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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1964-12, Collections de BAnQ.

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[" revue du mois, numéro 288, montréal, décembre 1964, prix 501 RELATIONS Le Cardinal plaide la cause de l\u2019amour libre association pour les fonctionnaires?La question juive.\u2014 L\u2019Instruction sur la réforme liturgique.\u2014 Le Québec doit-il choisir l\u2019hypothèse canadienne ?\u2014 Affiliations syndicales de profes-seurs.\u2014 La Fontaine et les problèmes de notre temps.\u2014 Les 15-25.B SOMMAIRE\tRELATIONS décembre 1964 Editoriaux.345 Le prix Nobel à Martin Luther King.\u2014 La question juive.\u2014 Le Québec doit-il choisir l\u2019hypothèse canadienne?\u2014 Droit de libre association pour les fonctionnaires?\u2014A l\u2019heure des règlements de compte.REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Richard Arès.Rédacteurs : Luigi d\u2019Apollonia, Irénée Desrochers, Gérard Hébert, Marcel Marcotte.Articles Le Cardinal au Concile plaide la cause de l\u2019amour.Marcel Marcotte 348 Le schéma xiii.Luigi d\u2019Apollonia 353 L\u2019Instruction sur la réforme liturgique.Jean-Paul Labelle 356 Les chances d\u2019une survivance française au Manitoba \u2014 II.Richard Arès 357 La Fontaine et les problèmes de notre temps.Jacques Monet 359 Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Georges-Henri d\u2019Auteuil, Émile Bouvier, Jacques Cousineau, Joseph Ledit, André Vachon.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Tirage: Clarence Dontigny.Rédaction et abonnements: Chroniques Au service du français: Découragement?.\t.\t.J.d\u2019Anjou 361 Les lettres: Tardif début de saison .André Vachon 362 Le théâtre: Un mois à la campagne.\u2014 Les Fantastiks.Georges-Henri d\u2019Auteuil 363 Au fil du mois.364 Souhaits et cartes de Noël.\u2014 Absence et présence de la femme.\u2014 Les joyeusetés du latin conciliaire.-\u2014 Chrétiens 65: croyants ou pratiquants?\u2014 A l\u2019heure des explications.\u2014 Affiliations syndicales de professeurs.\u2014 Les 15-25.\u2014 Johnson à la présidence.Les livres.367 Notes bibliographiques.370 Table des matières.372 DE DE ij| e u I e DE DE DE j»Tb.p|b, AM b.p|b, .pIb, p[b F* IB, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Même adresse M.Jean-Robert Gendron est autorisé à solliciter des abonnements pour la revue.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: 387-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.DE DIE DIE d|e die D I E DE p|b E 111 E III p|b P B, pIb, P B, DIE PB, dIe pJb dIe pIb, ijIe EIH d|e FMB DIE PIB, d|e Pi B DE pIb, DE E | H D|E e| u TROIS OUVRAGES INDISPENSABLES ! Un livre d\u2019anglais original par Gaston Saint-Pierre, Ph.D.(ling.) Hiving English for French Canadian Students 1er livre (classes de 8e et Eléments) actuellement en vente.167 pages.$3.00.1er cahier (classes de 8e et Eléments) janvier 1965.1 solutionnaire (classes de 8e et Eléments) janvier 1965.2e livre (classes de 9e et Syntaxe) mai 1965.2e cahier (classes de 9e et Syntaxe) juin 1965.1 solutionnaire (classes de 9e et Syntaxe) juillet 1965.D E F> B En vente actuellement ! dotiai*îila Par Omer Bastien, B.Sc., Benoît Ladouceur, D.Sc., Hubert Laniel, M.Sc.3\tgPIlPrâlIP Professeurs au Collège Militaire Royal de Saint-Jean, Québec.relié \u2014 illustré \u2014\t522 pages \u2014\t$7.50 absolument conforme au programme officiel de 10e et 11e années; un livre qui tient compte des dernières informations de chimie moderne.Grammaire dD\"*1 française De la Grammaire française Gai à la Grammaire latine Gai et de la Grammaire latine Gai à la Grammaire française Gai (Gai - Meignant - Bouchet - Zemb) Classes de 8e et 9e et Eléments Syntaxe \u2014 relié \u2014 206 pages \u2014 $3.00.Librairie Beauchemin Limitée la plus grande maison d\u2019édition du Québec 450, avenue Beaumont, Montréal-15\tTel.: 273-5181 OIE F» [El d|e p[b.d|e JPÏBL d|e jplnr dIe F» [b d|e FM B d|e FMB^ d|e f»[b^ DlE FMB^ d|e f>|b.IJ IE DI E El B, PB, dIe .El B.dIe dIe DIE p[b.eib^ DIE dIe DlE pIb, EIB El B.dIe El B montréal décembre 1964 numéro 288 RELATIONS itoriaux Le prix Nobel à Martin Luther King Jamais peut-être prix Nobel de la paix ne fut aussi bien mérité.La raison en est que le lauréat, détesté par les Blancs ségrégationnistes comme par les Noirs partisans de la violence à tout prix, a fait jouer contre les uns et contre les autres ce que Maritain appelle la loi de la supériorité des moyens pauvres sur les moyens riches.Quels sont ces moyens pauvres ?Des moyens spirituels: la prière, le chant des hymnes, la patience dans l\u2019épreuve, la souffrance volontaire, le risque de la prison et le risque même de la mort.Bref, la croix.Et dans quel but ?Non dans un but spirituel mais dans un but temporel, afin de surmonter le préjugé racial, les inégalités civiques, des conditions de vie oppressives.Bref, dans un combat politique et social.La preuve de la supériorité des moyens pauvres sur les moyens riches dans une activité d\u2019ordre temporel a souvent été faite dans l\u2019histoire par des hommes connus et par des hommes oubliés, même dans l\u2019Inde.L\u2019originalité de Gandhi a été d\u2019organiser systématiquement ces moyens pauvres en vue d\u2019une lutte collective pour obtenir l\u2019indépendance de l\u2019Inde.Il a réussi parce que la cause de l\u2019Inde était juste, parce que les moyens étaient nobles, parce que le combat ne se déroulait pas dans un pays totalitaire, enfin parce que Gandhi avait affaire à des hommes, sensibles aux valeurs spirituelles, que le glaive de l\u2019esprit pouvait blesser.Gandhi était convaincu que l\u2019Occident aurait profit à employer ce moyen de lutte collective pour régler certains problèmes d\u2019ordre moral et politique.Or, Martin Luther King fut le premier à le comprendre et à l\u2019utiliser en Occident.Il peut agir sur les Américains parce que ceux-ci au fond savent que les Noirs sont dans leur bon droit, tandis que leur propre comportement est en contradiction flagrante avec les principes DÉCEMBRE 1964 mêmes qui ont fondé leur société, et avec les décisions qu\u2019a rendues leur Cour suprême.« D\u2019aucune manière, écrit Martin Luther King dans son livre Why We Can\u2019t Wait, je n\u2019enseigne qu\u2019il faut contourner ou défier la loi, comme le fait le ségrégationniste fanatique.Pareille conduite ouvrirait la voie à l\u2019anarchie.Qui brise une loi injuste doit le faire d\u2019une manière ouverte et dans un esprit fraternel, et il doit être prêt à payer de sa personne.» Ainsi donc, par des sit-ins dans les restaurants, des wade-ins dans les piscines, des kneel-ins dans les églises, par le boycott des autobus à Montgomery et le boycott des magasins à Birmingham, par la grande marche sur Washington où Blancs et Noirs se donnaient la main, il a fait honte aux Américains et leur a donné mauvaise conscience, car l\u2019homme blanc sait qu\u2019il lui faut de toute nécessité trouver moyen de vivre en frère avec l\u2019homme noir, s\u2019il veut vivre en paix avec lui-même.Gandhi s\u2019inspirait à la fois des Écritures hindoues et de l\u2019Évangile, qu\u2019il reprochait aux chrétiens de ne pas pratiquer.Martin Luther King a retenu la leçon.Pasteur baptiste, il prend l\u2019Évangile à témoin, y emprunte des passages et des expressions, en imite les rythmes et les parallélismes oratoires.A telle enseigne que ses discours sonnent parfois comme des prêches.Il y a là un grand témoignage de portée historique et spirituelle que les circonstances ont merveilleusement rapproché d\u2019un autre témoignage de portée historique et surnaturelle, celui des martyrs de l\u2019Uganda qui viennent d\u2019être canonisés, c\u2019est-à-dire proposés en modèles de vie à tous les chrétiens de toutes races et de toutes couleurs.La gloire du Bernin et le prix Nobel sont, bien sûr, d\u2019ordre différent.Ils se rejoignent, pour une fois, afin d\u2019enseigner aux hommes une même leçon: que l\u2019amour et la croix sont plus forts que la haine et les égoïsmes, les instruments spirituels et surnaturels que les instruments charnels, les moyens pauvres que les moyens riches.345 ÉCOLE NORMALE CARDINAL-Ltütrt 6400 - 16e AVENUE ROSEMONI Mai question juive T a troisième session est finie.Mais avant même L-' qu\u2019elle ne fût en train, un journal de New York publiait le texte de la déclaration sur les Juifs, provoquant ainsi rumeurs, remous et réactions.Si déplorable que fût cette violation du secret, et si nuisible à la marche des débats, elle soulignait, si besoin en était, que la question juive comportait deux problèmes: l\u2019un politique dont le Concile n\u2019a pas à s\u2019occuper, l\u2019autre théologique qui est son affaire.Le problème politique dont il est question n\u2019est pas le problème très haut de la destinée temporelle du peuple juif.Si l\u2019Église, en effet, a une mission temporelle, que le schéma XIII cherche à mettre en lumière, il en va de même, en un sens, du peuple juif, puisqu\u2019il ne peut pas ne pas être le peuple élu, même après son achoppement.À strictement parler, cet aspect de la question juive ressortit à la théologie de l\u2019histoire.Beaucoup plus matérielle, partant beaucoup plus brûlante, est la véritable question politique.Arabes et Juifs sont dressés les uns contre les autres.Ceux qui n\u2019ont pas notre foi ne comprendront pas les intentions surnaturelles d\u2019une déclaration sur les Juifs.Ils l\u2019interpréteront comme une prise de position politique, une manœuvre en vue de préparer l\u2019opinion à la reconnaissance de l\u2019État d\u2019Israël par le Saint-Siège.Si bien qu\u2019à moins de nous y opposer, ont dit unanimement les Orientaux, « nous ne pourrons pas rentrer chez nous ».Ainsi donc si le Concile parle, il déplaît aux Arabes.S\u2019il ne parle pas, il déplaît aux Juifs.Et pourtant il importe, sans chercher à plaire ou à déplaire aux uns et aux autres, de faire entendre aux chrétiens une vérité religieuse qui, bien comprise, mettrait fin à l\u2019antisémitisme.Car la question juive, à la différence de la question arabe, comporte un problème de nature proprement théologique.A vrai dire, c\u2019est moins d\u2019un problème qu\u2019il s\u2019agit que d\u2019un mystère: le mystère d\u2019Israël, la destinée singulière du peuple juif comme tel par rapport à l\u2019économie de la grâce et du salut éternel des hommes.Jésus était juif, Marie était juive, les Apôtres, colonnes et fondement de l\u2019Église, étaient juifs, les prémices de l\u2019Église étaient juives: le chrétien ne saurait l\u2019oublier.Ni que la racine du judaïsme porte encore et toujours le christianisme, ainsi que l\u2019enseigne saint Paul.Si, eu égard à l\u2019Évangile, écrit-il aux Romains, les Juifs sont ennemis pour notre bien, eu égard à l\u2019élection, ils sont toujours chéris à cause de leurs pères, car « les dons et l\u2019appel de Dieu sont sans repentance ».Qu\u2019il y ait là un secret incompréhensible, le plus profond de la Providence, soit! Mais quoi! la foi n\u2019est-elle pas un mystère dont fait partie le mystère d\u2019Israël ?Et comment le chrétien ne tomberait-il pas à genoux pour adorer les décrets insondables de Dieu, au lieu de recourir à des textes de l\u2019Écriture et à des faits de l\u2019histoire de l\u2019Église pour cacher des intérêts d\u2019ordre politique, social, économique, ou des raisons d\u2019ordre psychologique ?Le Concile est libre de sa décision.Il ne fait guère de doute, cependant, que, soit dans le schéma sur l\u2019œcuménisme soit dans le schéma sur l\u2019Église où la question juive aurait dû être placée, en premier lieu, puisque l\u2019Église est le peuple, l\u2019Israël de Dieu (ou encore dans le De Revelatione, puisque l\u2019Ancien Testament prépare le Nouveau et ne se comprend qu\u2019à la lumière de celui-ci), le Concile proclamera la doctrine de saint Paul et manifestera ainsi la chanté du Christ qui, du haut de la croix, a pardonné non seulement aux Juifs mais à nous tous, « Dieu ayant enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde ».Le sang de l\u2019Agneau immolé est, en effet, retombé sur nous tous.Le Québec doit-il choisir Vhypothèse canadienne ?TXe PASSAGE PARMI nous, l\u2019ancien ministre fédéral de la Justice, M.Davie Fulton, a déclaré que le Québec se devait de choisir l\u2019hypothèse canadienne et de le faire savoir franchement au plus tôt au reste du pays.Même si elle émane de l\u2019un des Anglo-Canadiens les plus sympathiques à la cause canadienne-française, une pareille sommation adressée au Québec, dans les circonstances actuelles, dénote une forte dose d\u2019inconscience et de naïveté.Car enfin comment le Québec pourrait-il choisir l\u2019hypothèse canadienne si personne ne la lui offre et pourquoi devrait-il la choisir tant qu\u2019elle lui apparaîtra comme une formule le menant au suicide plutôt qu\u2019à la vie et à la liberté ?L\u2019hypothèse canadienne que le Québec, dit-on, se doit de choisir est-elle celle-là même qu\u2019il a connue depuis un siècle?Revient-elle encore à parquer les Canadiens français dans la province de Québec transformée en réserve bilingue et à leur dire: hors de là, vous n\u2019êtes plus chez vous; hors de là, vous serez traités comme n\u2019importe quelle autre minorité ethnique, comme n\u2019importe quel autre groupe d\u2019immigrants; hors de là, vous n\u2019aurez plus le droit de parler votre langue, d\u2019avoir vos écoles et de vivre en tant que Canadiens français?Revient-elle encore, cette hypothèse canadienne, à investir chaque jour davantage l\u2019État québécois, à envahir de mille façons les domaines où il possède juridiction exclusive et à l\u2019affamer en se réservant la meilleure part des meilleures sources de revenu?Si c\u2019est cela l\u2019hypothèse canadienne qu\u2019on offre au Québec, bien naïf et bien imprudent serait-il de la choisir.346 RELATIONS Aussi la vraie question n\u2019est-elle pas: le Québec doit-il choisir l\u2019hypothèse canadienne, mais celle-ci: quelle sorte d\u2019hypothèse canadienne lui propose-t-on ?Une expérience deux fois séculaire lui commande de bien poser ses propres conditions avant de choisir, et non après avoir choisi, même s\u2019il s\u2019agit de l\u2019hypothèse canadienne.Droit de libre association pour les fonctionnaires ?Ala fin de novembre, près de 30,000 fonctionnaires et employés provinciaux doivent choisir, entre deux groupements, celui qui les représentera dans la discussion de leurs conditions de travail.Le principe du vote est excellent; les modalités qu\u2019il revêt soulèvent de sérieuses questions.Pourquoi le gouvernement oblige-t-il tous ses employés à choisir entre seulement deux groupes?Dans les secteurs où il n\u2019y a que l\u2019association affiliée au Conseil général des employés du gouvernement et le Syndicat des fonctionnaires provinciaux, aucune difficulté, sous cet aspect.Mais ailleurs ?D\u2019autres catégories de fonctionnaires ont déjà leurs propres associations; quelques-unes ont obtenu leur certificat de la Commission des relations de travail et, au moins dans un cas, les négociations étaient amorcées.M.Lesage a bien dit, le 10 juin, qu\u2019il ne saurait mettre de côté la reconnaissance de telle association, qu\u2019il a nommée, sans doute à titre d\u2019exemple.Pourquoi le gouvernement inclut-il maintenant ces mêmes personnes dans la liste des votants?pourquoi a-t-il rompu les négociations qu\u2019il avait commencées ?Chercherait-il, sinon à écarter certains groupes, du moins à réduire le nombre d\u2019unités de négociation ?Quels gestes suivront le vote ?une accréditation globale de l\u2019organisme choisi viendra-t-elle contraindre tous les employés provinciaux à se faire représenter par un seul syndicat ?L\u2019ordre et l\u2019unité sont des biens très estimables.Mais exigent-ils dans cette mesure le sacrifice du droit de libre association?Combien de grands employeurs, aux prises avec les problèmes que leur pose la présence de dix ou vingt syndicats dans leur entreprise, voudraient pouvoir imposer à leurs employés de choisir entre deux, pour n\u2019avoir à traiter, finalement, qu\u2019avec un seul! La fonction du gouvernement l\u2019autorise-t-elle à pareille ingérence patronale ?Le droit de libre association comporte, jusqu\u2019à un certain point, le libre choix de l\u2019unité de négociation.Le gouvernement, comme tout employeur, doit rechercher l\u2019unité qui lui paraît la plus appropriée à une administration efficace; mais ses employés ont également le droit de faire valoir leur propre point de vue devant un tribunal impartial.Si le gouvernement imposait de façon unilatérale et arbitraire l\u2019unité de son choix, ne trahirait-il pas l\u2019idéal démocratique ?DÉCEMBRE 1964 Dans le Code du travail, le gouvernement a établi des principes directeurs en vue de régir les relations patronales-ouvrières.Il doit, le premier, comme employeur, s\u2019y conformer.Le 16 novembre 1964.À Vheure des règlements de compte Bien entendu, personne ne croyait à cette histoire de démission pour cause de santé.Sans perdre de temps, bien que sans le nommer, la Pravda allait traiter Krouchtchev de grossier, criard, fat, gaffeur, hâbleur, tête de linotte, cervelle de lièvre.Ces traits de caractère s\u2019aggravant avec l\u2019âge, Krouchtchev donnait tous les signes de la sénilité.D\u2019où des lubies, des extravagances, des sautes d\u2019humeur, son obsession pour le maïs avant, pendant et après le fameux voyage aux États-Unis, ses stupidités récentes à propos des cochons progressistes et socialistes des kolkoses, l\u2019échec de l\u2019agriculture, des terres vierges.Plus graves encore, l\u2019ultimatum d\u2019il y a quelques années à propos de Berlin, les « nous vous enterrerons » et les « nous vous ferons sauter comme friture dans une poêle », le pari de Cuba perdu, les crédits somptueux avancés à Nasser, et cette vantardise monumentale de posséder une arme terrifiante, « d\u2019une puissance sans limite », qui existait le 15 septembre et qui n\u2019existait plus le 18.Bref, les affaires intérieures et les affaires extérieures de l\u2019U.R.S.S.étaient entre les mains d\u2019un phraséologue qui, en outre, pratiquait le népotisme et le culte de la personnalité.Une telle explication après /\u2019événement ressemble à celle qu\u2019avait donnée, en 1956, M.Krouchtchev lui-même des crimes de Staline, les attribuant en bloc à des défauts de caractère et au culte de la personnalité.Cette tactique, MM.Brejnev et Kossyguine l\u2019ont retournée contre le camarade Krouchtchev, le mérite de l\u2019arme étant de mettre en cause une seule personne, non le régime absurde.Soit dit par parenthèses, si les solutions de Krouchtchev, qui avait montré pourtant de l\u2019imagination, de la volonté et, disons-le, un côté humain, ne valaient, tout compte fait, que peu de chose, les solutions des nouveaux maîtres, si elles restent enchaînées au système, ne vaudront guère mieux.L\u2019explication, comme on pense, n\u2019a pas satisfait les observateurs qui, dès le premier jour, insistaient sur l\u2019affaire de Chine.Et avec raison, puisque de nouveaux documents distribués dans les organisations du P.C.soviétique allaient consacrer à cette affaire de longs paragraphes.Krouchtchev, cette tête de linotte, théoricien médiocre et tacticien flottant, avait poussé le conflit sino-soviétique au bord de la rupture.Il tenait 347 à faire condamner Mao à la réunion du 15 décembre à Moscou.Erreur fatale qui lui coûta la peau, comme lui avait prédit Mao dans cette fameuse lettre du 28 juillet, lue, pendant 5 jours, en toutes les langues, par Radio-Pékin.Mao y disait à Krouchtchev: Puisque vous en avez pris la détermination, il est probable que vous provoquerez une telle conférence.Autrement, ne deviendrez-vous pas un éternel objet de risée ?Ceci s\u2019appelle, pour employer une expression de chez nous, chevaucher un tigre et ne pouvoir en descendre.Vous êtes enfermé dans un dilemme dont vous ne pouvez pas vous sortir.Vous serez pris à votre propre piège et vous y laisserez votre peau.Si vous renoncez à cette conférence, l\u2019on dira que vous avez écouté les conseils des Chinois et le parti marxiste-léniniste, et vous y perdrez la face.Si vous la convoquez, vous vous engagerez dans une impasse d\u2019où il vous sera impossible de revenir.Nous sommes fermement convaincu que le jour de l\u2019inauguration de votre conférence sera le jour de votre descente au tombeau.Cette rencontre aura-t-elle lieu ?Il est permis d\u2019en douter.De toutes façons, elle ne suivra certes pas le cours prévu.Autrement à quoi bon s\u2019être débarrassé de Krouchtchev ?Ce qui ne veut pas dire que ceux qui ont sacrifié Krouchtchev à Mao n\u2019y laisseront pas, eux aussi, la peau.Il leur faudra ni plus ni moins que reconnaître à Mao la direction doctrinale du mouvement communiste.C\u2019est autour de Mao, en effet, \u2014\u2022 du moins pour un temps, \u2014 que l\u2019unité du mouvement se reconstituera, et autour de lui que se ralliera l\u2019ensemble afro-asiatique communiste, et, d\u2019une certaine façon, ce tiers-monde qui, tout neutre qu\u2019il se dise, a applaudi cette bombe que la Chine faisait opportunément éclater.Le Cardinal au Concile plaide la cause de l'amour Marcel MARCOTTE, S.J.IL Y A DEUX MANIÈRES DIFFÉRENTES d\u2019apprécier les valeurs et de résoudre les problèmes de la vie conjugale, suivant qu\u2019on considère le mariage, avant tout, comme une institution naturelle et juridique ou, d\u2019abord, comme une communauté de vie entre deux personnes humaines.Dans le premier cas, l\u2019accent porte sur la fin objective du mariage, représentée par la procréation et l\u2019éducation des enfants; dans le second cas, il est mis sur sa fin subjective, incarnée dans l\u2019amour des époux.Cette différence d\u2019accent, on le devine, pose un problème de grande importance théorique et pratique.Selon certains, il s\u2019agirait de savoir laquelle, en cas de conflit, doit l\u2019emporter, de la volonté de la nature, intéressée à la propagation de l\u2019espèce, ou de la volonté des époux, intéressés à leur bien de personnes.C\u2019est fort mal poser le problème.L\u2019espèce et les personnes, faut-il le rappeler, font au même titre partie de la nature et ne sauraient donc, réellement, entrer en conflit.Il s\u2019agit donc plutôt de savoir ce que les personnes doivent vouloir, ce que la nature veut que les personnes veuillent pour respecter son ordre à l\u2019intérieur d\u2019elles-mêmes et pour le promouvoir à l\u2019extérieur; pour s\u2019accomplir à la fois comme personnes humaines et comme membres du corps social; pour remplir en même temps et l\u2019un par l\u2019autre leur devoir à l\u2019égard d\u2019elles-mêmes et leur devoir à l\u2019égard de l\u2019espèce.La question de savoir si la personne doit être immolée sur l\u2019autel de la race \u2014 s\u2019il « est bon qu\u2019un seul meure pour le peuple » \u2014 n\u2019a pas de sens en théologie catholique.Seule en a cette autre question: Est-ce en poursuivant, d\u2019abord, son bien propre de personne, ou en se mettant, d\u2019abord, au service de la communauté, que la personne atteindra le mieux sa per- fection de personne?La solution du problème, à quelque parti qu\u2019on souscrive, passe par la conscience et la liberté des époux; par delà l\u2019intérêt de l\u2019espèce, elle vise leur bien d\u2019hommes et d\u2019enfants de Dieu.Cette remarque nous met déjà sur la voie de comprendre que la différence d\u2019accent dont nous avons parlé ne doit pas être interprétée de façon trop rigide.Les deux points de vue qu\u2019elle implique ne sont pas exclusifs, mais complémentaires l\u2019un de l\u2019autre, et pourraient fort bien, dans le prochain avenir, être rapprochés.Le Concile, à ce qu\u2019il semble, a décidé de s\u2019employer à ce rapprochement.Au cours des discussions préliminaires qui ont entouré la présentation « en première lecture » du chapitre iv du schéma sur l\u2019Église et le monde, des interventions percutantes sont allées dans ce sens.Mais aucune, à notre avis, ne fut plus incisive et plus lucide, aucune n\u2019a mieux atteint jusqu\u2019au fond du problème, que celle du cardinal Léger.Pour en comprendre le sens et la portée, il faut la replonger dans son contexte historique et doctrinal.L\u2019enseignement de l\u2019Église sur les fins du mariage est tributaire de deux courants de pensée, de deux traditions spirituelles qui ont l\u2019une et l\u2019autre de solides fondements dans l\u2019Écriture et de puissants défenseurs parmi les théologiens.La première \u2014 celle qui met l\u2019enfant en tête des biens du mariage \u2014 s\u2019organise autour du « Croissez et multipliez-vous » du premier chapitre de la Genèse.Saint Thomas d\u2019Aquin lui a fourni sa base scientifique en l\u2019appuyant sur l\u2019idée de finalité mise au point par Aristote.A l\u2019heure présente, c\u2019est elle qui prévaut dans l\u2019enseignement officiel de l\u2019Église (encyclique Casti Connubii, de Pie XI), dans le Code de droit canonique (Canon 1013) et 348 RELATIONS dans l\u2019opinion commune des théologiens.En bref, elle tient dans cette formule: la fin primaire du mariage est le bien des enfants; sa fin secondaire, quoique pareillement essentielle, est le bien des époux.Cette conception théologique a des incidences profondes sur le plan juridique et humain.Elle offre l\u2019avantage de mieux garantir que sa rivale la solidité des mariages en défendant l\u2019institution elle-même contre l\u2019inconstance et l\u2019égoïsme des individus; parce qu\u2019elle insiste sur le contenu de l\u2019amour plutôt que sur sa signification, elle favorise davantage l\u2019accroissement numérique de l\u2019espèce et, par là-même, le progrès du peuple de Dieu.Cependant, on lui reproche d\u2019ignorer l\u2019élément personnel de l\u2019union d\u2019amour des époux, ou du moins de ne pas lui accorder toute l\u2019importance qu\u2019il mérite et que les époux eux-mêmes lui reconnaissent; de diriger si fortement le regard sur l\u2019enfant, que les intérêts naturels et surnaturels du couple s\u2019en trouvent obnubilés et sa vie d\u2019amour compromise; d\u2019exalter, ce faisant, la procréation au détriment de l\u2019éducation qui ne peut être qu\u2019œuvre d\u2019amour des parents.Dès lors, la question se pose: ne pourrait-on formuler autrement \u2014 en termes plus respectueux de la liberté des personnes et mieux accordés à leur sensibilité \u2014 la doctrine catholique du mariage, de manière à ne pas donner l\u2019impression que les époux, le jour où ils s\u2019engagent l\u2019un à l\u2019autre, cessent en réalité de mutuellement s\u2019appartenir, parce que leur amour, ce jour-là, est immolé à l\u2019institution, et qu\u2019ils ne sont plus eux-mêmes que de simples moyens au service d\u2019un bien commun qui les dépasse ?Cette question, le Cardinal l\u2019a posée au Concile.En vérité, les rédacteurs du chapitre qui fait l\u2019objet du litige se l\u2019étaient eux-mêmes posée, et ils y avaient répondu, pour l\u2019essentiel, de façon satisfaisante.Le Cardinal les félicite du souci qu\u2019ils ont eu de renouveler la doctrine des fins du mariage en mettant en plus fort relief l\u2019amour et l\u2019entraide mutuels des époux et en évitant d\u2019envisager les problèmes conjugaux dans l\u2019optique d\u2019une opposition entre une fin primaire et une fin secondaire du mariage.Aux yeux de tous les initiés, ce changement de perspective est essentiel: toute refonte sérieuse de la théologie du mariage doit commencer par un renouvellement de la problématique.Tant qu\u2019on reste enfermé dans celle qui prévaut présentement, on ne peut que donner aux mêmes questions les mêmes réponses, indéfiniment.Tel que rédigé, le schéma est donc « engagé dans la bonne voie ».Mais le Cardinal lui reproche de ne pas répondre « aux difficultés actuelles » et de rester « à mi-chemin », parce que 1° il « néglige de présenter l\u2019amour conjugal et l\u2019entraide mutuelle comme une fin du mariage » et 2° il « n\u2019aborde d\u2019aucune façon le problème de la finalité des manifestations d\u2019amour dans le mariage ».L/amour conjugal, fin du mariage Voici dans quel langage vigoureux le Cardinal expose le premier point de sa critique: Il faut absolument proposer l\u2019amour humain conjugal \u2014je dis bien l\u2019amour, engageant donc l\u2019âme et le corps \u2014 comme une véritable fin du mariage, comme quelque chose de bon en lui-même et qui a ses exigences et ses lois propres.Le schéma reste DÉCEMBRE 1964 trop hésitant sur ce point.Il n\u2019est pas très utile que le schéma évite le terme « fin secondaire », s\u2019il ne doit présenter l\u2019amour qu\u2019au service de la fécondité.Les chrétiens d\u2019aujourd\u2019hui reconnaîtront dans cet appel l\u2019écho d\u2019un autre appel qu\u2019ils ont tous entendu, un jour ou l\u2019autre, au fond d\u2019eux-mêmes.Il fut des temps et des lieux, pas tellement distants des nôtres, où l\u2019homme et la femme se mariaient exclusivement ou avant tout pour avoir des enfants, pour donner des laboureurs à la terre, des soldats à l\u2019État, des fidèles à l\u2019Église.L\u2019amour, quand il faisait irruption au foyer, était comme le fruit tardif de la vie commune, laquelle était inaugurée sous de tout autres auspices.Lourd héritage d\u2019une époque où la fécondité et l\u2019amour \u2014 comme dans l\u2019antique Rome et la vieille Chine \u2014 étaient si bien dissociés qu\u2019ils s\u2019excluaient l\u2019un l\u2019autre et ne pouvaient, sinon en des réussites exceptionnelles, se trouver réunis ni en dedans du mariage, ni en dehors.Le christianisme, fidèle à l\u2019esprit de la Bible et à la lettre de l\u2019Évangile, n\u2019a jamais admis cette dichotomie inhumaine.Avec une patience infinie, il s\u2019est évertué à faire que le mariage devînt de plus en plus le résultat d\u2019un choix et le fruit d\u2019un amour.Le processus, à l\u2019heure présente, est achevé, et dans la constitution des mariages, l\u2019amour occupe désormais tant de place que, s\u2019il fallait craindre quelque chose, ce serait qu\u2019il mît la fécondité en échec.Au regard des personnes, il a une réalité tellement plus immédiate et plus vive! On ne se marie pas pour avoir des enfants, mais parce qu\u2019on aime un homme ou une femme, sans plus.Les époux, dit le Cardinal, se considèrent l\u2019un et l\u2019autre non comme de simples procréateurs, mais comme des personnes aimées pour elles-mêmes.En quoi ils témoignent des véritables intentions de la nature, qui paraît bien avoir voulu l\u2019amour pour lui-même, non pas d\u2019abord en vue du bien de l\u2019espèce, mais du bien des individus, \u2014 tout comme si elle savait que, les besoins fonciers des personnes étant remplis, ceux de l\u2019espèce le seront par surcroît.La même estime pour l\u2019excellence propre de l\u2019amour est à la base de toute la spiritualité conjugale qui s\u2019est développée, ces dernières années, dans la meilleure portion du peuple chrétien.Il s\u2019agissait de savoir comment le mariage pouvait et devait être route de sainteté pour ceux que Dieu invite à le servir dans cet état de vie.La réponse s\u2019est imposée d\u2019elle-même: le mariage étant le sacrement de l\u2019amour, le signe sensible de l\u2019union savoureuse et indéfectible du Christ et de l\u2019Église, c\u2019est à partir de l\u2019amour, vécu selon sa loi propre et ses exigences authentiques, que les époux grandissent dans la charité divine.