Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Relations, 1971-12, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" MONTRÉAL! NUMÉRO 366 DÉCEMBRE 1971 LES SYNDICATS ET L\u2019ENTREPRISE au Québec éléments d\u2019un dossier.JÉSUS - FREUD - MARX le christianisme contesté ou la foi chrétienne interpellée LE DROIT DU QUÉBEC À L\u2019AUTODÉTERMINATION un débat qui dure.CHRONIQUES cinéma \u2014 littérature \u2014 théâtre \u2014 les livres tables de l\u2019année 1971 Nouveautés ._________relations________________________________________, revue du mois publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus COMITÉ DE RÉDACTION : Irénée Desrochers, directeur Guy Bourgeault, secrétaire Richard Arès, Albert Beaudry, René Champagne, Jacques Chênevert, Gabriel Dussault, Michel Dussault, Julien Harvey, Marcel Marcotte, Yves Vail-LANCOURT.ADMINISTRATION: Albert PLANTE RÉDACTION, ADMINISTRATION et ABONNEMENTS : 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal 351 \u2014 tél.: 387-2541.PUBLICITÉ : Jean Laurin et associés, représentants pour la publicité nationale et locale: 1411, rue Crescent, suite 406.Tél.: 845-6243.numéro 366 décembre 1971 SOMMAIRE Les syndicats et l'entreprise au Québec Les équivoques de l\u2019action syndicale .\t.Gérard Hébert 323 Le statut de l\u2019entreprise.Gérard Dion 327 Jésus \u2014 Freud \u2014 Marx Christianisme et freudisme \u2014 ou la foi interpellée Louis Leahy 329 Marx et/ou Jésus.René Champagne 332 Québec/Canada Le principe du droit à l\u2019autodétermination du Québec Irénée Desrochers 334 Billets Manifeste des boîtes aux lettres de Montréal René Champagne 337 Cette nuit-là.André Barbeau 337 Chroniques Lecture du mois : Orientations pour un aujourd\u2019hui difficile Lucien Roy 338 Littérature : Sur les voies de notre poésie (1) .René Dionne 340 Théâtre: Théâtre d\u2019ici .Georges-Henri d\u2019Auteuil 342 Cinéma : e Les maudits sauvages », de Jean-Pierre Lefebvre Yves Lever 344 Les livres : Nouveautés théologiques.345 Tables de l'année 1971 .347 Relations est une publication des Éditions Bellarmin.Prix de l\u2019abonnement: $7 par année.Le numéro: 750.Relations publiques: Pauline Houle, 1396 ouest, rue Sainte-Catherine.M.Jean-Robert Gendron est autorisé à solliciter des abonnements pour la revue.Relations est membre de VAudit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019éducation.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement no 0143.Décalogue et morale chrétienne, par Guy Bourgeault, SJ.\u2014 Enquête patristique sur l\u2019utilisation et l\u2019interprétation chrétiennes du décalogue au cours des deux premiers siècles.\u2014 512 pages.$12.50.De la petite à la grande Église, à l\u2019heure de la contestation, par Joseph Ledit, SJ.\u2014 200 pages.$5.00.Evaluative and Emotional Factors in learning a foreign language, par Yves Bégin, SJ.\u2014 126 pages.$2.50.Le Christ et l\u2019Église, signes du salut, par René Latourelle, SJ.\u2014 291 pages.$5.50.Le docteur J.-Raoul Hurtubise, M.D., M.P.40 ans de vie française à Sudbury, par Guy Courteau, SJ.Préface du P.Lorenzo Cadieux, SJ.1971.135 pages.$3.00.Le Témoignage chrétien, par René Latourelle, SJ.\u2014 91 pages.$1.50.Problématique de l\u2019humanisme contemporain, par Guy Jalbert, O.M.I.\u2014 Coédition Bellarmin et Desclée et Cie.1971.139 pages.$2.50.Structure et sens du symbole.L\u2019imaginaire chez Gaston Bachelard, par Julien Naud, SJ.\u2014 165 pages.$3.00.LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100 boulevard Saint-Laurent Montréal 351 - Tél.: 387-2541 RÉGULIÈRES ET \"KING\" LHMiiiiÏMiMJ Exporta*®* 322 RELATIONS POUR LE QUÉBEC DE DEMAIN \u2014 éléments d\u2019un dossier LES SYNDICATS ET L\u2019ENTREPRISE AU QUÉBEC L\u2019action syndicale s\u2019intéresse à tous les problèmes.Des mesures de guerre aux clubs de pêche, de la restructuration scolaire aux autoroutes, il n\u2019est pas un sujet sur lequel les centrales, une à une ou en cartel, ne se soient prononcées.A ce caractère d\u2019omniprésence, on réagit différemment.Les uns disent que, décidément, les syndicats se mêlent de ce qui ne les regarde pas; d\u2019autres se félicitent qu\u2019enfin la voix des travailleurs se fasse entendre.Quant A la base, on retrouve le syndicat local, constitué des travailleurs du même métier dans une même région, ou de la masse des salariés d\u2019une grande entreprise manufacturière.Pour la majorité des syndiqués \u2014 faut-il rappeler qu\u2019ils représentent moins de la moitié des salariés du secteur non agricole?\u2014 l\u2019action syndicale se vit à ce niveau.C\u2019est le syndicat local ou la succursale locale d\u2019une union internationale qui, normalement, négocie le contrat col- LES ÉQUIVOQUES DE L\u2019ACTION SYNDICALE \u2014 ou.le géant aux pieds d\u2019argile?par Gérard Hébert aux résultats de cette action, certains trouvent que les chefs syndicaux sont tout-puissants; plusieurs, au contraire, soutiennent que les grands capitalistes dominent encore partout et qu\u2019ils imposent à tous la règle implacable de la maximisation des profits: loin de diminuer, disent-ils, le pouvoir de l\u2019empire politico-militariste ne fait que s\u2019accroître.Qu\u2019est-ce donc que cette action syndicale qui suscite des réactions tellement opposées ?Comme la plupart des mouvements d\u2019une certaine envergure qui ont survécu aux efforts pénibles des premières années, le syndicalisme présente d\u2019infinies complexités qui rendent difficiles tout jugement global à son sujet.Monolithique et divisé, puissant et faible, dispersé et animé d\u2019un seul esprit, le mouvement syndical d\u2019aujourd\u2019hui est tout cela à la fois.Sans vouloir ni pouvoir le juger dans son ensemble, nous essaierons plutôt de souligner son immense diversité et les équivoques de son action.Ces équivoques sont multiples; nous retiendrons celles qui naissent des aspects suivants: les structures, les centres de pouvoir, les méthodes, les objectifs et le statut des syndicats.L\u2019équivoque des structures L\u2019inévitable simplification qu\u2019impose l\u2019information massive actuelle a peut-être réduit le mouvement syndical, dans nos esprits, à une demi-douzaine de noms et de visages qui reviennent constamment.On en oublie presque que le syndicalisme est l\u2019une des institutions les plus complexes de notre temps.lectif des employés de l\u2019usine.Sans doute les syndiqués de la base reçoivent-ils l\u2019aide des corps supérieurs du mouvement, mais la décision finale leur appartient, et le contrat collectif qui en résulte est bien le leur.L\u2019envergure des grandes négociations du secteur public et l\u2019éclat de certaines manifestations syndicales à tendances socio-politiques pourraient nous laisser croire que c\u2019est là l\u2019action principale des syndicats.Il n\u2019en est rien.Pour la majorité des syndiqués, au contraire, ce n\u2019est là qu\u2019un complément, qui leur apparaît plus ou moins nécessaire selon les circonstances et la situation particulière où ils se trouvent.La plupart des syndicats locaux n\u2019ont ni le nombre ni les ressources suffisantes pour remplir seuls toutes les obligations du syndicat vis-à-vis de ses membres.Certaines exigences de l\u2019action syndicale, comme les indemnités à payer en cas de grève, imposent un regroupement à un second niveau, celui des fédérations, qu\u2019il s\u2019agisse des fédérations professionnelles (métallurgie, pulpe et papier, construction, etc.) affiliées à la C.S.N., ou des grandes unions, internationales ou canadiennes, comme les Métallurgistes unis d\u2019Amérique, les Travailleurs unis de l\u2019automobile, le Syndicat canadien de la fonction publique, etc.C\u2019est à ce niveau, d\u2019ailleurs, que se situe l\u2019action la plus efficace des syndicats ouvriers.Seule l\u2019immense solidarité et les grandes ressources financières des unions permettent aux salariés une certaine égalité de rapports avec les grands employeurs industriels.DÉCEMBRE 1971 323 Les centrales \u2014 la C.S.N.pour les syndicats nationaux et la F.T.Q.pour les succursales québécoises des unions canadiennes et internationales \u2014 se situent à un troisième palier.Leur fonction propre se résume à servir de porte-parole aux syndicats et aux syndiqués qui leur sont affiliés, tout spécialement dans leurs rapports avec le gouvernement et avec le public en général.Comme la négociation et l\u2019application de la convention collective reviennent soit au syndicat local, soit à la fédération, les centrales n\u2019interviennent normalement que dans les questions de législation ouvrière et de politique générale.Les grands media d\u2019information s\u2019intéressent davantage, cela va de soi, à ces questions qu\u2019à chaque négociation individuelle, même si la négociation et la convention collective demeurent d\u2019emblée, encore aujourd\u2019hui, le cœur même de l\u2019action syndicale.S\u2019il arrive qu\u2019on fasse appel au président d\u2019une centrale pour représenter les travailleurs dans une négociation, c\u2019est toujours simplement en vue d\u2019obtenir, grâce à un porte-parole connu, plus de prestige et, on l\u2019espère, plus d\u2019efficacité.La structure même du mouvement syndical entraîne donc, dès le départ, une importante équivoque.Lorsqu\u2019on dit : les syndicats soutiennent telle position, la première distinction à faire est peut-être justement celle du niveau dont on parle.On devine immédiatement que les préoccupations, et même les intérêts, de chaque niveau ne convergent pas toujours.Et, dans les décisions à prendre, la question se pose de la distribution du pouvoir à chacun de ces paliers.L\u2019équivoque du pouvoir On demande souvent: qui mène les syndicats, les membres ou les chefs ?Les membres et les chefs auraient eux-mêmes beaucoup de difficulté à répondre.Le terme de chefs syndicaux est lui-même équivoque: s\u2019agit-il des représentants élus (quel que soit le niveau où l\u2019on se place) ou des technocrates du mouvement, c\u2019est-à-dire les nombreux avocats, conseillers techniques, penseurs qui secondent les chefs élus aussi bien dans l\u2019action que dans la préparation des nombreuses prises de position du mouvement ?L\u2019on se retrouve ainsi avec trois centres de pouvoir, au lieu de deux, qui interviennent à chaque palier de la structure.Le pouvoir de chacun de ces groupes variera aussi selon la nature du problème en cause.Le syndicat local ou la succursale locale auront eux-mêmes une plus ou moins grande liberté de décision selon leur position dans la négociation qui les affecte.Le syndicat, par exemple, des employés manuels de tel hôpital régional n\u2019aura qu\u2019une influence restreinte dans la négociation provinciale de tous les employés d\u2019hôpitaux, surtout si celle-ci est elle-même incorporée à une vaste négociation du secteur public et para-public.Là où le syndicat local est, pour ainsi dire, vraiment propriétaire de sa convention collective, le pouvoir de ses membres est beaucoup plus direct: c\u2019est en assemblée générale locale qu\u2019ils approuvent ou rejettent l\u2019entente, après qu\u2019elle a été négociée et provisoirement acceptée par leurs représentants.Le dernier mot leur appartient.L\u2019influence des technocrates n\u2019est pourtant pas, même au niveau local, négligeable.Loin de là.Ce sont eux, en effet, qui, par leur connaissance de la loi, du marché et de la situation d\u2019ensemble, peuvent et même doivent guider les membres, aussi bien dans leurs demandes initiales que dans l\u2019évaluation des résultats obtenus.Il y a là un jeu d\u2019influence mutuelle, entre les syndiqués de la base et leurs conseillers, qui s\u2019exerce idéalement dans un dialogue ininterrompu entre les uns et les autres.Si la négociation s\u2019effectue à l\u2019envergure d\u2019un secteur indudstriel, les membres conservent toujours un droit de regard, par le vote de ratification ou de rejet de l\u2019entente.Mais ce n\u2019est guère plus qu\u2019un droit de veto, dilué d\u2019ailleurs par suite du grand nombre de ceux qui votent et d\u2019une divergence d\u2019intérêts toujours possible lorsque le nombre s\u2019accroît ainsi.Pour les mêmes raisons qu\u2019au niveau local, et peut-être davantage à cause de l\u2019envergure du problème, le pouvoir réel se situe alors inévitablement dans les mains des technocrates et des leaders.Quant aux représentants des centrales, s\u2019ils interviennent dans des négociations particulières, c\u2019est toujours à la demande des responsables en cause.Si, par exception, ils voulaient orienter une décision, en cette matière, leur pouvoir se limiterait à un pouvoir de pression.En ce qui concerne les prises de position du mouvement sur des questions plus générales, le pouvoir réel des membres et des chefs, aux différents paliers, est beaucoup plus difficile à saisir.Il se concentre, en général, à l\u2019échelon le plus élevé tant des structures que de la direction.Qu\u2019il s\u2019agisse de mémoires aux différents gouvernements ou de participation à toute espèce de manifestation, la part directe des syndicats locaux, souvent même des fédérations, est toujours restreinte.L\u2019ensemble des membres conserve toujours, théoriquement, son droit de veto, fort limité, cependant, dans la pratique.A moins qu\u2019ils prennent l\u2019initiative de protester spontanément contre telle prise de position, les membres n\u2019ont d\u2019autre occasion de s\u2019exprimer, sur ces questions, qu\u2019aux congrès généraux.Encore là, tous les membres ne peuvent être présents: les délégués à ces congrès sont élus par l\u2019assemblée générale de chaque syndicat local.De plus, l\u2019appui donné par un vote à tel ou tel chef syndical, qui incarne telle ou telle tendance, résulte toujours d\u2019un choix complexe où beaucoup de considérations entrent en ligne de compte, tout comme, d\u2019ailleurs, dans l\u2019élection des députés.Tout cela concourt, cependant, à augmenter, sur ces questions, le pouvoir des chefs syndicaux, et tout particulièrement des technocrates, surtout s\u2019il s\u2019agit de problèmes complexes et difficiles, que les représentants élus n\u2019ont pas toujours le temps d\u2019étudier eux-mêmes, vu les obligations pressantes qui les assaillent de toutes parts.L'équivoque des méthodes L\u2019action syndicale revêt différentes formes, depuis la collaboration avec l\u2019Etat et les employeurs, jusqu\u2019aux manifestations tapageuses, même violentes, contre l\u2019autorité établie.La participation des syndicats aux divers comités, locaux ou généraux, privés ou publics, ne reçoit guère de publicité; mais ceci ne diminue en rien son importance.Ces comités n\u2019ont pas résolu tous les problèmes, mais ils ont aidé beaucoup de travailleurs, de diverses manières, soit dans les cas de changements technologiques, dans les problèmes de relations humaines, en matière de législation, etc.Même si la majeure partie de l\u2019action syndicale se fait par affrontement, l\u2019ensemble des relations patronales-ou-vrières se poursuit dans un calme re- 324 RELATIONS latif et, en général, dans le respect des lois.Lorsque la négociation aboutit à une impasse et qu\u2019il faut recourir à la grève, celle-ci se déroule habituellement sans violence ni dommages à la propriété.Plusieurs grèves, par contre, ont fourni l\u2019occasion de démonstrations plus ou moins équivoques.Organisées à l\u2019occasion d\u2019un conflit de travail, ces démonstrations ont souvent revêtu une couleur politique, et même idéologique, Bon nombre des équivoques que nous venons de mentionner découlent du double objectif du mouvement syndical.Fondé pour améliorer les conditions de vie des travailleurs, il a toujours présenté un caractère plus ou moins marqué d\u2019opposition au régime existant.Il se présente comme un mouvement de revendication économique et de réforme sociale.Les deux objectifs ne sont pas toujours compatibles.On ne peut pas, sans se contredire, réclamer de nouveaux avantages pour certains de ses membres relativement bien installés et travailler en même temps à renverser le régime.La dualité des objectifs, parce qu\u2019elle réclame des méthodes différentes, entraîne des conflits de pouvoir aux différents paliers de la structure.Règle générale, le syndicat local s\u2019intéresse davantage à sa convention collective, parce qu\u2019elle le touche de plus près; il n\u2019a d\u2019ailleurs que peu de prise sur les problèmes qui se rattachent aux grands systèmes, économiques ou idéologiques.Son pouvoir, en cette matière, même à l\u2019intérieur de son propre mouvement, est pratiquement nul.Au second échelon, celui des fédérations et des grandes unions, l\u2019intérêt pour la réforme sociale et le pouvoir d\u2019y participer varient selon les cas.Il semble que, cependant, la plupart du temps, la préoccupation va plutôt à l\u2019objectif économique.C\u2019est simplement dans la mesure où les ressources du syndicat lui permettent d\u2019a- Le problème de l\u2019action syndicale qui véhicule une idéologie différente de celle de la majorité est d\u2019autant plus aigu que le statut du syndicalisme chez nous revêt une équivoque d\u2019une importance primordiale.très éloignée des problèmes à l\u2019origine du conflit.La présence d\u2019autres groupes a accentué l\u2019équivoque de telles manifestations; dans bien des cas, on a l\u2019impression que les éléments spectaculaires, surtout la violence, provenaient de ces autres groupes, venus manifester leur solidarité.Pourtant les travailleurs n\u2019ont jamais intérêt à briser les édifices et les machines de leur lieu de travail; ils retardent d\u2019autant leur retour à l\u2019ouvrage, une fois le conflit réglé.voir un personnel assez nombreux et relativement dégagé des contraintes journalières qu\u2019il peut s\u2019intéresser de près à ces problèmes et y apporter une contribution d\u2019une certaine valeur.L\u2019orientation du mouvement syndical vers une action politique s\u2019explique facilement.Les problèmes économiques eux-mêmes, toujours de plus en plus complexes, ne peuvent se régler sans une intervention accrue de l\u2019Etat et de l\u2019opinion publique.Se heurtant bien souvent à l\u2019impuissance de leur action dans l\u2019entreprise, les syndicats se retournent naturellement vers le domaine politique.Tous les syndiqués, cependant, ne répondent pas au même degré et de la même manière.Par contre, cette action politique, nécessaire à l\u2019action économique, permet à certains idéologues d\u2019utiliser l\u2019action syndicale à la poursuite d\u2019objectifs plus discutables, comme le renversement total du système plutôt que son amélioration graduelle, même la plus rapide possible.On justifie une telle action en disant que l\u2019intervention de leaders inspirés est nécessaire pour permettre à la masse elle-même de prendre conscience de sa situation; les syndiqués qui ne perçoivent pas cette nécessité et s\u2019intéressent encore à l\u2019amélioration immédiate de leurs conditions de travail et de vie démontreraient simplement qu\u2019ils ne sont pas assez politisés.Sans nier l\u2019importance d\u2019un leadership, une telle attitude fait penser au mot célèbre d\u2019il y a quelques années: les non-instruits.Les institutions syndicales nord-américaines présentent certains caractères qui ont changé quelque peu le statut même des syndicats dans notre société.On se demande s\u2019ils sont encore complètement des organismes pri- relations REVUE D\u2019INTÉRÊT GÉNÉRAL, RELATIONS présente, chaque mois, études et dossiers sur divers problèmes : \u2022\tÉducation \u2022\tPolitique nationale et internationale \u2022\tQuestions religieuses et vie de l\u2019Église \u2022\tAffaires sociales et problèmes économiques \u2022\tArts et littérature \u2022\tEtc.RELATIONS publiera, le mois prochain, un numéro spécial sur LE RAPPORT DUMONT Plusieurs études publiées dans RELATIONS peuvent préparer à l\u2019analyse de ce rapport : 9 L\u2019Eglise et les idéologies au Québec (Jacques Grand\u2019Maison) \u2014 novembre 1969 \u2022\tLe silence de l\u2019Eglise du Québec (Fernand Dumont) \u2014 décembre 1969 \u2022\tLes chrétiens et l\u2019engagement politique (Jacques Grand\u2019Maison) \u2014 avril 1970 \u2022\tPeut-on distinguer le croyant et et l\u2019incroyant ?(Gilles Langevin) \u2014 juin 1970 \u2022\tLa révolution culturelle : Quand le fossé s\u2019agrandit entre le vécu et les « modèles » (Jacques Grand\u2019Maison) \u2014 juillet-août 1970 \u2022\tL\u2019avenir de l\u2019Eglise (Martha M.Ma-tesich) \u2014 octobre 1970 \u2022\tLa sécularisation de la société québécoise (Richard Arès) \u2014 octobre et novembre 1970 \u2022\tL\u2019Eglise et l\u2019avenir du Québec (Jean-René Milot et Jean-Pierre Audet) \u2014 janvier 1971 \u2022\tRévolution culturelle et sécularisation (Pierre Lucier et Gabriel Dussault) \u2014 mars 1971 \u2022\tLibération de l\u2019homme et révolution (Yves Vaillancourt et Gabriel Dussault) \u2014 mai 1971 \u2022\tLibération de l\u2019homme et espérance chrétienne \u2014 dossier (Julien Harvey, Jean-Marc Dufort, Guy Bourgeault, Yves Vaillancourt) \u2014 juin 1971 \u2022\tLes chrétiens et l\u2019engagement politique \u2014 dossier publié à l\u2019occasion de la parution de la lettre de Paul VI sur l\u2019Eglise et les nouveaux problèmes sociaux (Richard Arès.Jacques Chênevert, Julien Harvey, René Champagne) \u2014 juillet-août 1971 \u2022\tDossier \u2014 synode 1971 (Jacques Chênevert, Julien Harvey, Irénée Desrochers) \u2014 septembre 1971 \u2022\tLe synode .et après ?(Jacques Chênevert) \u2014 novembre 1971 Abonnement: $7 par année (11 numéros) \u2014 le numéro : 750 Formule d\u2019abonnement au verso pour vous-même ou pour quelqu\u2019un de vos amis.L\u2019équivoque des objectifs L\u2019équivoque du statut DÉCEMBRE 1971 325 vés ou s\u2019ils n\u2019ont pas acquis, avec le temps, un statut d\u2019organisme quasi public.Au niveau de l\u2019entreprise, le travailleur n\u2019est plus libre, dans la majorité des cas, d\u2019appartenir au syndicat: la clause de sécurité syndicale, contenue dans la majorité des conventions, l\u2019y oblige, sous peine de perdre son emploi.Sans doute, nos lois maintiennent-elles le principe de la liberté d\u2019association: la majorité des travailleurs d\u2019une entreprise est toujours libre de changer d\u2019allégeance syndicale; mais l\u2019avantage pratique que possède le syndicat en place limite singulièrement les possibilités réelles d\u2019un changement, en dehors des cas vraiment très graves.De toute manière, on est membre du syndicat à l\u2019endroit où l\u2019on travaille, un peu comme on est membre de la société civile où l\u2019on vit.Au niveau des grands ensembles, le caractère quasi public des syndicats est peut-être encore plus marqué.Depuis quelques années, plusieurs lois de relations de travail visant des groupes particuliers d\u2019envergure ont désigné nommément les syndicats que l\u2019on considérait comme représentatifs et qui devaient agir obligatoirement, à ce titre, comme agents négociateurs des salariés en cause.Le procédé a d\u2019ailleurs ren-forci énormément les centrales, puisque c\u2019était presque toujours la centrale qui était désignée pour représenter ses affiliés.Les syndicats acquièrent ainsi un pouvoir considérable dans la poursuite de leurs objectifs.Mais en même temps, ils ne peuvent plus se considérer comme des associations strictement privées.Qu\u2019on le veuille ou non, une telle situation entraînera des contrôles par l\u2019autorité civile beaucoup plus nombreux et beaucoup plus directs que ceux d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019aspect principal à sauvegarder, dans une telle situation, semble bien celui de la liberté des individus, avec l\u2019exercice d\u2019une véritable liberté démocratique dans le groupe.Tout comme la société civile doit garantir l\u2019exercice des libertés fondamentales des citoyens \u2014 jusqu\u2019au point où l\u2019exercice de cette liberté contredirait la liberté des autres \u2014 les syndicats ont la même responsabilité vis-à-vis de leurs membres.Un point délicat, en cette matière, est celui de l\u2019action politique.Sans nier aux différents corps syndicaux le droit à une telle action, jusqu\u2019à l\u2019affiliation même à un parti, les syndicats de chez nous ne peuvent, étant donné leur statut, ignorer le droit de chaque individu à une opinion et à une action personnelles selon ses propres convictions, lorsque la majorité décide d\u2019agir dans tel ou tel sens.Un syndicat très engagé dans une action politique déterminée saura-t-il garantir suffisamment cette liberté, non seulement en parole mais en fait, à chacun de ses membres ?Il faudrait se poser la même question, avec plus d\u2019insistance encore, en matière d\u2019idéologies.Conclusion Aucun organisme vivant ne peut se glorifier de ne renfermer en lui-même aucune équivoque.Sur ce point, les syndicats ne font pas exception; c\u2019est même le contraire qui serait étonnant.D\u2019un autre côté, à cause de leur statut, ils doivent s\u2019interroger sérieusement sur le problème de leur double orientation et sur les difficultés qui en découlent.En ce sens, certaines tendances idéologiques prononcées, qui se sont manifestées récemment d\u2019une manière plus sensible, devraient retenir l\u2019attention: de telles tendances, si elles devaient s\u2019accentuer, ne risquent-elles pas de compromettre soit la survie du syndicalisme libre, soit l\u2019avènement d\u2019une société plus démocratique ?COOPERANT A L\u2019ETRANGER?