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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1962-07, Collections de BAnQ.

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[" JUILLET 1962 N» 259 REVUE DU MOIS MONTREAL Le tourisme nautique Hector CIMON LES GREVES DESPAG1ÏE U LIBERTE ET U LOI John Courtney MURRAY QUERELLES FRANÇAISES.Transports et télécommunications au Nouveau-Québec - II Michel BROCHU Le dialogue de l'unité ¦¦¦¦¦¦¦ Joseph LEDIT Tranquille, la possession de la vérité ?\t¦ Joseph d'ANJOU 5Q(f\t\t \t\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \t SOMMAIRE juillet 1962 Éditoriaux.177 Les grèves d'Espagne.\u2014 « Mater et Magistra » : un an après.\u2014 Vous avez raison, M.Filion : assez de singeries.Articles La liberté et la loi.John Courtney Murray 179 Tranquille, la possession de la vérité ?Joseph d\u2019Anjou 183 Transports et télécommunications dans le Nouveau-Québec-II.Michel Brochu 185 Le dialogue de l\u2019unité.Joseph Ledit 187 Le tourisme nautique.Hector Cimon 190 Au service du français: Pour un « le » ou un « du » J.d\u2019Anjou 192 Le théâtre.Georges-Henri d\u2019Auteuil 193 Congrès des supérieurs des séminaires LATINO-AMÉRICAINS.Gérard Goulet 194 Au fil du mois.195 Les réfugiés de Hong-Kong.\u2014 Le Cardinal et le Komissar.La crise du sacerdoce.\u2014 Cordonniers, à vos semelles! \u2014 Du pharisaïsme à l\u2019utopie.Avec ou sans commentaires.197 Querelles françaises.et querelles canadiennes.Les livres.198 Le pape nous parle\t 204 Notes bibliographiques.III Une mutuelle d \u2019assurance intégrée à l\u2019économie du Canada français ?Une variété de plans d\u2019assurance modernes répondant à des besoins modernes ! L» >\t7 C O N O M I E MUTUELLE D\u2019ASSURANCE 41 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal - VI.5-3291 JOLIETTE - SAINT-JEAN - QUEBEC - SHERBROOKE - OTTAWA J\\elationâ REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia (Vie religieuse et Politique internationale), Jacques Cousineau (Vie ouvrière), Joseph-H.Ledit (Horizon international).Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Robert Bernier, Irénée Desrochers, Gérard Hébert.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Administrateur : Albert Plante.¦\tUN CAPITAL À VOTRE DISPOSITION ¦\tDES REVENUS POUR LA RETRAITE ¦\tPROTECTION AU DÉCÈS Tirage : Clarence Dontigny.Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIENNE Publicité: Robert Dumouchel du Service de Publications Seg, Limitée, 3305, rue Masson, Montréal-36, RAymond 5-2491.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.1344 est, rue Sherbrooke, Montréal LA.1-3698-3847 Complétez ce coupon et mettez-le à la poste, ou bien écrivez ou téléphonez pour de plus amples renseignements.Sans obligation de ma part, veuillez me donner des détails complets sur les points ci-dessus.Nom .Adresse .Ville .Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication. XXIIe année N° 259 Juillet 1962 MONTRÉAL Cditotiaux Les grèves d\u2019Espagne POUR LA PREMIÈRE FOIS depuis la guerre civile, un mouvement de revendications sociales débouche au grand jour avec l\u2019appui de dizaines de milliers de travailleurs, des autorités ecclésiastiques, des militants de la Jeunesse ouvrière catholique (J.O.C.) et des Fraternités ouvrières d\u2019Action catholique (H.O.A.C.).Ce grave événement qui, au moment où nous écrivons ces lignes, dure depuis sept semaines ne saurait nous laisser indifférents.Quelle que soit l\u2019issue immédiate, il marquera un point tournant puisqu\u2019il met en cause l\u2019État, l\u2019Église, les citoyens; une conception politique, la doctrine sociale chrétienne, les aspirations de la classe ouvrière.Au vrai, l\u2019événement déborde les grèves elles-mêmes; il engage les droits naturels de l\u2019homme, comme le souligne Ecclesia, organe officiel de l\u2019Action catholique espagnole, la seule publication, notons-le, qui échappe à la censure, encore qu\u2019il ait fallu protéger cette exception dans un article du Concordat.Le 12 mai, Ecclesia écrivait: Les droits naturels de lethique chrétienne, clairement fixée dans la doctrine pontificale, en même temps qu\u2019ils repoussent la lutte des classes.ont admis comme licite, quand le dialogue par voie directe et syndicale a épuisé ses recours, l\u2019adoption d\u2019un arrêt volontaire du travail.L\u2019hebdomadaire espagnol va plus loin encore, comme il se devait.Il réclame pour les syndicats « la mission d\u2019intermédiaires véritables entre le capital et le travail », et rappelle à l\u2019État que son rôle est de veiller à « leur authenticité, leur indépendance et leur esprit de service à l\u2019endroit de la masse entière des travailleurs ».En d\u2019autres mots, la grève des mineurs est légitime même si elle est illégale comme toute grève, d\u2019ailleurs, en Espagne.De plus, le droit de grève est lui-même légitime ainsi que le droit pour les ouvriers de se grouper en associations vraiment libres, et non dans les syndicats officiels dits « verticaux », si chers et si liés au régime de Madrid.La liberté syndicale, il est vrai, est une chose; la liberté politique, une autre.Cependant, comme la liberté syndicale, la liberté politique trouve son origine dans la nature même de l\u2019homme, animal politique, selon le mot célèbre d\u2019Aristote, fait pour vivre en société, et donc pour participer activement, dans l\u2019obéissance aux lois justes, à la vie de la communauté par des mouvements de pensée, des partis politiques et le droit réel de suffrage.Il est peut-être plus facile aux hommes, désabusés par les vices et les faiblesses du fonctionnement démocratique (qui ne sont pas essentiels au système.), de laisser à des chefs ou à un caudillo tout le fardeau de diriger la vie politique de la nation: mais alors on abandonne l\u2019exercice d\u2019un droit qui dérive de la nature de l\u2019homme et correspond à sa dignité d\u2019agent spirituel et libre, responsable de son destin individuel et collectif.Inutile de se fermer les yeux.Franco ne peut pas indéfiniment contrer ces valeurs sociales et politiques fondamentales par des mesures policières, l\u2019horreur d\u2019une guerre civile, la peur du communisme, sans, du même coup, condamner sa propre conception de la vie politique.Que l\u2019Espagne ait été l\u2019objet de la fureur soviétique et traitée comme la lie des nations même par les peuples JUILLET 1962 177 civilisés, il faut en convenir.Que le régime qui régente sa vie et sa pensée, depuis 25 ans, et se dit catholique, soit à ce point vulnérable, comment ne pas s\u2019en attrister ni s\u2019en inquiéter ?Mater et Magistra : un an après IL Y AURA UN AN, le 15 juillet, que paraissait « sur les récents développements de la question sociale à la lumière de la doctrine chrétienne », l\u2019encyclique Mater et Magistra, au titre aussi gracieux que profond.Il n\u2019est pas exagéré de dire qu\u2019aucun document pontifical, à cause sans doute de sa résonance si humaine de la première à la dernière ligne, n\u2019a suscité autant d\u2019approbations de la part des confessions non catholiques et des milieux profanes.Dès le 6 août, dans la revue Christianity and Crisis, Reinhold Niebuhr, le célèbre théologien protestant, qui consacra la meilleure partie de sa vie à l\u2019étude des implications sociales de l\u2019Évangile, l\u2019acclamait comme « un document formidable ».Toutes les grandes communautés protestantes l\u2019accueillirent avec faveur, n\u2019y faisant qu\u2019une réserve à propos des « lois inviolables et immuables que tous, nous rappelle l\u2019encyclique, doivent reconnaître et observer » dans « la transmission de la vie humaine ».L\u2019archevêque Jakovos de l\u2019Église grecque orthodoxe ne fit aucune restriction et définit l\u2019encyclique « la grande charte chrétienne des droits de l\u2019homme ».Dans les milieux profanes aussi, l\u2019encyclique a fait une trouée.Elle fut citée à maintes reprises à la dernière session plénière du Conseil économique et social des Nations Unies, réuni à Genève; cependant qu\u2019à Strasbourg, l\u2019Assemblée parlementaire de la Communauté économique européenne (le Marché commun) décida de répandre cette partie de l\u2019encyclique qui traite des relations de justice entre nations riches et nations pauvres.En Grande-Bretagne, le texte de l\u2019encyclique fut remis à chaque membre du parlement de Westminster et à tous les dirigeants des Trade Unions.En Uruguay, le parlement entend s\u2019inspirer de son enseignement dans la réforme prochaine de sa législation sociale.Notons pour finir que, des deux grands journaux de New York qui publient l\u2019un et l\u2019autre des éditions européennes, le Times reproduisit le texte en entier, malgré sa longueur, et le Herald Tribune lui consacra sa première page.Comment ne pas souhaiter que les catholiques de plus en plus nombreux se nourrissent des lumières de Mater et Magistra et les fassent passer, en temps opportun, dans les salles de rédaction, les réunions syndicales, les assemblées parlementaires.Toute centrée sur la personne humaine, « fondement, but et sujet de toutes les institutions où se manifeste la vie sociale », sa doctrine se situe au-delà du libéralisme économique, du socialisme et de l\u2019esprit technocrate qui confient 178 le sort de l\u2019homme à des lois soi-disant « naturelles », au « mouvement dialectique de l\u2019histoire » ou à la logique déterministe des machines et des statistiques.Mater et Magistra est pour nous l\u2019encyclique de l\u2019humanisme chrétien économique et social, parce que l\u2019homme y demeure la cause de son destin et le guide de son histoire, créature et fils de Dieu, « première et dernière raison d\u2019être de toute la création ».Vous avez raison9 M.Filion : assez de singeries T^N DEUX ÉDITORIAUX d\u2019une mâle vigueur -L-' (Assez de singeries et Ne venez pas m « enfi-rouâper »), le directeur du Devoir, en lutteur de métier, vient d\u2019administrer le tour du casse-reins aux gens qui s\u2019obstinent à mêler les étrangers à nos querelles.Il s\u2019en prend en particulier, en son second article, au Mouvement laïque de langue française pour son accointance récente avec la Ligue française de l\u2019Enseignement.Comment lui donner tort ?Depuis sa fondation, le Mouvement laïque s\u2019efforce de rassurer les catholiques sur ses intentions.A qui veut l\u2019entendre il répète qu\u2019il n\u2019est ni anticatholique, ni antireligieux, qu\u2019il respecte toutes les croyances et que ses efforts se bornent à obtenir justice pour une minorité du Québec qu\u2019il considère lésée.Or, au même moment, par son représentant officiel, son secrétaire, voici qu\u2019il s\u2019acoquine avec ce qu\u2019il y a, en France, notoirement de plus anticlérical et antireligieux, avec cette Ligue de l\u2019Enseignement que son fondateur, Jean Macé, conçut et organisa comme une machine de guerre anticatholique: « Nous n\u2019avons qu\u2019un seul ennemi, disait-il, sans se gêner, et cet ennemi, c\u2019est le catholicisme.» (Voir aussi page 198.) Est-ce là que le Mouvement laïque prétend puiser son inspiration ?Comment ne voit-on pas qu\u2019en invitant la Ligue de l\u2019Enseignement à se mêler de nos querelles scolaires, on justifie, du coup, l\u2019intervention de la « Cité catholique »?A l\u2019instar de la France, nous avons déjà notre Gauche et notre Droite; déjà nos progressistes et nos intégristes se dénoncent à qui mieux mieux.S\u2019il faut absolument nous quereller, ayons la décence de le faire entre nous, sur des problèmes qui nous sont propres.Cessons de faire les enfants à la recherche d\u2019un grand frère pour les défendre, de faire les coloniaux toujours en quête d\u2019une métropole qui tranchera leurs débats.La réalité canadienne, particulièrement au Québec, fourmille de problèmes qu\u2019il faut discuter et résoudre; pourquoi en fausser les données en y mêlant des éléments étrangers douteux?Il ne s\u2019agit pas de nous fermer aux influences bienfaisantes des autres cultures, il s\u2019agit de nous tenir debout nous-mêmes, de régler entre nous nos querelles et de demeurer maîtres de notre pensée comme de notre action.Nous n\u2019avons que trop importé, que trop imité mal à propos; avec Gérard Filion, il faut dire: Assez de singeries! RELATIONS LA LIBERTÉ DE RELIGION\u2014 III LA LIBERTÉ ET LA LOI John Courtney MURRAY, S.J.CE QUE NOUS AVONS DIT fait voir que le problème de la liberté religieuse suppose une liaison très étroite entre la liberté et la loi.Quelle est la nature de cette liaison ?Voilà ce que nous allons brièvement examiner.Notre réflexion portera, dans une première partie, sur les rapports entre la liberté et la loi en général; dans une deuxième partie, sur les rapports entre la liberté et la loi en particulier : loi naturelle et loi humaine; ce qui nous amènera logiquement à parler de la philosophie de l\u2019État.1.Liberté et loi Même si la liberté dont il s\u2019agit est, de toute évidence, la liberté dans l\u2019ordre moral, il est nécessaire de dire d\u2019abord quelques mots de la liberté dans l\u2019ordre physique.Liberté et libertés La liberté physique, appelée aussi liberté naturelle, est cette propriété de la volonté qui rend l\u2019homme cause et maître de ses actes.Il n\u2019en va pas de l\u2019homme comme du végétal et de l\u2019animal dont les opérations sont toujours déterminées par des ressorts mécaniques et psychiques.L\u2019homme a la possibilité de se déterminer à son choix: il peut agir ou ne pas agir, agir de telle façon ou de telle autre.Il est libre.Tout à fait distincte de la liberté morale, la liberté naturelle n\u2019en demeure pas moins son présupposé et sa condition.Si l\u2019homme est un agent moral, responsable de ses actes, c\u2019est qu\u2019il en a la maîtrise.De plus, \u2014 et ceci est capital \u2014 la liberté naturelle éclaire la nature de la liberté morale.De même que, dans l\u2019ordre physique, la liberté naturelle est en dépendance intrinsèque de la raison, ainsi, dans l\u2019ordre moral, la liberté morale est en dépendance intrinsèque des ordonnances de la raison qui constituent la loi.Liberté morale et loi morale s\u2019enveloppent réciproquement et nécessairement l\u2019une l\u2019autre comme la faculté naturelle de choisir et la faculté naturelle de raisonner.Ce point mérite d\u2019être souligné.Car, les théories antinomiennes en vogue tendent, consciemment ou inconsciemment, à assimiler la liberté à l\u2019indépendance totale, à une émancipation pure et simple, affranchie de toute règle et de toute mesure objective, bref à un Absolu.Du coup, l\u2019autorité de la loi se dresse en ennemie ! Elle est destructrice de la liberté.Comme les menottes policières, elle est une chaîne qu\u2019on porte, à son « âme » défendant.Qui ne voit que ce refus JUILLET 1962 global de toutes limites est une absurdité, mortelle tant pour l\u2019âme humaine que pour la société ?Hélas, elle n\u2019est pas la seule! Certains philosophes et, plus souvent, des savants qui philosophent sans le savoir et fort mal, traitent la loi en étrangère.Entre la Toi et la liberté, le lien n\u2019est pas vital, intérieur, mais extrinsèque.Imposée du dehors, la loi est, au mieux, un principe de répression.Elle contrarie et humilie l\u2019homme, gêne et blesse sa liberté.Or c\u2019est le contraire qui est vrai.La loi et la liberté font très bon ménage puisque la notion de loi se cache au cœur même de l\u2019idée de liberté qu\u2019elle nourrit, soutient, éclaire, guide et seconde.En fait, sans la loi, impossible de comprendre ce qu\u2019est la liberté.Liberté morale et raison Dans l\u2019ordre physique, la volonté, indifférente (activement, non passivement) à agir ou à ne pas agir, à agir de telle façon ou de telle autre, se détermine par elle-même à son acte, parce que l\u2019homme est doué de la faculté de raisonner, et que l\u2019esprit comme tel comporte une sorte d\u2019infinité.L\u2019homme, en effet, est capable d\u2019embrasser tout l\u2019univers du vrai et du bien, d\u2019apprécier leurs valeurs contraires, différentes ou inégales, de désirer celles-ci plutôt que celles-là, et, séance tenante, de s\u2019en assigner la poursuite.Sans délibération et jugement, point d\u2019acte libre.L\u2019acte libre implique donc un acte d\u2019obéissance au jugement de la raison.Que dis-je ?C\u2019est précisément cet acte d\u2019obéissance à la raison qui définit le libre vouloir et son immunité à l\u2019égard de tous les autres déterminants moins nobles.Loin de regimber contre cette dépendance, la liberté se sent faite pour elle et en appelle d\u2019instinct à ses lumières: « par sa nature (la volonté) est un appétit obéissant à la raison.» Vrai dans l\u2019ordre physique, ce principe est encore plus vrai dans l\u2019ordre moral.Ici encore, le point important est le rapport vital entre la liberté et la raison.En quoi la liberté morale diffère-t-elle- alors de la liberté physique ou naturelle ?En ce que la raison n\u2019apparaît plus seulement comme la faculté de comparer les biens particuliers, de les juger désirables, de les présenter à la volonté pour qu\u2019elle les poursuive, mais de plus comme la faculté de découvrir et de comprendre « l\u2019ordre de la raison », en tant même qu\u2019ordre, c\u2019est-à-dire de découvrir et de comprendre la relation de l\u2019homme à Dieu, cause première et fin dernière, et la relation de tous les actes libres humains à l\u2019obtention ou à la perte de cette fin dernière.La raison y découvre la dignité de l\u2019homme, image de Dieu, dont la perfec- 179 tion propre en tant que nature raisonnable, libre et sociale consiste à se rendre parfaitement raisonnable, libre et social.En même temps que sa dignité, l\u2019homme découvre sa destinée spirituelle qui est Dieu et la possession de Dieu, l\u2019unique Bien suprême qu\u2019il doit vouloir, de toute nécessité, pour lui-même, par-dessus tout et au-dessus de tout.Et dans sa destination à posséder Dieu, il découvre le principe actif et dominateur de l\u2019ordre de la raison, et la norme des jugements de valeur authentiques.A la lumière et dans l\u2019intelligence de cet ordre de raison, les jugements particuliers de chaque homme puisent une force nouvelle.Non seulement, ils déclarent ceci bon et cela mal; ils dictent, en outre, qu\u2019il faut accomplir le bien et éviter le mal.Le jugement de la raison émerge en impératif promulguant à la volonté ce qu\u2019il faut faire et ce qu\u2019il faut éviter pour que l\u2019homme puisse atteindre à sa perfection et à sa fin dernière.Cette formulation des exigences de l\u2019ordre de la raison, voilà ce qu\u2019est la loi: ordonnance de la raison.Liberté morale et loi Devant cet impératif moral, la liberté nous apparaît de nouveau comme une acceptation de l\u2019ordre de la raison et de ses exigences pratiques.Cette acceptation est l\u2019acte même de la liberté morale.Par définition donc, la liberté morale consiste dans l\u2019obéissance délibérée de l\u2019homme à la loi morale.Conséquemment, vouloir cette obéissance n\u2019est pas pour l\u2019homme, agent intelligent et libre, se soumettre à un joug étranger, à une hétéronomie outrageante qui violerait ou énerverait sa liberté; car il est de l\u2019essence même de la liberté humaine d\u2019obéir à la raison et de suivre les impératifs, les lois, les règles qui dérivent de l\u2019ordre de la raison.Du commencement à la fin, c\u2019est l\u2019obéissance à la raison qui délivre et perfectionne la liberté humaine.Bien loin d\u2019être hostile voire antithétique à la liberté, la loi lui donne, pour ainsi dire, la main affectueusement.La vie morale de l\u2019homme est, de par sa nature, rattachée à deux pôles: la liberté et la loi; et elle est intériorisée, humanisée, libérée, ordonnée par leur jeu dynamique et leur tension salutaire.Aussi, Léon XIII pouvait-il écrire dans l\u2019encyclique Liberias praestantissimum : Rien ne saurait être dit ou imaginé de plus absurde et de plus contraire au bon sens que cette assertion: l\u2019homme, étant libre par nature, doit être affranchi de toute loi; car s\u2019il en était ainsi, il s\u2019ensuivrait qu\u2019il est nécessaire pour la liberté de ne pas s\u2019accorder avec la raison, quand c\u2019est tout le contraire qui est vrai, à savoir que l\u2019homme doit être soumis à la loi, précisément parce qu\u2019il est libre par nature.Ces quelques indications rapides sur une question difficile mais, au fond, très simple, suffisent à notre propos.Il est nécessaire, cependant, de s\u2019expliquer sur un autre point.L\u2019homme n\u2019est qu\u2019un roseau pensant, disait Pascal.Tout le monde sait, en effet, que la raison humaine est frêle.Elle est exposée à se tromper.Elle est capable d\u2019erreur comme de vérité.Cette possibilité d\u2019errer, loin d\u2019être une perfection de la raison, est un défaut qui souligne son imperfection.Comment en serait-il autrement ?Par sa condition de créature, la personne humaine est ontologiquement indigente; par sa condition de créature charnelle, elle dépend des accidents de la matière et de la connaissance des sens; procède par concepts, syllogismes, vues partielles, morcelées et difficiles à assembler; est sollicitée, à chacun de ses pas, par les puissances de désir et d\u2019émotion \u2014 par le nez de Cléopâtre, pour parler encore comme Pascal.La raison ne verse pas toujours une lumière vive devant la volonté.Elle n\u2019est parfois qu\u2019une lampe fumeuse;, et il arrivera à la volonté qui se contente de son éclairage de s\u2019égarer à la poursuite d\u2019un bien illusoire.Même là, cependant, la volonté continue en quelque sorte à suivre la raison, car la volonté ne peut rechercher le mal pour le mal, mais uniquement sous le déguisement du bien que la raison enveloppe de « rationalisations » et lui présente comme un bien réel alors qu\u2019il n\u2019est, en vérité, que son apparence et son ombre.Que l\u2019homme pèche, il le fait donc en obéissant à la raison, mais \u2014 hâtons-nous de le dire \u2014 à la raison qui se trompe et qui trompe.Cette obéissance est libre, soit! Mais ce que l\u2019homme retire de son péché libre n\u2019est pas la liberté.Au contraire, c\u2019est l\u2019esclavage.Il se livre à l\u2019erreur et au mal, à des contraintes incompatibles avec sa raison et sa volonté, à des liens dégradants pour un esprit humain libre, selon cette parole de Notre Seigneur: « Quiconque commet le péché est esclave du péché.» Ces quelques réflexions sur la liberté, la loi et leur liaison vitale s\u2019imposaient pour une intelligence exacte du problème de la liberté religieuse.Certes, l\u2019idée que se fait la pensée dite libérale sur la liberté de religion est ineffablement moins compliquée et moins difficile.Et pour cause.Tout simplement, elle supprime la question.Il n\u2019y a pas de problème, de problème d\u2019ordre moral, bien entendu; car le problème moral ne surgit qu\u2019avec la perception d\u2019une relation nécessaire entre liberté morale et la loi morale.2.Les deux lois En vertu de cette dépendance intrinsèque entre la liberté morale et la loi morale, le problème de la liberté religieuse prend aussi un caractère juridique et concerne cet ordre de relations qui se définit en termes de droits réciproques et d\u2019obligations.Le terme « liberté » désigne, au point de départ, l\u2019absence de contrainte, l\u2019immunité de toute pression, coaction, prohibition, restriction, compulsion; mais il implique également le pouvoir réel de prendre des décisions et d\u2019imposer des obligations.Lorsqu\u2019une immunité et un pouvoir réel sont envisagés comme prenant leur origine dans la loi, soit la loi naturelle soit la loi humaine, la liberté qui s\u2019affirme, sous cet aspect, est un droit; et en tant que droit, elle connote une obligation de la part des autres de ne pas violer cette immunité ni entraver l\u2019exercice de ce pouvoir.C\u2019est pour cette raison que le problème 180 RELATIONS de la liberté de religion, disions-nous, consiste à définir « les immunités et les pouvoirs réels » de la personne humaine, sous le régime de la loi.La loi naturelle La loi originelle à laquelle se rattache la liberté humaine comme à la racine de sa véritable autonomie est la loi naturelle.L\u2019approfondir nous entraînerait trop loin.Contentons-nous de la définir avec Léon XIII: Telle est, à la tête de toutes, la loi naturelle qui est écrite et gravée dans le cœur de chaque homme, car elle est la raison même de l\u2019homme, lui ordonnant de bien faire et lui interdisant de pécher.Mais cette prescription de la raison humaine ne saurait avoir force de loi, si elle n\u2019était l\u2019organe et l\u2019interprète d\u2019une raison plus haute à laquelle notre esprit et notre liberté doivent obéissance.Le rôle de la loi étant, en effet, d\u2019imposer des devoirs et d\u2019attribuer des droits, elle repose tout entière sur l\u2019autorité, c\u2019est-à-dire sur un pouvoir véritablement capable d\u2019établir ces devoirs et de définir ces droits, capable aussi de sanctionner ses ordres par des peines et des récompenses; toutes choses qui ne pourraient évidemment exister dans l\u2019homme s\u2019il se donnait à lui-même en législateur suprême la règle de ses propres actes.Il suit donc de D que la loi naturelle n\u2019est autre chose que la loi éternelle, gravée chez les êtres doués de raison et les inclinant vers l'acte et la fin qui leur conviennent ; et celle-ci n\u2019est elle-même que la raison éternelle du Dieu créateur et modérateur du monde.Ce qu\u2019il faut retenir, pour le moment, c\u2019est que la loi naturelle mérite le nom de loi.Elle n\u2019est pas une loi écrite, un statut, un code.Les Anciens l\u2019appelaient la loi non écrite; c\u2019est le nom qui lui convient le mieux.Ils l\u2019appelaient aussi la loi écrite dans le cœur, mais cette métaphore classique, parce qu\u2019elle indique l\u2019origine et non la forme de la loi naturelle, prête à équivoque.La loi naturelle est l\u2019ensemble des choses à faire et à ne pas faire qui suit nécessairement du seul fait que l\u2019homme est homme, mis à part toute autre considération.L\u2019obligation de faire ou de ne pas faire ces choses n\u2019est pas une création de la raison.Celle-ci en prend connaissance et, en conséquence, promulgue les ordonnances de la raison qui constituent la loi.La loi non écrite ou la loi naturelle n\u2019est pas autre chose.Toutefois, si la raison publie ses ordonnances, elle ne leur donne pas par elle-même cette autorité.Ces ordonnances tirent leur force d\u2019obligation universelle de ce qu\u2019elles reflètent exactement l\u2019intelligence éternelle et les desseins de Dieu qui veut que l\u2019homme soit homme, agisse conformément à sa nature d\u2019homme, accomplisse sa destinée d\u2019homme.Les ordonnances de la raison font loi, et s\u2019imposent en conscience, c\u2019est vrai.Mais elles n\u2019ont force de loi que parce qu\u2019elles sont « l\u2019organe et l\u2019interprète d\u2019une raison plus haute ».La loi humaine Le second genre de loi auquel la liberté humaine se rattache, toujours comme à un principe d\u2019épanouissement, est la loi humaine.Celle-ci prend tige dans la nature de l\u2019homme qui réclame la vie en société.La loi humaine est l\u2019interprète des exigences de la raison en regard de la vie en société et, en premier lieu, par rapport à l\u2019exigence fondamentale voulant que la société humaine soit une unité de collaboration, au sein de laquelle JUILLET 1962 des hommes libres s\u2019associent sous une autorité qui les guide vers le bien véritable de la communauté.Nous ne pouvons ici que donner les grandes lignes d\u2019une philosophie de la loi humaine.