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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1995-09, Collections de BAnQ.

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[" OR < -m À lire aussi en page 217: William A.Schabas sur la répression des crimes contre l\u2019humanité relations septembre 1995\t3,55 $ no 613 Spiritualité de l\u2019environnement: un contrat nouveau 9770034378000 Lorsque certaines P^SQÎ^ygn'œ'que^ieàucoup^\u2019^'^'S^JJ^^gpp^enSu^e est devenue plus_P^var®ssi de Malgaches onUesse^^ rfAntanananvo I avaie bécois et sans rou^ure.Ses collabora ,\tbeaucoup»- décès de Jacque\tla(a «Jacques qu o\tce qu\u2019il apPe_ surnommé Rakouto\t(«université Lavak il avait Ç de Québec.» \u2014 «s îffits.» «stîrsaWiïS5ïi où » développa desjelatons ^ renverser le ma,re d°eT vote?\t.~Dopulaires et des gens lidat à la mairie.\t^ dgs gens ; plus tard 0976), devînt^ministre duJrayoj'P^gyJ'^ouiturelles et de l'Itetnr- DeuxanB^us^-^^vou^^^^s fSfs»is2 été reconnus comrn d.immigration.\t._nascar réalisant son québécoise en madère d\tse dirige vers Madagascar, g ^ ^ le référendum de1980, ite \\\\ \\i a travaille pend P\tdéfavorise.remettant sur pie maladie et ses poum\tmesure de la Mais il était attein p\tavaHait de façon à devenir inu ^ d(re qU\u2019i\\ ne Depuis longtemps, Jacques r\tt avec luUI «*£ se développée n P°Ur bâtir une rneflteure société.salut, Vieux camarade.\tJulien Harvey relations La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de chrétiens et de chrétiennes engagés dans la promotion de la justice.DIRECTRICE Carolyn Sharp SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION Jean Périgny COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, Jacques Boucher, Céline Dubé, Joseph Giguère, Julien Harvey, Marc Lemire, Marie-Paule Malouin, Guy Paiement, Francine Tardif BUREAUX 25, rue Jarry ouest Montréal H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 COLLABORATEURS ABONNEMENTS Hélène Desmarais ASSISTANT À LA RÉDACTION Fernand Jutras André Beauchamp, Michel Beaudin, Alain Bissonnette, René Boudreault, Pierre-André Fournier, Vivian Labrie, 10 numéros (un an): 26,00$ (taxes incl.) Dpiix 3ns \u2022 47 00$ ft; loan P umeros (un an): Zb,uu$ (taxe Deux ans: 47,00$ (taxes incl.) À l\u2019étranger: 27,00$ \u2014,\u2014\t¦ ci Ahnnnpmpnt Les articles de Relations sont répertoriés dans Repères et dans Y Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 On peut se procurer le microfilm des années complètes en s'adressant à University Microfilm, 300 North Zeeb Road, Ann Arbor Michigan 48106-1346 USA.Envoi de publication - Enregistrement no 0143 194 relations septembre 1995 face à \u2019actualité avec Céline Dubé, Joseph Giguère, Vivian Labrie et Francine Tardif LA «RÉVOLUTION» DE SOEUR DINAROSA Elles paient de leur vie leur refus d\u2019abandonner les plus pauvres à leur sort injuste.Une courte dépêche, reléguée à la section «En bref» du journal Le Devoir.Sept lignes rapportent qu\u2019une sixième religieuse italienne, Soeur Dinarosa Belleri (59 ans), de l\u2019ordre des Soeurs des pauvres de Bergame, est morte à l\u2019hôpital Kikwit (Zaïre), des suites du virus d\u2019Ébola contracté en soignant les malades de l\u2019hôpital.Je ne connais presque rien du Zaïre et je ne connaissais ni Soeur Dinarosa, ni aucune de ses compagnes, Soeur Floralba Rondi (71 ans, dont 43 en Afrique), Soeur Clarangela Ghilardi (64 ans, dont 36 en Afrique), Soeur Danielangela Sorti (48 ans), Soeur Annelvira Ossoli, Soeur Eugénie Kabina (une Zaïroise de 33 ans).Mais leur sacrifice me touche profondément.Pour moi, ces religieuses ont le même visage, et le même sourire que certaines missionnaires rencontrées dans les dispensaires haïtiens: Soeur Flélène, Soeur Madeleine.Au coeur des bidonvilles ou des zones excentrées, des femmes fortes et belles, engagées dans un corps-à-corps quotidien contre des ennemis tout aussi mortels, mais le plus souvent beaucoup moins médiatiques que le virus d\u2019Ébola: la rougeole, la tuberculose, la lèpre, la diarrhée.Rien de très exaltant, rien de spectaculaire.Que la radicale humilité du service, que la rayonnante sérénité d\u2019un engagement profond, vécu auprès des malades les plus démunis.D\u2019autres pourraient choisir la révolte.Après tout, il y a longtemps que l\u2019on connaît les moyens non seulement de guérir mais aussi de prévenir la plupart des maladies qui frappent mortellement les populations du tiers monde.Ce qui manque, ce sont les ressources pour se les procurer, ou la volonté politique pour en assurer une distribution équitable.Mais la colère ouverte n\u2019est pas la voie choisie par ces religieuses.Leur «révolution», elles la font par la petite porte, patiemment, humblement.Depuis vingt, trente, quarante ans parfois, elles font corps avec les communautés qui les accueillent; elles soignent, consolent, soutiennent, encouragent, organisent.Ne gaspillant jamais rien, avec une imagination souvent étonnante et une détermination farouche, elles transforment la lutte contre maladie en combat pour la dignité.Au risque, consciemment assumé, de suivre dans la mort les personnes avec qui elles ont choisi de vivre.Pour moi, Soeur Dinarosa et ses compagnes sont allées re- relations septembre 1995\t195 joindre les six jésuites tués au Salvador pour avoir voulu défier l\u2019ordre des puissants.Elles témoignent d\u2019un même refus, incarné de manière différente, d\u2019abandonner les plus pauvres au sort que leur réserve l\u2019injustice du monde.Et comme eux, c\u2019est leur vie qu\u2019elles ont donnée.