Relations, 1 septembre 1985, Septembre
[" 2,50$ no 513 septembre 1985 JS*» «2HK»f * Pour accompagner la rentrée scolaire, nous traitons de l\u2019innovation.Ce n\u2019est pas par hasard.Innover à l\u2019école n\u2019est ni un luxe ni un rêve.L\u2019effort de création, l\u2019expérimentation, la recherche de nouvelles pratiques sont un peu le jogging matinal d\u2019un système d\u2019enseignement: un «coup de jeune», un antidote à la déprime et à la sclérose.Mais rien ne convainc mieux des bienfaits de l\u2019innovation que l\u2019effort de se renouveler.Et c\u2019est ce qui nous arrive à RELATIONS.Le printemps dernier, nous avons fait appel à quelques-uns de nos abonnés.Leurs réponses nombreuses et empressées nous ont permis d\u2019évaluer le contenu de la revue, les thèmes abordés, l\u2019intérêt des chroniques, la présentation générale.Nous tenons ici à les remercier d\u2019avoir pris le temps de nous aider.Vous aurez remarqué la page couverture.À l\u2019intérieur, le code graphique a été unifié et simplifié; la mise en page, plus dégagée, reste sobre mais les différentes sections de la revue sont mieux identifiées.Dans notre sondage, deux rubriques ont reçu une cote d\u2019appréciation très élevée: «Face à l\u2019actualité» avec ses textes plus brefs de ton éditorial et le service de recensions, «Lectures», qui prendra encore plus d\u2019ampleur avec la prochaine livraison.Les «Dépêches» mettent en évidence une information qui nous échappe au jour le jour, elles remplacent la page «Pêle-mêle».Quant aux questions culturelles, elles seront traitées régulièrement sous forme d\u2019articles.Nos abonnés recevront désormais leur exemplaire sous une enveloppe de plastique: une revue qu\u2019on aime conserver doit arriver en bon état! On n\u2019innove pas une fois pour toutes.Ces quelques transformations sont un premier pas.Nous attendons vos réactions et vos suggestions face au contenu et à la forme de ce numéro de la rentrée.Albert Beaudry relations revue du mois publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité d\u2019un groupe de membres de la Compagnie de Jésus.DIRECTEUR Albert Beaudry SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION Fernand Jutras COMITÉ DE RÉDACTION Ginette Boyer, Jacques Chênevert, Julien Harvey, Karl Lévêque, Roger Marcotte, Guy Paiement, Francine Tardif, Gisèle Turcot COLLABORATEURS Renaud Bernardin, Raymond Bertin, Michel-M.Campbell, François Gloutnay, Richard Dubois, Yves Lever, Annine Parent-Fortin, Jean Picher, Jacques Racine, Jean-Pierre Richard, Maryse Robert, Jean-Paul Rouleau.BUREAUX 81 00, bout.St-Laurent Montréal H2P 2L9 tél.: (514) 387-2541 ABONNEMENTS Hélène Desmarais Prix de l\u2019abonnement: 1 6,00$ par an (10 numéros) CONCEPTION GRAPHIQUE Anne Cherix Les articles de Relations sont répertoriés dans Point de repère, dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019éducation.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 On peut se procurer le microfilm des années complètes de Relations en s'adressant à University Microfilm, Ann Arbor Michian 48106 USA.Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0143.210 relations septembre 1985 face à J\u2019actualite- Référendum en Haïti ?Terreur et terrorisme ?«Normalisation» en Pologne?Apartheid et état d\u2019urgence ?Le Canada et les réfugiés CHEZ LE ROI UBU dictature éternelle comme le Paraguay, le régime politique d\u2019Haïti s\u2019identifie avec le soleil pétrifié qui fait la marque de ce pays sur les feuillets de la publicité touristique.Le fascisme y serait naturel, une sorte de folklore.Devant le mot Haïti, l\u2019imagination du Québécois moyen écarte toujours le premier réflexe, type carte postale, pour faire émerger trois sinistres mots: misère, vaudou, tonton-macoute.Mais parce que cette réalité politique dure depuis plus d\u2019un quart de siècle, 27 ans, elle est ressentie comme une fatalité, un destin aussi implacable que la chaleur torride des Tropiques.D\u2019ailleurs, les cyclones mis à part, la République d\u2019Haïti semble un pays sans «actualités»: arrestations, élections, famines, plébiscites, procès, re-élections, tout cela ressemble de loin à un mouvement brownien d\u2019événements sans importance véritable.Tout ce qui a trait à la vie politique tout au moins semble n\u2019avoir aucune réalité.Ce parlement, ce cabinet ministériel, ce président «à-vie», tous personnages d\u2019opérette, totalement faux, irréels.En marge du pays réel, tristement vrai, en marge de ces cinq millions d'êtres qui survivent, boat-people en puissance, il existe un faux-semblant d\u2019État, ubuesque, absurde jusqu\u2019à la démesure, où des acteurs sans âge (François, Jean-Claude ou Nicolas, quelle différence?) jouent la comédie qui ne trompe personne mais rassure quand même les pays tuteurs qui subventionnent à coups de millions la pax americana.Seul dans ce pays est réel, devient de plus en plus réel et menaçant, le peuple dont la conscience politique s\u2019affirme avec une inquiétante rapidité qui fait peur à tout le monde: aux marionnettes du pouvoir, à la poignée de millionnaires qui gaspillent avec frénésie dans ce paradis fiscal où pour eux le mot taxe est.communiste.Le grand frère du Nord aussi a peur \u2014 il songe au Shah d\u2019Iran et à So- moza: jusqu\u2019où appuyer?\u2014 et depuis longtemps déjà il fait quelques pressions pour qu\u2019on abandonne la litanie de ces termes anachroniques: «pérenne», «pérennité», «à vie».Le Département d\u2019État américain voudrait de véritables élections présidentielles.Il «voudrait».Le régime a négocié un mixte.Oui, il y aura des élections, mais législatives.et en 1987.Oui, les partis politiques pourront exister, moyennant présentation d\u2019une liste de quinze mille membres recrutés avant même d\u2019avoir le droit de faire campagne dans les médias.Oui, il y aura alternance, mais seulement au niveau du premier ministre, qui n\u2019aura pas plus de pouvoir qu\u2019un secrétaire exécutif.Par contre, la présidence à-vie ne pourra être contestée par aucun parti politique.Et l\u2019actuel président à-vie aura même le pouvoir de se nommer un successeur qui sera lui-même à-vie! De telles propositions, approuvées à l\u2019unanimité, défient toute logique politique.et même le temps: c\u2019est de la provocation! Toujours pour singer la démocratie, le régime fait du zèle: pourquoi pas un référendum?Qui dit mieux que cette consultation populaire, directe, incontestable?«Why the charade?», demande un éditorialiste du New York Times (22 juillet 1985).L\u2019aide internationale l\u2019exige, particulièrement le Congrès américain qui doit approuver la petite subvention annuelle de 50 millions de dollars.Donc, en un tourne-main \u2014 en trois semaines \u2014, un référendum est organisé qui propose à une population largement analphabète de décrypter une question fort compliquée, vicieuse, et d\u2019inscrire un oui ou un non.sans aucune signification.Car le seul élément important pour tout le monde dans cette conjoncture \u2014 la présidence à-vie \u2014 est accordé en prime pour le oui et pour le non.Dans un cas, le oui, le président à-vie est accompagné d\u2019un premier ministre de po- 21 1 relations septembre 1 985 che, et dans l\u2019autre cas, le non, c\u2019est le statu quo.le président à-vie sans premier ministre! La farce est maintenant consommée, sans conséquence aucune.Le procès-verbal est catégorique: plus de deux millions de personnes ont voté oui, 440 ont voté non! Le oui triomphe à 99,98%!!! On le savait d\u2019avance: il ne s\u2019est rien passé le lundi 22 juillet.Tout .commence après.Et cela aussi était à prévoir.Fort de ce rituel (vide) de consultation populaire, assuré de l\u2019appui formel, explicite du Département d\u2019État qui a félicité Duvalier pour cette mascarade constitutionnelle, le régime va maintenant poser les vrais gestes qui comptent pour sa survie, ceux de la répression.Et les premiers à y goûter seront ceux qui, accompagnant le peuple, appuyaient sa démarche de conscientisation, de revendication.Un prêtre est tué.Trois autres sont expulsés, dont le directeur de Radio Soleil, la radio catholique, le seul média qui parle vraiment depuis novembre 1980, depuis le démantèlement de Radio Haïti-Inter et l\u2019expulsion de plusieurs journalistes.Le gouvernement, au départ, avait dressé une longue liste de prêtres à expulser (une dizaine).Mais après réflexion \u2014 et consultation \u2014, il a préféré frapper d\u2019abord LA CEINTURE Créon.\u2014 «Bravo! tu me devines et prudemment tu dresses une barrière autour des faits.Tu as évidemment à me conter une histoire fâcheuse.» (Sophocle) On peut dire que le terrorisme existe lorsqu\u2019il ne s\u2019agit plus de convaincre l\u2019autre par les mots ou de le vaincre par les armes mais de le faire trembler par tous les moyens.L\u2019étymologie du mot est claire: du latin terrere, faire trembler.Cela implique qu\u2019on est deux.Le fort et le faible recourent à la terreur.Le faible pour renverser à son avantage un rapport inégal.Mais le fort aussi.Exemple: Menahem Begin, ancien chef terroriste, sûr de sa force et intoxiqué par le général Sharon, lance ses troupes contre le Liban.Barrière dressée autour du fait belliqueux: l\u2019opération s\u2019appelle «paix pour la Galilée».Après quelques mois, les Libanais ont rendu l\u2019occupation israélienne intenable, notamment par des actions terroristes.Vaincus, les Israéliens s\u2019en vont et emmènent avec eux des centaines d\u2019otages libanais, geste inacceptable selon les lois de la guerre et terroriste selon les Libanais.Pour faire libérer leurs compatriotes et co-religionnaires, des chiites prennent en otages les passagers américains d\u2019un avion de la TWA dans le but de convaincre l\u2019Américain \u2014 en le faisant trembler \u2014 de convaincre l\u2019Israélien \u2014 que l\u2019Américain fera trembler secrètement par la voix de ses diplomates \u2014 de libérer les détenus de la prison d\u2019Atlit.Les grands États s\u2019appuient sur des «appareils»: ils peuvent concevoir et mettre en oeuvre les politiques les plus complexes; la volonté individuelle du terroriste est le grain de sable qui enraye le mécanisme qui l\u2019écrase.Explosifs, trois étrangers, des Pères de Scheut, d\u2019origine belge, probablement pour casser le front de solidarité de l\u2019Église.La protestation des évêques a quand même été très ferme: ils ont demandé une journée nationale de jeûne et de pénitence (le 2 août) et ils ont refusé de chanter la messe avec Te Deum pour l\u2019anniversaire des tonton-macoutes le 29 juillet.Le surlendemain du départ des trois prêtres belges, 255 religieux et religieuses ont fait la procession dans les rues de Port-au-Prince, chantant et priant face aux mitraillettes de la police qui n\u2019ont pas osé cracher la mort.Cet affrontement Église-État est là pour demeurer, sinon pour s\u2019aggraver.Mais plus important encore est le fait pour ce gouvernement d\u2019avoir perdu toute légitimation aux yeux de l\u2019opinion publique, tant nationale qu\u2019internationale.Il est donc condamné à régner par la force.L\u2019idéologie duvaliériste n\u2019a plus aucune efficace.Désormais les seuls atouts du régime demeurent les Uzi (mitraillettes israéliennes) des Macoutes et des Léopards, et la farine du PL 480 (le food for work) que les Américains vont déverser sur Haïti, cette année, pour 45 millions.¦ Karl Lévêque D\u2019ANTIGONE miniaturisation, matériels de transport et de communication, tout ce qu\u2019inventent les sociétés modernes est immédiatement récupéré par le terroriste.Mais celui-ci est récupéré à son tour par les grands appareils qui, conrwrie un mécanisme, le télécommandent.Dans cet ordre, il y a même une hiérarchie des États.Les Américains se servent des Israéliens ici et là dans le monde mais ont échoué avec les Français au Tchad.Les Soviétiques se servent des Cubains en Afrique, des Allemands de l\u2019est en Libye et des Bulgares à Rome.Le cas d\u2019Ali Agça est exemplaire.Membre d\u2019une association turque d\u2019extrême-droite, les Loups gris, manipulée par les services bulgares, il commet à Rome un attentat qui, s\u2019il avait réussi, aurait profité à qui?Parce qu\u2019il a échoué, le crime de la place Saint-Pierre se retourne contre les manipulateurs mais pas au point de percer leurs masques.C\u2019est la loi du cloisonnement.Le terroriste est un homme qui reçoit ses ordre d\u2019un homme qui lui téléphone de la pièce d\u2019à côté, qui à son tour.Ceux qui se rencontrent dans le couloir portent des masques, pas nécessairement le leur.L\u2019été a mis à la une des journaux une série d\u2019actions terroristes que l\u2019on aurait tort de verser toutes dans le même panier.Si Basques et Irlandais semblent mener le même combat nationaliste, peut-on, comme veulent le faire les hommes de Ronald Reagan, réunir sous un même parapluie rebelles de l'Angola et contras du Nicaragua?Faut-il coupler le Corse et le Canaque parce qu\u2019ils recourent tous deux à la violence terroriste contre la France?Les guérilleros salvadoriens et les Services américains?Le Sikh, membre d\u2019une minorité dominante, qui assassine Indira Gandhi est-il le frère du chiite libanais, membre d\u2019une minorité dominée, qui se ceinture d\u2019explosifs parce qu\u2019il est 212 relations septembre 1 985 lui aussi poussé par la religion?L\u2019irruption de Palestiniens masqués dans le cercle exclusif des verts gazons de Munich, en 1 972, est-elle la même chose que l\u2019infiltration des ombres porteuses de haches et de couteaux, cette nuit-là, à Sabra et à Chatila?La terreur est un moyen qui n\u2019unit personne, même pas ceux qu\u2019elle fait trembler.Et même parler de la terreur avec une majuscule est encore une forme de terrorisme, parce que cela revient à dresser une barrière autour des faits.Les visions exclusivement matérialistes de la vie ont sécularisé et banalisé la violence: le cocktail Molotov demeure le meilleur symbole de l\u2019irruption violente à la portée de l\u2019individu, pour rompre la barrière autour des faits et parler au nom des autres, en invoquant le Peuple, le Prolétariat ou l\u2019Histoire.Cependant nous assistons à une mobilisation sans précédent de l\u2019individu au Proche-Orient.L\u2019attentat-suicide \u2014 si contraire à nos valeurs \u2014 serait-il une réponse d\u2019ordre spirituel à la pénétration occidentale et à son matérialisme triomphant?Faut-il ne voir dans la farouche détermination de ces fondamentalistes que la récupération diabolique d\u2019un sentiment et d\u2019une foi archaïques par des marxistes, ou plus simplement par des esprits séculiers qui ont bien lu Machiavel?Il n\u2019existe pas de loi sociologique du recrutement des candidats au terrorisme.Toutefois, une constante relie les anarchistes du siècle dernier aux torches vivantes du Vietnam et aux porte-bombes du Liban: celle d\u2019une forte volonté individuelle au service d\u2019une cause.C\u2019est Antigo- ne se dressant contre l\u2019insupportable, sauf qu\u2019elle n\u2019est plus seule avec les dieux et que leur volonté est désormais interprétée par l\u2019Organisation.Celle-ci érige les barrières qui protègent le terroriste lâché dans la foule (Ali Agça sur la place Saint-Pierre) et qui l\u2019isolent, le coupent des faits, le rendent à sa confusion d\u2019individu hors-série (Ali Agça devant ses juges).Mais si le cas du Turc est pour ainsi dire classique, la nouveauté des bombes vivantes du Liban étonne douloureusement.Sans doute la communauté chiite du Liban, parce qu\u2019elle vient au dernier rang dans la hiérarchie du Pacte national de 1943 et qu\u2019elle reflète les hantises des ayatollahs de Téhéran devant le monde moderne, est-elle plus susceptible de produire ces individus qui s\u2019assoient sans trembler au volant d\u2019une voiture bourrée d\u2019explosifs.Mais cela ne répond pas à la question: pourquoi Antigone?Pourquoi Antigone, et pas sa soeur?Antigone n\u2019attend plus d\u2019être emmenée au Palais par les gardes pour engager avec Créon un dialogue dont le dernier mot appartient au Coryphée: «les orgueilleux voient leurs grands mots payés par les grands coups du sort, et ce n\u2019est qu\u2019avec les années qu\u2019ils apprennent à être sages».La sagesse et le dialogue ne sont plus, pour Antigone.Elle lit ses instructions, met calmement sa ceinture d\u2019explosifs et entre au Palais, au nom de la majorité, pour la catastrophe.qui veut dire issue.¦ Jean-Pierre Richard PLUIE ET PROCÈS À VARSOVIE Cette année, l\u2019été a été particulièrement froid et pluvieux en Pologne; ce n\u2019est cependant pas la rigueur du climat qui explique la morosité qui règne dans le pays mais plutôt la série d\u2019attaques subies cet été par ceux et celles qu\u2019animent toujours les idéaux de Solidarité.En juin, trois hauts responsables du mouvement, dont Adam Michnik, historien et membre du Comité d\u2019autodéfense sociale (KOR), ont été reconnus coupables de «diriger les structures clandestines de Solidarité» après un procès qui, pour plusieurs, annonce un «retour au stalinisme».La hargne des procureurs, les embûches rencontrées par la défense, le huis-clos déguisé et surtout la sévérité des peines prononcées ont fait dire à Jacek Kuron, le fondateur du KOR, que «le pouvoir est fermement décidé à lutter contre la société».Cette lutte n\u2019a pas épargné l\u2019Église catholique.En juin toujours, le père Marek Labuda a été condamné à un an ferme de prison pour avoir soutenu une grève de lycéens qui s\u2019opposaient au retrait des crucifix des salles de cours.Parallèlement, la chasse aux éditeurs et aux distributeurs de littérature clandestine, oxygène et signe de ralliement de l\u2019opposition, s\u2019est intensifiée.Avec des succès non négligeables.Juillet ne fut guère plus clément.Alors que les pays occidentaux acceptaient un rééchelonnement de la dette polonaise, accordant ainsi un certain répit au gouvernement du général Jaruzelski, celui-ci fit adopter une série d\u2019amendements qui réduisent encore les acquis de Solidarité.Deux de ces amendements sont particulièrement importants.Le premier brise tout espoir de pluralisme syndical et proroge, pour une durée indéterminée, la règle du syndicat unique dans chaque entreprise.Les ouvriers polonais boycottent encore, dans une large mesure, les syndicats officiels, mais ceux-ci, avec le nouvel amendement, seront dorénavant considérés comme les représentants de tous les ouvriers, syndiqués ou non.Le second amendement s\u2019attaque à l\u2019autonomie des établissements supérieurs d\u2019éducation.Le ministre responsable peut maintenant rejeter toute candidature au rectorat qui lui semblerait «inopportune»; les professeurs devront pour leur part jurer de «contribuer activement à la formation des étudiants en tant que citoyens d\u2019un état socialiste» et les étudiants pourront être chassés des universités s\u2019ils sont jugés «coupables d\u2019actes particulièrement nuisibles sur le plan social».Ces coups répétés ont affaibli l\u2019opposition.L\u2019appel à la grève générale d\u2019une heure, lancé en juillet dernier pour protester contre une hausse de 15% du prix des viandes, relations septembre 1 985 213 n\u2019a été que faiblement suivi.Les autorités ont donc de bonnes raisons de croire au succès de leur entreprise de «normalisation» de la société polonaise.Mais peut-être est-ce là le calme qui précède la tempête.Des perturbations sont en effet à prévoir l\u2019automne prochain quand se tiendront les électipns pour le renouvellement du Parlement polonais.Ces bourrasques n\u2019épargneront pas l\u2019opposition, tiraillée entre le boycottage général des élections et l\u2019ouverture de négociations en vue de l\u2019inscription de candidats indépendants.Mais quelle que soit la stratégie adoptée, ces élections permettront d\u2019évaluer l\u2019ampleur du mécontentement populaire.Après tous les orages subis cet été, Solidarité, qui a déjà regroupé près du tiers de la population polonaise, pourrait peut-être projeter un nouvel arc-en-ciel au-dessus du ciel trop gris de la Pologne du général Jaruzelski.