Relations, 1 avril 1990, Avril
[" relations avril 1990 3,00$ no 559 Un Québec cassé en deux (suite): le pouvoir caché CHANCE .LES PEUPLES DE \\ L'EUROPE DE L'EST SONT EJN PLEINE GUKSNOSTl * / QUÉBEC/ y/rty * 1 till terme russe pour transparence ___-\u2014\u2014 '\t~~\t, nc ce monde t l\u2019accueil d\u2019autres Pa^s .^occasion du ts^ssssss^Ai &r® s^jkssss sssss-p» »\t^ «mjgt as D,ns »\t\u201c SE\u2019cnS,S«* ;r\t£ «sc ««Mgs srs^ss faire chez eux,les P|V fléeau profit des nou te de nouveue\tQU, SSaSSSSr*^5^-'*.iTa^dtité internationale ?\t_ ^ ^ commune _ i ^hû-/ neicui^-\t.cPS pnasseo , \u201e.»p v-gggSSR ssiilasss-2\u2014 K favoriser l'essor des\t\u201e«=é en deux » (novembre 1988) a®*® à favoriser 1 essor des y\tcassé en\topéra»\" Notre premier dossier sur.;Le ^ régfons com™®^ du proiongemen^d^^ « qlasnost » a ia M\tGisele Turcoi régions est a ce pnx.\t-, relations revue du mois publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité d\u2019un groupe de membres de la Compagnie de Jésus.DIRECTRICE Gisèle Turcot SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION Fernand Jutras COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Joseph Gi-guère, Julien Harvey, Roger Marcotte, François Moris-sette, Guy Paiement, Jean-Paul Rouleau, Francine Tardif.COLLABORATEURS André Beauchamp, Michel Beaudin, Ginette Boyer, Marie-France Cyr, Richard Dubois, Pierre-André Fournier, Yves Lever, Annine Parent-Fortin, Jacques Racine, Jean-Pierre Richard, Nicole Riberdy, Maryse Robert, Henri Sader.BUREAUX 8100, boul.St-Laurent Montréal H2P 2L9 tél.: (514) 387-2541 ABONNEMENTS Hélène Desmarais 10 numéros (un an): 19,00 $ (à l\u2019étranger: 24,00 $) abonnement de soutien : 40 $ Les articles de Relations sont répertoriés dans Points de repères et dans le Canadian Periodical Index, publication de Info Globe.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 On peut se procurer le microfilm des années complètes de Relations en s'adressant à University Microfilm, Ann Arbor Michigan 48106, USA.Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0143.66 relations avril 1990 \t\t\t\t face à 'actualité 102 000 personnes attendent Les Éditions Bellarmin passent à Fides Les Palestiniens LES REQUERANTS DU STATUT DE REFUGIE quand .on envisage la croissance rapide de la requête du statut de réfugié au Canada et au Québec, il faut d\u2019abord ne pas penser que nous avons été les seuls à être surpris et à voir nos organismes d\u2019accueil débordés par la vague de demandes.Au Canada, nous sommes passés de 1600 cas en 1980 à 8400 en 1985, à 26 000 en 1987, pour redescendre à 13 500 en 1989.En France, par exemple, on est passé de 27 000 en 1987, à 34 000 en 1988 et à plus de 40 000 en 1989.En Europe de l\u2019Ouest, on cite en général le chiffre de 745 225 personnes demandant l\u2019asile, entre 1980 et aujourd\u2019hui (certains doublent le chiffre, par exemple la revue Économie et humanisme de novembre-décembre 1989, qui présente un dossier fort utile, mais dont la démonstration ne convainc pas).Nous sommes ici en présence d\u2019un mouvement mondial : la fermeture des frontières européennes, à partir de 1974, n\u2019a arrêté que momentanément le flot des personnes et des familles que les diverses formes de malheur poussent à la migration.Le recours à l\u2019asile, en Europe, le recours au refuge, au Canada et aux États-Unis, sont une des formes nouvelles de cette migration.Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés nous empêche d'oublier que si, en Occident, plus un pays est prospère plus il reçoit de requérants, les masses les plus considérables de réfugiés, selon la convention de Genève ou non, sont en pays pauvres : 1,4 million en Amérique latine, 4,6 millions en Afrique, 6,8 millions en Asie.Ce qui aide à comprendre l\u2019ampleur du défi et le phénomène de la double immigration.Que faire alors ?Notre gouvernement fédéral a réagi, en 1988, en révisant fortement la Loi sur l\u2019immigration de 1976, par les Lois C-55 et C-84.Elles ne sont pas parfaites et des organismes d\u2019aide aux réfugiés ont raison de contester juridiquement plusieurs points.Mais je ne veux pas entrer ici dans ce débat.Plus difficile est l\u2019attitude du gouvernement fédéral à l\u2019égard des quelque 102 000 personnes qui constituent « l\u2019arriéré » du groupe de requérants au Canada, dont environ 36 000 au Québec.Pour eux, le ministère de l\u2019Emploi et de l\u2019Immigration a créé le programme SAR (Suppression arriéré revendicateurs) qui