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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1978-01, Collections de BAnQ.

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[" JANVIER 1978 $1.00 no 433 dossier La transmission des valeurs chrétiennes à l\u2019école par J.Beaulac, A.Caron, R.Marx, P.Tremblay L\u2019expansion du marxisme au Québec\tpar Irénée Desrochers \u201cUne société à refaire\u201d.Le message annuel que, sous ce titre, les évêques du Canada viennent de nous livrer, le 1er décembre, est l\u2019occasion de reprendre un débat fondamental (1).Le thème rejoint tout le monde.Qui se dira satisfait du statu quo socio-économique?A première vue, la charpente équilibrée de la présentation peut laisser l\u2019impression qu\u2019on affronte l\u2019ensemble du problème: capitalisme, socialisme, recherche d\u2019un nouvel ordre socio-économique.Une relecture, réflexion faite, finira par faire ressortir qu\u2019il s\u2019agit principalement des problèmes posés par le marxisme chez nous.En pratique, c\u2019est là que se place la pointe de cette déclaration.Quelle attitude prendre devant \u201cl\u2019expansion\u201d de l\u2019idéologie marxiste chez nous?Le texte ne nous vient pas de l\u2019Assemblée des Evêques du Québec (AEQ); il est signé par la \u201cConférence des Evêques Catholiques du Canada\u201d (CECC) et le mot \u201cQuébec\u201d ne s\u2019y trouve nulle part.Ce qui n\u2019a pas empêché les journalistes québécois de présenter la nouvelle de façon à laisser croire qu\u2019on vise expressément le Québec en particulier.Quoi qu\u2019il en soit de Toronto, Vancouver, Winnipeg ou du reste du Canada, il est vrai que les lecteurs du Québec liront la déclaration en pensant naturellement au Québec d\u2019abord.C\u2019est ce que nous allons faire iCi.\t(a suivre, p.19) ÉLÉMENTS POUR UNE RÉFLEXION SUR LE MESSAGE PASTORAL DES ÉVÊQUES DU PREMIER DÉCEMBRE 1977 janvier 1978 Anita CARON, Reenie MARX, Jules BEAULAC, Paul TREMBLAY, Pierre ANGERS, Irénée DESROCHERS, Richard ARES, Jean-René ETHIER, Gabrielle POULIN, SOMMAIRE Notre dossier: La transmission des valeurs chrétiennes à l\u2019école L \u2019enseignement moral et religieux à l\u2019heure des choix du Québec.Les valeurs que je présente à mes étudiants.Le Synode.et après?Comme chrétiens, quelles valeurs voulons-nous voir transmises par l\u2019école?Articles Vers l'innovation pédagogique.L\u2019expansion du marxisme au Québec.Le \"Papineau\u201d de Robert Rumilly.Images, formes, symboles PROVIDENCE ou Le Temps d\u2019une mort L\u2019art d\u2019empailler les clichés: LES CERCLES CONCENTRIQUES de Simone Piuze vol.38 no 433 Georges-Henri D\u2019AUTEUIL, La Veuve enragée 6 9 12 14 19 24 26 28 30 J ICIdUUIIà\t]\t\tNouveautés revue du mois publiée sous la responsabilité\t\tCanada\u2019s Anti-Inflation Program d\u2019un groupe de membres de la Compagnie de Jésus\t\tpar O.J.Firestone Directeur: Robert Toupin\t\t15,5 x 23 cm., 274 pages.Prix: $7.50 Conseil de Direction: Bernard Carrière, Jean-Louis D\u2019Ara-\t\tLe Bas-Canada gon, Jean-Guy Saint-Arnaud, Jacques Saint-Aubin.\t\t1791-1840 Comité de rédaction: Albert Beaudry, secrétaire, Jacques\t\tChangements structuraux et crise Chênevert, Irénée Desrochers, Marcel Marcotte, Robert\t\tpar Fernand Ouellet Toupin.\t\t15 x 23 cm., 542 pages.Prix: $15.00 Administration: Maurice Ruest.\t\t Rédaction, Administration et Abonnements:\t\tLanguage Maintenance 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal H2P 2L9\t\tand Language Shift in Canada.Tél., 387-2541.Publicité: Liliane Saddik,\t\tPaul Lamy (éd.) 1700, rue Allard, Ville Brossard.Tél.: 678-1209\t\t15 x 23 cm., 114 pages.Prix: $3.75 Relations est une publication des Editions Bellarmin.\t\tThe E.J.Pratt Symposium Prix de l\u2019abonnement: $10 par année.Le numéro: $1\t\tReappraisals: Canadian Writers Les articles de Relations sont répertoriés dans le Répertoi-\t\tGlenn Clever (éd.) re analytique d\u2019articles de revue du Québec (RADAR) de la\t\t15 x 23 cm., 188 pages.Prix: $4.80 Bibliothèque nationale du Québec, dans l\u2019Index analytique de\t\t périodiques de langue française (PERIODEX), dans le Cana-\t\tEn vente chez votre libraire et aux: dian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadien-\t\t ne des Bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019é-\t\tÉditions de ducation.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.\t\t On peut se procurer le microfilm des années complètes de\t\tl\u2019Université d\u2019Ottawa Relations en s\u2019adressant à University Microfilms, Ann Ar-\t\t bor, Michigan 48106 U.S.A.\t\t65, avenue llastey, ISSN 0034-3781\t\tOttawa, Ont.,\tCourrier de la deuxième classe - Enregistrement no 0143.