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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1963-03, Collections de BAnQ.

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[" MARS 1963 Kl Wa Wa MONTREAL Le laïcisme Raymond BOURGAULT LÉfOIOMIE DE L'ENSEIGNEMENT Paul-Émile GINGRAS La grande pitié de nos minorités françaises Richard ARÈS La dépravation par le film ¦¦¦¦¦¦ Jacques COUSINEAU Qu'est-ce qu'un homme de droite ?¦ ¦ ¦ V/illie CHEVALIER 50( SOMMAIRE mars 1963 Éditoriaux.57 L\u2019O.N.U.au Congo.\u2014 Le premier devoir d\u2019un gouvernement est de gouverner.\u2014 La Shawinigan vs le peuple.Articles Le laïcisme.Raymond Bourgault 59 L\u2019économie de l\u2019enseignement .Paul-Émile Gingras 62 La grande pitié de nos minorités françaises.Richard Arès 65 Chroniques Au service du français : Noms à particule .\t.J.d\u2019Anjou 68 Le théâtre : Floraison de carnaval .Georges-Henri d\u2019Auteuil 69 Le cinéma : Endiguerons-nous la dépravation par le film?.Jacques Cousineau 71 Point de vue : Qu\u2019est-ce qu\u2019un homme de droite?.Willie Chevalier 75 Au fil du mois.77 Initiation religieuse au foyer.\u2014 La famille terrienne 1963: la famille Pierre Guinois.\u2014 Biculturalisme.\u2014 Semper Fidelis.\u2014 Deux pionniers sociaux nous quittent.\u2014 Quand on se penche sur des « moribonds ».Les livres.80 Notes bibliographiques.III Une mutuelle d*assurance intégrée à U économie du Canada français ?Une variété de plans d\u2019assurance modernes répondant à des besoins modernes ! L \u2019\tC O N O M I E MUTUELLE D\u2019ASSURANCE 41 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal - VI.5-3291 JOLIETTE - SAINT-JEAN - QUEBEC - SHERBROOKE - OTTAWA J\\elationA REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Irénée Desrochers.Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Georges-Henri d\u2019Auteuil, Émile Bouvier, Joseph Ledit.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Tirage : Clarence Dontigny.Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Robert Dumouchel du Service de Publications Seg, Limitée, 3305, rue Masson, Montréal-36, RAymond 5-2491.Lucien Laurendeau, C.P.642, Haute-Ville, Québec.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.CONSERVEZ J^elationâ Cartable en similicuir rouge avec titres or.Jeu de 12 cordes.au comptoir $2.50 par la poste $2.65 Reliure de votre collection 1962.Le lecteur fournissant sa collection : $3.00 Si nous fournissons la collection : $8.00 Ajouter $0.25 pour frais d\u2019expédition Ecrivez ou téléphonez 8100, boul.Saint-Laurent Montréal-11 DU.7-2541 XXIIIe année N° 267 Mars MONTRÉAL ÉDITORIAUX ISO.N.U.au Congo POUR LA TROISIÈME FOIS, et, finalement, avec succès, l\u2019O.N.U., à l\u2019aide de blonds Suédois, de noirs Éthiopiens, d\u2019indiens et d\u2019indonésiens, ces derniers, hier, conquérants à Goa et en Nouvelle-Guinée, a pris l\u2019initiative de brusquer les choses et de réduire le Katanga par la force.Les États-Unis ont fourni les armes et les munitions; des communiqués aussi, rédigés de telle manière qu\u2019on ne savait au juste s\u2019ils parlaient en leur nom propre ou au nom des Nations Unies.L\u2019opération ne s\u2019est pas soldée sans quelques « tragiques incidents », viols, profanations d\u2019églises, exactions, massacres de civils, aussitôt déplorés en termes convenables.« Manque de coordination », a dit le secrétariat général.Quoi qu\u2019il en soit de M.Tschombé dont on n\u2019a pas à admirer les roueries, et de l\u2019Union minière dont on ne saurait identifier les intérêts avec le sort de l\u2019Occident, il est bizarre, pour dire le moins, de voir une organisation dont le rôle est de promouvoir l\u2019arbitrage pacifique recourir à une solution de violence dans des conditions aussi ambiguës.Le précédent est posé: l\u2019O.N.U., à l\u2019appel d\u2019un État peut dépêcher des troupes pour réprimer une sécession ou imposer l\u2019unité nationale, qu\u2019on en veuille ou non.L\u2019opinion est loin d\u2019être unanime dans l\u2019allégresse.Au point où en sont les choses, le Congo est sous la tutelle déguisée de l\u2019O.N.U.dont les fonctionnaires n\u2019ont certes pas l\u2019expérience des Belges.On fait grand cas, il est vrai, d\u2019une réforme constitutionnelle de caractère fédératif.Mais qui nous fera croire que les députés de Léopoldville voudront d\u2019eux-mêmes rédiger une nouvelle constitution, et courir le risque de perdre, dans de nouvelles élections, les prébendes qu\u2019ils s\u2019accordent, trop grasses au dire de tous, sauf de la « bande de clowns » au Congo.Ces paroles sont dures, mais elles sont entre guillemets et appartiennent en propre à M.Thant, secrétaire général de l\u2019O.N.U., qui, lors de la crise de Cuba, s\u2019est montré beaucoup plus calme et digne devant les.deux Grands.Avec cela, si l\u2019on a prétexté, pour unir le Congo, les difficultés du Trésor congolais, on a glissé sur les embarras financiers de l\u2019O.N.U.elle-même.Il était plus facile, en effet, de faire plier le petit Katanga que les gros membres des Nations Unies qui refusent de verser leurs cotisations aux œuvres de paix.Certains s\u2019en réjouiront.Ils auraient tort.Malgré ses imperfections et ses fautes, l\u2019O.N.U.en tant que société internationale organisée s\u2019impose.S\u2019imposent aussi le courage et l\u2019intelligence de la ramener à sa vocation \u2014 fortement compromise \u2014 qui est de substituer aux rapports de force des rapports de droit, là, du moins, où c\u2019est possible.Le premier devoir d3un gouvernement est de gouverner TORSQU\u2019UN GOUVERNEMENT, au lieu de diriger ^ la marche de la collectivité confiée à ses soins, se laisse lui-même ballotter par le flots des événements et n\u2019arrive plus à se décider, il perd son utilité et n\u2019a plus qu\u2019à démissionner.Le premier devoir en effet d\u2019un gouvernement est de gouverner, c\u2019est-à-dire de conduire des hommes, de diriger un peuple vers des objectifs déterminés, de prendre en conséquence les décisions qui s\u2019imposent, quitte ensuite à soumettre sa politique au jugement du peuple.Tel a été le grand tort du troisième gouvernement Diefenbaker: il a occupé la place, il n\u2019a pas gouverné.Deux grands sujets ont particulièrement passionné l\u2019opinion publique en ces derniers temps: l\u2019attitude du Canada à l\u2019égard des armements nucléaires et la mise en question de la Confédération par les Canadiens français du Québec.Or, sur ces deux points, le gouvernement Diefenbaker n\u2019a jamais réussi à formuler une politique claire, cohérente et décisive.Et pourtant, nous avons besoin de savoir ce que le gouvernement MARS 1963 57 canadien entend faire en ces deux domaines d\u2019un intérêt vital pour tout le pays.Mais, plus M.Diefenbaker donne d\u2019explications et moins nous sommes renseignés sur la véritable politique qu\u2019il entend poursuivre.Le Canada fait partie de l\u2019OTAN et du NORAD, qui sont des organismes de sécurité collective.Jusqu\u2019à quel point notre pays possède-t-il encore, de ce fait, la liberté du choix des armes nécessaires à la défense commune?S\u2019il est lié par ses engagements antérieurs, jusqu\u2019à quel point envisage-t-il de s\u2019en libérer, de réétudier, par exemple, sa participation à l\u2019OTAN ?Peut-il, d\u2019un autre côté, se comporter actuellement comrqe s\u2019il ne faisait pas partie du continent nord-américain ?Si militairement, il ne le peut pas, politiquement est-il en mesure de faire cavalier seul ?Qui, en ce domaine des armes nucléaires et à l\u2019étape où nous en sommes, doit décider : les chefs militaires ou les chefs politiques, les fonctionnaires ou les gouvernants, Washington ou Ottawa ?Il faudrait que M.Diefenbaker s\u2019explique une fois pour toutes sur ce sujet.Sur la question de la remise à jour de la Confédération, sur le problème particulier de ce qu\u2019on a appelé d\u2019un mot affreux, mais commode, le « biculturalisme », M.Diefenbaker aurait pu présenter, du moins laisser entrevoir, une grande politique, une politique susceptible de redonner aux Canadiens français foi en la Confédération.Il s\u2019est contenté de se laisser arracher ici et là de petites et tardives concessions, qui ne résolvaient en rien le problème fondamental.Même la convocation, faite à la dernière minute, d\u2019une conférence fédérale-provinciale pour étudier le choix de nos emblèmes dits nationaux, est apparue à plusieurs comme un autre prétexte à l\u2019inaction en un domaine qui dépend exclusivement d\u2019Ottawa, comme une excuse de ne pas travailler davantage à la réalisation du bilinguisme dans les services fédéraux.Deux tentations guettent M.Diefenbaker au début de sa campagne électorale: faire ses élections sur le dos des Américains, les gagner sans le Québec.S\u2019il devait y succomber, surtout à la seconde, le chef conservateur aurait plus fait pour nuire à son parti et à la Confédération que tous les autres partis réunis-Le premier devoir d\u2019un gouvernement est de gouverner; son second est de le faire pour l\u2019ensemble du pays, pour le bien commun de tous les secteurs de la population, et non en s\u2019appuyant uniquement sur une section pour s\u2019assurer du pouvoir.Plus que tout autre pays, le Canada a besoin que ses gouvernants s\u2019acquittent intégralement de ce double et impérieux devoir.15 février 1963.La Shawinigan es le peuple T ES ADMINISTRATEURS de la Shawinigan Water ^ and Power, utilisant pour guider les calculs de leurs experts des critères qui fleurent le pire capitalisme, se plaignent de l\u2019offre, pourtant très généreuse, faite à leurs actionnaires par le gouvernement Lesage; ils protestent contre l\u2019injustice qu\u2019elle constituerait et réclament la possibilité de recourir aux tribunaux.Il est à voir si la majorité des actionnaires, du Québec, du Canada, des États-Unis ou d\u2019ailleurs, préférera les écouter que de recevoir immédiatement la somme offerte pour chacune de ses actions.Si une minorité seulement refuse la proposition, que ses membres soient traités comme ceux de la majorité, comme il arrive en toute organisation démocratique: politique ou économique.Si la majorité refusait, il resterait au premier ministre Lesage de s\u2019inspirer de la loi Godbout de 1944, en écartant cependant l\u2019ambiguïté qui la rendit maladroite et amena sa modification; les critères arrêtés par le gouvernement guideraient alors les tribunaux de façon claire et formelle.Ou enfin, il y aurait l\u2019application exclusive à la Shawinigan de la politique radicale, juste et efficace, que suggérait le Dr Philippe Hamel en janvier 1934; les bonnes idées sont toujours de mise (voir Relations, novembre 1962, p.313).Quoi qu\u2019il en soit, les administrateurs de la Shawinigan \u2014 une poignée d\u2019hommes \u2014 ont entrepris de résister à la volonté, déjà généreuse, du peuple québécois.L\u2019hon.Jean Lesage, qui veut un État fort au service de ce même peuple, ne saurait capituler.LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE Au cours de ces dernières décennies, une nouvelle méthode a été introduite.Cette méthode est appelée le dialogue œcuménique.En quoi consiste-t-elle ?Ce qui la caractérise, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019a pas seulement souci de la vérité, mais aussi de la manière selon laquelle la vérité est exposée pour qu\u2019elle puisse être exactement comprise par les autres.Les chrétiens des diverses dénominations s\u2019aident mutuellement pour que les uns et les autres puissent plus clairement et plus exactement comprendre la doctrine à laquelle ils adhèrent.Le dialogue œcuménique n\u2019est donc pas une délibération ou une négociation sur l\u2019établissement de l\u2019union, ce n\u2019est pas un projet d\u2019union, c\u2019est une tentative de conversation.C\u2019est, de chaque côté, un témoignage sur sa foi, un témoignage serein, objectif, lucide, psychologiquement adapté.Cette méthode nouvelle peut maintenant être adoptée dans notre Concile, selon le vouloir du Souverain Pontife.Nos exposés conciliaires auront un esprit œcuménique et pourront grandement favoriser le dialogue œcuménique, si nous employons des moyens vraiment capables de faire plus clairement comprendre aux non-catholiques comment l\u2019Eglise catholique voit et vit le mystère du Christ.Il faut éviter toute apparence d\u2019indifférentisme.Une exposition œcuménique doit fidèlement illustrer la doctrine catholique complète et intégrale sur un sujet déterminé.Comment, en effet, les non-catholiques pourraient-ils apprendre de nous ce qu\u2019enseigne le catholicisme, si nous exposons une doctrine mutilée, altérée, confuse ?On a dit, dans cette salle, que la manière œcuménique de s\u2019exprimer est opposée à une exposition intégrale de la vérité.Ceux qui le pensent semblent n\u2019avoir pas compris quelle est la nature du dialogue œcuménique.Ce dialogue n\u2019est pas institué pour que nous nous trompions les uns les autres.(Extrait de l'intervention faite au cours de la 22e Congrégation générale du Concile par S.Exc.Mgr de Smedt, évêque de Bruges, au nom du Secrétariat pour l\u2019union des chrétiens, le 19 novembre 1962.) 58 RELATIONS LAÏQUE, LAÏCITÉ, LAÏCISME, LAÏCAT\u2014 III LE LAÏCISME Raymond BOURGAULT, S.J.IL Y A UNE ESSENCE, une vérité et une valeur du laïcisme qui, si elles sont comprises par ses adversaires comme par ses partisans, rendront moins probables les simplifications, les préjugés et les dépréciations abusives.Essentiellement, le laïcisme est un mouvement qui tend à universaliser la culture rationnelle; sa vérité consiste dans son adéquation virtuelle à une réalité que la raison désire mieux comprendre; sa valeur s\u2019aperçoit dans le service qu\u2019il rend à la communauté en contribuant à corriger un aspect de son déséquilibre.Mais le laïcisme peut être infidèle à son essence, populariser l\u2019erreur et desservir des intérêts plus élevés.Telles sont les articulations maîtresses de cette analyse.La position adoptée n\u2019est que superficiellement paradoxale.Car, d\u2019une part, si l\u2019Eglise condamne le laïcisme, elle conserve un grand respect pour la raison laïque, et, d\u2019autre part, bien que le sens qui sera reconnu aux mots laïcisme et laïciser ne soit certifié ni par le lexique ni par l\u2019usage, il nous semble mieux correspondre à l\u2019idée que ces deux mots ont été contraints, dans des contextes polémiques, de convoyer d\u2019une façon violente qui en faussait l\u2019intention profonde.L\u2019essence du laïcisme Sachant que le mot « peuple », apparenté au grec polus qui signifie « nombreux », désigne la multitude, et que le mot laos désigne le corps d\u2019élite des défenseurs de la communauté, on peut dire que l\u2019essence du laïcisme est d\u2019être un mouvement qui tend à « laïciser » la culture, c\u2019est-à-dire à généraliser dans le peuple le mode de sentir, de penser et d\u2019agir qui était précédemment celui du laos.11 présuppose une différenciation de la société en classes supérieure et inférieure, et poursuit une intégration meilleure par la suppression des privilèges et la communication au plus grand nombre de la culture acquise par la classe jusque-là privilégiée.Il est ainsi contemporain de la démocratie et endosse comme elle les dépouilles de l\u2019antique noblesse.La distinction des sociétés en Sauvages, Barbares et Civilisées, proposée par certains préhistoriens, fera mieux comprendre le sens de ce mouvement.Les primitifs sont pacifiques, ayant assez à faire de lutter contre la nature: ils habitent la forêt (silva), et c\u2019est pourquoi on les appelle techniquement des Sauvages {silvaticï).De la masse diffuse et informe des petites peuplades de Sauvages, se détachèrent un jour, dans les steppes, des sociétés plus vastes et plus ambitieuses, plus mobiles aussi et dont la guerre fut le métier et l\u2019empire universel le rêve grandiose; en les appelant Barbares, on entend dire que l\u2019instinct de défense et de domination les porte à asservir d\u2019autres hommes, introduisant ainsi dans l\u2019histoire la distinction des peuples de maîtres et des peuples d\u2019esclaves.Mais les esclaves finirent par tourner leur servitude en maîtrise et par amener la classe supérieure des Barbares anoblis à tourner leur maîtrise en service: ainsi sont apparus les peuples Civilisés, de nouveau pacifiques et soucieux d\u2019unifier un plus grand nombre d\u2019hommes par le droit.Les Civilisés sont des habitants de la polis grecque et de la civitas romaine, et ils sont en principe adonnés à la Politique et à la Politesse, à la Civilisation et à la Civilité.L\u2019excellence physique et guerrière cède la place à l\u2019excellence intellectuelle et morale, pour laquelle tous peuvent rivaliser.Dans cette perspective, il apparaît que le laos, \u2014 le groupe primitif des hommes de guerre, \u2014 qui n\u2019avait été à l\u2019origine qu\u2019une mince portion de la société civilisée, est une dignité à laquelle tous désormais peuvent prétendre.La dynamique interne et le jeu dialectique des services rendus et des besoins réciproques amènent peu à peu tout le peuple à s\u2019élever au niveau du laos, et le laos à faciliter à tout le peuple cette promotion.Quand cette double tendance devient consciente et effective, le laïcisme devient lui-même un mouvement historique et facteur d\u2019histoire.Telle est l\u2019essence du laïcisme.La vérité du laïcisme Une essence n\u2019est ni vraie ni fausse: c\u2019est une idée, peut-être un idéal, pas nécessairement une réalité.Mais le laïcisme a une vérité.Car un mouvement comme celui-là se définit d\u2019abord par sa quête positive d\u2019un surcroît de raison et sa volonté de faire reculer les frontières de l\u2019irrationnel, et ensuite seulement par la négativité qui le porte à s\u2019en prendre aux institutions et aux structures témoins de l\u2019état de moindre rationalité de la société antérieure.La raison cherche à se désimpliquer du magma au creux duquel elle était auparavant confondue avec la nature, en même temps que freinée par les limites étroites des groupes humains adverses.L\u2019École, c\u2019est-à-dire l\u2019organisation internationale de la pensée créatrice et conservatrice, cherche à exister en prenant une forme distincte en face de l\u2019État et de l\u2019Église qui l\u2019ont devancée dans cette voie.Elle aspire à devenir une dimension organique et organisée de la conscience universelle ouverte sur tout le connaissable et le faisable.Et les hommes qui travaillent à élargir ainsi la conscience humaine, et dans la mesure où c\u2019est à cela qu\u2019ils travaillent, sont dans la vérité, et ce sont leurs adversaires qui sont dans l\u2019erreur et victimes du mensonge.Sur ceux-ci, le laïcisme se voit obligé de porter un jugement d\u2019inadéquation à tout un réel en puissance qui demande à naître.De sa nature, le mouvement n\u2019est pas antireligieux, ni antichrétien, ni anticlérical.Il attaque les religions établies, le christianisme et les clercs comme le reste: dans la mesure où ils lui paraissent faire obstacle à un élan qu\u2019il juge correctement orienté.Découvrant de vastes provinces du savoir encore inexplorées et que des gardiens de la vision du monde traditionnelle dédaignent, il se met en colère contre l\u2019obscurantisme.Par accident, il peut même penser MARS 1963 59 que les vérités nouvelles infirment les vérités anciennes.Mais cette erreur de fait n\u2019enlève rien à cette vérité de principe que la raison est une puissance de connaître qu\u2019aucun interdit ne peut museler.En cela réside la vérité du laïcisme.La valeur du laïcisme C\u2019est à cause de cela que le laïcisme est, historiquement parlant, une valeur.C\u2019est un produit de la faculté royale de l\u2019homme, la raison.Il faut donc le comprendre dialectiquement avant de le juger dogmatiquement.Car il contribue à rééquilibrer une société où, par suite de circonstances historiques dont aucun contemporain n\u2019est personnellement responsable plus que d\u2019autres, des déséquilibres sont institués et menacent de s\u2019éterniser.Car, on peut, contre la religion, pécher par excès autant que par défaut.La superstition n\u2019est pas une vertu.Le surnaturalisme est la tentation d\u2019une société sacrale, et il n\u2019est pas plus sain que le naturalisme, qui est la tentation d\u2019une société profane.L\u2019excès de religiosité implique une dépréciation indue du profane, dont un petit nombre seulement éprouve tout d\u2019abord l\u2019injustice, mais qui finit par peser sur les épaules du grand nombre et par être généralement sentie comme intolérable.Et la réaction en sens contraire, prévisible, ne charrie pas que du mauvais dans ses flots tumultueux.Car la révélation elle-même a besoin que la raison se conforme à ses propres principes et ne donne son assentiment qu\u2019à l\u2019évidence rationnelle, lorsqu\u2019elle a saisi que toutes les conditions nécessaires à une affirmation sont remplies.Et, comme il faut constamment reviser la présentation de la foi pour éviter que les formules se vident de substance, reconnaissons que c\u2019est la raison critique dedans la foi qui joue ce rôle.L\u2019éveil de la raison critique chez nous est donc un signe de vitalité et une promesse de renouvellement.La collusion d\u2019une foi unanime et d\u2019un état national unilinguistique est probablement un accident de l\u2019histoire et ne saurait être prise pour norme.On peut être fidèle à la devise que d\u2019autres ont frappée pour nous, Je me souviens, sans se sentir obligé de canoniser une situation de fait dont certains éléments sont périmés.Or la possibilité de n\u2019être pas astreint à l\u2019enseignement catholique est un droit strict de la personne, et un catholique a, plus que d\u2019autres, le devoir de le respecter.Il y a des moments où presque personne ne songe à se réclamer de ce droit, parce que le très grand nombre éprouve le bienfait de l\u2019unanimité nationale et religieuse.Mais à notre époque, le laïcisme qui revendique ce droit contribue à la promotion d\u2019un laos pacifique où chacun aura la possibilité de suivre les dictamens de sa raison, sans être rendu agressif par l\u2019obligation où il est mis d\u2019adhérer fût-ce à ce qu\u2019un croyant est bien obligé de considérer comme la seule doctrine qui, non seulement enseigne la liberté de la foi, mais aussi donne le moyen d\u2019être réellement libre.Infidèle à son essence Ce laïcisme-là est un idéal, et il est aussi difficile pour les laïcistes de bien laïciser que pour les bons chrétiens de bien christianiser.Le laïcisme est infidèle à son essence, premièrement, quand il ne « laïcise » pas et, secondement, quand il ne laïcise pas tout ce qu\u2019il y a à laïciser.Laïciser, c\u2019est généraliser dans le peuple le mode d\u2019être et d\u2019agir du 60 laos, ne pas laïciser c\u2019est, pour 1\u2019 « élite », la classe favorisée, garder pour soi les avantages de sa culture et de sa civilisation, en jouir égoïstement, se constituer en aristocratie fermée et hautaine, abandonner le grand nombre à sa misère, utiliser la religion établie pour maintenir dans le peuple le sens de la «justice ».Mais une supériorité n\u2019est jamais concédée qu\u2019en vue d\u2019un plus haut service.Or les supériorités et infériorités qui existaient en Occident depuis des siècles sont bien près d\u2019être nivelées, et le problème vient de se déplacer: c\u2019est l\u2019Occident comme un tout qui est sociologiquement supérieur au Tiers-Monde et moralement obligé de partager avec lui les biens dont il a le dépôt.Nous avons le devoir de « laïciser » le peuple immense de la terre que son retard économique infériorise.Si nous y manquons, nous nous enfermons dans une morale close, égoïste et pharisaïquement repliée sur sa «justice».Le laïcisme qui ne travaillerait pas avant tout à cela serait un témoin du passé et non un ferment d\u2019avenir, il manquerait le tournant, croyant être en avance.Il penserait encore selon les idéaux d\u2019un Occident maître du monde colonialisé et en même temps divisé en nations rivales et en classes ennemies, \u2014 Clergé, Noblesse, Tiers-État, Peuple, \u2014 dont il y aurait lieu de faire triompher l\u2019une sur l\u2019autre.Ce n\u2019est pas l\u2019Église qu\u2019il faut combattre, c\u2019est