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L'Avenir du Nord
Hebdomadaire libéral fondé à Saint-Jérôme en 1897. [...]

Fondé à Saint-Jérôme en janvier 1897 par Wilfrid Gascon et le Dr Henri Prévost, L'Avenir du Nord est un hebdomadaire libéral de Saint-Jérôme créé pour rivaliser avec Le Nord, journal conservateur de la famille Nantel. La même année, Jules-Édouard Prévost, frère du Dr Prévost, est nommé rédacteur en chef et éditeur du journal.

Jules-Édouard Prévost crée une imprimerie commerciale afin de produire L'Avenir du Nord et d'ajouter à son offre commerciale de librairie et de papeterie, tentant ainsi de profiter de l'essor économique de Saint-Jérôme et de la région des Laurentides. Wilfrid Gascon participe au journal sous le pseudonyme de Francoeur jusqu'en mars 1902, année durant laquelle Jules-Édouard Prévost en devient propriétaire.

Par son appartenance à la famille Prévost de Saint-Jérôme, Jules-Édouard est héritier de la tradition des « Lions du Nord », notables et patriotes qui se sont imposés comme figures marquantes de Saint-Jérôme et des Laurentides au cours du XIXe siècle. Libéral modéré, il appuie Wilfrid Laurier à Ottawa et les libéraux à Québec. Jules-Édouard travaille de près avec son cousin Jean Prévost, député libéral de Terrebonne à Québec de 1900 à 1915, puis avec son influent successeur, Athanase David, de 1916 à 1936. Jules-Édouard Prévost est lui-même député libéral fédéral de 1917 à 1930, puis sénateur jusqu'à sa mort en 1943.

L'Avenir du Nord demande des réformes en éducation, domaine dans lequel Prévost est très impliqué. Cela l'amène à subir les foudres de la presse catholique et à se faire rabrouer à de multiples reprises par l'évêque de Montréal, Mgr Bruchési. Le journal profite de plusieurs occasions pour critiquer l'intervention politique du clergé.

L'Avenir du Nord est plus qu'un journal partisan. Il vise à couvrir l'actualité locale, régionale, nationale et internationale. En plus d'un contenu fortement politique, on y trouve des chroniques agricoles, médicales, ouvrières et littéraires. La colonisation, les transports, le commerce local et les industries régionales y trouvent aussi fréquemment leur place.

On trouve de nombreux textes littéraires dans les pages de l'hebdomadaire, qui publie les premiers textes de Claude-Henri Grignon (Claude Bâcle et Valdombre), du frère Marie-Victorin, de Robert Choquette et d'Adolphe Nantel. Louis Dantin est aussi un important collaborateur du journal. D'autres collaborateurs de renom passent au journal, comme Olivar Asselin, qui y fait ses premières armes au début du siècle, et le Térésien Lionel Bertrand, futur politicien et fondateur de La Voix des Mille-Isles, qui y participe de 1925 à 1936 à titre de chroniqueur, sous le pseudonyme de Céliber.

Des ennuis financiers et des problèmes de santé poussent Jules-Édouard Prévost à vendre L'Avenir du Nord aux frères Lucien et Jean-Berchmans Parent vers 1926. Les nouveaux propriétaires et leurs investisseurs sont d'allégeance conservatrice, mais Jules-Édouard Prévost conserve la direction politique du journal, ce qui occasionne des différends qui amènent les frères Parent à lui remettre le journal en 1935 pour fonder L'Écho du Nord. Les deux hebdomadaires mèneront une lutte acrimonieuse durant quelques années. Jules-Édouard Prévost quitte le journal en 1942, un an avant sa mort.

De 1940 à 1960, années durant lesquelles Hector Perrier, politicien et avocat, est propriétaire de L'Avenir du Nord, le journal demeure d'allégeance libérale et s'oppose à l'Union nationale de Maurice Duplessis. La concurrence de L'Écho du Nord et de la grande presse montréalaise rend la vie difficile au journal. Gérald Cyr lui donne un format tabloïd en 1965, mais le journal disparaît en 1969.

L'Avenir du Nord est tiré à plus de 2000 exemplaires dès sa première année de publication, nombre qui est maintenu durant de nombreuses années, puis le tirage augmente de façon régulière, passant de 4250 en 1933 à 6210 en 1960, puis à 7200 en 1965.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 4 : 1896-1910, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, p. 28-31.

BOURGUIGNON, Claude, « Région 15 - Laurentides », Histoire de la presse hebdomadaire au Québec, Montréal, Hebdos Québec, vol. 8, p. 9-16.

