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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1962-02, Collections de BAnQ.

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[" wm FEVRIER 1962 N« 254 REVUE DU MOIS HÔPITAUX ET MALADES Les frontières du Nouveau-Québec Michel BROCHU La gauche et la droite-IV Raymond BOURGAULT VATICAN II L\u2019ECOLE CONFESSIONNELLE AC .' La crise du milieu de la vie Marcel MARCOTTE Autant-Lara enfin parmi nous ! Des laïcs adultes dans l\u2019Eglise Une femme à l\u2019Assemblée législative 50j* 5352 SOMMAIRE février 1962 J\\ela t ion J REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs : Luigi d\u2019Apollonia (Vie religieuse et Politique internationale), Jacques Cousineau (Vie ouvrière), Joseph-H.Ledit (Horizon international).Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Robert Bernier, Irénée Desrochers, Gérard Hébert.Éditorial.29 Vatican II.Articles La gauche et la droite \u2014 IV .Raymond Bourgault 30 Les anomalies des frontières naturelles et politiques du Nouveau-Québec .Michel Brochu 34 Horizon international : États-Unis.\u2014France et Canada.Joseph Ledit 36 Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Administrateur : Albert Plante.Tirage : Clarence Dontigny.Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 Publicité : Robert Dumouchel du Service de Publications Seg, Limitée, 3305, rue Masson, Montréal-36, RAymond 5-2491.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.La crise du milieu de la vie.Marcel Marcotte 39 Autant-Lara enfin parmi nous .Jacques Cousineau 42 Situation juridique de l\u2019école confessionnelle au Québec.\t.44 Au service du français: Trop est trop.J.d\u2019Anjou 46 Le théâtre.Georges-Henri d\u2019Auteuil 47 Au fil du mois.48 Hôpitaux et malades.\u2014 Des laïcs adultes dans l\u2019Église.\u2014 La fête des Malades.\u2014 Une femme à l\u2019Assemblée législative.\u2014 « Maintenant ».\u2014 Cartes de circonstance.\u2014 Le mémoire annuel de l\u2019U.C.C.\u2014 L\u2019homme à la rose.\u2014 « Communauté chrétienne ».En bref.51 Lecture du mois: Problèmes d\u2019éducation.52 Les livres.54 Notes bibliographiques.59 Le pape vous parle\t 60 AMÉLIOREZ VOTRE CONDITION.en suivant le COURS DE PRÉPARATION AUX AFFAIRES donné le soir par des professeurs de grande expérience, à L\u2019ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES Si vous travaillez, vous pouvez tout de même acquérir un diplôme en 3 à 5 années d'études : a)\tSection générale \u2014 3 ans \u2014> diplôme d'études commerciales b)\tSection comptable \u2014 5 ans \u2014 diplôme de comptabilité et préparation aux examens d'admission à l'Institut des comptables agréés (C.A.) de la province c)\tOptions diverses \u2014 vous permettant d'obtenir des certificats en correspondance commerciale anglaise et en langues étrangères (italien, espagnol, allemand).N.B.\u2014 Vous pouvez aussi suivre les cours de votre choix à titre d'élève libre.Pour obtenir tous renseignements et prospectus, adressez-vous au Secrétaire général L\u2019ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES 535, AVENUE VIGER \u2014 Montréal.\tVI.2-3486 XXIIe année N° 254 Février 1962 MONTRÉAL £dltotiaL Vatican II VIVEMENT ATTENDUE depuis trois ans, la bulle d\u2019indiction Humanae Salutis proclamant officiellement la convocation du concile, le premier depuis 1870 et le 21e depuis la fondation de l\u2019Église, a été solennellement remise au Pape, le jour de Noël, et lue aux fidèles de Rome, le jour même, depuis le porche des quatre basiliques majeures.La bulle précise l\u2019année, le lieu, le nom du concile: le IIe Concile du Vatican se tiendra en la basilique du Vatican au cours de l\u2019année 1962.Elle n\u2019établit, cependant, ni le jour d\u2019ouverture (on croit que ce sera le 8 décembre) ni le rythme des travaux, les jours devant être fixés « suivant l\u2019opportunité que la Providence voudra bien nous indiquer ».La préparation -du concile n\u2019étant pas encore tout à fait au point et la fixation définitive du programme appartenant au Pape lui-même, la bulle se tait également sur les thèmes qui feront l\u2019objet du Concile, bien que des informations quasi officielles parues, ces derniers mois, dans VOsser-vatore Romano, et des articles du cardinal Bea, président de la Commission pour l\u2019unité des chrétiens, publiés dans la Civilta Cattolicà aient rompu un silence jusqu\u2019ici rigoureux.Par contre, la bulle s\u2019étend sur la raison qui a inspiré au Saint Père l\u2019idée de réunir un concile.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une crise à l\u2019intérieur de l\u2019Église, comme en d\u2019autres époques, mais d\u2019une crise du monde moderne « en état de grave indigence spirituelle ».L\u2019Eglise assiste aujourd\u2019hui à une crise dans la société.Pendant que l\u2019humanité est au tournant d\u2019une ère nouvelle, des tâches d\u2019une gravité et d\u2019une ampleur immenses at- FÉVRIER 1962 tendent l\u2019Eglise, comme aux époques les plus tragiques de son histoire.Il s\u2019agit en effet de mettre en contact avec les forces vivifiantes et permanentes de l\u2019Evangile le monde moderne.(Or) le monde moderne se distingue par un grand progrès matériel auquel ne correspond pas un même degré de progrès dans le domaine moral.C\u2019est de là que vient un fait complètement nouveau et déconcertant: l\u2019existence d\u2019un athéisme militant, opérant à l\u2019échelle mondiale.Malgré cette douloureuse constatation, le Pape est plein de confiance: le Divin Sauveur « n\u2019a pas quitté le monde qu\u2019il a racheté », et « de nombreux indices, nous font bien espérer du sort de l\u2019Église et de l\u2019humanité ».La bulle ne dit pas expressément qu\u2019une invitation à suivre de près les travaux du Concile sera adressée à nos « frères séparés » \u2014- ainsi toujours désignés \u2014\u2022 mais le laisse clairement entendre; et bien que ce concile, à la différence du IIe Concile de Lyon (1274) et du Concile de Florence (1439-1445) n\u2019ait pas pour but premier la réconciliation des Églises, il entend y travailler efficacement non en modifiant des dogmes, ce qui est proprement impensable, ou en définissant de nouveaux, mais en posant « les prémisses de clarté doctrinale et de charité réciproque ».Voici d\u2019ailleurs, ce passage qui montre à quel point le problème du retour à l\u2019unité préoccupe Jean XXIII: Au moment où des efforts généreux et croissants sont faits de plusieurs côtés afin de reconstituer l\u2019unité de tous les chrétiens, suivant les vœux du Divin Rédempteur, il est naturel que le prochain concile comporte les prémisses de clarté doctrinale et de charité réciproque qui feront en sorte que le désir soit plus vif chez nos frères séparés de revenir à l\u2019unité tant souhaitée et qui aplaniront la voie vers ce but.Aussi le Pape les invite-t-il à se joindre à la prière et à la pénitence de tous les catholiques, espérant de la sorte que le prochain concile offrira à notre monde « égaré, confus, anxieux sous la menace continuelle de 29 nouveaux et épouvantables conflits, une possibilité pour tous les hommes de bonne volonté de concevoir des pensées et des propos de paix ».Car si le christianisme n\u2019est pas une religion de salut temporel, il ne peut se désintéresser, note la bulle, « des problèmes et des inquiétudes d\u2019ici-bas » et se doit d\u2019animer non seulement « la vie des âmes mais tout l\u2019ensemble des activités humaines ».La restauration de l\u2019unité et de la paix par la restauration de la vie chrétienne, telle semble être la grande idée qui a présidé à la convocation du Concile.Ces deux mots unité et paix reviennent, d\u2019ailleurs, constamment dans les écrits du Saint Père; deux mots, disait-il dans son premier message de Noël (1958) qui résument l\u2019« admirable oeuvre doctrinale et pastorale » de Pie XII.Ainsi le IIe Concile du Vatican n\u2019a-t-il pas germé comme une fleur soudaine.Il est une « addition et une continuation », dit la bulle.Il a été, en effet, longuement préparé par les sèves de l\u2019Esprit Saint qui montent sans cesse des racines profondes et toujours vivaces de l\u2019Église.LA GAUCHE ET LA DROITE-IV Raymond BOURGAULT, S.J.PHÉNOMÈNE NATUREL ET PHÉNOMÈNE HUMAIN, la gauche est plus encore un phénomène spirituel: c\u2019est ce qu\u2019il nous reste à discuter L Une spiritualité est un mode de maîtrise de la matière par l\u2019esprit.Il y a des spiritualités passives, d\u2019autres actives, d\u2019autres à la fois passives et actives.La gauche est une spiritualité d\u2019action, une volonté de prise en charge de l\u2019histoire, un refus de laisser les événements advenir sans les avoir prévus et planifiés.Or la planification suppose une hypothèse sur l\u2019homme, une anthropologie: en l\u2019espèce, l\u2019hypothèse est celle d\u2019un humanisme intramondain.C\u2019est par où la gauche s\u2019oppose à la spiritualité chrétienne qui prévalait jusqu\u2019ici dans notre milieu.Car le disciple du Christ ressuscité croit que l\u2019action la plus efficace jaillit de la passion: passion du Christ, passion de l\u2019âme mystique, accueil inconditionné d\u2019une volonté transcendante qui seule connaît le plan de l\u2019univers.Au fond, c\u2019est moins contre une droite conservatrice que la gauche se dresse, que contre la droite créatrice et recréatrice, dont l\u2019Église, soumise à Jésus-Christ, est ici-bas le signe sensible et le sacrement efficace.Pour élucider la nature du conflit qui vient d\u2019éclater et prévoir son déroulement, on considérera successivement quatre dimensions de l\u2019histoire, autant de sens correspondants de l\u2019Église, et quelques corollaires découlant de ces prémisses.Dimensions de Phistoire Le Canada français.Hier encore, nous étions un peuple caractérisé par l\u2019absence presque complète de structures intermédiaires valables entre un régime de vie extérieure économiquement arriéré et un régime de vie intérieure spirituellement avancé.Peuple agricole sans grande industrie à nous, peuple conquis sans politique réellement indépendante, peuple de fidèles sans philosophie ni sciences et sans art original, nous avions cependant la religion la plus pure et la plus exigeante.Aussi longtemps que nous vivions en marge de la société industrielle moderne et de son indiffé- 1.Voir Relations, octobre, décembre 1961; janvier 1962: tome xxi, pp.273, 340; tome xxii, pp.9.30 rentisme religieux, et aussi longtemps que l\u2019Angleterre était puissante et nous encore peu nombreux et sans classe moyenne entreprenante, nous éprouvions avec reconnaissance le bienfait que la religion supérieure nous apportait généreusement.L\u2019esprit adhérait à la nature presque sans interposition de raison, et la religion allait de soi tout comme la nature.Nous ressemblions à l\u2019enfant baptisé chez qui la vie de la grâce et des vertus théologales compose, sans la médiation d\u2019une conscience personnelle, avec une sensibilité encore préhumaine.Mais l\u2019industrie se développe, l\u2019instruction se répand, l\u2019Angleterre régresse, les ouvriers s\u2019organisent, les artistes trouvent des débouchés, l\u2019ordre politique se libère, l\u2019Université s\u2019ébranle: la raison, violemment, s\u2019insère comme un coin entre le sens et l\u2019esprit, distend les synergies jusque-là conjuguées et fait pencher la balance en faveur de l\u2019exploration du sensible par la science et par l\u2019art.Rétroactivement, une partie de notre peuple éprouve sa foi comme un frein à la joie de vivre, à la soif de connaître, à l\u2019ivresse de la création artistique, à l\u2019élan de l\u2019action syndicale ou politique.Notre passé est réinterprété par la génération montante comme un étouffement systématique de la liberté: sous le signe de la crainte du péché, notre clergé nous a maintenus dans l\u2019enfance, la servitude et la névrose.Une nouvelle spiritualité s\u2019élabore, où les prêtres ne sont plus les directeurs uniques de la conscience nationale, une classe moyenne prend conscience de ses responsabilités dans des secteurs où le clergé exerçait autrefois une influence prépondérante, et des extrémistes souhaitent même éliminer complètement l\u2019Église et le clergé, témoins attardés d\u2019une époque révolue.U Occident.La maturation du laïcat est un signe que nous entrons dans la seconde période que traversent la plupart des sociétés historiques.Car l\u2019homme est esprit, raison et nature; la religion est spirituelle, la culture est rationnelle, la civilisation est matérielle.A leur début, les sociétés sont lancées dans l\u2019histoire par un principe spirituel et religieux qui domine toute l\u2019activité, puis la raison, la culture, l\u2019humanisme s\u2019émancipent de la foi et de la religion pour vivre de leur vie propre, et, à la fin, la civilisation matérielle, positive et technique devient presque le seul dénominateur commun efficace.Ainsi, l\u2019Occident a com- RELATIONS mencé sa carrière au cours de la période sacrale du Moyen Âge chrétien et autour de la papauté de Rome; il a pris à la Renaissance son tournant humaniste et séculier, et, depuis le milieu du xixe siècle surtout, il est devenu consciemment matérialiste et résolument laïque.Si l\u2019on en juge d\u2019après les analyses de quelques-uns des principaux philosophes de l\u2019histoire de ce siècle, \u2014 Spengler, Toynbee, Sorokin, Dawson, Jaspers, Aron, \u2014 ces chutes de l\u2019esprit à la raison et de la raison à la nature définissent le milieu et la fin des sociétés.Et le Canada français, pays de l\u2019Occident chrétien déchristianisé, entre dans sa seconde période au moment où l\u2019Occident achève sa troisième et où l\u2019Église dissocie sa cause du sort des nations occidentales.L'époque classique.Mais l\u2019Occident qui achève sa course est lui-même un rebondissement de l\u2019Antiquité gréco-romaine, et celle-ci est contemporaine des classiques hébreux, iraniens, indiens et chinois.Depuis environ le vme siècle avant Jésus-Christ jusque vers le me siècle de notre ère, soit pendant à peu près un millénaire, sur la bordure méridionale de l\u2019Eurasie, l\u2019humanité a diversement pris une conscience réflexe d\u2019elle-même, fondé des humanismes, réinterprété les traditions primitives, développé la raison et consigné par écrit des refontes exemplaires des symboles archaïques à la lumière de la pensée rationnelle et critique.Homère, Hésiode et les philosophes ioniens, Amos, Osée et Isaïe, Zoroastre et Bouddha, Confucius et Lao-Tseu ont vécu dans les premiers siècles de la période délimitée ci-dessus, et leurs œuvres ont la même signification: la connaissance de l\u2019universel humain et la volonté d\u2019unir tous les hommes par la science et la sagesse, la morale et la politique.Mais nulle part les rêves ne se sont réalisés, les cycles classiques anciens ont tous traversé, à peu près simultanément, les trois périodes qu\u2019on a décrites à propos de l\u2019Occident, et dans les premiers siècles de notre ère, ils étaient tous mûrs pour la dissolution sous les coups des Barbares de la même Eurasie qui menace encore aujourd\u2019hui les civilisations du pourtour des steppes.Tout se passe comme si la raison avait pour fonction de connaître l\u2019universel et de tenter de le réaliser, mais pour découvrir ainsi son impuissance et être invitée par là à faire appel à une force plus haute.Seul en tout cas ou presque (car il faudrait discuter le cas de l\u2019Islam), l\u2019Occident a vraiment connu un second cycle classique, grâce à l\u2019infusion dans la culture gréco-romaine du levain religieux du christianisme.Historiquement parlant, l\u2019Église paraît être une institution qui prend la relève des empires, survit à leurs chutes successives et poursuit, à travers les décombres, le rêve d\u2019unité qui hante le conscient et l\u2019inconscient des hommes et qui est peut-être le moteur le plus puissant de l\u2019histoire apparente.L'histoire universelle.Les civilisations classiques sont elles-mêmes intermédiaires entre l\u2019époque révolue des préhistoriques et l\u2019époque prochaine d\u2019une humanité politiquement et culturellement unifiée.L\u2019humanité enfant, divisée en familles et en tribus, s\u2019est achevée avec l\u2019avènement des classiques et la participation des jeunes gens à la politique de grandeur des cités adverses.L\u2019humanité adolescente s\u2019achève sous nos yeux par ce qu\u2019on espère être sa dernière crise de croissance.Les philosophes de l\u2019histoire sont, en effet, à peu près d\u2019accord pour penser que la crise que traverse présentement l\u2019humanité n\u2019est comparable qu\u2019à celle qui a donné naissance au classicisme, il y a FÉVRIER 1962 quelque deux mille cinq cents ans.L\u2019histoire humaine apparaît désormais divisible en trois grandes époques assez nettement distinctes: la première continue et imite la nature sans bien savoir ce qui s\u2019opère dans la suite monotone des générations; la deuxième est la plus proprement historique, consciente du mouvement spécifique de l\u2019espèce mais affligée par la succession ininterrompue des genèses et des dégénérescences; la troisième tend à la constitution d\u2019un organisme en paix avec lui-même, comprenant tous les hommes et récapitulant tout le passé.Le principal problème aujourd\u2019hui est celui de la religion universelle, car il en faut une au moins pour lancer dans l\u2019histoire l\u2019organisme mondial.La religiosité primitive, spontanée, naturelle, liée au sang, à la famille, à la langue, laissant proliférer excessivement le sacré et s\u2019étendre indûment la crainte, opposant les unes aux autres en des guerres fratricides des traditions spirituelles faites pour s\u2019entendre, est devenue depuis longtemps insuffisante.D\u2019autre part, la dialectique qui oppose et lie tout à la fois, au long de l\u2019époque classique, la superstition et l\u2019incrédulité, le péché par excès et le péché par défaut contre la vertu de religion, doit être surmontée: il faut désacraliser la nature et l\u2019homme sans les profaner, et il les faut sanctifier sans abolir leur autonomie.Ce sera la tâche de la religion spirituelle et universelle.De même en effet, que la raison a émergé à l\u2019aurore des temps classiques pour tenter de résoudre les contradictions des traditions primitives, de même l\u2019esprit est répandu dans le monde et prend la relève de la raison en la subsumant pour achever l\u2019unification des hommes.Cet esprit est éminemment l\u2019Esprit Saint, et il a été donné à l\u2019Église universelle et catholique, et c\u2019est il y a deux mille ans que l\u2019Église a été semée en ce monde comme un grain de sénevé, afin qu\u2019elle fût un grand arbre le jour où l\u2019humanité, techniquement mûre, aurait besoin du supplément d\u2019âme nécessaire à sa subsistance.Sens de l\u2019Eglise Mais qu\u2019est-ce que l\u2019Église ?On peut l\u2019entendre en quatre sens différents qui correspondent aux dimensions de l\u2019histoire qu\u2019on vient de recenser.En un premier sens, elle est le principe religieux qui anime un certain nombre de sociétés modernes, comme l\u2019Irlande, l\u2019Espagne, la Bretagne, la Vendée et plusieurs pays d\u2019Amérique, dont le Canada français.Elle joue en ce cas un rôle analogue à celui du protestantisme officiel aux États-Unis, de l\u2019Islam au Proche-Orient et au Pakistan, du Bouddhisme en Asie, à cette différence près que les autres religions sont limitées par le principe national, impérial ou acosmique, tandis que le catholicisme authentique des petits peuples énumérés est une anticipation obscure de la religion qui convient à la culture et à la civilisation planétaires.Il reste qu\u2019en cette acception, l\u2019Église est à droite et négocie des concordats.En un deuxième sens, l\u2019Église est une institution historique en rapport dialectique avec la civilisation occidentale où elle s\u2019est implantée tout d\u2019abord.Apparemment, elle est inféodée au capitalisme bourgeois et elle s\u2019est répandue grâce à l\u2019impérialisme européen et américain, mais en fait elle est en guerre ouverte avec tous les régimes totalitaires et athées, et elle est réellement supranationale et supra-politique.En ce sens, elle est à gauche, progressiste, renouvelant les structures, faisant déborder les cadres.31 En un troisième sens, elle est un prolongement de la religion universaliste des prophètes qui a culminé dans le Prophète par excellence et qui s\u2019est instituée dans l\u2019aposto-licité et la romanité.Le principe d\u2019incarnation exigeait cette limitation apparente, qui n\u2019est pas plus opposée à l\u2019universalisme que ne l\u2019a été la restriction volontaire que le Seigneur lui-même a imposée à sa mission en ne prêchant qu\u2019aux brebis perdues de la maison d\u2019Israël.Vue sous cet angle, l\u2019Église est au-dessus de la droite et la gauche.En un quatrième sens, elle est la religion ouverte qu\u2019a rencontrée Henri Bergson dans sa maturité, la seule capable de faire passer l\u2019humanité et chaque homme à l\u2019Existence authentique.En ce sens, anticipation ici-bas de la droite éternelle, elle est en butte aux persécutions des puissances qui prétendent retenir l\u2019esprit captif en ce monde et qui sont des instruments, sans doute inconscients, de la gauche éternelle.Corollaires Des séquences historiques exposées tout à l\u2019heure et des sens de l\u2019Église qu\u2019on vient de dire, découlent certaines conclusions que l\u2019intelligence a pour fonction de dégager.Il faut comprendre l\u2019intelligence comme un foyer de lumière d\u2019autant plus éclairant que les rayons sont plus concentrés en un point focal exactement déterminé, et il convient de se rappeler que cette performance exige une grande puissance d\u2019inattention aux éléments secondaires et d\u2019intérêt passionné à tout ce qui est pertinent.La stupidité ou la bêtise est, au contraire, une incapacité ou un refus de regarder ce qu\u2019il faut voir pour comprendre.Tâchons donc de porter notre attention sur quelques aspects essentiels de notre situation historique.Le Canada français accède à la grande histoire au moment où l\u2019humanité doit, sous peine de suicide, s\u2019unifier dans la charité, charité que l\u2019Église a seule les moyens de répandre à profusion.Cette nécessité, désormais vitale pour l\u2019espèce, entraîne celle d\u2019une éducation de l\u2019humanisme intégral, l\u2019intimation dès l\u2019enfance de toutes les exigences de l\u2019esprit.Ces exigences que l\u2019enfant ne peut connaître que par autrui sont d\u2019abord en lui comme un surmoi spirituel.Mais le surmoi est un ensemble d\u2019affects et d\u2019images qui, normalement, anticipe le comportement adulte mais qui, lorsque l\u2019équilibre n\u2019est pas établi entre la justice et la miséricorde, écrase le moi fragile et bloque sa liberté.L\u2019éducation chrétienne, qui est l\u2019éducation de « l\u2019homme planétaire », est plus difficile que d\u2019autres et exige davantage des éducateurs et des éduqués.Là où elle réussit, elle obtient des merveilles incomparables; ses échecs, par contre, peuvent être catastrophiques.Mais pour quelques-uns chez nous qui, en partie par leur faute et en partie par celle de leurs éducateurs insuffisamment chrétiens eux-mêmes (et non parce qu\u2019ils sont chrétiens), ont été écrasés et aliénés, il y en a des multitudes qui ont trouvé la liberté spirituelle et la fidélité créatrice, et un plus grand nombre surgiront sans doute de la matrice féconde que l\u2019Église a ensemencée en notre pays de la seule Parole authentiquement créatrice.Nous avons le droit de demander à nos psychiatres autant qu\u2019à nos prêtres de ne pas juger de tous par l\u2019état de ceux qu\u2019ils accueillent dans leurs cliniques ou leurs confessionnaux.Et ne nous suffira-t-il pas, pour en aider un plus grand nombre à recevoir la liberté de l\u2019esprit, de corriger par une insistance sur l\u2019amour inventif et la vérité libératrice ce que l\u2019accent mis sur la justice et le péché avait jusqu\u2019ici d\u2019un peu négatif?L\u2019intelligence vive de notre milieu s\u2019obtient par l\u2019attention à tout ce qui peut sortir de grand de la situation que l\u2019Église nous a faite, mais la stupidité s\u2019entretient par l\u2019attention hargneuse aux ratés et aux refoulements statistiquement prévisibles en tout milieu.Au reste, une recherche de psychologie collective établirait peut-être la loi de progression des troubles mentaux en fonction du recul de la confession sacramentelle, et une psychanalyse plus profonde que celle qu\u2019on pratique en certains milieux montrerait probablement que c\u2019est moins la sexualité et l\u2019agressivité qui sont refoulées que le sens de Dieu et le sens du péché.La conjoncture au sein de laquelle notre jeune pays essaie de devenir un peuple historique est extrêmement difficile, et elle exigera de nous un effort d\u2019intelligence et de volonté presque surhumain.Nous entrons dans notre deuxième période alors que l\u2019Occident dont nous sommes achève sa troisième.Or la situation spirituelle de l\u2019Occident est avant tout celle créée par le positivisme, le matérialisme et le laïcisme de fin d\u2019époque.Comprise comme séparation juridique de l\u2019Église et de l\u2019État, la laïcité est, dans une société pluraliste, légitime et bienfaisante.Compris comme un régime suffisant de la cité et de la conscience, le laïcisme est une maladie de la culture, laquelle est par lui précipitée vers sa fin.Nos laïcisants sauront-ils faire à temps la distinction, ou le voudront-ils ?Se rendront-ils compte qu\u2019ils risquent de copier servilement ce qu\u2019il y a de moins valable dans les civilisations d\u2019aujourd\u2019hui: ce n\u2019est pas parce qu\u2019elles sont laïques que les sociétés modernes les plus évoluées sont à la tête du mouvement de l\u2019histoire, mais c\u2019est dans la mesure où le principe qui leur a donné naissance anime encore leurs éléments les plus dynamiques.Et il se trouve que ce principe est l\u2019Église, religion de l\u2019univers.Or l\u2019Occident universaliste n\u2019est que la répétition générale du rôle que l\u2019Église s\u2019apprête à jouer sur la scène internationale de la civilisation planétaire en mal d\u2019enfantement.La combattre,\u2014je ne dis pas critiquer sainement les déviations qui gauchissent ses membres, \u2014 c\u2019est contribuer à faire régresser l\u2019humanité vers le chaos, vers des siècles obscurs autrement ténébreux que ne le furent ceux du Moyen Âge chrétien.La laïcisation est un projet à courte vue, car, à long terme, les peuples valent ce que valent les consciences religieuses et les institutions qui peinent à recoudre par-dessous le tissu lacéré des relations humaines trop humaines.Il y aura toujours des esprits à tendance laïque et athée ou agnostique, et il n\u2019est pas question de les mettre en prison.Mais donner à tout un peuple, jeune encore et plein d\u2019élan, l\u2019idéal du laïcisme, c\u2019est l\u2019inviter à se suicider au départ.Le laïcisme à outrance est une manifestation d\u2019inculture, de ce que Jean-Baptiste Vico, le premier en date des grands philosophes de l\u2019histoire, appelait la barbarie de la réflexion.Une lecture de l\u2019histoire ecclésiastique est possible où l\u2019on ne retient que des événements et des institutions tels que l\u2019inquisition et les autodafés, la scolastique décadente, l\u2019affaire Galilée, la Rome papale d\u2019Alexandre VI, le trafic des indulgences, la révocation de l\u2019édit de Nantes, et où l\u2019on considère le jansénisme comme un dogme de l\u2019Église pour le lui reprocher! Cette caricature est une symbolisation 32 RELATIONS morbide du rêve insensé d\u2019une société spirituelle désincarnée où les hommes qui la composent et la signifient cesseraient d\u2019être faillibles.Le miracle est que, malgré des écarts regrettables et des erreurs de tactique, l\u2019Église soit en elle-même toujours pure et sans tache, ne pactisant jamais avec l\u2019erreur, fidèle à la vérité et demandant à ses enfants de mourir pour elle.L\u2019Église a partie liée avec tous les humanismes authentiques.Elle a sauvé la culture gréco-latine, annexé la Bible hébraïque, et c\u2019est peut-être elle encore qui sauvera les trésors de l\u2019Inde et de la Chine classiques, ceux des peuples primitifs, et la splendide recherche contemporaine.Il est radicalement faux qu\u2019il y ait un conflit entre la science et la foi, et le prétendre est faire preuve d\u2019inintelligence et de sottise.Il y a seulement conflit entre une attitude scientiste d\u2019incrédules qui blasphèment ce qu\u2019ils ignorent et une théologie de croyants aux prises avec des sciences dont les conclusions outrepassent les prémisses.D\u2019un autre côté, les croyants ne doivent pas s\u2019identifier à la droite éternelle du Christ dont on a parlé ci-dessus, ni confondre les incroyants avec la gauche éternelle.La foi est un effet de la grâce du Père attirant des libertés à Jésus-Christ, mais même les baptisés de naissance, qui renouvellent librement à l\u2019âge d\u2019homme les promesses de leur baptême, doivent travailler à leur salut avec crainte et tremblement, car ils ne sont sauvés qu\u2019en espérance et ils ne le seront en fait que s\u2019ils sont trouvés fidèles jusqu\u2019à la fin.D\u2019autre part, s\u2019il faut tenir en même temps que Dieu veut efficacement le salut de tous les hommes et que le baptême est nécessaire au salut, il est certain aussi que (< par un certain désir et souhait inconscient, tous sont ordonnés au Corps mystique du Rédempteur », et que, pour beaucoup qui ne peuvent connaître l\u2019Église, le baptême de désir supplée au baptême d\u2019eau.Il convient donc de nous affliger devant Dieu de ce que des baptisés de chez nous