fonctionne depuis juillet 89 et occupe des centaines et des centaines de personnes.La procédure d\u2019évaluation de chaque cas exige souvent sept ou huit mois pour couvrir les deux étapes.Le coût du programme, d\u2019abord évalué à 358 millions de dollars, sera beaucoup plus élevé.Et le Comité Blackburn de la Chambre des communes estime qu\u2019il faudra plus de six ans et demi pour régler les cas en attente.Par ailleurs, après plusieurs mois d\u2019expérience, pratiquement aucun cas n\u2019aboutit à un renvoi dans le pays d\u2019origine ou dans un tiers pays considéré comme sûr.Même lorsque manque le « minimum de fondement à la demande », le long retard à traiter ces demandes fait que les personnes concernées ont une sorte de droit acquis ; on a trouvé du travail, on a appris le français, on a des enfants à l\u2019école, on n\u2019a plus de terre ni de logis dans son pays de départ.Si bien qu'à mon avis, malgré les difficultés que cela com- relations avril 1990 67 porte, il est tout à fait déraisonnable de continuer l\u2019opération actuelle.D\u2019autant plus qu\u2019elle use des énergies et des budgets qui devraient servir à faire face aux nouveaux cas (13 358 en 1989).Deux solutions me semblent s\u2019imposer, la première plus que la seconde.a)\tL\u2019amnistie pure et simple.Il faut alors reconnaître que le Canada a été surpris par l\u2019imprévu d\u2019un phénomène mondial, qu\u2019il n\u2019approuve pas par le fait même le geste, en un sens violent, de ceux et celles qui ont pris sur eux de forcer la frontière et d\u2019usurper le droit des immigrants qui suivent la voie normale de la demande, de la grille d\u2019admission, de l\u2019attente.Ce serait de la pitié mal placée que de ne pas reconnaître ce fait.Mais comment éviter que l\u2019amnistie tourne au précédent, amenant une nouvelle vague aussi peu contrôlable ?Cela pose de sérieux problèmes, quand on songe que chaque nombre de réfugiés acceptés doit, en fait, être multiplié par 2,5, lorsque la règle de la réunion des familles s\u2019applique (pour le Québec, l\u2019amnistie signifie accueillir en fait 90 000 personnes, sans passer par aucune grille de sélection et sans tenir compte des accords Cullen-Couture, sur la langue, l\u2019employabilité et la compatibilité, c\u2019est-à-dire les aptitudes personnelles des requérants à s\u2019établir avec succès au Québec).Le seul mécanisme pour rationaliser un peu le processus dans l\u2019avenir me semble d\u2019assurer la rapidité de décision dans le discernement des cas, la flexibilité dans l\u2019affectation du personnel, au lieu de multiplier ce personnel dans chaque région d\u2019arrivée.b)\tL\u2019amnistie des ressortissants de pays en guerre.Il existe depuis un bon temps une liste (liste B-1) des pays où on doit normalement prévoir qu\u2019existe la situation de danger qui provoque la demande de refuge.Cette liste concerne à peu près 60 % des requérants en attente.Mais avant de s\u2019en servir, il faudrait la réviser attentivement (à l\u2019heure actuelle, à ma connaissance, elle est dépassée par les événements).Resteraient alors 40 % des cas (pour les bureaux de Montréal, environ 15 000 personnes), qu\u2019on continuerait de traiter selon la méthode actuelle (Loi C-55 et Règlement du 27 décembre 1989).Avec une exception : donner la priorité aux cas impliquant des familles demeurées dans le pays d\u2019origine ou dans un pays de premier refuge.Certains ont recommandé de faire intervenir dans la sélection des organismes non gouvernementaux reconnus à cet effet.Ayant expérimenté le même mécanisme - dans le contexte différent, il est vrai, des Haïtiens clandestins au Québec -, je puis dire qu\u2019il a bien fonctionné et devrait bien fonctionner dans la réunion des familles.Pour ma part, je préfère la première solution.À son défaut, la deuxième est déjà meilleure que le mécanisme actuel.Elle pourra plaire davantage aux décideurs qui craignent de créer un précédent, qu\u2019on peut éviter, comme je l\u2019ai indiqué plus haut.Et qu\u2019on doit éviter.Car une reconnaissance tacite de l\u2019admission des plus audacieux au détriment des plus respectueux du droit d\u2019un peuple à son territoire, ne peut que démolir une tradition d\u2019accueil.Le haut commissaire Hocké des Nations Unies, aujourd\u2019hui démissionnaire, disait récemment que l\u2019hostilité contre les réfugiés augmentait sérieusement dans le monde.Elle s\u2019est manifestée également chez nous.Il me semble que la voie que je propose est de nature à rendre la situation plus sereine.