\t\tK1N6N5\tJ 2 RELATIONS L\u2019enseignement moral et religieux Pour situer la place qu\u2019occupe l\u2019enseignement moral et religieux au Québec, je me baserai sur trois documents récents: \u2014\tle Livre Vert sur l'Enseignement Primaire et Secondaire au Québec rendu public le 6 octobre dernier; \u2014\tle Plan de Développement relatif à l\u2019Education chrétienne publié en juin 1977; \u2014\tle document publié en 1976 par le Comité Catholique du Conseil Supérieur de l\u2019Education sur La Dimension religieuse au Collège.Quels sont les accents privilégiés par ces documents?Quelles questions me pose l\u2019analyse des orientations proposées?Quelles avenues peuvent être explorées aux plans de l\u2019organisation scolaire et de la fonction de l\u2019enseignement moral et religieux?Tels sont les aspects que je voudrais examiner, bien consciente d\u2019ailleurs qu\u2019il n\u2019existe pas de solution miracle, ni de réponse définitive aux questions qui nous occupent.1.Les documents officiels sur l\u2019enseignement moral et sur l\u2019enseignement religieux Le Livre Vert proposé à la consultation populaire par le Ministre de l\u2019Education réaffirme le caractère obligatoire de l\u2019enseignement moral et religieux à tous les degrés des écoles primaires et secondaires reconnues comme catho- * Conférence prononcée au Congrès de l\u2019Association Québécoise des Professeurs de Morale et de Religion (AQPMR), le 14 octobre dernier.Anita Caron, directrice du Module Enfance Inadaptée à l\u2019UQAM, est présidente de l\u2019AQPMR.Nous voulons remercier les éditeurs de Médium, bulletin de l'AQPMR, qui nous ont aimablement autorisés à reproduire cet article.à l\u2019heure des choix du Québec liques ou comme protestantes.Il précise les objectifs poursuivis par les différents types d\u2019enseignement moral et d\u2019enseignement religieux offerts par ces écoles et cela pour chacun des cycles de l\u2019enseignement primaire et de l\u2019enseignement secondaire.Il détermine le temps qui doit être alloué à cet enseignement: cent vingt minutes par semaine à chacun des degrés du primaire; cent cinquante minutes par semaine à chacun des degrés du secondaire.Une période par semaine est allouée à la formation personnelle et sociale, soit à l\u2019intérieur du bloc d\u2019éducation physique, soit à l\u2019intérieur du bloc d\u2019enseignement moral et religieux.Le droit à l\u2019exemption y est rappelé de même que l\u2019obligation pour toute école confessionnelle catholique ou protestante d\u2019offrir aux élèves exemptés un programme d\u2019enseignement ou de recherches personnelles dans l\u2019ordre de la formation morale ou de la connaissance du phénomène religieux.Il y est également réaffirmé qu\u2019aucune option n\u2019est possible en secondaire I et II; qu\u2019en secondaire III, l\u2019élève peut choisir entre un cours de formation morale et un cours d\u2019enseignement religieux catholique; qu\u2019en secondaire IV et V, il peut choisir entre un cours d\u2019enseignement religieux culturel, un cours de formation morale ou un cours d\u2019enseignement religieux catholique.La nécessité d\u2019une évaluation contrôlée y est clairement indiquée pour l\u2019école primaire tout autant que pour l\u2019école secondaire.On y trouve en outre une insistance non équivoque sur l\u2019uniformité de programmes devant mettre l\u2019accent sur des apprentissages plus systématiques et s\u2019accompagnant d\u2019instruments pédagogiques précisant les modalités suivant lesquelles doivent s\u2019effectuer ces apprentissages.En guise de conclusion, le Livre Vert invite chaque école à \u201cse doter d\u2019un projet éducatif propre visant à intégrer ses divers objectifs et activités\u201d (5,39).Pareil projet, y lisons-nous, devrait être défini selon \u201cun processus démocratique permettant à une population donnée de dire ce qu\u2019elle attend des écoles qui la desservent\u201d par Anita Caron* (5,35).Le projet éducatif décrit par le Livre Vert n\u2019est pas une idée nouvelle.Le concept en avait déjà été précisé dans Voies et Impasses et paraît être le thème central du Plan de développement relatif à l\u2019éducation chrétienne, lequel expose, dans un document publié en juin 1977, quelles sont les priorités du Service de l\u2019Enseignement Catholique pour les années 1977-1980.