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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Janvier - Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 2006-01, Collections de BAnQ.

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[" Hommage à Thierry Hentsch Georges Leroux ReLatiONS société politique religion NuméRO 706 févRieR 2006 À la rencontre de l\u2019islam ^ S3) ft *0> m Histoire d\u2019une religion Sociétés musulmanes et modernité Des tendances radicales Les combats des femmes 4.95 $ ARTISTE INVITÉ: RÉZA NAVABI 977003437800002 ReLatiONS NuméRO 706, jaNvieR-févRieR 2006 ACTUALITÉS\t4 HORIZONS Les deux faces de la gouvernance\t9 Guy Paiement AILLEURS Benin : les défis de la prochaine élections\t28 Pacôme Tomètissi CONTROVERSE La souveraineté passe-t-elle par le Parti québécois?Denise Veilleux\t30 Caroline Sauriol\t31 REGARD La voix de l\u2019énigme de la vie : hommage à Thierry Hentsch\t32 Georges Leroux EN BREF\t35 PASSAGERS Les trous des mites\t36 Pascale Quiviger MULTIMÉDIAS\t38 LIVRES\t40 Couverture: Réza Navabi, Composition rouge (inspirée d\u2019un poème de Rûmi, grand poète mystique persan du XIIIe siècle), 60 x 36 cm, 1983 dOSSieR À LA RENCONTRE DE L\u2019ISLAM Depuis un certain 11 septembre, nous sommes tiraillés entre, d\u2019une part, une peur de l\u2019islam qui peut dégénérer en islamophobie et, d\u2019autre part, une volonté d\u2019ouverture envers cette tradition religieuse.Aller à la rencontre de l\u2019islam, c\u2019est tisser des liens et entretenir le dialogue avec ces femmes et ces hommes de tradition musulmane, qui témoignent de ses grandeurs et de ses misères et refusent de se laisser confisquer leur héritage par les intégristes de tous bords.C\u2019est sur la voie de cette compréhension critique de l\u2019islam que Relations veut entraîner son lectorat à travers ce dossier.Histoire d\u2019une religion\t12 Jean-René Milot Les nouveaux courants de pensée\t14 Gregory Baum Sociétés musulmanes et modernité\t16 Entrevue avec Burhan Ghalioun Des tendances radicales\t19 Antoine Sfeir Les médias et l\u2019islam\t22 Rachad Antonius Les combats des femmes\t23 Table ronde Le féminisme musulman\t24 Uzma jamil et Osire Glacier ARTISTE INVITÉ Réza Navabi est un artiste canadien d\u2019origine iranienne, né en 1953, à Shiraz, une ville historique renommée pour son art, au sud de l'Iran.Très jeune il s\u2019est passionné par la peinture.Dans les années 1980, après plusieurs années consacrées à une approche artistique plutôt classique, il passe à l\u2019art abstrait.À la même époque, il s\u2019initie à la calligraphie persane et commence à combiner dans ses œuvres calligraphie et art abstrait donnant naissance à un style fascinant.L\u2019artiste met à profit, dans ses créations aux couleurs les plus variées, les belles formes calligraphiques persanes qu\u2019il accompagne parfois de collages inspirés de motifs anciens, fl a fait de nombreuses expositions en Iran, en Europe ainsi qu\u2019au Canada.II réside à Toronto depuis 1988 avec sa femme et ses deux enfants.Revue foNDée eN 1941 Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de personnes engagées dans la promotion de la justice.BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.: (514) 387-0206 relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca DIRECTEUR Jean-Marc Biron RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Claude Ravet RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Marco Veilleux SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Louise Dionne DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Jacques Goldstyn, Lino, Pascale Quiviger RÉVISION/CORRECTION Éric Massé COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Louise Boivin, Céline Dubé, Guy Dufresne, Jean-François Filion, Élisabeth Garant, Nicole Laurin, Guy Paiement, Rolande Pinard COLLABORATEURS André Beauchamp, Dominique Boisvert, René Boudreault, Marc Chabot, Pascal Durand, Jean-Marc Éla, Vivian Labrie, Jean-Paul Rouleau, Pascale Quiviger IMPRESSION HLN, Sherbrooke Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère et dans l\u2019Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 ABONNEMENTS Ginette Thibault 8 numéros (un an) : 35 $ (t.i.) Deux ans : 65 $ (taxes incluses) À l\u2019étranger : 45 $ Étudiant : 25 $ Abonnement de soutien : 100 $ TPS : RI19003952 TVQ : 1006003784 Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d'envoi postal.Canada Envoi de Poste-publication Enregistrement n° 09261 Q| janvier-février 2006 RELATIONS Une réforme à surveiller Le projet de réforme du mode de scrutin sera mis en