cessent de fréquenter les sacrements pour lesquels le baptême d\u2019eau était une préparation; mais nous leur devons la charité de penser et d\u2019agir comme s\u2019ils étaient aussi authentiques que nous nous efforçons de l\u2019être nous-mêmes, et d\u2019espérer que le Sauveur les ramènera à résipiscence, et que notre nation, spirituellement favorisée à l\u2019origine, retrouvera, approfondie, son unanimité d\u2019antan.D\u2019ici là, si Dieu nous fait cette nouvelle faveur, il faut organiser la coexistence pacifique, convaincus du reste que l\u2019incroyance et l\u2019agnosticisme peuvent être l\u2019expression d\u2019une foi qui se cherche, et que notre foi paresseuse ou pharisienne peuvent signifier une incroyance qui s\u2019ignore.Si étrange que cela paraisse à nos yeux de catholiques baptisés dès leur naissance, il y a une relation dialectique providentielle entre la foi et l\u2019incrédulité.Nous sommes les témoins et les serviteurs inutiles de l\u2019unique sauveur des hommes, et si notre témoignage et notre service sont sincères et authentiques, les incrédules connaîtront Jésus-Christ.Mais les non-chrétiens ou les chrétiens infidèles qui cherchent à tâtons le Dieu de leurs pères et ne trouvent pas en nous la joie rayonnante du Christ ressuscité, se détournent de nous comme de faux témoins, et l\u2019humiliation que nous en avons peut être le moyen de nous ressourcer dans une foi plus véridique.En outre, il y a une réelle autonomie de l\u2019art par rapport à la morale courante, des sciences par rapport à la philosophie, de la philosophie par rapport à la foi, et ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur Seigneur qui entreront dans le royaume des cieux, ni ceux qui recourent FÉVRIER 1962 paresseusement à la providence et à la révélation, au lieu de se servir de leur raison là où elle est compétente, qui servent le mieux la cause de la justice et de la vérité.Les non-croyants, aux yeux de qui notre vie n\u2019a pas la splendeur qui entraîne la conversion, ont donc un rôle positif à jouer dans l\u2019histoire.Comme la question est délicate, voici quelques principes de discernement.Les intellectuels et les artistes de la gauche non chrétienne qui, au nom des vérités libres, prennent prétexte du nouveau savoir et de la nouvelle créativité pour se libérer de toute croyance et de toute norme de conduite, sont victimes d\u2019une illusion plus ou moins entretenue, et ils sont blâmables dans la mesure où ils se cachent à eux-mêmes la vérité au nom de la sincérité.Et les fidèles de la droite, commis au devoir de la pensée et de l\u2019action, qui, au nom de la vérité immuable, font obstacle au développement de la philosophie nouvelle, des sciences et des arts, de l\u2019économie et de la finance, sont coupables d\u2019ignorance et de paresse et en partie responsables de ce que les fils de ténèbres sont plus avisés que les fils de lumière.Mais les intellectuels et les artistes de la gauche qui, à la sueur de leur front, s\u2019ingénient à inventer les modes de la pensée de demain et les formes de la beauté qui révéleront l\u2019invisible à la sensibilité de la prochaine génération, ont droit à l\u2019admiration, au respect et à la gratitude de tous, quels que soient leur croyance et leur allégeance ou leur refus de tout engagement défini.Et les fidèles qui, malgré l\u2019essor actuel des sciences, des techniques, des arts, continuent comme autrefois à croire ingénûment en Dieu, en l\u2019immortalité de l\u2019âme, en Jésus-Christ et en son Église, et à se dévouer au salut du prochain, même si leur fidélité ne parvient pas à se formuler en un langage et un comportement renouvelés, ont un droit égal à l\u2019admiration, au respect et à la reconnaissance de ceux qui pensent pouvoir prescinder de l\u2019Esprit.Conclusion générale Il paraît maintenant possible de conclure cette série d\u2019articles et d\u2019aligner quelques règles plus générales de discernement sur la gauche et la droite.Premièrement: la droite, l\u2019esprit conservateur, est une qualité chez tous ceux qui, n\u2019étant pas doués pour inventer, acceptent les limites de leur talent et le font fructifier trente, soixante ou cent pour un; la gauche, l\u2019esprit rénovateur, est une qualité chez ceux qui ont reçu un tempérament énergique et dynamique et qui se dépensent à faire évoluer leur milieu en respectant les personnes.Deuxièmement: la droite est un défaut si elle est un conservatisme possessif, en réaction contre toute réforme, comme si on était soi-même confirmé en grâce et les autres établis dans le péché; la gauche est un défaut si elle est révolutionnaire et partisane, plus soucieuse de dominer que de servir.Troisièmement: la gauche active est supérieure à la droite conservatrice qu\u2019elle présuppose, mais la droite créatrice l\u2019emporte sur la gauche laïcisante qui la persécute et qui remplace l\u2019amour par la haine.Quatrièmement: la droite spirituelle est une attitude qui implique un dépassement personnel et jamais achevé de la gauche et de la droite naturelles ou historiques, et en même temps une familiarité de tous les instants avec l\u2019Esprit, car c\u2019est ainsi qu\u2019elle est rendue compréhensive pour tout ce qui en elle s\u2019oppose à l\u2019esprit et pour tout ce qui hors 33 d'elle s\u2019oppose à elle-même, sachant que le Maître de l\u2019histoire fait tout converger au bien de ceux qui l\u2019aiment.C\u2019est de cette manière et de cette manière seulement que la droite peut espérer inspirer à tout ce qu\u2019il y a de noble dans la gauche le désir de se dépasser elle-même.Cinquièmement: la droite éternelle est l\u2019objet et le terme d\u2019un désir, naturel chez tous mais inconscient chez beaucoup, de voir Dieu face à face.Si les catholiques de cette province sont assez authentiques pour obtenir que la gauche, naissante et future, prenne conscience de ce désir et rêve de se dépasser dans un service désintéressé de la communauté des hommes, on peut être assuré que les générations prochaines transmettront à leurs enfants le souvenir d\u2019un exemple Les anomalies des frontières naturelles et politiques du Nouveau-Québec Michel BROCHU Géographe de profession, VA.est docteur de l\u2019Université de Paris.I.\u2014LES FRONTIÈRES NATURELLES Les faits IA CARTE n° 10 de Y Atlas du Canada ayant pour titre ^ « Bathymétrie et Orographie-Est du Canada » à l\u2019échelle de 1/5,000,000e montre, entre autres, tout le territoire du Québec, y'compris le Nouveau-Québec, la baie James et la baie d\u2019Hudson.Au milieu de la baie d\u2019Hudson une inscription en lettres minuscules se lit comme suit: « Toutes les îles des baies d\u2019Hudson et James sont comprises dans les Territoires du Nord-Ouest.» Cette note, derrière sa discrétion typographique et son apparente banalité, cache des conséquences, pour le Québec, d\u2019une portée et d\u2019une gravité exceptionnelles.D\u2019après le protocole de la cession du Nouveau-Québec que le Gouvernement du Canada fit au Québec, en 1912, Québec étend sa juridiction sur le nouveau territoire jusqu\u2019à la limite des hautes eaux exclusivement.Cela veut dire, en pratique, que la zone du balancement des marées, qui a souvent plusieurs kilomètres de largeur sur les rives de la baie d\u2019Ungava et ailleurs sur les côtés du Nouveau-Québec, échappe à la juridiction du Québec; cela signifie, par voie de conséquence, que le Québec n\u2019a pas le droit de construire sur ces côtes un quai ni un appontement, sans avoir l\u2019autorisation du Gouvernement fédéral.Cela signifie aussi que toutes les îles à proximité du littoral, même si elles ne sont qu\u2019à quelques kilomètres ou à quelques centaines de mètres de la terre ferme, sont considérées, ipso facto, territoires extra-québécois.A cet égard, un cas particulièrement grave se pose: celui de Havre-Turquetil (anciennement Port-Burwell) qui est un poste habité par 80 Esquimaux, sans un Blanc encore admirable, opéré chez nous, de ce que le premier concile du Vatican appelle le miracle de l\u2019Église.Sachant que cette merveille, le Christ ne l\u2019opérera pas sans nous et que nous n'en serons pas les sujets sans lui, notre tâche est de nous y préparer par une contemplation assidue de la Cité de Dieu où il règne et d\u2019où il envoie son Église vers la Cité des hommes comme messagère de paix et de charité.C\u2019est dans la mesure où ceux qui habitent déjà en espérance dans la Cité de Dieu se rendent présents à la Cité des hommes, que celle-ci a le moyen d\u2019inventer les structures qui la feront durer et qui aménageront l\u2019espace spirituel où les âmes retrouveront le goût de Dieu et le désir de la droite éternelle.en permanence; le ministère du Nord canadien y a établi un entrepôt frigorifique coopératif d\u2019une capacité de 9000 kilogrammes; ce poste est situé sur l\u2019île Killinem, laquelle est séparée de la terre ferme, donc du Québec, par le détroit Forbes qui n\u2019a que 4 kilomètres (2.5 milles de largeur.) Ce poste étant situé sur une île relève, contre toute logique, actuellement de l\u2019administration des Territoires du Nord-Ouest, région de l\u2019Est de l\u2019Arctique, dont le chef-lieu est Frobisher au sud de la terre de Baffin.Les conséquences de ces limites absurdes peuvent se faire sentir jusque dans le domaine policier; en effet, des Esquimaux ayant commis un délit ou un crime, justiciables devant les tribunaux du Québec, pourraient échapper à la police du Québec simplement en se réfugiant sur une île à quelques centaines de mètres de la rive.Il faudrait alors soit que le Québec demande à Ottawa l\u2019autorisation de poursuivre un individu passible d\u2019arrestation, soit encore que la Police montée de Frobisher au cap Dorset se déplace sur des distances considérables et vienne arrêter les prévenus qu\u2019elle déférera au parquet de Québec.Il faut prévoir aussi le cas où des sociétés commerciales,, industrielles ou minières, voulant échapper à des lois du Québec, en matière de fiscalité ou de législation ouvrière, et sociale, installeraient leurs établissements sur les rives, même du Nouveau-Québec ou immédiatement au-dessous de la limite des plus hautes eaux, sur une île immédiatement adjacente au rivage où ces établissements devraient être considérés comme établis dans les Territoires du Nord-Ouest, n\u2019ayant donc à répondre au Québec pour quoi que ce soit.Ce sont là des lacunes qu\u2019il faut corriger en toute urgence pour éviter que le Québec ne se trouve en face de précédents qui pourraient s\u2019avérer extrêmement dangereux pour sa souveraineté territoriale.Cette frontière naturelle sise au-dessus de la limite des.hautes eaux peut, de surcroît, entraîner une restriction sérieuse des droits du Québec en matière de toponymie.En effet, le Gouvernement du Canada pourrait dénier au Québec le droit de baptiser ou de changer les noms de tous les rentrants de côtes: fjord, baie, anse, comme le cas s\u2019est produit à la fin de l\u2019année 1961, sous prétexte que ces accidents géographiques sont dans les limites des Territoires du Nord-Ouest.Cette situation d\u2019ensemble constitue, en outre, un véritable non-sens puisque la limite des eaux territoriales du Canada au large des côtes est de 4.8 km.(3 milles).En bonne logique, il faudrait que la loi qui s\u2019applique au tout s\u2019appliquât également à la partie.Il est du reste à signaler que toutes les îles du Saint-Laurent appartiennent au Québec.34 RELATIONS Rectification à apporter aux frontières naturelles D\u2019après ce qui précède, il apparaît absolument indispensable d\u2019envisager dans le plus bref délai possible, les rectifications suivantes aux frontières de la province de Québec: a)\tle rattachement au Québec de toute la zone littorale découvrant à marée basse, à partir de la frontière de l\u2019Ontario au fond de la baie James jusqu\u2019à l\u2019entrée orientale du détroit d\u2019Hudson; b)\tle rattachement de toutes les îles situées à l\u2019intérieur de la limite des eaux territoriales selon la conception canadienne de ce terme, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à 4.8 km.(3 milles) au large de la limite des basses eaux.Cette mesure impliquerait, entre autres, l\u2019annexion des îles Button, à l\u2019entrée orientale du détroit d\u2019Hudson, celle de toutes les îles de la baie Diana, des îles Digges, sises immédiatement à l\u2019Est du cap d\u2019Iberville à l\u2019entrée orientale du détroit d\u2019Hudson, de l\u2019île Smith sur laquelle se trouve le cap d\u2019Youville, (cap Smith), celle des îles de la Jemmeraie (îles Hopewell), des îles Nastapoka et Manitouk et de la Grande île sur le littoral de la baie d\u2019Hudson.Annexion L\u2019annexion de plusieurs îles situées au large de la limite des eaux territoriales du Québec apparaît éminemment opportune; ce sont l\u2019île Akpakok dans la baie d\u2019Ungava, l\u2019ile Charles et de Galles dans le détroit d\u2019Hudson, l\u2019île Mansel à l\u2019entrée occidentale du détroit d\u2019Hudson, les îles Ottawa du Roi-Georges, les Dormeuses, la Douzaine du Boulanger et les Belcher, toutes sises dans la baie d\u2019Hudson, enfin l\u2019île Charlton et les Jumelles Nord et Sud sises dans la baie James.Il est tout à fait légitime pour le Québec de réclamer le rattachement de cette série d\u2019îles qui s\u2019impose en raison de leur situation géographique: en effet, celles-ci sont situées dans la zone d\u2019influence normale et directe du Québec, comme c\u2019est le cas pour les îles d\u2019Anticosti et de la Madeleine, quoique situées bien au delà des eaux territoriales du Québec, parce qu\u2019elles sont dans la zone de rayonnement économique et maritime du Québec et, de ce fait, relèvent normalement de l\u2019administration de la province de Québec.En outre, la plupart des îles citées plus haut, formées de calcaire comme l\u2019île Akpatok et l\u2019île Mansel, ou de roches cristallines comme l\u2019île Charles ou les îles Belcher, servent de terrain de chasse aux Esquimaux des divers postes du Nouveau-Québec.Bien que dans l\u2019ensemble, ces îles ne paraissent pas renfermer de richesses minérales très prometteuses, cependant l\u2019île Mansel possède un très beau calcaire beige massif qu\u2019il y aurait peut-être lieu d\u2019exploiter pour fins de construction; les Esquimaux en rapportent des fragments dont ils font leurs sculptures.Les îles Belcher renferment, pour leur part, des gisements de fer que l\u2019on dit intéressants.Le rattachement au Québec de toutes ces îles, dont la superficie, à elles seules, dépasse celle de la Belgique et de la Hollande réunies, s\u2019impose de façon urgente et impérieuse, d\u2019une part, afin de faire cesser un véritable non-sens et, d\u2019autre part, afin d\u2019éviter que le Québec ne soit « court-circuité » par la création de la nouvelle province du Nord-ouest que le Gouvernement du Canada songe sérieusement à former dans un avenir prochain et dont relèveraient, contre toute logique, les îles et les archipels de la zone littorale du Québec.Cette revision des limites naturelles permettra, de surcroît, d\u2019établir la souveraineté indiscutable du Québec sur l\u2019île Killinek, où se trouve le poste de Havre-Turquetil FÉVRIER 1962 (anciennement Port-Burnwell), et aussi sur toute la zone du balancement des marées qui est pour le Québec d\u2019un intérêt absolument vital.II.\u2014LES FRONTIÈRES POLITIQUES Les faits Sur les cartes officielles de la province de Québec, publiées par la Direction générale des Arpentages du ministère des Terres et Forêts, on peut lire la mention suivante: «Les frontières entre le Labrador et le Québec ne sont pas indiquées et pour cause.» Dans cette simple note se trouve résumé tout le problème des frontières de Québec avec le Labrador.En effet, la province de Québec n\u2019a jamais reconnu, et avec raison, le principe des décisions imposées par le jugement que rendit Londres en 1927 dans le procès qui opposait le Canada et le Québec à Terre-Neuve.Le Québec, dans certaines régions de cette frontière imposée, est devant un état de fait absolument intolérable: il semble, d\u2019après des observations sûres, que des compagnies minières se soient arrogées le droit de fixer les frontières à l\u2019intérieur des concessions minières; comme ces compagnies ont des avantages matériels importants du côté de Terre-Neuve (redevances et taxes provinciales moins élevées), elles ont un intérêt évident à s\u2019établir du côté soi-disant terre-neuvien et à repousser la frontière vers le Québec au profit de Terre-Neuve et, bien entendu aussi à leur profit.C\u2019est ainsi que la Compagnie Iron Ore a établi au lac Carol, en territoire soi-disant terre-neuvien, un concentrateur de minerai dont elle paie à Terre-Neuve les taxes d\u2019exploitation.En outre, Terre-Neuve exige que la majorité des ouvriers de cette compagnie, en territoire présumé terre-neuvien, soit constitué de Terre-Neuviens: le Québec se trouve donc spolié sous plusieurs aspects.Il est donc à craindre que devant des faits aussi provocateurs, les dénégations de principe de la part du Québec ne soient une méthode dépassée; forts de la passivité du Québec, Terre-Neuve et les Compagnies minières en tirent abusivement avantage.Rectifications à apporter Chose certaine, le Québec ne peut plus et ne doit plus rester muet devant un tel état de chose; à cet égard, M.René Lévesque à son retour d\u2019une tournée dans le Nouveau-Québec en juillet 1961, a fait une déclaration significative.On se souvient que le jugement de 1927 avait porté essentiellement sur une interprétation du terme Côtes du Labrador.Cette interprétation, le Québec est en droit de la reconsidérer, parce qu\u2019elle constitue une véritable aberration géographique.La preuve en est qu\u2019il n\u2019y a probablement pas un seul géographe sur la surface du globe qui ferait entrer sous le vocable côte tout le bassin hydrographique situé dans l\u2019arrière pays de celle-ci.D\u2019après un tel raisonnement, les côtes du Brésil, par le bassin de l\u2019Amazone, s\u2019étendraient jusqu\u2019aux Andes, les Côtes de la Méditerranée jusqu\u2019à l\u2019Éthiopie, par le Nil blanc et le Nil bleu, et les côtes de la mer Noire inclueraient, avec le Danube, l\u2019Autriche, la Hongrie et une partie importante de la Suisse, de l\u2019Allemagne et de la Tchécoslovaquie.C\u2019est en vertu d\u2019une pareille absurdité que les frontières du Labrador terre-neuvien ont été reculées jusqu\u2019à 600 km.et plus, à l\u2019intérieur du Québec, alors qu\u2019elles auraient dû être fixées au voisinage de la côte, tel que le recommandaient les représentants du Canada et du Québec.Une frontière établie à partir de la ligne de partage des eaux étant inacceptable au Québec, il semble que la seule 35 solution pour nous raisonnable et admissible serait la détermination ou la fixation d\u2019une frontière parallèle à la côte épousant, à 10 ou 20 km.à l\u2019intérieur des terres, les contours du tracé actuel, à partir de la limite des basses eaux de la côte.De la sorte, les droits incontestables de Terre-Neuve, sur le littoral du Labrador, seraient pleinement respectés et reconnus; cette solution permettrait à Terre-Neuve de garder entière la juridiction qu\u2019elle exerce sur les établissements de Forteau, Anse-Éclair, Pointe-Amour, Anse-à-Loup, Saint-Modeste, Carol Cove, sur le détroit de Belle-Isle, et sur les postes de Battle Harbour, Port Hope Simpson, Saint Lewis, Bay, Hawke Island, Cartwright Harbour, Northwest River, Goose Bay, Makkovik, Nopedale, Nain, Ford Harbour et Saglek, sur la côte de l\u2019Atlantique.Cette solution représente d\u2019ailleurs une très nette amélioration sur la proposition que faisait en 1927 le Canada, quand il recommandait d\u2019octroyer à Terre-Neuve une bande côtière de 1 mille seulement.En raison des désavantages très graves que présentent pour la souveraineté du Québec les anomalies et les imprécisions actuelles des frontières naturelles et politiques du Nouveau-Québec, il est impérieux, il est urgent de trouver une solution globale et définitive, conforme aux intérêts supérieurs du Québec dans ses territoires du Nouveau-Québec.¦f/othon intetnational ÉTATS-UNIS AVEC UNE VIGUEUR APOSTOLI-[ QUE ET UNE INTÉGRITÉ ÉVANGÉLIQUE, les évêques des États-Unis ont revendiqué les droits de la morale et de /\u2019 Évangile dans leur pastorale collective de novembre.Relations (décembre 1961) a vivement loué leur courageuse intervention.Signalons aujourd\u2019hui le succès retentissant des Questions et Réponses sur le communisme de S.Ém.le cardinal Cushing.La traduction française de cet ouvrage avait à peine paru dans les vitrines qu\u2019on se l\u2019arrachait.Pas de « lancement », ni de réclame, ni de scandale, mais vingt mille exemplaires furent vendus en quelques semaines: la propagande se faisait oralement et il n\u2019en fallait pas davantage.Au fond, le livre du cardinal Cushing est encore ce qu\u2019il y a de mieux pour qui veut avoir du communisme une idée rapide, claire et militante, car ce livre de 194 pages pousse à l\u2019action.Il est l\u2019idéal pour les cercles d\u2019études.Cela ne fait pas l\u2019affaire des communistes, ni des idéologues qui nagent dans leur sillage, mais quoi faire ?S\u2019en prendre directement à un cardinal est toujours un peu délicat ! Certains déboires budgétaires qu\u2019on suit du coin de l\u2019œil suggèrent qu\u2019un anticléricalisme même respectueux n\u2019est pas toujours le meilleur placement, au moins là où les gens achètent leur journal pour y trouver les nouvelles, et non pour se faire endoctriner ou scandaliser.Alors, comme on ne peut pas critiquer à tue-tête, on bourdonne avec une persistance de frelons: « Vous ne trouvez pas que le livre est trop à droite ?» \u2014 « Ne gagnerait-il pas à donner du communisme une idée plus nuancée ?» \u2014 « Il en est encore à Divini Redemptons; sa pensée n\u2019a pas évolué depuis 24 ans.» \u2014 « Il ne faudrait tout de même pas réduire l\u2019Église à un anticommunisme négatif.» Etc.De quoi s\u2019agit il, au juste?Voici: la partie doctrinale du livre est assurément indiscutable puisqu\u2019elle est empruntée aux sources les plus sûres: les documents pontificaux, d\u2019une part; les textes marxistes, de l\u2019autre.Et des faits rapportés, que penser ?Depuis des années, le Congrès américain enquête et publie des séries de volumes sur les mouvements anti-américains.De nombreuses histoires d\u2019espionnage, plus vilaines les unes que les autres, ont été débusquées par ces comités parlementaires qui, depuis une quarantaine d\u2019années, quel que soit le parti au pouvoir, continuent la même tâche.Il est très mal vu d\u2019invoquer ces comités dans les milieux bien pensants, je veux dire, là où l\u2019on montre de la « largeur d\u2019esprit » pour le communisme.On a tout essayé pour enrayer leur action.L\u2019étiquette de « chasse aux sorcières » dont on l\u2019affubla fut populaire un bout de temps; on finit par se rendre compte que les vieilles sorcières de la Nouvelle-Angleterre, si elles chevauchaient un balai dans la nuit d\u2019Halloween, ne faisaient point d\u2019espionnage, tandis que nos communistes, hélas!.Le cardinal Cushing n\u2019a pas hésité à puiser à cette source, quoique discrètement.Mais voici ce qu\u2019on ne lui pardonnera jamais.Ayant cité la parole de Gus Hall: « McCarthy et ses semblables sont tous des anti-américains.A cause de leurs activités subversives, ils devraient tous être jeté aux vidanges; car c\u2019est là qu\u2019ils appartiennent (sic) » (p.88), le cardinal continue : C\u2019est ainsi que se forma l\u2019opinion américaine sur le Mc-carthéisme: sur les ordres de Gus Hall, un agent de Moscou, condamné subséquemment pour avoir travaillé à renverser le gouvernement des Etats-Unis par la violence.La parole du Cardinal est vraie, et révèle un état de choses qu\u2019il faut absolument couvrir du manteau de Noé, quand on veut dialoguer avec les communistes.Voilà pourquoi on essaie de grignoter l\u2019ouvrage du cardinal.FRANCE ET CANADA TE CANADA VIENT DE Lj recevoir la visite DE AI.JEAN OUSSET, un des principaux animateurs de la Cité catholique et de sa revue Verbe.Il y eut un peu d\u2019effervescence dans la presse.Comme il s\u2019agit ici d\u2019un mouvement de longue haleine, tâchons d\u2019en préciser les contours.La Cité catholique est une association destinée à la formation civique de cadres politiques et sociaux décidés à se consacrer à l\u2019instauration de l\u2019ordre social chrétien.Le mouvement est laïque, mais non laïcisant.Il est laïque: En ce qui concerne plus strictement son statut, il est indispensable de bien noter que cette œuvre est placée sous la responsabilité des laïcs qui la constituent.Elle est née d\u2019une initiative de laïcs, s\u2019est toujours propagée sous leur direction et leur impulsion.Telles les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, la Cité catholique ne relève pas et n\u2019aspire pas à relever du for ecclésiastique.(Verbe, juin 1961, p.XII).Il n\u2019engage donc pas directement l\u2019Église.Il n\u2019est pas laïcisant: Cette constitution se justifie au regard du droit chrétien selon la distinction faite au canon 684.Distinction que l\u2019on 36 RELATIONS retrouve dans le Décret de la Sacrée Congrégation consistoriale In rernotissima antiquitate.Il y est question aux chapitres xi et xii « des pieuses confréries et associations religieuses » créées par l\u2019autorité ecclésiastique, et au chapitre xv « des œuvres pieuses et sociales » dont il est seulement exigé « quelles soient en tout déférentes envers l\u2019Ordinaire et le Souverain Pontife, et, qu\u2019en tout ce qui touche la foi, les mœurs, la justice, elles soient complètement soumises à la direction et au gouvernement du Saint-Siège ».Ce dont la Cité catholique n\u2019a jamais cessé de se réclamer dans son ardent désir de propager dans la Cité une toujours plus ardente et fidèle dévotion au Souverain Pontife.(Verbe, ibid.) Il n\u2019est pas national ou nationaliste, car il est établi en France, en Suisse, en Argentine et en Afrique.Il a de nombreux amis aux États-Unis, en Italie, en Irlande, en Angleterre, dans le Sud-Vietnam, au Canada: La constitution dans un pays d\u2019une section nationale organiquement constituée (service permanent, diffusion d\u2019un bulletin dans la langue nationale) est formellement subordonnée à l\u2019accord préalable de la Direction internationale, laquelle imposera toujours, comme première condition à l\u2019équipe fondatrice, l\u2019engagement de respecter dans son pays l\u2019extrême diversité des réseaux d\u2019amitié et de travail.Il n\u2019est pas politique.L\u2019adhésion à la Cité catholique doit constituer une garantie contre les engagements politiques partisans qui mêleraient le nom de la Cité catholique à des actions auxquelles notre œuvre s\u2019est toujours interdit de se mêler, pour légitimes que puissent être ces actions.Les personnes physiques ou morales adhérant à l\u2019œuvre ont certes le droit de s\u2019engager dans des actions concrètes (professionnelles, syndicales, politiques ou autres) de leur choix, pourvu qu\u2019elles soient légitimes.Cet engagement est strictement personnel.Jusqu\u2019ici, la Cité catholique a été surtout un mouvement de formation intellectuelle et morale en vue d\u2019une action civique.Ses membres se réunissent en cellules pour y étudier les ouvrages fondamentaux du mouvement: les Plaquettes de présentation, les Principes de notre action, Pour qu\u2019il règne, La Cité catholique, la revue Verbe.Ce mouvement peut être appelé à un bel avenir mais à trois conditions: 1.\tIl ne doit pas compromettre l\u2019Église, mais servir l\u2019Église et la nation.Seuls, le Souverain Pontife et les évêques qui sont en communion avec lui ont la responsabilité de parler et d\u2019agir au nom de l\u2019Église; les autres, prêtres et laïcs, engagent cette responsabilité dans la mesure où ils sont mandatés à cet effet.Si la Cité catholique ou ses membres commettent des erreurs contre la foi ou les mœurs, ils en sont seuls responsables et ils doivent accepter le désaveu ou les sanctions que l\u2019autorité peut leur imposer.Ceci exige de leur part une docilité presque instinctive à ce que l\u2019Église peut leur demander, et une souplesse surnaturelle qui demandera une longue formation.2.\tIl ne peut aspirer au monopole de la doctrine catholique en matière de civisme, car ce serait réclamer l\u2019infaillibilité dans ce domaine; il doit donc accepter la coexistence d\u2019autres courants qui existent en dehors de ses cadres et proposent une interprétation des documents pontificaux et épiscopaux en matière civique et sociale, différente de la sienne.3.\tIl doit pratiquer la charité envers ceux qui expriment des avis différents.Son effort très louable à procurer l\u2019unité des catholiques en matière civique et sociale ne peut se faire que par l\u2019étude, la clarification des idées et la discussion courtoise.Avant de rédiger cette note, j\u2019ai pris la peine de lire toutes les livraisons de Verbe en 1961; je n\u2019y ai pas trouvé d\u2019attaques contre des catholiques; il y a de vigoureuses affirmations contre le communisme, le matérialisme de toute nuance, le vieux libéralisme tel qu\u2019il fut condamné par le Syllabus, contre la franc-maçonnerie telle qu\u2019elle fut réprou- FÉVRIER 1962 vée par Humanum Genus.J\u2019ai cru voir une belle volonté de dialogue dans le paragraphe suivant: Nos amis ont l\u2019habitude de voir arriver dans leurs cellules des incroyants, des marxistes ou des protestants.Jamais ils n\u2019ont hésité à dialoguer avec eux.L\u2019indispensable rigueur doctrinale n\u2019est-elle pas la meilleure condition d\u2019une souplesse, d\u2019une compréhension et d\u2019une authentique charité envers ceux qui, plus ou moins consciemment, recherchent la Vérité.