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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 2000-07, Collections de BAnQ.

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[" relations juillet-août 2000 3,95$ no 662 U planète jeunes I À lire aussi dans ce numéro: Normand Breault, sur le bien commun: un idéal de justice Céline Dubé, sur les théologies féministes O 977003437800008 relations La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de chrétiens et de chrétiennes engagés dans la promotion de la justice.DIRECTEUR Jean Bellefeuille RÉDACTEUR EN CHEF Jean Pichette SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION Anne-Marie Aitken ASSISTANT À LA RÉDACTION Fernand Jutras COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Michel Beaudin, Jean Bellefeuille, Normand Breault, Élisabeth Garant, Joseph Giguère, Françoise Nduwimana, Guy Paiement, Francine Tardif COLLABORATEURS André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, René Boudreault, Raymonde Bourque, Guy Dufresne, Jean-Marc Éla, Vivian Labrie, Jean-Paul Rouleau BUREAUX 25, rue Jarry ouest Montréal H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.: (514) 387-0206 ABONNEMENTS Hélène Desmarais 10 numéros (un an): 28,00$ (taxes incl.) Deux ans: 49,00$ (taxes incl.) À l\u2019étranger: 29,00$ Abonnement de soutien: 75,00$ Visa et Mastercard acceptés TPS: R119003952 TVQ: 1006003784 Les articles de Relations sont répertoriés dans Repères et dans \\\u2019Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 On peut se procurer le microfilm des années complètes en s'adressant à University Microfilm, 300 North Zeeb Road, Ann Arbor Michigan 48106-1346 USA.Envoi de Poste-publication - Enregistrement no 09261 Le 20 mai dernier marquait le 20e anniversaire du référendum tenu au Québec en 1980.Deux semaines plus tôt, lors du congrès du Parti québécois, le Premier ministre Lucien Bouchard annonçait que la souveraineté serait dorénavant au coeur de l\u2019action gouvernementale.À la même occasion, le parti rejetait la proposition de jeunes militants désirant lier la question de la souveraineté à celle de la social-démocratie.Deux jours après, le ministre des Finances, Bernard Landry, déposait un projet de loi en vue de faciliter l\u2019implantation à Montréal de la Bourse électronique américaine Nasdaq.Il annonçait du même coup la décision de ne pas tenir les audiences publiques prévues par la loi.Vantant ad nauseam les «normes éthiques très élevées» de Nasdaq, le ministre a expliqué que «la rapidité étant l\u2019essence de l\u2019affaire», on ne LA SOUVERAINETÉ DES INVESTISSEURS?saurait sans danger s\u2019encombrer d\u2019un long processus de consultations: un exercice d\u2019autant plus futile que le milieu financier et la communauté québécoise en général seraient «de toute évidence» favorables à la venue de ce qui ne pourrait que servir les intérêts de Montréal.De Montréal ou des boursicoteurs?Deux jours plus tard, le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, déposait un projet de loi libérant Hydro-Québec de l\u2019emprise de la Régie de l\u2019énergie, responsable de la réglementation de la production d\u2019électricité.Hydro-Québec en profitera certainement pour augmenter ses exportations, sans autre considération que les entrées d\u2019argent: mais où est-il écrit qu\u2019une entreprise publique doit jouer le rôle de vache à lait financière du gouvernement?On pourrait encore parler des investissements d\u2019un milliard que le gouvernement annonçait le même jour pour la Cité du commerce électronique.Mais à quoi bon?Il semble bien que ce gouvernement, qui rêve pourtant tout haut de souveraineté, soit d\u2019abord préoccupé par la souveraineté des investisseurs.C\u2019est aussi ce que favorisait l\u2019Accord multilatéral sur les investissements (AMI).Faut-il rappeler que cet accord n\u2019a pas (encore) vu le jour?Peut-être l\u2019ignore-t-on à Québec.À moins qu\u2019il y ait tout simplement un malentendu sur la souveraineté à laquelle le Premier ministre convie les Québécois.?Après 16 ans à Relations, Fernand Jutras, notre valeureux assistant à la rédaction, tire sa révérence.Pendant toutes ces années, sous quatre directions différentes, il a été le maître d\u2019oeuvre de la sortie mensuelle de la revue.Sans lui, Relations serait probablement de l\u2019histoire ancienne.Son souci du travail bien fait et sa bonne humeur nous manqueront.Heureusement, Fernand continuera à siéger au comité de rédaction d\u2019une revue qui lui tient à coeur.Nous en sommes tous très heureux, et cela ne fait qu\u2019ajouter aux innombrables raisons que nous avions déjà de lui dire MERCI.Jean-Claude Ravet, un sociologue actif au Centre justice et foi depuis le début de l\u2019année, prendra la relève de Fernand.Nous sommes heureux de l\u2019accueillir dans notre équipe.qui s\u2019active à compléter la nouvelle toilette de la revue.Un rendez-vous à ne pas manquer, en septembre.D\u2019ici là, bon été! Jean Pichette 162 relations juillet-août 2000 à l\u2019actualité avec Anne-Marie Aitken, Jean Bellefeuille, Guy Dufresne et Élisabeth Garant LA RELIGION À L\u2019ÉCOLE La laïcité ouverte est-elle compromise?Le 10 mai dernier, le ministre François Legault a déposé à l\u2019Assemblée parlementaire le projet de loi 118, intitulé Loi modifiant diverses dispositions législatives dans le secteur de l\u2019éducation concernant la confes-sionnalité.Ce projet s\u2019accompagne d\u2019un texte, Une réponse à la diversité des attentes morales et religieuses, qui donne les orientations concernant l\u2019avenir de la religion à l\u2019école.Selon ce projet de loi, le statut confessionnel des écoles primaires et secondaires publiques serait abrogé, à compter du 1er juillet 2000.