discussion publique de janvier à mars prochain, dans le cadre d\u2019une commission spéciale sur la Loi électorale composée de députés de différents partis - cinq du PL, trois du PQ et un de l\u2019ADQ - et accompagnée, à titre consultatif, d\u2019un comité de citoyens, au nombre de huit.Cette commission est chargée de recueillir les commentaires de la population sur l\u2019avant-projet de loi, au moyen de séances publiques à travers les régions du Québec, et en bout de ligne de déposer un rapport de recommandations au gouvernement.Cet exercice démocratique est aussi crucial que périlleux, tant le projet de réforme que le gouvernement nous propose est non seulement faible, mais problématique à plusieurs égards.Faible parce qu\u2019il a toute l\u2019apparence de reproduire sous des habits neufs le statu quo parlementaire.Probléma- ki Réza Navabi, tique parce qu\u2019il laisse notamment en Notes dispersées, rade ce qui justifie une réforme du 60 x 40 cm, mode de scrutin, à savoir la promotion 1992\tdu pluralisme politique et de la vie dé- mocratique.Rappelons-nous la mobilisation citoyenne impressionnante qu\u2019ont soulevée les consultations populaires et les états généraux sur la réforme des institutions démocratiques, constitués par le gouvernement péquiste en 2002, au terme desquels était déposé le rapport Béland, en mars 2003.Celui-ci pointait résolument vers un scrutin proportionnel mixte et faisait de cette réforme le pivot d\u2019un projet de société en l\u2019inscrivant dans le cadre d\u2019une Constitution du Québec.Surfant sur cette vague populaire dont il ne pouvait faire abstraction, le gouvernement libéral accouche d\u2019un véritable avorton qui édulcore ses recommandations.Il opte pour des changements cosmétiques qui ont tout l\u2019air d\u2019un bricolage : un scrutin majoritaire avec compensation, à un seul vote, qui n\u2019existe nulle part ailleurs.Il exclut d\u2019emblée les partis qui n\u2019auraient pas compilé au moins 13 % des votes dans un district équivalent environ à cinq circonscriptions électorales actuelles, et ne permet qu\u2019à un troisième joueur-en l\u2019occurrence l\u2019ADQ - d\u2019y trouver son compte.L\u2019enjeu de cet hiver est donc d\u2019importance.Se contenter de cette réforme __\t- au nom d\u2019un soi-disant pas dans la bonne direction -serait une grave erreur.Tout en renvoyant aux calendes grecques une réforme digne de ce nom, ce serait avaliser ce qu\u2019elle sous-tend : la démocratie va pour le mieux, tout au plus nécessite-t-elle de petits réajustements sans conséquences, pour se mettre à la page.Or, la crise démocratique est au contraire d\u2019envergure.Elle ne s\u2019explique pas tant, comme Xestablishment politique et médiatique voudrait nous le laisser croire, par l\u2019apathie d\u2019une part croissante de la population, dont un gouvernement responsable devrait par conséquent raviver la flamme civique, mais avant tout par le mépris grandissant de l\u2019appareil politique lui-même envers le politique.Que l\u2019instrumentalisation de la sphère politique par une oligarchie et les lobbies des transnationales - sans parler du phénomène de judiciarisation - menace son autonomie propre, c\u2019est là une chose inquiétante, mais c\u2019est le rôle même de la démocratie d\u2019y faire face.Elle est née précisément de ce combat, qui n\u2019est pas d\u2019un autre temps, contre tout pouvoir dû à la naissance, à la richesse et au savoir d\u2019experts.Mais que l\u2019élite politique y collabore activement et avec empressement, en toute impunité, révèle l\u2019ampleur de la crise politique.C\u2019est là que prend tout son sens la réforme du mode de scrutin.Elle est l\u2019occasion d\u2019injecter du sang neuf dans l\u2019institution politique en permettant la représentation, en son sein, de partis fondés sur l\u2019action citoyenne à même de rompre avec le processus de dépolitisation en cours.C\u2019est à ce nouveau commencement politique que font probablement référence les membres du PQ qui veulent lier cette réforme à la Constitution du pays.La défense du bien commun avant et en place d\u2019intérêts privés et corporatistes passe par cette pluralité politique, de même que l\u2019imposition de limites à l\u2019influence des experts et du monde des affaires dans les décisions concernant les affaires humaines et le destin collectif.Tout en sachant que la construction d\u2019un monde commun, qui est la visée même du politique, se mesurera toujours à l\u2019aune de la solidarité avec les laissés-pour-compte et les appauvris de la société.Il est à souhaiter que les