Écoutons, encore une fois, Léon XIII: Ce qui vient d\u2019être dit de la liberté des individus, il est facile de l\u2019appliquer aux hommes qu\u2019unit entre eux la société civile, car ce que la raison et la loi naturelle font pour les individus, la loi humaine promulguée pour le bien commun des citoyens l\u2019accomplit pour les hommes vivant en société.\u2014 Mais, parmi les lois humaines, il en est qui ont pour objet ce qui est bon ou mauvais naturellement, ajoutant à la prescription de pratiquer l\u2019un et d\u2019éviter l\u2019autre une sanction convenable.De tels commandements ne tirent aucunement leur origine de la société des hommes; car, de même que ce n\u2019est pas la société qui a créé la nature humaine, ce n\u2019est pas elle qui fait que le bien soit en harmonie et le mal en désaccord avec cette nature; mais tout cela est antérieur à la société humaine elle-même et doit absolument être rattaché à la loi naturelle, et partant à la loi éternelle.Quant aux autres prescriptions de la puissance civile, elles ne procèdent pas immédiatement et de plain-pied du droit naturel; elles en sont des conséquences plus éloignées et indirectes et ont pour but de préciser les points divers sur lesquels la nature ne s\u2019était prononcée que d\u2019une manière vague et générale.Or, ces règles particulières de conduite, créées par une raison prudente et intimées par un pouvoir légitime, constituent ce que l\u2019on appelle proprement une loi humaine.Visant la fin propre de la communauté, cette loi ordonne à tous les citoyens d\u2019y concourir, leur interdit de s\u2019en écarter et, en tant quelle suit la nature et s\u2019accorde avec ses prescriptions, elle nous conduit à ce qui est bien et nous détourne du contraire.Par où l\u2019on voit que c\u2019est absolument dans la loi éternelle de Dieu qu\u2019il faut chercher la règle et la loi de la liberté, non seulement pour les individus, mais aussi pour les sociétés humaines.Vraie conception de l\u2019Etat La philosophie de la loi humaine résumée ici a sa contrepartie dans une philosophie de l\u2019État, organe qui fait et impose la loi.Cette philosophie affirme, à la fois, la nature morale et la fonction morale de l\u2019État.Elle affirme, d\u2019abord, que l\u2019État, tant dans sa fonction législative que dans ses autres fonctions, n\u2019est pas une entité a-morale, soustraite au contrôle d\u2019une loi plus haute: loi de la nature et loi de Dieu, Auteur de la nature, lois antérieures et supérieures à toute société civile.Deuxièmement, elle affirme que l\u2019État a une fonction morale et non seulement matérielle, administrative, disciplinaire.Sujette à la souveraineté de la loi morale, elle est l\u2019instrument légitime qui en assure l\u2019observance et en précise les exigences, dans les limites de son domaine, bien entendu, qui est la vie de l\u2019homme en société.Dans ses actes, ses directives et surtout sa législation, elle ne saurait adopter une attitude de neutralité ou d\u2019indifférence, prête à accorder des droits égaux au bien et au mal, et à les regarder avec une égale faveur.De par sa propre essence, l\u2019État, en son pouvoir de légiférer, n\u2019est établi pouvoir que pour le bien commun terrestre.Mais ce bien commun est celui des personnes humaines vivant en société.Il est donc un bien moral et non pas seulement matériel, et comprend la vertu civique comme un de ses premiers éléments.L\u2019État veillera, par conséquent, à ce que le bien soit fait et le mal évité.Sa compétence dans le 181 champ de la morale est, certes, fort restreinte et ne s\u2019étend qu\u2019à cette catégorie de choses qui ressortit au bien du tout social comme tel.En raison de ce bien qui est le bien commun, il jouit, toutefois, d\u2019une véritable autorité morale et peut obliger en conscience; et en tant qu\u2019autorité morale, il a pour œuvre essentielle de préserver et de perfectionner la liberté de la communauté politique, sa vraie liberté qui réside dans l\u2019harmonie entre la vie de la société et l\u2019ordre de la raison.C\u2019est ainsi que Léon XIII, à la suite du passage cité plus haut, conclut de la vraie philosophie de la loi humaine à la vraie nature de la liberté civile: Donc, dans une société d\u2019hommes, la liberté digne de ce nom ne.consiste pas à faire tout ce qui nous plaît: ce serait dans l\u2019État une confusion extrême, un trouble qui aboutirait à l\u2019oppression; la liberté consiste en ce que, par le secours des lois civiles, nous puissions plus aisément vivre selon les prescriptions de la loi éternelle.Et pour ceux qui gouvernent, la liberté n\u2019est pas le pouvoir de commander au hasard et suivant leur bon plaisir: ce serait un désordre non moins grave et souverainement pernicieux pour l\u2019État; mais la force des lois humaines consiste en ce qu\u2019on y reconnaît une dérivation de la loi éternelle et qu\u2019il n\u2019est aucune de leurs prescriptions qui n\u2019y soit contenue comme dans le principe de tout droit.Fausses conceptions de FEtat Cette philosophie de la loi humaine et de l\u2019autorité dans leur relation à la liberté humaine se tient à mi-chemin entre deux théories extrêmes qui séduisent, de nos jours, les esprits politiques.La première est de type individualiste.La liberté de choix de l\u2019individu est une liberté suprême, souveraine et absolue, sa fin à elle-même.La fonction de l\u2019État se limite à protéger cette liberté qui est la liberté initiale, naturelle, s\u2019étendant au bien et au mal.Dans l\u2019accomplissement de sa charge, l\u2019État octroie des droits égaux au bien et au mal.Tous ses efforts viseront à protéger le choix bon ou mauvais dont tout homme est capable.Qu\u2019est-ce à dire ?Que l\u2019homme est un petit dieu dont rien ne doit entraver la liberté individuelle, si ce n\u2019est la liberté des autres sur laquelle il n\u2019a pas le droit d\u2019empiéter.L\u2019État n\u2019est que l\u2019arbitre des conflits de liberté.Il n\u2019a pas de fonction morale, puisque la communauté politique ne relève pas d\u2019une loi morale, supérieure aux volontés individuelles des parties contractantes qui forment l\u2019État et dont l\u2019État est l\u2019exécuteur.Dans sa défroque française, cette théorie était à la mode au XIXe siècle.Elle est discréditée aujourd\u2019hui.Les événements ont prouvé que cette idée abstraite de la liberté, ce « laisser-faire » aboutit à quoi ?A faire de la liberté le privilège de quelques-uns qui ont beau jeu pour opprimer la multitude des faibles et ruiner l\u2019idée du bien commun.Pourquoi s\u2019en étonner ?Il n\u2019y avait, au point de départ, aucune œuvre à faire en commun puisqu\u2019il n\u2019existait aucune véritable vie en commun.A l\u2019autre extrême, voici, dans son uniforme allemand ou russe, la théorie totalitaire de la loi humaine et de la liberté humaine.L\u2019autonomie absolue de l\u2019individu fait place à la souveraineté absolue de l\u2019État, divinité juridiquement toute-puissante en elle-même, majesté suprême, principe et source de tout droit.L\u2019œuvre essentielle et primordiale de l\u2019État consiste à réaliser graduellement sa propre liberté, c\u2019est-à-dire à accroître, de jour en jour, sa propre puissance.Corrélativement, la vocation de l\u2019homme est de se sacrifier au corps social et de se dévouer, avec tout ce qui est en lui, à la puissance de l\u2019État.Car telle est la tâche commune essentielle.La loi humaine se définit alors le moyen pratique d\u2019assurer le don total de soi à l\u2019État.Plus de liberté de choix pour le citoyen; plus de liberté d\u2019autonomie spirituelle; plus de droit sacré à conquérir une liberté morale toujours plus parfaite.Ne reste plus à la personne humaine dépouillée que cette liberté à sens unique: poursuivre ce que l\u2019État a décrété « bon », c\u2019est-à-dire l\u2019exaltation de sa propre puissance monstrueuse.L\u2019homme devient esclave, un esclave qui doit trouver son bonheur dans la servitude puisque, par tout lui-même, il sert la liberté souveraine de l\u2019État, et que servir l\u2019État, c\u2019est régner! Étrange paradoxe! Ces deux erreurs opposées ont l\u2019une et l\u2019autre une même racine dans un principe qui demeure vrai: à savoir que la fonction de la loi et de l\u2019autorité est de développer la liberté de la personne humaine et de l\u2019affranchir.Leur aberration commune est de ne rien comprendre aux termes mêmes du principe, car ni l\u2019une ni l\u2019autre ne suspendent l\u2019idée de liberté et l\u2019idée de loi à l\u2019éternelle pensée créatrice, source à la fois de la liberté et de la loi.L\u2019une et l\u2019autre nient «que c\u2019est absolument dans la loi éternelle de Dieu qu\u2019il faut chercher la règle et la loi de la liberté, non seulement pour les individus mais aussi pour les sociétés humaines ».Et pourtant c\u2019est à cette vérité que la société doit son salut.Sans elle, la communauté politique se réduit à une poussière anarchique d\u2019individus ou à une armée motorisée d\u2019esclaves.* Il est temps de résumer.Tout est lié ici: liberté, loi, volonté, raison, Dieu.La liberté humaine et la loi de l\u2019État reposent sur la loi naturelle et en sont inséparables, pour autant qu\u2019elles portent l\u2019empreinte de Dieu, Auteur de la nature.Et c\u2019est dans l\u2019obéissance la plus fidèle à la loi de la nature que la loi humaine est habilitée à remplir sa véritable fonction qui est d\u2019épanouir la liberté humaine; et la liberté humaine, habilitée à remplir la sienne qui est d\u2019épanouir la vie humaine, au sein d\u2019une société fondée sur la loi humaine en conformité avec l\u2019ordre de la raison.En définitive, l\u2019ordre de la liberté et l\u2019ordre de la loi communiquent entre eux dans l\u2019harmonie.Et les lois civiles, suivant la pensée de Léon XIII, mettent tous et chacun en possession, « d\u2019une liberté plus parfaite pour vivre selon les préceptes de la loi éternelle ».Le reste est dé-raison ou imposture.182 RELATIONS Tranquille, la possession de la vérité ?Joseph d'ANJOU, S.J.INCROYANTS et demi-croyants inquiets, moins soucieux de se perfectionner que de dorloter leur inquiétude, nous accusent de rechercher le confort intellectuel et de digérer béatement la possession de la vérité.Méprise pitoyable.La foi nous arrache à la frileuse et timide régression des âmes qu\u2019effraie un dépassement conforme aux exigences de Dieu, autrement hautes et crucifiantes \u2014 rappelons-nous l\u2019exemple de son Fils \u2014 que celles d\u2019un humanisme borné, appauvrissant en soi, intolérant pour les autres.La foi nous convie à l\u2019harmonisation théorique et pratique du fini et de l\u2019infini, de l\u2019humain et du divin, du temporel et de l\u2019éternel, du charnel et du spirituel, dans l\u2019unité de notre personne et dans celle du Corps mystique de Jésus-Christ.Le même Dieu crée l\u2019homme avec un esprit capable de vie divine et lui commande de procréer, de labourer le sol, de bâtir des maisons, d\u2019explorer les secrets de la nature, d\u2019organiser la cité terrestre, de diriger l\u2019Église de son Fils.Le même Dieu.Et le même homme a pouvoir et devoir de réaliser cette vocation.Non pas à moitié, mais parfaitement, comme il convient lorsqu\u2019on exécute un ordre divin.On n\u2019a pas à se dédoubler, à se couper en morceaux pour cela: un morceau de soi-même pour l\u2019église paroissiale, un autre pour le foyer ou l\u2019école, un troisième pour les affaires, un dernier pour les loisirs.Dieu est tout en tout et en tous.Par son incarnation, il confère un sens et une valeur mystiques à la chair dans le mariage, aux biens matériels dans l\u2019exploitation de la terre et les échanges de ses produits, aux arts, aux lettres et aux sciences dans l\u2019instruction et les occupations de l\u2019esprit.Il suffit, mais il est nécessaire de traiter les personnes et les choses comme des créatures de Dieu, avec le respect sacré que réclame leur dignité.Il y a un usage chrétien du corps et de l\u2019âme, du sexe et de l\u2019amour, de la matière et de la pensée, de la parole et du silence, du travail et du repos, de la richesse et de la pauvreté: humanisme « catholique » (qui embrasse tout); le seul véritable; il fonde et préserve l\u2019ordre de la cité des hommes ici-bas, préparation temporelle du Royaume éternel de Dieu.Y a-t-il plus ample conception des choses, plus noble synthèse à effectuer ?Aux esprits qui se prétendent larges, à la mesure de leur minuscule dimension personnelle, Maurice Blondel adressait ce défi: Vous ne voulez rien exclure; vous excluez donc le dogme, qui n\u2019est que s\u2019il est exclusif.Le tout est donc de savoir si ce que vous embrassez dans vos plus larges synthèses n\u2019est pas infiniment petit au prix de l\u2019immensité de nos horizons chrétiens.(Carnets intimes, 11 déc.1889, Édit, du Cerf, Paris, 1961, p.287.) Après une conversation avec Charles Maurras, il avait noté: « Enfantine présomption des esprits forts, étrange étroitesse de ces larges intelligences! » {Ibid., 24 oct.1889, p.262.) Les forçats du bagne positiviste, dont Claudel et Gilson fouaillèrent les paralysantes illusions, redoutent la « servitude » des fidèles catholiques.Quel délire! C\u2019est une des grandes injures faites à l\u2019Église, et particulièrement aux savants catholiques, que la prétendue servitude des croyants.Est-ce donc que les formules mathématiques sont une gêne ou une aide pour l\u2019ingénieur qui en est maître ?JUILLET 1962 Est-ce donc que la connaissance des lois de la nature est une gêne ou une aide pour qui les possède ?Etre maître de la vérité, la posséder, c\u2019est s\u2019y soumettre, s\u2019en éclairer, s\u2019en servir, en jouir et en agir.Non, le croyant n\u2019est pas asservi parce qu\u2019il a une lumière, une foi qu\u2019il n\u2019a point faite tout seul en lui, mais qu\u2019il a librement cherchée, qu\u2019il a trouvée par une démarche de son esprit, qu\u2019il conserve par la fermeté de sa décision.Non, le croyant n\u2019est pas asservi, car cette foi même est infiniment large; et loin de le porter à rétrécir sa pensée, elle le force à l\u2019étendre,.elle le force à savoir ce que Dieu sait, afin qu\u2019il puisse agir en proportion de cette science toute-puissante.{Ibid., 26-27 nov.1889, pp.276-277.) Le catholique averti des richesses de sa foi sait que « toute vérité complète est catholique » et que « tout catholique a en soi la vérité complète » {ibid., 14 mai 1889, p.210).Conformément à la promesse de Jésus: « L\u2019Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.» {Jean, xiv, 26.) Cette certitude n\u2019empêche pas de garder « l\u2019inquiétude du chercheur sous la sérénité du croyant » {ibid., 9 sept.1893).Toujours dans le vrai, lorsqu\u2019on est toujours en recherche et en désir; toujours dans l\u2019amour, quand on est dans le besoin; toujours dans le repos et la paix, quand on est en mouvement.{Ibid., 6 juin 1891, p.415.) Seul le catholique a ce qu\u2019il faut pour maîtriser ce « baiser des contraires » (Léon Bloy).Énorme embrassement, tâche surhumaine, qui ne s\u2019achèvera qu\u2019au dernier jour.Il s\u2019agit d'intégrer l\u2019univers dans une adoration parfaite de Dieu.Voilà le genre à'intégrisme que nous soutenons.Il ne saurait provoquer ni méfiance ni critique.S\u2019il pose un problème, c\u2019est pour les incroyants que déroute le Mystère rédempteur, ou pour les croyants énervés, que troublent les insinuations d\u2019un naturalisme borgne, selon lequel la foi ravale la personnalité en restreignant la liberté de pensée ou d\u2019action.Comme si l\u2019indiscipline ou l\u2019absurdité pouvait satisfaire l\u2019esprit humain; comme si de ne pas reconnaître sa grandeur, c\u2019était agrandir sa pensée; comme si de ne pas donner toute sa mesure d\u2019amour et de dévouement, ou de la gaspiller dans l\u2019utopie ou l\u2019idolâtrie, c\u2019était favoriser son épanouissement personnel, son rayonnement social.« Il faut être surnaturel pour être vraiment fort et libre.» (Blondel, ouvr.cité, 5 juin 1889, p.220.) Vu en Dieu, « l\u2019homme est si grand qu\u2019il faut être Dieu pour être pleinement homme » {ibid., 7 juin 1889).Faciles, alors, la foi aux Béatitudes {Matth., v, 3-12) et leur acceptation concrète ?Bienheureux les pauvres, les doux, les pacifiques, les cœurs purs, et ceux qui souffrent persécution injuste! Faciles, plutôt, le refus des incroyants et la démission qu\u2019implique leur scepticisme.Le doute systématique, qui est le mal de l\u2019être, se fait aisément bonne réputation, et plus que tout autre mal, il est contagieux.(François de la Noë, l'Appel de l\u2019esprit, Fayard, Paris, 1960, p.196.) Nous le constatons dansées œuvres des romanciers et des cinéastes contemporains.Écrivains banals, réalisateurs paresseux, ils copient et ressassent jusqu\u2019à la nausée les mêmes laideurs, les mêmes trahisons, les mêmes avilissements, qu\u2019ils ont la niaiserie ou l\u2019effronterie de présenter comme la peinture de la vraie vie.Littérature et cinéma de mensonge, d\u2019hypocrisie.Sous le couvert de la sincérité.183 « C\u2019est une fausse et dommageable forme de l\u2019auto-accu-sation, note Charles du Bos ( Journal, m, p.50), que de nier ce que l\u2019on a de meilleur; il faut se connaître dans le meilleur non moins que dans le pire.» Sans quoi le désordre devient d\u2019autant plus grave qu\u2019il se pare du prestige de l\u2019exactitude et de l\u2019humilité.Gabriel Marcel aperçoit là une sorte d\u2019orgueil démoniaque, une volonté invertie de « justification » tendant à « établir que le péché n\u2019est pas puisqu\u2019il se confond avec moi, puisqu\u2019il recouvre jusqu\u2019aux bords le territoire entier de mon être » {Être et Avoir, p.343).Or, quelque valeur que je me décerne, mon appréciation ne se justifie que par réference à la Valeur absolue.Nulle saisie de moi ne peut être authentique, profonde et sincère que si elle est en même temps une découverte du Dieu intérieur, sans lequel la valeur n\u2019aurait que la signification d\u2019un fait.Je ne me reconnais vraiment qu\u2019en re-connaissant Dieu.(Régis Jolivet, Essai sur le problème et les conditions de la sincérité, Vitte, Lyon, 1950, pp.196-197.) Car « Dieu est plus intime que l\u2019intime de moi-même et plus élevé que les cimes de moi-même » (S.Aug., Confessions, 1.3, c.6, n.11).« Point d\u2019athée, par conséquent, note Blondel, qui ne fasse quelque violence à la sincérité de l\u2019âme.» (Carnets intimes.7 févr.1889, p.173.) Car en attribuant à une valeur relative, la sienne, le caractère de l\u2019absolu, il la fausse en l\u2019isolant de l\u2019ordre total qui ne relève pas de lui.Finalement, comme il n\u2019y a de sincérité que devant un témoin et qu\u2019il n\u2019y a pas, en dehors de Dieu, de témoin possible de ma sincérité, \u2014 car je ne suis témoin pour moi que dans la mesure où je me juge selon une valeur qui me transcende, \u2014 ce n\u2019est que devant Dieu que l\u2019on peut être sincère.C\u2019est à genoux que l\u2019on peut espérer de conquérir la seule sincérité qui vaille.(R.Jolivet, ouvr.cité, p.200.) Dans l'Appel de l'esprit, François de la Noë développe le même thème avec insistance.« Seule la vérité surnaturelle, écrit-il (p.186), peut nous délivrer des superstitions intellectuelles.» Et encore (p.228) : Toute parole est mensonge si nous n\u2019avons pas la foi qui nous sauve.Tout refus de croire et d\u2019aimer nous relègue dans un monde d\u2019apparences, où nous n\u2019avons plus la vraie connaissance de ce qui est, ni même la juste conscience de ce que nous sommes.Par un penchant naturel, nous sommes portés au mal qui est de nous suffire, comme s\u2019il était en notre pouvoir de nous diviniser.Notre suffisance entretient notre illusion.Il n\u2019y a cependant de retour au réel que par la pleine conscience du retour à Dieu.A cause de ce « penchant naturel », on doit admettre, contrairement à certain préjugé, que se déclarer pour l\u2019incroyance et l\u2019immoralisme exige peu de courage.« Les solutions désespérées ne sont pas nécessairement les plus courageuses », remarque le Père Henri de Lubac, S.J.(Nouveaux Paradoxes, Seuil, Paris, 1955, p.112).Même en pays catholique.L\u2019incroyant se réduit à sa taille d\u2019homme.Quel effort s\u2019impose-t-il pour cela?Aux baptisés, l\u2019Église enjoint de ressembler à Jésus-Christ, Dieu de toute sainteté.Ambition compromettante.Quant il confesse ouvertement sa foi, le catholique s\u2019oblige à monter, à progresser.L\u2019infidélité, le reniement entraînent, pour lui, une déchéance.Comment aurait-il le goût de s\u2019engager à la légère ?Par son refus public du surnaturel, l\u2019incroyant s\u2019accorde au départ les facilités qui répugnent à l\u2019austérité de la foi et de la croix.Il se réserve, en outre, la chance de se convertir, un jour, à un humanisme héroïque, avec la satisfaction personnelle et souvent l\u2019approbation sociale que lui procurera son accès à un dépassement glorieux.Les éducateurs religieux savent qu\u2019il y a là une des tentations les plus subtiles de l\u2019adolescence: la tentation de jouer sur les deux tableaux.Les garçons voudraient se livrer aux licences qu\u2019a expérimentées un Augustin de Tagaste; les filles, à celles d\u2019une Marie de Magdala ou d\u2019une Marguerite de Cortone; avec l\u2019espoir, ensuite, de rentrer triomphalement à la maison du Père.Seuls les courageux optent d\u2019emblée, comme Louis de Gonzague et Thérèse Martin, pour un idéal vertigineux.Ils coupent les ponts et s\u2019interdisent toute voie de retour, se contraignant à gravir les pentes raides du Calvaire, sur les pas de leur Chef, Jésus-Christ.Qu\u2019apparaisse scandaleusement restreint le nombre de ces vaillants n\u2019infirme en rien la transcendance et l\u2019infaillibilité de la foi.Ce scandale dénonce l\u2019erreur et le mensonge de ceux qui raillent notre « tranquille » possession de la vérité.Car lorsqu\u2019on possède la Vérité, on ne jouit du repos qu\u2019à la condition de vivre en amour avec Elle.Autrement, la Vérité juge et inquiète celui qui La trahit.C\u2019est pourquoi, même dans « la catholique province de Québec », l\u2019apostasie bruyante ne requiert aucun courage.Pâture des organes de diffusion, friands de « nouvelle », le scandale obtient toujours une publicité qui signale à l\u2019apostat son importance en même temps que l\u2019obscure complicité du milieu: on joue devant un vaste auditoire, curieux, intéressé, et cela fouette la vanité.L\u2019apostat peut compter sur le même soutien psychologique s\u2019il décide, plus tard, de se repentir.Cette fois, les « bien-pensants » l\u2019accueilleront avec l\u2019éclat qu\u2019on déploie ordinairement pour fêter le^retour du prodigue.Mais la fidélité du simple troupier de l\u2019Église militante, de celui dont personne ne parle, que de graves tentations secouent dans sa vie privée ou professionnelle, qu\u2019enragent et dépriment les calomnies ou les brocards des pseudo-viveurs (dont la théologie enseigne qu\u2019ils sont des morts, puisqu\u2019ils vivent en état de péché mortel), il faudrait la verve d\u2019un Flambeau pour en glorifier le mérite.Et il n\u2019y a guère plus de flambeaux que de porte-flambeaux parmi nos journalistes, « irrévocablement dévoués aux intérêts religieux et nationaux du Canada français ».Enfin, malgré nos manières habituelles de nous exprimer, il y a risque d\u2019équivoque à proclamer que nous possédons la vérité.Car c\u2019est la Vérité qui nous possède, quand nous y adhérons.Or, la possession divine \u2014 l\u2019histoire de la sainteté nous l\u2019apprend \u2014 n\u2019a rien de commun ni avec la possession diabolique, évidemment, ni avec la fausse paix des impies.L\u2019Écriture nous a prévenus {Job, vu, 1; Matth., x, 34-36; Luc, iv, 26-27): la vie de l\u2019homme ici-bas ressemble à une guerre, à un chemin de croix.Corneille et Racine l\u2019ont répété en des vers admirables; pour Rimbaud, le combat spirituel a plus d\u2019âpreté que la bataille d\u2019hommes: échos de la grande voix d\u2019Augustin {Conf., 1.1): «Notre cœur est sans repos tant qu\u2019il ne repose pas en toi.» Inquiétude de l\u2019amour, non de la foi.« Sous la sérénité du croyant », que rien n\u2019ébranle, s\u2019agitent soit l\u2019ennui de vivre ou le désir du ciel, soit la douleur du péché et des rechutes, soit l\u2019impatience des lenteurs avec lesquelles la marche nocturne à l\u2019étoile conduit aux clartés de la contemplation.De ces remous ignorés des hommes, le catholique sincère ne se vante pas, ni ne se délivre sur la terre.Il y trouve, sans doute, plus de paix profonde que les incroyants dans leur imaginaire liberté, que les dévoyés dans les grimaces de leurs plaisirs.Mais nul n\u2019y porte attention.Car la vraie vie est cachée en Dieu avec le Christ {Col., ni, 3), et son mouvement échappe au tapage du « monde », patrie des péchés capitaux.Coincé entre les contraintes exaltantes de la foi et l\u2019incoercible appel de la Vérité, le lâche (conscient ou inconscient) se réfugie dans le négativisme peureux de l\u2019incroyance.Fermer les yeux à la lumière ménage peut-être la vue, mais prive de s\u2019éclairer.Malgré l\u2019éblouissement qu\u2019il en éprouve et qui brûle sa vision naturelle des choses, le croyant ouvre les yeux à la Lumière qui vient d\u2019En Haut.Qu\u2019il lui ouvre aussi son cœur, et l\u2019Amour lui assurera la force de ne pas faillir dans le service harcelant de la Vérité.184 RELATIONS Transports et télécommunications dans le Nouveau-Québec - Il Michel BROCHU UN PREMIER ARTICLE a décrit l\u2019état actuel des transports et communications dans le Nouveau-Québec.Voici maintenant ce que l\u2019on pourrait faire pour améliorer la situation en chacun des domaines étudiés.A.\u2014 Transports terrestres 1.Réseau routier.\u2014 Du fait que les postes esquimaux sont tous tournés vers la mer et que leur économie est essentiellement orientée vers la chasse et la pêche, un réseau routier le long du littoral du Nouveau-Québec n\u2019est pas absolument nécessaire et constituerait, à tout prendre, beaucoup plus un mal qu\u2019un bien; ces voies de pénétration et de circulation, en effet, contribueraient à déséquilibrer l\u2019économie de ces régions et à en accélérer indûment l\u2019évolution.Churchill, au Manitoba, offre un exemple trop déplorable, pour n\u2019être pas ici un sérieux avertissement.Si l\u2019on se place à un point de vue strictement économique, il faut reconnaître qu\u2019une route de ceinture du littoral du Nouveau-Québec s\u2019élèverait à un prix absolument astronomique; la côte, en effet, est découpée de fjords extrêmement profonds et abrupts, qu\u2019il faudrait contourner pour relier des postes comme Sainte-Anne-de-Maricourt, Sugluc et Notre-Dame-d\u2019Ivugivic; par ailleurs, les innombrables baies et rivières qui découpent la côte des baies d\u2019Ungava et d\u2019Hudson et le nombre incalculable d\u2019ouvrages d\u2019art que cela impliquerait, rendraient absolument prohibitif le coût d\u2019une route sur laquelle le volume des marchandises à transporter serait infime, par rapport au chiffre de la population et au nombre de postes à desservir.En d\u2019autres termes, le littoral du Nouveau-Québec est, en ce qui concerne les transports routiers, dans une situation identique à celle de la côte nord du Saint-Laurent entre Natashquan et Blanc-Sablon.Cependant, il faut envisager, dans une perspective d\u2019environ 10 à 20 ans, la construction d\u2019une route qui relierait Fort-Chimo, Shefferville, Chibougamau et, de là, par la route existante, les grandes villes du Sud du Québec.Plus tard, un autre tronçon pourra être construit entre l\u2019Abitibi et Grande-Baleine.La construction d\u2019une route entre un des principaux postes du Nouveau-Québec (Fort-Chimo) et les régions du Sud constituera un lien commode et sans doute indispensable, en 1970 ou en 1980, et aura l\u2019avantage d\u2019être à la fois un grand axe de communication et de ne toucher qu\u2019un poste esquimau, ce qui évitera des modifications trop brusques dans l\u2019économie et l\u2019évolution de ces régions.2.Chemins de fer.