(Verbe, janvier 1961.) A mesure que l\u2019influence de la Cité catholique s\u2019étend, elle suscite de l\u2019inquiétude, car il y aura plus de monde pour faire des bêtises.Si on veut bien relire les polémiques dans lesquelles elle a été engagée, on verra qu\u2019on avait toujours peur qu\u2019elle manquât à quelqu\u2019une des trois conditions énumérées plus haut.L\u2019épiscopat français, en mars 1961, fit préparer un rapport sur ce mouvement.Destiné aux seuls évêques, le document n\u2019a pas été rendu public.Une indiscrétion inexpliquée a permis au journal Le Monde (10 novembre 1961) d\u2019en donner quelques extraits sous le titre: « Un document de la hiérarchie met en garde contre les « dangers » des positions prises par la Cité catholique ».Puis, d\u2019autres journaux s\u2019en occupèrent: La Correspondance de Presse, La Croix, France Observateur, Témoignage chrétien.L\u2019article le plus curieux est justement celui de Témoignage chrétien, reproduit par M.l\u2019abbé Dion dans Perspectives sociales d\u2019octobre-novembre 1961.M.André Vimeux s\u2019étant, adressé au directeur du Bureau de l\u2019Information religieuse, Mgr Foucart, celui-ci ne voulut ni confirmer ni infirmer les textes publiés: Mgr Foucart répond que les évêques en tant que « docteurs de la foi » indiquent à leurs fidèles les erreurs qu\u2019ils commettent, mais que comme « pasteurs », ils peuvent ne pas vouloir risquer de jeter le « discrédit » sur des « chrétiens de bonne foi », d\u2019où le caractère privé de ces mises au point.Témoignage chrétien n\u2019a pas observé la même discrétion.Il formule de graves accusations: Nous avons déploré la manière dont Verbe et la Cité catholique se livraient à une véritable « chasse aux sorcières » à l\u2019égard de tout ce qui, dans le monde catholique, apportait à leurs yeux une aide, directe ou indirecte, au communisme, en n\u2019hésitant pas pour cela à mêler parti-pris politique et condamnation doctrinale.Ce sont là des griefs tellement énormes que Témoignage chrétien n\u2019a pas le droit de les énoncer sans preuves péremptoires.Quant au Monde, il n\u2019a rien d\u2019une Semaine religieuse ou d\u2019un communiqué épiscopal.Au contraire! Son dernier paragraphe paraît être une tentative assez grossière de semer un peu d\u2019ivraie entre les catholiques.Ce document, il convient de le préciser, n\u2019a pas été rendu public.Est-ce parce que la Cité catholique jouit au Vatican de certaines protections, par exemple, celle du cardinal Ottaviani, secrétaire du Saint-Office ?Dialectique marxiste ?En la dernière page de la Pravda (21 octobre 1961), vous trouverez un article intitulé: Le Socialisme \u2014 Maître de /\u2019Humanité.N\u2019allez pas vous mettre dans la tête que notre Quartier latin a publié un article intitulé: « Père, joui; Maître, non! » On garde ces petites canailleries pour l\u2019Épouse de Jésus-Christ, Notre Mère la sainte Église! Pour illustrer l\u2019article du quotidien moscovite, une photographie des manchettes de sept journaux: le Rudé Pravo (Tchécoslovaquie), la Trybuna Ludu (Pologne), le Jenmin Jibao (Chine), le Rabotnicheskoie Dielo (russe), le Népsza-badsâg (Hongrie), Y Humanité (France) et Le Monde.Six journaux communistes et notre quotidien parisien.Avec une telle accolade, Le Monde a tout ce qu\u2019il faut pour en imposer à quelques catholiques, mais pas à tous.De ce qui a paru jusqu\u2019ici sur cet incident, la note suivante de S.Exc.Mgr Duval, archevêque d\u2019Alger, note que 37 nous ne connaissons qu\u2019à travers les Perspectives sociales de M.l\u2019abbé Gérard Dion, est assurément ce qu\u2019il y a de plus important et de plus court: Cette note, loin de constituer une approbation, est une mise en garde au sujet de cette revue, tant en ce qui concerne son esprit que les méthodes d\u2019action qu\u2019elle préconise.S\u2019agit-il de la Cité catholique prise dans son ensemble ?De l\u2019activité que certains militants peuvent avoir eue dans cette région si névralgique d\u2019Alger?Là-dessus, M.Jean Ousset s\u2019en vint au Canada.Les évêques canadiens ne crurent pas opportun de jeter le « discrédit » sur ce « chrétien de bonne foi », comme avait dit Mgr Foucart à Témoignage chrétien.M.Gérard Pelletier décocha à M.Ousset un premier-Montréal (La Presse, 21 novembre 1961) auquel le National Council for Canadian-Soviet Friendship donna un retentissement inattendu.Détachons de l\u2019éditorial ces deux paragraphes: De quoi s\u2019agit-il ?De gens qui conçoivent l\u2019Eglise comme un parti et le dialogue entre chrétiens comme un échange de dénonciations et de condamnations péremptoires.Ancien communiste, M.Ousset lui-même n\u2019a pas oublié les méthodes de ce parti en reniant la foi marxiste.Il voudrait maintenant les mettre en œuvre dans l\u2019Eglise pour combattre le communisme.Si nous allions le suivre, l\u2019Eglise se verrait pourvue de «cellules», de «réseaux»; elle pratiquerait « l\u2019action capillaire ».Bref, elle deviendrait rapidement une machine anticommuniste et rien d\u2019autre.Leur choix « est doublé d\u2019une propension irrésistible à condamner comme traîtres et à « excommunier » en paroles tous les catholiques qui ne pensent pas comme eux.Les gens de La Cité catholique voudraient que tous les chrétiens fassent l\u2019unité au plan temporel, par exemple, en politique.Cette tendance du mouvement était récemment déclarée indésirable par les Evêques de France ».Et il cite Le Monde ! S\u2019il veut bien se relire, M.Gérard Pelletier verra que c\u2019est lui, le rédacteur en chef de la Presse, qui a fulminé une « dénonciation », une « condamnation péremptoire », et qui a « excommunié en paroles » M.Jean Ousset qui n\u2019a jamais été communiste.Le 8 décembre suivant, le National Council for Canadian-Soviet Friendship, 93 Church Street, Toronto, répandit dans la province de Québec une circulaire signée E.P.Le seul membre du Council qui ait ces deux initiales est M.Elmore Philpott.Comme pelletée d\u2019injures, il est difficile de trouver plus épicé.M.Ousset devient un « fauteur de troubles », « un fou Don-Quichotte qui a déraillé dans sa guerre utopique contre le communisme », un « ancien communiste qui prétend s\u2019être converti au catholicisme », qui « tâche de faire du mal à ceux qui, dans le passé lui firent du bien »; il est, de plus un « scélérat » (scoundrel), un « serpent venimeux », qu\u2019il faut chasser à coups de pied de votre diocèse.Quant à ceci, il faut absolument le donner dans sa splendeur torontoise.M.E.P.s\u2019adresse à nos évêques: We know you are a holy man, a good man, a brotherly man and that you will heed the advice of the greatest Catholic editor of your best Catholic daily newspaper La Presse.God bless you.Traduisons pour ceux qui ont dit « non » à l\u2019anglais: « Nous savons que vous êtes un saint homme, un bon homme, un homme fraternel, et que vous suivrez le conseil du plus grand rédacteur Catholique de votre meilleur quotidien Catholique (avec majuscules, s.v.p.!) La Presse.» Et voilà M.Pelletier sacré par E(lmore) P(hilpott)( ?) conseiller attitré de nos évêques.Soyons justes! Les « amis soviétiques » ont des techniques de travail très spéciales.Il se peut que M.Gérard Pelletier n\u2019ait jamais entendu parler de cette circulaire h C\u2019est peut-être la raison pour laquelle il n\u2019a pas essayé de se dégager d\u2019une étreinte aussi compromettante.Jusqu\u2019ici, il a gardé ses fulminations pour M.Ousset.Soulevons, pour conclure, une question qui n\u2019est pas sans importance.A côté de l\u2019Action catholique, qui engage la 38 responsabilité de la hiérarchie, on se demande s\u2019il ne laudrait pas faire place à une action civique et sociale, dont la responsabilité reposerait sur les laïcs qui la dirigent; cette action, cependant, resterait sous la vigilance de la hiérarchie en ce qui a trait à la foi et aux mœurs.L\u2019idée fait son chemin en Amérique latine, surtout depuis la persécution mexicaine.Dans la plupart de ces républiques, qui souvent sont des dictatures, il y a à peine 10% de la population qui prend part à la vie politique, civique et sociale.90% de la population sont, en politique, à peu près illettrés.Qui va faire l\u2019éducation civique de ces masses ?Le clergé ?Il ne suffit pas à satisfaire les besoins religieux les plus urgents.L\u2019Action catholique proprement dite?Elle ne peut effleurer la politique qu\u2019avec la plus grande prudence, car les susceptibilités dictatoriales sont indescriptibles?Si les dictateurs venaient à s\u2019imaginer que l\u2019Église veut empiéter sur leur domaine, ils déchaîneraient contre elle^une persécution foudroyante au nom de la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État.Va-t-on laisser ce champ d\u2019action aux communistes?La Cité catholique a été conçue d\u2019abord en fonction du milieu français.Si M.Ousset et ses collaborateurs gardent une grande ouverture d\u2019esprit pour tout ce qui est vrai, juste, et bon, s\u2019ils ne se cabrent pas devant les avertissements paternels que leur donnent les Pasteurs, s\u2019ils conservent la paix et la charité avec ceux qui les attaquent injustement, qui sait s\u2019ils ne seront pas l\u2019instrument providentiel pour bâtir ce monde meilleur que nous attendons avec tant d\u2019espérance ?Joseph Ledit.1.Voici ce document.Montréal, December 8, 1961 Our organization has learned that you are truly a good man, a great lover of mankind and a philanthropist without any prejudice.That is why we want to remind to you the editorial of a great catholic and lover of mankind, Mr.Gerard Pelletier, printed in the Montreal La Presse of November 21, 1961, on page four, under the caption of Dialogue et Inquisition.That article purports to the local activity of a certain Frenchman jean Ousset who has come from Paris to create trouble in the province of Quebec.That fellow Ousset who claims to be the creator of La Cité Catholique of France and the big influence behind the so-called catholic magazine Verbe, is a trouble-maker and a crazy Don Quixote gone astray to his utopie war against communism.In fact, that curious fellow is an ancient communist who now pretends to be a catholic convert and tries to injure,those who treated (him) well in the past.We do not believe that ingratitude against communism or anything else can be a Christian virtue.You also, dear Bishop, know better than that.So we hope that you will not be taken in by that scoundrel.As the learned and pious Catholic Gerard Pelletier so clearly put forward in his editorial of La Presse, the traitor to communism Jean Ousset has come here to create so-called Catholic Cells of his Cité Catholique and ultimately create a rightist dictatorship which will put you, Catholic Bishop, in the same slavery as your brothers are under in Spain and Portugal.Beware of that scoundrel, dear Bishop, and don\u2019t let him poison your diocese.The war among human beings has lasted too long already.We can and we must all be brothers, communists as well as Christians, and there is certainly a way to come to an understanding.Shall we have to fight all the time ?No, it would not be Christian and not Communist.You now are warned, as a good Christian that you are.So don\u2019t let a poisonous snake run rampant among your faithful and in the name of brotherhood and bonne entente, please kick out the snake from your Catholic diocese.We know you are a holy man, a good man, a brotherly man and that you will heed the advice of the greatest Catholic editor of your best Catholic daily newspaper I a Presse.God bless you, dear bishop, and in the name of brotherhood and bonne entente, do something, and do it fast because the peril is near and great with that envoy from Europe Jean Ousset.He is a bad man, you are a great man; thus you must act at once.Yours in full brotherhood and bonne entente.E.P.RELATIONS PROBLÈMES DE VIE CHRÉTIENNE LA CRISE DU MILIEU DE LA VIE Marcel MARCOTTE, S.J.TOUT LE MONDE SAIT, ou plutôt tout le monde devrait savoir que la plupart des ménages, entre quarante et cinquante ans, traversent une crise plus ou moins grave, dont ils ressortiront affaiblis ou revigorés suivant que les conflits qu\u2019elle aura fait naître auront été plus ou moins bien surmontés.Dans la majorité des cas, la crise est passagère et ne tire pas beaucoup à conséquence.On s\u2019est assez vu, on se connaît trop bien, on est un peu las de vivre ensemble; et en même temps, on a une bouffée de liberté, un regain de vitalité.Alors, on cherche ailleurs quelque chose ou quelqu\u2019un pour remplir le vide du cœur et de la vie.Nul besoin, alors, de se creuser l\u2019imagination pour trouver un remède approprié, le bon sens suffit.D\u2019abord, ne pas dramatiser, ne pas prendre une migraine pour une méningite; ensuite, se montrer indulgent, sinon pour soi-même, du moins pour son conjoint; comprendre enfin qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un accident fréquent, quasi inévitable, d\u2019un malaise bénin qui ne met pas l\u2019existence du foyer en péril, et se convaincre qu\u2019avec un peu de patience et de doigté, tout se calmera et rentrera bientôt dans l\u2019ordre.Mais, dans certains cas, le problème est plus compliqué.Le mari et la femme ne réussissent plus à s\u2019ouvrir l\u2019un à l\u2019autre, ils se querellent à la moindre occasion et prennent beaucoup de temps à se réconcilier.On les croirait devenus indifférents l\u2019un à l\u2019autre.Peu importe qu\u2019on ne brise pas avec éclat, qu\u2019on n\u2019aille pas chercher consolation ailleurs: le mal réside tout d\u2019abord dans cette rupture profonde, dans ce divorce moral qui, chez des époux très chrétiens, se concilie aisément avec une parfaite fidélité extérieure.Au demeurant, les cas tragiques, qui mettent les ménages au bord de la catastrophe, ne sont, hélas! que trop fréquents.Voici par exemple comment une femme entre deux âges me décrit la situation de son foyer: Il y a quelques années, pour suivre mon mari que son travail appelait ailleurs, j\u2019ai quitté ma famille, mes proches, nos amis.Puis, nos enfants sont partis l\u2019un après l\u2019autre, me laissant toute seule avec mon chagrin dans un foyer où la division entre mon mari et moi s\u2019accentue de jour en jour.Si je savais que les torts sont de mon côté, je ferais mon gros possible pour y remédier.Mais si c\u2019est moi qui ai raison, je n\u2019ai plus d\u2019autre ressource que d\u2019accepter mon mari tel qu\u2019il est.Croyez-moi, ce sera difficile! Nous nous sommes mariés plutôt jeunes: mon mari avait vingt-cinq ans et j\u2019en avais moi-même vingt-deux.Aujourd\u2019hui, nous en portons trente de plus chacun.A cette époque, j\u2019étais sérieuse et il semblait l\u2019être lui aussi.Mais j\u2019ai appris, depuis, à mes dépens, que c\u2019était le manque d\u2019argent qui le confinait à la maison.Quand je lui parlais d\u2019aller au cinéma, au restaurant, il avait coutume de répondre: « Non, restons chez nous, on est si bien à la maison! » Et nous ne sortions pas.Néanmoins, durant les vingt premières années de notre mariage, tout alla assez bien, grâce à la patience, il faut le dire, dont je fis preuve.Mais, depuis quatre ou cinq ans, je vous prie de croire que mon mari a repris le temps perdu.A tel point que je ne l\u2019accompagne presque plus dans les sorties qu\u2019il me propose, pour éviter d\u2019avoir honte de lui.Car, aussitôt qu\u2019il a ingurgité un verre de trop, il adopte des allures de don Juan et se conduit comme un grossier personnage.Lui, si avare de marques de tendresse, je le vois de mes yeux frôler et bécoter de pures étrangères avec un sans-gêne et un mauvais goût révoltants.Tout récemment, au cours d\u2019une réunion de famille, il n\u2019a pas craint d\u2019afficher les mêmes manières incorrectes.Au retour, je lui ai dit que j\u2019en avais assez de le voir faire le pitre.Alors, il m\u2019a taxée de jalouse.Jalouse, je ne crois pas FÉVRIER 1962 l\u2019être.Seulement, j\u2019ai beaucoup de peine de voir un homme aussi intelligent agir de façon aussi stupide.Dois-je continuer à mener cette vie terne, à être la ménagère de mon mari, sans plus, à sourire d\u2019un air niais en faisant mine de ne rien voir; ou bien dois-je me fâcher une bonne fois pour le secouer de sa torpeur et le rendre conscient du mal qu\u2019il me fait ?Pour réagir à bon escient dans la situation douloureuse et tendue où elle se trouve placée, cette femme doit tout d\u2019abord essayer de comprendre un peu ce qui se passe dans l\u2019âme de son mari.Après bien des années de vie tranquille et sage, voilà qu\u2019il a commencé à donner des signes d\u2019immaturité et de faiblesse qui ont d\u2019abord étonné, puis inquiété et attristé sa compagne, avant de la plonger comme aujourd\u2019hui dans l\u2019angoisse.Cette évolution est-elle à mettre au compte de ses réussites professionnelles et financières ?Sans doute, car bien des hommes se comportent mieux dans l\u2019adversité que dans la prospérité; l\u2019argent leur monte à la tête et, sitôt qu\u2019ils en ont, ils se mettent à faire des folies.J\u2019estime quand même que l\u2019argent, ici, joue le rôle d\u2019un simple révélateur; il n\u2019est pas la cause mais l\u2019occasion de la déchéance; il ne corrompt pas l\u2019homme mais le révèle à lui-même et aux autres tel qu\u2019il est.Le parvenu, le nouveau riche craindra moins qu\u2019un autre de montrer son vrai visage, d\u2019afficher aux regards de l\u2019entourage ses sentiments et ses goûts spontanés.L\u2019argent, à défaut d\u2019autre chose, ne sert-il pas souvent de passe-partout ?Les pauvres sont discrets, effacés, ils cherchent à se faire oublier.Mais quand un quêteux fait fortune, il monte à cheval: « C\u2019est un quêteux monté à cheval », disait ma grand-mère.Cette explication, pourtant, n\u2019atteint pas le fond du problème.Pour comprendre les changements survenus chez cet homme, il faut les rattacher à la crise du milieu de la vie, la crise des quarante-cinq ou cinquante ans, que tous les humains, hommes ou femmes, sont appelés à traverser.L\u2019heure de vérité Dans les combats de taureaux, il y a un instant particulièrement dramatique, que les Espagnols appellent la hora de verdad, l\u2019heure de vérité.C\u2019est le moment où le toréador, muni de sa seule épée, se campe devant la bête furieuse et s\u2019apprête, tandis que les tambours battent en sourdine et que les spectateurs retiennent leur souffle, à lui enfoncer la lame en plein cœur.Finies, désormais, les passes savantes, les feintes et les illusions! Tout seul, face au taureau couvert d\u2019écume et de sang, l\u2019homme doit faire la preuve de son courage, sa maîtrise et sa force.C\u2019est alors que la foule va juger le héros tel qu\u2019il est: dans la vérité! Nous avons tous nous aussi notre heure de vérité qui nous découvre tels que nous sommes.Nous avions pu, jusque-là, nous tromper nous-mêmes et tromper les autres sur la vraie qualité de notre esprit et notre cœur, sur la vraie valeur de notre vie.A notre insu et à l\u2019insu des êtres qui prétendaient le mieux nous connaître, nous avions joué tant bien que mal un rôle où les mots, les attitudes, les gestes, tout en étant de nous, n\u2019étaient pas vraiment nous.A présent, la pièce est finie, les masques tombent, et l\u2019on se retrouve en face de soi-même, tout seul, tel qu\u2019on est et tel, au fond, qu\u2019on n\u2019a jamais cessé d\u2019être.Voici, par exemple, comment je me raconte à moi-même l\u2019histoire de ce mari qu\u2019on vient de nous décrire.A vingt - 39 cinq ans, il quitte la maison paternelle et assume la responsabilité de fonder un foyer.Petit à petit, il prend conscience de sa valeur personnelle.Sa jeune femme est fière de lui, s\u2019appuie sur lui.Ses premiers succès professionnels, sa paternité lui donnent confiance en ses possibilités.Il est heureux de vivre.Mais il a de plus en plus tendance à se surestimer, à se croire quelqu\u2019un de très important.Le « quêteux monté à cheval » commence à faire le prince! Par ailleurs, cette griserie, liée au travail, à la réussite, ne s\u2019accompagne pas toujours d\u2019un progrès équivalent sur le plan moral et spirituel.C\u2019est même à cette époque d\u2019exubérance que bien des hommes traversent silencieusement une véritable crise religieuse dont les répercussions se feront sentir beaucoup plus tard.Étourdis et enivrés par leur activité qui les met en valeur, ils en arrivent presque à oublier Dieu et, parfois, à s\u2019en passer tout à fait.La foi et la piété faiblissent, la prière devient difficile et rare.Et pendant que les années se succèdent, actives, fébriles, pleines de luttes et de tracas, l\u2019âme abandonnée à elle-même, s\u2019endort au bord de la route.C\u2019est à ce moment que sonne l\u2019heure de la vérité.Entre quarante et cinquante ans, en effet, survient plus ou moins brusquement un changement de perspectives qui introduit dans la vie une espèce de révolution.On touche alors au plafond de ses possibilités, on palpe les limites de ses talents et de sa personnalité, on connaît les frontières, toujours trop étroites, de sa vie.De sa vie corporelle, car certaines faiblesses organiques commencent à se manifester et la résistance nerveuse et musculaire diminue.De sa vie professionnelle, car on est presque toujours, à cet âge, en perte de vitesse.De sa vie conjugale, car les mirages d\u2019un bonheur sans mélange se sont dissipés et la monotonie s\u2019est installée dans les relations entre époux.De sa vie familiale, enfin, car les enfants causent du souci, parfois de la déception et, à mesure qu\u2019ils grandissent, ils quittent la maison, laissant leurs parents seuls en face l\u2019un de l\u2019autre.C\u2019est l\u2019heure de la vérité, l\u2019heure où se révèle le fond du cœur de l\u2019homme et de la femme.Chacun, par ses réactions personnelles devant cette nouvelle situation de vie, va choisir son attitude définitive, celle qui dessine à la fois les traits fondamentaux du passé et les lignes essentielles de l\u2019avenir.La tentation de la fuite La grande tentation, à ce moment, est celle de la fuite.Elle peut prendre des visages extrêmement divers.Une façon très courante de fuir consiste à s\u2019enfermer dans l\u2019amertume et le pessimisme.Tout devient prétexte à lamentations et à propos désabusés contre la vie, contre les voisins, contre les patrons ou les ouvriers, contre les prêtres, contre la femme ou le mari.On devient une espèce de grand enfant boudeur qui s\u2019isole dans son coin en suçant son pouce.D\u2019autres sont tentés de fuir dans la médiocrité.Ils se dorlottent, ils se soignent: les plaisirs de la table prennent de plus en plus d\u2019importance; c\u2019est l\u2019âge de l\u2019obésité physique.C\u2019est aussi l\u2019âge de l\u2019obésité morale: on a peur de l\u2019effort, on justifie ses lâchetés et sa paresse sous des prétextes puérils.La vie religieuse elle-même est alourdie et tombe dans la routine.L\u2019âme, comme le corps, paraît envahie par la sclérose.Une autre forme de la tentation de la fuite consiste pour l\u2019homme et pour la femme à chercher refuge dans les intérêts propres à leur sexe.« Qu\u2019une vie est heureuse, dit Pascal, quand elle commence par l\u2019amour et finit par l\u2019ambition! » Voilà un mot d\u2019homme que je trouve extrêmement éclairant.Bien des maris quadragénaires en arrivent à délaisser leur femme parce qu\u2019ils se sont laissé posséder tout entiers par leur profession, par l\u2019argent, par la politique, par leur rôle social.Il faut les comprendre: ils sont pressés! Pressés à la fois par le désir de jouir de leurs dures conquêtes et par le 40 besoin de les défendre contre la vague de ceux qui montent à l\u2019assaut pour les en déposséder.A trente ans, on regarde en avant; à soixante ans, on regarde en arrière; entre quarante et cinquante ans, on regarde simplement où l\u2019on est.Et c\u2019est exaltant et inquiétant tout à la fois.L\u2019homme, parvenu au milieu de sa vie, se sent au faîte de sa force et de ses moyens; il a monté, il commande, il impose le respect.Mais, en même temps, il sait qu\u2019il ne montera plus et que, ce qu\u2019il n\u2019a pas encore atteint, il ne l\u2019atteindra jamais.Il tient d\u2019autant plus à affirmer sa puissance qu\u2019il la sent plus précaire et plus menacée.Tout lui devient travail, questions à résoudre, argent à gagner, influence à exercer, autorité à affirmer.Hâte-toi, murmure la petite voix féroce qui l\u2019accompagne partout, hâte-toi, car demain, il sera trop tard! De son côté, la femme, dont toute la vocation se réalise dans l\u2019amour, éprouve un sentiment de tristesse et d\u2019accablement lorsqu\u2019elle constate que son mari, comme c\u2019est souvent le cas, lui accorde de moins en moins d\u2019attention, d\u2019intérêt, de tendresse.Les transformations corporelles qui surviennent à cette époque chez l\u2019un et l\u2019autre époux ne sont certainement pas étrangères à cette nouvelle situation conjugale.Après vingt ou vingt-cinq ans de mariage, par exemple, l\u2019amour charnel ne tient plus dans la vie des conjoints la même place que dans les commencements.L\u2019accoutumance a émoussé le désir et le plaisir.De plus, la femme vieillit d\u2019ordinaire plus tôt que l\u2019homme; la fatigue accumulée au cours des années, les maternités répétées, les soucis et les souffrances de la vie l\u2019ont souvent usée prématurément et rendue moins désirable; comme elle en est parfaitement consciente, elle se résigne donc à être moins désirée et, au lieu de réagir pour retrouver un peu de sa jeunesse perdue, elle en arrive souvent à ne plus se soigner, ne plus se parer, ne plus sourire, à s\u2019attrister et s\u2019éteindre comme une lampe d\u2019où l\u2019huile a fui goutte à goutte.Heureusement, il lui reste ses enfants et, plus tard, ses petits-enfants sur lesquels elle déverse le surplus de sa tendresse inemployée.Les joies de la mère, pourtant, ne compenseront jamais entièrement les frustrations de l\u2019épouse.Dans son cœur, la désaffection du mari creuse un vide qu\u2019il est seul à pouvoir remplir.Comment l\u2019homme et la femme, ainsi tendus à l\u2019extrême et enfermés chacun dans un monde si différent, pourraient-ils ne pas se heurter, se faire du mal et même s\u2019éloigner temporairement l\u2019un de l\u2019autre ?Tandis que le mari se projette tout entier au dehors, la femme s\u2019enferme tout entière au dedans.Cela finit par sécréter autour de chacun d\u2019eux une sorte de carapace qui les rend sourds et imperméables l\u2019un à l\u2019autre.Le démon de midi C\u2019est alors que survient une autre forme de tentation, apparemment assez répandue chez les plus de quarante ans, puisqu\u2019on a l\u2019habitude de l\u2019attribuer à celui que la Bible appelle le « démon de midi ».L\u2019infidélité conjugale, à cet âge, ne serait-elle pas aussi une espèce de fuite?Entre quarante et cinquante ans, en effet, la femme se met à douter de sa féminité et l\u2019homme de sa virilité.Ils sont l\u2019un et l\u2019autre tentés de se prouver à eux-mêmes qu\u2019ils gardent encore la séduction de la jeunesse.Pour expliquer ce mécanisme, un psychologue a fait une expérience avec un chimpanzé.Il mit dans une boîte, en présence de l\u2019animal, une banane.Les chimpanzés, comme chacun sait, sont friands des bananes.Mais notre psychologue remplaça la banane par une laitue.Les chimpanzés ont autant de goût pour les laitues que pour les bananes.Vous croyez donc que notre chimpanzé mangea sa laitue de bon appétit.Eh bien, vous vous trompez! Quand il découvrit la laitue au lieu de la banane qu\u2019il s\u2019attendait à trouver, il entra dans une colère folle et se mit à piétiner la laitue.RELATIONS Assez souvent, à l\u2019âge du démon de midi, les époux se conduisent ainsi.Ils détruisent l\u2019amour conjugal, auquel ils tiennent pourtant de toutes leurs forces, pour savourer un autre amour qui ne peut rien leur offrir de plus que le premier, sauf des inquiétudes, des tourments et des remords.Ils n\u2019acceptent pas qu\u2019à l\u2019amour de leur jeunesse se substitue un autre amour plus calme, plus serein, plus exaltante.A la pensée que plus rien ne peut arriver, ils s\u2019affolent et, pour qu\u2019il arrive quelque chose, pour se remettre à vibrer comme autrefois, ils vont jusqu\u2019à saccager leur foyer.Là-dessus, les hommes feraient bien de se souvenir que leur femme n\u2019est pas plus qu\u2019eux-mêmes à l\u2019abri de la tentation.La solitude à laquelle ils la condamnent, les privations affectives qu\u2019ils lui imposent, risquent toujours de la faire rêver elle aussi d\u2019une autre tendresse plus exaltante, d\u2019un nouvel été d\u2019amour qui lui permette d\u2019oublier les mélancolies de l\u2019automne.Voici, pour illustrer cette tentation classique chez la femme de quarante ans, quelques extraits d\u2019une lettre dont tout le monde, je pense, appréciera la sincérité déchirante: Je suis mariée depuis une vingtaine d\u2019années et mère de trois enfants que j\u2019aime beaucoup.A l\u2019époque de mon mariage, mon mari était sobre, bon et compréhensif.Mais depuis qu\u2019il a obtenu, il y a six ans, une place de contremaître à l\u2019usine où il travaille, il a complètement changé de caractère, je ne le reconnais plus.Lui qui était si ponctuel, il n\u2019est jamais à l\u2019heure; lui qui était si indulgent et doux, il est devenu méchant pour les enfants et me traite comme une simple ménagère.J\u2019ai acquis la certitude, à présent, qu\u2019il me trompe avec des jeunes filles qui travaillent sous ses ordres.Lui-même m\u2019en a fait l\u2019aveu un jour qu\u2019il avait trop bu.Mais voici qu\u2019il y a un an, un jeune homme est venu travailler à la maison.Dans les débuts, il ne m\u2019intéressait pas, car, à ce moment-là, j\u2019avais trop de peine et je ne suis