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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1962-06, Collections de BAnQ.

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[" JUIN 1962 N» 258 wm REVUE DU MOIS CHINOIS ET MONTRÉAL Ll LIBERTÉ DE RELIGION II John Courtney MURRAY Transports et télécommunications au Nouveau-Québec Michel BROCHU La motion Prévost Le prix de dialogue Des élections, pour quoi faire ?Médecine et morale du mariage 50fi SOMMAIRE juin 1962 Éditoriaux.149 Chinois et Russes.\u2014 Des élections, pour quoi faire?\u2014 A propos de la motion Prévost sur l'école.Articles La liberté de religion \u2014 II.John Courtney Murray 151 Le prix de dialogue.Georges Robitaille 154 Horizon international.Joseph Ledit 156 Au service du français: « Charabia contemporain ».J.d\u2019Anjou 158 Transports et télécommunications dans le Nouveau-Québec \u2014 I.Michel Brochu 159 Le théâtre.Georges-Henri d\u2019Auteuil 162 Lecture du mois: Médecine et morale du mariage.Joseph d\u2019Anjou 174 Au fil du mois.165 L\u2019Europe de demain.\u2014 Le tricentenaire de la mort de Pascal.\u2014 Qui souffre de négativisme et de peur ?\u2014 L\u2019œcuménisme du diable.\u2014Au delà de « Bousille » et des « Insolences ».Avec ou sans commentaire.167 Mon prochain qui meurt de faim.\u2014 L\u2019école laïque: l\u2019expérience européenne.\u2014 La motion Prévost sur l\u2019école.Les livres.169 Le pape nous parle.175 Notes bibliographiques.176 ^\\Ql4ALE D'fq S,.Jacques, Montréal ouest, rue ^\u201cPROTECTION DE LA FAMILLE\u201d^ \u2022\tUne seule police protège toute la famille ! \u2022\tLe plan moderne que les familles attendaient ! \u2022\tBeaucoup plus de protection pour un prix vraiment réduit ! Bureaux à : MONTRÉAL \u2014 JOLIETTE \u2014 SAINT-JEAN QUÉBEC \u2014 SHERBROOKE \u2014 OTTAWA J\\elationâ REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs : Luigi d\u2019Apollonia (Vie religieuse et Politique internationale), Jacques Cousineau (Vie ouvrière), Joseph-H.Ledit (Horizon international).Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Robert Bernier, Irénée Desrochers, Gérard Hébert.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Administrateur : Albert Plante.Tirage : Clarence Dontigny.Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 Publicité: Robert Dumouchel du Service de Publications Seg, Limitée, 3305, rue Masson, Montréal-36, RAymond 5-2491.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.¦\tUN CAPITAL À VOTRE DISPOSITION ¦\tDES REVENUS POUR LA RETRAITE ¦\tPROTECTION AU DÉCÈS L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIENNE 1344 est, rue Sherbrooke, Montréal LA.1-3698-3847 Complétez ce coupon et mettez-le à la poste, ou bien écrivez ou téléphonez pour de plus amples renseignements.Sans obligation de ma part, veuillez me donner des détails complets sur les points ci-dessus.Nom .Adresse .Ville . XXIIe année N° 258 Juin 1962 MONTRÉAL cJLitotiauy.-T Chinois et Russes TL EST AMUSANT d\u2019entendre les mêmes idéalistes -*¦ qui accueillirent la révolution chinoise comme une « réforme agraire », la reconnaissance diplomatique de Pékin comme un moyen de détacher la Chine rouge de l\u2019U.R.S.S., le « grand bond en avant » comme un modèle pour le tiers-monde asiatique, nous parler maintenant de rupture entre Chinois et Russes, Mao étant un communiste beaucoup plus stalinien qu\u2019on ne le croyait, et Krouchtchev un communiste beaucoup plus libéral qu\u2019on ne pouvait l\u2019espérer.Rupture est un bien grand mot.Il fait manchette.A vrai dire, la querelle ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui, et remonte au moins à 1956.Il est assez facile de dégager les raisons et les sujets pour lesquels Chinois et Russes se traitent, avec peu de gentillesse, de « dogmatistes » et de « révisionnistes ».Plus proches de ses origines révolutionnaires, la Chine rouge, dit-on, est plus impatiente d\u2019accélérer le mouvement de l\u2019histoire que l\u2019U.R.S.S.Vraie, si l\u2019on veut, cette réponse ne va pas très loin, même si on y joint les ressentiments entre Blancs et Jaunes, plus ou moins spontanés, cultivés et exploités.L\u2019opposition des intérêts et des préjugés nationalistes, la gloire indivisible de la première place, l\u2019orgueil des personnages ou leur petite vanité, les désaccords sur les calculs stratégiques sont des explications plus complètes.Il est vrai également qu\u2019on ne peut considérer la Chine rouge comme un simple satellite de l\u2019U.R.S.S.puisque Mao ne doit pas à l\u2019Armée rouge d\u2019occuper son rang.Au dernier Congrès du communisme international tenu à Moscou, la photographie de la Pravda montrait les deux Grands assis alors que tous leurs petits frères se tenaient debout.Mais si l\u2019U.R.S.S.doit tenir compte d\u2019un rival, elle sait que l\u2019ivresse du commandement suprême ne se règle pas en disposant deux chaises hiérarchiquement.Pékin, pour devenir la capitale de l\u2019orthodoxie communiste, doit d\u2019abord, sur le plan économique, résoudre le très grave problème de son infériorité; sur le plan national, éliminer le régime de Tchang; sur le plan militaire, devenir une puissance nucléaire: autant d\u2019objectifs qu\u2019il lui est impossible d\u2019atteindre, d\u2019ici bien des années encore, sans l\u2019aide de Moscou.Mais n\u2019y aurait-il pas une explication encore beaucoup plus simple et qui tient compte de tous ces facteurs vraisemblables: la diversité même des esprits et des tempéraments ?Dans le parti communiste, des divergences d\u2019école ont toujours existé entre gauche, centre et droite.Chinois et Russes se querellent comme, jadis, bolchéviks et menchéviks, stalinistes et trotskystes.Ces divergences n\u2019ont, en fait, cessé sous le terrorisme total de Staline que pour reprendre de plus belle dès que le droit de respirer \u2014 à l\u2019intérieur du parti, bien entendu \u2014 eût été laissé aux dirigeants communistes.Quoi qu\u2019il en soit, plus important pour nous est le fait que Chinois et Russes se rejoignent autour de deux données essentielles, l\u2019une théorique qui est le matérialisme dialectique de l\u2019histoire, l\u2019autre stratégique qui est la lutte contre le « capitalisme impérialiste » camouflée sous la politique de coexistence pacifique, avouée avec la théorie de l\u2019inévitabilité d\u2019un conflit.Les Ilyoutchines ne ravitaillent-elles pas les communistes laotiens, et l\u2019U.R.S.S.n\u2019appuie-t-elle pas les revendications coloniales de l\u2019Indonésie en Guinée?C\u2019est pourquoi, même si une vraie réconciliation entre Mao et Krouchtchev semble peu probable, il est non seulement exagéré mais dangereux pour leur ennemi commun de parler de rupture là où les mots querelle, dissension, désaccord suffisent amplement.JUIN 1962 149 Des élections9 pour quoi faire ?SI GRANDE est actuellement la confusion dans le domaine de la politique fédérale que beaucoup de citoyens en sont rendus à se demander sérieusement: des élections, pour quoi faire?Le choix, disent-ils, se fera entre ces frères jumeaux que sont nos deux partis traditionnels; or l\u2019un, autrefois agressif et plein d\u2019ardeur dans l\u2019opposition, hésite, louvoie et flotte depuis qu\u2019il est au pouvoir, tandis que l\u2019autre, maintenant qu\u2019il constitue l\u2019opposition, nous promet sans vergogne tout ce qu\u2019il nous a continuellement refusé durant les vingt-deux ans qu\u2019il a gouverné le pays.Y a-t-il là de quoi passionner l\u2019électorat ?Et cependant les prochaines élections sont non seulement utiles, mais nécessaires, et les électeurs canadiens auraient grandement tort de ne pas les prendre au sérieux.Le mandat du gouvernement actuel remonte à 1958; il lui fut confié à propos de problèmes et à la suite de promesses qui datent aussi de 1958.Depuis ce temps la situation du pays a évolué, mais pas celle des partis à Ottawa.Les conservateurs jouissent toujours de leur énorme majorité, alors que les libéraux et les deux autres partis sont sous-représentés.C\u2019est pourquoi, entre le pays et les partis, une nouvelle confrontation s\u2019impose en vue de réajuster les seconds au premier.Une population qui vit en 1962 ne peut se contenter indéfiniment d\u2019une représentation établie en 1958.Il est temps que s\u2019opère un « réaccordement » des partis au pays: ainsi le veut la justice démocratique.C\u2019est au peuple de juger si, à propos des problèmes et à la suite des promesses de 1962, le parti au pouvoir mérite d\u2019y rester \u2014- et avec quelle majorité \u2014, ou d\u2019être remplacé par un autre qui aura mieux saisi le sens profond de la volonté populaire.Son rôle, le 18 juin, est de toute première importance: par son vote, ce jour-là, il décidera, pour une bonne part, de la politique canadienne de demain.Des élections, pour quoi faire ?Pour donner aujourd\u2019hui au peuple un gouvernement qui lui soit mieux ajusté, un Parlement plus représentatif des tendances actuelles et une politique mieux accordée, si possible, à sa volonté profonde de progrès, de liberté, de prospérité et de paix.A propos de la motion Prévost sur Vérole A L\u2019ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE, le 9 mai dernier, M.Yves Prévost a présenté une motion qui constitue une prise de position nette sur l\u2019orientation à donner à notre système scolaire, dans son esprit et dans ses structures (voir plus loin, p.168).Cette motion nous paraît exprimer les sentiments actuels profonds de la population canadienne-française, et aller aussi loin que l\u2019on peut présentement en réponse aux revendications des partisans de l\u2019école neutre.A ce sujet qu\u2019il nous soit permis de rappeler les propositions suivantes : 1.\tNi les principes que nous défendons ni les faits de l\u2019heure présente n\u2019exigent soit l\u2019abandon, soit la transformation radicale de notre système confessionnel ; 2.\tTant les principes que nous défendons que les faits de l\u2019heure présente demandent que place soit faite, au sein de notre système scolaire, à des écoles non confessionnelles là où un nombre suffisant de parents les exigeront pour leurs enfants; 3.\tLes transformations nécessaires à cet égard doivent commencer par le bas et atteindre graduellement le haut, et non pas vice versa; 4.\tLa majorité chrétienne a au moins autant droit à ses écoles que la minorité non chrétienne aux siennes: il faut donner satisfaction à cette dernière sans porter atteinte aux droits stricts de la première, autrement c\u2019est s\u2019engager, consciemment ou non, dans l\u2019injustice et, par conséquent, dans la guerre scolaire; 5.\tLe plus tôt on aura, à ce problème, trouvé et appliqué une solution concrète qui tienne compte des droits de toutes les parties en cause, le mieux sera pour la communauté canadienne-française: des tâches si urgentes et si nombreuses la réclament que, pour elle, il serait criminel de gaspiller ses forces en querelles intestines, alors qu\u2019il lui faut le concours de tous et de chacun pour reconquérir sa liberté et bâtir son avenir.COMMENT PROMOUVOIR L\u2019UNITÉ CHRÉTIENNE Voici huit principes d\u2019action pour promouvoir l\u2019unité chrétienne que, dans sa lettre pastorale du Carême, S.Exc.Mgr J.C.Heenan, archevêque de Liverpool, en Angleterre, vient de recommander aux fidèles de son diocèse.1.\tN\u2019accusez jamais de mauvaise foi les chrétiens non catholiques.Dieu nous juge les uns les autres.Présumez toujours que les fidèles d\u2019une autre confession sont dans leurs convictions au moins aussi sincères que nous-mêmes.2.\tGardez toujours votre calme lorsque les ignorants attaquent ce qu\u2019ils tiennent à tort pour la doctrine catholique.3.\tSoyez prêts à répondre à toute question sur votre foi, mais ne discutez jamais si vous êtes incapables de garder votre sang-froid.4.\tDevant un interlocuteur non catholique, ne prétendez jamais, en imaginant lui être agréable, que les différences doctrinales sont sans importance.Ce serait malhonnête et contraire à la vérité.5.\tNe niez pas que l\u2019Eglise catholique se déclare la seule véritable Eglise.Mais ne prétendez pas que seuls les catholiques peuvent être vraiment chrétiens.C\u2019est non seulement faux, mais absurde.6.\tLa charité chrétienne n\u2019exige pas que nous participions au culte d\u2019autres confessions, mais ne soyons pas plus catholiques que le Pape.Nous pouvons réciter publiquement avec d\u2019autres chrétiens le Notre Père et le Symbole des Apôtres.Nous pou- vons aussi prier avec eux en privé.C\u2019est autre chose que de participer à un culte public auquel nous ne croyons pas.7.\tCollaborez avec les non-catholiques pour le bien de l\u2019ensemble de la communauté.Les catholiques doivent donner l\u2019exemple d\u2019esprit civique dans les services sociaux, les syndicats et les partis politiques.8.\tTout en travaillant à l\u2019unité chrétienne, n\u2019oublions jamais que nous avons pour devoir d\u2019amener tous les hommes à la connaissance de la vérité.Souvenons-nous que la tragédie de l\u2019Angleterre n\u2019est pas que de nombreux chrétiens ne soient pas catholiques, mais que tant de citoyens soient sans religion.150 RELATIONS LA LIBERTE DE RELIGION - Il La perspective catholique John Courtney MURRAY, S.J.IE PROBLÈME DE LA LIBERTÉ DE RELIGION n\u2019est pas simple.Il est même très compliqué.Pour nous guider, nous avons heureusement une idée claire et fondamentale.Ce fil d\u2019Ariane, le voici: l\u2019homme est libre d\u2019aller à Dieu, son Bien suprême, mais par le moyen que Dieu lui-même a voulu qu\u2019on parvienne à Lui.C\u2019est Dieu, en effet, qui trace le chemin de la terre au ciel, et si l\u2019homme est libre de l\u2019emprunter, il n\u2019est pas libre d\u2019en tracer un autre.Telle est la vérité inaltérable qu\u2019il ne faut jamais perdre de vue.I.\u2014 LA PERSPECTIVE SURNATURELLE Prenons bien garde de donner la moindre prise à une conception individualiste de la religion.L\u2019homme ne se sauve pas par ses propres forces; il en est totalement incapable.Et il ne se sauve pas non plus d\u2019une manière purement « spirituelle ».Il suffit de se rappeler le cri d\u2019émerveillement de saint Paul: « Il m\u2019a aimé et s\u2019est livré pour moi.» Au fond, tout est là: la vérité éblouissante du plan rédempteur et l\u2019inimaginable initiative du Dieu des miséricordes.En vérité, chacun d\u2019entre nous est un être unique et à part.Chacun est irremplaçable dans la magnifique unité réelle et concrète du genre humain.Chacun, en particulier, est l\u2019objet, une fois fixé pour toutes, de l\u2019intention créatrice de Dieu et de l\u2019action rédemptrice du Christ.Chacun est appelé à s\u2019unir indissolublement à Dieu et à ses saints selon un degré de gloire qui lui est propre et qu\u2019il mérite sous la gouverne et la garde d\u2019une providence distincte, à l\u2019œuvre au sein de la volonté salvifique et universelle de Dieu.La volonté dernière de Dieu est de voir l\u2019amour singulier qu\u2019il a pour chacune de ses créatures rachetées se consommer dans l\u2019ordre de la vision béatifique en considération de laquelle toutes choses ont été créées.Bref, Dieu veut sauver les hommes: « Il m\u2019a aimé, il s\u2019est livré pour moi.» Pareillement, la volonté de Dieu, révélée par le Christ et manifestée au monde par l\u2019Église, est que l\u2019homme commence le travail de sa sanctification dès ici-bas, à l\u2019intérieur de l\u2019unique Temple du Saint-Esprit, de l\u2019unique Maison de Dieu, de l\u2019unique Corps du Christ, du seul Troupeau de l\u2019unique Pasteur \u2014 société visible et hiérarchique où une voix vivante enseigne, des pasteurs humains gouvernent, des sacrements donnent la vie.Œuvre de la sagesse et de la volonté de Dieu, cette économie de la grâce est admirablement accordée à la condition de l\u2019homme et à ses servitudes terrestres.Et de même que Dieu, par Jésus-Christ, a institué et rendu obligatoire cette économie, de même Il veille sur elle et sur tous ses éléments visibles et institutionnels jusqu\u2019à la consommation des siècles.Cette économie, toutefois, ne durera pas sans fin.Elle est de ce monde et dans ce monde, et disparaîtra avec le monde.Les jours de l\u2019Église visible et hiérarchique sont littéralement comptés.Quand leur nombre d\u2019or sera atteint et le rôle du temps fini, alors, sur une terre nouvelle et sous des cieux nouveaux sans aurore ni crépuscule se lèvera un éternel aujourd\u2019hui.Le magistère de l\u2019Église, la hiérarchie de juridiction, le régime des sacrements s\u2019évanouiront.Au ciel, il n\u2019y aura plus qu\u2019un seul magistère: celui de l\u2019Intelligence divine vue maintenant à découvert; qu\u2019une hiérarchie: celle de la sainteté; qu\u2019un seul sacrement: celui de l\u2019humanité glorieuse de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.Bien sûr que l\u2019Église est une société parfaite, d\u2019origme et de droit divins, mais elle n\u2019a pas été fondée pour se sauver elle-même: elle a été fondée pour sauver les hommes.Sa finalité est ici-bas.Il ne faudrait pas conclure de là à une fausse séparation entre l\u2019Église juridique et l\u2019Église de charité dans l\u2019économie présente du salut puisque le corps du Christ est un, à la fois communauté mystique de l\u2019Esprit et communauté juridique, ces deux « vies » n\u2019en faisant qu\u2019une seule comme l\u2019âme et le corps ne constituent qu\u2019une seule vie humaine.Ce que nous avons dit nous permet, cependant, de dégager le point de vue où se place le catholique, et les horizons qu\u2019il découvre.En ce qui a trait à notre problème, il voit qu\u2019une seule chose importe souverainement ici-bas: que l\u2019homme soit libre d\u2019accéder à la place que Dieu lui a préfixée dans l\u2019éternelle hiérarchie des saints.Tout l\u2019ensemble de ce qu\u2019on appelle « l\u2019action institutionnelle » de l\u2019Église, que ce soit son action dans le domaine spirituel ou son action dans le domaine temporel, n\u2019a pour unique objet, en fin de compte, que de protéger, soutenir, accroître, épanouir la liberté de l\u2019homme, pèlerin de l\u2019Éternel.Les apparences peuvent, sans doute, tromper, mais celui qui voudra prendre la peine de réfléchir se rendra compte que la théologie ne s\u2019intéresse au problème de l\u2019Église et de l\u2019État que pour cette seule raison qu\u2019il y va de la liberté de la personne humaine, de son droit en tant que chrétien et en tant que citoyen de vivre en paix dans la Cité de Dieu et dans la Cité des hommes, et d\u2019aller droit son chemin vers Dieu.L\u2019enseignement JUIN 1962 151 de Léon XIII, qui a recueilli les courants de la pensée catholique sur le sujet, n\u2019a jamais prétendu autre chose.A l\u2019instar de ses prédécesseurs et de ses successeurs sur la chaire de Pierre, il se porta à la défense des « droits de l\u2019Église » et lutta pour l\u2019établissement de vraies relations juridiques entre le Saint-Siège et le pouvoir séculier.C\u2019était là, pour ainsi dire, un combat de surface, mais important et souvent très acharné parce que l\u2019enjeu, en dernière analyse, portait sur la suprême valeur humaine, je veux dire sur la liberté de l\u2019homme d\u2019aller au Père par Jésus-Christ dans l\u2019Esprit Saint et dans l\u2019Église, et dans une société temporelle; sur la liberté de vivre cette vraie vie, personnelle et sociale, religieuse et terrestre, qui est le commencement de la vie éternelle.Le catholique est habitué à juger les choses sous ce jour.Il voit l\u2019Église de l\u2019intérieur et communie à ses intentions profondes en dépit de tous les remous qui agitent la surface des événements et qui ne sont que l\u2019écume des choses.Il lui arrivera, certes, d\u2019être déconcerté, parfois même d\u2019être dérouté par une décision épiscopale ou une démarche vaticane.Alors, surgiront les controverses, mais entre des hommes qui professent avec une égale sincérité la même foi.Et, quoi que puissent penser les fidèles de la sagesse pratique de telle ou telle « action institutionnelle » passée ou présente, universelle ou diocésaine, ils ne seront nullement enclins à s\u2019égarer sur les fins ultimes de l\u2019Église ni à supposer qu\u2019elle poursuit autre chose que le « bien des âmes », comme on dit, de toutes les âmes, catholiques ou non, les intérêts de la personne et le progrès de l\u2019humanité pérégrinant à travers le temps vers la Demeure permanente que lui a préparée le Christ.En dehors de ces intérêts qui s\u2019identifient avec le but même de la Rédemption, l\u2019Église n\u2019a aucun autre « intérêt institutionnel ».II.\u2014 LA PERSPECTIVE NATURELLE Je crois qu\u2019une remarque préliminaire est de mise ici.La structure de la solution catholique au problème de la liberté religieuse se conforme, avons-nous dit, à la structure même du problème que personne n\u2019est libre de modifier comme bon lui semble.Ce problème concerne essentiellement la loi naturelle, une théologie de l\u2019Église, une philosophie politique.En dehors de là, il est vain de vouloir chercher une solution; la pensée protestante, si elle tient à être articulée et cohérente, devra nécessairement bâtir sur ces éléments positifs.Comment, en effet, prendre au sérieux une solution qui reposerait sur des normes empiriques ou émotionnelles, ou encore une réponse qui flotterait dans les nuages, soutenue là par un assemblage d\u2019axiomes plus légers que l\u2019air ?Par bonheur, il n\u2019en est pas ainsi.Mais, par malheur, nos théologies de l\u2019Église divergent et s\u2019opposent.D\u2019où la nécessité de nous rejoindre sur un autre terrain.Or, ce terrain existe.C\u2019est celui de la loi morale et de la philosophie politique, l\u2019une et l\u2019autre fondées en raison; l\u2019une et l\u2019autre, partage de tous; l\u2019une et l\u2019autre, pierres d\u2019attente d\u2019une théologie de l\u2019Église, puisqu\u2019il est vrai que la foi ne détruit pas la raison mais la surélève et la couronne.Sur ce plan, les familles religieuses différentes peuvent tomber d\u2019accord.D\u2019ailleurs, une raison majeure les presse de définir une position commune.Quelle catastrophe, en effet, si profitant de nos polémiques turbulentes autour du problème de la liberté de religion, nos adversaires mutuels allaient régler la question à leur manière, en vidant l\u2019idée de liberté religieuse de tout contenu moral ou en la détruisant.Il ne sert à rien de se le cacher: une menace grave et précise pèse sur notre société, et tous nos efforts conjoints ne seront pas de trop pour y parer.D\u2019un côté, il y a le laïcisme pour qui la liberté de pratiquer la religion se réduit à la liberté de s\u2019affranchir de la religion, et qui est particulièrement dangereux en ce qu\u2019il rejette tout rapport entre les domaines de Dieu et de César.D\u2019un autre côté, il y a le totalitarisme qui étouffe brutalement la religion et la remplace par le culte monstrueux de l\u2019État absolu.Une prise de position commune contre ces deux ennemis communs est une des grandes tâches de notre temps.Elle se fondera sur la raison et le droit naturel, définissant la nature de la conscience et la nature de l\u2019État, ayant pour objet le bien commun de tous et de chacun.Toutefois, même à nous en tenir à ce plan, il sera nécessaire, ne fût-ce que pour éviter d\u2019interminables discussions et de nouveaux malentendus, d\u2019aborder le problème de la liberté de religion par le versant abrupt et abstrait de la philosophie morale, et de construire rigoureusement notre réponse avec les seuls matériaux et les seules conclusions que justifie la pure raison.Ceci veut dire que nous ne nous laisserons pas entraîner à discuter de la situation en Espagne ou aux États-Unis, de la liberté religieuse au xve ou au XIXe siècle.Nous ferons porter notre réflexion uniquement sur la liberté religieuse, prérogative de l\u2019homme en tant qu\u2019homme.Ceci veut dire également que nous prescinderons de l\u2019histoire sainte, des « choses merveilleuses » et des « choses terribles » de Dieu dont parle le psalmiste, et de toutes les réalités de l\u2019ordre surnaturel enseignées par la Révélation et connues par la foi.En particulier, il ne sera question ni de Jésus-Christ, ni de sa mission, ni de sa doctrine, ni de son Église: son autorité, son sacerdoce, ses sacrements, ses Écritures, son droit.Nous nous trouverons ainsi avec notre seule raison face à face avec l\u2019homme considéré en tant qu\u2019homme et non en tant que chrétien.Or dans cet ordre, il existe encore une seule vraie religion.Son credo, cependant, ne comprend que ces vérités sur Dieu et sur l\u2019homme que la raison peut découvrir à partir de la connaissance de l\u2019univers: l\u2019existence de Dieu, Être personnel, Auteur de toutes 152 RELATIONS choses, Perfection infinie, Providence du monde et surtout de l\u2019homme dont II est la fin dernière et le bien suprême.Le code moral de cette religion embrasse seulement ces normes et régulations de la loi naturelle qui concernent les devoirs essentiels de l\u2019homme envers Dieu, envers son prochain et envers lui-même.Cette loi morale est manifestée à l\u2019homme en tant qu\u2019homme par la lumière de sa conscience.Dans cet état de pure nature, les associations religieuses ont leur place.Toutefois, ces associations seraient strictement volontaires, et ne devraient leur existence, leur constitution, la définition de leurs fins qu\u2019à la seule volonté humaine.Elles seraient susceptibles d\u2019être modifiées, et l\u2019homme libre de s\u2019y inscrire ou de s\u2019en retirer selon son bon plaisir.A vrai dire, il n\u2019existerait dans cet ordre que deux sociétés naturelles et, par conséquent, que deux sociétés nécessaires: la société familiale et la société civile, deux moyens communautaires et deux milieux à travers lesquels l\u2019homme, par une exigence inhérente à sa nature, poursuivrait sa perfection d\u2019être rationnel et humain.Il suit de là qu\u2019il n\u2019y aurait que deux autorités morales jouissant du pouvoir d\u2019imposer des obligations en conscience: l\u2019autorité des parents dans la communauté domestique, et l\u2019autorité civile dans la communauté politique.Cette dernière prévaudrait sur la conscience individuelle, mais uniquement dans son ordre, c\u2019est-à-dire dans la sphère de la vie sociale et en vue du bien commun.Dans cet ordre, l\u2019individu serait tenu en conscience d\u2019obéir aux lois justes et à coopérer au bien commun.En même temps, l\u2019autorité civile et la communauté organisée dont elle est le principe directeur seraient elles-mêmes sujettes à la souveraineté de Dieu et tenues à conformer toutes leurs décisions et toutes leurs actions à la loi morale.Voilà brièvement résumé ce que serait un univers religieux et moral, compte tenu de la seule raison et abstraction faite de la Révélation.C\u2019est un monde irréel, mais en ce sens seulement qu\u2019il ne correspond pas complètement à l\u2019ordre dans lequel l\u2019histoire de l\u2019humanité se déroule présentement.En lui-même il a pleine valeur, et tout ce que nous en pourrons déduire au sujet de la liberté religieuse aura également pleine valeur et subsistera, n\u2019ayant qu\u2019à être complété par les conclusions qu\u2019apporte la Révélation.Si les conclusions qu\u2019impose la pure raison dérivent, en effet, de la nature même de l\u2019homme, la nature de l\u2019homme, elle, n\u2019a pas été détruite mais parfaite par son élévation à l\u2019ordre surnaturel.Situant donc notre problème dans l\u2019ordre de la pensée pure, nous trouvons les éléments suivants que nous pouvons disposer en un diagramme qui esquisse la structure interne du problème.f-DIEU y la loi naturelle->-la loi humaine y\t.y la conscience la conscience y\ty la personne humaine libre la société organisée la vie morale y >|r la vie sociale la vie droite personnelle sociale ^y o y L^éternelle béatitude avec DIEU Au cœur du schéma se trouve la personne humaine, membre d\u2019une société organisée.Le problème lui-même consiste à déterminer les prérogatives et les droits positifs dont jouit l\u2019homme en tant qu\u2019il est une personne créée à l\u2019image de Dieu (être raisonnable et agent libre), destinée à la « vie droite » sur terre (personnelle et sociale) et à la béatitude supra-temporelle sous la direction, d\u2019une part, de l\u2019autorité et de la loi de Dieu, d\u2019autre part, de l\u2019autorité et de la loi civile, les deux lois étant connues de l\u2019homme par l\u2019intermédiaire de sa conscience.Parmi ces prérogatives de l\u2019homme, la plus glorieuse et la plus dangereuse est celle de la liberté.Entre la liberté et la loi, il existe une relation foncière.La liberté n\u2019est pas la négation de la loi; ni la loi, la répression de la liberté, comme un vain peuple est trop souvent porté à le croire.Les deux vont de pair et ne se comprennent que l\u2019une par l\u2019autre.Ce sera l\u2019objet de notre prochain article.EN BREF \u2022\tS.Exc.Mgr Tulio Botero-Salazar, archevêque de Medellin, en Colombie, a prescrit que la doctrine sociale chrétienne serait désormais une branche d\u2019enseignement obligatoire dans tous les établissements catholiques d\u2019éducation de son diocèse.