\u2014 Aucun chemin de fer, on l\u2019a vu précédemment, n\u2019atteint actuellement le littoral du Nouveau-Québec.Présentement, il n\u2019y a en ce sens aucun projet défini; il n\u2019y en a pas, non plus, besoin.Si des exploitations minières s\u2019organisent dans le Nouveau-Québec, comme celle des gisements d\u2019amiante qui s\u2019étend au Sud du fjord Déception (région des collines d\u2019Amiante) ou celle des gisements de fer de la baie Lomer-Gouin, il faudra songer à des tronçons de chemins de fer qui relient les mines aux points de déchargement sur la côte.Mais il ne s\u2019agira que de chemins de fer utilitaires qui ne desserviront aucun poste esquimau (comme le chemin de fer possible de la région du fjord Déception), ou que des postes esquimaux de peu d\u2019importance comme celui de Lomer-Gouin.Pour résumer, présentement, et abstraction faite des besoins des futures exploitations mi- nières, il n\u2019y a aucun besoin de chemin de fer dans le Nouveau-Québec ni aucun projet en ce sens.Vraisemblablement, si les chemins de fer doivent jouer un certain rôle dans le Nouveau-Québec, ce sera dans le domaine minier, et, en raison de la glace qui bloque les fjords et les baies huit mois de l\u2019année ainsi que des glaces flottantes qui dérivent dans la baie et le détroit d\u2019Hudson, ces chemins de fer ne fonctionneront que durant la saison de navigation, alors que les points de déchargement seront accessibles.B.\u2014 Transports maritimes On l\u2019a mentionné plusieurs fois au cours de cet exposé: les postes du Nouveau-Québec sont tournés vers la mer.Par voie de conséquence, c\u2019est dans ce secteur particulier qu\u2019il faut envisager les améliorations.Précisons tout d\u2019abord qu\u2019il semble improbable, si l\u2019on considère la dynamique et les caractéristiques des glaces flottantes dans les eaux côtières du Nouveau-Québec, que la saison de navigation puisse être allongée par les brise-glace ou d\u2019autres moyens.Le faible volume des cargaisons à transporter et le nombre probablement restreint de passagers ne justifieraient pas de tels frais.La solution serait qu\u2019au moins un bateau ou un brise-glace soit exclusivement affecté au service des postes du Nouveau-Québec.Ce navire pourrait quitter Québec ou Montréal au début de juillet, faire une première tournée des postes du Nouveau-Québec, de Havre-Turquetil, jusqu\u2019au dernier poste au Sud de la baie James.Le navire pourrait alors faire escale à Moosonee, sur la rive ouest de la baie James, y refaire le plein de mazout et reprendre des cargaisons pour les postes du Nouveau-Québec.Quittant Moosonee, vraisemblablement, à la mi-août, il pourrait refaire toutes les escales du Sud de la baie James jusqu\u2019à Havre-Turquetil, et reprendre sa tournée, à ce point, en revenant vers la baie d\u2019Hudson.Une seconde et longue escale pourrait être faite à Moosonee pour refaire le plein de mazout et charger cette fois les provisions d\u2019hiver (fruits, légumes et viandes); les escales se feraient du Sud de la baie James à Havre-Turquetil.Cette tournée, la dernière de la saison, serait probablement terminée à la fin de septembre et le navire pourrait revenir à son port d\u2019attache.Ces trois tournées par un seul et même navire auraient l\u2019immense avantage de permettre au cours de l\u2019été une liaison régulière entre tous les postes du Nouveau-Québec en assurant à la fois le service des marchandises et celui des passagers, livrés actuellement aux hasards de l\u2019itinéraire des brise-glace.Les passagers des divers postes auraient donc, au cours de l\u2019été, trois possibilités de quitter ou de gagner l\u2019un ou l\u2019autre poste du Nouveau-Québec en perdant le moins de temps possible : ainsi un voyageur pourrait arriver à Grande-Baleine par avion un ou deux jours avant l\u2019escale du navire et atteindre sa destination, Povurgnituc ou Sugluc, quelques jours plus tard; l\u2019inverse pourra être vrai aussi: un voyageur venant de Havre-Turquetil ou de Port-Nouveau-Québec pourrait descendre à Fort-Chimo et prendre l\u2019avion pour les régions du Sud.Ce système évidemment ne sera pas parfait, mais sera une très nette amélioration sur le système actuel.Il faut également se rendre compte que le service suggéré ne sera pas et ne peut pas être rentable, en raison des distances immenses à parcourir, du grand nombre d\u2019escales et des JUILLET 1962 185 cargaisons souvent négligeables.En outre, les frais d\u2019opération seront accrus par l\u2019absence de quais ou d\u2019appontements, ce qui nécessite des déchargements par chalands et implique doubles travaux de manutention.Si l\u2019État n\u2019assume pas entièrement le service, il faudra subventionner la société de navigation qui fera ce service indispensable.A moins de développements extraordinaires et imprévus à l\u2019heure actuelle, il n\u2019est pas à souhaiter ni à suggérer que des crédits importants soient engagés à la construction de quais ou d\u2019aménagements portuaires aux divers postes du Nouveau-Québec.Trois endroits seulement dans tout l\u2019Arctique sont dotés de quais: Churchill, Tuktuyaktuk et Frobisher et, à ce dernier endroit, il s\u2019agit beaucoup plus d\u2019une jetée que d\u2019un véritable quai.C.\t\u2014 Service aérien Aux trois postes de Fort-Chimo, Port-La Pérouse et Grande-Baleine qui bénéficient de services aériens réguliers, des vols plus fréquents demeurent souhaitables, en été surtout; présentement, on peut juger, dans l\u2019ensemble, satisfaisants les services et la fréquence des vols.Une anomalie cependant est à corriger de toute urgence: aucun des services aériens actuels ne fait escale à Québec; il est anormal que les fonctionnaires du Québec allant en mission dans le Nord du Québec (au-delà de cinquante durant l\u2019été de 1962) et les chercheurs du Centre d\u2019Etudes nordiques de l\u2019Université Laval (une vingtaine au cours de l\u2019été 1962) doivent se rendre à Montréal prendre l\u2019avion pour Fort-Chimo ou Grande-Baleine.L\u2019idéal serait, au moins par semaine, un service par l\u2019itinéraire Québec-Montréal \u2014 Grande-Baleine et un service par l\u2019itinéraire Montréal-Québec \u2014 Fort-Chimo.Pour les autres postes, il est urgent que le service postal devienne régulier.Le système actuel, qui confie le courrier à des avions chargés d\u2019autres missions, est déficient et aggrave l\u2019isolement des postes du Nouveau-Québec; avec ce système, un poste peut recevoir deux courriers à deux ou trois jours d\u2019intervalle puis rester deux mois ou deux mois et demi sans courrier.Il ne devrait pas être trop compliqué d\u2019organiser des services réguliers (tous les quinze jours, par exemple) de livraison ou de parachutage de courrier, comme la chose a été réalisée dans les postes isolés de la côte Nord du Saint-Laurent.Cette amélioration rendrait la vie dans le Nouveau-Québec plus intéressante en hiver et au printemps, et aiderait à attirer dans ces régions des fonctionnaires, des instituteurs ou des administrateurs.Car, il ne faut pas se le cacher, le peu d\u2019enthousiasme des fonctionnaires à accepter un poste dans le Nord tient, en grande partie, aux pauvres communications avec les régions du Sud.D.\t\u2014 Télécommunications 1.\tTéléphone.\u2014 Le service téléphonique desservant ces régions paraît suffire aux besoins actuels, d\u2019autant que les Blancs du Nouveau-Québec, peuvent la plupart communiquer entre eux par émetteur; il ne semble donc pas urgent d\u2019installer le téléphone là où il n\u2019y a que deux ou trois Blancs comme à Notre-Dame-de-Koartac et à Notre-Dame-d\u2019Ivugi-vic ou à Port-Nouveau-Québec.En raison du coût assez élevé, il présente peu d\u2019intérêt pour les Esquimaux.Sa grande utilité est d\u2019offrir la communication avec l\u2019extérieur.Les postes sans téléphone mais pourvus d\u2019un émetteur peuvent communiquer avec l\u2019extérieur, par l\u2019intermédiaire d\u2019un correspondant situé dans un endroit pourvu du téléphone.En somme, le réseau téléphonique répond assez bien aux besoins actuels.2.\tÉmetteurs.\u2014 Les trois réseaux d\u2019émetteurs rendent des services signalés aux organisations qui les possèdent; ils ont le défaut de n\u2019être pas des services publics.Le résultat est que les Esquimaux, qui constituent la grande majorité de la population des postes du Nouveau-Québec, ne peuvent utiliser de façon régulière ce système de télécommunication.Les Pères Oblats ont, bien sûr, l\u2019obligeance dans chacune de leur mission de mettre leur émetteur à la disposition des Esquimaux qui en expriment le désir.La solution désirable serait que le réseau d\u2019émetteurs des Affaires du Nord du Québec (quand il sera installé dans ces régions) soit mis à la disposition des Esquimaux, deux ou trois heures par jour, afin de leur permettre de communiquer avec leurs amis ou avec les membres de leur famille habitant d\u2019autres postes.Ainsi amélioré, ce système de télécommunication restera sans doute, longtemps encore, le plus utile et le plus pratique au Nouveau-Québec, à la fois au service des Blancs et des Esquimaux.3.\tRadio.\u2014 Pour corriger les lacunes exposées plus haut dans ce domaine, il conviendrait d\u2019établir au Nouveau-Québec, à Fort-Chimo, un double poste, qui diffuserait des émissions en français et en esquimau sur deux longueurs d\u2019ondes.Au profit des Esquimaux, il serait certainement opportun d\u2019étudier sérieusement les méthodes d\u2019enseignement par la radio mises en œuvre avec un éclatant succès en Colombie, par le P.Salcedo, et à Haïti, par le P.Origène Grenier, S.J., directeur de Radio-Manrèse.Avec ce système, de véritables cours peuvent être diffusés par un maître invisible à des groupes réunis dans une salle où se trouve un émetteur à piles.Un auxiliaire, à chaque endroit, collabore avec le maître invisible, veille à ce que ses instructions soient suivies et à la correction des exercices.Cette méthode d\u2019enseignement radiophonique pourrait s\u2019adapter à toutes les formes de vie esquimaude: aux forts groupements dans les postes, comme aux petits groupes fractionnés.Afin de faciliter la chasse et la pêche, les émissions pourraient être groupées, concentrées durant deux ou trois jours, à tous les dix ou douze jours.La radio offre des possibilités d\u2019enseignement et d\u2019éducation pratiquement illimitées; il vaut la peine de l\u2019étudier.Pour réussir, l\u2019entreprise devra ressortir à la fois au Québec et aux missionnaires, avec la collaboration des meilleurs éléments esquimaux.Conclusion Le Nouveau-Québec et les postes échelonnés sur son littoral constituent une des régions les plus isolées de l\u2019Amérique du Nord; cela tient à la carence et à l\u2019irrégularité des moyens de transport, surtout aériens et maritimes.Ces deux formes de transport doivent donc être développées de façon considérable: les transports maritimes en été et en automne, et les transports aériens en toute saison.Il faut viser, parce que là est la principale lacune, à établir en été et en automne des services maritimes réguliers, par une compagnie privée, ou par l\u2019État, et à établir en toute saison, mais en automne, en hiver et au printemps surtout, des liaisons aériennes régulières.Ces deux formes principales de transports, maritimes et aériens, doivent être réorganisées non plus en fonction d\u2019organismes officiels, comme le Gouvernement, ou d\u2019organismes particuliers, comme la Compagnie de la Baie-d\u2019Hudson, mais avant tout en fonction des populations esquimaudes à desservir; une amélioration souhaitable serait qu\u2019on mette à la disposition des Esquimaux les émetteurs deux ou trois heures par jour.Il faut aussi envisager l\u2019établissement d\u2019un poste radiophonique éducatif.En résumé, il faut réorganiser les transports dans le Nou\\ eau-Québec non plus en fonction des cargaisons à livrer mais en fonction des Èsquimaux et des Blancs qui habitent ces régions.186 RELATIONS LE DIALOGUE DE L'UNITE Joseph LEDIT, S.J.1E DIALOGUE AVEC TOUT HOMME DE BONNE VOLONTÉ qui se trouve sur notre chemin fait partie de la bienséance la plus élémentaire.Il est le commencement de cet amour du prochain dont on n\u2019exclut que ceux qui se sont placés définitivement au delà de l\u2019universelle charité.C\u2019est pourquoi notre lutte est tout orientée contre les puissances des ténèbres, auxquelles il ne faut céder jamais.Quant aux hommes, tant qu\u2019ils restent accessibles à la miséricorde de Dieu, il faut les aimer jusqu\u2019à la mort, même quand on se trouve en conflit d\u2019intérêts ou d\u2019opinion avec eux.Entre chrétiens de bonne foi, qui cherchent humblement à comprendre et à faire la volonté de Jésus-Christ, le dialogue devient une obligation de plus en plus impérieuse.Après le pape Jean XXIII, le cardinal Léger vient de nous le rappeler, d\u2019abord dans sa lettre pastorale du 13 janvier sur les chrétiens désunis, puis dans ses récentes déclarations à la revue America.D\u2019illustres chrétiens non catholiques ont pris des initiatives qui ont largement contribué à créer ce nouveau climat dont nous sommes tout heureux et reconnaissants.Le dialogue entre chrétiens désunis est plus facile quand la séparation est ancienne.Les facteurs qui ont provoqué la scission se sont estompés; on a vécu de part et d\u2019autre avec ce qu\u2019on avait gardé du patrimoine commun; on retrouve dans cette fidélité aux valeurs positives la nostalgie de l\u2019unité première.Plus malaisé est le dialogue avec ceux qui ont rejeté totalement le Dieu de leur baptême dans l\u2019espoir de créer un humanisme nouveau, athée.Tel est surtout le cas des communistes; ils sont justement ceux qui réclament le dialogue avec le plus de fracas, surtout quand leur apostasie est de fraîche date.Le vocabulaire s\u2019est considérablement enrichi d\u2019expressions qui, avec des nuances diverses, disent la même chose et tendent au même but: unité ouvrière, front uni, front populaire, main tendue, coexistence pacifique et, maintenant, dialogue.De quoi s\u2019agit-il?Veut-on créer des comités d\u2019entraide ou de secours quand surviennent des cataclysmes?Si le Pape en prend l\u2019initiative, ou si des évêques se chargent de l\u2019organisation, on leur fera la guerre avec la dernière énergie.Tel fut le cas dans les pays de mission.Les communistes sont-ils prêts à dialoguer avec les autres dans les organismes internationaux ?Aux Nations Unies, par exemple, dans l\u2019Unesco, etc.?Sans doute, mais à une triple condition: que les pays communistes n\u2019aient pas à payer leur cotisation, qu\u2019ils y placent le plus de partisans possible, afin de grignoter ces organisations par le dedans, qu\u2019ils puissent dénoncer à tue-tête, ou à coups de semelle l\u2019activité des dirigeants non communistes.On se souvient du « dialogue ».que les pays communistes engagèrent avec M.Hammarskjold.Va-t-on laisser l\u2019initiative à certains pays déterminés, aux États-Unis, par exemple, qui ravitaillèrent magnifiquement l\u2019Union soviétique durant la famine de 1921-1924, qui refirent l\u2019Europe avec ce plan Marshall dont toute l\u2019Europe ressent aujourd\u2019hui les effets bienfaisants, qui font des sacrifices inouïs pour venir en aide aux pays sous-développés même s\u2019ils en reçoivent peu de reconnaissance?Oui, mais à condition que cette aide serve à la révolution mondiale; autrement ce sera du paternalisme, de l\u2019impérialisme larvé ou, suprême sarcasme, de la « charité ».Faut-il alors penser à ces pourparlers d\u2019ordre politique, culturel, commercial, scientifique, etc., qui paraissent aujourd\u2019hui indispensables au plan international, national et même local ?A une entente plus ou moins pittoresque entre Don Camillo et son maire communiste en vue de régler les problèmes du village?A ces rencontres de députés, d\u2019édiles, de syndiqués, de savants, d\u2019athlètes au sein d\u2019organisations communes?Ce seront là souvent des réunions d\u2019affaires où chacun surveillera ses intérêts en gardant l\u2019œil bien ouvert sur les manœuvres de ses concurrents.Personne ne dira que c\u2019est là ce dialogue, recherché avec tant d\u2019énergie par les communistes, accepté et prôné avec élan par leurs amis, regardé avec méfiance par leurs adversaires.En quoi, au juste, consiste ce « dialogue » ?* * * Quand un communiste propose ou accepte le dialogue avec un non-communiste, il est évident qu\u2019il doit commencer par se faire accepter comme communiste.Ceci est tellement clair qu\u2019il ne vient à l\u2019esprit de personne d\u2019avoir le moindre doute à ce sujet.« Je suis communiste, dira le camarade, vous êtes capitaliste, ou chrétien, ou ce que vous voudrez; cela ne devrait pas nous empêcher de dialoguer.» En réalité, qu\u2019est-ce que cela veut dire ?Tout simplement qu\u2019on l\u2019accepte comme ayant rejeté les bases divines et humaines de la société qu\u2019il veut révolutionner, mais à laquelle appartient l\u2019interlocuteur qui dialogue avec lui s\u2019il n\u2019a pas renié son baptême.L\u2019essence même du dialogue, c\u2019est-à-dire du propos commun aux deux parties, ne peut être qu\u2019une critique impitoyable de ce que le communiste a abandonné pour devenir communiste.Il y mettra des ménagements pour des raisons de tactique ou de dialectique.Tôt ou tard, sa dénonciation éclatera.Si vous désirez dialoguer avec lui, que vous le vouliez ou non, il faudra commencer par reconnaître avec lui que notre société est très malade.Ceci posé et universellement admis par tous ceux qui prennent part au dialogue, on pourra discuter du degré d\u2019infection, des remèdes à prescrire ou plus exactement des amputations à faire.Tant que vous n\u2019aurez pas admis que l\u2019apostasie du communiste est justifiée ou tout au moins excusable, tant que vous n\u2019aurez pas reconnu qu\u2019il faut commencer par amputer la cause de cette apostasie, à savoir notre propre corruption, pas moyen de dialoguer; il n\u2019a pas de prémisse commune.Il va sans dire que bien des personnes y regarderont deux ou trois fois avant d\u2019accepter ces conditions et de reconnaître que tout est tellement gangrené que le seul remède, c\u2019est la critique organisée, impitoyable, qui aboutit à la révolte contre l\u2019autorité légitime, la révolution communiste, la dictature du prolétariat, et l\u2019amputation totale.Votre communiste, et les gens qui dialoguent avec lui, attribueront cette attitude négative ou hésitante à l\u2019incompréhension égoïste qui sépare ceux qui ont tout de ceux qui n\u2019ont rien, qui oppose les repus aux affamés et les damnés de la terre à leurs damnés exploiteurs.En revanche, les chrétiens qui dialoguent avec les communistes et acceptent leurs faveurs seront tout de suite proclamés intelligents, ouverts, progressistes, même s\u2019ils pratiquent la charité aux dépens d\u2019autrui, ce qui leur arrive aussi souvent qu\u2019à leur tour.Ça fait toujours plaisir de s\u2019entendre dire qu\u2019on a l\u2019esprit large et le cœur magnanime, surtout quand on ne se rend pas compte qu\u2019on est simplement naïf et qu\u2019on vous roule comme un tonneau.De leur côté, ces chrétiens « ouverts » à « gauche » renchériront contre ceux qui n\u2019acceptent pas les prémisses communistes, qui ne JUILLET 1962 187 veulent absolument pas admettre que tout est pourri et que le dialogue rouge peut seul apporter la rédemption.Ceux qui ne dialoguent pas seront traités d\u2019arriérés mentaux, d\u2019imbéciles, d\u2019intolérants, de sans cœur.On leur dira encore qu\u2019ils sont la cause de tous les maux, qu\u2019ils sont responsables de tous les malheurs, qu\u2019ils se sont placés au delà de tout raisonnement, qu\u2019on a honte d\u2019eux, et qu\u2019ils sont indignes de causer de choses sérieuses avec des gens intelligents.Le premier résultat du dialogue aura donc été de diviser les chrétiens.Jamais le Québec n\u2019a été aussi méchamment divisé depuis qu\u2019on parle de « dialogue ».On en vient à se demander s\u2019il n\u2019y a pas quelque chose de radicalement faux dans la manière dont le dialogue a été engagé et dont il est poursuivi.Le « dialogue » se fait à trois: un catholique dialogue avec un non-catholique contre un autre catholique.On constate que ceux qui ont le mot de dialogue à peu près constamment sur les lèvres lancent contre d\u2019autres catholiques, qui sont aussi honorables qu\u2019eux, des soupçons, des insinuations et parfois de véritables calomnies.Et on se demande s\u2019ils n\u2019ont pas supprimé le huitième commandement, au moins en ce qui concerne les chrétiens qui ne sont pas de leur chapelle politico-religieuse.En sont-ils déjà arrivés à conclure avec les communistes que tout ce qui fait avancer la lutte des classes est moral ?* * * Le rejet du passé par le communiste est total; ce qu\u2019il veut, ce n\u2019est pas une série de réformes partielles et graduées.Il a horreur du « réformisme ».Ce qu\u2019il lui faut, c\u2019est une antithèse, une révolution, qui lui donnera un pouvoir qu\u2019il est bien décidé à ne partager avec personne.Après cela, il pourra récupérer les valeurs du passé qu\u2019il estimera compatibles avec son système à lui.Le communiste victorieux ne dialogue plus et il ne partage rien.Or, il y a des valeurs à garder dans tout héritage social, ne serait-ce que pour maintenir le minimum de continuité indispensable; et il y a toujours des choses à rejeter, parce que le progrès exige qu\u2019on fasse place aux formes sociales qui résultent de l\u2019évolution humaine.On trouve encore en Europe des personnes tellement attachées au passé qu\u2019elles voudraient revenir à l\u2019Ancien régime, écarté par la révolution de 1789 et la Terreur.On qualifie volontiers ces monarchistes d\u2019extrême droite.Entre eux, et les communistes qui se disent volontiers d\u2019extrême gauche, il y a toute une gamme de nuances qu\u2019on peut ranger, si on veut, en trois grandes divisions, \u2014 droite, centre, gauche, \u2014 dans la mesure où ces divers groupes gardent ou rejettent l\u2019héritage politique du passé.Un chrétien ne peut être de l\u2019extrême gauche communiste, car il lui faudrait renier son christianisme.Un politicien averti sera difficilement d\u2019extrême droite, car il ne peut guère espérer faire accepter un roi féodal à des citoyens du xxe siècle.Au Canada, cette conception politique de gauche et de droite est simplement absurde.Personne ne rêve au vieux régime monarchique français, avec ses seigneuries et ses intendants.Revenir à ce qu\u2019établirent les conquérants dans la période qui suivit la bataille des plaines d\u2019Abraham serait un cauchemar pour tout le monde.Du coup, la commission des écoles catholiques disparaîtrait, et il faudrait retourner au séminaire épiscopal pour apprendre le français.Aujourd\u2019hui, on discutera avec élan de parti bleu et de parti rouge, au provincial et au fédéral.On s\u2019échauffera au sujet de l\u2019autonomie provinciale, du fédéralisme, du séparatisme si vous voulez, du crédit social et de l\u2019Action civique.Mettre de la droite et de la gauche là dedans, ça dépasse l\u2019imagination.M.André Laurendeau, une fois, avait failli perdre son latin en cherchant si le diable était à gauche.Tous ceux qui n\u2019ont pas oublié leur catéchisme savent bien que les damnés seront à gauche le jour du jugement dernier (Matth., xxv, 33, 41).Ça, c\u2019est facile! Où mettre la kyrielle de nos petits et grands partis, de nos petits et grands journaux ?Il faudra demander à Mao Tsé-Tong de venir au Canada nous trouver la solution de ce casse-tête! Il aura vite fait de tout mettre à gauche.La distinction ne vaut guère mieux dans le domaine social.L\u2019action syndicale, l\u2019organisation des fermiers et des fermières, la colonisation, les coopératives de production et de consommation, les caisses populaires, les cours de formation sociale et les écoles du travail, les Semaines sociales, l\u2019Institut social populaire, les Facultés de sciences sociales, tout cela n\u2019est ni de droite ni de gauche au Canada; c\u2019est l\u2019affaire de tout le monde, du gouvernement, du clergé, du peuple tout entier.Les communistes ont souvent essayé de pénétrer dans le peuple canadien par ce qu\u2019ils appelaient l\u2019action sociale, mais ce n\u2019était pas de l\u2019action révolutionnaire.Leur effort auprès du peuple est toujours resté stérile.Le temps n\u2019est pas si éloigné où, dans une tentative de débaucher les bûcherons, ils essayèrent d\u2019organiser la récitation du chapelet dans les chantiers! Causez avec n\u2019importe quel évêque qui revient de sa visite pastorale, avec les prédicateurs de retraites, ils vous diront tous la même chose.Chez les ouvriers, chez les paysans, dans tout cet humble et fier peuple de Dieu que la faucille et le marteau voudraient assommer ou déchirer, tout le monde se presse autour de la Croix ou du drapeau du Sacré-Cœur, se fait encadrer par les commissaires ordonnateurs, les zouaves pontificaux ou les Gardes paroissiales, avec quelques chevaliers du Saint-Sépulcre, en grande tenue, ou un « chapitre » des Chevaliers de Colomb pour ajouter une note de couleur.Riez-en, si vous voulez, essayez de dire, ou de suggérer par votre silence que cinquante plaignards qui mangent à l\u2019hôtel de la Reine-Elizabeth pour y faire du laïcisme, c\u2019est plus important que six ou sept mille Ligueurs du Sacré-Cœur réunis autour de S.Ém.le cardinal Léger pour recevoir ses consignes, autour du maire Drapeau pour l\u2019entendre consacrer la ville de Montréal au Cœur de Jésus.Répétez-nous donc que nous sommes des niaiseux, vous ne faites que confirmer le jugement de saint Paul.C\u2019est parfaitement vrai que nous sommes stulta mundi.Infirma mundi.contemptibilia mundi (/ Cor., i, 27-28).Seulement, nous classer ainsi, ça risque de vous éloigner de la Croix du Christ.Surtout, laissez-nous tranquilles avec ces histoires de droite et de gauche où il est question de l\u2019ensemble de la population.La santé du peuple canadien, qu\u2019on respire à pleins poumons dès qu\u2019on sort de Montréal, fait honte à ses « élites ».