« N\u2019est-ce pas cette entraide et cet amour mutuels que les époux se jurent solennellement lors de leur mariage ?», demande le Cardinal.En s\u2019aimant l\u2019un l\u2019autre \u2014 à l\u2019ombre du sacrement \u2014 comme Dieu veut qu\u2019ils s\u2019aiment, ils ont part à l\u2019amour dont, à l\u2019intérieur de la vie trinitaire, Dieu s\u2019aime lui-même, et dont il aime, hors de lui-même, ses créatures vivantes; par l\u2019amour, ils entrent dans l\u2019Amour.Mais comment ce résultat serait-il obtenu si l\u2019amour, au départ, était absent; s\u2019il ne faisait pas sentir sa présence fidèle et agissante tout le long de la vie des époux?On songe au mot de Péguy: « Ils croient qu\u2019ils aiment Dieu parce qu\u2019ils n\u2019aiment personne.» Pour aimer mieux \u2014 divinement \u2014 il faut d\u2019abord aimer.Et puisque cet amour, dans toute sa densité humaine et sa ferveur, est 349 comme la matière du sacrifice que les époux sont appelés à célébrer ensemble tous les jours de leur vie, comment n\u2019en pas conclure qu\u2019il est « bon et saint en lui-même » et qu\u2019il « doit être assumé par les chrétiens sans fausse crainte » ?Bref, l\u2019amour humain est une valeur, et il faut que, dans sa doctrine sur le mariage, l\u2019Église reconnaisse, nettement et sans réticence, cette valeur, sans quoi le mariage chrétien perdra sa vraie signification.« A moins que l\u2019amour comme fin du mariage ne soit affirmé, le lien qui relie les époux ne pourra être correctement compris.» Les manifestations d'amour dans le mariage Dans le second point de sa critique, le Cardinal reproche aux rédacteurs du schéma de n\u2019aborder « d\u2019aucune façon le problème de la finalité des manifestations d\u2019amour dans le mariage.» Ce reproche est évidemment relié au premier de façon très étroite.A moins de mettre en vigoureux relief l\u2019importance de l\u2019amour dans le mariage; à moins de le désigner, dans son ordre, qui est celui de la communauté conjugale, comme la fin principale des époux, on ne peut qu\u2019en ordonner et en subordonner les manifestations d\u2019ordre sensible et affectif à la procréation qui, sur le plan institutionnel et juridique, occupe toujours le premier rang.A ce propos, le Cardinal s\u2019est peut-être souvenu que, dans une certaine optique des fins du mariage, heureusement tombée en disgrâce et en désuétude, l\u2019acte conjugal était volontiers catalogué au nombre des «jouissances », et qu\u2019il lui arriva même d\u2019être étiqueté « péché véniel », chaque fois qu\u2019il n\u2019était pas \u2014 comme au cours de la grossesse ou après la ménopause \u2014 immédiatement ordonné à la génération.On jugeait bonnement que, en pareil cas, il ne pouvait être voulu qu\u2019en vue de la jouissance (propter solam voluptatem).Comme si le fait d\u2019être, de soi, une expression, une preuve et un stimulant de l\u2019amour ne suffisait pas à le légitimer! Le Cardinal, à ce propos, tient à dissiper toute équivoque: Il faudrait affirmer que l\u2019union intime des époux trouve aussi dans l\u2019amour une fin.Et cette fin est proprement «la fin de l\u2019œuvre » elle-même, finis operis, légitime par elle-même, même lorsqu\u2019elle n\u2019est pas ordonnée à la procréation.Par cette affirmation, d\u2019ailleurs, le Concile ne ferait que ratifier dans l\u2019ordre des principes une pratique que l\u2019Église approuve, comme nous le savons, depuis plusieurs siècles.Depuis des siècles, en effet, on considère comme légitime l\u2019union des époux même quand la procréation est reconnue impossible.Est-il besoin de dire que cette prise de position est de grande conséquence dans le domaine de la morale, de la pastorale et de la casuistique?Notre morale conjugale peut être caractérisée, en gros, comme une morale des actes, avec une insistance marquée sur la rectitude formelle que chacun doit revêtir pour respecter la règle de la nature.Or, à partir du moment où l\u2019acte d\u2019amour conjugal tire sa justification de lui-même, en tant qu\u2019expression normale et, jusqu\u2019à un certain point, nécessaire de l\u2019amour mutuel, plutôt que de son orientation ou de sa radicale aptitude à la procréation, la question de la moralité intrinsèque de chaque acte d\u2019amour isolé \u2014 sans être pour autant évacuée \u2014 perd pas mal de son importance.Elle devient une question entre bien d\u2019autres; elle n\u2019est plus comme avant la question.Cette conclusion, le Cardinal paraît l\u2019avoir lui-même tirée quand, parlant de la fécondité comme fin du 350 mariage, il précise qu\u2019 « il serait bon que ce devoir de la fécondité s\u2019attache moins à chaque acte qu\u2019à l\u2019état lui-même du mariage ».Réfléchissons là-dessus.Que l\u2019amour, normalement, doive être fécond, c\u2019est une évidence inscrite dans sa nature même et reconnue par toutes les personnes qui s\u2019aiment.A fortiori doit-il l\u2019être dans « l\u2019état lui-même du mariage » qui, en l\u2019institutiona-lisant et le consacrant, l\u2019autorise et l\u2019invite à aller jusqu\u2019au bout de son élan.C\u2019est cette évidence que le Cardinal, tout d\u2019abord, entérine.Mais que chaque acte d\u2019amour conjugal, considéré isolément, doive, de soi et dans l\u2019intention des époux, s\u2019orienter vers la fécondité, c\u2019est un tout autre problème.Ce problème, le Cardinal tenait à le soulever, mais il n\u2019a pas voulu le résoudre.Il serait « bon », dit-il (la formule est irénique et prudente).que le devoir de fécondité soit mieux réparti sur toute l\u2019étendue de la vie des époux et lié de façon « moins » étroite à chaque acte d\u2019amour posé en cours de route.Ce « moins » est assez circonspect; il pose une question, mais il n\u2019y répond pas; il implique que la moralité de l\u2019acte garde de l\u2019importance bien que, dans l\u2019ensemble des valeurs que le mariage cultive, cette importance devienne relative.Soyons précis.On voudrait bien savoir, dans l\u2019Église et hors de l\u2019Église, si l\u2019acte conjugal pourrait un jour, en plein accord avec la morale catholique, être privé de son orientation essentielle à la procréation, \u2014 soit directement, par recours aux contraceptifs mécaniques ou chimiques; soit indirectement, par ingestion de comprimés anovulants.A la question ainsi posée, le Cardinal n\u2019a rien à répondre; il ne prend pas position sur le fond du débat.Il veut, tout simplement, que le procès reste ouvert, afin que les experts, réunis en commission par le Pape pour en revoir le dossier de fond en comble, gardent les mains libres et n\u2019hésitent pas, si le besoin s\u2019en fait sentir, à réexaminer les positions officielles jusque sous cet angle extrêmement litigieux.Tel est aussi le sens, selon moi, des interventions des cardinaux Suenens, de Belgique, et Alfrink, de Hollande; le sens également de la question hardie posée par Maximos IV, patriarche d\u2019Antioche : La rectitude biologique externe des actes est-elle le seul critère de la moralité, indépendamment de la vie du foyer, de son climat, des impératifs graves de la prudence, règle de base de toute notre activité humaine ?Ici encore, un problème est posé, il n\u2019est pas résolu; une révision est requise, pour mieux situer le devoir de fécondité dans l\u2019ensemble de la vie du foyer plutôt que dans la matérialité des actes pris un à un, mais on ne veut pas préjuger des conclusions auxquelles cette révision doit aboutir.Pour bien comprendre la signification de cet acquiescement en même temps que de ces réticences, il faut tenir compte de deux faits.D\u2019une part \u2014 c\u2019est le premier fait \u2014 un certain nombre de penseurs catholiques parmi lesquels, il faut le dire, on compte fort peu de théologiens \u2014 n\u2019ont pas craint d\u2019aller RELATIONS jusqu'aux extrêmes conséquences de la nouvelle hiérarchie des fins du mariage que, à tort ou à raison, ils prenaient déjà pour acquise.Puisque l\u2019amour, ont-ils dit, une fois élevé, comme la procréation, à la dignité de fin du mariage, légitime à lui tout seul l\u2019acte conjugal, il devient inutile de se demander si cet acte est accompli suivant les exigences de la nature, si, plus précisément, il est « apte de soi à la génération »; à la rigueur, il doit suffire qu\u2019il garde sa signification par rapport à l'amour.Au demeurant, la science n\u2019a-t-elle pas démontré que, de toute façon, la plupart de ces actes sont stériles ?Les époux, en prenant les moyens de les rendre tels, consciemment et effectivement, ne font, en somme, qu\u2019imiter la nature et lui prêter main-forte en faisant pour elle et à sa place ce qu\u2019elle ferait certainement elle-même si elle en avait la capacité.Ce problème, sous toutes les formes et sur tous les tons* a été discuté, avec une croissante âpreté, dans la presse et sur la place publique.Le Concile, comme tout le monde, en a été saisi.Certains Pères, à ce qu\u2019il semble, auraient préféré l\u2019écarter d\u2019un revers de la main.C\u2019était leur droit.Mais d\u2019autres, parmi lesquels le Cardinal, ont cru qu\u2019il valait la peine de l\u2019examiner, dût cet examen n\u2019avoir d\u2019autre utilité que d\u2019apporter à ceux qui, d\u2019un cœur sincère et souvent angoissé, ont posé le problème, la consolation d\u2019avoir été entendus et compris et l\u2019apaisement qui naît des certitudes retrouvées.D\u2019où la volonté d\u2019ouverture que nous avons notée.D\u2019autre part \u2014 c\u2019est le second fait \u2014 il est difficile de croire \u2014 pour peu qu\u2019on ait le sens de la continuité doctrinale dans l\u2019Église \u2014 que celle-ci puisse modifier radicalement ses positions traditionnelles sur un sujet aussi vital.Paul VI l\u2019a personnellement donné clairement à entendre dans son allocution au Sacré Collège, le 23 juin dernier: Nous disons franchement que Nous n\u2019avons pas jusqu\u2019à présent de raisons suffisantes pour considérer comme dépassées, et par conséquent n\u2019ayant pas un caractère d\u2019obligation, les règles données par le pape Pie XII en cette matière.Celles-ci doivent donc être considérées comme gardant toute leur valeur, du moins tant que Nous ne Nous sentirons pas obligé de les modifier.Dans des questions aussi graves, il est bon que les catholiques suivent une seule loi, celle que propose l\u2019Église avec toute son autorité.Il semble donc opportun de recommander que personne pour le moment ne s\u2019arroge le droit de se prononcer en des termes non conformes aux règles en vigueur.D\u2019où la réserve que nous avons remarquée.Compte tenu des textes et de leur contexte, il serait donc, à mon avis, assez naïf de croire \u2014 comme certains l\u2019ont cru \u2014 que, dans l\u2019esprit du Cardinal et des Pères qui ont l\u2019air de partager ses vues, l\u2019amour ait tant d\u2019importance qu\u2019il puisse justifier, à tout le moins entre époux, des gestes officiellement qualifiés, jusqu\u2019ici, d\u2019aberrations et de contrefaçons de l\u2019amour; qu\u2019il rende soudain recevables, par exemple, les pratiques anticonceptionnelles que les derniers papes, à tant de reprises et en termes si explicites \u2014 en termes même peut-être solennels \u2014 ont sévèrement condamnées.Pareil accès d\u2019indulgence m\u2019apparaît, jusqu\u2019à plus ample informé, entièrement hors de question.Le Cardinal, pour sa part, a d\u2019ailleurs bien précisé que, en cette matière, il n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019innover: « La déclaration de principe que je propose n\u2019a rien de neuf.» Voilà qui, dans mon opinion, est catégorique et décisif.DÉCEMBRE 1964 Le Cardinal ajoute néanmoins que sa déclaration « ne sera pas sans importance pour mieux déterminer la moralité des différents cas ».Qu\u2019est-ce à dire?La dimension pastorale de la déclaration Pour écarter d\u2019abord un malentendu, disons que la valorisation de l\u2019amour charnel ne peut avoir, en tant que telle, aucun impact sur le débat passionné qui met aux prises partisans et défenseurs des « pilules de stérilité ».On peut même dire que, à proportion où, dans la nouvelle optique, la moralité de l\u2019acte conjugal est moins étroitement reliée à sa rectitude formelle, les partisans des drogues anovulantes sont dépouillés de leur meilleur argument.Si cette technique de régulation des naissances reçoit \u2014 ce qu\u2019il reste permis d\u2019espérer \u2014 un accueil à tout prendre favorable, ce sera sur la base de tout autres principes.Les avantages de la déclaration proposée par le Cardinal sont donc à chercher dans une autre direction, la direction proprement pastorale à laquelle, depuis toujours, il porte un intérêt ardent.Et d\u2019abord, il est sûr que, dans la prédication, dans la direction spirituelle ou sacramentelle des époux, l\u2019insistance accrue sur la légitimité et la valeur intrinsèque de l\u2019amour charnel, au service de l\u2019amour total, peut être extrêmement bienfaisante.Bienfaisante aux pasteurs, à qui leur mentalité de « célibataires », comme l\u2019a noté avec humour Maximos IV, risque de voiler le sens et le prix de certaines réalités de la vie amoureuse auxquelles les époux, qui les vivent du dedans, sont fortement sensibilisés.Bienfaisante aux fidèles, qu\u2019elle contribuerait sans doute à détendre, à rendre plus confiants et plus abandonnés dans l\u2019amour, en les délivrant, au besoin, de cette hantise du défendu, si nuisible aux effusions normales de la tendresse; qu\u2019elle amènerait même à penser \u2014 ce qui est pure vérité \u2014 que tous ces humbles gestes du cœur et de la chair sont ou peuvent être des expressions valables d\u2019une vraie vie de charité.Mais il faut dire davantage.Quand bien même la revalorisation de l\u2019amour charnel n\u2019amènerait aucun changement important au niveau de la doctrine et de la discipline en vigueur dans le mariage, il n\u2019est pas dit que l\u2019attitude morale des personnes elles-mêmes n\u2019en serait pas profondément affectée.Autre chose le jugement objectif qu\u2019on porte sur un acte, autre chose son appréciation subjective.Même si l\u2019un ne devait pas être, en principe, modifié, l\u2019autre pourrait l\u2019être, en pratique, et de façon fort substantielle.En soulignant d\u2019un trait plus ferme les aspects positifs de la vie sexuelle, en tant qu\u2019elle s\u2019enracine dans l\u2019amour et l\u2019épanouit au dehors, on aboutit naturellement à décentrer l\u2019attention de ses aspects négatifs, par où elle confine au péché, et on atténue par le fait même dans les consciences des tensions douloureuses et dommageables entre la loi et la vie, la morale et la liberté.On les dispose en même temps à porter sur certaines fautes \u2014 les leurs ou celles des autres \u2014, sur certaines faiblesses auxquelles sont en butte des âmes même très généreuses, des jugements plus indulgents, plus charitables et, somme toute, plus justes.N\u2019allons pas croire pour autant qu\u2019une morale sexuelle qui se préoccupe de l\u2019amour soit moins exigeante qu'une autre où il tient peu de place; c\u2019est le contraire qui est vrai.351 Les morales souples, dit Péguy, sont plus sévères que les morales raides.Étant moins formalistes, elles cernent mieux leur objet, épousent mieux les contours de la vie et ne laissent rien échapper.Si la vérité de l\u2019amour devait un jour devenir le seul critère de la moralité sexuelle, les époux n\u2019auraient qu\u2019à se bien tenir.Tout d\u2019abord parce qu\u2019on ne voit pas comment un acte dont la rectitude biologique ferait défaut, qui serait donc incomplet par nature, pourrait être l\u2019expression valable et bien ordonnée d\u2019un amour qui, à ce moment, ne peut que se vouloir total; et ensuite parce qu\u2019on voit encore moins bien comment il serait permis de poser sans amour \u2014 le cas est fréquent \u2014 ou à fortiori contre l\u2019amour \u2014 le cas n\u2019est pas rare \u2014 un acte qui, désormais, ne tirerait plus sa justification de sa rectitude externe et de sa radicale aptitude à la procréation.Il ne s\u2019agit donc pas, par « un opportunisme condamnable », de chercher des accommodements avec la doctrine en vue d\u2019alléger l\u2019effort des chrétiens; il s\u2019agit plutôt de transformer le sens de cet effort en obtenant que, la pression extérieure de la loi se faisant plus légère et plus discrète, l\u2019exigence intérieure s\u2019affirme avec plus de force.La morale de l\u2019Évangile \u2014 quoi qu\u2019on pense et quoi qu\u2019on dise \u2014 n\u2019est pas \u2014 elle n\u2019a jamais été \u2014 un étouffoir; c\u2019est la morale de la « liberté des enfants de Dieu ».Mais elle le sera davantage, aux yeux de ceux qui en portent le fardeau, dans la mesure où les contraintes mêmes qu\u2019elle impose, les interdictions, les condamnations et les sanctions qu\u2019elle prononce, apparaîtront toujours mieux pour ce qu\u2019elles sont: l\u2019envers un peu rugueux de l\u2019unique précepte du Christ: « Tu aimeras ».Conclusion L\u2019exposé du Cardinal s\u2019achève sur un souhait fervent: Puisse ce Concile, sans crainte et sans réticence, proclamer les deux fins du mariage comme également bonnes et saintes.Ce souhait sera-t-il exaucé?Seul le sait l\u2019Esprit de Dieu qui, en ces heures de grâce, souffle sur l\u2019Église.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que des vœux semblables, depuis longtemps, ont cours dans le monde catholique.J\u2019ai fait mention, au début de cet article, d\u2019une seconde tradition théologique sur les fins du mariage.Elle se fonde sur cet autre texte de la Bible: « L\u2019homme quittera son père et sa mère pour s\u2019attacher à son épouse, et ils seront deux dans une seule chair.» Et de même que la première tradition s\u2019appuie sur l\u2019autorité de saint Thomas, la seconde se relie à la théologie de saint Bonaventure, de Duns Scot et de l\u2019École franciscaine.Pie XI en fait état dans l\u2019encyclique Casti Connubii, au moment même où, dans la perspective institutionnelle et juridique qu\u2019il a choisie, il accorde sa préférence à la tradition rivale.Depuis ce temps, les deux courants de pensée ont constamment tendu, à travers bien des avatars, à se rapprocher, à confondre leurs eaux.Dans l\u2019esprit d\u2019un grand nombre, la synthèse est déjà faite.Le souhait du Cardinal, en lui-même, n\u2019a donc rien de révolutionnaire; il va, pour ainsi dire, dans le sens de l\u2019histoire et du développement doctrinal.Ce qui est nouveau \u2014 vraiment nouveau \u2014 c\u2019est qu\u2019au lieu de sortir d'une sorte d\u2019opération privée et plus ou moins clandestine, une telle requête tombe, en plein concile, des lèvres d\u2019un prince de l\u2019Église que ses pairs ont bien l\u2019air d\u2019écouter d\u2019une oreille attentive et sans aucun étonnement.Déjà, je le répète, le schéma évitait avec soin de rappeler la division classique entre fin primaire et fin secondaire qui constitue pour plusieurs un motif d\u2019irritation.C\u2019était un pas \u2014 un pas immense \u2014 dans la bonne direction.Mais ce n\u2019était qu\u2019un pas.Le Cardinal a jugé que l\u2019occasion était bonne de brûler l\u2019étape, d\u2019aller, d\u2019un grand élan, jusqu\u2019au bout de la route.En réclamant que les deux fins du mariage \u2014 bien des époux et bien de l\u2019enfant \u2014 soient reconnues comme également bonnes et saintes, il exprime la volonté que les deux traditions soient réconciliées, les oppositions qu\u2019elles ont fait naître, dépassées, et que, dans l\u2019embrasement de la charité, si j\u2019ose dire, les fins objectives de l\u2019institution conjugale et les fins subjectives des époux s\u2019harmonisent et se fondent dans une parfaite unité.Au niveau de la discussion théorique où se situent la théologie des écoles et la morale des spécialistes, cette fusion, des deux côtés de la barricade, équivaudra peut-être à une confusion, mais au niveau de la pastorale et de la vie chrétienne vécue, elle s\u2019impose comme une nécessité.Que les sages continuent d\u2019être sages, c\u2019est leur rôle irremplaçable; mais qu\u2019ils le soient « avec sobriété », afin que le cœur, qui « a ses raisons que la raison ne connaît pas », inspire à l\u2019intelligence le goût de retrouver, sous l\u2019écorce des formules, l\u2019esprit du Christ qui les nourrit.Correspondance Londres, le 3 novembre 1964.M.le directeur, Le Père Cousineau écrivait dans votre numéro d\u2019octobre 1964, page 296, que « certes le Canada anglais a mis sur pied depuis 1920, une association appelée la Canadian Radio League, devenue en 1960, la Broadcasting League.Permettez-moi de dire que la Canadian Radio League était aussi canadienne-française que canadienne-anglaise.Elle fut fondée à Ottawa, le 8 décembre 1930 et, parmi ses quatre ou cinq organisateurs du début, se trouvait le professeur Henri Saint-Denis de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Il devint également plus tard membre fondateur de la Broadcasting League organisée en mai 1958.352 Parmi les membres de la League de 1930 représentant la province de Québec, on pouvait compter Mgr Villeneuve, Mgr Camille Roy, M.Louis Saint-Laurent, C.R., M.Eugène L\u2019Heureux, M.Edmond Dupré, Mgr A.-V.-J.Piette, M.le chanoine Chartier, M.Alexandre Vachon, sir Georges Garneau et plusieurs autres Canadiens.Le chef des activités de la League au Canada français était mon! ami Georges Pelletier, directeur du Devoir.Il fut le fidèle conseiller de la League et le rédacteur de la section française.L\u2019étude la plus complète'et la plus scrupuleuse sur la League fut écrite par le Père John O\u2019Brien, S.J., du collège Loyola de Montréal, qui la présenta comme thèse doctorale à l\u2019University of Southern California en juin 1964, sous le titre de A History of the Canadian Radio League from 1930 to 1936.Mademoiselle le professeur Margaret Prang, de l\u2019University of British Columbia, fera, dit-on, un examen plus bref du travail de la League dans le numéro de mars 1965 du Canadian Historical Review de Toronto.Il est vrai, comme l\u2019écrivait le Père Cousineau, que la League de 1930 refaite en 1958, « n\u2019a connu qu\u2019une carrière spasmodique ».Néanmoins, elle fut depuis 35 ans, lorsqu\u2019il s\u2019est avéré nécessaire, la voix de tous les Canadiens qui reconnaissaient les avantages et les dangers du « développement prodigieux des instruments de communication sociale ».J\u2019écris, cher monsieur le directeur, en tant que lecteur régulier et reconnaissant de votre revue et aussi comme ancien président du comité exécutif de la Canadian Radio League de 1930 qui fut parallèlement bilingue, binationale et biculturelle.Graham Spry.RELATIONS LETTRE DU CONCILE LE SCHÉMA XIII Luigi d'APOLLONIA, S.J.Te schéma XIII ou plutôt \\e fameux schéma xm, puisque \\ l\u2019épithète de nature semble de rigueur, aura eu une naissance difficile, malgré la valeur des periti, experts aux pieds légers.Un premier texte divisé en six chapitres ne fit pas l\u2019affaire.On en prépara donc un deuxième, retenant toutefois le premier chapitre h l\u2019étoffant de trois autres 1 2, et renvoyant en annexes les cinq chapitres qui restaient du texte primitif3.Le tout étudié, discuté, amendé, approuvé en commission fut enfin remis aux Pères en deux fascicules distincts.L\u2019un de 40 pages, sous couverture vert pâle, contenait le schéma proprement dit, l\u2019autre de 60 pages, sous couverture grise, les annexes; le premier devant être examiné par la Congrégation générale, le second devant servir de guide autorisé au chapitre iv, surtout, qui soulève un monde de problèmes: ce chapitre est un véritable carrefour où les feux verts et rouges et les flèches de direction ne seront pas inutiles.I.\t\u2014 Le DÉBAT GÉNÉRAL Ce fut le cardinal Cento, président de la Commission sur l\u2019Apostolat des laïcs, qui, en son nom propre et au nom du cardinal Ottaviani, président de la Commission théologique4, présenta le rapport d\u2019introduction avec crainte et tremblement, disait-il, mais, en fait, avec un élan qui faisait mentir ses 81 ans.Nul autre schéma n\u2019avait suscité autant d\u2019espérance: « Il atteste, disait-il, que l\u2019Église n\u2019est pas sénile et, si l\u2019on peut dire, ankylosée, mais garde la jeunesse de son fondateur: le Christ qui vit aujourd\u2019hui comme hier et dans les siècles des siècles.» Un certain doute l\u2019étreignait pourtant.Le schéma était-il suffisant?Était-il équilibré?Mgr Guano, évêque de Livourne, président de la sous-commission, présenta le second exposé.Il fut plus sobre, plus matter of fact.De quoi s\u2019agissait-il ?D\u2019ouvrir un dialogue avec le monde.Beaucoup, il est vrai, attendent trop de ce texte comme s\u2019il avait réponse à tout.Il faut prendre garde.L\u2019Église, cependant, ne peut s\u2019enfermer dans une forteresse pour se soucier de la seule défense des chrétiens.« Le schéma aborde des problèmes neufs.Il est imparfait.Il appartient aux Pères de le conduire à son point de perfection.» Précaution oratoire?Nullement, mais conviction; car les Pères n\u2019avaient pas attendu la onzième heure pour faire des remarques.Ils avaient le feu sacré, brûlaient de prendre la parole.Les rapporteurs le savaient.Heureusement qu\u2019on parlerait latin! On s\u2019était donc inscrit nombreux pour le débat général, la procédure voulant que, pour un grand schéma, la discussion porte d\u2019abord sur la valeur d\u2019ensemble du texte.Le schéma xm était-il oui ou non digne de servir de base à une discussion détaillée ?Huit cardinaux intervinrent, le premier 1.\tLa^vocation intégrale de l\u2019homme.2.\tL\u2019Église au service de Dieu et des hommes.\u2014 Le comportement des chrétiens dans le monde où ils vivent.\u2014 Tâches principales des chrétiens de notre temps.3.\tLa personne humaine dans la société.\u2014 Le mariage et la famille.\u2014 La promotion de la culture.\u2014 La vie économique et sociale.\u2014 La communauté des peuples et la paix.4.\tLa commission chargée du schéma est une commission mixte.jour; trois autres, un patriarche et huit archevêques, le jour suivant; quinze archevêques et évêques, à la 107e session; à la 108e, sept autres Pères représentant tous les coins du monde: la Guinée, la Suisse, l\u2019Allemagne, la Chine, l\u2019Espagne, l\u2019Argentine, l\u2019Indonésie.Leurs critiques furent nombreuses, plusieurs sévères, quelques-unes radicales.Que pensaient-ils du texte, de son style, de sa structure, de sa substance ?Le style était « trop exhortatif », « trop moralisateur », Il péchait par « emphase ».Le latin en était « pauvre », « dur », « peu correct ».Il fallait faire appel à des « latinistes compétents ».L\u2019expression signes des temps sentait le « romantisme », 1\u2019 « ostentation », le « prophétisme facile ».L\u2019exposition manquait de « clarté », de « concision ».Le schéma contenait de bons éléments, mais il fallait en « transformer la structure », pensait Mgr Roy.« Excellente base pour une discussion fructueuse », disait élogieusement le cardinal Léger qui notait, toutefois, que le schéma était « imprécis et incomplet en bien des points ».Le cardinal Liénart trouvait qu\u2019il manquait de « substance doctrinale »; le cardinal Bea, de « base biblique »; Sa Béatitude le patriarche Meouchi, de «base théologique».Mais à qui s\u2019adresse-t-on?Aux chrétiens, aux non-chrétiens, aux incroyants ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on entend par le monde?Le schéma est trop optimiste, de dire les uns; trop pessimiste, de dire les autres.Il faut parler de l\u2019athéisme, disait le cardinal Suenens, de Malines; de « la foi dans la vie », disait Mgr Elchinger de Strasbourg; de la vie menacée sur les routes, disait Mgr Von Streng de Bâle.Seul le cardinal Spellman loua sans restriction le schéma, « œuvre admirable » qui résume « tous les espoirs du Concile ».C\u2019était good, clear and sincere.Mais le cardinal Ruffini, sans le condamner explicitement demandait de le « refaire de fond en comble », tandis que Mgr Morcillo, archevêque de Madrid, le trouvait « inacceptable », Mgr Heenan, archevêque de Westminster, «périlleux et nuisible»: trois ou quatre ans ne seraient pas de trop pour ruminer en silence ce texte et les problèmes auxquels il touchait.