Relations, 1 décembre 1963, Décembre
[" revue du mois, numéro 276, montréal, décembre 1963, prix 50?mont; PRIMAUTÉ ET COLLÉGIALITÉ L\u2019Alliance pour le progrès Teodoro MOSCOSO Démocratisation scolaire à Montréal?\u2014 Les associations ouvrières non accréditées.\u2014 La Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme.\u2014 Recherche scientifique au Nouveau-Québec.\u2014 La tutelle et le Syndicat international des marins.\u2014 Le gouvernement Pearson et les Canadiens français. SOMMAIRE décembre 1963 Éditoriaux.341 Idées imaginaires an Concile.\u2014 Le gouvernement ^Pearson et les Canadiens français.\u2014 Le Canada et l\u2019O.Ê.A.\u2014 La tutelle et le Syndicat international des marins.Articles Primauté et collégialité.Luigi d\u2019Apollonia 343 Les associations ouvrières non accréditées.Gérard Hébert 346 L\u2019Alliance pour le progrès.Teodoro Moscoso 349 Démocratisation scolaire à Montréal?.Jacques Cousineau 352 La Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme.Richard Arès 353 Perspectives de la recherche scientifique au Nouveau-Québec - 2.Michel Brochu 354 Lecture du mois: « Réflexions sur Venseignement » .Raymond Bourgault 358 Le théâtre : L\u2019Ombre d\u2019un franc-tireur.\u2014 L\u2019Heureux Stratagème .Georges-Henri d\u2019Auteuil 359 Chronique des Lettres.André Vachon 360 Au service du français: La demie d\u2019un demi.J.d\u2019Anjou 362 Au fil du mois.363 L\u2019abbé Pierre parmi nous.\u2014 Pour le meilleur et pour le pire en Amérique latine.\u2014 La C.S.N.et la caisse de retraite.\u2014 A la mémoire de Ngo Dinh Diem.\u2014 La régulation des naissances.\u2014 Où loge l\u2019étroitesse d\u2019esprit ?Les livres.365 Notes bibliographiques.367 Table des matières.368 J^elationA REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Irénée Desrochers, Gérard Hébert.Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Georges-Henri d\u2019Auteuil, Émile Bouvier, Joseph Ledit, André Vachon.Secrétaire à la rédaction : Georges Robitaille.Tirage: Clarence Dontigny.Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité : Même adresse.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.LA LIBRAIRIE BEAUCHEMIN LIMITÉE offre.251 est, rue Vitré, Montréal-18, P.Q.parmi ses publications les plus en vue, DES ROMANS : A.Maillet, On a mangé la dune, 1.75 G.Choquette, L\u2019Interrogation, 2.25 J.-P.Pinsonneault, Les Abîmes de l\u2019aube, 2.00 Cécile Chabot, Et le cheval vert, 2.00 L.Bilodeau, Belle et Grave, 3.00 R.Charbonneau, Aucune créature, 1.75 DES ESSAIS ET DE L\u2019HISTOIRE : R.P.Angers, Foi et Littérature, 1.50 R.P.Angers, Problèmes de culture au Canada français, 1.50 Louise Darios, Contes étranges du Canada, 2.00 G.Lanctôt, Histoire du Canada, tomes I et II, 11.00 R.P.Pouliot, Monseigneur Bourget, trois tomes, 6.50 R.Duhamel, Lettre à une provinciale, 3.00 UNE COLLECTION POÉTIQUE : G.Sylvestre, Anthologie de la poésie canadienne-française (réédition) J.Ménard, Les Myrtes, 1.50 P.Perrault, Portulan, 1.50 Isabelle Le gris, Parvis sans entrave, 1.25 RÉCITS DE FANTAISIE ET D\u2019HUMOUR : Cécile Chabot, Imagerie, Paysannerie, Férié, 1.50 chacun Irène de Buisseret, Kotikoti, 2.25 EN VENTE CHEZ BEAUCHEMIN ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES montréal décembre 1963 numéro 276 RELATIONS onaux Idées imaginaires sur le Concile SOIT IMPUISSANCE à dramatiser les confrontations proprement théologiques, soit désir de trouver quelque cheval de bataille d\u2019avant-garde, une certaine presse enfourche ce que le cardinal Montini, alors archevêque de Milan, ne craignait pas d\u2019appeler des « idées imaginaires ».On écrit, par exemple, que le IIe Concile du Vatican marquera la fin du Concile de Trente.Certes, le déroulement de l\u2019histoire permet à l\u2019Église de mieux prendre conscience de certains aspects de la vérité qu\u2019elle détient.Il est vain, toutefois, de s\u2019attendre à ce que l\u2019Église puisse, un jour, marquer la fin du Concile de Trente, puisqu\u2019elle ne saurait désavouer ses propres définitions conciliaires sans se désavouer elle-même et se contredire: la vérité progresse en s\u2019approfondissant, non en se reniant.Le IIe Concile du Vatican et tous les conciles qui viendront au cours des âges resteront en continuité vivante avec le Concile de Trente comme avec le Ier Concile du Vatican et le premier Concile de Nicée et, par delà tous les conciles et leurs enseignements solennels, avec la parole du Seigneur recueillie par les Apôtres.Ce qui change et s\u2019évanouit, c\u2019est un certain esprit, celui de la Réforme et celui de la Contre-réforme.Au lieu d\u2019accentuer les oppositions, les confessions chrétiennes avouent humblement leurs fautes; au lieu d\u2019accuser leurs différences doctrinales, elles cherchent à les dépasser par un inventaire plus profond du trésor infini de la Révélation, afin de mettre un terme à leurs DÉCEMBRE 1963 divisions, scandale des chrétiens et pierre d\u2019achoppement des infidèles.Autre idée imaginaire: à en croire certaines gens, Vatican II réconciliera l\u2019Église avec le monde moderne.Et tout rentrera dans l\u2019ordre.Il faut avoir le courage de souligner l\u2019ambiguïté de cette affirmation.Quand on croit à la réconciliation complète de l\u2019Église avec le monde moderne, que ce soit le monde de Constantin, le monde de Charlemagne, le monde de saint Louis, \u2014 puisque chaque âge est « moderne », à son tour, \u2014 on se trompe deux fois: une première fois, sur la nature de l\u2019Église; une seconde fois, sur la nature du monde.Car si Dieu a créé le monde pour que l\u2019homme le domine et collabore à l\u2019œuvre de la création, et s\u2019il a tant aimé le monde qu\u2019il est venu le racheter et qu\u2019il appelle l\u2019homme à collaborer à l\u2019œuvre de la rédemption, comment le chrétien pourrait-il oublier qu\u2019il y a aussi un autre monde qui hait le Christ et pour lequel le Christ n\u2019a pas prié.Notre monde moderne, si fier de la science des choses et si ignorant de la science de Dieu, \u2014 et, par conséquent, de la vraie science de l\u2019homme et de sa dignité, \u2014 ce monde moderne comme les autres n\u2019est pas bon sous tous rapports, le « Prince du monde » y a sa part, et l\u2019Église ne saurait avec lui faire la paix.Même mise à jour, insérée tout à fait dans l\u2019étoffe du temps, incarnée historiquement, l\u2019Église vivra encore avec tout monde moderne en une tension insoluble et irrémédiable.Et il en sera ainsi jusqu\u2019à la fin de l\u2019Histoire.Les « idées imaginaires » procèdent de bons sentiments.Mais si, avec de bons sentiments, on peut faire de la mauvaise littérature pieuse, on peut aussi faire de la fort mauvaise théologie œcuménique.341 Le gouvernement Pearson et les Canadiens français PAS PLUS QUE SON PRÉDÉCESSEUR IMMÉDIAT, le gouvernement Pearson n\u2019a la tâche facile à Ottawa.Il préside au destin de la Confédération au moment où une crise aiguë menace de scinder en deux le pays et il recueille en héritage toutes les rancœurs accumulées par les Canadiens français contre les gouvernements qui l\u2019ont précédé, tant libéraux que conservateurs.Et cependant, pour la première fois peut-être depuis un siècle, voici un gouvernement fédéral qui donne l\u2019impression d\u2019être profondément préoccupé de la situation faite aux Canadiens français dans la Confédération en même temps que sincèrement désireux de travailler à remédier à une pareille situation.Depuis qu\u2019il est arrivé au pouvoir, l\u2019hon.Lester Pearson a multiplié les déclarations en ce sens, répétant au Canada anglais comme au Canada français que la Confédération ne pouvait durer que si elle se fondait vraiment sur l\u2019égalité entre les deux communautés de base qui lui ont donné naissance.Reprenant le même thème, les ministres Maurice Lamontagne et Guy Favreau l\u2019ont courageusement développé devant des auditoires de langue anglaise.Mieux que cela: des actes ont accompagné ces paroles.Dans le fonctionnarisme fédéral, des réformes sont en cours qui ont pour but d\u2019assurer au français une plus large place, et peut-être même toute sa place.Au réseau ferroviaire de l\u2019État: le Canadien National, une révolution pacifique est en train de s\u2019opérer qui ouvre toutes grandes des barrières jusqu\u2019ici fermées aux Canadiens français.En même temps, le gouvernement Pearson a institué la Commission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, en lui assignant pour tâche principale et essentielle de « recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d\u2019après le principe de l\u2019égalité entre les deux peuples qui l\u2019ont fondée ».Vraiment, ça bouge, même à Ottawa! Quelles que soient par ailleurs les faiblesses du gouvernement Pearson, ces efforts pour rendre justice aux Canadiens français paraissent sincères et méritent d\u2019être signalés, voire d\u2019être appuyés.Le Canada et PO.Ê.A\u2022 QUAND M.PEARSON fut porté au pouvoir, en avril dernier, on pouvait espérer que le Canada se joindrait à l\u2019Organisation des États d\u2019Amérique.M.Pearson, disait-on, y était favorable, et M.Paul Martin, qui devait devenir le nouveau ministre des Affaires extérieures, reconnaissait le train inévitable des choses : « Le temps est venu pour le Canada, disait-il en janvier dernier, d\u2019accueillir l\u2019invitation que, depuis longtemps, tous les membres de l\u2019O.É.A.lui ont faite de se joindre à eux.» M.Diefenbaker avait envoyé des observateurs aux deux conférences de Punta del Este et, pendant la crise cubaine, à la réunion, à Washington, de l\u2019Organe consultatif de l\u2019O.É.A.Marchant sur les foulées de M.Diefenbaker, M.Pearson en fait autant et envoie des observateurs à la conférence de Rio.Mais tout indique que, lui aussi, s\u2019en tiendra là.Malgré les impératifs géographiques, la détresse de l\u2019Amérique latine, le geste de l\u2019O.É.A de changer la formule « Républiques d\u2019Amérique » en celle d\u2019États d\u2019Amérique (pour apaiser qui sait?nos scrupules royalistes), la question «est toujours à l\u2019étude ».On objecte nos attaches avec le reste du Commonwealth, la priorité du plan Colombo, la vocation médiatrice du Canada dans les querelles qui pourraient surgir.Mais au fond on craint l\u2019humeur britannique.M.Pearson qui a déjà le grave problème constitutionnel sur les bras ne tient nullement, avec sa faible majorité parlementaire, à s\u2019engager dans une autre lutte qui peut attendre.L\u2019Amérique latine a besoin du Canada, mais le Canada a besoin d\u2019une refonte de sa Constitution.De toutes façons, les exigences politiques et les liens commerciaux avec la famille du Commonwealth n\u2019empêcheront ni la Jamaïque ni Trinidad-Tobago de poser bientôt leur candidature à l\u2019O.É.A.: les démarches sont en cours.Et rien n\u2019empêche la Colombie, par exemple d\u2019ériger, devant de nouvelles habitations, une pancarte ainsi rédigée: « Alianza para el Progreso \u2014 Vivienda : un autre exemple de la coopération entre les peuples colombien et nord-américain.» Nord-américain ?Nous serions donc si loin que la Colombie peut oublier que le Canada aussi est un peuple nord-américain ?Mais à qui la faute ?La tutelle et le Syndicat international des marins 1\u2019AFFAIRE DU SYNDICAT INTERNATIONAL J DES MARINS prend des proportions alarmantes.Après une soumission apparente, Hal Banks annonce qu\u2019il conteste la constitutionnalité de la tutelle et qu\u2019il en demande la suspension, par injonction, jusqu\u2019à ce que les tribunaux aient prononcé.De son côté, le Département des métiers maritimes de la F.A.T.-C.O.I.veut porter le cas devant les Nations unies et boycotter divers produits canadiens.Le président général de la F.A.T.-C.O.I.appuie le mouvement de résistance à la tutelle.342 RELATIONS La querelle risque d\u2019entraîner deux équivoques graves.Ce n\u2019est pas tout le syndicalisme \u2014 loin de là \u2014 qui endosse les méthodes d\u2019un Hal Banks; pourtant, il ne faudrait pas se surprendre que l\u2019attitude présente du S.I.M.et de ceux qui l\u2019appuient ne nuise considérablement à la réputation de l\u2019ensemble du mouvement ouvrier: l\u2019opinion publique ne saisit pas toujours toutes les nuances d\u2019une organisation complexe et diversifiée.Dans le même sens, la position prise par certains chefs et groupes ouvriers américains constitue une insulte à la magistrature, aux chefs syndicaux et au gouvernement canadiens; elle ne peut pas ne pas aggraver l\u2019image, déjà trop répandue à travers le monde, de Yugly American.Le conflit pourrait-il amener la sécession du mouvement syndical canadien d\u2019avec les centrales américaines ?Quoi qu\u2019on en pense souvent, les unions dites internationales ne sont pas tellement unies entre elles, ni d\u2019un côté, ni de l\u2019autre de la frontière.La dépendance canado-américaine varie également beaucoup de l\u2019une à l\u2019autre.Les plus puissantes, déjà regroupées sur le plan canadien, pourraient peut-être se séparer de l\u2019union mère et survivre comme groupe autonome; pour les autres, l\u2019indépendance paraît difficile, tant à cause des liens actuels que par suite de ressources financières limitées.On peut souhaiter l\u2019autonomie de tout le mouvement ouvrier canadien; mais ce n\u2019est pas pour demain: ni les structures, ni les esprits n\u2019y sont encore suffisamment préparés.La querelle du Syndicat international des marins hâtera vraisemblablement l\u2019évolution requise: c\u2019est le seul aspect heureux de ce déplorable conflit.15 novembre 1963.Primauté et collégialité Luigi d'APOLLONIA, S.J.IA DEUXIÈME SESSION DU CONCILE s\u2019est ouverte avec l\u2019étude du schéma sur l\u2019Église, au cœur désor-mais de toutes les discussions.Il est trop tôt encore pour faire le point, bien que les grandes orientations se dessinent.Si nous comprenons bien les événements à Rome, il se confirme qu\u2019on y assiste à un approfondissement qui est comme une découverte dans l\u2019Église du rôle et de la nature de l\u2019épiscopat.D\u2019ores et déjà, la question centrale du IIe Concile du Vatican est celle de l\u2019épiscopat, comme la question centrale du Ier Concile du Vatican fut celle de la papauté.1.De Vatican I À Vatican II Outre l\u2019infaillibilité du pape, le Ier Concile du Vatican, comme on sait, a défini sa primauté, c\u2019est-à-dire sa juridiction sur toute l\u2019Église et chacun de ses membres.Précis au sujet de l\u2019infaillibilité dont il détermina les limites en énonçant les conditions de son exercice, le Concile le fut beaucoup moins au sujet de la primauté.Explicite dans un cas, il ne le fut pas dans l\u2019autre.En fait, il est impossible de l\u2019être à moins d\u2019approfondir \u2014 tâche ardue et délicate \u2014 le rôle et la nature de l\u2019épiscopat.En déclarant que le pouvoir du pape sur l'Église est un pouvoir de juridiction épiscopale suprême, immédiat, universel, les Pères du Ier Concile du Vatican n\u2019entendaient en rien diminuer leurs pouvoirs d\u2019évêque.Le Concile, dans son schéma primitif sur l\u2019Église, ne consacrait aucun chapitre à la doctrine de l\u2019épiscopat.L\u2019opposition fut profonde: il fallait refondre ce texte.Il en résulta deux constitutions: une première qui fut soumise au vote, une seconde qui allait rester dans les cartons.Les troupes piémontaises étaient entrées à Rome, le 20 septembre 1870.Et quand un décret DÉCEMBRE 1963 (19 octobre) changea le patrimoine de Pierre en « province romaine », Pie IX déclara « le Concile œcuménique du Vatican suspendu.1 ».Toutefois, même en définissant, dans la troisième partie de la Constitution Pastor aeternus, « la nature et le caractère de la primauté du Pontife romain », le 1er Concile du Vatican déclarait ce qui suit: Bien loin, toutefois, que ce pouvoir du Souverain Pontife nuise au pouvoir de juridiction épiscopale ordinaire et immédiat, en vertu duquel les évêques, constitués par l'Esprit Saint comme successeurs des Apôtres, paissent et régissent, en pasteurs véritables, le troupeau qui leur est confié à chacun d\u2019eux, ce pouvoir-ci est affirmé, affermi et défendu par le pasteur suprême et universel.Si les malheurs du temps ne permirent pas la discussion et la mise au point du second schéma sur l\u2019Église, un événement politique, le Kulturkampf, allait providentiellement donner au Pape et à l\u2019épiscopat allemand l\u2019occasion de mettre en relief la fonction épiscopale.Cinq ans après la fin du Concile, exactement en 1875, Bismark s\u2019empara de la thèse de la primauté pontificale pour en faire son cheval de bataille dans une vaste campagne contre l\u2019Église.Les évêques, raisonnait le chancelier, ne sont que des « instruments » du Pape.Or, le Pape est un souverain étranger.Dès lors, les évêques sont les agents d\u2019un souverain étranger, et l\u2019État allemand peut les mettre hors la loi 2.1.\tIl fut juridiquement clos par Jean XXIII.2.\tC\u2019est la thèse ressuscitée récemment par Paul Blanshard dans son livre American Freedom and Catholic Power.Au lieu d\u2019allemande, l\u2019Église, cette fois, doit être américaine.343 La réaction des évêques allemands (23) fut extrêmement vigoureuse.Conjointement, d\u2019une seule voix, ils firent connaître leur réponse: le pape est soumis au droit divin et ne peut modifier la constitution de l\u2019Église; le pouvoir épiscopal n\u2019est pas absorbé par le pouvoir pontifical; les évêques ne sont pas les « instruments » du pape; l\u2019évêque dans ses relations avec le gouvernement n\u2019est pas l\u2019agent d\u2019une puissance étrangère; l\u2019évêque de Rome n\u2019est pas l\u2019évêque de Cologne ni de Breslau.Dès le 2 mars, Pie IX devait authentifier cette déclaration: «Votre explication, écrivit-il aux évêques allemands, exprime la doctrine authentiquement catholique.» Elle représente aussi « la doctrine du Concile du Vatican et du Saint-Siège », et elle empêche que « les fidèles ne s\u2019en forment de fausses idées ».L\u2019exactitude de la déclaration est telle « qu\u2019il n\u2019est pas besoin que le Pape y ajoute quoi que ce soit ».Quelques années plus tard, comme la plupart des théologiens protestants et certains théologiens de l\u2019Église anglicane et de l\u2019Église orthodoxe ne craignaient pas de dire que l\u2019épiscopat, dans l\u2019Église catholique moderne, était appelé sinon à disparaître, du moins à s\u2019estomper de plus en plus, Léon XIII dans son encyclique Satis Cognitum (29 juin 1896) sur l\u2019unité de l\u2019Église réaffirma l\u2019origine divine de l\u2019épiscopat et la structure épiscopale de l\u2019Église universelle: Si la puissance de Pierre et de ses successeurs est pleine et souveraine, il ne faudrait cependant pas croire qu\u2019il n\u2019y en a point d\u2019autre dans l\u2019Église.Celui qui a établi Pierre comme fondement de l\u2019Église a aussi « choisi douze de ses disciples, auxquels il a donné le nom d\u2019Apôtres ».De même que l\u2019autorité de Pierre est nécessairement permanente et perpétuelle dans le Pontife romain, ainsi les évêques, en leur qualité de successeurs des Apôtres, sont les héritiers du pouvoir ordinaire des Apôtres, de telle sorte que l\u2019ordre épiscopal fait nécessairement partie de la constitution intime de l\u2019Église.Et quoique l\u2019autorité des évêques ne soit ni pleine, ni universelle, ni souveraine, on ne doit pas cependant les regarder comme de simples vicaires des Pontifes romains, car ils possèdent une autorité qui leur est propre, et ils portent en toute vérité le nom de prélats ordinaires des peuples qu\u2019ils gouvernent.Que la doctrine catholique de toujours fût maintenue sur ce point par les responsables, la chose ne souffre aucun doute.Il devenait, toutefois, nécessaire d\u2019approfondir la structure collégiale de l\u2019autorité apostolique et, par cet achèvement, de mettre un terme à un certain déséquilibre à l\u2019intérieur de l\u2019Église.Qu\u2019était, en effet, cet « ordre épiscopal » ?Quand s\u2019exprime-t-il comme tel ?Seulement en concile ?Quels sont ses pouvoirs ?Il arriva à la théologie après le Ier Concile du Vatican ce qui arriva à la théologie après le Concile de Trente.Après le Concile de Trente, certains théologiens traitèrent de l\u2019Église en un style à ce point juridique qu\u2019ils en oublièrent presque la doctrine du Corps mystique; après le Concile du Vatican, certains théologiens développèrent à tel point l\u2019aspect « pontifical » de l\u2019Église qu\u2019ils laissèrent dans l\u2019ombre l\u2019aspect « épiscopal », et que l\u2019un par rapport à l\u2019autre prenait un relief exagéré 3.3.D\u2019autres, cependant, en parlaient déjà avec grande pénétration.Ainsi Dom A.Gréa, abbé général des chanoines réguliers de l\u2019Imma-culée-Conception, auquel me renvoie un professeur de théologie.Dans un ouvrage paru en 1884 et qui a pour titre classique De l'Église et de sa divine constitution, on trouve ces lignes: «.l\u2019Église universelle précède, dans la vue de Dieu et dans l\u2019ordre de ses ouvrages, l\u2019Église particulière, qui n\u2019est que l\u2019appropriation du mystère du tout Rien d\u2019étonnant pour l\u2019historien des dogmes.On trouve une situation semblable pratiquement après chaque concile et après chaque définition.Quand le Concile d\u2019Èphèse eut défini la pleine divinité de Jésus-Christ, il se trouva, dans l\u2019Église et hors de l\u2019Église, bien des gens pour croire que la foi en sa pleine humanité était désormais condamnée.Il ne fallut pas moins que le Concile de Chalcédoine et une définition complémentaire pour équilibrer le dogme.C\u2019est une loi, semble-t-il, de l\u2019esprit humain qu\u2019il lui soit très difficile d\u2019éclairer un point sans entourer d\u2019ombre un autre, et de retenir en plein accord, même quand il les connaît, les aspects divers de la vérité.L\u2019Église est incarnée jusqu\u2019à ce point qu\u2019elle entre, de façon humaine, dans la possession de la Parole de Dieu.Quoi qu\u2019il en soit, les signes sont là d\u2019une actuelle et intense maturation, d\u2019une prise de conscience, au Concile même, du rôle et des pouvoirs des évêques: examen critique du rôle de la Curie, rôle des conférences épiscopales dans le cadre du Concile, port par les évêques de la mozette, signe de leur juridiction, même en présence du pape, mais d\u2019abord et surtout la convocation même du Concile, sa célébration, la liberté des discussions et la franchise des interventions, le Pape ouvrant les sessions mais restant absent des congrégations générales, n\u2019usant de son autorité souveraine qu\u2019avec une extrême délicatesse et discrétion, et, à la demande même des Pères.Il y a là un « fait de taille », a dit Mgr Guerry, archevêque de Cambrai, une « illustration vivante » de deux réalités fondamentales dans l\u2019Église.Il ne faut donc pas se surprendre si la majorité des évêques ont, par un vote indicatif, demandé que le IIe Concile du Vatican fasse pour l\u2019épiscopat ce que le Ier Concile du Vatican a fait pour la papauté: qu\u2019il définisse son rôle et ses pouvoirs.2.Collégialité épiscopale Que l\u2019épiscopat soit d\u2019institution divine, que les évêques soient les successeurs des Apôtres, que la primauté de Pierre \u2014 outre sa mission commune d\u2019Apôtre \u2014 soit une véritable primauté personnelle de juridiction au-dessus des autres Apôtres, « soit de chacun en particulier, soit de tous ensemble », ces points de doctrine sont acquis et ne font pas difficulté.Le nœud de la discussion porte sur un autre point: la collégialité épiscopale.Tout ce qu\u2019on pourra dire de la collégialité épiscopale se rattache au fait des Douze.« Le jour venu, raconte saint Luc, (Jésus) appela ses disciples et en choisit douze, auxquels il donna le nom d\u2019Apôtres.» « Il institua donc les Douze », affirme saint Marc.Et c\u2019est aux Douze, « en tête Simon que l\u2019on appelle Pierre », nous dit encore saint Luc, que Notre Seigneur confère une première mission; aux É)ouze qu\u2019il dispense son enseignement; « à Céphas, puis aux Douze », selon saint Paul, qu\u2019il apparaît, le jour de à chacune des parties.Les évêques ont donc, avant tout autre conception de leur pontificat, un pouvoir universel, et qui s\u2019étend par sa nature sur l\u2019Eglise entière.Ce pouvoir est la communion même de l'ordre épiscopal, et il est distinct de leur titre, par lequel ils sont établis évêques propres d\u2019un peuple en particulier».Sont contenues dans ce passage, où les soulignés sont de l\u2019auteur lui-même, et l\u2019idée du Collège épiscopal et l\u2019idée du schéma spécial que Vatican II consacrera à l\u2019Église, «peuple de Dieu», et qu\u2019il placera, à juste titre, avant le schéma sur la hiérarchie.344 RELATIONS Pâques, bien qu\u2019ils ne soient que onze, Judas ayant trahi; aux Douze encore que, selon saint Jean, il confère le pouvoir de lier et de délier, bien qu\u2019ils ne soient que dix, « Thomas, l\u2019un des Douze » n\u2019étant pas avec eux; aux Onze, précisent maintenant les synoptiques, qu\u2019il confie l\u2019évangélisation du monde et donne la promesse de l\u2019indéfectibilité; puis, quand Mathias « fut mis au nombre des douze Apôtres », aux Douze de nouveau qu\u2019il envoie l\u2019Esprit Saint; et c\u2019est « Pierre, debout avec les Onze » qui fait le premier sermon de la Pentecôte.Qu\u2019est-ce à dire, sinon que le Christ, après avoir appelé chacun des Apôtres individuellement, a fondé son Église sur un groupe, un corps, un collège apostolique, avec Pierre à la tête, les Douze, et qu\u2019il l\u2019a investi de la mission d\u2019aller enseigner toutes les nations et de les baptiser?D\u2019où la question qui se pose: successeurs des Apôtres, les évêques succèdent-ils aussi comme collège des évêques au collège des Apôtres, et reçoivent-ils en corps la mission universelle donnée à celui-ci ?En d\u2019autres mots, la collégialité épiscopale est-elle inscrite dans la constitution de l\u2019Église comme la collégialité apostolique est inscrite dans son institution ?Voilà le problème.Il est fondamental, car il touche, nous l\u2019avons souligné, à la constitution même que Notre Seigneur a donnée à l\u2019Église.Le débat au présent Concile a surgi autour d\u2019un passage sur la constitution hiérarchique de l\u2019Église.Après avoir rappelé que le Souverain Pontife possède par lui-même dans l\u2019Église une autorité pleine et universelle, le texte poursuivait en ces termes: le collège des évêques qui succède au collège des Apôtres dans l\u2019enseignement et le gouvernement pastoral, ou plutôt dans le Corps apostolique, continue à persévérer, constitue, avec sa tête le Souverain Pontife et jamais sans lui, le sujet indivis de la pleine et souveraine autorité sur l\u2019Église universelle.Ce point est nouveau, estiment les uns.Il est ancien, répliquent les autres.Ce qui est sûrement nouveau, c\u2019est la conscience claire qu\u2019aujourd\u2019hui nous prenons du pouvoir collégial.Mais la réalité est ancienne et remonte aux Apôtres.Au Ier Concile du Vatican, le projet de la IIe Constitution disait déjà: Les évêques ne sont pas sans partager même la fonction suprême d\u2019enseigner et de gouverner l\u2019Église universelle.En effet, ce pouvoir pontifical de lier et de délier, qui a été donné à Pierre seul, il a été accordé également au collège des Apôtres, uni certes à son chef, lorsque le Seigneur proclama: «En vérité, je vous le dis, tout ce que vous délierez sur la terre, le sera également au ciel.» C\u2019est pourquoi, depuis les débuts de l\u2019Église, les décrets et décisions des conciles œcuméniques ont été reçus par les fidèles, comme des sentences divines et des ordonnances de l\u2019Esprit Saint, avec une suprême vénération et une égale soumission.De là, au plan canonique, l\u2019assertion du canon 228, par.1 : « Le concile œcuménique jouit du pouvoir suprême dans l\u2019Église universelle ».Sans doute, c\u2019est le pape qui, selon la législation actuelle, convoque le concile, et c\u2019est lui qui, toujours, en a scellé les décisions.Mais une fois approuvées par lui, les définitions et les décisions ne sont pas dites papales mais conciliaires, car elles sont l\u2019œuvre du magistère extraordinaire et universel de l\u2019Église, c\u2019est-à-dire du collège des évêques réunis en concile, autour du pape et sous son autorité, le pape étant sa voix.Du reste, ce magistère extraordinaire et universel de l\u2019Église, qui est de droit ecclésiastique, a sa source dans l\u2019indéfectibilité du DÉCEMBRE 1963 magistère ordinaire et universel de l\u2019Église, qui est de droit divin.Les premiers renchérissent: le collège des évêques n\u2019a pas hérité des charismes des Apôtres, du don des miracles, des prophéties, etc., ni de leur infaillibilité personnelle, ni de leur juridiction universelle.C\u2019étaient des privilèges spéciaux, répliquent les tenants de la collégialité, privilèges accordés aux Apôtres en leur qualité de témoins immédiats et de fondateurs; mais ceci ne contredit pas que les évêques collégialement héritent de la mission universelle conférée aux Douze collégialement et, au même titre: pour le bien de l\u2019Église, son unité dans la foi, sa communion dans la charité.Ainsi l\u2019a toujours compris la tradition catholique.Ce point n\u2019est pas encore manifeste.Il n\u2019est certainement pas admis de tous.C\u2019est pourquoi le Concile ne saurait définir la collégialité comme inscrite par Notre Seigneur dans la structure collégiale de l\u2019autorité apostolique, partant dans la constitution de l\u2019Église.