* * * Où elle vaut, cette distinction, et où elle peut faire beaucoup de mal, c\u2019est dans le domaine religieux et chez ceux qui s\u2019appellent intellectuels, peut-être en réaction contre la foi de leur baptême et de leur enfance.Au début, on n\u2019atta^quait pas ouvertement la religion; on disait seulement que l\u2019Église avait trop d\u2019influence et qu\u2019elle devait faire place aux laïques.Ce fut la première confusion, celle qui tend à opposer les laïques au clergé, alors qu\u2019il faut s\u2019appliquer à réparer les divisions que le diable opère pendant la nuit à l\u2019intérieur du Royaume de Dieu.On commença donc par suggérer que le clergé était de droite et que le laïcat était de gauche.Mais on eut tôt fait_ de se rendre compte que la promotion du laïcat, c\u2019était l\u2019Église qui la faisait, et vite, et magnifiquement.Elle s\u2019était déjà retirée des syndicats et de l\u2019action sociale proprement dite qu\u2019elle avait fondée, mais elle y continuait discrètement sa présence par ses aumôniers et par l\u2019Action catholique.Cette influence fut considérée tellement bienfaisante que plusieurs corps de métiers, qui n\u2019appartenaient 188 RELATIONS pas aux syndicats nationaux, demandèrent à l\u2019Église des aviseurs, puisque les aumôniers étaient réservés aux syndicats nationaux.Dans le domaine de l\u2019éducation et de l\u2019hospitalisation, elle préparait une superbe relève laïque par ses écoles normales et ses écoles d\u2019infirmières; ses séminaires épiscopaux se transformaient à vue d\u2019œil en collèges classiques, et faisaient une place de plus en plus importante au professorat laïque.L\u2019université, de plus en plus laïcisée dans le beau sens du mot, faisait de son mieux pour surmonter heureusement ses difficultés de croissance.Avec fierté, le Canada devenait adulte en restant fidèle à Dieu.Voilà ce qu\u2019il fallait chambarder le plus vite possible.Quand, en 1944, parut le plan Lafferte pour la déchristianisation de l\u2019Amérique, le Devoir, VAction catholique et le Droit, comme d\u2019autres périodiques d\u2019Amérique du Nord, en publièrent le texte complet.Les choses ont changé, au moins au Canada.Les communistes travaillèrent d\u2019abord avec clairvoyance, talent, et en y mettant tout l\u2019argent nécessaire, à répandre les thèses suivantes: 1) toute information défavorable au communisme doit être écartée sans examen comme « chasse aux sorcières » et signe d\u2019infériorité mentale.2) Un communiste qui se fait absoudre est un traître qu\u2019il faut éviter ou écraser comme un serpent.3) Un catholique excommunié pour communisme devient ipso facto un progressiste d\u2019avant-garde et mérite toute confiance.4) Est seule valable l\u2019information que répandent les communistes, ou que rapportent leurs invités.Il suffisait de placer un certain nombre de personnes gagnées à ces idées à quelques positions-clés dans la presse, la radio, la télévision, les organisations de masse pour lancer de vigoureuses campagnes de propagande et diffamer ceux qui s\u2019y opposeraient.Aujourd\u2019hui, c\u2019est le tour de l\u2019Église.Tout va mal; c\u2019est la faute à l\u2019Église.Si on n\u2019a pas de quoi se plaindre, on organise des « enquêtes » pour découvrir les causes d\u2019un « malaise » qu\u2019il faut continuellement ressasser devant le public.Tout sert à faire du mauvais esprit.On voit maintenant comment la manœuvre du « dialogue » apparaît dans toute sa laideur.Avec une suprême énergie, on travaille à diviser les catholiques en « gauchistes » qui « dialoguent » avec les ennemis de l\u2019Église, et en « droitistes » qui sont « intégristes » parce qu\u2019ils ne « dialoguent » pas avec eux.Avez-vous jamais entendu une critique réelle formulée par les catholiques de « gauche » à l\u2019égard de leurs interlocuteurs communistes?Une seule fois, et comme elle fut timide! C\u2019était en 1956, à l\u2019occasion des massacres de Hongrie, et ça ne dura pas longtemps, puis le mouchardage commun contre les autres catholiques reprit dans toute sa splendeur.Avez-vous jamais entendu autre chose qu\u2019une critique sans relâche de la part des catholiques de gauche à l\u2019égard des « intégristes » de droite, tout comme si l\u2019humble fidélité à l\u2019Église et à ses chefs était une raison suffisante pour justifier une accusation qui ressemble étrangement à un reproche d\u2019hérésie ?Il y a bien des personnes qui le disent de plus en plus haut: on travaille à diviser les catholiques pour démolir l\u2019autorité de l\u2019Église;on corrompt le peuple en vue de lui faire abandonner sa religion.Ce qu\u2019il faut, au Canada, c\u2019est une société pluraliste, dont une partie considérable, ayant abandonné la foi catholique, cessera de subir l\u2019influence de l\u2019Église.Une fois que les défections auront été suffisamment nombreuses, alors on fera pression pour imposer le laïcisme au reste de la population.On est prêt à renouveler au Canada l\u2019expérience qui a porté malheur à tant de pays d\u2019Europe et d\u2019Amérique.On fait semblant d\u2019oublier que dans ces pays on a payé ce résultat par de graves convulsions sociales et, assez souvent, par la guerre civile.Un Canada cubain, avec guerre civile, installation du communisme et vente d\u2019esclaves, c\u2019est un poignard à la veine jugulaire des États-Unis, et il y a bien du monde qui est prêt à dépenser des millions et même des milliards pour obtenir ce résultat, quelles qu\u2019en soient les conséquences pour le peuple canadien.Tous les ennemis de l\u2019Église catholique sont prêts à collaborer avec joie pour atteindre le même but.Imaginez-vous donc! Si le Québec, longtemps considéré comme la forteresse du catholicisme, venait à s\u2019écrouler, quel effondrement dans le reste de l\u2019Amérique! Il serait peut-être utile qu\u2019on s\u2019habitue à regarder un peu plus loin que le bout de son nez.Alors, diront nos intellectuels, il va falloir se fermer les yeux, les oreilles et la bouche comme les trois statues chinoises, et ne plus rien voir, ne plus rien entendre, et surtout, ne plus jamais dire un mot! Il va falloir croupir à tout jamais sous les pans d\u2019une soutane comme des poussins condamnés à rester sous les ailes de mère-poule sans jamais arriver à maturité?Pas du tout! Ceci est complètement faux.Commençons par regarder ce qui se passe chez nos ennemis.Ils se mettent d\u2019accord pour nous démolir; leur critique commence par l\u2019auto-critique, et celle-ci est toujours subordonnée aux tâches à accomplir et à la discipline du parti.Celui qui organise le mauvais esprit se fait liquider.Une critique intelligente n\u2019est pas seulement tolérée; elle est encouragée.Lisez les remarquables déclarations que S.Exc.Mgr Maurice Roy vient de faire à ce sujet dans son discours sur « la conception chrétienne de l\u2019éducation ».Une critique qui ne condamne pas, qui ne démolit pas, mais construit et édifie fait partie de l\u2019amour que nous devons à l\u2019Église.Il faut seulement que cette critique soit faite dans un esprit d\u2019apostolat et de déférence.Révisons et clarifions nos idées sur le « dialogue ».D\u2019abord, recommençons à dialoguer entre nous, entre enfants d\u2019une même Mère.Plus d\u2019une fois, nous avons vu des prêtres, des religieux refuser audience à d\u2019honnêtes catholiques qui n\u2019appartenaient pas à leur club politico-religieux, alors qu\u2019ils trouvaient facilement le temps de dialoguer avec les ennemis de l\u2019Église et se faire photographier avec eux.Nous avons beaucoup de sujets de conversation: le concile qui s\u2019en vient qui n\u2019approuvera certainement pas toutes les réformes que les diverses ailes marchantes voudraient imposer à l\u2019Église, mais qui constituera le plus magnifique exemple de cor unum et anima una que l\u2019Église puisse donner au monde; la charité que nous nous devons les uns aux autres; la soumission que nous devons à nos chefs spirituels et la compréhension des différences partielles qui peuvent surgir dans leurs manières de voir; le dévouement de nos communautés et ce qu\u2019on pourrait faire pour les défendre contre les calomnies dont elles sont injustement victimes; l\u2019encouragement à donner à nos militants, qui se dépensent avec beaucoup de zèle et reçoivent des horions de ceux qui devraient leur donner des tapes sur l\u2019épaule; les besoins de l\u2019Église au Canada et dans les pays de mission ; la popularité des missionnaires canadiens dans toutes les missions du monde; l\u2019harmonie qui doit exister entre le clergé séculier et les prêtres réguliers de toutes les communautés, etc.On pourrait ajouter indéfiniment à cette liste.Ce ne sont pas les sujets de dialogue qui manquent.N\u2019oublions pas qu\u2019en travaillant à notre unité nous écoutons et suivons les recommandations les plus pressantes de Jésus-Christ.En nous chicanant nous écoutons et suivons le démon.On a ébauché, à Montréal, à Sherbrooke et ailleurs, de beaux commencements d\u2019un dialogue œcuménique entre chrétiens désunis.Dialoguons entre nous en encourageant le Catholic Inquiry Forum de Montréal.Pour nous, catholiques, ce dialogue se développera à l\u2019intérieur des lignes tracées par Sa Sainteté Jean XXIII et par nos évêques.JUILLET 1962 189 Il reste le dialogue le plus difficile et le plus indispensable de tous: celui qu\u2019il faut engager avec la brebis perdue, avec l\u2019Enfant prodigue qui boude encore au milieu de ses pourceaux et qui s\u2019entête à crier qu\u2019il avait raison de quitter la maison paternelle.Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui descendit du ciel pour vivre au milieu de nous, dialoguer avec nous et mourir pour nous nous en offre le plus parfait modèle.Il commença par nous aimer avec un désintéressement divin.Après qu\u2019il eût gagné notre confiance, il se mit à nous détacher des choses de ce monde pour nous rattacher à la volonté de son Père.A ceux qui voulurent bien accepter de le suivre dans sa mission divine, il imposa le détachement des biens de ce monde et leur manda de porter leur croix.Dialoguer, disait le Père Lombardi, c\u2019est mourir à soi-même.Comme il avait raison! Il n\u2019y a pas d\u2019opposition entre la religion chrétienne et la politique.Jésus-Christ l\u2019a solennellement proclamé quand il nous dit de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.Pilate l\u2019a affirmé solennellement à sept reprises le matin du Vendredi saint, quand il annonça qu\u2019il n\u2019avait rien trouvé de condamnable en Jéeus.Ce qui a crucifié Jésus, c\u2019est un mélange de politique et de religion; ou, plus justement, un mélange de politique et d\u2019apostasie religieuse.Mais la Croix de Jésus-Christ surmonte toutes les divisions.LE TOURISME NAUTIQUE Hector CIMON, Ing.P.IL EST UNE FORME LUCRATIVE DU TOURISME qu\u2019on semble ne pas connaître ou avoir totalement négligée dans la province de Québec: le tourisme nautique fi Les clubs de yachts de la province furent à peu près les seuls jusqu\u2019ici à la promouvoir chez nous.Il existe un échange de courtoisie entre clubs, de sorte que les membres d\u2019un club étranger sont d\u2019ordinaire fraternellement accueillis par ceux du club visité.Par exemple, le procès-verbal du Quebec Yacht Club résumant ses activités de l\u2019année 1920 indique qu\u2019on y avait reçu 13 yachts.Ces dernières années, le nombre de yachts étrangers faisant escale au club et y profitant de tous ses services s\u2019est maintenu à environ une centaine.C\u2019est bien peu pour un centre touristique comme Québec.Surtout, quand on songe à l\u2019accroissement formidable du nombre des bateaux de plaisance en Amérique du Nord depuis 10 ans.Si l\u2019on considère aussi que ces petits bateaux sont de plus en plus rapides, que les vacances se généralisent et s\u2019allongent, on ne peut que s\u2019étonner que le tourisme nautique ne prenne pas chez nous l\u2019importance qu\u2019il mérite; nos voisins du Sud, eux, ont su l\u2019exploiter et le développent sans cesse.Cette pénurie de touristes voyageant en yachts n\u2019est d\u2019ailleurs pas particulière à la ville de Québec.Songeons que seulement 1134 bateaux de plaisance, en 1960, ont passé par les écluses de Chambly.La rivière Richelieu est pourtant la principale voie qui puisse nous amener des yachts américains.Et, de ce nombre, la plupart étaient des bateaux canadiens en croisière au lac Champlin.On peut avoir une idée du potentiel yachting américain par les chiffres compilés, chaque année, par The Boating Industry Advisory Committee on Statistics des États-Unis.Le dernier rapport de cet organisme indique, en 1961, 7,175,000 bateaux de plaisance (5,280,000 en 1954); une population de 35,875,000 hommes, femmes et enfants auraient utilisé les cours d\u2019eau plus de deux fois dans l\u2019année.Le montant des achats en bateaux, moteurs, accessoires, carburant, assurances, entretien, réparations, quaiage, hiver -nement et autres services se serait élevé à 2,340,000,000 de dollars, alors que le montant correspondant, en 1954, était de 1 millard de dollars.On aurait consommé 547,000,000 de gallons d\u2019essence et 25,500,000 gallons d\u2019huile diesel.Le tourisme nautique, aux États-Unis, est favorisé par les 1,150 clubs de yachts organisés le long des eaux côtières, 1.L\u2019A.fut Commodore du Quebec Yacht Club, de 1943 à 1947.sans compter les clubs établis dans les eaux intérieures qui demeurent accessibles aux adeptes du bateau sur remorque.On compte 4,000 marinas et chantiers de réparation et de nombreux boatels, ou auberges riveraines, pour le logement des équipages des plus petits bateaux qui ne comportent qu\u2019un minimum d\u2019emménagement pour cuisiner et dormir.Pour ce qui est du Canada et, particulièrement, de la province de Québec, les chiffres nous manquent.On observe, cependant, que la vogue de la navigation de plaisance s\u2019y répand très rapidement.Les clubs de yachts ont peine à desservir les flottilles toujours plus nombreuses.Des clubs nautiques s\u2019organisent dans toutes les régions de la province, dont les lacs et cours d\u2019eau sont si invitants.La situation au Québec Malgré ce grand essor du yachting, le tourisme nautique est encore négligeable chez nous.Quelle en est la raison ?Contrairement aux routes qui offrent à l\u2019automobiliste de nombreux accès aux diverses régions de la province, le haut Saint-Laurent et la rivière Richelieu sont les seuls voies que peuvent emprunter les yachtmen pour nous visiter.La rivière Richelieu ne présente aucune difficulté pour les petits bateaux et c\u2019est une porte idéale qu\u2019il serait facile de rendre avenante et d\u2019ouvrir toute grande à la dense population nautique de Long Island Sound et de plusieurs États en bordure de l\u2019Atlantique.Quant au Saint-Laurent, il est la grande voie commerciale qui ouvre au centre du pays tous les marchés du monde.Il a été magnifiquement aménagé et il passe à juste titre pour l\u2019un des fleuves les mieux balisés et les mieux cartography qui soient.Tout cela a été fait pour la grande navigation.La navigation de plaisance qui s\u2019y pratique depuis un siècle et plus, surtout en aval des Trois-Rivières, demeure sujette aux humeurs de la nature, sans qu\u2019on y trouve de petits ports de relâche et les facilités de ravitaillement qui feraient de notre beau grand fleuve et de notre incomparable Saguenay un paradis du yachtman.La ville de Québec devrait devenir la Mecque du touriste nautique dans notre province, car la renommée de ses attraits scéniques, culturels et historiques n\u2019est plus à faire.Trop souvent, malheureusement, les petits bateaux qui y viennent abrègent leur séjour parce que le mouillage du club cause trop d\u2019ennuis à leurs équipages.En effet, tout pittoresque et accessible qu\u2019il soit, le mouillage de l\u2019Anse-au-Foulon n\u2019est pas abrité.Notre fameux vent du nord-est joint au fort courant des marées 190 RELATIONS le rend inconfortable à qui vit à bord de son yacht.De plus, il est situé le long du chenal où circulent les gros vaisseaux dont les fortes vagues secouent brusquement les bateaux de faible tonnage; ce roulis brutal peut faire table rase.Les touristes, accoutumés aux confortables marinas des Etats-Unis, s\u2019attendent à trouver stabilité et tranquillité en leurs escales.Sorel possède un long brise-lames protecteur mais, en aval, notre fleuve n\u2019a reçu aucune amélioration destinée aux bateaux de plaisance.Il est donc inutile d\u2019essayer d\u2019attirer les touristes nautiques à Québec ou dans le Saguenay et le bas Saint-Laurent tant que nous n\u2019aurons pas doté notre voie fluviale de petits havres sûrs, espacés convenablement et pourvus des facilités de ravitaillement et de séjour.Si nous avons mentionné particulièrement les conditions spéciales du Saint-Laurent entre Sorel, Québec et le bas du fleuve, c\u2019est que la capitale joue un rôle si important dans l\u2019industrie touristique de la province qu\u2019elle sera la clef du succès dans le tourisme nautique.Exigences des plaisanciers On aménage aux frais de la province des sites de campement le long des routes, car un certain nombre de touristes par automobiles les demandent pour leurs roulottes ou préfèrent le camping au motel.Pourquoi ne pas traiter de la même façon le touriste nautique ou plaisancier?Il lui faut des havres de plaisance; sans eux, il ne viendra pas.Voyons, par quelques exemples, ce qui s\u2019est fait aux États-Unis pour stimuler le tourisme nautique.Il y eut d\u2019abord, en 1932, le Fletcher Act du Congrès américain qui amenda le Rivers and Harbors Act en stipulant que les ingénieurs de l\u2019armée, qui ont la charge des cours d\u2019eau, devront tenir compte à l\u2019avenir dans leurs études pour drainage, canaux et autres améliorations dans les cours d\u2019eau, aussi bien de la navigation de plaisance saisonnière que de la navigation commerciale.Il en est résulté que les besoins de la petite navigation ont motivé la construction de nombreux havres de relâche, brise-lames, chenaux, bassins de manœuvre et canaux.Cette loi ouvrit l\u2019ère du tourisme nautique.Plusieurs États américains pourvoient au financement de marinas ou ports de plaisance.Ainsi, la Californie, par le Small Craft Harbor Act passé en 1957.Cette loi consent des prêts aux villes, comtés et districts, pour l\u2019étude et la préparation de plans de havres de plaisance.La municipalité disposée à réaliser un projet peut obtenir des prêts dits de construction au taux d\u2019intérêt de 3%, remboursables en 20 ans et plus.Le programme entier est sur la base de pay as you go.On dispose aussi, pour ces aménagements, de fonds fédéraux et locaux.Ainsi pour le havre de Playa del Rey, à Santa Monica, qui, une fois achevé, vers 1965, pourra desservir 6,000 bateaux, le financement comporte 3,500,000 dollars du gouvernement fédéral, 2,000,000 de l\u2019État de Californie et 9,500,000 du comté de Los Angeles.Il y a présentement en Californie plus de 25 havres en construction.Leurs coûts varient entre 15,000 et 25,000,000 de dollars.Il ne saurait être question sur le Saint-Laurent, où le tourisme nautique ne serait que saisonnier, de travaux aussi ambitieux.Mais l\u2019effort de la Californie indique bien les possibilités de développement qu\u2019offre la navigation de plaisance en Amérique.Nombreuses sont les villes et municipalités qui, chez nos voisins, ont construit des ports de yachts et en contrôlent le fonctionnement; elles y trouvent profit.On a noté avec plaisir, un premier pas dans cette direction dans notre province: la ville de Montréal, avec le concours de la Chambre de Commerce, aménagera bientôt une marina à l\u2019île Ronde.La taxe sur l\u2019essence La taxe sur l\u2019essence doit procurer des fonds pour la construction et l\u2019entretien des routes.Le tourisme routier est une conséquence directe d\u2019une bonne voirie.Encore, faut-il continuellement améliorer le réseau pour éviter les embouteillages et permettre le transport de plus en plus rapide d\u2019une population avide de vitesse, dont les loisirs accrus semblent exiger un mouvement quasi perpétuel.Dans ces conditions, la taxe sur l\u2019essence profite directement à ceux qui la paient.C\u2019est réellement le prix d\u2019un service et même d\u2019un service sans cesse amélioré.On ne saurait, cependant, rattacher à la voirie la taxe sur l\u2019essence utilisée dans les yachts.Dans notre province, le produit de cette taxe ne sert absolument pas au service de la navigation de plaisance.D\u2019autres provinces et nombre d\u2019États américains accordent une remise de cette taxe sur la production de documents qui établissent que le carburant a servi à la navigation.Là où la ristourne n\u2019est pas faite directement au consommateur navigant, la taxe constitue un fonds qui servira à l\u2019amélioration des cours d\u2019eau et à l\u2019aménagement de ports de plaisance.Il conviendrait donc, pour encourager la navigation de plaisance chez nous, avec tout ce qu\u2019elle peut comporter d\u2019avantages pécuniaires pour notre économie, de faire remise de cette taxe ou de l\u2019appliquer directement à l\u2019aménagement de petits havres, rampes de lancement et autres travaux favorisant la petite navigation.Une étude plus poussée dans tous les coins de la province déterminerait sans doute le meilleur parti à tirer de cette taxe pour promouvoir le tourisme.Publicité Il serait inutile et même dommageable, tant que nous ne pourrons pas offrir le minimum de commodités portuaires de plaisance, d\u2019attirer le tourisme nautique par la publicité.Nous sommes dans ce domaine bien en retard sur la province d\u2019Ontario.Cependant, notre voisine, il est vrai, a été favorisée de diverses façons; par des canalisations qui ne servent plus qu\u2019à la navigation de plaisance et dont elle a hérité; par la présence d\u2019un nombre considérable de centres populeux, en bordure des Grands Lacs, tant du côté canadien qu\u2019américain; par quantité de petits havres naturels.Une partie de sa publicité mérite, tout de même, d\u2019être citée, ne serait-ce qu\u2019à titre d\u2019exemple.A l\u2019attrayante brochure Cruising Ontario Waters est attachée une liste de 12 pages intitulée « Dockside facilities, Marine Service and Supplies ».Le yachtman qui étudie ces documents sait à quoi il peut s\u2019attendre et part avec confiance.Conclusion S\u2019il est de l\u2019intérêt de la province de Québec d\u2019avoir place sur la carte du tourisme nautique et de bénéficier d\u2019un apport pécuniaire qui s\u2019avère, ailleurs, très important, il faudrait que nos gouvernements s\u2019en occupent.Il s\u2019agit en effet d\u2019une question de circulation, de havres et de débarcadères convenables.L\u2019État fédéral ne devrait pas limiter son actitivé à certaine réglementation et à l\u2019immatriculation des bateaux de plaisance.Il pourrait favoriser l\u2019expansion de la petite JUILLET 1962 191 croisière et du yachting en général, en vue des loisirs accrus de la population.Même si, au début, les travaux nécessaires pour déclencher un mouvement touristique appréciable n\u2019étaient pas tous directement rentables, les revenus indirects les justifieraient sûrement.Mais c\u2019est à l\u2019État provincial qu\u2019il incombe de prendre les devants et de stimuler toutes les initiatives possibles, d\u2019où qu\u2019elles puissent venir, puisqu\u2019il s\u2019agit, en somme, d\u2019un service provincial.Un programme d\u2019action s\u2019impose.Pour sa réalisation méthodique, on pourrait tenir compte des suggestions qui suivent : 1.\tNomination d\u2019experts qui dresseront l\u2019inventaire des facilités qu\u2019offre déjà la province à la navigation de plaisance et au tourisme nautique proprement dit.Ces experts devraient estimer le potentiel de bateaux qui pourraient être attirés en croisière aux divers endroits de la province; enquêter sur les griefs principaux des yachtmen qui nous ont visités dans le passé; enfin, élaborer, en connaissance de cause, un plan d\u2019ensemble réalisable par étapes des installations désirables, de sorte que les touristes nautiques n\u2019aient rien à envier aux automobilistes en fait d\u2019accueil, abris et services.2.\tRevision de la politique du gouvernement provincial sur le produit de la taxe sur l\u2019essence utilisée par la navigation de plaisance.Il convient que les yachtmen retirent bénéfice de cette taxe; ils contribuent de façon appréciable à l\u2019économie de la province par leurs achats et les services de toutes sortes qu\u2019ils paient pour l\u2019usage et l\u2019entretien de leurs bateaux.Quant à la façon de leur assurer ce bénéfice, elle serait à déterminer, croyons-nous, après étude complète du problème du tourisme nautique.3.\tIl est primordial que l\u2019État prenne l\u2019initiative d\u2019un programme de construction de havres de plaisance aux endroits stratégiques; sans ces disponibilités, pas de tourisme.Avec un réseau convenable de ces petits ports, une fois le courant touristique établi, l\u2019initiative privée saura certainement combler la demande.Il est possible que les législations actuelles permettent de coordonner des fonds fédéraux, provinciaux et municipaux pour accomplir certains de ces travaux, comme on le fait pour les travaux dits de chômage.Sinon, il faudrait une loi spéciale comme il en existe ailleurs.4.\tA l\u2019Office du Tourisme de la province, une section spéciale devrait s\u2019occuper du tourisme nautique.5.\tUne réglementation appropriée s\u2019appliquerait aux marinas; un service d\u2019inspection garantirait la sécurité, la courtoisie et l\u2019efficacité des services de ces établissements.6.\tCertains clubs de yachts, comme celui de Québec, ont déjà une organisation et une expérience précieuses.Ne comptant, la plupart, que sur les cotisations de leurs membres, ils présentent nécessairement des lacunes.Ils pourraient facilement s\u2019intégrer dans le plan d\u2019ensemble, à l\u2019avantage de tous les intéressés.7.