« Sans doute, ajoutait-il, avec un humour qui mouchetait la fine pointe de ses remarques, plusieurs d\u2019entre nous seront au ciel.Nos intercessions vaudront bien nos interventions.» Et l\u2019on continuera à dire que le latin est une langue morte.Après trois jours et demi d\u2019un beau et grand débat, 11 cardinaux ayant pris la parole, parmi lesquels 4 présidents de commission et 3 des 4 modérateurs, 1 patriarche, 14 archevêques, 14 évêques, et 2 supérieurs généraux d\u2019ordre religieux, les modérateurs, usant de leur pouvoir, demandèrent à l\u2019assemblée si elle en avait assez, coupant ainsi la parole à une quarantaine de Pères qui attendaient leur tour \u2014 plusieurs allaient d\u2019ailleurs se rattraper au cours de la discussion chapitre par chapitre, et jusque dans le débat sur le schéma des missions.Puisqu\u2019on était d\u2019un même avis que les modérateurs, le cardinal Dôepfner ordonna le vote: oui ou non les Pères conciliaires jugeaient-ils le schéma xm digne de discussion ?Par 1,579 voix contre 296, les Pères répondirent affirmativement.Au bout du compte, le schéma xm n\u2019était pas de ces travaux si mal faits qu\u2019il valait mieux recommencer que mener à terme.C\u2019eût été dommage, car le schéma avait de grands mérites.Dès l\u2019introduction, il affirme avec une belle audace DÉCEMBRE 1964 £C0LE NORMALE CARDINAL-LLÜtK 6400 - 16e AVENUE ROSEMONT 353 que le mouvement de l\u2019histoire est l\u2019œuvre du Saint-Esprit qui dirige le cours des âges et renouvelle la face de la terre.Fidèle à la doctrine de Trente sur le péché originel, il maintient que le monde est bon, bien que gâté par le péché.Méditant sur le paradoxe d\u2019une société dans le monde mais non de ce monde, il s\u2019évertue à situer la place exacte de l\u2019Église à la fois distincte de l\u2019État et collaboratrice de l\u2019État.Bravement, il se lance en pleine mêlée, affronte les problèmes les plus brûlants.La critique du schéma xm avait été drue.Les traits avaient vibré dans leur cible.Mais cette critique, au sens vrai de ce mot, avait été un discernement, un effort réfléchi en vue d\u2019éprouver les bases du texte, de rectifier ses orientations, d\u2019enrichir sa doctrine.Cadet des grands textes conciliaires, si différent de ses aînés, le schéma xm était né avant terme.Il n\u2019était pas condamné pour autant.En veillant sur sa vie, il croîtrait en âge, en science et en sagesse devant Dieu et devant les hommes.Laissant de côté la discussion particulière, \u2014 interrompue du reste par le débat sur les missions, présidé, le premier jour pour la première fois, par le Pape, \u2014 nous nous en tiendrons ici à deux idées qui, à notre avis, émergent du débat général, à savoir le sens à donner au mot « monde », et la place à donner au phénomène de l\u2019athéisme contemporain.IL \u2014 Il faut définir le monde Il est bien clair, à la suite du débat général, qu\u2019il faut définir ce qu\u2019on entend par ce terme le monde 5 employé je ne sais combien de fois dans le schéma (j\u2019ai commencé, puis abandonné de les compter) sans jamais le préciser à partir de l\u2019Écriture.Plusieurs Pères en ont fait la remarque, le cardinal Dôepfner, archevêque de Vienne, le cardinal Bea, président du Secrétariat pour l\u2019Unité, le cardinal Landazuri Ricketts, archevêque de Lima, l\u2019exarque ukrainien de Winnipeg, Mgr Hermaniuk, De Castro Meyer, évêque de Campos au Brésil, Dom Reetz, supérieur général des bénédictins de Beuron en Allemagne.Et c\u2019est, enfin, à cela qu\u2019aboutit la remarque du cardinal Liénart, évêque de Lille, qui, le premier à parler, demandait de mieux distinguer ordre naturel et ordre surnaturel.Le monde, les hommes et leur vie, comme l\u2019ordre entier de la nature, est en fait en rapport vital et organique avec le Royaume de Dieu.Il est ordonné non seulement à sa propre fin naturelle, mais aussi, par l\u2019Église, à une fin absolument suprême qui est surnaturelle, ni la nature, ni la surnature ne pouvant échapper au gouvernement de Dieu.Dom Reetz nota, avec raison, que dès l\u2019introduction, le schéma employait le mot monde en deux sens absolument différents: il désignait ici, l\u2019œuvre de Dieu qui est bonne, là, le monde souillé par le péché.Je crains que Dom Reetz n\u2019ait simplifié les choses.Dans cette même introduction où le mot revient 9 fois, il signifie, en un sens très large, l\u2019ensemble de la création, en un sens plus restreint notre univers matériel et visible, et, le plus souvent, notre univers humain et moral, c\u2019est-à-dire l\u2019ensemble des activités humaines politiques, sociales, économiques, culturelles, dans leur développement historique et leur rapport à Dieu et au Christ, lumière du monde.Qu\u2019en dit l\u2019Écriture, puisqu\u2019il est évident à lire le texte que les rédacteurs se sont efforcés à lui donner une base scripturaire, même si le cardinal Bea jugeait cette base insuffisante?Ouvrons l\u2019évangile de saint Jean, en particulier au discours après la Cène, et entrons avec le disciple bien-aimé dans le mystère des sens opposés du mot.5.Ce n\u2019est pas le seul terme qui mériterait une profonde critique exégétique et théologique.Signe des temps en est un autre.L\u2019Église des pauvres, un troisième.354 Le monde, c\u2019est notre univers humain, différent de Dieu, capable d\u2019être racheté.C\u2019est dans ce monde que le Fils a été envoyé par le Père, et dans lequel il envoie maintenant ses apôtres: « Comme tu m\u2019as envoyé, moi aussi je les ai envoyés dans le monde.» Et pourquoi?« Pour, que le monde sache que tu m\u2019as envoyé, et que je les ai aimés comme tu m\u2019as aimé.» Et encore, « pour que le monde sache que j\u2019aime le Père ».Dans d\u2019autres passages, le monde apparaît non plus comme l\u2019univers humain qui peut être racheté, mais comme l\u2019univers humain qui ne peut l\u2019être, celui qui n\u2019est pas Dieu et qui refuse de connaître Dieu: « Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l\u2019a pas connu.» Non seulement il refuse de connaître Dieu, il le hait: « Si le monde vous hait, dit Jésus aux apôtres, sachez qu\u2019il m\u2019a haï avant vous.Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien; mais parce que vous n\u2019êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, le monde vous hait.» Jésus prie le Père non pas de retirer ses apôtres, « mais de les garder du Mauvais » qu\u2019il appelle aussi « le Prince de ce monde ».Le Paraclet viendra « et confondra le monde en matière de péché, en matière de justice, en matière de jugement.Le Christ a vaincu le monde qui continue à le persécuter dans les siens: « Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage! J\u2019ai vaincu le monde.» Enfin il y a une troisième série de passages où le monde apparaît non plus comme capable de rédemption et d\u2019amour, ou refusant la rédemption et haïssant l\u2019amour, mais comme racheté, réconcilié et sauvé.Voyant Jésus venir à lui pour être baptisé, Jean le Précurseur s\u2019exclame: « Voici l\u2019Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.» A la foule, Jésus dit qu\u2019il n\u2019est pas venu « pour condamner le monde mais pour le sauver ».Et, dans cette nuit où souffle une brise, il explique à Nicodème que, « oui, Dieu a tant aimé le monde qu\u2019il a donné son Fils unique.Car Dieu n\u2019a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.» Par rapport au Royaume de Dieu (et par rapport au schéma xm ancré dans la foi, seul point de référence absolu) le monde dans le premier sens, qui est un sens collectif, ne peut pas être neutre.Ou bien il rejette le Christ, et, dans ce cas, il se sépare de Dieu et va vers les ténèbres, -\u2014 ainsi se vérifie le deuxième sens, \u2014 ou bien il accepte le Christ et, dans ce cas, il est vivifié par lui, et va vers la lumière, \u2014 ainsi se vérifie le troisième sens.Il n\u2019en va pas autrement, peut-on dire, de l\u2019histoire profane.Elle va, elle aussi, vers le mal et vers le bien de son ordre propre, établissant ici-même sur terre une sorte d\u2019enfer ou une sorte de ciel, l\u2019un et l\u2019autre en même temps, selon le bon ou le mauvais usage que l\u2019homme fait de sa volonté libre.Car ce monde, avec le progrès de la science, le développement de la connaissance et de la culture, la conquête des libertés de tous ordres, l\u2019aspiration à une communauté universelle, à une unité supra-nationale, \u2014 toutes choses dont parle le schéma, \u2014 ce monde obéit lui aussi à la loi de connaissance simultanée, contrastante, antagoniste du bien et du mal.Il rend gloire à l\u2019homme et fait sa honte, Dieu, Seigneur de l\u2019histoire, ayant toujours à cœur de tirer parti du mal comme du bien et de faire servir les puissances d\u2019erreurs comme les puissances de vérité à ses desseins éternels 6.6.Nous nous permettons de renvoyer le lecteur au livre de Jacques Maritain qui a pour titre Pour une philosophie de l\u2019histoire, où il établit cette loi de la double croissance du bien et du mal.Ou bien lire, chez saint Matthieu, la parabole du bon grain et de l\u2019ivraie au chapitre xvi avec l\u2019explication qu\u2019en a donnée le Seigneur.RELATIONS III.\u2014 Il faut parler de l\u2019athéisme Le phénomène de l\u2019athéisme moderne vient confirmer ces considérations, que ce soit sous sa forme marxiste de matière en automouvement qui assigne à l\u2019histoire un but absolu dans le temps, ou sous sa forme existentialiste qui n\u2019assigne à l\u2019histoire aucun but, puisque ce monde est absurde, ou sous des formes moins dogmatiques et moins sophistiques qui font se demander à plusieurs si l\u2019histoire a vraiment un sens.Dans l\u2019introduction au schéma, on trouve le passage suivant: C\u2019est pourquoi il n\u2019est pas étonnant si beaucoup d\u2019hommes (permulti homines) qui, à bon droit, se glorifient de la maîtrise croissante sur la nature commencent à avoir des doutes sur le sens intime de l\u2019histoire humaine et, en particulier, du monde d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019athéisme est un phénomène moderne.Il est, toutefois, moins répandu qu\u2019on ne le pense, comme le prouve la persécution religieuse, en U.R.S.S., et comme le prouve aussi le pullulement des astrologues et des chiromanciennes dans une ville comme Paris.Même si le monde de l\u2019Orient n\u2019est pas le monde de la foi, ses grandes religions sont ouvertes au sacré, au mystère, au monde de l\u2019au-delà.La souffrance, l\u2019amour, la mort, le mal mettent l\u2019homme en face de réalités qui le dépassent et pour lesquelles il ne trouve pas de réponse définitive.Rien, en vérité, n\u2019est plus accordé au plus intime de l\u2019homme que le surnaturel; mais il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être chrétien pour croire en Dieu, car rien non plus n\u2019est plus humain que le religieux.Aussi beaucoup de ceux qui rejettent Dieu rejettent l\u2019idée qu\u2019eux-mêmes se font de Dieu ou l\u2019idée de Dieu qu\u2019ils attribuent aux chrétiens, et qui n\u2019est pas l\u2019idée chrétienne.Soit! les chrétiens en sont en partie responsables par leur comportement, leur fausse indifférence aux réalités terrestres.Il n\u2019empêche que cet athéisme est un faux athéisme, sinon aussi vulgaire du moins aussi superficiel que l\u2019athéisme jouisseur, cet athéisme du ventre dont parle saint Paul.Il existe, cependant, un athéisme d\u2019une tout autre qualité, positif et agressif, ou intellectuel et tolérant, assez répandu et qui bénéficie d\u2019une sorte de cote de grandeur.C\u2019est là un phénomène nouveau, un signe des temps, si on en cherche.Ce phénomène, le Concile n\u2019a peut-être pas à le condamner.C\u2019est déjà fait.Il importe cependant d\u2019en scruter les causes.Le mystère du mal, l\u2019injustice sociale, les oppressions en sont, bien sûr.Sont-elles les plus graves ?En tout cas, nous voudrions ici nous arrêter à une autre cause: la forme de l\u2019intelligence moderne.L\u2019intelligence moderne est habituée à certains critères de vérité qu\u2019on appelle les critères scientifiques: observation, mensuration, vérification.De ce fait, elle est portée à n\u2019accepter que ces certitudes qui découlent de ces critères.Devant des vérités d\u2019ordre métaphysique, fondées sur une démonstration rationnelle, et, bien plus encore, devant les vérités d\u2019ordre religieux, fondées sur le témoignage et qui échappent par leur essence surnaturelle à toute évidence intrinsèque, l\u2019intelligence moderne se sent mal à l\u2019aise.Agnostique, l\u2019intelligence moderne verra dans la religion une sorte de refuge intellectuel, indigne du véritable chercheur.Marxiste, elle combattra toute religion quelle qu\u2019elle soit comme une démission devant les tâches terrestres, un fantôme qui remonte des limbes de l\u2019humanité, et appelé à s\u2019évanouir à la lumière des progrès scientifiques: Gagarine n\u2019a pas vu Dieu ni les anges dans l\u2019espace.Or, cette forme d\u2019intelligence scientifique imprime son caractère sur la civilisation moderne tournée avant tout vers l\u2019action, l\u2019efficacité, les résultats terrestres.L\u2019homme moderne dépense ses énergies à l\u2019aménagement d\u2019un monde nouveau que la science lui fait entrevoir, et à l\u2019avènement d\u2019un âge DÉCEMBRE 1964 d\u2019or auquel son appétit de bonheur le fait rêver.La recherche scientifique est le mythe moderne.Elle domine le monde et arbitre les conflits.Il n\u2019est pas d\u2019homme politique qui ne lui rende hommage.Elle est dans la formule New Frontier de Kennedy, comme dans la grandeur française du président de Gaulle, comme dans les plans quinquennaux des socialismes « scientifiques ».Elle prend place dans les commissions nationales et internationales, est membre des bureaux de direction des grandes entreprises où l\u2019on sait que l\u2019amélioration du niveau de vie et les bénéfices, bien sûr, dépendent d\u2019une supériorité technique, d\u2019inventions et de brevets.Elle permet à l\u2019homme d\u2019échapper à son habitat naturel, de triompher de la gravitation, de la pression, de la distance.Elle voit et parle à distance.Elle sépare la parole et l\u2019image de leur source et les conserve pour les générations à venir, donnant à l\u2019homme l\u2019impression de la survie.Elle scrute même la complexité de la matière organique pour modifier le monde végétal et le monde animal, et se penche sur les gènes pour chercher à dominer le destin biologique de l\u2019homme et, qui sait ?créer le surhomme.Pareille maîtrise de la nature, toujours plus grande, verse dans le cœur de l\u2019homme le sentiment de l\u2019omniprésence et de l\u2019omnipuissance, l\u2019impression qu\u2019il peut mettre en lui-même son espérance et qu\u2019il est en train de se créer lui-même en transformant les conditions de son existence.Comment alors la religion ne lui apparaîtrait-elle pas comme peu utile, peu pratique, nuisible même à son effort ?Et, porté par ce mouvement, comment le chrétien ne serait-il pas lui aussi tenté de reléguer au second plan la vie proprement religieuse, l\u2019adoration, l\u2019oraison, le dépouillement de sa volonté propre, l\u2019humilité, la croix, pour consacrer le plus clair de ses forces à la construction de la cité terrestre ?Et pourtant, c\u2019est ce même monde où triomphe la recherche scientifique qui nous donne le roman noir, le cinéma noir, la poésie noire, la philosophie noire.Et c\u2019est ce même monde qui, redoutant une civilisation inhumaine, sans regard qui brille, sans cœur qui bat, se tourne vers l\u2019Église, malgré tous les Zarathoustras qui proclament que Dieu est mort, pour lui demander ce qu\u2019elle a à dire, quelle réponse elle apporte, quelle espérance elle réserve.Sans doute, tout ceci se trouve dans le schéma xm, mais de façon indirecte et diffuse.On comprend alors l\u2019intervention au Concile du cardinal Suenens: « Il faut parler de l\u2019athéisme! », celle de Mgr Stimfle d\u2019Augsbourg en Allemagne: « Qu\u2019on nous parle ouvertement du phénomène du marxisme qui constitue le plus grand péril moral pour l\u2019humanité actuelle! », celle de Mgr Yu-pin, archevêque de Nanking: « Qu\u2019on nous parle du communisme athée, la plus grande et la plus triste caractéristique de notre temps! » En effet, il faudra que le Concile regarde en face le phénomène nouveau de l\u2019athéisme, phénomène moderne.* * * Les rapports entre l\u2019Église et le monderont revêtu des formes successives au cours de ^l\u2019histoire: Église des catacombes, Église du Moyen Âge, Église de la Révolution, des nationalismes triomphants, des concordats.Voici que, de nouveau, ces rapports changent, et qu\u2019on demande à l\u2019Église de sortir de la sacristie, et de l\u2019ombre de ses temples où on l\u2019avait reléguée.Le schéma xm marque la fin du libéralisme laïciste.On veut connaître l\u2019efficacité de la foi et des levains évangéliques, la valeur de la doctrine sociale de l\u2019Église, dont, hélas! trop longtemps les chrétiens ont douté parce que trop mous pour l\u2019appliquer.Et comme c\u2019est là avant tout la tâche des laïcs, nous ne doutons pas un seul instant que nous verrons dans le nouvel âge de l\u2019Église qui s\u2019ouvre une floraison de saints laïques.Ils sont déjà parmi nous.Et c\u2019est pourquoi la sérénité de l\u2019optimisme chrétien s\u2019impose.355 LITURGIE L'Instruction sur lu réforme liturgique Jean-Paul LABELLE, $.J.IA promulgation de la Constitution conciliaire sur la liturgie, le 4 décembre 1963, marque un pas décisif dans le progrès du renouveau liturgique.Certains, cependant, laissaient entendre que son application pourrait prendre un temps assez long.Ils avaient sans doute à l\u2019esprit l\u2019exemple du Concile de Trente, Or, il n\u2019en fut rien.Dès le 29 février 1964, Paul VI annonçait la nomination d\u2019un Conseil de quarante évêques chargé de la réforme liturgique.Aussitôt, ce Conseil, sous la présidence dynamique du cardinal Lercaro, archevêque de Bologne, se mit à l\u2019œuvre et, le 26 septembre, le Saint-Père approuvait une substantielle Instruction, préparée par ce Conseil1.Étape importante et définitive, bien que non finale, dans l\u2019évolution de la réforme liturgique.Il est bon, en effet, au point de vue pastoral, de ménager les transitions, de préparer et d\u2019éduquer les fidèles afin qu\u2019ils se pénètrent de l\u2019esprit qui inspire les changements actuels.Déjà la Constitution conciliaire avait indiqué les réformes d\u2019ensemble à opérer; l\u2019Instruction sur la liturgie les précise et fournit les lignes directrices qui pourront guider les conférences nationales ou territoriales des évêques chargées d\u2019en faire l\u2019application immédiate.Lucidité et souplesse Nous admirons en particulier la souplesse (alliée à une nécessaire fermeté) avec laquelle l\u2019Instruction élabore les structures qui présideront aux réformes.Si le Saint-Siège réserve ses droits d\u2019autorité suprême, les évêques territoriaux jouissent désormais d\u2019une grande initiative.Ils sont invités à constituer une commission liturgique nationale aidée, si possible, par un Institut de pastorale liturgique.Tous les mécanismes ou rouages qui assureront l\u2019établissement des réformes sont décrits avec clarté si bien que l\u2019action des évêques territoriaux est nettement tracée.Voici, dans ses lignes générales, le plan de l\u2019Instruction.D\u2019abord, un préambule en précise la nature.Suivent cinq chapitres: 1) normes générales; 2) le mystère de l\u2019Eucharistie; 3) les autres sacrements et les sacramentaux; 4) l\u2019office divin; 5) façon de construire les églises et les autels pour obtenir la participation active des fidèles.L\u2019Instruction insiste sur la formation liturgique des clercs, des religieux et des fidèles.Ce serait, en effet, une illusion de croire que la simple introduction de la langue vernaculaire dans la messe et le cérémonial des autres sacrements amènera automatiquement une transformation radicale dans la mentalité liturgique des fidèles.A ce propos, l\u2019Instruction souligne le lien nécessaire qu\u2019il y a entre la liturgie et la catéchèse ou la prédication ou la pastorale.Une liturgie qu\u2019on isolerait du reste de la vie chrétienne ne serait plus le centre spirituel, le ferment de la communauté que, normalement, elle doit y être.1.Les Editions Bellarmin publient, dans les Actes pontificaux (n° 140), la traduction intégrale de cette Instruction.C\u2019est le 7 mars 1965 que les décisions de l\u2019Instruction sur la réforme liturgique entreront en vigueur.Il faut donc nous attendre à ce que les évêques canadiens publient une Ordonnance en conformité avec les directives de l\u2019Instruction.Au moment où nous écrivons ces lignes, une telle Ordonnance n\u2019a pas encore été promulguée.Cela ne saurait tarder.En France, le document a paru le 15 octobre.Changements dans la messe Les changements en ce qui concerne la messe vont tous dans le sens d\u2019une participation plus intime des fidèles.Ils cherchent aussi à combler le fossé qui existe entre la messe lue et la messe chantée.Ainsi, le prêtre ne lira plus les prières du Kyriale pendant que le peuple les chantera, mais il pourra les chanter avec le peuple.Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus pourront être chantés en langue vernaculaire.Sur ce point, au Canada, Dom Mercure, O.S.B., a pris les devants et a composé trois messes en français, publiées par les Bénédictines du Précieux-Sang à Mont-Laurier.De même, pourront être chantés ou récités en langue vernaculaire les textes du Propre (Introït, offertoire, communion).Le Pater et l\u2019embolisme (la prière Libera nos) qui le suit seront de même en français.Pour ce qui est de l\u2019épître et de l\u2019évangile, c\u2019est déjà fait.Parmi les autres changements, le psaume 42 au début de la messe, l\u2019évangile de la fin et les prières léonines disparaissent.Tels sont les principaux changements.Nous pourrions signaler également l\u2019introduction de la prière commune des fidèles au moment de l\u2019offertoire, la récitation à voix haute de la Secrète, ou Prière sur les offrandes, et de la doxo-logie finale du canon au moment de la petite élévation.Celle-ci va reprendre son sens et sa physionomie.Impossible de relever ici tous les points importants de cette Instruction.Mentionnons-en quelques-uns: l\u2019administration des sacrements pourra se faire complètement en langue vernaculaire, y compris la formule essentielle (comme la formule: « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »).Là où on ne peut offrir la messe (par exemple, en pays de missions ou en Amérique latine), les célébrations de la Parole pourront en tenir lieu; elles sont désormais considérées comme liturgiques.Là où la messe est possible, elles aideront les fidèles à mieux se pénétrer de l\u2019esprit du temps liturgique.Les autels seront désormais construits de manière à permettre la messe face au peuple, etc.Le cardinal Lercaro et ses collègues du Conseil ont abattu en peu de temps, une solide besogne.Par ces réformes, l\u2019Église fait un bon pas en avant, car elles sont définitives.Ne craignons pas d\u2019avoir d\u2019ici quelques années à revenir aux pratiques que nous abandonnons.On ira plus avant, on ne reviendra pas en arrière.L\u2019Instruction met en branle toute l\u2019Église; les fidèles, unis au Christ et à l\u2019Esprit-Saint, dans une participation plus profonde et mieux comprise, glorifieront d\u2019autant mieux notre Père qui est aux cieux.356 RELATIONS Les chances d\u2019une survivance française au Manitoba-II * Vous me direz, sans doute, que pour survivre dans le milieu où vous êtes, il ne suffit pas de le vouloir, il faut encore le pouvoir.Je vous répondrai: vous avez raison et c\u2019est dans la conscience de cette difficulté que j\u2019ai posé dès le début, à la survie de toute langue et de toute culture deux conditions fondamentales: un peuple qui les porte, par conséquent qui a la volonté de les porter, et un milieu qui les supporte, par conséquent qui rend possible et facilite l\u2019accomplissement, la réalisation de cette volonté populaire.Nous voici donc affrontés au rôle vital du milieu, tant ethnique que social, dans la survie d\u2019un groupe national.Concrètement la question est la suivante: y a-t-il des chances pour que votre milieu à l'avenir vous supporte mieux qu'il ne l'a fait dans le passé?Ma réponse sera franche: votre milieu ethnique, j'en doute; votre milieu social, je l'espère et je le crois.Le milieu ethnique J\u2019ai dit tout à l\u2019heure pourquoi votre milieu ethnique franco-manitobain, devenu rétréci, urbanisé, trop largement ouvert aux influences étrangères et imprégné en particulier de télévision anglaise, me paraissait moins homogène et moins vigoureux, par conséquent moins formateur et moins créateur que celui d\u2019hier.Il joue encore un rôle nécessaire, irremplaçable, mais un rôle diminué.Et ce rôle, encore, ne pourra-t-il le remplir à l\u2019avenir qu\u2019à une double condition: qu\u2019il se fortifie lui-même de l\u2019intérieur et qu\u2019il parvienne à obtenir de l\u2019aide de l\u2019extérieur.Se fortifier de l\u2019intérieur, c\u2019est pour lui s\u2019attacher à l\u2019essentiel, et l\u2019essentiel dans les circonstances présentes me paraît se traduire par deux exigences fondamentales: garder la famille et conquérir l\u2019école.Garder la famille, la garder française, lui assurer en conséquence que soit à prédominance française l\u2019alimentation linguistique et culturelle qu\u2019elle reçoit, chaque jour, de la conversation, du livre, de la presse, de la radio et de la télévision \u2014- surtout de la télévision \u2014, voilà votre première tâche, celle que vous ne pouvez pas ne pas remplir sans vous condamner à disparaître.Sur ce point, je suis d\u2019accord avec l\u2019auteur d\u2019un article paru dans La Liberté et le Patriote, du 27 mars dernier, sous le titre « L\u2019influence décisive du foyer dans la survivance de la langue ».Les statistiques démontrent écrit l\u2019auteur, que les plus grosses pertes dues à l\u2019anglicisation ont lieu, non pas après, mais avant l\u2019expérience scolaire.La bataille décisive, ajoute-t-il, a lieu au foyer, et même avant l\u2019âge scolaire.Ce n\u2019est pas par hasard.que la survivance se mesure en termes de langue maternelle.La clé de la survivance n\u2019est pas une Association de Parents et Maîtres, ni une Association de Commissaires, ni même une Association d\u2019Education.C\u2019est la petite association qui s\u2019appelle la Famille, chez elle, dont le père est le chef et la mère la reine, les deux formant avec leurs enfants l\u2019association la plus puissante pour la sauvegarde de la langue.* Les première et seconde parties de cette conférence prononcée au Manitoba ont paru dans Relations d\u2019octobre et de novembre 1964.DÉCEMBRE 1964 Richard ARÈS, S.J.Si fidèlement et si jalousement toutefois que vous gardiez la famille, vous ne parviendrez à survivre que si, en même temps, vous parvenez à conquérir l\u2019école, et une école qui soit vôtre, aussi vôtre au Manitoba qu\u2019est sienne l\u2019école de la minorité anglaise au Québec.Que dans cette école, vous appreniez l\u2019anglais comme l\u2019instrument obligé de communication dans votre milieu social, c\u2019est une nécessité et je n\u2019y ai aucune objection; mais si vous voulez que vos enfants portent plus tard leur langue comme doit porter la sienne un peuple qui veut survivre, c\u2019est-à-dire non comme un fardeau plus ou moins étranger, mais comme une partie vivante et vitale de lui-même, si vous voulez qu\u2019ils se façonnent un cerveau, un esprit et un cœur français, il vous faut conquérir une école où la langue de l\u2019enseignement et de la culture soit le français: il n\u2019y a pas d\u2019autre solution.Je n\u2019ai pas besoin d\u2019insister sur ce point, car je sais que je parle à des convaincus.Pour m\u2019en rendre compte, je n\u2019ai eu, par exemple, qu\u2019à lire la résolution que des délégués de votre Association ont présentée, le 21 novembre dernier, à l\u2019hon.ministre de l\u2019Éducation de la province.Après y avoir affirmé que « l\u2019école publique, telle qu\u2019elle existe présentement dans les centres français, anglicise inévitablement leurs enfants », et qu\u2019 « une connaissance plus approfondie du français est indispensable à nos enfants pour qu\u2019ils puissent accéder à la culture française », ces délégués ont présenté leur résolution, demandant « que l\u2019usage du français soit officiellement reconnu comme langue d\u2019enseignement » (cf.La Liberté et le Patriote, 6 décembre 1963).Le milieu social J\u2019ajoute que, même pour garder la famille et encore pour conquérir l\u2019école, vous aurez de plus en plus besoin, à l\u2019avenir, de l\u2019aide extérieure, à commencer par celle de votre milieu social.Cette aide, avez-vous des chances de l\u2019obtenir?Je sais que le milieu manitobain renferme une multitude de groupes ethniques, chacun fier de sa langue et de sa culture; je sais qu\u2019il compte plus d\u2019Ukrainiens et d\u2019Allemands que de Canadiens français.Mais je sais aussi qu\u2019en ce milieu la minorité franco-manitobaine n\u2019est pas, ne peut pas être une minorité comme les autres.La question du nombre est importante, sans doute, mais elle ne saurait effacer les droits historiques et constitutionnels que possède au Manitoba et au Canada la nation canadienne-française dans son ensemble.Car, vous n\u2019êtes pas seuls au monde; vous faites partie d\u2019une communauté nationale qui n\u2019est tout de même pas la dernière venue en ce pays et en cette province, et qui, à l\u2019encontre de certaines autres dont la voix se fait entendre aujourd\u2019hui, ne brillait tout de même pas par son absence lorsque l\u2019un et l\u2019autre furent légalement fondés.Permettez qu\u2019à ce propos je recours encore une fois au témoignage du professeur-historien Morton: Toute l\u2019histoire du Canada, déclarait-il dans sa conférence à la Société historique du Manitoba, atteste que ce pays, à partir de la baie de Fundy jusqu\u2019à la vallée de la 357 Saskatchewan, était entièrement français.Sur les terres qui devinrent le Canada, les Français étaient plus nombreux que les Anglais dans toutes les parties de l\u2019Amérique britannique jusqu\u2019à la décennie de 1841-1851.Bref, les Canadiens français n\u2019ont été une minorité au point de vue numérique au Canada que depuis un peu plus de cent ans.Ces faits constituent donc des raisons majeures pour les Français de réclamer le droit, tant historique que constitutionnel, de demeurer Français de langue et de culture.Ces mêmes raisons leur donnent droit de réclamer l\u2019égalité avec les Anglais.De fait, personne, pas même les premiers immigrants anglais, n\u2019ont un droit aussi justifié de demander l\u2019égalité, comme l\u2019ont les Français.(Cf.La Liberté et le Patriote, 23 août 1963.) J\u2019ajoute que ce droit à l\u2019égalité, inscrit dans sa constitution de 1870, le Manitoba a pu le violer impunément plus tard, mais, province canadienne, il n\u2019en continue pas moins de faire partie d\u2019un pays officiellement bilingue et biculturel, d\u2019un pays fondé sur l\u2019alliance anglo-française et qui n\u2019a d\u2019avenir que si cette alliance a elle-même un avenir.L\u2019affaiblir au Manitoba, c\u2019est contribuer à l\u2019affaiblir dans le pays tout entier, c\u2019est montrer qu\u2019après tout on ne tient pas tant à ce qu\u2019il y ait un Canada.