pas femme à m\u2019occuper du premier venu.Un soir pourtant, j\u2019entendis une conversation entre mon mari et lui au sujet de la vie que je menais, toute seule, à la campagne.J\u2019eus l\u2019impression que ce jeune homme, lui, comprenait mon grand chagrin.En quittant la maison ce soir-là, il murmura à l\u2019oreille de ma petite fille de quatre ans: « Tu es belle et blonde comme ta maman.» Après quoi il dit bonsoir et s\u2019en alla.Mais je n\u2019ai jamais pu oublier ces paroles qui m\u2019étaient allées droit au cœur.Durant les mois qui ont suivi, mon mari a continué à prendre de la boisson et à s\u2019occuper de toutes les autres femmes, sans tenir compte de mes sentiments.De mon côté, j\u2019ai revu le jeune homme en question.Nous n\u2019avons échangé que quelques paroles banales, mais je me sens de plus en plus attirée vers lui.Quand son regard s\u2019arrête sur moi, on dirait qu\u2019il se remplit de pitié.Je me sens troublée, je ne sais plus que penser, j\u2019ai peur qu\u2019un jour cet homme ne devienne pour moi plus qu\u2019un ami.Je ne veux pas m\u2019attacher à lui, car j\u2019ai toujours été bonne épouse et bonne mère.Mais je me sens faiblir.» Voilà un exemple sur lequel bien des maris négligents ou volages feraient bien de réfléchir.Le démon de midi n\u2019a pas toujours une voix de femme, il peut avoir une voix d\u2019homme aussi.Je tiens à dire, pour l\u2019honneur de nos femmes chrétiennes, que la tentation, dans la plupart des cas, reste enfermée dans les replis secrets du cœur et ne s\u2019exprime pas au dehors par des actes.Mais c\u2019est déjà assez qu\u2019elle existe et consomme entre les époux la rupture intérieure, le divorce moral dont j\u2019ai parlé tout à l\u2019heure.Pour la conjurer, l\u2019exorciser dans l\u2019un et l\u2019autre sexe, je ne vois qu\u2019un moyen: rajeunir et renouveler l\u2019amour conjugal en l\u2019adaptant à la situation actuelle du foyer.Cela suppose chez les époux beaucoup d\u2019indulgence, de compréhension et de réalisme.L\u2019heure de Dieu Je crois avoir montré que la crise des quarante ans n\u2019est pas seulement une crise de l\u2019amour, mais une crise de l\u2019homme et une crise de la femme, une crise de la vie.La crise de l\u2019amour n\u2019en est qu\u2019une conséquence ou un résidu.FÉVRIER 1962 Les médecins, à ce propos, parlent de l\u2019âge critique avec les transformations organiques et psychologiques qu\u2019il comporte dans les deux sexes, mais surtout chez la femme, aux alentours de la ménopause.A leurs yeux, il s\u2019agit bien d\u2019une crise qui survient, comme celle de l\u2019adolescence, tout d\u2019abord dans le corps, mais pour se répercuter aussitôt à travers toute l\u2019épaisseur de la vie affective et mentale.Dans les deux cas, l\u2019être humain subit une véritable métamorphose.Au sortir de l\u2019âge critique comme au sortir de l\u2019âge ingrat, on ne peut plus sentir, penser, agir comme avant d\u2019y entrer.Comment l\u2019amour lui-même, dans lequel s\u2019expriment toutes les richesses et toutes les pauvretés de la personne humaine, n\u2019en sortirait-il pas lui-même transformé ?Comprendre cette transformation, y consentir pour soi et pour l\u2019autre, tâcher d\u2019en prendre occasion pour se hisser à un autre plan, pour se retrouver ensemble sur un nouveau sommet: c\u2019est le seul moyen de surmonter la crise.L\u2019homme ou la femme qui se raccroche désespérément au passé qui n\u2019est plus, à une jeunesse qui ne peut plus renaître, à un amour qui ne peut plus revivre, s\u2019expose à d\u2019amères désillusions.L\u2019automne ne sera jamais le printemps, il faut en prendre son parti et, puisque les fleurs sont fanées, savoir s\u2019accommoder des fruits.C\u2019est pour ne l\u2019avoir pas compris que tant d\u2019époux, parvenus à mi-route de leur vie, essaient de se redonner l\u2019illusion de la jeunesse \u2014 jeunesse du corps et des sens, jeunesse du cœur et de l\u2019esprit \u2014 en se jetant dans des aventures sans grandeur et sans durée d\u2019où ils ressortent toujours humiliés et meurtris, non sans avoir assez souvent brisé le cœur de leur conjoint, éclaboussé leur famille, ruiné le bonheur et la paix de leur foyer et accumulé sur leur vieillesse de lourds orages.Voilà pourquoi, à ceux et celles qui sont aux prises avec la tentation, je tiens à dire que l\u2019heure de la crise, l\u2019heure de la vérité, est aussi l\u2019heure de Dieu.Car Dieu a son heure pour chacun d\u2019entre nous.Cette heure, presque toujours, coïncide avec la souffrance, la maladie, les épreuves de toute sorte.Pour un grand nombre d\u2019époux, elle se confond avec le sentiment d\u2019affreuse solitude qu\u2019ils risquent toujours d\u2019éprouver au moment où l\u2019amour du couple subit cette transformation d\u2019où il sortira vaincu ou triomphant suivant que les époux auront bien ou mal réagi à l\u2019épreuve.Il faut bien souvent que nous fassions l\u2019expérience pénible de nos limites pour qu\u2019enfin nous prenions Dieu au sérieux, c\u2019est-à-dire pour que nous reconnaissions d\u2019une façon lucide et pratique qu\u2019il a seul le pouvoir de nous sauver.« Quand je suis faible », dit saint Paul, « c\u2019est alors que je suis fort », car « je puis tout dans celui qui me fortifie ».Entre quarante et cinquante ans, nous apprenons la vérité sur notre corps.Peut-être avions-nous eu l\u2019illusion d\u2019une santé parfaite.Mais voici qu\u2019à certains symptômes, certaines défaillances, nous reconnaissons notre fragilité et pouvons déjà prévoir de quel mal nous mourrons.Il en va de même pour notre santé morale et spirituelle.Nous avions peut-être cru naïvement que rien ne pourrait l\u2019ébranler.Mais nous voilà aux prises avec des tentations redoutables qui nous font toucher du doigt notre misère et notre faiblesse.C\u2019est alors qu\u2019il est bon de nous rappeler ce mot de l\u2019Écriture: « Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, c\u2019est en vain que travaillent les maçons.» La grande erreur des époux consiste le plus souvent à vouloir s\u2019unir hors de la souffrance.C\u2019est elle, pourtant, qui les unira, qui leur permettra, au moment où le premier amour va périr, de se rejoindre dans un amour nouveau.« L\u2019amour a fait la douleur, et la douleur a fait l\u2019amour », dit l\u2019héroïne d\u2019un drame de Claudel.Il faut souffrir pour guérir, il faut mourir pour renaître: c\u2019est la loi même de notre rédemption.Toute notre vie, tout notre amour sont marqués du signe de la Croix du Christ qui est en même temps un instrument de mort et un gage de résurrection.41 LE CINÉMA AUTANT-LARA ENFIN PARMI NOUSI Jacques COUSINEAU, S.J.AVEC LE DÉBUT DE 1962, Montréal a acquis une f\\ notoriété internationale dans les affaires culturelles, \"*¦ particulièrement en matière de cinéma: elle est la première ville du monde où l\u2019on projette en séances régulières le film de Claude Autant-Lara Tu ne tueras point! Ce film sur l\u2019objection de conscience était attendu depuis longtemps, puisque dès 1950 le réalisateur avait obtenu des autorités françaises une autorisation de tournage pour son scénario.La difficulté de trouver les capitaux nécessaires fit remettre le projet et ce n\u2019est qu\u2019eu 1960 que le film fut réalisé, et ce en Yougoslavie.Une firme yougoslave l\u2019a tourné avec la participation d\u2019un producteur italien, Moris Ergas, à l\u2019aide de capitaux suisses 1 sous la direction d\u2019Autant-Lara.Au Festival de Venise en 1961, le film fut présenté sous la bannière yougoslave, avec un nouveau titre (Tu ne tueras point au lieu de L\u2019objecteur de conscience) et un scénario modifié, grâce sans doute aux dialoguistes Aurenche et Bost.L\u2019accueil du public vénitien fut l\u2019objet de rapports contradictoires: acclamé selon les uns, hué selon les autres.La critique ciném.atographique française fut à peu près unanimement défavorable.Dans la presse de droite, on a dit « premier prix de veulerie », « répulsion dont l\u2019origine est esthétique2 », « un film dont la France a honte 3 ».Les journaux du centre ont qualifié le film de « nigaud », en ont souligné le « mauvais goût4 » ou ont avoué avoir été « agacé par ce cours du soir qui dure deux heures et quart5 ».La critique de gauche qui considère surtout les critères artistiques a été impitoyable.Dans Cinéma 1961 6, qui représente un secteur important des ciné-clubs français, Marcel Martin écrit: « Malheureusement ce film est d\u2019une insigne faiblesse du point de vue artistique: le scénario est mal construit et plein d\u2019outrances psychologiques, les dialogues relèvent de la pire convention théâtrale, les personnages secondaires sont schématiques pour ne pas dire caricaturaux; quant à la mise en scène, elle est d\u2019une parfaite banalité ».Dans les Cahiers du Cinéma 7, qui font école et ont du prestige en plusieurs milieux, Jean Douchet s\u2019est montré plus catégorique encore: 1.\tSelon Cinéma 61, novembre, p.56, ces capitaux appartiennent à Autant-Lara lui-même.2.\t« Tu ne tueras point: Un premier prix de veulerie.La démagogie du propos, la vanité des arguments creux et spectaculaires, l\u2019accumulation des clichés et la laideur morale et plastique du film provoquent une répulsion dont l\u2019origine ne fût-elle ni morale ni patriotique, est esthétique à coup sûr.» Combat, 22 août 1961, Henry Chapier.3.\tCandide, 25 août 1961.4.\tParis-Presse, 23 août 1961.5.\tLe Parisien, 23 août 1961.6.\tCinéma 61, n° 60, octobre, p.58.7.\tCahiers du Cinéma, n° 124, octobre 1961, P- 44.Claude Autant-Lara n\u2019a pas manqué de répliquer.Sa réponse indique le niveau des relations culturelles de l\u2019auteur: « La critique cinématographique est faite par des vieilles filles.Tenez! Je reçois Les cahiers du cinéma.Je me torche le c.avec.Excusez-moi, mais je trouve ça illisible.Non c\u2019est pas possible, ces petits foireux horribles.» Entretien avec., La Méthode, n° 6, octobre 1961, p.19.42 « Autant-Lara, aidé de Bost et Aurenche, nous a servi une œuvre d\u2019une rare grossièreté, tant dans l\u2019inspiration que dans l\u2019exécution.Si l\u2019on peut déterminer une constante, un thème, dans l\u2019œuvre du cinéaste, c\u2019est bien celui de l\u2019impudeur.Tout est faux dans ce film, tout y est répugnant.» Jusqu\u2019à ce jour, il n\u2019y a pas un critique sérieux qui ait reconnu une véritable qualité cinématographique à la dernière œuvre d\u2019Autant-Lara.Même le Dr Jean-Paul Ostiguy, directeur de l\u2019Élysée, qui nous a habitués à des œuvres d\u2019art, reconnaît que « ce n\u2019est évidemment pas le cas de Tu ne tueras point ».Et Patrick Straram, secrétaire du même Centre d\u2019art, corrobore ce jugement8.Leur goût empêche donc les dirigeants du Centre d\u2019ajouter foi à l\u2019affirmation de l\u2019auteur dans sa lettre au Devoir 9: « une vraie « cabale » fut organisée de main de maître, à l\u2019aide des chancelleries, pour le couler définitivement.Tous les moyens furent bons, jusque et y compris la diffamation, à laquelle une presse « aux ordres » s\u2019employa complaisamment.On fit circuler, d\u2019abord, que c\u2019était un très mauvais film: en le dénigrant sur le plan artistique, on discréditait aussi les idées qu\u2019il contenait, et c\u2019était habile.» Pourquoi alors la publicité payée 10 de l\u2019Élysée laisse-t-elle entendre que ses dirigeants ont ajouté foi au témoignage d\u2019Autant-Larau au sujet des pressions qu\u2019aurait subies le jury de Venise afin de l\u2019empêcher d\u2019attribuer le Lion d\u2019or à ce film ?Ils savent maintenant par le démenti apporté par le président même du jury du Festival, M.Filippo Sacchi, et par un autre membre 12 de ce jury, qu\u2019il ne fut jamais question de prix pour Tu ne tueras point, que deux autres films furent l\u2019objet du ballottage final et donc que l\u2019intervention du premier ministre d\u2019Italie, M.Fanfani, qui aurait été l\u2019instrument des chancelleries européennes, constitue une pure invention d\u2019Autant-Lara; M.Sacchi ajoute, dans sa lettre de démenti, qu\u2019à la télévision italienne il a dit exactement le contraire de ce que lui prête ce même Autant-Lara.Tous ces faits prouvent à quel genre de propagande a recours l\u2019auteur pour vendre son film, une propagande mensongère, éprise de scandale.Il reste que Tu ne tueras point, sans valeur cinématographique, n\u2019est pas un film ordinaire.Aux yeux d\u2019abord de ses adulateurs: « Ce film est le plus violent et le plus efficace réquisitoire contre la société bourgeoise depuis Y Age d\u2019Or du grand Luis Bunuel.Une destruction implacable de ces deux cancers de notre société, l\u2019armée et la religion ».C\u2019est René Chateau, qui parle ainsi, directeur de La Méthode, revue de cinéma de tendances marxistes, qui vient de consacrer tout son numéro d\u2019octobre 1961 au film qu\u2019« on a assassiné ».La censure italienne l\u2019a interdit.A la Commission 8.\tEntretien (à quatre), publié dans Le Devoir, du 13 janvier 1962, p.9.9.\tLe Devoir, 8 janvier, p.6.10.\tLe Devoir, 13 janvier, p.12.11.\tCinéma 61, n° 6, nov.-déc.1961, p.25.12.\tLes Lettres de MM.Sacchi et Castello ont paru dans Cinéma 62, janvier 1962, p.134-135.RELATIONS française de contrôle des films on ne l\u2019a pas présenté parce que selon l\u2019auteur lui-même 13, il y eut été refusé.Il a peu de chance de circuler au-delà du rideau de fer (on n\u2019y touche pas à l\u2019autorité) ni dans les pays libres du continent européen où il y a service militaire obligatoire.Enfin, le jury de l\u2019Office catholique international du Cinéma (O.C.I.C.), lors du Festival de Venise, a mis le film dans la catégorie des « exclus », la Centrale catholique du Cinéma d\u2019Italie l\u2019a condamné officieusement, ne pouvant faire plus puisque le film n\u2019est pas en circulation ordinaire, et notre Office national catholique des Techniques de diffusion 14 l\u2019a classé dans les films à proscrire, que par discipline chrétienne l\u2019on doit s\u2019abstenir de voir.De quoi donc s\u2019agit-il?Le film est dédié aux trente-six objecteurs de conscience qui subissent actuellement leur peine, paraît-il, dans les prisons de France.L\u2019intrigue est basée sur un fait: un tribunal militaire français, celui de Cherche-Midi, a rendu, après la dernière guerre, au cours de la même journée, deux sentences: d\u2019une part l\u2019acquittement de l\u2019ex-soldat allemand Adler qui, lors de l\u2019occupation, en 1944, avait procédé à l\u2019exécution sommaire d\u2019un résistant pris les armes à la main et de l\u2019autre la condamnation d\u2019un jeune citoyen français, Cordier, un appelé qui avait refusé d\u2019endosser l\u2019uniforme.Le film nous fait assister à l\u2019odyssée de ces deux hommes, à leurs rencontres en prison, à leurs conversations et enfin à leur procès et à la délibération du tribunal.Cette opposition aurait pu être émouvante jusqu\u2019au tragique si les procédés mélodramatiques n\u2019avaient pas gâté l\u2019efficacité de la démonstration et surtout si la thèse n\u2019avait été corsée, au-delà de la vraisemblance psychologique et à l\u2019encontre de la vérité évidente des faits, par l\u2019introduction d\u2019un élément nouveau qui la transforme complètement.On sait que l\u2019objection de conscience a d\u2019ordinaire une source religieuse; le film aurait pu « donner le beau rôle à la religion qui inspire les objecteurs » (J.L.Tallenay)15.Qu\u2019à cela ne tienne! Il a suffi à Autant-Lara d\u2019inventer qu\u2019Adler était un prêtre, que Cordier,^ de catholique fervent qu\u2019il était, renonce à sa foi dans l\u2019Église devant le spectacle du traitement de faveur accordé à ce prêtre qui, à ses yeux, par discipline militaire a assassiné; il a suffi que le prêtre-ouvrier venu défendre Cordier n\u2019eût point les mots pour dire la position de l\u2019Église devant la guerre et que Cordier sortît du tribunal, condamné par la société et l\u2019armée, de connivence avec l\u2019Église, glorieux de sa foi nouvelle d\u2019objecteur de conscience pur, laïc comme on dirait, sans l\u2019aide de Dieu mais avec l\u2019approbation de sa mère, qui l\u2019admire jusqu\u2019aux larmes, avec aussi sans doute l\u2019adhésion, escomptée par Autant-Lara et les siens, de toute l\u2019humanité marxisée.« Autant-Lara rejoint Bunuel.Sur les cadavres mêlés de l\u2019Église, de la famille et de l\u2019armée, l\u2019espoir peut germer de la possibilité pour l\u2019homme de changer le monde 16.» 13.\tCinéma 61, n° 61, novembre, p.26.14.\tVoici l\u2019appréciation morale complète de l\u2019Office: « Le problème moral posé est faussé par l\u2019orientation du film où se manifeste un parti pris nettement antireligieux.A proscrire.» Films à l\u2019écran, 29 décembre 1961.15.\tDans Télérama, 3 septembre 1961, n° 607, p.5.« Parvenir à faire de l\u2019anticléricalisme à propos de l\u2019objection de conscience est un tour de force assez étonnant », ajoute ce critique indépendant et réputé.16.\tMarcel Oms, dans Positif, n° 41, septembre 1961, p.40, à propos du Bois des Amants.On se rendra compte en lisant l\u2019article que Raymond Borde consacre à Autant-Lara dans le même numéro que Tu ne tueras point couronne une carrière de combat idéologique contre les valeurs surnaturelles.La pensée d\u2019Autant-Lara, la voici livrée dans son entrevue, déjà citée, avec René Chateau: « Luis Bunuel.Il y a en lui un bouillonnement constant, il ne peut pas s\u2019empêcher d\u2019être révolté, ça FÉVRIER 1962 Un désir malhonnête de fabrication de preuve et un grossier simplisme marquent ce film.Les images montrent un séminariste et le dialogue parle d\u2019un prêtre.Le « prêtre », dans le cachot infect où on les pousse, exhorte avec assurance son jeune condamné à réciter le Notre Père avec lui; ils le font ensemble lentement, puis le « prêtre » comme pris de panique, décharge sa mitraillette sur la victime et enfin rageusement l\u2019achève à coups de crosse: on dirait un accès de folie.Une nuée de séminaristes parisiens assistent au jugement du « prêtre » allemand dans une cour militaire, ce qui est assez loufoque et peu conforme aux coutumes ecclésiastiques.Au tribunal, le « prêtre », qu\u2019on a bien soin, pour obtenir l\u2019acquittement, de revêtir d\u2019une soutane, est vu en plongée pour indiquer l\u2019humble supplication; l\u2019objecteur, lui, par la contre-plongée de la caméra, domine la situation pour mieux accentuer sa révolte morale.Le prêtre-ouvrier, défenseur de l\u2019Église, ne trouve à répondre aux objections de Cordier que: « Bon, bon.peut-être.» tandis que Cordier, qui avait déjà avoué au cours du film: « Je refuse d\u2019être militaire parce que je suis chrétien », triomphe maintenant en dominant l\u2019écran et en scandant les mots de la fin: « On trouve tout ce qu\u2019on veut dans l\u2019Église.Je suis contre la guerre parce que c\u2019est trop bête, un point c\u2019est tout.Il n\u2019y a pas besoin de Dieu pour ça.Après tout, s\u2019il est contre, lui aussi, qu\u2019il le dise.Mais une bonne fois et qu\u2019on l\u2019entende17.» ^ Je reviens à mon propos initial.Pourquoi le Centre de l\u2019Élysée a-t-il programmé Tu ne tueras point que ses dirigeants savent n\u2019être pas une œuvre d\u2019art pour un cinéma d\u2019art, ni un film expérimental ou d\u2019avant-garde pour un cinéma d\u2019essai ?Parce qu\u2019un film d\u2019Autant Lara ferait choc et scandale?Alors en quoi l\u2019Élysée se distingue-t-il des autres salles, qui veulent faire des recettes en exploitant les instincts ?Parce que ce film particulier ferait réfléchir ?L\u2019objection de conscience est-elle un problème au Canada français?Le militarisme du clergé québécois constitue-t-il une menace chez nous ?Les situations évoquées dans le film ne correspondent pas à la nôtre et ce qu\u2019on risque, c\u2019est de fausser des esprits et d\u2019empoisonner des cœurs en donnant en pâture à des cinéphiles une pellicule d\u2019aussi médiocre qualité dont le seul mérite est de refléter la détermination de son auteur à s\u2019attaquer aux valeurs ecclésiales par tous les moyens.L\u2019œuvre de culture cinématographique entreprise par le Centre d\u2019art de l\u2019Élysée mérite encouragement, mais non lorsqu\u2019il nous présente le message sans art d\u2019un Autant-Lara, posant au défenseur d\u2019un commandement de Dieu 18.c\u2019est très bien.C\u2019est un Monsieur.Oh! il est bien plus jeune que M.Truffaut.Truffaut est un petit rabougri, c\u2019est un rien du tout.Moi il me plaît bien le père Bunuel et il conserve un dynamisme, un mordant.Mais je me demande toujours s\u2019il appellera un prêtre quand il mourra, son éducation chez les jésuites, ça le gratte.Moi je désire crever tranquille, foutre dieu, surtout pas de ces bêtes-là.» 17.\tIl serait trop long de relever les invraisemblances et les inexactitudes de ce film.D\u2019après le rédacteur de VOsservatore Romano (édition française, aux n° 47 et 48 de la douzième année, 24 novembre et 1er décembre 1961), une liste substantielle en a été remise au metteur en scène et au producteur à différentes phases de son élaboration, par de hautes autorités ecclésiastiques d\u2019Italie qui avaient été appelées en consultation.L\u2019auteur n\u2019en a jamais tenu compte.D\u2019aucuns pensent qu\u2019il en profitait pour accuser l\u2019effet anticlérical et antireligieux.18.\tQue notre Bureau de censure ait donné au film un visa, même s\u2019il a été heureusement mais illégalement restreint à l\u2019Élysée, que Le Devoir ait publié, « avec plaisir » et à pleine page, la prose intéressée, cette fois doucereuse et presque cléricale, d\u2019Autant-Lara, cela passe l\u2019entendement de ceux qui n\u2019ont pas déjà compris que depuis le 22 juin 1960 trop de gens chez nous se croient autorisés, en dépit des déclarations de l\u2019hon.Lesage, de contraindre tout le monde à danser La Carmagnole.43 La dernière livraison (décembre 1961) de la Revue du Barreau de la province de Québec nous apporte un article fort documenté sur un des sujets les plus discutés actuellement en notre milieu.L'article s'intitule La loi de l\u2019instruction publique, cette inconnue et a pour auteur Me Ulric-G.Laurencelle, C.R., shérif adjoint du district de Montréal.Celui-ci nous avertit qu'il fait œuvre, non d'historien, de critique ou de sociologue, mais de juriste.Il entend étudier, en toute simplicité et avec sérénité, le texte de la loi et l'éclairer en mettant en regard l'interprétation que les tribunaux lui ont donnée.Il nous dit enfin lui-même le pourquoi de son étude : L\u2019occasion de traiter ainsi d\u2019instruction publique s\u2019offre à nous, à la suite des prises de positions nombreuses et de discussions que journaux et revues ont publiées depuis avril 1961, que la radio et la télévision ont illustrées et qui ont fait valoir une suggestion: l\u2019introduction, chez nous, d\u2019une notion jusqu\u2019ici inconnue dans l\u2019économie de nos lois provinciales: la non-confessionnalité de l\u2019école.Les textes qui nous gouvernent en matière d\u2019instruction publique et les interprétations qui en ont été données au sujet de la confessionnalité sont reproduits dans la décision désormais fameuse: Hirsch and Cohen.Protestant Board of School Commissioner s and Catholic Boar dofSchool Commissioner s of Montreal and Schubert and Attorney-General.Tour à tour, notre Cour du banc du roi, la Cour suprême du Canada et le Comité judiciaire du Conseil privé de Sa Majesté.ont étudié les dispositions qui déterminent comment peuvent se satisfaire les désirs légitimes des parents du Québec à l\u2019égard de l\u2019instruction de leurs enfants.L\u2019affaire des écoles juives Selon VA., rares, même inexistantes, ont été les disputes scolaires, depuis 1867, entre l'un et l'autre des groupes confessionnels reconnus par la loi au Québec.Il se produisit cependant une dispute avec un groupe non catholique.En 1903, dans la cité de Montréal, se posa une situation particulière.Cette année-là, le juge Davidson, de la Cour supérieure, rendait jugement dans Pinsler V.Protestant Board of School Commissioners of Montreal.Il y interprétait la loi d\u2019éducation du Québec et décidait qu\u2019une personne professant la foi judaïque, ne possédant pas de propriété immobilière inscrite au rôle protestant pour fins de taxe scolaire dans la cité, ne pouvait pas forcer les commissaires d\u2019écoles protestantes à admettre de droit son fils à une école sous leur juridiction.Comme conséquence de cette décision, la Législature de Québec, en 1903 même, vota la loi 3 Ed.VII, ch.16, amendant la Loi de l\u2019instruction publique et édictant, entre autres ce qui suit: 1.Nonobstant toute disposition contraire, dans toutes les municipalités de la province, .les personnes professant la foi judaïque seront traitées, pour fins scolaires, de la même manière que les protestants, et, pour les dites fins, sont assujetties aux mêmes obligations et jouiront des mêmes droits et privilèges que ces derniers.Vingt ans plus tard, cet amendement était encore en vigueur, mais suscitait des difficultés de la part de la Commission protestante, qui en vint à soulever la question de la validité de la loi de 1903.Pour obvier à ces difficultés, le lieutenant-gouverneur en conseil décidait en 1925 de soumettre toute l\u2019affaire aux tribunaux, et d\u2019abord à la Cour du banc du roi à qui il posa les questions suivantes: L\u2019ECOLE CONFESSIONNELLE AU QUEBEC SITUATION JURIDIQUE 1.\tLe statut de Québec, 3 Ed.VII, ch.16, est-il ultra-vires ?2.\tEn vertu dudit statut de 1903: a) des personnes de religion judaïque peuvent-elles être nommées membres du Bureau des commissaires d\u2019écoles protestantes de Montréal ?b) le Bureau des commissaires d\u2019écoles protestantes de Montréal est-il tenu d\u2019engager des instituteurs juifs pour ses écoles, si elles sont fréquentées par des enfants de religion judaïque ?3.\tLa Législature a-t-elle le pouvoir de voter une loi prévoyant la nomination de personnes professant la religion judaïque: a) membres du Bureau des commissaires d\u2019écoles protestantes de la cité de Montréal ?b) membres du Comité protestant du Conseil de l\u2019instruction publique ?c) membres consultants de ces deux corps ?4.\tLa Législature provinciale a-t-elle le pouvoir d\u2019édicter une loi obligeant le Bureau des commissaires d\u2019écoles protestantes de la cité de Montréal à engager des instituteurs professant la religion judaïque dans les écoles, si elles sont fréquentées par des enfants professant cette religion ?5.\tLa Législature a-t-elle le pouvoir de voter une loi prévoyant la nomination de personnes professant la religion judaïque comme membres de la commission financière métropolitaine suggérée dans le projet soumis par MM.Hirsch et Cohen ?6.\tLa Législature a-t-elle le pouvoir d\u2019édicter une loi prévoyant l\u2019établissement d\u2019écoles séparées pour ceux qui ne sont ni catholiques ni protestants ?7.\tSi la loi de 1903 est inconstitutionnelle, les protestants ont-ils le droit, avec la loi telle qu\u2019elle existe au Québec, de permettre aux enfants professant la religion judaïque de fréquenter leurs écoles, a) par faveur?b) de droit?c) la province peut-elle contraindre les protestants à accepter les enfants professant la religion judaïque, dans de telles conditions ?La réponse des tribunaux Les questions furent soumises successivement à la Cour du banc du roi, à la Cour suprême du Canada et au Comité judiciaire du Conseil privé, qui rendirent leurs décisions, la première en 1925, la seconde en 1926 et la troisième en 1930.Voici les réponses données par les trois cours aux sept questions posées.1.La Cour du banc du roi répond par Vaffirmative; la Cour suprême, par la négative, avec les explications suivantes : Non, sauf en tant que le statut voudrait conférer le droit de fréquenter les écoles dissidentes à des personnes de foi religieuse différente de celle de la minorité dissidente.Le Conseil privé répond à son tour : Non, sauf en tant que le statut permettrait à des personnes professant la religion judaïque d\u2019être nommées aux RELATIONS bureaux des commissaires d\u2019écoles protestantes dans les cités de Québec ou de Montréal, ou à tout bureau d\u2019examinateurs protestants ou à prendre part, avec des protestants, à l\u2019établissement d\u2019une école dissidente en dehors de ces villes, et sauf en tant qu\u2019il conférerait un droit de fréquentation des écoles dissidentes, en dehors des villes de Québec et Montréal, à des personnes de foi religieuse différente de la minorité dissidente.2a.Oui, dit la Cour du banc du roi; non, dit la Cour suprême; oui, décide le Conseil privé.2b.Non, répondent les trois cours.3a.Triple réponse négative.3b.Triple réponse négative.La Cour suprême observe: Ce comité est la création d\u2019une législation postérieure à l\u2019union et, en conséquence, son personnel est assujetti au « contrôle » législatif provincial; mais, tel qu\u2019il est présentement constitué, seuls des protestants sont éligibles à y être nommés.3c.Non, répond la Cour du banc du roi; mais la Cour suprême et le Conseil privé observent : Cette question ne pourra recevoir de réponse que lorsque les pouvoirs et les devoirs de tels membres consultatifs auront été définis.4.\tTriple réponse négative, mais remarque de la Cour suprême : Cette question ne se limite pas, dans son application, au Bureau protestant des commissaires d\u2019écoles de la cité de Montréal, bien que, probablement, ce fut là ce qui était proposé.Toutefois, nous y répondons telle qu\u2019elle est posée, la traitant comme applicable aux deux bureaux, protestant et catholique romain, des commissaires de la cité de Montréal.5.\tTriple réponse négative.6.