¦ Francine Tardif RÉFÉRENDUM: L\u2019ULTIME RENDEZ-VOUS L\u2019entente tripartite est un pari responsable, d\u2019une étonnante richesse politique.au moment où s\u2019intensifient les crépitements du compte à rebours référendaire, il est urgent de secouer les dernières torpeurs caniculaires et de remettre les métabolismes au rythme du sprint sur l\u2019avenir du Québec.De toutes les transformations de statut que le Québec a connues depuis la conquête, celle que marquera le prochain référendum sera sans doute la plus collectivement engageante.En effet, même si cela ne sera pas perceptible dans l\u2019immédiat, on peut d\u2019ores et déjà qualifier de radicale l\u2019issue de ce scrutin: ou bien elle consacrera le couronnement d\u2019un peuple ou bien elle pérennisera son état de servitude politique.À mesure que s\u2019approche l\u2019heure du choix, il devient inévitable de composer avec une certaine anxiété.Le spectre de l\u2019échec de 1980 et de l\u2019écrasement qui s\u2019en est suivi, lors des négociations constitutionnelles de 1981-82, continuent de narguer l\u2019espoir que nous investissons dans la démarche d\u2019aujourd\u2019hui.La crainte de perdre à nouveau du terrain en misant trop gros est toujours présente.Et cette fois-ci, le recul serait coulé dans l\u2019histoire, car il apparaît désormais illusoire de poser la perspective d\u2019une nouvelle chance.L\u2019inquiétude force l\u2019interrogation: n\u2019y aurait-il pas eu des alternatives plus douces?Des façons moins risquées d\u2019assurer l\u2019avancement du Québec et l\u2019affirmation du peuple québécois?Pour sortir constitutionnellement le Québec de son casier de province et lui conférer un statut conforme à ce qu\u2019il est devenu, au terme de quatre cents ans de vie historique particulière, nous savons désormais qu\u2019il ne suffit pas de rassembler à une table les chefs des autres provinces et du gouvernement fédéral et de tenter de les convaincre seulement avec des mots et des raisonnements du bien-fondé d\u2019une telle évolution.Véhiculer encore une semblable croyance, après Meech et Charlottetown, suffirait à déclencher une rigolade voisine de l\u2019hystérie, même dans une réunion de naïfs politiques chroniques.Ceux qui sincèrement croyaient à un épanouissement progressif de la personnalité particulière de la société québécoise par des bonifications successives du fédéralisme sont aujourd\u2019hui nombreux à funambuler sous le parapluie de l\u2019indécision, à la recherche d\u2019un discours crédible entre les messagers de la souveraineté et les faucons du statu quo rigide.Dans son Regards sur le fédéralisme, publié au printemps, Claude Ryan, cherchant une façon de sortir de l\u2019enfermement dual entre la souveraineté et le statu quo, avance «qu\u2019un engagement clair et ferme de Jean Chrétien» à modifier la loi constitutionnelle de 1982, pourrait être «un apport majeur du gouvernement fédéral au débat référendaire1».Il ne fait pas de doute que l\u2019actuel Premier ministre du Canada est un habile politicien, astucieux, expérimenté, pragmatique, capable de sagesse et de pirouettes.Mais s\u2019imaginer qu\u2019à la face des autres provinces, il va ployer le genoux devant le Québec en disant: «Pardonnez-moi, je vous ai trahis en 82, mais je le regrette et je vais corriger la situation», c\u2019est de la fiction politique.Si Monsieur Ryan et ceux qui le suivent veulent réellement favoriser le renouvellement du fédéralisme, ils ont bien plus de chance d\u2019y contribuer en allant jouer aux billes avec Mario Dumont qu\u2019en comptant sur un retournement de veste de Jean Chrétien.Les nouveaux paramètres de la démarche référendaire, qui se dégagent de l\u2019accord intervenu entre le Parti québécois, le Bloc et l\u2019Action démocratique représentent un réalignement fondamental de la stratégie profilée jusqu\u2019à maintenant.L\u2019avant-pro-jet de loi déclarait la souveraineté du Québec dès son article un, prévoyant pour un deuxième temps seulement le processus de négociation.La nouvelle entente, par contre, préconise de mettre en premier le mandat de négociation d\u2019un nouveau partenariat avec le Canada hors Québec, en appuyant la réalisation de cette opération sur la force d\u2019un deuxième mandat, celui d\u2019octroyer le pouvoir à l\u2019Assemblée