\tEnfin, plus tard, quand la province pourra offrir ce qu\u2019il faut, il faudra une publicité spéciale.Le touriste qui part en croisière sur un petit bateau se renseigne sur la navigation qu\u2019il va entreprendre.Il a besoin des cartes marines qui lui indiquent les profondeurs, les phares, les bouées, les balises, les courants, les marées.Ces cartes n\u2019offrent guère d\u2019informations sur ce qu\u2019il peut trouver sur les rives.Il est donc bien aise d\u2019obtenir aussi des cartes touristiques ou des guides qui indiquent les petits ports de relâche.Plus il y trouve de renseignements sur les conditions d\u2019amarrage, de réparations mécaniques, de ravitaillement en essence, eau, glace et provisions, sur les services de buanderies, salles de douches, etc., le mieux c\u2019est.Qu\u2019on ajoute à ces informations de belles illustrations, des descriptions attrayantes des sites à visiter à terre et ce sera presque parfait.Le touriste nautique informé, satisfait, comblé reviendra.192 AU SERVICE DU FRANÇAIS Pour un « le » ou un « du » 1E FRANÇAIS passe pour avoir des exigences singulières de logique et de clarté, jusque dans la façon de manier les articles.Pour un la ou un les, pour un du ou un au, la raison entre en jeu.Avec.raison.Même si on se glorifie de diriger le journal canadien-français qui a reçu deux fois, pour sa correction (!) linguistique, les compliments de l\u2019Office français du Vocabulaire, on manque à la correction en écrivant: ils (les enquêteurs) touchent (dans leur rapport) à la classification, « les » normes.Ce «les» n\u2019est pas beau: il usurpe la place de l\u2019article contracté aux.Quel écolier de septième année ne le sait ?Dans une énumération de compléments, il importe de respecter la construction commandée par le sens du verbe qui amorce l\u2019énumération.Si je touche à la classification, je touche aux normes aussi, et non « les » normes.Car toucher physiquement (porter la main sur) une chose n\u2019a pas le même sens que toucher métaphoriquement (par la pensée) à une chose (la commenter, en parler, y consacrer quelque attention).Pour un les ou un aux.Bien sûr.Et.avec raison.Semblablement, la mégère qui, dans Châtelaine, peste contre la langue enseignée à notre jeunesse et propose de remédier à la pauvreté, « 1\u2019 » insignifiance et « le » bas niveau culturel des manuels scolaires aurait avantage à étudier le Cours de français et les Lectures littéraires des Frères de l\u2019Instruction chrétienne.Elle verrait qu\u2019on trouve, au Québec, des manuels de première qualité, dignes des éloges du prince de nos lettres, M.Victor Barbeau, et grâce auxquels on pourrait remédier à la pauvreté linguistique, à /\u2019insignifiance de pensée et au bas niveau culturel de nos réformateurs improvisés.Pour un le, un à ou un au.Oui.A l\u2019emploi intelligent de ces humbles parties du discours, se reconnaît la compétence qui autorise critiques et conseils pédagogiques et culturels.On le constate: les corrupteurs de la langue ne se rencontrent pas nécessairement parmi le peuple, mais parmi la horde indisciplinée des barbouilleurs qu\u2019embauchent quotidiens et postes de radio, ou parmi les aventuriers de la littérature à bon marché: romanciers à la tonne, feuilletonistes à la semaine.Hélas! l\u2019un des meilleurs stylistes de notre presse, dont le talent littéraire, comme celui de Cicéron, se fourvoie dans les querelles politiques, ignore ou feint d\u2019ignorer que la locution vis-à-vis, si on la prend au sens figuré, se construit non pas avec l\u2019article défini (le, la) ou indéfini (un), mais avec l\u2019article contracté (du, des) ou la préposition de.Qu\u2019il s\u2019agisse du sens physique de l\u2019expression (juste en face de) ou de son sens moral (à l\u2019égard de, envers), le Petit Larousse ne présente que la tournure vis-à-vis de.Dans son Dictionnaire des difficultés de la langue française, M.Adolphe Thomas, correcteur de Larousse, admet vis-à-vis le (la, les), vis-à-vis un, mais au sens physique seulement (juste en face de).On peut donc dire: vis-à-vis la mairie, vis-à-vis une église.Toutefois, ajoute-t-il, même dans ce sens, vis-à-vis s\u2019emploie plus régulièrement avec de.Devant un pronom, il faut recourir à de : se planter vis-à-vis de toi, se conduire vis-à-vis û/\u2019eux.Quant au sens figuré (à l\u2019égard de, envers) qu\u2019on donne souvent à vis-à-vis, le bon usage ne l\u2019approuve pas.L\u2019Académie l\u2019accepte cependant.Concluons qu\u2019il y a faute certaine à écrire: vis-à-vis « le » nationalisme (le Devoir, 22 mai 1962, p.4); c.q.f.d.: ce qu\u2019il fallait démontrer.J.d\u2019Anjou.RELATIONS LE THEATRE Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.LA PUCE À L\u2019OREILLE POÈTE DU MOUVEMENT.Ce titre me paraît caractériser au mieux Georges Feydeau.Du moins dans l\u2019ébouriffante comédie, la Puce à l'oreille, que le Rideau-Vert a joué en fin de saison.En effet le rythme endiablé, qui entraîne et bouscule les personnages de cette pièce, lui donne une valeur de comique exceptionnelle.Car le sujet est mince: une femme qui se croit trompée fait parvenir au mari soupçonné une lettre truquée qui amène celui-ci dans une série interminable d\u2019aventures cocasses et de quiproquos classiques.De quoi faire un bon et banal vaudeville.Feydeau va en quelque sorte sublimer ce thème en lui donnant le mouvement d\u2019une danse burlesque éblouissante qui nous emporte de force dans son tourbillon, à notre grande joie et contentement, et dont nous sortons étourdis et heureux.Aucun cafard ne résiste, aucun souci.Et noyée dans un rire irrépressible, la nocivité de certaines rosseries de langage ou de situations corsées diminue considérablement, surtout au deuxième acte qui atteint le sommet du comique.Peut-être, quelques spectateurs, tout à leur plaisir de s\u2019amuser de la folle poursuite des scènes et des personnages, n\u2019ont pas suffisamment remarqué la difficulté inouïe d\u2019une telle pièce.Justement, ces multiples entrées et sorties, ces courses et bousculades, ces interventions subites et imprévues requièrent une mise en train rigoureusement précise, une synchronisation parfaite des gestes et attitudes des comédiens, autrement cette sarabande tournerait à un fouillis innommable.C\u2019est à l\u2019honneur de Guy Hoffmann, metteur en scène, et à l\u2019équipe du Rideau-Vert que tout ait paru naturel, simple, vrai.La vraisemblance, prodigieusement prévue par l\u2019Auteur, a été aussi magnifiquement ménagée par la mise en scène et le jeu des acteurs.Nous avons admiré et applaudi une belle réussite d\u2019Hoffmann.Et que dire d\u2019Hoffmann comédien ?Depuis qu\u2019il joue parmi nous, les rôles qu\u2019il a marqués de son grand talent, surtout comique, sont nombreux; mais les deux rôles qu\u2019il a interprétés dans la Puce à l'oreille, Victor-Emmanuel Chande-bise et Poche, nous ont révélé, une fois de plus, ses qualités artistiques supérieures toutes contenues, à mon sens, dans une complète et intelligente adaptation à son personnage.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019honnête bourgeois Chandebise ou de Poche, plongeur d\u2019un hôtel louche, il incarne l\u2019un et l\u2019autre avec la même maîtrise, la même sûreté, le même naturel \u2014 et cela à une minute d\u2019avis, parfois.Stimulé par un tel souci de perfection, tous les autres acteurs ont été à leur meilleur, surtout les hommes, dont les rôles étaient plus riches et importants.La simulation d\u2019un défaut de langue \u2014 l\u2019incapacité de prononcer les consonnes \u2014 a permis à André Cailloux, une fois encore, de se tailler un rôle d\u2019un comique inénarrable.Jean Dalmain, en ex-sergent devenu tenancier complaisant, Georges Groulx et François Cartier, en amis intéressés de Chandebise, ont fort bien dégagé la drôlerie de leur caractère respectif.A vrai dire tous les acteurs, bien en place et pleins d\u2019élan, ont contribué au succès de cette joyeuse entreprise: la Puce à l'oreille de Georges Feydeau, le roi du vaudeville.Brillante fin de saison pour le méritant Rideau-Vert! VÊTIR CEUX QUI SONT NUS L\u2019œuvre de Pirandello est une quête passionnante à la recherche de la vérité.Une pièce après l\u2019autre, son théâtre, spécialement, s\u2019acharne à cette tâche, pénible et souvent douloureuse à cause de ses résultats insatisfaisants et partiels.Surtout il enseigne qu\u2019il ne faut pas se fier aux faits, car derrière eux, derrière les actes et les paroles des hommes, la vérité profonde, qui expliquerait ces actes et ces paroles, obscurément se cache et se livre difficilement.Ainsi, une jeune fille tente de se suicider, puis, essaye de justifier les mobiles de son acte raté.Un triste fait divers livré en pâture à la curiosité morbide des journalistes et des foules, rien de plus \u2014 qui recèle pourtant une vérité beaucoup plus complexe et tragique.Pirandello le démontrera dans Vêtir ceux qui sont nus, cette pièce que le Théâtre du Gesù a présentée en dernier spectacle de l\u2019année.Il faut toujours aller au delà des faits.Cette attitude de l\u2019auteur favorise l\u2019allure, qu\u2019on note chez lui, d\u2019enquête policière et de suspense psychologique de ses pièces et l\u2019intérêt spécial qu\u2019elles suscitent: il pose le problème, au début, que les personnages ensuite ont mission d\u2019élucider et de résoudre, peut-être.Formule peu propice au spectacle, on l\u2019avouera, que pourtant Pirandello rend dramatique.Tant il est vrai que le cœur humain et ses ressorts intimes intéressent toujours les autres hommes.Mais cet intérêt \u2014 et c\u2019est l\u2019ombre au tableau \u2014 se laisse d\u2019abord désirer; pendant tout le premier acte, parfois, comme précisément dans Vêtir ceux qui sont nus.L\u2019exposition y est un peu longue et le sujet s\u2019amorce lentement, d\u2019où tâche plus ardue pour les comédiens: épreuve que n\u2019ont pas surmontée aisément les acteurs le soir de la première.Peu importe d\u2019ailleurs puisque Monique Miller a été splendide dans Ersilia Drei et que Vêtir ceux qui sont nus, c\u2019est Ersilia Drei.Monique Miller est particulièrement douée pour jouer les destinées sombres et tragiques.Ses grands yeux noirs reflètent facilement le malheur ou la tristesse, la dureté aussi, comme sa voix qu\u2019elle peut rendre cassante, sourde ou vibrante à volonté, et ses attitudes encore, prostrées ou au contraire farouches et agressives: toutes qualités requises pour l\u2019expression des sentiments variés de la tragédie et que possède éminemment Monique Miller.Aussi a-t-elle donné une interprétation bouleversante de son personnage d\u2019Ersilia, pauvre fille vouée à la catastrophe.Pierre Boucher me plaît beaucoup, ordinairement, à cause de la sobriété, peut-être un peu calculée mais plaisante, de son jeu.Ici, pourtant, dans son rôle de Ludovic Nota, romancier célèbre, on aurait désiré, surtout au premier acte, un peu plus de couleur et de chaleur.Je vois mal un Italien, au surplus artiste et prestigieux, aussi calme et mesuré.Les autres acteurs, Georges Carrère, surtout, Jacques Godin, Jacques Kanto, Rose Rey-Duzil, qu\u2019on ne voit plus souvent à la scène, et la jeune Paule Bayard ont joué avec talent et sincérité, sous la direction de Jacques Zouvi, metteur en scène.Cette dernière représentation des jeunes du Théâtre du Gesù augure bien pour l\u2019an prochain où nous espérons les revoir avec la même ardeur et le même amour du théâtre.JUILLET 1962 19a L'ACTUALITÉ RELIGIEUSE : AMÉRIQUE LATINE Congrès des supérieurs des séminaires latino-américains DU 7 AU 12 MAI DERNIER, s\u2019est tenue à Mexico la première réunion plénière de l\u2019OSLAM.Selon le souhait même de la Conférence générale de l\u2019épiscopat latino-américain (la CELAM) qui en jetait les bases à son assemblée de Rio de Janeiro en 1955, l\u2019OSLAM est « une confédération des séminaires latino-américains.Au moyen de contacts périodiques de leurs recteurs et directeurs spirituels, elle vise à établir une plus grande uniformité dans la formation sacerdotale, et elle offre des possibilités d\u2019échanges d\u2019impressions, d\u2019idées et d\u2019expériences, aux plans variés des études, des méthodes d\u2019enseignement, des textes scolaires, des divers problèmes spirituels^et pédagogiques.» (Concl.n.10.) C\u2019est ce que rappelait S.Ém.le cardinal Confalonieri, président de la Commission pontificale pour l\u2019Amérique latine, à l\u2019archevêque de Mexico, S.Exc.Mgr D.Miranda, président de la CELAM, et qui recevait les supérieurs des petits et grands séminaires de l\u2019Amérique latine, dans son magnifique séminaire de Talplan.Réunion particulièrement représentative de l\u2019Amérique latine.Malgré la proximité du Congrès des Vocations devant avoir lieu bientôt à Rome (22 mai) et qui justifiait certaines absences, les séminaires latino-américains étaient largement représentés.Près de 70 supérieurs de petits et de grands séminaires avaient répondu à l\u2019invitation: le Mexique, la Colombie, le Venezuela, le Pérou, l\u2019Équateur, le Chili, l\u2019Uruguay, Panama, Salvador, Saint-Domingue, Haïti.Même les collèges européens pour l\u2019Amérique latine, comme ceux de Louvain (Collège espagnol) et de Rome (Pio Latino) avaient envoyé leur représentant.On a regretté l\u2019abstention du Brésil et celle de l\u2019Argentine, explicables peut-être par la situation politique intérieure de ces deux pays.On peut dire toutefois qu\u2019ils n\u2019étaient pas totalement absents, puisque le secrétaire de la CELAM, un Brésilien, était de l\u2019assemblée, et que le délégué de l\u2019Uruguay était un Argentin bien au fait de la situation des séminaires de chez lui.La matière du congrès portait sur « La formation humaine du futur prêtre latino-américain ».Le choix de ce sujet avait déjà été suggéré à la réunion de Rio.En partant du principe que le perfectionnement de la nature facilite et favorise l\u2019action surnaturelle de la grâce dans les âmes, on avait dès lors recommandé aux supérieurs de séminaires 1) de donner une grande importance à la formation du caractère de leurs sujets ainsi qu\u2019à l\u2019étude et au développement de leurs qualités personnelles, pour que leur évêque mieux renseigné puisse leur confier des ministères plus appropriés; puis 2) de développer chez le séminariste le sens de la responsabilité personnelle, et de l\u2019habituer à agir par conscience et conviction profonde du devoir.(Concl.n.19.) L\u2019assemblée de Mexico, sous la direction sagace et sympathique du chanoine Schulenburg, supérieur du grand séminaire de l\u2019archidiocèse et président de l\u2019OSLAM, devait s\u2019en tenir strictement à ce programme: « Les vertus humaines, base indispensable de la formation sacerdotale », « La formation humaine du prêtre », « La psychologie des passions dans la formation sacerdotale » et « L\u2019étude sociologique du milieu latino-américain, en fonction des vocations sacerdotales ».Autour de ces travaux de fond, étaient organisées des « tables rondes », des discussions de groupes et des assemblées plénières.Au terme de ce travail d\u2019équipe étaient formulées des conclusions pratiques.A l\u2019arrière-plan, et toujours présent à l\u2019esprit des congressistes, le tableau navrant d\u2019un immense champ d\u2019action qui réclamerait tout de suite pour les besoins les plus urgents, 130,000 prêtres au moins, et qui n\u2019en a que 30,000; la prévision d\u2019une explosion démographique irrésistible, qui portera dans quelques décades au delà du demi-milliard la population de l\u2019Amérique latine; l\u2019intensive propagande protestante, la pénétration communiste, le petit nombre des vocations locales: toutes ces pressions justifiant et réclamant la venue immédiate de nombreux renforts étrangers pour remédier à une situation d\u2019urgence à laquelle le clergé local ne peut seul faire face.La collaboration de nos évêques et de nos communautés religieuses canadiennes fait honneur à notre pays.Le bulletin de l\u2019OCCAL (Office catholique canadien de l\u2019Amérique latine) nous apporte à chaque publication des détails neufs et édifiants sur notre réponse à l\u2019appel pressant du Saint Père en faveur de l\u2019Amérique latine.Au Congrès de Mexico, le Canada n\u2019était pas non plus absent.On y voyait des représentants de séminaires dirigés par des Canadiens: Sulpiciens (Colombie: Bogota et Manizalès), Jésuites (Haïti: Port-au-Prince), Pères de Sainte-Croix (Haïti: Cap-Haïtien), Eudistes (Venezuela: Mérida).La parfaite organisation de cette semaine, la charité attentive des séminaristes au service continuel des congressistes, la valeur des travaux présentés, la fraternité des délégués, les utiles et agréables détentes qu\u2019on sut leur ménager, le beau climat frais de Mexico, tout particulièrement la présence quotidienne de l\u2019Archevêque de Mexico, et celle presque aussi fréquente du Délégué apostolique, qui donnait aux séances un spécial caractère de dignité et d\u2019importance: tout cela fit de cette semaine un beau succès.Monseigneur l\u2019Archevêque voulut bien dire la messe d\u2019ouverture dans la chapelle du grand séminaire, et, à l\u2019occasion, il intervint par ses remarques averties et paternelles.A la fin du congrès tout particulièrement, à titre de président de la CELAM, il sut trouver des paroles remarquables de profondeur et d\u2019à-propos pour encourager les supérieurs dans leur important travail de formation sacerdotale: terminant sur une note d\u2019optimisme, il insista sur l\u2019isolement fécond des grands apôtres comme le Curé d\u2019Ars, Ignace de Loyola, le Christ lui-même, presque toujours seuls dans leur travail apostolique.La qualité des prêtres sortant des séminaires valant encore plus que leur nombre.La veille de la clôture du congrès, les clubs SERRA de Mexico et de Puebla recevaient les supérieurs visiteurs.Cette réception devait fortement impressionner les congressistes.Ces clubs SERRA \u2014 qui existent ailleurs qu\u2019au Mexique \u2014 sont des groupements d\u2019hommes influents, professionnels, marchands, etc., formés à une forte spiritualité profondément apostolique et orientée vers le recrutement sacerdotal.Quelques officiers prirent la parole pour dire ce qu\u2019ils sont et ce qu\u2019ils font.Quel réconfort d\u2019entendre ces laïcs exposer dans un langage austère et riche leurs principes de vie intérieure et d\u2019action catholique.Déjà ils ont recueilli une trentaine de bourses pour les séminaristes, et ce soir-là encore, ils en offraient une autre (15,000 pesos: 1,200 dollars) à l\u2019Archevêque de Mexico.L\u2019évêque de Puebla, S.Exc.Mgr Marquès, l\u2019inspirateur de ces clubs, était justement fier de dire dans une vibrante allocution qu\u2019au prochain Congrès des Vocations, avec les évêques, les cardinaux, les prêtres, les religieux, un laïc, un seul, prendrait la parole, et ce serait 194 RELATIONS le Président international des clubs SERRA.On sentait que les deux prélats présents, l\u2019archevêque de Mexico et l\u2019évêque de Puebla, étaient heureux de pouvoir faire connaître à l\u2019assemblée des aides aussi précieux et aussi bien équipés.Le Mexique aura donné aux congressistes le spectacle d\u2019un groupe d\u2019apôtres laïcs magnifiquement formés et poussant à des conclusions pratiques l\u2019intelligence de leur rôle dans l\u2019Église militante.Le congrès ne pouvait toutefois se terminer sans un salut collectif à la Vierge de Notre-Dame-de-la-Guadalupe, dans le sanctuaire national désigné sous le nom de « la Basilique».Tous les délégués s\u2019y réunirent le dernier jour du congrès pour y entendre la messe dite par S.Exc.Mgr Raimundi et écouter sa paternelle allocution, exprimant le clair désir du Saint Père d\u2019un clergé bien formé, et encourageant, au-delà Les réfugiés de Hong-Kong A la lumière de Mater et Magistra, comment juger l\u2019attitude du monde libre à l\u2019endroit des réfugiés^de Hong-Kong, puisque « la doctrine sociale enseignée par l\u2019Église fait partie intégrante de son enseignement sur la vie humaine » (Jean XXIII)?Les autorités de la colonie royale, par suite du manque d\u2019espace, de l\u2019entassement misérable de la population, de la pénurie d\u2019eau, n\u2019avaient pas d\u2019autre choix, ont-elles dit, que de rabattre les réfugiés vers Mao Tsé-tong.Pourquoi n\u2019ont-elles pas saisi l\u2019O.N.U.de ce problème?Et s\u2019il est vrai que les premiers et les grands responsables sont les communistes, sont-ils les seuls ?Pourquoi le monde libre n\u2019a-t-il pas ouvert ses portes à ces pauvres êtres humains, et ne leur a-t-il pas apporté ces « secours d\u2019urgence » dont parle Mater et Magistra ?Nous n\u2019avons pas renvoyé chez Kadar les réfugiés de Hongrie, ni chez Ulbricht les réfugiés de l\u2019Allemagne et ceux qui, de Berlin-Est, continuent à nager la rivière, ramper dans les égouts, percer, enfoncer, dynamiter le mur de la honte ou sauter par-dessus.vers la liberté! Pourquoi cette différence ?Le Canada, bien sûr, recueillera une centaine de familles; les États-Unis, quelques milliers; Formose, déjà pleine à craquer, tous ceux qui voudront y venir.Mais les 50,000 qu\u2019on a refoulés, et dont quelques-uns se sont enlevés la vie de désespoir ?Et les milliers et les milliers d\u2019autres qui, malgré un effort splendide des Britanniques pour aménager des logements et des services publics, dorment dans les ruelles de Hong-Kong, campent sur le toit des immeubles, grouillent dans les cambuses, les jonques et les sampans ?Quelle qu\u2019ait été la raison politique derrière la tête des gouvernants de Pékin quand ils laissèrent passer ce flot humain, et qu\u2019ils tarirent, selon leur bon plaisir, nous n\u2019avions pas le droit de renvoyer à leur servitude des hommes qui ne demandaient que de jouir de « ces droits élémentaires reconnus à la personne humaine ».La race et la couleur y étaient-elles pour quelque chose ?L.d\u2019Apollonia.JUILLET 1962 des supérieurs présents, toute la jeunesse cléricale en formation dans l\u2019Amérique latine.Au même moment, pénétrait dans la Basilique un groupe de pèlerins, à la suite de leur évêque, avec ses bannières, ses images et ses fleurs à offrir à la Vierge: braves gens, en modestes habits de tous les jours, attirés par le miraculeux tableau qui domine le maître-autel.Tant que le bon peuple, fournisseur privilégié de vocations sacerdotales, continuera comme celui de Mexico à offrir à la Mère des Amériques les fleurs de ses sacrifices et de son amour, il n\u2019y a pas lieu de désespérer.Marie par des prêtres et des laïcs nombreux et bien préparés sauvera son peuple menacé.Gérard Goulet, S.J., Supérieur du Grand-Séminaire de Port-au-Prince, Haïti.Le Cardinal et le Komissar Au lendemain des massacres de Budapest, la résistance polonaise réussit à pratiquer trois brèches importantes dans l\u2019orthodoxie marxiste-léniniste: elle obtint une liste électorale qui, si elle était unique, comportait des candidats catholiques; une décollectivisation des terres; l\u2019enseignement religieux à l\u2019école.Pour un régime de force, cependant, toute liberté, si mince soit-elle, est une provocation.Aussi ne faut-il pas nous surprendre si, après un retrait tactique dont Lenine avec le N.E.P.a donné l\u2019exemple classique, surviennent en Pologne un raidissement contre la personne du cardinal Wyszynski, des attaques redoublées contre 1\u2019 « obscurantisme catholique » et les « pratiques moyenâgeuses », une nouvelle loi contre les processions et les pèlerinages.Après y avoir réfléchi pendant plus d\u2019une semaine, l\u2019épiscopat polonais, bravant l\u2019interdiction du gouvernement, a adressé aux catholiques une lettre conjointe qui a été lue dans toutes les églises, le 3 juin dernier.L\u2019octave de la Pentecôte serait des jours de prière, de jeûne, d\u2019assistance à la messe et de communion pour les frères « athées » qui sèment une « haine incompréhensible contre la religion du vrai Dieu ».« Les athées, dit la lettre, sont de pauvres gens mortellement malades » d\u2019un « cancer de l\u2019esprit ».Un grave devoir s\u2019impose aux parents de transmettre par tous les moyens à leur disposition la foi qu\u2019ils ont reçue aux générations à venir: « L\u2019enjeu est total: l\u2019homme, la nation, la culture.» Depuis 1957, en Pologne, deux prudences s\u2019observent et deux sagesses s\u2019affrontent: celle du cardinal Wyszynski et celle du komissar Gomulka.A juger de l\u2019extérieur, elles se valent.L\u2019une et l\u2019autre savent hésiter y regarder à deux fois, peser le pour et le contre, marquer, e pas, prêtes l\u2019une et l\u2019autre à repartir dans une inexorable fidélité à une pensée qu\u2019elles ne renieraient qu\u2019en se reniant elles-mêmes.Chacun espère avoir le dernier mot.Mais le cardinal a pour lui la Pologne catholique, et cette prudence et cette sagesse qui ne sont pas de ce monde.L.d\u2019Apollonia.La crise du sacerdoce A Rome vient de se terminer le premier Congrès mondial sur les vocations.Il a révélé que la crise est grave, non seulement en Amérique latine, comme tout le monde le sait, mais dans de vieilles Églises comme celles d\u2019Italie et de France.En Italie, il y avait en 1954, 45,266 prêtres.En 1961, il n\u2019y en avait plus que 43,488 dont plus de 10,000 ayant dépassé la soixantaine.195 En France, la situation est encore plus alarmante.Comme en Italie, la chute des vocations d\u2019un diocèse à l\u2019autre est fort inégale, mais elle est continue au cours de notre siècle et tragique dans l\u2019ensemble.Il y eut 1,700 ordinations en 1900; 1,500 en 1938; 1,300 dans les années qui suivirent la guerre; 1,028 en 1951; 567 en 1959.Ce dernier chiffre est le plus bas enregistré depuis la Révolution française, dans une population de beaucoup supérieure à celle d\u2019il y a 150 ans.Il est plus bas même que les chiffres de 1911 (968) et de 1914 (704), alors que le fléchissement correspondait à une violente lutte antireligieuse et aux proscriptions des congrégations enseignantes.Nous ne sommes pas en mesure de dresser toutes les raisons de ce déclin ni de juger de leur valeur: l\u2019école laïque, la politique de dénatalité, l\u2019indiscipline des mœurs, la crise de civilisation.Mais d\u2019avoir voulu tout remettre en question et contester les traditions les plus anciennes, au nom surtout de la liberté: la place et l\u2019action du prêtre dans le monde moderne, le célibat ecclésiastique, les vocations d\u2019enfant, les séminaires, le rôle médiateur du prêtre, la pastorale même des vocations, d\u2019avoir voulu ainsi tout éprouver pour tout réformer et partir à neuf, comme si le présent ne se lisait que dans l\u2019avenir, n\u2019a certes pas favorisé l\u2019éclosion des vocations sacerdotales.« A force de vouloir donner à un jeune la liberté de ne pas être prêtre, disait S.Exc.Mgr Renard de Versailles, on lui enlève celle de le devenir.» On s\u2019en rend compte maintenant qu\u2019on subit les contrecoups de tous les doutes, débats et disputes de « théologiens d\u2019autant plus écoutés que leurs arguments paraissent nouveaux, et qu\u2019ils sont brillants ».Ce jugement est de M.l\u2019abbé Raymond Izard, directeur du Centre national des Vocations, dont l\u2019étude sur la Vitalité sacerdotale de la France de 1951 à 1960 a dessillé bien des yeux.La France et l\u2019Italie sont trop riches de sens chrétien, de pensée théologique, de vocations sacerdotales héroïques çour que nous n\u2019ayons pas l\u2019espoir vivace que ces anciennes Eglises surmonteront la crise et rachèteront le temps perdu.L.d\u2019Apollonia.Cordonniers, à vos semelles ! Par la voix d\u2019un malade qui se croit guéri, les fous récemment ont crié au.secours.Leur appel semble avoir causé une contagion de rictus et de cris.Selon M.et Mme Chai vin, vingt-trois manuels répandus dans le Québec étalent tant d'erreurs et d\u2019imperfections qu\u2019à les feuilleter on découvre Comment on abrutit nos enfants (Éditions du Jour, Montréal, 1962, 139 pp., 19.5 cm., $1).Or, tandis qu\u2019ils ahanent à démontrer leur thèse, les deux auteurs, « bien connus dans le monde du journalisme et de la radio » (on l\u2019aurait deviné à leurs obsessions et partis pris), affichent des bourdes aussi nombreuses et plus graves que celles dont ils s\u2019indignent.De l\u2019ivraie pousse dans le champ qu\u2019ils ont sarclé; ce n\u2019est pas moi qui le nierai.Mais il conviendrait de savoir de quoi l\u2019on parle quand on critique la langue d\u2019un ouvrage.Car langue désigne vocabulaire, syntaxe et style.Tâtons un peu du brouet que nos marmitons composent avec ces éléments.Vocabulaire.Ils confondent fosse ou tombe avec tombeau (p.9), fétichisme avec animisme ou pensée magique (43); citent les « Femmes universitaires » ou « Universitaires », au moins huit fois, quand il s\u2019agit des Femmes diplômées d'université; condamnent des historiettes « dénudées » de valeur historique (108): quelle impudeur, en effet! Syntaxe.A la manière des scribouillards qui imitent les sottises syntaxiques de Gide, de Proust ou de Montherlant, nos AA.écrivent: «côté illustrations» (19); la correction exige: quant aux illustrations, pour (en) ce qui concerne les illustrations.Sans apercevoir l\u2019anglicisme qu\u2019ils commettent, 196 ils affirment que, si l\u2019on a recours à des livres français, l\u2019opération « sera » un bénéfice certain (121); en français, on doit dire que l\u2019opération sera profitable, apportera un bénéfice.En reprochant aux auteurs des manuels leurs « reprises textuelles d\u2019une année à l\u2019autre de leçons de grammaire, vocabulaire, lectures » (35), ils oublient de répéter la préposition devant vocabulaire et lectures.Ajoutons que la ponctuation de ce passage et de plusieurs autres (7, 21, 36, 38, 79, 115, 125.) trahit l\u2019irréflexion; que l\u2019orthographe souffre du même défaut: « les quatre-cinquième » (7), au lieu de quatre cinquièmes, et « par endroit » (21), au lieu de par endroits.Style.Qu\u2019on examine, entre autres, les pages 19, 21, 25, 26, 79, 90, 121.On constatera que le « net effort » (19) des AA.indique chez eux un « net retard » culturel (19), « nettement » (21) sensible dans maintes cocasseries.Admirez (9): « On prie devant des tombeaux ouverts à tous les temps de l\u2019indicatif, de l\u2019imparfait, du présent et du futur.» Les Chalvin rédigeraient avec maîtrise une grammaire du galimatias.Ils y accommoderaient les temps de l\u2019indicatif (qui est un mode) aux.temps de l\u2019imparfait, du présent et du futur (qui sont.des temps).Les temps.des temps! Au moins, voilà du nouveau.Ne manquons pas de souligner (les journalistes raffolent de ce geste) « les tombeaux ouverts à tous les temps »: les beaux et les mauvais temps, je suppose.Après cela, rien d\u2019étonnant si nos zoïles jugent fautives (125-133) deux bonnes douzaines de tournures absolument correctes: Claire aime à faire la classe, Prends garde d\u2019endommager, Paul est à jouer, Dressez la liste des adjectifs.