l\u2019École qu\u2019il faut libérer en passionnant les masses pour la Vérité, \u2014 fût-ce contre l\u2019État totalitaire ou politico-militaire et contre certaines gens d\u2019Église.Le laïcisme vulgaire s\u2019attarde à des querelles vaines et académiques.Et il est à craindre qu\u2019il n\u2019ait pas souci de laïciser tout ce qu\u2019il y a à laïciser.Ce qu\u2019il faut généraliser dans le peuple de la civilisation planétaire, c\u2019est tout l\u2019ensemble des valeurs cultivées par le laos, et non seulement le secteur limité par où la raison revendique son autonomie en face d\u2019une source supérieure de vérité.Or le laos est un corps d\u2019élite d\u2019hommes qui croient que la communauté humaine a le devoir de durer et de progresser, et que ce devoir sacré lui est intimé par une Autorité qui embrasse dans son amour non seulement les vivants mais aussi les morts, non seulement ceux qui profitent ou profiteront d\u2019un meilleur standard de vie ici-bas, mais encore ceux qui souffrent pour la justice et ont souffert autrefois.Le laos antique prenait sur lui d\u2019assurer la continuité avec la Patrie, les Pères et la Paternité.Cette foi vive et vivifiante est ce qu\u2019il y a de meilleur dans le laos, dans la classe privilégiée de l\u2019humanité présente, et ne pas la transmettre est une infidélité à l\u2019essence du laïcisme.Les guerres pour lesquelles le laos antique partait en campagne étaient des guerres sacrées, où le Dieu de vérité combattait avec ses gens d\u2019armes contre les idoles de mensonge.Des guerres laïques contre la religion lieraient un nœud de contradictions au cœur du laos, lequel alors, tôt ou tard, sombrerait dans la masse gyrovague qu\u2019aucun absolu n\u2019élève assez au dessus des autres pour lui donner le moyen de redescendre avec des richesses que les autres n\u2019auraient pas.Insensible à Terreur Dans les universités, les instituts de recherche, qui sont les hauts lieux où s\u2019exerce la combativité sublimée des modernes, Dieu est présent comme la vérité cachée dont le foyer attire les intelligences, ou à la façon dont un aimant invisible oriente la limaille éparse et donne sa structure au champ de forces qui gravitent autour de lui.On ne le voit RELATIONS pas, mais sans Lui, les hommes ne seraient pas si amoureusement tendus vers la parcelle de vérité, \u2014 la précision d\u2019une décimale, \u2014 pour laquelle ils peinent pendant des années.Il n\u2019est pas besoin qu\u2019on parle beaucoup de Lui, dans le discours; c\u2019est assez qu\u2019on en parle en actes par cette tension au-delà des apparences.Les hommes de science ont la pudeur de leurs sentiments, et, pour tout dire, comme l\u2019avait vu Nietzsche, de la foi qui les meut.Mais s\u2019ils ne croyaient pas tant qu\u2019au fond le réel est intégralement pensable, où trouveraient-ils la force et l\u2019élan pour traverser les longs marais où, si longtemps parfois, leurs recherches s\u2019enlisent dans l\u2019impensable ?L\u2019université n\u2019a donc pas à être un sanctuaire où s\u2019étalent les professions de foi expresses.Mais il n\u2019en est pas de même aux niveaux inférieurs de l\u2019École, et ici le laïcisme peut manquer de clairvoyance et accorder une prime à l\u2019erreur.L\u2019enfant et l\u2019adolescent, parce qu\u2019ils sont faibles et n\u2019ont que rarement, \u2014 dans leurs rêves et leurs jeux, \u2014 le sentiment d\u2019une possible toute-puissance personnelle, sont spontanément métaphysiciens et religieux.Ils se posent constamment les questions fondamentales et ultimes, et avec un sérieux qui montre bien qu\u2019elles sont vitales pour eux.C\u2019est de confiance dans la réalité totale que les jeunes ont besoin, quand ils ont commencé à goûter de l\u2019arbre de la connaissance à cause de cette faim qu\u2019ils ont de l\u2019arbre de vie.Ils ont besoin qu\u2019une réponse soit donnée à leurs questions.Il est apaisant et stimulant à la fois pour les jeunes de savoir que, aux yeux de ceux sur qui ils appuient leur faiblesse, il y a quelque part une Connaissance, une Puissance, un Amour parfaits, une Durée sans fin, une Fidélité sans défaillance, et que tout cela a un Nom qui est au dessus de tout nom qui se puisse nommer au ciel et sur la terre.Si on leur refuse cet aliment de l'intelligence, on les infantilise, on les frustre de ce qui est le plus capable de les faire grandir à la hauteur du monde d'aujourd\u2019hui et de les sécuriser.Le monde moderne, qui tend à être de plus en plus athée à mesure qu\u2019il se fait plus technique, est profondément névrosé et névrotisant: c\u2019est en le dominant par un regard qui le voit comme Dieu le contemple et le veut, qu\u2019on surmonte l\u2019angoisse de n\u2019en être apparemment qu\u2019une partie fragile, fugace et éphémère dans un canton détourné de la nature.Il est certain que, mal présentée, l\u2019idée de Dieu et des fins dernières peut être traumatisante.Mais pense-t-on que l\u2019idée que peut-être il n\u2019y a pas de Dieu n\u2019est pas génératrice de névroses ?On sait que Jung s\u2019était spécialisé dans le traitement des hommes d\u2019affaires qui, après avoir vécu comme si Dieu n\u2019existait pas, tombent subitement, au milieu de la vie, dans de profonds états dépressifs.Leur psychisme était tronqué, et la pyramide de leur conscience, coupée à mi-hauteur, ne pointait plus vers son soleil.L\u2019idée de Dieu, l\u2019attention à sa présence, est rentable, et l\u2019économie de la psyché ne peut s\u2019en passer longtemps.Mais beaucoup d\u2019adultes ont, en cela et de nos jours surtout, plus d\u2019illusions que les jeunes, ayant davantage par l\u2019expérience et la technique, le sentiment de leur compétence.Ils pensent avoir assez domestiqué la nature pour ne plus dépendre de quelqu\u2019un d\u2019autre qui l\u2019aurait faite.Ils prennent tout pour accordé et ne se posent pas les questions fondamentales.S\u2019ils sont longtemps sans être frappés par la maladie ou l\u2019infortune, leur attention se limite au champ étroit de leurs intérêts et de leurs succès, ils ne retiennent de leur passé que le peu qu\u2019ils doivent à leur initiative individuelle, et ils restent inattentifs à l\u2019innombrable enchaînement de circonstances favorables indépendantes de leur volonté qui ont fait qu\u2019ils sont ce qu\u2019ils sont, \u2014 pour quelque temps encore, \u2014 et ils évitent de prévoir l\u2019avenir.L\u2019instinct métaphysique est en sommeil.Et s\u2019ils s\u2019en trouvent bien et si leur agressivité mal contrôlée les incline à tenter de justifier leur attitude en la généralisant, alors ils veulent que leurs enfants soient comme eux, libérés de toute inquiétude religieuse, de tout sentiment de culpabilité, et que les enfants des autres soient pareillement « libérés ».Ils cherchent à généraliser dans le peuple non pas ce qu\u2019il y avait de noble dans le laos antique, \u2014 le dévouement jusqu\u2019à la mort au bien de la communauté humaine, \u2014 mais la composante la plus triviale, l\u2019individualisme jouisseur et barbare.Insouciant des valeurs supérieures On comprend alors pourquoi le laïcisme vulgaire, inconscient de sa propre visée, soit si étriqué et si superficiel.Sa conscience est sans épaisseur, il ne se doute pas que l\u2019homme passe l\u2019homme et que notre condition existentielle est plus chargée de densité ontologique que la définition formelle de l\u2019homme comme animal raisonnable ne le laisse supposer.Au lieu de travailler à favoriser l\u2019humanisme intégral et le plein épanouissement de la raison, \u2014 dont l\u2019objet adéquat, la totalité de l\u2019être, donne son sens et sa profondeur à l\u2019objet proportionné, qui est la connaissance du monde sensible, \u2014 il décrète que la raison ne dépassera pas telles limites, qu\u2019il y a des questions qu\u2019on cessera de se poser et qu\u2019on interdira de poser aux enfants et aux adolescents.Il devient ainsi, contre son intention profonde, plus retardataire que ceux à qui il reproche de l\u2019être.S\u2019il découvrait son essence, sa vérité, sa valeur, il décuplerait le fruit de son action.L\u2019École, pour laquelle il combat, est intermédiaire entre l\u2019État mondial et l\u2019Église catholique, entre l\u2019organisation de la Nature et l\u2019organisme de l\u2019Esprit.Nous sommes à une époque où il faut exploiter à fond toutes les potentialités du réel: de la nature, de la raison et de l\u2019esprit.Si le laïcisme prenait conscience de ses obligations vis-à-vis de la raison en même temps que de l\u2019existence à côté de lui de sociétés qui ont des obligations complémentaires, il s\u2019apercevrait qu\u2019il n\u2019a pas de plus fidèle alliée que l\u2019Église de Jésus-Christ.Qu\u2019il cesse de perdre son temps à lutter petitement contre le cléricalisme, \u2014 que tous les hommes sensés réprouvent.Qu\u2019il se mette à chercher la vérité passionnément, comme les enfants, et la fin du cléricalisme lui sera donnée par surcroît.S\u2019il redécouvre la charité et recommence à aimer les autres, \u2014 même les clercs! \u2014 comme lui-même, il contribuera puissamment à délivrer dans notre milieu les puissances d\u2019émerveillement qui font progresser la connaissance et la liberté.Mais peut-être, en fait, le laïcisme est-il incapable d\u2019être fidèle à son essence?Peut-être est-ce le laïcat qui est la riposte au défi du monde moderne ?Peut-être le laos n\u2019est-il au dessus du peuple et ne descend-il vers lui par l'École où se communique le Verbe, que parce que Dieu est au dessus du laos et descend vers lui dans l\u2019Église de son Fils où se communique l\u2019Esprit?C\u2019est ce qu\u2019on tâchera de mieux saisir dans un prochain article.MARS 1963 61 L'ECONOMIE DE L'ENSEIGNEMENT Paul-Emile GINGRAS directeur des études au Collège Jean-de-Brébeuf 1ES ASPECTS ÉCONOMIQUES DE L\u2019ENSEIGNEMENT font, depuis une dizaine d\u2019années, l\u2019objet ¦J d\u2019importantes recherches.La dernière livraison de la Revue internationale des sciences sociales (vol.XIY, n° 4, 1962) groupe les points de vue des spécialistes et nous permet de saisir la dimension du problème.John Vaizey, d\u2019autre part, dans son récent ouvrage sur l\u2019économie de l\u2019enseignement *, recense une centaine d\u2019études sur le sujet.Nous inspirant de ces sources, nous croyons important d\u2019attirer l\u2019attention du lecteur sur cet aspect du problème moderne de l\u2019enseignement.Cet article fait suite à la conférence magistrale que M.Jean Lacroix prononçait à la Semaine sociale de Montréal, en août dernier, et dont Relations publiait un extrait dans sa livraison de décembre, sous le titre: « Économie et Éducation ».Les recherches sur l\u2019économie de l\u2019enseignement s\u2019effectuent sous les auspices d\u2019institutions intéressées au développement économique: départements de sciences économiques de grandes universités, telles Harvard ou Chicago; instituts nationaux de statistiques et de recherches économiques, en particulier ceux de France, de l\u2019U.R.S.S., du Royaume-Uni et des États-Unis; associations internationales de recherches en sciences sociales, économiques; conférences de l\u2019Unesco; 1960, Karachi-Asie; 1961, Addis-Abéba-Afrique tropicale; 1962, Santiago-Amérique latine.Parmi les principaux spécialistes figurent, aux États-Unis, Becker, Benson, Bowman, Miller, Schultz; au Royaume-Uni, Clark, Harris, Lewis, Vaizey; en France, Debeauvais, Fourastié, Perroux, Sauvy; en Russie soviétique, Strou-miline; en Suède, Aukrust.Il ne paraît pas que les universitaires et économistes canadiens aient encore apporté de contribution remarquable à ces travaux.Venus tard aux problèmes de l\u2019enseignement et de la planification économique, nos études demeurent des approches marginales.Eveil au Canada Si nous analysons les facteurs qui expliquent l\u2019intérêt accru du Canada pour l\u2019enseignement, les aspects économiques ne paraissent pas au premier plan.La Commission Tremblay, la Conférence canadienne sur la statistique, la Conférence canadienne sur l\u2019éducation nous parlent davantage de la situation démographique et de la démocratisation de l\u2019enseignement.Les discussions qui ont entouré la création du Conseil des Arts du Canada, les subventions aux universités, la.législation scolaire de la province de Québec, en 1961, se réfèrent d\u2019abord à ces facteurs.La marée montante des inscriptions, l\u2019augmentation brutale du coût de l\u2019enseignement, le droit pour tous d\u2019accéder à l\u2019instruction, 1.\tJohn Vaizey, « A Select Bibliography of the Economies of Education », The Economies of Education, Faber and Faber, London, 1962, p.154-162.ne sont pas des éléments négligeables: ils demeurent cependant en deçà du rôle économique de l\u2019enseignement.Il serait cependant injuste d\u2019affirmer que nous ayons complètement ignoré certains des aspects économiques de l\u2019éducation.La politique fédérale en matière d\u2019enseignement (Conseil des Arts, Conférence sur la Statistique, subventions aux universités, subventions de recherches, subventions à l\u2019enseignement technique et professionnel, Conférence canadienne sur l\u2019Éducation, Fondation canadienne des Universités) n\u2019est pas sans liens avec la politique économique et la défense du Canada.Pareils intérêts étaient sentis, lorsque les ministres du Commerce, du Travail et de la Défense se joignaient aux principaux industriels du pays pour tenir, en 1956, à Saint-André-sur-Mer, la Conférence sur nos besoins en personnel scientifique et technique.Nous devons considérer, disait alors le président de la Conférence, James S.Duncan, trois faits: a) la révolution scientifique et technologique des dernières décennies; b) le défi de l\u2019U.R.S.S.à l\u2019Amérique du Nord dans cette révolution; c) notre propre expansion économique et industrielle.Selon moi, nous sommes en train de perdre la guerre froide, à moins de prendre des mesures drastiques, dont une est le développement de l\u2019enseignement 2 3.Par la suite, la Fondation de l\u2019Industrie pour l\u2019Éducation n\u2019a cessé, dans son rapport annuel The Case for Corporate Giving to Higher Education, de faire valoir les raisons d\u2019ordre économique de contribuer au développement de l\u2019enseignement.Si le Canada, lit-on dans le rapport du 15 décembre 1957, veut seulement tenir son rang parmi les nations industrielles du monde, il doit accélérer substantiellement le rythme de la production de personnel qualifié.L\u2019enseignement scientifique et technique est la clé maîtresse du progrès économique et industriel.3.Pareille motivation pourrait être retracée dans les études de la Commission royale d\u2019enquête sur les perspectives économiques du Canada, dans les rapports annuels des présidents des universités canadiennes ou les bulletins des banques et des grandes entreprises industrielles.L\u2019individu, l\u2019industriel, le gouvernant prennent progressivement conscience du fait que les progrès scientifique, technique, économique exigent le développement de l\u2019enseignement.Le Bureau fédéral de la Statistique vient d\u2019ailleurs de publier (mai 1962, Statistique provisoire de Venseignement) quelques données qui confirment le rapport entre l\u2019instruction et le revenu individuel.L\u2019échantillon, constitué de 12,000 personnes, permet une répartition procentuelle par catégorie de revenu suivant le degré d\u2019instruction.La tendance du revenu à monter avec le degré d\u2019instruction est positive; le revenu maximum est vite atteint par ceux dont 2.\tNational Conference of Engineering, Scientific and Technical Manpower, Conference Proceedings, p.4.3.\tIndustrial Foundation on Education, The Case for Corporate Giving to Higher Education, Toronto, December 15, 1957, p.1-2.62 RELATIONS l\u2019instruction n\u2019a pas été poussée, tandis que chez ceux qui ont beaucoup étudié, il tend à s\u2019accroître pratiquement jusqu\u2019à la retraite.Le revenu moyen des hommes, en 1959, haussait comme suit: aucune scolarité, $1,648; école élémentaire incomplète, $2,495; école élémentaire complète, $3,266; école secondaire incomplète, $3,723; école secondaire complète, $4,638; grade universitaire, $7,046.On peut dès lors imaginer ce que signifie pour le revenu national une hausse collective du niveau d\u2019instruction.Le tableau suivant indique le revenu moyen des hommes, en 1959, selon leur groupe d\u2019âge et leur niveau d\u2019instruction: \tÉcole primaire\tÉcole secondaire\tUniversité \tseulement\t(une ou plusieurs\t{une ou plusieurs \t\tannées)\tannées) \t$\t$\t$ 29 ans et moins\t2,270\t2,770\t3,495 30-39\t3,611\t4,647\t6,658 40-49\t3,616\t5,212\t6,810 50-64\t3,450\t4/756\tJ 7,705 65 ans et plus\t2,965\t4,104\t Il appert donc que les hommes n\u2019ayant que l\u2019instruction élémentaire atteignent leur capacité maximum de gagner plus tôt que ceux qui ont plus d\u2019instruction.Us l\u2019atteignent entre 30 et 50 ans; tandis que les hommes qui ont une formation universitaire voient leur revenu continuer à croître même après la cinquantaine.Vers le secteur tertiaire A ces approches économiques s\u2019ajoute le fait que, même sans études scientifiques qui l\u2019établiraient fermement, les Canadiens prennent conscience de l\u2019interdépendance de l\u2019instruction et des activités humaines.L\u2019employeur exige toujours plus d\u2019instruction de ses employés; la qualification et la spécialisation leur obtiennent de meilleurs salaires; la main-d\u2019œuvre illettrée connaît le chômage; l\u2019offre de travail déborde la production de diplômés universitaires; les fermes sont désertées: ces indices, et cent autres, font secrètement comprendre l\u2019évolution du travail de l\u2019homme et les exigences croissantes de l\u2019instruction.Quelques-uns, comme le Père P.Angers, constatent le transfert de la population active de l\u2019agriculture vers le tertiaire: Le secteur primaire (agriculture, chasse et pêche) ne cesse de décroître sous l\u2019impulsion du progrès technique.Dans les pays industrialisés, le secteur secondaire (mines, industrie, construction, artisanat) s\u2019est mis à augmenter depuis le début du xixe siècle, puis il a atteint un point de saturation.Dans les mêmes pays, le secteur tertiaire (commerce, administration publique et privée, publicité, professions libérales, carrières de l\u2019enseignement, de la recherche, des beaux-arts) s\u2019accroît progressivement et sans interruption depuis cent ans.Cette migration vers le tertiaire est l\u2019une des tendances les plus significatives: elle dénote l\u2019intellectualisation progressive du travail et de la vie humaine.Car les activités tertiaires sont par excellence des activités de type intellectuel: elles exigent toujours une formation supérieure 4.4.\tPierre Angers, S.J., U Enseignement et la société d'aujourd'hui, Editions Sainte-Marie, Montréal, 1961, p.21.Id., L'Explosion scolaire, Annexe I au Mémoire de la Commission universitaire de la Compagnie de Jésus à la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement, passim.MARS 1963 Et de fait les statistiques de la France et des États-Unis confirment ce jugement: Évolution des activités économiques sous Finfluence du progrès technique États- Unis\tActivités primaires\tActivités secondaires\tActivités tertiaires 1820\t73\t12\t15 1850\t65\t17\t18 1900\t37\t29\t34 1920\t27\t33\t40 1940\t19\t31\t50 1950\t13\t31\t56 France\t\t\t 1856\t53\t\t\t\t 1901\t42\t30\t28 1921\t42\t32\t26 1936\t36\t33\t31 1954\t32\t33\t35 1965 (prév.)\t21\t39\t40 Telles sont les proportions par 100 personnes employées au total à chaque époque 5.Et ces nombres, commente Fourastié, marquent « la tendance de chaque activité à requérir un personnel plus qualifié ».Or, être qualifié, ce n\u2019est pas seulement être spécialisé, mais être apte à apprendre, apte à suivre les progrès de la connaissance.Cette qualification ne peut s\u2019acquérir que dans des établissements d\u2019enseignement, et non plus d\u2019apprentissage.L/enseignement : un investissement Enfin, le terme « investissement », appliqué aux dépenses faites pour l\u2019enseignement, est entré tout récemment dans notre vocabulaire canadien.Et c\u2019est ici que nous rejoignons véritablement l\u2019aspect économique le plus important de l\u2019enseignement.C\u2019est ici que nous désirerions voir au travail nos économistes canadiens.C\u2019est ici, en effet, que la recherche mondiale sur les aspects économiques de l\u2019éducation se situe: les crédits à l\u2019enseignement, s\u2019ils peuvent être demandés en fonction des objectifs économiques d\u2019une nation, ne sont plus des dépenses, mais des investissements.Becker et Schultz, aux États-Unis 6, et Stroumiline, en Russie soviétique7, montrent qu\u2019il existe des différences considérables entre les possibilités de gain des personnes instruites et celles des personnes non instruites, et que ces différences correspondent à des différences effectives de productivité.Les spécialistes américains ont fait naître le slogan international: « Quelqu\u2019un qui a fait des études 5.\tCité par Jean Fourastié, Encyclopédie pratique de l'éducation en France, « Développement économique et monde de demain », IPN, Paris, 1960, p.1167.6.\tTheodore W.Schultz, «Investment in man: an economist\u2019s view », dans The Social Service Review, Université de Chicago, vol.33, juin 1959, pp.109-118.7.