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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1964-08, Collections de BAnQ.

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[" revue du mois numéro 284, montréal, août 1964, prix 501 LATIONS LE MONDIALISME La religion des Canadiens français Pilules ou maîtrise de soi?L\u2019A.P.I.et le Code du travail.\u2014 La vocation éternelle de la femme.\u2014 L\u2019autonomie provinciale dans le mouvement syndical canadien.\u2014 Le Conseil supérieur du travail et la Loi de la convention collective.-«- SOMMAIRE août 1964 RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Éditorial.221 L'A.P.I.et le Code du Travail.\tDirecteur.Richard Arès.Articles Le mondialisme.Raymond Bourgault 222 Pilules ou maîtrise de soi ?\t.Joseph d\u2019Anjou 225 L\u2019autonomie provinciale dans le mouvement syndical canadien.Gérard Hébert 228 La vocation éternelle de la femme .Marcel Marcotte 230 Rédacteurs : Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Irénée Desrochers, Gérard Hébert.Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Georges-Henri d\u2019Auteuil, Émile Bouvier, Joseph Ledit, André Vachon.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Quelle est la religion des Canadiens français?.Richard Arès 233 Lettre de Paris.Luigi d\u2019Apollonia 236 Les raisons du Québec au Nouveau-Québec.Michel Brochu 238 Chroniques Au service du français: Souhaits sans illusion.J.d\u2019Anjou 239 Commentaire: Le Conseil supérieur du travail et la Loi de la convention collective.Gérard Hébert 240 Au fil du mois .242 Paroisse et chant sacré.-\u2014 Krouchtchev au Danemark.\u2014 Une revue centenaire.\u2014 De l\u2019Action catholique à l\u2019Action des catholiques ?Les livres.244 Ouvrages reçus.248 Tirage : Clarence Dontigny.Représentant pour abonnements: Jean-Robert Gendron.Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Même adresse.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: 387-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Aussi indispensable qu\u2019un bréviaire.LE CANADA ECCLÉSIASTIQUE 1964 (soixante-dix-huitième année) Prix : $9.00 l\u2019annuaire le plus complet sur le marché Tous les renseignements sur le clergé sont réunis en un seul volume facile à consulter : Tous les diocèses et archidiocèses du Canada Toutes les communautés religieuses (hommes et femmes) Toutes les publications qui intéressent le clergé Un guide d\u2019achat complet L\u2019index du clergé canadien L\u2019index des paroisses et dessertes publié par la plus grande maison d\u2019édition du Québec LIBRAIRIE BEAUCHEMIN LIMITÉE 450, avenue Beaumont, Montréal-15 \u2014 Tél.273-5181 montréal août 1964 numéro 284 RELATIONS Céditorial LPA.P.I.et le Code du travail Après les démonstrations spectaculaires par lesquelles les centrales syndicales ont manifesté leur opposition au projet de Code du travail, l\u2019Association professionnelle des industriels à son tour s\u2019est déclarée insatisfaite, insatisfaite de la dernière version du bill 54.Son mémoire, dans certaines de ses parties, prend une attitude défensive, assez attendue dans un document d\u2019origine patronale.Heureusement il va au delà et il souligne divers aspects de grande importance.Il insiste sur la nécessité d\u2019un Code unifié: le bill 54, dit-il, doit inclure les articles ayant trait à la fonction publique et il ne peut ignorer la Loi de la convention collective.On ne saurait avoir de relations ouvrières harmonieuses s\u2019il est possible à certaines parties, faute de coordination suffisante dans la loi, d\u2019utiliser une loi contre l\u2019autre, ou le secteur public de l\u2019économie contre le secteur privé.Également justifiée est la préoccupation que manifeste le mémoire par rapport à la nature de l\u2019entreprise et à son bon fonctionnement.C\u2019est dans l\u2019entreprise que les salariés exercent leur activité, c\u2019est l\u2019entreprise qui crée les biens économiques dont la vente assurera un revenu à tous ceux qui participent à sa vie.Le Code du travail doit donc se référer à un statut net et précis de l\u2019entreprise, bien que celui-ci puisse être établi dans d\u2019autres lois.Les exemples, cependant, sur lesquels insiste le mémoire ne nous semblent pas les mieux choisis: la définition de l\u2019unité de négociation nous paraît plus importante que certaines restrictions possibles au droit de grève.La principale recommandation du mémoire propose la remise à plus tard des discussions relatives au bill 54, à cause de l\u2019atmosphère qui les caractérise.L\u2019attitude des parties, estime l\u2019A.P.L, a plus d\u2019importance que tel ou tel texte de loi.Il lui paraît essentiel qu\u2019associa- AOÛT 1964 tions patronales et syndicales s\u2019entendent sur certains objectifs économiques et sociaux, faute de quoi nous n\u2019aurons que marchandage.Pour cette raison, elle croit que les syndicats et le patronat auraient dû relever le gouvernement de ses engagements vis-à-vis du Code du travail jusqu\u2019à ce que les parties se soient substantiellement entendues et que le texte d\u2019un Code complet ait pu être élaboré.Dans les circonstances présentes, un tel souhait est-il réalisable ?Le gouvernement s\u2019est tellement engagé qu\u2019il lui serait probablement difficile de reculer maintenant.En longue période, peut-on croire qu\u2019il soit possible d\u2019atteindre au degré de collaboration patronale-ouvrière que souhaite l\u2019A.P.L, non seulement dans l\u2019intérêt des employeurs, mais aussi dans celui des salariés, des syndicats et de la société en général ?Des expériences, tentées ailleurs ont donné d\u2019excellents résultats.Pour nous limiter au Canada, en Nouvelle-Écosse, patronat et syndicats se sont entendus, il y a deux ans, pour ne soumettre au gouvernement, sur les questions ouvrières, que des recommandations conjointes; jusqu\u2019ici ils ont tenu parole et semblent satisfaits de leurs efforts de rapprochement puisqu\u2019ils ont décidé de les poursuivre.Le Manitoba vient d\u2019engager une initiative semblable.Sur un plan plus restreint du point de vue industriel mais plus vaste géographiquement, l\u2019Association canadienne de la construction et un cartel des unions internationales du bâtiment ont présenté à divers gouvernements quelques mémoires conjoints; ils se proposent de continuer ainsi tant qu\u2019ils le pourront.Le Québec voudra-t-il, lui aussi, tenter l\u2019aventure, lui qui fut le seul, il y a déjà vingt ans, à créer un Conseil supérieur du travail, dont il espérait des fruits analogues?Le mémoire de l\u2019A.P.I.invite à une réorientation des relations patronales-ouvrières.L\u2019idéal qu\u2019il propose réclame deux conditions: sincérité et réalisme de part et d\u2019autre.221 Nationalisme, Biculturalisme, Mondialisme LE MONDIALISME Raymond BOURGAULT, S.J.Plutôt qu\u2019au schéma Dépendance-Indépendance-lnter-dépendance que certains affectionnent, nous avons eu recours, pour tenter de voir clair dans notre situation politique, à la triade Nationalisme-Biculturalisme-Mondialisme.La raison de ce choix est que l\u2019interdépendance n\u2019est pas le dernier terme d\u2019une série temporelle conditionnée où la position du troisième terme suppose celle des deux premiers, mais, d\u2019entrée de jeu, c\u2019est un des trois éléments, se conditionnant les uns les autres, d\u2019une structure déjà toute donnée au point de départ.C\u2019est toujours à l\u2019intérieur d\u2019une interdépendance d\u2019un certain type que les nations s\u2019efforcent d\u2019acquérir plus d\u2019autonomie et d\u2019être moins à la merci de décisions étrangères; inversement, cette progressive libération et automatisation modifie le type d\u2019interdépendance antérieur.La structure demeure, et aussi les relations entre les termes fondamentaux, seules les quantités changent: il y a plus ou moins de dépendance, d\u2019indépendance et d\u2019interdépendance.Un peuple anciennement colonisé ne devient indépendant que pour dépendre d\u2019un gouvernement nationaliste ou internationaliste, lequel peut être un parti unique fort peu libéral.Qui dira que Cuba, l\u2019Algérie ou le Congo sont aujourd\u2019hui plus indépendants qu\u2019autrefois ?Ils ont changé d\u2019allégeance; pour sûr, ils appartiennent à un autre type d\u2019interdépendance, mais ils sont toujours dépendants et, à certains égards, ils le sont plus qu\u2019auparavant.Quoi qu\u2019il en soit des cas particuliers, il y a certainement des mouvements indépendantistes dont le plus net résultat est d\u2019augmenter la dépendance réelle sous couvert d\u2019une indépendance nominale et mythique.Mieux vaut donc recourir à une terminologie qui conserve la vérité de ce schéma mais la dépasse et la clarifie.Comme tous les mots en is me désignent des mouvements, on pourra dire à peu près ceci: le nationalisme est un mouvement de tension par lequel un peuple maintient un juste équilibre entre la dépendance et l\u2019indépendance, le biculturalisme est un mouvement par lequel deux nations indépendantes consentent à dépendre l\u2019une de l\u2019autre, le mondialisme est un mouvement par lequel l\u2019idéal de l\u2019interdépendance de toutes les nations libres est concrètement poursuivi par un ou plusieurs des ensembles régionaux de nations.C\u2019est en fonction de ce dernier terme qu\u2019il nous semble nécessaire de penser le problème de la Confédération canadienne.Le biculturalisme franco-anglais est une limitation volontaire et provisoire du culturalisme, mais on peut rêver d\u2019un Canada, et partant d\u2019un Québec, pluriculturaliste, d\u2019une expérience historique dirigée et planifiée visant à faire de notre pays un mondialisme en miniature, un terrain d\u2019essai de la mondialité.Au lieu de chercher à réduire les différences dans l\u2019uniformité d\u2019un seul genre de vie (american way of life) et d\u2019une seule langue, on peut songer à intensifier les différences pour augmenter la probabilité des échanges.Le Canada est divisé en catholiques, protestants et incroyants, en Français, Anglais et Néo-Canadiens, en spiritualistes, rationalistes et matérialistes.Les totalitarismes, \u2014 étatiques, laïcisants ou intégristes, \u2014 pensent pouvoir refaire l\u2019unanimité par la violence en imposant d\u2019autorité une seule vision et volition du monde, une seule culture, une seule langue.Mais on peut être sûr à priori qu\u2019ils échoueront toujours à l\u2019obtenir de cette façon.Elle sera l\u2019œuvre d\u2019une nouvelle conception de l\u2019homme, d\u2019une nouvelle manière d\u2019envisager l\u2019histoire et d\u2019une nouvelle théorie de la communication, c\u2019est-à-dire d\u2019un pluralisme, d\u2019un pluriculturalisme et d\u2019un plurilinguisme.Ce sont les trois parties de cet article.Pluralisme Le pluralisme est l\u2019attitude par laquelle on accepte la pluralité des visions et volitions du monde.Cette attitude demande non seulement une conscience plus avertie de la valeur des autres, mais d\u2019abord une anthropologie adaptée à notre temps.La définition classique de l\u2019homme comme animal raisonnable n\u2019est plus tout à fait adéquate et ne correspond plus à toutes les données de notre expérience.Elle est faite du point de vue classificatoire de la biologie: il y a une espèce du genre animal dont la différence spécifique est la rationalité.Ce n\u2019est pas faux, mais, comme le système de Newton par rapport à celui d\u2019Einstein, c\u2019est moins vrai qu\u2019il ne convient désormais, parce que le contexte où figure cette définition n\u2019est plus ce qu\u2019il était.Quand les Anciens l\u2019ont conçue, elle occupait une place fort restreinte au sein d\u2019une vision du monde à la fois poétique et théologique où l\u2019homme était plus fréquemment comparé aux dieux qu\u2019aux animaux, et quand le monde antique commença de cesser de croire à ses mythes, le christianisme apparut qui relança la théologie et renchérit sur l\u2019anthropologie grecque en définissant l\u2019homme comme image du Dieu unique, créateur et sauveur.L\u2019homme était donc toujours un être à trois niveaux: animal-raisonnable-divinisé ou divinisable.Mais le monde occidental ayant cessé d\u2019être païen par le fait du christianisme, et d\u2019être chrétien par le fait de l\u2019athéisme, l\u2019homme a été aux yeux de beaucoup décapité de la dimension supérieure de son être, et il se résigne mal à n\u2019être qu\u2019un animal raisonnable: il veut être plus ou moins.Il en est résulté une diversification des visions du monde, les uns restant spiritualistes, d\u2019autres devenant rationalistes, d\u2019autres enfin penchant pour une forme ou l\u2019autre de matérialisme.Cet éventail de positions est un effet de l\u2019histoire occidentale où les facteurs déterminants ont été successivement les clercs au Moyen Âge, l\u2019intelligentsia à la Renaissance, le peuple depuis la Révolution française et surtout la Révolution russe.Mais, malgré certaines apparences, chacun de ces systèmes est axé sur un au-delà de la raison universelle et abstraite, qu\u2019on peut appeler l\u2019esprit, la liberté, la personne, le cœur, l\u2019existence, le Je.Même le marxisme, qui se donne 222 RELATIONS comme un matérialisme, ne se pense que comme dialectique et historique, c\u2019est-à-dire comme œuvre de raison et de liberté, de libre conformité à la nécessité et au sens de l\u2019histoire, et les marxistes récents s\u2019intéressent pour elles-mêmes aux superstructures que les maîtres dédaignaient.Les existentialistes découvrent au bout de l\u2019essence donnée (nature) ou pensée (raison) une existence librement voulue et inventée.La théologie protestante, à la suite de Karl Barth, prend ses distances vis-à-vis de toute théologie naturelle ou rationnelle pour établir plus nettement la spécificité et l\u2019originalité de la foi.Bien des théologiens catholiques font leur la définition de Karl Rahner selon laquelle l\u2019homme est un Geist in der Welt, un Esprit-dans-le-monde.Et certes il n\u2019y a pas qu\u2019une légère différence pour l\u2019homme à se penser d\u2019abord comme un être de la nature à quoi s\u2019ajoutent la raison puis quelque chose de supra-rationnel, ou à se penser d\u2019abord comme esprit ou liberté à qui la raison est donnée en partage avec d\u2019autres pour dominer ensemble et correctement la nature, bref à définir l\u2019homme à partir d\u2019en bas ou à partir d\u2019en haut.Dans le premier cas, on a le sentiment de pouvoir se passer de tout ce qui s\u2019ajoute à la raison et même à la nature, tandis que dans le second on est davantage disposé à comprendre qu\u2019il peut exister plusieurs façons d\u2019être spirituels et libres et qu\u2019en toute hypothèse la structure de l\u2019homme est tripartite et comprend trois niveaux auxquels on peut donner les noms de nature, raison, esprit.Là-dessus, matérialistes, rationalistes et spiritualistes devraient pouvoir travailler à s\u2019entendre, chacun acceptant que des spiritualités différentes existent et se développent dialectiquement (ou peut-être trialectiquement ?) en mettant l\u2019accent sur un aspect que les autres soulignent moins, et toutes s\u2019invitant ainsi réciproquement à redécouvrir la structure identique et à consentir aux formes et aux conditions de la liberté qui font l\u2019humanité.Pluriculturalisme Autrefois, à côté de l\u2019histoire nationale, était enseignée à travers les symboles bibliques l\u2019histoire universelle de l\u2019humanité.Or l\u2019histoire sainte a été supprimée en beaucoup de pays, mais elle n\u2019a pas encore été suffisamment remplacée, en sorte qu\u2019un déséquilibre s\u2019établit dans l\u2019esprit des jeunes par le fait d\u2019une attention excessive accordée aux amitiés et aux inimitiés de chaque nation avec ses voisines et par le fait d\u2019une espèce d\u2019accaparement orgueilleux de la préhistoire par les pays où se trouvent les champs de fouilles ou les équipes de fouilleurs.Pour faire l\u2019humanité, il faut reprendre la perspective historico-mondiale et redonner aux peuples primitifs ou sous-développés l\u2019attention qu\u2019ils méritent.Voici comment il nous semble que, dans le prolongement des réflexions qui précèdent, il est possible de justifier cette manière de voir.L\u2019essence de l\u2019homme a à la fois une structure et une genèse, et si, en un sens, l\u2019esprit a toujours été l\u2019un des éléments de la structure tripartite, en un autre sens il est vrai de dire qu\u2019il devra émerger toujours davantage pour que soit faite l\u2019humanité.La structure est donnée comme manière d\u2019être et de devoir-être, qui se déploie peu à peu dans l\u2019histoire à mesure que la nature se transmet et s\u2019augmente par génération, la raison par éducation, l\u2019esprit par aspiration.On peut poser en thèse qu\u2019il doit y avoir un parallélisme étroit entre la structure et la genèse, celle-ci AOÛT 1964 manifestant de plus en plus celle-là.L\u2019enfant et l\u2019humanité enfant doivent être proches de la nature, l\u2019adolescent et l\u2019humanité adolescente doivent être caractérisés par la raison critique, l\u2019adulte et l\u2019humanité adulte devraient être caractérisés par l\u2019esprit et la liberté.L\u2019expansion en trois temps de la société qui entoure l\u2019homme a provoqué par contrecoup le dégagement et l\u2019automatisation des sphères de plus en plus centrales de la personne.En effet, les sociétés primitives étaient et sont peut-être aussi rationnelles et spirituelles que les nôtres, \u2014 et c\u2019est pourquoi nous leur devons autant de respect qu\u2019aux sociétés évoluées.Mais, du moins au regard de l\u2019historien, elles laissent surtout voir leur proximité de la nature: beaucoup de temps est dévolu à la subsistance et peu à la connaissance, la recherche du pain quotidien limite le temps disponible pour celle de la vérité.On peut dire que chez elles, la nature, la raison et l\u2019esprit sont encore indifférenciés.Or, c\u2019est une des plus fondamentales lois de l\u2019histoire, non seulement humaine mais biologique déjà, que le passage du compact, du global, de l\u2019indistinct au dégagé, au spécialisé, au différencié, et de là à l\u2019intégré, à l\u2019unifié, au totalisé.Chez les primitifs, il y a bien une certaine division du travail selon les sexes et les âges, mais il n\u2019y a pas de spécialistes à plein temps ni beaucoup de langues spéciales.Les spécialisations sont apparues en grand nombre surtout à partir du Néolithique et du Bronze, et ce sont elles qui ont préparé et forcé la réflexion sur les différences et provoqué ainsi l\u2019émergence d\u2019une raison critique, d\u2019un logos, et de langues spéciales, dont l\u2019impact sur le langage mythique traditionnel où le mot était mal distingué de la chose a été tel qu\u2019il a démantelé la vision primitive du monde, et contraint les hommes « dissociés » à entreprendre des essais divers pour se refaire une raison de vivre.Ces essais couvrent une période d\u2019un peu plus de deux mille ans, qui est celle de l\u2019histoire occidentale et des grandes civilisations d\u2019Asie.Enfin, les esprits les plus avertis de l\u2019humanité en voie de planétarisation, se rendent compte que la raison est inapte à faire seule l\u2019intégration.Car la raison impériale ratiocine, distingue, spécialise à l\u2019infini et divise pour mieux régner, mais elle domine sur des pièces détachées qui sont des casse-tête.Cependant l\u2019immense accumulation de connaissances et d\u2019habitudes rationnelles dont le rythme ne cesse de croître, n\u2019offre pas qu\u2019un bilan négatif.L\u2019expérience historique multiforme de ces deux millénaires avec toutes ses sédimentations culturelles distinctes était sans doute nécessaire pour qu\u2019émerge un système supérieur où c\u2019est une volonté d\u2019union qui serait l\u2019opérateur de développement, et l\u2019humanité qui serait l\u2019objet de sa dévotion.La nature a fait les familles et les tribus, la raison légiférante a fait les cités et les nations, l\u2019esprit fera l\u2019humanité.On s\u2019aime naturellement dans une communauté primitive entre parents et enfants, frères et sœurs et entre contribules en général; l\u2019amitié entre les membres d\u2019une grande cité ou d\u2019une nation est beaucoup plus réfléchie et exige davantage d\u2019être protégée par les lois et favorisée par un système rationnel de communications; mais entre les individus et les collectivités de la terre, que l\u2019histoire a faits si différents et où les supériorités et les infériorités réelles ou supposées sont des complexes en grande partie irrationnels, il n\u2019y a que la charité qui puisse obtenir l\u2019unité et la communion spirituelle.Ainsi donc, aujourd\u2019hui doit émerger de façon explicite l\u2019esprit de charité et de dévouement par lequel le plus grand 223 nombre possible de ceux à qui l\u2019histoire a donné des supériorités se consacrent librement à élever les petits.L\u2019Évangile nous a prévenus que ce qui serait caractéristique des « derniers temps » serait le soin des pauvres.Ce sera caractéristique parce que ce sera devenu une nécessité vitale pour l\u2019espèce.Car s\u2019il y a des contextes sociologiques où l\u2019infériorité reste supportable, il paraît bien que celui des temps nouveaux exigera de plus en plus l\u2019égalité comme condition préalable de la liberté et de la fraternité.D\u2019autre part, c\u2019est souvent chez les petits et les faibles que se trouvent les plus hautes potentialités spirituelles: conscients de leur faiblesse, ils sont plus disposés que les riches à faire appel et à s\u2019ouvrir à l\u2019action de la Toute-Puissance; or c\u2019est cette ouverture, cette détente active, cette espérance contre toute espérance qui est sans doute la plus grande force de l\u2019histoire.Et l\u2019on a compris que c\u2019est ici que se situent, \u2014 avec les arriérés, les enfants, les femmes, les malades, les vieillards, les prolétaires, les paysans, \u2014- toutes les minorités de la terre.De même que c\u2019est en se dévouant à transmettre la culture et la liberté aux jeunes qui leur survivront pour continuer l\u2019aventure humaine, que les adultes conservent la joie de vivre, de même, en ce temps où l\u2019humanité est acculée à devenir adulte ou à régresser de façon morbide, les peuples avancés ne garderont ou se retrouveront le goût de vivre que s\u2019ils décident de consacrer le plus gros de leurs énergies, non pas à laisser grandir les grands, mais à s\u2019occuper des pauvres.Car il y aura toujours des pauvres parmi nous, et les peuples adultes sont ceux qui décideront d\u2019être pluriculturalistes et de protéger comme la prunelle de leurs yeux les valeurs de petits groupes humains qui sont viables ou à qui ils permettront le plus possible de le devenir.Plurilinguisme Si nous avons raison avec beaucoup d\u2019autres de soutenir que l\u2019unilinguisme doit être imposé sur tout le territoire national du Québec comme il l\u2019est sur celui des autres provinces, et que, cependant, le Québec devrait maintenir sa politique biculturaliste et laisser les Anglo-Québécois développer leurs institutions et leur langue, et si, d\u2019autre part, nous avons raison de rêver pour le Canada d\u2019une grande aventure ou entreprise politique de type pluriculturaliste, en laissant chaque nationalité viable garder sa langue et même en invitant et en aidant les nationalités à développer leur propre culture, il semble que, pour ce qui est du problème de la langue au plan fédéral ou interprovincial, il nous faille conclure, non pas à l\u2019unilinguisme ni au bilinguisme, mais au plurilinguisme.Tant au parlement fédéral que dans les relations entre les provinces ou les États nationaux actuels ou futurs, toutes les langues nationales autorisées devraient être officielles et respectées.Nous consacrerons cette dernière partie à justifier cette proposition et à réfuter quelques raisons qu\u2019on pourrait alléguer à l\u2019encontre.Il est fort peu probable que l\u2019anglais devienne jamais «la » langue internationale de communication: ni les Français, ni les Allemands, ni les Espagnols, ni les Russes, ni les Chinois, ni les Japonais, ni les Arabes ne le permettront.La suprématie actuelle des Anglo-Saxons peut prêter à illusion.Mais l\u2019histoire montre que bien des langues impériales ont disparu à tout jamais.Il faut si peu de choses pour ébranler un État, asservir ses habitants et tarir les sources de sa créativité: un grand échec militaire, la