nationale de déclarer la sou- 1.Claude Ryan, Regards sur le fédéralisme canadien, Boréal, 1995, p.228.L\u2019action nationale fondée en 1917 Revue mensuelle, 35,00$ par an \u2022\tSociale, économique et indépendantiste \u2022\tIndépendante des partis politiques \u2022\tDes faits, des idées et des solutions \u2022\t1600 pages par année \u2022\tPlus de 200 collaborateurs 1259, rue Berri, bur.320, Montréal \u2022 H2L 4C7 l-(514)845-8533 Télécopie (514)923-5755 196 relations septembre 1995 veraineté au terme de négociations fructueuses ou en temps opportun, en cas de négociations infructueuses.Dans la mesure où il sera expliqué clairement et géré avec un sens politique qui ne s\u2019accroche pas les pieds dans les fleurs du tapis, le cadre de cette nouvelle entente devrait se révéler particulièrement rassembleur.En plus des souverainistes fermes, beaucoup de ceux qui aspirent à l\u2019autonomisation politique du peuple québécois, dans des rapports égalitaires avec le Canada hors Québec, et qui ne sont pas disposés d\u2019entrée de jeu à se focaliser sur un schéma de rupture, pourront éventuellement s\u2019inscrire dans une telle démarche.L\u2019hypothèse de travail qui sous-tend la nouvelle entente est que les négociations seront fructueuses, aboutissant à un modèle d\u2019unité de type nouveau plutôt qu\u2019à une division irrémédiable, ce qui constitue un pari responsable pour des gens moralement sains dans un univers où devrait normalement prévaloir la bonne foi.Même les tenants du fédéralisme renouvelé, à tout le moins ceux pour qui la reconnaissance de la société distincte va au-delà de la promotion de la poutine et des danses de ligne, devraient se trouver des affinités avec cette nouvelle dynamique souverainiste.D\u2019autant plus qu\u2019elle est la seule option en lice présentant des garanties minimales d\u2019améliorer la position du Québec dans l\u2019actuel espace canadien.Qu\u2019elle réponde à des préoccupations tactiques ou de quincaillerie pour l\u2019un ou l\u2019autre, l\u2019entente tripartite n\u2019en est pas moins d\u2019une étonnante richesse politique.Elle concrétise enfin la manière de mettre en synergie les notions de souveraineté et d\u2019association, mais en les gardant libres et autonomes l\u2019une par rapport à l\u2019autre, loin de toute articulation mécaniciste.Elle rejoint également dans un halo de connivence idéologique les innombrables personnes qui devant les commissions régionales ont exprimé leur aspiration de voir le Québec aller jusqu\u2019au bout des conséquences politiques de son identité particulière tout en manifestant, du même souffle, un attachement viscéral au Canada.En raison d\u2019une telle stratégie référendaire, il est sans doute CARNET DE ROUTE Dix jours de pain et de roses.Une marche qui a carburé au désir.dimanche le 4 juin à Lauzon.Dixième jour.Kilomètre 191.Un long ruban d\u2019espérance se remet en marche à travers les dossards, les consignes, les bouteilles d\u2019eau.Une femme s\u2019approche des marcheuses avec sa petite fille, qui tend quelques cartes dessinées avec les belles couleurs que sait y mettre une petite main.Dedans, il y a un message écrit par une main plus grande, qui dit en substance: «Je m\u2019appelle Annie.J\u2019ai trois ans.Ma maman veut que je sois ici ce matin pour que je me rappelle plus tard que j\u2019aurai vu des femmes dire non à la pauvreté et marcher pour du pain et des roses.C\u2019est un moment historique et ma maman veut que je voie ça.Nous en sommes très fières.» Et c\u2019est signé en petites lettres dansantes et colorées.Les cartes circulent parmi nous.Les regards émus aussi.Au-delà des ampoules et de l\u2019exploit, des éditoriaux et des po- normal que dans les autres provinces, ou même au gouvernement central, il se lève à l\u2019occasion quelques matamores pour étaler leurs gros bras et affirmer qu\u2019ils se fermeront à toute négociation de façon à nous acculer à l\u2019isolement et la séparation.À moins que ces bravades ne se transforment en un mouvement massif de haine envers le Québec, il n\u2019y a pas lieu d\u2019en prendre ombrage et il ne faut surtout pas répondre à la provocation.Ce n\u2019est pas pour les autres que nous voulons négocier, c\u2019est d\u2019abord pour être fidèles à nous-mêmes.Et peut-être, ce faisant, manifestons-nous que, tout en portant notre projet souverainiste, nous avons le sens du Canada autrement plus développé que nos contempteurs les plus irréductibles.Enfin, malgré la pertinence politique de son orientation, la campagne référendaire demeure exposée à perdre son âme dans le tohu-bohu de l\u2019affrontement des machines politiques et de la guerre des chiffres.Une bonne manière de prévenir une telle hémorragie de sens est d\u2019élargir le débat en le resituant dans le vaste propos démocratique des commissions régionales.Le projet de société devrait, notamment, constituer l\u2019éclairage de fond permettant de reconnaître