\tStanislav Stroumiline, « Aspect économique de l'enseignement en U.R.S.S.», dans Revue internationale des Sciences sociales, Unesco, vol.XIV, n° 4, 1962, pp.682-696.63 supérieures vaut 100,000 dollars de plus » (on dit maintenant 250,000 dollars).Ils ont établi que l\u2019investissement pour l\u2019enseignement dans le facteur humain de l\u2019économie rapporte 14.8%, compte tenu des frais d\u2019étude et du manque à gagner durant les études, comparativement aux 8.3% que rapporte l\u2019investissement de capital physique.De son côté, Stroumiline constate que l\u2019enseignement a rapidement accru la productivité en U.R.S.S.La science et la technique déterminent la productivité du travail, mais, pour cela, les connaissances scientifiques doivent être largement diffusées et « cette diffusion suppose d\u2019importants investissements dans l\u2019enseignement scolaire et l\u2019éducation populaire.La technique la plus perfectionnée est stérile tant qu\u2019elle n\u2019a pas été assimilée par les travailleurs.» Un travailleur illettré augmente sa productivité par l\u2019apprentissage de 12% à 16% par an, mais par une année d\u2019études primaires il l\u2019augmente de 30%.Quatre années d\u2019études primaires donnent un rendement et un salaire supérieurs de 79% à ceux d\u2019un ouvrier sans instruction; après sept années d\u2019études, la qualification dépasse de 235% le niveau le plus bas; l\u2019amélioration peut atteindre 280% et 320% après neuf ou treize années.Les crédits nécessaires à l\u2019extension de l\u2019enseignement primaire représentaient pour la Russie, en 1924, quelque 1,622 millions de roubles: cinq ans plus tard, l\u2019accroissement du revenu national attribuable à l\u2019augmentation de la productivité du travailleur instruit représentait plus de 2 milliards de roubles; aujourd\u2019hui, après 35 ou 40 ans de vie active, cet investissement aura valu au pays 69 milliards de roubles.D\u2019où l\u2019effort gigantesque de scolarisation du peuple soviétique: de 1939 à 1959,\tle nombre des personnes ayant fait des études secondaires ou supérieures s\u2019est accru de 270%.Au 1er décembre 1960,\til y avait en Union soviétique, plus de 1,115,000 ingénieurs et plus de 1,930,000 techniciens diplômés, soit plus de 3,000,000 de cadres techniques.Pendant que les États-Unis produisaient, ces dernières années, quelque 38,000 ingénieurs par an, l\u2019U.R.S.S.en formait plus de 120,000.L\u2019U.R.S.S.estime encore qu\u2019un diplômé de l\u2019enseignement supérieur équivaut à deux travailleurs ayant fait des études primaires.Stroumiline affirme enfin: « l\u2019accroissement du revenu national résultant de l\u2019enseignement supérieur ou secondaire a plus que sextuplé, que le revenu net, déduction faite des dépenses courantes, a décuplé ».Ces faits ont été vérifiés en de nombreux pays, aussi bien industrialisés que sous-développés 8.La reconstruction de l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest est l\u2019exemple classique.Après la guerre, 6 millions de personnes en âge d\u2019activité sont refoulés dans un territoire réduit.Aucun capital.L\u2019on appréhende qu\u2019elles s\u2019ajoutent aux quatre millions de chômeurs d\u2019avant Hitler.Pourtant ces millions d\u2019arrivants sont intégrés.La population active a passé de 19 millions en 1939 à 26 millions en 1959.Le revenu national a rejoint le niveau moyen occidental.L\u2019explication: ces hommes sans capitaux apportaient leur savoir, leur qualification.Ingénieurs, techniciens, médecins, cadres, dans une proportion 8.Alfred Sauvy, La Montée des jeunes, Calmann-Lévy, Paris, 1959.Id., Encyclopédie pratique de V Éducation en France, « La situation démographique et le développement économique », 1PN, Paris, 1960, pp.1159-1160.suffisante, ils ont travaillé et ont reconstitué les capitaux.Si ces millions de personnes avaient été des illettrés, l'Allemagne compterait aujourd\u2019hui des millions de chômeurs.Les spécialistes citent encore le succès de la colonie brésilienne Holambra, dû à la présence d\u2019un économiste, d'un agronome et d\u2019un directeur de coopérative; l\u2019exemple de la Norvège, qui, faute d\u2019investissements de capital humain, n\u2019a pas eu le rendement qu\u2019elle attendait de ses investissements de capitaux et d\u2019équipement.Pour Debeauvais, le facteur et l\u2019objectif essentiels du développement économique sont la mise en valeur des ressources humaines.Il est possible, dit-il, de mesurer le stock de capital humain par les années d\u2019études, de calculer son coût de formation, de mesurer l\u2019accroissement de productivité qui est dû à son accroissement; son amortissement peut être représenté par le montant des dépenses de formation nécessaires pour renouveler le stock de main-d\u2019œuvre; on peut ainsi assimiler l\u2019investissement dans la formation à l\u2019investissement matériel, en préciser le volume et la nature en fonction d\u2019un développement économique9.Et cela sans réduire l\u2019homme à la condition de la machine, mais en le gardant comme but final et objet même de l\u2019économie.Il s\u2019agit en somme de prendre conscience d\u2019une dimension jusqu\u2019ici négligée dans l\u2019équation de base de l\u2019économie: le facteur humain.L\u2019ancienne économie prenait pour acquis que le produit était la résultante des capitaux et de la main-d\u2019œuvre, d\u2019une main-d\u2019œuvre évaluée simplement en unités de travailleurs ou d\u2019heures de travail.De son côté, l\u2019enseignement visait à développer les aptitudes intellectuelles et morales de l\u2019individu, lui laissant le soin de s\u2019intégrer au monde du travail.De leur côté, les sciences humaines étudiaient, en eux-mêmes et quasi pour eux-mêmes, les comportements individuels et sociaux.En somme, aujourd\u2019hui les catégories mêmes sont remises en question.La recherche économique a montré que les facteurs classiques de la production n\u2019expliquent qu\u2019en partie, de 30% à 60%, la croissance économique.Il existe d\u2019autres facteurs, des variables significatives, dont l\u2019étude a mené au « capital humain », au capital social.La santé, le bien-être social, l\u2019organisation de l\u2019entreprise, la planification, l\u2019enseignement sont précisément de ces facteurs qui font varier le rendement du capital physique et du travail.Parmi tous ces facteurs, la qualification du travailleur par l\u2019enseignement semble le facteur décisif du progrès économique.A tel point que les économistes concluent qu\u2019un pays sous-instruit est un pays sous-développé.L\u2019économiste jugera peut-être simpliste cette façon de poser le problème.11 n\u2019appartient pas à l\u2019éducateur d\u2019entreprendre la recherche sur la corrélation qui existe entre l\u2019économie et l\u2019éducation.Qu\u2019il lui soit du moins permis de souhaiter que des Canadiens français, face à nos problèmes d\u2019enseignement, entrent dans ce courant occidental de recherche.Us faciliteraient singulièrement la tâche à nos législateurs appelés à voter de lourds crédits en faveur de l\u2019enseignement et concourraient à bien orienter ces investissements.Peut-être, du même coup, écarteraient-ils les faux problèmes d\u2019éducation que les organes d\u2019information, faute de telles études, maintiennent devant l\u2019opinion publique.9.M.Debeauvais, « La notion de capital humain », dans la Revue internationale des sciences sociales, Unesco, Paris, vol.XIV, n° 4, p.726.64 RELATIONS LA GRANDE PITIE DE NOS MINORITES FRANÇAISES Richard ARÈS, S.J.LUN DES ARGUMENTS qu\u2019on évoque le plus souvent pour motiver l\u2019attitude pour le moins réticente des Canadiens français à l\u2019égard de la Confédération canadienne est le triste lot des minorités françaises hors du Québec.Théoriquement ou idéalement, ces minorités auraient dû recevoir, dans chacune de leur province respective, le même traitement qu\u2019a toujours reçu la minorité anglaise dans le Québec, c\u2019est-à-dire un traitement qui leur aurait permis de s\u2019organiser pour préserver leur culture et croître en nombre et en rayonnement.En pratique, leurs conditions d\u2019existence se sont révélées tout autres.Je n\u2019ai pas ici à en rechercher les causes ni les modalités; pour le moment, seuls m\u2019intéressent les résultats de cet état de choses, les résultats froids et précis, tels que nous les révèle le dernier recensement de 1961.Le Bureau fédéral nous livre actuellement à ce sujet deux catégories utiles de statistiques: sur l\u2019origine ethnique et sur la langue maternelle; mais, comme il n\u2019a pas encore fait lui-même les recoupements entre les unes et les autres, nous devons partir de l\u2019hypothèse qu\u2019un Canadien d\u2019origine française devrait normalement avoir le français pour langue maternelle et qu\u2019un Canadien d\u2019origine britannique est d\u2019ordinaire de langue maternelle anglaise.Cette hypothèse admise, voici à quels résultats on aboutit, d\u2019abord pour le Canada tout entier.Tableau 1 Comparaison entre l\u2019origine ethnique et la langue maternelle pour tout le Canada, en 1961\t\t Française\t\tBritannique (anglaise) Origine\t5,540,346\t7,996,669 Langue\t5,123,151\t10,660,534 Déficit:\t417,195\tSurplus: 2,664,865 Premier fait à constater: la Confédération canadienne a été bonne pour la langue anglaise, puisqu\u2019elle lui a permis, non seulement de conserver tous ses adhérents, mais encore de se gagner plus de deux millions et demi de nouvelles recrues.La même Confédération se révèle, d\u2019un autre côté, fort coûteuse à la langue française: non seulement cette dernière n\u2019a pas réussi à conserver tous ses adhérents, mais elle doit encore accuser une perte de plus de 400,000 parmi ceux qui normalement auraient dû la parler.Détaillons maintenant ces statistiques, en commençant par le Québec.Tableau 2 Comparaison entre l\u2019origine et la langue au Québec, en 1961 Française\t\tBritannique (anglaise) Origine\t4,241,354\t567,057 Langue\t4,269,689\t697,402 Surplus:\t28,335\tSurplus:\t130,345 La province de Québec s\u2019est montrée bonne pour la langue de la minorité; elle lui a permis de réaliser un gain de 130,345 nouvelles recrues.Elle s\u2019est même montrée envers elle beaucoup plus bienveillante qu\u2019envers la langue de la majorité, dont les gains sont 5 fois moins élevés.Les autres provinces ont-elles imité la générosité du Québec à l\u2019égard de la langue de la minorité ?Voyons ce que nous disent les statistiques à cet égard.Il y avait, en 1961, hors du Québec, 1,298,992 Canadiens d\u2019origine française et seulement 853,462 Canadiens de langue maternelle française; le déficit pour cette dernière s\u2019élevait donc à 445,530, soit à près d\u2019un demi-million.Cet énorme déficit, se chiffrant au tiers du total des Canadiens d\u2019origine française hors du Québec, permet de saisir, mieux que toute parole, la condition tragique où se débattent actuellement nos minorités de langue française.Ce déficit d\u2019un demi-million, d\u2019où provient-il ?Partageons, pour répondre, le Canada en trois grandes régions (le Québec, affichant un surplus, n\u2019est pas envisagé ici): la région des Maritimes, celle de l\u2019Ontario et celle de l\u2019Ouest canadien (y compris le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest).Voici comment se répartit le déficit des Canadiens de langue maternelle française.Tableau 3 Répartition des déficits dans les effectifs de la langue française Région\tNombre\tPourcentage Maritimes\t93,393\t20.96 Ontario\t222,639\t49.97 Ouest\t129,498\t29.06 Total:\t445,530\t100.00 De l\u2019Ontario provient presque exactement la moitié du déficit enregistré par les minorités de langue française par tout le Canada.Avant de lui en faire grief cependant, il est bon de savoir comment se répartissent les Canadiens français hors du Québec.Tableau 4 Répartition des Canadiens français hors du Québec Région\tSelon l'origine\t\tSelon la langue\t Maritimes Ontario Ouest\tNombre 354,599 647,941 296,452\tPourcent.27.3 49.9 22.8\tNombre 261,206 425,302 166,954\tPourcent.30.6 49.8 19.5 Total:\t1,298,992\t100.0\t853,462\t100.0 Si l\u2019on considère, dans chaque région, les pourcentages conservés en passant de l\u2019origine à la langue, on découvre que l\u2019Ontario maintient le sien, que les Maritimes augmentent le leur, tandis que l\u2019Ouest canadien accuse un recul notable.Il semblerait donc que, pour la langue française, les difficultés de survivance soient beaucoup plus grandes MARS 1963 65 dans l\u2019Ouest que dans l\u2019Est du Canada; conclusion que confirme une comparaison entre les trois catégories de pourcentages obtenus jusqu\u2019ici.Tableau 5 Comparaison entre les pourcentages conservés par chaque région relativement aux Canadiens français Région\tSelon l\u2019origine\tSelon la langue\tSelon le déficit Maritimes\t27.3%\t30.6%\t20.96% Ontario\t49.9\t49.8\t49.97 Ouest\t22.8\t19.5\t29.06 Totaux:\t100.0\t100.0\t100.00 C\u2019est l\u2019Ontario qui se révèle le plus stable; il garde le même pourcentage dans les trois catégories.Les Maritimes affichent un surplus du côté de la langue, et leur pourcentage dans le déficit général est beaucoup moins élevé que leur pourcentage dans le total des Canadiens d\u2019origine française hors du Québec; 20.96 contre 27.3.Dans l\u2019Ouest, c\u2019est le contraire: cette région accuse 29.06% dans le déficit général, alors qu\u2019elle ne compte que 22.8% des Canadiens d\u2019origine française hors du Québec; rien d\u2019étonnant que soit si bas le pourcentage conservé par le français en tant que langue maternelle.Après ces données générales, jetons un coup d\u2019œil sur la situation de la minorité française dans chacune des provinces canadiennes; le rappel des statistiques de 1951, indiquées entre parenthèses, aidera à nous faire une idée du progrès ou du recul de cette minorité durant la dernière décennie h Tableau 6 Situation du groupe français à Terre-Neuve \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t17,171\t(9,841)\t3.7\t(2.7) Selon la langue\t3,150\t(2,321)\t0.7\t(0.6) Déficit:\t14,021\t(7,520)\t3.0\t(2.1) Le groupe de langue française ne représente pas même 1% de la population totale de Terre-Neuve; en dix ans, il ne s\u2019est accru que de 829 unités, alors que son déficit passait de 7,520 à 14,021, soit presque au double.En réalité, la population de langue française n\u2019équivaut plus qu\u2019à 18.4% de la population d\u2019origine française; le reste: 81.4% reconnaît l\u2019anglais pour sa langue maternelle.Tableau 7 Situation du groupe français dans F Ile-du-Prince-Edouard \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t17,418\t(15,477)\t16.64\t(15.73) Selon la langue\t7,958\t( 8,477)\t7.60\t( 8.61) Déficit\t9,460\t( 7,000)\t9.04\t( 7.12) 1.Un article, dans un prochain numéro de Y Action nationale, étudiera en détails la situation de la minorité française dans chacune des provinces canadiennes.Le plus alarmant, c\u2019est la dégringolade de la minorité de langue française dans l\u2019île.En 1941, cette minorité comptait 10,678 membres, dix ans plus tard, 8,477 et en 1961, seulement 7,958.Or, durant ces vingt ans, le nombre des Canadiens d\u2019origine française dans l\u2019île est passé de 14,799 en 1941 à 17,418 en 1961.Nous assistons donc à deux mouvements contraires: le nombre des Canadiens d\u2019origine française augmente, celui des Canadiens de langue française diminue.C\u2019est une survivance à rebours.Tableau 8 Situation du groupe français en Nouvelle-Ecosse \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t87,883\t(73,760)\t11.92\t(11.48) Selon la langue\t39,568\t(38,945)\t5.37\t( 6.08) Déficit:\t48,315\t(34,815)\t6.55\t( 5.40) En dix ans, la minorité de langue française ne s\u2019est accrue que de 623 unités, bien que le groupe d\u2019origine française soit passé de 73,760 à 87,883, faisant ainsi un gain de 14,123.Ce gain malheureusement a presque en son entier servi à grossir les rangs des anglicisés.A noter aussi que la moyenne générale détenue par la minorité de langue française a légèrement diminué durant ces dix années: elle est passée de 6.08% à 5.37%.Tableau 9 Situation du groupe français au Nouveau-Brunswick \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t232,127\t(197,631)\t38.81\t(38.32) Selon la langue\t210,530\t(185,110)\t35.20\t(35.89) Déficit:\t21,597\t( 12,521)\t3.61\t( 2.43) C\u2019est au Nouveau-Brunswick que le taux des pertes subies par le groupe d\u2019origine française est le plus bas, soit 9.3%.A Terre-Neuve, ce taux s\u2019élève à 81.6%, en Nouvelle-Ecosse à 54.9% et dans l\u2019Ile-du-Prince-Édouard à 54.3%.Contrairement aux espoirs maintes et maintes fois exprimés, la minorité de langue française n\u2019a cependant pas augmenté son pourcentage dans l\u2019ensemble de la province: de 35.89 qu\u2019il était en 1951, ce pourcentage est passé à 35.20 en 1961.Il est à noter aussi que le déficit \u2014 l\u2019écart entre l\u2019origine et la langue \u2014 a presque doublé en les dix dernières années; comparé à ceux des autres provinces, il demeure encore cependant proportionnellement le moins élevé et le moins inquiétant de tous.Tableau 10 Situation du groupe français en Ontario \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t647,941\t(477,677)\t10.39\t(10.38) Selon la langue\t425,302\t(341,502)\t6.82\t( 7.43) Déficit:\t222,639\t(136,175)\t3.57\t( 2.95) 66 RELATIONS L\u2019Ontario, je le rappelle, présente ce cas unique d\u2019une province qui, à elle seule, renferme exactement la moitié des Canadiens d\u2019origine française hors du Québec, la moitié de toutes les minorités de langue maternelle française et la moitié du déficit entre le total des premiers et celui des secondes.Quantitativement l\u2019Ontario apparaît donc aussi important que les huit autres provinces réunies.C\u2019est là que se révèlent les plus considérables et les gains et les pertes numériques de la minorité canadienne de langue française.Ainsi, par exemple, durant les dix dernières années, le déficit entre l\u2019origine et la langue a augmenté de 88,464 unités, s\u2019élevant à 222,639, soit à plus du tiers du total des Ontariens d\u2019origine française.A noter aussi que la minorité de langue française n\u2019a pu conserver sa moyenne de 1951 dans l\u2019ensemble de la province: de 7.43% en 1951, cette moyenne est descendue à 6.82 en 1961.Tableau 11 Situation du\tgroupe\tfrançais\tau Manitoba \tNombre\t\tPourcentage Selon l\u2019origine\t83,936\tf66,020)\t9.10\t(8.51) Selon la langue\t60,899\t(54,199)\t6.61\t(6.98) Déficit:\t23,037\t(11,821)\t2.49\t(1.53) Au Manitoba, le déficit entre l\u2019origine et la langue a doublé en dix ans; la minorité de langue française a augmenté de 6,700 unités, mais elle n\u2019a pu maintenir sa moyenne provinciale de 1951: de 6.98, celle-ci est passée à 6.61 en 1961.Tableau 12 Situation du groupe français en Saskatchewan \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t59,824\t(51,930)\t6.40\t(6.24) Selon la langue\t36,163\t(36,815)\t3.91\t(4.42) Déficit:\t23,661\t(15,115)\t2.49\t(1.82) La situation de la minorité de langue française se détériore constamment en Saskatchewan; au lieu d\u2019augmenter ses effectifs, cette minorité a subi des pertes à chaque recensement depuis vingt ans.En 1941, elle comptait 43,728 membres, en 1951, 36,815 et, en 1961, 36,163; c\u2019est une diminution de plus de 7,000 en l\u2019espace de vingt ans.Si la tendance continue, la minorité de langue française ne sera plus bientôt qu\u2019une quantité insignifiante dans l\u2019ensemble de la province.Tableau 13 Situation du groupe français en Alberta \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t83,319\t(56,185)\t6.20\t(5.98) Selon la langue\t42,276\t(34,196)\t3.17\t(3.64) Déficit:\t41,043\t(21,989)\t3.03\t(2.34) MARS 1963 Le fait à noter ici est que la population de langue française est loin d\u2019augmenter aussi vite que la population d\u2019origine française.De 1941 à 1951, la première n\u2019a augmenté que de 2,745, alors que la seconde s\u2019accroissait de 13.217; de 1951 à 1961, les gains pour la première ont été de 27,123, mais seulement de 8,080 pour la seconde.C\u2019est dire qu\u2019il reste beaucoup d\u2019anglicisés sur la route.Le déficit d\u2019ailleurs a presque doublé durant les dix dernières années et la moyenne provinciale est passée de 3.64 à 3.17.Tableau 14 Situation du\tgroupe\tfrançais\ten Colombie\t \tNombre\t\tPourcentage\t Selon l\u2019origine\t66,970\t(41,919)\t4.10\t(3.58) Selon la langue\t26,179\t(19,366)\t1.60\t(1.66) Déficit:\t40,791\t(22,553)\t2.50\t(1.92) Le groupe français augmente ses effectifs en Colombie, mais l\u2019augmentation est quatre fois plus rapide selon l\u2019origine que selon la langue: 25,051 d\u2019augmentation selon l\u2019origine et 6,813 selon la langue.Le déficit ici atteint presque les deux tiers du total des Colombiens d\u2019origine française.Il est à noter aussi que la minorité de langue française ne compte plus que pour 1.6% du total de la population; c\u2019est, après celui qu\u2019on rencontre à Terre-Neuve, le plus faible pourcentage détenu par la minorité française dans toutes les provinces canadiennes.Résumons en un tableau les pertes subies par la minorité française hors du Québec.Si l\u2019on admet au point de départ que les Canadiens d\u2019origine française devraient normalement être de langue maternelle française, voici comment se répartit le déficit entre les provinces et quel est le pourcentage des pertes dans chaque province.Tableau 15 Pertes subies par le groupe d\u2019origine française par rapport au groupe de langue maternelle française \tProvince\tNombre\tPourcentage 1.\tNouveau-Brunswick\t21,597\t9.3% 2.\tManitoba\t23,037\t27.4 3.\tOntario\t222,639\t34.3 4.\tSaskatchewan\t25,661\t39.5 6.\tYukon et Territoires\t966\t40.0 6.\tAlberta\t41,043\t49.2 7.\tIle-du-Prince-Edouard\t9,460\t54.3 8.\tNouvelle-Ecosse\t48,315\t54.9 9.\tColombie\t40,791\t60.8 10.\tTerre-Neuve\t14,021\t81.6 \tTotal:\t445,530\t34.3% On voit où logent les forces et les faiblesses de la minorité française.En réalité, on ne devrait parler que des faiblesses, puisque partout il y a déficit et que seule varie l\u2019ampleur du 67 déficit.Dans quatre çrovinces au moins, l\u2019Ile-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, la Colombie et Terre-Neuve, le chiffre du déficit dépasse celui de la minorité de langue maternelle française.C\u2019est à Terre-Neuve que la situation apparaît la plus compromise: le déficit du groupe français s\u2019y élève à plus de 80%; au Nouveau-Brunswick par contre, le déficit n\u2019atteint même pas 10%.Sans doute, la Confédération n\u2019est-elle pas responsable de la situation tragique du français à Terre-Neuve, mais peut-on vraiment l\u2019innocenter des énormes pertes qu\u2019il a subies dans les huit autres provinces ?Pour obtenir l\u2019adhésion des Canadiens français au projet d\u2019une union fédérative de toutes les colonies de l\u2019Amérique du Nord britannique, John A.Macdonald proclamait solennellement, le 6 février 1865, au parlement de Québec: « Les délégués de toutes les provinces ont consenti à ce que l\u2019usage de la langue française formât l\u2019un des principes sur lesquels serait basée la confédération.» Un autre premier ministre vient de déclarer tout récemment à Ottawa: « La reconnaissance des deux cultures et des langues anglaise et française constitue le fondement meme de la Confédération.» (John Diefenbaker, le 4 février 1963.) Après une expérience d\u2019un siècle et face à des pertes s\u2019élevant à un demi-million des leurs, comment les Canadiens français ne seraient-ils pas amers, pour ne pas dire plus, à l\u2019égard de cette Confédération, dont l\u2019un des principes de base devait être l\u2019usage du français et dont le fondement même devait être la reconnaissance de la culture et de la langue françaises?Comment ces belles paroles pourraient-elles leur faire oublier la réalité, la tragique réalité qui, un jour, a poussé l\u2019un des leurs à déclarer, sans crainte d\u2019être démenti, que la Confédération avait été « le tombeau des minorités françaises » ?* * * La Confédération, les statistiques nous forcent à le reconnaître, a été bonne et généreuse pour le groupe britannique et pour la langue anglaise, mais elle s\u2019est montrée d\u2019une implacable dureté pour le groupe français et pour la langue française.En un siècle, le Canada anglais s\u2019est enrichi de deux millions et demi de nouvelles recrues, alors que le Canada français s\u2019appauvrissait d\u2019un demi-million des siens; le premier n\u2019a jamais connu autre chose que la pleine liberté de s\u2019exprimer et de croître d\u2019un océan à l\u2019autre, le second a été réduit, hors du Québec, à une sorte de ghetto d\u2019où ses membres ne pouvaient s\u2019échapper qu\u2019en trahissant leur langue et leur culture propres.Le recensement de 1961 étale aujourd\u2019hui la grande pitié des minorités françaises au Canada; aussi, si la Confédération doit durer, la première chose à faire est-elle d\u2019arrêter au plus tôt la sinistre hémorragie par où s\u2019écoulent les forces vives du Canada français; faute de quoi, les Canadiens français n\u2019auront plus d\u2019autre solution que celle de se retrancher dans le Québec, dans la seule province où ils se sentent encore chez eux et qui les traite encore comme une patrie doit traiter ses enfants.Le drame des minorités françaises au Canada est aussi celui de toute la Confédération canadienne; le destin de celle-ci est lié au sort de celles-là.Si les premières meurent, il ne restera plus à la seconde qu\u2019à descendre, elle aussi, dans la tombe, car, le jour où ils auront conscience que toute survivance française est condamnée hors du Québec, les Canadiens français de cette province perdront du même coup la plus forte - et pour beaucoup la seule \u2014 raison qui les pousse encore à défendre cette Confédération à laquelle l\u2019histoire les a liés et en qui ils ont vainement jusqu\u2019ici cherché à découvrir le visage de la patrie.68 AU SERVICE DU FRANÇAIS Noms à particule ON N\u2019A PAS RAISON d\u2019invoquer la modestie pour écrire en minuscules, au bout du nom des religieux et des religieuses, les initiales qui identifient leur congrégation (févr., p.47).Or, sous prétexte d\u2019honorer quelqu\u2019un, des gens affectent d\u2019une majuscule les noms français qui comportent deux mots dont le premier est une particule.Usage fautif.Déférence mal placée.En français, un nom à particule commence par une minuscule.Vous n\u2019y pouvez rien; moi non plus.Au XXe siècle, passablement sans-culotte, et dans le modeste « État du Québec », quel citoyen se préoccupe des quartiers de noblesse réels ou imaginaires de sa famille, de ses aïeux ?D\u2019ailleurs, la particule ne désigne pas nécessairement la noblesse, mais souvent la simple origine géographique (de Repentigny), parfois la descendance à l\u2019intérieur d\u2019une branche ou noble ou roturière (de Saint-Aubin).Au reste, ni l\u2019intelligence ni la vertu ne dépendent des titres nobiliaires.Et le premier loustic venu peut, comme tel personnage de comédie, assurer que, chez le bonhomme infatué de son nom à pseudo-noble consonance, la particule l\u2019emporte sur la partie tête (excu-sez-la).On doit donc écrire avec un « d » minuscule, et non pas majuscule, le nom du général président de la France: Charles de Gaulle.Que les Belges francophones se plaisent (je n\u2019en suis pas sûr, toutefois) à s\u2019affubler de la majuscule, ça les regarde (De Smedt, par exemple).Logique, le français accepte la particule pour ce qu\u2019elle représente: une sorte de lien (d\u2019origine quelconque) entre le prénom et le nom.Les Anglais et les ^Irlandais préfèrent la majuscule: McDuff, O\u2019Connell; les Écossais aussi: MacLeod; les Flamands et les Hollandais, de même: Van Dyck, Van Gogh (mais ils écrivent, les premiers: Van der Weyden, les seconds: Van de Velde; der et de correspondent à notre article défini).Les Allemands, plus logiques, il me semble, écrivent: von Hindenburg.Les Italiens paraissent hésiter entre de Gasperi et De Gasperi.Mais, dans le dictionnaire Larousse, on trouve D\u2019Annunzio et De Sica à la lettre D, avec une majuscule.Au contraire, s\u2019il transcrit les noms espagnols et portugais selon leur propre graphie, Larousse donne: de Cordoba à la lettre C et da Fonseca à la lettre F.Aussi, quand il voit dans la même page le nom de l\u2019écrivain D\u2019Annunzio et celui de la reine Anne d\u2019Autriche écrits avec un D majuscule, le lecteur inattentif risque-t-il d\u2019errer.Exigence typographique, vu que, chaque nom propre constituant un titre d\u2019article, on a choisi de l\u2019imprimer en majuscules ?Non.Si le prénom d\u2019un personnage commande le rang alphabétique qu\u2019il occupe dans le dictionnaire, mieux vaut le présenter comme ceci: ANNE (d\u2019Autriche), ou comme ceci: ANNE d\u2019AUTRICHE.Il n\u2019y a pas d\u2019exception en français.Le général de Gaulle a son nom à la lettre G; la famille d\u2019Artois, à la lettre A; le P.de Charlevoix, à la lettre C.Nos Canadiens qui s\u2019appellent de Serres ou du Tilly.ont tort d\u2019écrire leur nom avec un « d » majuscule.Et doublement s\u2019ils joignent les deux mots (DeSerres).Raillons la particule, mais respectons l\u2019orthographe française.