Relations, 1 septembre 2001, Septembre
[" Envoi de Poste-publication - Enregistrement no 09261 Le début du feuilleton de Wajdi Mouawad ReLatiONS société politique religion NuméRO 671 septemBRe 2001 \u201c1 La sexualité interdite?Nouer le corps et la parole Le sommeil des repus Si l\u2019Église cessait d\u2019interdire.ARTISTE INVITÉ : LINO Faut-il un parti féministe?Esquisses de la vie religieuse 4.95 $ 977003437800009 sommaiRe NuméRo 671, septemBRe 2001 4\tactuaLités \tHORIZONS 9\tPIS TOÉ, PAPE?Fernand Jutras \taiLLeuRS 24\tLE SOURIRE DU CAVALIERE VÉRONIQUE DASSAS \tcoNtRoveRse 26\tFAUT-IL UN PARTI FÉMINISTE?Marie-France Benoit et Carole Lanoville \tRegaRD 28\tLE MAL POLITIQUE André Corten 52\tESQUISSES DE LA VIE RELIGIEUSE Raphaëlle De Groot 51\teN BRef \tfeuiLLetON 56\tARCHITECTURE D'UN MARCHEUR (1) WAJDI MOUAWAD 58\tmuLtiméDias 40\tLiVRes Couverture : Lino, L'entonnoir, 2001 DossieR IO LA SEXUALITÉ INTERDITE?La sexualité a longtemps été soumise à une morale autoritaire qui a dépossédé les sujets de leur propre corps.Après la révolution sexuelle du XXe siècle, un nouvel interdit se fait jour : la sexualité serait réduite à n\u2019être qu\u2019une mécanique interdisant toute parole et toute réflexion sur elle.Où donc situer l'interdit si ce n\u2019est dans la parole qui s\u2019échange entre les êtres, dans le désir de l\u2019autre à garder sans cesse ouvert au risque de nier l\u2019altérité et la liberté qui y prend sa source?12 NOUER LE CORPS ET LA PAROLE entrevue avec Marie Batmary Anne-Marie Aitken 16 LE SOMMEIL DES REPUS Marc Chabot 2 0 SI L'ÉGLISE CESSAIT D'INTERDIRE.Nicole Laurin ARTISTE INVITÉ Des études en beaux-arts et en design graphique ont influencé Lino dans la définition de son expression picturale.Tant par ses illustrations pour plusieurs médias américains et canadiens -Wall Street Journal, Chicago Tribune, Forbes, L'Actualité ou The Globe and Mail- que par ses peintures, Lino désire provoquer l\u2019émotion chez le spectateur.Son œuvre, à la fois vivante, intime et dérangeante, reflète et traduit sa préoccupation envers l\u2019existence.Sa récente exposition de peintures au Théâtre de Quat\u2019Sous, le Mal-être, et sa performance avec le directeur du théâtre, Wajdi Mouawad, lui ont donné l\u2019occasion prisée de communiquer avec le public.ReLatiONS La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de ia Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de personnes engagées dans la promotion de la justice.BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.: (514) 387-0206 relations@cjf.qc.ca DIRECTEUR Jean Bellefeuille RÉDACTEUR EN CHEF Jean Picliette RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Anne-Marie Aitken SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Jean-Claude Ravet DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Garnotte Lino (eccoJino@hotmail.com) Marc Séguin RÉVISION/CORRECTION Éric Massé IMPRESSION HLN, Sherbrooke COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Michel Beaudin, Guy Dufresne, Élisabeth Garant, Joseph Giguère, Vincent Greason, Fernand Jutras.Nicole Laurin.Françoise Nduwimana, Guy Paiement.Francine Tardif COLLABORATEURS André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert.René Boudreault.Marc Chabot, Jean-Marc Éla.Vivian Labrie.Jean-Paul Rouleau, Marc Séguin Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère et dans Y Index de périodiques canadiens.publication de Info Globe.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.ABONNEMENTS Hélène Desmarais 8 numéros (un an) : 30 $ (taxes incluses) Deux ans : 55 $ (taxes incluses) À l'étranger : 35 $ Étudiants : 25 $ TPS: RI 19003952 TVQ : 1006003784 Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d'envoi postal.ISSN 0034-3781 Envoi de Poste-publication Enregistrement n° 09261 2 ReLatiONS septembre 2001 eDitoRiaL La pensée pauvre Le Canada vient de connaître un été fabuleux.