À l\u2019école primaire, les parents d\u2019élèves continueraient d\u2019avoir le libre choix entre l\u2019enseignement moral et l\u2019enseignement moral et religieux confessionnel catholique ou protestant.Au premier cycle du secondaire, la même proposition serait maintenue, mais avec la possibilité de créer des programmes d\u2019études ajustés aux besoins locaux.Au deuxième cycle, un seul cours d\u2019éthique et de culture religieuse serait proposé à tous les élèves, à titre de cours obligatoire.Les clauses dérogatoires seraient reconduites pour cinq ans.Le temps consacré à cet enseignement serait sérieusement réduit, quasi de moitié.Une école publique ne pourrait plus adopter un projet particulier de nature religieuse.Au primaire et au secondaire, les services d\u2019animation pastorale et d\u2019animation religieuse seraient remplacés par un service commun d\u2019animation spirituelle et d\u2019engagement communautaire, offert à tous les élèves et financé par l\u2019État.Un Comité sur les affaires religieuses (composé de parents, éducateurs et universitaires) serait institué, en remplacement du Comité catholique et du Comité protestant, au Conseil supérieur de l\u2019éducation.Enfin, au ministère de l\u2019Éducation, un Secrétariat aux affaires religieuses serait créé, en remplacement des sous-ministres associés de foi catholique et de foi protestante.Voulant répondre aux différentes attentes qui se sont exprimées à travers les audiences publiques et les 254 mémoires, il est clair que le ministre ne donne pas de lignes directrices très définies sur l\u2019avenir de la religion à l\u2019école.Certes, les orientations, déposées pour cinq ans, excluent l\u2019approche communau-tarienne et amorce un processus de complète déconfessionnalisation, malgré le maintien de l\u2019enseignement confessionnel à plusieurs niveaux de la scolarité.Mais l\u2019option d\u2019une laïcité ouverte, retenue par le rapport Proulx et mise de l\u2019avant par le Centre justice et foi, peut-elle se construire à l\u2019intérieur du projet de loi actuel?Certains silences dans le texte font douter d\u2019une volonté gouvernementale ferme d\u2019accompagner la société québécoise dans cette direction.Un cours obligatoire d\u2019éthique et de culture religieuse est effectivement introduit en secondaire quatre et cinq, mais les orientations principales fournies par le ministre ne permettent pas de conclure que les élèves seront véritablement initiés à l\u2019expérience religieuse de l\u2019humanité.Le temps réduit accordé à ce cours semble plutôt indiquer que l\u2019implantation d\u2019une nouvelle approche de la religion sous la forme d\u2019un enseignement culturel du fait religieux sera difficilement réalisable, dans le système scolaire québécois.En ce qui concerne le premier cycle du secondaire, les orientations du ministre mentionnent que les commissions scolaires pourraient mettre sur pied un programme local d\u2019éthique et de culture religieuse, ou un cours à caractère oecuménique.Pour que cette mesure ne soit pas un voeu pieux, il faudrait connaître les ressources que le ministre entend rendre disponibles en terme de personnes, de temps et de moyens.Enfin, au primaire, relations juillet-août 2000 163 face à l\u2019actualité il est regrettable qu\u2019aucun projet pilote ne soit proposé en vue de bâtir des alternatives à l\u2019enseignement moral, ou moral et religieux confessionnel actuel.Les propositions concernant le service d\u2019animation spirituelle et d\u2019engagement communautaire sont le seul signal vraiment favorable à un passage progressif vers une laïcité ouverte.Mais, là encore, les engagements du gouvernement pour en assurer la réalisation restent vagues.Pour qu\u2019un tel service se «situe aux carrefours des courants et des influences qui marquent la vie des jeunes», il faudrait que les personnes responsables bénéficient d\u2019une charge de travail réaliste et puissent assurer une présence significative dans une école, au primaire comme au secondai- re.Nous ne saurons le sérieux de la proposition qu\u2019en connaissant les ressources que l\u2019on acceptera d\u2019investir et les mesures concrètes qui en assureront la qualité.Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, le risque est grand de voir l\u2019école québécoise s\u2019acheminer progressivement vers une laïcité dans laquelle le fait religieux n\u2019aurait plus sa place.Dans cette nouvelle conjoncture du projet de loi 118, les chrétiens et les croyants de toutes traditions doivent s\u2019impliquer pour promouvoir une laïcité ouverte, qui donne toute sa place au fait religieux dans l\u2019école.¦ Jean Bellefeuille MIGRATIONS, PROTECTION, SECURITE.TENSIONS À LA FRONTIÈRE Une nouvelle loi fédérale sur l\u2019immigration et la protection des réfugiés.Une nouvelle loi fédérale sur l\u2019immigration et la protection des réfugiés devrait être adoptée d\u2019ici quelques mois1.La nouvelle ministre, Élinor Caplan, avait réitéré à plusieurs reprises sa volonté de donner suite aux démarches entreprises, de 1997 à 1999, par Lucienne Robillard, en vue d\u2019une réforme de la loi actuelle.Le 6 avril dernier, un projet de loi (le C-31) a donc été déposé pour étude à la Chambre des communes.La ministre a qualifié de «loi dure» le projet qu\u2019elle rendait public.Un discours qui doit être compris d\u2019abord comme une volonté du gouvernement actuel de répondre aux arguments de l\u2019Alliance canadienne et d\u2019autres mouvements de droite, qui dénoncent le laxisme des mesures de contrôle actuelles.Un projet de loi qui avait d\u2019ailleurs été promis pour contrer l\u2019introduction clandestine et le trafic des personnes, réalité cristallisée récemment dans l\u2019opinion publique par l\u2019arrivée de bateaux de revendicateurs chinois.Il s\u2019agit d\u2019un choix délibéré de mettre en évidence les éléments les plus contraignants, voire répressifs, du projet de loi pour rassurer l\u2019opinion canadienne influencée par le discours sur le besoin d\u2019augmenter la sécurité des Canadiens en corrigeant un système que certains qualifient de «passoire ».Le projet de loi contient donc un renforcement et un raffinement des mesures d\u2019interception à l\u2019étranger pour empêcher les gens, «non munis des documents requis», d\u2019atteindre le territoire canadien.Ces mesures sont introduites au nom de la sécurité et d\u2019un meilleur contrôle de la criminalité.Mais, en ne définissant pas précisément la notion de «criminel» et en ne prévoyant pas de mesures de protection pour les victimes (de trafic ou d\u2019introduction clandestine), le projet de loi contribue à faire de tous les migrants des cibles pour les agents d\u2019interception et à les inclure indistinctement dans le panier des criminels.Les mesures d\u2019interception ont aussi des conséquences dramatiques sur les réfugiés, qui sont souvent sans papier ou qui ont recours à de faux documents pour pouvoir fuir.Le projet de loi ne prévoit aucun moyen pour s\u2019assurer que les personnes réfugiées interceptées seront effectivement protégées.L\u2019interception est d\u2019ailleurs inacceptable si elle n\u2019est pas accompagnée d\u2019un investissement financier important pour la protection des réfugiés à l\u2019étranger.Un engagement qui n\u2019est certainement pas celui des pays occidentaux actuellement, si l\u2019on considère leur faible contribution au Haut commissariat pour les réfugiés.Malgré l\u2019option de fermeture des frontières qui domine le projet de loi, ce dernier contient par ailleurs plusieurs éléments positifs qui répondent à des inquiétudes exprimées par les groupes impliqués auprès des immigrants et des réfugiés.Ainsi, le