Relations, 1 février 1966, Février
[" 25\u2019 anniversaire n° 302, février 1966, 50* L'EGUS L\u2019Église au Québec Ce premier numéro spécial, publié à l'occasion de son 25e anniversaire, Relations voudrait en faire hommage à l\u2019Église, tout particulièrement à l\u2019Église telle qu\u2019elle s\u2019incarne, vit et œuvre au Québec.Cette Église \u2014 plusieurs de nos collaborateurs ne manquent pas de le signaler dans leur article \u2014 a joué un rôle capital, occupé une place de tout premier plan dans l\u2019histoire du peuple canadien-français.Elle a partagé ses joies et ses peines, ses espoirs et ses inquiétudes, voire ses structures de vie sociale et nationale, ses institutions.Pour le garder chrétien, elle s\u2019est toujours efforcée de garder saines et vivantes chez lui la famille, l\u2019école et la paroisse, de mêler le plus intimement possible la religion à sa vie de chaque jour.Cette tâche, elle l\u2019a accomplie avec les moyens et selon les besoins religieux de l\u2019époque.L\u2019élan missionnaire qu\u2019elle a suscité chez lui demeure le signe incontestable de sa vitalité religieuse.Pour cette Église maintenant sont venues les heures d\u2019inquiétude et d\u2019anxiété.La « révolution tranquille » qui secoue la société canadienne-française secoue aussi l\u2019Église qui en est partie intégrante et lui fait se poser d\u2019angoissantes questions.Ce peuple qu\u2019elle a pour ainsi dire porté si longtemps dans ses bras restera-t-il chrétien ?pas seulement quelques élites, mais le peuple lui-même?et s\u2019il le demeure, quelle sera la qualité de son christianisme?En s\u2019urbanisant et en se laïcisant, la vieille chrétienté du Canada français connaîtra-t-elle le sort des chrétientés européennes aujourd\u2019hui disloquées et fera-t-elle place aussi chez nous à une Église dite « en situation de diaspora » ?Beaucoup s\u2019interrogent à ce sujet, à commencer par les premiers responsables de nos paroisses, par ces curés qui n\u2019hésitent pas à mettre en question la qualité, l\u2019utilité et l\u2019avenir de leur ministère.Mais cette Église est aussi une Église qui a vécu Vatican II et qui entend vivre pleinement aussi la période de mise en application dans laquelle nous entrons, « la plus importante période peut-être de toute l\u2019histoire moderne de l\u2019Église », comme le souligne dans son article, S.Ém.le cardinal Léger.Pour guider les gestes et les pas de l\u2019Église au Québec, ajoute-t-il, de nombreux et importants documents conciliaires sont là, nous offrant « tous les éléments requis pour un aggiomamento sans précédent de l\u2019Église et de ses relations avec le monde d\u2019aujourd\u2019hui ».Reste maintenant que nous les appliquions.Pour cela, « des visions neuves s\u2019imposent à nous désormais: nous devons nous convertir à un nouveau style d\u2019appartenance à l\u2019Église et à un nouveau type de comportement dans le monde ».Ces visions neuves, ce nouveau style d\u2019appartenance à l\u2019Église, ce nouveau type de comportement dans le monde, nos collaborateurs tentent de les capter et de les dégager en leurs grandes lignes.De leurs témoignages il ressort que l\u2019Église au Québec, en dépit de ses insuffisances passées, fait preuve d\u2019une étonnante vitalité.Partout des équipes \u2014 souvent des équipes de clercs et de laïcs \u2014 sont à l\u2019œuvre, bourdonnantes d\u2019initiative et de vie.Animées d\u2019un idéal très élevé et fort exigeant, ces équipes sont en train de donner une figure nouvelle et d\u2019insuffler un esprit nouveau à la pastorale, à la vie paroissiale, aux cérémonies liturgiques, à la formation des prêtres et des religieux ainsi qu\u2019à l\u2019apostolat des laïcs dans notre milieu.Sans doute subsiste-t-il encore d\u2019énormes difficultés, mais c\u2019est déjà quelque chose que le branle ait été donné et que l\u2019Église au Québec soit une Église en marche, une Église attentive aux signes des temps, une Église ardemment désireuse de servir mieux que jamais l\u2019homme de chez nous.Richard Arès.SOMMAIRE L\u2019Église au Québec Richard Arès II RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus L\u2019Après-Concile.S.Êm.le cardinal Paul-Émile Léger Sur notre situation religieuse .Fernand Dumont Renouveau et dynamisme intérieurs de l\u2019Église au Québec.Jacques Lewis Le renouveau pastoral.S.Exc.Mgr Paul-Émile Charbonneau André Beauchamp .Maurice Matte Lucien Rov 50 Le renouveau dans la paroisse .Quand les curés s\u2019interrogent.Prêtres et religieux DANS NOTRE ÉGLISE DE DEMAIN.Les laïcs et l\u2019évolution de l\u2019Église au Québec .La réforme liturgique au Québec Un conflit fondamental de notre société.Jacques Grand\u2019Maison Bibliographie sur l\u2019Église au Québec.33 36 38 41 45 48 .Claude Ryan Louis-André Gignac 54 58 60 63 Rédaction et abonnements: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Cie des Publications Provinciales Limitée 110, Place Crémazie (Suite 719), Montréal-11.Tél.: 384-6800 Relations est une publication des Éditions Bellarmin 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: 387-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.La couverture est une création du P.Marcel Lapointe, S.J., professeur de beaux-arts au Collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication. MONTRÉAL FÉVRIER 1966 NUMÉRO 302 J&McMS L\u2019APRÈS-CONCILE Depuis vingt-cinq ans, cette revue a joué son rôle important dans l'Église canadienne et même dans notre milieu social en général.En acceptant l'invitation de son directeur à écrire l'article d'ouverture de cette livraison jubilaire, je désire exprimer à l'équipe des rédacteurs de la revue mes sincères félicitations et mes sentiments de profonde reconnaissance pour l'œuvre accomplie par eux et par leurs devanciers.Cette revue a toujours voulu accorder ses préoccupations à celles de son temps.En traitant ici brièvement des lendemains qu'on espère pour le Concile Vatican II, je formule le souhait qu elle prenne une part importante dans Vélaboration de cette pensée chrétienne renouvelée dont notre milieu a besoin.Dans l\u2019esprit de celui qui l\u2019a convoqué, le Concile Vatican II devait être avant tout l\u2019occasion d\u2019une « conversion des esprits vers les choses d\u2019en haut ».Mais cette conversion des esprits n\u2019était pas conçue par lui dans des perspectives individualistes et fermées.L\u2019optimisme de Jean XXIII était à la dimension d\u2019une rédemption universelle.Le pape Roncalli était convaincu que son Église, si elle était fidèle à ses consignes de renouvellement, réunirait tous les hommes de bonne volonté.Était-ce là vision utopique ou naïve ?Ce fils de la terre piémontaise était trop réaliste pour se laisser bercer par des rêves.Une longue expérience de la vie et des hommes lui avait appris que sa vision grandiose correspondait à une espérance tenace, enfouie au fond des cœurs de tous les hommes, surtout des petits et des humbles.Le projet de Jean XXIII était authentique et l\u2019histoire du Concile a déjà prouvé à l\u2019évidence qu\u2019il avait raison de dire dans son discours d\u2019ouverture: Le Concile qui vient de s\u2019ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l\u2019Eglise et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur.Les intentions de Jean XXIII n\u2019ont été trahies ni par son successeur, ni par le Concile.Sa Sainteté le pape FÉVRIER 1966 Paul VI ne cesse de rappeler aux chrétiens, par la parole et par des gestes significatifs, qu\u2019il faut avoir le courage de s\u2019engager résolument sur de nouvelles routes de perfection.Dans le discours d\u2019ouverture de la deuxième session du Concile, il disait: .le Concile veut être le réveil printanier d\u2019immenses énergies spirituelles et morales qui sont comme latentes au sein de l\u2019Eglise.Il se manifeste comme un propos délibéré de rajeunissement, soit de ses forces intérieures, soit des règles qui commandent ses structures canoniques et les formes de ses rites.Bref, le Concile tend à donner à l\u2019Eglise ou à accroître en elle cette splendeur de perfection et de sainteté que seules l\u2019initiation du Christ et l\u2019union mystique avec lui, dans l\u2019Esprit-Saint, peuvent lui conférer.Quant au Concile, ses œuvres sont désormais accessibles à tous.Certes, pour l\u2019un ou l\u2019autre des sujets discutés, on eut pu espérer une pensée plus ferme, plus décisive, une expression plus claire.En certaines pages, on eut pu souhaiter un langage plus contemporain, plus accessible du moins à l\u2019élite des chrétiens.Mais il faudrait ignorer la complexité du travail d\u2019un synode de deux mille évêques venus de partout pour ne pas comprendre que de telles faiblesses sont inévitables.Et ces faiblesses ne sont-elles pas bienfaisantes, si elles invitent l\u2019Église à ne jamais prendre une vue complaisante, et comme satisfaite, d\u2019elle-même ?Non seulement 33 le Concile n\u2019a pas trahi le projet de Jean XXIII, mais il l\u2019a accompli au-delà des plus audacieux espoirs.Les nombreux et importants documents promulgués par Vatican II sont le fruit d\u2019un labeur immense, de beaucoup de souffrances et de prières.Ils contiennent tous les éléments requis pour un aggiornamento sans précédent de l\u2019Église et de ses relations avec le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Une phase nouvelle du Concile s\u2019ouvre maintenant : nous inaugurons la période post-conciliaire de Vatican II.La plus importante période peut-être de toute l\u2019histoire moderne de l\u2019Église.Des visions neuves s\u2019imposent à nous désormais: nous devons nous convertir à un nouveau style d\u2019appartenance à l\u2019Église et à un nouveau type de comportement dans le monde.La question qui aujourd\u2019hui se pose à nous est la suivante: comment, pour être plus fidèles à /\u2019 Evangile, nous engagerons-nous sur ces routes de l'avenir que le Concile a clairement indiquées?I\u2019acte le plus important du Concile, c\u2019est la Constitution dogmatique sur l\u2019Église: Lumen Gentium.Tout baptisé, prêtre, religieux ou laïc, devra se pénétrer de l\u2019esprit de ce texte et conformer sa vie aux enseignements qui y sont contenus.Avouons franchement que ce ne sera pas toujours facile pour un grand nombre d\u2019entre nous.Il faudra apprendre d\u2019abord un nouveau mode d\u2019appartenance à l\u2019Église, non pas plus facile, mais au contraire beaucoup plus exigeant que celui que nous avons connu.Notre vie ecclésiale ne se limite-t-elle pas trop souvent à la répétition des actes extérieurs que nous demande la discipline commune de l\u2019Église ?Nous avons bonne conscience lorsque nous sommes fidèles à l\u2019assistance dominicale, à une pratique assidue des sacrements et à une perfection qui répond davantage aux prescriptions d\u2019un rituel qu\u2019aux profondes exigences de l\u2019Évangile.Or, appartenir à l\u2019Église est bien autre chose.C\u2019est un mystère caché en Dieu.Dès les premières lignes de la Constitution dogmatique, nous rencontrons ces paroles : « Ceux qui croient dans le Christ, Dieu le Père a décidé de les convoquer dans la sainte Église.» La grande certitude qui doit dominer toute la vie du chrétien, c\u2019est qu\u2019il est un « choisi », un « appelé », un « convoqué ».Il fait partie du Peuple de Dieu, et le Seigneur a conclu avec lui une alliance.Il appartient à la nation dont Dieu a dit de ses membres: « Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.» Soutenu par cette certitude, le catholique comprend donc que son appartenance à l\u2019Église ne lui impose pas seulement une fidélité à des rites extérieurs, comme toute association peut en prescrire à ses membres, mais qu\u2019il est devenu, par la miséricordieuse initiative de Dieu, un être nouveau, membre d\u2019un peuple qui a « pour statut la dignité et la liberté des fils de Dieu, dans le cœur desquels l\u2019Esprit-Saint habite comme en son temple ».Ce peuple a sa loi: la loi évangélique.Elle est nouvelle.Elle est exigeante.Elle est loi d\u2019amour.On a répété maintes fois au Concile que l\u2019appartenance à l\u2019Église suppose qu\u2019on prenne l\u2019Évangile au sérieux, et dans son intégrité.C\u2019est aux implications concrètes et aux exigences de l\u2019amour chrétien qu\u2019on pensait principalement.Et si la pauvreté fut un thème majeur du Concile, c\u2019est que l\u2019amour s\u2019exerce principalement, d\u2019instinct, auprès des malheureux et des déshérités.Il y a dans ce rappel efficace de la loi évangélique l\u2019élément le plus réformateur de Vatican IL L\u2019Église rénovée par le Concile veut, on le sait, s\u2019adapter au monde de notre temps; on n\u2019oubliera cependant pas que tout autant et plus fondamentalement encore elle veut se conformer à l\u2019Évangile.On s\u2019est efforcé d\u2019indiquer aux laïcs leur tâche propre au sein du peuple de Dieu.Voyez en quels termes la Constitution dogmatique Lumen gentium s\u2019exprime pour eux: Il appartient aux laïcs, de par leur vocation, en gérant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu, de chercher le Royaume de Dieu.Ils vivent dans le siècle, c\u2019est-à-dire dans tous et chacun des emplois et travaux du monde, et dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale, qui sont comme le tissu de leur existence.C\u2019est là qu\u2019ils sont appelés par Dieu, pour que, en exerçant leurs fonctions propres, conduits par l\u2019esprit évangélique, ils contribuent comme du dedans, à la manière d\u2019un ferment, à la sanctification du monde, et qu\u2019ainsi, d\u2019abord par le témoignage de leur vie, rayonnante de foi, d\u2019espérance et de charité, ils rendent le Christ visible pour les autres.(Const, dogm., art.31.) Le Concile s\u2019était ouvert par la discussion qui a conduit à ces admirables et nécessaires réformes liturgiques qu\u2019on commence à réaliser et qui feront de nos assemblées dominicales des assemblées vraiment vivantes.Désormais, chacun prendra une part active à la prière collective de l\u2019Église.Mais le Concile n\u2019a pas voulu d\u2019une réforme de la liturgie qui ne s\u2019accompagnât aussi d\u2019une réforme de ce qui fait le tissu même de l\u2019existence des chrétiens.D\u2019ailleurs, comme il l\u2019a proclamé avec netteté, c\u2019est cette existence qui est la prière fondamentale, le sacrifice de louange essentiel de ceux qui sont voués à des tâches profanes.Comment cette existence serait-elle une prière et un sacrifice dignes de Dieu, si elle n\u2019est sainte ?Même la réforme liturgique, si elle est comprise d\u2019une manière correcte, exige donc une conversion du reste de la vie.L\u2019existence quotidienne du monde est donc ce que les chrétiens voués aux tâches profanes doivent en tout premier lieu évangéliser, c\u2019est-à-dire « ordonner selon Dieu ».Si, depuis quelques années, l\u2019Église se dégage de tâches qui ne lui appartiennent pas en propre et que la Cité est maintenant mieux en mesure d\u2019assumer, ce n\u2019est nullement pour se retirer du monde.Depuis Vatican II, l\u2019Église plus que jamais a la conviction que c\u2019est pour le monde qu\u2019elle existe, que c\u2019est à lui qu\u2019elle est envoyée et que c\u2019est en lui, en celui de notre temps, 34 RELATIONS qu\u2019elle doit vivre dans toute son ampleur le mystère de l\u2019Incarnation.Les désengagements que peut opérer l\u2019Église comme institution appellent en réalité, de la part des chrétiens, un engagement plus intérieur au monde et plus exigeant: celui de l\u2019évangélisation.Au lendemain du Concile, l\u2019esprit de l\u2019Évangile doit donc pénétrer davantage la trame des activités très concrètes de ce monde.A l\u2019autorité de l\u2019Église, il appartiendra certes toujours d\u2019indiquer, comme elle l\u2019a fait au Concile, les grandes voies de l\u2019engagement des chrétiens dans le monde.Mais c\u2019est aux chrétiens eux-mêmes, à chacun selon sa fonction et sa compétence, qu\u2019il revient de rechercher les règles immédiates selon lesquelles il faudra ordonner, selon Dieu et selon l\u2019Évangile, le monde réel et la vie de la Cité.C\u2019est là une tâche gigantesque à laquelle ils devront s\u2019adonner avec une ardeur nouvelle et un grand souci d\u2019efficacité.Les chercheurs et les guides de la pensée sont convoqués avec une urgence particulière chez nous à cette tâche.On voudrait les voir se donner dès organes d\u2019expression foncièrement et indéfectiblement attachés à l\u2019esprit du Christ et si inspirés dans leur pensée, si irréprochables dans leur technique qu\u2019ils forcent l\u2019admiration de tous.Ce n\u2019est pour combattre personne qu\u2019on voudrait les voir unir leurs forces, mais pour servir plus efficacement.Voilà la tâche irremplaçable des intellectuels chrétiens chez nous.Si elle n\u2019est pas remplie, les appels les plus pressants des pasteurs ne pourront pénétrer le monde et surtout le transformer.Mais cette tâche est souverainement exaltante, car \u2014 je le demande \u2014 qui donc peut offrir sur l\u2019homme et sa destinée des lumières plus grandes et un fond de Sagesse plus primordial que l\u2019Église d\u2019aujourd\u2019hui ?1e Concile a tenu compte de l\u2019aspiration des laïcs à jouer dans l\u2019Église un rôle plus actif et plus responsable que dans le récent passé.Il a accepté qu\u2019on entreprenne de passer d\u2019une Église où le laïc se contentait trop d\u2019écouter et d\u2019obéir, àu ne Église où, tout en écoutant et en obéissant, il fasse aussi entendre sa voix et prenne aussi ses responsabilités.Le Concile est formel là-dessus dans le très beau chapitre de la Constitution Lumen gentium consacré aux laïcs.Un nouveau style de relations devra donc s\u2019établir entre les fidèles et les pasteurs.Et la conversion qui est exigée de tous, en ce domaine, devra se faire avec prudence et lucidité, en conformité avec la nature propre de l\u2019institution ecclésiale.Ce point est particulièrement important en ce moment de notre histoire où les institutions démocratiques exercent un si grand attrait.Des esprits superficiels pourraient croire que la relation des fidèles à leurs pasteurs pourrait être semblable ou même identique à celle qui existe entre le pouvoir civil et les citoyens.En même temps qu\u2019il découvrent leurs responsabilités dans l\u2019Église, il faut donc que, dans la lumière FÉVRIER 1966 du Concile, les fidèles s\u2019efforcent de mieux connaître la vraie mission de leurs pasteurs à leur égard.Si l\u2019Église est le peuple de Dieu, il est vrai qu\u2019en un sens tous sont égaux devant lui ; tous sont des fidèles du Christ.Mais par une disposition admirable de la Providence de Dieu, le Seigneur a voulu que ce peuple fût guidé par des pasteurs assistés par son Esprit.Ceux-ci n\u2019ont pas été placés au-dessus des autres chrétiens pour les dominer, mais ils ont reçu la redoutable mission de les servir en les conduisant dans le chemin de la justice et de la vérité.On voit facilement qu\u2019entre un laïcat qui s\u2019exprime et qui soit responsable et l\u2019autorité des pasteurs qui gardent la charge d\u2019enseigner et de régir le peuple de Dieu, va s\u2019établir comme une tension nécessaire et comme une dialectique nouvelle des charges de chacun.Concrètement, il faudra instituer des recherches pour découvrir les moyens grâce auxquels les laïcs pourront exercer d\u2019une façon efficace leurs responsabilités propres dans l\u2019Église.Le nouveau type d\u2019appartenance à l\u2019Église libérera beaucoup de pensées et d\u2019énergies neuves.Déjà cette effervescence se fait sentir.Elle est saine, mais elle exige des chrétiens qu\u2019ils manifestent une grande maturité et qu\u2019ils mettent en œuvre entre eux les lois du dialogue que Paul VI a si admirablement décrites dans Ecclesiam suam.Dans ces ajustements de la pensée et de la vie aux exigences des temps actuels, dans cet aggiornamento de l\u2019Église, il n\u2019est pas possible que tous soient d\u2019accord sur tout et en tout.Il est inévitable que des confrontations s\u2019établissent.Elles doivent être loyales, mais non pas dures.Il est surtout nécessaire que nous soyons tous d\u2019accord pour nous respecter les uns les autres, pour tout fonder sur la charité et pour rivaliser de zèle pour réaliser l\u2019esprit du Concile.Si chacun, d\u2019ailleurs, essaye loyalement de se pénétrer de l\u2019esprit du Concile, bien des différences disparaîtront qui pourraient sembler au premier abord irréductibles.En toute hypothèse, il serait paradoxal qu\u2019un Concile qui s\u2019est voulu un retour à l\u2019Évangile, loin d\u2019unir plus étroitement les catholiques, les divise.Pour les relations des catholiques entre eux plus encore que partout ailleurs, valent ces mots du Christ si souvent rappelés au Concile: Ut sint unum.35 Sur notre situation religieuse Fernand DUMONT * IL ne saurait être question de tenter, en quelques pages, un diagnostic d\u2019ensemble du catholicisme au Canada français.Depuis plusieurs années, cet examen est en cours et gardons-nous bien d\u2019y mettre trop tôt un terme.Et n\u2019ayons pas la naïveté de croire que le procès est tout récent et qu\u2019il a été inauguré par les « intellectuels ».Au temps de mon adolescence, durant les vacances que je passais à l\u2019usine, la religion était le sujet privilégié des discussions des ouvriers qui m\u2019entouraient: leurs propos étaient tout proches des thèmes couramment évoqués aujourd\u2019hui.Ce qui est nouveau, sans doute, c\u2019est que l\u2019évaluation se fait maintenant au grand jour.Elle se poursuit dans les journaux, à la télévision, dans d\u2019innombrables sessions d\u2019études.Elle préoccupe les prêtres, les fidèles, les agnostiques.Elle touche aux domaines les plus variés: de l\u2019école à la propriété ecclésiastique, du costume sacerdotal à la prédication, de la limitation des naissances à la catéchèse.L\u2019examen s\u2019étale, se raffine, s\u2019égare.Il nous arrive souvent de nous interroger: quel poids faut-il donner à telle ou telle critique ?comment distinguer le véritable renouveau des adaptations superficielles ?Il nous faut essayer de retrouver l\u2019essentiel, puisqu\u2019un examen de conscience n\u2019est valable que s\u2019il est cohérent.Les quelques réflexions que je veux proposer n\u2019ont pas d\u2019autre prétention que d\u2019inviter à dégager les axes principaux d\u2019une mise en question de notre catholicisme.C\u2019est dire que ma tentative pour situer le débat s\u2019offre elle-même à la contestation.I Le RÔLE « POLITIQUE » DE L\u2019ÉGLISE AU CANADA FRANÇAIS Sur le rôle « politique » de l\u2019Église au Canada français et son emprise sur les institutions, on a dit beaucoup de choses.Il n\u2019est pas sûr cependant que nous ayons trouvé encore la vraie perspective pour éclairer la question.On ne saurait trop répéter tout d\u2019abord que la liaison organique de l\u2019Église et de notre société est un phénomène relativement récent.Sous le régime français, après l\u2019époque de Monseigneur de Laval, l\u2019influence des évêques sur la vie publique semble avoir été bien mince; d\u2019autre part, il ne paraît pas non plus que les conditions de vie, au plan local, aient permis une autorité profonde du clergé (d\u2019ailleurs peu nombreux) sur le peuple.Après la conquête, l\u2019Église acquiert une puissance qu\u2019elle n\u2019avait jamais connue encore.Seul pouvoir autochtone important, elle est l\u2019intermédiaire tout désigné entre le nouveau colonisateur et la population.Mais ce pouvoir est vite contesté du sein même de notre société.Dès les débuts du xixe siècle, une jeune bourgeoisie * Directeur du département de sociologie et d\u2019anthropologie de la Faculté des sciences sociales de l\u2019Université Laval, ainsi que du nouvel « Institut d\u2019études supérieures des sciences humaines » de la même université.canadienne-française tente de s\u2019affirmer non seulement contre le conquérant qui contrôle les subsides et les places, mais contre le clergé.La lutte est constante jusqu\u2019après la Rébellion.L\u2019Institut Canadien, Y Avenir ne sont donc pas des phénomènes radicalement nouveaux; il n\u2019y a là qu\u2019un épisode, particulièrement spectaculaire il est vrai, d\u2019un vieux combat.C\u2019est après 1850 que nous serions porté à situer l\u2019étape décisive: celle où l\u2019autorité de l\u2019Église sur notre société devient quasi incontestée.Que s\u2019est-il donc passé ?L\u2019explication la plus courante invoque une sorte de complot clérical.Ainsi, Monseigneur Bourget, en brisant l\u2019Institut Canadien, aurait changé le cours de l\u2019histoire.Sans nier l\u2019importance du rôle de cet évêque, il faut avant tout mettre en cause des facteurs sociologiques plus profonds: la situation de notre société aux alentours de 1840 et l\u2019option décisive prise par les élites de l\u2019époque quant à l\u2019avenir de la collectivité.Il faudrait pouvoir décrire en détail l\u2019atmosphère des lendemains immédiats de l\u2019Union.L\u2019avenir de la nation paraît irrémédiablement compromis; la désespérance est grande.Même un vieux lutteur comme Étienne Parent renonce un moment à la survivance des Canadiens français.D\u2019abord ardents nationalistes, les jeunes de l\u2019Institut Canadien inclinent vers l\u2019annexion aux États-Unis.Un grand dilemme apparaît \u2014 que j\u2019ai évoqué ailleurs, dans une autre perspective.On pouvait s\u2019engager dans la voie des libertés démocratiques dont les Américains et certains mouvements européens donnaient l\u2019exemple: mais alors, c\u2019était l\u2019assimilation aux États-Unis.Par ailleurs, la survivance était possible, mais en s\u2019appuyant fermement sur les traditions et en faisant de l\u2019Église, seule force interne assez puissante, l\u2019armature de la nationalité.C\u2019est le second choix qui l\u2019emporta et il ne fut pas seulement celui du clergé.Qu\u2019on relise Garneau, Parent, les principaux chefs de file de l\u2019époque.Qu\u2019on relise Papineau lui-même, par exemple cette lettre à son fils incroyant comme lui: Le catholicisme est partie de notre nationalité qu\u2019il faut avouer en toute occasion.L\u2019opposition au catholicisme est moins souvent indépendance de conviction ou de caractère que flagornerie pour un gouvernement protestant, ce qui, pour un Canadien, serait lâcheté.Alors commence le drame qui nous concerne de si près aujourd\u2019hui.Si la nation était désormais largement asservie à l\u2019Église, la réciproque était également vraie.On ne nous accusera pas de tomber dans l\u2019apologétique la plus plate si nous rappelons le caractère angoissant de la situation d\u2019alors et si nous soulignons que la responsabilité de l\u2019option décisive qui y fut prise repose tout autant sur une large fraction de nos « élites » bourgeoises que sur le clergé.Il faut ajouter aussitôt que cette option idéologique était en remarquable correspondance avec les structures sociales de l\u2019époque.On était encore dans une société largement « traditionnelle » où deux types d\u2019élites, traditionnelles elles 36 RELATIONS aussi, pouvaient se mouvoir à l\u2019aise: le professionnel et le curé représentaient tous deux le prestige de la parole; issus des mêmes collèges, formés à l\u2019ancienne, tous deux reliés aux grands pouvoirs dominants que représentaient les politiciens et les évêques.Véritable division du travail où le professionnel gardait pour lui les jeux de la politique, laissant à l'Église la responsabilité d\u2019institutions de plus en plus nombreuses.Pendant près d\u2019un siècle, nous avons ainsi vécu « en famille », l\u2019Église fournissant un squelette et une conscience à une société impuissante à se donner par elle-même l\u2019un et l\u2019autre.Et l\u2019Église s\u2019est trouvée prise aux pièges de l\u2019histoire.C\u2019est dans cette perspective, me semble-t-il, qu\u2019il faut considérer le processus actuel de sécularisation de notre milieu.L\u2019Église abandonne graduellement son contrôle sur les institutions profanes.Ce qui, tout en me réjouissant fort, me pose deux problèmes.L\u2019un concerne la nation: trouvera-t-elle assez vite sa consistance ailleurs?De l\u2019effervescence actuelle, verrons-nous bientôt émerger de nouvelles élites sociales et une nouvelle conscience nationale ?Le second problème lui est corrélatif, et c\u2019est celui de l\u2019Église: saura-t-elle retrouver dans notre société, un autre appui que celui qui fut le sien si longtemps et, pour tout dire, un autre mode de présence collective ?II Le choix imposé à l\u2019Église Pour ce faire, l\u2019Église n\u2019a pas d\u2019autre choix que de revenir, par delà les institutions, au terreau premier de la conscience religieuse.Mais c\u2019est là que nous attend la plus difficile recherche.Une société dont le christianisme est devenu partie intégrante et même noyau essentiel, où l\u2019unanimité religieuse est considérée comme allant de soi, persuade aisément ses membres que la foi ne fait pas problème.On ne peut s\u2019étonner que notre pastorale traditionnelle ait vécu de ce postulat.On répétait la doctrine, on rappelait des notions comme les enfants de naguère « repassaient » les réponses du catéchisme pour l\u2019examen.On parlait bien de conversion, mais il s\u2019agissait quasi automatiquement de conversion morale: le ciel et l\u2019enfer, les mérites et les démérites posaient d\u2019ailleurs immédiatement la question en ces termes.La formation de la conscience morale n\u2019en était pas meilleure pour autant.Trop envisagée en relation directe avec la religion, elle apprenait mal à percevoir la subtilité et la spéficité des fins et les choix étaient toujours automatiquement renvoyés à des sanctions codifiées.Ces attitudes qui inspiraient la pastorale courante, en particulier la prédication, ont eu leur correspondance dans la pauvreté chronique de notre pensée religieuse et dans une philosophie enseignée elle-même comme un corpus de vérités incontestables.Et pour n\u2019évoquer qu\u2019un signe parmi d\u2019autres, n\u2019est-il pas étonnant qu\u2019une activité missionnaire aussi considérable que celle du Canada français ait, en retour, si peu fécondé notre expérience religieuse?Cette ouverture au monde aurait pu donner à notre foi une dramatique qui ne vous venait pas du milieu; nous n\u2019en avons tiré, dans les sermons des missionnaires, que des histoires de lions et des ave en langues archaïques.Les prédicateurs de passage en étaient peu FÉVRIER 1966 responsables: notre conscience