\u2022\tS.Em.le cardinal Wyszynski, primat de Pologne, a dénoncé les journalistes qui se font du capital politique en attaquant JUIN 1962 le clergé: « La presse polonaise, a-t-il déclaré, jette de la boue sur nos prêtres, mais dans les moments difficiles de l\u2019histoire du pays, il n\u2019y avait ni gouvernement, ni ministres, ni Parlement, mais seulement ces prêtres qu\u2019aujourd\u2019hui on offense, on humilie et on ridiculise.Ils partageaient les souffrances du peuple qu\u2019ils suivaient dans les prisons ou en Sibérie.» \u2022 Dans la conclusion de son rapport sur l\u2019année mondiale du réfugié, M.Félix Schnyder, haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a déclaré: « Le pape Jean XXIII peut à bon droit être considéré comme l\u2019aide et le sauveur de nombreux réfugiés devenus apatrides.Sa noble intervention a presque doublé le fonds d\u2019aide aux réfugiés.» Le Vatican est en effet le seul État qui ait remis aux Nations Unies la recette intégrale de l\u2019émission des timbres « Année mondiale du réfugié », sans même retenir le montant des frais d\u2019émission.Le Saint-Siège a versé ainsi 460,000 dollars, ce qui représente un montant presque égal à la contribution versée par les soixante-douze pays qui ont également émis des timbres à cette occasion.153 LE PRIX DE DIALOGUE Georges ROBITAILLE, S.J.IL EST DOMMAGE qu\u2019il n\u2019y est pas, parmi les prix distribués aux journalistes, de prix de dialogue, car la réussite est rare et méritoire.Aussi faut-il saluer comme un événement l\u2019ouvrage du Frère André-Hector Parenteau, I.C., Les Robes noires dans l\u2019école, paru avec le sous-titre: « Dialogue avec André Lussier ».Les deux interlocuteurs, en effet, s\u2019y font entendre au grand avantage du lecteur.Nous pouvons ainsi confronter leurs positions, revenir sur les passages mis en cause et nous entraîner nous aussi au dialogue, c\u2019est-à-dire « à faire route ensemble » avec l\u2019un et avec l\u2019autre.Ils se sont affrontés, chacun a exprimé franchement et fermement sa pensée, et ils se sont quittés dans l\u2019amitié, plus près l\u2019un de l\u2019autre qu\u2019ils l\u2019étaient à leur rencontre, ce qui les honore tous les deux.L\u2019entreprise s\u2019annonçait pleine d\u2019embûches: la question de l\u2019école confessionnelle engage des principes essentiels, touche des situations établies, émeut les passions les plus profondes et les plus aveuglantes, les passions religieuses.Elle s\u2019est trouvée ici jetée devant l\u2019opinion au hasard des faits divers, dans un climat de « suspicion et de délation » (V.Barbeau), le Mouvement laïque de Langue française faisant boule de neige de tous les mécontents du régime actuel : catholiques, protestants, juifs, agnostiques, néo-canadiens, etc., pour mener une campagne assez équivoque par suite des contradictions qu\u2019il laissait s\u2019exprimer dans son sein.C\u2019est dans ce climat que M.André Lussier prononça sa leçon \u2014 communication au 2e congrès du Mouvement laïque.Il entendait faire œuvre de savant, sans être trop sûr cependant d\u2019échapper à l\u2019embrigadement.Exploitée par le Mouvement et par la presse friande de sensation, sa communication a reçu depuis deux retouches et elle en mériterait sans doute une troisième au gré du Frère Parenteau, et peut-être de M.Lussier lui-même et de bien d\u2019autres.C\u2019est à partir de ce troisième texte que le Frère Parenteau a engagé le dialogue.S\u2019il l\u2019a conduit jusqu\u2019au bout avec un rare bonheur, au point que M.Lussier l\u2019a remercié de sa dignité et de sa générosité, ce n\u2019est pas qu\u2019il ait caché ou atténué ses réserves ou ses désaccords, ni qu\u2019il ait été insensible à l\u2019outrance de certains propos; c\u2019est qu\u2019ayant profonds au cœur le goût de la vérité et l\u2019amour des hommes, il ne s\u2019est point arrêté aux mots; par delà les mots, il a tenté de comprendre la pensée et, par delà les pensées ébauchées avec plus au moins de bonheur, de retrouver l\u2019homme et ses aspirations qui l\u2019expriment en ce qu\u2019il a de meilleur.C\u2019est ainsi que je m\u2019explique sa réussite.A force d\u2019élévation dans la pensée et de lucidité, il a saisi le débat en toute sa dimension, démêlant d\u2019emblée les pistes qui s\u2019égarent et celles qui aboutissent.Le texte de M.Lussier ne se réduit donc pas à être le procès de notre monde éducationnel.Trois aspects au moins s\u2019y reconnaissent: un diagnostic ou plutôt un triple diagnostic d\u2019allure scientifique: sur l\u2019état de notre culture, « l\u2019homme d\u2019ici », sur l\u2019école confessionnelle élémentaire, responsable du mal pour une large part; enfin sur les maîtres religieux, les grands coupables en l\u2019occurrence.Ces diagnostics forment le gros œuvre de la communication de M.Lussier.Ils ont, en outre, suscité chez lui un cri d\u2019alarme et inspiré des souhaits à propos de l\u2019école neutre et de l\u2019école confessionnelle.En articulant sa discussion sur les trois diagnostics, le Frère Parenteau rejoignait la ligne de fond de M.Lussier et assurait partout à sa présentation l\u2019équilibre et la clarté.Il a donc entendu avant tout sonder la valeur des diagnostics présentés.L\u2019homme d\u2019ici, que nous sommes, est-il si pauvre qu\u2019on le dit en sa culture religieuse, morale et humaine ?Monsieur Lussier cite des témoignages « de qualité ».Ils demeurent discutés et discutables; d\u2019autres témoignages existent, sérieux et recevables, de Canadiens français, d\u2019Anglo-Canadiens et de Français, parmi les plus distingués.Si nous avons trop cédé à certain moralisme jansénisant, les Anglo-Canadiens ont leur puritanisme.Et la morale de la liberté qu\u2019on nous prêche demeure fort courte, sans ouverture à autrui, au dévouement, au sacrifice, « peut-être une belle façade d\u2019un narcissisme impénitent ».Et l\u2019école confessionnelle élémentaire n\u2019est peut-être pas aussi lamentable que le répète M.Lussier.Malgré le réquisitoire chargé et haut en couleur (« dans le contexte d\u2019une trahison à la fois janséniste, manichéenne et intégriste du christianisme »), crânement, elle plaide non coupable.Elle invoque en sa faveur les professeurs de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université de Montréal, aux yeux de qui « le niveau de culture d\u2019un pays dépend directement de l\u2019importance et de la qualité de tout son agir collectif » (p.37).Les Anglo-Canadiens mieux avantagés ne paraissent pas avoir sur nous une telle avance, au dire de leurs propres observateurs.En définitive, l\u2019école canadienne-française veut être jugée en fonction de la nation.« Par manque de ressources, elle a dû se contenter d\u2019[en] être surtout le reflet et, dans une certaine mesure, la victime, plus encore qu\u2019elle n\u2019en a été la nourrice.» (P.45.) L\u2019abbé Groulx a dit le mot qui reste: « Nous avons trop souffert pour être bien coupables.» Cette fois encore, les gros mots du psychologue érigé en justicier se dégonflent en regard de l\u2019histoire qui entend toutes les voix.Le troisième diagnostic allait plus loin encore et mettait en doute la qualification même des maîtres religieux comme tels.L\u2019école d\u2019ici a produit le gâchis qu\u2019on sait parce que l\u2019éducation qu\u2019on y donne est une éducation cléricalisée et cléricalisante.L\u2019histoire et la psychologie étant les sources de ce très sévère diagnostic, le Frère Parenteau les a interrogées: elles rendent à sa voix un témoignage fort différent.Il n\u2019est pas exact, depuis longtemps, que les religieux enseignants forment la majorité à l\u2019école élémentaire, ni exact que les religieux sont lancés fort jeunes et sans préparation suffisante.Les faits sont là: le choix des sujets est sérieux, contrôlé par des tests répétés qui éclairent l\u2019engagement définitif, et les préparations professionnelles se comparent avec honneur à celles de n\u2019importe quel groupe d\u2019enseignants.La psychologie, de même, contredit, bien loin qu\u2019elle corrobore, les pronostics pessimistes.L\u2019humanisme de base, à en croire les deux enquêtes importantes faites à ce propos, trouve chez les religieux une santé mentale notablement supérieure.Surtout, la psychologie, ou du moins le psychologue, empiète inconsciemment sur un monde qui dépasse la psychologie, en insistant, sans contrepartie, sur le caractère surhumain de l\u2019idéal religieux; le psychologue ne peut oublier l\u2019histoire religieuse chrétienne.Le Christ qui a formulé l\u2019idéal et l\u2019a proposé offre aussi très largement les moyens de le réaliser.Et les faits, assure Pie XII, corroborent la doctrine.Il fait plaisir d\u2019entendre le Frère Parenteau discuter psychologie, psychologie générale et psychologie religieuse.154 RELATIONS Reprenant l\u2019assertion que des vœux d\u2019abstention ne mettent pas à l\u2019abri des glissements régressifs de l\u2019instinct, il brosse en deux chapitres remarquables l\u2019aspect positif des vœux.Les vœux de pauvreté et d\u2019obéissance ne sont pas d\u2019abord des gestes d\u2019abstention mais des visages de Vamour que le religieux porte au Christ; et la virginité consacrée, vécue avec lucidité et ferveur, est la fleur suprême de l'amour pour le Christ, elle n\u2019est pas mutilation ni frustration simplement à tolérer; vouée dans les clartés de la foi et les ardeurs de la charité, elle est dans l\u2019ordre même de l\u2019amour, compensation suréminente, puisqu\u2019elle est amour, amour total et sans réserve du Christ qui comble, dès ici-bas, dans l\u2019ordre du cœur ceux qui L\u2019épousent; c\u2019est le sommet de l\u2019ouvrage.Les richesses affectives du religieux de même trouvent à s\u2019exercer et à s\u2019épanouir dans la vie de communauté bien comprise et dans les tâches apostoliques.Une page magnifique, prise au F.Lockquell (Les Élus que vous êtes), dévoile cette paternité spirituelle du Frère enseignant: Le Frère enseignant donne tout son être.Ce qu\u2019il a de plus précieux, il s\u2019en départit joyeusement.Son temps ne lui appartient plus.Il se livre vraiment à des êtres qui le dévorent.Quotidiennement, il use ses forces vives.Et les générations passent devant lui.Elles traversent un cœur qui voudrait naturellement les retenir et les aimer avec l\u2019exclusivisme de l\u2019amour commun.Il doit toujours, au contraire, élargir sa capacité d\u2019affection, ne pas oublier les absents, se concentrer sur les présents, ne pas laisser voir qu\u2019il souffre de l\u2019ingratitude, ne pas escompter de récompense, ne fût-ce que celle d\u2019un regard attendri, d\u2019un mot vibrant, d\u2019un regret sincère, d\u2019un réconfort occasionnel.Il donne, sans réclamer qu\u2019on le paie de retour.(P.135.) * Les diagnostics pessimistes de M.Lussier résistent donc mal à l\u2019analyse.Ce sont des hypothèses, des pronostics, des appréciations globales, non des constats établis et rigoureux.Acceptés pour ce qu\u2019ils sont, ils peuvent aider, stimuler, prévenir des écarts.C\u2019est sur eux, toutefois, qu\u2019il a étayé deux espoirs, l\u2019un, excellent, auquel le Frère Parenteau se rallie, l\u2019autre, fort contestable, qu\u2019il repousse avec la dernière vigueur.Il s\u2019agit de l\u2019école neutre.Dans les circonstances présentes, osait écrire M.Lussier, l\u2019école neutre serait « une institution de délivrance même pour les catholiques, pour le plus grand bien de la religion et de l\u2019humanisme ».Par cette incidence, bon gré mal gré, M.Lussier prenait partie pour le Mouvement laïque, avec audace, voire avec témérité.Cette témérité, le Frère Parenteau n\u2019a pas manqué de la dénoncer à la fin de sa première partie, puis en sa conclusion générale.Rencontrant ce souhait après l\u2019examen des deux premiers diagnostics, il vide la question; avec méthode, il envisage tous les sens et toutes les applications qu\u2019elle peut avoir.Du point de vue de la religion d\u2019abord.Sa conclusion est catégorique: Ici, je serai intransigeant: pour aucune considération, on ne peut être justifié de voir, en thèse générale, dans la fréquentation de l\u2019école neutre par des catholiques, \u2014 fût-ce « à ce moment-ci de notre évolution religieuse », \u2014 « une des solutions de délivrance pour le plus grand bien de la religion ».(P.61.) Même vigueur à propos de l\u2019humanisme.M.Lussier ayant prêté à Gilson la thèse que « la raison et la liberté sont les seuls vrais parrains de toute morale » (p.151), « la grecque aussi bien que la chrétienne », s\u2019entend rappeler une déclaration de Gilson formellement contraire: « Si étrange que cela puisse paraître, la position la plus rationnelle n\u2019est plus [depuis la venue de Jésus-Christ] celle du rationaliste, mais celle du croyant; la position philosophique la plus favo- JUIN 1962 rable n\u2019est pas celle du philosophe, mais celle du chrétien.» (P.63.) Et les faits confirment l\u2019avancé.La conclusion générale est très ferme: L\u2019école non confessionnelle, « du point de vue à la fois et des besoins de l\u2019humanisme et des besoins actuels de notre vie religieuse », ne peut absolument pas apparaître à des catholiques « comme la possibilité d\u2019une cure au grand air ».Ce serait bien plutôt une course au suicide.(P.64.) * Malgré des oppositions aussi tranchées, le dialogue s\u2019est poursuivi et a abouti! Par quel charme?Par quelle volonté d\u2019accord plus forte que ces désaccords?Par l\u2019accord complémentaire de l\u2019un et de l\u2019autre, reconnu par chacun chez l\u2019autre, à dénoncer l\u2019insuffisante réussite de notre actuelle école confessionnelle.M.Lussier, psychanalyste catholique, est angoissé de voir se détériorer chez les siens la religion et la nature; il est étonné de ne pas rencontrer plus de saints et de personnalités humainement épanouies parmi les religieuses et les religieux enseignants; d\u2019où son cri d\u2019angoisse qui s\u2019achève sur l\u2019espoir que l\u2019école confessionnelle séparera le bon grain de l\u2019ivraie avant qu\u2019il ne soit trop tard (p.161).Et le Frère Parenteau à son tour n\u2019a pu se défendre « du sentiment d\u2019inquiétude qui l\u2019assaille à la lecture de ces pages qui proclament un triple état d\u2019urgence ».Il fait siens cette angoisse et cet espoir.Il y a urgence à ce que la vie chrétienne plonge chez nous, dans la totalité de notre être, de vivantes et profondes racines; urgence à ce que la culture humaine d\u2019ici ait ses conditions normales de maturation, d\u2019épanouissement, et de fécondité; urgence, enfin et surtout, à ce qu\u2019il se produise dans l\u2019âme des religieux éducateurs d\u2019ici un réveil du sens de leur vie consacré, qui est service de Dieu et, du même souffle, service des hommes, leurs frères et des petits d\u2019hommes.Sans endosser certes toutes les critiques fulminées par le « prophète », les religieux peuvent-ils ne point reconnaître qu\u2019il devraient « être religieux selon une plus rigoureuse authenticité, ce qui, du coup, abolirait toutes ces confusions malheureuses que beaucoup déplorent présentement » (p.140.) ?L\u2019exhortation pressante du Frère Parenteau à ses frères répond ainsi au cri d\u2019angoisse de M.Lussier; les deux attitudes sont chrétiennes et s\u2019appellent.Les laïcs crient au secours car ils ont besoin, à proportion qu\u2019ils sont menacés, d\u2019éprouver l\u2019âpre saveur d\u2019un sel non affadi.Et les religieux, mis à la question, peuvent aussi à leur tour crier au secours, car les saints religieux qu\u2019on attend, c\u2019est à la famille de les préparer, et à la prière des laïcs, pour une part, de les obtenir.Pour revenir à l\u2019école: La faute et l\u2019erreur suprême seraient ici, pour un catholique, de perdre confiance en l'Eglise, qui tient à l\u2019école confessionnelle comme à la prunelle de ses yeux, au point d\u2019estimer qu\u2019 « il n\u2019y a, pour un chrétien, d\u2019école pleinement satisfaisante que l\u2019école chrétienne ».(P.148.) M.Lussier a rendu hommage en son avant-propos à la dignité et à la générosité de son interlocuteur; lui-même fait preuve d\u2019une pareille dignité et générosité.Son dessein, écrit-il, fut avant tout de lancer un « cri d\u2019alarme » et il lui suffit qu\u2019il ait été entendu.« L\u2019échange de vues, écrit-il encore, ne repose pas sur une entente absolue.» L\u2019entente partielle existe donc, il est méritoire de le déclarer.Enfin, il reconnaît avoir trop oublié le mérite des religieux enseignants, qui « reste considérable ».L\u2019accord des esprits, à proportion souvent qu\u2019ils sont personnels, est difficile.L\u2019accord des cœurs est plus profond et résulte avant tout de la bonne volonté.C\u2019est pour cela que nous devons saluer ce dialogue réussi.155 4fothon International ALGÉRIE\tVARRESTATION DU GÉNÉRAL SA- I j LAN, après celle du général Jouhaud, marque la fin de l\u2019Algérie française.Dans la Revue des Deux Mondes (15 mars 1962), le maréchal Juin raconte comment on vient d\u2019abandonner le phare qui guidait les navigateurs entre Bône et le cap Rosa.Son père avait été le gardien de ce phare; c\u2019est là qu\u2019il était né, lui, et qu\u2019il avait grandi.Il conclut son article dans une indescriptible nostalgie: Un phare s\u2019éteignait, mais déjà se faisait entendre le grincement du rideau de fer abaissé de nouveau dans les eaux barbaresques, celui qui, des siècles durant, avait fait en sorte que les phares et tout ce qui représentait la civilisation n\u2019y fussent d\u2019aucune utilité J\u2019allai regarder dans Larousse: Barbaresque, adj.Qui appartient aux peuples de Barbarie V.ce mot Barbarie ou Etats barbaresques, nom donné jadis aux régions de l\u2019Afrique du Nord situées à l\u2019Ouest de l\u2019Egypte: Maroc, Algérie, Tunisie, régence de Tripoli (hab.Barbaresques).Il y a de quoi pavoiser! A peu près tout le monde s\u2019incline devant le fait accompli.Les généraux réfractaires de l\u2019O.A.S.et leurs troupes se sont réfugiés dans le maquis pour continuer une lutte atroce de bêtes traquées.Durant la seconde guerre mondiale, d\u2019autres officiers français s\u2019étaient révoltés contre l\u2019autorité^ pourtant légitime du maréchal Pétain.Après tout, les États-Unis et même le Canada avaient un représentant à Vichy.On vient d\u2019apprendre que le chef du maquis de France durant la dernière guerre, Georges Bidault, vient de disparaître dans le maquis algérien.Comme les autres, il finira par se faire arrêter, juger, condamner et probablement exécuter.Ne nous attendons pas à une intervention de ceux qui réclamèrent la grâce des Rosenberg, de Caryl Chessman.Ah! Non! En 1954, à la veille du conflit, il y avait en Algérie 1,207,593 habitants de descendance européenne et 8,479,000 musulmans.La France était en Algérie depuis 1830 alors qu\u2019Alger fut occupée par le comte de Bourmont promu, dix jours après, maréchal de France par Charles X et destitué par Louis-Philippe un mois plus tard.La politique change vite la valeur des mots et des choses.Le christianisme s\u2019était répandu de bonne heure en Afrique du Nord.Au Ve siècle, il y avait 698 évêchés dans la région qui porta dans la suite le nom de Barbarie.Beaucoup de nos évêques in partibus ont encore aujourd\u2019hui des titres africains.Survinrent les Vandales et la destruction fut épouvantable; un siècle après, pourtant, on voyait encore 217 évêques à un concile de Carthage (534).Puis ce fut la conquête musulmane et l\u2019étouffement total de la chrétienté.Les seuls chrétiens qu\u2019on trouvait encore en Barbarie, quelque temps après la conquête, étaient ceux que les corsaires d\u2019Alger y avaient emmenés en captivité.Deux Ordres religieux se rendirent célèbres en travaillant à leur rachat: les Pères Trinitaires et ceux de Notre-Dame-de-la-Merci.Les Mendiants, les Jésuites, les Lazaristes collaborèrent.En l\u2019an 1607, saint Vincent de Paul écrivit une des plus belles pages de sa vie en Barbarie.En vendant ses captifs, Fidel Castro vient de transplanter en plein centre du Nouveau Monde les mœurs barbaresques.