Canada ne devrait plus sélectionner les réfugiés sur la base de leur capacité d\u2019intégration, mais en fonction de leur besoin de protection.Les demandes des revendicateurs seront soumises à une seule étude (par un et non par deux commissaires) qui tiendra compte des différents motifs de protection acceptés au Canada.Ce qui permettra d\u2019améliorer des délais devenus inacceptables.Cette nouvelle procédure s\u2019accompagne de l\u2019introduction d\u2019un droit d\u2019appel de la décision rendue, mesure demandée depuis longtemps par les organismes de défense des droits.Par contre, il reste à s\u2019assurer de la qualité des procédures, puisque le projet de loi n\u2019apporte pas de modifications aux compétences des commissaires chargés de la détermination, et ne remet pas en cause le procédé de nomination politique qui depuis longtemps mine la crédibilité de cette instance.Le Canada veut, d\u2019une part, continuer à répondre aux attentes d\u2019une partie importante de sa population qui souhaite la poursuite d\u2019une tradition humanitaire, notamment en respectant les en- 1.Pour une analyse plus détaillée du projet de loi, voir le numéro 30 du bulletin Vivre ensemble, ainsi que le mémoire du secteur des communautés culturelles du Centre justice et foi à la Commission parlementaire.164 relations juillet-août 2000 face à l\u2019actualité gagements internationaux contractés à propos de la protection des réfugiés.D\u2019autre part, il annonce des choix dans la ligne des tendances internationales de renforcement des contrôles à la frontière, afin de rassurer une opinion publique inquiète pour sa sécurité et réticente à voir s\u2019étendre l\u2019accès aux acquis sociaux des personnes qui se déplacent en vue d\u2019améliorer leurs conditions de vie.Il convient donc de dénoncer les incohérences du projet de loi et de les corriger en fonction de nos valeurs de compassion et de solidarité.Il convient surtout de profiter du projet de loi pour contribuer à bâtir une opinion publique différente, qui apprivoise la mobilité croissante des personnes et développe des mesures autres que la répression pour y faire face.¦ Élisabeth Garant LA RÉORGANISATION MUNICIPALE AU QUÉBEC OUI MAIS.Le nouveau découpage territorial risque de réduire la dynamique citoyenne.Le paysage municipal du Québec va se modifier rapidement.Après des années d\u2019évitement des problèmes, le temps des changements est arrivé.Les transformations multiples de notre société nécessitent une coordination des actions et des stratégies locales à un échelon régional.Dans la mise en place d\u2019instances supramunicipales, qu\u2019elles soient d\u2019agglomérations ou métropolitaines, peut-on encore une fois faire l\u2019économie de la démocratie?La justification essentiellement économique du projet gouvernemental peut-elle justifier à elle seule la réorganisation municipale du Québec?Cette réorganisation, annoncée par la ministre Harel au nom du gouvernement du Québec, se fonde sur la notion d\u2019agglomération de recensement.Cette notion est utilisée par Statistique Canada sous la forme de la région métropolitaine de recensement (RMR) et de l\u2019agglomération de recensement (AR).Le Québec, qui est considéré comme une région de développement économique par le fédéral, est ainsi constitué de 6 RMR et de 24 AR.Cette vision instrumentale est loin de la réalité des 96 municipalités régionales de comté (MRC) et des trois communautés urbaines, sans compter les 1300 municipalités et les 17 régions administratives! Certes, il peut être utile pour les gestionnaires gouvernementaux, fédéraux et provinciaux, de pouvoir recouper l\u2019ensemble des données disponibles sur une base de mesure commune.Pourtant le découpage territorial actuel du monde municipal s\u2019appuie directement sur la construction historique de l\u2019identité et de l\u2019appartenance.L\u2019espace utilitaire du gestionnaire est un espace réducteur de la dynamique des rapports qu\u2019entretiennent entre eux les citoyens.L\u2019espace humain est avant tout le territoire de l\u2019action des citoyens qui y vivent, un territoire qui est vécu et perçu par les acteurs individuels et collectifs.«Le territoire n\u2019est pas une donnée pré-construite, un problème traité par le politique, mais plutôt une dynamique relationnelle de construction des rapports politique1.» 1.\tBalme R.et al., Le territoire pour politiques; variations européennes, Paris, L\u2019Harmattan, 1994, p.17-18.2.\tPutnam R.cité par Evelyne Ritaine, «La capacité politique des régions en Europe du Sud», dans LeGalès P.et Lequesne C.Les paradoxes des régions en Europe, Paris La Découverte, 1997, p.76.Il est sans doute significatif que, parmi les exemples de réorganisation municipale, le document gouvernemental nous présente notamment l\u2019Ontario de Mike Harris et la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher.L\u2019absence criante des cas américains (Portland,Orégon) et français (Rouen) en matière d\u2019organisation des agglomérations urbaines, où les citoyens sont directement impliqués aux divers paliers de prise de décisions collectives, a de quoi laisser plus que songeur sur l\u2019orientation de la politique de réorganisation municipale.Au Québec, les instances territoriales, mises en place par le gouvernement pour implanter les nouvelles structures métropolitaines, sont constituées de représentants de nos représentants.Elles fonctionnent par délégation de la responsabilité démocratique.En cela elles contribuent à l\u2019évitement d\u2019une réelle démocratie fondée sur la représentation, la participation et le débat public.Les territoires dont la «culture civique», caractérisée par la participation et le bénévolat, est la plus développée connaissent le meilleur développement.C\u2019est là où se manifestent les citoyens, par de nombreuses actions qui participent à la vie collective de leur milieu d\u2019appartenance.La première richesse d\u2019un milieu est constituée par les personnes qui y vivent et les rapports qui les rattachent les uns aux autres.«Les traditions d\u2019activisme politique et de solidarité civique expliquent le développement socioéconomique et non l\u2019inverse.La culture politique, et non la structure socioéconomique, est le déterminant principal du rendement institutionnel2.» Si, comme le donne à penser le document du gouvernement sur la réorganisation municipale, les questions de développement économique sont déterminantes, il importe de considérer que les actions d\u2019innovation, de création et de développement font avant tout appel aux capacités et à la vision des acteurs individuels et collectifs du territoire.Qu\u2019il s\u2019agisse de la municipalité, de la MRC ou de la communauté urbaine, ou encore de la région, l\u2019identité et l\u2019appartenance des citoyens imposent le refus du modèle unique pour que se manifestent la diversité dans l\u2019action ainsi que la créativité et l\u2019innovation.L\u2019action politique locale sert de creuset au renouvellement et à la régénération de l\u2019identité.La mise en place des structures d\u2019agglomération doit se faire avec les citoyens par la démocratie active.