Énumérer maintenant les « sinistres platitudes » (7) que les AA.prennent pour des mots d\u2019esprit (9, 13, 21, 24, 34, 40, 42, 64, 91), je n\u2019en ai pas le cœur, ayant épuisé ma patience à les lire.Deux spécimens seulement.Dans une page illustrée de l\u2019un des manuels, les enfants apprennent à nommer les parties d\u2019une église et quelques vases sacrés.Nos défenseurs de la foi pondent alors cette remarque de haut vol: Avant qu\u2019on « enlève les crucifix dans les écoles », les auteurs s\u2019empressent.de donner aux enfants un vocabulaire.sans lequel beaucoup de Canadiens français catholiques auraient du mal à exprimer leur mécontentement! Ailleurs (40), censure de l\u2019anthropomorphisme des manuels, sous prétexte qu\u2019on y prête des sentiments aux choses: « Le soleil fait la moue.Le vent redouble de violence.» Et pourtant, quel professeur de littérature n\u2019a savouré en classe le premier chapitre de Deux Hommes, dans lequel Georges Duhamel décrit, avec une verve éblouissante, l\u2019action du vent, place du Panthéon ?La bêtise et l\u2019abrutissement ne se rencontrent pas surtout du côté où le couple Chalvin s\u2019imagine les avoir repérés.Et malgré ce que laisse entendre le jaunisme publicitaire de l\u2019éditeur, encouragé par ses semblables, « le scandale de l\u2019année » n\u2019éclate pas avec la concoction de la galimafrée des Chalvin.Le scandale, à longueur d\u2019année, consiste dans la réclame accordée aux rats de l\u2019incompétence et de l\u2019agitation par des gens qui se déclarent partisans de la culture et de la paix.Cordonniers, de grâce, à vos semelles! Ne touchez pas aux grands mots (fétichisme, racisme, sadisme) que vous ne comprenez pas.Il y a, bien sûr, une réforme à opérer dans notre enseignement.On s\u2019en occupe.Hélas! les échecs qu\u2019on enregistre aujourd\u2019hui résultent de suggestions proposées naguère par des têtes folles en mal de nouveautés faciles.On revient au conseil de Joseph de Maistre, repris par Mortimer Adler; pour assimiler des matières difficiles, une méthode s\u2019impose et suffit: s\u2019appliquer et piocher.En cela comme dans le reste, les enfants suivent l\u2019exemple qu\u2019ils reçoivent.De leurs instituteurs, évidemment.Et d\u2019abord de leurs parents.J.d\u2019Anjou.RELATIONS Du pharisaïsme à l\u2019utopie Dans un éditorial (8 juin 1962, p.4), la Presse de Montréal invoquait pudiquement l\u2019Évangile, la charité chrétienne, le petit catéchisme.Contre les prétentions du Mouvement laïque, pensez-vous?Naïfs! Contre la pensée que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a soutenue, par la bouche de M.Esdras Minville, devant la Commission Parent.Il y a de quoi rire, ou rager, quand on sait la valeur intellectuelle et morale de M.Minville et la manière dont notre grosse pharisienne galvaude la vérité et la charité dans certain de ses reportages (celui qui a faussé odieusement l\u2019allocution adressée par le cardinal Léger aux membres des Ligues du Sacré-Cœur).La vingtième recommandation du mémoire de la S.S.J.B.de Montréal propose que, à l\u2019intérieur du système confessionnel, l\u2019école publique de la province de Québec soit l\u2019école française, et que les écoles destinées aux enfants dont la langue maternelle est l\u2019anglais soient des écoles bilingues d\u2019un type analogue, mais en sens inverse, aux écoles bilingues organisées pour les Canadiens français de l\u2019Ontario.L\u2019éditorialiste de la Presse crie à la contradiction (vu que le mémoire fonde notre enseignement sur l\u2019esprit chrétien), à la violation de la constitution, à la politique de représailles.Plus calme, le Soleil de Québec (11 juin 1962, p.4) accuse cependant notre société nationale d\u2019injustice et d\u2019utopie.Les Ontariens violent-ils la constitution en organisant leurs écoles comme ils le font?Nous la violerons en les imitant?Lorsque nous critiquons le régime scolaire des autres provinces, que déplorons-nous?Premièrement, l\u2019infériorité dans laquelle on place les francophones du Canada en obligeant le seul Québec à observer le bilinguisme.Deuxièmement, l\u2019injustice de la double taxe dont on charge les nôtres qui veulent donner à leurs enfants une instruction catholique et française.Or, par sa recommandation, la S.S.J.B.de Montréal ne vise aucunement à établir ici la double taxe.Elle veut garantir ce que la constitution devait favoriser, mais menace de ruiner complètement: le maintien et l\u2019épanouissement d\u2019une culture française chez nous.Pour cela, elle attaque le mal à ses racines: le bilinguisme dans nos écoles (recommandation 4) et, surtout, l\u2019unilinguisme insolent, injuste et impénitent des anglophones du Québec.Si l\u2019on prouve qu\u2019elle sabote ainsi la constitution, alors, \u2014 comme l\u2019a bien compris la S.S.J.B.de la ville de Québec, \u2014-une seule riposte logiquement nous reste: décréter l\u2019indépendance et l\u2019unilinguisme officiel d\u2019un État dont les quatre cinquièmes des citoyens parlent français.On agite en vain l\u2019épouvantail puéril de la vengeance.Nous n\u2019avons rien contre personne.A la place des autres, nous aurions probablement réagi comme eux.Français, nous voulons vivre en Français chez nous, comme les autres vivent en Anglais chez eux.Nous demeurons d\u2019ailleurs bon princes: chez nous, on pourrait parler, enseigner, étudier, écrire la langue de son choix, au foyer, à l\u2019école, au collège, à l\u2019université, dans les journaux, à la radio et à la télévision, pourvu qu\u2019on parle français dans la vie publique de notre Etat.Chez eux, la minorité française accepte cela, dans leur sens, et nul ne s\u2019en plaint.De quoi se plaindraient les anglophones du Québec, férus de fair play ou de Christian science, si, pour garder nos droits et en jouir pleinement, nous pratiquons chez nous ce qui va de soi chez eux, et réparons de la sorte, après cent ans d\u2019illusions et de concessions débilitantes, un désordre et une iniquité désormais intolérables?Où se trouvent les représailles ?Quant à l\u2019accusation d\u2019utopie que lance le Soleil, elle porte à faux et se retourne contre l\u2019éditorialiste.La S.S.J.B.de Montréal ne nous prêche pas l\u2019ignorance de l\u2019anglais, mais la maîtrise du français.Et puis, le peuple mexicain vit-il dans l\u2019utopie parce que ses écoles n\u2019enseignent pas obligatoirement la langue du colosse américain?L\u2019utopie, pour nous, consiste à croire a) que les Canadians traiteront jamais leurs minorités françaises comme nous traitons les anglophones dans le Québec; b) que les « nôtres » hors du Québec représentent la culture française et ont quelque chance ou espoir de la développer.Dans ces conditions, juger utopique notre volonté de vivre selon nos origines, nos traditions, notre idéal et nos droits équivaudrait à un reniement, à une trahison.J.d\u2019Anjou.¦fivec ou 5unô commentaiteô Querelles françaises.Les évènements du dernier mois nous apportent un exemple frappant de ces querelles françaises importées mal à propos chez nous.rUne revue de France publie un numéro sur l'intégrisme français, qu'elle dénonce avec vigueur.Aussitôt un journaliste de Montréal s'empare de cette dénonciation et l'applique à nos « intégristes ».Seulement, en France, il y a eu réponse à ces accusations.Au cas où nos journalistes ne nous renseigneraient pas à ce sujet, signalons quelques extraits de ce que pense d'un pareil procédé un de leurs collègues, Jean de Fabrègues, directeur de la France catholique (4 mai 1962), dans un article intitulé : « Des coups qui ne font pas un dialogue.» JUILLET 1962 Le plus gros de ce gros numéro (Parole et Mission) est consacré à « l\u2019intégrisme » et à Verbe.Encore et toujours! Devant cette avalanche de polémiques, il faut bien le dire, la lassitude et le dégoût saisissent.On aurait envie de se réfugier dans l\u2019Evangile.ce serait peut-être de « l\u2019intégrisme ».Qu\u2019il y ait des problèmes posés, qu\u2019il faille les examiner, bien sûr.Croit-on que ce sera avec le ton et les méthodes utilisées à nouveau dans ce fascicule qu\u2019on y parviendra ?Affirmations péremptoires, textes cités sans indication d\u2019origine., tout y est, jusqu\u2019à l\u2019utilisation plus qu\u2019unilatérale du lumineux Rapport doctrinal de 1957 de S.Em.le cardinal Lefebvre.Vous accusez Verbe et les intégristes de citer unilatéralement tels textes pontificaux.Alors, n\u2019en faites pas autant!.Le genre de polémique repris par Parole et Mission risque fort de n\u2019avoir de même qu\u2019une conséquence: « durcir » ceux qu\u2019on attaque et qui voient converger sur eux une puissante artillerie dont le tir pourrait paraître assez stratégiquement organisé.Nous voilà donc confrontés à des problèmes essentiels de l\u2019époque et de l\u2019apostolat d\u2019aujourd\u2019hui., et croit-on qu\u2019on peut les résoudre \u2014 c\u2019est l\u2019expression imagée, mais elle convient ici \u2014 « en deux coups de cuillère à pot » ?.Comment ne pas s\u2019étonner de voir faire ces reproches d\u2019un seul côté?.La querelle sur l\u2019intégrisme amène à la surface toutes les ambiguïtés de notre temps.Les polémiques superficielles n\u2019aideront pas à les éclairer.N.B.\u2014 Parole et Mission accuse l\u2019intégrisme de « dénonciation ».Mais qu\u2019est-ce que ce numéro ?Quant aux jugements portés sur le « Moyen Age ».on demande un historien, même profane.Entrons dans le Marché commun, si c\u2019est nécessaire, mais de grâce laissons aux catholiques français leurs dénonciations et contre-dénonciations, leurs accusations et contre-accusations de progressistes et d\u2019intégristes.197 .et querelles canadiennes Les récents propos du secrétaire du Mouvement laïque de langue française nous rappellent qu'une Ligue de Venseignement a déjà été fondée à Montréal, en 1902.On en trouvera l\u2019histoire dans le volume de Henri Bernard: La Ligue de l\u2019Enseignement, Montréal, 1904.L\u2019auteur avait envoyé la première édition de son ouvrage au comte Albert de Mun, de l\u2019Académie française; celui-ci, le 18 janvier 1904, lui adressa la lettre suivante, dont les circonstances présentes font revivre l\u2019intérêt et l\u2019actualité.Je ne saurais trop vivement vous encourager à poursuivre énergiquement la lutte que vous entreprenez et à redoubler d\u2019efforts pour convaincre vos compatriotes du danger dont ils sont menacés.Jean Steinmann: Ezéchiel.Texte français par Jean Steinmann.Introduction et commentaires par une équipe biblique du centre d\u2019études Notre-Dame.Coll.« Connaître la Bible ».\u2014 Paris, Des-clée de Brouwer, 1961, 192 pp., 20.5 cm.ON A longtemps admis sans discussion qu\u2019Ezéchiel suivait un plan très simple et nous rapportait les grandes lignes de son ministère auprès des exilés, à Babylone.Un examen attentif du livre pose cependant beaucoup de problèmes.Sous cette apparente clarté se cache, comme chez les autres prophètes, une grande confusion.Comment expliquer les doublets et les additions tardives ?Comment expliquer surtout que dans la première partie de l\u2019ouvrage, si l\u2019on excepte les chapitres un à trois, il n\u2019est question que de Jérusalem et de Palestine ?Diverses hypothèses ont été formulées par la critique.Steinmann adopte la solution de Bartholet, reprise par Auvray: Ezéchiel, avant de prêcher et de prophétiser à Babylone.a exercé son ministère en Palestine, comme Jérémie; son livre est ainsi témoin en bonne partie d\u2019une prédication préexilienne.Le texte proposé dans le présent ouvrage suit la traduction établie critiquement dans le Prophète Ezéchiel et les débuts de l\u2019exil (coll.« Lectio divina », n° 13, Paris, 1953).En regard du texte, on trouvera des notes abondantes, moins faites pour justifier auprès des exégètes l\u2019ordre proposé par l\u2019auteur, que pour faciliter la lecture de cette importante section de l\u2019Ancien Testament.L\u2019hypothèse du double ministère d\u2019Ezéchiel est loin de faire l\u2019unanimité des exégètes.En particulier elle ne rend pas compte de la forte coloration babylonienne de l\u2019ouvrage entier, tant sur le plan linguistique que sur le plan des institutions auxquelles il est fait allusion.C\u2019est donc avec beaucoup de réserves qu\u2019on acceptera la lecture du livre telle qu\u2019elle nous est pro- La Ligue de l\u2019Enseignement, l\u2019une des manifestations les plus puissantes de l\u2019esprit maçonnique, a eu, comme vous le dites, une part immense dans l\u2019entreprise de déchristianisation, dont notre législation scolaire a été et demeure le redoutable instrument.Sous le masque de la neutralité et d\u2019une apparente modération, elle a, peu à peu, avec l\u2019appui des pouvoirs publics, couvert notre pays de ses comités et de ses œuvres.Aujourd\u2019hui elle réclame, ouvertement, dans ses congrès, la destruction de l\u2019Enseignement chrétien.Il est impossible, à mes yeux, qu\u2019un catholique s\u2019associe, même indirectement, à sa fondation et à son développement, posée par Steinmann.Ceci dit, il reste que l\u2019ouvrage peut être utile pour aborder Ezéchiel, le plus déroutant peut-être des prophètes.Gilles Pelland.Scolasticat de V Immaculée-Conception, Montréal.Arthur NlSIN: Histoire de Jésus.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 413 pp., 20.5 cm.Renonçant aux procédés traditionnels de la biographie qui présente les événements de la vie du héros selon l\u2019ordre chronologique, M.Nisin consacre les premiers chapitres de son Histoire de Jésus au fait de la Résurrection.C\u2019est Lui, le Ressuscité, qui envoie ses Apôtres prêcher la Bonne Nouvelle à toute créature; la Résurrection est le nœud central de l\u2019histoire de Jésus; c\u2019est ce qu\u2019annonce Pierre à ses premiers auditeurs: l\u2019objet de la foi est la Personne du Christ ressuscité.L\u2019A.établit donc d\u2019abord solidement que la Résurrection est « un fait inébranlé qui a bouleversé l\u2019histoire ».L\u2019A.a suivi de préférence le texte de saint Marc, mais à la lumière des autres évangélistes.Ses chapitres aux titres suggestifs et évocateurs essaient de nous faire revivre Jésus en son temps.Traditions rabbiniques, mœurs locales, conditions géographiques nous sont rappelées à mesure que se déroulent les événements, éclairant à propos les attitudes de Notre Seigneur.Jésus était bien de son temps; il empruntait ses comparaisons à la vie quotidienne de ses auditeurs, au pays environnant.Malheureusement, fait remarquer l\u2019A.la foule courait après Jésus plus pour être témoin de ses miracles que pour retenir son message de salut; ce serait là une des explications de l\u2019échec de sa mission en Israël.L\u2019A.a utilisé les découvertes scientifiques les plus récentes comme celles de Qumran.Historiens anciens, Pères de sans prêter les mains, malgré lui, à l\u2019action antichrétienne.Je ne vois même pas comment un libéral sincère pourrait le faire, sans se rendre victime de la plus fâcheuse illusion.Je vous félicite donc de jeter, au milieu des catholiques canadiens, ie cri d\u2019alarme, et si mon témoignage peut lui apporter, près d\u2019eux, quelque force, je vous l\u2019offre de grand cœur, avec toute la conviction de mon âme chrétienne.Albert de Mun, de l\u2019Académie française.Comme quoi nos querelles d'aujourd'hui ressemblent fort à nos querelles d\u2019hier: mêmes problèmes, mêmes camps en présence et mêmes recours à la France pour y recruter des alliés et y chercher du renfort.l\u2019Eglise ont été consultés; il nous rappelle fréquemment l\u2019influence de l\u2019Ancien Testament dans la rédaction des textes évangéliques.Jésus, en effet, n\u2019a pu oublier les prophéties messianiques toujours présentes à l\u2019esprit juif.M.Nisin à l\u2019aide de la critique interne précise le sens à donner à telle expression, éclaire son emploi par les évangélistes; il répond ainsi point par point à certaines objections qui laisseraient planer quelque obscurité sur la vie de Jésus.Ce souci de précision entraîne l\u2019A.à multiplier les parenthèses et les tirets au point que la lecture en devient pénible.Les nombreuses indications bibliographiques et références bibliques fournies en appendice attestent le travail sérieux de l\u2019A.; quelques cartes géographiques aident à mieux situer les endroits où Jésus a vécu.L\u2019Histoire de Jésus sera donc sûrement très utile à celui qui a déjà un certain entraînement biblique; même les autres qui la trouveraient d\u2019abord un peu aride la jugeront, s\u2019ils persévèrent, très enrichissante.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint-Jérôme.Sœur Marie-de-Saint-Jules, R.B.P.: Route de lumière avec Mère du Bel Amour.Préface de Marcel Clément.\u2014 Montréal, Maison du Bon-Pasteur (104 est, rue Sherbrooke), 1961, 110 pp., 18.5 cm.L EXCELLENTE DOCTRINE DE SAINT JEAN i Eudes sur le Cœur immaculée de Marie est ici présentée d\u2019une façon alerte aux jeunes filles d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019ouvrage se divise en trois parties: la fille de Dieu le Père, l\u2019épouse du Saint-Esprit, la mère de Dieu le Fils.Dans chaque chapitre, un programme spirituel constructif.Ce livre ne se lit pas à la course; il faut le méditer pour en extraire tout le suc.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.E.Neubert, Marianiste: Mon idéal: Jésus, Fils de Marie.\u2014Mulhouse, Editions Salvator, 1959, 141 pp., 15 cm.UN livre tout menu, où l\u2019A, en des phrases pleines, bien d\u2019aplomb, d\u2019une langue claire et concise, a ramassé la doctrine du P.Chaminade, fondateur des Marianistes, l\u2019un des apôtres mariais les plus ardents du xix® siècle.L\u2019idéal proposé ici à qui veut aimer Marie n\u2019est nul autre que son divin Fils, Jleô Llvzeô /f/L 198 RELATIONS Jésus.L\u2019exemplaire est sublime et appelle, comme le réclamait saint Paul, une transformation totale.La vraie dévotion poussant à l\u2019imitation, à l\u2019imitation du Fils tel qu\u2019il apparaît dans l\u2019Evangile, nous sommes invités à suivre Marie qui fut la plus splendide imitation de Jésus.Les trois premiers livres rappellent cette doctrine; le quatrième présente la coopération de Marie dans l\u2019œuvre de la Rédemption à travers les siècles.Notre participation est nécessaire, l\u2019ignorance, la sottise et la méchanceté des hommes ne cessant de perdre les hommes; sous la puissante protection de Marie « forte comme une armée rangée en bataille nous devons,Lutter par la prière, la parole et surtout par là notre vie.Ce petit volume, traduit déjà en plusieurs langues, en certains dialectes asiatiques et africains, en est à sa 10e édition; il mérite ce succès; il demeure l\u2019un des classiques de la dévotion mariale.Rosaire Legault, Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Egide Philippart, O.F.M.: Marie, miroir de la vie chrétienne.\u2014 Tournai, Casterman, 1961, 155 pp., 19 cm.Reprenant la comparaison de saint Ambroise, l\u2019A.nous invite à lire dans l\u2019âme de Marie comme dans un miroir.Marie, en qui brille « la forme de toutes les vertus », nous offre des exemples de sainteté que nous devons imiter.A toutes les étapes de sa vie intime avec Dieu, dans l\u2019exercice des vertus théologales et morales; à Nazareth, épouse modèle et mère « sans pareille »; sur le Calvaire, à l\u2019heure douloureuse et tragique de la mort de son divin Fils.A l\u2019occasion du mois de Marie, on cherche souvent un ouvrage qui intéresse les fidèles; celui du P.Philippart est sûrement un des meilleurs à conseiller: doctrine solide, leçons pratiques adaptées à notre temps, exemples parfois saisissants, style simple, vif et imagé.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.P.DAGONET, O.P.: Pages d\u2019Evangile.Coll.« L\u2019eau vive ».\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 310 pp., 17 cm.Commentaires brillants et vivants, et cependant très simples, des plus belles pages de l\u2019Evangile; ils furent présentés en 25 émissions à la télévision française.Nous y retrouvons Notre Seigneur aux différentes phases de sa vie: petit enfant à Bethléem; en sa vie publique, guérissant l\u2019hémorroïsse, ressuscitant le fils de la veuve de Nairn, au foyer de Zachée, annonçant aux humbles des campagnes palestiniennes son message de charité et de paix; au Calvaire; enfin, sortant glorieux du tombeau.Le chrétien doit connaître l\u2019Evangile; le P.D.aide à le mieux saisir.Le salut ne consiste pas seulement à se sauver au milieu des tracas et des misères du monde présent.Dieu a parlé par son Verbe; il faut le croire.Dans cette lumière, la vie vaut d\u2019être vécue.Mais le Seigneur n\u2019entraîne que les hommes libres.Ce sont eux, non pas qui rejettent tout commandement même divin pour se livrer aux tyrannies de l\u2019instinct ou de l\u2019heure, mais qui reconnaissent la Vérité et se donnent à Elle de plus en plus.Ils n\u2019ont pas honte de Dieu même s\u2019il apparaît sous la forme humaine de Jésus de Nazareth.Au passage, l\u2019A.explique les raisons liturgiques qui ont imposé tel texte à la messe d\u2019un dimanche; également, il répond aux objections courantes.L\u2019ouvrage est accessible à tous; qui le lira avivera certainement son amour de Notre Seigneur.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Dom Thierry Maertens, O.S.B.: C\u2019est fête en l\u2019honneur de Jahvé.Coll.« Thèmes bibliques ».\u2014 Bruges, Des-clée de Brouwer, 1961, 224 pp., 20 cm.Lauteur est une autorité reconnue en questions liturgiques.Il dirige l\u2019une des revues de pastorale les plus appréciées, Pastorale et Liturgie; son présent ouvrage est de qualité.S\u2019adressant au lecteur désireux d\u2019approfondir le sens de nos fêtes liturgiques, il rappelle que, par leurs origines, elles remontent aux âges lointains de l\u2019homme.D\u2019abord fêtes agricoles et fêtes nomades, les premières ont totalement disparu en faveur des secondes, car nous sommes en marche vers l\u2019éternité.Israël a eu le mérite de trier ce qui était susceptible d\u2019exprimer ses sentiments religieux.Se sentant solidaire de la création, l\u2019homme y avait trouvé l\u2019objet de sa prière et en avait appris la loi fondamentale de toute célébration liturgique: l\u2019union de la parole et du rite.Don Maertens étudie, à la lumière des travaux les plus récents et les plus sûrs, l\u2019évolution de la liturgie juive et son adaptation dans le cadre de notre liturgie chrétienne.Un exemple extrêmement riche et suggestif nous est fourni par la première épître de saint Pierre, véritable homélie, où à l\u2019événement pascal ancien répond le mystère du Christ ressuscité.L\u2019un des chapitres les plus instructifs est celui où Dom M.expose les raisons qui ont motivé la substitution du dimanche chrétien au sabbat juif.Le sabbat rappelait la libération de l\u2019Egypte, le dimanche lui aussi est un véritable signe de libération, car le Christ ressuscité, libérateur de la mort et du péché est apparu aux apôtres le dimanche; et c\u2019est en ce jour qu\u2019il leur a donné par l\u2019Esprit Saint le pouvoir de remettre les péchés; c\u2019est une invitation à faire de ce jour un jour sans péché.A lui seul le dimanche résume toutes les fêtes juives, il mérite la place que doit lui accorder dans sa vie tout chrétien; c\u2019est bien ce qu\u2019appuient nos récentes réformes liturgiques.En appendice, une abondante et riche bibliographie suivie d\u2019une table des nombreuses citations bibliques utilisées au cours de l\u2019ouvrage.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Catéchisme biblique des enfants.\u2014 Fribourg, Ed.Herder, et Montréal, Fides, 1962, 224 pp., 18 cm.$1.25 l\u2019ex.UNE COUVERTURE EN COULEURS, qui accroche l\u2019œil, contraste avec l\u2019intérieur en blanc et noir, plutôt austère, agrémenté de seulement vingt-cinq dessins.Une présentation plus chatoyante n\u2019eût-elle pas mieux valu ?Sans doute, le prix modique de l\u2019ouvrage a-t-il exigé ces limitations.Quant au contenu, il est excellent.Nous retrouvons l\u2019esprit et la technique du Catéchisme biblique, dans une adaptation intelligente à la psychologie des enfants.Il reste que le maître devra se servir de sa pédagogie pour monnayer cette matière et, surtout, ne pas forcer ses jeunes élèves dans les « choses à faire ».Initiative qui mérite encouragement: nous exprimons l\u2019espoir que ce catéchisme se répandra dans notre milieu.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Manuel de catéchisme biblique.\u2014 Tome I, 2° partie: Dieu et notre Rédemption.Leçons 22 à 44.Traduit de l\u2019allemand par M.Cé.\u2014 Paris, les Editions du Cerf, 1959, 410 pp., 23 cm Nos lecteurs connaissent le Catéchisme biblique qui a marqué une véritable révolution dans la pédagogie catéchistique.Ils connaissent aussi le commentaire en plusieurs volumes destiné aux catéchistes.Ici, nous présentons le commentaire des leçons 22 à 44 sur Jésus-Christ et sur le Saint-Esprit.Le catéchiste qui assimilerait parfaitement la magnifique préparation de des cours, non seulement aurait l\u2019équipement requis pour donner sa classe de catéchisme, mais approfondirait sérieusement sa vie spirituelle.Chaque chapitre a deux parties: une première pour la formation du catéchiste lui-même, une seconde pour la préparation immédiate de la catéchèse.Il faudra au catéchiste un commerce intime avec ce manuel pour en épuiser les richesses.Souhaitons que les écoles, possédant déjà le Catéchisme biblique, se procurent également ce commentaire de première qualité.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Manuel de catéchisme biblique.\u2014 Tome III: La vie selon les commandements de Dieu.Leçons 91 à 113.Traduit de l\u2019allemand par M.Cé.\u2014- Paris, les Editions du Cerf, 1961, 460 pp., 23 cm.D\u2019où vient l\u2019originalité de ce commentaire ?De ce qu\u2019il met en lumière non seulement l\u2019obligation des commandements de Dieu, mais la beauté de la vie chrétienne qui s\u2019en inspire et qui se ramène en définitive à la pratique de l\u2019amour de Dieu et du prochain.L\u2019éducation religieuse assurée à l\u2019enfant par cette partie du catéchisme biblique est admirablement préparée dans le commentaire qui exige du catéchiste lui-même la recherche de la perfection évangélique, prescrite à tout chrétien.Même si les éducateurs de chez nous n\u2019utilisent pas le Catéchisme biblique, ils gagneront, dans l\u2019enseignement de cette matière, à consulter ce précieux instrument pédagogique.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.H.Lescourd, R.Fernoud, P.-A.Liège: Croyants et Incroyants d\u2019aujourd\u2019hui.Enquête paroissiale.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1962, 148 pp., 20 cm, Au carême de 1961, H.Lesourd, curé de - Saint-Sulpice à Paris, mena auprès de ses paroissiens une enquête sur leur attitude à l\u2019égard des incroyants.Deux cents répondirent.Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une vaste enquête sociologique, mais d\u2019un sondage qui vaut par sa qualité.Dans l\u2019avant-propos, H.Lesourd expose le pourquoi de ces pages.Viennent ensuite le questionnaire et une réponse in extenso.Après quoi, Régine Pernoud établit une synthèse des réponses autour des chefs suivants: la diversité des contacts entre croyants et incroyants dans le milieu français déchristianisé, les objections rencontrées par les croyants, les questions que ces contacts posent à la conscience des chré- JUILLET 1962 199 tiens, le témoignage du chrétien et la présence de l\u2019Eglise en milieu incroyant, le divorce entre l\u2019époque actuelle et la façon dont on enseigne le message du Christ.Trois sermons du P.Liégé apportent une réponse évangélique à ces problèmes.Ce livre, très utile en terre française, nous aidera à repenser la question de la foi chez nous.