Relations, 1 octobre 1971, Octobre
[" CRISE DE LA DEMOCRATIE LIBÉRALE \u2014 RELATIONS rencontre M.Léon Dion ÉDUCATION ET CONFESSIONNALITÉ: le bill 28 et la restructuration scolaire à Montréal SÉCURITÉ ET DÉMOCRATIE: l\u2019anniversaire d\u2019octobre et le « groupe de sécurité » d\u2019Ottawa AFFAIRES SOCIALES: le bill 65 et la participation des citoyens MONTRÉAL OCTOBRE 1971 ¦ POUR UNE NON-VIOLENCE ACTIVE ¦ MAURICE LEFEBVRE ET LA BOLIVIE ¦ ANIMATION SOCIALE ET CAMPS FAMILIAUX ¦ FIDÉLITÉ EN CRISE ¦ LE NATIONALISME DE NOTRE ROMAN ¦ CINÉMA: «LES CHATS BOTTÉS» ET « FLEUR BLEUE » ¦ ETC. ________relations__________________________________ revue du mois publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus COMITÉ DE RÉDACTION : Irénée Desrochers, directeur Guy Bourgeault, secrétaire Richard Arès, Albert Beaudry, René Champagne, Jacques Chênevert, Gabriel Dussault, Michel Dussault, Julien Harvey, Marcel Marcotte, Yves Vail-lancourt.ADMINISTRATION : Albert Plante RÉDACTION, ADMINISTRATION et ABONNEMENTS : 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal 351 \u2014 tél.: 387-2541.PUBLICITÉ : Jean Laurin et associés, représentants pour la publicité nationale et locale: 1411, rue Crescent, suite 406.Tél.: 845-6243.numéro 364 octobre 1971 SOMMAIRE Éditoriaux : Ottawa-Québec \u2014 octobre et la rentrée parlementaire 1.\tLes risques de la sécurité.Julien Harvey 2.\tLe bill 28 et la restructuration scolaire à Montréal Guy Bourgeault 3.Le bill 65 et la Articles participation des citoyens Guy Bourgeault Fidélité en crise.Marcel Marcotte L\u2019Eglise, obstacle à l\u2019unité ?.Stéphane Valiquette Comme les fleurs .(billet).Paul Fortin Education de la conscience sociale \u2014 l\u2019expérience du camp familial Bleu et Blanc.Michel Corbeil 259 260 262 264 269 269 270 Dossier : non-violence et révolution Plaidoyer pour la non-violence active .Julien Harvey 272 Un Bolivien révolutionnaire: Maurice Lefebvre, Oblat Judith Thériault et Yves Vaillancourt 273 Rencontre RELATIONS Une crise de la démocratie libérale ?.Léon Dion 276 Chroniques Littérature : Le nationalisme de notre roman historique René Dionne 281 Cinéma : Les Chats bottés et Fleur bleue \u2014 ou grandeur et misère du braconnage.Yves Lever 285 Les livres : Un roman de Jacques Ferron .Albert Beaudry 275 Théologie.Paul-E.Langevin, Jean-M.Archambault et Edouard Hamel 286 Ouvrages reçus.280 Relations est une publication des Éditions Bellarmin.Prix de l\u2019abonnement: $7 par année.Le numéro: 750.Relations publiques: Pauline Houle, 1396 ouest, rue Sainte-Catherine.M.Jean-Robert Gendron est autorisé à solliciter des abonnements pour la revue.Relations est membre de VAudit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019éducation.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement no 0143.Nouveautés Décalogue et morale chrétienne, par Guy Bourgeault, SJ.\u2014 Enquête patristique sur l\u2019utilisation et l\u2019interprétation chrétiennes du décalogue au cours des deux premiers siècles.\u2014 512 pages.$12.50.De la petite à la grande Église, à l\u2019heure de la contestation, par Joseph Ledit, S.J.\u2014 200 pages.$5.00.Evaluative and Emotional Factors in learning a foreign language, par Yves Bégin, S.J.\u2014 126 pages.$2.50.Larmes de silence, par Jean Vanier.Réflexions sur la souffrance.\u2014 100 pages, dont 46 photos.$3.00.Le Christ et l\u2019Église, signes du salut, par René Latourelle, SJ.\u2014 291 pages.$5.50.Le Prophète de Nazareth et nos 7 sacrements, par Paul Dostaler, SJ.\u2014 350 pages.$5.75.Le Témoignage chrétien, par René Latourelle, S.J.\u2014 91 pages.$1.50.Structure et sens du symbole.L'imaginaire chez Gaston Bachelard, par Julien Naud, S.J.\u2014 165 pages.$300.LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100 boulevard Saint-Laurent Montréal 351 - Tél.: 387-2541 Export A OU RÉGULIÈRES ET \"KING\u201d 258 RELATIONS OTTAWA-QUEBEC octobre et la rentrée parlementaire Ottawa \u2014 Août 1971 s Québec accorde un magnanime (!) « nolle prosequi» aux accusés de sédition ou d\u2019appartenance au FLQ d\u2019octobre dernier.Réactions et oppositions se font plus vives à Vancouver qu\u2019à Montréal ! \u2014 Pendant qu\u2019à Ottawa .1.Les risques de la sécurité Le bureau du solliciteur général du Canada annonçait, le 27 août, la création d\u2019un « groupe de sécurité » dont les attributions furent bientôt décrites de façon assez précises.Il s\u2019agit d\u2019un groupe chargé d\u2019enquêter à l\u2019avance sur les mouvements subversifs, sur les idéologies, sur l\u2019attitude des média d\u2019information à l\u2019égard des groupes présumés subversifs.On avoue que les événements d\u2019octobre ont suggéré la création de ce mécanisme nouveau, intimement lié à la police fédérale, mais indépendant d\u2019elle.Trois membres ont été désignés, tous trois anglophones: deux anciens militaires (Col.Robin Bourne, Lt.Col.Walter Dabros) et un ancien policier fédéral (S.Sgt.Patrick Banning).On annonçait l\u2019élargissement prochain du groupe, en particulier par le choix de trois « analystes régionaux ».Cette nouvelle invention de la peur nationale nous laisse perplexes.Déjà, des membres du Parlement fédéral ont protesté; ils ont fait remarquer que l\u2019institution de ce mécanisme « de sécurité » va à l\u2019encontre des politiques énoncées par le ministre fédéral de la Justice, M.Turner, qui vient de nous débarrasser des tables d\u2019écoute \u2014 ou, du moins, de certaines tables d\u2019écoute.Notre perplexité tient surtout à deux facteurs.D\u2019abord, dans le droit de notre pays, on n\u2019en- quête pas sur les idées des gens, mais sur leurs actes.Ensuite, on essaie normalement d\u2019équilibrer les exigences de la sécurité et de la liberté, en refusant de sacrifier la liberté de tous à la sécurité de quelques-uns.Faire fi de ces points de repère de notre droit, c\u2019est carrément passer au fascisme.Le texte du communiqué indique que le « groupe de sécurité » aura également pour tâche de recommander au gouvernement des stratégies qui permettront de prendre des mesures « actives plutôt que réactives » devant les idées et mouvements suspects.Se trouve dès lors mise en cause l\u2019évolution d\u2019un capitalisme qui se dit démocratique: doit-il nécessairement se fasciser en avançant ?limiter la liberté même de penser et de chercher mieux ?garantir par des méthodes policières nouvelles une paix sans contenu 1 Si oui, nous sommes loin encore du reverdissement du Canada .et de la « société juste » prônée dans certain programme électoral.Et une dernière question: des Québécois accepteront-ils de faire partie de cette nouvelle force ?Espérons que non.Mais, s\u2019il s\u2019en trouve, nous serons curieux de les connaître.Julien HARVEY.31.8.71.OCTOBRE 1971 259 Québec \u2014 Après septembre et la rentrée scolaire, voici octobre « appréhendé » et la rentrée parlementaire à Québec.Parmi les projets de loi soumis à l\u2019attention des députés lors de la deuxième session de la vingt-neuvième Législature de l\u2019Assemblée nationale du Québec, deux programmes de restructuration ont déjà commencé à susciter maints débats dans l\u2019opinion publique : le bill 28, concernant la restructuration des commissions scolaires sur l\u2019île de Montréal, et LE BILL 65, au sujet de l\u2019organisation des services de santé et des services sociaux au Québec.C\u2019est en référence aux débats en cours que nous en traiterons ici.