\tNon, répond la Cour du banc du roi; le juge Mathias Tellier, cependant, membre de cette Cour, répondait par l\u2019affirmative à la question : Peut-on concevoir une loi scolaire qui, tout en pourvoyant à l\u2019établissement d\u2019écoles séparées pour ceux qui ne sont ni catholiques ni protestants, ne préjudicie à aucun des droits ou privilèges garantis par ledit article 93 de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique?.Pour le juge Tellier, il ne fait aucun doute que ceux qui sont ni catholiques ni protestants ne possèdent aucun des droits et privilèges garantis par l\u2019article 93 de la Constitution.Pour lui, également, le point important n\u2019est pas dans l\u2019absence de cette garantie, mais bien dans le pouvoir de la Législature.Elle a, comme il le veut, et c\u2019est aussi notre avis, le pouvoir requis pour donner à ceux qui ne sont ni catholiques romains ni protestants, des écoles séparées, au cas où elle FÉVRIER 1962 jugerait qu\u2019il est expédient de le faire.Rien, dans la Constitution, déclare-t-il, qui puisse l\u2019en empêcher.Réponse de la Cour suprême : Oui.Telle législation n\u2019interviendrait pas nécessairement de manière à causer préjudice aux droits et privilèges dont jouissaient ou les catholiques romains ou les protestants au moment de l\u2019union.Pareille intervention, naturellement, ne pourrait être permise.Il existe des droits et des privilèges appartenant aux écoles dissidentes existantes qu\u2019il ne serait pas de la compétence de la Législature de conférer à des écoles séparées à être établies.Réponse du Conseil privé, d\u2019accord avec la Cour suprême : (Traduction) Alors que l\u2019article 93 de la loi de 1867 protège tous les droits ou privilèges en ce qui concerne les écoles confessionnelles, que toute classe de personnes peut avoir possédés en vertu de la loi au moment de l\u2019union, il n\u2019a pas pour fin de stéréotyper le système éducationnel de la province tel qu\u2019il existait alors.Au contraire, il autorise expressément la Législature provinciale à faire des lois relatives à l'éducation en les assujettissant seulement aux dispositions de l\u2019article; et il est difficile de voir comment la Legislature peut efficacement exercer le pouvoir qui lui a été confié de cette façon, à moins de posséder une large mesure de liberté pour faire face aux nouvelles circonstances et aux nouveaux besoins qui peuvent survenir.La loi protège les droits qui, au moment de l\u2019union, appartenaient à la population catholique romaine comme classe, aussi bien que ceux qui appartenaient à la population protestante comme classe; mais traiter les membres des deux confessions, qui en substance formaient toute la population de la province à l\u2019époque de l\u2019union, comme formant ensemble une classe de personnes ayant le droit de s\u2019objecter à l\u2019établissement de toute école non sous la juridiction chrétienne, serait donner au statut une signification que ses termes ne soutiendront pas.Pour le Conseil privé il serait possible de concevoir une législation pour l\u2019établissement d\u2019écoles séparées pour des non-chrétiens sans enfreindre le droit des deux communautés chrétiennes dans leurs écoles confessionnelles; et il est d\u2019accord avec la Cour suprême qu\u2019une législation confinée dans ces limites serait valide.7a.Triple réponse affirmative.7b.Non, répond la Cour du banc du roi.La Cour suprême, appuyée par le Conseil privé : En supposant que le renseignement recherché soit de savoir si les enfants juifs ont le droit de fréquenter les écoles protestantes, avec obligations corrélative de la part des bureaux de commissaires d\u2019écoles ou de syndics de recevoir les enfants de religion judaïque dans les écoles qui sont sous leur juridiction respective et d\u2019y pourvoir à leur éducation, la réponse est: dans la cité de Montréal: oui; dans les municipalités rurales: non.7c.Non, répond la Cour du banc du roi.Réponse de la Cour suprême, appuyée par le Conseil privé : Il est impossible de discerner quelles conditions l\u2019on a voulu viser.En les éliminant, la réponse est: dans la cité de Montréal: oui; dans les municipalités rurales: non.Applications actuelles « Eu égard aux propositions de 1961., la sixième question soumise par l\u2019autorité provinciale aux divers tribunaux qui se sont prononcés, de même que la réponse qu\u2019elle en a reçue, constituent précisément toute l\u2019orientation qu\u2019il faut imprimer à une discussion portant sur le fondement de notre Loi de l\u2019instruction publique.Le principe de base de notre loi scolaire, tant pour les catholiques romains que pour les protestants, s\u2019appuie sur la confessionnalité.Aux termes mêmes de l\u2019article 93 de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique, il ne peut être modifié de façon à causer préju- 44 45 dice aux droits et privilèges qui favorisaient les deux éléments confessionnels composant notre population au moment où s\u2019institua la Confédération canadienne.La Législature québécoise peut légiférer en matière d\u2019éducation.Ses pouvoirs sont exclusifs.Les dispositions qu\u2019elle peut voter.doivent cependant n\u2019apporter aucune violation des droits et privilèges détenus par les deux confessions, catholique romaine et protestantes, reconnues dans les textes.Cependant encore., pour les fins de leurs demandes, les groupes dissidents utiliseront facilement nos textes législatifs et y découvriront les moyens qui leur compétent, de satisfaire tous ceux qui ne trouvent pas dans nos écoles l\u2019idéal qu\u2019ils recherchent pour leurs propres enfants.Après un siècle convient-il de modifier la loi qui nous occupe au point de lui enlever le caractère confessionnel que jusqu\u2019ici, du moins pas avant le mois d\u2019avril 1961, aucun groupe de personnes, dans cette province, n\u2019avait attaqué ?Inscrit ainsi dans la loi scolaire, ce principe de confessionna-lité ne nuit même pas à ceux qui n\u2019appartiennent pas aux confessions catholique et protestante.Et la nécessité de priver notre législation scolaire de son caractère de confes-sionalité se manifeste d\u2019autant moins que le législateur lui-même trouva une solution adéquate à la situation que lui posaient les enfants de religion judaïque, tant à Montréal qu\u2019à Outremont, une fois obtenue la décision du Conseil privé que nous avons étudiée.Et c\u2019est ainsi qu\u2019une législation québécoise, qui n\u2019avait aucunement à modifier le principe fondamental de la confes-sionnalité, est parvenue, quand il s\u2019est agi de pourvoir à l\u2019éducation des enfants de religion judaïque, à satisfaire tous les intéressés et à redistribuer l\u2019apport de chacun aux fonds publics destinés à l\u2019éducation.Est-il bien à propos aujourd\u2019hui de chercher une modification au principe que contient la Loi générale de l\u2019instruction publique, en orientant cette dernière, dans son économie, vers une conception entièrement différente de celle qui la caractérise?Comment alors invoquer et fonder un appel à la charité qui justifierait l\u2019introduction dans la loi scolaire de la notion de non-confessionnalité, de neutralité ou de laïcité (celle-ci dans le sens qui met de côté l\u2019apport confessionnel qu\u2019a voulu la loi), puisque, nous semble-t-il, l\u2019une ne va pas sans les autres et que toutes trois tendent à une même fin?La procédure suggérée ne paraît pas nécessaire.Elle admettrait trop facilement chez nous des méthodes et un esprit qu\u2019on nous démontre n\u2019avoir pas réussi ailleurs.En vain, ce nous semble, invoque-t-on, au soutien de la demande formulée, la tolérance et la générosité.L\u2019une et l\u2019autre ne nous paraissent pas synonymes d\u2019acceptation, sans analyse, de ce qui tend à remplacer un état de choses qui a toujours satisfait.Il n\u2019en fut pas question, lorsque l\u2019école juive a obtenu sa propre commission.Le texte de notre Loi de l\u2019instruction publique n\u2019établit pas le caractère des deux groupes qui composent la masse de notre population suivant l\u2019origine ethnique.La langue n\u2019a rien à voir au principe de fond qui qualifie notre droit scolaire.Appuyé de l\u2019autorité judiciaire et d\u2019une loi remontant à 1931, nous croyons avoir indiqué une solution juridique à la situation scolaire de ceux qui ne seraient ni catholiques, ni protestants.Cette solution peut être utilisée par tous ceux qui désirent s\u2019installer chez nous à demeure, de même que par tous ceux qui ne veulent plus compter parmi les membres des deux confessions religieuses dont fait mention la loi.Rien, absolument rien, dans notre législation d\u2019instruction publique, ne défend de faire valoir une culture qui s\u2019abstiendrait d\u2019être religieuse.Qu\u2019elles soient communes ou dissidentes, les écoles qui recherchent cette culture peuvent s\u2019établir quelque part sur le territoire québécois, sans qu\u2019il soit besoin de modifier le caractère de notre législation scolaire.46 AU SERVICE DU FRANÇAIS Trop est trop LES DIRECTEURS de nos journaux et de nos postes radio-phoniques attendent-ils la fin du monde pour obtenir de leurs subalternes une connaissance honnête de notre langue ?La Société Radio-Canada offre des émissions qui visent à corriger les fautes grossières du parler québécois ; elle patronne un Comité de Linguistique qui publie un bulletin et distribue des fiches à ses employés.Dans certains journaux, des spécialistes abordent régulièrement des problèmes de vocabulaire et de syntaxe.Malgré cela, nombre d\u2019incorrections relevées et condamnées, avec explications éclairantes, se répandent sur les ondes et s\u2019impriment quotidiennement.Mystère.laïque, sans doute.Bonimenteurs et journalistes (hommes et femmes) daubent pourtant, à cœur de semaine, le pauvre français qu\u2019on enseigne dans les écoles et couvents du Québec.Allons, messieurs et mesdames, un peu de décence, si vous en êtes capables! Épluchez les manuels, religieux ou autres, jusqu\u2019à l\u2019université inclusivement.Mais revisez d\u2019abord le français de vos textes et parlotes; autrement, on vous prendra pour de sinistres farceurs.Des rédacteurs (en chef ou non), qui se piquent, non sans raison, d\u2019une certaine culture, s\u2019entêtent à user de tournures aussi indéfendables que « le tout début » et « la toute fin » (voir Relations, janv.1960, p.13).Un chroniqueur spécialisé ( ?) dans les questions d\u2019enseignement a même écrit \u2014 mirobolante syntaxe \u2014 « les tous débuts » ! Pourquoi pas « le tout milieu » et « les tous commencements », ou « les tout deux tiers » et « les tous quatre cinquièmes » ?Naturellement, les annonceurs de nos ondes, que presse l\u2019obligation d\u2019improviser, répètent à l\u2019envi les mêmes âneries.Sans l\u2019excuse de l\u2019improvisation orale, les pages consacrées au sport dans nos quotidiens exhibent le pire jargon.Apprendra-t-on à l\u2019intéressé de CBFT qu\u2019au baseball il n\u2019y a pas de « prises appelées » (called), mais jugées ou déclarées telles par l\u2019arbitre ?D\u2019un lanceur inhabile à placer la balle au-dessus du marbre et à la hauteur convenable, on ne dit pas qu\u2019il a « définitivement » (definitely) de la difficulté avec son « contrôle » (control), mais qu\u2019il a évidemment du mal à diriger ses lancers.Impunément, le même narrateur, à longueur de saison (il dirait, dans son galimatias: « à la saison longue »), nous entretient des « arguments » qui s\u2019élèvent entre les « officiels », quand il s\u2019agit de discussions surgies entre juges et arbitres.Il nous écorche les oreilles avec des « records » à propos non pas d'exploits inégalés (seul sens de ce mot en français), mais de simples comptes sportifs, bilans, fiches, dossiers ou états de service d\u2019un joueur.Du personnage qui s\u2019abstient de développer une opinion exprimée avec réticence, il affirmera qu\u2019il refuse d\u2019« élaborer » (to elaborate) ; or, ce verbe, en français, exige un complément.Il manque rarement une occasion (il dirait « opportunité », à l\u2019anglaise) d\u2019accoler de travers l\u2019expression « tel que » aux participes « prévu » ou « convenu » (voir Relations, mars 1960, p.70).Ajoutez à ces « performances » un ânonnement continuel: des euh.et encore des euh.entre chaque mot ou presque.Pour comble, dans son récit ou ses commentaires, à peine lui arrive-t-il de terminer une sur cinq des phrases qu\u2019il commence (il dirait: « débute »); il les laisse en plan, aiguille sur une autre piste, et ainsi trois ou quatre fois, avant de boucler la filandre de ce qu\u2019on n\u2019ose nommer sa pensée.Trop est trop.Comment croire, selon l\u2019ironie d\u2019Empé-docle, à « la mission culturelle de la radiotélévision » ?J.d\u2019Anjou.RELATIONS LE THEATRE Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.UN P\u2019TIT COUP DE ROUGE AU THÉÂTRE, la Revue est un genre mineur, mais /A difficile.Il suppose une imagination drolatique qui **\" empêche la satire des mœurs de tourner à l\u2019aigre, de devenir trop amère et donc de gâter le rire.Il faut aussi une certaine fécondité créatrice qui, d\u2019un rien, produit cette petite chose légère et agréable qui réjouit.De plus, dans la composition des sketchs, l\u2019auteur doit manifester deux qualités presque contradictoires: densité et développement.Il convient, en effet, d\u2019élaborer convenablement la blague comique sans non plus l\u2019étirer indéfiniment jusqu\u2019à satiété.Le tout, bien entendu, assaisonné d'esprit \u2014 autant que possible! Est-ce à cause de la difficulté de la recette, en tout cas, les bons revuistes sont rares.Gratien Gélinas s\u2019y est fait un nom, jadis, même en dépit, souvent, d\u2019abus de piment et de raifort.Et voici que le Rideau Vert est en train de reprendre la tradition avec l\u2019aide de Louis Martin-Tard et Albert Brie.Comme l\u2019an dernier, au temps des fêtes de Noël, on nous a convié à prendre Un p\u2019tit coup d\u2019rouge au Rideau Vert.L\u2019allusion de l\u2019entrée des Libéraux au Parlement de Québec est assez claire.Mais ce n\u2019est pas le seul événement important souligné.En passant par le métro pour déboucher sur le séparatisme, les auteurs nous ont trimbalés en tous sens à travers l\u2019actualité.Avec un bonheur varié, au reste.Parfois ils s\u2019essouflaient vite.La vivacité du compère, Jean Duceppe, et la grâce de la commère, Thérèse Laporte, ne réussissaient pas toujours à susciter élan et fantaisie à la troupe ni de l\u2019intérêt au texte.Ce n\u2019est pas si simple, au vrai, de faire rire à point nommé et moins encore de façon répétée.Leur succession même émousse les meilleurs blagues.Il s\u2019établit entre elles une comparaison qui les classe, et on ne peut pas toujours battre son record.C\u2019est donc tout un art de bien graduer les effets comiques d\u2019un sketch jusqu\u2019au clou final, de même d\u2019un sketch à l\u2019autre et ainsi conserver un intérêt croissant.Les auteurs d\u2019Un p'tit coup d\u2019rouge n\u2019ont pas réussi parfaitement ce tour de force.Mais il ne convient pas de trop leur en vouloir à cause des nombreux bons moments qu\u2019ils nous ont accordés, spécialement dans « L\u2019Opéra de Quat\u2019-Cennes » où Thérèse Laporte et le pince-sans rire Jean Mathieu nous ont fort égayés et charmés et « Montréal 91 », scène très enlevée et du meilleur comique sur le Séparatisme.Par contre, dans d\u2019autres sketches, on n\u2019a pas su assez bien monnayer soit l\u2019élément satirique du thème soit la verve caustique d\u2019un interprète: on nous laissait sur notre appétit.Il semble que la spécialité des revuistes d\u2019Un p\u2019tit coup d\u2019rouge soit plus les hors-d\u2019œuvres aguichants des déjeuners de Chez Miville que les solides tourtières ou les plantureux ragoûts de pattes de nos réveillons de Noël! La réussite d\u2019une Revue dépend des efforts conjugués et de l\u2019enthousiasme d\u2019une équipe considérable de participants aux multiples talents, tous coordonnées harmonieusement et efficacement dans une mise en scène précise et alerte.Cette dernière tâche, Yvette Brind\u2019Amour se l\u2019est octroyée, avec succès.Cela marchait rondement.Les couplets légers et humoristiques de Jean Rafa sur une musique de Roger LeSour, trouvèrent une excellente et sympathique interprète en Thérèse Laporte, soutenue par Jean Mathieu et Martine Simon, surtout.Jean Duceppe, de son côté, semait partout l\u2019entrain avec l\u2019aide, encore, de Jean Mathieu \u2014 parfait imitateur de Jean Lesage \u2014, Raymond Royer et d\u2019un gros bonhomme bien réjouissant, Pierre Giboyau.J\u2019aurais garde d\u2019oublier la précieuse collaboration, en ce genre de spectacles, des préposés aux costumes, aux accessoires, aux éclairages, humbles mais nécessaires artisans du succès d\u2019une œuvre, que l\u2019on n\u2019applaudit jamais et que souvent les comédiens enguirlandent royalement à la moindre anicroche.Qu\u2019on leur donne un p\u2019tit coup d\u2019rouge: ils le méritent ! L\u2019ŒUF Les cinq directeurs du jeune Centre-Théâtre continuent de nous offrir, dans la salle toujours mal éclairée du Théâtre-Club, des œuvres originales et nouvelles.Ils y mettent un soin et une attention louables.Chez eux, on peut s\u2019attendre à du bon travail.Pour inaugurer la nouvelle année, ils présentent l\u2019Œuf de Félicien Marceau.A vrai dire, cet œuf « clos, opaque et rond » symbolise la vie, elle aussi fermée et pleine de mensonges que l\u2019on découvre en brisant son écale trompeuse.Magis, le héros imaginé par l\u2019auteur, se charge d\u2019en faire, une fois de plus, l\u2019amère constatation.Il a voulu voir ce qu\u2019il y avait derrière ces façades tronquées qui cachent les mesquineries des hommes, ces fausses et vides affirmations qui encombrent les conversations et que personne ne prend plus la peine de vérifier; il a voulu pénétrer dans ce monde clos de l\u2019œuf pour n\u2019y trouver qu\u2019un germe de mort.En fait, l\u2019investigateur Émile Magis s\u2019est rapidement initié au mensonge, à l\u2019hypocrisie, au cynisme des mœurs courantes; à croire qu\u2019il n\u2019était pas tellement différent des pauvres hommes qu\u2019il fustige, condamne, tue.Et cela, à mes yeux, diminue l\u2019effet de conviction que son enquête pourrait produire et me rend le personnage assez détestable et odieux.La bonhomie du ton, la fantaisie du déroulement de l\u2019action ne détruisent pas totalement cette impression fâcheuse.La comédie tourne à la satire rosse.Cette œuvre déroutante se présente comme un long monologue, récité et mimé par l\u2019unique personnage de la pièce, Magis, qui, par la fiction de l\u2019art, reconstitue devant nous certaines scènes typiques de sa vie.Donc, un seul rôle central qui porte toute la pièce sur ses épaules.Rôle écrasant qui exige grande souplesse, variété, progression de mouvement, intensité d\u2019interprétation.Toutes choses que François Guillier possède déjà à un rare degré, ce qui lui permet presque d\u2019éviter la monotonie, imposée par la mise en scène, du continuel va-et-vient alternatif du personnage, de la scène au proscenium et du proscenium, à la scène, pour tantôt expliquer, tantôt jouer un épisode.Sur le plan dramatique, voilà la faiblesse de cette pièce.Ce qui, d\u2019abord, est agréable liberté devient bientôt factice et artificiel, du « système », selon le mot même de Magis.Une douzaine de comédiens se sont partagés les nombreux mais courts rôles de l\u2019Œuf pour donner la réplique à Guillier.Rôles bien peu consistants, pour la plupart, et mal propices au déploiement des qualités d\u2019un acteur: vagues silhouettes plutôt que portraits précis.Je détache, toutefois, de cette abondante galerie quelques dessins plus élaborés: le Gustave d\u2019Hubert Loiselle, la Rose d\u2019Amulette Garneau, le Dugom-mier de Jacques Zouvi, la pauvre Hortense Berthoullet de Nicole Goyette, le facétieux avocat général d\u2019Albert Miliaire.FEVRIER 1962 47 Hôpitaux et malades La maladie et ses répercussions humaines, les hôpitaux et leurs services, surtout psychiatriques, posent à la conscience des problèmes auxquels ne paraissent guère sensibles les gens plus friands d\u2019esclandres qu\u2019intéressés au progrès spirituel des personnes et à la paix sociale.On aurait pu, dans la province, éviter des remous inutiles en lisant un ouvrage déjà commenté ici (nov.1959, p.303): Humaniser /\u2019hôpital psychiatrique, et en consultant la « revue trimestrielle du monde des malades » qui porte le nom de Présences (Prieuré Saint-Jean, 33, rue Alphonse-Daudet, Champrosay, Seine-et-Oise).Deux numéros de ce remarquable périodique éclairent la réflexion nécessaire à un chrétien avant toute appréciation et, plus encore, toute censure de situations complexes, en constante évolution: le n° 51 (2e trimestre 1955), qui traite de la santé, de la maladie et de la vie spirituelle, et le n° 54 (1er trimestre 1956), qui demande ce qu\u2019on a fait du malade mental.Mon propos n\u2019est pas de résumer le contenu de ces deux cahiers de 160 et de 200 pages, mais d\u2019attirer l\u2019attention sur leur manière intelligente et charitable de soumettre au public et de discuter des questions graves dont le règlement exige coopération et bienveillance généralisées.Sous prétexte que les hôpitaux psychiatriques tardent plus que les autres à progresser et deviennent la cible d\u2019âpres critiques, on aurait tort de ne pas aborder le cahier qui a pour sujet les rapports de la santé et de la maladie avec la vie spirituelle.C\u2019est même le commencement obligé, qu\u2019il s\u2019agisse de maladie physique ou de maladie mentale.Car il n\u2019y a qu\u2019un but à poursuivre: libérer l\u2019esprit de l\u2019homme en marche vers sa perfection, vers la connaissance et l\u2019amour de Dieu.A cette libération la santé physique et surtout mentale concourt plus efficacement que la maladie, bien que celle-ci puisse profiter aux agités, aux irréfléchis, aux sensuels, en les invitant au recueillement.Comme le suggère Gabriel Marcel, la maladie affronte l\u2019homme au mystère de sa finitude et de sa radicale insuffisance.On voudrait amener la société comme telle à méditer ces hautes vérités.Hélas! il apparaît terriblement malaisé à chacun de n\u2019abuser ni de la santé par excès de travail ou de plaisir, ni de la maladie par révolte ou refus de la croix rédemptrice.C\u2019est la maladie psychique (dans ses causes et son traitement) qui accuse le plus évidemment la responsabilité collective.Parmi les « civilisés », tant d\u2019erreurs circulent concernant l\u2019hérédité; on tolère, on patronne, on légalise tant de malfaisances qui détraquent la fragile machine humaine: bruit, surmenage, taudis, abus alcooliques, débauche, ignorance ou obsession sexuelles, immoralisme et irréligion; tant de connaissances nouvelles et lentes à mûrir sont requises pour dépister, diagnostiquer et guérir les affections psychiques; tant de dévouements et d\u2019entraide \u2014 parfois sur des plans diamétralement opposés et dans des conditions paralysantes \u2014 doivent être coordonnés pour restaurer un équilibre rompu! On comprend mal que des esprits sains (ou jugés tels) consentent à ameuter une population en lui cornant des revendications passionnées et \u2014 compte tenu de tous les facteurs \u2014 partiales et injustes.Des témoignages sévères de patients, de médecins, de prêtres, l\u2019ouvrage et la revue recommandés en offrent: avec documents et chiffres à l\u2019appui.Mais de quel respect chacun se sent ici prévenu! Le malade, d\u2019abord, malgré les déficiences des secours qu\u2019on lui procure; ceux ensuite qui se dévouent à sa désaliénation.Il faudrait citer des pages, des chapitres entiers.Voici du moins quelques thèmes propres à éveiller le sens des responsabilités de quiconque prétend avoir des clartés en ce domaine.Les journaux aggravent les préjugés de la foule, sans lui apprendre ce qu\u2019exigent la santé humaine et les diverses thérapies; le Québec n\u2019est pas seul à souffrir de retards dans l\u2019organisation psychiatrique; au lieu de dénigrer les efforts accomplis, mieux vaut combattre les éléments d\u2019aliénation du milieu social: conformisme de la bêtise et du vice, que trop d\u2019organes de diffusion dressent, au nom de la liberté, contre la fidélité à la nature et à Dieu; on oublie enfin que l\u2019accord et même l\u2019instruction manquent parmi les médecins (les uns le reconnaissent, d\u2019autres non) en ce qui regarde les troubles psychosomatiques.Cette dernière observation devrait inciter les profanes (journalistes et autres chroniqueurs de l\u2019actualité) à plus de réserve dans l\u2019exposé de questions techniques et délicates qui dépassent leur compétence.Ce n\u2019est pas en affolant la masse (dont le niveau mental \u2014 on le rappelle dans Présences \u2014 équivaut à celui d\u2019enfants de douze ans) qu\u2019on supprimera les causes, qu\u2019on diminuera le nombre et le coût des désordres de l\u2019esprit.J.d\u2019Anjou.Des laïcs adultes dans l'Église Le problème d\u2019un laïcat adulte dans l\u2019Église présentement se pose à l\u2019état aigu au Canada français, tout spécialement chez nos intellectuels.Il n\u2019est pas exagéré d\u2019estimer que, de la réponse qui lui sera donnée, dépend en bonne partie la vitalité future de notre Église québécoise.Aussi faut-il accueillir avec sympathie les récentes considérations de M.Claude Ryan sur le sujet (ci.« Pour une insertion active des laïcs adultes dans l\u2019Église », Laïcat et Mission, décembre 1961).Il y a quelque temps, rapporte-t-il, un groupe d\u2019une centaine de laïcs, « choisis parmi les plus influents et les plus cultivés de Montréal », assistaient à une rencontre consultative en rapport avec le futur Concile œcuménique.La Commission chargée d\u2019étudier le rôle du laïc dans l\u2019Église demanda que fût précisée davantage, tant au plan doctrinal qu\u2019au plan juridique, la position du laïc dans l\u2019Église; elle parut oublier complètement le rôle passé, présent ou possible de l\u2019Action catholique dans la réalisation d\u2019un tel objectif.« En un mot, les laïcs, surtout dans les milieux intellectuels qui étaient plus largement représentés, trouvent qu\u2019ils sont considérés et traités comme des sortes de nuisances dans l\u2019Église, et ils ne sont guère portés à se tourner vers l\u2019Action catholique comme moyen de sortir de cette situation.» Partant de cette double constatation, M.Ryan en arrive à formuler deux exigences d\u2019un apostolat adulte: une plus grande place pour le laïcat dans la vie même de l\u2019Église, et l\u2019engagement apostolique comme le moyen le plus efficace d\u2019assurer la promotion du laïcat dans l\u2019Église.Ils sont nombreux, nous dit-il, les laïcs de bonne volonté qui accueilleraient avec joie une invitation à participer plus activement à la vie de l\u2019Église.Mais bon nombre d\u2019entre eux se défient de l\u2019apostolat organisé, bien qu\u2019ils soient sensibles à d\u2019authentiques efforts de renouvellement au sein de l\u2019Église.Aussi, « si nous voulons intéresser à notre action les adultes éveillés et conscients de notre temps, nous devons en retour nous intéresser aux préoccupations de ces adultes.Nous devons épouser courageusement ces préoccupations dans ce qu\u2019elles ont de noble et de conforme à l\u2019esprit évangélique.» 48 RELATIONS Cela suppose que nous redonnions à la^voix du laïcat des canaux organiques d\u2019expression dans l\u2019Église.Cette première exigence rappelée, M.Ryan passe aussitôt à la seconde, et ici particulièrement il fait preuve de courage, d\u2019originalité et de profond sens chrétien.« Le chemin le plus sûr d\u2019une efficace promotion du laïcat dans l\u2019Église, affirme-t-il, c\u2019est l\u2019engagement apostolique.» Certains, avant de s\u2019engager dans l\u2019apostolat, prétendent poser des conditions préalables.C\u2019est qu\u2019ils comprennent mal l\u2019intention profonde de l\u2019Église qui les invite à s\u2019associer à son apostolat.Des défauts, des lacunes, des conceptions à courte vue, ils en rencontreront même en ce domaine, mais l\u2019expérience apostolique authentique finit toujours par les dominer et les dépasser, car elle est « le moyen par excellence pour un chrétien de découvrir et de réaliser toutes les implications de son insertion dans le mystère de l\u2019Église ».Mais, pour être comprise, cette invitation de l\u2019Eglise doit être saisie comme un don et une grâce qu\u2019elle nous fait, plutôt que comme une sorte de condescendance ou de choix émanant de notre principale initiative.En un mot, on peut dire que, dans l\u2019Eglise, le don est la mesure même de la liberté.Plus sont grands l\u2019amour et la confiance que l\u2019Eglise nous manifeste, plus sont grandes la liberté et les possibilités d\u2019initiative qu\u2019elle nous ouvre.Mais ce don de l\u2019Eglise doit s\u2019accompagner, pour être vivant, d\u2019une mesure correspondante de don gratuit de notre part.Dans une économie d\u2019amour, la revendication et la protestation ne sauraient servir de normes d\u2019action; le don prime tout, et le reste est donné par surcroît.Une expérience courante confirme ce point de vue: lorsqu\u2019il s\u2019agit de prendre position sur un problème religieux ou sur une question difficile, l\u2019attention se porte, non pas sur des personnes qui ont pris soin de demeurer à la périphérie pour éviter de se compromettre, mais sur celles qui ont déjà acquis une expérience apostolique valable.Très souvent des fidèles peu cultivés possèdent sur l\u2019Église et la religion en général des vues beaucoup plus justes et plus solides que d\u2019autres qui ont beaucoup étudié et discuté, mais qui n\u2019ont pas suffisamment vécu la réalité de l\u2019Église.L\u2019Esprit les éclaire.