\u2022\tÊtes-vous préoccupé(e) par le Tiers-Monde ?\u2022\tDésirez-vous mieux connaître sa situation?ses espoirs?ses besoins ?ses problèmes ?\u2022\tVoulez-vous même coopérer à l\u2019étranger ?Alors, adressez-vous au : Centre d\u2019étude et de coopération internationale 4824, chemin Côte des Neiges Montréal 247 - Tél.: 735-4561 RELATIONS Le statut de l\u2019entreprise par Gérard Dion * Dans le jargon sociologique, le mot s\u2019écrit parfois avec un « t » et parfois avec un « s ».Il s\u2019écrit avec un « t », statut, pour désigner la situation juridique d\u2019une personne ou d\u2019une institution, l\u2019ensemble des droits et des obligations que la loi leur reconnaît.L\u2019anglais status, avec un « s », évoque la position sociale à l\u2019intérieur d\u2019un groupe concret, le rang et la considération dont jouissent une personne ou une institution.Considérons la signification de l\u2019un et l\u2019autre termes dans leur rapport à l\u2019entreprise.Contestation de l\u2019entreprise Aujourd\u2019hui, l\u2019entreprise est contestée de l\u2019intérieur et de l\u2019extérieur.Elle est contestée de l\u2019intérieur parce que toutes les personnes impliquées dans cette entité économique, qui est aussi une entité sociale, ne réussissent pas à y trouver la reconnaissance de ce qu\u2019elles sont, la possibilité de jouer le rôle qu\u2019elles croient pouvoir tenir et d\u2019arriver à leur épanouissement.Cette contestation intérieure n\u2019est pas seulement le résultat de vices de structure, ou de contraintes exigées par des nécessités technologiques et économiques, ou encore de l\u2019aménagement du système de production; elle est aussi un problème psychologique, tant individuel que collectif.On transporte dans l\u2019entreprise toutes les frustrations que l\u2019on éprouve au sein de la société globale.L\u2019entreprise est encore contestée de l\u2019extérieur.Ici, c\u2019est le système même de l\u2019entreprise avec ses pouvoirs sur les autres institutions, son influence sur l\u2019ensemble de la société, qui est mis en cause.On n\u2019accepte plus le slogan « What is good for G.M.is good for U.S.A.».C\u2019est tout le problème de l\u2019intégration de l\u2019entreprise aux finalités de l\u2019ensemble de la société.La contestation est, dans certains cas, verbale et stérile.Ailleurs, elle est imbue d\u2019une espèce de narcissisme collectif qui fait que l\u2019on prend plaisir à voir tout en noir et à s\u2019auto-détruire.Pour se répandre, elle a adopté des méthodes et des moyens inventés, et appliqués sur une grande échelle, par les officines publicitaires qui, depuis des années, créent des besoins artificiels pour pouvoir vendre des produits en faisant des profits.La contestation contient cependant des éléments positifs et susceptibles de développer une saine critique et le dynamisme indispensable au progrès.Mais, pour cela, elle doit être démystifiée et viser à des projets constructifs.Situation de l\u2019entreprise Le statut de l\u2019entreprise est déterminé par la loi.Remarquons qu\u2019à l\u2019origine, chez nous comme ailleurs, il se limitait à quelques textes législatifs concernant les compagnies ou les responsabilités des personnes individuelles engagées dans les affaires.Ce n\u2019est que graduellement et par le biais de toutes sortes de législations fragmentaires, depuis les lois sur l\u2019impôt jusqu\u2019à la législation du travail, que l\u2019on en est arrivé à la situation actuelle: trop de textes divers et rien d\u2019intégré.En fait, le statut de l\u2019entreprise est loin de recouvrir toute la réalité économique et sociale qui existe concrètement et qui est l\u2019objet des préoccupations des directeurs d\u2019entreprises.Le status de l\u2019entreprise comprend deux choses distinctes, reliées entre elles et également importantes: (a) la position sociale de [\u2019entreprise dans la société globale concrète; (b) la considération dont elle jouit de la part de l\u2019entourage.Par « considération », nous * M.Gérard Dion est professeur au Département des relations industrielles de l\u2019Université Laval (Québec).Nous publions ici sa communication présentée au Colloque international organisé par le Centre des dirigeants d\u2019entreprise (CDE), en octobre 1971.entendons ici la perception que l\u2019on a de l\u2019entreprise, ce que l\u2019on attend d\u2019elle et ce qu\u2019on lui reproche.L\u2019entreprise est un carrefour où se rencontrent toutes les forces de la société.Il n\u2019est pas surprenant que tous les problèmes de la société globale y aient leurs répercussions.Si, pendant un temps, l\u2019entrepreneur \u2014 aujour\u2019hui la direction \u2014 a réussi à jouer un rôle dominant à l\u2019intérieur de son entreprise et à déterminer de façon caractéristique l\u2019évolution de la société globale dans ses dimensions économique, politique, culturelle et peut-être même jusqu\u2019à un certain point religieuse (ne parle-t-on pas d\u2019une ère de la société industrielle?), il faut reconnaître que cette situation privilégiée est aujourd\u2019hui définitivement dépassée.Les forces sociales nouvelles qui surgissent de toutes parts \u2014 et qui ne feront que prendre de l\u2019ampleur et de la vigueur \u2014 ont non seulement réduit cette hégémonie, mais sont en train de contraindre l\u2019entreprise à assumer son rôle propre et à accepter toutes ses responsabilités.DÉCEMBRE 1971\t327 Une révision en profondeur Dans l\u2019une et l\u2019autre de ces contestations, ce n\u2019est pas seulement une image de l\u2019entreprise qu\u2019il faut changer à l\u2019aide d\u2019une campagne menée par des experts en relations publiques.Une révision en profondeur doit être effectuée en tenant compte de tous les facteurs: économiques, techniques, politiques, sociaux, culturels et psychologiques.Doit-on s\u2019attarder à réclamer de l\u2019Etat une législation qui crée un statut de l\u2019entreprise ?Les expériences de l\u2019intervention de l\u2019Etat pour réformer le statut de l\u2019entreprise sont loin d\u2019être concluantes, aussi bien dans les pays socialistes que dans les pays d\u2019économie mixte.On ne change pas les mentalités par des lois seulement; que ce soit la mentalité des dirigeants d\u2019entreprise, celle des travailleurs et de leurs chefs, ou encore celle de l\u2019ensemble du public.Entre une structure juridique et la réalité subsiste souvent un large fossé.Pensons seulement à la législation du travail concernant le droit d\u2019association, la négociation collective et la grève.La participation ne s\u2019impose pas par la loi.Prendre une telle position, j\u2019en suis bien conscient, c\u2019est courir le risque de la voir mal interprétée.Certains dirigeants d\u2019entreprise vont la considérer comme un encouragement à ne rien faire ou à conserver leur mentalité vermoulue.J\u2019espère que ce sera pour les autres une incitation à développer leur imagination, à prendre des initiatives qui devront être d\u2019autant plus expéditives et plus audacieuses qu\u2019elles devront compenser la passivité et le blocage de leurs collègues, et répondre à l\u2019urgence d\u2019un changement.Je ne rejette pas toute intervention de l\u2019Etat pour établir les cadres généraux et forcer les derniers récalcitrants.Mais je préfère que l\u2019on fasse d\u2019abord des expériences dans divers types d\u2019entreprises, expériences qui, si elles s\u2019avèrent fructueuses, pourront ensuite être généralisées.Nous vivons dans une période de confusion générale et nous accordons trop peu de temps à l\u2019analyse d\u2019une réalité complexe.Il est plus facile de raisonner par slogans ou de ne pas raisonner du tout en versant dans le romantisme.Il ne faut pas attendre des institutions plus qu\u2019elles ne peuvent donner.On est porté à oublier la division du travail, indispensable pour éviter la Tour de Babel, mais qui ne devient facteur de progrès qu\u2019à la condition que l\u2019on se rencontre et qu\u2019il y ait coopération véritable.Aujourd\u2019hui, les directeurs des entreprises ne peuvent plus faire cavaliers seuls.Les entreprises doivent d\u2019abord travailler ensemble pour se définir et adopter une vision des problèmes en même temps qu\u2019une stratégie d\u2019action.Elles doivent surtout être convaincues que, malgré le leadership que l\u2019on est en droit d\u2019attendre de leur part, il leur faudra, bon gré mal gré, accepter de combiner leurs efforts et de « partager » avec les autres pouvoirs issus des nouvelles forces sociales.« Le patronat de droit divin » est un dogme qui n\u2019a plus sa place dans une société séculière et démocratique.Il faut conserver l\u2019initiative pour aller de l\u2019avant et ne pas se réfugier dans des conceptions et des attitudes désuètes.Il faut aussi assumer le risque de faire des expériences nouvelles.Ce sont les seules de ses traditions que le patronat doit conserver.Pour jouer aujourd\u2019hui le rôle qui leur revient, les dirigeants d\u2019entreprises doivent être des hommes qui habitent le présent en venant, non du passé, mais de l\u2019avenir.Qu\u2019ils reculent devant cette responsabilité, et il ne sera plus question de statut de l\u2019entreprise, ni de son status, mais simplement de statue, objet de musée.ÉDUCATION ET SOCIÉTÉ Revue d\u2019animation \u2022\tPremier numéro en février 1970.\u2022\tParaît huit fois par année: février, mars, avril, mai, septembre, octobre, novembre et décembre.\u2022\tChaque numémo constitue un dossier.Cette formule d\u2019un dossier par numéro est un des principaux facteurs de l\u2019originalité de la revue.Dossiers de février 1970 à décembre 1971 \u2022\tLa politisation \u2022\tL\u2019école, dans un cercle vicieux ?\u2022\tL\u2019éducation sexuelle \u2022\tLa drogue et les jeunes \u2022\tL\u2019Establishment \u2022\tLe conflit des générations \u2022\tL\u2019éducation en milieu défavorisé \u2022\tLa publicité \u2022\tL\u2019étudiant pré-universitaire \u2022\tQuel Dieu est mort ?\u2022\tL\u2019éducation permanente \u2022\tLes mythes québécois \u2022\tLa langue \u2022\tLe travail d\u2019été des étudiants \u2022\tLa vie étudiante \u2022\tLes communications sociales Des témoignages nombreux prouvent l\u2019intérêt que suscite Education et Société.L\u2019abonnement : $4.00 Le numéro :\t$0.60 Prix spécial pour plusieurs abonnements ou plusieurs numéros à la même adresse.ÉDUCATION ET SOCIÉTÉ 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal 351.Tél.: 387-2541 328 RELATIONS JÉSUS FREUD MARX \u2014 la foi chrétienne contestée ou interpellée ?Christianisme et freudisme ou la foi interpellée, jamais « à l\u2019abri du soupçon » par Louis Leahy * La contestation est à la mode.Quand elle devient obsession, elle est inefficace; mais, accueillie simplement et sans goût maladif d\u2019autodestruction, elle nettoie, purifie et crève les fausses sécurités.En tout cas, le chrétien d\u2019aujourd\u2019hui doit prendre son parti d\u2019être sans cesse « dérangé >, interpellé.Au Québec, il semble y avoir un malaise de ce côté-là: il est rare de rencontrer, en dehors d\u2019une élite assez réduite, de vrais interpellés; des chrétiens mûris par la connaissance, la discussion et le dépassement, dans la vitalité d\u2019une foi sérieuse, des nombreux soupçons de l\u2019heure \u2014 soupçons qui viennent de partout, souvent sous la forme durcie et courte des slogans.Une certaine peur de l\u2019intelligence.On est frappé par la présence chez nous de deux pôles religieux.Le premier pôle est celui du chrétien dont le christianisme, hier encore frais, a été vaincu, pulvérisé par le simple contact avec les diverses formes de l\u2019athéisme, que ce soit celle du marxisme, celle d\u2019une psychanalyse mal interprétée, celle du structuralisme, etc.(Bien qu\u2019un peu usé, l\u2019existentialisme athée a cependant laissé une trace très vivace.) \u2014 L\u2019autre pôle, c\u2019est celui du chrétien « bien conservé », dont la foi survit * L\u2019A., jésuite, est professeur de philosophie à Dalat, Viet-Nâm.grâce au sommeil.« J\u2019ai le témoignage de mon expérience, et il me suffit.Ce qui importe, c\u2019est de témoigner.> Il faut le dire, c\u2019est nettement insuffisant de nos jours.Il est nécessaire que nous soyons en mesure d\u2019assumer cette expérience de Dieu au niveau de l\u2019intelligence.Il faut pouvoir en rendre raison devant ceux qui la contestent.C\u2019est trop facile de déclarer: « c\u2019est mon expérience », et d\u2019en rester là.A cet instant on nous répondra: « Moi, ce n\u2019est pas mon expérience.» Et alors aucun dialogue ne sera possible.Les chrétiens refusent trop souvent d\u2019aborder ce dialogue, non pas seulement au plan d\u2019une expérience subjective, mais au plan d\u2019une réalité objective dont on doit montrer qu\u2019elle rejoint un certain nombre de lignes de recherche, de convergences; et que croire en Dieu est profondément raisonnable.L\u2019une des trahisons du christianisme actuel est peut-être de trouver trop fatiguant, ou encore inutile, d\u2019avoir foi en la raison.De la part des chrétiens, on trouve beaucoup de générosité, d\u2019action; mais, quand il s\u2019agit d\u2019assumer leur foi au niveau de la réflexion, ce que tout dialogue sérieux exige, on préfère s\u2019esquiver.et la fascination des idéologies Je prétends croire en Dieu.Pour moi, Il est Quelqu\u2019un que j\u2019aime, d\u2019aussi réel (plus réel même) que tous ceux qui donnent un sens à ma vie par l\u2019amour qu\u2019ils me portent et par celui que je leur donne.Si on me dit que c\u2019est là une « fuite du réel », ou encore la « crainte d\u2019affronter ma solitude », la première pensée qui me vient à l\u2019esprit est la suivante: alors, pour être adulte, me faut-il cesser d\u2019être ouvert aux autres, de me faire exister et de les faire exister de par les liens dynamiques qui me relient à eux?Faut-il que je devienne un être statique, fermé sur moi-même?\u2014 Non, bien sûr.Mais, si j\u2019accepte d\u2019être dynamiquement ouvert aux autres, sous peine de cesser d\u2019exister, au sens fort du terme, seule une idéologie restrictive pourra décréter (dogmatiquement) que cette ouverture va jusqu\u2019à telle limite, et pas plus loin, pas jusqu\u2019à Dieu.A supposer évidemment que j\u2019aie d\u2019excellentes raisons d\u2019admettre qu\u2019il existe.Sigmund Freud me « dérange » Mais ce n\u2019est pas si simple.Sigmund Freud me « dérange », et qu\u2019il en soit remercié.C\u2019est de ce dérangement que je peux parler, en toute simplicité et honnêteté.Je ne suis pas un expert.C\u2019est dommage, mais peut-être que, grâce à ce désavantage, je parviendrai mieux à rejoindre le lecteur ordinaire qui, comme moi, vise à ne pas éluder l\u2019interrogation, tout en n\u2019acceptant pas d\u2019avance que sa foi soit infantile et nuisible; auquel cas son devoir et le mien seraient de l\u2019abandonner aussitôt.Freud me déclare que « la religion est une névrose obsessionnelle univer- DÉCEMBRE 1971\t329 selle >.Il a beau avoir dit aussi que « la psychanalyse n\u2019est de soi ni antireligieuse, ni religieuse », cela ne parvient pas à supprimer en moi le « dérangement » produit par la première affirmation.Car cette affirmation, il lui donne tout le poids d\u2019une explication qui n\u2019est certes pas dépourvue de sens.Je vais tenter de la résumer brièvement.Que le lecteur au courant de cette théorie devenue classique m\u2019excuse et saute les paragraphes suivants.Mais, comme l\u2019ignorance est avec le bon sens la chose la mieux partagée du monde, il n\u2019est pas sûr que mon court résumé soit inutile.Pour Freud, le totémisme serait la forme primitive de toute religion.Le totem est le plus souvent un animal, parfois un végétal ou même un simple objet quelconque, d\u2019où le clan ou la tribu (chez les primitifs) tirent leur nom.Ce totem est l\u2019objet d\u2019un culte religieux.Si Emile Durkheim a donné de ce fait une explication dite sociologique, Freud fait subir au même totémisme un traitement psychanalytique.Le totem (voir: Totem et tabou), c\u2019est le substitut du père humain.Comme le père, en effet, le totem jouit d\u2019une ambivalence affective: objet d\u2019admiration, mais aussi objet de répulsion.On ne peut tuer le totem, ni épouser les femmes du clan qu\u2019il représente, ce qui serait l\u2019exacte réplique du crime d\u2019Oedipe: meurtre du père et inceste.L\u2019explication est la suivante.C\u2019était un mâle puissant qui dirigeait la horde primitive et accaparait les femmes.Un jour, les fils se révoltèrent et le tuèrent.Mais, parce que le père était non seulement l\u2019objet de leur jalousie, mais aussi leur idéal, ils mangèrent sa chair pour devenir aussi forts que lui.Ce crime pesait lourd sur leur conscience.C\u2019est pourquoi ils inventèrent le totem, symbole du père, qui fournit la possibilité d\u2019un transfert affectif.Le sacrifice et le repas totémiques devinrent le souvenir, exorcisé, du crime primitif.Les diverses religions, qui ne sont jamais que des formes plus ou moins évoluées du totémisme primitif, présentent toujours une idée de Dieu qui, en fait, n\u2019est que l\u2019idée du père humain.Dans L\u2019avenir d\u2019une illusion, Freud accentue et généralise sa critique.L\u2019enfant recherche protection auprès du père.L\u2019adulte, par quelque prolongation du stade infantile, invente, pour subvenir à son infirmité, un père supra- humain.Les sentiments de soumission et d\u2019envie des enfants à l\u2019égard du père sont portés, à l\u2019âge adulte, par transfert au totem.Quand l\u2019humanité sera parvenue à sa maturité psychologique, il sera tout normal que la religion disparaisse.Je me pose, face à cette « explication », quelques questions légitimes et susceptibles peut-être de décrasser ma foi en Dieu, de la purifier, de « l\u2019éprouver au feu de la discussion ».N\u2019est-il pas vrai que l\u2019on va généralement « de la foi originaire à la foi réfléchie par la voie de la contestation » 1 ?Je dois aussi interroger des gens plus compétents que moi en la matière; j\u2019ai la compétence minimale de tout lecteur ordinaire de Freud, mais je suis loin d\u2019être au point en psychologie religieuse, en ethnologie, en psychanalyse ! Pour me faire un jugement d\u2019honnête homme, il me faut avoir l\u2019humilité et le bon sens de consulter des gens bien versés dans ces disciplines.Quand Freud étudiait la médecine, j\u2019imagine qu\u2019il lui a fallu commencer par recevoir d\u2019autres personnes les connaissances de base.C\u2019est aussi chez d\u2019autres qu\u2019il a pris la théorie du totémisme primitif, avant de la réinterpréter à sa façon.Il La psychologie religieuse a-t-elle des limites?S\u2019il y a plusieurs psychologies de la religion, avec des méthodes appliquées très variables, il semble qu\u2019on s\u2019entende maintenant pour reconnaître que « la psychologie de la religion ne se prononce pas sur la vérité de la religion.Elle observe, décrit, analyse les phénomènes religieux en tant qu\u2019objets et contenus de la conscience et du comportement.Mais, pour reprendre une expression de la phénoménologie, elle fait abstraction de leur portée de réalité.Elle met entre parenthèses l\u2019existence effective du Dieu auquel se rapportent les attitudes et les rites religieux.\u2014 Le psychologue se gardera d\u2019introduire Dieu en tant que fait observable » 2.Il importe de ne pas confondre ici « observable » avec « ce dont l\u2019existence peut-être conclue ».Déclarer que Dieu n\u2019est pas observable signifie qu\u2019il n\u2019est pas un phénomène, objet de constatation expérimentale.S\u2019il y a des raisons objectives de déclarer: Dieu existe, elles sont d\u2019un autre ordre, philosophique ou théologique.Pour l\u2019instant, et pour l\u2019étude du problème qui m\u2019occupe, je retiens que la psychologie de la religion a des limites.Quand elle les franchit, je ne suis pas tenu de prendre ses affirmations au sérieux.Le danger est alors que je devienne méfiant même envers les affirmations qu\u2019elle est habilitée à faire; comme par crainte d\u2019être dupé.De plus, Freud est avant tout psycha-naliste, et non psychologue de la religion.C\u2019est pourquoi, devant des déclarations qui, de fait, relèvent de la psychologie religieuse, bien qu\u2019elles reposent sur des observations cliniques, je puis me demander « jusqu\u2019où il est exact et éclairant de transférer à la psychologie collective les concepts de la psychologie individuelle » 3.L\u2019ethnologie a son mot à dire Si l\u2019ethnologie peut nous éclairer, c\u2019est qu\u2019elle est une science qui porte sur les faits, gestes et coutumes des peuples primitifs.Et, à propos du totémisme, auquel Freud réfère, elle nous déclare que, selon l\u2019état actuel de ses recherches, le totémisme ne semble pas avoir joui de l\u2019universalité qu\u2019on lui avait d\u2019abord attribuée; qu\u2019il ne peut être tenu pour vraiment primitif; et surtout, que le totem est loin de se retrouver partout où l\u2019on trouve le sens religieux.Elle ajoute que « la théorie de Freud a peu de chose à voir avec les faits ethnologiques: la horde primitive est une conception fantaisiste.Pour autant que nous connaissons l\u2019humanité primitive, elle vivait en grandes et petites familles.La communion totémique est également invention pure ».Que le totémisme, en outre, soit la religion originelle et la source de toutes les religions postérieures, « c\u2019est ethnologiquement insoutenable » 4.Certains me diront sans doute que j\u2019ai mal saisi Freud, que son explication est strictement psychanalytique (un peu comme dans Moïse et le monothéisme), et que c\u2019est sur ce terrain qu\u2019il me fau- 1.\tG.-Pl.Widmer, L\u2019Evangile et l\u2019athée, Paris, 1965, pp.55-56.2.\tA.Vergote, Psychologie religieuse, Bruxelles, 1966, p.11.3.\tIbid.4.\tP.Schebesta, Le sens religieux des primitifs, Paris, 1963, pp.88-89.330 RELATIONS drait demeurer.Mais, alors, je proteste et je demande que, bien que non spécialiste, on ne me prenne pas pour un idiot.Voici une théorie qui me parle de l\u2019homme primitif et du totémisme et, quand ces faits ne sont pas confirmés par la science, on me dit que l\u2019important n\u2019est pas là.Je veux bien le croire.Mais, alors, qu\u2019on ait l\u2019honnêteté de ne pas faire jouer en faveur d\u2019une peut-être profonde « intuition » psychanalytique le prestige toujours important des faits et antécédents historiques.\u2014 Allons donc à l\u2019explication psychologique elle-même.Les images de Dieu Dieu, représenté par l\u2019image du Père: image que les Ecritures m\u2019ont rendue familière.Quel en est le sens exact?Dois-je donc être toujours un « enfant », un éternel « mineur » face à un Père éternel ?\u2014 Pourtant, saint Paul me dit clairement: « Quand j\u2019étais un enfant, je me conduisais comme un enfant, mais plus maintenant, car je suis un homme.» Je suis donc invité à lever les malentendus, et à chercher quelle sorte de Père Dieu peut bien être pour moi.Les caricatures sont innombrables.Tout d\u2019abord, « Freud n\u2019a pas eu tort de dénoncer, chez certains croyants névrosés, la figure sur déterminée et ambivalente du Père, où se croisent deux fonctions: la fonction de répression et la fonction de consolation.Car c\u2019est la même figure qui menace et qui protège, qui « défend » aux deux sens du mot » 5.Sartre nous parle abondamment du premier sens, celui du regard obsédant qui pétrifie, « chosifie », déclenchant une vraie psychose de culpabilité.Le second sens, c\u2019est celui du « distributeur de consolation », qui assure, rassure et protège: bon moyen de demeurer en plein infantilisme.Mon malaise devant la paternité divine ainsi caricaturée est engendré par une double constatation.D\u2019un côté, la caricature n\u2019est pas pure invention, elle existe autour de moi, elle a même la vie dure.Par ailleurs, comment en trouver la moindre trace dans les Ecritures, lues avec tant soit peut d\u2019attention ?C\u2019est Jésus qu\u2019il faut tout d\u2019abord regarder pour « voir le Père » et savoir quel sens donner au mot « Père ».« Nous verrons alors que la filiation divine, loin de calfeutrer le Verbe dans le sein du Père, l\u2019envoie en mission fraternelle jusqu\u2019à cette Incarnation inouïe.Que, pour Jésus, se donner aux affaires du Père, DÉCEMBRE 1971 ce n\u2019est pas s\u2019engouer dans sa tribu, mais bien plutôt prendre catégoriquement ses distances vis-à-vis d\u2019elle, pour créer une fraternité universelle.Corrélativement, nous verrons avec stupeur que le Père des cieux ne donne pas à Jésus ce que nos parents rêvent de donner à leur enfant; il n\u2019en fait pas un fils à papa, mais l\u2019engage dans une vie pauvre et troublée, qui ira à la mort de la Croix, afin que la glorification qu\u2019il lui réserve soit aussi la promotion d\u2019une multitude de croyants.» 