\\ 2.Le bill 28 et la restructuration scolaire à Montréal Version revue et corrigée du défunt bill 62, le projet de loi « concernant la restructuration des commissions scolaires de l\u2019île de Montréal », le bill 28, poursuit fondamentalement les mêmes objectifs: égalité, démocratisation, participation.En janvier, février et mars 1970, RELATIONS a présenté divers points de vue pour et/ou contre le bill 62.Substantiellement, les approbations et les réticences exprimées alors peuvent être reformulées à propos du nouveau bill.Sans reprendre par le détail les argumentations présentées il y a dix-huit mois, nous voulons dire à nouveau et préciser, en fonction des nouvelles coordonnées du présent texte et du présent contexte, en quoi nous sommes d\u2019accord avec le bill 28 et à quels égards nous éprouvons craintes ou réticences.Un bill amélioré, mais encore imparfait 1.\tEgalité, participation, démocratisation: ces objectifs nous paraissent globalement mieux assurés que dans le présent système par la création du Conseil scolaire de l\u2019île de Montréal et par celle des comités de parents rattachés aux diverses écoles.A cet égard, nous étions d\u2019accord avec les dispositions du bill 62 et nous demeurons d\u2019accord avec celles du bill 28.La création du Conseil scolaire, notamment, apparaît comme une indispensable condition de justice et d\u2019équité; et il est nécessaire que ce Conseil soit doté de pouvoirs réels au niveau de la taxation et au niveau de la redistribution des fonds pour que soient corrigées les trop criantes et trop injustes inégalités sociales favorisées par le présent système (cf.Relations, février 1970, p.41; mars 1970, p.73).2.\tCertains amendements apportés au bill 62 par le bill 28 ont nettement amélioré le projet de restructuration.Ces amendements semblent avoir été inspirés par les recommandations du Conseil supérieur de l\u2019éducation et de divers groupes de pression; ils assurent a) une composé tion plus démocratique du Conseil scolaire de Vile de Montréal (art.600; cf.Relations, février 1970, p.41; février 1970, p.73), b) de meilleures garanties quant au respect des droits linguistiques (art.583 et 589), c) certaines dispositions nouvelles concernant la confessionnalitê de renseignement (art.589 et 593 à 596; cf.Relations, février 1970, pp.42-43; mars 1970, p.74).Ces amendements reflètent un souci démocratique de respect du pluralisme linguis-tique-culturel et religieux du milieu métropolitain.3.\tNous persistons à croire qu\u2019une restructuration par étapes aurait été préférable à la mise en place simultanée de toutes les pièces d\u2019un système nouveau et relativement complexe.C\u2019est ce qu\u2019avait recommandé le Conseil supérieur de l\u2019éducation, dans son Avis d\u2019août 1967 (cf.« Un défi, des étapes », dans Relations, février 1970, p.40), puis dans celui de 1970 (rec.10).Concrètement, il s\u2019agissait de créer dès 1967 (selon que le Rapport Parent l\u2019avait indiqué quelques années plus tôt !) le Conseil scolaire de l\u2019île de Montréal et les comités de parents ou comités d\u2019école, et d\u2019établir peu à peu des comités conjoints qui auraient préparé l\u2019unification progressive des commissions scolaires.Ces recommandations n\u2019étaient pas inspirées du caprice ou d\u2019un quelconque désir de retarder une restructuration certes nécessaire et pleinement reconnue comme telle; elles exprimaient plutôt le souci a) de corriger tout de suite les disparités économiques profondément injustes par la création du Conseil scolaire de l\u2019île de Montréal, b) de permettre l\u2019apprentissage de la participation des parents requise par la création des comités d\u2019école (on n\u2019apprend pas à participer par décret !), c) d\u2019assurer le caractère rationnel et opérationnel \u2014 sans susciter d\u2019inutiles conflits style Sturgeon Falls ou Saint-Léo-nard \u2014 du découpage de la carte scolaire et du regroupement des commissions scolaires.Depuis 1967, quatre ans ont passé.Et, depuis le bill 62, dix-huit mois.Dans un Québec où certaines situations socio-politiques sont étonnamment mouvantes.Ce qui était souhaitable il y a quatre ans ou même il y a seulement dix-huit mois paraît-il encore indiqué ?4.\tDéfis et dilemmes.En proposant le bill 28, le ministre de l\u2019Education lance un défi à la population de Montréal: celui de la collaboration efficace dans des structures multilin-guistiques et multiconfessionnelles qui, sans doute, semblent s\u2019imposer de par le caractère même de la communauté urbaine de Montréal (cf.Relations, février 1970, pp.39-40).En 260 RELATIONS agissant ainsi, il brusque la population et lui impose une sorte de fédéralisme à la Trudeau auquel rien dans le passé, ou presque, ne l\u2019a préparée.Le risque est lourd de conséquences appréhendées: Vaffaire Saint-Léonard, nous a appris que Montréal pourrait connaître des conflits comme ceux de Sturgeon Falls .pour ne pas évoquer ici l\u2019Ulster.\u2014 Mais le ministre peut-il encore paraître tergiverser et, dans le présent contexte, ne prendrait-il pas un risque plus grand en procédant par étapes et en comptant sur un apprivoisement progressif des divers groupes ethniques et religieux appelés à collaborer ?L\u2019insatisfaction du groupe francophone, depuis le malheureusement célèbre bill 63, n\u2019a fait que s\u2019exacerber et le gouvernement québécois, qui attend toujours le rapport de la Commission Gendron, ne semble pas prêt à abroger la loi antérieure pour la remplacer par une législation plus réaliste et mieux adaptée à la situation réelle du Québec et, surtout, de Montréal.Tandis que les débats sur la confessionnalité de l\u2019école divisent le groupe francophone face au bill 28, le souci de ses privilèges, linguistiques et autres, fait l\u2019unité du groupe anglophone, par delà les divisions confessionnelles, dans son opposition au bill et on peut certes craindre que tout retard apporté dans la restructuration des commissions scolaires sur Vîle de Montréal ne fasse que favoriser des alliances peu en accord avec le bien commun et durcir les résistances en d\u2019irrémédiables oppositions.