Écrivons: d\u2019Auteuil, de Blois et même d\u2019Anjou (qu\u2019il s\u2019agisse du vin, de la ville ou de la famille).Et laissons les gens qui ont le malheur de porter un nom à particule se débrouiller tout seuls avec.la modestie.J.d\u2019Anjou.RELATIONS LE THÉÂTRE FLORAISON DE CARNAVAL Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.L'AIGLE À DEUX TÊTES IA RÉPUTATION DE COCTEAU COMME FANTAI-SISTE est bien établie.Cette fantaisie l\u2019a amené un jour à évoquer le vieux romantisme allemand, bellement chanté jadis par Madame de Staël, et il a composé l\u2019Aigle à deux têtes, pièce que vient de présenter la troupe du Rideau-Vert, au Stella.Toutefois, n\u2019allons pas confondre romantisme et romanesque.Romantisme, école littéraire qui donne, dans l\u2019Art, une juste place à la sensibilité et à l\u2019imagination; romanesque, qui est une contrefaçon, une évasion du réel.Dans l\u2019Aigle à deux têtes, Cocteau se montre beaucoup plus romanesque que romantique.Romanesque, cette reine, veuve depuis le premier jour de ses noces, recluse volontaire dans l\u2019un ou l\u2019autre de ses sombres châteaux, pendant dix ans, le visage sans cesse voilé et protégé contre les regards profanes par un grand éventail noir, amoureuse des orages, des idées audacieuses et des anarchistes; romanesque aussi ce jeune homme blond, ressemblant comme deux gouttes d\u2019eau au roi défunt, habile à grimper aux murs et à pénétrer par les fenêtres dans le salon où se trouve la reine, qu\u2019il a chantée, sans la connaître, dans un tas de poèmes, et dont il tombe amoureux, comme ça, tout de go, au lieu de l\u2019assassiner, selon son dessein; romanesque, l\u2019invraisemblable situation qui s\u2019ensuit, où manigancent, en plus de nos deux amoureux insolites, un authentique noir, sourd et muet, mais à l\u2019œil vif comme un diable, et un chef de la police, cynique comme Fouché et rusé comme Talleyrand.On s\u2019attendrait alors qu\u2019entre cette reine fantasque et ce poète anarchiste éclatent des scènes de vive émotion, de passions violentes, de cœurs déchirés et mis à nu, de beaux cris enthousiastes ou désespérés.Rien.Au contraire, la Reine nous assène, au premier acte, un long monologue explicatif et justificatif, dont on aura la réplique, au deuxième acte, par un autre monologue du jeune Stanislas cette fois, jugeant et condamnant la conduite de la reine et de ses pareilles.Deux idées qui s\u2019affrontent et non deux personnages réellement humains.Sauf, enfin, à la scène finale du troisième acte où, péniblement, le cœur reprend ses droits.Mais en revanche, tout cela est proféré dans une fort belle langue, ferme, lumineuse, précise et parfois somptueuse.Donc le pittoresque des décors et l\u2019ambiance qui s\u2019en dégage, l\u2019affabulation des événements nous reportent à l\u2019âge romantique, mais la représentation dramatique des caractères exprime notre très actuelle époque de l\u2019art abstrait.Ainsi s\u2019explique (sans le justifier, bien sûr!) l\u2019ennui éprouvé par un spectateur, intelligent et cultivé d\u2019ailleurs, de la première, qui me demanda à la sortie de la salle, à quel moment de la pièce je m\u2019étais endormi.Non, je n\u2019ai pas dormi et je n\u2019ai pas eu envie de le faire, car, outre l\u2019intérêt, inhérent à toute œuvre, de connaître ce qui va se passer, l\u2019interprétation de la pièce par les comédiens du Rideau-Vert méritait une attention soutenue et un accord enthousiaste.Il est bien probable, d\u2019ailleurs, qu\u2019il en fut ainsi, à Paris, il y a quinze ans, lors de la création de l\u2019Aigle à deux têtes : le tandem Edwidge Feuillère et Jean Marais a dû grandement faciliter le succès \u2014 qu\u2019on dit \u2014 de la pièce de Cocteau.Même chose au Rideau-Vert.Dans une distribution bien équilibrée, Yvette Brind\u2019Amour et Albert Miliaire ont incarné « l\u2019aigle à deux têtes »: la reine et Stanislas avec puissance et conviction.Surtout Yvette Brind\u2019Amour, dont le caractère, d\u2019ailleurs, est plus évolué, a imposé littéralement l\u2019impérieuse présence de la Reine et son autorité indiscutable sur les autres personnages.Peut-être trop.Cette force présentait parfois l\u2019aspect d\u2019une mécanique aux rouages durs et inflexibles \u2014 sans assez d\u2019âme.Est-ce cela qui fit paraître Miliaire plus faible et assez pâle par moments, dont le jeu ressemblait à celui du papillon hypnotisé par une flamme vive qui l\u2019attire et qui le brûlera.Au contraire le jeu d^André Valmy, en comte de Foëhn, chargé de la police de l\u2019État, est presque trop parfait.Tout est intentionnel, surveillé, contrôlé jusque dans le plus infime détail.Aucune faille, aucune liberté: pas un poil de sa moustache n\u2019osera se hérisser, un trait de son visage, imperceptiblement bouger, sans la permission expresse d\u2019André Valmy.Cette précision méritoire du jeu, fruit d\u2019un entraînement rigoureux, nous la retrouvons chez Denise Provost et Louis Aubert, interprètes d\u2019Edith de Berg et de Félix de Willenstein, attachés à la Maison de la Reine.Cette raideur un peu abrupte de l\u2019interprétation n\u2019est pourtant pas dans le tempérament ordinaire du metteur en scène, Florent Forget, homme affable et bienveillant s\u2019il en fût!.Ce drame, donc, l\u2019Aigle à deux têtes, monté avec splendeur, joué avec art et intelligence, manquait un peu de cette chaleur humaine qui émeut et captive.L\u2019AUBERGE DES MORTS SUBITES Après la première de l\u2019Auberge des morts subites, au Gesù, Félix Leclerc caractérisait sa pièce assez justement, je pense, quand il l\u2019appelait: un divertissement.Même si l\u2019œuvre renferme plus que cela, mais aussi une esquisse de satire morale, ce qui au premier chef fait affluer les foules à chaque représentation c\u2019est bien un certain aspect insolite et amusant, suggéré déjà par le titre de la pièce et réalisé abondamment par les péripéties de l\u2019intrigue et le jeu des personnages.Le sujet imaginé par l\u2019auteur s\u2019y prêtait assez facilement, d\u2019ailleurs.En effet, on nous raconte les efforts de deux archanges pour déshumaniser quatre personnes mortes subitement et non tout à fait préparées, on s\u2019en doute, à entreprendre leur définitive éternité.La tâche est ardue, d\u2019autant que le diable essaie de contrecarrer le travail des archanges, tentés eux-mêmes, au surplus, de s\u2019humaniser.La fécondité inventive de l\u2019imagination de Leclerc a su tirer de ce thème toute une variété de situations cocasses, à la grande joie des spectateurs ingénus et sans prétentions.Les autres ont pu regretter le décousu de l\u2019action, la marche lâche, languissante parfois, de l\u2019intrigue, et en particulier une finale indécise, manquée, faute du relief dramatique suffisant.L\u2019anecdote, l\u2019allusion à la proche actualité, le trait piquant ont pris le pas sur la valeur psychologique des caractères assez flous et pas suffisamment nuancés, et quasi escamoté l\u2019importance morale de l\u2019œuvre.Yves Massicotte, le metteur en scène, a fait évoluer les personnages de cette pièce dans un décor trop lourd, trop terrestre, à mon goût, dont le réalisme empêchait le dépaysement que supposait l\u2019œuvre.Seuls de très rares moments MARS 1963 69 nous ont donné l\u2019illusion désirée.De leur côté, les acteurs ont plutôt fait ressortir le comique de leur personnage.Dans cet esprit, Paul Hébert a été spécialement remarquable en un Satan versatile et roublard sous ses multiples travestis et aussi Guy L\u2019Écuyer en politicien-habitant de nos campagnes.Sa rondeur et sa bonhomie naturelles siéent bien en l\u2019occurrence et le rendent sympathique.Janine Sutto et Roger Garceau ne réussirent pas à donner beaucoup de relief à leurs caractères, malheureusement à peine dessinés, de la Comédienne et de l\u2019Intellectuel.Jean-Louis Paris a incarné (si l\u2019on peut dire!) un savoureux archange au nom approprié, Célestin, mais parfois travaillé d\u2019un goût violent de voir la terre.Jean Lajeunesse, un Anglais très torontois; Louis de Santis, portier de l\u2019auberge, Frère Amédée; Lise L\u2019Heureux dans le rôle épisodique d\u2019Ange-Aimée complétaient heureusement la distribution de cette pièce qui, au témoignage même de Félix Leclerc « n\u2019est pas un chef-d\u2019œuvre, mais une marche (a step) à l\u2019escalier qui nous y conduit ».Alors, espérons le prochain step ! AU COEUR DE LA ROSE Je n\u2019avais pas vu à la télévision la pièce de Pierre Perrault Au cœur de la rose, que nous présente, ces temps-ci, les Apprentis-Sorciers à leur théâtre de poche, la Boulangerie, mais il me paraît clair que cette œuvre est surtout accordée à la technique de la télévision ou, mieux encore, du cinéma poétique.A mon sens, la Mer est le personnage principal d\u2019Au cœur de la rose, mer calme ou orageuse, mer vide et solitaire ou labourée par les barques et les navires, mer fertile en brumes et mirages mais aussi en rêves d\u2019évasion et d\u2019aventures exaltantes \u2014 que la magie des mots évocateurs, des images colorées, des brillantes métaphores de Perrault ne réussit pas à installer sur la scène rudimentaire des Apprentis.Pour permettre à l\u2019imagination de franchir ce mur opaque et lui faire prendre l\u2019envol vers cette mer ensorceleuse, il faudrait aux comédiens plus que de la bonne volonté mais, avec un métier très sûr, une capacité de projection et de suggestion puissantes des sentiments, exprimés par les mots, que ne possède pas l\u2019équipe de la Boulangerie.La jeune et sympathique interprète de la Fille, personnage pivot de la pièce, a de l\u2019élan, de la sincérité, mais on sent qu\u2019elle récite encore un rôle, consciencieusement étudié qui, toutefois, ne l\u2019habite pas encore.Et la gaucherie du geste et de l\u2019allure, la lourdeur du jeu des autres ne favorisent guère la splendeur verbale du texte.Honnêtement, au reste, le metteur en scène nous prévient, en admettant « que l\u2019œuvre nous dépasse », comme il l\u2019écrit dans le programme qui fait état de Pierre Perrault et de ses œuvres.Ce n\u2019est pas moi, pourtant, qui reprocherai aux Apprentis-Sorciers de s\u2019attaquer à des œuvres difficiles.Car, pour des amants authentiques de la chose théâtrale, il n\u2019y a de réelle jouissance et de vrais profits culturels qu\u2019au contact des grandes œuvres fécondes en découvertes renouvelées, enrichissantes.NAÏVES HIRONDELLES Ce soir-là, en descendant la rue Clark aux trottoirs pleins de neige molle et sale, je sentais le besoin de m\u2019émoustiller un peu les jambes, d\u2019avancer, d\u2019aller quelque part.Avec aise, je humais l\u2019air frais de la nuit, je marchais d\u2019un pas allègre et décidé vers un but précis que je voulais atteindre.J\u2019essayais de faire la preuve de ma capacité de prendre une décision, d\u2019agir, de vouloir quelque chose.Car pendant deux heures, sur la scène de l\u2019Egrégore, les quatre Naïves Hirondelles de Roland Dubillard m\u2019avait fait douter de moi par leur incohérence et excentricité de langage et de conduite et leur complète impuissance à dire oui ou non, à accomplir ceci ou cela.Bien étrange, en effet, cette pièce, et reflet fidèle de la confusion de notre époque! Une sorte d\u2019antithéâtre.Pas de sujet, pas d\u2019intrigue apparente, pas d\u2019événements, pas de fin, mais un tableau, ahurissant de vérité, de la vie quotidienne banale, médiocre, cocasse parfois, puant terriblement l\u2019ennui de quatre vagues représentants de l\u2019humanité moyenne la plus neutre possible: une vieillissante modiste en chapeaux, Madame Séverin; Germaine Tilbout, jeune orpheline en quête de travail; un marchand de bric-à-brac désabusé, Fernand, et son employé, aussi neveu de « tantine » Séverin, sorte de gyrovague incapable de se fixer.Où réside l\u2019intérêt d\u2019une telle œuvre?Certes pas dans l\u2019importance du thème, ni la grandeur des personnages, ni le mouvement de l\u2019action.Rien de tout cela.L\u2019intérêt consiste à deviner sous les mots insignifiants qu\u2019on profère, les vrais sentiments cachés; au travers des silences, le tumulte des passions de l\u2019âme; par delà les cris ou les gestes routiniers et vulgaires, d\u2019ardents désirs insatisfaits ou des tristesses inavouées.Alors les personnages, hurluberlus d\u2019apparence, prennent une âme dont le sort peut émouvoir, parce qu\u2019il est celui de tant d\u2019autres, peut-être le nôtre.Il faut avouer tout de même que ce plaisir, cueilli bribe à bribe comme on ramasse des bleuets dans un « brûlé », ne s\u2019obtient pas sans peine.Le pittoresque du décor, la découverte des originaux qui y vivent, la cocasserie des propos et des situations, amusent d\u2019abord.Cela ralentit ensuite sans pouvoir encore trop soupçonner où l\u2019on nous mène.Mais, au troisième acte, le plus révélateur du genre de l\u2019auteur, on piétine littéralement sur place, avec les deux seuls personnages qui restent, Madame Séverin et Fernand qui ne semble rien comprendre au sens de la nostalgie amoureuse de sa compagne.C\u2019est à vous exaspérer.On a envie de crier: « Mais aboutis! Décolle! Dis-le ce que tu prétends vouloir dire! » Cette réaction passerait pour intempestive, de mauvais aloi, parce qu\u2019en certains milieux on n\u2019admet plus que théâtre veut dire action dramatique.Nous sommes en pleine confusion des genres, dans le plus complet renversement des valeurs: un bruit devient musique, une tache, peinture, n\u2019importe quoi, sujet de roman ou de comédie.Tout change, et c\u2019est normal.Habituons-nous!.Pour ses déroutantes et Naïves Hirondelles, Roland Dubillard a été magnifiquement servi à l\u2019Egrégore, sous la direction de Jean-Louis Millette, metteur en scène.Charlotte Boisjoli a assumé un rôle bien différent de ceux qu\u2019elle interprète ordinairement, avec sa maîtrise habituelle.Il faut surtout la louer de n\u2019avoir pas succombé à la tentation de charger, de caricaturer son personnage de Madame Séverin.La jeune provinciale qui cherche de l\u2019ouvrage, Germaine Tilbout est la seule hirondelle vraiment « naïve » de la pièce.Simple, spontanée, naturelle, serviable et toute prête à aimer, voilà Germaine, et voilà la charmante Michelle Rossignol au ravissant sourire.Une parfaite interprétation.Jacques Galipeau s\u2019est chargé de Fernand, le désabusé de tout, de lui-même en particulier, s\u2019accommodant assez bien de sa médiocrité, ne faisant rien en tout cas pour en sortir.Pas d\u2019amertume, plus d\u2019ambition non plus: une passive résignation presque sereine.Galipeau a joué ce personnage sans panache et terne dans une note très juste.Il s\u2019est rendu sympathique à force de vérité.Avec raison, on utilise François Tassé de plus en plus et en divers emplois.Il joue ordinairement en vigueur et vivacité, naturelles au jeune âge, mais il sait aussi se concentrer et exprimer avec sincérité un sentiment profond ou une forte passion.C\u2019est ainsi qu\u2019il interprète Bertrand, exalté et changeant, avide pourtant de stabilité.Naïves Hirondelles : pièce assurément peu banale, merveilleusement interprétée.70 RELATIONS ENDIGUERONS-NOUS LA DEPRAVATION PAR LE FILM?Jacques COUSINEAU, S.J.JUSQU\u2019OÜ S\u2019ÉTEND actuellement chez nous, au pays du Québec, la dépravation par le cinéma, on peut s\u2019en faire une idée à partir des statistiques que vient de compiler et publier l\u2019Office catholique national des Techniques de Diffusion h Cet Office, on le sait, a reçu de l\u2019Épiscopat canadien mandat de porter sur les films des jugements de nature pastorale et de les publier sous la forme d\u2019une cotation morale qui guide la conscience des fidèles.Nos évêques, ce faisant, remplissent leur mission d\u2019éclairer les hommes et de les orienter vers le Dieu Sauveur, et se conforment aux très nettes objurgations des papes, de Pie XI à Jean XXIII.Faites en sorte, vénérables frères, que, grâce à ces offices nationaux permanents., les diverses catégories intéressées reçoivent les informations, l\u2019aide, les conseils et les directives qui, eu égard au temps et au lieu, seront requis pour réaliser dans le domaine du cinéma l\u2019idéal indiqué par nous pour le bien des âmes.A cette fin, on publiera régulièrement des listes de films, aussi fréquentes que possible., afin que tout le monde puisse en être informé, établies par une commission spéciale, composée de personnes de doctrine sûre et de grande expérience, qui portera un jugement moral sur chaque film, sous la responsabilité de l\u2019Office national 1 2.Ce travail de l\u2019Office répond, d\u2019autre part, à un besoin de la civilisation contemporaine, où chacun, selon ses goûts, ses préoccupations, attend du cinéma une détente ou un loisir réconfortant.Les adultes d\u2019ordinaire cherchent au cinéma une évasion de leurs soucis quotidiens; les adolescents, un aliment à leurs rêves d\u2019amour, un complément de leurs connaissances; les enfants, une réponse à leur désir d\u2019aventure et de merveilleux.La plupart, de façon confuse et plus ou moins consciente, demandent un palliatif à leurs instincts insatisfaits dans une société extrêmement mobile.Certes les films intéressants ne manquent pas, d\u2019où l\u2019on sort mieux disposé à reprendre la besogne quotidienne.Plus rares sont les œuvres vraiment artistiques qui stimulent la culture, élèvent les esprits et affinent le goût populaire.Dans l\u2019ensemble de la production courante, force est bien de constater que le souci de la recette, l\u2019impuissance ou la routine portent de trop nombreux producteurs vers des réalisations qui veulent attirer les masses en tablant sur l\u2019exploitation des instincts les moins nobles de la nature humaine 3.1.\tBulletin de Liaison, O.C.N.T.D., décembre 1962 (vol.V, n° 4), pp.13-26.Nous reproduisons l\u2019essentiel des tableaux et groupons sous le titre « divers » dans les listes de distributeurs et de pays ceux qui n\u2019ont qu'un film.2.\tPie XII, Miranda Prorsus.3.\tJean-Marie Poitevin, P.M.E., directeur de Filmis, bulletin missionnaire de l\u2019Office catholique international du Cinéma.Pour parer au danger subtil que serait pour le public une information visuelle remplie d\u2019erreurs, et pour redresser les fausses mentalités ainsi créées, il s\u2019impose de réajuster constamment les valeurs essentielles aux faits et d\u2019assurer à cette fin une source de documentation sûre, rapide et adaptée.Tel se révèle le sens du travail accompli par les Offices catholiques nationaux.Une bonne évaluation morale de films doit être objective, motivée et adaptée.Naturellement, elle doit s\u2019attacher au contenu et aux idées de l\u2019œuvre, aux intentions exprimées de l\u2019auteur, au message que les images révèlent en elles et souvent au-delà d\u2019elles.Mais ce qui guide avant tout une saine évaluation, c\u2019est l\u2019effet du film sur le public moyen.Les journées d\u2019étude de l\u2019O.C.I.C., qui réunissent les représentants à travers le monde d\u2019une quarantaine d\u2019Offices nationaux, en sont venues sur le sujet à des prises de position bien nettes.Le jugement du cotateur doit être établi en fonction du public auquel il est destiné, compte tenu de la catégorie d\u2019âge mental pour laquelle le film est jugé acceptable ou nuisible.Jamais la cote morale n\u2019est donnée en fonction des goûts ou des intérêts individuels ni en fonction de groupes spécialisés, cinéphiles caractérisés ou intellectuels classés, mais à la mesure des réactions prévisibles du grand public habituel des salles de cinéma.On comprend alors que la Commission de classification morale des films doive être composée de membres représentatifs de larges milieux, que recommandent leur équilibre psychologique, leur sens moral averti, enfin leur large connaissance du cinéma.Les Journées d\u2019études de l\u2019O.C.I.C.à Cologne, de plus, ont émis le vœu que la diffusion de la classification soit accompagnée, \u2014 compte tenu des règles de la prudence, \u2014 des motifs de l\u2019appréciation, considérant que la classification des films, en avertissant par avance le spectateur du contenu moral de l\u2019œuvre et en aiguisant son sens critique, contribue à l\u2019éducation du public en même temps qu\u2019à sa préservation.C\u2019est dire qu\u2019il faut habituer les fidèles à se former le jugement et que l\u2019appréciation morale des Offices, pour atteindre son but de véritable éducation en même temps que d\u2019information normative, doit être instructive et éclairante.Notre Office national, comme la plupart des autres, va même plus loin.Il élabore des jugements, il prépare et publie des éléments d\u2019information d\u2019ordre culturel, afin que le public catholique acquière une éducation intégrale et sache réagir sainement devant les attaques de l\u2019écran contre les traditions chrétiennes, contre la dignité humaine, le bon goût et le sens du vrai.Le travail de l\u2019Office, en ce domaine culturel, n\u2019a pas valeur normative, comme dans le domaine moral, pastoral et religieux où il a reçu une mission formelle; il constitue cependant une indication sérieuse et valable.La classification motivée et nuancée que publie notre Office national et que reproduisent quelques journaux et périodiques de chez nous, constitue par la réflexion qu\u2019elle suscite, un début d\u2019éducation; elle est une occasion d\u2019enseignement positif et, devant la fascination de l\u2019image animée, sonne l\u2019éveil de la conscience humaine et chrétienne.MARS 1963 71 I.\u2014 Films présentés en 1962.Distributeur\tTotal\tPays d\u2019origine\t\t\t\t\tValeur artistique\t\t\t\t\tValeur morale\t\t\t\t\t \t\tAngleterre\tEtats-Unis\tFrance\tItalie\tAutres\tChef-d\u2019œuvre\tRemarquable\tBon\tMoyen\tPauvre\tTous\tAdultes et adolescents\tAdultes\tAdultes, des réserves\tA déconseiller\tA proscrire Art-Films\t17\t\t\t14\t\t3\t1\t2\t10\t4\t\t1\t1\t5\t6\t2\t2 Astral\t39\t3\t12\t3\t9\t12\t\t2\t5\t17\t15\t2\t6\t15\t12\t3\t1 Atlas\t23\t\t\t12\t7\t4\t\t1\t9\t6\t7\t\t3\t7\t6\t6\t1 Ciné-Art\t11\t\t\t2\t\t9\t\t\t2\t8\t1\t1\t1\t4\t4\t1\t Ciné-France\t3\t\t\t\t2\t1\t\t\t1\t1\t1\t\t1\t1\t1\t\t Cinépix\t17\t\t\t15\t1\t1\t\t1\t6\t8\t2\t\t\t3\t8\t6\t Columbia\t41\t9\t23\t2\t5\t2\t\t\t14\t21\t6\t5\t10\t16\t6\t4\t Empire-Univ.