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Maurice BLONDEL : Carnets intimes (1883-1894).\u2014Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Editions du Cerf, 1961, 559 pp., 22.5 cm.Après lecture de ce beau livre, on >.regrette qu\u2019il n\u2019ait pu paraître sitôt rédigé: certains malentendus n\u2019auraient pas envenimé les discussions théologiques d\u2019il y a soixante ans.Regret inutile: on ne devait connaître l\u2019âme profonde de Blondel qu\u2019après sa mort.Et quelle âme! Le désir précoce du sacerdoce la soulève en même temps que l\u2019ambition dont témoigne son œuvre: amener la raison orgueilleuse à confesser le besoin de la loi; démontrer à ses contemporains « qu\u2019on ne peut se passer du christianisme sans faute et sans perte » (p.552).Incertain de la volonté de Dieu jusqu\u2019en septembre 1893, Blondel travaille, souffre et prie.Il s\u2019astreint à noter, au fil de son oraison quotidienne, des sentiments gorgés de Bible et de liturgie, proches de ceux que suggèrent les Exercices de saint Ignace: lancinante humilité, indulgente et lucide charité, conscience aiguë de la valeur d\u2019éternité que recèle le moment présent, mépris des vanités mondaines, goût presque excessif de la croix qui fonde un abandon courageux à la Providence; intégrant le tout, comme dans son œuvre, la foi à la transcendance de Jésus-Christ et à celle de notre vocation en Lui.Je ne donne pas de références: elles formeraient légion.Livre à méditer au jour le jour.Puisse-t-il inspirer à d\u2019autres des pensées pareilles et l\u2019art de les exprimer avec autant de bonheur! Joseph d\u2019Anjou.Abbé Georges A.Kelly: Le Livre de la famille chrétienne.Préface de S.Em.le card.Spellman.Traduction de Madeleine Bréhier.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Editions Salvator, 1961, 269 pp., 19 cm.Prix: 9 NF.Compétence psycho-pédagogique, information sociologique, sûreté de doctrine, prudence optimiste, précision, nuance et fermeté dans les conseils, voilà ce qui recommande cet excellent manuel de la vie chrétienne au foyer.L\u2019A.y montre bien: la primauté de l\u2019influence familiale (43-46, 107, 159); les troubles qui menacent les enfants orphelins, abandonnés, négligés (ch.IX, xi); la terrible responsabilité du milieu dont la corruption agit par les organes de diffusion (72, 107, 112, 114), par l\u2019immodestie (105, 208) et l\u2019obsession sexuelle des pseudo-adultes (108); l\u2019imprudence des fréquentations précoces (209-211); enfin la bêtise de lecole neutre (75-82, 95, 101) et les risques insensés des mariages mixtes (ch.xv).En maints endroits, il énumère, comme dans une brève leçon, des principes de conduite auxquels se référeront sans peine et avec profit les époux et les parents (24, 34, 40, 49, 54, 94.).On sent partout une chaude compréhension des problèmes actuels (adolescence, célibat, travail des mères), qui inspire confiance et donne du poids aux directives formulées.Malgré les nombreux anglicismes de la traduction, livre à répandre dans les foyers soucieux de vraie éducation.Joseph d\u2019Anjou.A.-M.ROGUET, O.P.: La Boîte aux questions.\u2014 Petit dictionnaire des objections et des difficultés religieuses.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1962, 272 pp., 18 cm.Ni TRAITÉ DE THÉOLOGIE ni cours d\u2019apologétique, ce volume répond simplement aux objections et difficultés religieuses les plus courantes parmi les fidèles.Ces textes ont déjà paru dans une chronique publiée, toutes les quinzaines, par la Vie catholique illustrée.En général, l\u2019exposé est bref \u2014 une page ou deux, rarement plus \u2014, au point et satisfaisant, mais pas toujours, de l\u2019aveu même de l\u2019auteur.Dans notre chrétienté canadienne-française, je suis sûr que ce livre serait bien accueilli, car il résoud des questions qui se posent même chez nous.L\u2019ordre des matières est alphabétique: le plus simple; un index permet de retrouver facilement les sujets connexes contenus dans les réponses.On appréciera également l\u2019index biblique.Ce petit dictionnaire rendra service à ceux qui cherchent une solution rapide et éclairée.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Groupe lyonnais d\u2019ÉTUDES médicales, PHILOSOPHIQUES ET BIOLOGIQUES: La Vieillesse, problème d'aujourd\u2019hui.Coll.« Convergences ».¦\u2014 Paris, Editions Spes, 1961, 343 pp., 20 cm.Nous ne pouvons faire grief au Groupe Lyonnais.d\u2019avoir invité surtout des médecins (8 sur 12) à traiter le problème de la vieillesse; au reste, deux sociologues, un professeur d\u2019histoire et un prêtre fournissent aussi leur apport.Il en résulte que, si le détail de l\u2019ouvrage ne sera accessible qu\u2019aux médecins, l\u2019ensemble atteint le large public des prêtres, des travailleurs sociaux et, en général, des chrétiens cultivés.La vieillesse de plus en plus, heureusement, est le lot du grand nombre.En attendant d\u2019y être nous-mêmes, nous devons comprendre les vieillards qui sont au milieu de nous, et les aider dans les problèmes que leur posent, avec l\u2019âge, l\u2019emploi, la subsistance, le logement, la vie du couple, la vie sociale, la vie spirituelle.Ces pages éclairent, stimulent et réconfortent, car elles sont informées et pénétrées, surtout certaines que la matière y disposait, des lumières de la foi.Un bon livre, qu\u2019on relira, que l\u2019on consultera.Georges Robitaille.André CANAL: Adolescence, âge de crise?Son affrontement au monde d\u2019aujourd'hui.Coll.« Mésopé ».Bibliothèque de l\u2019Action sociale.\u2014 Toulouse (14, rue des Arts), Editions Privât, 1961, 127 pp., 17 cm.Prix: 3,90 NF.Quatre parties dans cet opuscule: aujourd\u2019hui; l\u2019adolescent: son domaine; l\u2019adolescent: un être qui grandit; l\u2019adolescent: un être qui conquiert son autonomie.Dans la société actuelle, agitation, bruit, soif de l\u2019or et du rendement, dépersonnalisation, superficialité, superstition, jalousie et snobisme (i, 1, 2) jettent les adolescents dans un état d\u2019insécurité, de lutte, de solitude (i, 3), que les éducateurs aggravent, faute de maturité, de compé- tence, de secours (i, 4).L\u2019adolescent est mal compris; parents, maîtres, psychopédagogues, milieu social causent ainsi la crise et ses manifestations (n, 1, 2).Or, l\u2019adolescent grandit dans son corps, son intelligence, son affectivité, sa volonté, son agir (iii, 1-5); il conquiert son autonomie en lui-même et dans la société (iv, 1-3).On doit le connaître, l\u2019aider à se connaître, lui apprendre à aimer les vraies valeurs et à les vivre par élan personnel.Il faut le concours du foyer, de l\u2019école, du milieu (à tous les niveaux).En peu de pages, on trouve ici beaucoup d\u2019idées justes et généreuses (p.125).Reste à compléter la pensée religieuse, insuffisante, non hostile; à corriger: l\u2019idolâtrie pratique de la liberté intellectuelle (78), qui contredit l\u2019esprit de l\u2019ouvrage; une fausse notion de l\u2019autonomie (83), et les négligences de la rédaction (la ponctuation est inimaginable).L\u2019essai mérite lecture, car il stimule la réflexion.Joseph d\u2019Anjou.Paul MÉDÉRIC: Loisir et Loisirs.\u2014 Montréal, ministère de la Jeunesse (Service des cours par correspondance), 1961, 229 pp., 24 cm.Paul Médéric est le nom de plume de l\u2019abbé Jean-Paul Tremblay, professeur de philosophie au Séminaire de Chicoutimi ; il s\u2019est fait surtout connaître par les Equipiers de Saint-Michel.Depuis des années, ce penseur et cet homme d\u2019action approfondit la question du loisir.Appuyée sur une abondante documentation, son étude part de loin dans l\u2019histoire (elle analyse le travail et le loisir à travers les civilisations) et de haut dans les principes (elle contient des notions très au point sur le loisir, la culture et l\u2019éducation populaire); mais, en même temps, elle est réaliste (par exemple, dans son appréciation des commissions Tremblay et Massey) et tient compte du milieu québécois.Tous ceux qui s\u2019occupent du loisir et des loisirs au Canada (pas seulement français) auront profit à puiser dans cet ouvrage original.Prêtres, curés, vicaires, éducateurs et laïcs, tous apprendront du neuf au sujet des problèmes parfois épineux et délicats qui surgissent dans une question vitale pour l\u2019avenir du peuple canadien-français.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Donald Attwater: Bouche d\u2019or, voix de l\u2019Eglise, saint Jean Chrysostome.Traducteur: J.-J.Miramont.\u2014 Paris, 1961, 281 pp., 19.8 cm.1e saint À la bouche d\u2019or, a dit l\u2019histoire j de ce prédicateur de grande classe vers lequel les foules accouraient.Néanmoins, mécontent des résultats de son labeur inlassable, il écrit un jour: « Mon travail est semblable à celui d\u2019un homme qui essaie de nettoyer une pièce de terre dans laquelle coule sans cesse un flot bourbeux.» Les temps n\u2019ont guère changé; que nos prédicateurs modernes se consolent! Evêque de Constantinople, Jean Chrysostome établit un plan complet de réformes en réponse aux hérésies qui pullulaient et aux mœurs trop libres.Impitoyable pour le péché, même s\u2019il se montre plein de miséricorde envers le pécheur, on ne lui pardonne pas son verbe audacieux.Des intrigues se nouèrent et le firent condamner; il mourut en exil.Sans l\u2019inscrire au nombre des grands théologiens, la critique a reconnu en lui le plus grand « homéliste » de tous les 200 RELATIONS temps.Après 1400 ans, nous trouvons dans ses sermons des pages vraiment accordées à notre époque, sur l\u2019éducation des enfants, le mariage, le sacerdoce, l\u2019apostolat laïque, la prière communautaire, etc.L\u2019ouvrage est rédigé avec beaucoup de talent.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Louise AndrÉ-DeLASTRE: Sainte Monique, mère de saint Augustin.\u2014 Lyon, Editions et Imprimeries du Sud-Est, 1960, 286 pp., 19 cm.Difficile d\u2019écrire sur sainte Monique sans recourir à la légende, aux suppositions fantaisistes de nos anciennes vies de saints.Son plus illustre biographe, Mgr Bougaud, n\u2019y a pas échappé.Mme Louise André-Delastre a réussi la gageure de nous offrir une vie, très approximativement réelle, de cette sainte dont la renommée repose sur celle de son glorieux fils, le converti Augustin, devenu le plus grand peut-être de nos docteurs.Après avoir lu attentivement le livre des Concessions et examiné minutieusement la correspondance d\u2019Augustin, elle s\u2019est imposé de longs et fatigants voyages aux endroits où vécut Monique.Elle nous communique le fruit de ses recherches avec détails fort intéressants sur les mœurs et les traditions de l\u2019époque: le vêtement, l\u2019habitation, le mobilier, les bijoux, les bains, les jeux, la cuisine.« car dit-elle, il faut bien se garder de transposer, et ne pas prêter à une maman du IVe siècle les préoccupations d\u2019une chrétienne moderne ».Loyalement, à certains moments, elle avoue ne pouvoir s\u2019en tenir qu\u2019à des conjectures.L\u2019hagiographie ancienne nous a trop souvent laissé l\u2019impression d\u2019une sainte Monique perpétuellement en larmes sur les désordres de son fils.Tout autre fut la sainte.L\u2019auteur ne craint pas d\u2019indiquer ses défauts; elle ne fut pas sainte dès le berceau.Nous n\u2019en voyons que mieux le cheminement de cette sainteté longue et laborieuse, devenue, sur la fin de sa vie, solide et rayonnante.Un chapitre sur la survie clôt l\u2019ouvrage.Le style est rapide et clair, d\u2019un goût parfait; les illustrations bien choisies.Nos mères de famille trouveront en cette sainte Monique un modèle accessible et des plus attirants.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Léopold GÉNICOT: Les Lignes de faîte du Moyen Age.\u2014 Paris et Tournai, Cas-terman, 1961, 377 pp., 20 cm.OUVRAGE SCIENTIFIQUEMENT COMPOSÉ si l\u2019on en juge par les 75 pages de notes et références de la fin du volume.Huit ans se sont écoulés depuis sa parution, pendant lesquels l\u2019A.n\u2019a cessé de mettre au point son œuvre qui paraît en 3e édition.Trois parties: lrc, Y Aube, c\u2019est le Moyen Age en germe, tributaire des antiquités, germanique et surtout latine et grecque; on y cultive une grande ambition inspirée de saint Augustin: «ordonner la cité charnelle à la Cité de Dieu et lui donner unité et stabilité ».La 2e partie, Midi, présente le Moyen Age lui-même en son plein épanouissement.Epoque rude mais extrêmement féconde où s\u2019épanouit l\u2019œuvre civilisatrice de l\u2019Eglise.Des écrivains maussades ont jugé cette période stérile et obscure.JUILLET 1962 L\u2019Eglise certes y traversa une crise; souvent elle fut éclaboussée par de honteux scandales; si elle ne réussit pas à réformer le clergé, elle vainquit du moins l\u2019hérésie, voire le Grand Schisme d\u2019Occident.Il ne faut pas oublier que l\u2019histoire retient plutôt les faiblesses et les scandales que le souvenir des gens vertueux qui ont vécu sans bruit.Cette période du Moyen Age compta beaucoup de grands saints: Benoît, Bernard, François d\u2019Assise, Dominique, Catherine de Sienne, etc.Enfin, 3e partie, la Vesprée.Le Moyen Age n\u2019est pas mort et, comme le conclut justement l\u2019auteur, « tant qu\u2019il y aura une civilisation occidentale, et une Eglise chrétienne, le Moyen Age qui a engendré l\u2019un et s\u2019est nourri de l\u2019autre, demeurera vivant ».La table des matières très élaborée aide à retrouver le passage qu\u2019on voudrait relire; la table onomastique sera aussi très utile.Couvrant une époque aussi considérable en un volume de 300 pages, l\u2019A.a dû se limiter; il a retenu les « lignes de faîte du Moyen Age ».De son livre se dégage une idée claire et juste des institutions politiques, des structures sociales, des croyances religieuses, des réalisations scientifiques, littéraires et artistiques de l\u2019époque.Nous y trouvons une magnifique synthèse de la vie et de la civilisation de ce Moyen Age que certains historiens se plaisent à appeler « une des périodes les plus passionnantes peut-être de l\u2019histoire ».Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Germain Lesage, O.M.L: Histoire de Louiseville (1665-1960).\u2014 Presbytère de Louiseville, 1961, 450 pp., nombreuses photographies en hors-texte, 24.5 cm.Dans un gros volume, le R.P.Lesage raconte par le menu l\u2019histoire de sa paroisse natale, la Rivière-du-Loup-en-haut, dont le village devint Louiseville en 1880.On reste stupéfait devant l\u2019abondance de sa documentation et la précision de ses références.Non seulement les lecteurs de Louiseville mais tous les amateurs d\u2019histoire du Canada seront vivement intéressés par cet ouvrage.Louiseville illustre bien le développement graduel des paroisses du Canada français, surtout sous l\u2019ancien régime, mais aussi après la conquête, jusqu\u2019à la Confédération.Nos ancêtres s\u2019y montrent avec les qualités et les défauts qu\u2019on leur reconnaît partout: défricheurs courageux et religieux, mais chicaniers et passionnés d\u2019aventures.Jusqu\u2019au XIXe siècle, la jeunesse préféra chasser les fourrures que cultiver la terre.D\u2019où la lenteur du progrès dans les établissements anciens.Il fallut attendre jusqu\u2019en 1737 le chemin du Roy, qui reliait Québec à Montréal par voie de terre.Encore devait-on traverser les rivières en bac.Le premier pont sur la rivière du Loup, à plus d\u2019un mille de l\u2019église, date de 1781; celui du village fut construit en 1861.La première école s\u2019ouvrit en 1781, pour une population de trois cents familles.Par contre, dès 1763, immédiatement après la conquête, le service postal fut organisé.Des facteurs à cheval allaient de Québec à Montréal en trente heures.A la Rivière-du-Loup-en-haut, le premier maître de poste fut l\u2019Ecossais Daniel Forbes, ancêtre des évêques canadiens de ce nom.Des médecins, des industriels anglais s\u2019établirent dans la région.La conquête et l\u2019invasion américaine troublèrent peu cette paisible campagne; les luttes politiques, le choix d\u2019un site pour l\u2019église et le pont échauffèrent davantage les esprits.Le chemin de fer Québec-Montréal-Ottawa, en 1878, l\u2019arrivée des religieuses en 1875 puis des Frères enseignants, en 1892, l\u2019industrie et le commerce firent de Louiseville ce quelle est aujourd\u2019hui, tandis que l\u2019automobile y ruinait le commerce du foin, autrefois si prospère.Ainsi, la simple énumération de menus faits nous aide à mieux comprendre certains phénomènes sociaux qui se produisent fréquemment ailleurs.Sous ce rapport, le livre du P.Lesage sera fort apprécié des historiens et des sociologues.Adélard Dugré.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Yolande ChÉNÉ: Au seuil de l\u2019enfer.Roman.\u2014 Montréal (3300, boul.Rosemont), Cercle du Livre de France, 1961, 252 pp., 20.5 cm.Prix: $2.La vie quotidienne roule souvent des j flots plus bourbeux que les fanges dans lesquelles pataugent maints romans noirs.L\u2019art du romancier doit ordonner le désordre, conférer un sens à la laideur et, par là, toucher l\u2019âme dans ses fibres profondes.Trop facile et insignifiante semble alors la narration de certaines misères.Au seuil de l\u2019enfer a un sens, mais clinique plus qu\u2019es-thétique.Une adolescente en quête d\u2019amour et de bonheur erre d\u2019une liaison à une autre jusqu\u2019à la nausée et au désespoir.Elle étouffe dans un foyer désuni et dans un milieu de travail qu\u2019obsède le sexe.Psychologie, sociologie et morale comprennent Marthe, malgré ses naïvetés, et approuvent le dessein de l\u2019A., qu\u2019inspire l\u2019expérience professionnelle.Mais le critique juge que du blanc-bec vicieux, puis du quinquagénaire séducteur, enfin du jeune homme « rangé », Marthe s\u2019éprend trop superficiellement.Elle attente un peu vite à ses jours aussi, quand elle constate que le bon Antoine, croyant et sérieux, n\u2019a pas toujours imité saint Joseph.On lit quand même l\u2019histoire, qui progresse logiquement.La caricature de l\u2019alcoolique invertébré et de la harpie pharisienne qui servent de parents à Marthe a du trait.L\u2019A.analyse bien les sentiments de l\u2019adolescente, parfois aux dépens de la marche du récit.Je déplore que les bobards du célibataire athée reçoivent un meilleur -TOUS- LES ACCESSOIRES ELECTRIQUES BEN BÉLAND, pré*.JEAN BÉLAND, Ing.P., \u2022\u2022cr.-tréi.(Strictement en gros) Le temple de la lumière BÉLAND 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* 201 traitement que les essais de rectification d\u2019Antoine.Bref, document plus que roman.Et le style n\u2019a pas la qualité qu\u2019il faut pour compenser.Tel, cependant, cet ouvrage, présenté au concours de l\u2019automne dernier, ne me paraît pas inférieur à ceux que le jury a couronnés.Joseph d\u2019Anjou.Mgr Francis Trochu: Le Rêve de Géron-tius.« The Dream of Gerontius » du cardinal John Henry Newman.Traduction en vers français.\u2014 Paris (46-48, rue du Four), Apostolat de la Presse, 1960, 95 pp., 18.5 cm.Prix: 5 NF.Trahir, c\u2019est permis à tout traducteur, mais dans certaines limites que Mgr Trochu a par trop dépassées.On lui pardonnerait de n\u2019avoir point su rendre la richesse du verbe et la mélodie du rythme: peu de traducteurs réussissent ce tour de force; on ne pourra pas l\u2019excuser d\u2019avoir transposé dans un mode abstrait un poème éminemment concret malgré son substantiel fond théologique; on comprendra mal qu\u2019il ait sabré certaines strophes (pp.21-22) on lui en voudra d\u2019avoir endommagé plus d\u2019un vers: « Il me semble qu\u2019enfin mon vrai moi se révèle » ne traduit pas « as I were at length myself », ni « Le temps suspend sa marche active », « I hear no more the busy beat of time » (31).« The Dream of Gerontius m\u2019a fait du bien dans une passe difficile.Pourquoi n\u2019en ferait-il pas à d\u2019autres?» (10.) C\u2019est le souhait de Mgr Trochu; il aura d\u2019autant plus de chances de se réaliser que le lecteur pourra recourir au texte original, celui d\u2019ailleurs qui a été bienfaisant au traducteur et dont le contenu est fort beau: c\u2019est « le poème de la belle mort » (10), dit par un théologien artiste et mystique.René Dionne.4, montée de Fourvière, Lyon.Jacques MERSENNE: Un été pour Eisa.Roman.Coll.« Adolescent, qui es-tu ?» \u2014 Tournai, Casterman, 1961, 159 pp., 19 cm.Comme dans On nous prend pour des enfants, mais avec plus d\u2019aisance, l\u2019A.a lié en une histoire les extraits du journal intime de quatre grands adolescents.Ni- Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de ïà ê>aubeprbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Slào* social : Montréal 202 cole croit aimer Jacques, qui badine avec l\u2019amour; Pierre s\u2019éprend d\u2019Eisa, qui ne le mérite pas, minaude avec Jacques, se dévergonde, et souffre.Mêlés à ces remous du cœur, il y a des parents splendides chez Pierre, médiocres chez Nicole, pourris chez Eisa; et une jeune fille de qualité rare, Jacqueline, sœur de Pierre, qui se fera religieuse.Une psychologie sûre, une narration rapide, un dialogue serré (mais trop argotique) captivent le lecteur jusqu\u2019au bout.Vous demandez comment « ça » finit ?Lisez.Joseph d\u2019Anjou.Yves ThÉriault: Cul-de-sac.Roman.\u2014 Québec, Institut littéraire du Québec, 1961, 223 pp., 20.5 cm.SUR LES BORDS DE LA MaNICOUAGAN, Victor Debreux, ingénieur adjoint de cinquante ans, a perdu pied et est allé s\u2019écraser au fond d\u2019une crevasse pierreuse.Immobilisé par la fracture d\u2019une jambe et d\u2019un bras, attaqué à plusieurs reprises par un épervier sanguinaire, il attend la mort.Mais ses compagnons l\u2019ayant découvert à temps, le malheureux est hospitalisé et amputé de sa jambe malade.Revenu à une vie misérable, que doit bientôt éteindre d\u2019ailleurs \u2014il l\u2019apprend\u2014un cancer du foie, il décide de passer dans l\u2019ivresse ce sursis.Par un procédé littéraire diversifiant les époques et les scènes, l\u2019auteur fait se dérouler parallèlement à ce récit, mais en plus long, le film de la vie de Debreux: son enfance et sa jeunesse bridées par le conformisme social et religieux de ses parents, son temps d\u2019université sans aération psychologique, le commencement de sa brillante carrière, ses relations dans le monde, son impression persistante de vide et le début de sa dipsomanie, sa cure de désintoxication suivie de dix années de sobriété et de succès professionnels sur plusieurs continents, le grand amour de sa vie hélas! si tôt endeuillé, enfin, à la suite et à cause de cette irréparable perte, sa rechute définitive dans un alcoolisme impérieux qui le pousse de déchéance en déchéance, lui fait perdre toute situation et l\u2019entraîne malgré lui, cancéreux condamné, dans les bars homicides.Ce roman écrit sous forme de confidences, en un style clair et direct, montre un aspect infiniment triste mais trop réel de bien des existences et comporte, sous-jacente, comme autrefois le spectacle de l\u2019ilote, une utile mise en garde contre le danger permanent de l\u2019eau-de-vie.Je crois bon d\u2019ajouter que sa hargne fait nourrir au héros certains préjugés sur les conditions de vie du clergé.René Daoust, pire.Presbytère Saint- Vincenl-Ferrier, Montréal.Torcuato LUCA DE Tena: Age interdit.Roman.Traduit de l\u2019espagnol par Marie-Anne Salleron et Enrique M.Martinez.\u2014 Paris, Spes, 1961, 342 pp., 22.5 cm.En Espagne, pendant la guerre civile, un petit gang d\u2019adolescents et d\u2019adolescentes s\u2019amuse ferme sous la direction loufoque de son chef.Pour service rendu, un nouveau venu \u2014 le héros du livre \u2014 est admis dans les rangs de la bande.Premières expériences dictées par l\u2019esprit d\u2019équipe, découverte des exigences de l\u2019amitié, émois spontanés en face de l\u2019autre sexe.Puis ces garçons et ces filles grandissent et les hasards de la vie les disper- sent.Mais le destin imprévisible peut en rapprocher quelques-uns devenus adultes.Surtout si le cœur se fait complice des circonstances.Ce roman est d\u2019une beauté vibrante, émouvante et très saine.Il passe en revue avec l\u2019intérêt d\u2019une grande franchise les problèmes toujours passionnants de l\u2019adolescence, mais dans un esprit d\u2019indiscutable propreté.Cette tenue de fond sans pruderie ni polissonnerie est devenue aujourd\u2019hui un article rare et précieux.René Daoust, pire.Presbytère Saint- Vincenl-Ferrier, Montréal.Léopold DERBAIX, S.J.: La Crapaudière.Récits et souvenirs d'un vieux magister.\u2014 Gembloux (Belgique), Les Editions J.Duculot, S.A., 1961, 145 pp., 20 cm.Lauteur, qui s\u2019attribue le titre équivoque ' de magister, n\u2019a pourtant rien d\u2019un barbacole.Quoi de moins affecté que sa langue, son style, le ton de voix de conteur qu\u2019on lui devine, quoi de moins pédantes-que que son attitude de bonhomie constante en face de ceux qui furent ses élèves ?Ce magister, qui se déclare vieux, ne peut l\u2019être que d\u2019âge et d\u2019expérience, non de mentalité.Avec cette confiance inaltérable qu\u2019il porte à la conscience stimulée des jeunes, avec ce goût accusé du risque que comporte sa méthode d\u2019éducation, avec ce parti pris enthousiaste de voir surtout le côté généreux de la nature humaine, ce maître se montre en effet surtout le contraire d\u2019un pédagogue vieux-jeu.Fontaine de jouvence cristalline, son recueil de souvenirs positifs rajeunira ceux que commence à guetter la méfiance envers le professeur ou envers l\u2019élève.René Daoust, ptre.Presbytère Sainl-Vincent-Ferrier, Montréal.Disques Radio-Marie Jacqueline Lemay, O.M.M.L: Route claire.Acc.: Ensemble musical sous la direction de Lionel Renaud.\u2014 Radio-Marie, NDC 45108, 45 tours durée prolongée.Ces chants, composés et interprétés par Jacqueline Lemay, diffusent une joie inondée de soleil, taquinée par le vent et accordée à la vivacité des fleurs, au ramage des oiseaux.Rien de romantique dans ces mélodies.Plutôt un ton franc et direct qui plaira aux jeunes.Trois textes profanes (Route claire, Merci, Dans ta maison) et un chant religieux sont inscrits au programme de ce disque.Route claire et Merci nous ont paru plus originaux que Dans ta maison.Jacqueline Lemay mérite l\u2019accueil sympathique de tous ses compatriotes canadiens-français.Musique de tous les temps : Revue d\u2019initiation musicale.n° 14, juillet 1961, Monteverdi.\u2014 En vente à Periodica, Inc., 5090, avenue Papineau, Montréal-34.\u2014 6 numéros par année.$12 l\u2019abonnement.Une nouvelle revue, qui veut être une initiation musicale de grande classe, s\u2019adresse aux amateurs de musique ayant les moyens de se la procurer.Chaque numéro, consacré à un compositeur ou à une période de l\u2019histoire de la musique, comprend trente-deux pages de textes et un RELATIONS disque 17 cm.33 t.de haute fidélité.Le numéro sur Monteverdi me paraît une réussite.Tout d\u2019abord, sur la gravure du disque, une admirable mélodie de Monteverdi, la lettera amorosa, rappelle, sinon par le style, du moins par la qualité, la célèbre lettre dans Pelléas et Mélisande de Debussy; elle est chaleureusement interprétée par le baryton Louis-Jacques Ron-deleux, accompagné au clavecin par Jeannine Reiss.Sur l\u2019autre face, les Madriga-listes milanais chantent deux beaux madrigaux.Quant à la revue, elle contient des écrits de Monteverdi lui-même, un résumé savoureux du Couronnement de Poppée, drame musical en trois actes, une note pertinente d\u2019Émile Martin sur la musique d\u2019église de Monteverdi et une discographie au point.Il faut louer cette excellente initiative au bénéfice de la musique et de la beauté.