\t\u2014 Tel est le dilemme.Poqr n\u2019avoir pas agi dès 1967, il faut opter aujourd\u2019hui pour le moindre mal ou le moindre risque: peut-être saboter au départ un projet en imposant une participation et une collaboration prématurées 1 ou favoriser des durcissements qui peuvent facilement dégénérer en luttes plus vives, sinon plus violentes 1 Les vrais enjeux 5.\tAvec les projets de loi 27 et 28, peut-on espérer que seront mises en place les dernières pièces d\u2019une réforme administrative qui, depuis la publication du Rapport Parent et à maints égards contre son esprit, n\u2019a pas eu suffisamment souci de l\u2019éducation elle-même (cf.Relations, décembre 1969, pp.337-340; février 1970, p.41; juillet-août 1970, pp.195-201; septembre 1971, pp.230 ss.)?Peut-on croire que les nouvelles directives du ministère de l\u2019Education au sujet de l\u2019humanisation de l\u2019école sont plus que des slogans bassement politiques destinés à faire porter par d\u2019autres l\u2019odieux de certaines situations inhumaines de l\u2019école, situations dont le ministère est en grande partie responsable ?6.\tAprès le bill 28, le travail ne sera pas terminé; il commencera vraiment.Il faudra, notamment, tout mettre en œuvre pour que la participation souhaitée et inscrite dans la loi OCTOBRE 1971 ne soit pas un simple mot: l\u2019expérience de Multi-Média, à cet égard, vaut d\u2019être suivie avec grande attention, avec une particulière vigilance, si l\u2019on ne veut pas que le projet soit complètement saboté.Répétons-le: la participation ne s\u2019impose pas par décret législatif; elle s\u2019apprend, s\u2019organise et se vit dans et par son exercice concret.Cette participation, dans une certaine mesure, a déjà commencé de s\u2019exercer dans les débats qui ont entouré la présentation du bill 62, puis du bill 28; il faut qu\u2019elle s\u2019intensifie et, surtout, se donne des objectifs précis et constructifs.Cette participation concerne prioritairement \u2014 comme un droit et, aussi et surtout, comme une tâche multiforme \u2014 les parents (élections scolaires, comités d\u2019école, vigilance, collaboration, etc.); elle concerne aussi les diverses associations et les « corps intermédiaires » œuvrant dans le champ de l\u2019éducation (ICEA, comités de citoyens, etc.); elle concerne également, au niveau notamment de la formation religieuse, les églises ou communautés chrétiennes.7.\tLa formation chrétienne n\u2019a jamais été du ressort exclusif de l\u2019école; la famille et la paroisse ont exercé chez nous, en ce domaine, un rôle variant selon les lieux et les temps, mais qui fut toujours vital.Il demeure que les parents et les pasteurs ont pu compter longtemps \u2014 et peuvent encore compter, dans une certaine mesure, \u2014 sur l\u2019école pour assurer une part importante de cette formation.Même que la part de l\u2019école fut parfois excessive, de sorte que parents et pasteurs ont souvent démissionné, en pratique, devant leurs obligations et s\u2019en sont remis à l\u2019école pour assurer l\u2019essentiel de ce que l\u2019on peut appeler l\u2019éducation chrétienne.Sans doute un groupe ne doit-il pas renoncer à la légère à ses appuis institutionnels.Dans cette perspective, les luttes menées pour le maintien de certaines garanties légales accordées à l\u2019enseignement confessionnel dans les écoles publiques, chez nous, se comprennent.Elles ne doivent toutefois pas voiler l\u2019importance d\u2019autres tâches, plus essentielles ou plus centrales dans une perspective proprement éducative.8.\tIl faut tenter, par delà le bill 28, de pressentir l\u2019avenir.Avec ses risques de conflits et de non- ou de mal-fonctionnement, le régime proposé par le bill 28 exprime peut-être les dernières volontés d\u2019une tradition scolaire à laquelle nous sommes séculairement accoutumés.L\u2019école dite confessionnelle actuelle et celle proposée par le bill 28 laissent en suspens certaines questions fondamentales auxquelles il faudra apporter le plus tôt possible des réponses solidement fondées et démocratiquement élaborées: 1° Quels sont les motifs profonds qui poussent bon nombre de catholiques, à Montréal et au Québec, à vouloir l\u2019école confessionnelle ?261 2° Quelle est la situation réelle de la confes-sionnalité scolaire à Montréal et dans l\u2019ensemble du Québec ?3° Jusqu\u2019à quel point les églises doivent-elles appuyer les réclamations de divers groupes et, selon les cas, s\u2019unir ou s\u2019opposer entre elles dans la lutte pour sauvegarder les droits acquis de la confessionnalité dans le système scolaire du Québec ?4° Que peuvent faire les églises pour la formation chrétienne des maîtres et des catéchètes ?De quelles ressources dispose-t-on, chez nous, à cette fin (départements et facultés de théologie, etc.) ?Faudrait-il créer quelque chose de neuf ?Et, si oui, quoi ?5° Dans quelle mesure peut-on dissocier utilement la pastorale des jeunes, y compris la catéchèse, de l\u2019école (même confessionnelle)?6° Une vraie neutralité de l\u2019école est-elle possible chez nous ?Quelles seraient les conséquences d\u2019une telle neutralité ?Conduirait-elle à la constitution d\u2019un secteur privé d\u2019écoles confessionnelles ?7° Jusqu\u2019à quel point doit-on et peut-on attendre de l\u2019école, notamment au niveau primaire, qu\u2019elle prolonge la famille ?8° Gaudium et Spes, en reconnaissant l\u2019autonomie du « politique », contredit-elle le décret conciliaire sur l\u2019éducation ?Invite-t-elle à reconsidérer les rôles respectifs des églises et de l\u2019école en ce qui a trait à l\u2019enseignement religieux et à la formation chrétienne ?Peut-on demander à l\u2019école publique, pour l\u2019avenir, d\u2019assurer, par delà le respect positif et même la promotion de la dimension religieuse de l\u2019homme qui s\u2019éduque, la catéchèse et la pastorale des jeunes ?9° Quelles sont les conséquences concrètes de la subvention par l\u2019Etat de l\u2019enseignement religieux et de la pastorale scolaire ?Que vaut, à cet égard, l\u2019argument de la volonté du citoyen-payeur-de-taxes ?Etc.La confessionnalité de l\u2019école est solidement assurée par la constitution canadienne.Mais l\u2019exercice n\u2019est peut être pas vain, qui consiste à nous demander: s\u2019il nous fallait renoncer un jour à l\u2019école confessionnelle, qu\u2019adviendrait-il ?Sans doute faudrait-il renoncer en même temps au christianisme de masse dans lequel nous sommes nés et dans lequel nous avons grandi; mais peut-être est-il déjà en voie de disparaître .Et, s\u2019il s\u2019avérait pastoralement plus indiqué d\u2019assurer la « tradition » de la foi chrétienne par d\u2019autres canaux que par l\u2019école, serions-nous prêts à le faire ?Il importe de mettre peu à peu en place des structures de remplacement qui, le cas échéant, i.e.