«La participation active des populations aux projets de développement qui les concernent relations juillet-août 2000 165 face à l\u2019actualité n\u2019est donc plus considérée comme seulement souhaitable, mais bien comme la condition sine qua non de la mise en oeuvre de ces projets3.» Les changements multiples qui affectent la société appellent des formes d\u2019organisations municipales qui prennent appui sur l\u2019action citoyenne marquée par la représentation, la participation et le débat.L\u2019instauration d\u2019instances d\u2019agglomérations, comme dispositif de coordination supramunicipale à dimension régionale, doit reposer sur une base représentative élective.Si tel est le cas, l\u2019urgence proclamée des fusions serait moindre.La municipalité demeure le lieu de base de l\u2019implication participante dans la société, bref de la citoyenneté.VIRAGE 2000 Les femmes chrétiennes à la recherche d\u2019alternatives libératrices.Nous sommes des bâtisseuses de liberté, nous dénonçons les inégalités.La justice nous appelle, il faut nous libérer des structures dépassées.Chantées par environ 250 femmes, auxquelles s\u2019étaient joints quelques hommes, ces paroles ont ouvert la rencontre organisée par le réseau Femmes et Ministères, sous la présidence de madame Hélène Pelletier-Baillargeon, les 13 et 14 mai derniers.Le colloque Virage 2000 s\u2019inscrivait dans les perspectives du Jubilé international et de la Marche mondiale des femmes contre la violence et la pauvreté.Il fut dynamisant et fructueux.L\u2019esprit de fraternité et de libération était dans l\u2019air.Après de nombreuses années de lutte et de mobilisation pour faire reconnaître leur place dans l\u2019Église, les femmes catholiques réalisent aujourd\u2019hui que leurs conditions, loin de s\u2019améliorer, se détériorent.Solidaires des autres femmes de par le monde, elles estiment qu\u2019il faut prendre un virage plus net et trouver de nouvelles pistes d\u2019action pour faire entendre leur cause et celles des générations à venir.Car ce n\u2019est pas d\u2019abord pour elles qu\u2019elles se mobilisent, mais pour l\u2019avancée de l\u2019Église dans son ensemble.Hélène Pelletier-Baillargeon le faisait remarquer dans son discours de clôture: la lutte des femmes est la lutte de toute l\u2019Église.Les femmes qui se donnent la mission de rendre visible le visage humain de l\u2019Église sont gardiennes de l\u2019esprit du Concile.Selon les statistiques fournies par l\u2019AEQ, en provenance de l\u2019Assemblée des agentes et agents de pastorale, 2633 laïcs mandatés (y compris les religieux et les religieuses) constituent une main-d\u2019oeuvre non négligeable dans l\u2019Église au Québec, environ 50 à 55% de celle-ci.Sur ce nombre, 44% sont des femmes.Certaines d\u2019entre elles sont soumises à des conditions de travail inacceptables: absence de politiques de travail, caractère précaire de l\u2019emploi, salaire insuffisant comparativement au coût de la vie, non-reconnaissance de la compétence et de l\u2019expérience.Des changements s\u2019imposent en vue d\u2019éliminer ces situations de pauvreté.Les femmes sont aussi souvent considérées comme des bénévoles, des suppléantes, malgré une formation, une expérience et une scolarité qui leur permettraient d\u2019assumer des char- C\u2019est dans les quartiers, les municipalités et les agglomérations que s\u2019élabore un premier espace public, que se tissent les liens sociaux et que se réalise une collectivité.À l\u2019heure de la mondialisation, le territoire municipal occupe une position privilégiée, puisqu\u2019il nous faut bien être quelqu\u2019un et quelque part, pour interagir avec les autres.L\u2019identité locale devient ainsi un enjeu de définition et d\u2019action de développement.¦ Guy Dufresne 3.UNESCO, Guide pratique de la décennie du développement culture 1987-1997, Paris, UNESCO, 1988, p.15.ges et des responsabilités avec compétence.La concentration des pouvoirs d\u2019autorité entre les mains des hommes ordonnés entraîne l\u2019absence des femmes des lieux de décisions.C\u2019est une forme de violence systémique qui aujourd\u2019hui n\u2019est plus supportable, parce que discriminatoire.L\u2019Église ne peut plus ignorer dans son fonctionnement interne certains droits et libertés qu\u2019elle défend dans la société.Il apparaît donc nécessaire, voire urgent, d\u2019instaurer au quotidien des pratiques qui rendent effectif le respect du droit des femmes.Un des ateliers portait aussi sur la spiritualité qui donne sens à la vie, qui s\u2019incarne dans des valeurs et des convictions, mais aussi dans des espérances.Bien des images et des symboles traditionnels ne traduisent plus les expériences intérieures des femmes.Le colloque a été un bel exemple d\u2019expressions féminines à travers l\u2019accueil, la décoration, la liturgie, le théâtre et la qualité de la réflexion.Persuadées que l\u2019institution à laquelle elles appartiennent vaut la peine d\u2019être transformée afin de correspondre davantage au message évangélique qu\u2019elle a reçu en héritage, les chrétiennes sont prêtes à s\u2019investir sérieusement pour faire bouger les choses, en vivant des alliances avec des femmes d\u2019autres confessions chrétiennes et d\u2019autres religions, qui elles aussi cherchent à prendre leur place dans leurs institutions respectives.Elles sont également assurées de l\u2019appui de nombreuses autres femmes qui reconnaissent leur courage et leur détermination.C\u2019est pourquoi elles trouvent tout naturellement leur place dans la Marche mondiale et sont reconnues comme partenaires à part entière, tout en n\u2019adhérant pas forcément à la totalité des revendications qui seront envoyées au gouvernement.Le mouvement des femmes chrétiennes apparaît donc irréversible, même si la moyenne d\u2019âge des participantes était assez élevée et si la préoccupation de la relève fut au coeur des débats.Les futures générations ne pourront pas passer à côté de ce mouvement.Elles auront à le marquer de leur empreinte, à leur manière, tout en s\u2019enrichissant de l\u2019histoire de celles qui les ont précédées.