Relations, 1 juin 2001, Juin
[" envoi ub rubie-puuncdiiun - enregistrement no uy^oi L\u2019insoutenable voracité des firmes pharmaceutiques ReLatiONS société politique religion NuméRO 669 juin 2001 4.95 $ La société dans le miroir de la maladie mentale Au carrefour du social et du médical Une histoire qui se répète La thérapie à l\u2019épreuve de la culture L'impasse israélienne ARTISTES INVITÉS : PARTICIPANTS À L'ATELIER I I, DE LA CHEFD'ŒUVRIE sommaiRe NUméRO 669, JUIN 2001 4 actuaLités émeRgeNce 9\tDES REGARDS QUI EN DISENT LONG Guy Paiement aiLLeuRS 24\tL'IMPASSE ISRAÉLIENNE Adam Keller coNtROveRse 2 6 INVESTISSEMENT RESPONSABLE OU IMMORAL?Claire Doran et Dominique Boisvert RegaRD 2 8\tLES PARADOXES D'UN PONTIFICAT Albert Longchamp 52\tL'INSOUTENABLE VORACITÉ DES FIRMES PHARMACEUTIQUES Françoise Nduwimana DOSSieR 10 LA SOCIÉTÉ DANS LE MIROIR DE LA MALADIE MENTALE La maladie mentale continue, encore aujourd'hui, de créer un malaise.Cet univers aux contours mal définis fait pourtant partie de notre monde et peut aider à mieux le réfléchir : la façon dont nous traitons les gens aux prises avec des problèmes de santé mentale - la façon, notamment, dont nous les gardons à l\u2019écart ou les insérons dans la communauté - témoigne en effet de la manière dont nous nous voyons comme société.Cette question nous concerne donc tous, même s\u2019il est toujours un peu inquiétant d\u2019aborder des frontières mystérieuses.12 AU CARREFOUR DU SOCIAL ET DU MÉDICAL Entrevue avec Alain Ehrenberg Jean Pichette 16 UNE HISTOIRE QUI SE RÉPÈTE Jean Gagné 20 LA THÉRAPIE À L'ÉPREUVE DE LA CULTURE Cécile Rousseau 51 eN BRef pRisme 56 L'ENNEMI INEXISTANT Wajdi Mouawad 58 muLtiméDias 40 LiVRes Couverture : Pascal Enné, 2000 Photo d'Israël : Canapress/Jerome Delay ReLatiONS ARTISTES INVITÉS Nos artistes invités du mois ne sont pas connus.Du moins ne le sont-ils pas dans les grands réseaux des arts visuels.Diane Beaulieu, Pascal Enné, Christian Leduc, Francine Ouimet, Yves Raulet et Claude Simard participent tous à l'Atelier de la Chefd'oeuvrie, sis à la Maison Jacques Ferron, à Longueuil.En ce lieu où on ne rencontre pas de maîtres, encore moins de psychologues, ils laissent libre cours à leur passion pour l'art.Chacun, en travaillant à l'énonciation de sa vérité, devient ainsi le maître de quelque chose - qui peut paraître étrange, insolite -lui appartenant en propre.La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de personnes engagées dans la promotion de la justice.BUREAUX 25.rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.: (514) 387-0206 relations@cjf.qc.ca DIRECTEUR Jean Bellefeuille RÉDACTEUR EN CHEF Jean Pichette RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Anne-Marie Aitken SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Jean-Claude Ravet DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert RÉVISION/CORRECTION Éric Massé IMPRESSION HLN, Sherbrooke COMITE DE REDACTION Gregory Baum, Michel Beaudin, Guy Dufresne, Élisabeth Garant, Joseph Giguère, Vincent Greason, Fernand Jutras, Nicole Laurin, Françoise Nduwimana, Guy Paiement, Carolyn Sharp.Francine Tardif COLLABORATEURS André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, René Boudreault, Normand Breault, Marc Chabot.Jean-Marc Éla.Vivian Labrie.Jean-Paul Rouleau Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère et dans l'Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.ABONNEMENTS Hélène Desmarais 8 numéros (un an) : 30 $ (taxes incluses) Deux ans : 55 $ (taxes incluses) À l'étranger : 35 $ Étudiants : 25 $ TPS: R119003952 TVQ : 1006003784 Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP).pour nos dépenses d'envoi postal.ISSN 0034-3781 Envoi de Poste-publication Enregistrement n° 09261 2 ) ReLatiONS juin 2001 éDitORiaL Un écran de fumée Barricadés au cœur de la ville de Québec, les 34 chefs d\u2019État réunis pour le Sommet des Amériques annonçaient, au terme d\u2019une fin de semaine surréaliste, l'adoption d\u2019une clause « démocratique ».La preuve était ainsi faite : alors que de mauvaises langues leur prêtaient d\u2019obscurs desseins, Jean Chrétien et ses invités indiquaient à la face du monde que la construction des Amériques ne pouvait se faire que dans un cadre démocratique.Pendant des semaines, on avait annoncé le pire.