et d\u2019apprécier la nature des éléments divers qui seront versés dans cette grande discussion collective.En deçà de son incarnation étatique formelle, la souveraineté, c\u2019est en effet l\u2019expression autonome du caractère particulier d\u2019un peuple, dans ses réalisations, dans la manière d\u2019organiser les relations entre ses membres, dans les modalités spécifiques de ses rapports avec la nature et le monde extérieur.Ces diverses particularités s\u2019unifient généralement dans une vision, constituée de principes, de valeurs, de croyances, de normes éthiques, d\u2019objectifs liés à ses rêves intimes et à son génie propre, etc., bref, dans tout ce qui s\u2019appelle un projet.Nul doute que la force de transformation démocratique procédant du choix référendaire sera étroitement tributaire de l\u2019authenticité et la qualité du projet de société inspirateur de toute cette mobilisation.¦ Joseph Giguère lémiques, pendant ces dix jours de pain et de roses, quelques aspirations très simples exprimées dans des symboles forts et des revendications concrètes ont fait un large consensus: que le problème de la pauvreté appartienne à tout le monde et non plus seulement à celles et à ceux qui la subissent, qu\u2019on fasse les pas nécessaires, deux cents kilomètres s\u2019il faut et d\u2019autres ensuite, vers plus de justice entre nous, en nous donnant le moyen de mesurer les gains, que naisse en nous le souci qu\u2019il y ait dans notre vie, dans toutes nos vies, l\u2019abondance du pain et le bonheur des roses.La maman d\u2019Annie a été touchée, ainsi que les marcheuses et les personnes pour qui elles marchaient, de même que les milliers d\u2019autres au travers de la vie desquelles elles sont passées, au gré des routes et des villages.Pourquoi?La question mériterait réponse, surtout quand on cherche le secret des grandes mobilisations qui nous feraient relations septembre 1995 197 avancer vers un projet de société «comme du monde».Mais comment expliquer ce qui rend le pain bon et les roses belles?J\u2019ai marché six jours et j\u2019en perds mes mots.Tout de même?Alors à grands traits.Cette marche a carburé au désir, celui des organisatrices, relayé en un immense réseau, celui des marcheuses qui ont eu envie de relever le défi des kilomètres, celui de celles et de ceux qui auraient tant aimé se joindre à elles et n\u2019ont pas pu ou s\u2019en sont retenus, les désirs réveillés en cours de route, y compris celui d\u2019un monde meilleur et de faire ce qu\u2019il faut pour qu\u2019il arrive.Elle s\u2019est confondue en sollicitude.Celle des comités d\u2019accueil, et il en faut pour mettre du hareng à mariner deux semaines d\u2019avance, en prévision des hors-d\u2019oeuvre à servir lors d\u2019un souper! Celle des services d\u2019ordre, des animatrices, des infirmières, des marcheuses entre elles attentives à chacune, capables d\u2019une quête discrète pour acheter des chaussures qui manquent.Mon amie Hélène a parlé de bienveillance, dans le sens de veiller avec bonté sur l\u2019autre.Cette marche a été cohérente parce qu\u2019on a appliqué pendant des principes qu\u2019on aurait voulu vivre après.Il y avait du travail pour tout le monde: cuisiner, héberger, attendre, téléphoner, conduire, marcher, écrire, répondre, écouter, partager, sourire, envoyer la main, chanter, ramasser, penser, prier, accompagner, remplacer.C\u2019était normal que beaucoup de monde y trouve sa place.Et ça a été une marche de femmes bercée dans la tendresse et la fermeté d\u2019un féminisme d\u2019expérience.Pas d\u2019endoctrinement, mais des conversations ferventes, le long des contingents où les histoires de vie ont circulé.Pas de trips de pouvoir.Une discipline et un sens de l\u2019organisation étonnants.Des négociations sérieuses et prises au sérieux.Et de l\u2019humour! Le pain a levé, le rosier a fleuri.Les mots furent simples, le geste aussi.Ils ont été compris.Les conditions d\u2019un état de grâce étaient réunies, il était naturel de communier.Depuis quelques années, les événements rassembleurs se sont succédés, prenant de façon souvent inattendue le relais l\u2019un de l\u2019autre à coups de quelques centaines de personnes à la fois.Par exemple, il s\u2019est passé quelque chose à Québec, en mai 1991, à l\u2019occasion du centenaire de Rerum Novarum.Plusieurs des personnes présentes se sont retrouvées, en décembre, par grand froid, à porter à l\u2019Assemblée nationale une déclaration signée par 50 000 personnes et intitulée Réduire les écarts entre les riches et les pauvres.On s\u2019est demandé s\u2019il y aurait des suites.Il y a bien eu les journées sociales à Chicoutimi et à Sher- brooke, mais celles et ceux qui ont été de cette mouvance (on parle davantage ces temps-ci de mouvances que de mouvements.) seraient probablement d\u2019accord pour situer le temps fort suivant dans l\u2019urgence signifiée par quelques centaines de personnes réunies en 1992, à