Ça fait partie du même progrès.Les Français finirent par intervenir en 1830: de Bourmont, Bugeaud, de Sonis dont la cause de béatification fut introduite en 1928, de Lamoricière qui se couvrit ensuite de gloire à la tête de ses zouaves pontificaux.En 1841, le secrétaire du maréchal Bugeaud terminait ainsi son rapport au gouvernement de la métropole sur la colonisation à entreprendre en Algérie: Il n\u2019y faut pas des vagabonds, il faut des familles et des familles chrétiennes; il faut, à leur tête, des prêtres sévères, la sévérité est la sainte douceur de la religion, et V.Ex.sait mieux que moi de quel secours a été le puritanisme aux émigrants anglais qui ont fondé les Etats-Unis.Il faut donc à ces villages une constitution au moins aussi théocratique que militaire.Il le faut pour que Dieu protège et bénisse ces postes avancés de la foi presque perdus sur ces terres infidèles; pour qu\u2019ils aient le zèle et la vertu que ne découragent ni le travail, ni la guerre, ni l\u2019isolement; pour qu\u2019ils frappent les Arabes de cette admiration et ce respect que Dieu leur permet d\u2019éprouver pour tout ce qui est sincèrement religieux (voie de miséricorde peut-être ouverte au retour de ces malheureuses postérités); pour que les relations, enfin, brisées par la mauvaise foi et la ruse, se renouent par la probité.Nisi Dominas aedificaverit domum, in vanum laboraveruni qui aedeficant eam.C\u2019était Louis Veuillot, alors employé du gouvernement! On a rapproché ces lignes de l\u2019idéal de Charles de Foucault! J\u2019aurais plutôt songé à celui qui animait les premiers colons canadiens.L\u2019ardeur religieuse du grand polémiste français nous étonne.Citer des psaumes dans un rapport officiel au gouvernement de Louis-Philippe, cela ne se comprend plus, même au Canada.Nous n\u2019avons pas encore trouvé d\u2019étude satisfaisante sur la genèse du nationalisme néo-musulman, qui triomphe aujourd\u2019hui de Mossoul à Casablanca.Le communisme international y fut certainement pour beaucoup.Au risque de passer pour un chasseur de vieilles sorcières, j\u2019aimerais citer le livre considérable que publia Gustave Gautherot en 1930 sur Le Bolchévisme aux colonies et l\u2019Impérialisme rouge; vous y trouverez d\u2019abondants renseignements sur le travail communiste en Tunisie (pp.288-296), en Algérie (pp.297-307), au Maroc (pp.308-320).Durant la guerre de 1939-1945, l\u2019Algérie fut loyale à la cause alliée comme au maréchal Pétain; elle fut le tremplin de la libération française.La France, elle, resta déchirée; l\u2019orgueil des rancunes stériles fut considéré plus important que la réconciliation française; les divisions algériennes devinrent à leur tour de plus en plus aiguës; bientôt éclata la crise qui devait tout emporter.Au début, en France, on ne pouvait s\u2019imaginer que l\u2019Algérie pût être autre chose qu\u2019une partie intégrale de la France.Tous les gouvernements successifs s\u2019accordaient là-dessus.Elle n\u2019était pas une colonie.Depuis longtemps, comme la métropole, elle avait ses départements (il y en avait douze en Algérie et deux au Sahara), ses préfets, ses arrondissements, ses députés.Le 5 novembre 1954, Mendès-France déclarait: Les départements de l\u2019Algérie constituent une partie de la République française; ils sont français depuis longtemps et de manière irrévocable.Après l\u2019avènement de Nasser, en Égypte, et la constitution au Caire du Front algérien de libération nationale (F.L.N.), l\u2019évolution se fit de plus en plus rapide.De Gaulle fut invité à prendre le pouvoir en 1958 justement pour régler 156 RELATIONS la situation algérienne.Il s\u2019empressa de visiter le pays où il fut reçu avec enthousiasme.A Oran, il déclara: La France, la France est ici en vous, hommes et femmes d\u2019Algérie de toutes communautés.Oui, Oui, Oui, la France est ici avec sa vocation; elle est ici pour toujours! Elle est ici avec sa vocation millénaire.Il s\u2019agit, notamment, que dans l\u2019occasion immense qui va être offerte dans trois mois à la totalité des citoyens français, l\u2019Algérie tout entière, avec ses dix millions d\u2019habitants, participe de tout son cœur, comme les autres, au même titre, avec la volonté de démontrer par là qu\u2019elle est une terre française aujourd\u2019hui et pour toujours.De cette consultation nationale sortiront \u2014 je suis là pour cela! \u2014 des institutions nouvelles à l\u2019intérieur desquelles l\u2019Algérie aura, comme les autres Français les auront, ses représentants; c\u2019est avec ses représentants que l\u2019on verra ce qu\u2019il y a à faire pour qu\u2019il n\u2019y ait plus ici que dix millions de Français de la même sorte.Vive Oran, ville que j\u2019aime et que je salue, bonne terre française! Vive la République! Vive la France! A Alger, à Constantine, à Bône, ce fut partout la même promesse.Les élections qui la suivirent furent un triomphe personnel pour le nouveau chef français, mais blâmerez-vous les Algérois qui vous parleront de promesses électorales?M.Ferhat Abbas, chef du Front algérien, se réfugia au Caire où il commença par former un gouvernement provisoire.Il engagea une vaste action diplomatique encouragée avec énergie par tout ce qui se rattachait aux Soviets, à Nasser, à l\u2019islam, à tous ceux qui aspiraient à dépouiller ou à dépecer la France.Sur le champ de bataille, le nationalisme algérien perdait du terrain; il se réfugiait en Tunisie et au Maroc pour lécher ses blessures, se ravitailler en armes et en munitions, et créer par là une infinité de difficultés diplomatiques au général de Gaulle.Celui-ci commença par céder un peu: il parla d\u2019abord d\u2019autodétermination algérienne (16 septembre 1959), puis de République algérienne (4 novembre 1960), enfin de sécession : La France envisage avec sang-froid une solution telle que l\u2019Algérie cesserait d\u2019appartenir à son domaine.(12 avril 1961.) Dix jours après cette déclaration qui bouleversa les Algériens d\u2019origine française et l\u2019immense majorité des musulmans qui leur étaient restés fidèles, éclata la guerre civile.Les généraux Challe, Zeller, Salan, Jouhaud s\u2019insurgèrent.De Gaulle intervint contre eux avec toute l\u2019énergie dont il disposait comme chef de la France civile et militaire.Challe et Zeller se soumirent, comme Weygand en 1940, comme Noguès, comme Dentz, comme Gouraud.Salan et Jouhaud disparurent dans un maquis où ils fondèrent l\u2019O.A.S., qui devint bientôt un instrument de pur terrorisme.A mesure qu\u2019elle s\u2019affaiblissait en perdant ses chefs, ses troupes et son champ de manœuvre, elle devenait désespérée, obsédée par l\u2019idée de vendre chèrement sa peau.C\u2019est la fin maintenant.Après l\u2019arrestation de Jouhaud et de Salan, de Gaulle fit un nouveau plébiscite.La France abandonne l\u2019Algérie.La volonté du nationalisme néo-musulman a été plus forte que celle d\u2019une France affaiblie par ses propres divisions.Espérons que l\u2019étranger accueillera les Algériens qui viendront augmenter l\u2019immense masse des dépatriés.Un Égyptien me l\u2019affirmait récemment: si j\u2019étais musulman, je serais certainement resté en Égypte et j\u2019aurais applaudi Nasser.Chrétien, j\u2019avais le devoir de lui résister de toute mon énergie, car il a voué le christianisme et les chrétiens à l\u2019extinction.Cet Égyptien est venu aux États-Unis.Bientôt, peut-être, les chrétiens d\u2019Algérie iront le rejoindre.Il est venu aux États-Unis.Bientôt, peut-être, les chrétiens d\u2019Algérie iront le rejoindre.Il était peut-être difficile qu\u2019il en fût autrement; mais on voit le chemin qui a été parcouru depuis cent trente ans, de la conquête de l\u2019Algérie par le maréchal de Bourmont à son abandon par le général de Gaulle.En 1840, la France éblouissait le monde par la splendeur de ses écrivains, la grandeur œcuménique de sa charité, la vitalité de son action missionnaire, la sérénité de sa puissance.Aujourd\u2019hui nos émancipés du Canada français s\u2019en vont chercher leur religion à Paris.Pas au Montmartre du Sacré-Cœur, à l\u2019autre! Ils nous reviennent laïques, existentialistes, solidement anticléricaux, amoraux.Leur seule ambition est de dépouiller le Canada de tout ce qui a fait sa gloire dans le passé et de le revêtir des guenilles d\u2019un clochard.De ce clochard dont Maurice Chevalier a essayé de faire l\u2019image de Paris.de la France devenue un pays de mission.États-Unis Justice pour les noirs.En J ouvrant les écoles de son diocèse, de la petite école du rang à l'université, S.Exc.Mgr Joseph F.Rummel couronna les efforts de ceux qui, depuis quarante ans, ont travaillé pour que justice soit enfin rendue aux Américains de couleur.Relations (janvier 1959) rappela les étapes principales de cette lutte, aujourd\u2019hui victorieuse sur toute la ligne.A lire les journaux et les hebdomadaires, on eût dit que l\u2019épisode principal de ce beau dénouement fut la désobéissance de Mme Gaillot, de M.Léandre Pérez et de quelques autres.Ça vaut la peine de méditer un peu là-dessus.De nos jours, plus que jamais, le journaliste doit rapporter ce qui est nouveau, c\u2019est-à-dire ce qui sort de l\u2019ordinaire et épatera le lecteur.Quand l\u2019archevêque de la Nouvelle-Orléans publie un arrêté conforme à la loi civile et à la doctrine chrétienne, ça mérite peut-être quelques lignes au fond d\u2019une colonne, puisque l\u2019immense majorité des chrétiens y obéissent.C\u2019est là chose normale; ça mérite à peine d\u2019être porté à l\u2019attention d\u2019un public qui veut être amusé, chatouillé, titillé, scandalisé.Se faire renseigner et instruire, c\u2019est peut-être l\u2019idée de ceux qui achètent le journal, pas celle de ceux qui l\u2019écrivent.Madame Gaillot monte sur les tréteaux, gesticule, fait une scène: voilà son portrait partout; ses déclarations seront d\u2019autant plus longuement rapportées qu\u2019elles seront plus ahurissantes.Ajoutez encore le pèlerinage de la dame chez l\u2019archevêque au moment où il se rendait prier au petit sanctuaire bâti sur son terrain.Assurée de la présence active des journalistes et des photographes, elle se jette à genoux aux pieds du vieillard interdit et proclame, avec des accents de tragédienne: « Regardez le ciel, et reconnaissez que la loi divine exige qu\u2019il faut séparer les Noirs des Blancs.» S.Exc.Mgr Rummel la regarde d\u2019un air poliment stupéfait; il attend une seconde pour ne pas paraître trop brusque, rentre chez lui et vous avez là une petite scène qui sera projetée sur tous les écrans.Faut-il en conclure que l\u2019ensemble de la Louisiane se révolte contre l\u2019archevêque?Mais non, même si c\u2019est la seule impression qui vous reste.Madame Gaillot a amusé la galerie; on tourne la page, on regarde les illustrés: Tin tin, Philomène ou Peanuts et, comme disait Bossuet, on passe plus outre.Le New York Times oublia sa gravité et dépêcha un correspondant pour recueillir sur les lieux (ah! quand on a été sur les lieux!) les déclarations des protestataires.Il y en a de fameuses.Vous ne saviez pas que Dieu changea la couleur de Caïn après l\u2019assassinat d\u2019Abel, et en fit le premier Noir ?Moi non plus, mais vous le trouverez en toutes lettres dans le New York Times, du 8 avril.Quelqu\u2019un l\u2019a dit au reporter en ajoutant que ça se trouvait dans la Bible et « dans les révélations de Catherine Emmerich ».Voilà! J\u2019aurais plutôt cru que les descendants de Caïn, c\u2019étaient les Blancs.Ils ont développé l\u2019art du massacre, des bombes atomiques, des JUIN 1962 157 mégatonnes, des camps de concentration autant et plus que les Noirs.Avant de prononcer la sentence d\u2019excommunication, S.Exc.Mgr Rummel avertit paternellement les délinquants du danger qu\u2019ils couraient.Trop excités pour obéir, ils passèrent outre, firent de nouvelles déclarations aux journaux, s\u2019obstinèrent.Les voilà excommuniés; ils ont cessé d\u2019intéresser les journalistes.Ceux-ci iront butiner ailleurs et nos malheureux se trouveront seuls avec leur ennui et leur rancœur.Leur amour-propre blessé laissera-t-il la porte ouverte à l\u2019humilité d\u2019un acte de contrition ?Ça va être très, très dur! M.Léandre Pérez, politicien de « paroisse » comme on dit en Louisiane se révolta lui aussi et prétendit que le communisme avait contaminé l\u2019Église.C\u2019était une ânerie monumentale.Ce n\u2019est pas exactement pour cela qu\u2019il fut excommunié, mais parce qu\u2019il provoquait les chrétiens à la désobéissance.Relevons son accusation de « communisme » avant qu\u2019elle ait fait trop de dégâts.ANTI-ANTICOMMUNISME.Depuis quelque temps, la presse américaine s\u2019insurge contre l\u2019anticommunisme, avec une telle unanimité qu\u2019on se demande s\u2019il n\u2019y a pas un chef d\u2019orchestre quelque part.Les unss\u2019enprennentauChristianEchoes National Ministry, du Dr Billy James Hargis; d\u2019autres à la Christian Anti-communist Crusade, du Dr Frederick C.Schwartz; d\u2019autres à la John Birch Society, ou au General Walker, ou aux Minute Men, etc.Qu\u2019est-ce qui se passe?Notre Léandre Pérez y est peut-être pour quelque chose, mais on a vu cela, au Canada: des gens qui accusaient à tort et à travers leur prochain de communisme.La canaillerie de cette calomnie peut être terriblement néfaste.A crier bêtement au loup, on finit par le faire entrer dans la bergerie.Il y a trois sortes d\u2019anticommunisme.Finissons tout de suite avec l\u2019anticommunisme bête.C\u2019est celui de notre Léandre.On vous contrarie: vous accusez votre adversaire de communisme.Ou d\u2019intégrisme! L\u2019anticommunisme intéressé est plus grave.On fait de l\u2019argent, on prend de l\u2019influence en accusant faussement de communisme ceux à qui on veut faire du tort.Quand des catholiques sérieux s\u2019opposent à l\u2019anticommunisme, ils en veulent à l\u2019anticommunisme bête, ou à l\u2019anticommunisme intéressé.Reste l\u2019anticommunisme obligatoire.Tous les catholiques qui n\u2019ont pas renié leur baptême ont le devoir de s\u2019opposer au communisme, parce que le communisme est une apostasie, une persécution et une trahison.Ils doivent s\u2019opposer au communisme dans la mesure de leurs responsabilités, et avec les moyens d\u2019action qu\u2019ils ont à leur disposition.Cette obligation clairement énoncée dans l\u2019encyclique Divini Redemp-toris est encore plus grave aujourd\u2019hui, du fait qu\u2019une partie considérable de l\u2019Église, devenue captive, doit nécessairement garder le silence.Il y a également trois sortes d\u2019anti-anticommunisme: l\u2019anti-anticommunisme bête de ceux qui se croient tolérants, modernes, parce qu\u2019ils préparent leur propre apostasie et le naufrage spirituel de ceux dont ils sont solidaires.L\u2019anti-anticommunisme intéressé ouvre la porte à la trahison communiste dans le but de triompher d\u2019un adversaire immédiat ou de gagner un petit avantage; tel serait l\u2019anti-anticommu-nisme du chef ouvrier qui fait appel aux services d\u2019un organisateur communiste; celui du journaliste qui, pour batailler contre son curé ou son évêque est prêt à engager les services d\u2019un communiste talentueux et anticlérical; celui du capitaliste qui, pour refaire des affaires avec le monde rouge, impose le silence aux adversaires du communisme.Il reste, enfin, l\u2019anti-communisme du véritable communiste qui veut détruire ce qui existe chez nous pour installer sa propre tyrannie.Joseph Ledit.158 AU SERVICE DU FRANÇAIS « Charabia contemporain » ADMIRABLE, le zèle que déploie notre grande presse /A pour la correction.des autres: des manuels en usage dans nos écoles, par exemple.Utiles aussi, parce que fort pertinentes, les chroniques linguistiques d\u2019un Robert Le Bidois et d\u2019un Empédocle.Mais le journal auquel collaborent ces autorités ne devrait-il pas avoir souci de respecter leurs conseils et observations ?Et d\u2019abord, pourquoi écrire Empédocle sans accent ?Tout de même, malgré son drôle de pseudonyme, le linguiste qui se cache derrière le nom d\u2019un philosophe « versé en médecine » et « en physique » (Larousse) mérite félicitation pour avoir, enfin, relevé (5 mai 1962) la faute que nous pourchassons depuis plus de deux ans.Une chose ne se produit pas « à la toute veille », signale-t-il, mais à la veille, simplement.Sévérité de puriste?Non, exigence grammaticale (voir Relations, janv.1960, p.13), à laquelle souscrit Julien Green, quand il raille la tournure analogue, « au tout début », dont raffolent les bonimenteurs de nos ondes et les commentateurs du sport.Exemple du charabia contemporain.Un médecin me fait une ordonnance.J\u2019aurai à prendre je ne sais quoi « au tout début de la matinée ».On voudrait savoir pourquoi il trouve difficile d\u2019écrire simplement « tout au début ».En général, les fautes de français ne sont pas simples.Elles témoignent souvent d\u2019une certaine mise à la torture de l\u2019esprit.{Le Bel Aujourd\u2019hui, 1955-1958, Plon, Paris, 1958, p.83.) Le directeur du journal qui publie les textes d\u2019Empédocle gâchera-t-il un autre éditorial (28 avril 1962) en cédant au même maniérisme incorrect ?Un billet d\u2019Empédocle, un des nôtres aussi ont déjà condamné l\u2019emploi fautif du mot « alternative », qui signifie, en français, choix entre deux termes ou deux solutions, et non pas, comme en anglais, un des termes offerts au choix.Vaine censure.A la une du journal, on parlait récemment (28 avril 1962) d\u2019une « troisième alternative »; il ne s\u2019agissait pourtant que d\u2019un troisième moyen de résoudre un problème.Voici une perle de style que nos croisés du laïcisme ne découvriront certainement pas dans les ouvrages de nos chers Frères.A la une toujours, la page qui donne le ton, je suppose, au reste du journal, on lit que « jamais le président Kennedy n\u2019a joui plus que maintenant d\u2019une aussi grande popularité » (24 avril 1962).Non seulement les superlatifs, mais même les comparatifs souffrent aujourd\u2019hui de l\u2019exagération chère aux journalistes.M.Kennedy se contenterait bien d\u2019apprendre qu\u2019il n\u2019a jamais joui d\u2019une aussi grande popularité auprès des Américains, ou qu\u2019il n\u2019a jamais joui plus que maintenant de la faveur populaire.Meilleure, ou pire, selon le point de vue, oyez, dans la page littéraire (!) du 21 avril dernier, la trouvaille d\u2019un critique (!), d\u2019ailleurs fort indulgent pour les sottises de ses pairs.Il nous convie à goûter une « poésie.dénonciatrice.de toutes les feintes assumations ».Barbarisme de taille.Le français connaît le mot assomption, uniquement catholique (quel dommage!) et marial de surcroît.Larousse le réserve au mystère que l\u2019Église commémore le 15 août (fête d\u2019obligation aux États-Unis: intégrisme de droite, évidemment).L\u2019anglais se permet de donner au mot assumption le sens d\u2019opinion, de présomption, d\u2019hypothèse, de postulat, voire d\u2019affectation et de prétention.Mais une « assumation », et « feinte », cela vaut un encadrement ou.un prix « littéraire », que pourrait décerner le jury des échotiers ignorantins, ou le vice-président du Conseil des Arts Canadian, puisqu\u2019il patronne ou tolère semblables.créations.J.d\u2019Anjou.RELATIONS Transports et télécommunications dans le Nouveau-Québec -1 Michel BROCHU LE LITTORAL DU NOUVEAU-QUÉBEC est, avec l\u2019Ama-zonie et certains points de l\u2019extrême Nord du Canada, une des régions les plus isolées du globe en ce qui concerne les moyens de communications, tant entre les divers postes de cette région qu\u2019avec l\u2019extérieur, notamment avec le Sud du Québec *.Il est utile d\u2019examiner les principaux éléments de cette question parce qu\u2019elle a des incidences sur l\u2019évolution générale du Nouveau-Québec et plus particulièrement sur son développement économique.La première partie de cette étude sera un exposé de la situation des transports par voies de terre, de mer et des airs, et un aperçu des télécommunications (téléphones, émetteurs et postes radiophoniques); la deuxième partie apportera des suggestions afin d\u2019améliorer les transports dans le Nouveau-Québec, dans tous les domaines étudiés.I.\u2014 ÉTAT ACTUEL A.\u2014- Transports terrestres 1.\tRoutes.\u2014 La situation est simple: aucun des postes du Nouveau-Québec n\u2019est relié à un autre par une route ou une piste, si mauvaise soit-elle.Aucun point ou poste du Nouveau-Québec n\u2019est relié par une route à l\u2019extérieur, c\u2019est-à-dire aux régions du Sud du Québec.C\u2019est donc, sous cet aspect, l\u2019isolement total.Des quinze postes indiens ou esquimaux du Nouveau-Québec, trois seulement ont des véhicules: a)\tFort-Chimo en a 46: 4 automobiles, 2 motocyclettes et 40 camions et véhicules de tous types.La longueur totale des routes dans la région est d\u2019environ 24 km; aucun tronçon n\u2019est pavé b b)\tGrande-Baleine possède une trentaine de véhicules.La longueur total du réseau routier est de 10 km environ; aucun tronçon n\u2019y est pavé.* Les données et les renseignements contenus dans cet article ont été recueillis au Nouveau-Québec par l'auteur, d\u2019une part, au cours d\u2019une mission à l\u2019été 1960 et, d\u2019autre part, à l\u2019occasion d\u2019un séjour à Fort-Chimo en avril 1962.L\u2019A.tient à exprimer sa plus profonde gratitude aux RR.PP.Robert Léchât et Lucien Schneider, O.M.L, de la mission de Fort-Chimo, et à tous les missionnaires oblats des postes du Nouveau-Québec pour leur magnifique coopération.Sans eux il n\u2019aurait pu mener à bien son étude.1.VÉHICULES-AUTOMOBILES À FORT-CHIMO Propriétaires\tNombre de véhicules Ministère des Richesses naturelles\t6 (province de Québec)\t Sûreté provinciale du Québec\t1 Ministère du Nord et des Ressources\t6 (Canada)\t Ministère des Transports (Canada)\t11 Ministère de la Santé (Canada)\t1 Nordair\t5 Cie d\u2019Aviation Wheeler\t4 Cie d\u2019Aviation Saint-Félicien\t1 Cie de la Baie-d\u2019Hudson\t1 Mission catholique\t3 Mission anglicane\t1 Voitures particulières\t4 Motocyclettes\t2 Total\t46 c)\tPort-La-Pérouse (Port-Harrison) possède quelques véhicules qui servent aux employés du ministère des Transports.Le réseau routier est de 5 km seulement.Dans tous les autres postes, c\u2019est l\u2019absence complète du moindre bout de route et de tout véhicule sur roues (à l\u2019exception d\u2019un tracteur à Sainte-Anne-de-Maricourt).Il est à signaler que la mission de Sainte-Anne-de-Maricourt possède une auto-neige qui sert autour de la mission en hiver.Grâce à une auto-neige du ministère des Transports avec traîneau-remorque, la première liaison entre Fort-Chimo et François-Babel (Baie Payne) a été effectuée en 4 jours, en janvier 1962; cette réalisation laisse entrevoir les possibilités de ce mode de transport dans les régions où il est praticable, ce qui est le cas de celles qui s\u2019étendent immédiatement au Sud de Fort-Chimo vers les rives de la baie d\u2019Ungava.Dans le domaine des transports routiers, le Nouveau-Québec est donc caractérisé non seulement par l\u2019isolement total du Sud du Québec, faute de grands axes routiers, mais encore par la rareté des postes ayant des véhicules et par l\u2019absence d\u2019un réseau routier régional qui relie les postes les uns aux autres.2.\tChemins de fer.\u2014 La situation est encore plus simple que dans le domaine routier; aucun chemin de fer ne relie le Sud du Québec au littoral du Nouveau-Québec, alors que sur la rive ouest de la baie James, dans l\u2019Ontario, est le terminus d\u2019une ligne qui part de North Bay et que de Churchill part une ligne qui, au Sud, aboutit à Winnipeg.Le terminus de chemin de fer le plus près des côtes du détroit d\u2019Hudson est Shefferville, à 360 km de Fort-Chimo.Dans le Québec, le chemin de fer le plus rapproché de la baie James est la ligne des chemins de Fer nationaux qui va de Québec à Winnipeg par la Tuque et l\u2019Abitibi, et qui passe à 300 km de Saint-Jacques ou Ruperts House, le poste québécois situé le plus au Sud de la baie James.3.\tLe traîneau à chiens.\u2014 Ce mode de transport demeure toujours le moyen de communication le plus employé en hiver entre les divers postes du Nouveau-Québec; en outre, les Esquimaux s\u2019en servent principalement pour leurs expéditions de chasse au caribou, au renard et au phoque, tant sur les côtes que dans l\u2019intérieur du pays.Le traîneau à chiens présente l\u2019inestimable avantage de passer pratiquement partout et d\u2019être d\u2019un coût de revient plus bas que tout autre mode de transport.C\u2019est, au total, le moyen de transport terrestre le plus parfaitement adapté aux conditions de vie et aux besoins de l\u2019Arctique.B.\u2014 Transports maritimes 1.Transports maritimes à grande échelle.\u2014 En comparaison des modes de transports terrestres presque inexistants, les communications par voie de mer dans le Grand Nord québécois sont, malgré de très graves lacunes, un peu meilleures.Tous les postes du Nouveau-Québec, à l\u2019exception de Fort-Chimo, sont situés soit directement sur la mer, comme Notre-Dame-d\u2019Ivugivic ou Pouvugnituc, soit, ce qui revient au même, à l\u2019intérieur d\u2019un fjord, comme Sainte-Anne-de-Maricourt (Baie Wakeham) ou Sugluc, ou encore à l\u2019embouchure d\u2019une rivière assez facilement accessible de la haute mer comme Port-Nouveau-Québec (George River) ou François-Babel (Baie Payne).JUIN 1962 159 Théoriquement, les principaux postes du Nouveau-Québec sont relativement faciles d\u2019accès par la haute mer.Plusieurs facteurs, cependant, viennent réduire à un strict minimum les communications par mer.a)\tLa glace surtout, de novembre au début de juillet, interdit toute communication par mer et la navigation s\u2019en trouve réduite à au plus quatre mois par année.b)\tDurant ces quatre mois, les transports maritimes sont ralentis en raison de l\u2019absence de quais: les déchargements doivent s\u2019effectuer par chalands à marée haute et par beau temps seulement, ce qui implique d\u2019inévitables et considérables pertes de temps.c)\tL\u2019absence de services maritimes réguliers, comme il en existe sur les côtes du Labrador, constitue une des plus sérieuses lacunes des transports maritimes du Nouveau-Québec.En effet, la liaison entre les ports du Nouveau-Québec est effectuée par les brise-glace du Gouvernement fédéral, brise-glace qui n\u2019ont pas d\u2019itinéraires fixes ou réguliers.Ayant effectué une mission à bord d\u2019un de ces brise-glace au cours de l\u2019été 1960, j\u2019ai pu constater que des cargaisons et du courrier destinés à certains postes n\u2019ont été livrés que trois mois après le départ du brise-glace de Québec.Certains postes peu populeux peuvent bénéficier de trois ou quatre escales d\u2019un brise-glace, et d\u2019autres, plus importants, peuvent ne recevoir qu\u2019une visite par été.Les brise-glace, étant un service d\u2019État, ne sont point tenus de prendre de voyageur; le plus souvent, cela leur est impossible, leurs cabines étant occupées par des fonctionnaires en mission.De surcroît, ils ne sont astreints à aucun horaire ni à aucun itinéraire fixes.En effet, un télégramme d\u2019Ottawa suffit pour modifier leur itinéraire.Ce n\u2019est donc qu\u2019à l\u2019occasion et au hasard de leurs escales que les brise-glace prennent à bord quelques passagers blancs ou esquimaux.Dans l\u2019état actuel des choses, il est donc absolument impossible, pour un déplacement entre les divers postes du Nouveau-Québec ou entre ceux-ci et l\u2019extérieur, de compter sur un navire de compagnie ou sur un brise-glace.Pour donner un exemple précis du genre d\u2019itinéraire que suivent les brise-glace, voici celui du MacLean en sa tournée de l\u2019été 1960.15 juillet: arrivée à la station de radio du cap Dollard-des-Ormeaux (cap Hopes Advance), pas d\u2019escale à Notre-Dame-de-Koartac, poste esquimau sis à quelques kilomètres à l\u2019Ouest.17 juillet: escale à Coral Harbour au Nord du détroit d\u2019Hudson.18 et 19 juillet: escale à Notre-Dame-d\u2019Ivugivic, puis départ pour Churchill, au Manitoba, pour un chargement destiné à Resolute dans les Territoires du Nord-Ouest.Au début de septembre seulement, le MacLean est revenu dans les eaux du détroit d\u2019Hudson; il a fait escale à Lake Harbour, sur la route Nord, puis une longue escale à Churchill pour un nouveau chargement destiné à un poste de l\u2019Ouest de la baie d\u2019Hudson et aussi à quelques postes du Nouveau-Québec dont Notre-Dame-d\u2019Ivugivic, Sugluc, Sainte-Anne-de-Maricourt et Notre-Dame de-Koartac.Il y fut du 20 septembre au 1er octobre; il faut noter que les deux premières et les deux dernières escales furent entrecoupées par un voyage de trois jours à Cap-Dorset et à Lake Harbour, au Nord du détroit d\u2019Hudson.Quelques passagers montèrent à Sugluc et à Koartac en direction du Sud; le MacLean a dû faire une longue escale de trois semaines au cap Dyer sur l\u2019île de Baffin, et ne revint à Québec que le 31 octobre 1961.Cet exemple montre bien la précarité des transports et des communications maritimes dans le Nouveau-Québec: un seul poste eut deux escales, trois autres une seule; aucun des postes de la baie d\u2019Ungava, aucun du centre et du Sud de la baie d\u2019Hudson n\u2019eut la visite du navire; bien sûr, les autres postes reçurent la visite d\u2019un des autres brise-glace, le 160 Montcalm ou le d'Iberville, mais selon un itinéraire aussi irrégulier et aussi capricieux que celui du MacLean.Il ressort de ces constatations, que les transports maritimes sont organisés essentiellement et exclusivement en fonction de l\u2019approvisionnement du Nord en cargaisons de toutes sortes et en fonction des organismes gouvernementaux (ravitaillement des postes de radar, des écoles, etc.) et pas du tout en fonction des hommes, des Esquimaux, en particulier, qui habitent ces régions.Le mieux pour qui veut se rendre d\u2019un point à un autre du littoral est de profiter des occasions en demandant un passage sur un brise-glace à l\u2019occasion des escales ou sur un bateau esquimau, ce qui implique qu\u2019on puisse attendre un mois comme un jour, avant d\u2019atteindre sa destination.Pour des expéditions de type particulier on peut toujours louer pour tant de jours une embarcation esquimaude 2.2.Transports maritimes à l\u2019échelle régionale.