« lorsque la bise sera venue », ne nous laisseront pas trop « dépourvus ».après avoir chanté ou réclamé tout l\u2019été ! Guy BOURGEAULT.16.9.71.3.Le bill 65 et la participation des citoyens 262 Un autre projet de loi important fait appel à la participation des citoyens: le bill 65, concernant « l\u2019organisation des services de santé et des services sociaux ».Par ce bill et par divers autres \u2014 peut-être tout aussi importants, mais qui suscitent moins d\u2019oppositions, \u2014 c\u2019est le volumineux rapport de la Commission Caston-guay-Nepveu qui, peu à peu, devient loi et structures .Un projet généreux et audacieux.et une idéologie contestée 1.\tU objectif fondamental du projet, comme le définit le ministre Claude Castonguay, est d\u2019assurer l\u2019accessibilité et la continuité des ser-vices de santé et des services sociaux (Journal des Débats, 75, 24 août 1971, B-3597).En fournissant un cadre de structuration de ces divers services, le bill 65 veut les rendre plus efficaces grâce, notamment, à la décentralisa-tion des services, à la participation des citoyens à leur gestion, à la clarification des responsabi-lités du gouvernement, du ministre des Affaires sociales et des institutions impliquées (Ibid., B-3598).On ne peut qu\u2019être d\u2019accord avec ces orientations générales.On aimerait toutefois qu\u2019elles soient mieux explicitées dans le projet de loi lui-même qui, comme le signalait M.Camille Laurin, gagnerait à puiser à la « philosophie » du rapport de la Commission Caston-guay-Nepveu (Ibid., B-3603-3605) et à y mieux enraciner les réformes structurelles proposées.2.\tM.Pierre Hurteau et M.Raymond Lavoie, sur un arrière-fond idéologique certes fort différent selon les cas, sont devenus en quelque sorte les porte-parole de deux groupes d\u2019opposants et se sont rancontrés dans une commune remise en question du rôle de l\u2019Etat dans le domaine des services de santé et des services sociaux (cf.Journal des Débats, 75, B-3609-3626 et 3633-3646).D\u2019un côté, on craint « une mainmise de l\u2019Etat sur l\u2019ensemble des réseaux de santé et de bien-être », dans une restructuration « qui donne la préférence à l\u2019idéologie sur les faits » (P.Hurteau, Ibid., B-3609); de l\u2019autre côté, on dénonce l\u2019inspiration totalitaire et le « socialisme politicailleur et technocratique » du projet (R.Lavoie, Ibid., B-3635-3636).De part et d\u2019autre, on craint que l\u2019initiative soit bloquée, au grand damn de l\u2019efficacité recherchée.3.\tBien d\u2019autres oppositions \u2014 des médecins, des psychologues, des travailleurs sociaux, des animateurs sociaux et de plusieurs groupes de RELATIONS citoyens \u2014 ont été exprimées devant la Commission des Affaires sociales de l\u2019Assemblée nationale, ou lors de la tournée provinciale du ministre Claude Castonguay, ou dans d\u2019autres circonstances et selon les modalités les plus diverses; les média y ont généralement fait écho.Si nous privilégions ici celles de MM.Hurteau et Lavoie, c\u2019est qu\u2019elles ont en quelque sorte valeur typologique et, surtout, qu\u2019elles expriment craintes et réticences au nom même d\u2019objectifs poursuivis par le ministre Claude Castonguay: au nom de la créativité et de la participation.Il est sans doute possible que, pour certaines personnes ou certains groupes, semblable recours à la créativité et à la participation serve de paravent (ou de « front » !) à la recherche plus mesquine du maintien de certains privilèges, de la préservation de certaines chasse-gardées.Mais il faut aussi reconnaître la réelle possibilité que des hommes et des associations cherchent vraiment à défendre la liberté nécessaire à une véritable créativité et à une participation qui ne soit pas pure mascarade.L\u2019état de la révolution tranquille n\u2019est plus 4.\tLe ministre Claude Castonguay a reproché à M.Hurteau de s\u2019en tenir à une conception dépassée de l\u2019Etat, lequel n\u2019aurait, dans les domaines de la santé et du bien-être, qu\u2019un rôle de subvention et de suppléance.Mais M.Lavoie, à son tour, a reproché à M.Castonguay de s\u2019attarder à une conception périmée de l\u2019Etat qui pourrait tout faire: il faudrait « que l\u2019Etat se rende compte que la chose qui lui est la plus impossible, c\u2019est d\u2019éduquer.Il peut diriger par ses lois, il peut contrôler par sa police, il peut conditionner par sa propagande, il peut tenter de manipuler par l\u2019action de tous les caïds des organisations de partis; il ne peut pas éduquer.Qu\u2019il ait donc la modestie de le reconnaître et d\u2019aider ceux qui ont quelque chance de le faire .» (Ibid., B-3640).Le bill 65 se situe dans la ligne des réalisations encore récentes de la révolution tranquille: en 1960 ou même en 1967, M.Hurteau s\u2019y serait opposé, tandis que M.Lavoie y aurait applaudi.Mais le Québec n\u2019est plus, en 1971, ce qu\u2019il était il y a seulement quatre ans (i.e.à l\u2019époque où travaillait la Commission Castonguay-Nepveu).Il y a dix ans, l\u2019Etat a commencé de prendre en mains, chez nous, ce qui lui incombait comme tâche dans les domaines de l\u2019éducation, puis, peu à peu, de la santé et du bien-être ou de l\u2019assistance sociale.Les réformes entreprises il y a dix ans doivent être poursuivies et menées à terme; dans cette perspective, le projet de loi 65 marque un important pas en avant et manifeste que le ministre des Affaires sociales est conscient de ses responsabilités.Mais, depuis quelques années, divers modes de participation se sont peu à peu organisés et structurés, face à l\u2019Etat et parfois contre lui, dans une volonté de prise en charge par les citoyens de leurs problèmes, de leurs ressources, de leur avenir.Cela impose à tous les gouvernants, à peine franchis les premiers pas de la révolution tranquille et à peine acquis les titres légitimes de l\u2019Etat dans les domaines qui sont de sa compétence, de repenser le rôle de l\u2019Etat et de ses divers services.La tâche n\u2019est certes pas facile; le défi est lourd à relever, surtout par des hommes \u2014 dont le ministre Claude Castonguay n\u2019est heureusement pas \u2014 qui n\u2019en ont guère l\u2019habitude ! Concrètement: il ne faudrait pas que l\u2019important travail \u2014 d\u2019éducation \u2014- fait par les citoyens dans les cliniques de Saint-Henri (Montréal) ou de Saint-Roch (Québec), par exemple, soit rendu désormais impossible par un désir excessif de planification.Le Québec ne peut se payer le luxe de tuer dans l\u2019œuf les éveils de la conscience sociale populaire les plus prometteurs.Efficacité ou participation : faux dilemme 5.