¦ Julien Harvey LES ÉDITIONS BELLARMIN CHANGENT DE MAINS des lecteurs et lectrices de Relations auront appris sans doute que les Pères Jésuites ont vendu à la Corporation des Éditions Fides les Éditions Bellarmin.Pour surprenante qu\u2019elle soit, cette décision s\u2019inscrit pourtant dans un mouvement assez normal de concentration des entreprises.L\u2019origine lointaine des Éditions Bellarmin remonte à 1892, année de la fondation de l\u2019Imprimerie du Messager.Dès ce moment, on y édite des périodiques, mais aussi des livres de spiritualité, de théologie, de sciences sociales et des tracts.En 1942, c\u2019est la création de la Maison Bellarmin (en l\u2019honneur de Robert Bellarmin, théologien, évêque et cardinal du seizième siècle) qui gère et administre l\u2019édifice de ce nom.En 1946, l\u2019édition de livres se fait désormais sous le nom commercial de Éditions Bellarmin.Depuis, les Éditions Bellarmin ont constitué un fonds impressionnant couvrant les domaines de la théologie, de la spiritualité, de l\u2019histoire, des sciences humaines et parfois même du roman.Il importe de signaler que les Éditions Bellarmin ne cessent pas d\u2019exister.Seul le propriétaire a changé.Les principales collections ainsi que la ligne éditoriale sont maintenues.Les Pères Jésuites sont particulièrement heureux que l\u2019acheteur du nom des Éditions Bellarmin soit une institution bien établie de notre milieu dont la crédibilité et la loyauté sont reconnues.D\u2019ailleurs, les Éditions Fides sont en voie d\u2019expansion puisqu\u2019elles viennent d\u2019assumer la distribution au Québec des Éditions du Cerf, premier éditeur religieux en France, en plus d\u2019assurer la 68\trelations distribution du fonds Bellarmin.Cette décision implique à moyen terme la fermeture de la librairie du 25 ouest, Jarry et la nécessité pour la clientèle de s\u2019adresser à Fides (165, Deslauriers, Ville Saint-Laurent H4N 2S4, (514) 745-4290) pour acheter les livres de Bellarmin.Les raisons de la vente des Éditions Bellarmin par les Pères Jésuites sont à la fois d\u2019ordre financier et pastoral.D\u2019ordre financier car le marché se resserre, les prix montent à une vitesse constante et les contraintes administratives augmentent sans cesse.Pour survivre, de manière autonome, il eût fallu que les Éditions améliorent leur chiffre de ventes et développent donc de nouveaux produits au risque de déborder dans l\u2019édition générale.Mais dans une hypothèse de croissance, il devenait de plus en plus difficile d\u2019assurer une relève jésuite puisque, on le sait, le recrutement est actuellement plus faible et qu\u2019il faut donc définir des priorités.Par ailleurs, il faut comprendre que dans l\u2019actuel contexte économique de libre marché, de compétition internationale, de TPS et de l\u2019horizon 1992 pour le marché européen, la situation de l\u2019édition francophone au Québec est de plus en plus problématique et que nous assisterons probablement à un mouvement de concentration d\u2019entreprises.Malgré les subventions (parfois difficilement prévisibles) du Conseil des Arts du Canada et l\u2019immense créativité des éditeurs québécois, l\u2019édition francophone au Québec reste une industrie aux profits très restreints et de très grande fragilité.avril 1990 La présence des éditeurs français sur le marché québécois devient de plus en plus forte.Dans le domaine religieux, il y a eu en France depuis trois ans de grands déplacements au sein des maisons d\u2019édition.Les Éditions du Cerf (150 titres par année) ont repris la diffusion de leurs propres livres en France et en Europe, quittant le diffuseur Arc-en-ciel.Ce diffuseur a été acheté par le groupe Ampère (des intérêts que l\u2019on dit venir de milieux financiers de la droite française) qui a également acquis un ensemble de maisons d\u2019édition : Desclée et cie, Fleurus, Fayard/Le Sarment, Signe de piste, etc.Il semble régner là une immense confusion tant au plan des politiques éditoriales qu\u2019à celui de la distribution.En édition et surtout en édition religieuse, où le marché québécois représente souvent de 20 à 40 % du marché des éditeurs français, si la France a le rhume le Québec éternue ! I Jérusalem1.D\u2019une certaine façon, le soleil et la température ne cadrent pas avec ce qui se passe sur terre ; mais je ne sais pas lequel, du ciel ou de la terre, n\u2019est pas au bon diapason, lequel est le moins réel.Le temps est gai et la luminosité éclatante, ce jour-là.Le soleil donne envie de sourire à tout et à tout le monde.Les pierres renvoient cette luminosité de façon sélective, privilégiant tantôt l\u2019une, tantôt l\u2019autre des multiples nuances qui composent la lumière.