Fonds Famille Prévost (1734-1957), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ Vieux-Montréal (P268), Société d'histoire de la Rivière-du-Nord (P020).

LAURIN, Serge, Rouge, bleu - La saga des Prévost et des Nantel - Chronique d'un siècle d'histoire politique dans la région des Laurentides, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1999, 284 p.

Éditeur :
  • Saint-Jérôme :[s.n.],1897-1969, 1981-
Contenu spécifique :
vendredi 18 août 1899
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

L'Avenir du Nord, 1899-08-18, Collections de BAnQ.

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Troisième Année — No 33.Journal Hebdomadaire— Deux cents le numéro.Vendredi, le 18 Août 1899 ORGANE LIBERAL du DISTRICT de TERREBONNE.LE MOT DE L'AVENIR EST OAKS LE PEUPLE MÊME Nous VERRONS PROSPÉRER LES FILS DUST LAURAMT ER.fe Un an ., Six mois fi 13071X1611167113 ! SI.00 0.50 JULES-EDOUARD PREVOST FILS.Directeur.ADMINISTRATION : SAINT-JEROME (TERREBONNE) •014'i & Appopces 1 I.o pouco : Un mois.“ Un an.81.S3.00 00 SOMMAIRE Poésie : Offre de cœur Joséphin Soulary L’argument par excelloncc Wilfrid Gascon Billets patriotiques Jean Baptiste B.A.T.de Montigny Le proses Dreyfus Francœur jMes Loisirs Jean B.B.Prévost Glanures hebdomadaires Marmotte Une Gifle (monologue) Lily Butler Nécrologie Le h Grand Nord u et St-Canut Livres, Journaux Nouvelles du district Feuilleton : Les Frères Ténèbre Paul Feval OfFre de cœur Vierge, daigne agréer mon hommage discret.Dès l’heure où je te vis, ma foi te fut jurée, Et si j'ose affronter ta présence adorée C’est pour le bon motif et nul autre intérêt.—Monsieur, de votre aveu je suis très honorée ; Justement, (admirez le hasard a ce trait), Je rêvais cette nuit d’un cœur que l'on m’offrait.Vous voyez si le songe en action m’agrée.Or, ce cœur était beau, bien fait et bien portant, Oui, tout comme le vôtre.A mon rêve pourtant S’ajoutait un détail 1 Un rien, mais qui vous [manque.Et dire qu'à ce rien mon esprit s’est buté ! Ce cœur donc, je rêvais qu’il m’était présenté.Tenez, j’en ris encore.Sur des billets de [banque.JoSÉPIIIX SOULAKY L’ftppient par Excellence Les témoignages rendus par les anciens ministres (le la guerre Mercier, Billot, Oa-vaignac, Zurlinden et Chanoine n’ont pas fourni la preuve attendue, la preuve foudroyante que les Cinq détenaient soigneusement, au dire des antisémites, antidrey-fusist.es et autres antis.Ces précieux témoins ont parlé ; ils ont même parlé durant de longues heures, et ils n’ont rien dit.Dreyfus est accusé d’avoir écrit le bordereau et d’avoir livré des pièces qui y sont mentionnées.A-t-on apporté la preuve de cette accusation ?Où et quand Dreyfus a-t-il écrit ce bordereau qui est l’œuvre avouée d’Esterhazy ?Où, quand et à qui Dreyfus a-t-il livré les pièces annoncées dans le bordereau ?Personne ne l’a encore dit ni prouvé.Quand parleront-ils, les rigides détenteurs de la vérité ?Us n’ont rien prouvé devant la Chambre criminelle ; ils n’ont rien prouvé devant les chambres réunies de la Cour dé cassation et ils ne prouvent encore rien devant le conseil de guerre qui siège à Rennes.Ils n’en maintiennent pas moins leur conviction que Dreyfus est l’unique et obligatoire auteur du bordereau, malgré les déclarations d’Esterhazy auxquelles M.Ca-vaignne ni les autres ne croient pas.Leur argument par excellence, dont ils n’ont pas jusqu’ici démordu, c’est que Dreyfus seul était en état de livrer les pièces ; c’est que Dreyfus seul pouvait imaginer et écrire le bordereau.Il est vrai que d’autres témoins honorables, comme le commandant Hartmann entre autres, sont venus établir le contraire.Mais les Cinq, sur ce point, sont irréductibles : Dreyfus est l’auteur du bordereau, parce que lui seul avait pu, en raison de son emploi à l’étar major, livrer ou promettre les pièces dont parle le bordereau.C’est le point culminant de l’accusation.Lui renversé, écroulé, ou rasé, il ne reste rien de l’accusation.C’est ce qu’ont parfaitement compris les Cinq, et voila pourquoi ils l’entourent et s’y collent.Me Démangé l’a compris aussi, et avec une tinesse remarquable digne de ce grand avocat, il l’attaquera et le renversera aux pieds du général Zurlinden.Ce