\tMais IEfficacité administrative, dira-t-on, a ses exigences.Sans doute; mais trop, peut-être, pour certains membres d\u2019une équipe portée au pouvoir, par delà l\u2019électoralisme naïf (?) de la promesse des 100,000 emplois, au nom d\u2019une compétence de management qui devait sortir le Québec du marasme.Il est des principes d\u2019efficacité, de rendement ou de santé administrative qui, transférés des usines Ford ou GM dans les cadres de l\u2019éducation (n\u2019en déplaise à M.Castonguay, qui n\u2019aime pas que soit évoqué le Rapport Parent et la réforme de l\u2019éducation !) ou des services sociaux, deviennent faux et malsains.Car la participation est partie intégrante, au niveau des finalités, de Vactivitê éducative et du travail social.Efficacité ou participation: faux dilemme, puisqu\u2019il n\u2019est pas ici de véritable efficacité si la participation n\u2019est pas assurée.6.\tMais la participation, rétorquera-t-on, est inscrite par le bill dans les diverses structures du système proposé.Sans doute.Mais faut-il répéter encore que la participation ne s\u2019impose pas par un arrêté en Conseil ! 7.\tIl, importe donc que tous les groupes intéressés étudient le projet de loi et fassent les recommandations « de nature à améliorer le projet », selon l\u2019invitation faite par le ministre Claude Castonguay lui-même (Journal des Débats, 75, B-3596).Comme on l\u2019a fort bien fait, par exemple, à la Fédération des services sociaux à la famille du Québec (cf.La Famille, 7/79-80, septembre 1971: Mémoire sur le projet de loi 65).Car l\u2019encadrement proposé sera d\u2019autant plus « efficace » qu\u2019il aura la souplesse nécessaire pour stimuler la créativité au lieu de paralyser l\u2019initiative.C\u2019est l\u2019intention du bill 65; on peut douter que cette volonté y soit toujours inscrite dans des modalités appropriées.Guy BOURGEAULT.18.9.71.OCTOBRE 1971 263 Fidélité en crise par Marcel Marcotte L\u2019homme est fidèle qui respecte ses engagements, remplit ses promesses, acquitte les obligations liées à la parole donnée; qui accepte que, sur un point précis, le passé, pour lui, gouverne le présent et pèse sur l\u2019avenir; qui soustrait à l\u2019emprise du temps et met, pour ainsi dire, sous le signe de l\u2019éternel une portion privilégiée de sa vie.Quand les époux, au pied de l\u2019autel, se jurent fidélité, ils proclament implicitement: dans un an, dans dix ans, dans cinquante ans, nos dispositions l\u2019un vis-à-vis de l\u2019autre resteront les mêmes, en substance; nous continuerons d\u2019avoir, comme à cette heure, la volonté de vivre ensemble, « pour le meilleur et pour le pire », jusqu\u2019à tant que la mort nous sépare.Etre fidèle, en somme, c\u2019est refuser le changement.Fidélité et changement Dans un monde immobile, où le passage du temps, comme d\u2019un fleuve entre ses rives, ne laisse que des traces imperceptibles, la fidélité ne pose guère de problèmes: aujourd\u2019hui est comme hier, demain sera comme aujourd\u2019hui, et moi, pour être en paix avec les choses, je n\u2019ai qu\u2019à me laisser porter au fil des eaux tranquilles.C\u2019est ainsi que l\u2019humanité a vécu tout au long de sa préhistoire.Sans changer.Ou en changeant si lentement qu\u2019il a fallu des centaines de millénaires pour que, des premiers pithécanthropes jusqu\u2019à l\u2019homme moderne, la transition s\u2019achève.C\u2019est ainsi que nous vivions naguère, quand le rythme des changements restait à la mesure de l\u2019homme et lui laissait, dans tous les ordres, le temps de s\u2019adapter.Mais, dans un monde en mutation rapide, où le « fleuve du temps » a pris l\u2019allure d\u2019un torrent, la fidélité est une vertu difficile et ambiguë.Difficile, car, pour rester dans le « courant », en contact avec le réel impétueux qui m\u2019emporte, je dois garder l\u2019œil vif > et la main alerte, afin de pouvoir, à point nommé, jeter du lest, changer de cap, « rouler avec la vague »; je dois veiller, lutter, m\u2019évertuer, courir des risques.Ambiguë, car si tout change autour de moi, vient un moment ou, entre la réalité d\u2019hier et celle d\u2019aujourd\u2019hui, le décalage est tel que ma fidélité, devenue sans objet, s\u2019exerce dans le vide; que ma détermination à « rester moi-même », à respecter mes engagements, littéralement et a tout prix, renie les motifs, les intérêts, les sentiments dont, à l\u2019origine, ces engagements s\u2019inspiraient; que ma fidélité, à la limite, se mue en infidélité.Aussi bien, fidèle, on l\u2019est toujours à quelque chose qui, en fin de compte, est quelqu\u2019un: un mari à sa femme, un religieux à ses vœux, un prêtre à son sacerdoce, un soldat à sa patrie, un chrétien à l\u2019Eglise.A quelqu\u2019un qui, en principe, ne devrait pas changer dans son être ou dans ses dispositions pour que, entre le « fidèle » et lui, l\u2019équilibre des rapports inauguré par l\u2019engagement ne soit pas altéré.Mais, en pratique, non seulement ce « quelqu\u2019un », d\u2019habitude, se modifie sans cesse en cours de route, comme tout ce qui vit et n\u2019est pas éternel, mais le « fidèle » lui-même, bon gré mal gré, doit varier pour s\u2019ajuster à son environnement.Le malheur veut que les changements, chez l\u2019un et chez l\u2019autre, n\u2019aillent pas toujours dans la même direction ou ne se produisent pas, du moins, à la même cadence.Qu\u2019une femme, par exemple, écrasée par ses tâches, vieillisse plus vite, de corps et d\u2019esprit, que son mari; qu\u2019un ordre religieux, entre les mains des « anciens », s\u2019ouvre trop lentement, de l\u2019avis de ses membres plus jeunes, aux exigences des temps nouveaux; que l\u2019Eglise elle-même, en son gouvernement, ses lois, ses mœurs, ses rites, ses institutions, paraisse anachronique et réactionnaire à un nombre croissant de chrétiens d\u2019avant-garde.Ou vice-versa, c\u2019est trop clair.L\u2019écart, dans certains cas, peut être si profond que le « fidèle » renonce à le combler et, pour être libre de poursuivre sa vocation personnelle, dénoncé l\u2019engagement, renie ses promesses, reprend la parole donnée.Le mari divorce, le soldat déserte, le prêtre quitte les ordres, le moine jette le froc aux orties, le chrétien cesse toute pratique religieuse ou abjure sa foi.Ce que chacun sent, pense ou dit à « l\u2019autre », en paroles ou en actes, à ce moment, c\u2019est ceci: J\u2019ai trop ou trop peu changé, moi, tu as trop ou trop peu changé, toi, nous avons trop changé l\u2019un par rapport à l\u2019autre, pour que tienne l\u2019accord qui nous liait ensemble.A quoi bon maintenir par la force du droit un pacte démenti par la force des faits ?Si pour t\u2019être, en apparence, fidèle, je me suis, en réalité, infidèle à 264 RELATIONS moi-meme, nous nous retrouverons l\u2019un et l\u2019autre trahis, car, alors, ce ne sera plus vraiment moi, mais, en moi, Les fausses fidélités Ainsi parlent les « infidèles ».Et leur langage, de prime abord, sonne juste.Toute fidélité se fonde sur un échange vivant entre les parties à l\u2019engagement.Je me donne à toi à condition que tu te donnes à moi.Le jour où, par ma faute ou par la tienne (ou par notre faute à tous les deux), je ne pourrais plus rien te donner, ou plus rien recevoir de toi, notre engagement perdrait son sens et sa valeur.Tu aurais droit de reprendre ta parole et je réclame le droit de reprendre la mienne.