« A mes yeux, ai-je déclaré à Ottawa, l\u2019an dernier, devant les commissaires d\u2019écoles de langue française de tout le Canada, à mes yeux, les deux destins: celui des minorités françaises et celui de la Confédération canadienne sont liés et solidaires: quand il n\u2019y aura plus d\u2019avenir ni d\u2019espoir pour les premières, il n\u2019y en aura pas, non plus, pour la seconde; elles vivront ensemble ou ensemble elles périront.» La crainte est le commencement de la sagesse, dit-on; aussi, devant l\u2019énormité de l\u2019enjeu, faudra-t-il faire des concessions.Voilà pourquoi je persiste à croire qu\u2019il y a quand même de l\u2019espoir pour vous et que l\u2019aide extérieure dont vous avez un si pressant besoin vous sera finalement accordée.De l\u2019espoir que la communauté canadienne-française, dont l\u2019expression politique de fait est l\u2019État du Québec, se reconnaîtra solidaire de vos revendications et exercera toute l\u2019influence, toute la pression dont elle est capable pour que justice vous soit rendue, pour que justice lui soit rendue, car, tant qu\u2019il y aura un pays nommé Canada, votre problème, c\u2019est son problème, à elle.De l\u2019espoir aussi que le gouvernement central de ce pays comprendra, avant qu\u2019il ne soit trop tard, que rien ne pourrait être plus funeste pour l\u2019avenir de la Confédération que la destruction des minorités françaises et le blocage de toute la nation canadienne-française dans la seule province de Québec, et qu\u2019en conséquence, à titre de gardien principal du bien commun canadien, il ne peut plus fermer les yeux et se tenir à l\u2019écart comme si cette lutte pour la vie que mènent les minorités françaises ne le concernait pas, il ne peut plus refuser son aide à des éléments dont la présence aujourd\u2019hui contribue, plus encore que celle des chemins de fer, à tenir ensemble les diverses parties du Canada.De l\u2019espoir enfin que le gouvernement de votre province, qu\u2019on me dit sympathique à la cause du français et dont le chef est venu à Montréal, en décembre dernier, prononcer, devant la Chambre de Commerce, de belles paroles sur le devoir pour tous les Canadiens de « démontrer au monde entier que deux cultures peuvent être florissantes au sein d\u2019un même État », ainsi que sur l\u2019exemple donné par le Manitoba en pourvoyant, disait-il, « à l\u2019enseignement du français dans tous les grades de nos écoles publiques », de l\u2019espoir, dis-je, que votre gouvernement passera des paroles aux actes, répondra favorablement à vos requêtes présentes et futures en faveur du français et démontrera qu\u2019il entend assumer de nouveau la vocation historique que le professeur Morton assignait au Manitoba: celle d\u2019être le résumé, l\u2019image, l\u2019interprète et en quelque sorte la conscience de la Confédération canadienne.358 Ce triple espoir que je viens de formuler et que je vous lègue en terminant, je sais trop bien qu\u2019il ne sera pas de réalisation facile.Comme bien d\u2019autres, j\u2019ai suivi, par les journaux et à la télévision, les séances que la Commission Laurendeau-Dunton a tenues dans votre milieu.J\u2019y ai lu ou entendu les diverses thèses en présence: celle du multilinguisme, celle du bilinguisme et celle de l\u2019unilinguisme \u2014 anglais, évidemment.J\u2019y ai vu aussi que cette dernière thèse a rencontré parmi vous des partisans, qui sont venus soutenir que le Manitoba est province anglaise et qu\u2019en conséquence il n\u2019existe pour les Canadiens français pas d\u2019autre alternative que de s\u2019assimiler ou, s\u2019ils veulent garder leur langue, d\u2019émigrer au Québec.Cette dernière attitude, fort pessimiste, ne doit pas vous surprendre outre mesure; elle reparaît chaque fois qu\u2019au cours de son histoire la communauté canadienne-française a traversé une grave crise de confiance en son destin.En préparant cette conférence, j\u2019ai retrouvé dans mes notes un extrait de journal dont le contenu s\u2019inspire d\u2019un aussi noir pessimisme.Permettez, étant donné les circonstances, que je vous le cite au long, en vous demandant simplement, durant la lecture de ce texte, de remplacer mentalement le mot « Bas-Canada » par celui de « Manitoba », et le mot « Angleterre » par ceux de « gouvernement fédéral » ou de « gouvernement manitobain », selon le cas.Il y en avait, et nous étions de ce nombre, qui pensaient qu\u2019avec l\u2019appui et la faveur de l\u2019Angleterre, les Canadiens français pouvaient se flatter de conserver et d\u2019étendre leur nationalité de manière à pouvoir, par la suite, former une nation indépendante.Nous croyions et nous croyons encore qu\u2019il eût été d\u2019une sage politique pour l\u2019Angleterre de favoriser l\u2019extension et l\u2019affermissement dans le Bas-Canada d\u2019une nationalité différente de celle des Etats voisins; mais les hommes d\u2019Etat du jour chez la métropole pensent différemment et les Canadiens français n\u2019ont plus rien à attendre de ce côté-là pour leur nationalité.Que leur reste-t-il donc à faire pour leur propre intérêt et dans celui de leurs enfants, si ce n\u2019est de travailler eux-mêmes de toutes leurs forces à amener une assimilation qui brise la barrière qui les sépare des populations qui les environnent de toutes parts ?Avec la connaissance des dispositions actuelles de l\u2019Angleterre, ce serait pour les Canadiens français le comble de l\u2019aveuglement et de la folie que de s\u2019obstiner à demeurer un peuple à part sur cette partie du continent.Le destin a parlé: il s\u2019agit aujourd\u2019hui de poser les fondements d\u2019un grand édifice social sur les bords du Saint-Laurent, de composer avec tous les éléments sociaux épars sur les rives du grand fleuve, une grande et puissante nation.Pour l\u2019accomplissement d\u2019une pareille œuvre, toutes les affections sectionnaires doivent se taire et tous doivent être prêts à faire les sacrifices nécessaires.De tous les éléments sociaux dont nous venons de parler, il faut choisir le plus vivace, et les autres devront s\u2019incorporer à lui par l\u2019assimilation.Ce texte est vieux de plus d\u2019un siècle et quart, il a pour auteur Étienne Parent et il parut dans le journal Le Canadien, le 23 octobre 1839, c\u2019est-à-dire aux lendemains de l\u2019écrasement de la rébellion de 1837, à un moment où l\u2019avenir du peuple canadien-français paraissait définitivement scellé.Alors comme aujourd\u2019hui, l\u2019histoire était à la croisée des chemins et hésitait sur la route à prendre: si les Canadiens français de l\u2019époque avaient en masse suivi cet appel d\u2019un de leurs chefs, leur nationalité n\u2019existerait plus aujourd\u2019hui et le Canada serait anglais, sinon américain, d\u2019un océan à l\u2019autre.Mais, le peuple a préféré écouter la voix d\u2019un autre chef, la voix de La Fontaine l\u2019appelant à poursuivre quand même la lutte et à refaire son destin sur une autre base.L\u2019histoire s\u2019est remise en marche, avec le résultat que vous connaissez; quelques années plus tard seulement, la situation était renversée, l\u2019Union rendue inoffensive, la survivance assurée et le français proclamé, à l\u2019égal de l\u2019anglais, langue officielle du pays.Je ne prétends pas, comprenez-moi bien, qu\u2019un pareil triomphe vous attend au détour de la route: ce serait naïveté, RELATIONS sinon témérité de ma part.Je dis simplement qu\u2019en dépit de toutes les apparences, il y a pour vous de l\u2019espoir et que vous n\u2019êtes pas seuls au monde.Quand je vois, par exemple, que dans l\u2019enquête menée tout récemment auprès des élèves des collèges de Saint-Boniface et d\u2019Otterburne, 90% d\u2019entre eux répondre que la lutte actuelle pour la sauvegarde de la langue française, loin de se faire pour une cause perdue d\u2019avance, peut encore être gagnée; quand il m\u2019est donné d\u2019admirer ici même à votre congrès, tant de dévouement, de fidélité et de zèle patriotique; quand j\u2019apprends que votre gouvernement se dit prêt à faire au français une plus large place dans l\u2019enseignement; quand je sais que le Québec, par l\u2019intermédiaire du Conseil de la Vie française et de son Service d\u2019Outre-Frontières, ne demande pas mieux que de vous aider; quand enfin j\u2019estime que le rapport de la Commission royale d\u2019enquête sur le Bilinguisme et le Biculturalisme ne peut que vous être favorable, comment, à tous ces signes, pourrais-je ne pas reconnaître et ne pas dire qu\u2019il y a vraiment de l\u2019espoir et que, loin que soit venu le temps de mettre un terme à l\u2019aventure franco-manitobaine, c\u2019est le moment bien plutôt de la relancer avec une vigueur nouvelle.L\u2019histoire nous l\u2019enseigne: ne meurent que les peuples qui n\u2019ont plus le courage de vivre, qui n\u2019ont plus confiance en eux-mêmes et ne croient plus à leur utilité sur terre, que ceux qui, au lieu d\u2019aller de l\u2019avant avec l\u2019humanité en marche, se laissent choir sur le bord de la route, incapables désormais de se tenir debout tout seuls, bref que les peuples qui ont perdu leur volonté et leur raison de vivre.Grâce à Dieu, vous n\u2019en êtes pas là: votre volonté de vivre est aujourd\u2019hui manifeste et vos raisons de vivre demeurent aussi impérieuses que jamais.L\u2019histoire présente, permettez que je vous le rappelle une dernière fois, l\u2019histoire qui se fait présentement au Canada, au Québec comme au Manitoba, a besoin de vous.« Ce n\u2019est pas, disait Paul Claudel aux Français durant l\u2019occupation, ce n\u2019est pas parce que vous êtes beaux qu\u2019il faut vivre, mais parce que vous êtes nécessaires.» A vous aussi l\u2019on peut et l\u2019on doit dire: il vous faut vivre, car vous êtes nécessaires.La Fontaine et les problèmes de notre temps Jacques MONET, S.J.-1 fX A marque le centenaire de la mort de sir Louis-I\tHippolyte La Fontaine.A la fin de février ^ ^ -L dernier, plusieurs discours et cérémonies officielles ont glorifié sa vigoureuse défense de la langue française, son courage politique, son sens aigu des réalités, et son apport important dans le domaine de la jurisprudence.Avant que cette année ne s\u2019achève, il n\u2019est peut-être pas inutile de signaler aussi les points de rencontre entre les grandes lignes de sa politique et les options qui s\u2019ouvrent aux Canadiens français d\u2019aujourd\u2019hui.Car La Fontaine eut le mérite à une autre époque décisive de notre histoire de préciser la ligne directrice de l\u2019activité de ses concitoyens.* * * Émergeant comme leader politique après la révolte de 1837, La Fontaine reconnut que l\u2019heure était critique.Depuis quatre-vingts ans que les Canadiens français étaient passés sous la domination étrangère, ils avaient réussi sans doute à survivre; ils avaient conservé et développé les principaux traits de leur identité nationale \u2014 la possession de leur territoire ancestral, la langue française, la foi catholique, l\u2019ancienne jurisprudence française et les traditions familiales; ils n\u2019avaient pas su encore garantir leur épanouissement comme peuple.Précisément à la fin de ces années trente, La Fontaine comprit que le problème était là.On avait survécu: il fallait maintenant vivre.La situation d\u2019ailleurs y contraignait: les cadres seigneuriaux ne pouvaient plus contenir la population toujours croissante, le pays sombrait dans la dépression économique; à cause d\u2019une impasse parlementaire, les écoles publiques étaient fermées depuis 1836; l\u2019ancien droit civil ne répondait plus aux exigences modernes; surtout, de fortes répercussions sociales, dont la révolte de 37, traduisaient la poussée montante de la petite bourgeoisis professionnelle.Il importait de se donner les instrumente politiques qui permettraient la réforme; en d\u2019autres mots, il fallait aux Canadiens français devenir « maîtres chez soi ».Devant ce défi à relever et les autres problèmes cristallisés par l\u2019Acte d\u2019Union de 1840, qui joignait dans un but nettement assimilateur le Bas-Canada français au Haut-Canada britannique, les chefs canadiens-français étaient divisés.Les plus éminents favorisaient la solution séparatiste.Nationalistes militants et idéalistes, intellectuels et théoriciens, tels Denis-Benjamin Viger, John Neilson, et les jeunes membres de la famille Papineau \u2014 futurs fondateurs en 1844 de l\u2019Institut canadien \u2014 ils n\u2019entrevoyaient l\u2019épanouissement du Canada français que dans l\u2019isolement politique qui protégerait contre la contamination anglo-saxonne les ressources culturelles du petit groupe compact de leurs compatriotes.Ils refusèrent l\u2019Acte d\u2019Union.Celui-ci ayant été adopté malgré eux, ils ne consentirent avec le Haut-Canada qu\u2019à une collaboration de surface, c\u2019est-à-dire, à une association politique où les députés canadiens-français ne se joindraient que temporairement au parti canadien-anglais offrant les plus intéressantes concessions.Plus tard, en 1845, selon une autre formule d\u2019abstention, ils recoururent à la doctrine de la double majorité, selon laquelle une loi de l\u2019Union ne serait valable qu\u2019après la sanction majoritaire et distincte des deux groupes, britannique et français.Enfin, après la mort de Neilson et le retour d\u2019exil de Louis-Joseph Papineau, ils en arrivèrent en 1849 au projet de transformer l\u2019ancien Bas-Canada en république nationale qui ferait pendant nordique à la Louisiane française.La nationalité est le principe de la vie des peuples, déclaraient-ils dans un accent qui sonne étrangement au- DÉCEMBRE 1964 359 jourd\u2019hui, l\u2019Union fut faite dans le but de nous perdre, elle nous perd évidemment.Depuis l\u2019Union, avons-nous plus de valeur politique ?Notre position d\u2019infériorité est-elle changée ?diminuée?Ne sommes-nous pas parti d\u2019un parti dans la représentation ?.cela après avoir formé seuls une société parfaitement organisée, avec unité de langage, de mœurs, de religion, de lois, d\u2019institutions qui composaient la nationalité canadienne, \u2014 condamnés à être la minorité.(L\u2019Avenir, 26 avril, 1849.) La Fontaine avait réfléchi lui aussi à l\u2019avenir du Canada français.Il n\u2019était pas un intellectuel comme Viger, Papineau et leurs disciples, mais il savait penser clairement et d\u2019une façon réaliste.En plus, il avait mis sa confiance dans le célèbre rédacteur du Canadien de Québec, Étienne Parent, homme d\u2019un jugement pondéré qu\u2019on qualifierait plus tard d\u2019 « interprète le plus éminent de la pensée canadienne-française ».Or, dans une série d\u2019articles assez remarquables consacrés au projet d\u2019Union, Parent soulignait les liens très étroits qui unissaient la survivance du Canada français à la permanence du fait britannique en Amérique du Nord.D\u2019un côté, disait-il, la Grande-Bretagne doit aux Canadiens le salut de son empire en Amérique, et cela pour deux raisons: c\u2019est eux qui ont repoussé l\u2019invasion américaine en 1776 et en 1812, et \u2014 ingénieuse intuition! \u2014 ils continuaient depuis à faire sentir aux colonies anglaises voisines le besoin d\u2019une union avec Londres.Parent comprenait, en effet, que les Britanniques des autres colonies jalousaient et craignaient la nationalité canadienne-française, et que, celle-ci disparue, ils se révolteraient tout comme les colonies anglaises de 1776.Les Canadiens français, d\u2019autre part, ne pourraient se maintenir, pensait-il, qu\u2019avec la tolérance sincère, sinon l\u2019assistance active de la Grande-Bretagne, et sans cette protection ils ne sauraient éviter l\u2019assimilation à l\u2019immense bloc des « populations anglo-saxonnes de ce continent auxquelles ils devront lier leur destinée du moment que l\u2019Angleterre aura brisé son œuvre ».Les Canadiens, à son avis, avaient trouvé dans la constitution parlementaire britannique un gage de liberté et de souplesse sans lequel « les passions seront mises en jeu et la séparation aura lieu coûte que coûte et très probablement au profit des États-Unis qui, bon gré mal gré, entraîneront dans leur orbite ces provinces encore faibles ».S\u2019il ne pouvait donc y avoir de Canada britannique sans un énergique et puissant Canada français, ce dernier ne pouvait, inversement, s\u2019épanouir complètement qu\u2019avec l\u2019aide et la prospérité du premier.Les valeurs fondamentales des Canadiens français et la connexion britannique, concluait-il, étaient intimement liées: la force de l\u2019un garantissait la survivance des autres, et vice versa.* * * La Fontaine fit sienne cette doctrine de Parent.Devant l\u2019inquiétude profonde qui agitait les Bas-Canadiens et les réformes qu\u2019exigeait leur situation, il proposa, non la république des « Patriotes » ni l\u2019isolement des séparatistes, mais l\u2019application intégrale de la constitution britannique, c\u2019est-à-dire du « gouvernement responsable », promis au Haut-Canada mais refusé jusqu\u2019alors au Bas Canada.Il accepta donc l\u2019Union des deux colonies et l\u2019association intime de son parti au parti réformiste du Haut-Canada.Celui-ci en effet, n\u2019ayant pas la majorité suffisante pour assurer l\u2019exercice du gouvernement responsable qu\u2019on lui promettait, sollicitait l\u2019appui des députés canadiens-français tout comme La Fontaine lui-même faisait appel à l\u2019influence haut-canadienne pour vaincre et les réticences de Londres, et les groupements en autorité et arbitraires du Bas-Canada.« Sans l\u2019Union, déclarait-il, nous n\u2019aurions pas d\u2019avenir; sans elle nos besoins ne sauraient être satisfaits; sans elle nous ne pourrions atteindre ce bien-être que nous promet la nature si vaste en Amérique.» (Aux lecteurs de Terrebonne, 25 août 1840.) Par contre, dans l\u2019Union et la collaboration avec le parti de Baldwin, La Fontaine saurait conquérir pour les Canadiens français la possibilité de mener eux-mêmes leur redressement et de diriger dorénavant leur propre destinée.Il mit presque dix ans à réaliser son rêve.Jeune chef de 30 ans en 1837, en face de vieilles réputations, ce n\u2019est qu\u2019en 1844 qu\u2019il réussit à se rallier la majorité des politiciens qui continuaient à favoriser le particularisme de Neilson et de Viger; ce n\u2019est que deux ans plus tard, en 1846, qu\u2019il se gagna la sympathie et l\u2019influence du clergé qui jusque-là avait craint ses projets de réforme scolaire.Enfin il dut subir le contrecoup d\u2019un revers politique de Baldwin, et, en 1847, un commencement de révolte parmi ses partisans.En 1848, ayant vaincu tous ses adversaires et fort de l\u2019appui quasi unanime de ses compatriotes, il accepta du gouverneur général, lord Elgin, la charge d\u2019administrer son pays: premier Canadien à devenir au Canada Premier ministre au sens moderne du mot; premier Canadien français à même de réaliser politiquement les aspirations de sa nation.En adoptant la thèse d\u2019Étienne Parent, qui était d\u2019entrer dans le jeu de la tradition des Britanniques pour consolider l\u2019avenir des siens, La Fontaine fit plus qu\u2019assurer à ceux-ci une vie nationale plus riche et plus dynamique.Il fit d\u2019eux en quelque sorte les parrains de cette communauté internationale qu\u2019est l\u2019actuel Commonwealth des Nations.En effet, cent ans plus tard, lorsque d\u2019autres peuples en des continents dont La Fontaine et ses contemporains soupçonnaient à peine l\u2019existence, cherchèrent à leur tour à résoudre leur problème national, ils imitèrent les Canadiens des années 1840.Comme eux, ils surent retourner contre les Britanniques les principes mêmes de la constitution anglaise et devenir, par l\u2019évolution constitutionnelle plutôt que par la révolution, les maîtres de leur destinée culturelle, les gouverneurs de leurs gouvernants.De même, le curriculum vitae de La Fontaine (nationaliste radical, prisonnier politique, chef parlementaire modéré, premier Premier ministre d\u2019un pays nouvellement autonome) fut le schéma de l\u2019histoire personnelle des politiciens afro-asiatiques au sein du Commonwealth.En outre, les Canadiens français créèrent et donnèrent sanction légale à tout un ensemble de réformes majeures qui allaient changer à jamais leur physionomie nationale: dans les Cantons de l\u2019Est et la région du Saguenay, une nouvelle politique de colonisation, l\u2019établissement de colons, l\u2019amélioration des méthodes agricoles; dans les seigneuries, transformation, puis abolition du régime.En éducation, ils fondèrent un nouveau système d\u2019écoles primaires, et multiplièrent les collèges classiques qui pour des générations à venir demeureraient un des principaux foyers de leur culture.Toujours sous l\u2019habile direction de La Fontaine, ils se donnèrent un nouveau code civil, qui fut la synthèse des anciennes Coutumes françaises, du Code napoléonien, et de la Common Law.Sur cette pierre d\u2019assise ils assurèrent la permanence légale de leurs progrès culturels et se façonnèrent des institutions uniques et distinctives.Puis, tout en transformant l\u2019administration, ils s\u2019introduisirent dans le fonctionnarisme, réservé jusque-là aux seuls Britanniques.La Fontaine, en effet, à peine assermenté comme procureur général en 1848, entreprit une restructuration de la loi électorale, du système municipal, des bureaux d\u2019enregistrement et des tribunaux; il vit à ce que toutes les positions nouvellement créées par ces réformes fussent largement distribuées parmi les siens.Depuis au moins deux générations, les hommes de professions libérales et les petits bourgeois du Canada français recherchaient les postes que leurs talents leur destinaient.Par centaines donc, ils envahirent la nouvelle administration, devenant juges ou juges de paix, conseillers de la reine, inspecteurs d\u2019écoles et d\u2019hôpitaux, 360 RELATIONS capitaines de milice, maîtres de poste, commissaires de recen-cements.tous liés de façon permanente au gouvernement.Ces honneurs et salaires d\u2019office devinrent accessibles peu à peu à toutes les classes de la société, aux marchands montréalais nommés conseillers législatifs comme aux pauvres habitants devenus agents des terres.Les Canadiens s\u2019aperçurent que la Constitution britannique pouvait être beaucoup plus qu\u2019un bel idéal démocratique; elle était aussi un précieux instrument d\u2019avancement et de profits.Dorénavant, grâce au réalisme politique de La Fontaine, les Canadiens français jouiraient tous du droit incontestable d\u2019accéder aux responsabilités politiques les plus élevées.* * * La Fontaine présida aussi à un important réveil culturel.En effet, autour d\u2019Étienne Parent et de la jeunesse des Instituts canadiens de Montréal et de Québec, les Canadiens français des années quarante se créaient un monde nouveau.Officiellement, leur langue et leur culture avaient été proscrites au commencement de la décennie.Dès 1843, ils comptaient deux grands journaux hebdomadaires dans chacune de leurs grandes villes et quantité de petites feuilles enthousiastes où devaient paraître les premiers chapitres de la grande Histoire de Garneau et les premières poésies d\u2019Octave Crémazie.En 1849, La Fontaine devait leur garantir des ressources en leur confiant les annonces des divers ministères du gouvernement et les comptes rendus des tribunaux.Il rendait ainsi leur lecture obligatoire à tous ceux qui, de plus en plus nombreux, dépendaient des décisions de l\u2019administration.En 1850, la Minerve de Montréal avait une circulation d\u2019au delà de 1500, et, la même année, le Journal de Québec commençait une édition quotidienne et un supplément hebdomadaire pour les campagnes.Dans tous ces journaux les Canadiens français retrouvaient leur nouvel élan, tout ainsi que dans les anthologies littéraires de Michel Bibaud, James Huston et Louis Létourneux, et dans les premiers romans de Joseph Doutre, Pierre Chauveau et Georges Boucher de Boucherville.Quand, dix ans plus tard, le groupe des littérateurs de l\u2019arrière-boutique de Jacques Crémazie en viendra à former l\u2019école littéraire de Québec, il s\u2019appuiera précisément sur le dynamisme de ces premières effusions que l\u2019enthousiasme national et les réformes de La Fontaine avaient nourries.* * * Réformes majeures de la politique de colonisation, de la tenure seigneuriale et de l\u2019éducation; codification du droit civil; débouché offert aux ambitions sociales et politiques; réveil culturel \u2014 toutes ces réalisations positives, le jeune La Fontaine put les accomplir grâce à son réalisme et à son sens du compromis.Devant l\u2019intransigeance des séparatistes, il prouvait la puissance de la collaboration.Il avait compris ce que promettait pour la prospérité économique de Montréal et du Bas-Canada l\u2019unité géographique et politique de l\u2019empire commercial du Saint-Laurent.Ainsi, malgré l\u2019Acte d\u2019Union nettement dirigé contre les siens, il démontra que la survivance culturelle dépendait non des textes constitutionnels ou des vertus abstraites de l\u2019indépendance mais d\u2019abord du vouloir-vivre collectif et de l\u2019enthousiasme qu\u2019engendre la prospérité.Il s\u2019était rendu compte, après Étienne Parent, de l\u2019interdépendance des deux nations canadiennes.Refusant de suivre ceux qu\u2019il jugeait mal comprendre la vraie grandeur, il traduisit dans les faits, avec maturité et réalisme, son intuition première de tout ce qu\u2019avait d\u2019épanouissant pour sa nation la souplesse et la vitalité de l\u2019antique constitution britannique.Scolasticat de V Immaculée-Conception, Montréal.DÉCEMBRE 1964 AU SERVICE DU FRANÇAIS Découragement ?Au motif d\u2019encouragement signalé dans notre dernière chronique, pourraient s\u2019opposer des raisons de découragement.Dans les quotidiens continuent d\u2019abonder fautes et négligences habituelles.Hommes publics, enseignants de tout degré, collégiens semblent rivaliser d\u2019ignorance ou de laisser-aller.1.Un noir, rapporte un journal, a « marié » une blanche.Or, d\u2019après le contexte, il l\u2019a épousée.Les parents marient leur enfant; du prêtre qui bénit un mariage, on dit qu\u2019il marie les fiancés.Mais ceux-ci se marient; l\u2019un(e) épouse l\u2019autre.Je viens d\u2019employer, à bon escient, le mot contexte, car il se réfère à un texte.Aujourd\u2019hui, on parle de « contexte » sans aucun discernement.Le Québec serait dans un « contexte » exceptionnel au point de vue pédagogique.Ce style frise le charabia.Il s\u2019agit, en effet, de situation, de conjoncture, de circonstances, mais non de « contexte ».Même remarque à propos de « défi », mot qui implique, en français, l\u2019action d\u2019antagonistes personnels.Des équipes, des adversaires politiques se lancent, relèvent un défi.Paul met Jacques au défi de l\u2019affronter dans un débat, de prouver telles allégations.Mais la surpopulation n\u2019est ni n\u2019adresse un « défi » : elle pose un problème, impose une tâche, une responsabilité.Les Anglais usent alors du mot challenge; ça les regarde, et on les comprend: la difficulté provoque (ichallenges) l\u2019homme, son génie, son courage.Laissons à l\u2019anglais ses idiotismes; gardons à notre langue son originalité.Ailleurs, je lis que les camions « étaient stationnés »\u2022 Non: ils stationnaient; on ne les avait pas, non plus, « stationnés »: on les avait garés.Le verbe stationner a déjà un sens passif: être en station, en repos, en arrêt.