, une injonction peut-être prise contre une personne ou une compagnie pour vente ou distribution de publications obscènes.Cette injonction s\u2019applique aussitôt et reste en force jusqu\u2019au verdict du tribunal.Si la culpabilité est prouvée, les publications sont aussitôt saisies et détruites.Jusqu\u2019ici la vente pouvait continuer durant le procès.Le jugement de la Cour suprême des États-Unis apporte à tous ceux qui luttent contre les publications obscènes un puissant encouragement.Il leur met entre les mains une arme qui pourra les mener à la victoire.Cette signification du mot obscène, telle qu\u2019adoptée par le plus haut tribunal des États-Unis, fera tomber automatiquement sous le coup de la loi un grand nombre de publications qui lui échappaient jusqu\u2019ici.Sans doute, les intéressés pourront en contester le bien-fondé ou nier qu\u2019elle s\u2019applique à leur journal ou à leur revue.Mais un juge éclairé n\u2019aura plus à hésiter, comme cela eut lieu tant de fois.Il constatera, à la lecture, que cette publication pousse à des pensées lascives, qu\u2019elle tend à corrompre l\u2019homme, donc qu\u2019elle est réprouvée par la loi, et il la condamnera sans hésiter.J.-P.A.Le ciné-club de 1957 Exagération d\u2019écrire que, « depuis a CBFT\tje ^but de }a série,.cette année plus spécialement, les discussions autour des films présentés » au ciné-club de CBFT furent caractérisées par des commentaires insipides (Dostaler O\u2019Leary, la Patrie, 22 sept.1957, p.105).J'ai, au contraire, l\u2019impression que 1957 marque un progrès, si l\u2019on compare le choix des films, la qualité de la présentation faite par Claude Jutra et Pierre Juneau, voire celle des échanges de vues qui suivirent les spectacles.Des invités comme le P.Cousineau, le F.Lockquell, André Laurendeau, Guy Côté s\u2019écoutent avec intérêt, même quand on n\u2019est pas de leur avis.Qu\u2019a-t-il manqué au ciné-club de CBFT pour répondre à notre attente et à nos légitimes exigences ?1.\tIl a manqué d\u2019abord une idée claire de ce que doit être cette série d\u2019émissions télévisées.Est-ce un divertissement pour gens distingués, quelque chose qui fasse contrepoids aux passe-temps plus ou moins vulgaires que sont la Rigolade, Porte ouverte, Music-hall et autres populaceries ?Rien alors à signaler.Mais est-ce bien l\u2019idée de la Société Radio-Canada et de la Société canadienne d\u2019Êducation des adultes?Je ne le crois pas.S\u2019il s\u2019agit d\u2019éducation cinématographique, on doit savoir \u2014 au moins autant qu\u2019un professeur d\u2019éléments \u2014 ce qu\u2019on veut faire, pourquoi on le fait, comment le faire.Et il faut donner l\u2019impression qu\u2019on le sait.Au ciné-club de CBFT, on donne l\u2019impression de procéder sans plan d\u2019ensemble, sans méthode particulière pour chaque film à l\u2019affiche.Il y a plusieurs plans généraux possibles, selon qu\u2019on centre l\u2019éducation cinématographique sur l\u2019évolution des genres (ou d\u2019un genre) de films, ou sur les manières d\u2019un auteur, ou sur la diversité des réalisations techniques et artistiques: d\u2019un pays à l\u2019autre, d\u2019un auteur à un autre, dans un même pays, dans l\u2019œuvre d\u2019un même auteur, et le reste.Points de vue sans nombre.Mais il faut s\u2019en fixer un.Si ce n\u2019est pas possible, vu les limitations qu\u2019impose la difficulté de choisir les films désirés, qu\u2019on le dise.Un autre plan peut et doit alors être conçu, que suggérera un intérêt humain: social, psychologique, moral.C\u2019est plus facile.Et si l\u2019on ne peut encore y réussir, qu\u2019on s\u2019en explique et qu\u2019on trouve un autre thème d\u2019étude ou de leçon, puisque, par hypothèse, il s\u2019agit d\u2019éducation.D\u2019ailleurs, n\u2019aurait-on pas dû, dès le début, tenter d\u2019unifier le choix des films de façon que les commentaires, tout le long de la saison, fournissent aux téléspectateurs un aperçu, au moins convenable, de la nature du cinéma comme technique et comme art (langage cinématographique, procédés d\u2019expression, sens et interprétation des moyens employés dans tel contexte déterminé.).On a procédé au petit bonheur, comme si l\u2019éducation n\u2019avait rien à faire dans cette série d\u2019émissions et qu\u2019il suffisait de se divertir en bonne société.C\u2019est sans doute pour cela que, le plus souvent, les discussions manquèrent de la densité humaine et chrétienne à laquelle on est en droit de s\u2019attendre de la part d\u2019éducateurs.2.\tCar un autre souci a fait défaut, celui de dégager et de commenter la signification profonde, claire ou impliquée, des films projetés.Quelques-uns ne se prêtaient guère à cet exercice (Bienvenue, M.Marshall\u2019, les Assassins du dimanche).Pourquoi ne pas en avoir profité pour offrir aux téléspectateurs un peu d\u2019information technique ou historique ?Autour des autres films, porteurs d\u2019un certain « message » ou problème, la conversation des invités presque toujours hésita, piétina et, après une ou deux phrases timides d\u2019analyse humaine, dévia vers des considérations d\u2019histoire cinématographique ou d\u2019esthétique vague et subjective.La plupart des invités ou bien furent trop inexpérimentés soit pour sentir et rendre les résonances profondes de certains films, soit pour en souligner les insuffisances et en indiquer les dépassements possibles, ou bien parurent rétifs à toute forme un peu précise de développement éducatif.Qu\u2019on renonce alors à présenter le ciné-club sous les auspices de la Société canadienne d\u2019Éducation des adultes.Et si l\u2019on prétend se justifier par le fait que, précisément, on s\u2019adresse à des adultes, je réponds: d\u2019accord, mais des adultes à instruire, à éduquer.Autrement, quel besoin ont-ils de commentaires ?Plusieurs invités semblaient avoir répondu négativement à cette question, car leurs propos ne regardaient nullement l\u2019auditoire: ces messieurs causaient entre eux, pour leur propre agrément.3.\tEnfin, dernier point, au ciné-club de CBFT, on répugne apparemment à toute affirmation franche de pensée et de sentiment chrétiens.Si j\u2019excepte le P.Cousineau, dans les jugements qu\u2019ils portent sur les films, les invités habituels ne s\u2019élèvent guère au-dessus d\u2019un certain niveau de moralité naturelle.Plusieurs se contentent d\u2019une appréciation purement technique ou esthétique, admirant, sans plus, dans Des souris et des hommes, par exemple, la vigueur avec laquelle le film peint le primitivisme animal ou l\u2019amertume impie des personnages.Jugement chrétien?Non, formalisme de dilettante païen, que réprouve le Pape.Il y aurait encore beaucoup à dire, en particulier du rôle de l\u2019animateur.Rôle difficile.Pour le remplir, il faut choisir un homme (ou une femme) que recommandent sa compétence cinématographique et, plus encore, sa maturité, de même qu\u2019un certain don pédagogique d\u2019exposition et d\u2019interrogation, pourvu que ce don s\u2019applique non à concilier tout et tous, mais à orienter le dialogue des invités vers les considérations essentielles: sujet, sens et portée, valeur artistique et surtout morale du film.Dira-t-on que nous ne savons tenir que des propos négatifs?Je répète que, du ciné-club de l\u2019an dernier à celui de de 1957, j\u2019enregistre un progrès.Deuxièmement, on trouve ici des suggestions positives auxquelles les dirigeants du ciné-club de CBFT auraient dû penser d\u2019emblée.Radio- NOVEMBRE 1957 295 Canada et la Société canadienne d\u2019Éducation des adultes peuvent nous donner le ciné-club que nous souhaitons, mais à la condition de ne pas fermer les yeux sur les faiblesses des réalisations passées et d\u2019aviser aux moyens d\u2019y remédier.J.D\u2019A.Démocratie chrétienne La victoire du Dr Adenauer, aux récentes élections allemandes, souligne avec éclat l\u2019ascendance des partis démocratiques chrétiens dans l\u2019Europe d\u2019après-guerre.La C.D.U.en Allemagne, les democrisliani en Italie, les trois différents partis chrétiens en Hollande jouissent, tous, d\u2019une majorité absolue dans leurs parlements; le parti social chrétien en Belgique, le parti social chrétien au Luxembourg, le Volkspartei en Autriche détiennent des majorités relatives; tandis qu\u2019en France, le M.R.P., bien qu\u2019il ait perdu du terrain, occupe toujours une position solide.La démocratie chrétienne n\u2019est nullement une forme d\u2019action catholique, qui est, de sa nature, religieuse et apostolique.Elle n\u2019est pas non plus confessionnelle: en Hollande et en Allemagne, surtout, les protestants y jouent un rôle très important; en France et en Autriche, elle ne porte même pas l\u2019étiquette chrétienne; nulle part elle ne s\u2019appelle catholique.Le principe d\u2019unité qui l\u2019anime est une volonté intelligente de penser les problèmes temporels à la lumière des principes absolus établis par la philosophie naturelle, confirmés et complétés par la Révélation.La démocratie chrétienne ne soustrait pas à Dieu ce qu\u2019elle refuse légitimement à l\u2019Église, société d\u2019un autre ordre; celle-ci est, d\u2019ailleurs, la première à enseigner la distinction du temporel et du spirituel.Six traits, peut-on dire, donnent aux partis démocratiques chrétiens un même air de famille.Ils sont personnalistes, l\u2019homme étant créé à l\u2019image et à la ressemblance de Dieu et trouvant dans l\u2019exemplaire divin sa dignité, sa liberté, sa responsabilité inaliénables.Ils sont communautaires et fédéralistes, l\u2019homme étant social par nature, et les biens politiques supérieurs étant eux-mêmes au service de la personne humaine.Ils sont internationalistes, tous les hommes étant solidaires, et la tranquillité de l\u2019ordre exigeant des institutions internationales et supranationales qui limitent la souveraineté de l\u2019État.Ils sont pluralistes, l\u2019État n\u2019intervenant pas en faveur d\u2019une croyance religieuse par la coercition ou la « discrimination ».Ils sont traditionnalistes, tenant compte du passé (enveloppé dans le présent) et ne songeant pas, bien que centrés sur l\u2019avenir, à arracher par la violence des révolutions ce qu\u2019il faut transformer par le courage des réformes.Enfin, ils sont pro-syndicalisles, voyant dans l\u2019entente entre patrons et ouvriers, et non dans la lutte des classes, le salut de la société temporelle.A l\u2019intérieur d\u2019un même parti, il existe des divergences d\u2019idée sur la réforme des structures économico-sociales, et surtout sur le rythme suivant lequel cette réforme doit s\u2019accomplir.Planification et initiative, propriété privée et régie d\u2019État s\u2019équilibreront de façons diverses dans un pays et dans un autre.L\u2019unité d\u2019orientation, cependant, est la même: elle procède d\u2019une même aspiration à une forme de vie politique accordée aux besoins les plus profonds de l\u2019homme.Les partis démocratiques chrétiens renvoient dos à dos le libéralisme individualiste et le collectivisme socialiste.Telle est, à notre avis, la raison dernière de leurs étonnants succès.L.d\u2019A.Tito vous parle Pour son trente-cinquième anniversaire, la docte revue américaine Foreign Affairs (on y écrit cooperation avec tréma, régime avec accent aigu, rôle avec accent circonflexe, et le numéro coûte $1.50.) présente, entre des articles de John Foster Dulles et de Clare Boothe Luce, un article de Josip Broz-Tito, « président de la Yougoslavie ».Intitulé On Certain Current International Problems, l\u2019article du président n\u2019est ni plus ni moins qu\u2019un plaidoyer pour une politique de « coexistence pacifique ».Ayant peu pratiqué saint Augustin et ayant interdit, en son pays, les messages de Noël de Pie XII, Tito se fait de la paix une idée bien différente de celle que nous a léguée la tradition chrétienne.La paix résiderait dans le droit des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes.En termes marxistes, ce principe signifie que la paix découle du rôle messianique du prolétariat, s\u2019exprimant, en Yougoslavie, par