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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1958-08, Collections de BAnQ.

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[" MONTRÉAL Les devoirs de l\u2019État dans l\u2019éducation \u2014 Il Marcel MARCOTTE Note sur Pierre Teilhard de Chardin, S.J.Luigi d\u2019APOLLONIA Le régime scolaire aux Pays-Bas Mgr Frans Op de COUL L\u2019affaire du gaz naturel ¦¦¦¦¦¦¦¦ ÉDITORIAL Retraites de jeunes ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ Joseph LEDIT La suggestion subliminale ¦¦¦¦¦¦¦¦ Jules PAQUIN Nos hommes d\u2019affaires couronnent leurs études ¦\t¦ Joseph-P.ARCHAMBAULT 35* REVUE DU MOIS SOMMAIRE Août 1958 L\u2019épargne Solution à pluiieuxi pxoolèmes .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C\u2019est l\u2019épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l\u2019instruction des enfants.C\u2019est l\u2019épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAMIM1 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 PROFESSIONNELS et HOMMES DAFFAIRES / Economisez 50% sur le coût de votre assurance-vie pendant les dix premières années \u2022\tValeurs de rachat dès la 3e année \u2022\tMontant minimum : $10,000 VOYEZ VOTRE REPRÉSENTANT RÉGIONAL LUCIEN LADOUCEUR, gérant Division Montréal 7 1555 est, rue Jean-Talon, MONTRÉAL RA.9-1805 CAISSE\tD\u2019ÉCONOMIE Compagnie-mutuelle Assurances-Vie et Rentes Viagères 41 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal - VI.5-3291 Éditoriaux.197 Tous contre les feuilles immorales.\u2014 L'affaire du gaz naturel.\u2014 Les relations canado-américaines.\u2014 Nasser.Articles Les devoirs de l\u2019État dans l\u2019éducation \u2014 II.Marcel Marcotte 200 Retraites dejeunes.Joseph Ledit 204 Note sur Pierre Teilhard de Chardin, S.J.Luigi d\u2019Apollonia 206 Avec ou sans commentaires.210 Le Pape nous parle.\u2014 La révolution scolaire moderne et les devoirs des responsables de l\u2019économie privée.\u2014 L\u2019Église et la guerre.Articles Le régime scolaire aux Pays-Bas.Mgr Frans Op de Coul 212 NOS HOMMES D\u2019AFFAIRES COURONNENT leurs études.Joseph-Papin Archambault 214 La suggestion subliminale.Jules Paquin 215 Au fil du mois.216 Rome et les écoles mixtes.\u2014 Journées de l\u2019O.C.I.C., à Paris.Mgr Knox ou la vérité de la charité.\u2014 Le congrès des insti- tuteurs.Les livres.218 Revue des revues.224 J^elationâ REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs : Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit.Collaborateurs: Joseph-P.Archambault, Émile Bouvier, Émile Gervais, Gérard Hébert, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Joseph d\u2019Anjou.Administrateur : Albert Plante.Rédaction et administration: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Jacques Séguin, du Service de Publications Seg, Limitée: Montréal, 4234a, rue de Laroche, LA.6-6638; Toronto, H 6, Norris Crescent, CL.9-9742.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: Canada: $4 par année.Hors du Canada: $5.Le numéro: $0.35.Les articles de Relations sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l'Association canadienne des Bibliothèques.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa.6966 XVIII* année N° 212 Août 1958 Montréal l-di'totîaux Tous contre les feuilles immorales LE RALLIEMENT des Ligues du Sacré-Cœur à J l\u2019Oratoire Saint-Joseph, le 15 juin dernier, fut, de l\u2019aveu général, un véritable triomphe religieux.Grâce à la télévision, on a pu voir, en des centaines de mille foyers, la piété d\u2019une immense foule d\u2019hommes venus de tous les coins du pays et même des États-Unis, à travers lesquels deux cents prêtres circulaient pour les confesser et les communier.Après la messe, célébrée par S.Ém.le cardinal Léger, trois personnages de marque haranguèrent le vaste auditoire.L\u2019hon.sénateur Vaillancourt stigmatisa les feuilles qui donnent la vedette au vol, au meurtre, au suicide et au viol.L\u2019hon.Davie Fulton, ministre de la Justice, exposa le sens de la loi qu\u2019il projette et félicita les Ligues de leur campagne contre la mauvaise littérature.Enfin, le cardinal lui-même, dans une vibrante allocution où il provoqua le dialogue avec ses auditeurs, donna de fortes directives à tous les chrétiens.Quelques passages du discours du cardinal doivent retenir notre attention.Nous avons livré aux éditeurs scandaleux une lutte vigoureuse.Notre Saint Père le Pape nous disait l\u2019admiration qu\u2019il en éprouvait.Les profiteurs se disaient, en mars dernier, que notre intervention n\u2019aurait pas de lendemain.Qu\u2019ils se disent bien que la lutte ne fait que commencer.Déjà plusieurs de ces feuilles ont cessé de paraître; le tirage des autres a considérablement baissé.Désormais, les éditeurs pourront difficilement se leurrer et leurrer les autres.On en a assez, a déclaré le cardinal, des agissements de ces hommes scandaleux qui essaient, par une apologétique boiteuse, de se présenter comme de bons catholiques, tandis que, pour faire fortune, ils sont prêts à employer les moyens que condamne la conscience chrétienne.Voilà qui est clair.Certains exploiteurs ne pourront plus crier: « Éminence, on vous trompe! » Ce ralliement marque un point de départ.Le cardinal a tracé aux ligueurs le terrain de leur apostolat.C\u2019est d\u2019abord celui de la littérature populaire.Le champ de bataille est immense.Après avoir nettoyé la place publique des journaux mauvais, il faudra attaquer les livres, magazines et revues malhonnêtes AOÛT 1958 qui s\u2019étalent sur les comptoirs et \u2014 hélas! signe d\u2019une lâcheté hypocrite \u2014 que trop de libraires catholiques camouflent sous les comptoirs.Il a précisé dans quel esprit on doit mener cet apostolat.Il s\u2019agit d\u2019une vraie bataille; c\u2019est avec une âme de soldat que le ligueur va l\u2019entreprendre.Quand l\u2019épiscopat du Québec s\u2019insurge contre la mauvaise littérature, quand nos évêques déplorent que notre peuple s\u2019alcoolise et que notre jeunesse s\u2019abrutit dans les clubs et les grills, quand l\u2019Église déplore que la conscience chrétienne se pervertit et qu\u2019à moins d\u2019un réveil nous nous acheminerons vers un désastre spirituel, un ligueur comprend qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un appel aux armes, et, conscient de ses obligations, il entre dans la bataille, résolu à y mettre le meilleur de son intelligence et de son coeur, dût-il y recevoir les coups les plus pénibles.Pareil langage témoigne de la confiance du cardinal à l\u2019égard des Ligues.A elles de s\u2019en montrer dignes.Elles ont parfois attiré sur leurs membres des jugements défavorables.En certains milieux bien informés, on a prétendu que des Ligues paroissiales maintiennent aux postes de commande des officiers médiocres.Les prêtres de paroisse, dit-on encore, ne sont pas toujours soucieux de consacrer à leur Ligue les efforts et le temps qu\u2019il faudrait.Enfin, combien de ligueurs ne le sont que de nom! Nous ne saurions juger de la valeur de ces griefs.Toutefois, s\u2019ils sont fondés, il faut les faire disparaître.Le cardinal entend trouver dans les Ligues une armée aguerrie : deux cent mille hommes convaincus et résolus, quelle force au service de l\u2019Église! Le cardinal eut un mot de félicitations à l\u2019adresse de l\u2019hon.Davie Fulton, pour l\u2019intérêt qu\u2019il porte à notre problème.« Sa présence ici indique assez ce qu\u2019il pense de la saleté qui inonde nos kiosques.» Quelques-uns ont paru peu satisfaits du message de M.Fulton.Ils attendaient peut-être une déclaration à l\u2019emporte-pièce.C\u2019est oublier que le ministre de la Justice ne pouvait, à cette occasion, dire davantage, tandis que sa seule présence, comme le soulignait le cardinal, apportait un appui considérable à la cause soutenue par les Ligues.Nous comptons bien, d\u2019ailleurs, qu\u2019avant de rédiger le texte de loi dont nous avons besoin, l\u2019honorable ministre prendra tous les renseignements et avis qu\u2019il faut auprès des compétences aptes à l\u2019éclairer.Pour être efficace, la loi devra rejoindre les 197 exigences pressantes de la morale naturelle et les formuler en termes si précis que nulle avocasserie n\u2019en puisse fausser le sens et la portée.M.Fulton en a dit assez pour convaincre les éditeurs de mauvais journaux qu\u2019ils ne peuvent pas compter sur lui, tandis qu\u2019il peut, lui, compter sur l\u2019approbation de l\u2019immense majorité de la population.Il est donc impossible aux vendeurs de journaux d\u2019étaler sans honte et de vendre sans remords des feuilles condamnables.Bref, le ralliement du 15 juin fera époque.Que les Ligues du Sacré-Cœur tiennent à honneur de remplir leurs promesses, de répondre à la confiance dont on les entoure.Dans vingt-cinq ans, lors de leur centenaire, le peuple chrétien de notre province acclamera leur victoire et les conviera à de nouveaux, à de plus beaux apostolats.Unitaire du gaz naturel L\u2019AFFAIRE du gaz naturel, qui passionne actuelle-J ment l\u2019opinion publique dans le Québec, a de multiples aspects.En tant qu\u2019elle attise la rivalité des partis politiques et met en jeu leur avenir, elle ne nous concerne pas.Mais parce qu\u2019elle touche à la moralité publique ainsi qu\u2019à la pratique du civisme, elle ne peut nous laisser indifférents.Rappelons tout d\u2019abord qu\u2019en régime démocratique, le pouvoir n\u2019est pas, pour ses détenteurs, une propriété personnelle, mais une fonction de service; il constitue non pas un droit subjectif, qui serait inhérent à la personne des ministres publics et qu\u2019ils pourraient exercer selon leur bon plaisir et à leur profit, mais bien un droit objectif, c\u2019est-à-dire conféré en vue d\u2019un objet à atteindre, d\u2019une fonction à remplir, et réglé dans son exercice même par les exigences de cet objet ou de cette fonction.En d\u2019autres termes, les droits des gouvernants se mesurent sur leur devoir de servir le bien commun, et l\u2019une des premières exigences de la fonction qu\u2019ils détiennent, c\u2019est précisément de faire passer l\u2019intérêt général avant tout intérêt particulier, le bien public avant tout bien privé.Les droits de commander, de contraindre et d\u2019administrer, lit-on dans le Code de Morale politique publié par l\u2019Union de Malines, n\u2019existent pas pour les gouvernants eux-mêmes comme des droits subjectifs dont ils auraient le profit personnel.La puissance publique, comme toute autorité ou fonction quelconque, est faite pour servir.Serviteurs du bien public, les gouvernants n\u2019ont pas le droit d\u2019utiliser l\u2019instrument de la puissance à des fins d\u2019intérêt personnel.(ou) de gouverner pour le profit d\u2019une classe, d\u2019un parti.C\u2019est la doctrine traditionnelle de l\u2019Église.Rien d\u2019étonnant que les évêques de la province de Québec l\u2019aient rappelée explicitement dans leur lettre pastorale de 1950 sur le Problème ouvrier et qu\u2019ils aient ajouté (n° 161) : « Une démocratie ne serait plus digne de ce nom si les gouvernants la faisaient servir soit à leurs propres intérêts, soit à l\u2019intérêt de leur parti ou d\u2019un groupe de citoyens.» Voilà pour les principes.Dans l\u2019affaire du gaz naturel, les détenteurs du pouvoir à Québec y ont-ils conformé leur conduite?Pour y voir clair, il importe tout d\u2019abord de distinguer une double question en jeu: la question de fond et la question de mode.La question de fond qui se pose est celle-ci : la vente par le gouvernement québécois de son service public de gaz naturel à une compagnie privée est-elle un acte qui, dans les circonstances actuelles, sert ou dessert l\u2019intérêt général ?Il est permis, semble-t-il, de répondre par oui ou par non, selon la philosophie politique et sociale qu\u2019on adopte au préalable; mais cet acte même du gouvernement ne constitue pas, en soi, une irrégularité, une illégalité, une trahison ou un scandale.On nous permettra cependant de trouver étrange que le gouvernement se dessaisisse de son réseau de gaz naturel en faveur d\u2019une compagnie privée au moment où ce réseau, semble-t-il, va rapporter le plus de bénéfices et où l\u2019on répète de toutes parts qu\u2019un vaste et puissant trust est en train de se constituer dans le domaine de la distribution du gaz naturel; étrange aussi que cette vente soit suivie presque aussitôt d\u2019une hausse des prix pour les consommateurs.Reste la question du mode de vente: la manière dont s\u2019est accomplie cette transaction a-t-elle favorisé des intérêts particuliers au détriment de l\u2019intérêt général?Sur ce point, des accusations précises et graves ont été portées.On les a niées, mais non réfutées.On n\u2019a pas, du moins jusqu\u2019à présent, répondu à la principale accusation: comment se fait-il que tant de ministres, de politiciens et de hauts fonctionnaires se trouvent impliqués dans cette transaction à la fois comme vendeurs et comme acheteurs, à la fois comme défenseurs de l\u2019intérêt général et comme promoteurs d\u2019intérêts particuliers, à la fois comme serviteurs du bien public et comme intendants de leur propre trésor ?Tous ces ministres, politiciens et hauts fonctionnaires ont-ils agi de bonne foi et respecté les exigences de leur fonction?N\u2019ont-ils reçu que les honoraires auxquels ils avaient droit?N\u2019ont-ils rien sacrifié de l\u2019intérêt général pour favoriser des intérêts privés?Cette transaction a-t-elle donné naissance à des profits énormes aux dépens du public, à un « coup de bourse » de vingt millions, comme l\u2019affirme le journal le Devoir?Comment le savoir à moins que ne soient exposés clairement et impartialement tous les faits qui entourent cette vente ?Et cet exposé clair et impartial, le public ne peut l'attendre ni des accusateurs, ni des accusés, ni des partis politiques, mais uniquement d\u2019une commisson d\u2019enquêteurs qui ne soient rattachés ni aux uns ni aux autres et qui aient pleins pouvoirs pour faire la lumière dans cette affaire.Démocratie et gouvernement d\u2019opinion sont intimement liés, solidaires l\u2019un de l\u2019autre, et l\u2019une des premières tâches de tout gouvernement démocratique, c\u2019est, ainsi que le déclarait Pie XII en 1944, « de mettre le citoyen toujours plus à même d\u2019avoir son 198 RELATIONS opinion personnelle, de l\u2019exprimer et de la faire valoir conformément aux exigences du bien commun ».Des poursuites judiciaires pourront régler tel ou tel point particulier, elles ne suffiront pas à donner au public tous les renseignements voulus pour qu\u2019il puisse se faire une opinion éclairée et bien fondée sur cette affaire extrêmement complexe.Seule une enquête générale et impartiale nous paraît, dans les circonstances, répondre aux exigences du gouvernement démocratique.Les relations canado-américaines 13 ÈGLE GÉNÉRALE, les rencontres entre le Canada ^ et les États-Unis sont des rencontres de grand gala au cours desquelles on prononce de nobles clichés sur cette frontière s\u2019étendant, fièrement, trois mille milles, sans soldats en sentinelle, unissant autant que séparant deux pays amis.Cette fois-ci, la rencontre était de caractère différent.Elle ressemblait, sur le plan commercial, à d\u2019autres rencontres canado-américaines sur le plan militaire, et aurait dû en revêtir l\u2019importance.Malheureusement, il n\u2019en fut pas ainsi.Au dire de journalistes, les États-Unis vinrent à la conférence d\u2019Ottawa mieux préparés que le Canada.Le malaise qui existe actuellement entre nos deux pays est d\u2019ordre économique.Depuis la guerre, le commerce entre le Canada et les États-Unis a fait de grands bonds.Mais alors qu\u2019en 1950, le volume des échanges entre les deux pays était à peu près égal, aujourd\u2019hui le flot des marchandises coule surtout vers le nord.Le Canada exporte 60% de ses produits aux États-Unis; il y achète, cependant, 73% de ses importations.Le déficit canadien est devenu chronique.Le problème est sérieux.M.Eisenhower a expliqué trop facilement que ce déséquilibre est corrigé par les investissements américains au Canada.Ceux-ci sont de l\u2019ordre de douze milliards.Mais c\u2019est là une réponse qui relève de la politique économique et ne saurait, à proprement parler, régler une difficulté de politique commerciale.Problème d\u2019échanges monétaires, ces investissements américains assurent, il est vrai, au Canada une monnaie plus forte même que la monnaie américaine, comme M.Eisenhower l\u2019a noté avec un sourire; elle ne corrige pas, cependant, notre grave déficit commercial.Par contre, nous regrettons que, pour mieux affirmer notre canadianisme, nous ayons choisi de tant parler de notre commerce avec la Chine, si discutable du simple point de vue économique.D\u2019autant plus que l\u2019affaire des mille automobiles de la compagnie Ford de Windsor, thème de bien des discours électoraux, n\u2019a jamais existé, d\u2019après une déclaration de M.Rhys M.Sale lui-même, président de cette compagnie.La difficulté de trouver une solution vient de ce que le problème n\u2019est pas uniquement économique et AOÛT 1958 commercial.Il est aussi politique.Nos deux gouvernements pratiquent des formes différentes de démocratie.La formule américaine est caractérisée par la séparation complète non seulement du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif, comme chez nous, mais aussi du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif.Le président des États-Unis ne peut passer de loi, et il est inutile de se plaindre à la Maison Blanche de ce que fait le Congrès américain.Par contre, le premier ministre du Canada peut faire adopter des lois au parlement, s\u2019il détient la majorité.A la conférence d\u2019Ottawa, donc, M.Diefenbaker a proposé qu\u2019on instituât une commission conjointe du parlement canadien et du Congrès américain, à dessein d\u2019étudier nos relations commerciales; M.Eisenhower a dû répondre à cela dans le vague, car le Congrès est maître chez lui dans le domaine législatif.Mais le simple fait que nos deux formes de gouvernement diffèrent à ce point n\u2019est qu\u2019une raison de plus pour créer cette commission conjointe.M.Diefenbaker a parlé dans son discours de « la sincérité des hommes libres », et M.Eisenhower a dit qu\u2019il ne devrait jamais y avoir de « dernier mot entre amis ».La commission conjointe n\u2019est pas une formule magique, une sorte de panacée.Les difficultés commerciales continueront à surgir entre nos deux pays, comme elles continuent à surgir, à l\u2019intérieur même du Canada, entre l\u2019Est et l\u2019Ouest, entre Toronto et Montréal.Toutefois, cette commission conjointe, où l\u2019on se parlerait franchement entre amis et hommes libres, aurait l\u2019immense avantage de faire des rapports et de présenter des avis à ceux-là mêmes qui ont le pouvoir de légiférer sur nos échanges commerciaux.Nasser NOUS N\u2019HÉSITONS pas à écrire que la propagande a été maladroite à son égard.On a décrit, par exemple, le rire « homérique » du nouveau « pharaon », alors qu\u2019il ne faisait que prononcer le mot Misr (Égypte), découvrant à chaque fois non pas « des dents de loup », mais une bouche éclatante.On avait également prédit l\u2019embouteillage du canal de Suez, sous une administration égyptienne, incapable d\u2019assurer un trafic régulier.Or, grâce à l\u2019aide soviétique, les pilotes de la Compagnie de Suez furent retirés sans conséquence notable.Si étrange que cela puisse paraître, Nasser, jusqu'ici du moins, reste hostile au communisme.Il se souvient qu\u2019il a été conspirateur et qu\u2019il a, dans la clandestinité, mesuré l\u2019efficacité des communistes.Parvenu au pouvoir, il les craint et les traque.Hors la loi en Égypte, le parti communiste a été déclaré illégal dans toute la République arabe unie, la R.A.U., comme on écrit maintenant.D\u2019où vient alors que Nasser soit un homme si dangereux pour la paix du monde, et que, depuis son 199 voyage en U.R.S.S., il y ait eu l\u2019affaire du Liban et maintenant l\u2019affaire de l\u2019Iraq ?Ce n\u2019est pas que Nasser veuille rester neutre pour mieux profiter de l\u2019opposition entre l\u2019Est et l\u2019Ouest, c\u2019est qu\u2019il est dévoré par un nationalisme messianique qui, débordant les frontières du monde arabe, veut embrasser tout le monde musulman, du Maroc au Pakistan.Cette mégalomanie est décrite dans sa Philosophie de la révolution, et peut mener non seulement à l\u2019effondrement du pacte de Bagdad et de la doctrine Eisenhower, mais à une conflagration générale.La vraie paix est inconciliable avec ce genre de nationalisme.Les communistes égyptiens le savent qui, des prisons où la police de Nasser les a jetés, continuent quand même à exhorter leurs camarades à soutenir un régime qui les pourchasse.Les devoirs de l'Etat dans l'éducation - Il Marcel MARCOTTE, S.J.Voici la seconde partie des réflexions du P.Marcotte sur les devoirs de l\u2019État dans l\u2019éducation.La première partie a paru le mois dernier.POUR RÉPONDRE aux requêtes des temps nouveaux, l\u2019État démocratique est amené à jouer dans l\u2019éducation, comme en d\u2019autres domaines de la vie collective, un rôle de plus en plus actif.Nous avons convenu, pour apprécier cette influence, de nous placer tour à tour à deux points de vue différents, mais complémentaires: celui du sujet de l\u2019enseignement et celui de son objet.A qui enseigner?Quoi enseigner?En essayant de résoudre le premier problème, qui relève en partie de sa compétence, l\u2019État confère au second, qui n\u2019est pas de son ressort, une extrême acuité.C\u2019est ce que nous établirons avant de définir, en conclusion, les devoirs de l\u2019État dans l\u2019éducation.À QUI ENSEIGNER?L\u2019avènement de la démocratie, la promotion économique et politique des masses ont suscité dans le monde une aspiration irrésistible vers le progrès humain, c\u2019est-à-dire vers une participation plus générale et plus équitable de tous aux richesses matérielles et spirituelles de la civilisation.Nous n\u2019avons pas la naïveté de croire que, dans l\u2019âme populaire, cette aspiration soit toujours consciente et explicite.Mais elle est déjà impliquée dans la quête, plus modeste et plus intéressée, des compétences et des diplômes « qui permettent à quelqu\u2019un de réussir dans la vie ».Même dans le peuple, Qui donnera au colonel Nasser des conseils de bon sens?Le Canada n\u2019a pas d\u2019intérêts immédiats au Proche-Orient ni en Afrique.Il fait figure de nation impartiale.Il a même pris fait et cause, dans l\u2019affaire de Suez, pour l\u2019Égypte, contre la France et la Grande-Bretagne, les deux mères patries.Pourquoi ne serait-ce pas lui ?Si notre ambassade au Caire, de concert avec d\u2019autres, réussissait à faire comprendre à Nasser (mais est-ce encore possible ?) que mieux vaut orienter, avec l\u2019aide des institutions internationales, ses énergies vers des exploits intérieurs, économiques et sociaux que vers des exploits extérieurs, elle aura rendu à la cause même de l\u2019Égypte et à celle de la paix un immense service.Autrement Nasser nous tiendra sur le qui-vive encore longtemps.