« Etre stationné » équivaut donc à « être été en arrêt » ! Et comment qualifier la « soi-disante » élite ?Bourde énorme, car disant, participe présent qui régit un complément direct (soi), ne doit pas varier.2.Chez nos « intellectuels », \u2014 diplômés d\u2019université, professeurs, ministres, \u2014 la langue subit également des assauts graves.Ils diraient, eux, « sévères », pour jargonner à l\u2019anglaise.Un ministre fédéral déclare qu\u2019 « en autant que la visite de la reine est concernée ».Triple horreur! Le français ne connaît pas « en autant que », mais dans la mesure où; le verbe concerner ne tolère pas la forme passive, surtout avec un sujet de chose; enfin, toute la tournure pue l\u2019anglais: inasmuch as the Queen\u2019s visit is concerned.Cher (coûteux) biculturalisme! Partisan ou non de cette utopie, un ancien universitaire, qui joue au philosophe, devrait s\u2019excuser d\u2019avoir dit devant des bacheliers: toute personne non « préjugée » (prejudiced); la correction exige: non prévenue, libre de (sans) préjugés.Vieil anglicisme critiqué ici.Il a la vie tenace.Comme cet autre, sorti de la bouche d\u2019un universitaire encore: « à l\u2019année longue », qui se traduit par à longueur d'année.Et cet autre, commis par des professeurs de collège: avoir l\u2019« opportunité », dans le sens d\u2019avoir Y occasion.Et ce dernier (pour ne pas allonger indéfiniment la lite) : « entraînement » professionnel, à l\u2019université, pour préparation à l\u2019exercice d\u2019une profession.Comment espérer des étudiants le respect de ce que galvaudent leurs maîtres?Ils écrivent: « cet » espèce d\u2019émerveillement.Quant à leur élocution.Faut-il se décourager d\u2019encourager la refrancisation du Québec?Non.Récemment, j\u2019ai causé avec les professeurs d\u2019une école normale.A ma grande joie, j\u2019ai entendu.parler français.J.d\u2019Anjou.361 CHRONIQUE DES LETTRES Tardif début de saison André VACHON, S.J.Ie démarrage de la saison littéraire aura été exceptionnellement lent, cette année.Depuis la fin de l\u2019été, calme plat dans la république des lettres québécoises.Au moment où j\u2019écris cette chronique, je ne trouve que deux ou trois recueils poétiques dont il vaille la peine de parler.J\u2019en dirai donc quelque chose, même si ces recueils ne sont pas de ceux qui appellent de très longs commentaires x.Yves Mongeau Pour donner une idée de la poésie d\u2019Yves Mongeau, je citerai quelques vers qui sont bien de sa manière, puisque l\u2019auteur les a reproduits au revers de la première page de la couverture de son livre: dire, dire! ô sibilante anémie du dire dans la vrillante morsure des gélivures ô faste étrangeance du monde et le tumulte du silence en nos poitrines l\u2019affront du silence à nos bouches.mais soudain quelle rage de calme frénésie et de giclante fonderie assaille nos veines de nuit.Difficulté de dire: voilà bien ce qui obsède le poète; voilà la matière et le style, tout à la fois, de sa poésie.En un sens, toute poésie est difficile.Mais celle d\u2019Yves Mongeau semble l\u2019être pour une raison bien particulière: on se demande souvent s\u2019il n\u2019a pas délibérément traduit en langage hermétique les choses peut-être très simples qu\u2019il avait à dire.De là, la fréquence des néologismes du type: « étrangeance », « gisance », « nouance », « vastitude », « étroitude », « nuiture », « mêlure », etc.De là aussi, cet acharnement à contrarier la sémantique qui sous-tend le langage courant.Yves Mongeau cherche manifestement à opposer le langage à lui-même; et c\u2019est là, on le sait, une option poétique parfaitement valable.Le tout est de savoir si elle est valable pour l\u2019auteur de Veines.Le recueil con- 1.Yves Mongeau, Veines, Montréal, Librairie Déom, 1964; Andrée Maillet, Elémentaires, Montréal, Librairie Déom, 1964; Michel Van Schendel, Variations sur la pierre, Montréal, Ed.de l\u2019Hexagone, 1964.tient en effet un certain nombre de poèmes, dont on peut en toute naïveté, dire qu\u2019ils sont « clairs » et « beaux »; ceux, en particulier, qui s\u2019intitulent « Théâtre », « Terre de l\u2019amour », « Matin », « Toi de moi », et ceux qui apparaissent parmi les derniers « Paysages du sol ».On a là une poésie immédiate, et qui est spontanément perçue comme belle.Ces pièces correspondent aussi à des moments d\u2019accord avec le monde.Accord superficiel, sans doute; car dès que la relation au monde tente de s\u2019approfondir, le poète reprend son masque, c\u2019est-à-dire le curieux système de néologismes, de rimes intérieures, d\u2019euphémismes, de dénominations précieuses ou grandiloquentes, qui lui permet de ne pas dire ce qu\u2019il voudrait dire.Dans ces conditions, on peut tout au plus deviner le cheminement que poursuit le poète à la recherche du « cœur vertébral du monde ».Sa poésie n\u2019a pas d\u2019autre fonction que de cerner le nœud originel, c\u2019est-à-dire le point ineffable où le corps et l\u2019esprit, l\u2019homme et la femme, l\u2019homme et le monde, naissent l\u2019un de l\u2019autre, et l\u2019un par l\u2019autre.D\u2019où la nécessité de reprendre les mots par en-dessous, par la racine secrète qu\u2019ils plongent vers le cœur de l\u2019être.Mais ce propos, justement, il me semble qu\u2019Yves Mongeau le réalise dans la mesure où il ne violente pas le langage; c\u2019est-à-dire aussi: dans la mesure où il chante sur le mode de l\u2019accord profond avec le monde.Andrée Maillet Une critique est louangeuse, me semble-t-il, lorsqu\u2019elle déclare qu\u2019un recueil vaut la peine d\u2019être acheté, parce qu\u2019il contient quatre ou cinq poèmes vraiment beaux.Du recueil d\u2019Andrée Maillet, je ne trouve rien de plus, mais aussi, rien de moins à dire.Pourtant, c\u2019est avec méfiance que j\u2019abordais ces Elémentaires.Ce sera sans doute, me disais-je, un prolongement poétique de Le lendemain n'est pas sans amour.Mais non! il fallait bien reconnaître que le dernier recueil poétique était moins mauvais que le dernier recueil de contes.Et tout à coup, passé les vingt premières pages, je tombe sur de vrais poèmes « élémentaires » : poèmes sur l\u2019eau, l\u2019air, la terre, le feu, dont la tonalité se prolonge encore dans les dernières pièces du livre, tout imprégnées de l\u2019air du Golfe.Cela approcherait de la perfection, si d\u2019innombrables concessions à la « facilité » ne menaçaient sans cesse de tout gâcher; concessions qui sont d\u2019ailleurs presque toujours des fautes de goût, ou, en tous cas, des accidents d\u2019expression qui provoquent de fâcheuses ruptures de ton.Mais heureusement, ces faiblesses ne troublent en rien la pureté de la perception poétique, dans les pièces citées ci-dessus.Là, Andrée Maillet retrouve la substance originelle, la matière première du monde et du langage poétique.Et ce faisant, elle ménage au lecteur de précieux instants de communion heureuse avec le monde.Michel Van Schendel Des Variations sur la pierre, je dirai que c\u2019est de la poésie grise.C\u2019est là une désignation bien ambiguë, mais je la veux ainsi.Elle est grise, tout d\u2019abord, comme la matière qu\u2019elle chante: cette pierre qui forme le socle de la terre de Québec.Le recueil de Michel Van Schendel est donc un hymne au pays, sans être toutefois un hymne à la terre: c\u2019est ce qui fait son originalité.Ce pays, le poète doute qu\u2019il soit habitable: il est nu, et gris, et abrupt, comme la pierre.Il est fait de la substance la moins humaine, et la plus difficile à apprivoiser; une substance qui n\u2019est point réceptive aux racines: celles de la vie, celles aussi de la parole.Sans doute, la pierre n\u2019est-elle pas le thème unique du recueil.Mais on la retrouve tout de même, au niveau de la tonalité poétique, jusque dans les dernières pièces.Cette poésie, disais-je, est grise dans bien des sens.Elle l\u2019est, entre autres, par sa monotonie; et le mot n\u2019est pas à prendre ici dans un sens tout à fait péjoratif.Disons plutôt qu\u2019elle est monocorde, comme une voix qui déroulerait son fil sonore, sans accidents rythmiques, ni accompagnement.Cela fait une poésie austère, mais qui a aussi le charme d\u2019un langage qui refuse les facilités du lyrisme.Les Variations sur la pierre viennent donc s\u2019inscrire dans ce mouvement de recherche poétique qui, chez nous, depuis quelques années, tentent d\u2019élucider les rapports de l\u2019homme et du monde, à partir de la situation québécoise.362 RELATIONS Le théâtre Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.« T LS NE MOURAIENT PAS TOUS, mais l tous étaient frappés ».Cette affirmation du fabuliste La Fontaine au sujet des animaux malades de la peste, on peut se demander si elle ne convient pas un peu à tous les hommes qu\u2019atteint, un jour ou l\u2019autre, la maladie.Elle aussi, souvent, elle vient comme un voleur.Un soir, vos amis proclament: « Comme tu as l\u2019air bien! » Le lendemain, un petit pincement au cœur et crac! on vous immobilise sur un lit d\u2019hôpital, on vous emprisonne pour des semaines, des mois! La bienheureuse paresse, hier mère de tous les vices, vous est maintenant permise, même commandée.Mais aussi on vous rationne.La paresse oui, peut-être, mais non la gourmandise, ni les divertissements, les manifestations communautaires de gaieté tapageuse.Il vous faut ménager, surveiller, dorloter.Pour un temps, contentez-vous, comme les bœufs des Rois fainéants, d\u2019aller d\u2019un pas tranquille et lent.Voilà ce qui m\u2019arrive et pourquoi cette chronique \u2014 malgré l\u2019abondance des spectacles \u2014 est courte et tardive.UN MOIS À LA CAMPAGNE Après avoir manqué les Enfants de cœur, j\u2019ai réussi, en fin de mois, à accrocher le Tourgueniev du Rideau-Vert au Stella, le deuxième spectacle de la nouvelle saison.Pour cette vaillante troupe c\u2019est comme un nouveau départ après la consécration de Paris, cet été, et l\u2019attribution à sa directrice, madame Yvette Brind\u2019Amour, du grand prix de théâtre Victor-Morin par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Le Rideau-Vert a définitivement le vent en poupe après avoir éprouvé bien des bourrasques et des tempêtes dangereuses.Son fidèle public du Stella en sera heureux et continuera sûrement d\u2019encourager cette troupe de comédiens sincères et compétents comme il vient de le faire dans Un mois à la campagne.Cette œuvre d\u2019Ivan Tourgueniev n\u2019a, à vrai dire, rien de particulièrement russe, sauf les noms de ses personnages.Sauf encore peut-être une certaine lenteur de l\u2019action et surtout de décision qui fait que, comme les autres œuvres de OÉCEMBRE 1964 ses compatriotes, cette pièce de Tourgueniev est longue inutilement.Pas ennuyeuse toutefois, à cause du caractère attachant, chacun à leur manière, des personnages.Très humains et vrais, leurs problèmes nous intéressent et ils nous sont sympathiques, même la féline Natalia Petrovna qui ira pourtant jusqu\u2019à la cruauté.Pas heureuse avec un mari plus intéressé à l\u2019exploitation de ses propriétés qu\u2019à sa femme, en dépit des attentions, empressées jusqu\u2019à en devenir agaçantes, de Rakitine, Natalia s\u2019amourache follement d\u2019un adolescent de vingt ans, précepteur de son fils pour les vacances.Un oasis de fraîcheur dans sa vie aride et solitaire! Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle apprenne qu\u2019une rivale \u2014 sa pupille de seize ans Véra \u2014 ingénue et charmante, aime aussi le jeune Beliaev.Alors la jalousie s\u2019allume, le drame éclate et tous en sortent blessés, meurtris.Sous la direction de Georges Groulx, une équipe bien équilibrée de comédiens a rendu avec justesse de ton les diverses péripéties de ce drame.On a souligné, spécialement, la fraîcheur, la spontanéité et le grand naturel de la jeune Geneviève Bujold, qui faisait ses premières armes, je crois, au Rideau-Vert.De son côté, Yvette Brind\u2019Amour a su rendre avec souplesse et nuance le personnage fluide et mystérieux de Natalia Petrovna.Rakitine, sorte de parasite de l\u2019amour, jouet dans la main caressante ou, au contraire, brutale de Natalia, joue un rôle assez imprécis, marginal, dans la pièce, que pourtant Tourgueniev semble avoir travaillé avec amour.Difficile, en conséquence, à faire passer.C\u2019est donc tout à l\u2019honneur de Gérard Poirier de nous l\u2019avoir rendu plausible.Georges Groulx, dans le rôle du docteur, au nom impossible de Schpieguelski a été amusant comme à l\u2019accoutumée et le jeune Jean Perraud a montré beaucoup de naturel en Beliaev.LES FANTASTIKS Il y a quelques années déjà, les Compagnons avaient risqué de jouer Les Romanesques d\u2019Edmond Rostand.Succès très relatif.Les enthousiastes de Cyrano ou de l\u2019Aiglon ne s\u2019y retrouvaient plus.Ce n\u2019était vraiment pas le Rostand qu\u2019ils aimaient.Il est bien probable qu\u2019ils ne l\u2019ont pas davantage reconnu à travers les diverses transformations des Américains Jones et Schmidt et du Canadien Éloi de Grand-mont, s\u2019ils ont répondu à l\u2019appel du Théâtre du Nouveau-Monde et se sont rendu voir les Fantasticks à l\u2019Orphéum.Pourtant les Fantasticks, c\u2019est bien Les Romanesques mais à la sauce moderne de la comédie musicale.Le thème principal est le même mais la présentation en est toute différente.Deux enfants \u2014 comme il ne s\u2019en fait plus \u2014 s\u2019aiment apparemment en cachette de leurs pères, avec une exaltation naïve; et leur amour, ils le disent, le chantent, le dansent pendant une heure, tout surpris d\u2019apprendre, à la fin, l\u2019approbation chaleureuse de leur attachement par leurs parents.Comme, toutefois, un spectacle d\u2019une heure n\u2019est vraiment pas suffisant, le jeune homme, dans le deuxième acte, décide de connaître le vaste monde dont il revient désabusé et déçu, bien heureux de retomber dans les bras de sa fidèle compagne qui l\u2019avait attendu.Ce mince scénario, Jean Gascon l\u2019a animé d\u2019une telle vie, d\u2019une telle fantaisie gracieuse et chatoyante qu\u2019il a pris les proportions d\u2019une grande œuvre.Au reste, il a été bien secondé par ses acteurs.Leur jeu précis et enthousiaste a fait merveille pour produire un climat de joie et de jeunesse remarquable, sous l\u2019impulsion, en particulier, de Gabriel Gascon très à l\u2019aise et bien en voix.Les deux amoureux étaient joués par Margot Campbell, toute pimpante, et Yvon Deschamps, un peu faible dans les parties chantées.Edgar Fruitier, qu\u2019on ne voit pas assez sur nos scènes, et Jean-Pierre Com-pain ont dansé leur rôle avec un rare brio, pendant que Léo Ilial et Victor Désy campaient des personnages, précisément « fantastiques », avec une truculence très réjouissante.Une soirée reposante et libératrice des soucis du monotone quotidien, bien prometteuse de la relance du Théâtre du Nouveau-Monde ! 363 AU FIL DU MOIS Souhaits et cartes de Noël Une minute de réflexion ou d\u2019analyse grammaticale vous suffira pour admettre qu\u2019il ne convient pas d\u2019écrire sur une carte: « Meilleurs souhaits », ou « Meilleurs vœux ».Essayez de justifier ce comparatif sans terme de comparaison.Sous cette forme, l\u2019expression ne peut davantage avoir un sens superlatif.Il faudrait écrire: Mes vœux les meilleurs, ou Mes meilleurs vœux.Pourquoi, d\u2019ailleurs, abuser du superlatif?En offrant à n'importe qui vos vœux les meilleurs, vous manqueriez de sérieux.Il ne s\u2019agit pas de sérieux, rétorquez-vous, mais de convenances sociales.Vaine excuse: une langue a ses convenances, qu\u2019on appelle le bon usage.Le français se distingue par son goût de la mesure.On l\u2019offense par l\u2019inflation verbale, péché mignon des journalistes primaires ou blasés.Rien de plus charmant que la simplicité.A monsieur ou madame Toutle-monde, écrivez: Joyeux Noël, Heureuse année.Honorez vos amis en ajoutant un mot personnel, si vous en avez le temps et le talent.Je sais bien: vous adressez des vœux imprimés d\u2019avance.Choisissez au moins un texte correct.Refusez absolument d\u2019acheter des cartes dont la formule ne respecte pas le français.Enfin, préférez des reproductions de dessins exécutés par un artiste de chez nous.De la sorte, vous contribuerez à l\u2019effort d\u2019expansion culturelle et nationale qui s\u2019accomplit au Québec et qui a besoin de votre concours.J.d\u2019Anjou.Absence et présence de la femme Vous cherchez une femme.Vous rencontrez un mannequin, une poupée, l\u2019échantillon de milliers d\u2019articles de consommation, offerts à propos de tout, à propos de rien.Mais une femme, cet autre soi-même, autre que soi-même, quand on est homme.Autre et pourtant semblable.Une aide semblable, dit Dieu.Non un outil, ni une servante.Non une réplique, moins encore une adversaire.Une aide capable de faciliter l\u2019accomplissement d\u2019une œuvre, d\u2019une plénitude que, laissé à lui-même, l\u2019homme tenterait, « vainement, ma bien-aimée », de réaliser.Une aide à penser, à organiser, à féconder l\u2019univers.364 L\u2019univers humain.Univers de connaissance et d\u2019amour.De connaissance et d\u2019amour intersubjectifs, interpersonnels, comme disent les philosophes.Vous entrez dans une maison que tiennent des femmes, des jeunes filles.Seul, un moment, vous respirez l\u2019atmosphère de cet intérieur.Charme et propreté.Parfum d\u2019ordre et souvent de bonne odeur.Vous avez hâte de goûter la présence de celles qui animent et justifient cet enchantement.Les voici.Embarras.Impossible de réprimer un malaise confus.Dans cette oasis de fraîcheur, une crispation vous saisit, un garde-à-vous s\u2019impose à toute votre personne.On vient de vous attaquer.La guerre du sexe.Buste en bataille, jambes à l\u2019offensive de votre curiosité, une femme une jeune fille vous assaillent, agressives en se croyant accueillantes, consciemment ou non désireuses de sentir que vous les désirez.Une aide, cela ?Trop semblable, peut-être, au mâle qui sommeille en vous, en nous, que nous regrettons, que nous refusons d\u2019être, si nous avons un cœur et une âme.Au dehors, dans les lieux publics, à l\u2019université, guerre pareille.Plus ouverte, plus franche ( ?), en tout cas, sans merci.L\u2019homme moyen, écrit Claire McAuley, regarde l\u2019Américaine qui trotte dans la rue dans une jupe qui pourrait être plus longue et un sweater qui pourrait être plus large.Il est sûr que cette apparition, c\u2019est « toute la femme ».Je me demande souvent à quelles tentations les hommes sont exposés par le choix d\u2019une robe dont le décolleté pourrait être moins profond et l\u2019ampleur plus grande sur les hanches.Trop de parents s\u2019inquiètent du garçon avec qui sort leur fille, quand ils devraient penser un peu plus à la robe qu\u2019elle porte: c\u2019est là peut-être qu\u2019est tout le problème.L\u2019emballage est d\u2019une extrême importance, comme tout marchand l\u2019admettra.(Ceux que Dieu n'a pas unis, Editions Salvator, Mulhouse, 1962, p.111.) On dit: les femmes ont conquis la liberté de leurs mouvements, avec celle de s\u2019instruire.Voire.Il y en a, bien sûr, qu\u2019épanouit la vraie « liberté des enfants de Dieu », surtout à l\u2019université, même si leur tenue les trahit.Circulez dans les couloirs, assoyez-vous aux salles d\u2019attente, aux cafétérias.Appâts exhibés, corps affalés.Dans une salle de conférence remplie, le soir, de jeunes auditeurs et auditrices que captive et qui émeuvent par leur attention.religieuse un vieux savant à toison éclatante de blancheur, des garçons mal élevés fument; des jeunes filles, genoux pointés haut, les imitent.Des aides semblables aux étudiants soucieux de perfection professionnelle ?Parfois, malgré tout.Tant de trésors gisent, insoupçonnés, au fond de robots-sans-le-vouloir.Ne cherchez pas la femme.Elle est là, devant vous, les yeux pétillants de finesse, un sourire intelligent aux lèvres, échangeant avec sa voisine un regard de compréhension qui en dit long sur l\u2019intérêt de ses études en cours.A la sortie, elle cause avec vivacité, se faufile avec souplesse et discrétion, le visage tourné vers sa compagne et ruisselant d\u2019un mystère spirituel que vous auriez le goût d\u2019explorer.Ni maquillage, ni offrande physique d\u2019aucune sorte.Elle porte une coiffe noire.C\u2019est une religieuse.Elle a donné son cœur et sa féminité au Seigneur de qui elle les a reçus.N\u2019y aura-t-il pas, chez nous, des jeunes filles pour se consacrer, comme femmes, non comme objets ou comme parasites, à des hommes dignes de mériter ce don précieux ?J.d\u2019Anjou.Les joyeusetés du latin conciliaire Le cardinal Cushing était enfin venu des rives de l\u2019Amérique pour défendre au Concile le schéma sur la liberté religieuse.Dressé de toute sa taille, il ressemblait à un athlète avant le suprême effort.Sa voix rauque arrachait de son larynx des éléments sonores qui étaient des paroles latines; ce qui n\u2019empêcha pas L\u2019Avvenire d'Italia, journal catholique de Bologne, d\u2019ordinaire bien renseigné, de noter le « bel accent romain » du cardinal.De l\u2019avis des Américains, c\u2019était le plus pur accent de Boston.A vrai dire, autant de nations, autant d\u2019accents.Dans la bouche d\u2019un Espagnol, le latin reste de l\u2019espagnol; dans la bouche d\u2019un Français, du français; dans la bouche d\u2019un Allemand, de l\u2019allemand.Dans la bouche d\u2019un Romain, cependant, et, en particulier, de Mgr Pericle Felici, secrétaire général du Concile, le latin est tout simplement admirable.Rares sont les Pères qui peuvent se féliciter d\u2019avoir une prononciation aussi harmonieuse, une phrase aussi facile et fluente.Tous les matins, la messe dite, un ordre jaillit des haut-parleurs: « Sortez RELATIONS tous, au plus vite! », dit Mgr Felici aux invités.En français, cela sonne dur aux oreilles, mais en français seulement.En latin, dans une bouche romaine, cet ordre est d\u2019une exquise politesse.Les journalistes ont le sentiment qu\u2019on les honore alors qu\u2019on les met à la porte.Les photographes ont la permission de s\u2019attarder un peu.Ils ne se retirent que lorsqu\u2019ils ont été ainsi interpellés: « Technici praepositi ad imagines cere-moniae luce exprimendas.» Ce qui veut dire « les techniciens qui expriment par la lumière les images de la cérémonie ».En résumé, les photographes: beau mot de pur sang grec que tous comprendraient mais qui flatteraient sans doute moins que l\u2019élégante périphrase latine.Quand le secrétaire général monte à l\u2019ambon, un grand silence descend sur l\u2019Assemblée.On ne veut rien perdre de l\u2019ordre du jour, ni des avis donnés, rarement sans humour.C\u2019est ainsi qu\u2019un matin, Mgr Felici exprima le regret de n\u2019avoir pas de tubula perspicacia pour apprécier jusqu\u2019au fond de la nef le vote qu\u2019on prenait par assis et levé.Tubula perspicacia, c\u2019est-à-dire des tubes transparents ou perspicaces, si l\u2019on veut s\u2019en tenir à l\u2019étymologie du mot.Aujourd\u2019hui, on dit des jumelles.Un autre matin, en prévision de la visite du président Soekarno d\u2019Indonésie, il pria les Pères de vouloir bien laisser libre la place Saint-Pierre.Il se servit d\u2019un neutre pluriel: autocineta, beau néologisme qui n\u2019est pas comme automobile une coproduction gréco-latine.Le secrétaire général a plusieurs façons de saluer les Pères de l\u2019Assemblée.Il emploiera les formules classiques: Ve-nerabiles Fratres, Excellentissimi Fratres; des formules plus chaleureuses: Dilectis-simi, Carissimi Fratres; des formules plus cicéroniennes: Illusirissimi, Ornatissimi, Amplissimi Fratres.De même les Pères qui retrouvent, cependant, pour terminer leur intervention, la simplicité impériale: « Dixi! » Tous les enfants canadiens savent, ma foi, que les Indiens étaient aussi brefs: « J\u2019ai dit! » Le nom officiel du bar à Saint-Pierre est thermopilion : thermos, chaleur; pilion, lieu où l\u2019on vend, où l\u2019on distribue.Si tous les Pères ne le savent peut-être pas, tous savent, par contre, qu\u2019on y distribue un excellent café gratis.Le thermopilion n\u2019ouvre pas avant la onzième heure.S\u2019il reste encore un vote à prendre quand approche le moment, la voix de Mgr Felici s\u2019élèvera pour plaider: « Patres, quaesumus, manete nobiscum.Pères, nous vous en prions, restez avec nous.» L.d\u2019Apollonia.DÉCEMBRE 1964 Chrétiens 65 : croyants ou pratiquants?Le samedi 24 octobre dernier, au cœur de l\u2019île Jésus, plus de 400 parents de quatorze paroisses du nord-est de l\u2019île venaient remettre en question leur type de foi.La manifestation revêtait l\u2019aspect d\u2019un congrès de catéchèse d\u2019adultes organisé par des laïcs, pour des laïcs.Inquiets de l\u2019évolution de l\u2019humanité, de ce qui résulte du Concile, inquiets de plus de la foi de leurs enfants, des adultes chrétiens se sont assemblés pour dialoguer, échanger librement.Ils y venaient vivre une expérience d\u2019Église.Et le Christ était au milieu d\u2019eux, en eux.Sans contrainte, sans dirigisme clérical, ils se sont interrogés: Ai-je assumé, un jour dans ma vie et à mon propre compte, ma foi de baptisé ?Sans la Bible, suis-je un chrétien sous-développé ?Laïc chrétien, ai-je un rôle à jouer dans l\u2019Eglise ?Questions fondamentales qu\u2019il fallait se poser pour faire le point.Trois conférenciers ont permis aux parents chrétiens d\u2019alimenter leurs réflexions individuelles.M.l\u2019abbé Jacques Fournier a posé une question percutante: « Quel type de foi avons-nous ?» Ce qui nous amène à nous demander pourquoi nous croyons et à quoi nous croyons.S\u2019agit-il de foi sociologique, de foi héritée ou de foi naturelle?Ne s\u2019agit-il pas plutôt d\u2019une foi qui est accueil personnel de la parole de Dieu ?Cette foi n\u2019est pas simplement une croyance en une doctrine détachée de la vie, elle engage toute la personne du chrétien.M.l\u2019abbé Jean Martucci a montré que la foi sans la Bible n\u2019a pas du tout les mêmes résonances qu\u2019az/ec la Bible.Avec celle-ci, la foi devient une conviction intérieure, prend des dimensions communautaires, s\u2019attache à l\u2019essentiel et devient action de grâces.Enfin, M.Normand Pinet aida les laïcs à se situer en face de leurs responsabilités parmi les hommes.Il a expliqué que l\u2019amour chrétien d\u2019un laïc vit de Jésus-Christ, donne un sens sacré au monde, annonce Jésus-Christ à ses frères, le rend en un sens plénier un adulte vraiment responsable.Les participants ont pris conscience de leur rôle dans la communauté chré- tienne.Un vœu, à la fin du congrès, rallie unanimement l\u2019assemblée: celui de se grouper et d\u2019agir.Chaque paroisse élit donc un couple qu\u2019elle délègue afin de former un comité de laïcs adultes qui collaborera et dialoguera avec le comité que le clergé a déjà formé.Une célébration eucharistique termina ce congrès, invitant, par sa solennité, les laïcs adultes à former des équipes de liturgie vivante, dans leur propre communauté paroissiale.Enfin, les actes complets du congrès paraîtront dans le numéro de décembre-janvier de la revue le Souffle, publiée par le Centre catéchétique de Montréal.Jean Lemieux.A l\u2019heure des explications Le fait a surpris: il était sans précédent.Affligé par le limogeage de M.Krouchtchev, après avoir chaleureusement évoqué la politique de coexistence pacifique, U.Thant, secrétaire général de l\u2019O.N.U., a demandé que Krouchtchev fasse, s\u2019il le désire, une déclaration publique « sur les circonstances de son départ du pouvoir ».Que voulez-vous que Krouchtchev dise, sinon qu\u2019en effet, « son grand âge » portait préjudice à la « pratique du pouvoir » et à la politique de coexistence pacifique ?Quant aux nouveaux dirigeants, on peut être sûr qu\u2019ils ne manqueront pas, en temps et lieu, de faire savoir à U.Thant de se mêler de ce qui le regarde.Qu\u2019il ait ou non prévu les risques, M.Thant a dit tout haut ce que beaucoup pensent; les partis frères, en particulier, et, à leur tête, le puissant parti communiste italien dont la réaction a obligé, bon gré mal gré, le puissant parti français à demander, à son tour, des explications à Moscou.Cette mise en demeure est beaucoup plus sérieuse que l\u2019intervention naïve de U.Thant qui s\u2019attend à ce que, en plein XXe siècle, l\u2019U.R.S.S.respecte la déclaration universelle des droits de l\u2019homme.Pour la première fois, on entend les partis frères de l\u2019internationale communiste crier sur la place publique qu\u2019ils ont droit de savoir ce qui se passe dans les affaires intérieures de l\u2019U.R.S.S., patrie du socialisme.On comprend leur désarroi.L\u2019histoire officielle enseignera dorénavant que l\u2019U.R.S.S., depuis 1924, après avoir été gouvernée, trente ans, par un despote meurtrier, l\u2019a été, ces dix dernières années, par un bavard incompétent et incohérent.Le mouvement de l\u2019histoire peut-il à ce point être aveugle ?365 Cette fois, ce n\u2019est plus le Kremlin qui demande des comptes; c\u2019est de lui qu\u2019on en exige.Il faut voir là, croyons-nous, un événement important: le bloc communiste se délite.Lentement, toutefois, puisque toutes les explications qu\u2019on demande et qu\u2019on reçoit viennent après la destitution de Krouchtchev, et que dans son malheur, Krouchtchev n\u2019est pas là pour prendre part au colloque: il s\u2019est volatilisé.L.d\u2019Apollonia.Affiliations syndicales de professeurs Trois associations provinciales de professeurs ont récemment demandé et, dans deux cas, déjà obtenu leur affiliation à deux groupements syndicaux supérieurs.En août dernier, l\u2019Association professionnelle des professeurs laïques de l\u2019enseignement classique (A.P.P.L.E.C.) décidait de s\u2019affilier à la Confédération des syndicats nationaux (C.S.N.).Le 31 octobre, l\u2019Association des professeurs d\u2019écoles normales catholiques (A.P.L.E.N.C.) se joignait à la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec (C.I.C.).Enfin, le 9 novembre, l\u2019Association professionnelle des professeurs de l\u2019enseignement spécialisé (A.P.P.E.S.) demandait son admission dans les rangs de la C.S.N.Ce mouvement d\u2019affiliation paraît résulter, entre autres causes, de l\u2019autorité grandissante du ministère de l\u2019Éducation: les professeurs craignent, semble-t-il, de n\u2019avoir pas, s\u2019ils demeurent isolés, la puissance de négociation voulue.De fait, les professeurs de l\u2019enseignement spécialisé et ceux des écoles normales sont déjà aux prises avec de sérieuses difficultés dans leurs rapports avec le gouvernement.Même si le choix de deux corps supérieurs différents peut étonner à première vue, il s\u2019explique assez naturellement.Les professeurs d\u2019écoles normales se joignent à la C.I.C.qui, avec ses 40,000 membres, représente déjà tous les professeurs de l\u2019enseignement primaire et secondaire, secteur public.Les professeurs d\u2019écoles techniques ont un lien plus direct avec l\u2019industrie et leur affiliation à la C.S.N.pourrait s\u2019expliquer de ce chef.Des avantages de caractère plus immédiat ont pu jouer également.Quant aux professeurs des collèges classiques, ils ont sans doute été attirés par le dynamisme de la C.S.N.Le phénomène paraît présager, pour l\u2019avenir, une plus grande diversification des groupements syndicaux.Nous avons été habitués, jusqu\u2019ici, à parler de deux centrales syndicales, la F.T.Q.et la C.S.N., qui, avec d\u2019autres groupes dits indépendants, constituaient le mouvement ouvrier de notre province.Il faudra peut-être un jour parler de plusieurs centrales syndicales.Le mouvement observé chez les professeurs au cours des mois derniers n\u2019est sans doute qu\u2019une amorce: il se poursuivra parmi eux et d\u2019autres les imiteront.D\u2019aucuns s\u2019affligeront peut-être des options différentes prises par les associations en cause: certains souhaitent l\u2019unité complète de tous les enseignants, d\u2019autres, de tout le mouvement syndical.Il y a, dans l\u2019unité, une valeur positive incontestable.D\u2019un autre côté, la liberté de choix demeure nécessaire et la concurrence, excellente.D\u2019ailleurs, l\u2019unité d\u2019action peut se réaliser par d\u2019autres moyens que par l\u2019affiliation à un seul et unique corps central.Quoi qu\u2019il en soit de ce problème, l\u2019intérêt que manifestent les professeurs à l\u2019endroit des questions pédagogiques et syndicales de leur profession constitue un gage non équivoque de progrès social.Gérard Hébert.16 novembre 1964.Les 15-25 Le F.Jean-Paul Desbiens, F.M.S.(le Frère Un Tel) avait paru une fois ou l\u2019autre à la télévision à la satisfaction de tous; c\u2019était l\u2019époque où Les insolences faisaient choc dans le milieu.Il partit ensuite poursuivre ses études en Europe; dès son retour, on l\u2019appelait au ministère de l\u2019Éducation.En plusieurs conférences, il avait attiré l\u2019attention des jeunes sur la nécessité de l\u2019étude et de la compétence.L\u2019Assurance-Vie et les Caisses populaires Desjardins ont eu la main heureuse en invitant le F.Desbiens à animer l\u2019émission Les 15-25.