À entendre les responsables de la sécurité, des hordes de sauvages s\u2019apprêtaient à déferler sur la capitale nationale : il fallait donc empêcher ces « casseurs » appréhendés de mettre leur plan à exécution.L\u2019ennemi pascal enné, était ainsi clairement identifié, et les 2000\tmédias n\u2019allaient pas oublier de nous ré- péter, pendant trois jours, que de jeunes anarchistes bien préparés s\u2019acharnaient à mettre Québec sens dessus dessous.Ceci justifiant cela, les forces de l\u2019ordre ont pu user et abuser des bombes lacrymogènes et des balles de plastique.Au terme du Sommet, le ministre québécois de la Sécurité publique, Serge Ménard, était fier de dire que le Québec venait d\u2019établir de « nouvelles normes mondiales » de sécurité pour ce genre d\u2019événement.Peu importe que des milliers de personnes manifestant pacifiquement leur opposition à la Zone de libre-échange des Amériques aient goûté le « parfum » répandu par les policiers pendant le Sommet (sans parler des nombreuses arrestations effectuées et des honteuses conditions de détention) : l\u2019ordre menacé par les « anarchistes » -qui avaient osé s\u2019en prendre à une clôture hautement symbolique! - avait été préservé.Jean Chrétien, qui avait affirmé avant cette rencontre que les manifestants le laissaient indifférent, pouvait ainsi pavoiser lors de la présentation de la déclaration finale des chefs d\u2019État.Mais on peut légitimement se demander pourquoi.Que peut en effet vouloir dire la démocratie lorsqu\u2019elle est réduite à un billet d\u2019entrée dans un club de pays faisant de l\u2019abandon à la logique marchande la seule voie de l\u2019avenir?Dans un texte publié dans Le Devoir du 11 avril dernier, le député de Borduas et président de l\u2019Assemblée nationale du Québec, Jean-Pierre Charbonneau, écrivait que « le comportement des gouvernements partenaires du Sommet des Amériques a affaibli et continue d\u2019affaiblir la démocratie représentative plutôt que de la renforcer ».Il expliquait que « dans une véritable et saine démocratie représentative, les députés et sénateurs participent à la définition des grands projets de société et contrôlent régulièrement et solidement leur mise en œuvre.En agissant comme s\u2019ils étaient des monarques élus à la tête d\u2019oligarchies politico-technocratiques, les chefs d\u2019État des 34 pays du continent non seulement contredisent leur engagement vertueux de départ, ils accentuent la tendance générale mondiale de la marginalisation des parlements par les pouvoirs exécutifs (les gouvernements).» La rencontre de Québec n\u2019aura malheureusement fait que confirmer cette dynamique, comme le montre d\u2019ailleurs un document dévoilé par une ONG américaine, l\u2019avant-veille du Sommet.Ce document - le brouillon du chapitre sur les investissements à l\u2019étude dans le cadre des négociations de la ZLEA -indique que le funeste chapitre 11 de l\u2019ALENA risque fort d\u2019être reconduit dans un éventuel accord entre les 34 pays : cela signifierait une soumission totale à la logique du marché.On voit mal comment une telle dissolution de la capacité des États à « définir des grands projets de société », pour reprendre les termes de Charbonneau, pourrait être assimilée à la démocratie! Dans un secret que le mur érigé à Québec symbolisait parfaitement, nos élus sont en train de réduire l\u2019idée de liberté, qui loge au cœur de la démocratie, en une pâle copie d\u2019elle-même, qui prend la forme de la « liberté de commerce ».Au nom de cette vision réductrice de la liberté, on transforme le monde en un espace marchand auquel il faudrait s\u2019adapter.Ainsi entendue, la démocratie devient paradoxalement le tombeau de la souveraineté : loin de favoriser une meilleure emprise de la collectivité sur son devenir, elle se transforme au contraire en un système de