« Il n\u2019est pire folie, dit Valéry, que de vouloir que les choses survivent à leur raison d\u2019avoir été ».Ici, plusieurs cas se présentent.Et d\u2019abord celui des fidélités illusoires, fondées sur un échange \u2014 et donc sur une convention \u2014 qui n\u2019a jamais eu d\u2019existence réelle.En contractant mon engagement, je me suis aveuglé sur moi-même: je me connaissais mal; ou je me suis mépris sur toi: je ne te connaissais pas.Les yeux dessillés, à présent, je constate que je ne t\u2019ai jamais véritablement donné ma foi.Tel est le cas, assez souvent, des « vocations » précoces, des mariages juvéniles, des conversions subites.Issus d\u2019un rêve, ils en ont la fragilité, et, tôt ou tard, se dissolvent avec lui.Quitter une illusion, est-ce trahir?Il y a aussi les fidélités d\u2019inertie et de paresse qui, à partir d\u2019un engagement réel, mais sans ferveur, arrivent à se perpétuer, tant bien que mal, par habitude, vitesse acquise, épuisement vital.C\u2019est le cas \u2014 classique \u2014 des époux qui, depuis longtemps, ne s\u2019aiment plus, ne dialoguent plus, ne partagent plus rien ensemble, mais à qui l\u2019idée de tromper leur partenaire ne viendra jamais, parce qu\u2019ils n\u2019ont ni le désir, ni la force d\u2019en changer.Celui aussi des religieux, des prêtres dont l\u2019ardeur spirituelle s\u2019est éteinte, dont la foi, peut-être, est desséchée, mais qui restent, malgré tout, « attachés à leur vocation », à cause de la sécurité qu\u2019elle leur procure, de l\u2019angoisse qui les poigne à la seule pensée de « retourner dans le monde ».Celui, enfin, d\u2019une foule de chrétiens dont leur appartenance à l\u2019Eglise, réduite à des automatismes et au souci des observances, ne réussit à transformer ni le cœur, ni la vie.On pourrait multiplier quelqu\u2019un d\u2019autre que moi, qui, dans le mensonge et l\u2019amertume, s\u2019entêtera à marcher près de toi.les exemples.Mais, qu\u2019est-ce qu\u2019une fidélité qui se borne à prolonger, sans amour et sans joie, un moment fugitif de soi-même ?Il y a encore des fidélités toutes littérales et juridiques qui, de l\u2019engagement, ne retiennent que les aspects formels et contraignants pour autrui.Tel l\u2019époux tari de corps et d\u2019esprit qui, au nom de la foi jurée, colle à son conjoint et, très amoureusement, se nourrit de sa substance, en exigeant de lui une fidélité sans défaillance et sans compensation.Telle la mère possessive qui, pour satisfaire son instinct de « couveuse », maintient dans une sujétion débilitante l\u2019enfant devenu grand, en taxant d\u2019ingratitude ses moindres gestes d\u2019indépendance.J\u2019en passe.Mais, un parasite est-il fidèle ?Il y a, enfin, des fidélité mortes, des fidélités qui s\u2019exercent, pour ainsi dire, dans le vide, parce que leur objet a péri ou s\u2019est, en cours de route, tellement modifié, que continuer à le chérir et à le cultiver, c\u2019est se mettre en marge de la vie et gaspiller pour rien ses ressources.Ainsi le veuf ou la veuve qui, pour l\u2019amour du conjoint disparu, refusent de « refaire leur vie » et s\u2019étiolent dans une solitude stérile.Ainsi le penseur, l\u2019écrivain, l\u2019artiste, captifs de leurs anciennes réussites et impuissants à se renouveler.Ainsi le chrétien, prêtre ou laïc, qui rêve de revenir aux idées, aux mœurs, aux rites de l\u2019Eglise d\u2019avant le Concile.« Laissez les morts enterrer les morts », dit l\u2019Evangile.La vraie fidélité : valeur humaine, valeur chrétienne Cependant, à côté des fausses fidélités, qu\u2019il faut apprendre à démasquer, en soi-même, d\u2019abord, et, au besoin, chez les autres, il en existe de vraies, d\u2019irremplaçables, qui font la grandeur de l\u2019homme et du chrétien.Le poète latin Ovide a célébré comme une merveille l\u2019amour inaltérable de Philémon et de Baucis que les dieux, à leur mort, transformèrent en arbres pour que, entremêlant leurs branches et leurs racines, ils continuent de vivre côte-à-côte, dans l\u2019obscurité de leur conscience végétale, cette vie d\u2019amour que rien, jusqu\u2019à ce jour, n\u2019avait été capable d\u2019interrompre.Aimer, c\u2019est durer.Il en va de même de toutes nos relations avec autrui: relations d\u2019amitié, de travail, d\u2019affaires; relations professionnelles, juridiques, politiques.Plus elles ont d\u2019importance et de nécessité, moins elles tolèrent l\u2019inconstance, le désengagement, la trahison.La fidélité est la condition et le ciment de toute vie en société.Refuser à quelqu\u2019un de remplir la promesse qu\u2019on lui a faite, ce n\u2019est pas seulement faire tort à un autrui déterminé, c\u2019est, en un point précis, déchirer le tissu social.Quand ces déchirures se multiplient, la confiance se perd, l\u2019anarchie s\u2019installe, la société se désagrège.La fidélité est aussi la condition et l\u2019instrument du progrès des personnes, qui ne peuvent se construire et construire leur vie qu\u2019en s\u2019engageant à fond dans un projet à long terme dont l\u2019exigence, toujours vivante et agissante, les obsède, polarise leurs sentiments, leurs pensées, leurs actes, et les force sans cesse à se dépasser.