Éducateur dans l\u2019âme, celui-ci y a vu l\u2019occasion de rendre service aux jeunes en présentant aux adultes les problèmes de la jeunesse tels qu\u2019ils se posent chez nous.Parents et éducateurs ont grand intérêt à suivre ces émissions dont les jeunes eux-mêmes font les frais.Le réalisateur Jean-Pierre Senécal, de Radio-Canada, a fort bien conduit sa lourde tâche; le découpage de 350 interviews recueillis de Québec à Saint-Boni-face (Manitoba), et le montage de plus de 80,000 pieds de film n\u2019ont pas été un mince travail.La première émission, très vivante, aguichait les téléspectateurs et les sensibilisait au problème.Dès la deuxième consacrée à l\u2019orientation des jeunes, l\u2019émission avait de l\u2019unité et de la consistance.Les jeunes ont répondu avec santé, assurance et spontanéité.Le F.Desbiens, dans son commentaire ferme et intelligent, a souligné nettement la carence principale: nous n\u2019avons que 200 orienteurs pour 400,000 étudiants, un pour deux mille.Les sujets annoncés pour décembre et janvier seront: le journalisme et le syndicalisme étudiants, l\u2019engagement social et politique, l\u2019amour et les fréquentations, le mariage, l\u2019exode vers la ville, l\u2019argent, la religion et le bonheur.Sujets de grande actualité.Soyons à l\u2019écoute des jeunes qui s\u2019ouvrent franchement de leurs préoccupations.Nous pourrons ensuite mieux les comprendre et les aider.Jean-Paul Labelle.Johnson à la présidence Voilà donc Johnson installé pour quatre ans à la Maison Blanche par un vote majoritaire écrasant, ce qui fait de Goldwater le candidat le plus durement défait que les États-Unis aient connu: 5 États du vieux Sud ont voté pour lui, auxquels s\u2019est ajouté son État natal.C\u2019est tout.Et lui-même ne sera plus rien, après le 20 janvier, pas même sénateur.Le vote de confiance massif donne à Johnson une extraordinaire liberté d\u2019action, et à l\u2019énergie redoutable de cet homme politique un surcroît de puissance.Il n\u2019est pas dans la position de Kennedy élu à la présidence par la majorité d\u2019un dixième de un pour cent, Johnson a les coudées franches.Le danger qui pourrait guetter le nouveau président serait celui de s\u2019attaquer aux problèmes de l\u2019O.T.A.N., par exemple, comme aux affaires du Congrès et d\u2019aborder une personne comme M.de Gaulle ou M.Wilson comme il le ferait d\u2019un sénateur récalcitrant.Les problèmes de l\u2019O.T.A.N., de l\u2019Europe, du nouveau directoire de l\u2019U.R.S.S.ne sont pas les seuls qui attendent Johnson.La situation au Viêt-nam va le mettre en demeure de prendre des décisions, de façon ou d\u2019autre, pleines de risque, et la situation de l\u2019Amérique lui donnera des inquiétudes: Castro s\u2019en chargera.Le président Johnson sait qu\u2019il est plus à l\u2019aise dans les affaires intérieures que dans les affaires extérieures de son pays.Il sera intéressant de le voir faire, au milieu de surprises agréables et désagréables, son apprentissage au sommet de la puissance; car, non seulement Johnson est-il le président des États-Unis, mais il s\u2019estime, à bon droit, l\u2019héritier de la majorité occidentale.L.d\u2019Apollonia.366 RELATIONS Les livres Disques RM: Le Baptême.Célébration solennelle.Coll.« Assemblées chrétiennes », n° 2.\u2014 Notre-Dame-du-Cap, Editions RM, Edition spéciale, RM.36413, 12\u201d, 33\tt., monaural.CE disque reproduit une véritable célébration liturgique du baptême qui s\u2019est déroulée dans l\u2019église Sainte-Foye de Québec.Ont participé à cette célébration les étudiants et les professeurs de l\u2019Institut de catéchèse de l\u2019université Laval.Le rituel ordinaire du baptême est enrichi de monitions liturgiques préparées par le P.Gaston Fontaine, C.R.I.C., et lues par M.l\u2019abbé Jean-Marie Brochu, de chants français intercalés dans la célébration.Cette forme solennelle a deux avantages: 1° grâce aux monitions, elle rend plus intelligibles les cérémonies et le sens du baptême; 2° elle assure une participation plus intime des assistants.Les pasteurs ou les équipes liturgiques qui voudraient utiliser cette forme solennelle dans leur paroisse gagneront à écouter ce disque qui nous paraît un excellent exemple et un témoignage vivant.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Disque RM: Paul VI nous parle de la sainte Vierge.\u2014- Notre-Dame-du-Cap, Editions RM, Edition spéciale, NDC 376323, 7\u201d, 33 y t\u201e monaural.A l\u2019occasion du congrès international des Congrégations mariales, à Rome, en septembre 1963, Paul VI a prononcé une allocution sur la sainte Vierge, dans un français impeccable et d\u2019une voix pleine, parfaitement maîtresse d\u2019elle-même.Après les salutations d\u2019usage, le Pape a montré comment la Vierge répondait aux aspirations des hommes modernes, surtout des jeunes.Ceux-ci, déclarait-il, recherchent la beauté, la grandeur, la joie et l\u2019amour.Or, Marie est un sommet de beauté, elle dépasse toute grandeur créée, elle est source de joie et symbole parfait de l\u2019amour.Ce texte mérite d\u2019être répandu, surtout parmi les congrégations mariales de jeunes gens et de jeunes filles.Ils y entendront la voix ferme d\u2019un Père qui les confirme dans la voie qu\u2019ils ont choisie: aller au Christ par Marie.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Eugène Nadeau, O.M.L: Victor Lelièvre pêcheur d\u2019hommes.\u2014 Cap-de-la-Ma-deleine, Editions Notre-Dame-du-Cap, 1964, 402 pp., 17 cm.Voilà la biographie impatiemment attendue d\u2019un grand apôtre de chez nous.Il n\u2019était pas facile de présenter de ce vieux saint pittoresque un portrait véridique; mort depuis huit ans à peine, il fallait trier l\u2019essentiel de l\u2019accessoire; il ne fallait pas, non plus, sous peine de le rendre méconnaissable, lui ôter ses défauts qui étaient l\u2019envers de sa puissante personnalité.L\u2019A.a bien fait revivre l\u2019apôtre français devenu canadien d\u2019esprit et de cœur que nous avons connu et aimé.Arrivé au pays jeune prêtre, l\u2019Oblat breton n\u2019a cessé, pendant plus de cinquante ans, de prêcher l\u2019Evangile et le Sacré Cœur dans la province et particulièrement dans la ville de Québec où il résida.Processions triomphales de la fête du Sacré Cœur, maison de retraites de Jésus-Ouvrier, vocations tardives éveillées et cultivées furent les œuvres maîtresses de sa vie.Il avait le don de toucher les pécheurs.Prédicateur populaire-né, il tenait les foules pendant des heures sous le magnétisme de sa parole nourrie d\u2019Evangile, émaillée d\u2019histoires savoureuses et de mots d\u2019esprit étincelants.Toute occasion lui était bonne d\u2019annoncer le Sacré Cœur.Jour et nuit, opportune, importune, « le lièvre », comme il se plaisantait, ne cessait de prêcher.Ses supérieurs ne savaient pas toujours où le retrouver ni s\u2019ils lui commandaient ou obéissaient.Un homme, comme lui, à un exemplaire leur suffisait! Toujours en quête d\u2019argent pour une œuvre, une vocation, un pauvre, il demandait de forts montants à ses amis fortunés, faisant tomber par une bonne blague l\u2019hésitation et emportant le morceau.Il ne connaissait qu\u2019un livre: l\u2019Evangile; il n\u2019avait qu\u2019un amour: le Sacré Cœur.C\u2019est l\u2019explication de l\u2019extraordinaire fécondité de son ministère.Enfin, comme les grands apôtres, la croix a marqué le P.Lelièvre, surtout à la fin de sa vie.Lui qui avait prêché si bien la miséricorde, il fut pendant ses trois dernières années tourmenté par l\u2019appréhension de son salut.Prêtres et laïcs goûteront cette biographie du P.Lelièvre.A l\u2019heure où nous cherchons de savantes techniques pour garder notre peuple au Seigneur et préparer des apôtres convaincus, la vie de cet homme naturellement timide et peu adonné aux sciences profanes, rappelle la puissance toujours actuelle de l\u2019Evangile et de l\u2019amour du Sacré Cœur.Wilfrid Gariépy.Gaston CARRIÈRE, O.M.L: Histoire documentaire de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée dans l\u2019Est du Canada, tome V, lre partie, de l'arrivée au Canada à la mort du Fondateur, 1841-1861.¦\u2014-Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1963, 275 pp., 24.5 cm.La correspondance des premiers Oblats ' venus au Canada nous fait voir avec quelle rapidité ils se répandirent dans notre immense pays.Mgr Bourget les voulait partout: missions paroissiales, missions indiennes au Témiscamingue, au Saguenay, sur la côte Nord et dans le nord-ouest, visite des chantiers le long de l\u2019Outaouais et de la Gatineau.Malgré leur nombre croissant, les Pères ne cessaient de réclamer du renfort.Leur fondateur, Mgr de Maze-nod, s\u2019en impatientait parfois, lui qui devait répondre aux nombreuses demandes des évêques d\u2019Europe; mais son bon ami, Mgr Bourget, venait à la rescousse de ses missionnaires, et des recrues arrivaient chaque année.En 1847, leur supérieur, le P.Guigues, fut nommé premier évêque de Bytown (Ottawa).Il y fonda un séminaire et une université.Les lettres de ces vaillants pionniers nous révèlent l\u2019état religieux de la population éloignée des centres, au milieu du xix0 siècle, et la part considérable que les Oblats prirent au développement de notre pays.Adélard Dugré.Noviciat des Jésuites, Saint- Jérôme.Marcelle MaureïTE: Le Procès de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.\u2014 Paris, les Editions du Cerf, 1963, 120 pp., 16.5 cm.S\u2019inspirant des écrits de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus et du procès de béatification, l\u2019A.dessine, dans une œuvre imaginaire présentée à la télévision française, un visage de la sainte on ne peut plus vrai.Il faut aussi louer, dans ce téléthéâtre, la sobriété de l\u2019expression et l\u2019émotion religieuse profonde.L\u2019austère Carmel s\u2019y révèle dans toute la richesse de sa vie intérieure: les sœurs appelées à témoigner, alors qu\u2019elles livrent leur drame spirituel, demeurent intensément humaines.Ceux qui aiment la petite Thérèse \u2014 il faudrait dire la « grande » \u2014 et ceux qui sont prévenus contre elle feront bien de lire ce livre tonifiant, moderne et authentique.Signalons que les disques Jéricho ont publié l\u2019enregistrement de cette émission.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Michel Lafon: Le Père Peyriguère, \u2014 Paris (27, rue Jacob, VIe), Editions du Seuil, 1963, 189 pp., 18.5 cm.Avec beaucoup de simplicité, l\u2019A.évoque une figure qui rappelle de très près celle du P.de Foucauld.Nul, mieux que le P.Peyriguère, n\u2019a su transposer dans le détail de sa vie le message de Foucauld.Un homme, attiré par la contemplation et la solitude, est dévoré par les devoirs de la charité.Lui qui aurait voulu publier des volumes dont la documentation s\u2019accumulait sur sa table de travail, n\u2019en a guère le temps.Du matin au soir, il habille et soigne les pauvres et les enfants; la nuit, il adore le Saint-Sacrement.Avec ses Berbères il s\u2019est identifié; il les a défendus.Surtout, il leur a montré, par sa bonté et son dévouement, le visage authentique du Christ.Sa vie, plus que les livres rêvés, demeurera le témoignage émouvant d\u2019une incessante fidélité à l\u2019esprit de l\u2019Evangile.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Abraham Rothberg: L\u2019Histoire vécue de la seconde guerre mondiale.T.I: L\u2019Agression.T.II: Le Siège.T.III: La Riposte.T.IV : La Victoire.Coll.« Marabout Université ».\u2014 Québec (226 est, rue Christophe-Colomb), Editions Marabout, 1963, chacun 240 pp., 18 cm.Traduite de l\u2019anglais, cette histoire de la seconde guerre mondiale se lit comme le plus passionnant roman d\u2019aventures, d\u2019autant plus qu\u2019elle est abondamment illustrée et qu\u2019elle reproduit les plus célèbres photographies prises au cours de la guerre, par exemple celle des soldats américains hissant le drapeau étoilé sur les ruines d\u2019Iwo Jima.L\u2019A.laisse parler les hommes et les événements; il n\u2019essaie pas d\u2019intervenir personnellement dans le récit, sauf peut-être à la fin, quand il dresse le bilan de la guerre: 17 millions de soldats et 18 millions de civils, soit 35 millions d\u2019hommes éliminés en 5 ans et demi, des dépenses militaires se chiffrant à 1,100 milliards de dollars et des dommages provoqués par la guerre à 2,100 milliards de dollars, des famines, des millions de déracinés et de personnes déplacées, des millions de blessés et d\u2019invalides.Il termine par ces mots prononcés par Franklin Roosevelt le 18 juin 1942: « Notre terre n\u2019est qu\u2019une petite étoile dans l\u2019univers.Nous pouvons DECEMBRE 1964 367 encore en faire, si nous le voulons, une planète que la guerre ne meurtrira plus, que la faim et la peur ne tourmenteront plus, que d\u2019insensées querelles de race, de couleur de peau ou de religion ne diviseront plus.Ayons le courage de commencer cette tâche aujourd\u2019hui pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent être fiers du nom d\u2019hommes.» Richard Arès.Marcel Trudel: L\u2019Esclavage au Canada français.Histoire et conditions de l\u2019esclavage.\u2014 Québec, Les Presses universitaires Laval, 1960, 432 pp., 22.5 cm.Dès qu\u2019on aborde la lecture de cet ouvrage, on est convaincu de l\u2019immense tâche accomplie par son auteur.A l\u2019étendue et au détail de la bibliographie, le lecteur peut juger du soin des recherches documentaires.L\u2019esclavage au Canada français n\u2019avait pratiquement jamais reçu chez les historiens un traitement poussé et l\u2019on comprend pourquoi, devant la dispersion de la documentation.L\u2019auteur n\u2019a laissé échapper aucun aspect du problème.Il trouve le tour de répondre à toutes les questions qui peuvent surgir d\u2019une telle étude.Il a constamment soigné ses compilations et fourni en chiffres absolus et en chiffres relatifs tous les renseignements souhaitables.Oui, contrairement à ce que l\u2019on peut souvent penser, l\u2019esclavage a existé au Canada avant et après 1760.On calcule un peu moins de 4,000 esclaves (2,472 sauvages et 1,132 nègres) en une période de 125 ans.Quoique limités en nombre, ils ont vécu presque à la façon des hommes libres; ils ont joui d\u2019à peu près tous les avantages de la population blanche, ont parfois reçu de l\u2019instruction et ont eu accès à tous les sacrements et à la pratique normale de la religion.Ils étaient traités plutôt comme des enfants adoptifs que comme des esclaves.Leurs prénoms étaient ordinairement français et leurs noms de famille fréquemment ceux de leurs propriétaires.Leurs maîtres appartenaient à toutes les classes de la société, étaient à 86% canadiens-français et en majorité des commerçants.Même si l\u2019âge moyen de la mortalité était inférieur à vingt ans, plusieurs esclaves ont atteint les 70, 80 et même 100 ans.Quelques-uns se sont mariés mais ont laissé relativement peu de descendants.Leur sang a été très peu mêlé au sang français de nos ancêtres, malgré le rêve de Colbert d\u2019unir la race blanche et la race rouge.Finalement, ils ont disparu un à un comme ils étaient apparus.Dans les quelque treize appendices où il dresse différentes listes, l\u2019auteur nous donne un avant-goût du dictionnaire de l\u2019esclavage qu\u2019il prépare.Georges-Emile Giguère.Maison Bellarmin.Edmond DE NEVERS: L\u2019Avenir du peuple canadien-français.\u2014 Montréal, Fides 1964, 334 pp., 21 cm.Louvrage d\u2019Edmond de Nevers, publié à la fin du xix6 siècle et presque oublié aujourd\u2019hui, méritait une réédition, surtout en ce moment où plus passionnément que jamais se discute l\u2019avenir du peuple canadien-français, l\u2019avenir du Québec.On y retrouve ces mots d\u2019ordre qui ont inspiré plus d\u2019une génération: « Soyons fiers et nous serons forts! » « Chacun des descendants des 65,000 vaincus de 1760 doit compter pour un.» « Nous ne pouvons être un peuple qu\u2019à la condition d\u2019être un grand peuple.» « Notre mission, à nous Canadiens français, est de faire pour l\u2019Amérique ce que la mère patrie a fait pour l\u2019Europe.» L\u2019A.ne croit pas à l\u2019indépendance du Québec; il se prononce même violemment en sens contraire: « Quant à l\u2019indépendance de la province de Québec, il serait ridicule d\u2019y songer: ce serait l\u2019établissement d\u2019une république sur le modèle de celles de l\u2019Amérique du Sud, ce serait lâcher la bride à toutes les convoitises, à toutes les ambitions, à toutes les vanités, établir d\u2019une manière permanente le règne de la corruption, de la médiocrité et de l\u2019intolérance.» (P.254.) L\u2019avenir du peuple canadien-français, il le voit au sein de la grande République américaine; les Canadiens français s\u2019y tailleront une place de choix surtout en Nouvelle-Angleterre où ils sont déjà fortement installés.Les événements ont démenti les prédictions de l\u2019A., mais son ouvrage est encore à lire et les conseils qu\u2019il donne à la jeunesse, concernant l\u2019instruction surtout, sont toujours d\u2019actualité.Richard Arès.Ernest RICHER, S.J.: Français parlé, français écrit.\u2014 Bruges-Paris, Des-clée de Brouwer (2e éd.), 1964, 191 pp.Dans ce livre, l\u2019A.applique au français sa théorie des LIEUX LINGUISTIQUES; il envisage l\u2019étude de la langue d\u2019une façon toute nouvelle, et sa méthode d\u2019analyse, fondée sur les principes mêmes du structuralisme contemporain, mène à une connaissance systématique du français.Partant des faits de langage eux-mêmes et rejetant toute forme d\u2019a priori, il aboutit à une description objective exclusivement linguistique.Ce qui veut dire qu\u2019il établit une frontière précise entre le plan syntaxique et les plans logique, sémantique, psychologique, etc.; ce qui veut dire aussi qu\u2019il considère toutes les unités du langage \u2014 des plus petites aux plus larges \u2014 non en elles-mêmes, mais par rapport aux fonctions qu\u2019elles remplissent dans le système tout entier.Ces fonctions constitutives du discours n\u2019apparaissent qu\u2019au moment où surgissent des connexions entre les diverses suites sonores contenues dans le répertoire français, c\u2019est-à-dire au moment où celles-ci s\u2019actualisent dans la communication.Ex.: PIERRE ACHETE UN LIVRE \u2014 J\u2019ACHETE UN LIVRE DE PIERRE.Pour en faciliter l\u2019étude, l\u2019auteur classe ces fonctions ou rôles syntaxiques en quatre grandes catégories, respectivement appelées fonctions de procès, de dénomination, de spécification et de signalisation.Après avoir étudié ces catégories hors du discours, on procède à la description détaillée de tous les phénomènes syntaxiques rencontrés à l\u2019occasion du déroulement de l\u2019énoncé total.Enfin, dans la quatrième partie de l\u2019ouvrage, on propose un procédé d\u2019analyse qui respecte la nature propre de la langue française.Qu\u2019obtient-on au terme de cette observation méthodique et rigoureuse ?\u2014 Seulement des « rôles syntaxiques remplis par des unités de langage aux dimensions variables, qui n\u2019obtiennent leur valeur propre et temporaire que dans et par un énoncé total que ces unités contribuent à édifier » (p.173).La théorie de l\u2019A.se laisse difficilement enfermer dans les limites d\u2019un bref compte rendu.Nous tenons, cependant, à souligner ici l\u2019importance de Français parlé, français écrit pour la pédagogie de l\u2019enseignement de la langue.Le livre du P.Richer, qui témoigne d\u2019une grande hardiesse d\u2019esprit, fournit un instrument de la plus haute qualité à tous les professeurs sérieux, à tous les pédagogues désireux de comprendre vraiment la structure de la langue qu\u2019ils parlent et enseignent.Disons plus: nous jugeons ce livre indispensable, à l\u2019heure présente, à qui veut être objectif et simplement honnête en matière de langue.Certes, il y aura toujours des enseignants qui préféreront s\u2019éclairer à la chandelle, mais la théorie des LIEUX LINGUISTIQUES après avoir fait choc dans certains milieux, a déjà alerté chez nous plus d\u2019un pédagogue: qu\u2019on veuille donc bien s\u2019y arrêter; qu\u2019on veuille bien réfléchir sur la réalité linguistique, et l\u2019on verra que la théorie opère une révolution prometteuse des plus beaux résultats dans les domaines d\u2019abord proprement scientifiques: syntaxe, sémantique, stylistique, traduction, calcul électronique, etc., puis, il va sans dire, dans le domaine purement pédagogique.Il faut féliciter l\u2019A.mais il faut surtout souhaiter qu\u2019un grand nombre de pédagogues profitent d\u2019un instrument de réflexion aussi remarquable.Sœur MARIE-SAINT-jEAN-d\u2019ÉPHÈSE.Ecole normale Marie-Rivier, Saint-Hyacinthe.Réjean ROBIDOUX, O.M.I.: Roger Martin du Gard et la religion.\u2014 Paris, Aubier, 1964, 395 pp., 20 cm.Cet ouvrage est une contribution importante à la connaissance de Roger Martin du Gard.C\u2019est la première longue monographie consacrée à ce romancier encore mal connu et qui est cependant l\u2019un des témoins principaux de son époque.Dans une introduction de quelques pages, l\u2019A.situe le champ de son étude.L\u2019ouvrage porte sur la connaissance de l\u2019homme, sur l\u2019âme, la pensée, la sensibilité de RMG, et c\u2019est par le témoignage de l\u2019œuvre que le Père Robidoux cherche à évoquer les traits de l\u2019homme qui a inventé Jean Barois et les Thibault.Quel est pour cet écrivain le sens de l\u2019homme et de la vie?La destinée se clôt-elle sur les horizons d\u2019ici-bas, ouvre-t-elle au contraire sur un au-delà ?RMG a réfléchi durant toute sa vie sur la question religieuse, et cela est un paradoxe chez cet esprit qui s\u2019est éloigné de toute croyance dès la vingtaine, et qui est demeuré préoccupé de ce problème sans la moindre velléité de conversion.RMG a tenté dans son œuvre de résoudre sans la religion l\u2019énigme de la condition humaine, mais il conserve toujours dans sa tentative une référence à la religion, soit pour s\u2019en détourner formellement, soit pour adhérer à l\u2019incroyance avec des dispositions et des démarches qui ressemblent à celles d\u2019un croyant.L\u2019A.examine de près cette attitude, de prime abord, surprenante.Il le fait avec une méthode rigoureuse et une patiente recherche, en discernant les questions importantes, et par une analyse soignée des textes et des documents personnels auxquels il lui a été donné d\u2019avoir accès.Cette sévère exigence de rigueur est associée à une sympathie pénétrante et judicieuse.Cette étude attentive et persévérante permet à l\u2019A.de suivre pas à pas la carrière d\u2019un esprit qu\u2019une option religieuse fondamentale a détourné de la foi, mais qu\u2019une grande probité morale nous rend fraternel.Nous devons au Père Robidoux un livre de haute tenue et un modèle de biographie.L\u2019ouvrage fourmille d\u2019informations de toute nature sur la période de formation de RMG, sur 368 RELATIONS ses amitiés avec Marcel Hébert, Gide, Jacques Copeau, sur le climat intellectuel et social des premières décennies du xxe siècle.Des analyses sur la nature de l\u2019acte de foi, sur le sens du message chrétien qui est une voie vers le Christ (ce que RMG n\u2019a pas saisi) font les mises au point sur les erreurs de RMG touchant le catholicisme.Pierre Angers.Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal.Gabrielle Roy: La Montagne secrète.Roman.\u2014 Montréal (450, av.Beaumont), Beauchemin, 1961, 222 pp., 20.5 cm.ON s\u2019en veut de dire si tard le bien qu\u2019on pense de la Montagne secrète.Invraisemblable conte, dont la dédicace suggère qu\u2019il se fonde sur la réalité.Un trappeur canadien, artiste-né mais sans culture, que hante le besoin de recréer la création, de peindre surtout une montagne parfaite de l\u2019Ungava, aperçue après d\u2019incroyables randonnées dans le Nord-Ouest, contemplée avec amour, puis esquissée, redessinée, rencontre un missionnaire qui le persuade d\u2019exposer ses œuvres à Montréal.Chose faite, le trappeur artiste s\u2019en va à Paris; encouragé par un maître exigeant et un jeune rapin, il y travaille et y meurt dans une mansarde, en achevant de peindre son âme dans un portrait de lui-même.Invraisemblable et plus vraie que nature, cette histoire-étude du tourment éprouvé par le génie apporte aux maîtres et à leurs disciples une évocation de grand prix.Que de Pierre Cadorai, nom du héros, le Canada français n\u2019a-t-il pas vu naître, souffrir et mourir! Ce regret a-t-il inspiré le récit?Je ne sais.Il se dégage pourtant de ce poème en prose, aux décors typiquement canadiens, au style personnel, envoûtant, malgré quelques caprices syntaxiques, dont, longtemps après l\u2019avoir lu, vous rêvez encore, la mémoire pleine des fresques brossées par l\u2019A.(le fleuve Mackenzie, la toundra, la chasse au caribou) et des brèves mais profondes réflexions jetées, sans effort, sans insistance, au cours de la narration.Parmi les banalités sordides qu\u2019exhibe notre production récente, même (peut-être surtout) féminine, la Montagne secrète, dont aucun passage ne choquerait la sensibilité la plus exquise, dont aucun personnage ne déplaît, se dresse comme un joyau de force, d\u2019originalité, de pureté.Joseph d\u2019Anjou.Georges GouGENHEIM: Les Mots français dans l\u2019histoire et dans la vie.\u2014 Paris (82, rue Bonaparte), A.& J.Picard & Cie, 1962, 331 pp., 19 cm.Prix: 14,50 F.Aussi clair et simple que savant, l\u2019A.A s\u2019adresse à tout lecteur désireux de connaître l\u2019origine et l\u2019évolution des mots français qu\u2019il emploie, afin d\u2019en mieux respecter le sens.Réduite au minimum, la théorie se dégage des faits linguistiques dont l\u2019A.trace l\u2019histoire.Après un chapitre qui, par l\u2019étude de certains mots de provenance diverse (haut Moyen Age, époque classique, langue littéraire.), offre à l\u2019A.l\u2019occasion de formuler quelques principes (pp.39, 45-46), on lit quatre chapitres qui traitent des mots relatifs au monde extérieur (temps et saisons, terre, animaux et végétaux), à Y homme (physique, moral, intellectuel), à la vie sociale (famille, pays, patrie, maison, loi, échanges), aux formes de Yactivité humaine (travail, véhicules, ateliers, métiers).Suivent un chapitre portant DÉCEMBRE 1964 sur quelques verbes et adjectifs et un autre concernant la prononciation et la grammaire.Les réflexions explicatives n\u2019y manquent pas; l\u2019A.les glisse à la fin d\u2019un développement (67, 133, 144, 156, 164, 221, 272).Chaque page intéresse et instruit; entre autres, celles qui analysent les mots chapelle (21), ouragan (32, 50), grève (66), loi (160), fantassin (164), cour (168), travail (201), timbre (251), falloir (260).Le Canadien constate qu\u2019il a gardé des mots et des sens abandonnés ou remplacés (souvent à tort) par les Français: canot (32, 213), frimas (52), amont (59), dont les vieux Gaspésiens, imitant l\u2019auteur de la Chanson de Roland, font encore une locution adverbiale (amont \u2014 à mont) ou prépositive Camont, en haut de; amont la côte), vaisseau (215), barge (216).Le latin, note l\u2019A.(258), constitue « le fonds essentiel » de notre langue.De celui à qui manque ce fonds, comment espérer qu\u2019il honore le français?Joseph d\u2019Anjou.Dr Paul Chauchard: La Maîtrise de soi.Coll.« Psychologie et sciences humaines ».\u2014 Bruxelles (2, galerie des Princes), Charles Dessart, 1963, 226 pp., 18.5 cm.Prix: 96 fr.b.Les abus de la technique exposent l\u2019hu-j manité à la régression, à la dépersonnalisation, en contrariant le progrès psychologique et moral.Or, la neurophysiologie offre les outils de ce progrès.La connaissance qu\u2019elle élabore du cerveau et de son fonctionnement lui permet de distinguer le normal (même rare) et l\u2019anormal (même fréquent), de proposer une éducation efficace de la réflexion et du vouloir et ainsi de faciliter l\u2019amour du bien, sans lequel il n\u2019y a ni équilibre ni bonheur.L\u2019A.ne s\u2019exprime pas toujours avec une parfaite rigueur philosophique; mais il montre bien que le cerveau supérieur est l\u2019organe de la maîtrise de soi et qu\u2019on peut, donc on doit, par l\u2019éducation, en conditionner l\u2019action de manière qu\u2019il obéisse aux requêtes de la perfection morale et coopère aux actes qui la réalisent.C\u2019est par ignorance, préjugé, défaut de discipline précoce et constante que vouloir paraît difficile.Mais il faut d\u2019abord connaître le vrai bien humain: la maîtrise de soi en rend alors l\u2019accomplissement aisé.L\u2019A.insiste avec raison sur la nocivité psychique du mal, sur la réflexion et l\u2019oblativité comme éléments de la vraie spontanéité dans l\u2019amour, sur l\u2019erreur qui identifie naturel avec animal et instinctif, sur l\u2019influence du milieu, plus marquante que l\u2019hérédité, sur la liberté, faculté du bien et non du caprice.On nuancera l\u2019emballement de l\u2019A.pour les théories de Teilhard de Chardin et l\u2019espèce de naturalisme qui le porte à penser qu\u2019il suffit de savoir et de vouloir pour bien agir.Mais on devrait l\u2019entendre lorsqu\u2019il presse de créer un milieu propice à l\u2019équilibre humain.Joseph d\u2019Anjou.Centre d\u2019Études Laënnec: L\u2019Enfant malformé.\u2014 Paris (10, rue Cassette), Lethielleux, 1963, 158 pp., 19 cm.Prix: 8,25 F.Laffaire Vandeput (Relations, févr.¦ 1963, p.35) et le drame de la thalidomide ont forcé médecins et profanes à reconnaître les aspects psychologique, social et moral de la médecine et, par le fait même, la portée universelle d\u2019un geste posé à l\u2019occasion d\u2019un cas particulier.Le Centre d\u2019Etudes Laënnec étudie les malformations congénitales de tous les points de vue: médical (causes, prévention, guérison), légal (sévérités, insuffisances des lois), psychologique (dilemme du médecin qui veut aider ses clients et doit respecter l\u2019ordre moral; angoisse de la mère; difficultés éducatives de la famille; réaction du malade), moral (problème du mal en général et.de la souffrance des enfants, vertus exigées par l\u2019épreuve), social (diffusion des préjugés, complicité dans le scandale, solidarité dans l\u2019entraide nécessaire aux parents et aux enfants).Accessible au lecteur moyen, même dans sa partie technique, très humain par la sympathie qu\u2019on y témoigne à la faiblesse, le recueil relatif à l\u2019enfant malformé fait comprendre que le progrès scientifique et culturel ne peut résulter de la démission des médecins et de leur clientèle devant le malheur, mais de l\u2019effort personnel et social dont la morale chrétienne propose l\u2019accomplissement.Joseph d\u2019Anjou.Archives des Lettres canadiennes, II: L\u2019Ecole littéraire de Montréal.Bilan de l\u2019année 1961.