{Le 16 juillet 1958.) l\u2019homme sait qu\u2019il ne vit pas seulement de pain.L\u2019État démocratique a bien dû tenir compte des goûts et des besoins nouveaux qui s\u2019étaient fait jour dans la masse.Et puisque les individus, les familles et les communautés éducatives étaient incapables d\u2019atteindre seuls leurs objectifs, il fut amené, un peu partout, à prendre en main l\u2019enseignement, à tous ses niveaux et sous toutes ses formes.Lui-même, d\u2019ailleurs, y trouvait son profit, car, si l\u2019éducation coûte cher, elle rapporte, à longue échéance, bien plus qu\u2019elle n\u2019a coûté.C\u2019est ainsi que s\u2019opéra, sous l\u2019égide des pouvoirs politiques, la révolution scolaire grâce à laquelle, dans tous les pays, l\u2019enseignement et la culture ont proliféré et connu une diffusion sans pareille.Pour permettre au plus grand nombre d\u2019obtenir les biens de l\u2019esprit qu\u2019ils convoitaient, il fallait que l\u2019enseignement fût gratuit; il le fut.Pour forcer la main aux récalcitrants, il fallait que l\u2019enseignement devînt obligatoire; il le devint.Il est vrai qu\u2019il se fit, de surcroît, laïcisant, neutre, naturaliste, hostile à Dieu et à l\u2019Église.Mais ce fut, sans aucun doute, un accident.Cet accident, pourtant, s\u2019est produit trop souvent pour n\u2019être pas suspect.En vérité, dans toute cette histoire, l\u2019État paraît n\u2019avoir oublié qu\u2019une chose, celle, précisément, sur laquelle nous appuyons si fort: à savoir qu\u2019il n\u2019est pas dans ses attributions de monopoliser l\u2019enseignement et de mettre en tutelle les communautés, naturelles ou conventionnelles, intéressées à le distribuer.Néanmoins, une fois ces réserves faites, on ne voit pas de raison pour freiner ou pour enrayer le mouvement de démocratisation de l\u2019enseignement qui est en marche.L\u2019État est au service des personnes et de leurs intérêts les plus fondamentaux.Dans les limites de ses droits, il a le devoir de concourir par tous les moyens (y compris la fréquentation obligatoire et la gratuité généralisée) à la formation intellectuelle et professionnelle de ses membres, surtout des plus faibles et des plus besogneux.En théorie, ce devoir n\u2019a de cesse 200 RELATIONS qu\u2019au moment où chaque individu, sans égard à sa fortune, est mis en état de recevoir, dans les institutions de son choix, toute l\u2019instruction correspondant à ses talents et à ses goûts.En pratique, cependant, le devoir de l\u2019État coïncide avec son pouvoir, je veux dire avec l\u2019abondance ou l\u2019exiguïté de ses ressources, et l\u2019intérêt public qui préside à leur répartition.De ce point de vue, la politique de l\u2019autorité a besoin d\u2019être redressée.Il arrive trop souvent que le secteur de l\u2019enseignement est négligé au bénéfice d\u2019autres secteurs de la vie collective, objectivement moins importants, mais d\u2019un plus grand poids devant l\u2019électorat.C\u2019est pour la même raison, d\u2019ailleurs, que, dans le domaine même de l\u2019éducation, les gouvernants sont exposés à sacrifier d\u2019un cœur léger l\u2019enseignement supérieur, qui reste le privilège de l\u2019élite, à l\u2019enseignement primaire, technique ou professionnel, ouvert à tout le monde.Quoi qu\u2019on fasse, il y aura toujours plus de voyageurs sur les routes, plus de petits derrières sur les bancs de l\u2019école que d\u2019étudiants et de chercheurs à l\u2019université.Et tant que l\u2019opinion publique n\u2019attachera pas plus d\u2019importance au haut savoir qu\u2019à la voirie, l\u2019État démocratique aura tendance à courtiser les camionneurs.Certes, on pourra le blâmer de suivre l\u2019opinion au lieu de la précéder; de donner au peuple ce qu\u2019il demande plutôt que ce qu\u2019il devrait demander.Mais comment l\u2019en empêcher sans transformer l\u2019opinion publique ?Soyons précis.Puisqu\u2019en démocratie, la souveraineté, en quelque sorte, est transférée aux citoyens, la direction des esprits et des consciences, et ses prolongements sur le terrain politique se résument dans une action concertée de l\u2019élite pensante sur les citoyens eux-mêmes, dont chacun pour ainsi dire possède une parcelle de souveraineté.Ceux-ci, participant à la vie politique, voire même construisant l\u2019État, sont seuls aptes à proposer, à exiger la mise en chantier ou le renouvellement des institutions correspondant à leurs aspirations.Nous revenons par d\u2019autres détours à ce que nous avons déjà dit: le problème de l\u2019enseignement supérieur, en démocratie, n\u2019est pas d\u2019abord un problème d\u2019argent, c\u2019est un problème d\u2019éducation.Il serait vain d\u2019attendre que l\u2019État, spontanément, ouvre ses coffres pour le résoudre selon les vues du petit nombre.On n\u2019agira sur l\u2019État que par la masse, et sur la masse que par l\u2019élite.L\u2019avenir de l\u2019éducation, au Québec comme ailleurs, réclame l'effort de tous.QUOI ENSEIGNER?L\u2019inquiétude contemporaine à l\u2019égard de l\u2019éducation, dans les pays avancés, ne porte pas tant sur le sujet de l\u2019enseignement que sur son objet; elle concerne, en règle générale, bien moins sa diffusion quantitative que son contenu qualitatif.Si le Québec s\u2019attarde à débattre encore le premier problème, c\u2019est peut-être qu\u2019il a déjà résolu le second; mais il n\u2019est pas imperti- AOÛT 1958 nent de prétendre qu\u2019il a plutôt un gros retard à rattraper.Un jour prochain, nous l\u2019espérons, on cessera de parler, chez nous, de gratuité scolaire.L\u2019inquiétude commune, à ce moment, nous ressaisira.Cette inquiétude, à l\u2019étranger, se manifeste dans l\u2019intensité de la réflexion pédagogique, dans les perfectionnements qu\u2019on apporte sans cesse à l\u2019art didactique, dans l\u2019immense littérature qu\u2019on publie sur le sujet.La caractéristique la plus voyante de la situation est la confusion.On multiplie les essais, on modifie continuellement les buts et les systèmes; l\u2019éducation se désagrège en une succession cahotique d\u2019expériences pédagogiques qui se soldent, avec une régularité lassante, par des demi-réussites qui sont aussi des demi-échecs.L\u2019éducation se cherche, elle ne parvient pas à se retrouver.Or, si l\u2019on creuse jusqu\u2019à la racine de cette perplexité, on se redécouvre en face de l\u2019État.En démocratie, il est normal et juste que l\u2019État se préoccupe de la formation de la jeunesse, car c\u2019est d\u2019elle que sortiront les hommes qui sont appelés à le porter un jour dans leurs mains.Aussi longtemps qu\u2019il se contente de multiplier les écoles et d\u2019en ouvrir les portes toutes grandes, il reste dans son rôle, et l\u2019éducation bénéficie de tant d\u2019empressement.Mais quand, pour mieux pourvoir, il administre; pour mieux coordonner, il gouverne; et qu\u2019il se mêle de fixer à l\u2019enseignement ses méthodes, ses programmes et ses objectifs, l\u2019éducation est en péril.L\u2019État démocratique est, par définition, le garant des formes particulières que prend, en tout domaine, et donc aussi dans le domaine de l\u2019enseignement, l\u2019organisation de la vie des masses.Or, la masse, comme telle, ne sait pas ce qu\u2019elle veut réellement.Elle sait encore moins ce qu\u2019elle devrait vouloir.Ses exigences vont à ce qui est commun, simpliste, à ce qui est accessible à tout le monde.Lorsqu\u2019elle parvient à déterminer le contenu de l\u2019éducation, elle en fait un apprentissage de ce qui est indispensable ou utile pour la vie; elle en attend le développement du sens pratique, la mise à la portée de tous des moyens qui permettent de se débrouiller dans l\u2019existence.Elle ne lui demande pas de former des personnalités au sens fort, mais de standardiser les individus; elle s\u2019oppose d\u2019instinct à un enseignement rigoureux, animé par des idées directrices et visant à une formation humaine intégrale, parce qu\u2019un tel système crée des distances et une hiérarchie entre les personnes, au lieu d\u2019aboutir à la pure efficacité qui les nivelle.Elle tient par-dessus tout à une forme d\u2019éducation qui rende les hommes capables de s\u2019ajuster au milieu et de vivre ensemble sans se heurter, et par là, elle diminue le sens de la responsabilité et de la vocation personnelles, elle retarde et compromet l\u2019apparition du héros qui bat la marche du progrès en tête du troupeau.Un rossignol suffit pour animer tout un parc endormi.Mais des troubadours, des virtuoses ou des prophètes de l\u2019esprit, le sentiment public n\u2019a cure.Il leur préfère d\u2019instinct les hommes de métier: les artisans, les tech- 201 niciens, les ingénieurs, qui se laissent prendre tout entiers dans les mailles de l\u2019organisation professionnelle.Il ne tient pas à multiplier la race de Yhomo sapiens; celle de Yhomo faber lui paraît plus utile et lui plaît, dès lors, bien davantage.S\u2019il lui était donné d\u2019organiser le monde, il en supprimerait les zones nécessaires de nonchalance et de gratuité; il le transformerait en usine ou en termitière.C\u2019est pourquoi l\u2019État démocratique est un mauvais éducateur.Placé devant la tâche redoutable de procurer l\u2019enseignement à tous ses membres, et subissant la pression constante de l\u2019opinion populaire, il est toujours tenté d\u2019aller au plus pressé, de faire de l\u2019enseignement une utilité, un service public, et de traiter l\u2019éducation comme l\u2019énergie électrique ou les moyens de transport.Mais l\u2019enseignement a sa nature propre et ses exigences particulières qui, nées de l\u2019esprit, doivent demeurer sous l\u2019influence et le contrôle de l\u2019esprit.Quand l\u2019État s\u2019empare de l\u2019éducation, il l\u2019uniformise et, pour l\u2019uniformiser, il est forcé de l\u2019avilir.L\u2019égalité dans l\u2019ignorance est plus facile à réaliser que l\u2019égalité dans le savoir.Pourquoi l\u2019État démocratique enseignerait-il à tout le monde ce que le petit nombre seulement est en mesure d\u2019assimiler ?A partir de cette considération, le centre de gravité du système éducatif tend à s\u2019abaisser de plus en plus.La tournure de l\u2019enseignement devient essentiellement pratique; la technique acquiert plus d\u2019importance que la science; l\u2019instruction doit rapporter; la culture cède la place au négoce.Que ces dangers ne soient pas chimériques, toutes les discussions qui secouent, à ce moment, la pédagogie américaine le prouvent sans équivoque.Il a suffi de l\u2019apparition dans le ciel du spoutnik soviétique pour provoquer l\u2019affolement général.Le peuple interroge les gouvernants, les gouvernants interrogent les pédagogues, les pédagogues, faute de mieux, s\u2019interrogent entre eux.Au terme de ces palabres, tout le monde a l\u2019impression que le système est à réformer de bout en bout, mais personne n\u2019a l\u2019air de savoir au juste par quel bout commencer.A dire vrai, le problème n\u2019est pas facile à résoudre.L\u2019éducation démocratique repose sur le principe de l\u2019égalité appliqué au savoir humain.Mais cette application est un sophisme et procède d\u2019une confusion.Car la démocratie est une réalité politique, mais l\u2019intelligence est un fait de nature.La logique exige que les deux ordres ne soient pas confondus.La nature n\u2019est pas démocratique.Elle admet les inégalités intellectuelles, les différences d\u2019aptitudes et de vocations, qu\u2019une éducation démocratique, bien sûr, doit s\u2019efforcer d\u2019atténuer pour éviter que la sélection naturelle ne joue trop exclusivement au bénéfice d\u2019une caste de privilégiés, mais qu\u2019elle ne peut pas rêver d\u2019abolir.L\u2019esprit porte en lui-même sa propre loi, la loi de sa croissance et de son dynamisme.Les démocraties s\u2019efforcent de la contourner en enseignant de plus en plus.Mais comme elles doivent renoncer, au même moment, à enseigner de mieux en mieux, elles enseignent, en fait, de mal en pis.La nature finit toujours par avoir sa revanche.LES DEVOIRS DE L\u2019ÉTAT Ainsi donc, l\u2019éducation démocratique est au rouet.Certes, elle a jusqu\u2019aujourd\u2019hui accompli des merveilles; nul ne songe à lui contester ses titres ni, encore moins, à renouer avec la tradition aristocratique ou bourgeoise qu\u2019elle a jetée par terre.Mais, sous peine de sombrer dans l\u2019incohérence en renonçant au progrès de l\u2019esprit qui est sa raison d\u2019être, il faut désormais qu\u2019elle s\u2019applique à grandir au lieu de s\u2019étendre, à croître au lieu de s\u2019enfler.Dans le corps agrandi qu\u2019elle s\u2019est donné, elle a besoin d\u2019accueillir un « supplément d\u2019âme ».Encore un coup, il ne s\u2019agit pas de sacrifier la masse à l\u2019élite, mais de fournir à cette élite, tirée de la masse, les moyens d\u2019assumer en plénitude son destin personnel et sa vocation sociale au service du beau, du vrai et du bien.Puisque la nature elle-même a ses élus et ses favoris, l\u2019éducation doit tenir compte de ces choix spontanés et faire en sorte que les supériorités naturelles, dûment cultivées, portent leurs fruits.Or, le meilleur moyen d\u2019obtenir ces résultats est de diversifier l\u2019enseignement en le soumettant à un régime pluraliste.L\u2019éducation démocratique doit être à la fois multiple et une: multiple, pour répondre aux aspirations personnelles et utiliser au maximum les aptitudes de chacun; une, pour éviter l\u2019anarchie des efforts et maintenir les droits de la communauté.Mais cette unité ne doit pas être imposée d\u2019en haut, comme le résultat d\u2019une tyrannie technique, d\u2019un plan préétabli d\u2019organisation; elle doit s\u2019imposer elle-même d\u2019en bas, comme l\u2019expression de la volonté commune des personnes et des groupes qui, au fil des travaux et des jours, prennent conscience de leurs désirs et de leurs besoins fondamentaux et finissent par se mettre d\u2019accord sur les moyens à employer pour que ces désirs et ces besoins soient exaucés.L\u2019État est, par nature, agent d\u2019unité.A titre de gardien du bien commun et d\u2019organisateur de la vie collective, il doit évidemment tenir compte de la variété des appels et des compétences, pour mieux répartir les rôles entre ses membres et obtenir de chacun le maximum de rendement.Mais cette appréciation des caractères individuels, dans le registre de l\u2019utilitaire, reste forcément très superficielle.Elle fait abstraction de la vie intérieure et du destin singulier des personnes, pour mieux les identifier et les asservir à leur fonction sociale.Quand il suit sa pente jusqu\u2019au bout, l\u2019État ne se contente pas de méconnaître les différences entre les individus: il les supprime; d\u2019orienter les vocations: il les violente; de discipliner les libertés: il les confisque.A la limite, la personne humaine n\u2019est plus qu\u2019un rouage anonyme, une des pièces de rechange de la grande machine étatique, une manière d\u2019automate perfectionné au service de la collectivité.202 RELATIONS Pour maintenir ou pour recréer les diversités nécessaires, il n\u2019y a qu\u2019un moyen: fournir aux individus des cadres éducatifs à leur mesure, où ils puissent s\u2019affirmer et s\u2019épanouir dans toute leur originalité.L\u2019éducation est, par essence, du domaine privé.Il n\u2019en faut confier la responsabilité et l\u2019organisation qu\u2019à des communautés autonomes, où les personnes ont le privilège de se faire entendre.A l\u2019intérieur des grandes collectivités, les voix isolées ne sont guère écoutées.Même en démocratie, le contrôle personnel que les citoyens exercent, en droit, sur la marche des affaires publiques se résume, en fait, à peu de chose.A cette échelle, les données des problèmes interfèrent et se compliquent au point de rendre illusoire tout accord effectif des esprits et des volontés.C\u2019est pourquoi les institutions éducatives doivent, autant que possible, être établies sous l\u2019influence et rester sous la juridiction de petites communautés, proches des personnes et créées, animées, orientées par les personnes, en vue, d\u2019abord, de leur bien propre et, subsidiairement, du bien public.Dans cette optique, les devoirs de l\u2019État dans l\u2019éducation apparaissent clairement.Ils se rattachent à tout ce que nous avons dit, dans notre précédent article, du rôle de l\u2019État dans la cité.L\u2019État a pour fonction de grouper les personnes et de coordonner leurs activités en direction du bien commun temporel.Ce bien commun temporel est le bien des personnes, ce n\u2019est pas le bien de l\u2019État.Les personnes l\u2019atteignent d\u2019ordinaire par le truchement des communautés qu\u2019elles forment et des institutions qu\u2019elles suscitent pour des fins spécifiques.Quand ces organismes privés remplissent leur mission, l\u2019État doit se borner à les protéger.Quand ils ne suffisent pas à leur tâche, il a le devoir de leur venir en aide, dans la limite de ses ressources et de ses droits; mais il n\u2019est pas dans son rôle de les supplanter.Dans le domaine de l\u2019éducation, ces principes s\u2019appliquent rigoureusement.Pour résoudre les problèmes de quantité et, davantage encore, de qualité que l\u2019enseignement lui pose, l\u2019État démocratique doit recourir au pluralisme des institutions.Dans le meilleur des cas, ces institutions tirent leur origine et leur juridiction de l\u2019initiative privée; il arrive aussi, assez souvent, qu\u2019elles naissent et s\u2019organisent sous l\u2019influence des pouvoirs politiques.Dans un cas comme dans l\u2019autre, elles doivent jouir d\u2019une parfaite autonomie pour remplir leur mandat.Cette autonomie a des assises financières.La tentation pour l\u2019État est de prendre prétexte de l\u2019aide que les institutions lui réclament, en ces temps difficiles, pour les subjuguer.Mais il y aurait quelque ridicule à prétendre que, pour s\u2019épargner cette tentation, l\u2019État doive s\u2019abstenir de procurer à l\u2019enseignement les secours nécessaires.Pour supprimer les voleurs, faut-il tout d\u2019abord supprimer les gendarmes ?L\u2019enseignement, dans un certain sens, est une utilité publique.Les personnes en ont besoin pour réussir; la société en a besoin pour progresser.En privant les institutions éducatives des moyens d\u2019ac- AOÛT 1958 complir, au sein de la communauté, la tâche qui leur revient, l\u2019État les humilie et les déconsidère aux yeux de l\u2019opinion, qui saura bien, au temps voulu, le forcer à remplir lui-même, d\u2019autorité, le vide occasionné par son absence.Mais cette rentrée en trombe dans le domaine litigieux est un prélude à l\u2019étatisme.Tel est le paradoxe auquel est acculée l\u2019éducation démocratique.Pour atteindre ses objectifs, elle a besoin tout ensemble d\u2019accueillir et de repousser les interventions de l\u2019État, qui constituent, pour son autonomie, à la fois une sauvegarde et une menace.Un bon moyen de résoudre ce paradoxe est d\u2019établir, comme nous avons fait, une hiérarchie très stricte des pouvoirs de l\u2019État en matière d\u2019enseignement, afin de délimiter exactement les domaines où il doit intervenir et ceux où ses prétentions sont abusives.Mais on serait naïf de croire qu\u2019il existe quelque formule magique apte à prévenir ou à dénouer tous les conflits.Dans la plupart de nos pays civilisés, les communautés éducatives sont pourvues d\u2019un statut juridique qui les met théoriquement à l\u2019abri des incursions de l\u2019État.Mais, en pratique, la dépendance économique et la subordination administrative vont de pair.En dépit des précautions de la loi, il n\u2019y a point d\u2019autonomie pour les institutions quand l\u2019État est libre de combiner les situations et de façonner les périls qui les forcent à accepter, pour survivre, les compromis et les servitudes de son choix.De ce point de vue, la candeur, feinte ou réelle, de certains promoteurs de l\u2019éducation démocratique dans le Québec revêt un caractère tragique.A les entendre, il suffirait d\u2019exprimer en noir sur blanc dans nos chartes les réserves requises pour que tout risque d\u2019étatisme soit écarté.Nous estimons, pour notre part, que la liberté des institutions dépend avant tout de la liberté de l\u2019esprit, qui est aussi celle du caractère.L\u2019autonomie de l\u2019éducation se confond, en pratique, avec l\u2019autonomie des éducateurs.C\u2019est elle qui les détourne des docilités intéressées, de la convoitise des titres, des fonctions et des pontificats; qui leur fait préférer le devoir à l\u2019argent; qui les réserve, en fin de compte, à leur vocation profonde, dont le propre est d\u2019aller et de parler en hommes libres à des hommes libres.Cette liberté souveraine, quoi qu\u2019on pense, ne s\u2019improvise pas; elle se conquiert de longue haleine, elle s\u2019enracine dans une tradition.Nous vivons à une époque qui, sous couleur de liberté, multiplie les servitudes.Si nous échangeons contre un plat de lentilles les droits d\u2019aînesse que le passé nous a légués, sommes-nous sûrs de pouvoir les récupérer ?CONCLUSION La mainmise de l\u2019État sur l\u2019éducation est un des dangers majeurs de notre temps.Contre ce monstrueux détournement de l\u2019influence la plus intime et la plus puissante que l\u2019homme exerce sur l\u2019homme, tous doivent 203 être unanimes à résister avec la dernière énergie.Cette obligation revêt pour les éducateurs une gravité particulière.Personne ne niera qu\u2019il puisse être tentant pour les dirigeants d\u2019une corporation scolaire, œuvrant au milieu des pires difficultés matérielles et dans l\u2019angoisse du lendemain, de renoncer, sur un point ou sur l\u2019autre, à leur indépendance.Il leur arrivera même d\u2019éprouver une impression d\u2019allégresse et de plus grande liberté du fait que les questions d\u2019argent et les problèmes administratifs sont résolus par un tiers garant de manière automatique.Moins libre de soucis, Racine eût-il EXPÉRIENCE ET TÉMOIGNAGES écrit Bérénice?Dans cette perspective, les éducateurs eux-mêmes peuvent s\u2019avérer de très mauvais défenseurs de l\u2019autonomie de l\u2019éducation, en lui préférant la sécurité matérielle des institutions qu\u2019ils dirigent et leur propre tranquillité d\u2019esprit.C\u2019est dans les capitulations de ce type que réside la menace la plus lourde qui pèse sur la liberté de l\u2019enseignement.L\u2019autonomie n\u2019est pas seulement une notion juridique, mais aussi un comportement.Toute liberté qu\u2019on ne défend pas tombe en désuétude, et le fait, par prescription, en arrive très vite à débouter le droit.RETRAITES DE JEUNES Joseph LEDIT, S.J.DEUX JOURS ET DEMI ou trois jours pour déterminer ce qu\u2019on fera de sa vie, ça ne suffit pas.D\u2019abord, il faut prendre sa décision en état de grâce.Une confession qui mette le point final aux légèretés de la jeunesse, ça prend au moins deux jours.Il reste une demi-joumée, ou une journée pour la décision des décisions.Alors ?Les jeunes étaient-ils capables de passer une semaine dans de vrais exercices spirituels?Bien sûr.Après tant d\u2019autres, le P.Jean-Paul Demers, S.J., avait démontré, à Sudbury, que la chose était possible.Le P.Ludger Brien, S.J., prenait ce moyen pour renouveler ses congrégations mariales.Pouvait-on mettre toute une classe dans une vigoureuse retraite comme celle-là ?Cette année mariale, nous eûmes la joie de diriger deux retraites de ce genre.Du dimanche soir au samedi midi.Cinq méditations ou contemplations par jour.Silence complet.Au Séminaire de Sherbrooke, pour 39 finissants; à Saint-André-A vellin, pour 72 normaliennes.L\u2019essai doit être signalé.Il contient une formule d\u2019avenir.On y travaillait depuis 1950.Il nous paraissait évident qu\u2019une bonne retraite faite autour de 17-19 ans aiderait à résoudre d\u2019un coup d\u2019innombrables problèmes: les vocations, sacerdotales, religieuses et laïques, seraient mieux étudiées; ceux qui iraient à l\u2019université ou aux écoles supérieures, après une telle rencontre avec Jésus-Christ, auraient dès le début un magnifique idéal de générosité, d\u2019apostolat, de don de soi; les organisations viendraient les encadrer et les aider; on choisirait sa profession et on s\u2019y préparerait dans un esprit de consécration; toute la vie professionnelle et publique pourrait en être transfigurée.On prit huit ans à faire le premier pas, tant les obstacles paraissaient insurmontables.D\u2019abord, c\u2019était du nouveau.L\u2019automobile était pourtant nouvelle elle aussi, il y a un demi-siècle, avec ses multiples tentations pour la jeunesse; puis, les salles de danse nowhere, les grills, les motels, les shows, le cinéma, de Pathé à Hollywood, la boisson industrialisée, la radio et ses chansonnettes, la télévision avec ses discussions et ses spectacles, la liberté des fréquentations, qui commencent aujourd\u2019hui à quinze ans quand ce n\u2019est pas avant.Ça aussi, c\u2019était du nouveau! On jetait des cris désespérés devant la corruption qui montait.Le remède était évident: donner le Christ aux jeunes et les jeunes au Christ; les laisser se tirer d\u2019affaire ensemble! Un petit acte de confiance, c\u2019est tout.Rien n\u2019avança jusqu\u2019au jour où quatre grands garçons du Collège Jean-de-Brébeuf, qui avaient assisté à notre messe russe, me demandèrent de prêcher la retraite de leur classe.J\u2019acceptai.Dès la première demi-journée, tout le monde fut d\u2019accord pour trouver cette bousculade de deux jours et demi complètement insensée.Prendre une décision de cette importance en deux jours et demi! Oui, mais ça s\u2019était toujours fait comme ça.Eh bien, les jeunes changèrent ça, c\u2019est tout.Ne voilà-t-il pas que les récréations devinrent « facultatives ».On avait dit: « Si les jeunes n\u2019ont pas de récréation, ils causeront tout le temps.» Soit! Donnons des récréations à ceux qui en ont besoin; si d\u2019autres veulent être plus sérieux, pourquoi les obliger à ne pas l\u2019être?Sitôt dit, sitôt fait.Et comme ils les aimaient ces récréations en silence! Puis, trouvant la retraite trop courte, ils s\u2019en allèrent respectueusement voir les autorités afin de la prolonger; ça, par exemple, c\u2019était du nouveau! Seulement, que voulez-vous?on n\u2019avait pas prévu ça des jeunes de 1955.Ils devaient décamper le jour convenu pour faire place à d\u2019autres; mais on pouvait tout de même les garder jusqu\u2019au soir.C\u2019était toujours deux méditations de plus; puis, ils organisèrent l\u2019adoration nocturne pour la dernière nuit.Il ne restait plus qu\u2019à répéter à qui voulait l\u2019entendre: « Tenez, je vous l\u2019avais bien dit: les jeunes sont plus généreux que vous ne l\u2019imaginiez! » A partir de l\u2019année suivante, on commença la retraite le dimanche soir pour sortir le jeudi soir.C\u2019était un petit progrès; mais tous les jeunes étaient d\u2019accord pour trouver la retraite trop courte.