À mesure que défilent les heures, leur couleur passe du rose le plus tendre à l\u2019aube, à l\u2019or le plus chaud au coucher, avec, en début de matinée, un blanc presque froid.Sur terre, c\u2019est autre chose qui se passe.Des hommes tuent.Mais les soldats ont l\u2019air moins méchants quand il fait beau.Ils rient eux aussi ; enfin, certains d\u2019entre eux rient.Ils rient, mais ils tirent.Et quand ils réalisent qu\u2019ils tirent, ils se mettent à pleurer.Certains d\u2019entre eux pleurent.Ce qui ne les empêche pas de continuer à tirer, évidemment.Il y a quelque chose d\u2019irréel dans la juxtaposition de ce soleil radieux, faisant ressortir le bleu du ciel, le vert des arbres et le rose des pierres, donnant envie de sourire à la vie, et d\u2019une situation de guerre où des soldats et des civils armés jusqu\u2019aux dents tirent sur des enfants.Cela fait longtemps que je m\u2019intéresse au conflit israélo-palestinien.Avant de partir, je connaissais l\u2019histoire de la colonisation de la Palestine ; je savais comment les Palestiniens - les autochtones - avaient été dépossédés de leur terre au profit des nouveaux arrivants.J\u2019avais lu tout ce que je pouvais trouver sur les violations des droits des Palestiniens et des Palestiniennes.Je savais combien de prisonniers politiques se trouvaient dans les prisons israéliennes, combien de maisons avaient été détruites, et combien de civils palestiniens avaient été tués depuis le début de l\u2019intifada.Je me croyais donc préparé à ce que j'allais voir.Je me suis trompé.Sur place, la situation m\u2019a paru encore plus difficile que je ne le pensais, et la répression plus insidieuse, plus gratuitement méchante.Ce n\u2019est pas en termes quantitatifs qu\u2019elle m\u2019est apparue dif- 1.L\u2019auteur, Rachad Antonius, était en Palestine, fin décembre 1989 et début janvier 1990, pour effectuer des recherches sur les besoins en développement.L\u2019édition religieuse reste fragile au Québec (Fides, Novalis maintenant commercialement établi à Montréal, Bellarmin, Éditions Paulines, Anne Sigier, Levain et quelques autres maisons très modestes), d\u2019autant plus que la clientèle traditionnelle vieillit et que les nouveaux goûts du public vont souvent vers l\u2019ésotérisme.Il y a donc le risque que les auteurs novateurs ne soient pas édités, que le livre savant régresse et que la production s\u2019en tienne aux valeurs sûres ou même que l\u2019on édite des livres à compte d\u2019auteur, ce qui est malsain à la longue.On peut donc s\u2019attendre d\u2019ici quelques années à des mouvements de tous ordres.C\u2019est une histoire à suivre.¦ André Beauchamp PALESTINIENS férente, mais bien par sa signification, par la façon dont elle est vécue par les victimes, par la façon dont elle les affecte.La répression est dure ; très dure.Elle est et se veut humiliante pour chacun des Palestiniens et chacune des Palestiniennes.Elle envahit chaque recoin de leur vie, sans laisser de place à autre chose que la soumission totale ou la révolte.Depuis l\u2019été, par exemple, le gouvernement israélien pratique un nouveau type de déportation.En plus de déporter des intellectuels ou des leaders, il a commencé à déporter des villageoises.En général, il s\u2019agit de femmes mariées, ayant souvent de jeunes enfants.Les soldats font souvent irruption dans la maison, au milieu de la nuit, vers deux heures ou trois heures du matin.Ils informent la femme que ses papiers ne sont pas en règle.Ils vérifient si les enfants sont enregistrés correctement sur la carte d\u2019identité du père.Ceux d\u2019entre eux qui ne le sont pas doivent partir avec la mère.Les autres peuvent rester avec le père.Ils donnent dix minutes à la mère pour préparer ses effets.Tant pis si elle n\u2019a pas le temps de prendre quelque chose à manger pour l\u2019enfant.Ensuite, elle poireautera quelques heures dans le camion de transport qui la mène vers la frontière jordanienne.