destruction des bibliothèques et des universités, la déportation des élites et leur remplacement par des colons et des fonctionnaires du nouvel empire.Ainsi faisait autrefois l\u2019Assyrie.Ceci soit dit, non parce qu\u2019on désire la disparition de la langue anglaise: on lui souhaite plutôt longue vie, car le monde libre repose pour une large part sur la créativité anglo-saxonne.Mais il convient aux Anglo-Canadiens de ne pas trop faire fond sur des valeurs caduques: leur grandeur n\u2019est pas liée à la suprématie de leur langue, mais peut-être bien à leur capacité de parler d\u2019autres langues et d\u2019être bien aises que d\u2019autres langues soient parlées.Il conviendrait même que les anglophones d\u2019Amérique du Nord cessent de croire que tout irait mieux si tout le monde ici consentait à parler une seule langue, la leur évidemment, celle du peuple supérieur! Il ne faudrait même pas qu\u2019ils pensent que ce serait plus pratique, car il se pourrait bien que sous peu l\u2019efficacité change de sens.Ne pense-t-on pas communément que l\u2019une des raisons des échecs des Américains et des succès des Russes auprès des pays en voie de développement se trouve en ce fait que les résidents étrangers des premiers, au contraire des seconds, ne parlent pas la langue des pays auxquels ils viennent en aide ?Ceux qui sont supérieurs ne doivent pas laisser paraître leur supériorité et ils doivent même se faire les serviteurs de ceux qu\u2019ils servent.Le temps est peut-être venu où ce précepte évangélique deviendra économiquement et politiquement pratique.On n\u2019aime les bienfaiteurs que s\u2019ils se rendent aimables en respectant la susceptibilité naturelle de ceux qui sont les bénéficiaires obligés de leurs largesses.Ainsi, au Québec, les Anglo-Canadiens ne concourront à la bonne entente que s\u2019ils accélèrent l\u2019habitude que certains d\u2019entre eux ont prise de nous faire la politesse de parler notre langue.Généralement parlant, pour réaliser l\u2019unité du monde, point n\u2019est nécessaire que soit réalisée l\u2019unité de langue.C\u2019est désormais en plus d\u2019un sens qu\u2019on peut dire que les hommes de différentes langues entendent la même parole.Depuis longtemps, les chrétiens se réjouissaient qu'un même Verbe fût prêché et entendu dans toutes les nations.Mais il y a plus désormais.La science elle-même est devenue internationale, et ce qui a été formulé quelque part en une langue peut être reformulé adéquatement et presque immédiatement en n\u2019importe quelle autre, et le temps semble proche où les machines à traduire accompliront presque seules le plus gros de ce travail fastidieux.La traduction simultanée pratiquée dans les grandes assemblées internationales donne aux spectateurs-auditeurs l\u2019impression d\u2019entendre, chacun dans sa langue, les discours des orateurs, qui évoluent sur la tribune.Des groupes organisés peuvent avec un guide-interprète parlant la langue des voyageurs traverser et visiter n\u2019importe quel pays du monde et même converser avec ses habitants.Le cinéma et surtout la télévision par satellites diffusent et diffuseront de plus en plus, un univers d\u2019images, de gestes et de sons qui deviendra un langage universellement intelligible.On peut aller plus loin encore.Le langage est une notion analogique: il y a la langue des symboles, la langue des mots, et la langue des chiffres.Le progrès du langage se fait comme le reste par différenciation: ainsi les mots sont des spécialisations qui ont émergé et qui émergent toujours à l\u2019intérieur d\u2019un langage symbolique plus fondamental, plus primitif et plus universel, et le langage mathématique est 224 RELATIONS issu plus récemment encore du langage des mots.De ces diversifications du langage, il n\u2019y a pas d\u2019unification ou d'intégration naturelle ni rationnelle: c\u2019est affaire d\u2019esprit, de liberté, d\u2019engagement personnel, de volonté d\u2019intégration par chacun des sujets parlants de plus ou moins de moyens de parler les langues de l\u2019être: c\u2019est-à-dire le langage mathématique par lequel on connaît scientifiquement la nature, le langage linguistique par lequel on communique avec les hommes, le langage symbolique par lequel on converse avec l'Esprit et les esprits.L\u2019histoire ne va donc pas dans le sens d\u2019une simplification du langage, mais dans le sens de la simplicité du Verbe diversement présent dans la complexité des langues et des paroles par lesquelles l\u2019humanité adulte s'applique à mener l\u2019expérience et l\u2019aventure humaines à son terme et à sa perfection.Nous pouvons conclure.Premièrement: chaque nation doit pouvoir parler et entendre parler sa langue sur son territoire national.Deuxièmement, chaque nation ou chaque ensemble régional de nations devrait considérer la possibilité de favoriser la maturation des minorités qui sont viables sur le territoire national ou fédéral.Troisièmement, les personnes affectées à toutes les fonctions publiques sur tout le territoire fédéral devraient être choisies parmi les citoyens les plus doués pour se montrer aimables envers toutes les nationalités et pour parler les langues admises dans la Confédération, et elles devraient être soumises à des examens périodiques et à des cours de perfectionnement.Si des dispo- sitions étaient prises très bientôt en ce sens, le problème du séparatisme québécois serait résolu et l\u2019actuelle fermentation de notre province qui force la Confédération à se repenser aurait été l\u2019occasion bienheureuse d\u2019une maturation politique exemplaire pour tout le Canada, l\u2019acheminant peut-être plus rapidement que d\u2019autres vers les structures et les attitudes requises par la mondialité.Nous laissons aux juristes et aux hommes politiques le soin et le souci de définir les conditions concrètes et les étapes selon lesquelles pareille utopie pourrait être réalisée, et nous ferons une seule recommandation à la Commission Laurendeau-Dunton, à savoir de mettre nos gens en garde contre toute conception moniste de l\u2019esprit.Car il y a trois manières principales pour l\u2019esprit de s\u2019instituer, de s\u2019incarner, de s\u2019investir dans la réalité: il peut promouvoir le travail sur la nature par les États, la communication entre les hommes par les Écoles, l\u2019ouverture sur l\u2019Esprit, réduplicativement, par les Églises.C\u2019est à toutes ces puissances qu\u2019il faudra faire appel pour que le plus grand nombre possible de citoyens se mettent le plus tôt possible à travailler à l\u2019avènement d\u2019un Canada pluriculturaliste et mondialiste.Et il faudra faire comprendre aux agnostiques eux-mêmes que point n\u2019est besoin pour cela de croire à l\u2019Église et à l\u2019Esprit-Saint: il suffit d\u2019avoir une mentalité pluraliste, de faire confiance aux autres hommes autant qu\u2019à soi, et d\u2019être bien aises que certains soient mus au service du prochain par leur foi au Dieu qui unifie les hommes par-delà toutes les différences, y comprise celle qui semble séparer les vivants et les morts.LA RÉGULATION DES NAISSANCES\u2014 VII Pilules ou muitrise de soi?Des articles précédents il ressort que la sexualité évoque un ordre de valeurs dont le respect a la plus grande influence sur la santé, la perfection et le bonheur de la personne humaine.Il appert également que ce respect tient à une éducation capable de favoriser norTseulement la connaissance des caractères propres au sexe, mais la maîtrise des impulsions, désirs et sensations connexes à l\u2019exercice de la fonction sexuelle.Sans cette maîtrise, on parle en vain d\u2019équilibre psychologique, d\u2019amour, de vertu, d\u2019épanouissement personnel ou conjugal.Sans cette maîtrise, on cède aisément soit à l\u2019intempérance infra-humaine, soit à la barbarie inhumaine.Ne cherchons pas d\u2019autre raison à la rigueur avec laquelle l'Église catholique, maîtresse infaillible du droit naturel et Mère des vivants, repousse tout système qui aboutit à légitimer le meurtre ou à célébrer le triomphe des instincts.Elle s\u2019oppose et elle s\u2019opposera toujours à l'avortement direct; |elle s\u2019oppose et elle s\u2019opposera toujours aux artifices destinés soit à fausser l\u2019acte conjugal, que la nature ordonne à la procréation, soit à perturber AOÛT 1964 Joseph d'ANJOU, S.J.le cours normal de la fonction sexuelle, à seule fin de faciliter la jouissance liée à son exercice.( * «Tu ne tueras point », commande le décalogue.Dieu seul a tout pouvoir sur la vie humaine.Nul autre.Dès le sein de sa mère, le fœtus qui vit a une âme spirituelle, créée par Dieu.Aucune indication humaine ne justifie un assaut direct contre cette vie innocente, dont l\u2019existence dépend du Créateur.La mort accidentelle ou indirecte (même prévue comme certaine) d\u2019un fœtus, par suite d\u2019un traitement nécessaire à la guérison de la mère malade \u2014 la grossesse n\u2019est pas une maladie, mais une gloire \u2014 ne ressemble nullement à un meurtre voulu pour lui-même.On renonce au titre de civilisé si on approuve l\u2019avortement, assassinat d\u2019un être humain sans défense, sur l\u2019avenir duquel Dieu seul possède un empire souverain: crime que ne compense ni n\u2019atténue une prétendue pitié soit pour la mère en danger, soit pour l\u2019enfant exposé au malheur.Notion relative et réalité imprévisible, le malheur ne ré- 225 suite pas nécessairement de l\u2019infirmité ou de la misère.Et qui peut prédire le sort futur d\u2019un bébé?Quant à la maternité volontaire, elle suppose l\u2019acceptation des risques inhérents à sa grandeur.La maternité involontaire (à la suite d\u2019un viol) n\u2019abolit pas le souverain domaine de Dieu, contre lequel protestent en vain nos sensibilités, égoïstes ou désintéressés, peu importe L * Saint Thomas compare à l\u2019avortement le refus artificiel de la conception.11 y a, en effet, analogie entre la suppression directe d\u2019une vie qu\u2019a suscitée l\u2019exercice de la faculté générative et l\u2019action qui vise expressément à détourner cet exercice de produire la vie.Quelque méthode ou moyen qu\u2019on utilise.N\u2019en déplaise à l\u2019Association canadienne des médecins, dont l\u2019opinion contraire renie la fin même de la médecine, science et art voués à la protection de la vie, et manifeste une triste arriération psychologique et morale, au moment même où l\u2019on prétend marcher dans le « vent du progrès » (le Devoir, vendredi, 26 juin 1964, p.13).N\u2019en déplaise aussi à certaine mère de famille dont un journal « catholique », dans sa page confiée à une autre mère de famille, recommande l\u2019ouvrage récent, rempli de détails relatifs aux procédés les plus efficacement anticonceptionnels; l\u2019auteur omet, cependant (ignorance ou mauvaise foi ?), d\u2019exposer la valeur morale et l\u2019efficacité de la continence fondée sur la maîtrise de soi et sur la connaissance expérimentale de la physiologie féminine.Je ne pense pas qu\u2019on puisse excuser pareilles aberrations, encore que la confusion des idées, aggravée par celle du langage, les explique en partie.Par le terme de « régulation des naissances », l\u2019Église enseigne que la procréation se subordonne à l\u2019éducation; il ne convient donc pas à un couple de mettre au monde plus d\u2019enfants qu\u2019il n\u2019en peut élever décemment.Mais elle ne confond pas les manières de limiter la fécondité du foyer.Pour ses adversaires, birth control, dont la traduction par « contrôle des naissances » constitue un grossier anglicisme, signifie toute façon de limiter cette fécondité.Et ils refusent de voir la différence qui existe entre intervenir artificiellement dans l\u2019exercie de la fonction procréatrice et user du droit conjugal conformément à la nature de cette fonction et à l\u2019ordre qui impose de mesurer sa fécondité à ses capacités éducatives.Bref, l\u2019Église ne s\u2019arroge pas le droit de gauchir l\u2019orientation naturelle d\u2019une fonction qui a Dieu pour auteur; elle applique à l\u2019exercice de cette fonction la loi de prudence qui dirige tous nos actes.Par le fait même, elle prône la maîtrise de l\u2019esprit sur les instincts, le primat de l\u2019amour et de la sainteté sur l\u2019égoïsme et la lâcheté.Les autres ne semblent pas apercevoir que, pour citer le mot cruel d\u2019un humoriste, le birth control équivaut à refuser birth and control : et les naissances et la maîtrise de soi.L\u2019expérience démontre que la diffusion des pratiques anticonceptionnelles n\u2019a pas réduit le nombre des avortements, comme on le laissait espérer.Qui se moque de la 1.\tOn pourrait multiplier les références, vu l\u2019actualité du problème, après le scandale du procès de Liège.Qu\u2019on lise, au moins, du Dr Paul Chauchard, le Respect de la vie, coll.« Beauchesne », n° 2, Paris, Beauchesne, 1963, 207 pp., 17.5 cm.vie à naître méprise facilement la vie déjà créée.L\u2019acceptation des charges de la fécondité ne pose pas de problèmes au couple habitué à la maîtrise des impulsions sexuelles.Au contraire, les époux qui ne savent pas dépasser le plan de la jouissance ou bien n\u2019hésiteront pas à détruire une vie qui dérange leurs calculs, ou bien prostitueront l\u2019amour.Ét très peu, s\u2019il y en a, se remettent du trouble qui les affecte psychologiquement après un attentat contre leur enfant.Moins grave, sans doute, la fraude sexuelle entraîne aussi un abaissement du sens moral et un profond sentiment de culpabilité, sans parler des maux physiques auxquels la femme surtout et même l\u2019homme échappent rarement.On ne s\u2019attaque pas à la nature sans subir de durs contrecoups.* Les inconvénients de la maîtrise de soi, dans un régime de tendresse accommodé au rythme de la physiologie féminine, apparaissent insignifiants aux couples qui s\u2019aiment vraiment.Bien plus, l\u2019ascèse que prescrit ce régime maintient l\u2019amour à un haut degré de ferveur spirituelle et morale.« Ce que j\u2019aime dans l\u2019amour, disait la jeune femme d\u2019un époux viril et fidèle, c\u2019est l\u2019amour », c\u2019est-à-dire un épanouissement de l\u2019affection sans laquelle le mariage tourne à la simple cohabitation ou à l\u2019esclavage.Le droit spécifique des époux, joint au devoir de procréer avec prudence, réclame évidemment la maîtrise de soi, condition même de l\u2019amour, de la perfection et du bonheur.On le devine d\u2019emblée; l\u2019expérience le confirme.11 suffit d\u2019écouter les époux qu\u2019avait détraqués une procréation irréfléchie ou le débridement d\u2019instincts réfractaires à l\u2019acceptation des responsabilités familiales 2.On a donc tort d\u2019imaginer que la morale nuit à ce qu\u2019on appelle « la spontanéité de l\u2019amour » entre époux.Car, d\u2019abord, de quelle sorte d\u2019amour parle-t-on ?S\u2019il s\u2019agit des platitudes sensuelles que, sous couvert d\u2019amour, vantent romans et chansons, farces et entretiens d\u2019usine ou de restaurant, bien sûr, la morale n\u2019y encourage point.Or, la spontanéité du désir instinctif caractérise l\u2019animal, non la personne humaine.Le Dr Paul Chauchard dirait que cette spontanéité a pour siège le cerveau inférieur (hypothalamus), plus développé chez l\u2019animal que chez l\u2019homme.L\u2019hypothalamus humain est soumis au cerveau préfrontal (cortex), organe des conduites spirituelles et morales.Libre à chacun de placer sa spontanéité et ses amours sous l\u2019empire de l\u2019hypothalamus: il s\u2019établit au niveau de l\u2019animalité et n\u2019accède pas à la plénitude humaine.C\u2019est le développement du cortex cérébral qui permet la maîtrise des appétits de plaisir, aussi bien que la maîtrise de la douleur, comme dans l\u2019accouchement, par exemple.Tout homme dont le cerveau n\u2019a pas perdu son intégrité physique a ce qu\u2019il faut pour « devenir ce qu\u2019il est »: une personne libre, maîtresse de ses instincts, pourvu qu\u2019il consente à se discipliner volontairement3.La vraie spontanéité humaine 2.\tA ce propos, qu\u2019on lise l\u2019ouvrage du Dr J.Férin et de l\u2019abbé G.Ponteville, Amour et Fécondité, Tournai, Belgique (ou Montréal), 1963, 168 pp., 19 cm.3.\tOn peut lire, ici, les deux ouvrages du Dr Paul Chauchard: Apprendre à aimer, Paris, Fayard, 1963, 207 pp., 19.5 cm., et la Maîtrise de soi, coll.« Psychologie et sciences humaines », Bruxelles, Dessart, 1963, 226 pp., 18.5 cm.226 RELATIONS coïncide avec la liberté; et celle-ci, avec la maîtrise que l\u2019esprit exerce sur les instincts liés à la chair (les anges n\u2019ont pas d\u2019instincts, les animaux n\u2019ont que des instincts).Or, même la loi de l\u2019instinct n\u2019implique pas, pour chaque animal, la nécessité de l\u2019accouplement.Entre l\u2019instinct qui porte l\u2019individu à se garder en vie et celui qui le porte à se reproduire, il y a une différence fondamentale.Vous menacez l\u2019existence de l\u2019animal en l\u2019empêchant de satisfaire le premier, non en le privant de mettre en œuvre le second.« Si l\u2019on empêche une chienne.d\u2019avoir des rapports sexuels et d\u2019être fécondée, elle n\u2019en continue pas moins à vivre et ne manifeste aucun trouble de santé 4.» A plus forte raison, l\u2019être humain, homme ou femme, marié ou non, peut-il librement se passer d\u2019accomplissement génital.Prétendre le contraire, dans tel cas particulier, c\u2019est affirmer qu\u2019on a affaire à un malade (qui s\u2019ignore le plus souvent); il a besoin d\u2019un traitement qui le libère d\u2019une obsession déshumanisante.On peut avoir admis ce principe indiscutable et cependant céder à la tentation, commettre un péché contre la chasteté.On agit alors en pécheur.Qu\u2019on ait la loyauté de le reconnaître.Qui n\u2019est pécheur ?Qui n\u2019a jamais de fautes à se reprocher, sexuelles ou autres?Avouer sa condition de pécheur et ses faiblesses: les accuser, non les excuser; voilà le devoir et la noblesse, si on ne se résigne jamais passivement à ses écarts.Humilité essentielle, condition du secours promis par le Seigneur.L\u2019illusion ne consiste pas à croire qu\u2019on peut, avec la grâce, vaincre le péché, mais à penser que, par fausse miséricorde, l\u2019Église va autoriser des actes immoraux, ou que, par ses recherches, la science va modifier la nature humaine, dans un sens plus ou moins animalisant.On n\u2019obtiendra jamais de la science qu\u2019elle change la nature, mais qu\u2019elle en découvre les secrets.L\u2019Église, elle, ne reniera jamais Jésus-Christ, ni l\u2019autorité absolue de son exemple comme de sa parole.Or, le Christ est vierge, sa mère et le mari de sa mère aussi.Et l\u2019Église infaillible les exalte tous les trois comme modèles de la perfection à laquelle nous devons tendre, selon notre vocation et les grâces qu\u2019elle comporte.Son infaillibilité préserve l\u2019Église de proposer des exemples ou des doctrines contraires aux exigences essentielles de la nature humaine.* Alors, la directive de Pie XII, confirmée par Paul VI, ne risque guère de paraître un jour démodée, car elle formule un principe général.A Pie XII on avait demandé: Est-il licite d\u2019empêcher l\u2019ovulation au moyen de pilules utilisées comme remèdes aux réactions exagérées de l\u2019utérus et de l\u2019organisme, quoique ce médicament, en empêchant l\u2019ovulation, rende aussi impossible la fécondation ?Est-ce permis à la femme mariée qui, malgré cette stérilité temporaire, désire avoir des relations avec son mari ?Dans son discours aux membres du congrès d'hématologie, le 12 septembre 1958, Pie XII déclara: La réponse dépend de l\u2019intention de la personne.Si la femme prend ce médicament non pas en vue d'empêcher la conception, mais uniquement sur avis du médecin, comme un remède néces- 4.Marc Oraison (docteur en médecine et en théologie): Savoir aimer, coll.« Jalons », Paris, Fayard, 1963, p.31.AOÛT 1964 saire à cause d\u2019une maladie de l\u2019utérus ou de l\u2019organisme, elle provoque une stérilisation indirecte, qui reste permise selon le principe général des actions à double effet.Mais on provoque une stérilisation directe, et donc illicite, lorsqu\u2019on arrête l\u2019ovulation afin de préserver l\u2019utérus et l\u2019organisme des conséquences d\u2019une grossesse, qu\u2019il n'est pas capable de supporter.Le principe n\u2019offre aucune ambiguïté: on agit moralement lorsqu\u2019on soigne une maladie ou qu\u2019on corrige un désordre (organique ou psychique) par une médication efficace (remède); on n\u2019agit pas moralement lorsqu\u2019on perturbe une fonction saine, à seule fin de se procurer le plaisir et d\u2019éviter les responsabilités qui accompagnent l\u2019exercice de cette fonction.C\u2019est de ce principe, n\u2019en doutons pas, que le concile déduira le jugement, favorable ou non, à porter sur les pilules dont on parle tant, une fois connu avec certitude leur effet sur l\u2019organisme humain.Ainsi, l\u2019enseignement de Pie XI, que son successeur immédiat a solennellement repris à son compte, conserve et conservera toujours son autorité.Aucune raison,.si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre nature devienne conforme à la nature et honnête.Puisque l\u2019acfi du mariage est, par sa nature même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l\u2019accomplissant, s\u2019applique délibérément à lui enlever sa force et son efficacité agissent contre la nature; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête.(Casti connubii, par.55.) * Terminons cet article par une iemarque du P.Bernard Simonnet, S.J., aumônier de la Conférence Laënnec, à Paris.L\u2019Église et, avec elle, la morale ne condamnent pas la technique (le « progrès », clament les naïfs), mais la méconnaissance et la violation de la nature.Il est grotesque, par exemple, de comparer, comme on le fait parfois, cape cervicale et thermomètre: où est, dit-on, la différence ?Mais c\u2019est là jouer sur l\u2019amphibologie du mot, car, dans le premier cas, il s\u2019agit d\u2019un moyen d'intervention directe qui perturbe les processus de fécondation; dans l\u2019autre cas, d\u2019un moyen de connaissance du cycle physiologique féminin, en fonction de laquelle les époux décideront librement de leur conduite 5.11 y aurait beaucoup à dire encore.Et plus encore à faire, à défaire, à refaire, pour résoudre le problème douloureux et scandaleux qui nous occupe.Notons tout de suite que la solution ne se trouve pas dans le projet soumis à ses membres par l\u2019Association canadienne des médecins, lors de son congrès tenu à Vancouver.On y préconise « l\u2019initiation sexuelle dans les écoles, pendant les cours d\u2019hygiène dispensés par des médecins » (le Devoir, samedi, 27 juin 1964, p.5).Les médecins devraient se soucier d\u2019abord d\u2019étudier ailleurs que dans les cliniques pathologiques la sexologie humaine, afin d\u2019en découvrir les aspects psychologiques et moraux.Ensuite, leurs cours, fondés sur la pensée infaillible de l\u2019Église et complétés par des leçons compétentes de pastorale, s\u2019adresseraient non aux écoliers, mais aux parents, de qui relèvent avant tout autre l\u2019éducation et l\u2019information sexuelles des enfants.5.« Réflexions sur l\u2019enseignement de l\u2019Église », dans Centre d\u2019Études Laënnec: La Régulation des naissances, Paris, Lethielleux, 1961, pp.153-171.Tout l'ouvrage est à lire.227 LE CONGRÈS DU C.T.C.