Ça ne suffit pas pour les opérations essentielles.Pour des sermons, passe encore, si le prédicateur est éloquent, vivant, intéressant, etc.; pour des exercices et des méditations, c\u2019est du mutilé, du bâclé.Pour les jeunes, la preuve est faite.Une des plus grosses difficultés, c\u2019est de trouver un local.Nos magnifiques maisons de retraite, qui font depuis plus d\u2019un demi-siècle un si beau travail, sont organisées pour des retraites de trois jours.Une semaine, surtout avec des groupes non figés, dérange l\u2019organisation.C\u2019est le problème à résoudre.Si quelque millionnaire philanthrope donnait un hôtel d\u2019une cinquantaine de chambres, il transformerait notre jeunesse.On traîna jusqu\u2019au jour où S.Exc.Mgr Cabana vint faire avec nous la retraite de trente jours.Il décida d\u2019organiser la retraite de huit jours pour ses philosophes.Le soir du 23 février 1958, alors que les cloches de l\u2019année mariale sonnaient 204 RELATIONS dans tout l\u2019univers l\u2019avé de Lourdes, Mgr Napoléon Pépin nous amena 39 collégiens de seconde année de philosophie au Grand Séminaire de Sherbrooke.La première retraite de huit jours pour une classe de jeunes était ouverte.J\u2019étais heureux que Mgr Pépin, un des grands apôtres de la jeunesse au Canada, ait eu cette consolation.Nos philosophes firent cette retraite en hommes.Je n\u2019eus pas à me plaindre d\u2019une seule infraction au silence.L\u2019observance était parfaite.Deux jours, ils préparèrent leur confession; la communion du mercredi matin, 26 février, fut quelque chose que comprendront les prêtres qui ont fait les exercices de trente jours.Puis, ils étudièrent posément leur avenir.Leurs directeurs spirituels vinrent les conseiller pendant ce temps-là.A la fin de la retraite, ils me laissèrent par écrit leurs impressions; je n\u2019ai pas choisi les textes qui suivent: j\u2019en ai 39 comme ça.C\u2019est la première retraite de ce genre que je fais.Soyez sûr que je la juge objectivement et en pleine liberté d\u2019esprit.Posons en premier lieu que je ne suis pas d\u2019un naturel très pieux, et que je suis peu habitué à la méditation; ceci est nécessaire pour l\u2019intelligence de la suite.J\u2019ai apprécié cette retraite pour une raison que je crois capitale.C\u2019est nous qui faisons cette retraite, et nous nous en rendons compte.La méditation peut être aride, difficile, et sembler sans fruits immédiats.Cependant, après un nombre de méditations qui varie avec chaque individu, on en arrive à faire certaines découvertes personnelles qui frappent comme des lumières.Ces découvertes concernent ou notre vie passée, ou des règles d\u2019action pour notre ligne de conduite future.Ces découvertes seront d\u2019autant plus profitables qu\u2019elles viennent de nous, après un effort de réflexion.Elles ont été difficiles à acquérir; elles seront d\u2019autant plus ancrées en nous.Et je suis certain que ces découvertes, ces lumières ne sont pas le fait d\u2019un seul; elles seront accordées à quiconque mettra du sien et de la bonne volonté dans sa retraite, car ce contact avec Dieu pendant six jours est accompagné des grâces nécessaires; et ça, il faut y croire.C\u2019est un étudiant de vingt ans qui a fait cette expérience, et il n\u2019est pas différent des autres.Une retraite de six jours nous met en rapport intime avec Dieu.Je suis certain que si la jeunesse fait confiance à ce genre de retraite, elle ne le regrettera pas, car la jeunesse est généreuse; j\u2019en sais quelque chose.Les jeunes savent ce qu\u2019ils veulent.Voici qui fera réfléchir, j\u2019espère, plus d\u2019un éducateur; l\u2019auteur entre à brûle-pourpoint dans son sujet: Pourquoi une telle formule nous est-elle parvenue si tard ?Les jeunes ont soif d\u2019idéal et de vérité.D\u2019une main on les accuse d\u2019être blasés, apathiques, abrutis, alors que d\u2019une autre on les oblige à être les témoins impuissants des scandales publics les plus honteux.On ne leur sert qu\u2019intrigues politiques et dégénérescence des bonnes mœurs.Et le plus drôle de l\u2019affaire, les champions de tous ces moyens de perdition sont toujours les premiers à les accuser.Vous voulez quelque chose de la jeunesse?Ne la bousculez pas, mais indiquez clairement et avec fermeté ce que vous attendez d\u2019elle, et elle vous le donnera.Plus vous en demanderez, plus elle vous en donnera si vous savez gagner sa confiance.Ce que les jeunes veulent, c\u2019est Jésus-Christ.Dans cette retraite, nous prenons conscience du problème actuel, et cela d\u2019une façon qui s\u2019avère une véritable révélation pour plusieurs.Le contact personnel et intime avec la vie et la personne du Christ constitue l\u2019élan qui nous lance dans la vie et nous aidera à résoudre les difficultés aussi bien dans le monde universitaire que dans le monde ecclésiastique.La vigueur avec laquelle nous tendons à notre destinée humaine nous permet de prendre position et d\u2019orienter nos activités dans le chemin qui conduit au plein épanouissement de l\u2019homme, c\u2019est-à-dire à Dieu.Un système de retraite comme celui-là marque un tournant dans la vie de tout étudiant.Merci! Il y en aurait 36 autres à citer.Ces grands jeunes gens qui vous disent leur reconnaissance, leur joie, leur enthousiasme, leurs bons désirs, leurs espoirs, leur idéal, c\u2019est une nouvelle jeunesse que les Exercices vont donner au pays.AOÛT 1958 Et maintenant, allons chez les demoiselles.C\u2019est M.l\u2019abbé Charette qui organisa cette deuxième retraite, du 9 au 15 mars.Il avait fait lui aussi ses trente jours durant ce mémorable été de 1957.Rentré à Saint-André-Avellin, il prépara le terrain, étudia les possibilités.Pourquoi ne pas donner les Exercices à toute l\u2019école normale?Il y en aurait sans doute plusieurs de quinze ans, quelques-unes de quatorze.Seraient-elles capables de méditer?Et le long silence d\u2019une semaine ?Et puis, ces petites cellules du dortoir suffiraient-elles au recueillement de la méditation ?Car saint Ignace est précis: il faut qu\u2019on prenne, durant la méditation, la posture qui aide le plus la prière; il y en a qui aiment prier à genoux, d\u2019autres debout, ou prosternés; mais il faut pour cela qu\u2019on se sente à l\u2019abri de tout regard indiscret.On étudia l\u2019affaire, on fit voter, on s\u2019organisa; et un beau jour, je reçois une lettre de l\u2019abbé Charette.Toute l\u2019école normale se met en retraite.Êtes-vous prêt à venir ?Si j\u2019étais prêt à venir! Les plus jeunes furent des plus généreuses.A la fin de la retraite, elles me laissèrent leurs papiers, elles aussi.Quelques philosophes de Sherbrooke m\u2019avaient donné des travaux plus étoffés, mais quelle fraîcheur dans ces élans d\u2019adolescentes! C\u2019est vrai, mon Père, c\u2019est nous-mêmes qui faisons notre retraite, et je suis tellement heureuse de passer cette semaine près de mon grand amour, Jésus.J\u2019ai passé une semaine magnifique avec le Christ.Cette retraite restera pour moi un souvenir ineffaçable.Pour nous, qui sommes l\u2019élite, il nous faut cette retraite.Demain, nous formerons la nation canadienne; or, dans tout cœur de jeune patriote, n\u2019y a-t-il pas un sentiment de fierté pour sa race, chacun n\u2019espère-t-il pas la relever un peu ?C\u2019est par notre vie que nous formerons cette race; donc, une semaine, ce n\u2019est pas trop quand il s\u2019agit de la préparer cette vie.C\u2019est la première fois que je me suis trouvée en présence de Dieu, qui est si bon, si aimable et si aimant.Cette retraite me fit découvrir ce que Dieu veut de moi, et tout ce que Dieu veut de moi, et tout ce qui fut injuste dans ma vie.C\u2019est avec enthousiasme que j\u2019encourage tous les jeunes à faire une retraite de huit jours.Jamais, je crois, je n\u2019oublierai ces heures tantôt magnifiques, tantôt douloureuses que j\u2019ai passées avec Jésus.Nous autres, ce qui nous fait peur, ce sont les sept jours devant nous.Mais quand on les a passés, on voudrait que cela dure encore tant on a trouvé de bonheur.Tout dans la retraite contribue à nous faire aimer Jésus.On aurait envie de crier de joie à tout l\u2019univers.Vous, jeunes filles et jeunes gens qui vous préparez à choisir ce que vous ferez, vous regretterez toute votre vie de n\u2019avoir pas bien choisi.Alors, il vous faut cette retraite pour ne pas vous tromper.Jésus est là, tout près, et vous l\u2019entendrez vous dire ae sa voix chaude qu\u2019on n\u2019oublie jamais: « Viens, suis-moi.» Ou quelque fois il vous dit: « Ne me quitte plus, aime-moi, car je t\u2019ai tout donné et j\u2019ai besoin de ton amour.» Jamais je vous le dis, vous n\u2019oublierez ces heures.Ici encore, j\u2019ai pris les premières lettres du paquet.Il y en avait environ 70 comme cela.La retraite finie, nos normaliennes décidèrent d\u2019entreprendre une campagne auprès des jeunes filles.Elles ont leur journal, Prélude, et elles font partie de la Corporation des Escholiers griffonneurs.Elles me firent cinq articles, qui mériteraient d\u2019être lus par un public beaucoup plus considérable.Que pensez-vous de ces deux paragraphes ?Et ce fut ainsi une semaine avec le Christ.Si tremblantes que nous fussions, soldats inexpérimentés, nous avons découvert l\u2019amour du Général pour nous.Le contempler, l\u2019imiter auparavant nous eût paru impossible; maintenant éperdues de reconnaissance, nous nous sentons fières de partir en le sentant avec nous.La vie a un autre sens, sachant où nous allons et pourquoi nous y allons.C\u2019est tellement formidable que nous n\u2019éprouvons que gratitude envers ceux qui nous ont permis de réaliser cette sensationnelle rencontre 205 et sûres qu\u2019il les bénira en nous voyant si heureuses.On ne peut imaginer ce que ressentent de petits soldats en arrivant victorieux dans une ville jusque là imprenable.Redevenues normaliennes, après cette incursion dans notre « moi » intérieur, nous nous sentons plus libres, plus légères, plus enthousiastes.Ce que nous avons apprécié, surtout, c\u2019est la « confiance » avec laquelle on nous a permis d\u2019entreprendre cette retraite « contrairement à celles que nous faisions habituellement ».Nous sommes parties à la recherche du Christ, avec les directives si précises du Père, et maintenant nous n\u2019avons plus qu\u2019un désir: que le Christ prenne tant de place dans nos cœurs que leurs parois, devenues minces à éclater, ne laissent plus apparaître que son image, son rayonnement, et que, dans nos actions, nos pensées, nos paroles, on ne voie plus que Lui et nous, répon- dant généreusement à sa demande: « Donne-moi ton cœur, ma fille, et je le remplirai.» Cartnelle Saint-Amour, brevet « B ».Bravo! Cannelle.Il fallait citer cette page à l\u2019ordre de la jeunesse de tout le pays.Maintenant, il est facile de voir où sont les responsabilités pour la jeunesse de demain.Il y a, chez les jeunes, une énorme bonne volonté.Jeunes gens et jeunes filles ne demandent pas mieux que de donner un gros effort, le plus grand de leur jeunesse, si on le leur demande clairement.La jeunesse est là, frémissante, enthousiaste.Elles attend, elle attend le Christ.Il faut Le lui donner.NOTE SUR PIERRE TEILHARD DE CHARDIN, S.J.Luigi d'APOLLONIA, S.J.1E SOIR DU 10 AVRIL 1955, mourait à New-York, frappé j d\u2019une embolie, le P.Pierre Teilhard de Chardin.C\u2019était le jour de la Résurrection, comme il l\u2019avait souhaité.Géologue, paléontologue, anthropologue de grande classe \\ \u2014 « un des plus grands esprits qui fût jamais », a-t-on même dit, \u2014 il laissait une œuvre scientifique importante.Il laissait aussi une autre œuvre, tentative audacieuse de synthèse.En instance de revision à Rome, depuis 1940 1 2, le Phénomène humain circulait dans beaucoup de milieux, même canadiens, sous forme de cahiers ronéotypés.Publié, après la mort du Père, aux Éditions du Seuil, sous le haut patronage d\u2019un comité scientifique et d\u2019un comité général, cet ouvrage ne porte pas le nihil obstat3, à la grande surprise de ceux qui avaient suivi, de près ou de loin, les débats autour de la « théologie nouvelle » et médité les enseignements de l\u2019encyclique Humani generis sur le « système de l\u2019évolution », le monogénisme, le péché originel.Les explications des préfaces et les cautions même des docteurs en théologie ne parvenaient pas à dissiper un malaise qu\u2019un décret du Saint-Office, en date du 6 décembre 1957, est venu justifier.Les livres du P.Teilhard de Chardin, S.J., doivent être retirés des bibliothèques des séminaires et des institutions religieuses; on ne doit pas les tenir en vente dans les librairies catholiques; et on ne doit pas en faire de traductions dans d\u2019autres langues.Ce décret n\u2019atteint pas les œuvres strictement scientifiques du Père Teilhard, mais ses travaux seulement qui traitent aussi de sujets philosophiques et théologiques.Nul doute que, parmi ceux-ci, il faille classer le Phénomène humain, dont le succès de librairie est tel qu\u2019il vient de faire l\u2019objet d\u2019une étude sociologique.Ce livre respire, en effet, un immense enchantement.Le Père Teilhard n\u2019est pas seulement un grand savant: de l\u2019écrivain, il a le bonheur du style; du poète, les éblouissements et le lyrisme; du prêtre, la flamme de la foi; et même du prophète, la vision et les promesses.L\u2019ÉVOLUTION Le savant est évolutionniste.Pour le Père Teilhard, c\u2019est affaire de bon sens, « bien que, lisons-nous dans Humani generis, ce système de l\u2019évolution, dans le champ même des disciplines naturelles, ne soit pas indiscutablement prouvé ».Le Père Teilhard ne s\u2019en tient même pas à la « discipline naturelle » de la paléontologie.Les exigences de sa propre réflexion, un besoin dévorant d\u2019unité, une sensibilité en éveil à toutes les soifs obscures du monde moderne, les interrogations des milieux savants, tout le pousse à édifier un système où s\u2019harmoniseront, en un accord profond, les apports de la science universelle: géologie, paléontologie, physique, chimie, biologie, l\u2019atome et l\u2019étoile, la préhistoire et la parousie, les abîmes du passé et les profondeurs de l\u2019avenir.L\u2019un après l\u2019autre, tous les domaines humains s\u2019ébranlent, entraînés ensemble, par un même courant de fond, vers l\u2019étude de quelque développement.Une théorie, un système, une hypothèse, l\u2019Évolution?.Non point: mais, bien plus que cela, une condition générale à laquelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais (c\u2019est nous qui soulignons), toutes les hypothèses, tous les systèmes.Une lumière éclairant tous les faits, une courbure que doivent épouser tous les traits: voilà ce qu\u2019est l\u2019Évolution.{Le Phénomène humain, p.242.) Il est facile de schématiser les lignes essentielles de cette vision du monde, même si, profane, on ne peut, comme le savant, en ^déchiffrer le jeu dans la multiplicité mouvante du réel.L\u2019Évolution est, à la fois et ensemble, pari passu, un En avant (synthèse matérielle) et un En haut (perfection spirituelle) soumis à une double loi expérimentale de récurrence: « complexification » (le dehors, la face externe) et « centréité » (le dedans, la face interne).Il faut s\u2019habituer au vocabulaire du Père Teilhard, souvent très neuf et très beau, souvent aussi fort imprécis.Au commencement, soit soudaine concentration d\u2019une substance primordiale, soit plutôt explosion d\u2019un quasi-atome primitif, apparaissent les premiers éléments de l\u2019univers : protons, neutrons, électrons, photons.Flottant, indécises, dans les solitudes, ces poussières primordiales se groupent en unité de pluralité: phase de moléculisation.Les molécules, de plus en plus complexes, se combinent et s\u2019épanouissent en formes nouvelles.Sur la terre juvénile, la vie, voici la vie: phase de cellulisation ou de vitalisation.Les molécules vivantes s\u2019organisent, à leur tour, en agglomérations de plus en plus complexes, culminant insensiblement, à force d\u2019être universellement et longuement préparées, en un vivant qui non seulement connaît, mais se connaît.« Dans le monde l\u2019homme est entré sans bruit.»: phase de Vhominisation.L\u2019Évolution ne plafonne pas, mais rebondit, à ce point, vers plus de complexité et de « centréité », guidée et accélérée, en partie, par l\u2019homme, non centre, mais « axe et flèche de l\u2019Évolution 4», 1.\tRappelons seulement qu\u2019il participa, en Chine, à la découverte du Sinanthrope et, en Afrique du Sud, aux études sur les Australopithèques.2.\tVoir Nouvelles Lettres de voyage, p.97.3.\tCette façon de procéder est déplorable.Malgré les meilleurs desseins du monde, « le magistère, pour emprunter les mots de l\u2019encyclique Humani generis, est présenté par eux comme un empêchement au progrès et un obstacle pour la science: des non-catholiques le considèrent comme un frein injuste qui empêche certains théologiens plus cultivés de renouveler leur science ».L\u2019attitude chrétienne, devant les interventions du magistère, est de chercher à comprendre le mieux possible pour obéir le plus parfaitement possible.4.\tLe Phénomène humain, p.30.Voir aussi l\u2019importante conférence donnée à Pékin, et publiée dans les Eludes, mai 1946, sous le titre « Vie et planètes ».206 RELATIONS « flèche lancée vers le centre en voie de rassemblement5 ».Les indices de collectivisation sont déjà perceptibles.Les hommes sortent de leurs solitudes, appelés par la voix de l\u2019espèce.Ils tendent à se rejoindre, par un immense effort convergent de co-réflexion, dans « une collectivité harmonisée des consciences, équivalente à une sorte de superconscience 6 » : phase de planétisation, d'hominisation collective.Au terme de cette phase, Dieu pourra envahir l\u2019immense conscience de la planète qui ira se fondre, pleinement « chris-tifiée », dans le point Oméga, « Centre distinct, rayonnant au cœur d\u2019un système de centres 7 », chacun devenant d\u2019autant plus soi que tous deviennent ensemble l\u2019Autre, l\u2019Évolution poursuivant donc une œuvre de nature personnelle, en vertu du principe que « l\u2019Union différencie ».Ce sera la phase ultime de la dérive universelle, la Terre finale enfin abordée, le triomphe définitif de la charité.Parousie! Alleluia! Synthèse vertigineuse où les millions d\u2019années sont comme un jour.Synthèse radieuse qui peut, dans l\u2019immédiat, apporter des raisons d\u2019espérer à un monde neurasthénique, hanté par l\u2019absurde et le désespoir, ou travaillé par une conception outrée de la déchéance originelle, ou, encore, tellement épris de la transcendance divine que son labeur terrestre ne saurait préparer, d\u2019aucune façon, l\u2019avènement du royaume de Dieu.Synthèse franchement spiritualiste qui, décelant une orientation précise et un axe privilégié dans l\u2019évolution, est capable de libérer certains milieux de leurs préjugés matérialistes.Mais synthèse aventureuse: et par le « système d\u2019hypothèses » (recueillons cet aveu du P.Teilhard) où elle s\u2019enroule, et par la carence de certaines prémisses philosophiques et théologiques, incontestables pour un chrétien.PRÉSUPPOSÉS philosophiques: transcendance de dieu, SINGULARITÉ SPÉCIFIQUE DE L\u2019HOMME La pensée chrétienne se refuse à voir le monde dans la perspective d\u2019une continuité absolue.Pascal a parlé des ordres entre lesquels il n\u2019y a pas de continuité, de transition, de passage à la limite.Si nous citons Pascal, c\u2019est uniquement parce que le lecteur, ravi par Teilhard de Chardin, sera porté à traiter à la légère saint Thomas et Aristote.Il faut retenir, comme des points immuables dans un monde en genèse, non seulement la transcendance de Dieu par rapport à toute la création, mais, à l\u2019intérieur de la création, \u2014 disons comme plus conforme à tout l\u2019enseignement traditionnel, \u2014 la discontinuité entre matière et vie, et \u2014 comme absolument certaine \u2014 la coupure entre vie et pensée, car l\u2019âme humaine ne saurait émerger de la matière au terme d\u2019un processus évolutif, quelle que soit la longueur de la période de maturation à partir du limon de la terre.« La foi, répète Humani generis, nous oblige à maintenir l\u2019immédiate création des âmes par Dieu.» Humani generis n\u2019interdit, dans l\u2019état actuel des sciences et de la théologie, ni les recherches ni les discussions sur l\u2019origine du corps humain, à une double condition cependant: que ce travail soit accompli « avec le sérieux, la modération et la mesure nécessaires », et « que tous soient prêts à se soumettre au jugement de l\u2019Église ».Il ne faut donc pas en parler « comme si on avait établi d\u2019une façon absolument certaine, avec les indices que l\u2019on a trouvés et ce que le raisonnement en dictent, l\u2019origine du corps humain à partir d\u2019une matière déjà existante et vivante; et cela, comme s\u2019il n\u2019y avait rien dans les sources de la Révélation divine qui, en ce domaine, impose la plus grande modération et la plus grande prudence ».Quant à la création immédiate de l\u2019âme, le Père Teilhard, dans une note 8, réserve expressément la possibilité d\u2019une opération créatrice dans l\u2019évolution de l\u2019animal à l\u2019homme.Dans une autre note, il sauve la gratuité de l\u2019action divine 9.AOÛT 1958 Comment ne pas souhaiter qu\u2019il ait harmonisé avec cette doctrine certaines expressions et certaines pages du texte même (mais était-ce possible dans son optique ?) qui laissent le lecteur sur les épines ?« (L\u2019homme) est né, en ligne directe, d\u2019un effort total de Vie10.» « De la cellule à l\u2019animal pensant, comme de l\u2019atome à la cellule, un même processus (échauffe-ment ou concentration psychique) se poursuit sans interruption, toujours dans le même sens u.» Le mot conscience pour désigner le dedans de toutes choses, « depuis les formes les plus rudimentaires concevables de perception intérieure jusqu\u2019au phénomène humain de connaissance réfléchie12 », prête à ambiguïté, car il semble tisser d\u2019une même étoffe cosmique l\u2019être matériel et l\u2019esprit humain.Où est la coupure nette ?Il faut bien la faire quelque part.D\u2019autres mots-clefs sont également équivoques: le mot prévie par exemple.Car, ou la prévie atomique n\u2019est pas vie, et alors l\u2019évolution a engendré une forme spécifiquement nouvelle dans la jungle des forces croissantes; ou bien la prévie esquisse déjà une vie, et alors l\u2019évolution n\u2019a pas engendré une forme spécifiquement nouvelle, sinon en apparence; la prévie atomique a l\u2019air seulement de n\u2019être pas de la vie; en réalité, elle l\u2019est, et il n\u2019y a pas de non-vie.Reste maintenant à le prouver.Il est parfaitement clair que, prêtre et religieux, le Père Teilhard admet la transcendance de Dieu.La chose va de soi.Dans sa vision du monde, un plus Grand conscient, préexistant et transcendant à l\u2019Univers, Foyer personnel, autonome et suprême, Point Alpha et Point Oméga (le Père Teilhard sème les majuscules à profusion), commence, épure, dirige, suranime, unifie et recueille sa création.Tout panthéisme est radicalement écarté.Mais c\u2019est avec une pointe d\u2019irritation, comme s\u2019il se sentait vulnérable au reproche de monisme.Car malgré ses affirmations et ses intentions, a-t-il démontré le contraire ?Le monde a-t-il vraiment commencé13 ?Le monde n\u2019est-il pas nécessaire à Dieu ?Au terme du Phénomène humain, il semble qu\u2019on puisse se le demander encore.L\u2019accent fort n\u2019y est pas.La défense dira que l\u2019auteur a répété tant et plus, et dès les toutes premières lignes de son volume, dans un « avertissement », qu\u2019il veut s\u2019en tenir au plan du phénomène et se limiter aux « apparences ».Pour être correctement compris, le livre que je présente.demande à être lu, non pas comme un ouvrage de métaphysique, encore moins comme une sorte d\u2019essai théologique, mais uniquement et exclusivement comme un mémoire scientifique.Le choix même du titre l\u2019indique.Rien que le Phénomène.Mais aussi tout le Phénomène.(Le Phénomène humain, p.21.) Cette méthode est-elle valable pour « une vision étendue au Tout14 », sans angle mort, pour une synthèse axée sur l\u2019homme et sa destinée, et s\u2019intéressant avant tout à la place même de Dieu?Le point Oméga, et par conséquent le point Alpha ne sont-ils pas, comme honteux d\u2019eux-mêmes, les principes scolastiques de raison suffisante, de cause efficiente, de cause finale?Raisonner comme si l\u2019énergie matérielle s\u2019était muée sûrement en vie, est-ce seulement réduire la pluralité des lois de la nature à quelques lois supérieures et faire de 1\u2019 « Hyperphysique » ?Admettons que ce ne soit pas là faire une métaphysique, mais n\u2019est-ce pas faire tacitement de la métaphysique, qu\u2019on le dise ou non ?S\u2019il y a un livre scientifique du Père Teilhard qui traite aussi de philo- 5.