général a, hier, témoigné une fois de plus que le bordereau étant parvenu à l’Etat-Major, on en rechercha avec soin l’auteur dans les bureaux de la Guerre.Ne le trouvant point, de guerre lasse on allait classer l’affaire, quand un officier, le colonel Fabre, eut l’idée de comparer l’écriture du bordereau avec celles des stagiaires de l’Etat-Major, et il se trouva que l’écriture du capitaine Dreyfus présentait quelque ressemblance avec cilla du bordereau.Tel est le point de départ que le général Zurlinden donne à l’accusation de trahison portée en 1S94 contre Dreyfus.Eh bien, l’enquête aussi laborieuse qu’inutile à laquelle s’étaient en vain livrés les chefs du ministère de la guerre pour trouver le coupable n’établit-elle pas le mensonge délibéré que commettent les Cinq en affirmant que le bordereau indique de lui-même que Dreyfus seul a pu en être l’auteur.Mais si tel était le cas, comment, en 1894, après avoir examiner le bordereau n’est-t-on pas allé tout droit à Dreyfus.Pas ça ; on allait abandonner l’affaire, parce que rien dans le bordereau, par la nature des pièces qui y étaient mentionnées, ne désign lit un officier ou un bureau plus qu’un autre, et aujourd’hui on affirme que la teneur seule du bordereau indique clairement Dreyfus comme coupable.Me Démangé invite le général Zurlinden à expliquer ce rébus, et naturellement, Zurlinden s’embrouille et bredouille.Il y a de quoi.Me Démangé a frappé au cœur l’argument des u Cinq ministres dont la parole suffit, u Ça nous suffit, et ça doit suffire à la cause de Dreyfus.WILFRID GASCON Billets patriotiques (De la Patrie) 15 juillet 1809 A Monsieur Alfred Klcczkowsky, consul général de France au Canada.Vous avez lu, monsieur le consul, avec j’en suis sûr, autant de fierté que nous-mêmes, Canadiens-Français, l’article très sympathique du Petit Parisien, reproduit dans la Patrie de lundi dernier, et qui avait pour titre si gracieux : " La France canadienne." Cette lecture, vous l’avouerai-je, nous a été une joie et presque un réconfort.Non pas que nous avons sujet de désespérer de noire nationalité, car un peuple de deux millions d’âmes qui a survécu à la conquête après un siècle et demi, tient le présent et est assuré de l’avenir, ni .is cette voix d’outremer, toujours si douce à nos oreilles, nous semblait, venir de bien loin, après un long et morne silence.Oli ! volontiers, plusieurs d’entre nous ont dû s’écrier comme nos pères -au lendemain de la cession en voyant des Français débarquer à Québec : " Tiens, voilà nos gens qui reviennent ! " En effet, monsieur, j’ai regret à le dire, vos journaux nous négligent par trop souvent, et un article comme celui du Petit Parisien est chose rare dans la presse de France.Assurément, on ne tient pas assez compte, dans votre glorieux pays, en quête constante d’actions héroïques et de poursuites idéales, de nos sacrifices et de nos labeurs patriotiques.On n’est pas assez attentif, chez vous, aux luttes si énergiques, si pénibles souvent et si persévérantes — vous en êtes chaque jour témoin — que nous livrons en Canada, pour conserver, en même temps que nos droits, votre langue, vos lois et vos traditions.Comme nous aimerions, pourtant, à lire de fois à autre, dans l’un de vos grands journaux, un compte-rendu de certains de nos débats politiques ou de nos assemblées nationales, et comme nos orateurs seraient touchés et flattés d'y trouver l’analyse de quelques-uns de leurs discours.Tant d’indifférence de la part des vôtres nous blesse et nous afilige, croyez-moi.Et que souvent, monsieur, j’ai entendu de mes compatriotes me répéter avec un mécontentement réel : mais la France ne s’occupe aucunement de nous, jamais ses journaux ne publient une seule ligne sur ce qui se passe au Canada.Pouvais-je les blâmer de parler ainsi, puis-je les blâmer maintenant, alors que j’ai sous les yeux deux numéros du Temps, de Paris, tjui consacre six colonnes à la Bolivie, au Brésil et à la Corée.Oh ! je sais fort bien que le rôle politique du Canada est modeste dans le inonde et que nous sommes très jeunes parmi les nations.Mais enfin, nous valons, au point de vue des richesses naturelles seulement, tout autant que les pays de l’Amérique du