Cap-Rouge, par le CPMO: Un projet de société, ça presse! On s\u2019est demandé encore une fois quelles en seraient les suites.C\u2019est Solidarité Populaire Québec qui a pris le relais, avec l\u2019Assemblée nationale populaire qui a voté, en juin et en septembre 1994, le contenu de la Charte d\u2019un Québec populaire.Le Québec qu\u2019on veut bâtir.On aurait cru que de SPQ naîtrait ensuite un grand mouvement populaire pour baptiser la Charte dans l\u2019action.Mais non.Pendant ces mois-là, alors que d\u2019une commission gouvernementale à l\u2019autre tout se remettait sur la table, les programmes sociaux, l\u2019avenir du Québec, l\u2019action communautaire, l\u2019éducation, la santé, des femmes portaient le rêve de marche de Françoise David et lui donnaient la vie en abondance.Des comités s\u2019organisaient par toute la province, le 8 mars en prenait les teintes, et plus le printemps avançait, plus les responsables de l\u2019hébergement s\u2019arrachaient les cheveux en voyant s\u2019allonger les listes d\u2019inscription.La multiplication des pains et des roses a été célébrée cette année par des femmes.Que les pontifes se le tiennent pour dit dans les Romes éternelles! Qu\u2019arrivera-t-il maintenant que nous avons pris le goût du pain?Qui peut dire où mènent les roses?J\u2019en connais qui ont redoublé d\u2019ardeur dans leur boulot.D\u2019autres ont senti renaître le feu sacré qui dormait sous la cendre.Alors que sur la colline, le salaire minimum empochait ses quarante cinq sous, que les millions traversaient du côté des infrastructures sociales sans qu\u2019on sache trop quel genre d\u2019élastique était attaché au portefeuille, que les changements amorcés ou projetés s\u2019officialisaient devant une foule fière, tendue entre l\u2019allégresse et le réalisme, il fut bien clair, je crois, que le miracle et son mystère ne se produisait pas devant mais parmi nous, dans l\u2019échange des regards, dans l\u2019union des voix, dans une chanson apprise par coeur, dans la réunion de nos sorts mutuels, dans le sentiment de prendre ensemble la responsabilité de notre devenir.Alors voilà.On ne sait pas ce qui arrivera maintenant, mais cette année, au coeur de cette marche amoureusement préparée, l\u2019espérance a fait des bourgeons! Et le projet de société, lui, a pris le chemin du coeur, celui qu\u2019il nous faudra maintenant pour aller où nous risquerons d\u2019aller.¦ Vivian Labrie LES FEMMES ET LA QUESTION NATIONALE La Fédération des femmes du Québec en fera son principal débat, les 30 septembre et 1er octobre.Solange, Lise, Geneviève, Judna et tant d\u2019autres.qui ont marché deux cents kilomètres, en mai dernier, pour sensibiliser la population et le gouvernement à la pauvreté, voteront-elles pour ou contre la souveraineté du Québec lors du prochain référendum?Plusieurs femmes se sont identifiées à cette manifestation et ont «marché».dans tous les sens.Les femmes emboîtent le pas dès que l\u2019avenir de leurs enfants est en jeu.Les femmes marchent dès que le pain manque sur la table, dès que les roses deviennent de plus en plus rares et chétives.Mais marcheront-elles pour la langue, la culture et un 198 relations septembre 1995 pays?Sont-elles préoccupées par la question nationale?Ce n\u2019est pas la première fois, dans l\u2019histoire récente du Québec, que les femmes se mobilisent.Rappelons-nous les 50 Heures de célébration du droit de vote des québécoises et le Forum «Pour un Québec féminin pluriel».En 1992, des milliers de femmes ont élaboré leur projet de société: celui dont elles rêvent et qu\u2019elles essaient de vivre déjà dans leur quotidien.Au cours de ce forum, elles ont réussi à ériger les principes fondamentaux de la société à bâtir à partir des valeurs auxquelles elles tiennent le plus: «une société de solidarité, d\u2019équité et de partage, composée de femmes et d\u2019hommes désireux de vivre libres et égaux, dans le respect de leur individualité et de leurs appartenances diverses à la collectivité1».Ce qui compte, semble-t-il, pour les femmes, c\u2019est la vie de tous les jours.La souveraineté corrigera-t-elle la discrimination envers les femmes qui gagnent encore 70% du salaire des hommes?Reconnaîtra-t-elle le travail des femmes au sein des familles (tâches liées à l\u2019éducation des enfants, aux soins des personnes âgées ou malades, à l\u2019entretien domestique)?Prendra-t-elle en compte leur bénévolat dans les organismes communautaires soucieux des moins bien nantis de la société?Face au discours dominant sur l'endettement, les femmes ne sont pas dupes.De l\u2019argent, il y en a quelque part! Leur message est toujours le même depuis au moins cinq ans.L\u2019avenir du Québec ne se fera pas sans elles.Il ne se fera pas sans passer par la lutte contre la pauvreté et la violence systémique faite aux femmes et aux enfants, aux personnes âgées, aux jeunes et à toutes les personnes exclues ou marginalisées, parce que ces «malheureuses» ne répondent pas aux attentes du marché.