¦ Anne-Marie Aitken 166 relations juillet-août 2000 U planète jeunes dossier LA PLANÈTE JEUNES par Jean Pichette Notre rapport au temps est devenu problématique: alors que la vitesse s\u2019impose comme un nouvel impératif, l\u2019idée même de tradition est d\u2019emblée frappée, aux yeux de plusieurs, du sceau de l\u2019insignifiance.Pourtant, les strates d\u2019âge, qui supposent évidemment le maintien de notre existence dans un temps que la vitesse n\u2019a pas encore totalement aboli, s\u2019imposent comme des repères importants dans la construction identitaire.Les «jeunes», les «baby boomers», les «personnes âgées» apparaissent comme des repères essentiels pour saisir la façon dont s\u2019articulent aujourd\u2019hui les rapports sociaux.On connaît la fortune des analyses qui mettent l\u2019accent sur les conflits entre les générations.Ces analyses ont nourri la façon dont les jeunes pensent désormais leur place dans la société.Mais un fait demeure: les repères identitaires s\u2019appuyant sur les catégories d\u2019âge ne sont pas nouveaux.On pourrait même dire qu\u2019ils sont une donnée anthropologique fondamentale, bien que les liens entre les différentes catégories d\u2019âges aient pu connaître de profondes modifications dans l\u2019histoire.C\u2019est précisément la version contemporaine des rapports entre les générations qu\u2019il nous faut tenter de cerner pour mieux saisir l\u2019avenir de notre monde, déjà en gestation chez les plus jeunes.Le dossier que nous vous proposons ne cherche pas à comprendre une catégorie d\u2019âge repliée sur elle-même afin d\u2019identifier les lignes de forces qui pourraient spécifier cette tranche de la population.Nous laissons une telle démarche aux amateurs de marketing, soucieux de toujours mieux identifier une population cible, afin de mieux «répondre à ses besoins» (sic).Notre objectif est ici tout autre.Il s\u2019agit de poser quelques jalons permettant de repérer, à travers les jeunes, les difficultés, voire les impasses d\u2019une façon de penser et de construire le rapport à l\u2019autre qui néglige le fait, pourtant évident, que ce rapport se situe toujours dans le temps.Réfléchir sur les jeunes, c\u2019est ainsi réfléchir sur la façon dont nous envisageons - ou refusons désormais de le faire - la nécessaire transmission d\u2019un héritage, qu\u2019on pourrait qualifier de civilisationnel, entre les différentes générations.Qu\u2019on y songe.Il est de bon ton, pour certains nostalgiques des années 60 et 70, de déplorer l\u2019individualisme des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, qui marquerait une rupture à l\u2019égard des idéaux de cette époque.La participation des jeunes à des mouvements comme celui de SalAMI, où ils se situent certainement aux premières loges, suffit à montrer ce qu\u2019une telle critique a de fallacieux.Elle permet aussi de rappeler que le combat de nombreux jeunes contre la La difficulté d\u2019être jeune aujourd\u2019hui, peut-être plus grande que jamais, ne serait que le reflet de celle d\u2019être adulte aujourd\u2019hui.logique financière, qui tend à dissoudre le temps en l\u2019enfermant dans un présent insignifiant, incapable de se situer dans un continuum entre le passé et le futur, demeure essentiel pour que l\u2019idée même d\u2019une pluralité de générations puisse être maintenue.Dans le combat des jeunes contre la mondialisation financière, c\u2019est ainsi d\u2019abord la nécessité d\u2019un idéal à transmettre qui se trouve peut-être affirmée avec force.En voulant imposer des limites à la logique du capital, les jeunes rappellent que la vie en société est au fond toujours faite de limites, dont on peut certes discuter, mais non pour les abolir sournoisement.Il y a certainement là une piste à suivre pour en finir avec la confusion régnant désormais autour de l\u2019idée d\u2019autorité, dont le rejet primesautier ne fait que nourrir son opposé, l\u2019autoritarisme.Doit-on alors s\u2019étonner que des adultes omettant de transmettre un idéal aux plus jeunes se transforment du même coup en véritables «policiers», gardiens d\u2019un «ordre» qu\u2019ils sentent s\u2019écrouler sous le poids de leur renoncement - ou de leur incapacité - à donner un contenu à l\u2019héritage qu\u2019ils veulent (?) léguer à leurs descendants, quitte à ce que ceux-ci en disposent comme bon leur semble?La difficulté d\u2019être jeune aujourd\u2019hui, peut-être plus grande que jamais, ne serait ainsi que le reflet de celle d\u2019être adulte aujourd\u2019hui.Notre dossier ne prétend évidemment pas faire le tour complet de ces questions.Il se contente d\u2019indiquer certaines pistes, qu\u2019il faudra continuer de creuser.Michel Parazelli aborde dans un premier temps cette délicate question de la transmission, en centrant son analyse sur la période de l\u2019adolescence.À une époque où les adultes renoncent de plus en plus difficilement à leur jeunesse, l\u2019idée de transmission peut-elle même encore faire sens?Doit-on alors s\u2019étonner que la tentation punitive devienne pour plusieurs la seule façon de penser le rapport avec les générations suivantes?Madeleine Gauthier réfléchit ensuite au prétendu désengagement des jeunes à l\u2019égard de la chose politique, entendue dans son sens large.Elle montre qu\u2019il faut se méfier des oppositions rapides entre l\u2019engagement des adultes et le renoncement des jeunes, avant de pointer vers ce qu\u2019elle présente plutôt comme de nouvelles formes de participation des jeunes.Enfin, Louis Jacob s\u2019interroge sur le nouveau rapport à la culture que les jeunes sont peut-être en train d\u2019inventer.Alors que certains se plaisent à enfermer les jeunes - comme les autres catégories d\u2019âge -dans une culture propre, il rappelle que, malgré l\u2019emprise croissante de l\u2019économie sur la culture, il n\u2019y a jamais recouvrement total de l\u2019identité par la culture.On aurait donc tort de croire que les jeunes seraient confinés dans un ghetto prenant la forme d\u2019une «culture jeune», par «essence» étrangère au reste de la société.¦ 168 relations juillet-août 2000 L\u2019ADOLESCENCE «SOUATTEE» par Michel Parazelli1 Dans une société où les adultes s\u2019identifient de plus en plus aux jeunes et sont incertains face à ce qu\u2019ils veulent transmettre, la période de l\u2019adolescence ne remplit plus la fonction sociale qui lui était traditionnellement attribuée.Certains intervenants sont alors tentés d\u2019adopter des mesures punitives qui n\u2019aident pas les jeunes à prendre leur place, hors du désir des adultes.Aujourd\u2019hui, les nouvelles générations doivent faire face à une plus grande indétermination dans le passage vers l\u2019âge adulte.Le calendrier des événements tra- 1.\tL\u2019auteur est chercheur associé au Collectif de recherche sur l\u2019itinérance et à l\u2019INRS-Culture et société.2.