6 Des fils adultes.En devenant frères du Christ, nous avons accès à la vraie liberté; c\u2019est la fin de l\u2019esclavage, donc de l\u2019infantilisme; c\u2019est un appel à la créativité adulte, au partage de la vie même du Dieu créateur.Audace inouïe, évidemment insensée aux yeux de quiconque manque d\u2019ambition.Mais comme il est difficile d\u2019agir comme le Christ ! Pour aimer comme Lui, il faut d\u2019abord avoir cessé depuis longtemps d\u2019être un enfant.La psychologie est unanime à le répéter sur tous les tons: pour aimer, il faut être adulte.Plus j\u2019y songe, et plus il m\u2019apparaît évident que les « âmes frileuses » constituent la pire contrefaçon des vrais fils du Père.Je sais bien que « l\u2019enseignement le plus communément dispensé mêle la théologie du Dieu vivant à des représentations de type sociologique paternaliste, qui sont fort propres à dégoûter de toute la théologie de la paternité universelle de Dieu, les esprits qui n\u2019ont aucun goût pour le régime patriarcal [.].Cette paternité signifie essentiellement l\u2019amour créateur libre de Dieu.Cet amour ne vise pas à faire des enfants soumis [.], mais à communiquer l\u2019existence et le don de l\u2019Amour à des êtres qui soient capables de recevoir l\u2019Absolu » 7, c\u2019est-à-dire qui soient capables aussi d\u2019être créateurs, à l\u2019image de l\u2019Absolu.Il reste qu\u2019on parle toujours mal de Dieu.Les Juifs craignaient tellement de rabaisser la Réalité de Dieu au niveau du créé qu\u2019ils s\u2019interdisaient même de prononcer son nom.Impossible cependant de ne pas parler de celui dont l\u2019action leur était si intimement présente.Et, justement parce que Dieu est toujours au-delà de tout ce qu\u2019on en peut dire, et que Yhomme le sait, aucune image ne peut à elle seule désigner Celui qui est.d\u2019un Dieu qui est Amour Et l\u2019image du Père, bien que réelle, est fort loin d\u2019être la seule.Il me semble alors que j\u2019ai le droit de douter sérieusement de toute théorie qui fait de Dieu une simple projection psychologique du père humain.Je sens que ça ne colle pas.Ça colle d\u2019autant moins que je relis les Ecritures avec plus d\u2019attention.J\u2019y vois alors Dieu représenté aussi sous l\u2019aspect d\u2019une mère: il caresse et porte sur ses genoux (Isaïe, 66, 10,13), il porte son bébé contre sa joue (Osée, 11,4), il essuie les larmes sur les yeux (Apocalypse, 21,4).On est comme en présence d\u2019une Plénitude impossible à cerner.On multiplie les images pour désigner le mystère en Personne.Dieu, c\u2019est encore le Seigneur, au sens le plus profond du terme.C\u2019est aussi l\u2019Allié exigeant et fidèle en ses engagements.C\u2019est encore l\u2019Epoux; Osée en parle merveilleusement, ainsi que le fameux chant d\u2019amour du Cantique.Il reste que, en fin de compte, un aspect domine; et ce n\u2019est plus par une image que saint Jean nomme Dieu: H est l\u2019Amour, l\u2019Agapè.Cette Agapè n\u2019est ni complaisance, ni faiblesse, mais « exigence infinie en faveur de l\u2019homme appelé à devenir, non pas une poupée repue, mais un dieu avec Dieu».S\u2019il est jaloux, c\u2019est uniquement de notre propre béatitude: Il ne tolère pas que nous nous avilissions au-dessous de notre dignité, « que nous vendions notre héritage de dieux pour une soupe de lentilles » 8.Elle est bien loin de me laisser tranquille, de constituer une « fuite », cette exigence constante de sainteté: « Celui qui prétend m\u2019aimer, mais sans aimer concrètement ses frères, est un hypocrite ! » 5.\tA.Manaranche, Je crois en Jésus-Christ aujourd\u2019hui, Paris, 1968, pp.147-148.6.\tIbid., p.149.7.\tC.Tresmontant, Essai sur la connaissance de Dieu, Paris, 1959, p.168.8.Ibid., pp.201-202.9.\tFreud-Pfister, Briefe.1909-1939, Frankfurt/M., 1963, p.12.10.\tA.Vergote, Op.cit., p.150.331 Ceci dit, je me donnerais la partie trop facile en alléguant le propre aveu de Freud de n\u2019avoir jamais connu la moindre expérience d\u2019une foi religieuse purifiée 9.Je puis cependant m\u2019étonner que son information ait été aussi lacunaire.H a fini par reconnaître honnêtement que le judéo-christianisme avait des traits autrement grandioses que les formes religieuses auxquelles s\u2019était attachée sa critique.« Il faut croire que, suivant sa méthode habituelle de travail, il a poussé jusqu\u2019à l\u2019extrême une certaine ligne de pensée qui ne rend compte que d\u2019un certain nombre de phénomènes partiels.> 10 La foi inconfortable Mais, après avoir réfléchi à toutes ces choses, qu\u2019on m\u2019a suggéré de faire entrer dans le débat, je ne suis pas satisfait.La contestation demeure, l\u2019interpellation subsiste toujours.Position inconfortable ?Bien sûr.Depuis quand une relation vivante aux autres, surtout à l\u2019Autre, engendre-t-elle le confort ?L\u2019espérance, le progrès dans la pureté de l\u2019amour, la joie fondamentale, oui; mais pas le confort, parce que, justement, j\u2019ai toujours à lutter pour ne pas m\u2019enliser dans les formes infantiles de la religion.La religion et la foi ne sont jamais « pures > en moi.Elles sont un chemin qui monte; la purification se fait dans le mouvement même de monter.Mais, aussi longtemps que je suis un « viator », je ne peux jamais avoir la prétention d\u2019être « arrivé ».Et, à chaque étape, il est normal qu\u2019il y ait un peu, parfois beaucoup de ce que Freud dit, dans ma manière de vivre la foi.C\u2019est pourquoi on ne peut s\u2019arrêter, et c\u2019est par là qu\u2019il faut dépasser l\u2019explication freudienne de la religion: en allant plus loin, plus haut.Freud cessera de me déranger quand je vivrai l\u2019évangile en plénitude.Autant dire qu\u2019il me dérangera toujours ! Toutes les réponses du monde ne pèseront pas lourd dans la discussion si le chrétien ne fait pas voir aux autres, par sa vie concrète, qu\u2019il a dépassé la « névrose obsessionnelle universelle », que sa foi est irréductible à cela.Au départ, je disais que le témoignage vécu ne suffisait pas; qu\u2019il fallait en arriver au niveau de la réflexion.Mais cette dernière serait pure spéculation, sans portée vitale, si elle n\u2019était pas enracinée dans la vie du témoignage.\u2014 Il me semble, pour terminer, que l\u2019illustion la plus dangereuse sera toujours de penser qu\u2019on est une bonne fois à l\u2019abri du soupçon.Marx et/ou Jésus par René Champagne « Ni Marx, ni Jésus », proclame Jean-François Revel dans un livre, étonnant de la part d\u2019un Français, où il célèbre la grâce révolutionnaire américaine.D\u2019autres, pourtant, estiment que les ombres de Marx et de Jésus planent toujours sur notre culture actuelle et qu\u2019entre marxisme et christianisme le débat n\u2019est pas encore clos.Clos, il ne l\u2019est certes pas, pour ces chrétiens du Chili devant le socialisme d\u2019une nette inspiration marxiste qui se construit actuellement dans leur pays.1 Peut-on marxiser le christianisme, christianiser le marxisme?Entre la faucille et le goupillon, pour parler en termes guillerets, le combat, la lutte, ou les bons échanges de récoltes et de bénédictions.Imaginons une rencontre au sommet entre Marx et Jésus.Mais où la situer ?A Pékin, à Moscou ?Marx hésiterait.Imaginons une terre neutre et facile d\u2019accès.Disons Co-lombey-les-deux-Eglises, ce nouveau Lourdes.Mieux, Londres, un restaurant populaire, près de la Tamise dépolluée \u2014 quel symbole ! \u2014 et non loin du cimetière de Highgate où repose Marx depuis le 17 mars 1883.Une telle rencontre hélas ! ne peut être que fictive; elle n\u2019aura pas heu.Pour la remplacer, imaginons une rencontre entre un marxiste et un chrétien, rencontre mi-fictive et mi-réelle, cette fois.Le marxiste.\u2014 Enfin ! Te voilà ! cher camarade chrétien.Je te fais remarquer que tu arrives en retard au rendez-vous.Je n\u2019en suis pas surpris.Vous autres, les chrétiens, vous êtes toujours en retard, même à la messe du dimanche, paraît-il.On s\u2019est depuis longtemps mis les pieds à l\u2019eau quand vous nous arrivez.Et alors, c\u2019est amusant, même très amusant: vous avez toujours le secret de verser l\u2019eau du baptême sur nos réussites.Et maintenant, qu\u2019est-ce qui vous prend de vouloir dialoguer?Le dialogue avec les athées, sans doute?Le chrétien.\u2014 Je m\u2019excuse de mon retard.J\u2019ai été retenu à l\u2019église ! Ma dose d\u2019opium ! Oui, si on commençait par cette question de l\u2019athéisme.Le marxiste.\u2014 Pour nous autres, c\u2019est un problème secondaire que le problème de Dieu.Les chrétiens dramatisent ce problème.1.De ce débat on trouvera une expression très lucide dans le document de travail de la Conférence épiscopale du Chili Evangile, politique et socialismes.Cf.La Documentation Catholique, 19 septembre 1971, p.823-833.332 RELATIONS Le chrétien.\u2014 Marx était-il vraiment athée ?Nous avons du mal à le croire.Le marxiste.\u2014 C\u2019est inutile, mon cher, d\u2019essayer d\u2019en faire un chrétien qui s\u2019ignorait.Il était athée.Si l\u2019on ouvre l\u2019album familial, sa fille Eléanor nous raconte qu\u2019un jour, alors qu\u2019elle était toute jeune, elle était allée \u2014 comme toi \u2014 à une église catholique pour un concert de musique religieuse, lequel concert l\u2019avait fortement émue.A son retour elle avait fait part de ses sentiments à papa Marx.Celui-ci, dit-elle, lui clarifia si bien la situation qu\u2019à partir de cette heure aucun doute n\u2019effleura plus son esprit.Mais Jésus était-il athée ?Le chrétien.\u2014 Soyons sérieux ! Beaucoup de chrétiens disent tout de même du marxisme que c\u2019est une religion, une mystique .Le marxiste.\u2014 Il nous est difficile, à nous, de savoir si c\u2019est une religion ou pas.Je te le répète, c\u2019est secondaire.Encore des discussions d\u2019intellectuels et de congressistes ! Ce qui importe pour nous, c\u2019est l\u2019homme, la vie des hommes.Nous voulons changer la société.Nous voulons qu\u2019enfin les hommes, tous les hommes vivent dans la fraternité et l\u2019égalité.Toute l\u2019histoire de l\u2019humanité jusqu\u2019à nos jours a été l\u2019exploitation d\u2019une classe par une autre, la classe-propriétaire avec les biens de production.Le chrétien.\u2014 Ça y est ! Je reconnais le jargon.Le marxiste.\u2014 Chacun a le sien, n\u2019est-ce pas ?Le péché originel, la grâce, les indulgences,.Le chrétien.\u2014 Quand on regarde l\u2019histoire des pays qui ont un régime d\u2019inspiration marxiste, il est difficile d\u2019admettre que la religion vous laisse indifférents.En fait, vous la combattez.Le marxiste.\u2014 On la combat parce qu\u2019avant la révolution, elle était du côté de la classe dominante.Quant à la classe exploitée, elle trouvait trop facilement dans la religion des motifs de se résigner à son sort.Que les Eglises s\u2019occupent vraiment des hommes.Vous avez peur des changements radicaux dans les structures économiques et sociales.On est meilleurs que vous autres pour analyser en profondeur une situation.Nous avons les instruments qu\u2019il faut pour démêler les problèmes, pour découvrir les interactions entre les différents niveaux d\u2019une société donnée et proposer les DÉCEMBRE 1971 solutions qui s\u2019imposent.Et nous n\u2019avons pas peur d\u2019agir.Le chrétien.\u2014 Reste à savoir si vos instruments d\u2019analyse sont si bons que vous le pensez.Je suis bien content de t\u2019entendre dire que vous serez disposés à respecter les Eglises engagées au service des hommes.Ça me semble une concession digne d\u2019intérêt, mais c\u2019est une concession.Est-ce que les marxistes ont vraiment commencé à reviser leurs positions \u2014 héritées de Marx \u2014 au sujet de la religion ?Pour vous, c\u2019est toujours l\u2019indice d\u2019une société ou d\u2019une personnalité malade.Vous allez tolérer les Eglises en tant qu\u2019elles collaboreront avec vous, mais le croyant se sentira-t-il vraiment libre de prendre son « opium du peuple » ?Le marxiste.\u2014 Ce n\u2019est pas à nous de vendre cet opium.A moins que Mao y consente.Le chrétien.\u2014 Nous avons une chose très sérieuse à vous reprocher, cher camarade.Vous êtes des maniaques de l\u2019économique.Des vrais obsédés.A vous écouter, tous les maux de l\u2019humanité proviennent de l\u2019économie.Il suffit d\u2019assainir le monde économique et, comme par miracle, le sort de l\u2019homme tout entier est transformé.On aurait dû y penser avant.C\u2019est si simple.Il suffit de supprimer la propriété privée, de confier les fameux biens de production aux travailleurs et l\u2019histoire devient humaine.Le paradis sur terre, en somme, si je puis employer mon jargon.Je trouve ça rapide.Il faudrait que vous pratiquiez Freud, le Marx de la psychanalyse.L\u2019instinct de domination, d\u2019aggressivité, l\u2019ambition, est-ce que tout cela va disparaître dans la nouvelle société ?Hélas ! la Hongrie, la Tchécoslovaquie .L\u2019homme, l\u2019homme, vous ne le connaissez pas vraiment.Vous ignorez le cœur de l\u2019homme.Dans tout homme, il y a un loup qui dort.Le marxiste.\u2014 Il vaudrait mieux dire un rat, d\u2019après les chercheurs américains.Il est mieux de faire confiance à l\u2019homme.Vous le dénigrez trop facilement.Vous parlez trop de sa fragilité, de ses péchés, de sa misère.Le christianisme a nui au progrès de l\u2019homme.Le chrétien.\u2014 Le progrès ?Où le placez-vous ?C\u2019est la question.L\u2019Evangile parle de la libération de l\u2019homme et de la fraternité.Mais il veut une vraie libération, celle de tous les monstres qui habitent l\u2019homme.Il y a des monstres qui ne sont pas économiques.Le marxiste.\u2014 Si tu veux, je vais reprendre tes propos sur notre obsession de l\u2019économique.Si nous sommes obsédés, comme tu le penses, par l\u2019économique, c\u2019est que beaucoup de gens, beaucoup de pays le sont \u2014 et concrètement \u2014 obsédés par les questions économiques.Toute la vie, pour nombre de gens, se passe à assurer leur subsistance.Aucun luxe, aucun superflu ! Tu crois que c\u2019est normal quand d\u2019autres, moins nombreux, nagent dans le superflu.Marx, le vrai Marx, voulait justement qu\u2019on dépasse le niveau économique.Il voulait qu\u2019on libère l\u2019homme de l\u2019obsession économique pour qu\u2019il puisse mener une vie vraiment humaine dans la jouissance des biens humains, matériels, artistiques, intellectuels, dans la transparence enfin créée des relations humaines.Quand les hommes sont « pognés » dans l\u2019économique, tout est fermé pour eux.Vous devriez ouvrir les yeux et cesser de faire la moue sur les problèmes de base, sur les soubassements de l\u2019existence humaine.Le chrétien.\u2014 J\u2019aimerais connaître les pays qui ont accédé à ce socialisme de haute qualité.J\u2019ai déjà lu quelque part que l\u2019urgence marxiste avait estompé la pensée marxienne.Vous autres, aussi, vous avez des institutions à sauvegarder .Les chrétiens partagent vos vues sur la création d\u2019une société vraiment humaine.Le Christ voulait que les hommes découvrent et réalisent leur fraternité.Mais il n\u2019a jamais laissé entendre que la société parfaite serait créée sur terre.Il a parlé d\u2019une telle réalisation dans un monde supra-terrestre.Nous voulons pousser jusqu\u2019au bout votre idéal, votre projet.Nous voulons qu\u2019il échappe à l\u2019utopie.Sur ce point, le dialogue est encore à poursuivre entre nous.Nous avons, nous aussi, à nous occuper de l\u2019homme, de l\u2019homme vivant sur terre, mais nous croyons que Dieu l\u2019appelle à un dépassement par delà ses limites et la mort.C\u2019est le véritable avenir de l\u2019homme qui est en cause.Nous ne pouvons pas admettre que la religion soit une maladie chez l\u2019homme.Je viens de lire dans un journal que pour Castro il n\u2019existait pas d\u2019opposition entre le socialisme et le christianisme parce que l\u2019Eglise avait changé.Mais sur certains points, elle ne peut pas changer .Le Marxiste.\u2014 Si elle a changé, c\u2019est sûrement à cause des marxistes.Bon, ça suffit.On se reprendra une autre fois.Et tâche d\u2019arriver en temps, camarade chrétien.333 Le principe du droit à l\u2019autodétermination du Québec par\tAmorce d\u2019une réflexion pré-politique Jrénée Desrochers___________________________________________ H est facile de comprendre que l\u2019application concrète du droit du Québec à l\u2019autodétermination \u2014 dans le sens d\u2019un fédéralisme ou d\u2019une indépendance \u2014 représente un sérieux défi, une menace peut-être, pour notre vie politique.Aborder la question sous cet angle, c\u2019est la situer dans l\u2019ordre politique, qui est le sien.Mais que nous en soyons encore à nous poser une question préalable d\u2019ordre moral, celle du principe même du droit à l\u2019autodétermination, voilà qui paraît pour le moins surprenant.On connaît assez bien l\u2019alignement des partis politiques par rapport au premier problème, l\u2019option que chacun d\u2019eux propose aux Québécois.Par contre, leur position réelle sur la deuxième question, la question de principe, reste très souvent à préciser.Deux exemples seulement.1° On sait qu\u2019au dernier congrès national du NPD-Canada, tenu à Ottawa en avril dernier, le groupe Waffle et le NPD-Québec ont pris très nettement position en faveur du principe, embarrassant ainsi M.David Lewis, le nouveau chef national du parti, qui a entraîné son parti dans l\u2019expression compliquée d\u2019une position cherchant à sauver la chèvre et le chou.Il faut dire que depuis lors, à l\u2019occasion d\u2019une récente visite au Québec, M.Lewis a commencé à donner publiquement les signes d\u2019une acceptation plus franche du principe.2° H n\u2019y a pas longtemps, on a vu un député libéral de l\u2019Assemblée nationale du Québec, après avoir réaffirmé « contre tout espoir » sa foi dans le fédéralisme, déclarer devant des hommes d\u2019affaires que « le Québec a un droit absolu à s\u2019autodéterminer » (Le Devoir, 1er octobre, 1971).M.Robert Bourassa a rejeté l\u2019idée d\u2019un référendum sur cette question, avant les élections générales prévues pour 1973, mais n\u2019a pas profité de l\u2019occasion pour dire qu\u2019il reconnaissait en effet le principe de ce droit absolu prôné par l\u2019un de ses députés.Dans l\u2019espoir un peu naïf d\u2019enterrer la question, plusieurs prétendront qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un pseudo-problème.Mais, en pratique, au niveau de l\u2019action politique immédiate, l\u2019émotivité des citoyens est en ce moment un facteur politique important.L\u2019homme politique, animal essentiellement réaliste, se doit d\u2019en tenir compte.Puisqu\u2019il y a là un conflit de mentalités et d\u2019intérêts, on refuse, par tactique, d\u2019envisager la question de principe, de peur de se sentir plus faible « sur le terrain », là où s\u2019exerce le jeu des forces.A ce niveau, il y a un vrai problème.Tant qu\u2019un plus grand nombre de citoyens n\u2019aura pas été préparé à prendre position de façon éclairée et vraiment libre, le politicien trouvera souvent inopportun de se prononcer.Il attendra, refusant les risques, et son leadership ne contribuera pas à faire mûrir la question devant l\u2019ensemble de l\u2019opinion publique.Il doit être clair que l\u2019affirmation du principe n\u2019implique pas l\u2019option indépendantiste, puisqu\u2019affirmer la liberté du choix, c\u2019est poser également la pos- Nier ce principe revient à dire effectivement à des milliers de Québécois qu\u2019ils doivent être conduits comme des mineurs, qu\u2019en principe ils n\u2019ont pas le droit de choisir, qu\u2019ils ne vivent pas vraiment libres dans une démocratie, mais qu\u2019ils doivent subir aveuglément une solution, et cela indéfiniment, sans Rares au Québec, s\u2019il y en a, les intellectuels, les politicologues, les journalistes, les citoyens en vue, qui nieront le principe.C\u2019est qu\u2019au fond ils savent qu\u2019ils ne peuvent que l\u2019accepter.Et, cependant, combien ont peur de l\u2019avouer ! sibilité de choisir l\u2019option fédéraliste et ses diverses variantes.Affirmer le principe, ce n\u2019est ni privilégier, ni éliminer l\u2019une quelconque des hypothèses.Pour les fédéralistes qui se sentiraient sur une corde raide, il est intéressant de noter que l\u2019option fédéraliste elle-même peut s\u2019en trouver nettement renforcée, puisqu\u2019elle se présente alors aux citoyens qui l\u2019adoptent ou songent à l\u2019adopter (le nombre des Québécois indécis semble assez grand) comme un choix plus raisonné et plus libre.A ce point de vue, reconnaître le principe de ce droit est avantageux pour tout le monde, pour les fédéralistes comme pour les autres.Il s\u2019agit donc, lorsqu\u2019on parle de ce principe, d\u2019une question morale.C\u2019est une question pré-politique, en ce sens qu\u2019elle doit précéder le choix rationnel d\u2019une des options politiques possibles.C\u2019est une question qui se place au-dessus des partis, tous appelés à affirmer le même principe de base, afin d\u2019assurer un choix vraiment démocratique, dans un meilleur climat de justice favorisant la paix.jamais s\u2019interroger.Aujourd\u2019hui, en 1971, la force ferait encore le droit; et il faudrait, en toute hypothèse, garder les Québécois de force, au besoin par l\u2019intervention de l\u2019armée, dans la Confédération canadienne.On le voit, dès qu\u2019on la sort de l\u2019ombre pour l\u2019expliciter, cette attitude paternaliste est Un pseudo-problème?La liberté de citoyens adultes 334 RELATIONS répugnante.Elle blesse la dignité du citoyen et développe naturellement l\u2019agressivité.Aussi, le fédéraliste se contentera-t-il, probablement sans nier le principe, de ne pas vouloir l\u2019affirmer.Mais ce jeu ne fait qu\u2019un temps.Il y a de plus en plus de fédéralistes qui commencent à comprendre que ce no man's land joue contre eux; le problème de leur crédibilité les décide enfin à parler, comme dit l\u2019un d\u2019eux, pour « cesser de donner des armes aux indépendantistes qui invoquent ce silence ».Trop de fédéralistes se sont placés dans la position absurde d\u2019avoir à dire au peuple: « Vous n\u2019êtes pas libres de choisir le fédéralisme ! » Ils permettent à de nombreux citoyens, en recherche et disponibles, de douter de leur bonne foi: comment ces Québécois peuvent-ils vraiment avoir l\u2019impression qu\u2019ils pourront obtenir justice, si l\u2019on commence par leur refuser, en face, de reconnaître un premier principe ?De plus en plus, le vrai fédéraliste comprendra que non seulement le sens de l\u2019honneur et de la démocratie, mais celui de la diplomatie, l\u2019engage à respecter son interlocuteur.L\u2019option politique qui apparaîtra la plus désirable à l\u2019électeur critique devra démontrer qu\u2019elle assure le meilleur équilibre entre les diverses réalités à concilier.La décision du peuple anglais d\u2019entrer ou non dans le marché commun européen est pénible à prendre, précisément parce qu\u2019elle est libre.Celle du peuple québécois de demeurer dans une fédération renouvelée ou d\u2019entrer dans une sorte de marché commun canadien doit être également libre et responsable.Mais ceci présuppose la reconnaissance, par les partenaires, de ce principe premier du droit à l\u2019autodétermination et le rejet de toute polarisation simpliste.Le temps passe vite.Le statu quo est impossible; une révision constitutionnelle, tout le monde en convient, s\u2019impose.Plus les fédéralistes tarderaient à s\u2019exprimer franchement sur le principe en cause, plus les choses risqueraient de se gâter.Car l\u2019attitude à l\u2019égard de cette question préalable révèle un esprit.Le problème moral est donc très important.Pour un politicologue comme M.Léon Dion, qui, le 30 mars dernier, témoignait devant le Comité spécial mixte du Sénat et de la Chambre des communes sur la constitution du Canada, la proclamation solennelle du principe de l\u2019autodétermination nous obligerait tous à nous attaquer enfin de façon sérieuse et méthodique à la réforme radicale nécessaire, sans impliquer nécessairement la séparation automatique d\u2019avec le reste du pays: « Je ne vois qu\u2019un principe qui serait susceptible non seulement de rallier les Certains anglophones cherchent un langage leur permettant, tout en demeurant fidèles fédéralistes, d\u2019affirmer le droit absolu du Québec à l\u2019autodétermination.Le directeur du Canadian Forum, l\u2019économiste A.Rotstein, parle d\u2019une séparation « symbolique » que les fédéralistes devraient accepter (n.de mars 1971, p.410, « Symbolic Formula for Quebec ») pour assurer la continuité réelle d\u2019une vie en commun au Canada: « In one word, what the new formula pleads for is the symbolic liquidation of the Conquest of 1759 \u2014 the spiritual release from the permanent burden of its history as a conquered people.» Rotstein veut donc affirmer le principe sans avoir à sacrifier la fédération.Il parle de « symbolisme » comme d\u2019un outil pratique pour mieux faire comprendre au Canada anglais le Un travail d\u2019éducation s\u2019impose donc.Le négliger, c\u2019est préparer, entre le Québec et le reste du Canada, des négociations plus orageuses et plus dangereuses, plutôt que d\u2019essayer d\u2019enlever certains obstacles fondamentaux.C\u2019est même s\u2019exposer à des « troubles », plutôt que de favoriser le plus possible un climat de paix.C\u2019est dans cette tâche d\u2019éducation que les Eglises peuvent jouer un rôle très valable.Dans une telle conjoncture, les chrétiens de tout le Canada sont appelés, en s\u2019engageant politiquement, à lutter d\u2019abord pour faire éclater la vérité, en défendant sans équivoque un principe de morale, quelle que soit leur option politique personnelle; à s\u2019engager ensuite dans la confrontation courageuse et honnête des diverses options libres, de façon à éclairer ainsi l\u2019opinion publique en tentant de faire valoir l\u2019hypothèse qui leur paraîtra la meilleure en conscience.H revient aux pasteurs d\u2019exercer leur leadership en