l\u2019autorité inconditionnelle et absolue de Tito lui-même.Violé naguère par Staline et Molotov, qui n\u2019ont rien compris au principe des nationalités, ce même droit des peuples est violé constamment par les hommes d\u2019État de l\u2019Ouest, qui s\u2019obstinent, en outre, à ne pas reconnaître « les efforts déployés aujourd\u2019hui par les dirigeants soviétiques pour corriger les erreurs de Staline ».Pour les besoins de sa cause, Tito tait, sans vergogne, l\u2019ultimatum atomique à la France et à l\u2019Angleterre, lors de l\u2019affaire de Suez, et le déchaînement de brutalité soviétique en Hongrie.Quoi d\u2019étonnant, alors, s\u2019il donne raison à Khrouchtchev sur toute ligne! L\u2019U.R.S.S.est le sauveur des peuples.C\u2019est l\u2019Ouest qui ne veut désarmer, l\u2019Ouest qui ne veut cesser les expériences nucléaires, l\u2019Ouest qui ne veut d\u2019une Allemagne unifiée, l\u2019Ouest qui ne veut de la paix au Moyen-Orient, l\u2019Ouest qui ne veut de la paix avec la Chine rouge.Tito s\u2019en prend surtout à l\u2019O.T.A.N., qu'il faut démanteler au plus vite.Sous Staline, le Pacte Atlantique pouvait se justifier; sous Khrouchtchev, il est une provocation : «Les dirigeants soviétiques ont raison.de considérer la politique de l\u2019O.T.A.N.comme une politique d\u2019encerclement, une menace de guerre et une volonté agressive d\u2019isoler l\u2019Union soviétique.» Le nationalisme absolu confère à chaque peuple la liberté de choisir le système économique qui lui plaît.C\u2019est une des bases de la « coexistence pacifique ».Mais ce que Tito admet, il se hâte aussitôt de le contredire.Il fallait s\u2019y attendre.Les régimes communistes sont impérissables, nous dit-il, et « ne sauraient être renversés; ce serait une erreur évidente de songer que la chose fût possible ».Rien, ni sur terre ni dans les cieux, ne saurait retarder la marche de l\u2019histoire vers le « socialisme » et la rédemption de l\u2019humanité par le prolétariat.Dans beaucoup de milieux, tant canadiens qu\u2019américains, on considérait l\u2019aide à Tito comme un calculated risk.Quelques mois seulement avant les événements de Hongrie, ne pensait-on pas à inviter le maréchal à Washington et à Ottawa ?Tito nous dit maintenant, sans ambages, noir sur blanc, qu\u2019entre lui et Khrouchtchev il n\u2019y a aucune dissension.Il n\u2019a jamais donné à qui que ce soit raison d\u2019espérer qu\u2019il se rallierait au bloc de l\u2019Ouest.Les espoirs d\u2019attirer Tito dans notre camp, ou de le rejeter dans le camp neutraliste, n\u2019étaient donc que chimères.L.d\u2019A.Caisses populaires II est bon d\u2019insister sur l\u2019importance et petites gens du congrès international du Crédit populaire, qui eut lieu à Lévis, à la mi-septembre.D\u2019abord, à cause de l\u2019aspect social du crédit populaire; ensuite, parce que ce congrès coïncidait avec le vingt-cinquième anniversaire de la Fédération des Caisses Desjardins.C\u2019est surtout cet anniversaire que nous voulons souligner.En réfléchissant à tout ce que les journaux ont publié à cette occasion, on ne peut s\u2019empêcher de penser, selon le mot bien connu, que les caisses populaires paraissent être à un tournant de leur histoire.Le président de la Fédération des 296 RELATIONS Unions régionales, M.le sénateur Cyrille Vaillancourt, a affirmé, avec raison, que la Fédération avait donné de la solidité au mouvement.La « puissance bienfaisante et moralisatrice » de ce mouvement peut être démontrée aujourd\u2019hui « à la face de la province et du Canada ».La raison de cette puissance particulière, c\u2019est que l\u2019économie des caisses est « une économie non seulement financière mais aussi sociale ».Il s\u2019agit d\u2019une épargne humanisée, « pour servir à améliorer le sort de nos sociétaires et non pour les inciter à dépenser davantage et à se mettre dans des situations financières difficiles et dangereuses ».Si le congrès a constitué un tournant, c\u2019est parce qu\u2019on s\u2019est loyalement efforcé de prendre conscience non seulement des progrès indéniables accomplis depuis vingt-cinq ans, mais aussi des réformes qu\u2019il faut faire si l\u2019on veut être pleinement fidèle à la pensée du fondateur.L\u2019expression caisses populaires signifie que M.Alphonse Desjardins pensait surtout aux classes populaires en consacrant ses énergies naturelles et surnaturelles à la fondation qui lui tenait tant à cœur.Il s\u2019agissait de créer, ici comme en Europe, mais avec des modalités adaptées au milieu, un organisme dont le but était tout à la fois d\u2019inculquer l\u2019esprit d\u2019épargne et de dispenser aux sociétaires le crédit dont ils pouvaient avoir besoin à divers moments de leur vie, cela avec plus de souplesse que les institutions financières ordinaires.Or, d\u2019après un des conférenciers, les caisses prêtent actuellement beaucoup plus aux personnes qui, jouissant déjà d\u2019une certaine aisance, peuvent garantir des prêts hypothécaires qu\u2019à des gens à ressources modestes qui ont, eux, besoin de crédit à court terme.En examinant soigneusement ce point et en tirant de cet examen des solutions concrètes efficaces, les Caisses populaires illustreront le vingt-cinquième anniversaire de leur Fédération.M.Vaillancourt a annoncé que les caisses se proposaient de consacrer une attention spéciale aux problèmes économiques et budgétaires de la famille canadienne-française.Cette enquête scientifique constituera un grand événement.Les caisses ont déjà fait beaucoup pour les petites gens.Le relevé qui s\u2019annonce sera un excellent moyen de marcher plus sûrement dans cette voie, la voie authentique du fondateur.A.P.Prostitution des mots On préférerait se taire après avoir lu les romans de Françoise Sagan, manifestations de perversité précoce et d\u2019amoralisme désespéré, morbides jusqu\u2019à la nausée.Mais puisque les exploiteurs du vice, aidés par des critiques complaisants (leur titre d\u2019académicien ne les rend pas plus judicieux), ont réussi à auréoler cette fausse jeune fille du prestige propre aux vrais écrivains, il faut bien élever la voix et protester.D\u2019autres l\u2019ont fait avant nous, qu\u2019on ne saurait taxer d\u2019inculture ou de pruderie: le chan.Charles Moeller, dans sa Littérature du XXe siècle (t.III, pp.437-446); le P.André Blanchet, dans les Études (mai 1956); l\u2019abbé Pierre Blanchard, dans son maître ouvrage, Jacob et l\u2019Ange (p.212).Au Québec, Jean Mesnard, dans la Revue de l\u2019Université Laval (oct.1956, p.126), a porté sur Bonjour tristesse et Un certain sourire le jugement qui convient: « Une langue incorrecte, une moralité branlante, une peinture de mœurs en partie gratuite, une psychologie sommaire, en voilà assez pour dire: bonjour tristesse et pleurer.» Qu\u2019après cela, Pierre de Grandpré trouve du talent à l\u2019auteur qui mérite ce verdict et un plus sévère encore, c\u2019est une responsabilité que je lui abandonne; il la partage, entre autres, avec Mauriac, le romancier de l\u2019obsession charnelle chez les personnages incapables de dire adieu à l\u2019adolescence.Il faut croire que le roman a dégénéré pour qu\u2019on fonde sur une sous-Colette l\u2019espoir de le renouveler.Mais ce qui est inadmissible, de quelque nom qu\u2019on se réclame, c\u2019est de prostituer la langue au point de louer le NOVEMBRE 1957 récit de grossières et monotones coucheries comme de « fins et purs travaux d\u2019aiguille », dont les principales qualités seraient la « franchise pudique » et la « décence classique » {le Devoir, 28 sept.1957, p.11).J\u2019ai eu la patience de lire les deux premiers Sagan.Mais comment avoir le goût d\u2019entreprendre le troisième ?De Grandpré nous assure que, « nettement inférieur, même pour le style », aux deux autres, il présente des « fantoches » dont les aventures « faciles et ternes » ne traduisent qu\u2019un « individualisme charnel » sans débouché « sur quelque souci humain plus haut ou plus général », ce qui en limite « la valeur d\u2019art », mais n\u2019empêche pas notre critique d\u2019y lire le témoignage « d\u2019une incontestable maturation ».Prodige de logique.De cette prétendue maturation, l\u2019immoralisme serait-il le ferment ?Notre époque, paraît-il, s\u2019est éprise « de cette émouvante petite voix esseulée et amère » (de Grandpré).Signe de l\u2019effarant désarroi de la conscience contemporaine.Et c\u2019est, à mon avis, l\u2019entretenir que de faire un sort glorieux à chaque « message désolé » d\u2019une névrosée, victime de l\u2019athéisme ambiant.C\u2019est contribuer au « monstrueux succès » de ses tristes romans.\tT ,.J.D\u2019A.Il faut crever F abcès de Nos mœurs politiques sont-elles la corruption politique pourries?Dans le contexte de l\u2019actualité québécoise, on ne saurait répondre décemment à cette question par de vagues déclarations.Car, outre que, tout récemment, S.Êm.le cardinal Léger a fulminé contre le gangstérisme électoral (il ne doit pas s\u2019agir d\u2019un fantôme), des prêtres et des laïcs ont créé déjà un grave malaise en assurant que la province de Québec fait le déshonneur du Canada par sa corruption politique.Peu après les élections provinciales de 1956, les abbés O\u2019Neill et Dion et M.Pierre Laporte ont lancé des accusations précises, que de simples dénégations plus ou moins scandalisées ne suffisent pas à réfuter.En septembre dernier, le T.R.P.Georges-Henri Lévesque, O.P., \u2014 dont on n\u2019a pas à discuter les vues sur l\u2019ingérence fédérale dans la culture canadienne lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question de fait, \u2014 a pris à son compte les mêmes accusations.Le P.Lévesque et les deux prêtres ont sûrement autant de chance d\u2019avoir raison que les scri-bouilleurs à gages des partis politiques dont ils ont provoqué l\u2019ire et les ripostes, souvent déplacées.Il faut en finir avec ces polémiques et crever l\u2019abcès, si abcès il y a.Nous faisons donc appel à tous les honnêtes gens, laïcs, prêtres et religieux, pour qu\u2019ils forcent qui de droit à faire la lumière sur ce sujet.D\u2019abord, parce qu'il s\u2019agit d\u2019accusations extrêmement graves, qui ruinent le prestige de l\u2019autorité civile, institution sacrée, la plus sacrée après le sacerdoce.Des citoyens qui se respectent doivent tenir à ce qu\u2019on respecte leurs chefs.Ensuite, parce que l\u2019autorité civile elle-même n\u2019a pas le droit de tolérer qu\u2019on la diffame; elle doit obliger ses accusateurs à faire la preuve publique de leurs charges ou à se rétracter solennellement avec dépens.Si le gouvernement provincial n\u2019a pas le pouvoir légal d\u2019intenter un procès à ses détracteurs, qu\u2019il l\u2019obtienne de l\u2019Assemblée législative, à la prochaine session.Ou bien on a dit vrai en rejetant sur le gouvernement la principale responsabilité de la corruption politique dans le Québec, ou bien on a menti.Dans ce dernier cas, il importe que la diffamation soit sévèrement punie.On n\u2019imagine pas que, pour les prêtres incriminés, les autorités ecclésiastiques s\u2019opposent à l\u2019exécution d\u2019un jugement en bonne et due forme.Le laïc, lui, doit porter la conséquence de ses écrits.Ou bien on a dit vrai, et alors.Alors, il n\u2019y a pas deux solutions: nous devons, au plus tôt, et par des voies honnêtes, nous choisir un gouvernement respectable.J.D\u2019A.297 LE TÉLÉTHÉÂTRE «LES GRANDS DÉPARTS» Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.UNE FOIS n\u2019est pas coutume.Passons du théâtre au téléthéâtre.La saison théâtrale, cette année, est très lente à démarrer.Et nous n\u2019avons pas eu de visite d\u2019outre-mer.Au fait, espérons que, le rafistolage d\u2019anciennes salles terminé, on pourra organiser, à Montréal, des saisons de théâtre de durée à peu près raisonnable, car, c\u2019est une lapalissade d\u2019affirmer que, si l\u2019on veut pousser nos gens à aller au spectacle sous sa forme la plus artistique, le théâtre, il faut leur en donner l\u2019occasion.Sinon, l\u2019amateur devra continuer à se contenter du théâtre à la télévision, ce