\u2014 Il L\u2019autonomie provinciale dans le mouvement syndical canadien Gérard HÉBERT, S.J.Dans un précédent article (Relations, juin 1964, pp.175-177), rédigé à la suite de la cinquième assemblée générale que le Congrès du travail du Canada a tenue, à Montréal, en avril dernier, nous avons considéré l\u2019autonomie du mouvement syndical canadien: autonomie du C.T.C.lui-même et autonomie des succursales locales des unions internationales au Canada.Vu la nature fédérative de l\u2019État canadien, il se pose un autre problème d\u2019autonomie à l\u2019intérieur même du C.T.C., l\u2019autonomie du mouvement syndical dans les provinces par rapport à l\u2019organisme fédéral.Tout comme dans le cas des relations entre les autorités provinciales et le gouvernement fédéral, les difficultés entre les fédérations provinciales syndicales et le C.T.C.sont plus vives au Québec que dans les autres provinces.Divers événements de l\u2019assemblée d\u2019avril ont manifesté à la fois la détermination du groupe québécois et sa faiblesse relative vis-à-vis du reste du Congrès: par exemple, sa participation réduite à l\u2019assemblée elle-même, l\u2019absence de discussion sur les questions de biculturalisme et de bilinguisme, le rejet d\u2019une importante résolution qu\u2019avait présentée la Fédération des travailleurs du Québec touchant les modes d\u2019affiliation des succursales locales au C.T.C.et à la F.T.Q.Présence du Québec à Fassemblée Plus d\u2019un journaliste a souligné le silence des délégués du Québec au cours de l\u2019assemblée générale.Ils n\u2019étaient pas absents, toutefois.Numériquement, la délégation québécoise représentait environ 20% du nombre total des participants, alors que celle de l\u2019Ontario approchait de 50%.La différence s\u2019explique, en majeure partie, par la présence, au Québec, d\u2019une autre centrale syndicale, la Confédération des syndicats nationaux; par contre, en Ontario, seules les unions indépendantes ne sont pas affiliées au C.T.C.Ce chiffre de 20% correspond à peu près aux effectifs du C.T.C.dans la province de Québec, 235,000, sur 1,100,000 syndiqués canadiens affiliés au C.T.C.Il serait inexact de dire que le Québec n\u2019a joué aucun rôle à l\u2019assemblée générale de 1964.D\u2019abord, dans la préparation du congrès: près de 50 résolutions (sur un peu plus de 350) avaient été soumises par la Fédération des travailleurs du Québec, le Conseil du travail de Montréal et deux ou trois succursales locales québécoises d\u2019unions particulières.Quelques-unes de ces résolutions portaient sur le caractère biethnique du Canada et du mouvement ouvrier canadien.La résolution relative au bilinguisme dans l\u2019ensemble du pays fut reprise par le Comité des résolutions générales; tout en en conservant l\u2019esprit, celui-ci lui a donné une forme plus élaborée.Dans sa nouvelle teneur la résolution demandait que l\u2019assemblée du C.T.C.favorise: a)\tla reconnaissance pour tous les Canadiens de langue française et de langue anglaise de toutes les provinces, du droit d\u2019accès à leur langue et à leur culture; b)\tl\u2019égalité des chances, pour tous les Canadiens de langue française et de langue anglaise, au sein de la fonction publique fédérale; et c)\tla tenue d\u2019une conférence constitutionnelle en vue de rajeunir la Constitution, de répartir les revenus fiscaux et de reviser les pratiques politiques du Canada; d)\tl\u2019organisation d\u2019une campagne, parmi les syndiqués canadiens des deux langues, en vue d\u2019assurer l\u2019égalité des chances et des revenus pour tous les Canadiens, sans égard à la région, à la langue ou à la culture.Dans un autre projet de résolution, le Conseil du travail de Montréal demandait que toutes les publications du C.T.C., qu\u2019elles soient expédiées à Vancouver, Toronto, Halifax ou Montréal, soient imprimées ou polycopiées en français et en anglais; de fait, selon le dernier attendu de la résolution, beaucoup de publications du Congrès seraient imprimées ou polycopiées en anglais seulement.Le Comité des résolutions a proposé une formule plus polie, mais sûrement moins ferme: Il est résolu de féliciter le Congrès d\u2019avoir fait pleinement droit à nos deux langues officielles; Il est en outre résolu de lui témoigner notre appréciation pour les progrès accomplis dans l\u2019impression des textes dans les deux langues; et Il est en outre résolu d\u2019inviter instamment le Congrès à poursuivre l\u2019application intégrale de cette politique.Malheureusement, faute de temps, l\u2019assemblée n\u2019a pu discuter ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces deux résolutions.Notons, cependant, que tous les documents publiés à l\u2019occasion du congrès de Montréal étaient intégralement bilingues et qu\u2019ils paraissaient simultanément dans les deux langues.La délégation du Québec a obtenu une victoire peu banale, bien que sur un point secondaire.Le conseil exécutif du C.T.C.recommandait que le nombre des vice-présidents généraux soit porté de 4 à 5.Semblable recommandation avait été soumise au congrès de 1962; le groupe québécois s\u2019y était alors opposé, avec des délégués d\u2019autres régions du pays: il faut une raison d\u2019ordre objectif, disait-on, pour justifier la création d\u2019une nouvelle vice-présidence; le désir de rendre hommage même à un homme très méritant n\u2019y saurait suffire.Dans cette perspective, les délégués du Québec auraient peut-être accepté, cette fois, une nouvelle vice-présidence, si on avait convenu de l\u2019accorder à un Canadien français représentant explicitement le groupe canadien-français dans le C.T.C.Comme tel n\u2019était pas le cas, ils s\u2019y opposèrent fermement et, grâce à l\u2019appui d\u2019autres délégués \u2014 agissant vraisemblablement pour d\u2019autres raisons \u2014 obtinrent ce résultat assez extraordinaire que l\u2019assemblée générale rejette une recommandation du conseil exécutif.228 RELATIONS Il reste, dans l\u2019ensemble, que les représentants québécois ont été très peu loquaces.De fait, les chefs d\u2019unions affiliées au C.T.C.dans le Québec paraissent avoir tendance à perdre intérêt dans le mouvement fédéral pour concentrer leurs énergies et leurs activités autour de leur fédération provinciale, la Fédération des travailleurs du Québec.C\u2019est qu\u2019on retrouve à l\u2019intérieur du C.T.C.des problèmes analogues à ceux qui se posent dans les relations fédérales-provinciales sur le plan politique et dans la vie économique.Problèmes de relations « fédérales-provinciales )) Quand M.Claude Jodoin appelle l\u2019assemblée générale du C.T.C.« le Parlement du travail », sa comparaison va peut-être plus loin qu\u2019il ne pense.Comme à Ottawa, les délégués canadiens-français y font face à un dilemme: s\u2019ils parlent anglais, ils renoncent à s\u2019afficher comme Canadiens français et perdent une occasion exceptionnelle d\u2019affirmer le fait français aux yeux des Canadiens d\u2019expression anglaise; s\u2019ils parlent français, on ne les écoute pas, malgré le service de traduction simultanée que le Congrès met à la disposition de tous les participants à l\u2019assemblée.Aussi, sans se sentir complètement étrangers dans ces assises, les Canadiens français ne s\u2019y trouvent pas tout à fait à leur aise.Numériquement, d\u2019ailleurs, ils sont noyés: des trois cents délégués du Québec, près du tiers semblent de langue anglaise; ce qui laisse 200 délégués de langue française dans un groupe d\u2019environ 1600.(La bonne entente semble régner, du moins dans les activités professionnelles, entre syndiqués québécois de langue française et syndiqués québécois de langue anglaise.) Le parallèle peut être poursuivi sur le plan des ressources financières.C\u2019est Ottawa qui recueille la part du lion dans les impôts des citoyens du Québec; et c\u2019est Québec qui a la charge, en vertu de la constitution elle-même, des secteurs qui exigent les plus forts déboursés, l\u2019enseignement, la sécurité sociale, la voirie, etc.De la même manière, la F.T.Q., qui représente, en tant que fédération provinciale, 20% de tous les syndiqués affiliés au C.T.C., a un budget dont la valeur ne s\u2019élève qu\u2019à environ 5% de celle du budget du C.T.C.; et pourtant, la plus grande partie des problèmes ouvriers relève de la juridiction des provinces: pas plus de 10% des salariés ne tombe sous la juridiction fédérale.La F.T.Q.doit donc répondre, sur le plan provincial, de la quasi-totalité des syndiqués québécois affiliés au C.T.C.avec un revenu quatre fois moindre que celui que perçoit le C.T.C.dans la province.Cette différence entraîne la situation suivante: le C.T.C.a, au Québec, une douzaine de permanents, alors que la F.T.Q.n\u2019en a que deux, trois si on inclut le responsable du journal le Monde ouvrier.Une controverse relative à cette question du personnel respectif des deux organismes \u2014 controverse qui a fait la manchette des journaux, l\u2019hiver dernier \u2014 ne paraît pas avoir été résolue.Au congrès de la F.T.Q., en novembre, le président de celle-ci, M.Roger Provost, avait annoncé la conclusion d\u2019une entente entre le C.T.C.et la F.T.Q.selon laquelle un certain nombre des permanents du C.T.C.devaient relever de la F.T.Q.dans leurs activités d\u2019organisation et d\u2019éducation syndicales dans la province de Québec.Deux mois plus tard, M.Provost déclarait que, depuis des années, la F.T.Q.et le C.T.C.élaboraient en commun leurs politiques dans le Québec: il n\u2019y avait donc aucun problème.Là dessus, les représentants québécois d\u2019une union internationale puissante reprochèrent au président de la F.T.Q.sa nouvelle attitude: elle allait à l\u2019encontre de l\u2019intention du congrès, qui avait clairement manifesté son appui à l\u2019accord proclamé par M.Provost.Où en est le problème ?On aurait souhaité qu\u2019il en fût question à l\u2019assemblée générale du C.T.C.Pas un mot.AOÛT 1964 Modes d'affiliation La différence de budget mentionnée plus haut est cause d\u2019un grand nombre de difficultés et source de frictions entre les deux organismes.Elle tient, en bonne partie, aux modes d\u2019affiliation propres à chacun d\u2019eux.La plupart des succursales canadiennes des unions internationales sont affiliées au C.T.C.par l\u2019entremise de leur siège social américain; c\u2019est peut-être ce qui explique que 90% des travailleurs canadiens, appartenant à des unions américaines sont affiliés au C.T.C.D\u2019un autre côté, comme les succursales doivent s\u2019affilier elles-mêmes spontanément aux fédérations provinciales et aux conseils locaux, plusieurs négligent de le faire, simplement, semble-t-il, pour éviter de payer la cotisation à ces groupements intermédiaires.C\u2019est ainsi que, des 235,000 travailleurs québécois membres d\u2019unions affiliées au C.T.C., moins de 100,000 paient cotisation à la F.T.Q.Et pourtant, en vertu de sa constitution, la F.T.Q.doit représenter, sur le plan provincial, toutes les succursales, toutes les unions et tous les syndiqués du Québec affiliés au C.T.C.C\u2019est la raison pour laquelle la F.T.Q.avait soumis une résolution visant à obliger les succursales locales de chaque union, déjà affiliées au C.T.C., à se joindre également à la fédération provinciale, là où il y en a une, comme c\u2019est le cas au Québec.Le Comité des statuts a recommandé le rejet de cette résolution; il l\u2019a fait, apparemment, pour une raison de caractère juridique et constitutionnel.En effet, en vertu de sa constitution, le C.T.C.n\u2019a aucun droit d\u2019obliger les unions qui lui sont affiliées à adopter telle ou telle attitude ou à agir de telle ou telle manière.Il n\u2019a d\u2019autre recours que de refuser l\u2019affiliation à ceux qui ne se conforment pas à ses statuts.Il n\u2019est, en effet, qu\u2019un organisme de représentation créé par d\u2019autres groupements.Il ne peut forcer personne à s\u2019affilier ni à lui ni à d\u2019autres organismes regroupant les forces ouvrières à divers niveaux.Seule la constitution de chaque union particulière peut enjoindre aux succursales locales de poser un tel geste.Un certain nombre d\u2019unions obligent ainsi leurs succursales à s\u2019affilier à tous les groupes intermédiaires là où il en existe.Quant aux autres, il faudrait les gagner une à une, ce qui veut dire: convaincre d\u2019abord les membres québécois et canadiens, puis obtenir, par leur entremise, que la constitution soit modifiée en conséquence par un vote majoritaire de l\u2019assemblée générale de l\u2019union, où les délégués américains dominent à plus de 90%.Faute de pouvoir amener les succursales locales québécoises à verser spontanément leur cotisation à la F.T.Q., celle-ci a cru plus simple de s\u2019adresser au C.T.C.Sans succès.L\u2019argument juridique, qu\u2019a invoqué le C.T.C., a toute sa valeur.Mais ne couvre-t-il pas d\u2019autres difficultés?Si le C.T.C.souhaitait vraiment renforcer les fédérations provinciales, il trouverait moyen de le faire.De toute manière, il mettrait au moins la question à l\u2019étude au lieu de la rejeter simplement.Conclusion L\u2019attitude des délégués québécois à l\u2019assemblée générale du C.T.C., les résolutions qu\u2019ils y ont présentées manifestent, de leur part, une volonté non équivoque d\u2019obtenir plus d\u2019autonomie qu\u2019ils n\u2019en ont présentement au sein du C.T.C.Mais les structures du mouvement et la mentalité qui y règne ne les favorisent pas.Autonomie et cohésion vont de pair.Les responsabilités de la F.T.Q.vis-à-vis des 235,000 syndiqués qu\u2019elle doit représenter auprès du gouvernement et de la société du Québec exigent qu\u2019elle soit forte et libre de ses mouvements.229 Or, tel ne semble pas le cas, et ses chances de progrès en ce sens paraissent plutôt faibles.Du côté des mesures que le C.T.C.pourrait adopter pour forcer ses affiliés à appuyer effectivement la F.T.Q., il n\u2019y a guère d\u2019espoir: l\u2019assemblée générale de 1964, s\u2019il en était besoin, l\u2019a une fois de plus démontré.Mais plus encore qu\u2019aux tendances centralisatrices du C.T.C., le mouvement syndical international et canadien au Québec, dans sa recherche d\u2019une vraie cohésion, se butte à un autre obstacle d\u2019envergure, à l\u2019indifférence, sinon à l\u2019apathie, des intéressés eux-mêmes.Sans attendre un ordre venu d\u2019en haut, les différentes succursales québécoises qui ne l\u2019ont pas déjà fait pourraient, par un vote spontané de leurs membres, s\u2019affilier à leur fédération provinciale, lui payer la cotisation qui lui revient et l\u2019appuyer dans ses diverses entreprises.Les syndiqués du Québec membres d\u2019unions internationales ou canadiennes relèveront-ils le défi ?Leur avenir en dépend.La vocation étemelle de la femme Marcel MARCOTTE, S.J.I\u2019adoption récente du BILL 16 sur les droits juridiques de la femme québécoise n\u2019a guère soulevé de passion sauf, à ce qu\u2019il semble, chez les féministes, qui avaient espéré des mesures plus radicales.La sérénité de cet accueil prouve assez clairement que, d\u2019ores et déjà, les jeux étaient faits, et qu\u2019il ne restait plus au législateur d\u2019autres ressources que d\u2019entériner les changements dramatiques survenus, le long des années, dans la condition sociale et familiale de la femme.Il est permis de croire et d\u2019espérer qu\u2019il ne s\u2019agit encore là que d\u2019un premier pas dans la bonne direction, d\u2019une soumission tardive aux indications, très précises, du présent, prélude à un consentement moins rétif aux requêtes, déjà fort péremptoires, de l\u2019avenir.Dans un monde qui évolue très vite, la loi est presque toujours en retard sur les faits.Mais, une fois établie, il arrive qu\u2019elle en prenne la commande et précipite l\u2019événement: il n\u2019y a que la première gorgée qui coûte! Ceci dit, pour bien marquer mes allégeances, je me sens plus à l\u2019aise pour indiquer, au nom de la tradition chrétienne, dans quelle direction, selon moi, doit s\u2019accomplir la promotion totale de la femme.La femme, assurément, évolue dans le temps, mais elle a sa vocation écrite, pour ainsi dire, dans le ciel, ou, plus précisément, liée à sa nature, immuable sous la diversité apparente des appels historiques.Cette vocation éternelle de la femme \u2014 celle qu\u2019elle ne pourrait trahir sans déchoir ni périr \u2014 où donc la situer, et en quoi, essentiellement, consiste-t-elle?* Si nous mettons à part le plan spirituel où la femme, en tant que personne humaine, est indiscutablement l\u2019égale de l\u2019homme, aux autres plans, ses dons spécifiques, tout en ayant en soi autant de valeur que ceux des hommes, leur sont pourtant irréductibles.Proclamer l\u2019égalité de l\u2019homme et de la femme, ce n\u2019est donc pas accorder à l\u2019un et à l\u2019autre les mêmes droits et les mêmes devoirs, comme s\u2019ils étaient interchangeables, c\u2019est d\u2019abord reconnaître l\u2019existence des valeurs propres à chacun des deux sexes, et les mettre sur le même plan; c\u2019est reconnaître que, homme et femme ont, chacun à leur place, leur mot à dire, leur rôle à jouer, et que ce mot, et que ce rôle sont, de part et d\u2019autre, irremplaçables.Nous sommes loin ici de ces thèses féministes ou antiféministes qui, sous couleur d\u2019attaquer ou de défendre les 230 prérogatives de l\u2019homme ou celles de la femme, se rejoignent en fin de compte, dans le même mépris de la réalité féminine: d\u2019un côté, celles qui prétendent reléguer la femme au rang de mineure invétérée, et ne retenir de sa personnalité que l\u2019aspect sexuel, ravalé au niveau de délassement de l\u2019homme; de l\u2019autre côté, celles qui, au nom d\u2019un égalitarisme puéril, prétendent libérer la femme du joug masculin et la débarrasser de son complexe séculaire d\u2019infériorité en niant son originalité propre.Dieu a fait l\u2019homme pour agir au dehors sur le monde.Toutes ses énergies sont tournées vers l\u2019action, c\u2019est-à-dire vers la conquête et l\u2019aménagement de la terre, vers l\u2019invention des instruments, des outils et des techniques qui lui permettront de subjuguer la nature, d\u2019exploiter les richesses du sol et du sous-sol, de se défendre contre ceux qui lui disputent ses conquêtes, de dominer sur le monde de la matière et sur le monde des hommes.La femme, par contraste, a été faite pour vivre au dedans.Au dedans du foyer, qu\u2019elle anime de sa présence discrète et souriante; au dedans des vivants qu\u2019elle a le don de comprendre, de l\u2019intérieur, mieux qu\u2019ils ne se comprennent eux-mêmes; au dedans de son cœur, enfin, où elle préserve et savoure en silence l\u2019amour qui est la nourriture de sa vie.La vie humaine, pour être humaine, a besoin d\u2019un climat, d\u2019un milieu chaud, délicat, d\u2019un intérieur.Ce n\u2019est pas à l\u2019homme, que tout appelle au dehors, qu\u2019on demandera de créer cet intérieur.Mais la femme, par sa constitution même, son génie propre, ses aptitudes et ses dons, est créatrice de ce milieu.Physiquement, elle est le milieu intérieur du petit enfant tout le long des mois de sa grossesse.Elle le reste longtemps après qu\u2019est révolu le temps où elle le porte et le temps même où elle l\u2019a tenu dans ses bras.Car elle prolonge sa fécondité physique par une sorte de fécondité morale.Première éducatrice du petit enfant, elle est en même temps le premier milieu spirituel où il baigne; elle forme sa conscience comme elle a formé son corps, et après l\u2019avoir porté longtemps près de son cœur, plus longtemps encore elle le porte dedans.« Marie conservait toutes ces choses au fond de son cœur.» « La femme, c\u2019est la maison », dit le Livre sacré de la Loi de Manou.Lisez dans la Bible le portrait de la femme forte, vous verrez quel sentiment de cette vérité avait le vieux judaïsme.Tous les siècles l\u2019ont eu.La femme, c\u2019est la maison, parce que la femme fait la maison et que la maison fait la femme.Entre la femme et la maison il y a des affinités RELATIONS secrètes.Ce qu\u2019elles offrent l\u2019une et l\u2019autre à la lassitude et à l\u2019angoisse des hommes, c\u2019est un « intérieur », un abri, un repos, une chaleur, une sécurité.Le monde est trop vaste et trop froid: il faut au voyageur un toit et des murs pour le protéger, un âtre pour le réchauffer.Les humains sont trop indifférents et trop impitoyables: il faut à l\u2019homme, fût-il devenu grand et fort, des bras pour l\u2019accueillir, un cœur pour lui compatir.La femme et la maison, c\u2019est tout un.Sans la femme, il n\u2019y a pas de maison, comme sans le roi, il n\u2019y a pas de royaume.Sans la maison, il n\u2019y a pas de femme, comme sans le troupeau, il n\u2019y a pas de bergère.Ce que les sujets attendent de leur roi, c\u2019est qu\u2019il règne sur le royaume; ce que les moutons demandent à leur bergère, c\u2019est qu\u2019elle règne sur le troupeau; ce que les hommes réclament de la femme, c\u2019est qu\u2019elle règne sur la maison.Reine du foyer! C\u2019est pour la femme son plus beau titre de gloire et tout le sens de sa mission.Dans nos compagnes, naguère, on disait avec fierté, de l\u2019épouse ou de la mère morte, qu\u2019elle avait « fait un beau règne ».Quel langage de prince! Un règne, un gouvernement, un royaume! Quel langage de chrétien aussi! Car toute la tradition catholique va dans ce sens.Dans son foyer, la femme est reine.Elle règne sur la maison par sa vigilance et son savoir-faire; sur ses enfants par sa sagesse et son dévouement; sur son mari par sa tendresse et sa fidélité.Car « si l\u2019homme est la tête, dit le pape Pie XI, la femme est le cœur, et, comme il possède la primauté du gouvernement, elle peut et doit revendiquer comme sienne la primauté de l\u2019amour ».* Par quelle aberration ou quelle fatalité la femme a-t-elle été entraînée si souvent à abdiquer son beau royaume ?La solution en vogue qui consiste à détourner la femme de sa mission naturelle, à lui faire déserter la maison pour chercher ailleurs l\u2019indépendance, cette solution va au rebours des intentions divines les plus certaines.Le serpent, naguère, faisait beaucoup de frais pour séduire Éve quand il lui disait: Vous serez comme des dieux! Aujourd\u2019hui, il se contente de lui suggérer: Tu seras comme Adam! En réaction contre les intolérables servitudes qui ont pesé sur elle durant des millénaires et dont l\u2019Évangile lui-même a mis des siècles à la délivrer, nos mœurs nouvelles offrent à la femme une promesse de liberté et lui assurent un épanouissement de son être qui eût paru, jadis, inimaginable.Devenue compagne, camarade, partenaire, égale de l\u2019homme; accueillie dans les usines, les bureaux, les universités, les professions, les affaires, la politique, elle voit s\u2019ouvrir devant elle un monde qui, jusqu\u2019ici, lui était resté fermé.Dans ce vaste mouvement d\u2019émancipation, tout n\u2019est pas mauvais, loin de là.J\u2019aurai l\u2019occasion de le dire tout à l\u2019heure.En attendant, il faut déjà admettre que, dans beaucoup de cas, le rejet par la femme des anciennes disciplines et des anciennes prohibitions s\u2019est imposé à elle comme une nécessité.« La femme est faite pour le foyer », disent certains, et ils en concluent aussitôt qu\u2019il faut l\u2019y attacher comme la chèvre au piquet ou le galérien à son banc.Mais si la femme n\u2019a pas de foyer?Si elle n\u2019en peut avoir?Si son foyer est éteint?Si, au contraire, bien vivant (trop vivant), ce foyer a besoin qu\u2019on l\u2019alimente ?Si l\u2019homme n\u2019y suffit pas ou est indigne?\u2014 On ne répond pas à de telles situations en se réfugiant dans un bel axiome; on ne résout pas ainsi les questions par des mots.Il reste cependant qu\u2019en règle générale, la vraie place de la femme est dans son foyer, auprès de ses parents et de ses frères et sœurs, quand elle est encore jeune fille; auprès de AOÛT 1964 son mari et de ses enfants, quand elle est devenue épouse et mère.C\u2019est le devoir impérieux des gouvernements de travailler de toutes leurs forces à promouvoir les conditions d\u2019un ordre social et économique où le travail de la femme \u2014 surtout de la femme mariée \u2014 serait exclu, ou tendrait du moins à devenir exceptionnel.Dans un pays riche comme le nôtre, où les salaires sont relativement élevés, ces conditions sont déjà assez bien remplies, pour que le travail féminin, dans un grand nombre de cas, ne se justifie guère que par l\u2019appât du gain, le goût du luxe et le désir d\u2019indépendance.C\u2019est à la femme, alors, qu\u2019il appartient de réagir et de renoncer, s\u2019il le faut, aux satisfactions futiles que l\u2019argent procure, pour la satisfaction plus profonde et plus vraie du devoir accompli.Si la femme, c\u2019est la maison, c\u2019est dans la maison seulement \u2014 puisse-t-elle elle-même s\u2019en convaincre \u2014 qu\u2019elle trouvera la joie, la paix et la vraie liberté.* Est-ce à dire que la vocation de la femme la confine au foyer et l\u2019écarte nécessairement de toutes les formes de la vie publique ?A l\u2019encontre de bien des préjugés tenaces, il faut répondre hardiment: non! Il n\u2019est pas défendu, il est même infiniment désirable que la femme remplisse dans la société le rôle qui lui revient en tant que femme.La femme, c\u2019est la maison.Mais toute maison a des fenêtres qui l\u2019ouvrent sur le dehors et la mettent en rapport avec la vie de l\u2019univers.Une maison sans fenêtres, c\u2019est un bagne, un tombeau.Gardienne du foyer, la femme a besoin de savoir ce qui se passe dans le monde qui l\u2019environne et vient battre contre les murs des demeures les mieux défendues.Comment remplirait-elle, autrement, ses fonctions d\u2019épouse et de mère, de compagne et conseillère de l\u2019homme, d\u2019éducatrice de ses enfants ?Comment pourrait-elle partager les ambitions, les soucis et les épreuves de son mari ?Comment pourrait-elle préparer ses petits à jouer dans le monde un rôle efficace?