\u2014 La collégialité n\u2019est pas admise de tous ?D\u2019accord.Mais, justement, les évêques en prennent de plus en plus conscience \u2014 et ceci en groupe \u2014 à mesure que les précisions doctrinales sont apportées.Au sein même du Concile, une forte majorité se forme et se déclare.S\u2019il fallait attendre l\u2019unanimité absolue, à ce compte-là, le Ier Concile du Vatican n\u2019aurait pu définir la primauté romaine, car, jusqu\u2019à la fin, il y eut une minorité appréciable contre l\u2019infaillibilité.L\u2019antique façon de parler des évêques des premiers siècles suggère aussi que l\u2019Église dans le monde entier repose sur tout le corps épiscopal, sous l\u2019autorité de Pierre, chargé de la mission spéciale d\u2019assurer la solidité, la fidélité et l\u2019unité de l\u2019édifice.Les premiers évêques ne disaient pas l\u2019évêque de Rome, l\u2019évêque de Smyrne, l\u2019évêque d\u2019Antioche, mais l\u2019évêque à Rome, à Smyrne, à Antioche.Autrement dit, l\u2019évêque était l\u2019évêque dans une église locale.Il était évêque « catholique ».L\u2019Église à Rome était le centre de communion, le point de référence; et l\u2019évêque « au pays des Romains », comme s\u2019exprime saint Ignace d\u2019Antioche, « celui qui préside à la Charité ».Et telle est la doctrine de saint Augustin qui n\u2019a jamais été contredite.C\u2019est cette responsabilité de l\u2019évangélisation du monde, de l\u2019établissement de l\u2019Église dans l\u2019univers que les papes récents, forts de leur autorité de vicaires du Christ, ont rappelé au collège des évêques.Dans l\u2019encyclique Fidei donum (21 avril 1957), Pie XII s\u2019adresse ainsi à ses frères dans l\u2019épiscopat: Unis par un lien plus étroit tant au Christ qu\u2019à son Vicaire, vous aimez prendre votre part, dans un esprit de vive charité, de cette sollicitude de toutes les Églises qui pèse sur Nos épaules.Car si chaque évêque n\u2019est pasteur propre (pastor) que de la partie du troupeau confiée à ses soins, néanmoins, en sa qualité de successeur légitime des Apôtres, il est, en vertu de l\u2019institution et du précepte divins, garant (sponsor) avec les autres évêques du ministère apostolique, suivant les paroles du Christ aux Apôtres: « Comme mon Père m\u2019a envoyé, ainsi je vous envoie.» Et cet autre passage moins précis, mais plus pathétique: Vous aimerez, vous que presse la charité du Christ, ressentir profondément avec Nous l\u2019impérieux devoir de propager l\u2019Évangile et de fonder l\u2019Église dans le monde entier.345 Ainsi donc, il y aurait deux sujets du pouvoir suprême dans l\u2019Église et deux responsables de sa mission universelle: le collège épiscopal en communion avec le Chef de ce collège et sous son autorité; le pape, héritier en personne de l\u2019autorité et de la charge conférées à Pierre en personne.On aurait tort, toutefois, de conclure à deux autorités suprêmes.L\u2019autorité personnelle et singulière du pontificat suprême et l\u2019autorité collégiale des évêques ne se dressent pas en face l\u2019une de l\u2019autre.Sans le pape, évêque à Rome, pas de collège épiscopal; sans collège épiscopal, pas d\u2019évêque à Rome dans la plénitude de ses pouvoirs.A tel point qu\u2019une école de théologie soutient qu\u2019il n\u2019y aurait qu\u2019un seul sujet de l\u2019autorité suprême: le collège des évêques, exerçant son autorité suprême de manières différentes: par le magistère ordinaire des évêques dispersés dans le monde entier, par le magistère extraordinaire des évêques rassemblés en concile \u2014 l\u2019un et l\u2019autre en communion et sous l\u2019autorité du pape \u2014, enfin, par le magistère du pape seul parlant de sa propre initiative \u2014 ex sese el non ex consensu Ecclesiae \u2014, mais toujours en relation avec le collège épiscopal, en lui et pour lui, comme à sa place et lui prêtant sa voix.On risque certes d\u2019énerver la primauté de Pierre, préposé à la garde de tout le troupeau et de ses frères dans l\u2019apostolat, quand on se contente de dire, comme certains, que le pape est le premier des évêques et le chef de leur collège.Car, s\u2019il est vrai que Vexercice de la primauté se meut non seulement dans l\u2019Église mais à l\u2019intérieur du collège des évêques, Vorigine de cette primauté de Pierre et de celle de ses successeurs est distincte et, par suite, indépendante de l\u2019autorité du collège des Apôtres et de celle du collège des évêques.De toute façon, comment oublier que l\u2019une et l\u2019autre, la primauté et la collégialité, loin de s\u2019opposer, composent dans l\u2019harmonie organique du Corps de l\u2019Église, révélant ainsi les deux notes que le pape Paul VI se plaît à souligner dans ses discours: l\u2019unité et l\u2019universalité?Dans Pierre apparaît mieux l\u2019unité, dans le collège des Apôtres apparaît mieux l\u2019universalité.* * * Le collège des évêques succède-t-il, de droit divin, au collège des Apôtres ?Le Concile, vraisemblablement, nous le dira.Et il nous manifestera aussi comment le pouvoir collégial se concilie, s\u2019équilibre, s\u2019articule avec l\u2019autorité personnelle et souveraine du Pape.Il restera ensuite à la législation d\u2019établir la manière dont le pouvoir collégial s\u2019exercera dans l\u2019Église.Des expressions nombreuses en existent déjà: conférences épiscopales (55), entraide des diocèses (aides canadienne, espagnole, américaine aux diocèses de l\u2019Amérique latine; aide irlandaise à certains diocèses américains), répartition du clergé (aide des provinces Maritimes et du Québec aux diocèses de l\u2019Ouest), les organisations charitables comme Car it as, Miser eor, et tant d\u2019autres initiatives.Il arrive habituellement dans l\u2019Église que les vérités y sont vécues avant d\u2019être formulées.Surgiront d\u2019autres manifestations plus importantes encore.On parle ouvertement d\u2019un Conseil d\u2019évêques représentant les diverses Conférences épiscopales et se réunissant périodiquement, à Rome, autour du Pape pour exercer avec lui, sous sa direction, comme tête, la responsabilité dans le gouvernement, le magistère et la mission universelle de l\u2019Église.En définitive, la proclamation de l\u2019infaillibilité personnelle du Souverain Pontife n\u2019a détruit ni l\u2019infaillibilité du Concile uni au Pape, ni celle du magistère ordinaire de l\u2019Église.De même, il n\u2019y a pas à craindre que la doctrine de la collégialité des évêques porte atteinte à la doctrine de la primauté de Pierre.Au contraire, la collégialité, qui semble bien de droit divin, ne peut que resserrer les liens de l\u2019Église avec Pierre, garant de l\u2019unité qui tient ensemble tous les membres.LE CODE DU TRAVAIL Les assotiations ouvrières non accréditées 1ES DISCUSSIONS relatives au projet de Code du travail, en juin et juillet derniers, ont surtout porté, comme il convenait, sur des questions spectaculaires: l\u2019interdiction à toute association de fonctionnaires de s\u2019affilier à un autre organisme (art.5), l\u2019obligation, pour l\u2019employeur, d\u2019accepter la déduction des cotisations syndicales (art.37), la situation particulière faite aux employés des hôpitaux et des corporations scolaires (art.60), l\u2019imposition du vote de grève au scrutin secret (art.94).On a attaché moins d\u2019importance à l\u2019introduction d\u2019une mesure qui n\u2019est pourtant pas négligeable, la concession d\u2019un certain statut aux associations ouvrières non accréditées.L\u2019intérêt de la proposition nous semble tenir à la philosophie Gérard HÉBERT, S.J.qui l\u2019inspire, une confiance accordée à un régime de volontariat dans les relations patronales-ouvrières.Nous croyons que cet esprit devrait être poussé plus loin: une protection efficace pourrait être assurée, moyennant certaines conditions et dans certaines limites, à des groupes qui fonctionnent de par la simple volonté des parties intéressées.La mesure donnerait, croyons-nous, plus de stabilité aux relations ouvrières, du moins dans certains secteurs; elle paraît également souhaitable du point de vue de la planification: si nous voulons éviter l\u2019erreur des déterminations arbitraires, il faut fournir à la société économique les cadres juridiques et sociaux qui lui permettront de trouver elle-même les structures les mieux adaptées à sa vie propre et à son développement selon un plan cohérent.346 RELATIONS Ce sont là, nous semble-t-il, les dimensions du problème que soulève le cas des associations non accréditées.Nous aimerions traiter la question en trois étapes, d\u2019inégale longueur: la situation présente, celle qu\u2019introduirait l\u2019adoption du Code dans la forme que lui donnait le bill 54, et enfin les avantages d\u2019une option plus franche encore.Situation présente L\u2019actuelle Loi des relations ouvrières ignore jusqu\u2019au concept d\u2019une association reconnue qui ne soit pas accréditée.L\u2019expression « association reconnue » y désigne simplement une association accréditée (L.R.O., art.6, 7, 9, 11.)l.Mention n\u2019est faite d\u2019une association non accréditée (on l\u2019appelle « association non reconnue ») que pour lui dénier tout droit en face d\u2019une association accréditée.Rien dans la présente loi n\u2019empêche une association non reconnue de conclure une convention collective, mais une convention ainsi conclue est non avenue le jour où une autre association est reconnue par la Commission pour le groupe que représente cette dernière association.(L.R.O., art.18.) En d\u2019autres mots, la loi n\u2019interdit pas aux associations ouvrières non accréditées d\u2019exister et de négocier des conventions collectives.D\u2019autres lois, d\u2019ailleurs, antérieures à la Loi des relations ouvrières, leur reconnaissent ce droit, la Loi des syndicats professionnels (1924) et la Loi de la convention collective (1934).Mais dès qu\u2019une accréditation a été accordée, l\u2019association qui en bénéficie occupe toute la place: à sa demande, l\u2019employeur doit immédiatement négocier avec elle, même s\u2019il possède déjà, avec un autre syndicat, une convention collective en vigueur (valable en justice, si le syndicat est incorporé: L.S.P., art.24 2), même s\u2019il est régi par un décret, à la préparation duquel il a pu participer et dans lequel le syndicat rival figure comme partie contractante et membre du comité paritaire (L.C.C., art.2, 16).Vis-à-vis de l\u2019employeur en cause, l\u2019association accréditée supplante, tout de suite, toute association antérieure.Dans le projet de Code A l\u2019acquisition immédiate, par une association, des droits que lui confère l\u2019accréditation, le projet de Code du travail n\u2019a rien changé.Nous y reviendrons: c\u2019est le nœud du problème.Par contre, il accorde à l\u2019association non accréditée une certaine existence.Il lui donne un nom: il l\u2019appelle une association « reconnue » et il la définit 1.\tSens des abréviations utilisées au cours de l\u2019article: L.R.O.: Loi des relations ouvrières, Statuts refondus de Québec 1941, ch.162 A; L.S.P.: Loi des syndicats professionnels, S.R.Q.1941, ch.162; L.C.C.: Loi de la convention collective, S.R.Q.1941, ch.163; C.R.O.: Commission des relations ouvrières; Code : Projet de Code du travail, bill 54, lre session, 27e Législature, 12 Elizabeth II, 1963.2.\tLe projet de Code du travail, tel que formulé par le bill 54, remplacerait les articles 21 à 26 de la Loi des syndicats professionnels, consacrés à la convention collective des syndicats incorporés sous cette loi.La mesure vise, apparemment, à supprimer la difficulté de concilier cette partie de la Loi des syndicats professionnels, dans certaines de ses prescriptions, avec les articles correspondants de la Loi des relations ouvrières et du Code.Mais elle enlève, en même temps, toute reconnaissance légale à la convention collective de tout groupe exclu de la juridiction de la Loi des relations ouvrières et du Code (par exemple, les cadres) et formé en syndicat professionnel.Amputée de cette section, la loi va perdre, semble-t-il, sa vigueur.Ne pourrait-on pas la modifier, en vue d\u2019aplanir les difficultés qu\u2019elle pose, mais la laisser subsister dans son ensemble pour ceux qui veulent y recourir ?Il sera toujours temps de la supprimer, si elle devient un jour complètement désuète.DÉCEMBRE 1963 une association qui sans être accréditée a conclu une convention collective avec un employeur ou est autrement reconnue par lui comme représentant de l\u2019ensemble ou d\u2019un groupe de ses salariés (Code, art.1, c).Il sera facile d\u2019identifier une association non accréditée qui a conclu une convention collective; il sera plus difficile de discerner une association « autrement » reconnue par l\u2019employeur.Notons aussi que s\u2019il fallait prendre à la lettre les mots « avec un employeur », très peu d\u2019unions ou de syndicats non accrédités pourraient se prévaloir des quelques privilèges que leur concède le Code.Dans la plupart des cas, il semble que lesdits syndicats ou unions possèdent un contrat collectif avec un groupe ou une association d\u2019employeurs plutôt qu\u2019avec un employeur particulier, et qu\u2019ils représentent, règle générale, les salariés de telle industrie dans telle région plutôt que les employés de telle entreprise déterminée.Dans trois cas, le Code donne à l\u2019association reconnue les mêmes privilèges qu\u2019à l\u2019association accréditée.1° Il est interdit à l\u2019employeur de modifier les conditions de travail de ses salariés à compter de la reconnaissance d\u2019une association jusqu\u2019à l\u2019expiration des délais relatifs à la conciliation (Code, art.48) ; mais le privilège aura-t-il une valeur pratique, vu le vague de la formule « autrement reconnue par lui » (c\u2019est-à-dire l\u2019employeur) ?2° La convention collective s\u2019étend, en vertu de la loi, à tous les salariés actuels ou futurs visés par le contrat collectif (Code, art.55).3° Enfin, l\u2019association elle-même acquiert le droit d\u2019exercer les recours au nom des salariés sans avoir à justifier d\u2019une cession de créance des intéressés (Code, art.58).L\u2019auteur du Code met également sur le même pied les associations accréditées et reconnues en ce qui regarde les conditions requises pour qu\u2019une grève soit légale, délais et vote au scrutin secret (Code, art.94).Mais la parité n\u2019est ici que partielle, du moins par rapport à la première convention collective.A moins d\u2019accorder que le seul fait de rencontrer des représentants syndicaux en vue de négocier un contrat collectif constitue une reconnaissance au sens de l\u2019article 1, c du projet de Code, une association non accréditée n\u2019aurait jamais, semble-t-il, le droit de faire la grève pour obtenir la signature d\u2019un premier contrat de travail: une convention collective négociée et signée par ladite association est, dans le Code, le seul critère non équivoque qui permette de discerner l\u2019existence d\u2019une telle association reconnue.Il va sans dire qu\u2019une association ouvrière non accréditée, avec laquelle un employeur refuserait complètement d\u2019aborder une négociation, n\u2019aurait aucun droit de faire la grève aux termes du projet de Code: celui-ci semble rejeter, au point de départ, la légalité de toute grève en vue de la reconnaissance syndicale.Les quelques droits que le Code concède aux associations reconnues, il les lui retire dès qu\u2019une autre association obtient son accréditation pour le même groupe de salariés.A ce mo-ment-là, ni l\u2019existence d\u2019une convention collective dûment signée, ni une longue tradition de négociations fructueuses et de contrats collectifs bien en règle, ni la sanction de tels contrats par l\u2019adoption d\u2019un décret sous la Loi de la convention collective ne sauraient protéger l\u2019association reconnue mais non accréditée, même durant la vigueur de la convention ou du décret.Sur ce point, le Code n\u2019apporte guère qu\u2019un changement à la situation actuelle: au lieu de déclarer la convention précédente non avenue dans tous les cas, il laisse à la nouvelle association le choix d\u2019opter pour cette solution ou de supplanter le syndicat précédent dans ses droits et obligations résultant de la convention existante.Une association accréditée est subrogée de plein droit dans tous les droits et obligations résultant d\u2019une convention collective en vigueur; cependant elle peut, si cette 347 convention a été conclue par une association reconnue et non accréditée, y mettre fin ou la déclarer non avenue par avis écrit transmis à l\u2019employeur et à la Commission.(Code, art.49.) Interprétation L\u2019accréditation de la nouvelle association suppose que celle-ci compte parmi ses membres la majorité des employés de l\u2019unité visée dans le certificat accordé par la C.R.O.Si l\u2019association reconnue représentait jusqu\u2019alors exactement le même groupe d\u2019employés, l\u2019accréditation signifie que l\u2019ancienne association n\u2019a pas, ou n\u2019a plus la majorité.Mais, même en ce cas (à plus forte raison peut-être, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une unité de négociation établie sur une base différente), on peut se demander: pourquoi tant de précipitation?En introduisant le concept d\u2019association reconnue, le projet de Code n\u2019a-t-il pas voulu sanctionner une situation de fait et donner à des unions ou syndicats ouvriers, bien méritants dans la plupart des cas, une certaine reconnaissance juridique?On dirait qu\u2019il s\u2019est arrêté à mi-chemin.Les prescriptions favorables et défavorables que le Code contient à l\u2019endroit desdites associations laisseraient croire qu\u2019il s\u2019est fondé sur un double présupposé.Sous un certain angle, il les considère comme des groupements bona fide, auxquels il faut accorder la protection de la loi.Ailleurs, non.Ainsi, par exemple, il ne permet qu\u2019à une association accréditée, du consentement de l\u2019employeur, de tenir des réunions au lieu du travail (Code, art.7).Si le Code veut enrayer le développement des syndicats de boutique, ne devrait-il pas recourir à d\u2019autres moyens?Il nous semble qu\u2019il y aurait profit à traiter les deux questions séparément, le cas des organisations dominées par un employeur relevant plutôt de la section des pratiques interdites ou de toute autre division analogue.L\u2019article 27 du projet de Code nous paraît révéler également une hésitation, peut-être même une indécision, à propos des secteurs industriels où l\u2019accréditation semble moins adaptée et où les parties contractantes ont eu tendance à négocier de bonne foi sans y recourir.Rien ne s\u2019oppose à ce que la C.R.O.ait le droit d\u2019établir une procédure d\u2019accréditation particulière pour les exploitations forestières et l\u2019industrie de la construction, si les associations ouvrières intéressées le désirent.Mais une plus grande protection des associations reconnues ne suffirait-elle pas dans bien des cas?On dirait que le Code entretient une certaine méfiance envers les associations non accréditées: il favorise nettement les autres.En ce sens, il exerce une pression pour que les organisations ouvrières recourent à ce processus de caractère juridique plutôt que de négocier sur une base purement volontaire.Par contre, sous certains aspects, par exemple dans la réduction des délais et la suppression d\u2019une seconde intervention de type judiciaire (arbitrage), le Code s\u2019oriente plutôt vers une conception plus libérale (et plus réaliste?) des relations patronales-ouvrières.Ne pourrait-on penser que la confiance faite, en ce cas, à l\u2019initiative des parties devrait s\u2019étendre aux négociations poursuivies par les associations reconnues, au point d\u2019accorder à celles-ci les mêmes privilèges qu\u2019aux associations accréditées ?Telle est d\u2019ailleurs la politique adoptée dans la province voisine d\u2019Ontario.Situation dans POntario La Loi des relations ouvrières d\u2019Ontario reconnaît à la convention collective que possède un syndicat bona fide non accrédité les mêmes effets et la même valeur qu\u2019à un contrat négocié et signé par une association accréditée.(1) Là où aucun syndicat n\u2019a été accrédité comme agent négociateur des employés d\u2019un employeur, dans une unité que le syndicat considère approprié à la négociation collec- tive, et où les employés compris dans cette unité ne sont pas sujets à une convention collective, un syndicat peut, les dispositions de l\u2019article 46 étant sauves3, s\u2019adresser à la Commission, à n\u2019importe quel moment, pour en obtenir l\u2019accréditation comme agent négociateur des employés compris dans l'unité.(2) Là où il existe une convention collective d\u2019une durée de pas plus de deux ans, un syndicat ne peut s\u2019adresser à la Commission pour en obtenir l\u2019accréditation comme agent négociateur de tout groupe d\u2019employés, compris dans l\u2019unité de négociation définie dans la convention, qu\u2019après le commencement des deux derniers mois de sa durée.(Province d\u2019Ontario, L.R.O., art.5.Traduction4 5.) Pour ne pas accorder la protection de la loi à un syndicat de boutique, le législateur a prévu la disposition suivante: Une entente conclue entre un employeur ou une organisation d\u2019employeurs et un syndicat ne sera pas considérée comme une convention collective au sens de la présente loi, (a) si un employeur ou une association d\u2019employeurs a participé à la formation ou à l\u2019administration du syndicat, ou si un employeur ou une organisation d\u2019employeurs a apporté un appui, financier ou autre, audit syndicat; ou encore (à) si l\u2019entente établit des distinctions soit à cause de la race, de la foi, de la couleur, de la nationalité, de l\u2019ascendance ou du lieu d\u2019origine.(Province d\u2019Ontario, L.R.O., art.36.Traduction 6.) Le but du législateur ontarien paraît être d\u2019encourager la négociation collective pour elle-même, sans qu\u2019aucune pression ne soit exercée pour qu\u2019on recoure à la C.R.O.Dans cet esprit, la loi accorde égale considération à la convention collective d\u2019une association accréditée et à celle d\u2019un syndicat simplement reconnu par l\u2019employeur en cause.En un sens, on pourrait dire que l\u2019accréditation ne constitue qu\u2019une formule de rechange qui supplée à la reconnaissance volontaire: si un employeur n\u2019accepte pas librement de négocier un contrat collectif avec le syndicat qui représente de facto ses employés, celui-ci peut s\u2019adresser à la C.R.O.pour en obtenir un certificat qui forcera l\u2019employeur à négocier.* Telle est, dans les provinces de Québec et d\u2019Ontario, la situation des associations ouvrières simplement reconnues.Dans un prochain article, nous dirons les avantages qui nous paraissent découler d\u2019une option franche pour un régime de volontariat, dans la mesure où le bien commun le suggère et le permet.3.\tL\u2019article 46 fixe le moment où un syndicat peut s\u2019adresser à la Commission pour en obtenir l\u2019accréditation, dans certains cas particuliers.4.\t(1) Where no trade union has been certified as bargaining agent of the employees of an employer in a unit that a trade union claims to be appropriate for collective bargaining and the employees in the unit are not bound by a collective agreement, a trade union may, subject to section 46, apply at any time to the Board for certification as bargaining agent of the employees in the unit.(2) Where a collective agreement is for a term of not more than two years, a trade union may apply to the Board for certification as bargaining agent of any of the employees in the bargaining unit defined in the agreement only after the commencement of the last two months of its operation.(The Labour Relations Act, Revised Statutes of Ontario, 1960, ch.202, section 5.) 5.\tAn agreement between an employer or an employers\u2019 organization and a trade union shall be deemed not to be a collective agreement for the purposes of this Act, (a) if an employer or an employers\u2019 organization participated in the formation or administration of the trade union or if an employer or an employers\u2019 organization contributed financial or other support to the trade union; or (ib) if it discriminates against any person because of his race, creed, colour, nationality, ancestry or place of origin.(The Labour Relations Act, Revised Statutes of Ontario, 1960, ch.202, section 36.) 348 RELATIONS L'Alliante pour le progrès Teodoro Moscoso Administrateur, pendant près de vingt ans, du programme Operation Bootstrap, un des grands artisans de la renaissance économique et sociale de Porto-Rico, M.Moscoso était tout désigné pour remplir le poste de coordonnateur de l'Alliance pour le progrès.Paraphée, le 17 août 1961, à Punta del Este {Uruguay), l'Alliance, ambitieux programme de construction s'étendant sur dix ans, avait à peine été mise en chantier que déjà on critiquait la « lenteur des résultats ».Au gré des intérêts, on dénonçait, qui en-deçà, qui au-delà du Rio Grande, les « bonnes » ou les « mauvaises » intentions de cette politique d'entraide.Et gens d'esprit de noter que, née dans un vieux casino de Punta del Este, l'Alliance était, en effet, un coup de dés.Face à ces partis pris, M.Moscoso, lors du premier anniversaire, garda délibérément le silence, et demanda aux membres de son personnel de vouloir bien en faire autant.Un an plus tard, il devait, sans vaine rhétorique, leur exprimer sa satisfaction: « Les fondations sont creusées.Il faut maintenant poser les bases.» Dans ce style se retrouve le maître d'œuvre dont l'enthousiasme ne trouble pas la raison pratique, et rien ne lasse l'effort.A la fin de septembre dernier, la Catholic Association for International Peace décernait son prix à M.Teodoro Moscoso: choix on ne peut plus heureux, s'il est vrai que la paix est l'œuvre de la justice, et qu'une société « juste » est le rêve de cet homme qui a engagé, parmi les risques et les remous de l'action, sa vie d'adulte déjà plus qu'à demi consumée.Luigi d\u2019Apollonia, S.J.Si vous le voulez, commençons par le commencement.Quels sont les objectifs de VAlliance pour le progrès ?Ces objectifs, vous les trouverez dans la Charte de Punta del Este et dans un document beaucoup plus maniable qui en résume l\u2019essentiel, la Déclaration des peuples américains.De quoi s\u2019agit-il ?De l\u2019engagement solennel de 20 pays à promouvoir les institutions démocratiques, le développement économique et le progrès social en Amérique latine.D\u2019où le nom d'Alliance pour le progrès.L\u2019ampleur d\u2019une pareille entreprise suppose, évidemment, l\u2019exécution d\u2019une multitude de projets: construction d\u2019habitations urbaines et rurales, programme de salubrité publique, lutte contre l\u2019analphabétisme, réforme scolaire, réforme et éducation agraires, réforme fiscale, politique monétaire, stabilisation des prix, régularisation des marchés, stimulation de l\u2019entreprise privée, intégration économique de l\u2019Amérique latine.Et j\u2019en passe.Les moyens à mettre en œuvre pour la réalisation de ces objectifs?Une aide financière importante de 20 milliards, étalée sur 10 ans.L\u2019établissement de plans de développement national, car tout développement économique et social s\u2019appuie sur des techniques et des calculs objectifs, un inventaire des ressources et des besoins, le choix et la coordination de projets à court, moyen et long termes, faute de quoi l\u2019aide financière tournera en assistance directe au pays intéressé au lieu de coopérer à sa croissance économique.Toutefois, et les fonds et les prêts finiront par se perdre comme l\u2019eau dans le sable, les beaux plans par encombrer les placards, si une volonté nationale de s'aider soi-même DÉCEMBRE 1963 vient à faire défaut.La volonté étrangère peut soutenir, elle ne pourra jamais remplacer la volonté nationale.Aide financière, orientation économique, détermination nationale, toutes trois sont nécessaires.Des trois, cependant, la plus importante est la détermination nationale.