qui est tout autre chose que du vrai théâtre.Bien sûr, notre télévision est jeune, \u2014 cinq ans! \u2014 mais, comme dans ces domaines techniques on vieillit vite, il ne faudrait pas trop tarder à établir, d\u2019après les expériences faites, les possibilités normales de la télévision, afin d\u2019empêcher celle-ci de parler un langage qui ne lui convient pas.Or, c\u2019est ma conviction qu\u2019une pièce de théâtre conçue et écrite pour la scène s\u2019adaptera toujours difficilement à la télévision et sortira du studio, la plupart du temps, lamentablement déformée.La solution idéale est donc d\u2019écrire directement pour la télévision et de ne pas confondre les modes d\u2019expression.Ce que ne semble pas avoir réussi Jacques Languirand avec ses Grands Départs.On aurait pu s\u2019y attendre, pourtant, puisqu\u2019on nous annonçait un texte original.En fait, mis à part deux ou trois trucs, utilisés beaucoup trop longuement d\u2019ailleurs, du réalisateur Louis-Georges Carrier, c\u2019est à une pièce de théâtre ordinaire que nous assistions.Que faut-il en penser ?Simon Gantillon terminait ainsi la préface de sa pièce Départs: « La grande tristesse des départs, c\u2019est qu\u2019on arrive.» Pour Jacques Languirand, il semble bien plutôt que la grande tristesse des départs, c\u2019est qu\u2019on reste.On colle, on s\u2019agglutine à une pauvre vie décevante, en dépit d\u2019ardents désirs d\u2019évasion et d\u2019essais avortés.C\u2019est cela, peut-être, l\u2019idée maîtresse des Grands Départs.Je dis: peut-être, parce que sait-on jamais, avec ces poètes, ce qu\u2019ils ont voulu dire, vraiment ?De toute façon, ce thème du bonheur, qui est là, à portée de la main, et que, pourtant, on veut aller chercher ailleurs, jusqu\u2019au diable vauvert, le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu'il est vieux comme^ l\u2019homme.C\u2019est, exactement, toute l\u2019aventure d\u2019Adam et Ève.Et le piteux résultat des efforts douloureux des personnages de Languirand est une preuve de plus que l\u2019homme est resté le même: un éternel insatisfait.Et c\u2019est normal, au surplus.Cela nous rappelle Yinquietum cor de saint Augustin, que seul Dieu peut apaiser, parce que seul, il peut complètement assouvir, chez l\u2019homme, sa soif de sécurité et d\u2019absolu.Mais Languirand n\u2019est pas Augustin; sa philosophie (mot bien prétentieux, à vrai dire), nourrie d\u2019influences modernes, analyse et résout les problèmes de l\u2019homme non contre Dieu, mais en marge de Dieu.D\u2019où cette impression de superficiel, d\u2019étriqué, d\u2019insuffisant.Les personnages bavardent beaucoup, s\u2019agitent beaucoup; ils ne nous procurent pas le choc de la vie.Des pantins feraient ainsi.Aucune grandeur, aucun spiritualisme.Le ciel bouché au-dessus d\u2019eux, ils piétinent sur place ou tournent en rond, à la poursuite de vulgaires petits bonheurs de la terre, sans les atteindre jamais, au reste.Le plus grave, c\u2019est qu\u2019on semble accepter que la vie soit ce tunnel sombre, triste, vide \u2014 et sans issue.Le monde de Kafka et de Sartre, quoi! Je préfère encore, d\u2019un bout, les sanglots de Musset, les plaintes de Verlaine, les cris charnels de Baudelaire: on y décèle au moins une déchirante hantise de Dieu.Même le titre de ce téléthéâtre \u2014 à moins d\u2019être tragiquement ironique \u2014 est manqué.Il n\u2019y a rien de grand dans ces départs.Ils sont misérables, au contraire, vulgaires, ratés.En dépit de tout, il y avait ce vieillard paralysé.On a manqué, à lui aussi, son départ, qui aurait pu être grand, son départ vers l\u2019éternité.Face à ces bavards mesquins, vaines girouettes de la vie, ce silencieux aurait pu réussir un départ merveilleux.Nous espérions, en récompense de notre longue attente, cette scène qui pouvait donner un sens à tout ce verbiage \u2014 par contraste.Rien à faire, cette scène-là aussi, on nous l\u2019a soufflée.Vraiment, si notre jeune théâtre veut s\u2019engager dans cette direction, autant retourner à Félix P outré.Je ne sais pas si les comédiens qui ont interprété ce texte décevant y trouvèrent du plaisir.Ils ont fait leur métier, en tout cas, avec conscience.Georges Groulx, sur qui pesait la plus lourde tâche, a réussi à camoufler, par un grand naturel, les facilités banales et les longueurs.J\u2019ai aimé le jeu de Gisèle Schmidt, qui ne nous avait pas habitué à ces rôles de femmes âgées et lasses, même si, à certains moments, elle manifesta encore une vivacité trop jeune.Belle composition aussi de Charlotte Boisjoli, en vieille fille aigrie qui croit pouvoir, enfin, commencer à vivre, à cinquante ans.Nathalie Naubert m\u2019a paru plutôt conventionnelle, surtout dans cette scène du retour, réplique parfaite d\u2019une scène semblable dans le dernier téléthéâtre de Marcel Dubé, au printemps.Languirand, qui jouit de la cote d\u2019amour en certains milieux, a un incontestable talent, mais encore touffu et verbeux; il lui reste à élaguer vigoureusement, à pratiquer le mot toujours vrai de Boileau: « Vingt fois sur le métier.» PAROLES DE CHEF « Il faut comprendre que, dans l\u2019Eglise, les membres ont chacun une fonction spéciale en vue du bien de l\u2019ensemble et que les laïcs ne sont pas des êtres passifs, des êtres diminués, sans largeur de vue, sans initiative, sans conscience de leurs responsabilités, attendant toujours qu\u2019on leur commande, qu\u2019on leur dise en tout ce qu\u2019il faut penser.« La présence de la hiérarchie dans l\u2019Eglise et son rôle nécessaire ne condamnent pas le chrétien à la passivité.Loin de là.Il doit prendre des initiatives qui seront sa contribution à l\u2019avancement du règne de Dieu.Ce n\u2019est pas là une concession faite à son besoin de liberté ou d\u2019indépendance.Il faut qu\u2019il se mette au service du Christ aussi bien par son initiative que par son esprit d\u2019obéissance.C\u2019est une faute de ne pas vouloir obéir; c\u2019en est une autre de ne pas vouloir entreprendre dans l\u2019Eglise et pour l\u2019Eglise ce dont on est capable.Qu\u2019elle soit inspirée par la paresse ou l\u2019insouciance, par la crainte des responsabilités, cette attitude qui consiste à toujours attendre une requête de la hiérarchie pour se mettre en mouvement n\u2019est pas digne d\u2019un vrai chrétien.» (Extrait du sermon de S.Exc.Mgr Maurice Roy, archevêque de Québec, à l\u2019occasion du XXXVIe congrès général de la C.T.C.C., le 22 septembre, à Québec.) 298 RELATIONS HORIZON INTERNATIONAL CHINE PVE GRAVES événements se déroulèrent du-Zy rant l'été; d'autres,\ttragiques encore, s'annoncent pour l'avenir.La Chine, depuis l\u2019avènement du communisme, a atrocement souffert.Le 1er février 1957, M.Chiu-Yuan Hu vint témoigner devant un comité du congrès américain.Né en 1910, M.Hu connaît surtout l\u2019histoire de l\u2019Asie centrale, de la Sibérie, de la Mongolie, de la Mandchourie.Élu député, en Chine, avant la victoire rouge, il s\u2019enfuit cinq semaines après le triomphe communiste, et vint à Formose où il enseigne à l\u2019Université de Taiwan.Ses affirmations reposent sur une multitude de données recueillies par ses amis et élèves.Vingt millions de Chinois furent physiquement exterminés (tués, assassinés, exécutés, massacrés) par les communistes.La chose se passa de deux manières.Les uns furent simplement tués, sans procès.Pour les autres, il y eut « procès public ».Le « peuple » criait qu\u2019il fallait tuer et on tuait.Vingt-cinq millions se trouvaient, le 1er février 1957, en prison ou aux travaux forcés: sept millions en prison; dix-huit aux travaux forcés.La différence entre les deux systèmes est la suivante: Ceux qui sont en prison sont nourris par leurs familles.Ceux qui sont dans les camps de travail gagnent leur pitance.Les Cent Fleurs.\u2014 C\u2019est dans ce climat de tuerie, de bagne et d\u2019horreur que retentit le discours de Mao Tse-tong du 27 février, suivi, à quelques jours de distance, de l\u2019article que fit paraître le chef de la propagande, Lu Ting-Yu, dans le Journal du Peuple.Les communistes faisaient peau neuve! Une « campagne de rectification » fut inaugurée à grand fracas le 1er mai, afin d\u2019éliminer les « contradictions » qui avaient surgi entre le peuple et le parti, entre le gouvernement et ses administrés.C\u2019était incroyablement beau! Ce devait être un mouvement d\u2019éducation idéologique, « exécuté sérieusement, sans doute, mais avec la douceur d\u2019une brise printanière et d\u2019une légère pluie ».Cette réforme fut appelée la « politique des cent fleurs ».Au souffle de cette poésie, déliées par quelques agents provocateurs placés au bon endroit (nous en aurons l\u2019aveu tout à l\u2019heure), les langues imprudentes se mirent en train.Les ouvriers furent les plus tapageurs.Le sous-directeur du Bureau central des syndicats s\u2019en alla faire une tournée de cinquante-sept jours qui le mena de Pékin à Canton.Ses impressions, confiées au Journal du Peuple, étaient assez éloquentes pour déchaîner un ouragan.Tout le long du chemin, les ouvriers lui avaient expliqué qu\u2019ils ne voulaient plus du syndicat officiel.Ils l\u2019appelaient « le département de contrôle des ouvriers », « l\u2019organe de la bureaucratie », quand ce n\u2019était pas « la queue de l\u2019administration » et la queue, en Chine, n\u2019a plus rien d\u2019honorable.Mis en veine par leurs propres doléances et la carence des officiers syndicaux, les ouvriers se mirent à créer leurs propres organisations, élire des chefs, faire des grèves.Personne ne disait rien.La grève, c\u2019était évidemment une des « cent fleurs », et il ne restait plus qu\u2019à la planter dans tout le pays.Personne ne se gênait plus.Pour la première fois depuis 1950, les journaux se dérouillèrent.La critique s\u2019accumula, fit boule de neige; vers la mi-juin, elle avait tout envahi.On en voulait surtout à la domination exclusive du parti communiste; les raisons différaient suivant les cas: elles étaient techniques si l\u2019on était dans la production; politiques si l\u2019on se trouvait dans le gouvernement.Voici un argument de professeur, que nous trouvâmes particulièrement savoureux: Si nous basons toutes choses sur le marxisme-léninisme, nous aboutissons forcément au doctrinarisme, et nous nous NOVEMBRE 1957 limitons nous-mêmes.Cette limitation, qui consiste à tout diriger à la lumière d\u2019une seule doctrine, doit être abolie.Le communisme n\u2019a pas encore été réalisé, et le concept même de communisme peut très bien évoluer dans l\u2019avenir.La société, en effet, est en voie de développement, et tout appel à un dirigisme ou à une limitation s\u2019appelle doctrinarisme.JE N\u2019HÉSITE DONC PAS Â ÊTRE ASSEZ TÉMÉRAIRE POUR SUGGÉRER QUE SOIT ABOLIE L\u2019ADOPTION DU MARXISME-LENINISME COMME IDÉOLOGIE DIRIGEANTE (Journal du Peuple, 25 mai).D\u2019autres proposèrent des points de vue différents, mais la base restait toujours la même.Le monopole communiste est une absurdité quand ce n\u2019est pas un crime.Impassible comme un bouddha, Mao se taisait et faisait prendre des notes.Professeur à l\u2019Université du Peuple, toujours considérée comme la forteresse de la pensée marxiste, le professeur Ko Pei-chi interpelait les communistes: Vous avez réduit nombre de vos membres au rôle de détectives pour espionner le peuple.Vous dites: Nous sommes l\u2019État.Prenez garde! Si vous agissez mal, le peuple peut vous balayer.IL PEUT MÊME VOUS TUER! Et on ne pourra pas qualifier cela d\u2019antipatriotique car le parti communiste n\u2019est pas au service du peuple.Même si le parti communiste périt, la Chine ne périra pas.Puisque le parti communiste n\u2019a pas été fidèle à mon égard, je lui suis également infidèle.La Chine appartient à ses 600 millions d\u2019habitants, y compris les contre-révolutionnaires.Elle n\u2019appartient pas au parti communiste.On fit des assemblées à l\u2019Université du Peuple les 5 et 7 juin pour discuter ces affirmations.Ko Pei-chi trouva des expressions encore plus cinglantes: Certains membres du parti considèrent qu\u2019ils n\u2019ont plus de