À quoi bon un pays où l\u2019on ne peut vivre dans la dignité?« Du pain et des roses, d\u2019abord.» À qui ce message s\u2019adresse-t-il?Les gouvernements peuvent donner des miettes, ça ne change pas grand-chose.D\u2019autant plus que le fédéral est en train de couper dans les services sociaux, dans des acquis touchant davantage les femmes qui feront trop souvent les frais de ces coupures.« Il faut, disent-elles, changer les règles du jeu, mettre en pla- 1.En collaboration, Pour changer le monde, le Forum Pour un Québec féminin pluriel, éd.Ecosociété, Montréal, 1994.ce une société fondée sur de nouvelles valeurs et priorités.» Mais comment y arriver?Le projet de société porté par les femmes devra nécessairement passer par le politique.Elles ne luttent pas seulement pour se libérer des affres de la faim, mais aussi pour être libres de créer, de bâtir, de s\u2019émerveiller et de prendre des risques.Plusieurs pensent à investir les lieux de décision.Même si cela rebute les femmes pour toutes sortes de raisons, il faudra avoir ce courage.Mais avec 18% des députés à l\u2019Assemblée nationale, les femmes ont peu de poids dans la balance.Même en proposant un «quota», comme il se fait ailleurs, le changement n\u2019est pas garanti pour autant.Il leur faudrait une même vision, un même engagement féministe vécu dans la solidarité entre femmes et avec leurs alliés qui partagent la même utopie.Les programmes de tous les Partis, qu\u2019ils soient à droite ou au centre, sont axés sur le néo-libéralisme qui privilégie un petit nombre aux dépens de la majorité, et sur le patriarcat qui néglige la participation des femmes à la chose publique.De telle sorte que les femmes ne voient pas les différences de l\u2019un à l\u2019autre.La ligne de Parti les empêche souvent de s\u2019engager à l\u2019intérieur d\u2019une formation politique parce qu\u2019elles veulent rester libres pour mettre de l\u2019avant des projets «subversifs».Le changement, elles l\u2019ont dans la peau et le coeur.Est-il possible de faire des brèches dans le système patriarcal et néo-libéral?La souveraineté, vue comme une chance de récupérer les ingrédients nécessaires pour s\u2019autodéterminer comme peuple, pourrait à la limite mobiliser les femmes, si elles avaient leur mot à dire et s\u2019il y avait une lueur d\u2019espoir de ce côté.La Fédération des femmes du Québec, qui se veut une plate-forme de pression politique, non partisane, a lancé le débat parmi ses membres.À cette étape importante de la vie du peuple québécois, quelle sera l\u2019implication de la FFQ et, à travers elle, celle des femmes du Québec?Au-delà de leurs intérêts et de leurs différences, les femmes ont réussi à se rallier autour de neuf revendications pour lutter ensemble contre la pauvreté.Le gain le plus important de la marche «Du pain et des roses» demeure la solidarité et la mobilisation qui ont pris une envergure jamais encore atteinte.Un acquis important à sauvegarder à tout prix.Car, au lendemain du référendum, que la réponse ait été oui ou non, la lutte des femmes devra se poursuivre.¦ Céline Dubé LES SOIRÉES RELATIONS SUR CASSETTES VIDÉOS Quelques sujets disponibles (on peut demander la liste complète): \u2022 Nouvelles technologies de procréation (17-01-94) \u2022 Régler le déficit: à quel prix?(21-02-94) \u2022 La voix des femmes autochtones (21-03-94) \u2022 Quel avenir pour l\u2019engagement social - spécial 600e numéro de Relations (18-04-94) \u2022 Francisco De Roux: «Le processus de démocratisation en Amérique latine» (09-05-94) \u2022 Jean Lojkine: «La révolution informationnelle» (19-09-94) \u2022 Les théologies féministes: un apport nécessaire (17-10-94) \u2022 Nouveau regard sur les relations Québec-Canada (21-11-94) \u2022 Que nous réserve la réforme Axworthy?(16-01-95) \u2022 Référendum: l\u2019occasion de définir une projet de société?(20-02-95) \u2022 Référendum: que nous apprennent les commissions régionales?(20-03-95) \u2022 Référendum: une culture publique commune est-elle possible (24-04-95) \u2022 Où trouver l'espoir pour Haïti?(15-05-95).Achat: 25,00$ par cassette.Location (10 jours): 7,00$ par cassette.Ces prix incluent la TPS et TVQ.Frais d\u2019expédition en sus.Chèques ou mandats-poste à l\u2019ordre du Centre justice et foi.Bien préciser le sujet et le format de la cassette (VHS ou Beta).S\u2019adresser à Pauline Roy.Centre justice et foi, 25 Jarry ouest, Montréal H2P 1S6 Tél.: (514) 387-2541 relations septembre 1995 199 200 Jêêêêêêêêêê m A L\u2019équipe des ressources en spiritualité et en intervention pastorale du Centre St-Pierre est formée de personnes engagées dans l\u2019éducation de la foi des adultes et la transformation des milieux de vie.Partenaires avec une multitude de collaborateurs et collaboratrices qui agissent, tantôt comme personnes-ressources, tantôt comme complices dans l\u2019action, elles offrent des