sud et de l’Asie.Et puis, vous ne l’ignorez pas, chaque fois que les écrivains et les orateurs anglo-saxons crient à la dépopulation de la France et concluent à sa décadence, vos écrivains et vos orateurs n’ont rien de plus pressé que de leur répondre : Mais regardez donc le Canada ; il y a là deux millions de nos descendants qui ont gardé notre langue, nos traditions et nos lois et pourtant ils n’étaient pas soixante mille lorsqu’ils furent conquis par l’Angleterre ' Aussi, je vous en prie, monsieur le consul, ne manquez point, quand vous en aurez l’occasion, de gronder sévèrement les journaux de votre pays pour l’oubli qu’ils commettent trop fréquemment à notre endroit.Faites-leur comprendre que nous avons droit à autant de considération que les populations liâlées des pays du soleil.Répétez-leur à ces ingrats que nous tâchons sans cesse de faire à leur race la part la plus large en Amérique et (pic nous affirmons par là sa vitalité et la nôtre.Et avec ce bonheur d’expression et cette éloquence séduisante que nous aimons à applaudir chez vous, vous persuaderez aux journalistes français que, tout en restant loyaux ti l’Angleterre qui protège nos libertés, nous ne cessons de- nous intéresser aux progrès, aux triomphes et aux gloires — comme nous nous associons aux deuils — de la très chère France.• Jean-Baitiste C’EST LE BON Comme remède pour la gorge et les poumons, rien n’approche le Baume Rhu-mil.- B.A.T.de Montigny Benjamin-Antoine Testard de Montigny, ancien recorder de la cité de Montréal et chevalier de l’ordre militaire de Pie IX, a expiré à l’Hôtel-Dieu, le jour de la fête de l’Assomption do la Vierge, à neuf heures cinquante-cinq minutes du soir, après une heure d’une agonie qui a été le reflet de toute sa vie de patience, de résignation, de douceur et d’édification.Benjamin-Antoine Testard de Montigny, fils du lieutenant-colonel Casimir de Montigny, ex-député au Parlement canadien, est né à Saint-Jérôme, le C octobre 1888.Il fit son cours d’études au collège de Jo-liettc, puis se livra à l’étude du droit et entra au barreau en 1859.En septembre 1800, la chrétienté entière fut émue par le massacre des troupes pontificales à Custelfidardo.Le cri de La-moricière, écrasé par des troupes vingt fois supérieures, retentit jusque sur les bords du Saint Laurent et trouva un écho dans la noble poitrine de M.de Montigny.Abandonnant une carrière qui lui promettait gloire et richesse, il vola à la défense de la plus noble des causes et mit sa vie au service de la justice opprimée.Lui qui avait la passion du droit trouva tout naturel de se sacrifier au soutien du plus sacré et du plus inaliénable des droits.C’est ainsi que de Montigny fut le premier zouave canadien.La perspective de longues années de garnison s’accordait mal avec l’activité de de Montigny qui revint au pays en 1863.Il reprit l’exercice de sa profession et se livra avec ardeur à l’étude approfondie de nos lois.Eu 1872, il fut nommé magistrat stipendaire du district de Terrebonne, et en 1880, il devint recorder de la cité de Montréal, poste qu’il a occupé jusqu’en 1899.Il avait été fait chevalier de Pie IX en mai 1884.11 était un avocat infatigable et convaincu de la colonisation et la société de rapatriement l’avait élu pour son vice-président.La plume alerte et primesautière de M.de Montigny a fait sa marque dans plus d’un de nos grands journaux et notamment dans la " Minerve " et dans 1’ " Etendard.“ A part ses nombreuses contributions à la littérature périodique, M.de Montigny a laissé des ouvrages très estimés, entre autres : l’histoire du Droit canadien, le Catéchisme politiqv.c, une Etude sur la Colonisation, un opuscule intitulé Des Arrestations, puis Le Nord, ouvrage charmant où se révèle mieux que partout ailleurs la nature poétique de cet écrivain ; et enfin, un Manuel d’économie domestique, compilation de la pus grande utilité, ne possible, d’accord avec les moyens que je leur laisserai." S’il plaît à quelqu’un d’écrire quelques notes sur mon humble existence, qu’il veuille bien mentionner que je suis du Tiers-Ordre de saint François d’Assises, de l’Adoration nocturne, et d’autres confréries.Mes enfants et mes amis, s’ils m’aiment