* * * Le Plan de Développement, pour sa part, définit, dans les termes suivants, ce qu\u2019est le projet éducatif.C\u2019est \u201cle programme d\u2019action (qu\u2019une école) est appelée à établir selon son identité propre\u201d.Pareil programme \u201ctente d\u2019intégrer, à l\u2019intérieur d\u2019orientations précises et reconnues valables par les intéressés, les exigences de la mission éducative de l\u2019école, les projets plus particuliers des parents et des autres éducateurs, les méthodes et les formules pédagogiques adoptées ainsi que les apports de chacun des individus et des groupes qui exercent des fonctions dans l\u2019école\u201d (p.18).Un tel projet est d\u2019ailleurs \u201cfondé sur les valeurs acceptées majoritairement par une population donnée\u201d et veut \u201csusciter chez tous les éducateurs une réflexion qui les amène à s\u2019engager en regard des valeurs à promouvoir, des buts à atteindre et des moyens à prendre pour que l\u2019école catholique soit, dans le respect de son double caractère d\u2019école commune et d\u2019école confessionnelle, un véritable milieu éducatif\u201d (p.19).Destiné à l\u2019ensemble des écoles présentement reconnues catholiques en vertu des dispositions de l\u2019article 22 de la Loi du Conseil Supérieur de l\u2019Education (S.R.1964, c234), le Plan de Développement rappelle que le projet éducatif \u201ctouche la réalité scolaire dans son ensemble\u201d (p.14) mais que l\u2019enseignement religieux et l\u2019enseignement moral en constituent des éléments privilégiés.Il est intéressant de noter par ailleurs une invitation à tenir compte \u201cque l\u2019enfant vit dans une société en muta- JANVIER 1978 3 tion et que les nouvelles données des sciences pédagogiques et psychologiques appellent un ajustement continu\u201d (p.26).On insiste en particulier sur le fait que \u201cpour être fidèle à l\u2019enfant, pour respecter le contenu de la catéchèse et pour tenir compte de l\u2019apport des sciences de l\u2019éducation, les programmes-cadres et les instruments pédagogiques doivent être régulièrement revus et corrigés\u201d (p.27).La possibilité pour le maître d\u2019être exempté de l\u2019enseignement religieux y est également rappelée.On en souligne cependant les difficultés d\u2019application: \u201c\u2014crainte de certains professeurs d\u2019être victimes de discrimination s\u2019ils se prévalent des dispositions de ce règlement; \u2014\tattitude du milieu qui peut rendre onéreuse une démarche en vue d\u2019être exempté de l\u2019enseignement religieux; \u2014\tréticence de la direction à accueillir une telle demande; \u2014\thésitation de l'enseignant à entrer dans le système de rotation avec d\u2019autres collègues et à perdre un moment de contact privilégié avec ses élèves.\u201d (p.57) Les difficultés propres à l\u2019enseignement de cette discipline sont également mises en évidence: \u201c\u2014les professeurs d\u2019enseignement religieux sont parmi ceux qui ont le plus grand nombre d\u2019élèves (300 à 360 en moyenne); \u2014\tils sont parmi ceux qui ont le plus de groupes (10 à 12, en moyenne) \u2014\tsouvent, un même professeur doit prendre en charge des groupes de deux ou trois options différentes\u201d (P- 59).Dans son ensemble, le document \u201cfait état d\u2019une analyse des éléments majeurs de la situation de l\u2019éducation chrétienne dans les écoles catholiques du Québec\u201d (p.8) et propose des orientations en vue d\u2019une action à poursuivre \u201cdans les secteurs où les besoins s\u2019imposent avec le plus d\u2019urgence et où les attentes sont les plus manifestes\u201d.Au chapitre de l\u2019enseignement religieux et de l\u2019enseignement moral, quatre éléments retiennent plus particulièrement l\u2019attention: révision et implantation des programmes et instruments pédagogiques requis par différents groupes, y compris le secteur anglophone, l\u2019enseignement préscolaire, l\u2019enseignement professionnel et le secteur de l\u2019adaptation scolaire; implantation de la nouvelle politique d\u2019évaluation de l'enseignement moral et de l\u2019enseignement religieux en vue de la certification de fin d\u2019études secondaires; promotion d\u2019une animation pédagogique pertinente et efficace au secteur pré-scolaire; au secteur régulier: primaire et secondaire; au secteur de l\u2019enfance en difficulté d\u2019adaptation et d\u2019apprentissage; au secteur professionnel, au secteur anglophone de même que dans les milieux scolaires soumis à des ententes entre commissions scolaires de confessions différentes et dans les institutions privées de niveaux primaire et secondaire; concertation et projets en vue de la formation et du perfectionnement requis par le personnel enseignant et le personnel d\u2019encadrement affectés à l\u2019enseignement religieux et à l\u2019enseignement moral.Dans le document La Dimension religieuse au Collège, le Comité Catholique formule quelques propositions qu'il appuie sur le bilan qu'il a pu établir à partir des faits recueillis dans les institutions privées et publiques dispensant un enseignement collégial.Il réaffirme, en premier lieu, la nécessité pour les collèges de \u201cfaire place au phénomène religieux et à la recherche morale et religieuse des individus\u201d (p.8).Pour ce faire, il propose, dans le cadre des sciences humaines, un enseignement des sciences de la religion.