¦ Francine Tardif AFRIQUE DU SUD: LE CYCLE INFERNAL début août en Afrique du Sud.Déjà plus de 1 200 citoyens ont été arrêtés depuis la proclamation de l\u2019état d\u2019urgence.Des centaines d\u2019autres ont dû prendre le maquis.Les funérailles des personnes tuées lors de manifestations deviennent à leur tour manifestations et on compte ainsi plus de 500 morts en dix mois.Le gouvernement de M.Botha semble déterminé à casser la résistance.Mais il se pourrait que la violence ne fasse que commencer.Depuis un an, des secteurs divers de la population noire l!Annuaire des fermes de Montréal 4 «u % UN OUTIL UNIQUE PLUS DE 2200 RÉFÉRENCES L\u2019Annuaire vous donne rapidement les coordonnées d\u2019organismes tels: les centres des femmes, les groupes thématiques (sur le vol, la pornographie, les femmes seules, le sport, la culture), les services de santé et de bien-être, les services et groupes oeuvrant sur le travail, les ressources juridiques, les cliniques, les garderies, les centres de dépannage.Vous pouvez vous le procurer dans les librairies et kiosques spécialisés ou au 3585, rue St-Urbain, Montréal, Québec H2X 2N6.Tél.(514) 844-1761.LES ÉDITIONS COMMUNIQU\u2019ELLES se sont mis en mouvement.Grèves, manifestations, boycottages n\u2019ont cessé de s\u2019amplifier.Fait nouveau: le mouvement a touché presque toutes les régions (un peu comme le Canada, l\u2019Afrique du Sud est régionalement très différenciée) et tous les secteurs sociaux: les jeunes, les femmes, les Églises, les syndicats et même, de plus en plus, une minorité blanche anti-apartheid.Grâce aux interventions du pasteur Allan Boesak, de l\u2019Église néerlandaise réformée, la plus importante numériquement, 80% des gens ont boycotté les élections pour des parlements métis et indiens, qui avaient pour but d\u2019isoler la majorité noire (73% de la population).Une grande coalition populaire est née de cette action: le Front démocratique uni.En novembre dernier, deux millions de travailleurs et d\u2019étudiants ont fait la grève générale dans le Transvaal.En janvier, c\u2019était le ghetto noir de CroosRoads, près de Cape Town, qui s\u2019embrasait: plus de 20 morts.En mars, l\u2019importante région industrielle de Port Elizabeth était paralysée par une grève générale et une manifestation à Langa se soldait par 43 morts.Le Conseil des Églises de l\u2019Afrique du Sud lors de son congrès annuel en juin déclarait, par la voix de son secrétaire général, Beyers Naude, que «les chrétiens ont non seulement le droit mais le devoir de lutter contre l\u2019apartheid».Dans plusieurs ghettos noirs, tel Soweto, les structures administratives sont paralysées et le régime ne peut «gouverner» qu\u2019en déployant d\u2019importants contingents militaires.Cette résistance populaire a longtemps conservé un caractère pacifique: manifestations, grèves, etc.Mais la réaction du gouvernement a été d\u2019une violence incroyable.La grande majorité des 500 victimes sont des jeunes de moins de 1 8 ans; 22 dirigeants du Front démocratique uni ont été accusés de trahison et sont passibles de la peine de mort.On comprend que dans les ghettos la colère monte et que plusieurs milliers de jeunes veuillent passer à des formes de lutte moins pacifiques.L\u2019African National Congress (ANC), le principal mouvement d\u2019opposition clandestine, prépare actuellement des actions de sabotage et des attaques contre les policiers et les militaires.De plus en plus de gens en Afrique du Sud estiment que de telles actions, bien que déplorables, sont devenues nécessaires.Cela fait longtemps que des personnalités religieuses, comme Mgr Tutu, répètent que le temps presse et que le démantèlement de l\u2019apartheid doit commencer MAINTE- 214 relations septembre 1 985 NANT si on veut éviter le bain de sang.Mais le gouvernement raciste de M.Botha demeure inflexible et on voit mal qu\u2019il accepte de négocier sérieusement alors qu\u2019il refuse les concessions les plus élémentaires, comme la libération de Nelson Mandela, dirigeant de l\u2019ANC, incarcéré depuis 23 ans.D\u2019autre part, le pays fait maintenant face à une crise économique sévère, ce qui limite la marge de manoeuvre du gouvernement car les négociations avec les Noirs ne peuvent qu\u2019entraîner des réformes structurelles coûteuses, comme le développement de services sociaux et éducatifs adéquats pour la majorité.La réorganisation en profondeur qu\u2019impliquerait une transition pacifique vers une Afrique du Sud démocratique paraît bien problématique dans ce contexte.Les pays occidentaux, dont les intérêts sont énormes en Afrique du Sud (on évalue leurs investissements à 45 milliards), ont une influence certaine sur l\u2019évolution de la situation.Dans les faits, ils ont jusqu\u2019à maintenant appuyé Pretoria en continuant de vendre au régime des armes et de la technologie.Mais la situation évolue.En juillet, la France interdisait de nouveaux investissements.Aux L\u2019ACCUEIL nous sommes parfois portés à penser que certaines structures humaines sont des acquis définitifs.Les frontières entre les états-nations par exemple.Surtout après le traité de Vienne, en 1815, qui réorganisa l\u2019Europe subséquemment à la chute de Napoléon, on put penser que la clarté était faite une fois pour toutes: la terre appartient à tout le monde (la terre en friche bien sûr, car la terre transformée par la culture et la technique appartient à ceux qui l\u2019ont développée).Les frontières sont inviolables.La nationalité est un droit permanent.L\u2019émigration est un droit, mais l\u2019immigration est un privilège, à négocier cas par cas.Pourtant, un siècle et demi plus tard, l\u2019âge des grandes migrations a recommencé: le renouveau de vitalité des nationalismes enfermés de force dans les frontières des états, la destruction des sociétés par les invasions, la désarticulation des économies nationales ou régionales par les jeux fantaisistes du marché international, l\u2019explosion de la population, tout cela a fait que le phénomène relativement policé de l\u2019immigration s\u2019est doublé du phénomène beaucoup plus désordonné que constituent les réfugiés.Les nouvelles internationales nous ont habitués depuis plusieurs années au spectacle des convois, des camps et des organismes de secours.Nous nous sommes peut-être posé le problème social et économique que présente, plus encore dans un pays pauvre, l\u2019arrivée en catastrophe de masses humaines aux prises avec la plus grande misère et représentant souvent 10% et plus de la population du pays d\u2019accueil.Nous avons également ressenti, sans au- 1.«Une personne qui, craignant avec raison d\u2019être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques, a quitté le pays où elle réside habituellement et ne désire pas y retourner ou en est incapable.» États-Unis, où le gouvernement fédéral appuie fortement le régime Botha, plus de 22 États et une quarantaine de grandes villes, dont New York et Boston, ont dénoncé et même frappé de sanctions les relations commerciales et bancaires avec l\u2019Afrique du Sud.Au Canada, le secrétaire d\u2019État aux affaires extérieures annonçait en juin des restrictions contre l\u2019Afrique du Sud; des groupes de pression comme le Task Force on the Churches and Corporate Responsibility jugent cependant ces mesures trop timides car elles ne touchent pas l\u2019essentiel: les 480 millions investis par des compagnies canadiennes.Le ministre Clark se dit prêt à aller plus loin, en concertation avec d\u2019autres pays occidentaux.Depuis mai, une quarantaine de groupes ont constitué à Montréal le «comité pour l\u2019Afrique du Sud libre».Cette coalition veut accentuer les pressions sur le gouvernement canadien, tout en harcelant la présence sud-africaine au pays: une vigile hebdomadaire manifeste devant le consulat sud-africain, Place Ville-Marie, tous les jeudis après-midi.¦ Pierre Beaudet CIDMAA REFUGIES cun doute, un sentiment d\u2019hostilité à l\u2019égard des pays qui ferment leurs frontières et refoulent les réfugiés, comme le faisaient les cités médiévales qui payaient des «archers chasse-gueux».Nous avons adhéré, en 1969, à la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés (1951) et au Protocole du même organisme (1967).Nous avons introduit dans notre législation, en 1 976, la définition classique du réfugié1.Nous avons établi une nette distinction entre les réfugiés qui demandent refuge à partir de l\u2019étranger, généralement à partir de leur pays d\u2019origine qu\u2019ils désirent quitter, et les réfugiés qui forcent la frontière en réclamant l\u2019asile à partir de nos aéroports.L\u2019accueil des réfugiés a toujours été d\u2019abord un souci fédéral, en dépendance du ministère de l\u2019Emploi et de l\u2019Immigration.Dans le passé, tout cela a fonctionné assez bien, avec quelques accidents de parcours.Nous avions envisagé l\u2019accueil d\u2019environ 20 000 réfugiés sélectionnés par nous chaque année; mais les réfugiés non sélectionnés, demandant l\u2019asile à la frontière, étaient 2 434 en 1980-81, pour passer à 6 792 en 1 983-84.Ce sont surtout ces derniers qui ont fait craquer le système.L\u2019an dernier, après quelques rapports intermédiaires (en particulier celui de E.Ratushny en 1983), le ministère fédéral de l\u2019Immigration confiait à un bon spécialiste de la question, le rabbin W.Gunther Plaut, de faire enquête sur un problème majeur: il y a actuellement au Canada 1 2 500 personnes qui ont réclamé à la frontière le statut de réfugié et qui attendent la décision depuis deux à cinq ans.Comment créer un organisme plus efficace, plus humain et en même temps plus capable d\u2019écarter les fraudeurs?Le rapport vient de nous arriver, après un an de travail.Deux cents pages, 89 recommandations.Un rapport rédigé avec beaucoup de largeur de vue et de générosité.Un excellent travail, même s\u2019il risque d\u2019être mis au rancart par relations septembre 1 985 215 des techniciens trop peureux et trop méfiants.Les lignes essentielles sont les suivantes2: 1°- La question des réfugiés ne devient claire que si on la sépare entièrement de celle de l\u2019immigration.Le réfugié pose un problème humain fondamental: le droit à la subsistance au nom même de l\u2019humanité qu\u2019il partage avec ceux à qui il demande asile.Par conséquent, l\u2019organisme chargé d\u2019évaluer les demandes doit être aussi dépolitisé que possible.Un pays comme la Belgique confie le discernement des cas authentiques à des membres du personnel du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.Nous avons tout intérêt à imiter ce modèle.2°- Si on ne veut pas aller aussi loin du premier coup, la meilleure solution est de créer un Office des réfugiés, dont le personnel serait spécialement formé, aurait une forte stabilité pour assurer sa compétence et son indépendance, serait complété par des représentants du public et du Haut-commissariat des Nations Unies.Cet Office serait représenté régionalement à tous les points d\u2019entrée plus achalandés.Trois modèles de fonctionnement sont présentés, qu\u2019il serait trop long de discuter ici.À mon avis, le plus pratique est celui-ci: au point d\u2019entrée, la personne qui réclame le statut de réfugié est immédiatement orientée vers un agent spécialement formé.Il recueille les informations et les transmet à l\u2019Office; il met la personne concernée en contact avec un conseil juridique et avec des organismes d\u2019aide.L\u2019Office interroge la personne par l\u2019intermédiaire de trois de ses membres.Il reconnaît ou non le bien-fondé et le caractère recevable de la demande.Dans les cas de refus ou de contestation de la décision par le Ministre, la personne refusée a le droit d\u2019appel à la Cour d\u2019appel fédérale.3°- Le processus, y compris les procédures d\u2019appel, devrait être accéléré de façon à ne pas dépasser six mois.Cette accélération, selon le rapport, a plusieurs avantages essentiels: elle réduit au minimum la période d\u2019anxiété des requérants; elle écarte les fraudeurs intéressés par une longue période d\u2019attente leur permettant de prendre pied au pays et d\u2019attirer l\u2019attention de l\u2019opinion publique; elle économise l\u2019aide sociale.4°- Il ne faut plus faire aussi rigoureusement que par le passé la distinction entre réfugié politique et réfugié économique.En conséquence, il faut considérer bon nombre de requêtes comme non fondées sur le plan politique mais requérant de l\u2019aide à cause d\u2019une situation de détresse.Dans ces cas, la personne refusée devra être reconsidérée pour cette deuxième forme d\u2019asile.5°- Le rapport ajoute plusieurs recommandations, dérivées des précédentes mais de grande importance: possibilité d\u2019obtenir un permis de travail, de recevoir de l\u2019aide sociale et médicale avant la fin du processus d\u2019acceptation, changement de la définition du réfugié de façon à faire face aux problèmes nouveaux (terrorisme, génocide, chantage et harcèlement.), reconnaissance comme réfugiés des parents proches du requérant, réduction du caractère judiciaire de l\u2019enquête.Pour des raisons évidentes, le Québec s\u2019est donné un ministère de l\u2019Immigration en 1 968.Jusqu\u2019à présent, il est la seule Province canadienne à l\u2019avoir fait.Plus tard, en 1 978, l\u2019entente Cullen-Couture a départagé les responsabilités entre les deux niveaux, fédéral et provincial, de gouvernement.Cette entente a laissé au palier fédéral la totalité de la responsabilité directe de l\u2019accueil des réfugiés, surtout de ceux qui réclament l\u2019asile à la frontière.Le fait que le Québec ne se soit pas mêlé, à cette époque, de l\u2019accueil de ces réfugiés est sans doute imputable au petit nombre de réfugiés faisant leur demande à partir du Qué- bec.Mais nous sommes passés de 260 cas en 1979 à 2 580 en 1 984.La projection pour 1 985 est de 4 500 cas.En d\u2019autres termes, environ la moitié des demandes d\u2019asile au Canada sont maintenant faites au Québec.Cela doit nous honorer et nous préoccuper en même temps.Le rapport Plaut lui-même reconnaît à la fois que les bureaux de Toronto détiennent beaucoup plus de requérants que ceux de Montréal et que les services d\u2019aide sociale, pour les réfugiés, sont beaucoup plus élaborés au Québec.Par ailleurs, le même rapport n\u2019a pas un mot sur la responsabilité du ministère québécois de l\u2019Immigration à l\u2019égard des réfugiés.Quand il s\u2019agit de la sélection des cas authentiques, il est heureux qu\u2019il en soit ainsi car il faut souhaiter que cette question soit le plus possible dépolitisée et confiée aux Nations Unies.Mais ceci dit, il sera indispensable que le Québec conserve sa responsabilité à d\u2019autres niveaux: choix du mécanisme de sélection, vigilance sur la qualité du personnel et de son activité, partage du financement de l\u2019aide sociale aux requérants, règles de parrainage.Il est visible que les fonctionnaires d\u2019Ottawa ont tout fait jusqu\u2019ici pour reprendre le terrain perdu pour eux dans les accords Cullen-Couture.Il ne faudrait pas que l\u2019amélioration du processus d\u2019accueil des réfugiés devienne une occasion de plus de centraliser à outrance.Dans son homélie à St-Boniface au Manitoba, le 16 septembre dernier, le pape Jean-Paul II nous a à la fois félicités et exhortés sur cette question importante: «Au nom de l\u2019amour, je demande instammènt que la disponibilité manifestée à tant d\u2019immigrants et de réfugiés des minorités ethniques et l\u2019accueil généreux qui leur a été réservé continuent à caractériser le Canada et à être sa richesse, à l\u2019avenir comme dans le passé».Le rabbin Plaut partage cette attitude.Après avoir affirmé, sans doute un peu gratuitement, que le public en général est sympathique à la venue des réfugiés, il termine son rapport en parlant des «valeurs nobles que nous défendons» et en citant l\u2019ambassadeur canadien Alan Beesley aux Nations Unies: «Per-mettez-moi d\u2019annoncer sans réserve que le Canada maintiendra la qualité élevée de protection qu\u2019il a atteinte dans le passé».Nous sommes à un moment de ressac à bien des points de vue: fermeture de beaucoup de frontières, refoulement des immigrants clandestins, réduction des quotas et des budgets d\u2019accueil, retour du racisme.Tout cela suggère que les améliorations importantes que recommande le rapport Plaut doivent être prises au sérieux.Mais la situation suggère aussi de continuer l\u2019effort de conscientisation du public aux droits humains des réfugiés, et de façon plus spécifique pour les femmes, les enfants, les malades.Elle suggère aussi d\u2019intensifier notre participation aux organismes non gouvernementaux d\u2019accueil.Le ministère québécois de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles s\u2019est fait depuis ses débuts une réputation d\u2019humanité: l\u2019application responsable du rapport Plaut lui permet de la soutenir.¦ Julien Harvey 2.Le rapport porte le titre suivant: «Reconnaissance au Canada du statut de réfugié», Rapport présenté au ministre de l\u2019Emploi et de l\u2019Immigration, par W.Gunther Plaut, Ottawa, 17 avril 1 985.Il est présenté en une seule édition bilingue.On peut se le procurer en s\u2019adressant au ministère de l\u2019Immigration à Ottawa.216 relations septembre 1 985 \u2022 iingy.| T |gp:8 ¦ innover à l\u2019école Pour démocratiser l\u2019enseignement et pour scolariser la vague démographique du «baby boom», les sociétés occidentales ont dépensé beaucoup d\u2019énergie et des budgets énormes.Au Québec, dès les années \u201960, nous avons créé une commission royale d\u2019enquête, formé toute une génération d\u2019enseignantes et d\u2019enseignants (qui abordent aujourd\u2019hui la quarantaine), recyclé leurs prédécesseurs, établi un ministère de l\u2019Éducation, restructuré les commissions scolaires, bâti des polyvalentes, des cégeps, des universités.Vingt ans plus tard, la quantité n\u2019est plus le problème: c\u2019est la qualité qui préoccupe les enseignants, les parents et les administrateurs.