religieuse, notre conscience tout court était tournée vers le dedans.Cette religion, devenue coutumes et conventions, n\u2019était souvent, sous ses apparences robustes, qu\u2019un échaffaudage loin de la conscience vivante.Deux types d\u2019expérience religieuse Si l\u2019on tentait une « psychanalyse » de ce phénomène, il faudrait sans doute en distinguer deux grandes dimensions correspondant elles-mêmes à deux types de « caractères » religieux.Dans le premier type, la religion privilégie un élément de la subjectivité: la culpabilité et la crainte.Le sacrifice apparaît comme une véritable morale à priori.La dévotion, à saveur magique, vise avant tout à exorciser la peur de Dieu.D\u2019où son caractère ritualiste.C\u2019est le lieu de rappeler que la conscience religieuse a une structure où de grandes intentions doivent être en tension et en précaires équilibres: la culpabilité et l\u2019aveu, l\u2019abandon au sacré et la volonté de l\u2019engagement, l\u2019ascèse et l\u2019amour, la déréliction et l\u2019espérance, la fidélité et le risque.C\u2019est par la fermeté et le déploiement de ces intentions, nouant et dénouant leurs conflits, que la foi s\u2019enracine au plus profond de la conscience sans pourtant s\u2019y dissoudre.Tout s\u2019est passé ici comme si l\u2019on ne s\u2019était guère soucié ni de cette structure complexe de la foi (autrement qu\u2019en des codes abstraits), ni de la qualité du terreau humain.Comme si on s\u2019était contenté des fondements les plus faciles: l\u2019affectivité la plus obscure \u2014 qu\u2019on a souvent contribué à rendre plus marécageuse encore.La foi, cette lutte incessante avec Dieu, a été réduite à de craintifs combats moraux d\u2019arrière-garde.Insistons encore sur le lien de cette religion vécue et de l\u2019état de chrétienté: quand la religion va de soi dans une société, on n\u2019est pas porté à se donner grand peine pour aller chercher son enracinement en profondeur et en étendue.Le deuxième type d\u2019expérience religieuse vécue ici peut à peine être qualifié de ce nom: nous sommes devant une juxtaposition de la religion à la conscience réelle.L\u2019unanimité religieuse officielle a masqué beaucoup d\u2019indifférences-profondes.Chacun pourrait réunir là-dessus de nombreux témoignages.Que d\u2019hommes traînés « à confesse » par leur épouse.Que d\u2019hommes aussi, ayant accédé à une certaine religion personnelle, mais prenant toutes les libertés avec la religion « officielle ».Je me rappelle mon effarement, lors de mes premières vacances à l\u2019usine, à écouter les conversations des ouvriers aux heures où se confient les angoisses les plus tragiques et les interrogations les plus essentielles: je n\u2019y voyais pas, et eux non plus, de correspondance avec ce dont on parlait dans la prédication.Il y avait là une véritable recherche religieuse en marge de la religion.En somme, la religion a ici colonisé les consciences au lieu de les défricher.Il faudrait là-dessus de minutieuses investigations.Mais de grands phénomènes aisément observables fournissent déjà des indices.Dans notre littérature traditionnelle, on ne retrouve, le plus souvent, que des consciences à distance d\u2019elles-mêmes: celles des auteurs comme celles des héros.A l\u2019inverse, voyez tout ce que vidange, en vrac, notre production récente: du primitif et du chaos, libération de cons- 37 ciences que la religion avait apprivoisées sans les étreindre.Et la vogue actuelle de l\u2019incroyance est-elle autre chose, le plus souvent, que le désir d\u2019avoir enfin une conscience à soi, de reprendre possession de sa conscience?Que celui qui est encore dans la foi s\u2019interroge sur sa tentation la plus secrète.A un autre plan, je parierais que la crise de la jeunesse est ici plus grave qu\u2019ailleurs; des observateurs étrangers le pensent et il suffit d\u2019être sorti quelque peu du pays pour être tenté de leur donner raison.En cette crise, les parents sont aussi démunis que les jeunes \u2014 et tout aussi coupables sans doute.Appliquer et transmettre des règles bien déterminées de comportements religieux et moraux ne paraît guère faire problème dans un milieu « où rien ne doit changer »; dès que les conditions de vie et les mœurs se transforment rapidement, dès que chacun n\u2019est plus supporté par le conformisme général comme une plante par son support, dès qu\u2019il faut trouver soi-même les critères et la route pendant que les aînés chantent encore la vertu des temps anciens, dès qu\u2019il faut être père quand hier encore la mère suffisait, alors on fouille en vain dans les codes qui ne contenaient ni toutes les questions ni toutes les réponses.Réinventer Inexpérience religieuse et l'initiative de la foi Pendant que l\u2019Église abandonne peu à peu son pouvoir sur les institutions profanes, une tâche infiniment plus dure nous appelle: réinventer ici l\u2019expérience religieuse et l\u2019initiative de la foi.Redécouvrir les choses les plus simples: la liberté, la responsabilité, le courage et, par dessus tout, les risques de l\u2019amour.Peut-être en arriverons-nous ainsi à faire revivre les dimensions collectives de l\u2019Église, cachées sous le masque des institutions de chrétienté qui nous avaient de quelque manière empêchés d\u2019édifier une authentique communauté chrétienne.Pour cela, il faudra que les croyants d\u2019ici s\u2019attaquent, à leur risque et péril, coude à coude avec les incroyants, comme des hommes parmi les hommes, à construire une société et une nation qui pourront se tenir fermes sans le secours d\u2019une quelconque béquille religieuse.Et alors le christianisme retrouvera, en ce pays, la fraîche nouveauté de son destin.Renouveau et dynamisme intérieurs de l'Eglise au Québec Jacques LEWIS, S.J.* En parcourant ce titre, le lecteur est en droit de soupçonner qu\u2019il relève d\u2019une mentalité naïvement optimiste, pour ne pas dire d\u2019une tricherie commode ou bien sécurisante.Et pourtant, il me semble que les éléments de vie ne nous manquent pas, fussent-ils seulement en germe et sans promesse d\u2019atteindre la totalité de notre milieu.Je crois même qu\u2019ils expriment notre plus profonde et authentique réalité, sous notre désarroi et nos démembrements.Parmi les marques de notre dynamisme chrétien, on signalerait aisément la pratique du dialogue religieux, déjà très propagée; la sensibilisation à l\u2019esprit œcuménique, attestée par maintes réalisations; les initiatives de nos architectes et de nos liturgistes en quête d\u2019un style rénové pour nos églises; l\u2019essor vraiment prodigieux de nos préoccupations catéchétiques; l\u2019intense intérêt pour la pastorale, et scientifique et appliquée, dont font preuve de nombreux membres du clergé.D\u2019autres renouveaux encore pourraient être cités.Mais je voudrais descendre au delà des manifestations facilement perceptibles, facilement fragiles, et tenter, si hasardeu uece soit, de rejoindre notre vérité intérieure, qui apparaît dans notre actualité et commande notre avenir.* Professeur de théologie dogmatique et de théologie ascétique et mystique au scolasticat de l\u2019Immaculée-Conception, Montréal.38 Le poids du passé L\u2019histoire de l\u2019Église du Québec ne fut guère autre chose qu\u2019une Contre-Réforme prolongée, passant de la grandeur au durcissement, de l\u2019ursuline Marie de l\u2019Incarnation au juge Adolphe-Basile Routhier.En cela, elle accompagnait le cours suivi par l\u2019Église d\u2019Occident, en son ensemble.Bien qu\u2019affrontée à des tâches neuves, au Nouveau Monde, elle dut s\u2019inspirer de l\u2019Europe qui s\u2019imprégnait d\u2019ultramontanisme; du moins, c\u2019est ce que nos évêques rapportèrent de leurs voyages outre-Atlantique.Inutile d\u2019analyser ces antécédents bien explorés aujourd\u2019hui.Je soulignerai uniquement que la grande lacune, la terrible lacune de notre christianisme fut d\u2019ordre intellectuel.Nos séminaristes n\u2019ayant pu apprendre, jusqu\u2019à naguère, qu\u2019une théologie abstraite et figée, objet de mémorisation plutôt que d\u2019étude inventive, le clergé du Québec n\u2019a connu que bien peu de sens critique (sauf dans les conversations, amères ou gouailleuses, mais inefficaces); presque aucune sagesse pénétrant dans le réel divin et dans l\u2019étoffe de l\u2019existence religieuse; nul esprit créateur, sinon dans le domaine pratique de l\u2019assistance sous toutes ses formes.On ne pensait pas (y songeait-on seulement ?) ; on retenait des catégories qui emmaillotaient l\u2019intelligence, et lui façonnaient une assurance doctrinale que parfois la peur transformait en sécurité raidie.Personne chez nous, y compris les clercs, ne lisait RELATIONS l\u2019Écriture et les grandes sources chrétiennes; je doute qu\u2019au-jourd\u2019hui encore beaucoup de nos prêtres aient feuilleté la Bible au complet, voire même le seul Nouveau Testament.A quoi s\u2019ajoute notre longue paresse; en général, ni les prêtres ni les laïcs ne se sont réellement instruits des données chrétiennes.Aussi sommes-nous restés, pour la plupart, courts et butés devant la vie qui bougeait, devant la science qui ouvrait l\u2019univers et forçait la réflexion théologique, devant les philosophies qui troublaient notre système sclérosé.Notre dogmatique, barricadée derrière son enclos conceptuel, ne s\u2019engageait pas dans le mystère de Dieu, laissait le Christ en deçà de sa présence à nos vies, contractait l'Église en une société juridique, et naturellement ignorait que l\u2019humanité marche dans une Histoire, soulevée en sa chair même par l\u2019Esprit vivant.Nous sommes demeurés à l\u2019écart des espaces intelligibles dévoilés par les grands esprits des cent cinquante dernières années.Combien de nos professeurs de théologie ont renouvelé leur enseignement par ce qu\u2019il y avait de justes intuitions chez Moehler, Newman, Hegel, Kierkegaard, Bergson, Blondel, Marx, G.Marcel, qui pourtant leur étaient antérieurs ?Il fallait condamner des « adversaires », redouter en les simplifiant les « ismes » du dehors, se méfier des « novateurs ».Les manuels avaient établi la vérité, clos le champ de la connaissance et configuré les schèmes mentaux; d\u2019instinct on jugeait impensable que l\u2019Esprit fût à l\u2019œuvre dans les génies et les courants de pensée venus après le concile de Trente.La prédication tonnait contre les péchés mortels, et la vie chrétienne, sous-alimentée, se ramenait à des pratiques érigées en absolus.Quant à la morale, fut-elle beaucoup plus qu\u2019un légalisme tendant vers l\u2019aliénation de la conscience?Au lieu d\u2019une inspiration, une loi contraignante; au lieu d\u2019une réponse à la valeur qu'est Dieu, une affirmation éthique de soi dans un volontarisme quasi pélagien; au lieu d\u2019une croissance, une structure préétablie et corsée d\u2019appréhension.Ni expérience religieuse, ni cheminement intérieur.En un mot, nous n\u2019avons pas eu de spirituels.Eux nous auraient appris le discernement des voies de l\u2019Esprit dans l\u2019agir et le destin individuels, comme dans les mouvements de civilisation et la hardiesse des cultures.Ce tableau est sombre, et d\u2019autant plus inquiétant que c\u2019est du clergé seul, ou peu s\u2019en faut, qu\u2019ont dépendu non seulement l\u2019attitude religieuse de la masse, mais encore l\u2019éducation des jeunes dans les collèges.Il serait injuste et trompeur, cependant, de ne pas apercevoir les mérites des générations qui ont précédé la dernière guerre mondiale.Nos anciens, éloignés ou très proches de nous, possédaient une foi robuste, fréquentaient beaucoup les sacrements, menaient une vie familiale tissée de coutumes chrétiennes, affectionnaient l\u2019Église à laquelle ils donnaient de nombreuses vocations sacerdotales ou religieuses et pour laquelle ils se dépensaient dans le zèle missionnaire; et on doit remarquer chez eux, tant prêtres que laïcs, des trésors de simplicité évangélique, voire de sainteté.Ces valeurs durent encore, en grande partie, ne serait-ce qu\u2019en dehors de nos centres urbains.Il est vrai, et il importe de le noter, qu\u2019elles sont probablement ambiguës, et pour autant vulnérables.Nulles réussites humaines, même spirituelles, n\u2019échappent à l\u2019impureté; mais les nôtres, surgies dans les circonstances évoquées plus haut, pourraient être à ce point douteuses et par suite inconsistantes qu\u2019elles ne résisteraient pas aux FÉVRIER 1966 radicales mises en question qui caractérisent notre temps.Autrefois, elles étaient viables, somme toute; à notre époque, il n\u2019est pas exclu qu\u2019elles se retournent contre nous, comme il est arrivé en d\u2019autres pays chrétiens.Nos réveils Jouissons-nous de garanties solides à l\u2019heure actuelle?Il est indéniable que le Canada français d\u2019aujourd\u2019hui manifeste une étonnante vitalité.Notre production littéraire et artistique, tout inégale qu\u2019en soit la qualité, a fait un bond ces derniers temps; il est dommage qu\u2019elle ait été amenée presque généralement à se livrer au noir (nous étions, malgré tout, un peuple joyeux); mais la créativité dont elle témoigne demeure un fait merveilleux.L\u2019esprit critique gagne tous les secteurs de notre société: on sait passer au crible les optiques et les démarches des hommes d\u2019État, la politique des divers organismes qui structurent et influencent notre milieu, les habitudes et les positions de la Hiérarchie; et les fidèles, cessant peu à peu de manger du curé, se reconnaissent le droit fraternel d\u2019avouer directement aux prêtres ce qu\u2019ils pensent de leur action pastorale, de leur prédication, de leurs attitudes.Mieux encore, des groupes professionnels s\u2019adonnent à une autocritique loyale: journalistes, avocats, religieux, patrons d\u2019entreprises, enseignants.Le monde universitaire s\u2019efforce à promouvoir la recherche scientifique.De plus en plus, les citoyens se regardent comme des êtres responsables, en face du gouvernement, du syndicalisme.de l\u2019éducation, de la culture, et de toutes les zones de la vie publique.On réapprend, à travers des confusions, la liberté, l\u2019âpre liberté de ceux qui consentent à être et à servir.Voilà des valeurs qui sont esprit.Et l\u2019esprit ne tolère ni mensonge, ni esclavage, ni installation.Il est respect de la terre humaine, énergie d\u2019amour et puissance de vie.Fût-ce à son insu, il s\u2019accorde à Dieu, comme il est le souffle de son Esprit.Son projet peut l\u2019infléchir vers un salut de ce monde; mais en son essence il présage la rencontre du Saint.En ces multiples renouveaux, si imparfaits soient-ils encore, un chrétien voit sans peine autant de « signes des temps ».On trouve, toutefois, dans notre Église québécoise, d\u2019autres révélations de l\u2019Esprit, plus explicites celles-là.Il est significatif qu\u2019elles se vérifient particulièrement chez des laïcs.Au sein du laïcat nous sont donnés des hommes que volontiers je qualifie de prophètes, c\u2019est-à-dire d\u2019esprits qui discernent des déviations dans notre chrétienté et de voix qui interprètent pour aujourd\u2019hui le dessein de Dieu sur nous.En connaît chacun de ceux qui s\u2019intéressent au mouvement des idées dans notre milieu.Qui peut douter que de tels penseurs, dans un amour jaloux, diagnostiquent lucidement nos maux, secouent notre rachitisme, et dénoncent nos falsifications?Au siècle dernier, ce furent des laïcs qui proclamèrent des éveils; il s\u2019en rencontre encore à cette heure où nous sommes.Les clercs ne font que vénérer l\u2019Esprit Saint s\u2019ils accueillent avec égard et docilité la clairvoyance du laïcat, chaque fois qu\u2019elle s\u2019affirme dans l\u2019authenticité.Du reste, bien des clercs pensent aussi notre situation, ou encore passent à des engagements concrets.Le prêtre ne saurait être pleinement pasteur s\u2019il était privé de discernement spirituel, à l\u2019égard tant des individus que des groupements.A défaut de cette perspicacité, il lui sera impossible d\u2019éclairer les personnes qui s\u2019adressent à lui, de prononcer des homélies qui harmonisent la Parole avec les fidèles qui sont là, d\u2019inspirer l\u2019action missionnaire de ses 39 paroissiens comme de découvrir la présence agissante que Dieu attend de lui.Mais l\u2019activité charismatique ne suffit pas.Le christianisme a toujours besoin de l\u2019éclairage intellectuel qu\u2019assure la théologie.Il existe au Québec des théologiens de valeur, malheureusement contraints de se limiter à leur fonction de professeurs dans un séminaire ou un scolasticat.Nous n\u2019avons pas d\u2019experts rayonnants comme Rahner, Congar, de Lubac, Hâring, Murray, et d\u2019autres encore.La scène n\u2019est pas vide, quand même.Des prêtres théologiens ont commencé de servir le public, par des livres, des conférences, des articles de revues ou de journaux.Il faut convenir, au surplus, qu\u2019on aurait tort de réserver la théologie aux clercs.L\u2019Église a produit des théologiens laïcs, et la théologie, tout au moins de nos jours, ne se passerait d\u2019eux qu\u2019à son détriment.La pensée théologique est, en partie, devenue trop existentielle pour que soit négligeable l\u2019appoint qu\u2019apporteraient ceux qui bâtissent la Cité, laquelle est intérieure au Royaume.Ils sont indispensables.Comment un prêtre pourrait-il, aussi adéquatement qu\u2019un laïc, saisir la dimension théologique des réalités terrestres dont il est séparé, de la vie temporelle qu\u2019il ne mène pas ?Un cas évident: quel prêtre nous donnerait, mieux que des époux, la théologie spirituelle du mariage?Le dialogue pastoral entre prêtres et laïcs est nécessaire; le dialogue intellectuel ne l\u2019est pas moins.Tensions A ce moment-ci de notre évolution, il est inévitable que nous soyons en pleine dialectique.Les interrogations se Vient de paraître FONCTIONNEMENT DE L\u2019ÉTAT par GÉRARD BERGERON professeur au département de Science politique de l\u2019université Laval Cet important ouvrage, qui a reçu le prix de la faculté de Droit et de Sciences économiques de Paris, est une contribution d\u2019une ampleur singulière à la théorie politique.Reflet d\u2019une culture et d\u2019une curiosité exceptionnelles, il aborde par des voies nouvelles et avec une rigueur sans défaut les problèmes essentiels de la science politique.Extrait de la préface de Raymond Aron : Canadien de langue française, n\u2019ignorant rien de la littérature américaine mais intimement lié aux sociologues et politicologues français, M.Gérard Bergeron illustre avec éclat la vocation culturelle du Québec.5*4 \u201d x 8%\" \u2014 X, 662 pages, schémas \u2014 1965 \u2014 broché $12.LES PRESSES DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL C.P.2447, Québec-2, Québec.croisent en chacun de nous, et des options de personnes ou de groupes disjoignent notre milieu, sans compter que certains d\u2019entre nous se sont éloignés de l\u2019Église.Pour que notre dialectique accède au dialogue, puis à la diversité organique, il nous faudra de la vision et de la charité.On en perçoit toujours plus, je crois le constater, chez les clercs et les laïcs.La conversion s\u2019opère, aussi vite que le permet l\u2019imprégnation d\u2019une culture, bien que trop lentement pour nos folles impatiences.Il est vital que nous acceptions le présent, pour nous prêter à sa gestation.Nous sommes en situation de recherche, et la recherche crucifie.Elle n'est féconde que si on l\u2019assume, sans lapider les prédécesseurs ni trahir les lendemains.Une foi adulte sait porter des questions, et alors elle possède les prémices de l\u2019indéfectible vérité, qui sûrement s\u2019épanouira sur nos visages, ou ceux de nos successeurs, qui sont encore nous.« C\u2019est par votre constance que vous sauverez vos vies.» Conclusion Je ne m\u2019aveugle pas sur les vices qui ont pris racine dans notre personnalité collective.En voici trois: notre érotisme largement répandu (comme ailleurs), notre appétit de l\u2019argent, l\u2019anémie de notre conscience civique.L\u2019érotisme évacue l\u2019aptitude à la parole, et donc l\u2019esprit, en même temps qu\u2019il peut traduire de l\u2019infantilisme; la cupidité, qui faisait frémir le Christ, englue ou dévore la puissance d\u2019aimer quand elle n\u2019étouffe pas les vertus d\u2019adoration et de prière; l\u2019indifférence civique recèle le néant de la promotion commune et ouvre la porte à de fatales dominations.Voilà qui menace de saper nos forces vives, de drainer nos sèves toniques.Les dynamismes positifs, en effet, ne nous font pas défaut; je les crois même nombreux et croissants.J\u2019ai tenté, ici, de les repérer sommairement en un article beaucoup trop court.Au reste, je n\u2019ignore pas que des renouveaux se présentant à une époque de crise sont équivoques, si au lieu d\u2019être de source ils sont introduits artificiellement; ils n\u2019offriraient alors que des suppléances qui camouflent un vide intérieur.Avec raison, semble-t-il, certains observateurs estiment que tout compte fait notre pastorale est acculée à de la pré-évangélisation, du moins pour de larges étendues de notre terrain catholique.Seule une complète expertise de sociologues pourrait, et encore, mesurer pertinemment notre donné chrétien et prospecter notre avenir.Si notre population n\u2019est que pré-chrétienne, elle vit tout près du paganisme, et pour autant elle est exposée aux revirements sociaux et religieux que déterminent les poussées élémentaires de l\u2019homme, par exemple celle qui résulte du désordre économique; ce serait une débâcle qui réduirait l\u2019Église du Québec à une diaspora.En viendrons-nous à cette extrémité ?Le pluralisme est déjà bien établi chez nous, et d\u2019ailleurs il a toujours existé au Canada français.S\u2019affirmera-t-il encore davantage?La chose paraît bien plausible.Je m\u2019obstine tout de même à croire en nos ressaisissements, peut-être garantis par les dynamismes inscrits en nous et mieux éclairés maintenant.Il me semble que l\u2019Église du Québec est vraiment à pied d\u2019œuvre, et qu\u2019elle s\u2019est valablement insérée dans Vaggiornamento mis en branle par le pape Jean.Il nous reste à espérer, c\u2019est-à-dire à réaliser de toutes nos forces la puissante promesse que Dieu poursuit dans son Peuple.N\u2019est chrétienne que l\u2019inquiétude créatrice.40 RELATIONS LE RENOUVEAU PASTORAL S.Exc.Mgr Paul-Émile CHARBONNEAU, évêque de Hull Tout renouveau présuppose un long cheminement qui l\u2019a préparé et qui a déjà semé dans la conscience des individus et du milieu ses germes essentiels: les générations spontanées sont rares dans le mystère humain.Parce que l\u2019Église, bien qu\u2019Église de Dieu, est aussi, et inséparablement Église des hommes, cette loi se réalise en elle, et à tous les plans.Le monde profane annonce ses exploits, fait sans cesse état des dépassements de sa technique.Régulièrement, et à un rythme qui semble croître, la presse nous met au courant de ce qu\u2019on pourrait appeler l\u2019aggiornamento scientifique de notre monde.Qu'on songe, pour donner un exemple récent, à l\u2019escalade de la conquête de l\u2019espace avec tout ce qu\u2019elle implique.L\u2019actuelle diffusion des moyens de communication nous a mis en perpétuelle attente d\u2019un nouveau progrès en tout domaine scientifique technique.Aussi, spontanément, jugeons-nous que les milieux humains qui n\u2019affichent pas publiquement leur courbe d\u2019évolution sont stagnants, fermés sur eux-mêmes, étrangers au mouvement de remise à neuf qui secoue actuellement l\u2019humanité entière.Or \u2014 et c\u2019est là me semble-t-il la source de nombreuses équivoques et de jugements parfois trop catégoriques \u2014 il n\u2019est pas dans l\u2019esprit ni même dans la pédagogie de l\u2019Église de se redéfinir périodiquement, d\u2019étaler à rythme fixe la percée en elle d\u2019éléments nouveaux, de déclarer qu\u2019elle vient de franchir un seuil et d\u2019entrer dans une nouvelle phase de vie.Et cette pédagogie dépend de sa nature même.Le monde scientifique et technique se bâtit \u2014 et c\u2019est sa loi \u2014 sur des hypothèses qui se dépassent l\u2019une l\u2019autre, parfois se détruisent: il est le fruit de la recherche de l\u2019esprit humain avec toute la faculté inventive de celui-ci.En lui donc les théories s\u2019affrontent, s\u2019opposent, et cette dialectique de perpétuelle invention assure son succès.L\u2019Église, elle, croît non comme une « hypothèse » qu\u2019on vérifie, mais comme une « thèse » qui se développe.Pour prendre une image que nous donne l\u2019Évangile, elle est le grain de sénevé qui peu à peu, mais selon un processus de croissance homogène et régulière, grandit, s\u2019adapte aux diverses saisons et aux divers habitats, produit son fruit, jusqu\u2019au jour de la maturité définitive qui sera celle du Jour du Fils de l\u2019Homme, à la fin de l\u2019Histoire.Dans ce rythme, pas de coupures, pas de recommencements à zéro.Éa présence de l\u2019Esprit et la Tradition \u2014 au sens que la belle Constitution sur la Révélation vient de remettre en lumière \u2014 assurent cette continuité par la base, malgré la diversité des époques et des situations et en même temps donnent le ferment qui fait aller de l\u2019avant.La vie pastorale ne peut échapper à cette loi puisque, de par la volonté du Seigneur qui a placé la hiérarchie comme « service » pour la vie et la croissance de son Peuple, elle se situe au cœur même de tout ce dynamisme.Le Concile Vatican II a comme obligé l\u2019Église à exprimer les lois internes de son agir salvifique.Il le fallait bien, à cause FÉVRIER 1966 du but spécifique, que Jean XXIII puis Paul VI lui avaient donné, I\u2019aggiornamento, c\u2019est-à-dire non pas la condamnation d\u2019une erreur ni même le redressement d\u2019une doctrine fléchissante, mais la relancée, la mise à jour, l\u2019adaptation aux conditions actuelles du monde à sauver.Ceci l\u2019a obligée à sortir de sa discrétion.Mais \u2014 et ce point me paraît important \u2014 ceci ne l\u2019a pas mise face à une tâche nouvelle, ne lui a pas imposé une nouvelle fonction.Il s\u2019agit simplement d\u2019un élan, d\u2019une orientation, d\u2019une injection de dynamisme neuf au sein d\u2019une activité qui toujours avait été présente.Il est d\u2019ailleurs clair que ce Concile a, dans ses décisions, créé peu de choses radicalement neuves: il a assumé, après les avoir jugés et discutés, et a proposé à l\u2019Église universelle les points d\u2019arrivée de tentatives faites dans les diverses Églises locales précisément sous la poussée de la loi de croissance homogène dont je parlais plus haut.Quelle est sur ce point la situation de l\u2019Église du Québec ?A quel point de sa recherche et de ses tentatives pastorales les décisions du Concile la trouvent-elles ?Je voudrais ici montrer à larges traits comment depuis le début du siècle la vie pastorale du Québec s\u2019est peu à peu orientée dans le sens de I\u2019aggiornamento et faire pressentir que les décrets et les orientations conciliaires ne nous prennent pas au dépourvu.Depuis plus de vingt-cinq ans, nous nous sommes nous aussi, comme la plupart des Églises locales de la catholicité, préparés du dedans au vent de renouveau qui nous soulève aujourd\u2019hui.Malgré nos lourdeurs, nous nous sommes mis sous la poussée de l\u2019Esprit de Dieu, sur le chemin qui débouche aujourd\u2019hui dans la grande et large route qu\u2019ouvre le Concile.Il ne s\u2019agit pas ici de verser dans le triomphalisme et de sortir en arborant la cocarde de la victoire: le faire serait manquer de lucidité et prouver qu\u2019on n\u2019a pas compris la vraie nature du « renouveau ».Mais il faut cependant prendre conscience des valeurs positives et dynamiques que notre Église du Québec a nourries et développées jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Dans cette histoire pastorale on peut, me semble-t-il, distinguer trois phases ou mieux trois étapes qui se succèdent, amenant trois types d\u2019action pastorale dont l\u2019un assume le positif de celui qui l\u2019a précédé et préparé, dépasse ses limites, apporte sa note spécifique.Je les caractériserai comme: pastorale de préservation, de conquête, d\u2019ensemble.I.