« Ces personnes qui ont appris à connaître l\u2019Église par le moyen de l\u2019engagement apostolique s\u2019avèrent en général celles qui la comprennent le mieux, qui perçoivent avec le plus de clarté ses faiblesses réelles, qui sont les plus aptes à la faire évoluer.» En conclusion, nous dit M.Ryan, ces deux exigences sont complémentaires et indissolublement liées: « Il ne faut pas cesser, quels que soient les difficultés et les obstacles, d\u2019inciter à l\u2019apostolat les laïcs adultes de notre temps.Mais il ne faut pas non plus oublier de travailler et de lutter pour que la communauté chrétienne soit de plus en plus capable, concrètement, de les porter et de les intégrer, sans pour cela qu\u2019ils se sentent diminués ou réduits à l\u2019état mineur.» A l\u2019heure où un bon nombre de nos jeunes intellectuels traversent une grave crise religieuse, il est bon que de telles paroles soient prononcées, et il serait encore meilleur que, de part et d\u2019autre, on leur donne un commencement d\u2019exécution.R.Arès.La fête des Malades Le 12 février 1961 fut une date historique dans la pensée et le cœur de plus d\u2019un malade.En effet, en ce jour, on visita des centaines de patients dans les hôpitaux et les sanas.Jour de joie et de fraternité qui a regaillardi plus d\u2019une âme en peine.Le plus original dans cette histoire, c\u2019est que la journée des Malades se présente comme un cadeau d\u2019anciens malades actuellement guéris.L\u2019Association de la Croix-de-Lorraine, qui groupe des tuberculeux réhabilités, anime ce mouvement.Nous devons au Père Masson, O.P.(décédé), lui-même ex-pensionnaire des sanas, l\u2019idée de cette louable initiative.FÉVRIER 1962 Encore aujourd\u2019hui, l\u2019animateur, le P.Veilleux, O.P., a connu lui aussi le séjour répété au sana.Les autorités religieuses et civiles ont applaudi au geste de l\u2019A.C.L., plusieurs organisations importantes et œuvres d\u2019apostolat lui ont prêté leur appui.Une rose à une patiente, un paquet de cigarettes à un homme, que voilà peu de chose! Mais, lorsque le don part d\u2019un cœur fraternel, quel réconfort! Cette année, pour une dixième année consécutive, la fête des malades aura lieu le 11 février.J.P.Labelle.Une femme à l\u2019Assemblée législative Tout vient à point à qui sait attendre.Alors, la gauche et la droite arrivent ensemble au même but.Pour l\u2019une et l\u2019autre, cela vaut mieux que de se tirailler ou de se couper en morceaux que menace la décomposition ou la sclérose.Ni à gauche, ni à droite, aujourd\u2019hui, personne ne trouve à redire parce qu\u2019une femme accède à la fonction de législateur.Bientôt, souhaitons-le, tout le monde applaudira.Et, sur la colline parlementaire de Québec, d\u2019autres femmes seconderont l\u2019influence qu\u2019exercera sans doute la première à y monter, Mme Claire Casgrain.Il suffira qu\u2019en représentant le peuple, les élues ne cessent pas de se conduire en femmes et en chrétiennes.Conformément aux directives nettes et fermes \u2014 ni de gauche ni de droite \u2014 que donna naguère Pie XII, de glorieuse mémoire, et qu\u2019a reprises, l\u2019an dernier, son digne successeur, Jean XXIII.En termes presque identiques, ils ont clarifié les deux points qui, jusqu\u2019à nos jours, paraissaient le plus sujets à controverse: d\u2019une part, l\u2019égalité absolue de l\u2019homme et de la femme quant à leur dignité personnelle; d\u2019autre part, la diversité naturelle de leur fonction dans la société.Loin d\u2019exclure la femme d\u2019aucune charge ou responsabilité, cette doctrine lui commande d\u2019agir publiquement.« Dans leur dignité personnelle d\u2019enfants de Dieu, l\u2019homme et la femme sont absolument égaux, comme aussi en ce qui concerne la fin dernière de la vie humaine », affirme Pie XII (21 oct.1945).Et, commentant saint Paul (Gai., m, 28), il ajoute plus tard: « Comment donc, à propos de la femme, peut-on parler de personnalité incomplète,.d\u2019infériorité morale.?» En vertu de la « destinée temporelle commune » à l\u2019homme et à la femme, « nulle activité humaine ne reste en soi interdite à la femme, dont les horizons s\u2019ouvrent.sur les régions de la science, de la politique, du travail, des arts, du sport » (14 oct.1956).C\u2019est pourquoi « toute femme, sans exception, écoutez-le bien, a.le devoir strict de conscience de ne pas demeurer absente, mais d\u2019entrer en action » sur la scène politique, dans les formes et de la manière qui conviennent à la condition de chacune, précise le sage pontife (21 oct.1945).Avec la même largeur de vues et la même sagesse, Jean XXIII développe les mêmes thèmes, surtout dans son discours du 6 septembre 1961 (voir Relations, nov.1961, p.320).Égalité des droits personnels de l\u2019homme et de la femme; diversité de leur fonction.Obligation générale d\u2019aider la femme autant que l\u2019homme à développer ses aptitudes et à exercer la profession de son choix; respect aussi de la vocation paternelle (plus rationnelle, organisatrice) et de la vocation maternelle (plus affective, protectrice).Il y a beaucoup à faire encore, déclare Jean XXIII, pour que « la femme.puisse réaliser la plénitude de sa personnalité et offrir cette contribution que la société et l\u2019Église attendent d\u2019elle ».Cherchons donc les solutions désirées.A cette recherche, les deux derniers papes jugent que des femmes doivent se consacrer.Car « la femme n\u2019est pas moins nécessaire que l\u2019homme pour le progrès de la société, spécialement dans tous les domaines qui exigent tact, délicatesse et intuition maternelle » (Jean XXIII, 6 sept.1961).49 On ne s\u2019étonnera point que nous réclamions une autre fois (Relations, juill.1957, p.184), surtout pour les institutrices, l\u2019application immédiate du principe souvent énoncé par Pie XII: à travail égal salaire égal.Mme Casgrain méritera bien de ses compatriotes si elle s\u2019inspire des enseignements pontificaux et obtient du gouvernement qu\u2019il les traduise en actes sans délai.J.d\u2019Anjou.« Maintenant» Après presque un demi-siècle d\u2019existence (1915-1961), la Revue Dominicaine se transforme et devient Maintenant.La mutation, si l\u2019on peut dire, est substantielle; elle affecte, non seulement le nom, mais le format, la présentation extérieure, la disposition interne, le choix des articles et jusqu\u2019à l\u2019équipe de rédaction.Il s\u2019agit vraiment d\u2019une revue nouvelle.Le premier numéro a fort belle allure, tant en sa présentation que dans ses articles et commentaires.Il y a là un magnifique effort de renouvellement dont le résultat ne saurait manquer de plaire aux lecteurs du Canada français, d\u2019autant plus que la nouvelle revue veut être à la fois « engagée » et largement ouverte au dialogue.Le P.Bradet, directeur de Maintenant, a toute notre sympathie et même notre admiration pour avoir abordé, du premier coup et avec autant de maîtrise, ce qu\u2019il appelle lui-même « les bourbiers de l\u2019actualité ».Sur ce terrain dangereux, Maintenant retrouvera Relations, et il nous plaît de penser que les deux revues travailleront ensemble, pour une même cause, dans l\u2019esprit même que définit le P.Bradet: « Pas des gens qui s\u2019observent pour se prendre en défaut, mais qui regardent vers un même Seigneur vivant dans une même Église.» « Tout promet donc une revue intéressante et qui saura faire œuvre utile.C\u2019est avec plaisir que nous lui souhaitons longue vie et plein succès.» Ces mots par lesquels la Revue Dominicaine accueillait Relations, lors de sa parution en 1941, il nous est donné aujourd\u2019hui de les retourner à leur lieu d\u2019origine: nous les adressons fraternellement à toute l\u2019équipe de Maintenant.R.Arès.Cartes de circonstance La lucidité chrétienne et française porte un nombre croissant de Québécois à reconnaître l\u2019incongruité de leur geste lorsque, pour offrir des souhaits ou marquer un événement sensible à leurs amis, à leurs parents, surtout prêtres ou religieux, ils ont acheté des cartes dont l\u2019illustration n\u2019a rien de chrétien (paysages de neige, clowns en goguette ou autres fariboles) et la rédaction, rien de français.A ce sujet, plusieurs de nos lecteurs nous ont signifié leur résolution de suivre le conseil donné dans cette revue (déc.1961, p.330) à l\u2019approche de Noël et du Jour de l\u2019An.Or, il n\u2019y a pas seulement les fêtes d\u2019hiver qui justifient l\u2019envoi de cartes ou de faire-part.Il y a le baptême ou la première communion d\u2019un enfant, l\u2019entrée dans une carrière, un départ, un anniversaire (naissance, mariage, profession religieuse), la mort d\u2019une personne chère, d\u2019autres solennités liturgiques aussi: Pâques, la Pentecôte.A l\u2019une ou l\u2019autre de ces occasions, chacun de nous, s\u2019il juge convenable de se procurer des cartes artistiquement ornées, voudra les choisir non seulement belles, mais d\u2019inspiration chrétienne et rédigées correctement.Pourquoi n\u2019y aurait-il pas émulation, chez nos artistes, à qui trouverait le symbole le mieux approprié à la circonstance, le dessin le mieux réussi, la légende ou le texte dont la teneur traduit le plus parfaitement vœux, regrets, pensées du moment ?Déjà, les cartes d\u2019art Christiana (Montréal) méritent la clientèle des catholiques doués de bon goût.Les thèmes en sont variés; les dessins, délicats; les textes, intelligemment triés (Bible, Claudel, Péguy,.Tagore même).Dans nos institutions, les professeurs d\u2019art (peinture, dessin) ne pourraient-ils orienter dans cette voie leurs meilleures élèves?Notre patrie y trouverait un profit multiple: approfondissement personnel de la foi chez les artistes actuels et futurs, affinement du sens chrétien parmi le peuple, expansion d\u2019une forme d\u2019artisanat que nous aurions grand tort de laisser à l\u2019initiative et au quasi-monopole des étrangers.J.d\u2019Anjou.Le mémoire annuel de l\u2019U.C.C.Dans son encyclique Mater et Magistra, sa Sainteté le pape Jean XXIII consacre plus de un huitième de son document à un plaidoyer en faveur du relèvement du secteur agricole qu\u2019il qualifie de secteur sous-développé.Après avoir signalé aux gouvernants les mesures nécessaires pour opérer ce juste relèvement, il affirme que « les promoteurs du développement économique, du progrès social, du relèvement culturel dans les milieux ruraux doivent être les intéressés eux-mêmes : les agriculteurs » ; et il consacre près de la moitié de son plaidoyer à montrer comment les cultivateurs peuvent améliorer leurs conditions par leurs propres moyens, par l\u2019association professionnelle d\u2019abord, puis par la création de coopératives de toutes sortes.Quant aux mesures qui dépassent leur seule capacité et relèvent de l\u2019autorité de l\u2019État, c\u2019est seulement par le recours collectif de l\u2019association qu\u2019ils ont la chance d\u2019être entendus.C\u2019est le rôle que l\u2019Union catholique des Cultivateurs a assumé de jouer depuis sa fondation en 1924.Chaque année, les membres des cercles étudient leurs problèmes locaux et les moyens d\u2019y remédier; ces études sont reprises aux congrès annuels diocésains et font l\u2019objet de résolutions qui sont soumises au congrès général annuel de l\u2019Union.Le mémoire que celle-ci dépose chaque année devant le Conseil des Ministres de notre gouvernement, est donc le résultat des études et des résolutions présentées par les cercles; résolutions revisées avec soin aux congrès diocésains, puis étudiées de nouveau et adoptées par le congrès général.Le mémoire soumis cette année signale d\u2019abord l\u2019insuffisance du budget de l\u2019agriculture.Celui-ci représente environ trois pour cent du budget total de la province.L\u2019importance du secteur agricole d\u2019un pays ne se mesure pas par la seule valeur globale des récoltes.Le secteur agricole intéresse et alimente plusieurs autres secteurs de l\u2019économie nationale: transports par terre (chemins de fer et camions), par air et par eau; nombreuses compagnies de transformation; commerce de gros et de détail des denrées agricoles, etc.L\u2019argent dépensé pour le développement du secteur rural contribuerait donc à une amélioration sensible de l\u2019économie générale.Il faut d\u2019ailleurs se souvenir que la production agricole est l\u2019industrie essentielle de toutes les nations et qu\u2019avec l\u2019augmentation actuelle de la population mondiale, si on laisse le secteur agricole dans son état actuel de sous-développement, le genre humain s\u2019acheminera à grands pas à la famine universelle.Il ne faut donc pas s\u2019étonner que l\u2019Association professionnelle agricole du Québec réclame de notre gouvernement de nombreuses mesures d\u2019amélioration que les agriculteurs sont incapables de réaliser par leurs propres moyens: politique générale de conservation et d\u2019utilisation optima de nos ressources renouvelables; revision de la loi des marchés de façon à la rendre applicable aux conditions mouvantes de l\u2019activité économique et sociale; politique laitière destinée à empêcher la falsification des produits laitiers, politique de drainage et d\u2019irrigation; intégration de la forêt à l\u2019économie 50 RELATIONS rurale par la création, partout où cela est possible, de réserves forestières, facilement accessibles et qui seraient attribuées aux syndicats forestiers et aux chantiers coopératifs, ce qui permettrait aux cultivateurs membres de ces organisations de s\u2019assurer pendant l\u2019hiver un revenu d\u2019appoint.Telles sont quelques-unes des demandes de l\u2019U.C.C., cette année, au Conseil des Ministres.Si nos gouvernants parvenaient à assurer au secteur agricole un niveau de vie égal à celui des secteurs industriel et commercial, la prospérité générale en serait notablement accrue et la production des vivres aurait tendance à s\u2019accroître, puisque les cultivateurs seraient moins tentés de déserter la culture du sol pour passer à un secteur plus rémunérateur.L.Lebel.L\u2019homme à la rose Les traits racés, les manières distinguées, le parler élégant et facile, sa tunique d\u2019une blancheur impeccable toujours fleurie d\u2019une rose, Nehrou passait pour l\u2019homme de la paix, la voix de l\u2019O.N.U., la conscience de l\u2019humanité.Son refus de résister par les armes aux empiétements de la Chine communiste sur un territoire qu\u2019il proclamait indien by right of geography, history and treaty, ses recommendations aux malheureux Tibétains de s\u2019abstenir de toute agitation, ses hésitations avant de condamner l\u2019écrasement de la Hongrie, son empressement à appuyer Nasser, sa volonté de reconnaître l\u2019indépendance de l\u2019Allemagne de l\u2019Est, ses efforts pour obtenir un désarmement nucléaire, tous ces choix, toutes ces décisions, toutes ces prises de position étaient dictées, à l\u2019entendre, non par un pacifisme peureux, comme des adversaires l\u2019insinuaient, mais par la seule horreur d\u2019user de violence pour régler les différends entre nations.Invité à prendre la parole avant la clôture de la IT Assemblée du Conseil mondial des Églises, réunie à la Nouvelle-Delhi, son sujet était tout trouvé.Il expliqua aux délégués l\u2019importance des bonnes manières et des moyens de paix dans les relations internationales.La guerre froide, disait-il, est surtout affaire de langage; la politique de nonviolence ne signifie pas l\u2019abandon d\u2019intérêts essentiels mais leur poursuite par des moyens civilisés.Or, quelques jours plus tard, mardi matin, le 19 décembre 1961, le monde apprenait que l\u2019Inde, une nation de 400 millions d\u2019habitants, venait de remporter, au cours de la nuit précédente, une grande victoire militaire, écrasant la résistance de quelques 650,000 citoyens portugais de Goa, Damao, Diu.Il est très difficile de voir exactement en quoi Goa était essentiel à l\u2019Inde, et comment une invasion armée constitue un moyen de paix conforme à la charte de l\u2019O.N.U.Nous ne nous ferons pas les défenseurs du colonialisme.Pour Lisbonne comme pour toutes les grandes capitales, l\u2019heure de la décolonisation a sonné; et le tour de l\u2019U.R.S.S.viendra.Mais aussi longtemps que le Portugal détenait Goa et que Nehrou, blessé dans son nationalisme, tolérait ces enclaves historiques parce qu\u2019il répugnait à transgresser les règles du droit international, il pouvait passer aux yeux d\u2019un grand nombre pour l\u2019apôtre de la paix et un sage occupé à des problèmes plus graves que celui d\u2019une minuscule colonie.Il ne le peut plus.Et, tout compte fait, l\u2019Inde y a perdu plus qu\u2019elle n\u2019y a gagné.L.d\u2019Apollonia.«Communauté chrétienne» Les Pères Dominicains nous gâtent: ils ne se contentent pas de lancer Maintenant, ils éditent aussi une revue bimestrielle de pastorale dont les ambitions sont très vastes.A la différence de Prêtres aujourd\u2019hui, l\u2019excellente revue des Pères Oblats, Communauté chrétienne s\u2019adresse à la fois aux prêtres et aux laïcs.Ces derniers, à en juger par la première livraison, devront avoir l\u2019estomac solide, car on leur sert une nourriture des plus substantielles; en particulier, l\u2019article sur la dimension théologale de l\u2019Église exigera de leur part un effort de réflexion.La matière du premier numéro est équilibrée: elle contient un éditorial qui définit l\u2019orientation de la revue, un billet de spiritualité, trois articles de fond, des notes, de la documentation, des informations et des suggestions pastorales.Ce périodique demeurera sans doute attentif à la réalité canadienne-française et tâchera d\u2019assimiler pleinement les apports de France.D\u2019ailleurs, les responsables de la revue ont bien indiqué leur intention de réfléchir et d\u2019agir en collaboration avec tous ceux qui, au Canada, se préoccupent de pastorale.Nous souhaitons au nouveau-né longue vie, influence bienfaisante et rayonnement apostolique dans notre milieu.J.-P.Labelle, EN BREF \u2022\tEn novembre dernier, le cardinal Agostino Bea, S.J., président du Secrétariat pour l\u2019Union des Chrétiens, donnait une conférence à Zurich, en Suisse, sur le prochain concile œcuménique.L\u2019entrée était payante, mais les 2,300 billets avaient été épuisés dès l\u2019avant-veille.La Faculté théologique protestante de Zurich avait pris des places pour ses professeurs.Au cours de la réception offerte au Cardinal, le pasteur Vogelsanger remercia les catholiques d\u2019avoir organisé une journée si utile et si fraternelle.Il dit ensuite son embarras de s\u2019adresser à un cardinal, le dernier événement un peu semblable remontant à 1521, alors que Zwingle, pas encore passé à la Réforme, avait souhaité la bienvenue au cardinal Schiner.\u2022\tAu récent congrès catéchistique interaméricain, à Dallas (Etats-Unis), S.Em.le cardinal Amleto Cicognani, légat papal, a tenu à parler successivement en anglais, en espagnol et en français.S\u2019adressant aux Canadiens de langue française, il leur a dit: « Nommer le Canada, c\u2019est évoquer FÉVRIER 1962 une glorieuse et florissante chrétienté, c\u2019est faire revivre le souvenir de plusieurs siècles de fidélité exemplaire aux plus solides traditions de l\u2019Eglise.La modeste semence déposée par les premiers pionniers est devenue en effet aujourd\u2019hui un grand arbre qui ne cesse de produire des fruits précieux et abondants dans le jardin de la sainte Eglise.» \u2022\tComparons ce témoignage aux interrogations et aux doutes d\u2019un journaliste de chez nous: « Certes notre peuple est pieux.Mais est-il croyant?D\u2019aucuns l\u2019affirment, plusieurs dont je suis, en doutent.Si nous étions animés d\u2019un véritable esprit de foi, cela se saurait ?» \u2022\tLa Revue de VEnseignement supérieur (13, rue du Four, Paris-VIe), dans son numéro de juillet-septembre 1961, a publié d\u2019intéressantes études sur le thème: « L\u2019éthique du scientifique ».En voici quelques titres: « Enseignement scientifique et formation », « Science, politique et éducation », « L\u2019homme de science: quelques réflexion sur sa fonction et son rôle », « Ethique et sciences sociales », etc.\u2022\tL\u2019épiscopat de Belgique vient de décider d\u2019étendre à l\u2019ensemble du pays la juridiction que les prêtres séculiers et réguliers possèdent en un diocèse.Par cette mesure, les évêques belges reconnaissent que la pastorale déborde les limites du diocèse et ont voulu, en conséquence, supprimer les obstacles à l\u2019exercice de cette pastorale et insérer, autant que possible dans cette pastorale, les prêtres séculiers et réguliers.\u2022\tLe corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège compte actuellement 35 ambassadeurs, 8 ministres, trois chargés d\u2019affaires et deux « gérants des affaires », ces derniers pour la Pologne et la Lithuanie.Un ambassadeur (celui de Cuba) et deux ministres (ceux de l\u2019Inde et de la Finlande) sont nommés, mais ne sont pas encore arrivés à Rome et n\u2019ont pas encore présenté leurs lettres de créance.\u2022\tPrédiction d\u2019une revue française: « En l\u2019an 2000, grâce à l\u2019automation et aux machines robots vous aurez 344 jours de vacances par an, occupés à tuer le temps sur les stades, au cinéma, devant la TV, en attendant avec l\u2019eau à la bouche la joie de partir 3 semaines au travail.» 51 LECTURE DU MOIS Probl èmes d\u2019éducation N\u2019EN DÉPLAISE aux brouillons ou aux insolents, la fièvre scolaire qui agite notre province n\u2019a rien de singulier.Partout dans le monde surgissent questions et querelles autour de l\u2019école et de l\u2019université.Avec une telle violence, au nom d\u2019intérêts parfois si mesquins qu\u2019on risque d\u2019en négliger l\u2019essentiel: l\u2019éducation.Bâtisses et équipement, programmes et manuels, diplômes et salaires exigent revision, adaptation, effort tendu vers le progrès.Bref, on doit instruire toujours mieux les générations qui montent.Mais on doit surtout former des hommes et des femmes qui ne ressemblent pas à des robots ou à des « animaux dénaturés ».Il ne s\u2019agit pas d\u2019opposer éducation à instruction: celle-ci concourt normalement à l\u2019achèvement de celle-là.Il s\u2019agit de les hiérarchiser.En régime chrétien, sainteté prime science; et l\u2019équilibre moral, la vertu religieuse couronnent, voire rendent seuls possible la maturité intellectuelle et psychologique.Comment ne pas souffrir de constater chez nos bonnes gens l\u2019action corrosive de quelques péroreurs \u2014 naïfs ou arriérés \u2014 pour qui l\u2019éducation surnaturelle, source et garantie de perfection, apparaît comme une entrave ou, selon certains forcenés, comme un « empoisonnement » ?Par cette préférence accordée au fond (à la matière), non à la forme (à la manière), on ne sous-estime pas l\u2019importance de celle-ci.En éducation, comme en tout autre art, impossible de séparer ce que la vie force à unir.L\u2019empirisme pur, amas de trucs et de recettes, sans réflexion qui, tirée des faits, les éclaire et en guide le cours, ne mène à rien de bon.Devant la nouveauté, devant l\u2019échec, l\u2019empirisme perd pied.D\u2019autre part, aux parents, que leur « métier » oblige à la compétence pratique, sans qu\u2019ils aient toujours eu la chance d\u2019acquérir la science théorique, le conseil s\u2019offre plus efficacement si des exemples en illustrent les principes.Voilà ce qu\u2019on trouve dans les quatre ouvrages dont nous allons parler brièvement.1.\tPar le sous-titre de son livre, Daniel a Krein 1 nous avertit qu\u2019elle traite de « cas pratiques d\u2019initiation pour enfants et adolescents ».Gynécologue qui exerce sa profession en divers milieux, l\u2019A.connaît et présente quelques drames de perversion précoce que des parents moins ignares ou moins timides auraient su prévenir.Son expérience éveillera l\u2019esprit des indolents; ses conseils, suivis à temps, diminueront sans doute le nombre des misères qui sollicitent son dévouement: fillettes violées, garçonnets adonnés à de « mauvaises habitudes », enfants troublés par les imprudences de leurs parents.On apprécie alors le bienfait que les jeunes âmes retirent d\u2019une initiation proposée tôt, progressivement et sans heurt; on souhaite que tous les papas apprennent à causer avec leurs fils de la vocation paternelle; que professeurs et institutrices aient le courage de suppléer, auprès de maints enfants, les parents déficients; enfin, que l\u2019école et le foyer s\u2019entendent pour inspirer aux adolescents des deux sexes, lorsqu\u2019ils commencent à s\u2019émouvoir de leur attrait réciproque, l\u2019attitude saine qui préservera la fraîcheur de leur nouvel émoi.Dans son livre, l\u2019A.touche à tout cela avec sérénité, avec un sens chrétien très délicat et une simplicité de bon aloi.1.Les Anges aux mains sales.Traduit de l\u2019allemand par Francis Paul.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1960, 171 pp., 19 cm., 6 NF.2.\tClairement aussi, le Dr Fr.Schneider annonce par un long sous-titre sa façon de procéder 2.Par plus de quatre-vingts exemples, il cherche à provoquer l\u2019attention, à raviver la responsabilité des adultes.Il n\u2019explique pas tous les incidents qu\u2019il rapporte: de quelques-uns la signification saute aux yeux.Après des « cas » qui lui suggèrent d\u2019exhorter le père et la mère, puis l\u2019école et le foyer à conjuguer leur pensée et leur action éducatives, il aborde les soucis que donnent aux parents les bébés qui ne mangent pas ou qui sucent leur pouce, les mioches qui font pipi au lit, qui ont des peurs irraisonnées, qui se butent, mentent, maltraitent les bêtes, « se touchent », répugnent à l\u2019étude.Il recourt à plusieurs exemples pour esquisser les rapports à établir entre la famille et l\u2019école, pour tracer les conditions d\u2019une bonne formation religieuse et d\u2019une facile évolution pubertaire.A la fin, il invite les parents à « tenir le journal de bord des enfants ».Lecture aisée.Catholique d\u2019inspiration et d\u2019expression, ce volume ne peut laire que du bien.3.\tJe voudrais en dire autant d\u2019un ouvrage du Dr André Arthus, récemment réédité3.Chez l\u2019A., compétence et souplesse de style vont de pair, en tout ce qui ne concerne pas le problème sexuel.Fort habilement il résume et résout nombre de « cas » dont la difficulté complique ou détraque la croissance ordinaire: vitalité débordante de l\u2019enfant qui grandit, ou inhibitions physiques et intellectuelles qu\u2019entraînent des frustrations psychiques; peurs, incontinence d\u2019urine, aléas de l\u2019alimentation et du sommeil, mensonges, jalousie, désobéissance, vol, refuge dans la maladie.Mais des dix chapitres qu\u2019il consacre à l\u2019éducation sexuelle (xii, xiii, xvi-xxiii), aucun n\u2019échappe à la critique.Comme tant d\u2019autres, hélas! l\u2019A.n\u2019arrive ou ne consent pas à intégrer dans l\u2019unité de la personne humaine principes moraux et faits psycho-physiologiques.D\u2019accord avec lui, entièrement et à fond, pour recommander aux éducateurs de la famille et de l\u2019école non seulement indulgence à l\u2019égard des enfants qui ont des « mauvaises habitudes » (quel que soit leur âge), mais même douceur, sérénité, confiance optimiste dans l\u2019avenir, le prêtre pédagogue et directeur d\u2019âmes refusera d\u2019admettre que, dans ce domaine, l\u2019enfant n\u2019a aucune responsabilité morale avant la seconde adolescence.L\u2019opinion du R.P.Gemelli, que cite l\u2019éditeur (p.148), ne me paraît pas acceptable.La contredisent, il me semble, outre l\u2019expérience des âmes, l\u2019enseignement et la pratique de l\u2019Église, confirmés dernièrement par Pie XII et Jean XXIIL Même la psychologie clinique invite à opter pour un avis contraire à celui du Dr Arthus.A l\u2019époque du conflit oedipien, une culpabilité peut-être naturelle semble parfois commencer à s\u2019attacher à ces attouchements localisés, même quand ils n\u2019ont pas été expressément défendus.Elle pourrait s\u2019expliquer par la crainte d\u2019entrer en conflit avec le parent rival et l\u2019obscure prescience du rôle des organes génitaux dans l\u2019amour, cause profonde de cette rivalité.C\u2019est pourquoi ces pratiques ont une obscure relation avec le conflit qui se déroule en même temps sur le plan sentimental.Spontanément convaincu que « l\u2019on est toujours puni par où l\u2019on a péché », l\u2019enfant (garçon ou fille) sent une confuse menace suspendue au-dessus de son appareil génital.La culpabilité attachée aux pensées relatives à l\u2019accouplement transforme, par un processus bien explicable, cet accouplement en un mystère cruel et terrifiant.L\u2019intérêt d\u2019une information sexuelle donnée à point nommé n\u2019en est que plus évident, puisqu\u2019elle est de nature à atténuer ces effrois dont l\u2019effet est plutôt de donner à l\u2019enfant la hantise de la sexua- 2.\tL'Enfant, cet inconnu.83 exemples de difficultés d\u2019éducation \u2014 commentées et résolues à l'usage exclusif des parents et des éducateurs.Traduction française par Renée et Paul Dieu-donné.\u2014 Même éditeur, 1959, 267 pp., 19.5 cm., 8 NF.3.\tUn monde inconnu, nos enfants.3e édition revue.Coll.« Pro familia ».\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 246 pp., 19.5 cm., 75 fr.b.52 RELATIONS lité que de le prémunir contre ses excès.(Dr André Berge, VÉducation sexuelle chez l\u2019enfant, coll.« Païdeïa », Paris, Presses universitaires de France, 1952,19 cm.,pp.109-110.) De ce fait et de son interprétation, je conclus que, même avant d\u2019avoir bénéficié de leçons morales ou religieuses, l\u2019enfant expérimente, confusément mais profondément, la gravité singulière du « mystère sexuel ».