\tApparition de l\u2019homme, II, p.297.6.\tLe Phénomène humain, p.279.7.\tOp.cit., p.292.8.\tOp.cit., p.186, note.9.\tOp.cit., p.332, note.10.\tOp.cit., p.209.11.\tOp.cit., p.186.12.\tOp.cit., p.53, note 1.13.\tSaint Thomas soutient que la raison ne peut démontrer le commencement du monde.Humani generis ne se prononce pas sur ce point de philosophie.Il est entendu qu\u2019en théologie ce point est insoutenable: le monde a commencé.14.\tOp.cit., p.22.207 Sophie et de théologie, c\u2019est bien le Phénomène humain.Autrement, il n\u2019y en a aucun.PRÉSUPPOSÉS THÉOLOGIQUES : GRATUITÉ, LIBERTÉ, PÉCHÉ L\u2019ordre naturel n\u2019existe pas de fait.Cet ordre est possible, et l\u2019on déforme, lisons-nous dans Humani generis, la gratuité de l\u2019ordre surnaturel quand on prétend que « Dieu ne peut créer des êtres doués d\u2019intelligence sans les ordonner et les appeler à la vision béatifique ».L\u2019ordre surnaturel est l\u2019ordre dans lequel l\u2019homme a été établi \u2014 constitutus, dit le Concile de Trente (session 5, can.1).Essentiellement gratuit, l\u2019ordre surnaturel est donc essentiellement différent de l\u2019ordre naturel qu\u2019il surélève et parfait.Mais l\u2019ordre surnaturel, parce que gratuit, n\u2019imprime pas au déroulement de l\u2019histoire un mouvement fatal vers le bien.Cet ordre est un ordre de liberté; qui plus est, d\u2019une liberté qui a mal tourné, dès le début.Adam pécha, et, en lui, tous les hommes sont pécheurs, excepté ITmmaculée, rachetée par anticipation.« Axe et flèche de l\u2019Évolution », peuvent dire, de l\u2019homme, les savants, mais, se rappelleront immédiatement les savants chrétiens, axe qui est gauchi, flèche qui est faussée: l\u2019évolution passe par Adam, seul père de toute la race humaine.Autre aspect essentiel: ce n\u2019est pas par lui-même seul qu\u2019Adam a péché.Il fut séduit par Quelqu\u2019un qui cherche à se faire oublier dans ce drame et, malheureusement, y réussit trop: Satan.En ce sens, Adam tombe sous l\u2019esclavage du diable, comme l\u2019affirment avec tant d\u2019énergie les Pères de l\u2019Église, les conciles et toute la liturgie, surtout pascale 15.Il entraîna dans le désastre non seulement tous ses descendants, mais le monde matériel créé pour lui.« La création a été assujettie à la vanité », déclare saint Paul.Ce jardin lumineux où, dans la fraîcheur du soir, Dieu descendait pour converser avec Adam, Adam en est chassé par l\u2019épée de feu de l\u2019archange.Il est exilé sur une terre nocturne, « dans cette vallée de larmes ».Tout aurait pu finir là, dans le regret de ce qui aurait dû être.Dieu, cependant, a voulu racheter l\u2019homme, le réparer, le renouveler et se le réconcilier (autant de termes qui se trouvent dans saint Paul) par un acte absolument libre et gratuit pour lequel il n\u2019y a aucune explication sinon que Dieu est Amour.Cette œuvre de restauration est intégralement accomplie par sa mort, sa résurrection et son ascension.Toutefois, il laisse au démon une sorte de droit sur ce monde, de sorte qu\u2019il lui appartient encore, en un sens, et c\u2019est ce monde pour lequel le Christ ne prie pas.Mais il appartient aussi au Christ par droit de conquête, car c\u2019est ce monde qu\u2019il a vaincu.Ego vici mundum.L\u2019histoire de l\u2019homme conduit, à la fois, et vers le bien et vers le mal, et à droite et à gauche, et vers le royaume de Dieu et vers le royaume des ténèbres.L\u2019Église, royaume de Dieu commencé ici-bas, est sainte, et Satan n\u2019y a aucune part; le monde, lui, n\u2019est pas saint, et Satan y a sa part : il est même le « prince de ce monde ».Or, à lire le Père Teilhard, nous avons grand-peine à retrouver cette duplicité du monde, ce champ de bataille où Dieu et Satan s\u2019affrontent pour la damnation ou le salut de l\u2019homme.Même lorsqu\u2019il parle expressément du mal, dans son épilogue du Phénomène humain, voire dans son livre intitulé le Milieu divin, il est d\u2019un inaltérable optimisme16.Bien sûr, la foi ne saurait servir directement à la science, qui garde son autonomie.Source de lumière supérieure, elle doit éclairer tous les chemins de la vérité, soit de l\u2019intérieur, soit de l\u2019extérieur, sous peine ou de tomber dans l\u2019erreur averroïste de deux vérités distinctes et contradictoires: celle de la raison et celle de la foi, ou de tomber dans l\u2019erreur du concordisme, cette fois en partant non de l\u2019Écriture consul- tée comme un livre de science, mais de la science consultée comme un livre de salut.Ce que l\u2019Église demande de tous systèmes et même de toutes hypothèses, c\u2019est que, « directement ou indirectement », il ne s\u2019y trouve rien d\u2019incompatible avec la doctrine révélée.Certes, le P.Teilhard parle du mal, d\u2019un « certain excès, inexplicable pour notre raison si à l\u2019effet normal d\u2019Évolution ne se sur-ajoute pas l\u2019effet extraordinaire de quelque catastrophe ou déviation primordiale 17 ».Le Mal, objectez-vous, n\u2019est pour ainsi dire pas mentionné dans mon livre.Explicitement peut-être.Mais en revanche, ce même Mal, tout justement, ne sourd-il pas, invinciblement et multiforme, par tous les pores, par tous les joints, par toutes les articulations du système où je me suis placé ?De nouveau, c\u2019est, furtivement, dans des notes très étudiées au bas des pages, pour écarter des interprétations fâcheuses, ou dans un appendice intitulé « Quelques remarques sur la place et la part du mal dans un monde en évolution ».Même ici, l\u2019explication manque de fermeté doctrinale et met à la gêne.Le mal se réduit soit au mal de désordre et d'insuccès, aux ratés de l\u2019évolution, exigés, sans recours possible, par « le jeu des grands nombres au sein d\u2019une Multitude en voie d\u2019organisation »; soit au mal de décomposition, la mort étant un rouage essentiel du mécanisme et de la montée de la vie; soit au mal de croissance demandée par le mûrissement du progrès; bref, à un mal cosmique inhérent au processus de 1\u2019évolution.Jamais, le mal n\u2019est le seul vrai mal, le mal essentiel, la révolte de l\u2019homme contre la loi amoureuse de Dieu, une prise de position, au moins implicite, pour le démon contre Dieu.Le mot péché, la vraie déformation de ce qui est et la vraie privation de ce qui devrait être, n\u2019est pas même mentionné dans le Phénomène humain 18.C\u2019est pourquoi il parle volontiers de l\u2019Incarnation qui élève la nature humaine, mais fait peu de cas de la Rédemption qui la répare.C\u2019est^ pourquoi aussi, parlant de l\u2019Incarnation, « centre de l\u2019Évolution », il parle du Christ qui « se drape organiquement dans la majesté de sa création 19 », mais omet l'anéantissement du Verbe (au sens paulinien du mot) dans une chair (au sens johannique du mot), et son obéissance jusqu\u2019à la mort et à la mort de la croix.Cette omission a une raison profonde.L\u2019afflrmation du péché originel, avec son opposition Dieu-Satan, est une des doctrines chrétiennes fondamentales.Elle pose toutes sortes de problèmes à l\u2019exégèse, à la théologie, à l\u2019apologétique, à la science.Dès qu\u2019elle est minimisée, de quelque façon que ce soit, c\u2019est toute l\u2019économie de la rédemption qui est atteinte.La grande page de la Passion, toute rouge du sang du Sauveur, devient obscure d\u2019éclatante qu\u2019elle est.En veut-on une autre preuve?On la trouve dans la manière dont, par fidélité à la logique de son système, le Père Teilhard envisage le terme final de l\u2019histoire humaine.15.\tL\u2019idée d\u2019esclavage, de captivité du péché se trouve non seulement chez saint Paul, mais fortement marqué chez saint Pierre: « Conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre exil.Sachez que ce n\u2019est par rien de corruptible, argent ou or, que vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères, mais par un sang précieux, comme d\u2019un agneau sans reproche et sans tache, le Christ.(/ Pierre, I, 17-19.) 16.\tCe livre ne porte pas, non plus, Y imprimatur.Le jugement favorable du Père Pierre Charles, qu\u2019on rappelle, est une maladresse.C\u2019est mal comprendre le rôle du magistère de l\u2019Église ou décider de passer outre.Et puis, les notes personnelles du Père, \u2014 ses vrais écrits spirituels, \u2014 qui n\u2019ont pas été publiées, ne révéleraient-elles rien d\u2019une abnégation de sa pensée, subie mais consentie pour la plus grande gloire de Dieu ?17.\tOp.cil., p.346 et suiv.18.\tLe péché est « mentionné » (par le P.Teilhard) dans le Milieu divin, en une note surtout de la page 80, pour justifier pourquoi il n\u2019a pas à s\u2019occuper « directement de ce qui est acte mauvais, c\u2019est-à-dire geste positif de désunion ».Il n\u2019ignorait donc pas l\u2019aspect le plus redoutable du péché; mais même dans ce livre, il Penvisage comme une « passivité de diminution », mal de l\u2019homme, non mal de Dieu.19.\tOp.cil., p.331.208 RELATIONS Dans l\u2019impossibilité d\u2019être, d\u2019agir, de penser seul, l\u2019homme se nouera sur lui-même racialement, économiquement, mentalement, à une vitesse constamment accélérée.La percée ultime de l\u2019évolution se fera par un mûrissement général de la charité \u2014 si tout va bien, a-t-il soin d\u2019ajouter, comme en aparté.Dans une première hypothèse, exprimant des espoirs vers lesquels il convient en tous cas d\u2019orienter nos efforts comme vers un idéal, le Mal, sur la Terre finissante, connaîtra un minimum.Vaincues par la Science, nous n\u2019aurons plus à redouter, sous leurs formes aiguës, ni la maladie ni la faim.Et, vaincues par le sens de la Terre et le Sens humain, la Haine et les Luttes intestines auront disparu aux rayons toujours plus chauds d\u2019Oméga.Quelque unanimité régnant sur la masse entière de la Noosphère.La convergence finale s\u2019opérant dans la paix.Une pareille issue, bien sûr, serait la plus harmonieusement conforme à la théorie.(Le Phénomène humain, p.321.) L\u2019Écriture a quelque chose à nous dire à ce sujet: c\u2019est que la fin du monde n'aura pas lieu dans la paix.A mesure que l\u2019histoire marche irréversiblement, bien sûr, vers son terme, elle marche vers l\u2019Antéchrist, qui prépare le retour de Celui dont l\u2019œuvre sainte, constamment contrariée, se poursuit sous le même voile des vicissitudes temporelles.Les structures sociales, politiques, économiques peuvent être purifiées, en partie, de leur injustice et devenir meilleures dans leur ordre (et cela a une véritable importance, ainsi que le progrès économique et technique); mais les hommes qui les érigent, les exploitent et les appliquent pourront toujours les ériger, les exploiter et les appliquer pour le mal comme pour le bien, confondant ainsi jusqu\u2019à la fin rôles et personnages sur le théâtre de ce monde.Le drame aura un dernier acte terrible, rempli de violences, de blasphèmes, de trahisons.Ce sera l\u2019abomination de la désolation.On aura beau faire la part du style dans certains passages de l\u2019Évangile et la part du genre littéraire de Y Apocalypse, la fin des temps sera horrible pour l\u2019Église.C\u2019est le moment même de sa défaite apparente qui sera l\u2019annonce de sa résurrection glorieuse.De ce terme final, personne ne sait ni le jour ni l\u2019heure, pas même le Fils de l\u2019Homme.La Jérusalem céleste « descendra des cieux », comme le Verbe « est descendu des cieux ».C\u2019est dire que la parousie ne sera pas seulement le terme d\u2019un développement cohérent et continu, provoqué par l\u2019homme arrivé à la « super-conscience », ayant atteint un « point de maturation et d\u2019évasion ».Elle aura pour cause extérieure une intervention libre de Dieu, Seigneur de l\u2019histoire, qui abrégera ces temps d\u2019angoisse à cause des élus, manifestant ainsi la toute-puissance de sa miséricorde en tirant de tout le mal, accumulé pendant des millénaires, le bien supérieur qu\u2019il se proposait non pour Lui-même, \u2014 car il est déjà le Bien, \u2014 mais uniquement pour l\u2019homme, sa créature rachetée.Le Père Teilhard admet cette hypothèse.C\u2019est, toutefois, la première hypothèse qui cadre avec tout son système.Il l\u2019avoue: « Une pareille issue, bien sûr, serait la plus harmonieusement conforme à la théorie.» L\u2019autre hypothèse a le mérite, ajoute-t-il avec loyauté, d\u2019être plus conforme aux « apocalypses traditionnelles ».N\u2019a-t-elle pas plutôt le mérite d\u2019être la seule conforme à la Révélation, c\u2019est-à-dire de n\u2019être pas une hypothèse ?* Le Saint-Office ne donne pas les raisons de sa mise en garde, tant il est vrai que chacune des interliaisons de la AOÛT 1958 synthèse du Père Teilhard soulève de multiples difficultés, et non seulement de la part de « censeurs sourcilleux et négatifs », comme l\u2019a dit un critique de chez nous.Aurait-il suffi de faire une part plus grande à la Révélation ?A cela \u2014 et sans être ni savant ni philosophe ni théologien de profession \u2014 il faut répondre non, croyons-nous.Car la Révélation n\u2019est pas une part du Tout; elle est exactement cette « vision étendue au Tout », pour reprendre une des expressions du Père Teilhard.C\u2019est du sommet de la Parole de Dieu, et dans la vision panoramique qu\u2019elle ouvre à la théologie, qu\u2019il faut faire entrer, sans secousse, les acquisitions certaines de la science pour leur assigner la place qui leur revient dans la vérité de leur ordre.La science étant toute sous le signe du déterminisme des lois naturelles, et la Révélation, au contraire, toute sous le signe de la liberté de la Personne, la foi ne s\u2019imposera jamais, fût-ce par la singularité du phénomène chrétien.« La foi, enseigne saint Paul, est la garantie des biens que l\u2019on espère, la preuve des réalités qu\u2019on ne voit pas.» C\u2019est en restant fidèle à son ordre, à sa discipline, à sa compétence que la science se fait la servante de la Révélation: vocation secondaire, mais vocation nécessaire.En ce sens, rien n\u2019est profane; tout est signe; tout est sacré; et le monde devient une « diaphanie » de Dieu.Sur ce point, le Père Teilhard a parfaitement raison.Comme il a parfaitement raison aussi d\u2019épouser les espoirs terrestres des hommes et de leur annoncer que l\u2019aménagement de cette terre, la planétisation, la totalisation humaine, comme il dit, n\u2019est pas indifférent à Dieu qui, le jour et l\u2019heure venus, recueillera son œuvre dans le Christ et pour le Christ, hier, aujourd\u2019hui, le même à jamais.Dans son élan, le Père Teilhard a dépassé son but.En réaction contre certaines tendances doctrinales et spirituelles, trop (et mal) détachées des tâches de ce monde, il n\u2019a pas assez souligné \u2014 et dans le Phénomène humain, en partant de la science; et dans le Milieu divin, en partant de la religion \u2014 que, s\u2019il y a une justification chrétienne de la science, il ne saurait y avoir de démonstration scientifique de la Foi20, et que, s\u2019il y a une assomption chrétienne des espoirs terrestres, il ne saurait y avoir d\u2019assomption temporelle de l\u2019espérance surnaturelle.Il aura manqué à la pensée du P.Teilhard, familière des secrets de la nature, d\u2019avoir assimilé, en philosophie, la notion d\u2019analogie qui enveloppe dans l\u2019unité du réel les variétés essentielles et multiformes de l\u2019être21 ; et en théologie, d\u2019avoir sondé, avec vigueur, la relation entre l\u2019ordre naturel et l\u2019ordre surnaturel, point de confluence de tant de problèmes et de tant de mystères.Pour graves qu\u2019elles soient, les insuffisances que nous avons relevées ne mettent pas en cause, faut-il le dire?la très grande contribution scientifique du Père Teilhard, ni la valeur d\u2019une vie consacrée aux problèmes chrétiens de la mentalité contemporaine, ni la profondeur de sa vie spirituelle dont témoignent ses Lettres de voyage et des pages admirables du Milieu divin.Chacun sa voie spirituelle: la sienne a libéré beaucoup d\u2019âmes.Lorsqu\u2019il écrivait de Pékin: « J\u2019espère que le Seigneur m\u2019aidera, puisque c\u2019est uniquement afin d\u2019essayer de faire voir et aimer sa figure que je me donne toute cette peine, dont je me passerais 22», il résumait, en peu de mots, toute sa vie.Et il faut le croire.20.\tLa démonstration philosophique, elle-même, s\u2019arrête aux préambules de la foi.Le Concile du Vatican dans sa troisième session, a défini ce point: « Si quelqu\u2019un dit que l\u2019assentiment à la foi chrétienne n\u2019est pas libre, mais peut être produit nécessairement par les arguments de la raison.qu\u2019il soit anathème.» 21.\tSaint Pie X, dans l\u2019encydique Pascendi, avertit « les maîtres qu\u2019ils soient parfaitement persuadés de ceci: délaisser l\u2019Aquinate (saint Thomas d\u2019Aquin), surtout en métaphysique, ne va pas sans grave dommage ».22.\tNouvelles Lettres de voyage, p.42.209 LE PAPE NOUS PARLE 3 mai: Lettre (par Vintermédiaire de S.Exc.Mgr Dell\u2019-Acqua) au directeur de l'Institut international des Sciences sociales et politiques, à l'occasion du cinquième congrès de cet institut.\u2014 Les représentants des classes moyennes ont le devoir de « s\u2019insérer avec objectivité et avec courage dans la vie économique contemporaine ».12 mai: Allocution à un groupe de chirurgiens anglais, spécialistes du thorax.20 mai: Allocution aux patronesses romaines de l'Assistance spirituelle aux forces armées d'Italie.\u2014 L\u2019Église est opposée à la guerre d\u2019agression, mais elle ne soutient pas que la guerre soit toujours répréhensible.« Étant donné que la liberté humaine est capable de déchaîner un injuste conflit au préjudice d\u2019une nation, il est certain que celle-ci peut, dans des conditions déterminées, se soulever en armes et se défendre.» 22 mai: Allocution à un groupe de dames de VAssociation de Sainte-Suzanne.\u2014 Le ministère sacerdotal est facilité par la vie catholique irréprochable des paroissiens.2 juin: Allocution à un groupe d'étudiants universitaires d\u2019Allemagne venus à Rome en pèlerinage spécial.\u2014 Pour être authentique, la religion doit être profondément sentie et se manifester dans la vie comme un témoignage de vérité, comme un exemple pour les autres, dans le généreux service des grandes causes.8 juin: Allocution à un groupe de médecins catholiques venus d'Espagne.\u2014 La morale chrétienne est « une lumière qui vous délimite le domaine du licite et de l\u2019illicite », et « qui vous fait voir dans le malade un corps qui est l\u2019habitation de l\u2019âme ».10 juin : Lettre à l'occasion du congrès mondial de la famille, à Paris.\u2014 « Quiconque veut construire sur des bases fortes et stables l\u2019édifice civique et social doit le fonder sur une conception du mariage et de la famille conforme à l\u2019ordre établi par Dieu.» Les pouvoirs publics doivent soutenir la société familiale, « mais dans le respect toutefois du vrai caractère de cette institution naturelle, élevée par Notre Seigneur à la dignité de sacrement ».12 juin: Allocution à un groupe de journalistes des États-Unis.\u2014 Faire rayonner la vérité, la justice, la bonté authentique et l\u2019amour fraternel.15\tjuin : Message aux forces armées de quatorze pays en pèlerinage (message daté du 10 juin, mais lu le 15).\u2014 Ce spectacle de fraternité chrétienne entre militaires de diverses nations fait naître de grandes espérances pour la cause de la paix.16\tjuin: Lettre (par Vintermédiaire de S.Exc.Mgr Dell'-Acqua) à l'occasion des Journées internationales d'Études de l'Office catholique international du Cinéma, tenues à Paris, du 16 au 19 juin.\u2014 Le grand public est capable de soutenir de sa faveur des films de tous genres « qui, par leur beauté et la noblesse de leur présentation, sont de nature à exercer une influence vraiment éducative »; mais les spectateurs ont besoin d\u2019une éducation spéciale pour leur apprendre « à goûter les vraies valeurs qui s\u2019expriment dans le langage propre du cinéma ».22 juin : Allocution aux participants du IIe congrès national de la Fédération italienne des Courtiers et Agents d'affaires.\u2014 Qualités et vertus nécessaires au courtier; le courtage est une activité humaine pour laquelle se pose le problème moral.Grande aujourd\u2019hui est la tentation de faire des affaires en laissant de côté les maximes de la morale chrétienne.« Quand, par exemple, on dit business is business, on formule une règle qui, élevée en principe absolu et universel, (compte) parmi les maximes qu\u2019aucune conscience humaine ne peut accepter; .les opérations économiques.(sont) soumises à la loi divine, naturelle et positive.» ou ôanù comm en faite* LA RÉVOLUTION SCOLAIRE MODERNE ET LES DEVOIRS DES RESPONSABLES DE L\u2019ÉCONOMIE PRIVÉE Vu l'actualité du sujet et l'autorité du conférencier, vu aussi Vimportance des idées qu'il développe et leur influence possible sur l'avenir de l'éducation, nous croyons rendre service à nos lecteurs en leur faisant connaître des extraits d'une conférence prononcée, il y a quelque temps, à Paris, par M.Pierre Harmel, ancien ministre de VInstruction publique de Belgique, et publiée dans la revue Documents et commentaires, mars 1958.LIDÉE que les niveaux de vie intellectuel et culturel d\u2019un ^ peuple dépendent de la diffusion des études va de soi; elle est vieille comme le monde; mais elle est d\u2019un dynamisme limité: en vingt siècles de civilisation, elle n\u2019a pu exercer qu\u2019un appel relativement faible vers l\u2019extension d\u2019une haute culture au sein des masses.Maintenant, une autre idée vient de s\u2019imposer: c\u2019est que le niveau matériel ou la prospérité d\u2019un peuple sont aujourd\u2019hui liés au développement de la science et à la qualification sans cesse accrue des travailleurs.Pareille constatation, à peine accréditée, mais vraie, est d\u2019un extraordinaire dynamisme pour l\u2019expansion des études.Comme il s\u2019agit, cette fois, d\u2019une course au bien-être matériel, le développement scolaire marchera bon train, et on assiste, en ce quart de siècle, à la plus considérable révolution de l\u2019enseignement que le monde ait jamais connue.Quels sont, dans cette révolution, les rôles de la liberté scolaire?La constatation de départ, qui retient aujourd\u2019hui notre attention, est \u2014 rappelons-le \u2014 que l\u2019extension des études n\u2019est plus seulement un fruit, un résultat de la prospérité: de tous temps, les parents ont fait faire des études à leurs enfants quand ils atteignaient un certain degré d\u2019aisance; c\u2019était, chez la majorité, un signe de richesse.Quant à la création de bourses d\u2019études, elle ressortissait à l\u2019idée sociale d\u2019égalité de chances.Actuellement on admet, quasi à l\u2019inverse, ce qui suit: le progrès économique des pays très avancés ne peut plus croître que si on mise sur une qualification accrue et un effort de recherche scientifique et technique; le moteur de l\u2019économie devient le mouvement vers les études généralisées pour tous et poussées le plus haut possible par un nombre sans cesse' accru des meilleurs étudiants; on n'attend plus la richesse pour commencer des études, on généralise les études pour provoquer la richesse.L\u2019expansion des études est entrée dans le circuit du mouvement pour la productivité; déjà, on a établi scientifiquement l\u2019existence des relations entre les croissances de productivité nationale et l\u2019augmentation annuelle, dans les mêmes pays, du nombre des savants, ingénieurs et techniciens.Cette thèse s\u2019appuie sur des faits vécus, plus ou moins, selon le degré de progrès économique des pays; dans 25 ans, la plupart des États hautement développés auront atteint, pour leur jeunesse, 100% de fréquentation de 12 années d\u2019études, 40 à 50% de fréquentation d\u2019études supérieures pendant 2 ans, 25 à 30% de fréquentation d\u2019études supérieures pendant 4 ans.Telle est la révolution qui va, en un quart de siècle, provoquer un mouvement scolaire sans précédent.Il faut admettre comme un fait que ce mouvement vers les études est commandé par une vision utilitariste: pareil effort est entrepris parce que les peuples veulent accroître leur puissance ou leur prospérité.La création scolaire est ainsi devenue un placement, aussi rentable sinon plus, à moyenne échéance, que des investissements en biens matériels.La banque des valeurs humaines, qu\u2019est une grande école, devient aussi importante que celle du crédit en argent.Liberté et responsabilité Ceci amène plusieurs réflexions.D\u2019abord réjouissantes.Par l\u2019extension des