À l\u2019aube, elle sera jetée de l\u2019autre côté de la frontière, dans un pays qui n\u2019est pas le sien.Il faut bien faire un peu de place pour les Juifs soviétiques qui sont invités avec insistance à s\u2019installer dans les territoires occupés.au nom du respect de leurs droits de l\u2019Homme !.Ce n\u2019est sans doute pas le cas le plus terrible de violation des droits de la personne.Mais il éclaire la situation parce que les victimes de ces déportations - les femmes elles-mêmes, mais aussi leurs enfants, leur mari, séparés les uns des autres pour de nombreuses années - ne constituent pas des menaces pour la sécurité de l\u2019armée ou de l\u2019État israélien.C\u2019est leur existence elle-même sur la terre où ils sont nés qui constitue une menace pour les visions officielles du gouvernement israélien.Ces déportations ne sont pas le résultat d\u2019un excès de zèle de la part d\u2019un soldat.C\u2019est une politique, et elle est systématique.Et à mesure que ces histoires d\u2019horreur, une par une, se déroulent devant moi, à mesure que j\u2019apprends les circonstances de l\u2019assassinat, par les autorités israéliennes, de tel enfant, de tel adolescent, deux sentiments rythment mes pensées.D\u2019abord la colère.La colère contre cette injustice.La colère contre ce jeune soldat qui humilie à dessein un vieillard fragile LA DÉPORTATION DES relations avril 1990\t69 qui attend la permission de traverser le point de contrôle pour rentrer chez lui.Contre ceux qui ordonnent la destruction de centaines de maisons palestiniennes pour faire de la place pour les « militants des droits de l\u2019Homme » qui fuient l\u2019Union soviétique.Contre ceux qui emploient des balles dites de caoutchouc (en réalité des balles de métal recouvertes d\u2019une mince couche de caoutchouc) pour tuer des enfants.Ensuite, la colère encore.Cette fois contre le silence.Contre l\u2019ignorance, feinte ou réelle de ceux qui, au Canada, à Montréal, se taisent.Contre la mauvaise foi de ceux qui se font passer pour des « militants des droits de l\u2019Homme », mais qui s\u2019arrangent pour justifier les politiques israéliennes.Et la colère contre ceux qui écoutent ces derniers sans crier à l\u2019imposture.Quant à l\u2019espoir de voir les choses changer, il est toujours vivant, en dépit de tout.L'intifada a changé le rapport de force entre les deux sociétés, et de plus en plus d\u2019Israéliennes et d\u2019Israéliens se prononcent pour les droits des Palestiniens, pour le dialogue avec l'OLP ; pour des raisons tout à fait pragmatiques.La raison va-t-elle enfin triompher ?¦ Rachad Antonius QUESTIONS DE L\u2019HEURE Êtes-vous favorable à un DÉBAT PUBLIC sur l\u2019énergie ?Hydro-Québec est-elle vraiment au service des Québécois ?Relisez en douce les auteurs de RELATIONS.Depuis trois ans, ils parlaient déjà d\u2019environnement, des groupes écologistes, de débat public sur l\u2019énergie, de l\u2019histoire et de l\u2019avenir d\u2019Hydro-Québec.LAJAMBE, Hélène, « Pour un débat public sur l\u2019énergie >>, mai 1987 LAMONDE, Pierre, « Exporter de l\u2019électricité : oui.mais à quel prix ?» (novembre 1987) BEAUCHAMP, André, « Faut-il abattre Hydro-Québec ?», juin 1989, et « Le labyrinthe - grève à Hydro-Québec », mars 1990 Dossier « LE COMPTE DE L\u2019HYDRO », septembre 1988 : PAQUET, Gilles, « Les cheminements d\u2019Hydro-Québec : émergence, épopée et désenchantement » AUGER, Antoine, « L\u2019environnement à la Baie James : Les impacts du siècle ?» BEAUCHAMP, André, « Sur les projets à venir d\u2019Hydro-Québec : quelques questions à se poser » Dossier « L\u2019ENVIRONNEMENT », décembre 1987 : HARVEY, Julien, « Terre, notre terre » VAILLVXNCOURT, Jean-Guy, « Défense de l\u2019environnement : les mouvements québécois » BEAUCHAMP, André, « L\u2019environnement et la participation du public » BOURGEAULT, Guy, « Quand l\u2019ingénieur se fait philosophe.La qualité de l\u2019environnement » 70 relations avril 1990 DOSSIER Le Québec cassé en deux 2.LE POUVOIR CACHÉ L\u2019HISTOIRE QUI SE FAIT SANS NOUS Si la démocratie a partie liée avec les villes, force nous est de reconnaître que l\u2019histoire récente ne l\u2019a pas aidée.Depuis 25 ans, en effet, nous voyons les gouvernements se succéder, les commissions siéger, sans que des réformes majeures puissent vraiment s\u2019appliquer au niveau municipal.Il en est de même du développement régional.Les sommets économiques n\u2019ont pas été suivis de politiques cohérentes, si bien que ce sont les forces déjà en place qui continuent d\u2019imposer leur logique propre.Tout se passe comme si nous avions pris notre parti de favoriser les régions en croissance économique et de fortifier les villes de banlieue, laissant à leur sort les villes et les régions, qui se vident et qui tombent rapidement dans le sous-développement social et