¦\u2014 Les Esquimaux de tous les postes du Nouveau-Québec possèdent une flotille d\u2019embarcations qui vont du kayak à la barque pontée et matée de 10 à 15 ou 20 m de long.Les kayaks, dont le nombre varie grandement d\u2019un poste à l\u2019autre, ne servent qu\u2019à un seul homme, à la chasse non loin des postes.Les embarcations à moteur servent à la chasse en haute mer et aux voyages entre les postes durant l\u2019été.Les voyages le long de la côte ont un rayon d\u2019action assez limité, c\u2019est-à-dire que les Esquimaux des rives de la baie d\u2019Ungava, du détroit d\u2019Hudson ou de la baie d\u2019Hudson, dépasseront assez rarement les limites de ces régions littorales 3.C.\u2014 Transports aériens Le transport aérien est un peu mieux organisé que les transports maritimes, mais à peine: trois postes seulement, en effet, possèdent un aéroport et sont reliés aux régions du Sud du Québec par un service régulier; tous les autres postes n\u2019ont entre eux et avec le Sud que des liaisons aériennes irrégulières.Il faut ici distinguer trois types de liaisons aériennes: les services réguliers des compagnies particulières, les services à forfait et les services gouvernementaux.1.Les services réguliers.\u2014 Trois postes seulement du Nouveau-Québec sont reliés au Sud du Québec par des liaisons régulières: a)\tFort-Chimo, avec deux vols par semaine partant de Montréal; un de ces vols fait escale à Roberval, au lac Saint-Jean; ce service est assuré par la compagnie Nordair.b)\tGrande-Baleine a un vol par semaine, en hiver, et deux vols en été.Ces vols partent de Montréal et comprennent une escale à Val-d\u2019Or, Abitibi; service de la compagnie Nordair.2.La Compagnie de la Baie-d\u2019Hudson possède deux navires qui approvisionnent ses comptoirs, mais ils n\u2019ont place que pour un ou deux passagers et ne suivent d\u2019ailleurs aucun horaire régulier.Ils sont au service de la compagnie et non au service de la population qui habite le littoral du Nouveau-Québec.3.ÉQUIPEMENT DES ESQUIMAUX DU NOUVEAU-QUÉBEC EN EMBARCATIONS \tTypes d\u2019embarcations\t\t Postes\tKayaks\tCanots ou baleiniers\tPeter heads Fort-Chimo\t10\t20\t6 Notre-Dame-de-Koartac\t10\t3\t3 Sainte-Anne-de-Maricourt\t13\t2\t0 (Baie Wakeham) Sugluc\t0\t8\t3 Notre-Dame-d\u2019Ivugivic\t4\t3\t5 Povungnituc\t7\t25\t5 Totaux\t44\t61\t22 RELATIONS c) Port-La-Pérouse (Port Harrison) a un vol tous les quinze jours, venant de Grande-Baleine, par la compagnie Austin; en été, il y a aussi des vols venant de Moosonee, du côté ontarien de la baie James.En outre, la compagnie Austin assure un service à peu près régulier tous les quinze jours, à certaines époques seulement, entre Grande-Baleine, Povungnituc et Sugluc.Cependant, comme les avions doivent atterrir sur la glace de la mer et amerrir en été, les liaisons aériennes sont interrompues de la fin d\u2019avril à la mi-juillet et de la fin d\u2019octobre au début de janvier 4.2.\tLes services à forfait.-\u2014 A Fort-Chimo et à Grande-Baleine, des compagnies d\u2019aviation assurent, sur demande, le service aérien pour fins scientifiques, administratives, prospection minière ou autres.A Fort-Chimo une filiale de la compagnie d\u2019Aviation Wheeler, établie depuis l\u2019été 1959, possède deux avions : un Norseman et un Beaver ; un troisième appareil s\u2019ajoute en été.L\u2019autre compagnie établie à Fort-Chimo est Air Saint-Félicien; depuis janvier 1962, elle possède un Norseman à Fort-Chimo; elle ajoutera un deuxième avion au début de l\u2019été 1962.A Grande-Baleine, la compagnie Austin possède quelques avions de louage qui servent à des missions de toute espèce.3.\tDivers ministères du Gouvernement du Canada affrètent de temps à autre de leurs avions ou des avions commerciaux pour une tournée des postes du Nouveau-Québec ou une mission spéciale.Ainsi au début d\u2019avril 1962, un avion de l\u2019Armée de l\u2019air a visité la plupart des postes du Nouveau-Québec pour une tournée d\u2019inspection des observateurs terrestres du mouvement des avions; quelques jours plus tard, un autre avion de l\u2019Armée de l\u2019air a fait la tournée d\u2019inspection des rangers esquimaux, chasseurs et pêcheurs esqui- 4.TRANSPORTS AÉRIENS DANS LE NOUVEAU-QUÉBEC Postes\tService *\tAmélioration suggérée Havre-Turquetil\tTrès irrégulier\tService régulier (Port-Burwell)\tet très rare.\ttous les 15 jours.Port-Nouveau-Québec\tTrès irrégulier et très rare.\t\u2014 Fort-Chimo\t2 vols par sene aller-retour en direction de Montréal, dont 1 avec escale à Roberval.\tLiaison directe avec Québec (1 vol par semaine).François-Babel (Baie-Payne)\tTrès irrégulier.\tService régulier tous les 15 jours.Lomer-Gouin\tTrès irrégulier.\t\u2014 (Hopes Advance)\t\t Notre-Dame-de-Koartac\tIrrégulier.\t\u2014 Sainte-Anne-de-Maricourt\tIrrégulier.\t\u2014 (Baie Wakehan)\t\t Sugluc\tTous les 15 jours en hiver de Grande-Baleine.\t Notre-Dame-d\u2019Ivugivic\tIrrégulier.\t\u2014 Povungnituc\tTous les 15 jours en hiver, de Grande-Baleine.\t Port-La-Pérouse (Port-Harrison)\tTous les 15 jours de Grande-Baleine; en été, un service de Moosonee (Ont.)\t Grande-Baleine\t1\tvol par se-semaine en hiver 2\tvols par semaine de Montréal, avec escale à Val-d\u2019Or\tLiaison directe avec Québec.1 vol par semaine * Pendant les périodes où il n\u2019est pas possible d\u2019atterrir ou d\u2019amerrir en raison de la glace en formation ou du dégel, il pourrait y avoir parachutage du courrier au moins tous les quinze jours.maux censés contribuer à la protection du territoire; d\u2019autres fois, des fonctionnaires du ministère du Nord et des Ressources ou du ministère de la Santé entreprendront des tournées d\u2019inspection.A l\u2019occasion, un avion pourra même être dépêché pour évacuer un malade ou pour rechercher quelqu\u2019un annoncé disparu.D\u2019autres fois, ce sera un avion du ministère des Transports avec des menuisiers, peintres et maçons, pour réparer, agrandir ou élever une construction quelconque.A l\u2019été 1960, le ministère des Mines d\u2019Ottawa effectua une tournée avec un représentant de la Direction de la Géographie et un fonctionnaire de la Direction des Levés et de la Topographie; ils firent chacun des observations dans leur domaine.D.\u2014 Télécommunications Le service des télécommunications comprend celles par téléphone et par émetteurs.1.\tTéléphone.\u2014 Sur 12 postes du Nouveau-Québec, 5 bénéficient du service téléphonique: Fort-Chimo, Havre-Sainte-Anne (Fort Georges), Port-La-Pérouse (Port-Har-rison), Povungnituc et Grande-Baleine.Le tableau ci-joint indique le nombre d\u2019abonnés, par poste, et le nombre d\u2019abonnés esquimaux 5.Ce tableau appelle les commentaires suivants: les abonnés \u2014 ce sont des particuliers et divers organismes \u2014 en général ne dépassent pas 10 à 15 par poste; deux exceptions: Fort-Chimo et Grande-Baleine, avec respectivement 60 et 70 abonnés.Sauf à Fort-Chimo, où ils sont une vingtaine, il n\u2019y en a qu\u2019un à chacun des autres postes.A l\u2019intérieur de chaque poste, les appels sont transmis par fil; vers l\u2019extérieur, ils le sont par ondes radiophoniques et les heures d\u2019appel sont contingentées à certaines périodes de la journée seulement: ainsi, à Fort-Chimo, par exemple, il n\u2019est possible d\u2019appeler à Montréal ou à Québec, ou dans d\u2019autres villes de l\u2019extérieur, qu\u2019entre 11 heures et 12 heures et entre 19 et 20 heures.2.\tÉmetteurs.\u2014 Les émetteurs sont dans le Nouveau-Québec le moyen le plus pratique et le plus populaire de communication.Trois organismes actuellement possèdent dans ces régions un réseau d\u2019émetteurs: les Révérends Pères Oblats, avec un poste dans toutes leurs missions, sauf à Grande-Baleine (l\u2019autorisation n\u2019y fut pas accordée à cause des installations radiophoniques déjà existantes); la compagnie de la Baie-d\u2019Hudson avec un appareil partout où elle a un comptoir principal; enfin, depuis 1961, le ministère du Nord a mis un émetteur à la disposition de ses fonctionnaires aux divers endroits où ils sont postés 6.Ces émetteurs sont indispensables aux communications entre les membres de ces divers organismes et permettent de communiquer à toute heure du jour, aussi souvent et aussi longtemps que besoin est.Chaque réseau ayant sa longueur d\u2019onde, les postes d\u2019un réseau, communiquent entre eux sans interférence avec les autres réseaux.La seule formalité à remplir est l\u2019autorisation du ministère des Transports; le permis à payer est de 10 dollars par année.5.POSTES TÉLÉPHONIQUES Postes\tAbonnés\tAbonnés esquimaux Fort-Chimo\t60\t20 Havre-Sainte-Anne\t15\t1 (Fort-Georges)\t\t Port-La-Pérouse\t12\t1 (Port-Harrison)\t\t Povungnituc\t9\t1 Grande-Baleine\t70 (environ)\t Total\t96 (environ)\t23 JUIN 1962 161 3.Postes radiophoniques.\u2014 Il n\u2019y a actuellement aucun poste radiophonique en service au Nouveau-Québec.La 6.Émetteurs au Nouveau-Québec Postes\t\tPropriétaires\t \tPères Oblats\tCompagnie de la Baud'Hudson\tMinistère du Nord Havre-Turquetil Port-Nouveau-Québec (Rivière-Georges) Fort-Chimo\t1\t1\t1 Lomer-Gouin (Hopes Advance) François-Babel (Baie-Payne) Notre-Dame-de-Koartac\t1\t\t1 Sainte-Anne-de-Maricourt\t1\t\t1 (Baie Wakehan) Sugluc\t1\t1\t1 Notre-Dame-d\u2019Ivugivic Povungnituc\t1 1\t1\t1 Port-La-Pérouse\t\t1\t1 (Port-Harrison) Grande-Baleine\t\t\t Total\t6\t4\t6 Société Radio-Canada, cependant, diffuse de Montréal sur une longueur d\u2019onde spéciale, durant toute la journée, à l\u2019intention de l\u2019Est de l\u2019Arctique et du Nouveau-Québec, des émissions en majorité anglaises, avec seulement quelques émissions françaises et esquimaudes, ce qui est une grave lacune pour ceux qui parlent ces deux langues, particulièrement pour les Esquimaux qui forment la majorité de la population du Nouveau-Québec.Il est vrai, cependant, que sauf dans des postes plus développés, comme Grande-Baleine ou Fort-Chimo, les Esquimaux ne possèdent pas d\u2019appareils de radio.Pour ce qui est des émissions de langue française, il est possible de capter à Fort-Chimo, celles du poste CKAC, de Montréal, et aussi celles du poste CJBR, de Rimouski; en raison, toutefois, de certains facteurs météorologiques relevant de la physique de l\u2019atmosphère (aurores boréales et autres phénomènes encore mal connus), ces émissions, bien captées en hiver, sont très embrouillées ou même n\u2019atteignent pas le Nord, durant plusieurs semaines au printemps, en été et en automne.Nous verrons, le mois prochain, les améliorations qu\u2019on pourrait apporter à cette situation.LE THÉÂTRE Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.A PRÈS L\u2019EFFORT et le succès du Partage de Midi, qui a AA été proclamé, récemment, le spectacle de l\u2019année, la troupe du Rideau-Vert est revenue à une formule de théâtre plus accessible et plus facile avec V Idiote de Marcel Achard.U Idiote Cette pièce, très en vogue encore à Paris, remporte aussi chez nous tous les suffrages des amateurs de théâtre.Ce n\u2019est pas toujours le cas.En fait cette idiote d\u2019Achard n\u2019est pas bête du tout.De loin.Finaude et délurée, elle sait rendre des points à ceux qui s\u2019occupent de son affaire, même au sagace et habile juge d\u2019instruction, Camille Sévigné, chargé d\u2019élucider le drame de la rue de la Faisanderie.Car il y a eu drame.Si, en effet, Joséfa Lanthenay, femme de chambre chez les banquiers Beaurevers, n\u2019est pas idiote, elle se laisse peut-être trop facilement bécoter.Elle alterne ce petit jeu dangereux du chauffeur des Beaurevers, le fougueux espagnol Miguel Ostos, au patron Benjamin Beaurevers lui-même.Le jeu a mal fini: il y a eu mort d\u2019homme, celle du chauffeur Ostos.Naturellement, Joséfa fut tout de suite incriminée: circonstances accablantes contre elle.Mais sait-on jamais! Dans son vif désir de savoir, précisément, le juge Sévigné a découvert que l\u2019idiote Joséfa n\u2019était ni idiote ni criminelle.Il pourrait même advenir que la Joséfa en vienne à convoler en justes noces, cette fois, avec un garde de la prison, à l\u2019étrange ressemblance avec son beau Benjamin.L\u2019idiote n\u2019était donc pas celle qu\u2019on pensait mais bien la fière et aristocratique Dame Marie-Dominique Beaurevers, épouse infidèle et trompée à la fois.Un tel sujet peut paraître vulgaire.La pièce d\u2019Achard ne l\u2019est pas, ou si peu, comme, par exemple, l\u2019allure ou le lan- gage, parfois, de Joséfa: elle n\u2019a tout de même pas fait ses classes dans nos grands couvents ni hanté les officines de Radio-Canada! Le ton, le dialogue, l\u2019humour, la blague, tout est de bonne compagnie.Là n\u2019est pas pourtant le principal intérêt de VIdiote, mais bien plus dans l\u2019étude des caractères de la comédie, spécialement du personnage titre, savoureux de simplicité et de naturel.Personnage bien campé, haut en couleur, animé d\u2019une vie débordante, il donne à la pièce une vérité humaine qu\u2019on ne rencontre pas toujours, à un égal degré, dans le théâtre dit léger.Joué par Monique Leyrac, il devient exceptionnel et fort attachant.Avec raison, on a désigné cette artiste, l\u2019actrice de l\u2019année.Peu de comédiennes jouent avec une sincérité aussi complète: elle se jette tôut entière dans son rôle, lui insuffle un feu qui semble bien authentiquement dramatique.Feu qui se communique et stimule à se dépasser les autres acteurs, au grand profit de la pièce: preuve, la magnifique composition de François Cartier comme juge d\u2019instruction et la remarquable interprétation de Gérard Poirier en deux rôles si différents de Benjamin Beaurevers et du Garde de la prison.A jouer divers emplois, le talent de ce comédien s\u2019assouplit et s\u2019affirme davantage.Il n\u2019est plus le jeune premier un peu douceâtre d\u2019hier.Deux rôles féminins tenus avec aisance dans de courtes apparitions par Andrée Lachapelle et Françoise Faucher.Une réalisation typiquement Cailloux \u2014 donc amusante \u2014\u2022 du greffier Julien Morestan, de justes interventions de Marcel Cabay et Raymond Royer en avocats complètent le cadre et le milieu humain de l\u2019intrigue à rebondissements multiples de V Idiote, pièce bien faite et plaisante.162 RELATIONS Roses rouges pour moi L\u2019audace, sans doute, sied aux jeunes et qu\u2019ils sortent des sentiers battus.Ils ont tout intérêt même à élargir le champ de leurs recherches, sources de leur expérience et de leur enrichissement de demain.Ainsi progressent la vie, la pensée et les modes nouveaux d\u2019expression.Dans cette voie s\u2019avance courageusement l\u2019ardente équipe du Centre-Théâtre.Après Ionesco, Dürrenmatt, Marceau, voici le prolifique auteur irlandais Sean O\u2019Casey, avec Roses rouges pour moi.Voilà proprement du théâtre engagé.O\u2019Casey, libéré par son énergie et sa ténacité bien gaélique d\u2019une existence de misère et de maladie, veut, par le truchement très social du théâtre, libérer et relever, à leur tour, ses compatriotes irlandais, accablés, comme lui, des mêmes soucis.Roses rouges pour moi raconte quelques épisodes de ces luttes patriotiques, sociales et religieuses dans sa bonne ville de Dublin.L\u2019intérêt de la pièce réside justement dans la variété des événements, dans l\u2019alternance des problèmes ou leur enchevêtrement mais non pas dans l\u2019unité scénique, inexistante: la grève entreprise étant beaucoup plus un cadre physique à l\u2019action et une justification de l\u2019agressivité des personnages.Surtout l\u2019auteur nous révèle l\u2019âme irlandaise, mystique et réaliste, charitable et violente, résignée et anarchique: tout un monde de contrastes assez déroutant et même irritant.Aussi je crois qu\u2019il faut être irlandais pour parfaitement comprendre et goûter ce genre de théâtre.A tous, pourtant, il peut procurer un agréable délassement, à couleur folklorique, par la représentation de coutumes et de mœurs pittoresques et différentes.Ce plaisir, je l\u2019ai fortement ressenti au spectacle de Roses rouges pour moi que nous a offert, avec ferveur et sincérité, l\u2019équipe réunie par Albert Miliaire.Hubert Loiselle, qui tenait le rôle principal, a bien exprimé les élans divers, subitement contraires parfois, de son personnage et Rita Imbeault a joué son rôle avec une spontanéité naïve bien plausible.En pasteur protestant, Marc Favreau faisait un peu jeune pour justifier son caractère et l\u2019autorité spirituelle qu\u2019il incarnait.François Guillier, une fois de plus, a été très juste dans sa composition du vieux grippe-sous débonnaire, Brennan o\u2019the moor.La nombreuse distribution comprenait des éléments assez faibles, en dépit de leur bonne volonté entière.Château en Suède Malgré l\u2019énorme vogue de ses romans, je viens seulement d\u2019accéder à l\u2019œuvre de Françoise Sagan, et par le biais de sa pièce de théâtre, Château en Suède, que nous avons eu le loisir de voir récemment au théâtre de Sa Majesté, grâce aux comédiens de l\u2019Atelier de Paris.Une nouvelle production de Canadian Concerts & Artists.Ceux, nombreux, qui ne prisent pas beaucoup les romans de Mlle Sagan me féliciteront, sans doute, de ne les avoir pas lus.Puis-je rendre la pareille à ceux qui n\u2019ont pas vu Château en Suède et leur dire: Vous avez bien fait de ne pas vous déranger ?Distinguons.Si, à bon droit, vos préférences vont, d\u2019abord, à une œuvre morale \u2014 je n\u2019ai pas dit « nanan » ! \u2014 vous auriez été déçus.Dans cet étrange château planté dans les neiges de Suède, la règle de vie ressemble beaucoup à celle que proposait Rabelais aux habitants de l\u2019abbaye de Théleme: Fais ce que plais! Si, d\u2019autre part, vous aimez dans une pièce de théâtre une action logique, une progression constante de l\u2019intrigue, un lien naturel des scènes entre elles, nouvelle déception! Françoise Sagan taquine, en effet, plus volontiers la fantaisie que la rigueur de la construction et c\u2019est invraisemblable comme, dans sa pièce, les acteurs entrent en scène ou en JUIN 1962 sortent sans aucune raison.La technique théâtrale y est aussi follement en liberté que la morale.Château en Suède n\u2019est pas une pièce mais la chronique, surtout galante, de quelques hommes et de quelques femmes que rongent le désœuvrement et l\u2019ennui dans un château de rêve perdu au bout du monde.Et alors, si vous voulez fuir l\u2019obsédante tension de votre existence actuelle, vous vous seriez enchantés au déroulement de la souple et nonchalante vie d\u2019Hugo Falsen et de sa volage famille; vous vous seriez amusés de l\u2019esprit caustique et parfois profond de Sébastien, le parfait parasite; d\u2019Eléonore, sa sœur, vous auriez pu apprécier la ruse féminine et la cruauté inconsciente et voir tricher aux cartes comme en amour la « ravissante » et malheureuse Ophélie; vous auriez assisté aux terribles colères du jaloux Hugo et admiré son habileté à éliminer les concurrents, en particulier le trop entreprenant cousin Frédéric, à moins que vous vous soyez attardés aux fantaisies incongrues d\u2019Agathe Falsen, sœur d\u2019Hugo et maniaque du passé.A cause de ses qualités que j\u2019appellerais para-théâtrales, Château en Suède capte indubitablement notre intérêt, renouvelé à chaque scène de façon imprévue.Et l\u2019on comprend ainsi le succès de cette pièce, même auprès de la critique parisienne.L\u2019auteur nous établit dans un complet dépaysement d\u2019époque, de costumes, d\u2019atmosphère, d\u2019habitude de vie, en contradiction flagrante avec la bousculade de nos existences affolées.Les personnages nous disent bien leur ennui, leur nostalgie d\u2019autres lieux et activités, toutefois ils y restent dans leur château et ne font rien pour en sortir.Et dans le secret de leur cœur beaucoup de spectateurs, peut-être, leur donnent raison.J\u2019oubliais de signaler une qualité certaine de Château en Suède : la vivacité du dialogue et sa naturelle adaptation au rythme de l\u2019action.Un dialogue ajusté aux sentiments et aux personnes, et subtil, mystérieux; certaines phrases de Sébastien ou d\u2019Eléonore, certaines réflexions d\u2019Ophélie, apparemment banales ou toutes simples, insinuent souvent beaucoup plus qu\u2019elles n\u2019affirment, laissent deviner tout un monde intérieur précieusement voilé.Une équipe habile de comédiens de France a fait un sort judicieux à cette pièce peu ordinaire.Claire Maurier a dégagé avec nuance le caractère astucieux et inquiétant de la belle Eléonore.Le personnage le plus déroutant et le moins précis de la pièce, la femme-enfant, demi-démente Ophélie a été joué avec le plus grand naturel par Brigitte Auber.Quant à Jacques François, à la voix légèrement rauque et cassée, il a incarné avec la souplesse, la désinvolture, la finesse requises, le rôle difficile de Sébastien.La mise en scène intelligente d\u2019André Barsacq a facilité aux comédiens l\u2019interprétation exigeante de cette comédie remplie d\u2019attrapes sournoises où auraient pu chopper des artistes moins expérimentés.Le décor de Jacques Dupont, majestueux et archaïque, aidait encore à créer l\u2019atmosphère équivoque, suggérée déjà par les costumes xvme siècle, qu\u2019a voulue Françoise Sagan.Comme tant d\u2019œuvres littéraires de notre temps, marquées de cet esprit de renouvellement à la mode, qui est, d\u2019ailleurs, un signe de vie et de progrès possible, Château en Suède apporte des éléments, discutables sans doute, mais sûrement intéressants au mouvement dramatique en cours.* Pour ne pas me débarrasser en vitesse et escamoter les spectacles de fin de saison du Rideau-Vert et du Théâtre du Gesù, je remets à une prochaine chronique tout le bien que je voudrais dire de la Puce à l'oreille de Feydeau et de Vêtir ceux qui sont nus de Pirandello.16a LECTURE DU MOIS Médecine et morale du mariage DEPUIS UNE VINGTAINE D\u2019ANNÉES, on remarque partout un intense souci de préparer les jeunes à leurs responsabilités conjugales et familiales.Éducateurs, médecins et pasteurs de toute foi comprennent qu\u2019en une matière aussi grave il est fou d\u2019abandonner la jeunesse au hasard des informations et déformations vulgaires de la rue et du cinéma, aux obsessions et faussetés de certains livres et magazines.On peut déplorer que, trop souvent, les non-catholiques, cédant à des considérations purement hygiéniques, économiques ou démographiques, se laissent entraîner à proposer des directives contraires aux exigences de la nature humaine et, en longue période, aux intérêts mêmes qu\u2019ils prétendent promouvoir.A rebours de ce courant démoralisateur, et surtout depuis que Pie XI et Pie XII ont largement exposé la théologie du mariage et de la virginité, les catholiques visent à communiquer aux jeunes le sens grandiose de la vocation sexuelle (masculine et féminine) et le désir de l\u2019assumer pleinement.Car la réussite du mariage et de la virginité (consacrée à Dieu ou non) ne s\u2019improvise pas.Nous avons commenté ici plusieurs ouvrages de morale sexuelle et conjugale.En voici quatre autres, auxquels nous joignons quelques numéros de revues.Les deux premiers livres s\u2019adressent aux fiancés et n\u2019abordent que secondairement le problème de la régulation des naissances, dont s\u2019occupent principalement le troisième et le quatrième, de même que les périodiques.Mieux vaut lire l\u2019opuscule du Dr Schim Van der Loeff 1 que de se marier dans l\u2019ignorance des réalités conjugales.Mais, outre que la traduction contient de nombreuses incorrections de langue et que la pensée elle-même s\u2019exprime avec maladresse et imprécision (pp.25, 60, 64, 70, 75, 93, 104), il y a plus et mieux à tirer des deux volumes suivants.Dans son ouvrage, plus développé que le précédent, le Dr A.C.M.Lips 2 ne se contente pas d\u2019expliquer l\u2019anatomie de l\u2019homme et de la femme, les processus de la menstruation, de la grossesse et de la naissance, l\u2019activité de l\u2019instinct sexuel (évolution et risques de déviation); il tente d\u2019analyser les traits qui différencient psychologiquement l\u2019homme et la femme (banalités discutables); il consacre des chapitres aux troubles affectifs de la sexualité féminine et masculine, aux maladies vénériennes et à la régulation des naissances.D\u2019accord avec son confrère pour blâmer, au nom de la science médicale et de la morale, fautes et fraudes sexuelles, et pour déconseiller l\u2019usage des « tampons » au lieu des « serviettes hygiéniques » (p.52), il insiste encore sur la primauté de l\u2019amour-charité dans le mariage (ch.xii).Malheureusement, il lui échappe des expressions inacceptables (« besoin » sexuel) et contradictoires (si la copulation est « essentielle » à l\u2019harmonie du couple, on n\u2019a pas le droit de la juger « secondaire », et on n\u2019a pas le moyen de rendre compte de la continence nécessaire ou volontaire dans le mariage).Plus rigoureux dans son vocabulaire, le Dr I.E.Georg emploie les deux premières parties de son maître ouvrage 3 1.Pour toi qui te maries.Traduit du néerlandais par Constant Muller.Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1960, 109 pp., 18.5 cm.Prix: 4,80 NF.2.Une seule chair.L\u2019harmonie du couple.Traduit du néerlandais par H.Sharrenberger.Même éditeur, 1960, 148 pp., 18.5 cm.Prix: 6 NF.3.La Pratique de la continence périodique.Pour la sauvegarde de la morale matrimoniale.Traduit de l\u2019allemand par R.Virrion.Même éditeur, 1960, 228 pp., 19 cm.Prix: 8 NF.à justifier la continence périodique, des points de vue médical, psychologique et moral.Sauf deux passages (pp.180, 195-196) qui reproduisent la contradiction signalée chez le Dr Lips et un autre insuffisamment nuancé (196), l\u2019ouvrage offre une doctrine parfaite, dans une langue claire et correcte.Grandeur de la sexualité, de la fécondité et de la chasteté; primauté du féminin dans les relations sexuelles; distinction très nette entre le naturel de la continence périodique et Y antinaturel de l\u2019onanisme, de la contraception: condamnation de l\u2019érotisme public, du scandale que sèment les littératures d\u2019alcôve et de lupanar: ces aspects de la question sexuelle reçoivent du Dr Georg un traitement d\u2019expert, précis et serein.Les numéros de revues qui méritent recommandation ajoutent peu de neuf à notre érudition médicale, mais complètent notre documentation sociologique et approfondissent nos réflexions morales.Dans les Pages documentaires 4, le R.P.Stanislas de Lest apis, S.J., remet en vive lumière l\u2019échec des procédés anticonceptionnels au Japon, en Suède, en Grande-Bretagne et aux États-Unis; réaffirme clairement les principes de finalité et de totalité, si importants en morale médicale, mais qu\u2019on oublie parfois d\u2019appliquer à la régulation des naissances; montre, enfin, que les époux doivent fonder leur amour sur une spiritualité surnaturelle s\u2019ils veulent en préserver l\u2019intégrité, en assurer le progrès.Texte à relire.Le R.P.Bernard Simonnet, S.J., en confirme la conclusion spirituelle par une argumentation philosophique et théologique 5.La nature humaine, œuvre de Dieu, indique à la raison, comme par un signe, sa finalité, qui appelle dépassement de l\u2019intérêt immédiat.Est donc contre nature le refus de la rationalité signifiante qui est inscrite dans le sexe humain.Et alors, la connaissance qui facilite la continence périodique apparaît naturelle, tandis que Y intervention contraceptive se révèle contre nature.Le dernier ouvrage suggéré ce mois-ci6 ne touche qu\u2019à un sujet: la continence périodique par la « méthode des températures ».Médecins tous les deux, les époux Vincent poursuivent « l\u2019expérience de Nantes » entreprise par le Dr Guy Van der Stappen.Après une brève biographie de leur maître et modèle, qui met en relief la compétence, le catholicisme profond et l\u2019inépuisable charité du couple Van der Stappen, les docteurs Vincent résument des « cas » de ménages qui reçurent, à Nantes, aide et conseil.Suit un savant et convaincant plaidoyer en faveur de la « méthode des températures » et de son efficacité.Les AA.concluent par un appel à la collaboration.Éducateurs, médecins, autorités civiles et religieuses doivent enseigner que « la nature est bien faite » (p.119); que le problème de la fécondité se résout (229), à la condition de comprendre que « la grande joie d\u2019aimer » résulte du « courage d\u2019aimer »; que l\u2019effort « paie », non « la facilité d\u2019un artifice » (75); car « la relation sexuelle à elle seule n\u2019est pas l\u2019amour », qui se définit comme « un état permanent de don de soi et d\u2019accueil de l\u2019autre » (121).De cet enseignement surgiront des foyers lumineux et chauds, chastes et raisonnablement féconds.A Montréal, 4.\tLa Régulation des naissances conforme à la morale naturelle, déc.1960-janv.1961.Paris (16, rue Tiphaine), 68 pp., 21 cm.5.\t« Réflexions sur l\u2019enseignement de l\u2019Eglise », dans Cahiers Laënnec: La Régulation des naissances, juin 1961, 47 pp., 23 cm.Lire aussi le cahier d\u2019avril 1961, 54 pp.Paris (10, rue Cassette).Dans ce dernier, le R.P.Michel Riquet, S.J., trace une curieuse histoire de la contraception à travers les âges.6.\tDrs Bernard et Annick Vincent: La Grande Joie d\u2019aimer.Coll.« Mappemonde ».Préface du R.P.Stanislas de Les-tapis, S.J.Introduction du Dr Maurice Mousseau.Paris (30, rue de l\u2019Université), René Julliard, 1962, 230 pp., 19 cm.Prix: 10,80 NF.164 RELATIONS « une équipe de foyers et de médecins » dirige une « expérience » semblable, avec les mêmes résultats.Aucun des livres ou périodiques susmentionnés ne remplace la Limitation des naissances, étude capitale qu\u2019a publiée le P.de Lestapis, en 1959 (voir Relations, nov.1959, p.299) et qu\u2019on vient de rééditer avec compléments.Grâce à ces travaux, le lecteur acquiert des notions saines sur un problème qu\u2019embrouillent aujourd\u2019hui des propagandes ignorantes ou bassement mercantiles.Joseph d\u2019Anjou.moiô L\u2019Europe de demain Pendant que se déroulent les pourparlers de Bruxelles au sujet de l\u2019admission de la Grande-Bretagne au Marché commun, d\u2019autres démarches se poursuivent en vue de sortir l\u2019intégration politique européenne de l\u2019ornière où elle risque de s\u2019enliser.Après avoir appliqué un coup de frein au mouvement, M.de Gaulle, l\u2019affaire d\u2019Algérie tirant à sa fin, a rencontré, il y a quelque temps, à Baden Baden, le chancelier de l\u2019Allemagne, et, plus récemment, à Turin, le premier ministre d\u2019Italie.Au cours de ces entretiens, M.de Gaulle a, sans doute, défendu sa thèse de « l\u2019Europe des patries » inscrite dans la « nature des choses » \u2014, « rêve des sages et ambitions des puissants ».L\u2019idée que recouvre la noblesse des formules ne coïncidant pas, exégèse faite, avec l\u2019idée que se font les autres partenaires de l\u2019Europe de demain, il serait fort surprenant que le président de la France, si malin qu\u2019on le suppose, ait réussi le moins du monde à convertir MM.Adenauer et Fan-fani.Deux thèses s\u2019opposent, mais de Gaulle est seul.Désireux de rapprocher les thèses, mais soucieux des vrais intérêts européens, les Cinq nourrissent tous une même préoccupation et font tous la même réserve: en aucun cas, ne remettre en question le caractère supranational et communautaire des institutions économiques et sociales déjà mises en place auxquelles doivent se conformer l\u2019esprit et le style des institutions politiques.C\u2019est là l\u2019essentiel, car le Marché commun de l\u2019industrie et le Marché commun de l\u2019agriculture ont, dans le Marché commun d\u2019une même philosophie politique, non seulement leur fondement mais aussi leur achèvement.Si l\u2019opération « Europe politique » doit être menée graduellement pour aboutir, encore doit-elle aboutir sous peine de n\u2019être pas la grande idée du siècle.Fidèle à la logique de l\u2019histoire et à l\u2019idée démocratique que la réforme est plus rénovatrice que la révolution, la fédération de l\u2019Europe offrirait un remède aux maladies infantiles des peuples décolonisées, l\u2019espoir aux pays satellites, un facteur d\u2019équilibre au monde et, comment ne pas le souhaiter ?le coup de grâce à la mythologie révolutionnaire.L.d\u2019Apollonia.Le tricentenaire de la mort de Pascal On s\u2019apprête en France (et ailleurs, nous l\u2019espérons) à commémorer le troisième centenaire de la mort de Biaise Pascal.Ce mois-ci, Paris présentera officiellement à Port-Royal, dans la « grange à blé » transformée pour la circonstance en théâtre, la Nuit de feu, de Marcelle Maurette, dialogue dramatique du philosophe et de sa sœur Jacqueline.Rouen, où Pascal vécut entre dix-sept et vingt-quatre ans, le célébrera en novembre, tandis que Clermont-Ferrand, sa petite patrie, prépare d\u2019imposantes manifestations: cours publics à la Faculté des Lettres, exposition consacrée à Clermont au temps de Pascal, colloque de la Société des Amis de Port-Royal, érection d\u2019une stèle à l\u2019emplacement de la maison natale de l\u2019écrivain, inauguration d\u2019un lycée qui portera son nom, cérémonie solennelle à la cathédrale, colloque international de mathématiques, un autre de physique, et, enfin, un congrès international de physique nucléaire et de médecine nucléaire.C\u2019est justice.Pascal fut un de ces rares esprits universels, ouverts à tous les ordres de grandeur.Génie scientifique, il inventa le calcul des probabilités; génie littéraire, il sut « dire les grandes choses simplement »; et, couronnement de tout, superbe génie chrétien, il nous donna les Pensées, Prières pour le bon usage des maladies, et le frémissant Mystère de Jésus.Qui voudra rafraîchir ses connaissances sur Pascal et faire le point aura grand profit à se procurer, pendant qu\u2019il en est encore temps, le numéro spécial que vient de lui consacrer la Table ronde, cette excellente revue de Paris, trop peu connue chez nous, même s\u2019il est facile de s\u2019abonner chez Periodica, Montréal.Sur le Mémorial, l\u2019aventure des manuscrits, la tragédie des Provinciales, l\u2019écrivain immortel, le savant, le mathématicien, le psychologue, le philosophe même, il trouvera des points de vue et des articles que justifie la qualité des signatures.L.d\u2019Apollonia.Qui souffre de négativisme et de peur ?Un des mensonges de notre temps consiste à accuser la morale évangélique de négativisme et de peur.Car si les chrétiens ont peur du péché, c\u2019est d\u2019abord et surtout par un amour qui se soucie de perfection pour eux-mêmes et de délicatesse envers Celui qui s\u2019appelle l\u2019Amour; en cela fidèles à l\u2019axiome philosophique: « Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu.Le bien exige la perfection, que le moindre mal affecte et détruit.» Curieusement, l\u2019accusation de négativisme et de peur s\u2019accompagne d\u2019une intense propagande en faveur de la licence, surtout sexuelle, dans la littérature et les arts.On voudrait dresser en loi la facilité, pour n\u2019importe qui, de tout dire ou écrire, de tout lire et de tout voir, sous prétexte que défenses et contraintes suscitent, par réaction, les abus les plus graves.Venant de psychologues, la contradiction saute aux yeux.N\u2019enseignent-ils pas, avec raison et preuve expérimentale à l\u2019appui, que tel stimulus provoque telle réaction émotive, laquelle déclenche à son tour l\u2019impulsion à l\u2019action correspondante ?Pourquoi en irait-il autrement dans le domaine sexuel?Les faits, hélas! historiquement écrasants, montrent que l\u2019impulsion à l\u2019action se produit plus sûrement dans ce domaine qu\u2019en tout autre.Ne nions pas qu\u2019il y ait justesse et même opportunité à combattre le puritanisme et l\u2019hypocrisie.Mais on risque davantage à privilégier l\u2019exhibitionnisme aux dépens de la pudeur.Et il n\u2019y a pire hypocrisie que d\u2019estimer la débauche même joyeuse plus saine que la continence même étriquée.JUIN 1962 165 Car alors on contredit, d\u2019ordinaire au nom de la psychanalyse, le créateur de la psychanalyse: Nous qualifions de perverse toute activité sexuelle qui, ayant renoncé à la procréation, recherche le plaisir comme un but indépendant de celle-ci.Vous comprenez ainsi que la ligne de rupture et le tournant du développement de la vie sexuelle doivent être cherchés dans sa subordination aux fins de la procréation.Tout ce qui se produit avant ce tournant, tout ce qui s\u2019y soustrait, tout ce qui sert uniquement à procurer de la jouissance reçoit la dénomination peu recommandable de « pervers » et est, comme tel, voué au mépris.(S.Freud, Introduction à la psychanalyse, Payot, Paris, 1959, p.340.) Pour Freud, l\u2019amour oblatif, surtout paternel et maternel, non la satisfaction débridée de l\u2019instinct, assure l\u2019équilibre et la maturité.Or, on y parvient grâce aux contraintes que l\u2019éducation familiale, scolaire, sociale, religieuse doit imposer à l\u2019être humain.Cette nécessité résulte des passages que la nature elle-même dispose au cours de notre croissance.Passages: la sortie du sein maternel, le sevrage, l\u2019apprentissage de la marche et de la propreté; passage: la première prise de conscience de notre personnalité, au moment où nous commençons à dire je et moi; passage: l\u2019acceptation de notre sexe et du partage de l\u2019amour maternel avec le père, de l\u2019amour parental avec des frères et des sœurs; passages, enfin: l\u2019entrée à l\u2019école, la période de l\u2019adolescence et la préparation aux métiers de la vie.Chacun de ces passages implique renoncement à une situation acquise pour accéder à un palier nouveau.Renoncement qui exige éducation, autant dire contrainte, sans quoi l\u2019inertie propre à toute satisfaction maintient l\u2019enfant à un niveau que son dynamisme vital presse de franchir.La résistance aux passages et aux contraintes qu\u2019ils occasionnent engendre complexes et névroses, qui ont pour caractère habituel la revendication agressive de satisfactions auxquelles on doit avoir renoncé.Il ne s\u2019agit évidemment pas de proposer la contrainte comme une fin en soi.Elle n\u2019a de valeur que par rapport à l\u2019épanouissement personnel dont elle est la condition indispensable.Pour la psychologie moderne, un des signes de la maturité réside dans la capacité de tolérer positivement des privations, en vue d\u2019une acquisition supérieure que prépare ou mérite cette tolérance.La maman qui veut discipliner son enfant à la propreté doit l\u2019amener à sentir la maîtrise de ses sphincters meilleure pour lui-même que leur relâchement intempestif.Dira-t-on qu\u2019en le détournant de se souiller, elle prend envers lui une attitude de négativisme et de peur?Non, si elle a la « manière ».Ainsi, pour la peur chrétienne du péché et la mortification qu\u2019elle suggère.Il importe de leur assigner un juste rôle dans l\u2019éducation des enfants: celui d\u2019un conditionnement, non celui d\u2019une fin en soi.Le succès récompense les éducateurs \u2014 parents et maîtres \u2014 qui pratiquent dans la joie le détachement oblatif qu\u2019ils tâchent d\u2019inspirer.Et voilà ce que refusent, au nom d\u2019une fausse maturité ou liberté, les contempteurs de la morale évangélique.Par lâcheté (négativisme), ils collent à des satisfactions infantiles qu\u2019ils ont peur de dépasser.De cet articulet, l\u2019ouvrage du Frère Hector-André Paren-teau, I.C., les Robes noires dans l'école (Éditions du Jour, Montréal), offre un magistral développement.J.d\u2019Anjou.L\u2019oecuménisme du diable On répète une banalité en affirmant que deux œcuménismes luttent aujourd\u2019hui pour la suprématie dans le monde: l\u2019Église du Christ et le matérialisme athée.Celui-ci, que représente le communisme marxiste, se répand par l\u2019action sociale, économique et politique.De l\u2019aveu de ses chefs, un 166 seul obstacle barre sa marche triomphale: l\u2019Église de Rome.Il l\u2019attaque donc partout, même dans les pays où la présence numérique du catholicisme semble dérisoire: la Chine, par exemple.Pour détruire le Corps mystique du Christ, le communisme recourt à toutes les violences, à toutes les ruses, sans négliger la division et la corruption par le dedans.Tactique du diable, père de la division et du mensonge.Tactique à laquelle, hélas! coopèrent des catholiques, sans quoi elle ne pourrait réussir.Voilà la tragédie.Ignorance ou naïveté, des catholiques, qui se disent et se croient « sincères », travaillent contre eux-mêmes et contre ce qui doit leur paraître plus cher que leur propre vie: la Vérité et la Grâce de Jésus-Christ, dont l\u2019Église de Rome est la dépositaire et la source.Les uns ne veulent pas croire aux « noirs desseins » des communistes.Il y a de si nobles caractères et de si grands esprits qui adhèrent au communisme! Comme si l\u2019ange des ténèbres ne savait se déguiser en ange de lumière.D\u2019autres refusent d\u2019imaginer qu\u2019ils puissent faire eux-mêmes le jeu du matérialisme athée.Or, non seulement les desseins du communisme s\u2019étalent en noir sur blanc dans des documents archiconnus que confirment les faits, mais les faits, justement, démontrent que des catholiques favorisent, chez eux, l\u2019athéisme.Une fois pris au piège de la tyrannie communiste dans leur propre pays, ils collaborent, librement ou contraints, à son œuvre de déchristianisation.On pousserait les hauts cris si j\u2019ajoutais: ces choses-là se produisent chez nous, à l\u2019état d\u2019approches et d\u2019enveloppement systématique.Laissons les naïfs ou les aveugles se gausser de la « chasse aux sorcières ».Tout ce qui divise politiquement les chrétiens sur les questions fondamentales: la paix dans la justice et l\u2019aide civilisatrice aux peuples désavantagés, sert de venin à l\u2019activité dissolvante du communisme.Tout ce qui divise religieusement fraie la voie au matérialisme athée.Enfin, les communistes se flattent de diviser même les prêtres et les évêques entre eux.L\u2019aventure dont la Chine, la Pologne et la Hongrie offrent le navrant spectacle prouve qu\u2019ils ne majorent pas l\u2019efficacité de leur stratégie.Eh quoi ! le clergé ne mériterait plus confiance ?Question mal posée.Comment, sous un régime communiste, des prêtres en viennent-ils au schisme?Telle est la vraie question.Y répond avec autant de compétence que de clarté un de nos anciens missionnaires de Chine, le Père Léo-Paul Bou-rassa, S.J., dans une ^brochure intitulée Tactiques communistes contre l\u2019Église (Éditions de l\u2019Heure, Montréal, 1962, 96 pp., 17 cm., $0.35, en vente aux Éditions Bellarmin).Il rappelle que les catholiques, même leurs prêtres, commencent, pour toutes sortes de prétextes, à se diviser avant de tomber sous le joug communiste.On se prend de pitié pour les chefs des fausses Églises de Chine, que l\u2019astuce marxiste a dressés contre le Pape.Évidemment, les persécuteurs chinois, qui ne regardent pas à la qualité morale des moyens; qui exaltent la liberté pendant que, pour administrer des diocèses, ils racolent des esclaves auxquels ils ont d\u2019abord « lavé le cerveau », mettent d\u2019emblée quelques avantages politiques de leur côté.Pour un temps.Car « les portes de l\u2019enfer ne prévaudront pas contre l\u2019Église de Jésus-Christ ».Mais, pendant ce temps, quels dommages subissent les âmes! Quels risques courent la paix et la prospérité normale des peuples! Si vous ne tenez point à passer pour^ ignorant ou pour naïf, lisez Tactiques communistes contre l\u2019Église.Une conviction alors mûrira dans votre esprit : la manie des distinctions et sous-distinctions qui aboutit toujours à la désapprobation masochiste de la doctrine et de l\u2019action catholiques; la peur obsessive et niaise de l\u2019intégrisme, \u2014 ce mythe dont on cherche en vain à identifier les méfaits dans l\u2019Église, tandis que les souverains pontifes ne cessent de dénoncer les équi- RELATIONS voques du « progressisme », \u2014 ces attitudes démoralisantes n\u2019ont d\u2019autre effet que de seconder^ l\u2019influence exercée par l\u2019anti-Église communiste contre l\u2019Église de Jésus-Christ.Bien sûr, le P.Bourassa nous prévient: on aurait tort et on ferait tort à l\u2019Église si on voyait du communisme et des communistes partout.La pire erreur, cependant, consiste, au nom de ce principe, à fomenter parmi nous, derrière le masque d\u2019un pluralisme contraire au vœu suprême du Christ {ut sint unum), un effritement des forces religieuses dont profitera l\u2019œcuménisme de l\u2019incroyance et de la perversion.J.d\u2019Anjou.Au delà de « Bousille» et des « Insolences» Ceux qui ont orchestré les Insolences et facéties du Frère Untel et qu\u2019amuse encore la malfaisance grossière de Bousille observent à l\u2019égard de l\u2019ouvrage intitulé les Robes noires dans l\u2019école un silence éloquent.Et normal.En réfutant d\u2019insanes bobards, en corrigeant de puériles exagérations, le livre du Frère Hector-André Parente au, I.C.(Éditions du Jour, Montréal, 1962, 173 pp., 19.5 cm., $1.50), réconforte et stimule les religieux et les religieuses qui enseignent; il s\u2019impose du même coup à l\u2019attention des esprits non prévenus.Loin d\u2019attiser les brandons du scandale, auxquels s\u2019éclaire notre presse dite d\u2019information, l\u2019A.élucide un sujet grave avec une pertinence et dans une langue que pourraient lui envier les bousilleurs de théâtre ou de romans et autres bâcleurs de textes.Je comprends le Frère Clément Lock-quell, E.C., que certaines « laïcités.font vomir » (préface des Robes noires, p.7).Admirons le Fr.Parenteau: il a surmonté la nausée.Avec une sérénité méritoire et une indulgence que contredit la fermeté de ses conclusions, il discute en maître un pamphlet broussailleux (149-170) dans lequel, à force d\u2019hypothèses et de postulats, de vraisemblances et de risques (156, 160, 163, 166) relatifs à « notre école confessionnelle », un professeur d\u2019université croit démontrer scientifiquement (!) l\u2019évidence et la fatalité (162, 168) de dégâts éducatifs (156, 162) tellement absolus (162: « tous les dégoûts, toutes les hontes, tous les scrupules, tous les tabous ») qu\u2019il faudrait établir ici l\u2019école non confessionnelle ou multiconfessionnelle (168), pour sauver « l\u2019humanisme de base » (149, 167, 168), voire la religion (169) ! N\u2019était la confusion des idées qu\u2019entretiennent chez nous des experts en logomachie sophistique, on sourirait d\u2019une telle naïveté ou d\u2019une telle impudence.Grâce au Fr.Parenteau, les généralisations adolescentes d\u2019une psychologie en délire d\u2019extrapolation se réduisent à leur insuffisance \u2014 ou suffisance peut-être.La vocation enseignante des religieux et des religieuses, leur œuvre d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui auprès des enfants retrouvent leur vrai visage: celui de l\u2019amour voué à la diffusion de la Vérité, à la séduction de la Charité.Par son érudition en histoire et en sociologie, le Frère dégonfle des diagnostics et pronostics préfabriqués (lre partie); par sa compétence en psychologie et en théologie (2e partie), il répare la caricature qu\u2019une agressivité éruptive brosse d\u2019un état de vie dont le mystèrè échappe à l\u2019aveuglement laïciste.Qu\u2019on se rassure: à aucun moment, le Fr.Parenteau ne verse dans la bénissure ou le panégyrique idolâtre.Méthodiquement, il analyse le débit et le crédit de nos écoles, dévoile, après expérience vécue (non par suite d\u2019hypothèses et de postulats), l\u2019endroit et Y envers (10) de la réalité religieuse, témoigne d\u2019une culture digérée et d\u2019une réflexion ordonnée.Bref, il présente, surtout dans les chapitres il (« L\u2019école d\u2019ici plaide non coupable »), v (« L\u2019humanisme de base aux prises avec un idéal surhumain ») et vu (« La virginité consacrée, fleur suprême de l\u2019amour »), une éclairante démonstration de l\u2019humanisme religieux en général et un spécimen brillant de son équilibre personnel en particulier.Vacillent, par comparaison, les lumignons fumeux de nos universités.J.d\u2019Anjou.-Hvec ou 5anô commentaiteô Mon prochain qui meurt de faim La faim existe dans le monde, ou plutôt il existe des hommes, des centaines de millions d\u2019hommes qui ont faim.Nous n\u2019y pensons pas toujours, et même nous n\u2019y pensons pas souvent.Pourtant ces hommes, chrétiens ou non, sont notre prochain, et la charité du Christ devrait nous presser de leur venir en aide.Pour stimuler notre charité, lisons ce témoignage d\u2019un délégué à la troisième Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises tenue à La Nouvelle-Delhi, capitale de V Inde, en novembre 1961.Signé par Bernard Sartorius, ce témoignage a paru dans la revue française Vie protestante et a été reproduit dans le numéro d\u2019avril de Credo, journal de l\u2019Église unie du Canada.Nous autres, participants de l\u2019opulente Europe et de la non moins opulente Amérique, portons assurément Christ dans nos cœurs.Malgré nos appareils photographiques valant le salaire annuel d\u2019un intouchable.Malgré notre hôtel dont JUIN 1962 une seule nuitée égalait la paie mensuelle du « boy » qui venait nous apporter au lit le thé matinal.Nous voulions manifestement être chrétiens: toutes nos discussions^n\u2019ont-elles pas porté sur la mission, le service et l\u2019unité de l\u2019Église ?Et pourtant, il y avait cet Indien qui tous les soirs allumait à côté de notre hôtel un petit feu de bouses séchées pour ne pas mourir de froid, qui nous regardait entrer dans la salle à manger où fourmillaient des serviteurs innombrables en turbans dorés.Nous étions délégués par nos Églises.Et pourtant, cet homme a tout vu en nous, notre argent, notre corpulence d\u2019hommes bien nourris, notre large sourire satisfait, notre gentillesse facile, tout, sauf le Christ souffrant, son frère.Il devait en être ainsi.Aucun de nous qui avons participé à cette Assemblée et en sommes revenus avec de nombreux cadeaux pittoresques en souvenir du pays de la faim n\u2019est directement responsable de la misère de ces femmes cassant des cailloux sur la route afin de survivre.Aucun de nous 167 n\u2019est responsable de ne pas avoir pu finir ce qu\u2019il avait sur son assiette parce que la portion qui aurait permis à une famille entière de subsister un jour était trop grande pour lui.Il ne pouvait en être autrement.De même qu\u2019une Assemblée telle que la nôtre a dû forcément coûter le prix de deux hôpitaux complètement équipés.En nous promenant dans la Vieille Delhi \u2014 « très pittoresque » \u2014 nous avons bien fait de ne pas donner d\u2019aumône aux mioches décharnés qui nous en demandaient.Car l\u2019ayant faite à l\u2019un, nous aurions dû le faire à tous.Il a dû en être ainsi, sur le moment, nous ne pouvions rien changer.Et pourtant nous ne pouvons revenir dans nos Eglises tels que nous en sommes partis.Car maintenant nous sommes sensibles au scandale de la richesse de nos Eglises.Qui, dans certains pays, se payent des centres paroissiaux luxueux.Qui dans d\u2019autres n\u2019hésitent pas à changer un mauvais orgue contre un meilleur.Son prix ?