études, le niveau de vie des peuples doit trouver un accroissement de bien-être.Tant mieux! surtout si la multiplication des travailleurs hautement qualifiés devient le levier principal d\u2019une déprolétarisation des masses et une chance \u2014 inespérée quand nous étions plus jeunes \u2014 d\u2019élévation sociale rapide pour le monde du travail.Mais nous devons aussi nous mettre en garde.1° La vision utilitariste d\u2019un profit économique peut donner aux jeunes, et au contenu des études, une orientation qui assure chez les nouveaux diplômés « un rendement immédiatement utilisable » plutôt que l\u2019aptitude à formuler des jugements personnels autonomes.Il serait cruel d\u2019initier la jeunesse aux richesses de la nature sans plus lui donner, en même temps et lentement, la révélation d\u2019un esprit de l\u2019univers.Au vrai, les responsables de l\u2019économie dans nos pays ont déjà constaté que la technicité n\u2019est pas tout; ils commencent à attacher la plus grande importance aux relations sociales dans l\u2019entreprise et la vie publique: les études purement utilitaristes sont déjà condamnées.2° Mais, dans le domaine purement économique, il faut redouter que les responsables de l\u2019économie privée ne deviennent illogiques s\u2019ils reportent sur les États la charge de tous les investissements intellectuels ou scolaires de la nation, alors qu\u2019ils revendiquent de conserver la liberté des investissements matériels.Dans mon pays, en 1956, l\u2019économie privée a investi, en locaux professionnels, outillages et matériels divers, près de 50 milliards de francs, tandis que les travaux d\u2019investissements matériels dépendant de l\u2019État absorbaient 17 milliards.Mais quand il s\u2019agit d\u2019investissements intellectuels pour l\u2019enseignement, c\u2019est l\u2019inverse: on compte sur les finances publiques, parce qu\u2019on n\u2019est pas encore habitué à raisonner, vis-à-vis de l\u2019enseignement, comme si c\u2019était un placement.Y a-t-il, cependant, une raison valable justifiant que les investissements matériels ne soient pas monopolisés et qu\u2019on désire les laisser libres, tandis que les placements en biens non matériels, non moins indispensables, seraient abandonnés à la charge, à l'influence et à l\u2019autorité de l'État?Aux États-Unis, le président d\u2019une grande fondation scientifique m\u2019a dit, il est vrai: « Nous sommes certains que les chefs d\u2019entreprise amplifieront leur générosité pour les hautes écoles libres, à mesure de la croissance des besoins; ils savent calculer: ils préfèrent investir en des enseignements libres et ne pas devoir payer, en impôts, beaucoup plus pour des écoles publiques.» Au delà de cette réflexion un peu intéressée, les défenseurs de l\u2019économie privée doivent comprendre que la liberté est une: si l\u2019indépendance de leurs entreprises et leur prospérité privée dépend, en partie, de leurs investissements, ils doivent aussi prendre leur part de charges dans les considérables extensions d\u2019enseignement qui s\u2019annoncent.3° Mais le crédit n\u2019est pas l\u2019aspect principal.Les chefs des mouvements professionnels et sociaux doivent assumer leur part de responsabilité et réclamer leur part d\u2019autorité dans l\u2019orientation des études, parce que le progrès de celles-ci est au cœur de leurs problèmes: il est obvie, pour les organisations du travail, que la multiplication des étudiants issus des familles ouvrières sera la meilleure chance d\u2019ascension sociale, mais il est non moins vrai qu\u2019un mouvement scolaire inconsidéré pourrait faire surgir une race d\u2019aigris; de même, une exploitation intellectuelle de nouvelles couches de la jeunesse issues du monde laborieux pourrait faire rater leur ascension sociale et les transformer en robots: d\u2019où la nécessité d\u2019une présence et d\u2019un contrôle de l\u2019action scolaire par les associations du travail.Quant aux grands mouvements professionnels et patronaux, ils seront également à leur place dans la direction du progrès des études tant publiques que privées: ils doivent surveiller la préparation de leur « capital humain ».Les grands conseils de l\u2019enseignement tant public que privé ne pourraient plus, à mes yeux, se passer de ce double concours économique et social.Dans les pays où les relations entre l\u2019enseignement public et privé sont difficiles, l\u2019intervention de cette troisième force économico-sociale pourrait être un élément d\u2019entente.L\u2019ÉGLISE ET LA GUERRE L'allocution du Saint Père aux patronnesses romaines de l'Assistance spirituelle aux forces armées d\u2019Italie, le 21 mai dernier, contient, sur l'attitude de l\u2019Église à l\u2019égard de la guerre, des précisions opportunes.I\u2019ÉGLISE n\u2019accepte pas la doctrine de ceux qui croient que l\u2019humanité est régie par la loi du bellum omnium contra omnes, et elle rejette aussi la théorie qui considère la force comme unique fondement des relations entre les États.La guerre n\u2019est pas pour l\u2019Église « promotrice de mâles vertus » et moins encore « stimulatrice d\u2019initiatives fécondes »; la guerre ne coopère aucunement au progrès de la civilisation, même si parfois elle est une occasion et un stimulant pour l\u2019accroissement de la science et de la technique.La guerre n\u2019est pas pour l\u2019Église un droit juridique licite qui demeure tel dans n\u2019importe quelle hypothèse.Parce que le christianisme considère l\u2019humanité comme une seule grande famille, il doit être fermement opposé à la guerre d\u2019agression; que les frères tuent leurs frères, ce sera toujours une affreuse histoire, et ceux qui la racontent comme ceux qui l\u2019écoutent doivent.en être remplis d\u2019horreur.Cependant, si l\u2019Église se refuse à admettre toute doctrine qui considère la guerre comme un effet nécessaire de forces cosmiques, physiques, biologiques ou économiques, elle est tout autant éloignée d\u2019admettre que la guerre soit toujours répréhensible.Étant donné que la liberté humaine est capable de déchaîner un injuste conflit au préjudice d\u2019une nation, il est certain que celle-ci peut, dans des conditions déterminées, se soulever en armes et se défendre.210 RELATIONS AOUT 1958 211 Le régime scolaire aux Pays-Bas Mgr Frans Op de COUL Vu l\u2019intérêt que suscitent au Québec les problèmes d\u2019éducation, nous avons demandé au directeur de l\u2019hebdomadaire catholique De Linie, d\u2019Amsterdam, un article sur le système scolaire de son pays.En réponse, Mgr de Coul, directeur du Bureau central catholique pour l\u2019Enseignement et l\u2019Education aux Pays-Bas, nous a envoyé un texte dont nous publions, ce mois-ci, la première partie, en y ajoutant quelques notes tirées d\u2019une brochure gracieusement mise à notre disposition par Vambassade des Pays-Bas au Canada.IES NOTES qui suivent se proposent de donner un exposé succinct et pratique de la façon dont le pro-blême de l\u2019école privée a trouvé aux Pays-Bas une solution quasi idéale.Ce que nous, catholiques hollandais, avons pu obtenir et ce que, après des expériences d\u2019une trentaine d\u2019années, même les adversaires d\u2019autrefois considèrent maintenant comme parfaitement justifié, je voudrais le faire connaître aux lecteurs canadiens.Le peuple néerlandais reconnaît que, dans le domaine de l\u2019enseignement et de l\u2019éducation, les parents et l\u2019Église possèdent des droits souverains et inaliénables.A ce domaine, l\u2019État est certes également intéressé, car l\u2019école influe sur l\u2019avenir des citoyens et sur le destin national.Il importe donc grandement à l\u2019État que ses sujets acquièrent le degré d\u2019instruction dont ils ont besoin pour se faire une opinion personnelle sur les événements nationaux et internationaux, ainsi que pour utiliser convenablement les moyens indispensables à l\u2019obtention d\u2019une saine prospérité matérielle; mais ce souci n\u2019autorise pas l\u2019État à porter atteinte aux droits supérieurs des parents et de l\u2019Eglise, auxquels se subordonnent ceux de l\u2019État.Ce principe de la priorité des parents, quand il s\u2019agit de l\u2019éducation de leurs enfants, la constitution néerlandaise le reconnaît explicitement, quand elle stipule que l\u2019enseignement est libre h Témoignage officiel Qu\u2019on me permette à ce propos de citer le témoignage du conseiller général au ministère de l\u2019Instruction, des Beaux-Arts et des Sciences, le docteur Wesselings; il nous donne une bonne description du régime scolaire aux Pays-Bas.« Pour se faire une idée exacte du système scolaire néerlandais, on doit tout d\u2019abord prendre connaissance avec le peuple lui-même.Et alors, on trouvera, imprégnant tous les domaines, moralement et socialement, cette seule pensée dominante: liberté.C\u2019est pourquoi le paragraphe de la constitution qui se rapporte à l\u2019enseignement, après avoir fait un devoir au gouvernement de veiller sur les écoles, commence tout de suite par cet article: Il y a liberté d\u2019enseignement.\\.N.D.L.R.\u2014 La brochure officielle susmentionnée distingue un double système de la liberté d\u2019enseignement: l\u2019un qui s\u2019organise « hors de l\u2019Etat », l\u2019autre, « par l\u2019État ».« Dans le premier système, l\u2019autorité prend soin du développement d\u2019un système d\u2019enseignement neutre.Si certaines couches de la population ne sont pas satisfaites, pour des motifs empruntés, par exemple, aux conceptions de la vie et « Il s\u2019ensuit que les parents ont le droit de choisir le genre d\u2019enseignement qu\u2019ils désirent pour leurs enfants.Et le gouvernement, en donnant à l\u2019enseignement libre les moyens de s\u2019acquitter de sa tâche, a fait de cette liberté une réalité.Une subvention considérable accordée par l\u2019État \u2014 le plus souvent, un remboursement complet des dépenses \u2014 favorise la fondation et le maintien d\u2019écoles libres remplissant les conditions de sérieux énoncées dans les différentes lois se rapportant à l\u2019éducation.Ces conditions concernent le programme des études, l\u2019état des édifices scolaires, la compétence et la moralité du personnel enseignant; elles sont identiques tant pour le secteur public que pour le secteur libre, elles favorisent et opèrent l\u2019unité indispensable dans le système scolaire.« De cette liberté a jailli une grande variété de types d\u2019écoles et de méthodes d\u2019enseignement.Il nous paraît vain d\u2019établir un appareil officiel pour régler le contenu de l\u2019enseignement.Aussi aux responsables des institutions qui émanent des autorités locales ou bien d\u2019une association, a-t-on laissé une très grande liberté.« Le ministre de l\u2019Instruction publique et ses fonctionnaires veillent à ce que soient observées les conditions d\u2019octroi des subventions; mais ils n\u2019interviennent pas directement.Ils soutiennent l\u2019enseignement de leurs paroles et de leurs actes; mais qui ne veut pas suivre leurs conseils n\u2019en demeure pas moins libre d\u2019agir à sa guise.L\u2019enseignement aux Pays-Bas est, en conséquence, exempt de toute influence pédagogique exercée par le gouvernement.Ce sont les années de l\u2019occupation allemande qui, d\u2019une façon particulière, ont démontré l\u2019importance de cette attitude et souligné à quel point cette liberté est profondément enracinée au cœur du peuple néerlandais.Les occupants s\u2019y sont butés.Aussi le système scolaire est-il sorti parfaitement intact du combat.« Trois points dans ce système sont à retenir.Tout d\u2019abord, le gouvernement ne s\u2019occupe pas de la nomination du personnel de l\u2019enseignement libre: il suffit aux candidats de répondre aux exigences générales de compétence et de moralité.Deuxièmement, le choix des aides scolaires est laissé entièrement au soin de l\u2019administration de l\u2019école.Troisièmement, si, de l\u2019avis de l\u2019inspecteur scolaire, le programme des études d\u2019une école primaire libre ne répond pas aux exigences d\u2019un enseignement satisfaisant, ce n\u2019est pas le ministre de l\u2019Instruction publique, mais un corps complètement indépendant de ce dernier \u2014 le Conseil d\u2019enseignement \u2014 qui aura à intervenir et à statuer.La direction de l\u2019école libre devra se soumettre, sous peine de perdre sa subvention, à la décision prise par le Conseil d\u2019enseignement.» Tel est le témoignage que porte sur le système scolaire néerlandais un personnage officiel.Un tel système, il va du monde, et si elles désirent fonder, à côté des écoles officielles, des institutions d\u2019enseignement libre, l\u2019État les laisse libres.En principe, il se tient passif envers de pareilles écoles.« Dans l\u2019autre système, cette passivité fait place à une intervention active, en ce sens que l\u2019autorité soutient le développement des écoles qui ne sont pas neutres si elles en expriment le désir, sous certaines garanties d\u2019équivalence, mais non de conformité à l\u2019enseignement qu\u2019elle donne elle-même, rendant ainsi possible le déploiement d\u2019une certaine diversité de directions dans le système d\u2019enseignement.Un pareil régime, qu\u2019on pourrait appeler régime de neutralité positive de l\u2019autorité, union heureuse d\u2019unité et de variété, est le système en vigueur dans l\u2019enseignement néerlandais.» 212 RELATIONS sans dire, ne s\u2019est pas constitué en un jour; il est le fruit d\u2019une longue et difficile évolution 2.Evolution historique Les premiers résultats remontent à 1848, année où le principe de la liberté de l\u2019enseignement fut inséré dans la constitution.C\u2019était sans contredit un grand progrès.L\u2019autorité publique, il est vrai, ne mettait pas encore de subventions à la disposition de l\u2019enseignement privé; mais des écoles libres pouvaient maintenant se fonder sans autorisation préalable et spéciale de l\u2019État.Celui-ci entoure alors de sa « constante sollicitude » l\u2019enseignement public, lequel se développe et prospère dans toutes ses ramifications.Le trait caractéristique de cette époque, peut-on dire, c\u2019est l\u2019omniprésence de l\u2019État sur le terrain de l\u2019enseignement.Restait cependant une question bien épineuse.Les partisans de l\u2019enseignement libre avaient bien obtenu la reconnaissance légale de leur droit; mais en pratique, ce droit, ils ne pouvaient l\u2019exercer que difficilement.Ils devaient, d\u2019une part, s\u2019imposer de grands sacrifices pour leurs propres écoles et, d\u2019autre part, supporter tout le poids des contributions nécessaires au maintien des écoles publiques.Les lois de 1863 (enseignement secondaire), de 1876 (enseignement supérieur) et de 1878 (enseignement primaire) n\u2019apportèrent aucun soulagement à cette situation pénible.En dépit de ces obstacles, les écoles primaires libres se développent un peu partout.Quelques collèges d\u2019enseignement secondaire et quelques lycées classiques libres se fondent aussi à cette époque; mais, au niveau supérieur, il n\u2019existe que des séminaires.En 1887, a lieu une première tentative de modifier la constitution afin de permettre à l\u2019État de contribuer, au moins en partie, aux frais de l\u2019enseignement privé; cette tentative se solde par un échec.Peu à peu, cependant, une coalition se forme de tous les partisans de la liberté de l\u2019enseignement, et cette coalition fait élire, en 1889, le premier ministère de la droite: le ministère chrétien de Mackay.Celui-ci adopte comme politique que la constitution ne s\u2019oppose pas à l\u2019octroi de subventions à l\u2019enseignement privé, et c\u2019est le point de dé- 2.N.D.L.R.\u2014 La brochure dont nous avons parlé nous décrit ainsi les cadres supérieurs du système scolaire néerlandais: « Le ministère de l\u2019Instruction, des Beaux-Arts et des Sciences vient en premier lieu.Son chef suprême est le ministre.Il fait partie du gouvernement.Dans l\u2019accomplissement de sa tâche, il est assisté du secrétaire général, qui est le chef permanent des travaux quotidiens du ministère, et de deux conseillers.Au-dessous du secrétaire général, se trouvent les chefs des divisions.Parmi celles-ci, il y en a quatre qui consacrent leurs travaux à des branches déterminées d\u2019enseignement.La division de l\u2019enseignement supérieur veille aux intérêts des universités et des écoles supérieures.La division de l\u2019enseignement secondaire s\u2019occuDe des gymnases, des écoles secondaires, des lycées, des écoles de commerce du jour et du soir.La division de l\u2019enseignement technique et ménager se charge de l\u2019enseignement professionnel dans toute son étendue.Les intérêts de l\u2019enseignement primaire sont confiés à la division de cet enseignement.Y ressortissent également la formation des instituteurs, l\u2019enseignement supplémentaire, la loi sur l\u2019enseignement obligatoire et son exécution, l\u2019enseignement de l\u2019école maternelle.« A côté du ministère, il y a le Conseil de l\u2019Enseignement, composé de 15 membres au moins.Ce collège doit, soit à la demande du ministre, soit spontanément, donner son avis sur des problèmes d\u2019ordre général se rapportant au domaine de l\u2019enseignement confié aux soins du département.Le Conseil comprend quatre divisions: la division de l\u2019enseignement supérieur, celle de l\u2019enseignement secondaire, celle de l\u2019enseignement primaire et de l\u2019enseignement de l\u2019école maternelle, enfin celle de l\u2019enseignement professionnel.AOÛT 1958 part de subventions, de caractère bien modeste encore.De 1891 à 1901, des ministères libéraux gouvernent les Pays-Bas, et il ne peut être question de faire augmenter l\u2019aide aux écoles libres.Mais, en 1901, grâce à l\u2019entrée en scène du ministère Kuyper, le gouvernement néerlandais augmente considérablement les subventions à l\u2019enseignement primaire; de plus, il fait adopter une loi qui donne aux lycées classiques privés la possibilité d\u2019octroyer le jus promovendi, et aux universités ou écoles supérieures privées la reconnaissance légale des examens passés conformément à cette loi.Sur ces entrefaites, un événement se produit auquel vont s\u2019opposer la plupart des partisans de l\u2019enseignement libre, mais dont les conséquences favoriseront grandement la réalisation des objectifs poursuivis par la droite.Je veux parler de l\u2019adoption de la loi du 7 juillet 1900 sur l\u2019instruction obligatoire.Votée à la Chambre des députés par une seule voix de majorité (50 à 49), cette loi ne compte alors parmi ses défenseurs que deux représentants de l\u2019enseignement privé: les catholiques Schaepman et Kolkman.Discutée âprement à l\u2019intérieur du pays qu\u2019elle divise, la nouvelle loi attire aussi sur elle l\u2019attention de l\u2019étranger.Ainsi le docteur F.von Hertling écrit d\u2019Allemagne, le 15 janvier, au docteur Schaepman: « On ne peut pas dire qu\u2019en toute circonstance la fréquentation scolaire obligatoire imposée par l\u2019État s\u2019oppose aux principes fondamentaux catholiques.» Et le même d\u2019ajouter: « A ce que je sache, le clergé catholique allemand ne fait nulle part de difficultés contre la fréquentation scolaire obligatoire, là où existent des écoles confessionnelles 3.» C\u2019était là, à vrai dire, l\u2019argument invoqué par les catholiques Schaepman et Kolkman comme motif déterminant de leur vote.Dans la suite des luttes scolaires, on en viendra peu à peu à considérer cet argument comme juste, et le reprendront à leur compte tous les partisans de l\u2019égalité entre l\u2019enseignement public et l\u2019enseignement privé.En d\u2019autres termes, du fait que l\u2019État impose la fréquentation scolaire et oblige les parents à envoyer leurs enfants à l\u2019école, il doit également faire en sorte que les parents puissent remplir cette obligation sans violer leur conscience, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils puissent envoyer leurs enfants dans des écoles où l\u2019on donne un enseignement conforme à leur propre conception de la vie.Dans les années qui suivent, la lutte pour ce qu\u2019on appelle l\u2019égalité financière de l\u2019enseignement devient de plus en plus vive, et le nombre des partisans de cette idée grandit de jour en jour.En 1909, est nommée, sous la présidence du docteur Bos, une commission d\u2019État dont l\u2019objectif est la recherche d\u2019une solution à ce grave problème.En 1913, la commission publie son Rapport de pacification, dans 3.N.D.L.R.\u2014 Précisions tirées de la brochure officielle: « La Loi sur l\u2019Enseignement obligatoire de 1900 oblige.le père, la mère, ou, d\u2019une façon générale, la personne ayant la charge d\u2019un enfant de procurer à celui-ci un enseignement primaire suffisant.Toutefois, il n\u2019est prescrit aucune obligation de fréquenter l\u2019école.Personne n\u2019est tenu d\u2019envoyer ses enfants à l\u2019école, à condition qu\u2019il pourvoie à leur instruction par un enseignement à domicile.Pratiquement, on n\u2019use que très peu de la faculté de faire donner à ses enfants des leçons à domicile.Ceci n\u2019est le cas que pour 100 enfants environ.« Les organes de l\u2019État, les organes locaux et, parmi ceux-ci, les commissions communales instituées en vue de combattre les absences scolaires surveillent sévèrement l\u2019observation de la Loi sur l\u2019Enseignement obligatoire.Dans plusieurs communes, les enfants qui font l\u2019école buissonnière sont amenés à l\u2019école par la police.» 213 lequel elle préconise la reconnaissance ouverte et franche des droits de l\u2019enseignement libre.Elle propose l\u2019égalité financière obligatoire sur les trois terrains suivants: les écoles maternelles, les écoles primaires et la formation du personnel enseignant; de plus, elle laisse entrevoir la possibilité d\u2019une égalité financière dans tous les autres secteurs de l\u2019enseignement.Arrive enfin le grand moment, en 1917.L\u2019égalité financière entre l\u2019enseignement public et l\u2019enseignement privé, objet de tant de désirs et de tant de luttes, devient une réalité.Une simple modification à la constitution apporte la solution à ce problème, et ouvre même la possibilité d\u2019ancrer les principes de notre régime scolaire dans une nouvelle loi organique: la loi de 1920 relative à l\u2019enseignement primaire, loi présentée par le docteur De Visser, lequel deviendra le premier ministre de l\u2019Instruction, des Beaux-Arts et des Sciences.Dans ses grands traits, le régime scolaire aux Pays-Bas est maintenant constitué; reste à en exposer le fonctionnement plus en détail, spécialement en ce qui concerne les conditions de subventions aux différentes écoles, ainsi que la formation du personnel enseignant, tant dans l\u2019enseignement primaire que dans l\u2019enseignement secondaire.Ce sera l\u2019objet de prochains articles.NOS HOMMES D'AFFAIRES COURONNENT LEURS ETUDES Joseph-Papin ARCHAMBAULT, S.J.QUELQUES JOURNAUX ont déjà^ signalé la récente et remarquable initiative de l\u2019École des Hautes Études commerciales.C\u2019est vraiment un tour de force que ses dirigeants ont accompli; et plusieurs, au courant du plan projeté, ne cachaient pas, avant sa réalisation, leur scepticisme.Rien d\u2019étonnant: il s\u2019agissait d\u2019éloigner de leurs affaires, durant trois semaines, des hommes auxquels la responsabilité de diriger une vaste entreprise rendait une absence difficile, et de les amener non à des excursions, à une détente, dont l\u2019homme d\u2019affaires a besoin comme tout autre, mais à des études, à des discussions techniques qui exigent une intense concentration de l\u2019esprit.Quarante et un hommes cependant, tous attachés à des entreprises importantes, ont cédé à l\u2019habile propagande qui les talonnait depuis plusieurs mois.Tous venaient du Québec, mais de vingt-six endroits différents.Tous aussi, sauf deux, étaient canadiens-français.Quant aux sept professeurs, Harvard les avait formés: quatre de langue française, qui enseignent actuellement à l\u2019École des Hautes Études commerciales, et trois venus des États-Unis.Ces derniers \u2014 sans qu\u2019on eût exigé d\u2019eux cette qualité \u2014 étaient, comme les premiers, des catholiques.Aussi ne furent-ils pas étonnés que chaque jour commençât par la prière.Mais ce n\u2019est pas une retraite fermée que ce groupe d\u2019hommes venait suivre, ni même une session de formation sociale comme ceux que patronne l\u2019Institut social populaire; c\u2019était, selon le titre donné à cette réunion, des « cours de perfectionnement en administration ».Ces cours s\u2019adressaient à des chefs, à des administrateurs de compagnies, à des dirigeants d\u2019entreprises.L\u2019âge moyen de ces hommes était d\u2019environ quarante ans; leur expérience en affaires, d\u2019une vingtaine d\u2019années; leur salaire annuel, pour la plupart, d\u2019environ $11,000.Leur compagnie payait leurs frais de séjour, évalués à $700.N\u2019était-ce pas une gageure que de tenter d\u2019amener de tels personnages à s\u2019asseoir, comme des écoliers, en face d\u2019une tribune et à écouter pérorer des professeurs durant vingt-quatre jours ?Mais c\u2019est ici qu\u2019apparaît l\u2019originalité de cette initiative et la clef de son succès.Cet enseignement se donne sans cours proprement dits.Et si ce mot apparaît dans le titre, c\u2019est plutôt avec son sens général, comme dans cours classique, cours commercial, etc.Une méthode, qui n\u2019aurait pu s\u2019appliquer facilement à des sujets doctrinaux, était toute désignée pour ce travail de perfectionnement proposé à des hommes d\u2019affaires d\u2019âge mûr, occupant d\u2019importantes situations et triés sur le volet.Les professeurs proposaient des « cas » : trois chaque jour.Chaque « élève » devait les étudier personnellement, de 214 quatre heures et demie à six heures, la première partie de l\u2019après-midi étant réservée à une détente nécessaire: repos, pêche, excursion.Après le souper, le travail reprenait, de sept heures et demie à onze heures, en commun cette fois, par équipes d\u2019une dizaine de membres.Les opinions diverses s\u2019affrontaient et s\u2019éclaircissaient.Le lendemain matin, sous la direction des professeurs, réunion générale; elle se prolongeait de huit heures à midi : après d\u2019intéressantes discussions, parfois très animées, la solution jaillissait, acceptée de tous.Tous les assistants ont travaillé ferme; aucun n\u2019a regretté son effort.Au contraire, reconnaissant et enchanté de l\u2019enseignement reçu, chacun est parti avec le désir d\u2019en faire bénéficier, l\u2019an prochain, amis ou compagnons de travail.A quoi attribuer cette incontestable réussite?A un ensemble de causes dont chacune, plus ou moins importante, n\u2019en constituait pas moins un facteur nécessaire.