\u2014 LA PASTORALE DE PRÉSERVATION A son origine, l\u2019Église a reçu du Seigneur un mandat d\u2019envoi: « Allez, faites des disciples de toutes les nations.» Elle est donc essentiellement missionnaire.Et le Concile Vatican II a placé cette vérité au cœur de sa doctrine et de ses préoccupations.C\u2019est là ce qui définit sa présence dans le monde: conduire les hommes au Dieu et Père de Jésus pour leur salut et pour sa gloire éternelle.L\u2019histoire nous montre que, malheureusement, ce terme « missionnaire » a été rétréci dans son optique: on l\u2019a réservé soit aux périodes 41 de lancement initial \u2014 comme au matin de l\u2019Ascension \u2014 soit à la première pénétration de l\u2019Église dans des terres jusque-là païennes, soit encore aux initiatives apostoliques des périodes de grande crise.Lorsque la foi s\u2019est solidement implantée, qu\u2019il n\u2019y a pas de graves problèmes internes à la communauté ainsi constituée, l\u2019Église, sans toutefois négliger sa tâche nécessaire d\u2019évangélisation de ceux qui sont encore « au dehors », a tendance à laisser s\u2019émousser en elle son sens créateur, sa faculté de recherche et d\u2019invention, pourtant essentiellement liés à sa mission de Salut.Elle devient plus « préservatrice de la foi » que dynamiquement éveillée et créatrice.Or, dans les années 1920-1935, le Québec présentait pour l\u2019Église un milieu qui lui paraissait sans problème grave: la très grande majorité des catholiques était pratiquante et assidue à la fréquentation des manifestations religieuses; la paroisse était solidement établie avec ses institutions chrétiennes, en particulier l\u2019école confessionnelle et son enseignement catéchistique inscrit dans la trame même des programmes; la famille était encore un milieu vivifiant de rencontres où se transmettait et se vivait l\u2019héritage chrétien de foi et de pratique.Devant pareille situation la pastorale se sentait spontanément et comme naturellement « préservatrice ».Elle se contentait de jouer sur deux fronts: le maintien de la pratique religieuse et la consolidation des institutions paroissiales.a)\tLa pratique religieuse Puisque les fidèles ont la foi et en ont une connaissance assez élaborée \u2014 compte tenu de la situation de la catéchèse à cette époque dans l\u2019Église entière \u2014 la préoccupation première des pasteurs est de sauvegarder cette vie de foi, de la ranimer ou de la réveiller à certaines occasions privilégiées: Quarante-Heures, retraites paroissiales, mois du Rosaire.Par une pratique sacramentaire régulière on l\u2019élève jusqu\u2019à la ferveur ou on l\u2019y maintient.Pour les plus fervents et les plus ferventes, les nombreuses confréries, confiées surtout aux communautés religieuses, viennent jouer le rôle de « supplément d\u2019âme ».b)\tLes institutions paroissiales Au lieu de se consacrer principalement à une évangélisation lente et pénible des personnes, la paroisse prend le raccourci que lui permet la situation sociologique de l\u2019époque: elle met sur pied et consolide ses institutions chrétiennes, ses écoles, ses cercles, etc.Qu\u2019une institution quelconque veuille se soustraire à l\u2019influence de cette institution paroissiale toute-puissante, on recourt alors aux pressions officielles: tel curé réussira à faire fermer un débit de boisson installé sur le territoire paroissial.Les fidèles ayant la foi et ne se posant normalement pas de graves questions à son sujet, l\u2019institution comme telle paraît suffisante pour préserver la communauté chrétienne de toute contamination venant de l\u2019extérieur.On est sûr que les cadres fabriquent nécessairement de « bons chrétiens » et qu\u2019il faut donc centrer sur eux tous les efforts.Donnons un exemple: si les prêtres de la paroisse réussissent à réunir tous leurs jeunes et à les divertir sainement par une séance de cinéma ou par des joutes sportives, ils se croient aisément en règle avec leur fonction publique.Ils conçoivent difficilement que cette réussite n\u2019est peut-être qu\u2019un conditionnement de l\u2019évangélisation et que, malgré tout, celle-ci demeure encore à faire en dépit de ce succès tactique.Cette absence d\u2019une inquiétude d\u2019évangélisation, voilà la grave limite de cette première période que nous présentons.On présuppose la pratique religieuse comme acquise, on ne voit pas la nécessité de missionner à l\u2019intérieur même de cette Église et dans son environnement immédiat.La pastorale n\u2019a pas couleur missionnaire: ce qui ne met nullement en doute \u2014 disons-le avec insistance \u2014 la sainteté sacerdotale, le zèle des pasteurs et des laïcs chrétiens qui travaillent avec eux.Prise de position dont les fruits sont les suivants: la prédication ne vise pas à convertir mais à enseigner, l\u2019inquiétude liturgique consiste à dénombrer les pratiquants sans se soucier de la qualité de leur participation à la célébration sacramentaire, l\u2019action des laïcs se cantonne dans les œuvres de préservation ou de charité.La paroisse se clôt sur elle-même, petite famille chrétienne qui, au fond, se suffit.Il découle de là que cette pastorale est plus paroissiale que diocésaine.Même si l\u2019évêque publie régulièrement ses lettres pastorales et visite fidèlement ses paroisses, peut-on parler de pastorale diocésaine, peut-on dire que le diocèse est le centre vivant qui fait l\u2019unité pastorale, le point de convergence de tous les efforts et de toutes les recherches ?Il apparaît que la relation de la paroisse au diocèse est plutôt juridique que pastorale.II.\u2014 LE PASSAGE À UNE PASTORALE « DE CONQUÊTE » Aux environs des années 1935 apparaît un phénomène qui va faire se crevasser puis peu à peu se dépasser, ce type pastoral centré sur la paroisse et la « préservation » du donné traditionnel.C\u2019est l\u2019époque où en Europe on découvre des « milieux de vie » entièrement déchristianisés.Ce qui aiguise dans l\u2019Église cette faculté missionnaire de recherche dont nous parlions plus haut.Pour faire face à cette situation va naître l\u2019Action catholique spécialisée qui veut être l\u2019instrument privilégié pour l\u2019évangélisation et la « conquête » des milieux coupés de l\u2019Église, surtout au sein des pays autrefois chrétiens.La tâche « missionnaire » revient ainsi au premier plan.La formule traverse l\u2019Océan, passe chez nous.Elle nous incite à nous poser une première et fondamentale question que jusqu\u2019ici notre type de pastorale nous avait dispensés de poser: existe-t-il chez nous aussi des milieux déchristianisés ?Ce qui signifie concrètement, dans la mentalité alors courante, existe-t-il chez nous des milieux de vie qui se sont bâtis en dehors de la seule réalité pastorale qui existe, la paroisse ?On découvre que si l\u2019on ne peut pas strictement parler pour le Québec de milieux déchristianisés, il existe pourtant des milieux non christianisés.D\u2019où l\u2019adoption par l\u2019Église du Québec de la formule belge et française d\u2019Action catholique.C\u2019est là, me semble-t-il, le premier fruit que l\u2019Action catholique a fait produire à notre pastorale.Une prise de conscience réaliste.Un regard lucidement porté hors des frontières des institutions et de leur cadre paroissial.Donc une conversion à une action vraiment catholique, au sens qualitatif du terme.Nous nous sommes rendus compte de 42 RELATIONS la véritable situation de notre Église locale.Certes, elle n\u2019est pas, à cette époque, en état de déchristianisation et on ne peut pas déceler de milieux qui aient comme tels peu à peu abandonné toute référence vraie à sa vie et à sa pratique.On ne peut donc pas parler strictement de re-christiani-sation ou de ré-évangélisation.Pourtant il existe déjà un fossé profond entre la pratique religieuse et la vie.Un hiatus entre ce que veut signifier la participation liturgique à l\u2019Eucharistie dominicale et la vie concrète de beaucoup de baptisés.D\u2019où la nécessité d\u2019une évangélisation non seulement des réalités humaines mais à partir d\u2019elles.Il faut, en d\u2019autres termes, que la foi pénètre toute la pâte humaine et qu\u2019il n'y ait pas dans le chrétien un compartimentage étanche entre les actes de sa vie chrétienne et les actes de sa vie d\u2019homme.Car on découvre, avec de plus en plus de lucidité, que la coupure existant entre vie chrétienne et vie humaine, le divorce entre Église et Monde, le fossé entre réalités éternelles et valeurs temporelles ne pourront se résorber que lorsque les premières auront vraiment assumé les secondes et ne se seront pas simplement superposées à elles.Il en découle une conséquence lourde d\u2019exigences: cette unification de la vie humaine dans le Christ exige non seulement une évangélisation des individus mais une évangélisation des groupes et des milieux humains.Les sillons creusés par l\u2019Action catholique demeurent.L\u2019insistance sur la pénétration des structures temporelles, la mise à l\u2019écoute des appels du monde, l\u2019accueil sympathique de toutes les valeurs montant de l\u2019humain vers le Christ font de notre Action catholique la pionnière dans I\u2019aggior-namento de l\u2019Église locale du Québec.Elle a fait plus que préparer la voie, elle a déjà engagé notre communauté chrétienne dans une conversion à l\u2019authentique esprit missionnaire appelé par la vocation baptismale.Sans elle, où en serions-nous aujourd\u2019hui ?Qu\u2019il nous suffise de rappeler que le renouveau liturgique, l\u2019attention à la Bible, la soif d\u2019une catéchèse plus adulte et moins scolaire ont été d\u2019abord vécus surtout dans les divers groupes d\u2019Action catholique.Cela compte dans l\u2019histoire de notre Église.De plus, c\u2019est dans ces mêmes groupements que la revision de vie, l\u2019examen de conscience à la lumière de l\u2019Évangile ont été expérimentés.Les personnalités laïques les plus influentes de notre christianisme québécois ont trouvé là, avec une formation adulte, leur conviction apostolique et la sûreté de leur attachement à la personne de Jésus.Il me semble que notre renouveau pastoral, avec ses orientations et ses thèmes majeurs, est pour sa plus large part tributaire de nos expériences d\u2019Action catholique.Évidemment toute la pastorale a été marquée par ce mouvement.De strictement paroissiale, elle a dû peu à peu s\u2019ouvrir à des perspectives plus diocésaines.A la curie diocésaine, au curé et aux vicaires sont venus s\u2019ajouter les « aumôniers diocésains des mouvements ».L\u2019action de ceux-ci ne se bornait pas à un point précis du diocèse.Mandatés et envoyés par l\u2019évêque, ils avaient à « couvrir » toutes les paroisses, à susciter entre les membres de leurs mouvements un esprit d\u2019équipe qui élève la préoccupation chrétienne au-dessus du ciel paroissial.Pour le militant, l\u2019action d\u2019Église apparaissait alors frustrée d\u2019une de ses dimensions essentielles si elle ne s\u2019enracinait pas dans une prise de conscience communautaire des besoins et des appels du milieu, et si elle ne s\u2019exerçait pas dans l\u2019unité et la coordina- FÉVRIER 1966 tion.De la paroisse, on débordait vers le diocèse, et même au-delà des diocèses, on s\u2019intéressait à l\u2019ensemble de l\u2019Église québécoise.Premier pas vers un agir « collégial ».III.\u2014 VERS UNE PASTORALE D\u2019ENSEMBLE Le dépassement que nous sommes en train de vivre est celui de la Pastorale d\u2019ensemble dont les sillons ont été creusés par l\u2019Action catholique, du moins dans notre Église du Québec dont il ne faut pas juger la situation avec un œil européen.La prise de conscience et l\u2019inquiétude que nous venons de décrire ont amené, depuis dix ans surtout, une recherche sur les dimensions de la vie de foi et les vraies « situations » en face desquelles nous nous trouvons.De là, est né notre effort vers un approfondissement et un nouvel aggiornamento de notre action apostolique.D\u2019une part, en effet, les laïcs chrétiens vraiment engagés pour le Royaume de Dieu dans la cité temporelle sont trop peu nombreux.D\u2019autre part, la pédagogie de la foi, l\u2019attitude pastorale ressourcée que présuppose l\u2019agir ecclésial que nous venons de présenter sont le fait d\u2019un trop petit nombre de prêtres.D\u2019ailleurs, la formation d\u2019Action catholique se limite à certains individus et tend à se concentrer sur certains points précis.Elle ne suffit pas pour orienter le vaste ensemble de l\u2019agir pastoral répondant aux questions qu\u2019elle a fait se poser à notre Église: liturgie, catéchèse.D\u2019où les limites de la situation où nous sommes actuellement.De plus, jusqu\u2019ici notre effort de « réponse » n\u2019a pas été suffisamment pensé en fonction d\u2019une connaissance scientifique, méthodique, approfondie de tout le contexte humain des zones à évangéliser.D\u2019où des actions avançant parfois à tâtons, gaspillant inutilement des forces vives sur des points de seconde importance alors que des points névralgiques ne sont pas travaillés.Enfin, trop souvent, l\u2019animation missionnaire dépend beaucoup plus de l\u2019esprit apostolique et de l\u2019intuition évangélique de certains prêtres que d\u2019une orientation d\u2019ensemble, réfléchie, suivie avec méthode, donnée par un diocèse entier sous la conduite de son chef, l\u2019évêque, et de la « communion » de tous les pasteurs.Cette situation ne peut plus durer.D\u2019autant plus que notre milieu chrétien passe actuellement par une crise \u2014 une « crise de croissance » \u2014 et que nous ne pouvons plus nous permettre de tout confier à la bonne volonté des prêtres et des militants.De cette prise de conscience, avivée par cette expérience unique qu'a été le Concile avec sa mise en commun des inquiétudes de l\u2019Église universelle, naît aujourd\u2019hui la conviction qu\u2019il y a nécessité urgente de mettre sur pied une vraie pastorale d\u2019ensemble.Il faut dire que le Québec s\u2019est déjà mis à la besogne, même avant Vatican IL Depuis déjà dix ans, plusieurs, diocèses \u2014 dont Montréal, Québec, Saint-Jean, Saint-Jérôme, Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Chicoutimi \u2014 ont entrepris une vaste étude sociologique du « milieu de vie »,.afin d'une part de mesurer avec le plus de précision possible la situation telle qu\u2019elle est, et d\u2019autre part d\u2019aviver chez les prêtres et les laïcs une inquiétude: l\u2019inquiétude présupposée à toute tentative missionnaire, celle qui naît de la constatation évidente d\u2019une coupure entre la pratique religieuse et la vie réelle.Il faut insister sur ces deux petits mots «vie réelle».Souvent, en effet, lorsqu\u2019on parle de Pastorale d\u2019ensemble,.4a on limite la nature de celle-ci.Une Pastorale d ensemble n'exige pas simplement la coordination et l\u2019intégration de toutes les forces apostoliques (clergé, religieux, laies) et de tous les secteurs pastoraux (prédication, liturgie, catéchèse, apostolat laïc, équipes de foyers, œuvres caritatives) en vue de porter plus efficacement le message du Salut aux hommes d\u2019aujourd\u2019hui.La Pastorale d\u2019ensemble veut aussi et surtout que l\u2019homme entier soit évangélisé.Ce qui signifie que l\u2019Évangile doit atteindre l\u2019homme dans sa « situation » concrète, dans tous ses enracinements, tous ses recoupements, toutes ses dimensions d\u2019être de chair et d\u2019esprit.Or pour cela il est nécessaire de connaître cet homme, de savoir vraiment ce qu\u2019est son milieu de vie.C\u2019est pourquoi l\u2019insistance que l\u2019Église du Québec a mise sur l\u2019aspect sociologique de la mission me semble importante.Connaissant l\u2019homme et le milieu, elle se trouve mieux armée pour faire passer la foi dans la vraie vie humaine, qui n\u2019est pas la vie d\u2019un homme idéal mais de l\u2019habitant de telle ville, travaillant dans telles conditions, mêlé à tels et tels problèmes.Nous nous trouvons dans cette situation à l\u2019issue du Concile.Celui-ci nous a apporté le schéma XIII sur l\u2019Église et le Monde.L\u2019insistance de l\u2019Église du Québec sur l\u2019attention à l\u2019homme nous prépare à entrer dans le vaste et dur programme qui nous est présenté par Vatican IL Tout est loin d\u2019être acquis.Bien des domaines sont encore en pleine friche.Mais l\u2019élan a déjà été donné: la pastorale post-conciliaire n\u2019aura pas à se créer, sur ce point, ex nihilo.Il s\u2019agira plutôt d\u2019une évolution et d\u2019un dépassement.Au plan liturgique également, nous avions déjà, en plusieurs endroits, précédé le décret sur la Liturgie.Des commissions diocésaines de liturgie existaient un peu partout.Plusieurs communautés religieuses de notre pays se faisaient les apôtres d\u2019un retour à une participation vivante et vraie à l\u2019Eucharistie.D\u2019ailleurs, le Directoire pastoral sur la Messe fut publié dès 1960 et immédiatement appliqué à Montréal et dans ses diocèses suffragants, pour se généraliser très tôt dans les autres diocèses.Si bien que les décisions de Vatican II n\u2019ont pas pris au dépourvu les paroisses qui étaient entrées de plain-pied dans le renouveau.C\u2019est sans doute pour cela que, chez nous, la mise en place des décisions liturgiques conciliaires s\u2019accomplit paisiblement.Là encore, donc, dépassement nécessaire, mais non « création ».Le « Conseil pastoral » demandé par le décret sur la Charge pastorale des évêques existe déjà en plusieurs de nos diocèses.La pastorale est pensée par l\u2019évêque, son équipe de spécialistes, le presbytérium tout entier en communion avec le centre vivant du diocèse.De même, le renouveau biblique n\u2019a pas attendu le décret sur la Révélation pour bouleverser notre vie chrétienne: le mouvement catéchétique actuel, qui est une des grandes grâces de notre Église, a lui aussi vu le jour avant le Concile.Les nouveaux manuels de catéchisme, les nombreux cours de catéchèse pour adultes, en sont le plus beau fruit.Bref, la fin du Concile ne nous trouve pas les mains vides, dépourvus de moyens, privés de tout habitus pastoral.Toutefois, il ne faudrait pas nous arrêter.Un danger nous guette actuellement, né précisément de ce que je signalais à l\u2019instant comme une des richesses de notre pastorale préconciliaire: notre pastorale du Québec risque de s\u2019enrouler autour de la Liturgie et de la Catéchèse, et nous risquons de nous donner bonne conscience en croyant que donc.notre pastorale est devenue missionnaire.Je crains que nous ne nous arrêtions au décret sur la Liturgie, donc.à la première session du Concile, c\u2019est-à-dire à ce que déjà nous avions développé chez nous.Alors le Concile aurait été pastoralement de peu d\u2019utilité pour nous.Jusqu\u2019ici j\u2019ai toujours parlé de la nécessité d\u2019un dépassement des éléments positifs de la situation où nous sommes actuellement.Il faut ce dépassement.Dans quelle ligne?Celle de la vie quotidienne de foi.Il nous faut prendre maintenant conscience, \u2014 puis agir en conséquence \u2014 au primat de l\u2019existence chrétienne sur toute institution quelle qu\u2019elle soit, sur tout ce qui est moyen pour le Salut de l\u2019homme.Le drame de la situation actuelle dans notre Église du Québec me paraît résider là: la dimension théologale de la foi n\u2019arrive pas à prendre corps dans la vie quotidienne des baptisés.Dans notre renouveau pastoral, il nous faut chercher précisément à faire avancer l\u2019Église non pas seulement dans le Temple, si beau, si chantant soit-il, mais dans la vie.Que vaut la plus belle liturgie si elle n\u2019enfonce pas son effet dans le concret de l\u2019homme ?Que vaut la présentation de la Parole si elle ne pose pas à l\u2019homme une question sur le cœur même et le profond de son existence?L\u2019Évangile est Salut de l\u2019homme tel qu\u2019il est, et de tout l\u2019homme.Un dépassement qui permette à la pastorale de rejoindre le profond de l\u2019homme.Avouons que ce n\u2019est pas facile.Les grandes orientations des derniers textes conciliaires nous y aideront (Liberté religieuse, Œcuménisme, Apostolat des laïcs, Relations avec les non-chrétiens).Il faudra aussi nous orienter vers une pastorale « des contacts » humains.Le témoignage dont on parle tant peut-il se réaliser normalement hors de cette rencontre de personne à personne ?D\u2019où la nécessité de ces petites cellules d\u2019Action catholique spécialisée et paroissiale, de ces équipes de foyers ouvertes non seulement aux problèmes conjugaux, mais aussi à tous les problèmes que notre peuple devra affronter.Et surtout la nécessité d\u2019une communion intense entre l\u2019évêque et ses prêtres \u2014 la redécouverte du presbytérium! \u2014 d\u2019un dialogue loyal et franc entre prêtres, religieux et laïcs.L\u2019Église du Québec qui a su, depuis plus de vingt-cinq ans, se préparer à se mettre au rythme du Concile Vatican II, par une pastorale en évolution, saura se dépasser dans sa pastorale de demain.- VOYAGES 1966 \u2014 I _ Vacances de Pâques à la GUADELOUPE et Martinique.Du 1er au 11 avril (en avion), $480.II\t\u2014 Pâques en TERRE-SAINTE: 21 jours (Mgr R.-R.Ma- rien), $998.III\t\u2014 EUROPE: 13 pays, 64 jours (compris Espagne et Por- tugal), bateau ou avion (23 \u2014 30 juin), 9e Tour, $1,298.IV\t\u2014EUROPE et MOYEN-ORIENT combinés, 64 jours, $1,586.V\t\u2014 MOYEN-ORIENT : 21 jours, en juillet (M.l\u2019abbé A.La- moureux).Renseignements : VOYAGES 2155, rue de la Montagne, Montréal 844-8817 BEL-AIR 34, côte de la Fabrique, Québec\t529-3749 M.G.Bellefleur, 3973, rue Mentana, Montréal 523-2583 44 RELATIONS Le renouveau dans la paroisse André BEAUCHAMP, prêtre * Doit-on parler d\u2019une crise de la paroisse, d\u2019une crise du ministère paroissial?Tant d\u2019opinions depuis quelques années ont eu cours qu\u2019on ne sait trop qui a raison ni quel chemin il faudrait suivre.Certaines mises en question se posent si radicales qu\u2019elles risquent de décourager le pasteur ou de l\u2019enfermer dans une attitude de défense qui le rende rébarbatif à tout renouveau.Aussi le présent article ne veut pas être la défense acharnée d\u2019une thèse fût-ce au mépris du réel; elle voudrait simplement formuler la conscience que le prêtre du ministère paroissial a de lui-même et dire comment il entrevoit l\u2019avenir.Nous signalons au lecteur le dernier numéro de Communauté chrétienne (n° 24): « Visages nouveaux de la paroisse »; il m\u2019apparaît sur ce point une contribution remarquable.Un brin d\u2019histoire La paroisse ne se suffît plus à elle-même.S\u2019il fut un temps où elle y parvenait, ce temps est révolu.Finie la grande et glorieuse époque où la communauté humaine réussissait à faire à peu de frais son unité, sur la base territoriale très limitée du village ou de la municipalité.Ce n\u2019est pas uniquement la paroisse, c\u2019est la structure sociologique de la vie humaine qui permettait aux hommes de vivre en petites communautés autonomes et très peu ouvertes aux autres.La paroisse y trouvait son compte; par un jeu de dialectique elle aidait même à maintenir cette mentalité de clocher.Au centre, l\u2019église, vraiment au cœur de la cité des hommes; tout autour, l\u2019école, la place du marché, le magasin général, la « route nationale » et, un peu en retrait, l\u2019usine de la région.Pour différer dans son décor, la paroisse urbaine d\u2019il y a vingt-cinq ans s\u2019inspirait de la même mentalité profonde.Bon nombre de paroisses de Montréal ont été, à l\u2019origine, des municipalités privées, jalouses de leur autarcie.Chaque coin de ville avait sa couleur, sa mentalité.Les habitants y étaient tout à la fois citadins et paroissiens.Ils voyaient mal qu\u2019on oppose ces deux réalités.Dans leur inconscient une identification symbolique leur faisait trouver dans leur paroisse toutes les coordonnées d\u2019une appartenance réelle et totale à la cité humaine.Tellement qu\u2019encore aujourd\u2019hui des gens diront venir de Saint-Henri, de Saint-Édouard ou de Saint-Alphonse-d\u2019Youville.Cette collusion très étroite entre la paroisse et l\u2019organisation sociale et administrative de quartier permettrait d\u2019expliquer bien des choses et bien des attitudes qui nous surprennent aujourd\u2019hui.Fatalement un curé devenait un notable de la place, le personnage le plus important et le plus écouté du coin.Faut-il s\u2019étonner que son attitude ait tourné au cléricalisme ?Inversement grand nombre de laïcs projetaient sur leur église leurs aspirations de grandeur et * L\u2019auteur est vicaire à la paroisse de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, 1855, rue Dézéry, Montréal.FÉVRIER 1966 de prestige.Les paroisses rivalisaient entre elles à qui aurait la plus grosse église, le plus vaste presbytère, la plus belle chorale et même la ligue du Sacré-Cœur la plus nombreuse.On pourrait citer dix ou vingt querelles célèbres entre paroisses, entre curés, entre fidèles, ou même encore des divisions profondes surgies à l\u2019intérieur d\u2019une même paroisse pour des questions, à nos yeux, bien futiles.Il y avait les petites et les grosses cures, celles-là requérant un simple curé, telle autre un chanoine, telle autre un monseigneur, etc.Tout cela peut étonner, scandaliser, faire rire.A moi, jeune prêtre, cela me fait comprendre beaucoup de comportements étranges.Les curés défendaient leur patrimoine, étaient ombrageux de leur autorité.« Le curé, c\u2019est un professionnel, disait l\u2019un d\u2019eux.Les gens prennent rendez-vous, vont à lui.Ce n\u2019est pas à lui d\u2019aller aux gens.» Ce curé parlait volontiers de « ses » gens, de « ses » œuvres, de « sa » paroisse.11 n\u2019autorisait pas aisément le mariage d'une de ses paroissiennes dans une autre église, ni un baptême, ni des funérailles.La paroisse se suffit.Le curé en est le chef.Parfois il devra rendre compte à son évêque, jamais à ses vicaires, rarement à ses confrères voisins; la plupart du temps, il se croit « maître après Dieu ».Et voilà, une génération a suffi pour, d\u2019un coup, tout balayer.Pour le pasteur, la mise en question de la paroisse ne résulte pas d\u2019une réflexion théologique, encore moins d\u2019une intuition intellectuelle.Elle vient brutalement par la vie.Et l\u2019anxiété qu\u2019elle suscite doit amener ce pasteur à réfléchir assez sur son ministère pour distinguer les valeurs permanentes des modes passagères, et découvrir, au-delà des fonctions sociologiques liées à des situations historiques dépassées, la vocation profonde \u2014 à la fois théologique, pastorale et ecclésiologique \u2014 de la paroisse.A l\u2019école des faits Ces faits, nous commençons à les connaître.Dépassant le stade des impressions, nous précisons maintenant d'une manière assez rigoureuse la connaissance que nous en avons.Les voici en vrac.La paroisse n\u2019est plus au centre de la vie humaine.Autre est le lieu de travail, autre le lieu de loisir.On a bien essayé un temps de créer un centre de loisirs paroissial; dans la majorité des cas, la tentative a avorté.Dès la huitième année, l\u2019école se régionalise.« Les jeunes « nous » échappent.» On achète de moins en moins au magasin du coin, de plus en plus au centre commercial.L\u2019hiver, on se cloisonne dans sa maison et, quand arrive le temps chaud, au moment où l\u2019on sort les chaises et ouvre sa porte, au lieu de commencer à établir des relations de voisinage, on ira passer le « weekend » dans le nord ou se balader en voiture.Montréal, l\u2019été, se vide et la pastorale se désorganise.La province, elle, se voit envahie mais sa pastorale n\u2019en est pas moins désorganisée.(D\u2019ici peu de temps, il faudra bien parler de pastorale interdiocésaine.) 45 Phénomène nouveau: 100% de population n\u2019équivalent plus à 100% de fidèles, ni, moins encore, à 100% de pratiquants.La marge entre ces groupes s\u2019accentue de plus en plus.La grande ville est cosmopolite.Certaines paroisses de Montréal comptent jusqu\u2019à 40 nationalités différentes.Dans mon quartier au contraire, il y a une très forte proportion de Canadiens français (98%), mais les déménagements atteignent 10 à 15%.Lors des baptêmes, il arrive de plus en plus souvent que les parrains ne peuvent dire le nom de leur paroisse.Nous devenons des étrangers au milieu de nos frères.Pour dresser un bilan complet de ces changements, il faudrait des pages et des pages.La paroisse ne suffit plus, c\u2019est l\u2019évidence même.A cause de son manque d\u2019ouverture, de son attitude de repli ou de refus, elle a parfois durci les choses et manqué des tournants importants, tous le concéderont.Mais il ne faut pas lui tenir grief de tous les péchés du monde.Si les jeunes lisent Jean-Paul Sartre et y perdent la tête, si le cinéma corrompt les mœurs, si le travail déshumanise, il ne faudrait pas en accuser le curé et ses vicaires, ni pour autant, décréter inutile l\u2019institution paroissiale.Paroisses ouvertes Sous la pression de faits aussi lourds, l\u2019Église réagit.Ni aigreur, ni désespoir, mais une espérance lucide.Nous n\u2019avons pas le droit de douter d\u2019une Église en Concile, de l\u2019action du Christ en elle et de la puissance de son Esprit.Or, en premier titre, il faut affirmer ceci: l\u2019Église locale trouve sa plénitude non pas dans la paroisse ni dans l\u2019ensemble des paroisses mais dans le diocèse.Il n\u2019y a d\u2019Église authentique que diocésaine.Et l\u2019Église diocésaine constituée de l\u2019évêque, de son corps presbytéral et du laïcat, est globalement responsable du maintien de la foi et de son extension.Il faudrait donc changer certaine mentalité dans la manière d\u2019envisager le problème.Il y a un acte de foi à poser à ce niveau.L\u2019apparition de plus en plus manifeste d\u2019une authentique conscience diocésaine constitue l\u2019indice le plus positif du véritable aggiornamento des esprits.Dès ce moment, nous pouvons et devons affirmer que certains services ne peuvent exister qu\u2019au niveau diocésain, voire national et universel.Nous indiquons seulement une piste de recherche, n\u2019ayant pas le temps de nous y arrêter.Plus profondément encore, nous pouvons peut-être affirmer que, même au niveau paroissial, ne seront valables, compte tenu des circonstances, que les expériences qui s\u2019inscriront dans la conscience diocésaine, la respecteront et n\u2019en briseront pas l\u2019unité, non celles d\u2019avant-garde ou du refus de progrès.En ce temps de renouveau, nous assistons à une prolifération d\u2019expériences pilotes d\u2019une vitalité extraordinaire.Le critère prudentiel qui permette de les évaluer me semble souvent leur degré d\u2019insertion réelle dans la vie diocésaine.D\u2019ailleurs ce mouvement d\u2019ouverture de la paroisse s'accomplit de deux manières: par en haut et par en bas.Par en haut: le diocèse lui-même établit de nouvelles structures, instaure des services diocésains, planifie l\u2019action pastorale.Il y a vingt ans, à Montréal, ne devaient guère exister que la chancellerie, les archives et certaines structures administratives indispensables.Aujourd\u2019hui, les offices occupent un édifice tout entier: Centre de catéchèse, Com- mission de Pastorale liturgique, Centre de la Bible, Office de l\u2019enseignement, Office des Paroisses, etc.Tout le secteur de l\u2019Action catholique spécialisée dépend d\u2019un autre organisme, diocésain lui aussi.Très souvent le travail de ces différents services était accompli par des spécialistes et se surajoutait à celui des paroisses, de façon souvent hautaine.De plus en plus il s\u2019efface et cherche simplement à animer, à stimuler les paroisses dans leur rôle propre et à leur en fournir l\u2019instrumentation pratique.On trouverait de beaux exemples de collaboration dans le nouveau service de catéchèse aux adultes et dans celui des Cours de préparation au mariage.Le climat évolue rapidement.Les réticences tombent.Le clergé paroissial ne considère plus les gens des offices comme des intrus ou de dangereux envahisseurs.Par contre aussi, ces derniers apprennent à se méfier d\u2019eux-mêmes, respectent davantage ces hommes de la base et ont appris à les écouter.Pendant ce temps, un travail s\u2019accomplit au ras du sol.Groupées en zones, les paroisses apprennent à se connaître, commencent à dialoguer, à échanger, à collaborer.Parfois, des choses très humbles: l\u2019horaire des messes, le feuillet paroissial, les mariages de mineurs et, de fil en aiguille, on sent qu\u2019avec de la patience tout finira par y passer.Indices de renouveau Pour le pasteur engagé, ces nouveautés sont primordiales.Autant une prise de conscience abstraite l\u2019insécurise et l\u2019angoisse, car il ne voit pas les cheminements pratiques qui le rassurent, autant ces petits détails d\u2019une réponse en acte soulèvent son enthousiasme.Les pasteurs ont vaincu leurs complexes.Ils ont retrouvé confiance en eux-mêmes et dans la tâche qu\u2019ils accomplissent.Ils n\u2019ont pas les solutions, ils sont en recherche: c\u2019est le plus important.A cause de cela, il faut maintenant parler d\u2019un renouveau de la paroisse.Malgré la critique violente de certains et l\u2019insatisfaction d\u2019une partie du laïcat, le prêtre de paroisse sent très bien que la paroisse porte en elle des valeurs qu\u2019aucune autre structure ecclésiale ne véhicule.Dans l\u2019éventail des professions sacerdotales, il sent confusément qu\u2019aucune autre ne respecte autant son sacerdoce.Les prêtres professeurs, les aumôniers, les prêtres d\u2019œuvres souhaitent tous « faire un jour du ministère ».Car, en plus de ses rôles secondaires (et dépassés), la paroisse est pour l\u2019ensemble des chrétiens le lieu de l\u2019expérience chrétienne primordiale.Cette notion d\u2019expérience primordiale nous vient de la philosophie allemande.Nous aurions peine à la préciser de manière définitive.Allons-y par un biais.Dans son article « Le couple paroisse-famille1 », M.le chanoine Jacques Grand\u2019Maison reprend au Père Con-gar cette comparaison: la paroisse serait à la vie chrétienne ce qu\u2019est la famille à la vie humaine.Non seulement la famille engendre mais elle façonne intérieurement la personne de sorte que toute l\u2019existence ultérieure de celle-ci en restera marquée.La famille ne donne la vie au sens plénier que parce que l\u2019amour est sa loi2.Comme la paroisse la famille est en crise.Elle voit ses rôles disparaître et elle-même se centrer sur sa mission spécifique: l\u2019amour, 1.