\u201cCet enseignement des sciences de la religion doit s\u2019orienter vers la culture de l\u2019intelligence.Il ne s\u2019agit pas de prolonger l'enseignement catéchétique du niveau secondaire, mais d\u2019inviter les collégiens à franchir une étape nouvelle dans leur découverte du fait religieux.Il s\u2019agit de les engager dans une réflexion du type proprement scientifique sur les faits religieux ou sur le donné révélé.Le mystère de la foi, l\u2019histoire des religions, l\u2019histoire de l\u2019Eglise sont objets de science.A ce titre, ils fournissent un contenu intellectuel qui peut être proposé aux étudiants sans préjuger de leur adhésion intérieure\u201d (p.8).\u201cCet enseignement, poursuit le document, est à situer dans la perspective éducative et scientifique qui découle des objectifs pédagogiques du collège.En conséquence, il relève des services pédagogiques et constitue, comme toute autre discipline de la famille des sciences humaines, un moyen servant à la formation fondamentale des étudiants\u201d (p.8).2.Questions suggérées par ces documents Ce parcours rapide des orientations proposées par quelques documents récents me suggère un certain nombre de questions.La première concerne le contexte presque exclusivement confessionnel dans lequel sont situés l\u2019enseignement religieux et l\u2019enseignement moral.Si l\u2019on en juge par la présentation qui est faite dans le Livre Vert, il ne semble pas qu'un enseignement moral et religieux puisse être pensable dans une école primaire ou secondaire qui ne serait pas catholique ou protestante.Le document sur La Dimension religieuse au Collège reconnaît pourtant que dans une institution dite \u201cautre\u201d, il y a place pour un enseignement des sciences de la religion.Mais cela semble une concession tout autant que la possibilité de l'exemption ou les programmes autorisés comme options ou en remplacement de l\u2019enseignement religieux officiel.Faut-il donc entrevoir que la principale fonction reconnue à l\u2019enseignement moral et à l\u2019enseignement religieux soit de sauvegarder le système ou de protéger l\u2019orthodoxie?Les modalités suivant lesquelles on entend définir et évaluer les objectifs d\u2019apprentissage semblent tout au moins confirmer cette volonté de maintenir au Québec une unanimité qu\u2019on croyait disparue.Le projet éducatif lui-même, en dépit de ses prétentions à vouloir rejoindre les besoins et les attentes de chacun des milieux, apparaît principalement comme un moyen de favoriser l'adhésion aux objectifs proposés par le système.L\u2019insistance mise sur des programmes unifiés indique bien d\u2019ailleurs que les objectifs proposés sont conçus pour une société unitaire, unanimiste, pour ainsi dire totalitaire puisque sans cesse occupée à réprimer tout ce qui n\u2019est pas conforme à ce modèle unique.Prétendre assurer une formation uniforme et identique pour tous n\u2019est-ce pas, comme certains l\u2019ont déjà mis en évidence, faire \u201cabstraction de la réalité sociale, c\u2019est-à-dire de l\u2019existence d'une société de classes, fondée sur des inégalités sociales et économiques, sur un rapport de force entre classes et groupes sociaux ayant des modes de vie, des représentations, des valeurs sociales et culturelles, des aspirations divergentes\u201d (1).On peut d\u2019ailleurs être pour le moins étonné qu'il ne soit jamais question dans les documents 4 RELATIONS cités des disparités sociales et économiques de notre milieu et de la façon dont elles influent sur les conditions de l\u2019apprentissage scolaire.D\u2019une façon privilégiée pourtant, l\u2019enseignement moral et l\u2019enseignement religieux pourraient contribuer à réduire ce mythe persistant de l'unanimité et faire du pluralisme un élément qui permette à l\u2019enfant et à l\u2019adolescent de se connaître eux-mêmes en apprenant à \u201cidentifier le jeu complexe des forces économiques, sociales, culturelles et politiques qui ont conditionné les diverses visions religieuses et para-religieuses qui se sont développées au cours de l\u2019histoire mondiale et nationale et qui ont été conditionnées par celles-ci\u201d (2).Le temps ne serait-il pas venu, comme on l\u2019a déjà suggéré, de permettre aux groupes enseignants-enfants-parents de déterminer, pour une étape donnée, les composantes religieuses de leur projet éducatif et, pour ce faire, d\u2019inventer et de choisir le type d\u2019expérience religieuse qu\u2019ils entendent privilégier?Pareille attitude ne donnerait-elle pas tout son sens au projet éducatif dont il est question dans les documents précédemment cités?3.Avenues à explorer Il y a là, il me semble, des avenues qu\u2019il conviendrait tout au moins d\u2019explorer et d\u2019expérimenter.N\u2019y aurait-il pas lieu, par exemple, au sein de l\u2019effort actuel de concertation et de planification: de s\u2019appliquer à reconnaître la valeur éducative du pluralisme; de considérer la possibilité des alternatives pour l\u2019enseignement moral et religieux tout autant que pour l\u2019école; et, pour ce faire, de promouvoir une réelle décentralisation.1.