s\u2019engageant à fond dans la défense des principes moraux, tout en s\u2019abstenant d\u2019engager l\u2019Eglise comme telle dans l\u2019arène de la politique partisane.Canadiens mais encore de servir de pierre d\u2019assise à la réalité politique de demain: c\u2019est le principe de l\u2019autodétermination pour le Québec et pour toute autre province qui pourrait vouloir s\u2019en prévaloir.» travail d\u2019éducation à entreprendre.L\u2019expression « the symbolic right to independence » ne semble pas heureuse; c\u2019est évidemment un vrai droit moral, même si, dans le cas d\u2019une option fédéraliste, son exercice semble purement symbolique, puisqu\u2019en pratique il aboutit à choisir librement la fédération.Mais Rotstein a certainement saisi le fond de la question.Il considère que la reconnaissance de ce droit absolu à l\u2019autodétermination « is a superior moral basis for a new Confederation ».C\u2019est un fondement moral; un fondement moral supérieur.Et dire qu\u2019il se trouve des fédéralistes pour croire qu\u2019on pourrait, au Québec, obtenir démocratiquement un consensus sur une nouvelle constitution, sans ce fondement .L\u2019attitude des évêques catholiques à la réunion de la Conférence catholique canadienne tenue à Edmonton, du 20 au 24 septembre, a d\u2019abord surpris.Ils n\u2019ont pas cru opportun de se prononcer sur « le droit du Québec, en principe, à l\u2019autodétermination ».Es étaient pourtant réunis pour étudier les problèmes de la justice dans le monde.Les permanents de la CCC, après de nombreuses consultations, leur avaient présenté un projet de résolution portant sur le droit au développement intégral et menant, en conclusion finale, à l\u2019affirmation que le peuple du Québec a le droit, en principe, à l\u2019autodétermination.Cette proposition, telle quelle, ne fut pas votée; les évêques se contentèrent d\u2019approuver la proposition générale suivante: « Que le Synode reconnaisse que le droit de chaque peuple de prendre en main sa destinée fait partie du droit au développement intégral.» On voit que, même dans une proposition générale où il n\u2019est fait aucune référence au cas particulier du Québec, le mot « autodétermination », mot-clé qui sert chez nous à discuter toute cette question, n\u2019a pas été employé.Une séparation symbolique ?Un travail d\u2019éducation DÉCEMBRE 1971\t335 Pourquoi la résolution concernant le Québec a-t-elle été laissée de côté ?Une première raison, c\u2019est que l\u2019objectif de cette réunion de la CCC était de préparer directement le Synode romain et qu\u2019il ne serait pas question dans les résolutions finales de problèmes strictement canadiens.Mais la raison profonde du silence des évêques sur cette question semble bien être celle qui embarrasse tant d\u2019hommes politiques: la confusion régnante et le climat passionné du débat, qui augmentent les risques d\u2019être mal compris.Affirmer le principe du droit à l\u2019autodétermination du Québec serait interprété par trop de gens comme un appui à l\u2019option politique de l\u2019indépendance du Québec.Une interview de Mgr Carter On comprendra que les évêques du Canada anglais soient particulièrement sensibles à ces données socio-psycho-logiques.Une dépêche de la Presse Canadienne (voir les journaux du 22 septembre) annonçait que l\u2019« atelier > des évêques anglophones avait voté le projet de résolution concernant le droit du Québec à l\u2019autodétermination, mais avec l\u2019amendement suivant: « compte tenu des droits des autres Canadiens ».Assez curieusement, ce sont les évêques francophones, dit la dépêche, qui ont laissé « en suspens » ce projet de résolution, ne l\u2019ayant pas suffisamment mûri pour prendre une décision.L\u2019attitude de Mgr Alexander Carter, évêque de Sault-Sainte-Marie, interviewé au réseau anglais de télévision de Radio-Canada pour l\u2019émission « Man Alive » (diffusée le 11 octobre), à la suite de la réunion des évêques à Edmonton, éclairera peut-être les hésitations de l\u2019un et l\u2019autre groupes.A l\u2019animateur qui lui demandait pourquoi les évêques ne s\u2019étaient pas prononcés sur le droit du Québec à l\u2019autodétermination, il répondit 1) que les évêques canadiens ont appuyé le principe général du droit des peuples à présider à leur propre destinée, mais 2) qu\u2019ils ne pouvaient pas appuyer une option politique, parce que ce serait diviser les chrétiens, alors que le rôle des évêques est de travailler à réconcilier les hommes.Très à l\u2019aise, Mgr Carter affirmait donc deux choses, .et en taisait une troisième.Dans les circonstances, sa diplomatie était plaisante.Mais l\u2019analyse de sa réponse implique plus que les apparences ne le laissent croire.Souriant, comme s\u2019il disait qu\u2019il lâche tout le morceau, Mgr Carter rappelle au Canada anglais et à tous les fédéralistes « que le droit de chaque peuple de prendre en main sa destinée fait partie du droit au développement intégral ».Par contre, pour ceux qui voudraient lui faire dire davantage, il semble laisser entendre: « Evidemment, ce principe, puisqu\u2019il est général, s\u2019applique au Québec.C\u2019est comme déjà dit, puisque c\u2019est inclus dans le principe général.» Mais alors pourquoi ne pas le dire carrément ?La deuxième affirmation de Mgr Carter a pour but de répondre à cette question.Il ajoute: « Mais les évêques canadiens ne peuvent pas appuyer une option politique; cela diviserait les chrétiens.» H est évident que ce n\u2019était pas là répondre directement à la question même de l\u2019animateur sur le droit du Québec à l\u2019autodétermination.Confusion dans les deux directions C\u2019est évident, et tous sont d\u2019accord, les évêques ne peuvent faire de la politique.Mais n\u2019est-ce pas précisément à cause de cela qu\u2019ils gagneraient, semble-t-il, à parler maintenant plus clairement et à dire, dans une troisième affirmation que Mgr Carter a dû passer sous silence, que le peuple du Québec a, en effet, droit, en principe, à l\u2019autodétermination.Car la même confusion des esprits, qui a fait penser qu\u2019il était inopportun de parler, fait que les évêques auraient avantage à parler, la confusion jouant dans les deux sens.Le silence des évêques est interprété comme un geste politique, une prise de position en faveur de l\u2019option fédéraliste.Cela aussi, c\u2019est une donnée socio-psychologique.Et, pour dissiper toute ambiguïté, les évêques pourraient choisir de développer et d\u2019expliquer plus pleinement leur pensée.Ce jour-là, Mgr Carter pourrait dire à un animateur de Radio-Canada que les évêques canadiens ne peuvent pas appuyer en principe une option politique libre plus qu\u2019une autre, pas plus le fédéralisme que l\u2019indépendantisme, le peuple du Québec pouvant s\u2019autodéterminer en direction de l\u2019un ou de l\u2019autre.Il est donc probable que les pasteurs, chargés comme dit saint Paul d\u2019intervenir « à temps et à contretemps > pour enseigner la vérité, parleront tôt ou tard plus clairement.Puisque, au niveau de la morale, \u2014 et à condition que le droit des autres Canadiens et celui des autres Québécois soient respectés, \u2014 les diverses options sont en principe libres, les pasteurs sont, comme pasteurs, politiquement neutres.Il est hautement désirable aussi que les évêques paraissent neutres.Or on pouvait lire dans nos journaux du 22 septembre que, à l\u2019assemblée des évêques à Edmonton, l\u2019une des interventions tenait que « ce droit des Québécois à l\u2019autodétermination ne devait s\u2019exercer que dans le cadre canadien ».Rapporté de cette façon, qu\u2019est-ce que cela peut laisser entendre, sinon que tout bon chrétien doit comme tel choisir le fédéralisme ?C\u2019est pourtant, à part le silence des évêques, à peu près la seule chose que les journalistes aient eu à nous rapporter sur le cas particulier du Québec; c\u2019est ce qu\u2019a pu lire la masse des lecteurs intéressés à ce que la Presse Canadienne leur présentait comme « une question brûlante », « une question percutante dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui ».il y a lieu d\u2019être optimiste Le communiqué final de la CCC permet d\u2019être optimiste.Les évêques, disait-il, « se sont entendus .pour mettre en application, au Canada, les recommandations que leurs délégués feront à Rome ».Si l\u2019on en croit une entrevue (Dimanche-Matin, 10 octobre) accordée par Mgr Guy Bélanger, évêque de Valleyfield, \u2014 il présidait les discussions à l\u2019atelier des évêques francophones à Edmonton, \u2014 les évêques du Canada vont reprendre la question « le plus tôt possible ».Les évêques trouveront peut-être bonne la suggestion faite par un journaliste de consulter des groupes de laïcs, des conseils de pastorale, pour mieux appuyer leur prise de position et en faciliter le rayonnement.La réaction de certains éditorialistes et le ton de certaines lettres aux journaux indiquent que le climat se gâte ou peut se gâter et que cette déclaration des évêques serait utile.Plus elle tar- 336 RELATIONS TOUJOURS AU SERVICE MES GRANDES IDEES PAIX mariage L'HONNETETE HUMjijML, / nouvelles dimensions de la chai dition.catholicisme réouvert Christianisme sans Christ?VV ?¦ ÉDITIONS PAULINES 250 nord, boul.St-François * Sherbrooke, Qué, Coll.LE POINT problèmes concrets, réponses concrètes LA VIE RELIGIEUSE DANS L\u2019APRES-CONCILE / Spécialistes Comment orienter et promouvoir les mutations et les invitations auxquelles sont conviées les âmes consacrées.L\u2019AMOUR DU CHRIST, NOTRE LOI / Bernard Hæring Courte synthèse de la morale chrétienne, fondée sur la parole de Dieu.270p./ $ 3.00 L\u2019EUCHARISTIE, SOURCE DE VIE, LIEN D\u2019UNITE / Spécialistes Aspects du dogme basés sur la doctrine conciliaire.176p./ $ 3.00 272p./ $ 2.55 VRAIMENT DIEU EST-IL MORT?/ René Laurentin L'auteur explique comment la foi s\u2019approfondit dans notre chrétienté en mutation.118p./ $ 1.65 DIALOGUES SUR LA FOI, T.1 / Bernard Hæring Questions concrètes, réponses nuancées et pratiques font de cet ouvrage un précieux outil d\u2019apostolat.217p./ $ 2.55 DLALOGUES SUR LA FOI, T.2 / Spécialistes Une équipe de théologiens répondent aux questions posées par des fidèles et des incroyants.Rencontre de nombreux besoins actuels.261p./ $3.00 MARIAGE ET FAMILLE / Franz Weyergans Textes conciliaires sur le mariage et la famille commentés par un expert.128p./ $1.65 A PROPOS DE L\u2019ENCYCLIQUE (HUMANAE VITAE) / Rahner et autres Donne un large commentaire de l'encyclique et présente les divers problèmes qui se posent.176p./ $2.15 LE PROBLEME DE L\u2019OBEISSANCE / Spécialistes Qu\u2019est-ce qu'obéir, pourquoi, à qui ?Des experts répondent.364p./ $ 4.50 LA COMMUNICATION AUDIO-VISUELLE / Spécialistes Vise à acheminer vers une lecture plus compréhensive du message audio-visuel pour mener à une véritable communication des personnes.314p./ $4.50 EGLISE, CULTURE ET PROMOTION HUMAINE / Spécialistes Souligne le rôle de l'Eglise dans la tension culturelle qui existe entre^ les jeunes et les adultes.256p./ $3.00 CHRISTIANISME SANS CHRIST?/ Spécialistes Des exposés lucides, faciles à lire et bienfaisants sur les dimensions de la vraie foi.190p./ $3.00 Wap BERNARD HARING ie, culture et ntion humaine Rene laurentin Christianisme sans Christ?fiene durent rtholicism® ouve& 'st promesse Vsnunux * >Yæ NOUVELLE DIMENSION DE LA CHARITE / René Laurentin La charité ne peut plus se limiter seulement au prochain personnel mais doit passer par les structures.144p./ $2.25 ESSOR ET PERMANENCE DE LA REVELATION / Spécialistes Puisque la religion chrétienne est révélée, fait connaître exactement le sens et la portée de ce dogme.336p./ $4.50 CATHOLICISME OUVERT / Spécialistes Cerne les contours de l'œcuménisme, dégage ses approches et ses étapes historiques et invite à en vivre l\u2019esprit.416p./ $ 6.00 CRISE ET PROMESSE D\u2019EGLISE AUX U.S.A./ René Laurentin Quelques flashs sur la saisissante évolution de l'Eglise américaine.128p./ $2.25 DIALOGUES SUR LA FOI, T.3 / Spécialistes Les réponses fournies facilitent la découverte des richesses du christianisme.128p./ $2.25 VRAIS ET FAUX PROPHETES / Bernard Hæring Un dialogue avec les jeunes, les contestataires qui remettent en cause les structures de l\u2019Eglise et son autorité.288p./ $ 4.50 Coll.Pax et Veritas KrtA5 ******* sgcrc»'\"1 itenco de P*\"' x EDITION: kiut/o.vn- , \\ ! J L\u2019HERITAGE DU CHRIST / M.J.Parent Les exposés tracent les grandes lignes de l\u2019Eglise, Corps du Christ et Sacrement par excellence ; il expose les exigences d\u2019un véritable œcuménisme.350p./ $6.00 Coll.Notre Temps L\u2019AMOUR HUMAIN / Gérard Blais Dans une atmosphère de vie sociale imprégnée de sexualité, cet essai prévaut par sa fraîcheur.140p./ $2.00 CHRISTOLOGIE POUR NOTRE TEMPS / Jacques Doyon Présentation du mystère du Christ renouvelée, adaptée à la mentalité moderne, dans une perspective post-conciliaire.384p./ $ 4.00 L\u2019HOMME DE DEMAIN / François Bouchard Une magnifique initiation à l\u2019humanisme athée, existentialiste et chrétien.328p./ $ 2.50 CITOYEN ET CHRETIEN FACE A LA REVOLUTION DES COMMUNICATIONS / J.VV.Mole Une étude sur les média modernes de communication.200p./ $ 2.50 LA FOI AU CREUSET / Spécialistes Montre que la foi d\u2019aujourd\u2019hui peut avec l\u2019approfondissement de l\u2019espérance et de la charité, déployer une nouvelle et saine vigueur.312p./ $ 8.25 L\u2019EGLISE ET LA JEUNESSE DU MONDE / François Bouchard Un effort pour mettre la théologie de l\u2019Eglise à la portée des jeunes de notre temps.288p./ $4.25 AMOUR, SEXE ET MARIAGE / Fritz Leist Tente de repenser l\u2019existence du sexe tel qu\u2019il apparaît dans la Bible.192p./ $ 4.50 LA SOCIOLOGIE CONTRE LA FOI ?/ Michel Emard La précision, la clarté et la charpente même de l\u2019ouvrage en font un instrument de travail intéressant.178p./ $ 3.50 L\u2019EQUILIBRE CHEZ LE CROYANT / Hugues O\u2019Connell Explique comment le doute et la confusion sont apparus dans l\u2019Eglise post-conciliaire.159p./ $3.50 HONNETETE HUMAINE / Gérard Blais Apporte un message lumineux dans un monde où les ombres du désordre abondent.176p./ $3.50 PAIX SUR VOUS / Bernard Hæring Présente de nouvelles perspectives sur le sacrement de pénitence.Un des livres les plus importants de l\u2019année.318p./ $ 8.25 DIVERS CE QUI COMPTE, C\u2019EST D\u2019AIMER / Carlo Caretto Un petit Frère de Jésus raconte ce que la Bible lui dit dans la foi et continue de lui dire dans la vie.248p./ $ 3.00 VOICI LA NUIT / J.Héri-court Converti, l\u2019auteur nous donne un excellent ouvrage pour la lecture spirituelle, de doctrine solide.268p./ $ 3.60 L\u2019EGLISE DU SILENCE TORTUREE PAR LE CHRIST / R.Wurmbrand Témoignage bouleversant d\u2019un pasteur qui a subi 14 ans de prisons communistes.200p./ $2.10 LETTRES DU DESERT / Carlo Caretto Dans un style spontané, les expériences d\u2019un Petit Frère de Jésus au désert.Derrière lui, on découvre Jésus.200p./ $ 2.40 LE MESSAGE DE L\u2019EVANGILE AUJOURD\u2019HUI / Alfred Lapple Apporte une réponse à l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui qui désire approfondir sa compréhension des évangiles.576p./ $ 8.25 MEDITER / J.-B.Lotz Bien informées de l\u2019univers où l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui évolue, ces lignes favorisent avec lucidité et réalisme, le ressource-ment intérieur.352p./ $ 6.00 L\u2019ANNONCE DU SALUT / Dominique Grasso Une étude critique du ministère de la parole du double point de vue théologique et pastoral.384p./ $ 6.25 ENTERREZ-MOI AVEC MES BOTTES / Sally Trench Récit de la vie de Sally parmi les clochards, les beatniks et les filles de joie.Charité à l\u2019état pur.300p./ $ 4.95 AU-DELA DES CHOSES / Carlo Caretto Ce livre donne envie de vivre chrétiennement en profondeur, de prier, dans n\u2019importe quelle condition, pourvu qu\u2019on s\u2019attache à l\u2019essentiel.264p./ $3.75 LES CHEMINS DE L\u2019AMOUR / A.Cuvelier Etude de psychologie spirituelle.160p./ $ 2.50 MA SOUFFRANCE / Claude Brunet Paraplégique depuis l\u2019âge de 8 ans, l\u2019auteur nous fait part de ses joies, de ses peines, de son expérience.Une véritable leçon de courage pour nous tous.50p./ $ 1.00 é a\\-\\orv \\» et /s^o Cou.Théologie d\u2019aujourd\u2019hui L\u2019INCARNATION / Ralph Woodhall Traite de l\u2019événement central de Thistoire chrétienne.92p./ $ 1.75 LA REVELATION / Gérald O\u2019Collins Etudie la révélation du point de vue biblique, personnel et historique.94p./ $ 1.75 LA FOI / Jean Coventry Ceux dont les conceptions de la vie subissent un assaut trouveront ici aide et encouragement.98p./ $ 1.75 LA TRINITE / Laurent Cantwell Montre que toutes nos existences sont vécues en relation avec la Trinité.90p./ $ 1.75 LA CREATION / Robert But-terworth Expose et développe le fondement scriptural qui unit la création à la rédemption.96p./ $ 1.75 THEOLOGIE DE L\u2019HISTOIRE / Osmund Lewry Démontre comment le Christ est le point de convergence de l'histoire.96p./ $ 1.75 L\u2019EGLISE / P.Hebblethwaite Présente une Eglise d'espérance en marche vers une perfection qui lui est promise dans l\u2019autre monde.96p./ $ 1.75 L\u2019ŒCUMENISME / Michael Hurley Libérera les chrétiens de tout ce qui les empêchent de s'engager totalement au service de l\u2019œcuménisme.96p./ % 1.75 Coll.Flèche A la lumière de Vatican II, un spécialiste traite avec concision d\u2019un sujet précis et actuel.CULTURE ET APOSTOLAT / Charles Moëller 48p./ $0.75 LE MARIAGE CHRETIEN / Bernard Haering 48p./ $0.75 PAUL VI ET LA MISSION DE L\u2019EGLISE DANS LE MONDE / Cardinal Renard 64p./ $0.75 BIBLE ET VOCATION / Gabriel Emonnet 109p./ $ 1.35 LA CRISE ACTUELLE DE L\u2019INTELLIGENCE / Cardinal Jean Daniélou 62p./ $ 1.65 L\u2019EGLISE ET ISRAEL / Pierre Benoît 48p./ $0.75 SCHISME DANS L\u2019EGLISE / Karl Rahner 60p./ $ 1.15 ETRE RELIGIEUX / M.-D.Epagneul et G.Aube 112p./ $ 1.35 DE L\u2019AVORTEMENT / Fernand Ivaldy 45p./ $0.75 Coll.Thèmes bibliques Vise à promouvoir une connaissance savoureuse de la Sainte Ecriture, parmi les laïcs, le clergé, les religieux et les religieuses.LA SOUFFRANCE / A.Ber-trangs 91p./ $1.90 LE MARIAGE / G.N.Volle-bregt 156p./ $1.90 LA CONVERSION / A.Huls-bosch 135p./ $ 1.90 L\u2019INITIATION CHRETIENNE SELON SAINT MARC / G.Dambricourt 166p./ $2.25 LA SEXUALITE / C.Krujit 144p./ $ 2.25 LE MIRACLE / A.De Groot 164p./ $ 2.25 LA PRIERE / Spécialistes 140p./ $2.25 Le 2e tome de la Synopse s\u2019en vient.Ce deuxième volume s\u2019efforce de répondre aux questions posées par la présentation synoptique des textes évangéliques déjà parus dans le premier tome.Fondée sur un examen minutieux des accords et des désaccords ainsi que des caractéristiques du vocabulaire et du style propres à chaque texte, cette nouvelle publication détermine les interferences qui ont produit les rédactions des textes que nous connaissons.Ces analyses et leurs fruits sont exposées dans des notes qui accompagnent une par une les péricopes du premier volume.La recherche est avant tout de caractère littéraire.Tout en se voulant scientifique et technique, elle s\u2019efforce d'être accessible à tout lecteur cultivé.Format : 21 x 27, in quarto carré Prix probable : Entre $ 15.00 et $ 18.00 Parution : Mars 1972 N.B.Sur toute commande placée avant la fin de janvier 1972, nous accorderons une remise de 10%.Librairie Editions Paulines, 250 n.boul.St-François, Sherbrooke, Qué. dera, plus elle risquera d\u2019être dépréciée, ou plus difficile peut-être à élaborer, si la température continue à monter.Certains de nos frères protestants semblent l\u2019avoir pressenti.Devant le Comité spécial sur la Constitution, le « Conseil de l\u2019évangélisme et des services sociaux » de l\u2019Eglise unie du Canada, dont le siège social est à Toronto, a présenté sa position le 3 juin dernier.En parlant des relations entre anglophones et francophones au Canada, les représentants de ce Conseil distinguent nettement de son application le principe même du droit à l\u2019autodétermination pour les collectivités; ils accordent ce droit au peuple du Québec et conçoivent très bien, \u2014 c\u2019est leur position, \u2014 qu\u2019on puisse être en même temps en faveur de ce principe et en faveur d\u2019un fédéralisme librement consenti (Fascicule 83, p.28).La question de principe est à leurs yeux une question d\u2019ordre « philosophique », et la reconnaissance de ce principe contribuerait, pensent-ils, à désamorcer la violence au Québec et à instaurer un véritable dialogue entre des interlocuteurs égaux.On peut s\u2019amuser à imaginer des représentants de l\u2019Office d\u2019action sociale (section anglaise et section française) de la Conférence catholique canadienne tenant un langage assez semblable à celui de leurs confrères de l\u2019Eglise unie devant le Comité mixte sur la Constitution, à Ottawa.En tout cas, on peut souhaiter que les évêques du Canada, qui ont cru bon de faire une déclaration sur Vautonomie à l\u2019occasion du Centenaire de la Confédération, en 1967, trouvent opportun, en 1972, de dire quelque chose aux Canadiens, au moment où il est tellement question, cette fois, du droit à l'autodétermination, au cours des travaux de ce très important Comité sur la Constitution du Canada.Les Canadiens français du Québec, avec leur langue, leur histoire, leur culture et leurs traditions propres, deviennent certainement de plus en plus conscients de former un < peuple ».Confrontés à l\u2019éventualité angoissante de leur disparition dans l\u2019océan nord-américain, ils sont contraints de se demander à quelles conditions ils pourront rester eux-mêmes et se développer.Quel politicien pourra leur démontrer qu\u2019ils ne forment pas un peuple, et que, dans notre démocratie, ils n\u2019ont pas ce droit \u2014 dont parle la proposition générale déjà votée par les évêques du Canada en septembre dernier \u2014 « de prendre en main leur destinée », ce droit qui « fait partie du droit au développement intégral » ?wêêêêêêêêêêêê MANIFESTE DES BOÎTES AUX LETTRES DE MONTRÉAL \u2014 billet de René Champagne Boîtes aux lettres de Montréal, unissez-vous ! Un spectre hante l\u2019Hôtel de ville de Montréal, le spectre de la malpropreté.Voici qu\u2019au nom de la propreté on veut nous anéantir, nous qui avons toujours protégé le plus propre de chaque homme.Il n\u2019y a rien de nouveau dans cette menace: toute l\u2019histoire de la ville de Montréal n\u2019a été jusqu\u2019à nos jours qu\u2019une histoire de propreté.Depuis la lutte des Blancs contre les indigènes, jusqu\u2019à celle du Maire Drapeau contre les hippies et contre nos amies, les distributrices de journaux, on a toujours voulu faire de Montréal une ville propre.Les déploiements de l\u2019armée contre les felquistes, les déploiements de la police contre les manifestants, une simple question de propreté ! Mai chacun a sa petite définition propre de la propreté.Nous avons la nôtre ! Et la nôtre, c\u2019est celle de milliers de Montréalais qui nous écrivent chaque jour et^ pour lesquels il y a beaucoup d\u2019autres boîtes à fermer avant nous.Boîtes aux lettres de Montréal, debout, au poste ! Voici l\u2019heure de la levée ! Il est temps que nous cessions de nous faire remplir comme des sacs à malle !! Contre les timbrés du monde entier qui voudraient nous oblitérer, dressons un front commun.Courage ! La Reine est avec nous ! Nous vaincrons ! 26 novembre 1971.A l\u2019occasion de la Noël et de l\u2019an nouveau.CETTE NUIT-LÀ.Je te dis des visages de cette nuit-là qu\u2019ils sont extraordinaires.Ils sont dans l\u2019attente d\u2019une lumière qu\u2019ils ont souvenance de pouvoir habiter.Un miracle peut-être.Il va passer dans les yeux des hommes un frisson infini qui chavire l\u2019âme.Toi seul pourras comprendre car tu porteras attention à l\u2019Evénement d\u2019amour.Tu sens autour de toi le mystère t\u2019envahir.Tu le reconnais déjà aux allusions secrètes, aux airs entendus et surtout à la complicité d\u2019un amour que les hommes ont levé dans leurs cœurs.Et tu attends la présence qui t\u2019annonce le mystère à travers tous ses traits épandus dans ton univers.Et voilà que tu te surprends à désirer plus que l\u2019ombre ou l\u2019ébauche ou le mystère du silence qui t\u2019emplit d\u2019amour.Tu guettes déjà le geste d\u2019amour qui est soleil pour ton cœur et dont tu as soif.Tu rêves.Et c\u2019est un Enfant qui naît au point du jour.Lumière.Tu as peine à croire, il est si petit, si simple, d\u2019une simplicité que tu ne connais pas, et surtout, trop vrai pour être ton rêve.Et t\u2019échappent dans ta surprise la joie et l\u2019émerveillement des regards qui se croisent et voyagent d\u2019un cœur à l\u2019autre la chaleur du Premier-Né.Ne parle pas, laisse le silence te garder un peu à son tour.Les hommes n\u2019entendent plus, ils ont été saisis comme toi.Et dans leurs yeux, couleur de l\u2019arbre de fête, porteurs de paroles qu\u2019ils n\u2019ont pas osé se dire à cause d\u2019un respect de la Nuit et de la neige au dehors plus lourde qui luit, retenues, des larmes d\u2019une exquise et rare douleur ont allumé l\u2019Eternité.Et tu reçois en une seule fois de l\u2019Enfant une telle provision d\u2019amour qu\u2019il te vaut d\u2019en vivre longtemps encore, riche de ce souvenir de lumière versée en toi, de lumière à laquelle il manque ton regard, cette nuit.Car, mon ami qui cherches à vivre le sens véritable des choses, c\u2019est aujourd\u2019hui Noël.André Barbeau.RELATIONS offre ses vœux les meilleurs aux abonnés et lecteurs, en les priant de ne pas oublier de faire un cadeau à quelqu\u2019un de leurs amis .