sincèrement, nuront plus de consolation d’npprondro que je fais partie de ces phalanges de la prière que de clubs d’amusements que je ne blâme pas tous." Je désire que du haut des chaires et dans les journaux l’on me recommande aux prières des fidèles et que l'on y demande pardon pour moi de toute offense à l’égard du prochain."Je prie Dieu que ces quelques bribes d’héritage que je laisse à mes enfants ne soient pas pour eux une occasion do désordre.Que l’amour continue à les unir et les mène tous les douzo au ciel où j'espère les revoir uvcc leurs alliances ! " SON TESTAMENT Ce testament est olographe.Il est da*é du 10 janvier." Je donne mon âme à Dieu qui, je l’espère, lui ordonnera de venir à lui, comme je lui demande tous les jours ; et je lui demande de m’appeler à lui un jour consacré à la sainte Vierge, en qui, depuis nombre d’années, j’ai confié mes mérites." Je laisse à la discrétion de mes enfants de prier et de faire prier pour moi, comptant sur leur bon cœur qui comprendra peut-être alors c 3 que j’ai souffert pour eux." Mais j’ordonne impérieusement que mes f jnérailles soient des plus humbles et qu’on mette mon corps enseveli dans ma robe de tertiaire de saint François, en un linceul orné d’un crucifix et de mon képi de zouave." Le corbillard sera traîné par deux chevaux et conduit à l’église ou à une des chapelles do la paroisse où je décéderai et où une messe basse ou un service de dernière classe sera dite ou chanté a huit heures et demie du matin.Prière à mes amis de ne m’envoyer aucune fleur." Je recommande à mes enfants, comme secret de leur bonheur, de toujours se conduire suivant les règles de l’Eglise catholique." Dieu m’a soumis toute ma vie à des épreuves dans mon corps et dans mon âme.Je demande pardon à tous ceux que j’ai pu offenser ou faire souffrir.Je pardonne de grand cœur à tous ceux qui ont pu ou voulu me faire souffrir, car ils n’ont été que les instruments du Dieu de miséricorde qui m’a accordé l’insigne privilège de ne jamais forfaire à mes devoirs sans en être sévèrement puni." Aussi vais-je mourir comparativement pauvre, et mes héritiers devront nécessairement se conformer à cetie loi du travail qui devient légère et même agréable quand elle est légère-mei.t acceptée, comme d’ailleurs tout fardeau bien posé.Qu’ils se rappellent la leçon du Maître sur le Calvaire enseignant qu’avec la même croix l’on peut se perdre ou se sauver selon qu’on l’accepte." Pour les aider autant que je puis le faire à supporter la vie, je demande à ceux chargés de mettre à exécution mes dernières volontés, de vouloir bien faire donner à ceux de mes enfants qui n’en seront pas encore pourvus lors de mon décès, la meilleure éducation chrétien- Le procès Dreyfus Le lâche attentat commis lundi sur la personne de Me Lubori avait etc prémédité pour empêcher le général Mercier de tomber aux mains de l’habile avocat.Tout est méprisable dans les moyens pris par l’Etat-Major et par ses amis pour échapper à l’ignominie qui les attend tous.Tout est bon pour les antidreyfusards : le faux, l’assassinat et le vol.Rien n’est indigne de ces honnêtes gens, car la fin justifie les moyens.Mais Mercier se tromperait, s’il s’imaginait en être quitte à si bon marché.La-bori est sur son lit d’agonie, mais Clémen-ceau est là.Celui qui.au procès Zola, a su si bien tourner sur le gril l’ami Estor-liazy et le cousin du Paty de Clam, saura en faire autant du général Mercier.De ce train-là, tous les hommes de talent, tous les hommes justes seront bientôt disparus en France où il ne restera plus que des imbéciles et des sauvages ; et alors ce sera la fin des fins.Mais rien à craindre, c’est un simple cauchemar dont la France sera bientôt débarrassée, grâce à l’énergie de ceux qui incarnent encore son honneur, son génie, ses qualités maîtresses aux yeux des peuples.C’est égal : curieux symptôme chez un pays où tant de Calinos ont pu parvenir à de tant et si hauts postes.Dire qu’il n’a tenu qu’à un Mercier, jouet ridicule entre les mains d’Henry, de jeter Tune sur l’autre la France et l’Allemagne dans une guerre meurtrière.Brrr ! Et l’armée française eût été conduite à cette boucherie par l’organisateur de la campagne de Madagascar ?Horrible à penser ! FkANCŒUH.MES LOISIRS FEMMES REVEES — par Albert Ferland.Préface de M.Louis Fréchette.Illustration de Geo.Delfosse.