économique.Or, il y a là un projet de société qui se met en place, de façon tranquille, avec la complicité des gouvernants et surtout grâce à l\u2019inconscience de l\u2019ensemble de la population.Même les dirigeants politiques ne semblent pas mesurer la profondeur des transformations en cours ou préfèrent ne pas y toucher, pour conserver leur clientèle électorale.Dans ce projet de société, seuls les plus forts intéressent et seuls ils peuvent avoir un avenir.Il revient alors aux citoyens, et en particulier à ceux des régions en déclin, de comprendre ce qui se passe et d\u2019affirmer leur vouloir-vivre collectif.Il appartient à tout le monde de dépasser ses intérêts de village ou de quartier pour ouvrir son regard à la largeur de la région et chercher, à ce niveau, les bases d\u2019un véritable développement, durable, humain, et non seulement économique.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas : la croissance économique du Québec peut être en courbe ascendante et des régions entières n\u2019en continuer pas moins de se désintégrer.Telle est la réalité.Elle charrie des inégalités de plus en plus importantes, des disparités régionales suicidaires, un appauvrissement qui se répand comme une épidémie, un gaspillage de nos ressources humaines.Uniquement ceux qui font confiance à leurs seuls chiffres peuvent croire qu\u2019ils correspondent à la réalité.Mais la réalité est têtue.Le gouvernement voulait s\u2019occuper de croissance économique, il a trouvé, il y a quelques mois, les BPC dans sa cour.Il vient maintenant de mettre le pied dans le guêpier constitutionnel.Il lui reste encore à découvrir le pays réel, à regarder vers l\u2019an 2000 plutôt qu\u2019aux résultats des sondages.Mais comment pourra-t-il s\u2019y aventurer, si la population ne lui ouvre pas les yeux ?¦ par Guy Paiement agent de recherche au Centre St-Pierre UNE CHANCE QU'ON EST AU QUÉBEC I .LES PEUPLES DE : L'EUROPE DE L'EST SONT EN PLEINE , GLASNOST1. Une étude de cas L\u2019ABITIBI COMME MIROIR par Guy Paiement agent de recherche au Centre St-Pierre On doit constater que la baisse de la natalité, conjuguée à l\u2019exode constant des jeunes, place la région de l\u2019Abitibi-Témiscamingue parmi celles qui sont en danger de mort.Elle n\u2019est certainement pas la seule à être ainsi engagée dans un processus de désintégration extrêmement rapide.Pourtant, tout se passe comme si les hommes et les femmes politiques faisaient semblant de ne pas voir, comme si les élites régionales craignaient de voir l\u2019heure juste, et la panique.En 1986, au moment où la Commission d\u2019enquête sur l\u2019avenir des municipalités rendait public son rapport, le nombre de personnes entre 25 et 30 ans, soit l\u2019âge le plus fécond pour la reproduction naturelle d\u2019une population, atteignait le niveau le plus élevé qu\u2019ait connu l\u2019Abitibi.Pourtant, elle venait de perdre 22,3 % des jeunes qui, en 1971, avaient alors entre 5 et 9 ans.C\u2019est dire que depuis 1986, la région se dépeuple de plus en plus rapidement.Et il ne s\u2019agit pas là de décès seulement, mais d\u2019abord et avant tout d\u2019exode permanent des jeunes.La conséquence de cette saignée est déjà prévisible.Tant de jeunes abitibiens ont quitté leur communauté d\u2019origine pour aller habiter ailleurs que la capacité de reproduction naturelle de la population régionale s\u2019en trouve désormais compromise.Les parents potentiels et réels étant de moins en moins nombreux, le nombre des naissances tombera en chute libre, impliquant, par le fait même, une diminution irréversible de la population d\u2019âge scolaire.Nous entrons ici dans ce qu\u2019il faut bien appeler la phase finale d\u2019un processus de désintégration démographique.Il deviendra demain pratiquement impossible de justifier le maintien d\u2019écoles là où il n\u2019y a plus d\u2019enfants, - surtout quand les zones de banlieue des villes du Sud réclament à hauts cris plus de services en raison de l\u2019augmentation du nombre d\u2019enfants d\u2019âge scolaire.