(cf.p.326).DECEMBRE 1971 337 rLECTURE DU MOIS.Orientations pour un aujourd\u2019hui difficile* par Lucien Roy Abstenons-nous de comparer les difficultés du temps présent à celles d\u2019un passé que nous n\u2019avons pas vécu.L\u2019histoire chrétienne porte la marque de fluctuations incessantes, d\u2019accalmies trop brèves qui ne semblent s\u2019intercaler que pour donner le temps aux autres soulèvements de préparer une offensive plus puissante, plus brusque, plus sournoise.De tempête en tempête, on risque de se laisser emporter par la peur jusqu\u2019à la panique, jusqu\u2019à vouloir débarquer.Ou bien on risque de s\u2019habituer.Ce dernier risque ne vaut pas mieux que l\u2019autre.Les options vraiment engageantes auxquelles nous sommes tous conviés quelques fois dans la vie ne peuvent se conclure dans la somnolence, l\u2019apathie, le laisser-passer d\u2019une intelligence et d\u2019une liberté en veilleuse.Pour qu\u2019elles se fassent dans la lumière de la joie, la certitude de la paix, il faut qu\u2019un Esprit plus fort que tous les vents de tempête se soit imposé, qu\u2019il ait fait toucher la solidité inébranlable au milieu de toutes les secousses, qu\u2019il ait entrouvert un Abîme plus profond que tous les abîmes où l\u2019on pensait s\u2019engloutir.Mais qui répond à ces exigences ?Des voix s\u2019élèvent pour apporter leurs solutions.Nombreuses, oui; efficaces, non.L\u2019étalage impressionnant de réalités bien circonscrites, étudiées, possédées qu\u2019on nous offre comme éventail complet de tout le réel \u2014 outre qu\u2019il ne cesse jamais de déborder ses frontières et n\u2019en finit pas malgré tout de se prétendre tout le réel \u2014 ne représente toujours qu\u2019une réalité poreuse laissant filtrer ce qu\u2019on voudrait retenir comme le dernier mot de la vérité.Ses insuffisances sont plus éloquentes que ses « explications ».Non seulement on n\u2019a pas réussi à nous offrir la synthèse qui ne se lézarde pas, mais tout ce qu\u2019on nous présente comme parfaitement pur des scories du mythe reste irrémédiablement parasité de ce virus d\u2019insuffi- * A propos du livre d\u2019André Manaran-che: Un chemin de liberté (Paris, Editions du Seuil, 1971).sance.Le réel, si l\u2019on respecte à la fois l\u2019avenir et le présent, ne peut prendre place que dans le Réel.La clameur intérieure de la création porte beaucoup plus haut que l\u2019ambition humaine la plus audacieuse.Décidément il faut Etre ou ne pas être.Il faut ouvrir au-delà des frontières du visible un chemin d\u2019intelligibilité, au-delà de l\u2019autosatisfaction la route de l\u2019épanouissement vrai, l\u2019accès à un amour qui cesse de mentir et de se défiler pour coïncider enfin avec le vrai sans faille et sans limite.C\u2019est un des mérites du livre de Manaranche que d\u2019aller chercher au creux de l\u2019humain cette réponse qui se dessine obscurément sans savoir qu\u2019elle est la réplique à un appel de Dieu.« Nous n\u2019avons pas bondi prématurément sur la christologie, bien qu\u2019elle soit l\u2019alpha et l\u2019oméga de toutes choses, parce qu\u2019il fallait d\u2019abord identifier dans le cœur humain le berceau de sa nativité », dira l\u2019A.dans sa conclusion.Cet Avent anthropologique a été soigneusement traité, trituré, retravaillé en tous sens afin de ne laisser subsister aucun faux, aucune illusion.Un décapage radical, sans merci, qui nous laisse pour un instant au bois nu.Mais comment le regretter puisque cela nous épargne les raccourcis trop faciles, les distractions qui, en fin de compte, desserviraient notre propos.« En pleine société industrielle, y a-t-il perte de temps ou futilité à se préoccuper de sens, de liberté et de communion?Et comment pourrions-nous tenter une réflexion sérieuse sans avoir risqué ces interrogations radicales?» (Ibid.) Sans doute, ne faudrait-il pas se contenter de lire la première partie de ce livre, avec la conclusion, même si toutes les deux sont particulièrement remarquables.D\u2019ailleurs qui les aura lues ne voudra pas s\u2019en contenter.Ceux-là même dont les préjugés seront pris à rebours, s\u2019ils sont honnêtes, voudront s\u2019arrêter et méditer à loisir une pensée dense, souvent trop rapidement énoncée, mais qui vaut bien tous les slogans éculés sur le Dieu séculier, les aliénations de toutes sortes qu\u2019on ressasse partout excepté dans sa propre errance.Nous avons assisté, jusqu\u2019à l\u2019écœurement, aux défoulements individuels ou collectifs contre l\u2019Eglise (ou une partie importante de l\u2019Eglise) pour s\u2019entendre proposer aujourd\u2019hui avec joie le nouveau type de saint « qui porte véritablement la prophétie et fasse œuvre constructive .Un fils de l\u2019Eglise qui n\u2019est pourtant pas asservi aux formes caduques ni aux horizons étroits de la seule institution» (ibid).Ce portrait du saint des temps nouveaux mériterait d\u2019être cité en entier, avec ce qu\u2019il comporte de violence, d\u2019impatience, etc.Disons rapidement que Manaranche se montre d\u2019une santé spirituelle réconfortante, d\u2019un équilibre qui fait honneur à la fois à sa lucidité et à sa loyauté.Il aura contre lui le partisan des extrêmes, celui qui s\u2019est enfoncé dans la démesure (autre que celle de l\u2019amour dont l\u2019Esprit se fait le régulateur et le garant) jusqu\u2019à perdre les points de repère qui pouvaient baliser autrefois un chemin maintenant perdu.Il se l\u2019aliénera d\u2019autant plus que sa pensée sans ménagement se fait jour en des images fulgurantes, blessant le regard parfois jusqu\u2019à l\u2019âme.Il nous a mis entre les mains un livre où l\u2019on trouve son sentier à la lumière des éclairs.Relever ce trait, c\u2019est par le fait même rendre hommage au courage de l\u2019auteur.Un courage qui sait écouter d\u2019abord en profondeur, patiemment, jusqu\u2019au bout tout ce qui peut se dire de bon, d\u2019où que cela provienne, mais qui, 338 RELATIONS évidemment, ne se réfugie pas derrière ce paravent de l\u2019écoute pour accéder, en s\u2019enveloppant de sérénité olympienne, à ce « degré supérieur > de respect où l\u2019on se croit tenu à ne plus rien dire ou à parler pour ne rien dire.L\u2019auteur, même s\u2019il est de bonne race, vit à l\u2019évidence, d\u2019un courage qu\u2019il ne s\u2019est pas donné et qui lui sera sans doute conservé, même s\u2019il adoucit un jour ses formules ou s\u2019il consent, en un style moins abrupt, à déployer plus largement sa pensée par égard pour nos esprits plus lents.On trouvera dans Un chemin de liberté la saveur d\u2019un Evangile fait pour interpeller tous les temps.Un Evangile étrangement contemporain, qui parle le langage du nôtre.Les plus cultivés s\u2019y trouveront à l\u2019aise; les autres n\u2019en seront pas dépaysés pour autant, même si certains aspects de la pensée actuelle leur sont moins familiers, car cette pensée marque plus ou moins le climat général dans lequel nous baignons tous.Personne ne voudra faire grief à l\u2019auteur de sa vaste culture, tout au plus souhaitera-t-on, ici et là, qu\u2019il recoure moins à ses lectures pour parler davantage de sa propre abondance.Un fait paraîtra déroutant à ceux qui ont remisé les Exercices spirituels de saint Ignace au rayon des vieilles méthodes dont le vingtième siècle n\u2019aurait plus rien à tirer: non seulement le P.Manaranche s\u2019en inspire tout au long de son ouvrage \u2014 les habitués s\u2019y reconnaîtront facilement \u2014, mais il colle parfois le texte de très près (v.g.aux pages 98-100, sans oublier les grandes articulations des Exercices: le discernement, le choix selon Dieu, etc.) Comme l\u2019Evangile, les Exercices, chez lui, parlent le langage de notre temps.C\u2019est plus qu\u2019un essai prometteur, c\u2019est la démonstration qu\u2019en d\u2019autres ouvrages l\u2019A.pourra poursuivre son travail de mise à jour d\u2019une richesse qu\u2019il est loin d\u2019avoir épuisée.Dans l\u2019ensemble de ses travaux présents et futurs, il nous sera loisible de retracer une manière vraiment parlante et actuelle, entre plusieurs autres qui pourront s\u2019imposer à l\u2019attention, de faire vivre le dessein de Dieu, grâce à la riche inspiration ignacienne de mieux en mieux explorée.Quand on a un pareil talent et qu\u2019on a reçu le souffle d\u2019en-haut il est impensable qu\u2019on s\u2019arrête à mi-chemin.Pourquoi l\u2019auteur a-t-il choisi pour titre à son livre: un chemin de liberté ?Aussi bien laisser aux lecteurs le soin d\u2019en découvrir la convenance.Lorsqu\u2019ils auront saisi que la lumière du Christ n\u2019est pas une lumière froide; que la vérité est cela même qui libère; que la rencontre de deux amours aussi liés l\u2019un à l\u2019autre assume la profondeur de la piété filiale et de la soumission la plus entière, sans dépréciation, sans « aliénation » ainsi qu\u2019on aime à dire; que le Dieu qui est au bout de la rencontre est un Dieu vivant, pour faire vivre, pour faire être, pour faire être soi-même de telle sorte que la réalisation de soi s\u2019accomplisse dans la possession plénière, personnelle de la Vie et de l\u2019Amour; que la rentrée en Dieu est la souveraineté la plus enviable pour qui souhaite être seigneur de lui-même, alors on n\u2019aura peut-être plus de questions à se poser.Bergeron, Gérard: La guerre froide inachevée.\u2014 Montreal, PUM, 1971, 316 pp.Bouchard, Maurice: L\u2019homo œconomicus.Essai sur l\u2019échange et les prix.\u2014 Montréal, PUM, 1971, 320 pp.Bouvier, Emile: L\u2019Economique et la coexistence du secteur privé et du secteur public.\u2014 Montréal, Ed.Guérin, 1971, 851 pp.Cardinal, Harold: La tragédie des Indiens du Canada.\u2014 Montréal, Ed.du Jour, 1971, 228 pp.Conférence mondiale sur l\u2019aide œcuménique: Rompre les chaînes injustes.\u2014 Paris-Lyon-Genève, les Editions œcuméniques, 1971, 175 pp.Coste, René : Quel système économique ?Col.« Aux hommes de notre temps \u2014 ?réponses chrétiennes ».\u2014 Gembloux, J.Duculot; Paris, P.Lethielleux, 1971, 205 pp.Défossez.Marie Paule: Vivre au féminin.Une morale féminine de la vie conjugale.\u2014 Paris, Le Centurion, 1971, 218 pp.Durand, Guy: Ethique de la rencontre sexueDe.Essai.\u2014 Montréal, Fides, 1971, 193 pp.Durocher, René, Linteau, Paul-André; Le « retard » du Québec et l\u2019infériorité économique des Canadiens français.Col.d\u2019études d\u2019histoire du Québec, 1.\u2014 Trois-Rivières, les Editions Boréal Express.1971, 129 pp.Fattah, Ezzat A.: La victime est-elle coupable ?Le rôle de la victime dans le meurtre en vue de vol.\u2014 Montréal, PUM, 1971, 259 pp.Floch-Ribas, Jacques: Le greffon.Roman.\u2014 Paris, Robert Lafont; Montréal, Ed.du Jour, 1971, 310 PP- French, Hugh M.et Racine, Jean-Bernard: Quantitative and Qualitative Geography.La nécessité d\u2019un dialogue.\u2014 Ottawa, les Ed.de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1971, 216 pp.Gaudrault, Gérard: L\u2019engagement de l\u2019Eglise dans la révolution d\u2019après Martin Luther King Jr.\u2014 Montréal, Fides, 1971, 346 pp.Grenier, Maxime et Monteil, Bernard: Principes de management.\u2014 Québec, PUQ, 1971, 517 pp.Hogue, J.-Pierre:\tLes relations humaines dans l\u2019entreprise.\u2014 Montréal, Ed.Commerce et Beau-chemin, 1971, 187 pp.Kloss, Heinz: Les droits linguistiques des Franco-Américains aux Etats-Unis.Publ.pour le Centre international de recherches sur le bilinguisme.\u2014 Québec, PUL, 1971, 84 pp.Laurentin, René: Nouveaux ministères et fin du clergé.\u2014 Paris, Ed.du Seuil, 1971, 314 pp.Lemieux, Vincent: Parenté et politique.L\u2019organisation sociale dans l\u2019ile d\u2019Orléans.\u2014 Québec, PUL, 1971, 250 pp.Léon-Dufour, Xavier: Résurrection de Jésus et message pascal.Col.«Parole de Dieu».\u2014 Paris, Ed.du Seuil, 1971, 390 pp.Markoosie: Le harpon du chasseur.Roman.\u2014 Montréal, le Cercle du Livre de France, 1971, 95 pp.Mason, David: Le raid sur Saint-Nazaire.Col.« Histoire illustrée de la seconde guerre mondiale », Marabout GM, 20.\u2014 Quebec, Kasan Ltée, 1971, 181 pp.Nguyên van Tuyên, J.: Foi et existence selon Kierkegaard.Col.« Présence et pensée », 23.\u2014 Paris, Aubier/Montaigne, 1971, 251 pp.Parent, Lise: Les Des flottantes.Roman.\u2014 Montréal, le Cercle du Livre de France, 1971, 183 pp.Reboul, Olivier: Kant et le problème du mal.\u2014 Montréal, PUM, 1971, 272 pp.Renard, Cardinal A.: Qu\u2019est-ce qu\u2019un chrétien?\u2014 Paris, Beauchesne, 1971, 104 pp.Veilleux, Gérard: Les relations intergouvemementales au Canada 1867-1967.Les mécanismes de coopération.\u2014 Montréal (C.P.250), PUQ, 1971, 142 pp.Zelbstein, Uri: L\u2019Homme face an monde.Essais.\u2014 Paris, Beauchesne, 1971, 179 pp.DÉCEMBRE 1971 339 LITTÉRATURE ;\u2014.SUR LES VOIES DE NOTRE POÉSIE (I) par René Dionne Si notre poésie, depuis quelque temps, donne l\u2019impression de marquer le pas, il n\u2019en reste pas moins, ainsi que nous le notions en février dernier 1, qu\u2019elle continue de se diversifier et de s\u2019approfondir, tant au point de vue du fond qu\u2019à celui des formes, soit en battant plus en profondeur les bons sentiers de naguère, soit en forçant des voies nouvelles qui, pour peu heureuses qu\u2019elles puissent parfois s\u2019avérer, n\u2019en témoignent pas moins d\u2019une vitalité certaine.Olivier Marchand A l\u2019Hexagone, pour une part, il semble que l\u2019on ait décidé de transformer ce temps d\u2019arrêt en moment de réflexion et de récollection.Apparemment il s\u2019agirait, avant que d\u2019opter pour une nouvelle orientation et en même temps que l\u2019on tâte d\u2019un possible second souffle, d\u2019enregistrer pour la postérité les heureux moments que, de 1953 à 1963, \u2014 soit de la fondation de l\u2019Hexagone à celle de Parti pris, \u2014 notre poésie a connus sous l\u2019égide de Miron et Cie; au fond, tout se passe comme si, vieillis et devenus sages par force majeure, les jeunes qui, en ces années-là, avaient rompu en visière avec leurs aînés d\u2019antan, sentaient aujourd\u2019hui le besoin, pour survivre ou durer, de s\u2019ériger à leur tour en tradition.Après avoir crié le sens de la rupture, l\u2019Hexagone découvre, ou avoue, celui de la continuité.Voici donc que, après les poésies complètes (pour un temps) d\u2019Alain Grandbois 2, Roland Giguère3 et Jean-Guy Pilon4, on nous donne à déguster celles d\u2019Olivier Marchand 5 et Paul-Marie Lapointe 6, et que l\u2019on annonce officieusement celles de Gilles Hénault, Gatien Lapointe, Fernand Ouellette et, peut-être, de Gaston Miron.De tous ceux-là, Olivier Marchand est certes la figure la moins connue.Pourtant, c\u2019est lui qui, en 1953, signant Deux Sangs 7 avec Miron, avait donné le coup d\u2019envoi de l\u2019Hexagone.Cinq ans plus tard, il publiait Crier que je vis 8.A ces deux recueils 9, Par détresse et tendresse ajoute des poèmes composés de 1958 à 1965.La voix de Marchand n\u2019a pas changé: elle est toujours aussi délicate et tendre; c\u2019est à peine si l\u2019on peut dire qu\u2019elle est devenue plus grave à mesure que son propos s\u2019est élargi et approfondi, passant de l\u2019amour adolescent (Deux Sangs) au marital et paternel (Crier que je vis), puis au tout fraternellement humain (Par détresse et tendresse).L\u2019œuvre de Marchand jouit également d\u2019une remarquable unité de ton: celui d\u2019un lyrique discret qui ne consent à la confidence qu\u2019à travers la musique des mots.Nous touchons ici au point faible de Marchand: jamais il ne s\u2019abandonne vraiment, jamais il ne s\u2019envole à tire-d\u2019aile.Sa poésie est toute de contention et retention; et cet enchaînement de l\u2019auteur par quelque force en lui secrète, fait que le lecteur, à son tour, se sent mal à l\u2019aise et détourné de l\u2019abandon que requiert toute communication intime.C\u2019est ainsi, par exemple, que la lumière a beau éclater dès le début, comme en un clair matin, dans les poèmes de Marchand, il reste qu\u2019elle naît d\u2019un regard de l\u2019âme si implacable que les couleurs les plus vives, au lieu de s\u2019étaler en peinture, s\u2019amaigrissent en lignes de dessin10.Nous en retirons l\u2019impression que, pour Marchand, la poésie ne constitue pas un espace vital, mais un simple lieu de réflexion spéculaire ou de fixation sculpturale de l\u2019expérience: bien plus que vécue au pays de mémoire, la parole apparaît ravivée au souvenir volontaire d\u2019une intelligence bellement sensible.Crier que je vis est à la fois au centre et au sommet de l\u2019œuvre de Marchand, probablement parce que l\u2019amour paternel, qui avait magnifiquement chanté son ascendance dans le « Père » de Deux Sangs n, éprouve ici la joie de son prolongement dans « le Flot des labours12 », avant de se perpétuer, après 1958, dans « le Beau Nom d\u2019être tous 13 », « Saint Olivier 14 », « Catherine 15 », « Xavier 16 », « Emmanuelle 17 », puis de se résumer en un poème final: « Tout aimer 18 ».Notons aussi, dans Crier que je vis, l\u2019ampleur du souffle et de la vision que manifestent « le temps pleut sur des lèvres 19 » et « Paysage20»; dans Deux Sangs, la pure diction du poème religieux:\t« Les Cheveux du Christ21 »; enfin, dans les poèmes de 1958 à 1965, la délicieuse légèreté de « Ta vie de danse 22 », mais surtout la détresse mélancolique et tendre des poèmes consacrés à celle qui s\u2019est éloignée après avoir été, toute proche, amour aimant et aimé.En somme, si Marchand ne réussit pas à tout dire son cœur, il en dit quand même suffisamment pour que nous trouvions beaucoup à aimer chez lui.Paul-Marie Lapointe Cinq ans avant la parution de Deux Sangs, soit en 1948, un étudiant de dix-neuf ans, Paul-Marie Lapointe, publiait le Vierge incendié 23.C\u2019était au temps de Borduas et de son Refus global24, et le recueil paraissait grâce aux bons soins de Claude Gauvreau 25.Ni à celui-ci ni à celui-là pourtant, le jeune auteur n\u2019était redevable de l\u2019automatisme de ses poèmes, mais à sa démarche personnelle, sorte de moment de fougue (trois mois) connu à la lecture des Illuminations, de Capitale de la douleur et de Léon-Paul Fargue 26.Libéré de sa gourme ainsi jetée, le jeune homme ne poétisa plus, sauf pour une nuit « dans les affres de l\u2019être et du verbe », « nuit qui ne dura que quelques heures, le temps d\u2019écrire en onze jours une trentaine de poèmes 27 ».Il se passera dix ans avant que le poète puisse reprendre la parole et publier à l\u2019Hexagone, en 1960, Choix de poèmes \u2014 Arbres 28; dix ans pendant lesquels la critique respecta le silence de l\u2019auteur, ni ne le troublant ni ne s\u2019en inquiétant, ou si peu que pas.Mais Choix de poèmes paru, cette attitude changea; et le poète que le sillage des peintres automatistes n\u2019avait pu entraîner que dans les remous encore sombres de la révolution à venir, se vit procurer, grâce au compagnonnage de l\u2019Hexagone, feu et lieu sur la place publique.Désormais, il ferait bon le retrouver comme un vieil ami, ce poète; c\u2019est ce qui arriva lors de la parution de Pour les âmes29, en 1965: Paul-Marie Lapointe fut salué comme un grand poète de ce pays et de ce temps, et l\u2019on se mit à l\u2019étudier dans les collèges et les universitsé.Le Réel absolu pouvait venir: toute une clientèle d\u2019étudiants et de professeurs le réclamait.Elle ne sera pas déçue.L\u2019œuvre de P.-M.Lapointe est de celles qui peuvent le mieux satisfaire à la fois les goûts de la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui et les exigences de la critique contemporaine.A une génération qui éprouve jusqu\u2019au tréfonds de l\u2019esprit la soif de l\u2019amour physique, le Réel absolu offre à goûter la matière sensible du corps humain; aux techniciens de la littérature, il livre à disséquer et anastomoser, structurer et configurer, peut-être aussi à défigurer, les savantes et surabondantes images du Vierge incendié.Faut-il ajouter aussi que, au simple amateur de littérature, à celui qui lit avant tout pour le plaisir de lire et la joie de goûter, et que nous serions tenté d\u2019appeler simplement un littéraire, il donne à voir et sentir la pulpeuse et colorée luxuriance de notre cosmos vital: amoureuse thé des bois par touffes répondant au soleil30 corps tendre et blond corps de velours corps lumineux corps mouillé herbe sous le vent des îles corps chaleureux éclair allongé plumage de mon sang corps paupières tendues les mains crispées à l\u2019épaule cri torride des cuivres horizontaux j\u2019appelle résurrection les sapins et les ifs tendresse palpitante des oursons la toundra bascule les soleils j\u2019appelle une rivière où le flanc rose de ta nuque suit le sillage profond d\u2019une truite lunaire une perdrix embrasse l\u2019automne feu gris feu pers mousse flambante 31 tu ne mourras pas un oiseau portera tes cendres dans l\u2019aile d\u2019une fourrure plus étale et plus chaude que l\u2019été aussi blonde aussi folle que l\u2019invention de la lumière 32 tu ne mourras pas ton amour est éternel 33 le corps se divise pour le plaisir et la satisfaction ainsi est cette âme 34 L\u2019extraordinaire de cette poésie, c\u2019est que, grâce à la médiation du corps, elle aboutisse, dans l\u2019atmosphère et le climat d\u2019ici, à un 340 N RELATIONS certain bonheur de vivre qui ne revendique d\u2019aucun au-delà sa justification et ne demande qu\u2019à l\u2019homme son pain et la nécessaire justice: à toi, à moi, à nous il revient de donner un destin aux êtres en assumant la vie touchée 35.Claude Rousseau Bien différente de ce « réel absolu » est la poésie de Claude Rousseau.Mais qui est-il, celui-là ?Jean-Guy Pilon s\u2019en souvient comme d\u2019un nom qui apparaissait, de temps en temps, au bas de poèmes publiés dans Y Amérique française des années \u201950; il n\u2019a cependant jamais rencontré aux palabres d\u2019alors « ce mystérieux auteur qui vivait loin de Montréal36».Claude Rousseau a pourtant publié, dès 1947, un premier recueil de poèmes: Jeux d\u2019eau37, puis en 1960, un second: Feux nocturnes33.A ces deux volumes emprunte le troisième, qui, étant un « choix de poèmes 1947-1968 », comprend également quelques inédits.Les rats aussi ont de beaux yeux 39 n\u2019est pas un titre aussi gratuit qu\u2019on l\u2019a dit40 ; il n\u2019est qu\u2019étrange comme est étrange la vie qui nous est donnée à voir et à sentir par Claude Rousseau.Il y a des vies de chiens; pourquoi n\u2019y aurait-il pas des vies de rats ?Et puis, si un rat n\u2019est pas beau à voir, ses yeux sont quand même des perles.Les poèmes de Claude Rousseau ne sont pas autres: froids fruits, ciselés à même le marbre des mots par le laser d\u2019un impitoyable regard second, ils brillent comme perlent les instants lumineux d\u2019une vie de gris pelage de nuit et de raz de terre.Cette poésie est toute de solitude aride.La vie est belle; et le poète le sait, qui la voit ainsi, « juste le temps de voir à [ses] pieds », avant que « d\u2019expirer », du haut de « la montagne Suicide » qu\u2019il a gravie « avec courage jusqu\u2019au bout 41 ».Le drame, il est de la mal-aimance de celui qui, ne sachant pas aimer ou n\u2019arrivant pas à bien aimer, souffre de n\u2019être pas aimé de retour; drame de la « trinité perdue » : « Mon esprit mon âme et mon corps / N\u2019ont jamais inspiré l\u2019amitié / Mais la réprobation mystérieuse42 »; drame du cœur à fleur de pieds: « briser les pieds jeter les pieds baiser les pieds / le cœur n\u2019est pas un oiseau qu\u2019on saisit / il se perche lui-même sur les pieds 43 », et drame des mains: « Mes mains jamais apaisées / Se cachent et fuient comme des racines44»; finalement, drame du poète: « Si au moins je pouvais chanter somptueusement / Comme quelqu\u2019un qui étanche sa soif en l\u2019océan 45 ».Cet heureux et plein luxe d\u2019expression n\u2019est arrivé au poète qu\u2019une seule fois: dans son beau et solitaire poème intitulé « Kateri 46 ».Le reste du recueil ne nous indiffère pas pour autant: nous admirons que son auteur ait pu panser là si durement, sans jamais la faire saigner indiscrètement 47, la blessure de la « bête promise à la mort48 ».(à suivre) Département des Lettres françaises, Université d\u2019Ottawa.1.\t« Où va notre poésie ?», Relations, 31 (1971): 55-57.2.\tPoèmes (Les Iles de la nuit, Rivages de l\u2019homme, L\u2019Etoile pourpre).\u2014 Montréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1963, 251 pp.(N\u2019est-il pas symptomatique que ce soit en l\u2019année même de la naissance de Parti pris que l\u2019Hexagone a senti le besoin de renouer avec DÉCEMBRE 1971 ses origines les plus lointaines ?) 3.\tL\u2019Age de la parole (poèmes 1949-1960).\u2014 Montréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1965, 170 pp.4.\tComme eau retenue (poèmes 1954-1963).\u2014 Montréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1969, 195 pp.5.\tPar détresse et tendresse, précédé de Deux sangs et Crier que je vis (poèmes 1953-1965).\u2014 Montréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1971, 122 pp.6.\tLe Réel absolu (poèmes 1948-1965).\u2014 Montréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1971, 270 pp.7.\tMontréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1953, 70 pp.Cet ouvrage comprenait 27 poèmes d\u2019Olivier Marchand et 17 poèmes de Gaston Miron.8.\tMontréal, Editions de l\u2019Hexagone, 1958, 32 pp.9.