« Dédramatiser » (Dr Berge) les simples attouchements des petits, voire les fautes volontaires des écoliers et des adolescents, il le faut à tout prix; et le Dr Arthus, dans son optique à lui, a mille fois raison d\u2019y insister.Mais il faut., à tout prix également, former dans la paix le sens moral des enfants.Dans la paix: voilà le difficile, vu l\u2019obsessivité du milieu (moins janséniste qu\u2019aphrodisiaque, malgré ce que déclarent certains psychanalystes), et vu les angoisses dont souffrent les éducateurs, surtout au foyer.C\u2019est à redresser ces travers qu\u2019il convient de s\u2019appliquer, non à réduire le sens moral des jeunes.« Dédramatiser » le sexe, oui; le « désacraliser » ou le « démoraliser », non.Loin de contribuer à l\u2019effort qui s\u2019impose, l\u2019A.le décourage de deux façons.Premièrement, il affirme, sans preuves (211, 214, 221), que la masturbation (confondue, à tort, avec l\u2019onanisme) constitue un « stade intermédiaire de l\u2019évolution » affective et que les jeunes adolescents n\u2019en saisissent pas d\u2019eux-mêmes l\u2019aspect moral (211).Deuxièmement, il abuse\u2014jusqu\u2019à l\u2019irritation\u2014du mot « besoin » chaque fois qu\u2019entre en jeu Y appétit sexuel.Or, on n\u2019éduque pas un besoin: on doit le satisfaire.On éduque un appétit; on peut même en sublimer les manifestations.La chasteté adolescente ne pose alors aucun problème insoluble.Et l\u2019on n\u2019a pas, non plus, à se contredire ou à se châtrer pour observer le sixième commandement, ou pour consacrer à Dieu sa virginité.L\u2019A.se réclame, je pense, du catholicisme.Comprenne qui pourra.4.Moins savant, moins complet, un peu bavard, mais parfaitement équilibré, l\u2019ouvrage de Simonne Fabien4.La religion ne reçoit pas ici toute l\u2019attention désirable; mais on sent qu\u2019elle imprègne la pensée de l\u2019A.(pp.161-164).Deux thèmes complémentaires, celui de l\u2019autorité et celui de la liberté (que l\u2019A.identifie avec l\u2019égalité ou le dialogue), commandent cet essai et les remarques excellentes qu\u2019on y rencontre.Les enfants ont besoin (au sens fort) de l\u2019autorité parentale: sans elle, l\u2019insécurité les envahit et les jette dans la névrose ou le crime (22, 30, 33, 65.).Ils ont besoin aussi de dialoguer: de se confier à leurs parents et de les écouter.Cela suppose un certain sentiment d\u2019égalité; disons: de communion.Harmoniser ces deux thèmes au foyer, les parents y réussiront s\u2019ils jouissent personnellement d\u2019une vraie sécurité: sécurité intérieure du père, de la mère, sécurité conjugale et parentale.Ils évitent alors sans peine les écueils de la « camaraderie » (89-102) et de l\u2019autoritarisme.En somme, l\u2019A.ne développe qu\u2019un sujet: l\u2019amour.D\u2019abord, s\u2019aimer soi-même et aimer son conjoint.Puis, aimer ses enfants: humainement, non par pur instinct (204, 210); donc, pour leur épanouissement à eux, non pour sa satisfaction à soi.L\u2019ouvrage se termine par des pages splendides dans lesquelles une maman renseigne sa fillette de onze ans et son garçon de dix ans sur le processus et la grandeur de la génération humaine.Rédigé dans un style de haut ton, ce passage ne servira peut-être pas tel quel aux gens du commun.Mais quel respect, quelle netteté, quelle aisance dans l\u2019exposé! Je rêve d\u2019écoles, de collèges et de couvents pourvus de professeurs capables de fournir à notre jeunesse, calmement et en détail, les connaissances nécessaires à sa maturation 4.Nous, les parents.Récit.\u2014 Paris (5, rue Sébastien-Bottin), Librairie Gallimard, 1960, 293 pp., 19 cm., 9 NF ($2.90).FÉVRIER 1962 ini-int ¦ 'mi 1 \u2014-irai\t\u2014ini-inr Banque Canadienne Nationale Situation au 30 novembre 1961 PASSIF Envers le public : Dépôts.$773,391,517 Divers.5,444,482 $778,835,999 Envers les actionnaires: Capital, réserve et profits\tinaffectés.44,925,710 $823,761,709 ACTIF Disponibilités de caisse .$115,809,479 Valeurs de gouvernements canadiens (dûment amorties) et autres obligations et actions, ne dépassant pas le cours actuel.275,491,193 Prêts commerciaux et autres avances.420,007,766 (déduction faite des provisions pour pertes éventuelles) Immeubles sociaux et divers.12,453,271 (déduction faite des amortissements)\t_____________ $823,761,709 COMPTE PROFITS ET PERTES Profits nets de l'exercice finissant le 30 novembre 1961, déduction faite du versement au Fonds de pension du personnel, de l'amortissement des immeubles sociaux, de la provision pour l'impôt sur le revenu et des affectations aux réserves latentes à même lesquelles il a été pleinement pourvu aux créances mauvaises et douteuses et aux moins-values du portefeuille.3,242,367 Dividendes.2,200,000 Report à nouveau.$ 1,042,367 Solde du compte Profits et Pertes au 30 novembre 1960\t.883,343 $\t1,925,710 Porté au Fonds de réserve.1,000,000 Solde du compte Profits et Pertes au 30 novembre 1961\t.$\t925,710 Provision pour l'impôt sur le revenu $4,355,000 FONDS DE RESERVE Solde au 30 novembre 1960.$ 33,000,000 Transport du compte Profits et Pertes.1,000,000 Solde au 30 novembre 1961.$ 34,000,000 Le gérant général, LOUIS HÉBERT Le président, ULRIC ROBERGE 53 psychologique et morale.Je rêve d\u2019institutions d\u2019enseignement dont la direction organisera colloques et forums destinés à informer les parents non seulement de leur responsabilité irremplaçable, mais des éléments de psycho-physiologie et de théologie sans lesquels l\u2019évolution de leurs enfants, depuis l\u2019âge de trois ans jusqu\u2019à la fin de la puberté, tournera presque immanquablement au désordre, sinon à la catastrophe.Mais pourquoi rêver ?Quels obstacles empêchent le rêve de devenir réalité ?J.d\u2019Anjou.Mgr Fulton J.SHEEN: La Vie de Jésus.Traduction de l\u2019abbé Giraud, P.S.S.\u2014 Paris, Marne, 1960, 672 pp., 20 cm.Nous possédons déjà tant d\u2019excellentes vies de Jésus qu\u2019une nouvelle Vie nous trouve aisément rassasiés.Celle-ci pourtant mérite de nous retenir; elle est dans la manière originale et prenante de l\u2019apôtre de la télévision américaine, Mgr Fulton Sheen.Il s\u2019adresse à des lecteurs confortablement installés dans un living room meublé à la moderne, facilement routiniers et formalistes en leur catholicisme, en risque d\u2019oublier l\u2019austérité de l\u2019Evangile.Mgr S.leur rappelle que l\u2019Evangile est de tous les temps, qu\u2019il doit coller à la Personne du Christ car il est amour.Tout le long du volume, il ne cesse de rappeler que la Croix couvre de son ombre la vie entière et l\u2019enseignement de notre divin Sauveur.Ainsi l\u2019avaient annoncé les prophètes: souffrant, incompris, rejeté par son peuple.Le christianisme, en effet, n\u2019est point une religion de facilité et demande le renoncement volontaire à tout ce qui empêcherait la ressemblance avec Jésus.C\u2019est là une donnée centrale et qui justifie tout à fait le choix pour la jaquette du Christ en croix de Saint-Jean-de-la-Croix, par Salvador Dali.L\u2019A.toutefois n\u2019oublie jamais d\u2019associer à cette donnée de la Croix celle de la Résurrection.« Le Christ ne doit pas aller à la Croix comme un martyr mais comme un vainqueur.» Le livre est de la veine qui a fait la renommée des précédents ouvrages de Mgr Sheen: style gonflé de vie, réflexions jaillies d\u2019une méditation fervente et assidue de l\u2019Evangile, pages splendides et suggestives, résolutions ardentes et courageuses, comme dans la Tentation, le Sermon sur la montagne, la nuit de la Passion, etc.On reconnaît l\u2019apôtre à la recherche des âmes qu\u2019il sollicite de toute sa puissance à convaincre et à émouvoir.L\u2019humour garde ses droits et fuse en de nombreux traits inspirés par le comportement actuel et certaines théories à la mode.Enfin, et c\u2019est le meilleur éloge, cette Vie de Jésus nous stimule à donner en notre vie une plus large place à Jésus.Rosaire Legault.Maison Bellarmin.Romano Guardini: La Mère du Seigneur \u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 91 pp., 18.5 cm.Quelques pages, moins d\u2019une centaine, esquissent, en renouvelant le sujet, la vie de Notre-Dame.Elles sont, en effet, d\u2019un des plus grands théologiens, un des plus admirables esprits de notre temps.A la différence du Moyen Age qui concevait la perfection donnée d\u2019un bloc.l\u2019A, estime avec notre époque qu\u2019étant chose humaine elle éclot, grandit, atteint sa plénitude.Dans cette perspective il explore la vie de Marie, à partir des sources authentiques qu\u2019il interroge avec rigueur et profondeur.Ainsi le débat où Marie, au moment de l\u2019Incarnation est engagée, d\u2019une part, par ses fiançailles aboutissant normalement en ce milieu au mariage, et, d\u2019autre part, par le profond amour de la virginité qui lui fait penser secrètement que cela ne sera point.De même les clartés de la Pentecôte, pour Marie aussi, furent définitives sur Jésus, le mystère de sa Personne, sur l\u2019Eglise et la place qu\u2019elle-même y remplit.Ce sont des pages à relire pour l\u2019intelligence et l\u2019amour du mystère de Notre Dame et pour reconnaître son actualité frappante.Georges Robitaille.Petite Bible du peuple chrétien.\u2014 Maredsous (Belgique), Editions de Ma-redsous, 1959, 280 pp., 21 cm.Beaucoup de chrétiens, décontenancés devant cette immense forêt qu\u2019est la Bible, souhaiteraient un sentier qui les guide sûrement.Cette petite bible du chrétien répond précisément à ce vœu.Elle est une étape préliminaire avant d\u2019aborder la Bible complète.Elle contient les pages les plus accessibles, mais non les moins belles ni les moins profondes de la Parole divine: 54 extraits de l\u2019Histoire sainte, 42 des Prophètes, 45 enseignements religieux des Sages, 24 Psaumes et 7 passages de l\u2019Evangile.Choix remarquablement judicieux et tout indiqué pour la lecture de la Bible en famille.La présentation est superbe: caractère net, papier teinté, magnifiques héliogravures.Cette édition abrégée de la Bible est une merveilleuse introduction à l\u2019Ecriture et rendra des services précieux.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Hubert Fischer: Histoire et signification du catéchisme biblique.Traduit par M.Herzog, S.J.\u2014 Paris, les Editions du Cerf, 1958, 139 pp., 22.5 cm.Bien que les éditeurs indiquent un seul nom d\u2019auteur, les différents chapitres de cet ouvrage sont l\u2019œuvre de plusieurs spécialistes qui ont contribué à l\u2019élaboration du catéchisme allemand.Leur but est d\u2019aider les catéchistes à mieux saisir l\u2019esprit, le plan et les articulations maîtresses de cet ouvrage célèbre, de se familiariser avec la méthode suggérée.Ce qui nous frappe, c\u2019est, d\u2019une part, le sens du réel manifesté par les auteurs, et, d\u2019autre part, la révolution féconde qu\u2019opère le catéchisme biblique.Tout comme celui de Canisius ou celui de Trente, ce remarquable instrument de travail, avec le temps, exercera une influence profonde non seulement chez les enfants, mais chez les parents, les éducateurs et les prêtres.On peut vraiment parler, à son propos, d\u2019une étape décisive, annonciatrice des fruits spirituels les plus abondants.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Francesco Olgiati: La Clef du trésor chrétien.Version française de Pascal Gerbert.\u2014 Lugano, Paris et Sherbrooke (Canada), Editions Saint-Paul, 1949, 339 pp., 18 cm.De plus en plus se manifeste, chez nous, la tendance à dépouiller notre civilisation imprégnée de christianisme de toute influence ecclésiale.On parle de progrès; n\u2019est-ce pas un progrès d\u2019écrevisse que de retourner à une civilisation quasi païenne ?« La vie n\u2019est pas neutre! » VOYAGES En Terre-Sainte avec les Chevaliers du Saint-Sépulcre AVION : 23 jours $999 Amsterdam, Paris, la Palestine (Liban, Syrie, Jordanie, Israël), Egypte, Athènes, Rome.Les Anciens Normaliens EN BATEAU OU AVION : Du 28 juin au 20 août 1962 $1,097 Angleterre, Hollande, Suisse, Allemagne, Tchécoslovaquie, Autriche, Italie, le Vatican, Monaco et la France.S'adresser à : (Agences : VI.4-8817, VI.9-2383) ou Mlle C.Allard, 16, place du Fort, Repentigny, MI.5-3173 G.Bellefleur, 3973, rue Mentana, Montréal, LA.3-2583 54 RELATIONS Mgr Olgiati par ce modeste volume, tiré en Italie à 170,000 exemplaires et traduit déjà en plusieurs langues, veut redonner à nos chrétiens un christianisme plus éclairé, vidé de tout formalisme et de toute sentimentalité.Orateurs et écrivains dans la presse, à la radio ou à la télévision semblent s\u2019être conjurés contre le surnaturel; ils sont en grande partie responsables de notre opinion publique de plus en plus matérialiste.Nos fidèles, qui s\u2019intéressent à la politique, au sport, à beaucoup de choses, doivent se nourrir aussi des mystères essentiels de notre foi.La Clef du trésor chrétien est un excellent manuel que nos ligueurs du Sacré-Cœur trouveront profit à consulter en leurs cercles d\u2019étude; ils y préciseront leurs idées sur la grâce, l\u2019ordre surnaturel, la prière; ils découvriront que l\u2019histoire n\u2019est pas seulement l'œuvre de l\u2019homme mais aussi l\u2019œuvre de Dieu.Ils pourront mener ainsi une vie chrétienne enthousiaste et éclairée.Ecrit en un style vivant, parsemé de faits et de souvenirs où l\u2019humour de bon aloi a sa place, ce catéchisme accessible et substantiel mérite la réputation qu\u2019il s\u2019est acquise.Rosaire Legault.Maison Bellarmin.Jacques Lewis, S.J.: Le Gouvernement spirituel selon saint Ignace.Coll.« Studia », n° 12.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 140 pp., 24 cm.1IVRE NEUF, LUMINEUX ET PROFOND, j qui nous découvre dans saint Ignace un maître toujours actuel.L\u2019ouvrage, d\u2019une unité sans faille, se divise en trois parties: 1° ce que fut le comportement de saint Ignace supérieur; 2° ses principes de gouvernement (la loi fondamentale qui le guidait et les préceptes particuliers qui découlaient de cette loi); 3° les fondements spirituels de cette pratique et de cette doctrine.\u2014 Impossible de dégager jusque dans le détail les richesses de cette étude.Indiquons les points principaux.La docilité aux inspirations du Saint-Esprit, autrement dit à la loi d\u2019amour et de charité, doit diriger le commandement du supérieur et l\u2019obéissance de l\u2019inférieur.Il peut y avoir dualité d\u2019inspirations et il n\u2019est pas défendu à l\u2019inférieur de faire des représentations; le supérieur a le dernier mot et c\u2019est à lui qu\u2019il revient d\u2019exprimer la volonté de Dieu, dans l\u2019accomplissement des desseins de la Providence.Les titres du supérieur à diriger (interprète de Dieu, lieutenant de Jésus-Christ, ministre ou instrument du Seigneur) comme les qualités exigées de lui (obéissance, humilité, prudence) dérivent tous et toutes du fait qu\u2019il doit exécuter le plan de Dieu sur la Création et être attentif aux motions de l\u2019Esprit.C\u2019est à ses expériences spirituelles à Loyola, à Manrèse, au Cardo-ner et à la Storta que saint Ignace doit cette vue surnaturelle extrêmement profonde du supériorat et de l\u2019obéissance.Ce livre peut renouveler, chez les supérieurs, le sens du commandement et celui de l\u2019obéissance chez les inférieurs.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Mgr CRISTIANI: Saint Jean de la Croix, Prince de la mystique (1542-1591).\u2014 Paris, Editions France-Empire 1960, 317 pp., 20 cm.Après Présence de Satan dans le monde \u2022 moderne, Mgr Cristiani a voulu écrire un ouvrage, en sens opposé, sur la présence FÉVRIER 1962 de Dieu dans nos âmes par l\u2019amour (246).Et nous l\u2019en remercions.Dans le récit historique comme dans les chapitres consacrés aux œuvres écrites du saint docteur, Saint Jean de la Croix est d\u2019une lecture facile, bienfaisante et d\u2019un intérêt soutenu.Le Prince de la mystique était un homme aimable, parfaitement équilibré, apte au commandement et à l\u2019administration temporelle; il avait avec cela l\u2019âme d\u2019un grand poète et n\u2019était pas moins sensible que saint François d\u2019Assise aux beautés de la nature.Il eut à souffrir des siens de cruelles persécutions.Il les accepta sans se plaindre, elles ne suscitèrent jamais chez lui le moindre sentiment d\u2019humeur contre les personnes; et cela nous dit assez ce que peut l\u2019amour de Dieu quand il est solidement enraciné dans le cœur de l\u2019homme.Ce n\u2019est pas sans raison que sainte Thérèse d\u2019Avila le regardait comme le père de son âme, « et l\u2019un de ceux qui lui ont donné le plus de profit dans les communications spirituelles » (114).Saint Jean de la Croix n\u2019a rien publié; ses ouvrages n\u2019ont vu le jour que vingt-sept ans après sa mort.Il est bien vrai qu\u2019en écrivant, il pensait à tels besoins particuliers, il s\u2019adressait à des âmes déjà initiées aux secrets de la vie spirituelle.Mais on aurait tort, écrit Mgr Cristiani, de limiter la portée de ses écrits; et cela pour la raison très simple que les aspirations et les besoins d\u2019une âme sont souvent ceux d\u2019un grand nombre d\u2019autres âmes sinon de toutes.Et puis, « l\u2019escalade de Dieu », l\u2019essor de l\u2019âme vers Dieu, serait-elle moins palpitante d\u2019intérêt pour un croyant que ne l\u2019est l\u2019ascension de l\u2019Everest pour les sportifs (239) ?La conclusion de Mgr Cristiani sera la nôtre, et c\u2019est une invitation à le lire: « L\u2019âme contemporaine est une grande malade.Elle a besoin de rapprendre cette vérité capitale que Jean de la Croix lui enseigne, à savoir que la santé de l\u2019âme, c'est l\u2019amour de Dieu.» (313.) Léon Pouliot.Collège Sainte-Marie, Montréal.Jean Guy: Sainte Louise de Marillac, jemme au grand cœur, âme de feu 1591-1660.\u2014 Paris, Apostolat de la Presse, 1960, 222 pp., 19 cm.Elle fut la mère et la fondatrice des 45,000 « robes grises aux ailes blanches » répandues aujourd\u2019hui sur toutes les plages du monde et que nous rencontrons au Canada, à Montréal, Coaticook, Asbestos.Au dire de son directeur, saint Vincent de Paul, « elle n\u2019avait qu\u2019un moucheron d\u2019imperfection ».En bon psychanalyste avant la lettre il la débarrassa de ses complexes et surtout de sa promptitude, car vraiment elle savait trop s\u2019indigner.Elle avait beaucoup souffert en son affectivité, le fils unique qu\u2019elle avait eu de son mariage lui ayant donné beaucoup de tracas; de plus, sa famille était tombée en disgrâce auprès du roi.A l\u2019école de Monsieur Vincent, elle apprit l\u2019abandon à la Providence, son caractère prit la « souplesse de l\u2019osier ».Elle établit une œuvre qui révolutionna toutes les vues charitables de l\u2019époque.Toutes les misères trouvèrent accueil en elle et ses filles la suivirent dans cette tâche splendide.De style extrêmement vivant et de typographie aérée, retenant bien l\u2019essentiel de la vie de cette grande amie des pauvres, l\u2019ouvrage est une très savoureuse biographie où l\u2019on apprend à estimer cette émule de l\u2019éminent apôtre des pauvres, saint Vincent de Paul.Rosaire Legault.Maison Bellarmin.Bruno SCHAFER, O.F.M.Cap.: Les Pourchassés de la grâce.Traduit par le P.Marcel Mayor, O.F.M.Cap.\u2014 Sherbrooke et Montréal, Apostolat de la Presse, 1955, 192 pp., 19.7 cm.Les voies de la grâce pour atteindre > les âmes sont mystérieuses et multiples.Le présent volume expose le drame de consciences inquiètes jusqu\u2019à ce qu\u2019en-fin elles eurent trouvé la paix dans cette Eglise où il n\u2019y a qu\u2019un seul Pasteur œtftun la Pùmu\u2019Te pauque ait Canada AU SERVICE DES CANADIENS DEPUIS 1817 ADI83F La B de M fut la première à nommer un agent de banque canadien aux Etats-Unis, pour assurer le développement du commerce outre la frontière.C\u2019était en 1818, à New-York.mit J MillI0MS PI (MâtUM np Banque de Montréal 55 seul bercail: 17 conversions, d\u2019hommes et de femmes, de milieu intellectuel, de pays aussi divers que les Etats-Unis et le Japon, la Corée et le Danemark.Ames pourchassées par la grâce et palpitantes de vie.Les convertis eux-mêmes racontent simplement, sans vantardise, comment ils découvrirent la vérité; quelques-uns hésitèrent longtemps avant de confier au public ce cheminement si personnel de leur âme vers l\u2019Eglise catholique.Malgré peines et angoisses, avec l\u2019aide de la grâce, leur bonne volonté a trouvé Dieu.Ce livre avive notre fierté et notre gratitude de croyants, car c\u2019est sans mérite de notre part que nous appartenons depuis la naissance à cette Eglise qui vient en droite ligne du Christ.Ce recueil est aussi une invitation, aux approches du prochain concile œcuménique, à prier pour l\u2019Unité de l\u2019Eglise.Rosaire Legault.Maison Bellarmin.Semaine sociale de France: Socialisation et Personne humaine.\u2014 Lyon (16, rue du Plat), Chronique sociale de France, 1961, 434 pp., 22.5 cm.1ES SEMAINIERS DE GRENOBLE résument j parfaitement (pp.411-417) la doctrine dense et longuement développée qu\u2019offre le volume de la 47e Semaine sociale de France (1960).Impossible de faire aussi bien en trente lignes, voire de choisir les meilleures leçons: j\u2019en citerais quinze sur dix-huit, la plus utile à notre milieu me paraissant être celle du R.P.Congar, O.P.; son exposé de la théologie du Corps mystique, aussi simple que prenant, déboute, sans le nommer, le laïcisme et ses pauvres illusions.Le reste, très technique et savant, QUI CROIRE?Celui qui affirme que la Graphologie est une science merveilleuse ou celui qui prétend péremptoirement: « Je n\u2019y crois pas! » A vrai dire, la questions ne se discute pas, car il ne viendra à l\u2019idée de personne de rejeter la psychologie dont la graphologie n\u2019est qu\u2019une émanation.D\u2019après les dernières statistiques 45% des Chefs d\u2019Entreprises font analyser l\u2019écriture de leurs collaborateurs avant de les engager.Il faut tout de même admettre l\u2019efficience de la méthode, sinon il y a longtemps qu\u2019elle aurait été abandonnée.Mais au lieu d\u2019interroger autrui faites-vous donc une opinion vous-même.C\u2019est facile, puisque l\u2019Institut international de Recherches Graphologiques offre GRACIEUSEMENT aux lecteurs de Relations une analyse de LEUR écriture à laquelle il sera joint, s\u2019ils le désirent, une documentation générale concernant la graphologie et les cours par correspondance.Cette offre ne comporte aucun engagement, joignez simplement $1.00 pour frais d\u2019envoi par avion.I.I.R.G.(Département 8) Av.Victor-Hugo, à Boulogne-sur-Seine (France).mais clair et abordable par le profane sérieux, pose le problème de l\u2019épanouissement de la personne par la socialisation et tâche de le résoudre à tous les niveaux: ceux de l\u2019Etat, de la cité, de la paroisse, de la profession, de la famille, non sans insister sur la crise qui menace actuellement les valeurs et de la personne et de la société.Dans l\u2019ensemble, l\u2019optimisme du chrétien l\u2019emporte sur le pessimisme du sociologue (René et Henri Théry, Folliet, Lacroix et Hahn): la socialisation peut être un bien pour la personne et pour l\u2019Etat, à la condition que chaque citoyen, éclairé sur les remous de son temps, assume pleinement sa participation à l\u2019œuvre commune, de manière à éviter aussi bien l\u2019anarchie syndicale ou politique que l\u2019emprise des technocrates et l\u2019omniprésence du pouvoir public.A la veillée religieuse du dernier jour, M.l\u2019abbé Matagrin montra splendidement que, sans le Christ, il ne saurait y avoir ni accomplissement de la personne, ni achèvement de la société.Mais lisez.Et ne butez pas aux centaines de fautes (orthographe, syntaxe, vocabulaire et ponctuation) qui gâtent un peu cet ouvrage, dont on ne peut trop louer les qualités de fond.Joseph d\u2019Anjou.En COLLABORATION : Initiation aux problèmes d\u2019outre-mer: colonisation, décolonisation, sous-développement.Coll.« Savoir pour agir ».\u2014 Lyon (16, rue du Plat), Chronique sociale de France, 1959, 368 pp., 18.5 cm.Comme ses prédécesseurs, ce 5e volume de la collection « Savoir pour agir » constitue un précieux instrument de travail.Solide et clair, il traite des grandes questions de l\u2019heure présente, toujours à la lumière de la pensée chrétienne et, en particulier, des enseignements pontificaux.Ses auteurs sont M.Gilbert Blar-done, M.l\u2019abbé Paul Catrice, M.Joseph Folliet, M.l\u2019abbé Gabriel Matagrin, M.Raoul Padirac et M.Roger Voog, tous spécialistes des questions traitées dans cet ouvrage.Comme il convient, une large place est faite aux problèmes soulevés par la colonisation française.Mais les principes exposés sont universels et méritent audience même chez nous, à l\u2019heure où les mouvements séparatistes remettent bien des choses en question.Je signale Haute Fidélité Stéréophonie Magnétophones Haut-parleurs Rubans magnétiques cité électxonique == 3165, rue Hochelaga \u2014.Montréal 4, LA.5-2551 ¦ 56 simplement cette observation que je trouve à la page 50: la situation d\u2019inégalité entre le peuple colonisateur et le peuple colonisé ne saurait être considérée comme définitive.« Si elle se prolonge au delà d\u2019un certain temps, elle finit par paraître insupportable au peuple colonisé et par déterminer des conflits qui risqueront de n\u2019être tranchés que par la force, c\u2019est-à-dire maladroitement et précairement.La situation d\u2019inégalité doit s\u2019atténuer en droit à mesure que cessent les inégalités de fait qui lui ont donné naissance et, à la limite, se transformer en situation d\u2019égalité.» J\u2019ajoute que les Canadiens priseront bien peu le raccourci historique montrant l\u2019Angleterre forcée, après la guerre de 1939, « de lâcher beaucoup de lest au Canada, qui conquiert une quasi-indépendance » (p.28).Les savants auteurs européens auraient pu faire mieux et dire plus juste.Richard Arès.Joseph H.Fichter, S.J.: Sociologie.Traduit de l\u2019anglais et commenté par G.Hoyois, Editions Universitaires, Paris, 1960, 400 pp.Joseph Fichter, jésuite et sociologue américain, est déjà bien connu pour son ouvrage Southern Parish (Chicago, 1951), étude scientifique qui suscita une intéressante controverse chez les catholiques des Etats-Unis dans les années 1951 et 1952.Gradué d\u2019Harvard, il enseigne maintenant à l\u2019Université Loyola of the South et y préside la section de Sociologie.Il a enseigné aussi à l\u2019Université de Munster (Allemagne) et à l\u2019Université Notre-Dame.Son volume Sociology, publié en 1957 par les presses de l\u2019Université de Chicago, analyse les notions de base essentielles de la sociologie américaine.Cetté étude du cadre conceptuel de la sociologie comprend trois grandes sections.La première considère la société en son aspect statique: partant de la personne sociale (chap, i), il suit les diverses voies par lesquelles celle-ci s\u2019associe à d\u2019autres personnes (chap, n-v), pour aboutir à la société totale (chap.vi).Cette section étudie donc les divers systèmes sociaux.L\u2019aspect dynamique de la société constitue l\u2019objet de la seconde section.Nous avions vu que ce sont les personnes sociales, nous voyons maintenant ce qu\u2019elles font.Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de ïa ÜHUbegartie COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE Slégo social : Montréal RELATIONS Les éléments de base de la culture sont les schèmes de comportement (chap.vu).Fichter suit les voies par lesquelles ces modèles se combinent (chap, vm-xi) pour donner finalement la culture totale (chap.xii).Dans la troisième section, l\u2019auteur montre comment société et culture sont en réalité réunies dans le système socioculturel.Il consacre un chapitre à chacun des problèmes suivants: les valeurs, la mobilité, le changement, le contrôle social, la déviation, et l\u2019intégration socioculturelle.Ce volume se maintient au strict point de vue scientifique.Il est avant tout un manuel d\u2019introduction à la sociologie pour étudiants du niveau sous-gradué; l\u2019original anglais est de plus en plus utilisé à cette fin aux Etats-Unis.A cause de ses mérites scientifiques, l\u2019ouvrage publié sans imprimatur ni indication de l\u2019ordre religieux s\u2019est imposé comme manuel de base dans des collèges et universités non catholiques.L\u2019absence totale de références indiquant les sources consultées me semble un défaut, car le lecteur ne peut distinguer les apports respectifs de l\u2019auteur et des sociologues qui l\u2019ont précédé.Le lecteur gagnerait, sinon à lire l\u2019original, du moins à l\u2019avoir à la portée de la main en lisant la traduction.Pour trois raisons: la traduction n\u2019est pas toujours satisfaisante; la partie pratique qui, à la fin de chaque chapitre, renseigne sur les phénomènes sociaux en Amérique, a été remplacée par des commentaires sur la vie sociale européenne.De plus, la bibliographie et le questionnaire que Fichter avait annexés à chaque chapitre ont été tout simplement supprimés dans la version française.Jean-Guy Vaillancourt.Scolastical de VImmaculée-Conception, Montréal.A.-A.Guérin et P.-Y.Vertefeuille: Histoire de la pédagogie par les textes.\u2014 Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, 1960, 394 pp., 24.5 cm.Le Centre montréalais de recherches ' EN HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE dirigé par M.M.-A.Guérin vient de publier une Encyclique Mater et Magistra Analyse et Commentaires par l\u2019équipe de la revue Relations Le numéro de septembre 1961 de la revue Relations fut entièrement consacré à l\u2019analyse de l\u2019encyclique Mater et Magistra de Jean XXIII.L\u2019excellent accueil fait à ces textes a poussé les Editions Bellarmin à les publier en brochure.88 pages.5\u201d x 8\u201d.