Relations, 1 septembre 1973, Septembre
[" NUMÉRO 385 MONTRÉAL LA GUERRE DES CATÉCHISMES \u2022\tL\u2019évangile de satan, l\u2019assassinat du christianisme, la parole de mort \u2022\tL\u2019initiation à la vie chrétienne et à la prière, des instruments de qualité, un printemps pour l\u2019Église .?NUMÉRO SPÉCIAL -relations_______________________________________ revue du mois publiée par un groupe de membres de la Compagnie de Jésus COMITÉ DE RÉDACTION : Irénée Desrochers, directeur Guy Bourgeault, secrétaire Richard Arès, Jacques Chênevert, Gabriel Dussault, Michel Dussault, Julien Harvey, Pierre Lucier, Marcel Marcotte, André Myre, Yves Vaillancourt.ADMINISTRATION : Albert PLANTE RÉDACTION, ADMINISTRATION et ABONNEMENTS : 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal 351 \u2014 tél.: 387-2541.PUBLICITÉ: Liliane Saddik, 3110, rue Malo, Ville Brossard.Téléphone: 678-1209.numéro 385 septembre 1973 La guerre des catéchismes (numéro spécial \u2014 sommaire) Liminaire La guerre des catéchismes: quelques coordonnées du débat Guy Bourgeault 227 Études et analyses Nos manuels de catéchèse: expérience et message Julien Harvey 230 Mystère et image: les illustrations dans les manuels de catéchèse.Jean-Paul Labelle 235 Pour une vie chrétienne.Guy Bourgeault 236 Initiation à la prière.Guy Bourgeault 240 Catéchèse et sexualité: à propos d\u2019un manuel contesté Raymonde Venditti-Milot et Michel Acoulon 242 À quelle Église initier ?\t.Jacques Chênevert 243 Postface Par delà les conflits apparents.Pierre Lucier 246 Témoignages Catéchèse et catéchètes.Jean L\u2019Archevêque 250 Marx ou Satan ?\u2014 à propos de certaines dénonciations de la nouvelle catéchèse .Jean-Louis d\u2019Aragon 252 Regard de l\u2019étranger \u2014 une évaluation globale Bernhard Grom 253 Relations est une publication des Éditions Bellarmin.Prix de l\u2019abonnement: $7 par année.Le numéro: 750.M.Jean-Robert Gendron est autorisé à solliciter des abonnements pour la revue.Relations est membre de VAudit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019éducation.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement no 0143.Nouveautés HAUTS FAITS DU CANADA FRANÇAIS relevés et commentés par des Anglophones par SÉRAPHIN MARION de la Société royale ISBN-0-7766-1301 -4 15 x 22 cm., 208 pages \u2014 Prix: $4.80 DU LANGAGE A.Martinet et M.Merleau-Ponty par GHYSLAIN CHARRON ISBN-0-7766-1011-2 15,5 x 23,5 cm., 200 pages \u2014 Prix : $4.50 ANTOINE DU PERIER LES AMOURS DE PISTION ET DE FORTUNIE Texte critique avec Introduction et Notes par ROMÉO ARBOUR ISBN-0-7766-4152-2 15 x 22 cm., 152 pages \u2014 Prix: $3.75 En vente chez votre libraire et aux : ÉDITIONS DE L\u2019UNIVERSITÉ D\u2019OTTAWA Ottawa, Ontario, Canada, K1N 6N5 | WWUW W WIOTl I SOCIÉTÉ NATIONALE DE FIDUCIE L'ÉCONOMIE MUTUELLE D'ASSURANCE SOCIÉTÉ NATIONALE D'ASSURANCES À VOTRE SERVICE DANS LE GROUPE DE POINTE \u2022\tASSURANCE-VIE \u2022\tRENTES VIAGÈRES \u2022\tASSURANCE COLLECTIVE L*\tC O N O M I E MUTUELLE D\u2019ASSURANCE 385 est, rue Sherbrooke, Montréal 129\t\u2014 Tél: 844-2050 DRUMMONDVILLE - GRANBY - J0LIETTE - LAVAL - L0NGUEUIL MONTRÉAL - OTTAWA - QUÉBEC - SHERBROOKE 226 # RELATIONS La guerre des catéchismes \u2014 quelques coordonnées du débat actuel - liminaire Il aura suffi de lire certaines « opinions de lecteurs » dans quelques quotidiens québécois ou montréalais pour constater que le débat autour de la catéchèse chez nous a, depuis quelque temps, tourné au combat.On avait pu croire que les guerres de religion appartenaient à un lointain passé.Tel n\u2019est pas le cas, comme le manifeste l\u2019actuelle « guerre des catéchismes ».Seulement, les combats, d\u2019inter-confes-sionnels qu\u2019ils étaient jadis, sont devenus intra-confessionnels.A l\u2019intérieur de la même Eglise catholique du Ce qui est mis en cause dans la catéchèse nouvelle, c\u2019est moins sa pédagogie, laisse-t-on entendre, que son orthodoxie.Sans doute met-on en cause, parfois, dans un effort d\u2019explication de ce qui apparaît comme une crise de l\u2019éducation de la foi, le dé-boussolement de la société, la confusion bureaucratique de l\u2019école, la démission des parents, les contaminations idéologiques du corps enseignant, ou que sais-je encore.Mais les attaques ont été concentrées depuis quelque temps sur les manuels de la nouvelle catéchèse et sur leurs auteurs.Le plus souvent, on reconnaîtra qu\u2019il fallait sans doute abandonner la formule du catéchisme en questions-réponses pour faire davantage appel à la créativité des enfants; on se réjouira même de l\u2019intégration des perspectives bibliques dans la démarche proposée par les nouveaux manuels.Mais on doute de l\u2019orthodoxie doctrinale de ces outils catéchétiques.Du moins les critiques les plus nuancées \u2014 car il en est d\u2019autres décidément plus globales ! \u2014 ont-elles été formulées récemment dans cette direction.C\u2019est le cas, par exemple, de l\u2019étude critique qu\u2019un évêque auxiliaire de Montréal, Mgr Léo Blais, a fait parvenir à tous les évêques du Québec, en octobre 1972.L\u2019auteur y reconnaît volontiers, en scrutant les manuels des six premières années, les progrès, par rapport aux formes du passé, « de cette nouvelle manière d\u2019enseigner » mise de l\u2019avant par la nouvelle caté- Québec, dont le passé encore récent évoque en nos esprits une unanimité qui n\u2019a peut-être jamais existé vraiment, ceux à qui on a reproché de semer le « soupçon » ont dénoncé la nouvelle catéchèse comme étant une « entreprise concertée » pour saper la foi chrétienne ! Il faut que les passions soient vives pour que les pierres soient ainsi lancées, d\u2019un groupe à l\u2019autre, dans le même « camp », i.e.chez ceux-là mêmes qui semblent avoir le souci de la foi chrétienne et de son avenir dans la collectivité d\u2019ici.chèse; il invite même à l\u2019apprécier.Mais il déplore les « nombreuses déficiences ou omissions dont certaines sont graves » L Le débat est donc bel et bien situé, dans cette étude, au plan de l\u2019orthodoxie doctrinale et de l\u2019intégrité du message à transmettre.Par la suite, le document présenté à l\u2019épiscopat du Québec par Mgr Blais fut acheminé à la délégation apostolique d\u2019Ottawa et, via son préfet, le cardinal Wright, à la congrégation romaine compétente (en l\u2019occurrence, la congrégation pour le clergé.) Seule la méfiance à l\u2019égard des auteurs des manuels et des responsables de l\u2019Office catéchétique qui en avaient parrainé l\u2019élaboration et les avaient approuvés, peut expliquer qu\u2019on en ait ainsi appelé à Rome.C\u2019est dans ce contexte que les évêques canadiens décidaient, il y a quelques mois, de lancer l\u2019opération évaluation des manuels de catéchèse: il fallait reprendre la situation en mains.Sobrement, on faisait observer que l\u2019entreprise était chose normale après dix années d\u2019expérience, et qu\u2019elle serait utile au travail de révision déjà amorcé.Présentation iréni-que, qui n\u2019aura toutefois dupé personne et qui ne réussira pas à exorciser les méfiances dans un débat mal engagé.Le présent dossier veut contribuer à l\u2019opération lancée.Dans sa préparation, les auteurs des divers articles ont dû tenir compte, tout en reconnaissant son étroitesse, de la problématique imposée: c\u2019est l\u2019orthodoxie doctrinale des manuels, au niveau de leur « contenu », qui est mise en cause.C\u2019est donc elle qu\u2019il fallait tenter d\u2019«évaluer », en analysant le « contenu » des manuels 2.Mais la problématique de départ ainsi imposée est-elle valable ?On peut en douter.Comme l\u2019a fait observer avec justesse Georges Duperray, le « contenu » ne se laisse pas ainsi isoler facilement du « contenant », c\u2019est-à-dire des formules dans lesquelles il est coulé et qui sont elles-mêmes liées à une pédagogie tout autant qu\u2019à une anthropologie et à une théologie, à une « institution » catéchétique 3.On pourrait avancer l\u2019hypothèse que le « contenu », au sens étroit que l\u2019on cherche parfois à donner à ce terme, n\u2019a guère évolué, du petit catéchisme de notre enfance aux manuels récents, mais que l\u2019image de Dieu et la vision de l\u2019homme que l\u2019on a aujourd\u2019hui chez les croyants ne sont plus celles d\u2019autrefois, et que cela remet nécessairement en cause, avec une re-lecture de l\u2019évangile, l\u2019Eglise elle-même dans ses structures, dans ses ministères et dans sa pédagogie.On confesse toujours le Dieu de Jésus-Christ, mais les confessants d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas ceux d\u2019hier.Or l\u2019Eglise est la communauté des croyants, des confessants.On retrouve, dans le débat au sujet de la catéchèse, les mêmes tensions que dans les autres débats qui ont cours aujourd\u2019hui dans l\u2019Eglise.Pour illustrer ce qui précède, disons que la « morale sexuelle » (au sens étroit du terme), par exemple, n\u2019a guère changé dans l\u2019enseignement catéchétique des vingt dernnières années.Mais tout a pourtant changé.Et ce, au niveau même du contenu.Car il n\u2019est pas indifférent, en termes de contenu, qu\u2019elle soit présentée sous le signe du commandement ou sous le signe des valeurs, de l\u2019amour et de la relation, et qu\u2019elle fasse alors appel à un Dieu législateur ou à un Dieu qui a choisi de partager la condition de l\u2019homme pour la renouveler; qu\u2019elle soit « enseignée » dans des « classes de catéchisme » ou « cherchée » et « créée », dans l\u2019écoute de l\u2019Esprit qui fait entrer dans l\u2019intelligence du mystère chrétien, au sein d\u2019une commu- Une crise de l\u2019orthodoxie ?SEPTEMBRE 1973 227 nauté active et célébrante.Or c\u2019est ce large contenu qui est réellement mis en cause, de part et d\u2019autre, dans les discussions actuelles.C\u2019est dire qu\u2019on ne réglera rien en discutant des iotas et en déplaçant les virgules: toute la cohérence de la vie du croyant en communauté chrétienne ou en Eglise est mise en question.De là l\u2019insécurité souvent ressentie.De là aussi la violence des discours et, parfois, les détours des interventions.Il faudrait s\u2019entendre, dit-on, sur une sorte de credo minimal, sur un « abrégé de la foi » qui ferait le consensus.Mais le credo peut-il ainsi être « réduit »?Et n\u2019a-t-on pas plutôt et bien davantage besoin d\u2019un « concentré de la foi » que d\u2019un « abrégé de la foi » 4 \u2014 ce qui appelle peut-être une décentration et une recentration, une conversion qui remet en cause l\u2019existence chrétienne totale ?Comme le fait observer G.Duper-ray, « l\u2019influence du contenant sur le contenu est manifeste », Or le « contenu » de notre foi de chrétiens, que nous en soyons conscients ou pas ou peu, a été profondément marqué \u2014 au point d\u2019en porter encore la marque \u2014 par les 508 questions-réponses de notre petit catéchisme (dont 208, soit 41%, gravitaient dans le champ de l\u2019« obligation » !) 5.Le « contenu » de cette foi est, pourrait-on dire, maniable: il entre dans le format livre de poche ! Il est précis, bien délimité, clair .Mais peut-on ainsi « contenir » la foi vivante ?Catéchisme et catéchèse Il importe surtout de noter, pour notre présent propos, que la foi chrétienne n\u2019a pas toujours été coulée dans les formules familières de notre enfance.L\u2019ancêtre de notre petit catéchisme québécois, par delà les intermédiaires français des 18e et 19e siècles, par delà également le Catéchisme romain de Trente (1566) et ses prédécesseurs d\u2019Allemagne (Le petit catéchisme avec de courtes prières pour les simples de Canisius, paru en 1558) ou en France (les catéchismes du P.Edmond Auger, parus en 1563 et 1568), c\u2019est le catéchisme de Calvin (1541) ou peut-être celui de Luther (1529), auxquels Trente a voulu opposer des manuels davantage conformes à la doctrine catholique.C\u2019est donc en contexte de Réforme et de contre-Réforme que, selon l\u2019expression de G.Duperray, le catéchisme a contracté mariage avec l\u2019imprimerie: « mariage heureux, commente-t-il, si l\u2019on en juge par ses milliers d\u2019enfants en quatre siècles » 6.La catéchèse avait fait alliance avec l\u2019imprimerie.Auparavant, c\u2019est-à-dire pendant tout le Moyen-Age, semble avoir prévalu la catéchèse orale familiale, complétée par la liturgie communautaire et la prédication, avec le support d\u2019une catéchèse que l\u2019on pourrait dire « formelle » parce qu\u2019elle empruntait ses formules aux symboles de foi de l\u2019Eglise ancienne, au Pater, occasionnellement au décalogue 7.C\u2019est dire que la catéchèse ne doit pas être identifiée au catéchisme 8.Si l\u2019on reprenait cette histoire « à l\u2019endroit », on constaterait que la caté- chèse, comme enseignement sur la voie chrétienne, commence dès les premières générations chrétiennes.Mais il faut attendre la fin du 2e siècle pour la voir s\u2019institutionnaliser quelque peu.Jusqu\u2019alors, une Eglise non installée ne pouvait offrir un asile de sécurité aux non-convaincus.Avec la sympathie de l\u2019empereur Commode, l\u2019Eglise connaît, à la fin du 2e siècle, une expansion rapide.Il faut alors assurer la sincérité de la conversion : le catéchuménat préparera le néophyte à vivre chrétiennement .Mais ü s\u2019agit alors foncièrement d\u2019un catéchuménat et d\u2019une catéchèse pour adultes.La catéchèse des enfants ne viendra que plus tard: elle sera partie de la charge pastorale du curé (pour qui le catéchisme de Trente, « ad parrochos », veut être un instrument utile dans sa simplicité) qui expliquera le Credo et le Pater.La première révolution catéchistique fut celle de l\u2019imprimerie; la seconde, celle de la scolarisation des jeunes.La catéchèse cède alors le pas au catéchisme et à ce que G.Garand appelle la catéchisation.La troisième révolution fut celle apportée, il y a vingt-cinq ans, par le renouveau pédagogique rencontrant le renouveau des études bibliques et de la liturgie10.La nouvelle catéchèse, malgré son instrumentation certes nouvelle et ses orientations propres à notre temps, peut donc être vue comme renouant, par delà la période des catéchismes et de la catéchisation, avec une très ancienne tradition chrétienne d\u2019initiation progressive à la vie chrétienne, d\u2019entrée progressive dans le mystère chrétien.Mais nous avons connu, au Québec, la révolution tranquille et les soubresauts qui l\u2019ont suivie.Dans l\u2019insécurité qui trop souvent nous habite depuis lors, ce qui était sous Duplessis et avant Jean XXIII nous paraît relever d\u2019un ordre originel qu\u2019il serait périlleux d\u2019enfreindre ou de contrecarrer.Le rapide détour à travers l\u2019histoire que l\u2019on vient de faire aura peut-être permis de désamorcer certains problèmes mal posés, et de nous inciter à l\u2019audace créatrice qui fut celle de la tradition chrétienne dans son effort de fidélité à l\u2019Evangile et à la constante nouveauté de l\u2019expérience chrétienne au cours des âges.Pour entrer dans l\u2019exploration du monde nouveau qu\u2019ouvrent devant nous les manuels de la catéchèse actuelle des jeunes, il faut être prêt à la conversion.Cela n\u2019empêchera pas la critique lucide de jouer le rôle qui est le sien, mais cela permettra d\u2019accueillir d\u2019abord comme une salutaire contestation de nos habitudes et de nos fausses sécurités les efforts de fidélité chrétienne que manifestent de diverses façons les manuels de la catéchèse nouvelle.Et, donc, de comprendre avant de chercher à juger et à condamner.Le travail critique aura alors chance de servir la catéchèse, qui est elle-même service de la foi et de la vie des croyants.C\u2019est dans cet esprit, en tout cas, que les études ici présentées ont été faites.Elles sont presque toutes, on le notera, œuvre de théologiens.Cela n\u2019est pas fortuit, mais bien délibéré: c\u2019est la question d\u2019orthodoxie et d\u2019intégrité doctrinale, rappelons-le, qui a été posée.Mais cela n\u2019est pas très heureux, il faut le reconnaître.Car la théologie n\u2019est pas la surveillante de la catéchèse, non plus que la gardienne de l\u2019orthodoxie et de l\u2019intégrité de la foi chrétienne.C\u2019est l\u2019expérience chrétienne vécue en Eglise qui est première; le ministère de la catéchèse aide à y entrer et à y progresser; la théologie ne peut que se mettre au service du ministère catéchétique et de la foi vécue qu\u2019elle tente d\u2019articuler en un discours qui se tienne .parce que l\u2019homme chrétien en a besoin pour mieux vivre sa foi.Le secrétaire de la rédaction, Guy BOURGEAULT.2 août 1973.228 RELATIONS 1.\tLe mémoire est maintenant publié (Equipe Saint-Léon: 4311, boul.de Maisonneuve, Montréal).2.\tTâche à laquelle les PP.Robert Mo-rency et Jules Paquin, théologiens (dogme et morale), ont grandement contribué en constituant un dossier analytique utilisé dans les pages qui suivent.3.\t« Le contenu de la catéchèse: vrai ou faux probème ?» dans Catéchèse, 49 (octobre 1972).4.\tVoir à ce sujet l\u2019excellent article de P.-A.Liégé: Un « abrégé de la foi » ?dans Catéchèse, 49 (octobre 1972), 407-417.L\u2019a.y évoque quelques essais d\u2019« abrégés de la foi » qui, depuis 1950 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, en passant par celui de Paul VI lors de la clôture de l\u2019Année de la foi, le 30 juin 1968, n\u2019ont pas réussi à répondre aux attentes des chrétiens parce qu\u2019ils ne « concentraient » pas vraiment l\u2019expression contemporaine de la foi chrétienne.5.\tOn relira avec intérêt, dans le présent contexte des discussions autour de la catéchèse, l\u2019article de G.Dussault, « La religion de l\u2019ordre.et après ?», sur la morale québécoise de 1900; dans Relations, 377 (décembre 1972), 330-334.6.\tArt.cit., 488.Sur cette question, voir l\u2019ouvrage désormais classique de J.-C.Dhôtel: Les origines du catéchisme moderne, Paris, Aubier, 1967.7.\tSur cette histoire de la catéchèse médiévale, voir le premier chapitre du livre de J.-André Jungmann: Catéchèse, Bruxelles, 19552.8.\tCf.Gilles Garand: Qu\u2019est-ce que le catéchisme ?\u2014 depuis Trente jusqu\u2019à Vatican I (thèse), Rome,Université Grégorienne 1972.9.\tC\u2019est en effet vers la vie chrétienne et la liturgie que sont orientées, par exemple, les catéchèses de Cyrille de Jerusalem, au 4e siècle, grâce à un enseignement basé sur l\u2019Ecriture et qui fait entrer progressivement dans l\u2019histoire du salut.\u2014 Pour l\u2019histoire de la catéchèse ancienne, voir: G.Ba-reille, art.« Catéchèse » et « Catéchumé-nat », dans le DTC\\ A.Paulin, Saint Cyrille de Jérusalem, catéchète, Paris, Ed.du Cerf, 1959; Jean Daniélou, La catéchèse aux premiers siècles, Lyon, ISPC, 1968.10.\tC\u2019est, en effet, en 1958 que fut préparé l\u2019abondant dossier intitulé Dix annnées de travail catéchétique dans le monde, publié à Paris, aux Ed.Fleuras, en 1960.Pour le Canada, secteur de langue française, Robert Gaudet, alors secrétaire de l\u2019Office catéchétique provincial du Québec, rend compte de dix années de recherches et d\u2019expériences faites chez nous en vue d\u2019une catéchèse plus christocentrique, plus progressive et plus inductive, plus adaptée à l\u2019enfant et à son besoin de créativité (pp.71-81).LES MANUELS DE CATÉCHÈSE (O.C.Q.) NIVEAU PRIMAIRE OU ÉLÉMENTAIRE \u2022 1er cycle: catéchèse initiatique Viens vers le Père (El.1), pour les enfants de 6-7 ans.Présentation de Dieu: Père, Fils et Esprit; baptême et Eglise.Célébrons ses merveilles (El.2), pour les 7-8 ans.Eucharistie et confirmation.Rassemblés dans l\u2019amour (El.3), pour les 8-9 ans.L\u2019Eglise: communauté fraternelle célébrante; le sacrement du pardon.\u2022 2e cycle: catéchèse d\u2019approfondissement doctrinal et existentiel Nous avons vu le Seigneur (El.4), pour les 9-10 ans.Jésus dans les évangiles.Préparer la terre nouvelle (El.5), pour les 10-11 ans.Vie chrétienne et liturgie ecclésiale.Selon ta promesse, fais-moi vivre (El.6), pour les 11-12 ans.Vie chrétienne et attitudes chrétiennes.Bâtir ensemble (El.7), pour les 12-13 ans.L\u2019Eglise: mystère et institution.L\u2019Eglise: une, sainte, catholique et apostolique.NIVEAU SECONDAIRE \u2022 1er cycle: catéchèse biblique et anthropologique Regard neuf sur un monde nouveau (Sec.1).Histoire du salut: Ancien Testament.Regard neuf sur la vie (Sec.2).Histoire du salut: Nouveau Testament.\u2022 2e cycle: catéchèse anthropologique Un sens au voyage (Sec.3).Existence corporelle.Activité humaine.Rupture.