• u Un Lotus bleu de Guillaume ! u me suis-je dit, lorsque la main du directeur do 1’Avenir du Nord me tendit u Femmes rêvées u.Je n’en croyais pas mes yeux ! Quoi ! ce coquet opuscule, ces délicieuses illustiations, ces jolies gravures, tout cela était fait au Canada, imprimé rue Berri ! ! ! Et c’est cet effort si louable des jeunes que certaine presse veut enrayer ! Certains journalistes, dans des analyses mordantes et plus sévères que de saison, se sont évertués à dénigrer auteurs, nrtistes et imprimeurs.Pouvons-nous nous payer le luxe de critiques semblables 1 Eli ! bon Dieu, si l’on empêche l’enfant de se dégager de ses langes, comment pourrons-nous en fairo un homme fort et rigoureux ?Est-ce ainsi que les Italiens traitèrent Cima-buo dont une peinture les émerveilla au point qu’ella fut, dit Vasari, u portée de sa maison à l’église de Santa Maria Novella en grande pompe, avec trompettes et en procession solennelle.u Pourtant les mains de sa madone étaient bien maigres, son attitude était d’uné roideur si naïve qu’elle portait même au sourire.Q’importe, les pères des grands artistes des XV et XVI siècles, y découvrirent le premier pas de l’ouvrier à l’artiste et l’aubo de la Renaissance Italienne.Ces enthousiasmes spontanées ont produit Michel Ange, Raphaël et le Titien ! Sans cet u autogobisme u, pour me servir do l’expression méprisante d’une revue, que serait-il advenu de l’art italien ?Notre théâtre est certes moins grand ; mais pourquoi liinitorion-nous nos aspirations! Depuis trop longtemps nous vivons, comme le dit si justement M.Fréchette en sa préface, u dans l'inconsciente croissance du mollusque.i Tl faut des efforts pour nous dégager de notre coquille, et moi je n goberai u toujours, quoiqu’on en dise, ceux de mes compatriotes qui braveront les envieux et les malveillants pour nous tracer un sentier dans le chemin du Beau et de l’Art, sa plus sublime manifesta tion symbolique, u Je ne cric cependant pas à la perfection ! Pour tout au monde je ne voudrais mériter le reproche d’être membre d’une confrérie d’admiration mutuelle ! Mais pourquoi no rechercher que les défauts de ceux «pii nous cutou rent et ne pas leur attribuer leur petite part do mérite.Sans aucun doute, cet opuscule n’est pas un modèle de perfection, mais manque-t-il pour cela de qualités réelles.Non, mille fois non ! Le grand défaut reproché, ce sont ses nombreuses pages blanches.Eu est-il autrement de toutes les éditions de luxe î .Les collections Guillaume en foisonnent ! Mais les vers ! me direz-vous.Eli bien ! Us ont des hauts et des bas.Sans aucun doute le pessimiste qui voudrait, les voir rivaliser avec les citations admirablement, choisies qui les côtoient, se trouvera déçu.U n’est pas accordé à tout le monde d'être un Hugo ou un Théophile Gauthier.Je lisais dernièrement dans l'Artiste, revue de luxe pourtant publiée à Paris, des vers certainement inférieurs aux versets du h Rêve u de M.Ferland.Je cite : Lus cheveux (luttants et la gorge nue, Au sein d’un val où j’étais seul Une femme est venue.Calme, en traversant l’aube d’un tilleul Elle s’embellit d’un souiire, Quand elle me vit seul, Et, parfumant l’air d’une odeur de myrrhe, Elle vint s’asseoir près de moi, Ne cessant de sourire.Puis elle m’offrait, vibrante d’émoi, Le baiser de sa lèvre rose En s’inclinant sur moi Les cheveux flottants, la bouche mi-close.Ces vers ne sont-ils pas charmants î Et chacun ne revoit-il pas un rêve de ses vingt ans î Admirables dans leur simplicité, ils ont certainement du souille, puisqu’ils vont droit nu cœur ! Dieu me garde cependant de tomber, ici, dans la louange outrée ! J’ai sous les yeux une analyse de ces vers, par Firmin Picard, du Monde Illustré.Bien, moi! Si j’étais Fui land, j’aimerais mieux, mille fois mieux, la critique mordante, malveillante même, et les coups d’estoc de taille de la Petite lîcvuc que les éloges doux, calmes.reposants, suaves, onctueux de ce M.Picnrd.Je cite ses qualificatifs ! ! ! Osera-t-on me croire, si je vous dis que ce singulier orthodoxe, qui se pâme d’admiration