consultations régionales qui s\u2019amorcent n\u2019aboutiront pas à cautionner «démocratiquement », la dépolitisation de la sphère publique sous un semblant de nouveauté.Une façon de s\u2019en préserver serait de s\u2019assurer que la ratification de la réforme passe par un référendum.JEAN-CLAUDE RAVET RELATIONS janvier-février 2006 actuaLites © L\u2019auteur est théologien L\u2019Église et l\u2019homosexualité En novembre dernier, le Vatican rendait publique une instruction interdisant à toute fin pratique aux homosexuels de devenir prêtres.Ce document, fruit d\u2019une longue et laborieuse élaboration, soulève un profond malaise.MARCO VEILLEUX Cette instruction romaine développe une rhétorique qui laisse perplexe.Après avoir rappelé que «seul un homme baptisé reçoit validement l\u2019ordination», elle énonce que «par le sacrement de l\u2019ordre, l\u2019Esprit Saint configure le candidat à Jésus Christ [.]; le prêtre représente sacra-mentellement le Christ, Tête, Pasteur et Époux de l\u2019Église».Elle ajoute que cette configuration requiert du candidat au ministère ordonné une « maturité affective le rendant capable d\u2019avoir des relations justes avec les hommes et avec les femmes, en développant en lui un véritable sens de la paternité spirituelle».Or, toute la suite de cet argumentaire idéaliste sous-entend que cette maturité affective fait nécessairement défaut aux homosexuels - ce qui est odieux pour les prêtres homosexuels déjà ordonnés qui exercent leur ministère avec fidélité et générosité.Si, selon Rome, les femmes sont inaptes à l\u2019ordination à cause de leur sexe (un corps féminin ne pouvant «représenter» le Christ Époux), les homosexuels le seraient à cause d\u2019une orientation sexuelle «immature» les empêchant «d\u2019aimer l\u2019Église comme une Épouse»! Ainsi, seuls les candidats présentant des « tendances homosexuelles transitoires» - typiques de l\u2019adolescence, est-il précisé - pourront être acceptés.Et ce, dans la mesure où ces tendances seront « clairement dépassées au moins trois ans avant l\u2019ordination ».Tout cela illustre la pauvreté de la compréhension ecclésiale du phénomène de l\u2019homosexualité.En fait, l\u2019objectif du document romain est «d\u2019affirmer clairement que l\u2019Église [.] ne peut admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui [.] présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées».On ajoute que cette clarification est « rendue plus urgente par la situation actuelle».Plus loin, on indique «qu\u2019il ne faut pas oublier les conséquences négatives qui peuvent découler de l\u2019ordination de personnes [.] homosexuelles».De toute évidence, on fait référence ici aux scandales sexuels qui ébranlent l\u2019Église catholique depuis quelques années.Les propos tenus par le cardinal Cottier, théologien de la Maison pontificale, confirment cette interprétation.Dans un entretien qu\u2019il accordait en marge de la publication de l\u2019instruction, il précisait qu\u2019avec ces nouvelles normes « on évitera des désastres comme on en a eu».Et il ajoutait, en parlant de l\u2019attirance sexuelle envers des mineurs: «Je crois que c\u2019est une forme assez répandue d\u2019homosexualité.» Cet amalgame entre homosexualité et pédophilie, pour être simpliste, est surtout injuste et vexatoire.Comme toute organisation aux prises avec une crise profonde, l\u2019Église réagit selon une logique institutionnelle typique : identifier des boucs émissaires.En assimilant les homosexuels au «mal» qui la ronge et en les excluant, la hiérarchie catholique veut s\u2019éviter une douloureuse démarche d\u2019introspection pour débus- Une lettre pastorale interpellante La Commission des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada publie un document sur l\u2019immigration et la protection des réfugiés.GREGORY BAUM LJ immigration est devenue un phénomène mondial.Dans ce ¦ contexte, les évêques catholiques du Canada veulent rappeler le fondement spirituel de la solidarité chrétienne avec ceux et celles qui sont obligés, pour diverses raisons, de quitter leur pays.Leur lettre pastorale s\u2019inscrit dans la foulée de récentes prises de position de l\u2019Église catholique en cette matière.Par exemple, en 2004, le Conseil pontifical pour la pastorale des janvier-février 2006 RELATIONS J.