parents.Il n\u2019y a plus d\u2019intimité entre un fils et son père.Quand un fils entre au parti, il s\u2019adresse à sa mère en l\u2019appelant « camarade ».Tout comme en Russie soviétique, à la pire époque du stalinisme.Bientôt, toujours au début de juin, l\u2019agence communiste Chine nouvelle annonça que dix affiches révolutionnaires (Quelle hérésie! elle aurait dû mettre: CONTRE-révolutionnaires!) avaient été placardées sur les murs de l\u2019école de langue russe dans les faubourgs de Pékin.En peu de temps, il y en avait sur tous les murs de Chine.Voici quelques échantillons de la verve chinoise: Les communistes sont les fascistes de la classe privilégiée.Neuf sur dix Chinois sont traités comme des idiots; le dixième, supposé intelligent, prend tous les postes.Considérer le marxisme comme idéologie dominante est du sectarisme.Dogmatisme et marxisme sont inséparables.Le marxisme a vécu.Rendez le gouvernement au peuple.La direction du parti doit être abolie.Le progrès social présuppose l\u2019abolition de la direction du parti.Un parti unique favorise les trois poisons (subjectivisme, dogmatisme, sectarisme).Nous n\u2019avons ni liberté, ni démocratie.Exterminez les bandits communistes.Comme toujours en temps de crise, les cercles d\u2019abord secrets, puis publics foisonnèrent comme des champignons.Il y eut « les Cent Fleurs », « Tonnerre d\u2019automne », « Herbe sauvage », « Trompette », etc.Des pamphlets furent colportés sous le manteau dans toute la Chine: « L\u2019Université de Pékin est dans nos mains.» « Des émeutes plus atroces qu\u2019en Pologne et en Hongrie ont éclaté.» Les paysans s\u2019agitèrent et, par endroits, liquidèrent ces coopératives qui étaient la gloire du régime.On vit même de petites industries 299 privées, après une captivité silencieuse de plusieurs années, ressusciter sous la brise des cent fleurs.Puis, la foudre tomba.Le 16 juin, une bombe qui ne fit de mal à personne fut opportunément découverte dans l\u2019Université de Pékin, et la réaction fut proclamée le lendemain.Le ministre des Communications, une des vedettes des Cent Fleurs, fut mis en accusation par son propre fils: « C\u2019est mon père, mais s\u2019il n\u2019abandonne pas ses rêveries et marche dans la voie du capitalisme, je le renierai immédiatement.Un tel père est en effet ma plus grande honte.Le père dénoncé fit donc sa confession publique, se proclama « profondément honteux de lui-même », promit de s\u2019amender.La comédie était finie.Bientôt, le Journal du Peuple pouvait écrire: « Nous avons tendu un piège pour prendre tous ceux qui complotaient une usurpation du pouvoir.» Rarement, dans l\u2019histoire, on s\u2019était moqué de tout un peuple avec un cynisme aussi effronté.Simple mensonge, donc, la campagne de rectification; mensonge, l\u2019épanouissement des « Cent Fleurs » et la libre concurrence des écoles idéologiques.Les 19 et 20 juillet, la.radio de Pékin promulguait les directives du conseil d\u2019État.Elles comprenaient les points suivants: Réforme par le travail (camp de travaux forcés) pour tous ceux qui se sont livrés à des actes anti-révolutionnaires; \u2014 rééducation pour ceux qui, sans être allés jusqu\u2019aux actes, ont manifesté des opinions anti-révolutionnaires (Nouveau lavage de cerveau).Tenue à jour obligatoire d\u2019un dossier politique individuel pour chaque étudiant, dans lequel seront notées en détail les tendances quotidiennes de sa pensée.L\u2019obtention d\u2019un diplôme et d\u2019une situation dépend de ce dossier.Chaque année se fera l\u2019inspection politique de chacun des diplômés.Ceux qui ont commis des fautes sérieuses contre le socialisme doivent être gardés à l\u2019école et cette sanction peut être prolongée une, deux ou trois années.Ceux qui auront commis de petites fautes peuvent être désignés à un emploi, mais leurs employeurs seront tenus responsables de l\u2019inspection politique.Ainsi, l\u2019ordre règne à Pékin et dans la Chine rouge, mais les « Cent Fleurs » ont prouvé deux choses: Jamais le monde n\u2019avait vu de brutes comparables aux chefs communistes chinois; Huit ans de lavage de cerveau n\u2019ont pas entamé l\u2019essor de l\u2019âme libre vers le vrai et vers le bien.Catholiques patriotes.\u2014 Patriotes à Pékin, progressistes en Pologne, pacifistes en Tchécoslovaquie, persécutés et fidèles partout, communistes nulle part, les catholiques sous l\u2019oppression rouge ont développé d\u2019étonnantes ressources de résistance passive.On avait craint que la petite communauté catholique chinoise, \u2014 moins de quatre millions sur une population de six cent millions, \u2014 ait été submergée dans la tempête de 1952.Ne voilà-t-il pas que le gouvernement de Mao Tse-tong essaie encore une fois de les synchroniser ?Il convoqua donc 240 « délégués » à Pékin, pour un congrès préparé des mois à l\u2019avance, et qui dura du 17 juillet au 2 août.Ces 240 délégués se choisirent un comité de 150 membres; ceux-ci élirent un comité permanent de 50; enfin, le comité permanent se donna un « bureau » de treize officiers.Les mauvaises langues dirent qu\u2019en tout et pour tout, c\u2019est à cela qu\u2019il fallait réduire tout le catholicisme progressiste chinois.Les quatre évêques qui apprirent en lisant la Colombe messagère (journal des catholiques progressistes; il sent les Cent Fleurs à plein nez!) qu\u2019ils étaient soudain devenus progressistes auraient sans doute préféré rester arriérés, mais libres.En tout cas, voici le « bureau ».Président : Mgr Ignace Pi Chou-che, archevêque de Mouk-den.Vice-Présidents : Jean-Baptiste Yang Che-ta, médecin à Shanghai, « progressiste » enragé.Mgr Li Po-Yu, évêque au Shensi.Jean-Baptiste Ly Wei Kwang, ex-vicaire général de Nanking, nommément excommunié.Mgr Paul Wang Wen Tcheng, évêque de Szechwen, consacré en 1930.Mgr François-Xavier Chao Chen-tcheng, S.J., évêque de Sienhien.Philippe Tong Wen-long, vicaire capitulaire de Shantung.Li Tei-pei, prêtre de Tientsin.Tsao-Tao-sheng, laïc de Shensi.Secrétaire général: François Li Kiun Ou, vicaire général de Pékin.Sous-Secrétaires généraux: Mgr Yé Siuen-hoa, évêque de Siangyang.Yang Kao-ki, vicaire capitulaire.Tang Lu-tao, laïc de Shanghai.Ne nous scandalisons pas de voir d\u2019authentiques évêques côtoyer des excommuniés et des politiciens enragés dans un comité où ils sont obligés de se taire.Pourvu seulement que quelqu entreprenant journaliste n\u2019essaie pas de nous faire croire que les âneries publiées dans la Colombe messagère du 8 août 1957 expriment la pensée de nos évêques confesseurs et martyrs: A la condition de ne pas violer les intérêts de la Patrie, son indépendance et son honneur, il faut maintenir des rapports purement religieux avec le Saint-Siège et se soumettre au Pape dans les matières de doctrine à croire et de lois ecclésiastiques à pratiquer, mais il faut radicalement couper les rapports économiques et politiques avec le Saint-Siège.En Chine, ce paragraphe ne provoquera que des haussements d\u2019épaules.Tout le monde sait que les rapports « politiques » des évêques avec le Saint-Siège étaient inexistants; que les rapports « économiques » consistaient à recevoir quelque aumône, de temps à autre, pour les œuvres essentielles.Quant aux « rapports purement religieux », qui va les déterminer, les contrôler ?En Chine, comme partout dans le monde rouge, la religion est une affaire de police.La synthèse la plus parfaite jusqu\u2019ici a été opérée en U.R.S.S.où le général Petrov appartient simultanément à l\u2019espionnage militaire, à la police, et à l\u2019église.La surveillance, discrète et délicate comme une galoche, rentre jusqu\u2019aux plus intimes replis de la conscience.Il y a des gens qui aiment ça, fouiller dans la vie privée d\u2019autrui.A titre documentaire, transcrivons ces « statuts de l\u2019Association ».Il suffit d\u2019en donner la moitié: le reste, c\u2019est la même chose.Il y a des hypocrisies qu\u2019il convient d\u2019étaler en pleine lumière ; voilà ce que les révolutionnaires chinois ont inventé pour mettre à la place de l\u2019Église catholique: 1.\tL\u2019Association porte le nom d\u2019Association patriotique des catholiques de Chine.2.\tL\u2019Association est une association de masses aimant la^patrie et la religion, formée par le clergé et les fidèles de l\u2019Église catholique de Chine.Son but est d\u2019unir le clergé et les fidèles de tout le pays, propager le patriotisme, participer activement à la construction socialiste du pays et aux divers mouvements patriotiques, défendre la paix mondiale, aider le gouvernement à appliquer à fond la politique de liberté religieuse.3.\tL\u2019organe suprême de l\u2019association est l\u2019assemblée des délégués des catholiques de Chine.Les attributions de cette assemblée sont de fixer et de modifier les statuts de l\u2019Association, entendre et examiner le rapport de travail du comité, proposer et élire les membres du comité qui formeront le comité de l\u2019Association.4.\tEntre les sessions de l\u2019Assemblée des délégués, le comité de l\u2019Association exécute les décisions de l\u2019assemblée et poursuit les affaires de l\u2019Association.5.\tL\u2019Association a un président et quelques vice-présidents, élus par le comité et chargés de diriger le travail.Il y aura aussi un secrétaire général et des sous-secrétaires généraux, qui aideront le président dans l\u2019expédition des affaires courantes.Le président, les vice-présidents et les membres du comité sont en charge pour trois ans et sont rééligibles.Etc., etc.On ne^sait pas encore si une place est faite pour le Pape dans cette Église catholique-là.! Joseph Ledit.12 octobre 1957.300 RELATIONS LE PAPE NOUS PARLE 1er août: Lettre au T.R.P.Michel Browne, maître général des Frères Prêcheurs, à l'occasion du septième centenaire de la mort de saint Hyacinthe.\u2014 Conseils sur la manière de prêcher la vérité chrétienne.\u2014 Lettre à S.Ém.le cardinal Joseph Van Roey, archevêque de Malines, à l\u2019occasion du soixantième anniversaire de son ordination sacerdotale.13 août: Lettre (par Vintermédiaire de Mgr Dell\u2019Acqua) au congrès international du Carmel tenu à Fatima.\u2014 Les laïcs sont appelés à la sainteté aussi bien que les prêtres et les religieux; importance de la retraite et de la méditation pour atteindre cet objectif.22 août : Lettre aux participants de la première Semaine internationale du Tourisme de Jeunesse.\u2014 Le tourisme peut servir grandement à améliorer la concorde internationale.28 août: Lettre au congrès de l\u2019Union mondiale des Educateurs catholiques, tenu à Vienne, du 28 au 31 août.\u2014 L\u2019idéal éducatif de l\u2019Eglise n\u2019a pas varié à notre époque de progrès technique.4\tseptembre: Lettre (par l\u2019entremise de Mgr Dell\u2019Acqua) au supérieur général des Fils de la Sainte-Famille à l\u2019occasion du 50e anniversaire de l\u2019institution dite « Peregrinatio Sacrae Familiae ».\u2014 Savoir défendre les droits chrétiens et sociaux de la famille.5\tseptembre: Allocution à un groupe d\u2019élèves des petits séminaires de France venus en pèlerinage à Rome.\u2014 « Le sacerdoce catholique est à juste titre l\u2019une des gloires les plus pures de l\u2019Église et l\u2019une des marques les plus frappantes de sa sainteté.» 7\tseptembre: Allocution aux membres du XIP congrès d\u2019odontostomatologie de la Fédération dentaire internationale.8\tseptembre: Lettre encyclique « Miranda prorsus » sur le cinéma, la radio et la télévision.(Voir p.282.) 9\tseptembre: Allocution aux membres du IIIe congrès international d\u2019Épigraphie grecque et latine.\u2014 L\u2019épigraphie apporte la confirmation que « la foi chrétienne du XXe siècle reste identique à celle des origines ».10\tseptembre: Allocution aux membres de la Congrégation générale de la Compagnie de Jésus.\u2014 Pratiquez l\u2019obéissance et gardez la pauvreté que recommande votre institut.15\tseptembre: Radiomessage aux catholiques autrichiens à l\u2019occasion du VIIIe centenaire de la fondation du sanctuaire marial de Mariazell.