«Donner à tous un enseignement au rabais n\u2019est pas une idée démocratique», écrit Jacqueline de RomiIly dans L\u2019enseignement en détresse.Et dans notre dernière livraison, Paul Tremblay soulignait que l\u2019école québécoise ne pourra s\u2019acquitter de ses responsabilités culturelles qu\u2019à la condition de respecter l\u2019exigence linguistique et l\u2019exigence de la compétence.L\u2019innovation pédagogique se situe au coeur de ce débat sur la qualité.Le Conseil supérieur de l\u2019éducation le rappelait en mars: «au moment où on semble ici et là vouloir sonner la fin de la récréation et revenir, non sans la tentation de nouvelles rigidités, à des méthodes et à des pratiques jugées mieux éprouvées, plusieurs pourraient être amenés à rejeter, voire à ridiculiser, des approches éducatives et pédagogiques naguère présentées et poursuivies comme fécondes, celles mêmes qui, ici comme ailleurs, ont servi de fer de lance aux grandes réformes des années \u201960.» Persuadés nous aussi que «dans une structure aussi englobante et lourde que celle d\u2019un système scolaire, le dynamisme de l'innovation est un peu une respiration», nous voulons faire le point sur des expériences novatrices (la polyvalente, l\u2019école alternative), jauger l\u2019engouement suscité par le micro-ordinateur et préciser les conditions d\u2019une innovation pédagogique de qualité (formation des maîtres et psychologie de l\u2019apprentissage).relations septembre 1985\t217 L\u2019ACTIVITÉ ÉDUCATIVE par Pierre Angers et Colette Bouchard Les#auteurs poursuivent depuis quinze ans une recherche commune en science de l\u2019éducation, en lien avec l\u2019UQTR.La pédagogie pratiquée dans nos écoles est à peu près impuissante à aider les élèves en difficulté d\u2019apprentissage, à motiver les jeunes des milieux défavorisés et à intéresser les plus doués.Parce qu\u2019elle n\u2019a pas encore assimilé la psychologie de la connaissance.Pour enseigner, en effet, il n\u2019est pas superflu de comprendre comment on apprend.Voici maintenant plus de vingt ans que la réforme scolaire se poursuit au Québec sur plusieurs fronts à la fois, ceux des structures, du régime des études et de l\u2019activité éducative.Il est à propos de nous demander où nous en sommes au plan de l\u2019activité éducative et de la pédagogie.En 1970, le Conseil supérieur de l\u2019éducation avait choisi pour thème de son Rapport annuel L\u2019activité éducative^.Il se fixait pour but de mettre en lumière ce qui est au coeur du phénomène éducatif, à savoir l\u2019activité de s\u2019éduquer.Il définissait cette activité des élèves et des étudiants comme la source de la pensée créative et rationnelle et comme le ferment de la maturité affective et sociale.Ce développement personnel peut se produire, soutenait le Conseil, dans l\u2019étude de toutes les disciplines du programme pourvu que les enseignants, étroitement associés à l\u2019activité des étudiants, s'inspirent d\u2019une pédagogie appropriée, celle d\u2019un expert dans les matières du programme et d\u2019un guide averti dans les démarches d\u2019apprentissage.Dans son Rapport annuel de 1982, intitulé L\u2019activité pédagogique, le Conseil a voulu présenter cette fois une vue d\u2019ensemble des pratiques pédagogiques dans les salles de cours1 2.L\u2019approche du Conseil y est centrée sur la pédagogie, c\u2019est-à-dire sur l\u2019action des enseignants et des directeurs d\u2019école.Mais il ne s\u2019éloi- 218 gne pas pour autant de ce qui est au coeur de l\u2019éducation, car l\u2019activité de l\u2019enseignant n\u2019existe qu\u2019en fonction de l\u2019apprentissage.Les observations et les analyses du Rapport tiennent compte de cette étroite corrélation.L\u2019horizon En ce qui concerne le primaire \u2014 auquel nous pensons principalement dans cet article \u2014 le tour d\u2019horizon du Conseil nous paraît assez complet.En voici les grandes lignes.Les progrès accomplis au cours des récentes années ont porté en grande partie sur les aspects socio-affectifs de la pratique pédagogique: l\u2019attention plus grande portée à chaque enfant, le respect pour la personnalité de chacun et le souci de la développer, des rapports chaleureux entre les éducateurs et les enfants, en somme «une pédagogie qui s\u2019est humanisée» (p.10).Ce sont là des côtés forts de la pratique des enseignants.Ils sont assurément remarquables, car ils contribuent à établir dans les salles de cours des conditions favorables à l\u2019activité éducative.Par contre, ce qui a été gagné au point de vue affectif n\u2019a pas été ac- relations septembre 1985 compagné d\u2019un progrès quelque peu notable au plan cognitif.Ici apparaît le côté faible de cette pratique pédagogique.L\u2019analyse des pratiques faite par le Conseil montre que la pédagogie courante, quel que soit le choix des approches, se heurte à des obstacles qu\u2019elle ne parvient pas à surmonter.Elle est à peu près impuissante à ^i-der les élèves en difficulté d\u2019apprentissage, à motiver les élèves des milieux économiquement faibles et à intéresser les élèves les plus doués3.1.\tL'activité éducative \u2014 Rapport annuel 1969-70, Québec, Conseil supérieur de l\u2019éducation, 1971.2.\tL\u2019Activité pédagogique.Pratiques actuelles et avenues de renouveau \u2014 Rapport annuel 1981-82.Conseil supérieur de l\u2019éducation, Québec, Éditeur officiel, 1982.3.\tEn fait, le Conseil propose une meilleure intégration des matières du programme, de meilleurs modes d'intégration des élèves en difficulté d\u2019apprentissage et d\u2019adaptation et «un effort systématique pour améliorer la pratique pédagogique dans les milieux économiquement faibles», (p.23) Nous suggérons de joindre à cette liste une quatrième recommandation concernant les enfants les plus doués.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que l\u2019école ne passionne guère ces enfants; souvent ils s\u2019y ennuient et y perdent leur temps. Les insuccès que subit la pédagogie courante auprès de ces groupes révèlent en réalité une insuffisance beaucoup plus généralisée, qui est inhérente en quelque sorte aux méthodes et aux procédés qu\u2019elle emploie.En d\u2019autres termes, la pédagogie courante dans l\u2019ensemble des classes, tout en réalisant honnêtement certains objectifs, n\u2019en est encore qu\u2019à un niveau limité de développement et d\u2019efficacité en ce qui a trait à l\u2019activité cognitive qui est pourtant au coeur de l\u2019apprentissage.Il est souhaitable et il est possible d\u2019élever la pensée et la pratique pédagogiques à un niveau bien supérieur de conscience et de compétence.Dans cette optique, nous suggérons que l\u2019effort systématique de recherche et de réflexion que recommande le Conseil soit destiné non seulement à améliorer la pratique pédagogique relative aux groupes particuliers mais aussi à renouveler la pratique pédagogique tout court, celle qui s\u2019adresse à tous les groupes d\u2019élèves.L\u2019orientation Les enseignants, généralement sensibilisés à la vie affective des enfants, le sont moins à leur activité cognitive.La psychologie de la connaissance n\u2019est pas une dimension de la conscience familière aux enseignants.Dans ses analyses, le Conseil glisse une observation qui nous paraît très signifiante.«Les enseignants qui ont préféré partir de l\u2019enfant n\u2019ont pas toujours su où ils allaient dans leur enseignement» (p.11).Nous savons bien que la plupart des enseignants partent de la matière quitte à revenir à l\u2019enfant par intermittence.Mais partir de l\u2019enfant tel qu\u2019il est, est un principe fondamental de la pédagogie, sinon on réduit cette dernière à une didactique.De plus, qu\u2019à partir de ce point de départ tout indiqué, on ne sache plus bien la route à suivre, voilà qui révèle à nos yeux le point le plus vulnérable des pratiques pédagogiques courantes.Dans l\u2019apprentissage, le point de départ, c\u2019est l\u2019enfant tel qu\u2019il est, encore ignorant de ce qu\u2019il doit apprendre; le point d\u2019arrivée, c\u2019est la maîtrise des matières qu\u2019il apprend.Et il y a l\u2019entre-deux, où se situe précisément le processus d\u2019apprentissage.C\u2019est ce processus qui est en propre le domaine du pédagogue et le lieu privilégié de son assistance.Or la plupart des enseignants connaissent assez bien le point de départ et le point d\u2019arrivée, mais les opérations qui se passent dans l\u2019entre-deux échappent généralement à leur attention, à leur compréhension et à leur contrôle.Le processus d\u2019apprentissage est constitué par des opérations qui se passent dans la conscience de l\u2019élève.C\u2019est ce processus que l\u2019enseignant, en pédagogue averti, est chargé de susciter, de soutenir, d\u2019orienter méthodiquement et de mille manières possibles.Il le fait en mettant sur la voie, en indiquant la direction à suivre, en encourageant, en posant des questions, en créant des situations favorables et en subordonnant constamment ses interventions à la démarche de l\u2019élève pour que celle-ci avance progressivement pas à pas vers le résultat escompté.Apprendre les mathématiques, les sciences, la langue maternelle ou l\u2019histoire, c\u2019est essentiellement comprendre les notions, les faits, les théories et les méthodes qui sont propres à chacune de ces disciplines.Dans ces matières de base, l\u2019opération clé de l\u2019apprentissage, c\u2019est la compréhension.C\u2019est donc à effectuer cette opération et à la répéter plusieurs fois que l\u2019enseignant doit diriger ses élèves.Cependant l\u2019enseignant ferait erreur de conduire ses élèves vers la compréhension à l\u2019aventure et n\u2019importe comment, comme un aveugle qui ignore où il va.L\u2019esprit humain est intelligent et l\u2019un de ses traits caractéristiques est de chercher intelligemment à comprendre.Il a inventé des procédés intelligents pour le faire et, si les élèves les ignorent, il revient au maître de leur enseigner à les découvrir en eux-mêmes et à s\u2019en servir pour apprendre.Les opérations cognitives Pour éveiller son intelligence il faut que l\u2019élève s\u2019intéresse d\u2019abord à la matière, que grâce à des activités appropriées il ait un aperçu du champ d\u2019étude et de son objet; puis qu\u2019il se relations septembre 1 985 mette à questionner, à chercher, à faire effort pour découvrir et comprendre ce qu\u2019il cherche.Une fois que l\u2019esprit commence à saisir des rapports intelligibles et au fur et à mesure qu\u2019il les saisit de mieux en mieux, il éprouve alors le besoin de les concevoir, c\u2019est-à-dire de s\u2019en faire une idée claire et d\u2019énoncer cette idée dans une langue correcte et autant que possible dans des termes précis.Avant de donner son assentiment à ce qu\u2019il a saisi, conçu et formulé, l\u2019esprit éprouve enfin le besoin de vérifier l\u2019exactitude des idées qu\u2019il Ce n\u2019est pas tout d\u2019ap- prendre à lire, à écrire et à compter, d\u2019apprendre les sciences, les langues et l\u2019histoire.Est-ce qu\u2019en apprenant, les élèves se développent au niveau intellectuel, moral et reli-gieux?vient de concevoir et il le fait par une réflexion critique, par un jugement calme et détaché sur sa démarche.L\u2019esprit se donne cette confirmation avant d\u2019annoncer qu\u2019il a compris.Nous faisons tous des opérations de ce genre dans les situations les plus diverses de la vie courante.Mais nous les faisons rapidement et sans y porter attention.Ceux qui poursuivent des études avancées et ont le souci de comprendre ce qu\u2019ils apprennent se servent de leur intelligence pour étudier et de leur jugement pour vérifier s\u2019ils ont compris.Ils font alors des démarches suivies et ordonnées sans toutefois prendre vraiment conscience des opérations cognitives qui composent la trame de leurs démarches d\u2019apprentissage.À cet égard, les enseignants font comme tous les étudiants qui se préparent à exercer une profession.Mais les enseignants remplissent des tâches spécifiques qui les distinguent des autres professionnels.Ils ont pour fonction de diriger les élèves dans l\u2019apprentissage de savoirs organisés comme le sont les langues, les mathématiques et les sciences.Pour exercer cette fonction, il leur faut comprendre le fonctionnement de l\u2019intelligence; il leur faut atteindre à une compréhension assez poussée 219 pour qu\u2019ils puissent l\u2019exploiter dans leurs interventions auprès des élèves.Il leur faut veiller à ce que les élèves fassent toutes les opérations de la connaissance; il leur faut enseigner aux élèves à effectuer chacune des opérations de façon soignée et méthodique, en fidélité envers les exigences de leur intelligence.C\u2019est la seule manière de poursuivre correctement l\u2019apprentissage des savoirs structurés qui conduise à des connaissances progressives, intégrées et durables et qui s\u2019inscrive dans le processus de croissance de la personne.Un style d\u2019apprentissage exigeant Dans la plupart des cas, les enseignants ne possèdent pas une compréhension assez élaborée ni assez exacte du processus cognitif pour remplir pleinement les véritables tâches du pédagogue.Pour quelles raisons?Peut-être, au cours de leur formation professionnelle, les enseignants n\u2019ont-ils pas porté une attention suffisante aux opérations de l\u2019esprit: percevoir par les sens, questionner, chercher, découvrir, concevoir, exprimer, peser le pour et le contre, juger?Peut-être n\u2019ont-ils pas réussi à saisir le rôle propre à chacune des opérations ni à comprendre les rapports qui les unissent?Peut-être n\u2019ont-ils pas découvert en eux-mêmes, à partir de leur expérience, le dynamisme qui anime l\u2019intelligence humaine et qui se traduit par la curiosité intellectuelle et dans le questionnement?Peut-être n\u2019ont-ils pas reconnu dans ce processus le principe normatif qui préside à toutes les acquisitions de la connaissance?Peut-être ne sont-ils pas parvenus à déceler en eux-mêmes et, par voie de conséquence, chez les autres, les tendances affectives et les préjugés qui empêchent l\u2019intelligence d\u2019opérer li- brement et d\u2019exercer ses activités de questionnement, de recherche, de découverte, de compréhension, d\u2019expression et de réflexion critique?L\u2019activité éducative ainsi conçue et vécue est un accomplissement humain original et créateur.Elle a pour but d\u2019apprendre à lire, à écrire et à compter, d\u2019apprendre les sciences, les langues et l\u2019histoire.Mais elle vise en même temps à ce qu\u2019en effectuant ces apprentissages les élèves atteignent à un niveau plus élevé de développement intellectuel, moral et religieux.Elle fait entrer dans les salles de cours des formes d\u2019apprentissage qui font appel à l\u2019expérience et à la créativité, à la rationalité et à l\u2019action responsable.C\u2019est un style d\u2019apprentissage exigeant pour les élèves et pour les maîtres parce qu\u2019il réclame de l\u2019initiative, de la créativité et de la réflexion critique.En revanche, c\u2019est un style d\u2019apprentissage qui peut procurer une grande satisfaction, car les efforts et l\u2019engagement consentis donnent aux études sens et authenticité.¦ L\u2019ORDINATEUR À L\u2019ÉCOLE par Yves Bégin professeur, INRS-Education On dit que le micro-ordinateur est le crayon de l\u2019avenir.Or l\u2019école est faite pour apprendre aux jeunes à écrire.Donc.Il y a pourtant un «mais»: qui a mis au point le mode d\u2019emploi de l\u2019ordinateur en classe?L\u2019utilisation pédagogique de l\u2019informatique ne tombe pas du ciel: court-circuiter l\u2019expérimentation et la recherche mènera à la frustration et au gaspillage.¦ I y a eu à ce jour deux tentatives I d\u2019implantation de l\u2019ordinateur à l\u2019école.La première se situe à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix.À ce moment, les compagnies d\u2019ordinateurs croyaient que l\u2019informatique envahirait rapidement le monde de l\u2019ensei- 220 gnement pour le transformer et le rendre plus efficace, comme ce fut le cas dans tant d\u2019autres domaines d\u2019activité, tels que, par exemple, le monde des affaires, celui de l\u2019administration et celui de la recherche.Les années passèrent et les attentes ne furent pas satisfaites.relations septembre 1 985 Plus récemment, le micro-ordinateur fit ses débuts et réussit à effectuer une certaine pénétration du marché scolaire.Mais voici que déjà l\u2019industrie de la micro-informatique s\u2019essouffle au milieu de l\u2019année 1985, comme si l\u2019assaut lancé pour introduire le micro-ordinateur à l\u2019école et au foyer rencontrait des obstacles imprévus.La déception portera certains à accuser les enseignants et les enseignantes d\u2019avoir une attitude négative à l\u2019égard de l\u2019innovation technologique.Rien n\u2019est plus injuste.Ce qu\u2019il faudrait enfin reconnaître, c\u2019est la complexité de l\u2019enseignement scolaire et le simplisme de ceux qui prétendent pouvoir l\u2019améliorer rapidement avec des pièces d\u2019équipement ou des recettes empruntées à la psychologie, à la sociologie ou à tout autre domaine du savoir ou du savoir-faire.La vérité est qu\u2019il n\u2019est pas facile d\u2019utiliser l\u2019ordinateur en classe comme moyen d\u2019enseignement en 1985.Cela est vrai aussi bien en Californie qu\u2019au Québec.Les enseignants américains se trouvent placés devant le même genre de problèmes que nos enseignants.J\u2019en prends à témoin Decker Walker1 2, connu comme un innovateur émérite et qui travaille en collaboration étroite avec des enseignantes et des enseignants à l\u2019université de Stanford.Des problèmes 1.\tAucune expérience n\u2019a encore été faite dans le monde montrant qu\u2019il est possible de transformer de façon 1.\tWalker, Keeker F., «Computers in Schools.I.Potential and Limitations.II.The Software Problem.» Educational Brief.Far West Lab.for Educational Research and Development, San Francisco, California, Feb.1984.ERIC ED 244 593.2.\tLaboratoire d'évaluation de logiciels et massive une organisation scolaire à l\u2019aide de la micro-informatique, parce que cette technologie est trop récente.Nous avons sans doute la tâche de promouvoir de telles expériences, mais nous serions irresponsables de prétendre que nous pouvons sans crainte introduire la micro-informatique de façon massive avant même que ces expériences soient effectuées.Ce serait laisser entendre que de telles expériences ne sont pas nécessaires et qu\u2019il suffit de mettre les ordinateurs entre les mains des élèves pour que ceux-ci s\u2019en servent intelligemment.2.\tUne enseignante ou un enseignant ne peut pas apprendre du jour au lendemain à utiliser l\u2019ordinateur en classe.L\u2019expérience montre qu\u2019un cours requérant 180 heures de travail permet de se donner tout au plus une initiation sommaire aux différents aspects de cette technologie.3.\tLes outils que la micro-informatique met à la disposition des enseignantes et des enseignants se modifient à un rythme si effréné que l\u2019ordinateur qui a servi à s\u2019initier peut très bien avoir cessé d\u2019être disponible ou recommandable au moment où l\u2019enseignante ou l\u2019enseignant désire commencer à l\u2019utiliser en classe.Les déboires récents d\u2019IBM concernant son micro-ordinateur PC-Junior donnent à réfléchir.Cet ordinateur était destiné à envahir les écoles et les foyers, mais on vient de suspendre la production.Dans un tel contexte, il de didacticiels, Evaluation de vingt-cinq didacticiels de français et de mathématiques.Document D-181 de l\u2019INRS-Education, 1985.Ce document et plusieurs autres sont disponibles à l\u2019INRS-Education au 2383, chemin Sainte-Foy, Sainte-Foy, Québec, G1 V 1 T1.relations septembre 1 985 est hasardeux de prétendre pouvoir planifier l\u2019introduction de l\u2019ordinateur comme moyen d\u2019enseignement à l\u2019école.Les gouvernements qui s\u2019imaginent pouvoir imposer à l\u2019industrie un temps d\u2019arrêt en spécifiant les caractéristiques de l\u2019ordinateur qu\u2019ils accepteront d\u2019acheter pour leur système scolaire risquent de se repentir d\u2019une telle entreprise.Au moment où le produit est disponible, il risque d\u2019être déclassé par ses concurrents.Les volontés d\u2019un gouvernement, quel qu\u2019il soit, ne pèsent pas lourd dans le marché mondial de la micro-informatique, qui suit ses propres lois.4.