\u2014 Par-dessus le bord du nid, celle qui garde la couvée a le droit et même le devoir d\u2019explorer l\u2019espace.C\u2019est dire que, s\u2019il est une vocation sociale de la femme, c\u2019est au foyer, tout d\u2019abord, et à partir du foyer, qu\u2019elle doit s\u2019exercer.Impossible sur ce point de n\u2019être pas d\u2019accord.* J\u2019estime, cependant, qu\u2019il faut aller plus loin et accorder à la femme dans la vie publique une mission particulière et spécifique.J\u2019oserai même affirmer que l\u2019action sociale de la femme n\u2019est point, à l\u2019heure présente, comme un luxe et un raffinement: elle est la condition nécessaire de notre rédemption.Si l\u2019on oppose, comme je l\u2019ai fait tout à l\u2019heure, le génie masculin au génie féminin, l\u2019extériorité de l\u2019homme à l\u2019intériorité de la femme, on se rendra tout de suite à l\u2019évidence que le monde où nous vivons est un monde masculin, trop exclusivement masculin pour être vraiment habitable.Depuis des millénaires, l\u2019ensemble de l\u2019effort civilisateur, sous la direction de l\u2019homme, s\u2019est orienté vers la conquête de l\u2019univers matériel, le perfectionnement des outils et des techniques susceptibles d\u2019améliorer les conditions extérieures de la vie humaine.C\u2019est ainsi qu\u2019on a pris l\u2019habitude de marquer les étapes de la civilisation en rapport avec la succession et l\u2019amélioration des outils de travail: âge de la pierre et âge du silex; âge du bronze et âge du fer; âge de la vapeur et âge de l\u2019électricité; âge de l\u2019atome.Chacune de ces grandes inventions procure à l\u2019homme une emprise plus forte sur le monde extérieur et transforme profondément les 231 conditions de son existence.Mais on n\u2019a jamais réussi à prouver que ces progrès sur le plan matériel s\u2019étaient régulièrement accompagnés de progrès équivalents sur le plan moral et spirituel.Dans bien des cas, il serait même aisé de démontrer le contraire.L\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui, pour sa part, ressemble à l\u2019ap-prenti-sorcier qui a déchaîné sans le savoir dans le monde des puissances mystérieuses et gigantesques sur lesquelles il a perdu tout empire et qui menacent de le détruire.Il craint pour son corps, mais les dangers qui pèsent sur son âme sont encore pires.Regardez: au-dessus de nos villes, les cheminées d\u2019usine crachent de la fumée et de la suie dans le même ciel où s\u2019élançait, naguère, radieuse et solitaire, la flèche des églises et des cathédrales.Écoutez: dans le tintamarre des sirènes de manufactures, des klaxons d\u2019automobiles, des sifflets de locomotives, des crissements et des grincements de la grande ville motorisée, comment entendrions-nous encore la musique des choses, et le chant des oiseaux, et la voix des cloches appelant à la prière ?Ces faits, sur lesquels il serait naïf d\u2019insister, ont valeur de symboles: ils marquent que l\u2019homme a perdu en intériorité ce qu\u2019il a gagné en extériorité, qu\u2019il est retombé de l\u2019esprit dans la matière, qu\u2019il s\u2019y enlise, qu\u2019il y étouffe sous le poids de sa propre abondance, \u2014 comme un oiseau englué auquel tant de duvet, de mousse, de fétus, ont collé, qu\u2019il n\u2019est plus capable de prendre son envol.Les triomphes éclatants de la technique et de la science ne doivent pas nous voiler l\u2019importance bien plus considérable de ce que nous sommes en train de perdre: le sens chrétien de l\u2019homme et de sa destinée, de la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs charnelles, de la vie intérieure et contemplative sur la vie extérieure et active.Or, ce retour h une intériorité plus grande, qui peut mieux que la femme en préparer les voies ?Dans l\u2019élaboration et la mise au point de notre civilisation moderne, l\u2019homme a joué le rôle qui lui revenait par nature: il a conquis la terre, construit la cité des hommes, lutté contre la famine, la malice et la mort, rendu la vie plus confortable, plus saine et plus longue.Il faut que la femme, à présent, remplisse la tâche qui lui incombe en propre et qui consiste à introduire dans le corps de l\u2019humanité, démésu-rément agrandi, un « supplément d\u2019âme ».Notre culture abstraite et violente se trouve devant ce dilemme: ou se détruire elle-même, ou revenir à ses sources.Ce retour à la simplicité, à la nature, à l\u2019humanité, à une vérité proportionnée au cœur, se fera sans doute sous des influences diverses: celle de la femme pourrait bien y être prépondérante b * Est-il nécessaire d\u2019ajouter que ce rôle rédempteur, la femme ne le remplira pas en abdiquant sa féminité, en quittant son paradis intérieur pour partager l\u2019enfer des hommes ?La vocation sociale de la femme, loin de la détourner de l\u2019axe naturel de sa vie, doit au contraire l\u2019y ramener et l\u2019y rattacher plus étroitement que jamais.Plus la femme reste naturelle, c\u2019est-à-dire purement et intégralement femme, mieux elle résiste à ce qu\u2019il y a d\u2019inhumain et de monstrueux dans notre civilisation mécanistique, et mieux elle est capable de travailler à sa rédemption.Ce qui lui est demandé, c\u2019est de faire rayonner dans la cité les mêmes vertus secrètes que la nature a déposées dans son esprit et dans son cœur et qu\u2019elle exerce et cultive d\u2019abord au bénéfice du foyer.En règle générale, la vocation de la femme n\u2019est pas de paraître, mais d\u2019être, et non pas de faire, mais de suggérer, 1.Jean Guitton, Essai sur l'amour humain, p.237.non pas d\u2019agir, mais d\u2019inspirer l\u2019action de l\u2019homme, comme Marie, aux noces de Cana, murmurant à l\u2019oreille de Jésus: « Ils n\u2019ont plus de vin ».C\u2019est ainsi qu\u2019avait compris son rôle la délicieuse reine Astrid de Belgique.Comme on lui reprochait un jour de ne point faire de discours aux Belges qui l\u2019adoraient: « La reine, répondit-elle, écoute le peuple, et le roi écoute la reine.» Napoléon dans sa gloire n\u2019avait plus d\u2019oreilles pour personnes, sauf pour Laetitia, sa mère, le seul être au monde qui pût encore lui donner des ordres.Cependant, la participation des femmes à la vie publique ne restera pas toujours aussi lointaine et indirecte.iVssez souvent, elles seront appelées, comme les hommes, à mettre elles-mêmes les mains à la pâte, à exercer dans la cité une influence personnelle et décisive.Le développement et la bienfaisance des métiers sociaux féminins \u2014 institutrices, infirmières, aides maternelles, assistantes sociales \u2014 portent témoignage qu\u2019il existe chez la femme un sens de l\u2019humain, un amour des vivants, un savoir-faire, une souplesse et une qualité de dévouement qui la rendent dans bien des cas irremplaçable.Il n\u2019entre pas dans mon propos de dresser ici un inventaire des tâches et des fonctions que la femme pourrait exercer avec avantage dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Mais je crois énoncer une évidence en disant que les professions féminines à encourager sont celles qui utilisent le mieux les aptitudes naturelles et les dons caractéristiques de la femme, et que la femme se doit à elle-même et doit à la société de tourner son effort plutôt vers les tâches maternelles, entendues au sens large, qu\u2019elle peut si bien remplir, alors que les hommes les rempliraient si mal.Chez un grand nombre de femmes, le sens de la maternité selon l\u2019esprit et le cœur déborde largement les réalités physiques et psychologiques de la maternité selon la chair.On connaît des religieuses aussi maternelles que les plus maternelles des mères de famille.Le même cas se présente aussi chez des laïques.C\u2019est cette aptitude fondamentale qu\u2019il convient d\u2019utiliser.La femme célibataire, sauf exception, emploiera mieux sa vie à quelque chose qui ressemble à ce que serait cette vie dans le mariage.A plus forte raison, la femme mariée, si par contrainte ou par choix elle cherche au dehors un supplément d\u2019activité et désire faire profiter la communauté de ses capacités et de son expérience, fera mieux de se dévouer dans un milieu annexe ou similaire au foyer, que de se consacrer aux mathématiques, à l\u2019économie ou à la politique.L\u2019embellissement, l\u2019assainissement et la moralisation de la vie, l\u2019éducation sous toutes ses formes, offrent aux initiatives féminines un champ autrement vaste, une matière autrement précieuse que la concurrence étourdie et naïve que certaines femmes, emportées par leur fougue, rêvent de faire à l\u2019homme dans les domaines qui lui appartiennent.* Comprendre, aimer, souffrir et compatir: telle est la vocation de la femme éternlle.Si la femme moderne veut satisfaire à la fois sa destinée de toujours et sa toute récente liberté, il lui faut accepter courageusement, chrétiennement, sa vérité.A Bethléem, à Nazareth, au Calvaire, Jésus n\u2019a demandé à Marie qu\u2019une chose: l\u2019amour.Aux jeunes filles, aux épouses et aux mères d\u2019aujourd\u2019hui, le Christ, l\u2019Église et les hommes ne songent pas à demander autre chose.A quoi bon?Il n\u2019y a que l\u2019amour qui sauve ! 232 RELATIONS LE RECENSEMENT DE 1961 Quelle est la religion des Canadiens français?Richard ARÈS, S.J.1ES Canadiens français, c\u2019est entendu, sont catholiques en immense majorité; mais le sont-ils uniquement dans le Québec ou dans toutes les autres provinces aussi ?et si oui, dans quelle proportion en chaque province ?A ces questions ainsi qu\u2019à bien d\u2019autres du même genre, les statistiques fournies par le recensement de 1961 nous permettent de répondre.Encore une fois, il s\u2019agit de données quantitatives, exprimant des nombres sans rien nous dire de la qualité religieuse de leur contenu.De plus, par Canadiens français nous entendons ici Canadiens d'origine française, et non pas Canadiens de langue maternelle française, pour la simple raison que la comparaison entre l\u2019origine ethnique et la religion est la seule que nous donne le Bureau fédéral de la Statistique et qu\u2019en conséquence nous font défaut les chiffres établissant les rapports entre la langue maternelle et la religion.Un premier tableau nous présente les données les plus générales sur l\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française.Tableau 1 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française Religion\tNombre\tPourcentage Catholique romaine\t5,315,537\t95.9% Eglise-Unie\t87,485\t1.6 Eglise anglicane\t59,796\t1.1 Baptiste\t16,838\t0.3 Presbytérienne\t16,623\t0.3 Luthérienne\t7,524\t0.1 Pentecostale\t5,275\t0.1 Mennonite\t1,800\t\u2014 Ukrainienne\t\t (grecque) cath.\t1,615\t\u2014 Judaïque\t1,276\t\u2014 Grecque orthodoxe\t819\t\u2014 Autres\t25,758\t0.5 Total\t5,540,346\t100.0 Ces statistiques couvrent tout le Canada, par conséquent les dix provinces prises ensemble.Elles nous montrent que les Canadiens d\u2019origine française se déclarent catholiques AOÛT 1964 dans la proportion de 95.9% et protestants dans la proportion d\u2019environ 3.5%, ce qui donne au moins 99.4% de chrétiens chez eux.Décomposons maintenant ces chiffres globaux en deux catégories, selon qu\u2019ils s\u2019appliquent aux Canadiens français dans le Québec ou hors du Québec.Tableau 2 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française Religion\tdans le Québec\t\t\thors du Québec\t\t Catholique rom.4,203,633\t\t(99.1%)\t\t1,111,904\t(85.6%)\t Eglise anglicane\t9,768\t( 0.2\t)\t50,028\t( 3.9\t) Eglise-Unie\t9,154\t( 0.2\t)\t78,331\t( 6.1\t) Presbytérienne\t4,465\t( 0.1\t)\t12,158\t( 0.9\t) Baptiste\t2,496\t( 0.1\t)\t14,342\t( 1.1\t) Pentecostale\t1,701\t( 0.1\t)\t3,574\t( 0.3\t) J udaïque\t868\t\t\t408\t\u2014\t Luthérienne\t535\t\u2014\t\t6,989\t( 0.5\t) Ukrainienne\t\t\t\t\t\t (grecque) cath.\t489\t\u2014\t\t1,126\t( 0.1\t) Grecque orthodoxe\t423\t\t\u2014\t\t396\t\u2014\t Mennonite\t11\t\u2014\t\t1,789\t( 0.1\t) Autres\t7,811\t( 0.2\t)\t17,947\t( 1.4\t) 4,241,354 (100.0\t\t\t)\t1,298,992 (100.0\t\t) Voilà un tableau qui permet des comparaisons fort intéressantes et instructives.Le pourcentage des Canadiens français à se déclarer catholiques s\u2019élève à 99.1 au Québec et s\u2019abaisse à 85.6 hors du Québec.De plus, il faut noter l\u2019attirance spéciale qu\u2019ils ont pour les églises protestantes hors du Québec; alors qu\u2019ils ne constituent que le quart du nombre total des Canadiens d\u2019origine française, ceux des autres^ provinces comptent environ six fois plus d\u2019adhérents à ces Églises que n\u2019en comptent les Franco-Québécois.Ainsi, par exemple, 9,768 se déclarent anglicans au ^Québec et 50,028 hors du Québec, 9,154 se rattachent à l\u2019Êglise-Unie au Québec et 78,331 hors du Québec, 2,496 se disent .presbytériens au Québec et 14,342 hors du Québec.Fait curieux: deux religions seulement, autres que le catholicisme, ont plus d\u2019adhérents au Québec qu\u2019en dehors du Québec chez les Canadiens français: la religion judaïque: 868 au Québec et 406 hors du Québec, et la religion grecque orthodoxe: 423 au Québec et 396 hors du Québec.233 Avant de quitter le Québec et d\u2019analyser l\u2019état religieux des Canadiens français dans chacune des autres provinces, jetons un coup d\u2019œil sur la situation à Montréal.Tableau 3 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française à Montréal Religion\tZone métropolitaine\tCité Catholique rom.\t1,332,315\t(98.5%)\t\t783,411\t(98.7%)\t Eglise anglicane\t5,538\t( 0.4\t)\t2,337\t( 0.3\t) Eglise-Unie\t5,086\t( 0.3\t)\t1,869\tt 0.2\t) Presbytérienne\t2,504\t( 0.2\t)\t1,361\t( 0.2\t) Pentecostale\t1,013\t( 0.1\t)\t549\t( 0.1\t) Baptiste\t938\t( 0.1\t)\t444\t\t Judaïque\t858\t\u2014\t\t540\t( 0.1\t) Luthérienne\t366\t\u2014\t\t189\t\u2014\t Grecque orthodoxe\t339\t\t\u2014\t\t228\t\u2014\t Ukrainienne\t\t\t\t\t\t (grecque) cath.\t192\t\u2014\t\t118\t\u2014\t Mennonite\t9\t\u2014\t\t2\t\u2014\t Autres\t4,342\t( 0.3\t)\t2,551\t( 0.4\t) Total\t1,353,480 (100.0\t\t)\t793,599 (100.0\t\t) Même à Montréal, plus de 98% des Canadiens d\u2019origine française se déclarent encore catholiques.Les six principales confessions protestantes (anglicane, unie, presbytérienne, pentecostale, baptiste et luthérienne) n\u2019ont ensemble, chez les Montréalais d\u2019origine française, qu\u2019un peu plus de 15.000\tfidèles dans la zone métropolitaine et qu\u2019environ 7.000\tdans la cité proprement dite.Il aurait été intéressant de savoir par le détail ce que recouvre le titre « Autres », de savoir en particulier combien de Montréalais d\u2019origine française se sont déclarés « sans religion » ou « athée », mais les renseignements publiés par le Bureau fédéral de la Statistique ne vont pas jusque-là.Ils nous apprennent sans plus de détails qu\u2019il y a 5,059 incroyants dans la zone métropolitaine montréalaise, qui compte 2,109,509 habitants, et 3,180 dans la cité elle-même, dont la population s\u2019élève à 1,191,062.* * * Laissons le Québec et Montréal et voyons comment la situation se présente en chacune des autres provinces du Canada.Tableau 4 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française Religion\tTerre-Neuve\t\tI le-du-Prince-Édouard\t Catholique romaine\t14,186\t(82.6%)\t16,722\t(96.0%) Eglise anglicane\t1,672\t( 9.8\t)\t108\t( 0.6 ) Eglise-Unie\t883\t( 5.1\t)\t317\t( L8 ) Pentecostale\t107\t( 0.6 )\t15\t( 0.1 ) Baptiste\t33\t( 0.2 )\t66\t( 0.4\t) Presbytérienne\t22\t( 0.1 )\t133\t( 0.7\t) Luthérienne\t5\t\u2014\t\u2014\t\u2014 Ukrainienne\t\t\t\t (grecque) cath.\t2\t-\u2014\u2022\t3\t\u2014 Autres\t261\t( 1-5\t)\t54\t( 0.3 ) Total\t17,171 (100.0\t)\t17,418 (100.0 ) Le catholicisme s\u2019est mieux conservé dans l\u2019île-du-Prince* Edouard qu\u2019à Terre-Neuve où les Églises anglicane et unie ont quelque peu entamé le bloc canadien-français catholique, la première revendiquant 9.8% et la seconde, 5.1% des Franco-Terreneuviens.Tableau 5 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française Religion\ten Nouvelle-Écosse\t\t\tau Nouveau-Brunswick\t\t Catholique romaine\t71,825\t(81.7%)\t\t225,003\t(96.9%)\t Eglise anglicane\t5,988\t( 6.8\t)\t1,872\t( 0.8\t) Eglise-Unie\t4,394\t( 5.0\t)\t1,834\t( 0.8\t) Baptiste\t3,030\t( 3.4\t)\t2,178\t( 0.9\t) Presbytérienne\t903\t( 1.0\t)\t301\t( 0.1\t) Luthérienne\t766\t( 0.9\t)\t23\t\u2014\t Pentecostale Ukrainienne\t177\t( 0.2\t)\t393\t( 0.2\t) (grecque) cath.\t32\t\u2014\t\t70\t\u2014\t Judaïque\t3\t\u2014\t\t9\t\u2014\t Grecque orthodoxe\t1\t\u2014\t\t1\t\u2014\t Mennonite\t1\t\u2014\t\t1\t\u2014\t Autres\t763\t( 0.9\t)\t442\t( 0.2\t) Total\t87,883 (100.0\t\t)\t232,127 (100.0\t\t) La situation religieuse en Nouvelle-Écosse ressemble fort à celle qui existe à Terre-Neuve: ici 81.7% de catholiques, là 82.6%; de même, le Nouveau-Brunswick et l\u2019île-du-Prince-Édouard présentent des situations religieuses à peu près semblables: ici 96.9% de catholiques, là 96%.Les Églises anglicane et unie maintiennent leur position, tout de suite après l\u2019Église catholique, dans les quatre provinces mari-times,^sauf au Nouveau-Brunswick où elles sont dépassées par l\u2019Église baptiste (dans l\u2019île-du-Prince-Édouard, l\u2019Église presbytérienne occupe aussi la 3e place).Tableau 6 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française Religion\ten Ontario\t\tau Manitoba\t\t Catholique rom.\t552,886\t(85.3%)\t73,928\t(88.1%)\t Eglise-Unie\t38,864\t( 6.0 )\t4,858\t( 5.8\t) Eglise anglicane\t26,415\t( 4.2\t)\t2,451\t( 2.9\t) Presbytérienne\t7,868\t( 1-2 )\t440\t( 0.5\t) Baptiste\t6,672\t( LI )\t276\t( 0.3\t) Luthérienne\t2,766\t( 0.4\t)\t608\t( 0.7\t) Mennonite\t1,587\t( 0.2 )\t55\t\t Pentecostale\t1,554\t( 0.2 )\t231\t( 0.3\t) Ukrainienne\t\t\t\t\t (grecque) cath.\t551\t\u2014\t197\t( 0.2\t) Judaïque\t311\t\u2014\t20\t\u2014\t Grecque orthodoxe\t181\t\u2014\t62\t\u2014\t Autres\t8,286\t( L3 )\t810\t( 1.0\t) Total\t647,941 (100.0)\t\t83,936 (100.0)\t\t En Ontario, il y a près de 100,000 Canadiens d\u2019origine française qui ne sont pas catholiques, mais le pourcentage catholique s\u2019y compare avantageusement aux pourcentages 234 RELATIONS de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve; au Manitoba, les pertes du catholicisme s\u2019élèvent à environ 10,000, presque toutes au protestantisme.Tableau 9 Pourcentage chez les Canadiens d\u2019origine française Tableau 7 L\u2019appartenance religieuse des Canadiens d\u2019origine française Religion\ten Saskatchewan\t\ten Alberta\t Catholique romaine\t50,063\t(83.7%)\t63,519\t(76.2%) Eglise-Unie\t5,273\t( 8.8 )\t10,341\t(12.4\t) Eglise anglicane\t1,877\t( 3.2\t)\t3,493\t( 4.2\t) Luthérienne\t726\t( 1-2 )\t1,136\t( 1-3 ) Presbytérienne\t308\t( 0.5\t)\t918\t( 1.1 ) Baptiste\t188\t( 0.3\t)\t846\t( LO ) Pentecostale Ukrainienne\t163\t( 0.3\t)\t365\t( 0.5\t) (grecque) cath.\t86\t( 0.1 )\t132\t(01 ) Mennonite\t41\t\u2014\t61\t( 0.1 ) Grecque orthodoxe\t34\t\u2014\t81\t\u2014 Judaïque\t4\t\u2014\t14\t\u2014 Autres\t1,061\t( 1.8 )\t2,413\t( 2.9\t) Total\t59,824 (100.0\t)\t\t83,319 (100.0 )\t Pour la première fois dans une province canadienne, le\t\t\t\t pourcentage catholique du\t\tgroupe\tcanadien-français en\t Alberta descend au-dessous de 80 et une Eglise protestante déterminée obtient plus de 10% du groupe français, 10,341 membres de ce groupe s\u2019étant en effet déclarés aussi membres\t\t\t\t de l\u2019Église-Unie, Tableau 8 L\u2019appartenance religieuse des d\u2019origine française\t\t\t\tCanadiens\t\t Religion\ten Colombie\t\t\tau Yukon et au N.-Ouest\t\t Catholique romaine\t41,790\t(62.4%)\t\t1,982\t(82.5%)\t Eglise-Unie\t11,424\t(17.1\t)\t143\t( 5.9\t) Eglise anglicane\t5,991\t( 8.9\t)\t161\t( 6.7\t) Presbytérienne\t1,254\t( 1.8\t)\t11\t( 0.4\t) Baptiste\t1,024\t( 1.5\t)\t29\t( 1.2\t) Luthérienne\t942\t( 1-4\t)\t17\t( 0.7\t) Pentecostale\t558\t( 1.0\t)\t11\t( 0.4\t) Ukrainienne\t\t\t\t\t\t (grecque) cath.\t53\t( 0.1\t)\t\u2014\t\u2014\t Judaïque\t47\t\u2014\t\t\u2014\t\t\t Mennonite\t43\t\u2014\t\t\u2014\t\u2014\t Grecque orthodoxe\t35\t\u2014\t\t\u2014\t\u2014\t Autres\t3,809\t( 5.7\t)\t48\t( 2.0)\t Total\t66,970 (100.0\t\t)\t2,403 (100.0\t\t) C\u2019est en Colombie que les Canadiens français sont le moins catholiques et le plus protestants; au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, par contre, ils maintiennent leur moyenne catholique au niveau de Terre-Neuve et de la Saskatchewan.Voici, pour tout résumer, un tableau montrant le pourcentage de catholiques et de protestants (en ne comptant les fidèles que des six principales confessions protestantes) pour chaque province.AOÛT 1964 Province\tpourcentage de catholiques de protestants Québec\t99.1%\t0.6% Nouveau-Brunswick\t96.9\t2.8 Ile-du-Prince-Edouard\t96.0\t3.6 Manitoba\t88.1\t10.5 Ontario\t85.3\t13.1 Saskatchewan\t83.7\t14.3 Terre-Neuve\t82.6\t15.8 Yukon et Nord-Ouest\t82.5\t15.3 Nouvelle-Ecosse\t81.7\t17.3 Alberta\t76.2\t20.5 Colombie\t62.4\t31.7 Canada\t95.9%\t3.5% Sauf dans deux provinces, l\u2019Alberta et la Colombie, les Canadiens d\u2019origine française se déclarent catholiques dans une proportion de plus de 80%, proportion qui s\u2019élève à au delà de 95% dans trois provinces: l\u2019île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et le Québec.A noter aussi que, sauf en Colombie, presque tous les Canadiens français qui ne sont pas catholiques se déclarent protestants et n\u2019adhèrent qu\u2019en très petit nombre aux autres religions.* * * De ces statistiques trois grandes conclusions se dégagent: 1.\tLes Canadiens d\u2019origine française se déclarent encore catholiques en immense majorité, majorité qui va de 99.1% au Québec à 62.4% en Colombie; 2.\tCeux qui, parmi eux, abandonnent l\u2019Église catholique passent, pour la plupart, aux églises protestantes, surtout hors du Québec, de sorte qu\u2019ils se déclarent chrétiens dans une proportion encore plus forte, laquelle s\u2019élève à 99.7% au Québec et ne s\u2019abaisse qu\u2019à 94.1 % en Colombie, province offrant la plus basse moyenne de chrétiens; 3.\tHors du Québec, la moyenne générale des Canadiens d\u2019origine française à se déclarer catholiques n\u2019est que 85.6%, alors qu\u2019au Québec cette même moyenne s\u2019élève à 99.1%,.Il semble donc qu\u2019un milieu ethnique homogène les aide à se conserver, du moins à se déclarer catholiques.Le cas de l\u2019île-du-Prince-Édouard toutefois démontre que cette règle n\u2019est pas universelle: les Canadiens d\u2019origine française y affichent encore une très forte majorité de catholiques (96%), même si ceux qui ont conservé leur langue maternelle ne forment plus qu\u2019une minorité (44.5%).7152, boul.Saint-Laurent, Montréal 274-2465 aÇe temple de la lumiete x Pour vos ampoules tubes fluorescents et r\tfournitures électriques BEN BÉLAND, prêt.JEAN BÉLAND, Ing.P., «ecr.-tréi.235 Lettre de Paris Luigi d'APOLLONIA, S.J.Me voici en France, au pays de Descartes, alors que je commençais à m\u2019habituer à la conduite à gauche et même à me retrouver parmi les pounds, les shillings, les half-crowns, les bobs, les two pences qu\u2019on abrège avec un d et non un I et qu\u2019on prononce tup'ns comme Berkley Square se prononce Berkeley et son Douglas Home sir Douglas Home.J\u2019en faisais la remarque à un Père qui me répondit: « You have a point there.Non, ce n\u2019est pas logique.Mind you, enchaîna-t-il avec humour, il ne faut pas trop abuser de la logique.» Délicieuse Angleterre! Pour bien prouver qu\u2019il a raison, je parlerai dans cette lettre de trois choses: premièrement, du « cartiérisme » ; deuxièmement, du Marché commun; troisièmement, de Paris où je mettrai un peu de tout, afin de ne pas trop abuser.