\t.quer les véritables causes - structurelles et complexes - du fléau des agressions sexuelles au sein du clergé.Bien sûr, le document romain prend soin de rappeler l\u2019importance d\u2019accueillir «avec respect et délicatesse» les personnes homosexuelles.Il réitère toutefois du même souffle l\u2019enseignement traditionnel.Les mots sont alors très durs: l\u2019homosexualité est un «péché grave », un « acte intrinsèquement immoral», une «tendance objectivement désordonnée ».De nos jours, un tel langage apparaît pour le moins abusif.Il est surtout extrêmement blessant pour les homosexuels et leurs proches.S\u2019il en révolte plusieurs qui n\u2019y voient qu\u2019une expression d\u2019homophobie, il a surtout pour effet d\u2019accabler les croyants homosexuels qui se sentent continuellement stigmatisés et méprisés par les au- actuaLités torités ecclésiales.Heureusement, certains d\u2019entre eux, refusant de se laisser exclure de leur tradition religieuse, arrivent à se prémunir contre un tel discours.Avec l\u2019amitié et la solidarité d\u2019autres chrétiens et de pasteurs, ils mettent sur pied des groupes de partage et de soutien.Ils s\u2019approprient des clés d\u2019interprétation biblique et théologique pour développer une compréhension positive de leur condition.Ils investissent des lieux qui leur permettent de célébrer leur foi dans la dignité et le respect (p.ex.la paroisse Saint-Pierre-Apôtre à Montréal).Ils transforment l\u2019injustice éprouvée en ressort pour l\u2019engagement chrétien, social et politique.Cette foi des catacombes continuera.Mais ce nouveau document romain aura encore montré l\u2019incapacité de la hiérarchie catholique à affronter véritablement les questions relatives à la sexualité contemporaine.Au lieu de faire la vérité dans l\u2019Église, il risque de générer encore plus de duplicité, de mensonge, de mutisme et, donc, de souffrance.\u2022 Lino, illustration éditoriale migrants et des personnes en déplacement faisait paraître l\u2019instruction La charité du Christ envers les migrants.La même année, les évêques de France proposaient un dossier intitulé Quand l'étranger frappe à nos portes et les évêques d\u2019Angleterre publiaient The Dispossessed: a brief guide to the Catholic Church\u2019s concern for refugees and migrants.Pour sa part, en mai 2005, la Conférence des évêques américains lançait une campagne en vue de réformer la législation de leur pays en matière d\u2019immigration - particulièrement en ce qui a trait au statut des immigrants clandestins.Cette campagne faisait elle-même suite à une lettre pastorale sur cet enjeu, publiée en 2003.Tous ces documents s\u2019engagent clairement en faveur des plus vul- nérables et font généralement des propositions politiques très courageuses.L\u2019enseignement catholique a toujours défendu le droit d\u2019émigrer.Puisque ce droit est soumis au bien commun de la société, un État peut bien sûr exercer un certain contrôle sur l\u2019immigration.Toutefois, ce contrôle ne doit pas être inspiré par des attitudes égoïstes ou du mépris à l\u2019égard des étrangers.Le Vatican a d\u2019ailleurs exhorté tous les États à adhérer à la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et à reconnaître l\u2019exercice du droit d\u2019asile proclamé par la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme.En outre, l\u2019Église enseigne que les pays doivent veiller à ce que les droits des réfugiés soient assurés et respectés autant que les droits de leur propres citoyens.Dans leur lettre pastorale, les évêques canadiens reconnaissent la contribution de plus en plus significative faite au pays par les immigrants.Ils regrettent cependant que le Canada, reconnu jusqu\u2019ici comme généreux, impose maintenant davantage de restrictions.Ils s\u2019inquiètent de la montée d\u2019une certaine indifférence quant à la protection des réfugiés.On estime qu\u2019en 2005, le Canada aurait reçu son plus petit nombre de demandes d\u2019asile depuis le milieu des années 1980.On constate donc l\u2019effet des mesures d\u2019interception mises en place par les autorités gouvernementales.Les évêques abordent le sujet délicat de l\u2019asile offert par certaines paroisses aux réfugiés qui n\u2019ont pas réussi à faire reconnaître leur situation RELATIONS janvier-février 2006 actuaLites L\u2019auteur est politologue L\u2019écheveau municipal Le bricolage institutionnel que représente la mise en place des conseils d\u2019agglomération a de quoi inquiéter et risque d\u2019affecter l\u2019autonomie municipale et la participation politique des citoyens.auprès du gouvernement et qui sont menacés d\u2019expulsion.Cette pratique de l\u2019asile religieux révèle les lacunes du système et, surtout, l'absence du droit d\u2019appel après la décision rendue par un seul commissaire.Ils critiquent aussi le manque de volonté politique