\t26\t7\t18\t\t1\t\t\t\t6\t16\t4\t7\t8\t3\t7\t1\t France-Film\t33\t\t\t20\t4\t9\t\t1\t4\t20\t8\t2\t2\t11\t11\t4\t3 International\t35\t8\t7\t6\t5\t9\t\t4\t12\t11\t8\t2\t3\t11\t12\t5\t2 Lapointe\t7\t\t\t6\t\t1\t\t2\t5\t\t\t1\t\t4\t2\t\t M.G.M.\t25\t5\t14\t1\t4\t1\t\t\t10\t13\t2\t5\t3\t6\t10\t1\t Paramount\t21\t2\t15\t2\t1\t1\t\t1\t9\t10\t1\t2\t5\t8\t6\t\t Peerless\t2\t\t2\t\t\t\t\t\t\t\t2\t\t\t\t\t1\t1 Select\t14\t\t\t10\t2\t2\t\t1\t1\t9\t3\t\t\t1\t7\t4\t2 Trans-Canada\t6\t2\t2\t1\t\t1\t\t\t2\t3\t1\t\t2\t1\t2\t1\t 20th C.Fox\t41\t19\t18\t4\t\t\t\t1\t11\t19\t10\t6\t7\t15\t11\t2\t United Artists\t36\t4\t26\t2\t3\t1\t\t2\t12\t16\t6\t1\t9\t15\t10\t1\t Warner Bros.\t16\t2\t13\t1\t\t\t\t\t5\t9\t2\t3\t4\t4\t4\t1\t Divers\t4\t\t1\t2\t\t1\t\t\t1\t1\t2\t\t1\t1\t1\t\t1 Nombre total\t417\t61\t151\t103\t44\t58\t1\t18\t125\t192\t81\t38\t66\t131\t126\t43\t13 Pourcentage\t\t14.6%\t36.2%\t24.7%\t10.6%\t13-9%\t0.2%\t4.3%\t30.0%\t46.0%\t19.4%\t9.1%\t5.8%\t31.4%\t30.2%\t10.3%\t3-1% Voilà donc situés et estimés à leur valeur les relevés et tableaux statistiques de notre Office catholique national des Techniques de Diffusion.Les tableaux I, II, III, IV portent exclusivement sur les films qui ont été programmés dans les salles de cinéma, anglaises ou françaises de la province.Le tableau I donne la situation d\u2019ensemble en l\u2019année 1962: les films, portés au compte des distributeurs, sont envisagés sous trois angles: leur pays d\u2019origine, leur valeur artistique, leur valeur morale.Les tableaux II et III rendent plus explicite la relation qui existe entre les distributeurs et leurs films aux points de vue artistique et moral et classent les distributeurs selon la qualité de leur programmation.Le tableau IV souligne la relation entre la cote morale des films et leur pays d\u2019origine.Le tableau V récapitule la situation depuis 1958 aux points de vue de la cote morale des films, de leur valeur artistique et de leur pays d\u2019origine.IL Classement des distributeurs d\u2019après la valeur artistique de leurs films de 1962 et la proportion que représentent ces films dans leur programmation.Chef-d'œuvre\tMoyen Art-Films\t% 5.8\tCiné-Art\t% 72.7 \t\tSélect\t63.5 Remarquable\t\tEmpire-Universal\t61.5 \t%\tFrance-Film\t60.6 Lapointe\t28.5\tWarner Bros.\t56.2 Art-Films\t11.7\tM.G.M.\t52.0 International\t11.4\tColumbia\t51.2 Select\t7.1\tTrans-Canada\t50.0 Cinépix\t5.8\tParamount\t47.7 United Artists\t5.5\tCinépix\t47.0 72 RELATIONS Remarquable Astral\t5.1 Paramount\t4.7 Atlas\t4.3 France-Film\t3.3 20th Century Fox\t2.4 Bon\t% 71.4 Lapointe\t Art-Films\t58.8 Paramount\t42.7 M.G.M.\t40.0 Atlas\t39.1 Cinépix\t35.2 International\t34.2 Columbia\t34.1 Ciné-France\t33.3 Trans-Canada\t33.3 United Artists\t33.3 Warner Bros.\t31.2 20th Century Fox\t26.8 Empire-Universal\t23.0 Ciné-Art\t18.1 Astral\t12.5 France-Film\t12.1 Select\t7.1 Moyen 20th Century Fox\t46.3 United Artists\t44.4 Astral\t43.5 Ciné-France\t33.3 International\t31.4 Atlas\t26.0 Art-Films\t23.5 Pauvre\t% 100.0 Peerless\t Astral\t38.4 Ciné-France\t33.3 Atlas\t30.4 20th Century Fox\t24.3 France-Film\t24.2 International\t22.8 Select\t21.4 Trans-Canada\t16.6 United Artists\t16.6 Empire-Universal\t15.3 Columbia\t14 6 Warner Bros.\t12.5 Cinépix\t11.7 Ciné-Art\t9.0 M.G.M.\t8.0 Paramount\t4.7 III.Classement des distributeurs d\u2019après la valeur morale de leurs films de 1962 et la proportion que représentent ces films dans leur programmation.Tous Empire-Universal\t26.9 M.G.M.\t20.0 Warner Bros.\t18.7 20th Century Fox\t14.6 Lapointe\t14.2 Columbia\t12.1 Paramount\t9.5 Ciné-Art\t9.0 France-Film\t6.0 Art-Films\t5.8 International\t5.7 Astral\t5.1 United Artists\t2.7 Adultes et adolescents\t% 33.3 Ciné-France\t Trans-Canada\t33.3 Empire-Universal\t30.7 United Artists\t25.0 Warner Bros.\t25.0 Columbia\t24.3 Paramount\t23.8 20th Century Fox\t17.0 Astral\t15.3 Atlas\t13.0 M.G.M.\t12.0 Ciné-Art\t9.0 International\t8.5 France-Film\t6.0 Art-Films\t5.8 Adultes\t% 57.1 Lapointe\t United Artists\t41.6 Columbia\t39.0 Adultes, des réserves \t% Select\t50.0 Cinépix\t47.0 M.G.M.\t40.0 Ciné-Art\t36.3 Art-Films\t35.2 International\t34.2 Ciné-France\t33.3 France-Film\t33.3 Trans-Canada\t33.3 Astral\t30.7 Lapointe\t28.5 Paramount\t28.5 United Artists\t27.7 Empire-Universal\t26.9 20th Century Fox\t26.8 Atlas\t26.0 Warner Bros.\t25.0 Columbia\t14.6 A déconseiller\t% Peerless\t50.0 Cinépix\t35.2 Select\t28.5 Atlas\t26.0 Trans-Canada\t16.6 International\t14.2 France-Film\t12.1 Art-Films\t11.7 Columbia\t9.7 Ciné-Art\t9.0 Astral\t7.6 Warner Bros.\t6.2 20th Century Fox\t4.8 M.G.M.\t4.0 Adultes Astral\t38 Paramount\t38 20th Century Fox\t36.Ciné-Art\t36, Ciné-France\t33.France-Film\t33.International\t31.Atlas\t30.Art-Films\t28.Warner Bros.\t25.M.G.M.\t24.Cinépix\t17.Trans-Canada\t16.Empire-Universal\t11.Select\t7.A déconseiller Empire-Universal\t3.8 United Artists\t2.7 A proscrire\t% Peerless\t50.0 Select\t14.2 Art-Films\t11.7 France-Film\t9.1 International\t5.7 Atlas\t4.3 Astral\t2.5 IV.\u2014 Cotes morales des films de 1962, selon les pays d'origine de ces films.Adul- \t\tTous\tAdul- tes et adol.\tAdul- tes\ttes, des réserves\tA décon- seiller\tA pros- crire Etats-Unis\t(151)\t22\t34\t56\t30\t7\t2 France\t(103)\t3\t3\t27\t42\t22\t6 Angleterre\t(61)\t4\t17\t16\t21\t2\t1 Italie\t(44)\t2\t4\t13\t17\t6\t2 Allemagne\t(21)\t\t2\t7\t7\t4\t1 Espagne\t(12)\t4\t2\t3\t2\t1\t Japon\t(5)\t\t2\t3\t\t\t Suède\t(5)\t\t\t2\t2\t1\t Canada\t(3)\t\t1\t1\t1\t\t U.R.S.S.\t(3)\t1\t1\t\t1\t\t Autriche\t(2)\t1\t\t\t1\t\t Divers\t(7)\t1\t\t3\t2\t\t1 Ces tableaux parleront davantage si l\u2019on saisit bien le sens des mots-clés qui servent au classement des films.1.\tLe pays d\u2019origine indique le lieu de la production entendu au sens juridique, c\u2019est-à-dire celui où se prend le copyright; le réalisateur peut être un citoyen d\u2019un autre pays et la mise en scène peut s\u2019être faite ailleurs.La coproduction résulte des exigences de la mise de fonds et pose des problèmes à ceux qui recherchent le texte original.La diminution proportionnelle des films étatsuniens par exemple ne signifie pas que moins de citoyens du Québec vont les voir.2.\tLa classification des films en cinq catégories de valeur artistique progressive devient courante; les sigles sont parfois xxxx (chef-d\u2019œuvre ou extraordinaire), xxx (remarquable), xx (bon), x (moyen) et sans x (pauvre).Évidemment les critères peuvent légèrement varier et le classement, beaucoup.Quand il s\u2019agit du travail d\u2019un groupe qui utilise toujours les mêmes critères, cette variation est négligeable.3.\tLa dernière remarque s\u2019applique aussi au classement des films d\u2019après leur valeur morale.Sont classés pour Adultes, des réserves, les films qui présentent de bons éléments, mais dont certains éléments mauvais ne sont pas explicitement désapprouvés; A déconseiller, les films moralement dangereux pour la majorité des spectateurs de salles de cinéma et A proscrire, les films qui ne peuvent que porter préjudice à la santé spirituelle et morale des individus et de la société.MARS 1963 73 V.\u2014 Les films de 1962 comparés à ceux des années précédentes.Pays d'origine\t1958\t1959\t1960\t1961\t1962 nombre pourcent, nombre pourcent, nombre pourcent, nombre pourcent, nombre pourcent.\t\t\t\t\t Angleterre\t56 \u2014 11.9%\t61 \u2014 14.1%\t56 \u2014 12.1%\t97 \u2014 20 %\t61 \u2014 14.6% Etats-Unis\t267 \u2014 56.1%\t222 \u2014 51.2%\t199 \u2014 43.2%\t169 \u2014 34.9%\t151 \u2014 36.2% France\t86 \u2014 18.1%\t66 \u2014 15.2%\t98 \u2014 21.3%\t99 \u2014 20.5%\t103 \u2014 24.7% Italie\t38 \u2014\t8.1%\t4^ 1 O ôo ss\t60 \u2014 13 %\t43 \u2014\t8.8%\t44 \u2014 10.6% Autres pays\t27 \u2014\t5.7%\t38 \u2014\t8.7%\t48 \u2014 10.4%\t76 \u2014 15.8%\t58 \u2014 13.9% Valeur artistique\t1958\t1959\ti960\t1961\t1962\t\t\t\t\t Chef-d\u2019œuvre\t2 \u2014\t0.4%\t\t2 \u2014\t0.4%\t4 \u2014\t0.8%\t1 \u2014 0.2% Remarquable\t17 \u2014\t3.6%\t10 \u2014\t2.3%\t20 \u2014\t4.3%\t27 \u2014\t5.5%\t18 \u2014\t4.3% Bon\t86 \u2014 18 %\t93 \u2014 21.3%\t139 \u2014 30.2%\t115 \u2014 23.7%\t125 \u2014 30 % Moyen\t260 \u2014 55 %\t235 \u2014 54.3%\t218 \u2014 47.3%\t236 \u2014 48.9%\t192 \u2014 46 % Pauvre\t109 \u2014 23 %\t96 \u2014 22.1%\t82 \u2014 17.8%\t102 \u2014 21.1%\t81 \u2014 19.4% Valeur morale\t195g\tig5g\tig60\t1961\t1962\t\t\t\t\t Tous\t21 \u2014\t4.5%\t11 \u2014\t2.5%\t25 \u2014\t5.4%\t28 \u2014\t5.8%\t38 \u2014\t9.1% Adultes et adolescents\t110 \u2014 23.2%\t125 \u2014 28.8%\t126 \u2014 27.3%\t100 \u2014 20.7%\t66 \u2014 15.8% Adultes\t207 \u2014 43.7%\t174 \u2014 40 %\t151 \u2014 32.8%\t163 \u2014 33.7%\t131 \u2014 31.4% Adultes, des réserves\t130 \u2014 27.2%\t109 \u2014 25.1%\t132 \u2014 28.6%\t143 \u2014 29.5%\t126 \u2014 30.2% A déconseiller\t6 \u2014\t1.3%\t14 \u2014\t3.4%\t24 \u2014\t5.2%\t43 \u2014\t8.8%\t43 \u2014 10.3% A proscrire\t\t1 \u2014 0.2%\t3 \u2014\t0.7%\t7 -\t1.5%\t13 \u2014\t3.1% Total\t474\t434\t461\t484\t417 La première impression qu\u2019on retire de ces tableaux et la seule que je signale pour l\u2019instant, est que, dans l\u2019ensemble, le niveau culturel de notre information visuelle par le film ne s\u2019améliore que d\u2019une façon peu sensible, tandis que son niveau moral atteint par le fond un étiage inquiétant, voire alarmant.Le Bureau actuel de la Censure est responsable de cet irrespect et de ce mépris de la morale traditionnelle.On a parfois l\u2019impression qu\u2019il se conduit comme si la loi de 1925 n\u2019existait plus.Qu\u2019elle soit désuète en plusieurs points et réclame une refonte radicale, tous en conviennent, mais elle demeure en vigueur et ne saurait être bafouée ou transgressée par ses gardiens sans que l\u2019ordre public ne soit sérieusement atteint.On a souvent l\u2019impression aussi que le Bureau croit que le rapport du Comité provisoire a été adopté par la Législature.Les critères anciens qui servaient de normes sont écartés et parfois moqués; aucun autre ne semble les avoir remplacés.Voilà donc un corps public qui navigue sans boussole et louvoie étrangement; les illégalités qu\u2019il se permet sont nombreuses et de taille, en particulier dans la métropole.Voilà nos adolescents et adolescentes de 16 ans \u2014 et, en pratique, ceux et celles de 14 ans, parce qu\u2019il n\u2019y a 74 aucun contrôle sérieux de l\u2019observation de la loi \u2014 qui, à travers la province, peuvent être gravement traumatisés par les films à proscrire, à déconseiller ou pour adultes avertis, auxquels ils ont un accès facile dans les salles de cinéma.Un pire régime de sollicitation à l\u2019immoralité des jeunes n\u2019existe nulle part.Bien qu\u2019il ne soit pas facile de l\u2019établir de façon scientifique \u2014 car d\u2019autres causes peuvent être invoquées \u2014 un des résultats de cette politique de lâchage me paraît l\u2019accroissement des viols et des vols avec violence, à Montréal.Des autorités judiciaires et policières ont déploré ce fait, il n\u2019y a pas si longtemps.Les tribunaux commencent à réagir en réappliquant la peine du fouet et en aggravant les sentences.C\u2019est bien plutôt la provocation par l\u2019écran qu\u2019il faudrait supprimer.Seuls s\u2019étonneront de notre suggestion ceux qui nient le péché originel ou qui oublient « les abus et les profanations auxquels peuvent entraîner la nature et la malice humaines ».Le cardinal Cicognani, secrétaire d\u2019État au Vatican, continuait ainsi en sa lettre du 15 septembre 1962, envoyée au nom du Saint Père à la Semaine sociale d\u2019Italie, sur les RELATIONS moyens de communication sociale (cinéma, radio, télévision, presse): Ce danger est d\u2019autant plus grave que plus grande est la puissance suggestive de ces instruments, plus vaste et plus indistinct est le public que ces moyens « conduisent aussi bien au royaume de la lumière, de la noblesse et de la beauté qu\u2019au domaine des ténèbres et de la dépravation.(Pie XII, Miranda P r or sus.) .Quiconque est investi d\u2019une autorité publique a, d\u2019une façon particulière, l\u2019obligation d\u2019intervenir à temps, soit pour prévenir et écarter les influences négatives éventuelles, soit encore pour offrir des éléments capables d\u2019instruire et d\u2019éduquer véritablement les membres de la communauté.Cette vigilance publique, si elle se maintient dans de justes limites, ne peut être considérée comme une pression indue sur la liberté individuelle; elle constitue au contraire pour l\u2019Etat un légitime exercice de ses fonctions de protecteur et de promoteur du bien commun dans un secteur extrêmement délicat.En remplissant ces fonctions, l\u2019autorité publique devra, certes, favoriser la juste liberté d\u2019expression, et elle tiendra compte du droit naturel de la personne à se former un jugement propre sur les événements, sans céder à des pressions extérieures qui portent atteinte à son autonomie spirituelle; mais non moins important est le devoir de l\u2019Etat de veiller à ce que la légitime liberté de chacun dans l\u2019usage de ces moyens n\u2019aille pas contre la vérité ou ne dépasse pas les limites de la justice et de l\u2019honnêteté, spécialement en ce qui concerne le respect dû au sentiment religieux, à la famille, à la sensibilité des jeunes et à l\u2019autorité civile elle-même.Si donc -\u2014 comme disait le Souverain Pontife Pie XII de vénérée mémoire\u2014«le patrimoine civil et moral du peuple et des familles doit être protégé de manière efficace, il est plus que juste que l\u2019autorité publique intervienne comme il se doit pour empêcher ou freiner les influences les plus dangereuses ».Sinon, il faudrait parler de licence plutôt que de liberté.Nos dirigeants politiques ont enfin décidé de donner au Québec un État fort; nationalisation de l\u2019électricité, société générale de financement, planification indicative et concertée de l\u2019économie grâce au Conseil d\u2019orientation.Déjà les mesures officielles se font plus efficaces quant à l\u2019inspection des viandes, la pollution des eaux et la vente de médicaments, comme la thalidomide.Le ministère de la Famille et du Bien-Être et celui de la Jeunesse font des efforts prodigieux pour donner aux foyers un dynamisme moderne et communautaire et aux jeunes des éducateurs qualifiés et syndiqués.L\u2019ère est marquée par la liberté organisée.Le Procureur général voudra-t-il en rester au siècle du laisser-faire, comme POINT DE VUE 1lu9est-ce qu'un homme de droite ?Rédacteur au Petit Journal de Montréal, M.Chevalier nous adresse la réponse suivante à une question qui le passionne et que beaucoup se posent en notre milieu.VOUS avez demandé: qu\u2019est-ce qu\u2019un homme de droite ?Il se définit, me semble-t-il, par rapport à l\u2019homme de gauche, ou dit de gauche.Ces expressions sont relativement récentes et ce sont les hommes de gauche qui les ont imaginées dans l\u2019espoir de monopoliser les idées généreuses de justice sociale, de partage équitable des biens de ce monde, d\u2019entraide, de paix, etc.Leurs contradicteurs, MARS 1963 S.Exc.Mgr Courchesne le reprochait à son prédécesseur de mémoire discutée, Maurice Duplessis ?Qu\u2019on me permette une anecdote.Il arriva un jour à M.Georges-Emile Lapalme, pour lors chef de l\u2019Opposition, de recourir à l\u2019autorité d\u2019une mienne affirmation dans un discours parlementaire prononcé devant le chef du gouvernement.Il se fit demander, en pleine Assemblée législative, s\u2019il s\u2019agissait du Père Cousineau bolchéviste.M.Lapalme fit preuve de courage.J\u2019espère qu\u2019il ne me prêtera pas aujourd\u2019hui une idéologie totalitaire si je lui suggère, à lui et à son ministère, de s\u2019inspirer de la politique des pays d\u2019au-delà du rideau de fer ou de la France, en ce qui regarde les films présentés au public.Henri Agel, critique fort libéral, reconnaissait que la censure cinématographique constitue un barrage contre l\u2019exploitation des tendances vicieuses de l\u2019homme par des entrepreneurs sans conscience.Seuls des individualistes culturistes forcenés peuvent croire, comme Bastiat au début du xixe siècle et notre Comité provisoire de la Censure de 1962, que le bien commun culturel va résulter automatiquement de la liberté sans frein laissée aux distributeurs de films.Je suis un syndicaliste convaincu et, comme tel, je crois à la liberté organiquement instituée; j\u2019ai toujours revendiqué la protection légale de cette organisation de la liberté, surtout en faveur des plus faibles incapables autrement de se défendre.C\u2019est en vertu de cette même liberté que je réclame pour la multitude des hommes « massifiés » la protection légale de la censure des films.Si ceux qui sont préposés au barrage élevé contre la dépravation par le film (les membres du Bureau de censure) ne savent pas leur métier qui exige de leur part sens moral, équilibre psychologique et connaissance du cinéma, ou s\u2019ils ne veulent plus l\u2019exercer sincèrement et laissent paraître sur le marché une production filmique, plus que faisandée et sans valeur esthétique, qu\u2019on les change au plus tôt.C\u2019est un devoir de salubrité publique de protéger les organismes contre la menace d\u2019empoisonnement.L\u2019épanouissement que le gouvernement Lesage ambitionne de donner au Québec ne sera pas réalisé par un peuple de petits vieux libidineux, de jeunes voyeurs, de matamores^en mal de viol ou d\u2019amuseurs abusifs.La maxime de l\u2019Évangile s\u2019applique aux nations comme aux personnes: « Cherchez d\u2019abord le Royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît.» qui ne s\u2019opposaient à eux que sur les moyens, ont accepté ce vocabulaire.Personnellement, je cherche à être raisonnable (je ne dis pas que je le suis toujours); j\u2019ai toujours pensé que j\u2019étais un libéral, par quoi j\u2019entends un homme du centre, du juste milieu.Je n\u2019ai pas changé d\u2019avis sur les questions fondamentales, mais, les rares fois que je discute avec eux (ce qui est difficile car ils s\u2019emportent vite et sont volontiers méprisants, ils n\u2019aiment pas le « dialogue » qu\u2019ils voudraient toujours « engager » à les en croire), des amis et d\u2019anciens amis qui se disent de gauche me disent de droite.Va, donc, pour la droite.Je consens même, pour n\u2019être pas confondu avec certains, à passer pour conservateur, réactionnaire, rétrograde; ça n\u2019a pas d\u2019importance, au fond, car beaucoup d\u2019hommes n\u2019attachent aucune importance au sens des mots dès lors qu\u2019on leur concède qu\u2019ils sont bien de gauche.Un homme de droite (et j\u2019en suis un) pense qu\u2019il vaut mieux perfectionner ce qui existe que le détruire.Il ne croit 75 ni à la table rase ni à la génération spontanée.Il pense que nous sommes le produit et le prolongement de ceux qui nous ont précédés; il tient conséquemment pour respectables le passé, les traditions.Il sait (et le déplore) qu\u2019on ne peut changer la nature humaine; ce n\u2019est pas du pessimisme mais du réalisme.L\u2019injustice sociale qui sévit partout le révolte, mais il est persuadé qu\u2019on ne corrige pas une injustice par une autre injustice.Pour donner un exemple concret: des syndiqués uniquement préoccupés de revendications sans jamais songer à des devoirs, sans jamais se soucier de conscience professionnelle, sont aussi condamnables que des patrons uniquement préoccupés de rendement et de profits.Sans le prendre pour un ostensoir, l\u2019homme de droite, lui aussi, a un cœur, du cœur; lui aussi a pitié des faibles et des exploités et veut les aider; mais il ne croit pas qu\u2019une coalition de faiblesses devienne une force réelle, qu\u2019un ramassis d\u2019ignorants et d\u2019irréfléchis engendre science et sagesse.L\u2019homme de droite (et à cet égard j\u2019en suis un, indiscutablement) croit à la nécessité de l\u2019ordre dans la société; pour cette raison, même privé du don de la foi, il appuiera des institutions comme l\u2019Église, les Églises, des corps constitués comme le clergé, sans les croire exempts de tout reproche.La peine de mort ne le laisse pas indifférent, elle l\u2019afflige, mais il souhaiterait que les assassins commençassent par ne pas mériter ce nom, par ne pas tuer.Il tient pour sacrés les contrats, la parole donnée, la signature d\u2019un écrit.Il croit à la famille, cellule de la société, pilier de l\u2019ordre, mais ne se prétend pas parfait et s\u2019écarte parfois de ses principes dans sa conduite; c\u2019est même parce qu\u2019il a pleine conscience de ses défaillances qu\u2019il entretient les vues exprimées plus haut sur la nature humaine.Il a cru remarquer que le divorce est particulièrement fréquent dans les milieux « modernes », « avancés », « émancipés », de gauche.Il sait bien que les hommes et les femmes changent, qu\u2019après quelques années un couple n\u2019est plus formé exactement des mêmes êtres qui s\u2019étaient unis; mais il s\u2019étonne que ces hypersensibles, les gens de gauche, n\u2019aient aucun égard, quand ils divorcent, pour les enfants qu\u2019ils ont engendrés et qui ont besoin et d\u2019un père et d\u2019une mère sous le même toit.Parce qu\u2019il croit à la famille et à l\u2019ordre, l\u2019homme de droite du Québec (et sur ce point je m\u2019éloigne de lui) a tendance à favoriser les petits groupements autour et à l\u2019ombre du clocher; les vastes espaces l\u2019effraient, on dirait; un Canada qui s\u2019étend de l\u2019Atlantique au Pacifique et que ses ancêtres ont pourtant exploré et colonisé lui semble trop grand; il a tendance à se replier sur lui-même.Au lieu de chercher à répandre partout la langue et la culture françaises, à les faire rayonner de Terre-Neuve à Victoria, il voudra les limiter, les circonscrire au Québec.Le vase clos lui est cher.Au bord de la mer, plutôt que le large il regardera frileusement son chalet, son hôtel.Je redeviens sérieux.L\u2019écueil de l\u2019homme de gauche, c\u2019est le communisme; celui de l\u2019homme de droite, l\u2019autoritarisme, le fascisme.Les extrémistes de gauche et de droite méprisent le peuple qui leur fait pourtant peur; les uns et les autres sont totalitaires.Dans leurs moyens comme dans leurs fins (le pouvoir absolu), Staline et Hitler se ressemblaient étrangement.L\u2019homme de gauche se veut généreux; il l\u2019est surtout en paroles et avec l\u2019argent du prochain.A cause de sa prudence, de sa circonspection, l\u2019homme de droite semble souvent mesquin.De fait, les hommes les plus mesquins que j\u2019ai rencontrés, et je ne plaisante pas, se disaient et se croyaient peut-être très libéraux, très à gauche.76 Le fanatisme, l\u2019arrogance, l\u2019exclusivisme des professionnels de la gauche dégoûtent tout homme sensé, quelles que soient par ailleurs sa classe sociale et ses tendances profondes.Un exemple: Claude Bourdet, fondateur et directeur de l\u2019hebdomadaire France-Observateur, privilégié de naissance et qui n\u2019a renoncé à rien de son héritage et des avantages qu\u2019il lui procure, écrit tranquillement: « La gauche est pour l\u2019égalité contre les privilèges, pour la justice et la liberté contre l\u2019oppression et le despotisme, pour les pauvres et contre les riches, pour la vérité contre le mensonge politique, pour la paix entre les nations contre le militarisme et la politique de force; elle est pour le peuple et elle n\u2019existe que par le peuple.» On croirait lire la Presse de Montréal qui, dit-elle « lutte pour le bien contre le mal » et « protège les petits et les faibles contre les grands et les forts » comme si l\u2019on pouvait concevoir une démogagie à rebours qui lutterait ostensiblement pour le mal contre le bien et protégerait les grands et les forts contre les petits et les faibles! Ce Bourdet habite le quartier le plus chic de Paris; dans son journal, il a réclamé l\u2019abandon du million d\u2019Européens d\u2019Algérie et l\u2019emprisonnement (ou l\u2019exécution pure et simple) de leurs sympathisants (et la grande majorité de ces Européens, des colons, sont très pauvres) ; chaque semaine, il part de faits imaginaires, erronés, pour faire des prédictions qui, bien entendu, se révèlent toujours non fondées; il approuve les agressions militaires de pays socialistes et communistes; et cet adversaire de la politique de force verrait d\u2019un bon œil la dictature du prolétariat pourvu que ses amis et lui-même fussent très près du pouvoir.Ce Bourdet est un des inspirateurs de nos hommes de gauche qui transposent au Canada, sans égard aux réalités nord-américaines, les problèmes économiques et politiques de France et le vocabulaire des politiciens français.Ce qui est ridicule, car les réformes nécessaires dans les deux pays et leurs institutions ne sont pas les mêmes, ne se comparent guère.La vie, le monde, ne sont qu\u2019alternances.L\u2019homme de droite partage spontanément certaines idées que voudrait monopoliser la gauche, mais l\u2019homme-de-gauche-type est intransigeant, refuse de discuter tout en parlant sans cesse de dialogue, nie même que son adversaire soit capable de réflexion, de pensée.