(3 cahiers.) La force des rencontres (Sec.4).La sexualité humaine.Les valeurs.(2 cahiers.) Des rues et des hommes (Sec.5).Dieu.L\u2019Eglise.Problèmes socio-politiques.Les grandes questions de l\u2019existence: le sens de la vie, la souffrance et la mort, etc.POUR LES ADULTES Il ne sera pas question, dans les pages qui suivent, de la catéchèse des adultes et de ses instruments.Il importe cependant de savoir que ces instruments existent, et que la catéchèse veut entrer par eux dans un processus d\u2019éducation permanente de la foi.\u2022\tIdentité et foi (pour les jeunes adultes): foi et vérification \u2014 catéchèse critique et existentielle.\u2022\tLe temps s\u2019ouvre: Jésus-Christ, l\u2019Eglise.\u2014 catéchèse d\u2019approfondissement doctrinal.\u2022\tA la recherche de l\u2019Eglise: réflexions sur l\u2019Eglise.Vienne le temps de la fête: eucharistie et célébration.Le conflit des générations: jeunes et adultes dans la société et dans l\u2019église.Sexualité et vie quotidienne: le sens chrétien de la sexualité \u2014 catéchèse occasionnelle.\u2022\tChantier \u201972: la libération et l'engagement social des chrétiens.Chantier \u201973: le chrétien et les conflits dans la société et dans l\u2019église \u2014 catéchèse sociale et politique.\u2022\tVivre son âge (pour les personnes âgées): sens chrétien de la vieillesse, sacrement des malades \u2014 catéchèse anthropologique.Voir Le Souffle, 42 (janvier 1973): Les manuels de catéchèse.SEPTEMBRE 1973 229 Nos manuels de catéchèse: expérience et message par Julien Harvey *_____________________ Transmettre la foi a toujours été une tâche difficile.On n\u2019a qu\u2019à relire les Actes des Apôtres ou les lettres de Paul pour s\u2019en convraincre.Mais cette difficulté s\u2019accroît lorsque des changements profonds de la culture font que le langage se brise, que les symboles perdent leur force de motivation, que les trésors du passé, demeurant disponibles, font l\u2019objet de choix divers par chaque personne et par chaque sous-groupe dans la collectivité.Chaque porteur de la tradition est alors sollicité dans deux directions: retraduire l\u2019expérience pour la rendre intelligible, mais au risque de manquer de fidélité, ou demeurer fidèle à la formation traditionnelle au risque de devenir inintelligible.Passer entre les deux dangers de façon infaillible et rapidement constituerait une réussite inouie.Et une plus grande réussite encore si on transmettait ainsi la foi à de plus jeunes.C\u2019est le défi actuel de la catéchèse, surtout de la catéchèse scolaire.Et des manuels qui veulent l\u2019aider.En fait, il n\u2019est pas surprenant que, dans les périodes plus difficiles de la foi, tous les yeux se tournent vers les points de repère facilement discernables que sont les agents et les instruments de transmission de la foi: les ca-téchètes, les pasteurs, les manuels.On les place ainsi comme en « état de souffrance » et on les force à se dépasser.C\u2019est dans cette perspective que je voudrais aborder l\u2019évaluation de nos manuels comme instruments de transmission de la foi.Je ne veux cependant pas aborder cette évaluation sans rappeler d\u2019abord que les manuels se situent dans un plus vaste cadre et qu\u2019ils ne peuvent pas se substituer à tout l\u2019ensemble.Les canaux de la transmission de la foi sont surtout la famille et la communauté chrétienne; la première depuis l\u2019Ancien Testament, la seconde depuis le Nouveau Testament, avec cependant une anticipation dans la synagogue.A partir surtout du 17e siècle, vient s\u2019ajouter l\u2019école, avec ses manuels de catéchèse 1.Les spé- * Exégète, professeur à la Faculté de Théologie de l\u2019Université de Montréal, l\u2019A., jésuite, est membre du comité de rédaction.cialistes en sociologie religieuse semblent bien unanimes à reconnaître que le rôle de l\u2019école est secondaire et qu\u2019il ne peut être exercé de façon efficace que si l\u2019école s\u2019appuie sur les deux autres canaux de transmission, soit la famille et la paroisse 2.En particulier, la catéchèse suppose la foi, elle n\u2019est pas évangélisation; et certains catéchè-tes ont sérieusement proposé que, dans des milieux où, en pratique, on se trouve en situation d\u2019évangélisation première, la catéchèse scolaire soit simplement supprimée entre 6 ans et 18 ans, l\u2019enfance et l\u2019adolescence ne se prêtant pas à une première évangélisation 3.En d\u2019autres termes, la catéchèse scolaire n\u2019est viable que si elle aide la vie chrétienne familiale et la communauté chrétienne, que celle-ci soit la paroisse ou une communauté de base.Une deuxième remarque préliminaire me paraît essentielle: les manuels de catéchèse ne sont qu\u2019un instrument, qui doit être utilisé par des personnes qui sont les catéchètes, à l\u2019intérieur d\u2019une institution qui est généralement l\u2019école publique.Cela veut dire, concrètement, que la catéchèse sera vécue dans des Si cet essai s\u2019adressait d\u2019abord à des théologiens professionnels, on pourrait montrer qu\u2019il n\u2019y a en fait qu\u2019une seule option de base, au niveau de la théologie de la Sainte Trinité 6.Mais il est plus commode d\u2019énumérer les traits concrets de cette option.Ce sont, à mon avis, les suivants: 1.\tOn a voulu partir de la « question humaine », soit de l\u2019expérience de l\u2019enfant, pour arriver à la « réponse de Jésus Christ » et ensuite revenir à la question humaine ainsi élargie et approfondie par la rencontre de Jésus.2.\tOn a opté pour une présentation progressive du message chrétien, après une révélation de base qui est celle de notre entrée par la foi dans la vie intime de la Sainte Trinité.3.\tOn a adopté, surtout au niveau secondaire, la méthode de la « catéchèse occasionnelle », c\u2019est-à-dire centrée sur les préoccupations majeures des adolescents et adolescentes à un âge donné.groupes diversifiés, où une partie des auditeurs ne veut pas l\u2019accueillir ou se trouve en situation d\u2019évangélisation; cela est déjà vrai au niveau primaire, plus encore aux niveaux secondaire et collégial.Et le droit qu\u2019ont les parents de demander des exemptions ne règle pas tout: bien des parents, qui semblent n\u2019avoir aucun souci de la vie chrétienne familiale, demanderont tout de même la catéchèse pour leurs enfants.Cela veut dire aussi que des professeurs, surtout au niveau primaire (cf.le Règlement no 3 du Comité catholique), devront accepter la catéchèse comme une partie de leur charge d\u2019enseignement, alors que leur engagement chrétien est nul ou très débile et que leur préparation à la tâche catéchéti-que est insuffisante.L\u2019existence de cette situation chez nous est amplement documentée; aucun remède efficace n\u2019est actuellement en vue 4 *.Ceci dit, je voudrais proposer les grandes lignes d\u2019une évaluation des manuels québécois, d\u2019abord dans leurs principes fondamentaux, ensuite dans leur réalisation, tant au niveau primaire qu\u2019au niveau secondaire.C\u2019est surtout le premier principe qui a été et demeure contesté.Je ne veux pas tenter ici une justification complète.Mais il faut dire ceci: si on veut attaquer le principe lui-même, il ne faut pas le faire au niveau des manuels de l\u2019OCQ, comme s\u2019il s\u2019agissait là d\u2019une 1.\tSur l\u2019histoire de la catéchèse scolaire, voir: Sr E.Germain, Langages de la foi à travers l\u2019histoire, Paris, 1972; M.Fargues, D\u2019hier à demain, le catéchisme, Paris, 1964, pp.11-49; J.-C.Dhôtel, Les origines du catéchisme moderne, Paris, 1967.2.\tCf.H.Carrier, Psycho-sociologie de l\u2019appartenance religieuse, 3e éd., Rome, 1966, en particulier pp.107-119.3.\tPar ex.D.Piveteau, « Quelle catéchèse abandonnons-nous ?», dans Catéchistes, 20(1969), 635-650; à la suite d\u2019un art.de P.Babin, « J\u2019abandonne la catéchèse », dans la même revue (octobre 1968).4.\tJe m\u2019appuie ici en particulier sur un document de travail de l\u2019abbé P.Tremblay, « L\u2019éducation chrétienne aujourd\u2019hui.I: les maîtres » (Conseil supérieur de l\u2019éducation, Comité catholique, Québec, 15 novembre 1972).Les options de base 230 RELATIONS aventure qui leur serait propre.Le « virage anthropologique », en théologie, est un phénomène mondial, qui date déjà de plusieurs années et dont les traces se retrouvent partout dans les textes de Vatican II; et il n\u2019est pas le fait de quelques théologiens aventureux, mais bien de professeurs chevronnés occupant des postes universitaires de premier plan: je pense à des hommes comme J.Alfaro7, M.Flick et Z.Alszeghy 8, sans parler de K.Rahner 9 et J.B.Metz 10.Evidemment, le mot « anthropologie théologique » peut devenir un passe-partout et recouvrir des aberrations; j\u2019y reviendrai plus loin.Fondamentalement, la démarche demeure cependant valable: en raison de l\u2019action salvifique de Jésus, en liaison avec le projet créateur, « la grâce est déjà à l\u2019œuvre dans la question bien posée ».Et il est tout simplement faux de dire que la question humaine poussée à bout rejoint le Dieu des philosophes et non le Père de Jésus-Christ.De plus, l\u2019acceptation en catéchèse de l\u2019option anthropologique est un phénomène déjà ancien et qui rejoint la presque totalité de la catéchèse occidentale (avec comme exception l\u2019Allemagne, et encore cette exception, qui 5.\tC\u2019est ce que fait, par exemple B.Grom, Der Mensch und der dreifaltige Gott (L\u2019homme et le Dieu trine), Munich, 1970.6.\tPar ex.M.Bellet, Catéchèse', esprit et langage, Paris, 1968; J.Laforest, La catéchèse au secondaire (Etude de Un sens au voyage), Québec, 1970; P.Hitz, Evangile et catéchèse (Problèmes de la catéchèse au secondaire), Québec, 1972.7.\tTeologia del progresso umano, Brescia, 1969.8.\tL\u2019homme dans la théologie, Paris-Sherbrooke, 1970.9.\tEn particulier dans Handbuch der Pastoraltheologie II, 2 (Fribourg, 1966), pp.208-238.10.\tL\u2019anthropocentrique chrétienne, Tours, 1968.11.\tVoir l\u2019article de B.Grom dans le présent numéro.12.\tJe suis ici en particulier B.Grom, Botschaft oder Erfahrung ?(Message ou expérience?), Zurich, 1969, pp.91-109.Cet ouvrage sur la catéchèse de langue française devrait être un jour traduit en français.13.\tSur cette lecture et ses difficultés, voir par exemple M.de Certeau, « Comme un voleur», dans Christus 12(1965), 25-41; M.-D.Chenu, \u201c\u2018Les signes des temps\u201d, dans la Nouvelle revue théologique, 87(1965), 29-39.14.\tEvangile et catéchèse (Problèmes de la catéchèse au secondaire), Québec, 1972.Au sujet de l\u2019influence barthienne, voir en particulier pp.65-67.15.\tLa catéchèse au secondaire (Etude du manuel Un sens au voyage), Québec, 1970, p.168.fait de l\u2019Allemagne une « île de catéchèse kérygmatique », est-elle de moins en moins unanimement reconnue)* 11.Du côté français, le virage a commencé dès avant la dernière guerre (F.Der-kenne, 1935).Lorsque, en 1956, au Congrès catéchétique international d\u2019Anvers, les catéchètes français ont posé comme question centrale: « Doit-on partir du contenu donné à l\u2019avance de la Révélation ou de la vie concrète des jeunes ?», la réponse des professionnels de la catéchèse de langue française a été presque unanimement favorable à la deuxième option.Depuis lors, le mouvement a toujours gagné du terrain.A partir de 1955, l\u2019influence dominante sur la catéchèse des Etats-Unis a été française; et il faut signaler ici que nos manuels, surtout ceux du primaire, y ont joué un rôle considérable: le nombre de diocèses américains qui ont adopté nos manuels est supérieur au nombre de diocèses canadiens.En outre, six pays d\u2019Amérique Latine (Argentine, Chili, Pérou, etc) en ont adopté la traduction espagnole ou portugaise; la Suède, la Norvège et le Danemark achèvent de traduire les manuels et les adoptent dès leur parution.Evidemment, ceci ne fait pas de ce premier point de méthode un dogme.Il y a place pour une catéchèse partant de la Bible ou d\u2019une synthèse dogmatique: de grands catéchètes comme J.A.Jungmann, J.Goldbrunner, J.Ho-finger, etc.l\u2019ont bien montré.Mais il est faux de dire que c\u2019est là la méthode catéchétique.Chacune des deux méthodes a d\u2019ailleurs ses avantages et ses risques 12.Celle qui accepte de partir de la Bible et des formulations dogmatiques sera toujours intellectuellement plus claire et plus cohérente; mais elle risquera de faire apprendre des formules vides, qui n\u2019ont pas d\u2019impact sur la vie, et elle aura toujours peine à suivre le développement de l\u2019enfant.Dans certains milieux catéchétiques règne encore l\u2019idée qu\u2019il y a parallélisme entre le développement psychologique de la personne et le développement du peuple de Dieu, Israël étant perçu comme un peuple-enfant; mais une telle perspective ne résiste pas à une étude historique ni à une étude théologique de l\u2019Ancien Testament.La méthode qui part de l\u2019expérience de l\u2019enfant ou de l\u2019adolescent a aussi ses risques; en particulier celui de ne pas dépasser le niveau des sciences de l\u2019homme, impuissantes à arracher au monde du péché, et celui de n\u2019arriver que très tard à une synthèse intellectuelle; elle risque aussi, surtout si on emploie des méthodes non-directives comme la dynamique des groupes, de ne pas accepter l\u2019interpellation de l\u2019Evangile.Par ailleurs, elle a des avantages incontestables qui lui sont propres.En tout premier lieu, si une telle catéchèse fait comprendre à l\u2019enfant que, par la foi et le baptême, il est entré dans le mouvement même de la vie trinitaire, l\u2019existence qui est la sienne lui apparaît comme une continuation de l\u2019histoire du salut, l\u2019individualisme religieux lui devient impossible, l\u2019Eglise lui est d\u2019abord révélée comme communauté fondamentale de l\u2019homme, les sacrements et la prière deviennent le centre de la vie de l\u2019Esprit de Jésus qui le ramène au Père.Bien sûr, le risque demeure toujours de devenir trop optimistes sur notre continuation de l\u2019histoire du salut dans le présent par la lecture des « signes des temps » 13.Et la référence à l\u2019Ecriture Sainte et à la Tradition comme normes de l\u2019action présente de l\u2019Esprit en nous peuvent être parfois minimisées; mais cela ne doit pas nous empêcher de courir le risque, qui est le risque de la foi dans l\u2019histoire.Quelques auteurs ont sévèrement critiqué, chez nous, l\u2019application de ce principe dans la catéchèse du niveau secondaire centrée sur les soucis majeurs des adolescents.Je songe en particulier à J.Laforest et P.Hitz.J\u2019avoue que, malgré les bons éléments critiques que chacun des deux auteurs apporte, je ne suis pas convaincu par leur argumentation en faveur d\u2019un retour à la catéchèse de type kérygmatique.Je comprends bien la cohérence de la pensée du Prof.Hitz, visiblement influencé par la théologie de la croix de Barth; mais cette option ne me semble pas permettre les jugements radicaux qu\u2019il porte sur les manuels québécois du secondaire 14.Je comprend moins bien comment J.Laforest en vient à conclure que, « si on part des limites de l\u2019humain pour arriver jusqu\u2019à Dieu, on arrive au Dieu de la religion naturelle et non au Dieu de l\u2019Evangile » 15.Ceci dit, je serai d\u2019accord plus loin avec un certain nombre de leurs critiques de détail.Quant au second principe, celui de la révélation progressive du message chrétien, je ne veux faire ici qu\u2019une remarque.Il est peu contesté, tant il s\u2019impose.Mais il demeure objet de plusieurs malentendus.En particulier, les suivants.D\u2019abord, un manuel de catéchèse, dans ces perspectives, n\u2019est pas SEPTEMBRE 1973 231 à lui seul un catéchisme.Si bien qu\u2019une évaluation isolée d\u2019une seule année sera forcément partiale et injuste; et encore plus partiale si on ne se donne pas la peine d\u2019étudier, avec le fascicule de l\u2019élève, ceux du maître et des parents.Ensuite, les manuels de cette catéchèse progressive supposent que le maître a lui-même la foi, et qu\u2019il en possède une intelligence suffisamment articulée pour percevoir les étapes antérieures des manuels et prévoir leurs étapes ultérieures.Enfin, l\u2019attitude des parents et des pasteurs peut faire réussir ou faire échouer l\u2019ensemble du projet, selon qu\u2019ils prennent ou non la peine de comprendre la démarche et de l\u2019appuyer.(Je ne veux pas alourdir cet article en citant des extraits de ma collection de réflexions indignées: « H est en troisième et il ne sait pas la différence entre un péché mortel et un péché véniel », « On ne lui a pas parlé de l\u2019enfer ni du démon », « Nous autres, apprenions les dix commandements de Au niveau de la mise en œuvre des options décrites plus haut, la tâche d\u2019évaluation devient plus difficile.Des collègues qui ont étudié en détail les manuels ont produit des mémoires qui s\u2019étendent entre 50 et 100 pages.J\u2019essaie donc seulement d\u2019indiquer ici certains points de concentration des difficultés, laissant les détails à des travaux de commissions.D\u2019abord, à l\u2019élémentaire \u2014 La catéchèse du niveau élémentaire se divise en deux cycles: catéchèse d\u2019initiation (années 1-3) et catéchèse d\u2019approfondissement doctrinal à partir de l\u2019existence (années 4-7).Rappelons que, depuis la réalisation du projet, la durée de l\u2019élémentaire a été réduite de 7 ans à 6 ans (sauf pour l\u2019enfance exceptionnelle), de sorte qu\u2019un stade important de cette catéchèse, qui concerne l\u2019Eglise comme institution, risque d\u2019être omis.\u2014 La lecture des manuels du premier cycle (années 1-3) suggère les observations suivantes: a.Si on n\u2019étudie que les manuels de l\u2019enfant, on en saisit difficilement la cohérence; les fascicules du maître et des parents sont ici des compléments indispensables.b.Les omissions de plusieurs points doctrinaux sont clairement indiquées comme options délibérées, c.La liaison de la catéchèse à la vie de prière et à la célébration sont très bien faites, d.L\u2019exigence de sincérité dans le témoignage du maître et des parents est très vive.En conséquence, l\u2019enfant qui n\u2019est pas aidé par un (ou une) catéchète qui vit sa foi et soigne son métier tirera très peu du livre.De même, l\u2019enfant dont les parents ne se soucient pas d\u2019ouvrir avec lui le fascicule des parents.Autre conséquence: comme les trois années reposent très fermement l\u2019une sur l\u2019autre, si une des années est gâchée, l\u2019ensemble s\u2019en relève mal.Dieu en deuxième année », «s II ne connaît que quatre sacrements », etc).Ceci dit, il est sûr que l\u2019option pour la catéchèse progressive et pour la méthode qui part de la question humaine ne forme pas le même type de chrétien que l\u2019autre.Mais, bien appliquée, elle forme un chrétien.Et il me semble que ce chrétien sera plus apte à vivre sa foi dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.Je rappelle ici un fait qu\u2019on oublie trop souvent lorsqu\u2019on accuse les manuels de tous les crimes : la génération qui, chez nous, a décroché de la pratique et parfois de la foi n\u2019a pas été catéchisée avec la nouvelle série de manuels, mais bien avec les manuels classiques jusqu\u2019à 1964.Si les adolescents les suivent, dans leur rejet de la prière, de la morale évangélique, etc., il serait bien imprudent d\u2019en attribuer toute la faute à une catéchèse renouvelée.