\tParazelli, M., 1999, «Prévenir l\u2019adolescence?», dans Gauthier, M.et J.-F.Guillaume (dir.), Définir la jeunesse?D\u2019un bout à l\u2019autre du monde, p.55-74.Saint-Nicolas: Les Presses de l\u2019Université Laval, Québec: Les Éditions de l\u2019IQRC.ditionnellement associés au statut d\u2019adulte (premier emploi stable, parentalité) s\u2019en trouve déstabilisé.Or, l\u2019identité se construit grâce à une projection dans le temps, à un horizon de possibilités où l\u2019on veut devenir ce qu\u2019il est possible d\u2019être, en ré-élaborant ce que l\u2019on a déjà été.Comment y arriver lorsque les balises du parcours sont brouillées ou partielles?Certains, mieux équipés que d\u2019autres pour le voyage, ont du plaisir à bricoler un trajet sur mesure en fonction de repères choisis et non plus subis comme pour les générations précédentes (d\u2019avant les années 60).D\u2019autres relations juillet-août 2000 vivent des souffrances psychologiques associées au contexte d\u2019incertitude au sein duquel ils doivent construire seuls le sens de leur vie, tout en luttant contre la marginalisation d\u2019un marché du travail de plus en plus compétitif.S\u2019il devient quasi impossible de rendre compte de constantes sociologiques à propos de la construction identitaire des jeunes, on peut tout de même risquer une analyse des implications que ce contexte d\u2019incertitude peut avoir sur le processus d\u2019identification des jeunes.Je fais l\u2019hypothèse que le temps social de l\u2019adolescence perd de plus en plus sa signification socio-symbolique en tant que vecteur de transmission intergénérationnelle2.Cette hypothèse permet de mettre en lumière un certain nombre de pratiques juvéniles qui s\u2019inscrivent plus ou moins en marge de la société afin de s\u2019approprier le processus d\u2019identification, contribuant ainsi à agrandir le fossé entre le monde adulte et celui de la jeunesse.169 dossier L\u2019adolescence désuète?Les travaux anthropologiques du début du XXe siècle nous ont appris que la transformation de l\u2019enfant en adulte n\u2019est pas qu\u2019affaire de développement biologique.La façon de marquer la périodisation du cycle de vie varie selon les univers symboliques culturels.L\u2019adolescence a constitué l\u2019un des plus importants marqueurs identitaires du cycle de vie dans la société occidentale, car non seulement cette période de vie constitue l\u2019opérateur symbolique d\u2019une transition d\u2019un statut à un autre, mais c\u2019est pendant cette période d\u2019entre-deux que se construit le type d\u2019adulte dont la société a besoin pour assurer sa reproduction.Même si, selon les périodes historiques, les jeunes furent l\u2019objet de considérations ambivalentes, jusqu\u2019à récemment ils étaient toujours situés en aval du processus de transmission intergénérationnelle que la société met en oeuvre, par la filiation notamment.Mais, depuis une dizaine d\u2019années, on a l\u2019impression d\u2019un renversement: les adultes doivent s\u2019identifier aux jeunes, et non plus l\u2019inverse comme ce fut le cas depuis des siècles.Par exemple, le culte du rajeunissement corporel, la valorisation de l\u2019aventure, de la prise de risque à travers de nouvelles expérimentations sociales et le maintien d\u2019une formation scolaire continue font maintenant partie de l\u2019identité adulte, et même de celle des nouveaux retraités.Les industries de la mode, du tourisme, de l\u2019automobile et du loisir exploitent avec efficacité cette profonde mutation identitaire qui n\u2019est pas sans nous faire réfléchir sur l\u2019état de confusion symbolique ainsi créé entre les générations3.Ce renversement de position est ressenti par les parents, qui aujourd\u2019hui appréhendent le moment où leur enfant plongera dans l\u2019adolescence.Celle-ci est perçue comme un monde de plus en plus obscur et menaçant.Comment les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui peuvent-ils devenir adultes lorsque les adultes s\u2019identifient aux jeunes?Les adultes seraient-ils en train de «squatter» l\u2019adolescence?À défaut de transmettre aux jeunes un monde social où, paradoxalement, ils peuvent s\u2019opposer pour inscrire leur propre vision de l\u2019avenir, la société adulte serait-elle en train de transformer non pas l\u2019accès à l\u2019âge adulte, mais l\u2019âge adulte lui-même4?Si la société adulte semble de moins en moins considérer l\u2019adolescence comme un temps social de la transmission grâce à diverses initiations favorisant le passage au monde adulte, 170 ces mêmes adultes ont paradoxalement un désir impérieux de représentations subjectives de la jeunesse pour y projeter leur propre réalisation d\u2019eux-mêmes.Dans une société d\u2019individus sommés de devoir se réaliser eux-mêmes sans attendre des autorités institutionnelles l\u2019attribution de rôles préconstruits, l\u2019image de la jeunesse devient de plus en plus un objet convoité par le monde adulte qui y perçoit le reflet de sa propre crise identitaire.C\u2019est comme si l\u2019attribut de la jeunesse atténuait la précarité symbolique de l\u2019existence sociale des adultes, en incarnant la promesse d\u2019un potentiel identitaire qui fait tant défaut actuellement.Même si l\u2019on n\u2019a jamais autant promu les attributs et les qualités de la jeunesse parmi le monde Depuis une dizaine d\u2019années, on a l\u2019impression d\u2019un renversement: les adultes doivent s\u2019identifier aux jeunes, et non plus l\u2019inverse.adulte, les jeunes eux-mêmes sont de plus en plus objets de méfiance et de crainte, quand ce n\u2019est pas d\u2019aversion pure et simple.Dans une logique socialement contradictoire, pendant que la société stigmatise et réprime les adolescents eux-mêmes qui adoptent et exercent des pratiques marginales, les individus de tous âges consomment plus que jamais des images mises en marché par les produits «jeunes», ainsi que des images de marginalité juvénile telles le look junkie5 ou l\u2019exotisme punk ou hip hop et ses pratiques associées à un imaginaire tribal (tatouage, piercing, branding, graffitis, etc.).En fait, l\u2019attribut de jeunesse tant convoité par la plupart des adultes est désormais disponible pour une plus grande période de la vie.Il suffit de «squatter» l\u2019adolescence pour capter la tonalité iden-tificatoire de l\u2019époque: demeurer à l\u2019état de potentiel sans se situer dans une quelconque position dans l\u2019ordre généalogique.Là est l\u2019enjeu de la mutation socioculturelle et économique en cours.Sinon l\u2019angoisse associée à la quête individuelle du sens de relations juillet-août 2000 l\u2019existence sociale est trop lourde à assumer.Dès lors, on peut mieux comprendre comment les adolescents eux-mêmes peuvent devenir de sérieux rivaux incarnant l\u2019objet de ce désir.Aucune catégorie d\u2019âge n\u2019échappe à ce désir de jeunesse, tandis que de plus en plus de jeunes désirent de moins en moins devenir adultes6.