Économistes, sociologues, historiens s\u2019accordent là-dessus.Songez à Israël.C\u2019est pourquoi, et M.Kennedy l\u2019avait nettement annoncé, l\u2019octroi de l\u2019aide financière est étroitement lié à la mise en œuvre de profondes réformes de structures; ce qui peut impliquer de difficiles décisions politiques.Que veut l\u2019Alliance ?Améliorer et transformer les institutions temporelles afin d\u2019améliorer et de transformer les conditions de vie de 200 millions d\u2019êtres humains.On lit souvent \u2014 et j'ai lu l'expression dans des revues comme U.S.News & World Report et même Foreign Affairs \u2014 que l'Alliance est un plan Marshall pour l'Amérique latine.Pas du tout.Et vous avez raison de vous étonner.Le plan Marshall était une œuvre de reconstruction; l\u2019Alliance est une œuvre de construction.Le plan Marshall trouvait sur place tout un personnel national: cadres professionnels, compétences nombreuses, abondante main-d\u2019œuvre spécialisée, tandis que l\u2019Alliance doit, en grande partie, former et suppléer ce personnel.Le plan Marshall n\u2019avait pas à créer en Europe des courants de commerce qui existaient depuis des siècles, alors qu\u2019en Amérique latine, où les échanges entre pays sont faibles et ne représentent qu\u2019une maigre partie (10%) de leur commerce extérieur, l\u2019Alliance doit créer ces courants.Le plan Marshall secourait des pays ravagés par la guerre; l\u2019Alliance doit secourir des pays ravagés par l'histoire.L'Alliance pour l'Amérique latine ressemblerait donc plutôt à /\u2019Operation Bootstrap pour le Porto-Rico ?En effet, on retrouve ici et là les mêmes problèmes, sauf qu\u2019ils étaient peut-être plus graves à Porto-Rico, « taudis des Caraïbes », disait-on.Le pays n\u2019a ni pétrole, ni minerai de fer, ni minerai de cuivre, ni minerai d\u2019étain, ni minerai d\u2019aucune sorte.La terre y était riche, mais de grands propriétaires féodaux dominaient la vie des agregados et la carrière des hommes politiques.Seulement voilà: à Porto-Rico, la nation s\u2019éveillait collectivement à ses responsabilités, et collectivement prenait conscience de son devoir social.Chez le peuple et chez les dirigeants, il existait une volonté commune diffuse, si l\u2019on veut, mais assez forte et assez cohérente pour mettre un terme à de criantes inégalités.L'Operation Bootstrap a libéré, encadré et orienté ces forces solidaires vers une synthèse politique, économique et sociale.On entend dire parfois que sa situation d\u2019« État libre associé » aux États-Unis privilégiait le Porto-Rico.L\u2019objec- 349 tion ne vaut pas.La National Planning Association a mené une étude très poussée sur l\u2019avenir commercial de l\u2019Amérique latine.Elle s\u2019est penchée sur cet aspect du problème.Sa conclusion est que les pays de l\u2019Amérique latine possèdent les mêmes avantages que Porto-Rico.D'accord.Il reste, cependant, que le Porto-Rico a bel et bien pris de l'avance, tandis que l'Alliance, en plusieurs pays de l'Amérique latine, de l'avis de plusieurs experts, arrive trop tard.Milton Eisenhower, dans son livre The Wine Is Bitter, porte un diagnostic fort pessimiste.Que nous arriverions tard, je ne le contesterai point.Je l\u2019ai dit moi-même à maintes reprises.C\u2019est en 1954 ou en 1958 que les États-Unis auraient dû répondre aux appels qui montaient de l\u2019Amérique latine.Songez que de 1945 à 1960, l\u2019aide américaine à l\u2019Amérique latine se chiffra à 1.5 milliard.Avec l\u2019Alliance, l\u2019aide publique américaine est de 1 milliard par an.Le coordonnateur de l\u2019Alliance pour le Progrès n\u2019admettra certainement pas que les jeux sont faits.Il est plus optimiste.Si vous le permettez, je me ferai alors l'avocat des pessimistes.Tout le monde sait qu'en Amérique latine le problème clef est le problème scolaire.Or, une enquête récente de l'Organisation des États de l'Amérique latine y révèle un sombre état de choses.Dans les villes, 1 enfant sur 2 (56%) fréquente l'école primaire; dans les milieux ruraux, 1 sur 4.De ces enfants, 1 sur 2 quitte l'école avant la quatrième, et 4 sur 5 avant la fin de l'école primaire.Sur 100 élèves au départ, 3 seulement iront au collège.De sorte que les problèmes de l'Amérique latine devront attendre encore longtemps leurs solutions heureuses.Arriverez-vous à temps ?Oui, je le crois.Car il y a moyen de rattraper le temps perdu en équilibrant, l\u2019un par l\u2019autre, deux facteurs.A court terme, il faut recruter des ingénieurs et des techniciens parmi ceux qui ont étudié, et suppléer, en attendant, à la pénurie de compétences.En tout et partout, l\u2019Amérique latine compte 50,000 ingénieurs et techniciens; les États-Unis en comptent plus de 1 million.A long terme, il s\u2019agit donc de préparer des lendemains meilleurs par un vigoureux développement de l\u2019instruction publique.D\u2019un côté, nous ne pouvons attendre les 15 à 18 ans requis pour former d\u2019un enfant un ingénieur.D\u2019un autre côté, chaque jeune Sud-Américain devrait, en 1970, jouir d\u2019au moins 5 ans de scolarité.Ce programme suppose, à son tour, des écoles normales pour les maîtres, des chemins pour les écoliers.De toute façon, le retard pose un grave problème d'urgence.Or, les États-Unis dépenseront de 20 à 40 milliards, et peut-être plus, pour arriver à la lune les premiers.De plus, l'été dernier, la Chambre des représentants a fait une coupe sombre de 150 millions dans la tranche de 600 millions que le budget affectait à l'Alliance.Et le président Kennedy, comme vous le savez, est loin de s\u2019en réjouir, tout convaincu qu\u2019il soit que le Congrès doit veiller à l\u2019usage intelligent et honnête des fonds publics.L\u2019Alliance, a-t-il dit, est « le programme le plus important » de son administration et, cet été, il déclarait que la zone au monde la plus dangereuse était l\u2019Amérique latine.Pas plus tard qu\u2019en septembre dernier, il répétait la même chose 350 dans son message à l\u2019Association catholique pour la paix internationale.Que répondre à ceux qui prétendent que l'aide américaine ne parvient pas jusqu'au peuple ?Je réponds par les faits.En 2 ans, l\u2019Alliance a construit 8,200 locaux scolaires et 140,000 logis, distribué 4 millions de manuels scolaires, fait 160,000 prêts agricoles, installé 700 aqueducs et fontaines, érigé 900 hôpitaux et cliniques, aidé à nourrir 9 millions d\u2019enfants.Par ailleurs, comme je l\u2019ai déjà dit, l\u2019Alliance doit investir à bon escient, ce qui suppose, à côté de projets à court terme, des plans de développement national, qui ne se dressent pas du jour au lendemain: il faut s\u2019accorder sur les projets, les étapes, les priorités, les coûts, les garanties; et quand il s\u2019agit des infrastructures d\u2019une économie, installations portuaires, chemins de fer, routes, barrages, si vite qu\u2019on veuille aller, le rythme de ces aménagements est lent.Chose certaine, les priorités n\u2019iront pas à des projets spectaculaires ou pharaoniques qui rendront plus riches ceux qui sont riches, et seront plus nuisibles qu\u2019utiles à l\u2019ensemble du pays.Question de justice et de pitié, bien sûr.Question aussi de simple efficacité.Mais j'ai moi-même entendu des Sud-Américains parler de ce milliard annuel des Américains comme d'une immense assiette au beurre.Cela ne me surprend pas.Il faut prendre garde, toutefois, de généraliser injustement.Il y a ceux qui entrent à reculons dans l\u2019histoire, et encombrent la voie du développement, les tenants de la philosophie politique de la mordida (la bouchée, la gabegie) et de la fraude fiscale, des placements à l\u2019étranger et des comptes de banque ailleurs.Par contre, il se trouve, parmi les classes dirigeantes actuelles et surtout parmi la génération qui monte, un grand nombre d\u2019hommes conscients et éclairés qui se rendent compte que la situation est mûre, que les transformations de structures s\u2019imposent, que la politique du manana et de la mordida a fait son temps.L\u2019ancien président de la Colombie, M.Alberto Lieras, n\u2019a pas craint d\u2019affirmer que, grâce à l\u2019Alliance, il s\u2019est accompli en Amérique latine plus de travail en deux ans qu\u2019en un demi-siècle.Soit ! l'Alliance sait préférer aux projets humanitaires à court terme le véritable développement économique qui, à long terme, apporte le bien-être à tous.Malgré tout, l'Alliance donne parfois l'impression qu'elle ne sait au juste où diriger ses efforts.C\u2019est qu\u2019un choix judicieux n\u2019est pas toujours facile.L\u2019économique et le social doivent aller de pair.S\u2019il faut choisir entre un hôpital et une usine, l\u2019Alliance choisira l\u2019usine, parce que la mise en marche d\u2019une usine créera le capital nécessaire pour la construction et l\u2019entretien de l\u2019hôpital.Dans telle région donnée, cependant, en érigeant d\u2019abord l\u2019hôpital, en éliminant la malaria, on prépare, en fait, la construction de l\u2019usine et l\u2019ouverture d\u2019un marché.En principe, l\u2019aide va où elle sera la plus efficace.Mais il ne faut pas se laisser absorber par des difficultés immédiates et quotidiennes, ni se leurrer par quelques aménagements de détail.Bien sûr qu\u2019il faut penser aux humiliés et aux déshérités, leur apporter l\u2019espoir, leur donner une voix! RELATIONS Toutefois, même les réalisations immédiates doivent être jugées en fonction de l\u2019ensemble.La Charte de Punta del Este le dit clairement.C\u2019est sur l\u2019avenir que portent les responsabilités les plus lourdes de l\u2019Alliance.Les États-Unis répètent sans cesse qu'ils ne sont qu'un associé en second dans un effort commun, qu'ils doivent aider les autres à s'aider eux-mêmes, faire faire.L'Amérique latine s'aide-t-elle elle-même ?Réforme-t-on sa législation fiscale ?Son niveau de vie monte-t-il ?Son économie se diversifie-t-elle ?Oui, l\u2019Amérique latine s\u2019est attelée au travail.Dans 11 pays, on a procédé à des modifications, parfois assez profondes, du régime fiscal et de la perception des impôts.Ce point est essentiel.Une politique fiscale éclairée est un moyen de redistribuer le revenu; il est aussi un moyen d\u2019accroître l\u2019épargne, levier principal d\u2019un programme de développement.Pour ce qui est de diversifier l\u2019industrie et l\u2019agriculture, semblable programme demande du temps; et l\u2019Alliance ne compte que 2 ans d\u2019exercice.Le plan Marshall n\u2019a pas, dès sa première année, donné des fruits mirobolants.Il y a un temps pour semer et un temps pour récolter.Quant au niveau de vie, le revenu par tête est resté stationnaire, ces derniers temps.Il aurait vraisemblablement baissé sans l\u2019Alliance, et sous la poussée démographique.En tout cas, si l\u2019on en croit les indices, il est sur le point de remonter.Pourquoi les États-Unis rappellent-ils avec insistance qu\u2019ils sont le second associé?Parce que les dépenses en capital de l\u2019Alliance atteindront environ 100 milliards dont 80 viendront de l\u2019Amérique latine elle-même, et 20 milliards de l\u2019extérieur.De ces 20 milliards, on a estimé que la trésorerie américaine en versera 10; le reste proviendra de sources diverses.En outre, le voudraient-ils que les États-Unis ne pourraient par leurs seuls efforts, leurs seuls capitaux, leurs exhortations, suggestions, critiques, reproches ou remontrances, procurer les changements nécessaires.Je l\u2019ai dit et je le souligne encore, un ferment national doit travailler la population.On ne peut sauver un peuple qui ne veut se sauver lui-même.Ce labeur doit être leur labeur.Au commencement est la volonté du peuple.Si les États-Unis, même comme second associé, concentrent leurs efforts en Amérique latine, éviterons-nous le danger, avec le Marché commun qui fait de même en Afrique, et le Commonwealth dans le Commonwealth, de diviser le monde en sphères d'influence économique, et de prêter flanc aux accusations d'impérialisme économique ?C\u2019est toujours une tentation de détourner l\u2019aide et la coopération de leur vraie finalité.Tel n\u2019est pas ici le cas.Vous simplifiez les choses.Les États-Unis aident aussi l\u2019Afrique et les pays du Commonwealth, l\u2019Inde en particulier.Nous faisons partie du plan Colombo.De leur côté, la Grande-Bretagne, la France, l\u2019Italie, le Japon investissent en Amérique latine.Et c\u2019est tant mieux.Il existe même un Comité d\u2019aide au développement qui coordonne ces efforts d\u2019aide multilatérale afin d\u2019éviter qu\u2019on s\u2019ignore, qu\u2019on gaspille, qu\u2019on entre en concurrence, qu\u2019on se gêne au lieu de s\u2019appuyer, ou plus grave encore, qu\u2019on néglige certains secteurs ou certaines régions.Ce Comité d\u2019aide est un rouage DÉCEMBRE 1963 d\u2019une organisation multinationale appelée O.C.D.E., Organisation de coopération et de développement économique.Au cours de la dernière décennie, les fluctuations de prix des matières premières, et les cours nouveaux du commerce mondial ont coûté aux pays de l'Amérique latine autant que leur ont apporté les aides de toutes sortes.A ce compte, l'économie de la plupart ne pourra jamais démarrer, je veux dire passer à un taux de croissance qui s'entretienne elle-même.Depuis 1950, en effet, les prix des biens primaires que l\u2019Amérique latine exporte ont baissé.Cette chute est maintenant arrêtée.Par ailleurs, le volume des exportations a augmenté de façon notable, ce qui peut être considéré d\u2019excellent augure.Le problème que vous posez est celui du commerce mondial.Ni les États-Unis tout seuls, ni l\u2019Amérique latine toute seule, ni les deux de concert, ne peuvent en transformer les structures.Le commerce mondial relève d\u2019un enchevêtrement de facteurs: concurrence, capacité d\u2019absorption du marché, tarifs et contingentements, abondance de certaines matières, coût de leur extraction ou de leur production qui dépend, en grande partie, des biens d\u2019équipement industriel et agricole, des techniques nouvelles de fabrication, de la main-d\u2019œuvre spécialisée et qualifiée, etc.Je ne nie pas qu\u2019une des formes d\u2019aide, essentielle quoique indirecte, consiste à apporter une réglementation au commerce international, en particulier par une régularisation des cours des matières premières agricoles et industrielles.C\u2019est même là une des conditions de base pour un développement régulier et harmonieux des économies en retard.La charte de Punta del Este parle d'intégration économique.Des mouvements se dessinent-ils dans ce sens ?Et j\u2019ajouterai que, lors de la remise de cette Charte à M.Kennedy, M.Dean Rusk, secrétaire d\u2019État, a insisté sur 1\u2019 « importance primordiale de l\u2019intégration économique ».Oui, des mouvements se dessinent dans ce sens.Une zone de libre échange entre 8 pays de l\u2019Amérique du Sud et le Mexique se constitue, plutôt laborieusement, il est vrai.La raison en est que les économies de ces pays sont peu complémentaires.Il y a lieu, toutefois, d\u2019espérer.Le projet d\u2019un marché commun entre 5 pays de l\u2019Amérique centrale est en bonne voie.L'Amérique latine, au dire de M.Kennedy, est la zone au monde la plus dangereuse.Puis-je vous demander quelle est l'aire la plus dangereuse de cette zone entre toutes dangereuse ?Il existe, certes, des pays où la situation est plus dangereuse.Mais vous comprendrez qu\u2019il ne me revient pas d\u2019être plus précis.Posons donc la question inverse.Pourrions-nous savoir quelle est la zone la moins chaude ?Je me bornerai à vous dire qu\u2019en Colombie, au Chili, au El Salvador et, plus récemment, au Pérou, l\u2019Alliance pour le progrès fait des progrès.351 Démocratisation scolaire à Montréal?Jacques COUSINEAU, S.J.VOICI un heureux signe des temps dans le domaine de l\u2019éducation.La Commission des écoles catholiques de Montréal, ayant déjà recommandé à la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement une réforme des structures scolaires de la région métropolitaine, qui intégrerait la Commission scolaire de Montréal dans les cadres d\u2019une fédération, avait formulé le souhait que les parents et les contribuables catholiques de Montréal puissent participer à l\u2019administration de leur commission scolaire.A cette fin, elle a fait préparer par MM.Jacques Henripin et Guy Bou-rassa, professeurs à l\u2019Université de Montréal, une étude sur les modalités possibles de cette participation des parents et des contribuables.Cette étude vient d\u2019être rendue publique; la Commission prendra plus tard la décision.Le rapport Henripin-Bourassa, qui s\u2019intitule « Projet de réforme des structures administratives », constitue un solide travail d\u2019approche des problèmes posés.Il contient l\u2019historique des modes de désignation des commissaires depuis 1846 et l\u2019examen des principales fonctions de la Commission qui suscitent l\u2019intérêt des citoyens; il recommande le processus démocratique dans la gestion des écoles publiques et enfin propose une solution concrète au problème de l\u2019élection.La section qui traite de la démocratie me paraît remarquable de pertinence et de jugement; par contre les suggestions concernant les systèmes d\u2019élection, à mon avis, ne s\u2019enracinent pas assez dans le contexte historique et local.MM.Henripin et Bourassa proposent à bon droit que la majorité des commissaires soient élus, quitte à ce que le gouvernement provincial, l\u2019administration de la cité et l\u2019archevêché nomment chacun un commissaire délégué; ce qui faciliterait l\u2019accord de ces trois autorités sur les décisions qui les concernent.Dans le mode d\u2019élection, ils écartent à juste titre l\u2019élection directe par les électeurs, en l\u2019occurrence les parents d\u2019enfants de moins de 18 ans et les propriétaires fonciers.Ils proposent deux formules, l\u2019une l\u2019élection en deux étapes et l\u2019autre l\u2019élection par un collège électoral formé des délégués des associations intéressées que désignerait le gouvernement provincial.Cette dernière formule me paraît à rejeter.Outre l\u2019aspect politique de cette dernière intervention, qui nous menace du pire, il y a la difficulté d\u2019établir des critères de représentation, difficulté presque insurmontable à moins qu\u2019on accepte que toutes les associations reconnues soient sur le même pied, quels que soient le nombre de leurs membres et leur répartition sur le territoire donné.De plus, chacun sait qu\u2019à Montréal les parents, les premiers intéressés, ne sont pas groupés dans des associations représentatives et que les ligues de propriétaires catholiques y sont géographiquement mal réparties.Aucune d\u2019entre elles n\u2019est équipée pour jouer le rôle qu\u2019il faudrait: celui de corps intermédiaire responsable d\u2019un bien commun déterminé.Il resterait à habiliter les groupes de pression, indirectement intéressés à la question.; mais ce serait effacer du coup ce qu\u2019on a écrit sur le processus démocratique et installer un féodalisme pire que le système actuel.D\u2019ailleurs la population montréalaise s\u2019est prononcée trop clairement, lors des dernières élections, sur l\u2019incapacité des conseillers municipaux de la classe C à la représenter, pour qu\u2019on songe revenir à cette expérience malheureuse qui a duré vingt ans.352 La deuxième formule proposée est l\u2019élection des commissaires en deux étapes.Dans chaque paroisse, \u2014 la paroisse demeure l\u2019unité de base de notre système scolaire même à Montréal et le seul milieu social véritable (à part quelques secteurs dépressifs où le tissu sociologique a disparu), \u2014 les électeurs, parents et propriétaires catholiques, éliraient des grands électeurs qui, à leur tour groupés en collèges distincts, éliraient chacun un commissaire.Il faut, je crois, se rallier autour de ce mode d\u2019élection, car seul il est démocratique et pratique.Dans l\u2019ensemble je suis d\u2019accord avec cette formule 1; elle est constructive, pratique et éducatrice.Cependant j\u2019y apporterais quelques modifications.Le Rapport propose sept commissaires élus sans justifier ce nombre; à mon avis, le nombre des commissaires devrait être établi soit en fonction des vicariats forains, \u2014 cette structure ecclésiastique groupe des paroisses voisines de caractère commun \u2014 soit en fonction des arrondissements municipaux, c\u2019est la structure civile calquée sur les milieux de vie.Le Rapport propose, de plus, que les électeurs soient « toute personne étant père, mère, tuteur ou tutrice d\u2019un enfant de moins de dix-huit ans ou contribuable aux fins de l\u2019impôt foncier des particuliers pour les écoles ».A mon avis, ces conditions s\u2019imposent, mais il semble qu\u2019on prévoie un seul grand électeur par paroisse, petite ou grande, ce qui me paraît contraire à une saine démocratie; il devrait y avoir un grand électeur pour chaque mille, deux ou trois mille électeurs vivant dans une paroisse.Enfin, les paroisses dites nationales devraient avoir le droit d\u2019élire leurs commissaires, comme les autres; leurs grands électeurs devraient se réunir à part, en deux sections, l\u2019une composée des grands électeurs des paroisses catholiques d\u2019origine britannique (anglaise, irlandaise et écossaise) et l\u2019autre composée des grands électeurs de paroisses d\u2019autres nationalités.Ainsi disparaîtrait la proposition du Rapport confiant au gouvernement provincial et à l\u2019archevêché la nomination des commissaires représentant les minorités catholiques, et les trois autorités concernées \u2014 provinciale, municipale, ecclésiastique \u2014 n\u2019auraient chacune qu\u2019un délégué à nommer.Afin de respecter jusqu\u2019au bout l\u2019équité, le nombre des commissaires devrait refléter par sa composition proportionnelle l\u2019équilibre de la population catholique ou du nombre total des électeurs aux fins de l\u2019administration scolaire; on prendrait pour base les deux représentants donnés aux minorités ethniques constituant tant pour cent de l\u2019ensemble.Ces suggestions entre autres ne veulent que souligner l\u2019intérêt soulevé et le réconfort apporté par l\u2019étude de MM.Henripin et Bourassa chez tous ceux qui ont à cœur depuis longtemps la démocratisation des structures scolaires à Montréal et à Québec.On se prend à espérer que cette rénovation de notre système d\u2019enseignement à sa base se fera au moins en même temps que la modification opérée par le bill 60, sinon avant.La vraie démocratie se rénove par le bas d\u2019abord.La parole maintenant est aux commissaires actuels.1.Relations l\u2019a mise de l\u2019avant en mars 1947 (voir l\u2019éditorial, p.65).RELATIONS DOCUMENT La Commission sur le comment interpréter son mandat et le biculturalisme : Texte d'une déclaration faite par le P.Richard Arès, S.J., le vendredi 8 novembre, à Ottawa, devant les membres de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme au Canada.Cette séance préliminaire avait pour but exclusif d\u2019interpréter le mandat de la Commission, d\u2019en définir le contenu et l\u2019étendue.1ES QUELQUES CONSIDÉRATIONS que j\u2019ai à faire, à propos du mandat de votre Commission, se tirent ^ de deux sources: de la raison principale qui a donné naissance à cette Commission royale et du texte même du mandat qui lui a été assigné.I.\t\u2014 La raison principale de la création de votre Commission Les gouvernements ne créent pas habituellement, sans raison sérieuse, des commissions royales d\u2019enquête; ils les instituent lorsqu\u2019ils veulent se renseigner sur une situation qui fait difficulté ou menace le bon ordre et la paix, lorsqu\u2019ils veulent que leur soit indiquée une solution à un grave conflit ou à une crise qui déchire le pays.Votre Commission, il est évident, doit son origine à la crise que suscite l\u2019insatisfaction fondamentale de la communauté canadienne-française au sein de la Confédération canadienne.Cette communauté se cherche aujourd\u2019hui une place, sa place, tant dans l\u2019administration fédérale que dans chacune des provinces du pays.Lui assurer cette place, la faire participer à la vie canadienne en tant même que communauté nationale, voilà, me semble-t-il, la raison principale de l\u2019existence de votre Commission, en même temps que sa tâche essentielle.Votre Commission existe d\u2019abord et avant tout parce que les Canadiens français l\u2019ont demandée, l\u2019ont exigée; ce n\u2019est ni la communauté britannique, ni les autres groupes ethniques qui l\u2019ont voulue, mais bien et presque seule la communauté canadienne-française.Aussi, est-ce à cette communauté que vous devez vous efforcer de donner satisfaction, tellement que, si vous n\u2019y parvenez pas ou si vous reléguez au second rang ce qui est proprement la raison d\u2019être de votre Commission, quelle que soit par ailleurs l\u2019excellence de votre Rapport, je crains fort qu\u2019il n\u2019engendre par tout le Canada français une immense déception.II.\u2014 Les termes de votre mandat Au sujet des termes mêmes de votre mandat, je me permets d\u2019attirer votre attention sur les quatre points suivants.1.Le gouvernement vous demande d\u2019abord « de faire enquête et rapport sur l\u2019état présent du bilinguisme et du biculturalisme au Canada ».A cet égard, votre mission, me semble-t-il, vous demande d\u2019examiner à fond et en détail la situation présente faite aux deux langues et aux deux cultures par tout le Canada.Dans la poursuite de cette enquête, trois faits me paraissent devoir entrer en ligne de compte: a)\tle fait d\u2019abord qu\u2019il s\u2019agit de donner satisfaction à la communauté canadienne-française: ce qui fait problème et crise, ce qui a nécessité la .création de votre Commission, DÉCEMBRE 1963 c\u2019est la situation où se trouve actuellement cette communauté, non pas celle de la communauté de langue anglaise; c\u2019est donc principalement cette situation qu\u2019il vous faut étudier; b)\tle fait ensuite qu\u2019il s\u2019agit de biculturalisme, et non pas seulement de bilinguisme, ce qui implique que vous devez examiner la situation faite, non pas seulement à la langue, mais aussi à la culture du groupe canadien-français, ainsi qu\u2019aux institutions qui la soutiennent et la transmettent, telles que, par exemple, les écoles; c)\tle fait enfin que cette situation doit être étudiée par tout le Canada.Comme il s\u2019agit pour vous simplement d\u2019enquêter et non de légiférer, je ne vois pas pourquoi votre enquête ne pourrait pas se poursuivre dans toutes et chacune des provinces et aboutir, au moins sur ce premier point, à présenter une vision claire et totale de la situation dans chaque province.2.\tLe gouvernement vous demande, en second lieu \u2014 et ceci ne concerne plus la situation présente, mais l\u2019avenir \u2014, de « recommander les mesures à prendre pour que la Confédération se développe d\u2019après le principe de l\u2019égalité entre les deux peuples qui l\u2019ont fondée ».Il vous demande, en somme, de donner à vos recommandations une optique canadienne, qui soit dans la ligne même de celle de la Confédération de 1867 : deux peuples égaux et fondateurs d'un même pays.A ce sujet, trois brèves remarques: a) il vous faudra surtout indiquer les mesures concrètes à prendre pour que ce principe de l\u2019égalité passe vraiment dans la réalité canadienne; b) l\u2019égalité dont il s\u2019agit ne peut être une égalité mathématique, mais bien une égalité de chances et de possibilités de vivre pleinement sa vie culturelle du Canada; c) au moins l\u2019un de ces deux peuples a conscience aujourd\u2019hui de former une communauté nationale en voie d\u2019épanouissement, mais avec le sentiment qu\u2019il est lésé par le régime actuel : pour être au point et assurer l\u2019avenir, vos recommandations devront, nécessairement tenir compte de cette donnée de la conscience nationale canadienne-française et chercher à l\u2019intégrer, sans la détruire, dans un nouveau régime d\u2019association entre les deux peuples.3.