«L\u2019intelligence est à gauche»; quelle fatuité il fallait pour imaginer ce slogan! En période d\u2019évolution et de changements rapides, il faut des hommes de droite (plus précisément du centre, mais par horreur des nuances on les classe à droite) pour freiner l\u2019ardeur des partisans du changement pour le seul changement.Enfin, aucune prise de position n\u2019est jamais objective en pareille matière.Je connais depuis toujours, et très bien, nos pontifes de gauche qui tiennent la vedette.Certains de ces super-démocrates sont d\u2019anciens fascistes avoués et, dans l\u2019ordinaire de la vie, encore aujourd\u2019hui, des intolérants.Leur insincérité, leur embourgeoisement dans la vie privée qui contraste absolument avec leurs principes de parade, leur soif d\u2019argent, leur cupidité à vrai dire, leur m\u2019as-tu-vuisme (à Radio-Canada principalement), leur cabotinage, leur esprit de clan, leur prétention à tout connaître, à résoudre tous les problèmes, \u2014 tout cela rend heureux de n\u2019être pas classé avec eux, d\u2019être considéré par voie de conséquence comme un conservateur, un réactionnaire, un rétrograde, \u2014 un homme de droite.Willie Chevalier.RELATIONS u moi5 Initiation religieuse au foyer Pie XII a souvent parlé du « sanctuaire de la famille ».Avec raison.Procréateurs, les parents sont les ministres du Dieu créateur.Éducateurs, ils ont pour tâche de préparer leurs enfants à réaliser l\u2019exigence inscrite dans leur nature, formulée par le Dieu trois fois saint: Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matth., v, 48), et reprise par saint Paul: Ce que Dieu veut, c\u2019est que vous deveniez des saints [I Thess., iv, 3).Cette exigence s\u2019impose aux parents dès la naissance de leurs enfants.Parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019éducation religieuse sans éducation tout court.Et l\u2019éducation a pour fin de libérer, de rendre actives les énergies spirituelles de l\u2019être humain, de mettre ses instincts charnels au service de ses aspirations les plus hautes.Libération qui requiert de la part des parents une action précoce, attentive, aimante et continue.Privé de contacts humains que baigne une sereine tendresse, l\u2019enfant évolue peu ou mal.On connaît l\u2019histoire des deux jeunes Indiennes que recueillit un ecclésiastique, en 1920; elles avaient vécu huit ans dans la brousse, nourries par une louve.On chercha, pendant plus de sept ans, à réhumaniser l\u2019aînée.qui avait survécu, à la « délupiser ».Or, après sept ans de soins attentifs, la fillette n\u2019avait obtenu l\u2019usage que de quarante-huit mots.(J.-P.Schaller, Morale et Affectivité, Editions Salvator, Mulhouse, 1962, p.28.) Pourquoi?Le cerveau de l\u2019enfant-loup ne s\u2019est pas formé assez tôt.L\u2019énorme masse des neurones qui forment l\u2019écorce cérébrale se différencie lentement sous la stimulation de certaines excitations sensorielles; et c\u2019est par les stimuli sociaux que s\u2019organisent les centres nerveux supérieurs au cours de la première enfance, cela jusqu\u2019à l\u2019âge de huit ans; plus tard, il semble que le cortex et peut-être d\u2019autres régions cérébrales ne sont plus susceptibles d\u2019être modelés, de se modifier, devenus insensibles à certains messages.(P.Grasse, cité par Schaller, pp.28-29.) Si on maintient un nourrisson assez longtemps dans l\u2019obscurité, on peut produire chez lui une cécité définitive.Il y a de même un âge pour apprendre le langage.Une fois cet âge passé, l\u2019acquisition du langage devient très difficile ou impossible.Les enfants auxquels manquent les soins maternels et les contacts sociaux dépérissent ou contractent des troubles affectifs parfois incurables.La psychanalyse enseigne que c\u2019est autour de l\u2019âge de sept ans, et même avant, qu\u2019un enfant acquiert la structure de son psychisme.Cette structure, qui ne changera point par la suite, résulte de l\u2019influence exercée au foyer par les parents.Nul étranger ne pourra jamais, ni en bien ni en mal, marquer comme les parents le psychisme d\u2019un être humain.Du point de vue psychologique, aucune responsabilité ne se compare à celle des parents.Cela s\u2019applique à l\u2019influence religieuse et morale.Car l\u2019homme est un animal religieux.Si vous empêchez son instinct religieux de s\u2019exercer, ou si vous en faussez dès le départ l\u2019orientation, vous risquez de rendre bientôt (dès sa septième année) l\u2019enfant inapte psychologiquement à toute vie religieuse ou à une religion équilibrée.L\u2019école aggravera le désordre; elle ne le causera pas.Elle ne le corrigera pas, non plus, sauf exception et quasi-miracle.Comment ne pas s\u2019effrayer des constatations publiées par l\u2019Office catéchistique du Québec?La moitié des parents ne donneraient à leurs enfants aucune formation religieuse avant de les envoyer à l\u2019école [le Devoir, samedi 9 février 1963, p.16).Lorsque ces écoliers atteindront l\u2019étape dangereuse de l\u2019adolescence ou affronteront les rudes combats de la maturité, il n\u2019y aura pas lieu de s\u2019étonner de leur déséquilibre ou de leurs reniements.Comprenons aussi que tels psychologues contredisent les données de leur profession ou exhibent leur ignorance en rejetant sur l\u2019école l\u2019odieux de certaines défections ou dépravations.J.d\u2019Anjou.La famille terrienne 1963 : la famille Pierre Guinois C\u2019est un bain de santé que la proclamation chaque année, depuis 1957, de la famille terrienne de l\u2019année, à l\u2019occasion du salon de l\u2019Agriculture.Emportés dans le tourbillon de la révolution technique qui vide nos campagnes, fascinés par le monde qui vient et qu\u2019il faut rejoindre d\u2019urgence, mal guidés par des historiens superficiels qui suivent le courant au lieu de le dominer, brusquement, par cette proclamation de la famille terrienne, nous sommes ancrés au réel et rajustés au sens des hommes et des choses.Foin des bavards et des demi-savants, des déracinés et des petits-maîtres qui n\u2019ont de polie que la surface! La famille paysanne fut notre grandeur et notre force.Elle garde toujours, comme le rappelait Pie XII, « l\u2019indispensable fonction.d\u2019être comme la source et la protection d\u2019une vie pure, morale et religieuse, comme un vivier d\u2019hommes sains d\u2019âme et de corps, pour toutes les professions, pour l\u2019Église et pour l\u2019État ».Il est réconfortant que ces valeurs soient concrètement rappelées, qu\u2019elles soient discernées, de façon sûre et précise, dans les familles qui sous nos yeux les vivent exemplairement, enfin qu\u2019elles soient proclamées par les autorités religieuses et civiles, par nos sociétés économiques et nationales.Voilà sept ans que le salon national de l\u2019Agriculture a institué ces « prix de vertus » terriennes.Le Mémorial de la Famille terrienne qu\u2019il publiait en 1962 présente d\u2019excellente manière l\u2019institution, son histoire, son but et son esprit, son échelle d\u2019appréciation; il esquisse les mérites des cinq premières familles lauréates; enfin, des observations pénétrantes éclairent la réussite humaine de ces familles.Comme en des types mieux réussis ou mieux éclairés, nous reconnaissons les innombrables familles de chez nous que nous avons connues et admirées: lieux d\u2019élection de nos valeurs durables.La famille lauréate de cette année, la famille Pierre Guinois, mérite singulièrement l\u2019honneur qui lui est rendu.Par les vertus familiales dont, de père en fils, de mère en filles, elle perpétue l\u2019exemple; 10 enfants vivants, 72 petits-enfants, 80 arrières-petits-enfants entourent les heureux jubilaires, solides et verts malgré leurs 90 et 84 ans.L\u2019épreuve a trempé ces vertus que la foi a nourries et portées à leur splendeur.La réussite économique saute aux yeux puisque le lauréat d\u2019aujourd\u2019hui, à force de travail intelligent et tenace, est devenu chez nous le roi du Céleri et a légué aux siens son royaume.Mieux encore, il a montré ce que doit être aujourd\u2019hui une entreprise familiale élargie.Les réussites sociales, MARS 1963 77 variées et multiples, sont du même ordre.Les maraîchers de Montréal ont particulièrement loué les grands services rendus par M.Pierre Guinois et les siens dans l\u2019établissement du Marché central métropolitain.Ainsi, c\u2019est un large éventail de personnalités fortes et dynamiques, fidèles au passé, ouvertes à l\u2019avenir, que nous offre la nouvelle famille lauréate.S.Exc.Mgr Grégoire se félicitait au banquet d\u2019avoir pu lire l\u2019exposé qui présentait au concours la famille Guinois.Il faut espérer qu\u2019on rendra bientôt accessible au grand nombre ce récit de belle venue, attachant et tonifiant.G.Robitaille.Biculturalisme Au Canada, pendant la campagne électorale qui bat son plein, on parle beaucoup de biculturalisme.Des confrères me demandent ce que je pense de ce mot.A-t-il, comme on le prétend, une consonance anglaise ?Quant au sens, peut-être, dans la mesure où son imprécision ne gêne pas des Canadiens anglophones.Car qui peut donner de ce vocable une définition acceptable à un esprit français un peu exigeant?Surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit du Canada, pays composé de dix « provinces » dont neuf comptent une majorité anglophone, officiellement unilingue, et dont la dixième, officiellement bilingue, se distingue par sa majorité de langue française ?Je défie quiconque de le faire, en évitant l\u2019inégalité d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019utopie pour demain.Quant au mot lui-même, peu importe le sens qu\u2019il recevra, je ne vois pas pourquoi on le rejetterait.Vous tolérez bicul-ture?Tolérez biculturel et biculturalisme.Mais on objecte que de culture on a formé deux épithètes: culturel et cultural.Or, la première seule a rapport aux aspects intellectuels et moraux de la civilisation, tandis qu\u2019on réserve la seconde à l\u2019exploitation de la terre.Biculturalisme viendrait donc de cultural et s\u2019appliquerait mal à la réalité canadienne, que caractérise l\u2019union politique de deux nations.Non pas nécessairement.De nature on a formé naturel et naturalisme.De culture on forme aussi bien culturel et culturalisme, même si, en français, cultural existe mais non « natural ».Certains proposent biculturisme, qui me paraît équivoque autant sinon plus que biculturalisme.Culturisme, en effet, s\u2019emploie déjà par les professionnels de la gymnastique, dans le sens de méthode propre à développer harmonieusement le corps humain.Le mot biculturalisme n\u2019a rien d\u2019élégant.La chose, au Canada, plairait-elle davantage?Laissons les gens palabrer sur le biculturalisme.Les événements se chargeront de les ramener au bon sens: la chose n\u2019ayant pas cours, le mot se dévalorisera.J.d\u2019Anjou.Semper Fidelis Un chef de parti, connu, dit-on, pour son art de simplifier les problèmes, s\u2019est fait applaudir en rendant les États-Unis responsables du communisme à Cuba.Il est vrai que des esprits, connus pour leur art de compliquer les problèmes, en ont dit autant et même plus, rendant les catholiques et, en particulier, les évêques responsables de la persécution religieuse dans le même malheureux pays.Nous n\u2019avons nulle envie d\u2019excuser l\u2019avidité des grandes compagnies, ni de voiler les fautes des chrétiens.La rigueur intellectuelle exige, toutefois, qu\u2019on ne cède pas au parti pris.Les Américains eussent-ils été des modèles de justice internationale, et les catholiques cubains des anges de charité, qu\u2019une conception totalitaire de l\u2019État, une fois incarnée dans le pouvoir sous forme nationaliste, socialiste 78 ou communiste, aurait cherché, de toutes façons, à briser la moindre résistance à son autorité toute-puissante, et à soumettre le pays entier à l\u2019idéologie officielle.Les injustices établies pouvaient légitimer certaines nationalisations, non des spoliations, ni la destruction des petites entreprises; une réforme agraire, non la collectivisation forcée des terres; une attitude plus digne à l\u2019égard des intérêts çrivés américains, non la haine pathologique à l\u2019égard des États-Unis.L\u2019analphabétisme, plaie chez les paysans, justifiait une campagne d\u2019alphabétisation, non un programme d\u2019endoctrinement marxiste; la multiplication des établissements scolaires, non la mainmise sur toutes les écoles religieuses; la diffusion de l\u2019enseignement technique, non la suppression de l\u2019éducation chrétienne.Et rien n\u2019excuse, après tant de belles promesses, la négation des libertés politique, civile et syndicale, le régime policier, les comités de rue, la soumission des Cubains, pieds et poings liés, à un régime communiste.De cela, Castro et non le State Department est responsable.Il peut ne pas aimer les Américains; il n\u2019a pas le droit de trahir les Cubains.D\u2019ailleurs, toute cette question de savoir qui est responsable, de Castro ou de Guevara, d\u2019Eisenhower ou de Kennedy, est purement académique, comme aussi de savoir si le lider maximo était ou n\u2019était pas marxiste dans la Sierra Maestra, s\u2019il l\u2019est devenu par la suite, ou s\u2019il s\u2019est simplement laissé dominer par les communistes dans son entourage: Cuba est bel et bien aujourd\u2019hui le relais soviétique pour la conquête de l\u2019Amérique du Sud, et « sa » révolution est donnée en modèle historique inéluctable à toutes les républiques latines.Ce phénomène politique est une terrible leçon pour tous: pour tous ceux qui, faisant cause commune avec les communistes, se croient naïvement assez forts pour s\u2019arrêter là où ils voudraient; pour les chrétiens de l\u2019Amérique latine encore insouciants de leurs devoirs, et qui remettent à demain leurs tâches politiques, sociales et religieuses; pour les Canadiens aussi qui ne s\u2019intéressent officiellement à l\u2019Amérique du Sud (excluons ici les missionnaires) que pour faire du commerce ou pour dénoncer vertueusement les États-Unis.L.d\u2019Apollonia.Deux pionniers sociaux nous quittent Dans une rétrospective sociale de l\u2019année 1962, il conviendrait de signaler la mort \u2014 le retour au Père \u2014 de deux valeureux pionniers de la cause sociale, qui ont eu faim et soif de justice; j\u2019ai eu le bonheur de les accompagner quelque temps.Il s\u2019agit de S.Exc.Mgr Charles-Omer Garant, évêque auxiliaire à Québec, décédé le 21 octobre, après une longue maladie, et de M.Jean-Baptiste Nowlan, journaliste, mort subitement le 26 du même mois.S.Exc.Mgr Garant, avant d\u2019être élevé à la dignité épiscopale, avait joué un rôle de premier plan dans la fondation du mouvement patronal catholique dans la région de Québec.Plusieurs associations groupant des patrons doivent leur naissance à son intelligente impulsion et le secteur des services hospitaliers doit beaucoup à sa persévérante influence.Les syndicats de salariés ont aussi bénéficié de ses interventions auprès des employeurs.Quand l\u2019Épiscopat de la province civile de Québec créa la Commission sacerdotale des Études sociales, l\u2019abbé Garant en devint l\u2019un des membres les plus fidèles et les plus appréciés.Sa contribution aux Journées sacerdotales était pacifique et substantielle.Une fois devenu évêque, en 1948, et secrétaire de l\u2019Assemblée épiscopale du Québec, son apport à l\u2019évolution sociale grandit et se multiplia.La tournure heureuse de la grève de l\u2019amiante en 1949 et surtout la rédaction audacieuse et équilibrée de la RELATIONS Lettre collective des Évêques québécois sur le problème ouvrier, qui demeure le monument le plus précieux de notre littérature sociale, ne s\u2019expliqueraient pas sans lui, même s\u2019il eut des collaborateurs pour ce dernier document et même s\u2019il ne fut pas à l\u2019avant-scène dans l\u2019autre événement.Mgr Garant était un modeste qui jugeait les choses dans la lumière de Dieu.Je me rappellerai toujours la visite que je lui fis à l\u2019hôpital quinze jours avant son départ définitif.Il savait sa carrière terminée et il la voyait déjà dans la lucidité de l\u2019au delà.Il se réjouissait dans le Seigneur de l\u2019œuvre accomplie dans l\u2019enseignement, dans le mouvement biblique et sur le terrain social.Il voyait ce résultat dans la perspective de Dieu: comme un effort d\u2019homme s\u2019ajoutant à celui des autres hommes, bon parce qu\u2019il est offert et qu\u2019il sera transformé, et qui s\u2019insère dans un ensemble, celui de l\u2019Église en marche.Mgr Garant fut un homme de foi lucide, et de grand courage devant l\u2019injustice, un vrai prêtre qui ne cessa « d\u2019entraîner les autres vers cette justice sociale dont doivent avoir faim et soif tous les vrais disciples du Christ » (Pie XII, Radiomessage 1944, cité au par.204 de la Lettre collective).Jean-Baptiste Nowlan, lui, a été exclusivement un journaliste.Né en Acadie, il était venu à Montréal en passant par l\u2019Indépendant de New Bedford (Mass.) et par l\u2019Évan-géline, de Moncton et, à Montréal, avait travaillé à la Patrie, à Montréal-Matin, à CKAC, avant d\u2019entrer à la Presse en 1940 où il demeura jusqu\u2019à son dernier jour, à l\u2019âge de 67 ans.Les fonctions requises de lui \u2014 rédaction des nouvelles internationales, supplément franco-américain, service de télénouvelles \u2014 ne le produisait pas en public mais sa personnalité était hautement appréciée dans son milieu.Ce prestige, dû à sa charité, sa discrétion, sa ponctualité et sa compétence professionnelle, lui avait valu d\u2019être le premier président des journalistes syndiqués.Son plus grand titre de gloire, sur le terrain social, aura été la fondation du Syndicat des Journalistes de Montréal.Aucune tentative avant lui \u2014 à commencer par celle d\u2019Adrien Arcand \u2014 n\u2019avait réussi à créer l\u2019esprit de coopération entre « les plus individualistes des travailleurs salariés » et à imposer leur groupement \u2014 grâce d\u2019ailleurs à l\u2019appui des forces déjà organisées \u2014 à des patrons qui leur refusaient ce droit.Il faut avoir vécu cette période de la conquête lente des esprits et des volontés, ces journées d\u2019affrontement et ces heures de tension pour apprécier la valeur humaine de la contribution de Jean-Baptiste Nowlan.Dire aujourd\u2019hui que les journalistes de 1944 ont dû se grouper comme une section du Syndicat de l\u2019Industrie du Journal paraît ridicule, sauf à ceux qui ont vécu cette histoire héroïque.Ce n\u2019est que quatre ans plus tard que le Syndicat naquit comme tel.A ce moment, quatre-vingt-dix pour cent des journalistes de langue française avait adhéré au mouvement.Réalisation sans précédent, à laquelle travailla Nowlan et son équipe de cofondateurs.Il est peu d\u2019hommes à qui notre journalisme doive autant.Mgr Garant et Jean-Baptiste Nowlan ont laissé après eux un monde dans un état plus juste que celui qu\u2019ils ont trouvé.Grâce à leur foi chrétienne et à leur dévouement éclairé.A d\u2019autres de prendre la relève et de travailler dans le même sens.Jacques Cousineau.Quand on se penche sur des « moribonds» .Les dirigeants de la revue Maintenant ont organisé le 30 janvier dernier, un colloque: que valent nos confréries, œuvres et mouvements paroissiaux et par quoi les remplacer?Le président de ce qui devait être «ni un débat, MARS 1963 ni un procès, mais un échange » avait, dans un article récent, qualifié de « ligue des imposteurs » l\u2019une des.associations mises en cause; des deux conférenciers, l\u2019un avait attaché le grelot sur « l\u2019imposture » des Ligues du Sacré-Cœur, l\u2019autre, un curé, n\u2019a guère de mouvements apostoliques dans sa paroisse.Malgré l\u2019assurance que les exposés ne dépasseraient pas dix minutes, l\u2019affaire promettait! De fait, M.le chanoine Racicot s\u2019accorda près de quarante minutes.« Parler de ces associations en 1963, avoua-t-il, constitue un anachronisme, une perte de temps et un gaspillage d\u2019énergie.» Ce qui leur convient, c\u2019est une « oraison funèbre ».Si elles sont moribondes, c\u2019est « en vertu du processus de l\u2019irréversibilité de l\u2019histoire ».On ne lutte pas contre « la force du destin ».Pour susciter des mouvements de rechange, il faut accorder de l\u2019attention à la vie et bâtir la vie temporelle pour assurer la « resacralisation du monde » (Pie XII).On y parviendra par les cours de préparation au mariage, les services de dépannage des foyers, les unions de familles et associations parents-maîtres, les organisations économico-sociales: syndicats, coopératives, clubs de gestion financière, les œuvres de loisirs: badminton, majorettes, etc.M.Gérard Pelletier se dit entièrement d\u2019accord avec son prédécesseur.Il arrivait aux mêmes conclusions par une voie différente; à partir d\u2019une grille des besoins qu\u2019il établit, besoins de vie et d\u2019échanges spirituels, de solidarité et d\u2019entraide, il jugeait que les associations en question n\u2019y répondent pas et que l\u2019une d\u2019elles a même faussé l\u2019action des chrétiens sur la société.La preuve, c\u2019est qu\u2019elles sont mortes, cependant que, sans elles, une paroisse où il a vécu a connu une véritable vie.L\u2019auditoire avait subi un traitement de choc.Il réagit avec une dignité ferme devant les jugements sommaires des « agents provocateurs » (l\u2019expression fut employée par le plus placide des interpellants).Avec unanimité aussi.De la quinzaine d\u2019auditeurs qui prirent la parole se dégageait une vitalité, qu\u2019on n\u2019arrivait pas à étouffer même en décrétant qu\u2019elle était morte.De partout vinrent les témoignages, de Hull, de Nicolet, de Québec, de Montréal et même d\u2019en dehors de la province; et ceux des Laurentides et d\u2019ailleurs auraient aussi voulu parler.La présidente générale des Dames de Sainte-Anne et quelques officiers et directeurs de Ligues du Sacré-Cœur firent connaître la rénovation qui s\u2019opérait à l\u2019intérieur de leurs groupements; des membres des Congrégations mariales et de la Légion de Marie avaient en vain demandé la parole pour révéler le travail qu\u2019accomplit l\u2019Esprit Saint en leur milieu.Pour le passé comme le présent, tous s\u2019inspiraient de leur expérience, vécue avec fidélité, patience, amour et authenticité dans l\u2019Église de Dieu.Il y avait joie dans les cœurs à découvrir cette effioraison de vie chrétienne qui s\u2019exprimait, il y avait surtout douleur et scandale à voir cette découverte spirituelle méconnue et bafouée par les occupants de la tribune.Le président chargé de diriger cet échange a conclu qu\u2019il n\u2019avait pas d\u2019adultes devant lui et qu\u2019il souhaitait à tous la maturité! Comme si penser avec la hiérarchie, sur des problèmes à propos desquels l\u2019épiscopat canadien s\u2019est prononcé en 1962 et le Souverain Pontife peu de temps auparavant, prouvait l\u2019absence de maturité! Un colloque sur un problème ecclésial, d\u2019accord.Pourvu qu\u2019il soit bien préparé, avec des points précis à débattre, des exposés courts et objectifs par des personnes compétentes, sous une direction impartiale.Car se pencher sur des organismes d\u2019Église où palpite la vie de l\u2019Esprit pour les déclarer moribonds ou morts avant de les avoir examinés me paraît un procédé non scientifique, socialement malsain et d\u2019avance voué à l\u2019échec.Il y a lieu d\u2019améliorer ces rencontres, en vue d\u2019un véritable échange.Jacques Cousineau.79 En COLLABORATION: La Parole de Dieu en Jésus-Christ, Cahiers de l\u2019Actualité religieuse, 15.