\tJacqueline Chobaux, \u201cInnovation, école et société\u201d, Ecoles de demain.Editions HMH, Montréal, 1976, p.37.2.\tFernand Ouellet, \u201cL\u2019étude des religions dans les écoles du Québec\u201d, Medium 6, janvier 1977, p.19.3.\tEcoles de demain, p.239.4.\tFernand Ouellet, art.cité, p.19.5.\tEcoles de demain, p.249.6.\tIbidem.7.\tRapport Faure, Apprendre à être, Paris, UNESCO, p.65.8.\tJacques-Yvan Morin, Pour un renouveau en éducation, conférence prononcée à l\u2019occasion de la Rencontre de consultation organisée par le Conseil Supérieur de l\u2019Education à Montréal, le 12 mars 1977, p.12.JANVIER 1978 Valeur éducative du pluralisme Pour peu qu\u2019on prenne contact avec les milieux d\u2019éducation, on y découvre l\u2019extraordinaire variété d\u2019expériences de tous genres qui visent à assurer les conditions les plus favorables aux divers types d\u2019apprentissage requis par l\u2019enfant, l\u2019adolescent et l\u2019adulte.Cette diversité, comme nous avons pu le constater, est le reflet même de la société dans laquelle nous vivons: pluralité de plus en plus de croyances, d\u2019opinions, d'attitudes, d\u2019idéologies.Comme le fait ressortir fort justement le rapport de la Mission franco-québécoise sur la Prospective et l\u2019Innovation en Education, le pluralisme est non seulement \u201cun fait sociologique inéluctable\u201d.Il est aussi \u201cune richesse et une valeur à protéger\u201d.Il apparaît également comme \u201cun facteur de changement social\u201d que des professeurs d\u2019enseignement moral et religieux se doivent tout particulièrement de mettre en valeur.\u201cA travers la diversité que respecte le pluralisme, des idées et des valeurs nouvelles peuvent émerger qui apportent un souffle nouveau, inspirent des réalisations parfois novatrices, soutiennent des entreprises audacieuses.\u201d (3) Il importe donc, me semble-t-il, que l\u2019on favorise et encourage les initiatives qui vont permettre à une communauté scolaire donnée de définir les modes suivant lesquels elle va s\u2019appliquer à analyser et à comprendre en la critiquant et en la confrontant sa propre expérience morale et religieuse.\u201cPour que la compréhension de soi et des autres puisse vraiment aider le jeune à mieux se connaître, il faut (en effet) que la position des autres lui soit présentée de manière à ce qu'il se sente interpellé et obligé de définir sa propre position d\u2019une manière réfléchie et responsable\u201d (4).Possibilité des alternatives De telles perspectives sont impossibles dans le cadre d'une école uniforme pour tous.L\u2019enseignement moral et l\u2019enseignement religieux, tout autant que l\u2019école, ne pourront participer aux transformations d'une société qui s\u2019interroge et qui est en mouvement que dans la mesure où ils fournissent \u201cà chacun la chance d\u2019actualiser ses ressources propres, ses traits culturels et ses valeurs\u201d (5).C\u2019est pourquoi, en dépit des difficultés idéologiques et pratiques que cela comporte, il m\u2019apparaît nécessaire de considérer et d\u2019expérimenter la voie des alternatives.Dans une société comme la nôtre, il ne peut exister un seul type d\u2019école, ni un seul type d\u2019enseignement moral et religieux.Les différentes tendances doivent pouvoir s\u2019exprimer dans des alternatives qui permettent les conflits et les oppositions, qui nécessitent la tolérance et qui favorisent une attitude attentive, interrogative et créatrice à l\u2019égard des transformations qui s\u2019imposent.Le rapport de la Mission franco-québécoise sur la Prospective et l\u2019Innovation en éducation est ici encore très explicite.Si l\u2019on veut favoriser une réelle égalité des chances il faut aller vers un système scolaire pluraliste qui en étant respectueux de la diversité des cultures de classe, peut mieux les assumer et permettre à chaque enfant de s\u2019épanouir à l\u2019école dans un milieu culturel qui prolonge, en l\u2019enrichissant, celui qui lui est familier (6).L\u2019école ne saurait en effet adopter une forme définitive et éternelle.Elle appartient à une époque donnée, à une civilisation, à un pays, à une classe sociale.Elle peut être agent de changement mais elle est en même temps soumise au changement.On ne peut l\u2019enfermer dans des formes rigides, ni lui faire subir le fixisme d'une programmation uniforme.Les professeurs d\u2019enseignement moral et d\u2019enseignement religieux doivent en être conscients et articuler leur action de telle sorte que cet enseignement apporte sa contribution spécifique à \u201cla formation d\u2019hommes complets, consciemment engagés dans la voie de leur émancipation collective et individuelle\u201d (7).Décentralisation accrue Pour y arriver, il est clair qu\u2019il faut promouvoir le plus possible l\u2019auto-orga-nisation.Une personne ou une collectivité ne peuvent être responsables que dans la mesure où elles sont causes de leur action.Au moment où il annonçait la publication prochaine du Livre Vert, le Ministre Jacques-Yvan Morin insistait sur la nécessité de cette décentralisation des pouvoirs.