* * * En une série d\u2019articles, Raymond Cartier s\u2019est attaqué de toute la force de Paris-Match à la politique gaulliste de l\u2019aide aux pays attardés.Ce fut un beau brouhaha.Car M.Cartier possède un talent de journaliste incontestable; « il sait se faire lire » (car, n\u2019est-ce pas, c\u2019est ça un talent de journaliste).D\u2019autre part, les Français ont des idées \u2014 trop même \u2014 et, pour les exprimer, ont reçu du ciel un sang remuant et un don d\u2019expression.En comparaison, nous sommes à peine doués de l\u2019usage de la parole.Mais avant Raymond Cartier, René Dumont, un agronome qui est en même temps un économiste sympathique à la Chine rouge et à Cuba, avait, dans un livre intitulé L'Afrique noire est mal partie, dénoncé les abus et les incohérences des gouvernements qui régissent les anciennes colonies françaises.Entre autres exemples, un député du Dahomey gagne autant en six mois qu\u2019un paysan en trente ans.Toujours avant M.Cartier, côté droit cette fois, Édouard Bonnefous, sénateur, ancien ministre, membre de l\u2019Institut avait fait paraître un autre livre de choc, Les milliards s'envolent.En termes très accessibles, il donnait les mécanismes de la coopération française, les montants et une solution qui, Dieu merci, n\u2019était pas celle du « chacun chez soi » et du « chacun pour soi » \u2014 celle de M.Cartier non plus, d\u2019ailleurs.Courroucé, dit-on, par les articles de Paris-Match, M.de Gaulle ordonna à des spécialistes irrécusables d\u2019examiner toute la question, comptes de la nation en main.Le rapport Jeanneney confirme entièrement les chiffres exposés par M.Bonnefous.Sur certains points, il va même au-delà.D\u2019après les calculs de Bonnefous, les suppléments de prix sur les produits tropicaux coûtaient à la France 60 milliards d\u2019anciens francs; d\u2019après les calculs de la Commission Jeanneney ces dons déguisés représentent quelque 100 milliards.M.Bonnefous l\u2019avait échappé belle, peut-on dire.Mais M.Cartier.C\u2019est « assis ».pourtant, sur ces faits, ayant pour répondants à sa gauche, M.Dumont, à sa droite, M.Bonnefous, mais en ajoutant des inexactitudes et des interprétations discutables, confondant prêts, dons, garanties financières que M.Cartier développa la « doctrine » à laquelle le public attacha son nom, si tant est que le « cartiérisme » mérite le nom de doctrine.J\u2019y discerne, pour ma part, un mélange de nationalisme puisqu\u2019elle pose le problème de l\u2019aide au tiers-monde dans une optique purement nationale, de positivisme puisqu\u2019elle tend à réduire la conscience politique à une mathématique, d\u2019« égoïsme sacré » puisque, pour régler un problème de morale politique dont Jean XXIII dans son encyclique Mater et Magistra disait qu\u2019il était « le problème le plus important peut-être » de notre temps, elle fait appel à des lieux communs et à un bon sens un peu court plutôt qu\u2019à une générosité réaliste et à une solidarité créatrice.Quoi qu\u2019il en soit, il reste que la France consacre à l\u2019aide de ses anciennes colonies, 2.5% de son produit national brut, alors que la Grance-Bretagne consacre 1.3% aux siennes; que le pays qui peut se vanter d\u2019avoir formé Laënnec et Pasteur ne dispose que de 5 lits d\u2019hôpital pour 1,000 habitants, alors que la Grande-Bretagne en a 10; que les maisons de retraite sont très insuffisantes; que les établissements sco laires sont vétustes et bondés en comparaison des nôtres; que les jeunes ménages ne trouvent pas où se loger convenablement; que les paysans, en trop d\u2019endroits, attendent l\u2019eau courante et l\u2019électricité, tandis que M.de Gaulle veut, malgré tout, sa force de frappe nationale \u2014 coûteuse arbalète.Il aurait aussi laissé tomber de ses lèvres ce propos à l\u2019endroit de M.Cartier.« La France a maintenant son Poujade de luxe! » Seulement voilà, personne n\u2019aime payer des impôts ni son café, si excellent soit-il, un prix supérieur de 70% au cours normal, si c\u2019est pour permettre à des régimes africains de se lancer dans des dépenses somptuaires.De plus, les transfusions de capitaux, à elles toutes seules, ne transformeront jamais un pays pauvre en pays riche.Il est besoin de cadres intellectuels, administratifs et techniques pour produire ce miracle, et c\u2019est la part surtout de l\u2019effort africain.En outre, moins patient que l\u2019Anglais, le Français en a assez d\u2019entendre répéter, dès que les choses vont mal quelque part en Afrique, que c\u2019est là une séquelle du colonialisme.Le cas de l\u2019Algérie dont la blessure est encore fraîche, qui coûte cher à la France et d\u2019où l\u2019on s\u2019enfuit est particulièrement pénible.J\u2019entends bien que les choses peuvent changer, mais aussi longtemps qu\u2019il n\u2019y aura pas de chômage, que le Français mettra la poule au pot, qu\u2019il rêvera voiture, cuisine modèle, vacances prochaines, ce problème restera plus irritant que grave.Je note aussi que si divisés soient-ils sur la force nucléaire française et autres problèmes politiques, \u2014 et c\u2019est leur droit, \u2014 les catholiques, qu\u2019ils lisent la France catholique, Témoignage chrétien, l\u2019Homme nouveau, la Vie catholique illustrée, la Croix de Paris, opposent au « cartiérisme » une même résistance, et pour la même haute raison décisive qu\u2019il est trop terre à terre et manque de cœur à force d\u2019être raisonnable.On a presque envie de s\u2019écrier: Béni soit le cartiérisme, puisqu\u2019il permet de prendre conscience du problème.* * * Je reprends cette lettre interrompue, le hasard m\u2019ayant conduit à faire du ministère à quelques 30 milles de Paris, en un endroit déchristianisé.La riche plaine est encore couverte de magnifiques églises qui hélas se délitent.Un seul 236 RELATIONS curé en dessert cinq.La poésie peut-être niche dans les ruines, non la foi.Mais parlons, tel que promis, du Marché commun.Il progresse et il piétine à la fois.Il progresse industriellement, puisque les contingentements ont été entièrement abolis, et que le tarif extérieur commun sera pleinement en vigueur dès le 1er janvier 1967, avec trois années d\u2019avance sur le calendrier du traité de Rome.Par contre, le Marché commun agricole est dans une impasse.Dans l\u2019Europe des Six, tout le système des prix agricoles communs dépend du niveau du prix du blé.L\u2019Allemagne avait donné en principe son accord au plan Mansholt qui prévoyait la fixation immédiate du prix unique avec paiements de compensation aux paysans allemands, italiens et luxembourgeois.Or, à la surprise générale, voici qu\u2019elle fait savoir quelle n\u2019acceptera aucune réduction avant 1965, et qu\u2019elle ne pourra s\u2019engager sur un prix européen commun avant 1967, ce qui reporterait à 1970 le prix unique.Bruxelles (3 juin) fut donc un échec.Plus grave encore est l\u2019argument des « intérêts nationaux » invoqué et placé au-dessus de l\u2019« intérêt communautaire » par une Allemagne qui, jusqu\u2019ici, avait le plus profondément adhéré à l\u2019idée européenne.Il faut dire que le gouvernement français s\u2019est servi, à maintes reprises, du même argument, et il lui est difficile de faire valoir l\u2019argument communautaire dans le domaine agricole quand il le récuse en d\u2019autres.Un certain nationalisme heurte l\u2019idée même de communauté.Présentant devant le Parlement européen (dont le rôle est encore très effacé) le septième rapport d\u2019activité de la Communauté économique européenne, M.Hallstein, président du Marché commun, a parlé, chiffres à l\u2019appui, de « succès grandiose ».Cependant, a-t-il poursuivi, trois dangers menacent le développement de la Communauté: le traité n\u2019a pas prévu partout un calendrier ferme, le développement économique des pays membres comporte des écarts extrêmes, des commotions peuvent provenir du dehors: dangers d\u2019une fausse union politique ou d\u2019une mauvaise vision de cet exécutif, par exemple.Mauvaise vision de cet exécutif : le 31 janvier dernier, le général de Gaulle ne rejetait-il pas ce terme comme une « impropriété tendancieuse de concept et de forme » pour dire une « réunion.d\u2019experts internationaux » ?Il y avait jadis la Bretagne, la Normandie, la Bourgogne, etc., et il y eut la France.Il y avait le Piémont, les Deux-Siciles, la Lombardie, les États pontificaux, et il y eut l\u2019Italie.Il y a aujourd\u2019hui la France, l\u2019Allemagne, l\u2019Italie, la Belgique, la Hollande, le Luxembourg, et, demain, il y aura l\u2019Europe.Sur papier, la synthèse est facile.Elle est plus difficile en réalité.Les inquiétudes subsistent, et les désaccords politiques.Mais des progrès décisifs ont été accomplis.Ce n\u2019est pourtant qu\u2019avec une agriculture commune que le point of no return, le point critique d\u2019irréversibilité sera atteint.Alors, la Communauté économique pourra déboucher sur une Communauté politique, et une nouvelle frontière effacer les profondes cicatrices géographiques qui ont marqué l\u2019Europe depuis des siècles.* * * Et il y a Paris.C\u2019est effarant ce qu\u2019il s\u2019y publie de journaux, d\u2019hebdomadaires, de revues, de livres, ce qu\u2019il s\u2019y donne de cours, de conférences, de séminaires, ce qu\u2019il s\u2019y expose de tableaux et d\u2019objets d\u2019art, ce qu\u2019il s\u2019y fait de déclarations politiques.C\u2019est, chaque jour, une ivresse verbale, ou mieux encore un embouteillage littéraire, artistique, intellectuel, politique.Pour comprendre ce que je veux dire, AOÛT 1964 songez qu\u2019un autobus fait en moyenne 12 kilomètres à l\u2019heure et qu\u2019il parvient ainsi, en 1964, à rejoindre l\u2019allure d\u2019un bon fiacre d\u2019autrefois.Ce détail, je le tiens de l\u2019ancien président du Conseil d\u2019administration de la R.A.T.P.(Régie autonome de Transports parisiens).Montesquieu se plaignait déjà des « embarras » de la ville et faisait jurer son Persan « comme un chrétien ».Que dirait-il aujourd\u2019hui d\u2019une pareille concentration à Paris de tant d\u2019activités de tous ordres ?Comment peut-on être parisien ?A vrai dire, ce n\u2019est guère difficile, si on a le loisir de faire des promenades.La ville a fait toilette et retrouvé sa fraîcheur.On s\u2019attendait bien, après ce grand lavage, à un effet de surprise, non à la douceur de cette pierre teinte crème, plus belle de nuit que de jour, à l\u2019allégresse des frises, à la noblesse des façades, à la variété des marbres, à la chair généreuse des statues et des reliefs.Le vêtement de suie cachait la beauté des monuments comme tant de murs la beauté de secrets jardins.Notre-Dame n\u2019a pas encore revêtu sa robe de jeunesse.On hésite, car depuis la restauration par Violet-le-Duc, la pierre de Notre-Dame, bien que tirée de la même carrière, n\u2019a plus le même âge.Les gargouilles seraient particulièrement délicates, malgré leurs gros airs méchants.En tout cas, on craint l\u2019effet, et on n\u2019a pas encore lavé la cathédrale.Je l\u2019ai vue, de nuit, alors que, grande vedette, elle donnait un spectacle, en plein air, à un public affranchi de toutes servitudes mondaines.Les projecteurs et les micros sont les moyens industriels de ces spectacles baptisés, faute de mieux sans doute, Son et Lumière.Chambord a commencé, suivi par Versailles.A cette heure, il y en a plus de cent treize rien que dans le groupe des Châteaux de la Loire.Leur valeur est très inégale, dit-on.Pur enchantement, celui de Notre-Dame évoque de grandes pages d\u2019histoire.C\u2019est vrai qu\u2019elle en a tant vu, cette Notre-Dame, tant vu et tant entendu, au cours de huit siècles, au cœur de cette France, royaume, empire, république.Paris n\u2019est pas que Notre-Dame.C\u2019est aussi l\u2019Élysée, l\u2019hôtel Matignon, le Quai-d\u2019Orsay.Et tout cela, par le temps qui court, c\u2019est M.de Gaulle.De Gaulle, le 6 juin, n\u2019était pas en Normandie, aux fêtes qui célébraient le débarquement allié.Il se souvenait \u2014 car il a la mémoire longue \u2014 que la France en tant que telle avait été tenue dans l\u2019ignorance du lieu et de l\u2019heure du débarquement, voire écartée systématiquement des conseils où s\u2019élaboraient les desseins des « Anglo-Saxons ».L\u2019absence du Président de la France était plus que du ressentiment personnel.Au lieu de se rendre sur la plage de Normandie, de Gaulle préparait son voyage en Picardie.Cette tournée, au total réussie, fut une rude épreuve pour sa santé.Mais deux jours de soleil torride et deux jours de pluie, aucun arrêt prévu n\u2019a été supprimé, aucune allocution escamotée.Le convalescent de fraîche date se voulait impassible, au-dessus des vicissitudes du commun des mortels.La tournée fut aussi une rude épreuve pour la santé du régime.La Picardie fait face à des problèmes d\u2019agriculture, de reconversion industrielle et de logement.Or, partout l\u2019accueil fut sympathique, et le peuple n\u2019a pas écouté les consignes d\u2019abstention que lui adressaient les partis.Des propos tenus par le Président, ceux qui touchaient à sa politique et à la compétition présidentielle de décembre 1965 ont été dégagés, scrutés, pesés.Première affirmation: « La France a choisi une certaine voie, il faut l\u2019y maintenir.» Ce qui veut dire politique de stabilité à l\u2019intérieur, d\u2019indépendance à l\u2019extérieur.Deuxième affirmation: « Je ferai en sorte que, pour plus tard, il en soit comme aujourd\u2019hui.» Ce 237 qui veut dire que le gaullisme se donnera des cadres.Mais quelle sera leur force sans le patronage vivant de de Gaulle ?Troisième affirmation: « Je continuerai autant que j\u2019en aurai la force », et encore: « Je répondrai du pays aussi longtemps que je le pourrai.» L\u2019an prochain, si Dieu lui prête santé, de Gaulle entrera donc en lice.Personne ne lui a jamais nié un grand courage physique.Sa popularité demeure très grande, quoique l\u2019enthousiasme des premiers jours soit tombé.De Gaulle, qui demeure un symbole, est aujourd\u2019hui un homme contesté.Son régime, davantage encore.Je me garderai bien d\u2019essayer de vous expliquer pourquoi.D\u2019ailleurs, cette lettre est déjà longue, et j\u2019avoue que je tremble à la pensée qu\u2019elle puisse tomber entre des mains françaises.Sur ce, au revoir.Les raisons du Québec au Nouveau-Québec Michel BROCHU Ies interventions et les déclarations des parlemen-taires à la Chambre des députés à Ottawa, au cours de l\u2019hiver et du printemps 1964, au sujet de la volonté du Québec d\u2019assumer ses responsabilités au Nouveau-Québec, et les commentaires des journaux et de certaines revues au sujet de ces déclarations montrent que, d\u2019une façon générale, on n\u2019a pas saisi le nœud ni le fond de la question ni, en particulier, les raisons profondes qui, depuis 1962, motivent le Québec et monsieur René Lévesque, de qui relève la direction générale du Nouveau-Québec, à réclamer avec tant d\u2019instance la prise en charge du Nouveau-Québec.Plusieurs politiciens et quelques hommes politiques qui siègent à Ottawa ne semblent voir ici que les ambitions politiques et personnelles d\u2019un ministre québécois, les Esquimaux servant de ballon politique et de marionnettes, comme on a dit.Et chez la plupart des journalistes, à force de parler des modalités du transfert d\u2019administration, du sentiment des Esquimaux sur l\u2019affaire, à force aussi, chez certains, de ne rapporter que des faits et des témoignages souvent partiels ou partiaux, n\u2019ayant qu\u2019un rapport très éloigné avec l\u2019essentiel du problème, on a fini, hommes politiques, journalistes et grand public, par oublier les raisons essentielles qui fondent le Québec à prendre en main le Nouveau-Québec.M.Jean Chevalier, journaliste au Droit d\u2019Ottawa et correspondant à l\u2019Action de Québec, a eu le grand mérite de se demander très honnêtement et très lucidement, en mars 1964, pourquoi, à la fin, le Québec revendiquait-il tellement l\u2019administration du Nouveau-Québec.La question est légitime et pertinente et mérite une réponse claire et concise.Il revenait peut-être aussi à quelqu\u2019un qui, à l\u2019été et à l\u2019automne 1961, contribua à soulever ce vaste problème par une série d\u2019articles publiés dans Relations, d\u2019apporter les précisions et les éclaircissements qui s\u2019imposent.Voici, en résumé, les circonstances qui ont porté le Québec à prendre position sur la question du Nouveau-Québec.Au cours de l\u2019été 1960, à l\u2019occasion d\u2019une mission scientifique, il me fut donné de prendre connaissance des grands problèmes qui se posaient au Nouveau-Québec ^esquimau et qui intéressaient à la fois le Québec en tant qu\u2019État et le peuple esquimau qui habite les côtes du Nouveau-Québec.Ces problèmes sont de deux ordres: d\u2019une part, un problème de nature politique, l\u2019Administration, la Santé et l\u2019Instruction dans les postes esquimaux du Nouveau-Québec échappent totalement au Québec; d\u2019autre part, un problème humain concernant les Esquimaux, ceux-ci sont très sérieusement menacés de perdre leur langue et leur identité en tant que peuple, à cause notamment de l\u2019organisation, progressive et méthodique, depuis 1951, d\u2019un réseau d\u2019écoles où la seule et unique langue d\u2019enseignement est l\u2019anglais.Ce système vise, de l\u2019aveu de fonctionnaires du ministère du Nord canadien, à détruire la langue esquimaude et tend à l\u2019assimilation des Esquimaux à la masse anglo-canadienne, ce qui équivaut à une véritable génocide culturel.Plusieurs voix, dont celles de M.Paul Sauriol, éditorialiste au Devoir, des Pères André Steiman, O.M.L, et Robert Léchât, O.M.L, missionnaires au Nouveau-Québec, ont signalé ce danger réel.Devant ces deux grands problèmes qui se posaient en 1960, et qui se posent toujours, en 1964, clairs et inchangés, le Québec avait un double devoir.Il était inadmissible et inconvenant que l\u2019Administration, la Santé et l\u2019Enseignement dans les postes esquimaux du Nouveau-Québec fussent assumés en totalité par des organismes extérieurs au Québec.Par voie de conséquence, le Québec se devait de prendre complètement en main ces trois grands secteurs de la vie du Nouveau-Québeç.Relativement aux Esquimaux, menacés par l\u2019école anglaise de perdre leur langue et de se voir assimilés comme le sont déjà ou sont en train de le devenir dans tout le Canada plusieurs groupes indiens, il convenait que le Québec intervînt énergiquement et sans retard pour enrayer ce génocide culturel, par l\u2019institution d\u2019un système d\u2019enseignement qui donnât priorité à l\u2019esquimau comme langue de base comme cela se fait tout normalement pour les Esquimaux du Groenland et pour les Lapons en Scandinavie.La gravité de la situation, tant pour le prestige du Québec que pour l\u2019avenir des Esquimaux, était telle que je jugeai opportun d\u2019en informer, à titre personnel, le gouvernement du Québec.A la suite de deux longues entrevues qu\u2019il m\u2019accordait, au printemps et à l\u2019automne de 1961, M.René Lévesque accepta, par conviction, de s\u2019occuper de ce vaste problème du Nouveau-Québec.Il apparaît puéril d\u2019attribuer ici à monsieur René Lévesque des motifs politiques et des ambitions personnelles.La question, justement, ne présentait aucune rentabilité politique et, au contraire, ne laissait présager que des ennuis de toute nature.En outre, monsieur René Lévesque était alors tout entier plongé dans la grande bataille de la nationalisation du réseau de distribution de l\u2019Électricité.Ayant eu l\u2019honneur de collaborer de très près à la mise en œuvre de la direction générale du Nouveau-Québec, à sa création en novembre 1962, et fait partie de la première équipe, je puis témoigner que, dès les débuts, les deux grands principes qui présidèrent au travail furent d\u2019une part: de prendre en main la totalité de l\u2019Administration, de la Santé et de l\u2019Enseignement des postes esquimaux du Nouveau-Qué- 238 RELATIONS bec, parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un territoire québécois et qu\u2019il était et qu\u2019il est normal qu\u2019il en soit ainsi, et, d\u2019autre part, d\u2019assurer le respect de la langue et des traditions esquimaudes par un système d\u2019enseignement où l\u2019esquimau serait la première et la principale langue d\u2019enseignement.Inutile de souligner qu\u2019il ne fut jamais question de franciser les Esquimaux ou de leur imposer le français comme seule langue d\u2019enseignement, encore moins, de les orienter, de près ou de loin, vers le catholicisme.Preuve qu\u2019elle était sérieuse dans ses propositions et dans ses intentions, la Direction du Nouveau-Québec a demandé à sa première équipe de fonctionnaires et aux autres qui sont venus les rejoindre, avant toute chose d\u2019apprendre l\u2019esquimau à Fort-Chimo ou dans d\u2019autres postes du Nouveau-Québec.Pour résumer la situation, les raisons qui ont dès le début motivé et qui motivent toujours la prise en charge du Nouveau-Québec par le Québec sont et devraient être parfaitement claires et intelligibles à tous: il y a, d\u2019une part, le motif de haute convenance nationale et, d\u2019autre part, le motif de respect dû aux Esquimaux, comme peuple, et à leur langue, comme valeur de civilisation intrinsèque et irremplaçable.Il est donc absolument sans fondement d\u2019affirmer que les Esquimaux deviennent des marionnettes dans les mains du gouvernement du Québec, puisque le gouvernement du Québec, par l\u2019intermédiaire de la Délégation générale du Nouveau-Québec est le seul à vouloir protéger, enseigner et respecter pleinement la langue esquimaude.Ce que le Québec est capable de faire, grâce à la coopération de professeurs esquimaux anglicans.Quant au point de vue matériel, qui n\u2019est pas, quoi qu\u2019on en puisse penser, l\u2019essentiel, même s\u2019il a une grande importance, il ne sera pas difficile au Québec de faire mieux que le ministère du Nord canadien, et que le ministère de la Santé d\u2019Ottawa; la meilleure preuve en est que le premier médecin résidant des côtes du Nouveau-Québec, n\u2019y est arrivé que le 13 mars 1964, à l\u2019hôpital Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus de Fort-Sainte-Foy.Les responsables de sa venue sont les Pères Oblats, les Sœurs Grises de-la-Croix et le Québec, et pas du tout le ministère du Nord canadien ou le ministère de la Santé d\u2019Ottawa, qui ne se sont jamais, pour leur part, préoccupés d\u2019affecter un médecin résidant aux postes esquimaux ou indiens du Nouveau-Québec, malgré les puissants moyens financiers dont ils disposent.En conclusion, le Québec a des droits au Nouveau-Québec, et il a les moyens et les hommes pour les faire valoir ; et il ne faut pas oublier que, dans la presque totalité des postes, les immeubles construits par le ministère du Nord canadien et par le ministère de la Santé d\u2019Ottawa le furent sur les terres domaniales du Québec, sans autorisation et sans cession de terrain de la part du Québec.De ce fait, le Québec est légalement habilité à se servir de ces immeubles déjà construits.En tout état de cause, le Québec a un droit strict, à prendre en main l\u2019administration complète du Nouveau-Québec.Il a également à exercer un devoir de justice distributive envers les Esquimaux présentement victimes, de la part d\u2019un autre gouvernement, d\u2019un déni de justice caractérisé, puisqu\u2019on leur refuse le droit élémentaire d\u2019être instruits dans leur langue, sans qu\u2019on les ait jamais consultés là-dessus.Le Québec n\u2019a à s\u2019excuser devant personne de vouloir exercer ses droits et assumer ses devoirs au Nouveau-Québec esquimau et, bientôt, il faut l\u2019espérer, au Nouveau-Québec indien, où la situation est analogue.Car il faut qu\u2019au Nouveau-Québec, cette tâche soit accomplie « avec le souci constant de montrer notre justice après avoir montré notre force 1 ».1.Ernest Psichari: Le Voyage du centurion AOÛT 1964 AU SERVICE DU FRANÇAIS Souhaits sans illusion Sans illusion concernant l\u2019aptitude de certains journalistes à s\u2019amender, on ne doit rien omettre pour préserver de la contamination le peuple du Québec en voie d\u2019épanouissement.Qu\u2019on répète donc à chacun: ne dites pas.comme tel griffonneur; mais dites, comme les bons écrivains et les linguistes autorisés.On vous souhaite, par exemple, de ne plus emprunter à la chronique des sports les expressions vraiment bêtes: « au tout début » et « à la toute fin ».Vous les avez peut-être entendues de la bouche de personnages éminents.Ne cédez pas à la contagion du pire.La correction exige: tout au début et tout à la fin; car tout, adverbe, ne saurait modifier un nom.spécialement dans une locution dont les termes ne se séparent pas.On vous souhaite d\u2019écarter le pléonasme commis par les gens qui « défraient les frais » ou « le coût » de leurs actions.Défrayer \u2014 le mot le suggère \u2014 signifie acquitter, payer les frais.Défrayez, par conséquent, vos études, vos loisirs, vos