\tLe micro-ordinateur ne peut servir d\u2019auxiliaire à l\u2019enseignement que pour une part très réduite des programmes scolaires, parce que les didacticiels de qualité sont peu nombreux.Pour étudier cette question, l\u2019INRS-Éducation a mis en place un laboratoire d\u2019évaluation de logiciels et de didacticiels, en 1983.Or le laboratoire n\u2019a pu identifier qu\u2019un nombre restreint de didacticiels qui méritaient d\u2019être soumis à un processus d\u2019évaluation.Parmi ceux qui ont été retenus, plusieurs ne se sont pas avérés recommandables au terme du processus d\u2019évaluation2.La raison de cet état de choses est que la création de didacticiels requiert des investissements considérables que ne peuvent se permettre de faire les compagnies qui se lancent dans cette activité.La plupart d\u2019entre elles sous-estiment l\u2019importance des problèmes pédagogiques auxquels elles devront faire face.En cela, les créateurs de didacticiels ne sont pas différents des créateurs de matériel pédagogique en général.La création pédagogique est systématiquement discréditée comme activité de recherche.N\u2019essayez pas de con vaincre les administrateurs de la recherche de l\u2019importance de planifier 221 Ceux qui détiennent le pouvoir de décision ne semblent pas comprendre immédiatement que l\u2019entrée dans une ère nouvelle de l\u2019humanité qui durera peut-être plu-' sieurs siècles vaut bien deux ou trois décennies de recherche continue dans les sciences de l\u2019homme.et de subventionner des travaux dans ce domaine pendant plusieurs décennies.Ils sont incapables d\u2019accorder quelque mérite que ce soit à ce qu\u2019ils qualifient de façon méprisante d\u2019activités de développement.Ils abandonnent ces activités aux appétits du mercantilisme.Il s\u2019agit là d\u2019un phénomène qui n\u2019est pas limité au Québec.Quel motif inavoué pousse ainsi nos sociétés à s\u2019opposer à la création dans ce domaine?Qu\u2019est-ce qui nous empêche de prendre conscience de ce que nous faisons à nos enfants lorsque nous mettons entre leurs mains des moyens d\u2019apprentissage qui ne sont pas à la hauteur de leur intelligence?Le mépris pour certaines formes de création semble remonter loin dans l\u2019histoire de l\u2019humanité.La société de l\u2019information dans laquelle nous entrons nous aidera-t-elle à abandonner le mépris que nous entretenons pour l\u2019intelligence de nos enfants?Il se pourrait bien que nous y soyons contraints.Ce qui est vrai de l\u2019ensemble des documents pédagogiques qui circulent dans nos institutions scolaires s\u2019applique, bien entendu, aux didacticiels.Comme nous n\u2019avons pas de tradition de qualité, ni au Québec, ni ailleurs dans le monde, la création de didacticiels s\u2019en ressent et s\u2019en ressentira aussi longtemps que nous n\u2019aurons pas changé de mentalité.5.L\u2019organisation pédagogique des écoles ne se prête pas à l\u2019utilisation intensive du micro-ordinateur, parce que cette organisation est centrée sur l\u2019enseignement collectif.Les recherches qui se sont appliquées à analyser l\u2019enseignement scolaire à l\u2019aide de méthodes d\u2019observation ont montré que, durant les deux tiers du temps que les élèves passent en 222 classe, ils écoutent en groupe un enseignant qui s\u2019adresse à eux.Ces résultats n\u2019ont rien de surprenant, car, à l\u2019école, tout est organisé pour favoriser l\u2019enseignement collectif.Ils nous empêchent par contre d\u2019oublier une évidence, à savoir que l\u2019école n\u2019est pas un lieu propice à l\u2019enseignement individualisé.Or l\u2019ordinateur est par excellence un outil de l\u2019enseignement individualisé, même s\u2019il peut se prêter au travail en groupe.On peut donc anticiper de nombreux problèmes dans l\u2019adaptation de ce nouveau moyen d\u2019enseignement à l\u2019école.On peut même douter que cette adaptation soit possible.Il y a des raisons de penser que c\u2019est au foyer ou dans d\u2019autres lieux éducatifs à faire naître que le micro-ordinateur s\u2019intégrera à l\u2019enseignement et à l\u2019apprentissage.6.Il faut rappeler l\u2019évidence que la micro-informatique ne peut pas aider à résoudre plusieurs problèmes chroniques de l\u2019école.Bien au contraire, elle risque de rendre plus aigus certains d\u2019entre eux, si des précautions spéciales ne sont pas prises au départ.J\u2019énumère quelques-uns de ces problèmes.Comment s\u2019assurer que les filles reçoivent un traitement égal à celui des garçons?Comment éviter que les écoles des milieux socioéconomiques favorisés n\u2019accaparent les ressources au détriment des écoles des milieux défavorisés?Comment concilier les attentes diverses des parents vis-à-vis de l\u2019école et de la pédagogie qui y est utilisée?Comment diminuer le décrochage au secondaire?Nécessité de la recherche L\u2019introduction de l\u2019ordinateur à l\u2019école pose donc de nombreux problèmes.La plupart d\u2019entre eux ne pourront être résolus que par des recherches et des expériences soigneusement conduites pendant plusieurs décennies.Malheureusement, il est bien peu probable que ces recherches soient effectuées.Dans l\u2019allocution de clôture d\u2019une conférence internationale récente sur l\u2019éducation et les nouvelles technologies, Gilbert de Landsheere déclarait: «Un drame est à mon sens en train de se produire.Le chercheur d\u2019au- relations septembre 1 985 jourd\u2019hui trouve assez facilement du financement pour une action ponctuelle ou pour une étude de deux ou trois ans au maximum.Mais essayez donc d\u2019obtenir des ressources garanties pour une recherche expérimentale longitudinale d\u2019une quinzaine d\u2019années! Cette durée n\u2019est pas avancée au hasard.Elle correspond aux six années d\u2019enseignement élémentaire, aux six années de secondaire et aux deux premières années d\u2019enseignement supérieur, pendant lesquelles il faudrait suivre une première cohorte, idéalement suivie d\u2019autres.Paradoxe qui nous fera peut-être passer pour bien légers devant l\u2019histoire: on a souvent affirmé que l\u2019arrivée des technologies nouvelles, spécialement de l'informatique, représente le troisième moment décisif de l\u2019histoire technologico-culturelle de l\u2019humanité, après la découverte de l\u2019écriture et l\u2019invention de l\u2019imprimerie.Notre civilisation est scientifiquement la plus avancée de toutes, mais ceux qui y détiennent le pouvoir de décision \u2014 pouvoirs publics ou privés \u2014 ne semblent pas comprendre immédiatement que l\u2019entrée dans une ère nouvelle de l\u2019humanité qui durera peut-être plusieurs siècles vaut bien deux ou trois décennies de recherche continue dans les sciences de l\u2019homme.Il n\u2019est certes pas question d\u2019arrêter le cours des événements; même si nous le voulions, ils nous dépasseraient par leur force incomparable.Mais il s\u2019agit de nous conduire en hommes cultivés qui entendent préparer aussi soigneusement, aussi scientifiquement que possible, l\u2019entrée dans une civilisation où l\u2019homme précisément doit rester mesure de toute chose.Il est impérieux d\u2019appliquer la réflexion, l\u2019esprit critique, à l\u2019environnement qui émerge devant nous et représente potentiellement un progrès inouï3.» L\u2019utilisation pédagogique de l\u2019ordinateur n\u2019est pas donnée avec l\u2019achat des équipements.C\u2019est une réalité à inventer à force de sueurs, d\u2019intelligence, de temps et d\u2019argent.¦ 3.De Landsheere, Gilbert, Conclusions du rapporteur général à la Conférence internationale sur l\u2019éducation et les nouvelles technologies de l\u2019information.Organisation de coopération et de développement économiques, Document CERI/NT/84.14, 1984, p.38-39. L\u2019ECOLE ALTERNATIVE par Charles E.Caouette Université de Montréal En 1974, Denise Gaudet et Charles E.Caouette fondaient l\u2019école Jonathan, la première école alternative pédagogique au Québec.En 1985, le Conseil supérieur de l\u2019éducation dénombre une vingtaine d\u2019écoles alternatives au primaire, une école secondaire, une alternative dans un cégep et une quarantaine de projets.Innovatrice et pluraliste, l\u2019école alternative annonce un projet de société.au Québec, le réseau des écoles alternatives connaît, depuis son origine en 1974, un développement continu et une notoriété croissante.Il n\u2019est donc pas surprenant que ceux qui s\u2019intéressent à i\u2019éducation cherchent à mieux comprendre la nature de ce «mouvement» et la philosophie qui l\u2019anime.Précisons tout de suite que les écoles alternatives ne sont pas des écoles privées; ce ne sont pas non plus des écoles pour «enfants-problèmes», pour enfants surdoués, ou pour parents «excentriques».Ce sont des écoles publiques, relevant des commissions scolaires accessibles à tous les parents.Elles respectent les règlements et normes du ministère de l\u2019Éducation et tentent de rejoindre le mieux possible les objectifs de l\u2019éducation.C\u2019est en septembre 1 974, donc il y a près de onze ans, que naissait la première école alternative, l\u2019école-recherche Jonathan, fondée par De-%| nise Gaudet, éducatrice de carrière et directrice d\u2019école pendant plus de^si dix ans, et par l\u2019auteur de cet article, professeur d\u2019université et chercheur spécialisé en psychologie de l\u2019éducation.Beaucoup d\u2019autres écoles ou expériences alternatives se sont inspirées, par la suite, du modèle pédagogique développé et expérimenté à l\u2019école Jonathan: on en retrouve aujourd\u2019hui au niveau primaire, secondaire, collégial et universitaire.C\u2019est pourquoi il nous paraît opportun de décrire dans les grandes lignes le modèle éducatif et le style de gestion que l\u2019on retrouve dans cette école.Un modèle éducatif Dès sa création, l\u2019école-recherche Jonathan se donne trois objectifs fondamentaux: instaurer le pluralisme au sein du système scolaire québécois; faire de l\u2019école un milieu de vie pour l\u2019enfant et favoriser le développement intégral de celui-ci; faire de l\u2019école une entreprise communautaire, définie, gérée et évaluée par la communauté qui la compose et vouée à la promotion collective de cette dernière.Le modèle éducatif qui sous-tend cette école peut être conçu, tout d\u2019abord, comme l\u2019opérationnalisation du concept d\u2019éducation permanente, laquelle repose sur une attitude de très grande confiance vis-à-vis de l\u2019enfant.L\u2019école alternative n\u2019est pas une «école libre» au sens où l\u2019enfant serait laissé à lui-même et pourrait y faire n\u2019importe quoi.Ce n\u2019est pas une école de «laisser faire»; c\u2019est une école où l\u2019éducateur intervient constamment auprès de l\u2019enfant ou du groupe (multi-âge) d\u2019enfants, mais toujours à partir des besoins mêmes de l\u2019enfant.Ce ne sont pas les programmes académiques qui servent de guide à l\u2019éducateur, mais les besoins de l\u2019enfant, ses questions, son goût d\u2019apprendre et d\u2019explorer, son goût de faire des choses, de vivre, de communiquer et de travailler avec d\u2019autres.Cette approche pédagogique respecte le rythme et le style d\u2019apprentissage propres à chaque enfant et, surtout, conserve chez lui le goût d\u2019apprendre toujours plus et I de façon plus efficace.L\u2019enfant apprend ainsi à s\u2019approprier son acte \u2019apprendre; il prend aussi la responsabilité d\u2019organiser (seul ou en groupe) ses démarches d\u2019apprentissage et d\u2019évaluer lui-même (avec l\u2019aide des autres enfants, de ses parents et des éducateurs) ses progrès et limites aux divers plans intellectuel, cognitif, physique, artistique et socio-affectif.L\u2019école-milieu de vie est donc un milieu éducatif où l\u2019enfant continue de vivre comme enfant, où il apprend à se socialiser, à devenir libre, responsable de soi, des autres et de son environnement.Sachant cela, il arrive fréquemment 223 que des personnes ont un sursaut d\u2019inquiétude à cause des déformations et des conditionnements dont nous avons tous été victimes: est-ce que les enfants apprennent réellement dans ces écoles?Comment s\u2019adaptent-ils et réussissent-ils à l\u2019école secondaire?Les recherches évaluatives qui se font depuis le tout début démontrent clairement que les enfants des écoles alternatives, qui ne sont soumis ni à des programmes académiques rigoureux, ni à de l\u2019enseignement formel, font les mêmes apprentissages scolaires que les enfants fréquentant des écoles ordinaires.Il n\u2019y a pas lieu non plus de s\u2019inquiéter de leur passage à l\u2019école secondaire régulière: les recherches faites jusqu\u2019à date prouvent hors de tout doute que ces enfants s\u2019adaptent très bien à l\u2019école secondaire et qu\u2019ils y réussissent aussi bien que les autres élèves.L\u2019adaptation à l\u2019approche pédagogique traditionnelle (enseignement, devoirs, examens, notes, etc.) présente, il va de soi, quelques difficultés particulières et suscite un certain stress qui dure, selon les individus, de quelques semaines à quelques mois, pour se résorber par la suite.Quant à l\u2019adaptation au cadre de vie de l\u2019école secondaire, elle semble, selon les élèves eux-mêmes et selon les enseignants qui les reçoivent, plus facile pour les anciens de l\u2019école alternative: en effet, l\u2019autonomie, l\u2019initiative et le sens des responsabilités qu\u2019ont cherché à développer les écoles alternatives favorisent leur adaptation et leur fonctionnement.Les enseignants consultés sur la question considèrent les anciens des alternatives plus «motivés», plus curieux et plus à l\u2019aise pour poser des questions et échanger des points de vue1.Le mouvement alternatif Dès sa première année, soit en 1974, l\u2019école Jonathan démontrait, de par son existence même, que le changement en éducation était possible au Québec.Ce changement ne venait pas «d\u2019en haut», c\u2019est-à-dire du ministère de l\u2019Éducation, et il n\u2019exigeait pas que soient profondément modifiés les règlements ou régi- 224 mes pédagogiques, les normes administratives ou conventions collectives.Il suffisait, en effet, que chacun, à son niveau, utilise pleinement la marge d\u2019autonomie dont il dispose et qu\u2019il se sente responsable de faire les changements auxquels il croit.Très tôt, d\u2019autres écoles alternatives voient le jour au Québec et de nombreux projets sont élaborés et soumis aux autorités scolaires locales et régionales.Au niveau secondaire, cependant, les résistances des commissions scolaires sont plus fortes car plusieurs d\u2019entre elles ont déjà beaucoup de difficulté à maintenir leurs énormes et dispendieuses polyvalentes et elles subissent une compétition toujours croissante de la part du secteur privé (largement financé par l\u2019État).Bientôt, les éducateurs et les parents impliqués dans des projets alternatifs sentent le besoin de mieux se connaître, de s\u2019épauler et de partager leurs apprentissages et difficultés.C\u2019est ainsi que naît un organisme provincial, le Goéland2.Le mouvement alternatif en éducation ne se limite pas aux niveaux primaire et secondaire.En effet, des expériences et des projets alternatifs sont déjà en cours depuis quelques années au collégial; qu\u2019on songe, par exemple à l\u2019Alternative à Sherbrooke ou au programme d\u2019auto-formation assistée en éducation spécialisée, au Cégep Marie-Victorin.Enfin, au niveau universitaire, on n\u2019est pas trop surpris de trouver des projets «alternatifs» dans les facultés ou services d\u2019éducation permanente, puisque c\u2019est précisément ce concept d\u2019éducation permanente que cherchent à opérationnaliser plusieurs écoles alternatives.Dans les autres facultés ou départements universitaires où on s\u2019adresse à la clientèle régulière des «jeunes», les expériences sont plus rares et moins connues, quoique plusieurs professeurs appliquent dans leur enseignement une approche pédagogique de type alternatif.Certains programmes spécialisés existent, cependant, dans le domaine des sciences humaines et des sciences de la santé.Mentionnons le projet ASIPEC (Apprentissages significatifs et intégrés dans une perspective d\u2019éducation continue), programme d\u2019auto-formation assistée s\u2019adressant aux étudiants inscrits à la maîtrise en psychologie de l\u2019éducation à l\u2019Université de Montréal.Ce projet, dans lequel nous travaillons personnellement depuis septembre 1976, a déjà formé relations septembre 1 985 plus d\u2019une cinquantaine de psychologues oeuvrant dans des projets alternatifs et communautaires.Le petit tour d\u2019horizon qui vient d\u2019être fait ne prétend nullement être complet et rendre justice à tous ceux qui oeuvrent dans des projets alternatifs.Nous avons mentionné ces quelques expériences pour montrer que le mouvement alternatif est vigoureux et que le premier objectif est en train d\u2019être atteint: l\u2019instauration d\u2019un système d\u2019éducation pluraliste, plus démocratique et plus respectueux des différences individuelles et collectives.Bilan et prospective Au-delà des résultats positifs de l\u2019école alternative par rapport au développement intégral des enfants et à leur poursuite des études, il faut tenter de cerner l\u2019impact de ces expériences sur le système scolaire québécois et sur l\u2019ensemble de la société.Les écoles alternatives sont d\u2019abord des lieux d\u2019apprentissage et de recherche-action tout à fait uniques et indispensables au Québec.Non seulement y développe-t-on de nouvelles approches éducatives; on y élabore aussi de nouveaux rôles professionnels et de nouveaux types d\u2019intervention, applicables tout autant par les parents que par les éducateurs.De même, enfants et adultes y expérimentent de nouveaux styles de gestion pédagogique et adminis- 1.\tLes lecteurs intéressés à en savoir davantage sur les apprentissages académiques et sur la transition au secondaire, pourront se référer à: CAOUETTE, C.E.(1982).«École-recherche Jonathan: rapport-synthèse,» Série Études et Documents.Ministère de l\u2019Éducation du Québec.Monographie, 105 p.CAOUETTE, C.E.et SOUCHEREAU, C.(1 984).«De l'école alternative à l\u2019école secondaire: le rendement scolaire».Apprentissage et socialisation.C.Q.E.E., vol.7, # 1.2.\tOn peut obtenir des informations additionnelles sur les écoles et les projets alternatifs de niveau primaire et secondaire en communiquant avec cet organisme: Le Goéland, 2210 André-Brassard, Brossard.Tél.: (514) 678-9850. trative, de type participatif et auto-gestonnaire.La plupart des écoles alternatives constituent aussi des lieux privilégiss d\u2019échange et de rayonnement.Loin de se refermer sur elles-mêmes et de constituer des chapelles ou des ghettos, ces écoles servent de lieux d\u2019expérimentation à de nombreux parents, éducateurs ou administrateurs qui, dans leur propre milieu régulier, appliquent les principes et moyens d\u2019action qui conviennent à leur conception et à leurs valeurs d\u2019éducation.C\u2019est sur cet aspect fondamental des valeurs que s\u2019achève notre propos.En effet, ce n\u2019est pas d\u2019abord par rapport au système scolaire actuel ou par rapport à notre société industrielle qu\u2019il faut rechercher l\u2019impact du mouvement alternatif.Ce mouvement n\u2019a de sens que dans la perspective plus globale d\u2019un projet de société.L\u2019école alternative se veut un jalon important dans l\u2019instauration d\u2019une société davantage respectueuse des besoins fondamentaux de l\u2019être humain et de l\u2019environnement.Pour ce faire, cela nous paraissait un premier pas indispensable qu\u2019au moins certaines écoles publiques cessent de véhiculer les valeurs de la société industrielle fondée sur la performance, la compétition, l\u2019agressivité, la violence et les rapports de domination, et qu\u2019elles cessent de conditionner tous les enfants en fonction de ces valeurs.L\u2019école alternative cherche à faire grandir chez chaque enfant le respect de soi et de ses propres besoins, le respect des autres et de l\u2019environnement; elle vise à développer chez chacun l\u2019autonomie, la créativité et le sens des responsabilités individuelles et collectives; elle amène les enfants à établir entre eux et avec les autres des rapports de coopération, des communications plus authentiques et un respect plus vrai de leurs différences.L\u2019école alternative peut contribuer ainsi à créer une société différente, davantage conviviale et autogestionnaire, plus respectueuse de l\u2019enfant et de la vie, sous toutes ses formes.Puissent les enfants qui seront passés par l\u2019école alternative résister à la force de récupération du système et devenir des mutiplicateurs.Puissent-ils devenir des agents de changement social et les bâtisseurs d\u2019une société plus sereine et plus en santé physique, morale et spirituelle.