\tLe gouvernement vous demande, en troisième lieu, de tenir compte « de l\u2019apport des autres groupes ethniques à l\u2019enrichissement culturel au Canada ».C\u2019est là une demande normale et juste, qui se fonde sur le fait que les communautés britannique et française ne sont plus seules au Canada et qu\u2019elles ne forment plus qu\u2019un peu moins des trois quarts de la population totale.Que les autres groupes ethniques puissent conserver leur langue et leur culture me paraît tout simplement une exigence du droit naturel.Cette conservation doit se faire cependant dans les cadres du droit positif actuel, du moins tant qu\u2019ils ne seront point changés, c\u2019est-à-dire dans des cadres juridiques qui, pour le moment, ne reconnaissent que deux langues et deux cultures.Il faut en principe reconnaître à ces autres groupes ethniques le droit de travailler à modifier ces cadres juridiques, mais si votre Commission, elle, s\u2019engageait à fond dans cette voie, elle me paraîtrait négliger l\u2019objectif principal qui lui a donné nais- 353 747242 sance et demeure sa raison d\u2019être: « recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d\u2019après le principe de l\u2019égalité entre les deux peuples qui l\u2019ont fondée », et ainsi donner satisfaction à la principale intéressée en la matière, c\u2019est-à-dire à la commnuauté cana-dienne-française.4.Sur les particularités enfin de votre mandat, je me contente de deux observations, l\u2019une sur le champ fédéral d\u2019enquête, l\u2019autre sur le champ provincial.Je note d\u2019abord avec grande satisfaction que votre mandat vous enjoint de « présenter des recommandations de nature à assurer le caractère bilingue et fondamentalement biculturel de l\u2019administration fédérale »; ce qui me réjouit tout particulièrement, c\u2019est l\u2019expression caractère fondamentalement biculturel; à mon point de vue, en effet, si l\u2019on veut donner satisfaction à la communauté canadienne-française dans la fonction publique fédérale, il ne suffit pas que sa langue y soit parlée, il faut encore que sa culture, avec tout ce qu\u2019elle comporte \u2014 esprit, mentalité, méthode, mode de vie et valeurs spirituelles \u2014¦ y soit reconnue et acceptée au même degré que l\u2019autre culture de travail.Aussi, est-ce avec regret que je constate la disparition de ce terme « biculturel » de votre champ provincial d\u2019enquête et qu\u2019il n\u2019est plus question, pour vous, au n° 3, que de « présenter des recommandations sur les moyens à prendre pour permettre aux Canadiens de devenir bilingues ».Je sais fort bien qu\u2019étant une Commission purement fédérale il ne vous est pas facile de pénétrer dans un domaine de compétence provinciale, mais si votre Commission se contente de recommander aux minorités françaises hors du Québec les meilleurs moyens à prendre pour devenir bilingues, j\u2019ai la conviction qu\u2019elles seront terriblement déçues, précisément parce qu\u2019elles ont mis en vous leur suprême et peut-être dernier espoir.Pour tout résumer en une phrase, je dirais que votre tâche principale, essentielle même, est de faire en sorte que les membres de la communauté canadienne-française puissent se considérer et se sentir partout chez eux au Canada et l\u2019aimer enfin comme on aime une patrie.Richard Arès, S.J.Perspectives de la recherche scientifique au Nouveau-Québec-2 Michel BROCHU APRÈS AVOIR ESQUISSÉ quelles pourraient être A les grandes lignes de l\u2019orientation de la recherche scientifique au Nouveau-Québec (recherches de détail et établissement de grandes synthèses), il convient d\u2019examiner quelles sont, dans la pratique, les formules de recherche scientifique sur le terrain, les possibilités de réalisation et de poursuite de ces travaux au Nouveau-Québec.1.Recherches individuelles Jusqu\u2019à maintenant, une grande partie des recherches qui ont été entreprises, au Nouveau-Québec, l\u2019ont été à titre individuel par des hommes de science dont les travaux étaient patronnés^par des universités, par l\u2019A.C.F.A.S., par le Centre d\u2019Études nordiques de l\u2019Université Laval de Québec, par l\u2019Arctic Institute of America ou encore par le Musée national du Canada; ce fut le cas des expéditions du professeur Jacques Rousseau, du R.P.Arthème Dutilly, O.M.L, de M.l\u2019abbé Ernest Lepage et de M.Nicholas Polynin, en botanique; des recherches de M.Asen Balikci, de celles de Pierre Radwanski, de Bernard Saladin d\u2019Anglure et de William E.Willmot, en anthropologie; de celles du R.P.Lucien Schneider, O.M.L, en linguistique, de MM.Benoît Robitaille, Pierre Byais, Yves Cartier, Michel Brochu et plusieurs chercheurs de l\u2019Université McGill, de MM.T.H.Manning et Francis T.Harper, en ornithologie, de M.Francis T.Harper, en mammalogie, de W.E.Taylor et de Lawrence Oschinsky en archéologie, de Marcel Trudel et de Michel Brochu en toponymie.2.Recherches cPÉtat Dans cette catégorie, s\u2019inscrivent les recherches individuelles ou en petits groupes, mais exécutées en service commandé et qui ont souvent un but tant utilitaire que scientifique; c\u2019est le cas des observations hydrologiques entreprises, depuis 1954, par la Direction générale des Eaux du ministère des Richesses naturelles du Québec, sur le cours de la plupart des grandes rivières (plus importantes que plusieurs fleuves européens), se jetant dans la baie d\u2019Ungava ou dans les baies d\u2019Hudson et James, dans la perspective de la construction de futures centrales hydro-électriques; il en est ainsi des recherches pour l\u2019élaboration des cartes géologiques effectuées sous l\u2019égide de la Direction générale des Mines du ministère des Richesses naturelles.Ajoutons les observations en ichtyologie entreprises sous la direction de M.Roger Lejeune, par le ministère de la Chasse et de la Pêche, en 1959.Il y a en outre les données météorologiques quotidiennes recueillies à Schefferville, à Nitchequon, à la Hutte-Indienne, à Fort-Chimo, au cap Dollard-des-Ormeaux, au Poste-de-la-Baleine, à Inoucdjouac (Port-La-Pérousse).Ces observations ont d\u2019abord un but utilitaire, celui de faciliter la navigation aérienne et maritime; bien entendu, ces observations sérieuses et minutieuses sont ou peuvent être utilisées, le cas échéant, à des fins scientifiques dans plusieurs domaines: botanique, géomorphologie glaciaire et périgla-ciaire, études des glaces flottantes, ornithologie, ethnographie et autres.354 RELATIONS 3.Centres de recherches Depuis 1948, les scientifiques de langue anglaise ont une base de recherches permanente dans le Nouveau-Québec, à Schefferville.Ce centre, le McGill Subarctic Research Laboratory, affilié à l\u2019Université McGill, largement subventionné par 1\u2019Arctic Institute of America, constitue une base qui met les chercheurs à pied d\u2019œuvre pour leurs travaux sur le terrain.Il manquait cependant, un centre de recherche de langue française qui permît aux hommes de science de cette langue de poursuivre avec efficacité leurs recherches sur le Nouveau-Québec.Le Centre d\u2019Études nordiques de l\u2019Université Laval, qui fut fondé, en 1961, après plusieurs années de démarches, corrigea partiellement cette grave lacune.Le Centre d\u2019Études nordiques a pris un départ vigoureux et sérieux au printemps et à l\u2019été 1962, grâce au travail de son directeur, Louis-Edmond Hamelin et du premier directeur de la station de Fort-Chimo, M.Benoît Robitaille.Depuis l\u2019été 1962, le Centre d\u2019Études nordiques a patronné plusieurs projets de recherches portant sur le Nouveau-Québec: étude sur la frontière Québec-Labrador, par M.Henri Dorion publiée à l\u2019automne 1963; étude sociale sur la famille esquimaude à Fort-Chimo, par Mlle Michèle Bonenfant; publication d\u2019un dictionnaire esquimau-français, dont l\u2019auteur est le P.Lucien Schneider, O.M.L, et qui paraîtra en 1964; préparation d\u2019une bibliographie complète sur le Nouveau-Québec, en collaboration avec l\u2019Arctic Institute of North America; collaboration à une étude sur le caribou, par M.Gaston Moisan; étude historique sur les toponymes du Nouveau-Québec, par le professeur Marcel Trudel; étude géomorphologique sur les rives québécoises du détroit d\u2019Hudson, par M.Benoît Robitaille.En 1963, cependant, les recherches sur le terrain du Centre d\u2019Études nordiques ont été freinées par deux événements; le premier est le départ du Centre d\u2019Études nordiques, de M.Benoît Robitaille, directeur (qui n\u2019a pas été remplacé depuis) de la station de Fort-Chimo laquelle avait reçu l\u2019hospitalité des baraquements de la Direction générale des Eaux du ministère des Richesses naturelles, au cours de l\u2019été 1962; le deuxième événement est la décision du gouvernement du Québec, en octobre 1962, de prendre en main l\u2019administration du Nouveau-Québec et la création de la Direction générale du Nouveau-Québec de laquelle relève, depuis novembre 1962, un centre permanent d\u2019étude et d\u2019apprentissage de la langue esquimaude à Fort-Chimo.(Il est à noter que la Direction générale du Nouveau-Québec, créée officieusement, en novembre 1962, est entrée officiellement en existence, le 12 avril 1963.) A cette création est venu s\u2019ajouter un programme intensif et prolongé d\u2019observations hydrologiques de la Direction générale des Eaux sur le débit des principaux cours d\u2019eau du bassin de la baie d\u2019Ungava.Le résultat de l\u2019occurrence de ces deux événements, en ce qui concerne le Centre d\u2019Études nordiques, est que l\u2019espace disponible pour les chercheurs est extrêmement réduit à Fort-Chimo et que, conséquemment, les recherches de terrain ont été limitées au cours de l\u2019été 1963, à une étude sur l\u2019estuaire de la rivière Koksoak par M.Yves Cartier et aux observations de B.Legault, botaniste de l\u2019Université de Sherbrooke, durant une quinzaine de jours, aux environs de Fort-Chimo et dans la région de l\u2019embouchure de la rivière aux Feuilles; enfin, un linguiste, M.Dermot Collis a aidé à Fort-Chimo, à la préparation du dictionnaire esquimau-français du P.Lucien Schneider, O.M.I.Il est à noter que le Centre d\u2019Études nordiques n\u2019a eu aucun chercheur sur le terrain au cours de l\u2019automne 1962 et au cours de l\u2019hiver, du printemps et de l\u2019automne 1963, contrairement DÉCEMBRE 1963 à la base scientifique de l\u2019Université McGill, à Schefferville, qui est à la disposition des chercheurs toute l\u2019année et qui poursuit, depuis plusieurs années, un programme de recherches s\u2019étendant sur 12 mois complets.Il est indispensable que les travaux du Centre d\u2019Études nordiques se poursuivent de façon de plus en plus intensive, car les chercheurs de langue française ont, dans le Québec, un tel retard sur leurs collègues de langue anglaise que le moindre ralentissement de l\u2019activité des scientifiques de langue française ne ferait qu\u2019aggraver une situation déjà assez regrettable.Pour faire honneur aux buts qui jsont les siens, il est non moins indispensable que le Centre d\u2019Études nordiques dispose d\u2019une base permanente qui lui appartienne en propre, à Fort-Chimo (ou ailleurs), qui serve de pied-à-terre pour les chercheurs et où ceux-ci peuvent préparer commodément leurs expéditions sur le terrain.Il serait opportun que cette base fût pourvue, sur place, d\u2019un minimum de matériel pour les expéditions: tentes, matériel, popote, réchauds y compris des canots et quelques solides baleinières.Cela évitera, d\u2019une part, d\u2019avoir à transporter, chaque année, par avion du matériel lourd et encombrant à des prix exorbitants (comme c\u2019est le cas^ actuellement) et, d\u2019autre part, cela évitera au Centre d\u2019Études nordiques et à ses chercheurs d\u2019avoir à emprunter du matériel d\u2019organismes gouvernementaux qui ne peuvent toujours s\u2019y prêter.En d\u2019autres termes, une base sur le terrain contribuera à libérer au maximum les chercheurs de servitudes matérielles qui prennent sur la recherche un temps précieux et souvent considérable.Une base permanente aura, de surcroît, l\u2019immense avantage de permettre des observations de caractère permanent, observations d\u2019automne, d\u2019hiver et de printemps notamment, dont l\u2019absence constitue, à l\u2019heure actuelle, dans plusieurs domaines, une des plus graves lacunes dans la connaissance scientifique du Nouveau-Québec.Pour ce qui est de ces observations de caractère permanent, il est évident qu\u2019il s\u2019agira de recherches poussées et détaillées qui ne seront pas un simple dédoublement d\u2019observations d\u2019ordre général qui pourront être faites par certains organismes d\u2019État et plus spécialement par l\u2019intermédaire des fonctionnaires de la Direction générale du Nouveau-Québec.Quelque splendide travail qu\u2019accomplisse au cours des prochaines années le Centre d\u2019Études nordiques, et nous ne doutons pas qu\u2019il en soit ainsi étant donné le dynamisme qui a présidé à sa fondation, le Nouveau-Québec est tellement vaste qu\u2019il y a largement de la place pour l\u2019établissement de plusieurs autres bases scientifiques de langue française dans ce territoire.Il est même urgent qu\u2019une base scientifique soit établie, sur les côtes du détroit d\u2019Hudson: l\u2019anse Bienville sise à quelques dizaines de kilomètres du cap Saint-Louis (ou d\u2019Iberville), qui forme l\u2019extrémité nord-ouest du Nouveau-Québec, semble toute désignée comme emplacement d\u2019une station de recherches; ce n\u2019est naturellement pas le seul endroit sur les côtes du détroit d\u2019Hudson qui abonde en emplacements favorables; une autre base aurait avantage à être établie sur les rives de la baie d\u2019Hudson, peut-être dans la région du lac Guillaume-Delisle (anciennement golfe de Richmond) à la limite de la taïga et de la toundra; une fois ces deux premières bases créées, il serait hautement désirable que fût créée une base au cœur même du Nouveau-Québec, sur le haut plateau dans l\u2019axe de la ligne de partage des eaux entre la baie d\u2019Hudson et la baie d\u2019Ungava, dans une région qui pourrait être située le plus près possible du centre géométrique du Nouveau-Québec.355 4.Grandes expéditions Les recherches individuelles ou par équipes restreintes ont été jusqu\u2019à maintenant à l\u2019honneur au Nouveau-Québec et si les bases scientifiques sur le terrain même ont un rôle irremplaçable à jouer, il est une formule de recherche scientifique qui a été presque totalement ignorée au Nouveau-Québec: il s\u2019agit de grandes expéditions auxquelles participent plusieurs scientifiques de diverses disciplines, du type de celles qui sont communes dans les îles arctiques canadiennes et dont les plus importantes, depuis 1958, ont été la participation de 17 scientifiques aux travaux de l\u2019Année géophysique internationale dans la région du lac Hazen, au nord de l\u2019île d\u2019Ellesmère, les expéditions du projet de la Plateforme continentale polaire qui se sont échelonnées de 1960 à 1963 en bordure de l\u2019océan Arctique sur les îles Ellef, Ringnes, Meighen et Borden principalement et au large de celles-ci, et auxquelles ont participé des scientifiques d\u2019une douzaine de disciplines, le projet Jacobsen, en collaboration avec l\u2019Université McGill sur l\u2019île Axel Heiberg, qui s\u2019est échelonné de 1960 à 1962 et auquel ont pris part des savants de plusieurs disciplines.Cette formule des grandes expéditions est aussi, depuis longtemps, règle courante en Antarctique, au Groenland et même en Islande et au Spitzberg où elles sont réalisées principalement par ce qu\u2019on pourrait appeler les grandes nations polaires: la France, l\u2019Angleterre, les États-Unis, la Norvège, la Russie, la Nouvelle-Zélande, l\u2019Australie, la Belgique, le Chili, l\u2019Argentine et le Danemark; les trois premiers pays s\u2019intéressent à toutes les grandes régions polaires du globe, les pays précités de l\u2019hémisphère Sud s\u2019intéressent naturellement à l\u2019Antarctique, de même que la Norvège et la Belgique.Le Danemark, c\u2019est normal, s\u2019intéresse tout particulièrement au Groenland, territoire danois.La double caractéristique commune à toutes ces grandes expéditions est, d\u2019une part, que des savants appartenant à plusieurs disciplines y participent et, d\u2019autre part, qu\u2019elles disposent de moyens matériels puissants et notamment de moyens de locomotion modernes et perfectionnés: avions, hélicoptères, autos-neige et véhicules chenillés souvent avec remorques-laboratoires, remorques-cuisines, remorques-habitations qui permettent un rayon d\u2019action assez étendu.Les Expéditions polaires françaises, dirigées par le grand explorateur Paul-Ëmile Victor, sont le modèle même de ces grandes expéditions puissamment équipées en matériel, en techniciens et en scientifiques et aussi, il faut bien le dire, généreusement dotées en crédits par les Pouvoirs publics qui reconnaissent la valeur intrinsèque et irremplaçable de la recherche scientifique.Dans le Nouveau-Québec continental, il n\u2019y a aucun exemple connu de grandes expéditions du type décrit.Ces grandes expéditions présentent des avantages matériels et scientifiques incomparables: du point de vue matériel, il est évident qu\u2019il y a intérêt à réunir plusieurs hommes de science pour une expédition lointaine plutôt que de mettre sur pied plusieurs expéditions individuelles qui multiplient les frais à l\u2019infini; outre ces considérations purement matérielles, mais qui, tout de même, comptent pour beaucoup dans l\u2019octroi des crédits au plan scientifique par les Pouvoirs publics, l\u2019avantage le plus marquant pour la science de la formule des grandes expéditions, est l\u2019élaboration d\u2019un plan de recherches concerté entre les représentants de diverses disciplines et concentré dans une région donnée, il faut ajouter l\u2019avantage des recherches exécutées au cours d\u2019une même période, ce qui permet, dans la suite des travaux, d\u2019utiles corrélations entre les observations exécutées au sein de diverses disciplines.Il ne fait aucun doute que la formule des grandes expéditions est non seulement souhaitable, mais parfaitement réalisable dans le Nouveau-Québec.356 A l\u2019heure où le Centre d\u2019Études nordiques est à s\u2019organiser et n\u2019a pas encore de base permanente et où les autres centres de recherches scientifiques québécois sont encore en devenir, il serait opportun que des organismes merveilleusement équipés en matériel et en véhicules, comme les Expéditions polaires françaises, orientent une partie importante de leurs recherches vers le Nouveau-Québec dont les hauts plateaux, la toundra, les surfaces aplanies évoquent souvent les regs sahariens, sont facilement accessibles aux véhicules motorisés, en été, et particulièrement en hiver; il serait même au plus haut point désirable que les Expéditions polaires françaises installent une base permanente sur le détroit d\u2019Hudson, à l\u2019anse Bienville, par exemple, point qui serait tout particulièrement facile d\u2019accès aux navires européens de haute mer qui se rendent à Churchill chercher du blé; quelques-uns de ces navires pourraient, grâce à une courte escale, apporter le matériel et les véhicules de Paris et y débarquer les équipes De grandes expéditions puissamment équipées et motorisées, comme le sont les Expéditions polaires françaises, pourraient aborder à la fois des questions scientifiques et des questions pratiques.Parmi celles-ci l\u2019exploration d\u2019une route d\u2019hiver pour véhicules motorisés reliant les postes esquimaux, rendrait un immense service en vue de l\u2019établissement éventuel d\u2019une liaison d\u2019hiver par voie de terre pour la distribution du courrier; l\u2019exploration, à l\u2019intérieur du plateau, d\u2019un tracé possible vers le réseau routier du sud du Québec et qui suivrait, en gros, la ligne de partage des eaux entre la baie d\u2019Hudson et la baie d\u2019Ungava constituerait une autre réalisation de valeur pratique.Une fois ce tracé déterminé, il faudrait explorer des tracés d\u2019embranchements vers chaque poste esquimau.Il ne s\u2019agit, ici, que de quelques exemples des services très réels et très concrets que, parallèlement à la recherche scientifique et sans nuire à celle-ci, peuvent rendre des organismes comme les Expéditions polaires françaises.Il existe deux autres centres de recherches de langue française qui, pour être matériellement moins complètement équipés, n\u2019en sont pas moins très dynamiques et groupent des chercheurs de haute valeur.Il s\u2019agit du Centre d\u2019Études arctiques de Paris et du groupe de recherches arctiques de Lyon (Arctiques et Montagnes) dont les directeurs respectifs, Jean Malaurie et Jean Corbel, ont déjà à leur actif des recherches personnelles dans l\u2019Arctique canadien et au Groenland.Il ne fait donc aucun doute que le Nouveau-Québec représenterait pour ces deux centres de recherches un intérêt capital à tous points de vue.Les hommes de science du Québec et le Gouvernement du Québec ne peuvent que souhaiter la participation active des trois groupes précités aux recherches dans le Nouveau-Québec, puisqu\u2019ils auront l\u2019avantage d\u2019apporter leur collaboration et leurs connaissances aux recherches qui seront entreprises.5.\\Jexpédition biogéographique Formule nouvelle.En 1955, le professeur André Cailleux, géographe et géologue de grand renom et conseiller scientifique aux Expéditions polaires françaises, avait élaboré le projet de réaliser dans le cadre d\u2019une grande expédition, une formule entièrement nouvelle de recherche scientifique consistant dans l\u2019étude exhaustive, pour autant que la chose se puisse concevoir, d\u2019une région donnée.En d\u2019autres termes, il s\u2019agit d\u2019une étude régionale la plus complète qui soit dans le plus grand nombre de sphères des sciences naturelles; en botanique, des mousses et des lichens aux arbres; \u2014 en zoologie, des mollusques aux mammifères (en passant par les oiseaux, les poissons et les insectes) y compris des observations de base sur la nature du substratum rocheux et des dépôts meubles (géologie et géomorphologie, pédologie, cryopédologie et géologie du quaternaire).RELATIONS Dans le cadre d\u2019une expédition biogéographique de ce type, les spécialistes de chaque discipline effectueraient leurs recherches selon la méthode des carrés, c\u2019est-à-dire que les observations se poursuivraient à l\u2019intérieur d\u2019aires de 1 m2, de 10 m2, de 100 m2, de 1 km2, de 10 km2, ces aires étant, comme on le constate, des multiples de 10 dans le système métrique.L\u2019aire à choisir est à déterminer selon la plante ou l\u2019animal à étudier: il est évident, par exemple, que l\u2019aire choisie devra être beaucoup plus vaste pour l\u2019étude de l\u2019ours blanc, assez rare au Nouveau-Québec, que pour l\u2019étude des lemmings.Cette méthode identique pour toutes les disciplines, quelles que soient les aires de base choisies, permettra de ramener toutes les données à une aire commune.Ce dénominateur commun sera de la plus haute utilité pour les corrélations à établir.On pourra ainsi connaître, à partir d\u2019observations à fondement numérique, qui font presque défaut actuellement, la densité des principales espèces végétales et animales dans une région donnée et établir les corrélations qui existent entre ces observations; on pourra ensuite élaborer une synthèse sur les grandes caractéristiques et sur l\u2019équilibre biogéographique de la région étudiée.Pour intéressante et pour passionnante qu\u2019elle sera, la première expédition biogéographique n\u2019aura de sens que si elle est suivie tous les 5 ans, par exemple, d\u2019autres expéditions qui pourraient être idéalement espacées de 10 ou de 200 km de l\u2019extrême nord du Nouveau-Québec en progressant vers le sud: c\u2019est là, d\u2019une certaine façon, anticiper sur le programme de recherches d\u2019un siècle à venir, mais en science, comme en d\u2019autres domaines, gouverner, c\u2019est prévoir.Les résultats des recherches exécutées au cours de ces grandes expéditions biogéographiques gagneraient à être groupés dans une même série de publications comme la plupart des travaux sur le Groenland sont réunis dans la collection Meddelelser om Groenland et ceux portant sur la terre Adélie dans les publications des Expéditions polaires françaises.Dès que le projet initial d\u2019une grande expédition biogéographique a été élaboré par le professeur André Cailleux en vue d\u2019être spécifiquement réalisé au Nouveau-Québec, dans le cadre des Expéditions polaires françaises, il est hautement souhaitable de le reprendre pour cette fois, le mener à bien.La formule nouvelle, et en un sens révolutionnaire, des expéditions biogéographiques promet des résultats d\u2019une valeur incalculable, et, à vrai dire, encore insoupçonnée, dans le domaine des recherches de détail et dans le domaine des grandes synthèses à élaborer.Conclusion Pour résumer, il y a de la place au Nouveau-Québec pour toutes les formes et pour toutes les formules de la recherche scientifique: pour les recherches individuelles, comme ce fût surtout le cas dans le passé et pour les recherches d\u2019État, à la fois scientifiques et utilitaires (en météorologie, en géologie et en hydrologie surtout) : il apparaît cependant que les formules qui donneront, à tous points de vue, les résultats les plus riches seront, d\u2019une part, l\u2019établissement de plusieurs bases permanentes de recherches sur le terrain, comme celle en formation de Fort-Chimo et qui est rattachée au Centre d\u2019Études nordiques de l\u2019Université Laval.Il reste enfin la formule encore inexploitée dans le Québec des grandes expéditions en équipes nombreuses et pourvues d\u2019un matériel perfectionné et de véhicules motorisés, permettant un rayon d\u2019action important; ces grandes expéditions sont ordinaire- DÉCEMBRE 1963 ment réalisées sous l\u2019égide d\u2019un organisme comme les Expéditions polaires françaises, largement subventionné par l\u2019État.Dans le cadre des grandes expéditions se détache la nouvelle formule de l\u2019expédition biogéographique qui mérite la priorité au Nouveau-Québec, parce que c\u2019est la formule de recherche la plus complète et la plus exhaustive et aussi pourquoi ne pas le dire, la plus passionnante de la recherche scientifique pour une région donnée.De surcroît, seule cette formule de recherche permet de coordonner harmonieusement les observations et les interprétations au sein de chaque discipline, permettant de dégager les corrélations entre les résultats obtenus dans chaque domaine et finalement de tirer les synthèses qui couronneront ces études.Dès lors, s\u2019il n\u2019y a plus, comme aux siècles précédents, de très grandes découvertes à escompter ou à espérer au Nouveau-Québec pour les hommes de science de la deuxième moitié du XXe siècle, on peut cependant prévoir que l\u2019orientation de la recherche scientifique au Nouveau-Québec se développera en ampleur, par la multiplication des bases permanentes scientifiques de terrain, en profondeur aussi par la multiplication ordonnée des études détaillées et par l\u2019élaboration des synthèses découlant de ces travaux de base, grâce aux travaux en équipe, grâce à l\u2019utilisation rationnelle des techniques modernes et grâce, surtout, à une formule comme celle des expéditions biogéographiques.La matière à étudier est là depuis des millénaires, les hommes de science sont de plus en plus nombreux, dans chaque discipline, qui veulent poursuivre des recherches de terrain.Ce qui manque encore, ce sont les instruments de travail: en premier lieu les bases de recherche sur le terrain.La première et la seule de langue française est le Centre d\u2019Études nordiques de l\u2019Université Laval, montrera résolument la voie, une fois qu\u2019elle sera définitivement installée à demeure au Nouveau-Québec même.Considérant le retard immense de la recherche de langue française au Nouveau-Québec, on ne peut que souhaiter intensément que l\u2019A.C.F.A.S.de même que les universités françaises du Québec s\u2019intéressent activement et concrètement à la recherche scientifique dans ces régions: chacune, en fait, devrait se faire un devoir de patronner une base de recherche scientifique permanente au Nouveau-Québec.En outre, les organismes comme les Expéditions populaires françaises, le Centre d\u2019Études arctiques de Paris et le Groupe de Recherches arctiques de Lyon pourraient collaborer de façon inappréciable à la découverte scientifique du Nouveau-Québec: car les scientifiques français des deux côtés de l\u2019Atlantique sont solidaires du développement futur de la recherche scientifique au Nouveau-Québec.Les Pouvoirs publics sont également solidaires des efforts qui seront entrepris par les hommes de science, car si l\u2019argent est le nerf de la guerre, c\u2019est aussi le nerf des œuvres de paix au premier rang desquelles se place la recherche scientifique.Il faudrait qu\u2019on le comprenne en haut lieu, à Québec, comme on l\u2019a compris à Paris, à Copenhague, à Moscou, à Washington et à Londres il y a plusieurs décennies déjà; à défaut de quoi, le Québec s\u2019expose, non seulement à ce que ses scientifiques et ses professeurs d\u2019université vivent en perpétuels parasites et tributaires des recherches des autres, mais à ce que le Nouveau-Québec ne devienne le fief et la chasse-gardée des Anglo-Saxons, à qui n\u2019a pas échappé le prodigieux intérêt scientifique de ces régions.Pour atteindre à ce but, tous les moyens matériels, toutes les énergies intellectuelles doivent être mises en œuvre de la part des hommes de science, de la part des universités et de la part de l\u2019État: il y va du prestige du Québec et de l\u2019honneur de la science de tradition française.Maricourt, Nouveau-Québec, juillet 1963.357 LECTURE DU MOIS \"Réflexions sur l'enseignement \" IES SPÉCIALISTES sont mal à l\u2019aise dans leur spécialité, et leur compétence assurée en un domaine rend plus irritante à leurs yeux l\u2019incurie de ceux qui devraient être compétents mais ne le sont point.Ainsi, mais au rebours du Dr Penfield qui a quitté la médecine pour l\u2019humanisme, le P.Angers 1 délaisse un moment l\u2019humanisme classique des lettres pour les sciences de la société et de l\u2019administration.Son dernier livre est une œuvre d\u2019action, l\u2019intervention d\u2019un professeur éclairé et compétent dans le débat en cours sur l\u2019éducation.Autant qu\u2019on en puisse juger, le livre n\u2019est pas conçu pour solliciter l\u2019audience du grand public.Il s\u2019adresse avant tout aux responsables de l\u2019organisation de l\u2019enseignement dans notre province qu\u2019il aimerait voir devenir les promoteurs d\u2019une réforme réfléchie et hardie.A vrai dire, il tâche de les éveiller d\u2019un certain sommeil dogmatique.Au courant plus que quiconque chez nous des perspectives et des prospectives qui guident en des pays plus mûrs l\u2019action des grands administrateurs de l\u2019École, il pose les problèmes et il montre comment leurs solutions doivent être envisagées de façon organique et en fonction d\u2019objectifs lointains mais humainement prévisibles.Son but n\u2019est pas de proposer une solution, mais de suggérer l\u2019attitude qui fera qu\u2019on invente à mesure les solutions, et d\u2019abord qu\u2019on se mette à l\u2019œuvre et qu\u2019on arrive enfin au xxe siècle, qui est un siècle de science et de technique.Il a fait servir à ce dessein une annexe rédigée un peu plus tôt pour le Mémoire que la Compagnie de Jésus présentait à la Commission Parent, à quoi il a préposé une longue refonte qui se présente comme une introduction.Beaucoup de sujets sont abordés, mais leurs traitements sont forcément inégaux.Le chapitre sur la révolution scolaire est particulièrement bien documenté, et l\u2019ensemble est d\u2019une belle inspiration et démontre victorieusement que la civilisation technique et scientifique exige de nous un rajustement ardu, un renoncement à des idées chères, une revision des jugements communément admis, par exemple sur la valeur relative du cours classique et de la formation scientifique.Certains reprocheront à l\u2019auteur de ne pas proposer un plan précis de réforme et de parler de tout comme en passant.Mais la réponse est obvie, et le Père Angers l\u2019indique dans son avant-propos: il est l\u2019un des artisans et des rédacteurs du Mémoire de la Compagnie de Jésus à la Commission Parent, où un tel plan est longuement exposé, il n\u2019avait donc pas à le répéter dans ce livre dont la substance est tirée d\u2019une annexe à ce même rapport.Il lui suffisait d\u2019orchestrer quelques thèmes majeurs: esprit prospectif, rentabilité des investissements scolaires, généralisation de l\u2019enseignement, accueil aux jeunes.Il faut concéder cependant que le genre littéraire de l\u2019annexe offrait à l\u2019écrivain un rude défi, et il a senti lui-même que la riposte n\u2019était pas adéquate, c\u2019est pourquoi il se défend d\u2019avoir voulu écrire un traité et de tout dire.1.Pierre ANGERS, S.J.: Réflexions sur l\u2019enseignement.