Énumérons les principales.Et d\u2019abord, l\u2019endroit où s\u2019écoulèrent ces trois semaines de travail intellectuel.Accompli en pleine ville, dans le bruit et la chaleur, ce travail aurait été pénible.A la campagne, au grand air, dans un site enchanteur des Laurentides, sur les bords d\u2019un lac, il devenait agréable et fécond.La méthode adoptée, inspirée d\u2019ailleurs des initiatives du même genre aux États-Unis et même dans une université canadienne de langue anglaise, contribua pour une bonne part au succès obtenu.Elle convenait à des hommes d\u2019affaires, munis déjà d\u2019une vaste expérience, et que des cours proprement dits auraient rebutés.L\u2019étude personnelle des divers cas obligeait chacun à un utile travail de réflexion; l\u2019étude en commission aidait à résoudre les difficultés rencontrées; puis, la discussion générale venait rectifier erreurs ou imprécisions et mettre en vive lumière solutions et conclusions désirées.Notons enfin le rôle majeur de l\u2019équipe dirigeante, et félicitons: les autorités de l\u2019École des Hautes Études commerciales, qui ont conçu, élaboré, mis en œuvre cette initiative de valeur; les professeurs, dont la compétence, la clarté, la cordialité ont conquis l\u2019admiration et la confiance de leurs auditeurs; l\u2019anirnateur enfin d\u2019une telle entreprise, M.Jean Deschamps, de l\u2019École des H.E.C., qui l\u2019organisa pièce à pièce par un travail incessant, la conduisit avec entrain, mettant au service de tous son savoir-faire et son dévouement.La première session des « cours de perfectionnement en administration » atteste la vigueur de notre haut enseignement et les vues éclairées de ses dirigeants.La presse non seulement du Canada, mais des États-Unis lui a consacré des articles élogieux.Elle fait honneur à notre groupe ethnique.RELATIONS La suggestion subliminale Jules PAQUIN, S.J.Le P.Paquin, professeur de théologie morale au Scolas-ticat de /\u2019Immacülêe-Concepiion {Montréal), aborde en théologien un problème nouveau, auquel s'intéressent déjà les publications américaines.ON A BEAUCOUP PARLÉ, ces derniers temps, d\u2019une nouvelle technique à l\u2019aide de laquelle on pourrait influencer le psychisme humain et, par voie de conséquence, notre activité elle-même.Il s\u2019agit de la suggestion ou perception subliminale; en anglais: subliminal projection, subliminal perception, ou encore: hidden persuader, hidden sell.Le magazine Life lui a consacré plusieurs pages de son numéro du 31 mars dernier, et Science et Vie du mois d\u2019avril rapporte une expérience qui aurait eu lieu ici même, au Canada.Perception subliminale: l\u2019expression peut paraître savante.Mais la réalité qu\u2019elle exprime intéresse tout le monde, tous ceux du moins qui assistent à des séances de cinéma ou qui regardent des spectacles de télévision.Voici en quoi consiste le procédé.Pendant que, tranquillement assis, nous regardons les images qui se déroulent sur l\u2019écran, on projette devant nous, à intervalles réguliers et pendant une fraction de seconde, une autre image, qu\u2019à cause de la brièveté même de la projection nous ne pouvons pas voir, mais qui pourtant est perçue et s\u2019inscrit en nous.C\u2019est une perception dont nous ne nous rendons pas compte parce qu\u2019elle s\u2019opère en deçà du seuil (en latin: limeri) de la conscience: elle est subconsciente.Perçue et inscrite dans le subconscient, l\u2019image garde son dynamisme: un dynamisme contre lequel nous ne songeons guère à nous défendre, puisque nous ne savons pas que l\u2019image est en nous.On connaît la force suggestive de l\u2019image: c\u2019est tout le principe de l\u2019annonce commerciale.Mais celui qui voit une annonce peut, dans une certaine mesure, se protéger contre elle; il sait qu\u2019on fait le siège de sa volonté, et il peut, s\u2019il le veut, s\u2019opposer à cette violence.Dans la suggestion subliminale, au contraire, la personne ne se rendant pas compte qu\u2019elle est assiégée, ses réactions de défense sont plus faibles.On a d\u2019abord utilisé cette technique pour stimuler des sentiments, afin que le spectateur participe davantage au spectacle qu\u2019il contemple.Par exemple, si l\u2019image visible est celle d\u2019une femme terrifiée à la vue d\u2019un accident, on projettera simultanément en image invisible une tête de mort; pour une scène de douceur et de paix, des fleurs, un bébé souriant.Les applications sont inépuisables.Comme il fallait s\u2019y attendre, la publicité commerciale a voulu s\u2019emparer d\u2019une technique qui lui est manifestement favorable: si l\u2019image invisible plusieurs fois répétée est une invitation à acheter tel ou tel produit, les spectateurs en seront inconsciemment influencés, et le nombre des ventes ne pourra que s\u2019accroître {hidden sell).De fait, pourtant, malgré un certain nombre d\u2019expériences, l\u2019utilisation pratique de ce procédé n\u2019est pas, heureusement, très répandue.Le public et même des organismes officiels ont vite réagi.Il n\u2019est personne, en effet, qui ne voie à quels abus peut conduire cette technique, si elle n\u2019est AOÛT 1958 pas soumise à une sévère réglementation.N\u2019importe quel propagandiste pourrait multiplier les slogans les plus subversifs; n\u2019importe quel marchand pourrait annoncer des articles destinés à un usage immoral.Sans aller jusque là, n\u2019y a-t-il pas quelque chose qui répugne à la dignité humaine dans le fait de pénétrer ainsi par effraction dans le psychisme et de l\u2019influencer à son insu ?Une question préliminaire est évidemment celle de l\u2019efficacité même de la technique.Il ne paraît pas possible d\u2019affirmer qu\u2019une volonté absolument réfractaire à telle ou telle suggestion puisse être vaincue par le dynamisme d\u2019une image inconsciente, fruit d\u2019une perception subliminale, surtout si ce dynamisme est en opposition avec l\u2019ensemble du psychisme.Mais sans avoir une force déterminante, la suggestion garde une puissance d\u2019impulsion qu\u2019on ne saurait raisonnablement nier.Sans doute, quelques-unes des expériences déjà faites peuvent tempérer l\u2019enthousiasme de ceux qui attribuaient à la suggestion subliminale une efficacité presque infaillible; d\u2019autre part, \u2014 ce qui semble bien aussi confirmé par les expériences, \u2014 comment ne pas lui reconnaître une certaine influence, conformément à ce qu\u2019on sait par ailleurs du dynamisme de la suggestion ?* Reste alors à porter un jugement moral.Est-il licite d\u2019agir ainsi sur le subconscient, avec ou sans le consentement de l\u2019intéressé?De son côté, le spectateur qui sait devoir être ainsi influencé a-t-il le droit d\u2019accepter une suggestion dont il ignore la nature ?Il faut condamner comme immorale l\u2019utilisation de la suggestion subliminale sans le consentement de ceux à qui elle est destinée.C\u2019est une intrusion, une violation d\u2019un droit sacré.Notre vie psychique est un bien précieux entre tous, et nous avons le droit d\u2019exiger du prochain qu\u2019il ne cherche pas à l\u2019influencer sans notre consentement, surtout lorsque cette influence est telle que nous ne pouvons pas y résister consciemment.La technique, qui est au service de l\u2019homme, ne saurait être employée contre les valeurs humaines.Si le spectateur est averti qu\u2019un spectacle de télévision comporte une suggestion subliminale et s\u2019il consent à la recevoir, on ne peut plus alors parler d\u2019intrusion.Encore faut-il qu\u2019il ne soit pas positivement trompé sur le caractère général de cette suggestion, car son consentement n\u2019a de valeur que s\u2019il est suffisamment éclairé.Et il est à peine nécessaire d\u2019ajouter qu\u2019avec ou sans le consentement des intéressés, la suggestion ne doit rien contenir en elle-même d\u2019immoral.Même avec le consentement de l\u2019intéressé et même si l\u2019objet de la suggestion est bon ou indifférent, on doit éviter qu\u2019à force d\u2019instance l\u2019influence ne devienne tellement indue que, sans détruire le libre arbitre, elle active tout de même démesurément une tendance.Ce qui caractérise l\u2019équilibre de l\u2019homme, c\u2019est de pouvoir décider de ses actions sans y être trop entraîné par une impulsion aveugle.Le cas de l\u2019hypnotisme peut ici nous éclairer.Même si l\u2019hypnotiseur obtient le consentement de l\u2019intéressé et même s\u2019il ne suggère que des choses honnêtes, il ne peut cependant pas, sans raison proportionnée, priver quelqu\u2019un de son activité consciente et libre.Dans la perception subliminale, l\u2019acte posé sous l\u2019influence de la suggestion inconsciente pourra bien être lui-même conscient, contrairement à ce qui se passe dans l\u2019hypnotisme; mais s\u2019il est dû à une ten- 215 dance démesurément activée, il perd d\u2019autant son caractère d\u2019acte humain.Que si on envisage le problème en le situant non pas sur le plan individuel, mais sur le plan général de la société, il est certain qu\u2019une réglementation s\u2019impose de la part de l\u2019État ou d\u2019organismes compétents, afin que cette manipulation des masses ne soit pas contraire au bien commun: ce qui comprend l\u2019interdiction non seulement de toute propagande subversive et immorale, comme nous l\u2019avons mentionné plus haut, mais aussi de toute atteinte à la dignité humaine.Pour sa part, le spectateur ne peut pas s\u2019abandonner sans plus à n\u2019importe quelle suggestion.Il lui faut des garanties suffisantes sur la qualité morale de l\u2019influence qu\u2019on veut exercer sur lui, compte tenu de la valeur générale de sa propre vie morale comme antidote à une pression peut-être délétère, compte tenu aussi de la nature même de la suggestion et de sa fréquence.De même que nous ne pouvons pas lire des livres ni fréquenter des cours ou des conférences qui mettent en péril notre foi ou qui sont de nature à corrompre les mœurs, ainsi, et pour la même raison, nous n\u2019aurions pas le droit de nous exposer à ce genre d\u2019influence qu\u2019est la suggestion subliminale si celle-ci créait un danger de perversion pour nos croyances ou notre conduite.Conformément aussi à ce que nous avons dit plus haut, le spectateur, même dans l\u2019hypothèse de suggestions qui ne sont pas elles-mêmes immorales, ne pourrait pas sans raison se soumettre à une influence tellement forte qu\u2019elle activerait au delà de toute mesure des tendances aveugles.* En somme, on ne connaît pas encore parfaitement l\u2019efficacité de la suggestion subliminale, dont l\u2019influence est peut-être bien moindre qu\u2019on l\u2019avait d\u2019abord cru, mais dont les possibilités n\u2019ont peut-être pas non plus été complètement explorées.On ne sait pas davantage quelle utilisation concrète on en fera, dans quelle mesure la télévision et le cinéma y recourront, quelle réglementation on lui imposera.Mais si le cas de conscience se pose, c\u2019est à la lumière des principes énoncés ici qu\u2019il faudra le résoudre, en ayant soin de mettre les valeurs humaines et morales au-dessus de la gloire des réalisations techniques et de l\u2019intérêt pécuniaire qu\u2019on peut trouver à celles-ci.foil du mois .Rome et les écoles mixtes Aux Pays-Bas, des catholiques ont mal accueilli l\u2019instruction donnée récemment par la Sacrée Congrégation des Religieux au sujet de la mixité dans les écoles secondaires (voir les Informations catholiques internationales, 1er avril 1958).Certains journaux ont des mots durs à l\u2019endroit du Vatican: ils lui reprochent d\u2019être mal informé et de ne pas fournir les explications que réclame la mise en œuvre de ses ordres et conseils.Il faut savoir qu\u2019aux Pays-Bas le gouvernement subventionne une école, catholique ou protestante, dès qu\u2019elle a un nombre suffisant d\u2019élèves et que, parmi les écoles catholiques, plusieurs sont mixtes depuis longtemps (lire l\u2019article de Mgr de Coul, p.212).Cela ferait-il difficulté ?Il ne semble pas, si on prend la peine d\u2019étudier le document romain.1.\tRome a consulté les nonces apostoliques des pays que la question intéresse; des délégués de plusieurs autres congrégations romaines (en particulier, de la S.C.de la Propagande et de la S.C.des Séminaires et Universités) ont participé à la discussion du problème; en mars 1957, on présenta au Saint Père le résultat de leurs entretiens; c\u2019est seulement un an plus tard (24-27 février 1958) que le texte de l\u2019instruction parut dans les Acta Apostolicae Sedis.Rome aurait-elle agi précipitamment ?2.\tL\u2019instruction, divisée en trois parties, expose d\u2019abord brièvement les principes qui justifient l\u2019attitude romaine en matière de coéducation.Puis, elle signale que le Pape encourage plutôt la méthode appelée coinstitution: « un seul établissement.composé de deux écoles séparées pour les garçons et pour les filles, soumises à une seule direction, ayant une bibliothèque commune et des installations communes pour la pratique des sciences naturelles, où les garçons et les filles sont admis séparément, à des heures différentes ».Quand cette coinstitution n\u2019est pas possible, il faut que les ordinaires des lieux édictent des règles à suivre et que, par des rapports quinquennaux, on informe le Saint-Siège des méthodes employées.Enfin, pour aider à la solution des cas particuliers, l\u2019instruction énumère quelques précautions à observer.Voici les principales: a) il n\u2019y aura pas d\u2019internats mixtes; b) chaque école doit avoir un préfet spirituel; c) on ne pratiquera pas de jeux et de sports mixtes; d) garçons et filles seront séparés: dans les classes mêmes, aux entrées et sorties, aux vestiaires et autres commodités, dans certains cours de biologie, d\u2019anthropologie et de psychologie appliqués à chaque sexe; e) les réunions sociales qu\u2019entraîne la mixité scolaire seront dûment surveillées et empreintes de la modération, de la modestie qui conviennent à des chrétiens.Tout cela est si raisonnable qu\u2019on se demande en quoi il y aurait lieu de récriminer.3.\tLes Néerlandais croient découvrir « une expression d\u2019italianisme » dans l\u2019instruction vaticane.Soupçon déplacé, même si « les étrangers et spécialement ceux des pays du Sud ont l\u2019habitude de se montrer surpris des libres relations qui existent entre les sexes aux Pays-Bas » (Inf.cath.intern., 1er avril 1958, p.12).Dans son exposé de principes, l\u2019instruction reconnaît, mieux que personne, les avantages possibles de la coéducation.Elle cite, il est vrai, l\u2019encyclique Divini illius Magistri, de Pie XI, qui désapprouve la coéducation comme une « méthode fondée.sur un naturalisme négateur du péché originel », favorisant « la promiscuité et le nivellement égalitaire » ; mais c\u2019est pour noter que cette sévérité n\u2019atteint pas les écoles mixtes bien organisées par les catholiques.Bref, l\u2019instruction s\u2019appuie sur « la manière dont se pratique généralement ce genre d\u2019éducation » et sur « les dangers qui en résultent pour les mœurs, surtout au moment de la puberté », dangers qui « dépassent de loin, sans aucun doute, les avantages qu\u2019ils peuvent présenter ».Ce qui se passe dans les pays Scandinaves, pays du Nord, si je ne me trompe, devrait incliner à une interprétation favorable du texte de la S.C.des Religieux.Si l\u2019on veut s\u2019édifier sur la conduite de la jeunesse américaine, qu\u2019on lise l\u2019article du 216 RELATIONS Dr Goodrich C.Schauffler (« Today it could be your daughter ») dans le Ladies' Home Journal (janvier 1958).Au reste, on n\u2019a pas encore démontré que la congrégation romaine ait tort d\u2019écrire: « La coéducation proprement dite ne peut, d\u2019une façon générale, être approuvée en soi » dans les établissements secondaires (il ne s\u2019agit ni des universités ni des écoles élémentaires).4.Pour résoudre ce problème, qui demeure, qu\u2019on le veuille ou non, théorique et pratique partout, au Nord comme au Sud, aux Pays-Bas comme en Italie, il faut tenir compte à la fois de la psychologie de l\u2019adolescence et de l\u2019atmosphère créée autour de l\u2019idéal masculin et féminin par le milieu social dans lequel s\u2019organise l\u2019école secondaire.Or, du point de vue théorique, y a-t-il un seul auteur, même chez les catholiques, qui ait publié une psychologie de l\u2019adolescence suffisamment complète et juste pour qu\u2019on en tire des conclusions décisives en faveur de la coéducation au niveau secondaire?Y a-t-il un seul psychologue qui, sur la question de la chasteté à l\u2019âge d\u2019adolescence, propose une doctrine cohérente, où s\u2019harmonisent le dynamisme positif de l\u2019adolescence et le devoir d\u2019intégrité morale?Psychologues et médecins, même catholiques, écrivent encore là-dessus des énormités, malgré une déclaration formelle de Pie XII, qui remonte au 23 mars 1952.Très peu conçoivent selon l\u2019idéal chrétien la vocation masculine à la paternité, la vocation féminine à la maternité; lorsqu\u2019ils reconnaissent les aspirations sociales de l\u2019adolescence, c\u2019est presque toujours au détriment des exigences de la chasteté.Quant au point de vue pratique, il suffit de constater avec quelle frénésie, au Nord comme au Sud, le monde des « adultes » est obsédé sexuellement pour comprendre que la mixité scolaire, à l\u2019âge d\u2019adolescence, où les jeunes tendent de tout leur élan vital à s\u2019intégrer dans la société de leurs aînés, ne puisse actuellement être recommandée.C\u2019est pourquoi, avant de mettre en doute la sagesse de l\u2019instruction romaine, il faudrait être sûr a) de connaître parfaitement l\u2019adolescence, b) d\u2019offrir aux adolescents un milieu social qui réponde à leurs meilleures ambitions et à leur besoin de modèles exaltants.C\u2019est, du nord au sud de la chrétienté, loin d\u2019être le cas.J.d\u2019Anjou.Journées de l\u2019O.C.I.C.# à Paris Les Journées internationales d\u2019Études de l\u2019Office catholique international du Cinéma (O.C.I.C.) viennent d\u2019avoir lieu à Paris, du 16 au 19 juin; elles réunissaient les délégués de vingt-sept nations; le Canada y fut officiellement représenté par le directeur de son Centre national, M.l\u2019abbé Lucien Labelle.Ces Journées prirent cette année un relief particulier.Elles furent présidées par S.Ém.le cardinal Feltin lui-même, avec la participation de la Commission pontificale pour le Cinéma, la Radio et la Télévision, représentée par son propre secrétaire exécutif, Mgr Galletto.A leur occasion, Mgr Dell\u2019Acqua, substitut à la Secrétairerie d\u2019État, envoya, avec les paternels encouragements du Souverain Pontife, un message réconfortant et opportun qui signale l\u2019intérêt considérablement accru du thème des travaux: la promotion des bons films dans le grand public.Mais cette réunion de l\u2019O.C.I.C.avait surtout l\u2019avantage de bénéficier des enseignements de l\u2019encyclique Miranda prorsus sur les techniques modernes de diffusion; situation privilégiée certes, puisque les directives sont « claires, précises et fermes » (Mgr Dell\u2019-Acqua), mais condition créant aussi des devoirs nouveaux, puisque le Pape invitait à l\u2019action.L\u2019action que les Journées de Paris avaient mission de concerter: la promotion des bons films, s\u2019insérait normale- AOÛT 1958 ment dans une continuité de la recherche qui confère une grande valeur aux discussions de l\u2019O.C.I.C.L\u2019an dernier, à La Havane, nous étudiions \u2014 car j\u2019étais présent \u2014 l\u2019influence des groupements de culture cinématographique, comme les ciné-clubs; cette année, on posait le problème du grand public.Question d\u2019importance, remarquait Mgr Dell\u2019Acqua, car, pour assurer le succès d\u2019un film moralement sain et donc pour encourager les producteurs dans cette voie, il ne suffit pas que ce film soit apprécié d\u2019une élite; il faut que l\u2019opinion se déclare en sa faveur et qu\u2019il soit goûté des foules qui chaque jour se pressent dans les salles de cinéma.Qui n\u2019a été frappé par cette affirmation de Pie XII, dans Miranda prorsus, que ce sont les spectateurs « qui, avec chaque billet d\u2019entrée comme avec un bulletin de vote, font un choix entre le bon et le mauvais cinéma » ?Les travaux ont donc porté sur la possibilité d\u2019accueil aux films qui sont, d\u2019après Pie XII, « une nourriture intellectuelle et une école de formation spirituelle et morale » (P.Ém.Flipo, S.J., de Paris), sur la collaboration avec les professionnels (M.W.Nogge, de Cologne) et enfin sur l\u2019efficacité et les méthodes de l\u2019action en faveur du bon film (M.R.de Lafuente, de Buenos-Aires).« Trop souvent, faisait opportunément remarquer, au cours d\u2019une conférence de presse donnée durant les Journées, S.Exc.Mgr Stourm, président de la Commission épiscopale de France sur le cinéma, trop souvent l\u2019on ne retient de l\u2019action de l\u2019Église sur le cinéma que le travail de classification morale des films, mécanisme nécessaire d\u2019information et de protection, alors qu\u2019en réalité cette action est loin d\u2019être aussi limitée, bien plus, qu\u2019elle est d\u2019abord et avant tout nettement positive.» Faute de pouvoir rendre compte de la teneur et de l\u2019orientation des travaux présentés, des carrefours ou forums de discussion organisés selon la langue, et des séances plénières où les groupes soumirent leurs rapports, qu\u2019il suffise de citer, dans leur texte officiel, quelques-unes des conclusions auxquelles sont arrivés les participants: 1° Ils invitent.le public catholique à adopter une attitude résolument positive en face du cinéma et, tout en observant les consignes d\u2019abstention ou de prudente réserve qui leur sont données par leur Centre national, à aider les bons films par tous les moyens en leur pouvoir, et en particulier par leur présence dans les salles qui les programment; 2° Ils invitent également les pouvoirs publics, les auteurs, les producteurs, les distributeurs et les publicitaires à faciliter, à cet égard, la tâche des exploitants, en tenant compte des exigences morales et culturelles d\u2019un vaste public, trop souvent détourné du vrai cinéma par les excès et les abus de certaines productions; 3° Ils souhaitent que les critiques, particulièrement les chrétiens, justement préoccupés par l\u2019aspect esthétique d\u2019une œuvre, ne renversent pas pour autant la hiérarchie des valeurs, et n\u2019omettent jamais de mettre l\u2019accent sur le point de vue moral, en se souvenant que le cinéma doit être digne de l\u2019homme.Deux impressions majeures me paraissent se dégager de cet immense effort de mise en commun international: a)\tLe témoignage, partout implicite et parfois explicite, de confiance dans les réactions saines du grand public.