\u201cLes organismes locaux et régionaux, affirmait-il, doivent retrouver une certaine autonomie\u201d (8).Le chapitre IV du Livre Vert sur l\u2019Enseignement Primaire et Secondaire reprend cette volonté de décentralisation en vue d\u2019une prise en charge par les usagers eux-mêmes.On ne saurait trop y insister.Il faut redonner à l\u2019unité locale non seulement une plus grande autonomie, mais aussi une dynamique d\u2019auto-développement.5 La décentralisation proposée ne saurait être seulement et surtout administrative.Elle doit s\u2019effectuer d\u2019abord au plan pédagogique.Les professeurs d\u2019enseignement moral et religieux devraient y être particulièrement attentifs.Il ne peut y avoir de projet éducatif représentatif des besoins et des attentes d\u2019un milieu, sans une prise en charge et une auto-organisation qui favorisent des styles d\u2019éducation plus créateurs, des pédagogies plus propices à l\u2019auto-développement, des démarches plus libres et plus fécondes en vue de \u201csavoir-vivre-penser-dire-agir la condition humaine d\u2019une manière qui soit située dans le pays réel à libérer et à promouvoir\u201d (9).Dans son ouvrage Pour une pédagogie sociale d'auto-développement, Jacques Grand\u2019Maison propose des voies intéressantes en ce sens.Une authentique éducation se doit, insiste-t-il, de développer \u201cune prise réaliste sur le contexte de vie une aptitude à exprimer son expérience une conception critique de l\u2019homme et de la société une assumation des solidarités réelles une capacité d\u2019agir effectivement une ouverture sur tous les possibles une volonté de dépassement et surtout un amour de l\u2019homme et de la vie.Comme source et projet l\u2019éducation est aussi spirituelle qu\u2019humaine: Comme moyen et fin, elle est aussi politique que personnelle; comme pratique, elle est aussi sociale qu\u2019économique.Mais toujours elle nous renvoie à la qualité de nos espérances et au courage de les réaliser\u201d (10) Je souhaite que ce Congrès soit l\u2019occasion pour chacun de nous d\u2019en prendre une conscience nouvelle de telle sorte que nous puissions contribuer à admettre et à intégrer les différences pour qu\u2019elles cessent d\u2019être des facteurs d\u2019inégalités et deviennent autant d\u2019itinéraires pouvant favoriser les différents types d\u2019apprentissage auxquels doivent contribuer l\u2019enseignement moral et l\u2019enseignement religieux.9.Jacques Grand\u2019Maison, Pour une pédagogie sociale d'auto-développement en éducation.Ed.Stanké, Montréal, p.156.10.p.183-184.Les valeurs que je présente à mes étudiants par Reenie Marx Présentée dans le cadre de la Consultation (Jecumenique sur la formation chrétienne à l\u2019école, tenue à Châteauguay du 18 au 20 novembre dernier, cette communication est à la fois un document et un témoignage.Un document sur un milieu scolaire moins connu: celui des écoles secondaires protestantes anglophones du Québec.Le témoignage d\u2019un professeur de morale et de religion pour qui l\u2019éducation et la foi doivent absolument coller à la vie.Mademoiselle Reenie Marx enseigne depuis trois ans au Laurentian Regional High School de Lachute.Au départ, il faut reconnaître qu\u2019il est pratiquement impossible de proposer un système unique de valeurs et de croyances à des enfants qui grandissent dans une société pluraliste et complexe comme la nôtre.Néanmoins, il faut essayer d\u2019enseigner quelques valeurs fondamentales et, pour y arriver, il est indispensable de commencer par se sensibiliser à la diversité des antécédents, des besoins et des points de vue des jeunes.Un enseignant disposé à s\u2019impliquer personnellement, à s\u2019engager vis-à-vis de ses étudiants, et profondément attaché à ses convictions, peut effectivement exercer une profonde influence.Les responsables de l\u2019enseignement moral et de l'enseignement religieux, tout comme leurs élèves, représentent un groupe très disparate.Il serait donc présomptueux de parler en général de leur façon de présenter les valeurs morales et religieuses.Pour cette raison, je préfère m\u2019en tenir à un seul exemple, le mien.C\u2019est donc en vous faisant partager les problèmes et les aspirations d\u2019un professeur de morale et de religion (PMR) que j\u2019espère vous amener à tirer vos propres conclusions sur l\u2019enseignement des valeurs aujourd\u2019hui dans les écoles secondaires protestantes du Québec.L\u2019entrée de service Il y a plusieurs années, un principal me disait: \u201cLe bon prof, c\u2019est celui qui suit les règles\u201d.Je commençais alors et, toute pleine de l\u2019idéal des années '60 et de mes convictions de jeune enseignante, je lui répondis aussitôt: \u201cPeut-être, mais le maître, c\u2019est celui qui est capable de communiquer une inspiration\u201d.A l\u2019époque, je n\u2019ai guère accordé d\u2019importance à cette répartie; mais aujourd\u2019hui, je suis en mesure de comprendre combien cet idéal a pu jouer dans ma décision d\u2019enseigner la morale et la religion et combien, au jour le jour, il continue d\u2019influencer ma façon d\u2019aborder les étudiants.Comme beaucoup d\u2019autres, en fait, je suis entrée dans l\u2019enseignement de cette matière par la porte d\u2019en arrière.Trois ans et demi après avoir \u201cproclamé mon idéal pédagogique\u201d, je me retrouvais dans une petite école secondaire de campagne, à essayer d\u2019enseigner l\u2019anglais, sans aboutir absolument à rien.6 RELATIONS Personne n\u2019écoutait, me semblait-il.Et d\u2019ailleurs, tout ce que je racontais était parfaitement insignifiant, sans aucun impact sur la vie de mes étudiants.En dehors de la classe, ma vie tombait en morceaux.\u201cComment peux-tu prétendre enseigner quoi que ce soit aux autres, me disais-je, quand tu n\u2019es même pas capable de t'aider toi-même?\u2019\u2019 Mon impuissance à répondre à cette question devait provoquer chez moi une véritable crise de confiance; au milieu de l\u2019année scolaire, je présentais ma démission.Je décidai alors de me remettre à apprendre et de m'ouvrir à un grand nombre d\u2019expériences neuves.Deux années de quête, de pèlerinage presque, me firent passer du christianisme orthodoxe vécu en Crète à l\u2019Etat juif d\u2019Israël, de l\u2019univers islamique de l\u2019Iran et de l'Afghanistan à un temple sikh de l\u2019Inde.Pour une petite Juive bien élevée de Chicago, qui avait mis de côté toute son éducation religieuse, c\u2019était l\u2019occasion d\u2019une mise au point radicale sur la nature de Dieu, sur l\u2019importance de la foi et de l\u2019engagement dans nos vies.En arrivant à Lachute, où j\u2019avais posé ma candidature comme suppléante au High School, j\u2019entends parler d\u2019un cours intitulé Moral and Social Development.Un sujet en or, me semblait-il; mais les étudiants ont vite fait de m\u2019ouvrir les yeux: c\u2019est le cours le plus \u201cdétesté\u201d de l\u2019école, les professeurs l\u2019évitent systématiquement, on le refile au dernier arrivé qui s\u2019en charge simplement pour mettre un pied dans la place.Je devais découvrir plus tard qu\u2019une telle situation n\u2019a rien d\u2019exceptionnel.Pour moi, au contraire, c\u2019était une chance extraordinaire.J\u2019en avais pardessus la tête de l\u2019anglais, où la \u201cvie\u201d n\u2019est qu'un hors-d\u2019oeuvre à côté de la grammaire et de la littérature.Je rêvais d\u2019un cours où la vie et ses problèmes soient le plat principal.Et, pour la première fois sans doute, je me sentais prête à relever le défi.La \u201ccompétence\u201d Trois jours avant le début des classes, on m\u2019apprend que je suis engagée et on me remet une brochure du ministère de l\u2019Education: 7 pages, voilà JANVIER 1978 tout ce qu\u2019il me faut savoir pour donner le cours en Secondaire III, IV et V.Le comble de l\u2019absurde, une mauvaise farce! On l\u2019a déjà signalé: le manque d\u2019orientations, de programmes et de matériel pour les PMR est un problème endémique dans le système protestant.Même si depuis quelques années on multiplie les plans et les unités d\u2019enseignement au Ministère, le PMR est toujours abandonné à ses propres ressources et, à moins d\u2019un gigantesque effort de préparation, son cours risque de se réduire à la proposition de thèmes vagues, dépassés, sans portée valable.J\u2019aimerais faire remarquer, cependant, que ce serait rendre un bien mauvais service aux étudiants du cours de morale ou de religion que de leur imposer un programme aussi strictement codifié que pour les cours d\u2019histoire, de mathématiques ou d\u2019anglais.Il est indispensable que le PMR conserve la liberté de structurer son cours en fonction des besoins spécifiques de ses étudiants.En outre, ce qu\u2019un enseignant sera en mesure de présenter avec enthousiasme et conviction peut fort bien ne pas convenir à son collègue.Contraindre un PMR à répéter des formules pensées par un autre, ce serait se moquer des buts et des objectifs du cours.En somme, si les PMR ont besoin d\u2019un peu plus de bonnes idées, il ne leur faut ni