\u2014 Montréal, Editions Bellarmin, 1963, 204 pp., 20.5 cm.358 Il reste que le livre est austère et impérieux, dépourvu aussi de cette nécessité interne qui relie les idées en une chaîne infrangible et emporte l\u2019assentiment.Mais on voit bien que cet ouvrage est avant tout la contribution courageuse d\u2019un grand impatient qui a dû faire vite: il a voulu alerter les responsables des grandes décisions que notre peuple attend et sur lesquelles il espère peser d\u2019un certain poids, auxquelles en tout cas il fallait préparer le grand public.C\u2019est à cause de cette dernière fin, pourtant, qu\u2019on pourrait souligner un certain manque.On eût souhaité qu\u2019il trouve le temps d\u2019esquisser ici même une plus explicite harmonisation de principe et d\u2019intention entre la culture traditionnelle et le nouveau savoir.Peut-être le P.Angers, à la fois profondément convaincu de la valeur de l\u2019humanisme littéraire auquel il est professionnellement consacré, et désolé de rencontrer tant d\u2019hommes en place qui méconnaissent celle de l\u2019humanisme nouveau, a-t-il trop peu dit ici ce qui pour lui allait sans dire.Il y a quelque chose de secrètement polémique et d\u2019incomplet dans ce livre, quelque chose n\u2019est pas dit qui aurait dû l\u2019être pour convaincre le grand public de chez nous, qu\u2019on espérait certainement atteindre au moins par ricochet.N\u2019aurait-il pas fallu nuancer le robuste optimisme du progrès technique en l\u2019enveloppant de bout en bout dans un rappel lucide du supplément d\u2019âme exigé pour que son usage ne soit pas déshumanisant?La mise en question de ce qui s\u2019est fait et se fait n\u2019est-elle pas trop radicale?Aux yeux de ceux que leurs habitudes d\u2019esprit rendent plus sensibles à ce qui demeure qu\u2019aux formes successives de ce qui devient, le monde nouveau et le nouveau savoir sont peut-être plus semblables à l\u2019ancien qu\u2019on ne le dit ici.Par suite de ses silences ou de ses options, ce livre en heurtera un certain nombre qu\u2019on aurait pu gagner, les partisans d\u2019une moindre ouverture au monde contemporain ne se laisseront pas aisément convertir.Ce serait regrettable.Car quoi qu\u2019on pense de la valeur relative du classique et du scientifique, il est certain que nous avons un peu exagéré l\u2019un et beaucoup négligé l\u2019autre, et que le péril n\u2019est pas grand à mettre pour quelques décennies l\u2019accent sur celui qui a été le parent pauvre de notre système d\u2019enseignement.Quant à ceux qui seraient frappés par le peu de place qu\u2019occupent dans cet ouvrage les valeurs religieuses traditionnelles, le P.Angers pourrait sans doute rétorquer avec Bergson que, après tout, la technique est peut-être un produit de la mystique, et que ce ne sont pas ceux qui parlent le plus du Seigneur qui le servent le mieux.Paradoxalement, il arrive souvent de nos jours que les clercs se penchent avec passion sur la terre des hommes, tandis que les laïcs réclament avec ferveur les nourritures célestes.Ainsi, tout est grâce, disait saint Augustin, et tout est dialectique, disent les modernes.Qu\u2019on lise donc ce livre, car il donne à penser.Raymond Bourgault, S.J.Collège Sainte-Marie, Montréal.RELATIONS Le théâtre ILYA DU MALAISE, semble-t-il, dans notre Landerneau théâtral.On fait des allusions.On lance des insinuations.On pose des questions.Le fait est qu\u2019en dehors des théâtres de poche, cela ne bouge guère.On se plaint de la désaffection du public.On déplore \u2014 en conséquence \u2014 les déboires financiers des troupes, en dépit de subventions de trois Conseils des Arts.Même, on insinue que les artistes coûtent cher.Il paraît bien en effet que quelques ardents dévots de l\u2019art théâtral, gâtés par les plantureux cachets de la radio et de la télévision, font la moue sur ceux qu\u2019on leur offre pour jouer sur scène.Subirons-nous de nouveau une crise du théâtre ?.En attendant, si nous parlions de ce qui se fait effectivement dans ce domaine; nous spéculerons une autre fois sur ce qui devrait se faire.L'OMBRE D\u2019UN FRANC-TIREUR Saluons d\u2019abord le retour du Théâtre du Nouveau-Monde.Malheureusement ce n\u2019est pas pour chanter les gloire de Monsieur de Pourceaugnac, annoncé.Non, « des difficultés d\u2019ordre professionnel » ont empêché Jean Gascon de réaliser ses projets pour cette nouvelle saison, la treizième.Il nous a servi alors, une œuvre plus moderne et étrangère, l\u2019Ombre d\u2019un franc-tireur, de l\u2019Irlandais Sean O\u2019Casey.La première expérience irlandaise du Théâtre du Nouveau-Monde, avec le Baladin du Monde occidental de Singe, avait pourtant été loin de remporter les suffrages du public, plutôt dérouté par ce genre dramatique inhabituel.Cette fois, Gascon a pensé pouvoir miser sur une carte complètement étrangère au théâtre, mais d\u2019une vive actualité politique au Québec: le mouvement séparatiste et sa récente séquelle révolutionnaire du F.L.Q.Je ne sais pas si nos indépendantistes les plus exacerbés se sont présentés en foule au guichet de l\u2019Orphéum.Si oui, ils ont reçu sur leur jeune ferveur une bonne douche d\u2019eau froide, apte à les décevoir, sinon à les calmer.En effet, avec le recul des années, pour ceux qui ont vécu cette époque tourmentée de l\u2019histoire de la verte Erin et que raconte l\u2019Ombre d\u2019un franc-tireur, la pièce d\u2019O\u2019Casey paraît une féroce satire, non pas de la Révolution irlandaise, mais des Irlandais qui la firent.Sans doute O\u2019Casey fustige la répression sauvage de la police anglaise, mais il stigmatise plus encore la légèreté, l\u2019inconséquence, la vantardise futile et surtout l\u2019infecte lâcheté bavarde de ses personnages.Seule, la simple et courageuse petite Minnie Powell se dégage, lumineuse, de ce sombre tableau d\u2019une pauvre et sordide humanité.Par l\u2019abattement douloureux et l\u2019humiliation profondément ressentie de son personnage principal, le poète rêveur et veule Donal Davoren, l\u2019auteur proclame, à la fin de la pièce, qu\u2019il est plus facile et moins dangereux d\u2019être l\u2019ombre d\u2019un franc-tireur qu\u2019un vrai franc-tireur, qu\u2019un héros.Dans les échauf-fourées sociales ou politiques, on trouve beaucoup plus de Davoren, de Shields, d\u2019Owens, de Grigson, qui réchappent leurs sales trognes, que de Minnie Powell qui consentent à mourir à leur place.C\u2019est pour cela, qu\u2019avec raison, on a qualifié l\u2019Ombre d\u2019un franc-tireur de comédie tragique.Toutefois, on ne le remarque pas tout de suite.Sean O\u2019Casey est tout le contraire d\u2019un homme pressé.Pendant un long premier acte, il promène ses personnages devant nous: DÉCEMBRE 1963 Georges-Henri d'AUTEUIL, 5.J, une galerie de types pittoresques et cocasses qui vont, viennent, sortent, pour aller, semble-t-il, nulle part.Ils discutent, jacassent, palabrent sans fin.Quelques actes aussi: celui-là pose sur une armoire une mystérieuse valise; une autre, une lettre étrange et ridicule; celle-là, un baiser.Donal Davoren essaye de terminer un poème.C\u2019est tout.Amusant, déroutant, mystifiant.Mais où nous mène-t-on ?Le second acte commence.La parlotte continue, longuement, interrompue tout à coup par une bruyante intervention de Madame Grigson en quête de son mari, et de Monsieur Grigson, qui avait oublié de prendre le « pledge ».Tapage nocturne d\u2019un ivrogne! Pas de quoi fouetter un chat, même si cela réveille les gens! Et voilà qu\u2019il se fait comme un mouvement d\u2019avalanche.Tout se précipite: coups de feu, cris, courses affolées, perquisitions, arrestations, gémissements, panique.Brusquement, c\u2019est la tragédie dans la mort et la honte: Minnie Powell, Donal Davoren! Baignée dans une atmosphère irlandaise bien réussie: désordre, insouciance, exaltation, humour, sentiment, puérilité, bravades, la pièce de Sean O\u2019Casey dégage un charme, étrange pour nous, mais plaisant et agréable, si on s\u2019y abandonne bonnement, si on n\u2019essaye pas de le mettre en tableaux synoptiques logiques et rigoureux et si on n\u2019est pas trop impatient.Un cours d\u2019eau sinueux et lent dans une plaine banale et sans relief, puis, tout à coup une chute élevée et une cascade fracassante, voilà l\u2019Ombre d\u2019un franc-tireur.Dans la mise en scène de Jean Gascon, l\u2019équipe du Théâtre du Nouveau-Monde a bien joué dans le rythme particulier de l\u2019œuvre, surtout les deux piliers de la pièce, Roux, poète médiocre, sentimental insouciant et peureux, et Groulx, incorrigible bavard Shields, sentencieux, doctrinaire, colporteur de bric-à-brac mais aussi, fréquemment, des idées de l\u2019auteur.Les autres comédiens ont rendu respectivement leurs typiques personnages avec vérité: Léo Ilial, le propriétaire excédé Mulligan; Victor Désy, l\u2019exalté Tommy Owens; Germaine Giroux, la commère Henderson; Gabriel Gascon, le miteux et impuissant Gallogher; Kim Yaroshevskaia, la larmoyante Madame Grigson; Guy Hoffmann, l\u2019ivrogne et vantard Adolphe Grigson; Louise Rémy, enfin, la sincère, courageuse et efficace Minnie Powell, le seul personnage normal et sympathique de la pièce.Une fois encore le Théâtre du Nouveau-Monde a accompli un beau travail, sérieux, soigné d\u2019une œuvre très humaine et émouvante en dépit des violentes satires de l\u2019auteur, qui devrait éveiller des résonances favorables dans notre milieu \u2014 et qui n\u2019a pourtant pas tenu l\u2019affiche un mois durant.L'HEUREUX STRATAGÈME Tranquillement, Marivaux prend de plus en plus sa place au répertoire de nos troupes.Pas toujours avec un égal succès.Mais petit à petit, nos comédiens en viendront à sentir cette grâce subtile, cette féline souplesse, cette réelle profondeur sous les voiles de la légèreté, ce comique savoureux et délicat du théâtre de Marivaux.Non, bien sûr, ce n\u2019est pas de notre temps! On y parle en effet une langue correcte, même raffinée; les belles manières, distinguées et courtoises, sont à l\u2019honneur et l\u2019expression des sentiments, de l\u2019amour surtout, peut paraître à certains douçâtre ou compassé, jamais vulgaire.Nous sommes loin, incontestable- 359 ment, du jargon, du débraillé, du sans-gêne de notre époque.Pourtant, croyez-le ou non, cela plaît ainsi.Cela plaît, du moins, aux bonnes gens qui ont applaudi, au Stella, VHeureux Stratagème, bellement réalisé par le Rideau-Vert sous la direction de Florent Forget.Est-ce que cela ne signifie pas que si nos amateurs de théâtre ne sont peut-être pas très audacieux, revêches aux expériences agressives d\u2019avant-garde, leur goût reste encore judicieux et qu\u2019ils savent reconnaître et apprécier les œuvres sanctionnées par le temps et le consentement des siècles.Du titre de cette pièce il faut retenir le mot « stratagème », mot clef dans le théâtre de Marivaux, qu\u2019on pourrait utiliser pour plusieurs de ses comédies comme le Jeu de l'amour et du hasard, basée elle aussi sur des quiproquos, confusions de personnes et de situations.Dans l'Heureux Stratagème, Dorante, négligé par la coquette Comtesse pour un autre prétendant assez sot, le Chevalier, pourtant déjà promis à la Marquise, entreprend de jouer à la Comtesse la même comédie en simulant une passion violente pour la Marquise délaissée.Bel imbroglio, reproduit sur un ton mineur par les domestiques, qui nous est connu dès le début, mais que nous voyons dénouer avec plaisir par l\u2019habileté et la finesse de l\u2019auteur.Plus encore que son langage souvent précieux, ses subtilités de l\u2019intrigue rendent l\u2019interprétation de Marivaux difficile.Pour y être à l\u2019aise, cela suppose une certaine familiarité avec ce genre spécial et si différent des comédies modernes.Nos artistes se retrouvent plus facilement dans un Roussin ou un Achard.Il faut donc féliciter Florent Forget de sa conception intelligente de la mise en scène, et les comédiens du Rideau-Vert de leur jeu alerte et nuancé dans l\u2019interprétation qu\u2019ils nous ont donnée de l'Heureux Stratagème.Grâce à eux, l\u2019artifice, raison d\u2019être de la pièce, devint naturel et tout à fait vraisemblable.Les acteurs disaient bien un texte allusif et cachotier et rendaient avec spontanéité les divers sentiments, parfois chargés d\u2019une fine ambiguïté, des personnages.Selon les exigences de l\u2019intrigue, ces personnages se divisent en deux groupes, l\u2019un aristocratique et l\u2019autre populaire, ce qui implique naturellement deux tons différents et adaptés.Ici encore réussite très satisfaisante.Dans le clan aristocratique, Denise Pelletier, avec ses petits airs narquois et complices, m\u2019a paru entrer le mieux dans le jeu prévu par Marivaux; par son rôle de la Marquise, Yvette Brind\u2019Amour est une Comtesse coquette bien élégante, mais un peu froide et distante par moment.On a l\u2019impression que cette artiste surveille peut-être trop son jeu.Cela manque de simplicité.Tout le contraire chez Denyse Saint-Pierre, une Lisette rouée et désinvolte sans aucune afféterie.Elle parle et agit avec une bonhomie qui sied à la fille du paysan Biaise, joué par André Cailloux toujours naturel et savoureux.Les deux prétendants, Gérard Poirier, en Dorante, et François Cartier, en Chevalier, sont des personnages tout à fait opposés: Dorante, policé par la cour et donc habile à simuler et à jouer un rôle; le Chevalier, fraîchement déballé de sa lointaine Gascogne, donc encore peu habitué aux finasseries et au jeu de cache-cache des sentiments, croit, hélas! à la sincérité des coquettes, si comtesses soient-elles; aussi sortira-t-il de l\u2019aventure comme le dindon de la farce, et passablement déplumé.Gérard Poirier joue avec une juste mesure son rôle d\u2019amant apparemment dégagé.François Cartier, toujours saccadé, brusque trop son personnage déjà pourtant assez impétueux.Des seigneurs ont toujours des valets.Ceux de l'Heureux Stratagème se nomment Frontin, celui du chevalier, et Arlequin, celui de Dorante.Deux gaillards dégourdis que André Montmorency et Gaétan Labrèche ont incarnés dans le mouvement, la verve, la fantaisie voulus.André Montmorency a interprété très heureusement le récit des comiques manifestations d\u2019amour du Chevalier et de la Comtesse.Une scène difficile parfaitement réussie.Si on ajoute que les décors de Prévost et les costumes de François Barbeau étaient brillants et bien adaptés, on pourra conclure que l'Heureux Stratagème du Rideau-Vert nous a procuré une heure de théâtre de haute qualité.Chronique des lettres André VACHON, S.J.L\u2019ANNÉE 1963 aura été particulièrement riche en publi-cations de valeur.Ceux qui songent à offrir des livres canadiens, à l\u2019occasion des Fêtes, n\u2019auront que l\u2019embarras du choix.Et les parutions récentes, celles de l\u2019automne et du début de l\u2019hiver, ne contribueront certes pas à limiter cet embarras.La collection « Poésie canadienne » La nouvelle collection publiée par la Librairie Déom 1 a ceci de particulier qu\u2019elle entend rester ouverte à toutes les 1.Collection « Poésie canadienne », Montréal, Librairie Déom, 1963.N° 1: Le Pays (poèmes de P.Chamberland, G.Côté, N.Drassel, M.Garneau et A.Major); N° 2: Guy Robert, tendances poétiques de notre milieu.Les œuvres qui y prennent place auraient pu être éditées, les unes à l\u2019Hexagone, les autres chez Beauchemin ou chez Fides.Le premier cahier de la série, intitulé Le Pays, est un recueil collectif signé par cinq poètes qui ont à peine plus de vingt ans.Sur un mode qui n\u2019a rien de spéculatif, ces jeunes écrivains reprennent tous les grands thèmes de la phénoménologie.Or, cette thématique s\u2019adapte comme d\u2019elle-même à la conjoncture actuelle, car 1963 restera sans doute, dans l\u2019histoire du Québec, l\u2019année du véritable commencement, de la naissance.Naissance simultanée de l\u2019homme et du monde, de l\u2019homme d\u2019ici et du monde d\u2019ici: voilà ce que disent, chacun à leur Et le Soleil a chaviré; N° 3: Jacques DE Roussan, Eternités humaines; N° 4: Ernest Palascio-Morin, Pleins feux sur l'homme.360 RELATIONS manière, ces cinq poètes, et il est remarquable que l\u2019amour se retrouve toujours au cœur de l\u2019expérience commune qui alimente leur œuvre.C\u2019est que la possession du corps d\u2019autrui est la médiation de la possession du monde: encore un thème fondamental de la phénoménologie qui traverse tout le recueil et lui donne un inimitable accent de vérité.Avec le second cahier, on passe à un tout autre registre.Guy Robert a composé, à partir d\u2019un thème peut-être emprunté à Ramuz, un conte fantastique qui se situe d\u2019emblée au niveau du mythe.Cette prose légère, toute en sautillements, en détours imprévus, semblent s\u2019alimenter à des réserves imaginatives virtuellement inépuisables.En lisant Et le Soleil a chaviré, on ne peut pourtant se défendre de l\u2019impression que l\u2019auteur demeure, jusqu\u2019à la fin de son récit, à la recherche d\u2019un style.Toute écriture est recherche, bien sûr.Mais elle ne peut être que cela; elle doit aussi être acte de trouver, et l\u2019équilibre de l\u2019acte créateur est peut-être atteint lorsque l\u2019acte de trouver est une constante rétroaction sur l\u2019acte de chercher.En un mot, les vraies valeurs de cette prose poétique, et en particulier, son inépuisable pouvoir de renouvellement, apparaîtraient d\u2019une manière plus nette, si l\u2019auteur, au lieu de se confier à un certain automatisme de l\u2019écriture, avait sans cesse cherché à concentrer sa matière, à resserrer les mailles de son texte.Les Éternités humaines, de Jacques de Roussan, troisième cahier de la collection, commencent à inquiéter dès qu\u2019on tombe sur le titre de certaines pièces: « Étreinte mortelle », « Limites humaines », « Fuite vers l\u2019infini », etc.Je ne songe pas à nier que les bons sentiments puissent être matière à poésie.Le tout est de les traduire, précisément, dans une matière.Mais la poésie de Jacques de Roussan est abstraite, elle est faite avec des idées, non avec des choses.Les commentaires en prose joints à certaines pièces, malgré l\u2019indéniable élévation de pensée dont ils font preuve, ne changent rien à l\u2019affaire; ils ne peuvent faire que ces poèmes soient poétiques.Tout autre est le recueil qu\u2019Emest Palascio-Morin intitule Pleins feux sur l'homme.On a ici une poésie familière, très proche des réalités quotidiennes, et aussi, très dépouillée dans la forme, exempte de toute recherche.Ces pages sont manifestement destinées à rejoindre un assez large public, celui surtout que rebute l\u2019hermétisme des jeunes poètes.Il faut savoir gré à l\u2019auteur d\u2019être resté fidèle à lui-même, à sa génération, celle qui précisément a préparé la venue de l\u2019actuelle nouvelle vague.« Poésie 64 )) L\u2019anthologie Poésie 642 réunit seize poètes canadiens, six de langue française et dix de langue anglaise.Du côté français, Jacques Godbout a évidemment fait un choix partial.C\u2019était son droit.On retrouve ici des noms que le premier cahier de Poésie canadienne et la première livraison de Parti pris avaient déjà réunis: ceux d\u2019André Brochu, d\u2019André Major et de Paul Chamberland.Ces noms, avec quelques autres, forment un ensemble si homogène et si actif, qu\u2019ils se présentent déjà comme une sorte de Pléiade du Canada français.Mais il ne faut tout de même pas oublier qu\u2019il existe, derrière ce groupe, autour ou en marge de lui, de nombreux foyers d\u2019activité poétique, dont témoignent, par exemple, les éditions Atys, Orphée, du Lys et de L\u2019Arche.Si Jacques Godbout avait pratiqué une coupe plus large dans la production poétique récente, la moitié française de 2.\tPoésie 64 - Poetry 64.Seize poètes canadiens choisis et présentés par Jacques Godbout et John Robert Colombo.Montréal, les Editions du Jour; Toronto, The Ryerson Press, 1963.DÉCEMBRE 1963 l\u2019anthologie aurait davantage ressemblé à la moitié anglaise, qui représente à peu près tout l\u2019éventail de la jeune poésie anglo-canadienne.Celle-ci n\u2019est pas, comme la nôtre, centrée sur des thèmes peu nombreux, mais très vivement ressentis par une collectivité dont le poète est le porte-parole.C\u2019est dire qu\u2019il était impossible d\u2019aligner parfaitement l\u2019une sur l\u2019autre les deux moitiés du recueil.C\u2019est dire aussi que l\u2019échantillonnage restreint pratiqué par Jacques Godbout donne quand même la note fondamentale de l\u2019actuelle poésie du Québec.Terminons en le remerciant d\u2019avoir retenu l\u2019étonnante « Cantouque d\u2019amour » de Gérald Godin: ici, sans doute pour la première fois, de vrais mots canadiens deviennent enfin de vrais objets poétiques.Guy Robert, critique et théoricien de Fart Le Pellan de Guy Robert3, orné de 134 reproductions hors-texte, dont 25 en couleur, marque le début d\u2019une entreprise qui semble vouée au plus grand succès.Si la collection « Artistes canadiens » demeure fidèle aux normes établies pour la préparation du premier tome, elle deviendra très tôt un monument important de l\u2019édition canadienne.Le choix judicieux des illustrations, la parfaite sobriété de la typographie, la précision et la justesse de la reproduction, dans la couleur comme dans le blanc et noir, la qualité de la reliure: tout contribue à faire de ce livre une authentique œuvre d\u2019art.Mais il y a plus, car le texte donne à l\u2019album tout entier le caractère d\u2019un véritable instrument de travail.Non content d\u2019avoir rassemblé une documentation iconographique considérable, Guy Robert a établi la liste complète des expositions de Pellan et des diverses études qui lui ont été consacrées.On a donc là un livre de base, un livre unique, pour la connaissance d\u2019un de nos plus grands peintres.Guy Robert vient également de publier une Connaissance nouvelle de l'art4, dont le sous-titre est libellé de la manière suivante: « Approche esthétique de l\u2019expérience contemporaine ».Disons tout de suite que ce livre est à lire.Non seulement parce que l\u2019auteur traite un sujet que bien peu d\u2019écrivains canadiens se sont risqués à aborder, mais aussi parce que chaque page, chaque paragraphe force le lecteur à réagir, à prendre position.Sans jeu de mots, disons que ce livre est provocant, en ce sens qu\u2019il irrite sans cesse le lecteur et qu\u2019il le laisse souvent avec un véritable sentiment de frustration.C\u2019est que Guy Robert s\u2019attaque ici à des problèmes extrêmement délicats et qui requièrent, plus que d\u2019autres, d\u2019être traités avec un langage précis.Or, on a l\u2019impression, tout au long de ces pages, d\u2019être devant une image légèrement brouillée.Loin d\u2019être cernés méthodiquement, les problèmes sont plutôt approchés au moyen d\u2019une sorte de palpation fébrile qui remodèle sans cesse ou effiloche leurs contours.Il y a chez Guy Robert un parti pris du non-systématique.Mais comment ne pas voir que la pensée la moins systématique doit nécessairement, pour exister, être aussi la plus méthodique?Telle est d\u2019ailleurs l\u2019intuition qui commande tout le mouvement phénoménologique: absence de système, mais maximum de rigueur au niveau de la méthode.En revanche, la manière adoptée par l\u2019auteur offre un avantage certain: Connaissance nouvelle de l'art se présente comme une perpétuelle explosion de points d\u2019interrogation.Il faut lire ce livre, je le répète, justement parce qu\u2019il est irritant, parce qu\u2019il offre au lecteur l\u2019expérience de l\u2019insécurité, parce 3.\tGuy Robert, Pellan, sa vie et son œuvre - his life and his art.Collection « Artistes canadiens », n° 1.Editions du Centre de Psychologie et de Pédagogie, Montréal, 1963.4.\tGuy Robert, Connaissance nouvelle de l\u2019Art.Montréal, Librairie Déom, 1963.361 qu\u2019il l\u2019oblige à remettre en question toutes ses constructions intellectuelles.Ecrits du Canada français XVI De la dernière livraison des Écrits 5, retenons surtout trois textes.D\u2019abord, la très belle suite poétique de Roland Giguère, où l\u2019on retrouve, sous une forme extrêmement dépouillée, et comme à l\u2019état incandescent, certains thèmes communs aux poètes de l\u2019Hexagone et à leurs cadets: poses-sion du monde et possession de la femme, associées à l\u2019image de la blancheur, qui devient alors le parfait symbole de l\u2019altérité.L\u2019essai de Gilles Marcotte, sur l\u2019expérience du vertige, projette un éclairage nouveau sur l\u2019actuel roman canadien.Nous reviendrons sur ce texte dans notre prochaine chronique, car il suggère une approche particulièrement féconde pour l\u2019intelligence des derniers romans parus cette année.Il faudrait, enfin, pouvoir longuement commenter la pièce d\u2019Anne Hébert.Toutes les lignes directrices de l\u2019œuvre antérieure viennent converger ici, comme en un point de résolution.Sans doute, les matières et les situations sont-elles toujours les mêmes.Comme dans le Tombeau des Rois, comme dang les Chambres de bois, le mouvement poétique se développe à l\u2019intérieur d\u2019un espace restreint, rigoureusement TTosTet porté dès le point de départ à l\u2019état de sursaturation émotive.Pourtant, on ne vit plus ici dans un climat de cauchemar.La maison campagnarde du Temps sauvage a, pour ainsi dire, des murs perméables; il y a un constant mouvement d\u2019osmose entre la pièce unique où se déroule l\u2019action et ce « pays d\u2019avant la création du monde », cet espace total dont la maison 'est à la fois le centre et le symbole.L\u2019image de la mère elle-même, infiniment bienfaisante et infiniment menaçante, réalise l\u2019union des contraires, et atteint la perfection d\u2019un archétype.Notons que le langage d\u2019Anne Hébert semble s\u2019être libéré de ce réflexe de rétention qui le rendait parfois trop elliptique, qui retenait souvent à mi-chemin une intention profonde de communication: dès que la situation s\u2019y prête, le dialogue monte spontanément au niveau du lyrisme, il se coule dans une prose opulente, chargée de sensations, et celle-ci devient le véritable instrument de la communication entre les personnages.Est-ce un hasard si le Temps sauvage a été publié en 1963 ?C\u2019est peut-être, là encore, un signe des temps.Collège Brébeuf, Montréal.5.Ecrits du Canada français XVI.Sommaire: Anne Hébert, Le Temps sauvage (Théâtre); Roland Giguère, Adorable femme des neiges (poèmes); Claire Tourigny, La Crue (Théâtre); André Belleau, Trois Nouvelles; Fernand Ouellette, Le Soleil sous la mort (poèmes); Gilles Marcotte, U Expérience du vertige dans le roman canadien-français (essai), Montréal, 1963.Appareillage électrique, postes d'entrée haute et basse tension, sous-stations, contrôles de moteurs, interrupteurs «visi-plus», meubles d'acier, etc.MONTEL : inc.Estimations fournies sur demande sans obligation.Claude ROUSSEAU C.P.1 300,\t1 70-1 80 Dorchester est - Suite 109 Montmagny, Que.\tMontréal, Que.