devant l’antienne u et introduc'd me in cubicn-Inm suum n, admire surtout dans l’auteur do n Femmes Rêvées n le chrétien et le catholique.Je renonce aux com men taires ! ! ! Pauvre poète naissant ! Après les coups de griffes et do dents il lui faut encore subir le coup de pied.d'une étude qui l'expose au ridicule.Pourtant l’auteur des n Litanies de la femme n et n Les bois n mérite mieux que cela.Chose rare chez nos écrivain» canadiens, la tournure en est- généralement neuve et courante.Pourquoi cependant tant abuser des locutions n ainsi que n, u alors que u î Autant de cailloux rugueux rencontrés par le ruisseau dans son cours.J’ai dit tout-à-l’heuro que notre poète avait des hauts et des bas.Il s’en trouve et dans l’inspiration et dans le style.S’ils n’étaient dans le même volume, je n’nu-rais jamais cru que n l’Inconnue n et u Les Préceptes de l’Amour n fussent de la même plume.Autant la première a du charme et du genre, autant la seconde est insignifiante et terre-à-terre.Pourquoi cette, pnge n’cst-clln pas blanche ! Pourquoi ce mauvais fruit après un bon dîner î Car cet essai est le dernier, malheureusement, et réserve une triste chute au lecteur qui se sentait bercé depuis lo commencement de l’opuscule.Il en est de même du style.Ecoutez ces deux strophes : Cette femme qui passe au lever de la lune, Voilée et dont le voile est le jouet du vent, Cette femme qui passe et se deult sur la dune, Me disais-je rêvant, Est-elle une beauté brune, blonde ou châtaine, Cachant, le cœur ému, sous un voilo jaloux Des épaules do neige ou des tresses d’ébène Ou des yeux andalous î Ces vers ont du genre ; lo style y es^ coulant, les rimes faciles, en un mot, le poète chante.Mais pourquoi sort-il de sa lyre des notes fausses comme celles-ci : Quand on exalterait les brunes cancenis Dont la danse aux palais des radjahs se déroulo lît l'hétaïre Hélène immolant à Cypris 8a parfaite beauté de femme hiéroduule.Je vous défie, une première fois, de lire couramment ces vers.Il nous fait peino de voir ces épithètes barbares près des délicieuses miniatures de M.Delfosse.Oh ! cetto brune et cette blonde ! Deux profils canadiens idéalisés sous le pinceau de l’artiste ! Elles sont bien nôtres, ces délicieuses figurines encadrées d’une typographie toute parisienne.Je les reconnais à leurs traits, à leurs chevelures.Elles feront rêver le lecteur, elles aussi, j’en suis sûr, et son imagination, tout connue l’artiste un peu plus loin, s’amusera à les façonner en marquises Louis XV.Examincz-lcs bien attentivement.Vous y trouverez, j’en suis sûr, les traits de fommes connues, et vous saurez gré à M.Delfosse d’avoir cherché ses modèles et son inspiration parmi les nôtres.Oui, tout comme il s’est inspiré de notre nature dans son paysnge.Cette souche qui se mire dans un ruisseau, tout près de bouleaux entrelacés, que de fois nous l’avons vue dans nos excursions estivales ! Je ne cesserai de le répéter, nous no pouvons que nous réjouir de l’apparition de ce volume.C’est même un pas de fait au point de vue littéraire, artistique et typographique.Ce sont encore des jeunes qui s’éloignent des sentiers battus.Sans capital, n’écoutant que leur courage, et nourris peut-être d’un peu d’il-usions, ils ont bravé l'apathie et l'indifférence, ces deux défauts malheureusement trop inhérents à notre race.Que dis je ?ils n’ont nos craint de s’exposer à la raillerie et aux sarcasmes que certaine gent n’a pas manqué de faire pleuvoir sur eux drus comme grêle.Honneur à eux ! Qu’ils continuent leur tâche ardue ! Faire faco aux envieux et mépriser les louanges intempestives, telle doit être leur devise à l’avenir.