activités de formation tant au Centre que dans les milieux intéressés.La programmation 1995-1996 est maintenant disponible.On y trouve des ateliers touchant formation de base, études bibliques, croissance, approfondissement spirituel, pratiques pastorales, défis actuels de notre société.Pour obtenir gratuitement la brochure, veuillez communiquer avec le (514) 524-3561, poste 303.Après dix années de loyaux services à la direction du Secteur des communautés culturelles, Sr Thérèse Ben-guerel (SBC) quitte le Centre justice et foi.Sous sa gouverne éclairée, les membres du Secteur ont réalisé de nombreux projets touchant le défi de l\u2019accueil et de l\u2019intégration des réfugiés et des immigrants, la convivance entre Québécois et Québécoises de toutes origines, la culture publique commune, le bulletin de liaison en pastorale interculturelle, etc.Nous lui exprimons notre reconnaissance et nous lui souhaitons bonheur et santé dans son apostolat futur.Nous accueillons avec joie Madame Élisabeth Garant qui lui succède.Mme Garant possède un riche vécu dans le champ de l\u2019interculturel.Elle a oeuvré six années au Japon, avec la Société des Missions Étrangères.Elle fut animatrice nationale de Jeunesse du Monde.Madame Garant, cordiale bienvenue dans l\u2019équipe du CJF! Selon l\u2019UPA, le budget Martin touche l\u2019agroalimen-taire plus durement que presque tous les autres secteurs.Dans ce budget, on demande à l\u2019agroalimentaire plus qu\u2019il ne mérite, compte tenu de son importance dans l\u2019économie (près de 10% du produit intérieur brut (PIB) et 15% de l\u2019emploi total), compte tenu de sa contribution à la balance commerciale du pays (près du quart du surplus de la balance des marchandises) et compte tenu aussi de son importance dans la vitalité des régions rurales et l\u2019occupation du territoire.Les documents budgétaires indiquent que la compression à Agriculture et Agroalimentaire Canada est de 21,5% par rapport à une moyenne de 19% dans plusieurs ministères.Les régions rurales du Québec en sont grandement affectées.En 1975, à Mexico, se tenait la première Conférence mondiale pour les femmes.Plus de mille déléguées de 133 États y participaient.La deuxième conférence se tint à Copenhague, en 1980, et la troisième à Nairobi, en 1985.Malgré les progrès réalisés, il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour la quatrième Conférence sur les femmes qui se tiendra à Beijing, en septembre 1995.Deux priorités retiendront l\u2019attention, car elles sont la clé de toutes les autres : la participation au double niveau de la décision politique et de la décision économique.La tradition veut qu\u2019un forum côtoie la Conférence.Plus de 30 000 femmes sont attendues pour débattre ce qui fait leur vie au quotidien et leur vision d\u2019un monde plus juste.Des femmes qui auront participé à la Conférence de Beijing partageront le bilan de leur expérience dans le cadre d\u2019une Soirée Relations, au CJF, le lundi 16 octobre prochain.Dans une déclaration à Charlottetown, en juin dernier, Développement et Paix recommandait aux pays participant au G-7 de poser des gestes afin que l\u2019économie profite à l\u2019ensemble de la communauté humaine.Entre autres: l\u2019instauration d\u2019une taxe sur les transactions internationales, dont les revenus pourraient être réinvestis dans des mesures sociales; la transformation du FMI et de la BM, afin que ces organismes internationaux soient plus démocratiques et redevables de leurs actions devant les Nations unies; la réduction de la dette des pays fortement endettés; des mesures créatrices d\u2019emploi.Développement et Paix a aussi publié un document intitulé Vaincre le chômage et la pauvreté, un choix politique dans lequel il exprime sa vision du développement.On peut se le procurer en appelant au (514) 257-8711.La CECC faisait parvenir en juin dernier au ministre de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration, M.Sergio Marchi, une lettre en réaction à la décision du gouvernement canadien d\u2019imposer un «droit pour l\u2019établissement» de 975$ aux immigrants.Cette mesure très dure va à l\u2019encontre du droit à la protection des réfugiés, contribue à la séparation des familles et constitue un fardeau supplémentaire très lourd pour les réfugiés.Ce geste est loin de projeter l\u2019image d\u2019un pays accueillant.Le retrait pur et simple de cette taxe est exigé.relations septembre 1995 DOSSIER un contrat ____nouveau____________ spiritualité de l\u2019environnement *r**- Swrj ssgiHPe sam yr-~ .