\u2022\u2014 Tournai, Casterman, 1961, 310 pp., 21 cm.1E volume contient les vues de dix-huit J « spécialistes » en sciences sacrées, qui ont étudié le thème « Vers une théologie de la Parole de Dieu » aux sixièmes rencontres doctrinales du collège dominicain de la Sarte-Huy, en Belgique.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une œuvre de vulgarisation.On y fait l\u2019inventaire de la Parole de Dieu, consignée dans la Bible, interprétée par la tradition.Car la Parole de Dieu continue de se faire connaître par le magistère de l\u2019Eglise.Quelle valeur ont ces différentes sources de la Révélation, livres historiques de l\u2019Ancien Testament, prophéties, Sagesse, etc.?Le Christ, Verbe incarné, centre et sommet de la Parole de Dieu, est le grand Révélateur des choses divines.Sous l\u2019Ancien comme sous le Nouveau Testament, tout se rapporte à lui, événements et doctrine.Le Christ doit donc être l\u2019objet premier de notre enseignement.Mais il n\u2019est pas seulement un personnage historique dont on se contenterait de raconter les actions passées; il est toujours vivant et présent; il est lumière et source de force, il est la voie, la vérité et la vie.Il ne suffit donc pas d\u2019éclairer les intelligences en faisant connaître les événements de sa carrière et sa doctrine, il faut susciter l\u2019amour pour sa personne et l\u2019imitation de ses exemples.Les suggestions qu\u2019on fait à ce sujet pour la catéchèse et la prédication, même pour l\u2019enseignement de la théologie, sont à retenir.Catéchistes, prédicateurs et théologiens trouveront avantage à lire les pages si denses où ces conseils sont résumés.Adélard Dugré.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.En COLLABORATION: Initiation économique et sociale.Tome I.Doctrines et tendances : Libéralisme, socialisme et catholicisme social.\u2014 Lyon (16, rue du Plat), Chronique sociale de France, 18.5 cm., 1962, 364 pp.Troisième édition d\u2019un manuel dû à l\u2019équipe de la Chronique sociale de France, ce livre est déjà bien connu et apprécié au Canada français.Les auteurs ont voulu le mettre complètement à jour et tenir compte des récents événements ainsi que des derniers enseignements pontificaux.Le nouveau plan comporte quatre parties: 1) la doctrine sociale de l\u2019Eglise; 2) les doctrines sociales antichrétiennes ou non chrétiennes; 3) le catholicisme social; 4) les papes ont parlé: recueil et commentaires des textes pontificaux.Il s\u2019agit d\u2019un manuel, simple et clair, qui dit avec le minimum de mots l\u2019essentiel de ce qu\u2019il faut savoir sur la Doctrine sociale de l\u2019Eglise, sur les libéralismes, les socialismes et le catholicisme social.Richard Arès.Centre pastoral des Missions de l\u2019intérieur: La Mission générale.Dix ans d\u2019expérience au C.P.M.I.Coll.« Rencontres », 63.¦\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1961, 335 pp., 19 cm.1E C.P.M.I.célébrant son dixième anni-versaire, le T.R.P.Jean-François Motte, franciscain, qui en fut l\u2019initiateur, et ses collaborateurs, nous présentent ces dix ans d\u2019expérience.Conscients de la déchristianisation de la France \u2014 France, pays de mission ?\u2014, ils ont cherché ensemble des méthodes de prédication plus adaptées au monde actuel en perpétuelle transformation, en tenant compte de tous les mouvements qui, ces dernières années, se sont imposés dans l\u2019Eglise: Action catholique spécialisée, Renouveau biblique et liturgique, Recherche catéchétique.L\u2019ouvrage expose les efforts apportés ensemble par le clergé et le laïcat à l\u2019évangélisation des masses coupées de l\u2019Eglise.Le travail s\u2019avère très difficile; en toute humilité et sincérité, les auteurs avouent que la formule définitive se cherche encore.Voici celle que l\u2019expérience peu à peu a dégagée.En cette entreprise surnaturelle la prière a large place et c\u2019est par elle que la Mission est lancée.Le premier temps fort de la Mission est la Prémission, le contact y est établi avec les laïcs qui s\u2019engageront à influencer la masse.Elle suppose une longue préparation psychologique et spirituelle; la tâche est dure mais nécessaire et il ne faut pas s\u2019attendre à un succès complet du premier coup.Vient ensuite la Proclamation du Message; les auditeurs doivent y retrouver une synthèse de leur credo et une vie sacramentaire plus vraie, plus fervente.Tous les moyens de diffusion de la technique moderne (presse, radio, cinéma, télévision) sont de mise.Telle sera peut-être la formule de l\u2019avenir: une pastorale d\u2019ensemble qui, tout en respectant les individualités, coordonnera les activités du clergé, de l\u2019état religieux et du laïcat.Ainsi la prédication aura un langage et des méthodes adaptés aux personnes, aux temps et aux lieux.Telles sont les idées de ce livre où les prédicateurs des missions paroissiales nous font part de leur riche et encourageante expérience.Ils ont affronté des masses déchristianisées, ils ont recherché ensemble les causes collectives du fléchissement; simplement, sans prétention, honnêtement, ils disent leurs succès comme leurs échecs.Il ne s\u2019agit pas de parachuter en notre pays, telles quelles, ces méthodes; d\u2019autre part, nous devons admettre que la foi de nos gens subit de rudes coups; nous devons étudier le milieu, rechercher des méthodes nouvelles afin de mieux atteindre les âmes.Lisez cet ouvrage; il vous convaincra; il mériterait d\u2019être un best-seller de la littérature religieuse contemporaine.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Karl Rahner, S.J.: Mission et Grâce.Tome Ier: XXe siècle, siècle de grâce?Fondements d\u2019une théologie pastorale pour notre temps.Traduit de l\u2019allemand par Charles Muller.\u2014 Marne, 1962, 266 pp., 18 cm.Le titre de cet ouvrage en décrit parfai-tement le contenu: il y est strictement traité de la mission de l\u2019Eglise, de l\u2019apostolat et de la grâce.Celui qui jetterait un regard superficiel sur l\u2019introduction des divers chapitres, en s\u2019apercevant qu\u2019il s\u2019agit de conférences prononcées en diverses circonstances, pourrait s\u2019imaginer que la pensée y est délayée.Qu\u2019il se détrompe! Voici un texte d\u2019une rare densité, d\u2019une rigueur sans faiblesse, d\u2019une lucidité clairvoyante en face des problèmes apostoliques de notre temps.L\u2019idée qui nous a le plus frappé est celle-ci: la grâce du Saint-Esprit est à l\u2019œuvre non seulement dans chaque catholique, mais dans chaque homme, et c\u2019est d\u2019elle avant tout qu\u2019il faut tenir compte dans l\u2019apostolat.Sans elle, les organismes apostoliques se figeront.Le P.Rahner n\u2019en veut pas à l\u2019Action catholique ni aux autres mouvements; il affirme simplement le primat de la grâce dans la mission de l\u2019Eglise.Il est intéressant de voir comment les réflexions théologiques les plus élevées aboutissent tout à coup à des applications extrêmement concrètes.Ce livre n\u2019est pas facile à lire, mais il récompensera amplement celui qui aura eu le courage de le suivre pas à pas.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Claude Tresmontant: La Métaphysique du christianisme et la naissance de la philosophie chrétienne.Problème de la création et de l\u2019anthropologie, des origines à saint Augustin.\u2014 Paris, Ed.du Seuil, 1961, 750 pp., 22.5 cm.La pensée chrétienne comporte des exi-J gences au plan de la métaphysique.Elle implique des réponses aux questions les plus fondamentales qui sont du ressort de la philosophie: le créé et l\u2019incréé, l\u2019un et le multiple, le devenir, la temporalité, la matière, l\u2019âme et le corps, etc.C\u2019est ce que l\u2019A.met ici en évidence.Deux méthodes s\u2019offraient à lui.On bien partir de la théologie dogmatique déjà formulée et dégager ensuite ses exigences internes; ou bien, en sens inverse, suivre le processus par lequel la pensée chrétienne a pris progressivement conscience explicite de ses propres principes.L\u2019A.a préféré la seconde méthode, d\u2019ailleurs plus démonstrative.Il n\u2019a pas cherché cependant à faire œuvre d\u2019historien.Supposant l\u2019histoire connue, il Yutilise pour montrer comment le christianisme, au cours des premiers siècles, en est arrivé à formuler peu à peu « son infrastructure métaphysique » à travers ses docteurs et ses conciles.L\u2019ouvrage comprend deux parties: la première étudie les problèmes soulevés par la notion de création: distinction du créé et de l\u2019incréé, liberté de l\u2019acte créateur, création et commencement.La seconde analyse les problèmes concernant l\u2019anthropologie: immortalité, origine de l\u2019âme, liberté.En appendice, on trouvera d\u2019intéressants aperçus sur « la permanence de la gnose et du néo-platonisme dans la pensée occidentale ».Cette étude sérieuse mérite de retenir l\u2019attention.Gilles Pelland.Scolasticat de Y Immaculée-Conception, Montréal.80 RELATIONS Raymond HOSTIE, S.J.: Le Discernement des vocations.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 170 pp., 21.5 cm.1E PROBLÈME des vocations est au centre > des préoccupations de l\u2019Eglise.Le P.Hostie, particulièrement qualifié par son enseignement pendant plusieurs années de la psychologie pastorale et par sa vaste expérience de la spiritualité, tente de faire le point sur cette grave question du discernement des vocations.Les directeurs d\u2019âmes se voient donc indiquer leur devoir d\u2019étudier sérieusement la signification, la valeur et la portée des aptitudes de leurs dirigés.Tant d\u2019éléments peuvent influer sur le comportement: tares héréditaires, habitudes prises par suite d\u2019une éducation manquée, déficiences d\u2019un caractère mal dompté.Ils doivent tenir compte de la santé psychique; médecine et psychanalyse rendent ici d\u2019immenses services.D\u2019aucuns pourront trouver que l\u2019A.le rappelle avec insistance.En toute honnêteté, il donne en post-scriptum le document du Saint-Office réprouvant l\u2019engouement pour la psychanalyse et il y voit la sagesse même.Quiconque a charge d\u2019âme doit posséder une grande perspicacité spirituelle afin de reconnaître les cheminements de la grâce et d\u2019analyser avec objectivité les motivations intérieures et extérieures qui ont orienté vers la vie religieuse ou le sacerdoce.Il y faut beaucoup de tact, car il y a à garantir la liberté du choix.L\u2019exposé de l\u2019A.éclaire des cas imaginés, sans doute, mais semblables à beaucoup qui se rencontrent dans le concret; son ouvrage n\u2019en est que plus vivant.Le directeur de conscience soucieux d\u2019exercer avec compétence « l\u2019art des arts » (saint Grégoire le Grand) trouvera profit à lire et à relire cet ouvrage.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint-Jérôme.X.Lefebvre et L.Perin, S.J.: L\u2019Appel du Seigneur.Préparation à la première communion, à la confession et à la confirmation.Formation de l'enfant à la prière.\u2014 Paris, de Gigord, 1962, 424 pp., 21.5 cm.Le principal mérite de cet ouvrage réside en ce qu\u2019il est le fruit d\u2019expériences concrètes, menées avec méthode par une équipe d\u2019aumôniers et de catéchistes.Comme l\u2019affirme le sous-titre, cette préparation à la première communion, à la confession et à la confirmation s\u2019accompagne d\u2019une formation à la prière et d\u2019une initiation pratique à la vie intérieure qui auront des répercussions considérables sur la vie spirituelle de l\u2019enfant.Il y a donc ici plus qu\u2019un simple enseignement religieux; nous nous trouvons en présence d\u2019une école de vie chrétienne.La source en est, comme il se doit, l\u2019Evangile; le but consiste à introduire l\u2019enfant dans l\u2019amitié du Christ et, par lui, à prendre un contact intime avec les personnes divines.Parents et éducateurs apprécieront l\u2019analyse psychologique de l\u2019enfant, au début du volume;^ ils goûteront également la clarté de la méthode et la richesse de la doctrine.Nous recommandons particulièrement ce livre aux professeurs qui préparent les enfants à la première communion et aux prêtres qui ont à prêcher la retraite qui précède cet événement majeur de la vie de l\u2019enfant.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.MARS 1963 Raymond Barbeau: Le Québec est-il une colonie?\u2014 Montréal (1130 est, rue Lagauchetière), Editions de l\u2019Homme, 1962, 159 pp., 20 cm.Prix: $1.C'E dossier, patiemment et scrupuleuse-?ment établi, démontre le réalisme et la lucidité de l\u2019A.Ici, nulle passion (elle serait légitime).Documents, statistiques, faits et attitudes, depuis cent ans, prouvent que notre pseudo-confédération, conçue et dirigée contre le Canada français, mène à la ruine de notre nation: la constitution même, étouffante pour nous; les empiétements du fédéral dans le champ des « provinces »; l\u2019ostracisme de la majorité anglophone à notre égard, partout, toujours, effrontément, aujourd\u2019hui comme hier; la maladie du bilinguisme; l\u2019anglicisation par la fonction publique, l\u2019armée, l\u2019immigration; l\u2019injuste répartition des taxes; l\u2019incompréhension de la Cour suprême! Autant de sujets de mécontentement, autant de chapitres de l\u2019ouvrage (dix-huit).Evidemment, conclut l\u2019A., le Québec vivote comme une colonie d\u2019Ottawa.Cette condition répugne à la fierté d\u2019un peuple capable de se gouverner; car, pense l\u2019A., le Québec peut se gouverner.On ne réfute pas un tel réquisitoire, ni sa conclusion par un haussement d\u2019épaules indifférent ou dédaigneux.Joseph d\u2019Anjou.Yordan Kostakeff: Qu\u2019est-ce que le Crédit social?\u2014 Montréal, 1962, 128 pp., 19 cm.La brochure comprend sept chapitres.j Les trois premiers racontent l\u2019histoire du mouvement créditiste, des systèmes monétaires et du système monétaire canadien.Deux autres expliquent le crédit social.Les deux derniers traitent du socialisme et de la philosophie politique du Crédit social.Après l\u2019abattage en règle du volume par Pierre Harvey dans le Devoir du 29 octobre 1962, une recension s\u2019impose-t-elle ?Pour ma part, j\u2019endosse entièrement les remarques de Harvey sur la pensée, la science et la méthodologie de l\u2019auteur.J\u2019ajouterais que la partie historique, très superficielle, ignore les efforts créditistes du Québec et passe sous silence les faits saillants de l\u2019évolution créditiste en Alberta.En outre, au point de vue économique, l\u2019A.aurait dû revoir les définitions de base des comptes nationaux.Il oublie à la p.86 que la production nationale dont il est question est la production brute.Si l\u2019on en soustrait le placement national brut ainsi que les impôts indirects, on aboutit au revenu national dont il parle.Mais ce revenu national n\u2019est pas le revenu national disponible.Il faut en soustraire l\u2019impôt personnel et l\u2019épargne et, pour être logique, partir de cette donnée pour créer le pouvoir d\u2019achat.Mais à quoi bon discuter?Le lecteur averti peut se demander quelle est la formation économique de l\u2019auteur.Un philosophe ou un littérateur peuvent-ils aborder pareil sujet sans se brûler les ailes ?L\u2019A.n\u2019apporte aucun élément nouveau.Quelle est sa bibliographie ?A-t-il lu le journal Vers demain?Les œuvres de MM.Louis Even, Turpin, de Mme Gilberte Côté-Mercier sont supérieures à cette dissertation bâclée et ont la prudence de n\u2019afficher aucune prétention universitaire.On s\u2019étonne que l\u2019éditeur ait accepté pareil ouvrage.Emile Bouvier.Vertu trouve toujours sa récompense .et celui qui s\u2019adresse à une bonne Maison pour ses travaux en chauffage-plomberie est bien avisé: confiez-nous les vôtres.Construisez-vous ?Faut-il réparer ou reviser votre système de chauffage?.Nous disposons d\u2019une main-d\u2019œuvre experte, qui travaille bien et rapidement.Travaux d'envergure, travaux de moindre importance, nos techniciens et ouvriers spécialisés travaillent toujours consciencieusement: ce qu\u2019ils font est fait pour la vie.Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada CHAUFFAGE-PLOMBERIE Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL La haute fidélité stéréophonique à son meilleur Grand choix de disques stéréo CITÉ Electronique 3165, rue Hochelaga Montréal 4, LA.5-2551 TOUS- LES ACCESSOIRES ELECTRIQUES (Strictement en gros) « Le temple de la lumière » BEN BELAND, prés.JEAN BELAND, Ing.P., secr.-trés.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* 81 Roland Lamontagne: La Galissonnière et le Canada.\u2014 Montréal et Paris, Presses de l\u2019Université de Montréal et Presses universitaires de France, 1962, xx-104 pp., 21.5 cm.Lauteur reprend ici sept articles publiés 1 dans RH AF (Revue d'histoire de l'Amérique française), de mars 1960 à décembre 1961, et les complète par trois chapitres nouveaux: iv° (« Politique indigène »); Ve (« Projet de consolidation territoriale ») et Xe (« La G., directeur du Dépôt de la Marine »).Le marquis Roland-Michel Barrin de La Galissonnière (1693-1756), petit-fils de l\u2019intendant Michel Bégon, fut gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France du 19 septembre 1747 au 15 août 1749, durant la captivité du gouverneur La Jonquière au temps de la Guerre de la Succession d\u2019Autriche, aux approches de la Guerre de Conquête.Il peut compter parmi nos administrateurs les plus intelligents, les plus compétents et, ce qui est plus rare, les plus probes.Il nous était pratiquement inconnu et maintenant il nous rappelle, à plus d\u2019un trait, l\u2019intendant Talon.Avec une documentation que nous devinons rare, en dépit d\u2019une bibliographie de quelque huit pages, et vraisemblablement éparse, M.Lamontagne nous révèle avec beaucoup de sérénité et d\u2019objectivité un marin digne des rapides promotions qu\u2019il a connues, un administrateur appliqué, fidèle et clairvoyant, doublé d\u2019un botaniste réputé.Ces trois caractères se retrouveront pour ainsi dire, avec son sens humain et le soin de bien faire, dans tous les postes de sa carrière.Bien que l\u2019A.ne le note pas, il semble bien que La G.ait trouvé sa préoccupation pour les sciences naturelles lors d\u2019un premier voyage au Canada en 1739 (notes des pp.70 et 76, puis sa correspondance avec Monceau, p.70).Si l\u2019A.se contente d\u2019énumérer les grades de La G.dans la marine il affecte six chapitres à son administration de la Nouvelle-France; il l\u2019étudie sous tous les aspects d\u2019une politique coloniale soucieuse de tous les progrès et améliorations.La partie la plus nouvelle et incontestablement la plus intéressante de l\u2019ouvrage révèle en La G.l\u2019homme de sciences (botanique, physique, géographie) en contact permanent avec les savants les plus distingués de son époque.Selon l\u2019esprit du temps, « l\u2019histoire naturelle.était.utilisée à des fins politiques ».Merci à l\u2019auteur et à son préfacier, Louis de Broglie, ainsi qu\u2019aux Presses universitaires de Paris et de Montréal, pour nous avoir présenté un ouvrage d\u2019une tenue typographique remarquable et d\u2019une honnête tenue française.Georges-Emile Giguère.Maison Bellarmin.Germain Lesage, O.M.L: Dynamisme de la vocation.\u2014 Editions « Rayonnement » (2585, rue Létourneux), Montréal, 1962, 180 pp., 21 cm.1 ES prêtres, les religieux et les religieuses / à qui l\u2019A.adresse son ouvrage, « simple résumé, dit-il, des courants d\u2019idées dont s\u2019inspire la pastorale contemporaine de la culture des vocations d\u2019Eglise », seront ici fort bien servis, et bien au-delà de ce qu\u2019annonce un simple résumé.L\u2019A., en effet, en plus de présenter avec équilibre, netteté, réalisme, la vocation dans son ensemble (Ire partie) et « de décrire sous un jour concret ce que les diverses vocations d\u2019Eglise sont et doivent être, d\u2019après les exigences contemporaines » (IIe partie), a très heureusement mis en lumière le dynamisme de la vocation.En effet, il commande, sauf le premier, tous les chapitres: la présentation de la vocation, son développement chez celui qui est appelé, enfin chacune des vocations ecclésiales étudiées: sacerdoce séculier et régulier, vie du religieux enseignant, vie religieuse féminine.Dans la vocation se résume toute la dynamique de la personne.« Elle est appel intime à une réussite humaine intégrale », « par l\u2019incorporation des talents, du milieu, de l\u2019Action, dans un parfait épanouissement humain et surnaturel ».Fort justement, l\u2019A.insiste sur l\u2019aspect personnaliste de la motivation; c\u2019est par une telle motivation qu\u2019à l\u2019appel de Dieu est donnée réponse vraiment humaine, capable de progresser en fidélité, en profondeur, en rayonnement.Les deux derniers chapitres, consacrés aux Frères enseignants et aux Religieuses, sont particulièrement réussis; ils peuvent rendre grand service.Une petite réserve: j\u2019aurais souhaité ici et là une note qui nuance le jugement, v.g.sur l\u2019expérience des prêtres-ouvriers, sur la présence des prêtres dans l\u2019enseignement des matières profanes.Georges Robitaille.Marie Le Franc: La Randonnée passionnée.Roman.Coll, du « Nénuphar ».\u2014 Montréal et Paris, Fides, 1961, 159 pp., 21 cm.UN médecin canadien à épousé une comédienne française.Il est studieux, elle est mondaine.Malgré la venue d\u2019ado-raDles enfants, le couple s\u2019avère à peine uni, à cause du dénivellement des aspirations, du peu de compatibilité des caractères.Pour s\u2019accorder une salutaire diversion, le mari décide de passer l\u2019été dans les vastes étendues du nord canadien.Le roman raconte cette saison.Comme on peut s\u2019y attendre, le lecteur assiste à des scènes de grand air diversifiées, canotage, portage, ascension d\u2019un mont, campements \t\tRAPTIM CANADA Ltée \tRomand\t \t\tAGENCE INTERNATIONALE DE VOYAGES \tAssociatio\t \t\tApprouvée par : 1 A T A AT C Conférence Transatlantique Conférence Transpacifique Pour vous servir : M.Luc GOU, directeur général, 1652, rue Saint-Hubert, Montréal-24, P.Q.-Tél.: VI.5-7223* Bureau accrédité de RAPTIM International \tP,O\t \tTransvehendis 1 tinerantibus Missionariis\t \t\t au milieu de sympathiques Indiens, etc.Ce contact prolongé avec la nature dans ce qu\u2019elle a de plus pur, de plus simple, de plus primitif apaise le docteur et le dispose à plus de compréhension à l\u2019égard de sa compagne de vie.Aussi, au dénouement, mari et femme sont-ils sensiblement rapprochés.Ce qui assure une valeur remarquable à cet ouvrage et lui mérite de figurer dans la belle collection du Nénuphar, c\u2019est avant tout, sans contredit, la qualité de ses descriptions variées, la facture exceptionnelle de ses innombrables tableaux, le climat d\u2019intense poésie qui s\u2019en dégage et dans lequel s\u2019enchâssent, en prenant l\u2019éclat de joyaux, des événements en eux-mêmes extrêmement minces.René Daoust, pire.Presbytère Saint- Vincent-Fèrrier, Montréal.Michelle Le Normand: La Montagne d'hiver.\u2014 Montréal et Paris, Fides, 1961, 158 pp., 22 cm.Après quinze années de ménage durant lesquelles un mari triste, incompréhensif, colère, trop exclusivement attaché à sa profession, l\u2019a tenue malheureuse, Madeleine Beaulieu devient veuve.Revenue de l\u2019amour, décidée à un veuvage perpétuel, elle roule dans sa tête des pensées déprimantes quand elle rencontre fort à propos la sympathie de sa famille et la chaude amitié d\u2019une camarade chez qui elle s\u2019installe pour le gros de l\u2019hiver.Dans le décor enchanteur des Laurentides, Madeleine se livre au sport du ski qui la passionne.C\u2019est pour elle l\u2019occasion de rencontrer différentes personnalités, dont certaines très attachantes; avec l\u2019aide de ses propres convictions religieuses et de l\u2019exemple entraînant de son amie, elle finit par reprendre son équilibre.Ce roman, magnifiquement écrit, est avant tout un hymne à la beauté hivernale de nos Laurentides, une reconnaissance des possibilités esthétiques et thérapeutiques du ski.La note religieuse rend le son de la simplicité naïve et confiante.René Daoust.Presbytère Saint-Vincent-Fèrrier, Montréal.Nouveauté Propos spirituels d\u2019un psychiatre par le P.Henri Samson, S.J.Prêtre, médecin et psychiatre, le P.Samson jouit d\u2019une forte réputation au Canada et à l\u2019étranger.