À l\u2019inverse, comment attirer de futurs parents là où les écoles n\u2019existent plus ou menacent de fermer ?Comment faire pour intégrer les jeunes et les autres quand la société dont ils font partie se désintègre ?On sait déjà que le taux de suicide témoigne de l\u2019incapacité d\u2019un milieu à intégrer ses membres.Or, le taux de suicide des jeunes en Abitibi est assez éloquent pour ne pas insister davantage : il est depuis longtemps parmi les plus élevés du Québec.En bref, si les facteurs actuels se maintiennent, la croissance économique de la région ne changera pas, la tendance démographique continuera de chuter et surtout l\u2019exode des jeunes continuera d\u2019être le principal indice de la désintégration progressive de cette région.En clair, à continuer ainsi, la société abitibienne n\u2019a pas grand-chance de survie.La moitié du Québec est ainsi Mais « les maux ne savent seuls venir », disait déjà Rutebeuf.En effet, les fac- Population d'Abitibi-Témiscamingue Effectifs par groupes d'âge quinquennaux (en milliers) 25 g- 0\t5\t10\t15\t20\t25\t30\t35\t40\t45\t50\t55\t60\t65 65 + \u2014 1986\t\u2014I\u2014 1981\t1976\t1971 Source : Données des recensements canadiens 1971, 1976, 1981,1986 : -Services des indicateurs sociaux MSSS, données extraites du système J36, produites sur extrant informatique au mois de janvier 1986 ; -Direction de l\u2019évaluation, MSSS : « La population du Québec selon le recensement de 1986 par groupe d\u2019âge quinquennal et par sexe selon les territoires de CLSC, DSC et CRSSS », avril 1988.72 relations avril 1990 Un groupe d\u2019ATD-Quart Monde.Nous sommes en train d\u2019assister à la mise en place d\u2019un projet de société qui consiste à aider les régions en expansion économique et démographique, et à laisser les autres continuer leur chute libre.\\\\\\\\\\\\ TOI teurs qui influencent le cours des événements dans cette région sont aussi à l\u2019oeuvre dans d\u2019autres régions québécoises.On les retrouve dans la région de l\u2019Outaouais, dans le Pontiac, par exemple, dans la région du Saguenay-Lac Saint-Jean, dans la région des Trois-Rivières, au sud de la région de Québec et ailleurs, incluant le centre-ville de Montréal.La réalité ici rappelée est celle du Québec cassé en deux'.Elle est connue.Les causes sur lesquelles les pouvoirs pourraient agir pour changer la situation ont déjà été identifiées.Mais l\u2019urgence d'agir n\u2019est pas encore partagée.Voilà pourquoi, même au risque de faire mal à certaines oreilles, nous tirons la sonnette d\u2019alarme.Nous sommes en train d\u2019assister, de façon passive, à la mise en place d\u2019un projet de société que nous n\u2019avons ni discuté collectivement ni encore moins accepté.Ce projet consiste à aider les régions en expansion économique et démographique et à laisser les autres continuer leur chute libre.Deux classes de citoyens se mettent ainsi à cohabiter au Québec et tout se passe comme si notre pays et ses diri- 1.Voir Relations no 545 (nov.1988), p 264-276.géants avaient fait leur deuil de la moitié du territoire occupé et de la population qui l\u2019habite.Quand la machine roule toute seule Qu\u2019on nous comprenne bien : nous ne sommes pas ici devant des décisions machiavéliques à la Ceauscescu, mais bien plutôt devant des abstentions, des laisser-faire, des dynamiques administratives dont on ne vérifie pas les conséquences sociales.Nous subissons des abus de pouvoir de fonctionnaires qui n\u2019ont de compte à rendre à personne, des politiques économiques et sociales en tiroirs, non coordonnées, des logiques technocratiques qui ne retiennent de l\u2019appauvrissement de la population que les problèmes qui les intéressent.Nous avons aussi à tenir compte des attitudes passives d\u2019une population démunie qui a été dépossédée de sa capacité d\u2019imaginer son avenir, sa réalité humaine et sociale ayant été réduite à des « problèmes » de plus en plus morcelés, soumise au bon vouloir d\u2019innombrables interventions publiques qui n\u2019ont d\u2019autre relations avril 1990 projet d\u2019avenir que de chercher à se reproduire elles-mêmes.La question posée La question qui se pose aux gens de l\u2019Abitibi et à ceux de toutes les régions en chute libre est donc la suivante : voulons-nous de ce Québec cassé en deux ?Et, de façon plus précise, voulons-nous fermer des régions ?Si oui, le pouvons-nous sans faire beaucoup de mal à leurs habitants ?Voulons-nous, au contraire, conserver les régions et alors sommes-nous prêts, au niveau de chacune des régions, à unir nos efforts pour qu\u2019il en soit ainsi ?Dernièrement, on a vu toute une ville de l\u2019Estrie se lever et se solidariser pour payer le cautionnement d\u2019un chauffeur de camion emprisonné aux États-Unis.On a vu aussi, dans Bonaventure, des pompiers d\u2019un village regarder brûler la maison d\u2019un citoyen du village d\u2019à-côté parce qu\u2019il n\u2019y avait pas d'entente administrative entre les deux villages.L\u2019avenir dira lequel de ces deux exemples nous mobilisera davantage.Mais le temps presse.