\u2014Ottawa, Centre de Recherches de Littérature cana-dienne-française de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Fides, Montréal et Paris, 1963, 384 pp., 25 cm.Etudes remarquables sur une période importante de notre littérature.La documentation est vaste et les portraits se dégagent avec un relief inconnu.Les principaux personnages de ce mouvement littéraire font l\u2019objet d\u2019analyses pertinentes et le lecteur fait plus ample connaissance avec Henry Desjardins, Arthur de Bus-sières, Albert Laberge et Silvio.Quant aux écrivains déjà connus, ils sont présentés sous un angle nouveau.Le bilan littéraire de l\u2019année 1961 offre des jugements pondérés et bienveillants sur le roman, la poésie, le théâtre et les essais.On ne saurait trop féliciter l\u2019équipe du Centre de Recherches pour ses travaux d\u2019intérêt vital à notre histoire littéraire.Paul-Émile Racicot.Maison Bellarmin.En COLLABORATION: Nos hommes politiques.\u2014 Montréal (3411, rue Saint-Denis), Les Editions du Jour, 1964, 126 pp., 19.5 cm.Travaux présentés à la Xe conférence annuelle de l\u2019Institut canadien des Affaires publiques.Comme tous les volumes du genre, celui-ci contient du bon et du moins bon.La conférence de M.Alfred Sauvy sur « Les voies nouvelles de la démocratie » est à lire; il est très difficile, par contre, d\u2019apprécier le contenu du texte de M.René Lévesque: il s\u2019agit de quatre pages d\u2019affilée, sans aucun paragraphe, sans presque aucun signe de repos, quatre pages qu\u2019on a sans doute écoutées avec plaisir, mais qui ne supportent guère aujourd\u2019hui la lecture.Après avoir parcouru ces travaux, l\u2019impression demeure qu\u2019on a agité beaucoup de questions, mais trouvé peu de solutions aux problèmes qu\u2019affrontent aujourd\u2019hui nos hommes politiques et notre démocratie québécoise.L\u2019expérience valait quand même la peine d\u2019être tentée et il faut savoir gré à IT.C.A.P.de l\u2019avoir fait.Richard Arès.369 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES Jean-Charles Magnan: Silhouettes.Figures du terroir.\u2022\u2014¦ Montréal, Editions Fides, 1963, 252 pp., 21.5 cm.Lauteur esquisse à grand traits la bio-1 graphie d\u2019une centaine de « figures du terroir », c\u2019est-à-dire de « pionniers du progrès agricole dans la province de Québec ».On rencontre dans cet ouvrage des noms aussi connus que ceux du chanoine Lionel Groulx, de MM.Albert Rioux, Laurent Barré, Adélard Godbout, Abel Marion, etc., mais en outre une foule d\u2019autres personnages dont les noms sont familiers aux seuls spécialistes de la question agricole.La présentation y est toujours fort sympathique à la « figure » esquissée; d\u2019avance, l\u2019A.s\u2019en excuse: « Si mes biographies trouvent que j\u2019ai poussé trop loin la louange, ils n\u2019auront qu\u2019à s\u2019améliorer.Si j\u2019ai oublié quelques-uns de leurs hauts faits, ils feront acte de modestie, ce qui est méritoire.» Une mine de renseignements sur des personnages qui ont bien servi la cause agricole.Richard Arès.Groupe lyonnais d\u2019Êtudes médicales: Paternité et Virilité.Coll.« Convergences ».\u2014 Paris (79, rue de Gentilly), Spes, 1963, 237 pp., 20 cm.Prix: 11.25 F.Complément des analyses consacrées à VAmour maternel (voir Relations, août 1963, p.242), le présent cahier examine les aspects sociologique (J.Goetz, S.J.), juridique (R.Savatier), biologique (H.Salman, O.P.), psychanalytique (théorie: S.Lebovici; clinique: A.Ebtinger) et psychopédagogique (Dr A.Berge) de la paternité.Après une critique du paternalisme, abus de l\u2019esprit paternel (P.Badin), suit le « procès du père dans la littérature contemporaine » (R.George).Enfin, de beaux textes, empruntés à VAnneau d'or, exaltent la paternité humaine et la paternité divine.L\u2019ouvrage, austère et instructif, demeure accessible au lecteur cultivé.Trois chapitres plus faciles profiteront à tous.La pathologie de la paternité éclaire certaines souffrances masculines dont les symptômes passent parfois pour des manifestations d\u2019égoïsme.Avec sa clarté coutumière, le Dr Berge trace la voie que doit suivre le père dans l\u2019exercice de sa fonction éducative.Très juste, la critique du paternalisme risque cependant de dévaluer l\u2019esprit paternel lui-même.Recommandons encore la collection « Convergences »: science et foi y collaborent harmonieusement, et dans le dernier recueil, langue et style paraissent plus soignés.Joseph d\u2019Anjou.Canadienne Nationale Le Boréal Express (466, rue Bonaventure, Trois-Rivières), vol.3, n° 1, an 1763 (septembre 1964).Numéro consacré à « l\u2019effondrement de la Nouvelle-France » et aux débuts du régime britannique.Le journal élargit ses horizons et nous renseigne sur plusieurs événements survenus en Europe.En COLLABORATION: La Structure du premier cycle universitaire.\u2014 Montréal (260 ouest, rue Faillon), Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1964, 68 pages.Texte d\u2019une étude parue, en substance, dans Le Devoir, du 8 au 16 septembre 1964.Après avoir précisé le sens des mots qu\u2019ils emploient et analysé la situation des universités, des collèges classiques et de la population au Québec, les auteurs rejettent la formule des Junior Colleges et proposent la création de collèges universitaires, tout en se demandant « si les collèges universitaires doivent être gardés en tutelle par les universités, ou si on doit les fonder dès l\u2019abord comme des institutions indépendantes ».Wilfrid LEBEL: Les Mesures équivalentes métriques, canadiennes, britanniques, américaines.The Equivalent Measures.\u2014 Montréal (260 ouest, rue Faillon), Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1964, chacun 92 pages.Ouvrage d\u2019une grande utilité pour connaître l\u2019équivalence entre les principales unités de mesure dans le monde, par exemple, à quoi équivalent dans d\u2019autres systèmes de mesures, nos acres, nos arpents, nos barils, nos pieds, nos pouces, nos milles, nos degrés de température, etc.?C.Fichefet et J.Corhumel: Les Jeux olympiques, des origines à nos jours.Coll.« Marabout service ».\u2014 Verviers, Editions Gérard, 1964, 224 pages.Présentation illustrée des Jeux olympiques à travers les âges: leur passé et leur résurrection depuis 1896.En appendice: liste des lauréats olympiques.Mes Fiches, Montréal (245 est, boulevard Dorchester), octobre 1964.Numéro spécial sur la vie et l\u2019œuvre de Félix Leclerc.Fernand Lelotte, S.J.: Etincelles.Trois séries.\u2014\u2022 Bruxelles (184, rue Washington), Editions Foyer Notre-Dame, 1964, 64, 64 et 74 pages.Trois petites brochures contenant environ 2,300 pensées et paroles d\u2019hommes illustres dans tous les domaines.Vade-mecum à recommander aux gens pressés autant qu\u2019à ceux qui cherchent des thèmes de réflexion personnelle, surtout aux étudiants qui pourront y puiser de quoi se meubler l\u2019esprit et agrémenter leurs dissertations.J.-M.Bauchet, S.S.S.: Frères.causeries et discussions.Club d\u2019amitié.\u2014 Montréal (514 est, avenue du Mont-Royal), Centre eucharistique, 1964, chacun 32 pages.Deux brochures, la première sur la vocation de Frères dans l\u2019Eglise et dans la société, la seconde destinée aux réunions d\u2019équipes d\u2019amitié.Paul VI: L\u2019Eglise d\u2019aujourd\u2019hui, Eccle-siam suam.\u2014 Paris (17, rue de Baby-lone), Editions du Centurion, 1964, 128 pages.Edition française de l\u2019encyclique de S.S.le pape Paul VI, avec introduction et sous titres de Charles Elhinger, A.A.Paul ThÔne: Nazareth.La vie cachée de la sainte Famille.\u2014 Marcelle Roger: Courts Virages.Contes et nouvelles.\u2014-Château-Richer, Editions Marie-Médiatrice, 1964, 132 et 112 pages.Considérations sur la vie cachée de la sainte Famille à Nazareth.Quelques contes et nouvelles pour les jeunes.Collection « Adolescent, qui es-tu?» Louis Renard: Sport, mon ami.\u2014 Montréal, Casterman, 1963, 202 pages.Excellent petit livre sur le sport.Titres de chapitres: 1) histoire du sport; 2) Le sport; 3) éventail des sports; 4) valeur humaine du sport; 5) valeur chrétienne du sport.Romona Associatio Pro T ransvehendis I tinerantibus Missionariis RAPTIM CANADA Ltée AGENCE INTERNATIONALE DE VOYAGES Approuvée par : 1 A T A, A T C Conférences Transatlantique et Transpacifique Pour vous servir: Luc Gou, directeur général, 1652, rue Saint-Hubert, Montréal-24, P.Q.Tél.: 845-7223* Nous mettons à votre disposition nos bureaux de Raptim-ltalie, Allemagne, Belgique, France, Hollande, Argentine et Colombie.370 RELATIONS Edification d\u2019une église.\u2014 Paris, Des-clêe, 1964, 32, 46 et 30 pp.Trois petits livrets en un seul: 1) Bénédiction de la première pierre d\u2019une église; 2) Bénédiction d\u2019une église selon le pontifical romain; 3) Consécration d\u2019une cloche.Francis Vachette, O.P.: Sauvés par Jésus-Christ.\u2014 Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Les Editions du Cerf, 1964, 72 pp.En trois brefs chapitres, l\u2019A.présente l\u2019essentiel sur Jésus-Christ ainsi que sur la réponse que l\u2019homme doit donner à la mort et à la résurrection du Christ.Texte préparé pour les étudiants « qui feront pèlerinage vers Notre-Dame-de-Chartres ».En COLLABORATION: Le Père Bruno-de-Jésus-Marie.\u2014 Paris, Desclée de Brouwer, 1964, 56 pp.Recueil d\u2019articles en l\u2019honneur du P.Bruno, qui fut longtemps directeur de la revue Etudes carmélitaines.Prière d'envoyer ce coupon à: MONTREAL TRUST 777 ouest, boul.Dorchester, Montréal, P.Q.MR-3 Veuillez indiquer ici vos: NOM_____________ ADRESSE__________________________________ NUMÉRO DE TÉLÉPHONE_________VILLE_______ Je désire recevoir, GRATIS, votre brochure, en français, intitulée \u201cUn exposé de PLANS DE SUCCESSIONS\u201d.Comment le_______________________________ Montreal Trust___________________________ veille aux intérêts de Mgr Guerry: Le Laïcat ouvrier.Sa mission apostolique.\u2014 Paris, Editions du Centurion, 1963, 128 pp.Texte d\u2019une conférence prononcée par l\u2019archevêque de Cambrai sur la mission apostolique du laïcat ouvrier adulte dans l\u2019évangélisation du monde ouvrier.Texte lucide et courageux.Joseph LÉCUYER, C.S.Sp.: Etudes sur la collégialité épiscopale.\u2014 Le Puy (52, avenue Foch), Editions Xavier Mappus, 1964, 110 pp.Recherches historiques et théologiques.Quatre chapitres: 1) Le collège des évêques selon le pape Célestin ; 2) La collégialité épiscopale selon les papes du Ve siècle après Célestin Ier; 3) Liturgie latine et collégialité épiscopale; 4) Le caractère collégial de l\u2019Episcopat selon saint Thomas.Isaiah A.Litvak et Bruce E.Mallen: Marketing: Canada.\u2014- Toronto (253 Spadina Road), McGraw-Hill, 1964, 344 pp.Recueil d\u2019articles et d\u2019essais se rapportant au Canada considéré en tant que marché de ventes et d\u2019achats.Trois articles s\u2019occupent spécialement du Québec: ceux de MM.Roland Parenteau, Jacques Bra-zeau et André Raynauld.S.S.PAUL VI: Ecclesiam suam.Lettre encyclique sur le mystère de l\u2019Eglise.\u2014 Montréal, Editions Fides, 1964, 106 pp.Prix: $0.60.Version française de la récente encyclique de Paul VI.Une table analytique permet une consultation rapide du texte.votre épouse après votre décès Rare est la femme dont les connaissances juridiques sont à la mesure des intérêts qu\u2019elle doit protéger avant\u2014et surtout après votre décès.Pour exécuter convenablement vos dispositions testamentaires, il faut être presque économiste, spécialiste des questions boursières, expert en problèmes immobiliers, versé en matières fiscales! Le Montreal Trust veille aux intérêts de votre épouse: dès aujourd\u2019hui: en coopérant avec votre conseiller juridique sur la façon la plus avantageuse de préparer la transmission de vos biens.Selon que votre portefeuille se compose principalement de valeurs mobilières et immobilières, d'assurance-vie, les dispositions de votre testament varient de manière considérable.Seul un groupe de spécialistes\u2014économistes, conseillers fiscaux\u2014 peut vous fournir les indications nécessaires.Ces conseillers font partie du personnel du Montreal Trust.Nombre d\u2019entre eux sont Canadiens-Français.Ils ont donc une connaissance toute particulière de vos problèmes.Vous serez heureux de leur avoir fait confiance.après votre décès: votre testament peut régler la disposition de vos biens et sauvegarder les intérêts généraux de votre épouse.Mais avec le temps les conditions économiques changent.Votre épouse ne peut espérer se tenir au courant de tous les développements.Ce qui lui profitait hier peut lui nuire demain.Qui saura prévoir en son nom?Le Montreal Trust possède toutes les compétences nécessaires pour gérer avec prévoyance et sagesse les biens dont héritera votre épouse.Ses experts mettront à profit leurs vastes connaissances pour faire fructifier le capital que vous aurez accumulé de votre vivant.Le Montreal Trust combine de vastes connaissances avec le souci du détail et un soin particulier de l'intérêt de chacun de ses clients.Mais avant même de lui confier le soin de vos intérêts, nous vous suggérons de demander une brochure qui vous renseignera pleinement, en remplissant le coupon ci-dessus.^ Montreal Trust DÉCEMBRE 1964 ECOLE NORMALE CARDINAL-LtXn 6400 - 16e AVENUE ROSEMONT 371 24e année Montréal 1964 RELATIONS TABLE DE L\u2019ANNEE 1964 (numéros 277-288) I.- AUTEURS D'ARTICLES Arès, R.- Langues parlées chez les groupes ethniques au Canada: 15.-\tLangues parlées chez les groupes ethniques au Québec: 47.-\tLangues parlées chez les groupes ethniques à Mont- réal: 74.-\tComportement linguistique des minorités françaises au Canada - I, II: 108, 141.-\tReligions et groupes ethniques au Canada: 173.-\tReligions et groupes ethniques au Québec: 203.-\tQuelle est la religion des Canadiens français?: 233.-\tLes conditions de survivance française au Manitoba: 292.-\tLes chances d\u2019une survivance française au Manitoba: I, II: 329, 357.Barbin, R.- Pédagogie religieuse et maturité: 10.Beaubien, I.- Où se situe l\u2019œcuménisme?: 290.Bonnichon, A.- Neutralisme au Viêt-nam: 289.Bourgault, R.- Le nationalisme - I, II: 68, 101.-\tLe biculturalisme - I.II: 131, 163.-\tLe mondialisme: 222.Boutet, O.-Notre consentement nord-américain: 11.Brochu, M.- Le Nouveau-Québec indien: pays d\u2019occupation: 44.-\tPerspectives de la recherche scientifique au Nouveau- Québec- III, IV: 79, 113.-\tLes droits du Québec sur l\u2019île et sur le poste esquimau de Killinec: 177.-\tLes raisons du Québec au Nouveau-Québec: 238.-\tFort-Sainte-Foy au service du Nouveau-Québec indien et esquimau: 267.Brunelle, J.- Pour une réforme de la Loi de la convention collective: 43.Carew, W.A.(Mgr).- En Terre sainte avec Paul VI: 34.Champagne, I.- La semaine de la Pensée marxiste: 81.Cousineau, J.- Le décret du Concile sur les moyens de communication sociale: 7.-\tLe cinéma de 1963 et notre culture: 49.-\tUn rapport à reprendre?(Rapport Bouchard): 71.-\tLa liberté des masses par le contrôle des films: 102.-\tŒcuménisme autour de la famille canadienne: 201.-\tRéflexions sur l\u2019école chrétienne: 257.-\tLa formation du sens civique et les techniques de diffusion: 294.Couture, J.- A quand « l\u2019Eglise des pauvres » ?: 327.d\u2019Anjou, J.-La régulation des naissances.IV: Non pas tabou, mais juste fécondité: 3.V: Valeurs de la sexualité: 39.VI: Caractères de la sexualité: 165.VII: Pilules ou maîtrise de soi?: 225.VIII: L\u2019obsession du « besoin » sexuel: 259.IX: Nature et grâce: 287.X: Evangile d\u2019hier vécu aujourd\u2019hui: 320.-\tAu service du français: 20, 56, 87, 114, 147, 179, 111-juillet, 239, 280 301, 333, 361.d\u2019Apollonia, L.- Lettre à Jacques Maritain: 5.-\tL\u2019Église et le monde moderne: 67.-\tLe drame de l\u2019Église en U.R.S.S.: 99.-\tDe la querelle à la scission: 134.-\tL\u2019affaire Galilée: 168.-\tLettre de Paris: 236.-\tLettre de Rome: 254.-\tLettre du Vatican: 284.-\tLettre du Concile: l\u2019heure des évêques: 316.-\tLe schéma XIII: 353.d\u2019Auteuil, G.-H.- Le théâtre: 19, 55, 85, 115, 152, 182, 208, 363.Desrochers, I.- Le régime de rentes du Québec, une clé majeure: 135.-\tLe nouveau régime de rentes du Québec: 205.Gay, P.- L\u2019esthétique n\u2019est pas la morale: 82.Hébert, G.- Les associations ouvrières « reconnues » : 17.-\tL\u2019Université McGill et le Canada français (Comm.): 24.-\tUn Code du travail décevant: 105.-\tL\u2019autonomie du mouvement syndical canadien: 175.-\tLe droit de grève dans les services publics: 198.-\tL\u2019autonomie provinciale dans le mouvement syndical canadien: 228.-\tLe Conseil supérieur du travail et la Loi de la conven- tion collective: 240.-\tLe Code du travail: historique et contenu - I: 261.-\tLe règlement des différends industriels et la Commis- sion des relations de travail: 297.-\tLe salaire minimum au Québec: 323.Labelle, J.-P.- Le nouveau catéchisme: 270.-\tL\u2019instruction sur la réforme liturgique: 356.Langlois, C.- L\u2019exposition Picasso: 117.L\u2019Archevêque, J.-La constitution conciliaire sur la liturgie: 41.Lebel, M.- Histoire de littérature canadienne-anglaise: 337.Ledit, J.-Les rencontres de Terre Sainte: 37.-\tApproches œcuméniques: 214.Marcotte, M.- La vocation éternelle de la femme: 230.-\tL\u2019amour conjugal chrétien - I: 318.-\tLe Cardinal au Concile plaide la cause de l\u2019amour: 348.Marie-Noëlle-de-Sion (Sr).-Renouveau des rapports judéo-chrétiens: 23.-\tLe premier président de la République fédérale d\u2019Allemagne et les Juifs: 265.Michaëlidès, D.- Crise de la foi chez les jeunes et responsabilité des laïcs: 170.Mignault, T.- La frontière Québec-Terreneuve: 272.Monet, J.- La Fontaine et les problèmes de notre temps: 359.Morin, F.- Corporation et syndicat: les chances d\u2019une coexistence pacifique: 144.Orsy, L.- Liberté de conscience et mariages mixtes: 194.Plante, A.- Les Commissions scolaires, entre hier et demain: 331.Pouliot, S.-Suzanne (Sr).-Marie de l\u2019Incarnation: première religieuse missionnaire?: 138.Rivard, G.- Le cinéma a-t-il la foi ?- I, II: 76, 111.Robillard, H.-M.-« Trouble-fête »: 150.Robitaille, G.- « Il existe vraiment deux solitudes »: 78.-Des maîtres, de vrais maîtres!: 110.-\t« Le Christ, notre vraie joie »: 136.Samson, H.- La chair qui donne la lumière: la Vierge: 252.Spry, G.-La Canadian Radio League (Corn): 352.Vachon, A.- Chronique des lettres: 21, 52, 83, 116, 148, 180, 210, 362.Vaillancourt, J.-G.- Étude sociologique de la région de Saint-Jérôme: 59.II.-MATIERES Articles, Au fil du mois, Éditoriaux (Édit.), Commentaires (Comm.), Citations (Cit.), Correspondance (Corr.).ACCIDENTS DE TRAVAIL.-mortels de travail, G.H.: 119.-\tLa prévention des \u2014: une responsabilité conjointe, G.H.: 184.\u2014\tV.Métro.ACTION CATHOLIQUE.- De 1\u2019\u2014 à l\u2019Action des catholiques?, G.R.: 243.AFFILIATIONS SYNDICALES.- V.Professeurs.AFRIQUE.- Le Cardinal en \u2014, G.R.: 56.ALLEMAGNE.- Le premier président de la République fédérale d\u2019\u2014 et les Juifs, S.M.-Noëlle-de-Sion: 265.AMÉRIQUE LATINE.- De Gaulle en \u2014, L.d\u2019A.: 334.AMOUR CONJUGAL.- L\u2019\u2014chrétien - I, M.M.: 318.A.P.I.- L\u2019\u2014 et le Code du travail (Édit.): 221.ASSOCIATIONS OUVRIÈRES « RECONNUES ».-Les \u2014, G.IL: 17.AUTOMATION.- L\u2019\u2014 (déclaration des évêques) (Édit.): 284.AUTONOMIE PROVINCIALE.- V.Mouvement syndical.BICULTURALISME.- Le \u2014 - I, II, R.B.: 131, 163.-\t« Bilinguisme et \u2014 au Canada » (Conseil de la vie française), R.A.: 187.BILINGUISME.« \u2014 et biculturalisme au Canada » (Conseil de la vie française), R.A.: 187.BILL 60.- Le \u2014 et la démocratie totalitaire (Édit.) : 65.\u2014\tV.Episcopat, Comité catholique, Conseil supé- rieur de l\u2019éducation.BRÉSIL.- Au \u2014 (après le départ de M.J.Goulart), L.d\u2019A.: 156.CAMARADES.- Entre camarades (Kr.et Mao), L.d\u2019A.: 185.CANADA - V.Langues parlées, Minorités françaises, Religion.CANADA FRANÇAIS.- L\u2019Université McGill et le \u2014, G.H.: 24.CANADIAN RADIO LEAGUE.- (devenue Broadcasting League) (Corr.), G Spry: 352.CANADIENS.- Des \u2014 lucides et fiers, G.R.: 335.CANADIENS FRANÇAIS.- V.Religion.CASTRO (JUANA).-Le témoignage de Juana \u2014, L.d\u2019A.: 271.CATÉCHISME.- Le nouveau \u2014, J.-P.L.: 270.CAVALIER SEUL.- (De Gaulle vs Allemagne et États-Unis) (Édit.): 251.CHANT SACRÉ.- Paroisse et \u2014, J.-P.L.: 242.CHICOUTIMI.- Deux congrès: Nicolet, \u2014 \u2014 Le Congrès de Liturgie, M.D.: 303.CHILI.- Le \u2014 élit un démocrate chrétien, L.d\u2019A.: 302.CHRÉTIENS 65.-: croyants ou pratiquants?, J.Lemieux: 365.CHYPRE.- La première république de \u2014-, L.d\u2019A.: 89.-\tL\u2019O.N.U.et \u2014 (Édit.): 98.-\tL\u2019île malheureuse de \u2014, L.d\u2019A.: 212.CINEMA.-Le \u2014 de 1963 et notre culture, J.C.: 49.-Le \u2014 a-t-il la foi?- I, II, G.R.: 76, 111.-\tTrouble-fête, H.-M.Robillard, O.P.: 150.CLAUDE RYAN.-V.Devoir.CODE DU TRAVAIL.- Le \u2014 (Édit.) : 97.-\tUn \u2014 décevant, G.H.: 105.-\tMenace de grève et \u2022\u2014(Édit.) : 129.-\tUn \u2014 en bonne voie (Édit.): 161.-\tL\u2019A.P.I.et le \u2014 (Édit.) : 221.-\tLe \u2014: historique et contenu - I, G.H.: 261.-\tV.Associations ouvrières, Différends industriels, Droit de grève, Travail.COLLABORATION OUVRIERE PATRONALE.-L\u2019avenir de la \u2014 au Québec, G.H.: 26.COMMISSION DES RELATIONS DE TRAVAIL.-V.Différends industriels.COMMISSIONS SCOLAIRES.- Les \u2014 entre hier et demain, A.P.: 331.COMITÉ CATHOLIQUE.- Le futur \u2014 aura-t-il le droit d\u2019initiative?, R.A.: 90.COMMUNICATION SOCIALE.- Le décret du Concile sur les moyens de \u2014, J.C.: 7.CONCILE.- Le décret du \u2014 sur les moyens de communication sociale, J.C.: 7.-Le difficile travail du \u2014, L.d\u2019A.: 336.-\tLe cardinal (Léger) plaide au - la cause de l\u2019amour, M.M.: 348.-\tV.Dialogue pastoral, Latin conciliaire, Lettre, Liturgie, Paul VI, Rapports judéo-chrétiens.CONFÉRENCE DE QUÉBEC.- La \u2014 1864 (Édit.): 283.,\t,\t, CONFERENCE FEDERALE PROVINCIALE.- La \u2014 d\u2019Ottawa (Édit.) : 2.-\t$1.25 de l\u2019heure et la \u2014 des ministres du Travail, G.H.M19.CONGRÈS.- Deux \u2014: Nicolet, Chicoutimi \u2014 le 4e \u2014 de spiritualité: Le \u2014 de Liturgie, M.D.: 303.CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA FAMILLE.- Le \u2014 (Édit.): 162.372 RELATIONS CONSEIL SUPÉRIEUR DE L\u2019ÉDUCATION.- Pour un \u2014 organisé et efficace (Édit.): 250.CONSEIL SUPÉRIEUR DU TRAVAIL.- Le \u2014 et la Loi de la convention collective, G.H.: 240.CONSENTEMENT.- Notre \u2014 nord-américain, O.B.: 11.CONSTITUTION.- Le rapatriement de la \u2014 (Édit.): 315.CORPORATION.-et syndicat: les chances d\u2019une coexistence pacifique (ingénieurs), E.M.: 144.COURAGE.- Le \u2014 d\u2019être Canadien (Édit.) : 162.CRISE DE LA FOI.-chez les jeunes et responsa- bilité du laïc, D.M.: 170.C.S.N.- La \u2014 en progrès, G.H.: 302.CROYANTS.- V.Chrétiens 65.DA-DAISME.-soviétique, L.d\u2019A.: 334.DE GAULLE.-et les cinq autres, L.d\u2019A.: 119.-en Amérique latine, L.d\u2019A.: 334.DE KONINCK.- V.Naissances.«DEVOIR».-Le nouveau directeur du\u2014(Claude Ryan) (Édit.) : 162.DIALOGUE PASTORAL.- Un fructueux dialogue pastoral (Hull), J.-P.L.: 212.DIFFÉRENDS INDUSTRIELS.- Le règlement des \u2014 et la Commission des relations de travail, G.H.: 297.DROIT DE GREVE.- Le \u2014 dans les services publics, G.H.: 198.ECCLESIAM SUAM.-ou l\u2019Église en dialogue avec le monde (Édit.) : 249.-\tV.Encyclique, Paix.ÉCOLE CHRÉTIENNE.- Réflexions sur P\u2014, J.C.: 257 ÉDUCATION.- V.Maîtres.ÉGLISE.- Ce que 1\u2019\u2014 demande au monde (discours de Bethléem) (Édit.) : 33.-\tL\u2019\u2014 et le monde moderne, L.d\u2019A.: 67.-\tLe drame de 1\u2019\u2014 en U.R.S.S., L.d\u2019A.: 99.-\tEcclesiam suam ou 1\u2019\u2014 en dialogue avec le monde , (Édit.): 249.EGLISE DES PAUVRES.- A quand 1\u2019 « \u2014 » ?, J.C.: 327.ENCYCLIQUE (Ecclesiam suam).- Commentaire communiste de 1\u2019\u2014 (Édit.) : 282.ÉPISCOPAT.- « Cette consultation préalable de 1\u2019\u2014», (Bifl 60), J.C.: 89.V.Paul VI.ESTHÉTIQUE.- L\u2019\u2014 n\u2019est pas la morale, P.G.: 82.EUROPE.- Paul VI et 1\u2019\u2014 à faire (Édit.): 65.-\tV.De Gaulle.EXEMPLE.- \u2014 à imiter, J.d\u2019A.: 336.EXERCICES SPIRITUELS.- Le II» Congrès des \u2014 de saint Ignace, J.L.: 156.EXPLICATIONS.- A l\u2019heure des \u2014 (limogeage de K.) L.d\u2019A.: 365.FAMILLE.- Trois qualités de la \u2014 Canadienne française (Doc.), S.E.G.Vanier: 120.-\tLe Conseil supérieur de la \u2014 (Édit.) : 162.-\tŒcuménisme autour de la \u2014 canadienne, J.C.: 201.FEMME.- La vocation éternelle de la \u2014, M.M.: 230.-\tAbsences et présences de la \u2014, J.d\u2019A.: 364.FEMMES.- Idéal de \u2014, J.d\u2019A.: 27.FÊTE DES MALADES.- La \u2014, J.-P.L.: 56.FILMS.- V.Liberté.FONCTIONNAIRES.- Droit de libre association pour les\u2014?(Édit.): 347.FRANÇAIS.- N\u2019en tient-il qu\u2019à nous?, J.d\u2019A.: 58.-\tPour l\u2019amour du \u2014 (Bulletin C\u2019est-à-dire), J.d\u2019A.: 212.-\tV.(Au service du) Français, Exemple.FRANÇAIS.- (Au service du): J.d\u2019A.: -\tLes pièges du complément: 20.-\tAvant la fin de la saison: 56.-\tAvanies quotidiennes : 87.-\tSans réticence: 114.-\tTel que prévu: 147.-\tDe quelques maladresses: 179.-\tInlassablement: 221.-\tSouhaits sans illusion: 239.-\tEntre un compliment et un soupir: 280.-\tLe voulons-nous vraiment?: 301.-\tEncouragement: 333.-\tDécouragement?, 361.FULTON (M.Davie).- V.Québec.GALILÉE.- L\u2019affaire \u2014, L.d\u2019A.: 168.GESTE ŒCUMÉNIQUE.- Un grand \u2014 (remise du chef de saint André) (Édit.): 314.« GOULASCH ».- « \u2014 » et pains azymes (Édit.) : 130.GREVE.- Menace de \u2014 et Code du travail (Édit.) : 129.GROUPES ETHNIQUES.\u2014 V.Langues parlées, Religion.HAITI.- Nos\u201e missionnaires d\u2019\u2014 (nos missionnaires expulsés) (Édit.): 66.HEUSS (THÉODOR).- V.Allemagne.HONGRIE.-Le Saint-Siège et la \u2014 (Édit.): 313.I.C.E.A.\u2014 V.Information.INCOMPRÉHENSION.- « Le drame de 1\u2019\u2014 » (Les époux Buelens), J.d\u2019A.: 335.INDÉPENDANCE DU QUÉBEC.- Gâcheur d\u2019une belle cause, J.d\u2019A.: 88.INFIRMIÈRES.- Le conflit des \u2014 (Édit.): 193.INFORMATION.- Une enquête sur 1\u2019\u2014 (colloque de l\u2019I.C.É.A.), J.C.: 213.INFORMATION OFFICIELLE.- L\u2019\u2014 en marche au Québec, G.H.: 25.INGÉNIEURS.- V.Corporation.INSTITUT DESJARDINS.- Une splendide réalisation: 1\u2019\u2014-, I.D.: 26.JACQUES MARITAIN.- Lettre à \u2014, L.d\u2019A.: 5.JEUNES.- Les \u2014 et les adultes (manifestes), J.-P.L.: 185.-\tV.Crise de,la foi.JEUNESSE ETUDIANTE.- « La \u2014 du Québec en 1964 » (enquête de Collège et Famille), G.R.: 187.JOHNSON.-à la présidence, L.d\u2019A.: 366.JUIFS.- Le premier président de la République fédérale d\u2019Allemagne et les \u2014, S.M.-Noëlle-de-Sion: 265.-\tL\u2019Église et les \u2014 (Cit.): 315.-\tV.Juive.JUIVE.- La question \u2014 (au Concile) (Édit.) : 346.KENNEDY.- V.Tragédie.KILLINEC.- Les droits du Québec sur l\u2019île et sur le poste esquimau de \u2014, M.B.: 177.KROUCHTCHEV.-au Danemark, L.d\u2019A.: 242.LaFARGE.- John \u2014, S.J., L.d\u2019A.: 27.LA FONTAINE.-et les problèmes de notre temps, J.M.: 359.LAÏC.- V.Crise de la foi.LANGUES PARLÉES.-chez les groupes ethniques au Canada, R.A.: 15.-chez les groupes ethniques au Québec, R.A.: 47.-chez les groupes ethniques à Montréal, R.A.: 74.LA REINE A QUÉBEC.- Après la visite de \u2014 (Édit.) : 314.LATIN CONCILIAIRE.- Les joyeusetés du \u2014, L.d\u2019A.: 364.LA VIERGE.- La chair qui donne la lumière: \u2014, H.S.: 252.LE CARDINAL (P.-E.Léger).-V.Concile.LE CHRIST.- « \u2014, notre vraie joie » (Paul VI, discours de Pâques), G.R.: 136.LECTURE DU MOIS.- Étude sociologique de la région de Saint-Jérôme, J.-G.V.: 59.-Approches œcuméniques, J.L.: 214.-La frontière Québec-Terreneuve, T.M.: 272.-\tHistoire de la littérature canadienne-anglaise, M.L.: 337 LÉPROSERIES.- V.Afrique.LES 15-25.-(programme du F.Untel), J.-P.L.: 356.LETTRE.-de Paris, L.d\u2019A.: 236.-de Rome, L.d\u2019A.: 254.-du Vatican, L.d\u2019A.: 284.-du Concile: l\u2019heure des évêques, L.d\u2019A.: 316.LETTRES (CHRONIQUE DES) : A.V.- Trois romanciers: Jean Pellerin, Paule Saint-Onge, Louise Ma-heux-Forcier: 21.-\tL\u2019univers du roman et l\u2019ordre moral: 52.-\tPour une morale du risque - A propos d\u2019une contro- verse et de deux essais récents: 83.-Paul Chamberland: poésie et révolution: 116.-\tCinq romanciers: 148.-\tL\u2019année poétique: 180.-\tNouvelle prose: 210.-\tTardif début de saison: 362.Lettres et Écritures.- Une nouvelle revue: \u2014, A.V.: 26.LIBERTÉ.- La \u2014 des masses par le contrôle des films, J.C.: 102.LIBERTÉ DE CONSCIENCE.-et mariages mixtes, L.O.: 194.LIBRE ASSOCIATION.- Droit de \u2014 pour les fonctionnaires ?(Édit.) : 347.LITTÉRATURE CANADIENNE-ANGLAISE.-» Histoire de la \u2014 », M.L.: 337.LITURGIE.- La constitution sur la \u2014 (Édit.) : 1.-\tLa constitution conciliaire sur la \u2014, J.l\u2019A.: 41.-\tV.Congrès, Réforme liturgique.LIVRE.- Une législation sur le \u2014?, J.C.: 186.LOI DE LA CONVENTION COLLECTIVE.- Pour une réforme de la \u2014, J.B.: 43.-\tLe Conseil supérieur du travail et la \u2014, G.H.: 240.MACLEAN.- Ce sondage de Maclean (sur la pratique religieuse) (Édit.): 283.« MAÎTRE CHEZ SOI ».- Etre \u2014 (chanoine Groulx), G.R : 213.MAITRES.- Des \u2014, de vrais \u2014!, G.R.: 110.MANITOBA.- V.Survivance française.MARIAGES MIXTES.- Liberté de conscience et \u2014, L.\tO.: 194.MARIE DE L\u2019INCARNATION.-: première reli- gieuse missionnaire?, M.S.-S.Pouliot: 138.MARTIN LUTHER KING.-Le Prix Nobel à \u2014 (édit.): 345.MASSES.- V.Liberté.MÉTRO.- Le \u2014 et les vies humaines, G.H.: 303.-\tV.Accidents de travail.MINISTRE DE L\u2019ÉDUCATION.- Au nouveau \u2014, bonne chance! (Édit.): 161.MINORITÉS FRANÇAISES.- Comportement linguistique des \u2014 au Canada - I, II, R.A.: 108, 141, MISSIONNAIRES.- Nos \u2014 d\u2019Haiti (Édit.): 66.MŒURS CHRÉTIENNES.- Nos \u2014 (Madeleine Cour-noyer), J.C.: 57.MONDE MODERNE.- L\u2019Église et le \u2014, L.d\u2019A.: 67.Monde nouveau.- Nos meilleurs vœux à « \u2014 », R.A.: 185.MONDIALISME.- Le \u2014, R.B.: 222.MORALE.- L\u2019esthétique n\u2019est pas la \u2014, P.G.: 82.-\tV.Lettres.MOUVEMËNT PAX.- Le \u2014 et le Cardinal (Wyszyns-ki), L.d\u2019A.: 301.MOUVEMENT SYNDICAL.- L\u2019autonomie du \u2014 canadien, G.H.: 175.-\tL\u2019autonomie provinciale dans le \u2014 canadien, G.H.: 228.NAISSANCES.- La régulation des \u2014, J.d\u2019A.: IV : Non pas tabou, mais juste fécondité: 3.V: Valeurs de la sexualité: 39.VI: Caractères de la sexualité: 165.VII: Pilules ou maîtrise de soi ?: 225.VIII: L\u2019obsession du «besoin» sexuel: 259.IX: Nature et grâce: 287.X: Évangile d\u2019hier vécu aujourd\u2019hui: 320.-\tM.de Koninck et la régulation des \u2014, M.M.: 336 -\tV.Incompréhension.NATIONALISME.