\u2014 Au second cycle (années 4-7), je remarque ceci: a.Les fascicules de l\u2019élève, qui en sont encore à la première édition contrairement à ceux du premier cycle, sont moins bien faits (photos sombres, pages perdues par des dessins de transition peu significatifs).b.Les livres du maître sont plus volumineux, mais plus abstraits et moins riches de documentation, c.Les trois démarches d\u2019approfondissement du premier cycle sont inégalement réussies: le retour sur Jésus et l\u2019Evangile (année 4) l\u2019est; le retour sur la liturgie et l\u2019Eglise (année 5), moins bien; le livre sur les signes des temps (année 6) est d\u2019inégale qualité.Le tome supplémentaire (année 7) est peut-être le plus beau sur le plan graphique, mais il est très énigmatique si on l\u2019isole du livre du maître; la proportion entre la question humaine et la réponse de Jésus est peut-être mal calculée.Outre les observations faites au sujet du premier cycle, qui demeurent valables ici, notons que le catéchète qui n\u2019aurait pas suivi l\u2019expérience du premier cycle risque de ne pas voir clairement la démarche du second.Enfin, lorsqu\u2019on revient sur des données du message chrétien qui avaient été omises délibérément au premier cycle (péché originel, péché grave, miracles, conception virginale, etc.), le lien entre la première initiation et cet approfondissement est souvent omis.Malgré ces quelques observations critiques, l\u2019ensemble demeure une belle réussite.Les dimensions positives de la foi (bonté de Dieu, amour, espérance) sont si accentuées, et les dimensions plus tragiques (péché grave, jugement, colère de Dieu, enfer), si peu marquées, qu\u2019il n\u2019est pas étonnant que des adultes formés par un catéchisme unique s\u2019en étonnent.Il faut souligner la valeur humanisante d\u2019une telle catéchèse, même pour des enfants dont le milieu familial n\u2019a plus rien de chrétien.Nous avons eu récemment une querelle de pédagogues concernant l\u2019introduction d\u2019un manuel de CATÉCHÈSE ET ÉGLISE UNIVERSELLE La catéchèse de chez nous, avec ses orientations nouvelles, apparaît parfois à certains comme coupée de ses liens nécessaires avec « la grande Eglise ».Qu\u2019en est-il ?Les conclusions du Congrès catéchétique international de Rome, 20-25 septembre 1971, peuvent être ici particulièrement éclairantes.En voici quelques-unes: \u2022\t« La catéchèse est pour l\u2019homme.Le point de départ de l\u2019action catéchétique est ia situation de l\u2019homme » auquel il faut annoncer la Parole de Dieu.« En ce sens, l\u2019attention à la situation n\u2019est pas seulement un moyen pédagogique; elle est une exigence fondamentale de la Parole elle-même ».\u2022\tLes situations humaines sont « multiples et changeantes ».Dans les pays neufs et en voie de changement social rapide, « développement et annonce du Message doivent devenir une œuvre de libération de tout homme et de tout l\u2019homme ».C\u2019est pourquoi « la catéchèse manifestera que le vrai salut pour l\u2019homme ne peut venir que du Verbe Incarné et que le salut apporté par Jésus a la force de transformer le monde jusque dans ses aspects sociaux et politiques ».\u2022\tLes « modes d\u2019acquisition et de transmission de la culture » ne sont plus aujourd\u2019hui ceux d\u2019hier.La catéchèse doit tenir compte du fait que « la formation de l\u2019homme se fait aussi ailleurs qu\u2019à l\u2019école et s\u2019étend à toute la vie sous forme d\u2019éducation permanente ».De plus, « s\u2019il fut un temps où l\u2019effort catéchétique pouvait se réaliser essentiellement par une pédagogie de l\u2019assimilation, il semble aujourd\u2019hui que notre action soit impossible sans une pédagogie de la créativité.» \u2022\t« La catéchèse des adultes constitue la forme achevée de la catéchèse.Les autres formes se réfèrent à elle \u2014 la réponse de la foi correspond aux possibilités de chacun dans la communauté.L\u2019homme doit être conduit à réfléchir sur l\u2019expérience, à l\u2019interpréter dans la communauté, à la reformuler et à la réassimiler d\u2019une manière qui corresponde à une véritable vie d\u2019adulte dans la foi.Le témoignage de la communauté adulte est la source et le but de la catéchèse des jeunes.» Texte complet dans la revue Catéchèse, suppl.n.45 (octobre 1971).La mise en œuvre des principes: évaluation globale 232 RELATIONS civisme dans les écoles; s\u2019il est introduit, il faudra au moins qu\u2019il atteigne la qualité de l\u2019anthropologie présentée ici comme point de départ de la démarche de foi.Ceci dit, il y a des points moins heureux; comme ils me semblent être communs avec ceux du secondaire, même s\u2019ils sont ici moins marqués, je les reprendrai plus loin.Et au secondaire ?\u2014 Nous retrouvons également au secondaire une division en deux cycles: catéchèse à la fois biblique et anthropologique (Sec.1-2), catéchèse anthropologique centrée sur des points d\u2019intérêt et de difficulté plus importants de la vie des jeunes (Sec.3-5).\u2014 Comme les deux manuels du premier cycle (Regard neuf sur un monde nouveau, catéchèse de l\u2019histoire du salut dans l\u2019Ancien Testament, et Regard neuf sur la vie, histoire du salut dans le Nouveau Testament) sont actuellement en révision, je ne m\u2019y attarderai pas.On souhaiterait qu\u2019ils soient plus neufs, plus soucieux d\u2019une vue synthétique frappante, en particulier en ce qui regarde l\u2019Evangile.La vision trinitaire de la vie chrétienne pourrait y être plus marquée, selon l\u2019intuition de base de tout l\u2019ensemble.\u2014 Le groupe de manuels du second cycle (Sec.3-5) forme un bloc considérable: Un sens au voyage (avec trois centres d\u2019intérêt: l\u2019existence corporelle, l\u2019activité humaine, la rupture), La force des rencontres (la sexualité humaine, les valeurs), Des rues et des hommes (Dieu, l\u2019Eglise, la réalité sociale et politique, le mal, la souffrance, la mort).C\u2019est aussi le plus contesté.Je ne veux pas m\u2019attarder à leur présentation, surtout sous leurs aspects positifs, l\u2019ayant déjà fait dans Relations16.Je désire simplement ajouter ici que le manuel de Sec.5, Des rues et des hommes me semble mieux fait, au plan méthodologique, que ceux qui l\u2019on précédé: en particulier, pour ce qui a trait à l\u2019articulation entre la question humaine et la réponse de Jésus-Christ.Points critiques Au risque de donner l\u2019image d\u2019un esprit chagrin, je voudrais maintenant indiquer les points qui me semblent devoir faire l\u2019objet d\u2019une attention spéciale dans la révision de l\u2019ensemble des manuels, aux niveaux primaire et secondaire, mais plus particulièrement dans les manuels du deuxième cycle du secondaire.1.\tDes omissions.\u2014 L\u2019équipe de catéchètes qui a compilé un index analytique de tous les manuels 17 a rendu à la fois un bon et un mauvais service aux usagers et aux critiques des ouvrages.En effet, on n\u2019y a retenu que les thèmes dont la récurrence est assez fréquente pour être significative.Or la lecture des manuels eux-mêmes confirme, à la longue, l\u2019analyse des compilateurs de l\u2019index: certaines dimensions du message chrétien manquent trop largement.Ainsi, l\u2019image de l\u2019Eglise-communauté est très fortement tracée (elle correspond aux aspirations des plus jeunes de même qu\u2019à la méthode qui part de la requête humaine); mais celle de l\u2019Eglise-institution, même si elle est présente, demeure trop marginale et est généralement présentée de façon trop négative, surtout dans les manuels du maître.On retrouve là, sans doute, une trace de l\u2019ère de la « révolution tranquille », époque où les manuels du secondaire ont été rédigés.La présence et la responsabilité d\u2019un magistère, d\u2019une hiérarchie, de consentements communs s\u2019exprimant sous forme de lois et donnant un contenu à l\u2019amour, la présence d\u2019une Tradition nor- 16.\t« Réflexions sur Un sens au voyage », Relations, 343 (novembre 1969), 301-303.17.\t« Thèmes catéchétiques », dans Le Souffle, 42 (janvier 1973), 38-72.18.\tOn lira avec intérêt l\u2019ouvrage déjà cité de J.-C.Dhôtel, Les origines du catéchisme moderne.mative dans les décrets conciliaires, tout cela est trop marginal.Il faudra le réintroduire, sans pour autant chambarder entièrement une œuvre qui a demandé tant de temps, de dévouement et d\u2019argent.\u2014 Les sacrements sont trop généralement réduits à quatre (baptême, confirmation, eucharistie, pardon).Ce sont, en fait, les sacrements que les enfants et les adolescents accueillent; il est donc normal que l\u2019accent porte sur eux.Mais les trois autres devront trouver leur place, au moins vers la fin du secondaire.\u2014 Des dimensions de l\u2019eucharistie sont trop peu souvent marquées, en particulier le caractère sacrificiel de la messe et, même si le terme lui-même doit être renouvelé, la présence réelle du Christ dans l\u2019Eucharistie: l\u2019explication par la symbolique est sans doute exacte, mais, tant que la recherche moderne sur le symbole n\u2019aura pas rechargé de sens ce mot dans la langue populaire, il faudra le compléter par ailleurs.\u2014 Les caractères spécifiques du catholicisme au regard des autres confessions chrétiennes devront également être mieux marqués (surtout si on doit éliminer progressivement Bâtir ensemble, le manuel de El.7, à cause de l\u2019évolution des programmes officiels).Dans un esprit œcuménique, qui est sans doute prophétique de ce que pourront vivre les chrétiens qui ont actuellement 15 ans, on amenuise assez régulièrement ce qui divise les Eglises; cela a beaucoup de bon, mais anticipe trop sur l\u2019histoire.\u2014 La doctrine du péché est presque toujours exclusivement centrée sur le péché contre le prochain; il est exact que le centre est là et que la Bible supporte largement cette affirmation.Mais il demeure des fautes contre Dieu, et il demeure surtout des fautes contre soi-même; cette dimension de la foi est chère à saint Paul.\u2014 Plusieurs critiques ont également souligné la présence d\u2019une seule forme d\u2019ascèse dans les manuels, celle qui est « intra-mondaine », fonctionnelle, axée sur le service, le partage, le pardon des offenses; c\u2019est là sans aucun doute la forme principale, SEPTEMBRE 1973 celle que la Bible affirme le plus; mais il demeure une place pour une ascèse plus gratuite, pour la pénitence elle-même; dans une révision il faudra en tenir compte, en particulier pour pouvoir donner plus de place à une notion très biblique, celle de conversion, que l\u2019on ne rencontre ici que comme conversion initiale et non comme conversion continue.2.\tDes affirmations.\u2014 Un théologien romain très « sage » me faisait remarquer, au temps de Vatican II, que les Conciles sont en général 40 ans en arrière de la pointe de la recherche théologique.Cela, mis à part le chiffre exact, doit être vrai.D\u2019où la tentation, pour des catéchètes, d\u2019anticiper sur la pensée commune de l\u2019Eglise et d\u2019introduire dans l\u2019enseignement officiel et mandaté qu\u2019est la catéchèse des points de recherche qui semblent plus éclairants, plus adaptés au temps actuel.Cela explique la présence dans les manuels d\u2019une série assez considérable d\u2019affirmations, généralement signées de leurs auteurs, qui n\u2019ont pas encore acquis l\u2019unanimité en Eglise.Ces _ affirmations portent notamment sur les points suivants d\u2019inégale importance: réduction du miracle à son strict minimum, quasi-silence sur le purgatoire, très grande discrétion sur la conception virginale de Jésus, adoption de l\u2019explication de Schoon-enberg sur le péché originel comme situation de péché, élimination du « caractère » sacramentel, théologie du sacrement du pardon où l\u2019aveu des fautes est marginalisé à l\u2019extrême.Sur le plan de la conduite chrétienne, signalons, dans la même veine, l\u2019hésitation sur l\u2019indissolubilité du mariage et sur la moralité des relations sexuelles préconjugales.En signalant ces prises de position, pour lesquelles on peut presque toujours citer bon nombre de théologiens connus, je ne veux pas donner à entendre qu\u2019une catéchèse doit être «fondamentaliste » : l\u2019enfant ou l\u2019adolescent devient particulièrement amer lorsqu\u2019il constate, à l\u2019âge adulte, qu\u2019on l\u2019a trompé, même pieusement, dans sa jeunesse.Mais ces emprunts à la recherche théologique actuelle devraient généralement être indiqués en note.3.\tDes attitudes constantes.\u2014 H faut lire de la catéchèse ancienne pour constater que la sérénité et le caractère impersonnel n\u2019ont pas toujours été des qualités propres aux manuels de catéchèse 18.Mais les usages du passé ne justifient pas tout.Or, tout comme les anciens catéchètes avaient leurs « bêtes noires » (les protestants, les Juifs, parfois les riches, les intellectuels, les littérateurs, etc.), il devient vite évident, à la lecture des nouveaux manuels, que leurs auteurs ont également les leurs.233 Je signale que ceci est plus visible dans les manuels pour le maître, et plus visible au secondaire qu\u2019à l\u2019élémentaire.En particulier: le ton très négatif concernant l\u2019Egli-se-institution, la méfiance à l\u2019égard de toute loi ou directive exigeant une obéissance, l\u2019absence trop fréquente d\u2019éléments positifs et réconciliateurs dans les réflexions sur les parents et les plus âgés, le peu de données positives concernant la pratique religieuse paroissiale, le peu d\u2019estime pour la vocation ministérielle et religieuse, l\u2019optimisme peut-être excessif concernant la vie sexuelle et son développement.Comme il s\u2019agit ici d\u2019un climat, qui se retrouve très fréquemment, et non pas de points précisément « localisables », il sera sans doute difficile d\u2019effectuer une révision à cet égard.Je me demande si, sur ces points, il ne faudra pas demander aux auteurs eux-mêmes de donner le coup de pouce stylistique qui éliminerait ces traces agaçantes d\u2019une période peu lointaine, mais déjà dépassée.4.Des points de méthode.\u2014 J\u2019ai déjà dit mon accord avec les points de départ de la nouvelle catéchèse, où la méthode et la théologie se rencontrent.N\u2019étant par ailleurs pas catéchète (sinon au niveau de la catéchèse pour adultes, surtout dans les mass media), je ne veux pas m\u2019aventurer ici trop loin.Je risque cependant les réflexions suivantes : a.\tLe principe de la révélation progressive requiert qu\u2019on revienne plusieurs fois sur le même terrain, dans plusieurs manuels successifs.Ne faudrait-il pas, alors, plus de synthèses partielles, plus de rappels et de renvois aux manuels précédents, surtout dans le manuel du maître ?b.\tN\u2019exige-t-on pas trop du maître lui-même, en bien des cas (je pense en particulier à Sec.1 et 2, sur la Bible) ?Surtout lorsqu\u2019on sait, comme les auteurs eux-mêmes, que 46% des 27,000 enseignants à plein temps du niveau élémentaire, au Québec, ne possèdent qu\u2019un brevet B requérant seulement 13 ans de scolarité; que l\u2019on estime entre 4% et 8%, selon les régions, la proportion d\u2019enseignants du primaire qui ont reçu une formation spécifique en catéchèse (au-delà de simples sessions d\u2019initiation ou de recyclage au niveau local); que, si 60% des enseignants du primaire aiment enseigner la catéchèse, 15% sont indécis et 20% désirent en être exemptés par une modification du Règlement n.3 du Comité catholique 19 ! Une proposition a été parfois lancée, en particulier par le P.Paul Hitz20: celle de créer un manuel unique.Pour cet auteur, le manuel serait à l\u2019usage des étudiants.Après avoir dit mon adhésion à la méthode de la question humaine et de la révélation progressive, il est clair que je ne puis être d\u2019accord avec cette proposition.Mon désaccord tomberait, cependant, en ce qui concerne les maîtres.Car ces derniers ont déjà été catéchisés progressivement, même si la catéchèse adulte est aussi destinée à eux.On objectera peut-être que ce manuel existe, qu\u2019on n\u2019a qu\u2019à choisir quelques bons ouvrages actuels (de Schillebeeckx, Congar, Rahner, Manaranche, etc.).Mais je ne suis pas sûr que les catéchètes soient tous préparés à aborder ces ouvrages, ni qu\u2019ils disposent du temps requis pour les étudier.La suggestion d\u2019un manuel unique pour les maîtres devrait être considérée avec attention; elle pourrait être réalisée par un catéchète-théologien qui connaîtrait bien les manuels et les adolescents de chez nous.Quelques conclusions 1.\tJe suis heureux que la CCC ait décidé de mettre sur pied une commission d\u2019évaluation des manuels caté-chétiques.Qu\u2019on songe à ce fait: avant la fin de 1972, aucun catéchète, fût-il auteur de manuel, n\u2019a pu avoir une idée précise de l\u2019ensemble; lorsqu\u2019on a publié Viens vers le Père, en 1964, on faisait un livre, pour la première année du primaire; puis on a continué, en renouvelant les équipes, en introduisant de nouvelles influences et de nouvelles méthodes, pour atteindre enfin, avec 35 livres ou fascicules, le secondaire 5.Il n\u2019est alors pas étonnant que les auteurs eux-mêmes soient les premiers heureux de voir une révision s\u2019annoncer, qui pourrait se faire dans un climat serein.2.\tJe ne puis pas imaginer que cette enquête aboutisse à l\u2019abandon ou à la condamnation de nos manuels.Ceux-ci ne sont pas la ruine de l\u2019Eglise du Québec de demain, mais un instrument important de sa construction.Ils peuvent être améliorés, comme toute œuvre humaine engagée; on remarquera que les trois premières années du primaire ont acquis leur qualité actuelle à travers leur deuxième édition.3.\tIl faut souhaiter que l\u2019on continue, ou que l\u2019on reprenne, les sessions de formation des catéchètes, en contact avec les manuels eux-mêmes.La formation plus intensive, de type universitaire, est actuellement plus centrée sur le niveau secondaire et axée sur la formation de catéchètes spécialisés; il est très souhaitable qu\u2019on intensifie l\u2019effort vers la didactique catéchétique au niveau primaire.4.\tLa question du volontariat, pour éviter que des maîtres non-préparés ou incroyants soient contraints à l\u2019enseignement de la catéchèse au niveau primaire, instamment, \u2014 doit être explorée davantage 21.5.\tLa collaboration des parents et des pasteurs à l\u2019effort catéchétique doit devenir une priorité pastorale, tant au niveau local qu\u2019on niveau national.6.Enfin, il semble bien que ce qu\u2019on a appelé la « guerre des catéchismes » ne pourra pas prendre fin s\u2019il n\u2019y a pas, après l\u2019enquête en cours, une prise de position épiscopale qui soit claire.Cette déclaration, me semble-t-il, devrait avoir sa forme québécoise (AEQ), si l\u2019on veut éviter qu\u2019elle n\u2019apparaisse trop lointaine ou qu\u2019elle soit rendue trop générale par la situation biculturelle du Canada.8 août 1973.19.\tJe prends ces chiffres à une annexe au rapport déjà cité en note 4.Le rapport se base sur neuf enquêtes menées auprès des enseignants au Québec entre 1968 et 1972.20.\tEvangile et catéchèse, p.59.21.\tNous possédons déjà au moins une enquête élaborée à ce sujet, faite pour la CECM et publiée par M.N.Lacoste.L\u2019atelier qui donnera à vos imprimés un caractère de distinction IMPRIMEURS LITHOGRAPHES STUDIO D'ART 8125, BOUt SAINT LAURtNT MONTREAL (351').QUEBEC 388-5781 234 RELATIONS MYSTERE ET IMAGE \u2014 les illustrations dans les manuels de catéchèse par Jean-Paul Labelle * Les illustrations, dans un manuel de catéchèse, ont plus d\u2019importance qu\u2019on pourrait croire au premier abord: elles créent un climat, une ambiance, et suggèrent une orientation; elles ouvrent à la dimension spirituelle.Un manuel sans illustrations serait comme une maison sans fenêtres: il y manquerait la lumière.Quel rôle jouent les illustrations dans la présentation du mystère chrétien faite par les manuels de la nouvelle catéchèse ?Pour tenter de répondre à cette question dans une rapide prospection allant de la première année de l\u2019élémentaire jusqu\u2019à la dernière année du secondaire, on comprendra que je ne réfère pas à telle ou telle image de tel manuel, mais que je porte mon attention sur le rythme d\u2019ensemble et sur l\u2019évolution générale de la présentation des illustrations, au plan de leur valeur pédagogique.Au niveau élémentaire, spécialement dans les manuels du premier cycle (années 1-3) qui ont été révisés et sont maintenant présentés dans leur nouvelle toilette, les illustrations sont particulièrement abondantes.C\u2019est normal: pour des enfants qui savent à peine lire, l\u2019illustration est importante et c\u2019est elle qui, accompagnée de textes brefs, alimentera les commentaires du catéchète et son dialogue avec les enfants.Au deuxième cycle (années 4-6 \u2014 une nouvelle édition de El.4 est présentement sous presse, et El.5 sera révisé dès septembre prochain), au contraire, le texte prend peu à peu plus de place et les illustrations servent progressivement de support au texte.\u2014 Les rééditions du premier cycle sont d\u2019une qualité remarquable: photos vivantes faisant appel à l\u2019admiration et à la contemplation, vraiment adaptées à la psychologie de l\u2019enfant, dessins de style frais et jeune, sans donner dans le mièvre, parfois un peu anguleux (El.3).Alternance entre la présentation de la vie d\u2019aujourd\u2019hui et celle du temps de Jésus ou des saints.Reproductions d\u2019œuvres d\u2019art.Le tout harmonisé dans un rythme apaisé et soutenu.