\tCf.Communauté chrétienne, n° 24, pp.515-525.2.\tCf.Gabriel Madinier: Nature et mystère de ta famille, Caster-man 1961.46 RELATIONS l\u2019ouverture aux autres, l\u2019accueil, la joie, la reconnaissance.Semblablement pour la paroisse 3.N\u2019imprimerait-elle pas à la vie chrétienne l\u2019expérience de départ qui, par la suite (consciemment ou non), servirait de critère à toutes les autres ?Un programme En conclusion, il nous resterait à tracer les allées d'une pastorale paroissiale.La paroisse, sauf par accident, ne convertit pas.Son rôle est d\u2019assurer la stabilité et la permanence de l\u2019Église.Elle baptise, elle éduque, elle stimule, elle soutient.Tandis qu\u2019il assigne à l\u2019Église diocésaine la mission qui a pour but l\u2019expansion de l\u2019Église et sa confrontation au monde, le Père A.Liégé attribue à la paroisse une fonction eucharistique 4.L\u2019expression reste ambiguë, car elle fait trop directement penser à liturgie.Depuis deux ans, par la force des choses, nous avons majoré la pastorale liturgique au risque de mettre le reste en veilleuse.Pour notre part, nous tracerions d\u2019un geste plus large un programme en trois points, selon le portrait type de la communauté chrétienne primitive que nous donnent les Actes des Apôtres.Ils se montraient assidus à l'enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.(Act.2: 42.) Assidus à l'enseignement.D\u2019où une mission catéchétique.La paroisse nous éduque à la foi, depuis l\u2019enfant qu\u2019elle porte aux fonts baptismaux jusqu\u2019à l\u2019adulte engagé dans des responsabilités profanes importantes.Éclairer la foi, en préciser les exigences, catéchiser à tous les niveaux et de toutes les manières, pastorale scolaire, catéchèse sacramentelle et liturgique, homélie et prédication, direction de conscience, catéchèse des adultes, etc., de façon permanente, le prêtre du ministère a toujours à révéler les mystères de Dieu.Faute de quoi, la foi se détériore en une morale, en religiosité, en magie.« Laissez une paroisse vingt-cinq ans sans prêtre: on y adorera les bêtes », disait le curé d\u2019Ars.Fidèles à la communion fraternelle : c\u2019est la mission caritative, c\u2019est la vie de charité dans l\u2019existence quotidienne avec ses heurts, ses échecs et ses grandeurs.Ce niveau m\u2019ap- 3.\tLa question d'une pastorale familiale m\u2019apparaît privilégiée à ce niveau.4,\tCf.Communauté chrétienne, n° 24, pp.500-514.paraît actuellement le plus méconnu, le plus oublié.On « plane » à force de vouloir une communauté liturgique sans vie fraternelle préalable.Ce domaine comporte la présence aux pauvres, les œuvres de charité; plus proche encore, les différents services paroissiaux.Le feuillet paroissial pourrait les animer, leur insuffler une âme.Certaines paroisses ont des loisirs organisés, des camps de vacances, un service de gardiennes, etc.La paroisse doit être un centre de relations interpersonnelles, malgré l\u2019anonymat qui la menace.Elle doit faire entrer les gens en communion les uns avec les autres, et de cette communauté former une assemblée de frères.Très souvent cette réunion de tous en une même famille ne pourra s\u2019établir que par et grâce au prêtre.Le prêtre doit être « pontife », faiseur de ponts, il tisse des liens, il met en relation.Par son célibat, il atteste au milieu des gens l\u2019amour que Dieu leur porte et les provoque à une vie fraternelle.Dans ce sens il cherchera de plus en plus à tenir en veilleuse l\u2019aspect institutionnel et administratif du presbytère pour en faire plutôt un centre d\u2019acceuil.Le presbytère Saint-Isaac-Jogues s\u2019appelle « Maison des paroissiens ».A Saint-Maurice de Duvernay, m\u2019a-t-on dit, on vient le dimanche prendre un café au presbytère.A d\u2019autres endroits, le prêtre, sentant que le presbytère fait écran, va habiter en quartier au milieu des fidèles, témoin authentique de la fraternité chrétienne par sa présence et son partage du même destin.Fidèles à la fraction du pain et aux prières : c\u2019est la mission sacramentelle et liturgique.Une fois catéchisée et mise en fraternité, la paroisse vivra son temps fort dans l\u2019eucharistie.A ce niveau encore, le prêtre ne saurait être un simple fonctionnaire ou ministre du culte: il est le dispensateur du mystère.Autant il veillera à célébrer une liturgie populaire et chaleureuse, autant il verra à éloigner les indignes ou ceux dont la foi n\u2019est pas encore assez éclairée.Alors se posera pour lui le difficile problème de l\u2019accès des non-pratiquants aux sacrements.D\u2019ici peu de temps il faudra refuser certains mariages, certains baptêmes.D\u2019autre part, le sacrement de pénitence traverse une crise.Je m\u2019arrête, pour ne pas tourner en réquisitoire cette longue communication.A peine ai-je effleuré des domaines inépuisables; surtout, je n\u2019ai rien dit du laïcat et c\u2019est une lacune grave.A tous les niveaux, la paroisse se repense.Pour nous, le Concile commence.Nous l\u2019entrevoyons avec une espérance indéracinable.LAVALLÉE, BÉDARD, LYONNAIS, GASCON, LUSSIER, NOISEUX, SENÉCAL Comptables agréés Hector Lavallée, C.A.Roger Lyonnais, C.A.Jean Lussier, C.A.René Senécal, C.A.Maurice Saint-Louis, C.A.Marcel Demers, C.A.Paul Hébert, C.A., Syndic Romain Bédard, C.A.Lionel Gascon, C.A.Paul Noiseux, C.A.Pierre Bédard, LL.L., C.A.David Crockett, C.A.André Lussier, C.A.215, rue SAINT-JACQUES, MONTRÉAL TROIS-RIVIÈRES\tTel.: 849-7791 SHERBROOKE FÉVRIER 1966 47 Quand les curés s interrogent.Maurice MATTE, prêtre * Ce n\u2019est pas d\u2019aujourd\u2019hui que la paroisse est mise en question et que les curés s\u2019interrogent, surtout depuis, qu\u2019avec la parution du livre des abbés Daniel et Godm France, pays de misson ?, on a perçu la nécessité des missions à l\u2019intérieur.Ici, au Québec, la paroisse n\u2019a pas été, à proprement parler, mise en accusation.En face de son inefficacité en certains secteurs, on a songé à de nouvelles structures d\u2019évangélisation, v.g.à l\u2019Action catholique spécialisée pour les milieux de vie, aux offices diocésains, aux équipes d\u2019aumôniers d\u2019écoles régionales, etc.La paroisse urbaine, elle, de moins en moins de type rural comme elle l\u2019était encore il y a une trentaine d\u2019années, s\u2019est repliée sur les loisirs (les milieux de travail l\u2019ayant dépassée), pour regrouper si possible sa communauté; finalement, elle se réfugie dans son dernier bastion: le culte.La paroisse n\u2019a pas encore réussi à se situer dans une pastorale d\u2019ensemble.Les pasteurs cependant s\u2019interrogent; ils se rappellent l\u2019enseignement des théologiens et sociologues sur la paroisse et réfléchissent sur leurs expériences.L\u2019enseignement des maîtres La paroisse, selon Karl Rahner, est l\u2019Église concrètement présente dans un lieu, en sa densité suprême qu\u2019est l\u2019Eucharistie, présence corporelle du Christ et gage de sa présence en l\u2019Esprit.La paroisse serait l\u2019assemblée liturgique de voisins.Pour le P.Liégé, la paroisse est axée sur deux pôles: eucharistique et missionnaire; à propos du second, la paroisse, loin d\u2019être englobante, doit être englobée par l\u2019Église diocésaine, première responsable de l\u2019évangélisation et de la mission.Le P.Congar, lui, a perçu une analogie éclairante entre la paroisse et la famille.La famille doit être le milieu d\u2019épanouissement plénier de la vie humaine tandis que la cité répond à des * M.le chanoine Matte a été longtemps directeur de la Pastorale dans le diocèse de Saint-Jérôme.besoins différenciés.Ainsi de la paroisse relève la formation de base du chrétien alors que les responsabilités plus spéciales appartiennent au diocèse.Les sociologues (Pin, Houtard, Fich-ter) ont constaté que réalités humaines et réalités géographiques ne coïncident plus et n\u2019ont pas nécessairement à coïncider.Comment bâtir une communauté de foi, de culte et de charité sur une communauté qui n\u2019est plus homogène?Il appartient à la paroisse de donner corps à la fraternité des croyants au delà de ce qui, à d\u2019autres plans, les unit ou les divise.Pour les sociologues comme, pour les théologiens, la paroisse n\u2019a qu\u2019à redevenir une filiale de l\u2019Église épiscopale, un relais.L\u2019évolution de la paroisse urbaine chez nous confirme ces conclusions: la paroisse urbaine n\u2019a vécu vraiment que par des échanges incessants avec les autres communautés: économiques, sociales, etc.Elle ne peut se couper de la vie, ni de la vie de l\u2019homme marqué par les milieux sociaux et les fonctions de la vie sociale, nijie la vie de l\u2019Église qui est d\u2019abord l\u2019Église du diocèse.Autrement, elle s\u2019asphyxie et dépérit.A ces généralisations des scientifiques, les curés ajoutent les réflexions qui naissent de leurs expériences.Elles peuvent avoir valeur subjective, limitée, et ne réfléter que telle paroisse.De même, un rural, un ouvrier, un bourgeois peuvent voir la paroisse à travers leurs lunettes.Que retiennent les curés de leurs expériences?La vie paroissiale La paroisse vivra-t-elle par la liturgie, par les « œuvres » ?La paroisse demeure le lieu privilégié de la Parole et de la Liturgie.S\u2019il y a danger que la paroisse se replie dans le sacramentel, elle peut également devenir une communauté artificielle animée seulement par des « œuvres ».Plusieurs curés misaient sur le renouveau liturgique pour relancer leur paroisse.Le renouveau liturgique favorise certes une participation mieux comprise, active et communautaire, surtout à la messe dominicale.Mais touchera-t-il les gens dans leur vie quotidienne?Il s\u2019adresse à des gens qui ont la foi.On ne convertira pas les païens avec la liturgie.D\u2019autres comptent sur l\u2019esprit de service du curé; rien ne remplace le contact humain.Que sera ce contact pendant les six jours de la semaine où les gens sont à leurs tâches ?Il y a la catéchèse dans les écoles (?), les visites reçues au bureau et les temps forts: visite de la paroisse, semaines de Noël et de Pâques.Les visites au bureau ?Un vicaire d\u2019une paroisse de 5,000 âmes a dressé, après 19 jours de garde, ce bilan: 116 visites dont 92 pour certificats, offrandes de messes, dîmes, etc., 24 pour avis spirituels, 58 appels téléphoniques dont 41 de caractère administratif, aucun appel aux malades.Par contre, durant les 35 jours dont il fit le relevé, il fit 23 visites à des foyers, dont 17 différents, et 5 visites à des malades.Il fut 9 soirs au presbytère sans activités précises dont 2 se passèrent devant le téléviseur.Le problème de la présence continuelle du prêtre au presbytère se pose: faut-il d\u2019abord assurer cette présence ou vaut-il mieux aller aux fidèles ?La visite de la paroisse est l\u2019objet d\u2019un long et douloureux examen de conscience.Beaucoup de curés en reviennent insatisfaits: Nous ne rencontrons pas la famille et nous manquons le but premier de la visite.Nos contacts demeurent superficiels; nous ne sommes plus reçus pour ce que nous sommes: des hommes de Dieu.On craint que nous dépassions le plan humain et social.Nous avons l\u2019impression de n\u2019être pas désirés: la télé, la radio, le lavage continuent.N\u2019imposons-nous pas notre visite ?D\u2019une maison à l\u2019autre nous ne savons à qui nous nous adresserons et il faut briser la glace avant que le contact s\u2019établisse.Certains ont tenté des visites le soir, des rencontres par groupes de familles, d\u2019autres répartissent la visite sur l\u2019année entière, quittes à ne jamais finir.Il demeure que la visite garde des valeurs appréciables: 48 RELATIONS Nous connaissons mieux la géographie humaine de la paroisse; elle établit des contacts humains et personnels qui préparent des relations pastorales.Parfois, elle nous vaut des retours.Les fidèles généralement désirent la visite.La conclusion paraît être qu\u2019il faudra redéfinir avec des laïcs le but et les modalités de la visite paroissiale.La paroisse est devenue pour le fidèle un secteur réduit de son existence; comment l\u2019atteindre proprement en son rôle familial ?La paroisse a charge spéciale de ce secteur.Elle doit de toutes façons garder souci de cette animation du temporel.Les paroissiens dans la paroisse Même conclusion des curés, s\u2019ils considèrent les groupes qui forment la paroisse.Il faut repartir de la vie.Il y a d\u2019abord les religieux et les religieuses.Les uns et les autres font de très sérieux efforts pour s\u2019intégrer davantage à la paroisse et les curés ont manifesté un vif désir d'entrer avec eux en une collaboration plus intense.Il reste que les institutions souvent sont supra-paroissiales ou para-paroissiales, avec le risque pour les religieux de se sentir extraparoissiaux.Chez les fidèles, l\u2019intégration est à reprendre: « Nos associations sont mourantes.» Bâtir à côté?« Il est impossible de les regrouper.Nos fidèles rejettent tout embrigadement, tout groupement qui les obligerait à des réunions régulières ».« Faut-il les regrouper au niveau régional ?Nos gens ont encore trop l\u2019esprit paroissial.Ils ne marcheront pas si le curé n\u2019est pas là.» Il va falloir repartir de la vie pour aller aux institutions et non vice-versa, nous contenter d\u2019objectifs immédiats et limités, laissant aux organismes de zones ou du diocèse les mouvements d\u2019envergure.La paroisse dans la zone Les curés rejoignent ici les observations des spécialistes de la théologie et de la sociologie.La paroisse est dépassée aujourd\u2019hui par l\u2019éclatement des cadres sociologiques et doit s\u2019ouvrir à la pastorale de zone et du diocèse.La perspective de la zone se développe avec la régionalisation des écoles.Selon certains, c\u2019est une planche de salut par l\u2019ouverture et le partage des responsabilités qu\u2019elle apporte.Chaque fois que dans une zone pastorale, on partage les responsabilités communes entre les membres du clergé paroissial, de l\u2019état religieux et du laïcat, un souffle vivifiant FÉVRIER 1966 traverse la paroisse.«Seulement il ne faudrait pas que l\u2019ouverture sur la zone soit une mise en commun d\u2019impuissances.» « La pastorale doit se brancher vigoureusement sur les milieux de vie et sur les grands courants culturels de masse pour que le travail soit efficace ».La pastorale de zone suppose le travail en commun, les sessions et les journées diocésaines d\u2019études.Elle fera surgir au niveau des curés une responsabilité collective analogue à la collégialité épiscopale.Quels hommes prendront charge de cette pastorale de zone?Des vicaires, des responsables ou secrétaires de zone travaillant directement sous la direction du chef de zone (le vicaire forain) ?Il semble qu\u2019il faudra grouper ces ouvriers en équipes pour leur assurer les échanges, les livres, etc.Cette équipe pourrait renouveler les retraites paroissiales traditionnelles par des missions ou des récollections de zone.Au fond, il s\u2019agit pour la paroisse de devenir le relais des grands mouvements apostoliques en catéchèse, en liturgie, en apostolat laïque, d\u2019être le point d\u2019application des décisions épiscopales et diocésaines.Le sentiment des curés devant la tâche Devant cette tâche immense, nouvelle, qui brusquement surgit, tout autre que celle à laquelle on les avait préparés et à laquelle ils s\u2019étaient faits, bon nombre sont désemparés.J\u2019ai un poids sur la tête, je me sens mal à l\u2019aise de ne pouvoir faire plus.Ça me donne mauvaise conscience.Je ne vois pas du tout comment faire bouger mes gens.Le diocèse propose des objectifs à l\u2019occasion des sessions et des journées d\u2019études; nous en discutons en réunions de zones; quand je reviens je me demande: comment vais-je m\u2019y prendre ?qui va me donner un coup de main?J\u2019attends et le temps passe.Ils ont été habitués à exécuter, à recevoir une directive.Il faut aujourd\u2019hui avant tout inventer, prendre l\u2019initiative.Certains s\u2019y mettront en amateurs au gré de leurs goûts plutôt que selon les exigences rigoureusement établies, s\u2019adonnant aux loisirs, à la chorale, à la visite des malades, à la catéchèse dans les écoles, attendant les demandes, etc.Ils n\u2019ont pratiqué jusqu\u2019ici que l\u2019action sur la masse ou sur les individus.Aujourd\u2019hui, il faut nouer le dialogue, il faut organiser l\u2019action sur les petits groupes.Or ils n\u2019ont pas appris, l\u2019effort paraît coûteux et disproportionné avec le résultat.Il sont de mentalité française et suivent une logique établie d\u2019avance alors qu\u2019il faudrait plutôt procéder par expérimentation.Les méthodes d\u2019Action catholique sont d\u2019un grand secours.Plusieurs ne les ont pas assez appliquées.Conclusion Sur cette toile de fond que forment ces réflexions de curés, deux faits se détachent.D\u2019une part, des communautés distinctes de la paroisse: Action catholique spécialisée, mouvements familiaux, écoles secondaires régionales, catéchèse d\u2019adultes et d\u2019enfants sont nées dans les diocèses et prospèrent visiblement tandis que la paroisse de plus en plus dépérit, perdant le prestige qu\u2019elle avait seule naguère.Deuxième fait: ces autres communautés sont prises en charge par des prêtres jeunes, souvent réunis en équipes, capables de s\u2019adapter au fur et à mesure grâce à la richesse des groupes, aux études qu\u2019ils ont faites et qu\u2019ils poursuivent intensément quand il le faut.Pendant ce temps, le clergé paroissial semble laissé pour compte n'ayant pour se renouveler que des journées ou des sessions d\u2019études du diocèse.Or le ministère est devenu difficile, multiforme.En outre, nous manquons encore d\u2019exemple de paroisse vivant une pastorale d\u2019ensemble.Nous avons bien l\u2019une ou l\u2019autre paroisse pilote en liturgie, en catéchèse, mais aucune engagée de façon exemplaire dans une pastorale d\u2019ensemble régionale, pour la bonne raison que celle-ci devrait d\u2019abord exister.Or c\u2019est le clergé paroissial qui devra réaliser et faire exister la pastorale paroissiale, régionale et diocésaine.La paroisse demeure le point d\u2019impact, le terrain d\u2019atterrissage de tout le renouveau actuel de l\u2019Église.Que fera-t-on pour ce clergé ?Sans doute les cours de recyclage lui feront assimijer en profondeur les renouveaux de l\u2019Église, en particulier, ceux que le Concile a promulgués.Ne pourrait-on aller plus loin et, s\u2019inspirant de ce qui se fait dans le commerce, établir auprès des curés de bons « vendeurs » de la marchandise nouvelle?Les directeurs diocésains d\u2019offices et d\u2019œuvres, aidés par les spécialistes ont fait le choix des formes de pastorale qui conviennent à notre monde.Les curés ne demandent pas mieux que de les faire leurs.Ils ne peuvent être des spécialistes universels.Il faudrait qu\u2019on leur « vende » ces idées nouvelles, et qu\u2019on les aide à jouer cette fonction de relais qui convient à la paroisse.Ainsi seraient respectées la réalité du diocèse, la réalité de la zone et la réalité différenciée de la paroisse.49 Prêtres et religieux dans notre Église de demain Lucien ROY, S.J.* Ie renouveau préparé par le Concile commence à peine de s\u2019introduire dans la vie.La transformation très particulière de la société québécoise dans un monde tout entier en rapide évolution laisse tout juste entrevoir la courbe qu\u2019elle pourrait dessiner.Il est donc hasardeux de risquer des prévisions sur ce que sera, ou même sur ce que devrait être, la vie d\u2019un groupe déterminé dans l\u2019Église de demain.Les seuls points de repère qui nous permettent de prolonger notre vision dans le futur sont les résultats déjà acquis par les essais de renouvellement en cours et, d\u2019autre part, la permanence de valeurs stables qu\u2019aucune transformation ne saurait rendre caduques ou atteindre en profondeur.11 faut avouer, pourtant, que d\u2019un côté comme de l\u2019autre, ces précieuses indications sont peu nombreuses ou ne sont pas très claires.Essayons quand même de marcher sur les traces du scribe sage et prudent, dont parle l\u2019Évangile, qui une fois devenu disciple du Royaume sait tirer de son trésor du neuf et de l\u2019ancien.Tout est là en principe.Tendre délibérément aux extrêmes (extrêmes de nouveauté et extrêmes de tradition, bien entendus l\u2019un et l\u2019autre), pour y récupérer tout ce qui offre vérité, consistance, richesse authentique afin de l\u2019annexer à la nouvelle synthèse.Car cette synthèse se présentera comme entièrement nouvelle, puisqu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019accumuler des éléments inertes alignés les uns à côté des autres, mais d\u2019en faire surgir toutes les possibilités, multipliées par des rencontres inédites.Diversité et unité, foi et culture, renouvellement et tradition, sollicitude universelle et concentration, adhésion étroite au concret comme le plus matérialiste des hommes et recherche de son inspiration dans le seul monde de la foi.Prendre toutes les directions à la fois et adhérer d\u2019autant plus fortement à des principes stables et bien définis qu\u2019on doit pousser plus loin ses incursions.I Les Constantes Avant de nous représenter ce que sera le prêtre de demain, son intégration au milieu, l\u2019orientation de son activité.soulignons ce qui fera nécessairement partie de son histoire, en quelques conditions qu\u2019elle se développe.On devra toujours y retrouver une double tension, de renouvellement et d\u2019enracinement, ainsi que les constantes normales de toute évolution.* L\u2019A.est appliqué au ministère des retraites auprès des prêtres et des religieux.50 Renouvellement Laissons de côté pour l\u2019instant le renouvellement proprement spirituel, plus indispensable pour l\u2019animateur de la vie chrétienne que pour tout autre.La question se pose sur un autre plan: celui qu\u2019on pourrait dire de sa qualité professionnelle.C\u2019est tout le régistre des moyens humains, aptes à améliorer un rendement apostolique: acquisition et développement de la culture, des facilités de communication par la parole, les échanges de groupes, les contacts personnels; l\u2019utilisation des ressources qu\u2019apportent les sciences plus jeunes, même si elles laissent parfois des incertitudes et commandent une spéciale prudence.Les interventions de Paul VI et du Concile ont maintes fois ramené à l\u2019attention la nécessité du dialogue, l\u2019importance d\u2019utiliser les ressources de la sociologie, de la psychologie, d\u2019une saine pédagogie.De même encore: utilisation large des techniques matérielles destinées à alléger les tâches et à accroître l\u2019efficacité en se défendant de glisser dans la fantaisie et le bourgeois.Plus sérieux et plus urgent: la diversification des tâches en plusieurs branches de spécialisation.A mesure que le champ des connaissances s\u2019élargit, les exigences du public se font plus pressantes: ce qui ne laisse plus que l\u2019issue d\u2019un sérieux approfondissement, chacun limitant le secteur de sa compétence.Comme, d\u2019autre part, il faut couvrir tout le champ des obligations professionnelles, il sera indispensable de bénéficier d\u2019un mouvement concerté, d\u2019une distribution rationnelle des tâches et des spécialités, par-delà les frontières de tel groupe religieux ou diocésain si on veut faire mieux que de toujours parer au plus pressé sans jamais reprendre le retard sur les exigences de l\u2019heure.L\u2019abus des spécialisations dont notre société est grevée ne doit pas nous arrêter.(On aura bientôt besoin de spécialistes pour faire les liens entre les diverses spécialités.) L\u2019abus ne doit pas inciter à la régression; voyons-y plutôt l\u2019invitation à mieux coordonner nos énergies.D\u2019ailleurs, les nouvelles structures qui s\u2019esquissent ne vont-elles pas nous contraindre à tout réévaluer et à mieux distribuer nos efforts apostoliques ?La tendance aux formations de groupes apparaît, de nos jours, comme un phénomène universel.(Le décret sur la formation des prêtres en tient expressément compte.) Dans le nivellement général de la société, l\u2019originalité foncière et irréductible de chacun ressort davantage; elle force l\u2019attention et le respect.Chacun se sent plus seul, d\u2019une solitude qu\u2019il a besoin de compenser par la solidarité avec l\u2019entourage.Non un vaste ensemble où la solidarité se diluerait dans le nombre, mais un groupe restreint de quelques congénères, liés par les mêmes intérêts, liés surtout par une même insécurité.Les individus d\u2019autrefois se trouvent comme remplacés par de petites aggloméra- RELATIONS tions aux aspirations communes, avec une conscience de groupe et un individualisme de groupe (sorte d\u2019égoïsme syndiqué non moins menaçant que l\u2019antique égoïsme aujourd\u2019hui bien désuet).Tout l\u2019effort qu\u2019il a fallu mettre jadis à promouvoir les liens de charité entre les individus devra porter dorénavant sur l\u2019ouverture des groupes les uns aux autres, dans une unité supérieure.A l\u2019image de Charles de Foucauld, le prêtre se devra plus que jamais d\u2019être le « petit frère universel » au-delà des castes qui voudraient prendre la relève des « classes ».Plus que jamais il devra puiser sa force, sa confiance, sa bienveillance directement au Cœur de son Dieu, car pour une grande part de sa tâche, l\u2019équipe lui sera de peu de secours.C\u2019est ce qu'on devrait mieux comprendre aujourd\u2019hui, alors qu\u2019on réclame tellement l\u2019autonomie sur tous les fronts, que le principal de sa vie spirituelle ( et de sa vie apostolique, inséparable de sa vie spirituelle) se vit entre Dieu et soi.C\u2019est le sens du mot de Pascal: « Pourquoi ne pas vivre seuls puisque nous mourrons seuls ?» Présence, ouverture, fraternité, mais à tous, non uniquement à son petit groupe.Quand la fièvre de renouvellement aura passé, les ardents d\u2019aujourd\u2019hui devront se défier davantage des fixations en de nouvelles ornières.Déjà on a versé d\u2019un conformisme dans un autre, sans s\u2019en rendre compte.Et l\u2019engouement pour l\u2019agitation n\u2019offre rien de meilleur que l\u2019enlisement: ce sont deux conditionnements et l\u2019homme qui dirige son évolution doit se libérer de tous les conditionnements.Tout remettre en question en fonction des fins est excellent, mais les fins ne se poursuivent pas sans quelques moyens adaptés \u2014\tou ce ne sont que de perpétuelles remises en question.(A recommander le chapitre intitulé « L\u2019accoutumance » dans les directives qui suivent la règle de Taizé.) Enracinement Tout en se préoccupant constamment de répondre aux besoins nouveaux, il faudra se préoccuper plus encore de se rencontrer, de se convertir à l\u2019essentiel, de s\u2019affermir et se stabiliser en ce qui constitue sa raison d\u2019être.Si le prêtre et le religieux ne sont pas les témoins sur terre de la Cité céleste, ils ont perdu tout caractère spécifique et le monde n\u2019a plus besoin d\u2019eux.Cet essentiel qu\u2019est le leur tient tout entier au monde de la foi.(Foi qui est révélation de l\u2019Amour \u2014\tet l\u2019Amour ne se révèle pas à celui qui discute.« Pratiquez ma doctrine et vous verrez qu\u2019elle est de Dieu », dit le Seigneur.) Le monde de la foi a pris corps en Jésus-Christ.C\u2019est à dessein, sans doute, que le Concile a donné une tournure si fortement christocentrique au décret sur la vie religieuse \u2014\tet dans le même but qu\u2019il invite le prêtre à ranimer sa vie spirituelle aux sources de la liturgie.Le capital de la liturgie, c\u2019est le Christ.Voilà une tâche qui incombera aux spécialistes de la liturgie de la catéchèse, du renouveau biblique: marquer davantage l\u2019unité de tous ces courants dans l\u2019unique Mystère du Christ, seule voie vers le Père.Non seulement le dire (ils le font déjà) mais le vivre et le faire vivre.Au lieu de minimiser la piété individuelle, s\u2019appliquer à prolonger la liturgie au-delà des limites du visible, dans toutes les dimensions réelles de l\u2019Église, visible et invisible, en favorisant une vie spirituelle personnelle intense.L\u2019Assemblée déborde de FÉVRIER 1966 beaucoup le groupe de la messe dominicale.Comme le relève saint Augustin, la réunion au Christ mystique est plus vaste et antérieure à la réunion des fidèles: « Les fidèles connaissent le corps du Christ si toutefois ils ont soin d\u2019être eux-mêmes le Corps du Christ.Qu\u2019ils deviennent le Corps de Jésus-Christ s\u2019ils veulent vivre de l\u2019Esprit de Jésus-Christ.» {In Joan.26, 13.) De même des scripturistes sérieux devront se hâter de mettre en pleine lumière la réalité historiquedu Mystère du Christ et de tous ses mystères, afin que cessent les théories fantaisistes se donnant des airs de certitude et se parant d\u2019un semblant de science pour mieux défigurer l\u2019Évangile.C\u2019est de l\u2019Évangile intégral et du Christ intégral qu\u2019il faut nourrir la foi.