Égal à l\u2019équipement en installations sanitaires élémentaires de plusieurs villages indiens.Nos Églises qui se lamentent lorsqu\u2019elles n\u2019ont provisoirement pas de pasteur, parce que celui-ci est parti pour devenir le pasteur de ceux qui n\u2019en avaient jamais eu.Nous sommes maintenant sensibles au scandale de la richesse de notre pays.Qui larmoie lorsque ses paysans produisent trop de lait.Qui consacre quelques millions aux pays de la faim et dix fois plus à sa défense nationale.Qui estime ne pas avoir assez de techniciens et d\u2019ingénieurs pour s\u2019enrichir encore davantage.Et le scandale de notre richesse personnelle?Nos cadeaux inutiles des fêtes de fin d\u2019année, dont le montant aurait permis \u2014 qu\u2019il est sinistre, ce conditionnel passé.\u2014 à plusieurs enfants indiens de survivre.Tout notre temps et toute notre énergie, que nous consacrons à notre propre intérêt.Alors que l\u2019avenir des pays de la faim dépend de ce temps et de cette énergie.Revenu de La Nouvelle-Delhi, je me sens mal à l\u2019aise dans mon pays, mon Église et mon foyer confortables.Car maintenant je sais que mon prochain est assis sur le parvis de mon Église, de mon pays et de ma maison.Comme dans la parabole de l\u2019homme riche et du mendiant: un prochain qui crève de faim.Que c\u2019est banal! Et horrible.Banal parce que nous en entendons toujours parler.Horrible parce que nous ne faisons rien.Que Dieu ait pitié de nous! 1/école laïque: l\u2019expérience européenne Dans son numéro du 5 mai, la revue de V Institut Pie-XI, Monde nouveau, publie le texte de la conférence donnée au Grand Séminaire de Montréal, le 26 avril dernier, par le chanoine Philippe Delhaye, sur les expériences européennes d\u2019école laïque.Belge du diocèse de Namur, professeur de théologie morale à Lille et à Montréal, le chanoine Delhaye est aussi consulteur à la Commission de Théologie du IIe Concile du Vatican.Sa conférence décrit tout d\u2019abord les expériences belge et française, en indique les conséquences et analyse les principes mis de l\u2019avant par les partisans de l\u2019école laïque européenne.Il faut lire les pages vigoureuses où le conférencier critique les trois principaux arguments qu\u2019on invoque en faveur de l\u2019école laïque généralisée : l\u2019argument du respect de l\u2019enfant, celui du respect des consciences et celui de l\u2019unité morale de la Nation.En conclusion, le chanoine Delhaye déclare ce qui suit : 1.\tC\u2019est un fait que l\u2019école laïque belge et française ont été conçues pour faire pièce à l\u2019école chrétienne.Elles ont substitué une conception « laïque » à une vue chrétienne de la vie.2.\tIl ne semble pas que tous ceux qui en ont approuvé les débuts aient clairement vu où ils allaient.Certains ont pensé donner seulement satisfaction à des revendications présentées par des minorités.Ils ne prévoyaient pas qu\u2019on imposerait cette politique d\u2019abstention aux jeunes chrétiens 168 eux-mêmes.Ce fut peut-être une naïveté, mais ce ne serait pas une naïveté à répéter.3.\tIl apparaît que la campagne pour l\u2019école chrétienne ne peut être menée par des pleurs et des lamentations.Il faut savoir se défendre, par la diffusion des idées, par la réfutation de l\u2019adversaire, par l\u2019action politique.Les succès relatifs mais authentiques des catholiques belges contrastent avec les défaites de leurs frères de France qui, malgré Léon XIII, ont manqué le ralliement et n\u2019ont lutté qu\u2019en ordre dispersé.4.\tCeci dit, il faut reconnaître.qu\u2019on n\u2019a encore rien dit.Car il y a un autre problème de l\u2019école ou, si l\u2019on veut, une autre conception de l\u2019école laïque.Nous sommes au temps de la promotion du laïcat.Les réalités terrestres, le profane gagne petit à petit leur place en théologie dogmatique et en morale.On peut donc penser que les responsabilités des fidèles, des laïcs qui sont de bons chrétiens, peuvent s\u2019accroître considérablement dans l\u2019école religieuse.Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019une question de personnel mais aussi et peut-être plus d\u2019orientation nouvelle.Le laïc est un chrétien qui vit dans le monde.Il peut en s\u2019associant à des prêtres et à des religieux, contribuer à former des chrétiens qui vivront dans le monde.La motion Prévost sur l\u2019école Texte de la motion que M.Yves Prévost, député de Montmorency, a présentée, le 9 mai dernier, à VAssemblée législative du Québec.Que les membres de l\u2019Assemblée législative de Québec, réunis en session et conscients de leur responsabilité dans le domaine de lj éducation, affirment: 1.\tque l\u2019État du Québec doit s\u2019inspirer des principes qui, en toute matière et notamment en éducation, reconnaissent la suprématie de Dieu; 2.\tque l\u2019article 93 de la constitution canadienne reconnaît la croyance religieuse comme le fondement de notre système d\u2019enseignement public et accorde aux minorités les garanties nécessaires ; 3.\tque la croyance religieuse doit demeurer le fondement de notre système d\u2019enseignement public; 4.\tque le caractère confessionnel de l\u2019école publique dans la province ne pose pas uniquement un problème d\u2019enseignement religieux mais répond à la conception fondamentalement chrétienne de l\u2019éducation que possède l\u2019immense majorité de la population de la province; 5.\tque l\u2019initiative de l\u2019établissement de municipalités scolaires, de corporations scolaires formées de commissaires ou de syndics et d\u2019écoles publiques doit demeurer la responsabilité des parents; 6.\tque les garanties constitutionnelles en éducation, reconnues aux minorités et sanctionnées d\u2019une façon exemplaire par l\u2019État du Québec, doivent demeurer intangibles; 7.\tque la véritable liberté de l\u2019enseignement, dans ses justes limites, doit demeurer un principe essentiel de notre droit scolaire; 8.\tque l\u2019école libre, dite privée, doit être le moyen normal d\u2019assurer la liberté de l\u2019enseignement aux minorités que ne lie pas la conception chrétienne d\u2019éducation que possède l\u2019immense majorité de la nation québécoise; 9.\tque l\u2019enseignement libre, dit privé, ne peut être subsi-dié qu\u2019en tant qu\u2019il satisfait aux exigences administratives et pédagogiques imposées à tous et ce, sous l\u2019autorité des lois édictées à cette fin par la Législature de Québec; 10.\tque la neutralité religieuse de l\u2019école publique doit être tenue pour inadmissible, notamment parce qu\u2019elle est inconciliable avec la conception fondamentalement différente d\u2019éducation qu\u2019entretient et exige la quasi-totalité de la nation québécoise.RELATIONS Jle5.livteâ /f exemple, un texte de Jean XXIII et un autre de Pie IX et l\u2019on sera frappé de la différence d\u2019accentuation.Aussi importe-t-il, en citant un texte pontifical, de bien le situer à son époque, avec toutes ses circonstances historiques.A cette tâche délicate aidera l\u2019ouvrage de M.l\u2019abbé Deroo; sa table analytique, copieusement détaillée, contribue en outre à en faire un commode et précieux instrument de travail.Richard Arès.M.-H.LELONG, O.P.: Saint Jean parmi nous.Le Prologue.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 323 pp., 18.5 cm.CES VINGT-SIX CAUSERIES RADIOPHONIQUES d\u2019un style concret, limpide et pétillant, nous invitent à méditer la doctrine si riche du Prologue de saint Jean.En effet, « ces 18 versets qui concentrent la moelle de la révélation évangélique » sont, selon une comparaison prise aux distillateurs de fleurs de Grasse, « un absolu de l\u2019Evangile ».Il serait à souhaiter « qu\u2019il y eût moins de chrétiens opaques parmi les enfants de la lumière » car l\u2019intelligence de l\u2019Evangile ne doit pas être le privilège du petit nombre.L\u2019Incarnation est la vérité qui explique les sacrifices les plus héroïques et qui donne son sens le plus profond et le plus réel à toute vie chrétienne.« Avec une force fulgurante qui rappelle dans l\u2019ordre physique l\u2019éclatement de l\u2019atome », saint Jean en proclame la nouvelle.La science a fait des bonds prodigieux par ses découvertes sur l\u2019origine de l\u2019homme, la composition de la matière; le chrétien solide dans sa foi n\u2019en est nullement dérangé.Le Verbe apporte la paix au monde; elle ne se trouve qu\u2019en Lui car seul II tient promesse.Ce brillant commentaire plaira; il est d\u2019accès facile; à chaque page jaillissent des allusions à l\u2019actualité, des comparaisons savoureuses, des bribes de conversations prises au vol dans le métro ou dans le brouhaha d\u2019un grand magasin.L\u2019ouvrage est extrêmement lumineux et vivant; il donne ce qu\u2019il annonce: saint Jean parmi nous.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Urbain PLOTZKE, O.P.: La Charte de la Vie chrétienne: les Béatitudes.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator, 1961, 253 pp., 19 cm.Notre époque, qui a élaboré la charte des droits de l\u2019homme, respecte-t-elle la dignité humaine ?Un capitalisme souvent crapuleux vise aux plus gros profits et fait de l\u2019ouvrier une espèce de robot; dans les pays où domine l\u2019idéologie communiste, on le traite en esclave.Le P.P.nous invite à contempler l\u2019homme sur son vrai plan, le surnaturel: Dieu l\u2019a créé et lui a donné une destinée éternelle.Le Verbe, de plus, est venu sur terre et nous a parlé.Dans son sermon sur la Montagne, il a apporté le remède aux détresses humaines.L\u2019homme n\u2019a donc pas le droit de s\u2019abandonner à la lassitude, encore moins au défaitisme.Il doit marcher à la suite du Christ.Dans un style imagé et vivant, l\u2019A.commente le sermon des Béatitudes.Il reprend, en les enrichissant, ses conférences de la cathédrale de Cologne.L\u2019ouvrage plaira par son actualité; non seulement aux prédicateurs pour qu\u2019ils s\u2019adaptent aux besoins présents, mais aussi aux laïcs soucieux de mieux connaître l\u2019enseignement du Christ et de se fortifier en face des inévitables misères de la vie.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.A.RAVIER, S.J.: L\u2019Eglise du Dieu vivant.Coll.« Fils de Lumière ».Classe de seconde.\u2014 Paris, J.de Gigord, 1960, 312 pp., 18 cm.Ce catéchisme, destiné aux élèves de Belles-Lettres ou de la classe équivalente, possède les mérites des autres volumes de cette collection: méthode kérygma-tique, centres d\u2019intérêt attrayants, recours constant à l\u2019Ecriture, travaux pratiques faisant appel à la foi et à l\u2019intelligence de l\u2019adolescent.Le plan est très simple.Une partie historique divisée en deux sections: comment le Christ a fondé l\u2019Eglise, comment celle-ci s\u2019est développée dans le temps; une partie dogmatique gravitant autour des quatre notes de l\u2019Eglise.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une étude froide et sans contact avec la vie, mais d\u2019une approche dynamique, animée par « l\u2019esprit de prière et un cœur vraiment filial ».C\u2019est une belle étude qui éclairera l\u2019esprit des jeunes et les stimulera à l\u2019apostolat.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Raymond Veillet: Comment aider les enfants à prier pour le concile.\u2014 Paris, Spes, 1962, 78 pp., 18.5 cm.Ces dix célébrations, comprenant des thèmes de prédications et de prières agrémentés de chants religieux, aideront les enfants à mieux prier pour le concile.Tous ces thèmes sont utilisables au Canada français.Cet opuscule complète Le Concile au catéchisme, du même auteur.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Abbé André Deroo: Encycliques, messages et discours de Pie IX, Léon XIII, Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII et Jean XXIII sur les questions civiques et politiques.\u2014 Lille (19, rue Pharaon-de-Winter), chez l\u2019auteur, 1961 536 pp., 21 cm.Après les recueils d\u2019encycliques, mes-.sages et discours qu\u2019il a rassemblés sur les questions sociales, les questions familiales et sur les questions d\u2019éducation, M.l\u2019abbé Deroo présente un quatrième volume dont l\u2019importance et l\u2019intérêt ne sont pas moindres, tout particulièrement pour le Canada français où les questions civiques et politiques tiennent depuis quelque temps la vedette de l\u2019actualité.Les textes rassemblés par l\u2019A.s\u2019échelonnent de 1846 à 1961 (la récente encyclique Mater et Magistra est reproduite in extenso) et permettent au lecteur de déceler l\u2019accent propre à chaque pontificat.Qu\u2019on lise, par Jean XXIII: Encyclique «Mater et Magistra ».\u2014 Paris (79, rue de Gen-tilly), Editions Spes, 1962, 232 pp, 20 cm.Parmi les éditions en langue française des encycliques pontificales, il n\u2019en est pas qui jouisse d\u2019une plus haute réputation que celle de l\u2019Action populaire de Paris.Après Rerum novarum, après Casti Connubii, Quadragesimo anno, Summi Pon-tificatus, voici que les Jésuites de l\u2019Action populaire nous offrent Mater et Magistra.Cette fois, ils ne se sont pas contentés de reproduire la traduction courante en y ajoutant de copieux et judicieux commentaires; ils ont voulu donner une traduction nouvelle faite sur le texte latin officiel.Le résultat est une plus grande précision dans les termes et même parfois dans la pensée.Que l\u2019on compare, par exemple, ces deux traductions du premier paragraphe de la deuxième partie de l\u2019encyclique: « Qu\u2019il soit entendu avant toute chose que le monde économique résulte de l\u2019initiative personnelle des particuliers.» (Traduction courante.) « Il faut en premier lieu poser que, dans le domaine économique, la priorité revient à l\u2019initiative privée des individus.» (Traduction de l\u2019Action populaire.) C\u2019est donc dire que, même à ceux qui possèdent déjà une édition française de l\u2019encyclique Mater et Magistra, s\u2019impose l\u2019édition faite par l\u2019Action populaire.Le texte y est neuf et les commentaires font autorité.Richard Arès.Gérard Huyghe: Equilibre et Adaptation.Préface de S.Em.le cardinal Liénart.Coll.« Problème de la religieuse d\u2019aujourd\u2019hui ».\u2014 Paris, les Editions du Cerf, 1960, 302 pp., 23 cm.Voilà un ouvrage que tous ceux ou toutes celles qui ont charge de communautés religieuses importantes auront grand profit à lire et à relire.Car il aborde les très graves problèmes de l\u2019adaptation de la vie religieuse à notre monde et de l\u2019équilibre essentiel à maintenir entre les tâches apostoliques et la consécration à Dieu.Il fait suite au congrès régional des Religieuses d\u2019Action hospitalière et sociale, tenu à Lille les 23, 24 et 25 mai 1959, qui rassembla 2,000 participantes sous la présidence effective de S.Em.le cardinal Liénart et de S.Exc.Mgr Guerry.Il a donc profité du dossier exceptionnel que furent les questionnaires et réponses qui préparèrent ce congrès.Il en résulte que l\u2019ouvrage s\u2019impose par la richesse, le réalisme, l\u2019ouverture d\u2019esprit et la mesure.Quatre parties: 1.Le problème de l\u2019équilibre et de l\u2019adaptation: il faut hériter des richesses du passé sans être paralysé par les habitudes vieillies; il faut être du monde, lui porter le message du salut sans perdre soi-même son âme.L\u2019idéal n\u2019est pas de mourir à la tâche, fût-elle spécialisée, mais de la dominer dans la liberté spirituelle qu\u2019assure une formation profonde, JUIN 1962 169 jamais abandonnée.2.Cette conquête spirituelle est l\u2019œuvre de toute la vie; après la mise en train du noviciat, elle se développe au contact de l\u2019expérience et avec l\u2019appui des supérieures.L\u2019A.esquisse cette conquête à propos de l\u2019oraison, de la charité fraternelle et de l\u2019intelligence de la croix.Cette partie est peut-être la plus remarquable et la plus suggestive, malgré certaine simplification, à propos de la méditation.3.Toutes les supérieures locales, ayant à guider cette formation, doivent être formées à ce rôle; elles doivent donc exercer l\u2019autorité sur le modèle du Christ; se gardant des faiblesses de la condition humaine dans le commandement, acceptant le dialogue comme il convient.Enfin, la 4e partie dégage les conditions d\u2019un authentique rayonnement spirituel qui aidera les religieuses à conserver ou à retrouver l\u2019intuition qui a présidé à leur fondation.L\u2019ouvrage s\u2019ajuste naturellement au milieu sociologique qui l\u2019a inspiré; milieu différent du nôtre et plus déchristianisé.Les mises au point qu\u2019il appelle chez nous sont secondaires et n\u2019entament pas sa richesse stimulante.Il suffira de le transposer au masculin pour qu\u2019il convienne généralement, tel quel, aux religieux et aux prêtres.Georges Robitaille.Alec Mellor: Nos frères séparés.Les francs-maçons.\u2014 Marne, 1961, 343 pp., 19.5 cm.Lauteur est avocat à la cour de Paris.i II est bien documenté.On est frappé par le sérieux de son travail, la précision juridique, je dirais, de ses affirmations.Il a puisé aux meilleures sources.Une ample bibliographie contient les principaux ouvrages cités.L\u2019objet de cette étude, ce sont les condamnations pontificales, rappelle l\u2019A.Mais pour justifier celles-ci, il doit bien faire un peu d\u2019histoire de la maçonnerie.La principale raison invoquée par les souverains pontifes pour condamner la maçonnerie et excommunier ses membres, c\u2019est le secret dont elle s\u2019entoure et le serment qu\u2019elle exige de ses membres, secret et serment opposés, tous deux, aux droits de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat.Clément XII (1738), Benoît XIV (1751) et Léon XIII (1884), entre autres, mentionnent expressément ces motifs.Y eut-il également une raison politique à la première condamnation de Clément XII ?L\u2019A.le croit.Le pape aurait voulu soutenir les Stuarts contre les Hanovriens dans leur lutte pour la couronne d\u2019Angleterre.Or les loges du continent, sympathiques d\u2019abord aux Stuarts, étaient devenues favorables à la maison de Hanovre protestante et pratiquaient l\u2019espionnage à l\u2019étranger, à Florence par exemple.Si ce motif a pu exister, il n\u2019est pas établi de façon induscutable.L\u2019A.se refuse à voir dans la Constitution d\u2019Anderson (1723), fondement de la maçonnerie nouvelle et spéculative, l\u2019affirmation du déisme, que pratiquent déjà beaucoup d\u2019Anglais du xviip siècle.Sans doute Anderson n\u2019enseigne pas le déisme comme tel.Mais si sa Constitution se contente de « la religion sur laquelle tous les hommes sont d\u2019accord », cette foi en Dieu sera réduite à sa plus simple expression, car dès le XVIIIe siècle les hommes ne s\u2019entendent plus en fait de foi religieuse.On trouve parmi eux tout l\u2019arc-en-ciel des croyances.On peut donc dire que la Constitution d\u2019Anderson contient en germe l\u2019indifféren- tisme religieux.Clément XII, en 1738, a pu ne pas vouloir accuser de naturalisme un mouvement condamnable par ailleurs en raison de son secret et de son serment.Mais Léon XIII, en 1884, a vu clairement, par les fruits déjà produits, que la maçonnerie projetait de « détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est née des institutions chrétiennes, et de lui en substituer une nouvelle façonnée à leurs idées, et dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntés au naturalisme » (Encycl.Hamanum genus).L\u2019exemple de Joseph de Maistre est révélateur.En 1782, encore jeune \u2014 22 ans \u2014 il est franc-maçon.Plus tard, l\u2019auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg avouera que la maçonnerie qu\u2019il a fréquentée prêche un christianisme « transcendantal » \u2014 ceci moins de 60 ans après Anderson \u2014 « un mélange de platonisme, d\u2019origénianisme et de philosophie hermétique sur une base chrétienne ».Ses membres sont des « illuminés », des « théosophes » (pp.230-239).L\u2019A.constate, parmi les maçons haut-gradés surtout, un retour au spiritualisme.Il se demande si les loges ne pourraient pas s\u2019amender, au point de ne plus encourir les condamnations pontificales.Pour cela, dit-il, il faudrait que la maçonnerie abandonnât son secret et son serment.Elle devrait également se déclarer incompétente en matière religieuse et pratiquer loyalement une neutralité positive et pratique.Alors, elle ne serait plus condamnable.Ceci est-il possible ?Il est permis d\u2019en douter.Des catholiques peuvent faire partie d\u2019associations poursuivant des buts définis, scientifiques, sociaux, littéraires, politiques, commerciaux, internationaux, etc.Alors, les membres catholiques de ces sociétés collaborent à des fins déterminées selon des normes clairement établies.Ils sont une présence, un levain, un ferment.Mais la maçonnerie possède une philosophie de la vie, qu\u2019elle ne peut guère mettre de côté, sans se renier elle-même.Sans doute les maçons s\u2019entraident, banquettent et s\u2019amusent.Mais là n\u2019est pas le but formel de leur société.L\u2019A.assigne comme fin essentielle de la maçonnerie spéculative de construire « la Cathédrale humaine », de viser à « la perfection suprême ».Mais essayer de réaliser cet idéal sans référence à Dieu, n\u2019est-ce pas précisément verser dans le naturalisme ?N\u2019y aurait-il pas danger d\u2019illusion de part et d\u2019autre, du côté de la maçonnerie, comme de celui du catholicisme?Jusqu\u2019au symbolisme maçonnique, qui présente de réels dangers et que l\u2019A.voudrait pourtant conserver.INRI ne veut pas dire Iesus Nazarenus Rex ludaeorum, mais Igné Natura Renovatur Integra, par le feu la nature entière se renouvelle.Ainsi commentent Ragon, Pike et Mackey.« La croix, nous apprend encore Pike, n\u2019est pas un symbole spécifiquement chrétien, mais un emblème de la nature.La religion de Mithra signait ses disciples au front d\u2019une croix.» Les 27 décembre et 24 juin, est-ce saint Jean l\u2019Evangéliste et saint Jean-Baptiste que l\u2019on fête dans les loges, ou célèbre-t-on les solstices d\u2019hiver et d\u2019été, comme le veut encore Pike ?De même les initiations maçonniques sont pleines d\u2019allégories, qui prêtent à confusion.On croit s\u2019entendre et on se leurre.Ces quelques réserves n\u2019entendent pas enlever tout le mérite de cette étude, l\u2019une des plus intéressantes que nous avons lues.Louis C.de Léry.Scolasticat de VImmaculée-Coneeption, Montréal.François DE LA NoË: L\u2019Appel de l\u2019esprit.Coll.« Les idées et la vie ».\u2014 Paris (18, rue de Saint-Gothard), Arthème Fayard, 1960, 256 pp., 19.5 cm.Prix: 9 NF.Non pas difficile, mais trop abstraite pour le peuple, cette savante méditation montre et exalte l\u2019omniprésence de l\u2019Esprit: « à proprement parler, il n\u2019existe pas d\u2019univers matériel, parce que l\u2019univers est fait d\u2019énergies au sein desquelles agit une mystérieuse présence» (p.29); or, plus que la matière, le psychisme révèle l\u2019esprit, et l\u2019esprit fait l\u2019homme (93).Mystère, mystique apparaît le réel (91); la vérité aussi, nécessairement; tout vient du Verbe; rien ne se comprend sans le Christ; l\u2019incroyant, non le fidèle, vit dans l\u2019illusion (103-107) et le mensonge (228); il ne peut donc échapper à l\u2019angoisse et à la névrose (174-176, 207-210, 240-242), car il n\u2019y a pas de liberté sans la foi (202) ; le mal consiste dans la séparation d\u2019avec Dieu (206); et « la pire misère est celle de l\u2019incrédulité qui, se faisant un honneur de son tourment, se complaît dans la profondeur de sa chute pour en tirer vanité » (209).Au calibre de cet ouvrage, les croyants de chez nous mesureront la légèreté de certaines lourdes convergences et surtout la puérilité sinon la canaillerie de l'obsession anti-intégriste que voudraient répandre des polygraphes déboussolés.Joseph d\u2019Anjou.Jacques Maritain: La Responsabilité de l\u2019artiste.Coll.« Le signe ».\u2014 Paris (18, rue du Saint-Gothard), Arthème Fayard, 1961, 123 pp., 19.5 cm.La pensée et le style de Maritain ne font ' jamais aussi bon ménage que dans les livres où il traite d\u2019art et de morale, de mystique et de poésie.Il y applique à merveille son principe devenu classique: distinguer pour unir.L\u2019art regarde le faire; la morale règle l\u2019agir.Toute l\u2019œuvre obéit aux lois et relève des vertus esthétiques; tout l\u2019homme qui œuvre doit se conformer aux vertus morales et, dans l\u2019ordre concret de l\u2019existence (sous peine de se mutiler), aux vertus théologales.La morale ne concerne pas l\u2019œuvre, mais l\u2019ouvrier, qui doit se soucier de son âme et de celle du prochain.L\u2019art ne souffre pas en se soumettant à une morale qui est vie profonde chez l\u2019artiste (Dante, Bossuet, Claudel).