\u2014 Les images des manuels du deuxième cycle ont un caractère plus documentaire.Ainsi, dans El.4, qui porte sur Jésus et l\u2019Evangile, on peut voir de nombreuses photos de la Palestine (paysages, illustrations du mode de * L'A., Jésuite, est ad|o!nt au directeur du service Mond'Aml; il collabore depuis plusieurs années à la conception et à l\u2019édition de revues et autres instruments utilisés dans la pastorale scolaire.vie, etc.) qui permettent à l\u2019enfant d\u2019évoquer le milieu où évolua Jésus.Les dessins reconstituent des scènes évangéliques.Dans El.5, de nombreuses photos montrent le prêtre au milieu du peuple de Dieu, célébrant la messe ou administrant les sacrements; ces images sont en accord avec le texte qu\u2019elles veulent « supporter », texte dense et peut-être trop difficile, qui sera sans doute amélioré dans la prochaine édition.La conjugaison des aspects documentaire et symbolique de l\u2019illustration me semble correspondre à l\u2019âge des enfants à qui la catéchèse du niveau élémentaire est adressée.Au point de vue psycho-pédagogique, la présentation des textes et des illustrations me paraît vraiment adaptée.Cette présentation me paraît aussi réussie au niveau de la fonction de l\u2019image dans la transmission du message révélé.Un équilibre entre l\u2019évocation de la vie contemporaine et les images proprement « religieuses » permet que s\u2019opère une synthèse entre la foi et la vie concrète dont on a si souvent déploré, dans le passé, qu\u2019elle ne soit pas réalisée.Il sera toujours possible de faire mieux.Il demeure que la perfection relative des manuels du niveau élémentaire, au niveau de leur utilisation de l\u2019illustration, en fait des œuvres originales et de qualité, qui se comparent avantageusement à ce qui se publie ailleurs.Le bilan, en somme, est très positif.Au niveau secondaire, l\u2019analyse des illustrations est beaucoup plus difficile.Le contraste avec l\u2019élémentaire est sensible: alors que l\u2019aspect documentaire s\u2019équilibrait précédemment avec l\u2019aspect symbolique, c\u2019est principalement cette dernière dimension qui est mise en valeur dans les manuels du secondaire.En outre, d\u2019un manuel à l\u2019autre, le style des photos, dessins et caricatures varie, selon les âges des destinataires.Des rues et des hommes (Sec.5), par exemple, a une présentation beaucoup plus savante et « imprévue » que Regards neuf sur le monde (Sec.1).On peut se demander si le souci d\u2019originalité dans la présentation n\u2019a pas été parfois forcé au point que le texte en souffre.\u2014 La tendance constante de l\u2019illustration est de souligner les interrogations suscitées par le texte, invitant à dépasser la simple observation et éveillant à la réflexion individuelle et collective, parfois même à une certaine contemplation.\u2014 Mise en page souvent bousculée, découpage très vif, agencements plus brusques qu\u2019au niveau élémentaire: pour une jeunesse habituée aux mass media et dont l\u2019attention est peut-être plus difficile à gagner qu\u2019autrefois.\u2014 L\u2019illustration, ici, n\u2019est jamais formellement « religieuse »: timidité peut-être, mais qui a du moins l\u2019avantage de faire éviter ce dont notre iconographie a été si lourdement affligée.D\u2019ailleurs, des illustrations qui n\u2019ont, à première vue, aucune saveur autre que « profane », par la confrontation avec les textes, peuvent amorcer une démarche intérieure vraiment spirituelle et religieuse.L\u2019option faite ici ne me paraît pas être simple concession à la mode ou à la fantaisie, mais plutôt volonté de rejoindre les jeunes dans leur vie réelle, au niveau de leurs aspirations profondes et de leurs inquiétudes religieuses.(Voir le livre du P.Babin: L\u2019audio-visuel et la foi.) Sauf une ou deux images qu\u2019on pourrait souhaiter plus discrètes, l\u2019ensemble me paraît sain et tonifiant: ça donne le goût de vivre, malgré les misères et les difficultés de la vie que l\u2019illustration, d\u2019ailleurs, n\u2019escamote pas.\u2014 Cette option pour le caractère actuel et concret de l\u2019illustration, spécialement des photos, si elle rend plus intéressante et stimulante la présentation des thèmes catéchétiques, la rend aussi provisoire: tout ce qui est d\u2019actualité vieillit rapidement.Si l\u2019Office de catéchèse poursuit sa politique de révision des manuels, l\u2019inconvénient n\u2019est pas trop grave.Par ailleurs, le caractère plus nettement symbolique d\u2019un grand nombre d\u2019images les fait échapper au vieillissement rapide.\u2014 Dans l\u2019ensemble, la réussite est peut-être moins évidente au niveau secondaire qu\u2019au niveau élémentaire.Cela s\u2019explique peut-être, en partie du moins, par le fait que le monde des adolescents est particulièrement mouvant, de sorte qu\u2019il est difficile d\u2019ajuster des « formules » à leurs aspirations.Mais il serait injuste de parler de trahison ou d\u2019échec.Malgré certaines lacunes et certaines insuffisances \u2014 qui seront sans doute comblées ou corrigées dans les éditions à venir \u2014, la présentation des manuels du secondaire me paraît valable et recevable.Le bilan, concernant l\u2019illustration des manuels de catéchèse, au niveau secondaire comme au niveau élémentaire, comporte plus de positif que de négatif.Les objectifs que se sont fixés les auteurs sont atteints en substance, et ces objectifs me semblent valables.SI on ne les accepte pas, tout serait évidemment à refaire.Pour ma part, au niveau de l\u2019illustration \u2014 d\u2019autres, dans ce numéro de la revue, tentent d\u2019apprécier l\u2019aspect doctrinal \u2014, je reconnais volontiers la compétence de ceux qui ont conçu et réalisé des Instruments.conscient qu\u2019il reste à chacun de s\u2019en servir intelligemment, sous la mouvance de l\u2019Esprit.SEPTEMBRE 1973 235 Pour une vie chrétienne.par Guy Bourgeauit * La catéchèse est fondamentalement une initiation à la vie chrétienne.C\u2019est pourquoi, tout au long de la tradition chrétienne, elle s\u2019est articulée en respectant l\u2019unité vitale de l\u2019expérience du croyant, que le P.Ganne exprimait ainsi: « la vérité du dogme est vécue dans les sacrements, et la morale chrétienne exprime l\u2019efficacité des sacrements ».La catéchèse des premiers siècles chrétiens, comme en témoigne par exemple l\u2019œuvre d\u2019un Cyrille de Jérusalem, tenait à cette unité vitale de l\u2019expérience chrétienne.Cherchant à faire entrer progressivement dans l\u2019intelligence de la foi (par la traditio symboli), elle introduisait le nouveau converti à la vie sacramentelle de l\u2019Eglise (cf.les catéchèses mystagogi-ques de Cyrille de Jérusalem); elle l\u2019initiait à la vie nouvelle qu\u2019un agir renouvelé devait incarner dans le quotidien de l\u2019existence: à chacune des étapes de sa préparation au baptême, le catéchumène était soumis à des « examens » portant non sur sa science, mais sur sa vie.Plus près de nous, les éditions du Petit catéchisme que nous avons connues annonçaient, en page frontispice, les grandes articulations du livre.On y retrouve la trilogie dogme - morale - sacramentaire.En effet, le livre exposerait et expliquerait « ce que nous devons croire, ce que nous devons faire, ce que nous devons avoir pour aller au ciel », c\u2019est-à-dire le credo, les commandements, la grâce et les sacrements 1.L'initiation à la vie chrétienne et à la célébration La nouvelle catéchèse respecte cette structure catéchétique traditionnelle, qui cherche elle-même à respecter, dans ses articulations, l\u2019unité vitale de l\u2019expérience du croyant.Mais elle refuse de sectionner cette expérience vivante, de la diviser en compartiments logiquement articulés entre eux, mais vitale-ment coupés les uns des autres.Elle cherche, au contraire, à maintenir une circulation constante de la vie chrétienne, qui est toujours \u2014 et simultanément, pourrait-on dire, \u2014 foi célébrante et agissante.La théologie systématique n\u2019y trouve pas toujours son compte; mais il s\u2019agit ici de catéchèse, d\u2019initiation à la vie chrétienne .et non à la théologie 2.Cette observation préliminaire est capitale: l\u2019option commande la pédagogie de la nouvelle catéchèse et explique, pour une large part, ses « approches anthropologiques » si souvent décriées, ainsi que sa présentation délibérément progressive (vs systématique) du mystère chrétien.Une étude antérieure a tenté d\u2019évaluer la présentation du mystère chrétien faite par la nouvelle catéchèse.Le propos du présent article est d\u2019évaluer la présentation que fait la même catéchèse, dans ses manuels, de la morale et des sacrements \u2014 pour reprendre ici les catégories classiques des manuels * Professeur (théologie morale) à la Faculté de théologie de l\u2019Université de Montréal.de théologie.Les perspectives et orientations fondamentales seront d\u2019abord présentées, puis quelques thèmes particulièrement importants.La vie chrétienne est placée d\u2019emblée, dans les manuels du niveau élémentaire, sous le signe de l\u2019émerveillement qui se fait célébration : « Je suis vivant !.J\u2019ai des amis .Dieu le Père me fait vivre .Vive Dieu ! Vive la vie ! » L\u2019admiration émerveillée devient prière, chant de reconnaissance, dans une découverte progressive de Dieu Père, Fils et Esprit.C\u2019est de là que jaillit l\u2019exigence morale, et aussi la liturgie qui fait l\u2019Eglise: « Je découvre à quels moments je suis heureux.(quand j\u2019essaie de faire plaisir aux autres, quand je leur donne de la joie) \u2014 Je découvre comment rendre les autres heureux \u2014 Je regarde Jésus qui rend les autres heureux \u2014 Je continue à aimer même quand c\u2019est difficile \u2014 Jésus nous invite tous à devenir meilleurs.» C\u2019est pourquoi « nous nous souvenons du grand amour de Jésus », chaque dimanche, dans l\u2019action de grâce au Père avec Jésus qui rassemble en Eglise « la famille des enfants de Dieu ».L\u2019initiation à la vie chrétienne se fait ici par une intelligence progressive de la foi qui est simultanément agir et célébration 3.Il serait facile de montrer comment de semblables cheminements d\u2019une expérience chrétienne sont sous-jacents à la structure de tous les manuels de l\u2019élémentaire, particulièrement ceux de la « catéchèse initiatique » : Viens vers le Père (El.1), Célébrons ses merveilles (El.2) et Rassemblés dans l\u2019amour (El.3).Les mêmes thèmes fondamentaux y sont constamment repris, mais le contact avec Jésus s\u2019y fait peu à peu plus prolongé, et une familiarisation progressive avec l\u2019Esprit qui « nous unit au Père et à Jésus » apprend peu à peu à prier \u2014 ce qui pousse à partager, à aimer, à pardonner, à travailler, en somme, selon le dessein du Père et poussés par l\u2019Esprit, à l\u2019unité dans l\u2019amour.C\u2019est cela qui est diversement célébré dans le baptême, dans la confirmation, dans l\u2019eucharistie (les sacrements de l\u2019initiation chrétienne) et dans le sacrement du pardon 4.Toute la vie chrétienne se trouve ainsi placée sous le signe de l\u2019initiative gratuite de Dieu en notre faveur, ce qui me paraît être une façon valable de présenter la « théologie de la grâce » .Cette initiative amoureuse de Dieu commande la reconnaissance, et donc la morale chrétienne et la vie sacramentaire en Eglise.En somme, c\u2019est parce que nous avons vu le Seigneur (El.4) que nous nous sentons appelés à Préparer la terre nouvelle (El.5)5; c\u2019est parce que Dieu lui-même, selon sa promesse, nous fait vivre (Selon ta promesse, fais-moi vi- 1.\tIl n\u2019est pas assuré que la présentation de toute la catéchèse sous le signe de l'obligation («ce que nous devons .¦») ait toujours été très heureuse dans ses fruits pour la vie chrétienne.A distance, on peut en outre déplorer que l\u2019éthique chrétienne ait été ainsi placée sous le signe presque exclusif des commandements de Dieu et de l\u2019Eglise; et la grâce et les sacrements, rangés dans la catégorie de l\u2019« avoir ».2.\tEncore que ce soit peut-être la meilleure façon d\u2019y préparer.Mais il faudrait entrer ici dans un autre débat et sortir alors du présent propos.3.\tViens vers le Père (El.1), thèmes 1-3 (émerveillement), 4-6 (de l\u2019admiration à la prière), 7-21 (explicitation de l\u2019expérience en termes trinitaires), 22-26 (morale) et 27-32 (liturgie - eucharistie).4.\tCf.spécialement, El.2, thèmes 12 -13 et 18 et ss.; El.3, passim.5.\tAvec « le Seigneur Jésus avec nous tous les jours » et grâce à l\u2019Esprit donné pour renouveler la terre: tout le manuel El.5 est ainsi « encadré ».236 RELATIONS vre \u2014 El.6) qu\u2019il nous faut apprendre de Jésus et de son Esprit comment bâtir ensemble (El.7) l\u2019unité dans l\u2019amour dont l\u2019Eglise est le signe et la promesse pour le monde.Tout vient donc de Dieu qui donne, dirait Augustin, l\u2019appel et la réponse.La vie qui vient du Père se vit avec Jésus dans l\u2019Esprit: elle est reconnaissance et prière, amour et service.Pour dire la chose en d\u2019autres mots : Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes aimables, mais c\u2019est parce qu\u2019il nous aime que nous sommes aimables.Le cœur de la morale chrétienne est là, et l\u2019origine aussi de la célébration ecclésiale.Sans contredire ces perspectives et orientations catéchétiques fondamentales, la catéchèse du niveau secondaire doit tenir compte du fait que l\u2019enfant de tantôt est devenu un adolescent.Celui-ci porte spontanément un regard neuf sur un monde nouveau et sur la vie (Sec.1 et 2).Commençant l\u2019aventure de son existence personnelle, il lui importe, pour trouver un sens au voyage (Sec.3), de réfléchir sur l\u2019existence corporelle, sur l\u2019activité humaine, sur la rupture (les trois grands thèmes 6.\tSans doute peut-il arriver qu\u2019« on ne débouche pas », comme on dit parfois.Mais cela ne veut pas nécessairement dire que la démarche est illégitime.Peut-être a-t-elle été mal engagée ou mal dirigée.Peut-être, également, la démarche ne peut-elle aboutir en certains cas qu\u2019à un questionnement plus rigoureux.Surtout, il faut prendre note du fait que cette difficile corrélation à établir nous renvoie à la difficile articulation, dans l\u2019expérience du croyant d\u2019aujourd\u2019hui, de la foi chrétienne et de l\u2019existence quotidienne.La catéchèse nouvelle, à cet égard, est sans doute miroir du croyant d\u2019ici dans l\u2019Eglise d\u2019ici.7.\tEl.6, par exemple; mais aussi El.2, déjà, au thème 7.8.\tEl.1, dès le thème 3, dans le document pour l\u2019éducateur; cf.aussi Sec.3 b et 4 b.9.\tSec.4 b \u2014 dans le livre de l\u2019élève, p.30; dans le livre de l\u2019éducateur, pp.26-27 et 32-35.\u2014 La liberté n\u2019est pas donnée « toute faite »; elle est une conquête difficile (cf.Sec.2, thème 2); il faut se méfier de la fausse liberté de la pure indépendance, qui n\u2019est qu\u2019un rêve (Sec.4 b).10.\tSec.2, thème 2; le livre de l\u2019éducateur explicite ici les exigences de la liberté chrétienne, en conclusion du dossier, sous les deux titres: « Comment grandit la liberté » et « La liberté du Christ ».\u2014 Cf.aussi Sec.3 b, p.51; Sec.4 b, commentaire du livre de l\u2019éducateur, p.80; divers passages de Sec.3b et 4 b.11.\tEl.2, thème 22, dans le livre pour l\u2019éducateur.12.\tCf.El.6, pp.14-15, avec les commentaires parallèles dans le livre de l\u2019éducateur; cf.aussi Sec.4 b.des trois cahiers de Sec.3) \u2014 sur cela même qu\u2019il vit.Les rencontres du voyage posent questions et défis: avec le Seigneur, qui se révèle dans la force des rencontres (Sec.4), on apprend comment vivre la relation et l\u2019amour en intégrant l\u2019« univers fascinant et troublant » de la sexualité dans le sens d\u2019une promotion authentique de l\u2019homme (Sec.4, cahier 1), comment faire la vérité dans la liberté et dans la prise en charge chrétienne de ses responsabilités (cahier 2).C\u2019est ainsi que l\u2019adolescent apprend peu à peu à vivre dans ce monde des rues et des hommes (Sec.5) où le visage de Dieu est si souvent caché, où l\u2019Eglise a peine à se bien percevoir elle même et à bien voir le rôle qu\u2019elle doit jouer dans le monde, où les défis éthiques majeurs sont d\u2019ordre socio-politique, où les grandes questions de l\u2019existence \u2014 le sens de la vie, la souffrance, le mal, la mort \u2014 sont quotidiennement posées de façons si diverses .Tels sont les grands thèmes de la catéchèse au niveau secondaire.Cette approche anthropologique est souvent critiquée.Et parfois catégoriquement condamnée comme inadéquate, sinon purement et simplement illé- gitime: on « approche », dit-on, sans jamais « arriver » à la Parole de Dieu qui demeure décisive pour le croyant.Le corps, l\u2019activité humaine, les ruptures, la sexualité, le sens de la vie, de la souffrance et de la mort: beaux sujets de palabres philosophiques, mais non pas thèmes catéchétiques ! Au fond, le problème ici est de savoir si la méthode de corrélation de Tillich est légitime ou pas: peut-on partir de la question humaine pour tenter de la mettre en relation avec la « réponse »-Parole de Dieu ?On pourrait ouvrir ici un long débat.Je me contenterai de noter que, consciemment ou non, on fait toujours ainsi: il n\u2019est de révélation possible à l\u2019homme qu\u2019à partir de sa vie et en référence constante à ses expériences, comme l\u2019exégèse de l\u2019Ecriture, puis des dogmes, l\u2019a abondamment montré.Ce qui était fait jadis subrepticement et peut-être inconsciemment est aujourd\u2019hui devenu entreprise consciente et délibérée.Vatican II en porte ici et là la marque: Gaudium et Spes, par exemple, met « la dignité de la personne humaine » en relation avec « le Christ, homme nouveau » (n.22), et « la communauté humaine » en rapport avec la solidarité humaine établie par et dans le Verbe incarné (n.32)6.Une morale de la liberté responsable Si l\u2019on tient compte des orientations catéchétiques fondamentales que l\u2019on vient d\u2019évoquer rapidement, on ne sera pas étonné que les manuels de la nouvelle catéchèse, tant à l\u2019élémentaire qu\u2019au secondaire, ne présentent pas la morale chrétienne sous le signe de la loi ou des commandements, mais sous le signe de la vie chrétienne, de la « marche avec Jésus » qui invite à l\u2019alliance ou à l\u2019amitié7.Cela déroutera peut-être les esprits habitués à d\u2019autres références, mais la perspective globale adoptée peut aisément trouver ses garants dans l\u2019évangile lui-même et dans la tradition chrétienne.Elle a en outre (ou par conséquent?) l\u2019avantage de permettre une présentation positive et dynamique des exigences de la vie chrétienne, dans un appel constant au dépassement et à la créativité responsable 8.La loi n\u2019est pas pour autant abolie ou supprimée; elle est « dépassée » par les exigences d\u2019un appel adressé à la personne et cherchant à éveiller sa liberté responsable.Car l\u2019homme libre est responsable, et la liberté est donc exigeante 9.Concrètement, dit-on à l\u2019adolescent, c\u2019est « en regardant ce que tu peux faire pour les autres et pour toi, en ne te contentant pas de suivre les autres en \u2018mouton\u2019 et en collaborant avec ceux qui t\u2019entourent, en consentant à y mettre du temps et des efforts, en respectant tes engagements, en agissant selon la parole que tu as donnée ».qu\u2019il te sera possible d\u2019accéder à cette liberté responsable.L\u2019appel à la liberté n\u2019ouvre donc pas la voie de la facilité; elle place, au contraire, l\u2019homme face à ses responsabilités: « Le Christ n\u2019a pas vécu à ma place, mais à travers la Bonne Nouvelle qu\u2019il a annoncée je trouve un sens à chaque pas que je fais vers l\u2019autonomie.» « Dieu s\u2019adresse à la liberté de l\u2019homme et la provoque au choix d\u2019un seul absolu; et c\u2019est là que le chrétien trouve le fondement d\u2019une liberté radicale par rapport à tout ce qui est humain et qui ne peut jamais prendre visage d\u2019absolu pour lui.» L\u2019homme est ainsi lancé sur la voie d\u2019une libération toujours à raffermir dans le respect des solidarités établies et qui fondent ses responsabilités.Entreprise difficile: la liberté est une tâche constante et constamment nouvelle 10.C\u2019est finalement le Christ, l\u2019homme libre par excellence, qui opère la libération de l\u2019homme.Voulant éduquer à la liberté responsable, la catéchèse refuse le dressage, la discipline imposée et visant l\u2019acquisition des « bonnes manières » n.Elle fait plutôt confiance à la conscience qui permet de lire les signes du Seigneur et d\u2019opérer les discernements nécessaires pour la conduite chrétienne de la vie 12.Considérant la conscience SEPTEMBRE 1973 237 comme l\u2019instance suprême de la décision personnelle, elle ne prône cependant pas une morale subjectiviste.Au contraire, elle cherche à aider la conscience chrétienne à se former (vs « se conformer » ), à dépasser son « état sauvage » qui la fait souvent confondre avec le caprice de la passion.La conscience chrétienne, fait-on observer, se laisse instruire par les normes générales de l\u2019éthique et par la révélation évangélique transmise; elle vit sa solitude fondamentale dans une solidarité tout aussi fondamentale à l\u2019universel humain.C\u2019est ainsi qu\u2019elle se forme et qu\u2019elle permet d\u2019accéder à une authentique maturité humaine et chrétienne dans la prise en charge progressive des conduites et des comportements 13.L\u2019amour a ses exigences.Telle est, en somme, la référence fondamentale de l\u2019éthique présentée dans les manuels La difficulté d\u2019aimer.et le J\u2019ai signalé plus haut le caractère exigeant de l\u2019éthique chrétienne présentée par les manuels.Après avoir analysé les textes, je comprends mal le reproche, souvent formulé à l\u2019égard de la nouvelle catéchèse, de ne pas tenir compte des exigences de l\u2019ascèse chrétienne.Sans doute l\u2019index des thèmes catéchétiques, présenté récemment dans la revue Le Souffle, ne comporte-t-il pas les mots abnégation, ascèse, mortification, renoncement, sacrifice, etc.Et ce, pour la simple et bonne raison que ces mots n\u2019appartiennent pas au vocabulaire de la nouvelle catéchèse 16.Attentifs aux mots qui ont jadis exprimé l\u2019expérience des croyants, certains critiques semblent ne pas entendre les phrases où il est abondamment question d'amour, de difficulté d\u2019aimer, d'entr\u2019aide, de pardon, de réconciliation, etc.Le thème de la difficulté d\u2019aimer est lancé dès El.1: «Je continue à aimer même quand c\u2019est difficile.» C\u2019est qu\u2019il faut déjà, comme le signale un commentaire à l\u2019intention de l\u2019éducateur, « éveiller l\u2019enfant aux efforts nécessaires pour persévérer dans l\u2019amour des autres » et « l\u2019aider à découvrir la présence du Seigneur au cœur de ses peines comme de ses joies ».Le thème revient ensuite constamment, comme un leitmotiv: aimer, c\u2019est rendre service, faire attention aux autres, partager \u2014 comme Jésus invite à le faire \u2014 même quand c\u2019est difficile17.La nouvelle catéchèse n\u2019a pas oublié la croix de Jésus, mais tient à faire aussi mémoire de sa résurrection: Par sa mort Jésus est entré le premier dans la Vie.Nous pouvons le suivre par le même chemin, celui qui permet d\u2019accepter l\u2019effort, le don de soi, la mort et qui conduit à la Vie.238 de la nouvelle catéchèse.Il aurait été possible \u2014 et peut-être opportun \u2014, dans ce contexte, de présenter de façon plus positive et plus explicite la place et le rôle de la loi dans la formation de la conscience chrétienne \u2014 comme le fait en partie le dossier 2 du manuel Sec.1 en présentant le décalogue dans son contexte d\u2019alliance.Certaines explicitations cèdent peut-être à la tentation d\u2019opposer abusivement la liberté et la loi, ou l\u2019amour et le commandement14.H demeure que l\u2019ensemble de la catéchèse morale des nouveaux manuels est orientée vers l\u2019engagement libre, dans l\u2019amour, au service des hommes: elle est invitation à collaborer à l\u2019édification du Royaume dans la foi, l\u2019espérance et la charité 15.Ces perspectives théologales et proprement chrétiennes, constamment présentes, font la valeur de la catéchèse morale présentée par ces manuels.péché Vivre en baptisé, c\u2019est choisir tous les jours de mourir avec le Seigneur Jésus pour ressusciter avec lui.La théologie de la mortification, du renoncement et du sacrifice sous-jacente à cette catéchèse, centrée sur le mystère de la mort-résurrection de Jésus, me paraît être d\u2019inspiration bien nettement évangélique.C\u2019est la lumière pascale qui éclaire l\u2019expérience des choix difficiles et des « ruptures » : « Qui veut sauver sa vie la perdra » \u2014 puisqu\u2019« il faut mourir pour vivre » 18.La difficulté d\u2019aimer n\u2019est donc pas escamotée, malgré quoi l\u2019initiation à la vie chrétienne demeure nettement positive face à tout l\u2019humain.J\u2019ai déjà signalé comment, dès les premiers thèmes catéchétiques présentés, la vie humaine suscitait l\u2019émerveillement ad-miratif se muant en louange.Cela marque profondément toute la catéchèse du niveau élémentaire et ses divers instruments.Dans les manuels du secondaire, cet émerveillement face à la vie se transforme en intérêt et en interrogations concernant le corps, l\u2019activité humaine, la sexualité, etc.Humanisme païen, comme on le laisse parfois entendre ?Non pas.Car cette admiration et cet intérêt, qui suscitent la prière et l\u2019engagement, sont enracinés dans le mystère contemplé de Dieu créateur et Père, dont l\u2019alliance avec l\u2019homme est portée à son achèvement dans l\u2019Incarnation du Verbe et dans la Rédemption; de Jésus assumant tout le créé, par delà la mort, dans sa résurrection; de l\u2019Esprit qui renouvelle la terre.Non pas humanisme païen, donc; mais foi chrétienne et, surtout, espé- rance \u2014 car tout n\u2019est pas achevé dans ce monde dont l\u2019avenir a été remis à l\u2019homme responsable \u2014 et charité active.Aussi la vision, dans la foi, est-elle résolument optimiste.Mais non pas naïve, et c\u2019est précisément pourquoi il y a place pour l\u2019espérance et la ténacité de l\u2019engagement.L\u2019ambiguïté de l\u2019existence humaine est d\u2019ailleurs constamment manifestée dans les manuels.Il serait trop long de reprendre ici l\u2019analyse de tous les cahiers; mais on notera, par exemple, que le corps, admirable « machine super-organisée » qui parfois « se détraque », est à la fois soi-même et comme « étranger » à soi, qu\u2019il peut « parler » vrai ou faux, être « masque ou transparence » (Sec.3a); que l\u2019entreprise humaine est constamment confrontée au risque et connaît les succès et les échecs (Sec.3b) ; que la sexualité, univers à la fois « fascinant et troublant », peut être vécue comme « une guerre contre soi-même », comme « un produit à consommer » ou comme « une histoire toujours à faire » dans des relations qu\u2019on s\u2019efforce de vivre dans la vérité (Sec.4a).\u2014 Parce qu\u2019il a part au péché, malgré le salut donné en Jésus-Christ, le chrétien n\u2019échappe pas à cette ambiguïté de l\u2019existence humaine.Le péché se manifeste dans l\u2019expérience du chrétien, par delà la difficulté d\u2019aimer, dans 13.\tCf.Sec.4 b, spécialement dans le livre de l\u2019éducateur, p.32.On peut regretter ici que les « normes générales de l\u2019éthique » ne soient pas intégrées vraiment à l\u2019intérieur de « l\u2019appel personnel de Dieu ».J\u2019ai déjà exposé mes positions personnelles là-dessus dans un article sur « La conscience chrétienne et la loi », dans Relations, 380 (mars 1973), 82-86.14.\tCf.Sec.4 b.Mais la critique vaut surtout pour les explications données à l\u2019éducateur, notamment aux pp.31 et 34-35.Peut-être fallait-il réagir, auprès des éducateurs, contre le poids de l\u2019héritage d\u2019une formation morale trop légaliste.15.\tIl aurait fallu mettre en relief, dans la présente analyse, la dimension théologale de la morale présentée par la nouvelle catéchèse.La référence volontaire à des schèmes classiques de la théologie morale, dans les développements qui précèdent, ne l\u2019a guère permis \u2014 ce qui n\u2019est pas très flatteur pour cette théologie morale des manuels dits classiques.16.\tLe livre des parents El.2, p.63, explique pourquoi les expressions « faire des sacrifices » ou « faire pénitence » n\u2019ont pas été utilisées.17.\tEl.1, thème 25, avec les commentaires du livre de l\u2019éducateur; et El.2, thème 21.Le thème sera plus tard présenté sous forme de prière: cf.El.3, pp.44-45; voir aussi pp.53, 58-59, 94-95.18.\tCf.El.4, p.90; El.5, livre de l\u2019éducateur, p.258 (et tout le développement des pp.258-260); Sec.3 c.RELATIONS les échecs de l\u2019amour, dans les ruptures: il est « brisure », refus et enfermement, « voie sans issue »; il « élève un mur entre Dieu et nous, entre le prochain et nous ».Dans ces catégories inspirées du thème biblique de l\u2019alliance établissant l\u2019homme dans une communion vitale avec son Dieu, les dimensions verticale et horizontale du péché peuvent être heureusement intégrées dans une vision unifiée qui ne coupe pas la prière de la vie, le dimanche de la semaine 19.Certains lecteurs adultes, ne retrouvant pas dans les manuels de la nouvelle catéchèse les catégories qui leur sont familières, seront sans doute décontenancés.De fait, 19.\tCf.Sec.1, thèmes 16, 18, 21; Sec.2, thème 23; Sec.4 b.On a reproché à la nouvelle catéchèse de taire la distinction pourtant importante entre péché véniel et péché mortel.Du moins au cycle élémentaire.Mais il faut tenir compte des indications données à l\u2019éducateur dans le cadre de la préparation à la célébration péniten-tielle, en El.6.On y distingue très nettement les « péchés quotidiens » ou « péchés véniels » des « péchés graves » par lesquels le chrétien « se coupe du Seigneur qui voulait le faire vivre pleinement ».au risque « d\u2019être à jamais séparé de lui et de se perdre » (El.6, livre de l\u2019éducateur, pp.123-127, surtout 126).\u2014 Au sujet des dimensions verticale et horizontale du péché, cf.Sec.1, dossiers 16, 17, 18 et 21.Dans le livre de l\u2019éducateur, lors de la présentation du dossier 17: «Le péché élève un mur entre Dieu et nous, entre le prochain et nous.» Mais peut-être l\u2019insistance, dans les documents pour l\u2019éducateur, sur l\u2019aspect horizontal de tout péché est-elle excessive.20.\tEl.1, thème 25; El.2, thème 22.21.\tCf.El.3, livre de l\u2019éducateur, pp.65-66; et les diverses catéchèses de El.3 et El.4 préparant à la célébration du pardon dans cette perspective.22.\tPour ce qui a trait au péché, par exemple, on pourrait s\u2019inspirer du texte de P.Houyoux, cité en Sec.1, dossier 18, dans le livre de l\u2019éducateur p.88; ou du texte de P.Schoonenberg, en Sec.3 c, p.62.23.\tSept manuels évoquent la figure de Marie, explicitent sa place dans l\u2019histoire du salut et son rôle dans la vie du croyant.Voir, entre autres textes, El.1, pp.36-37 (préparation à Noël); El.2, thème 14 (avec les'commentaires parallèles pour les parents et pour les éducateurs); et tout le dossier 32 de Sec.2: « Une vie réussie ».En conclusion de ce dossier: « méditer sur la vie de Marie, la louer, la prier, c\u2019est nous ouvrir sur le meilleur sens de la vie, c\u2019est nous encourager à bien vivre, c\u2019est nous remplir d\u2019espérance \u2014 c\u2019est nous aider à inventer, comme elle, notre fiat, notre OK de chaque jour ».24.\tLa catéchèse comporte elle-même ses temps de prière et de célébration.En outre, spécialement dans les premières années, elle cherche à suivre le plus fidèlement possible le déroulement de l\u2019année liturgique dans la grande Eglise: préparation à Noël, carême et préparation pascale, célébration de la Pentecôte.\u2014 La catéchèse du cycle élémentaire initie à la vie chrétienne en respectant à la fois la structure trinitaire de l\u2019expérience chrétienne et son expression liturgique.les mots péché et pénitence, par exemple, ne sont guère utilisés.Mais la nouvelle catéchèse parie néanmoins du péché, quoiqu\u2019on ait pu dire ou entendre dire en sens contraire, et bien explicitement.Assez abondamment même.Et cela, dès les premières années du cycle élémentaire, lorsque, par exemple, on pose la question: « Sommes-nous toujours fidèles à Jésus ?» Conscients de leur infidélité, de leur péché, « à l\u2019assemblée dominicale, les chrétiens se rappellent qu\u2019ils sont parfois égoïstes et méchants»; ils se tournent alors avec confiance vers Jésus qui a dit être venu précisément pour les pécheurs 20.La conscience chrétienne du péché ne va pas sans la reconnaissance de l\u2019amour de Dieu et l\u2019accueil de son pardon, de son don par delà même les refus de ses dons.Dans la lumière de la résurrection de Jésus, victoire définitive de la vie sur la mort, la conscience du péché n\u2019a donc rien de déprimant ni d\u2019angoissant, rien qui doive faire entrer dans l\u2019univers morbide de la faute: « grâce à Jésus, nous savons que le péché n\u2019est pas le dernier mot sur l\u2019homme ».Les célébrations du pardon peuvent ainsi devenir fêtes joyeuses en même temps qu\u2019invitations pressantes à une fidélité toujours plus grande à Dieu et au prochain dans l\u2019amour 21.Au terme de cette rapide analyse de la catéchèse morale des nouveaux manuels, il m\u2019apparaît que celle-ci est vraiment centrée sur l\u2019essentiel.L\u2019éthique qu\u2019elle présente me paraît être authentiquement chrétienne: l\u2019agir du chrétien est tout entier placé sous l\u2019initiative de Dieu et de son amour, sans que soit minimisée pour autant la responsabilité de l\u2019homme par la « réduction » de sa liberté.Je souhaiterais cependant que, vers la fin du cycle secondaire, une présentation-synthèse intègre les plus riches éléments des catéchèses antérieures dans une vision organique qui soit plus rigoureusement cohérente 22.La «vie réussie», œuvre de Dieu: la célébration du mystère chrétien C\u2019est la reconnaissance de l\u2019initiative de Dieu et de son amour qui fonde et engendre la célébration et toute la vie sacramentaire de l\u2019Eglise.Cela apparaît de façon particulièrement nette dans la référence faite par les nouveaux manuels à Marie: à sa vie, à sa place dans l\u2019histoire du salut et à son rôle dans la vie du croyant.Marie, c\u2019est celle qui a dit « oui » à l\u2019amour de Dieu; celle qui a su « garder en son cœur la Parole de Dieu » et lui laisser porter ses fruits dans une vie de fidélité à l\u2019Esprit qui la fait apparaître comme la parfaite chrétienne et comme la réalisation de l\u2019Eglise.Sa « vie réussie » est œuvre de Dieu à laquelle la liberté humaine s\u2019est associée.La fidélité totale de Marie à l\u2019Esprit fait qu\u2019elle n\u2019a pas part au péché (en référence à la fête de l\u2019immaculée Conception); « en elle, comme dans son Fils, l\u2019amour a été plus fort que la mort » (en référence au dogme de l\u2019Assomption).Tous lees chrétiens sont appelés à semblable « réussite » grâce à Dieu 23.Comme Marie, les chrétiens ressuscités célèbrent les merveilles accomplies par Dieu et qui sont promesses de réalisations plus merveilleuses encore: tel est le sens (signification et orientation) de la liturgie de l\u2019Eglise, et c\u2019est sous ce signe que se fera, avec l\u2019aide des manuels, la catéchèse des sacrements.Semblable approche déroutera peut-être le lecteur habitué à d\u2019autres sentiers et qui a appris à considérer les sacrements comme des moyens pour la vie chrétienne.Mais il faut bien reconnaître que, en plaçant délibérément l\u2019initiation à la vie sacramentaire de l\u2019Eglise sous le signe de la célébration, la nouvelle catéchèse est en profond accord avec la vie de l\u2019Eglise telle qu\u2019elle a commencé de s\u2019exprimer dans certains décrets ou constitutions de Vatican II.Il n\u2019est peut-être pas inutile de rappeler ici, à propos de la catéchèse des sacrements, une considération faite précédemment au sujet de la catéchèse morale des nouveaux manuels: la catéchèse n\u2019est pas la théologie.C\u2019est donc légitimement, me semble-t-il, que la catéchèse des sacrements vise plus à initier l\u2019enfant, puis l\u2019adolescent, à la vie de l\u2019Eglise célébrante qu\u2019à présenter une systématisation théologique du septénaire sacramentel24.Dans les sacrements, c\u2019est Jésus lui-même qui « fait grandir le Royaume de son Père » en rassemblant les chrétiens « pour chanter avec lui les louanges du Père » : « c\u2019est le mystère de la liturgie » 25.Dans le baptême, Jésus donne la « vie nouvelle » qui introduit dans « la famille des enfants de Dieu » qu\u2019est l\u2019Eglise; il nous fait participer à sa mort et à sa résurrection, faisant ainsi de nous des fils du Père à qui l\u2019Esprit est donné pour les conduire jusqu\u2019en son Royaume26.Dans la confirmation, Jésus donne la force de son Esprit qui fait vivre en fils de Dieu et en témoins du Seigneur ressuscité 27.Dans l\u2019eucharistie, dont la célébration constitue le sommet de la liturgie ecclésiale, Jésus ressuscité se rend lui-même présent aux chrétiens dans le rassemblement festif SEPTEMBRE 1973 239 INITIATION À LA PRIÈRE On hésite à dire que la nouvelle catéchèse fait prier: elle est prière.A même la vie: « Vive Dieu ! vive la vie ! vive la joie de vivre ! \u2014 Seigneur, que tu es grand et beau ! Qui est comme toi au ciel et sur la terre ?» A même aussi, comme on a pu le constater déjà dans la dernière citation, le Livre de la Parole de Dieu auquel on emprunte en transformant légèrement les formules.\u2014 Viens vers le Père (El.1): le livre est tout entier ordonné à la reconnaissance du Père dans la prière que Jésus nous a apprise et qu\u2019il nous invite à dire avec lui.La prière est ici mise d\u2019emblée sous le signe de l\u2019action de grâce: elle est prière de louange à l\u2019intérieur de laquelle s\u2019inscrit l\u2019adoration de la foi ou la confiance joyeuse demandant l\u2019amour et le pardon.\u2014 Célébrons ses merveilles (El.2): tout au long d\u2019une célébration qui dure toute l\u2019année, la prise de conscience de la vie et de l\u2019amour qui viennent de Dieu se fait prière et fête dans la profession de foi qui engage: « Dieu notre Père, c\u2019est toi qui me fais vivre \u2014 Je veux chanter ta louange ! » \u2014 Rassemblés dans l\u2019amour (El.3), les chrétiens prient: avec la prière de saint François, avec la doxologie de la prière eucharistique, avec la prière que Jésus nous a apprise, etc.Faite de silence et de réflexion sous l\u2019action de l\u2019Esprit qui fait comprendre la Parole, la prière du chrétien est spontanée, mais elle accepte le support des formules offertes pour « aider à prier tout au long du jour ».\u2014 Nous avons vu le Seigneur (El.4) ! La fréquentation méditative de l\u2019évangile invite à « garder la Parole de Jésus » en son cœur.La prière doit en jaillir, pour laquelle on propose encore quelques formules, à l\u2019occasion, en invitant l\u2019enfant à inscrire dans un carnet les prières déjà apprises (mémorisées) et celles qui peuvent naître de sa propre méditation.\u2014 La prière a sa place au cœur de l\u2019effort pour préparer une terre nouvelle (El.5).Plus collective, la prière s\u2019articule peu à peu en formules liturgiques.\u2014 Selon ta promesse, fais-moi vivre (El.6): le titre du livre est lui-même une prière, dont on fera prendre conscience qu\u2019elle est action et chant avec la prière elle-même, dialogue avec le Seigneur, louange, demande, engagement dans la confiance et l\u2019espérance.\u2014 Tête-à-tête (Sec.2, dossier 22): telle est la prière chrétienne, rencontre et échange « en vue de mieux aimer, de mieux vivre du Royaume où il n\u2019y a que l\u2019amour ».Prière et engagement sont appelés à s\u2019articuler dans une vie chrétienne: l\u2019agir du chrétien manifeste, en portant ses fruits, la communion de vie établie avec l\u2019homme.« Prier, c\u2019est permettre à Dieu de vivre en nous ., c\u2019est devenir de plus en plus fils de Dieu », comme Jésus et en lui, et aussi « de plus en plus fils de la terre, parce que Dieu renvoie toujours aux tâches du monde des hommes: c\u2019est là que se construit son Royaume » (Sec.3).La qualité de la vie de prière que la nouvelle catéchèse cherche à développer, surtout dans la catéchèse proprement initiatique de El.1-3, mais aussi dans l\u2019ensemble du processus d\u2019initiation chrétienne, est frappante.On n\u2019est pas étonné d\u2019apprendre que de jeunes enfants aient parfois invité leurs parents à prier.et, dans certains cas, leur aient appris à le faire ! La prière de la nouvelle catéchèse, contrairement à ce qu\u2019on entend dire parfois, ne rejette pas les formules.On trouve, dans les livres de la catéchèse initiatique où le texte n\u2019abonde pourtant pas, une soixantaine de formules: prières d\u2019adoration, de louange, d\u2019action de grâce; prières de demande aussi \u2014 d\u2019ouverture du cœur à la Parole, de paix de l\u2019âme, d\u2019amour, de renouvellement du cœur pour pouvoir pardonner, etc.