(Le Christ de l\u2019Incarnation, du temps et de l\u2019histoire et le Christ dans toute sa transcendance \u2014 non ce docétisme moderne qui nie à la fois la dimension surnaturelle et la dimension historique de Jésus-Christ.) Sans le Christ intégral, toute l\u2019aventure spirituelle de l\u2019humanité n\u2019est qu\u2019un rêve.« Aucune tentative de purification pour parvenir à voir Dieu ne peut aller sans la contemplation.Contemplation silencieuse de la personne même du Christ.Seul notre regard posé sur le Christ permet la lente transformation.» (Le pasteur Schütz.) Si le prêtre se fonde solidement sur le Christ Jésus, l\u2019ouverture aux autres devient possible.Car il s\u2019agit bien d\u2019une ouverture apostolique, i.e.commandée par le zèle, la charité, le sacrifice et l\u2019oubli de soi.Il n\u2019y a de véritable charité que celle qui se donne.Donner de son superflu, donner de sa facilité n\u2019est pas encore le vrai don.Le don de soi commence avec le sacrifice de ses intérêts personnels.Il faut qu\u2019un jour ou l\u2019autre cela fasse mal et que cela ne cesse d\u2019être douloureux que par Fonction divine.Un congrès de religieux anglicans tenu à l\u2019été 1965 s\u2019est chargé de le rappeler.« Mortification et renoncement.Membre de l\u2019Église unie au Christ, plongé par le baptême dans la mort et la passion du Christ, le chrétien doit participer à ce renoncement, dans une vie consciente de l\u2019amour de Dieu pour le monde.L\u2019ascétisme des religieux revêt un caractère social: il glorifie publiquement Dieu en liaison intime avec la prière liturgique.Il faut aussi vivre en un recueillement silencieux dans lequel Dieu opère son œuvre pour édifier l\u2019Église.» (Reportage de la Revue des Communautés Religieuses.) Evolution Entre ces deux tensions s\u2019engendre le futur.Une évolution est faite de mouvement, de dépassements, de remises en question.Toutes choses qui dénotent l\u2019instabilité de nos certitudes, l\u2019imperfection de nos acquis mais permettent l\u2019élaboration des prochaines réalisations.C\u2019est précisément pour être insatisfaits du présent que nous sommes reportés vers l\u2019avenir et contraints d\u2019engager les améliorations.L\u2019instabilité et l\u2019insatisfaction présentes constituent comme le lieu de fermentation et d\u2019éclosion de tout progrès.C\u2019est pourquoi elles sont aussi la raison de notre optimisme en manifestant à l\u2019évidence que la volonté du meilleur est toujours agissante dans la masse humaine.On ne pense pas pour autant que toute innovation aboutisse à un progrès immédiat.Combien faut-il d\u2019échecs pour préparer un progrès réel?Les reprises au-delà de tous les échecs garantissent d\u2019avance le véritable progrès.Qu\u2019une vague soit parfois en recul sur celle qui l\u2019a précédée n\u2019empêche pas le mouvement de la marée montante.51 Si l\u2019imperfection appelle un perfectionnement et, si les bouleversements sont parfois nécessaires à de nouvelles créations, la loi qui commande à ces oscillations n\u2019est pas la loi du chaos, mais la loi de la vie, de l\u2019ordre et de la paix.C\u2019est dire que tout mouvement est appelé à s\u2019arrêter dans une plus haute perfection toujours plus apparentée à la Toute-Puissance et à la Simplicité, à l\u2019Immutabilité et à la Vie.La stabilité atteinte ne pourra être compromise que pour de nouvelles ascensions.Nous en tirons deux conséquences: réduire au minimum les hasards et l\u2019agitation \u2014 refuser toute fixation prématurée afin de ne pas compromettre les enrichissements futurs.II Situation du prêtre et du religieux dans le monde Que sera le prêtre de demain ?D\u2019abord et avant tout, un homme, simplement.Quelqu\u2019un qui ait pleine conscience de sa qualité d\u2019homme, avec ce que cela implique de richesse et de pauvreté, qui consente à être comme tous au milieu des autres avant de présenter l\u2019aspect particulier du « séparé », du consacré voué aux choses de Dieu.Ce n\u2019est que secondairement et par grâce, non de son propre mérite, encore moins de par sa propre valeur, et pas uniquement de son propre choix, qu\u2019il est investi d\u2019une mission et d\u2019un rayonnement surnaturels.Mais ce qu\u2019il est ainsi en second lieu, il doit l\u2019être principalement.Jean Guitton vient de nous dire ce que les laïcs attendent du prêtre: Vous perdrez toujours si vous voulez nous égaler ou nous guider sur notre terrain laïc.Vous gagnerez toujours si vous vous établissez avec joie, avec force, avec une simplicité radieuse dans ce qui est votre domaine propre et incommunicable: le sacerdoce.Nous vous demandons avant tout et au-dessus de tout de nous donner Dieu.Nous vous demandons d\u2019être les hommes de Dieu.Nous sommes dans le relatif.Nous avons besoin de voir en vous l\u2019Absolu.Être pleinement homme signifie encore assimilation sans réserve ni réticence des valeurs de l\u2019humanisme.L\u2019éventail est très large et suppose des options.Le prêtre aussi devra faire ses choix; choix qui lui seront dictés par le souci de son accomplissement avant toute préoccupation d\u2019apostolat.Ce qui a véritable valeur humaine offre prise au divin; d\u2019autant plus profonde que l\u2019humain aura été mieux respecté.L\u2019opération est délicate.Elle exige discernement, dosage prudent, assimilation lente.On ne peut se livrer à toute influence sans aucune précaution, à moins de consentir à n\u2019être bientôt que le heu de rencontre de tous les courants, un caravansérail des opinions.Alors on n\u2019est plus unifié.A proprement parler, on a perdu son âme.Ce n\u2019est qu\u2019à partir de ce qu\u2019on possède bien, en accueillant ce qui peut s\u2019identifier à soi sans risque de désintégration,.qu\u2019uneculture se développe.La liberté, dans le monde de l\u2019esprit comme dans la vie sociale, est une chose qui s\u2019apprend et se conquiert; ce n\u2019est pas par une déclaration unilatérale d\u2019indépendance qu\u2019on y accède.Être pleinement homme signifiera encore davantage.Sous prétexte d\u2019humilité ou de service, le prêtre n\u2019a pas à s\u2019avilir.Il est citoyen de plein droit; sans le redire à tout instant il doit s\u2019affirmer comme tel.Civis romanus sum, disait saint Paul avec fierté.Aucun avantage à abandonner 52 ce qui est proprement sien pour venir ensuite se réinstaller en parasite.Celui qui travaille à la promotion de ses frères les humains doit lui-même tenir son rang.On ne demande pas de privilèges.Les privilèges qui tiennent à la fonction sociale du prêtre et du religieux, c\u2019est à la société elle-même qu\u2019il appartient de les assurer; quant aux autres, ils constituent plutôt une gêne et un asservissement.Il est vrai qu\u2019une partie de la fonction du prêtre est souvent méconnue.Son rôle d\u2019intermédiaire auprès de Dieu, éminemment social, passera aux yeux de plusieurs pour une insupportable prétention.11 faut donc qu\u2019il soit intégré à la société par d\u2019autres titres reconnaissables par tous.Ce qui n\u2019empêchera pas que sa première mission sera toujours de proclamer le Message et de faire accéder les hommes à Dieu.C\u2019est à cela qu\u2019il doit se porter avec force, courage, audace, sans heurter à plaisir mais sans compromission.Il n\u2019a pas à se faire pardonner de représenter le Christ mais seulement de le mal représenter.En parlant de Y aggiornamento aux grands Augustins, Paul VI précise: Dans cet aggiornamento, il s\u2019agit non pas de se conformer au siècle, mais de rechercher avec amour et sincérité ce qui peut encourager et aider à prolonger plus fidèlement dans le monde la présence, l\u2019exemple, la vie sacrifiée du Christ.C\u2019est cela que demandent principalement aux religieux les hommes d\u2019aujourd\u2019hui, au-delà de leurs sévères exigences, de leurs critiques et même de leurs oppositions.L\u2019hostilité de certains est souvent, peut-on dire \u2014 et d\u2019une façon inconsciente \u2014 le cri de ceux qui, rencontrant sur leur chemin terrestre une âme consacrée à Dieu, n\u2019arrivent pas à retrouver en elle le Christ comme ils le voudraient, au fond de leur cœur.Responsabilités Les tâches des prêtres et des religieux seront de plus en plus diversifiées.Se faire ouvrier avec les ouvriers pour entrer dans le monde des travailleurs est devenu une nécessité en certains pays et se révélera sans doute utile ailleurs.Surtout c\u2019est là un style nouveau qui pourra servir d\u2019inspiration à bien d\u2019autres formes de pénétration.Demain, au Québec, il est probable que certains secteurs solliciteront de cette manière le zèle et l\u2019ingéniosité du prêtre.En toute occurrence, le prêtre (ou le religieux) devra tenir une place importante dans les sphères de l\u2019éducation, y prendre sa part d\u2019une mission d\u2019humanisme et de spiritualisation, affirmer son sens social, témoigner du souci de l\u2019Église pour une entreprise si voisine de ses propres fins.La première tâche du prêtre restera toujours d\u2019évangéliser.Se faire l\u2019animateur d\u2019une communauté eucharistique rassemblée d\u2019abord par la foi et la parole.Une foi à ranimer et à nourrir.Une communauté à étendre pour correspondre à la catholicité de l\u2019Église.Mais l\u2019évangélisation n\u2019est ni un métier ni une profession: elle est la communication d\u2019une vie et d\u2019une vie qui se doit d\u2019être débordante.On ne s\u2019acquitte pas de responsabilités spirituelles en vertu du seul mandat \u2014 surtout si l\u2019on conçoit son mandat comme la charge de lancer des idées éparses, de soulever des problèmes, de semer le paradoxe, d\u2019inquiéter les consciences.Oui, en un sens, il faut être semeur d\u2019inquiétude, de la bonne inquiétude qui fait se retourner vers Dieu.Semeur d\u2019inquiétude et de paix.Tout autre chose que d\u2019éteindre la RELATIONS mèche qui fume encore sous prétexte qu'une foi fumeuse déshonore le nom de chrétien.Qui a le droit d arracher la foi des cœurs parce que ce serait une foi imparfaite ?qui se verra excusé d\u2019attenter à la vie divine dans les âmes parce que la vie y serait anémiée?qui a été chargé d\u2019enlever l\u2019ivraie du milieu du bon grain?Pour bien s\u2019acquitter de responsabilités spirituelles il est d'abord nécessaire d'être.Être, non ce que sa fantaisie inspire pour se constituer soi-même chef de file, mais en fidélité intégrale à l\u2019Évangile.Et plus que jamais le prêtre de demain devra veiller à ce qu\u2019on ne laisse pas se dissiper le scandale de la Croix.Des rénovations urgentes attendent.En premier lieu, une apologétique renouvelée.Le mot peut être discrédité auprès de certains.Nous ne l\u2019entendons pas d\u2019un replâtrage pour dissimuler des failles, mais de la consolidation des bases humaines de la foi, de cet appel incoercible du divin mieux dégagé, de notre évidente indigence des gratuités divines, d\u2019une sorte d\u2019existence en creux de l\u2019autre monde.Toutes les nécessités qui contraignent à poser le problème de Dieu, à venir jusqu\u2019au seuil de la foi.En face de la plus récente idole qu\u2019est la science, les vrais adorateurs doivent montrer les signes de Dieu.Et notre foi doit demeurer agressive, au bon sens de ce terme.Elle ne déploierait pas toute son envergure au sein de nos seules communautés liturgiques.Le prêtre de demain devra se montrer plus spirituel que raisonneur, mais il aura à restructurer sa théologie (conséquemment sa façon propre de concevoir et de traduire le Message) après meilleure assimilation des apports nouveaux encore imparfaitement possédés.Il saura se faire plus mystique que moralisant.Une religion sans morale n\u2019a pas de sens et une morale sans religion n\u2019en a pas plus.Le dynamisme de l\u2019une et de l\u2019autre se manifeste par la transformation de l\u2019homme en union toujours plus étroite avec Dieu.Le prêtre de demain devra utiliser toutes les formes de présence sans se laisser dissoudre.Il devra utiliser toutes les techniques et se défier de toutes.La relève Il faut la susciter.Par-delà toute propagande pour faire connaître la vie sacerdotale et religieuse, éveiller le besoin et le sens de Dieu.Le problème est à reprendre à ses origines par la rechristianisation de la famille et l\u2019assainissement de notre peuple spirituellement croupissant.Alors que s\u2019épaissit sur nous un brouillard de matérialisme, ce sont les mêmes facteurs de dissolution qui attaquent la famille, la moralité publique, la religion.Nous ferons bien de prévoir des organismes de propagande.Nous avons surtout besoin d\u2019un mouvement puissant de foi et de prière.Il nous faut des prophètes (non des illuminés) et des saints.Peut-être devrons-nous montrer plus de réalisme dans le recrutement.Ce ne sont pas les hautes aspirations qui manquent aux générations nouvelles, mais un certain sens des réalités, des nuances, des accommodations aux circons- tances.Le tout-ou-rien, les positions univoques, les exigences absolues et idéalistes rendent souvent, de nos jours, le dialogue difficile.Des vocations réelles s\u2019y perdent.De même l\u2019instabilité psychologique, fort explicable en nos temps, appelle des solutions nouvelles.Il nous faut plus de garanties avec moins de moyens; et nous attendons les secours des psychologues (ce qui suppose un renouvellement de leur science et de leurs techniques).Nous aurons à surmonter un autre facteur d\u2019insécurité provenant du manque de compréhension entre les divers secteurs de la vie consacrée (vie sacerdotale, vie religieuse, clercs et non-clercs.) Des livres bien intentionnés ont semé la panique et jeté le discrédit sur certains groupes sans profit pour personne.Si chacun voulait revenir à la bonne vieille règle de s\u2019occuper en premier lieu de ce qui le regarde, nous jouirions d\u2019un climat plus favorable, ce qui permettrait aux vrais responsables de se rencontrer au sommet pour procurer à tous la paix dans une action harmonieusement concertée.Il est à prévoir que la formation des recrues va continuer d\u2019évoluer vers un plus grand sens des responsabilités personnelles et que les intéressés sauront répondre davantage à la confiance qui leur est accordée.Une révision des rapports entre autorités et sujets intensifiera à la fois le sens de la soumission et de la liberté.(Une conception primaire, de part et d\u2019autre, a eu trop tendance à opposer ces deux notions de soumission et de liberté, au lieu de les unifier comme il se doit).Tout le mouvement qui nous porte à Dieu le Père, dans la soumission filiale du Christ, devra s\u2019accentuer, non se désintégrer ou se ralentir.En plus des initiatives déjà prises, peut-on prévoir que nombre d\u2019autres viendront s\u2019ajouter?Que par exemple, dans un avenir plus ou moins lointain, beaucoup de laïcs s\u2019intéresseront aux disciplines théologiques et sauront y prendre leur part d\u2019enseignement; ce qui allégerait les tâches du clergé, favoriserait l\u2019union ecclésiale des clercs et des laïcs.Pour l\u2019instant, les pronostics sont incertains.La prochaine génération y verra plus clair, et mieux encore celle qui la suivra.Tous les vrais maîtres du passé ont encore un enseignement valable à transmettre, mais il doit être traduit, transposé, prolongé, dépassé.Ce qui suppose de nouveaux maîtres pour les nouvelles générations.Nous les attendons avec espoir.« JÇe temple de la lumière » Pour vos ampoules r , \\\ttubes fluorescents V JÊPQt\tfournitures électriques ° flCH LJ ¦\tBEN BÉLAND, prér JEAN BÉLAND, Ino.P., 715 2, boul.Saint-Laurent, Montréal 274-2465* FÉVRIER 1966 Les laïcs r et révolution de l\u2019Eglise au Québec Réflexions à partir de l\u2019expérience de l\u2019Action catholique Claude RYAN, directeur du « Devoir » Pour les laïcs du Québec, la génération qui a fait son entrée dans la vie adulte pendant le premier quart de siècle de Relations aura été la génération de l\u2019Action catholique.Ceux qui ont aujourd\u2019hui entre 35 et 40 ans ne sont pas tous passés par l\u2019Action catholique.Beaucoup ont touché à l\u2019Action catholique, y ont même parfois occupé des fonctions importantes, sans être toutefois marqués par cette dernière.Certains sont même entrés dans la vie en nourrissant, à l\u2019endroit de l\u2019Action catholique, une méfiance profonde qui leur fut inspirée le plus souvent par certains maîtres dépités de la génération antérieure.11 n\u2019en reste pas moins que les expériences les plus décisives de cette génération en matière religieuse furent faites sous l\u2019influence et, la plupart du temps, dans le milieu de l\u2019Action catholique.A cause de ce fait majeur, il ne saurait exister de meilleure approche, pour qui veut étudier de l\u2019intérieur l\u2019apport des laïcs à l\u2019évolution de l\u2019Église québécoise, que celle qui consiste à évoquer certaines expériences capitales que rendit possibles l\u2019Action catholique et qui, de très limitées au départ, devaient avec le temps prendre figure de faits d\u2019Église.Le partage de la responsabilité apostolique La première expérience que favorisa l\u2019Action catholique, ce fut celle d\u2019un partage de la responsabilité apostolique entre évêques, prêtres et laïcs.Les évêques et les prêtres qui appelaient les laïcs à l\u2019apostolat vers le milieu des années 1930 étaient loin de se rendre compte, dans la majorité des cas, des bouleversements de perspectives qu\u2019ils préparaient.Us envisageaient la collaboration des laïcs à l\u2019apostolat comme une adjonction surtout quantitative d\u2019effectifs à une armée spirituelle dont les postes de commande continueraient d\u2019être détenus exclusivement par des prêtres et les évêques.L\u2019appel à la responsabilité, pris au sérieux par les laïcs, devait bientôt ouvrir de tout autres perspectives.Dès le début, deux mutations majeures se produisirent: 1.L\u2019homme d\u2019Église traditionnel avait tendance à juger plutôt sévèrement le monde moderne et à discerner un peu partout l\u2019action « des ennemis de l\u2019Église ».Le laïc venu à l\u2019apostolat était issu lui-même des milieux profanes et continuait en général d\u2019y vivre.Il arrivait, de ce fait, avec de tout autres perspectives.Là où certains étaient enclins à juger et à condamner, il était plutôt porté à expliquer et à comprendre.A l\u2019idée de combat rangé, il substitua tôt l\u2019idée de responsabilité spirituelle, de présence, d\u2019épanouissement de vocations laissées en friche, etc.L\u2019image du soldat fut bientôt supplantée par celle du semeur, celle du défenseur de l\u2019Église par l\u2019autre, plus humaine, du témoin fraternel qui se place spontanément sur un pied d\u2019égalité avec tous.2.A ce premier changement correspondit peu à peu un changement profond dans les perspectives d\u2019action.Au début, on considérait volontiers les laïcs comme des exécutants de la hiérarchie.Je me souviens encore, à cet égard, d\u2019un fait qui se produisit il y a une vingtaine d\u2019années.Au lendemain de la guerre, l\u2019épiscopat avait incité de manière pressante les organismes d\u2019Action catholique à entreprendre à travers le pays une vaste croisade de moralité publique.Des programmes d\u2019action visant à rejoindre tous les milieux et tous les aspects de la vie avaient été préparés sous la direction immédiate de la hiérarchie.Au moment de lancer la campagne, les dirigeants de l\u2019Action catholique convoquèrent une grande réunion à laquelle furent invités des « leaders » de tous les organismes intéressés.Peu après le début de la réunion, un débat éclata entre représentants de deux points de vue différents.Les uns voulaient donner suite immédiatement au vœu général des évêques et entendaient passer sans délai à l\u2019étude des moyens d\u2019action concrète.Les autres qui apercevaient, derrière certains changements étonnants de comportement du peuple, l\u2019indication de changements plus profonds dans les mentalités et la spiritualité, hésitaient à s\u2019engager dans une campagne extérieure de moralisation; ils se sentaient plutôt intéressés à collaborer à un travail d\u2019éducation en profondeur de la conscience chrétienne.La campagne souhaitée ne fut déclenchée qu\u2019à moitié-Dès ce moment, les autorités comprirent qu\u2019il ne saurait être question d\u2019obliger des chrétiens de bonne foi, engagés au surplus dans l\u2019apostolat, à se lancer dans des campagnes extérieures dont l\u2019inspiration ne cadrait guère avec leur conception du monde et leur idée de la vocation des laïcs dans l\u2019Église.Certains virent évidemment dans cette attitude un geste de désobéissance.D\u2019autres virent qu\u2019il y avait plutôt dans tout cela quelque chose de profond qu\u2019il fallait tenter de comprendre.Bien souvent par la suite, j\u2019assistai au spectacle de militants tout jeunes qui n\u2019hésitaient point à diverger d\u2019avis avec leur aumônier, voire leur évêque, quant à certaines stratégies ou méthodes de travail apostolique.Certains chefs ecclésiastiques voyaient surtout l\u2019apostolat du laïc comme un effort de répression du mal sous les formes que dénonçaient habituellement la pastorale traditionnelle, v.g.blasphèmes, vêtements immodestes, relations entre jeunes gens et jeunes filles, etc.Ceux qui venaient en droite ligne des milieux de vie saisissaient intuitivement que le problème apostolique se situait à un niveau plus profond.Souvent, à 54 RELATIONS Tissue d'une exhortation plus ou moins irréelle servie par un personnage quelconque, ils se regardaient, surpris et déçus, et se comprenaient sans même avoir à s\u2019expliquer.Ce qui était apparemment désobéissance ou manque de respect envers l\u2019autorité était, en réalité, bien autre chose.C\u2019était la réaction spontanée de chrétiens qui avaient pris terriblement au sérieux, devant Dieu, la responsabilité spirituelle qu\u2019on leur avait conférée et qui jugeaient devoir obéir aux données de leur conscience plutôt que de se ranger servilement à des vues qu\u2019on leur présentait de l\u2019extérieur.Cette réhabilitation du sens de la responsabilité \u2014 condition première de tout effort authentique de partage du fardeau apostolique \u2014 fut le plus important, le plus décisif apport de l\u2019Action catholique à la vie de l\u2019Église québécoise au cours du dernier quart de siècle.L\u2019évêque et le curé avaient été habitués jusque-là à diriger leur peuple en s\u2019appuyant surtout sur leur propre autorité et sur l\u2019adhésion très générale des fidèles à des normes de comportement religieux et moral rigidement définies et classifiées suivant les divers âges de la vie.Ils trouvaient, au besoin, l\u2019appui nécessaire auprès de notables laïques.Avec l\u2019Action catholique, c\u2019est un véritable mécanisme nouveau de connaissance et d\u2019expérimentation par l\u2019Église qui s\u2019introduisait dans une structure jusque-là parfaitement homogène.C\u2019était le retour à un mode plus pneumatique, plus authentiquement spirituel, de participation des laïcs à l\u2019expérience ecclésiale.Ce caractère pneumatique du phénomène était si réel qu\u2019à d'innombrables reprises, il fut donné à des évêques, à des prêtres et à des laïcs instruits de découvrir, en se mettant à l\u2019écoute d\u2019humbles militants issus de milieux populaires, certaines dimensions des mystères chrétiens auxquelles ils ne s\u2019étaient guère arrêtés auparavant.Très souvent il fut donné à des vétérans de l\u2019apostolat de mieux comprendre certains aspects de l\u2019Eucharistie ou de l\u2019Église, certains passages de l\u2019Évangile, en écoutant ces personnes simples qu\u2019en étudiant les œuvres élaborées des théologiens.La sanctification au lieu de la conquête Un deuxième trait caractéristique de l\u2019expérience de l\u2019Action catholique fut de substituer une idée très positive de la sanctification à l\u2019idée trop ambiguë de conquête apostolique.Au début de l\u2019Action catholique, il était courant de comparer les objectifs entrevus à ceux que poursuivaient de leur côté les communistes, les témoins de ceci ou de cela, en un mot « les ennemis du bien et de l\u2019Église ».On disait: voyez, les communistes ont pris le contrôle de telle usine, de tel groupement, de tel pays; pourquoi les chrétiens n\u2019en feraient-ils pas autant ?Le rôle de l\u2019Action catholique devait se révéler fort différent.Il devait consister essentiellement en une redécouverte, puis en une remise en valeur du caractère sacré de chaque once de réalité en apparence profane.Dans le mariage, par exemple, ce qui importe le plus, ce n\u2019est pas d\u2019abord la forme extérieure de l\u2019engagement ou les incidences légales qui l\u2019accompagnent; ce ne sont pas davantage les campagnes organisées contre les propagateurs de telle ou telle fausse idée du mariage.Ce qui compte, c\u2019est d\u2019abord l\u2019amour et la relation qui existe entre l\u2019amour et les manifestations multiples de celui-ci dans la vie conju- FÉVRIER 1966 gale.C\u2019est à redécouvrir les réalités du sexe et de la vie familiale sous cet angle d\u2019intériorité, à mettre au premier rang les valeurs essentielles, que s\u2019appliquèrent, mus par un instinct spirituel sûr, les premiers laïcs issus de l\u2019Action catholique.Plutôt qu\u2019à une conquête, c\u2019est à une sanctification, à une consécration qu\u2019ils se sentirent appelés.La même réaction se manifesta pour les réalités de la profession, de la politique, de la culture.Les laïcs de l\u2019Action catholique virent tôt que des stratégies superficielles de conquête dans ces domaines les conduiraient à des impasses insolubles.Ils découvrirent, au contact de la vie, que la loi première de l\u2019apostolat dans ces domaines, c\u2019est le respect des lois internes des choses, en un mot la soumission humble et active à un réel mystérieux qui exprime dans sa complexité même la volonté du Créateur de toutes choses.Deux conséquences très importantes ont découlé de cette expérience tant pour la vie intérieure que pour l\u2019action extérieure de l\u2019Église.A l\u2019intérieur, l\u2019Église a été amenée à accepter davantage les laïcs pour ce qu\u2019ils sont.Pendant longtemps, les critères de toute perfection, de toute pureté furent empruntés à des modèles spirituels tirés tantôt de la vie ecclésiastique, tantôt de la vie religieuse.Ces modèles présentaient tous plus ou moins, par rapport aux valeurs de l\u2019ordre naturel, une connotation d\u2019abstention ou de retrait.L\u2019acceptation plus intégrale du laïc comme tel et de son univers propre de valeurs signifiait, pour l\u2019Église, un effort nouveau d\u2019acceptation des réalités de Tordre naturel comme point d\u2019appui indispensable d\u2019une véritable sainteté laïque.Ée laïc cessait, pour ainsi dire, d\u2019être le chrétien qu\u2019on forme ou qu\u2019on juge par référence au clerc ou au religieux.Il cessait d\u2019être celui qui est, par définition, « moins parfait ».Il devenait plutôt celui qui est investi d\u2019une vocation originale et propre à la sainteté.A l\u2019extérieur, c\u2019est-à-dire au niveau de la société civile et des milieux naturels de vie, l\u2019Église a vite découvert, sous la poussée de cette promotion du laïcat qui s\u2019opérait en elle, que le problème de la déchristianisation du monde profane n\u2019en était pas un de conquête, mais d\u2019animation et de transformation par l\u2019intérieur.Si le laïc ne peut plus, à l\u2019intérieur de l\u2019Église, être un simple appendice ou une vulgaire sous-espèce spirituelle par rapport au clerc, cela signifie de toute évidence qu\u2019il ne saurait, au dehors, c\u2019est-à-dire là où il est sur son propre terrain, être un simple agent ou un exécutant mécanique des décisions ou des volontés du clerc.Un évêque encore très actif me racontait un jour combien il avait été étonné d\u2019entendre naguère un dirigeant d\u2019Action catholique reprocher à la hiérarchie de ne pas donner suffisamment de directives nettes aux laïcs.J'avais toujours pensé, me disait candidement cet évêque, que les vrais laïcs d'Action catholique tenaient à trouver eux-mêmes les solutions à leurs problèmes, qu'ils n'étaient pas plus intéressés que de raison à recevoir des directives toutes cuites d'en-haut.Cet évêque avait été lui-même aumônier d\u2019Action catholique avant d\u2019accéder à l\u2019épiscopat et il était demeuré très proche de cette forme de travail apostolique.Il avait appris par le chemin de l\u2019expérience une réalité qui échappait à un président improvisé et peu formé.Peu à peu, sous l\u2019empire de cet intense souci de responsabilité vécue, l\u2019accent devait passer de l\u2019organisation extérieure au témoignage, de l\u2019éclat des manifestations au rayonnement de l\u2019engagement quotidien.55 Le principal changement, ce fut d\u2019amener le laïc à agir sur la vie à partir de l\u2019intérieur de celle-ci plutôt que de l\u2019extérieur, à se planter dans le monde comme le grain jeté en terre plutôt qu\u2019à vouloir tout changer de loin et de haut.On a résumé cette spiritualité renouvelée par un mot clé qui restera comme un symbole de ce que fut la recherche d\u2019une génération: l\u2019engagement.Ces mutations n\u2019étaient pas spectaculaires.Elles donnaient lieu à l\u2019intérieur à de vigoureux débats.Mais vu de l\u2019extérieur, tout cela semblait trahir une certaine impuissance.Cette recherche fut souvent vue par des observateurs superficiels comme une perte d\u2019énergie inutile.Elle préparait en réalité l\u2019Église au rôle qui allait être le sien dans le Québec d\u2019après 1960.