¦ L\u2019ÉCOLE DES ÉTUDIANTS que penser de l\u2019école?«À l\u2019école, je m\u2019ennuie à mourir», répond un étudiant du secondaire.Dur coup pour ce qu\u2019on a appelé l\u2019«école \u2014 milieu de vie»! «Ici, tout le monde court, on n\u2019a pas le temps de vivre, de dialoguer», renchérit un autre.Ces témoignages sont tirés d\u2019une enquête réalisée par la Jeunesse étudiante catholique (JEC), au cours de la dernière année scolaire1: 1 281 étudiants, répartis dans 36 écoles secondaires des quatre coins du Québec, ont été questionnés.L\u2019objectif de la JEC: comprendre pourquoi ces étudiants manifestent passivité et démobilisation.Les causes relevées par le sondage sont multiples.\u2022 52% des étudiants impliqués dans un comité et 55% de ceux qui ont tenté de réaliser un projet soulignent que l\u2019horaire scolaire limite leur engagement.Dans leur journée, ils sont présents à six cours et n\u2019ont qu\u2019une période de répit moyenne de 60 à 90 minutes pour le repas et leurs activités.\u2022 39% des étudiants ne connaissent aucun professeur impliqué dans des activités scolaires.Pourtant, au secondaire, la présence d\u2019adultes aux activités étu- 1.On pourra se procurer une copie de ces résultats en écrivant à la JEC (nationale), 5323, rue Brébeuf, Montréal, H2J 3L8.diantes est fortement recommandée par la direction.\u2022\tLors de l\u2019organisation d\u2019activités parascolaires, la principale difficulté rencontrée par les jeunes promoteurs concerne les permissions à obtenir pour gérer un budget, obtenir un local, publiciser l\u2019événement, etc.\u2022\tLa radio et le journal sont plutôt des outils de détente et de divertissement.L\u2019humour et la musique y tiennent une place prépondérante; l\u2019information sur les problèmes étudiants, une part négligeable.Pas étonnant, soutient la JEC, car toute publication doit préalablement être approuvée par la direction de l\u2019école! \u2022\tLe Conseil étudiant existe dorénavant dans la majorité des polyvalentes.Sous la supervision d\u2019adultes \u2014 souvent, même, ils sont nommés par eux! \u2014 les membres organisent des activités culturelles et sportives.Cette fonction n\u2019est certes pas négligeable puisqu\u2019elle contribue à rendre plus intéressante la vie scolaire.Mais rarement va-t-on plus loin.Faut-il blâmer les étudiants du secondaire de cet état de cause?«Mais où est-ce qu\u2019ils auraient bien pu apprendre qu\u2019ils ont une place à prendre, que l\u2019école doit aussi former à dire son opinion, à s\u2019organiser, à se responsabiliser», demandent les militants jécistes, en guise de conclusion à leur enquête.¦ François Gloutnay relations septembre 1 985 225 L'érosion d\u2019une innovation L\u2019ÉCOLE POLYVALENTE par Pierre Dandurand département de sociologie, Université de Montréal nos polyvalentes auront bientôt vingt ans.Nées d\u2019un effort important d\u2019innovation pédagogique, elles forment aujourd\u2019hui un élément essentiel de notre système public d\u2019éducation.Elles sont pourtant soumises depuis plusieurs années à un grave processus d'érosion que la crise actuelle risque d\u2019accélérer.Parler d\u2019érosion, c\u2019est dire que l\u2019école polyvalente perd à l\u2019usage ce qui la caractérisait à l\u2019origine: si sa forme ne change pas, son fonctionnement lui confère peu à peu une signification imprévue et entraîne des effets contraires ou simplement différents des buts qui lui avaient été fixés.Pour comprendre en quoi consiste cette détérioration, et avant d\u2019identifier les forces sociales qui influencent l\u2019évolution de l\u2019école secondaire, il faut avoir à l\u2019esprit les objectifs qui ont présidé à la réforme scolaire des années \u201960.La réforme et l\u2019érosion La démocratisation de l\u2019enseignement à tous les niveaux visait, entre autres, l\u2019accession de tous les jeunes, quel que soit leur milieu, à un enseignement secondaire public et gratuit, susceptible de conduire à des études collégiales et universitaires.D\u2019où l\u2019école polyvalente, qui regroupe dans un ensemble intégré les enseignements général et professionnel, qui propose une promotion par matières et qui offre un large éventail de matières d\u2019enseignement, où les 226 sciences occuperont une place de première importance.Ce projet s\u2019inspirait des modèles d\u2019organisation scolaire les plus progressistes, en particulier des comprehensive schools.Véritable école du peuple, l\u2019école secondaire allait continuer ce qu\u2019avait été, à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, l\u2019école élémentaire publique et commune.Réunir dans une seule institution différents programmes d\u2019enseignement, les fusionner en partie pour les rendre accessibles aux jeunes, garçons et filles, de différents milieux, répondre à la diversité des aptitudes et des goûts par la variété des enseignements et la souplesse des structures d\u2019apprentissage, c\u2019était aussi rompre avec un système d\u2019enseignement secondaire en grande partie privé, très visiblement hiérarchisé et très sélectif1.Ce simple rappel fait ressortir ce qui est maintenant devenu évident; sous l\u2019apparence d\u2019une école unique ouverte à tous, l\u2019école secondaire publique, comme l\u2019ensemble de l\u2019enseignement secondaire public, demeure un système très hiérarchisé qui continue à contribuer au départage des cohortes de jeunes en fonction de leur origine sociale, de leur sexe, de leur appartenance ethnique, ou encore de leur simple origine géographique.Voyons d\u2019un peu plus près comment ces clivages se sont réimposés après la création des polyvalentes.Dans le cadre d\u2019une structure pédagogique qu\u2019on a voulue unifiée et unifiante, la distinction entre le «général» et le «professionnel» s\u2019est vite réaffirmée.Un des traits essentiels de la polyvalente était de réunir ces deux programmes en un même lieu, en vue de briser la séparation institutionnelle qui existait auparavant en- relations septembre 1 985 tre les collèges classiques et les écoles de technologie et de métier.Les élèves du général mêlés à ceux du professionnel pourraient suivre des cours d\u2019initiation aux métiers manuels, les élèves du professionnel, des cours plus «culturels».On espérait ainsi contrer la division entre les jeunes retournant à leur origine ouvrière et ceux qui se maintenaient ou s\u2019élevaient vers des positions sociales plus élevées.Les résultats, on les connaît depuis un bon moment: la division s\u2019est reconstituée à l\u2019interne, le professionnel et en particulier le professionnel court sont devenus de véritables voies de relégation.À l\u2019intérieur même de l\u2019enseignement général, existait jusqu\u2019à tout récemment un système de voies académiques dites enrichie, régulière et allégée, appellations en soi fort significatives.Les élèves se trouvaient ainsi partagés, hiérarchisés selon leur rendement.Plusieurs études l\u2019ont montré, la probabilité de se retrouver dans une voie plutôt qu'une autre était en partie liée à l\u2019origine sociale des jeunes.Cette division, qui s\u2019instaure à partir des programmes et des voies, se prolonge dans le choix de certaines matières ou profils de matières.En effet celles-ci n\u2019échap- 1.En ce qui concerne ce caractère sélectif et hiérarchisé qui se reconstruit ou perdure après la réforme à l\u2019école secondaire mais aussi à d\u2019autres niveaux d\u2019enseignement, il existe un certain nombre de travaux dont quelques-uns de caractère plus général, comme celui de Mireille Lévesque, L'égalité des chances en éducation, Québec, Conseil supérieur de l'éducation, 1979.Pour de plus amples références, voir Pierre Dandurand, «La recherche en sociologie de l\u2019éducation au Québec», Prospectives, vol.20, no 1-2, février-avril 1984. pent pas à une hiérarchisation des savoirs où dominent les sciences dites «pures», les mathématiques et le français.Ainsi dès le secondaire III se distingue, et doit se distinguer, en se dirigeant vers les sciences, le peloton des «étudiants forts», ceux qu\u2019on nomme les «bols» dans la culture écolière.Ils se donnent ainsi la chance d\u2019un large choix au niveau des études supérieures.Par ailleurs la création des polyvalentes, si elle a permis la constitution d\u2019un large secteur d\u2019enseignement public au niveau secondaire, n\u2019a pas occupé tout l\u2019espace.Une place a été laissée au secteur privé.Ce secteur ne regroupe qu\u2019une part marginale de la clientèle du secondaire mais une part de plus en plus considérable relativement à celle du secteur public.Sous l\u2019effet surtout de la baisse de la natalité, les effectifs du secondaire public diminuaient d\u2019un tiers, de 1 972 à 1 983, soit de plus de 200 000 jeunes.Par contre dans le secteur privé, pendant la même période, les effectifs sont passés de 39 000 à 64 000, ce qui est un bon indicateur de l\u2019attrait qu\u2019il continue à exercer.En fait en 1 983, 1 4,3% des jeunes du secondaire se retrouvent dans le réseau privé, alors que ce pourcentage était de 6% en 1972 2.Rappelons qu\u2019à la fin des années \u201960, environ 1 2% des jeunes fréquentaient le collège classique2 3.Ainsi, par la marginalisation de l\u2019enseignement professionnel, par la 2.\tPrincipales statistiques de l'éducation, 19 73-74 à 1983-84, Direction des études économiques et démographiques, MEQ, juillet 1 984.3.\tFédération des collèges classiques Notre Réforme scolaire, Montréal, Cen tre de Psychologie et de Pédagogie, 1963, p.110-111.4.\tVoir sur cette question de la culture savante et des stratégies des groupes sociaux: Pierre Bourdieu, La Distinction, Critique sociale du jugement, Paris, Éditions de Minuit, 1 979.5.\tCf.op.cit.6.\tIl est clair que nous n'avons pas ouvert ici tout l\u2019éventail des jeux des différents groupes sociaux.Il aurait fallu parler des stratégies des hommes et des femmes comme groupes distincts, des groupes ethniques.Il aurait fallu aussi s\u2019arrêter plus longuement sur les enseignants comme groupe professionnel.Ils ont été clairement mobilisés au début de la réforme, par exemple dans des politiques de recyclage qui les ont amenés à se donner une formation universitaire.Ils ont été soumis à la culture académique, trop en un sens.création des voies enrichie, régulière et allégée (qu\u2019on veut maintenant abolir), par le maintien d\u2019abord et ensuite par le développement du secteur privé, on se retrouve avec un système d\u2019enseignement secondaire très hiérarchisé, stratifié, et en ce sens loin des objectifs souhaités lors de la mise sur pied des polyvalentes.Mais comment expliquer ces transformations majeures du projet initial dont étaient porteuses les polyvalentes?Culture académique et groupes sociaux Deux axes principaux d\u2019analyse permettent d\u2019éclairer ces transformations.Le premier relève du champ que représente la culture scolaire, la culture savante4, qui, dans ses dimensions académiques, s\u2019élabore en premier lieu dans les milieux universitaires et y trouve sa légitimité.C\u2019est à partir de ces institutions d\u2019enseignement, fort justement dites d\u2019enseignement supérieur, qu\u2019est établi l\u2019ordre hiérarchique des différents savoirs, ordre qui en cascade atteint les niveaux d\u2019enseignement inférieurs.L\u2019existence, la force de cette culture expliquent en partie l\u2019échec récurrent des tentatives de revalorisation des savoir-faire techniques ou manuels, dont on trouve un bel exemple, à la polyvalente, dans l\u2019essai de rapprochement du «professionnel» et du «général».Dans cette perspective on comprend mieux la hiérarchie des matières d\u2019enseignement qui s\u2019impose au secondaire.Les matières sont jaugées selon une échelle de valeurs très scolaire: les sciences, les mathématiques et le français importent moins en elles-mêmes que parce qu\u2019elles donnent accès aux niveaux supérieurs d\u2019enseignement et, à l\u2019intérieur de ceux-ci, aux secteurs scientifiques et professionnels les plus prestigieux.Un des problèmes de base des innovations pédagogiques est que, dans la mesure même où elles atteignent une certaine profondeur, elles remettent en question cette culture académique et scolaire.Mais l\u2019existence d\u2019une culture scolaire n\u2019explique pas tout.Loin de là.Celle-ci perdrait son pouvoir, en effet, si elle n\u2019était investie par des groupes sociaux qui en font leur cho- relations septembre 1 985 se et en confirment la valeur.Voilà le deuxième axe d\u2019analyse qui s'articule au premier: l\u2019action des groupes sociaux qui cherchent à améliorer ou à maintenir leur position sociale.Aux jeunes issus des classes moyennes, aux jeunes des classes ouvrières et agricoles en mobilité sociale, les nouvelles structures de l\u2019enseignement secondaire, en apparence plus égalitaires, offrent «la voie» susceptible de satisfaire leurs ambitions.Pour «arriver», ces jeunes élaborent des stratégies qui passent soit par l\u2019école privée, soit par l\u2019école publique mais alors dans des voies précises: celles qui ont le plus de valeur sur le marché académique.Là se situent leurs intérêts.Ils doivent se distinguer, comme le dirait Bourdieu5.Mais engagés dans cette trajectoire, ils ne font en général que confirmer la valeur de ce que les agents scolaires tendent eux-mêmes à valoriser, soit le cursus menant aux études supérieures.Et on trouve ici l\u2019une des barrières difficiles à franchir pour une innovation pédagogique: le «conservatisme» de certains parents, auquel on attribue souvent l\u2019échec de pratiques pédagogiques nouvelles, novatrices, parce qu\u2019il privilégie les mises les plus sécures et les moyens les plus éprouvés.Ce sont des stratégies analogues, mises cette fois au service des intérêts professionnels, qui amènent les enseignants et enseignantes à résister ou à se mobiliser face à des changements pédagogiques.Eux aussi sont souvent taxés de conservatisme, particulièrement quand s\u2019élaborent des projets d\u2019écoles alternatives.En somme, la culture académique et les stratégies de reproduction des classes sociales6 ont contribué à faire de la polyvalente une institution relativement éclatée, contribuant à la division sociale et au maintien des inégalités alors même qu\u2019elle se voulait une structure unifiante et unifiée.C\u2019est aussi sous l\u2019action de ces deux forces qu\u2019apparaît un effet pervers qui a accompagné le développement de l\u2019enseignement secondaire: l\u2019inflation des titres scolaires et, par conséquent, leur dévaluation.En effet, la valorisation de l\u2019enseignement et la perspective d\u2019une mobilité sociale par l\u2019école ont déclenché une course au diplôme et banalisé le diplôme d\u2019études secondaires, lui qui se situe au plus bas de l\u2019échelle des titres scolaires.Paradoxalement, dans la mesure même où la polyvalente réussissait à son niveau une certaine démocratisation de l\u2019ensei- 227 gnement, elle annulait les avantages différentiels que les nouveaux diplômés espéraient en retirer.Par delà l\u2019érosion des objectifs de l\u2019école polyvalente, il faut aussi souligner que ce nouveau type d\u2019école a rencontré de nombreux problèmes de fonctionnement, mis en évidence tout au long des années \u201970: augmentation du taux des abandons qui se situait, par exemple, à plus de 20% en 1979; accroissement du nombre de jeunes ayant des problèmes d\u2019apprentissage; taux élevé d\u2019absentéisme; vandalisme dans les écoles.Plus récemment, s\u2019est ajoutée à cela la montée du racisme et des conflits raciaux dans les écoles de la région montréalaise.Enfin, et voilà qui ferme la boucle, on s\u2019est rendu compte au cours des dernières années que l\u2019école «produisait» des analphabètes.Bref, le bilan est plutôt sombre pour cette école destinée à l\u2019ensemble de la collectivité au moment même où elle doit affronter la crise.La polyvalente et la crise Cette crise, avec l\u2019austérité qu\u2019elle commande, atteint directement les principaux agents de l\u2019école secondaire publique, professeurs et étudiants.En 1982-83, les enseignants ont eu de dures luttes à mener dans leurs négociations avec l\u2019État, qui leur a imposé un ensemble de décrets affectant leur salaire et d\u2019autres conditions de travail de première importance, comme le temps consacré à l\u2019enseignement et à l\u2019encadrement des étudiants.Au cours de cet affrontement, les enseignants se sont sentis dévalorisés et discrédités aux yeux du public.