\u2014; prières d\u2019offrande du travail; etc.La foi, l\u2019amour et l\u2019espérance animent ces formules.On fait mémoriser progressivement le Pater, l\u2019Ave, le Credo; on initie au chapelet et au chemin de croix.Mais on vise à ce que les formules ne soient que le soutien \u2014 personnel ou communautaire, selon les cas, \u2014 d\u2019une prière vécue comme relation avec Dieu en son Eglise, dans le réalisme d\u2019un quotidien dont on n\u2019oublie pas les multiples rencontres et les signes, même dans les déceptions et les apparentes contradictions.G.B.Pour le lecteur qui désirerait scruter de plus près les manuels de la catéchèse nouvelle sous l\u2019angle de l\u2019initiation à la prière, quelques références précises seront peut-être utiles.\u2014\tEl.1: v.pp.12, 16, 18 (utilisant Dn 3), 20-23 (insp.Ps), 25 (Notre Père), 31, 33, 34, 37, 40, 43, 49, 51, 59, 64, 72, 74 (louange), 44, 46, 68 (confiance), 56, 61 (demandes d\u2019amour et de pardon).\u2014\tEl.2: passim, sp.p.75.\u2014\tEl.3: v.pp.13 (prière de s.François), 21 (doxologie eucharistique), 33 (Notre Père), 42 (sur le sens de la prière), 44-45 (recueii de treize courtes et belles formules pour « aider à prier »).\u2014\tEl.4: passim, sp.p.9 (note à l\u2019intention des parents) et pp.65, 78, 83, 85, 98-99 (chemin de croix), 118, 124-125 (recueil centré sur le Pater et le Credo).\u2014\tEl.5: v.les formules liturgiques au début de chaaue thème ou chapitre, pp.10, 22, 36, 48, 60, 72, 84, 96, 108, 120.\u2014\tEl.6: passim; voir sp.pp.126-127 sur le sens de la prière chrétienne.\u2014\u2022 Sec.2: dossier 22.\u2014\tSec.3: v.sp.le livre de l\u2019élève, p.77, et le document de l\u2019éducateur, pp.117-119, sur le sens de la prière.et le partage, et les associe au don de lui-même au Père et aux hommes qui est son action de grâce, sa prière.En communiant au corps et au sang de Jésus dans l\u2019eucharistie, les chrétiens participent à sa mort et partagent sa vie de ressuscité 28.On a reproché à la nouvelle catéchèse une réduction indue du mystère eucharistique: on n\u2019y parle pas, dit-on, ou pas assez clairement, de la « présence réelle » et de la « dimension sacrificielle » de la messe.Il m\u2019apparaît que, en recourant à d\u2019autres catégories, la catéchèse nouvelle fait vraiment entrer dans la réalité du mystère que la théologie a jadis tenté d\u2019expliciter (sans évidemment l\u2019expliquer !) en termes de « présence réelle » et de « sacrifice ».La théologie sous-jacente à la catéchèse eucharistique évoquée plus haut est d\u2019ailleurs brièvement exposée, au niveau de El.5, dans le document de l\u2019éducateur: Par le sacrement de son Corps livré et de son Sang versé pour nous, le Seigneur Jésus réalise, de la manière la plus profonde et la plus étroite possible ici-bas, notre union à lui, notre « incorporation en lui » .(L\u2019Eucharistie) met en nos mains, pour les offrir à Dieu, la mort et la résurrection de Jésus.A sa mort sur la croix par obéissance ., nous disons oui comme lui-même a dit oui.Dès lors, nous sommes tellement unis à lui, incorporés à lui, que nous 25.\tEl.5, p.17.26.\tEl.1, thème 32; El.2, thème 6; El.3, pp.32 et ss.; El.5, thème 8; etc.En El.6 et Sec.3 a, on explicite comment le nom reçu au baptême signifie la prise en charge par Dieu de toute notre vie en même temps que notre responsabilité face à l\u2019invitation reçue « à devenir tout au long de la vie un fils de Dieu ».27.\tEl.2, surtout, en contexte de préparation à la réception du sacrement; notamment le thème 26.Voir aussi El.6, en contexte de Pentecôte.28.\tEl.1, thèmes 30 et 31; El.2, thèmes 9, 19, 20; El.3, passim; El.4, pp.92-93, avec les commentaires parallèles pour l\u2019éducateur.29.\tCit.de El.5, document de l\u2019éducateur, p.243; et de Sec.3 a, document de l\u2019élève, pp.59-60 (voir tout l\u2019ensemble pp.57-60, avec les commentaires du document de l\u2019éducateur, notamment pp.62-63 et 72).30.\tCit.de El.3, document de l\u2019éducateur, p.41; Sec.1, dossier 18, pp.2 et 6; Sec.3 c, pp.64-65; Sec.5, « La foi a besoin de signes ».Voir aussi, pour la préparation progressive à la célébration du pardon: El.1, thèmes 25 et 26; El.2, thèmes 22 et 23; El.3, pp.52-53, 58-59, 60-61; El.4, qui présente deux célébrations de la pénitence; El.5, thème 7 («Le carême: temps du pardon \u2014 les chrétiens célèbrent le pardon du Seigneur » ) ; etc.Les documents à l\u2019intention des parents (El.2 et El.3) expliquent pourquoi la célébration du sacrement de pénitence est retardée.On a beaucoup critiqué, en certains milieux, cette pratique qui reporte la célébration pénitentielle après l\u2019initiation et la participation à l\u2019eucharistie.On a même invoqué, pour la condamner, l\u2019autorité du directoire catéchétique de Rome.Mais, si ce directoire interdit les « expérimentations 240 RELATIONS mangeons son Corps et la puissance de résurrection qui résulte de la croix nous pénètre nous-mêmes, nous qui sommes devenus son Corps.Et, pour l\u2019élève cette fois, dans le cadre de la réflexion sur l\u2019existence corporelle (Sec.3): Quand je communie au corps du Christ, quand je participe à l\u2019existence corporelle de Jésus, je fais se rencontrer: la mort et la résurrection absolues du Christ, mes morts et mes résurrections, les morts et les résurrections de tous mes frères.Le réalisme de la « présence » eucharistique me paraît être nettement affirmé, de même que \u2014 dans un autre vocabulaire \u2014 le caractère « sacrificiel » de la messe29.Comme on l\u2019a vu plus haut, la catéchèse veille à la formation de la conscience morale et y travaille résolument.Elle prépare aussi \u2014 et très tôt, dès El.1, \u2014 à la célébration pénitentielle de El.3 ou 4, qui est présentée comme « une rencontre avec le Seigneur, une célébration commune du pardon du Père qui nous est sans cesse offert, un signe de notre réconciliation avec le prochain ».Dans le sacrement du pardon, Jésus communique le signe de l\u2019amour sauveur du Père.« Aller vers particulières.qui ne sont pas guidées de manière responsable par les épiscopats », il accepte « que les évêques assument collégialement leurs responsabilités.en union avec le Siège Apostolique » (Mgr Palazzini \u2014 voir à ce sujet le supplément n.45 de la revue Catéchèse, octobre 1971, p.218).Or la pratique a été dûment approuvée, chez nous, par l\u2019épiscopat, pour des raisons qui tiennent à la pédagogie de l\u2019expérience chrétienne elle-même: l\u2019éveil et la maturation de la conscience morale chrétienne est prérequise à la célébration du sacrement du pardon.On a également reproché à la nouvelle catéchèse d\u2019omettre certains éléments essentiels de la tradition chrétienne concernant le sacrement de pénitence.Mais on trouve ces éléments traditionnels dans le dossier 18 de Sec.1 : on y rappelle les exigences de l\u2019examen de conscience, de la contrition, de l\u2019aveu (sans insister sur l\u2019intégralité matérielle de celui-ci: il s\u2019agit de « se dire tel qu\u2019on est » ) et de la satisfaction.Au sujet de la place de l\u2019aveu dans la célébration du pardon, j\u2019ai déjà exposé mes vues dans la revue Prêtre et Pasteur, 76/2 (février 1973); je me contente ici d\u2019y référer le lecteur.31.\tUn bref passage sur le sacrement de mariage en Sec.4 a; rien sur l\u2019ordre, bien qu\u2019on parle parfois du sacerdoce ministériel; rien sur l\u2019onction des malades, alors que les réalités de la souffrance et de la mort sont souvent évoquées, de El.3, pp.62-67, par exemple, à Sec.5, où on traite des « grandes questions de l\u2019existence » \u2014 il y aurait sans doute intérêt à expliciter quelque part, dans ce contexte, le sens de cette présence spéciale de Jésus ressuscité dans la souffrance et la mort que signifie précisément l\u2019onction des malades.32.\tPrésentation de Vivre son âge par Georges Robitaille, dans Relations, 365 (novembre 1971), 310-311.le prêtre dans le sacrement du pardon ., c\u2019est accueillir le pardon du Père, c\u2019est nous ouvrir à l\u2019action de l\u2019Esprit qui renouvelle notre cœur, c\u2019est témoigner de notre volonté de nous réconcilier avec nos frères ».Pour le chrétien, « le péché n\u2019est pas la fin de tout » : il « accepte d\u2019être aimé malgré son péché », il accueille le pardon qui est précisément « l\u2019amour de Dieu qui persiste au-delà du péché » : Au delà de la mort, la vie ! Au delà du péché, le pardon ! Il est fou cet amour de Dieu qui donne la vie en Père, qui assume la vie en Fils, qui renouvelle sans cesse la vie en Esprit.Et seul un Fils peut pénétrer un tel amour 3 que la précédente: elle est seulement « autrement » anthropologique.Elle promeut \u2014 ou, du moins, elle essaie de promouvoir, car elle est loin de s\u2019être totalement libérée de l\u2019ancien modèle .\u2014 un autre type d\u2019homme, de plus en plus étranger à celui que notre Eglise a jusqu\u2019ici mis de l\u2019avant.Ce nouvel homme se révèle déjà moins obéissant et moins soumis, moins conscient de tous les devoirs et de toutes les autorités dont on voudrait peut-être le charger, plus apte à inventer des valeurs, plus indépendant, plus heureux dans son corps et plus fier de sa sexualité, moins craintif devant les « réalités terrestres », plus audacieux en face des conflits et de l\u2019avenir, plus turbulent que tranquille, plus méfiant devant les définisseurs de valeurs et de vérités, moins respectueux de l\u2019ordre établi, moins « poli » et moins intimidé par les hiérarchies sociales, plus soucieux de bonheur et d\u2019action que d\u2019orthodoxie, moins coupable d\u2019« avoir de la personnalité », etc.Tout n\u2019est peut-être pas « canonisable » dans ce nouvel homme \u2014 il n\u2019a d\u2019ailleurs pas encore fait ses preuves historiques \u2014; mais il est clair que beaucoup de choses en lui sont différentes.Oui, quelque chose est en train de changer chez les jeunes catéchisés.Et les « chrétiens orthodoxes » qui s\u2019en inquiètent avec virulence ont bien vu que la transformation était d\u2019importance.Seulement, qu\u2019ils ne nous imposent pas la naïveté de croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019abord là d\u2019une question d\u2019intégrité doctrinale.Ce qui est en cause, c\u2019est bien un modèle humain.Et l\u2019on ne met pas en cause un modèle anthropologique sans que, du coup, l\u2019ordre établi et les pouvoirs qui s\u2019y appuient ne soient radicalement menacés.Déjà, on s\u2019en rend compte, les jeunes formés par la nouvelle catéchèse s\u2019intégrent moins aisément dans la communauté chrétienne « adulte », plusieurs la boudent même avec « désinvolture ».La pratique religieuse continue de baisser chez les jeunes, les mœurs sont de plus en plus libres, il y a moins de respect et de soumission à l\u2019autorité, il y a ignorance religieuse de plus en plus étendue, etc.etc.Bref, ce n\u2019est plus comme c\u2019était ! Les pouvoirs religieux \u2014 ils ne sont pas les seuls \u2014 s\u2019inquiètent et semblent vouloir reprendre le contrôle de la situation.Les chrétiens, qui voient tous leurs points de référence prendre U route des joujoux folkloriques, sont désemparés et, prêts à seconder un retour énergique « au bon sens », se 7.Le présent débat catéchétique ressemble, à beaucoup d\u2019égards, à une lutte « entre orthodoxes » de diverses tendances.Il nous apparaîtrait stérile \u2014 et cynique ?\u2014 de renvoyer les adversaires dos à dos, en montrant qu\u2019ils sont finalement de la même race.Notre interprétation croyante des signes des temps nous invite plutôt à favoriser le nouveau modèle en gestation.Mais nous demeurons conscient qu\u2019il s\u2019agit là peut-être d\u2019une nouvelle « orthodoxie » éventuellement à démystifier.C\u2019est donc un appui critique que nous donnons à une catéchèse qui, parce qu\u2019elle véhicule aussi un « système de régulation » et un éventuel organe de domination, n\u2019est peut-être pas si nouvelle qu\u2019on le dit.Mais, en attendant de nous défaire de toutes les « orthodoxies », nous pouvons bien appuyer celle qui nous semble mieux ajustée au Christianisme que nous voulons vivre aujourd\u2019hui.remis en question SEPTEMBRE 1973 249 détournent des « faux prophètes » pour redonner écho à la voix de ceux qui les ont naguère si bien façonnés.C\u2019est là que nous semble se situer le vrai débat: la nouvelle catéchèse, par le nouveau modèle anthropologi- que qu\u2019elle promeut, met en cause l\u2019ordre établi et la cohérence culturelle d\u2019une bonne portion de l\u2019Eglise d\u2019ici.Elle se présente comme « une autre orthodoxie », dangereuse pour l\u2019orthodoxie en place 7.Un enjeu de taille Situer le débat à son véritable niveau, c\u2019est aussi délimiter les pôles de l\u2019enjeu fondamental.(Et il faut bien parler d\u2019enjeu, car rien n\u2019est encore perdu ou gagné dans cette bataille: la nouvelle catéchèse peut prendre un second souffle créateur, comme elle peut aussi être stoppée.) Cet enjeu nous semble être le suivant: y a-t-il un de ces deux types d\u2019hommes qui est incompatible avec la foi chrétienne ?et, si non, lequel des deux est le plus apte à signifier le Christianisme dans le monde qui naît ?La première question rejoint celle-là même que l\u2019Eglise primitive eut à trancher: les Gentils doivent-ils, pour être chrétiens, accepter la circoncision ?La seconde est devantage objet de discernement et d\u2019évaluation historiques; elle exige aussi plus de dépouillement et de pureté.En fait, l\u2019Eglise d\u2019ici découvre qu\u2019elle a mis sur pied un instrument d\u2019éducation dont les résultats lui échappent et mettent même en question son ordre établi: elle est doublée par sa propre catéchèse.Peut-être sans trop le savoir, elle a travaillé à dessiner un type d\u2019homme qui entre en contradiction avec celui qu\u2019elle a promu jusqu\u2019ici, un type d\u2019homme qu\u2019elle ne peut pas intégrer sans renoncer à ses assises familières; elle a sécrété les ferments de la destruction de son propre patrimoine culturel8 ! Devant cette situation, il y a deux avenues principales, entre lesquelles il faudra opter, prenant évidemment pour acquis que l\u2019une ou l\u2019autre option devra s\u2019accompagner d\u2019améliorations secondaires.L\u2019Eglise d\u2019ici peut décider de se replier sur elle-même, sur son type d\u2019homme et sur son pouvoir; elle peut aussi opter pour le risque de la création d\u2019un homme nouveau.S\u2019inspirer de l\u2019affaire Galilée et de la lutte antimoderniste ou s\u2019inspirer du « Concile de Jérusalem ».Mais, dans tout cela, il faudra consentir à élargir des horizons.Car ce qui est ici en cause dépasse largement le champ de la seule nouvelle catéchèse.C\u2019est toute la vie de la communauté ecclésiale qui est impliquée.Le Rapport Dumont a largement fait état de la crise des signes qui ébranle l\u2019Eglise d\u2019ici et ces propos, pour familiers qu\u2019ils soient devenus, n\u2019ont rien perdu de leur actualité.Comme n\u2019ont rien perdu non plus de leur pertinence les invitations qu\u2019il lançait à la mise en chantier de médiations nouvelles, susceptibles de donner à notre Eglise l\u2019élan nécessaire à une seconde évangélisation vraiment adressée à l\u2019homme d\u2019ici.Pourtant, avec presque deux années de recul, quand on relit le constat de crise et les orientations que le Rapport proposait, on est étonné qu\u2019on ne soit pas alors allé plus profondément dans l\u2019explicitation des signes en crise et des signes à créer.Il nous semble que, derrière les constatations du Rapport, il y a une réalité qui apparaît comme en filigrane et qui donne peut-être la clef d\u2019intelligence du malaise ecclésial.Sous-jacente au « déclin de la pratique », aux « interrogations des prêtres et des religieux », à « l\u2019indifférence des jeunes », à « la crise de la communauté chrétienne elle-même » 9, n\u2019y a-t-il pas la mise en cause du modèle anthropologique véhiculé et proposé par notre Eglise et qui est ébranlé par la nouvelle catéchèse ?Et, au-delà de toutes les réformes qu\u2019il est urgent de promouvoir, n\u2019y aurait-il pas précisément ce modèle anthropologique à refaire ?En Christianisme, l\u2019homme est le signe \u2014 le sacrement \u2014 par excellence: « Et le Verbe s\u2019est fait Chair.» Pendant qu\u2019il y va de ce signe essentiel du Christianisme dans le monde de demain, allons-nous nous perdre dans des querelles qui n\u2019ont de doctrinal que les apparences ?Sauverons-nous la foi en Christ ou .notre peau ?.8.\tEn fait, l\u2019Eglise n\u2019est pas la seule mise en question ici.Il faudrait voir aussi jusqu\u2019à quel point le système scolaire actuel, avec ses structures administratives et pédagogiques, n\u2019est pas aussi menacé par ce nouveau modèle anthropologique.Mais il serait trop long et hors de propos d\u2019aborder ici cet autre aspect de la question.9.\tCe sont là les quatre principaux symptômes de crise cités dès le début du Rapport.Cf.L\u2019Eglise du Québec: un héritage, un projet, Montréal, Fides, 1971, pp.19-26.CATÉCHÈSE ET CATÉCHÈTES par Jean L\u2019Archevêque * - La catéchèse est à l\u2019ordre du jour.On parle beaucoup des manuels et de leur contenu: pour les uns, ils sont riches, modernes, enthousiasmants; pour d\u2019autres, déficients, édulcorés, dangereux même.On parle moins des catéchètes.Je voudrais tenter ici de leur donner une voix.Ils ont bien quelque chose à dire dans le litige .À l\u2019élémentaire Qui sont ces catéchètes ?La catéchèse élémentaire nous répond: les parents, les maîtres, les pasteurs, indissociablement.Les manuels de l\u2019élève sont accompagnés de pages des parents et de guides du maître, où la doctrine est mieux explicitée, la pédagogie longuement détaillée, le rôle spécifique du pasteur nettement défini.Ces trois agents de la catéchèse doivent travailler de concert: le message est entre leurs mains, comme le petit livre des Exercices spirituels de saint Ignace entre les mains de l\u2019Instructeur de la retraite.Dans les deux cas, c\u2019est l\u2019affaire d\u2019initiation, d\u2019apprentissage, de cheminement spirituels, plutôt que de science ou de connaissances à acquérir.1.Les parents.\u2014 Evidemment, ils ne jouent pas tous leur rôle d\u2019agents de la catéchèse.Mais ils sont plus nombreux qu\u2019on pense ceux qui prennent réellement leur tâche à coeur.Il faut les entendre, dans ces nombreuses soirées de catéchèse: ils sont tout heureux d\u2019être maintenant considérés comme des agents indispensables dans l\u2019éducation religieuse de leurs enfants.La page des parents leur montre non seulement à faire répéter la matière, mais à saisir toutes les occasions de catéchiser: événements familiaux, fêtes religieuses, lecture de l\u2019épitre et de l\u2019évangile du dimanche, prière en famille, etc.Plusieurs parents avouent redécouvrir leur foi: Ce nouveau catéchisme va nous changer nous mêmes .\u2014 Ce qu\u2019il fallait croire ou ce qu\u2019il fallait faire pour aller au ciel, comme disait l\u2019ancien manuel, on le savait bien, nous les adultes, et forts de cette supériorité, on pouvait inculquer à l\u2019enfant des connaissances notionnelles et de bons principes.Mais maintenant que la catéchèse veut susciter une rencontre vivante entre le Seigneur et l\u2019enfant, on se retrouve un peu, nous aussi, comme des enfants devant ce Seigneur qu\u2019on veut présenter aux leunes qui nous sont confiés .On reçoit comme par surprise cette question directe que le Seigneur posait un jour à ses Apôtres: « Et vous, qui dites-vous que je suis ?» Et voilà qu\u2019au moment où on veut présenter le Seigneur à d\u2019autres, nous sommes mis en demeure de le redécouvrir avec un regard tout neuf \\ * L\u2019A., Jésuite, spécialiste de la catéchèse, est professeur au Collège Jean-de-Brébeuf depuis plusieurs années.250 RELATIONS Lors du congrès de catéchèse interparoissial de l\u2019île Jésus, où l\u2019on avait explicité et concrétisé ce programme, un aumônier avouait: C\u2019est justement ce qui est encourageant.Car si nos chrétiens sont instruits, s\u2019ils sont de nouveau catéchisés, s'ils sont introduits dans l\u2019intimité du Christ et de l\u2019Evangile, comment pourraient-ils choisir de vivre autrement qu\u2019avec Celui qui ne demande aux hommes qu\u2019une chose: aimer ! Les hommes d\u2019aujourd\u2019hui meurent du manque d\u2019aimer parce qu\u2019ils ont perdu contact avec Dieu-Amour2.2.Les maîtres.