\tLes corrections apportées à ces recueils sont mineures, ainsi qu\u2019on le pourra constater aux pages suivantes de Par détresse et tendresse: 11, 13, 14, 15, 27, 28, 33, 34, 35, 37, etc.10.\tV.g.«Couleurs» (p.11), «Neige» (26), « Un étang de noir » (27), etc.11.\tPar détresse et tendresse, 25.12.\tIbid., 52-54.U.Ibid., 67.14.Ibid., 70.15.Ibid., 11.16.\tIbid., 72.17.\tIbid., 73.18.\tIbid., 114.19.\tIbid., 61-62.20.\tIbid., 63.21.\tIbid., 30.22.\tIbid., 87.23.\tMontréal, Editions Mithra-Mythe, 1948, 106 pp.24.\tMontréal, Editions Mithra-Mythe, 1948.25.\tVoir Claude Gauvreau, « L\u2019Epopée automatiste vue par un cyclope », dans les Automatistes, n° 17-18-19-20 (janvier-août 1969) de la Barre du jour, p.78.26.\tVoir Philippe Haeck, « Chronologie de la vie et de l\u2019œuvre de Paul-Marie Lapointe », ibid., p.283.27.\tPaul-Marie Lapointe, Le Réel absolu, 129.Cette « nuit du 15 au 26 novembre 1948 », qui était restée inédite jusqu\u2019ici, La-pointe nous la présente maintenant en son lieu chronologique normal (voir ibid., 127-164).28.\tColl, «les Matinaux».\u2014 Montréal, les Editions de l\u2019Hexagone, 1960, s.p.29.\tMontréal, les Editions de l\u2019Hexagone, 1965, 73 pp.30.\tLe Réel absolu, 187.31.\tIbid., 181.32.\tIbid., 224.33.\tIbid., 225.34.\tIbid., 214.\u2014 Les corrections apportées aux poèmes des trois premiers recueils et à ceux (extraits de Nuit.) publiés dans la Barre du jour (numéro cité plus haut, pp.298-309), sont de peu d\u2019importance (voir le Réel absolu, 66, 78, 86, 96, 105, 106, 108, 114, 137, 141, 157, 163.etc.) \u2014 On trouvera une bibliographie des études sur Paul-Marie Lapointe dans Pierre de Grandpré Histoire de la littérature française du Québec, tome III, Montréal, Librairie Beauchemin, 1969, 236.35.\tPaul-Marie Lapointe s\u2019est lui-même expliqué là-dessus dans trois textes que Guy Robert a rassemblés dans Poésie actuelle (littérature du Québec), Montréal, Librairie Déom, 1970, 199-204.36.\t« Poésie pour tous », dans le Devoir, 3.11.71: 12.37.\tSainte-Marie-de-Beauce, Editions du Guide, 1947.38.\tSaint-Georges-de-Beauce, Imprimerie Novalux, 1960.39.\tMontréal, les Editions de l\u2019Hexagone, 1971, 62 pp.40.\tJean-Guy Pilon, loc.cit.41.\tLes rats aussi ont de beaux yeux, 9.42.\tIbid., 27.43.\tIbid., 34.44.\tIbid., 42.45.Ibid.46.\tIbid., 41.47.\tIbid., 58.48.\tIbid., 59.Pour Noël, un cadeau d\u2019une rare qualité Un siècle de peinture canadienne, 1870-1970 par Jean-René Ostiguy Jean-René Ostiguy, conservateur à la Galerie nationale du Canada, présente dans cet ouvrage une fresque vivante des principaux courants qui ont animé la peinture canadienne au cours des cent dernières années.Près de deux cents tableaux, dont plusieurs reproduits pour la première fois, complètent un texte que l\u2019auteur a voulu bref et concis.61/2 x 91/2, 208 pages, $6.95.LES PRESSES DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL \u2014 C.P.2447, Québec 2 Théâtre d\u2019ici par Georges-Henri d\u2019Auteuil Vraiment, on ne peut pas dire honnêtement que notre théâtre indigène est négligé.Trois pièces d\u2019auteurs canadiens sur quatre, jouées sur nos scènes locales, c\u2019est une excellente moyenne.Voilà, en effet, la satisfaction qui a été accordée à notre petit orgueil national, le mois dernier, avec le Cri de l\u2019Engoulement de Guy Dufresne, les Balançoires de Jean O\u2019Neil et, d\u2019Alain Pontaut, un Bateau que Dieu sait qui avait monté et qui flottait comme il pouvait, c\u2019est-à-dire mal, titre original, encombrant et même loufoque.Contre un seul étranger, et même italien, Goldoni, avec son Barouf à Chioggia.L\u2019art dramatique continue donc, chez nous, de prendre de l\u2019envol, même si ce n\u2019est pas toujours celui de l\u2019aigle .À la N.C.T.: Le Cri de l\u2019Engoulevent D\u2019ailleurs, l\u2019humble engoulement peut avoir son charme, s\u2019il n\u2019a pas la hantise des cimes comme les grands rapaces.Pour avoir souvent entendu son cri, le soir, à la bru-nante, en se promenant dans son verger, Guy Dufresne connaît bien l\u2019engoulevent.Et ce cri devient la musique lancinante d\u2019accompagnement du drame qui se joue, un soir, sur la ferme de Godefroy Déchesne, entre lui et sa fille Gabrielle, drame que raconte Dufresne dans sa pièce, à l\u2019affiche de la Nouvelle Compagnie Théâtrale, au Gesù, cet automne.Le Cri de l\u2019Engoulevent a déjà été représentée à la Comédie Canadienne, il y a quelques années.C\u2019est une version complètement remaniée qu\u2019on nous offre cette fois.Remaniée et améliorée.Une action plus dense, plus serrée et d\u2019une progression dramatique plus marquée.Non sans quelques temps morts, toutefois, comme celui de la recette, longuement décrite, du vin de cassis de la mère Déchesne.Récit amusant, savoureux et typique d\u2019une bonne ménagère, mais qui embarrasse tous les autres personnages et, surtout, interrompt péniblement l\u2019évolution de l\u2019intrigue.Intrigue très simple.Habile maniganceur et politicailleur de cantons, le père Déchesne espère vendre à bon prix sa terre pour l\u2019agrandissement de l\u2019usine voisine.Amère déception et terrible colère du vieux paysan, habitué à toujours gagner, quand il apprend, en même temps, que son rêve croule par la décision contraire à ses vœux d\u2019un expert américain, venu tout exprès juger l\u2019affaire, et que, au surplus, sa fille aînée et préférée, Gabrielle, s\u2019est « amourachée » de l\u2019étranger.Double défaite du vieillard qui perd l\u2019affection de sa fille sans la compensation de la réussite d\u2019une bonne affaire.Deux coups qui l\u2019assomment.Godefroy Déchesne, odieux et émouvant à la fois, est certainement le personnage central de la pièce, même si l\u2019idylle amoureuse entre Gabrielle et l\u2019américain Crownin-shield est la cause du drame qui l\u2019écrase.C\u2019est lui, la victime de l\u2019aventure qu\u2019il avait rêvée belle et qui tourne à la catastrophe.Avec raison, le rideau tombe sur cet homme et sur son désespoir: la tragédie est accomplie.Il est plutôt oiseux, alors, et très marginal, de se poser des questions sur le caractère un peu folklorique, antiaméricain, campagnard de la pièce.L\u2019essentiel n\u2019est pas dans cette coloration d\u2019une époque et de mœurs peu accordées à la mentalité d\u2019aujourd\u2019hui, si étrangement coupée du passé pourtant bien proche.Sa longue expérience de Séraphin ne pouvait mieux préparer Jean-Pierre Masson à entrer facilement dans la peau d\u2019un Déchesne hargneux, rogue, buté et violent.Choix heureux qui a permis à Masson de quitter une fois de plus la toge pour le cothurne.A son avantage et pour notre plaisir.La jeune interprète de Gabrielle, Louise Laparé, trop tendue, frisant parfois l\u2019hystérie par ses cris et sa gesticulation, nous a procuré des moments pénibles.Les autres personnages: la mère, bonasse et effacée, la sœur, espiègle et un peu vulgaire, le frère, lourdeau butor, l\u2019Américain, compassé, ont été interprétés avec justesse par Jacqueline Plouffe, Monique Joly, Raymond Bélisle et Pascal Rollin.Oeuvre saine et forte, le Cri de l\u2019Engoulevent méritait le soin que Gilles Pelletier a apporté à la monter.Au Théâtre de Quat\u2019Sous: Les Balançoires On ne sait trop qui ils sont, ni ce qu\u2019ils font, ni ce qu\u2019ils veulent.Ils sont sept, tous en pyjamas, apparemment en bonne santé et même heureux.Ils sont pourtant enclos dans une sorte de terrain de jeu fermé de hautes palissades.Et il y a un vague gardien vaguement efficace, qui ne se montre qu\u2019une fois, furtivement.Pour s\u2019occuper, les sept en pyjamas se partagent \u2014 si on peut dire \u2014 quatre balançoires plantées sur le terrain comme dans nos parcs.Nécessaires balançoires, puis- que c\u2019est le titre de la dernière pièce de Jean O\u2019Neil: les Balançoires, que Paul Buisson-neau a présentée à son petit Théâtre de Quat\u2019Sous, de la rue des Pins.Autre pièce canadienne.Très bavarde, selon la mode du jour.Mince action divisée en deux parties distinctes et autonomes: une satire bon enfant, agrémentée de gags usés, de la démocratie; l\u2019effort pénible, mais réussi, d\u2019évasion au delà de la palissade du jardin par un des sept pyjamas, les autres continuant de se balancer.Dans les deux cas, rien de bien neuf.Pochade sans prétention, sur laquelle il serait incorrect de trop insister.Les comédiens \u2014 Benoît Girard, Roger Garand, Yvon Dufour et d\u2019autres \u2014 faisaient mine de bien s\u2019amuser de leurs blagues et facéties de collégiens en récréation, soulignées, de temps à autres, par quelques légers gloussements dans la salle.Collation légère pour spectateurs soumis au régime hypo-graisseux.Au T.N.M.: Un Bateau.où Ton s\u2019ennuie Il y a vingt ans, pour lancer la nouvelle compagnie théâtrale, le Théâtre du Nouveau Monde, Jean Gascon et ses collaborateurs présentèrent l\u2019Avare de Molière.Pour célébrer cet anniversaire heureux et inaugurer sa nouvelle saison, Jean-Louis Roux a mis à l\u2019affiche, cette année, une pièce originale d\u2019Alain Pontaut.Symbole de l\u2019évolution culturelle chez nous depuis vingt ans.Au T.N.M., les anciens sont moins à l\u2019honneur au profit des œuvres du théâtre contemporain et pour faire place généreuse aussi à la production du terroir, de plus en plus féconde.Est-ce à dire qu\u2019on y gagne au change ?Pas toujours, loin de là.Mais c\u2019est un signe que le goût des spectateurs est plus éclectique, que les pièces des auteurs canadiens sont jugées plus valables et que les directeurs de troupes prennent plus audacieusement des risques.En m\u2019inspirant d\u2019un titre assez célèbre d\u2019un auteur français d\u2019hier, je suis bien tenté d\u2019appeler la pièce de Pontaut: un Bateau où l\u2019on s\u2019ennuie.D\u2019abord, ce titre me paraît moins long et moins baroque que celui choisi par l\u2019auteur.Surtout, les trois personnages de ce bateau s\u2019ennuient royalement, malgré les efforts déployés pour essayer de se distraire et, dans la salle, on s\u2019ennuie aussi, souvent.En fait, ce Bateau d\u2019Alain Pontaut est une œuvre d\u2019un symbolisme assez fumeux 342 RELATIONS et qui peut signifier ce qu\u2019on veut, qui s\u2019adresse, semble-t-il, à cette caste prétentieuse d\u2019intellectuels de salon dont la conversation est farcie de citations de leurs auteurs préférés.L\u2019intrigue décousue progresse au rythme des projets fantaisistes imaginés par les personnages désoeuvrés sur ce navire échoué quelque part dans la vaste mer.Sans doute, une mise en scène habile de Jean-Louis Roux essaie-t-elle d\u2019animer le plus possible les conversations à bâtons rompus des trois naufragés: le capitaine, son épouse et un matelot à tout faire.Les comédiens, qui ne sont pas des amateurs, ont beau s\u2019essouffler avec entrain, ils n\u2019évitent pas, trop souvent, un entrain factice éprouvant; surtout Nathalie Naubert, dont le rôle est bien ingrat.Ses compagnons, le capitaine Jacques Galipeau et le matelot Jacques Godin ont des personnalités plus étoffées et caractérisées.Aussi, quelques tableaux leur doivent-ils un certain intérêt et amusement.Mais, il faut bien le dire, les coucheries d\u2019Alain Pontaut sont moins drôles que celles de Labiche ou Feydeau ! Au Rideau Vert: Barouf à Chioggia Un petit village de pêcheurs, cinq femmes, cinq cancanières, cinq Italiennes: en voilà bien assez pour susciter tout un barouf à Chioggia.Goldoni l\u2019a pensé.Il en a fait une pièce, une comédie ébouriffante, que le Rideau Vert nous a présentée sous la direction de Giovanni Poli, spécialement invité de Venise.Carlo Goldoni n\u2019est pas un moderne.Illustre représentant du XVIIIe siècle italien, issu, comme Molière, de la Commedia dell\u2019 arte, il s\u2019en est dégagé, comme son collègue français, pour s\u2019attacher à peindre avec beaucoup de vérité les mœurs de son temps et de son pays.Ce faisant, comme Molière encore, il a atteint à l\u2019étemel.Il savait que la jalousie d\u2019une Italienne de 1760 ressemble étrangement à toutes les jalousies de toutes les femmes de tous les pays et de tous les temps.C\u2019est ce qui fait de Barouf à Chioggia une pièce moderne qui colle parfaitement à notre psychologie pourtant si sophistiquée.Aussi la petite crise de jalousie de Checca, envenimée par la « langue de vipère » de Lucietta, va-t-elle presque causer une émeute au village et bouleverser sans dessus dessous toute la faune mâle et femelle de Chioggia.Comme il convient dans un pays où le soleil tape fort sur les crânes et réchauffe les sangs, on usera abondamment de cris, engueulades, menaces, bousculades,^ jeux de couteaux, dans un tohu-bohu, frénétique parfois, mais toujours amusant.Car dans l\u2019Italie du Nord \u2014 qui n\u2019est pas celle de la mafia \u2014 tout s\u2019arrange toujours et se termine par des embrassades joyeuses.Goldoni, né à Venise, a vécu à Chioggia avec sa mère; il connaît donc bien son monde et sait faire vivre au personnages sous nos yeux avec toute l\u2019ardeur de leurs divers tempéraments.C\u2019est cela que le metteur en scène, Poli, a su bien faire ressortir par les comédiens du Rideau Vert, grâce au jeu stylé et très au point dès la première.Tous les comédiens sont remarquables, mais l\u2019interprétation de Guy Hoffmann a été particulièrement applaudie.Même, on pourrait se demander si, sans lui, sans sa présence dynamique, sa jovialité effervescente, son mouvement endiablé, le rythme de toute la troupe eût été le même et le spectacle aussi réussi.Pour employer un mot savant, il fut une sorte de catalyseur de tous ses compagnons, pour les entraîner dans une farandole indescriptible et des plus hilarantes, au profit des heureux spectateurs de ce brillant barouf.Une merveilleuse cure pour les pessimistes ! Germain Lemieux: Placide-Eustache, Sources et parallèles du conte-type 938.\u2014 Québec, les Presses de l\u2019Université Laval, 1970, 214 pp., 24 cm.jusqu\u2019à maintenant, chez nous, les recherches folkloriques se sont presque réduites à la cueillette et à la classification des contes et chansons de la tradition orale.Un très riche matériel a été ainsi ramassé, mais très peu d\u2019études analytiques et comparatives ont été réalisées pour mettre ce matériel à la disposition des chercheurs d\u2019autres disciplines.Placide-Eustache est l\u2019une de ces études.Selon la méthode historico-géographique, Germain Lemieux cherche les sources et les parallèles de ce conte populaire dont huit versions ont été recueillies en divers endroits du Canada (Gaspésie, les Escoumains, Montréal, Cantons de l\u2019Est, Nord Ontario et Acadie).De sources aussi diverses que l\u2019Orient ancien, l\u2019hagiographie grecque et latine, les récits romanesques du Moyen-Age, diverses traditions européennes plus récentes, il retrouve, en tout ou en partie, la structure et les principaux éléments de ce conte qui tient autant du merveilleux fantastique que de l\u2019édification moralisatrice.L\u2019auteur veut surtout montrer la permanence et la force de la tradition orale, tout en soulignant, à quelques reprises, son interaction avec l\u2019écrit.Il y réussit, je pense, mais n'explique pas assez.De même, il n\u2019explique pas les différences entre les diverses versions.C\u2019est une limite de la méthode historico-géographique.Il formule par ailleurs des hypothèses que d\u2019autres méthodes (structuralisme génétique, champs sémantiques ?) pourront vérifier.Soulignons enfin la transcription phonétique intégrale des huit versions canadiennes du conte.Simples curieux, poètes, grammairiens et linguistes y trouveront beaucoup de plaisir.Yves Lever.Viennent de paraître ANACRÉON, LE JEUNE par Jean-Luc Mercié 15 x 22 cm, 196 pages, 60 illustrations \u2014 Prix: $5,75 TRAVAUX DU 8° COLLOQUE INTERNATIONAL DE DROIT COMPARÉ tenu à Ottawa du 27 au 29 août 1970 15 x 22 cm, 322 pages \u2014 Prix: $5,00 QUANTITATIVE AND QUALITATIVE GEOGRAPHY LA NÉCESSITÉ D\u2019UN DIALOGUE (Travaux du \" de géographie) 15 x 23 cm, x-216 pages \u2014 Prix: $4,00 En vente chez votre libraire et aux : Éditions de l\u2019Université d\u2019Ottawa Ottawa, Canada K1N 6N5 DECEMBRE 1971 343 93 CINÉMA Pour reviser quelques notions \u201cLes maudits sauvages\u201d, de par Yves Lever Lefebvre présente Les maudits sauvages comme « un film presqu\u2019historique » (sous-titre).Passant sans transition de 1670 à 1970, promenant ses personnages dans un village indien reconstitué, dans des paysages champêtres ou sur des avenues commerciales du Montréal contemporain, il nous présente quelques types historiques aux noms bien connus, mais aux visages bien moins connus que nous ne le pensons généralement.Dans Q-Bec My Love, Lefebvre disait qu\u2019il faut brûler les écrans qui cachent la vraie vie (démystifier le cinéma).Avec Les maudits sauvages, il poursuit la même démarche, mais en s\u2019attaquant cette fois-ci à l\u2019histoire.Au milieu de son film, il fait tuer Historion, le vendeur itinérant de l\u2019encyclopédie Historia, nous fournissant ainsi la clé de son film: il faut se dégager de l\u2019histoire officielle apprise dans les manuels.Cela se fait en critiquant de façon radicale toutes les représentations collectives transmises jusqu\u2019à nous.Lefebvre ne prétend pas opérer cette critique en leur juxtaposant une « vraie vérité historique » que, lui, il posséderait, mais tout simplement, il brouille certaines cartes pour semer le doute et dévoile ici et là certaines contradictions qu\u2019il nous invite à réexaminer.A plusieurs reprises dans le film, Thomas Hébert, le personnage principal (principal uniquement parce qu\u2019il fait le lien entre tous les autres), chante ou gueule ce refrain: « Il est un nom dont la mémoire est chère à tous les Canadiens.» Voyons ce qui advient dans le film à quelques-uns de ces noms chers.Les sauvages Sauvage n\u2019est pas « un nom dont la mémoire est chère » (à moins de prendre «chère» dans un sens bien spécial), mais c\u2019est celui qui revient le plus souvent et qui doit davantage être soumis à la critique.On retrouve d\u2019abord toute la série des significations connues.Bien entendu, il signifie avant tout le peuple indien, référent supposé de tous les autres sens.Chacun y ajoute ses connotations.Pour Thomas Hébert, il signifie un être facile à duper, un enfant qui ne raisonne pas, quelqu\u2019un qui ne sait pas vivre, et connote un certain exotisme.Pour Jeanne Mance, il est un non-civilisé, mais un être qui fait pitié.Pour l\u2019abbé Frelaté, il réfère à l\u2019immortalité d\u2019un païen à convertir et à évangéliser.Pour Marie, servante de l\u2019abbé, il évoque simplement un être cruel et sanguinaire qui ne vaut pas la peine qu\u2019on s\u2019en occupe.Avec Historion, le récit exprime une certaine timidité qui fait « avoir peur de rencontrer le monde ».Quant aux Indiens eux-mêmes, Lefebvre ne les présente pas sous un visage d\u2019enfants de chœur (il faut lui savoir gré de ne pas être tombé dans le mythe simpliste du « bon sauvage » ).Si « la belle sauvage » Tekakouita et son fiancé indien sont poètes et ont le sens de l\u2019honneur, leur chef Cul-de-bouteille est un ivrogne, un primitif (au sens péjoratif du terme) qui n\u2019hésite pas à donner un membre de sa tribu comme cadeau au blanc.Mais qui sont les vrais « sauvages » selon toutes ces connotations ?Est-ce que ce sont encore les Indiens ?Oui, en partie.Mais surtout les Blancs (qui ont créé eux-mêmes le terme, d\u2019ailleurs) qui ont apporté « l\u2019eau de vie et de mort » (un sous-titre au film) pour exterminer un peuple, qui se sont ensuite battus et entretués simplement pour « se montrer » qui était le plus fort, qui mettent l\u2019un des leurs en prison parce qu\u2019il parle de liberté, qui acceptent la pègre parce qu\u2019elle joue avec les mêmes règles de jeu que le système, mais qui écartent tous ceux qui parlent d\u2019un autre système, etc.(Précisons que ces exemples sont tous extraits du film.) Finalement, tout le film pose la question: qui ont vraiment été les maudits sauvages dans notre histoire, et qui sont-ils aujourd\u2019hui ?Tekakouita Rappelons que, dans l\u2019histoire officielle, Kateri Tekakouita est le nom d\u2019une jeune Iroquoise, maltraitée par les siens, qui s\u2019est convertie et sanctifiée en venant vivre chez les Blancs (un procès de canonisation est en cours à Rome, je crois).Dans le film, Lefebvre renverse toute la symbolique.En venant chez les Blancs, Tekakouita deviendra danseuse topless dans une taverne pour remplir les poches de son maître: elle n\u2019est plus sanctifiée (nouvelle qualité d\u2019être), mais violée et, finalement, tuée par le monde blanc.Dans le choix de ce nom, on reconnaît la touche anti-cléricale de Lefebvre, mais il y a beaucoup plus que cela dans cette destinée tragique.Tekakouita est avant tout le symbole de ce que les nations indiennes avaient de valeurs et de richesses culturelles.Dans ses cinq monologues (bien marqués par l\u2019image fixe et sa voix off, ses seules paroles de tout le film, d\u2019ailleurs), elle résume l\u2019histoire de sa race et jette un regard critique sur la « civilisation » d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Elle est la douceur, la tendresse, l\u2019amour; tout cela qui ne peut se réaliser ni au milieu de la tribu ni dans les rues scintillantes de la grande ville.Par son silence comme par ses paroles, elle pose la question: qu\u2019est-ce qui peut faire vivre les hommes ?d\u2019histoire : Jean-Pierre Lefebvre Thomas Hébert Louis Hébert (encore selon l\u2019histoire officielle) fut le premier agriculteur de Québec, donc le symbole de l\u2019implantation définitive de la civilisation blanche au Canada.Thomas Hébert n\u2019est plus agriculteur, mais il se conduit comme un véritable propriétaire du territoire.Coureur des bois et trafiquant, il est dynamique, bon vivant, libre, mais complètement inconscient de ses actions et de ce qui se passe.Vendeur aux Indiens de « l\u2019eau de vie et de mort », il est, devant l\u2019histoire, le salaud numéro un et le grand responsable du génocide indien.Mais il est quand même assez sympathique parfois, car lui aussi est une victime d\u2019un type de civilisation.On le rejette facilement quand on n\u2019en a plus besoin pour les sales combines (scène du matraquage par la police: on est toujours l\u2019indien de quelqu\u2019un .) En somme, il est à la fois l\u2019antithèse et le frère de Tekakouita.L\u2019abbé Frelaté Malgré son nom (qui est déjà toute une thèse), il est sans doute le seul personnage blanc sympathique et cohérent du film.Lui seul prend clairement parti contre le trafic de l\u2019alcool et contre les exploiteurs des Indiens.Mais il ne sait pas comment se battre ou se bat avec de mauvaises armes, se contentant de prêcher aux bonnes femmes qu\u2019il faut être « humble et compréhensif » ou bien allant baptiser des moribonds chez les Indiens.Jeanne Mance peut lui reprocher: « J\u2019étais venue parler à tin ami, je me rends compte que vous n\u2019êtes qu\u2019un envoyé de Dieu » (bien des chrétiens auraient profit à méditer « dialectiquement » cette phrase .).Après ce reproche, l\u2019abbé Frelaté décide de se rendre vivre parmi les Indiens, car, dit-il, « il est essentiel que quelqu\u2019un, un jour, se rende au bout de ses convictions ».Pauvre lui, il n\u2019aura même pas cette chance, car il n\u2019a plus que des moribonds à baptiser et c\u2019est Thomas Hébert, reparti en chasse, qui l\u2019assassine « pour lui rendre service », le faisant passer de missionnaire à saint martyr.Cette scène est assez énigmatique, mais je crois que Lefebvre veut montrer que ce sont finalement les Blancs qui ont créé les « saints martyrs canadiens »; en effet, si les Blancs n\u2019avaient pas exploité les Indiens, ceux-ci n\u2019auraient pas eu à se venger sur les missionnaires, seuls blancs à portée de la main .Une autre bonne question à approfondir.344 RELATIONS Jeanne Mance Mariée à Thomas Hébert, elle n\u2019accepte pas son inconscience et ses manières frustes et elle le quitte pour aller s\u2019occuper des malades, ce qu\u2019elle fait avec beaucoup de dévouement.Pourtant, elle démissionne et retourne en France quand elle se rend compte qu\u2019elle ne peut imposer son langage et ses valeurs aux gens d\u2019ici.Figure sympathique, elle aussi se bat avec de mauvaises armes et voit l\u2019échec de son idéal.Talon On le voit, avec son costume et sa perruque du dix-septième siècle, répondre à une interview télévisée menée par le réalisateur lui-même.Personnage parfaitement logique et cohérent, il représente l\u2019autorité et le pouvoir; c\u2019est lui qui définit les règles du jeu politique et économique et il fait en sorte que tous s\u2019y conforment.Il est assez cocasse de le voir employer le langage même de déclarations récentes d\u2019hommes politiques (terroristes qui « vont se faire faire mal », la pègre et les règles du jeu, importance de l\u2019économique).Ce qui montre la permanence de la logique interne à tout pouvoir.Et la vérité historique?Certains accuseront sans doute Lefebvre de jouer un peu trop allègrement avec la vérité historique.Il faut dire d\u2019abord que la facture même du film montre déjà qu\u2019il n\u2019y a aucune prétention de reconstitution historique.Et puis, même s\u2019il violait un peu l\u2019histoire ?Alexandre Dumas disait qu\u2019il est permis de violer l\u2019histoire à condition de lui laisser un enfant.Avec son Petit manuel d\u2019histoire du Québec, Léandre Bergeron engendrait un bébé tellement vivant qu\u2019il est en train de devenir toute une famille (bandes illustrées, disque, revue); on comprend très vite que le succès de cette œuvre est indépendant des critères habituels de vérité ou d\u2019objectivité.Par son aspect provocateur, par les questions qu\u2019il pose, le film de Lefebvre s\u2019inscrit dans la même ligne de pensée où il s\u2019agit davantage de stimuler à l\u2019action dans le présent que de s\u2019extasier devant les ruines du passé.Devenir adulte, c\u2019est ne plus accepter de se faire raconter des histoires, si belles soient-elles, mais essayer de retrouver l\u2019histoire derrière toutes les anecdotes.C\u2019est pouvoir embrasser d\u2019un même regard l\u2019hier et l\u2019aujoud\u2019hui et en faire un tremplin pour la libération à venir.Quand elles ne se font pas trop dogmatiques, des œuvres « pres-qu\u2019historiques » comme Les Maudits sauvages, favorisent beaucoup cette découverte.LES LIVRES Nouveautés théologiques La publication des ouvrages théologiques de qualité se fait aujourd\u2019hui à un rythme que ne peut guère suivre Relations.Pourtant, bien des chrétiens chez nous sont avides de lectures qui pourraient les aider à nourrir et approfondir leu foi.Le présent bulletin bibliographique, plutôt que de présenter seulement quelques critiques d\u2019ouvrages plus marquants, cherchera donc à faire aussi, à l\u2019occasion, quelques suggestions.1.La Parole de Dieu Col.