contraintes généralisées, d\u2019abandon à une logique qui échappe au contrôle du peuple et de ses représentants.Démocratie rime alors avec fatalité : elle devient l\u2019exact inverse de ce quelle a toujours promu dans l\u2019histoire.Elle se transforme en un écran de fumée.Qu\u2019il nous incombe de traverser.Jean Pichette juin 2001 ReLatiONS ( 3 actuaLites L'auteur est analyste DANS LE SECTEUR DE l'énergie et membre du comité Rivières de la Coalition Eau Secours! Diane Beaulieu, 2000 Le gouvernement a-t-il perdu la carte?Le ministre des Ressources naturelles s'apprête à faire approuver par ses collègues un nouveau régime d'octroi et d'exploitation des forces hydrauliques Jean-François Blain On évoque la possibilité de développer plus de 450 MW de puissance additionnelle en accordant à des sociétés en commandite des droits d\u2019une durée de 25 ans pour l\u2019aménagement et l\u2019exploitation de centrales hydroélectriques sur nos rivières.Les exploitants privés se verraient garantir un prix d\u2019achat par Hydro-Québec pour l\u2019ensemble de leur production et le gouvernement percevrait des redevances annuelles en contrepartie de l\u2019utilisation des forces hydrauliques du domaine public.Le ministre soutient que la production privée peut contribuer à satisfaire, « à des conditions concurrentielles », une demande québécoise croissante.Un examen sérieux de la croissance de cette demande démontre pourtant que la consommation d\u2019électricité progresse à un rythme très lent au Québec depuis la fin des années 80.Tous les experts s\u2019entendent sur le fait que ce marché est arrivé à maturité.À l\u2019opposé, les ventes d\u2019Hydro-Québec sur les marchés extérieurs ont atteint, en 1999 et 2000, des niveaux sans précédent de 24,7 et 37,3 TWh.Quels sont donc ces besoins futurs en énergie que le ministre des Ressources naturelles prétend vouloir combler en partie par la relance de la production privée d\u2019électricité?Hydro-Québec dispose d\u2019une puissance de 31 512 MW provenant de ses propres installations, d\u2019environ 5 400 MW en provenance de Churchill Falls et de quelque 500 à 600 MW qu\u2019elle peut racheter à des autoproducteurs privés, soit plus de 37 500 MW.En situation extrême, divers moyens supplémentaires lui permettent de mobiliser une puissance totale d\u2019environ 45 000 MW.Or, ses besoins « globaux » de puissance à la pointe annuelle, incluant ses ventes sur les marchés extérieurs, ont atteint 33 767 MW, le 12 décembre 2000, après des records historiques de 35 443 MW, en 1994, et de 35 577 MW, en 1999! Hydro-Québec surestime donc ses besoins « globaux » de puissance à la pointe en y intégrant la puissance requise pour réaliser des ventes à court terme sur les marchés extérieurs, et sous-estime la puissance dont elle dispose pour satisfaire la demande de pointe (besoins prioritaires) en ne comptabilisant pas ses moyens de réserve (importation et puissance interruptible).Pour répondre à une éventuelle croissance de la demande, la contribution de l\u2019hydroélectricité privée ne serait de toute façon que marginale.À titre de comparaison, la construction d\u2019une cinquantaine de nouveaux petits barrages privés d\u2019une puissance moyenne de 10 MW sur autant de rivières du Québec ne fournirait, au total, pas plus de nouvelle puissance installée que le seul projet hydro-québécois de la rivière Toulnustouc, déjà annoncé, d\u2019une capacité de 440 MW ! La petite production privée d\u2019électricité comporte-t-elle donc des avantages économiques si importants qu\u2019ils justifieraient une telle multiplication des projets, la disparition de nos plus belles chutes, le harnachement des derniers cours d\u2019eau encore à l\u2019état vierge et l\u2019accumulation des impacts environnementaux qui y sont associés?Le coût moyen de production de l\u2019ensemble des installations d\u2019Hydro-Québec se situe à environ 2,5 0 / kWh.Le coût de production des meilleurs sites quelle pourrait encore aménager s\u2019établit à environ 4 é ou même 4,5
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