\u2014 Evidemment, plusieurs n\u2019acceptent pas de faire la catéchèse.Certains ne se sentent pas prêts; d\u2019autres comprennent l\u2019engagement que cela comporte et, honnêtement, se récusent.Car la catéchèse actuelle interpelle le maître: Le but de l\u2019acte catéchétique, c\u2019est la rencontre de nos enfants avec Dieu.Nous aiderons les enfants à rencontrer Dieu dans la mesure où nous l'aurons nous-même rencontré, dans la mesure où Dieu sera Quelqu\u2019un pour nous.C\u2019est à travers notre témoignage que l\u2019enfant pourra pressentir quelque chose de cette vie de relations personnelles avec Dieu: avec Jésus-Christ, nous conduisant au Père, dans l\u2019Esprit-Saint3.Les maîtres qui ont pris à cœur leur tâche de catéchète comprennent vite la nécessité d\u2019une bonne préparation.Aussi les voit-on en grand nombre sur les campus pour les cours d\u2019été, suivant des sessions intensives de catéchèse.Revenus chez eux, ils mettront des soirées entières à préparer leur leçon de catéchèse: retrouver la situation de vie, préciser son éclairage par la Parole de Dieu, prévoir les activités, choisir des témoignages, trouver ou composer une prière.Besogne lourde, souvent ardue.Des maîtres se forment en équipes, et réalisent concrètement qu\u2019ils bâtissent l\u2019Eglise: Devant cette tâche, nous nous sentons dépassés., mais nous nous rappellerons que, travaillant en Eglise, nous pouvons compter sur la force de Dieu.Nous sommes instruments de l\u2019Esprit.: cette certitude nous donne l\u2019audace d\u2019annoncer la Parole 4.A leur tour, les maîtres, comme les parents, redécouvrent leur propre foi.A chaque session, à chaque congrès, on entend de ces témoignages spontanés: L\u2019Esprit-Saint fut peut-être notre plus grande découverte.Auparavant, il nous était passablement étranger.On s\u2019en occupait à la Pentecôte forcément, ou encore on l\u2019appelait au secours dans les moments tragiques de la vie.Mais la découverte de sa présence au cœur du croyant de tous les temps (en Moïse comme en Samuel, en Zachée comme en la Vierge Marie) et au cœur de la communauté de croyants qu\u2019est l\u2019Eglise pour permettre cet épanouissement d\u2019une vie de foi en Jésus-Christ, ce fut pour nous une véritable révélation 5.3.Les pasteurs.\u2014 Ici encore, plusieurs se dérobent.Il faut reconnaître que ce ministère s\u2019ajoute souvent à un ministère paroissial déjà lourd.Mais ceux qui s\u2019y adonnent sont encore plus enthousiastes que les parents et les maîtres.Ils ont vite compris l\u2019importance de leur rôle spécifi- SEPTEMBRE 1973 que: faire intérioriser la tranche de matière vue en classe.Eux, les hommes de la Prière, ils font célébrer ce qui a été appris et vécu.C\u2019est un passage de la Bible lu religieusement et commenté; c\u2019est un fait de vie tourné en prière; c\u2019est une partie de la messe reliée à tel chapitre du programme; c\u2019est une acclamation au Seigneur pour toutes ses merveilles; c\u2019est une action de grâce au Seigneur pour la joie d\u2019être rassemblés en Eglise.Un curé des Cantons de l\u2019Est avait trouvé si belle la célébration de l\u2019école qu\u2019il la fit reprendre à la grand\u2019messe paroissiale, à la place de l\u2019homélie, le jour même de la Toussaint: Ce que vous venez de voir et d\u2019entendre, mes frères, c\u2019est ça notre foi chrétienne.Elle nous dit d\u2019aller vers le Père, comme Jésus, avec l\u2019aide de l\u2019Esprit-Saint.Et quand nous vivons cela chaque jour, nous sommes des saints nous aussi, comme tous ceux que nous fêtons aujourd\u2019hui.Pour le prêtre non plus, la tâche n\u2019est pas facile.Il lui faut souvent accomplir une véritable metanoia.Un pasteur l\u2019a bien compris: Parce qu\u2019il préside une assemblée d\u2019enfants pour qui tout est neuf et observé attentivement, le prêtre est obligé de bien dire, avec beaucoup de respect, la Parole de Dieu, de faire des gestes qui soient vrais et significatifs, de prendre une attitude de prière qui incarne ses sentiments profonds, enfin de parler aux enfants dans une homélie qui leur soit accessible et toute proche de la vie.On a peur d\u2019être maladroit, mais dès qu\u2019on a fait l\u2019expérience des célébrations, on retrouve comme dans leur simplicité première les richesses de la liturgie et ce qu\u2019on fait avec les enfants nous amène à nous interroger sur ce qu\u2019on fait avec les adultes6.Parents, maîtres, pasteurs: les trois agents indispensables de la catéchèse travaillent de concert, mais chacun a sa responsabilité propre dans l\u2019éducation de la foi des jeunes.Ils ne donnent pas tout d\u2019un coup.La Révélation se fait progressivement, à la mesure du cheminement du jeune.Pour juger de la catéchèse, il faut parcourir tout l\u2019itinéraire.Au secondaire Le terrain est ici plus difficile.Il y a l\u2019âge: c\u2019est l\u2019adolescence.Il y a le milieu ambiant: élèves nombreux, cours et professeurs diversifiés, influence d\u2019un monde peu sensible aux réalités de foi.Parents, maîtres et pasteurs s\u2019interrogent (que d\u2019enquêtes, que de sessions sur le sujet !).Ecoutons-les parler: Non, le jeune n\u2019a pas rejeté Jésus-Christ.Ce qu\u2019il renie ce sont les images qu\u2019on lui a présentées, c\u2019est le langage abstrait qu\u2019on a utilisé, c\u2019est le moralisme qu\u2019on a adopté avec lui.Il ne veut pas d\u2019une religion qui est une pseudomorale, d\u2019une doctrine qui n\u2019a aucun lien avec sa vie.Il aspire à rencontrer Quelqu\u2019un qui puisse donner signification à son agir7.Mais comment faire découvrir ce Quelqu\u2019un ?La catéchèse du secondaire prend d\u2019abord de fortes assises dans la Bible: ce sont les deux premières années.Le jeune y acquiert un regard neuf sur le monde et sur la vie.Puis, la catéchèse s\u2019élance dans l\u2019humain et, selon certains, elle s\u2019y perd.Certes, les thèmes des années III, IV et V traitent des grands problèmes humains: le corps, l\u2019activité terrestre, les ruptures, le sexe, le service des valeurs, l\u2019engagement socio-politique, le sens de la vie, de la souffrance et de la mort.Mais ces grands problèmes reçoivent l\u2019éclairage de la Révélation.Vatican II n\u2019en a-t-il pas fait autant, dans la constitution Gaudium et Spes ?N\u2019est-ce pas une exigence même du mystère de l\u2019Incarnation ?Nous ne pouvons plus bouder les réalités humaines, Dieu se révèle à nous à travers ce langage humain.Jésus-Christ, Dieu fait homme, cela a une nouvelle signification pour nous.\u2014 C\u2019est la valeur humaine qui, en effet, est remise en question.Jamais on ne parlait à l\u2019enfant autrefois, du moins à ma connaissance, de sa valeur d\u2019homme.Ça ne nous avait jamais été explicité clairement.Que de toutes les créatures, celle qui avait le plus de valeur, c\u2019est l\u2019homme.Si Dieu se manifeste, c\u2019est surtout par rapport à l\u2019homme.Je considère que c\u2019est une découverte importante, la plus grande valeur qui a été redécouverte et vécue 8.Je ne puis m\u2019empêcher d\u2019évoquer ici la scène d\u2019Emmaüs.Jésus rencontre les deux disciples sur leur route, et il les fait parler longuement.La catéchèse du secondaire essaie de rejoindre l\u2019adolescent dans ce qui constitue son univers: musique, chansons, danse, flânerie, discussions, copains .Mais annonce-t-elle en fin de compte Jésus-Christ ?Il faut vivre avec les adolescents pour savoir qu\u2019il faut longtemps cheminer avec eux.En quelques endroits, des maîtres ne pouvaient même pas prononcer le nom de Jésus, du moins au début.C\u2019est déjà énorme de les amener à réfléchir, à se prendre en mains, à identifier leurs valeurs.Notre patience, notre sympathie, notre propre témoignage seront souvent nos seules ressources: Quand nous aurons à l\u2019esprit et au cœur la richesse de signification de la vie du Christ, alors, nous aurons en bouche une parole vivante.Nous parlerons, et le Christ parlera par nous.Nous serons des témoins de la foi.Et si, à certaines périodes, notre parole semble stérile, si les jeunes nous entraînent sur les chemins de leurs questions cent fois reprises, si on nous oppose une fin de non-recevoir, nous porterons en nous la parole de Dieu dans la patience et elle s\u2019incarnera bientôt dans nos actes, nos réactions, nos questions, notre sourire, notre silence même 9.Est-ce à dire que tout est parfait, que la catéchèse est sans défaut ?Non pas.Mais le mouvement catéchétique actuel me semble un printemps dans l\u2019Eglise du Québec.Un grand témoin actuel, Jacques Lebre-ton, à la fin de son livre Sans mains et sans yeux, parle du printemps, un temps où l\u2019on émonde, un temps aussi où l\u2019on espère.Une revision catéchétique s\u2019impose.Mais il ne faut pas renier la vie .1.\tLe Souille, 2.\tLe Souffle, 3.\tLe Souille, 4.\tLe Souille, 5.\tLe Souille, n.3, p.3.n.3, p.16.n.1, p.57.n.1, p.57.n.1, p.42.6.\tLe Souffle, 7.\tLe Souffle, 8.\tLe Souille, 9.\tLe Souille, n.3, p.12.n.9, p.45.n.18, p.39.n.25, p.43.251 Marx ou Satan?\u2014 à propos de certaines dénonciations de la nouvelle catéchèse \u2014par Jean-Louis d\u2019Aragon * - Alors que de nombreux chrétiens d\u2019avant-garde prétendent que Satan n\u2019existe pas, d\u2019autres, au contraire, ie découvrent partout.Ainsi, un des contradicteurs récents de la nouvelle catéchèse la stigmatise dans le titre même de son opuscule, en la présentant comme la Parole de Satan ?1 Un reste de prudence a suggéré à l\u2019auteur de concéder un point d\u2019interrogation à la fin de ce titre.Mais cette faible hésitation disparaît dès les premières pages du livre.Lorsqu\u2019il conclut son pamphlet, l\u2019A.ponctue une série de dénonciations catégoriques, en s\u2019écriant' « C\u2019est l\u2019Evangile de Satan » (p.55).Mais pourquoi attribuer à Satan l\u2019inspiration de la catéchèse au Canada ?Parce qu\u2019elle « contredit la Parole de Dieu sur tous les points qu\u2019elle touche » (p.22).Elle présente « une doctrine qui contredit [le Christ] sur tous les points » (p.40).Bien plus, avec une habileté satanique, « la N.Catéchèse utilise l\u2019Evangile pour détruire l\u2019Evangile » (p.55).En résumé, cette catéchèse, « fruit vénémeux de l\u2019arbre de mort qu\u2019est la nouvelle religion », équivaut à « l\u2019assassinat du christianisme » (P- 42).Une telle manifestation diabolique ne doit pas être un phénomène isolé: en effet, la catéchèse découle de « la nouvelle religion », « la Grande Hérésie » (p.29), « religion entièrement nouvelle, établie sur toutes les vieilles hérésies, plus les nouvelles, qui se répand comme une traînée de poudre dans tous les pays.» Religion entièrement fausse.Radicalement opposée à l\u2019Evangile dans son esprit et dans sa lettre, dans son entier et dans ses détails » (p.55).On se demande comment une telle religion peut attirer des foules de chrétiens, alors qu\u2019on l\u2019accuse de s\u2019être vidée de tout attrait évangélique ! « Fruit de la nouvelle religion », la catéchèse s\u2019est inspirée plus immédiatement de l\u2019exégèse moderne et de la théorie de l'évolution (pp.44-46; 47-54).Or, l\u2019exégèse scientifique est « fausse, condamnée par tous les Papes depuis Pie IX » (p.44).Enseignant que « rien dans la Bible ne doit être pris au sens littéral » (p.44), elle « est un assassinat en bonne et due forme de la foi en un Dieu Tout-Puissant » (p.45).Elle « peut faire dire les pires mensonges à la Parole de Vérité, selon les goûts.de l\u2019exégète, ou les vices des hommes.» (p.46).L\u2019exégèse moderne produit donc une métamorphose abominable: « la Parole de Vérité devient la Parole de Mort » (P- 46).De son côté, la théorie de l\u2019évolution a eu comme protagonistes des « prophètes de Satan »:\tLamarck, Cuvier, Darwin (p.29).Expliquer le monde comme engagé depuis les origines dans un développement progressif, c\u2019est opposer « la genèse * L\u2019A., Jésuite, est exégète (N.T.) et doyen de la Faculté de théologie de l\u2019Université de Montréal.252 de Satan » à « la genèse selon Dieu » (pp.31-32).Car, « il n\u2019y a pas d\u2019opposition plus tranchée que celle qui existe entre les partisans d\u2019une origine surnaturelle du monde.et les évolutionnistes naturalistes » (p.49).Pourquoi s\u2019attarder ici à une diatribe virulente, remplie d\u2019affirmations massives et d\u2019accusations qui dénaturent les manuels de catéchèse pour mieux les condamner ?Pourquoi prêter attention à ces cris de réprobation, inspirés probablement par de bonnes intentions, mais qui manifestent une incompréhension décourageante de la théologie et de la catéchèse ?S\u2019il s\u2019agissait simplement de la colère d\u2019un individu, d\u2019un coup de poing sur la table fracassant, mais isolé, il faudrait certes l\u2019oublier au plus tôt.Mais cette condamnation globale et radicale manifeste en gros traits le procès mené par tout un groupe de chrétiens québécois contre la catéchèse.Un porte-parole de ce groupe se reconnaît dans ce pamphlet, puisqu\u2019il loue l\u2019auteur de sa « terrible lucidité »2.Son intervention, une lettre, affiche une réprobation intégrale de la catéchèse qui s\u2019apparente à celle de G.Goulet: le contenu des manuels de catéchèse « fausse radicalement l\u2019Evangile, le credo catholique et la pédagogie séculaire de l\u2019Eglise.» Une autre lettre dénonce « les torchons de la nouvelle catéchèse,.publications ordu-rières et anticatholiques »3.On s\u2019effare d\u2019avoir sous les yeux « un monstre », qui provoque « un sentiment de répulsion », « un cadavre.dans un état de décomposition fort avancé », « un mystère d\u2019iniquité »; « les intellectuels de l\u2019utopie qui l\u2019ont enfanté refusent de l\u2019enterrer »4.Parmi les multiples accusations globales lancées contre la catéchèse, on prétend qu\u2019elle « prêche, en un langage non équivoque, la Révolution permanente préconisée par Karl Marx.Les cahiers de catéchèse sont farcis de citations de ce socialiste allemand ».« Dans maintes illustrations des dits cahiers, on retrouve l\u2019emblème du drapeau des Soviets: la faucille et le marteau»5.G.Goulet, de son côté, voit « la faucille et le marteau dans presque toutes les esquisses de figure humaine » du manuel, La Force des Rencontres6.Ces détracteurs croient découvrir un bon indice de l\u2019influence marxiste dans la « convergence singulière entre les idées malsaines de l\u2019espion communiste ES 1025 et les idées préconisées dans les cahiers de catéchèse »7.L\u2019auteur d\u2019une lettre ouverte engage ses lecteurs « à prendre au sérieux l\u2019opuscule de Marie Carré, ES 1025», qui attribue pratiquement toutes les modifications dans l\u2019Eglise catholique depuis environ vingt ans \u2014 même les décrets conciliaires, « faussés », de Vatican II \u2014 à une infiltration systématique d\u2019agents communisteu dans le clergé !8 On demeure pour le moins étonné que des éditeurs québécois aient jugé opportun de réimprimer à l\u2019intention du milieu canadien un pseudo-roman, bourré d\u2019insinuations gratuites, qui ne peut produire qu\u2019un seul effet chez des lecteurs qui prennent au sérieux ce produit d\u2019une imagination maladive: susciter le soupçon et la dénonciation jusqu\u2019à la psychose.Lorsqu\u2019une croisade en vient à étendre le soupçon à tout et à tous, il est nécessaire de l\u2019évaluer d\u2019un point de vue chrétien.De telles évaluations se sont toujours imposées.Devant les mouvements spirituels diversifiés qui se manifestaient à Corinthe, saint Paul les appréciait d\u2019après un critère fondamental: sept fois dans le chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens, il répète que l\u2019action qui vient de l\u2019Esprit Saint, c\u2019est celle qui « édifie » l\u2019Eglise, celle qui fait croître le Corps du Christ et chacun des membres du Seigneur.De quelle manière les condamnations fracassantes de la catéchèse, de la théologie, de l\u2019exégèse et de tout renouveau dans l\u2019Eglise construisent-elles le le Corps du Christ ?Est-ce en créant un climat universel de soupçon qu\u2019on favorise l\u2019édification de l\u2019Eglise ?Est-ce en dénaturant et en caricaturant les intentions et les réalisations de ceux qu\u2019on veut condamner ?Nous n\u2019avons nullement l\u2019intention de faire ici l\u2019apologie de tous les manuels de catéchèse.Mais il nous semble qu\u2019il est de la plus élémentaire justice d\u2019essayer de comprendre ce que d\u2019autres chrétiens ont voulu dire, avant de les écraser sous des attaques passionnées.Comment comprendrait-on, si on refuse d\u2019écouter avec un minimum de sympathie ?Or la sympathie profonde, chez un chrétien, se nomme charité, qui « excuse tout et qui croit tout » (1 Cor.13,7).En conclusion de son opuscule, G.Goulet demande: « Que faire ?» (p.56).Il répond par une injonction écrite en grosses lettres: « A GENOUX ! » (p.58).Nous pensons que les détracteurs de la catéchèse sont sincères.En vertu de cette sincérité, ils ne peuvent lancer à leurs seuls adversaires l\u2019injonction de se mettre à genoux; ils doivent eux-mêmes la mettre en prati.que.« Se mettre à genoux » est une attitude qui exprime l\u2019humilité, la disposition qui empêche de croire qu\u2019on monopolise la vérité.Le chrétien, humble par vocation, doit savoir écouter et comprendre les autres.Combien il est dangereux de prétendre posséder l\u2019orthodoxie envers et contre tous ! Surtout quand cette présumée orthodoxie ne laisse guère de place à la sympathie et à la charité.On peut parvenir, en glissant toujours dans cette voie, à prétendre constituer, en face de Rome, l\u2019Eglise authentique du Christ.Le 15 août 1973.1.\tGédéon Goulet, La parole de Satan.cette catéchèse ?, Saint-Prosper, Dorch., P.Q., mars 1973, 60 pages.2.\tLettre ouverte dans La Presse du 21 mai 1973.3.\tLettre ouverte dans La Presse du 29 juin 1973.4.\tLettre ouverte dans La Presse du 24 juillet 1973.5.\tLettre ouverte dans La Presse du 24 juillet 1973.6.\tLa parole de Satan .p.41.7.\tLa Presse du 24 juillet 1973.8.\tMarie Carre, ES 1025 ou Les Mémoires d\u2019un Antl-Apôtre, Editions SEGIEB, 78 Freneuse, France, 1972, 100 pages.\u2014 Voir la lettre du 21 mai (n.2).RELATIONS Regard de l\u2019étranger -par Bernhard Grom *- Les observations qui suivent ont surtout trait à la dimension proprement catéchétique des manuels québécois.Les deux séries de manuels (niveau élémentaire et niveau secondaire) seront donc ici considérées surtout sous l\u2019angle psycho-pédagogique et métho- dologique, et non pas seulement ni d\u2019abord sous l\u2019angle théologique.Je souligne, dans la mesure du possible, la dimension historique des problèmes étudiés, pour montrer les voies de développement de la catéchèse.I \u2014 Les manuels du niveau primaire ou élémentaire dienne, dans son recours à une pédagogie de l\u2019éveil axée sur l\u2019aptitude de l\u2019enfant à l\u2019émerveillement2.Cette initiative de Viens vers le Père a été suivie et confirmée par presque tous les manuels et programmes publiés depuis, y compris le plan-cadre allemand, encore très centré sur la Bible, de 1967.Les étapes suivantes développent la révélation biblique du Père, du Fils et de l\u2019Esprit, en centrant l\u2019attention sur la signification spirituelle de cette révélation, de sorte que ces leçons deviennent une introduction au « mouvement fondamental de la vie chrétienne » (et peuvent être résumées dans des textes bibliques aussi fondamentaux que Rm 5:5; 8:16et26).Mais si je connais tous les fascicules du niveau élémentaire, je limiterai mes observations aux deux premiers, soit Viens vers le Père et Célébrons ses merveilles : ces deux manuels, par leur nouvelle approche, constituent un apport original dans l\u2019évolution de la catéchèse au cours des dernières années, alors que les manuels qui suivent sont généralement construits selon une conception plus traditionnelle et ne sont originaux que sur des points secondaires.L\u2019objectif psycho-pédagogique et spirituel Le premier fascicule a pour objectif d\u2019aider l\u2019enfant de 6 à 7 ans à « entrer en relation personnelle avec le Dieu en trois personnes, à entrer dans le mouvement fondamental de la vie chrétienne: aller au Père par le Christ dans l\u2019Esprit ».Le programme cherche à atteindre cet objectif en neuf étapes x; on ne peut le comprendre que si on considère la liaison de ces étapes, et il faut éviter d\u2019évaluer isolément un seul cours ou une seule formulation.La première étape, de caractère particulier, requiert un mot d\u2019explication.Elle constitue simplement une introduction avec son leitmotiv: « Dieu, le Père tout puissant, est le créateur du ciel et de la terre ».A la différence des catéchismes antérieurs, plus centrés sur les notions et plus intellectualisés, on ne commence pas par définir la notion de créateur ou par citer Genèse 1.On * L\u2019A., jésuite, est un spécialiste de la catéchèse comparée.Professeur de psychologie et de pédagogie religieuses à Munich, il a écrit deux ouvrages sur la catéchèse de langue française, y compris celle d\u2019ici: Botschaft oder Erfahrung ?Zurich, 1969; Der Mensch und der Dreifaltige Gott, Munich, 1970.Nous lui avons demandé une évaluation d\u2019ensemble des deux séries de manuels (niveaux élémentaire et secondaire).