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Henri BUSSER: Charles Gounod.Coll.« Nos amis les musiciens ».Préface de Darius Milhaud.\u2014 Lyon, Editions et Imprimerie du Sud-Est (Oise), 1961, 105 pp., 18.5 cm.VOICI un TÉMOIGNAGE d\u2019une qualité exceptionnelle, car l\u2019A., disciple et ami de Gounod, a dirigé plus de cinq cents fois l\u2019opéra Faust.Ce livre loue la bonté, l\u2019ardeur, la foi, la noblesse et la modestie du maître et exalte le musicien, roi de la mélodie, chef de file de la musique française.Même si Faust occupe une place centrale dans une œuvre abondante, l\u2019A.ne manque pas de faire valoir la pureté et l\u2019élévation de la musique religieuse de Gounod, inspirée de Bach et de Palestrina.S\u2019il ne s\u2019était orienté vers le théâtre lyrique, Gounod aurait excellé dans la musique symphonique.Admiré dans son pays, le grand musicien français fut acclamé en Angleterre, en Allemagne, en Italie.La raison?Nul n\u2019a peut-être chanté l\u2019amour avec autant de tendresse.Certains de ses mélodies sont inoubliables: elles émeuvent encore nos auditoires contemporains.Attachante biographie, cet ouvrage plaira aux amateurs et sera précieux aux musiciens.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.I.-M.van de Vlerk et P.-H.Kuenen: L\u2019Histoire de la terre des origines jusqu\u2019à l\u2019homme.Collection « Marabout-Université », n° 4.\u2014 224 pp., 18 cm.En COLLABORATION: Encyclopédie universelle, tome I.Coll.« Marabout-Université », n° 1.\u2014 Verviers, Gérard & Cie, 1961, 767 pp., 18 cm.HISTOIRE PASSIONNANTE qui nous jette dans le mystère des origines terrestres.Si les savants ont enregistré de nombreuses découvertes, les hypothèses non confirmées et les points d\u2019interrogation sont encore plus nombreux.Les AA., tout en favorisant la théorie de l\u2019évolution, sont modestes dans leurs avancés.Ils s\u2019efforcent de marquer le point au sujet de l\u2019état de la science actuelle et chacune de leurs affirmations s\u2019appuie sur les faits.\u2014 Le premier tome de l\u2019encyclopédie universelle comprend cinq traités: astronomie, géologie, météorologie, climatologie et géographie.Les AA.tiennent compte des recherches les plus récentes dans ces diverses sciences.Très bien illustré.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Thérèse Henrot: Belgique.Coll.« Petite planète ».\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1958, 192 pp., 18 cm.Prix: 4,50 NF.Qualités et limites de cette collection se retrouvent ici: photos nombreuses, qu\u2019on voudrait mieux choisies; aperçus bien documentés des sujets à traiter; chiffres et curiosités (inventions, langue) utiles à connaître; mais jugements parfois sommaires et, du point de vue religieux, fort critiquables.On s\u2019adresse évidemment à des adultes formés; mais pourquoi ne pas penser davantage aux adolescents ?Joseph d\u2019Anjou.Charles Wentinck: Histoire de la peinture européenne.Coll.« Marabout-Université », n° 2.\u2014 Verviers, Gérard '\t& Cie, 1961, 192 pp., 18 cm.C\u2019est un tour de force que de ramasser en 180 pages, sans verser dans le catalogue, l\u2019histoire de la peinture européenne.L\u2019A.a relevé le défi avec aisance et son exposé se caractérise surtout par le sens de l\u2019humain.En peu de mots, mais avec beaucoup d\u2019intelligence et de nuance, l\u2019A.analyse les écoles, les peintres et leurs tableaux.Certains jugements demeurent personnels, mais se défendent.Une bibliographie judicieuse et un index complètent l\u2019ouvrage.Plus qu\u2019une lecture agréable, cet ouvrage nous permet d\u2019embrasser d\u2019un seul regard l\u2019une des expressions les plus émouvantes de l\u2019homme à travers le temps.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Pierre SEGHERS: Le Livre d\u2019or de la poésie française.Coll.« Marabout-Université », n° 3.\u2014 Verviers, Gérard & Cie, 1961, 480 pp., 18 cm.Dans sa préface, l\u2019A.déclare que son choix de poèmes, des origines de la littérature française à 1940, est le fruit d\u2019une longue réflexion et d\u2019un commerce intime avec la muse.Nous voulons bien le croire.Il reste que sa sélection, toute personnelle, manque de dimensions spirituelles.En particulier, la littérature chrétienne est totalement absente de cette anthologie.Même lorsque l\u2019A.cite des poètes catholiques, il oublie à peu près toute œuvre à résonance spirituelle.Font exception la Vision, de Marie Noël, et deux courts poèmes de Péguy.Et n\u2019y avait-il à citer de Paul Claudel que son poème sur Verlaine ?Le lecteur usera donc de son jugement critique et appréciera à sa juste mesure ce livre d'or qui tient parfois du palmarès.Jean-Paul Labelle, Maison Bellarmin.Mgr Francis TROCHU: Les Amitiés du Curé d\u2019Ars.\u2014 Paris, Apostolat de la Presse, 1959, 342 pp., 23 cm.UN ( AUTRE OUVRAGE SUR LE CURÉ d\u2019Ars après tant d\u2019autres: il est de Mgr Trochu.Il nous conduit plus avant dans l\u2019intimité de cette âme surnaturel -lement aimante et nous la rend plus chère encore.En effet, de son coin ignoré, au diocèse de Belley, il entretint les amitiés les plus durables, les plus étonnantes.L\u2019ouvrage les évoque une à une comme en une fresque bigarrée: le bon M.Belley, curé d\u2019Aully, la « simplette et candide » Catherine Lassagne, qui dirigea l\u2019orphelinat de la Providence, la paroissienne exemplaire, Mademoiselle d\u2019Ars, le légendaire et pittoresque Frère Athanase, pendant au-delà de quarante ans son maître d\u2019école et cérémoniaire, Mathias Loras, un compagnon d\u2019étude, qui un jour le giffla puis s\u2019en repentit; il devint le premier évêque de Dubuque, aux Etats-Unis, et fit instruire en France au séminaire Méxi-mieux le jeune John Ireland, futur archevêque de Saint-Paul, au Minnesota.Le saint M.Vianney témoigna toujours le plus grand respect à ses évêques et manifesta à ses collaborateurs, qui ne le comprirent pas toujours, la plus exquise charité.Il encouragea Pauline-Marie Jaricot dans l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi, soutint le bienheureux Julien Eymard et la bienheureuse Marie de la Providence, des Auxiliatrices du Purgatoire, dans leurs fondations.A la manière de Notre-Seigneur, il choya les enfants.Il s\u2019intéressa beaucoup aux Trappistes, chez qui il aurait tant souhaité mourir.La visite du P.La-cordaire lui fut grande joie; il la nota de cette réflexion: « les deux extrêmes se sont rencontrés: l\u2019extrême science et l\u2019extrême ignorance ».Au nombre de ses amis laïques il y eut le sculpteur Cabuchet, l\u2019architecte Bossan.Mgr Trohu n\u2019a rien perdu de sa fervente admiration pour son héros qu\u2019il connaît si bien et nous a présenté tant de fois.L\u2019illustration du volume est de qualité.L\u2019ouvrage touchera certainement quiconque admire le saint Curé d\u2019Ars.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Romand Associatio Pro Transvehendis Itinerantibus Missionariis RAPTIM CANADA Liée AGENCE INTERNATIONALE DE VOYAGES Approuvée par : I A T A AT C Conférence Transatlantique Conférence Transpacifique Pour vous servir : M.Luc GOU, directeur général, 1652, rue Saint-Hubert, Montréal-24, P.Q.- Tél.VI.5-7223* Bureau accrédité de RAPTIM International JUILLET 1962 203 LE PAPE NOUS PARLE Missions et politique 20 mars: Lettre à S.Em.le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, à l\u2019occasion du centenaire de la mort de Pauline Jancot et du premier Congrès missionnaire international à Lyon, du 9 au 13 mai.\u2014 « A l\u2019heure présente où, çà et là, à travers le monde, des troubles ébranlent et bouleversent les peuples, une chose doit prendre le pas sur tout, dans l\u2019ordre des urgences et des préférences: c\u2019est que les missions, destinées à porter l\u2019Evangile aux païens, déploient une activité plus efficace, qui ne laisse place à aucune compromission avec les contingences politiques relevant d\u2019un intérêt d'ordre purement terrestre, mais qu\u2019elles se réclament uniquement du nom de la sainte Eglise, qui est la mère de tous ceux qui sont rachetés par le sang du Christ, et s\u2019acquittent exclusivement de leur fonction d\u2019Eglise.De là aussi il résulte logiquement que les Œuvres pontificales missionnaires, qu\u2019il faut organiser de façon appropriée dans chaque diocèse et dans chaque pays, n\u2019ont pas à disposer des sommes Belle saison temps des réparations N\u2019attendez pas l\u2019affluence d\u2019automne, confiez dès maintenant à J.-W.JETTE le soin de réparer ou reviser votre système de chauffage ou la plomberie.Vous serez plus vite servi, cela va de soi, et plus tranquille quand la bise sera venue! \u2014 Et s\u2019il s\u2019agit d\u2019installations, appelez-nous: nos techniciens et ouvriers spécialisés allient la théorie à la pratique.Ce qu\u2019ils font est fait pour la vie.Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada CHAUFFAGE \u2022 PLOMBERIE Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL Haute fidélité Stéréophonie Magnétophones Haut-parleurs Rubans magnétiques cité électtonique == 3165, rue Hochelaga mm Montréal 4, LA.5-2551\t.d\u2019argent à elles confiées à telle ou telle dis-tination, au gré de conseils indépendants les uns des autres, mais doivent, en s\u2019inspirant d\u2019un esprit surnaturel, diriger toutes les ressources vers le lieu où résident la tête et le principe du pouvoir.8 avril: Lettre aux Romains.\u2014 Comment la population de Rome doit se préparer au Concile.Agriculture et personne humaine 11 avril: Allocution aux cultivateurs directs d'Italie.\u2014- « Le sujet de l\u2019agriculture, comme de la vie sociale sous toutes ses diverses formes, c\u2019est la personne humaine, rachetée par le Christ et en marche vers la vie éternelle.Il n\u2019y a rien de facile au monde; ce qui a de la valeur se conquiert avec la sueur et la fatigue; et l\u2019on doit plaindre quiconque pense autrement, car il montre qu\u2019il veut se mettre en dehors de l\u2019ordre providentiel.Mais si Jésus est à nos côtés, si l\u2019on a sa grâce dans l\u2019âme, le devoir quotidien devient léger, la douleur se transforme en instrument d\u2019expiation et de rédemption: l\u2019homme apprend à se donner pour son bien propre, pour celui de sa famille et de ses frères.Et de l\u2019acceptation des difficultés de la vie naît la paix intérieure, source de force et de sérénité de caractère.Il faut certainement faire tous ses efforts pour être à la hauteur des besoins accrus d\u2019une justice et d\u2019une équité plus profondes.; mais en même temps on doit se rappeler que seuls la foi et l\u2019amour de Dieu peuvent tempérer les angoisses éventuelles, même d\u2019ordre économique, et donner les forces nécessaires pour porter avec patience le fardeau de chaque jour.» \u2014 Motu proprio « Suburhicariis sedi-dibus ».\u2014 Nouvelle réglementation des diocèses suburbicaires.15 avril: Motu proprio « Cum gravissi-ma ».\u2014 Tous les cardinaux seront désormais évêques.19 avril: Allocution lors de la consécration épiscopale des 12 cardinaux diacres.Pâques et la paix 21\tavril: Message pascal.22\tavril: Allocution à la joule massée sur la place Saint-Pierre.\u2014 « Oh! la paix, la paix de Noël et de Pâques! soupir de tous les siècles et de toutes les nations; soupir de notre époque d\u2019incertitudes, de peurs et de menaces réciproques!.Le respect que Nous avons de la conscience de chacun et de toutes les énergies tendues vers le bien universel, s\u2019est manifesté en ces dernières années en des termes mesurés, non cependant sans laisser transparaître l\u2019intime angoisse concernant le problème de la paix menacée, de la paix à laquelle en réalité aspirent tous les peuples, et dont tous redoutent la perte déplorable et possible.Le progrès scientifique et technique, qui suscite l\u2019admiration universelle, et dont l\u2019apostolat chrétien entend et sait utiliser largement les applications, a par ailleurs accru les motifs non imaginaires de perturbation mondiale.Chaque nation, grande ou petite, en considérant sa propre situation, même simplement dans le cadre de ses affaires intérieures, a quelque motif de craindre.Chers fils, seul l\u2019effort conjoint de tous peut dissiper cette crainte pour la conservation de la paix là où elle règne: et là où elle fait défaut, on doit avoir la volonté résolue d\u2019écarter tout danger ou toute menace susceptibles d\u2019ébranler ses fondements.Or les fondements de la paix ne sont autres que la vérité, la justice, l\u2019amour vrai et la disposition généreuse à donner et à se donner pour ses frères.En cela, le Seigneur Jésus a été un maître par la parole; il a été un exemple par sa vie.De lui on apprend la pratique de cet amour et de cette effusion de paix.Le recours à toute autre considération et la confiance exclusive dans les négociations et les prévisions humaines, mêmes droites, doivent être envisagés comme bien peu efficaces.Il n\u2019y a que la paix du Christ qui puisse préserver et sauver le monde; car elle s\u2019appuie sur les vérités éternelles, et elle a pour objet l\u2019homme vivant dans le temps, mais en route vers l\u2019éternité.» 25 avril: Allocution lors de la réception accordée au président de la Répttblique de la Haute-Volla.\u2014 « Telles sont les voies d\u2019un progrès authentique et d\u2019une véritable indépendance.La concorde entre les citoyens et la prospérité matérielle, l\u2019épanouissement culturel, social et religieux font la grandeur d\u2019une nation et lui assurent la place qui lui revient dans le concert des peuples.» 28 avril: Lettre apostolique « Œcumeni-cum Concilium ».¦\u2014 La récitation du Rosaire pour le succès du Concile.« Dans la vie sociale, les biens périssables et passagers ne doivent pas évincer la vérité, la justice et l\u2019équité.On éteint la sereine lumière des cieux lorsqu\u2019on nie l\u2019existence de Dieu, lorsqu\u2019on supprime d\u2019une manière ou dffine autre les hommes, qui sont tous nos frères, ou lorsqu\u2019on fait fi de leurs droits innés qui sont inaliénables parce qu\u2019ils ont leur source dans leur nature d\u2019hommes libres et dans les devoirs de la dignité de la vie chrétienne.» 1er mai: Allocution en la fête de saint Joseph Artisan.\u2014 La vérité énoncée par saint Paul: celui qui ne travaille pas ne doit pas manger, est entrée dans la sagesse des maximes instructives des peuples.Un vie imaginée sans labeur est insipide, n\u2019a pas de valeur.Dans les diverses activités du travail, nous voyons comme autant de rayons et de grâces de participation à la lumière et à la dignité célestes.3 mai: Lettre sur les Œuvres missionnaires à S.Em.le cardinal Grégoire-Pierre Agagianian.\u2014 « Nous invitons instamment tous ceux qui professent la foi chrétienne à manifester pour les Missions une ardeur communicative.» 5 mai: Allocution aux membres de la Société italienne d\u2019Obstétrique et de Gynécologie.\u2014 « Vos soins s\u2019adressent à la personne humaine.La protection la plus jalouse doit être assurée aux nouvelles vies, précieux don de Dieu; et pas seulement aux enfants, mais aux mères qui doivent être aidées dans leur vocation, dès la première attente de l\u2019enfant, afin que le déroulement de la maternité, n\u2019étant troublé par aucun déséquilibre psychique, jouisse du bénéfice d\u2019une atmosphère sereine et confiante, que la foi en Dieu prépare et favorise.Tandis que certains ne cessent pas.malheureusement d\u2019accentuer \u2014 Nous le disons avec une douleur intime \u2014 les invitations et les tentations de l\u2019hédonisme, qu\u2019ils essaient même de justifier et de soutenir avec des arguments d\u2019autant plus pernicieux qu\u2019ils sont revêtus d\u2019une autorité scientifique apparente, vos convictions et votre bon exemple veulent être d\u2019une grande force pour la défense de la famille, pour le bien de l\u2019humanité.» 204 RELATIONS 5944 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES L\u2019Ingénieur forestier et son rôle dans l\u2019économie de la province de Québec.\u2014 Québec, 1962, 40 pp.Textes des études présentées au 41e Congrès annuel de la Corporation des Ingénieurs forestiers de la province de Québec.Régimes matrimoniaux étrangers.\u2014 Montréal, Wilson et Lafleur, 1962, 132 pp.Extraits de la Revue du Notariat.On y passe en revue les régimes matrimoniaux d\u2019une soixantaine de pays.SÉMINAIRE SOCIAL PlE-XII: Cours par correspondance.Nos 18 à 21.\u2014 Nico-let, 1962.Ces cours portent sur une grande variété de sujets et sont facilement accessibles à tous.En voici quelques titres: la religion, la population, l\u2019économie politique (51e leçon: histoire économique et sociale du Canada), l\u2019Action catholique, la Doctrine sociale chrétienne (analyse et commentaires de l\u2019encyclique Mater et Magistra), le système d\u2019éducation de la province de Québec (19e leçon: l\u2019éducation et l\u2019avenir de la nation canadienne-française), etc.Un précieux instrument de perfectionnement personnel.Yves ThÉRIAULT: Si la bombe m\u2019était contée.\u2014 Montréal (3411, rue Saint- Denis), Editions du Jour, 1962, 128 pp.Dans six contes dramatiques, entremêlés de documents saisissants, l\u2019auteur nous décrit le sort qui attend l\u2019humanité, si la guerre atomique éclate.Reste à savoir si c\u2019est bien le public canadien qui a surtout besoin d\u2019être convaincu des conséquences terribles d\u2019une pareille guerre, et reste à démontrer que le fait de nous y opposer nous empêcherait d\u2019en être l\u2019une des premières victimes.A cet ouvrage il manque une partie positive: il est facile de susciter l\u2019épouvante devant la guerre atomique, mais beaucoup plus difficile d\u2019indiquer et surtout d\u2019édifier les institutions internationales et supranationales qui seules pourront arrêter le suicide de l\u2019humanité.Vocations sacerdotales et religieuses (19, rue de Varennes, Paris), avril 1962, 164 p.(On s\u2019abonne à Montréal, chez Periodica, 5090, rue Papineau.) Sept études doctrinales et une étude pastorale sur les vocations hors cléricature toutes de plumes autorisées et d\u2019un intérêt soutenu.Voici les aspects étudiés: ce genre de vocations depuis la primitive Eglise jusqu\u2019à nos jours; les valeurs évangéliques cultivées; les signes de cet appel; quelques Pères (Grégoire de Nazianze, Jean Chry-sostome, Augustin) ayant « désiré » la vie religieuse et « accepté » le sacerdoce; les types de vocations de frères dans le contexte français actuel; la formation des frères, perspective et réalisations (un autre fascicule étudiera la formation des frères enseignants); les critères communs à toutes vocations, les critères propres aux vocations de frères.L\u2019étude pastorale suggère comment présenter ces vocations au peuple chrétien.Prêtres de paroisses, directeurs de vocations, frères de toutes familles ainsi que les chrétiens cultivés liront avec grand profit ces pages qui remettent à jour en son entier le problème des vocations hors cléricature.Adrien-M.Malo, O.F.M.: Source de rajeunissement spirituel.\u2014 Montréal (2080 ouest, boulevard Dorchester), Editions franciscaines, 1962, 126 pp.Ce petit livre, publié à l\u2019occasion du centenaire de l\u2019approbation de Lourdes, est riche de doctrine et de piété mariales.C\u2019est de l\u2019eau fraîche et de la foi vive qui coulent sur notre monde troublé, fatigué, en proie à d\u2019interminables discussions, victime des beaux parleurs et de la raison raisonnante.¦ S.Em.le cardinal Paul-Emile Léger: Chrétiens désunis.Disunited Christians.- Détresse des enfants sans famille.- La Religieuse enseignante d\u2019aujourd\u2019hui.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), Fides, 1962, chacun 32 pp.Trois brochures sur les problèmes de l\u2019heure présente.Pensée vigoureuse, directives claires; à connaître au moins par tous les catholiques de Montréal.Cahiers Laënnec (12, rue d\u2019Assas, Paris), la Réforme hospitalière, n° 3, 1961, Les Malformations, n° 4, 1961.Sommaire du premier cahier: Esquisse d\u2019une histoire des hôpitaux.\u2014 La réforme de 1958.\u2014 Le financement des hôpitaux.\u2014 Les congrégations religieuses et l\u2019évolution hospitalière.Bulletin de la Société historique franco-américaine.\u2014 New Hampshire (52 rue Concord), 1961, 116 p.« Notre but est de faire rayonner et briller une présence précieuse aux Etats-Unis, celle de l\u2019empreinte française qui peut se mesurer avec toutes les autres et cela sans exclusivisme.» (Abbé Adrien Verrette, président.) Aimé ROCHE, O.M.L: Le Secret des iglous.\u2014 Lyon (36, rue de Trion), Editions du Chalet, 1962, 208 p.Récit historique mettant en scène les missionnaires Oblats dans le Grand Nord canadien à la poursuite des Esquimaux en vue de les convertir à la foi catholique.Myriam de G.: Chemin de la croix des souffrants, des meurtris.\u2014 Châ-teau-Richer (7141, rue Royale), Editions Marie-Médiatrice, 1961, 40 p.Pour les malades.Illustration pour chaque station.Bruce Philips: Separatism in Quebec.\u2014¦ The Southam Newspaper, Ottawa, 1962, 10 p.Série de cinq articles parus dans une chaîne de journaux de langue anglaise au Canada.L\u2019analyse du problème et la présentation sont objectives, souvent même sympathiques.L\u2019A.conclut: « True national unity rests on this basic fact: Quebec is unique; this is something that should be welcomed and not resented, recognized as a powerful factor in preserving a distinctive Canadian identity.» Jacques-A.Lamarche: Le Mouvement Desjardins.\u2014 Lévis (C.P.142), 1962, 132 p.Ce premier volume de la collection « Les bâtisseurs du xxe siècle » présente brièvement le fondateur de l\u2019œuvre des Caisses populaires; il est dédié à tous les coopérateurs ainsi qu\u2019aux fondateurs et administrateurs des Caisses populaires, des Unions régionales et de la Fédération.Robert Pauly: La Cuisine du jour.\u2014 Montréal (3411, rue Saint-Denis), Editions du Jour, 1962, 160 p.Recueil contenant 360 recettes de France et du Canada en mesures canadiennes.« Ce livre s\u2019adresse à tous ces cuisiniers du dimanche et, bien sûr, à leur femme.Bon appétit! » Jean Madiran: La Cité catholique aujourd\u2019hui.\u2014 Paris (4, rue Garancière), 1962, 72 p.Tiré à part d\u2019un article dans la revue Itinéraires et dans lequel l\u2019A.répond à l\u2019ouvrage du P.de Soras: « Documents d\u2019Eglise et options politiques.Points de vue sur « Verbe » et sur « La Cité catholique ».Chanoine Joseph DUSSERRE: Les Dangers actuels du laïcisme.\u2014 Paris (10, rue Cassette), P.Lethielleux, 1961, 32 p.Trois brefs chapitres dans cette brochure: 1) esquisse historique sur les origines et le développement du laïcisme; 2) analyse, à la lumière de l\u2019Eglise, des éléments constitutifs du laïcisme; 3) indication des formes actuelles et dangereuses du laïcisme.Jean Ménard: Plages.\u2014 Montréal, Editions Beauchemin, 1962, 64 p.Cinquante sonnets, à la versification sévère mais aux thèmes très modernes.Marcelle PellissIER: L\u2019enfant qui a répondu oui.\u2014Château-Richer (7141, rue Royale), Editions Marie-Médiatrice, 1962, 48 p.Vie du bienheureux Marcellin Champa-gnat racontée aux enfants et ornée de magnifiques illustrations en couleurs. OUVRAGES REÇUS Anscombe, Elizabeth; Cameron, James; Congar, Yves, O.P.; Fransen, Peter, S.J.; Grammont, Paul-M., O.S.B.; Leclercq, Jacques; McGrath, Patrick; McNeill, Ian; Mélia, Elie; Nedoncelle, Mgr Maurice; Pailler, Mgr A.; Roberts Mgr, S.J.; Tavard, Georges, A.A.; Todd, John M.; Tre-VETT, Reginald F.: Problèmes de l\u2019autorité.Coll.« Unam sanctam », n° 38.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1962, 315 pp.AVRIL, A.-M., O.P.: Le Dimanche à la radio.Tome III.Le Temps pascal.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1962, 333 pp.BAUM, Gregory, O.S.A.: D\u2019Unité chrétienne d'après la doctrine des papes de Léon XIII à Pie XII.Traduit de l\u2019anglais par André Renard.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 247 pp.BERGE, Dr André: Propos aux parents et aux éducateurs.\u2014 Paris, Aubier, Editions Montaigne, 1961, 292 pp.Cahiers de la Pierre-qui-vire : Découverte de l\u2019oecuménisme.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 220 pp.Cahiers de la Pierre-qui-vire : L\u2019Eglise en plénitude.\u2014 Paris, Desclée de Brouwer, 1961, 304 pp.Caruso, Igor-A.: Psychanalyse pour la Personne.Coll.« Esprit ».\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1962, 190 pp.CASSELL\u2019S: New French-English, English-French Dictionary, completely revised by Denis Girard, with the assistance of Gaston Lelong, Oliver Van Oss and Charles Guinness.Canadian Edition.\u2014¦ Toronto, British Book Service (Canada) Ltd., 1068, Broadview Avenue, 1962, 655 pp.CHANSON, Paul: Comment parler aux incroyants.\u2014\u2022 Tours, Maison Marne, 1961, 225 pp.CHARPENTIER, John: L\u2019Ordre des Templiers.\u2014 Paris, Editions du Vieux Colombier, 1962, 266 pp.CHAUFFIN, Yvonne: Risquer sa chance sur Dieu.\u2014 Paris, Editions France-Empire, 1961, 197 pp.Connaître la Bible: Michée, Sophonie, Joël, Nahoum, Habaqqouq.Textes français par Jean Steinmann.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1962, 117 pp.Donum Dei, Cahiers de la Conférence religieuse canadienne: Dimensions ecclésiales des états de perfection.Ottawa, 324 est, avenue Laurier, 1962, 119 pp.Drogat, Noël: Face à la faim.\u2014(Paris, Editions Spes, 1961, 235 pp.DUCHESNAY, E.-J.: Faune illustrée du Québec.\u2014Saint-Louis de Courville, P.Q., Les Editions Saint-Louis, 1961, 96 pp.Dupriez, Bernard: Fénelon et la Bible.Les origines du mysticisme fénelonien.\u2014 Paris, Bloud & Gay, 1961, 232 pp.Duval, Léon-Etienne: Messages de Paix 1955-1962.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1962, 232 pp.Gobry, Ivan: La Pauvreté du laïc.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 235 pp.GRELOT, P.: Le Couple humain dans l\u2019Ecriture.Lectio Divina, n° 31.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1961, 112 pp.Horneff, Joseph: Reverrons-nous le diacre de l\u2019Eglise primitive ?Traduction de Nicole Durieux, Rencontres 57.\u2014 Paris, Editions du Cerf.1960, 218 pp, LECLERCQ, Jacques: La Vocation religieuse.4e éd.revue et corrigée.\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 221 pp.Lefebvre, Dom Georges, moine de Ligugé: La Foi dans les Oeuvres.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1962, 155 pp.Lucques, Claire: La Nouvelle Pauvreté.\u2014 Tours, Maison Marne, 1961, 270 pp.MAERTENS, Dom Thierry: C\u2019est fête en l\u2019honneur de Jahvé.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 223 pp.Mosshamer, Ottilie: Prêtre et Femme.\u2014Paris, Editions Alsatia, 1961, 220 pp.Nitybodhananda, Swami: Queste du sacré.\u2014Paris, La Colombe, Editions du Vieux Colombier, 1962, 145 pp.Peghaire, J., et Poisson, A., des Pères du Saint-Esprit: Etre pauvre, pourquoi et comment ?\u2014 Montréal, Editions Fides, 1961, 206 pp.PRUCHE, Benoît, O.P.: Histoire de l\u2019Homme, mystère de Dieu, Une théologie pour les laïcs.\u2014 Montréal, Editions du Lévrier, 1961, 451 pp.TORRELL, Jean-Pierre, O.P.: La Théologie de l\u2019Episcopat au premier concile du Vatican.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 333 pp.Vinay, Jean-Paul, Daviault, Pierre, Alexander, Henry: Dictionnaire canadien, The Canadian Dictionary, Français-anglais, French-English, Montréal, 1962, 862 pp.SEMAINES SOCIALES DU CANADA (section française) XXXVIIIe session: L\u2019ÉDUCATION, PROBLÈME SOCIAL A Montréal, du 23 au 26 août 1962 tMjjESOsng h "]
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