À cela s\u2019ajoute,,pour plusieurs d\u2019entre eux, la menace d\u2019être mis en disponibilité ou de perdre leur emploi.La démoralisation du personnel enseignant n\u2019est pas pour régler les problèmes d\u2019une institution aussi précaire que l\u2019école polyvalente7.Mais les étudiants aussi vivent la crise.Est-il besoin de souligner qu\u2019ils viennent en majorité des milieux sociaux qui ont été les plus frappés par la crise?De plus, la plupart d\u2019entre eux se présenteront à brève échéance, avec peu ou pas de qualifications, sur un marché du travail saturé et très compétitif.Pour tous ces jeunes 228 dont la scolarité se termine au secondaire, l\u2019avenir est grandement hypothéqué par la rareté des emplois.Si le chômage affecte spécialement les jeunes, on oublie parfois qu\u2019il ne les frappe pas également: le taux de chômage après les études peut passer de 2% - 3% pour les diplômés du 2e cycle universitaire, à 20% - 25% pour les diplômés du cours professionnel secondaire long et, toujours au secondaire, à plus de 40%> pour les diplômés du professionnel court8.On le voit, la crise a été loin d\u2019améliorer la qualité de l\u2019enseignement et la qualité de la vie dans les polyvalentes.Il pourrait sembler, par ailleurs, que d\u2019une certaine façon le manque d\u2019emploi rende service à bien des jeunes.Plusieurs d\u2019entre eux demeurent aux études plus longtemps.D\u2019abord observé au niveau universitaire et au niveau collégial, ce mouvement de retention plus grande des jeunes en milieu scolaire se ferait maintenant sentir au niveau de l\u2019enseignement secondaire.Les motifs qui inspirent ce comportement sont fort simples: devant la rareté des emplois, en particulier des emplois à plein temps, face au chômage pour tout dire, mieux vaut rester à l\u2019école et se donner des atouts supplémentaires, un meilleur diplôme et une qualification certifiée.L\u2019importance de ce phénomène et des stratégies qu\u2019il implique ici au Québec n\u2019a pas été établie précisément, à ma connaissance.Pourtant, dans des entrevues que j\u2019ai menées tout dernièrement auprès de jeunes du secondaire professionnel, ce «refoulement» vers la poursuite des études ressortait clairement dans les projets des filles et des garçons: dans la très grande majorité des cas, cependant, ce choix s\u2019imposait comme un pis-aller, un dernier recours.Cela se comprend chez des jeunes qui n\u2019aiment déjà pas beaucoup l\u2019école mais qui, à la sortie, tombent à 30% ou 40% «au chômage».On peut faire l\u2019hypothèse qu\u2019une aussi faible motivation à poursuivre des études entraîne de piètres résultats sur le plan individuel tout en alourdissant encore le climat des écoles secondaires publiques.Par ailleurs, si une partie des jeunes du secondaire parvient à accroître son faible capital scolaire, on sait déjà que leurs homologues du collégial et de l\u2019universitaire font de même.C\u2019est dire que, selon toute probabilité, les écarts de scolarité se maintiendront, de même que les avantages qui en découlent.relations septembre 1 985 Dans ce contexte on voit mal comment les écoles polyvalentes pourraient devenir moins sélectives et comment se résorberaient les multiples problèmes qu\u2019elles rencontrent dans leur fonctionnement.C\u2019est là que se joue l\u2019avenir de ces «écoles du peuple».Nous avons peu parlé des éléments de réforme mis en place par le ministère de l\u2019Éducation: la réforme de l\u2019enseignement professionnel; le nouveau régime pédagogique; l\u2019abolition des voies académiques, enrichie, régulière, allégée; la réintégration des enseignements élémentaire et secondaire à l\u2019intérieur d\u2019une seule commission scolaire; la réintégration des jeunes ayant des difficultés d\u2019apprentissage.Beaucoup d\u2019interventions, beaucoup d\u2019énergies dépensées.De l\u2019agitation?Peut-être.Si on ne peut écarter du revers de la main tous ces efforts, il nous semble cependant que c\u2019est à une revision plus profonde qu\u2019invite la situation actuelle.Il faudrait revenir sur les objectifs qui ont présidé à la création des polyvalentes, pour voir si on veut les maintenir, et reviser les structures mêmes de l\u2019école secondaire publique qui en font actuellement une institution hiérarchisée et sélective.Il faudrait aussi réexaminer le taylorisme qu\u2019on a appliqué au champ de la connaissance en la morcelant et la parcellisant, taylorisme qui marque aussi les procédures de transmission de ces connaissances (la grille-horaire) et qui a transformé les professeurs eux-mêmes en spécialistes de matières.Après vingt ans, un bilan, une analyse en profondeur s\u2019imposent.L\u2019innovation poursuivie par les polyvalentes ne résiste pas à l\u2019érosion et la crise mine une institution publique qui encadre l\u2019ensemble de la jeunesse pendant cinq années névralgiques, celles où se fixent les identités culturelles et sociales et où souvent se joue l\u2019avenir professionnel.Il y a peu d\u2019institutions publiques susceptibles de marquer autant le destin des jeunes.¦ 7.\tVoir: Conseil supérieur de l\u2019éducation, La condition enseignante, avis au ministre de l\u2019Éducation, Gouvernement du Québec, 1 984.8.\tVoir entre autres: Marc Audet, Relance 1980, 1 er et 2e cycle à l\u2019Université, ministère de l'Éducation, Gouvernement du Québec, 1982, p.89. FORMÉS POUR INNOVER?par Michel Carbonneau professeur à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal En quinze ans de «rattrapage», la scolarité moyenne des enseignants du primaire s\u2019est élevée de deux années.Il n\u2019est pas sûr, cependant, que les diplômes aient accru la satisfaction de leurs titulaires dans l\u2019exercice de la profession ou qu\u2019ils aient effectivement amélioré leur pratique pédagogique.L\u2019université n\u2019est pas l\u2019école.La formation permanente est-elle en panne?depuis le rapport Parent, formation et perfectionnement des enseignants du primaire ont constitué une importante préoccupation du monde québécois de l\u2019éducation.Il fallait rehausser les standards, rejoindre le XXième siècle et se rapprocher davantage des pratiques nord-américaines.On a voulu sortir la formation initiale de ce que l\u2019on considérait, sans trop le dire, comme son caractère artisanal, en la retirant des écoles normales pour en confier la responsabilité aux universités.Du coup, les enseignants voyaient leur statut professionnel bonifié puisque, d\u2019instituteurs brevetés, ils devenaient des diplômés universitaires, avec permis d\u2019enseigner.Au delà des mots, il faut reconnaître que la formation initiale, selon les brevets, gagnait alors de une à trois années de scolarité de même que l\u2019accession aux études graduées.Ce changement au chapitre de la formation initiale allait cependant créer une pression additionnelle sur le corps enseignant.Déjà invité à renouveler sa pédagogie \u2014 autre conséquence du rapport Parent \u2014, il allait être fortement incité à se hisser 1.Conseil supérieur de l\u2019éducation, La condition enseignante, Québec, 1984.au niveau de formation des nouveaux arrivants.Un train de mesures de perfectionnement devait rapidement être constitué.Le projet SEMEA (Stages d\u2019entraînement aux méthodes d\u2019éducation actives) prit l\u2019avant-garde dès 1965 alors que la formation initiale dans les universités démarrait sérieusement en 1968 et 1969.Les formules se sont multipliées pour opérer le rajeunissement des pratiques éducatives au Québec.L\u2019enseignement dit «traditionnel» était pris à partie et les enseignants qui résistaient à s\u2019engager dans une démarche de perfectionnement étaient facilement perçus comme peu ouverts, voire professionnellement attardés.Il faut bien dire que les mesures incitatives étaient importantes, allant de l\u2019allègement de la tâche à l\u2019avancement dans l\u2019échelle salariale, sans compter la reconnaissance par le milieu de son dynamisme professionnel.Quinze ans plus tard, les effets de ces différentes interventions sont tangibles, notamment au chapitre de la scolarité moyenne des enseignants du primaire qui est passée de 13-14 ans à 15-16 ans.Le perfectionnement «vertical» a fonctionné mais la question de la formation continue n\u2019est pas réglée pour autant.En bref, si l\u2019enseignant a amélioré sa scolarité, on n\u2019est pas convaincu qu\u2019il ait amélioré sa pratique pour autant.relations septembre 1 985 Profil actuel L\u2019enseignant d\u2019aujourd\u2019hui, qui est-il?Si on en croit un rapport du Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE) de 1984L h avait, en moyenne, 39,8 ans en 1983, cumulait 16,3 ans de scolarité et 17,3 ans d\u2019expérience.Sans grand risque de se tromper, on peut ajouter deux années à chacun de ces chiffres, sauf pour la scolarité, pour avoir une bonne idée de la situation en 1985.Au préscolaire-primai-re, ils étaient 34 619 en 1983, dont 29 987 femmes (87%) et 4 632 hommes (1 3%).Cette très forte concentration féminine force à nuancer le portrait-type initial puisque les enseignantes sont plus jeunes d\u2019environ un an, moins scolarisées d\u2019environ 6 mois et plus jeunes dans la profession d\u2019environ 6 mois.Ces différences paraissent minimes à cause de l\u2019effet de la moyenne, ce qui est vrai pour l\u2019âge, mais il suffit de constater que, dans la catégorie 18 ans et plus de scolarité, on retrouve 41% des hommes et seulement 14% des femmes pour réaliser l\u2019impact de cette variation.À l\u2019autre extrémité de la courbe, dans la catégorie 1 5 ans et moins de scolarité, on retrouve 43% des femmes, principalement chez les plus âgées, contre 1 7% des hommes.229 En résumant et complétant ce premier regard on peut dégager ces deux considérations: 1- les enseignants du primaire, qui sont majoritairement des femmes, ont un âge moyen qui, en principe, les situe d\u2019emblée dans la période de maturité personnelle et professionnelle.Ceci est d\u2019autant plus plausible pour l\u2019ensemble que 67% ont entre 30 et 45 ans.2- Les enseignants du primaire, dans une forte proportion (58%), ont atteint un niveau de scolarité comparable au niveau du baccalauréat, ce qui constitue un rattrapage important par comparaison à la situation d\u2019il y a dix ans.Toutefois, bon nombre d\u2019entre eux, surtout parmi les plus âgés, demeurent en deçà de ce seuil critique.Facettes du vécu Ces données, bien que révélatrices d\u2019une facette de la réalité des enseignants, renseignent peu sur leur vécu.Or, en cette matière, les études, nombreuses et variées, tendent à dégager des conclusions relativement convergentes.Elles concernent d\u2019abord la formation reçue.De manière générale, ainsi qu\u2019en témoignent tant les sondages menés au Québec dans trois universités (Montréal, Sherbrooke et UQAM), que l\u2019enquête de R.Cormier2 3 et diverses études menées aux États-Unis par I\u2019Institute for Research on Teaching du Michigan^ les enseignants estiment avoir peu appris sur le plan pratique dans les programmes de formation initiale, si ce n\u2019est dans les stages.Ils auraient appris l\u2019essentiel de leur connaissance pratique dans leurs premières années d\u2019enseignement, période pendant laquelle, par ailleurs, ils auraient apprécié recevoir plus de support.Ce dernier constat est con- firmé par la recherche de R.Presser4, sur l\u2019identification des besoins de développement professionnel des éducatrices de la petite enfance.En second lieu, ces données font ressortir une très grande insatisfaction à l\u2019endroit du perfectionnement offert par les universités.Essentiellement il est reproché à ces programmes leur coupure d\u2019avec le quotidien vécu dans les écoles.Des efforts ont pourtant été faits pour les rapprocher de cette réalité mais apparemment sans trop de résultats.Conçus, dès l\u2019origine, pour permettre l\u2019obtention de diplômes universitaires, ils se sont modelés en partie sur les programmes de formation initiale.Ce faisant, ils n\u2019ont pas véritablement su apporter des solutions aux problèmes de tous les jours des enseignants.Plusieurs enseignants considèrent même avoir été traités en enfants d\u2019école dans cette vaste opération de perfectionnement des dernières années, ce qui n\u2019est pas pour dorer le blason de la formation continue.En troisième lieu, ces enquêtes dénotent un degré de satisfaction dans l\u2019exercice de la profession d\u2019autant plus faible qu\u2019on se rapproche de l\u2019année 1983.L\u2019enquête (déjà citée) de R.Cormier (1979) invitait à un certain optimisme, mais une étude, commanditée par l\u2019Alliance des professeurs de Montréal et rapportée par le CSE, fait état, partant d\u2019un niveau de satisfaction déjà faible, d\u2019une détérioration importante de 1978 à 1983.Les données recueillies par le CSE confirment d\u2019ailleurs cette piètre situation de 1 983.Enfin, ces recherches nous renseignent sur l\u2019ambiguité vécue autour du statut professionnel de l\u2019enseignant.Avec une formation qui le rend comparable à nombre d\u2019autres professionnels, il n\u2019en a pas les prérogatives.Nécessairement régi par une convention collective, sauf en institution privée, assujetti à des programmes d\u2019enseignement, largement orienté dans ses activités de perfectionnement, il ne jouit ni de la liberté de pratique propre aux autres professions ni d\u2019une reconnaissance sociale comparable.Il en résulte une image de soi généralement mitigée, pour ne pas dire négative.De ce deuxième regard, se dégage: 1 - l\u2019idée que la formation initiale n\u2019élimine pas le besoin pressant d\u2019une formation continue supportante durant les premières années d\u2019enseignement; 2- l\u2019obligation pour les activités de formation permanente de respecter davantage les enseignants en répondant mieux aux besoins concrets générés par leur pratique; 3- le constat d\u2019un climat d\u2019insatisfaction qui commande une valorisation professionnelle accrue.Le changement Parler de formation permanente ou de formation continue, c\u2019est aussi parler de changement.Il n\u2019est pas d\u2019évolution qui ne repose sur une transformation, fût-elle minime.Le concept d\u2019éducation permanente ou continue doit d\u2019ailleurs son apparition à l\u2019obligation, ressentie par les sociétés post-industrielles, de s\u2019adapter à un rythme de change- 2.\tCormier R.et al., Les enseignantes et enseignants du Québec, Vol.6, Québec, 1 980.3.\tFeiman-Nemser Sharon, Learning to Teach, Institute for Research on Teaching, Michigan State University, 1983.4.\tPresser Raquel, L\u2019identification des besoins de développement professionnel auprès des éducatrices de la petite enfance, Communication, Société canadienne de l\u2019éducation, 1985.dans le numéro d\u2019octobre VERS UN QUÉBEC MULTIETHNIQUE?LE LIBRE ÉCHANGE AVEC LES ÉTATS-UNIS LES SECTES ET LE DROIT LE TIERS MONDE ET LA CRISE DU SOCIALISME 230 relations septembre 1 985 ment considérablement accéléré.Il importait alors de prendre des mesures qui allaient permettre à un maximum d\u2019individus de suivre de près ce rythme et même de le devancer.Les enseignants n\u2019allaient pas échapper à cette contrainte.Non seulement leur fallait-il suivre le mouvement pour eux-mêmes, mais encore devaient-ils être en mesure de dispenser un enseignement qui soit à jour et susceptible de préparer leurs élèves au changement.C\u2019était le apprendre à apprendre des années \u201970 dont l\u2019actualité demeure mais que l\u2019on tend progressivement à doubler d\u2019un apprendre à penserez d'un apprendre à vivre, ce qui est déjà plus difficile! Sur le fond, personne ne songe à contester l\u2019obligation de se mettre au pas du changement; l\u2019effervescence technologique qui nous enveloppe ne laisse pas de choix.Sur la forme, cependant, les avis sont plus partagés.En effet, chacun prétend savoir à quelle évolution sociale, et donc à quel changement, il faut ouvrir les enseignants.Chercheurs, politiciens et technocrates ont multiplié les efforts pour arrêter diverses directions dont les succès ont tous été partiels.Le principal mérite de ces différentes formules réside probablement dans le fait qu\u2019elles se sont succédé.Elles ont ainsi offert, au cours des années, une diversité susceptible d\u2019éveiller chez un plus grand nombre la volonté de changement.Car force est de reconnaître que si la volonté de changement caractérisait l\u2019institution scolaire, il est moins certain qu\u2019elle caractérisait, au départ, la majorité des enseignants.Malgré qu\u2019un premier effort collectif ait été consenti et que les statistiques sur la scolarité des enseignants soient plus encourageantes, on peut se demander si la démarche d\u2019ouverture au changement ne risque pas de s\u2019arrêter, étant donné que les enseignants intègrent peu de nouvelles recrues dans leurs rangs.De fait, le CSE n\u2019a pas su résister à la tentation de s\u2019inquiéter devant le caractère vieillissant du corps enseignant.Pourtant, l\u2019ouverture n\u2019est pas synonyme de jeunesse.Paraphrasant un propos d\u2019Andrews5, rappelons qu\u2019il importe de ne pas confondre innovation et changement.Sans doute peut-on croire que les jeunes sont 5.Andrews J.H.M., «Alternative Futures for Faculties of Education», Canadian Journal of Education, 9:3 (1984), p.261-275.plus aptes à l\u2019innovation parce que moins cristallisés dans une vision des choses ou une pratique professionnelle.Cependant, cette aptitude «par défaut» qu\u2019ont les jeunes à s\u2019engager dans une voie qui présente, pour les anciens, un caractère de nouveauté ne garantit pas, pour la suite, leur ouverture au changement.Car le changement chez une personne connaît divers degrés.Il est d\u2019autant plus facile de s\u2019y engager qu\u2019il est peu impliquant.Par contre, il est d\u2019autant plus garant d\u2019ouverture, et de développement, qu\u2019il concerne profondément l\u2019être.Cette évolution en profondeur suppose sécurité et maturité personnelles qui, sauf exceptions, viennent avec le temps et l\u2019âge.Ce troisième et dernier regard amène à conclure que: 1- la formation continue est une formation au changement; 2- la voie du changement varie avec les personnes; il s\u2019impose donc de diversifier les formules offertes; 3- le vieillissement du corps enseignant ne saurait justifier qu\u2019on renonce à la poursuite du changement, mais suggère qu\u2019on s\u2019adapte à la situation; 4- les responsables de la formation permanente doivent sérieusement tenir compte de la maturité professionnelle des enseignants et leur offrir la possibilité de ressource-ments plus en profondeur.La prochaine décennie En accord avec le point de vue du CSE, il faut penser que le perfectionnement de type rattrapage est chose du passé.Ceux qui entrent sur le marché du travail ont atteint au minimum le niveau du baccalauréat.Quant aux professeurs plus âgés qui cumulent de nombreuses années d\u2019expériences, l\u2019obtention d\u2019un diplôme universitaire ne constitue généralement pas leur première ambition.Restent les formes plus «ad hoc» de perfectionnement, soit de type recyclage, devant permettre de remplir de nouvelles fonctions dans le système, soit de type mise à jour, devant assurer l\u2019adaptation aux différentes modifications introduites dans les programmes, les définitions de tâches, etc.Dans le cas du recyclage, il faut espérer qu\u2019il soit de moins en moins utilisé pour compenser les méfaits de la mise en disponibilité; trop souvent relations septembre 1985 on s\u2019est recyclé par souci du gagne-pain plus que par intérêt ou disposition pour une nouvelle fonction.Quant à la mise à jour, il s\u2019agit sans doute de la forme de perfectionnement appelée à connaître les plus grands développements.Déjà présente, elle se rencontre beaucoup dans le cadre des journées pédagogiques.Malheureusement, même sous cette forme, peu de place est laissée à l\u2019initiative enseignante.Le contenu de ces journées est fréquemment déterminé à l\u2019avance par les autorités.Encore ici, on décide pour les enseignants de leurs plus urgents besoins.Jamais ils n\u2019ont l\u2019occasion d\u2019innover, toujours acculés qu\u2019ils sont à une nouvelle adaptation, comme si le système avait choisi le truc de la carotte pour les motiver plutôt que la stimulation par l\u2019attrait et la diversité des formules.Pourquoi ne pas proposer le congé auto-finan-cé, les micro-programmes, la visite dans un centre de ressources (les teacher centers américains) ou l\u2019allègement de la tâche pour la production de matériel didactique?On parle depuis plusieurs années déjà d\u2019un centre de ressources qui, sans jeu de mots, pourrait aussi constituer un centre de ressource-ment.Qui prendra enfin l\u2019initiative de rassembler les personnes concernées et d\u2019élaborer concrètement un plan?Jusqu\u2019à maintenant, les universités ont le plus souvent été exclues de ces projets.L\u2019occasion sera pourtant belle d\u2019élargir le cadre de leurs didacthèques et de jeter les ponts d\u2019un rapprochement entre la formation initiale et la formation continue.Les jeunes pourraient y trouver support et idées, les anciens, recul et mise à jour.Quelles que soient les formules, elles devront être nombreuses, diversifiées, préoccupées de la pratique et ouvertes au statut de professionnel des enseignants.Ce dernier aspect à lui seul pourrait constituer le premier défi du perfectionnement à venir, à tout le moins du point de vue des enseignants eux-mêmes.Déjà sensibles à leur statut vis-à-vis des parents, il leur reste à affirmer leur professionnalisme (pour eux-mêmes) et à assumer une plus large part d\u2019autonomie et de responsabilité à l\u2019égard de leur développement professionnel.Ainsi, dans dix ans, on ne parlera plus de perfectionnement-rattrapage, mais de perfectionnement professionnel au sein duquel le potentiel de croissance des enseignants jouera un rôle déterminant.