«'~r-r' ai&CSàÊiæ*» ¦abv; Paul Hamel UNE SPIRITUALITÉ À CONSTRUIRE par André Beauchamp1 e chrétien et l\u2019environnement» est un thème souvent pro-MÊÊÊÊË posé pour des articles ou des conférences.L\u2019expression peut sembler ambiguë, dans la mesure où elle laisse entendre un rapport purement extérieur de la personne à l\u2019environnement, comme si celui-ci n\u2019était qu\u2019un décor, une matière inerte sur laquelle, peut-être, il convient de se pencher.Beaucoup, de plus, n\u2019imaginent pas que l\u2019on puisse parler chrétiennement de l\u2019environnement.Pour eux, il s\u2019agit là d\u2019un domaine technique, scientifique, qui évoque des savoirs si complexes et si profanes qu\u2019on se dit que jamais cela peut nous concerner en tant que chrétiens ou chrétiennes.On préfère en référer aux experts et aux savants, ou bien aux militants, ces Don Quichotte du vert.En ce cas, environnement renverrait à pollution, à technique, à politique, et semblerait donc échapper au discours chrétien, lequel nous parle de Dieu ou des autres.À mon avis, il est préférable d\u2019aborder le sujet en parlant du chrétien ou de la chrétienne dans l\u2019environnement.Si, en un sens, l\u2019environnement semble extérieur à nous, comme ce qui nous environne, il est aussi une partie de nous-mêmes.Nous sommes immergés dans la biosphère.Nous sommes air et vent, eau et terre.«Tu es poussière et tu retourneras en poussière», dit le rite d\u2019entrée en carême, évoquant ainsi les terriens que nous sommes, façonnés de la glaise par quelque dieu potier bienfaisant.À la nuit pascale, nous évoquons les eaux, celles de la mer Rouge qui apportent la mort aux Égyptiens et la délivrance au peuple élu, les eaux de la naissance et du baptême, les eaux primordiales de toute femme qui porte un enfant à la manière des eaux primitives du matin du monde, sur lesquelles, nous dit la Genèse, planait le souffle de Dieu.Et nous chantons aussi la lumière du Christ, cette flamme minuscule qui jaillit dans la nuit et se répand de cierge en cierge, comme une contagion de la foi.Le premier éveil de la conscience chrétienne à l\u2019environnement exige donc une réintégration de la personne dans l\u2019environnement.Parler ainsi suppose une saisie au moins intuitive d\u2019une rupture qui s\u2019est instaurée entre la conscience chrétienne et le milieu écologique, et d\u2019une réconciliation possible.Nous voilà alors dans le champ de la spiritualité ou de la vision du monde plus que dans le champ de l\u2019éthique, bien que l\u2019une et l\u2019autre ne soient pas entièrement dissociables.Il existe, dans le milieu écologique, une opinion maintenant en perte de vitesse, Le premier éveil de la conscience chrétienne à l\u2019environnement exige une réintégration de la personne dans l\u2019environnement.Parler ainsi suppose une saisie au moins intuitive d\u2019une rupture qui s\u2019est instaurée entre la conscience chrétienne et le milieu écologique.selon laquelle c\u2019est l\u2019héritage chrétien lui-même qui serait à la source de la crise écologique.Le texte incriminé est celui de la Genèse : «Remplissez la terre et dominez-la.Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre» (Gn 1,28).Texte à saveur orgueilleuse qui, sorti de son contexte, peut ame- ner l\u2019être humain à se prétendre maître du monde et à soumettre la nature à sa violence.Cette critique d\u2019un anthropocentrisme dur s\u2019est alimentée à des courants mystiques américains de type panthéiste, comme ceux de David Henry Thoreau (1817-1862) et de John Muir (1838-1914), le célèbre artisan du mouvement conserva-tionniste.Depuis la dénonciation de Lynn White2, historien des sciences qui a identifié la pensée chrétienne comme une des sources majeures, sinon la source par excellence, de la crise écologique, il est resté dans le milieu écologique comme un soupçon à l\u2019égard de l\u2019héritage chrétien, soupçon qui favorise donc la migration vers des mystiques de type bouddhiste ou animiste, ou simplement le retour du paganisme, cette religion de la nature (le mot latin paganus signifie paysan).*** Sans prétendre ici faire la juste part des choses, je propose dans ce dossier une typologie sommaire des représentations qui ont cours sur la place de l\u2019être humain dans le monde: les approches anthropocentriques et les approches non anthropocentriques.J\u2019essaierai ensuite de dire en termes chrétiens quelques aspects d\u2019une spiritualité de l\u2019environnement.¦ 1.\tAndré Beauchamp collabore à la revue Relations depuis plusieurs années.Théologien, environnementaliste, il est l'auteur de nombreux volumes et articles.Il est président d\u2019Enviro-Sage inc., une firme spécialisée en communication et consultation publique en environnement et membre de la Chaire de recherche en éthique de l\u2019environnement Hydro-Québec/McGill.Le texte de ce dossier est une version remaniée d\u2019un exposé donné dans le cadre des Conférences Notre-Dame de Québec, le 12 mars 1995.Le texte original est paru dans Pastorale Québec, vol.107, no 9, p.235-239.2.\t«The Historical Roots of Our Ecological Crisis», Science, 155, 1967.202 relations septembre 1995 DOMINER LA CRÉATION?par André Beauchamp IfcïSTT ç > i» * r 'T^ v'/\u2018.>V: WêWf * .' a y aiLii^i \u2022\t
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