\u2014 Les catholiques autrichiens doivent: a) se dévouer dans les rangs de l\u2019apostolat des laïcs, b) prendre conscience de leurs responsabilités envers leurs voisins et plus particulièrement envers les Hongrois, c) prier pour les grands soucis de l\u2019Église universelle.\u2014 Lettre (par l\u2019entremise de Mgr Dell'Acqua) au président de l\u2019Union internationale des Associations patronales catholiques (UNI AP AC), à l\u2019occasion du congrès international de Montréal.\u2014 Il importe « que l\u2019existence personnelle et le comportement collectif des chefs d\u2019entreprise catholiques soient une vivante illustration des principes religieux et moraux dont ils se réclament ».(Voir pp.286, 288.) 16\tseptembre: Allocution aux participants des « Journées familiales internationales » organisées par V Union internationale des Organismes familiaux.\u2014 Problème spirituel et religieux du veuvage; attitudes intérieures et dispositions qui conviennent à la veuve chrétienne et commandent l\u2019orientation de sa vie.17\tseptembre: Lettre (par l\u2019entremise de Mgr Dell\u2019 Acqua) à S.Ém.le cardinal Piazza, à l\u2019occasion du IIIe congrès international catholique des Migrations, tenu à Assise.\u2014 Il ne faut pas blâmer la loi naturelle pour les misères présentes du monde, alors que celles-ci résultent du manque de solidarité mutuelle des hommes et des peuples.NOVEMBRE 1957 KM» vichy LU Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\"?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent à stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en généraL Demandez l'avis de votre médecin.èfu CELESr «AU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAI RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIEJ Méfiez-vous des imitations!!! Exigez « CÉLESTINS » Importateurs: HERDT & CHARTON INC., Montréal JfûA*/ £ LES TON S 301 Christus Rex (St.Patrick\u2019s College, Maynooth, Ireland) « Aspects of Co-Responsibility », avril.Numéro spécial sur la « coresponsabilité » dans l\u2019industrie.Les principaux articles sont les suivants : « The Principles of Co-Responsibility », par A.M.Crofts, O.P.; « The Psychology of Human Relations in Industry », par Michael Moloney, S.J.; « The Scope of the Industrial Relations Act », par Maurice P.Gaffney; « Joint Industrial Councils », par C.Collins et B.O\u2019Cearbhaill; « Works Councils », par J.Fitzsimons et W.F.Phillips ; « Co-Responsibility as a Christian Solution », par Lord Pakenham.Revue internationale du Travail (Bureau international du Travail, Genève), « La Fondation néerlandaise du travail », par P.S.Pels, mai, pp.479-493.Histoire, avantages, lacunes et avenir de l\u2019institution néerlandaise qui, depuis une douzaine d\u2019années, a le plus contribué à la paix sociale aux Pays-Bas, et a fait coopérer volontairement les organisations centrales d\u2019employeurs et de travailleurs.Catholic Mind (70 E.45th St., New York 17, N.Y.), « Freemasonry-Myth and Menace », par Leslie Rumble, mai-juin, pp.196-207.Reproduit de Homiletic and Pastoral Review de février.Les catholiques doivent être sur leur garde en expliquant la condamnation de l\u2019Église à l\u2019égard de la franc-maçonnerie, car il leur est facile de verser dans l\u2019excès sur ce point.La conclusion de l\u2019A.: aucun catholique raisonnablement informé ne pourrait plaider bonne foi s\u2019il demandait son admission dans une loge maçonnique.Informations catholiques internationales (163, boul.Malesherbes, Paris, 17e), « Le judaïsme dans le monde » ; dossier de la quinzaine, 1er juin, pp.17-25.Il s\u2019agit d\u2019un dossier qui nous fait connaître a) les grands centres juifs de la diaspora, b) les principaux courants du judaïsme contemporain, c) les réactions du judaïsme face aux grands courants de la pensée contemporaine.REVUE DES REVUES The Ave Maria (2400 N.Eddy Road, Notre Dame, Indiana), « The Other Side of the Ellis Case », par Joseph McClellan, 22 juin, pp.8-11, 29.Le « cas Ellis » a fait parler de lui sur tout le territoire américain.Une fille-mère, catholique de religion, cédant à des pressions, abandonne son enfant au couple Ellis; mais quand elle apprend que ce couple est de religion juive, elle veut ravoir son enfant.Les tribunaux du Massachusetts lui donnent raison.Le couple se sauve en Floride et, grâce à l'intervention du gouverneur de cet État, échappe à la sentence qui l\u2019oblige à rendre l\u2019enfant à sa mère.D\u2019après l\u2019auteur de l\u2019article, le couple Ellis n\u2019a aucun droit, ni légal ni moral, sur la petite fille Hildy McCoy.Politica Y Espiritu (Ahumada 57, Santiago de Chile), « Una presenta-cion del Humanismo integral », par Charles Journet, 15 mai, pp.12-18.Le 1er septembre 1956, la Civiltà Caltolica publiait une critique sévère de l\u2019œuvre principale de Jacques Ma-ritain, l\u2019Humanisme intégral.L\u2019auteur ici reprend un à un les reproches faits à Maritain, et il essaie de montrer que ces reproches ne sont pas fondés.Cristiandad (Diputaciôn, 302, 2°, 1.a, Barcelona), « La previa censura civil a la luz de! pensamiento de Pio XII », par E.Guerrero, S.J., août 1956, pp.233-236, décembre 1956, pp.318-320, et 1er juin 1957, pp.166-168 et 170.Ces trois articles discutent des avantages et des inconvénients d\u2019une censure préalable de la presse par l\u2019autorité civile, comme il en existe en Espagne.Les préférences de l\u2019A.vont à un régime d\u2019une plus grande liberté faisant davantage appel à la responsabilité professionnelle des journalistes et de leurs associations.¦ Relations industrielles (Les Presses universitaires Laval, Québec), « La fusion CMTC-CCT », janvier-avril, pp.1-180.Numéro spécial sur la création du Congrès du Travail du Canada, à la suite de la fusion du Congrès des Métiers et du Travail du Canada avec le Congrès Canadien du Travail.Les différents collaborateurs (abbé Gérard Dion, MM.André Roy, G.-H.Dagneau, Clive Thomas, Roger Chartier, Claude Jodoin, Jean Gérin-La-joie et Eugène Forsey) expliquent le sens et la portée de ce mouvement vers l\u2019unification des forces syndicales au Canada.La Civiltà Cattolica (Via di Porta Pinciana, 1, Roma-130), « Puàil socia-lismo essere democratico ?», par A.Messineo, S.J., 17 août, pp.337-349.Le socialisme peut-il être démocratique ?Pour répondre à cette question, l\u2019A.recherche tout d\u2019abord les principes sur lesquels repose tout socialisme, et il en conclut que le vrai socialisme ne peut pas pleinement l\u2019être, à cause de son matérialisme.De plus, parce qu\u2019il nie tout ordre transcendant, qu\u2019il réduit la personne humaine à la masse et lui enlève son droit sur le monde par le moyen de la propriété, le socialisme se pose en adversaire irréductible de la vraie démocratie.Du monisme matérialiste il ne peut découler qu\u2019un régime de masse, donc de dictature.(N.B.On trouvera une traduction française de cet important article dans l\u2019édition hebdomadaire française de Y Osservatore Romano, les 20 et 27 septembre, et 4 octobre).The Ave Maria (2400 N.Eddy Road, Notre Dame, Indiana), « The Parish today », par Joseph H.Fichter, S.J., 15 juin, pp.8-13.Un spécialiste en sociologie religieuse expose ses vues sur les changements opérés dans la vie paroissiale aux États-Unis et sur les principaux problèmes actuels de la paroisse catholique en ce pays.(Les Informations catholiques internationales du 15 juillet ont donné une traduction française de la majeure partie de cet article.) The Ave Maria, (( Is TV good for children ?», par John G.Deedy et Donald J.Thorman, 10 août, pp.16 et 17, 28 et 29.Cet article contient un double plaidoyer, l\u2019un favorable, l\u2019autre défavorable à la télévision dans la formation des enfants.302 RELATIONS LES LIVRES BIBLE ET VIE SPIRITUELLE Enrico Galbiati et Alessandro Piazza: Mieux comprendre la Bible et ses passages difficiles.Traduit de l\u2019italien par Henriette de Ganay.Coll.« Siècle et catholicisme ».\u2014 Tours, Marne, 1956, 368 pp., 18 cm.Prix: 900 fr.IA LUMINEUSE exégèse qu\u2019offre cet ouvrage lui vaudra un ' accueil enthousiaste de la part de tous ceux que déconcertent les difficultés du Livre saint.Les AA., deux savants professeurs, ne sont pas empesés dans leur toge de docteur; ils savent descendre de leur chaire pour parler au profane le langage qu\u2019il peut comprendre.Mérite qu\u2019on voudrait contagieux et qui répond au vœu de Pie XII: « Que soient largement ouverts aux fidèles les trésors du Livre sacré », aux grandes directives de ses encycliques Divino affante Spiritu et Humani generis, ainsi qu\u2019à l\u2019esprit de la lettre de la Commission biblique pontificale au cardinal Suhard.Après une introduction relative à la difficulté d\u2019interpréter l\u2019Écriture, les AA.expliquent ce que c\u2019est que les genres littéraires dans la Bible et leur rapport avec la vérité historique ou scientifique (surtout à propos du récit de la création), même avec la préhistoire; ils élucident aussi la question du péché originel et celle des miracles de l\u2019Ancien Testament; puis, ils étudient, dans l\u2019A.T., l\u2019idée de Dieu (considéré surtout comme rémunérateur), la morale du peuple élu (surtout en fonction du mariage et de l\u2019amour du prochain), et le messianisme (un des chapitres les plus riches).La traduction paraît impeccable et fait souhaiter, pour le prochain ouvrage annoncé par les AA., un texte français de même perfection.Maison Bella,min.\tCharIes Saint-Arnaud.Mgr Ronald Knox: L\u2019Évangile de saint Paul.Traduit de l\u2019anglais par E.Delpierre et E.Delattre, S.J.Coll.« Présence chrétienne ».\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956, 89 pp., 19 cm.Prix: 39 fr.b.CE RÉSUMÉ de la théologie de saint Paul, fait de main de maître, montre en quoi et pourquoi le témoignage de Paul diffère de celui des évangélistes sans le contredire.Admirable complément des évangiles, les épîtres offrent plus de théologie que d\u2019histoire.L\u2019Apôtre ne veut pas que nous pensions à Jésus de façon humaine.Le Fils de Dieu n\u2019est pas seulement un homme; il s\u2019est fait Homme pour remplir l\u2019humanité de sa divinité: il est donc tout pour nous.Et c\u2019est l\u2019enthousiasme avec lequel les apôtres ont compris ce mystère que saint Paul traduit: « J\u2019ai été empoigné par Jésus-Christ.Ayez les mêmes sentiments que le Christ.Ce n\u2019est plus moi qui vis, c\u2019est le Christ qui vit en moi.» Exégète de renom, l\u2019A., tout en exposant l\u2019essentiel de la pensée de saint Paul sur l\u2019Ancien Testament, sur la divinité du Christ, sur l\u2019Église qui est son Corps mystique, sur la résurrection, éclaire nombre de passages obscurs des épîtres: allégorie de Sara et d\u2019Agar, impuissance de la Loi juive à justifier l\u2019homme.Remercions les PP.Delpierre et Delattre d\u2019avoir tiré de son écrin, pour le lecteur français, cette perle de grand prix.Maison Bellarmin.Charles Saint-Arnaud.En COLLABORATION: L\u2019Argent au service de tous les hommes.- Le Christ et le Militant d\u2019aujourd\u2019hui.\u2014 Montréal (3827, rue Saint-Hubert), Action catholique canadienne, 1957, 177, 135 pp., 19 cm.1E PROGRAMME social de l\u2019Action catholique canadienne ' pour 1957-1958 porte sur la richesse.Afin d\u2019en préciser le sens et d\u2019amorcer des réflexions concrètes, le Secrétariat national offre des études en marge de ce sujet.D\u2019abord, exposant les faits, on montre les Canadiens français dans l\u2019économie canadienne, puis face à la richesse (résultat d\u2019une enquête menée auprès de divers groupes), enfin on étudie l\u2019inégalité économique et ses manifestations contemporaines.La seconde partie esquisse les éléments d\u2019une spiritualité de la richesse grâce à deux études importantes: « Le sens communautaire de la richesse », par M.l\u2019abbé Félicien Rousseau, « Richesse et pauvreté dans la Bible », par le R.P.André Legault, C.S.C.On trouvera là l\u2019essentiel de ce qu\u2019un chrétien doit savoir sur le bon usage des richesses de ce monde.Pour faire passer cet enseignement dans la pratique, Claude Ryan présente un « Examen de conscience sur l\u2019argent », qui mérite lecture et méditation.Tj'N MARGE de son programme religieux pour 1957-1958, l\u2019Action catholique canadienne publie une dizaine de courts chapitres centrés sur le Christ, chacun développant un aspect de sa personne et de son ministère.Texte clair et riche de substance, utile non seulement aux militants d\u2019Action catholique, mais à tout chrétien désireux d\u2019approfondir sa foi et son amour envers Notre Seigneur.Les jeunes, en particulier, feront bien de lire ce recueil, puisque c\u2019est du Christ Jésus et de lui seul qu\u2019ils obtiendront lumière et force pour réaliser un idéal digne de leur générosité.Richard Arès.Michel GASNIER, O.P.Je professe, je renonce, je m\u2019attache.Retraite préparatoire à la communion solennelle.Coll.