« Parole de Dieu » : Günter Stem-berger: La symbolique du bien et du mal selon saint Jean.\u2014 En collaboration : Exégèse et herméneutique.\u2014 Paris, Ed.du Seuil, 1971.L\u2019existence chrétienne est constamment soumise à la dialectique de la lumière et des ténèbres, de la vie et des ténèbres, de la vie et de la mort, de la serviture et de la liberté, de l\u2019« en haut » et de l\u2019« en bas », de l\u2019amour et de la haine, de la vérité et du mensonge; elle se trouve ainsi placée sous le signe du salut qui ne peut être que victoire par delà un dur combat; elle est constamment confrontée à un Evangile « accusateur » qui la juge.Ces coordonnées essentielles de l\u2019évangile johannique, judicieusement explicitées par G.S., n\u2019ont rien perdu de leur actualité ou de leur pertinence pour le chrétien d\u2019aujourd\u2019hui.\u2014 L\u2019intelligence' DES TEXTES BIBLIQUES n\u2019est pas pleinement assurée par la méthode historique qui, il y a quelques années seulement, a renouvelé l\u2019exégèse de l\u2019Ecriture.Les problèmes herméneutiques se situent aujourd\u2019hui à un niveau plus profond et concernent « la quête du sens » par « le moi qui interprète ».Lors du 2e congrès de l\u2019Association catholique française pour l\u2019étude de la Bible (septembre 1969), ces problèmes ont été abordés à partir de disciplines diverses, sous la direction de Xavier Léon-Dufour, avec le concours de spécialistes de renom : Paul Ricœur, Antoine Vergote, Roland Barthes, Louis Marin, Paul Beau-champ, Julies Gritti, Edgar Haulotte, Joseph Courtès et Henri Bouillard.On devra lire avec une particulière attention l\u2019«-ex-quisse de conclusion » présentée par Paul Ricœur et sa « contribution d\u2019une réflexion sur le langage à une théologie de la parole ».Col.« Lectio divina » : Luis Alonso-Schô-kel: La Parole inspirée.\u2014 Robert Baulès: L\u2019insondable richesse du Christ.\u2014 Pierre Grelot: De la mort à la vie éternelle.\u2014 Paris, Ed.du Cerf, 1971.L\u2019inspiration de l\u2019Ecriture affirmée dans le credo chrétien \u2014 « Il a parlé par les prophètes » \u2014 reçoit une interprétation « neuve » par L.A.-S., grâce à ses connaissances en psychologie du langage et en analyse structurale.Un chapitre particulièrement intéressant sur la « sociologie de l\u2019inspiration » tient compte de la conscience plus vive que l\u2019on a aujourd\u2019hui des attaches socio-culturelles de tout écrivain, même inspiré.\u2014 Clé de voûte de la théologie paulienne, l\u2019épître aux Ephésiens est magistralement analysée par R.B.La dimension communautaire et même cosmique du salut apporté par le Christ est fortement manifestée dans une étude du < mystère » qui éclaire l\u2019existence chrétienne.Dans le dernier chapitre, l\u2019illumination de Paul est présentée comme le prototype de l\u2019expérience de l\u2019homme en quête du sens de la vie; on y analyse les « conditions de possibilité » de « trouver un sens à Jésus ».\u2014 De la Genèse à l\u2019Apocalypse, l\u2019histoire humaine constitue un lent cheminement d\u2019exode qui va « de la mort à la vie éternelle », grâce à la participation progressive de l\u2019homme à la vie de Dieu.P.G.refait ce long itinéraire théologique de la Bible en étudiant spécialement les thèmes du péché, de l\u2019homme devant la mort, de la communion avec Dieu, de la foi, etc., et divers thèmes eschatologiques.Pour les spécialistes: Walter Vogels: La promesse royale de Yahweh préparatoire à l\u2019Alliance.Etude d\u2019une forme littéraire de l\u2019Ancien Testament.\u2014 Ottawa, Ed.de l\u2019Université Saint-Paul et Ed.de l\u2019Université d\u2019Ottawa, 1971.\u2014 James Barr: Sémantique du langage biblique, dans la « Bibliothèque de sciences religieuses ».\u2014 Paris, 1971.Guy Bourgeault.2.Anthropologie et théologie Col.« Théologie » et « Intelligence de la foi»: Edmond Barbotin: Humanité de l\u2019homme.Etude de philosophie concrète.\u2014 Peter Lengsfeld; Adam et le Christ.La typologie Adam-Christ dans le Nouveau Testament et son utilisation dogmatique par M.J.Scheeben et K.Barth.\u2014 \u2014 Col.« Théologie », 77 et 79.\u2014 Marcel Légaut: Introduction à l\u2019intelligence du passé et de l\u2019avenir du christianisme.\u2014 L\u2019homme à la recherche de son humanité.\u2014 Col.« Intelligence de la foi ».\u2014 Paris, Aubier-Montaigne, 1971.La théologie est toujours faite par l\u2019homme, par l\u2019homme concret situé dans l\u2019espace et dans le temps; et elle porte nécessairement la marque de son auteur.Eli est aussi faite pour l\u2019homme; et elle doit donc tenir compte, dans ses tentatives d\u2019expression de l\u2019existence chrétienne, de la vision qu\u2019a de lui-même l\u2019homme d\u2019un lieu et d\u2019un temps donnés.De là l\u2019importance théologique des recherches ou études anthropologiques.\u2014 L\u2019étude de E.B.en est une de « philosophie concrète » : l\u2019espace humain, le temps humain, la parole, la main, le visage et le regard, la visite, le repas \u2014 tels sont les titres des chapitres DECEMBRE 1971 345 d\u2019un ouvrage qui intéressera, notamment, les moralistes et ceux qui sont à divers titres agents de renouveau liturgique.\u2014 A un moment où l\u2019homme devient particulièrement conscient de la solidarité qui le lie aux autres et des exigences éthiques qui en découlent, l\u2019ouvrage de P.L.est de nature à stimuler la réfexion théologique de façon fort pertinente.Difficile et assez technique, l\u2019ouvrage ne s\u2019adresse guère qu\u2019aux spécialistes.\u2014 On peut rattacher le premier ouvrage de M.L.aux études dites d\u2019anthropologie théologique dans la musure où le point de départ de « l\u2019intelligence du christianisme » est nettement reconnu et affirmé ici comme étant Jésus \u2014 Jésus universel \u2014 et la foi en Jésus.Mais l\u2019ouvrage est avant tout une analyse de la crise religieuse qui secoue les églises de l\u2019ancienne chrétienté et qui semble aujourd\u2019hui mettre en péril le christianisme lui-même.Le lecteur sera peut-être d\u2019accord avec l\u2019analyse présentée par l\u2019A.; peut-être aussi son diagnostic divergera-t-il de celui de M.L.Mais il ne saurait ne pas entendre l\u2019appel adressé par « un chrétien de bonne volonté » : appel à faire face à la mutation en cours avec une audace intelligente et une créativité critique, par une conversion des mentalités et des structures que ne sauraient vraiment susciter les timides réformes d\u2019un trop superficiel « aggior-namento ».\u2014 La foi en soi, l\u2019amour humain, la paternité, l\u2019intelligence de sa mort, les dynamismes créateurs : tout cela, qui est l\u2019homme, peut devenir fondement même de l\u2019existence chrétienne en Celui qui « homo factus est ».A condition que l\u2019homme se mette vraiment, comme l\u2019y invite M.L., « à la recherche de son humanité ».Centre de recherches du sacré: La communication par le geste.\u2014 Paris, Le Centurion, 1970, 203 pp.Actes des sessions organisées par le CRS, à l\u2019Arbresle, 1965-1968.\u2014 La messe de l\u2019Arbresle (André Laurentin).\u2014 Théâtre, musique et liturgie.\u2014 Le langage du corps.\u2014 Pour ceux qui travaillent au renouveau liturgique.Jean-Claude Sagné: Péché, culpabilité, pénitence.Col.« Avenirs », 15.\u2014 Paris, Ed.du Cerf, 1971, 159 pp.L\u2019homme concret est pécheur et le péché fait nécessairement partie de l\u2019existence chrétienne, laquelle est conversion constante.L\u2019A.présente une synthèse, de lecture facile, des recherches sur le péché et la pénitence menées depuis quelques années par, notamment, P.Anciaux, L.Beirnaert, Ph.Delhaye, L.Monden, P.Ricœur, H.Rondet, P.Schoonenberg.\u2014 Pour les pasteurs, pour les étudiants en théologie, pour les laïcs qui croient que nous avons perdu le sens du péché et de la pénitence.Guy Durand: Ethique de la rencontre sexuelle.Essai.\u2014 Montréal, Fides, 1971, 193 pp.Quel est le sens de la sexualité humaine?Une recherche sur cette question est prérequise au discours éthique du philosophe et du théologien.Pour y répondre, l\u2019A.multiplie judicieusement les approches : approche phénoménologique, approche psychologique, approche expérientielle.C\u2019est sur cette base qu\u2019il lui est ensuite possible de dégager certaines « lois » de la pleine humanisation de la sexualité et de la rencontre sexuelle, dans une perspective qui renonce à la « soumission au biologique » pour axer résolument recherches et efforts sur la « promotion des valeurs ».Puis d\u2019étudier certaines « applications situationnelles » :\tjeux hétérosexuels, mariage à l\u2019essai, union libre, acte conjugal.\u2014 Une synthèse rigoureuse, d\u2019inspiration personnaliste, qui « propose à notre recherche de vérité et à notre quête d\u2019amour une voie profondément humanisante \u2014 difficile mais accessible » (Jocelyne Durand, introduction, p.11).Guy Bourgeault.3.Église: une crise d\u2019identité Jean Daniélou: L\u2019Eglise des apôtres.\u2014 Paris, Ed.du Seuil, 1970, 18,5 cm., 153 pp.L\u2019ouvrage étudie divers aspects de la vie de l\u2019église primitive, dans le livre des Actes des apôtres.Huit chapitres exposent successivement ce qui concerne le contexte politique et religieux juif, les Douze, les discours de Pierre, le concile de Jérusalem, Jacques et Paul, Paul dans les Actes des apôtres, Paul et les païens, le Saint-Esprit dans les Actes.L\u2019A.est justement renommé pour l\u2019étendue de ses connaissances sur les origines chrétiennes.C\u2019est dire que son livre repose sur une vaste information historique, exégétique et critique, bien qu\u2019il se présente comme un ouvrage, non pas de recherche scientifique, mais de vulgarisation, destiné à un large public.L\u2019A.excelle dans ce genre littéraire; on en retrouvera ici les qualités caractéristiques: clarté, progression rapide du développement, discernement judicieux dans le choix des éléments les plus importants d\u2019une question.Le livre des Actes des apôtres constitue un document de première valeur pour la connaissance de l\u2019église primitive et de son ecclésiologie vécue.Ce document, par contre, demeure souvent mal connu des chrétiens.Ceux-ci pourront plus aisément en apprécier la richesse grâce à cette œuvre récente du cardinal Daniélou.Jacques Chênevert.Jean Dauvillier: Les Temps apostoliques.1er siècle.Col.« Histoire du Droit et des Institutions de l\u2019Eglise en Occident », tome IL \u2014 Paris, Sirey, 1970, 24 cm, xviii-744 pp.Voici le plus récent titre de cette prestigieuse collection, dirigée jusqu\u2019alors par le regretté Gabriel Le Bras.Dans ce volumineux ouvrage de recherche scientifique, l\u2019A.fait le point sur l\u2019histoire des institutions ecclésiastiques du premier siècle.Après avoir établi les points de repère essentiels sur le cadre chronologique, historique et géographique, et après avoir déterminé la qualité des sources d\u2019information dont nous disposons pour la connaissance de cette époque, l\u2019A.répartit la vie de léglise apos- tolique en six grands secteurs, dont il examine attentivement les faits, les pratiques, les institutions qui s\u2019y rattachent.Les six secteurs étudiés sont les suivants : la hiérarchie primitive, la structure des communautés chrétiennes (laïcat, continents, gens mariés, condition de la femme, parents et enfants, maîtres et esclaves, églises locales et église universelle), les moyens de sanctification (sacrements, culte liturgique, prière, jeûne, aumône), la justice les finances, les rapports entre chrétiens et non chrétiens, y compris entre les chrétiens et l\u2019état romain.L\u2019ensemble constitue une véritable somme des connaissances acquises sur chacun des points considérés.Mais cette somme n\u2019est pas une simple accumulation érudite de renseignements.Elle reconstitue en même temps, avec des éléments dont l\u2019authenticité est garantie par l\u2019examen critique, le tableau vivant des communautés chrétiennes du premier siècle.De là l\u2019intérêt que peut susciter la lecture de cet ouvrage, même chez le non spécialiste.L\u2019image des temps apostoliques qui se dégage de l\u2019enquête de M.Dauvillier ne plaira guère à ceux qui, souvent plus sous la pression d\u2019un désir personnel qu\u2019au terme d\u2019une étude des faits, ont présenté l\u2019église primitive comme une communauté entièrement charismatique, dans laquelle le caractère institutionnel ne se serait ensuite développé que proportionnellement à la diminution du sens des origines et de l\u2019évangile.L\u2019A.refuse à bon droit ces lectures oniriques de l\u2019histoire.On peut toutefois se demander s\u2019il n\u2019y a pas, sous-jacente à l\u2019étude que J.D.fait, par exemple, des questions relatives à la hiérarchie primitive, une ecclésiologie demeurée trop classique qui tend, non certes à fausser les données, mais à durcir légèrementt les conclusions.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019ouvrage garde toute sa valeur et tout son intérêt.Professeurs et étudiants qui touchent à cette matière devraient en prendre connaissance et s\u2019habituer à le consulter fréquemment.Ils y trouveront, en plus d\u2019une information fondamentale, des bibliographies de première qualité pour leurs recherches.En outre, disons-le encore une fois, ce livre n\u2019est pas seulement une sorte d\u2019encyclopédie à consulter, mais un ouvrage dont la lecture continue s\u2019avère extrêmement intéressante et profitable.Jacques Chênevert.IDOC: L\u2019Eglise souterraine.\u2014 Gustave Thils : Choisir les évêques ?Elire le pape ?\u2014 Gembloux, J.Duculot, 1970.\u2014 Jean de Fabrégues: L\u2019Eglise, esclave ou espoir du monde ?Col.« Présence et pensée ».\u2014 Paris, Aubier-Montaigne, 1971, 254 pp.\u2014 Pierre Martin-Valat: Les fantassins dans l\u2019Eglise.\u2014 Paris, Ed.du Cerf, 1971, 123 pp.Les deux premiers ouvrages ci-dessus mentionnés ont été recensés par Jacques Chênevert dans Relations, en juin et septembre 1971.\u2014 Le livre de J.de B.porte fondamentalement sur le rôle de l\u2019Eglise dans un monde ambigu et qui rend souvent ambiguë l\u2019action de l\u2019Eglise.L\u2019absolutisation d\u2019une sorte de prophétisme politique de l\u2019Eglise est-elle plus en accord avec la constitution réelle de cette Eglise que la vision constantinienne dont on a trop longtemps 346 RELATIONS vécu ?Ne risque-t-elle pas de conduire à une nouvelle « captivité de Babylone »?\u2014 La colère de P.M.-V., dont il reconnaît qu\u2019il en avait besoin (dernier chapitre), est un cri d\u2019impatience et d\u2019espoir; un refus à la fois du « bleu marial » et du « rouge Mao », du « papefiguisme » et de la « papi-manie ».On peut être d\u2019accord ou pas; on continue néanmoins de lire et de réfléchir.relations \u2014 31 \u2022 année, numéros 356-366 TABLE DE L\u2019ANNÉE 1971 I.- AUTEURS D'ARTICLES Thaddée Matura: La vie religieuse au tournant.Col.« Problèmes de vie religieuse », 33.\u2014 Paris, Ed.du Cerf, 1971, 151 pp.\u2014 Conférence religieuse canadienne: Animation spirituelle de la communauté.Col.« Donum Dei », 18.\u2014 Ottawa, CRC, 1971, 190 pp.La révolution culturelle oblige les religieux à repenser le sens de leur vie et, notamment, de leur engagement : prière, ascèse, pauvreté, obéissance, célibat, vie communautaire, tout doit être révisé.T.M.apporte son concours à cette révision.\u2014 Cette révision ne saurait être faite, de façon vraiment « efficace », d\u2019en haut.De là l\u2019importance de l\u2019animation communautaire.Pour amener les diverses communautés à mieux discerner spirituellement les chemins qui ne sont pas bloqués, les « voies du Seigneur».Dimension psycho-sociale (C.Ver-mette), dimension théologique (T.Matura et F.Martin), dimension biblique (L.La-berge), dimension spirituelle (G.Cusson, K.D.O\u2019Rourke), dimension «leadership» (A.Visscher, K.D.O\u2019Rourke).Guy Plante: Le rigorisme au XVTI* siècle.Mgr de Saint-Vallier et le sacrement de pénitence.Col.« Recherches et synthèses », section morale, 8.\u2014 Paris, J.Duculot, 1971, 189 pp.Une bonne monographie sur un aspect et une époque de l\u2019histoire religieuse du Canada français dont notre intelligence de la situation actuelle avait besoin.Mgr de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec et auteur du premier catéchisme canadien, du premier rituel et du premier recueil de mandements, odonnances et lettres pastorales, a exercé une influence déterminante sur l\u2019histoire de l\u2019Eglise canadienne; il lui a donné ses première structures fermes et, peut-être, sa « mentalité » pour les siècles à venir.L\u2019étude de la « pratique du refus de l\u2019absolution» (chapitre 3) permet à l\u2019A., par l\u2019analyse des causes de cette pratique et de ses enracinements dans une pastorale d\u2019ensemble, de brosser un bon portrait du pasteur et de l\u2019église d\u2019une époque, façonnée pour longtemps dans l\u2019esprit de la réforme catholique (influence du concile de Trente, puis de Bérulle et de l\u2019Ecole française).Cette étude appellera divers compléments : implantation structurelle de l\u2019Eglise, rapports Eglise-Etat, etc., si l\u2019on veut pouvoir donner une juste image de cette Eglise dont nous sommes les héritiers.Guy Bourgeault.ANGERS, P.\u2014 Culture, contre-culture.et éducation (interview) : 230.\u2014\tPropos sur l\u2019éducation permanente: 300.ARES, R.\u2014 L\u2019Eglise vire-t-elle à gauche ?: 9.\u2014\tLe Québec et la revision constitutionnelle: 44.\u2014\tLa nouvelle formule de modification constitu-nelle : 67.\u2014\tLà où la Commission B.B.a échoué, le Comité sur la Constitution réussira-t-il ?: 149.\u2014\tDistricts bilingues et politiques linguistiques: 178.\u2014\tDe Rome au Québec \u2014 la lettre de Paul VI trouve-t-elle application au Québec: 196.AUDET, J.-P.\u2014 L\u2019Eglise et l\u2019avenir du Québec: 12.Barbeau, A.\u2014 Cette nuit-là .: 337.BEAUDRY, A.\u2014 Prudence et complicité ?\u2014 La crise pakistanaise et l\u2019attitude du gouvernement canadien: 235.BELEC, P.\u2014 Le Projet Multi-Média \u2014 Priorité aux émissions éducatives ?: 40.BERTRAND, G.\u2014 La justice au Québec: du paternalisme !: 114.BOUCHARD, A.\u2014 Le Projet Multi-Média pour le développement des ressources humaines au Québec: 36.\u2014\tLe Projet Multi-Média et le colloque de 1T.C.E.A.: 89.BOURGEAULT, G.\u2014 Le Projet Multi-Média \u2014 Un projet audacieux et réaliste qui ne doit pas dormir sur les tablettes: 35.\u2014\tLa réforme de la loi électorale: une formule simple et réaliste : 72.\u2014\tLiberation de l\u2019homme : 131.\u2014\tDeux encycliques .ou deux manifestes?: 172.\u2014\tLes chrétiens et l\u2019engagement socio-politique: 195.\u2014\tLe bill 28 et la restructuration scolaire à Montréal: 260.\u2014\tLe bill 65 et la participation des citoyens: 262.\u2014\tEducation populaire, animation sociale et média \u2014 impressions à la suite d\u2019un colloque: 307.CAMPBELL, C.\u2014 Réfléchr !: 31.\u2014\tUne clé .pour la compréhension du Rapport (Bird) : 85.CARON, M.\u2014 Le Projet Multi-Média \u2014 La créativité aura-t-elle raison des disparités régionales: 40.CARRIER, H.\u2014 L\u2019université: milieu d\u2019acculturation ou centre de contestation: 216.CHAMPAGNE, R.\u2014 Crise d\u2019identité chez les laïcs québécois: 18.\u2014\tDe Cambrone à Trudeau: 92.\u2014\tJeune ou vieux ?: 136.\u2014\tAbsentéisme politique des chrétiens du Québec: 205.\u2014\tLettre ouverte de M.Trudeau au président Nixon: 242.\u2014\tExpos 1981: 308.\u2014\tMarx et/ou Jésus: 332.\u2014\tManifeste des boîtes aux lettres de Montréal: 337.CHENEVERT, J.\u2014 Demain, une Eglise médiévale ?: 201.\u2014\tIntervention de l\u2019Eglise: modalités, limites, conditions de validité et d\u2019efficacité: 200.\u2014\tSi j\u2019allais au synode .: 243.\u2014\tNotes détachées sur le svnode : 303.CORBEIL, M.\u2014 Education de la conscience sociale \u2014 L\u2019expérience du camp familial Bleu et Blanc: 270.CREPEAU.P.-A.\u2014 Vers une nouvelle conception de la iustice civile: 110.CUSSON G.\u2014 On demande des gourous: 304.d\u2019ATTTFTTTL G.-H.\u2014 Théâtre: 29, 59, 91, 156, 213, 316, 342.DESROCHERS, T \u2014 La sécurité du revenu et son financement: 69.\u2014\tSi, moi, j\u2019étais juré, si j\u2019étais juge .: 107.\u2014\tJustice indiciaire, justice sociale et justice politique: 123.\u2014\tLa justice dans le monde \u2014 Les risques du synode: 247.\u2014\tPremières questions posées à la C.S.N.: 294.\u2014\tLe principe du droit à l\u2019autodétermination du Québc: 334.Dion, G.\u2014 Le statut de l\u2019entreprise: 327.DION, L.\u2014 Une crise de la démocratie libérale ?(interview) : 276.DIONNE, R.\u2014 Littérature: 19, 55, 86, 185, 218, 281, 312, 340.DUFORT, J.-M.\u2014 La révolution de l\u2019espérance: 168.DUSSAULT, G.\u2014 « La révolution de la jeunesse québécoise » : 74.\u2014\tEchantillons de théologie politique et révolutionnaire: 143.DUSSAULT, M.\u2014 C.S.N.: la réouverture du deuxième front: 291.FLOYD HONEY, T.E.\u2014 Les difficultés de l\u2019œcuménisme: 21.FORTIN, P.\u2014 Méditation: 23, 43, 85, 134, 169, 238, 269, 311.GARNEAU, N.\u2014 Les jeunes, l\u2019avenir et la loi \u2014 Une justice contestée au nom de la justice: 105.GAUTHIER, F.\u2014 Sainte-Scholastique \u2014 .là où on parle de participation: 240.GENDREAU, G.\u2014 La justice est-elle « croyable »?: 117.GILBERT, J.-P.\u2014 Le policier dans une société qui bouge: 112.GUERIN, G.\u2014 La justice: de la réalité aux apparences: 108.HARVEY, J.\u2014 L\u2019Eglise de Rimouski en synode: \u2014\tL\u2019espérance et les espoirs au Québec: 164.\u2014\tL\u2019Eglise et les pauvres: 203.\u2014\tJésus-Christ et Piaget \u2022\u2014 réflexions sur Identité et foi: 221.\u2014\tAprès le synode, quels prêtres ?: 245.\u2014\tLes risques de la sécurité : 259.\u2014\tPlaidoyer pour la non-violence active: 272.HEBERT, G.\u2014 Anatomie du taux de chômage: 24.\u2014\tLes équivoques de l\u2019action syndicale: 323.JOBIN, F.\u2014 Télévision: 11, 53, 211.\u2014\tL\u2019Eglise électronique \u2014 Visages de l\u2019Eglise et media: 147.Leahy, L.\u2014 Christianisme et freudisme \u2014 ou la foi interpellée : 329.LEVER, Y.\u2014 Cinéma: 8, 58, 90, 154, 188, 253, 285, 309, 344.\u2014\tLe Projet Multi-Média \u2014 Culture et développement des ressources humaines: 40.\u2014\tEn essayant de résumer le Rapport Davey: 51.\u2014\tLes média: au service du progrès de l\u2019homme ?\u2022 208.LUCIER, P.\u2014 La sécularisation: un dossier à reconsidérer ?: 78.MARCOTTE, M.\u2014 Etre femme aujourd\u2019hui: 47.\u2014\tLa femme devant l\u2019avortement: 81.\u2014\tRespect de la vie et moralité de l\u2019avortement: \u2014\tFidélité en crise: 264.MARDIS, P.\u2014 Une jungle à « civiliser » \u2014 Le bill 45 et la protection du consommateur (interview) : 4.MILOT, J.-R.\u2014 L\u2019Eglise et l\u2019avenir du Québec: 12.NORMANDEAU, A.\u2014 Socialisation de la justice au Quebec: un défi social: 103.PARIZEAU, A.\u2014 Les citoyens de demain et la « société juste » : 119.POULIN, G.\u2014 Littérature: 92, 151, 251.PREVOST, Y.\u2014 Audace et planification \u2014 vertus et tâches du législateur aujourd\u2019hui.et demain: 101.ROBITAILLE, G.\u2014 « Vivre son âge », ou la pnere du 3e age: 310.R°y, L.-\u2014 Orientations pour un aujourd\u2019hui difficile: 338.SAVARD, D.\u2014 Un recyclage plutôt radical: 42.SZABO, D.\u2014 La justice au Québec et dans le monde \u2014 diagnostic et pronostic: 99.THERIAULT, J.\u2014 Le Projet Multi-Media \u2014 Enfin ! un projet mûr et attendu : 37.\u2014\tUn Bolivien révolutionnaire: Maurice Lefebvre Oblat : 273.VAILLANCOURT, Y.\u2014 Le Projet Multi-Média \u2014 Un outil de conscientisation : 41.\u2014\tDuvalier jusqu\u2019à la fin des siècles ?: 46.\u2014\tLes chrétiens révolutionnaires en Amérique latine: 139.\u2014\tQuelques questions à une lettre de Paul VI: 174.\u2014\tUn réseau à bâtir: 239.\u2014\tUn Bolivien révolutionnaire: Maurice Lefebvre, Oblat: 273.\u2014\tC.S.N.: la réouverture du deuxième front: 291.VALIQUETTE, S.\u2014 L\u2019Eglise, obstacle à l\u2019unité ?: 269.VALLEE, G.\u2014 Unité de l\u2019Eglise et unité de l\u2019humanité: 237.VANIER, J.