À la fin du mois de juillet, du jour au lendemain, le nombre de pauvres a diminué de moitié, passant de 17 % à 8 % de la population.Une nouvelle qui a dû réjouir Jean Chrétien, lequel avait déclaré deux semaines plus tôt que son gouvernement devait faire « beaucoup plus » pour réduire la pauvreté au Canada.Que s\u2019est-il donc passé?Rien.Ou plutôt une opération comptable de l\u2019économiste Chris Sarlo.de l\u2019Institut Fraser, ce think tank de la droite canadienne fondé en 1974.L\u2019outil de mesure de la pauvreté développé par ce professeur de l\u2019Université Nipissing, de North Bay, en Ontario, est tellement « intéressant » que les médias révélaient, le lendemain de son dévoilement, que le gouvernement ; Lino, Alternance, 2001 canadien utiliserait dès l\u2019an prochain une méthode de calcul similaire.Cela permettra, dit-on, d\u2019avoir un portrait de la pauvreté beaucoup plus exact et de mieux évaluer l\u2019effet des programmes mis en place pour la contrer.Cette mesure de la pauvreté consiste à déterminer les biens que doit comporter un panier de consommation permettant, selon le ministère du Développement des ressources humaines, d\u2019« avoir un niveau de vie honorable ».On peut ensuite estimer le revenu minimal requis pour l\u2019achat de ces biens - ce qui constitue le seuil de la pauvreté.Fort bien, clament à l\u2019unisson tous les bien-pensants, qui voient là une façon d\u2019en finir avec la surestimation d\u2019un phénomène que tous, la main sur le cœur, ne déplorent pas moins.Le problème avec l\u2019idée d\u2019un panier de consommation ne tient pas seulement à la sélection de ce qu\u2019il devrait ou non contenir, même si on devine que celui de l\u2019Institut Fraser ne risque pas de « déborder ».Une telle approche extirpe la pauvreté de son cadre social et tend à en faire une réalité objective où l\u2019individu, seul, ne trouve face à lui que des biens de consommation.Le panier du professeur Sarlo contenant une « alimentation nutritive » - accessible, selon lui, avec un revenu annuel de 7870 $, qui serait le véritable seuil de pauvreté au Québec! -, on peut très bien imaginer une évaluation « objective » du caractère nutritif des aliments menant à une comptabilité des calories traduisibles en argent sonnant.On peut toujours peaufiner le caractère soi-disant scientifique de l\u2019évaluation de la pauvreté.Mais on ne peut le faire qu\u2019en isolant toujours davantage l\u2019individu face à une réalité présentée comme « naturelle », les experts-technocrates devant alors aider les plus démunis à jeter un pont entre eux - pris isolément - et cette réalité « objective ».Ceux qui réduisent l\u2019humain au statut d\u2019« être de besoins », comme s\u2019ils tenaient là sa nature objective, sont pourtant les mêmes qui légitiment une logique économique emportée par le monde virtuel de la finance, ô combien éloigné de quelque nature que ce soit! Comme si ceux qui n\u2019ont pas accès aux « valeurs financières » devaient être confinés à la « nature »; comme si, entre ces pôles de la finance et de la nature, on ne pouvait penser des valeurs qui ne soient pas simplement économiques.Et si la pauvreté était d\u2019abord celle de la pensée des riches?*** Un an après les changements importants quelle a connus, et avec l\u2019accueil très favorable que ses lecteurs ont réservé à ces modifications, Relations continue à aller de l\u2019avant.L\u2019essentiel de la formule adoptée il y a 12 mois est bien sûr conservé : huit fois par année, vous pourrez réfléchir sur l\u2019évolution de notre monde avec ceux et celles qui font de Relations un lieu de réflexion unique au Québec.Quelques nouveautés marquent cependant cette rentrée.Une nouvelle rubrique, Horizons, donnera la parole à des collaborateurs membres de la Compagnie de Jésus, qui aborderont différents thèmes à saveur sociale, politique, culturelle ou religieuse.Fernand Jutras ouvre la marche avec une réflexion sur la langue, dans la foulée des travaux de la Commission des états généraux sur la situation et l\u2019avenir de la langue.Un autre précieux collaborateur, le dramaturge Wajdi Mouawad, est