\t861-7446 362 AU SERVICE DU FRANÇAIS La demie d'un demi L\u2019ORTHOGRAPHE du mot demi présente des difficultés.Pour ne pas fauter en l\u2019écrivant, analysez sa fonction dans votre phrase.Adjectif, demi se place le plus souvent devant le nom qu\u2019il qualifie et s\u2019y joint par un trait d\u2019union: un demi-ton.trois demi-douzaines.Il sert alors à désigner soit la moitié d\u2019un tout quelconque, comme dans les exemples précédents, soit le caractère insuffisant d\u2019une chose: une demi-vérité, des demi-mesures administratives, soit l\u2019équivoque d\u2019une condition: le demi-monde, des demi-mondaines.Naturellement invariable quand il précède ainsi le nom qu\u2019il modifie (nonobstant l\u2019arrêté du ministre français de l\u2019Instruction publique, 26 février 1901, selon lequel on devait tolérer « une demie heure »), demi s\u2019accorde, mais en genre seulement, avec le nom qu\u2019il suit et auquel le relie la conjonction et : deux fois et demie, deux jours et demi.On écrit, d\u2019ordinaire au masculin: midi, minuit et demi.Cela se comprend pour midi, milieu du jour, nom masculin.Mais pour minuit?Logiquement, jusqu\u2019au XVIIe siècle, on disait: la minuit (mi-nuit) à cause du féminin de nuit.Par archaïsme, aujourd\u2019hui, dans la langue littéraire, on écrit encore: la minuit.Et chez maints auteurs, se rencontrent: midi et demie, minuit et demie; sans doute parce qu\u2019ils pensent: midi et une demie, minuit et une demie.Or, employé comme nom, demi a les deux genres, selon que la chose dont on mentionne la moitié se qualifie au masculin ou au féminin.Prenez-vous un pain ?demande le boulanger.Non, un demi seulement, dit la ménagère.Une tartine?interroge le pâtissier.Une demie suffira, répond sa cliente.Au bistrot français, vous commandez un demi, et le garçon vous apporte un demi-litre de bière ou de vin.Dans ces derniers exemples, demi évoque un substantif exprimé ou sous-entendu.Si, au contraire, rien ne le spécifie, quel genre aura-t-il ?En arithmétique, la moitié d\u2019une unité a toujours le genre masculin, affirme la grammaire française, qui donne l\u2019exemple suivant: on n\u2019additionne pas les tiers avec les demis.Il semble que, chez nous, même alors, prévaut le féminin.Nos professeurs ne disent-ils pas spontanément: une demie, un quart, un tiers, lorsqu\u2019ils enseignent l\u2019arithmétique?Je ne vois pas qu\u2019on doive le leur reprocher.Ici, comme en France, tout le monde écrit et dit, au féminin: la demie, sans plus, pour parler de la demi-heure.Ainsi: ma montre marque la demie; l\u2019horloge de la tour sonne les quarts et les demies.Et alors, pourquoi ne dirait-on pas correctement, sans tenir compte du genre du mot exprimé: la demie d\u2019une pomme, la demie d\u2019un citron ?Demie équivaut exactement à moitié, nom féminin.De même, pourrait-on, si l\u2019on veut, écrire et dire: la demie (ou moitié) d\u2019un demi, pour désigner un quart de litre.Enfin, demi joue le rôle d\u2019un adverbe quand il modifie soit un adjectif ou un participe passé: demi-sourd, demi-rempli, soit un nom pris adjectivement: la sirène est un être demi-femme, demi-poisson.La locution adverbiale à demi n\u2019a pas besoin de trait d\u2019union.Écrivez donc: à demi plein, à demi mort, à demi rassuré; et, cela va de soi: il dort à demi.Mais on écrira nécessairement: à demi-mot, à demi-jambe, puisque demi, non plus adverbe, mais adjectif, qualifie un substantif.Le couple verbal, alors, n\u2019est plus à demi, mais demi-mot.Ce rappel vous a-t-il plus qu\u2019à demi renseigné ?J.d\u2019Anjou.RELATIONS L\u2019Abbé Pierre parmi nous C\u2019est une bouffée d\u2019oxygène en notre monde qui s\u2019embourgeoise et s\u2019intoxique que la venue de l\u2019abbé Pierre, cet apôtre de la charité d\u2019envergure mondiale.C\u2019est une bouffée de pur esprit évangélique, puisque sa charité se prodigue auprès des plus pauvres, des plus indigents, des plus malheureux, de ceux qui appartiennent à l\u2019Église « par droit évangélique » (Paul VI), et que, comme celle de Dieu, cette charité est vaste comme le monde.Hier en Amérique latine, il échappait de suivant toutes les règles démocratiques.Les communistes ont jugé sa politique creuse parce que dépassée par les événements; les militaires, dangereuse parce que détachée des faits.Au lieu d\u2019appuyer leur président, ceux-ci ont préféré remporter sur ceux-là une victoire immédiate qui pourrait bien n\u2019être qu\u2019une victoire à la Pyrrhus.Au Venezuela, par contre, le mandat de Romulo Betancourt touche à son terme, ce mois-ci.Castro l\u2019aura abreuvé d\u2019injures et tenté de l\u2019assassiner.Parti- étoffé de 14 tableaux statistiques, manifeste un effort sérieux de réflexion et de recherche.La description de la situation actuelle offre des renseignements inédits.D\u2019après des données obtenues directement du Bureau fédéral de la statistique, on nous apprend que, parmi les salariés du Québec, seulement 41% des employés masculins et 14% des employés féminins (33% pour l\u2019ensemble) bénéficient présentement de la protection d\u2019un plan de retraite; et parmi eux, combien demeu- AU FIL DU MOIS justesse à un naufrage où il faillit si bien périr qu\u2019on le rangea d\u2019abord parmi les cadavres; aujourd\u2019hui, à Montréal; demain, n\u2019eût été sa santé défaillante, il visitait à Tokyo ses groupes d\u2019Emmaüs.Le plus admirable est que sur son passage l\u2019incendie se répand, des communautés se fondent et se multiplient, dans lesquelles des pauvres surmontent leur infortune en se donnant gratuitement au service des plus pauvres, et d\u2019autres qui sont riches, ou relativement riches, se font pauvres pour aider les pauvres où Dieu voudra.Pour tous la vie a retrouvé un sens.Technique, confort, loisirs, culture, tout cela pour eux s\u2019ajuste et s\u2019achève dans la charité qui demeure.Racontant aux téléspectateurs du canal 10 son naufrage, l\u2019abbé Pierre confiait que cette mort, aperçue de si près pendant des heures, lui avait paru une rencontre toute simple.« C\u2019est, disait-il, tout simple de mourir quand on a mis sa main dans la main des pauvres.On s\u2019aperçoit qu\u2019on l\u2019a mise dans la main de Dieu.» G.Robitaille.Pour le meilleur et pour le pire en Amérique latine A Saint-Domingue, la vie du premier gouvernement constitutionnel que la République ait connu en 38 ans aura duré l\u2019espace d\u2019un matin.Lettré délicat, brillant orateur, homme sans dol ni rancune et, ce qui n\u2019est pas peu dire, incorruptible, tel était Juan Bosch.Il avait fait le calcul de vaincre les communistes sur leur propre terrain économique et social, dans un beau débat qui serait mené franchement DÉCEMBRE 1963 sans et agents communistes \u2014 pour attirer sur eux-mêmes l\u2019attention du monde \u2014 ont enlevé un champion du football, subtilisé une toile de Picasso, et \u2014 pour semer la sédition \u2014 fait sauter les pipelines, lancé des bombes, pris d\u2019assaut l\u2019Université, volé, pillé, tué une cinquantaine de policiers et, récemment encore, abattu à bout portant cinq soldats.Souple et ferme à la fois, Betancourt a tenu bon, traînant les misérables devant les tribunaux.Et l\u2019armée, se mêlant de ce qui la regarde, a soutenu l\u2019ordre politique.Si le président Betancourt, ce « laquais de l\u2019impérialisme yankee », comme l\u2019appelle gentiment Castro (quand il est poli.), survit à l\u2019assassinat et à l\u2019insurrection, et transmet démocratiquement le pouvoir, il aura remporté sur les communistes et sur les militaires une victoire importante en faveur de l\u2019homme libre.Pour la première fois dans toute son histoire, le Venezuela aura eu un président légitimement élu qui aura terminé son mandat.Aristote nous avait bien dit que la démocratie n\u2019était pas facile.L.d\u2019Apollonia.La C.S.N.et la caisse de retraite Après l\u2019effervescence des mois d\u2019août et de septembre relativement aux projets de caisse universelle de retraite, il s\u2019est produit, en octobre, une accalmie.Il semble que divers groupes ont poursuivi, pendant ce temps, une étude systématique du problème.Le 30 octobre, la C.S.N.présentait le fruit de ses travaux dans un mémoire au gouvernement provincial.Le texte, long de 45 pages et reront assez longtemps à l\u2019emploi de la même entreprise pour en retirer des prestations ?On souligne aussi que, contrairement à la croyance générale, de nombreux systèmes sont financés en majeure partie par les employés: la proportion venant des employeurs est souvent impossible à connaître, et elle est, dans certains cas, minime, vu les nombreux changements d\u2019emploi, les restrictions dans les droits acquis sur la part des employeurs, la marge entre le taux d\u2019intérêt prévu dans les estimés et le taux réel.Le mémoire ne s\u2019arrête guère à critiquer la solution du gouvernement d\u2019Ontario, et encore moins le projet fédéral.Il consacre la majeure partie de ses efforts à présenter et à expliquer son propre plan pour la province.Les journaux ont retenu particulièrement la proposition d\u2019une pension de vieillesse de 100 dollars par mois.Par rapport à la pension contributoire, le projet de la C.S.N.prévoit des cotisations de 4% sur tous les salaires jusqu\u2019à 8,000 dollars, l\u2019exemption de sa part de 2% pour l\u2019employé qui gagne moins de 1,500 dollars, une pension fondée sur les cinq meilleures années de la carrière d\u2019un ouvrier, avec un minimum garanti de 50 dollars par mois, et quelques avantages supplémentaires.On demande la protection efficace de ce qui a été acquis jusqu\u2019ici par voie de négociation.Comme il convenait, le mémoire de la C.S.N.envisage surtout les aspects sociaux du problème.Il ne néglige pas complètement la question du financement, bien que les pages consacrées à ce dernier point ne répondent pas à toutes les questions que se pose le lecteur.363 Malgré ses limites, dont sont conscients ses auteurs mêmes, le mémoire rendra service.Il souligne des principes importants et, en proposant un plan défini, il offre une base de discussion, en attendant que soit connu le projet du gouvernement provincial.Souhaitons que d\u2019autres études soient publiées sur le sujet.Il reviendrait par exemple aux associations patronales de considérer les problèmes que poserait un régime général de pensions contribu-toires à 2 ou à 4% (ou peut-être davantage) par rapport aux prix de revient des produits et à la concurrence étrangère.Les compagnies d\u2019assurance et de fiducie envisageront plutôt les modalités de divers systèmes et leurs coûts d\u2019administration.D\u2019autres groupes s\u2019intéresseront à l\u2019orientation des investissements.Dans tous ces travaux, dont il faut savoir gré aux organismes qui les auront entrepris, les citoyens trouveront matière à réflexion et le gouvernement, d\u2019utiles suggestions.Le projet est de trop grande envergure pour que la communauté québécoise s\u2019y engage à la légère.Gérard Hébert.A la mémoire de Ngo DinH Diem La veille, j\u2019avais eu rendez-vous avec le président.Je vois encore les fauteuils orange, ce tigre, gueule ouverte, couché sur le piano.Un immense bouquet de glaïeuls fleurit la pièce.Nous avons parlé des Français, des Américains, des Chinois, des bouddhistes.Il distinguait entre le colonialisme qui n\u2019aurait jamais dû se réinstaller en Indochine après la défaite japonaise, et la richesse d\u2019une culture qu\u2019il voulait retenir.Comme je fis allusion à un livre qui remportait alors un vif succès, il m\u2019avoua n\u2019avoir pas lu The Ugly American, et, à ma surprise, commença par exprimer toute sa reconnaissance au peuple américain pour son aide, soulignant même qu\u2019elle était le fruit d\u2019impôts, de sacrifices.Certaines modalités de cette aide ne lui agréaient pas, il est vrai; et je constatai que des particularismes américains n\u2019étaient pas sans l\u2019irriter.Mais, à propos des bouddhistes, je dois à la vérité de dire que, ni dans le moindre tour de phrase, le plus léger accent, le plus subtil mouvement du visage, je ne réussis à déceler trace d\u2019animosité, bien que, rappelant « les milliers et les milliers » de martyrs que le Viêt-nam avait donnés à l\u2019Église, il se soit dit fier d\u2019en compter plusieurs parmi ses ancêtres.Au moment de prendre congé, sachant qu\u2019il était oblat bénédictin (avait-il songé à entrer dans l\u2019Ordre?), je lui demandai si je pouvais célébrer la messe à ses intentions.Il me répondit avec le sourire: « Je 364 n\u2019ai pas de vraie chapelle, vous savez.C\u2019est mieux ainsi.On pourrait me le reprocher.Très bien, demain matin, 6 h.30.» Et je cherche parmi mes souvenirs ce matin de septembre.Bicyclettes, motos, chapeaux coniques, soieries flottantes.Dans une minable église de réfugiés, un crucifix saigne de toutes ses plaies affreuses.Je rentre de campagne et mon compagnon me dit: regarde! Sur un fond de nuages pourpres, un cocotier, seul dans la plaine, épouse le soir qui vient.De la rue, par une porte ouverte, je distingue un petit bouddha obèse, assis entre deux cierges.Les jeux de la mémoire suivent d\u2019étranges règles.Vais-je réussir à ressusciter ce matin?Une voiture est venue me cueillir.Je revois la grille, la garde, le parc du palais.De la « chapelle », je ne retrouve rien, si ce n\u2019est au coin de l\u2019autel une statue de saint Jean-Baptiste, et le président qui suit la messe dans son gros paroissien.Oui, je sais, il n\u2019aimait pas les journalistes ni les conférences de presse.Il me l\u2019a dit.Les journalistes le lui ont bien rendu.Je ne parlerais pas de la sorte si je ne savais qu\u2019au fond de son cœur il leur a pardonné, et que si on a dénoncé, pêle-mêle et avec une telle certitude, sa politique, ses « agrovilles », sa « persécution des bouddhistes », son « catholicisme intéressé », il n\u2019est personne, pas même un journaliste, qui ait osé écrire qu\u2019il n\u2019était pas de son pays, ou qui lui ait contesté l\u2019antique vertu de courage.L.d\u2019Apollonia.La régulation des naissances Le problème de la régulation des naissances est un des plus cruciaux de la pastorale moderne.Combien de chrétiens y affrontent des difficultés et des tentations qui les laissent pantelants! Que d\u2019angoisses et, aussi, que de chutes! Et, pour combien, le désarroi jusqu\u2019à l\u2019abandon de la pratique religieuse! La récente visite du Dr Rendu et de son épouse, du P.d\u2019Heilly, S.J., du Dr Chauchard a été comme une bouffée d\u2019air frais pour plus d\u2019un couple.Or, au cours d\u2019une conférence, le Dr Rendu a justement loué l\u2019équipe Serena (de l\u2019hôpital Notre-Dame, à Montréal), qui s\u2019est tenue à la pointe du mouvement en faveur de la méthode sympto-thermique.Il a, en particulier, rendu hommage à Michel Brault et à son épouse, les pionniers de cette initiative.Il ne faudrait pas oublier les abbés Georges Matte et Parenteau, le Dr Lanctôt et son épouse, le Dr Jacques Baillargeon et son épouse qui, tous, ont collaboré étroitement à cette œuvre magnifique.Le livre du Dr Jacques Baillargeon et d\u2019Hélène Pelletier-Baillargeon, La Régulation des naissances, qui vient de paraître aux Éditions du Jour (1963, 160 pp., $1.50), apportera une contribution précieuse à la diffusion de la méthode sympto-thermique, chez nos couples canadiens.Il faut applaudir à l\u2019excellente vulgarisation technique de la méthode, mais admirer surtout l\u2019esprit chrétien dans lequel elle est présentée.C\u2019est l\u2019amour humain, à dominante spirituelle, et non la chair, qui prime dans l\u2019utilisation de cette méthode.Appel à la maturité et au dépassement.Aussi, nous nous réjouissons de voir des laïcs s\u2019atteler résolument à cette tâche pastorale.Ils y sont irremplaçables.J.-P.Labelle.Où loge l\u2019étroitesse d\u2019esprit?Le président de la Commission des Écoles catholiques de Montréal, M.Marc Jarry, accuse d\u2019étroitesse d\u2019esprit (le Devoir, 6 nov.1963, p.3) ceux qui jugent inutile et dangereuse l\u2019idée d\u2019enseigner un peu d\u2019anglais oral à quelques élèves canadiens-français de première année.Accusation sans justification.Avec maints autres, nous avons expliqué ici (oct., p.301; nov., p.334) que la prétendue « expérience » suggérée par M.Jarry porte à faux dès le départ.Quand tous les enfants qui se présentent à nos écoles parleront déjà un idiome (appris avant d\u2019avoir été étudié) qui ressemblera vraiment au français, alors M.Jarry, s\u2019il vit encore et s\u2019il y tient, lancera son « expérience » : elle aura une base acceptable.Or, on nage en pleine utopie si l\u2019on croit possible d\u2019obtenir ce résultat avant le siècle prochain.Il faudra plus de quarante ans pour que l\u2019enseignement du français authentique imprègne notre milieu au point de redonner à tous les adultes, modernisée, riche et correcte, la belle parlure d\u2019autrefois.Alors, les écoliers de première année pourront, efficacement et peut-être sans risque, subir le test rêvé par M.Jarry.Peu importe qu\u2019il ait ou non chance de réussir, ce test nous répugne parce qu\u2019il implique la résolution de mettre la charrue avant les bœufs dans la formation intellectuelle de nos écoliers.Des enfants de chez nous peuvent étudier une langue seconde sans nuire à leur langue maternelle: personne n\u2019en doute.Nos jeunes, pour la plupart, n\u2019ont pas de vraie langue maternelle, ni à la maison, ni dans la rue, ni même à l\u2019école.Et une certitude commence, enfin, à se répandre: à moins de n'apprendre et de n'étudier que le français, le vrai, de manière à en user spontanément comme il faut, nos écoliers ou bien garderont pour « langue maternelle » l\u2019affreux sabir RELATIONS dont ils se contentent aujourd\u2019hui, ou bien adopteront l\u2019anglais, comme le font un grand nombre des nôtres dispersés hors du Québec.Lorsque les élèves de nos écoles montréalaises auront pour langue maternelle le français véritable, \u2014 dans quarante ou cinquante ans, \u2014 ils autoriseront les successeurs de M.Jarry à tenter l\u2019expérience qui l\u2019obsède.Or, à ce mo-ment-là, on mentira en affirmant que tous les Canadiens français devront savoir l\u2019anglais, sauf si l\u2019on imagine réalisée \u2014 lubie évidente et culturellement néfaste \u2014 la pratique d\u2019un bilinguisme égal en chacune des régions du pays.Tant que nous paierons seuls les frais du bilinguisme, nous marcherons Les livres Madeleine Juffé: Paul VI.\u2014 Paris (31, rue de Fleurus), Editions Fleurus, 1963, 17.5 cm.150 pp.La riche personnalité du cardinal Mon-j tini, devenu Paul VI, ne pouvait manquer de tenter la plume des biographes.L\u2019A., en ce petit livre, nous la présente en recourant surtout aux gestes et aux écrits de Jean-Baptiste Montini.Le lecteur montréalais lira avec intérêt le récit de la grande mission de Milan de 1957, laquelle devait servir de modèle à celle de Montréal en 1960.Parlant de ceux qui ne fréquentaient plus l\u2019Eglise, le cardinal Montini disait alors: « Quand un frère lointain s\u2019approche, on éprouve certain remords.Pourquoi ce frère est-il lointain?Parce qu\u2019il n\u2019a pas été assez aimé.Il n\u2019a pas été assez instruit, il a manqué de soins, il n\u2019a pas été introduit dans la joie de la foi.Parce qu\u2019il a jugé la foi à partir de nos personnes qui la prêchent, la représentent; et c\u2019est de nos défauts qu\u2019il a peut-être appris à éprouver de l\u2019ennui, du mépris, de la haine pour la religion.Parce qu\u2019il a entendu plus de reproches que de conseils et d\u2019appels.Eh bien, s\u2019il en est ainsi, frères lointains, pardonnez-nous.» A lire pour mieux connaître le pape actuel.Richard Arès.Francis JEANSON: La Foi d'un incroyant.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1963, 20 cm.188 pp.J\u2019avoue avoir été quelque peu déçu par le contenu de ce volume.Je m\u2019attendais à un exposé systématique de « la foi d\u2019un incroyant »; j\u2019y ai trouvé une longue critique (occupant près des 9/10 de l\u2019ouvrage) de la religion chrétienne.Il s\u2019agit d\u2019une critique suprêmement rationaliste, mais non hargneuse ou de mauvaise foi.Se plaçant uniquement sur le plan de sa raison, l\u2019A.soulève des montagnes de difficultés et en conclut que la foi chrétienne est inacceptable.Il se réfère très souvent aux ouvrages du P.Daniélou et de Claude Tresmontant, mais il semble ignorer l\u2019existence du Jésus de Jean Guitton où il aurait trouvé pourtant des réponses à bien de ses difficultés.Pour lui, « toute croyance procède de la peur » (p.162) et « choisir de vivre, c\u2019est récuser la peur » (p.160) ; il ne reste donc à qui veut vivre qu\u2019à récuser toute croyance.Dans son credo final, l\u2019A.le dit clairement: « Je crois qu\u2019il n\u2019y a ni Dieu ni diable au delà des hommes, ni Bien ni Mal, ni Vrai ni Faux.Je crois que toute Religion devient inhumaine, que toute DÉCEMBRE 1963 Morale tend à démoraliser l\u2019homme et qu\u2019aucune Vérité ne rendra jamais compte de l\u2019acte même par lequel une conscience la récuse ou tente de s\u2019y abolir.Je crois qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul monde, et pas de Royaume du tout.» (P.181.) Tel est le credo d\u2019un incroyant.Cet ouvrage mériterait une analyse beaucoup plus approfondie, car il manifeste une angoisse propre au monde moderne et il attaque les bases mêmes de la foi chrétienne.Pour être lu sans danger, il demande des esprits bien formés et capables de résister à une critique serrée de leur foi.Richard Arès.Bernard Hâring, C.SS.R.: Vatican II et le Mystère de l\u2019Unité.Traduit de l\u2019allemand par Pierre Maraval, coll.« Essais pastoraux », IV.\u2014 Bruxelles, Editions de Lumen Vitae, 1963, 84 pp., 22 cm.Nous avons trouvé cette étude lumineuse: le second concile du Vatican y prend comme des proportions nouvelles et fait entrevoir des perspectives insoupçonnées.A la lumière du mystère de l\u2019Unité, qui est un mystère d\u2019amour, nous saisissons mieux le sens des principaux objectifs du concile: approfondissement de la foi, revivification de l\u2019enseignement moral de l\u2019Eglise, rénovation de la liturgie, perception plus nette de la collégialité des évêques, meilleure compréhension de la nature de l\u2019Eglise comme peuple de Dieu, reconnaissance du mariage et de la famille comme communauté d\u2019amour et de salut, appréciation de la doctrine sociale en fonction de la communauté des peuples.Le dernier chapitre traite de la conversion de tous les chrétiens à l\u2019Unité.Malgré sa brièveté, cette lecture nous laisse l\u2019impression d\u2019avoir puisé à une grande richesse doctrinale.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.A.HAMMAN: Le Mystère de Noël.Textes.Coll.« Ictys, Lettres chrétiennes », \u2014 Paris, Editions Bernard Grasset, 1963, 286 pp., 19 cm.Noël est sans doute la fête la plus chère à l\u2019âme populaire, la plus liée aussi à un folklore religieux, qui demeure quand la foi s\u2019en va.Le peuple chrétien se doit de réagir contre l\u2019usure de sa foi et de percer la signification d\u2019une fête liturgique, si proche de l\u2019âme de chacun, si riche de mystère.plus sûrement vers l\u2019anglicisation que vers l\u2019acquisition du français comme langue maternelle.Où loge l\u2019étroitesse d\u2019esprit?Chez ceux qui veulent pour nos écoliers une formation française de haute qualité, ou chez les tenants d\u2019une stérilisante hybridation ?J.d\u2019Anjou.Le présent volume réunit les plus beaux textes sur Noël, des origines chrétiennes à saint Bernard.Les sermons de grands aînés, par leur ton direct, leur sens pastoral, leur pénétration psychologique, nous introduisent dans le sens des trois fêtes qui composent le cycle liturgique: l\u2019A vent, Noël, l\u2019Epiphanie.De l\u2019une à l\u2019autre se découvre le mystère du Christ, lumière et sauveur du monde, qui est venu, qui vient, qui viendra.Mme Pierre Perrault.Montréal.Mireille Vantavon: Neuf Mois et c\u2019est Noël.\u2014 Lyon-Paris, Editions du Chalet, 1963, 176 pp., 18 cm.Une maman attendant son cinquième enfant a rédigé son journal; elle y épanche son coeur d\u2019épouse et de mère, coeur en pleine santé spirituelle.L\u2019ouvrage sera pour plusieurs une révélation, pour les hommes, naturellement, et pour bien des femmes.Car la saisie est remarquablement riche, profonde et juste; la culture, large et solide, et le talent de l\u2019écrivain, excellent.La plénitude de la foi couronne toutes choses.Livre tonifiant, à recommander aux adolescentes, à leurs mamans ou à leurs éducatrices, enfin à tous ceux qui veulent rester humains ou le redevenir.Georges Robitaille.Sœur Mary Francis, de l\u2019Ordre des Pauvres Clarisses: La Joie sous le voile.Traduit par Elisabeth Barthel.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator, 1962, 204 pp., 19 cm.CE petit livre, bien écrit et bien traduit, nous fait pénétrer dans le cloître des Pauvres Clarisses.Sans faire de plaidoyer, mais en racontant simplement, avec une pointe d\u2019humour et de poésie, ce qui s\u2019y passe, l\u2019A.nous persuade que la « vie de pénitence » des filles de sainte Claire et de saint François d\u2019Assise est une vie de joie exaltante.Car tout s\u2019y fait par amour pour Dieu et pour le monde entier.Lecture attachante et apaisante, instructive aussi, apte à dissiper bien des préjugés.Adélard Dugré.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Marabout-Université: Encyclopédie universelle, tome 8.Arts, cinéma, sports, index de huit tomes.\u2014 Verviers, Ed.Gérard & Co., 1963, 441 pp.18 cm.LENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE des Edi-t tions Marabout permet de se mettre à jour en ce qui concerne les divers secteurs du savoir humain.Dans le huitième tome, d\u2019une lecture agréable et facile, trois sujets principaux sont traités.Le premier s\u2019atta- 365 che aux arts, à travers les âges, surtout à l\u2019architecture, à la sculpture et à la peinture.Le deuxième sujet se rapporte au cinéma: présentation originale du problème cinématographique, histoire des origines jusqu\u2019à ces derniers temps.Enfin, le sport est évoqué depuis l\u2019Antiquité jusqu\u2019à notre époque moderne.A relever: les championnats sportifs soigneusement étiquetés et une nomenclature des sports.Les lecteurs apprécieront aussi l\u2019index des huit tomes (matières et noms) qui leur permettra de consulter facilement cette petite somme mise à la portée du grand public.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Jacques LECLERCQ: La Révolution de l\u2019homme au XX0 siècle.\u2014 Tournai (Montréal, 471, rue Saint-François-Xavier), Casterman, 1963, 208 pp., 21.5 cm.IL est DEVENU banal de constater que nous sommes en révolution, que le monde se transforme, sous nos yeux, radicalement et rapidement.Après la société nomade et la société agricole, en voici surgir une autre.Le présent ouvrage en discerne les principaux aspects: conquête de l\u2019égalité sociale, sens communautaire, primat du travail, notion de la propriété, empire toujours croissant de l\u2019Etat, démocratie et parlementarisme, automation, longévité, unification du genre humain.L\u2019Europe occidentale et l\u2019Amérique du Nord se trouvent au centre de cette révolution dont le mouvement, à l\u2019instar d\u2019une marée silencieuse, envahit les terres les plus lointaines.Le progrès moral et le progrès spirituel marcheront-ils de pair avec le progrès matériel?That is the question! L\u2019homme de cette révolution doit être évangélisé; et la révolution de cet homme, consacrée.On trouvera donc dans cet essai de grands ensembles et de vastes perspectives.On y trouvera aussi des remarques pleines de bon sens, des traits d\u2019esprit et des coups de boutoir (le lord anglais et le baron belge deviennent une sorte de curiosité folklorique), de fines observations et des affirmations globales, des intentions, des lieux communs et, il va sans dire, des paradoxes.Chose certaine, le lecteur ne s\u2019ennuie pas.« Prendre de l\u2019âge, mais ne vieillir point » semble être la devise de l\u2019auteur.Luigi d\u2019Apollonia.Jean OniMUS: Lettres à mes fils.\u2014 Bruges (23, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1963, 120 pp., 19.5 cm.Prix: 60 fr.b.1E silence qui se durcit parfois entre lui j et son garçon, le père doit le rompre.Si les circonstances ne permettent pas le dialogue oral, que la lettre y supplée.A ses fils (17 et 18 ans), l\u2019A.en adresse sept qui portent sur l\u2019épanouissement de la personnalité, le problème du mal, l\u2019amour (différent de la passion), le nouvel âge que nous traversons, la foi chrétienne (tradition de famille et phare de l\u2019univers), les vertus humanistes (intelligence, admiration, imagination, générosité), enfin le fruit de cette amorce écrite d\u2019un échange oral.Parfaitement adaptées à l\u2019âme adolescente, optimistes sans illusion (ni de droite, ni de gauche, ni autoritaires, ni libertaires), pénétrantes (quand l\u2019A.parle d\u2019amour et de civilisation), elles me paraissent, toutefois, majorer le subjectif au détriment de l\u2019objectif.Pour dépasser la médiocrité des croyants fades et la révolte des adolescents butés (du genre de Camus), la seule « probité » envers soi-même ne suffit pas.Ni vous ni moi ne valons mieux que les autres.qui ne valent pas mieux que vous et moi.Comment établir sur ce constat une générosité féconde ?Bien sûr, chacun choisit son destin.Mais comment l\u2019adolescent saura-t-il que la fidélité à soi-même ne s\u2019achève que dans l\u2019amour d\u2019un Autre si personne ne le lui enseigne avec certitude ?Et alors, même imparfaite, même trahie par la conduite (on n\u2019échappe pas au péché), la foi n\u2019est pas hypocrisie; elle vaut mieux qu\u2019une prétendue fidélité à soi-même sans justification ni fondement.De plus, on se rend ridicule en jugeant « contre nature » le célibat (p.58), même dans le siècle, lorsqu\u2019on connaît le naturel d\u2019un Joseph Folliet.Joseph d\u2019Anjou.Paule Daveluy: L\u2019Été enchanté.Drôle d\u2019automne.Romans.Coll.« Vent d\u2019avril ».\u2014 Québec (619, rue de Montmartre), Editions Jeunesse, 1963, 160, 144 pp., 19 cm.Prix: $1.50.Edités d\u2019abord, le premier à l\u2019Atelier, le second au Pélican, ces deux ouvrages se présentent, augmentés et retouchés, dans une toilette neuve.Le dessin des couvertures, de Margo Lefort, jeune et frais, tire l\u2019oeil et promet aux adolescentes un régal qui ne les décevra point.Sensibles aux analyses que peuvent inspirer la naissance de l\u2019amour et le conflit de l\u2019amitié dans le coeur de deux amies, les adolescentes apprécieront la finesse psychologique et l\u2019originalité littéraire de ces récits, primés avec raison chez nous et dont le premier, traduit sous le titre de Summer in Ville-Marie, charme les jeunes des Etats-Unis.Joseph d\u2019Anjou.Quentin Ritzen: L\u2019Album.Roman.