\u2014 Traduction de Julien Harvey.part plutôt de la disponibilité spontanée de l\u2019enfant à reconnaître, dans l\u2019admiration respectueuse des fleurs et des autres beautés du monde, la présence d\u2019une personne très grande et très puissante, qui a tout créé et que nous remercions.C\u2019est seulement après avoir éveillé, en suscitant l\u2019admiration, à la reconnaissance, qu\u2019on peut nommer le créateur \u2014 « Dieu, le Père tout puissant .» \u2014 et introduire le texte de Genèse 1 comme louange qui lui est adressée.Puis on tente de rendre consciente la transcendance du Dieu saint.En termes psycho-pédagogiques et spirituels, on cherche à éveiller le sens de la prière et du respect devant Dieu.Ici encore, l\u2019éveil du sentiment religieux débouche sur une transmission de notions théologiques, avec la présentation d\u2019un texte biblique central: l\u2019enfant est invité à s\u2019unir au Moïse du buisson ardent pour prier le Dieu très saint.Dès le départ, donc, nous sommes en présence d\u2019un programme précis et cohérent: le Dieu bon et saint est révélé.Révélé au niveau affectif et intuitif tout comme à celui des concepts; révélé à partir de l\u2019expérience naturelle et spontanée de l\u2019enfant et aussi à partir de l\u2019Ecriture, qui purifie et approfondit l\u2019expérience.Ajoutons ici que des exercices accompagnent ces leçons, qui aident l\u2019enfant à arriver à l\u2019expérience consciente, à l\u2019attention et à la mémoire.Ces exercices s\u2019inscrivent dans la grande tradition de M.Montessori, M.Fargues et H.Lubienska de Lenval.Dans d\u2019autres pays également, on reconnaît aujourd\u2019hui que, sans de tels exercices, on ne transmet que des concepts vides et qu\u2019on ne peut alors éveiller aucune foi.Ce principe, à savoir qu\u2019il faut d\u2019abord éveiller le sens de Dieu avant de parler de la révélation biblique, a été reconnu dans la pédagogie religieuse du jeune enfant dès les années \u201950 et a été soigneusement vérifié (M.Fargues, H.Lubienska de Lenval, J.-M.Dingeon, P.Ranwez).C\u2019est surtout de Din-geon et Ranwez que dépend l\u2019équipe cana- \u2014\tS\u2019offre d\u2019abord (étapes 1-3) une brève introduction d\u2019ensemble à la présence de la Trinité dans la vie du chrétien, où est déjà indiqué ce qui est propre à chacune des trois personnes.Ce développement est organiquement lié à la leçon d\u2019introduction: l\u2019enfant passe de l\u2019admiration et du respect pour le créateur à la réponse à son amour révélé par le Christ, à l\u2019exemple du retour d\u2019amour de Jésus-Christ et avec la force de son Esprit.\u2014\tCette introduction générale est ensuite développée (étapes suivantes) en liaison avec l\u2019année liturgique et en rapport avec les réalités les plus importantes dans la vie de l\u2019enfant: beauté de la nature, croissance de sa propre force, mystère de la famille, relation avec les parents et les camarades \u2014 comme lieux où l\u2019Esprit de Jésus se manifestera par ses « fruits ».Notons ici que les relations personnelles du chrétien au Père, au Fils et à l\u2019Esprit sont exposées de façon spécifique et différenciée, ce que l\u2019on ne retrouve dans aucun autre catéchisme adressé à des enfants de cet âge.Le vocabulaire utilisé en porte la marque: on ne parle jamais de « Dieu » sans plus, mais on précise toujours à laquelle des personnes divines est appropriée la création, l\u2019histoire du salut, etc.Cette cohérence, que l\u2019on ne retrouve pas dans les catéchismes analogues des autres pays, est le fruit de réflexions et d\u2019expériences poursuivies pendant plusieurs années, tant au plan de la catéchèse théorique qu\u2019à celui de la catéchèse pratique.Quel est le but de cette différenciation ?Il s\u2019agit d\u2019éveiller chez l\u2019enfant la conscience de ses relations diverses au Père, au Fils et à l\u2019Esprit, relations qui se retrouveront d\u2019abord dans la prière, mais aussi dans la liturgie et dans la morale trinitaire des « fruits de SEPTEMBRE 1973 253 l\u2019Esprit ».En conséquence, l\u2019histoire du salut ne sera pas présentée comme une réalité passée et extérieure à notre propre existence, ni comme une réalité incohérente et compliquée, mais comme une réalité présente, intérieure à nous, vivante, dialogale; comme une dynamique de la Trinité à laquelle nous avons part.C\u2019est seulement ainsi que ce programme de catéchèse peut introduire dans le mouvement de fond de la vie chrétienne.Cette option correspond à la tradition biblique et théologique jusqu\u2019à Vatican II; elle correspond également à la réalité psychopédagogique: des interviews avec des enfants qui ont été formés avec Viens vers le Père montrent que, après quelques difficultés de départ, ils sont capables de saisir leurs relations avec les trois personnes de la Trinité.Et des parents reconnaissent que leurs enfants ont été ainsi introduits à une prière vivante.Comment arrive-t-on à faire saisir cette différenciation des personnes divines ?On part de la trinité des personnes, comme elles se sont révélées dans l\u2019histoire du salut, et on prend soin de montrer leurs relations entre elles, si bien que l\u2019enfant saisit intuitivement, en même temps, leur unité.Cette unité dans la trinité ne sera formulée en concepts que plus tard.Ici encore, le programme va de la sphère affective-intuitive à la sphère conceptuelle.En proposant cette démarche, l\u2019équipe peut se réclamer du Nouveau Testament et de la théologie orientale 3, qui vont de la trinité des personnes à l\u2019unité de nature.L\u2019importance de cette démarche pour la théologie a été, récemment encore, fortement soulignée par Karl Rahner 4.Des raisons psychopédagogiques militent également en sa faveur: « Il semble qu\u2019une forte insistance préalable sur l\u2019unité de Dieu rend plus difficile à l\u2019esprit de l\u2019enfant la perception ultérieure d\u2019une certaine multiplicité à l\u2019intérieur de cette unité, car le concept d\u2019unité a quelque chose d\u2019absolu 5.» Cette introduction trinitaire au « mouvement fondamental de la vie chrétienne » sert également de base à une catéchèse trinitaire des sacrements, catéchèse dialogale, personnaliste, centrée sur l\u2019Esprit.Déjà, dans Viens vers le Père, le baptême peut être compris comme rencontre libre et comme portée par l\u2019Esprit saint du Père en Jésus-Christ.Dans Célébrons ses merveilles, cette démarche est pleinement mise à profit pour faire entrer dans l\u2019intelligence du baptême, de la confirmation, de l\u2019eucharistie, du sacrement du par- don.Tous ceux qui sont conscients du danger actuel d\u2019une conception magique des sacrements se réjouiront de la perspective adoptée dans cet exposé.La méthodologie Le programme se caractérise également par le fait que, en vue de l\u2019objectif spirituel à atteindre, sa pédagogie de la foi met en œuvre un ensemble très réfléchi d\u2019éléments méthodologiques appropriés.Ainsi, chaque thème est traité dans un cycle de quatre heures, dont chacune a sa structure propre: exposé, répétition, prolongement et fête catéchétique (célébration).L\u2019obtention du but fixé est facilitée par les exercices de maîtrise corporelle, de silence, d'attention, et par le recours aux grandes images que l\u2019enfant retrouve sous une forme réduite dans son manuel, de même que par l\u2019audition de musique religieuse et \u2014 selon un usage emprunté à la France, mais depuis lors répandu en Hollande, en Allemagne et ailleurs \u2014 par la célébration.On peut critiquer le choix de telle ou telle image, on peut trouver que certaines célébrations exigent trop de « réponses » (au sens liturgique du terme); dans l\u2019ensemble, ces moyens sont employés avec discernement et grand soin, et leur utilisation est aujourd\u2019hui généralisée.De façon exemplaire, a été introduite, mieux que dans la plupart des autres pays, la page des parents.Celle-ci permet aux parents de suivre la démarche catéchétique, semaine après semaine, et de prolonger dans la famille, en dialogue avec leur enfant, dans la prière du soir, etc., l\u2019initiation faite à l\u2019école.L\u2019expérience a montré que les parents sont ainsi stimulés à participer à la formation religieuse de leur enfant; plusieurs catéchètes ont organisé, dans cette perspective, de fructueuses rencontres avec les parents 6.Le point décisif Ce qui est décisif, ici, c\u2019est l\u2019élaboration d\u2019un enseignement qui veut, de façon cohérente, éveiller une expérience spirituelle, être une initiation et une pédagogie de la foi, de façon adaptée tout ensemble à la foi chrétienne traditionnelle et à l\u2019âge des enfants.Dans la vie spirituelle des enfants, aucune systématique étrangère ou abstraite de vérités théologiques n\u2019est introduite.Ils sont plutôt insérés dans une dynamique vitale, spirituelle et existentielle: celle de l\u2019Ecriture et des maîtres de la spiritualité, celle de théologiens comme H.de Lubac, H.U.von Balthasar et K.Rahner, celle aussi de Vatican IL La catéchèse en a fait, dans les dernières décennies, à travers de multiples échecs, l\u2019expérience douloureuse: une systématique abstraite et non-existentielle n\u2019atteint pas l\u2019enfant et conduit les catéchètes eux-mêmes au découragement.D\u2019ailleurs, la systématique abstraite des anciens catéchismes n\u2019a pas ses racines dans la tradition chrétienne, mais bien plutôt dans la philosophie du Siècle des Lumières.C\u2019est pourquoi J.A.Jungmann (1936) et son école (Hofinger, Tilmann, Goldbrun-ner, Delcuve) ont cherché à constituer une systématique kérygmatique, qui suit l\u2019ordre chronologique de l\u2019histoire du salut, celui que l\u2019on retrouve dans le credo (commençant avec la création et le péché des origines pour aller jusqu\u2019à la Pentecôte et à la Pa-rousie, sans tenir compte de l\u2019âge des enfants).Cette systématique existentielle a adopté la langue imagée de la Bible et s\u2019est articulée dans une perspective fortement christocentrique: c\u2019était là un progrès considérable.Mais cette conception catéchétique est aujourd\u2019hui dépassée, tant sur le plan théologique que sur celui de la psychopédagogie: même en Allemagne, le catéchisme kérigmatique, introduit en 1955, a été soumis à une révision officielle.La raison en est que, aujourd\u2019hui, on voit mieux, à la lumière d\u2019une théologie biblique, personnaliste et soucieuse d\u2019herméneutique (celle qui s\u2019exprime dans Vatican II, qu\u2019une simple présentation chronologique de l\u2019histoire du salut a beau être christocentrique et imagée, elle demeure trop extérieure pour pouvoir aider à percevoir le caractère actuel et l\u2019intériorité de l\u2019économie du salut.On voit de plus, à la lumière de l\u2019expérience psycho-pédagogique, qu\u2019un exposé conceptuel, même biblique et imagé, ne correspond pas à l\u2019âge des enfants et ne réussit à leur transmettre que des formules vides, sans contenu d\u2019expérience spirituelle.De tout cela, Viens vers le Père tient compte.En conséquence, les leçons du passé ont été prises en considération et une voie médiane a été choisie: à la différence de plusieurs essais de type psychologique (en Hollande, par exemple), on n\u2019a pas renoncé aux concepts clairs, mais on a cherché à relier les deux pôles, l\u2019affectif-intuitif et l\u2019intel-lectuel-conceptuel.On n\u2019a pas dissocié les mystères de la foi selon une ligne progressive (contrairement au catéchisme progressif français des années \u201950 ou à un manuel hollandais qui ne parle de l\u2019Esprit saint qu\u2019après trois années de scolarité), mais on a présenté d\u2019un coup la totalité du mystère chrétien.On a cherché à garder le contact avec la vie de l\u2019enfant dans la famille, 3\u2019école, la nature, etc., mais non pas selon une vision « horizontalité » du monde, afin de lui rendre plutôt son centre spirituel et théocentrique.254 RELATIONS C\u2019est précisément cette profondeur théologique et spirituelle qui caractérise la série Viens vers le Père par comparaison avec d\u2019autres entreprises antérieures ou postérieures.Plusieurs critiques prétendent même que, à cause de sa profondeur théologique et de sa concentration sur le mouvement fondamental de la vie chrétienne, cette catéchèse n\u2019est pas assez « psychologique » ni assez « horizontale », assez « séculière » (L.Racine, S.Moriarty).J.Dreis-sen, par exemple, écrit: « La faiblesse de ces manuels est leur manque de psychologie de la religion; leur force se situe dans leur saine théologie, dans leur orientation vers la Bible, dans leur souci de la catéchèse elle-même et dans leur intégration à la vie familiale.» Mon opinion personnelle est plus positive: le programme devrait aller plus loin quand il traite des situations de la vie « séculière » de l\u2019enfant, mais son orientation fondamentale vers la « révision de vie » indique déjà cette voie, et elle l\u2019indique d\u2019une façon mieux reliée au noyau spirituel le plus profond de la foi que dans pratiquement toute autre série catéchétique analogue.Il \u2014 Les manuels du niveau secondaire Les manuels du niveau secondaire sont également le fruit d\u2019une longue évolution.On y reconnaît, très visible, l\u2019influence prépondérante de P.Babin et de son école de Lyon (en particulier, ses dossiers, en usage dans plusieurs pays, y ont joué un rôle important) et aussi celle de J.LeDu (en particulier ses réflexions sur « l\u2019appropriation des choses », inspirées de R.Mehl et P.Ricœur).Cette série de manuels proclame la foi selon une méthode catéchétique complexe, que présentait J.Audi-net, en 1962 et 1963, dans trois articles de la revue Catéchistes.Le trait fondamental de cette démarche est de présenter le message de la révélation à l\u2019adolescent « en relation avec sa vision du monde, ses attentes et ses exigences ».Cette approche anthropologique ne doit cependant pas être confondue avec un anthropocentrisme théologique ou spirituel: anthropologique signifie ici tout simplement, et en conformité avec une herméneutique théologique normale, que la présentation de l\u2019Evangile part des catégories, des questions, des besoins et de la situation de l\u2019« auditeur », afin d\u2019être pour lui intelligible et interpellante.Fondamentalement, on suit ici le mouvement de la révision de vie et celui du document conciliaire sur l\u2019Eglise dans le monde de ce temps.Depuis 1965 environ, cette approche anthropologique s\u2019est imposée dans pratiquement tous les pays comme la seule qui permette de transmettre l\u2019Evangile aux adolescents et aux adultes; même si elle a ses dangers (par exemple l\u2019horizon-talisme), elle a aussi ses avantages inappréciables (celui, par exemple, de rendre concrète l\u2019économie du salut).La mise en œuvre de semblable méthode doit être évaluée aux divers plans psycho-pédagogique, théologique et méthodologique.\u2022\tAu plan de la psycho-pédagogie, la série des manuels du niveau secondaire me semble être de grande qualité.Les thèmes choisis sont bien adaptés à l\u2019âge des étudiants: le sens chrétien de l\u2019existence corporelle, le travail, la réalité sociale, l\u2019autonomie et les relations interpersonnelles.Thèmes à traiter nécessairement pour aider l\u2019étudiant à accéder à un développement humain et chrétien sainement orienté.Ceci est confirmé, d\u2019ailleurs, par la psychologie du développement de la personnalité 1 2 3 4 5 6 7.Dans la présentation de chacun des thèmes abordés, les manuels manifestent le souci qu\u2019on a eu de clarifier les points difficiles soulignés par des enquêtes préliminaires et dans des analyses de la mentalité des adolescents.A ma connaissance, mis à part les dossiers de P.Babin, il n\u2019existe pas d\u2019autre catéchèse de niveau secondaire dont la préparation ait été aussi soignée.\u2022\tAu plan théologique, notons d\u2019abord l\u2019accent anthropologique \u2014 au sens défini plus haut \u2014 et le caractère christocentrique de cette catéchèse.On se soucie d\u2019éclairer, à partir du mystère du Christ, les thèmes et les situations vitales; en le faisant, on n\u2019hésite pas à introduire des « vérités dures », en particulier la croix.J\u2019ai étudié ailleurs, dans le détail, la dimension trinitaire et christologique du fascicule sur l\u2019existence corporelle8.Cette dimension est parfois demeurée ici trop formelle: la relation de Jésus au Père et à l\u2019Esprit, par exemple, aurait pu être exprimée de façon plus cohérente et plus précise, pour que la vocation chrétienne puisse être vue non seulement comme modelée sur celle de Jésus, mais aussi comme animée par la grâce donnée par l\u2019Esprit.On pourrait dire la même chose à propos de la présentation du baptême, inspirée de J.LeDu.Ces faiblesses, dans l\u2019ordre de la systématique, ont d\u2019ailleurs été signalées déjà dans une étude de J.Laforest9.Le relevé de ces quelques points faibles ne signifie pas que le texte contient des erreurs théologiques.Il s\u2019agit plutôt de faiblesses dans l\u2019exposé, comme il s\u2019en trouve dans tous les manuels classiques de théologie.Même si, parfois, la démarche n\u2019a pas été poussée à bout, c\u2019est le grand mérite de cette série de manuels que de l\u2019avoir amorcée.Souvent, d\u2019ailleurs, les déficiences proviennent du fait que la théologie est, sur ces mêmes points, elle-même déficiente.Les catéchètes ont toujours dû et doivent encore répondre à des questions, posées par les adolescents, auxquelles les spécialistes de nos facultés de théologie ont trop peu et trop tard réfléchi.On retrouve aujourd\u2019hui semblable situation dans tous les pays.Malgré les réserves faites, si on la compare à des catéchèses analogues d\u2019autres pays (la France, la Hollande ou l\u2019Allemagne, par exemple), la série Un sens au voyage se signale par une profondeur théologique et une cohérence remarquables.Elle n\u2019a pas te caractère vague, émotif, superficiel et parfois sensationnel que l\u2019on retrouve dans les catéchèses de plusieurs auteurs français ou hollandais.Elle n\u2019a pas, non plus, cet horizontalisme et cette fixation sur la critique de la société (influence marxiste) qu\u2019on observe dans de nombreux essais allemands.\u2022 Au plan méthodologique, je me contenterai de souligner la multiplicité des moyens d\u2019expression utilisés: textes littéraires, photos, questionnaires pour discussions de groupes, etc.; et la variété des intentions pédagogiques qui sous-tend leur utilisation dans les diverses étapes de la démarche catéchétique: sensibilisation, clarification intellectuelle, information, réflexion.1.\tEquipe OCQ, « Viens vers le Père, le nouveau catéchisme de la Province de Québec », dans Lumen Vitæ, 20 (1965), 57-77.2.\tP.Ranwez, « Le discernement de l\u2019expérience religieuse chez l\u2019enfant », dans Lumen Vitæ, 19 (1964), 221-242.3.\tEquipe OCQ, art.cit., pp.69-10.4.\tCf.Mysterium Salutis, II, pp.317-397.5.\tEquipe OCQ, art.cit., p.70.6.\tEquipe catéchétique du Québec, « Bilan d\u2019une enquête sur l\u2019utilisation du nouveau catéchisme Viens vers le Père dans les diocèses du Québec », dans Catéchèse, 1 (1967), 103-114.7.\tG.Milanesi, Religione e liberazione, Ricerca sull\u2019insegnamento della religione in Umbria, Turin, 1971; N.Havers, Der Reli-gionsunterricht, Analyse eines unbeliebten Fachs, Munich, 1972.8.\tB.Grom, Der Mensch und der drei-faltige Gott, Munich, 1970, pp.183-186.9.\tJ.Laforest, La catéchèse au secondaire, Etude du manuel Un sens au voyage, Québec, 1970.SEPTEMBRE 1973 255 Le studio 42 de la nouvelle maison de Radio-Canada 4T üt'T bSSÉSÈÉiÉ*8*** .>* pi'PlîW "]
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