« Plus qu\u2019on n\u2019affecte de le croire, celui-ci est capable de soutenir de sa faveur des films de tous genres qui, par leur beauté et la noblesse de leur présentation, sont de nature à exercer une influence vraiment éducative », écrivait Mgr Dell\u2019-Acqua.b)\tLe souci constant d\u2019allier l\u2019intérêt et la valeur artistique des films à leur valeur morale et spirituelle.Rien ne paraît aussi chrétien que cette foi dans l\u2019homme et dans ses possibilités d\u2019éducation et de croissance jusqu\u2019à la taille du Christ; rien ne paraît aussi chrétien que ce respect de la plénitude créée et de l\u2019équilibre de ses éléments, respect qui peut devenir une volonté de rétablissement.217 Aussi ces récentes Journées de l\u2019O.C.I.C., qui ont voulu faire remplir au septième art sa haute mission humaine et spirituelle, font-elles honneur à l\u2019Église qui, d\u2019après le rapport du secrétaire général aux Relations extérieures, M.André Ruszkowski, « intègre de plus en plus résolument les techniques actuelles de diffusion dans son enseignement et dans son apostolat ».J.Cousineau.Mgr Knox ou la vérité de la charité Le premier ministre de Grande-Bretagne, M.Harold Macmillan, s\u2019est joint à d\u2019autres personnalités pour demander que soit honorée la mémoire de Mgr Ronald A.Knox.On suggère la fondation d\u2019une chaire d\u2019études bibliques ou d\u2019études classiques à Trinity College, où Mgr Knox était fellow, avant sa conversion en 1917, et fellow honoraire, de 1941 à 1957, année de sa mort.« C\u2019est notre sentiment, dit la pétition, que Mgr Knox comptait des amis parmi toutes les confessions religieuses, et que ce mémorial devrait être un hommage interconfessionnel.» Il y a là une leçon qui mérite un instant de réflexion.Personne, croyons-nous, n\u2019osera insinuer que Mgr Knox, dans son désir de se faire tout à tous, ait même donné l\u2019impression d\u2019une certaine mollesse doctrinale.Il avait la tête dure et le cœur tendre, et non la tête tendre et le cœur dur.On trouvera donc, dans les nombreuses pages qu\u2019il a écrites, des jugements très sévères sur le libéralisme doctrinal; on n\u2019y trouvera pas de manquements à la charité, car la charité était, à ses yeux, et justement, la forme la plus haute du respect de la vérité chrétienne.Aux prêtres à qui il prêchait une retraite, il disait un jour: «C\u2019est une excellente chose que d\u2019être en bons termes avec nos voisins les protestants, mais il ne faut jamais leur donner l\u2019impression que toutes les religions sont également bonnes, et que le prêtre catholique est, après tout, un brave type, lorsqu\u2019on le connaît.» Aux prêtres, \u2014 aux plus éloquents, \u2014 il donnait aussi ce conseil: « Ce que vous venez de dire est absolument exact, mais il y avait bien d\u2019autres moyens de dire la même chose: vous avez choisi la moins bonne, et la plus capable de causer du tort.» Et encore: « Heureux le prêtre qui, sur son lit de mort; heureux le prêtre qui, au jour du jugement, pourra se dire que jamais aucune parole amère de sa part n\u2019a endurci le pécheur dans ses voies mauvaises, ou plongé l\u2019âme inquiète dans une plus profonde angoisse spirituelle.» Toute vérité n\u2019est pas bonne à dire, surtout de n\u2019importe quelle façon, une seule exceptée: « Aimez-vous les uns les autres comme moi je vous ai aimés.» Le fait que des hommes de crédo différents veulent honorer, à Oxford même, ce frère de saint Thomas More que fut Mgr Ronald Knox montre non seulement qu\u2019il y a dans tout véritable humanisme un parfum de rare qualité, mais que le véritable esprit de tolérance est raciné, profond, dans la plus sévère intolérance dogmatique, à savoir: la vérité de la charité.L.d\u2019Apollonia.Le congrès des instituteurs La Corporation des Instituteurs et des Institutrices catholiques de la province de Québec a tenu son congrès annuel à Saint-Jean, au début de juillet.Congrès sérieux et substantiel.Nous aimerions souligner deux des problèmes dont on a saisi les délégués.D\u2019abord, le droit à l\u2019arbitrage pour les instituteurs et les institutrices des centres ruraux.C\u2019est en 1946 que la « Loi pour assurer le progrès de l\u2019éducation » leur a enlevé ce droit.Devant les problèmes qui se posaient alors dans les milieux 218 ruraux, les législateurs optèrent pour une solution qui n\u2019atteignait d\u2019aucune façon le fond de ces problèmes.La vraie solution aurait été de fournir aux commissions scolaires les moyens de donner de meilleurs salaires au personnel enseignant, car cette question des salaires constituait bien le nœud principal des difficultés.L\u2019article 25 de la loi de 1946 \u2014 le même article qui supprimait le droit à l\u2019arbitrage \u2014 obligeait les commissaires d\u2019écoles des municipalités rurales à payer au personnel enseignant un salaire annuel d\u2019au moins $600 et prévoyait, pour le paiement de ces salaires, des octrois tirés du fonds d\u2019éducation dans une proportion qui ne devait pas dépasser soixante-quinze pour cent.Si les dispositions relatives aux salaires étaient en fait un progrès, il n\u2019est pas besoin de réfléchir longuement pour conclure que ces dispositions restaient timides.Le congrès de Saint-Jean a adopté une résolution bien élaborée sur le droit à l\u2019arbitrage.Cette résolution est opportune.L\u2019autre problème qu\u2019il est bon de mettre en évidence, c\u2019est celui des conventions diocésaines.Cette question a suscité beaucoup de remous ces dernières semaines.D\u2019une part, les autorités supérieures du département de l\u2019Instruction publique ont mis en garde les commissions scolaires contre ce genre de conventions, qui ne tiendraient pas assez compte de leurs capacités financières respectives.D\u2019autre part, les officiers de la Corporation des Instituteurs et des Institutrices ont défendu avec énergie les conventions diocésaines, qui simplifient les négociations, règlent la question des salaires pour une région déterminée et contribuent à établir des relations harmonieuses entre les commissaires d\u2019écoles et le personnel enseignant.On admettra que ces avantages sont précieux.Sans doute, les commissions scolaires n\u2019ont pas toutes les mêmes ressources financières; mais il est possible de donner à chacune les moyens de subvenir efficacement aux besoins de l\u2019éducation.Les congrès de la Fédération des Commissions scolaires catholiques du Québec ont étudié tous les aspects des problèmes financiers que rencontrent les commissaires d\u2019écoles.Et la Commission Tremblay a fait, elle aussi, des suggestions concrètes.En s\u2019inspirant de cette double orientation, il sera facile de sauvegarder la formule des conventions collectives diocésaines.Le congrès de Saint-Jean a manifesté la vitalité croissante de la Corporation des Instituteurs et des Institutrices.C\u2019est un fait qui ne peut laisser personne indifférent.A.Plante.lîvteâ fl Henry Dupuy-Mazuel: Lourdes, l'Église et la Science.Le document du centenaire.Avec la collaboration de l\u2019abbé René Laurentin et du Dr Jean Lhermitte.Photographies d\u2019Henry Touleron.\u2014 Paris (22,rueHuyghens), Albin Michel, 1958, 96 pp., 18 cm.C^ET ALBUM de poche, qui contient à chaque page une photo J brièvement commentée en quatre langues (français, anglais, allemand, italien) de manière à former un récit, mérite l\u2019éloge qu\u2019en a fait S.Exc.Mgr Théas, évêque de Lourdes: « Art, simplicité, poésie, vérité, émotion, tout y est.» A la portée du RELATIONS peuple, ce « document du centenaire » des apparitions, dont le sérieux est garanti par la compétence de ses collaborateurs, devrait trouver faveur auprès de toutes les familles catholiques.J.D\u2019A.Abbé René Laurentin: Sens de Lourdes.\u2014 Paris (10, rue Cassette), Editions Lethielleux, 1958, 144 pp., 18.5 cm.Prix: 480 fr.IOURDES est un champ d\u2019étude et de méditation où l\u2019on J trouve toujours à glaner.Le présent essai vise, par un examen critique des faits, à « dégager l\u2019essentiel »: le sens intime de Lourdes, les « intentions qui ont motivé la visite de la Vierge à Massabielle ».De là trois parties.La première offre les données historiques rigoureusement triées, situées dans le temps, débarrassées des incertitudes et broderies littéraires.Vient ensuite l\u2019examen de l\u2019unique témoin des apparitions et intentions de la Vierge: valeur et saveur du témoignage de Bernadette.La suite tend à déchiffrer le sens du message qui nous a été transmis de façon si forte, si pure.Réduit à sa plus simple expression, le message de Lourdes pourrait être formulé ainsi: la Vierge sans péché vient au secours des pécheurs.A cet effet, elle propose trois moyens qui nous ramènent à l\u2019Évangile: la source d\u2019eau vive, la prière et la pénitence.Les méthodes de Lourdes sont celles du Christ et de l\u2019Evangile.Pour finir: un texte critique des paroles de la Vierge à Bernadette, une synthèse des six autographes de la voyante sur les apparitions, un index onomastique, un répertoire analytique.Livre sérieux et intéressant.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.Mgr Ottavio MUSUMECI: A Syracuse, la Madone a pleuré.Traduit de l\u2019italien par Jean Delaire-Orsaire, C.S.Sp.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Éditions Salvator, 1956, 216 pp., 21 cm.Prix: 690 fr.DOCUMENTATION riche qui situe d\u2019abord le fait lui-même et présente l\u2019histoire détaillée de la petite image qui « a suscité une curiosité mondiale ».Dans la modeste maison de la famille Iannuso, rue des Jardins-de-Saint-Georges, à Syracuse, en Sicile, les 29, 30 et 31 août et le 1er septembre 1953, une pauvre statuette de la Vierge Marie a versé des larmes.Des témoins, par « milliers », ont vu « pleurer ce visage ».Des déclarations graves et autorisées certifient que « le liquide émis par les yeux de la Madonnina a une composition analogue à celle des larmes humaines ».On a pris des photos pendant que la Vierge pleurait; on a fait des études scientifiques « sur le phénomène passionnant du versement de pleurs par le moulage de plâtre représentant la Madone », et « il semble que la science est incapable d\u2019expliquer ce phénomène par les lois naturelles ».Pourquoi la Madone a-t-elle pleuré ?Parce que « les hommes n\u2019ont écouté ni le message de Lourdes, ni celui de Fatima: prière, pénitence, conversion, réparation ».Quand une mère a parlé en vain à ses enfants, qui « n\u2019écoutent ni ses exhortations, ni ses avertissements, ni ses menaces, que lui reste-t-il à faire sinon de pleurer ?» Il est en notre pouvoir « de consoler ses peines, d\u2019essuyer ses larmes ».La méditation de ce livre nous y aidera.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.Auguste Nicolas et Raphaël Péloquin, S.J.: La Mère du christianisme.Aperçus uniques tirés de l\u2019ouvrage d\u2019Auguste Nicolas sur la Vierge Marie.Choix des textes par Raphaël Péloquin, S.J.\u2014 Montréal (1885 est, rue Rachel), La Fondation mariale de l\u2019immaculée, 1957, 113 pp., 18.5 cm.Prix: $1.MERVEILLEUX choix de textes qui exaltent Marie comme « Mère de Dieu et Mère des hommes ».Marie est « Reine et Mère de l\u2019Église » parce que « la première elle a été l\u2019Église au pied de la croix et dans tout le cours de la vie de son divin Fils; parce que la première elle en a gardé et repassé dans son cœur tous les mystères; la première elle a été le ministre de ses grâces spirituelles et temporelles; la première elle a enfanté les chrétiens, l\u2019Église même, qui ne fait que réaliser dans le cours des siècles l\u2019œuvre de sa maternité, et qui la couronne des étoiles de l\u2019Apostolat » (pp.71-72).Le volume évoque d\u2019abord AOÛT 1958 les grandes phases de la vie de Marie, depuis sa conception jusqu\u2019à son assomption; puis, il célèbre Marie comme Mère des hommes.Ces pages splendides, d\u2019où se dégage une ferveur d\u2019admiration et d\u2019amour singulièrement communicative, devraient presser ceux qui les liront à prendre contact avec l\u2019œuvre complète de Nicolas, ce laïc qui trouva tant de joie à étudier et à exposer les grandeurs de la Mère de Dieu.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.Marie-Humbert Vicaire, O.P.: Saint Dominique.Illustré de 159 photos de Léonard Von Matt.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1957, 247 pp., 24 cm.Prix: 240 fr.b.LA PRÉSENTATION de cet ouvrage est d\u2019une haute valeur J artistique.Chaque photo met en pleine lumière un coin du pays où saint Dominique a vécu.L\u2019Espagne, terre chargée d\u2019histoire, nous apparaît dans toute sa grandeur.Chaque monument raconte à lui seul un passé riche des vertus et du travail des ancêtres.C\u2019est à cette école que Dominique apprit « l\u2019irremplaçable leçon de la grandeur d\u2019âme et de la fierté chrétienne ».C\u2019est là que tôt il comprit « le besoin urgent des âmes ».Au cœur de l\u2019image, on découvre le façonnement de l\u2019âme d\u2019un saint; on peut le suivre pas à pas dans ses courses apostoliques à travers l\u2019Europe.Toute son œuvre nous dit qu\u2019il fut l\u2019homme d\u2019une idée lentement mise au point, dont la réalisation se révéla d\u2019une efficacité peu commune lorsque l\u2019heure vint d\u2019agir.En mourant, il « lègue à l\u2019Église un ordre apostolique articulé sur les universités de Paris et de Bologne, puissamment appuyé à Rome par le pape ».De saint Dominique on trouve en ces pages toute la « personnalité discrète,.(qui) ne se dévoile que lentement, dans une montée de lumière où le plein jour coïncide avec le passage à l\u2019éternité ».Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.Henry Panneel: Les Fioretti du Curé d\u2019Ars.\u2014 Paris (5, rue Bayard), Bonne Presse, 1957, 222 pp., 19 cm.LE TITRE de ce beau livre paraît trop modeste.C\u2019est une vraie ' biographie qu\u2019offre l\u2019A.Ses courts chapitres dramatisent sans excès, sauf peut-être dans l\u2019application à reproduire le parler local (auquel, cependant, se reconnaîtront avec plaisir les lecteurs canadiens), les événements principaux d\u2019une vie fertile en incidents.En trois étapes, l\u2019A.raconte, avec une verve qui court et dans un style qui pétille, la préparation au sacerdoce de « Jean-Marie-Baptiste Vianney », puis le ministère de « M.l\u2019abbé Vianney », ses aventures, ses originalités et ses croix, enfin les dernières années pendant lesquelles « le saint Curé d\u2019Ars » devient le personnage le plus en vue de son pays.Tous se plairont à lire ce récit qui édifie et captive à la fois.Joseph d\u2019Anjou.Hippolyte Honoré: Cinq minutes avec le mystère d\u2019Ars.\u2014 Paris (79, rue de Gentilly), Éditions Spes, 1957, 127 pp., 19 cm.Prix: 285 fr.VINGT-SIX méditations, courtes, mais combien savoureuses! Centrées sur la figure extraordinaire de saint Jean-Marie Vianney, écrites avec des mots qui parlent au laïc d\u2019aujourd\u2019hui, dans un style et sur un ton accessibles au grand nombre, elles suscitent, en même temps que d\u2019utiles réflexions et retours sur soi-même, l\u2019admiration pour l\u2019humble prêtre que l\u2019Église a donné comme patron à tous les curés.« Un seul chapitre par jour », suggère l\u2019A.Le lecteur devra se raisonner pour déposer le livre; pour ne pas le reprendre une heure plus tard.Voici quelques titres de chapitres: « Un doigt pointé vers le ciel; Tout entier à son affaire; Celui qui ne cachait pas Dieu; Porte-drapeau nécessaire et terrible; La déroute du raisonnement; Patron des surmenés, priez pour nous ».Béatrice Clément.Boucherville, Qué.Réginald-M.DUMAS, O.P.: Saint Hyacinthe, apôtre du Nord.\u2014 Montréal (5375, av.Notre-Dame-de-Grâce), Éditions du Lévrier, 1957, 80 pp., 19 cm.Prix: $0.50.TDROCHURE abondamment illustrée en l\u2019honneur de l\u2019apôtre polonais, saint Hyacinthe.On sait trop peu de choses de ce grand saint qui évangélisa la Pologne au xme siècle; 1957 rappelle 219 le sept centième anniversaire de sa naissance au ciel.Cette brochure contribuera à le faire mieux connaître, lui ainsi que ses confrères dans la vie religieuse, les Frères Prêcheurs, établis précisément dans la ville québécoise de Saint-Hyacinthe depuis près d\u2019un siècle.R.A.Saint Augustin: Confessions.Traduction de G.Combès.Introduction doctrinale du P.Fulber Cayré, A.A.\u2014 Paris (10, rue Cassette), Editions Lethielleux, 1957, xx-491 pp., 16 cm.Prix: 780 fr.DEU DE LIVRES ont moins vieilli que les Confessions de -*¦ saint Augustin.Leur auteur demeurera toujours un moderne tant par l\u2019émotion dramatique de ses aveux que par l\u2019art avec lequel il sait leur donner une portée universelle.Ce qui, chez un autre, serait glose de rhéteur ou digression philosophique prend ici un accent que reconnaît toute âme capable de s\u2019interroger sur ses fautes, ses doutes, ses aspirations et sa joie de recevoir la grâce et la vérité.Le mérite de la présente édition tient en ceci: précision et naturel de la traduction, solidité de l\u2019introduction, application à fournir les références aux textes cités par Augustin, division intérieure du récit qui en articule la marche et en dégage la pensée, enfin tables (générale et analytique) qui permettent une consultation rapide de ce chef-d\u2019œuvre.Le format de poche convient à ce livre qui peut et doit devenir pour plusieurs un ami de tous les jours.Joseph d\u2019Anjou.Saint Augustin: Sermons sur saint Jean.Textes choisis, préfacés et présentés par Maurice Pontet, S.J.Coll.« Les écrits des saints ».\u2014 Namur (33, rue Êmile-Cuvelier), Editions du Soleil levant, 1958, 183 pp., 17.5 cm.Prix: 510 fr.T ES MÉRITES de cette récente collection s\u2019affirment encore par ce recueil de textes pris dans les sermons de saint Augustin sur le IVe évangile.Typographie très propre, format commode, surtout choix judicieux d\u2019extraits, que précède une solide étude d\u2019ensemble (ou préface) et qu\u2019accompagnent de brèves notes explicatives.Ici, la préface captive: le P.Pontet y fait revivre le public mobile, bigarré, chatouilleux qu\u2019affronte Augustin; les circonstances historiques dont l\u2019écho vibre dans ses sermons; la méthode à la fois familière et savante de l\u2019évêque; surtout le contenu des leçons doctrinales et pratiques que lui inspire le livre de saint Jean.Qui connaît l\u2019évolution de la pensée d\u2019Augustin comprend qu\u2019il insiste sur la spiritualité de Dieu, sur la réalité charnelle de l\u2019incarnation, sur l\u2019amour divin, dont les traits les plus frappants pour nous sont la souveraine exigence et l\u2019infinie miséricorde, la première nous détournant du péché, la seconde favorisant notre repentir.On appréciera l\u2019intelligence du choix opéré en lisant les extraits des sermons il (pp.42, 47; sur Jean Baptiste), xxm (72: sur la spiritualité de Dieu), xxvn (128-141: sur l\u2019Eucharistie).A la fin, un sommaire détaillé permet de retrouver facilement les passages à relire et à méditer.Joseph d\u2019Anjou.Othmar PERLER: Le Pèlerin de la Cité de Dieu.Initiation à la spiritualité de saint Augustin.Traduction de R.-L.Oechslin, revue par l\u2019auteur.\u2014 Paris (5, rue Bayard), Bonne Presse, 1957, 191 pp., 17.5 cm.SIMPLE, clair et compétent, ce résumé de la spiritualité de saint Augustin fera du bien à qui voudra, clerc ou laïc, le relire.L\u2019A.vise à la concision; la clarté n\u2019y perd rien, mais elle réclame attention, même si l\u2019A.prend soin, comme il convenait, de marquer le lien qui unit la doctrine écrite du saint docteur à la pratique par laquelle il l\u2019a illustrée.L\u2019ordre des chapitres s\u2019inspire de cet échange entre la vie et la pensée d\u2019Augustin.Après le « tourment divin » de l\u2019insatisfaction et de la quête de Dieu, vient la théorie des « deux états de vie »: action et contemplation.Puis, pour vaincre la « tyrannie de la concupiscence », toujours active même après la conversion, il y a « l\u2019attirance de l\u2019amour », qui séduit, fortifie et, par « la grâce victorieuse », introduit dans « le grand mystère », celui de l\u2019unité du Corps mystique de Jésus-Christ.L\u2019Eucharistie, « sacrement de l\u2019unité », rassemble dans le Christ tous les fidèles de l\u2019Église, qui devient « l\u2019image de la Trinité ».La participation à la vie trinitaire assure « la paix dans la Cité de Dieu ».On le voit, ce résumé emprunte à toute l\u2019œuvre augustinienne, œuvre toujours actuelle et populaire (p.162), parce qu\u2019elle ne quitte jamais les sources, l\u2019Évangile et saint Paul, et qu\u2019elle rayonne d\u2019un cœur qui l\u2019a vécue avant de l\u2019enseigner.Joseph d\u2019Anjou.Abbé Jean Steinmann: Saint Jean Baptiste et la spiritualité du désert.Coll.« Maîtres spitiruels ».\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1956, 192 pp., 18 cm.Prix: 300 fr.UNE CHÈVRE égarée, un berger qui parcourt la montagne à la recherche de sa bête: incident banal aux conséquences inattendues.Les livres (rouleaux de papyrus ou de cuivre dont quelques-uns datent du IIe siècle avant Jésus-Christ) découverts dans les grottes de Qumran, en 1947, apportent des précisions sur la communauté essénienne et éclairent d\u2019un jour nouveau le personnage assez mystérieux de notre patron national.Tout ce qu\u2019on sait de la vie de saint Jean, de sa prédication, de son rite baptismal semble indiquer que sa jeunesse « dans les déserts » s\u2019est déroulée au monastère des esséniens, au bord de la mer Morte.Le dernier, le plus grand des prophètes, lien entre le judaïsme et le christianisme, le fils de Zacharie avait rompu avec la tradition sacerdotale de sa famille.On s\u2019expliquait mal la source de sa doctrine et de son enseignement.On comprend mieux lorsqu\u2019on situe le Baptiste dans l\u2019ambiance, enfin reconstituée, de la communauté des moines esséniens.Déjà passionnant aux points de vue historique et archéologique, cet ouvrage l\u2019est encore plus pour des catholiques canadiens-français.De nombreuses et très belles photos illustrent et ornent ce petit volume, qui peut intéresser un vaste public.Béatrice Clément.Boucherville, Qué.Rêginald Garrigou-LaGRANGE, O.P.: L\u2019Union du prêtre avec le Christ, prêtre et victime.Cours de théologie spirituelle pour les prêtres.Traduction faite du latin par Dom Emile Bertaud, O.S.B., et revue ^par l\u2019A.\u2014 Montréal (5375, av.Notre-Dame-de-Grâce), Éditions du Lévrier, 1956, 319 pp., 19.5 cm.Prix: $3.75.APRÈS avoir posé le fondement dogmatique du sacerdoce, celui du Christ et celui du prêtre, l\u2019A.étudie la vie intime du prêtre et son activité, surtout celle de prédicateur et de directeur d\u2019âmes.Ce cours veut rappeler la parole: « Cherchez d\u2019abord le royaume de Dieu », mettre en garde contre le messianisme temporel du prédicant de nourritures terrestres (tentation toujours actuelle), montrer avant tout le Christ et le prêtre chargés de la mission de manifester l\u2019amour de Dieu aux hommes.L\u2019A.a su mettre en valeur certains points de la doctrine catholique sur le sacerdoce.Dans les questions controversées, il situe rapidement le problème, fait son option parmi les opinions libres entre catholiques et propose ses raisons, en se tenant à l\u2019essentiel, sans commenter les opinions secondaires, si intéressantes soient-elles.Les considérations théoriques aboutissent à des conseils parénétiques en vue d\u2019une authentique vie sacerdotale, voire à d\u2019humbles moyens pratiques d\u2019arriver à une prédication fructueuse.Ce n\u2019est pas un livre brillant, mais solide: livre de professeur.Clair, parfois un peu sec, concis, il développe à peine un schéma bien structuré; précis, il ne présente que des concepts logiques bien cernés; limpide, il vient des sources, Bible et dogme; mesuré, il demeure près des distinctions de la philosophie et de la théologie scolastiques.C\u2019est aussi et surtout un livre d\u2019apôtre, qui invite à la prière et à l\u2019action, qui éclaire l\u2019esprit et réchauffe le cœur.Fernand Bédard.Collège Sainte-Marie, Montréal.Abbé Henry Duméry: Le Problème de Dieu en philosophie de la religion.Coll.« Textes et études philosophiques ».\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956, 143 pp., 18.5 cm.Abbé Henry DUMÉRY: La foi n\u2019est pas un cri.- Regards sur la philosophie contemporaine.