« Des familiers de la maison de Dieu » Rien de ce qui est survenu d\u2019important dans l\u2019Église depuis cinq ans \u2014 rapprochement avec les autres Églises, rajeunissement de la pastorale des sacrements, remise en question des méthodes de formation des prêtres, débats sur les rapports entre clercs et laïcs, discussions sur la pauvreté, revision des méthodes de gouvernement dans l\u2019Église \u2014 n\u2019a été une véritable surprise pour les laïcs qui ont participé en profondeur à l\u2019expérience de l\u2019Action catholique.Le rythme des changements qui se sont produits depuis Jean XXIII a certes étonné tout le monde et a pris, à certains jours, l\u2019allure d\u2019un miracle de l\u2019Esprit.Mais le contenu de ces mutations répondait, sur la plupart des points, à des attentes très vives qui s\u2019étaient fait jour dans des milieux engagés comme ceux de l\u2019Action catholique.Les militants ordinaires d\u2019Action catholique se posèrent le problème de la libéralisation du jeûne eucharistique bien avant que des décisions positives ne fussent prises à Rome.Ils devinrent conscients des problèmes que soulève l\u2019enseignement catholique traditionnel en matière conjugale bien avant que ces questions ne fassent l\u2019objet de débats suivis entre les théologiens d\u2019aujourd\u2019hui.Ils se rendirent compte des limites et des dangers d\u2019un confessionnalisme trop rigide bien avant que ne prennent naissance les difficultés que nous connaissons maintenant.Ils soulevèrent pratiquement le problème du renouvellement nécessaire des rapports entre clercs et laïcs bien avant que ce problème ne devienne un thème populaire de congrès ou de numéros spéciaux de revues.Ce fut là un autre trait de l\u2019Action catholique.Au lieu de former comme on le faisait naguère des « défenseurs » de l\u2019Église, c\u2019est-à-dire des spécialistes en apologétique et en controverse religieuse, elle a plutôt permis à des milliers d\u2019hommes et de femmes de vivre, de façon à la fois engagée et prophétique, le mystère de l\u2019Église, de vivre ce mystère au point de pouvoir en rendre compte de façon expérien-tielle, sans avoir à élever la voix ou à se mettre en état de défense, en en parlant plutôt comme d\u2019une réalité familière dont on rend naturellement témoignage, dont on parle parce qu\u2019on l\u2019a vue et connue et aimée, non parce qu\u2019on a reçu mandat de la justifier.Le genre de rapports que les dirigeants d\u2019Action catholique entretenaient, par exemple, avec les aumôniers et les évêques était assez annonciateur du genre nouveau de relations qui tend à s\u2019établir entre clercs et laïcs aujourd\u2019hui.La manière faussement hiératique et onctueuse dont cer- 56 tains prélats aimaient se faire traiter et servir par leur entourage nous répugnait comme antinaturelle et aristocratique.La vacuité de langage de certains ecclésiastiques nous choquait profondément, et nous estimions être tenus en conscience de le leur dire.Un homme qui avait lui-même reçu sa formation avec la génération précédente \u2014 laquelle fut la dernière génération dite de l\u2019A.C.J.C.\u2014 s\u2019étonnait de cette liberté d\u2019allure que revêtaient dans l\u2019Action catholique les rapports entre clercs et laïcs.Demeuré très libre d\u2019esprit vis-à-vis de la hiérarchie et du clergé dans toutes les matières d\u2019ordre temporel ou culturel, cet homme avait conservé à l\u2019endroit de la hiérarchie, dans les questions qu\u2019il considérait comme relevant en propre de celle-ci, une sorte de crainte révérencieuse et distante assez typique de sa génération.Ce genre de sentiments aidait à maintenir l\u2019ordre et la discipline dans l\u2019Église; il n\u2019était guère propice, on en conviendra, à l\u2019épanouissement de véritables échanges spirituels entre chefs et membres ordinaires.En formant ce qu\u2019on pourrait appeler « des familiers de la maison de Dieu », l\u2019Action catholique ne préparait pas, comme on l\u2019a souvent imaginé superficiellement, une nouvelle génération de bedeaux ou d\u2019acolytes du clergé.Elle formait, au contraire, des hommes et des femmes pour qui la vie de l\u2019Église serait désormais leur affaire autant que celle des clercs, des hommes et des femmes à qui une participation responsable au travail de l\u2019Église, sans reniement de leur condition propre de laïc, allait éventuellement conférer une connaissance unique, expérientielle, du mystère de l\u2019Église, des hommes et des femmes qui seraient conscients, par-delà la nécessité facilement admise de certains cadres hiérarchiques, de la foncière égalité de tous les baptisés dans la fraternité du Christ.Cette familiarité nouvelle avec les réalités de l\u2019Église fut, pour plusieurs, l\u2019occasion de perdre la tête.Certains, ayant vu ou croyant avoir vu des choses terribles et inadmissibles, partirent en claquant les portes.D\u2019autres, croyant avoir tout compris, s\u2019imaginèrent que tout devrait désormais leur être permis et en vinrent à se comporter comme de véritables auxiliaires de l\u2019évêque ou du curé.Chez la plupart, ce contact avec l\u2019Église fut plutôt la chance d\u2019un mûrissement intérieur, de la conquête d\u2019une liberté inédite, en matière religieuse, qui resterait comme l\u2019un des enrichissement majeurs apportés par leur génération à la vie de l\u2019Église.A une époque dont un trait important est une désaffection prononcée des hommes instruits à l\u2019endroit des réalités religieuses, l\u2019émergence d\u2019un type de laïc qui, par-delà les fidélités souvent extérieures du passé, devient librement engagé et vitalement intéressé dans le tissu même de l\u2019expérience ecclésiale apparaît comme une grâce considérable.Dans un grand nombre de cas, ce type nouveau de laïc fut et demeure refusé par maints milieux ecclésiastiques au nom d\u2019un certain cléricalisme plus jaloux qu\u2019éclairé.Mais nul ne pourra nier historiquement cette nouvelle visitation du Seigneur parmi son peuple.Nul ne pourra nier, non plus, qu\u2019elle se produisit, comme c\u2019est souvent le cas pour les grands faits spirituels, en même temps chez des gens de toutes conditions et de tout âge, chez des jeunes des milieux populaires et chez des jeunes collégiens promis à des carrières brillantes, chez un certain nombre de personnes d\u2019âge mûr (quoique en quantité beaucoup moins considérable) RELATIONS et chez d'autres qui en étaient à leurs premières expériences dans la vie.Les tâches de demain L\u2019histoire du peuple de Dieu s\u2019écrit beaucoup par signes et par germes.Etant essentiellement croissance ininterrompue, elle ne se révèle que très partiellement dans certaines réalisations extérieures qui accaparent souvent, hélas, toute l\u2019énergie des milieux soi-disant religieux.Le plus souvent, les signes sont donnés, les germes sont déposés dans des milieux très précis, incarnés dans des personnes très concrètes.Mais ils ne sont pas reconnus immédiatement.Il faut que meure d\u2019abord le grain jeté en terre avant qu\u2019on n\u2019en découvre la richesse.On se plaît, en certains milieux, à parler de l\u2019échec de l'Action catholique et à qualifier de perdue ou de gaspillée la génération qui consacra le meilleur d\u2019elle-même à cette expérience.On peut soutenir, au contraire, qu\u2019aucune expérience ne prépara mieux l\u2019Église du Québec et de tant d\u2019autres pays à vivre en plénitude, sans trop grincer des dents, l\u2019expérience conciliaire de Vatican II.On peut de même soutenir qu\u2019aucune autre expérience n\u2019était aussi apte à préparer l\u2019Église du Québec à faire face aux tâches d\u2019aujourd\u2019hui.Cela étant dit, il ne faut pas regarder en arrière.La contemplation complaisante des souvenirs du passé est l\u2019une des formes les plus subtiles de ce « refus des signes » dont il vient d\u2019être question.La page de l\u2019Action catholique est, à bien des égards, une page close de l\u2019histoire de l'Église.La problématique qui fit naître l\u2019Action catholique est aujourd\u2019hui dépassée.La voie d\u2019engagement que l\u2019Action catholique offrait aux laïcs était d\u2019une amplitude extraordinaire mais comportait peut-être trop de raccourcis audacieux pour pouvoir s\u2019insérer à demeure dans l\u2019expérience du peuple chrétien tout entier.Ce mode d\u2019engagement n\u2019a jamais complètement réussi, au surplus, à s\u2019implanter dans les milieux adultes, même s\u2019il a fortement contribué à l\u2019épanouissement de centaines d\u2019adultes qui y participèrent.Quand je pense à l\u2019avenir, je suis assez indifférent à bien des discussions de forme qui se poursuivent aujourd\u2019hui dans divers pays en rapport avec l\u2019Action catholique.La seule chose à quoi je tienne vraiment, c\u2019est qu\u2019on ne laisse pas se perdre ce pouvoir de génération spirituelle qui fut le grand charisme, la grâce extraordinaire de cette forme d\u2019engagement.Pour le reste, je suis moins impressionné, encore moins que naguère, par « l\u2019action concertée des ennemis de Dieu ».Je le suis bien davantage par l\u2019absence ou la somnolence de l\u2019idée de Dieu parmi les hommes de notre temps.Je suis moins impressionné par la faiblesse des effectifs de l\u2019Action catholique que par le peu de signification concrète que nous avons su donner à l\u2019expression « être membre de l\u2019Église ».Sans vouloir être prophète, je crois entrevoir deux tâches qui seront très importantes pour la vitalité et le rayonnement de l\u2019Église.La première tâche sera la définition d\u2019un véritable statut du membre laïque dans l\u2019Église.Le laïc est trop demeuré, dans l\u2019Église, un membre inerte et passif.Il devient adulte dans sa profession, dans la politique, dans le domaine de la culture; à l\u2019Église, il reste le plus souvent un enfant, à FÉVRIER 1966 tout le moins un mineur.Cela ne tiendrait-il pas largement au fait que les structures ecclésiales traitent trop le laïc en mineur, l\u2019écartant pratiquement de toute participation à l\u2019élaboration des politiques et des décisions?Une autre tâche sera une participation plus active des laïcs au progrès des disciplines ecclésiastiques, des sciences dites religieuses.Les sciences ecclésiastiques sont trop demeurées, chez nous, le lot exclusif des milieux ecclésiastiques.Nous n\u2019avons pas de théologiens laïques, d\u2019exégètes laïques, d\u2019historiens religieux laïques, de spécialistes laïques de l\u2019étude comparative des religions, d\u2019écrivains spirituels laïques.Cela engendre un double mal.Les disciplines ecclésiastiques vivent trop en vase clos; elles ne sont pas assez en contact avec la vie réelle; elles opèrent, pour ainsi dire, en circuit fermé.La seule fécondation qu\u2019elles reçoivent leur vient des travaux accomplis dans d\u2019autres pays.Ce fait tend, de plus, à confirmer chez les laïcs du monde le préjugé que l\u2019approfondissement du donné religieux serait une sorte de travail ésotérique réservé par nature à un type un peu spécial (pour ne pas dire bizarre) d\u2019homme.Au niveau de l\u2019instauration d\u2019un véritable statut pour les laïcs dans l\u2019Église, les travaux qui s\u2019accomplissent actuellement dans le domaine de la catéchèse et de la liturgie m\u2019apparaissent comme des prolégomènes indispensables.Il faut que le laïc réapprenne le rôle actif qui lui revient dans la célébration du mystère chrétien et dans la diffusion, parmi ses proches, du message évangélique.Mais il faudra aller plus loin.Il faudra penser avec le temps à une incorporation beaucoup plus complète du laïcat dans les structures de l\u2019Église, à tous les niveaux.CIGARETTES EXPORT BOUT UNI OU FILTRE 57 La réforme liturgique au Québec Louis-André GIGNAC, O.P.* Il Y a À peine un an que la réforme de la liturgie mise de l\u2019avant par Vatican II a été résolument entreprise dans les paroisses du Québec comme de tout le Canada.Faire le point serait sans doute prématuré.Pourtant, il peut être utile de s\u2019arrêter un moment et de regarder comment vont les choses.Sans enquête scientifique à l\u2019appui, l\u2019observateur risque, à travers ses points de vue propres, de mal refléter la réalité, mais son témoignage peut néanmoins avoir valeur d\u2019approche.C\u2019est avec ni plus ni moins de prétention qu\u2019est élaboré cet essai.Nos « atouts » au matin du 7 mars 1965 Prétendre que la réforme liturgique nous a pris par surprise serait injuste.Le renouveau liturgique n\u2019était certes pas encore très ancien au Canada français, puisqu\u2019il n\u2019avait été vraiment amorcé qu\u2019au cours des années 1950-1954.Depuis lors, il est vrai, un bon coup de barre avait été donné, accueilli avec sympathie par une large portion de l\u2019opinion publique.Quelques paroisses prirent la tête du mouvement je pense, par exemple, à Saint-Remi (Montréal-Nord) et à Sainte-Odile (Rimouski); leur rayonnement, discuté ici et là, ne pourra jamais être mesuré.Combien sont allés à Saint-Remi et à Sainte-Odile pour se ressourcer ! Des institutions furent mises sur pied, qui contribuèrent pour beaucoup à unifier les efforts des quelques spécialistes dont le mouvement liturgique disposait.Créée en 1957 par les évêques du Québec, la Commission sacerdotale de pastorale liturgique a depuis tenu chaque année un congrès ou une session d\u2019études dont les participants venaient surtout du Québec mais aussi des autres milieux français du Canada.Au début de 1961, une commission nationale vint prendre la relève et continuer le travail, en même temps qu\u2019était installé à Montréal un secrétariat national.La direction de ce secrétariat, dont l\u2019utilité devait s\u2019avérer fort grande à la veille du 7 mars, fut confiée au P.Gaston Fontaine, C.R.I.C., qui, depuis près de dix ans, avait été, par son travail tant au niveau des structures * Professeur de liturgie et secrétaire à la rédaction de la revue Communauté chrétienne.qu\u2019à la direction de Liturgie et Vie chrétienne, le principal animateur du mouvement liturgique au Canada français.En plusieurs diocèses, un effort concerté avait été entrepris, après la publication de V Instruction sur la musique sacrée (3 sept.1958), afin de susciter un renouvellement de la liturgie dans les paroisses.Animés de ce souci, l\u2019archevêque de Montréal et ses 4 suffragants publiaient, en février 1960, un directoire de la messe qui, par la suite, fut adopté par au moins dix autres diocèses.Ce directoire, aux qualités solides, aida à amorcer dans ces diocèses la réforme que le Concile devait mettre de l\u2019avant.Plus largement, l\u2019évolution rapide que le Québec connaît depuis quelques années allait favoriser la mise en œuvre de la réforme liturgique.Devenus à très forte majorité citadins, les Canadiens français, malgré d\u2019anciennes habitudes religieuses héritées d\u2019une tradition rurale encore récente, sont devenus assez perméables à toute forme d\u2019innovation.Y a-t-il risque que la réforme liturgique apparaisse à leurs yeux comme une simple étape d\u2019une évolution qui ira plus loin ?Peut-être.De toute façon, au moment où non seulement des ajustements sont souhaités mais où la foi elle-même est remise en question par beaucoup, il est évidemment heureux^ que l\u2019Esprit Saint ait suscité dans l\u2019Église la tenue d\u2019un concile et qu\u2019une réforme de la liturgie se donne pour but de la rendre plus fidèle à la foi dont elle est, pour le grand nombre, le lieu d\u2019expression et de ressource-ment.En situation dans un milieu si profondément travaillé, l\u2019univers vécu de la foi est lui-même en voie de transformation au Québec.Et tel n\u2019est pas le moindre atout que nous possédions pour assurer le succès de la réforme liturgique.En particulier, comment ne pas souligner ici l\u2019heureuse coïncidence des renouveaux liturgique et catéchétique ?Quand on sait l\u2019importance d\u2019une foi consciente et bien formée pour une participation fructueuse à la liturgie, on ne peut que se réjouir de voir la catéchèse auprès des enfants s\u2019engager vigoureusement dans des chemins nouveaux, comme de voir débuter une transformation des différents services de la Parole auprès des adultes.Un dernier point me semble devoir être signalé à cause de ses répercussions pastorales, mais aussi comme témoin d\u2019une attitude d\u2019ensemble assez bien ajustée à la situation du milieu.L\u2019assemblée épiscopale canadienne a tenu à ce que l\u2019introduction des changements de rites à la célébration de la messe aille de pair avec l\u2019introduction de la langue vivante et que le tout débutât au 7 mars 1965.C\u2019était sagesse.Les points marqués Je m\u2019en voudrais de laisser l\u2019impression qu\u2019à la veille du 7 mars, tout allait chez nous, quant à la liturgie, comme dans le meilleur des mondes.Mais les atouts que nous tenions en mains étaient suffisants pour que nous puissions « opérer le passage » sans trop de difficultés.La preuve en est qu\u2019à peine un an après, de très bons points ont été déjà marqués.Une heureuse unanimité.\u2014 Rares sont les paroisses qui se sont refusées ou dont le curé s\u2019est refusé à l\u2019adoption de la langue vivante.Pratiquement à l\u2019unanimité, on a opté dans le même sens et sans que personne n\u2019y fût strictement obligé; l\u2019usage de la langue vivante demeure encore à ce jour facultatif dans la liturgie.Quels que soient les motifs qui ont pu inciter les uns et les autres à cette option, le phénomène, dans sa signification minimale, traduit à la fois une aspiration et une sollicitude pastorale communes.Le simple passage à la langue vivante n\u2019a sans doute pas donné du coup une bonne diction à ces célébrants qui, la veille du 7 mars, bredouillaient encore leurs oraisons latines; aucun chantre ou musicien de génie, non plus, n\u2019a veillé, dans la nuit du 6 au 7 mars, pour nous offrir, au matin, des mélodies toutes fraîches pour les textes chantés jusqu\u2019alors en latin et en grégorien! Mais un gain immense a malgré tout été ainsi marqué: la liturgie jouit dorénavant de conditions qui lui permettront, la bonne volonté de tous aidant, de redevenir vraiment vivante.De Vassociation pieuse à l\u2019équipe liturgique.\u2014 Des équipes liturgiques avaient été créées dans maintes paroisses déjà acquises au renouveau liturgique.La réforme du 7 mars, canonisant pour ainsi dire les meilleures réalisations du renouveau, beaucoup d\u2019autres paroisses ont tenu à se donner une équipe ou un comité de liturgie.Le fonctionnement de ces équipes n\u2019est certes pas encore au point.Le sera-t-il d\u2019ailleurs jamais ?Serait-ce 58 RELATIONS même souhaitable ?Les appels de la vie seront toujours plus diversifiés que tous les cadres définis à l\u2019avance.Il reste cependant que les membres de ces équipes sont peut-être pour l\u2019instant davantage préoccupés de fonctions à remplir que de l\u2019animation liturgique des communautés chrétiennes.Dès lors qu\u2019elles chercheront à mieux se définir, ces équipes joueront certainement un rôle de premier plan non seulement pour la démocratisation mais aussi pour la fécondation de la vie liturgique dans les paroisses.Bien des associations pieuses sont quasi mortes.Qu\u2019elles reposent en paix et que vivent les équipes liturgiques! Un rituel du mariage pour des chrétiens.\u2014 Un nouveau rituel du mariage est également entré en usage le 7 mars 1965.Sans être révolutionnaire \u2014 il s\u2019inspire de l\u2019ancien rituel de Québec (1703) \u2014 ce rituel donne aux époux une participation plus large au rituel de la célébration et, surtout, il transforme le climat de toute la liturgie nuptiale en l\u2019axant davantage sur les valeurs d\u2019amour et de joie.Le nouveau rituel a rencontré plus d\u2019une réticence.Ainsi, des esprits peu rompus aux rites de l\u2019hospitalité, ont trouvé à la démarche initiale du célébrant allant accueillir les nouveaux époux à l\u2019entrée de l\u2019église, une saveur plutôt funèbre! Dans l\u2019ensemble, pourtant, et bien qu\u2019en quelques points le rituel contrecarrait directement certaines traditions non des plus religieuses, les fidèles s\u2019en disent satisfaits et heureux.Ajoutons qu\u2019étant franchement conçu pour des croyants, ce rituel obligera à reviser tôt ou tard la politique à tenir à l\u2019égard des personnes incroyantes, ou devenues incroyantes, qui veulent se marier.On réaménage les églises.\u2014 A l\u2019instar de la liturgie, bien des intérieurs d\u2019église ont changé ou sont en train de changer de visage.En plus d\u2019un cas, on est allé vite et il n\u2019est pas sûr qu\u2019on ait préservé toujours certaines valeurs aussi bien artistiques que religieuses \u2014 je pense, en particulier, à certains aménagements vraiment malsains de la réserve eucharistique.La tentation était à prévoir.Il est plus facile de s\u2019attaquer à un édifice de pierre ou de bois que de travailler à faire évoluer des mentalités.Le problème a donné lieu à la publication, par l\u2019archidiocèse de Montréal, d\u2019un directoire pastoral pour la construction et le réaménagement des églises.Il reste que la célérité même avec laquelle on a voulu ajuster les églises aux nouvelles formes de la célébration manifeste un esprit d\u2019adaptation souple, accueillant et dynamique sur lequel on pourra assurément compter par ailleurs.Structures de liaison.\u2014 Au plan des structures, la mise en application de la FÉVRIER 1966 réforme liturgique a provoqué deux événements qui ne seront pas sans portée.Un bulletin de liaison a d\u2019abord été mis en circulation par le Secrétariat national de pastorale liturgique.L\u2019orientation de ce bulletin reste pour une part à définir, mais déjà il assure à tous les pasteurs une information rapide et sûre, tout en leur suggérant peu à peu le véritable esprit de la réforme.D\u2019autre part, le Secrétariat national de pastorale liturgique avait pris l\u2019initiative, en janvier 1965, de convoquer en session d\u2019études, en vue du 7 mars, les commissions diocésaines de liturgie.Ces commissions se réuniront à nouveau cette année, à la fin de janvier.Si les structures ne remplacent pas l\u2019esprit, elles sont néanmoins nécessaires; et on peut espérer, en ce cas, que la rencontre entre le « national » et le « diocésain » favorisera grandement les échanges de part et d\u2019autre, et permettra aux directives venant d\u2019en haut de mieux s\u2019ajuster aux besoins perçus à la base.Enfin, un souhait déjà vieux est en voie de se réaliser.Il y a quelques années on pouvait déplorer la pénurie criante de spécialistes des études liturgiques.Voici que depuis deux ou trois ans, les étudiants canadiens inscrits aux instituts européens de liturgie se multiplient.Cet investissement ne tardera pas à porter ses fruits.Les défis à relever Un observateur étranger pourrait estimer, et à juste titre, que la réforme liturgique est somme toute bien engagée au Québec.Il noterait sans doute l\u2019absence de ces remous profonds que connaissent d\u2019autres pays venus plus tôt que nous au renouveau liturgique.Nous ne saurions toutefois nous faire illusion.Si nous voulons être lucides, il faut reconnaître que des défis sont à notre porte et qu\u2019il est urgent de relever.Un chant pour le peuple.\u2014\u2022 C\u2019est peut-être la première fois que se pose à nous, en termes si nets, le problème de la participation du peuple fidèle aux chants liturgiques, puisque, enfin, l\u2019obstacle d\u2019une langue qui lui était étrangère a été levé.Pour l\u2019instant, le moins qu\u2019on puisse dire est qu\u2019on hésite, partagé entre un double souci: celui d\u2019une fidélité à une tradition déjà fortement structurée et celui d\u2019apporter aux aspirations et aux besoins du peuple une réponse adaptée à ses possibilités.Jusqu\u2019à maintenant, le cœur des compositeurs de musique liturgique semble avoir penché surtout du premier côté.Les mélodies se sont multipliées pour les textes ordinaires de la messe {Kyrie, Gloria, etc.); des équipes se sont également consacrées à la création de textes musicaux pour les chants propres à chaque messe (entrée, graduel, offertoire, etc.).Quoi qu\u2019il en soit des mérites de chacun, pour ma part, je l\u2019avoue franchement: je crains qu\u2019on aboutisse, dans cette voie, à l\u2019impasse: à la fin du compte, le peuple ne chantera guère plus à la messe qu\u2019au temps où régnait le latin.Pourquoi ne pas opter pour des solutions plus humbles et plus à la portée des gens?Pourquoi ne pas faire porter le gros de l\u2019effort sur la création de cantiques d\u2019inpiration biblique mais accessibles au grand nombre ?A la messe lue, étant sauf le psaume graduel qui ne peut être par définition qu\u2019un psaume, ces cantiques pourraient, au moins pour un temps, être utilisés à l\u2019entrée, à la communion, à la sortie.Si, sur ce point, nous manquons de prendre le bon tournant, c\u2019est peut-être la réforme liturgique tout entière qui s\u2019en verra compromise.Une liturgie fructueuse dans la foi.\u2014 Pour que la réforme liturgique atteigne son but, il ne suffit pas non plus de changer des rites par d\u2019autres et de parler une langue comprise de tous.Pour prendre part à la liturgie, il faut avoir la foi et la liturgie ne porte fruits que moyennant la foi.Ici un double problème se pose à nous.Les participants aux assemblées dominicales ne sont pas tous, il s\u2019en faut, des croyants de foi consciente et engagée.Beaucoup ont besoin d\u2019être évangélisés, au sens strict du mot.C\u2019est-à-dire que la bonne nouvelle du salut acquis en Jésus mort et ressuscité doit leur être annoncée de manière à provoquer chez eux une libre conversion à la foi.Sinon, la réforme liturgique ne sera toujours pour eux que lettre morte.Par ailleurs, l\u2019utilisation plus généreuse de la langue vivante en liturgie, loin d\u2019en dispenser, ne rend que plus urgent un effort de catéchèse des rites et des textes liturgiques auprès des adultes croyants.Plus que jamais, les ministres de la liturgie devront se faire d\u2019abord, et de multiples manières, les serviteurs de la Parole, s\u2019ils souhaitent vraiment que la liturgie soit expression et source de vie.C\u2019est en ce point que se jouera avant tout le sort de la réforme liturgique.Créer une tradition Bien des traditions ont entendu, depuis quelques mois, sonner leur dernière heure.Faudra-t-il donner naissance à de nouvelles traditions et risquer à nouveau la sclérose?D\u2019aucuns estimeront peut-être bizarre cette opinion, mais il me semble que la liturgie a besoin de traditions et qu\u2019elle devra, sous peu, s\u2019en donner de nouvelles.Je m\u2019explique en quelques mots, qui serviront de conclusion.La liturgie est célébration, elle est fête.Or l\u2019un des phénomènes qui constituent la fête est que, dans l\u2019aujourd\u2019hui 59 de sa célébration, nous retrouvions des éléments anciens qui sont devenus part et substance de nous-mêmes.Ainsi, par exemple, un chant n\u2019est jamais si bien accueilli et si expressif de nos sentiments que lorsqu\u2019il nous est devenu familier par une longue pratique antérieure: quand vient le temps de le chanter à nouveau, nous y apportons et y mettons toute la richesse de nos expériences passées.Le passé se trouve ainsi intégré au présent, qui est lui-même, en espérance, ouvert sur l\u2019avenir.Les changements imposés par la réforme liturgique sont si nombreux qu\u2019il faudra quelques années pour susciter ces nouvelles traditions dont nous avons besoin pour participer pleinement à la liturgie.Qui ne Un conflit fondamental de notre société Jacques GRAND'MAISON, prêtre * Beaucoup de conflits actuels relèvent d\u2019un affrontement de deux visions très différentes de notre société; la première emprunte ses postulats et ses schémas d\u2019analyse à un univers social pré-industriel, concentrique, hiérarchique; la seconde se rattache à une conception de la société urbanisée, démocratisée, pluraliste et organisée autour du pcle étatique.Problématique Je voudrais d\u2019abord situer cette problématique dans une situation concrète, celle de la révolution scolaire que nous vivons actuellement.Je me réfère ici à des zones humaines déterminées où une observation échelonnée sur deux ans a permis de serrer de plus près ce conflit de deux attitudes dominantes.Ces régions apparaissent comme une mosaïque de localités plus ou moins indépendantes les unes des autres.Chacune de celles-ci était jadis un centre quasi exclusif de polarisation des diverses activités.Tout partait des communautés de base situées dans le prolongement les unes des autres suivant un schème concentrique: la famille, l\u2019école, la paroisse.La communauté locale constituait un ensemble assez unifié et fortement contrôlé par une structure hiérarchique semblable.Evidemment la société moderne avait déjà commencé à opérer un éclatement par des services et des activités professionnels qui débordaient le patelin.Mais les gens avaient conservé une mentalité de clocher, de « petits * M.le chanoine Grand\u2019Maison est membre du Conseil de Pastorale et directeur de l\u2019Action catholique du diocèse de Saint-Jérôme, ainsi que professeur de théologie pastorale au Grand Séminaire de Montréal.village ».On voyait partout le triumvirat: parents, curé et notables de la place.L\u2019annonce de la régionalisation scolaire vint susciter de graves inquiétudes et même une solidarité nouvelle de clans et de cliques qu\u2019on trouvait à chacun des endroits.La traditionnelle suspicion face à l\u2019État prenait une vigueur accrue.Il fallait donc se préparer à lutter « contre » les intrusions, et, à la limite, obtenir que l\u2019école régionale se situe dans sa propre localité.Dans l\u2019univers mental, celle-ci occupe le centre des cercles englobants: le comté, l\u2019État, etc.On ne percevait les grandes institutions scolaires, économiques, politiques que comme une sorte de prolongement des communautés de base.Cette mentalité s\u2019appuyait sur une idéologie exclusivement centrée sur les droits des parents et ceux de l\u2019Église (c\u2019est-à-dire de la paroisse), sur les traditions érigées en critère ultime de vérité.On trouvait toute sorte d\u2019inconvénients dans cette ligne de pensée: les déplacements, le déracinement, la dépersonnalisation; autant d\u2019arguments valables, mais tous dans le même sens.On ne pensait vraiment pas en fonction de la société globale structurée désormais différemment, et exigeant la mobilité, la spécialisation des lieux et des institutions au-delà des frontières locales.Les responsables des projets régionaux ont découvert depuis longtemps que le principal défi à relever n\u2019est ni le capital, ni l\u2019organisation technique mais cet obstacle psychosociologique.Il faut donc développer une conscience régionale, une meilleure connaissance de notre société répartie en secteurs hétérogènes et interdépendants.Pour la plupart des gens, le bien commun concret ne dépasse pas les limites de leur petit univers voit que s\u2019impose à cette fin une certaine continuité dans l\u2019effort de la part des artisans quotidiens de la réforme liturgique ?La réforme liturgique est bien engagée au Québec; mais, ici comme partout ailleurs, le renouvellement de ceux qui viennent y prendre part sera toujours à parfaire.C\u2019est à ce prix que la liturgie devient vie.domestique.Dans ces perspectives scolaires nouvelles, on ne songeait qu\u2019à des intérêts immédiats.On ne fonctionnait pas à la mesure de la société globale.Ceci menaçait l\u2019intégration des jeunes dans celle-ci et leur préparation à une vie moderne plus complexe, et faite d\u2019adaptation constante à des situations changeantes.Certaines enquêtes ont montré comment les Canadiens français, particulièrement les femmes, sont réticents devant la mobilité géographique, même quand elle favoriserait une promotion professionnelle.Les projets actuels de planification économique amènent des transferts qui exigent le sacrifice des relations de la parenté ou de la localité.Plusieurs s\u2019y refusent, parce qu\u2019ils ne se sentent pas psychologiquement capables de s\u2019adapter à un milieu différent.Ce conditionnement atteint donc non seulement une conception de la société, mais les couches les plus profondes de la personnalité sociale.Sur le plan ecclésial, cette mentalité sédentaire est encore plus poussée.Les pasteurs en majorité ont gardé un esprit de clocher qui fait de la paroisse une institution enroulée sur elle-même.On ne s\u2019intéressera, par exemple, qu\u2019aux institutions qui sont sur le terrain couvert par la juridiction territoriale, alors que tous les aspects de la vie ne peuvent être cernés à partir d\u2019une vision paroissiale ou locale.Nous avons eu connaissance de cet incident dramatique où une population en situation de sous-développement devait être déplacée.Le curé de l\u2019endroit fut l\u2019adversaire le plus acharné contre le projet.