À ce sujet, Gendreau ajoute que cette confusion des positions ouvre aussi la porte à des dénominations de générations sans fondement généalogique: «La réalité générationnelle est actuellement objectivement gommée de multiples façons.La vertu de la jeunesse comme valeur d\u2019adultes, les multiples difficultés pour devenir autonome, donc adulte.sont autant d\u2019obstacles sur la route de la reconnaissance des générations.[.] Le terme génération flotte entre les âges au gré de ces dénominations fluctuant en fonction d\u2019impératifs commerciaux7.» Bricolages et dérives Que devient alors la fonction sociale de l\u2019adolescence dans un monde adulte qui a abandonné ses formes rituelles traditionnelles d\u2019encadrement du passage de l\u2019enfance à l\u2019âge adulte?Si le contenu et les formes de transmission sont dévalorisés et mutilés symboliquement parce qu\u2019incertains, instables, incohérents ou partiels, comment une société peut-elle se reproduire sans transmission directe du savoir-vivre en société aux futures générations?Autrement dit, si les instances transmettrices des normes et des valeurs 3.\tC\u2019est ce que Anatrella qualifia de société « adolescentrique » dans Interminables adolescences, Paris, Le Cerf-Cujas, 1988.4.\tBoutinet, J.-P., 1998, L\u2019immaturité de la vie adulte, Paris, PUF.5.\tHétu, R., 1996, «L\u2019industrie de la mode et le look Junkie», La Presse (Montréal), le 7 juillet, p.A-1.6.\tÀ ce sujet, il est intéressant d\u2019observer les manifestations de comportements régressifs lors des rituels festifs tels que les parties rave où l\u2019on peut voir plusieurs jeunes adolescentes se désaltérer à l\u2019aide d\u2019un biberon ou porter un sac à dos en forme d\u2019ours en peluche et utiliser une tétine artificielle pour nourrisson.L\u2019ecstasy est aussi un type de drogue qui favorise la fusion relationnelle de la société vivent dans l\u2019incertitude face aux contenus et aux significations qu\u2019elles transmettent aujourd\u2019hui à leur descendance, à quoi sert désormais l\u2019adolescence outre le fait de révéler cette précarité généalogique?C\u2019est comme si la société adulte ne savait plus quoi transmettre d\u2019autre aux adolescents que l\u2019image même de la potentialité juvénile en guise de destin qu\u2019ils doivent maintenant partager confusément avec les adultes.Dans ce contexte d\u2019incertitude normative, cette situation oblige plusieurs jeunes à bricoler leurs propres rites de passage sans pour autant être assurés d\u2019intégrer la société8.Face à la menace de vide social, des jeunes tentent de construire du sens avec ce qui leur appartient en propre, qu\u2019il s\u2019agisse de leur corps (ex.: le désir d\u2019enfant à l\u2019adolescence, le tatouage, le piercing, etc.) ou de leur culture (ex.: le mouvement hip-hop, la culture rave).Plusieurs sentent aussi le besoin de construire du sens par la rupture.Ainsi pourrait être interprétée l\u2019adoption de la vie de rue pour certains jeunes.L\u2019augmentation des manifestations de boulimie, d\u2019anorexie, de toxicomanie et de tentatives de suicide depuis le début des années 80 ne représenterait-elle pas autant de réactions au brouillage des repères normatifs?L\u2019adolescence est de plus en plus vécue comme une violence symbolique sans compensation sociale, d\u2019où le recours par plusieurs à la transgression et à la marginalité comme vecteurs de socialisation authentique, exacerbées par la prise de risque qu\u2019elles impliquent.Rappelons que l\u2019adolescence est par définition un risque nécessaire, un risque de vivre ses propres désirs, tout en expérimentant ses limites, comme l\u2019exprime bien Mahy: «La transgression est au cœur de l\u2019adolescence en ce sens qu\u2019à ce moment de l\u2019existence est requestionné, avec l\u2019autre, à l\u2019image du monde de l\u2019enfance.7.\tGendreau, J., 1998, L\u2019adolescence et ses «rites» de passage, Paris, Desclée de Brouwer, p.21.8.\tLe Breton, D., 1995, La sociologie du risque, Paris, PUF.9.\tMahy, J.-F., 1992, « La transgression juvénile nécessaire au respect de la loi?», dans Adolescents dans la cité, (dir.) par S.Lesourd, p.30.10.\tVoir à ce sujet, Parazelli, M., 1997, Pratiques de «socialisation marginalisée» et espace urbain: le cas des jeunes de la rue à Montréal (1985-1995), Thèse de doctorat en études urbaines, Montréal, UQAM.sous différents modes, le rapport aux autres et donc plus précisément ce qui fonde le rapport aux autres: la Loi.L\u2019adolescence n\u2019est pas simplement superposable à la puberté dans la mesure de sa dimension institutionnelle: elle est un processus, selon Sibony, consistant en la recherche d\u2019une place instituée hors du désir de la génération antérieure9.» Pour donner un véritable sens à cette période en voie de déconstruction sociale, les jeunes doivent maintenant inventer leur propre rite de passage individuel à leurs risques et périls étant donné l\u2019aveuglement du monde adulte face à l\u2019échec des modes de transmission traditionnels.Certains chercheurs, dont Le Breton, interprètent les diverses manifestations de prise de risque par les jeunes comme un bricolage d\u2019un rite de passage individuel.Affronter le danger et surmonter l\u2019épreuve procure un sentiment d\u2019exister, d\u2019être métamorphosé, tel un rite initiatique qui permet d\u2019identifier les limites de sens que ne donne plus l\u2019ordre social, bref de fortifier un sentiment d\u2019identité en quête de repères plus consistants.Ce phénomène de la prise de risque est d\u2019ailleurs un enjeu constitutif des adolescents en contribuant à recomposer et stabiliser le sens de leur existence, afin de se construire comme sujets humains.Malgré cet apport de connaissances anthropologiques sur le rôle joué par le risque à l\u2019adolescence, un certain nombre de chercheurs et d\u2019intervenants ne semblent pas discerner, parmi les manifestations de conduites à risque, les formes de L'image de la jeunesse devient de plus en plus un objet convoité par le monde adulte.a o O relations juillet-août 2000 171 Photo: Jean-François Leblanc/STOCK dossier socialisation juvéniles qui peuvent émerger de ce contexte en mutation et n\u2019y verront que l\u2019expression de comportements déviants, antisociaux ou encore de troubles de comportements associés à une désorganisation sociale.