¦ 231 dépêches tenue récemment à Montréal, la troisième rencontre mondiale des communautés maronites souhaite qu\u2019on organise bientôt une conférence internationale sur la question libanaise avec la présence des grandes puissances mondiales.L\u2019Union mondiale des communautés maronites a décidé de tenir sa prochaine rencontre, la quatrième, au Liban.Bien que les Maronites libanais ne constituent que 800 mille des 6 millions de Maronites qu\u2019il y a dans le monde, l\u2019avenir du Liban fut une question prioritaire à la rencontre de Montréal qui a dénoncé la situation tragique faite aux chrétiens libanais.(IPS) allan Boesak, un pasteur de l\u2019Alliance des Églises réformées, a été arrêté le 9 août avec 18 autres personnes, dont plusieurs personnalités religieuses, pour avoir défié l\u2019interdiction d\u2019assister à des funérailles qui avaient lieu à Guguletu, près de Cape Town, en Afrique du sud.Mr.Boesak est, avec Mgr Desmond Tutu et le révérend Byers Naude (secrétaire général du Conseil des Églises sud-africaines), sur la liste des leaders religieux que le gouvernement considère comme «subversifs».Il est aussi un des dirigeants du Front démocratique uni, qui avait demandé de boycotter les commerçants blancs pour exiger le retrait des mesures d\u2019apartheid.(N.Y.T.) d ans le pays de Castro, une «nouvelle Église catholique» émerge tranquillement et cherche sa voie dans la société cubaine.La moyenne d\u2019âge des prêtres actuellement est autour de 45 ans, et cette nouvelle génération, qui souvent avait étudié à l\u2019université dans un système d\u2019éducation basé sur le marxisme-léninisme avant d\u2019entrer au séminaire, refuse le ghetto.Le porte-parole de ce courant nouveau du catholicisme cubain, Mgr Jaime Ortega Alamino, archevêque de La Havane et le plus jeune évêque de la Conférence épiscopale, clôturait récemment une assemblée diocésaine en disant: «nous exigeons le droit de tenir notre place dans la société cubaine d\u2019aujourd\u2019hui».Au séminaire protestant de Matanzas, on a réformé le programme des études théologiques pour mettre un plus fort accent sur les sciences sociales.Mais le recteur d\u2019ajouter: «cela ne signifie pas que nous intégrions la philosophie marxiste.Nous ne sommes pas une école de membres du parti, mais nous formons de futurs pasteurs».(IPS) W illem Adolf Visser\u2019t Hooft est mort au mois de juillet.Né à Utrecht, le 20 septembre 1900, il était pasteur de l\u2019Église néerlandaise réformée.En 1937, il participe activement à la préparation de «Foi et constitution» (Edinburgh), de «Vie et action» (Oxford), deux conférences oecuméniques qui contribueront à faire naître le Conseil mondial des Églises, dont il sera nommé secrétaire général.C\u2019est grâce à son dynamisme et à son grand esprit de foi que cet organisme se développera, et que s\u2019intensifieront les contacts avec l\u2019Église catholique: le comité de travail mixte fonctionne depuis 1965.«L\u2019oecuménisme, disait-il, est un cercle.En son centre est le Christ.C\u2019est dans la mesure où l\u2019Église se rapproche du centre ou se purifie des éléments non chrétiens, que le christianisme trouvera de lui-même son unité».(IPS) m iguel d\u2019Escoto a mis fin à son jeûne parce qu\u2019il jugeait avoir atteint son objectif: sensibiliser l\u2019opinion internationale au danger d\u2019une agression américaine au Nicaragua.Dans une entrevue accordée à l\u2019Institut historique centre-américain, le P.d\u2019Escoto explique comment s\u2019est développé un cinquième champ de bataille, «théologique», dans l\u2019agression nord-américaine contre son pays.Selon lui, Reagan a échoué sur les quatre premiers champs: le militaire, le diplomatique, l\u2019économique et le légal.Aussi s\u2019est-il mis à utiliser des arguments religieux et théologiques.Les États-Unis et la civilisation américaine représenteraient le camp du «bien», alors qu\u2019au Nicaragua se trouve le terrorisme, le «mal», qui doit être détruit, anéanti.Dans cette guerre «théologique», Reagan, qui n\u2019est pas lui-même catholique, parle au nom du Pape, et il se présente comme le défenseur des «droits religieux».Au Nicaragua, les porte-parole américains utilisent des phrases du Cardinal Obando pour justifier l\u2019agression.Le P.d\u2019Escoto dénonce cette manipulation des sentiments religieux.relations septembre 1 985 Le PQ après René Lévesque STATU QUO, TRAHISON, FIDÉLITÉ?par Julien Harvey « le père fondateur parti, l\u2019heure est I redoutable pour les héritiers du I Parti Québécois»1, écrivait l\u2019ob-I servateur politique bien connu Gilles Lesage, au lendemain de la démission du premier ministre René Lévesque.Un mois plus tard, cette observation est plus juste que jamais.Car il est devenu plus évident encore qu\u2019à ce moment-ci de l\u2019histoire les enjeux réels sont plus difficiles à cerner qu\u2019au temps heureux où M.Lévesque créait le PQ en octobre 1968.Les enjeux superficiels En planifiant la succession, il est d\u2019abord facile de partir des virages manqués au niveau le plus élevé de notre destin national: le référendum sur la souveraineté en 1 980, l\u2019accord constitutionnel sans le Québec et sans reconnaissance de sa réalité en 1981.Dans une période d\u2019affaiblissement ou de mutation de la fierté nationale, où en particulier une jeunesse dépolitisée par la crise économique et le chômage ne se retrouve plus, il est devenu clair que ces échecs du PQ en ont déçu plusieurs au point de les rendre indifférents à la succession.Une autre source de malentendus provient des tâches inachevées, nombreuses dans le bilan d\u2019un gouvernement novateur qui a été longtemps au pouvoir, depuis 1976: relance économique, réduction du chômage surtout chez les jeunes, réforme scolaire, refonte du code du travail et du cadre de négociations dans le secteur public, implantation de la représentation proportionnelle à l\u2019As- 1.\tLe Devoir, 22 juin 1 985, p.10.2.\tLe Devoir, Éditorial du 22 juin 1 985, p 10.semblée nationale, dépassement de la discrimination à l\u2019égard des femmes et des minorités ethniques.Dans une période de reprise lente, cette liste de chantiers inachevés favorise plutôt le choix instinctif d\u2019un opportuniste et d\u2019un réformiste comme responsable de la deuxième génération de leadership du parti.À ceci s\u2019ajoute l\u2019image que certains conservent du PQ au temps de René Lévesque.Songeons en particulier à celle-ci: «Pour donner sa vraie force à la doctrine constitutionnelle qui portait sa signature, René Lévesque a créé un parti politique fait d\u2019un assemblage hétéroclite de tendances idéologiques opposées et de fragments disparates venus de toutes les familles politiques: indépendantiste, libérale, créditiste et conservatrice»2.Si cela était vrai, il n\u2019y aurait guère d\u2019intérêt, sauf l\u2019ambition du pouvoir, qui pourrait motiver qui que ce soit à choisir avec soin le porteur du drapeau.La solution la plus simple serait sans doute de s\u2019abandonner au destin du Parti conservateur ou du parti créditiste et de laisser le Parti libéral occuper tout le terrain car il a, lui, une idéologie unifiée et cohérente, celle du néo-libéralisme.Mais nous possédons déjà trop d\u2019études attentives de la pensée de René Lévesque et de sa trajectoire politique pour ne pas voir qu\u2019en arrière des chemins parfois méandreux des dix années du PQ au pouvoir il y a eu, et il y a encore, une structure cohérente de choix, appuyés sur une idée du Québec et de la qualité humaine de ceux et celles qui y sont.Les vrais enjeux Ce qu\u2019a porté le PQ, c\u2019est d\u2019abord un souci réaliste de notre identité nationale, de notre culture commune, relations septembre 1 985 un projet où toute la communauté québécoise peut se retrouver, et non pas seulement les hommes d\u2019affaires ou les minorités nanties.Sans cette motivation profonde, on ne pourra jamais expliquer comment René Lévesque a pu entraîner dans l\u2019aventure politique tant de gens qui étaient tout autre chose que des marchands et qui, malgré quelques accidents regrettables de parcours, sont demeurés à l\u2019écart des combinaisons sordides et de l\u2019exploitation éhontée de leur pays au profit de l\u2019étranger.Et la nouvelle génération d\u2019entrepreneurs promus par la Révolution tranquille, la Loi 101 et les institutions économiques mises en place par le PQ ne pourra remplacer cette équipe qu\u2019à une condition: ne pas être en situation de monopole ou de contrôle politique clandestin.En deuxième lieu, le PQ a amené une option pour la démocratie sociale.Elle a tellement déconcerté le lobbying des corps intermédiaires fortement organisés qu\u2019elle a provoqué des départs vers Toronto, des remplacements inimaginables jusque-là dans la direction des grandes entreprises économiques, des concessions inespérées auparavant au pouvoir syndical, provoquant en retour des difficultés de négociation, surtout dans le secteur public, dont nous ne sommes pas près de voir la solution.Cela non plus ne doit pas se perdre, malgré la popularité actuelle de la loi et de l\u2019ordre.En troisième lieu, le PQ a apporté une volonté de créer une société compatissante, et qui tient à continuer de l\u2019être, dans une période de retour féroce de l\u2019individualisme.Après dix ans, nous nous retrouvons sans doute en difficulté économique, le budget d\u2019aide sociale ayant doublé pendant les quatre dernières années, passant de 1 milliard à 2, mais il y a là des valeurs de solidarité et de justice dont il serait tragique de nous départir, simplement parce que les États-Unis l\u2019ont fait ou parce que les médias ont annoncé la fin de l\u2019État-pro- 233 vidence.Quatrièmement, le PQ c\u2019est la promotion d\u2019une éçonomie mixte, où l\u2019intervention de l\u2019État s\u2019impose pour une raison qui nous est propre et qui était inconnue à Keynes comme à Beveridge, le besoin d\u2019une solidarité économique nationale dans la compétition avec les capitaux étrangers et les multinationales, une compétition que nos entreprises encore en croissance ne sauraient supporter seules.C\u2019est surtout cela qui est le défi de la succession de René Lévesque.Il y a là des réalités sociales chères à au moins la moitié d\u2019entre nous, ceux qui ont élu le PQ depuis 1976, ceux et celles qui ont dit Oui au référendum, les plus jeunes qui partagent une autre conception de la vie humaine que la compétition sauvage du marché, même si l\u2019option indépendantiste leur semble un moyen moins urgent pour assurer cette qualité de la vie.Le vrai défi, c\u2019est de conserver tout cela, de l\u2019adapter sans lâcheté maintenant que de nouvelles forces se sont mises en marche, qu\u2019il s\u2019agisse de la force nouvelle du marché nord-américain, de l\u2019explosion technologique, de la menace de faillite par surexploitation du système de redistribution sociale de la richesse, du retour à l\u2019entreprise privée dans tous les domaines où nous avons étatisé allègrement depuis 40 ans: santé, écoles, services publics, communications, sans oublier la nouvelle situation du travail organisé en face du patronat, requérant des formes viables de concertation.Le programme déchiré Chacun des six candidats et candidates à la succession de M.Lévesque a présenté au cours de juillet un manifeste, au moment de son entrée en lice.Chacun des manifestes cherche à évoquer tous ces défis, tout en évitant les prises de position solides.Je signale des points vitaux à surveiller.M.Pierre-Marc Johnson: «Le peuple québécois représente quelque chose d\u2019unique sur ce continent.Notre action n\u2019aurait aucun sens hors les murs de la légitimité populaire.Nous devons compter d\u2019abord et avant tout sur nous-mêmes.» C\u2019est bien là une partie de la tradition du 234 parti.Mais il faudra demander à M.Johnson ce qu\u2019il entend faire et laisser faire «en lâchant la bride à la nouvelle génération des audacieux, des lutteurs qui cherchent à s\u2019affirmer, ici et ailleurs dans l\u2019industrie, dans le commerce et dans la culture.» Pour sûr, le PQ a créé la première génération d\u2019entrepreneurs et de financiers de haute qualité chez nous; mais s\u2019ils devaient maintenant devenir un groupe privilégié et asocial, à la place du groupe privilégié et asocial qu\u2019ils ont déplacé, une large part des valeurs du PQ et du Québec aurait disparu.Mme Pauline Marois: «Il faut croire de toutes nos forces à un Québec de demain, encore mieux équilibré, encore plus équitable et surtout serein et souverain.Nous sommes passés trop rapidement du social à l\u2019économique, en oubliant que les deux sont des sciences humaines.Chaque jour, nous devons nous répéter: décidons d\u2019entreprendre l\u2019avenir.» Excellent, mais il faudra savoir ce qui se cache sous l\u2019énoncé suivant: «Il nous faudra établir clairement et concrètement comment et jusqu\u2019où les gens et les collectivités veulent prendre ou reprendre les pouvoirs de décider et d\u2019agir par eux-mêmes quant à leur santé, leur éducation, leur loisir, leur culture, leur emploi et leur retraite?Par quels engagements concrets l\u2019État qui, par complaisance ou par défaut, a centralisé tous ces pouvoirs, peut-il les leur redonner?Pour qui et jusqu\u2019où va la redistribution de la richesse et quels canaux devons-nous privilégier?» M.Guy Bertrand: «Je ne veux plus d\u2019un Parti québécois à deux faces: fédéraliste le jour, indépendantiste la nuit.Je veux faire l\u2019indépendance pour donner la prospérité aux Québécois.» Bien.Mais il faudra insister pour qu\u2019il précise ce que signifie pour lui: «Il faut retisser nos liens sociaux autour d\u2019un objectif commun: la prospérité.» M.Jean Garon: «Je crois que la souveraineté est possible sans le séparatisme.Le devoir des politiciens est de trouver une formule.Une des voies à explorer est celle que nous indiquent les pays membres de la Communauté Économique Européenne.» Mais ici encore il faudra questionner M.Garon pour qu\u2019il précise ce que signifie pour lui: «Nous allons continuer de nous occuper du niveau de vie, de ce que les économistes appellent dans leur jargon le PNB ou produit national brut, mais en même relations septembre 1985 temps nous devons nous préoccuper de plus en plus de la qualité de la vie, de ce que j\u2019appellerai le BNB.le bonheur national brut.» Mme Francine Lalonde: «L\u2019objectif du parti, la priorité de ses priorités, doit être la lutte au chômage, la recherche de plein emploi, du travail pour tout le monde, un travail décent dans des conditions décentes.Le plein emploi, c\u2019est un projet économique et social que les petits peuples réussissent mieux à cause de la solidarité qu\u2019ils peuvent plus facilement mettre en oeuvre.» Cela sonne bien, mais il faudra demander des précisions vitales sur la phrase qui suit: «C\u2019est un projet difficile, pour lequel nous pouvons compter sur des instruments que nous avons déjà, mais auxquels certains autres devront être ajoutés.Il faut se donner des moyens.» M.Luc Gagnon: «Mon objectif premier, c\u2019est de montrer que, parmi toutes les approches qui existent pour solutionner nos problèmes de ressources de santé, de chômage, c\u2019est l\u2019écologisme qui fournit les solutions les plus réalistes et les plus concrètes.» Il a sans doute raison, surtout à très long terme.Mais il faudra que M.Gagnon nous dise ce que signifie: «Le PQ fournit actuellement une occasion exceptionnelle à toutes les tendances d\u2019influencer le développement du Québec.» Le 29 juillet dernier, M.Pierre-Marc Johnson invitait ses collègues déjà en course à faire preuve de «retenue» dans les promesses électorales.Le mot a amusé, mais il reflète bien la situation.Cette foule de candidats à une succession extrêmement difficile a quelque chose de menaçant: chacun ou chacune brandit un lambeau du drapeau, un procédé qui risque beaucoup de le rendre méconnaissable.C\u2019est plutôt aux Québécois et Québécoises qu\u2019il faut recommander de «retenir» les progrès humains qu\u2019a apportés le PQ et que nous n\u2019avons pas les moyens de perdre.Quant à ceux et celles qui se consolent en se disant, confidentiellement, que la fierté nationale ne se perd pas et qu\u2019on peut laisser mourir le PQ en pensant à une nouvelle fondation pour l\u2019an 2000, ils ont en partie raison, mais ils ne doivent pas oublier que l\u2019occasion historique ne reviendra pas facilement, avec l\u2019extraordinaire percée réalisée par les vingt-cinq années de René Lévesque et les dix années du PQ.¦ RECENSIONS DE SEPTEMBRE _lectures_ C.S.E.: La condition enseignante.?René Girard: La route antique des hommes pervers.?Jean-Yves Cal-vez: Droits de l\u2019homme, justice, évangile.?Joseph Pestieau: Guerres et paix sans État.P pour faire le point sur la situation de l\u2019enseignement au Québec, après les décrets et les nouveaux programmes, il faut se reporter à La condition enseignante, un rapport du Conseil supérieur de l\u2019éducation, déposé il y a exactement douze mois et publié sous forme de livre à la fin de l\u2019année dernière.Cet avis est le fruit d\u2019une recherche sérieuse et d\u2019un travail de réflexion remarquable: «des audiences tenues dans chaque région du Québec et à l\u2019échelle nationale, une recherche terrain auprès d\u2019enseignantes et d\u2019enseignants d\u2019une cinquantaine d\u2019écoles», l\u2019analyse de nombreux témoignages personnels et l\u2019étude des courbes statistiques du ministère de l\u2019Éducation permettent au Conseil de réhabiliter les personnes engagées dans l\u2019éducation sans masquer les ratées et les problèmes graves de notre système d\u2019enseignement.Avant de scruter les conditions de travail des maîtres, leur formation et leur statut professionnel, le Conseil note avec raison que la crise de l\u2019école reflète un désarroi plus profond et plus largement répandu: «l\u2019école n\u2019apparaît plus comme une réalité stable centrée sur des objectifs permanents mais comme une institution qui doit constamment s\u2019adapter au contexte social ambiant.Petite société en elle-même, l\u2019école devient le reflet de la grande société qui l\u2019entoure.» Crise économique, crise de la famille, crise des valeurs se répercutent effectivement sur la vie quotidienne de l\u2019école.