$1 l\u2019exemplaire (franco).LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal-11 remarquable histoire de la pédagogie par les textes, soit environ 120 textes choisis de 72 auteurs, de Confucius à nos jours.On peut discuter le choix des auteurs et des textes, comme par exemple celui des piètres auteurs américains retenus, mais l\u2019ensemble atteste le désir à travers les âges de toujours mieux servir la jeunesse.Les professeurs chargés d\u2019enseigner avec ce manuel devront posséder une très bonne formation s\u2019ils veulent que leurs élèves ne s\u2019en tirent pas avec un pur syncrétisme de méthodes et d\u2019objectifs mais apprennent à réfléchir, à adapter tel et tel idéal.Ils devront le compléter en montrant comment les matières enseignées avec compétence doivent concourir à la formation des élèves.Ils devront leur ouvrir les œuvres mêmes des grands théoriciens de l\u2019éducation.Le tableau synoptique, qui précède chaque auteur, permet de replacer son œuvre dans le grand courant de l\u2019histoire.L\u2019idée est heureuse.Par ailleurs des simplifications outrées, à propos de l\u2019organisation sociale, pédagogique, disciplinaire et matérielle, peuvent conduire au psittacisme et à l\u2019étroitesse d\u2019esprit si les élèves n\u2019ont rien d\u2019autre pour répondre au questionnaire pédagogique ou pour rédiger leur dissertation.Excellent aide-mémoire, bonne vue d\u2019ensemble, il peut faire mieux apprécier la vocation du professeur.Jean Genest.Maison Bellarmin.Eberhard \\Velty, O.P.: A Handbook of Christian Social Ethics.Vol.I: Man in Society.\u2014 New York, Herder and Herder (Montreal, Palm Publishers, 395 Selby St.Westmount), 1960, 396 pp., 22 cm.Traduit d\u2019un manuel allemand, cet ouvrage se recommande surtout par ses exposés brefs et solides de la doctrine sociale chrétienne.Procédant par questions et réponses, l\u2019A.aborde en ce premier volume les problèmes fondamentaux de la vie sociale: les rapports entre l\u2019homme et la société, les lois premières de l\u2019ordre social et les grandes vertus sociales: justice et charité.D\u2019autres volumes suivront qui auront pour sujets: « Communauté et société », « La société économique » et « l\u2019Eglise et l\u2019Etat ».Tous auront profit à fréquenter une pensée aussi dense et aussi lucide.L\u2019A.traite longuement de la justice universelle (ou légale), mais je me demande s\u2019il réussira à faire l\u2019unanimité en présentant la justice sociale comme n\u2019étant qu\u2019un mot nouveau pour désigner la justice légale et la justice distributive prises ensemble (« merely a new term for legal and distributive justice taken together », p.319).N\u2019est-ce pas là obscurcir, au lieu de l\u2019éclairer, le problème de la vraie nature de la justice sociale ?En résumé, un bon manuel, à la portée de toutes les intelligences.Richard Arès.VOLS QUOTIDIENS sans escale vers L\u2019EUROPE à bord des RAPIDES RÉACTÉS DC-8 ou des ÉCONOMIQUES DC-7C Consultez votre agence de voyages ou téléphonez à KLM Bureaux KLM dans les 1 4 principales villes du Canada KtSlAU MONDIAL FÉVRIER 1962 57 Pierre Haubtmann, ptre: Mater et Ma-gistra.L\u2019Eglise, mère et éducatrice.Texte intégral de l\u2019encyclique avec introduction, annotations et index analytique des thèmes.\u2014 Paris (31, rue de Fleurus), Editions Fleurus, 1961, 304 pp., 17.5 cm.VOICI certainement l\u2019ouvrage le plus considérable publié jusqu\u2019à ce jour sur l\u2019encyclique Mater et Magistra.L\u2019A.est aumônier national de l\u2019Action catholique ouvrière de France; il est, en outre, docteur ès lettres et ès sciences sociales, sans parler de maints autres diplômes.Trois choses confèrent un grand prix à cette œuvre: 1) une longue introduction, qui situe la doctrine sociale chrétienne dans l\u2019ensemble de la mission spirituelle et universelle de l\u2019Eglise; 2) des notes rapides d\u2019information en bas de page, permettant de mieux comprendre la pensée pontificale; 3) un index analytique, « qui reprend les thèmes étudiés, abordés, ou simplement effleurés dans l\u2019encyclique, avec référence aux paragraphes correspondants du texte, et indication des thèmes similaires ».A cela s\u2019ajoutent une numérotation de chaque paragraphe, une présentation claire et soignée, des sous-titres en marge du texte de l\u2019introduction, qui permettent au lecteur de se retrouver rapidement, des références au texte latin, etc.En trois mots, c\u2019est un excellent instrument de travail que l\u2019A.nous met entre les mains: comment ne pas souhaiter que tous les catholiques l\u2019utilisent à fond?Richard Arès.Erwin ReisnER: Métaphysique de la sexualité.Traduit de l\u2019allemand par Pierre Jundt.Coll.« Cheminements ».\u2014 Paris (8, rue Garancière), Plon, 1960, 306 pp., 20 cm.D\u2019inspiration protestante, ce qui en limite la portée et en réduit la valeur (car la doctrine issue de Luther ne respecte pas toujours l\u2019ordre de la nature), cet ouvrage apporte quand même une utile contribution à l\u2019intelligence du mystère sexuel.Réalité originelle et sacrée, la plus naturellement propice à l\u2019amour humain, vu la richesse complémentaire du masculin et du féminin et la fécondité (spirituelle et charnelle) de leur union dans le mariage, le sexe n\u2019a jamais cessé d\u2019occuper la réflexion et souvent l\u2019a déroutée.Aujourd\u2019hui, le péril semble consister dans une « démonisation » du sexe: tentative de réaliser par lui l\u2019aspiration à la transcendance dont les hommes ne sauraient se départir.Mais « l\u2019érôs sans Dieu », affirme l\u2019A., qui rejoint alors la pensée catholique, rompt l\u2019unité du couple, fomente l\u2019égoïsme et l'idolâtrie, aboutit à la haine et à la mort.Ce qu\u2019il y a de discutable dans le fond du développement se rattache à l\u2019idée de l\u2019androgynie primitive et aux observations concernant la polygamie et la prostitution, sans parler, évidemment, des considérations relatives à la Vierge.Nulle agressivité dans la forme, cependant.Son caractère savant réserve cet essai aux lecteurs avertis et cultivés.Joseph d\u2019Anjou.Marcelle AuclaiR: Connaissance de l\u2019amour.\u2014 Paris (8, rue Garancière), Plon, 1960, 304 pp., 20.5 cm.Prix: $2.90.Le nom de l\u2019auteur recommande cet > ouvrage.Destiné aux jeunes filles (Ire partie) et aux femmes (IIe partie), il éclairera maris et garçons, prêtres, religieuses et professeurs d\u2019adolescents.Des contacts directs avec les jeunes fournissent à l\u2019A.une documentation vivante et lui inspirent une sympathie sans faiblesse.Typique, à ce point de vue, le vocabulaire des fréquentations (pp.111-149) que lui permet de dresser sa connaissance des mœurs et des œuvres de la jeunesse actuelle.Dans son livre, peu de théorie, mais quantité de tableaux et de francs conseils.On ne se marie pas « à tout prix » (7).Il faut épouser un adulte (77).L\u2019activité sexuelle n\u2019agit pas comme un remède, la chasteté n\u2019étant pas une maladie (11, 12), quoi qu\u2019en disent les voyous (95).« Liberté » sexuelle signifie esclavage (109), solitude (282) ou désespoir (164).Seuls, les paresseux meurent d\u2019amour (30).Les « petites bandes » de filles sont nocives (37).L\u2019amour commence avec le mariage, exige pour s\u2019épanouir une longue fidélité (168, 175, 185), et doit savoir souffrir (231), sacrifier un plaisir pour protéger le bonheur (248).Qu\u2019on instruise donc les filles, puisqu\u2019il faut à l\u2019épouse et à la mère tant de compétences diverses (243-256) ! Le travail de la mère hors du foyer se justifie souvent (260-266).Mais l\u2019adultère est toujours une imbécillité (280); de même, la prétendue polygamie des hommes est une sottise (281), malgré le mot irréfléchi d\u2019un médecin (53).Il y a des limites aux confidences permises entre époux (289-290).Mais ceux-ci, pourvu que leur amour n\u2019ait pas eu pour principe une foucade ou un accident, ne doivent jamais désespérer de le sauver.L\u2019A.a tort de parler de « contrôle » au sens de « maîtrise », d\u2019identifier pratiquement l\u2019amour avec son expression charnelle, surtout d\u2019employer le mot « besoin » pour appétit ou désir.Mais son vocabulaire sonne juste lorsqu\u2019il exalte la sainteté du lit conjugal, encourage l\u2019information précoce des jeunes par les parents ou, à leur défaut, par des maîtres prudents, et suggère de faire confiance à la jeunesse; car elle est moins coupable que victime d\u2019une société dont l\u2019immoralisme (par le cinéma, les revues, les journaux, les ondes) détraque l\u2019esprit, avilit le cœur.Joseph d\u2019Anjou.Luc ESTANG: Le Bonheur et le Salut.Roman.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 282 pp., 20.5 cm.Après vingt ans d\u2019honnête ménage, .Octave Coltenceau abandonne soudain femme et enfants pour aller vivre au loin avec la toute jeune veuve dont il est épris.Sur cet éternel et archibanal sujet de l\u2019infidélité conjugale, l\u2019auteur a su bâtir un roman d\u2019analyse remarquable.Il montre l\u2019éveil insidieux de l\u2019intérêt entre les futurs amants; la transformation fulgurante de ces simples attentions en passion sourde et impatiente; l\u2019effort velléitaire du mari pour rentrer dans le devoir; la part de responsabilité inconsciente de l\u2019épouse dans la montée de cette flambée amoureuse; la désertion du foyer devenue inévitable; la période d\u2019euphorie et de bonheur inexprimable qui la suit; enfin\u2014sorte de paradoxe\u2014 l\u2019immixtion d\u2019abord imperceptible, puis progressive et finalement souveraine de Dieu dans la trame dorée de cette liaison, enclave spirituelle contrariante mais inéluctable qui, à travers d\u2019autres influences, amène une fin rapide et imprévue.En lisant cette passionnante étude où abondent, sur de graves sujets, les débats nuancés, les adultes comprendront mieux l\u2019emprise tenace de la grâce sur un chrétien convaincu qui s\u2019égare mais qui, au cœur même de ses pires débordements, reste conscient de son péché.Pareil ouvrage ne convient pas aux jeunes.René Daoust, ptre.Presbytère Saint-Vincent-Fèrrier, Montréal.êj\u2018û/wci(u'ie& DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL LIMITÉE 262 OUEST, RUE ST.JACQUES.MONTREAL f - AV.S-722S HX VOTRE SERVICE*4 SUCCESSIONS ET FIDUCIES ADMINISTRATION D'IMMEUBLES FIDUCIAIRES DE FONDS DE PENSIOIS GARDE ET GESTION DE VALEURS PLANS DE TESTAMENTS IMPÔT SUR LE REVEII ETAGERES et MEUBLES D\u2019ACIER Bibliothèques \u2014 Fichiers \u2014 Appuis-livres \u2014 Classeurs pour plans \u2014 Etagères vitrées pour instruments \u2014 Etagères d'entrepôt, etc.M0NTEL INC.Claude ROUSSEAU, prés.C.P.1 300, Montmagny, Que.et 170-180 est, bout Dorchester, suite 109, Montréal, Que.\tUN.1-9151 Estimations fournies sur demande sans obligation.58 RELATIONS NOTES BIBLIOGRAPHIQUES Mgr E.RaNWEZ: Morale et perfection.\u2014 Tournai, De,sciée et Cie, 1959, 246 pp.L\u2019A., qui est moraliste, veut mettre en pleine lumière le rôle libérateur autant qu\u2019exigeant de l\u2019amour, dans la conduite humaine.Il pose la question: peut-on parfois être strictement tenu de suivre un conseil de perfection ?Certains répondent par un « non » catégorique, mais d\u2019autres soutiennent qu\u2019une conscience droite peut être saisie d\u2019une véritable obligation, à propos d\u2019un « conseil ».S.Exc.Mgr Cha-rue, évêque de Namur, qualifie, dans la préface, cet ouvrage de « maître-livre ».A.-M.BESNARD, O.P.: Le Pèlerinage chrétien.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1959, 150 pp.Les pèlerinages reprennent vie dans l\u2019Eglise.Le fait à lui seul est déjà étonnant.Mais que cherchent ces caravanes de pèlerins ?Qu\u2019attendent-ils d\u2019un pèlerinage ?Le pèlerinage est-il une valeur et une signification si intrinsèquement liées à la foi chrétienne qu\u2019un renouveau de cette foi amène une redécouverte du pèlerinage ?L\u2019A.répond oui à cette question et son petit livre apporte les motivations de son oui.Yves M.CONGAR, O.P.: Si vous êtes mes témoins.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1959, 128 pp.Trois conférences faites à des auditoires allemands: 1) Saint-Esprit et esprit de liberté; 2) les laïcs dans l\u2019Eglise, hier et aujourd\u2019hui; 3) les laïcs et la fonction prophétique de l\u2019Eglise.Le lecteur y trouvera un aliment et une impulsion pour sa volonté de service et de témoignage chrétiens.Lacordaire:\tJésus-Christ.Choix de textes précédé d\u2019une étude « La rencontre avec Jésus-Christ » par le P.A.-M.Carré, O.P.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1960, 142 pp.Les plus beaux textes de Lacordaire sur Jésus-Christ, textes tirés de sa correspondance, de ses conférences de Notre-Dame de Paris et de Toulouse, de ses lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne.Dans l\u2019introduction, le P.Carré, en suivant la pensée de Lacordaire, répond à la question: « Qui est Jésus-Christ, et qu\u2019est-ce que ma réponse exige de moi ?» Josse Alzin: La Double Aventure d\u2019Israël.\u2014 Namur (33, rue Emile-Cuve-lier), Editions du Soleil Levant, 1960, 192 pp.L\u2019A.raconte « l\u2019aventure de la Terre promise en six épisodes » et « l\u2019Israël d\u2019aujourd\u2019hui en cinq reportages ».Ouvrage illustré de nombreuses photographies et très sympathique à l\u2019œuvre entreprise par le peuple d\u2019Israël.Edmond FLEG: Petite Histoire de la littérature juive.\u2014 Montréal (493, FÉVRIER 1962 Sherbrooke ouest), Cercle juif de langue française, 48 pp.Cette « petite histoire » est entièrement centrée sur la Bible.Trois parties: 1) la Bible révélée; 2) la Bible continuée; 3) la Bible confirmée.« Cette littérature, plus de trois fois millénaires, dérive presque entièrement du premier livre qu\u2019elle a produit.» Albums Fleurus pour les jeunes Les nouvelles aventures de Sylvain et Sylvestre : Le Locataire de l'arbre creux.\u2014 Les Aventures de Pat et Moune : n° 1.Le Roc de la Morisque.\u2014 Les Aventures du Pompon rouge : n° 1, Le Coffret noir; n° 2, Le Pompon rouge est arrivé.\u2014 Les Aventures de Jim TAstucieux : n° 1, La Ville sans chevaux.\u2014 Pour toi, fillette : n° 1, S.O.S., Pikkolo; n° 2, Enquête à Hambourg.\u2014Paris (31, rue de Fleurus), 1961, 32 pp.chacun, sauf le premier, 64 pp.Albums illustrés et en couleurs qui, sauf le premier où se retrouvent des personnages bien connus, racontent les aventures de nouveaux héros dans le monde de la fiction enfantine.A signaler, les deux albums contenant des romans complets pour les fillettes.Marcel DUCOS : Action missionnaire en quartier ouvrier.\u2014 Paris (29, boul.Latour-Maubourg), Editions du Cerf, 1959, 256 pp.Le P.Lebret, O.P., présente ainsi cet ouvrage dans la préface: « Il ne s\u2019agit pas d\u2019un ouvrage systématique, mais d\u2019une sorte de confession émouvante que beaucoup de clercs auront profit à méditer.Ce travail est tout dominé par la perspective missionnaire, et l\u2019ambition de l\u2019auteur est de la faire percevoir plus nettement par les prêtres de paroisses urbaines comprenant des quartiers ouvriers.» Pierre FOUGYROLLAS: Le Marxisme en question.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1959, 176 pp.Ancien militant du Parti communiste, l\u2019A.remet en cause la doctrine à laquelle il croyait; il remonte à l\u2019intérieur du marxisme pour y chercher les erreurs, les déficiences qui sont à l\u2019origine de la grande crise que traverse le communisme au sortir de la dictature stalinienne.Jean Hubert : D\u2019égal à égal.\u2014- 1961, 46 pp.Etude sur les droits, le rôle, la place et les devoirs des Acadiens dans le milieu biculturel du Nouveau-Brunswick, des Maritimes et du Canada, et de leurs relations avec les autres groupes de la collectivité canadienne-française.C\u2019est au pied du mur qu\u2019on voit le maçon .et c\u2019est à ses travaux qu\u2019on juge une maison spécialisée en chauffage-plomberie, comme la nôtre.Nos travaux ne se comptent plus pour les églises, maisons d\u2019enseignement, hôpitaux, édifices commerciaux et industriels, particuliers.Nos équipes de techniciens et d\u2019ouvriers spécialisés connaissent leur affaire, et leur concours est\u2019apprécié dans les provinces voisines.Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada ooo ooo ooo ooo CHAUFFAGE-PLOMBERIE Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL Lalonde & Valois INGÉNIEURS-CONSEILS 615, rue Belmont, Montréal-3 TOUS LES ACCESSOIRES ELECTRIQUES BEN BÉLAND, pré».JEAN BÉLAND, Ing.P., \u2022\u2022cr.-tri*.(Strictement en gros) « Le temple de la lumière» BÉLAND 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* 59 LE PAPE NOUS PARLE 28 octobre: Allocution à la IX0 Semaine italienne d'Art sacré.\u2014 Le double but de l\u2019art sacré:\tl\u2019édification spirituelle de l\u2019homme et l\u2019harmonieux développement de sa personnalité, conçue comme un tout unique à qui il faut donner valeur et vigueur.3.octobre: Lettre pontificale (par l'intermédiaire de S.Em.le cardinal Amleto Cicognani) au VI0 Congrès national de l'Union des religieuses éducatrices paroissiales, à Paris.\u2014 « Il n\u2019est pas indifférent pour le bien général de l\u2019Eglise, que les femmes appelées par le Seigneur à la vie religieuse et plus spécialement consacrées aux tâches paroissiales entrent pleinement dans les objectifs apostoliques des paroisses auxquelles elles prêtent leur concours.Dans ces conditions, comment le clergé paroissial ne considérerait-il pas la religieuse active comme un élément précieux de la paroisse ?A la tentation parfois rencontrée de ne voir en elle qu\u2019une aide commode pour des tâches secondaires, il faut opposer la conviction quelle est une propagatrice de choix de l\u2019Evangile et qu\u2019elle constitue souvent un relais indispensable entre le pasteur et son troupeau.Pourquoi, dès lors, ne serait-elle pas écoutée dans les conseils où s\u2019organise la pastorale, comme cela arrive déjà en bien des paroisses?Associée aux décisions apostoliques du clergé, elle n\u2019en sera que plus apte à leur donner effet dans l\u2019exercice de ses fonctions d\u2019ordre liturgique, catéchétique, éducatif ou hospitalier.» 2\tnovembre: Lettre pontificale (par l\u2019intermédiaire de S.Em.le cardinal Amleto Cicognani) pour le IIe Conseil international de la J O.C.\u2014 « Quelle tâche exaltante de collaborer à la rédemption de toute la jeunesse travailleuse du monde et de lui révéler, quelle que puisse être sa misère matérielle, morale et spirituelle, l\u2019image du Dieu vivant, Créateur et Rédempteur de nos âmes! » 3\tnovembre: Allocution au Corps diplomatique.\u2014 « Les Pontifes romains, en vertu de leur mission spirituelle, se considèrent comme les gardiens et les promoteurs de toutes les valeurs qui contribuent à l\u2019élévation morale de l\u2019humanité et au règne de la paix dans le monde.C\u2019est vers ce but qu\u2019ils n\u2019ont cessé, au cours de l\u2019histoire, d\u2019orienter leurs propres activités et celles des fils de l\u2019Eglise répandus à travers le monde.Ils agissaient ainsi dans la conscience aiguë qu\u2019ils avaient de l\u2019incomparable dignité de l\u2019homme \u2014 cet être privilégié marqué au front du reflet de la lumière divine \u2014 et dans le désir de l\u2019aider à accomplir sa sublime destinée.» \u2014 Allocution devant 20,000 représentants de VAction catholique et des différentes organisations d'apostolat.\u2014 Le devoir essentiel de l\u2019homme: « Aimer Dieu, le prier, vivre de sa vie au moyen de la grâce.Ne vous laissez pas impressionner par la mentalité du monde qui ne trouve pas la paix parce qu\u2019il ne sait plus prier; mais sachez embaumer toute votre action du souffle animateur de la prière.» 4 novembre: Allocution à l\u2019occasion du troisième anniversaire de son couronnement et de son quatre-vingtième anniversaire de naissance.\u2014 Le don de l\u2019âge doit profiter à la piété.\u2014\u2022 Allocution aux délégations étrangères.\u2014 « Vous donnez ici, Messieurs, une leçon de vraie et authentique concorde, un échantillon de ce que pourrait être l\u2019entente entre les nations.Si la chose est si facile et, pour ainsi dire, naturelle dans ce cadre paisible du Vatican, c\u2019est que le principe qui vous rassemble ici est d\u2019ordre moral et spirituel.Plaise à Dieu que les hommes et les nations, dominant les questions d'intérêts matériels qui les divisent, sachent s\u2019élever de plus en plus vers ces suprêmes valeurs de l\u2019esprit qui les rapprochent et qui seules peuvent les acheminer vers une paix solide et durable.» 7 novembre: Allocution à la réunion plénière de la Commission centrale préparatoire au Concile.\u2014 « Voyez l\u2019attention que les évêques, les prêtres et ceux des laïcs qui partagent leurs labeurs et leurs préoccupations portent à vos travaux.Par le secours de leur prière et la richesse de leurs avis et de leurs suggestions, ils sont ici constamment.» 11\tnovembre: Lettre encyclique pour le quinzième centenaire de saint Léon le Grand.\u2022\u2014- « Le IIe Concile œcuménique du Vatican est imminent.Les évêques étroitement serrés autour du Pontife romain et en communion intime avec lui vont donner au monde entier un spectacle plus éclatant de l\u2019unité catholique.C\u2019est le moment opportun et il sera instructif et réconfortant plus que jamais de rappeler, même brièvement, la haute idée que saint Léon se fit de l\u2019unité de l\u2019Eglise.Ce rappel sera en même temps un acte d\u2019hommage à la mémoire de ce Pontife si sage et, dans l\u2019imminence du grand événement, une pâture spirituelle pour lesfidèles.» 12\tnovembre: Allocution le jour de la béatification du Père Innocenzo da Berzo.\u2014 Allocution à des pèlerins du diocèse de Trévise.\u2014 Nous répétons l\u2019invitation de l\u2019encyclique Mater et Magistra, à savoir que « la doctrine sociale de l\u2019Eglise soit connue, assimilée, traduite dans la réalité sociale.Voilà le devoir qui vous attend: que cette doctrine soit connue, assimilée et appliquée.Connue, par une diffusion à l\u2019aide de tous les moyens modernes; assimilée, par l\u2019éducation des cœurs, afin de fortifier cette conscience chrétienne, qui informe même les activités économiques et sociales de l\u2019homme; et traduite dans la réalité des faits, à travers l\u2019action concordante et généreuse de tous ceux qui ont à cœur le bien-être véritable et durable de la famille humaine, comme de chaque fidèle.Si ces enseignements, après avoir été formulés, demeuraient lettre morte, ce serait là un encouragement donné à ceux qui pensent que l\u2019Eglise est incapable d\u2019apporter une solution aux problèmes les plus ardus de la vie temporelle.Et, en effet, c\u2019est dans la généreuse fidélité des fils que repose l\u2019efficacité d\u2019action de la Mère.» 18 novembre: Allocution lors de la dernière réunion de la Commission centrale préparatoire au Concile.\u2014 « Nous Nous réjouissons également de ce que le public et, en particulier, les journalistes ont suivi vos travaux avec une attention et un respect dignes d\u2019être soulignés.Il est clair que l\u2019on ne doit pas tout publier et qu\u2019il faut entourer d\u2019une discipline de silence les délibérations, surtout en raison du fait que l\u2019Office de Presse du Concile a communiqué chaque jour des renseignements.Mais l\u2019accueil que le public a réservé à ces renseignements est aussi pour sa part un fait oui Nous paraît devoir nous réjouir.» 22 novembre: Allocution aux participants à la IP Conférence de la F.A.O.\u2014 « Nous vous accueillons ici aujourd\u2019hui, chers Messieurs, avec une satisfaction toute particulière, car les nobles buts que poursuit votre Organisation, la F.A.O., méritent l\u2019estime et le respect de tous ceux qui ont vraiment à cœur le bien de leurs frères.Le monde d\u2019aujourd\u2019hui aspire à deux grands biens qui sont la paix et le pain.La paix trouve sa source dans la fidélité de l\u2019homme aux demandes du Pater Noster; celle-ci produit à son tour, comme son fruit naturel, le bien-être que nous savons être le don de la Providence: panem nostrum.da nobis hodie.Et l\u2019on peut dire que l\u2019un entraîne l\u2019autre: car ceux qui travaillent à donner à l\u2019humanité la paix, toujours menacée tant que subsistera le grave déséquilibre économique actuel entre les nations, contribuent par le fait même à procurer du pain aux centaines de millions d\u2019hommes sous-alimentés.» LAVALLÉE, BÉDARD, LYONNAIS,\tGASCON & ASSOCIÉS Comptables agréés\t Hector Lavallée, C.A.\tRomain Bédard, C.A.Roger Lyonnais, C.A.\tLionel Gascon, C.A.Jean Lussier, C.A.\tPaul-L.Noiseux, C.A.Jacques Desmarais, C.A.\tRené Sénécal, C.A.David Crockett, C.A.\tMaurice Saint-Louis, C.A.Marcel Demers, C.A.\tGuy Préfontaine, C.A.Pierre Bedard, C.A.\tPaul Hébert, C.A.André Lussier, C.A.\tRaymond Fontaine, C.A.10 est, rue SAINT-JACQUES\tTROIS-RIVIÈRES MONTRÉAL \u2014Tel.: UN.1-6325\tSHERBROOKE RELATIONS OUVRAGES REÇUS Anonyme: L\u2019Amour qui choisit.Par un Bénédictin et un Chartreux.\u2014 Lyon, Emmanuel Vitte, 1959, 264 pp.ANDRÉ, M.-J.: Equilibre.Fidélité à la nature de la grâce.\u2014 Paris, Editions Alsatia, 1959, 170 pp.Barjon, Louis: Mondes d\u2019Ecrivains.Destinées d\u2019Hommes.\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 318 pp.Barsotti, Divo: Spiritualité de l\u2019Exode.\u2014 Paris, Cahiers de la Pierre-qui-vire, Desclée de Brouwer, 1959, 296 pp.Basetti-Sani, Giulio, O.F.M.: Mohamed et saint François.\u2014 Ottawa, Canada, Commissariat de Terre-Sainte, 1959, 284 pp.Becqué, Louis: Les Trois Mariages.\u2014 Tournai, Etablissements Casterman, 1959, 93 pp.BELTRAO, Pedro Calderan: Vers une politique de bien-être familial.\u2014 Rome, L\u2019Université grégorienne; Louvain, Inst, de Recherches économiques et sociales, 1957, 345 pp.Bosquet, Alain: Deuxième Testament.Poème.\u2014 Paris, Gallimard, 75 pp.CARRIERE, Gaston, O.M.L: Le Roi de Betsiamites: Le Père Charles Arnaud, O.M.I.1826-1914.\u2014 Canada, Les Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1958, 182 pp.CAYRÉ, E.: Saint Augustin et la vie théologale.\u2014 Tournai, Desclée et Cie, 1959, 215 pp.CHAUCHARD, Dr P.: L\u2019Etre humain selon Teilhard de Chardin.\u2014 Paris, Editions J.Gabalda et Cie, 1959, 236 pp.\u2014 La Maîtrise sexuelle.Problèmes de la continence et de l'union réservée.\u2014 Paris, Editions du Levain, 1959, 60 pp.Dehio, Ludwig: Equilibre ou hégémonie de l\u2019Europe d\u2019hier 245 pages.DELHAYE, P., et BOULANGÉ J.: Espérance et Vie chrétienne.\u2014 Tournai, Desclée et Cie, 1957, 317 pp.Desroches, Albert: Jugement pratique et Jugement spéculatif chez l\u2019Ecrivain inspiré.\u2014 Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1958, 148 pp.Duhem, G.; Gros, Georges; Ligier, S.; Rodot, A.; Vregille, B.DE: Saint Claude, Vie et présence.\u2014 Paris, P.Lethiel-leux, 1960, 197 pp.Frankard, Paul: Analyse critique de la notion de validité.\u2014 Louvain, Editions Nauwelaerts, 1958, 140 pp.GARLAND, Peter B.: The Definition of Sacrament according to Saint Thomas.\u2014 Ottawa, The University of Ottawa Press, 1959, 115 pp.Gasnier, Michel, O.P.: Ma confirmation.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator, 1959, 162 pp.Giloteaux, abbé Paulin: Marie, Vierge et Mère.\u2014 Montréal, L\u2019Apostolat de la Presse, 1959, 447 pp.GROUPE DES SEPT, Le: Les Espoirs de la médecine.\u2014 Paris, Editions du Centurion, 1959, 237 pp.Harl, Marguerite: Origène et la fonction révélatrice du Verbe incarné 2.Coll.« Patristica Sorbonensia 2 ».\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1958, 402 pp.Journet, Charles: Entretiens sur la Grâce.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1959, 215 pp.Le Normand, Michelle: Marie-Célina Plourde.\u2014 Montréal, Editions Fides, 1960, 160 pp.Longpré, abbé A.: Exercices spirituels.\u2014 Montréal, Les Editions de l\u2019Atelier, 1957, 304 pp.Malo, A.-M., O.M.L: Le Choc de deux amours.\u2014 Montréal, Editions franciscaines, 1959, 239 pp.MEYENDORFF, J.: Introduction à l\u2019étude de Grégoire Pala-mas.Coll.« Patristica Sorbonensia 3 ».\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1959, 422 pp.Pucelle, Jean: Le Règne des fins.\u2014 Paris, Emmanuel Vitte, 1959, 455 pp.Régnier, Paule: Lettres.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1955, 240 pages.SOCIÉTÉ CANADIENNE D\u2019Etudes MARIALES: La Maternité spirituelle de la bienheureuse Vierge Marie, I, II.Journées d\u2019études (Sherbrooke) 19-20 octobre 1956, (Ottawa) 28-29 septembre 1958.\u2014 Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1958, 180 et 178 pp.Thierry, Solange: Madagascar.Coll.« Petite planète ».\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 192 pp.Thomas d\u2019Aquin, saint: Le Gouvernement divin.Tome premier.Traduction française par C.-V.Héris, E.P.\u2014 Paris, Editions du Cerf, Desclée & Cie, 1959, 300 pp.Van de Winckel: De l\u2019inconscient à Dieu.\u2014 Paris, Editions Montaigne, 1959, 221 pp.Verneaux, Roger: Problèmes et Mystères du mal.\u2014 Paris, P.Téqui, 1956, 202 pp.CIGARETTES EXPORT BOUT UNI OU FILTRE ¦\tUN CAPITAL À VOTRE DISPOSITION ¦\tDES REVENUS POUR LA RETRAITE ¦\tPROTECTION AU DÉCÈS L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIENNE 1344 est, rue Sherbrooke, Montréal LA.1-3698-3847 Complétez ce\tSans obligation de ma part, coupon et\tveuillez me donner des mettez-le à la\tdétails complets sur les points ci-dessus.poste, ou bien écrivez ou\tNom \t téléphonez pour de plus\tAdresse \t amples renseignements.\tVille \t mm Le joyeux accueil réservé au père qui rentre du travail.le sourire lumineux des êtres qui lui sont chers.la légitime fierté de pourvoir aux besoins d\u2019une famille heureuse.la douce perspective d\u2019une soirée de détente \u2014 autant de petites et de grandes joies qui se répètent jour après jour! U art de vivre \u2014 de bien vivre, de vivre heureux \u2014 est à la portée de tous et de chacun.Le sens aigu de ses responsabilités et le souci du bonheur des siens incitent le chef de famille à faire régner dans son foyer un climat d\u2019harmonie et de sobriété.un peuple sobre est un peuple fort COMITÉ D'ÉTUDE ET D'INFORMATION SUR L'ALCOOLISME DE LA PROVINCE DE QUÉBEC "]
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