« Une grande vie, disait Emerson, c\u2019est un rêve de jeunesse réalisé dans l\u2019âge mûr.» Mais la prise, ici, a moins d\u2019importance que la chasse.Ce qui grandit l\u2019homme, ce n\u2019est pas tant de réaliser son rêve et de « réussir sa vie » que de fournir, sans défaillance, l\u2019effort requis pour dominer le temps, pour transporter dans l\u2019avenir toute la ferveur du passé.D\u2019un passé qui, pour le « fidèle », ne meurt pas, parce qu\u2019il continue, à chaque instant, d\u2019en vivre.Vue sous cet angle, la fidélité s\u2019apparente à la foi, dont l\u2019objet, toujours obscur, toujours lointain, n\u2019est jamais possédé, ici-bas, qu\u2019en espérance.Elle implique, comme elle, un élément d\u2019ordre irrationnel et mystique, un abandon inconditionnel et sans retour, une sorte de saut amoureux dans l\u2019inconnu.A vue humaine, dans certaines situations-limites, elle se teinterait même, comme l\u2019héroïsme des martyrs, d\u2019un soupçon de « folie ».C\u2019est le cas de l\u2019épouse, de la mère qui, de propos délibéré et sans espoir de récompense, OCTOBRE 1971 265 sacrifie sa vie à un mari indigne, à un fils déchu; le cas de tous ces champions des causes perdues qui, l\u2019esprit lucide et le cœur tranquille, coulent à pic avec leur navire crevé.En s\u2019immolant ainsi à l\u2019amour, à la pitié, à l\u2019honneur, l\u2019homme sort des frontières que le simple devoir lui trace; il s\u2019ouvre à quelque chose \u2014 à Quelqu\u2019un \u2014 de plus grand, de plus vrai, de plus nécessaire que lui.Ce qui le porte et nourrit sa fidélité, ce n\u2019est ni « la sagesse des sages », ni « la prudence des prudents » : c\u2019est une foi, une espérance, un amour qui ne sont pas tout à fait de la terre et qui, déjà, le mettent en communion avec l\u2019absolu.A cet absolu dans lequel sa propre fidélité s\u2019enracine, le chrétien donne un nom: il l\u2019appelle Dieu.Et c\u2019est Dieu qui, en l\u2019absence de tout échange vivant et sensible avec « l\u2019autre », légitime et compense pour lui, aujourd\u2019hui par sa grâce et demain par sa gloire, les pertes apparentes que, pour rester fidèle, il consent à subir.L\u2019immolation, dans cette optique, n\u2019a plus rien d\u2019un suicide.Elle n\u2019est pas, comme certains pensent, une fuite hors de la vie, mais un bond vers un au-delà de la vie, une irruption dans la Vie même.L\u2019homme ne se noie pas quand il s\u2019immerge dans sa source.Des cadres juridiques à conserver De cette double série de considérations sur les fausses fidélités et sur les vraies, il est possible de tirer, pour atténuer les conflits, quelques conclusions provisoires.Les unes concernent les engagements à prendre, les autres, les engagements déjà pris.Au temps de l\u2019éphémère, pensent certains, le seul moyen de s\u2019adapter à l\u2019extrême mobilité de la vie personnelle et sociale, c\u2019est de rester disponible, de ne pas se laisser prendre au piège des choix décisifs, des serments inconditionnels, des conventions à long terme.Perpétuité des vœux religieux, permanence du sacerdoce, indissolubilité du lien conjugal: autant d\u2019anachronismes, autant de défis à la conscience de l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui, que le devenir submerge.Au lieu de se marier « jusqu\u2019à ce que la mort nous sépare », les couples entreront dans le mariage convaincus d\u2019avance que leur union est destinée à avoir la vie brève.Le mariage en série, fait d\u2019une succession de mariages temporaires, est exactement adapté à l\u2019Age du Transitoire, où toutes les relations de l\u2019homme, tous ses liens avec l\u2019environnement, ont une durée rétrécie.Alvin Toff 1er, Le Choc du Futur.Drôle de logique qui, des difficultés d\u2019exercice de la fidélité dans un monde changeant, conclut à la nécessité d\u2019une transformation radicale ou à l\u2019exclusion pure et simple des institutions où, traditionnellement, la fidélité s\u2019affirme avec le plus de force et porte, chez un grand nombre, ses plus beaux fruits.Pourquoi jeter l\u2019enfant avec l\u2019eau du bain ?Ce n\u2019est pas en détruisant les cadres juridiques dans lesquels nos fidélités s\u2019exercent qu\u2019on en préservera ni qu\u2019on en accroîtra la valeur humaine et chrétienne.Le mariage, la vie religieuse, le sacerdoce sont des hauts lieux de la fidélité parce qu\u2019ils sont des « états de vie ».En faire des moments, des épisodes d\u2019une existence saccadée, c\u2019est priver les plus forts d\u2019un moyen indispensable de progrès, et c\u2019est induire les plus faibles en tentation d\u2019anarchie.Pour guérir l\u2019inconstance, faut-il l\u2019instituer ?Pour des préparations plus réalistes et plus fortes Cependant, il ne suffit pas de conserver à la fidélité ses milieux familiers de croissance, il faut encore que les personnes qui choisissent d\u2019y vivre soient capables, au départ, de s\u2019y épanouir.Cela suppose que chacun, à l\u2019heure de la décision, soit au courant et tienne compte des exigences inhérentes à l\u2019engagement qu\u2019ü se dispose à contracter; qu\u2019il évalue lucidement ses forces et ses faiblesses en fonction de la rigueur de ces exigences et de leur durée; qu\u2019il ne présume pas, en somme, de sa fidélité en assumant, dans la fièvre du moment, des obligations immuables que, compte tenu de sa vulnérabilité au changement, il ne serait pas capable de tenir.D\u2019où la nécessité, de mieux en mieux reconnue, d\u2019inventer, à l\u2019usage des candidats au mariage, au sacerdoce, à la vie religieuse, des modes de préparation ou de probation toujours plus réalistes et plus exigeants.Du temps où vie conjugale et vie consacrée étaient vécues, à tout prendre, en milieu très conservateur et très protégé, il était naturel de penser que les candidatures devaient mûrir en serre chaude, à l\u2019abri des influences et des chocs du dehors et \u2014 pour les futurs époux, notamment \u2014 très loin de l\u2019expérience et des conduites de la vie quotidienne des couples.A l\u2019heure présente, comme tant de tragédies personnelles le démontrent, cette stratégie circonspecte et naïve constituerait,^ de fait, une grave imprudence.Pour être sûr de survivre dans un monde dangereux, il faut avoir l\u2019occasion de.se mesurer au danger.Quant à savoir jusqu\u2019où et sous quelles formes \u2014 en vue du mariage, par exemple^ l\u2019expérimentation doit être poussée, c est une question délicate à laquelle, pour l\u2019instant, je ne tenterai pas de donner de réponse précise.Qu\u2019il me suffise de rappeler \u2014 dans les limites d une affirmation globale et abstraite \u2014 qu\u2019une loi très générale du monde vivant veut que les plus gros succès aillent toujours à ceux qui acceptent de courir les plus gros risques.Comme ils sont ailes a ceux des animaux qui ont échange, jadis, la carapace qui les rendait înde-vorables contre un pelage qui les a rendus libres.Des engagements à exclure ou à différer Il faut aller plus loin.A une époque où, pour toute espèce de raisons, la maturité vient toujours plus lentement aux humains, l\u2019expérience enseigne qu\u2019un nombre croissant d individus, surtout s\u2019ils sont encore jeunes, ne possèdent pas, d\u2019entrée de jeu, et ne posséderont peut-être jamais, les aptitudes et les ressources requises pour contracter aucun engagement total ni, encore moins, pour en vivre correctement les conséquences.Des hommes et des femmes qui, en dépit de leurs insuffisances, auraient garde leur fidelité, naguère, grâce à l\u2019appui d un milieu stable, risquent fort, a present, de la renier, parce que, cet