À cet égard, la réaction sociale face au phénomène des jeunes de la rue est exemplaire10.Plutôt que de faire face à l\u2019incertitude de la situation et tenter une recomposition collective de nouvelles formes de transmission, plusieurs adultes utilisent les jeunes comme boucs émissaires de leurs difficultés en ne manifestant que des interdits en guise de repères.Quant aux intervenants sociaux, ils résolvent le malaise en niant l\u2019adolescence ou en prétendant prévenir à la source l\u2019adolescence, comme si elle était une maladie se contractant de façon précoce aux contacts de parents incompétents.Un symptôme à corriger?Contrairement au contexte de la fin du XIXe siècle, où l\u2019adolescence était affublée de toutes les tares biopsychologiques possibles, l\u2019adolescence du XXIe siècle naissant est considérée en soi comme un symptôme pathologique, et non plus comme une «normalité» construite socialement pour remplir une fonction anthropologique de transmission et d\u2019identification sociale.Pour les tenants de cette vision étriquée de l\u2019intervention jeunesse, l\u2019adolescence serait-elle de plus en plus considérée comme un risque du développement à corriger?Il serait donc faux de prétendre que le rapport des adultes face aux jeunes est marqué par le vide social où les repères normatifs céderaient leur place à un contexte d\u2019anomie.Des valeurs disciplinaires se profilent derrière une tendance sociale à la recherche d\u2019une nouvelle stabilité sociosymbolique du lien social.Ce questionnement est essentiel, car il interroge la finalité de l\u2019intervention auprès des jeunes dans une société québécoise dont les points de repère sont dorénavant pluriels.Aucune instance institutionnelle ne peut maintenant prétendre disposer de la légitimité absolue permettant de baliser comme autrefois le parcours identitaire des jeunes, ainsi que les voies d\u2019intégration sociale qui en découlent.Sur le plan des solutions, ce climat d\u2019incertitude sociale provoque aussi chez certains intervenants le désir de recourir à des recettes techniques visant à assurer un ordre sécurisant.On n\u2019a qu\u2019à penser au développement grandissant de la médication de l\u2019humeur, tels le ritalin et le prozac pour y percevoir une tendance à réduire les problèmes sociaux à des troubles mentaux.Soulignons que la fragilité psychologique que vivent non seulement plusieurs jeunes, mais aussi de plus en plus d\u2019adultes, est un effet des transformations sociales de l\u2019identité puisant sa source dans le social, et non dans l\u2019individuel.La fragilité psychologique n\u2019est pas une maladie mentale.En fait, toute une nouvelle lecture diagnostique des troubles de comportement associés à ce que l\u2019on qualifie de «détresse psychologique» voit actuellement le jour, sans que soit précisé ce qui semble s\u2019imposer comme une nouvelle catégorie implicite de troubles mentaux devant requérir des soins pédopsychiatriques.Faute de réfléchir globalement sur les effets que les transformations sociales actuelles ont sur les jeunes, des solutions L\u2019intolérance grandissante face aux transgressions juvéniles et aux expérimentations sociales propres à l\u2019adolescence en amène plus d\u2019un à resserrer les formes d\u2019encadrement des jeunes.pharmaco-thérapeutiques viennent clore un dialogue qui n\u2019a même pas été amorcé avec plusieurs jeunes.L\u2019intolérance grandissante face aux transgressions juvéniles et aux expérimentations sociales propres à l\u2019adolescence en amène plus d\u2019un à resserrer les formes d\u2019encadrement des jeunes, même lorsque la signification socio-économique de l\u2019emploi est périmée.Je pense ici à la mesure québécoise de l\u2019aide sociale qui oblige les jeunes à s\u2019inscrire dans un «Parcours individualisé vers l\u2019insertion, la formation et l\u2019emploi» en retour d\u2019un chèque de subsistance les menant plus souvent qu\u2019autrement dans le ghetto sans issue des mesures d\u2019employabilité.Si le jeune refuse, il voit son chèque d\u2019aide sociale amputé.D\u2019autres exemples tels que la vague de couvre-feu s\u2019adressant aux adolescents dans certaines villes canadiennes, et dans près de 80% des villes américaines, afin de prévenir la délinquance.Pensons aussi au mot d\u2019ordre de «tolérance zéro» face à tout ce qui déstabilise un certain ordre social: à la drogue, aux squeegees et au décrochage scolaire.Dans un contexte de désarroi et d\u2019incompréhension, la tentation autoritaire demeure une voie de sortie simple et rassurante pour certains, mais ne fait que jeter de l\u2019huile sur un feu déjà bien alimenté.Si cette voie est empruntée, c\u2019est le risque de la désaffiliation par l\u2019enfermement qui guette les jeunes, étant donné l\u2019incapacité collective d\u2019assurer pour chacun l\u2019ordre symbolique non seulement de la filiation, mais aussi celui de la citoyenneté démocratique.Ne perdons pas de vue que le culte actuel d\u2019une forme privatisée d\u2019individualisme renforce les intérêts valorisant la vie privée comme espace de liberté des individus en reléguant de plus en plus les autres qui n\u2019ont pas accès à cet espace dans la marge.La recherche de stabilité personnelle et de sécurité sociale des adultes pousse les uns dans une guerre aux jeunes et les autres dans une position de retranchement protecteur.Il semble qu\u2019il n\u2019existe pas de nombreux espaces où les adultes expérimentent, avec les jeunes eux-mêmes, une élaboration collective de solutions au développement de leur autonomie sociale en considérant leurs désirs d\u2019appartenance et d\u2019identification.Mais comment conjuguer individualisme et socialisation collective?Comment baliser la construction identitaire des jeunes sans en imposer les repères qui, de toute façon, ne vont plus de soi?Là est le défi actuel de l\u2019intervention qui ne peut plus imposer son point de vue étant donné la relativité des points de repère normatifs.Face à ce qui se présente comme une impasse, l\u2019objectif paradoxal de l\u2019intervention pourrait viser, selon des règles démocratiques, à mettre les jeunes en position d\u2019adopter leur propre position identitaire.Si la fonction sociale de l\u2019adolescence demeure cet âge de la vie où l\u2019on se détache de la dépendance parentale tout en commençant à jouer un rôle actif dans la société, il importe alors de vérifier si les modes d\u2019intervention jeunesse actuels favorisent chez les jeunes un réel rôle d\u2019acteurs de la société ou d\u2019agents soumis aux valeurs et aux désirs des adultes.¦ 172 relations juillet-août 2000 LA PARTICIPATION CIVIQUE DES JEUNES par Madeleine Gauthier1 SS SSL*gfe Contre-sommet de la jeunesse, en févier 2000.
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