à cause de son église neuve à payer! Cas extrême sans doute, mais indice aussi d\u2019un décalage de mentalité et de nouvelles exigences d\u2019un retour 60 RELATIONS au sens originel du pasteur: celui qui suit son troupeau.Ceci nous invite à une prudence accrue quand il s\u2019agit de construire les grosses églises qu\u2019on ne déplacera pas facilement.Nous sommes trop pressés pour nous installer les deux pieds dans le béton.Beaucoup de critères du droit canon sont à reviser, bien avant les longues tergiversations de la curie romaine, si nous ne voulons pas manquer le tournant comme dans bien des endroits déchristianisés d\u2019Europe.Trop de chefs spirituels négligent les critères scientifiques des sciences humaines qui peuvent donner corps à une charité plus intelligente et prospective.N\u2019est-ce pas une façon de se convertir au monde pour le conduire au Christ en assumant la vérité de la situation dans toute sa complexité ?Les diocèses aussi sont perçus comme des entités globales qui ignorent trop souvent des ensembles plus larges abso-lement pas ajustés au quadrillage territorial diocésain.Ici on peut dire que l\u2019Église du Québec, en général, accuse un retard sur les phénomènes de régionalisation scolaire et économique.Il faudrait accepter une plus grande souplesse dans les changements de délimitations paroissiales et diocésaines.Évidemment, on n\u2019y arrivera pas sans une pastorale supra-diocésaine établie sur des bases scientifiques et non sur le jugement arbitraire de quelques individus, eussent-ils la prétention de se croire particulièrement éclairés par l\u2019Esprit Saint.Au départ, on devra se départir de cette vision dépassée et persistante qui ne retient que l\u2019espect territorial.La société moderne s\u2019organise de moins en moins en fonction des dimentions géographiques.La plupart des institutions sont regroupées selon d\u2019autres normes, plutôt d\u2019ordre sociologique.On l\u2019admet « intellectuellement », mais psychologiquement on se contredit au niveau des attitudes et des décisions pratiques.C\u2019est ce plan qu\u2019il nous faut rejoindre pour opérer un vrai « décapage » d\u2019autant plus difficile qu\u2019on ne semble pas en saisir les conséquences concrètes.Beaucoup d\u2019initiatives sociales n\u2019aboutissent pas parce qu\u2019il manque une « vision politique » de la situation d\u2019ensemble et d\u2019un bien commun plus large que celui de l\u2019organisme où l\u2019on se contente de revendiquer les droits particuliers.Nous venons encore de le constater lors d\u2019une rencontre des divers corps intermédiaires et associations professionnelles qui s\u2019étaient groupés en vue d\u2019une planification socioéconomique régionale.L\u2019expérience du B.A.E.Q.(Bureau d\u2019Aménagement de l\u2019Est du Québec) nous montre l\u2019importance d\u2019une pédagogie de participation non seule- FÉVRIER 1966 ment pour atteindre le leadership mais aussi le membership des groupes sociaux et les citoyens de la base.Vision nouvelle de la société Les études sur notre société ont mis en lumière ce mécanisme de compensation sociale qui a eu cours au Québec.Les Canadiens français, ne pouvant s\u2019affirmer collectivement au niveau des grandes institutions économiques et politiques, se sont repliés sur les communautés de base, particulièrement sur la famille.N.Taylor a analysé, par exemple, les entreprises familiales des Canadiens français et les réticences de ceux-ci devant une expansion qui ferait éclater le noyau de parenté.On envisageait presque toujours avec méfiance une intégration plus large et plus impersonnelle dans les rouages d\u2019une économie à la mesure de l\u2019Amérique du Nord.Depuis quelques années une étape marquante a été franchie: la découverte de l\u2019État comme levier principal de promotion collective.C'est un progrès d\u2019une extrême importance quand on connaît tant soit peu l\u2019histoire de nos défiances vis-à-vis des interventions du pouvoir étatique dans les divers secteurs de notre communauté nationale.Pensons ici aux changements survenus dans le monde de l\u2019éducation, celui des affaires, celui de la sécurité et de l\u2019assistance sociales, enfin celui des loisirs.Il reste que les résistances sont plus ou moins vigoureuses selon les domaines.On est peut-être moins réticent au niveau d\u2019une politique familiale gouvernementale qu\u2019à celui de l\u2019éducation; particulièrement chez les enseignants (clergé et religieux compris).Quant à la vie économique, le centre de gravité passe assez rapidement du libéralisme au socialisme, du moins chez les nouvelles élites sociales.On sait l\u2019appui assez massif qu\u2019on a donné aux projets de la nationalisation de l\u2019électricité, de la Sidbec, de l\u2019Expo 67, de la planification régionale, de la société générale de financement.Il est intéressant de noter le renversement en quelques mois de la première orientation de la Sidbec qui devait être d\u2019abord une entreprise privée.Mais d\u2019autres situations de fait nous invitent au réalisme.Il suffit djobserver les difficultés rencontrées par l\u2019État dans ses tentatives de regroupement des municipalités.Les arguments scientifiques de l\u2019urbanisme: qualité de leadership politique et administratif, efficacité des services, épargne de dépenses inutiles d\u2019une administration atomisée, impératifs sociologiques et économiques, etc., ont peu de prise sur la mentalité artisanale et médiévale de bien des citoyens de base et particulièrement de ces roitelets municipaux, jaloux de leur emprise sur le fief qu\u2019ils dominent.On pourra faire valoir les arguments valables de la décentralisation, mais celle-ci n\u2019a d\u2019efficacité que dans le cadre plus large d\u2019une intégration à la mesure des grandes zones humaines et de la société globale.Jusqu\u2019ici on a forcé la main de plusieurs; mais on ne doit pas se faire illusion sur l\u2019évolution beaucoup plus lente des habitudes culturelles et sur les reprises d\u2019un certain naturel qui revient vite au galop! Deux styles de vie Ces transformations radicales dans les superstructures ne doivent pas masquer des phénomènes profonds, des « dysfonctions latentes » selon l\u2019expression de Merton.Il existe des conflits non surmontés dans l\u2019univers des attitudes, des valeurs, des comportements de la personnalité sociale du Canadien français.Jusqu\u2019ici la plupart des relations humaines étaient concentrées dans les communautés de base.Les mécanismes divers et complexes de la socialisation ont multiplié les participations sociales.Un adulte sera sollicité par les associations religieuses professionnelles, récréatives ou politiques, par plusieurs associations parents-maîtres s\u2019il a plusieurs enfants.Il jouera des rôles très différents dans ces institutions dispersées et plus ou moins autonomes.On observe des conséquences encore mal assumées chez la plupart.Les uns se veulent dans toutes les organisations.On les rencontre partout.Ils résistent mal à un éparpillement de leurs forces.Ils n\u2019arrivent à une participation qualitative dans aucune de leurs appartenances.Souvent leur vie familiale est réduite à un minimum, bien en deçà de ses exigences.Les enquêtes sur cette autre communauté de base qu\u2019est la paroisse nous apprennent que, plus on est actif dans la société profane, plus on est absent de ce regroupement traditionnel.Certains misent sur un seul organisme et ne réussissent pas à fonctionner à l\u2019échelle de la société globale.D\u2019autres, désespérés par la complexité des situations, se replient sur leur univers domestique.Ils se contentent d\u2019assister passivement aux débats publics que les techniques de diffusion leur présentent.Tout leur intérêt se concentre sur leur famille, ou sur le petit groupe informel où ils trouvent un style de vie à taille humaine et non « compromettant ».Chez plusieurs, il existe un divorce entre leur vie publique et leur vie privée.La seconde plonge ses racines profondes dans le terrain des traditions et 61 des habitudes passées.Le mécanisme touristique, par exemple, offre non seulement la possibilité de revaloriser les valeurs d\u2019intimité, mais aussi, et très souvent, de s\u2019évader des responsabilités collectives qui s\u2019exercent souvent durant la fin de semaine.Les organisateurs de mouvements sociaux de toutes sortes en savent quelque chose! Quand on observe les comportements concrets de l\u2019homme de masse de chez nous, on idéalise moins facilement les progrès de la conscience démocratique.On se rend compte des obstacles psychosociologiques qui se dressent sur la route de tous nos projets collectifs.Et l\u2019intégration intelligente du privé et du public n\u2019est pas le moindre défi à relever dans l\u2019évolution de la personnalité de base du Canadien français.Nous rejoignons ici un des grands soucis de la sociologie urbaine, celui de récupérer des valeurs et des structures du monde rural traditionnel.Les efforts récents de l\u2019urbanisme en font foi.A côté des secteurs spécialisés, comme les espaces industriels, commerciaux, récréatifs ou scolaires, on cherche à créer des communautés résidentielles à taille humaine où les principaux besoins seront satisfaits.L\u2019industrialisation et l\u2019urbanisation ultra-rapides que nous avons connues au Québec ne posent plus seulement des problèmes structurels.Elles bouleversent des attitudes culturelles où les sociologues détectent une double échelle de valeurs et des styles de comportement en situation conflictuelle.Le problème se pose aussi dans les Églises.P.Berton soulevait cette question récemment en analysant Jes politiques de l\u2019Église Unie et de l\u2019Église anglicane.De même, l\u2019Église catholique du Québec met du temps à sortir d\u2019une conception dépassée de la société.L\u2019immense espoir soulevé par une pastorale des ensembles humains au-delà des critères géographiques, disons « paroissiaux », rencontre les résistances des clercs et des laïcs de la base.Conclusion Qu\u2019il s\u2019agisse du renouveau scolaire, de la planification économique régionale, ou du regroupement des municipalités, qu\u2019il s\u2019agisse des nouveaux rapports entre l\u2019Église et les institutions désormais sécularisées et régionalisées, on fait face à des difficultés majeures semblables: celle de l\u2019esprit de clocher, celle du repliement des citoyens et des fidèles devant les mécanismes sociaux si complexes, celle du conflit entre deux conceptions de la société, celle du divorce entre le public et le privé.On essaie présentement de tout faire à la fois.Il y a des urgences de tous côtés.Mais on ne devra pas oublier ces dysfonctions latentes dans notre psychologie individuelle et collective.Le système entier dans ses moindres incidences sociales repose sur la qualité du citoyen ordinaire.Quand donc entreprendra-t-on une vaste éducation démocratique à l\u2019échelle de toute la collectivité?Ici l\u2019école n\u2019a pas fait encore ses preuves, pas plus que l\u2019Institut canadien de l\u2019éducation des adultes.Les gouvernements, les Églises et les grands organismes sociaux ont un rôle important pour aider ces deux institutions à déployer toutes leurs ressources.Sans ce travail, même nos belles réussites récentes seront menacées par la passivité du membership à plus ou moins brève échéance.Les formes de participation doivent dépasser ces revendications à courte vue, qui fusent de façon incohérente des divers groupes d\u2019intérêt qu\u2019on voit actuellement s'affronter sur la scène publique.Au fond de tous les débats, on peut discerner trop souvent une vision très étroite du bien commun et une conception dépassée de la société.A quoi bon revendiquer au nom de l\u2019État du Québec, si les réflexes collectifs à tous les échelons sociaux relèvent plus de la parti-sanerie de fief que de l\u2019exercice d\u2019une véritable attitude démocratique ?Les lois ne changeront rien, si les mentalités ne se convertissent pas à une vue politique capable de situer l\u2019initiative et l\u2019intérêt particuliers dans un ensemble cohérent.Ou nous nous livrerons à des exécutifs gouvernementaux omnipotents ou nous assurerons des interlocuteurs et des collaborateurs valables, à part entière, à tous les niveaux.Une collection de romans écrits par des auteurs canadiens pour des lecteurs canadiens.TITRES PARUS Série VOLPEK par Yves Theriault 1.\tLA MONTAGNE CREUSE \u2014 A la suite d\u2019événements imprévus, Volpek et ses amis Barbara et Boson, se retrouvent au Labrador, où ils entreprennent de détruire un terrible arsenal de fusées téléguidées, caché dans une montagne.2.\tLE SECRET DE MUFJARTI \u2014 Pourquoi le Dr Mufjarti, après la découverte extraordinaire qu\u2019il a faite, tarde-t-il à rentrer dans son pays après avoir visité la Russie ?C\u2019est ce que Volpek cherche à découvrir.Série UNIPAX par Maurice Gagnon 101.\tUNIPAX INTERVIENT \u2014 Dans un chalet perdu des Laurentides, les représentants des « grandes puissances » sont en conférence secrète.C\u2019est le moment que choisit Unipax pour intervenir.102.\tLES SAVANTS RÉFRACTAIRES \u2014 Dans leurs laboratoires secrets d\u2019Écosse et de France, où ils viennent de mettre au point une arme particulièrement néfaste, deux savant reçoivent la visite d\u2019Unipax.À PARAÎTRE Fin de janvier\t3.\tLes dauphins de Monsieur Yu\t103.\tLe trésor de la Santissima\tTrinidad Fin de mars\t4.\tLe château des petits hommes\tverts 104.\tUne aventure d\u2019Ajax LIDEC INC., 1083, avenue Van Horne, Montréal \u2014 Tél.: 274-6521 BIBLIOGRAPHIE Nous voudrions fournir ici un instrument de travail aux lecteurs qui aimeraient poursuivre l\u2019étude des problèmes abordés ou soulevés par ce numéro.Nous nous limiterons à la période de l\u2019après-guerre.La première partie de la bibliographie recense, dans leur ordre de parution, les publications \u2014 surtout des numéros spéciaux de reveues \u2014 qui ont brossé un tableau d\u2019ensemble de la situation au Québec.Les sections suivantes sont consacrées au sujet de la présente livraison.Dans les livres, nous n\u2019avons retenu que ceux qui traitent spécifiquement de l\u2019Église au Canada français ou qui traitent de l\u2019Église et des problèmes religieux en général mais qui sont de chez nous.On ne trouvera dans la section « Revues » que les principales revues religieuses et quelques revues d\u2019intérêt général qui s\u2019intéressent aux questions religieuses.Il n\u2019a pas été possible, faute d\u2019espace, d\u2019inclure les articles de revues, malgré l\u2019importance de bon nombre d\u2019entre eux.A l\u2019intérieur de ces définitions restreintes \u2014 surtout dans le domaine de la théologie et de la spiritualité, où les publications abondent, \u2014 la bibliographie demeure très incomplète: elle s\u2019en tient à quelques titres importants.Malgré ses limites, elles témoigne, croyons-nous, à sa manière, de la vitalité et du dynamisme de l\u2019Église au Québec.A.- Vues d\u2019ensemble sur le Québec Esprit, 20e année, nos 193-194 (août-septembre 1952), Le Canada français.Huit articles, dont l\u2019un de M.Jean-Charles Falar-deau, « Rôle et importance de l\u2019Eglise au Canada français ».Autres articles témoins: Gérard Pelletier, « D\u2019un prolétariat spirituel »; Maurice Blain, « Sur la liberté de l'esprit »; Ernest Gagnon, S.J., « Visage de l\u2019intelligence ».Essais sur le Québec contemporain, édités par Jean-C.Falardeau.Les Presses de l\u2019Université Laval, Québec, 1953, 260 p.Une dizaine de communications portant toutes sur « Les répercussions sociales de l\u2019industrialisation dans la province de Québec ».Théologie dogmatique et biblique AüDET, J.-P., O.P.: Admirationreligieuse et désir de savoir.Réflexions sur la condition du théologien (Conférence Albert-le-Grand, 1961).Coédition: Paris, Librairie J.Vrin \u2014- Montréal, Institut d\u2019études médiévales, 1962, 72 p.Conférence brillante sur un sujet peu étudié.Eclaire la condition du théologien en montrant ses sources d\u2019inspiration.Bourque, Emmanuel: Etudes sur les sacramentaires romains, 2 vol.Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1951 et 1952, xiv-400 p.et xil-450 p.(Coll.« Bibliothèque théologique de Laval ».) Etude fouillée sur l\u2019origine des sacramentaires romains.L\u2019ouvrage fait autorité.Bourque, Emmanuel: Histoire de la pénitence-sacrement.Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1947, xxvn-399 p.(Coll.« Bibliothèque théologique de Laval ».) Ouvrage de caractère scientifique, bien documenté.L\u2019auteur, disparu trop tôt, avait également publié, en 1946, une histoire de L\u2019Ordinaire de la Messe et du Canon, des Apôtres à nos jours.EN COLLABORATION:\tL\u2019Eglise dans la Bible.Communications présentées à la XVIIe réunion annuelle de l\u2019ACEBAC.FÉVRIER 1966 Chronique sociale de France, 65e année, cahier 5 (15 septembre 1957), Le Canada français entre le passé et l'avenir.Neuf articles, dont l\u2019un de Claude Ryan, « L\u2019Eglise catholique et l\u2019évolution spirituelle du Canada français », et un autre de Gérard Lemieux, « Notes sur le mouvement social catholique ».Recherches et Débats du Centre catholique des intellectuels français, cahier 34 (mars 1961), Le Canada français aujourd'hui et demain.Sept articles.Ceux-ci se rapportent plus particulièrement à l\u2019Eglise du Québec: de l\u2019abbé Louis O\u2019Neill, « Vie de l\u2019Eglise au Canada français »; de Murray B.- L\u2019Egl ise au Québec 1.Livres Bruges, Desclée De Brouwer, 1962, 203 p.(Coll.« Studia », n° 13.) Rapport du congrès de l\u2019Association catholique des études bibliques au Canada autour du problème de l\u2019Eglise dans la Bible.A signaler: le texte du P.Jean-Louis D\u2019Aragon sur l\u2019Eglise dans saint Jean et la bibliographie complète des études parues à ce moment sur le sujet à l\u2019étude.En COLLABORATION : Etudes théologiques.Publié à l\u2019occasion du tricentenaire du Séminaire de Québec par la Faculté de théologie.Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1963, 205 p.Ouvrage fait de huit études différentes.On remarquera surtout celle de R.Beaudet sur l\u2019Exode, celle de B.Lambert sur la théologie œcuménique.En COLLABORATION: Synthèse de la théologie, 8 tomes en 9 volumes.Montréal, Editions de l\u2019Institut Pie-XI, 2e édition, 1958-1962.Somme de théologie à l\u2019intention des laïcs, à partir des cours de théologie donnés à l\u2019Institut Pie-XI (Grand Séminaire de Montréal).Grand\u2019MaiSON, Jacques: Le Sacré dans la consécration du monde.Montréal, Université de Montréal, 1965, 89 p.Etude de philosophie religieuse et de sociologie, comportant des conclusions théologiques, sur un thème très moderne.Lambert, Bernard, O.P.: Le Problème œcuménique.T.I et II.Paris, Edi- Ballantyne, « J\u2019ai grandi au Canada français »; de Fernand Dumont et Guy Rocher, « Introduction à une sociologie du Canada français ».L\u2019Eglise et le Québec.Montréal, Editions du Jour, 1961, 157 p.Testes des huit communications faites à la réunion annuelle de l\u2019Institut canadien des Affaires publiques.Toutes ces communications, sauf la première, concernent les rapports entre l\u2019Eglise et le Québec contemporain.Informations catholiques internationales, n° 170 (15 juin 1962), Propos sur le Concile: Le réveil du Québec, pp.15-27.Le dossier de la quinzaine porte sur la situation de l\u2019Eglise au Québec au moment où s\u2019ouvre le Concile.tions du Centurion, 1962, 732 p.(Coll.« L\u2019Eglise en son temps ».) Ouvrage indispensable de synthèse sur les divers aspects de l\u2019œcuménisme: histoire, dogme, culte, problèmes psychologiques et sociologiques.Lamirande, Emilien, O.M.I.: L\u2019Eglise céleste selon saint Augustin.Paris, Etudes augustiniennes, 1963, 321 p.Etudes sur les diffrents thèmes de l\u2019Eglise céleste: Cité de Dieu, Royaume, etc.Méthode scientifique précise et bibliographie abondante.Lamirande, Emilien, O.M.L: La Communion des saints.Paris.Librairie Arthème Fayard, 1962, 127 p.(Coll.« Je sais, je crois », n° 26.) Traité compact sur la communion des saints, dans une excellente collection de haute vulgarisation.Latourelle, René, S.J.: Théologie de la Révélation.Bruges, Desclée De Brouwer, 1963, 509 p.(Coll.« Studia », n° 15.) Ouvrage devenu un classique sur le problème fondamental de la Révélation.Leahy, Louis, S.J.: Où est l\u2019Eglise?Points de vue catholiques présentés aux protestants.Montréal, Les Editions Bellarmin et le Forum catholique, 1959, 114 p.Exposé succinct sur tous les points fondamentaux de la théologie de l\u2019Eglise.Ouvrage sérieux destiné au grand public.63 Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de ïaü>aubeprtie COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Siège social : Montréal UNE RÉALISATION SIGNÉE JETTÉ: C\u2019EST UNE ŒUVRE DE MAÎTRE ! Quelle que soit l\u2019envergure des travaux qu\u2019on nous confie dans les domaines de la plomberie et du chauffage, nous apporterons à leur réalisation toute la minutie qui caractérise notre maison depuis sa fondation.Intégrité, expérience et efficacité ont bâti notre réputation.Elles la maintiendront, pour votre plus grand bien.CHAUFFAGE-PLOMBERIE \u201c Où le travail devient œuvre.chef-d\u2019œuvre 99 849-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL DOCUMENTS DU CONCILE On peut se procurer aux Éditions Bellarmin tous les documents du Concile : Constitutions \u2014 Décrets Déclarations \u2022\tFormat commode \u2022\tPrésentation agréable \u2022\tTraduction soignée Les Éditions Bellarmin 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal-11 LEWIS, Jacques, S.J.: Marie, miracle ineffable de Dieu.Court traité sur la sainte Vierge.Montréal, La Fondation mariale de lTmmaculée-Conception, 1954, 153 p.Ces cours, donnés à l\u2019Institut Pie-XI, constituent une excellente mariologie propre à nourrir la vie spirituelle.Ménard, Etienne, O.P.: La Tradition, Révélation, Ecriture, Eglise selon saint Thomas d'Aquin.Bruges, Des-clée de Brouwer, 1964, 272 p.(Coll.« Studia », n° 18.) L\u2019auteur démontre l\u2019actualité de la notion thomiste de Tradition.MÉNARD, Jacques-E.: L\u2019Evangile de Vérité.Rétroversion grecque et commentaire.Paris, Letouzey, 1962, 240 p.Etude très spécialisée d\u2019un évangile apocryphe du Nouveau Testament écrit en copte et trouvé en Egypte.Morency, Robert, S.J.: L\u2019Union de grâce selon saint Thomas.Bruges, Desclée de Brouwer, 1950, 287 p.(Coll.« Studia », n° 8.) Etude de caractère technique sur la théologie de la grâce.Roy, Lucien, S.J.: Lumière et Sagesse \u2014 La grâce mystique dans la théologie de saint Thomas.Bruges, Desclée de Brouwer, 1948, 301 p.(Coll.« Studia », n° 6.) Etude de théologie spirituelle.L\u2019auteur y met en lumière l\u2019explication thomiste de l\u2019union de l\u2019homme à Dieu.SABOURIN, Léopold, S.J.: Les Noms et les titres de Jésus.Coédition:\tParis- Bruges, Desclée de Brouwer, et Montréal, LTmmaculée-Conception, 1963, 330 p.Etude systématique de tous les noms et titres scripturaires de Jésus, dont l\u2019auteur dégage une christologie élaborée.Etude biblique à incidence théologique.Pour un public assez large.SABOURIN, Léopold, S.J.: Rédemption sacrificielle.Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 492 p.(Coll.« Studia », n° 11.) Etude de théologie biblique sur la rédemption du Christ, expliquée en termes de sacrifice.Société canadienne d\u2019études mariales.La Maternité spirituelle de la Bienheureuse Vierge Marie, tome I: journées d\u2019études, Sherbrooke, 1956, tome II: journées d\u2019études, Ottawa, 1957.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1958, 180 p.Recueil des communications données aux journées d\u2019études de la Société canadienne d\u2019études mariales.Excellentes études de théologie spéculative plutôt que positive.Trois autres volumes, correspondant à trois autres congrès, sont consacrés à L'Immaculée Conception (1954), à La Royauté de l\u2019Immaculée (1955) et à Marie, l'Eglise et la Rédemption (1958).Thomas d\u2019Aquin, Saint: Summa Theolo-gica « Piana », 5 vol.Ottawa, Com-missio Piana, 1953.Cette édition, universellement appréciée, particulièrement pour sa recherche sur les sources de saint Thomas, est souvent citée sous le nom de « Somme d\u2019Ottawa ».La même équipe canadienne vient de terminer, dans l\u2019édition classique dite léonine, le Commentaire de Job de saint Thomas.VANIER, Paul, S.J.: Théologie trinitaire chez saint Thomas d\u2019Aquin.Evolution du concept d\u2019action notionnelle.Coédition: Paris, Librairie J.Vrin, et Montréal, Institut d\u2019études médiévales, 1953, 160 p.Etude de théologie historique sur le concept d\u2019action notionnelle.Morale Desjardins, Claude, S.J.: Dieu et l'obligation morale.Bruges, Desclée de Brouwer, 1963, 284 p.(Coll.« Studia », n° 14.) Etude historique d\u2019envergure sur la notion de l\u2019obligation morale et son fondement.Desrosiers, J.-B., P.S.S.: Soyons justes, 2 vol.Coédition: Montréal, Fides et Institut Pie-XI, 1953 et 1954, 449 p.et 520 p.Exposé élaboré du traité de la justice.Dion, Gérard, et O\u2019Neill, Louis: Le Chrétien en démocratie.Montréal, Les Editions de l\u2019Homme, 1961, 158 p.Essai sur les rapports entre l\u2019Eglise et la démocratie, les catholiques et la politique, ainsi que sur la laïcité de l\u2019Etat, les conditions de la démocratie, l\u2019opinion publique, l\u2019éducation civique.Dion, Gérard, et O\u2019Neill, Louis: Le Chrétien et les élections.Montréal, Les Editions de l\u2019Homme, c.1960, 5e édition, 123 p.En quelques brefs chapitres, les auteurs examinent à la lumière de la morale catholique, les problèmes qui se posent à la conscience du citoyen en temps d\u2019élections.GuiNDON, Roger, O.M.I.: Béatitude et théologie morale chez saint Thomas d\u2019Aquin.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1957, 360 p.Ouvrage de théologie scientifique, qui accorde à la considération de la béatitude un rôle central dans la doctrine morale de saint Thomas.Hamel, Edouard, S.J.: Loi naturelle et loi du Christ.Bruges, Desclée de Brouwer, 1964, 171 p.(Coll.« Studia », n° 17.) Etude lucide sur les rapports entre la notion philosophique de loi naturelle et la morale biblique.PAQUIN, Jules, S.J.: Morale et médecine.Montréal, LTmmaculée-Conception et le Comité des hôpitaux du Québec, 1955, 489 p.Ouvrage de morale \u2014 manuel et livre de consultation, tout à la fois, \u2014 à l\u2019intention des médecins, des Infirmières, laïques et religieuses, et des confesseurs.VANIER, Jean: Le Bonheur, principe et fin de la morale aristotélicienne.Paris-Bruges, Desclée de Brouwer, 1965, 499 p.(Coll « Textes et études philosophiques ».) S\u2019inspirant des meilleures sources, cette étude fouillée paraît très utile aux contemporains soucieux de dépasser leurs divergences et de retrouver les valeurs qui les rapprochent.Spiritualité Bourassa, François, S.J.: La Virginité chrétienne.Montréal, LTmmaculée-Conception, 1952, 174 p.Ouvrage de grande qualité sur la virginité et sur les rapports du mariage et de la virginité.Coderre, Mgr Gérard-Marie: Le Miroir du prêtre.Saint-Jean, Les Editions du Richelieu, 2e édition, 1964, 244 p.Compilation de documents pontificaux sur la mission du prêtre et sur les vertus qu\u2019elle appelle.Cousineau, Mgr Albert-F.: Principes de vie sacerdotale et religieuse.Montréal, Editions Fides, 1952, 262 p.Adaptation à un public élargi d\u2019exposés spirituels adressés aux Religieux canadiens de Sainte-Croix.Dominique de Saint-Joseph, O.C.D.: L\u2019Oraison, regard et chemin.Mont- 64 RELATIONS réal, Editions Fides, 2e édition, 1964, 208 p.(Coll.« La Fontaine d\u2019Elie ».) A partir du Chemin de la perfection de sainte Thérèse, l\u2019auteur éclaire tous les problèmes essentiels touchant l\u2019oraison.Dragon, Antonio, S.J.: Apprends à vivre.Montréal, Editions de l\u2019Atelier, 4e édition, 1959, 175 p.Ouvrage traitant de l\u2019état de grâce, dans un style simple et attachant.Fréchet, Léandre, C.S.C., et Bertrand, Guy, C.S.C.: Nourritures spirituelles, 2 vol.Montréal, Editions Fides, 1956, 465 p.et 422 p.Anthologie de la spiritualité canadienne-française, répartie en lectures ou méditations pour chaque jour de l\u2019année liturgique.Hudon, Germain.O.M.I.: La Perfection chrétienne d\u2019après les sermons de saint Léon.Paris, Les Editions du Cerf, 1959, 275 p.(Coll.« Lex orandi », n° 26.) En étudiant le pape saint Léon le Grand et la piété du Ve siècle, l\u2019auteur veut formuler les principes d\u2019une spiritualité adaptée à notre époque et centrée sur le Corps mystique et sur la liturgie.Jean-Baptiste (Sœur), F.C.S.C.: La Foi en l\u2019amour de Dieu.Montréal, Editions Fides, 1956, 233 p.Invitation à avoir foi en l\u2019amour de Dieu.Léger, Cardinal Paul-Emile: Dieu est amour.Montréal, Editions Fides, 1963, 1963, 102 p.(Coll.