appui leur manquant, ils ne trouveront pas en eux-mêmes la lucidité, la force, l a-mour nécessaires pour demeurer fidèles.Pareilles situations, en pratique, sont toujours difficiles à évaluer.Mais il en est de claires et de graves celles engendrées par les mariages de mineurs, par exemple 1 \u2014 où l\u2019interet bien entendu des personnes et celui de la communauté exigent des responsables qu\u2019ils interdisent ou diffèrent, dans les limites de leur compétence, l\u2019accès à l\u2019engagement des candidats incapables.Parlant encore en termes très généraux, je dirais qu il vaut 1.Cf.mon article de Relations, décembre 1970: « Pour des mariages plus stables, des exigences prénuptiales plus fortes ».266 RELATIONS mieux \u2014 beaucoup mieux \u2014 fermer qu\u2019ouvrir sa porte à des gens qui, à peine entrés dans la maison, s\u2019y senti- Concernant les engagements déjà pris, deux conclusions, complémentaires l\u2019une de l\u2019autre, sont à harmoniser.La première a trait aux engagements, profanes ou religieux, sur lesquels pèse une menace très lourde, sans qu\u2019on puisse dire, pour autant, qu\u2019il est tout à fait impossible ou qu\u2019il ne vaut pas du tout la peine de les sauver : ménages « en difficulté », vocations « en détresse ».Vu l\u2019importance de la fidélité pour les personnes, pour la société, pour l\u2019Eglise, aucun engagement dûment contracté ne doit être rompu à la légère, pour des motifs non contraignants.Surtout si Dieu y est, expressément, partie prenante et garante, comme c\u2019est le cas le plus souvent.Melior est conditio possidentis : la présomption est en faveur du lien.L\u2019habi-tude des désengagements à bon marché (par l\u2019élargissement excessif des lois sur le divorce, par exemple) aboutit à une dévaluation de la fidélité et des institutions irremplaçables où elle s\u2019incarne.Il est donc normal et nécessaire que l\u2019autorité compétente, gardienne du bien commun, n\u2019accorde d\u2019exemption qu\u2019à contrecœur, en pleine connaissance de cause et sans précipitation.Entre-temps, c\u2019est aux intéressés eux-mêmes qu\u2019il revient de fournir l\u2019effort requis pour remettre, si possible, leur engagement à flot.D\u2019un désengagement hâtif ou mal avisé ne seraient-ils pas les premières victimes ?Toute fidélité mérite qu\u2019on la défende contre soi-même et contre autrui.Jusqu\u2019à l\u2019héroïsme, au besoin.Et sans doute vaudrait-il mieux commencer à la défendre de très bonne heure, avant qu\u2019éclate la tempête.Avant que les instincts de paresse et de désertion aient accompli leur travail de sape.Car la fidélité est une vertu dynamique : elle ne nie point le mouvement, elle l\u2019assume.Je t\u2019ai donné ma foi et j\u2019ai reçu la tienne.Pour que notre échange reste vivant, il faut que j\u2019in- ront tellement malheureux qu\u2019ils brûleront d\u2019en sortir, ou tellement à l\u2019étroit qu\u2019ils la feront éclater.tègre à notre engagement réciproque tout ensemble les changements qui s\u2019opèrent en moi et les changements qui s\u2019opèrent en toi.Les changements en moi, pour que ma fidélité vis-à-vis de toi ne se solde pas par une rupture à l\u2019intérieur de moi-même; les changements en toi, afin que le don que je te fais réponde à tes vœux et à tes vrais besoins.Cela suppose, chez le « fidèle », une extrême vigilance et une application de tous les instants.Un amour qui, par-delà les exigences matérielles et statiques de l\u2019engagement, vise d\u2019emblée à en exprimer le sens et à en perpétuer l\u2019élan.Elles meurent les fidélités qu\u2019on prend trop tôt pour acquises, les amours qu\u2019on laisse languir et vieillir à l\u2019abandon.Comme les horloges s\u2019arrêtent quand on oublie d\u2019y regarder l\u2019heure.Un vivant, c\u2019est dès le premier jour et tous-jours que, pour survivre, il a besoin qu\u2019on l\u2019alimente.Donnez-nous aujourd\u2019hui notre pain quotidien .Que si le mal, à l\u2019heure où la crise éclate, paraît irrémissible, ce n\u2019est pas une raison pour renoncer, de but en blanc, à le guérir.Le monde est plein d\u2019anciennes fidélités moribondes qui, maintenant, se portent à merveille.Erreur de diagnostic ?Peut-être : on a pris une « intermittence du cœur » pour un arrêt mortel.Mais plutôt erreur de pronostic.Car la fidélité, de soi, est créatrice; elle s\u2019enfante elle-même et se recrée en luttant, simplement, pour ne pas mourir.Comment puis-je affirmer que, entre moi et « l\u2019autre », toute possibilité d\u2019échange est détruite, à jamais ?Ce qui m\u2019apparaît comme une faillite irrémédiable de mon amour, de ma foi, n\u2019est peut-être qu\u2019une épreuve, une tentation à surmonter pour accéder à une communion plus profonde.Une simple bataille perdue dans le cours d\u2019une très longue guerre.Les vrais amants, les héros, les saints le savent : toute haute fidélité inclut nécessairement des phrases d\u2019aridité, des déchirements intérieurs, de durs combats avec soi-même.Il faut mourir pour renaître, dit l\u2019Evangile.Et, pour renaître tous les jours, comme la fidélité l\u2019exige, c\u2019est tous les jours qu\u2019il faut, un peu, mourir.relations REVUE D\u2019INTÉRÊT GÉNÉRAL, RELATIONS présente, chaque mois, des études sur divers problèmes : \u2022\tÉducation \u2022\tFamille \u2022\tQuestions nationales et constitutionnelles \u2022\tPolitique internationale \u2022\tQuestions religieuses et vie de l\u2019Église \u2022\tTravail et problèmes économiques \u2022\tAffaires sociales \u2022\tArts et littérature \u2022\tEtc.Périodiquement, RELATIONS publie des dossiers plus élaborés ou même des numéros spéciaux.Mentionnons, au cours de 1970 et 1971 : \u2022\tDieu et César \u2014 les chrétiens et l\u2019engagement politique (avril 1970) \u2022\tL\u2019animation sociale au Québec (mai 1970) \u2022\tLe Québec et la révolution culturelle (juillet-août 1970) \u2022\tMariage et divorce (décembre 1970) \u2022\tEndettement et chômage au Québec (janvier 1971) \u2022\tLe revenu garanti et son financement (mars 1971) \u2022\tNotre justice deviendra-t-elle «croyable»?(avril 1971) \u2022\tLibération de l\u2019homme et espérance chrétienne (mai et juin 1971) \u2022\tLes chrétiens et l\u2019engagement politique (juillet-août 1971) Plusieurs de ces dossiers sont utilisés par les professeurs et les étudiants pour la préparation de séminaires et de travaux de recherche.Abonnement: $7 par année (11 numéros) \u2014 le numéro : 750 Formule d\u2019abonnement au verso pour vous-même ou pour quelqu\u2019un de vos amis.Pour défendre les fidélités menacées OCTOBRE 1971\t267 Pour disposer des fidélités mortes S CM CO CO I 3 ¦3 *2 o cf 2 s (O ¦ c *c5 CO o T- 00 V) Z O 3 UJ OC KO
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