achats; ou bien acquittez-en les frais, payez-en le coût, soldez-en la note.On souhaite que vous ne donniez plus au verbe sauver le sens de gagner, d\u2019épargner.Dans un désastre, vous sauvez une personne ou des biens: vous les rescapez.Mais en suivant des cours privés, votre enfant ne « sauve » pas une année scolaire: anglicisme évident {to save).Ces cours lui permettent de gagner du temps, de ne pas perdre une année de classe, d\u2019éviter un retard dans ses études.On vous souhaite de ne plus employer sans complément le verbe élaborer dans un contexte où il équivaut à développer une idée.Les Anglais se plaisent à écrire qu\u2019en répondant à une question John Smith s\u2019est contenté d\u2019une vague déclaration, sans « élaborer » {he did not elaborate).En français, on élabore toujours quelque chose: une pensée, un plan.N\u2019imitez donc pas cette journaliste qui rapporte: Mme X.si loquace d\u2019ordinaire, n\u2019a pas voulu « élaborer » davantage.Rectifiez: Mme X.n\u2019a pas voulu ajouter d\u2019autres commentaires, fournir plus d\u2019explications, de détails.On vous souhaite de résister à l\u2019entraînement de ceux qui galvaudent le mot tel.En gros caractères, un journal a imprimé: Inonu se rendra « tel que prévu » aux États-Unis.Or, tel, adjectif ou pronom, doit s\u2019accorder avec un antécédent.Ici, on lui fait jouer, avec que, le rôle d\u2019une locution conjonctive: erreur et sottise.On vous souhaite de distinguer entre opportunité (moment propice, temps favorable ou convenable) et chance, aubaine ou occasion.N\u2019annoncez pas comme une « opportunité », mais comme une occasion, une aubaine, la vente au rabais d\u2019une marchandise, d\u2019un produit, l\u2019invitation à un voyage, l\u2019offre d\u2019une situation avantageuse.Ne profitez pas, non plus, d\u2019une « opportunité », mais d\u2019une chance, d\u2019une occasion.En allant ici ou là, vous n\u2019avez pas 1\u2019 « opportunité », mais l\u2019occasion, le plaisir de rencontrer celui-ci, de voir cela.Enfin, on vous souhaite de ne jamais dire « à l\u2019année longue », ni « à la journée longue », mais à longueur d'année ou de journée.De ne plus jamais dire « à date », mais à ce jour ou jusqu'à présent.De ne plus jamais répondre: « Définitivement », lorsque vous pensez: assurément, absolument, certainement.On souhaiterait d\u2019avoir réglé sans retour ces menus problèmes: de les avoir mis en vacances définitivement.J.d\u2019Anjou.239 COMMENTAIRE Le Conseil supérieur du travail et la Loi de la convention collective Dans un communiqué publié le 12 juin dernier par l\u2019Office d\u2019infor-nation et de publicité du Québec -\u2014 communiqué dont ont peu parlé les grands journaux \u2014 le ministère du Travail faisait le point sur l\u2019étude qu\u2019abordait, il y a près d\u2019un an, le Conseil supérieur du travail, touchant la Loi de la convention collective.Celle-ci, refondue, doit constituer la deuxième tranche du Code du travail.Le communiqué signale que la Commission permanente du Conseil supérieur du travail y a consacré ses séances de cette année et qu\u2019elle a formé, pour intensifier son travail, un comité spécial d\u2019étude.Comité d'étude Ce comité a scruté les mémoires soumis depuis octobre dernier par une trentaine de groupements.Quelques-uns d\u2019entre eux, cependant, ne comptent qu\u2019une page ou deux.Il a ensuite fait tenir aux comités paritaires un questionnaire détaillé et a commencé avec leurs secrétaires ou gérants une série d\u2019entrevues qu\u2019il poursuivra durant l\u2019été1.Il faut se réjouir du travail accompli et souhaiter qu\u2019il s\u2019amplifie.La Loi de la convention collective et le système de décrets et de comités paritaires qui en découle sont des institutions typi- 1.Sans en rejeter l\u2019idée, le comité ne songe pas, semble-t-il, du moins pour l\u2019instant, à consulter systématiquement les parties contractantes aux divers décrets.Cette enquête pourtant devra être menée, soit par l\u2019entremise d\u2019un comité, soit par la Commission permanente elle-même: les comités paritaires \u2014 à plus forte raison les secrétaires-gérants, qui n\u2019en sont que les employés \u2014 ne sont rien d\u2019autre que des organes administratifs.Ce sont les parties contractantes qui, par leur contrat collectif et leur requête en vue d\u2019obtenir l\u2019extension juridique, donnent naissance au décret et à tout le système ici en cause.Quelques-unes ont exprimé leurs opinions dans des mémoires; mais plusieurs n\u2019ont soulevé que des points mineurs.Il faudrait les interroger sur les problèmes les plus importants de la loi et sur l\u2019ensemble du régime.Il faut qu\u2019elles soient entendues et qu\u2019elles parlent pour elles-mêmes: il n\u2019est pas acquis que leurs opinions correspondent en tout point à celles des représentants patronaux et ouvriers qui siègent au Conseil supérieur du travail.quement québécoises, uniques en Amérique du Nord.Elles ont donné, jusqu\u2019ici, d\u2019assez bons résultats, en assurant aux salariés qui y sont assujettis des conditions de travail, dans l\u2019ensemble, supérieures à celles que leur auraient values les seules lois du marché, en régularisant la concurrence entre les employeurs dans des industries composées surtout de petites et de moyennes entreprises, en permettant de mettre sur pied, dans certains cas, un excellent réseau de centres d\u2019apprentissage et de cours de formation professionnelle.Mais le système est loin d\u2019être parfait.Il mérite qu\u2019on lui consacre de sérieuses études.Les personnes nommées membres du comité sont bien au fait de la Loi de la convention collective et de son application.Le président s\u2019occupe, depuis de très nombreuses années, de comités paritaires et d\u2019associations professionnelles à titre de secrétaire exécutif.Les deux autres membres du comité sont fonctionnaires du ministère du Travail; l\u2019un travaille au Service de l\u2019extension juridique depuis longtemps et l\u2019autre, par sa formation et ses fonctions, possède une perspective d\u2019envergure sur les questions de travail et de relations industrielles.Le secrétaire, lui aussi, est fonctionnaire du ministère du Travail.Ces postes leur faciliteront la tâche dans les indispensables compilations, les analyses statistiques et autres semblables travaux qu\u2019ils accompliront.La Commission permanente attend-elle de leur part plus que ce travail préliminaire ?L\u2019étude qu\u2019ils ont faite de tous les mémoires soumis au Conseil supérieur le laisse croire.La Commission avait elle-même pris connaissance de ces mémoires; elle a mis sur pied le comité, l\u2019a orienté et a approuvé ses projets d\u2019enquête.Elle poursuivra ses études au cours de l\u2019année prochaine à partir des résultats de celui-ci et, sans doute, également selon de nouvelles avenues de pensée.Ni les membres de la Commission permanente ni ceux du Conseil n\u2019ont le temps de s\u2019adonner aux longues réflexions, aux études comparatives que suppose l\u2019élaboration de recommandations pour remanier de façon sérieuse un système aussi complexe.Ils devront s\u2019en remettre à des comités spéciaux non seulement pour la documentation mais pour une bonne partie du travail créateur.Ils étudieront les fruits de leurs travaux, écartant et remaniant ce qui leur paraîtra moins heureux; mais les conclusions de tous ces comités d\u2019étude les guideront inévitablement dans les jugements de valeur qu\u2019ils porteront sur l\u2019ensemble de la loi et dans la refonte qu\u2019ils en recommanderont.C\u2019est ici que surgissent d\u2019importantes questions.L'impartialité de la recherche.De toute personne qui doit apprécier la valeur d\u2019une institution et en proposer une réforme, on exige des garanties d\u2019objectivité intrinsèques et extrinsèques.Les membres du comité spécial chargé d\u2019étudier la Loi de la convention collective possèdent la compétence et l\u2019intégrité requises.Leurs qualités personnelles et la connaissance étendue qu\u2019ils ont du système en cause représentent un actif précieux dans la poursuite de leur travail.Pourtant, il demeure malheureux qu\u2019en un sens, tous soient, dans cette question, à la fois juges et parties.Le président, à titre de secrétaire-gérant de trois comités paritaires: la pratique administrative des comités paritaires constitue un des points en litige; les autres membres du comité, à titre de fonctionnaires: un des problèmes que soulève cette étude est précisément la manière dont le gouvernement, par le moyen du ministère du Travail, applique la loi.On comprend qu\u2019il était peut-être impossible de trouver en dehors du ministère du Travail et du personnel des comités paritaires des hommes compétents qui puissent se libérer de leurs autres occupations et se consacrer à un tel travail.Mais, dans ces circonstances, la Commission permanente devra-t-elle, pour répondre à une exigence impérieuse d\u2019objectivité, limiter le mandat du comité au domaine de la pure information et se priver ainsi de ses jugements généraux et des suggestions nées de son esprit créateur ?Problème réel, qui, 240 RELATIONS d\u2019autre part, admet sans doute une solution de compromis: la Commission utilisera toutes les richesses du comité, mais elle étudiera elle-même soigneusement les conclusions que celui-ci formulerait au delà du domaine strictement documentaire.D\u2019un autre côté, l\u2019enquête que le comité a entreprise, par questionnaire et entrevues, pose un point d\u2019interrogation.Les intéressés diront-ils à un administrateur de comités paritaires chevronné (si le président poursuit lui-même les entrevues) ou à des fonctionnaires du gouvernement tout ce qu\u2019ils savent sur le sytème et tout ce qu\u2019ils en pensent ?Les membres et les employés des comités paritaires, les responsables des organisations patronales et ouvrières (si on les consulte directement, comme il se devrait) peuvent avoir intérêt à demeurer en bons termes avec le gouvernement et à ne lui dire que ce qu\u2019il veut entendre.Que dirait-on d\u2019une commission chargée d\u2019enquêter sur un aspect du gouvernement et dont la plupart des membres seraient fonctionnaires du ministère impliqué?Autre difficulté.Le Conseil supérieur du travail est un organisme consultatif du ministère du Travail.Lorsque, ses recherches terminées, il remettra au ministre son rapport et ses recommandations, celui-ci demandera à ses principaux collaborateurs \u2014 les fonctionnaires du ministère \u2014 de les apprécier et de lui faire rapport.Si le Conseil supérieur a recours, pour ses principaux travaux, à des fonctionnaires du ministère, on aboutit à une situation où ceux qui préparent la consultation sont ceux-là mêmes qui se prononceront finalement sur sa valeur.C\u2019est de Yinbreeding parfait ! On touche ici du doigt \u2014 en plus du problème que pose la pénurie d\u2019hommes compétents dans un secteur donné \u2014 une des difficultés fondamentales que doit affronter le Conseil supérieur du travail dans son régime actuel.Il ne dispose pas des fonds requis pour s\u2019acquitter pleinement et librement de sa tâche.Si on veut qu\u2019il soit autre chose qu\u2019une agora ou qu\u2019un organisme de paille, il faut s\u2019empresser de lui fournir les ressources dont il a besoin pour organiser ses propres travaux de recherche.Le Conseil a collaboré à mettre sur pied, au ministère du Travail, un Service de recherche en voie d\u2019heureuse expansion.Mais cela ne suffit pas.Que le Conseil puisse utiliser les richesses de ce Service et les talents des fonctionnaires du ministère, après entente avec celui-ci, rien de mieux.Qu\u2019il doive recourir pratiquement à eux seuls, faute des fonds requis, pour des études qui mettent en cause le gouver- nement lui-même dans sa politique législative et administrative, c\u2019est avouer sa propre impuissance et semer au point de départ le doute sur l\u2019impartialité des conclusions qu\u2019on tirera.et la démocratie Enfin, une démocratie adulte et évoluée requiert que le fruit de tels travaux de recherche soit publié et parvienne à la connaissance du public.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que vient de reconnaître le gouvernement, en publiant le rapport du comité des experts de la fonction publique, avant de livrer le rapport final des membres du Comité parlementaire correspondant.On s\u2019étonne donc de trouver, à la fin du présent communiqué, le paragraphe suivant: A ceux qui pourraient se demander pourquoi le comité d\u2019étude de la Commission permanente du Conseil supérieur du travail ne rend pas public le fruit de ses recherches, il sied de faire observer que le Conseil supérieur du travail est un organisme à caractère purement consultatif et qu\u2019il lui appartient de soumettre son rapport à nul autre que le ministre du Travail lui-même.Ce paragraphe, dont le ton surprend dans un texte d\u2019information, s\u2019inspire d\u2019un légalisme étroit.En vertu de la Loi du Conseil supérieur du travail, dans sa teneur actuelle, le Conseil ne soumet ses rapports, effectivement, à nul autre qu\u2019au ministre du Travail.Mais rien n\u2019empêche celui-ci de les publier, comme le gouvernement a publié le rapport des experts du Comité de la fonction publique.Une telle politique de la part d\u2019un gouvernement manifeste qu\u2019il veut prendre ses dispositions dans la plus grande lumière possible, à la face du public de la province.On a vu, d\u2019ailleurs, ce qu\u2019a donné le secret qui entoura les travaux du Conseil supérieur du travail sur la première partie du projet de Code.Un témoin a pu, en juin 1963, devant le Comité des relations industrielles de l\u2019Assemblée législative, parler de recommandations du Conseil supérieur du travail « à peu près systématiquement ignorées »; il a pu dire que le bill 54 faisait « abstraction de parties importantes, .même de parties unanimes du rapport ».Personne ne peut vérifier de telles affirmations.Elles s\u2019ajoutent à tout ce qui a contribué aux difficultés qui s\u2019ensuivirent.Le gouvernement veut-il refaire l\u2019expérience qu\u2019il a vécue depuis un an ?Il gagnerait sans doute à miser plutôt sur la lumière que sur le mystère, à accepter de plus en plus pleinement les exigences de la démocratie et à s\u2019appuyer sur une opinion publique toujours mieux éclairée.Gérard Hébert.LARK\tLARK 387-7133 Ptovoât c4uto Clectxic JÇtèe 8305, SAINT-LAURENT PIÈCES ET ACCESSOIRES STUDEBAKER Vente et Service En belle saison construction ou réparations CONFIEZ VOS TRAVAUX de CHAUFFAGE-PLOMBERIE à des EXPERTS Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada OQO OOO Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL La haute fidélité stéréophonique à son meilleur Grand choix de disques stéréo cité ÉLECTRONIQUE 3165, rue Hochelaga Montréal 4, LA.5-2551 AOÛT 1964 241 AU FIL DU MOIS Paroisse et chant sacré Les prescriptions de la récente constitution conciliaire sur la liturgie reposent, parmi bien d\u2019autres problèmes, celui de la musique sacrée dans les paroisses.Non pas que les orientations n\u2019y soient clairement définies, mais on peut demeurer embarrassé dans le choix des moyens qui permettront aux fidèles de retrouver le goût et la joie de chanter à la messe dominicale.A ce propos, le P.Jules Martel, O.M.I., fort d\u2019une longue expérience, suggère un plan d\u2019action (voir Jules Martel, O.M.I., La Musique sacrée dans nos paroisses, Ottawa, Les éditions de l\u2019université d\u2019Ottawa, 1964, 132 pp., 18 cm.), qui paraîtra, vraisemblablement, audacieux aux esprits ennemis du changement et timide aux réformateurs impatients.Ce plan du P.Martel, à mon avis, répond tout à fait aux dispositions conciliaires.Le Père conserve le chant du latin à la grand-messe, mais il demande que le Kyriale (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus) devienne accessible aux fidèles dans une musique populaire, et non grégorienne.Pour cela, il propose la tenue d\u2019un concours international de musique religieuse où seraient sélectionnées trois messes populaires qu\u2019on enseignerait ensuite dans les paroisses.Projet impossible sans une action concertée à l\u2019échelle nationale, sous la direction avisée des évêques du pays.Le P.Martel ne supprime pas les chorales paroissiales; il réclame qu\u2019elles puissent, avec toute la compétence et la dignité nécessaires, exécuter le propre de la messe et, occasionnellement, des pièces polyphoniques.A cet effet, maîtres de chapelle, organistes et chantres devront recevoir une formation appropriée.Au besoin, qu\u2019on réduise le nombre des chantres, mais qu\u2019on assure un rendement de meilleure qualité.Loin de bouder les chants populaires en langue vernaculaire, anciens ou modernes le P.Martel leur assigne, dans la liturgie, leur juste place, observant en même temps, fort à propos, qu\u2019un grand nombre de cantiques, même parmi les plus récents, ne méritent pas de figurer au répertoire.La musique populaire est peut-être la plus malaisée à écrire: facile à exécuter, elle doit faire prier sur de la beauté.Il faut en bannir le médiocre, dans la mélodie et les paroles.Dans la perspective du P.Martel, d\u2019une part, la communauté doit retrou- ver la joie de participer à la messe par le chant, d\u2019autre part, la chorale paroissiale garde son rôle d\u2019animatrice.Position équilibrée et plus logique que celle de ceux qui veulent tout confier à la masse et supprimer le rôle de la chorale.Nous traversons une période de transition qui exige à la fois audace et prudence, au risque de courir aux échecs les plus cuisants.L\u2019effort du P.Martel ouvre une voie sûre.Espérons que d\u2019autres voudront s\u2019y engager.Jean-Paul Labelle.Krouchtchev au Danemark Les voyages adoucissent les mœurs.Autrefois, M.Krouchtchev menaçait de réduire en cendres les capitales d\u2019Europe; depuis qu\u2019il a vu Washington et Paris, il s\u2019est assagi au point de devenir le premier des agit-prop du régime soviétique.Bien entendu, tous les moyens restent bons, sauf les fusées, ce qui laisse encore une bonne marge à la politique de violence.Pour le moment, M.Krouchtchev continue ses classes.Il a visité la Suède qu\u2019il a trouvé froide, et le Danemark qui ne l\u2019a pas impressionné, ni ses étables, ni ses écuries, ni ses champs, ni ses vergers.^Toutefois, au déjeuner qui eut lieu à l\u2019École d\u2019agriculture, de Dalume, le Premier soviétique exprima l\u2019espoir que l\u2019U.R.S.S.intensifierait ses achats agricoles dans ce pays dont il trouvait admirable « la qualité des produits ».Visiblement mortifié d\u2019avoir eu un instant de faiblesse pour ces fermes « individuelles » et « trop petites », il passa à l\u2019attaque: Je vous dois pourtant la vérité: vos dirigeants ont des lunettes noires sur les yeux, celles-là mêmes que portent les journalistes occidentaux qui parlent de ce qu\u2019ils ne savent pas.Vous pensez que nous sommes des êtres rampants, prêts à saluer le premier mouton venu.Eh bien! vous vous trompez.J\u2019ai pu voir de magnifiques spécimens de porcs et de truies.Mais les nôtres défendent le système socialiste et rivalisent avec les vôtres.Voilà qui est bien dit! Puis M.Krouchtchev avoua que l\u2019U.R.S.S.venait seulement de découvrir l\u2019importance des engrais chimiques et annonça comme un prophète des félicités à venir: d\u2019ici 7 ans, l\u2019U.R.S.S.produirait 90 millions de tonnes d\u2019engrais par an et, dès l\u2019année prochaine, les récoltes augmenteraient de 10 millions de tonnes par an.Et ainsi de suite pendant sept ans: « Si dans sept ans, mes pronostics ne se réalisaient pas, je ne serai plus communiste, et je déchirerai ma carte du parti.» Et les Danois, gente hospitalière, d\u2019applaudir.Après tout, on verra peut-être Krouchtchev devenir « capitaliste » avant que les petits enfants d\u2019Eisenhower ne deviennent communistes.Luigi d\u2019Apollonia.Une revue centenaire Pour une cathédrale, cent ans c\u2019est peu de chose.Pour une revue, c\u2019est beaucoup.Or c\u2019est ce grand âge que célèbre, cette année, The Month, revue de littérature et de science religieuse publiée par les Pères Jésuites de Grande-Bretagne.Des hommes à tous points remarquables que leur foi exilait au milieu de leur propre pays ont dirigé cette revue: le P.Henry James Coleridge, auteur d\u2019une monumentale vie de Jésus en 18 volumes, aujourd\u2019hui encore achetée, lue et aimée; Richard Clarke, ancien d\u2019Oxford qui avait recouvré la foi de ses pères; John Gerald, à la fois botaniste, naturaliste, historien qui secoua les professeurs avec son livre What Was the Gunpowder PlotP; Joseph Keating qui resta à la barre pendant 27 ans, n\u2019épargnant ni lui-même ni aucun de ses collaborateurs: « A slave-driver », m\u2019a-t-on dit avec horreur; John Murray, polyglotte qui, soutenu, sans aucun doute, par son naturel enjoué, donna d\u2019innombrables et admirables traductions; Philip Caraman qui fit connaître au grand public l\u2019émouvant journal de John Gerard, ce jésuite évadé de la Tour de Londres.Sans prétendre dresser un palmarès, il serait, toutefois, injuste de ne pas mentionner les noms de quelques grands rédacteurs.Alban Goodier qui deviendra, à son corps défendant, archevêque de Bombay, est l\u2019auteur d\u2019une très belle vie de Jésus que tous les Anglais cultivés connaissent.Herbert Thurston était un rat de bibliothèque de Londres et du British Museum; chercheur de race, il donna plus de 200 articles à la Catholic Encyclopedia; de commerce fort agréable, il réussit néanmoins à mettre dans tous les états les braves Napolitains avec ses études sur le « miracle » de saint Janvier; d\u2019une persévérance à toute épreuve, il collabora pendant plus de 50 ans à la revue (1872-1939) et ne 242 RELATIONS renonça à écrire qu\u2019après sa mort puisque son dernier article est posthume.Cyril Martindale était né pour briller; il renouvela l\u2019hagiographie, étonna le public anglais avec ses causeries à la B.B.C.intitulées What Are the Saints?Pouvait-il se trouver en Angleterre, se demandait-on, un prêtre catholique qui fût à la fois aussi anglais et aussi raffiné ?Aujourd\u2019hui, James Brodrick, historien très savant et très lisible, Martin d\u2019Arcy, philosophe et théologien qui n\u2019a pas renoncé à l\u2019humour, continuent une tradition humaniste héritée de Thomas More.A compulser les tomes de la revue, il saute aux yeux que la question anglicane (pas toujours traitée dans le style œcuménique), la question sociale, la question internationale ont eu la part du lion.La revue s\u2019est tenue à l\u2019écart de la politique du jour.Il est facile de deviner la raison de cette discrétion.Ainsi j\u2019ai cherché en vain un article sur l\u2019énorme événement de la guerre civile américaine dans laquelle la Grande-Bretagne prit fait et cause pour les Sudistes.Revue littéraire, The Month publia des romans, des traductions latines de poésies grecques, des traductions grecques de poésies latines, des traductions anglaises (ma foi! fort bien faites) de poésies françaises.C\u2019est dans les pages de la revue que parut le grand poème de Newman, The Dream of Gerontius.On y retrouve après la guerre les noms de Knox, d\u2019Evelyn Waugh, de Graham Greene, d\u2019Edith Sitwell, de T.-S.Eliot, si bien que le New Statesman, hebdomadaire travailliste très huppé, y alla d\u2019une parodie, ce qui valait bien un prix littéraire.Hélas! hélas! hélas! le nom de celui qui forgea une nouvelle langue et une nouvelle poétique anglaises n\u2019y paraît pas.Pas une ligne du P.Gérard Manley Hopkins.Il avait envoyé à la revue The Wreck of the Deutschland et The Loss of the Eurydice, ces grands poèmes étudiés aujourd\u2019hui dans toutes les facultés de lettres.Ils ne furent pas publiés.Et les Pères s\u2019en mordent encore les pouces.A leur décharge, il faut bien dire que sauf de rares sourciers, la critique ignora Hopkins, et qu\u2019un rédacteur du Month, le P.Christopher Devlin, mort dans la force de l\u2019âge, compte parmi ses plus grands commentateurs.Enfin l\u2019Académie française a aussi fait des siennes.L.d\u2019Apollonia.De l\u2019Action catholique à l\u2019Action des catholiques?Le discours du P.Jacques Lazure, O.M.L, au congrès de la J.O.C., le 27 juin dernier (Le Devoir, lundi, 29 juin 1964), discours où il engageait la J.O.C.