\u2014 Tournai, Casterman, 1957, 1956, 188, 259 pp., 21 cm.Prix: 75, 84 fr.b.LA MISE  L\u2019INDEX (juin dernier) des deux premiers ou-' vrages, en même temps que de deux autres du même auteur, Critique et Religion et Philosophie de la religion (2 vol.), nous dispense de les commenter.Malgré une volonté expresse de repousser les erreurs du modernisme, l\u2019A.n\u2019a su éviter ni les faux principes, ni les équivoques verbales qu\u2019il a trouvés dans 220 RELATIONS une familiarité trop sympathique avec des penseurs, idéalistes et phénoménologues surtout, dont les systèmes et les formules ne peuvent traduire le dogme révélé.Ce n\u2019est pas sans péril que, dans l\u2019étude du problème de Dieu, on néglige saint Thomas et sa thèse de l\u2019analogie de l\u2019être: on a beau affirmer Dieu transcendant, on ne réussit à le voir que comme une projection des aspirations dites infinies de l\u2019esprit créé.Que devient alors la certitude objective de la révélation divine, de la foi, voire de la résurrection de Jésus?Pour plus de détails, on lira le long article que le P.Georges Dejaifve, S.J., consacre, avec beaucoup de ménagement d\u2019ailleurs, à La foi n'est pas un cri, dans la Nouvelle Revue théologique (mai 1958).Avec autorité, YOsser-vatore Romano (21 juin) déclare que, dans les ouvrages de l\u2019abbé Duméry, « la foi et les dogmes sont totalement vidés.de leur substance vive et profonde », et que « d\u2019autres écrits du même auteur ne sont pas indemnes.des mêmes déviations doctrinales ».Cette censure s\u2019applique, bien que très légèrement, aux Regards sur la philosophie contemporaine, recueil d\u2019articles publiés d\u2019abord dans divers journaux catholiques.Deux défauts semblent expliquer les erreurs de l\u2019A.: souci excessif d\u2019accueil et d\u2019adaptation (p.242), attachement inconscient à ce qu\u2019il combat (251).Dommage; car ce recueil contient des pages splendides: critiques pénétrantes, éloges vigoureux d\u2019ouvrages et d\u2019auteurs qui, depuis vingt ans, s\u2019imposent à l\u2019attention des philosophes et des théologiens.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019histoire et des problèmes qu\u2019elle soulève (conception du temps), de la philosophie chrétienne et des richesses de sa pensée (la meilleure partie du recueil), de l\u2019existentialisme et de la phénoménologie, des rapports entre philosophie et religion, l\u2019A.porte, sur les livres et les écrivains qui abordent ces sujets, des jugements clairs, élégamment exprimés, justes le plus souvent, sauf lorsque ses propres théories débordent celles qu\u2019il commente, et c\u2019est là que réside le danger pour le lecteur non averti.Joseph d\u2019Anjou.Pierre Teilhard de Chardin, S.J.: Nouvelles Lettres de voyage, 1939-1955.Recueillies et présentées par Claude Aragonnès.\u2014 Paris (61, rue des Saints-Pères), Bernard Grasset, 1957, 195 pp., 19 cm.Prix: 690 fr.A VEC ce nouveau recueil, faisant suite aux Lettres de voyage (voir Relations, juin 1957, p.168), il ne faudrait pas croire que nous avons toute la correspondance du P.Teilhard, ni même la plus grande partie de ses lettres.Celles qu\u2019on offre ici sont publiées avec la permission des ayants droit, parents ou amis.Elles viennent des quatre coins du monde: des États-Unis, de l\u2019Afrique du Sud, de la Chine surtout, où le Père fut bloqué par la guerre de 1940.Elles révèlent un esprit d\u2019une insatiable curiosité, un prêtre attentif aux âmes, un savant sensible aux formes et aux couleurs.Malgré tous les déplacements, la vie du P.Teilhard est d\u2019une extraordinaire unité, orientée scientifiquement sur une vision particulière du monde et spirituellement sur la plus grande gloire de Dieu, selon la devise de l\u2019ordre auquel il appartient.Ici et là des aveux montrent clairement que des livres comme le Phénomène humain sont autre chose que de 1\u2019 « Hyperphysique ».Retenons cette phrase tirée d\u2019une lettre écrite de Rome: « Présentement, c\u2019est bien ici que se trouve le pôle christique de la terre; c\u2019est bien ici, veux-je dire, que passe l\u2019axe ascensionnel de l\u2019hominisation.» C\u2019est, dans le plus pur style teilhardien (le qualificatif existe maintenant), qu\u2019il appelle son jargon, le fond de sa pensée.Luigi d\u2019Apollonia.Samuel BaillarGEON, C.SS.R.: Littérature canadienne-francaise.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), éditions Fides, 1957, x-460 pp., 23 cm, Prix: $6.TAEPUIS LONGTEMPS, on attendait un pareil ouvrage: les réactions multiples qu\u2019il a suscitées en sont la preuve.Notons d\u2019abord l\u2019aspect imposant et agréable du volume.L\u2019A.divise sa matière en deux parties: formation du type canadien-français et histoire de la littérature canadienne-française.Ainsi notre production littéraire ne se sépare pas de notre évolution historique; la leçon des faits est trop évidente: il faut louer l\u2019A.de l\u2019avoir soulignée.Dans l\u2019étude de nos écrivains, il suit une méthode pédagogique: d\u2019un trait vigoureux, il fixe son personnage; un résumé de la vie encadre un portrait, que l\u2019ébauche du caractère vient animer; l\u2019énumération des œuvres se termine AOÛT 1958 IK»0» vichy USsjM Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\"?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et *e* propriété* diurétique* contribuent h (tlmuler le* multiple* fonction* du foie et de* rein* et exercent un effet de* plu* salutaires sur le système digestif en général Demandes l'avis de votre médecin.èfu\tf ^ run*/ C£ LESTONS va minéraue NiTvmu riorutTt m l+ut maps recommandée par le corps médical dans le monde entier Méfiex-vou* de* Imitation*III Exigea < CÉLESTINS 1 Importateur*: HE RD T ff> CHARTON INC., Montréal 221 ensuite par une analyse d\u2019ensemble; enfin, un texte commenté illustre le genre de l\u2019écrivain, qu\u2019on peut approfondir en consultant les ouvrages cités.Pour ce travail bien fait, qui exigeait force lectures et audace dans le jugement, l\u2019A.mérite de sincères éloges.Avec raison, on a reproché à l\u2019A.la faiblesse de son style.L\u2019omission de certains noms et de certains ouvrages atteint autant les morts que les vivants.Des jugements manquent parfois de nuances, et des qualités artistiques sont attribuées souvent à des plumes revêches.En somme, ouvrage imparfait, auquel tout professeur intelligent ajoutera la marque de son goût personnel, mais dont il ne pourra se passer.Pour faire suite aux critiques provoquées par le livre, ajoutons ceci: rares sont les étudiants qui s\u2019attachent à l\u2019étude de nos auteurs.Pourtant, un manuel de littérature canadienne ne sera possible qu\u2019après l\u2019analyse sérieuse de chaque écrivain et la critique approfondie de ses œuvres.Ces travaux ne sont-ils pas tout désignés pour nos licenciés ?A nos facultés de lettres de les guider dans cette voie.Paul-Émile Racicot.Maison Bellarmin.Bertrand Vac: Saint-Pépin, P.Q.Roman.\u2014 Montréal (40, rue Molière), Cercle du Livre de France, 1955, 272 pp., 20.5 cm.1\\ /TALGRÊ trois prix littéraires, l\u2019A.n\u2019a guère enrichi notre ¦l^-L littérature.Il a cherché sa voie dans le roman conventionnel des intrigues amoureuses, puis policières.Cette fois, il tente la caricature de nos mœurs politiques et villageoises.La formule lui sied davantage.En effet, le récit se révèle piquant, humoristique, cruel et pénétrant.Évidemment, la charge est grossière et l\u2019expression polissonne; les aventures tournent trop facilement à la grivoiserie.Le manque de sérénité dans l\u2019humour rend l\u2019histoire moins vraisemblable, les traits de psychologie populaire perdent de leur finesse, et l\u2019A.lui-même se ravale au rang de ses personnages.Il faut avouer que Vac a écrit là son meilleur récit.Sa verve est abondante et drue; les incidents se bousculent et se bouclent avec entrain; le dialogue est vert, l\u2019intrigue, haletante, les personnages typiques, bien grouillants.Dommage que cette profusion d\u2019humour provienne de la bile plus que de l\u2019esprit.Paul-Émile Racicot.Maison Bellarmin.Jacqueline Dupuy: Le Sabre d'Arlequin.Roman.\u2014 Montréal (1251, rue Saint-Denis), Paul Péladeau éditeur, 1956, 313 pp., 19.5 cm.CHARMANT roman, plein de jeunesse.Mais de cette jeunesse moderne où couve toujours, semble-t-il, quelque destinée tragique.En fait, c\u2019est bien de théâtre qu\u2019il s\u2019agit dans ce livre.L\u2019A.fait revivre, sous forme romancée, son expérience d\u2019un milieu de jeunes enthousiastes du théâtre, les Compagnons de Saint-Laurent.Évocation de l\u2019emballement de jeunes pour une formule communautaire de théâtre fondé sur un généreux « idéal collectif ».L\u2019expérience ne dure pas longtemps d\u2019ailleurs au contact des duretés de la vie et, surtout, sous le choc des passions humaines, latentes et insoupçonnées hier, que révèle brutalement aujourd\u2019hui la trop grande intimité des rencontres.Comme un beau nuage de fin d\u2019orage, le rêve s\u2019effiloche au-dessus des toits.Mais, hélas! il y a eu orage, avec ses dégâts.L\u2019A., malgré sa jeunesse, sait conduire un récit avec vraisemblance, ordinairement, et intérêt progressif.Style alerte et bien adapté.Langue étonamment précise et juste, sans trop de bavures.Même la psychologie des personnages satisfait, dans l\u2019ensemble.Un peu courte, sans doute, mais de bonne qualité.Je me permets, toutefois, de chicaner l\u2019A.pour la fin malheureuse de son pauvre Bob et, partant, du récit qui devient presque, alors, du mauvais mélo.Cela ne détruit pas, cependant, la valeur du roman.Georges-Henri d\u2019Auteuil.Abel Moreau: Le Fils de l'aurore.Roman.\u2014 Paris (13, Quai de Conti), Fernand Aubier, 1955, 207 pp., 19 cm.Prix: 450 fr.SORTE de « vie en diagonale », comme les romans de Mauriac, ce bref récit ramasse en deux cents pages les quatre étapes d\u2019une longue vie.« L\u2019heure de l\u2019homme », c\u2019est l\u2019analyse de l\u2019amour coupable auquel cèdent peu à peu l\u2019abbé Jérôme Salvat, ancien Trappiste, et Jeanne Calvet, sa paroissienne.« L\u2019heure des saints », c\u2019est, par rétrospective, le journal où le Trappiste, alors le P.Antoine, raconte sa première ferveur, son rôle de maître des novices et la tentation du ministère qui l\u2019arrache à sa Trappe.« L\u2019heure de Satan », c\u2019est l\u2019étape scandaleuse: l\u2019abbé Salvat, « fils de l\u2019aurore tombé du ciel » (Isaïe, xiv, 12), épouse civilement Jeanne Calvet, brave ses paroissiens en vivant parmi eux et insulte dans un journal maçonnique les dogmes et l\u2019Eglise.« L\u2019heure de Dieu », c\u2019est la mort de Jeanne, repentie, puis celle de Jean, le fils aîné, tué à la guerre, enfin l\u2019entrée au couvent d\u2019Isabelle, la dernière enfant.Après quoi, Jérôme Salvat, âgé de soixante ans, rentre à la Trappe, y vit comme frère convers pendant dix ans, puis redevient le P.Antoine et meurt bientôt dans l\u2019extase de la paix.On imagine ce qu\u2019un tel sujet aurait inspiré à Bernanos ou au Daniel-Rops de Mort, où est ta victoire ?Ici, une sévère économie de moyens condense l\u2019étude psychologique d\u2019un drame religieux, une peinture précise et chaude de la vie monacale, le récit d\u2019une tentation classique, d\u2019une chute et d\u2019un repentir.Forte et sans réticence, la pensée ne s\u2019encanaille jamais; un style d\u2019une correction parfaite, alliant réalisme et poésie, relève tout sans rien taire.Et, reliant l\u2019ensemble par un fil délicat, une dévotion profonde à la Vierge.Thème adulte, traité en adulte pour des chrétiens adultes.L\u2019émotion qu\u2019en tire l\u2019A.est de haute qualité.Joseph d\u2019Anjou.Maurice Zermatten: La Montagne sans étoiles.Roman.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956, 242 pp., 20 cm.Prix: 69 fr.b.\"TVEUX VILLAGES ennemis, Albinen et Sasseneyres; une église commune à mi-chemin.Une avalanche a détruit l\u2019église.Le curé Fornare, qui avait prédit le malheur, projette de reconstruire le temple ailleurs, plus près d\u2019Albinen.Sasseneyres se révolte: jusqu\u2019au remplacement du curé, le village se suffira à lui-même.Superstitieux et dominés par la forte personnalité du maire Tridondane, les gens acceptent et les parodies LAVALLÉE, BÉDARD, Hector Lavallée, C.A.Roger Lyonnais, C.A.Jean Lussier, C.A.Jacques Desmarais, C.A.Émile Fortin, C.A.David Crockett, C.A.LYONNAIS, GASCON & ASSOCIES Comptables agréés Romain Bédard, C.A.Lionel Gascon, C.A.Paul-L.Noiseux, C.A.René Sénécal, C.A.Maurice Saint-Louis, C.A.Guy Préfontaine, C.A.Marcel Demers, C.A.Emile Fortin, C.A.\u2014 Syndic licencié \u2014 Liquidateur 10 est, rue SAINT-JACQUES MONTRÉAL - Tel.: UN.1-6325 TROIS-RIVIERES SHERBROOKE 222 RELATIONS du dimanche, présidées par la vieille Adèle, presque sorcière, et les rusés discours du maire.Mais l\u2019excommunication s\u2019abat sur le village: Adèle se pend, et Tridondane est lynché par les villageois soulevés; blessé, il n\u2019aura pas tout perdu: un nouveau curé arrive, apportant paix et charité chrétienne.Avec lucidité, l\u2019A.vise un clergé plus occupé des biens matériels que des âmes.Le village s\u2019est révolté pour sauvegarder la vérité du prêtre.La paix refleurit dès qu\u2019un vrai vicaire du Christ, humble et pauvre, vient servir les siens.Tridondane, figure remarquable, s\u2019égare dans une religion qu\u2019il veut ramener à une initiative personnelle, en réaction contre l\u2019autorité hiérarchique.L\u2019A., sans prendre position, laisse au lecteur le soin de discerner les erreurs de Tridondane.Adèle, par contre, mi-folle, mi-sainte, reconnaît le mystère du sacerdoce: « Les malheureux prêtres restent des hommes avec tout le poids des misères des hommes.Pourtant, le Christ accepte de venir quand ils l\u2019appellent, il accepte d\u2019être le Christ entre leurs doigts.» Dans ce beau récit, les adultes goûteront le charme incontestable du style et retiendront les vérités que l\u2019A.leur transmet.Lucile Bélanger.Bibliothèque Saint-Jean-Baptiste, Montréal.Louis DE Wohl: Mars ne veut pas la guerre.Roman.\u2014 Traduit de l\u2019américain par l\u2019abbé Marcel Grandclaudon.\u2014-Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1955, 283 pp., 19 cm.Prix: 540 fr.DE TOUT TEMPS, les hommes ont été séduits par le merveilleux.Notre époque est fascinée par les découvertes de la science.Cet ouvrage répond au désir que chacun porte en soi de pénétrer le mystère.Avec un rare bonheur, l\u2019A.nous amène à la découverte de la planète Mars.Et certains passages sont d\u2019un tel réalisme que nous avons l\u2019impression de faire nous-mêmes partie de l\u2019excursion.Fiction sans doute; un jour, peut-être, réalité; qui saurait le dire?L\u2019ouvrage s\u2019achève dans une apothéose qui rappelle l\u2019honneur et le rôle de l\u2019homme racheté: empêcher les créatures d\u2019autres planètes de succomber à la tentation du Serpent et leur éviter les suites néfastes de la faute.Livre magnifique qui a le mérite d\u2019initier aux questions scientifiques, sans dérouter le profane, et qui associe le divertissement à la réflexion.Françoise-P.Trudel.Outremont, Qué.Alba DE Céspedes: Avant et Après.Roman.Traduit de l\u2019italien par Juliette Bertrand.Coll.« Méditerranée ».\u2014 Paris (27, rue Jacob), Éditions du Seuil, 1955, 204 pp., 18.5 cm.Prix: 500 fr.* ETUDE psychologique remarquablement lucide du caractère d\u2019une femme de notre temps, qui s\u2019affranchit d\u2019un coup de sa vie passée, vécue en surface et ceinturée d\u2019ornières sociales.Au milieu de huit personnages bien dessinés, l\u2019héroïne évolue à l\u2019aise, son drame consiste dans le passage d\u2019un monde à un autre: Avant, c\u2019est la soumission aveugle à des conventions mondaines n\u2019ayant d\u2019autre fin qu\u2019elles-mêmes et capables néanmoins de se substituer à la réalité des sentiments (p.141); Après, c\u2019est l\u2019entrée « dans un monde qui, chaque jour, (paraît) s\u2019élargir de manière angoissante, devenir plus difficile à conquérir, plus difficile à exprimer » (160).Situé à Rome, le récit rejoint l\u2019universel et ne laissera aucune femme indifférente, rappelant aux unes les mêmes exaltations et les mêmes luttes, éveillant chez les autres le désir d\u2019une délivrance intérieure.La phrase est courte, pleine, incisive parfois, avec des traits fulgurants de vérité: « nous ne sommes contents de bien réussir qu\u2019en raison de ceux qui doutent de nous » (139).Malgré son accent de sincérité, le roman ne satisfait pas; on n\u2019arrive pas à en fonder le message.Cet affranchissement de la matière, ce goût et cet art de jouer avec les idées, pourquoi s\u2019y mêle-t-il tant d\u2019angoisse, puisque l\u2019héroïne ne trahit personne ?Peut-être parce qu\u2019elle se trahit elle-même en refusant, avec l\u2019A., de pénétrer au delà du décor, dans le surnaturel.A cette femme tourmentée, qui reste vraie bien qu\u2019elle manque de la vraie féminité, on souhaite Dieu: le drame de cette prise de conscience d\u2019où la conscience elle-même est absente, Dieu seul pourrait le dénouer.Paule Daveluy.Cartierville, Qué.CIGARETTES Export \"A\u201d à bout filtre Ïi22i 3852 ST-DENIS:\tVI.5-8433 S014 ouest SHERBROOKE: DE.4482 O^xez à votre épouâe ce qu\u2019il q a de mieux AOÛT 1958 223 Tel.: RE.7-3651 ''Tf?;*'' ^*7\t- tnmtl \u201c umm c/ 4 Gocu/ & Fhète SPÉCIALITÉ : Construction d\u2019édifices religieux COLLÈGES COUVENTS SÉMINAIRES HÔPITAUX, etc.6900, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal REVUE DES REVUES La Civiltà Cattolica (Via di Porta Pinciana, 1, Roma, 130) « Un nuovo laicismo ?» \u2014 « Morale e Prevenzione degli Incidenti Stradali », par L.Azzol-lini, S.J., 5 avril.Réponse à l\u2019allégation de l\u2019hebdomadaire Il Mundo selon lequel le Pape, dans un récent discours, aurait formulé un nouveau laïcisme.\u2014 Nécessité d\u2019une éducation morale pour les usagers de la route, surtout les automobilistes.Estudios (Callao 542, Buenos Aires), « La libertad religiosa y las adopciones mixtas », par G.L.Bidart Campos, mars.Étude sur le respect de la foi de l\u2019enfant dans les cas d\u2019adoption.The Catholic World (180 VarickSt., New York 14), « Should I Join a Union ?» par H.Johnston, mai.Y a-t-il obligation pour un ouvrier de faire partie d\u2019une union ouvrière?Que faire si l\u2019ouvrier lui-même n\u2019est pas convaincu de l\u2019utilité de l\u2019union, ou s\u2019il y est hostile ?America (329 W.108th St., New York 25), « Catholics and Censorship », par John Cogley, 26 avril.Prenant comme point de départ l\u2019ouvrage du P.Gardiner, S.J., l\u2019auteur expose ici sa propre conception de l\u2019attitude à tenir par les catholiques à l\u2019égard de la censure.TOUS LES ACCESSOIRES ELECTRIQUES BEN BÉLAND, prêt.JEAN BÉLAND, ln0.P., sec-tris.(Strictement en gros) « Le temple de la lumière » Belrnd 7151, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* Social Order (3908 Westminster Place, St.Louis 8, Mo.), « Duties to Underdeveloped Countries », an international symposium, mai.Numéro spécial sur les devoirs des pays riches à l\u2019égard des pays pauvres.Le P.Janssen, S.J., de Hollande, expose le thème général, que commentent une dizaine d\u2019écrivains venant de différents pays.The Ave Maria (2400 N.Eddy Road, Notre Dame, Indiana), « The Church in Canada », par Douglas J.Roche, 26 avril.Quelques notes sur la situation de l\u2019Église catholique au Canada.Conclusion de l\u2019A.: « Today, the state of the Catholic Church in Canada is of eminent and international importance.» Lpargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de ïa êaubegarbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Sllfl* social : Montréal Pour vanter un beau jour, attends sa fin .mais pour vanter les mérites du chauffage par rayonnement, vous n\u2019avez qu\u2019à visiter notre édifice pourvu de ce prodigieux système.Nous ne disons pas que c\u2019est le mode de chauffage le plus moderne, le plus hygiénique, le plus économique, nous faisons mieux: nous vous en offrons la preuve ! (Demandez notre brochu-rette explicative.) Techniciens et ouvriers spécialisés en chauffage-plomberie alliant la théorie à la pratique Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL ooo ooo PLOMBERIE CHAUFFAGE Theology Digest (1015, Central Str., Kansas City 5, Mo.), « A Theology of Sunday Rest », par F.X.Pettirsch, Spring 1958.Le problème du repos dominical n\u2019en est pas un seulement de casuistique, il comporte beaucoup d\u2019applications pastorales.Le repos dominical doit avoir un sens positif dans la vie chrétienne; il ne doit pas être seulement la cessation des travaux corporels, mais aussi la libération de l\u2019esprit dans et pour le service de Dieu.L'Ami du Clergé (2-4, rue Claude-Gillot, Langres, H.-M., France) « Le repos dominical », par Ph.Delhaye, 10 et 17 avril.Longue étude sur la manière de sanctifier le Jour du Seigneur, avec conclusions théoriques et pratiques.YOGOURT DELISLE LE PLUS SAIN DES LAITAGES FRAIS « L\u2019homme ne meurt, il se tue », dit-on.Il est exact que les résidus de la nutrition produisent dans l\u2019intestin des toxines qui empoisonnent lentement, continuellement.Un pot de Yogourt Delisle, pris chaque jour comme dessert, est souverain pour détruire les mauvais microbes de l\u2019intestin et donner plus de résistance à l\u2019organisme.Se consomme nature ou sucré.S\u2019harmonise bien avec les fruits frais.* * * Pour livraison à votre domicile, veuillez appeler: J.DELISLE 5275, RUE Berri Tél.: CR.4-0434 224 RELATIONS L\u2019épargne Solution à plu&ieutà pxoblèmeâ .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C'est l'épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l'instruction des enfants.C\u2019est l\u2019épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LMENTIE1E 1 344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 AUTOMOBILISTES et responsabilité morale par le P.Jules PAQUIN, S.J.Le directeur d\u2019une Maison de retraites fermées nous écrivait au début de juin : « Votre Maison, qui a pris la belle initiative des tirés-à-part de certains de ses articles, a-t-elle fait imprimer dans cette catégorie l\u2019article du P.Jules Paquin, paru dans « Relations», Automobilistes et responsabilité morale?Nous ferions une première commande de 200 exemplaires pour nos retraitants.» Le tiré-à-part de l'article du P.Paquin est maintenant en vente.Cet article, qui a attiré l\u2019attention, est d\u2019une très grande actualité, car il étudie le grave problème des accidents de la route.C\u2019est un texte à lire et à répandre.$0.05 l'exemplaire, $0.50 la douzaine, $3.50 le cent.Port en plus.LES EDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal-11.Tél.: DUpont 7-2541 ¦¦ uile à chauffage brûleurs à l\u2019huile MONGEAU & ROBERT CIE LTÉE 1600 EST, RUE MARIE-ANNE - MONTREAL LAfontaine 1-2131 BROCHURES DE L'INSTITUT SOCIAL POPULAIRE N° 450.-\u2014 La Promotion ouvrière, par le Comité théologique de Lyon.32 pages.$0.20 N ° 451.\u2014 Le rôle social des bibliothèques publiques, par le P.Edmond Desrochers,\tS.\tJ.32 pages.$0.20 N° 454.\u2014 L'Église et le syndicalisme, par le P.Jean-Marie Laureys, S.J.32 pages.$0.20 N° 457.\u2014 Qu'est-ce que la sécurité sociale?, par le P.Richard Arès, S.J.32 pages.$0.20 N° 458.\u2014 Le rôle de l'Église dans les problèmes sociaux, par M.l\u2019abbé Maurice Orban.32 pages.$0.20 N° 459.\u2014 Plans d'étude sur la famille, par Me Marcel Côté, notaire.32 pages.$0.20 N° 463.\u2014 Capitalisme, syndicalisme et organisation professionnelle, par le P.Richard Arès, S.J.32 pages.$0.20 N° 464.\u2014 Grève et morale.I.\u2014 La grève et la loi morale (Comité théologique de Lyon).IL \u2014 La grève devant la morale (Documentation catholique).III.\u2014Grève illégale.licite ?(R.P.Moïse Roy, S.S.S.) 32 pages.$0.20 N° 465.\u2014 Problèmes d'étudiants à l'Université.I.\u2014 Le problème social et l\u2019Université (Jacques-Yvan Morin).IL \u2014 Les conditions financières des étudiants à l\u2019Université de Montréal (Luc Cos- sette et Claude Bélanger).32 pages.$0.20 N08 466-467.\u2014 La Terre qui sauve, par le P.Alexandre Dugré, S.J.64 pages.$0.35 N° 469.\u2014 La Paroisse urbaine, par le P.Wilfrid Gariépy, S.J.32 pages.$0.20 N° 470.\u2014 Le Mouvement ouvrier, par Renzo Battistella.32 pages.$0.25 N ° 472.\u2014 L'Intolérance cléricale, par le P.Pierre Charles, S.J.32 pages.$0.25 N° 473.\u2014 Les effets de la grande ville sur la vie religieuse, par Joseph Folliet.32 pages.$0.25 N° 474.\u2014 Positions du français au Canada, par le P.Richard Arès, S.J.(D\u2019après le recensement de 1951).64 pages.$0.25 N° 479.\u2014 Tolérance raciale et religieuse, par le P.Luigi d\u2019Apollonia.32 pages.$0.25 N° 481.\u2014 La doctrine de l'Église sur les migrations, d\u2019après les documents officiels du Magistère.(Textes recueillis et classés par S.Exc.Mgr Gérard-Marie Codette.) 32 pages.$0.25 N ° 482.\u2014 Le Canada français face à l'immigration, par M.Jean-Marc Léger.32 pages.$0.25 N° 483.\u2014 Pie XII et l'ordre politique, par le P.Richard Arès, S.J.32 pages.$0.25 N° 485.\u2014 Radio-Télévision et vie française.I.\u2014 La télévision et la culture au Canada français (M.André Laurendeau).IL \u2014 Radio-télévision et population franco-canadienne (Le Conseil de la Vie française).32 pages.$0.25 N° 486.\u2014 Qualités qu'exige l'enseignement de la doctrine sociale de l'Église, par M.Bertrand Rioux.32 pages.$0.25 N° 487.\u2014 L'Évolution de la mentalité sociale au Québec depuis 1931, par le P.Jacques Cousineau, S.J.32 pages.$0.25 Les frais de port sont à la charge des clients LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal-11 \u2014 DUpont 7-2541 "]
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