« Le prédicateur des enfants ».\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1955, 107 pp., Prix: 300 fr.T ES ADULTES profiteront de cette brochure plus que les enfants.Les parents, surtout, qui doivent aider leurs gars à préparer leur profession de foi.Quelques applications ne regardent que le milieu français.Mais la doctrine, excellente et simple, convient à tous.Sens de la communion solennelle et de la profession de foi; conditions de fidélité à cette promesse; séduction et autorité de Jésus-Christ à qui on s\u2019attache en renonçant aux pièges du diable; vie de l\u2019Église, Corps du Christ, dont on se rend lucidement solidaire et responsable dans la docilité à son chef: tels sont les thèmes de cet utile opuscule.Joseph d\u2019Anjou.eau ,acme Québec (2) 196, rue Saint-Paul J CCoujours tÀM ^ T\"\u2014 -07 Je France et du\t^ (damu, * * * fcjTX\t(0\t, Æserve *tra T » ou Cornus CT^es\t,'f7L 1863 IIMIIIII m mmmm !*li\t\"LA GRANDE MARQUE» LA GRANDE MARQUE COGNAC Mise en bouteilles d\u2019origine a COGNAC - France NOVEMBRE 1957 303 Léandre Fréchet, C.S.C.et Guy Bertrand, C.S.C.: Nourritures spirituelles.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), Fides, 1956, t.I: 465 pp., t.II: 422 pp., 21 cm.Prix: $7.CES DEUX VOLUMES constituent une « anthologie de la spiritualité canadienne-française, distribuée en lectures ou méditations pour chaque jour de l\u2019année liturgique ».Les AA.avaient d\u2019abord pensé présenter une anthologie « d\u2019intérêt plus documentaire que pratique », qui aurait exposé la continuité de la pensée religieuse au Canada français et montré, en même temps, la valeur, trop souvent méconnue, de cette littérature.Ils s\u2019arrêtèrent à une formule plus vivante, destinée à alimenter l\u2019oraison et la lecture spirituelle en suivant le fil du temporal et du sanctoral.Ils ont atteint leur but.Des index rendent facile l\u2019utilisation de ces deux volumes, qui ont leur place dans la bibliothèque du laïc comme dans celle du prêtre ou du religieux.Dom François Vandenbroucke, O.S.B.: Direction spirituelle et Hommes d\u2019aujourd\u2019hui.\u2014 Paris (117, rue de Rennes), Éditions Beauchesne, 1956, 94 pp., 19 cm.TL S\u2019AGIT moins ici de méthodes que d\u2019un esprit.Faut-il avoir un directeur ?Qui sera directeur des gens mariés, des jeunes gens, des religieux, des prêtres ?Quel est exactement le rôle du directeur et comment l\u2019exercera-t-il ?Et le dirigé, lui, comment devra-t-il se comporter à l\u2019égard de son directeur ?L\u2019A.apporte à ces questions une réponse limpide et riche d\u2019aperçus originaux.En appendice, une abondante et excellente bibliographie présente un programme de lectures au directeur spirituel désireux d\u2019approfondir les problèmes particuliers de ses dirigés.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Albert Plante Guillaume de Saint-Thierry: Lettre d\u2019or aux Frères du Mont-Dieu.Traité de la vie solitaire.Introduction, traduction et notes par J.-M.Déchanet, O.S.B.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956,189pp., 18.5 cm.Prix: 69 fr.b./'''ETTE ÉPÎTRE s\u2019adresse à des jeunes moines chartreux du XIIe siècle pour les soutenir et les stimuler dans leur quête absolue de Dieu.Commencée sur le ton d\u2019une conversation familière, elle prend bientôt la tournure d\u2019un véritable directoire monastique et d\u2019une petite somme de vie ascétique et mystique.L\u2019A.conduit l\u2019homme animal, « qui ne perçoit pas encore ce qui est de Dieu », à l\u2019homme spirituel, « qui scrute tout, même les profondeurs divines ».Ce document, un des plus beaux écrits de spiritualité, présente une doctrine dont la richesse et la discrétion ont profité de^tout temps aux âmes avides de posséder Dieu.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Export \"A à bout filtre Erwin RlNGEL et Wenzel VAN Lun: Psychothérapie et Direction de conscience.Texte français de J.Minéry.Coll.« Siècle et catholicisme ».\u2014 Tours, Maison Marne, 1956, 193 pp., 18 cm.Prix: 540 fr.T A DIRECTION des âmes exige que le prêtre connaisse la psy-^ chologie, même analytique, et sache quels obstacles la névrose et les tendances névrotiques opposent à l\u2019action de la grâce.La direction spirituelle ne supplée pas la psychothérapie, ni vice versa.Mais prêtre et médecin (psychothérapeute ou non) doivent collaborer, chacun selon sa spécialité.Des milliers d\u2019âmes se détournent de Dieu et de la vie chrétienne par suite de névroses non liquidées, que l\u2019incompétence du prêtre ou du médecin ne fait qu\u2019aggraver.Le prêtre étudiera donc la psychologie, le médecin aussi; et le psychothérapeute, sans dogmatiser ni moraliser, libérera les névrosés pour les rendre dociles à l\u2019Esprit.Des analyses de cas (hystérie, homosexualité, scrupule) illustrent les principes des AA.Livre profitable, malheureusement déparé par des fautes de toutes sortes: vocabulaire, syntaxe, orthographe, typographie.Malgré certaines réserves (quoi qu\u2019en disent les AA., la grâce peut agir dans une âme névrosée, et il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être médecin pour exercer efficacement la psychothérapie), nous recommandons cet ouvrage aux médecins et aux prêtres, surtout s\u2019ils sous-estiment la psychothérapie, et nous souhaitons qu\u2019ils le prennent au sérieux.Joseph d\u2019Anjou.PHILOSOPHIE, LITTÉRATURE Chan.Henri Thibeaud: A Dieu et à Jésus-Christ par la philosophie.\u2014 Paris (10, rue Cassette), Lethielleux, 1956, 336 pp., 22.5 cm.Prix: 800 fr.CURIEUX ouvrage, riche d\u2019érudition et de saine philosophie, et pourtant décevant.Après 230 pages où l\u2019A.résume la pensée des plus grands philosophes (de Socrate à Gabriel Marcel) touchant la validité de la connaissance humaine et son aptitude à atteindre Dieu, on lit 50 pages qui condensent, sur ce double sujet, la doctrine thomiste, ancienne et actuelle, puis 50 autres qui devraient justifier le titre de l\u2019ouvrage et n\u2019y arrivent pas.L\u2019A.a bien vu que le problème critique est fondamental en lui-même et chez les penseurs de toujours, et qu\u2019il commande la démarche religieuse.On comprend qu\u2019il analyse la position prise là-dessus par les philosophes.De la sorte, on apprend, sans que l\u2019A.y insiste (la conclusion jaillit d\u2019elle-même), quelles sont les philosophies valables, les philosophes sûrs.Hormis saint Thomas et ceux qui s\u2019en rapprochent, volontairement ou non, il n\u2019y a guère de penseurs pleinement cohérents et vraiment réalistes.L\u2019A.ajoute aux critiques sévères qui s\u2019accumulent autour de Descartes; montre le fouillis de pensée et de langage de l\u2019existentialisme sartrien; souligne les insuffisances de l\u2019œuvre de Gabriel Marcel.Je le trouve injuste envers Blondel, dont il ne cite même pas les derniers ouvrages, surtout la Philosophie et l'Esprit chrétien, qui réalise à peu près parfaitement le projet de l\u2019A.La documentation de l\u2019A.reste incomplète, même dans la dernière partie: nulle mention des œuvres ni du P.Pinard de la Boullaye, ni du chanoine Masure, qui vont plus loin que l\u2019exposé de l\u2019A.Dommage, enfin, que fourmillent ici fautes d\u2019orthographe et de langue.Joseph d\u2019Anjou.304 RELATIONS Centre catholique des Intellectuels français: Philosophies de rhistoire.Coll.« Recherches et débats », n° 17.\u2014 Paris (18, rue du Saint-Gothard), Arthème Fayard, 1956, 224 pp., 19.5 cm.Prix: 500 fr.IL S\u2019EST dit et écrit beaucoup de choses en ces dernières années sur la philosophie de l\u2019histoire.Sujet extrêmement difficile, sur lequel les désaccords fourmillent.Ce cahier en est une nouvelle preuve: il renseigne bien sur la plupart des théories existantes, de Hegel à Heidegger, de Cullmann à Reinhold Niebuhr, mais apporte peu de neuf sur la conception proprement catholique de l\u2019histoire.L\u2019auteur du « liminaire », d\u2019ailleurs, l\u2019admet ouvertement: « On a esquissé une pensée critique., mais on n\u2019est pas allé jusqu\u2019à une doctrine à la fois positive et chrétienne du sens de l\u2019histoire.Notre propos s\u2019est trouvé en suspens, il sera repris et continué.» C\u2019est bien une impression d\u2019inachèvement que donne le contenu de ce cahier: des jalons ont été posés, des critiques faites, mais la doctrine positive est à peine esquissée.En appendices, on trouve des études intéressantes sur divers sujets, entre autres sur « l\u2019affaire Galilée » et sur le film italien la Strada, de Fellini, études d\u2019accès beaucoup plus facile au lecteur moyen que les précédentes sur la philosophie de l\u2019histoire.Richard Arès.Hans Urs von Balthasar: Le Chrétien Bernanos.Traduit de l\u2019allemand par Maurice de Gandillac.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1956, 574 pp., 19 cm.Prix: 1,200 fr.'C'RUIT d\u2019un énorme travail de recherches, ce volume explore à fond et avec minutie toute l\u2019œuvre de Bernanos, au point qu\u2019en terminant la lecture on ne peut s\u2019empêcher de se demander si, sur le sujet, il reste encore quelque chose à dire qui n\u2019aurait pas été dit.La partie principale de cette immense étude porte sur « l\u2019Église, milieu vital », et nous décrit « le chrétien Bernanos » plongé dans ce milieu et en émergeant pour le critiquer avec une virulence et un amour qui ne peuvent laisser personne indifférent.Très sympathique à son héros, mais non aveugle sur ses excès, l\u2019A.nous le montre passionné de vérité, de liberté et de charité, flagellant impitoyablement de ses sarcasmes les médiocres et les imbéciles, surtout dans les rangs de cette Église « cléricale » qu\u2019il n\u2019aime guère et dont il se scandalise volontiers.Sur ce dernier point, \u2014 l\u2019A.le note lui-même, \u2014 Bernanos fait penser à Luther, et il suit la voie du réformateur jusqu\u2019à la frontière de la révolte; mais rendu là, il prend congé de lui et fait de sa propre impatience, de son scandale, de sa fureur autant d\u2019offrandes au mystère du Dieu souffrant dans le monde, et surtout il écrit: « Qui prétend réformer l\u2019Église par.les mêmes moyens qu\u2019on réforme une société temporelle, non seulement échoue dans son ^entreprise, mais finit infailliblement par se trouver hors de l\u2019Église.On ne réforme l\u2019Église qu\u2019en souffrant pour elle, on ne réforme l\u2019Église visible qu\u2019en souffrant pour l\u2019Église invisible.On ne réforme les vices de l\u2019Église qu\u2019en pro- diguant l\u2019exemple de ses vertus les plus héroïques.» On aurait aimé trouver dans l\u2019ouvrage de M.Balthasar une critique plus serrée de certains jugements de Bernanos ainsi que de certaines de ses attitudes, notamment à l\u2019égard de l\u2019Église « cléricale »; lacune regrettable, car c\u2019est précisément ces jugements et ces attitudes qu\u2019acceptent le plus facilement les « imbéciles » de tout acabit si férocement dénoncés par Bernanos lui-même dans ses œuvres.Richard Arès.Antoine de Saint-Exupéry: Un sens à la vie.Textes inédits, recueillis et présentés par Claude Reynald.