\u2014 La force est dans la faiblesse: 138.VERREAULT, F.\u2014 La réforme de la loi électorale : une formule simple et réaliste: 72.DECEMBRE 1971 347 CONSERVEZ RELATIONS CARTABLE en similicuir rouge avec titres or \\ Jeu de 11 cordes au comptoir $3.00 par la poste $3.25 RELIURE de votre collection 1971 Le lecteur fournissant sa collection : $4.00 Si nous fournissons la collection : $11.00 Ajouter $0.35 pour frais d'expédition 8100, boul.Saint-Laurent Montréal 351\t387-2541 II.- MATIÈRES AFFAIRES SOCIALES.\u2014 V.Bill 65.ANIMATION SOCIALE.\u2014 Sainte-Scholastique \u2014 .là où on parle de participation, F.G.: 240.\u2014\tEducation de la conscience sociale \u2014 L\u2019expérience du camp familial Bleu et Blanc, M.C.: 270.\u2014\tUne crise de la démocratie libérale ?(interview), L.D.: 276.\u2014\tPlaisirs de l\u2019entraide et des vacances \u2014 L\u2019expérience du camp familial Saint-Jean-Baptiste racontée par un groupe de citoyens du quartier: 306.\u2014\tEducation populaire, \u2014 et média \u2014 impressions à la suite d\u2019un colloque, G.B.: 307.AVORTEMENT.\u2014 La femme devant 1\u2019\u2014, M.M.: 81.\u2014\tRespect de la vie et moralité de T\u2014, M.M.: 132.BILL 28.\u2014 Le \u2014 et la restructuration scolaire à Montréal, G.B.: 260.BILL 45.\u2014 Une jungle à « civiliser » \u2014 le \u2014 et la protection du consommateur (interview), P.M.: 4.BILL 65.\u2014 Le \u2014 et la participation des citoyens, G.B.: 262.BILINGUISME.\u2014 Districts bilingues et politiques linguistiques, R.A.: 178.BOLIVIE.\u2014 Un Bolivien révolutionnaire: Maurice Lefebvre, Oblat, J.T.et Y.V.: 273.CANADA.\u2014 V.Constitution canadienne (révision constitutionnelle).CATECHESE.\u2014 Jésus-Christ et Piaget \u2014 réflexions sur Identité et fol, J.H.: 221.CHILI.\u2014 La participation des chrétiens dans la construction du socialisme \u2014 déclaration de 80 prêtres chiliens: 207.CHOMAGE.\u2014 Anatomie du taux de \u2014, G.H.: 24.CINEMA.\u2014 « Un pays sans bon sens » (Pierre Perrault), Y.L.: 8.\u2014\tL\u2019Aveu (Costa Gavras) ou la critique vécue d\u2019un pouvoir, Y.L.: 58.\u2014\t« L\u2019Heure des brasiers » (Fernando Solanas et Octavio Getino), Y.L.: 90.\u2014\t« Faut aller parmi l\u2019monde pour le savoir » (Fernand Dansereau), Y.L.: 154.\u2014\tLes films romantiques, Y.L.: 188.\u2014\tUne psychanalyse de l\u2019homme d\u2019ici ?, Y.L.: 253.\u2014\t« Les Chats bottés » et « Fleur bleue » \u2014 ou grandeur et misère du braconnage, Y.L.: 285.\u2014\t« L\u2019Acadie .L\u2019Acadie .» (Pierre Perrault) \u2014 une leçon de choses pour les Québécois, Y.L.: 309.\u2014\t«Les maudits sauvages» (Jean-Pierre Lefebvre), Y.L.: 344.CONSOMMATEUR (protection du).\u2014 Une jungle à «civiliser» \u2014 le bill 45 et la \u2014 (interview), P.M.: 4.CONSTITUTION CANADIENNE (Revision constitutionnelle).\u2014 Le Québec et la revision constitutionnelle, R.A.: 44.\u2014\tLa nouvelle formule de modification constitutionnelle, R.A.: 67.\u2014\tLà où la Commission B.B.a échoué, le Comité sur la Constitution réussira-t-il ?, R.A.: 149.\u2014\tLe principe du droit à l\u2019autodétermination du Québec, I.D.: 334.C.S.N.\u2014 La réouverture du deuxième front, M.D.et Y.V.: 291.\u2014\tPremières questions posées à la \u2014, I.D.: 294.CULTURE.\u2014 \u2014, contre-culture.et éducation (interview), P.A.: 230.\u2014\tV.Révolution culturelle.DEMOCRATIE.\u2014 Les risques de la sécurité, J.H.: 259.\u2014\tUne crise de la \u2014 libérale?(interview), L.D.: 276.DUVALIER.-jusqu\u2019à la fin des siècles ?, Y.V.: 46.ECONOMIQUE.\u2014 V.Chômage, Revenu (Sécurité du), Socialisme.EDUCATION.\u2014 Réfléchir !, C.C.: 31.\u2014\tUn recyclage plutôt radical, D.S.: 42.\u2014\tLes citoyens de demain et la « société juste ».A.P.: 119.\u2014\tCulture, contre-culture.et \u2014 (interview).P.A.: 230.\u2014\tPropos sur P\u2014permanente, P.A.: 300.\u2014\tV.Bill 28, Catéchèse, Média, Multi-média, Université.EDUCATION POPULAIRE.\u2014 V.Animation sociale.EGLISE.\u2014 L\u2019\u2014 de Rimouski en synode, J.H.: 16.\u2014\tCrise d\u2019identité chez les laïcs québécois, R.C.: 18.\u2014\tDemain, une \u2014 médiévale ?(Cit.), J.C.: 201.\u2014\tV.Oecuménisme, Synode.EGLISE ET SOCIETE.\u2014 L\u2019Eglise vire-t-elle à gauche ?, R.A.: 9.\u2014\tL\u2019Eglise et l\u2019avenir du Québec, J.-R.M.et J.-P.A.: 12.\u2014\tL\u2019Eglise électronique \u2014 Visages de l\u2019Eglise et média, F.J.: 147.\u2014\tLa participation des chrétiens dans la construction du socialisme \u2014 déclaration de 80 prêtres chiliens: 207.\u2014\tLes média: au service du progrès de l\u2019homme ?, Y.L.: 208.\u2014\tV.Libération (dossiers I et 11), Politique (dossier), Révolution.ENTREPRISE.\u2014 Le statut de T\u2014, G.D.: 327.EROTISME.\u2014 Face à 1\u2019\u2014: l\u2019artiste et sa conscience, M.M.: 181.ESPERANCE.\u2014 V.Libération (dossier II).FAMILLE.\u2014 Education de la conscience sociale \u2014 L\u2019expérience du camp familial Bleu et Blanc, M.C.: 270.\u2014\tPlaisirs de l\u2019entraide et des vacances \u2014 L'expérience du camp familial Saint-Jean-Baptiste racontée par un groupe de citoyens du quartier: 306.FEMME.\u2014 Etre \u2014 aujourd\u2019hui, M.M.: 47.\u2014\tV.Rapport Bird.FIDELITE.-en crise, M.M.: 264.FRANÇAIS (Langue de travail).\u2014 Expos 1981, R.C.: 308.\u2014\tV.Bilinguisme.HAITI.\u2014 Duvalier jusqu\u2019à la fin des siècles ?, Y.V.: 46.INADAPTES.\u2014 La force est dans la faiblesse, J.V.: 138.JEUNESSE.\u2014 « La révolution de la \u2014 québécoise », G.D.: 74.\u2014\tLes jeunes, l\u2019avenir et la loi \u2014 une justice contestée au nom de la justice, N.G.: 105.\u2014\tJeune ou vieux ?, R.C.: 136.JUSTICE.\u2014 La \u2014 dans le monde \u2014 les risques du synode, I.D.: 247.JUSTICE AU QUEBEC (La) (No spécial: Notre justice deviendra-t-elle « croyable » ?).\u2014\tLa justice au Québec et dans le monde \u2014 diagnostic et pronostic, D.S.: 99.\u2014\tAudace et planification \u2014 Vertus et tâches du législateur aujourd\u2019hui.et demain, Y.P.: 101.\u2014\tSocialisation de la justice au Québec: un défi social, A.N.: 103.\u2014\tLes jeunes, l\u2019avenir et la loi \u2014 Une justice contestée au nom de la justice, N.G.: 105.\u2014\tSi, moi, j\u2019étais juré, si j\u2019étais juge ., I.D,: 107.\u2014\tLa justice: de la réalité aux apparences, G.G.: 108.\u2014\tVers une nouvelle conception de la justice civile, P.-A.C.: 110.\u2014\tLe policier dans une société qui bouge, J.-P.G.: 112.\u2014\tLa justice au Québec: du paternalisme !, G.B.: 114.\u2014\tLa justice est-elle « croyable » ?, G.G.: 117.\u2014\tLes citoyens de demain et la « société juste », A.P.: 119.\u2014\tJustice judiciaire, justice sociale et justice politique, I.D.: 123.JUSTICE SOCIALE.\u2014 Horizon 1971: 3.\u2014\tV.Chômage, Consommateur (protection du), Libération (dossiers I et 11), Politique, Revenu (sécurité du).LEFEBVRE, MAURICE.Oblat.\u2014 Un Bolivien révolutionnaire: \u2014, J.T.et Y.V.: 273.LIBERATION (dossier I: Libération de l\u2019homme .et respect de la vie .et révolution).\u2014\tLibération de l\u2019homme, G.B.: 131.\u2014\tRespect de la vie et moralité de l\u2019avortement, M.M.: 132.\u2014\tLes chrétiens révolutionnaires en Amérique latine, Y.V.: 139.\u2014\tEchantillons de théologie politique et révolutionnaire, G.D.: 145.LIBERATION (dossier II: Libération de Yhomme et espérance chrétienne).\u2014\tLibération de l\u2019homme et espérance chrétienne (Cit.), Paul VI: 163.\u2014\tL\u2019espérance et les espoirs au Québec, J.H.: 164.\u2014\tLa révolution de l\u2019espérance, J.-M.D.: 168.\u2014\tDeux encycliques .ou deux manifestes ?, G.B.: 172.\u2014\tQuelques questions à une lettre de Paul VI, Y.V.: 174.\u2014\tBibliographie: 170.348 RELATIONS Un cadeau \u201cpas comme les autres\u201d dont vous parlerez longuement, chaque mois, avec l\u2019ami qui le recevra.Ce geste plaira à vos amis et aidera Relations à grandir.Prix de l\u2019abonnement : $7 par année.Une carte sera envoyée en votre nom à vos bénéficiaires.RELATIONS 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal-351 LITTERATURE.\u2014 Anthologies à la douzaine !, R.D.: 19.\u2014\tOù va notre poésie ?, R.D.: 55.\u2014\tPhilibert, le fossoyeur \u2014 critique de 11 est par là, le soleil de Roch Carrier, R.D.: 86.\u2014\tLa fidélité de nos romanciers, G.P.: 92.\u2014\t15°imanS nouveaux et * nouveaux romans», G.P.: \u2014\tLa contemporanéité attardée de M.Tougas, R.D.: 185.\u2014\tLes revues littéraires de nos professeurs, R.D.: 218.\u2014\tJean-Marie Poupart: entre la tendresse et la rage, \u2014\t281nationalisme de notre roman historique, R.D.: Du nationalisme traditionnel au nationalisme personnaliste \u2014 Saint-Denys Garneau, R.D.: 312.\u2014\tSur les voies de notre poésie (1), R.D.: 340.LOI ELECTORALE.\u2014 La Réforme de la loi électorale: une formule simple et réaliste, F.V.et G.B.: MARIAGE.\u2014 Fidélité en crise, M.M.: 264.MARXISME.\u2014 Marx et/ou Jésus, R.C.: 332.MElPEg1i'se7t FJ5' l4é}?Ctr°niqUe ~ Visages de ~ 2M : aU SCrvice du Pr°ërès de l\u2019homme ?, Y.L.: Education populaire, animation sociale et \u2014 impressions a la suite d\u2019un colloque, G.B.: 307.\u2014\tEn essayant de résumer le Rapport Davey, Y.L.: \u2014\tV.Multi-Média, Télévision.MEDITATION.\u2014 Un peu de printemps en hiver, r.r.: 23.\u2014\tUn sur douze, P.F.: 43.\u2014\tPour devenir l\u2019ami de mon ami, P.F.: 85.\u2014\tEspérez, n\u2019attendez pas !, P.F.: 134.\u2014\tAimez-vous !, P.F.: 169.\u2014\tLa fête des autres, P.F.: 238.\u2014\tComme les fleurs ., P.F.: 269.\u2014\tL\u2019apparemment impossible, P.F.: 311.\u2014\tCette nuit-là ., A.B.: 337.MORALE, \u2014 V.Avortement, Erotisme, Fidélité, Libération, Politique, Révolution.MlnÏEAEA.IBA;- 87.LC Pr°jCt ~ Ct 16 C°U0qUe de MUnonî\"uE?iA1 (dossier: Le Projet Multi-Média Hn n,,1^ développc?lcnt des ressources humaines du Quebec, septembre 1971 !).~ £rt°je*, Multi-Média \u2014 Un projet audacieux et G B S-l35q 1 °6 d0U PaS dormir sur les tablettes, LePr°jet Multi-Média pour le développement des ressources humaines au Québec, A.B.: 36.\u2014\tEnfin ! Un projet mûr et attendu, J.T.: 37.Le Projet Multi-Média \u2014 Culture et développement des ressources humaines, Y.L.: 40.Le Projet Multi-Média \u2014 La créativité aura-t-elle raison des disparités régionales ?, M.C.: 40.Le Projet Multi-Média \u2014 Priorité aux émissions educatives ?, P.B.: 40.Le Projet Multi-Média \u2014 Un outil de conscientisation, Y.V.: 41.\u2014\tIndices bibliographiques: 41.NATIONALISME \u2014 Le \u2014 de notre roman histo-nque, K.JD.: 281.Uu traditionnel au \u2014 personnaliste \u2014 Saint-Denys Garneau, R.D.: 312.\u2014\tV.Cinéma.ŒCUMENISME.\u2014 Les difficultés de 1\u2019\u2014, T.E.F.H.: ~ Unité de l\u2019Eglise et unité de l\u2019humanité, G.V.: \u2014\tL\u2019Eglise, obstacle à l\u2019unité ?, S.V.: 269.OTTAWA.\u2014 V.Démocratie, Québec.PAIX.-à vous, \u2014 au monde (Cit.), Paul VI: 3.PAKISTAN.\u2014 Prudence et complicité ?\u2014 la crise pakistanaise et l\u2019attitude du gouvernement canadien, A.B.: 235.PARTICIPATION.\u2014 V.Animation sociale, Bill 65.PAUL VI.\u2014 L\u2019Eglise vire-t-elle à gauche ?, R.A.: 9.\u2014\tV.Libération (dossier II), Paix, Politique (dossier).POLITIQUE.\u2014 Un réseau à bâtir, Y.V.: 239.\u2014\tV.Cinéma, Démocratie, Justice au Québec (La) (No spécial), Libération (dossiers I et 11), Québec.POLITIQUE (dossier: Les chrétiens et l\u2019engagement socio-politique).\u2014\tLes chrétiens et l\u2019engagement socio-politique, G.B.: 195.\u2014\tDe Rome au Québec \u2014 La lettre de Paul VI trouve-t-elle application au Québec, R.A.: 196.\u2014\tIntervention de l\u2019Eglise: modalités, limites, conditions de validité et d\u2019efficacité, J.C.: 200.\u2014\tL\u2019Eglise et les pauvres, J.H.: 203.\u2014\tAbsentéisme politique des chrétiens du Québec, R.C.: 205.POLITIQUE INTERNATIONALE.\u2014 V.Bolivie, Chili, Haïti, Pakistan.PRETRES.\u2014 Après le synode, quels \u2014 ?, J.H.: 245.\u2014\tOn demande des gourous, G.C.: 304.\u2014\tV.Synode (dossier).QUEBEC.\u2014 L\u2019Eglise et l\u2019avenir du \u2014.J.-R.M.et J.-P.A.: 12.\u2014\tLe \u2014 et la revision constitutionnelle, R.A.: 44.\u2014\tLa nouvelle formule de modification constitutionnelle, R.A.: 67.\u2014\tLa réforme de la loi électorale: une formule simple et réaliste, F.V.et G.B.: 72.\u2014\tV.Bilinguisme, Justice au Québec (La) (No spécial).\u2014\tLe principe du droit à l\u2019autodétermination du \u2014, I.D.: 334.RAPPORT BIRD.\u2014 Etre femme aujourd\u2019hui, M.M.: 47.\u2014\tLa femme devant l\u2019avortement, M.M.: 81.\u2014\tUne clé .pour la compréhension du Rapport.C.C.: 85.RAPPORT CASTONGUAY-NEPVEU.\u2014 La sécurité du revenu et son financement, I.D.: 69.RAPPORT DAVEY.\u2014 En essayant de résumer le RAPPORT DUHAMEL.\u2014 Districts bilingues et politiques linguistiques, R.A.: 178.RAPPORT PREVOST.\u2014 V.Justice au Québec (La) (No spécial).\u201cRELATIONS\u201d.\u2014 Horizon 1971: 3.\u2014\tRelations aujourd\u2019hui \u2014 1941-1971: 30e anniversaire (Edit.) : 227.\u2014\tUn réseau à bâtir, Y.V.: 239.\u2014\tRelations et sa « nouvelle » orientation (opinion des lecteurs) : 297.RELIGION.\u2014 V.Sécularisation.REVENU (Sécurité du).\u2014 La \u2014 et son financement, I.D.: 69.REVOLUTION.\u2014 Les chrétiens révolutionnaires en Amérique latine, Y.V.: 139.Echantillons de théologie politique et révolutionnaire, G.D.: 145.\u2014\tPlaidoyer pour la non-violence active, J.H.: 272.\u2014\tUn Bolivien révolutionnaire: Maurice Lefebvre Oblat, J .T.et Y.V.: 273.\u2014\tV.Libération (dossier 1).REVOLUTION CULTURELLE.\u2014 « La révolution de la jeunesse québécoise », G.D.: 74.\u2014\tL\u2019université: milieu d\u2019acculturation ou centre de contestation, H.C.: 216.RIMOUSKI, \u2014 L\u2019Eglise de \u2014 en synode, J.H.: 16.SECULARISATION.\u2014 La \u2014: un dossier à reconsidérer ?, P.L.: 78.\u2014\tChristianisme ou freudisme \u2014 ou la foi interpellée, L.L.: 329.\u2014\tV.Révolution culturelle.SOCIALISME.\u2014 La participation des chrétiens dans la construction du-déclaration de 80 prêtres chiliens: 207.\u2014\tC.S.N.: la réouverture du deuxième front, M.D.et Y.V.: 291.\u2014\tPremières questions posées à la C.S.N., I.D.: 294.SPIRITUALITE CHRETIENNE.\u2014 On demande des gourous, G.C.: 304.\u2014\t«Vivre son âge», ou la prière du 3e âge, G.R.: 310.\u2014\tOrientations pour un aujourd\u2019hui difficile, LR.: 338.\u2014\tV.Méditation.SYNDICALISME.\u2014 Les équivoques de l\u2019action syndicale, G.H.: 323.SYNODE.\u2014 Notes détachées sur le \u2014, J.C.: 303.\u2014\tV.Rimouski.SYNODE 1971 (dossier).\u2014 Si j\u2019allais au synode J.C.: 243.\u2014\tAprès le synode, quels prêtres ?, J.H.: 245.\u2014\tLa justice dans le monde \u2014 les risques du synode, I.\tD.: 247.TELEVISION.\u2014 Un médium à redécouvrir, F.J.: II.\u2014\tLa \u2014 et son langage, I et II, F.J.: 53 et 211.TRUDEAU.\u2014 De Cambronne à \u2014, R.C.: 92.\u2014\tLettre ouverte de M.\u2014 au président Nixon, R.C.: 242.UNIVERSITE.\u2014 L\u2019\u2014: milieu d\u2019acculturation ou centre de contestation, H.C.: 216.VIE (Respect de la).-et moralité de l\u2019avor- tement, M.M.: 133.\u2014\tV.Avortement.DECEMBRE 1971 349 III.- LES LIVRES A.\u2014 ANONYMES ET EN COLLABORATION EN COLLABORATION.\u2014 Les deux visages de la théologie de la sécularisation (G.B.) : 318.\u2014\tExégèse et herméneutique (G.B.) : 345.\u2014\tLe prêtre.Foi et contestation (G.B.) : 158.\u2014\tLe prêtre, hier, aujourd\u2019hui, demain (G.B.): 158.\u2014\tLa Révélation divine (G.Langevin) : 61.I.D.O.C.\u2014 L\u2019Eglise souterraine (J.C.) : 190.Livres et auteurs québécois, 1969.Revue critique de l\u2019année littéraire (R.D.): 50.CENTRE DE RECHERCHES DU SACRE.\u2014 La communication par le geste (G.B.): 346.CONFERENCE RELIGIEUSE CANADIENNE.\u2014 Animation spirituelle de la communauté (G.B.): 347.SOCIETE DES POETES CANADIENS-FRANÇAIS (La).\u2014 La Poésie il y a cent ans (R.D.): 19.B.\u2014 AUTEURS IDENTIFIÉS ALONSO-SCHOKEL, L.\u2014 La parole inspirée (G.B.) : 345.APRIL, A.\u2014 Identité et Foi (J.H.) : 221.BARBOTIN, E.\u2014 Humanité de l\u2019homme (G.B.): 345.BARR, J.¦\u2014 Sémantique du langage biblique (G.B.): 345.BAULES, R.\u2014 L\u2019insondable richesse du Christ (G.B.) : 345.BEAUCHAMP, A.\u2014 Vivre son âge (G.R.) : 310.BEAULIEU, M.\u2014 Charmes de la fureur (R.D.): BELLEFLEUR, D.(coll.).\u2014 Vivre son âge (G.R.): BENOIT, J.\u2014 Patience et Firlipon (G.P.): 93.BLAIS, M.-C.\u2014 Les Apparences (G.P.) : 153.BOULERICE, J.\u2014 Elie Elie pourquoi (R.D.): 55.BOURGEAULT, G.\u2014 Décalogue et morale chrétienne.Enquête patristique sur l\u2019utilisation et l interprétation chrétienne du décalogue de c.60 à c.220 (E.Hamel) : 286.BOURGEOIS, G.\u2014 Poètes du Québec (R.D.): 20.BRAULT, J.\u2014 Saint-Denys Garneau:\tœuvres (R.D.) : 312.BROSSARD, N.\u2014 Suite logique.Poèmes (R.D.): 55.B RUN ANTE, F.\u2014 L\u2019Homme qui se cherchait un fils.Roman (G.P.): 151.BUIS, P.\u2014 Le Deutéronome (J.d\u2019Anjou): 61.CAMARA, H.\u2014 Spirale de violence (G.D.): 145.CARRIER, R.\u2014 Il est par là, le soleil (R.D.): 86.CHAVANNES, H.\u2014 L\u2019Analogie entre Dieu et le monde selon saint Thomas d\u2019Aquin et selon Karl Barth (G.B.) : 318.CLOUTIER, C.\u2014 Cannelles et craies (R.D.): 56.CONZELMANN, H.\u2014 Théologie du Nouveau Testament (J.-M.Archambault) : 62.COPPENS, J.\u2014 Le Messianisme royal (J.d\u2019Anjou) : 61.DANIELOU, J.\u2014 L\u2019Eglise des apôtres (J.C.): 346.DAUVILLIER, J.\u2014 Les Temps apostoliques.1er siècle (J.C.) : 346.de FABREGUES, J.\u2014 L\u2019Eglise, esclave ou espoir du monde ?(G.B.) : 346.de LORIMIER, J.\u2014 Identité et Foi (J.H.): 221.de MONLEON, J.\u2014 Le Cantique des cantiques.Commentaire mystique d\u2019après les Pères de l\u2019Eglise (J.d\u2019Anjou) : 62.DESROCHES, R.\u2014 Corps accessoires, Poèmes (R.D.) : 55.DORE, M.\u2014 Le Billard sur la neige.Roman (G.P.) : 151.DUMAS, L.R.(coll.).\u2014 Vivre son âge (G.R.) DUMONT, F.\u2014 Parler de septembre (R.D.): 56 DURAND, G.\u2014 Ethique de la rencontre sexuelle (G.B.) : 346.EDINBOROUGH, A.(ed.).\u2014 One Church, Two Nations?(R.A.): 190.FARIBAULT, M.\u2014 La révision constitutionnelle.(R.A.) : 45.FERRON, J.\u2014 Les roses sauvages.Petit roman suivi d\u2019une lettre d\u2019amour soigneusement présentée (A.Beaudry) : 275.FUGERE, J.-P.\u2014 L\u2019Orientation.Roman.(G.P.): GAUTHIER, L.\u2014 Les Aventures de Sivis Pacem et de Para Bellum.Tome I (G.P.): 152.GEOFFROY, L.\u2014 Le Saint rouge et la pécheresse (R.D.) : 55.GIGNAC, R.\u2014 Suite .(R.D.) : 55.GIRARDI, J.\u2014 Amour chrétien et violence révolutionnaire (G.D.): 146.GOUIN, G.\u2014 Gaston Gouin, 1944-1970 (R.D.): 56.GRANT, R.M.\u2014 La formation du Nouveau Testament (J.-M.Archambault) : 62.GRAVELINE, R.\u2014 Identité et Foi (J.H.): 221.GREEN, H.G.\u2014 Un siècle de littérature canadienne.A Century of Canadian Literature.(R.D.) : 19.GRELOT, P.\u2014 De la mort à la vie éternelle (G.B.) : 345.GROULX, L.\u2014 Mes Mémoires.Tome 2: 1920-1928 (R.A.) : 179.HAURET, C.\u2014 Amos et Osée (J.d\u2019Anjou): 61.JEAN-NESMY, C.\u2014 La prière de la Bible (J.-P.Labelle) : 61.KAMP, J.\u2014 Souffrance de Dieu, vie du monde (G.B.) : 318.LACROIX, B.\u2014 Saint-Denys Garneau: œuvres (R.D.) : 312.La ROCQUE, G.\u2014 Le Nombril.Roman (G.P.) : 152.LASNIER, R.\u2014 La Part du feu (R.D.): 57.LATULIPPE, M.(coll.).\u2014 Vivre son âge (G.R.): 310.LAZURE, J.\u2014 La jeunesse du Québec en révolution \u2014 Essai d\u2019interprétation (G.D.) : 74.LeBLANC, P.(éd.).\u2014 One Church, Two Nations ?(R.A.): 190.LEGAUT, M.\u2014 Introduction à l\u2019intelligence du passé et de l\u2019avenir du christianisme.\u2014 L\u2019homme à la recherche de son humanité (G.B.): 345.LEMIRE, M.\u2014 Les Grands Thèmes nationalistes du roman historique canadien-français (R.D.): 281.LENGSFELD, P.\u2014 Adam et le Christ (G.B.) : 345.LYONNET, S.\u2014 Les étapes du mystère du Salut selon l\u2019épître aux Romains (J.-M.Archambault) : 286.LYS, D.\u2014 Le plus beau chant de la création.Commentaire du Cantique des cantiques (J.d\u2019Anjou) : 62.MALEVEZ, L.\u2014 Histoire du salut et philosophie.Barth \u2014 Bültmann \u2014 Cullman (G.B.) : 318.MARTIN-VALAT, P.\u2014 Les fantassins dans l\u2019Eglise (G.B.) : 346.MATURA, T.\u2014 La vie religieuse au tournant (G.B.) : 347.METZ, J.B.\u2014 Pour une théologie du monde (G.B.) : 318.MICHIELS, R.\u2014 Jésus-Christ, hier, aujourd\u2019hui, demain (G.B.): 318.MICHL, J.\u2014 Le problème de Jésus.De Jésus de l\u2019histoire au Christ de la foi (P.-E.Langevin) : 286.MUSSNER, F.\u2014 Le langage de Jean et le Jésus historique (J.-M.Archambault) : 286.PLANTE, G.\u2014 Le rigorisme au XVlie siècle (G.B.) : 347.POUPART, J.-M.\u2014 Ma tite vache a mal aux pattes (G.P.) : 251.PREFONTAINE, Y.\u2014 Débâcle, suivi de A l\u2019orée des travaux (R.D).: 56.RABUT, O.\u2014 Le mal, question sur Dieu (G.B.): 318.RACINE, L.\u2014 Villes (R.D.) : 56.RENDTORFF, T.\u2014 Théologie der Revolution.Analysen und Materialien (G.D.): 146.ROBERT, G.\u2014 Poésie actuelle.Littérature du Québec (R.D.) : 21.ROUSSEAU, G.\u2014 Préfaces des romans québécois du XIXe siècle (R.D.) : 20.ROY, G.\u2014 La Rivière sans repos (G.P.): 92.SAGNE, J.-C.\u2014 Péché, culpabilité, pénitence (G.B.) : 346.SAINT-ARNAUD, Y.\u2014 J\u2019aime.Essai sur l\u2019expérience d\u2019aimer.(G.R.): 43.SCHELKLE, K.H.\u2014 La Parole et l\u2019Esprit (G.B.) : 61.SCHNACKENBURG, R.\u2014 Présent et futur.Aspects actuels de la théologie du Nouveau Testament (J.-M.Archambault) : 62.SIMARD, J.\u2014 La Séparation.Roman (G.P.): 158.SOURIAU, E.\u2014 Clefs pour l\u2019esthétique (Y.L.) : 50.STEMBERGER, G.\u2014 La symbolique du bien et du mal selon saint Jean (G.B.) : 345.SYLVESTRRE, G.\u2014 Un siècle de littérature canadienne.A Century of Canadian Literature (R.D.) : 19.TAYLOR, V.\u2014 La personne du Christ dans le Nouveau-Testament (J.-M.Archambault) : 286.THERIO, A.\u2014 L\u2019Humour au Canada français.Anthologie (R.D.): 20.THILS, G.\u2014 Choisir les évêques ?Elire le pape ?(J.C.) : 252.TODT, H.E.\u2014 Théologie der Revolution.Analysen und Materialien (G.D.): 146.TOUGAS, G.\u2014 Littérature canadienne-française contemporaine (R.D.): 185.TRESMONTANT, C.\u2014 Le problème de la Révélation (G.B.): 61.TURGEON, P.\u2014 Un, deux, trois.Roman (G.P.): 152.VAN DER GUCHT, R.(dir.) \u2014 Bilan de la théologie du XXe siècle.2 vol.(G.B.): 318.VANHOYE, A.\u2014 Situation du Christ.Epître aux Hébreux 1 et 2 (J.-M.Archambault) : 63.VOGELS, W.\u2014 La promesse royale de Yahweh préparatoire à l\u2019Alliance (G.B.): 345.VORGRIMLER, H.(dir.).\u2014 Bilan de la théologie du XXe siècle.2 vol.(G.B.): 318.WASSELYNCK, R.\u2014 Les Prêtres.Elaboration du décret Presbyterorum Ordinis de Vatican 11 (G.Langevin): 158.WIDMER, Ch.\u2014 Gabriel Marcel et le théisme existentiel (G.B.): 318.WINNIGER, P.\u2014 La vanité dans l\u2019Eglise (R.A.): XAUFFLAIRE, M.\u2014 Feuerbach et la théologie de la sécularisation (G.B.): 318.ZAHRNT, H.\u2014 Dieu ne peut pas mourir.Contre les fausses alternatives dans l\u2019Eglise et dans la société (G.B.) : 318.IV.- THÉÂTRE PIÈCES COMMENTÉES (G.-H.d\u2019AUTEUIL) Balançoires (Les): 342.Barbe Bleue: 316.Barouf à Chioggia: 342.Becket ou l\u2019honneur de Dieu: 316.Belles Sœurs (Les): 215.Ben-Ur: 215.Black Comedy: 157.Cerisaie (La): 29.Contrat (Le): 157.Cri de l\u2019Engoulevent (Le): 342.D.D.T.: 156.Désir sous les Ormes: 213.Diable en été (Le): 29.Frizelis et Gros-Guillaume: 316.Gardien (Le): 215.Guerre, Y es Sir l (La): 30.Jardin des délices (Le): 214.Jeu Strindberg: 316.Jeux de massacre: 29.Laver son linge sale : 91.Misanthrope (Le): 156.Moumou: 213.N\u2019écrivez jamais au facteur: 29.Nuit (La): 214.Oeil anonyme (U): 157.Oiseau Bleu (L\u2019) : 60.Retour (Le): 91.Si les Sansoucis s\u2019en soucient.: 156.Souris et des Hommes (Des): 30.Spectacle Commedia del\u2019Arte: 59.Tambours et Trompettes: 59.Tchao !: 214.Thébaïde (La): 29.Treize à table: 30.Troyennes (Les): 156.Un bateau où l\u2019on s\u2019ennuie: 342.(I960) L'atelier qui donnera à vos imprimés uri caractère de distinction IMPRIMEURS LITHOGRAPHES STUDIO D'ART 8125.BOUL.SAINT-LAURENT MONTRÉAL (35P), QUÉBEC 388-5781 350 RELATIONS mm *v, mmMm entre JBüB! B : eminent mmt \\ 0J> ¦\u2022'^V'.BbBBvBx vBmVBBï :%P*'f: T marabout EN VENTE PARTOUT A PRIX POPULAIRES les relations e parents et enfants des solutions nouvelles à des problèmes anciens Il n\u2019y a guère de parents qui se lèvent le matin avec l\u2019intention de rendre leur enfant malheureux, Pas de mère qui se dise: «Je vais aujourd\u2019hui crier, gronder sans cesse ».Hélas, malgré les meilleures intentions, c\u2019est ce qui arrive bien souvent.Personne ne s\u2019efforce délibérément de rendre son enfant peureux, farouche, égoïste, odieux.Et cependant, nombreux sont les enfants qui acquièrent, en grandissant, des attitudes regrettables.Le propos de ce livre est d\u2019aider les parents à préciser les buts qu\u2019ils poursuivent et de suggérer des méthodes pour atteindre ces buts.déjà parus dans marabout service gratuitement : sur simple demande à l\u2019adresse ci-dessous, vous recevrez régulièrement le Magazine - catalogue général illustré en couleurs Distributeur général pour les Amériques KASAN Ltée-226 Est, Christophe Colomb, QUEBEC P.Q. Ü8 .mm litisi : ¦\u2022 : ¦ ¦¦>¦- i Æsm.\u2022\u20198fë&r$c mÊÊÊÈm glti , JT; ' i®Ü |ISi«süü 1£!?3« ;CT«f§ .; ,,.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.