• • Je no dis rien de la préface do Louis Fré.chotte.Iæ maître est connu, et jo suis trop admirateur de son talent pour déparer ses belles pages de ma faible appréciation.Je croyais lire du Brisson.Je lui ferais un reproche si je n’avais compris le motif de scs compliments un peu excessifs.Plus que tout autre l’auteur de " Fleurs boréales " a goûté l’amertume des premiers baisers de la muse au Canada, et à cotte époque où il s’obstinait à lutter seul, bien seul, de toute la forco de son rare talent, il n’eut pas de main secourable pour l’aider à gravir les sentiers abrupts du Parnasse ! ¦Iran H.B.Prévost.Glarçures hebdomadaires TRINITE DE HARTYRES Elles ont pleuré et elles pleurent encore ccs femmes, ces trois épouses que les malheurs récents de la Franco ont frappées si personnellement ! Elles en ont ressenti lo contrecoup dans leurs affections les plus chères et c’cst sur la tombe encore fraîche d'un mari hien-aiiné que la veuve Henry, drapée dans son long voile de deuil, appuyée sur son jounc fils, demande aux tribunaux vengeance et réhabilitation pour une mémoire sacrée, peut-être à jumais flétrie.Et c’cst elle qui s’avance, dans cetto cour du 28 janvier dernier, accompagnée de son avocat, maître Saint-Aulsin, qui, dans une admirable plaidoirie, flétrit d’abord lo nom do Rcinach et lui lance cette vigoureuse apostrophe : " A pei-iio la terre a-t-elle été tassée autour du moit qu’il arrive et briso son cercueil ! Et lorsque la veuve qu’il a défiée pousse un cri de douleur et de rage et s’avance vers lui, vengeresse, son enfant dans ses bras, il n’a que ce mot à lui dire : » Allez-vous-en ! " Et que lui reproche-ton à cette femme ?à eet enfant t.Quelques denier, amassés par do vrais amis de la Patrio, qui assureront une modeste aisance au foyer do la veuve." Et la voilà qui frissonne, qui gémit nux dernières paroles de l’avooat adversaire : " Faussaire, menteur, non, mon fils ne portera jamais cotte tache au front ! " Et c’est.pour lui comme pour ce souvenir sacré qu’ello s’expose à toutes les injures, à tous les déchirements sublimes d’un cœur d’épouse et de mère.L’autre, cetto martyre de cinq annéos, Madame Lucie Dreyfus, qu’une permanente pensée relie constamment au traître, à l’exilé de 1894.Que n’a t-ollo pas souffert I Laissant do côté toute idée politique, attachons-nous à ses pas et suivons-la, femme, épouse et mère dans les différentes étapes de sa vie anxieuse, agitép, bercée par toutes les haines d'une nation.Poursuivant son idée de radiât, de rappel, olle fait pour celui auquel sa destinée l’attache des démarches puissantes ; elle vole d’autorités L’AVENIR DU NORD, 18 AOUT 1899 en autorites, et c’est sur ses vives instances que le sénateur Scheurir-Kestncr soulève le premier la question de revision.Voila que, pour le moment, le sort fait trêve à ses abattements et c'est le cœur tout palpitant qu’elle nttend l’arrivée du Sfax.Vous avez lu comme moi cette navrante et si touchante entrevue.Enlacés dans les bras l’un de l’autre, ils ont étouffé leurs voix dans un même sanglot.Pour elle, enfin, une échappée de soleil a brillé sur ce sombro avenir.Qu’en résultera t-ll ?L’univers entier attend la dernière et suprême décision.Puisse-t-elle tarir les larmes du dévouement conjugal et apporter la branche d’olivier à notre France bien-aimée ! Mais quoiqu'il arrive, en dépit de tous les tribunaux militaires du monde entier, Dreyfus et Henry resteront toujours pour leurs épouses sublimes les inviolables soldats de la Patrie.Trinité de martyres, ai-je dit La comtesse Estcrhazy n’en est pas la moins sublime.Un entrefilet de journal que je lisais l’autre jour, a Soulevé le voile de cette vie intinv-ment brisée Jdans ses affections les plus saintes, dans son { nom, dans sa fortune, dans l’avenir rie ses en-\ fants.Et pour le traître, pour le scélérat, pour , l’exilé, elle trouve toujours des paroles do paix ! et de pardon.Elle agit, elle aussi, et recueillant avidement les bribes d’une fortune à elle dispersée, elle veut effacej- le stigmate de trahison que portera toujours le front de ses deux fils.Si j'ai contemplé un peu longuement avec vous ces trois femmes, c’est que le monde entier, les yejx fixés sur le sombre horizon de la France, n'a accordé qu’un regard indifférent à ces héroïnes de l’amour conjugal.Comme elles ont dû souffrir ! Que nous importent à nous, femmes, ces débats, ces longs interrogatoires, ces colonnes en caractères serrés, toutes vibrantes de témoignages judiciaires 1 Mous laissons à d’autres le soin d'en juger toute la gravité.Au seuil de la prison de Rennes, à l’ombre d’un saule pleureur, dans la morne solitude d’un cot erle.U v rea de compte, etc.Ecrlros pour prix.MORTON PHILLIPS
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