« L\u2019art pour l\u2019art » apparaît comme une stupidité, d\u2019ailleurs irréalisable: l\u2019artiste est homme d\u2019abord et avant tout, pour lui-même et pour les autres.Qu\u2019il « purifie la source » (Mauriac), et l\u2019œuvre jaillira, belle et bonne à la fois, malgré le mal qu\u2019elle charrie.L\u2019artiste n\u2019a pas à pactiser avec le péché, car le mal nuit à l\u2019art.Foin de l\u2019art «pour le peuple» ou «pour édifier»! Mais il y a plus de sincérité, de pureté et de vraie curiosité chez l\u2019artiste saint que chez le dévoyé: ses vertus morales perfectionnent ses vertus esthétiques, loin de les brimer.Le diable ne favorise pas la poésie: saint Antoine l\u2019entendait hurler, non chanter.En peu de pages, l\u2019A.éclaire un sujet difficile, que les ignorants se plaisent à embrouiller.Joseph d\u2019Anjou.Dr Bernard This: La Psychanalyse, science de l\u2019homme en devenir.\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 313 pp., 21 cm.Prix: 105 fr.b.Discutable, inacceptable même en maints passages (pp.144, 235, 261, 262, 271-276), cet exposé intéresse et ins- 170 RELATIONS truit tant que l\u2019A., demeurant au niveau de sa compétence, raconte l\u2019évolution de la vie et des idées de Freud (chap, i); analyse le développement de la vie affective (chap, il); étudie avec brio l\u2019image que l\u2019être humain se fait de son propre corps (chap, ni); décrit en termes personnels « la topique freudienne » ou les instances de la personnalité: le moi, le surmoi, le ça (chap, iv); explique « la rencontre psychanalytique » et sa portée profonde (chap, v) ; montre les « conséquences pédagogiques des découvertes psychanalytiques », insistant sur le rôle capital des parents au cours des cinq premières années de l\u2019enfance (chap, vi); enfin cherche à préciser les rapports de la connaissance de soi avec le temps (chap.viii).Malgré les incorrections (partout), l\u2019enflure et le pédantisme du style (210, 211.), malgré l\u2019emploi abusif et irritant du mot besoin (13, 164, 175, 261), et de termes religieux dans un sens ultra profane (thaumaturge, miracle, enfer, charité, Noël, Emmanuel, divin), l\u2019ouvrage pique l\u2019attention par des recours subtils à l\u2019étymologie (140, 145, 147.); mieux encore, il éclaire les obscurités de notre psychisme.Mais les prétentions du chapitre vu (« Psychanalyse et monde des valeurs ») et de la conclusion feraient sourire le philosophe et le théologien si elles ne risquaient de leurrer les autres.A elle seule, la psychanalyse ne peut « supprimer l\u2019aliénation de l\u2019homme par l\u2019homme », ni le restituer à lui-même, de façon que, « libre de donner à sa vie sens et valeur », il échappe « à l\u2019absurdité, au désespoir » et s\u2019accomplisse « dans l\u2019affirmation d\u2019une conscience transcendante » (313).Qu'on revendique pour elle le rôle de porte ou de seuil psychique (271, 272), au delà de quoi la parole et la grâce du Christ, et elles seules, confèrent plénitude et liberté, d\u2019accord.« Science de l'homme en devenir » (311), au point de vue psychique, oui; en devenir totalement humain, non.Utile à la personne et à la société, bien sûr; suprême et souverain recours, condition indispensable de la paix dans la charité (312), jamais.Joseph d\u2019Anjou.Dr Arnold Stocker: De l'angoisse à la sérénité.Névrose.Perversion et santé de l'âme humaine.\u2014 Paris (Nouvelles Editions latines), 1, rue Palatine, 1960, 255 pp., 19 cm.Prix: $2.70.Avec Stocker, nul désaccord de fond; .le vocabulaire seul ne satisfait pas toujours (pp.189, 190, 193, 206).Mais un freudien regimberait.Non contre la notion de névrose, sans doute: maladie de la personne (23, 27), réflexe conditionné qui dure (28) et s\u2019éternise en quelque sorte (35), malgré l\u2019absence du stimulant artificiel (37, 38).Cette maladie consiste dans l\u2019inversion de la hiérarchie des rapports entre les niveaux de la personne: sensibilité, intelligence, cœur (au sens biblique et pascalien du mot), le cœur gouvernant, par l\u2019amour oblatif (qui suppose intelligence et sensibilité ordonnées), tout le comportement.Il faut lire là-dessus le maître ouvrage de l\u2019A.: l'Homme, son vrai visage et ses masques (Vitte, Lyon, 1954, 237 pp., 19 cm.).C\u2019est pourquoi le traitement psychologique doit reposer sur une philosophie, sur une théologie de la personne.Il peut alors être rapide et, du désordre d\u2019une existence pathologique, conduire en peu de temps le névrosé à l\u2019ordre essentiel de la vie, accomplissant ainsi œuvre de rééducation.Bref, l\u2019A.préco- JUIN 1962 nise une « psychologie structurale de la personne » (224).Théoriquement juste, en particulier pour ce qui concerne le « problème sexuel » (97-114) et l\u2019importance de la religion (228), la doctrine de l\u2019A.est-elle efficace cliniquement ?Il l\u2019assure, résultats à l\u2019appui.Je le crois.A-t-il pour cela évincé la psychanalyse, même s\u2019il juge bien la névrose dont souffrit Freud (156) ?La meilleure réponse à cette question, c\u2019est probablement le Dr Igor-A.Caruso qui la fournit dans son pénétrant ouvrage, Psychanalyse et Synthèse personnelle (Des-clée de Brouwer, Bruges, 1959, 272 pp., 21.5 cm.; $7.25), où je vois, pour ma part, une heureuse composition des meilleurs éléments de la pensée de Freud et de celle de Stocker.Joseph d\u2019Anjou.Mgr Jean Viollet: Un drame.L'initiation de la jeunesse aux problèmes de l\u2019amour.- Pierre Boussemart: Pourquoi je respecte ma fiancée.Ton fiancé te parle.Pour de chics fiançailles.\u2014 Paris (86, rue de Gergovie), Editions familiales de France, sans date, 56, 42, 46, 61 pp., 18 cm.Principes et applications, voilà ce qu\u2019on trouve dans ces brochurettes aux titres significatifs.De Mgr Viollet, les principes.Il mentionne (p.1) et rappelle (31) les devoirs de l\u2019autorité publique, mais n\u2019y insiste pas assez.Courts et justes, ses autres développements:\tesquisse d\u2019une initiation et climat quelle requiert (8-22); brève psychologie féminine et masculine (35-38); primauté du cœur et de l\u2019amour dans l\u2019éducation des adolescents, les fréquentations et la vie conjugale (4-5, 23-30, 39-43); responsabilité majeure de l\u2019homme (31, 36, 37); étapes des relations entre garçons et filles (48).De plus, l\u2019adolescent est à l\u2019âge de se former ou réformer soi-même : qu\u2019on l\u2019y invite avec optimisme (34), en lui enseignant que l\u2019amour, œuvre de toute la vie, n\u2019a jamais fini de grandir (40, 42, 52).- P.Boussemart parle d\u2019expérience, et ses confidences touchent.Un même thème inspire ses trois opuscules: l\u2019amour exige chaste respect de soi et de l\u2019autre; respect possible quand on aime.Il y faut pudeur, mortification, prière et communion.On en récolte joie et fidélité.Deux réserves.Pourquoi risquer d\u2019écœurer les filles en leur présentant l\u2019incontinence masculine comme générale et fatale ?Pourquoi garçons et filles s\u2019avoueraient-ils mutuellement tout leur passé ?La prudence ne le conseille pas.Il vaut mieux, avec l\u2019A., tendre à éduquer la responsabilité de tous avant les fréquentations.Celle de la fille: son impudeur, évidemment coupable, constitue le pire obstacle au chaste respect quelle doit attendre de son ami.Plus responsables cependant et toujours, les garçons, puisque leur revient le rôle de chefs de la famille et de la société.A eux de boycotter l\u2019immodestie, l\u2019érotisme, l\u2019obscénité, et de contraindre ainsi les filles et les femmes à la tenue qui favorise les vertus de l\u2019amour.Joseph d\u2019Anjou.En COLLABORATION: Précis de sexologie.Traduit de l\u2019allemand par L.Brevet et R.Virrion.Coll.« Les précis Salvator ».\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1961, 565 pp., 21 cm.Prix: 29 NF.Cette petite encyclopédie mérite un rare éloge; aucun des 29 collaborateurs n\u2019oublie que le sexe imprègne tout l\u2019humain: la personne et ses exigences de perfection, la société dans sa vie et son évolution.Outre les données de physiologie, de biologie, de médecine et de morale qu\u2019on trouve ailleurs, médecins et psychiatres, sociologues et théologiens, appuyés sur une riche documentation, offrent ici des éléments de philosophie (sexe et esprit), d\u2019esthétique (art, danse, littérature et sexe), de psychologie (âme masculine et féminine), de droit (civil et canonique) et d\u2019ethnologie (sexualité à travers l\u2019histoire).Il y a des redites, mais peu; quelques contradictions: de termes plus que de pensée.A moins d\u2019éliminer le mot besoin et l\u2019idée de nécessité qu\u2019il implique (pp.85, 86, 98), on se heurte, peu importent les circonstances d\u2019âge, de sexe ou de condition sociale, à des contradictions de fait et de droit à propos de l\u2019abus solitaire et de la continence (périodique ou permanente), de la contraception et du divorce, du célibat volontaire ou forcé.Une vingtaine de passages ramènent cette contradiction.Ici, on n\u2019accorde que deux jours au pouvoir fécondant du spermatozoïde dans l\u2019organisme féminin (21, 194); davantage, les docteurs Vincent (la Grande Joie d'aimer, pp.182, 213-217).Je critiquerais l\u2019auteur qui retarde jusqu\u2019à la puberté (446) la première initiation sexuelle, et celui qui fait de la rébellion (427) un trait essentiel de l\u2019adolescence (on insinue le contraire plus loin: 430, 441-443).Mais, entre maints autres, voici d\u2019utiles rappels: les « tampons » nuisent à l\u2019hygiène féminine (82); le baiser présente des dangers pour la santé physique (327, 330), le cinéma, pour la santé psychique et morale (168, 463); l\u2019équilibre des enfants dépend de celui des parents (266-270) plus que de l\u2019influence scolaire (426-428); la maîtrise sexuelle, œuvre de toute la vie personnelle (141), suppose l\u2019aide sociale (142); l\u2019impudeur trahit un défaut de maturité (149); l\u2019amour-charité, non la technique sexuelle, fonde l\u2019harmonie entre époux (107, 208); la virginité constitue la meilleure préparation à tout état de vie (381) ; notre siècle connaît le paroxysme de la confusion (128, 143, 519) et de l\u2019immoralisme (527-530) sexuels, vu surtout la sécularisation du monde, car « qui se sépare de l\u2019Eglise, du Saint-Esprit par conséquent, se voue à la mort » (530); l\u2019éducation sexuelle, qui incombe d\u2019abord aux parents, exige recours à Dieu, à sa grâce et à son ministre (424-428, 435); trop de parents démissionnent (445-446) ; le pouvoir civil doit favoriser la morale chrétienne: sans le Christ, la sexualité tourne au désordre (535-536).On le voit, les pseudo-réformateurs laïcisants de chez nous, retardataires qui s\u2019ignorent, pèchent lourdement par incompétence ; le catholique qui les encourage ou bien renie sa foi ou n\u2019a d\u2019excuse que sa naïveté.Joseph d\u2019Anjou.Jean et René Charbonneau: Marchés et Marchands d\u2019Afrique noire.\u2014 Paris.La Colombe, 1961, 151 pp., 20 cm.L ÉVOLUTION POLITIQUE DE L\u2019AFRIQUE 1 noire éclate aux yeux comme un orage tropical: Lumumba, Tshombé, Sekou Touré, Nkrumah! Ils prennent presque autant de place dans les journaux que MM.Kennedy et Khrushtchev et certainement bien plus que Molotov, mais que se passe-t-il dans le monde des affaires ?Nos deux auteurs, dont la compétence est universellement reconnue, étudient la base économique de l\u2019Afrique noire.Du pagne au frigidaire.En effet, « un grand nombre 171 de cases de la Côte d\u2019ivoire sont dotées de frigidaires.Un peu partout dans la brousse on trouve des appareils de radio, des appareils photographiques, tout l\u2019assortiment des assiettes et couverts, des jouets d\u2019enfants perfectionnés, sans parler des instruments de travail, tels que moteurs de pirogues, articles de pêche, etc.» (P.34.) Ceci, dans la zone des côtes où le gin et le rhum, longtemps en faveur, s\u2019effacent progressivement devant la bière et le vin.Pas de statistiques dans ce documentaire, aussi vivant, instructif et divertissant qu\u2019un bon film.Pas de chiffres non plus.Des produits, des marchandises, des hommes surtout: employés des grandes et vénérables compagnies, des commerçants isolés, des Français, des Libanais, des Portugais, des Africains de toute race, boutiquiers, comptables, colporteurs, gérants, assis à leurs bureaux, affairés dans leurs entrepôts et magasins, courant la brousse en camion, en pirogue-automobile.Tout un monde vivant, âpre au gain, qu\u2019on nous décrit d\u2019une plume alerte, avec compréhension, charité et clairvoyance.Le général Jean Charbonneau président des Amitiés Charles-de-Foucauld, président du Comité d\u2019assistance aux Africains malades de la lèpre (Fondation Raoul-Follereau), inspire confiance mais j\u2019aimerais savoir lequel des deux, Jean ou René, se distingue par cette bonhomie si spirituelle: « Il est évident que les hommes appelés à manier les chiffres, sont par définition, moins passionnés que ceux qui sont formés à brasser des idées.» (109.) « Comme les Etats africains n\u2019en sont pas encore arrivés au stade où l\u2019on dénonce le culte de la personnalité, on peut toujours craindre que la volonté d\u2019un prophète impose dans une République, le collectivisme qui caractérise le régime communiste.» (P.146.) Lisez ce livre! Il vous instruira en vous reposant.Joseph Ledit.Mgr L.Cristiani: 60 Ans de sacerdoce.\u2014 Lyon, Editions du Chalet, 1961, 171 pp., 18 cm.En racontant ses souvenirs, Mgr Cristiani s\u2019inspire de l\u2019esprit des Confessions de saint Augustin: il en fait un chant de louanges à Dieu.« Le prêtre, écrit-il, n\u2019est prêtre que pour bénir Dieu, pour le louer, pour l\u2019adorer, pour parler de lui aux hommes, ses frères.Le prêtre a été défini par saint Paul homo Dei, l\u2019homme de Dieu, c\u2019est-à-dire l\u2019homme pour qui Dieu est tout, et qui ne comprend sa vie que pour servir Dieu et son Eglise.» (Pp.7-8.) Mgr Cristiani a vécu la crise du moder- nisme, la Loi de séparation et ses conséquences, la première guerre mondiale de 1914-1918.Il a été professeur de séminaire, professeur aux facultés catholiques de Lyon.Depuis trente ans, il donne à l'Ami du clergé une chronique des revues, afin de rendre service à ses confrères dans le sacerdoce.Il a beaucoup écrit (liste de ses œuvres, pp.156-158).Mais l\u2019œuvre qu\u2019il chérit le plus est toujours Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur.Parvenu à l\u2019âge de 83 ans, il collabore encore à l'Ami du Clergé, à Ecclesia, et il dirige la revue spirituelle l\u2019Evangile dans la vie.Il nous dit les circonstances de ses publications, l\u2019amitié qui le lie à Daniel-Rops, dont il est désormais le premier censeur.En tout cela, il fait œuvre de prêtre, au sens plein du mot.Et ce dernier ouvrage est encore un apostolat: « Actuellement, avec un pied dans la tombe, deux mouvements très nets se dessinent en moi.D\u2019une part, cette union intime avec Jésus-Christ qui est essentielle à tout prêtre et à tout chrétien.Et le second mouvement est de me tourner aussitôt vers l\u2019adorable Trinité, qui est le principe et le terme de toute vie spirituelle.Oui, un jour viendra, et ce sera bientôt pour ceux de mon âge, où, en Dieu, tous les mystères seront éclaircis, toutes les ombres dissipées, tous les maux vaincus, tous les désirs comblés.De telles pensées jettent au sein de la vieillesse des clartés que rien ne peut égaler, des espoirs que rien ne peut assombrir.» (Pp.170-171.) 60 Ans de sacerdoce est un beau livre.Il y a là un amour du travail sérieux, un optimisme sain, un attachement à l\u2019Eglise, une volonté de servir qui réconfortent.Léon Pouliot.Collège Sainte-Marie, Montréal.Jean BRUCHÉSI: Témoignages d\u2019hier.Essais.\u2014 Montréal et Paris, Fides, 1961, 305 pp., 21.5 cm.uébec aux yeux du géologue Pierre Ter-mier était « la beauté parfaite ».Jean Bruchési y a vécu une bonne tranche de sa vie et s\u2019est attaché à son histoire, certainement la plus riche et plus intéressante du Canada; il lui a consacré une large partie de son nouvel ouvrage.Avec le chapitre « Champlain aurait-il menti ?» nous revivons la vie sociale et économique des premiers temps de la colonie.D\u2019autres nous ramènent au Québec de 1769 peu après la cession à l\u2019Angleterre, ou nous promènent dans ses vieilles rues si pittoresques.Nous rencontrons des person- nages de renom, tel le peintre François Baillargé.Nous aimons retrouver le nom de Rameau de Saint-Père, un des amis les plus compréhensifs et les plus chauds qu\u2019ait eus en son temps le Canada français.Il avait saisi les points faibles de notre résistance héroïque et suggéré les moyens à prendre pour survivre et empêcher « cette saignée déplorable de notre émigration vers la Nouvelle-Angleterre ».Les pages sur Papineau éclairent cette figure énigmatique ; irrévérencieux pour le Pape, faisant de Y Imitation sa lecture de chevet, et parlant dans l\u2019intimité de ses bons amis les Jésuites, imaginez! Il fut peut-être moins belliqueux qu\u2019il voulut le paraître.L\u2019A.a consacré une centaine de pages, les dernières du recueil, à son oncle, le prestigieux archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, lui aussi ardent admirateur de Québec.Il écrivait en effet à la fin de sa vie: « j\u2019en connais de bons bouts par cœur, je ne la reverrai plus, mais j\u2019y vis par la pensée et je ne l\u2019oublierai jamais ».Ceux qui ont connu cet évêque distingué, cultivé, brillant improvisateur, ferme comme le roc en matière de dogme et de morale, le retrouveront avec son grand cœur aimant et encourageant ses communautés religieuses.Il fut fidèle à ses amis; le sénateur Thomas Chapais en fut le plus probant témoignage.Des hommes publics abusèrent de sa droiture; il en souffrit beaucoup.Quiconque s\u2019intéresse à la petite comme à la grande histoire goûtera ce nouvel ouvrage de M.Bruchési; il se présente avec les qualités de style et le souci de documentation qui ont fait la valeur des précédents.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Y.BRUNEL: La mère de Louis XVI, Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France.Préface de S.A.R.le Prince de Bourbon.\u2014 Paris, Les Editions Beau-chesne et ses fils, 1960, 182 pp., 19.5 cm.Figure méconnue et cependant charmante que cette princesse, mère du malheureux roi décapité, Louis XVI.Seconde épouse du dauphin resté inconsolable de la perte de sa première femme, elle ne lui en tint pas rancune mais sut se montrer affable, patiente, et conquérir lentement le cœur de son mari.Très humble, elle ne dédaignait pas de vaquer à certains travaux de ménage, visitant les pauvres, les recevant avec la plus parfaite cordialité, leur distribuant aimablement vivres et vêtements; un grand cœur, quoi! / /\t LAVALLEE, BEDARD, LYONNAIS,\tGASCON & ASSOCIES Comptables agréés\t Hector Lavallée, C.A.\tRomain Bédard, C.A.Roger Lyonnais, C.A.\tLionel Gascon, C.A.Jean Lussier, C.A.\tPaul-L.Noiseux, C.A.Jacques Desmarais, C.A.\tRené Sénécal, C.A.David Crockett, C.A.\tMaurice Saint-Louis, C.A.Marcel Demers, C.A.\tGuy Préfontaine, C.A.Pierre Bédard, C.A.\tPaul Hébert, C.A.André Lussier, C.A.\tRaymond Fontaine, C.A.10 est, rue SAINT-JACQUES\tTROIS-RIVIÈRES MONTRÉAL \u2014Tel.: UN.1-6325\tSHERBROOKE 172 RELATIONS L\u2019A.ranime certaines pages moins connues du fastueux Versailles et d\u2019autres de la grande histoire de France qui le sont davantage.Cette biographie écrite avec brio est fortement documentée, grâce à la correspondance laissée par la princesse.Son cœur délicat et son fin doigté s\u2019y découvrent.Cette biographie communique la chaude sympathie de l\u2019auteur pour son attachante héroïne.Rosaire Legault.Maison Bellarmin.Tony Catta: Le Père Dujarié (1767-1838).\u2014 Montréal et Paris, Fides, 1960, 336 pp., 25.5 cm.Dujarié est le nom d\u2019une de nos écoles de Montréal; d\u2019où vient-il, de qui est-il ?Il vient de l\u2019abbé Jacques-François Dujarié, fondateur de la Congrégation des Frères de Sainte-Croix, appelés d\u2019abord Frères de Saint-Joseph.C\u2019était au lendemain de la Révolution française; il fallait relever l\u2019Eglise, assurer à l\u2019enfance une instruction religieuse solide.Curé à Ruillé-sur-Loir, le « Père Dujarié » rassemble quelques filles qui deviendront le germe de sa congrégation des Sœurs de la Providence (elles n\u2019ont aucun lien avec les nôtres) puis, il groupe des jeunes gens sous le vocable de Frères de Saint-Joseph.Les débuts furent extrêmement pénibles mais n\u2019entamèrent pas son courage.D\u2019un caractère vif et bouillant, dont il souffrait lui-même, il avait la foi qui soulève les montagnes.L\u2019épreuve vint un jour écrasante: toute autorité lui fut enlevée sur son œuvre des religieuses de la Providence, et, ses Frères, il les confia au fondateur des Pères de Sainte-Croix, le saint Père Basile Moreau; ce fut leur salut.M.Tony Catta a bien utilisé les rares documents qu\u2019il a pu retrouver; dans un style alerte, il brosse un vivant portrait de ce « Père Dujarié » qui méritait certes d\u2019être connu.Rosaire Legault.Maison Bellarmin.André BLANCHET, S.J.: La Littérature et le Spirituel.\u2014 III.Classiques d'hier et d'aujourd'hui.\u2014 Paris, Aubier, Editions Montaigne, 1961, 317 pp., 18.5 cm.Les deux premiers tomes: de la Littéra-> ture et le Spirituel nous avaient comblé; nous admirions la sûreté et le délié de l\u2019analyse, la vigueur de la synthèse.Avec ce troisième tome, nous ne sommes pas déçu: nous pénétrons dans une forêt lumineuse où chaque sentier conduit à une nouvelle source.Par moments, nous sortons de la forêt et contemplons la mer: vastes horizons et profondeurs insoupçonnées que nous découvre le regard de l\u2019A.sur Homère, Dante ou Saint John Perse.Derrière les apparences, il va au cœur de l\u2019humain; il le situe dans l\u2019histoire.Comme il sait, par exemple, montrer combien a manqué à la littérature française d\u2019avoir trop ignoré la fraîcheur d\u2019Homère ou le lyrisme puissant de Dante! D\u2019autres sont débordantes de charme: respect et tendresse pour Katherine Mansfield, témoignage ému à l\u2019égard du maître et penseur Auguste Valensin.Ailleurs, la dialectique souple du critique nous force à gratter la surface pour creuser le problème d\u2019âme qui se cache dans l\u2019œuvre: Tête d'or de Claudel semble païen, mais non, il est biblique; le Cardinal d\u2019Espagne de Montherlant paraît mystique et catholique; non, il est nihiliste.Enfin, le sérieux et la délicatesse avec jesquels l\u2019A.scrute le pari de Camus, JUIN 1962 l\u2019aventure d\u2019Aragon ou la grande peur de Simonne de Beauvoir est tout à son honneur.En bref, un livre de grande classe où le spirituel confère à la critique littéraire une dimension nouvelle, plus nécessaire que jamais en notre époque matérialiste.En cette œuvre, partout Dieu est présent.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Louis CRAIGNE: Vie de Paul Claudel et genèse de son œuvre.\u2014 Tours, Marne 1961, 285 pp., relié, 21.5 cm.CETTE MAGNIFIQUE vie est digne de l\u2019œuvre de Paul Claudel.L\u2019A., déjà familier avec les ouvrages du grand poète dramaturge, disposait d\u2019inédits précieux qui lui ont permis, dépassant la simple critique littéraire, d\u2019atteindre, par une analyse pénétrante et intuitive, l\u2019âme même de ce génie.Qu\u2019est-ce qui ressort le plus dans cette vie ?Il semble que ce soit l\u2019équilibre et l\u2019unité du tempérament de Paul Claudel.Que de contrastes cependant! Cet orgueilleux est humble et se plaît avec les petits; ce diplomate, aussi ponctuel qu\u2019un fonctionnaire, aussi méticuleux dans son inventaire qu\u2019un épicier, est en même temps le poète biblique de haut vol à l\u2019inspiration éthérée.A le voir de si près, nous goûtons mieux la chaleur humaine qui nous le rend sympathique, alors peut-être que son vaste esprit nous intimidait.Quelle profondeur révèle la joie de Claudel perpétuel exilé, lorsqu\u2019il peut assurer, dans sa patrie, un toit à sa famille! Si sa conversion, exprimée par le Magnificat (il devait retentir à ses obsèques dans cette Notre-Dame qui avait vu son retour à Dieu), est pathétique, son désir de devenir prêtre et bénédictin ne laisse pas de nous émouvoir.Il n\u2019a pu suivre cette vocation qui l\u2019attirait, non par lâcheté, mais par obéissance.Quelle nostalgie il en a gardée! On comprend mieux que ce chrétien soit allé, chaque matin, communier et, dans l\u2019après-midi, ait rendu visite au Saint-Sacrement, qu\u2019il ait chanté, la splendeur infinie de la messe.Autre thème central en son œuvre et en sa vie: celui de la femme.Elle est celle qui conduit l\u2019homme à Dieu.Mystère, présence, appel, elle représente l\u2019âme humaine, la Vierge et l\u2019Eglise, ou la Sagesse sacrée.Les portraits de femme, surtout dans ses drames, sont inoubliables.Sa sœur Camille, une femme rencontrée dans un voyage (Partage du Midi), son épouse l\u2019ont marqué à jamais.L\u2019unité de la vie et de l\u2019œuvre de Claudel prend sa source dans sa vision religieuse et dans sa charité.Il faudrait aussi parler de ses\u2019admi-rables amitiés avec Massignon, Jammes, Gide et d\u2019autres, de ses colères parfois injustes contre certains écrivains, de son habileté de diplomate, etc.Le mieux, c\u2019est que vous preniez en mains cette biographie.Vous en serez récompensé.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.VOLS QUOTIDIENS sans escale vers L\u2019EUROPE à bord des RAPIDES RÉACTÉS DC-8 ou des ÉCONOMIQUES DC-7C Consultez votre agence de voyages ou téléphonez à KLM Bureaux KLM dans les 14 principales villes du Canada RÉSEAU MONDIAL ROYAL DUTCH AIRLINES 173 Banque Canadienne Nationale civis ROMANUS MENTOR (ÉDITION FRANÇAISE) Une des meilleures méthodes d\u2019initiation au latin - RE.9-9776\t- JÇe Centre pédagogique de à Jé Suites canadienà 3200, chemin Sainte-Catherine, Montréal-26 Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de la ê>aubtprk COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE Sl&ga social : Montréal Dominique Aubier: Détour des choses.Roman.