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019on situera le vieillissement relatif du corps enseignant, parvenu «à l\u2019âge de la maturité et d\u2019une grande efficacité professionnelle», qu\u2019on dénonce l\u2019absurdité de la pratique du «bumping» au niveau secondaire (où les spécialisations perdent leur sens), qu\u2019on souligne le peu de ressources investies dans l\u2019intégration des élèves en difficulté d\u2019adaptation et d\u2019apprentissage, qu\u2019on déplore l\u2019accroissement de la tâche (comment établir une relation humaine avec plus de 300 élèves rencontrés sur 24 périodes en six jours?) de même que la «rigidité et l\u2019uniformité (qui) semblent caractériser l\u2019interprétation qu\u2019on se fait de la grille-matières pour élaborer la grille-horaire».Le support pédagogique (publication des manuels mais aussi sessions de formation) n\u2019a sûrement pas facilité la mise en application des nouveaux programmes.Dans certains cas (milieux socio-économiquement faibles, secteur professionnel, éducation des adultes, enseignants religieux sécularisés après 1965), ce n\u2019est plus seulement l\u2019efficacité du système mais l\u2019équité qui est en cause.L\u2019aspect le plus inquiétant de ce rapport reste pourtant le malaise diffus enregistré chez le personnel enseignant: «l\u2019atmosphère de défaitis- relations septembre 1 985 me et d\u2019insatisfaction qui règne en de nombreuses écoles», «l\u2019essoufflement et la fatigue devant la lourdeur de la tâche générale à réaliser», «le phénomène croissant de l\u2019absentéisme ainsi que l\u2019augmentation des demandes de congés à temps partiel», «la difficulté des enseignants de s\u2019ajuster comme professionnels avec l\u2019ensemble des autres partenaires en éducation».Sans prôner de recettes-miracles, les recommandations du Conseil vont dans le sens d\u2019une revalorisation de la profession et d\u2019un plus grand respect des personnes, qu\u2019il s\u2019agisse du rapport avec les étudiants, des relations de travail à l\u2019intérieur de l\u2019école, de la concertation entre les divers paliers de l\u2019administration scolaire ou des contacts avec les parents.Après avoir investi tant d\u2019efforts dans la réforme des structures et des programmes, il est grand temps, en effet, de contrer la bureaucratisation de l\u2019école.¦ Ses commentaires du livre de Job sont nombreux mais celui-ci attire l\u2019attention parce qu\u2019il est de René Girard.Plusieurs connaissent déjà la thèse «mimétique-victimaire» de cet auteur (cf.La violence et le sacré, Le bouc émissaire, etc.).Le mimétisme du désir (ce qu\u2019on pourrait appeler «l\u2019envie») engendre la violence 235 dans la communauté humaine; cette violence, concentrée sur un homme (un «bouc émissaire») et repoussée au loin par le meurtre-sacrifice de ce dernier, serait à l\u2019origine du sacré et de toute culture.Ce mécanisme victi-mal, oublié maintenant, aurait été démasqué et rendu partiellement inopérant par l\u2019Écriture judéo-chrétienne qui s\u2019est mise du côté des victimes et a fait entendre leur voix.Le Christ, prenant sur lui toute la violence de ce mécanisme, l\u2019aurait complètement renversée, révélant ainsi le vrai Dieu et le véritable sacré.C\u2019est à partir de cette thèse que Girard a lu Job, dans le présent volume.Ce personnage de la Bible, nous dit l\u2019auteur, est lui-même une victime typique: à son tour, il a dégringolé «la route antique» de ceux que le mécanisme victimal a fait passer pour des «hommes pervers».Pendant que les «amis» Eliphaz, Bildad et Sophar, li-turgistes en fait de cette violence collective, proclament à la fois la culpabilité de Job et l\u2019intransigeance du dieu de la rétribution, le pauvre homme dénonce ce sort qu\u2019il ne mérite pas, s\u2019en prend à la divinité cruelle et laisse apercevoir un défenseur, un Dieu qui prendrait le parti des victimes (voir Jb 1 6, 1 9-21 et 1 9, 25-27).Les lecteurs de Girard pourront être agacés par le ton polémique de l\u2019auteur devant les adversaires de sa thèse.D\u2019autres resteront perplexes devant certaines affirmations: seul le dialogue entre Job et les trois amis serait authentique, le reste ayant été ajouté pour «dissimuler la puissance subversive» de ce texte et le rendre «assimilable pour la piété moyenne».Qui plus est, certains chapitres présenteraient un faux dieu, sorte de «machine enregistreuse des unanimités violentes».Même le dieu du célèbre discours de Yahvé (Jb 38 ss.) est à démasquer: cette «espèce de montreur d\u2019ours» (sic) est le dieu des persécuteurs! Reste que cet essai renouvelle notre lecture de Job, en nous sortant de l\u2019analyse morale et métaphysique du problème du mal sur laquelle l\u2019interprétation traditionnelle reste habituellement fixée.«Job annonce le Christ dans sa participation à la lutte contre le dieu des persécuteurs.Il annonce le Christ quand il révèle le phénomène victimaire qui se trame contre lui, quand il s\u2019attaque au système de la rétribution et surtout quand il échappe brièvement à la logique de la violence et du sacré» (p.243).De fait, «Job s\u2019avance très loin sur la route qui conduit d\u2019une logique à l\u2019autre, d\u2019une divinité à l\u2019autre» (p.244): soit du dieu de la violence sacralisée au vrai dieu, le Dieu des victimes.Le dernier chapitre est justement intitulé «Le Dieu des victimes».Plusieurs liront avec intérêt ces quelques pages où, sous un angle assez inattendu, un professeur de littérature comparée vient éclairer ce que la théologie actuelle appelle «l\u2019option préférentielle de Dieu pour les pauvres».¦ mystérieusement, le Concile, qui pourtant avait fortement accentué la dimension sociale de la foi chrétienne, n\u2019a guère provoqué, surtout en domaine français, de renouveau de la pensée sociale écrite.Au contraire, on a vu proliférer les publications sur la vie interne de l\u2019Église: pratique sacramentelle, liturgie, renouveau de l\u2019éthique personnelle, querelles au sujet des cadres.Et pratiquement rien de correspondant à cette robuste réflexion de l\u2019âge de l\u2019Action catholique sur la pensée sociale de l\u2019Église, sur le syndicalisme, l\u2019économie, les conflits de classe, la politique internationale.Si bien que ceux et celles qui continuent de vivre le christianisme comme une réalité communautaire ouverte sur le monde, la seule option qui soit compatible avec l\u2019Évangile, devaient se ressourcer ailleurs, en particulier dans la théologie latino-américaine de la libération, dans la pensée sociale chrétienne allemande ou américaine.Jean-Yves Calvez, un jésuite qui a été proche collaborateur du Père Ar-rupe et qui dirige aujourd\u2019hui à Paris un Centre de recherche et d\u2019action sociales, est une heureuse exception.Spécialiste bien connu de la pensée de Karl Marx, il a bien assimilé la vieille tradition, celle des grandes encycliques sociales en particulier, il a vécu intensément le Concile, en suivant de près la rédaction de «L\u2019Église dans le monde de ce temps»; il en conserve une synthèse critique, nourrie des meilleurs acquis de cette époque.Et il demeure proche des accents nouveaux, chers à Jean-Paul II, droits de la personne (pourquoi dit-il toujours droits de l\u2019homme?), raccord entre foi et culture, option prioritaire pour les pauvres, intervention oecuménique sur la justice sociale et en faveur de la paix.Le livre qu\u2019il nous offre reproduit le «Carême de Notre-Dame de Paris», COURS PAR CORRESPONDANCE St vous désirez apprendre à travailler avec et dans la Bible, pourquoi ne pas suivre, chez vous, nos cours par correspondance?Vous pouvez vous inscrire à n\u2019importe quel moment et travailler à votre propre rythme.Il est primordial que vous possédiez une bible et suiviez les cours selon leur ordre chronologique.Chaque cours comporte douze leçons suivies de douze devoirs, que vous faites parvenir à SOCABI.Chaque devoir est corrigé, commenté et vous est retourné.A la fin de chaque cours, une attestation vous est remise.Les frais de participation doivent être versés au moment de l\u2019inscription.Ils couvrent les frais de correction.Premier cours: Introduction générale à l\u2019Ancien Testament Deuxième cours: Introduction au Nouveau Testament Troisième cours: Un certain visage de Dieu: t'Esprit Prix: 40$ chaque cours au Canada; 55$ chaque cours hors Canada S0CABI ¦\t.U\t,\t: Société catholique de la Bible, 7400, boul.St-Laurent # 519, Montréal H2R 2Y1, (514) 274-4381.236 relations septembre 1 985 six conférences présentées entre le 26 février et le 31 mars.À chacun des six chapitres, il a ajouté des compléments pour la réflexion.La démarche est claire et simple: après un premier exposé intitulé «De l\u2019Évangile à la vie sociale de chacun de nous», il présente successivement «Les droits de l\u2019homme: un nouveau point de départ pour l\u2019engagement social chrétien», «La communauté humaine, à l\u2019image de la communauté d\u2019amour en Dieu», «Pour la justice, des hommes justes», «L\u2019Église et ses sacrements, des signes pour notre vie sociale» et «Vers l\u2019intégration de notre vie sociale et de notre existence religieuse».Calvez aime visiblement faire solide plutôt que brillant.Il ne risque pratiquement aucune référence à la situation française, ne s\u2019appuie sur aucune praxis personnelle.Il se place carrément du côté de l\u2019Évangile, lu à l\u2019aide des grandes lettres sociales des papes du 20e siècle et du Concile.On appréciera les textes «pour prolonger la réflexion»: sur l'attitude du croyant moderne à l\u2019égard de la pensée sociale de l\u2019Église, sur la Charte des droits humains des Nations Unies en regard de celle de Jean XXIII dans «Paix sur la terre», sur l\u2019évaluation chrétienne du libéralisme à l\u2019heure du néo-libéralisme, sur le raccord entre justice et charité^ sur l\u2019unité entre foi et culture.Calvez est le premier à reconnaître que son livre n\u2019est pas complet; rien sur la famille, sur le monde du travail, sur l\u2019économie, sur le développement, sur l\u2019armement nucléaire.Et, il faut l\u2019ajouter, rien sur l\u2019importance essentielle de la praxis et de l\u2019analyse sociale pour susciter dans le concret la conversion, le discernement et l\u2019engagement.On souhaiterait qu\u2019il ait intégré à ses conférences les intuitions de base de Joao Batista Liba-nio, Formacion de la conciencia criti-ca, Bogota, 1984; de R.Gill, Prophecy and Praxis, Londres, 1981; de Jean-Baptiste Metz, The Emergent Church, Londres, 1981; et même de Leonardo Boff, Église, charisme et pouvoir, Paris, 1985.Mais ceci n\u2019enlève rien à la valeur du livre de Calvez.Il éclairera tous ses lecteurs sur le meilleur de ce que véhicule la pensée sociale chrétienne et il les aidera à y confronter leur pensée et leur action dans le présent.¦ Chacun de nous construit toujours un peu son sauvage.Lévy-Brühl auscultait la mentalité primitive pour vérifier empiriquement la relativité et les limites de l\u2019épistémologie, confirmant ainsi l\u2019agnosticisme philosohique dans lequel il s\u2019était réfugié.Lévi-Strauss, à l\u2019inverse, dévoile dans la pensée sauvage un rationalisme structurel, olympien, une Intelligence qui semble préexister à tout ce que notre petite raison \u2014 la chose au monde la mieux partagée, pensait Descartes \u2014 peut balbutier.Dans Guerres et paix sans État, c\u2019est encore une fois un philosophe qui fait le détour de l\u2019ethnologie, des sociétés froides (dans certains cas, le passage à l\u2019histoire chaude s\u2019effectuait déjà un peu), non pas pour trouver des réponses pour aujourd\u2019hui, mais seulement pour vérifier comment dans d\u2019autres contextes, totalement différents, les mêmes questions se posaient et que \u2014 on n\u2019est donc pas très loin de la pensée sauvage de Lévi-Strauss \u2014 les mêmes réponses valaient.Joseph Pestieau s\u2019intéresse, lui, à la philosophie politique.La guerre, la diplomatie, le commerce, quelles fonctions jouent-ils dans les sociétés sans État?Il est symptomatique de retrouver dans cette large enquête ethnologique une reprise des questions de Pierre Clastres et de René Girard tout à la fois.C\u2019est dire comment au delà.et même en deçà de la recherche terrain et de l\u2019érudition de l\u2019anthropologue, le questionnement et la réflexion du philosophe ici sont contemporains.C\u2019est étrange que nous «reconnaissions» à ce point ce qu\u2019est le big man chez les Kalinga, le rôle du bouc émissaire pour sceller l\u2019unité d\u2019un groupe et même, ce qui nous serait le plus étranger, la fonction de l\u2019ordre lignager.Il est évident que nous en apprenons beaucoup sur le Léviathan en considérant \u2014 en reconstruisant \u2014 comment la guerre et la paix sont gérées dans ces groupes humains qui ne s\u2019étaient pas encore dotés de structures claires et stables d\u2019autorité.¦ références La condition enseignante, Avis au ministre de l\u2019Éducation, Gouvernement du Québec, 1 984; 219 p.Recension: Albert Beaudry René Girard, La route antique des hommes pervers, Paris, Grasset, 1 985.Recension: Fernand Jutras.Jean-Yves Calvez, Droits de l\u2019homme, justice, évangile, Paris, Le centurion, 1985.Recension: Julien Harvey.Joseph Pestieau, Guerres et paix sans État, positions philosophiques, l\u2019Hexagone, Québec, 1 984; 117 p.Recension: Karl Lé-vêque.A SIGNALER.Hervé Carrier, Cultures notre avenir, Rome, Presses de l\u2019Université Grégorienne, 1985; 229 p.Un recueil d\u2019articles et de conferences sur le dialogue foi/cultures, les recherches de l'Unesco sur les politiques culturelles, l\u2019avenir de la culture occidentale.par un sociologue québécois, ancien président de la Fédération internationale des universités catholiques et présentement secrétaire du Conseil pontifical pour la culture, créé par Jean-Paul II en 1982.D Pedro Arrupe, Écrits pour évangéliser, colI.«Christus», Paris/Montréal, Desclée de Brouwer/Beljarmin, 1985; 578 p.Un choix des principaux écrits de l'ancien supérieur général de la Compagnie de Jésus, présentés par le P.Jean-Yves Calvez qui fut l\u2019un de ses plus proches collaborateurs.Entre autres thèmes: l'inculturation, foi et justice, l\u2019analyse marxiste, l'apostolat intellectuel, la mission ouvrière, l\u2019Église porteuse de l\u2019espérance humaine, le renouveau de la spiritualité ignatienne.relations septembre 1 985 237 dépêches \u2019est à un million d\u2019exemplaires par jour (1,6 million le dimanche) que tire le New York Times.La même société, dont le chiffre d\u2019affaires est de 1.2 milliard de dollars, possède aussi trente quotidiens régionaux, plusieurs magazines, deux postes de radio, quatre stations B de télévision et un réseau câblé qui dessert 125,000 abonnés dans le New Jersey.La presse se porte bien, semble-t-il, aux États-Unis.Mais, dans ce même pays, on compte vingt-sept millions d\u2019analphabètes, et chaque année le système scolaire connaît 40% de déchets.Sommes-nous si loin du Moyen-Age, avec une société divisée entre lettrés et illettrés?(Le Monde) nos journaux d\u2019ici, sur un pays précis comme le Guatémala, ne peuvent vous tenir au courant de la situation économique et politique, de la répression, des droits humains, des mouvements populaires, etc.Avec ENFOPRENSA, agence de presse basée au Mexique, vous pouvez recevoir un bulletin hebdomadaire et plusieurs fois par année des rapports spéciaux qui pourront aider votre recherche ou vos activités de solidarité sur le Guatémala.La souscription régulière est de 30$ par an; l\u2019abonnement de soutien est de 50$.S\u2019adresser à ENFOPRENSA/CANADA, C.P.806, Suce.C, Montréal, Qc, H2L 4L6.yidéo-mission, ainsi s\u2019appelle ce centre audio-visuel, en Espagne, dont l\u2019objectif est d\u2019être au service de la mission et de faire connaître le tiers monde aux Européens.Après cinq ans d\u2019activités, et avec des budgets extrêmement modestes, il présente un palmarès impressionnant: 141 titres de films et 135 vidéos.En plus de voyager beaucoup eux-mêmes, les responsables de ce centre ont essaimé en fondant deux vidéo-missions dans le tiers monde, un au Rwanda et l\u2019autre à Bombay.(IPS) emmanuel Nsubuga, cardinal de Kampala en Ouganda, vient d\u2019offrir sa médiation pour convoquer une table-ronde des leaders politiques qui s\u2019affrontent après le coup d\u2019état qui a renversé le gouvernement de Milton Obote, à la fin de juillet.Peu avant le coup d\u2019état, le cardinal avait publiquement averti Obote, lui conseillant de dialoguer avec les partis d\u2019opposition.L\u2019homme fort actuellement, le général Tito Lutwa Okello, se dit prêt à engager des pourparlers de paix avec les trois leaders des mouvements de guerilla, qui depuis quatre ans et demi, combattaient le régime de Obote.(IPS) LES SOIRÉES RELATIONS SUR CASSETTES VIDÉO Nous avons enregistré sur cassettes vidéo les soirées suivantes: -\tla qualité de l\u2019information -\tquel avenir pour le Québec?-\tla peine de mort -\tla concertation dans les relations de travail -\tle Livre vert sur ta famille -\tgénétique et maternité -\tl\u2019immigration au Québec -\tle quart monde .Vous pouvez emprunter ces cassettes (location: pour 1 semaine: 5$ plus les frais d\u2019envoi) ou même en commander une copie (25$ plus les frais).Veuillez préciser le format de la cassette désirée (Beta ou VHS) et le sujet.Adressez vos commandes à Pierre Bélanger, Centre justice et foi, 25, Jarry ouest, Montréal H2P 1S6 (514) 387-2541.238 relations septembre 1 985 L\u2019ACTIVITÉ EDUCATIVE UNE THÉORIE UNE PRATIQUE tflOJET D\u2019INTEGRATION .L\u2019ACTIVITÉ ÉDUCATIVE Une théorie - une pratique.La mise en oeuvre du projet d\u2019intégration par Pierre Angers et Colette Bouchard Le projet d\u2019intégration engage maître et élèves dans un champ d'étude a la fois ouvert et structuré.Il permet à renseignant de situer à chaque moment où en sont ses élèves en lui fournissant des points de repère précis et des moyens pratiques d\u2019intervention.Le projet d\u2019intégration force l\u2019élève à prendre en charge ses apprentissages, à les mettre en relation avec ceux de ses camarades et à les évaluer au jour le jour.Tous les éducateurs y trouveront leur profit: enseignants, parents, conseillers pédagogiques, directeurs d'école ainsi que ceux et celles qui oeuvrent à la formation et au perfectionnement des maîtres.131 pages; 8,95$ flSNê 8 SJÛiWNCMJ \u2022 A(Æ3R880t/L6R &$?; a 8£LLAFMIH- L\u2019ENFANCE DE L\u2019ART par S.René B.Bolvineau et André Bouler, S J.Cet ouvrage s\u2019adresse à tous les éducateurs, aux parents comme aux enseignants, à tous ceux en fait qui ont à coeur de permettre à l\u2019enfant de se développer et de s\u2019exprimer, en particulier dans le domaine du dessin et des arts plastiques.Le but du livre n\u2019est pas de préparer ou de former des artistes, mais de permettre à chaque enfant de se dire et de cultiver ses talents.Un guide que les jeunes eux-mêmes prendront plaisir à découvrir.219 pages, ill.en couleurs; 19,95$ \tÉditions Bellarmin III\t8100, bout.Saint-Laurent II\tMontréal (Québec) Canada ¦»\tnz.r\t\u2014 îei.: vax4*/ ooi-xjti\t septembre 1985\t2,50$ no 513 Chez le roi Ubu (K.L.) \u2014 La ceinture d\u2019Antigone (J.-P.R.) \u2014 Pluie et procès à Varsovie (F.T.) \u2014 Impasse en Afrique du Sud (P.B.) \u2014 L\u2019accueil des réfugiés (J.H.).\t\t \t\t \t\t \t\t \t\t \t\t \t\t d r A\tv3^\t\t \t\t SOIRÉE RELATIONS: mobiliser la jeunesse?L\u2019année internationale de la jeunesse tire à sa fin.L\u2019échec retentissant de ONET semble donner la note pour une évaluation rapide, instinctive des tapageurs et coûteux efforts déployés durant cette année pour mobiliser la jeunesse.Et pourtant, si la recette était dans le «small is beautiful».?Au coeur de la crise, quel angle, quelle approche, quelles valeurs proposer pour rejoindre les aspirations portées par les jeunes?Les panélistes seront: \u2022\tJacinthe Chicoine Deslandes, du comité national de la JEC \u2022\tFrançois Gloutnay, du Centre St-Pierre \u2022\tJacques Hébert, président-fondateur de Katimavik et de Jeunesse Canada-Monde \u2022\tLinda Vallée, du Secrétariat à la Jeunesse (Québec) Lundi le 23 septembre 1985, de 19h30 à 22h00, à la Maison Bellarmin 25, Jarry ouest, (métro Jarry).L\u2019entrée est gratuite."]
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