\u2014 Paris (5, rue Sébastien-Bottin), Librairie Gallimard, 1956, 259 pp., 18 cm.LA NOUVEAUTÉ de ces textes réside dans les genres littéraires ' qu\u2019ils représentent et auxquels l\u2019A.ne nous a pas accoutumés: la nouvelle (« L\u2019aviateur »), le reportage (« Moscou », Paris-Soir, 15 mai 1935; « Espagne ensanglantée », VIntransigeant, août 1936), l\u2019éditorial (« La paix ou la guerre », Paris-Soir, oct.1938), la préface (« Le vent se lève », dans Grandeur et Servitude de l\u2019aviation, numéro de Document consacré aux pilotes d\u2019essai).Dans tous ces textes, en particulier dans « La paix ou la guerre » et la fameuse « Lettre au général X », est vigoureusement posé l\u2019unique problème essentiel de notre époque: rendre au « désert » de l\u2019existence actuelle, où le contemporain « meurt de soif », une signification spirituelle, lui redécouvrir la présence de ses frères, la vérité du don de soi à un idéal commun, rétablir l\u2019authenticité d\u2019une « vie de l\u2019esprit plus haute encore que la vie de l\u2019intelligence » et qui seule soit véritablement en mesure de satisfaire l\u2019homme.Ce point de vue n\u2019apparaîtra peut-être pas tellement nouveau, puisque toute l\u2019œuvre de Saint-Exupéry rend le même son; il n\u2019a pourtant jamais été plus actuel qu\u2019aujourd\u2019hui.Joseph d\u2019Anjou.Paul Beaulieu: Jacques Rivière.\u2014 Paris (5, rue Rousselet) La Colombe, 1956, 237 pp., 18.5 cm.Prix: 500 fr./'\"'LASSIQUE par la composition et le style, par l\u2019équilibre ^ et la sérénité de la pensée, cette étude sur l\u2019auteur d\u2019A la trace de Dieu fait honneur aux lettres canadiennes.Beaulieu suit Rivière depuis sa belle amitié avec Alain-Fournier jusqu\u2019à sa mort en pleine maturité.Il analyse une âme et son évolution spirituelle, une œuvre et sa portée.Entreprise délicate: le personnage est complexe et il fut discuté; l\u2019œuvre aussi.Beaulieu, qui témoigne d\u2019affinités intellectuelles avec Rivière, défend l\u2019homme et l\u2019œuvre, sans naïveté, sans injustice envers les autres.Le milieu, les événements, la fonction (direction de la Nouvelle Revue française) expliquent chez Rivière les hésitations du converti, les lacunes de l\u2019apologiste, les sympathies douteuses du littérateur.On voudrait une brève réserve sur les attaches kantiennes de Rivière; un jugement sur Gide (que l\u2019A.n\u2019encense pas cependant) aussi ferme que sur Massis.Ici où là, l\u2019A.reste Tél.: Victor 5-0456 Chat le magne (BouXcieX, O, 3).Optométriste - Spécialiste de la vue Rééducation visuelle HEURES DE BUREAU: Sur samaina : da 9 h.à 6 h.La vandradi : da 9 h.à 9 h.Le samadi : de 9 h.h 1 h.1735, rue Saint-Denis, Montréal YOGOURT DELISLE LE PLUS SAIN DES LAITAGES FRAIS « L\u2019homme ne meurt, il se tue », dit-on.Il est exact que les résidus de la nutrition produisent dans l\u2019intestin des toxines qui empoisonnent lentement, continuellement.Un pot de Yogourt Delisle, pris chaque jour comme dessert, est souverain pour détruire les mauvais microbes de l\u2019intestin et donner plus de résistance à l\u2019organisme.Se consomme nature ou sucré.S\u2019harmonise bien avec les fruits frais.* *\t4e Pour livraison à votre domicile, veuillez appeler: J.DELISLE 5275, rue Berri Tél.: CR.4-0434 TOUS- LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) Le temple de la lumière » Béland BEN BÉLAND, prés.JEAN BÉLAND, Ing.P., sec.-trés.7152, bout.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* NOVEMBRE 1957 305 vague (pp.152-153) ou ambigu (184, 187, 230); ailleurs, il glisse sur le problème difficile de la gratuité de l\u2019art (158), néglige de porter un jugement moral (171: Rivière provoque Béraud en duel).Mais les beaux passages, les réflexions justes abondent: sur la fausse sincérité (47), l\u2019importance de la culture religieuse (56), la joie qu\u2019apporte la croix (82), l\u2019influence inévitable de l\u2019écrivain (98), la collaboration intellectuelle au niveau international (161-164), la nécessité de ne pas répéter les expériences de Rivière, mais de les dépasser (232).Cet ouvrage est un très bon exemple de critique littéraire intelligente et constructive.Joseph d\u2019Anjou.QUESTIONS SOCIALES ET ÉCONOMIQUES Jean de Livonnière et Marcel Clément: Scènes de la vie sociale.Illustrations de Roger Sam.\u2014 Beaumont-Monteux (Drome), Centre français de sociologie, 1955, 191 pp., 22 cm.CE MANUEL de sociologie rurale peut rendre de bons services chez nous, même si un certain nombre de pages concernent spécialement la France.A qui rendra-t-il service ?Non seulement aux élèves des cours de formation rurale, mais, comme le note justement l\u2019auteur de la préface, à « tous ceux qui, avant de passer le flambeau, assument actuellement des responsabilités sociales dans nos campagnes; pères et mères de familles, éducateurs, chefs paysans y trouveront ou raffermiront les bases doctrinales de leur mission ».Des illustrations abondantes et plaisantes frayent le chemin aux explications doctrinales sur la sociologie en général, sur l\u2019économie sociale, sur la sociologie et l\u2019économie rurales.Tous les ruraux qui utiliseront attentivement ce manuel seront plus fiers et plus sûrs d\u2019eux-mêmes pour résoudre les problèmes de leur milieu.Albert Plante.A.Dauphin-Meunier: L\u2019Église en face du capitalisme.Bibliothèque Ecclesia.\u2014 Paris (18, rue du Saint-Gothard), Arthème Fayard, 1955, 190 pp., 19.5 cm.Prix: 400 fr.VOICI une incursion rapide sur l\u2019Église et la formation du capitalisme.En cinq chapitres, l\u2019A.présente la réaction luthérienne, la réforme calviniste, le système bourgeois, le capitalisme libéral et le capitalisme moderne.Il démontre à grands traits de plume que le régime capitaliste n\u2019est pas immuable, qu\u2019il a été et demeure mouvant.On aurait souhaité une étude plus poussée des influences philosophiques sur les transformations du capitalisme depuis le Moyen Age; l\u2019A.aurait rempli un vide immense en science économique.Il a voulu faire vite et présenter un volume de caractère populaire.Il a répondu à l\u2019attente d\u2019une catégorie de lecteurs; mais il déçoit l\u2019économiste de profession.Espérons qu\u2019un jour, avec les matériaux qu\u2019il a déjà ramassés, il nous offrira cette œuvre scientifique.Émile Bouvier.Marcel Clément: Le Chef d\u2019entreprise.\u2014 Paris (1, rue Palatine), Nouvelles Éditions latines, 1956, 284 pp., 19 cm.Prix: 500 fr.QOCIOLOGUE chrétien, apôtre ardent, l\u2019A.écrit beaucoup.^ Son dernier ouvrage explique en trois parties de longueur symétrique les prudences du chef d\u2019entreprise: la prudence politique, la prudence économique, la prudence sociale.C\u2019est une sorte de prolongement d\u2019un livre sur la participation des salariés aux responsabilités de l\u2019entrepreneur, auquel il a collaboré.Solide et sûr du point de vue doctrinal, l\u2019ouvrage paraîtra difficile au chef d\u2019entreprise lui-même.Le style de M.Clément est celui du professeur; il devrait monnayer sa pensée dans une langue adaptée à l\u2019industriel, celle des faits et de l\u2019expérience pratique.Il atteindrait ainsi un monde auquel il s\u2019intéresse, mais qu\u2019il n\u2019a pas encore réussi à pénétrer: on le constate à des omissions sérieuses concernant les contremaîtres, le progrès technique, la vie quotidienne avec le syndicat, l\u2019administration de la convention collective, la solution des griefs, la formation des cadres, etc.Si les principes de l\u2019A.passaient dans l\u2019application concrète, les patrons l\u2019écouteraient sans doute et le suivraient.Émile Bouvier.Michèle Aumont: Monde ouvrier^méconnu.Carnets d'usine.\u2014 Paris (79, rue de Gentilly), Éditions Spes, 1956, 423 pp., 20 cm.Prix: 750 fr.?'\"''E BEAU LIVRE n\u2019est ni une réédition de Femmes en usine, ni une refonte des Dialogues de la vie ouvrière.Par les matériaux, il se rattache au premier; par la méthode d\u2019analyse, au second.Étude descriptive du monde ouvrier tel qu\u2019il est, l\u2019ouvrage vise à détruire erreurs et préjugés.Avec un souci aigu d\u2019exactitude et d\u2019impartialité, l\u2019A.décrit en trois actes la monotonie quotidienne du drame ouvrier: l\u2019existence à l\u2019usine, le travail lui-même, l\u2019action et la vie.Véritable poème que ce carnet d\u2019usine aux pages vibrantes, aux traits directs, aux anecdotes comiques, aux récits pleins de verve et de bon sens.Tout y passe: embauche, pointage, vestiaires, cantines, paye, griefs, accidents, sortie.L\u2019A.parle de « l\u2019indigestion de rondelles », de « l\u2019écœurement des trous en série », de cet engrenage parfois odieux, de ce tissu d\u2019uniformités que viennent briser les seules attentes: sortie du soir, fin de semaine, congés payés; rien dans le présent, tout pour l\u2019avenir.Avec ce livre réaliste, brutal parfois, mais terriblement vrai, Michèle Aumont se classe au rang des meilleurs sociologues de notre temps.Émile Bouvier.Juan Landerreche ObregÔN: Participaciôn de los Trabaja-dores en las Utilidades de las Empresas.\u2014 Mexico, Editorial Jus, 1956, 257 pp., 22 cm.'C'N DIX CHAPITRES, l\u2019A.présente une étude théorique et historique sur la participation aux bénéfices.La partie théorique occupe six chapitres (I, II, V-VIII); la partie histo- Pour vanter un beau jour, attends sa fin .mais pour vanter les mérites du chauffage par rayonnement, vous n\u2019avez qu\u2019à visiter notre édifice pourvu de ce prodigieux système.Nous ne disons pas que c\u2019est le mode de chauffage le plus moderne, le plus hygiénique, le plus économique, nous faisons mieux: nous vous en offrons la preuve! 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relève de la justice commutative, et les travailleurs doivent recevoir la plus-value qui leur est due après défalcation du coût de tous les facteurs de production (p.42).L\u2019A.prône trop facilement la thèse selon laquelle les ouvriers ont un droit aux bénéfices en justice commutative; sans s\u2019en rendre compte, il tombe dans la théorie du contrat social à la manière de Von Thunen, avec l\u2019appareil scientifique en moins.Ce chapitre me paraît trop superficiel pour satisfaire un lecteur averti.L\u2019A.aurait dû se limiter à la partie historique et laisser à une autre compétence la partie philosophique.En outre, sa bibliographie accuse des lacunes considérables; raison pour croire que l\u2019A.fait œuvre de vulgarisation plutôt que de science.Émile Bouvier.George F.F.Lombard: Behavior in a Selling Group.A Case Study of Interpersonal Relations in a Departmental Store.\u2014 Boston (Harvard University), Division of Research; Graduate School of Business Administration, 1955, 359 pp., 21 cm.Prix: $4.TL N\u2019ÉTAIT PAS FACILE d\u2019entreprendre une étude sur le **¦ comportement des vendeuses d\u2019un magasin de nouveautés.L\u2019A.a tenté ce coup de force et l\u2019à réussi, du moins en partie.Son volume comprend quatre sections: la première décrit la tâche quotidienne des vendeuses et leurs réactions psychologiques; la deuxième porte sur les relations entre les commis et les clients; la troisième considère les réactions des directeurs du magasin à l\u2019égard du personnel, spécialement en matière de salaire et d\u2019évaluation du travail accompli (ici, l\u2019A.met en relief l\u2019opposition qui existe entre les jugements de la direction et ceux des subordonnés); enfin, la quatrième partie conclut que les mésententes relèvent des difficultés de communication et de compréhension entre la direction et le personnel; d\u2019où la nécessité de former les vendeuses.Cette recherche ouvre des aperçus nouveaux sur la psychologie de la vente.On s\u2019étonne toutefois que l\u2019A.ait attendu quinze ans pour publier une étude faite en 1940.La nature humaine ne change pas, il est vrai, mais la main-d\u2019œuvre se transforme à un rythme tel que des observations datant de quinze ans risquent de manquer d\u2019actualité.En outre, l\u2019échantillonnage comprend seulement vingt vendeuses.Est-ce suffisant pour une publication scientifique ?Voilà deux faiblesses qui, à mon avis, peuvent nuire à la sûreté des conclusions.En revanche, grâce à certaines trouvailles psychologiques, la direction des grands magasins peut apprendre de l\u2019A.à mieux former son jugement sur le travail du personnel féminin.