pour faciliter l\u2019accès des immigrants et des réfugiés au droit de faire venir les membres de leur famille au Canada.Leur lettre pastorale n\u2019oublie pas non plus d\u2019évoquer la problématique du trafic et de la traite des personnes, la pauvreté vécue par les nouveaux arrivants, ainsi que la situation des travailleurs agricoles saisonniers venant chaque année au Canada et qui sont souvent traités d\u2019une façon qui ne respecte pas les lois canadiennes.Les évêques expriment enfin leur gratitude aux membres des paroisses et des communautés religieuses qui viennent en aide aux immigrants et aux réfugiés.Aujourd\u2019hui, quelques 24 diocèses catholiques du Canada anglais ont une entente de parrainage de réfugiés avec le gouvernement fédéral et, au Québec, plusieurs diocèses et communautés religieuses travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement québécois dans le cadre d\u2019un programme analogue.Plus de 180 000 personnes ont été admises et accompagnées au Canada grâce à de telles ententes.Presque 13 ans après un premier message sur l\u2019accueil et l\u2019intégration des personnes immigrantes et réfugiées qu\u2019ils avaient publié en mars 1993, les évêques poursuivent et poussent encore plus loin leur interpellation sur cet enjeu crucial pour notre société.On peut prendre connaissance de leur lettre pastorale, publiée le 15 janvier, en consultant le site Internet de la Conférence des évêques catholiques du Canada.\u2022 GUY DUFRESNE Lors des élections municipales du 6 novembre dernier, la population a élu ses représentants politiques.Ces derniers ont reçu ainsi un mandat pour décider des orientations et des actions des municipalités pour les quatre prochaines années.Cependant, l\u2019essentiel des décisions locales échappera à la responsabilité et à la légitimité démocratique des conseils municipaux des villes récemment défusionnées.Dans la foulée des référendums qui ont conduit aux défusions, le gouvernement du Québec instaurait, en novembre 2004, une nouvelle instance décisionnelle: les conseils d\u2019agglomération.Alors que la Loi sur l\u2019exercice de certaines compétences municipales mettait en place le cadre légal des agglomérations, c\u2019est à la suite des élections municipales de novembre 2005 que leurs modalités de fonctionnement ont été déterminées par décrets ministériels.Les conseils d\u2019agglomération sont instaurés sur le territoire des municipalités qui ont fait l\u2019objet d\u2019une défusion afin qu\u2019elles demeurent regroupées.À partir de janvier 2006, il y aura donc 11 agglomérations: Cookshire-Eaton, La Tuque, Les îles-de-la-Madeleine, Longueuil, Mont-Laurier, Montréal, Mont-Tremblant, Québec, Rivière-Rouge, Sainte-Agathe-des-Monts et Sainte-Marguerite-Estérel.Dans ce contexte, il apparaît raisonnable de se demander ce qui restera de la capacité décisionnelle effective des conseils de ville.Ainsi, chaque conseil d\u2019agglomération sera formé d\u2019élus de chacune de ces municipalités.La prise de décision et l\u2019attribution des voix au sein du conseil est établie selon le poids démographique de chaque municipalité - bien que dans certains cas, notamment pour Longueuil, la ministre des Affaires municipales a décrété qu\u2019il faudrait procéder avec la double majorité (majorité des voix et des municipalités membres).Environ 60 % des dépenses qui constituaient le budget des anciennes municipalités relèveront des pouvoirs de la nouvelle instance.Si plus de la moitié des décisions municipales relèvent de ces conseils d\u2019agglomération, qu\u2019advient-il du rôle des conseils municipaux?Ces derniers seront-ils réduits à des fonctions informatives et consultatives?Avec ce morcellement des responsabilités municipales, cette nouvelle instance fragilise la démocratie locale, dans la mesure où les citoyens auront peine à s\u2019y retrouver.De plus, le renforcement du pouvoir du maire au sein du conseil d\u2019agglomération contribue à la marginalisation du rôle du conseil municipal.Les conseillères et conseillers municipaux, surtout dans l\u2019opposition, verront-ils leurs rôles politiques se transformer en celui d\u2019entremetteurs entre les arrondissements et la mairie?Les maires prendront, entre eux, les décisions au sein du conseil d\u2019agglomération, sans opposition pour en débattre.Les élus municipaux voient ainsi leurs rôles se janvier-février 2006 RELATIONS actuaLites /vnwHc ?/rwûu s Xex\\-eflPo- Çjôuyç&u à oa^\\u^aC.( jLumj a.MahJ) pï^# Çaéturet- t\\TÛMCÀ/d fOÀÇîrtÇ &c*6£re* cfa, ' 3i$c
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