$3.50 l\u2019exemplaire LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 82 RELATIONS Anne Hébert: Poèmes.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1960, 110 pp., 18.5 cm.Prix: 7,50 NF.Sans conteste, ce recueil de poèmes est le meilleur jamais publié par un écrivain canadien-français.La première partie reproduit le Tombeau des Rois, paru en 1953 à l\u2019Institut littéraire du Québec; on a supprimé les sous-titres qui rangeaient les poèmes en petits groupes, mais conservé la préface de Pierre Emmanuel, une page dont le « verbe austère et sec, rompu, soigneusement exclu de la musique », est à l\u2019image même des poèmes, présentés « comme tracés dans l\u2019os par la pointe d\u2019un poignard ».La seconde partie, Mystère de la parole, nous offre des poèmes inédits, du moins dans leur ensemble; nous y sommes introduits merveilleusement par le texte d\u2019une causerie où, le 11 décembre 1958, alors qu\u2019on lui remettait le prix Duvernay, l\u2019auteur exposait sa propre conception de la poésie, « solitude rompue » (voir la Presse, 12 déc., 1958).On a vu juste en réunissant ces deux groupes de poèmes, car ils sont comme deux volets d\u2019un même diptyque: le difficile itinéraire poétique d\u2019Anne Hébert, qui va de la mort à la vie.Le Tombeau des Rois nous avait laissés à la fois inquiets et pleins d\u2019espoir.Dans un grand bruit d\u2019os, on y parlait beaucoup de mort, et l\u2019on ne savait pas ce qu\u2019il adviendrait à cette petite fille qui, d\u2019abord tranquille aux fontaines, s\u2019était laissée emmurer peu à peu dans une chambre qui menaçait de devenir son tombeau.Toutefois, dans les ténèbres où perçait déjà un « reflet d\u2019aube », un cœur frémissait; et l\u2019on sentait, à la façon dont il « tournait vers le matin ses prunelles crevées » de « faucon aveugle », qu\u2019il allait bientôt offrir une résistance capable de changer en résurrection l\u2019agonie latente.Devait suivre, en effet, dans les profondeurs de l\u2019être, une prise à bras-le-corps de la mort, une sorte de drame tumultueux que les Chambres de bois (Seuil, 1958) nous ont raconté.Et voici que Mystère de la parole témoigne de la résurrection qui s\u2019est alors opérée: « la vie est remise en marche, l\u2019eau se rompt comme du pain, roulent les flots, s\u2019enluminent les morts et les augures, la marée se fend à l\u2019horizon » (p.105).C\u2019est l\u2019aurore déjà, et toute vibrante en ses N ouveauté Le rôle de l\u2019Etat dans un Québec fort par le P.Richard Arès, S.J.Conférence prononcée au 26e Congrès de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec $0.25 l\u2019exemplaire LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 MARS 1963 couleurs! Que sera le plein jour?Il est permis de l\u2019espérer magnifique, surtout si, fidèle à sa rigueur, Anne Hébert sait entendre jusqu\u2019au bout de leur vérité « la vie et la mort qui en (elle) reçurent droit d\u2019asile » (73).Alors, sera plus féconde encore une foi qui a déjà beaucoup produit: « Et moi, je crois à la vertu de la poésie, je crois au salut qui vient de toute parole juste, vécue et exprimée.Je crois à la solitude rompue comme du pain par la poésie.» (71.) René Dionne.4, montée de Fourvière, Lyon.Henri SAMSON, M.D., S.J.: Propos spirituels d\u2019un psychiatre.\u2014 Montréal, Editions Bellarmin, 1963,\t262 pp., 21 cm.r \u2019Auteur, à la fois prêtre et psychiatre, -L/ est directeur de l\u2019Institut de Psychothérapie de Montréal.Il réunit ici les réflexions d\u2019ordre spirituel qu\u2019il propose à ses collaborateurs au printemps de chaque année.On n\u2019y trouve donc pas un exposé systématique de doctrine spirituelle, mais une suite de considérations sur les relations de l\u2019homme avec Dieu, qui avance comme une méditation, au gré des associations et des circonstances, avec des redites et des reprises, et toute la chaleur communicative que permet le genre.Il y a là, quand même, une doctrine spirituelle, et forte, que l\u2019on sent partout affleurer, et qu\u2019il ne serait pas difficile d\u2019expliciter en quelques propositions fondamentales.Plus proche de la vie, l\u2019ouvrage en est plus savoureux et plus nourrissant.A quelques allusions, à quelques thèmes, à quelques applications, on peut reconnaître les intérêts professionnels de l\u2019A.et de ses auditeurs.Mais le lecteur serait déçu qui chercherait un ouvrage de psychiatrie.C\u2019est bien franchement un ouvrage de doctrine spirituelle, et qui ne s\u2019adresse pas aux seuls professionnels de la médecine psychologique.Tout éducateur, tout praticien des sciences de l\u2019homme, tout chrétien, pourrait y reconnaître, et même y apprendre, le sens de sa vie.Il est heureux que des professionnels qui pénètrent si profondément dans la vie de l\u2019esprit humain aient le souci de poursuivre ainsi leur formation intérieure personnelle.Robert Picard.Collège Jean-de-Brébeuj.Écrits spirituels du Père Paris.Préface de Roger Pons.\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1961, 318 pp., 20.5 cm.1E Père Paris était sulpicien et ne voulait j pas qu\u2019on l\u2019appelât « monsieur l\u2019abbé », ne voyant pas de quelle abbaye il aurait bien pu l\u2019être! Malgré qu\u2019il soit décédé il y a plus de vingt ans, ce n\u2019est que récemment qu\u2019on a publié, en ce volume, ses articles, retraites et notes de spiritualité retrouvés ici et là, dans des revues ou dans ses tiroirs.De santé fragile, après sept années d\u2019enseignement au grand séminaire de Bordeaux, il se retira, avec la permission de ses supérieurs, dans sa famille.Sa vie n\u2019en devait pas être moins féconde.Il fit connaissance de l\u2019universitaire récemment converti, Pierre Lotte; à partir de ce moment, il s\u2019identifia au mouvement catholique universitaire au point d\u2019être surnommé le « curé de la paroisse universitaire ».Ayant payé un lourd impôt à la maladie, « crucifié avec son Maître », il a aimé le chemin de croix, il a même donné une retraite sous cette forme.Nous ne devons donc pas nous étonner que ses écrits soient imprégnés comme d\u2019une nostalgie amoureuse de la souffrance.Chacune des stations du chemin de croix qu\u2019il a composées s\u2019appuie sur un texte de saint Paul; il a omis celles qui n\u2019ont point d\u2019origine historique dans l\u2019Evangile et les a remplacées par d\u2019autres mieux établies.Pour faire accepter la loi morale et ses exigences austères, il aimait rappeler que le Verbe s\u2019était incarné et avait connu d\u2019expérience toutes nos misères, la mort incluse, afin d\u2019accomplir la volonté de son Père.Les anciens de Saint-Sulpice goûteront le délicieux commentaire de la célèbre prière de M.Olier: O Jésus, vivant en Marie.Sa retraite sur le thème du Baptême est particulièrement enrichissante.Le Père Paris avait la tête pleine de textes des Pères, des vieux sacramentaires, des liturgistes du Moyen Age, et les utilisait de façon merveilleuse.Il trouvait dans la liturgie une sève divine qui ne cesse de vivifier le corps de l\u2019Eglise; par eux les membres de l\u2019Eglise sont introduits dans l\u2019ordre du sacré, c\u2019est le mystère religieux traduit en langage sensible.Même si le Père Paris s\u2019adressait à des universitaires, le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui en notre temps de renouveau liturgique, trouvera en ses écrits grand profit spirituel.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.VOYAGES En Terre-Sainte avec les Chevaliers du Saint-Sépulcre à Pâques AVION : 24 jours $1,196 Mgr Roger Marien, C.S.Portugal, Italie, Liban, Syrie, Egypte, Jordanie, Israël, Grèce, France.Europe et Moyen-Orient EN BATEAU ET AVION : Du 28 juin au 25 août 1963 45, 59 ou 24 jours (abbé J.Martucci) $1,097, $1,580 ou $1,240 plus France, Monaco, Italie, Vatican, San Marino, Suisse, Autriche, Allemagne, Belgique.S'adresser à : Voyages Bel-Air : VI.4-8817; Centre de la Bible : LA.4-1395 G.Bellefleur, 3973, rue Mentana, Montréal, LA.3-2583 83 Équipe de prêtres et de laïques: Le Concile et la Jeunesse.Suggestions catêchétiques et pastorales.-\u2014 Bruxelles, Editions de Lumen Vitae, 1962, 136 pp., 22 cm.Ies auteurs ont voulu avant tout être j pratiques et complets.Aux catéchistes, aux prédicateurs, aux responsables des mouvements de jeunesse ils offrent un instrument de travail qui sera très apprécié, en particulier pour ses apports: études doctrinales, schémas d\u2019exposés pour les leçons, veillées de prières, commentaires de messe et bibliographie appropriée.Les grandes qualités que nous y découvrons sont, d\u2019une part, la clarté et la concision et, d\u2019autre part, une référence constante à la catéchèse biblique.Ainsi, le concile se trouve replacé dans ses véritables perspectives dans l\u2019Eglise.Nous recommandons cet ouvrage aux professeurs du secondaire et du classique.Il orientera leur catéchèse du concile et leur épargnera des recherches longues et coûteuses.Remercions Lumen Vitae de ce nouveau service rendu à la cause de l\u2019enseignement religieux.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Robert GOULET: The Violent Season.-\u2014 Toronto, S.J.Reginald Saunders and Company Ltd.(New York, George Braziller), 1961, 383 pp., 22 cm.Voici un roman conforme au titre qu\u2019il porte.Au village de La Bûche, on attend le retour des bûcherons.Déjà, les hôteliers et les filles de joie préparent leurs intrigues.Cependant, les Dames de la Grâce organisent une réaction purgative.Le choc aboutit à l\u2019incendie et au meurtre.Ces massacres inutiles repoussent les bûcherons vers les bois pacifiques.Mené à une allure torrentielle, le récit déborde de vie.Dans la cohue de la foule mouvante, les personnages typiques émergent vigoureusement, conduisant l\u2019action jusqu\u2019au drame final.Dans ce flot de violence et de sensualité, seuls les forts résistent.Pourtant la mort de Claude et de Lise éveille des sentiments d\u2019une poésie délicate et grandiose.Malheureusement, le zèle catholique se résume au bûcher vengeur et les manies sexuelles se déploient avec trop de sans-gêne.Paul-Emile Racicot.Maison Bellarmin.Marie-Emmanuel Chabot, O.S.U.: Marie de l\u2019Incarnation.Coll.« Classiques canadiens », n° 25.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), Fides, 1962, 96 pp., 16.5 cm.Peu nombreux, vu le cadre de la collection, les textes de la « Thérèse du Nouveau Monde » qu\u2019on présente ici offrent cependant un portrait fidèle de l\u2019une de nos glorieuses fondatrices: jeune fille épanouie, épouse tendre, veuve courageuse, chef d\u2019entreprise lucide et charitable, mère aimante et déchirée par une vocation extraordinaire, contemplative que visite la Trinité, missionnaire sereine dans l\u2019héroïsme, épistolière enfin dont les chroniques, documents précis d\u2019histoire, révèlent un rare équilibre qui harmonise audace et humble obéissance, envergure de pensée et souci du détail, sentiments exquis d\u2019amitié, de reconnaissance et détachement austère, cœur très pur enfin, aussi indulgent aux faiblesses humaines que sensible à l\u2019horreur du péché.Par son introduction et ses notes, malgré leur brièveté, Mère Marie-Emmanuel nous aide à comprendre sa vénérable Mère; trop discrète, elle n\u2019a osé ni éclairer une couple de passages obscurs, ni corriger une inacceptable ponctuation.Joseph d\u2019Anjou.HélèneBaillargeon: Vive laCanadienne.77 chansons du Canada français.Préface de Marius Barbeau.¦\u2014¦ Montréal, Les Editions du Jour, 1962, 160 pp., 20 cm.Hélène Baillargeon s\u2019est faite l\u2019ambassadrice de notre folklore, non seulement à travers le Canada, mais dans plusieurs pays d\u2019Amérique et d\u2019Europe.Aujourd\u2019hui, voici qu\u2019elle vient de poser un geste encore plus efficace: elle publie près de quatre-vingt chansons folkloriques puisées dans les meilleures collections de chez nous.Ces textes valent surtout par la beauté et l\u2019allant de leurs mélodies, par la sûreté de leur rythme, par la verdeur du terroir.Il est à souhaiter que jeunes et moins jeunes retrouvent cette sève de gaîté et rechantent ce que nos pères ont chanté avec tant de bonne humeur.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Nouveauté L\u2019Education, problème social Compte rendu de la 38e Session des Semaines sociales Montréal \u2014 Août 1962 Cet ouvrage constitue une véritable somme qu\u2019on tiendra à posséder.$3.50 l\u2019exemplaire LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 Ingénieurs-conseils MONTRÉAL-3 Chanoine Jacques Leclercq: La Vocation religieuse, 4e édition revue et corrigée.\u2014 Tournai, Casterman, 1960, 223 pp., 21 cm.LAuteur a beaucoup écrit durant sa t carrière sacerdotale qui remonte à plus de trente ans.Toutes ses idées, il l\u2019avoue, n\u2019ont pas toujours été appréciées sans restriction.Personne cependant ne peut lui contester une vaste et riche expérience des âmes, ni la loyauté à dire, avec une habituelle hauteur de vues, ce qu\u2019il croit la vérité.Le présent ouvrage n\u2019est pas un exposé théorique de la vocation religieuse, il veut être un témoignage.« J\u2019ai décrit la consécration à Dieu telle que j\u2019ai essayé de la réaliser dans ma vie et telle que je l\u2019ai vue réalisée par d\u2019autres autour de moi avec ses grandeurs et ses peines.» Les motifs qui attirent à la vie religieuse peuvent ne pas être justes, être parfois mal compris, être entachés même de beaucoup d\u2019humain, ce qui entame la beauté et la pureté de la consécration à Dieu.Ne serait-ce pas la raison de certaines médiocrités sacerdotales et religieuses, et même de pertes de vocations ?La vocation religieuse est don de Dieu, réponse à son amour; elle implique éminemment le sacrifice, le don de soi.Le célibat religieux est saint parce qu\u2019il est condition de ce don.L\u2019A.a voulu fixer l\u2019attention sur les valeurs permanentes de la vie religieuse sanctionnées par le droit canon, alors qu\u2019on s\u2019accroche trop encore à des traditions désuètes, d\u2019un caractère curieux sinon ridicule.Avec raison il rappelle que la vocation ne doit procéder d\u2019aucun mépris du mariage.Peut-être manifeste-t-il une insistance à mettre en parallèle le mariage et le célibat religieux ?Son ouvrage, sans prétendre être une apologie de la vocation religieuse, demeure remarquable; les directeurs d\u2019âmes, les maîtres et maîtresses de novices doivent le posséder; il les aidera à éveiller et à développer des vocations authentiques et solides.Rosaire Legault.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de la êiaubegarùt COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Siège social: Montréal 84 RELATIONS NOTES BIBLIOGRAPHIQUES Collection « Est-il vrai que.?» Dr Chauchard: La chasteté est une vertu impossible?- Henri HOLSTEIN: La jeunesse a perdu son âme?\u2014 Camille DUMONT: Nous payons les folies d\u2019Adam?- P.BOUSSEMART: L\u2019amour diminue au cours du mariage?- R.RoiRET: Les sectes remplacent la religion?- F.RUSSO: L\u2019Eglise est un obstacle au progrès?\u2014 Bruxelles (184, rue Washington), Œuvre des Tracts, 1962, chacune 16 pp.Six petites nouvelles brochures dans une collection ayant pour but de répondre aux principales objections posées contre la religion et la morale catholiques.Le titre de chacune dit bien ici l\u2019intérêt et l\u2019actualité des sujets traités.Cahiers Laënnec:\tLa Réanimation, mars 1962.- Les Ambiguïtés sexuelles, juin 1962.\u2014 Paris (10, rue Cassette), P.Lethielleux, 80 et 64 pp.Le premier Cahier apporte des critères permettant de diagnostiquer si l\u2019on se trouve en présence d\u2019un vivant ayant les apparences de la mort ou d\u2019un cadavre dont certains organes conservent, grâce à une aide extérieure, un semblant de vie.Le second examine les problèmes que posent les ambiguïtés sexuelles: l\u2019Eglise admet-elle le mariage en pareil cas ?que peuvent les médecins en face d\u2019un être qui veut changer de sexe ?, etc.En COLLABORATION: La Santé d\u2019aujourd\u2019hui.\u2014 Paris (10, rue Cassette), P.Lethielleux, 1962, 120 pp.Trois articles forment les trois chapitres du présent volume: « Travail, fatigue et équilibre mental », par le Dr M.Eck: « Les fatigues de l\u2019homme industriel », par le Dr L.Dumortier; « Nuisances et santé de la vie urbaine », par le Dr J.Saulnier.Pierre LENERT: L\u2019Eglise catholique en Pologne.\u2014 Paris (17, rue Jean-Goujon), Editions du Centurion, 1962, 174 pp.Documents sur la situation religieuse en Pologne.Confidence d\u2019un prêtre: « Nous devons aux communistes de nous avoir rapproché du peuple.Avant la guerre, le prêtre était « de l\u2019autre bord », c\u2019est-à-dire du milieu des « propriétaires » et des « capitalistes ».Le sacerdoce était une carrière.Or, la révolution communiste a balayé tout cela.Elle nous a fait basculer, prêtres et évêques, du côté des prolétaires.» Pierre L\u2019Ermite: Pas de prêtre entre toi et moi.\u2014 Montréal (25 est, Saint-Jacques), Fides, 1962, 180 pp.Prix: $2.Réédition canadienne du célèbre ouvrage de Pierre l\u2019Ermite.Les récentes transformations de notre milieu donnent encore plus d\u2019actualité à cette œuvre chez nous.Jean-Guy Leboeuf: Arrêtez d\u2019avoir peur et croyez au succès! \u2014 Montréal (1600, rue Berri, suite 222), Institut de Personnalité, 1962, 188 pp.Prix: $2.Recueil de conseils pratiques, de recettes et de techniques pour réussir dans la vie, un peu dans le genre du livre de Dale Carnegie:\tComment se faire des amis.L\u2019ou- vrage respire un grand optimisme; il pourra faire du bien, mais ne peut tout faire; le vieil adage philosophique tient toujours: personne ne donne ce qu\u2019il n\u2019a pas.Collection « Clair regard » J\u2019ai eu faim.\u2014 Des images et des chansons.\u2014 Vous êtes la lumière.\u2014 Prier, oui ou non?- Indépendance.- Construire seul?- Vatican II.\u2014¦ Tournai et Montréal (5105, chemin de la Côte-Saint-Antoine), 1962, chacune 16 pp.Petites brochures sur des sujets religieux et moraux d\u2019actualité.André Mandouze: Intelligence et Sainteté dans l\u2019ancienne tradition chrétienne.\u2014 Paris (29, boul.Latour-Maubourg), Editions du Cerf, 1962, 114 pp.Causerie à des jeunes gens, accompagnées d\u2019une « petite anthologie patristique ».Brochure qui fera réfléchir ceux qui auront le courage d\u2019en entreprendre la lecture et la méditation.En COLLABORATION: Drogues et Tranquillisants.\u2014 Non-violence et Objection de conscience.\u2014 Tournai, Cas-terman, 1962, 142 et 160 pp.(A Montréal: Raymond Beaulé, 471, rue Saint-François-Xavier.) Nouvelle collection qui vise à répondre aux questions que posent certains sujets d\u2019actualité.A propos de chacune, réponse est donnée aux questions suivantes : « Qu\u2019est-ce que c\u2019est ?qu\u2019est-ce qu\u2019on voit ?qu\u2019est-ce qu\u2019on veut ?qu\u2019est-ce qu\u2019on pense ?» Chaque volume contient ensuite des pages documentaires sur le sujet en question.Collection « Les bêtes et nous » Maurice Rat: Mon caniche Adour.\u2014 Tournai, Casterman, 1962, 100 pp.Un petit livre qui fera les délices des amis et des membres de la Société protectrice des animaux.Le dernier chapitre, « Les dix commandements adressés à Adour par ses maîtres, suivis d\u2019une prière au même », serait d\u2019un goût douteux sans l\u2019humour qui le sauve.Collection « Signe de piste » Maurice Vauthier: Faon l\u2019héroïque.\u2014 Paris (17, rue Cassette), Editions Alsa-tia, 1962, 190 pp.Récit captivant de la rencontre d\u2019un scout et d\u2019un jeune leucémique.Cet ouvrage a obtenu le Grand Prix du Salon de l\u2019Enfance 1962.50e \u2022 Cinquantenaire de la Ligue d\u2019Action nationale \u2022 50e HÔTEL WINDSOR \u2014 DIMANCHE 17 MARS ¦\t3 heures: Rencontre et échanges de vues en comités.¦\t7 heures : Grand banquet-causerie : VICTOR BARBEAU: PUISQUE NATIONALISME IL Y A.¦\tDix dollars le billet.\u2014 Invitation aux lecteurs et lectrices de J^eiationâ.¦\tAdressez votre chèque à M.PATRICK ALLEN, président du Comité d\u2019organisation: 8915, RUE SAINT-URBAIN, MONTRÉAL.\u2014 DU.1-5461. marabout Collections DEUX COLLECTIONS IRREPROCHABLES Il est certain que, depuis 1945, la littérature pour la jeunesse s'est renouvelée et que le goût des jeunes du même coup s'est formé.Les collections qui s\u2019adressent spécialement aux «moins de 16 ans» ont, dans l\u2019ensemble, une qualité et en même temps une abondance que notre jeunesse n\u2019a pas connues.Et je songe, par exemple, aux collections Marabout Junior et Mademoiselle.Daniel-Rops.LES COLLECTIONS POUR LA JEUNESSE 1.Marabout Junior.Cette belle collection (complétée par Marabout Mademoiselle s\u2019adressant aux jeunes filles) se recommande, sans réserve, aux jeunes de 12 à 15 ans, au triple point de vue de la qualité littéraire, de la moralité et de la présentation agréable.Père Hanlet s.j.POUR LES JEUNES GENS .Par sa présentation et sa qualité, par la sécurité morale qu\u2019elle offre, la collection Marabout Junior mérite d'avoir sa place dans toutes les bibliothèques destinées aux jeunes.Par rapport au public chrétien : moralement irréprochable.Livres et Lectures.Une collection moralement irréprochable pour les jeunes : récits d'aventures et de guerre, biographies d\u2019hommes célèbres, exploits d\u2019explorateurs, histoires romanesques et documentaires.Choix de Livres.POUR LES JEUNES FILLES La collection Marabout Mademoiselle offre aux adolescentes une intéressante sélection de romans, de documentaires vécus, de biographies.Présentée de façon très moderne, cette collection est d\u2019un prix très abordable.Bulletin d\u2019orientation scolaire et professionnelle.m On trouve, dans cette excellente petite collection, des biographies de femmes exceptionnelles par leur travail, leur courage ou leur altruisme, et aussi des romans à la fois amusants et instructifs emplis de bonne humeur et de joie de vivre.Par rapport au public chrétien : moralement irréprochable.Livres et lectures.Moderne, jolie et peu coûteuse, la collection (Marabout Mademoiselle) permet aux jeunes filles de se constituer, en toute sécurité morale, une belle bibliothèque.Guy Sénart, La Croix du dimanche.DES LIVRES A RECOMMANDER SOUTHALL (Ivan) : Mission en Cyrénaïque.Livre vedette.Excellent livre qui fait revivre la débâcle anglaise au moment de l\u2019avance de l\u2019Afrikakorps, commandé par Rommel.Marabout-Chercheur donne des renseignements intéressants sur l'aviation.Il est dommage que la traduction soit assez lourde.Si, malgré cela, ce livre est mis « vedette » c\u2019est à la qualité qu\u2019il le doit : il est excellent au point de vue moral.Le héros fait preuve de courage, de ténacité, d'intelligence et de beaucoup d'humanité.Les officiers sont en général de belles figures : au moment où la situation semble désespérée, les héros prient, Pour tous garçons à partir de 14 ans, aimant les aventures vécues.\tNotes bibliographiques.VERNES (Henri) : Le masque bleu.Le héros se distingue toujours par sa grande loyauté, tandis que son compagnon est plus bouillant et moins scrupuleux.Beaucoup d\u2019excellentes notes morales.Bob Morane a le respect de ses adversaires et agit bien avec les indigènes, dont il sait attirer I estime.\tNotes bibliographiques.CESCO (Frédérica de) : La nuit de la lune rouge.Ce roman, passionnant en lui-même, aborde de graves problèmes : adoption, problème racial, engagement du chrétien qui, par des discussions et des études approfondies, donnent au livre toute sa valeur positive.Il est bon, en effet, que les jeunes prennent conscience de ces domaines graves et très actuels, avec une optique de chrétiens (.).Ce livre aura donc une influence excellente s\u2019il donne lieu à des échanges dirigés dans les cercles de lectures.A cet effet, les bibliothécaires qui le désireraient pourront nous demander un S1^6,\tNotes bibliographiques.PHILIPPE (René) : Sylvie et le dragon.« Sylvie » est une charmante et toujours jeune « vieille connaissance » que l\u2019on retrouve avec plaisir, parfois même pour le seul plaisir d'écouter ses boutades de gavroche généreux.Littérature de jeunesse.ÀJ»//, (.>.(>:h,\t\u2022
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