« Alouette blanche ».) Entretiens sur la vertu de charité, présentés en différentes occasions au Foyer de Charité.Lewis, Jacques, S.J.: Le Gouvernement spirituel selon saint Ignace de Loyola.Bruges, Desclée de Brouwer, 1961, 139 p.(Coll.« Studia », n° 12.) Etude sur le gouvernement des religieux par saint Ignace: sa manière d\u2019agir,ses principes et les fondements spirituels de sa pratique.Ouvrage scientifique, également utile à tous ceux qui exercent l\u2019autorité ou qui pratiquent l\u2019obéissance.LOCKQUELL, Clément.E.C.: Les élus que vous êtes.Montréal, Editions Variétés, 1949, 197 p.Croquis pittoresque et savoureux de la vie des Frères enseignants où bien des choses retrouvent leur vrai visage.Peghaire, Julien, et Poisson, A., C.S.Sp.: Etre pauvre, pourquoi et comment.Montréal, Editions Fides, 1961, 206 p.Raisons d\u2019être de la pauvreté religieuse et étude des devoirs qu\u2019impose cette vocation.ROY, Lucien, S.J.: Réflexions et rêveries devant la crèche.Montréal, Les Editions Bellarmin, 2e édition, 1962, 194 p.Méditations, avec un brin de fantaisie, sur les mystères de Noël.Samson, Henri, S.J.: Propos spirituels d\u2019un psychiatre.Montréal, Les Editions Bellarmin, 2e édition, 1963, 262 p.Réflexions spirituelles sur le mystère de l\u2019Ascension exposées par l\u2019auteur, en diverses rencontres, à ses collaborateurs en psychothérapie.SAMSON, Henri, S.J.: L\u2019Homme de chair devant Dieu.Montréal, Les Editions Bellarmin, 1964, 282 p.Réflexions spirituelles sur l\u2019Avent et le mystère de l'Incarnation, exposées par l\u2019auteur, psychiatre, à ses collaborateui s en psychothérapie.Collections DONUM DEL Rapports des assemblées plénières de la Conférence religieuse canadienne et autres textes d\u2019intérêt général pour les religieux.Conférence FÉVRIER 1966 religieuse canadienne, 324 est, rue Laurier, Ottawa.Collection de grande valeur sur les problèmes de la vie religieuse.Sainteté religieuse et Vie apostolique.Journées de Supérieures, 1959.Textes de Fernand Jetté, O.M.L, et Nazaire Morissette, O.M.I.Donum Dei, n° 1, 1959, 104 p.Pauvreté religieuse et Exigences contemporaines.Assemblées plénières de 1959.Donum Dei, n° 2, 1960, 131 p.Obéissance religieuse et Exercice de l\u2019Autorité.Assemblées plénières de 1960.\tDonum Dei, n° 3, 1961, 205 p.Dimensions ecclésiales des états de perfection.Assemblées plénières de 1961.\tDonum Dei, n° 4, 1962, 124 p.Au seuil du Second Concile du Vatican.Documents.Donum Dei, n° 5, 1962, 95 p.Conditions de la Chasteté.Assemblées plénières de 1962.Donum Dei, n» 6, 1963, 252 p.Au service de l\u2019Eglise en Amérique latine.I.Documents.Donum Dei, n° 7, 1963, 127 p.Liturgie et Vie religieuse.Assemblées plénières de 1963.Donum Dei, n° 8, 1964, 212 p.Principe pour une rénovation de la Vie religieuse.Assemblée générale de 1963.Textes de Monseigneur Paul Philippe, O.P.Donum Dei, n° 9, 1964, 97 p.Dialogue de Religieux avec le monde.Assemblée générale de 1964.Donum Dei, n° 10, 1965, 254 p.CONGRÈS DE SPIRITUALITÉ, Nicolet.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une collection proprement dite, mais de volumes qui reproduisent les travaux présentés aux congrès de spiritualité, sous la direction des Pères Carmes, par des prêtres, des religieux et des laïcs, sur la vie spirituelle et spécialement sur la prière.Seigneur, apprenez-nous à prier.Congrès de 1958.Numéro spécial de la revue Carmel (Marseille), n° 31, 1er trimestre, 1959, 174 p.La Crise de la'prière.Congrès de 1960.Numéro spécial, hors série, de la revue Echanges spirituels, 1961,160 p.En état de prière.Congrès de 1962.Numéro spécial, hors série, de la revue Echanges spirituels, 1963, 125 p.Mise à jour de la prière.Congrès de 1964.Numéro spécial, hors série, delà revu e Echanges spirituels, 1965, 112 p.* Voir la Collection « Spiritualilé du laïcat » dans une section subséquente.Droit canonique L\u2019Université d\u2019Ottawa a publié plusieurs études importantes en droit canonique, parmi lesquelles nous signalons les suivantes.ARBOUR, Guy, P.S.S.: Le Droit canonique particulier au Canada.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1957, 167 p.Lafontaine, Paul-Henri, O.M.L: Le» Conditions positives de l\u2019accession aux Ordres dans la première législation ecclésiastique (300-492).Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1963, 398 p.Leclaire, Roland, O.M.L: La Forme canonique ordinaire des mariages interrituels au Canada.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1962, 278 p.Lesage, Germain, O.M.L: La Nature du droit canonique.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1960, 224 p.Pastorale Charbonneau, Mgr Paul-Emile, et Matte, chanoine Maurice: La Mission du diocèse de Saint-Jérôme.Montréal, Editions Fides, 1960.141 p.Présentation des travaux d\u2019ensemble de la mission de Saint-Jérôme en 1959 (enquête sociologique, précision des objectifs, organisation de l\u2019apostolat laïque,.).MATTE, Maurice: Essai d\u2019une pastorale d\u2019ensemble.Montréal, Editions Ouvrières, 1960, 96 p.(Coll.« Prêtre aujourd\u2019hui ».) A la lumière de l\u2019expérience de la Mission de Saint-Jérôme, l\u2019auteur, qui en était le secrétaire, dégage les perspectives d\u2019une pastorale diocésaine.Morissette, Gaston, O.M.L: Pastorale en marche.Montréal, Editions Rayonnement, 1960, 206 p.Exposé sur les problèmes de la pastorale en milieu canadien-français, en particulier de la pastorale paroissiale.TlLLARD, Jean-M.: Notre pastorale mise en question.Montréal, Communauté chrétienne, 1964, 154 p.(Coll.« Cahiers de Communauté chrétienne », n° 2.) Quatre conférences montrant comment Vatican II ouvre de nouvelles perspectives sur le mystère de l\u2019Eglise, la pastorale communautaire et épiscopale, l\u2019apostolat des laïcs et l\u2019oecuménisme.Liturgie Guimond, Jean-Claude, C.S.C.: Monitions liturgiques.Montréal, Editions Fides, 1963, 213 p.(Coll.« Liturgie vivante ».) Recueil de monitions pour les dimanches et les fêtes du cycle temporal.Martel, Jules, O.M.L: La Musique sacrée dans nos paroisses.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1964, 131 p.L\u2019auteur expose les conditions selon lesquelles une messe chantée en français peut être vraiment adaptée à la liturgie paroissiale.Martin, Mgr Albertus: La Sainte Liturgie.Drummondville, Editions de l\u2019Axe, 1964, 86 p.(Coll.« Cathedra ».) Magistrale lettre pastorale, traduite en plusieurs langues.Document antérieur au Concile, qui annonçait le décret conciliaire.Mercier, dom Gérard, O.S.B.: La Liturgie, culte de l\u2019Eglise.Mulhouse, Salvator, 1961, 347 p.Initiation à la liturgie pour le grand public.Milot, Jean-René, S.M.M.: Le Guide du commentateur.Montréal, Editions Fides, 2e édition, 1964, 175 p.(Coll.« Liturgie vivante ».) Indications pratiques pour permettre au commentateur de bien remplir sa fonction.65 LES EDITIONS RENCONTRE ONT L'EXCLUSIVITÉ POUR LA LANGUE FRANÇAISE D'UNE DES OEUVRES LES PLUS MONUMENTALES DE CE SIÈCLE L\u2019HISTOIRE DE LA CIVILISATION DE WILL DURANT Merveille d\u2019intelligence, de culture, de sensibilité en 28 volumes.Chaque tome est illustré de 32 photographies hors texte, en pleine page.Saisissez l\u2019occasion unique qui vous est offerte par la Coopérative du Livre Rencontre: trésor de vos loisirs, ornement de votre bibliothèque, \u201cHistoire de la Civilisation ^ en 28 volumes reliés en skivertex fauve avec étiquette de couleur, tel qu\u2019illustré, reçus chez vous à la cadence d\u2019un volume par mois.PRIX MIRACLE COOPERATIF DE $2.50 mu ïïXgïï Ci '^oicr.c^ BliflGMl* ^N3SPûl Seul un Examen Personnel vous Convaincra de Cette extraordinaire Réussite Coopérative.Découpez et Adressez-nous Au plus tôt Le Bon Pour Un Examen, Sans Engagement, Ni Frais.Pour un examen gratuit DUIV sans engagement ni frais Veuillez m'envoyer à l'examen le tome I, Histoire de la Civilisation, et votre bulletin de présentation.Après 8 jours, je vous retournerai le tout, ou m'engage à accepter les conditions de souscription spécifiées dans ce bulletin.Nom et prénom Adresse .Profession .Localité .Age Signature .A adresser aux EDITIONS EUROPEENNES ENR.764 est, St-Joseph \u2014 Québec 2, P.Q.EDITIONS RENCONTRE Paris - Bruxelles - Lauzanne \u2022 Québec - Tunis \u2022 Casablanca Catéchèse BarBIN, R., S.J.: Bibliographie de pédagogie religieuse.Montréal, Les Editions Bellarmin, 1964, 275 p.Bibliographie assez complète du répertoire catéchétique et des sciences annexes (sociologie,' anthropologie, psychologie).Contient des introductions substantielles à chacun des chapitres.CHIASSON, Hélène: Première présentation de Dieu au tout-petit.Montréal, Editions Fides, 1963, 128 p.Étude lucide sur la façon de présenter le vrai visage de Dieu aux petits enfants.En COLLABORATION: Initiation chrétienne des enfants.Montréal, Communauté chrétienne, 1966.(Coll.« Cahiers de Communauté chrétienne », n° 3.) Recueil d\u2019articles parus dans divers numéros de Communauté chrétienne.Réflexion théologique et pédagogique sur l\u2019initiation sacramentaire des enfants.COUDREAU, François: Pour un catéchisme spirituel.Pro manuscripto.(Mi-méographié.) Sainte - Anne - de - la - Poca-catière, Office catéchistique, 1955, 266 p.Notes de cours professés à l\u2019Université de Montréal et à l\u2019Université Laval.Propose les principes généraux d\u2019une pédagogie religieuse susceptible de provoquer un renouveau de l\u2019enseignement catéchétique.FOURNIER, Norbert: Exigences actuelles de la catéchèse.Montréal et Joliette, Les Clercs de Saint-Viateur, 1960, 287 p.Synthèse des apports fournis à la pastorale et à la pédagogie catéchétique depuis vingt ans.LaF0REST, Jacques: Catéchèse biblique.(Miméographié.) Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, sans date (1962 ?), 103 p.Essai de présentation catéchétique qui exploite la Bible dans son déroulement historique.LARIVIÈRE, Jean-Jacques : Connaissances catéchistiques et contrôle objectif.Joliette, Editions Saint-Viateur, 1961, 167 p.Ouvrage scientifique destiné à orienter les recherches en catéchèse dans le domaine des examens objectifs.Louis-Raoul, Frère, F.S.C.: Le Catéchiste dans l\u2019Eglise.Arthabaska, Editions Sainte-Cécile, 1958, 190 p.Exposé sur la mission et le rôle prophétique du catéchète dans l\u2019Eglise.Laïcat Dupré, Vianney: Le Laïcat.Sherbrooke, Editions Paulines, 1963, 112 p.Exposés très courts (2 ou 3 pages chacun) sur divers aspects du laïcat chrétien: vocation à l'apostolat, « sacerdoce » des laïcs, Action catholique, etc.En collaboration: L\u2019Eglise et les laïcs mariés.Montréal, Les Editions du Jour, 1962, 157 p.Ecrit en collaboration et sous le patronage des Equipes de ménages.Traite du foyer, de son rôle dans l\u2019Eglise, des divers aspects de la vie conjugale.Un livre tout proche de la réalité.Pavan, Mgr Pietro: Apostolat des laïcs dans le monde moderne.Québec, Les Presses universitaires Laval, 1954, 105 p.Sur l\u2019action animatrice et vivificatrice des laïcs chrétiens dans les domaines de la science et de la technique, qui caractérisent la civilisation moderne.POTVIN, Roland: L\u2019Action catholique: son organisation dans l\u2019Eglise.Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1957, xxvi-300 p.Thèse de doctorat en droit canonique.S\u2019appuie avant tout sur les textes de Pie XI et de Pie XII.Ouvrage de grande valeur.66 RELATIONS Roy, Paul-Emile, C.S.C.: L\u2019Engagement chrétien.Montréal, Editions Fides, 1964, 212 p.(Coll.« Foi et liberté ».) L\u2019auteur étudie les conditions de l\u2019engagement chrétien et le situe dans notre milieu.Collections de l'Action catholique canadienne CHRÉTIENS DANS LE MONDE.L\u2019Action catholique canadienne, Montréal.Volumes réunissant les études sur le sujet social que l\u2019Action catholique canadienne propose chaque année aux militants.Bibliographie dans chaque volume.Dernier volume publié en 1963.Présence des chrétiens à la cité.1956, 119 p.L\u2019Argent au service de tous les hommes.1957, 117 p.Le Corps humain dans la vie chrétienne.1958, 167 p.Les Chrétiens et la culture.1959, 199 p.Profession, service de l\u2019homme.1960, 213 p.Voies nouvelles du loisir.1961, 239 p.L\u2019Amour humain, don de Dieu.1962, 230 p.Monde des jeunes et monde des adultes.1963, 173 p.SPIRITUALITÉ DU LAÏCAT.L\u2019Action catholique canadienne, Montréal.Volumes sur le sujet spirituel proposé chaque année aux militants par l\u2019Action catholique canadienne.Le Christ et le militant d\u2019aujourd\u2019hui.1957, 133 p.Marie, l\u2019Eglise et le militant.1958, 197 p.Messe et vie militante.1959, 205 p.Pénitence et engagement dans le monde.1960, 197 p.Le Commandement nouveau.1961, 211 p.Dans l\u2019Eglise de Dieu.1962, 207 p.La Prière des laïcs.1963, 160 p.L\u2019Espérance, vertu de la route.1964, 137 p.Crise de prophétisme, par le chanoine Jacques Grand\u2019Maison.1965, 315 p.Sociologie religieuse Carrier, Hervé, S.J.: Psycho-sociologie de l\u2019appartenance religieuse.Rome, Université Grégorienne, 1964, 2e édition, 314 p.Traduit en anglais, en italien et en espagnol.(Coll.« Studia socia-lia ».) Inventaire et synthèse des études fragmentaires sur le comportement religieux parues depuis une trentaine d\u2019années.S\u2019adresse d\u2019abord aux spécialistes, mais aussi à tous ceux qui se préoccupent de pastorale.Carrier, Hervé et Pin, Emile, S.J.: Sociologie du christianisme.Bibliographie internationale.(Bilingue: français et anglais.) Rome, Les Presses de l\u2019Université Grégorienne, 1964, 313 p.Compilation des ouvrages et articles de sociologie concernant la religion chrétienne.Contient près de 3,500 titres.Triple classification: par auteurs, par pays et par sujets (400 vedettes-matières).FÉVRIER 1966 Dominique de Saint-Denis: L\u2019Eglise catholique au Canada.Précis historique et statistique.Montréal, Editions Thau, Couvent des Capucins, 1956, 6e édition, 269 p.Ouvrage bilingue qui utilise à fond les renseignements fournis par les recensements canadiens sur la religion.Hamelin, L.-E.et C.: Quelques matériaux de sociologie religieuse canadienne.Montréal, Les Editions du Lévrier, 1956, 160 p.Notions générales sur la sociologie religieuse et inventaire de 268 titles de livres, brochures et articles s\u2019y rapportant de près ou de loin; près de 200 de ces titres sont canadiens.Lacoste, Norbert: Les Caractéristiques sociales de la population du grand Montréal.Montréal, Faculté des Sciences sociales, économiques et politiques, Université de Montréal, 1958, 267 p.Etude de sociologie urbaine.Une quinzaine de pages sont consacrées à la relation entre la religion, l\u2019origine ethnique et la dimension des familles (pp.174-186).Phaneuf, G.-Etienne: Le Diocèse de Saint-Hyacinthe.Etude sociologique du milieu et des institutions.Montréal, Institut social populaire, 1957, 52 p.(Coll.« Les Cahiers de l\u2019Institut social populaire », n° 3.) Etude du diocèse, de sa population et de ses institutions, d\u2019après des sources publiées, comme le Recensement du Caanda et le Canada ecclésiastique.Enquêtes de sociologie religieuse D\u2019importantes enquêtes de sociologie religieuse ont été menées, depuis quelques années, dans diverses parties de la province.Elles ont donné lieu aux rapports suivants, dont tous ne sont pas publiés.Delalande, Vianney, O.F.M.: Réflexions pastorales issues d\u2019une rapide étude de « Contact global » de la région de Charlevoix en continuité avec la vaste étude sociologique de cette même région entreprise par MM.Camille Richard et Robert Ayotte.(Mi-méographié.) Québec, Centre de recherches en sociologie religieuse, Université Laval, 1963, 92 p.Dumont, Fernand, et Martin, Yves: L\u2019Analyse des structures sociales régionales.Etude sociologique de la région de Saint-Jérôme.Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1963, 267 p.Routhier, François: Etude sur le comté de Montmorency.Tome I: Côte de Beaupré et plateau intermédiaire.Tome II: L'Ile d'Orléans.(Miméographié.) Québec, Centre de recherches en sociologie religieuse, Université Laval, janvier 1964, 241 p.et 214 p.Routhier, François: Jonquière-Kénoga-mi-Arvida.Contexte socio-religieux et adaptation pastorale.(Miméographié.) Québec, Centre de recherches en sociologie religieuse, Université Laval, 1965, 200 p.Le rapport de l\u2019enquête de pratique religieuse, faite en 1961, dans la zone métropolitaine de Montréal et dans la ville de Saint-Jean, n\u2019a pas encore paru.M.l\u2019abbé Norbert Lacoste en a donné un bref compte rendu dans une note de la revue Recherches sociographiques (septembre-décembre 1962, pp.361-366) et dans une série de six courts articles publiés dans Le Séminaire (revue trimestrielle du Grand Séminaire de Montréal) de décembre 1961 à mars 1963 inclusivement.Paroisse Semaines sociales du Canada: La Paroisse, cellule sociale.Compte rendu des Cours et Conférences de la XXXe session des Semaines sociales du Canada, Edmundston, 1953.Montréal, Institut social populaire, 1953, 204 p.Malgré le rôle capital de la paroisse dans le milieu canadien-français, ce recueil des cours et conférences de la Semaine sociale de 1953 est le seul volume qui lui ait été consacré depuis la seconde guerre mondiale.Falardeau, Jean-C.: « Parish Research in Canada », dans The Sociology of the Parish.An Introductory Symposium, publié sous la direction de C.J.Nuesse et Thomas J.Harte.Milwaukee, The Bruce Publishing Company, c.1951, 354 p.(pp.323-332).Bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un article, nous le signalons à cause de son utilité particulière: il recense, analyse et discute brièvement les divers ouvrages et publications traitant de la paroisse au Canada français depuis la fin du XIXe siècle.Grand\u2019Maison, ch.Jacques: La Paroisse, coordonnées sociologiques et théologiques.Montréal, Editions Fides, 1966.A paraître au cours de l\u2019année.L\u2019auteur montre comment l\u2019évolution sociologique du milieu fait éclater les cadres traditionnels de la paroisse et comment la nouvelle théologie fait de la paroisse une réalité ouverte à la dimension missionnaire de l\u2019Eglise.* Voir aussi le numéro spécial (n° 24, novembre-décembre 1965) de Communauté chrétienne, consacré à la paroisse d\u2019aujourd\u2019hui et à ses problèmes de pastorale.Missiologie BOUFFARD, abbé Adrien:\tPerspectives sur le monde.Québec, Editions de l\u2019Union missionnaire du clergé, 2e édition, 1959, 174 p.Très utile compilation de statistiques, montrant l\u2019action multiple de l\u2019Eglise pour répondre aux besoins du monde moderne.Instrument de travail indispensable à tous les éducateurs qui veulent révéler aux jeunes les tâches de l\u2019Eglise d\u2019aujourd\u2019hui.Champagne, Joseph-Etienne, O.M.L: Manuel d\u2019Action Missionnaire.Ottawa, Editions de l\u2019Université, d\u2019Ottawa, 1947, 822 p.Excellente synthèse des principales branches de la missiologie, due aux travaux et à la compétence du pionnier en la matière au Canada.Une mine de renseignements, à la portée des étudiants en théologie et de tous ceux qui veulent approfondir la mission de l\u2019Eglise.Groulx, chanoine Lionel: Le Canada français missionnaire.Montréal, Editions Fides, 1962, 532 p.(Coll.Fleur de Lys.) Fresque impressionnante de l\u2019effort missionnaire canadien à travers le temps et l\u2019espace, depuis le début de la colonie jusqu\u2019à nos jours, dans les cinq continents.JettÉ, Fernand, O.M.L: Qu\u2019est-ce que la missiologie?De l\u2019unité scientifique en missiologie.Ottawa, Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1950, 185 p.Essai d\u2019approfondissement du caractère théologique de la missiologie.Comme science, elle se rattache au traité de l\u2019Eglise; sous l\u2019aspect de sagesse, elle conduit à une contemplation missionnaire de toute la Révélation.Monast, Jacques, O.M.L: L\u2019univers religieux de Aymaras de Bolivie.Ottawa, Institut de Missiologie de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1965, 302 p.Bel exemple d\u2019observation méthodique d\u2019un peuple, dans le but d\u2019éclairer l\u2019apostolat par les données anthropologiques.67 Essais ANGERS, Pierre, S.J.: Foi et Littérature.Montréal, Editions Beauchemin, 1959, 107 p.Recueil de quelques études, où l\u2019auteur expose les principes de la critique en regard de la foi, met en valeur l\u2019actualité littéraire de la Bible et analyse l\u2019œuvre de quelques contemporains.DUMONT, Fernand: Pour la conversion de la pensée chrétienne.Montréal, Editions H.M.H., 1964, 237 p.Un laïc aborde avec grande vigueur le problème de la crise religieuse actuelle, s\u2019efforce d\u2019en saisir le sens profond et tente de formuler quelques solutions positives.Gagnon, Ernest, S.J.: L'Homme d'ici.lre édition, 1952.Réédition suivie de Visages de l\u2019intelligence.Montréal, Editions H.M.H., 1963, 190 p.(Coll.« Constantes, n° 3.) Réflexion profonde d\u2019un chrétien sur l\u2019homme et ses valeurs.Théologie Laval théologique et philosophique.Revue semestrielle publiée par les Facultés de théologie et de philosophie de l\u2019Université Laval de Québec.Administration: Les Presses de l\u2019Université Laval, Québec.De caractère technique et scientifique.Fondée en 1945.Revue de l'Université d\u2019Ottawa.Revue publiée tous les trois mois par les Oblats de Marie-Immaculée, de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Une section de la revue, intitulée « Section spéciale » et comportant une pagination distincte, est consacrée exclusivement à la théologie, au droit canonique et à la philosophie.La Revue de V Université d'Ottawa a été fondée en 1931 et la section spéciale a débuté en 1932.Sciences ecclésiastiques.Revue philosophique et théologique publiée par les Facultés S.J.de Montréal.Administration: Desclée De Brouwer, Paris-Bruges.Publication des Facultés de théologie et de philosophie de la Compagnie de Jésus, à Montréal.Fondée en 1948.Au début, un numéro par année; depuis 1953, trois numéros par année.Studia Montis Regii.Publication de la Faculté de théologie de l\u2019Université de Montréal, Grand Séminaire de Montréal, 2065 ouest, rue Sherbrooke, Montréal.Publication semestrielle, fondée en 1958.Spiritualité Echanges spirituels.Revue trimestrielle fondée par des laïques, en collaboration avec les religieux du Carmel de Nicolet, Nicolet.Rédaction et administration: 6, rue Saint-Pierre, Saint-Jean, Qué.Cahiers de spiritualité rédigés par des prêtres, des religieux et des laïcs, dans un but d\u2019entraide spirituelle.Fondée en 1960, la revue a suspendu sa publication à l\u2019automne de 1965.La Vie des communautés religieuses.Revue publiée par les RR.PP.Franciscains, Montréal.Destinée aux religieux et aux religieuses.Groulx, chanoine Lionel: Chemins de l\u2019avenir.Montréal et Paris, Editions Fides, 1964, 161 p.Etude sur la situation des Canadiens français dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui.Voir en particulier le chapitre IV: « Examen du problème religieux », et le chapitre vi: «Les tâches exaltantes.E) Tâche spirituelle ».Leahy, Louis, S.J.: L\u2019Inéluctable Absolu.Bruges, Desclée De Brouwer, 1965, 173 p.(Coll.« Essais pour notre temps ».) Travail de piilosophie religieuse sur les approches modernes au problème de l\u2019existence de Dieu.Lesage, Germain, O.M.L: Le Défi de notre foi.Coédition.Montréal, Rayonnement et Ottawa, Université d\u2019Ottawa, 1964, 228 p.Effort d\u2019intégration de la foi chrétienne à la vie d\u2019aujourd\u2019hui, par l\u2019insertion du spirituel dans un monde de science, de technique et de bien-être matériel.2.Revues Pastorale et Liturgie Commaunauté chrétienne.Revue de pastorale publiée tous les deux mois par l\u2019Institut de pastorale des Pères Dominicains, Montréal.La plus importante de nos revues de pastorale.A signaler: les numéros sur la catéchèse des petits (n° 10), sur les religieuses (n° 22), sur la paroisse (n° 24).Laïcat et Mission.Revue de l\u2019Action catholique canadienne, Montréal.Revue de doctrine et de spiritualité à l\u2019intention des militants.A paru d\u2019octobre 1958 à octobre 1963.A signaler, deux numéros spéciaux, l\u2019un sur l\u2019action catholique et l\u2019apostolat laïque (avril 1962), l\u2019autre sur la spiritualité du laïcat (octobre 1963); celui-ci contient une bibliographie commentée.Liturgie et Vie chrétienne.Revue bimestrielle de pastorale liturgique publiée par les chanoines réguliers de l\u2019Imma-culée-Conception, Montréal.S\u2019adresse à tous ceux qui s\u2019intéressent à la liturgie.Prêtre aujourd\u2019hui.Revue d\u2019action catholique et de pastorale populaire, Montréal.La revue, sous la responsabilité de quelques Pères Oblats de Marie-Immaculée, s\u2019adresse particulièrement aux prêtres préoccupés de pastorale populaire, aux aumôniers d\u2019A.C.O., de syndicats ouvriers, aux prêtres de paroisses populaires.Revue eucharistique du clergé.Organe de l\u2019Association des prêtres adorateurs et de la Ligue sacerdotale de la communion, Montréal.Revue de doctrine et de spiritualité, publiée par les Pères du Saint-Sacrement, à l\u2019usage des prêtres.Catéchèse Entre nous, catéchètes.Bulletin de liaison publié par l\u2019Office catéchistique provincial, Montréal.Miméographié.A l\u2019usage des catéchètes et des spécialistes de la pastorale scolaire.Le Souffle.Publié six fois l\u2019an par le Centre de Catéchèse du diocèse de Montréal.Destiné aux responsables d\u2019enseignement religieux, aux éducateurs et aux parents.LEMOYNE, Jean: Convergences.Montréal, Editions H.M.H., 1962, 324 p.L\u2019auteur met en question le lecteur canadien-français sur tous ses problèmes, sociaux, littéraires, religieux, d\u2019une façon souvent provocante mais stimulante.Untel, Frère (F.Pierre-Jérôme, F.M.S.\u2014 Jean-Paul Desbiens):\tLes Inso- lences du Frère Untel.Montréal, Les Editions de l\u2019Homme, c.1960, 158 p.Traite surtout des problèmes d\u2019enseignement, mais consacre un important chapitre à la « Crise de la religion » et un autre à une « Lettre à un jeune Frère ».A contribué pour sa grande part au réveil du Québec.L\u2019auteur a repris les mêmes thèmes dans un second ouvrage, autobiographique, Sous le soleil de la pitié, paru aux Editions du Jour, en 1965.* Voir aussi Crise de prophétisme, du chanoine Jacques Grand\u2019Maison (Coll.« Spiritualité du laïcat »), mentionné plus haut.Revues d\u2019intérêt généra! Les revues suivantes traitent, à l\u2019occasion, des problèmes de l\u2019Eglise au Québec.Aujourd\u2019hui-Québec.Montréal.Fondée en mai s 1965.Se présente comme un « mensuel catholique d\u2019idées et d\u2019information ».Suit de près l\u2019activité politique et religieuse, adopte une position de droite marquée.Publie, parmi d\u2019autres documents de travail, encycliques et textes pontificaux.Cité libre.Montréal.Fondée en juin 1950.S'intéresse surtout aux questions politiques dans une optique de gauche modérée.S\u2019est arrêtée souvent aux problèmes de notre christianisme, particulièrement en 1960 et 1961 ; voir, par exemple, l\u2019article de Gérard Pelletier « Feu l\u2019unanimité » (octobre 1960) et celui d\u2019Aurèle Kolnai « Société unanime ou société neutre » (avril 1961).Culture.Revue trimestrielle publiée par l\u2019Association de recherches sur les sciences religieuses et profanes au Canada.Montréal.Revue de culture générale, comme son titre l\u2019indique.Poursuit, depuis sa fondation, en 1940, par les Pères Franciscains, un travail bibliographique remarquable, en dépouillant systématiquement toutes les publications canadiennes, livres et revues importantes, articles par articles.Maintenant.Revue chrétienne d\u2019opinion, publiée sous la responsabilité de l\u2019Ordre dominicain.Paraît le 15 de chaque mois.Montréal.A succédé à la Revue dominicaine en janvier 1962.Aborde les problèmes de l\u2019heure, particulièrement les questions religieuses et pastorales \u2014 liturgie, prédication, morale conjugale, engagement du chrétien dans le temporel \u2014 dans un style d\u2019avant-garde.Monde nouveau.Revue de l\u2019Institut Pie-XI.Montréal.A succédé, en 1958, à Nos Cours, l\u2019ancienne publication de l\u2019Institut Pie-XI, organisme de culture théologique pour les laïcs.Met l\u2019accent sur les problèmes sociaux.A signaler, divers numéros spéciaux parus au cours de 1965: le contrôle des naissances (avril), la justice sociale (mai), la catéchèse (août-septembre).Recherches sociographiques.Revue publiée par le Département de sociologie et d\u2019anthropologie, Faculté des sciences sociales, Université Laval, Québec.Revue de recherche scientifique, fondée en 1960.S\u2019intéresse à la sociologie religieuse, comme aux autres branches de la sociologie.Mentionnons Louis-Edmond Hamelin, « Evolution numérique séculaire du clergé catholique dans le Québec » (avril-juin 1961), et Jean-Charles Falardeau, « Les recherches religieuses au Canada français » (janvier-août 1962).68 RELATIONS y y y y y y y y marabout collections L\u2019ORGANISATION PRATIQUE DU BUREAU par Karl Stéfanic-Allmayer et Robert Zeegers 100 CONSEILS D\u2019ORGANISATION POUR : réduire les frais d'écritures réduire les frais de production organiser, gérer et contrôler la comptabilité (y compris le choix des machines) organiser le travail de secrétariat gérer les stocks diriger le personnel et l\u2019entreprise 1000 DEFINITIONS COMMERCIALES un dictionnaire des termes commerciauxusuels Prix suggéré : $1.50 KARL STEFANIC-ALLMAYER\t's ET ROBERT ZEEGERS\tI UNE SERIE NOUVELLE PANS marabout service ECONOMIE MODERNE \u201cECONOMIE MODERNE\u201d apporte des solutions rationnelles aux problèmes detou-te entreprise industrielle ou com- IA FORMATION CULTURELLE UES CADRES ET DES DIRIGEANTS par Joseph Basile préface de Jean Guitton de l\u2019Académie française LA CULTURE GÉNÉRALE, au même titre que la formation technique ou spécialisée, est reconnue dorénavant par les plus grands économistes comme un moyen de perfectionnement indispensable à tout homme qui veut exceller dans sa profession.Ce livre-pilote, écrit Jean Guitton, est \u201cun bréviaire pour l\u2019homme de demain, plus spécialement pour le pionnier, l\u2019innovateur, pour celui qui avance et qui entreprend\u201d.Prix suggéré : $1.50 JOSEPH BASILE\tg prélace de Jean Guitton\t£ y y y y l'organisation pratique du bureau merciale, à ceux de l\u2019organisation du travail et de la formation professionnelle.Elleconstitue une bibliothèque d\u2019étude et de référence au service des cadres, des employés, des commerçantsetc.de l'Académie française\ts O la formation s culturelle des cadres et des dirigeants Distributeur général pour les Amériques : D.KASAN - 226, Est, Christophe Colomb, QUEBEC P.Q. 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