de retour cette année, mais dans un tout nouveau contexte.11 entame aujourd\u2019hui un feuilleton, Architecture d'un marcheur qui se déploiera tout au long de l\u2019année, et qui sera illustré par le peintre Marc Séguin, notre premier artiste invité, en septembre 2001.Les prochains mois s\u2019annoncent d\u2019ailleurs extrêmement riches sur le plan iconographique pour Relations : en plus de Garnotte, qui continuera à marquer nos pages de son humour décapant, Lino - notre artiste invité du mois - proposera dans tous nos numéros des dessins qui ne laissent jamais indifférent.Après tout, comme le veut le dicton, une image vaut 1000 mots! Jean Pichette septembre 2001 ReLatiONS actuaLites © L'auteure est SOCIOLOGUE Une révision en profondeur?Les modifications apportées au Code du travail du Québec passent peut-être à côté de l'essentiel Rolande Pinard En adoptant la Loi modifiant le Code du travail, le 12 juin dernier, l\u2019Assemblée nationale du Québec entendait procéder aux premières modifications substantielles du Code depuis près d\u2019un quart de siècle.En effet, depuis 1977, et selon les termes mêmes du ministère du Travail, « les seules modifications introduites répondaient à des besoins pressants et ne portaient que sur des objets limités, sans perspectives globales et sans viser à adapter la loi à la réalité mouvante du travail ».Les changements apportés au cadre régissant les relations de travail au Québec sont-ils pour autant à la hauteur des ambitions affichées?Rien n\u2019est moins sûr.Le Code du travail est censé favoriser l\u2019exercice du droit d\u2019association afin de freiner la concurrence entre travailleurs créée par l\u2019organisation de la production économique et de rétablir un certain équilibre du pouvoir entre employeur et salariés; il est fondé sur l\u2019opposition des intérêts des parties en matière de conditions de travail, créatrice de rapports conflictuels.L\u2019approche nord-américaine privilégie la voie con- tractuelle plutôt que la voie étatique : l\u2019État édicte des droits minimaux (notre Loi sur les normes du travail) et laisse aux parties le soin de négocier de meilleures conditions de travail et des avantages sociaux supérieurs aux droits sociaux minimaux (vacances, retraite, congés divers, etc.).Les salariés perdent toutefois ces avantages négociés en quittant l\u2019entreprise car le droit d\u2019association s\u2019exerce obligatoirement à l\u2019intérieur d\u2019une entreprise ou d\u2019un établissement, ce qui suppose un lien d\u2019emploi continu avec un employeur.Les nouvelles formes d\u2019emploi, marquées notamment par la précarité, la mobilité d\u2019un employeur à l\u2019autre et le cumul d\u2019emplois, ont ainsi pour effet d\u2019exclure un nombre croissant d\u2019individus du droit d\u2019association et de la capacité d\u2019agir collectivement pour faire respecter leurs droits ou en obtenir de nouveaux.Malgré cela, les modifications apportées à l\u2019exercice du droit d\u2019association par la Loi modifiant le Code du travail concernent presque exclusivement les travailleurs et les travailleuses déjà syndiqués.Ainsi, la révision de la définition du salarié ne s\u2019applique qu\u2019aux salariés représentés par une association accréditée dont l\u2019employeur change le lien d\u2019emploi.Cette application restreinte est justifiée par le fait que la jurisprudence récente attribue déjà le statut de salarié à plusieurs catégories nouvelles de travailleurs.Pourquoi le législateur n\u2019a-t-il pas revu la définition du salarié à la lumière de ces décisions, ce qui aurait présenté le mérite de la clarté, plutôt que de se contenter d\u2019établir les procédures à suivre dans un cas particulier?L\u2019importance de cette redéfinition vient du fait que le Code du travail, de par son origine même, implique la condition de salarié, c\u2019est-à-dire la subordination à * «Sî; rf(Wp: VALSC 2?\tDanî£ CAiUêé 3e ftoiMvi>.L\\6\tTj\\\\(ro S
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