à accéder à la politique, marquera une date dans l\u2019histoire de nos mouvements.Car, avec franchise, il énonce les principaux griefs formulés contre eux et, avec hardiesse, il oriente dans la voie du redressement.Nos mouvements d\u2019Action catholique, en effet, fidèles à leur mandat, se sont toujours gardés, parfois jusqu\u2019à la méfiance, de tout engagement dans les questions nationales ou politiques.Avec la conséquence, qu\u2019aujourd\u2019hui, chez nous, la plupart des mouvements de jeunes abordent dans la neutralité, sans aucune inspiration religieuse, les questions économiques, politiques, nationales.Ce « séparatisme » est déplorable et la J.O.C., reprend le P.Lazure, doit s\u2019en inquiéter.Ayant mission de sanctifier le temporel, il lui revient d\u2019explorer et de christianiser tout son domaine, donc de s\u2019y engager.Le social et l\u2019économique ont aujourd\u2019hui des liens si étroits avec la politique qu\u2019il faut pousser jusqu\u2019à celle-ci si on veut aboutir à des redressements efficaces.La J.O.C.dans la politique ! L\u2019énoncé a surpris plus encore qu\u2019avait surpris, il y a quelques mois, l\u2019annonce par les centrales syndicales, C.S.N.et F.T.Q., de leur entrée dans la politique.Car il s\u2019agit, cette fois, de mouvements ayant reçu de la hiérarchie un mandat apostolique qui leur confère un surcroît d\u2019autorité, mais, d\u2019autre part, limite leur liberté d\u2019engagement parce que, qu\u2019ils le veuillent ou non, par la force des choses, ils engagent la responsabilité de la hiérarchie.L\u2019exemple invoqué par le P.Lazure, le bill 60, se retournerait, je le crains, contre son avancé.Certes, la J.O.C.aurait pu appuyer les demandes des évêques en faveur de la confessionnalité; mais pouvait-elle faire campagne sur les aspects profanes du bill sans laisser croire que les évêques reprenaient par elle un domaine qu\u2019ils avaient déclaré abandonner aux laïcs ?La conclusion de tout ceci est que nous allons vers une reconsidération de nos œuvres et de nos mouvements à partir d\u2019une notion beaucoup plus nette et plus_ précise de ce qu\u2019est le laïcat dans l\u2019Église.Nous pouvons espérer que le Concile répandra ici la lumière.Le laïc, écrivait le P.Karl Rahner (.Nouvelle Revue théologique, 1956, pp.3-32), vit sa vie chrétienne au milieu même du monde.C\u2019est sa vocation de christianiser le profane, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019économique, de politique, d\u2019art ou de culture.C\u2019est le domaine que le Christ lui a confié; dont il a reçu mandat au baptême; pour lequel il a responsabilité entière, même s\u2019il lui faut à l\u2019occasion l\u2019avis des clercs.Cette consécration du monde par les laïcs est leur mission apostolique par excellence; ils y sont irremplaçables; s\u2019ils s\u2019y mettaient pour de bon, en cinquante ans, ils changeraient la figure du monde.C\u2019est là ce qu\u2019on a appelé l\u2019Action des catholiques.Avec la promotion du laïcat, c\u2019est à elle d\u2019abord que nous allons et c\u2019est elle qu\u2019appelle de ses vœux, plus ou moins confusément, l\u2019Action catholique elle-même.Georges Robitaille.Epargner tout en protégeant les vôtres avec un plan de ïa ésaubepcbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Siège social: Montréal Romand Associatio\tRAPTIM CANADA Ltée AGENCE INTERNATIONALE DE VOYAGES \t Pro\tApprouvée par : I A T A, A T C Transvehendis\tConférences Transatlantique et Transpacifique Itinerantibus\tPour vous servir i M.Luc GOU, directeur général, Missionariis\t1652, rue Saint-Hubert, Montréal-24, P.Q.Tél.: VI.5-7223* Nous mettons à votre disposition nos bureaux de Raptim-ltalie, Allemagne, Belgique, France, Hollande, Argentine et Colombie.AOÛT 1964 243 Les livres Léopold Sabourin, S.J.: Les Noms et les Titres de Jésus.Thèmes de théologie biblique.\u2014 Bruges (23, quai au Bois) et Montréal (2715, place Darlington), Des-clée de Brouwer, 1962, 327 pp., 21.5 cm.Prix: 195 fr.b.Après avoir signalé l\u2019importance du nom .dans l\u2019Ecriture et dans la pensée hébraïque, l\u2019A.analyse brièvement les noms (Jésus, Fils de Joseph, Fils de Marie, le Maître) et les titres du Verbe incarné: titres messianiques simples (il en énumère six), titres messianiques communautaires (il en trouve au moins dix), titres sotériolo-giques (il en compte neuf), titres proprement christologiques (il en recense quatorze).Aux spécialistes et aux professeurs de religion plus qu\u2019au profane (malgré le désir de l\u2019A.), plaira et servira cette étude.La composition ordonnée, le style clair en facilitent la lecture; mais thèmes et développement dépassent la vulgarisation.Une étude patiente en tirera matière à méditation inspiratrice de progrès spirituel.Joseph d\u2019Anjou.René LATOURELLE, S.J.: Théologie de la révélation.Coll.« Studia », n° 15.\u2014 Bruges (23, quai au Bois), Montréal (1855 est, rue Rachel), Desclée de Brouwer, 1963, 509 pp., 24 cm.Prix: $8.25 net.SUR UN sujet que nulle synthèse n\u2019a encore traité avec ampleur, mais dont les éléments, nombreux, complexes, discutés, se trouvent dans la Bible, les écrits des Pères, des docteurs et des théologiens, et dans les déclarations du magistère, l\u2019A.offre un aperçu complet, sinon par ses développements, du moins par son plan.Il s\u2019agit non d\u2019apologétique (possibilité, nécessité, conditions d\u2019une révélation divine), mais de théologie (action de Dieu révélant, contenu, sens, portée de cette action, unité et harmonie de ses composantes; puis, attitude de l\u2019homme à qui Dieu se révèle).Sujet capital.Ouvrage de maître: on dit que le concile y puise en vue de sa prochaine session.Le lecteur pressé en étudiera les deux dernières parties: l\u2019essentiel y est condensé et brièvement analysé.Mais il aura profit et joie à tout lire, goûtant l\u2019ordre, la clarté, la sûreté de la démarche, l\u2019art des résumés qui en marquent les étapes, la limpidité de l\u2019expression.La révélation, à la fois parole, témoignage et rencontre, prolonge la création, s\u2019exprime dans une histoire qu\u2019elle accomplit, s\u2019achève dans le Christ, Dieu fait homme, révélant qui se révèle, dont les apôtres témoignent infailliblement et définitivement.Ce témoignage, l\u2019Eglise, elle-même signe de sa mission par ses caractères divins, a la responsabilité de le conserver, de le défendre et de le proclamer à tous, pour toujours.Dans l\u2019homme, le don que suppose l\u2019accueil de la révélation se nomme lumière de foi, prélude de la lumière de gloire.Complexe, paradoxale et mystérieuse, la révélation demeure une, harmonieuse et inépuisable, parce que divine comme la Trinité dont elle émane.Livre de spécialiste, mais que tout chrétien cultivé doit lire pour mieux comprendre les limites de la philosophie, le sens de l\u2019his- toire, la certitude avec laquelle le chrétien, aujourd\u2019hui, vit de la pensée divine, grâce au magistère de l\u2019Eglise, la vraie portée du témoignage, qui ne consiste pas simplement dans une manière de vivre, mais dans l\u2019invitation à croire, l\u2019importance de la lutte contre Satan dans la mission du Christ et de son Eglise, bref, la signification plénière de la vie humaine ici-bas.Souhaitons que les menus défauts de l\u2019ouvrage (omissions, tics ou fautes d\u2019expression et de ponctuation) disparaissent lors de sa réédition.Joseph d\u2019Anjou.A.Hamman: La Prière, IL Les trois premiers siècles.Bibl.de théologie.\u2014 Tournai, Desclée et Cie, 1963, 383 pp., 23 cm.IL EST ASSEZ PARADOXAL qu\u2019on se Soit arrêté si peu jusqu\u2019ici à analyser la prière chrétienne.Elle a pourtant plein droit de cité en théologie.C\u2019est ce que montre le présent ouvrage, qui fait suite à un premier tome étudiant la prière chrétienne au niveau du Nouveau Testament.L\u2019A.analyse les grands textes spirituels écrits depuis la première communauté judéo-chrétienne jusqu\u2019à l\u2019époque du concile de Nicée.Deux siècles d\u2019élaboration où se prépare l\u2019âge d\u2019or de la patristique; temps de gestation où l\u2019Eglise persécutée et souvent divisée, mûrit son expérience et s\u2019emploie à formuler toujours mieux son amour indéfectible pour Celui qui, en ses membres, continue l\u2019œuvre de la Rédemption.La liturgie eucharistique est au centre de la vie chrétienne; c\u2019est elle qui nourrit la prière personnelle, même et surtout aux grandes heures de la mort ou du martyre.Progressivement les théologiens arrivent à donner une véritable architecture doctrinale à la piété assez empirique des débuts: Tertullien, Cyprien, Clément d\u2019Alexandrie, Origène fixent les grandes lignes d\u2019une tradition dont on s\u2019inspirera continuellement par la suite.Nous devons au P.Hamman un excellent ouvrage.Il n\u2019a pas tout dit sans doute en 380 pages: mais s\u2019agissait-il de tout dire ?Souhaitons seulement que les chercheurs précisent et approfondissent ce qu\u2019il a brillamment esquissé.Gilles Pelland.Scolasticat de V Immaculèe-Concepiion, Montréal.Fulton J.SHEEN: La Route du ciel.Traduit de l\u2019américain par Marguerite Brehier.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator 1963, 142 pp., 19.5 cm.Le livre détaille ce qu\u2019annonce son titre : i ce qu\u2019il faut croire, ce qu\u2019il faut faire, ce qu\u2019il ne faut pas faire, pour arriver au ciel.La foi d\u2019abord, puis le baptême et les autres sacrements, l\u2019Eglise, la prière, tels sont les jalons posés sur la route.Cela est dit à la manière de Mgr Sheen, pas en un style abstrait, bien sûr, ni en langage théologique, mais avec une surabondance de comparaisons et d\u2019allusions empruntées à la vie concrète, qui s\u2019entrechoquent et s\u2019entremêlent, presque sans répit.La traductrice n\u2019avait pas la tâche aisée: rendre agréablement assimilable à des esprits français un langage typiquement américain n\u2019est pas chose facile.Y a-t-elle toujours réussi?.On est parfois déconcerté par des rapprochements inattendus, qu\u2019on a besoin de reconsidérer pour en saisir l\u2019à-propos.Mais l\u2019ardeur apostolique et les opportunes leçons de l\u2019éminent auteur sont bien de nature à faire réfléchir les esprits distraits de notre époque.Certains chapitres, surtout les derniers, sur l\u2019abandon à la volonté divine, la souffrance, le choix final, devraient retenir leur attention.Adélard Dugré.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Sœur Marie-André-du-Sacré-Cœur, S.M.N.-D.\tA.:\tUganda, terre de martyrs.\u2014 Paris et Tournai, Casterman, 1963, 297 pp., 21 cm.La meilleure recommandation de ce < beau livre est l\u2019éloge qu\u2019en fait Daniel-Rops dans sa préface: « Le livre de sœur Marie-André, écrit-il, si vivant, si clair, si honnête, chacune de ses pages appuyée sur des références précises et des documents, contribuera grandement à faire, en quelque sorte, toucher du doigt cet héroïsme qui, de prime abord, est si grand qu\u2019il déconcerte.» Cet héroïsme fut celui des jeunes Africains, pages, soldats ou ministres du roi du Buganda, dans l\u2019Uganda, qui furent brûlés comme des torches vivantes, le 3 juin 1886, pour n\u2019avoir pas renié le Christ et sa morale.Vingt-deux ont été officiellement reconnus comme martyrs et proclamés Bienheureux par l\u2019Eglise (ils seront bientôt canonisés), mais des centaines d\u2019autres, pour lesquels on n\u2019avait pas les témoignages exigés par les règles canoniques, ont eu le même sort et pour les mêmes raisons.Parmi eux il y eut des protestants, des anglicans, qui, pour la même foi, avec la même constance à confesser le Christ, subirent les mêmes supplices.« On souhaiterait, dit Daniel-Rops, que dans toutes les écoles chrétiennes fussent lues les pages de ce livre, et particulièrement celles où est rapportée la mort de ces jeunes martyrs.» La jeunesse de notre temps y apprendrait que la force de caractère peut se manifester autrement qu\u2019en faisant de mauvais coups.Ces jeunes gens accomplissaient leur devoir et priaient.C\u2019est le secret de leur force.Adélard Dugré.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.A.d\u2019Heilly, S.J.: Amour et Sacrement.Préface du R.P.A.-M.Carré, O.P.\u2014 Le Puy, Lyon, Editions Xavier Mappus, 1963, 158 pp., 16.5 cm.Dans cet opuscule, l\u2019A.résume des conférences données à l\u2019occasion d\u2019une rencontre spirituelle de deux jours à des couples qui n\u2019en sont qu\u2019à leurs premiers pas dans la voie d\u2019une spiritualité conjugale.A ceux qui veulent vivre une vie chrétienne dans et par le mariage il apporte des réponses éclairantes: comment concilier amour de Dieu et amour du conjoint; comment assurer une communauté conjugale; comment pénétrer dans la réalité sacramentelle du mariage; comment unir don charnel et amour spirituel; comment bâtir une véritable communauté spirituelle; comment envisager la continence dans le mariage.Autant de points de vue présentés 244 RELATIONS d\u2019une manière très simple et illustrés par des témoignages vécus.Les limites de ce volume, reconnues par l\u2019A.lui-même, ne contredisent pas son incontestable utilité pour les lecteurs auxquels il est destiné.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Marie Fargues: L\u2019Enfant devant le mystère de la mort.Préface de Mgr Elchinger.Coll.« Recherches pastorales », n° 4.\u2014 Paris, Editions Fleurus, 1963, 72 pp., 20 cm.Nous avons goûté ce délicieux petit livre sur l\u2019austère sujet de l\u2019enfant devant la mort.Quelle sagesse sereine, quelle expérience de la vie, quelle connaissance de la psychologie des enfants! L\u2019A.montre comment les enfants réagissent devant la mort, comment l\u2019éducateur doit s\u2019adapter à chaque enfant pour lui épargner un choc traumatisant dans la révélation de cette réalité.Ensuite, s\u2019appuyant sur une enquête menée auprès des « Foyers Notre-Dame », elle nous apprend comment le foyer peut donner aux enfants le sens chrétien de la mort.Des exemples admirables de morts d\u2019enfants prouvent que ceux-ci peuvent saisir le sens de ce passage dans l\u2019au-delà.Enfin, dans la troisième partie, Marie Fargues se sert des paraboles évangéliques pour inculquer aux enfants déchristianisés le sens chrétien de la mort.Nous conseillons à tous les parents et éducateurs de lire cet opuscule nuancé qui prêche, dans la foi, l\u2019espérance promise par le Christ.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.E.Kirschbaum, S.J.: Les Fouilles de Saint-Pierre de Rome.Traduit de l\u2019allemand.\u2014 Paris, Plon, 1961, 271 pp., 20 cm.IL s\u2019agit des fouilles pratiquées sous la basilique de Saint-Pierre, à Rome, au cours des années 1939-1949, et de quelques découvertes subséquentes.Les réactions vives et très diverses du monde savant, les nombreux livres et articles de revues publiés depuis 1950, au sujet de ces fouilles, prouvent assez l\u2019importance des découvertes archéologiques et des conclusions historiques auxquelles elles ont conduit, tout particulièrement en ce qui confirme la sépulture de saint Pierre au Vatican.Professeur d\u2019archéologie à l\u2019Université Grégorienne de Rome, et l\u2019un de ceux qui ont présidé à ces fouilles, le R.P.Kirschbaum avait toute compétence pour cette analyse d\u2019ensemble des découvertes, la discussion des conclusions et des objections, et la mise au point que présente ce volume.Il nous dit lui-même à qui il s\u2019adresse: « Il s\u2019agit d\u2019abord de présenter les résultats au public, et ceci, sous une forme qui, dépassant le cercle trop étroit des spécialistes, serait accessible à celui, plus large, des personnes qui s\u2019intéressent à ce sujet.» Dans une première partie, l\u2019auteur résume les circonstances initiales de ces fouilles, la découverte des riches mausolées païens ensevelis sous l\u2019ancienne basilique de Constantin, et dont la destruction inexplicable n\u2019a pu avoir d\u2019autre motif que celui d\u2019ériger cette basilique sur le site même de la tombe de saint Pierre.Il raconte ensuite en détail les procédés et les progrès de la recherche autour de la tombe présumée de saint Pierre, jusqu\u2019à sa découverte au centre de tombes chrétiennes, AOÛT 1964 dont la chronologie permet de dater la tombe centrale autour des années 65-67, date traditionnelle du martyre de l\u2019Apôtre.Un long chapitre étudie les critiques et objections qui ont amené à préciser et éclairer davantage les données concrètes sur lesquelles s\u2019appuient les conclusions.Une étude comparative sur la tombe de saint Paul, dans la basilique de son nom, apporte son complément d\u2019intérêt et de lumières.L\u2019intérêt s\u2019accroît encore des riches aperçus sur les débuts de l\u2019ère chrétienne, à Rome, le progrès du culte des martyrs, les soins exceptionnels de protection et d\u2019ornementation de la tombe du martyr Pierre jusqu\u2019à l\u2019érection de la basilique de Constantin, au IVe siècle, et de la basilique actuelle, au xvie siècle.Ouvrage, on l\u2019imagine, un peu difficile à première lecture pour qui n\u2019aurait pas d\u2019avance quelques connaissances de ces fouilles et de leurs données.A le relire attentivement, tout s\u2019éclaire, se précise et la force des conclusions d\u2019ensemble devient passionnante.Il est très regrettable que les renvois aux dessins dans le texte, et aux planches hors texte, nécessaires à l\u2019intelligence des explications données, n\u2019indiquent pas la page où les trouver.Il faut sans cesse se reporter à la double table des illustrations.Celle des planches hors texte ne porte même pas le numéro d\u2019ordre que les renvois leur attribuent.Pour obvier à ce gros ennui, il est pratique de se faire une carte-signet portant la double liste des dessins et des planches, en numérotant celles-ci et indiquant la page où elles s\u2019insèrent.En fermant le volume, il sera difficile de ne pas partager les convictions de l\u2019auteur.On ne saurait plus contester que les restes de saint Pierre aient été, selon la ferme tradition, inhumés au Vatican, à l\u2019endroit au-dessus duquel se sont superposés, au cours des siècles, la Memoria antique et les autels des deux basiliques vaticanes, que couronne, aujourd\u2019hui, la magnificence de la coupole de Michel-Ange.Tombeau le plus vénéré dès son origine et le plus glorieux, après celui du Christ.Émile Papillon.Maison Saint-René-Goupil, Jacques-Cartier.Paul E.LYDOLPH: Geography of the U.S.S.R.\u2014 New York, London, Sydney, John Wiley and Sons, 1964, 451 pp., 26.5 cm.Beau livre de 451 pages.Après une introduction historique et méthodologique, l\u2019auteur étudie d\u2019abord les onze régions dans lesquelles il a partagé l\u2019Union soviétique.Il ne suit pas l\u2019ordre politique, car il groupe les républiques baltes dans une seule région avec le Biélorussie, Leningrad, Kalinin, etc., ce qui fera peut-être sursauter Lettons, Lithuaniens, et bien d\u2019autres personnes.Il partage le Turkestan en deux secteurs, dont il relie l\u2019un à l\u2019Asie moyenne soviétique et l\u2019autre à la Sibérie occidentale.Il joint la Moldavie à l\u2019Ukraine, et réunit les républiques du Caucase à un large secteur de Russie méridionale, etc.Stalin lui-même aurait pu trouver cela hasardeux.Faut-il dire qu\u2019il s\u2019en tient aux régions économiques, établies par décret en 1957 ?Pas davantage.Il donne ses raisons pour s\u2019en tenir à ses divisions qu\u2019il appelle « naturelles ».Sa méthode pique la curiosité, stimule l\u2019étude et peut-être encore plus la discussion.Les cinq derniers chapitres étudient la population, l\u2019agri- culture, l\u2019industrie, les transports et le commerce intérieur, les relations internationales et le commerce extérieur.Ce géographe s\u2019intéresse beaucoup à la vie économique et il multiplie les tableaux, les statistiques, les cartes.Les notes bibliographiques sont nombreuses.Les résumés historiques sont forcément succincts, et c\u2019est peut-être là le côté faible du géographe qui s\u2019aventure dans l\u2019histoire de la Russie et de ses conquêtes.Joseph Ledit.Pierre Duthilleul:\tL\u2019Evangélisation des Slaves.Cyrille et Méthode.Bibliothèque de théologie, série IV, vol.V.\u2014 Tournai, Desclée et Cie, 1963, 201 pp., 23.5 cm.Beau livre à mettre dans les mains du lecteur qui veut se renseigner vite et bien sur les saints Apôtres des Slaves.Il n\u2019y a pas de découvertes sensationnelles, mais l\u2019auteur a lu à peu près tout ce qui s\u2019est publié sur nos deux saints depuis un siècle et quart.Il a résumé ses lectures dans un style rapide, sympathique.Rien d\u2019essentiel ne manque.D\u2019autres biographes souligneront davantage les aspects qui les intéressent plus vivement.P.Duthilleul a donné la préférence aux sources occidentales.Le lecteur érudit fera quelques réserves de détail; on trouvera les principales dans le compte rendu du P.Devos dans les Analecta Bollandiana (1963) et dans celui du P.Lacko dans Orientalia Christiana Periodica (1964), mais le tableau d\u2019ensemble n\u2019en souffre pas.Souhaitons à ce beau volume un accueil sympathique au Canada, surtout là où nous avons de belles paroisses érigées en l\u2019honneur des deux frères, pionniers de l\u2019œcuménisme au IXe siècle.Joseph Ledit.Eva Kushner:\tRina Lasnier.Coll.« Ecrivains canadiens d\u2019aujourd\u2019hui.\u2014 Montréal et Paris, Fides, 1964, 192 pp., 17.5 cm.Trop souvent, nous honorons les poètes, mais nous ne les écoutons pas; ils risquent de demeurer des incompris.Rina Lasnier, elle, pourra se réjouir: un critique, du moins, s\u2019est efforcé de saisir l\u2019intention de son œuvre.Eva Kushner en a distingué les deux versants: une première période où Rina Lasnier s\u2019appuie sur un sujet ou une image; une seconde où elle s\u2019aventure dans l\u2019univers des symboles.Avec patience et méthode Eva Kushner, analyse cette riche poésie.Mais elle fait mieux: elle nous aide à percevoir l\u2019harmonieuse unité de l\u2019inspiration.Au lecteur qui, depuis des années, a suivi les écrits de Rina Lasnier, cette étude apportera comme une confirmation.Il y prendra conscience de la profondeur de cette œuvre et de sa portée inexprimable.Rina Lasnier accepte, malgré certaines angoisses, sa condition de femme, de poète, de chrétienne et de Canadienne française.Femme, Rina Lasnier ne s\u2019abandonne pas à la muse faussement sentimentale, mais possède une intuition de la vie dans sa totalité; poète, elle évolue avec grâce et force dans le monde des symboles; chrétienne, elle vit intensément sa foi et ne craint pas d\u2019aborder les rivages de la mystique; Canadienne française, elle se rattache avec fidélité au sol qui l\u2019a vue naître.Eva Kushner explique aussi avec clarté que les thèmes de la nature, de l\u2019amour et de la mort \u2014 communs à tous les grands poètes \u2014 prennent chez Rina Lasnier un ton personnel qui lui est propre 245 et qui est inaliénable.Poète lyrique, biblique, féminin, Rina Lasnier occupe une place à part dans notre littérature canadienne; elle accède à la littérature universelle.Dans une lettre à Rina Lasnier, Marie Noël lui déclarait: « Vous pénétrez d\u2019une âme de plus en plus forte dans la creusée des mystères et la pesée des mots essentiels.» Les détails biographiques et le choix de poèmes à la fin de l\u2019essai confirment les données d\u2019une analyse lucide.Ce n\u2019est pas un mince mérite d\u2019Eva Kushner d\u2019avoir pénétré avec Rina Lasnier dans les régions de la lumière, de la pureté et de la beauté.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Charles Maignial: L\u2019Europe commencée.Coll.« toute la question ».\u2014 Paris, Casterman, 1964, 202 pp., 19 cm.Chaque année paraissent des centaines d\u2019ouvrages sur l\u2019Europe; et l\u2019on cherche en vain le petit livre qui fasse le point.Le voici, court, clair, précis, et plus important encore, imprégné d\u2019une saine philosophie du bien commun.La Communauté économique européenne, vulgairement appelée le Marché commun, qu\u2019est-ce, qu\u2019est-ce qu\u2019on voit, qu\u2019est-ce qu\u2019on veut, qu\u2019est-ce qu\u2019on pense ?C\u2019est à ces questions que ce livre répond.Il dresse le bilan de l\u2019acquis, analyse les difficultés, reconnaît que l\u2019agriculture est le point névralgique, le test significatif, et surtout que l\u2019intégration économique suppose une politique économique, et celle-ci une union politique de l\u2019Europe.Des pages documentaires aussi claires que l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage terminent le livre.L\u2019Europe est sur les rails, comme on dit.Elle est entrée dans les faits, mais sans être encore faite; et si l\u2019homme s\u2019arrête, l\u2019histoire fera de l\u2019œuvre entreprise autre chose que celle qu\u2019elle était dans le dessein premier.L\u2019Europe n\u2019est pas « condamnée » au succès.L.d\u2019Apollonia.Jean-Paul Pinsonneault:\tLes Terres sèches.Roman.