Émile Bouvier.John P.WlNDMULLER: American Labor and the International Labor Movement, 1940 to 1953.\u2014 Ithaca (N.Y.), Cornell University, The Institute of International Industrial and Labor Relations, 1954, 243 pp., 22.5 cm.Prix: $3.DOUR LES SPÉCIALISTES en relations industrielles et en questions ouvrières, voici un volume qui éclairera l\u2019un des aspects les plus complexes du mouvement ouvrier.L\u2019A.met en relief le rôle des syndicats américains dans le mouvement ouvrier international, et durant la période la plus mouvementée, celle de 1940 à 1953.De ses treize chapitres, les neuf premiers traitent de l\u2019influence des syndicats américains sur la Fédération mondiale des Syndicats (F.M.S.) et les quatre autres, de la Confédération mondiale des Syndicats libres.Il décrit brièvement la transformation de la première et de la deuxième internationale, mais suit pas à pas le développement de la F.M.S.Il souligne les divisions profondes du mouvement ouvrier américain, F.A.T.et C.O.L, qui se reportent sur le plan international.La crise syndicale qui existait dans le C.O.L, à cause de l\u2019effort de guerre allié, aboutit à séparer les éléments de droite et de gauche.Et le C.O.L, avant même d\u2019avoir réalisé le grand nettoyage de 1950, finit, vu l\u2019opposition des Russes au plan Marshall, par casser ses relations avec la F.M.S.et du même coup par se rapprocher de la F.A.T.Suivit la deuxième période, celle de la Confédération mondiale des Syndicats libres, qui fut moins politique et plus syndicale.L\u2019influence américaine, surtout celle de la F.A.T., se montra bienfaisante, mais peu profonde.Tout le long de son ouvrage, l\u2019A.s\u2019est arrêté à quatre facteurs essentiels qui, selon lui, définissent l\u2019influence des syndicats américains: les faits historiques, le dynamisme syndical aux États-Unis, la philosophie traditionnelle du syndicalisme d\u2019affaires, le but de l\u2019action syndicale internationale.Il ressort de cette thèse bien charpentée que les syndicats de nos voisins sont demeurés fermes dans la lutte contre le communisme, mais plutôt embarrassés et impuissants devant la philosophie syndicale européenne.L\u2019A.se défend de toucher aux puissances politiques; mais dans la période qu\u2019il étudie, il n\u2019est pas facile de faire abstraction de l\u2019alliance soviétique, de la deuxième guerre mondiale, du plan Marshall, du coup d\u2019Êtat en Tchécoslovaquie, de la guerre de Corée, de la politique raciale de l\u2019Afrique du Sud, du plan Schuman et de combien d\u2019autres événements qui ont influencé les décisions syndicales.C\u2019est peut-être la faiblesse qui empêche l\u2019A.d\u2019isoler les influences proprement syndicales.En outre, il n\u2019a peut-être pas suffisamment souligné le rôle de Léon Jouhaux (de la C.G.T.), qui fut capital.Ces quelques déficiences, toutefois, n\u2019infirment pas la valeur et l\u2019utilité de la thèse.Même si elle étudie une période trop récente, elle s\u2019impose à tout spécialiste du mouvement ouvrier international et du syndicalisme américain.Émile Bouvier.Jacques Henripin: Les Divisions de recensement au Canada, de 1871 à 1951.\u2014 Benoît Brouillette: Les Principales Industries manufacturières du Canada.\u2014 Montréal (535, av.Viger), Ecole des Hautes Études commerciales, 1956, 1957, 60, 110 pp., 24 cm.T E SERVICE de Documentation économique de l\u2019École des Hautes Études commerciales de Montréal continue à publier des brochures fort instructives et utiles.L\u2019étude de M.Henripin, tout en étant très technique, est appelée à rendre de grands services à tous ceux qui veulent utiliser scientifiquement les statistiques régionales des recensements fédéraux.Celle de M.Brouillette donne la description de la structure géographique de l\u2019industrie manufacturière canadienne; elle permet de se renseigner rapidement sur la localisation des divers types d\u2019industries au Canada, sur le nom et l\u2019importance des entreprises \t LA PLUS LONGUE PROTECTION\t Notre police d'assurance\tUN SECOND CAPITAL vie-choisie\tqui équivaut souvent ne comporte pas\tau premier.la seule remise\tDétails gratuits d'UN CAPITAL au décès de l'assuré;\tsur demande.la famille retire aussi\tLUCIEN LADOUCEUR, gérant UNE RENTE\tDivision Montréal 7 et 8 pendant I0-I5 ou 20 ans\t1555 est, rue Jean-Talon et, lorsqu'elle cesse,\tCR.7-5474 nous lui remettons\tMONTRÉAL 35 \t NOVEMBRE 1957 307 qui les exploitent et sur les diverses caractéristiques économiques de ces industries.Bref, deux brochures précieuses pour les chercheurs.\t-D .ABBÉ Pierre: Le Défi de l'abbé Pierre et les Chiffonniers d\u2019Emmaüs.D\u2019après le film de Robert Darène.Coll.« Livre-film ».\u2014 Tours, Marne, 1956, 127 pp., 21 cm.T OGER les sans-logis, employant à cette tâche des gueux, des hommes désespérés parce qu\u2019ils se croient inutiles et « plus bons à rien », leur donner « non seulement de quoi vivre, mais des raisons de vivre », tel est le but de l\u2019abbé Pierre.La véridique histoire d\u2019Emmaüs, point de départ d\u2019une œuvre émouvante, a servi de thème au film dont on trouve ici l\u2019essentiel: texte et nombreuses photos.Boucherville, Que.Béatrice Clément.MONOGRAPHIES HISTORIQUES ET SCIENTIFIQUES Joseph André: Prince du nord.Vie de saint Norbert.\u2014 Ta-rascon-sur-Rhône, Abbaye Saint-Michel de Frigolet, 1953, 208 pp., 19 cm.INTELLIGENT, bel homme, chapelain^de l\u2019empereur Henri V de Germanie et membre du Conseil d\u2019État, Norbert mène une vie princière à la cour.Jeté à bas de son cheval pendant une tempête, le clerc mondain se relève transformé.Tout à Dieu désormais, il connaît les épreuves réservées au zèle, souvent maladroit, des convertis.Il fonde l\u2019ordre des Prémontrés, puis une congrégation de religieuses, les Norbertines; un siècle avant saint François et saint Dominique, il s\u2019adjoint un tiers ordre.Archevêque de Magdebourg, primat de Germanie et chancelier d\u2019empire, ami de saint Bernard et grand convertisseur d\u2019âmes, celui dont la sainteté s\u2019impose à tous se trouve mêlé aux grands événements historiques de son temps: querelle des investitures, concile de Reims, règlement de l\u2019élection d\u2019innocent II.A sa mort, vers l\u2019âge de cinquante-quatre ans, sa famille spirituelle comptait quarante-cinq monastères et des milliers de religieux, de religieuses et de tertiaires.A la portée de tous, ce livre, écrit par un religieux prémontré, nous familiarise avec un saint attachant et trop peu connu du grand public.Joseph d\u2019Anjou.Fernand Hayward: L\u2019Énigme des Borgia.Coll.« Visages de l\u2019Église ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Le Centurion, 1956, 124 pp., 19 cm.TDRÊSENTÉE par un historien scrupuleux, spécialiste de la Rome pontificale, cette étude de la famille Borgia, d\u2019Alexandre VI en particulier, intéresse prodigieusement.Sans tenter une réhabilitation systématique, l\u2019A.fait la part de la légende et de la réalité.En replaçant le personnage dans son milieu et son époque, en le jugeant à la lumière des faits historiquement prouvés, il conclut que ce pape énergique fut l\u2019objet de beaucoup de haines génératrices de mensonges et de calomnies tenaces.Si répréhensible qu\u2019ait été sa conduite privée, Alexandre VI, qui ne perdait jamais de vue les intérêts supérieurs de l\u2019Église, ne fut pas le monstre que certains contemporains ont dénoncé.Des phrases interminables et une abondance de noms propres et de titres nuisent à la clarté du texte et en rendent la lecture laborieuse.Boucherville, Qué.Béatrice Clément.Iulius SCHWARTZ: Comment voir à la loupe.Petites choses, grands effets.Traduit et adapté de l\u2019américain par Michel Deutsch.Illustrations.de Chantal Masnou.- H.Gossot, F.RAMSEYER: Calendrier des dates célèbres.Octobre, novembre, décembre.Illustrations de Christian Fontugne.Coll.«Je sais, je sais».\u2014 Tours, Marne, 1956, 182, 192 pp., 18 cm.Prix: 300 fr.COUS une solide couverture cartonnée, voici des textes ins-^ tructifs, de nature à passionner tout adolescent un peu curieux des gens et des choses.Schwartz explique comment, à peu de frais, se procurer une loupe et fabriquer une table d\u2019observation.Puis, on part à la découverte.Signalons quelques sous-titres des quatre grandes divisions de cet intéressant ouvrage: les profondeurs de la peau, les doigts qui signent, l\u2019oignon et vous, de la vie dans la poussière, des points qui font image.- Dans chacun des mois nommés, Gossot et Ramseyer ont choisi une dizaine de dates célèbres.J\u2019en relève quelques-unes pour montrer la variété des sujets abordés: le Français Clément Ader vole pour la première fois, le trésor de Jean sans Terre s\u2019enlise, la mort de Chopin, le premier essai d\u2019éclairage public, la première course de bicyclette en France, rencontre de Stanley et de Livingstone, inauguration du canal de Suez, naissance du premier timbre-poste.Les dessins des deux artistes s\u2019adaptent aux textes qu\u2019ils illustrent parfaitement.Béatrice Clément.Boucherville, Qué.J.Gray: Comment se meuvent les animaux.Traduit par H.Couppié.Illustré par E.Bawden.Coll.« Les heures scientifiques ».\u2014 Paris (92, rue Bonaparte), Editions Dunod, 1955, 133 pp., 22 cm.Prix: 580 fr.ON VOUDRAIT voir ce volume dans les bibliothèques publiques de jeunes et sur l\u2019étagère à livres de l\u2019adolescent curieux, surtout s\u2019il est naturaliste.L\u2019A.expose d\u2019abord les principes de toute propulsion, puis il décrit successivement la nage, la marche et la course, le saut, la reptation, le vol plané et le vol à ailes battantes.De nombreux dessins et photos illustrent les explications, qui sont claires et simples.Ouvrage à recommander.Béatrice Clément.Industries DllBË Ltée J.-B.DUBÉ, président Spécialistes en bois d\u2019ébénisterie RA.7-2859 Montréal 5939/ 3e Avenue ont Fondée en 1900 Entrepreneurs électriciens d\u2019expérience disposés à résoudre vos problèmes Spécialistes dans la vente de meubles et d\u2019appareils électriques CR.4-8341 6575, rue St-Denis, Montréal-10 RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Richard Arès Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit.Collaborateurs : Joseph-P.Archambault, Émile Bouvier, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Gérard Hébert, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Joseph d\u2019Anjou.Administrateur : Albert Plante Prix de l\u2019abonnement : $3.00 par année \u2014 A l\u2019étranger : $3.50 8100, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.: DUpont 7-2541 308 RELATIONS ÉTAGÈRES et MEUBLES D\u2019ACIER Bibliothèques \u2014 Fichiers \u2014 Appuis-livres \u2014 Classeurs pour plans \u2014 Etagères vitrées pour instruments \u2014 Étagères d'entrepôt, etc.ELECTRICAL MANUFACTURING LTD.Claude ROUSSEAU, prés.Montmagny\tMontréal Plans et estimations fournis sur demande sans obligation.*2 LES CAFÉ - THÉ - CONFITURES J.-A.Dés y, Limitée 1459, avenue de Lorimier\tMontréal achète bien qui achète dupuis^r MONTREAL PÈLERINAGE MARIAL à Notre-Dame de la Guadeloupe \u2014 Mexique organisé par le Sanctuaire national de Notre-Dame-du-Cap.Départ de Montréal par avion de Canadian Pacific Airlines le 29 novembre.Retour le 1 5 décembre.Visites : MEXICO, XOCHIMILCO, VERA CRUZ, FORTIN DE LA FLORES, PUEBLA, CUERNAVACA, TAXCO.?17 JOURS: $475 ?Voyage facultatif à Acapulco VOYAGES HONE 1460, AVENUE UNION, MONTRÉAL-2 \u2014 VI.5-8221 Qui le voit.le veut ! LE DICTIONNAIRE USUEL Quillet-Flammarion En moins d\u2019un an, sa supériorité s\u2019est affirmée dans tous les milieux.De hautes personnalités dans le domaine de l\u2019enseignement lui rendent un témoignage incontestable de supériorité sous tous rapports: texte, illustrations, impression en héliogravure sur papier surglacé blanc, reliure solide et élégante.PARENTS ! Vous avez à coeur de procurer à vos enfants le meilleur instrument de travail pour contribuer à leurs succès à l\u2019école.Choisissez le Dictionnaire Usuel Quillet-Flammarion.A prix égal, vous obtenez plus du double de valeur.ETUDIANTS, ÉTUDIANTES ! 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