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 236 pp., 18.5 cm.Née d\u2019un fait \u2014 la disparition mystérieuse d\u2019une jeune femme écrivain \u2014 l\u2019action s\u2019engage sur l\u2019hypothèse plausible de son suicide, se développe à travers les démarches de contrôle qu\u2019entraîne cette supposition et finit par l\u2019apparition de l\u2019absente aux prises avec le problème ironiquement vital de ses lettres d\u2019adieux à la vie.Mais, entre-temps, par de nombreux retours en arrière, l\u2019auteur a tracé le caractère des principales relations de son héroïne, apportant ainsi, avec force circonstances, l\u2019explication de son tragique découragement.Les amateurs de romans sombres écrits dans un style abstrait trouveront là leur contenu de situations déprimantes et de subtilités littéraires.René Daoust, pire, Presbytère Saint- Vincent-Ferrier, Montréal.Georges Agadjanian et Robert Solo: Journal.Traduit de l\u2019américain par Georges Agadjanian.Préface de François Hertel.Coll.« Les essais ».\u2014- Paris, Les Editions de la Diaspora française, 1961, 163 pp., 19 cm.CE journal est constitué des lettres qu\u2019échangent entre eux, tout au long de l\u2019année 1951, deux étudiants américains liés d\u2019une amitié lucide et franche.Nos correspondants traitent tout naturellement des brûlants problèmes de l\u2019heure, par exemple, des rapports politiques mouvants entre la Russie et leur propre pays, mais aussi de questions d\u2019intérêt plus général et plus durable, comme sont Dieu, la conscience, l\u2019amour, la mort.Ils touchent tous ces sujets d\u2019une plume qu\u2019ils surveillent sans toutefois l\u2019inhiber, avec aussi, par ci par là, les bourrades truculentes de copains inaccoutumés aux manières.Le tout intéressera les intellectuels.On peut regretter cependant que certaines objections soulevées contre le catholicisme ne reçoivent pas, dans ce courrier, leur juste réfutation.René Daoust, ptre.Presbytère Saint-Vincent-Fèrrier, Montréal.Marguerite Perroy: Sous la cendre.Roman.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator, 1960, 195 pp., 19.5 cm.Après avoir eu de sa femme légitime - une fille, Sabine, et deux fils ardemment désirés mais décédés enfants, le Dr Georges Aubrac a divorcé puis s\u2019est remarié civilement avec une infirmière intrigante, Colette Orléa, qui lui a donné, elle, un garçon bien vivant.Au moment où commence le roman, le docteur poursuit des recherches médicales en Indochine, avec les troupes de son pays; Mme Aubrac, fervente chrétienne, prie pour l\u2019époux infidèle qu\u2019elle aime toujours; quant à leur jeune fille, témoin trop sensible de la tragique dislocation du foyer, elle garde rancune à son père et, prévenue contre les hommes, entretient sur le mariage les plus sombres idées.Au terme d\u2019une instructive expérience suscitée par l\u2019amitié, Sabine apprend avec surprise la vocation sacerdotale d\u2019un correspondant de guerre.Dans le même temps, sa tante maternelle, confidente et conseillère digne de la plus grande confiance, lui révèle que, au cours du drame qui a divisé ses parents, les torts ne furent pas toujours du côté de son père.Dans le but de s\u2019émanciper financièrement, Sabine quitte sa mère et devient la collaboratrice assidue du jeune et respectable professeur de sciences, Georges Marsanne.Un jour, mourante dans un hôpital, Colette Orléa fait venir à son chevet la principale victime de son péché pour implorer son pardon et la supplier de s\u2019occuper de son fils.Mme Aubrac accepte l\u2019audacieuse proposition, à la déception longtemps bougonne de sa fille.Malgré tous ses préjugés, celle-ci découvre le visage de l\u2019amour, à la suite d\u2019un grave accident qui a failli coûter la vie de son jeune patron.De son côté, après une périlleuse épreuve qui l\u2019a mûri, informé de la mort de Colette Orléa et du geste héroïque de sa femme, encouragé d\u2019autre part par sa fille évoluée, le Dr Aubrac décide de solliciter son propre pardon, peu après sa rentrée en France.Le feu apparemment éteint mais qui couvait « sous la cendre » a miraculeusement repris: après une brisure de 15 ans, le ménage Aubrac est reconstitué et Sabine, réconciliée avec le mariage, vient d\u2019accorder sa main à Georges Marsanne.L\u2019intérêt du roman est centré sur Sabine.C\u2019est l\u2019évolution psychologique de cette jeune fille entière, hère et meurtrie que l\u2019auteur étudie avec toute la finesse de la pénétration féminine.Ici, les bons sentiments ont été mis à contribution, mais ce fait ne traduit pas nécessairement un manque de réalisme.Grâce à Dieu et pour l\u2019honneur de l\u2019humanité, on trouve encore de par le monde des gens honnêtes et généreux, capables même d\u2019un héroïsme occasionnel.Ce que je reproche à l\u2019auteur où à son typographe, ce sont les innombrables fautes de ponctuation et d\u2019accentuation.Je note aussi une légère erreur doctrinale: il ne s\u2019établit pas d\u2019empêchement de mariage entre le parrain et la marraine d\u2019une personne, mais entre le parrain ou la marraine et cette personne.René Daoust, ptre.Presbytère Saint- Vincent-Fe nier, Montréal.André Gauthier: Puccini.Coll.« Solfèges ».\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 192 pp., 17.5 cm.POUR CONVAINCRE UN PUBLIC FRANÇAIS facilement préjugé à l\u2019égard de Puccini, l\u2019A.semble avoir adopté la meilleure ligne de conduite: l\u2019étude intelligente, nuancée et détaillée de chacun des opéras puccinistes.De la sorte, il nous permet d\u2019apprécier objectivement le génie du musicien et les qualités éminentes de l\u2019homme.Ce qui caractérise Puccini, c\u2019est la recherche constante de la perfection, son souci de se renouveler, l\u2019amélioration de son langage musical de plus en plus subtil et puissant.Il se peut que des interprètes, s\u2019abandonnant à leur facilité, l\u2019aient desservi auprès des amateurs, mais il reste que ses grands opéras, Manon Lescaut, la Bohême, la Tosca, Madame Butterfly, etc., ont conquis les foules jusqu\u2019à nos jours.A qui voudrait vraiment profiter de cette étude critique, une audition des principaux disques reproduisant les œuvres de Puccini serait précieuse.La discographie, à la fin du volume, pourra servir de guide.Ce livre ne dépare pas une collection que nous apprécions de plus en plus.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.174 RELATIONS LE PAPE NOUS PARLE Appliquer la doctrine sociale de l\u2019Eglise 8 décembre 1961 : Lettre à Vépiscopat de l'Amérique latine.\u2014 « Rien de stable ne peut être édifié si on ne prend pour fondement le respect de la loi divine et des règles de la morale.Cette loi, ces règles, la sainte Eglise les formule et les proclame, même en ce qui concerne le domaine civil, social et économique.Nous-même, Nous avons tenu à confirmer l\u2019enseignement de Nos prédécesseurs en ces matières, en y ajoutant quelques directives qui nous paraissaient dictées par les circonstances actuelles.Aussi, Notre plus ardent désir est-il que les dirigeants de vos pays qui ont été si unanimes à apprécier Notre magistère, s\u2019appliquent énergiquement à le mettre en pratique.Quant à vous, chers fils et vénérables frères, qui êtes guides et docteurs de vos peuples, votre devoir est de répandre le plus largement possible la doctrine sociale chrétienne et de stimuler vos fidèles \u2014 ceux-là surtout qui en ont davantage les moyens \u2014 à la mettre en pratique en se gardant des fausses doctrines et des préjugés, si funestes pour la prospérité et la liberté des peuples et le salut éternel des âmes, en se gardant aussi de donner prise aux insinuations des ennemis de l\u2019Eglise, selon lesquels celle-ci ne s\u2019intéresse pas aux besoins de cette vie C\u2019est donc pour vous, votre clergé, les religieux et les religieuses, ainsi que pour tous ceux qui professent ouvertement leur foi et veulent collaborer avec vous en vue d\u2019assurer le triomphe du royaume de Dieu, un devoir grave, mais chargé d\u2019espoir, d\u2019affirmer et d\u2019illustrer le précepte de la charité fraternelle et de la justice, non seulement en paroles, mais surtout en actes et par l\u2019exemple; ce précepte est enfin le point capital et le fondement de la doctrine sociale de l\u2019Eglise, et lui seul peut apaiser es angoisses et les soucis des peuples, et combler leurs justes vœux.» Les journalistes catholiques 12 mars: Lettre (par l\u2019intermédiaire de S.Em.le cardinal Amleto Cicognani) à M.de Fabrègues, directeur de « la France catholique.» \u2014 « Le Souverain Pontife.s\u2019est plu à rappeler en particulier aux journalistes catholiques la beauté de leur mission et l\u2019ampleur de leurs responsabilités.C\u2019est à eux qu\u2019il revient en fait aujourd\u2019hui, pour une bonne part, de porter à la connaissance des fidèles les enseignements pontificaux et les directives de la hiérarchie; ils ont, en outre, plus que d\u2019autres, le devoir de donner une information sérieuse et objective, et de projeter toujours sur la variété des événements ou des courants d\u2019idées la lumière de l\u2019Evangile et de la doctrine catholique, loin de toute polémique partisane.C\u2019est ainsi qu\u2019ils peuvent le mieux servir l\u2019Eglise et répondre à la légitime attente de leurs lecteurs.» Presse et spectacles 3\tavril: Allocution devant la Commission centrale préparatoire au Concile du Vatican II.\u2014 « L\u2019Eglise ne freine pas, elle n\u2019entrave pas le progrès des sciences et des techniques.Bien plutôt elle-même les favorise et leur éclaire et assure la voie qui permettra aux inventions modernes de servir le bien matériel et spirituel à la fois, en sorte que la culture humaine et la prospérité générale y gagnent, sans cependant se départir jamais de la loi suivante: les biens de l\u2019âme et l\u2019honnêteté des mœurs ne doivent en subir aucun dommage.Et puis la presse et les spectacles Nous apportent aussi de graves soucis et permettent cependant de bons espoirs.On sait, en effet, quelle force recèlent ces nouveaux moyens de communication sociale.Personne n\u2019ignore l\u2019influence qu\u2019ils exercent, principalement sur les âmes des jeunes dont la pensée est encore malléable et soumise aux plus grands risques.Aussi ces moyens d\u2019influence doivent-ils retenir l\u2019attention vigilante des pères et des mères de famille ainsi que des autorités civiles; et ceux qui ont la direction de tels moyens d\u2019expression doivent-ils être dotés d\u2019une conscience morale bien délicate et de toute prudence.Tous ceux enfin qui en usent, et avant tout, les parents et les éducateurs, doivent le faire avec précaution et discernement.» La paix par le droit 4\tavril: Allocution devant le Comité spécial pour la Paix mondiale par le Droit.\u2014 « Nous apprécions le souci qui vous anime de prôner l\u2019usage du Droit pour les bons rapports entre les Etats.Nous vous félicitons vivement de cette action sur l\u2019opinion publique, conduite avec tant de zèle par cette association.C\u2019est pourquoi il convient tant d\u2019insister, comme vous le proposez dans vos rencontres, sur l\u2019observation des lois internationales et sur le rôle médiateur des Cours de justice.Pax or bis ex jure.Une telle préoccupation de respecter les droits des personnes et des diverses communautés anime l\u2019enseignement social de l\u2019Eglise.Et tout homme qui cherche à en approfondir la teneur et à y conformer sa conduite, se rend familier l\u2019exercice des vertus civiques et sociales.Il se trouve même appelé à mettre tous les dons que la nature lui a départis au service désintéressé de la société humaine: intelligence, puissance d\u2019organisation, rayonnement personnel, bien matériels.» Romand Associatio Pro Transvehendis I tinerantibus Missionariis RAPTIM CANADA Ltée AGENCE INTERNATIONALE DE VOYAGES Approuvée par : I A T A AT C Conférence Transatlantique Conférence Transpacifique Pour vous servir : M.Luc GOU, directeur général, 1652, rue Saint-Hubert, Montréal-24, P.Q.- Tél.VI.5-7223* Bureau accrédité de RAPTIM International JUIN 1962 TOUS LES ACCESSOIRES ELECTRIQUES BEN BÉLAND, pré*.JEAN BÉLAND, Ine.P., secr.-tré«.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* Haute fidélité Stéréophonie Magnétophones Haut-parleurs Rubans magnétiques cité électtonicfue == 3165, rue Hochelaga ¦ Montréal 4, LA.5-2551 - Qui se marie à la hâte se repend à loisir .mais qui choisit la Maison J.-W.JETTÉ pour ses travaux de chauffage-plomberie n\u2019a pas lieu de le regretter.Nos nombreuses installations pour hôpitaux, maisons d\u2019enseignement, établissements industriels et commerciaux sont de bonnes garanties.Nous disposons d\u2019une équipe de techniciens spécialisés en mesure de collaborer avec les propriétaires et les architectes.Théorie alliée à la pratique.Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL 175 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES Yves CLOSTER: Jeunesse de Dieu, jeunesse du monde.\u2014 Fernand Lelotte, S.J.Perspectives \u2014 M.FRANÇOISE: Seigneur, mon chemin.\u2014 Bruxelles (184, rue de Washington), Editions Foyer Notre-Dame, 1961 et 1962, chacun 64 pp.Trois brochures à répandre parmi les jeunes.La première présente des réflexions dynamiques et enthousiasmantes sur le sens de la création et le rôle que nous avons à y jouer; la seconde commente, sous forme de prière, quelques scènes de l\u2019Evangile; la troisième nous montre comment s\u2019ouvrir: à la vie, aux problèmes humains, au Christ, au progrès, à la vision chrétienne de l\u2019Univers, à la vie de l\u2019Eglise.Temps libre (410, rue Saint-André, Ottawa), janvier-février.Nouvelle revue.Le présent numéro contient des exposés sur les principales activités qui s\u2019inscrivent à un programme équilibré de loisirs.Gonzalve Poulin, O.F.M.: Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.\u2014 Trois-Rivières (1285, rue Saint-François-Xavier), 1961, 96 pp.Brève histoire de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses de Trois-Rivières et « monument discret en l\u2019honneur des religieux franciscains, tant curés que vicaires, qui s\u2019y dévouent depuis cinquante ans.».Serge Hutin: Les Francs-Maçons.Collection « Le temps qui court ».\u2022\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1960, 192 pp.Initiation à la franc-maçonnerie, à son histoire et à son esprit.« La franc-maçonnerie moderne est souvent bien déchue, bien appauvrie.(mais) la solidarité maçonnique existe: c\u2019est un fait sociologique, qui se manifeste dans presque tous les groupements humains.Il faut même noter que l\u2019appui que se prêtent les maçons s\u2019exerce aussi désormais à l\u2019échelon international: comme la défunte S.D.N., l\u2019O.N.U.et ses organisations annexes sont (tout au moins dans les sections occidentales) des organismes où les initiés sont en nombre.Une certaine idéologie onusienne (libérale et anticolonialiste) sort tout droit des Loges américaines.» (PP.174-177.) Léonard von Matt et B.Schneider, S.J.: Histoire des conciles par l\u2019image.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1961, 110 pp.Grand album et dossier documentaire.Grâce à des documents iconographiques reproduits en héliogravure revivent, devant les yeux du lecteur, le monde romain des premiers siècles, l\u2019Église d\u2019Orient et celle d\u2019Occident, l\u2019époque douloureuse de la Réforme.Un commentaire concis dégage les grandes lignes de l\u2019histoire de l\u2019Eglise.Georges A.Kelly: Le Livre de la famille chrétienne.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator, 1961, 272 pp.Traduit de l\u2019américain.L\u2019A.est directeur de l\u2019Apostolat familial du diocèse de New York.Dans la préface écrite pour cet ouvrage, S.Em.le cardinal Spellman dit: ce livre « rend aux parents un réel service.Il aide les pères et les mères à comprendre tout le sens de leur sainte vocation et leur offre des directives pratiques pour affronter les problèmes de l\u2019éducation de la jeunesse moderne; ils trouveront dans ces pages des indications et des moyens pour rendre plus parfaits leurs rapports avec leurs enfants.» R.GuiBERT: Regards sur la vie et l\u2019enseignement en U.R.S.S.\u2014 Paris (16, avenue George-V), Editions France-Aviation, 1961, 96 pp.L\u2019A., ingénieur civil de l\u2019Aéronautique, a fait un voyage officiel en U.R.S.S.pour y étudier les moyens mis en œuvre pour la formation de la jeunesse.Il écrit: « Le pragmatisme soviétique en matière d\u2019enseignement s\u2019oppose à notre conception essentiellement culturelle de la formation des jeunes.Dans l\u2019état actuel des choses, la jeunesse soviétique est fortement embrigadée et l\u2019action du parti.est sur elle considérable.Si elle étudie avec passion, et le mot n\u2019est pas excessif, son environnement idéologique et l\u2019information à sens unique quelle reçoit ne sont pas de nature à développer la vie personnelle.» Bernard Feron: Dieu en Russie soviétique.\u2014 Paris (49, rue du Faubourg-Poissonnière), Bibliothèque de l\u2019homme d\u2019action, 1961, 128 pp.Résistant à tous les assauts, la religion en U.R.S.S.demeure un pôle d\u2019attraction puissant pour des masses anxieuses chez qui les conquêtes matérielles les plus spectaculaires n\u2019ont pas réussi à abolir la soif du divin et le sens du mystère.L\u2019A.communique ici les résultats de son enquête sur les religions en U.R.S.S.Statistiques de la province de Québec.\u2014 Bureau de la Statistique de Québec, avril 1962, volume 1, n° 1.Premier numéro d\u2019une nouvelle revue publiée mensuellement par le gouvernement de la province de Québec.Outil indispensable à tous ceux qui se préoccupent de l\u2019avenir économique de la province.Les Instituts familiaux du Québec.\u2014 Département de l\u2019Instruction publique, Service de l\u2019Education familiale, 1962, 104 pp.Brochure ayant pour but de présenter au public un groupe choisi d\u2019écoles ménagères familiales.¦ Firmin LÉTOURNEAU: Pour nous enrichir et nous grandir.\u2014 Oka, 1962, 140 pp.L\u2019A.met en exergue cette phrase qui résume bien le contenu de son ouvrage: « Nos pères ont créé la nation canadienne-française et ils l\u2019ont sauvée du désastre; nous, leurs fils, nous devons nous enrichir et nous grandir.» Un stimulant et une orientation au milieu des hésitations et des doutes de l\u2019heure présente.Pierre Benoit: Lord Dorchester.\u2014 Rosario Bilodeau: Champlain.\u2014 Montréal (1029, côte du Beaver Hall), Editions HMH, 1961, chacun 204 pp.Deux nouveaux volumes de la collection « Figures canadiennes ».Ouvrages intéressants et bien écrits, ils nous aident à mieux comprendre notre histoire et à connaître de plus près ceux qui firent notre pays.L\u2019INSTITUT PÉDAGOGIQUE de la Congrégation de Notre-Dame offre, dans ses cours fermés, à toute jeune fille qui aspire à l\u2019enseignement, une culture personnelle et une formation professionnelle des plus soignées.?Brevets officiels, cours spécialisé pour futures jardinières d\u2019enfants, baccalauréat en pédagogie, licence en pédagogie.Ouverture des classes : 13 septembre, 9 heures du matin.4873, avenue Westmount\tHU.6-3670 \u2014 HU.8-0809 Appareillage électrique, postes d'entrée haute et basse tension, sous-stations, contrôles de moteurs, interrupteurs «visi-plus», meubles d'acier, etc.MONTEL INC.\t\t\t\t\t\t\t\t Go ° ! LJ\t\t[à o %\tP\tîo\t \t\t\t§\t^ _\t \t\t\t\t\t Estimations fournies sur demande sans obligation.Claude ROUSSEAU, prés.C.P.1 300,\t1 70-1 80 Dorchester est - Suite 109 Montmagny, Que.\tMontréal, Que.\t861-7446 176 RELATIONS OUVRAGES REÇUS Jahn, Janheinz: Muntu, l\u2019homme africain et la culture néo-africaine.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 293 pp.Académie septentrionale: Pierre Bertin, Jacques Chailley, Henry Corbin, Jeanne Delhomme, Jean-Louis Destouches, Liliane Frey-Rohn, Bruno Froissart, Michel Guiomar, René Huyghe, Emmanuel Looten: Ombre et Lumière.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 263 pp.BOISVERT, P.Laurentius, O.F.M.: Doctrina de Membris Ecclesiae Iuxta Documenta Magisterii Recentiora.\u2014 Montréal, Editions franciscaines, 1961, 179 pp.BOUILLARD, Henri: Blondel et le christianisme.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 282 pp.BrÉART, M.: Madame Marie-Thérèse, une éducatrice.\u2014 Paris, Editions du Chalet, 1961, 126 pp.COUTROT, Aline: Un courant de la pensée catholique, l\u2019hebdomadaire « Sept » (mars 1934 - août 1937) Rencontres 61.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 331 pp.DaniÉLOU, Jean: Les Symboles chrétiens primitifs.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 157 pp.De La Gorce, Agnès: Sainte Chantal.\u2014 Tours, Marne, 1961, 98 pp.FlASSON, Raymond: Des Indiens et des mouches.Dans les llanos du Venezuela.\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 211 pp.FOLLIET, Joseph: (Frère Genièvre); Tu seras journaliste.Petits et grands secrets du Quatrième Pouvoir.\u2014 Lyon, Editions de la Chronique sociale de France, 1961, 262 pp.Galot, Jean, S.J.: Saint Joseph.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1962, 168 pp.HOSTIE, R, S.J.: Le Discernement des vocations.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1962, 168 pp.HuPERTS, J.-M., S.M.M.: Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Vie et Doctrine.\u2014 Bruges, Editions Beyaert, 1961, 196 pp.LaCOUTURE, Jean: Cinq Hommes et la France.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 370 pp.LAPLANTE, Aurèle: Les Associations Parents-Maîtres.\u2014¦ Montréal, Fides, 1961, 98 pp.LEGAULT, Émile, C.S.C.: L\u2019Eglise ne fait que commencer.\u2014-Montréal, Fides, 1961, 164 pp.Lettres chrétiennes, n° 5: Le Baptême d\u2019après les Pères de l\u2019Eglise.\u2014Paris, Bernard Grasset, 1962, 297 pp.MADINIER, Gabriel: Nature et Mystère de la famille.\u2014 Tournai, Casterman, 1961, 136 pp.Migot.André: Solitudes humaines (Kerguelen, Antarctique).\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 198 pp.ORGE, Emilio: Les Elus des nations.Eglise et Clergé des chrétientés missionnaires.\u2014 Tours, Marne, 1961, 320 pp.Panici, P.: Aimer, savoir aimer.\u2014 Paris, Beauchesne éditeur, 1961, 127 pp.PERRAULT, Gilles: Les Parachutistes.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 190 pp.Sr S.RITUO^ ¦H Le grand Bréviaire Pustet BREVIARIUM ROMANUM Nouvelle édition 1961 in 12° (4j^'r x 7\") en deux volumes, avec rubriques simplifiées.Nouveau Psautier seulement.Imprimé en rouge et noir, sur le meilleur papier des Indes.Six reliures différentes.MISSALE ROMANUM Nouvelle édition 1962 in 4° (9pi\" x 12Jls\").Huit reliures différentes.CANON MISSAE AD USUM EPISCOPORUM AC PRAELATORUM Nouvelle édition 1962 in 8° (6p&\u201d x 10 yé\").Deux reliures différentes.Liste de prix sur demande EDITIONS LA PALME 1949, 55e Avenue,\tDorval,\tMontréal, P.Q. PIE XII parle de Santé mentale et de Psychologie.Cahiers de Lumen Vitae, XV: Psychologie religieuse (I).\u2014 Bruxelles, Editions Lumen Vitae, 1960, 135 pp.Pin, Emile: Les Classes sociales.\u2014 Paris, Editions Spes, 1962, 253 pp.Renouvellement de la Catéchèse : Rapports de la Semaine internationale d\u2019études d\u2019Eichstatt sur la catéchèse dans les pays de mission, dirigée par le R.P.J.Hofinger, S.J.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1961, 571 pp.Rothenberg, Dr Robert-E.: Toute la chirurgie.Petit guide du patient.\u2014 Tours, Maison Marne, 1960, 635 pp.RUMILLY, Robert: Le Problème national des Canadiens français.\u2014 Montréal, Fides, 1962, 146 pp.RUMILLY, Robert: Histoire de la province de Québec, XXXIII.La Plaie du chômage.\u2014 Montréal, Fides, 1961 261 pp.Saint Thomas d\u2019Aquin, Somme théologique, 3a, Qu.73-78: L\u2019Eucharistie \u2014 I: traduction par A.-M.Roguet, O.P.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1960, 439 pp.SAHUC, Louis J.-M.: Homme et Femme.\u2014 Paris, Bloud et Gay, 1960, 255 pp.SCHLIER, Heinrich: Le Temps de l\u2019Eglise.\u2014 Tournai, Caster-man, 1961, 312 pp.Simon, J.-M., O.M.I.: Le Divin et l\u2019Humain dans la Bible.\u2014 Paris, Nouvelles Editions latines, 1961, 185 pp.Sources orientales 4: Le Jugement des morts \u2014 Egypte ancienne, Assour, Japon, Babylone, Iran, Islam, Inde, Chine, Israel.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 294 pp.This, Dr Bernard: La Psychanalyse.\u2014 Tournai, Etablissements Casserman, 1960, 312 pp.TRESMONTANT, Claude: La Métaphysique du christianisme et la naissance de la philosophie chrétienne.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 750 pp.TROCHU, Mgr F.: La Maman de saint François de Sales.\u2014 Paris, Apostolat de la Presse, 1960, 229 pp.TRUDELLE, Me J.-Armand: Introduction à la psychologie.\u2014 Montréal, Fides, 1960, 317 pp.Vann, G.,.O.P., et MEAGHER, P.K., O.P.: Changer les pierres en pain.\u2014 La Grande Tentation.\u2014 Tours, Marne, 1960, 216 pp.Vies des Pères du désert.Textes essentiels présentés et recueillis par A.Hamman, traduits par Arnauld d\u2019Andilly et Benoît Lavaud.Coll.« Lettres chrétiennes », n° 4.\u2014 Paris, Bernard Grasset, 1961, 300 pp.Virally, Michel: L\u2019O.N.U.d\u2019hier à demain.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 189 pp.Weyergans, Franz: La Bibliothèque idéale des jeunes.\u2014 Paris, Editions universitaires, 1960, 335 pp.Sécurité w Jan amiliale Depuis plus de quatre-vingt-dix ans, les représentants de la Sun Life du Canada ont fourni la sécurité à un nombre incalculable d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants dans l\u2019adversité.Une des grandes compagnies d\u2019assurance-vie du monde, la Sun Life du Canada maintient 24 succursales dans le Québec et des agents la représentent par toute la province.La Sun Life offre des contrats de polices modernes et à la page se maintenant au pas avec les temps en constante évolution que nous traversons.n Life du Canada COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE-VIE Fondée dans le Québec\u2014Première oo/ice émise en 1871 (Wïisrwj ] \\ "]
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