plus de règlements ni plus de consignes en provenance du ministère de l\u2019Education.Et voilà sans doute l\u2019une des conclusions les plus importantes de mon exposé: pour le PMR, l\u2019exigence fondamentale n\u2019est pas le savoir intellectuel, mais une certaine forme de caractère; car ce qui compte, ce n\u2019est pas tellement ce que l\u2019enseignant sait, mais bien ce qu\u2019il est.Dans les autres matières, il n\u2019est pas si difficile d\u2019établir sa compétence: il suffit d\u2019avoir étudié plus longtemps pour en apprendre à l\u2019étudiant.Mais le PMR, lui, est acculé à faire la preuve de sa compétence dans l\u2019art de vivre.Dans le domaine de la morale et de la religion, le prof, qui manque de confiance en soi ou qui ne se sent pas à la hauteur hésitera à proposer des valeurs à sa classe, et même à les formuler.Une telle attitude, parfaitement acceptable chez un professeur de mathématiques, est inadmissible pour le PMR.Lui doit être personnellement compromis, attaché à un certain ensemble de valeurs morales.Il doit être prêt à discuter de ces valeurs avec ses étudiants et à rendre compte de ses choix.En même temps, il doit être capable d\u2019entrer en dialogue avec sa classe, faire preuve d\u2019ouverture et de compréhension, rester sensible aux points de vue des étudiants.Le service Au cours des trois dernières années, je me suis souvent surprise à vouloir donner à mes étudiants LA réponse: j\u2019aurais voulu les munir d\u2019un système de valeurs unifié, susceptible de les guider toute leur vie durant.Mais, chaque fois, je me suis trouvée ramenée à la conviction qu'il ne m\u2019est pas possible de leur donner cette réponse unique.Pour moi, c\u2019est la grande frustration qu\u2019impose l\u2019enseignement de la morale et de la religion; il n\u2019est plus possible de penser en termes d\u2019une voie unique valable pour tous, d\u2019un but absolu, d\u2019un système de valeurs.Quelquefois je me prends à me demander s\u2019il est même possible d\u2019avoir une réponse, un droit chemin.Atteignons-nous jamais un point où nous pouvons en toute vérité nous asseoir et dire: \"Eh bien, ça y est: maintenant, je sais!\u201d?La vie est un voyage, pas encore le point d\u2019arrivée.Il y a peu de sages aujourd\u2019hui, et beaucoup de pèlerins.Mais alors, qu\u2019est-ce que je peux enseigner à mes étudiants?Premièrement, je ne peux leur enseigner que ce que je sais, mais pas seulement au niveau intellectuel: ce dont j\u2019ai l\u2019expérience, ce que je comprends profondément et que j\u2019ai incorporé à ma vie.En second lieu, pour leur communiquer quelque chose, il ne s\u2019agit pas de prendre l\u2019allure de l\u2019enseignant-prédi-cateur qui sait tout! En agissant de la sorte, je sous-estimerais la valeur personnelle de chacun de mes élèves; j\u2019aurais l\u2019air de leur dire: \u201cVous ne pouvez vraiment pas en savoir autant que moi là-dessus\u201d.Au lieu de jouer ce rôle prétentieux, je m\u2019efforce, avec eux, d\u2019être ce que je suis, quelqu\u2019un qui cherche sincèrement.Assurément, c\u2019est plus exigeant; on se sent d\u2019autant plus vulnérable qu\u2019on s\u2019écarte davantage de l\u2019image du professeur-idéal-qui -a-la-réponse-à-tou-tes-les-questions.Qu\u2019est-ce que je peux faire, si je n\u2019ai pas de réponses à vendre?7 Une chose que je fais, c\u2019est d'apprendre avec mes étudiants.Et j\u2019espère que mon exemple pourra les amener à mieux apprécier les valeurs de la disponibilité et de l\u2019humilité.Je fais encore autre chose: je leur montre concrètement qu\u2019il est possible d\u2019être convaincu de certains principes fondamentaux sans pour autant prétendre tout savoir.Et j\u2019ai bon espoir que cet exemple les aidera à saisir un peu la différence qui existe entre le savoir intellectuel et la foi.En fin de compte, c\u2019est en essayant d\u2019être avec eux aussi aimante, morale et honnête que je le puis que j\u2019essaie de leur enseigner quelque chose sur l\u2019amour, la moralité et l\u2019honnêteté.J\u2019ignore combien de PMR conçoivent leur travail de cette manière.Je ne sais même pas si nous devrions tous enseigner de cette façon.Mais je sais que, dans la vie, chacun doit s\u2019efforcer de mettre en oeuvre les dons qu'il a reçus, car c\u2019est seulement en nous éveillant nous-mêmes à la vie et en aimant nous-mêmes les autres que nous pouvons inspirer à nos enfants le désir de mettre en oeuvre leur propre talent et de devenir ce que nous désirons pour eux: des personnes qui aiment vraiment.a> o 0) .C \u2014 a> c V) o (A 3 }#>< U.Vüt,tç r%M >**^ «*\t«*\u2022 sgs* L*T*2Ï >W»» «$$* *Jf**®£ w»«ft«tt*« Av «ù«« 'i «* 'Ws'S r««< V»«M «« W » *«>\u2022¦* *\u201c* \u201e*™^»>>v- »\u2022*»\u2019* 'JT «M«c !»« » su^m»»»» » W»
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