\u2014 Paris-Tournai, Casterman, 1963, 192 pp., 19 cm.1e septuagénaire solitaire Louis De-bergue déniche dans un placard un vieil album de photos de famille et, à l\u2019aide de ces souvenirs de papier qui lui servent de jalons, il reconstitue sa vie sous forme de journal.Comme la lente pellicule d\u2019un film riche en péripéties émouvantes, se déroulent, sous sa plume, les petits et les grands événements de son existence: découverte de sa future femme, mariage, naissance des enfants, bonheur familial, puis la première guerre mondiale, le foyer menacé, les réussites financières, les infidélités de l\u2019époux, la maladie et la mort d\u2019une petite fille, la dislocation du ménage, la solitude amère de l\u2019exilé.Un étrange récit de la mort de celui-ci succède à ces mémoires où circulent partout de grands frissons d\u2019amour, de détresse et de repentir.Pour adultes.René Daoust, pire.Presbytère Saint- Vincent-Ferrier.Montréal.Yves-Marie Rudel: L\u2019Elément féminin.Roman.\u2014 Paris-Tournai, Casterman, 1963, 212 pp., 19 cm.Dans un décor de littoral, un petit bourg de pêcheurs.Des femmes de différents âges y traînent une existence obscure que les racontars transforment parfois en légende.Parmi elles, une adolescente, Armelle Allain, s\u2019éprend du jeune Hervé Malterre.Celui-ci le lui rend bien, mais les manigances de la veuve Allain, mère adoptive de la jeune fille, finissent par séparer les amoureux.Armelle, nature sauvage, se met à haïr.Elle souhaite la mort de ceux qui, croit-elle, la détestent et, chose étrange, ses souhaits s\u2019accomplissent: Mme Allain et le jeune Malterre meurent.Puis, soudain désireuse de passer le reste de sa vie dans un couvent, la jeune meurtrière de désir s\u2019en remet du soin de ses biens matériels au quadragénaire qui l\u2019aime et qui raconte son histoire.Avec son mélange de religion et de pratiques superstitieuses, ce roman fait toucher du doigt la complexité de certaines âmes primitives.René Daoust, pire.Presbytère Saint- Vincent-Ferrier, Montréal.Guy Lescouflair: Le Yoga.Santé totale pour tous.\u2014 Montréal, les Editions de l\u2019Homme, 1963, 112 pp., 20 cm.Le yoga envahit l\u2019Occident.Bien compris > et dégagé des implications religieuses étrangères au christianisme, il peut rendre service à l\u2019homme moderne, facilement agité par sa vie trépidante.Cette initiation au yoga, qui vaut par son honnêteté, expose les principes fondamentaux, les divers asanas, ou postures, accessibles au grand public.D\u2019excellentes photos illustrent ces asanas.Ce petit livre contribuera à rendre le yoga encore plus populaire dans notre milieu.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Edwin H.SUTHERLAND: Le Voleur professionnel, d\u2019après le récit d\u2019un voleur de profession.Traduit de l\u2019américain.\u2014 Paris (79, rue de Gen-tilly), Editions Spes, 1963, 23 cm.164 pp.1ES enquêtes sociologiques se multiplient j et touchent à tous les domaines.En voici une qui porte sur la profession de voleur.L\u2019A.a patiemment interrogé un professionnel du vol, puis a soumis son manuscrit à plusieurs autres voleurs et il nous présente maintenant les résultats de son enquête.Tout y passe: l\u2019organisation des bandes, les métiers exercés, la vie personnelle et la vie sociale du voleur, les réactions du voleur face à la société, etc.On y trouve une mine de renseignements sur une profession dont les exigences se trouvent rarement condensées dans des livres.Un ouvrage honnête sur un sujet qui ne l\u2019est pas.Richard Arès.Marie BERNARD: Les Morceaux de soleil de Memnoukia.Roman.Dessins de Kakwitha.Coll.« Brin d\u2019herbe ».\u2014 Québec (619, rue de Montmartre), Editions Jeunesse, 1963, 144 pp., 18.2 cm.Prix: $1.25.Le comte de la Tallandière et sa fa-j mille débarquent à Gaspé.Mission royale, 1655.Témoins invisibles, les Abé-naquis feront une apparition surprise.De leur côté, deux fillettes de onze ans, l\u2019une française, l\u2019autre indienne, peu soucieuses des différences de race, se lient d\u2019une profonde amitié qui les entraînera dans des aventures terrifiantes.Ce récit met en valeur la poésie des croyances indiennes et la vie intime des « sauvages » plutôt que leur cruauté.Par son style simple, très 366 RELATIONS imagé, mais sans surcharge (soleil après soleil, depuis autant d\u2019hivers qu\u2019il y a d\u2019arbres dans la forêt), l\u2019A.nous introduit au mystère des « morceaux de soleil ».Après un premier chapitre un peu lent, l\u2019intrigue devient palpitante.Le dénouement étonne et plaît.Au charme du texte s\u2019ajoutent la grâce et la netteté des dessins qui l\u2019illustrent parfaitement.Cadeau de choix pour les jeunes de 10 à 14 ans.Lise Berthiaume.Montréal.Jules GrITTI, ptre: Télévision et Conscience chrétienne.Coll.« Questions posées aux catholiques ».\u2014 Toulouse (14, rue des Arts), Edouard Privât, 1963, 158 pp., 18.5 cm.Prix: 6,80 F.Une solide documentation, une vivacité d\u2019esprit communicative et surtout une connaissance vécue de son sujet (technique et programmes, vedettes et popularité, influence, dangers et ressources pour le bien) permettent à l\u2019A.de présenter un aperçu captivant de la télévision.De l\u2019aspect « industriel » (système privé ou régie d\u2019Etat) ainsi que des joies et aléas du métier, de l\u2019art propre à la télévision (« huitième art » ?) et de ses exigences comparées à celles de la radio et du cinéma, de ses réussites en France et des responsabilités qu\u2019elle impose aux usagers adultes, NOTES BIBLIOGRAPHIQUES OUVRAGES POUR LES JEUNES Yves ThÉRIAULT: Les Aventures de Ti-Jean.\u2014 Ti-Jean et le Grand Géant.-Les Extravagances de Ti-Jean.\u2014 Avéa, le petit tramway.- Maurice, le Moruceau.- Nauya, le petit Eskimo.\u2014 Montréal, Editions Beauche-min, 1963, chacun environ 70 pp.Romancier bien connu, Yves Thériault entreprend maintenant d\u2019écrire une collection de contes pour enfants.Il y réussit avec un rare bonheur.Ses aventures de Ti-Jean rejoignent les meilleurs contes des auteurs classiques.Fait à noter: tous ces contes sont reliés au pays canadien qu\u2019ils expliquent tant dans sa géographie que dans son histoire.Sans être moralisateurs enfin, ils comportent presque tous une certaine leçon pour les enfants; leçon de courage, d\u2019amitié, d\u2019entraide, de franchise, etc.C\u2019est du bon travail.Collection « Belle humeur » A.HUBLET: Mammy.- M.VÉRITÉ: Sala-delle.- M.DE Crisenoy: Les Croisés de la faim.\u2014 L.-N.Lavolle: L\u2019Ombre du pharaon.\u2014 F.BALSAN: Nouvelles Aventures au Kalahari.- W.BRACK: Les Pirates du fleuve.\u2014 H.-P.RlCH-TER: Mon ami Frédéric.\u2014 Bruges (23, Quai au Bois) et Montréal (2715, place Darlington), Desclée de Brouwer, 1963, chacun environ 160 pp.Voici les derniers ouvrages parus d\u2019une collection qui déjà dépasse la centaine.Parmi ces romans d\u2019aventures, tous pleins d\u2019intérêt, il faut signaler Les Croisés de la faim, dont l\u2019abbé Pierre a écrit la préface et qui vise à faire prendre conscience aux jeunes du drame vécu par les populations sous-alimentées; l\u2019action se passe en Inde.Jules Supervielle: Panchita.Coll.« Albums du petit berger ».- Marcelle Vérité:\tL\u2019Alphabet des fleurs.- Le Monde des jardins.Coll.« Mondes et merveilles ».\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1963, 52 et 90 pp.Trois albums, de format différent, abondamment illustrés, le deuxième servant à faire connaître le nom des fleurs et la troisième à décrire les plus beaux jardins du monde, de l\u2019Antiquité à nos jours.DÉCEMBRE 1963 Collection « Lapin blanc » Lapinou et la petite poule aux yeux bleus.- Lapinou et Canouk la petite cane.- Chonchon le petit ourson en peluche.- Canaillou le plus mignon des petits chatons.-\u2014 Paris (31, rue Fleurus), Editions Fleur us, 1963, chacun 20 pp.Petits albums illustrés et en couleurs pour les tout jeunes qui viennent d\u2019apprendre à lire.¦ Collection « Pirouette et Cabriole » Bonjour Pirouette.- L\u2019Oranger du Père Baptistin.\u2014 Fanou et sa petite chienne Surprise.- Fanou en voyage.\u2014 Paris (31, rue Fleurus), Editions Fleurus, 1963, chacun 16 pp.Albums en couleurs mettant en vedette des animaux et le jeune Stéphane, surnommé Fanou.Collection (( Floréale » Pierre ChÉRY: Les Aventures de Jim l\u2019Astucieux.N° 3, « Jim contre Little Pig ».\u2014 Paris (31, rue Fleurus), Editions Fleurus, 1963, 32 pp.Grand album présentant par bandes coloriées les aventures du célèbre cow-boy Jim dit l\u2019Astucieux.Après de multiples cavalcades et pétarades, les bons triomphent et les méchants sont punis.Wanda DE ROUSSAN: Les Rois de la mer.\u2014 Montréal, Editions Fides, 1963, 212 pp.Roman d\u2019aventures où sont décrites la vie et les mœurs des Vikings, ainsi que leurs explorations au Groenland et sur les bords de la côte Nord canadienne.Harold WlNSTONE: Missal for Young Catholics.\u2014 Glen Rock, N.J., Paulist Press, 1963, 224 pp.Adaptation du missel français de Thomas Becquet, O.S.B., et de son parallèle allemand du P.A.Pereira, S.J., ce missel se caractérise par la splendeur des illustrations d\u2019Etienne Morel, par son souci pédagogique d\u2019initier à la messe et à la liturgie.Excellente initiative qu\u2019il faut louer.pour leur profit et celui des jeunes en formation, l\u2019A.sait, en peu de pages, nous informer.Positif, optimiste, parce que chrétien et apôtre, il a des conseils de prudence à l\u2019adresse des parents (pp.112-113), des observations d\u2019un sain réalisme concernant les conditions de la « présence » et de 1\u2019 « apostolat » des chrétiens à la télévision (120-136), des réflexions pertinentes sur les problèmes (loisir, culture de masse, règne de l\u2019image) dont notre âge doit trouver l\u2019heureuse solution (137-149).Sans s\u2019arrêter aux trop nombreuses fautes d\u2019impression, parents, éducateurs, prêtres doivent lire cet ouvrage instructif, stimulant.Joseph d\u2019Anjou.Almanach moderne Eclair 1964.\u2014 Montréal (7383, rue de La Roche), 512 pp.Prix: $0.75.Se présente ambitieusement comme « L\u2019encyclopédie du Canada français ».Contient de nombreux renseignements, entre autres, sur les administrations fédérale, provinciales et municipales; les grands hommes politiques; la hiérarchie religieuse; la médecine, la santé, les loisirs, les sports et la récréation, etc.Collection « Ecrivains de toujours » Monique Nathan: Faulkner, par lui-même.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1963, 192 pp.Introduction à l\u2019œuvre du grand écrivain américain, William Faulkner.Abondamment illustré, cet ouvrage nous fait pénétrer au cœur de l\u2019homme et de son œuvre.Albert Camus: L\u2019Etranger.\u2014 New York (22 East 51st Street), Pantheon Books, 1963, 172 pp.Cette édition américaine du célèbre roman de Camus se recommande par sa présentation soignée, sa solide reliure et l\u2019aération du texte.Robert RUMILLY: Histoire de la province de Québec.Tome XXXIV: L\u2019Action libérale nationale.\u2014 Montréal, Editions Fides, 1963, 240 pp.Dans le même style journalistique qui a fait la popularité de son immense Histoire de la province de Québec, Robert Rumilly aborde en ce nouveau volume les années 1934 et 1935.Il nous fait assister à la naissance de l\u2019Action libérale nationale, à la parution de La Relève, de Vivre, del \u2019Ordre, à la campagne menée par les Jeune-Canada, à l\u2019enquête de la Commission Lapointe sur l\u2019électricité, etc.Paul GÉRIN-LajOIE: Pourquoi le bill 60?\u2014 Montréal (3411, rue Saint-Denis), les Editions du Jour, 1963, 144 pp.Exposé populaire des arguments en faveur de la création d\u2019un ministère de l\u2019Education au Québec selon les recommandations de la Commission Parent et les dispositions du projet de loi numéro 60.367 23e année Montréal 1963 RELATIONS TABLE DE L\u2019ANNÉE 1963 (numéros 265-276) I.- AUTEURS D'ARTICLES Angers, P.- Réflexions sur l\u2019enseignement: 267.Arès, R.- Le fait religieux au Canada: 11.-\tLe fait religieux au Québec: 38.-La grande pitié de nos minorités françaises: 65.-Le fait français à Montréal: 96.-\tL\u2019Église et l\u2019État au Québec: 123.-L\u2019encyclique Pacem in terris, II: La Paix: un ordre de droits et de devoirs: 152.-VIII: Indépendance et minorités: 167.-\tSituation juridique de l\u2019Église au Québec: 221.-\tLe bill 60 et l\u2019école confessionnelle: 256.-\tLe statut religieux de l\u2019État québécois: 284.-\tDroits et libertés de base en éducation: 313.-\tLa Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme: 353.Bernier, R.- L\u2019encyclique Pacem in terris, VI: Nécessité d\u2019une autorité de compétence universelle: 162.Bourgault, R.-Laïque, laïcité, laïcisme, laïcat: -\tI: Le sens du mot laïque: 6.-\tII: La laïcité: 30.-\tIII: Le laïcisme: 59.-IV: Le laïcat: 87.-\tObjectivité et honnêteté: 205.-\tLe mouvement étudiant: 293.-\t« Réflexions sim l\u2019enseignement »: 358.Bouvier, É.- Le Rapport Gill et l\u2019Assurance-chômage: 42.Brochu, M.- Perspectives de la recherche scientifique au Nouveau-Québec, I, II: 325, 354.Chevalier, W.- Qu\u2019est-ce qu\u2019un homme de droite ?75.Commission universitaire de la Compagnie de Jésus (La).- Le Rapport de la Commission Parent: 196.Cousineau, J.- L\u2019Affaire Guérin et la liberté académique: 15.-Le cinéma: Endiguerons-nous la dépravation par le film?: 71.-\tCensure et professionnels du cinéma français: 136.-\tLa civilisation du plaisir érotique ?: 237.-\tBill 60 et démocratie: 268.-Les défauts majeurs du bill 60: 296.-Corps intermédiaires et bill 60: 318.-\tDémocratisation scolaire à Montréal ?: 352.d\u2019Anjou, J.- La « presse » du journalisme: 45.-\tMesure et démesure de la mode: 134.-\tL\u2019encyclique Pacem in terris, III: Principes du progrès féminin: 154.-\tLa régulation des naissances.I: Principes et difficultés de base: 199.TRAVAUX D\u2019EXPERTS Construisez-vous?Voulez-vous réparer ou reviser votre système de chauffage?.Nous disposons d\u2019une main-d\u2019œuvre experte et rapide.Nos techniciens et nos ouvriers spécialisés mettent la même attention soutenue et méthodique à effectuer les travaux d'envergure comme les travaux de moindre importance.Les travaux qu\u2019ils font sont faits pour la vie.Confiez-nous les vôtres! Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada DOO O ooo O oo CHAUFFAGE-PLOMBERIE Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL II: Surpopulation mondiale ou stérilité domestique?: 224.III: Notes sur les fins du mariage: 311.-\tComment sauver notre langue ?: 270.-\tAu service du français: 14, 47, 68, 104, 213, 233, oct.11, 332, 362.d\u2019Apollonia, L.- Le Concile: une bonne introduction: 2.-\tNazareth: 33.-\tGuerre et Paix: 94.-Paix et Guerre nucléaire: 119.-L\u2019encyclique Pacem in terris, IX: Désarmement intégral: 169.-XIV: Gloses marginales sur Pacem in terris : 181.-\tDossier: les encycliques du xx6 siècle sur la paix: 182.-Le bon Pasteur Jean XXIII: 189.-Les journalistes et le Concile: 287.-\tLa Réforme de la curie romaine: 310.-\tPrimauté et collégialité: 343.d\u2019Auteuil, G.-H.-Le Théâtre: 18, 46, 69, 105, 137, 210, 323, 359.Desrochers, E.- Le Rapport Williams: 44.Desrochers, I.- L\u2019encyclique Pacem in terris, IV: Nos corps intermédiaires et la paix: 156.-Socialisation et socialisme: ne pas confondre: 281.-\tLe nouveau Conseil économique du Canada et le Québec: 320.Dionne, R.-Alain Bosquet et la poésie canadienne: 101.-Notre différenciation nord-américaine: 234.Dufort, J.-M.- Le Concile, moment privilégié de la grâce: 253.Gervais, E.- L\u2019Enseignement de la grammaire française: 209.Gingras, P.-É.- L\u2019Économie de l\u2019enseignement: 62.-\tL\u2019équilibre du budget scolaire: 91.Hébert, G.- Des pensions transférables pour 50,000 travailleurs: 130.-\tRéflexions sur le projet de code du Travail: 229.-\tOù sont les Témoins de Jéhovah?: 263.-La Caisse universelle de retraite: de quoi s\u2019agit-il?: 290.-\tLe Conseil supérieur du Travail, les lois ouvrières et le public: 330.-\tLes associations ouvrières non accréditées: 346.Jarlot, G.- L\u2019encyclique de la Paix: Présentation: 149.-\tLe Citoyen et l\u2019État: 160.Keyserlingk, R.W.- Rencontres avec un futur pape: 219.Labrosse, G.- Pacem in terris et notre Déclaration des droits de l\u2019homme: 177.LaFarge, J.-L\u2019Église et les Noirs aux États-Unis: 315.Lambert, M.- Socialisation de l\u2019éducation, non son étatisation: 8.Latourelle, R.- L\u2019Église gardienne et interprète de la Parole: 279.Ledit, J.- L\u2019encyclique Pacem in terris, XIII: L\u2019encyclique et l\u2019U.R.S.S.: 179.Lessard, L.-L\u2019éclipse du 20 juillet: 203.Marcotte, M.- Le mariage, remède à la concupiscence: 13.-\tL\u2019affaire Vandeput et la conscience chrétienne: 35.-\tLe scandale de l\u2019Église: 99.-\tL\u2019égalité des sexes: 226.Marie-Noëlle-de-Sion (Sr).- Est-il loisible d\u2019être antisémite ?: 206.Matura, M.C.- Les bases spirituelles de l\u2019unité: 34.Morin, J.-Y.- L\u2019encyclique Pacem in terris, VII: Jean XXIII, la communauté mondiale et les Nations Unies: 165.Moscoso, T.- L\u2019Alliance pour le progrès: 349.Murray, J.C.- La liberté de religion \u2014-VIII: Terrain de rencontre : 2.Picard, R.- L\u2019Enseignement secondaire et l\u2019enseignement supérieur: 250.Prévost, Y.- L\u2019encyclique Pacem in terris, X: Le catholique et la vie publique: 172.Racette, J.- Les professeurs de philosophie s\u2019organisent: 202.Robitaille, G.- Les récentes journées du Devoir : 128.-\t« Notre réforme scolaire »: 231.-\t« Le destin de Frère Thomas »: 339.Rouquette, R.- L\u2019Assemblée de «Foi et Constitution » à Montréal: 248.Ryan, C.- L\u2019encyclique Pacem in terris, XI: Jalons pour une présence chrétienne dans le monde actuel: 173.Schmidt, H.- La Liturgie à l\u2019heure du Concile: 125.Vachon, A.- Les Ecrits du Canada français : 299.-\tParti pris : de la révolte à la révolution: 326.-\tAlain Grandbois, explorateur: 329.-\tChronique des lettres: 360.Villain M.- La Commission de « Foi et Constitution »: de Lausanne 1927 à Montréal 1963: 192.II.- MATIÈRES Articles, Au fil du mois, Editoriaux (Édit.), Commentaires (Comm.), Correspondance (Corr.), Citations (Cit.) ABBÉ PIERRE.- L\u2019\u2014 parmi nous, G.R.: 363.ACCORD NUCLÉAIRE.- L\u2019\u2014: un premier pas (Édit.): 246.ACELF.-L\u2019\u2014 va de l\u2019avant, J.-P.L.: 107.ALAIN GRANDBOIS.-, explorateur, A.V.: 329.ALLIANCE.-L\u2019\u2014 pour le progrès, T.M.: 349.AMÉRIQUE LATINE.-V.Jean XXIII.-\tPour le meilleur et pour le pire en \u2014, L.d\u2019A.: 363.-\tVoir O.É.A.ANTISÉMITE.- Est-il loisible d\u2019être \u2014?, Sr Marie-Noëlle-de-Sion: 206.-\tV.Concile.ANTISÉMITISME.- V.Concile.ART DU POSSIBLE.- L\u2019\u2014 (Bill 60) (Édit.) : 246.ASSOCIATIONS OUVRIÈRES.- Les \u2014 non accréditées, G.H.: 346.ASSURANCE-CHÔMAGE.- V.Rapport Gill.AUTONOMIE UNIVERSITAIRE.- (Mémoire Comm.univ.C.de Jésus.) (Cit.): 240.AUTORITÉ POLITIQUE.- L\u2019 \u2014 internationale, R.B.: 162.AUTORITÉ PUBLIQUE.- Nécessité d\u2019une \u2014 de compétence universelle, R.B.: 162.AVEUGLES OU COMPLICES (Strip-tease).J.d\u2019A.: 333.BICULTURALISME.-, J.d\u2019A.: 78.-\tLa Commission sur le bilinguisme et le \u2014, R.A.: 353.BILINGUISME.- Le \u2014 dans les services fédéraux (Édit.): 1.-\tCharme du \u2014, J.d\u2019A.: 109.-\tV.Biculturalisme.BILL 54.- Réflexions sur le projet de Code du Travail (bill 54), G.H.: 229.-\tV.Code du Travail.BILL 60.- Le \u2014 et l\u2019école confessionnelle, R.A.: 256.-\tLes défauts majeurs du \u2014, J.C.: 296.-\tAmendements au \u2014 (Comm.de la C.de Jésus) : 304.-\tCorps intermédiaires et \u2014, J.C.: 318.-\tV.Art du possible, Autonomie, Corps intermé- diaires, Démocratie, Démocratisation, Droit de veto, Éducation, Épiscopat québécois, Ministère de l\u2019Éducation, Ordre culturel, Planification.BOSQUET, ALAIN.-et la poésie canadienne, R.D.: 101.BUDGET SCOLAIRE.- L\u2019Équilibre du \u2014.P.-É.G.: 91.CAISSE.DE RETRAITE.-La \u2014 provinciale de retraite (Édit.): 278.-\tLa \u2014 universelle de retraite: de quoi s\u2019agit-il ?, G.H.: 290.368 RELATIONS -\tLa C.S.N.et la \u2014, G.H.: 364.-\tV.Pensions.CANADA.- « Le \u2014: deux nations ou une seule ?», R.A.: 20.-Chine-U.R.S.S., J.L.: 48.-\tV.Conseil économique, Fait religieux, O .E.A.CASTRO.- V.Fidel, Fidelis Semper.CATHOLIQUE (Le).- Le \u2014 et la vie publique, Y.P.: 172.CENSURE.-et professionnels du cinéma français, J.C.: 136.CEYLAN.- Au \u2014, L.d\u2019A.: 260.CHAPUT, MARCEL.-Le jeûne de \u2014, J.d\u2019A.: 261.CHINE.- V.Canada.CHÔMAGE.- V.Assurance-chômage, Peuple.CHRONIQUE DES LETTRES.- Les Écrits du Canada français, T.XIV, XV, A.V.: 299.-\tAlain Grandbois, explorateur, A.V.: 329.-\tLa collection « Poésie canadienne; Poésie « 64 »; Guy Robert, critique et théoricien de l\u2019art; Écrits du Canada français, XVI, A.V.: 360.CINEMA.- V.Censure, Dépravation, Plaisir.CODE DU TRAVAIL.- Réflexions sur le projet de \u2014, G.H.: 229.-\tV.Bill 54, Démocratisation.-\tV.Associations ouvrières.COLLÉGIALITÉ.- Primauté et \u2014, L.d\u2019A.: 343.COLONIALISME.- Les derniers vestiges du \u2014 africain, L.d\u2019A.: 238.COMMISSION PARENT.- Le Rapport de la \u2014 (La Comm.universitaire de la C.de Jésus) : 196.-\tHeureuse-! (Édit.) : 247.CONCILE.- Le \u2014: une bonne introduction, L.d\u2019A.: 5.-de pasteurs ou de docteurs ?(Édit.) : 29.-\tLa liturgie à l\u2019heure du \u2014, H.S.: 125.-\tLe \u2014, moment privilégié de la grâce, J.-M.D.: 253.-\tL\u2019Antisémitisme et le \u2014, (Édit.) : 278.-\tLes journalistes et le \u2014, L.d\u2019A.: 287.-\tPaul VI et le \u2014 (Édit.) : 309.-\tIdées imaginaires au \u2014 (Édit.): 341.-\tV.Paul VI.CONFESSION.- La première \u2014 de l\u2019enfant, J.d\u2019A.: 141.-\tV.Enfant.CONGO.-V.O.N.U.CONSEIL ÉCONOMIQUE.- Le nouveau \u2014 du Canada et le Québec, I.D.: 320.CONSEIL SUPÉRIEUR DU TRAVAIL.-Le \u2014, les lois ouvrières et 1 e public, G.H.: 330.CORPS INTERMÉDIAIRES.-Les \u2014 et la démocratie, I.D.: 302.CRUMP.- V.Gordon.C.S.N.- La \u2014 et la caisse de retraite, G.H.: 363.CURIE ROMAINE.- La Réforme de la \u2014, L.d\u2019A.: 310.DÉCLARATION DES DROITS DE L\u2019HOMME.-Pacem in terris et notre \u2014, G.L.: 177.DÉMOCRATIE.-en péril.(Faux certificats) (Édit.): 86.-Bill 60 et\u2014, J.C.: 268.-\tV.Corps intermédiaires.DÉMOCRATISATION.-du processus législatif (Édit.): 310.-scolaire à Montréal?J.C.: 352.DÉPRAVATION.- Endiguerons-nous la \u2014 par le film?, J.C.: 71.DÉSARMEMENT.-intégral, L.d\u2019A.: 169.« DEVOIR ».- Les récentes journées du \u2014, G.R.: 128.DIALOGUE ŒCUMÉNIQUE.- Le \u2014 (Mgr de Smedt) (Cit.): 58.DIFFÉRENCIATION.- Notre \u2014 nord-américaine, R.D.: 234.* DROIT ».- Les 50 ans du \u2014, A.P.: 140.DROIT DE VETO.-Le droit de \u2014 (Bill 60), G.R.: 301.DROITE.- Qu\u2019est-ce qu\u2019un homme de \u2014?, W.C.: 75.DROITS.- La Paix: un ordre de \u2014 et de devoirs, R.A.: 152.-et libertés de base en éducation (Lettre épiscopale accompagnant amendements.), R.A.: 313.ÉCLIPSE.- L\u2019\u2014 du 20 juillet, L.L.: 203.ÉDUCATION.- Socialisation de 1\u2019\u2014, non son étatisation, M.L.: 8.-\tA propos des « normes » ministérielles en \u2014 (Édit.) : 118.-\tLa théorie et la pratique en \u2014 (Cit.) : 204.-\tLe mot, la chose, J.d\u2019A.: 261.-\tDroits et libertés de base en \u2014, (Lettre accompagnant amendements.), R.A.: 313.-\tV.Budget scolaire, Enseignement, Épiscopat du Québec, Guérin (Affaire), Ministère, Ordre culturel, Pays-Bas, Semaine.ÉGLISE.- L\u2019\u2014 et l\u2019État au Québec: I.L\u2019héritage du fassé; IL Situation juridiaue de 1\u2019\u2014 au Québec; IL Le statut religieux de l\u2019État québécois, R.A.: 123, 221, 284.- Le scandale de 1\u2019\u2014, M.M.: 99.- L\u2019\u2014 et la Paix (Cit.): 151.- L\u2019\u2014, gardienne et interprète de la Parole, R.L.: 279.-\tL\u2019\u2014 et les Noirs aux États-Unis: J.LaFarge: 315.-\tV.Noirs.ÉLECTIONS FÉDÉRALES.- L\u2019Enjeu des \u2014: un gouvernement qui gouverne (Édit.): 85.ÉLECTIONS.- V.Gouverner.ELIZABETH SETON.- La bienheureuse \u2014, L.d\u2019A.: 107.ENSEIGNEMENT.- L\u2019Économie de 1\u2019\u2014, P.-É.G.: 62.-\tL\u2019\u2014 secondaire et 1\u2019\u2014 supérieur, R.P.: 250.-\tRéflexions sur 1\u2019\u2014, P.A.: 267.-\t« Réflexions sur 1\u2019\u2014 », R.B.: 358.-\tV.Planification.ÉPISCOPAT.- L\u2019 \u2014 québécois et le bill 60 (Édit.) : 277.-\tL\u2019\u2014 du Québec rappelle.(Cit.): 207.-\tV.Éducation.ÉTAT.- L\u2019Église et 1\u2019\u2014 au Québec, R.A.: 123.-\tLe Citoyen et 1\u2019\u2014, G.J.: 160.-\tLe statut religieux de 1\u2019\u2014 québécois, R.A.: 284.ÉTATISATION.- V.Éducation.ÉTROITESSE D\u2019ESPRIT.- Où loge 1\u2019\u2014?, J.d\u2019A.: 364.ÉVÊQUES.- Jean XXIII, nos \u2014 et l\u2019Amérique latine (Édit.) : 85.-\tV.Journaliste, Presse.EXPÉRIENCE INUTILE (bilinguisme prématuré), J.d\u2019A.: 301.FAIT FRANÇAIS.-Le \u2014 à Montréal, R.A.: 96.FAIT RELIGIEUX.- Le \u2014 au Canada, R.A.: 11.-Le \u2014 au Québec, R.A.: 38.FAMILLE.- La \u2014 terrienne 1963: la \u2014\u2022 Pierre Gui-nois, G.R.: 77.FEMME.- Voix de \u2014, voix sans écho, J.d\u2019A.: 300.FIDEL.-le bien-aimé., L.d\u2019A.: 140.FIDELIS SEMPER (Castro).-L.d\u2019A.: 78.F.L.Q.(Front de la libération du Québec).- La folle aventure du \u2014-, R.A.: 212.-\tV.Terrorisme.«FOI ET CONSTITUTION ».-La Commission de \u2014: de Lausanne 1927 à Montréal 1963, M.V.: 192.-\tL\u2019Assemblée de « \u2014 » à Montréal, R.R.: 248.FRANÇAIS.- (Au service du) : Sentir la logique du \u2014, J.d\u2019A.: 14.-\tModestie en minuscules ou en majuscules ?J.d\u2019A.47.-\tNoms à particule, J.d\u2019A.: 68.-Bilinguisme ou métissage?, J.d\u2019A.: 104.-Orthographe et syntaxe, J.d\u2019A.: mai III.-Le \u2014 aux sociétés savantes (congrès), G.H.: 209.-\tDans le même quotidien, J.d\u2019A.: 213.-\tRécidives et originalités, J.d\u2019A.: 233.-\tPour une régie du français, J.d\u2019A.: sept.III.-\tLa grande pitié de l\u2019orthographe, J.d\u2019A.: oct.II.-\tEncore l\u2019orthographe, J.d A.: 332.-\tLa demie d\u2019un demi, J.d\u2019A.: 362.-\tV.Biculturalisme, Grammaire française, Jour- nalisme, Langue, Unilinguisme.FRÈRE THOMAS.- « Le destin de \u2014 », G.R.: 334.F.T.Q.(Fédération des Travailleurs du Québec).- La -et la « socialisation », I.D.: 22.GARANT, Mgr C.-O.- Deux pionniers sociaux nous quittent, J.C.: 78.GORDON.- Après M.\u2014, M.Crump.(Édit.) : 2.GOUVERNER.- Le premier devoir d\u2019un gouvernement est de \u2014 (Édit.) : 57.GRAMMAIRE FRANÇAISE.- L\u2019enseignement de la \u2014, E.G.,: 209.GUÉRIN.- L\u2019Affaire \u2014 et la liberté académique, J.Ç.: 15.-\tV.Liberté, Mots.GUERRE.-et Paix, L.d\u2019A.: 94.GUINOIS, PIERRE.- V.Famille.INITIATION RELIGIEUSE.-au foyer, J.d\u2019A.: 77.« INQUISITION ».- Un téléthéâtre réussi, G.R.: 108.INTELLECTUEL.- La responsabilité de 1\u2019\u2014, Qu\u2019est-ce qu\u2019un \u2014 ?Il faut être un \u2014.Il faut être vraiment \u2014.Il faut être un \u2014 sérieux, H.-I.Marrou (Cit.): 142, 143.JEAN XXIII.-\u2022, nos évêques et l\u2019Amérique latine (Édit.): 85.-\tL\u2019Église et la Paix (Cit.): 151.-\tLe bon Pasteur \u2014, L.d\u2019A.: 189.-\tV.La presse, Journaliste, Socialisation.JOURNALISME.- La « presse » du \u2014, J.d\u2019A.: 45.-\tV.Objectivité.JOURNALISTE.- Un \u2014 catholique de grande classe (Lorenzo Paré), G.R.: 22.-\tV.Vérité, La presse, Presse catholique.JOURNALISTES.- Les \u2014 et le respect de la vérité (Cit.) : 106.-\tV.Concile.LAÏQUE, LAÏCITÉ, LAÏCISME, LAÏCAT.- I.Le Sens du mot \u2014, R.B.: 6.IL La Laïcité: 30.III.Le Laïcisme: 59.IV.Le Laïcat: 87.LANGUE.- Comment sauver notre \u2014?, J.d\u2019A.: 270.LECTURE DU MOIS ou LIVRE DU MOIS.- Est-il loisible d\u2019être antisémite?, Sr M.-N.-de-Sion: 206-207.-\t« Le Destin de Frère Thomas » (G.Robitaille) : 334.LETTRE ÉPISCOPALE.-accompagnant amende- ments au bill 60.-\tV.Education.LIBERTÉ.- V.Louis Veuillot.LIBERTÉ ACADÉMIQUE.- V.Guérin (Affaire).LIBERTÉ RELIGIEUSE.- derrière le rideau de fer ?(Édit.) : 246.LIGUES DU SACRÉ-CŒUR.-V.«Moribonds ».LITURGIE.- La \u2014 à l\u2019heure du Concile, H.S.: 125.LITTÉRATURE ANTISTALINIENNE?- L.d\u2019A.: 110.LOI DES ACCIDENTS DU TRAVAIL.- Amendements à la-, G.H.: 262.LOISIRS.- V.Presse.LOUIS MASSIGNON.- J.L.: 48 LOUIS VEUILLOT.-et la liberté (Comm): 56.MALADES.- La fête des \u2014, J.-P.L.: 48.MARIAGE.- Le\u2014, remède à la concupiscence, M.M.: 13.-\tNotes sur les fins du \u2014, J.d\u2019A.: 311.MINISTÈRE DE L\u2019ÉDUCATION.- Le-(Édit.) : 218.-\tV.Pays-Bas.MINORITÉS.- Indépendance et \u2014, R.A.: 167.MINORITÉS FRANÇAISES.- La grande pitié de nos \u2014, R.A.: 65.MODE.- Mesure et démesure de la \u2014, J.d\u2019A.: 134.« MORIBONDS ».- Quand on se penche sur des « \u2014 », (Colloque « Maintenant » sur Ligues.), J.C.: 79.MOTS.- Cinq \u2014 de trop.(Affaire Guérin), G.R.: 21.MOUVEMENT ÉTUDIANT.- Le-(syndicalis- me), R.B.: 293.NAISSANCES.- La Régulation des \u2014, I, II, III: Principes et difficultés de base.Surpopulation mondiale ou stérilité domestique, Note sur les fins du mariage, J.d\u2019A.: 199, 224, 311.-\t« La régulation des \u2014 », J.-P.L.: 364, NATIONS UNIES.- Jean XXIII et les \u2014, 165.-\tV.O.N.U.NAZARETH.-, L.d\u2019A.: 33.NGO DINH DIEM.