\u2014 Montréal (450, avenue Beaumont), Editions Beauche-min, 1964, 305 pp., 19.5 cm.Prix: $2.75.Deux admirables prêtres et une adolescente avilie dominent les Terres sèches, que peuplent deux femmes dont le malheur ne ruine pas le courage et deux hommes vaincus par l\u2019échec.Entre le curé Montreuil et son vicaire Marsan, que rapprochent une foi et un zèle purifiés par l\u2019épreuve, mûrit une sanctifiante amitié.Marsan, jeune et fort, reçoit les coups les plus durs: la calomnie le dégrade, la solitude le brise, la maladie l\u2019emporte.Au cœur du drame de la calomnie, souffre une fille de seize ans qui se tue de désespoir; à côté, se débat un couple divisé par la langueur de l\u2019épouse et l\u2019infidélité du mari, lui-même lâché par son amante, que la grâce, due au sacrifice de Marsan, tire de l\u2019illusion.Grand thème: élévation d\u2019âmes que broie l\u2019humiliation.Vrai roman, non pas thèse.Réussite imparfaite cependant.L\u2019A.fignole des analyses inutiles (pp.111-113, 118-120); invente des dialogues dont le ton dépasse la qualité des personnages: de la sauvageonne, par exemple (103-109, 196-202), et de son ignoble père (96-102); reprend de vieux poncifs: le sacristain obséquieux (95), les chipies dévotes (133), le séminariste médiocre et cher aux autorités (262, 274).Au style, enfin, manque la variété: reviennent à 246 satiété mêmes mots (aube, déchirer, rassurer, s\u2019accommoder.), mêmes expressions (à son insu, en proie à.) et mêmes tours de phrase; défaut que compensent mal des trouvailles trop voulues.On a le goût de suggérer à l\u2019A.: oubliez Mauriac et Bernanos, retouchez Pinsonneault.Joseph d\u2019Anjou.Monique Corriveau: Le Wapiti.Roman.Coll.« Plein feu ».\u2014- Québec (619, rue de Montmartre), Editions Jeunesse, 1964, 252 pp., 18 cm.Prix: $2.40.Ancêtre fictif du géographe que l\u2019A.\u2022 anime dans le Secret de Vanille, Matthieu Rousseau a l\u2019étoffe d\u2019un pionnier et d\u2019un conquérant, même s\u2019il commence ses aventures comme rat de cale dans une goélette qui le transporte de Rouen à Québec.Avec quel intérêt on le suit à travers la Nouvelle-France, de Québec aux Grands Lacs, aller et retour, partageant ses périls, admirant ses exploits (qui lui vaudront de s\u2019appeler le Wapiti), sympathisant à ses angoisses, à ses amitiés et à ses amours! Récit touffu, mais sans bavure ni obscurité, à la fois débordant d\u2019invention et sévèrement documenté, qui vous saisit et vous retient de la première à la dernière page.Non seulement le héros, mais les Indiens et les colons, non seulement la ville, mais la forêt et les eaux vivent ici avec une rare intensité.Par la richesse de son contenu, la séduction de ses caractères, la correction et la sobriété de son style, ce roman (au surplus, fort joliment présenté) charmera tous les lecteurs, jeunes ou non, et les adolescentes sans doute autant que les adolescents auxquels s\u2019adresse la collection « Plein feu ».Joseph d\u2019Anjou.Frère Fabien, S.C.: Asbestos.Son site, son industrie, ses activités.\u2014- Asbestos, La Société Saint-Jean-Baptiste, 1964, 255 pp., 62 photos.20.5 cm.Asbestos, célèbre par sa mine d\u2019amiante \u2022 et la grève retentissante de 1949, n\u2019avait point encore raconté son histoire.Le F.Fabien, répondant aux vœux de la Société Saint-Jean-Baptiste, a recueilli les faits de tous ordres qui constituent cette histoire.Chronique esquissée plutôt qu\u2019histoire proprement dite, comme le reconnaît l\u2019A., parfois recueil d\u2019archives, l\u2019ouvrage, fort bien présenté et enrichi de nombreuses photos anciennes, intéressera particulièrement les citoyens d\u2019Asbestos et stimulera leur fierté.Georges Robitaille.Major Pierre VALLÉE:\tPrisonnier à POflag 79.\u2014 Montréal (1130 est, rue Lagauchetière), Editions de l\u2019Homme, 1964, 126 pp.20 cm.IL existe de nombreux récits sortis de la plume de prisonniers des camps de concentration allemands.Celui du major V.a le mérite d\u2019avoir pour auteur un officier canadien-français qui \u2014 malheur ou bonheur ?\u2014 fut capturé dès le premier jour où il mit les pieds sur le sol français, après le débarquement en Normandie.Le récit est très simple, dépouillé de toute emphase, de toute recherche du sensationnel.L\u2019A.parle avec objectivité et même avec sympathie du peuple allemand et n\u2019essaie pas de peindre en plus noir que nature son séjour au camp de concentration.Dans ses réflexions finales, le major Vallée dénonce l\u2019isolationnisme et demande que les peu- ples ne tolèrent plus ni le mal ni l\u2019esclavage chez leurs voisins; ce qui le porte à souscrire à ces paroles bien militaires: « C\u2019est pourquoi nous croyons que la guerre est sainte, d\u2019institution divine; c\u2019est une des lois sacrées du monde.» (P.121.) Prises absolument, de telles paroles me paraissent indéfendables, même dans la bouche d\u2019un ancien prisonnier de guerre.Richard Arès.Musique de tous les temps: Revue d\u2019initiation musicale, comportant un disque 17 cm., 33 t.de haute fidélité, n° 8: Le Siècle d'or espagnol.\u2014 Paris, 1960, 21 cm.CETTE REVUE D\u2019INITIATION MUSICALE qui se veut de grande classe et qui suppose chez ses lecteurs une certaine culture musicale, étudie, dans chaque numéro, avec soin et conscience, un compositeur ou une période de l\u2019histoire de la musique.Le numéro huit, que nous avons lu, excellente introduction au siècle d\u2019or de la musique espagnole, contient de vivantes monographies de Cabezon, Morales, Guerrero et Victoria.Vaut aussi la peine d\u2019être lu un article sur l\u2019orgue en Espagne.Enfin, la discographie est judicieuse et exigeante.Quant au disque qui accompagne l\u2019exemplaire (je ne sais si je suis tombé sur un mauvais numéro) l\u2019enregistrement technique me paraît nettement inférieur à la valeur de la célèbre chorale de Montserrat et à la qualité de son interprétation.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Paul DE Kruif: La Guerre contre les microbes.Coll.« Marabout Université ».\u2014 Verviers, Belgique, Gérard et Cie., s.d., 287 pp., 18 cm.C\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire des découvertes, et tous les grands noms de la microbiologie (Leeuwenhoek, Spallanzani, Pasteur, Koch, Roux, Bruce, Reed) revivent avec la passionnante histoire de leurs travaux.Car de Bruif a le don de la présentation vivante, sans nuire à l\u2019objectivité.Le docteur V.Chevalier a complété l\u2019ouvrage en faisant part des découvertes jusqu\u2019en 1960.De bonnes illustrations ajoutent de l\u2019intérêt à la lecture de l\u2019ouvrage.La Guerre contre les microbes doit se trouver dans toutes les bibliothèques.Bernard Taché.Collège Sainte-Marie, Montréal.Lothaire Zenetti: Apologétique de poche.Traduit et adapté par l\u2019abbé L.Brevet.\u2014 Mulhouse, Editions Salvator; Paris-Tournai, Casterman, 1964, 210 pp.19 cm.Opuscule sans prétention mais qui donne bien ce qu\u2019il annonce: des conseils pratiques aux jeunes catholiques qui veulent avec crânerie et modestie témoigner de leur foi; un documentaire à jour qui recueille l\u2019ensemble des informations de tous ordres:\thistorique, philosophique, théologique, scripturaire, que suppose une foi robuste et lucide.Livre de consultation plus que de lecture encore qu\u2019il se lise bien.Il est alerte, direct, pondéré, vécu.Il pourrait aider bien de nos jeunes, soucieux d\u2019atteindre une foi adulte qui rende témoignage au Christ.Georges Robitaille.RELATIONS * * \u2019*'\u2022« >WCP> v Théorie et mathématiques \u2022 Enseignement audio visuel, école de dessinateurs industriels Détenant un permis en vertu de la loi des écoles professionnelles privées.VEUILLEZ ME FAIRE PARVENIR GRATUITEMENT VOTRE PROSPECTUS: \u201cUNE CARRIÈRE D\u2019AVENIR\".?Cours du jour\t?Cours du soir NOM: .ADRESSE: ,.VILLE:.TÉL.:.DEGRÉ D\u2019INSTRUCTION: .ÂGE: .INSTITUT DE DESSIN TECHNIQUE 5930 RUE PAPINEAU\tMONTRÉAL 35 ÉCOLE PROFESSIONNELLE DE DESSIN INDUSTRIEL 5930 RUE PAPINEAU, MONTREAL 35 TEL: 271-2581 une profession d\u2019avenir Excellents débouchés dans les industries, le service civil fédéral, provincial et municipal, les bureaux d\u2019ingénieurs, d\u2019architectes, etc.Inscriptions : Les inscriptions sont acceptées immédiatement pour les cours du jour commençant en septembre 1964.Conditions d\u2019admission : Si âgé de moins de 21 ans, posséder la lie année ou l\u2019équivalent.Heures de bureau : Jour : du lundi au jeudi de 9 h.a.m.à 4 h.p.m.Soir : lundi et jeudi de 7 h.à 9 h.p.m.Pour tous renseignements, s\u2019adresser à : Travaux pratiques enseignés individuellement.formation professionnelle Programme : Instruments \u2022 Lettrage \u2022 Mathématiques appliquées \u2022 Règle à calcul \u2022 Lecture de plans de mécanique et de construction \u2022 Projections orthogonales \u2022 Illustrations \u2022 Vues auxiliaires \u2022 Coupes et conventions \u2022 Intersections et développements du métal en feuille \u2022 Procédés de fabrication \u2022 Côtes et conventions \u2022 Tolérances \u2022 Organes d\u2019assemblage \u2022 Dessins de détails et d\u2019assemblages mécaniques \u2022 Dessins d\u2019outillage \u2022 Dessins de soudure \u2022 Graphiques \u2022 Cartes \u2022 Diagrammes \u2022 Dessins d\u2019engrenages et de cames \u2022 Dessins d\u2019électricité et d\u2019électronique \u2022 Dessins de tuyauterie.Dessins d\u2019architecture \u2022 Dessins de structure et de béton armé \u2022 Dessins d\u2019aéronautique \u2022 Illustration technique \u2022 Pratiques industrielles. INSTITUT ALIE 2850 est, rue Sherbrooke, Montréal 24, Que.TEL: 527-3631 COURS SECONDAIRE JOUR : ?\tClassique\t\u2014\t8e année ?\tGénéral\t\u2014\t8e à 11e année ?\tScientifique\t\u2014\t8e à 11e année ?\tCommercial\t\u2014\t1 0e à 12e année ?\tCours préparatoire aux Etudes supérieures SPÉCIALITÉS ; Rajustement scolaire Cours d'été Education des adultes SOIR ET CORRESPONDANCE : ?\tGénéral ?\tScientifique ?\tCommercial ?\tCours de langues _____________DEMANDEZ NOTRE BROCHURE___________________ (Sans obligation de ma part, auriez-vous l'obligeance de me faire parvenir votre prospectus.\t' I\tNOM.| ADRESSE.I\tComté.* JOUR ?SOIR ?CORRESPONDANCE ?COLLÈGE VILLE-MARIE Ecole secondaire indépendante reconnue par la Faculté des Arts de l\u2019Université de Montréal (section classique) et par le Département de l\u2019Instruction publique Directeur : Aurèle Daoust COURS DU JOUR Cours classique Cours général Cours scientifique Cours commercial section nouvelle débutant en septembre 1964 8e à 116 année 8e à 11e année (possiblement, nouvelle 1 2e année) 1 0e et 11 e années COURS DU SOIR Cours général 8e à 11e année Cours scientifique 8e à 11e année Cours commercial 1 0e et 11e années Les cours du soir se donnent à raison de quatre soirs par semaine.1380, RUE GILFORD, Montréal 34 - Tel.: 525-2516 OUVRAGES REÇUS Amariu, Constantin: Les Sept Péchés capitaux.\u2014 Paris, Editions France-Empire, 1964, 271 pp.AUDF.T, Louis-Philippe: Histoire du Conseil de l\u2019Instruction publique.¦\u2014- Montréal, Editions Leméac, 1964, 346 pp.BABELON, Jean: La Civilisation espagnole du Moyen Age à nos jours.Coll.« Lumières de l\u2019histoire ».\u2014 Paris-Tournai, Casterman, 253 pp.BENGSCH, Alfred: Croire à la Résurrection.Traduit de l\u2019allemand par Robert Duchon.Coll.« Approches », 6.\u2014 Paris, Fleurus, 1964, 156 pp.Benoit, Fernand: L\u2019Homme face à la télévision.Coll.« Bibliothèque économique et sociale ».\u2014 Montréal-Paris, Fides, 1964, 150 pp.BOUGÉ, Yvonne:\t« Chères Sœurs » d\u2019aujourd\u2019hui.La congrégation Saint-Charles de Nancy.\u2014 Mulhouse, Salvator; Paris-Tournai, Casterman, 1963, 92 pp.Bouillard, Henri: Logique de la foi.Coll.« Théologie », 60.\u2014 Paris, Aubier, 1964, 197 pp.BOURIN, Jeanne: Le bonheur est une femme.Roman.Coll.« L\u2019éolienne ».\u2014\u2022 Paris-Tournai, Casterman, 1963.300 pp.CONGAR, Yves, M.-J.: Le Concile au jour le jour.Deuxième session.\u2014- Paris, Les Editions du Cerf, 1964, 220 pp.CRUBELLIER, Maurice: Un civisme pour notre temps.\u2014 Paris-Tournai, Casterman, 1964, 162 pp.DeHIN, Jeanne: Le Sang de la nouvelle et éternelle alliance.\u2014 Paris, Desclée de Brouwer, 1964, 279 pp.DE Sainte-Marie, François: Fils du Père.Coll.« Présence du Carmel ».\u2014 Paris, Desclée de Brouwer, 1963, 127 pp.En Collaboration: L\u2019Evangile aux ruraux.Coll.« Parole et mission », 7.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1964, 256 pp.En Collaboration: Migrations et Pastorale.Coll.« Recherches pastorales », série « congrès », 8.\u2014- Paris, Fleurus, 1963, 198 pp.En COLLABORATION: Trente-six histoires de bêtes.\u2014 Paris-Tournai, Casterman, 1964, 200 pp.FlNÉ, H.: La Vie chrétienne et l\u2019enfant.Traduit par François Humbrecht.Coll.« Le Prédicateur des enfants ».\u2014 Mulhouse, Salvator; Paris-Tournai, Casterman, 1963, 232 pp.FragniÈRE, Marie-Agnès: Bernanos, fidèle à l\u2019enfant.Coll.« Seges », 2.\u2014 Fribourg, Suisse, Editions universitaires, 1963,\t155 pp.GaLOT, Jean: Vainqueur par la souffrance.Muséum Lessianum.section « ascétique et mystique », 55.\u2014- Bruges, Desclée de Brouwer, 1963, 316 pp.Gill, Joseph: Le Concile de Florence.Traduit de l\u2019anglais par M.Jossua.« Bibliothèque de théologie », série IV, vol.6.\u2022\u2014 Tournai, Desclée et Cie, 1963, 389 pp.Grandbois, Alain: Avant le chaos.Nouvelle édition suivie de quatre nouvelles inédites.Coll.« L\u2019arbre ».\u2014- Montréal, Editions HMH, 1964, 275 pp.Grimberg, Cari: Histoire universelle, 5: Le Déclin du Moyen Age et la Renaissance.Coll.« Marabout-Université ».\u2014 Ver-viers, Belgique, Gérard et Cie, 1964, 320 pp.Irala, S.J., N.: Contrôlez vos émotions.\u2014-Sherbrooke, Editions Paulines, Apostolat de la Presse, 1963, 247 pp.Jean-Nesmy, Dom Claude: 6,000,000 de morts.(Pour ou contre « Le Vicaire » ).\u2014 Paris, Desclée de Brouwer, 1964, 89 pp.Jungmann, Joseph-André, S.J.: Tradition liturgique et problèmes actuels de pastorale.Traduction Paul Kirchhoffer.\u2014 Lyon, Le Puy, Editions Xavier Mappus, 1962, 350 pp.LACERTE, Henry, O.S.B.: The Nature of Canon Law according to Suarez.\u2014 Ottawa, University of Ottawa Press, 1964,\t186 pp.LaFON, Guy: Essai sur la signification du salut.\u2014 Paris, Les Editions du Cerf, 1964, 132 pp.LAURENT, Marie-Céline: Les Malheurs de Dimitri.\u2014 Bruges, Desclée de Brouwer, 1963, 121 pp.Makarius, Raoul et Laura: Anthologie de la littérature arabe contemporaine.« Le roman et la nouvelle ».\u2014 Paris, Editions du Seuil, 1964, 413 pp.Martel, Jules, O.M.L: Musique sacrée dans nos paroisses.\u2014 Ottawa, Les Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1964, 132 pp.MERLAUD, André: L\u2019Enfant, sa famille, ses éducateurs.Coll.« L\u2019Eglise et l\u2019enfant ».\u2014 Paris, Editions Fleurus, 1964, 136 pp.248 RELATIONS LES STYLOS /^Waterman £edpiemceU etSeé- mel&ewtdau Co/nada $10-00 *À Cartouche ou avec réservoir \"U-Fill\" pour remplissage à même la bouteille.Les premiers et les meilleurs au Canada.Se chargent comme un fusil \u2014 écrivent comme un rêve.Le dessin moderne et élégant des stylos C/F Waterman en fait les favoris des Canadiens, partout.Stylos individuels C/F à compter de $6.50.Ensembles, avec crayon mécanique ou stylo à bille convertible assorti, à compter de L\u2019ÉCOLE CANADIENNE D\u2019ÉLECTRICITÉ Fondée en 1924 Se spécialise dans l\u2019enseignement de l'Electricité - l\u2019Electronique la Radio - la Télévision - le Radar - Micro-ondes, etc.Des cours qui offrent un avenir enviable et dont les possibilités sont illimitées.L\u2019Ecole canadienne d\u2019Électricité est membre honoraire de L Association professionnelle des Electroniciens Les cours sont donnés le jour et le soir ou par correspondance si désiré.Catalogue envoyé gratuitement sur demande.Georges Thomas Maniate Directeur Général 1231 OUEST, RUE SAINTE-CATHERINE bureau 232\t\u2014 Montréal \u2014 Tél.: 845-6792 CIGARETTES EXPORT BOUT UNI OU FILTRE LES COURS DE LA COMMUNICATION La communication est l\u2019ensemble des moyens qui permettent à l\u2019homme de s'exprimer et dialoguer avec autrui.A notre époque, dans un pays comme le nôtre, l\u2019Ecole de la communication de Montréal répond à un besoin fondamental; elle permet à beaucoup de s\u2019initier sérieusement à l\u2019une ou l\u2019autre des carrières auxquelles préparent les disciplines enseignées.L\u2019Ecole de la communication de Montréal est sous la direction de M.Jean-Louis Gagnon.CORPS PROFESSORAL : \u2022 ANNONCEURS RADIO-TV Les stations de radio et de télévision n\u2019étant pas équipées pour former professionnellement les aspirants, ceux-ci doivent conséquemment recevoir un enseignement pratique susceptible de les initier à la pratique du métier d\u2019annonceur.L\u2019enseignement donné porte sur les sujets suivants: la diction et la phonétique, la langue française, la lecture des nouvelles, des publicités, l\u2019improvisation, i\u2019interview, le dise jockey, le journalisme parlé, la communication, etc.MM.D.Aubin, Robert Bélair, Henri Bergeron, Yvon Blais, Antonin Boisvert, Paul Boudreau, Guy Boulizon, Benoît Brouillette, Raymond Charette, Claude Claudais.Lucie De Vienne, Nairn Kattan, Gérard Fecteau, Marc Fortin.Nicole Germain, Arthur Gladu, Yves Jasmin, Gustave Lafontaine, Pierre-Paul Lafortune, Ollivier Mercier-Gouin, Lucien Parizeau.Maurice Watier et plusieurs autres.\u2022 RELATIONS PUBLIQUES Les relations publiques appartiennent aux arts de la communication.Ce cours conduit à une carrière recherchée.Les matières enseignées sont: les relations publiques proprement dites, la communication, les éléments du journalisme, le développement de la personnalité, etc.\u2022 JOURNALISME Le but de ce cours est de préparer l\u2019étudiant par un enseignement pratique et une formation adéquate à la carrière de journaliste.Précisons que l'enseignement donné a été conçu à la lumière de l\u2019expérience, donc en fonction des besoins actuels des journaux et des stations de radio-tv du Canada français.\u2022 PUBLICITÉ La publicité est un art en pleine évolution qui fait appel à la plupart des moyens audiovisuels connus.L\u2019une des spécialités de la conception publicitaire est la rédaction des textes et des slogans.L\u2019enseignement donné porte entre autres, sur la rédaction publicitaire proprement dite, les techniques de presse, la langue française, la communication, l\u2019initiation aux affaires, etc.Le directeur général \u2022t quelques directeurs des études.Enseignement pratique du Journalisme avec M.Jean-Louis Gagnon.LE COURS DE CHARME ET PERSONNALITÉ studio 5316 inc ) vous offre le choix de 8 cours complets pouvant être entrepris le jour ou le soir.DE L\u2019ACADÉMIE PIERRE est sous la co-direction de Madame Nicole Germain et de Monsieur Pierre Le Blanc.Ce cours a été spécialement conçu pour donner à la jeune fille, femme et éducatrice de demain, ce complément qui la fera s\u2019épanouir dans un climat de modernisme bien compris.PROGRAMME : \u2022\tASPECT PHYSIQUE Les cours de visagisme et de coiffure sont strictement pratiques.Leur but est d\u2019enseigner à l\u2019étudiante comment tirer le maximum de son potentiel « beauté » et lui permettre de suivre la mode sans en être l\u2019esclave.\u2022\tÉLÉGANCE La grâce des gestes et de l\u2019attitude, l\u2019art de porter un vêtement, et le talent de savoir le choisir, voilà autant de choses qui s\u2019apprennent et contribuent à l\u2019épanouissement d\u2019une belle personnalité.\u2022\tPAROLE ET PERSONNALITÉ Le charme ne dépend pas toujours de la jeunesse et de la beauté.Avoir du charme, c\u2019est captiver son interlocuteur; la parole est un des moyens les plus sûrs d\u2019y parvenir.\u2022 COMPORTEMENT SOCIAL Toutes les questions qui se posent au sujet du nouveau savoir-vivre trouveront leurs réponses - art de recevoir - de présenter les gens - de voyager, etc.Le protocole dans diverses applications de la vie courante y est étudié avec soin.LE COURS DE DESSIN INDUSTRIEL M.A.I.vous prépare à l\u2019une des carrières suivantes: \u2022\tDessinateur en mécanique \u2022\tDessinateur en architecture-structure \u2022\tDessinateur en électronique \u2022\tDessinateur en aéronautique Après l\u2019obtention de votre diplôme, vous serez en mesure d\u2019accéder à des postes clefs dans des bureaux d\u2019architectes ou d\u2019ingénieurs pour y préparer des plans d\u2019architecture, de structure, des montages de mécanique ou d\u2019aéronautique.PROGRAMME : \u2022\tNotions préliminaires \u2022\tProjections orthographiques \u2022\tNotions secondaires \u2022\tVues auxiliaires \u2022\tCoupes et conventions \u2022\tRègle à calcul \u2022\tEngrenages et cames \u2022\tOutillage \u2022\tDéveloppement du métal en feuille \u2022\tDessin électrique et électronique \u2022\tDessin architectural et structural \u2022\tDessin aéronautique \u2022\tRendu architectural \u2022\tMathématiques \u2022\tLecture de plans en mécanique ou en construction LE COURS DE DESSIN COMMERCIAL C.S.C.A.peut être pour vous l\u2019occasion exceptionnelle d\u2019obtenir un diplôme qui vous permettra d\u2019accéder à l\u2019une des carrières suivantes: \u2022\tArt commercial \u2022\tIllustration \u2022\tEmpaquetage \u2022\tDessin d\u2019affiches \u2022\tCaricature-Animation \u2022\tIllustration de mode, etc.Lorsque vous ouvrez le journal, un magazine ou encore lorsque vous regardez les affiches, les panneaux-réclame et la télévision, vous constatez que l\u2019évolution constante des moyens de publicité nécessite un nombre grandissant d\u2019artistes commerciaux qualifiés.PROGRAMME : \u2022\tDessin à vue \u2022\tTextures et Anatomie \u2022\tDessin d\u2019après modèle vivant \u2022\tDessin technique \u2022\tPerspective \u2022\tLettrage \u2022\tTechniques du dessin \u2022\tHistoire de l\u2019Art \u2022\tComposition d\u2019annonces \u2022\tDisposition d\u2019annonces \u2022\tCréation \u2022\tMise en page \u2022\tTypographie \u2022\tMéthodes de reproduction \u2022\tInitiation aux affaires \u2022\tIllustration de mode LE COURS DE DÉCOR D\u2019INTÉRIEURS I.D.S.A.vous prépare aux carrières suivantes: \u2022\tDécorateur professionnel \u2022\tDessinateur-créateur \u2022\tConsultant en matière de décoration, etc.PROGRAMME : e Théorie de la décoration: \u2014 Harmonie de la couleur \u2014 Arrangement des éléments décoratifs \u2014 Accessoires \u2014 Eclairage \u2014 Tissus \u2014 Recouvrement des planchers, plafonds, murs \u2014 Décoration de portes et fenêtres \u2014 Harmonie et contrastes \u2014 Décor résidentiel \u2014 Disposition des meubles \u2014 Connaissance des styles, etc.\u2022\tHistoire de l\u2019Art \u2022\tDessin d\u2019observation \u2022\tAnatomie et modèle vivant \u2022\tDessin technique et perspective \u2022\tTechniques du dessin \u2022\tComposition du meuble \u2022\tDessin du meuble \u2022\tCréation \u2022\tRendu préliminaire \u2022\tRendu professionnel \u2022\tDécoration résidentielle \u2022\tDécoration commerciale \u2022\tInitiation aux affaires \u2022\tEtalage RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX : \u2022\têtre âgé de 16 ans \u2022\tsi moins de 2I ans, posséder une 11e année ou l\u2019équivalant \u2022\têtre sérieux et avoir le désir d\u2019apprendre \u2022\tun examen d\u2019entrée est nécessaire dans certains cas \u2022\tL\u2019école est ouverte aux visiteurs tous les jours entre I0 h.du matin et 9 h.du soir.\u2022\tUn prospectus détaillé vous sera envoyé sur demande.\u2022\tL\u2019élève désireux d\u2019entreprendre un cours du jour en septembre 1964 doit s\u2019inscrire le plus tôt possible.\u2022\tPour tout renseignement concernant l\u2019admission ou l\u2019inscription à l\u2019un ou l\u2019autre de ces cours, téléphonez, écrivez, ou encore mieux rendez-nous visite.COURS D\u2019ÉTÉ Des cours réguliers du SOIR et des cours spéciaux du JOUR débuteront le mardi 30 juin.\u2014 INSCRIPTION IMMÉDIATE.EXPO ANNUELLE aura lieu à partir du dimanche 14 juin à 2 h.P.M.Bienvenus à tous.\u2014 1 offerts à Montréal au 5316, ave du Parc, Monfréal Tel.: 279-7351 offerts à Québec au 437, rue Caron, Québec Tél.i 529-4961 Madame Nicole Germain remet le parchemin à une diplômée de l'école.Dessin industriel spécialité Architecture-Structure.Classe de Dessin à main levée Classe de travaux pratiques\tEcoles détenant un permis en décoration d'intérieurs\ten vertu de la loi des b écoles professionnelles privées- "]
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