- Le \u2014 I, II, R.B.: 68, 101.NATIONALISME, BICULTURALISME, MONDIALISME.- Le nationalisme - I, II, R.B.: 68, 101.-Le biculturalisme - I, II, R.B.: 131, 163.- Le mondialisme, R.B.: 122.NEHRU.- Jawaharlal \u2014, L.d\u2019A.: 213.NICOLET.- Deux congrès: \u2014, Chicoutimi \u2014, Le 4* Congrès de spiritualité, M.D.: 303.NOËL.- Souhaits et cartes de \u2014, J.d\u2019A.: 364.NOUVEAU-QUÉBEC.- Le \u2014 indien: pays d'occupation, M.B.: 44.-\tPerspectives de la recherche scientifique au \u2014, III, IV, M.B.: 79, 113.-\tLes raisons du Québec au \u2014, M.B.: 238.-\tFort-Sainte-Foy au service du \u2014 indien et esquimau, M.\tB : 267.ŒCUMÉNIQUES.- Approches \u2014, J.L.: 214.ŒCUMÉNISME.-ou propagande protestante ?, G.H.: 271.-\tOù se situe 1\u2019\u2014?, I.B.: 290.-\tV.Famille.O.N.U.- L\u2019\u2014 et Chypre (Édit.) : 98.« jÇe temple de la lumlexe » Belund Pour vos ampoules tubes fluorescents et fournitures électriques BEN BÉLAND, prés.JEAN BÉLAND, Ing.P., secr.-frés.7125, boul.Saint-Laurent, Montréal 274-2465* ETAGERES et MEUBLES D\u2019ACIER Bibliothèques \u2014 Fichiers \u2014 Appuis-livres \u2014 Classeurs pour plans \u2014 Etagères vitrées pour instruments \u2014 Etagères d'entrepôt, etc.&M0NTEL INC.C.P.1300, Montmagny, Que.et 170-180 est, boul.Dorchester suite 109, Montréal, Que.\t861-7446 Estimations fournies sur demande sans obligation.DECEMBRE 1964 373 PAIX.- L\u2019appel de Paul VI pour la \u2014 (Édit.): 282.PARIS.-et Pékin, L.d\u2019A.: 91.PAROISSE.-et chant sacré, J.-P.L.: 242.PASTORALE D\u2019ENSEMBLE.- Une expérience de \u2014 (Sainte-Anne-de-la-Pocatière), J.-P.L.: 302.PAUL VI.-Le discours de clôture de \u2014 (2° session) (Édit.): 1.-défend la mémoire de Pie XII (Édit.): 33.-au peuple de Rome (Édit.) : 34.-\tEn Terre sainte avec \u2014, Mgr W.A.Carew: 34.-\tLes rencontres de Terre sainte, J.L.: 37.-et l\u2019Europe à faire (Édit.): 65.-fait l\u2019éloge de Pie XII (Édit.): 129.-\tLe dialogue et ses caractères (Cit.): 251.-\tL\u2019humble \u2014, G.R.: 272.-\tL\u2019allocution de \u2014 sur l\u2019épiscopat (ouverture de la 3e session) (Édit.): 281.-\tL\u2019aopel de \u2014 pour la paix (Édit.) : 282.-\tV.Église, Geste œcuménique, Le Christ, Pèlerin.PEARSON.\u2014 V.Courage.PÉDAGOGIE RELIGIEUSE.-et maturité, R.B.: ,10.PEKIN.- Paris et \u2014, L.d\u2019A.: 91.PÈLERIN (PAUL VI).- « \u2014 dans la terre de Jésus » (Édjt.) : 2.PENSÉE MARXISTE.- La semaine de la \u2014, I.C.: 81.PICASSO.- L\u2019exposition \u2014, C.L.: 117.PIE XII.- Paul VI défend la mémoire de \u2014 (Édit.) : 33.-\tPaul VI fait l\u2019éloge de \u2014 (Édit.): 129.« PLACE DU CANADA ».- Place à la « \u2014 », J.d\u2019A.: 88.PRIX NOBEL.- Le \u2014 à Martin Luther King (Édit.) : 345.PROFESSEURS.- Affiliations syndicales de ¦\u2014, G.H.: 366.PROPAGANDE PROTESTANTE.- Œcuménisme ou \u2014 ?, G.H.: 271.PSYCHIATRIE.-abusive, J.d\u2019A.: 58.QUÉBEC.- V.Information officielle, Killinec, Langues parlées, Nouveau-Québec, Régime de rentes, Religions, Salaire minimum, Terre-neuve.-Le \u2014 doit-il choisir l\u2019hypothèse canadienne?(M.Davie Fulton) (Édit.): 346.-V.La Fontaine.QUERELLE (MOSCOU-PEKIN).-De la \u2014 à la scission, L.d\u2019A.: 134.RAPPORT.- Un \u2014¦ à reprendre?, J.C.: 71.-Le \u2014 Bouchard et les publications officielles, G.H.: 90.-Le \u2014 Bouchard et le petit acheteur, A.P.: 118.-\tV.Livre.RAPPORT GÉNÉRAL.- Le « \u2014 du ministre du travail », G.H.: 90.RAPPORT WHEELER-DUPONT.- V.Régime de RAPPORTS JUDÉO-CHRÉTIENS.- Renouveau des \u2014, S.M.-Noëlle-de-Sion: 22.UNE RÉUSSITE FOUDROYANTE Ce n\u2019était pas un surhomme.Ni très beau, ni très laid, moyennement intelligent, pas très instruit ni très cultivé.Et pourtant, tout lui a réussi.Une épouse jolie et attrayante, de beaux enfants, un foyer confortable, une situation de premier plan, des perspectives d\u2019avenir intéressantes, une position sociale en vue.A quoi tient cette réussite alors que d\u2019autres, bien mieux doués, stagnent et végètent ?C\u2019est pourtant bien simple.Il a su reconnaître objectivement ce qu\u2019il valait, adapter judicieusement ses efforts à ses possibilités en évitant de viser trop haut ou trop bas.Il a exploité ses moyens à 100%.Vous aussi vous pouvez en faire autant en vous procurant un bilan impartial de votre valeur personnelle.Envoyez simplement un spécimen de VOTRE écriture à 1TNSTITUT INTERNATIONAL DE RECHERCHES GRAPHOLOGIQUES: (Dpt 69), Av.Victor Hugo à Boulogne s / Seine (France).Joignez $0.50 en timbres canadiens pour frais et vous recevrez, sans engagement pour vous, une brève étude psycho-graphologique qui vous fera comprendre que l\u2019exploitation rationnelle de vos possibilités peut vous garantir la réussite, tant sur le plan professionnel que familial ou social.RECENSEMENT DE 1961.\u2014 V.Langues parlées, Minorités françaises, Religions.RECHERCHE SCIENTIFIQUE.- V.Nouveau-Québec.RECONCILIATION.-La grande \u2014 ! (U.R.S.S.-Chine), L.d\u2019A.: 303.RÉFORME LITURGIQUE.- L\u2019instruction sur la \u2014 ,J.-P.L.: 356.RÉGIME DES RENTES.\u2014 Le \u2014 du Québec, une clé majeure (Rapport Wheeler-Dupont), I.D.: 135.-\tLe nouveau \u2014 du Québec, I.D.: 205.RÈGLEMENTS DE COMPTE.- A l\u2019heure des \u2014 (Édit.): 347.RELIGION (S).-et groupes ethniques au Canada, R.A.: 173.-et groupes ethniques au Québec, R.A.: 203.-\tQuelle est la \u2014 des Canadiens français?, R.A.: 233.-\tV.Maclean.RÉVOLUTION.-V.Lettres.REVUE CENTENAIRE.- Une \u2014 (The Month), L.d\u2019A.: 242.SAIGON.,- Du côté de \u2014, L.d\u2019A.: 186.SAINT-JÉRÔME.- Étude sociologique de la région de \u2014, J.,-G.V.: 59.SAINT-SIÈGE.- Le\u2014 et la Hongrie (Édit.) : 330.SALAIRE MINIMUM.- Le \u2014 au Québec, G.H.: 323.-\tV.Conférence fédérale-provinciale.SALAIRES.- Politiques de \u2014, G.H.: 155.SENS CIVIQUE.- La formation du \u2014 et les techniques de diffusion, J.C.: 294.SERVICES PUBLICS.- Le droit de grève dans les \u2014, G.FI.: 198.SOLITUDES.- « Il existe vraiment deux \u2014 », G.R.: 78.SPIRITUALITE.- V.Congrès.SURVIVANCE FRANÇAISE.- Les conditions d\u2019une \u2014\tau Manitoba, R.A.: 292.-\tLes chances d\u2019une \u2014 au Manitoba, I, II, R.A.: 329.357.SYNDICAT.- V.Corporation.TECHNIQUES DE DIFFUSION.- La formation du sens civique et les \u2014, J.C.: 294.Témoignages.- Une revue vivante et adaptée, J.-P.L.: 57.TERRENEUVE.- La frontière Québec-Terreneuve, T.M.: 272, TERRE SAINTE.- En \u2014 avec Paul VI, Mgr W.A.Carew: 34.-\tLes rencontres de \u2014, J.L.: 37.The Month.- Une revue centenaire, L.d\u2019A.: 242.TRAGÉDIE (assassinat du président Kennedy).\u2014 Réflexions sur une \u2014, L.d\u2019A.: 27.TRAVAIL.- Une journée fructueuse pour le monde du \u2014\t(Code du Travail) (Édit.) : 250.« TROUBLE-FÊTE ».- V.Cinéma.UGANDA.-Les saints Martyrs de 1\u2019\u2014, G.R.: 334.UNE BELLE CAUSE.- Gâcheur d\u2019\u2014 (indépendance du Québec), J.d\u2019A.: 88.UNIVERSITÉ McGILL.- L\u2019\u2014 et le Canada français (Comm.), G.H.: 24.U.R.S.S.- La crise du blé en ¦\u2014, L.d\u2019A.: 88.-\tLe drame de l\u2019Église en \u2014, L.d\u2019A.: 99.-\tV.Da-daïsme, « Goulasch ».VIE CANADIENNE.- « Il existe vraiment deux solitudes », G.R.: 78.VIET-NAM.- Questions et réponses sur le \u2014, L.d\u2019A.: 57.-\tNeutralisme au \u2014, A.B.: 289.III.- BIBLIOGRAPHIE A.\u2014 ANONYME ET EN COLLABORATION Anonymes (Auteur unique non identifié; auteurs multiples sans désignation collective.) -\tA l'écoute du Seigneur.Guide I, Fascicule C, Troisième trimestre (J.-P.Labelle) : 122.-\tBilan du monde (Encyclopédie catholique du monde chrétien) Tomes I et II (R.Arès): 338.-\tMéthode claire et facile pour bien faire l\u2019oraison mentale et pour s\u2019exercer avec fruit en la présence de Dieu (A.Dugré): 28.En collaboration (Divers auteurs sous la désignation En collaboration ou sous un nom collectif.) Archives des Lettres canadiennes, II.- L\u2019École littéiaire de Montréal, Bilan de l\u2019année 1961 (P.-E.Racicot) : 369.Association professionnelle des industriels.-Décrets et Comités paritaires (L.-M.Tremblay): 157.Bureau international catholique de l\u2019enfance.-Perspectives chrétiennes sur l'adoption (J.d\u2019Anjou): 308.Cahiers de l\u2019Académie canadienne-française, VII.- Profils littéraires (R.Dionne): 276.Centre catholique des Intellectuels français.-Catholicisme un et divers (J.d\u2019Anjou): 338.Centre d\u2019études Laënnec.- L\u2019Enfant malformé (J.d\u2019Anjou) : 369.Concile œcuménique Vatican IL - Constitution de la sainte liturgie.Introd.par Mgr Henri Jenny (J.-P.Labelle): 157.Écrits du Canada français, VII.- (R.Dionne) : 218.En collaboration.\u2014 Almanach des métiers et des carrières (J.-P.Labelle): 217.-\tChronique bibliographique.Langue française (Lumen Vitae, XVIII) (J.-P.Labelle): 122.-Démocratie aujourd\u2019hui (R.Arès): 30.~ Economie Planning in a Democratic Society (R.Arès): -\tL\u2019Adoption (J.d\u2019Anjou) : 308.-\tLa Fonction du Conseil dans le processus de décision et de contrôle (G.Hébert) : 30.-Laïcs et Vie chrétienne parfaite (J.d\u2019Anjou): 158.-\tL\u2019Athéisme, tentation du monde, réveil des chrétiens ?(R.Arès) : 93.-\tLe Guide des carrières (J.-P.Labelle): 217.-\tLes 12-14 Ans.Une âge charnière (J.d\u2019Anjou): 125.-\tL\u2019Œuvre du chanoine Lionel Groulx.Témoignages bibliographiques (G.-E.Giguère): 218.-\tMrüer et Magistra : Reaction and Response (R.Arès): -\tNos hommes politiques (R.Arès) : 369.-Problèmes de l\u2019autorité (G.Pelland): 122.-\tRéflexions chrétiennes sur l\u2019éducation (R.Arès): 340.-\tSocialisation et relations industrielles (G.Hébert): 124.-\tUnion et Désunion des chrétiens (J.-P.Labelle) : 29.-\tValues in Conflict (R.Arès): 217.Groupe lyonnais d\u2019études médicales.- Paternité et Virilité (J.d\u2019Anjou): 369.Les Presses de l\u2019université de Toronto.- Literary History of Canada.Canadian Literature in English (M.Lebel): 337.Semaine sociale de France \u2014 La Montée des jeunes dans la communauté des générations.1961 (J.d\u2019Anjou): 275.-\tCaën 1963: La Société démocratique (R.Arès): 275.B.\u2014 AUTEURS IDENTIFIÉS Allen-Shore, L.- L\u2019Orage dans mon cœur (A.Vachon) : 182.-\tLe Pain de la paix (A.Vachon) : 182.Anciaux, P.- L\u2019Épiscopat dans l'Église.Réflexions sur le ministère sacerdotal (J.-P.Labelle): 273.Archambault, G.- Une suprême discrétion (A.Vachon): 149.Aumont, M.- Jeune fille, lève-toi! (J.d\u2019Anjou) : 29.Babin, P.- Documents pour enseignement catéchistique (J.-P.Labelle) : 29.Babin, P., et collaborateurs.- Dieu et l\u2019adolescent (J.-P.Labelle): 191.Barbeau, V - Le Français du Canada (J.d\u2019Anjou) : 277.Barjon, L.- Mondes d\u2019écrivains, destinées d\u2019hommes (J.d\u2019Anjou),: 276.Baron, R.- Éludes sur Hugues de Saint-Victor (G.Pelland): 216.Bars, H.- Introduction à la Foi (G.Bourgeault) : 273.Baum, G.-L\u2019Unité chrétienne d\u2019après la doctrine des papes, de Léon XIII à Pie XII (A.Dugré): 189.Baumgartner, C .-La Grâce du Christ (G.Pelland): 92.Bea, Card.A.- Pour l\u2019unité des chrétiens (L.d\u2019Apollo-nia) : 190.Bellet, M.- La Force de vivre (J.d\u2019Anjou): 123.-\tVocation et Liberté (J.d\u2019Anjou) : 190.Benoit, R.- Quelqu\u2019un pour m\u2019écouter (A.Vachon) : 210.Bernadette, Sainte.- Lettres et pages du Carnet de notes (G.Robitaille) : 274.Berthiaume, L.- Mon missel du dimanche (J.d\u2019Anjou) 122.Bouillard, H.- Blondel et le christianisme (G.Vallée): 94.Bouyer, L.- Dictionnaire théologique (G.Pelland): 189.Brunet, M.- Histoire du Canada par les textes, Tome II, 1855-1960 (R.Arès): 62.Carrière, G.- Histoire documentaire de la Congrégation des Mission.O.M.I.dans l\u2019Est du Canada, 1861-1961 (A.Dugré): 367.Carrouges, M.- Le Père de Foucauld et les Fraternités aujourd\u2019hui (J.-P.Labelle): 309.Caruso, I.-A.- Psychanalyse pour la personne (J.d\u2019Anjou) : 63.Chabot, J.- Montréal et le rayonnement des bibliothèques publiques (E.Desrochers) : 62.Chamberland, P.- Terre Québec (A.Vachon): 116.Chauchard, Dr P .-La Maîtrise de soi (J.d\u2019Anjou): 369.Chelini, J.- Petite Histoire des grands Conciles (G.Pelland): 60.Chiasson, H.- Première Présentation de Dieu au tout-petit (J.-P.Labelle): 94.Chopin, C.- Le Verbe incarné et rédempteur (G.Bourgeault): 188.Clement, B.- Légende de Notre-Dame de Liesse (P.-É.Racicot): 158.Cloutier, E.- Croisière (A.Vachon) : 149.Colson, J.- Un roi fit des noces à son fils (G.Hébert): 60.Congar, Y.M.-J.- Sacerdoce et laical devant leurs tâches d\u2019évangélisation et de civilisation (G.Pelland) : 28.-\tLa Foi et la Théologie (G.Pelland): 32.Corriveau, M.- Le Wapiti (J.d\u2019Anjou) : 246.Coste, R.- Mars ou Jésus?La conscience chrétienne juge la guerre (R.Arès): 124.Courteau-Dugas, B.- Énchantements (J.-P.Labelle): 308.Cyrille de Jérusalem, Saint.- Catéchèses baptismales et myslagogiques (G.Bourgeault): 305.Daille, R.- Enquêtes et Pastorale (J.-P.Labelle) : 273.Daniélou, J.- Nouvelle Histoire de VÉglise, I.Des origines à Grégoire le Grand (L.Pouliot) : 190.374 RELATIONS Dansereau, P.- Contradictions et biculture (R.Arès): 307.Daujat, J.- Psychologie contemporaine et Pensée chrétienne (J.d\u2019Anjou) : 126.de Chalendar, X.- Les Prêtres (R.Arès): 60.-\tTu aimeras (J.d\u2019Anjou): 304.de Finance, J.- Essai sur l'agir humain (J.Racette): 216.Defossa, J.et M.-L.- Entre tes mains, Seigneur (L.Berthiaume) : 28.-\tEnsemble vers le Seigneur.La formation religieuse en famille (J.-P.Labelle): 273.de Fradas, J.- La Grèce (R.Bourgeault) : 342.de Koninck, C.- Tout homme est mon prochain (R.Arès): 216.de Kruif, P.- La Guerre contre les microbes (B.Taché) : 246.Demal, J.-Zoologie (D.Senécal): 63.DE Nevers, E.- L\u2019Avenir du peuple canadien-français (R.Arès): 368.Derome, G.- Dire pour ne pas être dit (A.Vachon) : 180.de Smedt, Mgr E.-J.- L\u2019Amour conjugal.Pastorale et Dialogue (G.Robitaille): 93.Desrosiers, L.-P.- Dans le nid d'aiglons, la colombe (Jeanne Le Ber) (G.Robitaille) : 123.Destouches, C.- Une femme répond à des femmes, II.Le bonheur se construit (J.d\u2019Anjou) : 94.d\u2019Heilly, A.- Amour et Sacrement (J.-P.Labelle) : 244.Dominique, C.- Le livre d'images de l'Amour maximum (Sr S.-Thérèse-du-Divin-Cœur) : 274.Dorion, H .-La Frontière Québec-Terreneure (T.Mi-gnault) : 272.Dournes, J.- Dieu aime les païens.Une mission de l\u2019Église sur les plateaux du Viêt-nam (L.d\u2019Apollonia): 121.du Laurens, A.- Le Loisir et les Loisirs.Choix de textes des papes et des évêques (R.Arès): 191.Dumont, F.- L\u2019Analyse des structures sociales régionales.Éludes sociologique de la région de Saint-Jérôme (J.-G.Vaillancourt) : 59.Duthilleul, P.- L\u2019Évangélisation des Slaves (J.Ledit) : 245.Dyckmans, G.- Initiation au métier d\u2019écrire, I : Bréviaire de la méthode (J.d\u2019Anjou): 308.Egermann, J.- La Charité dans la Bible (G.Hébert) : 92.Estienne, Y.- Une flamme dans le vitrail.Souvenirs sur Mgr Ghika (A.Dugré): 123.Evdokinov, P.-Gogol et Dostoievsky (J.Ledit): 214.Fabien, Frère.- Asbestos (G.Robitaille) : 246.Fargues, M.- L\u2019Enfant devant le mystère de la mort (J.-P.Labelle): 245.Ferrante, N.- Saint Gérard Majella (A.Dugré): 61.Fischer, B.- Le Peuple de Dieu autour de l\u2019autel (J.-P.Labelle): 157.Fournier, R.- Inutile et adorable (A.Vachon): 148.FrÉGAULT, G.- Histoire du Canada par les textes.Tomes I et II (R.Arès): 62.Froidure, E.- L\u2019Éducation aux valeurs (J.d\u2019Anjou): 274.Gaboriau, F.- Phénomène de l\u2019existence (J.d\u2019Anjou): 28.-\tPhénoménologie de l\u2019existence.Gravitations 2.« Nou- velle initiation philosophique », t.3 (J.d\u2019Anjou): 216.Galot, J.- Eucharistie vivante (A.Dugré): 188.Gaudet-Smet, F.- Heures d\u2019amour (J.-P.Labelle) : 61.Gendron, Dr L.- Quel est votre quotient psycho-sexuel ?(J.d\u2019Anjou) : 126.-\tL\u2019adolescente veut savoir (J.-P.Labelle) : 215.Genuyt, F.-M.- Le Mystère de Dieu (G.Bourgeault) : 92.Georges-Albert (Fr.).- La Vie religieuse dans le paradoxe de l\u2019Évangile (A.Dugré): 123.Gérard-Libois, J.- Énsemble vers le Seigneur.La formation religieuse en famille (J.-P.Labelle): 273.Gérin, E.- Pour une éducation sexuelle (J.d\u2019Anjou) : 30.Giron, M.-Nous voici Seigneur (J.-P.Labelle): 122.Girouard, L .-La Ville inhumaine (A.Vachon): 211.Godin, A.\u2014 La Relation humaine dans le dialogue pastoral (J.d\u2019Anjou): 339.GÔRRES, I.- Sur le célibat des prêtres (J.-P.Labelle): 216.Gosselin, Mgr P.-É.- L\u2019Empire français d'Amérique (R.Arès): 95.Gougenheim, G.- Les Mots français dans l\u2019histoire et dans la vie (J.d\u2019Anjou) : 369.Grandamy, G.- Bibliothèques et Culture (J.d\u2019Anjou): 277.Grimberg, C.- Histoire universelle (J.-P.Labelle) T.1: De l\u2019aube des civilisations aux débuts de la Grèce antique: 30.T.2: La Grèce et les origines de la puissance romaine: 62.T.3: Rome, l\u2019Antiquité en Asie orientale, les grandes invasions: 62.Guelly, R .-La Création (G.Bourgeault): 121.Guillet, J.- Jésus-Christ, hier et aujourd\u2019hui (J.d\u2019Anjou) : 339.Guimond, J.-C., et une équipe liturgique.- Monitions liturgiques (J.-P.Labelle): 157.Guitton, J.- L\u2019Église et les Laïcs (J.-P.Labelle): 158.Guy, M.- Le Cœur humain de Lacordaire (A.Dugré): 61.Hamel, C.- Prix David (A.Vachon) : 32.Hamman, A.- Le Baptême, l\u2019Initiation chrétienne (G.Brien): 188.-\tLa Prière, IL Les trois premiers siècles (G.Pelland): 244.Hardouin, R.- La Prodigieuse Confiance de Joseph-Benoît Cottolengo (L.Pouliot): 216.Hoesl, P.-Mon bel amour (J.-P.Labelle): 29.-\tChante, ma joie! (J.-P.Labelle) : 30.Honoré, J.- Itinéraire spirituel de Newman (R.Arès) : 342.Hoppenot, M.-P.\u2014 Midi sur le monde (J.-P.Labelle) : 339.Hostie, R.- Le Discernement des vocations.- L\u2019Entretien pastoral (J.d\u2019Anjou) : 339.Hougardy, M.- Essai sur la rhétorique el Véloquence aujourd'hui et dans le passé (J.d\u2019Anjou): 308.Ignace de Loyola, Saint.- Correspondance avec les femmes de son temps, par Hugo Rahner, S.J.(T.Mi-gnault): 340.Ildebrando.- L\u2019Idéal de l\u2019Unité dans l\u2019Église.Projet pour la conversion du monde (J.-P.Labelle) : 122.Jacob, E.-C.- Le Cinéma el VAdolescent (J.Cousineau): 63.Jasmin, C.- Ethel et le terroriste (A.Vachon): 210.Jean XXIII, S.S.- Pacem in terris (Introd., annotations et index par Mgr Bernard Lalonde) (R.Arès) : 123.Jounel, P.- Les Rites de la messe (J.-P.Labelle): 157.Jungmann, J.A.- La Liturgie des premiers siècles jusqu'à l'époque de Grégoire le Grand (J.-P.Labelle) : 60.Kirschbaum, E.- Les Fouilles de Saint-Pierre de Rome (É.Papillon) : 245.KÜNG, H.- Pour que le monde croie.Lettres à un jeune homme (J.-P.Labelle) : 93.Kushner, E.- R ma Lasnier (J.-P.Labelle) : 245.La Colombière, B.Claude.- Écrits spirituels (Introd.et notes par A.Ravier) (G.Hébert): 123.Lacroix, J.- Histoire et Mystère (J.d\u2019Anjou): 29.Lafon, M.- Le Père Peyriguère (J.-P.Labelle) : 367.Laplace, J.- La Femme et la Vie consacrée (Sr S.-Thérèse-du-Divin-Cœur) : 340.LarivièRE, J.-J.- Connaissances catéchétiques et contrôle objectif (J.-P.Labelle) : 339.Lasnier, R.\u2014 Les Gisants suivi des Quatrains quotidiens (J.-P.Labelle): 125.Latourelle, R.- Théologie de la révélation (J.d\u2019Anjou) 244.Laurentin, Abbé R.- La Question mariale (G.Pel-land): 157.-\tL\u2019Enjeu du Concile, III: Bilan de la deuxième session (G.Robitaille): 189.Le Blanc, E.-Les Acadiens (R.Arès): 309.Leclercq, Chan.J.- Saisir la vie à pleines mains.Traité de morale (J.d\u2019Anjou) : 304.Légaut, M.- Travail de la foi (G.Bourgeault): 60.Legris, I.-Parvis sans entrave (A.Vachon): 182.Lemaire, H.- François de Sales (A.Dugré): 215.Lemelin, C.-Le Canada français et le Tiers-Monde (R.Arès): 126.Le Moyne, G.- Factures acquittées (A.Vachon): 181.Lemoyne, W.- Sauf-conduits (A.Vachon): 181.Le Normand, M.- La Statue de Sœur Bourgeoys (P.-É.Racicot): 158.Léon-Dufour, X.- Les Évangiles et l\u2019histoire de Jésus (R.Bourgault) : 188.Levert, P.- L\u2019Idée de commencement (J.d\u2019Anjou) : 274.-\tL\u2019Église catholique en Pologne (J.Ledit): 306.Lévesque, A.- Les Mensonges du bill 60 (P.Labarre) : Lewis, J.- Conduite d\u2019une retraite ignatienne (J.-P.Labelle) : 215.Lydolph, P.Ê.- Geography of the U.R.S.S.(J.Ledit) : 245.Magnan, J.-C.- Silhouettes (R.Arès): 370.Maheux-Forcier, G.- Amadou (A.Vachon): 22.Maignial, G.\u2014L\u2019Europe commencée (L.d\u2019Apollonia) : 246.Maillet, A.- Élémentaires (A.Vachon): 362.Malley, F.- Inquiétante Amérique latine (G.Robitaille): 61.Marie-Andrée-du-Sacré-Cœur (Sr).- Uganda, terre de martyrs (A.Dugré) : 244.Marie Lioba (Sr).- Le vrai Visage de saint Jean Berch-mans (L.Pouliot): 61.Marion, J.-C .-Le Canada français et le Tiers-Monde (R.Arès): 126.Marion, S.- L'Acte de Québec, concession magnanime ou intéressée ?(R.Arès): 306.Maritain, J.- Journal de Raïssa (L.d\u2019Apollonia) : 215.Marrou, H.- Nouvelle Histoire de l'Église, I.Des origines à Grégoire le Grand (L.Pouliot): 190.Martin, Y.- L\u2019Analyse des structures sociales régionales.Étude sociologique de la région de Saint-Jérôme (J.-G.Vaillancourt): 59.Mathieu, C.-Simone en déroule (A.Vachon): 148.M aurette, M.- Le Procès de sainte Thérèse de T Enfant-Jésus (J.-P.Labelle) : 367.McAuley, C.- Ceux que Dieu n'a pas unis.Témoignage d\u2019un couple (J.d\u2019Anjou): 218.Ménard, J.-Les Myrtes (A.Vachon): 181.Mercure, Dom G.- Messe pour la nef (J.-P.Labelle): 122.Meredith Murray, S.- La Genèse de « Dialogue des Carmélites » (A.Vachon): 95.Merton, T.- Nouvelles Semences de contemplation, I (J.-P.Labelle): 305.Michonneau, G.- Propos sur la prédication (A.Dugré) Moeller, C.- Mentalité moderne et Évangélisation (G.Pelland) : 63.Mongeau, Y.- Veines (A.Vachon): 362.Monteil, V.- L\u2019Islam (R.Bourgault): 342.More, saint Thomas.- Lettre à Dorp, La supplication des âmes (A.Dugré): 305.Morin, R.P.- Missel quotidien et vespéral (R.Arès): 122.Moubarac, Y.- Catéchisme pour adultes à Saint-Sêvé-rin (J.-P.Labelle) Tome IV: Morale et réalités sociales: 338.Tome II: Dogme, Bible et liturgie: 339.Mucchielli, R.- Philosophie de la médecine psychoma-tique (J.d\u2019Anjou) : 274.E I E MOT DE PASSE Un mot de passe qui signifie pour le client: EXPÉRIENCE.INTÉGRITÉ.EFFICACITÉ.trois qualités qui ont bâti la réputation de JETTÉ depuis sa fondation dans le domaine du chauffage et de la plomberie.Votre intérêt et votre tranquillité vous conseillent de faire confiance à Jetté.ooo ooo ooo ooo sm PLOMBERIE CHAUFFAGE «O.le travail devient oeuvre.chef-d\u2019œuvre ».849-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL La haute fidélité stéréophonique à son meilleur Grand choix de disques stéréo CITÉ ÉLECTRONIQUE 3165, rue Hochelaga Montréal 4, 525-2551 Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de Ha ê>aubeprbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Siège social : Montreal DECEMBRE 1964 375 Nadeau, E.- Victor Lelièvre, pêcheur d\u2019hommes (W.Gariépy) : 367.Neugier, L.-R.- La Préhistoire (R.Bourgault) : 342.Nibault, M.- Ta Parole est notre vie (G.Hébert): 28.O\u2019Donnel, T.J.- La Morale en médecine (J.d\u2019Anjou): 275.ONIMUS, J.- Face au monde actuel (J.d\u2019Anjou): 307.Osler, E.-B.- Louis Riel.Un homme à pendre (R.Arès) 308.Oster, H .-Le mystère pascal dans la pastorale (J.Hon-fleur): 189.Page, P.- Saint-Exupéry et le monde de l\u2019enfance (A.Vachon) : 31.Palanque, J.-R.- Petite Histoire des grands Conciles (G.Pelland) : 60.Papineau, L.-J.- Histoire de VInsurrection du Canada (G.-É.Giguère): 124.Paradis, L.-R.- Carcimone (A.Vachon): 181.Parizeau, A.- Fuir (A.Vachon) : 149.Pellerin, J.- Un soir d'hiver (A.Vachon): 21.Perrier, L.- Du temps que j'aime (A.Vachon) : 180.Pie XII.- Santé morale et Psychologie (J.d\u2019Anjou) : 274.Pinsonneault, J.-P.-Les Terres sèches (J.d\u2019Anjou): 246.Quinn, H.F.- The Union Nationale.A Study in Quebec Nationalism (P.L\u2019Allier): 217.Quiroga, E.- Les Bras du vent (R.Daoust) : 32.Rabut, O.-A.- Valeur spirituelle du profane (R.Arès): 29.Ranwez, P.- Ensemble vers le Seigneur.La formation religieuse en famille (J.-P.Labelle) : 273.Régnier, R.- L\u2019Inde et les pays indianisés (R.Bourgault) : 342.Renard, Mgr A.-C.- Prêtres diocésains d\u2019aujourd\u2019hui (A.Dugré): 340.Richer, E.- Français parlé, français écrit (Sr M.-Saint-Jean-d\u2019Êphèse) : 368.Richer, M.-Aurore (A.Vachon): 181.Robert, G.- Littérature du Québec,Tome I (A.Vachon) : 180.Robidoux, R.- Roger Martin du Gard et la religion (P.Angers) : 368.Robillard, H.-M.- Blanc et Noir (A.Vachon): 181.Roguet, A.-M.- Notre foi.- Notre sacrifice (J.-P.Labelle): 157.Rothberg, A.- L\u2019Histoire vécue de la seconde guerre mondiale, I, II, III, IV (R.Arès): 367.ROUSSELET, M.- Qu allons-nous faire de lui?qu\u2019allons-nous faire d\u2019elle?(J.-P.Labelle): 191.ROUSTANG, F.- Une initiation à la vie spirituelle (J.d\u2019Anjou) : 93.Roy, G.-La Montagne secrète (J.d\u2019Anjou): 369.Roy, P.-É.- Les Intellectuels dans la cité (R.Arès) : 124.-L\u2019Engagement chrétien (J.d\u2019Anjou): 191.Sabourin, L.- Rédemption sacrificielle (J.d\u2019Anjou) : 28.-\tLes Noms et les Titres de Jésus.Thèmes de théologie biblique (J.d\u2019Anjou): 244.Sainderichin, S.- Écrire en bon français,.pourquoi pas?(J.d\u2019Anjou): 309.Saint-Onge, P.- La Maîtresse (A.Vachon) : 21.Samson, H.- L\u2019Homme de chair devant Dieu (G.Robi-taille) : 305.Savon, P.-H.- Spiritualité.Tome III du catéchisme pour adultes à Saint-Sévérin (J.-P.Labelle) : 339.Schurr, V.- Pastorale constructive (J.-P.Labelle): 273.Servel, J.- Documents pour enseignement catéchistique (J.-P.Labelle) : 29.Sheen, F.J.- La Route du ciel (A.Dugré) : 244.Struve, N.- Les Chrétiens en U.R.S.S.(L.d\u2019Apollo-nia): 121.Su au, P.- La Mère Marie de Jésus, Emile d\u2019Oultre-mont, baronne d\u2019Hooghvorst, Fondatrice de la Société de Marie-Réparatrice (G.Robitaille) : 342.Suenens, Mgr L.-J.- Vie quotidienne, Vie chrétienne (A.Dugré) : 29.Troadec, H.- Le Message de saint Jean (G.Pelland) : 215.Trottier, P .-Mon Babel (A.Vachon): 85.Trudel, M.- Histoire de la Nouvelle-France.I.(Les vaines tentatives 1524-1603) (G.-É.Giguère) : 30.-\tHistoire du Canada par les textes.Tome I (R.Arès) : 62.-\tL\u2019Esclavage au Canada français (G.-É.Giguère): 341, 368.Vachon, Mgr L.-A.- Mémorial (G.-É.Giguère): 342.Vadeboncœur, P .-La Ligne du risque (A.Vachon): 84.Vallée, Major P.- Prisonnier à VOflag 79 (R.Arès): 246.Van der Meer de Walcheren, P.- Journal d\u2019un converti (J.-P.Labelle) : 307.Van Schendel, M.- Variations sur la pierre (A.Vachon) : 362.Varillon, F.- Propos sur la prédication (A.Dugré) : 94.Vlau, R.- Lord Durham (G.-É.Giguère): 217.Vigneault, G.- Balises (A.Vachon): 181.Vimort, J.- Avec nos enfants, I.La vie de famille (J.-P.Labelle): 341.Walter, G.- Lénine (J.Ledit): 158.Waucomont, L.-M.- Zoologie (D.Senécal): 63.Weiner, C.- Un roi fit des noces à son fils (G.Hébert) : 60.Wetter, G.A.- Sowjetideologie heute.I.Dialektischer und historischer Materialismus (J.Ledit): 190.Weyergans, F.- Mais oui, vous comprenez le cinéma (J.d\u2019Anjou) : 32.-\tLa Bibliothèque idéale des jeunes (J.d\u2019Anjou) : 277.Wilenius, R .-The Social and Political Theory of Francisco Suarez (R.Arès): 124.Zenetti, L.- Apologétique de poche (G.Robitaille) : 246.IV.-THÉÂTRE (G.-H.d\u2019A.) Aperçu général - Festival d\u2019Art dramatique (région de l\u2019ouest du Québec): 152.Pièces commentées Amants terribles (Les) : 184.Amour qui ne finit pas (Un): 86.Avare (L\u2019): 19.Bas-Fonds : 208.Cerisaie (La): 154.Double Inconstance (La) : 182.Errance : 152.Fantasticks (Les) : 363.Fils d\u2019Achille (Le) : 19.Fin de partie : 184.Grande Oreille (La): 208.Guerre de Troie n\u2019aura pas lieu (La): 115.Gueux au paradis (Les) : 55.8 Femmes : 85.Iphigénie: 115.Maître Puntila et son valet Matti : 86.Mal Aimés (Les): 115.Mariage de Figaro (Le) : 153.Mois à la campagne (Un): 363.Monsieur Bonhomme et les incendiaires : 116.Oh! les beaux jours : 183.On ne badine pas avec l\u2019amour : 152.Otage (Un): 209.Parents terribles (Les): 209.Portrait de Molière (Le) : 183.Quadrillé (Le) : 152.Quintralla (La): 152.Roi se meurt (Le) : 20.Satyre de la Villette (Le) : 153.Tir Clara (Le): 153.Vie parisienne (La) : 183.V.-DISQUES -\tLe Baptême.Célébration solennelle (J.-P.Labelle) : 367.-\tLumière du monde : Textes bibliques dits par R.Salva- tor-Catta.Introductions par l\u2019abbé Jean Martucci (J.-P.Labelle) : 274.Musique de tous les temps : Revue d\u2019initiation musicale, et disque n° 8: Le Siècle d\u2019or espagnol (J.-P.Labelle) : 246.-\tPaul VI nous parle de la sainte Vierge (J.-P.Labelle): 367.AccuUmt&r KAichk^ MAJORES WBHÈtKÊKm .m islSi 1- CYCLE du jardin d\u2019enfants à la 7e année 4005, chemin de la Côte-des-Neiges 2e CYCLE de la 6e classique à la Philosophie 3219, le Boulevard, Westmount Notre collège est un collège mixte, catholique et d\u2019enseignement français Reconnu par le Département de l'Instruction publique Octroi du Gouvernement provincial de $200.00 \u2014 Pensionnaires, demi-pensionnaires et externes 931-1596 376 RELATIONS L\u2019UNITÉ DES CHRÉTIENS Le Concile Vatican II nous rappelle l\u2019urgence de travailler et de prier pour l\u2019unité de tous les chrétiens.A l\u2019occasion de la Semaine universelle de Prière pour l\u2019Unité (18-25 janvier), les Editions Bellarmin, en union avec la Commission diocésaine d\u2019œcuménisme de Montréal, publieront un livret contenant des prières adaptées à chaque jour de la Semaine, un feuillet de prière pour l\u2019Unité et des affiches murales.On ferait bien de placer ses commandes dès maintenant.LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Waterman est tejàvori des pères^ôël Les \u201cPères Noël\u201d savent bien qu\u2019une liste de cadeaux, mentionne \u201cstylo\u201d, sous-entend Waterman.Qu\u2019il s\u2019agisse d'un modeste stylo à bille ou d\u2019un stylo C/F* Waterman de luxe, le nom Waterman procure satisfaction.*A cartouche ou avec réservoir \u201cU-Fill\u201d pour remplissage à même la bouteille.Soyez bon Père Noël, cette année! Comme cadeau de Noël, offrez un Waterman.Stylos C/F à compter de $6.50 jusqu\u2019à $35.00 En vente et en montre chez votre détaillant WATERMAN CIGARETTES EXPORT BOUT UNI OU FILTRE NOTRE Plan 2 Comptes\" VOUS AIDERA À ÉPARGNER wêSms 1\tVOUS GARDEZ VOTRE COMPTE D\u2019ÉPARGNE uniquement pour économiser 2\tVOUS OUVREZ UN COMPTE DE CHEQUES pour payer vos factures LA BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL un cadeau ideal marabout université COLLECTION CULTURELLE DU TOUT SAVOIR UNIVERSEL HH\t'?>¦¦> -ft.| à* ** 4V& ^xv-x^* tf ', \"i, iJ :-.: m m& imm .ia$3âfew£i ¦ wm *&.£\\ ro DISTRIBUTEUR GENERAL POUR LES AMERIQUES : D.KASAN 266 EST CH.COLOMB QUEBEC P.Q./^PRÏÀ^a, C^ŒEO^ il A "]
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