- A la mémoire de \u2014, L.d\u2019A.: 364.-\tV.Viêt-nam.NOIRE.- La colère \u2014 (Les Noirs aux États-Unis), L.d\u2019A.: 212.NOIRS AUX ÉTATS-UNIS.- L\u2019Église et les-¦, J.LaFarge: 315.-\tV.Église.NORMES.- A propos des « \u2014 » ministérielles en éducation (Édit.): 118.NOUVEAU-QUÉBEC.- Perspectives de la recherche scientifique au-, I, II, M.B.: 325, 356.Romana Associatio\tRAPTIM CANADA Ltée AGENCE INTERNATIONALE DE VOYAGES \t P.o\tApprouvée par : 1 A T A Transvehendis\tAT C Conférence Transatlantique Itinerantibus\tConférence Transpacifique Missionariis\tPour vous servir : M.Luc GOU/ directeur général, 1652, rue Saint-Hubert, Montréal-24, P.Q.-Tél.: VI.5-7223* Bureau accrédité de RAPTIM International DECEMBRE 1963 369 NOWLAN, J.B.- Deux pionniers sociaux nous quittent, J.C.: 78.OBJECTIVITÉ.-et Honnêteté, R.B.: 205.\u2014\tV.Journalisme.O.É.A.- Le Canada et 1\u2019\u2014 (Édit.) : 341.O.N.U.- Dettes sur dettes à 1\u2019\u2014, L.d\u2019A.: 21.\u2014\tL\u2019\u2014 au Congo (Édit.): 57.\u2014\tV.Nations Unies, Saint-Siège.ORDRE CULTUREL.- L\u2019\u2014 et 1\u2019\u2014 politique (Cit.) (Mémoire Brébeuf) : 239.OTTAWA.- Tenir ferme à \u2014, bâtir français au Québec (Édit.): 29.\u2014\tDe nouveau, à \u2014, les libéraux (Édit.'): 119.\u2014\t« Dp nouveau, à \u2014, les libéraux » (Édit.): 218.\u2014\tV.Élections, Gouverner.PEARSON.- Le gouvernement \u2014 et les Canadiens français (Édit.) : 342.QUÉBEC.- Tenir ferme à Ottawa, bâtir français au \u2014 (Édit.) : 29.^\t,\t, \u2014\tV.Conseil économique, Eglise, Elections, Etat, Gouverner, Terrorisme.« PACEM IN TERRIS «.-L\u2019encyclique-(Édit.): 117.I.Présentation, G.J.: 149.IL La Paix: un ordre de droits et de devoirs, R.A.: 152.III.Principes du progrès féminin, J.d\u2019A.: 154.IV.Nos corps intermédiaires et la paix, I.D.: 156.V.Le citoyen et l\u2019État, G.J.: 160.VI.Nécessité d\u2019une autorité politique de compétence universelle, R.B.: 162.VII.Jean XXIII, la communauté mondiale et les Nations Unies, J.-Y.M.: 165.VIII.Indépendance et minorités, R.A.: 167.IX.Désarmement intégral, L.d\u2019A.: 169.X.Le catholique et la vie publique, Y.P.: 172.XI.Jalons pour une présence chrétienne dans le monde actuel, C.R.: 173.XII.Pacem in terris et notre déclaration des droits de l\u2019homme, G.L : 177.XIII.L\u2019encyclique et l\u2019U.R.S.S., J.L: 179.XIV.Gloses marginales sur Pacem in terris L.d\u2019A.: 181.XV.Dossier: les encycliques du xx° siècle sur la paix (Cit.) : L.d\u2019A.: 182-183.-et la rentrée des classes (Édit.) : 247.PAIX.-et guerre nucléaire, L.d\u2019A.: 119.-L\u2019Église et la -\u2014 (Cit.): 151.\u2014\tLa \u2014: un ordre de droits et de devoirs, R.A.: 152.\u2014\tDossier: les encycliques du XXe siècle sur la\u2014, L.d\u2019A.: 182.\u2014\tV.Droits, Guerre.PAPE.- Rencontres avec un futur \u2014 (Paul VI), R.W.K.: 219.PARÉ, MONSIEUR (Lorenzo).- Bravo, \u2014, J.d\u2019A.108.\u2014\tV.Journaliste.PARENTS.- Le droit des \u2014, J.C.: 333.\u2014\tV.Education.« PÂRTI PRIS ».-: de la révolte à la révolution, A.V.: 326.PASTEUR.- Notre nouveau \u2014 (Le Pape) (Édit.) : 191.PASTORALE.- Une \u2014 retentissante, L.d\u2019A.: 20.-sur -\u2014 en Amérique du Sud, L.d\u2019A.: 238.PAUL VI.-et le Concile (Édit.): 309.\u2014\tV.Concile, Curie romaine, Pape, Vicaire.PAYS-BAS.-Le système scolaire aux \u2014 (La liberté de 1\u2019enseignement, un vrai ministère de l\u2019Éducation) (Cit.) : 303.PENSIONS.- Des \u2014 transférables pour 50,000 travailleurs, G.H.: 130.\u2014\tV.Caisses.PEUPLE.-Le petit \u2014, aux politiciens, I.D.: 140.PEUPLES PAUVRES.- L\u2019aide aux \u2014 (Pacem in terris)-.L.d\u2019A.: 181.PHILOSOPHIE.- Les professeurs de \u2014 s\u2019organisent, J.R.: 202.PIONNIERS.- Deux \u2014 sociaux nous quittent (Mgr C.-O.Garant, J.E.Nowlan), J.C.: 78.PLACE DES ARTS.- Le festival d\u2019ouverture de la -, G.R.: 109.PLAISIR ÉROTIQUE.- La civilisation du \u2014 ?J.C.: 237.PLAN DE PENSIONS.\u2014V.Caisses, Pensions.PLANIFICATION.-décentralisée de l\u2019enseigne- ment (Cit.) (Comm.universitaire de la C.de Jésus) : 239.\u2014\tV.Enseignement.POÉSIE CANADIENNE.- Alain Bosquet et la \u2014, R.D.: 101.POLITICIENS.- V.Peuple.PRÉSENCE CHRÉTIENNE.-Jalons pour une \u2014 dans le monde actuel, C.R.: 173.PRESSE.- La \u2014, les loisirs et les sports (Cit.Jean XXIII): 90.\u2014\tLa\u2014et l\u2019immoralité des spectacles (Cit.Jean XXIII) : 104.\u2014\tV.Journaliste.PRESSE CATHOLIQUE.- I -a \u2014 et la mission de l\u2019Église (Cit.): 86.\u2014\tV.Journaliste.PROBLÈMES DE VIE CHRÉTIENNE.- Le mariage, remède à la concupiscence, M.M.: 13.\u2014\tL\u2019Égalité des sexes, M.M.: 226.PROGRÈS FÉMININ.- Principes du \u2014, J.d\u2019A.: 154.QUATRE PETITS GARS.-ont choisi de mourir, É.G.: 262.QUESTION COLONIALE (La).-Pacem in terris, L.d\u2019A.: 181.QUESTION RACIALE (La).- Pacem in terris, L.d\u2019A.: 181.RACISME.-au Soudan, L.d\u2019A.: 260.\u2014\tV.Noirs.RAPPORT GILL.- Le \u2014 et l\u2019assurance-chômage, É.B.: 42.RAPPORT PARENT.- V.Bill 60, Commission Parent.RAPPORT WILLIAMS.- Le \u2014, E.D.: 44.RECHERCHE SCIENTIFIQUE.- Perspectives de la \u2022\u2014 au Nouveau-Québec, I, II, M.B.: 325, 354.RÉFORME SCOLAIRE.\u2014 « Notre \u2014 (Mémoire de la Féd.des coll.cl.), G.R.: 231.RÉGIMES SCOLAIRES.- Cong.de l\u2019Ass.des Comm.d\u2019écoles cath.de langue fr.du Canada.- Des régimes justes et équitables, A.P.: 208.RELIGION.- Liberté de \u2014, VIII: Terrain de rencontre, J.-C.M.: 2.\u2014\tPacem in terris, L.d\u2019A.: 181.\u2014\tV.Fait religieux, Initiation religieuse.RENCONTRE.- Terrain de \u2014, J.-C.M.: 2.RIDEAU DE FER.\u2014 V.Liberté religieuse.SAINT-SIÈGE.- Le \u2014 à l\u2019O.N.U.?(Édit.): 245.SCANDALE.- Le \u2014 de l\u2019Église: M.M.: 99.SCHUMAN, ROBERT.-L.d\u2019A.: 300.SEMAINE.- Après la \u2014 de l\u2019Éducation, J.d\u2019A.: 107.SERVICES FÉDÉRAUX.- V.Bilinguisme.SEXES.- L\u2019Égalité des \u2014, M.M.: 226.SHAWINIGAN.- La \u2014 vs le peuple (Édit.): 58.SITUATION.-juridique de l\u2019Église au Québec R.A.: 221.SOCIALISATION.- La F.T.Q.et la « \u2014 », I.D.: 22.-et socialisme: ne pas confondre, I.D.: 281.\u2014\tV.Éducation.SOCIALISME.- V.Socialisation.SOCIÉTÉS SAVANTES.- V.Français.SOUDAN.\u2014 V.Racisme.STATUT.- Le \u2022\u2014 religieux de l\u2019État québécois, R.A.: 284.SURPOPULATION.- La Régulation des naissances, I, II, III: Principes et difficultés de base, Surpopulation mondiale ou stérilité domestique, Note sur les fins du mariage, J.d\u2019A.: 199, 224, 311.SYNDICAT INTERNATIONAL ^DES MARINS (S.I.M.).-La tutelle et le \u2014 (Édit.): 342.TÉMOINS DE JÉHOVAH.- Où sont les -\u2014 ?(Congrès de New York), G.H.: 263.TERRORISME.-au Québec (Édit.): 119.UNILINGUISME.-, pourquoi?J.d\u2019A.: 334.\u2014\tV.Etroitesse d\u2019esprit.UNITÉ.- Les bases spirituelles de 1\u2019\u2014, M.-C.M.: 34.U.R.S.S.- L\u2019encyclique Pacem in terris et 1\u2019\u2014, J.L.: 179.\u2014\tV.Canada.VALENTINA.-, L.d\u2019A.: 260.VANDEPUT.- L\u2019Affaire \u2014 et la conscience chrétienne, M.M.: 35.VÉRITÉ.- Servir la \u2014, G.R.: 49.\u2014\tV.Journaliste.VICAIRE.- \u2022\u2014 de Jésus-Christ (Paul VI) (Édit.) : 217.VIET-NAM.-Au \u2014 (suicides bouddhistes), L.d\u2019A.: 261.\u2014\t\u2014: crise et confusion, L.d\u2019A.: 301.\u2014\tV.Ceylan.III.- BIBLIOGRAPHIE A.\u2014 ANONYME ET EN COLLABORATION Anonymes (Auteur unique non identifié; auteurs multiples sans désignation collective.) En collaboration (Divers auteurs sous la désignation En collaboration ou sous un nom collectif.) Action catholique canadienne (L\u2019) - Dans l\u2019Église rie Dieu (J.-P.Labelle) : 24.-L\u2019Amour humain, don de Dieu (J.-P.Labelle): 24.-\tLa Prière des laïcs (J.-P.Labelle): 305.-\tMonde des jeunes et monde des adultes (J.-P.Labelle): 306.Cahiers d\u2019éducateurs.- Jeunesse d'au jour d\u2019hui.Ses problèmes, ses conflits (J.d\u2019Anjou): 216.Cahiers de la Conférence religieuse canadienne.-\tDonum Dei, 4: Dimensions ecclésiales des états de perfection (R.Legault): 110.-\tDonum Dei, 6: Conditions de la chasteté (G.Robi-taille) : 308.Cahiers de l\u2019Actualité religieuse.- L\u2019Existence de Dieu (J.d\u2019Anjou): 50.La Parole de Dieu en Jésus-Christ (A.Dugré) : 80.Cahiers Laënnec.\u2014 Les ambiguïtés sexuelles (J.d\u2019Anjou) : 275.Centre d\u2019Études Laënnec.\u2014 La Régulation des naissances (J.d\u2019Anjou) : 337.Centre pastoral des Missions de l\u2019intérieur.- La Mission générale.Dix ans d'expérience au C.P.M.I.(R.Legault): 80.Chronique sociale de France.- Initiation économique et sociale, I.Doctrines et tendances Libéralisme, socialisme et catholicisme social.(R.Arès): 80.Département de Sociologie et D\u2019Anthropologie de l\u2019Université Laval.- Situation de la recherche sur le Canada français (G.-É.Giguère): 146.Écrits du Canada français, XIV, XV (A.Vachon): 299.En collaboration.- Canadian Dualism \u2014 La Dualité canadienne (Essais sur les relations entre Canadiens français et Canadiens anglais) (P.L\u2019Allier) : 26.-\tCatholiques et Protestants (Confrontations théologiques) (L.d\u2019Apollonia) : 336.-\tLes Laïcs et la mission de TÉglise (R.Arès) : 111.-Pastorale du péché (J.d\u2019Anjou): 52.-\tPatorale entre hier et demain (J.-P.Labelle): 336.-\tRenouvellement de la catéchèse.Semaine internationale d\u2019études d\u2019Eischtatt sur la catéchèse dans les pays de mission, dirigée par le R.P.Hofinger (J.-P.Labelle) : 51.-\tRiches et pauvres dans VÉglise ancienne Textes.recueillis.par A.Hamman; traduits par France Quéré-Jaulnes et les Bénédictines de Calluire et Cuire (R.Arès) : 53.-\tThe Challenge of « Mater et Magislra » (R.Arès): 184.Équipe de Prêtres et de Laïques.- Le Concile et la Jeunesse (J.-P.Labelle): 84.Groupe lyonnais d\u2019études médicales.- L'Amour maternel (J.d\u2019Anjou) : 242.-\tL\u2019Action de T Homme sur le psychisme humain (J.d\u2019Anjou) : 338.I.C.P.A.(Institut canadien des Affaires publiques).-Le Rôle de T État (R.Arès) : 147.Les Moines De Solesmes.- Les Instituts de vie parfaite (L.C.de Léry) : 214.Rapport du comité d\u2019étude sur l\u2019Enseignement technique et professionnel, I, II.-Versions abrégées des principales constatations et recommandations (R.Arès): 186.Séminaire soci al Pie XII.\u2014 L'Église et T Enseignement (R.Arès) : 305.B.\u2014 AUTEURS IDENTIFIÉS A Kempis, T.- L\u2019Imitation de Jésus-Christ.Trad.nouvelle par Henri Brossard (R.Legault): 51.Amiot, F.- 365 Méditations sur les évangiles et saint Paul, I, II, III, IV (P.et J.Breton): 50.Angers, P.- Réflexions sur l\u2019enseignement (R.Bour-gault) : 358.Aubry, J.-M., et Saint-Arnaud, Y.\u2014 Dynamique des groupes (J.d\u2019Anjou): 242.Audet, L.-P.- Éducateurs, Parents, Maîtres (J.-P.Labelle) : 337.Augereau, J.- Jeanne absolu (R.Legault): 241.Baillargeon, H.\u2014 Vive la Canadienne.77 chansons du Canada français (J.-P.Labelle): 84.Barbeau,R.- Le Québec est-il une colonie ?( L d\u2019Anjou) : 81.-\tLa Libération économique du Québec (J.d\u2019Anjou) : 188.Beaudoin, C.\u2014Biaise Pascal ou Tordre du cœur (R.Arès) : 186.BÉcaud, abbé J.- Contrôle ou Régulation des naissances.(J.d\u2019Anjou) : 242.Becque, L.- Ames en crise (J.d\u2019Anjou) : 274.Bénédictines de Stanbrook.- Au pied de la grille : Bernard Shaw et l\u2019Abbesse Laurentia (R.Legault) : 52.Berge, Dr A.- Propos aux parents et aux éducateurs (J.d\u2019Anjou) : 306.Berghoff, S.- Femme heureuse, Mariage heureux (J.d\u2019Anjou): 243.Bernard, M.- Les Morceaux de soleil (L.Berthiaume) : 366.Bertaud, Dom E.- Monsieur Vincent et les âmes (R.Legault): 112.Bihlmeyer, C.- Histoire de T Église, I.L'Antiquité chrétienne (L.Pouliot) : 144.Biot, F.- De la polémique au dialogue.I.L\u2019Église face aux chrétiens séparés (R.Arès): 144.Bissonnette, B.- Essai sur la constitution du Canada (R.Arès): 146.Blais, M.-C.- Pays voilés (J.d\u2019Anjou): 216.Blardone, G.- Le Circuit économique, II: L'Entreprise (R.Arès) : 188.-\tIII.Les revenus (G.Hébert): 305.Blinzler, J.- Le Procès de Jésus (L.Pouliot) : 273.Blum, V.C.- Freedom of Choice in Education (R.Arès) : 337.Bod amer, Dr J.- L'École du mariage (J.d\u2019Anjou) : 242.Boileau, G.- La Population du diocèse de Nicolet (R.Arès) : 242.Bonnard, P.-E.- Le Psautier selon Jérémie (G.Bour-geault) : 335.Bose, R.- L\u2019Éducation face à la vie internationale (L.d\u2019Apollonia): 184.Boutefeu, R .-Je reste un barbare (R.Daoust): 28.Brunel, J.- Le Phyloplanclon de la baie des Chaleurs (B.Taché): 216.Burton, J.- Le Combat d'une mère (R.Legault): 242.Cadet, J.- L\u2019Église et son organisation (R.Arès): 144.Cadieux, M .-Le Diplomate canadien (R.Arès): 113.Calvez, J.-Y.- Église et société économique.L\u2019enseignement social de Jean XXIII IR.Arès): 305.Carbonneau, R.- Le Destin de Fr.Thomas (G.Robi-taille) : 334.370 RELATIONS Chabot, C.- Et le cheval vert (J.d\u2019Anjou) : 186.-\tContes du ciel et de la terre I, II, III (J.d\u2019Anjou): 216.Chabot, M.-E.-Marie de V Incarnation (J.d\u2019Anjou): 84.Chagnon, G., et Robert, A.- Principaux Coléoptères de la province de Québec (D.Sénécal): 338.Choquette, A.- Laure Clouet (P.-É.Racicot) : 54.Clément, B.-La Terre est ronde! (J.d\u2019Anjou): 147.-\tJacques Cartier (J.d\u2019Anjou) : 147.Clément, M.-Le Travail (R.Arès): 113.Congar, Y.-M.-J.- Vatican II.Le Concile au jour le jour (R.Arès): 144.Corriveau, M.- Les Jardiniers du Hibou (J.d\u2019Anjou) : 147.Couturier, abbé P.- Œcuménisme spirituel (G.Robi-taille) : 145.Cressanges, J.- La Feuille de Bétel (R.Daoust) : 244.Daniélou.I.-Au commencement.Genèse 1-11 (R.Arès): 188.Daniel-Rops.\u2014 Saint Bernard et ses Fils (R.Legault): 214.Daujat, J.- Le Christianisme et l\u2019Homme contemporain (R.Arès) : 50.Daveluy, M.-C.- Jeanne Mance (P.-É.Racicot) : 147.Daveluy, P.- L\u2019Eté enchanté, Drôle d'automne (J.d\u2019Anjou): 366.De Boisdeffre, P.- Où va le roman ?(J.d\u2019Anjou) : 244.De Bourbon-Busset, J.- Les Aveux infidèles (R.Daoust) : 28.De Broucker, J .-L\u2019Eglise à l\u2019Est, I: la Pologne (R.Arès) : 144.De Cespedes, A.- Journée d\u2019août (R.Daoust) : 244.Dedet, C.\u2014 Le Métier d'amant (R.Daoust) : 244.De Laplante, J.- Le Petit Juif (R.Daoust) : 244.De Locht, abbé P.- A la mesure de son amour (J.d\u2019Anjou) : 242.De Lorimier, J.- L\u2019Histoire de notre salut (J.-P.La-belle): 184.De Lubac, H .-La Pensée religieuse du Père Teilhard de Chardin (L.d\u2019Apollonia) : 185.Denis, Dr M .-Contrôle ou Régulation des naissances?(J.d\u2019Anjou) : 242.Desjardins, C.- Dieu et l\u2019Obligation morale (J.d\u2019Anjou): 215.Destouches, C.- Une femme répond à des femmes, I -Jeunes d\u2019au jour d\u2019hui et de toujours (J.d\u2019Anjou) : 186.Dominique, A.-P.- Instantanés (P.L\u2019Allier): 243.Drogat, N.- Face à la faim (A.Marsan): 53.Dubarle, A.-M.- Le Péché originel dans T Écriture (G.Bourgeault) : 335.Dubois, M.- Générations en conflit (J.d\u2019Anjou): 306.Duchesne, J.- Les 16-24 ans.Ce qu\u2019ils sont, ce qu\u2019ils pensent (J.-P.Labelle): 186.Ferin, Dr J.- Amour et Fécondité (J.d\u2019Anjou): 242.Filas, F.-L.- Saint Joseph et notre vie quotidienne (G.Robitaille) : 213.Follereau, R.- Si le Christ frappe à votre porte.le reconnaîtrez-vous?(J.-P.Labelle): 111.Folliet, J.- Bourrage et Débourrage des crânes (R.Arès): 307.-\tContrôle ou Régulation des naissances?(J.d\u2019Anjou): 242.Fontaine, O.\u2014 Les Joies atroces (J.d\u2019Anjou): 147.Gaboriau, F.- L\u2019Entrée en métaphysique.Orientations (J.d\u2019Anjou): 215.Galot, J.- Saint Joseph (R.Legault): 51.Garrigue, P.- L\u2019Option politique du Canada français.Une interprétation de la survivance nationale (R.Arès) : 337.Georgin, R.- L\u2019Inflation du style (J.d\u2019Anjou): 308.Gielen, C.- La charité demeure (R.Legault): 53.Giloteaux, P.- Les Paraboles évangéliques, I (R.Legault) : 214.Gingras, P.-Ê.- L\u2019Église et l'enseignement (R.Arès): 305.Gleason, R.W., et Hagmaier, G.- Direction, Education et Psychopathologie (G.Robitaille): 216.Godin, A.-Le Dieu des parents et le Dieu des enfants (J.-P.Labelle) : 306.Godoy, A.- Traductions poétiques.\u2014 Le Drame de la Passion (J.d\u2019Anjou): 27.Goulet, A.-Jeux et Sortilèges (E.Richer): 275.Goulet, R.- The Violent Season (P.-É.Racicot): 84.Gouvernaire, J.- Raoul Dorange, prêtre de T Église de Rennes, 1905-1940 (R.Legault): 25.Graef, H .-En laissant leurs filets.(R.Arès): 215.Grandbois, A.- Poèmes - Les Iles de la nuit, Rivages de l\u2019Homme, T Étoile pourpre (A.Vachon) : 329.GrÉGOIRE-Coupal, M.-A.- Des pins, des tuiles et du soleil (P.-É.Racicot) : 28.-\tPourquoi pleures-tu, Madonnina ?(P.-É.Racicot): 51.Grelot, P.- Le Sens chrétien de VAncien Testament (G.Pelland): 184.-\tLe Couple humain dans l'Écriture (J.d\u2019Anjou): 335.Gritti, J.- Télévision et Conscience chrétienne (J.d\u2019Anjou): 367.Guelluy, R.- A l'écoule de Dieu (R.Legault) : 24.-\tVie de foi et lâches terrestres (J.d\u2019Anjou): 335.Guitton, J.- Regard sur le Concile (R.Arès) : 240.-\tVers l\u2019Unité dans l'amour (J.d\u2019Anjou): 240.Guy, Drs F.et M.- Contrôle ou Régulation des naissances ?(J.d\u2019Anjou) : 242.Hagmaier, G., et Gleason, R.W.- Direction, Éducation et Psychopathologie (G.Robitaille): 216.Hajjar, J.- Les Chrétiens uniates du Proche-Orient (J.Ledit): 112.Hamman, A.- Vies des Pères du désert.Textes.présentés par A.Hamman (A.Dugré): 52.-\tLe Mystère de Noël (Mme P.Perrault): 365.Haring, B.- Vatican II (J.-P.Labelle): 365.Hébert, A.- Poèmes (R.Dionne) : 83.Helbo, F.- Ces inutiles.Propos sur la vie religieuse (P.-É.Racicot) : 338.Hermann, R.- La Charité de VÉglise (R.Legault) : 111.Hostie, R.- Le Discernement des vocations (R.Legault) : Hu VELIN, abbé H.- Venez et voyez.Homélies et sermons.(R.Legault): 146.Hourdin, G.- Les femmes célibataires vous parlent (J.d\u2019Anjou) : 53.-\tSimone de Beauvoir et la liberté (J.d\u2019Anjou) : 243.Hunerman, G.- Le Chandelier d\u2019or.(R.Legault) : 273.-\tJe te fais Chevalier (R.Legault): 273.Jacquemard, S.- Le Veilleur de nuit (R.Daoust): 275.Jeanson, F.- La Foi d\u2019un incroyant (R.Arès) : 365.Joly, R.- Le Visage de l'attente (J.d\u2019Anjou): 307.Juffé, M .-Paul VI (R.Arès); 365.Koch, W.- Journal de Pilate (R.Daoust) : 338.Kostakeff, Y.- Qu\u2019est-ce que le Crédit social?(É.Bouvier) : 81.Kung, H.-Le Concile, Épreuve de l\u2019Église (J.-P.Labelle): 336.Lafortune, A.-Le Mot du Père Ambroise I.Prêchez par-dessus les toits (J.-P.Labelle): 188.Lambert, B .-Le Problème œcuménique, I, II (J.-P.Labelle): 305.Lamontagne, R.-La Galissonnière et le Canada {G.-É.Giguère) : 82.Landry, T.-M.- Mission catholique et française en Nouvelle-Angleterre (R.Arès): 113.Laurentin, abbé R.- L\u2019Enjeu du concile (R.Arès) : 28.-\tL\u2019Enjeu du Concile IL bilan de la première session (R.Arès) : 184.-\tLourdes, Histoire authentique, III.La quinzaine des Apparitions (A.Dugré): 241.Lavocat, M.-H.- Unis pour le meilleur et pour le pire (J.d\u2019Anjou): 242.Leclaire, R.- La Forme canonique des mariages inter-rituels au Canada (L.C.de Léry): 112.Leclerc, F.- Le Calepin d'un flâneur (R.Dionne) : 28.Leclercq, J.- La Vocation religieuse (R.Legault) : 84.-\tLa Rencontre des Églises (J.-P.Labelle) : 214.-\tÉloge de la paresse suivi de quelques autres (J.-P.La- belle) : 243.-\tLa Liberté d\u2019opinion et les Catholiques (R.Arès) : 273.-\tLa Révolution de l\u2019homme au XXe siècle (L.d\u2019Apollo- nia) : 366.Lefebvre, Dom G.- La Foi dans les œuvres (R.Legault) : 240.Lefeuvre, J.-Shanghaï, les enfants dans la ville.Vie chrétienne à Shanghaï et perspective sur l\u2019Église de Chine 1949-1961, bnuütgarîie COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Siège social : Montréal DÉCEMBRE 1963 371 Père Paris.- Écrits spirituels du Père Paris (R.Le-gault) : 83.PERNOUD, R.- Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins (J.Genest) : 337.Peyrade, J.- Guy de Larigaudie (G.Robitaille): 242.PeyriguèRE, Père.- « Laissez-vous saisir par le Christ ».Écrits spirituels (J.-P.Labelle): 213.Philips, Mgr G.- Pour un christianisme adulte (J.d\u2019Anjou): 184.Pinsonneault, J.-P.- Les Abîmes de l\u2019aube (J.d\u2019Anjou): 187.Pintard, J.- Le Sacerdoce selon saint Augustin (A.Dugré) : 52.Pons, R.- L'Amour, ce long chemin.(J.-P.Labelle) : 25.Ponte ville, abbé G.- Amour et fécondité (J.d\u2019Anjou) : 242.Poulat, E.- Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste (G.Pelland) : 50.Pouliot, A., et Dumas, S.- L\u2019Exploit du Long-Sault.Les témoignages contemporains (G.-É.Giguère): 112.Rahner, K.- Mission et Grâce (J.-P.Labelle) : 80.Rande, V.de P.- Dieu, notre Père (R.Legault) : 23.Renard, Mgr A.-C.- Vie apostolique de la religieuse aujourd'hui (A.Dugré) : 273.Richer, E.- Français parlé, Français écrit (J.d\u2019Anjou) : 338.Ritzen, Q.- L\u2019Album (R.Daoust) : 366.Robert, A., et Chagnon, G.- Principaux Coléoptères de la province de Québec (D.Sénécal) : 338.Rossi, P .-L\u2019Iraq des révoltes (R.Arès): 112.Rotureau, G.- Amour de Dieu et Amour des Hommes (J.d\u2019Anjou) : 336.Roy C.- Saint-Pierre-et-Miquelon (J.d\u2019Anjou): 147.Roy, M.-A.-A.- Valcourt ou la dernière étape (P.-É.Racicot) : 28.Rudel, Y.-IA.- L\u2019Élément féminin (R.Daoust): 366.Ryan, C.- Les Comités : esprit et méthode (R.Arès) : 25.Saint-Arnaud, Y., et Aubry, J.-M.- Dynamique des groupes (J.d\u2019Anjou): 242.Saint Augustin.- Œuvres.Les Confessions (J.d\u2019Anjou) : 214.Samson, H.- Propos spirituel d\u2019un psychiatre (R.Picard) : 83.Sartre, J.-P.- Réflexions sur la question juive (Sr M.-N.-de-Sion) : 206, 207.Schaller, abbé J.-P.- Morale et Affectivité (J.d\u2019Anjou): 145.SCHLINDER, P.- Sur la roule de Rome (A.Dugré) : 336.SERVEL, J.- Un autre visage.Textes inédits de Pauline Jaricot (R.Legault): 185.Six, J.-F.- Vie de Charles Foucauld (A.Dugré) : 274.Slattery, T.P.- Loyola and Montreal.A history (L.Pouliot): 113.Soeur Marie-Tharsicius.- L\u2019Expérience poétique de Marie Noël (J.-P.Labelle): 274.STEINMANN, J.- Freidrich von Hügel (A.Dugré) : 185.Suenens, card.L.-J.- Promotion apostolique de la religieuse (G.Robitaille) : 272.Sutherland, E.H.- Le Voleur professionnel (R.Arès) : 366.SYLVAIN, R.- Clerc, garibaldien, predicant des deux mondes, Alessandro Gavazzi (1809-1889).I, II (L.Pouliot): 144.-Horizons mauriciens (J.d\u2019Anjou): 113.Théoret, P.- Kateri, vierge iroquoise (P.-É.Racicot) : 25.Thériault, Y.- Les Cometlants de Caridad (R.Daoust) : 54.Thérive, A.- Procès de langage (J.d\u2019Anjou) : 244.Torell, J.-P.- La Théologie de l\u2019épiscopal au premier concile du Vatican (G.Pelland) : 23.Toulat, J.- Juifs, mes frères (Sr.M.-N.-de-Sion) : 206.Tresmontant C.- La Métaphysique du christianisme et la naissance de la philosophie chrétienne (G.Pelland) : 80.Tremblay, J.- Scandale au D.I.P.L\u2019affaire Guérin ou le Frère Untel avait raison (J.Cousineau) : 26.Tremblay, L.- Entre deux livraisons, 1913-1963 (A.Plante) : 337.Trochu, Mgr F.- La Maman de saint François de Sales (R.Legault): 145.Truc, G.- Histoire de la littérature catholique contemporaine (J.d\u2019Anjou) : 26.Tuchle, H.- Histoire de l\u2019Église, I.L\u2019Antiquité chrétienne (L.Pouliot) : 144.Valensin, A.- Textes et Documents inédits (A.Dugré) : 146.Van der Meer de Wacheren, P.- Rencontres (R.Daoust) : 307.Van Eeckhout, M.T.-Les Rencontres des garçons des filles (J.-P.Labelle) : 216.VAN Roy, F.- L\u2019Initiation sexuelle de nos enfants (J.d\u2019Anjou) : 274.Vantavon, M.- Neuf mois et c'est Noël (G.Robitaille) : 365.Vaugeois, D.- L\u2019Union des deux Canadas: nouvelle conquête (R.Arès) : 25.Victor, R.- Terre à lézards (R.Daoust) : 338.Wenger, A.- Vatican II, première session (J.-P.Labelle): 241.Williams, F.-M.- Jésus dans son pays et dans son peuple (R.Legault) : 273.Zeller, R.- Joseph le charpentier (R.Legault): 24.IV.- THEATRE Aperçus généraux -\tFestivals d\u2019Art dramatique du Canada (Les) (G.-H.d\u2019A.): 138.-\tFestival dramatique étudiant (G.-H.d\u2019A.): 138.Pièces commentées Adieu, Prudence (G.-H.d\u2019A.) : 18.Aigle à deux têtes (L\u2019) (G.-H.d\u2019A.): 69.Alcade de Zalamèa (L\u2019) (G.-H.d\u2019A.) : 137.Auberge des morts subites (L\u2019) (G.-H.d\u2019A.): 69.Au cœur de la rose (G.-H.d\u2019A.) : 70.Bérénice (G.-H.d\u2019A.): 323.Dimanche à New York (Un) (G.-H.d\u2019A.): 323.George Dandin (G.-H.d\u2019A.) : 46.Glorieuses (Les) (G.-H.d\u2019A.): 211.Heureux Stratagème (L\u2019) (G.-H.d\u2019A.): 359.Irma-la-Douce (G.-H.d\u2019A.) : 105.Machine à écrire (La) (G.-H.d\u2019A.): 18.Marchand de Venise (Le) (G.-H.d\u2019A.) : 106.Médecin malgré lui (Le) (G.-H.d\u2019A.) : 46.Naïves Hirondelles (G.-H.d\u2019A.): 70.Occupe-toi d'Amélie (G.-H.d\u2019A.): 211.Ombre d\u2019un franc-tireur (L\u2019) (G.-H.d\u2019A.) : 359.Pain dur (Le) (G.-H.d\u2019A.): 139.Patate (G.-H.d\u2019A.): 105.Phèdre (G.-H.d\u2019A.) : 323.Qui s\u2019y frotte, s\u2019y pique (G.-H.d\u2019A.): 46.Romanoff et Juliette (G.-H.d\u2019A.) : 323.(Treize) 13 à table (G.-H.d\u2019A.): 210.Ubu-Roi (G.-H.d\u2019A.): 19.Violettes (Les) (G.-H.d\u2019A.): 211.V.-DISQUES - La Messe lue avec chants (fête de la Toussaint) (J.-P.Labelle): 188.-Les Premières Heures du Concile à Radio-Vatican (J.-P.Labelle): 145.Ambroise, le Père.- Les Vraies Dimensions du monde, I (J.-P.Labelle): 187.Cardijn, Mgr.- Message de ¦\u2014- aux jeunes travailleurs canadiens (J.-P.Labelle) : 274.PANICI, R.P.- Jésus, Fils de Dieu, notre Sauveur.Les Apôtres (J.-P.Labelle): 213.Un membre utile à votre écjuipe.le représentant Sun Life Oui, en tant qu\u2019expert pour vous aider à préparer votre succession, le représentant Sun Life peut coopérer étroitement avec votre avocat, votre comptable et votre fiduciaire dans le but de vous prodiguer les meilleursconseils possibles.Pour préserver vos biens, votre succession aura immédiatement besoin d\u2019argent disponible pour couvrir les impôts au décès et les frais de dernière maladie.La Sun Life peut vous procurer cet argent.Depuis plus de quatre-vingt-dix ans, les représentants de la Sun Life du Canada pourvoient à la protection d\u2019un nombre incalculable d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants dans le besoin.La Sun Life, dont l\u2019assurance-vie en vigueur dépasse 10 milliards de dollars, comprenant trois millions de polices individuelles et de certificats de groupe, et qui compte 24 succursales dans la province de Québec, offre des polices modernes qui vont de pair avec notre époque en constante évolution.SUN LIFE DU CANADA, COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE-VIE UNE COMPAGNIE MUTUELLE AYANT SON SIÈGE SOCIAL À MONTRÉAL.372 RELATIONS marabout université LA PRESTIGIEUSE COLLECTION DU TOUT SAVOIR UNIVERSEL Un des premiers volumes de la collection Marabout Université fut ce Message des Evangiles, à la conception révolutionnaire, qui mettait à la portée du public le moins averti une compréhension totale et aisée du texte sacré.Cette œuvre était préfacée par Monseigneur J.B.Mon-tini, à l'époque Archevêque de Milan et devenu depuis le Souverain Pontife de l'Eglise Catholique Romaine sous le nom de S.S.Paul VI.Il est aisé d\u2019en conclure que le travail d'Angelo Alberti estd'une valeur qui dépasse de loin les commentaires des Evangiles publiés précédemment.Ce volume, composé avec un soin extrême afin d\u2019en laisser paraître toute I \u2019orig i na I ité, revient à $ 1.95 Les huit volumes de l\u2019Encyclopédie universelle Marabout condensent tout le savoir du monde en 3.000 pages rédigées par 110 spécialistes européens.Ils sont illustrés de 400 reproductions en noir et en couleurs et de 1.200 dessins ou schémas intexte.Un index général de 15.000 mots inséré dans le dernier tome permet de retrouver très facilement toutes les notions évoquées.C\u2019est assez dire que cet ouvrage exceptionnel trouve sa place dans toutes les bibliothèques, car les besoins de l\u2019honnête homme du XXe siècle ne font que croître et une encyclopédie entièrement à jour constitue un précieux instrument de travail en même temps qu\u2019une lecture agréable et enrichissante.Les 8 volumes sont désormais vendus en coffret-cadeau au prix de $ 15.50.L\u2019Histoire universelle publiée chez Marabout est le plus moderne et le plus passionnant panorama des civilisations occidentales, orientales et africaines.Un véritable monument de l'édition au format de poche.Entièrement mis à jour par les plus grands spécialistes, l\u2019œuvre de Cari Grimberg va résolument à l'encontre de l\u2019enseignement traditionnel de l\u2019Histoire en mettant l\u2019accent sur l\u2019humanité en évolution.De plus il ne se limite pas aux seuls horizons européens et devient ainsi la première Histoire réellement universel le.Chacun des 12 tomes, avec de nom-beux dessins et cartes et au moins 32 pages d\u2019illustrations hors-texte dont 16 en quatre couleurs, est mis en vente de deux en deux mois au prix incroyable de $ 1.95 si: Evangiles P-«Lco par Mgr Jmgnïini ?\"* {SS >y \u201cft* vn \u201c.c\u2019est .un commentaire qui n\u2019édulcore pas, n\u2019altère pas le langage biblique et n\u2019en affaiblit en rien la vigueur, mais qui tente de vous faire pénétrer d\u2019un coup dans la plénitude du sens littéral.** Ÿ J.B.Montini Archevêque (Sa Sainteté le Pape Paul VI).- $ Encyolopèd t \" universelle dlppllli universelle **¦\u2022*¦< ï* Encyclopédie \u2022universelle f.f ' Ba oy ciopèdie < P-** universelle f iueyc^opeme u alverselle Encyclopédie universelle 1 EneyelopédE uni verse de 7 rags*»:; Encyclopédie universelle f Histoire no universelle if Histoire universelle t Histoire universelle Histoire universelle mm Distributeur général pour les Amériques : D.KASAN - 226, Est, Christophe Colomb, QUEBEC P.Q."]
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