¦ 73 ATD-Quart Monde Un outil d\u2019analyse sociale IA DYNAMIQUE SOCIALE DISPARUE par Guy Paiement agent de recherche au Centre St-Pierre Pour qu\u2019une région puisse se prendre en mains, elle doit, bien sûr, le vouloir mais elle doit aussi en avoir les moyens.L\u2019un de ces moyens comprend la façon même de se voir comme région, c\u2019est-à-dire comme une population qui occupe un espace déterminé.Or, cette population comprend elle-même de nombreuses communautés différentes qui ont toutes leurs caractéristiques propres dans leur coin de région.Elles sont en relation les unes avec les autres et sont forcément influencées et influençantes.1.Les régions perdent leur territoire Qu\u2019une communauté, par exemple, à cause de la présence concentrée de nombreuses institutions de santé sur son territoire, attire la population des autres communautés qui lui sont proches, elle deviendra, au fil des ans, le lieu d\u2019une migration de plus en plus importante et un pôle d\u2019attraction économique.Soulignons que cette communauté ainsi privilégiée a bien des chances de l\u2019être devenue à cause de décisions qui ont été prises par des fonctionnaires de Québec et non pas à la suite d\u2019une planification régionale.Les communautés qui ont vu partir leur monde, - les plus jeunes, les plus instruits, les mieux formés, les plus entreprenants, - continuent cependant de payer des taxes.Une bonne partie de cet argent retourne, sous forme de salaires et d\u2019investissements institutionnels, dans la communauté d\u2019à-côté.Pendant des années, en fait depuis une UN EXEMPLE D\u2019EFFACEMENT DU SOCIAL : LE SUICIDE Dans les orientations publiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Pour améliorer la santé et le bien-être au Québec, avril 1989, p.22), on prétend que le suicide chez les jeunes est la manifestation d\u2019un problème de santé mentale et qu\u2019il faut donc le traiter comme tel.On prévoira même des ressources pour travailler à la prévention de cette « maladie ».La difficulté, c\u2019est que cette approche, qui a toutes les apparences de vouloir changer la situation, a aussi toutes les chances de ne rien changer du tout.Les chiffres nous montrent que les taux de suicide augmentent beaucoup plus vite dans les régions périphériques que dans les autres.Ainsi, en dix ans (soit de 1975-77 à 1985-87), le taux de suicide s\u2019est accru de 81 % au Bas-St-Laurent-Gaspésie, 111 % au Saguenay-Lac-St-Jean, 209 % sur la Côte Nord.En Abitibi, il est demeuré parmi les taux les plus élevés au Québec, soit 24,4 par 100 000.Or, il se trouve que ces régions périphériques sont aussi celles qui étaient alors en désintégration sociale, économique et démographique.Si l\u2019on s\u2019en tient à la théorie de Durkheim, l\u2019explication qui s\u2019impose consiste alors à relier le taux de suicide à un certain degré de décomposition sociale.Le suicide des jeunes devient le symptôme de l\u2019incapacité d\u2019une société d\u2019intégrer sa jeunesse.Quand cette dernière, pour survivre, quitte la région, les rares jeunes qui ne le font pas sont plus susceptibles de ressentir douloureusement l\u2019absence d\u2019avenir de leur milieu, qui, désorganisé, n\u2019a plus de ressources pour les soutenir, leur donner du travail, leur permettre d\u2019avoir une famille et de faire des projets.S\u2019il en est bien ainsi - et la chose se vérifie dans la plupart des pays - comment espérer travailler à prévenir le suicide sans travailler à stopper la désorganisation de la région elle-même ?Vouloir réduire le suicide à une approche individuelle équivaut ici à masquer le problème et à faire de celui-ci une occasion de mettre en place de nouvelles ressources qui profiteront d\u2019abord et avant tout aux intervenants et aux systèmes en place.Source : Denis Morissette et Robert Bourbeau, « Le suicide et l'âge au Québec », analyse transversale et longitudinale ?in Cahiers québécois de démographie, vol.12, no 1, avril 1983, p.7-28.74 relations avril 1990 L\u2019EFFACEMENT DU SOCIAL PREMIÈRE ÉTAPE : disparition du territoire Population dans un territoire Population statistique DEUXIÈME ÉTAPE : disparition des structures sociales Bien-fonctionnants\tMal-fonctionnants Chômeurs Assistés sociaux Déficients Femmes battues Enfants à placer Elèves fugueurs Q) E (/) 'si CL 2 O) O O) O) -5 q3 Ce CD =3 >
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